Vive l'Anarchie - Semaine 26, 2018

Sommaire

Le 24 juin 1894 à Lyon : Caserio poignarde le président de la république française Sadi Carnot

Publié le 2018-06-25 01:06:07
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- Le 24 juin 1894, le président de la République Sadi Carnot vient à Lyon visiter l’Exposition Internationale qui se tient au parc de la Tête d’Or et sur le « quai des Enfoirés ». Le soir, après un banquet à la Bourse de Commerce qu’il préside, la foule, massée sur la rue de la Ré entre la place des Cordeliers et la place de la Bourse, attend sa sortie avant qu’il ne se dirige vers le Grand-Théâtre...

- Santo Caserio, un commis boulanger à Sète, ayant pris depuis la veille plusieurs trains jusqu’à Vienne, puis ayant fait le voyage à pied de Vienne à Lyon, a réussi, une fois arrivé aux Cordeliers, à se faufiler dans la foule tout près d’un candélabre bec-de-gaz de la Bourse de Commerce...

A la barre, et pour l’Almanach de Myrelingue, il nous donne lui-même le récit de ce qu’il a fait à Lyon ce soir-là.



L’attentat

« On venait de dire qu’il était 9 heures 5, tout le monde commençait à s’agiter. Il n’avait passé qu’une seule voiture fermée, arrivant au grand trot de l’Opéra à la Bourse pour repartir aussitôt en sens inverse. Enfin on a entendu la Marseillaise. Tout d’abord ont passé vite, pour assurer la liberté de la voie sur la rue de la République, quatre cavaliers de la garde républicaine. Puis il est venu à tout petits pas des militaires à cheval par peletons de cinq files de quatre ou à peu près. Après la première troupe, un cavalier tout seul tenait sa trompette sans en jouer. Puis un second peleton comme le premier. Enfin la calèche découverte du président de la République, dont les chevaux avaient leur tête à trois pas environ de l’arrière du dernier peleton.

Au moment où les derniers cavaliers de l’escorte passaient en face de moi, j’ai ouvert mon veston. Le poignard était, la poignée en haut, dans l’unique poche, du côté droit, à l’intérieur sur la poitrine. Je l’ai saisi de la main gauche et d’un seul mouvement, bousculant les deux jeunes gens placés devant moi, reprenant le manche de la main droite et faisant de la gauche glisser le fourreau qui est tombé à terre sur la chaussée, je me suis dirigé vivement mais sans bondir, tout droit au président, en suivant une ligne un peu oblique, en sens contraire du mouvement de la voiture.

J’ai sauté sur le marche-pieds et appuyé la main gauche sur le rebord de la voiture, et j’ai d’un seul coup porté légèrement de haut en bas, la paume de la main en arrière, les doigts en dessous, plongé mon poignard jusqu’à la garde dans la poitrine du président. J’ai laissé le poignard dans la plaie et il restait au manche un morceau de papier journal.

En portant le coup, j’ai crié, fort ou non, je ne puis le dire : “Vive la Révolution”. Le coup porté, je me suis d’abord rejeté vivement en arrière ; puis voyant qu’on ne m’arrêtait pas instantanément et que personne ne semblait avoir compris ce que j’avais fait, je me suis mis à courir en avant de la voiture et en passant à côté des chevaux du président, j’ai crié “vive l’anarchie”, cri que les gardiens de la paix ont bien entendu. Puis j’ai passé devant les chevaux du président, et derrière l’escorte, me dirigeant sur la gauche obliquement pour tâcher de pénétrer dans la foule et de disparaître. Des femmes et des hommes ont refusé de me laisser passer, puis on a crié derrière : “Arrêtez-le”. Un gendarme, du nom de Nicolas Pietri, m’a mis la main au collet par derrière, et j’ai été aussitôt saisi par une vingtaine d’autres. »

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Pourquoi ce geste ?

Le lendemain, la veuve de Sadi Carnot reçoit une photographie de Ravachol, expédiée par Caserio, avec ces simples mots : "Il est bien vengé".

En effet, Ravachol, de son vrai nom François Koenigstein, un teinturier de 33 ans, est guillotiné à Montbrison le 11 juillet 1892 à la suite d’une série de délits et de crimes. Ravachol déclare lors de son procès : « Voilà pourquoi j’ai commis les actes que l’on me reproche et qui ne sont que la conséquence logique de l’état barbare d’une société qui ne fait qu’augmenter le nombre de ses victimes par la rigueur de ses lois qui sévissent contre les effets sans jamais toucher aux causes. »

Avant son exil en France, Caserio avait fait de la prison en Italie simplement pour avoir distribué des tracts anti-militaristes. Le contexte du moment est important. En effet, peu de temps avant que Caserio poignarde au foie le président de la République française, les gouvernements successifs, afin d’effrayer le petit peuple, n’ont alors de cesse de "criminaliser" l’opposition sociale, les militants anti-autoritaires. Entre 1892 et 1894, ce sont plus de 400 anarchistes qui sont arrêtés par la police.

C’est la période où l’assemblée vote les « lois scélérates », destinées à réprimer l’activité anarchiste, après qu’Auguste Vaillant ait lancé une bombe, le 9 décembre 1893, dans la tribune politique de la chambre des députés, pour protester contre la politique répressive du gouvernement Casimir-Perier. Quelques députés sont blessés. Auguste Vaillant, enfant de la balle, qui exerça vingt métiers, fut condamné à mort et guillotiné le 3 février 1894. Sadi Carnot avait refusé de le grâcier, tout comme il avait refusé de grâcier Emile Henry, anarchiste aussi, guillotiné le 21 mai 1894. Avant de mourir, Vaillant s’écrie : "Vive l’Anarchie, ma mort sera vengée !"

La mort du président

Le président Sadi Carnot, touché en plein foie, a rapidement été transporté agonisant à la préfecture du Rhône. Il y est mort trois heures plus tard, dans la nuit. C’est là que de nombreux mèdecins et spécialistes lyonnais se sont disputés l’honneur d’être présents lors de l’autopsie, pratiquée dans la fébrilité, pour sonder la plaie et constater le double sectionnement de la veine porte : Alexandre Lacassagne, Henry Coutagne, Antonin Poncet, Louis Ollier, Jean Lépine, Fleury Rebatel, Michel Gangolphe, Léon Fabre. Même Alexis Carrel, qui avait à peine 21 ans, a tout fait pour se faufiler et assister à l’agonie du président à la préfecture : on sait ce qu’il advint, un apologiste d’un racisme et d’un fascisme scientifique.

La mort de Sadi Carnot produisit une immense émotion dans le pays et fit la "une" de tous les suppléments illustrés. Cela donna lieu à un commerce important de portraits, reproductions, biographies, spectres du président défunt, et même de complaintes. A Lyon, des scènes de racisme vis à vis des Italiens se produisirent, Caserio étant Italien, et notamment le consulat d’Italie, rue de la Barre, ainsi que des commerces dont le nom avait une consonnance italienne ont été stupidement pris à partie. Le Maire de Lyon, le docteur Gailleton a dû intervenir pour les faire cesser.

Le corps fut ramené à Paris pour des funérailles solennelles à Notre-Dame. Le président fut inhumé au Panthéon le 1er juillet 1894 à côté de son grand-père Lazare Carnot.

A Lyon, dans le quartier des Cordeliers, une rue porte désormais le nom du président Carnot. Avant qu’elle ne soit déplacée dans les jardins de la préfecture, et comme on aime bien inverser les choses à Lyon, sa statue trônait sur la place de la République, tandis qu’on sait que la statue de la République se trouve sur la place Carnot, qui honore son grand-père...

Sadi Carnot

François Marie Sadi Carnot est né à Limoges le 11 août 1837, et mort à Lyon le 25 juin 1894. Il est le fils d’Hippolyte Carnot (ministre de l’instruction publique en 1848), le petit-fils de Lazare Carnot (le Grand Carnot,"organisateur de la victoire" en 1793), neveu de l’autre Sadi Carnot (le physicien, inventeur de la thermodynamique). Il fut Député, Ministre, et Président de la République française de 1887 à 1894.

Ancien élève de l’École Polytechnique, créée par son grand-père, il entra à l’École des Ponts et Chaussées dont il sortira major en 1863. D’abord secrétaire adjoint au Conseil supérieur des Ponts-et-Chaussées, puis il fut nommé ingénieur en chef de la Haute-Savoie, où il conçoit et fait construire vers 1874, le fameux système de régulation de la sortie des eaux du lac d’Annecy, communément appelé « les vannes du Thiou ». Joyau technique et architectural, elles ont permis de remonter le niveau du lac (2.759 hectares) de 20 cm afin d’assurer aux usines un débit constant toute l’année, et 16 jours supplémentaires de débit à l’étiage.

Préfet de la Seine-Inférieure après la chute du Second Empire et élu député de la Côte d’Or en 1871, sous-secrétaire d’État aux Travaux Publics puis Ministre des Travaux Publics, il devient Ministre des Finances en 1886.

Suite à la démission de Jules Grévy, mis en cause dans le scandale des décorations, Sadi Carnot fut élu Président de la République le 3 décembre 1887. Le début de son mandat fut marqué par l’agitation boulangiste (il signa le décret mettant à la retraite d’office le Général Boulanger), par le ralliement de nombreux catholiques au régime républicain (1890) et les scandales de Panama (1892). Sadi Carnot prit l’habitude de multiplier les voyages dans les régions pour étudier les problèmes locaux. A l’Elysée, il accepta de poursuivre la tradition de l’effacement du pouvoir présidentiel tout en usant de son rôle d’arbitre.

Le gouvernement de Casimir-Perier venait de faire voter les "lois scélérates" visant à réprimer l’agitation syndicale et anarchiste quand Carnot fut assassiné. La mort de Sadi Carnot entraina le vote de lois encore plus répressives pour écraser le mouvement anarchiste et toute forme de contestation du pouvoir.

Santo Caserio

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Fils d’un batelier qui est décédé quand il était encore enfant, Santo Geronimo Caserio est né le 8 septembre 1873 à Motta-Visconti, en Lombardie, Italie, au sein d’une famille rurale très nombreuse. Ne voulant pa être à la charge de sa mère, qu’il aime beaucoup, il part à Milan, où il est apprenti boulanger dès 12 ans. Il dut quitter sa famille très tôt, tout en restant étroitement en contact.

Il devient anarchiste à une période où ces idées sont en accroissement en Italie, comme lors du procès de Rome, qui a lieu après l’arrestation de 200 personnes considérées comme anarchistes suite à la manif du 1er mai 1891. Santo crée même à Milan un petit groupe anarchiste "A pe" (c’est-à-dire Sans rien) avec lequel il distribue aux chômeurs du pain et des brochures devant la bourse du travail. En 1892, il est condamné à huit mois de prison à Milan pour distribution de tracts antimilitaristes lors d’une manifestation. Ses activités politiques lui valent une condamnation puis l’exil d’Italie. En tant que déserteur, il rejoint la Suisse, à Lugano. Ensuite il vient à Lyon le 21 juillet 1893, où il est portefaix pendant un moment. Puis, il trouve à exercer son métier d’ouvrier boulanger à Vienne, puis à Sète, à la boulangerie Viala. C’est dans cette dernière ville qu’il a l’idée d’accomplir "un grand exploit". Il n’est donc âgé que de vingt ans lors de son exécution.

