Vive l'Anarchie - Semaine 25, 2025

Sommaire

Les sites industriels d’Imerys

Publié le 2025-06-23 00:00:00

cartographie des sites industriels de l’entreprise Imerys

carto-imerys

 

Des vitres étoilées pour Vinci!

Publié le 2025-06-23T18:54:36+02:00

La semaine dernière, l’état fRançais a encore mis en place un dispositif policier démesuré pour effectuer des rafles de personnes sans-papiers.

Après avoir été raflées, ces personnes sont emmenées dans des Centres de Rétention Administrative (CRA). Sans ces lieux d’enfermement, sa politique ignoble avec les exilé.e.s serait plus difficile à mettre en place.

Une filiale de Vinci construction va participer à la construction du CRA de Dijon.

La rage nous a donc fait sortir par une nuit étoilée.

Nous avons frappé les vitres des locaux de Vinci Constructions à Bouchemaine dans la zone industrielle des Brunelleries. Les filiales GTM Ouest et SOGEA y sont également présentes.

Force à Maja!

Crève les frontières, les taules et le monde qui va avec.

– des anarchistes –

Retailleau veut rafler les “étrangers”: réagissons !

Publié le 2025-06-23T21:54:11+02:00

Après le tractage de jeudi dernier, continuons d’empêcher ces opérations raciste à chaque fois, partout, tout le temps!

Du mercredi 18 juin au jeudi 19 juin, plus de 4000 policiers, gendarmes et douaniers sont mobilisés pour traquer les
“clandestins” dans toutes les gares des grandes métropôles du pays. Alors qu’il se targuait à l’été dernier d’être la seule solution face au Rassemblement national, le gouvernement de Macron applique une fois de plus la politique de l’extrême droite.

Cette politique est une politique de tri social entre les “bons” et les “mauvais” étrangers. Pour le gouvernement, les prolétaires n’ayant pas ‘les bons papiers” doivent être à la merci du capitalisme et de l’Etat. Ils doivent être sage, utiles et doivent aller se faire exploiter dans les filières dites ‘en tension”. Sinon, c’est la traque, le harcèlement, l’OQTF, les tabassages de la police, le Centre de rétension adminisratif (CRA) et l’expulsion.

Cela s’inscrit dans la droite lignée des politiques « place nette” et “ville à sécurité renforcée” adoptée l’année précédente qui font de Commerce et de Bouffay des terrains de chasse aux sans-papiers pour la police. Cette opération menée par Retailleau est une énième carte blanche donnée à la police pour mener à bien son contrôle social raciste malheuresement de plus en plus banal. En effet, l’arme la plus puissante de l’Etat n’est surement pas les 4000 flics mobilisés mais bien l’apathie qui s’installe dans la population.

Prenons exemple sur les révolté-es de Los Angeles : ne les laissons pas faire ! Perturbons-les autant que possible. Refusons de présenter nos papiers, réfusons de répondre aux flics, harcelons-les lors des contrôles, faisons-les perdre leur temps : bordéliser les contôles peut permettre à des personnes de passer entre les mailles du filet. Bref, soyons partisan-es !

Organisons-nous maintenant !

Bouchemaine (Maine-et-Loire) : Des vitres étoilées pour Vinci !

Publié le 2025-06-24 10:10:11

Indymedia Nantes, 23 juin 2025

La semaine dernière, l’état fRançais a encore mis en place un dispositif policier démesuré pour effectuer des rafles de personnes sans-papiers.

Après avoir été raflées, ces personnes sont emmenées dans des Centres de Rétention Administrative (CRA). Sans ces lieux d’enfermement, sa politique ignoble avec les exilé.e.s serait plus difficile à mettre en place.

Une filiale de Vinci construction va participer à la construction du CRA de Dijon.

La rage nous a donc fait sortir par une nuit étoilée.

Nous avons frappé les vitres des locaux de Vinci Constructions à Bouchemaine dans la zone industrielle des Brunelleries. Les filiales GTM Ouest et SOGEA y sont également présentes.

Force à Maja !
Crève les frontières, les taules et le monde qui va avec.

– des anarchistes –

Soltau et Erfurt (Allemagne) : feu aux camions de l’armée allemande

Publié le 2025-06-24 10:18:10
Erfurt (Allemagne), 21 juin : incendie de six camions de l’armée allemande

[Hier lundi 23 juin, est sortie une dépêche de l’agence de presse allemande (dpa) annonçant à la grande joie des petits et des grands, que six camions de l’armée allemande sont partis en fumée au cours du week-end à Erfurt (région de Thuringe). Ces derniers étaient garés au nord de la ville, sur le parking d’un atelier d’entretien et de réparation.

Cet incident fâcheux survient au moment où l’État allemand réfléchit au service militaire obligatoire, instaure une Journée des anciens combattants (15 juin), relance la préparation et la militarisation des esprits, et surtout débloque des sommes incommensurables pour la guerre : création d’un fonds spécial d’investissement de 500 milliards d’euros destiné aux investissements dits de “sécurité”, et augmentation de son budget annuel de la défense de 63 milliards en 2025 (2% du PIB) à 160 milliards pour 2030 (3,5% du PIB).

Bref, l’attaque d’Erfurt est venue rappeler si besoin est qu’en Allemagne, tout le monde n’est pas disposé à accepter cette course vers l’abîme militariste, que ce soit à Hambourg le 15 juin lorsque le directeur de l’entreprise d’armement Vincorion a reçu une visite incendiaire à domicile, à Berlin le 10 juin lorsque l’entreprise de puces électroniques Micro Resist Technology a été sabotée, à Berlin le 17 juin lorsque trente-six camionnettes des collaborateurs de guerre Telekom et Amazon sont parties en fumée, ou le 6 juin à Soltau (Basse-Saxe) lorsque cinq camions de l’armée avaient déjà été cramés : une attaque revendiquée le lendemain sur de.indymedia, dont on trouvera ci-dessous la traduction du communiqué.]


Feu contre l’armée fédérale ! – Attaque incendiaire contre des véhicules de l’armée à Soltau (Basse-Saxe, Allemagne)

La guerre et le génocide sont les moyens les plus brutaux utilisés dans la lutte pour le contrôle des ressources, des territoires et des personnes. Ils vont toujours de pair avec la prétention à justifier l’anéantissement massive de vies humaines, les déplacements forcés, le traumatisme collectif et la destruction effrénée.
Cette prétention est au cœur de la logique de guerre et de la militarisation croissante qui apparaît concrètement dans la participation active de l’Allemagne à diverses guerres – notamment en tant qu’un des plus grands pays exportateur d’armes au monde.

Cette prétention est à la base de la « raison d’Etat » allemande qui soutient le génocide à Gaza et la politique inhumaine de l’Etat israélien contre la population palestinienne.
Elle se montre aussi sans aucun masque dans l’ « Operation Prosperity Guardian » – où l’OTAN dégage à coups de bombes des routes commerciales occidentales au Yémen.
Ou encore dans la guerre meurtrière de proxy au Soudan où, largement oubliées par le monde occidental, des dizaines de milliers de personnes meurent et des millions d’autres sont contraintes à la fuite.
Enfin elle se trouve ici dans la propagande en faveur de « l’aptitude à la guerre » qui règne depuis l’agression de la Russie contre l’Ukraine. Nous vivons un impressionnant revival de la rhétorique de la guerre froide.
Cette propagande conduit à un énorme réarmement militaire en très peu temps, ainsi qu’à la militarisation et à la mainmise de l’armée sur les structures civiles et sociales les plus diverses. Elle amènera, tôt ou tard, au retour d’un service militaire (obligatoire).

Du feu contre la froideur libérale !

La condition préalable à un climat social dans lequel toutes ces horreurs peuvent être acceptées comme inévitables et sans alternative, est la déshumanisation des personnes contraintes de souffrir de la guerre, du génocide et des déplacements forcés.
Il ne s’agit pas là d’un simple mécanisme psychologique destiné à ne pas perdre la raison face à toutes ces choses épouvantables. La dépréciation et la déshumanisation d’une grande partie de la population mondiale révèle la continuité d’une manière coloniale de penser et d’agir. Par la guerre et la soumission, celle-ci a engendré la position hégémonique du dit « monde occidental » et de la société bourgeoise. La guerre et la soumission restent des moyens d’assurer cette position hégémonique.
L’ignorance de l’assassinat et de la domination de populations est largement répandue dans toutes les strates de la société allemande. Nous observons une variante de la « raison » qui permet de dévaloriser avec une froideur glaçante et sans empathie des vies humaines considérées comme « autres » et de les mettre à distance de sa propre existence. C’est ainsi que se maintient le statu quo d’une société où on piétine des cadavres pour garantir sa propre prospérité. La brutalité militaire bat son plein !

Du feu en solidarité !

Ces flammes sont pour celles et ceux qui luttent contre leur déshumanisation et pour leur survie.
Ces flammes sont aussi pour celles et ceux qui doutent, qui ne restent pas tranquilles face à la situation, qui ne collaborent pas, n’obéissent pas et refusent de fonctionner. Pour toutes celles et ceux qui veulent rêver et combattre pour un autre monde solidaire, sans États, ni frontières, ni armées.

Ces flammes sont pour Maja, en grève de la faim depuis le  5 juin dans une taule de Budapest, accusée de pratiquer un antifascisme conséquent – ta détermination et ton attitude solidaire sont un moteur et une source d’inspiration pour nous ! Tu n’es pas seule !

Ces flammes sont pour Daniela Klette, incarcérée et actuellement en procès pour son parcours, son attitude et sa praxis révolutionnaires – ton histoire fait partie de notre futur commun !

Ces flammes sont pour celles et ceux qui, s’extrayant du contrôle et des poursuites étatiques, continuent à parcourir notre chemin commun – Amour et force !

Nous sommes en plein dedans, nous sommes au cœur de la bête.
Et il nous revient à toustes de re-décider sans cesse quel rôle nous voulons jouer dans ce cycle sanglant.
Nous avons décidé de contribuer à l’infarctus.
Au cours des prochaines années, l’armée fédérale sera omniprésente dans nos vies et redeviendra un acteur essentiel du formatage autoritaire et patriarcal de la société. Attaquons-la à tous les niveaux !

Dans la nuit du 5 au 6 juin, nous avons mis le feu à cinq poids-lourds de l’armée sur le site d’un atelier dans la rue Carl-Benz, à Soltau.

Rassemblement pour le procés du manifestant Italien arreté le 1er mai

Publié le 2025-06-24 15:46:59

Rendez vous ce JEUDI 26 juin à 13h30 devant le TRIBUNAL JUDICIAIRE de Lyon (67 tue Servient)



Solidarité avec un des manifestants italiens arrêté à la manifestation du 1er mai. Il avait été placé en détention provisoire à Corbas après son arrestation le temps de passer en comparution immédiate.

Le rappel complet de l’affaire :

Petite chronique des comparutions immédiates post-1er mai

Journée chargée au tribunal ce lundi 5 mai. En plus du passage en comparution immédiate de deux camarades italien-nes arreté-es en fin de manif du 1er mai, le procès d’une étudiante allemande arrêtée lors d’un blocus de la fac Lyon 2 avait également lieu.

24 juin


Face à la répression, solidarité et organisation !

A Guide to ICE Infrastructure – Chicago, IL

Publié le 2025-06-24 16:05:17

Found on Chicago Anti-Report

Fiber Optic Vandalism – Long Beach, CA

Publié le 2025-06-25 01:33:10

An internet outage across large parts of Long Beach was caused by someone who intentionally cut fiber optic lines "in a criminal act of vandalism," according to a spokesperson for Spectrum.

The cable company was notified of the vandalism "early this morning," affecting parts of Long Beach and Signal Hill, Spectrum spokesperson Pam Collazo said.

Police were notified of the suspected vandalism between 5 a.m. and 6 a.m., said Signal Hill police Lt. Kelli Crigler.

Spectrum declined to provide the exact number of residents and businesses without internet access, but the outage stretched as far as Downtown, Alamitos Beach and the Willmore neighborhood, according to comments on NextDoor.

The outage also disrupted non-cash purchases at numerous businesses, including restaurants, coffee shops and retail stores.

"Some affected areas in Long Beach have already been restored this morning," Collazo said.

The remaining customers were expected to be restored by 3 p.m., according to an update sent by Spectrum.

"Our techs are currently doing fiber splices to repair our network lines to restore services," Collazo said.

The vandalism reportedly occurred in Signal Hill, and Spectrum was working with Signal Hill police to track down the suspected vandal or vandals, Collazo said, adding that the company's fiber lines do not include any copper, a metal that's often the target of vandals trying to resell it.

Found on Mainstream Media

More Fiber Optic Vandalism – Kansas City, MO

Publié le 2025-06-25 02:29:23

June 20, 2025

Spectrum says vandalism caused an outage for some of its customers across Kansas City on Friday.

Several agencies across the region reported communications issues due to the vandalism on one of Spectrum's fiber lines.

"These acts of vandalism are not only a crime, but also affect our customers, local businesses and potentially emergency services," a Spectrum spokesperson said.

The spokesperson said crews responded to the outage, which some agencies started experiencing Friday morning. Work continues to restore service.

In May, the company cited a "criminal act of vandalism" against a primary and secondary network that led to an outage on May 17.

Vandalism to a Google Fiber line was cited as the cause of an outage in the Northland on May 11.

Found on Mainstream Media

Anarchist call: Expropriate commodities, support deserters!

Publié le 2025-06-25 08:12:21


It’s always the same in wars. Those who start and organize wars benefit the most. When there is a war, the bourgeoisie increases the profits, but the proletarians count the graves. It is the working class that suffers most in wars: at the war front, on the home front and in civilian life.

The logic of war is reproduced when proletarians dressed in army uniforms fight inter-bourgeois conflicts and murder their class brothers and sisters on the other side of the war line. But the same people also have the power to stop wars. Every deserter brings us closer to that goal. Desertion is not just an individual form of self-defense. It is a class struggle. The struggle of the working class, against the bourgeoisie and the wars it produces. That’s why the logical step is to expropriate capitalist resources and share them with deserters.

Shopping centers, warehouses, factories, offices, trucks… Everywhere there are products that we can expropriate and donate to deserters who can more easily escape from the front, hide from repression and organize anti-war resistance. We can also sell the seized resources and use the money to finance practical support for desertion.

Go ahead! Let’s take back everything the capitalists stole from us. Let’s share it with the proletarians who are deserting the army and expressing their practical sabotage of war and militarism.

This call is inspired by the internationalist project Revolutionary Defeatist Network. We hereby send greetings to those who organize within this network. We call on others to be inspired and organize as well.

The only war worth fighting is the class war.

MAGPIE PROJECT – June 2025 – https://magpie.noblogs.org/

Arson Attack on Police Van in Williamsburg (USA)

Publié le 2025-06-25 08:15:52

June 18, 2025

Last night before the rain I put a package of flamey on the wheel of a police van by union and metropolitan in williamsburg. I don’t know exactly what happened next, but I’m glad I did it and recommend everyone try as many firey ways as possible for as long as breaking cop toys is seen as violence while people being forcefully removed from their loved ones and from the ground and resources they have every right to by being born on this planet is seen as law and routine.

