Vive l'Anarchie - Semaine 26, 2022

Sommaire

Introduction à la cartographie de l’industrie locale de l’armement et de ses points faibles

Publié le 2022-06-29 13:00:03

28 juin 2022
Par Manif Est (source)
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Note du traducteur·ice : cet article est la traduction d’un article paru en allemand sur le site ruestungsindustrie.noblogs.org. Bien qu’il s’inscrive dans le contexte de l’Allemagne, il a été traduit dans l’idée de servir d’inspiration à des recherches similaires dans d’autres contextes, notamment en France.


Pourquoi est-il nécessaire de procéder à une analyse minutieuse de l’industrie de l’armement avec tous ses fournisseurs, sa logistique, ses financeurs, ses chercheurs et ses lobbyistes ? Ne suffit-il pas de savoir où se trouvent les principaux fabricants d’armes et d’équipements de guerre pour pouvoir les attaquer ? Comme la campagne “Disarm Rheinmetall” par exemple, qui a décidé, du moins en principe, de concentrer son opposition à l’industrie de l’armement sur l’une des plus grandes entreprises d’armement d’Allemagne, le groupe Rheinmetall ? Bien sûr, ce serait une grande victoire de réussir à détruire les grandes entreprises d’armement dont l’activité principale tourne autour des armes et du matériel de guerre, mais si l’on est réaliste un instant, les installations d’entreprises telles que Rheinmetall, Krauss-Maffai Wegmann, Heckler & Koch, DIEHL Defence, Airbus, etc., blindées de barbelés, surveillées par des caméras et contrôlées par des patrouilles de sécurité, n’offrent qu’un champ d’action marginal pour des sabotages et des attaques (précises). Certes, ce sont les producteurs de chars, d’avions de combat, de mitrailleuses, de missiles et de bombes qui nous font particulièrement horreur, qui produisent le plus visiblement le matériel utilisé pour les meurtres, les génocides et les massacres perpétrés ailleurs dans le monde. Ce sont toujours ces producteurs qui suscitent les contestations sociales, mais uniquement parce que l’industrie de l’armement a à moitié réussi à cacher le reste de sa structure, de sa logistique et de ses profiteurs. En tant qu’antimilitaristes et anarchistes, nous ne devons pas tomber dans ce piège.

Une analyse minutieuse de l’industrie de l’armement, révélant ses réseaux, ses enchevêtrements, ses fournisseurs, sa logistique, ses chercheurs et ses lobbyistes, sans oublier ses financeurs, peut d’une part montrer à quel point la technologie et la production sont étroitement liées à la guerre, et contrer le mythe selon lequel toute entreprise (d’armement) peut simplement être “désarmée” et produire des biens civils pour la prospérité générale. D’autre part, une telle analyse peut également mettre en évidence les points faibles où le sabotage et les attaques sont possibles à un niveau beaucoup plus modeste, où il n’est pas nécessaire d’escalader les clôtures de barbelés, de tromper les caméras et, enfin, de déjouer le personnel de sécurité avant même de se trouver dans les vastes locaux de l’un des sites de production du meurtre organisé. Et pourtant, les attaques sur ces points faibles peuvent avoir exactement le même impact, à savoir l’immobilisation d’installations de production et/ou la destruction de matériel de guerre manufacturé avant même qu’il n’atteigne l’un des champs de bataille de ce monde.

Lorsque, par exemple, les chaînes de production de MAN, ainsi que d’autres constructeurs automobiles, s’arrêtent à cause d’une pénurie de semi-conducteurs, cela nous montre à quel point la production d’équipements de haute technologie est fragile, à quel point elle dépend non seulement de certaines matières premières, mais aussi d’une chaîne d’approvisionnement fonctionnant de manière plus ou moins continue et de la logistique qui transporte ces composants jusqu’aux sites de production du produit fini. Les camions, les chars, les navires de guerre, les avions de combat, et même des systèmes beaucoup moins complexes tels que les explosifs, les fusils et les armes à feu et leurs munitions, ont tous besoin de ces chaînes d’approvisionnement fonctionnant sans interruption qui, de plus, sont souvent non seulement situées dans tout le pays, mais dépendent également de l’approvisionnement international en matières premières et en composants. Et surtout dans l’industrie de la défense, notamment dans le domaine des systèmes complexes tels que les véhicules, où l’on ne fabrique pas des milliers et des milliers de produits finis, mais plutôt quelques dizaines ou centaines, il peut arriver que les défaillances des fournisseurs qui livrent un composant fabriqué spécifiquement et nécessitant un grand savoir-faire, ou simplement des machines spéciales ou spécialement adaptées, provoquent l’effondrement de l’ensemble de la production du produit fini sur une longue période.