La guillotine

Après une instruction rondement menée de vingt-deux jours et un procès, le 3 août 1894, qui dépasse à peine une douzaine d’heures, quelques minutes de délibéré suffisent pour condamner à mort Caserio. Réfutant des influences qu’il aurait pu avoir, il est obligé, en pleine audience, de reprendre vertement son avocat d’office, Maitre Dubreuil, qui dépeint la vie de Caserio "à sa façon". Déterminé, il dit devant le tribunal : « Eh bien, si les gouvernements emploient contre nous les fusils, les chaînes, les prisons, est-ce que nous devons, nous les anarchistes, qui défendons notre vie, rester enfermés chez nous ? Non... Vous qui êtes les représentants de la société bourgeoise, si vous voulez ma tête, prenez-la ! ».

Il accueille sa condamnation à mort en criant : « Vive la révolution sociale ! ».

Il écrit aussitôt une lettre à sa mère : « Je vous écris ces quelques lignes pour vous faire savoir que ma condamnation est la peine de mort. Oh ! ma chère mère, ne pensez pas mal de moi ! Mais pensez que si j’ai commis cet acte, ce n’est pas que je sois devenu un malfaiteur, et pourtant, beaucoup diront que je suis un assassin et un malfaiteur. Non, parce que vous connaissez mon bon coeur, la douceur que j’avais lorsque j’étais auprès de vous ! Et bien, aujourd’hui encore, c’est le même coeur. Si j’ai commis cet acte, c’est parce que j’étais las de voir le monde aussi infâme. »
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Le recours en grâce sera refusé par Jean Casimir-Perier, le nouveau président de la République, plus ou moins forcé de prendre cette fonction, personne ne voulant de bonne grâce la prendre. Caserio monte sur la guillotine installée près de la prison Saint-Paul, à l’angle de la rue Smith et du cours Suchet, le 16 août 1894 à quatre heures et demie du matin. Sur l’échafaud, finalement, un instant avant de mourir, il lance en italien à la foule qui assistait de loin à l’exécution : « Courage, les amis ! Vive l’anarchie !  ».

Compte-rendu de la frontière de Montgenèvre : entre convocation à la PAF et refoulements

Publié le 2018-06-25 01:07:04

(italiano in basso)


– Exemples de répression quotidienne

L’autre nuit, la PAF a tabassé un garçon qui suppliait de ne pas etre rapatrié en Italie.
La police refoule aussi toujours plus fréquemment les mineurEs, souvent en leur mentant sur la destination finale du trajet en camionette, qui les déporte inexorablement en Italie.
Gendarmes et policièrEs patrouillent sur les chemins avec des quads, en vélo et à pied, menaçant souvent de tirer sur celleux qui cherchent à traverser cette frontiere sans avoir la couleur de peau et les documents requis.
En parallèle, le terrain de golf est à nouveau ouvert. Le tourisme est de retour dans ces montagnes. Pendant l’hivers, ces sentiers qui sont fréquentés de nuit par les “migrantEs” sont des pistes utilisées par des milliers de skieusEs ainsi qu’une destination touristique pour les riches. En été, ils se transforment en terrain de golf, à ce qu’il parait propriété de Lavazza. La pelouse du terrain est bien entretenue, le “golf transformatalier”, “18 trous à cheval sur deux pays !” comme illes l’appellent aussi. Ce terrain n’est accessible qu’à celleux qui peuvent payer. La frontière aussi a été privatisée. Elle est rèpartie entre les forces de l’ordre et les multinationales.

– Premier épisode

Marcher dans les bois entre Claviere et Montgenèvre est dangereux : on risque d’y rencontrer des personnes mal intentionnées sur les chemins, comme un gendarme à vélo qui te barre la route. Il y a peu, trois amiEs qui se promenaient dans cette montagne militarisée ont été interpelléEs pour un contrôle d’identité. L’une d’elleux n’avait pas de documents sur elle. Le gendarme à bicyclette a appelé des renforts et les trois amiEs ont été embarquéEs dans la camionnette qui les a emmenéEs à la PAF (police aux frontières) pour vèrification. D’abord, les flics ont essayés de leur mettre la pression en disant que leur intervention faisait suite à une dénonciation : quelqu’un aurait vu nos trois amiEs marquer les chemins à l’aide d’une bombe de peinture. Une fois arrivés au poste, illes ont étè fouilléEs, mais rien n’a été trouvé, ni sur elleux, ni dans les sacs à dos. ToutEs trois ont été relachéEs avec une convocation à la PAF en audition libre pour “suspicion d’aide à l’entrée et au séjour de personne étrangère”.

Cette arrestation rentrerait dans le cadre d’une enquete plus large, ouverte pour aide à l’immigration clandestine, chef d’accusation auquel il semble que le sympathique procureur de Gap soit particulièrememt attaché. Il est évident que la volonté du procureur et de la police des frontières est de mettre un coup de pression. Pendant ce temps là, celleux qui cherchent à traverser continuent de se perdre en montagne, en passant des heures dans le bois pour échapper aux forces de la police. Au moins trois d’entre elleux sont déjà mort.

– Deuxième épisode

Une voiture avec trois personnes à son bord est arrétèe à quelques centaines de mètres de la frontière par un jeune fort mal en point, qui se dèclare trés malade et a besoin d’aller à l’hopital. Il demande a etre amené à la PAF pour être pris en charge par le système français, en tant que mineur non accompagné et en trés mauvais état de santé (la loi française prévoit en effet la prise en charge par l’Etat de n’importe quelle personne présente sur le territoire qui se déclare mineur non accompagné). Sa condition physique est visiblement critique. Le jeune homme peine à parler et meme à s’asseoir. Il affirme ne pas avoir été soigné dans le centre d’accueil italien. Les trois personnes l’emmènent à la PAF où elles disent que le jeune homme doit aller à l’hopital et qu’il est mineur. Les policiers le font descendre et entrer. Puis, une par une, les trois personnes sont interrogéEs, après qu’on leur ait donné le choix entre une “audition libre” immédiate et une garde-à-vue, pour aide à l’immigration clandestine. De fait, tout trois sont retenuEs trois heures et demi durant : interrogatoire et coups de pression. Ils repartent avec un rendez-vous pour le lendemain, donné à l’oral. Il semble que le procureur de Gap ait voulu ouvrir une enquète.
Pendant ce temps-là, le jeune malade est plus ou moins interrogé, puis on lui dit qu’il sera amené à l’hopital de Briançon. Il lui font signer un papier qu’il n’a même pas pu lire. Puis il le font monter dans une camionette, avec deux autres mineurs. Ils croient tous qu’ils vont à Briançon, au lieu de quoi ils sont deposés sur la route, à l’entrée de Clavière, à la frontière italienne.
La personne malade ré-essaie. Elle arrête una autre voiture, qui l’emmène à nouveau. Cette fois-ci, le conducteur a des compétences medicales et peut confirmer qu’il a sérieusement besoin d’être hospitalisé. Au lieu de ça, de nouveau il est refoulé à la frontière. Cetre fois-ci, il semble que c’est la prefète de la région en personne, contactée pour l’occasion, qui prend la décision de le refouler.
Quelqu’unE l’amène à l’hôpital en Italie. Des medecins zélés appellent immédiatement les flics. Les carabinieri italiens le soumettent en premier lieu à un examen osseux, pour vérifier qu’il est bien mineur. Ils l’embarquent ensuite pour un contrôle d’identité. Fichage, photos, etc.
Puis, le jeune est amené dans un centre pour mineur en basse vallée de Suse, et il est hospitalisé le lendemain à Turin.

-Troisième épisode

AucunE des six arrêtéEs ne s’est presenté à la convocation pour interrogatoire à la PAF. Illes n’avaient aucune intention de se présenter volontairement à un rendez-vous non obligatoire et potentiellement pas folichon avec la police, pour se faire assomer de questions et éventuellement retenir en GAV pour aide à l’immigration clandestine.

La PAF apelle sur les téléphones privés de certainEs des convoquéEs. Il leur est indiqué que s’illes ne se présentent pas rapidement illes finiront sur la liste des personnes recherchéEs. En pratique, illes les menacent de venir les chercher de force. Ce sont le procureur et la préfète qui souhaitent poursuivre les enquête et cet absurde théâtre répressif.

Quelques jours plus tard, la police se présente chez deux des trois amiEs et apellent l’un d’elleux au travail. Illes ont à l’evidence très envie de leur parler. Illes n’ont trouvé personne. Nous ne savons pas comment continuera l’histoire.

Le procureur et la préfète nous ont tellement pris en sympathie qu’ils souhaitent passer toujours plus de temps en notre compagnie. Et il semble qu’illes aient un dossier qu’illes enrichissent toujours plus, avec des photos de famille.

La répression envers celleux qui sont de passage et envers les soldaires continue.
Mais la solidarité aussi.
Des vos convocs, on en fera rien.

http://www.passamontagna.info/

Bure : appel à rassemblement partout le 27 juin 2018

Publié le 2018-06-25 23:37:05

Le point en bref sur la situation

Mercredi 20 juin, une nouvelle vague de répression sans précédent touche le mouvement de lutte contre le projet Cigéo. Au moins 11 perquisitions, 8 personnes placées en GAV et des convocations pour audition à la pelle. Les personnes arrêtées ont en commun d’être fortement investies dans la lutte contre le projet Cigéo et ne sont pas ciblées au hasard : avocat de la lutte, membres d’associations historiques, habitants locaux et personnes qui se sont implantées localement.

Les chefs d’accusation qui pèsent sur nos ami.e.s et compagnon.e.s de lutte sont insensés, amalgamant pêle-mêle : association de malfaiteur, violence en réunion, accusation d’avoir « dirigé le black block » au G20 de Hambourg… Ce à quoi rime ce délire, nous le savons trop bien : en réponse aux critiques fondées formulées à l’encontre de Cigéo, à la montée d’une exaspération légitime contre ce projet imposé, les promoteurs du projet n’ont d’autre recours que de saisir n’importe quel prétexte et instrumentaliser des faits isolés pour criminaliser les opposant.e.s. Nous voyons ici se monter sous nos yeux une nouvelle « affaire Tarnac », dont l’objectif est de détourner l’attention des risques réels du projet Cigéo, de construire de toute pièce des suspects et d’affaiblir la lutte … Surtout, en frappant des personnes fortement impliquées, l’état criminalise celles et ceux qui s’organisent et tente de semer la peur et la division dans les milieux militants.

A l’heure qu’il est plusieurs de nos ami.e.s sont encore en GAV et nous ne savons pas si ils et elles seront ou non libérées.

En réponse à cette construction politique et policière délirante, nous réaffirmons notre unité et notre solidarité. N’en déplaise aux promoteurs de Cigéo, notre mouvement ne se laissera pas écraser ainsi et nos associations ne plieront pas par peur d’être les prochaines sur la liste.

Communiqué de soutien à faire circuler et à signer par vos collectifs, associations, comités de soutien, organisations…

Communiqué commun – Réseau « Sortir du nucléaire », Bure Zone Libre, BureStop55, Cedra 52, EODRA, ACDN- 22 juin 2018

Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac !

Ce mercredi 20 juin, le mouvement d’opposition au projet Cigéo à Bure a été frappé par la vague de répression la plus massive que nous ayons jamais connue en plus de 20 ans de lutte. 11 lieux militants, lieux de vie et lieux de travail ont été perquisitionnés, des portes ont été défoncées sans sommation, des militants jetés à terre et menottés, des intimités ont été violées, du matériel et des documents personnels et militants ont été embarqués. 10 personnes de notre mouvement ont été arrêtées. À l’heure où nous écrivons, plusieurs sont encore en garde à vue et nous ne savons pas si elles vont être libérées ou placées en détention.