Against a coward hearted nation that fronts for free speech while allowing a young woman to be jumped in the street for writing against genocide, and organizers and protesters to be kidnapped.

Against a fraudulent country that is willing to expose its illusion of liberty as posturing as long as it can stay scared of brown people’s freedom.

For Rumeysa Ozturk, for Mahmoud Khalil, for all the families, friends, nieghbors imprisoned. For everyone stolen from us, from one of so many who WILL. NOT. FORGET THEM.

Submitted anonymously at neversleep

(USA): National Guard Office Attacked – Bloomington, IN

Publié le 2025-06-25 08:18:16

June 13, 2025

The night before the “no kings” spectacle we smashed the windows of an Army National Guard recruiting office. It is easy and fun to attack, and usually accomplishes more than standing on a street corner.

US authorities built militias capable of quelling riots or breaking up strikes after the civil war. The state militias were reconstituted into the modern National Guard. Military training was imposed and matters of discipline rigidly enforced, including inspections by regular Army officers. In addition, more emphasis was placed on recruitment, and armories were built throughout the North.

The National Guard Association came into being in St. Louis, and between 1881 and 1892 every single state revised its military code to provide for an organized militia which most states called the National Guard.

The Indiana National Guard has actively been a part of policing the US border. It is always available to suppress liberatory revolt through violently firing indiscriminately into crowds, or dispersing crowds though theatrical/coercive threats of violence. We see their actions in LA today, and in historical massacres of striking workers and attacks on Katrina survivors. They were deployed during the George Floyd and Ferguson Uprisings. Of course in Ferguson it wasn’t the police or even the National Guard who succeeded in putting an end to the rioting, but professional activists.

It is important to remember that, in this cycle of social upheaval, riots can be experienced as celebration, as joyous and cathartic releases of emotion: police and politicians who enter riot zones often cite this atmosphere as the thing that terrifies them the most. But riots are also driven by anger and loss. They emerge as an alternative form of care and remembrance for those the state’s patriarchal violence has destroyed: rising up in mourning for lost children and in outrage at the domination of daily life. They can be ugly, bloody, and frightening. Riots are communicative, but unlike protest, they do not aim their speech at those in power, at leaders or the state; instead, they are a form of direct communication and knowledge transfer among those outside the traditional avenues of power.

Solidarity with the LA fighters!
Solidarity with anarchist fighters!

Submission at unravel

[Revue] Takakia #4 (printemps-été 2025)

Publié le 2025-06-25 11:54:50

[Reçu par mail, 25 juin 2025]

Takakia #4
chants sous-marins pour couler la mégamachine
(printemps-été 2025)

106 pages – prix libre (coût de fabrication 1,75 euros)
Tirage 1000 exemplaires

Pour toute commande : takakia@riseup.net. (Sur notre site, tu peux trouver notre clé PGP pour crypter les communications)
Les anciens numéros peuvent être télécharger sur notre site
http://takakia.noblogs.org

Merci aux troubadours itinérants, campements dans les sous-bois, locaux, brigantes forestières, bibliothèques, oiseaux-tempête, tables de presse, écureuils des villes et des campagnes, vagabondes ambulantes, infokiosques, bardes émeutiers et louves solitaires de votre acharnement à diffuser cette revue et de rendre possible cette petite aventure éditoriale.  Aux autres : il n’est jamais trop tard pour rentrer dans la danse !


Sommaire du #4

ARTICLES ET RECITS
L’appel de la forêt. Renouer le lien, respirer la liberté
« On appelle ça la zone morte ». Les ravages de l’industrialisation en Kanaky
Ce nouveau mal de siècle qui s’empare des cœurs et des esprits    : l’éco-anxiété
La conquête patriarcale et la civilisation industrielle
« T’aka te préparer ». Entretien où il est question de talkie et de méditation, de préparation et de cueillette, d’autodéfense et de chants, de respiration et de brigandage,…
Polluants éternels
L’extinction, c’est la solitude
Sang et eau. Abuelitas piedras, las gracias te doy
L’extractivisme vert au secours de la société techno-industrielle
Forasche. Enseignements de Bialowieża

RUBRIQUES

Résistances
Ariège. Contre les projets miniers ici et ailleurs.
Bretagne. « Elle va nous avaler ». Extension de la mine de Glomel
Saccages de mines (Affiche)
Côtes françaises. L’éolien offshore : survol d’un projet ecocidaire
Isère. Nouvelle mobilisation contre les usines de puces
Bure. Déclarer sa flamme. Sur la question de la lutte armée dans le mouvement antinucléaire Allemagne. Les luttes écologistes en temps de changement d’époque et de multicrise
« Le monde a besoin de toi, nous avons besoin de toi ». Revendication du Commando Angry Birds

Mauvaises herbes
Descentes de police et alliés herbaux pour le choc

Aguerrissement
Apprentissages de la rue. Combat et autodéfense

Contes et chants
La louve
Ainsi nous leur faisons la guerre. Épisode 3 : Pas de fumée sans feu
Hiver glaciaire
C’est là que je veux être

Feuilleton
Le stagiaire. Épisode 2 : Relâche tes épaules

Dans la boîte aux lettres de Takakia
Du courrier

ANNEXE
La Gazette. Dépêches de la résistance férale

Le collectif anti-expulsion : Combattre la mécanique de l'expulsion en France dans les années 1990

Publié le 2025-06-25 19:46:19

Un article paru le 26 mars 2025 sur le site anarchiste international Crimethlnc.com
Dans le récit qui suit, l’auteur raconte des scènes issues du Mouvement contre les expulsions, en France, à la fin des années 1990. A l’heure où Donald Trump, Elon Musk et leurs laquais s’en prennent aux sans-papiers et kidnappent des immigrés qui s’opposent au génocide, même quand ils sont porteurs de Green Card, c’est un bon moment pour étudier comment des gens se sont opposés à la violence d’état dans d’autres lieux et d’autres temps.



Ceci est une adaptation du mémoire à venir Another war is possible, qui relate les expériences vécues par le mouvement mondial contre le fascisme et le capitalisme au tournant du siècle. Si vous souhaitez lire le reste du livre, vous pouvez le commander sur PM Press.

Gare de Lyon : Paris, 5 mai 1998

C’est le début de soirée, Sophie et moi sommes assis dans la zone d’attente des trains longue distance de la Gare de Lyon à Paris, l’une des gares les plus fréquentées d’Europe. Tout autour de nous, des voyageurs se précipitent dans tous les sens. Une caméra toujours autour du cou de papa, des familles de touristes stressés précipitant leurs enfants à travers la station se mêlent aux hommes d’affaires fatigués qui attendent de rentrer chez eux.

« Tu as fait du bon travail avec ta tenue », me dit-elle en me regardant de la tête aux pieds. J’ai rencontré Sophie lors d’une action (ou bien une manifestation, un concert, quelque chose du genre) il y a environ un an et nous sommes devenus inséparables pour toutes les actions politiques. Elle a mon âge, est étudiante au Lycée Autogéré de Paris 1 et si je ne connaissais pas très bien le contexte dans lequel elle fait ce commentaire, je pourrais penser qu’elle flirte avec moi.

« Tu as l’air plutôt bien toi-même », réponds-je. Elle a réussi à se transformer en figure craquante de l’adolescente française moyenne parfaitement insignifiante. Fondamentalement, elle ressemble à une jeune Spice Girl dans son survêtement Adidas et ses baskets. Moi, par contre, j’ai opté pour un look nettement plus précurseur : pantalon kaki, polo, veste non-définie et mocassins. Elle me regarde de nouveau, fait une pause et retire légèrement son compliment : « Ce n’est pas la garde-robe la plus fonctionnelle, cependant. Les pantalons kaki se démarquent et les mocassins ne sont probablement pas parfaits pour courir. »

Je hausse les épaules. « J’ai fait ce que j’ai pu. Ce qui m’importait le plus, c’était d’arriver jusqu’ici. »

Nous sommes assis parmi les touristes et les hommes d’affaires, faisant de notre mieux pour ressembler à un jeune couple adolescent quelque peu dépareillé qui attend un train pour rentrer dans leur ville ; nous ne sommes en fait pas des voyageurs, et le terme correct pour notre tenue serait plutôt un déguisement. Nous ne sommes pas ici pour prendre un train, mais pour en arrêter un. Un train qui transporte des êtres humains emprisonnés contre leur volonté chaque nuit. Le 21:03 à Marseille, autrement connu pour nous comme le train de la déportation.

Notre objectif est d’arrêter le train de nuit Paris-Marseille, que la Société Nationale des Chemins de Fer, mieux connue pour ses initiales SNCF, permet au gouvernement français d’utiliser pour transporter des immigrés nord-africains, généralement d’origine algérienne ou marocaine, par les rails, jusqu’à Marseille. Une fois dans la ville portuaire, ils sont expulsés du territoire français par bateau. La tentative de bloquer ce train est une idée née du Collectif Anti-Expulsions et il a été décidé que si nous devions avoir une chance de succès, nous devrions nous déguiser le mieux possible et infiltrer la gare en petits groupes, puisque tenter de marcher là-dedans en cortège ne nous mènerait probablement pas très loin.

Le collectif anti-expulsion

Le CAE, officiellement formé quelques semaines plus tôt, au début du mois d’avril 1998, était un collectif autonome né dans la chaleur du mouvement des sans-papiers du milieu des années 90. Cela fait référence au mouvement contre l’expulsion des immigrants sans papiers et en faveur de leur « légalisation ». Les principes directeurs du collectif étaient aussi simples qu’ils étaient clairement imprégnés de modes d’organisation, de pensée et d’action anarchistes :

Opposition concrète aux expulsions.
Nous ne sommes pas des « alliés » des sans-papiers, nous luttons avec eux par nos propres motivations et convictions.
Ces motivations varient d’un individu à l’autre, mais sont dans tous les cas enracinées dans l’anticapitalisme.
Le collectif est autonome et collabore avec des collectifs de sans-papiers qui sont autonomes non seulement en théorie, mais aussi dans la pratique.
Les décisions sont prises par l’assemblée générale.

Le sort des sans-papiers avait émergé dans l’opinion publique après une série d’occupations d’églises très médiatisées en 1996 par les immigrés, eux-mêmes sans-papiers. Cela a culminé le 23 août 1996 avec une descente de près de 2000 policiers qui ont pris d’assaut l’église Saint-Bernard, entraînant la détention de 210 migrants sans-papiers.

Par la suite, les manifestations de solidarité avec les sans-papiers à Paris ont régulièrement compté des dizaines de milliers de personnes, avec des participants représentant le large spectre du centre gauche et de la gauche radicale. Cela incluait le Parti communiste et la CGT, mais aussi les blocs anarchistes considérables de la CNT, la Fédération anarchiste, l’Alternative libertaire, le SCALP et tout ce qui se trouvait entre les deux. Fait important, les sans-papiers eux-mêmes étaient organisés en plusieurs collectifs et organisations ; ils étaient des membres actifs et dirigeaient leurs propres luttes. Comme tout type de communauté, elles n’étaient pas monolithiques. Au sein des organisations sans-papiers, on pouvait trouver un spectre tout aussi large d’idées et de stratégies en ce qui concerne les demandes, les objectifs et les méthodes d’action.

Les organisations de sans-papiers de tous bords étaient limitées dans leurs stratégies par les contraintes évidentes de leur situation, notamment le fait qu’une arrestation ou un contrôle d’identité pourrait rapidement conduire à une expulsion possible avec des conséquences dévastatrices, potentiellement mortelles, voire mortelles. Sans surprise, les organisations réformistes étaient coincées par leur respect de la légalité, des principes de base des états et des frontières, et de l’idée qu’un être humain devrait d’une manière ou d’une autre être lié par le la possession d’une certaine feuille de papier, ou pas, en fonction de son lieu de naissance. Ou encore plus absurde, comme c’est le cas en France, sa lignée.

Nous, anarchistes, n’avions pas de telles contraintes. Notre solidarité avec ce qui était clairement l’un des groupes les plus opprimés et marginalisés de la société — travailleurs, personnes de couleur, dont beaucoup de femmes, fuyant certains des conflits les plus horribles du monde à cette époque — a été immédiate et instinctive. Mais par notre position de solidarité inconditionnelle avec les sans-papiers, et l’affirmation qu’aucun être humain ne sera jamais illégal et la liberté de circulation existe dans ce monde pour les personnes et pas seulement pour les marchandises, nous avons articulé une position de nécessaire rupture avec les concepts d’États et de frontières. Si nos demandes ne pouvaient pas être accordées par l’État et que notre objectif ne pouvait pas être réalisé dans le cadre de son existence, alors, naturellement, il s’ensuivrait que nous ne compterions pas sur l’État pour réaliser ces choix.

Par conséquent, nous nous sommes engagés dans une lutte concrète pour empêcher les expulsions et permettre aux gens de vivre où ils veulent et comme ils veulent. Notre analyse théorique du rôle de l’État était appliquée de façon concrète dans cette lutte : l’État était notre ennemi, et nous étions déterminés à lui faire la guerre dans le contexte et la situation où nous nous trouvions, dans l’espoir de l’empêcher d’atteindre ses objectifs. Plus nous réussissons, main dans la main avec les sans-papiers qui sont ouverts à notre solidarité et à nos méthodes, plus notre pouvoir collectif grandit en tant que mouvement et plus nous serons à même d’augmenter notre degré d’autonomie, d’organisation et de liberté.

Nous ne faisions pas de demandes, mais nous cherchions à forcer les concessions et à en faire des réalités. Concrètement, cela signifiait que les expulsions étaient à empêcher. Pour ce faire, nous attaquerions les mécanismes d’expulsion de l’État, ses infrastructures et les entreprises qui ont collaboré avec lui et ont tiré des bénéfices économiques en aidant à la chasse, à la capture et à l’expulsion d’êtres humains.

Nous l’avons fait par solidarité, par conviction, mais aussi avec la compréhension explicite que malgré nos privilèges et des réalités différentes, notre lutte était la même que la leur. En combattant aux côtés des sans-papiers, complices plutôt qu’alliés, nous luttions aussi pour nous-mêmes :

« Leur situation nous rend tous plus précaires, car les relations de travail, la répression et le contrôle développés contre eux finiront par nous affecter aussi, le durcissement des frontières est également un obstacle à notre liberté de circulation, parce que nous sommes aussi des étrangers à ce monde et que nous serons poussés de plus en plus dans la clandestinité – par choix mais aussi par nécessité si nous devons vivre nos désirs – par l’évolution constante du droit et des États. » (Un bilan critique du Collectif Anti-Expulsions d’Ile-de-France,” Cette Semaine, no. 85 (August–September 2002)

Le 21h03 à destination de Marseille

Nous voilà donc assis sous l’élégant toit de verre et d’acier datant de l’ère industrielle, si typique des vénérables gares européennes – un cadre dramatique tout à fait approprié à la confrontation imminente. Nous attendons anxieusement le moment où un nombre indéterminé de flics apparaîtra, escortant ce que je suppose être un individu menotté dans le hall, à partir duquel nous devrons entrer en action et former une chaîne humaine pour les empêcher de le faire monter dans le train. À défaut, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher le train de partir. Nous ne sommes pas des pacifistes, et s’il y a un consensus général sur le fait que notre camp évitera les escalades inutiles, il y a un accord tout aussi clair sur le fait que la priorité n’est pas aux perspectives, mais à la réalisation d’un objectif concret et tangible.