Entre autres objectifs, l’identification concrète de tels points faibles dans la production d’armes et d’équipements de guerre est un avantage majeur pour une analyse minutieuse de l’industrie de l’armement. Même si nous essayons dans ce projet de rendre visible l’ensemble du réseau de l’industrie de l’armement en Allemagne, afin que chacun puisse trouver davantage de points faibles pour le sabotage et les attaques, l’article suivant se concentrera sur le premier point.

Comment dévoiler le réseau (local/régional) de l’industrie de l’armement ?

1. Quelques points de départ possibles

Il est évident de commencer les recherches par les forces locales, qu’elles soient militaires ou policières. Après tout, elles utilisent exactement les mêmes équipements et armes que l’industrie de la défense produit pour l’échelle nationale. Quels sont donc les véhicules que conduisent ces troupes ? Quelle est la marque de leurs radios ? Quels fabricants produisent leurs armes ? Ces questions banales (sur lesquelles, en cas de doute, même l’un des mercenaires fournira des informations) conduiront aux premières entreprises faisant partie de l’industrie de l’armement.

Une autre possibilité est de commencer par les entreprises d’armement déjà identifiées, c’est-à-dire généralement celles dont l’activité est exclusivement la production d’armes et/ou de matériel de guerre. À cette fin, il est possible d’effectuer des recherches dans les journaux, ainsi que sur Internet, et même des recherches aussi triviales que “entreprises d’armement Allemagne” permettront d’obtenir une longue liste de ces entreprises.

C’est l’une des sources les plus fructueuses pour obtenir une vue d’ensemble des acteurs les plus importants de l’industrie de l’armement. Même si de nombreuses entreprises n’annoncent pas ouvertement qu’elles réalisent une partie de leurs bénéfices en massacrant des gens ailleurs, elles souhaitent que la sphère politique, tant nationale qu’internationale, représente leurs intérêts et veille à ce que ces massacres aient lieu régulièrement et qu’elles soient autorisées à fournir aux bouchers de ce monde l’équipement nécessaire. À cette fin, elles se regroupent dans des organisations de lobbying dont les listes de membres révèlent par conséquent qui a un intérêt à voir l’industrie de l’armement prospérer. Bien sûr, ces organisations de lobbying ne s’appellent pas “amis du carnage en cours”, mais se donnent plutôt des noms comme “Association fédérale de l’industrie allemande de la sécurité et de la défense” (BDSV) ou “Association des industries aérospatiales et de défense de l’Europe” (ASD), de toute façon, “défense” et “sécurité” sont des termes fréquemment utilisés pour masquer le carnage. Parfois, cependant, ces organisations de lobbying s’appellent plus ouvertement “Société allemande de l’armée” ou “Société allemande des technologies de défense” (DWT).

Les conférences et les salons professionnels où se réunissent les différents amis du carnage issus de la politique, de l’économie et de l’armée constituent également de bons points de départ. La “Conférence de Munich sur la sécurité”, d’importance internationale, en est un exemple, mais les salons de l’armement et autres événements de ce genre révèlent également les entreprises de l’industrie de l’armement par le biais de leurs participants.

2. Approfondir le sujet

2.1 Recherches sur Internet

Maintenant que pratiquement toutes les entreprises se présentent à leurs clients et au public sur Internet, il est parfois beaucoup plus facile de rechercher leurs chaînes d’approvisionnement. Même si les entreprises – et certainement les entreprises de défense – ne publient généralement pas de listes de leurs fournisseurs, les petites entreprises en particulier – mais pas exclusivement – se vantent souvent des entreprises qu’elles fournissent. Sous les rubriques “Références”, “Études de cas”, “Clients” ou “Projets”, de nombreuses entreprises énumèrent sur leur site web les entreprises qu’elles fournissent. Parfois, notamment dans le cas des “études de cas”, elles donnent même des informations détaillées sur le produit qu’elles fournissent à une entreprise et sur l’usage qui en est fait. Vous êtes alors confronté·e au problème suivant : vous connaissez les entreprises et les forces armées dont les fournisseurs vous intéressent particulièrement, mais comme vous ne connaissez pas ces fournisseurs, vous ne pouvez pas vérifier sur leur site web s’ils fournissent ces entreprises/armées (et le mentionnent). Mais c’est un problème qu’un moteur de recherche peut résoudre. Par exemple, il suffit de chercher quelque chose comme “références Rheinmetall” pour obtenir une liste complète d’entreprises qui déclarent fournir Rheinmetall. Bien entendu, cela fonctionne également pour la “Bundeswehr”, l’”Office fédéral de police criminelle”, la “Police fédérale”, l’”Office fédéral de l’équipement et de l’utilisation des technologies de l’information de la Bundeswehr” et toute autre entreprise de défense. Trivial, n’est-ce pas ?