Militant.e.s membres des associations ou sans-étiquette, investi.e.s de longue date ou ayant récemment fait le choix de s’installer sur le territoire pour y vivre : dans leur diversité, les personnes arrêtées ont en commun un fort engagement contre le projet Cigéo. Parmi elles, on compte également un avocat de la lutte, qui assistait nombre de militant.e.s. Son bureau a été perquisitionné, suite à quoi il a été arrêté : or comme l’ont rappelé 50 de ses confrères, cette arrestation porte atteinte au droit de défendre et d’être défendu. Il s’agit donc d’un acte extrêmement grave.

Les chefs d’accusation qui pèsent sur nos ami.e.s sont insensés, amalgamant pêle-mêle : association de malfaiteurs, violence en réunion, accusation d’avoir « dirigé le black block » au G20 de Hambourg… Nous savons trop bien à quoi rime ce délire : en réponse aux critiques fondées formulées à l’encontre de Cigéo, à la montée d’une exaspération légitime contre ce projet imposé, les promoteurs du projet n’ont d’autre recours que de saisir n’importe quel prétexte et instrumentaliser des faits isolés pour criminaliser les opposant.e.s. Nous voyons ici se monter sous nos yeux une nouvelle « affaire Tarnac », dont l’objectif est de détourner l’attention des risques réels du projet Cigéo, de construire de toute pièce des suspects et d’affaiblir la lutte. En s’attaquant à des personnes engagées, l’État criminalise celles et ceux qui s’organisent et tente de semer la peur et la division dans les milieux militants.

En réponse à cette construction politique et policière délirante, nous réaffirmons notre unité et notre solidarité. N’en déplaise aux promoteurs de Cigéo, notre mouvement ne se laissera pas écraser ainsi et nos associations ne plieront pas par peur d’être les prochaines sur la liste.

Nous constatons qu’il n’est pas anodin que ce coup de force survienne précisément maintenant, quelques jours après la plus grande manifestation contre Cigéo survenue à Bar-le-Duc depuis une douzaine d’années, marquant un renouveau du soutien populaire à l’opposition à ce projet qui révèle de jour en jour son infaisabilité. Alors même que des ateliers devaient avoir lieu cette semaine à Bure pour ancrer la mobilisation dans la durée. Si cette mobilisation – qui prend de l’ampleur – gêne, c’est bien que le gouvernement est aux abois ! L’État réprime aujourd’hui ce qu’il a tenté d’étouffer pendant des années.

Il n’est pas anodin non plus que la répression frappe alors que la filière nucléaire est en pleine déconfiture, les failles de Cigéo ne faisant que s’ajouter aux retards de l’EPR de Flamanville et aux difficultés économiques d’EDF, qui poursuit sa fuite en avant et refuse de fermer des réacteurs.

Enfin, cette vague répressive survient alors que le gouvernement, suite à l’expulsion du Bois Lejus et à la vague d’émotion qu’elle a suscitée, a annoncé de nombreuses « consultations » et un débat sur les déchets radioactifs à l’automne. De qui se moque-t-on ? Qui peut prétendre que les conditions du débat sont réunies, alors que des personnes fortement impliquées contre Cigéo sont jetées en garde à vue pendant des jours et blessées dans les manifestations ?

Nous ne nous laisserons pas intimider. Nous appelons toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette lutte à dénoncer cette répression et à ne pas être dupes des discours du gouvernement.

Nous appelons d’ores et déjà à des rassemblements de protestation et de solidarité mercredi prochain 27 juin dans toute la France à partir de 19h pour soutenir nos ami.e.s, les modalités pratiques seront précisées au fur et à mesure.

La répression ne nous fera pas taire, nous sommes solidaires !

Déchets radioactifs : ni à Bure, ni ailleurs. Ne pas enfouir, arrêter d’en produire !

On ne nous atomisera jamais !

plus d’infos sur le site de Bure : vmc.camp

Quelques infos/plans sur la prison à carquefou

Publié le 2018-06-25 23:41:01

Info sur la prison de Carquefou (44)
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Hébergé au site sont:

– Maison d’arret 1 (pour les moins 25 ans)
– Maison d’arret 2
– Quartier courtes peines
– Quartier arrivants
– Quartier femmes (MA?)
– Quartier enfermement psychiatrique

QCP: plutot des modules avec des activités obligatoires. Cellules ouvertes, moyen d’aller en promenade presque toute la journée.
MA : Cellules fermées.

La prison est controlé des points de controle centrales, par video surveillance et des portes automatiques pour les déplacements des détenu.e.s.

MA: 140 cellules, 3 étages avec un/deux matons par étage.

Situation
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La prison est surpeuplé. Il y a des matelas par terre des fois.

Dans la prison il y entre autre Bouygues et Carrefour qui font produire des emballages. La restauration et la cantine sont prise en charge par les boites: Sogeres, Preface, Themis, Aid El Kebir

Les services USCA et SMPR ne dépendent pas de l’AP, mais du CHU de nantes. Plus sympa et plus utile que le SPIP.

Fouilles: un peu aléatoire, mais a poil après les parloirs, et après de voir l’avocat.e. Après l’avocat, il faut rendre les documents laissé par ellui qui sont controlé et rendu plus tard en cellule (il parait que ce n’est pas aussi strict pour tout le monde). Les vidéos en cd serait moins soigneusement controlé.

Peu de gens ont des radios, tous le monde regarde la télé. Moyen de filer de la tune a des détenu.e.s pour acheter des radios.

Quand un hélico passe par dessus, toute la prison est blocqué pendant des heures. Tout le monde doit remonter de ballade etc…

Au QCP les promenades sont libres, mais on peut monter, decendre que certains moments:

7h45
8h30 -> tous remontent
9h
10h30
11h30 -> tous remontent
13h -> pas beaucoup de monde entre 13h et 14h
14h
15h
16h30
17h45 -> tous remontent

printemps 2015
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Déja 6 « suicides » cette année.

+/- 600 détenu-e-s, 7 assistant-e-s SPIP.

Marseille : Anti-squat

Publié le 2018-06-26 14:23:04

Article13 / lundi 25 juin 2018

Cameloteurope l’agence anti-squat.

« Spécialiste européen de la gestion de locaux vacants, Camelot Europe optimise la protection et la préservation de vos biens temporairement inoccupés. Cette approche vous permet de minimiser les risques et les menaces liées à l’inoccupation du bien, tels que le vandalisme, le vol, le squat et la dépréciation tout en optimisant les revenus de vos biens vacants. »

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L’entreprise Cameloteurope a été créée aux Pays-Bas en 1993, leader d’un nouveau marché florissant dans différents pays d’Europe, et présente à Marseille depuis 2016 Cameloteurope propose des « solutions de protection par occupation » (introduites dans la législation en 2009 par l’Article 101 de la Loi Molle), à l’heure actuelle l’entreprise signe principalement avec la mairie. Avec plus de 9 000 logements vacants Marseille représente un marché qui s’annonce juteux. Environ 400 personnes en France « bénéficient » de ce type d’hébergement à aujourd’hui. Les candidatures sont scrupuleusement étudiées afin de sélectionner les « bons » profils.

Selon le contrat de résidence temporaire que signe l’occupant le locataire reconnaît être parfaitement conscient du caractère provisoire et précaire de l’hébergement. Tout type de bâtiment vacant (école, hôpital, usine…) peut ainsi être légalement (et moyennant loyer) utilisé en échange de l’occupation payante des locaux.

Les locataires doivent également fournir un service de gardiennage et de protection (du bâtiment vacant)… Cette technique sert évidemment principalement de gagne pain aux spéculateurs immobiliers par la valorisation et l’entretien (gratuit) des lieux, et participe ainsi au flicage et à la hausse des prix de l’immobilier, tout en exploitant les résident-es.

Un “gardien” révèle les pratiques de ces agences : « Quand on a dû partir de notre première maison, on a eu des offres de l’agence de l’époque pour être relogés. On nous avait proposé un grand appartement […] L’agence nous a proposé de rester environ trois semaines, […] pour améliorer l’espace avant de revendre l’appartement. Ils nous ont dit : “Vous pouvez occuper cet appartement mais vous devez le nettoyer intégralement, le rendre plus agréable, vivable.” […] Et puis, ils ont ajouté : “Quand le contrat sera fini, nous avons d’autres maisons à vous proposer.” Évidemment, c’était basé sur le même principe.(1) »

Il est selon les contrats interdit d’inviter plus de deux personnes sans demander l’autorisation, de partir plus de trois jours sans prévenir, d’avoir des enfants*, de fumer, avoir des animaux, de s’approprier le logement (sic!), et de parler aux journalistes sans autorisation… (*il est donc possible dans les fait d’expulser une personne enceinte pour éviter d’avoir un enfant sur place par la suite par exemple), des inspections bimensuelles non-annoncées sont également mise en place .

L’entreprise flatte aussi la population bobo en proposant la création de lieu éphémères (ateliers d’artiste, Co-working etc) et propose également de signaler les logement vacants par le biais de son site internet.

Les services de gardiennage pour éviter le squat sont déjà présents dans de nombreux pays notamment en Espagne. De la même manière les conventions d’occupation sont de plus en plus nombreuses pour les squater.euses acceptant ce type de contractualisation légaliste. On imagine bien les conséquences pour tous.tes les autres, et la main mise de la mairie ou du prorio sur ce type de lieu. Cette opération passe ici par le biais d’une entreprise gestionnaire d’occupations précaires, mais l’objectif est toujours le même, que la propriété soit toujours respectée et que l’ordre règne.

L’occupation  « absorbé » par la légalité devient ainsi contrôlable et permet de fixer un cadre pour « l’usage » des logements vacants, il s’agit ici en somme de faire du beurre sur la précarité et transformer les occupant.es en gardien.nes d’immeuble précaires et souvent insalubres* pour mieux empêcher le squat.

En 2013, une personne est décédée électrocutée sous la douche suite aux défaillances des installations d’une maison gérée par Camelot, cette dernière avait été déclarée inhabitable* à cause d’un système électrique défaillant mais les travaux n’avait pas été réalisés.

Reformulé de la presse mainstream

(1) https://comptoir.org/2016/11/07/crise-du-logement-pire-quairbnb-decouvrez-les-agences-anti-squat/
* Les normes de sécurité sont très souvent un moyen de justifier l’expulsion de squats dit « illégaux » … dans le cas des occupations/habitations précaires à priori certaines règles ne sont pas toujours respectées comme ici – si l’agence à le devoir de d’informer le propriétaire des travaux à effectuer, le propriétaire décide des travaux qu’il entreprendra ou non, toujours en fonction du coût.(1)

Lille, France : L214 vole au secours des bouchers

Publié le 2018-06-27 09:58:03

Dans une lettre datée du 22 juin, le président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), Jean-François Guihard demande à l’Etat de prendre des mesures contre les attaques de leurs commerces qui se multiplient à Lille et dans ses environs, par exemple en souhaitant une protection policière (un flic devant chaque boucherie jour et nuit?). Dans les Hauts-de-France (surtout à Lille), sept boucheries ont été aspergées de faux sang en avril, une boucherie et une poissonnerie ont eu leurs vitres brisées et leurs façades taguées de l’inscription « stop au spécisme » les 15 et 18 mai dernier. Le 4 juin, c’est un traîteur qui a été attaqué. Et le 20 juin, un autre commerce du même type (une rôtisserie) a connu le même sort. Pour toutes ces attaques, la maire de Lille Martine Aubry a indiqué que la mairie allait se constituer partie civile.