Néanmoins, je suis inquiet quant à nos chances de réussite. « Est-ce que tu vois des visages familiers ? demandai-je avec inquiétude. Je scrute la salle du mieux que je peux et je n’aime pas ce que je vois.

« Non, je ne vois même pas Alan ou Mary. Je me demande s’ils sont entrés. » Mary est une autre élève du Lycée Autogéré et la meilleure amie de Sophie, tandis qu’Alan est un peu plus âgé et le punk le plus cliché - avec mohawk et veste en faux cuir - de notre petit groupe affinitaire.

Aucun d’entre nous n’a l’âge légal d’être un adulte mais nous avons déjà tous les quatre une bonne expérience des problèmes avec l’État. Nous nous sommes rencontrés lors d’une réunion du Comité d’Action Lycéen, un lieu qui ne peut être décrit que comme une pépinière d’anarchistes en âge d’aller au lycée.

Nous sommes jeunes, fanatiques, et suffisamment libérés de l’esclavage salarial pour bénéficier de beaucoup de temps libre, que nous utilisons pour être des habitués de toutes les manifestations, actions, occupations, squats politiques, concerts, débats et confrontations de la région parisienne. Quand nous ne faisons pas cela, nous passons nos nuits ensemble à boire, à nous défoncer et à écouter « El vals del obrero » de Ska-P dans les catacombes sous les rues de Paris. Moi, j’ai découvert le Catéchisme du révolutionnaire de Serge Netchaïev et j’en ai conclu que mon esprit et mon corps sont des armes pour la lutte révolutionnaire, et que je dois donc les préserver de la drogue et de l’alcool. Cela me permet de m’amuser beaucoup dans les fêtes.

Pourtant, quelle que soit notre combativité, quel que soit l’affûtage de mes armes proverbiales, si nous ne sommes que vingt lorsque les flics se présentent, cela ne va probablement pas bien se passer. « Putain de syndicats », murmure Sophie en soufflant. « A quoi ils servent s’ils ne sont même pas capables de réunir cinquante personnes pour un truc pareil ? Sa plainte s’adresse à SUD, l’abréviation de Solidaire, Unitaire, Démocratique, un petit syndicat de gauche né dans la foulée de la grève générale de 1995, dont la branche ferroviaire avait promis de se mobiliser pour cette action.

Je hausse les épaules. « Qui sait, ce n’est pas comme si nous savions à quoi ils ressemblent. Peut-être que ça va marcher ».

J’essaie d’être positif, parce que c’est la voie que nous avons choisie ; si nous sommes au bal, autant danser. De toute façon, il ne semble pas y avoir beaucoup d’autres solutions. Quelques semaines plus tôt, nous avons réussi à occuper les voies et à retarder le train pendant quelques heures. Les flics ont fini par dégager les voies à grand renfort de matraques et de gazs, et lorsque nous sommes revenus quelques jours plus tard, nous avons trouvé une armée de policiers qui gardaient les voies.

« Regarde, regarde, juste là ! » Sophie pointe du doigt l’une des entrées du hall, sa voix tremblant d’un mélange d’excitation et de colère. Je suis en train d’apercevoir ce qu’elle désigne, un jeune homme d’une vingtaine d’années conduit par une escorte de sept ou huit flics, lorsque mes inquiétudes quant à notre nombre s’effacent immédiatement. De tous les coins de la salle partent des sifflements désapprobateurs, suivis immédiatement par ce qui semble être la salle entière qui éclate en chants tonitruants de « Non, non, non… aux expulsions ! » amplifiés et rendus encore plus pressants par les échos générés par l’espace fermé dans lequel nous nous trouvons.

Les premiers se lèvent de leur siège, se précipitent vers la ligne de CRS qui garde l’accès au quai et au train, et se lient les bras. Quelques autres les rejoignent. Puis des dizaines d’autres. Des amis et des camarades apparaissent de partout dans la foule. Les chants déclarant qu’aucun être humain n’est illégal résonnent haut et fort tandis que nous rejoignons nous aussi la chaîne humaine. Nous sommes des centaines ! Nous sommes si nombreux que nous formons deux lignes à travers l’ouverture du quai, l’une face aux flics déjà postés là pour nous empêcher de tenter d’accéder aux voies, l’autre tournée vers le hall, empêchant les flics qui escortent un captif d’atteindre le train. Sophie et moi nous retrouvons dans la première de ces deux lignes.

Les minutes suivantes s’écoulent dans un flou chargé d’adrénaline. La vue de la personne que nous essayons de protéger de l’expulsion juste devant nous illustre de manière poignante ce qui est en jeu, et les regards déconcertés de son escorte policière ne font que nous enhardir. Il est clair qu’ils ne savent pas s’il faut aller jusqu’au bout ou abandonner.

La police est habituée à la résistance aux expulsions. Nous nous présentons régulièrement dans les aéroports, informant les passagers ainsi que les employés des compagnies aériennes de ce qui se passe sur leurs vols et de ce dont leurs employeurs les rendent complices malgré eux, exhortant les passagers à refuser des vols qui sont en même temps des transports de prisonniers. Nous avons obtenu divers degrés de réussite. Nous avons également essayé de perturber et d’empêcher des expulsions, comme nous l’avons fait quelques semaines plus tôt au même endroit.

Mais nous n’avons jamais fait cela.

Du moins, jamais par centaines, jamais avec le sentiment palpable que nous pourrions réussir. Je pense que les flics le sentent aussi.

La scène suivante est d’une violence extrême et presque intime. Il est clair que l’ordre a été donné de libérer l’accès au train. Le gaz et les matraques volent tout autour de nous. Nous ne sommes pas armés. Nous n’avons ni mât, ni casque, ni même le tissu d’une banderole pour nous protéger. Des masques couvrent nos visages et des bras liés nous maintiennent ensemble, mais cela nous laisse pratiquement sans défense face aux coups de matraque. Sans un mot ni un avertissement, le policier anti-émeute qui se trouve juste à ma droite sort une matraque métallique rétractable de la poche intérieure de sa veste et, d’un geste rapide, il l’étend et l’abat avec un bruit sourd sur la tête d’un camarade qui se trouve à côté de moi. J’entends le craquement et je vois immédiatement le sang jaillir de la blessure au sommet de son front. Ses bras deviennent mous, et le mieux que je puisse faire est de relâcher mon bras, que j’avais lié au sien, et de le pousser vers l’arrière alors qu’il s’effondre, de sorte qu’il tombe vers la ligne de camarades faisant face à la gare et non aux pieds de ces flics déséquilibrés.

Avant que je puisse évaluer la pertinence de ce geste, je lance déjà instinctivement un coup de pied dans l’estomac du flic qui a blessé mon voisin. Ce flic nous regarde en ricanant depuis que nous nous sommes levés, attendant son moment pour blesser un « gauchiste de merde », ce qui est exactement l’expression que les nationalistes et les fascistes aiment employer en Argentine aussi. Sophie me crie de revenir, mais sa voix est à peine audible. Des camarades rompent la ligne pour porter l’ami blessé, tout comme j’ai rompu les rangs avec mon coup de pied. D’autres, aveuglés ou incapables de respirer à cause du gaz rompent également les rangs et battent en retraite.

Le jeune Algérien est forcé de monter dans le train. L’édition de la semaine suivante du Monde Libertaire,
l’hebdomadaire de la Fédération anarchiste francophone, rapporte plus tard que le train

« est parti avec un retard de trente minutes. […] Le train devait s’arrêter quelques kilomètres plus loin, à Melun, dans l’attente d’un autre train transportant environ la moitié de ses passagers d’origine ».

Les passagers manquants n’avaient pas pu monter à bord en raison des affrontements entre les manifestants et la police.

« Le train a de nouveau été arrêté à la gare de Lyon-Perrache vers 2h30 du matin par des militants, mais il a ensuite fait un arrêt imprévu à la gare de l’Estaque pour débarquer les prisonniers et les placer dans le centre de détention d’Arenc, car les flics étaient préoccupés par les actions possibles d’autres manifestants à Marseille. »

Il y a toujours deux fronts clairement définis à l’intérieur du hall de la gare. Nous nous tenons d’un côté, à une vingtaine de mètres des trains.

Un petit groupe de personnes commence à partir - une vingtaine de personnes, toutes portant des gilets jaunes. Il s’agit des syndicalistes ferroviaires de SUD, qui s’étaient finalement présentés à l’action, mais qui ont décidé qu’avec le départ du train, leur participation était terminée.

Le reste d’entre nous se compte encore par centaines. Dans le grand ordre des choses, ce n’est rien. C’est une faible participation, même à un match de football de troisième division, à peine suffisante pour remplir un wagon de métro. Même une manifestation strictement anarchiste à Paris pourrait compter des milliers de personnes. Mais à mes yeux, à ce moment-là, ces gens représentent le monde entier. Qui se soucie des chiffres, de la perception ou de l’opinion des moutons ? Je me sens chez moi parmi ces deux cents personnes qui ont mis leur corps au service de la conviction qu’aucun être humain n’est illégal, qui ont montré par leurs actions que l’État et ses agents doivent être affrontés de front.

Je préfère deux cents ultra-gauchistes, aventuriers, extrémistes ou tout autre nom qu’ils peuvent nous donner que deux mille qui resteront les bras croisés parce que la discipline du parti ou du syndicat dit que ce n’est pas le moment et que ce n’est pas la manière, ou vingt mille qui défileront dans la rue avec nous en proclamant qu’aucun être humain n’est illégal, pour ensuite continuer tranquillement leur journée pendant que d’autres sont traînés, souvent drogués et ligotés, vers des transports de prisonniers. Je suis reconnaissant de la participation du sympathisant, du syndicaliste, du membre du parti, du réformiste. Je comprends que nous ayons besoin d’eux pour exercer une pression politique. Mais je sens maintenant que ma place est avec les militants et les combattants, quel que soit leur nombre.

Devant nous, un mur de flics anti-émeutes, désormais trop loin pour nous atteindre avec leurs gaz et leurs matraques. L’idée que la police est la garde armée qui applique la dictature du capital par le biais du monopole de la violence sanctionné par l’État a fait place à un sentiment beaucoup plus urgent : la haine brûlante de ceux qui blessent mes amis pour perpétrer l’injustice. Celui qui porte cet uniforme est le moyen immédiat de notre oppression et donc mon ennemi.

Quelqu’un est revenu d’une autre piste avec un sac à dos rempli de pierres. Alors que les chants contre la déportation continuent de résonner, quelques dizaines d’entre nous attaquent les flics. Il y a encore de la tristesse et de la frustration, parce que nous avons échoué, mais il y a aussi de la joie. Il y a un sentiment de refus collectif et de libération.

Trop et jamais assez

Alors que nous quittons enfin la gare, brisant au passage les caméras de sécurité, les panneaux publicitaires et les guichets automatiques, je pense déjà au jeune Algérien dont nous essayions d’empêcher l’expulsion. Ce soir, il ne s’agissait pas de faire une déclaration politique abstraite contre les déportations. Il ne s’agissait pas d’une action militante mais toujours symbolique, contre les mécanismes d’expulsion et la barbarie qui catégorise les êtres humains en fonction de l’endroit où ils sont nés. L’objectif était d’empêcher l’enlèvement d’un être humain précis. Et bien qu’il y ait encore un lointain espoir que des camarades plus loin, à Lyon ou à Marseille, puissent encore réussir, nous avons échoué, et mon esprit se concentre déjà sur la façon dont je peux, ou dont nous pouvons collectivement, faire plus.

Bien que je craigne que nous n’en ayons pas fait assez, dès le lendemain, je suis confronté à la presse et aux bons citoyens de Paris qui hurlent que nous en avons fait trop. Je prends un journal sur le chemin de l’école et je trouve des articles pontifiant sur les extrémistes de la gare, s’indignant du désordre, condamnant la prétendue flambée de violence. Trop de désordre, trop de violence, voilà ce que disent les bons citoyens parisiens exaspérés en passant devant moi dans cette même gare et en voyant les distributeurs de billets cassés. Le discours constant sur « l’extrême gauche, enhardie, devenant de plus en plus agressive, violente et dangereuse » n’a fait que s’intensifier depuis l’élection de la coalition gouvernementale de centre-gauche socialiste et communiste.

Qu’est-ce qui a été endommagé ? En traversant la gare, je prends note des « dégâts ». Les seuls dégâts de la gare sont les machines qui entravent notre liberté de mouvement et transforment le besoin d’aller d’un endroit à l’autre en une considération économique. Aux panneaux publicitaires qui polluent l’espace public et transforment tout endroit où l’œil humain peut se poser en propagande pour la consommation constante de biens dont nous n’avons pas besoin. Et enfin, aux caméras de sécurité de plus en plus omniprésentes, qui garantissent que quiconque rejette ce système de consommation et de contrôle puisse être surveillé et criminalisé de manière plus efficace.

Quel ordre précieux avons-nous perturbé ? Si l’ordre auquel ils font référence est cette paix et cette tranquillité superficielles qui n’ont rien à voir avec la justice, alors le problème n’est pas que nous ayons été violents ou désordonnés, mais que nous ayons effectivement perturbé les procédures ordonnées de l’oppression. L’ordre de ceux qui préfèrent la poursuite de l’oppression tant qu’ils peuvent fermer les yeux – ou pire, la célébrer au nom du nationalisme ou du racisme – aux turbulences de la lutte pour y mettre fin.

La violence ? Nous avons jeté quelques pierres, qui n’ont probablement blessé personne. Les blessés étaient de notre côté, ceux qui ont affronté les forces armées de l’État avec à peine plus que nos corps et quelques objets volants. Qu’est-ce que quelques distributeurs de billets et publicités brisés par rapport à la violence dont nous avons été témoins ? La violence qui a lieu constamment, sans cesse, dans chaque quartier d’immigrés balayé par des kidnappeurs à la solde de l’État – lors de chaque contrôle de tickets dans le métro qui déclenche un effet domino aboutissant à l’expulsion – sur des vols qui partent constamment avec des prisonniers transportés comme une cargaison humaine contre leur volonté.

En ce qui concerne la vie de cet homme, je n’ai pas l’intention de choquer ou de traumatiser avec des spéculations sur son destin, ses circonstances, s’il a été arraché à une famille, à un partenaire, à un projet, à ses rêves. Cela n’a pas d’importance. Je revendique sa liberté de vivre comme il l’entend et où il l’entend parce que mon anarchisme l’exige comme condition minimale de la dignité humaine et comme rejet du système d’États et de frontières que je cherche à détruire. Cette violence, cette guerre contre les individus au nom des États et des nations, est la seule violence pertinente ici, celle qui est exercée pour défendre l’oppression.