Mais cela devient encore plus trivial : après tout, l’ensemble du complexe militaro-industriel se compose également, dans une certaine mesure, de quelques passionnés d’armes, d’avions et de chars, qui souhaitent bien sûr être divertis et informés, qu’il s’agisse de la vitesse de vol de tel avion, de la distance de tir d’un char ou même du lieu de fabrication de ces jouets dangereux. Et ces informations peuvent être trouvées dans toutes sortes de revues spécialisées et/ou sur les sites web correspondants, tels que FlugRevue (flugrevue.de/militaer). Et puis il y a aussi les livres numériques de l’industrie, que les entreprises d’armement utilisent pour essayer d’obtenir des commandes ou quelque chose de ce genre et qui tentent parfois quelque chose de similaire à notre projet, mais avec la motivation opposée (army-technology.com/company-a-z, naval-technology.com/company-a-z, armscom.net/companies, armscom.net/world-defense-industry-map). Il ne nous reste donc plus qu’à utiliser ces informations, n’est-ce pas ?

2.2 Observations géographiques

Une fois que vous avez identifié quelques-unes des principales installations de production, les bases militaires situées dans votre région et les installations de recherche qui traitent spécifiquement des armes et des questions connexes (aviation, marine, aérospatial, ainsi que la plupart des technologies de communication, etc.) et qui coopèrent avec les entreprises concernées, il vaut souvent la peine de se rendre sur place et d’y regarder de plus près :

Tout cela peut être déterminé par une visite sur place. Les noms des entreprises qui sont implantées ou même les noms des entreprises figurant sur les véhicules des entreprises extérieures sur les parkings peuvent être notés de cette manière et faire l’objet de recherches ultérieures afin de déterminer quel genre d’entreprise est impliqué et si un lien avec l’entreprise de défense en question est plausible. Si rien de clair n’est déterminé, mais qu’un lien est considéré comme plausible et surtout pertinent, ça peut valoir le coup d’effectuer des recherches plus détaillées (comme suggéré/décrit à l’étape 3).

3. Le diable est dans les détails

Grâce aux méthodes décrites aux étapes 1 et 2, il est déjà possible d’identifier un grand nombre d’entreprises qui admettent plus ou moins ouvertement qu’elles ont quelque chose à voir avec l’industrie de la défense. Mais qu’en est-il des entreprises qui tentent de cacher à tout prix ces liens, par exemple parce qu’elles craignent d’être victimes d’attaques et de sabotages, ou parce qu’elles craignent de faire la une des journaux ? Ces entreprises ne présentent-elles pas également un grand intérêt pour l’identification des vulnérabilités dans les chaînes de production et d’approvisionnement de l’industrie de la défense et de sa logistique ?

Donc, approfondissons encore un peu la question.

3.1 Révéler la bureaucratie

De nombreuses entreprises préfèrent ne pas révéler sur leurs sites web qu’elles fournissent des armées et/ou des fabricants d’armes et d’équipements de guerre, et idéalement ne jamais le déclarer publiquement. Elles n’adhèrent pas non plus aux organisations de lobbying de l’industrie de l’armement et ne sont pas représentées aux salons de l’armement et autres événements similaires. Il s’agit souvent de sociétés qui fournissent des pièces individuelles pour les chars d’assaut, par exemple, mais dont l’activité consiste principalement à fournir les mêmes pièces ou des pièces similaires à l’industrie automobile ou aux fabricants d’équipements de construction lourds, par exemple. Il peut aussi s’agir de mégacorporations des industries de la technologie et de la chimie, dont les solutions et les produits sont pour ainsi dire devenus des normes industrielles dans certains domaines, et qui fournissent naturellement aussi les fabricants de chars, d’avions de chasse, de navires de guerre, de missiles, de satellites et d’armes, tout comme elles prennent souvent des commandes de la police, de l’armée et des services de renseignement. Mais pourquoi devraient-elles le faire savoir publiquement ? Elles n’ont pas besoin de ce genre de publicité car elles ont de toute façon des contacts directs et/ou leurs clients les contactent d’eux-mêmes.