Alors que les professionnels du secteur font savoir à toutes et tous que ces attaques commencent à sérieusement impacter leur sale business, les responsables de l’association antispéciste L214, en bon citoyennistes, n’ont pas tardé à condamner ces attaques. Ils flippent de voir des anonymes briser le pacte de la pacification et de la légalité en s’en prenant directement au monde de l’exploitation animale. Petit aperçu de ce qu’ils ont affirmé dans une interview au journal Midi Libre le 26 juin dernier:

– Jets de peinture, caillassage… des bouchers se disent victimes d’actes d’intimidation de militants vegan. Cautionnez-vous ces actions ?

Ce n’est absolument pas le type d’actes que nous faisons ou que nous prônons.

– « Vous vous désolidarisez donc de ces actions dénoncées par les bouchers…

Oui, on ne se reconnaît pas dans ce type d’actions, nous prônons le dialogue »

Brigitte Gothière et Sébastien Arsac, les fondateurs de L214

France : Sabotages de caténaires – Juin 2018

Publié le 2018-06-27 09:58:05

Lors des journées de grève à la SNCF se produisent régulièrement des sabotages, dont certains touchent les caténaires (les autres techniques classiques sont de couper le signal électrique, notamment celui qui court le long des voies sous des rigoles). Parmi ces méthodes, on a pu relever celle de « cordes nouées autour des caténaires » ou de rupture du câble soutenant le contre-poids de ces dernières. Parfois on pourrait se dire que c’est un peu chaud, une caténaire, et que ce genre de truc pourrait sembler réservé aux cheminots qui connaissent leur matos ou aux spécialistes anti-nucléaires du crochet en fer forgé, si ce n’était cette info sortie dans la presse locale ces derniers jours.

Le 11 juin en effet, en gare de La Mothe-Achard (près des Sables-d’Olonne, en Vendée) s’est produit un sabotage touchant une fois de plus des caténaires, immobilisant le TER Nantes-Les Sables en pleine voie, bloquant alors le trafic pendant une heure. Selon la SNCF, « des gens ont jeté des bouts de plastique sur les caténaires, ce qui a provoqué une coupure ». Et pour voir la tête des « bouts de plastique » à jeter sur les caténaires du haut d’un pont -ou pas- à l’aide d’une perche (elle-même en plastique) -ou pas- pour immobiliser les TER, le journal a même publié deux jolies photos illustratives, sans doute afin de stimuler l’imagination des futurs promeneurs nocturnes. Il aurait été dommage d’en priver tout un chacun, tellement il n’y a parfois pas besoin de grands moyens pour saboter les infrastructures du pouvoir.

Autre sabotage ferroviaire de juin:

Quelques infos sur le récent incendie de l’éolienne à Marsanne et sur le parc éolien en France

Publié le 2018-06-27 09:59:04

Une réaction amusante du maire de Marsanne sur France Bleu Drôme-Ardèche le 19 juin, suite à l‘incendie revendiqué « contre les dominations » de deux éoliennes sur sa commune : « quelle domination ? Une éolienne, c’est la production d’électricité par le vent. Je ne vois pas ce que ça peut représenter. »

Il est rassurant que les puissants et les subversifs ne parlent pas la même langue, et ne peuvent pas se comprendre. Fin du dialogue, début des hostilités. En passant, on apprend qu’outre les deux millions de dégâts, l’éolienne cramée ne sera pas remplacée avant la fin de l’année. C’est sûr, une éolienne ça ne se démonte et ça ne se remonte pas comme ça, et comme il y en a de plus en plus un peu partout…

Complément : l’État français vient de confirmer le 20 juin les six premiers projets d’éoliennes en mer. Tout est là, avec une infographie et le nom des responsables :

hxxp://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/06/20/20002-20180620ARTFIG00203-eolien-en-mer-macron-confirme-les-six-projets-de-parc-mais-reduit-son-soutien-financier.php

Caroline du Nord, Etats-Unis : Sabotage de chantier de pipeline et d’aménagement du territoire – 22 juin 2018

Publié le 2018-06-27 10:00:02

Au milieu du brouillard matinal de ce 22 juin 2018, nous avons immobilisé et tagué de multiples pièces d’équipement de construction lourde le long de l’US 220 en Caroline du Nord. Une pelleteuse, un bulldozer et un certain nombre de chargeurs frontauxont tous goûté à un venin exquis, conçu à l’aide de sirop d’érable et d’eau de javel. Cinq extincteurs ont également été rendus inutilisables.

Ce petit geste d’attaque a été réalisé contre le projet de chantier de pipeline de Mountain Valley Southgate ainsi que contre la destruction de plusieurs hectares de forêt par le défrichage du nouvel axe I-840.

Pour la défense de la nature face au capital et à la civilisation !

Pour l’attaque des instruments de l’anéantissement écologique !

[Traduit de l’anglais de contrainfo, 06.22.2018]

Metz : Des petites mains sur les rails…

Publié le 2018-06-28 09:08:02

Le Républicain Lorrain / mercredi 27 juin 2018

Aujourd’hui, mercredi 27 juin, un acte de malveillance a eu lieu sur les voies à Metz Chambière. A 7h40 ce matin, le conducteur du TER Thionville 7h16 – Metz 7h44 qui transportait deux cents voyageurs a rencontré un choc anormal au niveau de Metz Chambière, entre la gare de Metz-Nord et la gare de Metz-Ville.
Le conducteur a stoppé le train, pris immédiatement les mesures de sécurité et procédé à l’examen de la voie. Il a découvert du ballast et des pierres posées volontairement sur le rail. Lors du retour vers son train, de nouveaux obstacles étaient présents sur la voie.

Cette situation a conduit à détourner les circulations via Metz-Devant-Les-Ponts allongeant les temps de parcours d’environ quinze minutes. Vincent Téton, Directeur régional TER Grand Est condamne « avec la plus grande fermeté cet acte de malveillance inacceptable qui a fortement pénalisé nos voyageurs à une heure d’affluence ce matin entre Metz et Luxembourg ».
La Direction SNCF Grand Est a décidé de porter plainte contre X. L’enquête déterminera les circonstances exactes de ces événements. Le service normal a repris à 11h10.
Au total, cette perturbation a provoqué un retard de 1h17 du TER. 27 autres trains (TER, TGV et Fret) ont été impactés avec des retards compris entre 5 minutes et 51 minutes.

De la Courneuve à Villefranche-sur-Saône : les équipements publics c’est l’État

Publié le 2018-06-28 09:10:04

La Courneuve (Seine-Saint-Denis) : La médiathèque à la voiture-bélier 

France Bleu / mercredi 27 juin 2018

Une médiathèque a été incendiée dans la nuit de mardi à mercredi à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, dans la cité des 4000. Ce mercredi matin, le lieu destiné à l’accueil du public, d’environ 250 m² au rez-de-chaussée, est entièrement détruit. Une voiture calcinée est encore présente, visible depuis la place de la Fraternité, très fréquentée par les habitants.

Le véhicule bélier a traversé la façade du lieu peu avant 1h du matin. Il a ensuite été incendié. Une vingtaine de pompiers sont intervenus peu de temps après et ont réussi à maîtriser les flammes en 2 heures.
Quelques sapeurs-pompiers étaient encore présents ce mercredi matin, dans les locaux. Le bâtiment regroupe aussi le centre culturel municipal, mais seule la médiathèque a été incendiée. Selon une source policière, 250 m² de locaux ont été détruits.
Le parquet de Bobigny confirme l’ouverture d’une enquête pour « destruction et dégradation par incendie« , confiée au commissariat de la Courneuve. Les techniciens du laboratoire central de la police nationale se sont rendus sur place dans la nuit, selon une source policière. […]

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Villefranche-sur-Saône (Rhône) : Le gymnase au barbecue

Le Progrès / mercredi 27 juin 2018

Les sapeurs pompiers sont intervenus dans la nuit de mardi à mercredi, vers 3 heures du matin, à Villefranche-sur-Saône, où le gymnase de Belleroche était à moitié embrasé. A 7 heures ce mercredi matin, les pompiers étaient encore sur place pour pallier une reprise du feu.
Selon les premiers éléments, le sinistre est d’origine criminelle. Le commissariat a ouvert une enquête. Il n’y a pas eu de blessé.

 

Mises à jour sur la situation de Marco, arrêté à Toulouse pour les faits du 1er mai 2015 à Milan

Publié le 2018-06-28 09:10:06

Article 13 / mercredi 27 juin 2018

Les amis de Marco nous font savoir que Marco va bien, il n’est plus en état d’arrestation, mais il doit signer toutes les semaines. Le délai d’extradition vers l’Italie sera plus long que prévu, car dans les documents envoyés par le procureur de Milan il y a des erreurs et des parties manquantes. Les mises à jour suivront.

Angers : L’art du meurtre, le goût de la mort

Publié le 2018-06-28 09:33:03

Ouest-France / mercredi 27 juin 2018

Les gérants du commerce ont été réveillés vers 3 h du matin dans la nuit du mardi 26 juin au mercredi 27 juin. La porte d’entrée a été brisée et des tags ont été inscrits sur la devanture. Un acte de vandalisme dont ont été victimes d’autres bouchers-charcutiers en France.
« Viande = meurtre », « Stop spécisme » . C’est avec ces inscriptions que des bouchers-charcutiers d’Angers ont retrouvé leur commerce ce mercredi 27 juin.

C’est un boulanger qui effectuait sa tournée matinale dans le quartier de la place du Lycée qui a découvert la porte d’entrée de la boucherie fracturée. La police arrive sur place et prévient les propriétaires. Ces derniers ont porté plainte au commissariat. Le préjudice s’élève  « entre 1 000 et 1 500 €. »
Ce mercredi 27 juin, le gérant gardait néanmoins le sourire.  « La fédération régionale des bouchers-charcutiers des Pays de la Loire nous avait prévenus que nous pourrions être la cible d’attaques. Je n’ai rien contre les vegans. J’en connais même une qui achète de la viande pour son fils. » Les policiers n’ont procédé à aucune interpellation mais l’enquête se poursuit.
La Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) a récemment écrit au ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb pour dénoncer « les violences physiques, verbales, morales », subies par les artisans bouchers.

Ambert, toulouse, limoges… À propos de communication publique, de silence obstiné et de tricot policier

Publié le 2018-06-28 09:33:06

On a en tête que ce genre d’opérations en rafale (7 lieux perquisitionnés en deux jours sur Toulouse, Limoges, Ambert et Amiens) visent entre autre à effrayer, à installer un climat de flip. En témoigne la récente série de perquisitions menées dans quatre pays d’Europe, une opération coordonnée dans le cadre de l’enquête qui fait suite aux émeutes du G20 de Hambourg en 2017. Et, encore plus récemment, les opérations policières sur la ZAD de Roybon, ainsi qu’à Bure et environs. Suite à ce genre de démonstration de force, le silence apparaît parfois comme le meilleur des refuges.