Il s’agit d’une machine de violence construite pour protéger et perpétuer le système d’exploitation et de souffrance humaine qui dresse les hommes les uns contre les autres dans une lutte inutile pour la survie. Une machine qui a colonisé l’esprit des gens à un point tel qu’ils ne peuvent reconnaître la violence qu’au point d’impact – le poing frappant un visage, la pierre frappant le bouclier du policier – et seulement lorsqu’elle interrompt l’ordre qui l’inflige normalement.

Cela rend invisible la violence indicible et incessante qui découle du système des nations, du capital et de la société de classes : la mort due au manque d’accès aux soins de santé, la famine et la faim créées par la pénurie artificielle, les accidents du travail et les décès causés par la volonté de négliger les mesures de sécurité afin de maximiser les profits, les guerres religieuses et nationalistes sans fin. Les immigrants se noient dans les mers entourant la forteresse Europe ou meurent de déshydratation dans la chaleur du désert de l’Arizona en tentant désespérément d’échapper à la pauvreté et d’améliorer leurs conditions de vie. Cette violence systémique, la violence de l’oppression, est à peine perçue comme telle par la plupart des gens.

Je me fraye un chemin dans la ville, toujours perdu dans mes pensées, alors que je sors du métro pour me rendre dans le quartier majoritairement peuplé d’immigrés où se trouvent les bureaux de la CNT. Deux flics sont garés à l’extérieur du métro, contrôlant nonchalamment les pièces d’identité des gens au hasard. « Papiers, s’il vous plaît ». La normalité de la violence quotidienne.

Face à cette réalité, qui se soucie de la légalité ? Qui se soucie de l’opinion publique ? Lorsque nous étions peu nombreux et que nous occupions les voies, notre action était tout à fait pacifique. Pourtant, les mercenaires de l’État sont venus nous frapper sans hésitation pour atteindre ses objectifs. Bien qu’ils aient pu le faire de manière relativement « ordonnée », grâce à notre petit nombre et à notre retenue tactique de la violence, n’est-ce pas la victoire d’une violence incommensurablement plus grande ? Une plus grande violence de notre part, à des fins de libération, ne serait-elle pas justifiée ? Dans quel processus de pensée peut-on affirmer que la non-violence représente la position morale la plus élevée, alors que l’adhésion à la non-violence rend possible la perpétuation de la souffrance humaine et de l’oppression ?

Il y a un moment que je n’oublierai jamais, depuis le jour où nous avons été battus sur les rails, quelques semaines avant l’histoire que j’ai racontée.

Je peux à peine le voir à travers la vitre, son teint et le reflet des lumières de la gare sur les vitres du train rendant difficile la distinction de ses traits et de ses expressions faciales. Deux policiers le déplacent dans le train, un tenant chaque bras derrière lui, ses mains menottées ensemble devant. Soudain, alors qu’ils passent devant une fenêtre ouverte, nous pouvons voir clairement qu’il se tourne vers nous. Il lève les mains et fait un signe de victoire avec chacune d’elles, tout en nous disant « merci ». Il y a de la tristesse, de la dignité et de la gratitude sur son visage. Je ne sais rien de lui, ni qui il est, ni d’où il vient, ni ce qui l’a amené ici, ni ce vers quoi il est renvoyé. Mais je sais que la violence - une violence qui change la vie et qui peut être fatale - ne se manifeste pas dans le retard du train. La violence, c’est ce qu’on lui fait subir à l’intérieur du train.

Ce n’est pas que nous soyons trop violents, c’est exactement le contraire. Si nous n’utilisons pas tout l’arsenal de notre capacité d’action révolutionnaire collective, pour être une force contre le système de contrôle qui nous opprime tous, ne sommes-nous pas aussi complices que ceux qui le voient mais choisissent de s’en détourner ?

Ce que nous faisons n’est pas trop.

C’est loin d’être suffisant.

Schwelm (Allemagne) : Free Maja! La Deutsche Bank a perdu ses vitres !

Publié le 2025-06-26 00:00:00

de.indymedia.org / lundi 23 juin 2025

« J’ai un grand respect pour la solidarité et le soutien, qui me parviennent de partout. Cela me donne la force de continuer à combattre, avec vous, non seulement pour de meilleures conditions de détention en Hongrie et ailleurs, mais aussi pour la liberté de tou.tes les prisonnier.es politiques. Ne pensons pas au repos, aujourd’hui, pour célébrer demain des fêtes queer, solidaires et attentives » (de la lettre de Maja à ses camarades de combat, 20 juin 2025)

La situation est grave. Nous devons agir.

En solidarité avec Maja, qui se trouve en grève de la faim depuis plus de 18 jours, dans la nuit du 22 juin, pendant les journées d’action antifascistes, nous avons posé le tag « FREE MAJA » sur la façade de l’agence de la Deutsche Bank de la Märkischen Platz, à Schwelm [ville du nord-ouest de l’Allemagne, près de Wuppertal ; NdAtt.], nous avons retravaillé à coups de pierres ses vitrines et laissé quelques beaux trous dans les fenêtres.

Il n’y a pas grand-chose à dire de plus sur la Deutsche Bank. La Deutsche Bank investit son argent dans la guerre, la faim et les expulsions. Avec ses investissements dans l’industrie de l’armement, la Deutsche Bank apporte sa contribution pour soutenir des guerres à travers le monde.

Solidarité avec le Hospi30* à Görlitz et l’AZ** à Wuppertal. Antifas à l’offensive. Défendons les projets antifascistes. Montrons notre solidarité pratique, du 5 au 7 septembre, à Wuppertal.

Free Maja! Free all Antifas!

 

Notes d’Attaque :
* le 17 juin, le projet de maison collective Hospi30, à Görlitz (à la frontière avec la Pologne), a été investi par de très nombreux flics, qui ont mené une perquisition (le communiqué ici).
** L’Autonomes Zentrum de Wuppertal, menacé par la gentrification de la ville (conduite main dans la main avec des islamistes proches d’Erdogan) appelle à des journées de mobilisation, du 5 au 7 septembre (voir ici), peu avant les élections municipales.

Leipzig (Allemagne) : De nouveau, des banques attaquées pour Maja

Publié le 2025-06-26 00:00:00

Knack Punkt News / lundi 16 juin 2025

De nouveau, des banques attaquées pour Maja – Nous n’arrêtons pas !

Dans la nuit du 15 juin, nous avons attaqué les filiales de la Sparkasse et de la Deutsche Volksbank dans la Könneritzstraße, dans l’ouest de Leipzig.

Les vitres brisées et le slogan « Libérez Maja » tagué sont notre contribution à la campagne de soutien militant à la grève de la faim de Maja. Nous faisons référence ici à l’appel lancé par quelques compas https://de.indymedia.org/node/516268 [ici en français ; NdAtt.] et nous nous réjouissons qu’un si grand nombre de personnes ait déjà rejoint cette campagne, à Leipzig, Berlin, Wuppertal et Hambourg. Nous demandons à tou.tes celles/ceux qui veulent se montrer solidaires avec Maja de nous imiter !

Notre ami.e et compa antifasciste Maja est à l’isolement depuis onze mois, dans une prison de Budapest. Le 5 juin, Maja a commencé une grève de la faim. Maja exige son transfert en arrière en Allemagne, ainsi que la suspension de toute autre extradition vers la Hongrie. Les moyens de Maja pour lutter pour sa propre liberté sont si limités que Maja a fait le dernier pas possible et met maintenant sa vie en jeu. En tant que compas solidaires, nous voyons dans les actions militantes la possibilité de donner plus de poids aux revendications de Maja. Que la cible de notre action ait ou pas un lien direct avec le procès de Budapest, est pour nous secondaire.
Pour être clair.es : nous ne nous arrêterons pas avant que Maja soit revenu.e. Nous voulons que ce message arrive haut et fort aux responsables de l’extradition de Maja (ainsi que, nous espérons, de son prompt transfert en arrière). Tout cela doit devenir vraiment désagréable et coûteux.
Les vitres sur la Könneritzstraße ne sont pas les derniers à avoir tinté pour Maja !

Quelques autonomes

Châtel-Saint-Denis (Suisse) : inonder les exploiteurs de fonds sous-marins

Publié le 2025-06-26 12:14:43

[Le 24 avril dernier, le président nord-américain Donald Trump a signé un décret visant à autoriser l’extraction à grande échelle de minerais dans les grands fonds océaniques, y compris en eaux internationales, quoi qu’en pense l’AIFM (Autorité internationale des fonds marins). C’est comme cela que beaucoup de personnes ont découvert l’existence de l’entreprise canadienne The Metals Company (TMC), qui s’est immédiatement déclarée prête à aller racler les fonds marins, mais aussi son actionnaire néerlando-suisse Allseas, qui emploie environ 4000 personnes dans le monde et possède la technologie-robot pour ce faire.
Située dans la zone industrielle de Pra de Plan à Châtel-Saint-Denis, dans le canton de Fribourg (Suisse), cette dernière a reçu une visite contondante la nuit du 16 au 17
juin : deux portes principales du bâtiment ont été fracturées, puis plusieurs sprinklers (extincteurs automatiques à eau) ont été détruits à l’intérieur, provoquant d’importants dégâts d’eau dans différents locaux et entreprises, tandis que des tags étaient apposés et plusieurs vitrines brisées. Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de cette attaque contre l’exploiteur des mers Allseas, paru le lendemain sur Renversé.]


Petite visite à Allseas

Après des alertes scientifiques et quelques visites amicales et actions médiatiques depuis plusieurs années, après quelques déclarations mensongères d’Allseas, une action de décoration a embelli le siège de l’entreprise dans la nuit de lundi 16 à mardi 17 juin 2025.

Les capitalistes et leurs relais politiciens misent sur l’extractivisme pour asseoir la puissance des régimes qu’ils contrôlent. Donald Trump, symbole d’une droite en pleine fascisation, a récemment autorisé l’extraction de minerais en eaux profondes (“deep sea mining”), y compris en eaux internationales. Cette exploitation serait une catastrophe pour la vie marine et aurait un effet catastrophique sur la biodiversité et le réchauffement climatique.

Comme souvent, la Suisse n’est pas en reste, et abrite des entreprises actives dans la destruction de l’environnement. Glencore et Allseas, par exemple, s’associent au canadien TMC pour se lancer dans le deep sea mining.

Allseas, qui a son siège à Châtel-Saint-Denis (FR), est un poids-lourd du secteur, et multiplie les tests en conditions réelles d’exploitation des fonds marins. Par ses actes, l’entreprise met en danger les conditions d’existence de la vie humaine. Ce comportement criminel ne doit pas être toléré, alors que nous vivons le réchauffement le plus rapide que la planète ait connu et un effondrement de la biodiversité d’une vitesse inégalée.

Nous espérons que les décorations sur les murs d’Allseas et l’innondation provoquée par les dégâts sur les douches-extincteurs feront réfléchir ses dirigeants, et inspireront d’autres personnes à s’engager pour préserver les fonds marins.

Ce n’était qu’un grondement, une vaguelette. Gare au tsunami qui pourrait venir si Allseas s’obstine.

Colombelles (Calvados) : couper la fibre au campus du complexe militaro-industriel

Publié le 2025-06-26 12:15:41

Colombelles : incendies volontaires au campus technologique Effiscience
Indymedia Lille, 25 juin 2025

En cette fin de semaine marquée par l’élargissement des champs de la guerre au moyen-orient, et par la tenue du Salon du Bourget de Paris, nous avons décidé de perturber l’activité du pôle d’innovation technologique Effiscience à Colombelles, qui regroupe en un même « campus » bon nombre d’entreprises du complexe militaro-industriel : Safran Data Systems, Sotraban, NXP semiconductors, Telit Wireless Solution, Nucleopolis, CLARA, Probent Technology, Atos & Bull technologies, Eff’Innov Technologies…

Dans la nuit du 22 au 23 juin, nous avons mis le feu à deux armoires de fibre optique situées rue du Bocage, sur le site. Les flammes commençaient à se dresser quand nous avons quitté les lieux. On peut imaginer que la connexion à internet sera difficile dans la zone demain matin.

Les images spectaculaires des bombardements à des milliers de kilomètres ne doivent pas nous faire oublier que c’est ici, dans des centres de recherche et de production, que les armes sont fabriquées. S’offusquer des massacres est une chose (primordiale), agir en est une autre, rendue nécessaire par la brutalité des évènements et par la volonté de transformer radicalement les bases sociales sur lesquelles se fondent guerres, frontières, génocides.

Il s’agit aussi de mettre en évidence la réalité économique de la guerre, vaste bataille entre États ou proto-Etats pour l’accaparement des ressources et des territoires, source d’enrichissement pour le capital, prétexte magnifique pour la course à l’innovation technologique et le développement de l’industrie. Lutter contre la guerre est pour nous indissociable d’une lutte contre le capitalisme dans son ensemble.

Apogée des rapports brutaux et de l’organisation hiérarchique des sociétés, la guerre et ses réseaux doivent aussi être combattus pour l’ordre social qu’ils perpétuent. La guerre militaire est un des meilleurs moyens pour les chefs de diriger la colère qui existe à l’intérieur de leurs propres « rangs » vers la figure d’un ennemi déshumanisé, à grand renfort de récits nationalistes ou religieux.

Par conséquent, il faut en finir avec une illusion qui persiste : celle qu’il faudrait obéir à des chefs pour faire la guerre à la guerre. Le fond des stratégies militaires et autoritaires, pour les têtes pensantes qui les établissent, consiste toujours à commander des foules de personnes. Il faudrait donc accepter d’aller se battre sans connaître l’ensemble de la stratégie que d’autres ont pensé à notre place. Et voilà que nous devenons des soldats emmenés dans des charniers pour faire un quelconque coup tactique (que ce soit une diversion militaire ou un coup de communication). Cette idée est pour nous fondamentalement problématique, et les histoires des « révolutions » montrent que ces chefs finissent toujours par trahir la révolution des foules anonymes au profit de leur position de pouvoir. Ceux et celles qui jouent au jeu de l’État finissent toujours par s’en faire les pantins.

A contrario de cette tendance, c’est d’une intransigeance avec tout ce qui fait le militarisme dont nous avons besoin. Cette ambition implique une critique radicale de la hiérarchie et de la représentation politique.

Ceci étant dit, il faut alors accepter le saut dans l’inconnu. La solution ne viendra pas de gens « au dessus de nous », et dans une telle perspective, il convient d’accepter qu’il faut d’abord compter sur soi-même pour mettre fin aux guerres. En ce sens, notre action vise à montrer que l’industrie de la guerre est à portée de main, silencieuse mais pas invisible. A nous de la mettre sous le feu des projecteurs… et le feu tout court !