Toutefois, ce qui n’est pas publiquement mentionné comme un service ou un produit de ces entreprises laisse néanmoins souvent certaines traces bureaucratiques. Après tout, l’industrie de la défense est une industrie qui repose largement sur le secret, qu’il soit imposé par les clients militaires ou par intérêt personnel. Et les fournisseurs qui ont accès à certaines informations sont souvent tenus d’appliquer les normes de secret appropriées. En outre, dans presque tous les pays, l’exportation et le transport d’armements sont soumis à des réglementations gouvernementales détaillées. Et pour s’assurer que tout cela est respecté tout au long de la chaîne de production, les fournisseurs affichent souvent les certifications et compétences appropriées sur leurs sites web, tout comme les producteurs affichent souvent des formulaires dans lesquels ces certifications sont demandées à leurs fournisseurs. Et cela, bien sûr, est révélateur :

3.2 Se salir les mains

Les méthodes décrites jusqu’à présent fonctionnent très bien pour trouver un certain éventail d’informations sur l’industrie de la défense et ses fournisseurs, etc., et l’on est souvent surpris·e par les informations que l’on peut obtenir de cette manière. Néanmoins, elles atteignent leurs limites, par exemple, si l’on s’intéresse très spécifiquement à une certaine entreprise, ou même à certains détails. En fin de compte, dans ces cas, on pourra rarement éviter de sortir de derrière l’écran et de faire quelques visites. Si nous tentons d’exposer quelques méthodes simples de recherche sur le terrain dans la section suivante, ce n’est pas sans vous avertir de toujours veiller à votre anonymat. Bien qu’une grande partie de ce qui est décrit ici peut être parfaitement légal, ou du moins ne pas impliquer de crimes graves, si le but de cette recherche est d’identifier les points faibles pour une attaque ultérieure, il y a toujours un risque qu’il soit possible plus tard de retracer l’origine des informations nécessaires à une telle attaque. Et il n’est pas rare que les données de vidéosurveillance des dernières semaines et des derniers mois soient analysées dans ce but, afin d’identifier les personnes suspectes qui se sont approchées d’un site, etc.

3.2.1 Les visiteurs

Si vous voulez savoir qui sont les fournisseurs et les clients d’une entreprise, quels prestataires de services sont actifs au sein de l’entreprise, etc., il est évident d’examiner de plus près les visiteurs de cette entreprise :

3.2.2 Les employés

Si vous voulez en savoir plus sur les mécanismes internes d’une entreprise, il peut être judicieux de parler aux employés de celle-ci. Cependant, selon la banalité de l’information (parfois un “Dites, je me suis toujours demandé, quel est cet endroit d’où vous sortez ?” suffit), il est souvent nécessaire d’établir une relation avec les employés qui va au-delà d’une simple conversation. Il en va de même lorsqu’on s’adresse aux visiteurs : il peut être extrêmement indésirable qu’un membre du personnel puisse se souvenir de vous plus tard. Voici néanmoins quelques possibilités :

3.2.3 Infiltration

Une façon potentiellement intéressante d’en savoir plus sur une entreprise est d’y être employé·e dans ses locaux. Le principal inconvénient est que, si vous n’avez pas d’autre identité, vous serez connu·e par votre nom et, grâce au fisc et autres organismes similaires, l’État sera également en possession de l’information selon laquelle vous avez travaillé pour l’entreprise. Il est donc judicieux de ne pas être employé·e directement par l’entreprise en question. Même si l’entreprise disposerait généralement de vos données personnelles même si vous y travaillez en tant qu’agent·e d’entretien, le lien est moins direct et s’interrompt à un moment donné, tandis que les dossiers du fisc sont conservés pour l’éternité. Le coût relatif de cette méthode, ainsi que ses risques, suggèrent que son utilisation doit être bien réfléchie et planifiée, et que d’autres méthodes doivent être préférées si possible. Il convient également de préciser que cette méthode n’a de sens que lorsque des informations d’une importance considérable sont attendues de manière très concrète, et qu’à notre avis, elle ne devrait pas du tout être utilisée pour découvrir quelques fournisseurs supplémentaires, etc., dont la pertinence ne peut être évaluée plus en détail.