N’empêche, l’absence de mot c’est aussi la porte ouverte à l’isolement, aux doutes, à l‘incompréhension. Il n’est pas question ici de jeter la pierre à celleux qui ne communiquent pas publiquement sur leurs (més)aventures. Les mots ne sont puissants que lorsqu’ils naissent d’une envie ou d’un besoin. Et le diktat du “il faut écrire” ne sert qu’à la diffusion d’un sentiment de culpabilité, ne faisant que fragiliser celleux qui le sont déjà. Ce dont il s’agit ici, c’est de se rappeler qu’il existe une marge et ce même dans un contexte répressif et bourré d’incertitudes. Les flics peuvent défoncer la porte d’un squat à coups de bélier mais contre les idées ils ne peuvent rien. Ils peuvent écouter, tracer, ficher, mais les actes malveillants fleurissent toujours. En engrainent d’autres. Parce que les aspirations et les rêves ont la peau dure, comme la confiance qui se tisse au fil du temps, des galères, des feux de joie. Tenter de trouver des mots à partager, c’est aussi un moyen de prendre soin de ces liens.

C’est dans ce sens qu’on avait envie de partager certaines de dernières évolutions de l’affaire ambertoise. Depuis la remise en liberté récente des 2 inculpés (cf texte précédent https://nantes.indymedia.org/articles/41047), différentes choses se sont passées. Et il semble toujours aussi important d’en partager publiquement les éléments les plus intéressants.

 

Les commissions d’experts pour l’analyse de l’ADN et du matériel informatique :

Tout d’abord, le 25 mai ont débuté sur la demande de la juge d’instruction les analyses ADN et informatique d’une partie du matériel saisi pendant les perquisitions du 28 mars.

En ce qui concerne l’analyse ADN, l’expertise est confiée au laboratoire BIOMNIS de Lyon. Sont confiés à ce laboratoire 14 éléments à identifier. Le laboratoire doit :

La juge d’instruction fixe dans son ordonnance d’expertise la date de la fin des analyses au 30 juin

En ce qui concerne l’expertise informatique, la mission est confiée à l’IRCGN à Pontoise (Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale). Lui sont confiés 5 ordinateurs à analyser avec pour mission de :

Comme pour l’ADN, il a jusqu’au 30 juin pour remplir sa mission.

 

L’audition libre :

La personne qui a été arrêtée dans le squat et libérée sous CJ depuis le 17 avril a été convoquée en audition libre par rapport à 3 enquêtes : la première sur une série de tags commis à Ambert en 2017, la seconde sur un vol en réunion dans un supermarché de bricolage et la troisième pour usage illicite de stupéfiant après la découverte d’un pochon d’herbe pendant la perquisition du squat.

Ces enquêtes ne sont pas liées, en termes de contenu, avec les faits reprochés il y a deux mois, mais l’audition du compagnon découle plus ou moins directement des perquisitions du 28 mars. Bien qu’il ait été interrogé par les gendarmes d’Ambert, l’audition se déroulait dans les bureaux de la section de recherche de Clermont-Ferrand (pour rappel, c’est la section de recherche qui pilote l’enquête sur l’attaque contre Enedis). L’audition a eu lieu le 30 mai.

Il semble tout d’abord intéressant d’expliquer les raisons qui ont fait que le compagnon s’est rendu à cette audition. Il faut savoir que légalement, une personne convoquée à une audition libre a l’obligation de s’y rendre. Bien entendu, il n’y a pas de risque en soi à ne pas se présenter et ça aurait pu être une façon de ne pas faciliter le travail des flics. D’un autre côté, une personne qui ne se rend pas à une convocation prend le risque d’y être amené par la contrainte et comme le compagnon est sous CJ et pointe deux fois par semaine au comico, cela n’allait pas être très compliqué pour eux de le faire. Il paraissait préférable au compagnon d’avoir un minimum la maîtrise du moment auquel allait avoir lieu cette audition.

Pour continuer d’expliquer un peu ce qu’est une audition libre, il faut dire que la différence principale avec la GAV est que la personne entendue est censée pouvoir partir à tout moment. Cependant il est clair (et ça a été souligné au compagnon en intro de l’audition) que si tout ne se déroule pas comme prévu pour les flics, ils peuvent placer la personne en GAV. Mis à part le droit de partir quand on le souhaite, les droits de l’audition libre en termes d’expression sont les mêmes que pour la GAV : répondre aux questions, faire des déclarations spontanées ou garder le silence. Le compagnon a fait le choix de se rendre à cette audition sans avocat car il avait prévu de ne rien déclarer.

L’audition libre s’est déroulée de manière très procédurale avec trois procès-verbaux qui se succèdent (un par enquête). Tout au long des différents interrogatoires, le compagnon a maintenu un «rien à déclarer». De manière assez classique, les flics ont essayé de lui mettre la pression de différentes façons. Par exemple, à propos du «vol en réunion» ils lui ont dit des choses du genre «si tu reconnaissais les faits ça pourrait se régler à l’amiable avec le magasin alors que là tu vas passer en procès en correctionnelle et tu vas prendre cher» ou encore pour l’histoire de stup «c’est vraiment dommage, là ça va être l’injonction thérapeutique assurée». Et même en s’y étant préparé, ce genre de coup de pression peut instiller le doute.

C’est assez évident que par ces interrogatoires périphériques les flics cherchent à avoir des infos sur d’autres membres potentiels de l’association de malfaiteurs qu’ils sont en train de tricoter dans leur bureau. Et s’il y avait encore un doute concernant le lien entre ces interrogatoires et l’affaire enedis, il suffisait d’entendre l’OPJ en charge de l’audition affirmer qu’il compte verser le dossier sur les tags à l’instruction pour étayer l’association de malfaiteurs.

Tout au long de cette audition le refus de parler s’est doublé d’un refus de se soumettre au prélèvement d’ADN et de signalétique (empreintes + photos) ce qui a donné lieu à un quatrième procès-verbal bonus. Afin de faire craquer le compagnon, on lui a dit que c’est débile de pas filer son adn alors qu’il a déjà été pris à son insu pendant la garde à vue du mois de mars (grâce à une petite cuillère). Quand on lui demande alors pourquoi il refuse toujours de donner son ADN, il répond pour la première fois de l’audition que s’il est déjà dans les fichiers il ne voit pas pourquoi il devrait le redonner. Suite à ça l’OPJ fera une vérification en direct dans les fichiers du FNAEG et en effet son ADN est bien enregistré. Donc le flic laissera tomber les poursuites pour refus d’ADN et ne gardera que celle pour refus de signalétique.

Enfin, en guise de cerise sur le gateau, l’OPJ a affirmé à la fin de l’audition qu’ils seront amenés à se revoir bientôt. D’après lui, deux plaintes ne vont pas tarder à être déposées contre le titulaire du contrat d’électricité du squat pour vol d’électricité et escroquerie.

 

Pour finir :

L’avocat qui défend les deux inculpés n’a toujours pas reçu le dossier « Enedis ». Donc pour le moment, il n’y a pas eu possibilité de commencer à réfléchir/construire concrétement la défense et notamment l’appel de la mise en examen qui devra avoir lieu, selon les délais légaux, avant fin septembre. En attendant de potentiels nouveaux mouvements de l’ennemi, on reste attentif.ve.s aux développements, que ce soit pour l’affaire d’Ambert, celles de Toulouse et de Limoges et plus globalement aux attaques juridico-policières contre les anarchistes et autres insoumises à ce monde mortifère. Et on continuera à écrire autant que possible. Pour se tenir chaud, pour parler de désirs et faire circuler des infos mais aussi pour nourrir les brasiers à venir.

 

En bonus, certaines raisons qui peuvent motiver un.e individu.e à garder le silence dans ce genre de situation :

* Il n’est bien sûr pas question d’insinuer que des personnes qui feraient un autre choix que celui de garder le silence seraient de fait et de manière très binaire des personnes validant la distinction « innocence/culpabilité » ou considérant les flics comme des fonctionnaires respectables

Madrid (Espagne) : Attaque solidaire face à la répression du G20

Publié le 2018-06-29 08:46:02

Contra Madriz / mercredi 27 juin 2018

Dans la nuit du 20 au 21 juin, la filiale du Banco Santander à Ciudad Universitaria à été incendiée. Nous n’avons pas besoin d’un sommet de la finance internationale, pour détester et attaquer le Capitalisme et ses structures. Avec cette action, nous voulons envoyer toute notre force et solidarité aux personnes qui subissent la répression pour avoir agi contre le dernier G20 à Hambourg. La guerre est partout. Pour l’anarchie.

Rassemblement solidaire suite à la manif du 28

Publié le 2018-06-29 08:54:04

Rassemblement vendredi 29 à 18H devant le commissariat du 5e arrondissement de paris (rue de la montagne sainte genevieve, metro maubert-mutualité), suite à la manifestation du 28 juin.



Auch : Sans câble du téléphone, l’economie boite

Publié le 2018-06-30 09:45:03

La Dêpeche / jeudi 28 juin 2018

Depuis mercredi à Auch, impossible de joindre au téléphone sur une ligne fixe un habitant ou une entreprise dans les secteurs de Clarac, de la zone de l’hippodrome ou de la rue du 8-Mai. Et pour cause : un câble téléphonique d’une puissance de 1 800 kilos voltampères (kVa) est hors service.

« Cette panne est la conséquence d’un acte de malveillance commis sur un chantier de dépose de câbles. Quelqu’un s’est introduit sur ce site et a coupé un câble dans une chambre (N.D.L.R. : la chambre désigne la cavité dans laquelle sont déployés les câbles téléphoniques). L’incident remonte au 26 juin vers 15h30 mais nous n’avons été prévenus que mercredi en milieu d’après-midi », indique Sébastien Audra, responsable de la communication externe chez Orange Midi-Pyrénées qui précise qu’ « une plainte a été déposée » et qu’ « une enquête est en cours ». Cet incident concerne le réseau fixe, que ce soit les connexions internet ou la téléphonie. « 1 300 lignes téléphoniques sont impactées à Auch dont une cinquantaine d’entreprises« , précise Orange.

Les enseignes situées sur les zones commerciales de Clarac et de l’hippodrome sont particulièrement touchées par cette panne. « C’est très fâcheux car les clients qui essaient de nous joindre n’y arrivent pas. On a ouvert des lignes portables temporaires dont on a mentionné les numéros sur notre site internet et notre page Facebook. Heureusement qu’on dispose d’un double réseau téléphonique qui nous permet d’enregistrer les cartes bleues mais d’autres enseignes sur notre zone sont très pénalisées », témoigne Eric Beloussoff, le PDG de Leclerc. Dans la plupart de ces commerces, impossible de faire un achat en carte bleue : un préjudice réel alors que les soldes d’été viennent de démarrer.

Sur le délai de réparation, l’opérateur Orange fait savoir qu’un câble de remplacement sera livré ce vendredi. « Le temps d’effectuer les travaux de raccordement, on espère un rétablissement du service pour le samedi 30 juin en fin de journée. »

Quelques documents internes d’INGÉROP

Publié le 2018-06-30 09:50:04

reçu par mail / mardi 26 juin 2018

Des documents internes d’Ingerop notamment concernant Cigeo nous sont parvenus, ceux-ci vont être diffusés dans quelques temps mais en attendant nous avons décidé de publier une partie de ceux qu’on a trouver d’intéressant, en réaction aux perquisitions du 20 juin.