Solidarité avec celles et ceux sous les bombes,
Solidarité avec les personnes en exil,
Guerre à toutes les guerres et à tous les États !

Des irrécupérables

Fuck the Federales

Publié le 2025-06-26 17:12:41

Imposed pdf of details on 48 ICE and DHS agents.

https://mega.nz/file/gUoWUBKK#MuATw0mf7RcuYFzjmaPAg6k_149VrG1vCLjpg1WTynY

Munich (Allemagne) : mise à jour sur l’incarcération des deux compagnon.nes

Publié le 2025-06-27 10:18:14

Mise à jour sur les deux anarchistes incarcéré-e-s N. et M., la « feuille incendiaire contre le parc éolien »-les investigations et le procès à venir contre la publication Zündlumpen selon le paragraphe 129
(traduit de l’allemand de de.indymedia, 10 juin 2025)

Depuis le 26 février, nos deux compagnon-ne-s N. et M. sont entaulé.es, avec l’accusation d’avoir publié l’hebdomadaire anarchiste Zündlumpen (« association criminelle »). Nous avions connaissance depuis 2022 de cette procédure initiée sur la base du paragraphe 129 [relatif aux organisations terroristes et criminelles] lancée contre eux deux et une autre personne. Depuis 2025, deux autres procédures sont connues, également dirigées contre N. et M. : iels sont tous deux inculpé.es pour avoir diffusé une Feuille incendiaire contre le parc éolien avec trois autres personnes (« approbation de délits »). D’autre part, ils sont « soupçonnés » d’incendie volontaire.

Plus d’informations sur les accusations, les méthodes d’enquête et le contexte ici :
Allemagne/Autriche : à propos des perquisitions, convocations et arrestations à Munich et Salzbourg en février 2025, 17 avril 2025
A propos de la dernière vague répressive, solidarité avec N. et M., 8 mars 2025
Gendarmes et voleurs ?, 25 mars 2025
Munich (Allemagne) : arrestations et perquisitions de compagnon.ne.s anarchistes, 2 mars 2025

Convocations en qualité de témoins et nouvelles personnes inculpées

Depuis la convocation début avril de sept personnes par le Parquet, pour témoigner dans le cadre de l’enquête en cours sur l’« approbation/apologie d’actes criminels » (liée à la « Feuille incendiaire contre le parc éolien ») et sur la « série d’incendies criminels » à Munich, où tous les témoins ont refusé de répondre, deux autres convocations ont été envoyées par le parquet en mai.. De plus, une personne a été convoquée une deuxième fois. C’est cette personne qui a été récemment ajoutée aux inculpé.e.s dans la procédure pour « approbation/apologie d’actes criminels », tout en restant sous statut de témoin dans l’autre procédure. Au cours de l’audition, elle a en outre été confrontée à une décision judiciaire de prélèvement d’ADN et d’empreintes digitales. La prise ADN a été effectuée directement sur place, sous la menace d’employer la violence. Comme lors des interrogatoires précédents, toutes les personnes convoquées ont refusé de répondre aux questions. Le refus de collaborer lors des précédentes auditions en avril leur a déjà valu des amendes administratives de 250€ (+ de quelconques taxes bureaucratiques) par personne.

Détails sur l’arrestation

Comme nous l’avons appris entre-temps, N. et M. ont été arrếté.es le 26 février dans la bibliothèque municipale HP8 (quartier de Neues Gasteig) près du pont Brudermühl. Tous deux étaient assis.es devant un ordinateur lorsqu’iels ont été plaqué.es au sol par des flics en civil. Manifestement, l’arrestation avait été bien planifiée, ce sont finalement plusieurs civils qui se sont positionnés autour d’elleux, en se cagoulant sur le champ, en séparant et en emmenant N. et M. menotté.es. D’ailleurs, le moment de l’intervention avait été bien choisi, ils ont attendu que les ordis soient déverrouillés, ce qui a probablement permis aux fouineurs d’avoir accès aux mails cryptés des deux compagnon.nes. Le service de Protection de l’État était apparemment à l’affût au coin de la rue, et a immédiatement informé nos compagnon.ne.s du mandat d’arrêt à leur encontre. Les deux ont ensuite été emmené.es au commissariat, traité.e.s à des fins d’identification, examiné.es minutieusement à la recherche de traces de brûlures, mesuré.es et photographié.es nus, puis un « frottis de nuque » a été effectué sur eux afin de présenter ces traces olfactives à un chien policier.

Alors qu’après cette torture, notre compagnon M. a été conduit à l’aube dans le centre de détention pour hommes de Stadelheim, où il est encore enfermé au jour d’aujourd’hui, notre compagnonne N. n’a fait qu’un court séjour dans le centre de détention pour femmes de Stadelheim, avant d’être rapidement transférée dans la prison de Aichach (à proximité d’Augsbourg). Cette mesure a probablement été prise en raison de l’interdiction de contact infligée aux deux compagnon.nes.

Conditions de détention à Aichach et Stadelheim

Les conditions de détention des deux compagnon.nes emprisonnés sont marquées par un harcèlement dont les motivations sont manifestement politiques. Ainsi, iels n’ont toujours pas reçu de vêtements privés ni de commandes de livres, car les tickets de lavage et de livres doivent être approuvés par le procureur. De plus, toutes les demandes de visites d’ami.es ont été refusées pour les deux, ce qui signifie que seuls les membres de la famille obtiennent des permis de visite. Comme les parents de la compagnonne N. n’habitent pas en Allemagne, elle n’a reçu aucune visite jusqu’à présent, et peut certes téléphoner à ses parents une fois par semaine pendant 15 minutes – mais elle n’a pas le droit de parler à son frère lors de ces appels et est obligée de parler allemand avec sa mère, ce qu’elle ne fait normalement pas.

Le compagnon M. a de son côté des parloirs réguliers avec ses parents, mais ne peut en revanche pas téléphoner. Les parloirs ont lieu dans une pièce vidéo-surveillée avec hygiaphone et en présence de deux flics de la sûreté de l’Etat. De manière générale, les conditions de détention sont plus restrictives dans la prison pour hommes, et dans son aile, M. est interdit de contact et de travail. Cela veut dire qu’il y a peu de moments de convivialité, presque pas d’activités et qu’il doit donc rester plus de 20 heures par jour en cellule. A ce niveau N. a un peu plus de chance, elle a une cuisine dans sa section, peut participer à quelques activités et a les portes ouvertes relativement souvent .

Ainsi, pour les deux, le courrier reste plus ou moins la seule possibilité de rester en contact et de communiquer avec leurs ami.es et compagnon.nes. Mais le courrier passe bien sûr par le bureau du procureur général, c’est pourquoi les lettres mettent souvent quatre semaines pour arriver ou n’arrivent parfois pas … Les cartes postales rentrent plus rapidement. Malgré l’interdiction de contact, les deux peuvent s’écrire des lettres, mais celles-ci prennent encore plus de temps. La plupart du temps, les lettres leur sont remises par lot. Cette manière de procéder fatigante complique évidemment énormément la communication. De plus, plus ou moins tous les journaux ou brochures anarchistes et d’extrême-gauche sont retenus et censurés. Quelques textes imprimés ont pu entrer à l’intérieur de temps en temps, et même des journaux tels que Gefangenen-Info [info-prisonniers] sont aussi retenus pour sont retenus pour « menace à la sécurité de l’établissement ». Il peut néanmoins être intéressant d’essayer d’envoyer des textes imprimés à l’intérieur. L’accès à l’énorme dossier d’instruction à l’intérieur de la taule est également retardé et traîne en longueur, ce qui relève aussi du pur harcèlement.

Procès à venir du journal anarchiste Zündlumpen sous paragraphe 129

Les trois accusé.es ont reçu l’acte d’accusation en avril, c’est pourquoi il faut partir du principe que le procès commencera à l’automne. Il aura probablement lieu dans la salle hautement sécurisée du TGI ou dans la taule de Stadelheim.

Nous pensons, qu’au-delà du soutien à nos ami.es et compagnon.nes, ce procès a une signification particulière pour les mouvements et les initiatives subversives : l’enjeu est de voir si une prétendue rédaction de journal peut être condamnée sous paragraphe 129, les crimes que cette rédaction de journal est censée avoir commis relèvent tous de la diffusion d’idées – approbation de crimes, appel et incitation à commettre des crimes, et menaces. Il s’agit donc en fin de compte de purs crimes de la pensée. Alors que les anciens procès contre des produits de presse radicaux concernaient toujours le soutien et l’adhésion à des groupes militants et armés, il s’agit aujourd’hui de la simple approbation de la résistance et de la contre-violence. C’est pourquoi nous pensons qu’il est important non seulement de montrer notre solidarité avec les prisonniers, mais aussi d’accompagner le procès sur le plan du contenu et de discuter de ce que signifie ce nouveau degré de répression et de censure et de la manière dont nous allons y faire face.

Quelque soit l’issue du procès : nous ne nous laisserons pas museler !
Détruisons la société carcérale et contournons la censure !
Organisons la presse souterraine !
Solidarité avec les compagnon-ne-s emprisonné-e-s N. et M. et tou-te-s les autres anarchistes et subversifs/ves harcelé-e-s et poursuivi-e-s par les flics !
Liberté pour toustes !

Pour écrire aux compagnon-ne-s, leurs adresses à solidaritaet-mit-n-und-m ääät riseup.net.

Labège (Haute-Garonne) : Avant que le jour se lève

Publié le 2025-06-27 12:23:59

IAATA, 27 juin 2025

Dans la nuit du 25 au 26 on mit le feu a une antenne relais a Labège au sud de Toulouse. Une humble participation a l’effort de résistance mondial contre l’effort de guerre des Etats et des industrielles d’ici et d’ailleurs.

L’intensification de la capacité digitale intra et extra européenne est un des multiples projets pour les efforts de guerre des pays de l’alliance transatlantique. Pour cela on a visé une installation de l’emprise digitale.

Ce weekend se tient a la Hague le sommet de l’OTAN. Un des enjeux sera d’amener les pays européens a augmenter drastiquement leurs engagements financiers dans l’alliance transatlantique, pendant que de l’autre côté le FMI continu de vouloir imposer son programme de privatisation. Le but est toujours le même , tant que rien ne résiste, faire avancer a marche forcée la marchandisation du monde, à l’aide de l’épée et de l’argent.

Même si les temps pourraient sembler désespérants, il suffit d’avoir les yeux un peu ouvert, pour s’apercevoir que quelque chose bouge. Une résistance variée et diffuse, qui en réponse au génocide a gaza s’est répandue dans le monde entier et commence à prendre une certaine ampleure. C’est à cette résistance et cette rage de vivre que l’on s’attache.

Un salut solidaire a tous ceux qui tentent de s’opposer a la machine de guerre.

Free Gaza

Téhéran sous les bombes : témoignage d'une camarade anarchiste

Publié le 2025-06-27 15:30:06

Depuis Téhéran, une militante anarchiste témoigne des frappes israéliennes, du chaos quotidien, et du rôle que tentent de jouer les anarchistes entre guerre, répression et survie. Un récit poignant que j’ai traduit des larmes dans les yeux. Toutes mes pensées a ceux qui d’un côté comme de l’autre combatte pour la paix et la liberté ! Aux déserteur seul héros des guerres !



Trouvé sur leperepeinard.com

Une nuit de feu et de confusion

La nuit dernière, pendant notre sommeil, Israël a attaqué l’Iran. Des frappes ont visé Téhéran, mais aussi d’autres villes. J’ai entendu des grondements, vu des éclairs – j’ai cru à un orage. Rien ne laissait prévoir une guerre, surtout avec les discussions entre l’Iran et les États-Unis.

Ce n’est qu’au matin, via notre syndicat anarchiste (le Front anarchiste), que nous avons appris ce qui s’était réellement passé : attaques multiples, morts civiles. Je suis sortie pour enquêter. La ville était quadrillée. L’armée et la police interdisaient l’accès aux zones touchées. Des bombes non explosées gisaient encore dans des bâtiments. À l’hôpital, on m’a empêchée d’entrer et la police a supprimé toutes les photos de mon téléphone. Selon un journaliste sur place, au moins sept enfants ont été tués.

Certains pleuraient. D’autres – sans surprise – se réjouissaient de la mort de figures du régime.

Le jour d’après : l’enfer sans alarme

Dans les heures qui ont suivi, j’ai vu des scènes d’apocalypse. Le ciel était strié de missiles. Le feu tombait sur les routes. Les gens fuyaient Téhéran : des familles entières, des jeunes ouvrier·es, des vieillard·es. On attendait de l’aide sur les trottoirs. Des blessé·es, des brûlé·es, deux mort·es sous mes yeux. Pas d’alarme. Pas d’abri. Rien.

Les écrans géants diffusaient la version officielle : la République islamique a frappé Tel-Aviv, Israël promet de riposter. Moi, j’ai des camarades là-bas. Des anarchistes, des pacifistes, des refus de servir. Nous ne voulons pas cette guerre.

Une population en survie

L’air est pollué : des installations nucléaires ont été touchées. Les gens fabriquent des conserves, stockent, fuient les grandes villes… puis reviennent, faute d’alternative. Les routes sont saturées. Les médias d’État chantent des hymnes et diffusent des mensonges. La seule source fiable : Telegram et les chaînes satellites.

Les manifestations sont encore rares. Trop de policiers, trop de peur. Hier, devant les hôpitaux, des familles cherchaient leurs proches disparus. On criait. On pleurait. On résistait.

Aucun refuge, aucune évacuation

Les institutions restent ouvertes comme si de rien n’était. Il n’y a ni consignes de sécurité, ni sirènes, ni centres d’accueil. Des fuites chimiques sont probables, mais aucun protocole n’est en place.

Alors, les gens désertent d’eux-mêmes : les commerces ferment, les étudiant·es refusent de passer leurs examens, les fonctionnaires restent chez eux. Seuls les services d’urgence tiennent encore.

J’ai parfois le sentiment de n’être encore en vie que parce qu’Israël ne frappe pas (encore) les zones résidentielles. Mais les incendies, les retombées, les tirs perdus tuent malgré tout.

Et il n’y a aucune aide. Rien. Pas de soutien humanitaire, pas d’organisation extérieure, pas de médicaments – et les sanctions tuent déjà depuis des années.

Quatre Iran, une seule terre sous les bombes

Il faut comprendre que le peuple iranien est fragmenté :

1. Une majorité silencieuse, qui hait le régime mais refuse la guerre. Iels survivent, fuient, pleurent les morts tout en maudissant les dirigeants.
2. Les islamistes, fidèles au pouvoir, qui parlent de martyre et veulent riposter.
3. Les monarchistes et libéraux, souvent pro-Israël, qui applaudissent les frappes contre les gardiens de la Révolution.
4. Les anarchistes et militant·es de gauche, comme nous : contre la République islamique, mais aussi contre Israël, contre tous les États. Pour la survie, l’entraide, l’autonomie.

Quelle place pour les anarchistes dans cette guerre ?