Une alternative intéressante à l’infiltration d’une entreprise peut également être une effraction ciblée dans laquelle des documents et/ou des supports de stockage sont volés ou des systèmes informatiques sont infiltrés. Toutefois, ces deux possibilités ne sont mentionnées ici qu’à titre d’hypothèse et ne sont pas abordées en détail.

3.2.4 La logistique

Enfin, il convient d’aborder ici certaines questions relatives à la logistique. Le simple fait de connaître les entreprises de logistique qui expédient du matériel de guerre et leurs centres logistiques n’est pas forcément suffisant. Il est essentiel de savoir quand et les cargaisons d’armes quittent les usines des entreprises de défense pour pouvoir les arrêter. Pour ce faire, il est judicieux de connaître les moindres détails de la logistique entourant les entreprises de défense. Par exemple, quel itinéraire empruntent les camions et/ou les trains qui quittent le site de l’usine ? Où les chauffeurs font-ils des arrêts ? Où les conteneurs sont-ils chargés sur les navires/avions/camions ? Les livraisons empruntent-elles la voie directe entre les locaux de l’entreprise et les clients ou les produits sont-ils stockés temporairement dans des centres logistiques ? Les produits et les matières premières nécessaires à la production sont-ils livrés directement par le fournisseur ou par un distributeur ? Les prestataires de services logistiques se chargent-ils de les garder en stock dans des centres logistiques et de les livrer selon les besoins, ou cet entreposage se fait-il sur le site de production ? Plus ces détails et d’autres sont clarifiés, plus les possibilités d’intervention sont nombreuses. Il peut être judicieux d’observer les camions et les camionnettes (dans le secteur de la défense, il s’agit souvent de plus petites quantités, pour lesquelles de petites camionnettes suffisent) qui sortent des usines des entreprises de défense, ou de suivre leur itinéraire. En outre, les régularités dans la livraison et le retrait des marchandises sont intéressantes, tout comme les corrélations entre les périodes de livraisons plus intensives et les grosses commandes, etc.


Cet article est une introduction qui, bien entendu, ne peut être que relativement sélective dans la présentation de certaines méthodes de recherche d’informations sur l’industrie de la défense. Il est destiné à servir d’inspiration à toutes les parties intéressées pour qu’elles développent leurs propres méthodes afin de sortir l’industrie de l’armement de derrière le voile dont elle s’entoure et d’exposer ses vulnérabilités.

Afin que les nuages de fumée de la destruction ne s’élèvent bientôt plus au-dessus des champs de bataille de ce monde, mais au-dessus des sites de production de cette industrie de la mort !




Source: Manif-est.info

Cet article a 3 ans. Le contenu et les informations peuvent être obsolètes. Dans le cadre de notre mission d'archivage, nous ne supprimons jamais les anciens articles pour documenter l'histoire du mouvement anarchiste au fil du temps.

Charleville-Mézières (Ardennes) : attaque incendiaire de la permanence des fachos [MaJ]

Publié le 2022-06-29 16:00:10

Charleville-Mézières : la permanence du parti Reconquête
incendiée

L’Ardennais, 28 juin 2022 (extrait)

Ce lundi soir, un homme a été interpellé et placé en garde à vue. Il est soupçonné d’avoir vandalisé et incendié le local du parti d’Éric Zemmour à Charleville-Mézières.

Ce lundi, il est 21 heures lorsque les riverains de l’avenue Charles-de-Gaulle à Charleville-Mézières donnent l’alerte. La permanence électorale du parti Reconquête est la proie d’un début d’incendie. « On a entendu un grand bruit de verre brisé », raconte l’un d’eux.

La vitrine du local, loué à l’occasion des élections législatives par le candidat Sébastien Laurent, vient de voler en éclats et de la fumée commence à s’échapper de l’intérieur. L’incendie a dû être maîtrisé par les pompiers au moyen d’une lance. Quant à l’incendiaire présumé, âgé de 25 ans, a été immédiatement interpellé par la police. Blessé au mollet et à la main, il a été transporté à l’hôpital avant d’être placé en garde à vue.



Charleville-Mézières: l’incendiaire de la permanence du parti Reconquête! condamné à six mois de prison avec sursis
L’Ardennais, 29 juin 2022

Un homme de 26 ans a été condamné ce mercredi après-midi à six mois de prison avec suris. Sous curatelle renforcée, le Carolomacérien a été déféré au parquet à l’issue de sa garde à vue, en fin de matinée. Lundi soir vers 21 heures, l’homme avait été interpellé en flagrant délit, après avoir incendié la permanence du candidat du parti Reconquête ! aux législatives, à Charleville-Mézières.