Un extrait d’un document concernant le transfo indique clairement que l’emplacement du transfo a été choisit par la gendarmerie et en complète opposition avec l’étude précédente qui disqualifie cet emplacement pour des raisons de visibilité et d’impact écologique.

Quelques documents ont été envoyés concernant la prison de Bordeaux-Gradignan et la future prison de Lutterbach dans l’Est de la France, notamment des plans. Il est possible de télécharger ces documents ici :
https://bure.systemausfall.org/extraits_21_juin/

Solidarité avec les inculpées et les personnes sur places, bon courage pour la suite

*****

NdAtt. : les fichiers peuvent être téléchargés aussi ici, sauf celui avec les documents concernant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, trop lourd pour Noblogs  (on l’avoue, on n’a pas tout compris des fiches techniques, à chacun.e de s’y mettre et d’y trouver des bonnes inspirations ! ) :

Ceux-ci par contre on les a bien compris : à la suite du lancement de la campagne les MONSTRES de Cigeo, Ingerope commence à s’inquiéter. Donnons-leur des raisons de flipper encore plus !

 

 

 

 

Ajaccio : Le chantier de l’école prend du retard à cause d’un sabotage

Publié le 2018-06-30 09:50:05

Corse Net Infos / jeudi 28 juin 2018

« De graves dégradations ont eu lieu la nuit dernière sur le chantier du nouveau groupe scolaire des Salines : de nombreux câbles électriques ont notamment été sectionnés » indique dans un communiqué la Ville d’Ajaccio. Une entreprise de gardiennage était pourtant mandatée pour garantir la sécurité sur les lieux, en opérant 3 rondes par nuit.

La Ville est en attente de l’évaluation exacte des dégâts, afin de prendre les décisions appropriées. Par ailleurs, la Police Judiciaire est sur place suite au dépôt de plainte. Il est d’ores et déjà acté de surveiller le site toutes les nuits et tous les week-end.

Saint-Etienne, France : Voisins vigilants – Banalités de la politique sécuritaire

Publié le 2018-06-30 09:51:04

Les voisins vigilants ont l’œil jaune et grand ouvert, c’est même à ça qu’on les reconnaît. À Saint-Étienne, les quartiers La Bérardière, la Chèvre, la Colline des pères ou encore Bel-air vivent sous l’œil éclatant du dispositif « Stéphanois vigilants », où on peut se surveiller mutuellement afin, selon l’objectif affiché par la police, de diminuer le nombre de cambriolages dans ces quartiers.

Le signalement, ça se pratique ou ça se subit

Inspiré d’une idée anglo-saxonne (Neighborhood Watch), ce dispositif cible les quartiers résidentiels et doit permettre aux voisins de signaler à la police « la venue de véhicules ou de personnes inconnues ayant des comportements suspects » [1]. C’est ainsi que les choses sont présentées par la police nationale (et généralement l’élu local à la sécurité) lors de réunions d’information qui se tiennent dans chaque quartier au moment du lancement du dispositif. L’objectif de ces réunions est de désigner des voisins référents qui recueilleront ensuite les signalements provenant des autres voisins vigilants pour les communiquer à la police. Lorsqu’un signalement est fait sur le numéro de téléphone dédié, les informations sont répercutées, entre quartiers, par mail notamment : vous pouvez ainsi être informé (en recevant le numéro de plaque d’immatriculation), par exemple, que telle voiture « suspecte » a été repérée dans un autre quartier « voisins vigilants ». Voitures suspectes, comportements suspects ? La direction de la police municipale explique qu’il s’agit par exemple de « gens qui se baladent, qui démarchent, qui toquent à la porte ». La fiche pratique remise aux habitants évoque des « personnes dont la présence ou le comportement est inhabituel ». Face à cela il convient de noter, toujours selon cette même fiche pratique : « le nombre de personnes, leur âge, leur sexe, leurs signes particuliers, leurs tenues vestimentaires, leur élocution… ». Faudra-t-il alors signaler les personnes à l’accent inconnu ou étranger ? Faudra-t-il signaler une capuche un peu trop couvrante ? Un voile ? Une jupe ? Un tatouage ? Une habitante de la commune de Villars, dans un quartier de « voisins vigilants », nous a évoqué quelques illustrations quotidiennes du dispositif. Précisons qu’elle-même a refusé d’apposer l’autocollant à l’œil jaune sur sa boîte aux lettres. Quelques mois après la mise en place du dispositif, son domicile est cambriolé. Elle se rend alors chez ses voisins qui, bien que « vigilants », n’ont rien vu, ni signalé. Loin de s’en étonner, ils préfèrent lui reprocher de ne pas avoir mis l’étiquette sur sa boîte. L’œil jaune se vit donc aussi comme un moyen de dissuasion pour les habitants convaincus. Autre scène, même quartier, un peu plus tard : un passant promène son chien, croise le regard de cette même habitante qui sort de chez elle. Se croyant soupçonné dans ce quartier sous surveillance, il se sent alors obligé de justifier, confus, qu’il ne fait que passer et qu’il promène son chien.

Derrière l’œil en public, le porte-monnaie privé

Il faut dire que les quartiers « voisins vigilants » sont frappés au coin du signalement, affublés qu’ils sont de panneaux indiquant la présence du dispositif : un œil grand ouvert sur fond jaune, où la pupille ressemble davantage à une caméra de surveillance qu’à un organisme vivant. D’ailleurs, d’où viennent ces panneaux ? Ni de la ville, ni de la police, mais bien d’une société. Car « Voisins vigilants », c’est une marque et une SARL fondée dans les Alpes-Maritimes en 2012 (association devenue société en 2014, renommée « Voisins vigilants et solidaires » en fin 2017). Cette société, c’est d’abord une plate-forme internet qui permet de créer et de trouver les autres « communautés » de voisins vigilants sur son territoire. A Saint-Étienne, il en existe déjà 36 ! En vous inscrivant (ce qui implique de communiquer son adresse postale), vous pouvez décider vous-même de commencer à « vigiler » votre quartier. Cette société fournit également les panneaux signalétiques et de petits objets qui constituent le kit « voisins vigilants ». Si vous vous inscrivez pour créer une nouvelle communauté, le kit de démarrage est gratuit (quelques brochures, cartons et autocollants). Si vous en voulez à nouveau ou si vous ne créez pas de communauté, il faut payer. Pour un panneau à poser à l’entrée de votre rue, c’est 200€ [2] Mais qui paie les kits gratuits, la plate-forme, le service de SMS et les autres services gratuits ? Les mairies évidemment. 1000 € pour 5000 SMS. Pour les plus grands fans, il existe bien entendu un abonnement, pour devenir « mairie vigilante ». Le tarif pour Saint-Étienne ? Communiqué uniquement aux élus selon la société. Au final, la recette semble particulièrement bien fonctionner pour ces entrepreneurs de la sécurité, puisque le chiffre d’affaires de la société est en progression constante : 20 475 € en 2013 [3], 125 774 € en 2014, 266 453 € en 2015.

Le jeu des peurs, le sens de la solidarité

Bien entendu, la société se défend d’attiser les peurs. Son Twitter dit l’inverse, qui relaie des infos bien choisies : « Les 8 conseils du ministère de l’Intérieur pour éviter de devenir receleur malgré soi », « Les 10 conseils qui peuvent vous éviter une intoxication au monoxyde de carbone ! », « L’hiver est là et avec lui les vagues de grand froid. Prenez vos précautions ! » , « Voisins vigilants, ils vous ont à l’œil ! », « 67% des Français ont peur d’être cambriolés pendant leurs vacances ! » (publié un 9 août), « L’arnaque aux pneus crevés, le nouveau phénomène qui inquiète la police ! ».A Saint-Étienne, le dispositif a été adopté en conseil municipal le 16 novembre 2015 [4], trois jours après les attentats de Paris, à la quasi-unanimité (opposition des élues communistes et abstention de deux élus écologistes) et avec le soutien marqué des élus FN (remerciés par Claude Liogier, élu en charge de la sécurité). Sur la colline des pères, des habitants ont réagi à ce dispositif en dénonçant une incitation à la délation, à la stigmatisation et à la collaboration avec la police, et en y opposant la création de véritables liens de solidarité. Des affiches et des tracts ont été déposés dans le quartier. Sur l’un d’eux on lit : « L’excuse de la solidarité et la bienveillance n’est qu’une salade pour renforcer la sécurité et le contrôle et nous pousse à accepter d’être surveillé-es en permanence au prétexte qu’on aurait “rien à se reprocher” […] De plus, le lien social ce n’est pas des échanges de SMS entre des référents de quartier et la police, mais le lien, l’attention et l’entraide directe entre les personnes »


Proposé par Couac

[Publié sur le Numéro Zéro, 13.05.2018]

Notes :

[1] Compte-rendu d’une réunion publique à Saint-Jean-Bonnefonds le 11 avril 2017 et mis en ligne sur le site de l’association libre du Minas et de la rue Maisonnette.

[2] Article publié sur le site internet de l’Obs le 3 août 2014

[3] Sites societe.com et verif.com

[4] Conseil municipal du 16 novembre 2015, délibération 151146, dossier n°479

Allemagne : Chronique d’actions directes – Juin 2018

Publié le 2018-06-30 09:52:04

Aperçu des désordres incendiaires en Allemagne au cours de ce mois de juin 2018. Les attaques vont de la plus récente à la plus ancienne. Toutes ont été reprises du blog Chronik. Plusieurs sont retranscrites des médias, d’autres sont revendiquées par communiqué. Des extraits de chacun d’entre eux sont retranscrits.

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Berlin, 19 juin 2018 : vers 2h15, des « personnes qui salissent le réseau » se sont introduits sur un parking de la Sewanstraße pour déposer des engins incendiaires sous plusieurs voitures de la Deutsche Telekom. Quatre voitures sont complètement réduites en cendres. Deux autres sont sévèrement endommagés.

15 juin : au cours de la nuit, le feu a embrasé cinq véhicules de la Deutsche Bahn sur le parking réservé à l’entreprise de la Kaskelstraße à Rummelsbourg. La plupart était des fourgonnettes avec le logo de la société ferroviaire floqué sur la carrosserie. Les flammes ont également endommagé un bâtiment à proximité.

14 juin : câbles et boîtiers électriques d’une antenne radio de Vodafone sont incendiés à Tiergarten. En plus de la téléphonie mobile, cette antenne est aussi utilisée pour les communications radios des flics et des autorités.

Ces trois attaques ont été revendiquées dans un même communiqué). Sont contestés le projet de Google-Campus à Kreuzberg, contre lequel une lutte active est menée depuis plusieurs mois déjà, la mainmise de la technologie sur nos vies et nos relations sociales, qui espionnent et surveillent toujours plus étroitement notre quotidien, permet aux dominants de smartifier les villes au profit des riches et des puissants…

« Par ces attaques, nous ciblons quelques uns des gros fournisseurs de réseau en Allemagne qui, avec leurs antennes radio, câbles de fibre optique et réseau ferroviaire, constituent un des piliers importants des flux de marchandises et de données. Ceux-ci sont indispensables au fonctionnement du capitalisme. » […] « Par ces actes nous envoyons des signaux de fumée à tou.te.s les prisonnier.e.s de la guerre sociale et à celles et ceux qui se trouvent en cavale, loin de l’Etat et de ses sbires. Nos salutations spéciales vont à Lisa, Thomas, Nero, Isa, UP3 et les prisonnier.e.s du G20″ »

Leipzig, 15 juin 2018 : deux pelleteuses d’un chantier au quartier du parc Mühlholzgasse ont été livrées aux flammes. L’attaque, revendiquée à travers un communiqué, se dirige contre la ville des riches et des puissants qui est en aménagement constant. « Nos salutations combatives s’adressent à tou.te.s celleux qui de nuit colorent les murs et s’opposent un tant soit peu à l’occupation permanente des flics, qui ne se laissent pas intimider par la répression et l’État policier, qui ne veulent pas accepter plus longtemps la surveillance et le contrôle de l’espace public ».