Nous ne sommes pas armé·es. Nous ne participons pas aux combats. Notre tâche est ailleurs : informer, secourir, créer du lien, déjouer la propagande. Nous aidons comme nous pouvons : premiers soins, relais d’information, sensibilisation aux risques chimiques. Nous nous occupons des nôtres, et de celleux qui n’ont personne.

Nous refusons les discours simplistes. Ni » tous les Israéliens doivent mourir « , ni » les sionistes sont nos sauveurs « . Nous sommes entre deux feux : le fondamentalisme religieux d’un côté, le militarisme sioniste de l’autre.

Notre rôle, c’est d’être des ponts. Des passeurs d’idées. D’ouvrir des brèches dans le fatalisme. De tenir bon, même sans armes, même dans la peur.

Le deuil du mouvement anti-guerre

Je dois l’avouer : je suis triste. Profondément. Il y a dix ans, j’échangeais avec des pacifistes israéliens. Des refus de servir. Des Kurdes, des Arabes, des Arménien·nes, des anarchistes. On rêvait ensemble d’un Moyen-Orient libre, sans armée, sans État.

Mais on a perdu. On n’a pas été assez fort·es pour empêcher la guerre. Pas assez soutenu·es. Aujourd’hui, les gens ont peur de parler de paix. Ils croient que ce serait trahir. Que réclamer la fin des frappes, c’est se livrer à l’ennemi.

Et pourtant, tout le monde veut la paix. Mais personne n’ose la réclamer.

Une voix dans le tumulte

Je ne sais pas combien de temps nous tiendrons. La nuit dernière encore, les avions rugissaient comme une autoroute dans le ciel. Mais je sais une chose : tant qu’il y aura des gens pour soigner, résister, s’organiser sans attendre l’État, il y aura des graines d’anarchie, même dans les décombres.

Conclusion : ne normalisons pas l’insupportable

Avant tout, je tiens à remercier sincèrement tous les camarades qui ont pris le temps de nous écouter. Dans un monde où l’on est constamment broyé·es par les forces politiques, économiques, policières, il est rare qu’on nous laisse encore l’espace de parler. Même sans bombes, la violence nous entoure – elle prend la forme de loyers impayables, d’une paperasse sans fin, de discriminations, de fatigue, d’isolement. Une violence sourde, présentée comme « normale », à laquelle on ne devrait pas s’habituer.

Mais quand la guerre éclate, cette violence se déchire soudainement en pleine lumière. Ce qui était toléré devient insoutenable. Et alors, paradoxalement, on peut parler. J’ai pu vous écrire parce que tout s’est effondré. Parce que, dans le chaos, les vérités les plus simples redeviennent audibles.

Ce que je veux vous dire, c’est ceci : ne laissez pas cette parole retomber dans le silence. Ne laissez pas notre douleur – ici en Iran, comme ailleurs – se refermer dans les marges, comme si elle n’était que « locale », « spécifique », « culturelle » ou « exceptionnelle ».

Parce qu’en vérité, nous partageons une même guerre : celle que mènent les États contre nos vies. Alors je vous en supplie, camarades : n’acceptez pas la violence du quotidien comme allant de soi. Refusez l’idée qu’il faille attendre les missiles pour réagir. N’attendez pas que notre souffrance devienne spectaculaire pour qu’elle mérite votre attention.

Parlons dès maintenant. Organisons-nous. Créons des espaces réels d’action et d’entraide. Pour que la guerre ici ne devienne pas un bruit de fond. Pour que vous ne soyez pas réduit·es à de simples « sauveurs » face à notre souffrance, mais bien des complices dans la lutte.

Appel à la solidarité internationale

Aujourd’hui, la situation est instable, critique, peut-être à la veille d’un désastre humanitaire. Si l’Iran est coupé du monde – par les bombes ou par la censure de la République islamique – faites circuler notre parole. Dites ce qui se passe. Donnez une voix à ceux et celles qui en sont privés.

Nous ne bénéficions d’aucune protection internationale. Les ONG sont presque absentes. Les sanctions aggravent nos souffrances.

Si vous avez des contacts, des leviers, des relais dans des collectifs, des syndicats, des associations ou des réseaux de soin : mobilisez-les. Appelez à une aide médicale urgente, à une vigilance accrue sur les violations, à une médiation internationale qui échappe aux logiques étatiques.

Mais surtout, refusez les récits simplistes. Nous ne sommes ni des pions d’Israël, ni des pions du régime islamique. Nous ne croyons ni aux bombes « libératrices », ni aux mollahs « résistants ». Nous sommes pris·es entre deux machines de mort – et nous tentons, encore et toujours, de bâtir autre chose.

Il n’y a pas encore d’exode massif. Mais si la guerre s’étend, les conséquences seront effroyables. Alors, camarades, levons-nous ensemble. Pas pour soutenir un camp contre un autre, mais pour faire entendre une autre voix : celle de la vie, de la liberté, de la solidarité, contre tous les États, toutes les frontières, toutes les guerres.

Les puces électroniques : un fléau de nuisibles qui se répand en bretagne et en normandie (comme ailleurs)

Publié le 2025-06-27 15:46:07

Voici un petit travail qui visibilise des usines de puces électroniques en bretagne et en normandie.



Si d’autres personnes veulent relayer des renseignements sur des entreprises dégueulasses, des cibles à nos colères, d’essayer de comprendre leurs fonctionnements pour mieux les court-circuiter, ça nous intéresse ! N’hésitez pas à nous envoyer sur notre liste mail : lesamiesdemarielouise[at]autistici.org

« Des choses inertes, en matière synthétique et en métal qui, équipées de capteurs, de microphones, de lentilles, de puces électroniques, etc. se transforment au fil du temps toujours plus en prothèses pour les interactions sociales, qui remplacent les véritables relations sensibles et atrophient de plus en plus nos capacités cognitives. En même temps, les réseaux sociaux, les assistants vocaux, l’Intelligence Artificielle, les appareils dits „intelligents“, la reconnaissance faciale et encore beaucoup d’autres instruments de surveillance nous suivent à la trace, permettant à la chaîne de création de valeur capitaliste d’absorber toujours plus largement l’ensemble de nos activités. Le Big Data donne de la Big Money. L’implantation de telles technologies dans notre quotidien façonne notre être, et les calculs algorithmiques qui en résultent décident et déterminent toujours plus fréquemment notre avenir. Une fois que nous en avons pris l’habitude, ces mécanismes opèrent avec une telle omnipotence que la plupart des gens peuvent désormais à peine imaginer s’extraire de l’emprise numérique. Chez beaucoup, cette seule pensée déclenche des crises d’angoisse. Ne reste alors qu’une foule d’esclaves de la machine, dépendant.e.s, contrôlé.e.s, aliéné.e.s et la plupart du temps même pas conscient.e.s de ce rapport. »
Extrait du communiqué de revendication paru sur de.indymedia de l’incendie d’armoires électriques, de câbles d’alimentation et d’un système de ventilation de l’entreprise Micro Resist Technology (sous-traitant d’ASML, une grande entreprise de production de puces électroniques) à Berlin il y a quelques jours (juin 2025)

En référençant ces affreux parasites que sont les puces électroniques en bretagne et en normandie, on a vu que le « bilan d’étape »des protagonistes de l’appel « Switch Off the system of destruction » [pour en savoir plus : switchoff.noblogs.org], deux ans après sa parution, rappelle l’importance de ces technologies pour les projets industriels du développement capitaliste en cours. Pour rappel, cet appel proposait, alors que le mouvement de justice climatique en Allemagne était vivace, une stratégie d’attaque sous la forme d’actions directes décentralisées dans une perspective anti-étatique et anti-autoritaire. Il a eu lieu à un moment où des milliers de personnes se mobilisaient dans des actions « de masse » pour s’attaquer (plus ou moins radicalement) à des mines de charbon par exemple. Cet appel « Switch Off the system of destruction » (« Éteindre (ou « Couper ») le système de la destruction » en français) a été entendu et des réponses se sont traduites par des actions directes contre l’industrie automobile électrique, le rail, les réseaux électriques, des projets immobiliers, l’industrie du ciment, les travaux routiers, l’exploitation de lignite et les acteurs de l’industrie de l’armement… Les diverses analyses et les diverses attaques qui ont existé de manière internationale sont particulièrement inspirantes et instructives ! C’est parce qu’on a envie de continuer à le faire vivre qu’on évoque l’existence de ce mouvement, la lucidité de ses analyses, et qu’on est content.e.s de partager ces informations sur les usines de puces électroniques en bretagne et en normandie !

Ces puces (aussi appelées « semi-conducteurs » ou « cartes »), en plus de polluer des quantités astronomiques d’eau, sont indispensables à à peu près tout ce que l’économie capitaliste appelle de l’« innovation ». Leur production est organisée en plusieurs étapes industrielles complexes allant de fonderies puissantes pour extraire le silicium dans le sable à des gestes très précis pour assembler tous les matériaux d’une puce. Ces étapes d’assemblage se passent dans des salles « grises » où la température et l’hydrométrie (quantité d’eau dans l’air) sont mesurées et contrôlées, ou encore dans des salles « blanches » où l’empoussièrement, en plus de ce qui précède, est mesuré et contrôlé. Tout cela dépend d’une climatisation performante, et parfois les employé.e.s portent des masques et des blouses pour ne pas détériorer les précieux matériaux. Tout cela fait qu’il y a peu d’usines capables de construire les puces les plus performantes. Mais ces puces sont indispensables à de larges pans de l’économie, si bien que des usines sont parfois mises à l’arrêt à cause des pénuries de puces, dans les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, de la téléphonie, de l’armement, des télécommunications, des jeux vidéos, et dans les hautes technologies en général. Une grande partie des puces les plus avancées ne pourraient être produites si les usines de TSMC à Taiwan et de Samsung au Japon n’effectuaient pas les étapes les plus importantes (fonderie, gravure, assemblage et test…). Ce monopole est tel, qu’il y a quelques années, les États Unis et l’Union Européenne ont lancé des grands plans d’investissement (nommés « Chips Act ») de centaines de milliards d’euros pour construire dans leurs territoires des usines dédiées aux puces électroniques les plus avancées. Dans l’Union Européenne, plusieurs de ces usines stratégiques se trouvent (ou devraient se trouver) en Allemagne, à Dresde ou à Munich. En fRance, ces usines stratégiques se trouvent non loin de Grenoble avec STMicroelectronics et Soitec. Il y a également le centre d’innovation d’importance mondiale pour ces puces qu’est le CEA – Leti à Grenoble. Il existe encore bien d’autres endroits où ces puces électroniques sont construites, même si ces usines semblent passer inaperçues dans le paysage ambiant.

Même quand les usines font des dizaines de milliers de mètres carrés, beaucoup ne savent pas que la filière des puces électroniques agit dans leur propre ville. Commençons avec l’usine d’IST (Idemia Secure Transactions) à Vitré (Ille-et-Vilaine). Cette grande entreprise française produit des systèmes micro-électroniques et biométriques pour plus de 600 organisations gouvernementales. Ça nous rend malades de voir ce qu’elle met au point : des portiques de contrôle automatisé aux frontières par reconnaissance faciale, des systèmes de reconnaissance faciale pour les caméras de la Préfecture de police de Paris, ou des systèmes de reconnaissance d’empreintes digitales qu’elle vend à des États africains pour vérifier l’identité des votant.e.s lors des élections. Il se trouve qu’Idemia produit également la plupart des cartes bancaires européennes. Idemia Secure Transactions est présente depuis 35 ans à Vitré et a déménagé en octobre 2021 ses 200 machines dans un nouveau site de 8300 m². Cela financé à hauteur de 20 millions d’euros par Idemia, l’Union européenne, l’État français (via France 2030) et Vitré Communauté. Cette usine et ses 500 salarié.e.s produisent 24 heures sur 24 (selon un modèle en « 3/8 », trois salarié.e.s se relayant toutes les 8 heures par jour) pour répondre aux besoins croissants de clients européens dans les secteurs des paiements, des télécommunications et de l’automobile. L’ambition d’IST avec cette usine est, selon le directeur général Philippe Oliva, de « disposer d’une chaîne d’approvisionnement 100 % européenne pour nos cartes à puce ». Avec cette usine, il s’agit de produire, à terme, 25 millions de cartes SIM, 100 millions de cartes bancaires et 800 000 cartes NFC (pour ouvrir des voitures) par an. IST travaille également, avec la collaboration de GlobalFoundries (un des leaders mondiaux de fabrication de semiconducteurs), sur une nouvelle technologie de puces de 28 nanomètres, particulièrement adaptée à la mise en œuvre de solutions post-quantiques (qui résistent à des ordinateurs quantiques). Il est prévu que l’usine de Vitré commence à en produire à partir de 2026. Une équipe de Recherche et Développement y travaillerait également sur tout un tas d’idées de merde (comme payer avec sa carte bancaire en s’identifiant avec son empreinte digitale).

Une autre usine de merde de 180 salarié.e.s agit à Vitré, il s’agit d’Allflex, leader international de la fabrication de plaques d’identification pour animaux d’élevage. Ces systèmes d’identification se font par puces électroniques. Il est question de parvenir à une production quasi totale grâce à cette usine alors qu’aujourd’hui, elle produit 20 % de ces puces, le reste étant importé de Chine. Un investissement de 15 millions d’euros leur a permis de construire deux nouvelles lignes de production flambant neuve pour fabriquer des puces RFID à incruster dans le corps des animaux captifs de l’organisation économique de l’élevage.

Le 19 mai 2025, à l’occasion du sommet Choose France, censé faire émerger les projets industriels les plus innovants du pays, l’Élysée a publié un communiqué annonçant un projet d’usine porté par Thales (une des cinq plus grandes entreprises militaires de l’économie française dont l’État français est actionnaire) et Radiall (entreprise de connectique pour environnements sévères), en collaboration avec l’entreprise taïwanaise Foxconn (spécialisée dans la construction de puces électroniques). Il est question d’un investissement de 250 millions d’euros pour cette usine en commun. Elle serait dédiée à l’assemblage des différents composants d’une puce électronique et au test du système électronique complet pour répondre aux besoins de Thales (pour ses cockpits d’avion, ses systèmes satellitaires et d’autres engins de défense). Selon Luc Kaës, directeur général de Radiall, l’objectif est de « s’équiper en France d’une capacité industrielle qui n’existe pas aujourd’hui »   : une telle usine serait absente d’Europe. Les usines de STMicroelectronics par exemple, assemblent des puces électroniques avancées, mais celles dont Thales a besoin doivent être résistantes à des environnements extrêmes, et ce serait trop compliqué pour STMicroelectronics. Des usines de Thales assemblent déjà de telles puces électroniques à Cholet (Maine-et-Loire), à Étrelles (Ille et Vilaine) et à Pont-Audemer (Eure). Selon Thierry Charleux, le responsable du site de Pont-Audemer : « Un cinquième des composants électroniques d’une carte à usage militaire est dédié à de la cryptographie, à de la communication sécurisée et à des fonctions spécifiques à des opérations militaires que vous ne retrouverez pas sur des cartes civiles ».