Le procureur de la République a opté pour la procédure rapide de CRPC (plaider-coupable) en proposant une peine de six mois de prison avec sursis, assortie d’une injonction de soins. L’homme avait agi en récidive. Assisté de Me Solvel, son avocate, comme le code de procédure pénale le prévoit, le mis en cause a accepté sa peine. Celle-ci a fait l’objet d’une homologation, en audience publique, par le tribunal de Charleville-Mézières. L’incendiaire devra en outre effectuer un Travail d’intérêt général de 70 heures. Il a l’interdiction de se présenter au local de la permanence de Reconquête ! Et bien sûr, il devra rembourser les dégâts occasionnés par l’incendie.

Du côté des victimes, Romain Petitfils responsable fédéral du parti Reconquête ! dans les Ardennes, présent ce mercredi après-midi au tribunal, expliquait ne pas avoir encore chiffré le préjudice subi. « Le plus cher sera le remplacement de la vitre, mais il y a également des dégâts sur les murs et du mobilier à changer ». Des dommages et intérêts vont également être réclamés « pour atteinte à l’image d’Éric Zemmour et à son idéologie »

Kirzhach (Russie) : sabotage anarchiste d’une ligne de train militaire

Publié le 2022-06-30 09:00:05

traduit du russe du site anarchiste a2day, 28 juin 2022

La cellule Vladimir de l’Organisation combattante anarcho-communiste (БОАК-Владимир*) assume la responsabilité du sabotage de la ligne ferroviaire menant à l’unité militaire 55443 à Barsovo (51e arsenal de la Direction principale des missiles et de l’artillerie du ministère russe de la Défense), près de Kirzhach, dans l’oblast de Vladimir.

Contrairement à l’attaque précédente, où nous avons pris la responsabilité du sabotage sans en attendre le résultat (nous avions décidé de publier l’information pour montrer à tous à quel point il était possible d’attaquer), pour les actions suivantes, nous avons choisi la stratégie d’attendre le résultat, en ne publiant pas de compte-rendu jusqu’à ce que le succès soit au rendez-vous ou que l’on sache que le sabotage a été détecté.

Malheureusement, dans ce cas, nous avons reçu des informations fiables (une vidéo, apparemment un conducteur de train, qui voyageait sur cette ligne) selon lesquelles le sabotage a été découvert dans la soirée du 25 juin.

Néanmoins, même ainsi, le sabotage a causé des dommages à l’ennemi, retardant la circulation des trains transportant du matériel militaire et entraînant des pertes économiques dues à la nécessité de reconstruire les voies ferrées.

Ce qui a été fait :
– Dévisser les 34 écrous (17 de chaque côté) qui maintiennent le rail.
– 4 écrous de fixation d’éclisses dévissés
– Le rail au niveau de l’éclisse a été soulevé, placé sur la plaque (pour le maintenir en place) et mis de côté.
– Les rails ont été court-circuités avec un fil, au cas où un signal serait transmis le long du rail à travers le courant, pour détecter une disjonction des rails (grâce aux conseils des abonnés).

Nous invitons tout le monde à rejoindre la guerre du rail !
Chaque train arrêté, ce sont des obus et des missiles en moins qui auraient pu atterrir dans les paisibles villes ukrainiennes.

NdT : БОАК est le sigle de « Боевая Организация Анархо-Коммунистов » (Organisation combattante anarcho-communiste)

Rassemblements contre le massacre raciste de Melilla

Publié le 2022-07-01 19:00:07

Contre le massacre à Melilla , contre la politique meurtrière de l’Union Européenne, contre la négrophobie mondiale. Les mots de certaines personnes qui ont réussi à passer la frontière ont été « Où est passé le Black Lives Matter ? Pour nous il n’y a pas de Black Lives Matter ».

Rassemblements unitaires vendredi 1er juillet, à 11h devant l’ambassade de l’Espagne et à 15h devant l’ambassade du Maroc.



On massacre des personnes noires en Espagne, à Melilla, aux portes frontalières de l’Europe.
Ce week-end des centaines de personnes migrantes, en majorité des personnes noires, on tenté de traverser la frontière espagnole. La répression policière espagnole et marocaine a été ultra violente et a entraîné la mort de 45 personnes et a fait des centaines de blessés.