Brême, 12 juin 2018 : incendie d’une borne de péage de la route nationale 75. « […] La surveillance du trafic des routes nationales est une étape supplémentaire, une étape vers un recensement en direct de grande envergure et d’enregistrement des déplacements et des activités de toutes et tous. Il est important de saboter le renforcement de la surveillance et l’amélioration de leurs méthodes, et il s’agit toujours de défendre les libertés existantes et de préserver notre capacité à se déplacer de manière incontrôlée. […] Nous saluons tou.te.s celleux qui sont visé.e.s par la répression dans le cadre des enquêtes et mandats d’arrêts émis au niveau international en lien avec le sommet du G20 »

Berlin, 12 juin 2018 : la partie d’accès aux visiteur.se.s du Bundestag a été saccagée. Des inconnus sont entrés par effraction en passant par le local poubelle provisoire à l’entrée ouest du bâtiment. Des appareils techniques ont été détruits, du mobilier renversé et le tout aspergé à l’extincteur. Il paraît que les flics n’ont aucune idée quant aux auteur.e.s et leurs motivations de faire ce passage destructeur, qui a été découvert aux alentours de 2h19.

Dresde, 9 juin 2018 : ce samedi avait lieu une journée porte ouverte de l’armée allemande. La nuit précédente, deux voitures de cette institution de soumission et de mort sont parties en fumée (une Skoda Octavia et une Mercedes Benz Sprinter). Elles étaient garées à l’angle de la Stauffenbergallee et de la Rudolf-Leonhard-Straße à proximité d’un hôtel. Dans les deux cas, il s’agit d’un incendie volontaire puisque le feu est parti d’un des pneus de la voiture.

Leipzig, 8 juin 2018 : flics et pompiers sont appelés par un passant aux alentours de 00h30 après avoir entendu une déflagration et aperçu de la fumée et des flammes s’échapper d’un chantier dans le secteur de la Gießerstraße/Aurelienstraße. D’après les premiers éléments de l’enquête, des inconnus sont parvenus à pénétrer dans une zone de chantier clôturée et après avoir brisé une vitre de la cabine d’une pelleteuse, ont jeté un engin incendiaire à l’intérieur. La cabine du conducteur de l’engin a été complètement détruite par les flammes. Ce sabotage a mis hors service le système électrique de l’appareil. Les dommages s’élèveraient à environ 50.000 euros. Une enquête a été ouverte.

Leipzig, 6 juin 2018 : environ 12 vitres d’un institut de formation, situé dans la Karl-Heine-Straße, ont volé en éclats après avoir reçu des pavés. Par ailleurs, la façade du bâtiment a été souillée au goudron. A une centaine de mètres de là, un bureau d’études a également été attaqué : plusieurs grandes baies vitrées ont été brisées. Les dégâts atteignent près de 20.000 euros.

Allemagne : Appel à la solidarité après une nouvelle vague de perquis’ et d’arrestations en lien avec le G20 à Hambourg – 28 juin 2018

Publié le 2018-06-30 09:52:06

Jeudi 28 juin, l’Etat allemand continue de se venger des émeutes lors du G20 à Hambourg en juillet 2017. Il a envoyé ses flics perquisitionner 13 appartements dans cinq Länder différents, que ce soit en Hesse, Rhénanie du Nord-Westphalie, en Basse-Saxe et à Hambourg. En Hesse, quatre hommes, âgés de 17 à 21 ans, ont été arrêtés et accusés d’avoir pris part aux émeutes à Altona à l’aube du 7 juillet 2017. Tous étaient sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par le tribunal d’Hambourg. Les deux plus jeunes, qui étaient encore mineurs au moment des faits, ont été transférés le jour même à la prison pour mineurs de Hannovre. A Cologne, une femme de 19 ans et un homme de 32 ans ont été arrêtés, accusés d’avoir pris part au pillage et au saccage d’un supermarché

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Aujourd’hui (28 juin 2018), il y a eu une fois de plus des perquisitions d’apparts et des arrestations en lien avec le sommet du G20 à Hambourg.

D’après les médias, treize endroits ont été perquisitionnés à Francfort/M, Offenbach, Rossbach, Cologne, Hambourg, Oldenbourg, Dudenbüttel et six personnes arrêtées.

Quatre des six personnes ont été arrêtées pour « Participation à une association de malfaiteurs » en lien avec la manif de la Elbchaussee dans la matinée du 7 juillet. Elles sont âgées de 17 à 24 ans et viennent de Francfort sur le Main et d’Offenbach.

De plus, il y a eu des perquisitions chez neuf autres personnes, qui se voient accusées « d’incendies, de troubles à l’ordre public, de résistance et blessures à agents ».

A Cologne, une femme a été arrêtée pour « pillage » et un autre homme a été arrêté dans le cadre des perquisitions, sans que l’on puisse établir un lien direct avec le G20.

Ces coups répressifs ne seront pas les dernières perquisitions et mandats d’arrêt en lien avec le sommet du G20. Les flics tentent avant tout d’intimider les opposant.e.s au G20 par des procédures élargies, afin d’empêcher qu’à l’avenir des affrontements de la sorte ne se reproduisent. La plus belle réponse à cette stratégie serait bien sûr une émeute en bonne et due forme se finissant par de nombreux flics blessés. Malheureusement, il semble très difficile en ce moment de répondre de façon adéquate à la répression. Cependant, le plus important est désormais de se solidariser des personnes ciblées. De réparer les portes des onze personnes, de remettre en ordre leurs chambres, de les écouter, de leur faire don d’un ordinateur, de rassembler de la thune pour les prisonnier.e.s, de leur écrire, etc…

Comme cela a déjà été écrit dans plusieurs textes précédemment, nous nous sommes retrouvé.e.s à Hambourg et avons pu y faire naître des moments sans domination. Nous devrions donc maintenant agir ensemble contre la répression qui suit. Alors soyons toutes et tous solidaires, faisons contre-poids et en sorte de leur compliquer autant que possible la tâche pour nous réprimer. […]

Préparez-vous à d’autres coups répressifs, faites du ménage, laissez les téléphones à la maison,

Faites des actions pour les prisonnier.e.s et les personnes visées par les perquis’ !

La solidarité est une arme !

[Traduit de l’allemand d’Indymedia Deutschland, 28. Juni 2018]


Plus d’infos sur unitedwestand.blackblogs.org

Répression à Bure : une instruction pour broyer la lutte

Publié le 2018-06-30 09:56:04

Entre le mercredi 20 et le jeudi 21 juin 2018, 14 perquisitions ont eu lieu dont 12 simultanées dans des lieux de vie de militant.e.s anti-CIGEO ainsi que 9 arrestations ciblées. L’État et son lobby nucléaire ont montré une fois de plus que la seule réponse qu’il savent apporter aux critiques légitimes des opposant.e.s à CIGEO, la méga poubelle de Bure, est une réponse répressive. Cet acharnement répressif se manifeste au travers de l’ouverture d’une instruction pour association de malfaiteurs.



Bure, le 28 juin 2018

« On est à Bure, on fait ce qu’on veut ! »
(entendu lors d’une perquisition du 20 juin 2018 de la bouche d’un gendarme)

Entre le mercredi 20 et le jeudi 21 juin 2018, 14 perquisitions ont eu lieu dont 12 simultanées dans des lieux de vie de militant.e.s anti-CIGEO. Ces perquisitions, parfois menées dans la plus complète illégalité, (en l’absence de mandat présenté aux occupant.e.s,) semblaient cibler des personnes particulières afin qu’elles soient auditionnées ou placées en garde à vue. Ainsi plus d’une douzaine de convocations pour des auditions ont été distribuées, et 9 interpellations ciblées ont eu lieu. Après des gardes à vue de 36 à 60h, 2 personnes sont relâchées sans suite pour le moment, 2 personnes obtiennent le statut de témoin assisté et 5 personnes sont mises en examen avec un contrôle judiciaire. Ce contrôle comprend des interdictions de territoire, des interdictions de se voir entre personnes concernées par l’instruction et une interdiction de quitter le territoire national.

L’État et son lobby nucléaire ont montré une fois de plus que la seule réponse qu’il savent apporter aux critiques légitimes des opposant.e.s à CIGEO, la méga poubelle de Bure, est une réponse répressive. Cet acharnement répressif se manifeste au travers de l’ouverture d’une instruction pour association de malfaiteurs, pilotée par le juge d’instruction Kevin Lefur . Ce dernier, obéissant aux logiques des nucléocrates, peut ordonner des perquisitions de tous lieux et des arrestations, des écoutes et des filatures de toute personne étant liée de près ou de loin avec la lutte contre CIGEO, et ce jusque la fin de l’instruction qui devrait durer au moins un an et s’étendre plus probablement sur plusieurs années. Une première vague de perquisitions avait déjà eu lieu dans ce même cadre le 20 septembre 2017.

La peine, c’est la procédure

Quand l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) et l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) pointent du doigt les risques énormes liés au projet CIGEO, quand près de 3000 personnes se retrouvent dans les rues de Bar-le-Duc pour dénoncer ce projet absurde, demander la fin du nucléaire et affirmer leur solidarité aux militant.e.s locales, l’État abat sa dernière carte pour imposer sa poubelle nucléaire : la répression. Pour les personnes vivant à Bure et dans les environs, la vie est déjà rendue complexe par une présence policière accrue : plusieurs patrouilles par heure, contrôles et fouille de véhicules et des personnes... Sortir sans sa carte d’identité, c’est risquer une vérification d’identité de 4h ; laisser traîner un couteau suisse (et même une pelle à tarte) dans la portière de sa voiture, c’est risquer une garde à vue et des poursuites pénales pour transport d’arme. Quand on parle d’État d’exception à Bure, on fait état de toutes ces mesures qui rendent pénible la vie au quotidien afin que ce bout de territoire se vide toujours plus de ses habitant.e.s et surtout de ses opposant.e.s à la poubelle nucléaire.

L’instruction ouverte pour association de malfaiteurs décuple les activités répressives contre les militant.e.s, et, en brisant des vies, tente de broyer cette lutte. Ainsi, des personnes installées depuis des années, se retrouvent avec des interdictions de territoire qui les privent de leur vie sociale tissée sur la durée. Des personnes qui luttent depuis des années contre ce projet se retrouve dans l’interdiction de se voir, cassant toute possibilité d’organisation politique. En recherchant jusqu’aux personnes participant aux approvisionnement de nourriture et en mettant en place des filatures et des écoutes généralisées, l’État diffuse la peur parmi tou.te.s les opposant.e.s et tou.te.s les habitant.e.s. La défense collective contre cette attaque judiciaire est d’autant plus compliquée que les personnes concernées n’ont pas le droit de se voir et que le dossier d’instruction est protégé par le « secret d’instruction ». La procédure en cours est chronophage, mobilise des personnes pour la parer, diabolise les mis.e.s en examen aux yeux de voisin.e.s et des personnes qui découvrent les chefs d’inculpation. Elle prend ce temps si utile pour lutter. Cette instruction a pour unique but de paralyser la lutte et d’imposer le projet mortifère de la poubelle nucléaire à Bure.