Le site de Cholet (Maine-et-Loire), fondé en 1936, est le plus ancien site de Thales, ainsi que le plus ancien site industriel français d’électronique de défense. Les 27 hectares de terrain de cette usine se trouvent sur la commune de Bégrolles-en-Mauges, perdu dans la campagne à quelques kilomètres au nord de Cholet. C’est le centre de référence du groupe pour les cartes électroniques complexes, mais également pour l’ensemble des domaines des systèmes de télécommunications sécurisés, de la guerre électronique et de la cybersécurité. Récemment, 25 000 postes de radio « CONTACT » ont été produites sur ce site en 10 ans pour permettre le système de combat collaboratif SCORPION. Ce système interconnecte, à l’aide de capteurs intégrés dans le système véronique des blindés et des avions militaires, à tous les combattants de l’armée française des données de diverses sortes, facilitant la planification des missions et la prise de décision. Tout type de véhicule blindé de l’armée de terre française passe par le site de Cholet pour le programmer en fonction. Ce site produit également des stations sol des réseaux de communication par satellite, ainsi que les systèmes de transmission indispensables à la stratégie de dissuasion nucléaire de l’État français. Dirigé par Jean-Pascal Laporte, ce site devrait être agrandi. Un investissement de 70 millions d’euros sur 12 000 m² carrés sur un terrain de 21 hectares, ainsi qu’un hub logistique, sur la zone de La Touche, au nord de Cholet à 2 kilomètres du site actuel, devraient être opérationnel en 2025. Le site emploie actuellement 1 800 salarié.e.s, et 3 000 personnes devraient l’être en 2030. Ces activités sont portées par la loi de programmation militaire pour les grands systèmes de communication de l’armée française et la cybersécurité. Il semblerait que les ondes venues de l’extérieur dérangeraient leur travail étant donné qu’ils font tout pour éviter que des éoliennes (commandées à distance) et antennes-relais s’installent à proximité du site.

Le site de Thales à Étrelles (Ille-et-Vilaine), près de Vitré, produit des équipements de microélectronique pour un marché allant de la recherche pétrolière, à la conversion d’énergie, à la Formule 1 et surtout à la défense (radars aéroportés, électronique de missiles). S’y trouvent deux centres de formation interne en microélectronique et en fabrication de cartes électroniques, respectivement créés en 2015 et 2018. Ces activités étaient au départ développées par la société Sorep, achetée par Thales en 2001, et ont déménagé en 2010 dans ces bâtiments anciennement détenus par Mitsubishi Electrics. Selon le directeur du site Laurent Sudrat : « Il s’agit de l’un des rares endroits dans le monde capable de produire de la micro-électronique de très haute performance qui résiste aux accélérations brutales, aux variations extrêmes de température, aux chocs ou encore aux radiations ». Dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu leur aurait demandé d’intensifier leur production. Un investissement de 40 millions d’euros a financé un nouveau bâtiment de 5 000 m², inauguré à la fin de l’année 2023, 3 000 m² pour les activités tertiaires et 2 000 m² pour la production (avec une « salle grise » pour l’intégration et l’assemblage des composants et une « salle blanche » pour le collage). Une bonne partie de la production serait destinée à la production de radars pour les avions Rafale de Dassault, une pièce indispensable qui se trouve sur le nez de l’avion et permet de localiser un avion ennemi ou de brouiller son radar. Le reste de la production est par exemple destinée à des radars terrestres destinés à la lutte antiaérienne et à des systèmes de protection de guerre électronique pour le naval, ainsi qu’à des activités relatives aux missiles. L’usine serait entièrement connectée avec un traitement de toutes les données de manière à optimiser la production. Ce site doit compter depuis 2024 environ 900 collaborateurs, sa croissance est de 30 % depuis deux ans et un objectif de tripler son activité industrielle en trois ans est fixé. Selon une élue CGT de l’usine, alors que des mobilisations ont eu lieu au début de l’année 2025 pour des revendications salariales : « Si on décidait de se mobiliser une bonne fois pour toutes, la direction serait obligée de réfléchir, car cela voudrait dire bloquer la fabrication du Rafale. Ça aura des impacts au niveau du groupe et pour les clients. Et l’État pourrait s’en mêler ».

L’usine de Thales à Pont-Audemer (Eure) a reconverti une partie de ses activités et est aujourd’hui considérée comme un Centre de compétence spécialisé dans la production et l’assemblage de cartes électroniques à haute valeur ajoutée. Ce site de 8 hectares produit historiquement des cartes SIM (pour la téléphonie) et EcoSim (pour l’internet des objets) mais cette activité est en déclin depuis 2020 car les cartes 3G et 4G deviennent obsolètes (il semblerait que les puces intégrées aux téléphones soient à la mode). Elle continue cependant toujours à produire des cartes SIM avec un système de production totalement automatisé, sachant qu’elle en a produit 80 milliards depuis le début de son existence (soit une SIM sur quatre dans le monde d’après la presse). Pour répondre à une demande croissante, ainsi que pour couvrir la saturation des sites de Cholet et d’Étrelles, Thales annonce en janvier 2023 l’orientation de l’usine (après deux ans de négociations avec les syndicats pour préserver les emplois). Un investissement de 30 millions d’euros est réalisé pour la production et l’assemblage de cartes électroniques à haute valeur ajoutée, avec 6 mois de formations théoriques et pratiques dans les autres sites de Cholet et d’Étrelles et une rénovation des infrastructures. Sur les 300 salarié.e.s de cette entreprise, 35 sont formé.e.s pour la production de ces puces électroniques et il devrait y en avoir 65 d’ici deux ans. La première des deux lignes de production CMS (Composants Montés en Surface) est en cours d’installation depuis mi 2024 et commence à produire des cartes électroniques assemblées (PCBA) depuis début 2025 et un atelier de vernissage de ces puces devrait commencer à produire d’ici fin 2025. Il s’agirait de produire d’ici 2026 – 2027 25 000 puces par an. Ces puces électroniques seraient au service d’activités « civiles » (comme des avions commerciaux) à hauteur d’environ 40 % de production, quand 60 % devraient servir la souveraineté nationale des grands programmes de Défense, à commencer par les avions Rafale. Elles serviraient également à des radars, des brouilleurs ou des drones. Avant cette réorientation de l’usine de Pont-Audemer, Thales était dépendant pour ces puces électroniques des exportations de Thaïlande ou de Malaisie. Le ministre des Armées Sébastien Lecornu est allé visiter le 28 mars 2025 cette usine pour mettre en avant l’« enjeu de relocalisation et un enjeu de fiabilité à produire de manière linéaire et prévisible des cartes électroniques ». Ce serait selon lui « un sujet de préoccupation majeur » étant donné les retours d’expériences de la guerre en Ukraine, et l’importance des armes militaires (tant les drones que les brouilleurs) qui fonctionnent grâce à ces puces électroniques.

Un centre d’excellence en équipements électroniques de Safran (une autre des cinq plus grandes entreprises militaires de l’économie française dont l’État français est actionnaire), à Fougères (Ille-et-Vilaine), produit des puces électroniques pour des engins militaires suite à la pandémie de Covid-19. Située dans la Zone Industrielle de l’Écartelée, ce site produit à l’origine d’autres équipements pour les moteurs d’avions mais l’un des modèles d’avions en question, le Boeing 737 MAX, est responsable de deux crashs aériens, ce qui a mis sa production et sa circulation à l’arrêt. Le site de Fougères est donc en crise en 2019 et en 2020, et se spécialise dans d’autres activités partielles, et notamment dans la production de cartes électroniques dans un contexte de difficultés d’approvisionnement à ce sujet. Depuis 2015 déjà, elle produirait des puces électroniques pour des engins militaires (pour une tourelle utilisée dans le cadre du programme d’interconnexion des technologies des blindés Scorpion, pour des jumelles infrarouges, pour des drones militaires…). Certains articles de presse précisent qu’elle est alimentée à 15% de son énergie par des panneaux photovoltaïques sur le toit du parking du personnel. Son bâtiment « énergie » de 520 m² intègre des machines qui produisent de l’eau glacée et de l’eau chaude. La première sert à « gérer la température de la salle micro-électronique et des ateliers cartes », « assurer le refroidissement des fours CMS en remplaçant des refroidisseurs bruyants » et « raccorder les testeurs climatiques des cartes électroniques ». On ne nous précise pas la seconde mais on sait que cela se fait grâce à une chaudière gaz à condensation. Toutes ces particularités sont nécessaires aux processus de production qui demandent des opérations techniques sophistiquées.

Depuis fin 2021, l’usine de sous-traitance électronique Lacroix a vu son « usine du futur » (nommée « Symbiose ») mise en service à Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire). Lacroix a investi 32 millions d’euros (dont 15 millions d’euros de l’État français via la banque d’investissement Bpifrance) pour cette usine spécialisée dans l’assemblage de puces électroniques, de 19 000 m² d’environ 460 salarié.e.s, hautement automatisée et numérisée. Alors que l’usine était encore en construction, elle a été visitée par Bruno Le Maire (alors ministre de l’économie) et ce projet a été soutenu par Microsoft, PTC, ASM Assembly, Inventy, Orange, et Schneider Electric. Cette production s’effectuait auparavant dans une usine de Saint-Pierre-Montlimart et accomplissait le travail pour 500 000 puces par an. Sur la nouvelle, il serait possible de le faire pour 500 000 par mois, soit du gros volume pour l’industrie, la domotique, la santé, l’automobile, l’avionique civile, les avions de chasse et d’autres domaines à forte valeur ajoutée (ils produisent par exemple des puces censées déclencher de manière ordonnée des explosifs pour la prospection minière). Selon le directeur général Vincent Bedouin, ce concept d’« usine du futur » ; « c’est d’abord la connexion entre les machines, entre les usines, mais aussi avec la chaîne des fournisseurs, les clients et même les clients de nos clients. La logique, c’est la digitalisation à tous niveaux et le fait que les barrières physiques entre l’usine et son environnement s’estompent. Pour Lacroix Electronics, c’est déjà le cas : des usines interconnectées, un seul système d’information, une démarche de certification unifiée, une seule cartographie des processus, un même langage ». Il y a par exemple un système (même un « tchat ») qui permet aux clients de connaître en temps réel le statut de leur commande. Ce système doit être dupliqué pour d’autres usines du groupe, en Pologne, en Allemagne et en Tunisie. Cette grande usine de la sous-traitance a été, au moment de son inauguration, visitée par Roland Lescure (ministre délégué chargé de l’Industrie), Nicolas Dufourcq (directeur général de Bpifrance), Frédérique Le Grevès (PDG de STMicroelectronics France), Christelle Morançais (présidente du Conseil Régional des Pays de la Loire), entre autres...

Aux environs de la ville de Caen (Calvados), plusieurs usines servent aussi à la production de puces électroniques. Une usine de Philips Semi-Conducteurs (devenu NXP) existe depuis les années 1990, mais a été démantelée en 2009 (comme on va le voir par la suite). Une année avant cela en 2008, le vice-président de NXP France Henri-Alain Rault avait réussi à convaincre les décisionnaires politiques locaux d’installer un centre de recherche et développement de NXP France, fort d’un investissement de 190 millions d’euros, avec 900 chercheurs spécialisés dans les puces électroniques avancées. Ce centre de recherche était au coeur de la création du campus d’innovation « Effiscience » de Colombelles (Calvados), fondé selon le directeur de Normandie Aménagement en 2008 pour « rassembler autour des trois piliers que sont l’industrie, la recherche et la formation, le maximum de forces vives travaillant dans - et autour - de la carte à puce ». Henri Alain Rault avait pour ambition d’en faire un centre mondial de référence de la miniaturisation des puces électroniques. Plusieurs entreprises sous-traitantes de NXP s’installaient dans ce campus pour travailler pour la production de puces électroniques : Asco (Assistance système en construction électronique), spécialisé dans les supports de réalisation de cartes électroniques et ses 50 collaborateurs, Aseo (services aux entreprises) et Atos Origin (supports informatiques). Une formation internationale de master en microélectronique de niveau bac+6 à l’Ecole nationale supérieure d’ingénieurs de Caen (Ensicaen), collaborant régulièrement avec NXP, a été dédiée alors à ces puces électroniques. La presse en parle peu depuis mais ce centre de recherche et développement à Colombelles existe toujours.

L’ancienne usine de Philips Semi-Conducteurs à Caen a repris une partie de ses activités par la suite sur le Science Park Epopea Caen Normandie. Ces activités ont été reprises par la start-up IPDiA, née sur les bases de l’outil de production de l’usine et sous la direction de Franck Murray (lui-même ancien salarié d’NXP). Cette start-up a été rachetée en 2016 par Murata (grande entreprise japonaise leader mondial des composants électroniques passifs) avec comme projet d’innover dans la miniaturisation de ces puces pour plusieurs domaines. À partir de 2023, un nouveau développement est présenté, accompagné d’un investissement de 60 millions d’euros, pour créer une seconde ligne de production et une centaine d’emplois pour la création de condensateurs particuliers. Ces condensateurs seraient utilisés pour la téléphonie mobile (smartphones), l’aérospatial, des systèmes médicaux implantables et des infrastructures télécoms, et intéresseraient pour les voitures électriques. Le nouveau projet de Murata dans l’usine de Caen (la seule du groupe en fRance) est soutenu par le plan de relance « France 2030 » du président de la République à travers le PIIEC (Projet Important d’Intérêt Européen Commun), comme d’autres projets d’usines de puces électroniques. Samsung a déjà manifesté de l’intérêt pour leur projet de condensateurs et l’usine travaille avec le CEA – Leti à Grenoble pour l’élaboration d’une nouvelle génération de composants. Frank Murray, qui a gardé la direction de l’usine après l’achat de Murata, est parti en retraite en 2024 pour laisser sa place à Jean Fergon (ancien directeur opérationnel de cette même usine). L’usine compte 250 salarié.e.s, dont 70 opérateurs conducteurs d’équipements qui se relaient 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, une trentaine de techniciens de test et de maintenance, une cinquantaine d’ingénieurs pour développer des nouvelles technologies et de nouveaux procédés de fabrication (dont 6 du CEA – Leti). Depuis la fin de l’année 2021, le site caennais de Murata partage un laboratoire commun avec trois laboratoires de recherche du CNRS de Caen (le Centre de recherche sur les ions, les matériaux et la photonique [CIMAP], le laboratoire de Cristallographie et science des matériaux [CRISMAT] et le Groupe de recherche en informatique, image, automatique et instrumentation [GREYC]) pour mettre au point des composants passifs intégrés. Ce laboratoire commun de 45 personnes, installé dans les locaux d’ENSICAEN (école d’ingénieurs de Caen) est censé travailler sur l’industrialisation de nouvelles structures 3D nanométriques, les études de fiabilité de ces structures, ou encore l’identification de la signature de défauts dans les matériaux des dispositifs de la gamme radiofréquences.