Ce qui aurait été un scandale international s’il s’était agit de corps blancs, européens, fait l’objet d’une couverture médiatique raciste par les médias européens & sert d’aliment a une politique anti-migratoire. Les militants emboîtent d’ailleurs le pas en opposant une résistance formidable à parler de racisme systémique, à prononcer le race, le mot Noir, et en prétendant que la racialisation est un élément secondaire qui ne mérite pas d’être mentionné. Ils ne comprendront jamais le traumatisme que cela représente pour nous de voir des corps non-blancs, des corps comme les nôtres mis à mort de manière répétée, dans les livres d’histoire, dans l’actualité.
http://www.regards.fr/actu/societe/article/pourquoi-le-racisme-anti-blancs-n-existe-pas

Manifestation contre le racisme, à Rabat, au Maroc, le 28 juin 2022 / AFP⁠ « Nous exigeons que l’identité des morts soit révélée »⁠

Les images et les vidéos qui ont circulé sont insoutenables. Sur les vidéos on peut voir à un endroit des clôtures s’effondrer et les keufs courir dessus en envoyant tout le gaz qu’ils peuvent sur des personnes tombées au sol. Les flics empilent des corps inanimés comme du bétail.

Par respect pour la vie privée des victimes, leurs familles ainsi que les personnes noires traumatisées de voir la mise en scène des morts noires, nous ne repartagerons pas ces images.

On y voit des centaines de nos frères noirs se faire violenter et tuer en toute légalité, sous prétexte de défendre l’Europe. On assassine des personnes noires du Sud en toute impunité sur le territoire espagnol. Au final, ce sont des dizaines de vies perdues, et des centaines d’individus sujets à l’hyper violence et à la déshumanisation.

En parallèle, le président espagnol Pablo Sanchez, élu du Parti Socialiste, applaudit les forces de police tandis que l’Europe soutient l’Espagne et approuve cet assassinat de masse.

Les mots de certaines personnes qui ont réussi à passer la frontière ont été « Ou est passé le Black Lives Matter ? Pour nous il n’y a pas de Black Lives Matter ».

On parle de dizaines de morts, des centaines de blessés et torturés. L’État Marocain porte plainte contre plusieurs de ces personnes pour la supposée violence de leur attaque, et crimes en bande organisée, avec comme argument que ces inculpés seraient les responsables de mafias. Ces personnes ne font pas partie de mafias. Elles n’étaient pas non plus armées. Et même si c’était le cas, leurs « armes » auraient été bien dérisoires face aux forces de police et de Frontex armées jusqu’aux dents.

Les médias de droite relaient largement le chiffre de 140 policiers blessés, sur autodéclaration de policiers. La couverture médiatique française utilise une rhétorique raciste et négrophobe basée sur « l’invasion » et fait des victimes les initiateurs supposés de cette violence, fait des policiers tueurs des victimes, et accuse les personnes migrantes d’être responsables voire d’avoir causé leur propre mort.

En Europe aussi on a le permis de tuer des personnes noires en toute impunité, depuis un racisme structurel organisé depuis les États Européens et mandaté aux États Espagnol et Marocain. On tue des personnes migrantes noires.

L’Espagne compte demander à l’OTAN lors du sommet mondial à Madrid qui se déroule en ce moment (28-30 juin) d’intervenir pour garder ses frontières. Ne doutons plus de l’envoi de forces militarisées pour défendre les terres du Blanc de l’invasion du Sud. Ils nous tuent et continueront de nous tuer aux frontières. Le nombre de morts reportés par les médias de droite et venant des chiffres officiels est sous-reporté car la police marocaine s’est empressée d’enterrer les victimes pour éviter toute investigation.

Manifestation à Calais, Novembre 2021 AFP⁠ « Frontières Meurtrières »

Quand au président espagnol, élu du parti socialiste, ce dernier félicite les forces de l’ordre pour leur action meurtrière tandis que l’Union Européenne a félicité le président espagnol pour cette tuerie et cette violence de masse.

Les États responsables ainsi que l’Union Européenne nient leur propre responsabilité en rejetant la faute sur les « trafic humain » et les « passeurs » plutôt que sur la fermeture de leur frontières aux flux humains alors que les siphonnages de ressource naturelles et la politique néocoloniale de mise sous dette et d’appauvrissement de l’Afrique au bénéfice des puissances néocoloniales continuent bon train.

Rassemblements unitaire ce vendredi 1er juillet

Contact : dynamiqueup@gmail.com

Texte de A et S.
http://migreurop.org/article3110.html?lang_article=fr

Chantier collectif @LaChapelle !