Mais la lutte n’est plus une lutte locale : avec des comités de soutien et d’action qui se forment et se consolident partout en France et au delà, la résistance prend une tournure internationale. Ainsi, 55 rassemblements ont eu lieu mercredi 27 juin 2018. Ielles veulent museler l’opposition locale à CIGEO, mais ielles n’ont pas compris que cette opposition est totale ! Les comités de soutien et d’action, les milliers de personnes présentes lors de la manifestation du 16 juin à Bar-le-Duc, sauront boycotter la concertation organisée par les pouvoirs publics autour du nucléaire à la rentrée pour organiser leurs propres concertations autogérées ; sauront suivre l’exemple des MONSTRES de CIGEO (campagne lancée sur le site lesmonstresdecigeo.noblogs.org) et prendre pour cible partout où ils sont atteignables les sous-traitants et soutiens de CIGEO ; et saurons enfin se retrouver nombreu.x.ses du 3 au 10 septembre autour de Bure pour une semaine d’ateliers et de mobilisation afin de stopper la construction de la voie ferrée qui servira aux transport des déchets, l’installation du transformateur électrique qui alimentera CIGEO et le défrichement du bois Lejus.



PS :

Retrouvez toutes les nouvelles de la lutte à Bure sur vmc.camp

Bure : témoignage sur les persquisitions du 20 juin 2018

Publié le 2018-07-01 14:17:05

TÉMOIGNAGE SUR LES PERQUISITIONS DU 20 JUIN 2018

20 juin à 7h du matin : bruit de course dans l’escalier, je me réveille et saute du lit, quelques secondes plus tard des grands coups sont portés contre la porte et font résonner tout l’immeuble. Je n’ai pas le temps de crier pour leur dire que j’ouvre, que la porte est fracassée et que je me retrouve plaqué la tête au sol dans ma chambre, à moitié nu, par des policiers armés de tazer qui me menottent aussitôt. Un ami venu dormir à la maison subit le même régime.

Aussitôt ils s’enquièrent de l’absence d’A. avec qui je vis, ignorant que cette dernière travaille de nuit. Celle-ci, revenant du travail, courre vers l’appart en voyant l’immeuble envahi par les gendarmes. Elle est aussitôt placé en garde-à-vue ainsi que moi-même.

S’ensuit alors une fouille minutieuse de notre appartement qui va durer plus de 3h et aboutir à la saisie de tous les téléphones, disques durs, ordinateurs, clés usb, cartes SD, appareils photo, y compris ceux de l’ami de passage. Pour partie du matériel neuf, à peine remplacé depuis le dernier passage des mêmes gendarmes à notre appartement le 20 septembre dernier.

On m’assure qu’un serrurier repassera changer la serrure, plus tard on apprendra du voisinage que l’appartement est resté béant durant un temps, sans surveillance.

A. est emmenée pour perquisitionner son véhicule, le local associatif voisin auquel nous participons. Plus tard c’est sa chambre à son travail qui sera perquisitionnée.

A. ressort au bout de 48h de garde-à-vue. Pour ma part je suis prolongé à 72h et serais relâché au terme de 60h de privation de liberté. Près de 20h d’auditions sur mon engagement et la lutte à Bure avant d’être présenté devant un juge d’instruction qui me met en examen sous le chef d’inculpation de bande organisée sous prétexte des dégradations commises en marge des manifestations à Bure contre le projet d’enfouissement Cigéo. Le même régime que pour la criminalité organisée : ma garde à vue était prolongée en théorie jusqu’à 96h.

13 perquisitions ont été menées à l’encontre de personnes engagées dans les associations et collectifs en lutte contre le projet Cigéo. D’importantes saisies d’ordinateurs, de supports de stockage numériques personnels. De nombreuses convocations et auditions passées et encore à venir, 5 mises en examen, 2 placements sous statut de témoin assisté.

Un an d’écoutes téléphoniques, de surveillance filmée au quotidien, de filatures, des dizaines de questions inquisitrices en audition, pour un dossier creux qui accuse au final les gens de s’organiser pour militer. Et le refus de fournir des codes d’accès à notre vie privée sont systématiquement considérés comme une volonté de cacher quelque chose et menacé de poursuites.

Qu’est-ce que ça me fait ? Qu’est-ce que ça nous fait ? Dans 1984, O’Brien dit à Winston « Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain… éternellement ». Quand un agent de police vous donne une description psychologique qu’il pense vous correspondre et qu’il fait des allusions à détails de vos conversations intimes et privées, vous ne pouvez plus parler au téléphone sans penser au troisième homme qui vous écoute. Quand on pénètre deux fois dans votre espace de vie et qu’on en fracture l’entrée avec violence pour vous mettre à terre, vous ne pouvez plus ne pas vous interrompre quand les portes claquent dans votre immeuble ou vous coucher sans appréhender d’être réveillés par des coups frappés à votre porte. C’est l’essence de la répression, lui faire prendre corps en vous, au plus profond de vous jusqu’à l’intolérable, le point de rupture, le renoncement.

La liberté ne se perd que quand on y renonce et je n’ai pas l’intention d’y renoncer ! No pasaran !

Quant à la stratégie administrative et au fond de dotation de la zad

Publié le 2018-07-01 14:17:06

Mesdames et messieurs, bonjour ; ou bonsoir peut être,

Ce que nous vivons ici, habitants-es et occupants-es de la ZAD, n’a aucun précédent. Aucune lutte n’y ressemble et aucune méthodologie ou stratégie ne s’y applique pour tendre assurément vers une victoire majeure pour la conservation d’un espace politique marginal et expérimental.

Nous avons su pendant ces 10 longues années d’occupation faire preuve d’une créativité entretenant le mythe d’une ZAD poétique et offensive. C’est ce rêve, cet imaginaire, cette liberté fragile et cette fougue sauvage et violente, qui a su donner espoir à celles et ceux qui cherchaient l’éclairci, et su faire peur à celles et ceux qui cherchent à l’éteindre.

La stratégie administrative renforce l’état

  Non, ce ne sont pas les recours en justice, les petites victoires administratives, les pique-niques, ou les éternels rassemblements forains qui ont fait converger les regards sur notre bocage. Ces méthodes usées depuis des décennies, nourrissent parfaitement la légitimité de l’état à se prétendre démocratique, en laissant ici et là les luttes pacifiées et non violentes échouer sur le sable blanc de l’épuisement ou de l’isolement.

Continuer à utiliser ces méthodes c’est faire croire qu’elles furent utiles un jour, et qu’elles seront encore utile demain, c’est maintenir la croyance que la marche légale et les cadres d’actions imposé par l’état, des stratégies légalistes aux manifestations déambulatoires, pourront servir un jour à remettre en cause notre civilisation et libérer des espaces de son emprise.

                  La stratégie administrative, quel message politique ?

                  La stratégie administrative et son lot de fiches ne porte aucun message politique émancipateur. Il affirme à nos soutiens que nous n’avons plus aucune ressource créative, que baisser la tête reste la seule porte ouverte vers un semblant de liberté, que nous déposons les armes avant nos adversaires pour jouer selon leurs règles. Sans cela plus rien n’existerai ici. Aucune lutte ne saurait s’émanciper de l’état sans lui demander l’autorisation. Voilà le message que nous lançons « La liberté ne se prend pas, elle se demande ».

                    La stratégie administrative et le tri sélectif.

                   On entend souvent par ci par là l’argument prêt à valider l’efficacité toute relative de l’étape « signature de projet individuel » énonçant le constat de : « ne vois-tu pas que s’il y a encore du monde ici c’est parce qu’il y a eu des « barricades administratives » » suivi de près par « s’il l’avait voulu, il nous aurait écrasé ».

Depuis l’abandon de l’aéroport nous ne faisons que valider la tactique de l’état. D’abord en libérant la route des chicanes plutôt que d’en faire une autre visant à protéger ou ralentir l’expulsion d’une Zad doublement menacée qui souhaiterait rester unie.

Ensuite l’ouverture ou la poursuite d’un dialogue malgré le non-respect des demandes fermes à propos de la D281.

Pour finir la signature des fiches projets qui après l’ouverture au déploiement logistique des forces militaires, montraient du doigt celles-eux qui refuseraient de rentrer dans le rang.

Le premier message de la part de la ZAD est « notre radicalité est négociable »

Le deuxième : « les « radicaux-ales » sont une minorité ignorable et nous pouvons les faire marcher au pas dans le mouvement

Le troisième : nos rêves même rabaissés à de vulgaire dos d’âne et crapauduc sont ignorable

Le quatrième : « celles-eux qui ne sont pas capable de baisser la tête pour continuer à lutter dans les cases sont là » « nous assumons notre division, et ne sommes pas solidaire dans les actes collectifs ».

Jusqu’où sommes-nous prêt-es à aller ?

La Stratégie administrative fait gagner du temps ?

Nul besoin de s’étendre sur l’argument implacable de ces derniers mois.

Seul le temps fait gagner du temps. La stratégie administrative permet juste de conserver du confort. L’énergie allouée à cette stratégie nous fait perdre du temps, à collaborer ou à nous organiser pour s’y opposer. Temps que nous préférerions avoir pour nos jardins, pour reconstruire, pour l’action directe, pour prendre du repos, pour discuter de fond politique ou simplement pour penser à autre chose.

            Et l’Affront de dotation dans tout ça ?

 Nous reconnaissons le travail harassant subi par les partisan-nes des méandres judiciaires et administratifs. Un travail pour nous déterrer la moindre petite fissure dans la prison administrative dans laquelle nous nous engouffrons. Quand ils-elles trouvent un peu d’ironie dans une solution ils-elles nous l’offrent. Et voilà le fond de dotation. Solution viable sur bien des points même pour celles-eux qui rejettent la propriété et ses conflits d’usage.

Pour autant la solution est bien loin de satisfaire certaines envies de lendemain qui chantent. Non encore une fois ça ne fait pas rêver.

Profiter de la « notoriété » privilégiée de la zad pour lever des fonds et acheter des terres ? légitimer notre usage de ces terres par l’achat et non par la revendication politique ou philosophique ?

Libérer ces terres du désastre économique et environnemental par le rachat alors que nous sommes en mesure de l’arracher par la lutte politique ? C’est mettre la charrue avant les bœufs, (ou donner la route avant de négocier comme vous voudrez). C’est un aveu d’échec dont beaucoup ne se remettrons pas.

                  Alors KESKONFOU ICI ?

                  Nulle autre stratégie efficace et cohérente que de maintenir une occupation de territoire sans compromis, d’en ralentir les accès, de continuer à harceler les forces étatiques en présences (administratives ou militaires), reconstruire ce qui a été détruit et continuer à faire tourner ce qui reste debout, jusqu’au dernier souffle.

Une fois que nos ennemi-es s’épuiseront à nous écraser, nous mutiler, détruire nos maisons, nous tuer, nous enfermer, sans que le soutien populaire ne s’essouffle, nous pourrons éventuellement discuter avec l’état, d’égal à égal. Seul notre manque de courage et notre peur de perdre nos petits conforts et acquis bourgeois peuvent nous faire échouer dans nos ambitions révolutionnaires.

Restons confiants, confiantes et déterminées.