Une autre usine de puces électroniques se trouve à Saint-Lô (Manche) : c’est le Centre de développement électronique du Groupe SEB. Créé en 1971, ce site emploie une centaine de personnes pour fabriquer des cartes électroniques complexes pour les machines à café professionnelles de la marque premium WMF. Un investissement de 1,2 millions d’euros, soutenu à 25 % par la Région Normandie, a permis de construire sa nouvelle ligne d’assemblage de production CMS (Composant Monté en Surface). Elle pourrait construire, à l’aide d’une production très automatisée, 60 000 composants à l’heure ! Suite à une relocalisation de la production, ce site produirait actuellement près de 7 millions de cartes électroniques par an, soit 10 à 15 % des besoins du Groupe SEB dans le monde. Étant donné que ces cartes seraient principalement à destination des sites de production français, si quelqu’un veut bloquer l’activité du groupe SEB en fRance, c’est à cette usine qu’il faut s’attaquer, ou encore au site qui se trouve dans la Mayenne, où les produits des marques du groupe SEB sont assemblés.

Bon courage pour exterminer vos puces !

Mapping the Surveillance State (to kill it) – Atlanta, GA

Publié le 2025-06-27 17:12:13

We mapped the street-level surveillance of so-called atlanta. Our goal is to make offensive and defensive approaches to surveillance technology more possible and for this work to be replicable.

We prioritized collecting data on ALPRs (Automatic License Plate Readers) and the city's 'Shield Program' cameras. We recorded 872 Flock, 450 Motorola, and 2,316 city-owned cameras across all of fulton county and some parts of dekalb (ideally we would like all of metro atl– gwinnett, cobb, clayton, in addition to the rest of dekalb county– mapped out).

The files are organized by camera type and can be found here:

https://cryptpad.fr/drive/#/2/drive/view/WHudg0XaLup8pPLQKcU1fVnxBV8tnLQ0MWw4xm6+m6o/

The .kml files can be imported in Organic Maps, OSM (Open Street Maps), or GIS software. In Organic Maps, they will show up as layers that can be shown/hidden as lists under the bookmarks tab (star icon). The .csv files are spreadsheets of the raw data. Feel free to publish this data on other platforms.

Each camera is identified according to type and labeled with its orientation. We used the term "dingleberry" to specify the PTZ (Point-Tilt-Zoom) cameras affixed to hanging pipe (most often seen at intersections). "Shotgun" refers to directional cameras also often seen at intersections. The "Red Light" camera list contains cameras suspected to be red light cameras, but we actually have no clue what they are (small gray rectangular cameras). While we carefully reviewed all collected data, there may be some redundancies and inaccuracies, so don't solely rely on this data to plan actions. Do your own scouting first.

We also wrote a guide (below) on how we went about collecting and organizing this data, with the hope that it might be useful to anyone interested in doing this work in their own area.

We desire the complete destruction of the entire panopticon and all of the colonial infrastructure it seeks to safeguard. May this information aid in that project.

against borders and hope,
some nihilist secretaries

 

via anonymous submission

 

Titresfrançais.fr : “les temps sont durs pour les sans-papiers mais nous franchement, ça va”

Publié le 2025-06-27T15:35:05+02:00

Ces derniers temps, on a vu fleurir dans Paris et ailleurs des tas de nouvelles entreprises, aux néons bleu-blanc-rouge dans les vitrines, aux logos imitant celui des services publics, ou dont les locaux reconstituent les guichets de la préfecture (!). Installées dans les quartiers chics, dans les gares ou là où elles ont trouvé à louer rapidement, elles promettent, moyennant quelques sous bien sûr, d’obtenir des papiers super vite et super facilement !

Parce que oui, les temps sont durs : les OQTF pleuvent, les conditions d’accès à la régularisation se durcissent comme jamais auparavant, les titres de séjour sont retirés à la pelle… Darmanin, puis Retailleau, multiplient les lois et les directives répressives, les discours racistes et xénophobes parfaitement assumés, et les opérations coup de poing visant à répandre un climat de terreur chez les personnes exilées / sans papiers.

Mais comme toujours, il y en a qui ont vu ça comme… une super opportunité de se faire de la thune ! Bah oui enfin, y a pas de raison qu’on en souffre tous. Et on voit donc se multiplier ces boîtes qui font payer les gens pour soi-disant les aider à obtenir des papiers. De la simple arnaque (vous payez et puis on ne vous recontacte plus jamais), à la parodie d’accompagnement où on vous fait raquer à chaque rendez-vous (sauf le premier, bien sûr, n’hésitez pas à prendre un rendez-vous d’ailleurs, le premier est gratuit), ces boîtes capitalisent sur tout ce qui rend les procédures invivables pour les gens qui les subissent.

 

Tout ça pour dire qu’il y a quelques semaines, des gens sont allés rendre une petite visite à l’une de ces boîtes : « Titres Français », dont les locaux sont situés au 43 rue de la brèche aux loups, dans le 12e arrondissement de Paris.

Une « petite » inscription a été laissée sur le mur devant chez eux, pour bien indiquer qui faisait quoi dans cet immeuble : « Ici, on se fait de la thune sur le dos des sans papiers », avec une flèche pour être sûr que les gens comprennent bien. Leur porte vitrée a aussi été salie (à l’epoxy oupsi).

 

Ne laissons pas tranquilles ces gens qui profitent des lois racistes ! A bas les frontières et les boîtes collabos !

La liberté est plus qu’un simple mot

Publié le 2025-06-28 00:00:00

Tumulte / dimanche 15 juin 2025

La liberté est plus qu’un simple mot – contre TOUT fondamentalisme religieux !

Ahmad Abu Murkhiyeh avait 25 ans, quand il a été retrouvé décapité en Cisjordanie occupée [en octobre 2022 ; NdAtt.]. Son crime ? Il était queer. Ses assassins ne portaient pas l’uniforme israélienne – ils agissaient sous drapeau palestinien. Ahmad représente des milliers de personnes qui sont persécutées, torturées ou assassinées par des milices islamistes, à Gaza et en Cisjordanie.

Pour les queers, les femmes, la gauche et les minorités, le règne du Hamas islamiste et du Djihad islamique signifie oppression, persécution et mort. Pourtant, beaucoup de personnes qui, ici en Occident, manifestent avec des drapeaux palestiniens contre les fondamentalistes chrétiens, dissimulent le sort de ces personnes.

Dans leur critique nécessaire du fondamentalisme chrétien, il y a un sinistre angle mort.
Comment peut-on, d’un côté, prétendre combattre le fondamentalisme religieux et de l’autre côté collaborer avec des organisations qui, que ce soit par une tolérance aveugle ou par une rationalité utilitariste, célèbrent des forces fondamentalistes comme le Hamas, comme s’il s’agissait d’une juste résistance ?

Alors qu’ici en Europe on proteste, à juste titre, contre le fondamentalisme chrétien et l’homophobie et la transphobie qui y sont inhérentes, les mêmes activistes se taisent quand c’est le fondamentalisme islamique qui assassine des personnes queer. Pendant que les personnes queer, à Gaza et en Cisjordanie, vivent dans la peur permanente de la mort, non seulement à cause des bombes israéliennes, mais aussi du Hamas et des milices islamistes. Comment l’islamisme fondamentaliste peut-il être minimisé au nom de la Pride, alors que ce sont précisément ces forces, qui, au « Proche » et au « Moyen-Orient », étouffent dans l’œuf toute émancipation des personnes queer, sous la bannière du nationalisme arabe ou de l’islamisme ? Rien qu’en Iran, plus de 4 000 personnes homosexuelles ont été exécutées, depuis la révolution islamiste de 1979. Ce même Iran finance, et commande aussi, le Hamas et le Hezbollah dans leur guerre contre Israël.

Depuis toujours, Israël sert d’écran où projeter toutes les brutalités que l’État moderne en soi représente : car CHAQUE État-nation est « artificiel » et fondé sur la violence, les déplacements forcés, la guerre et l’homogénéisation, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Ce n’est pourtant pas un hasard si la guerre à Gaza ne conduit pas à une critique générale de l’État et de la nation, mais à une dangereuse double morale : alors que d’autres États sont acceptés comme « naturels », seule la destruction de l’État juif est souhaitée. S’il en était autrement, on ne redoublerait pas la souffrance des gens au nom de la « libération nationale », mais on voudrait abolir complètement la nation. Là où deux groupes émettent des revendications sur le même morceau de terre, il n’y a aucune solution révolutionnaire. Les rapports d’oppression ne seront pas résolu par le fait de hisser des drapeaux nationaux, mais par la libération générale de tous les êtres humains de ces mêmes logiques nationales.

Autrefois, pour la gauche il s’agissait de comprendre, d’expliquer et de changer les rapports sociaux. Mais aujourd’hui, la seule chose qui compte est de prendre parti. Il ne s’agit plus de comprendre la domination sociale qui se présente à nous en tant que totalité, dans ses contradictions, ses fissures et ses ruptures, ainsi que d’y déceler la possibilité de son abrogation. Aujourd’hui, les ambivalences et les ambiguïtés sont plutôt perçues comme un danger pour sa propre vision du monde.

Celui/celle qui fait remarquer que la guerre a commencé le 7 octobre avec des massacres antisémites, que des otages sont toujours en captivité et que des roquettes sont tirées tout aussi sur des civil.es israélien.es, est diffamé.e comme étant un.e belliciste. Toute critique du Hamas et de sa manière d’agir brutale à l’encontre de sa propre population est délibérément détourée comme étant une tentative de justification de la manière d’agir brutale de l’armée israélienne à Gaza. Au lieu de noyer la raison dans des certitudes idéologiques, nous devrions conserver dans notre analyse une capacité de pensée critique et ne pas tomber dans des modèles d’explication simplistes.

Certain.es vont même jusqu’à reprendre complètement le récit du Hamas et nier les violences sexistes et sexuelles et le massacre de civil.es israélien.es qui ont eu lieu le 7 octobre – bien que les auteurs de ces crimes les aient eux-même filmés avec fierté et diffusés sur Internet.

D’autres excluent les « sionistes » de leurs événements, sans comprendre que pour 90 % des Juif.ves du monde, le sionisme signifie simplement le droit à l’autodéfense, après les horreurs de la Shoah ou en raison d’une histoire de persécutions et d’extermination dans de nombreux pays. À part ça, il n’y a pas LE sionisme sous une seule forme, mais avec des idées anarchistes, socialistes, confédéralistes – comme dans le mouvement des kibboutz – jusqu’à des versions conservatrices et d’extrême droite, qui souhaitent un grand Israël homogène. Le sionisme ne signifie en général rien d’autre que l’autodétermination nationale des Juif.ves, dans un monde organisé en États-nations, qui a assisté passivement à la destruction des Juif.ves.

En d’autres termes, celui/celle qui ne veut pas de « sionistes » à sa fête dit ainsi au 90 % de tou.tes les Juif.ves du monde, qu’elles/ils ne sont pas les bienvenues et ne peuvent pas faire partie de la gauche. Celle/celui qui se comporte comme si « sioniste » était synonyme d’oppresseur confond la critique de gauche avec la stigmatisation de l’ennemi, propre à la droite. Celui/celle qui, en fait, entend par « sioniste » le gouvernement d’extrême droite d’Israël, lui rend même un service et contribue à sa propre mise en scène.

Et oui : le gouvernement israélien mise sur une militarisation nationaliste d’extrême droite. Il prétend ainsi protéger la population – mais ce qu’on voit est que les meurtres et les crimes de guerre à Gaza se poursuivent, que des milliers de civil.es meurent et que les otages ne sont toujours pas libéré.es.

La solidarité ne signifie pas choisir un camp, car la lutte pour la liberté n’est pas un match de football et les gens dans cette région ne sont pas l’écran où projeter les aspirations révolutionnaires de la gauche occidentale. C’est précisément aux gens là-bas et à toutes les victimes de l’islamisme dans le monde entier que nous devons de ne pas céder à notre besoin de réponses simples à une réalité complexe. Le sentiment égocentrique d’être du bon côté et d’évoluer dans un monde exempt de contradictions ne doit pas nous faire perdre de vue le fait que le Hamas n’est pas un mouvement de libération. Il est une organisation religieuse-fasciste. Il mise sur le contrôle autoritaire, pas sur l’émancipation. Il a besoin de la guerre pour légitimer sa violence. Avec son culte des martyrs, il ne fait que prolonger la souffrance, au lieu d’y mettre fin. Celle/celui qui se solidarise avec cette organisation est aveugle à son contenu. Celui/celle qui porte ses symboles normalise sa politique. Celle/celui qui romantise son programme est prêt à accepter son antisémitisme exterminateur. Et trahit toutes les personnes qui, à Gaza, s’engagent contre la tyrannie terroriste du Hamas et pour la fin de la guerre, au péril de leur vie.

Nous sommes solidaires de la population civile – en Israël comme à Gaza et en Cisjordanie. Nous sommes aux côtés de tou.tes ceux/celles qui s’engagent contre la guerre et pour une vie meilleure pour tout le monde. Notre solidarité ne va pas aux régimes, aux milices ou aux gouvernements, mais à celles/ceux qui essayent de résister aux rapports de violence. Il s’agit d’assurer une solidarité politique à ceux/celles qui ne veulent plus marcher au rythme de la violence.

« Celui qui rêve de libération, mais qui ne veut rien savoir du revers de la médaille de la lutte de libération, s’accroche à des idées révolutionnaires naïves, qui ne résistent pas à la réalité [de cette lutte]. Nous ne voulons pas nous cramponner à des légendes et à des images qui sont moins le fruit de nos expériences que de projections naïves ou de refoulements profondément ancrés. Nous faisons le jeu de qui quand, sous la bannière de l’internationalisme, nous faisons croire à une fausse unité, alors que dans les coulisses les oppositions entrent en collision. Seulement si nous affrontons sans illusions les contradictions politiques et idéologiques réelles, nous saurons leur faire face, dès que nous y serons confrontés ». (Du texte « Gerd Albartus est mort », des Revolutionäre Zellen [Cellules révolutionnaires])

Pour la vie – contre la mort. Contre tout romantisme du martyr.

Aucun État ne libère. Aucune milice n’émancipe. Aucun drapeau. Aucun mythe. Aucun.e héros.ïne.

La solidarité ne signifie pas choisir un camp. La solidarité signifie se soustraire à la récupération.

Jin, Jîyan, Azadî. Pour un combat contre TOUT fondamentalisme.

Pour la PRIDE, de Téhéran à Ramallah. Pour un avenir queer, sans illusions.

Antifa Vienne

Au sujet des devenirs autoritaires des démocraties : discussion mercredi 02 juillet à 19h

Publié le 2025-06-29 00:00:00

Quelles questions posent les devenirs autoritaires des démocraties, sur le plan pratique comme sur le plan théorique, à celles et ceux qui veulent mettre à bas le monde tel qu’il existe ?

On en discute à la bibliothèque anarchiste Libertad ce mercredi 02 juillet à 19h.

Camover 2025 – Philadelphia, PA

Publié le 2025-06-29 17:12:41

June 26, 2025

Found on Philly Anti-Cap