Publié le 2022-07-01 19:00:10

Cacher ce vitrail... chantier collectif à la Chapelle pour réaliser la sécurité incendie du lieu qui nécessite de murer les vitraux par l’extérieur ... ils resteront visibles depuis l’intérieur !



Cacher ce vitrail... samedi 2 juillet (10h) !

Le chantier consiste à isoler 8 vitraux par un mur en béton cellulaire depuis l’intérieur de la Chapelle, en utilisant notre échafaudage (travail en hauteur ...) !

Ce chantier a démarré le samedi 18 juin et s’est poursuivi le 25 juin.
Nous avons déjà finalisé un 1er vitrail : il reste seulement à l’isoler de l’extérieur par un enduit ou autre solution.
Le 2ème vitrail est réalisé à moitié (le mur sèche !).
Le 3ème est "préparé" : les blocs de béton cellulaire sont découpés et peints.

Venez aider l’équipe à avancer !

JPEG - 25.9 ko

Aucune compétence spécifique n’est donc nécessaire.

Par contre, si vous avec le vertige et ne pouvez pas travailler en hauteur, il y aura aussi d’autres activités à réaliser au sol pour préparer les futurs chantiers ou poursuivre certains déjà en cours (nombreuses finitions sur les cloisons coupe-feu, enduits, ponçage, peinture ...).

Si vous pouvez venir nous aider, voici un lien pour vous inscrire :
https://framadate.org/g1LPyX3BuyfRzWYG

A bientôt !
LA CHAPELLE

Mais pourquoi tu cours ?

Publié le 2022-07-01 19:00:14
Juil 012022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le premier mai anticapitaliste 2022 a montré de façon criante les limites de nos manifestations offensives. C’est une bonne chose que des camarades aient pu frapper certaines cibles symboliques mais c’est un vrai problème que ces attaques sifflent la fin de la manifestation au lieu d’en relancer l’élan. Il faut donc se poser la question de nos moyens, de nos choix tactiques et de nos capacités collectives.

Soulignons d’abord que ce n’est pas la casse qui provoque la dissolution de la manifestation. Certaines personnes quitteront toujours un évènement devenant plus offensif mais ce n’est pas tellement le cas ici ou très marginalement. On peut considérer que l’essentiel des camarades présents savent ou iels mettent les pieds et donc à quoi s’attendre. De même, la présence policière massive, collant parfois de très près le cortège, n’empêche pas la tenue de l’évènement (cf. la dernière manif du COBP). Le moment fatidique arrive avec l’usage des lacrymos.

Pour une raison difficile à comprendre, la fumée qui pique semble instiller une terreur sans nom au milieu montréalais. Le gaz est certes très incommodant et peut devenir un vrai problème pour certaines personnes qui y sont plus sensibles mais ce n’est vraisemblablement pas le cas de tout le monde et leur utilisation dans d’autres pays ne provoque les mêmes réactions. Le gaz y est d’ailleurs souvent plus concentré et utilisé plus généreusement. Le problème vient donc vraisemblablement d’un manque d’entraînement et de solidarité collective. Je pense qu’on peut identifier plusieurs facteurs imbriqués ; la peur du gaz et de ses effets, la peur de l’arrestation, la panique collective/mouvement de foule et la culture locale.

Je cours parce que tu cours…

La peur du gaz et de ses effets semble de prime abord tout à fait rationnelle. Il est normal de chercher à s’extraire d’une situation douloureuse ou inconfortable. Cependant cette peur de la douleur ou de l’inconfort est largement disproportionnée. Le problème de ce phénomène c’est qu’il agit comme une prophétie auto-réalisatrice. Chacun.e. sait que les effets des gaz ont tendance à s’aggraver avec la peur ou le stress, notamment pour les personnes qui n’y sont pas habituées. Le fait de chercher à s’extraire à tout prix du gaz renforce paradoxalement ses effets en contribuant à des phénomènes de panique collectives. Par ailleurs en cherchant à sortir par tous les moyens de la zone on en vient à faire de mauvais choix tactiques individuellement ou collectivement. Certain.e.s choisissent de quitter la manifestation en petits groupes, en s’illusionnant sur le fait qu’iels pourront la retrouver un peu plus loin. Dans les faits le comportement se propage et les appels lancés aux hasard à se rassembler ailleurs ne servent qu’à camoufler la débandade. Il me semble nécessaire de changer radicalement cet état de fait.

Tout d’abord c’est une bonne chose d’attirer l’attention de la manifestation sur ce que font les policiers, mais crier qu’« ils gazent » semble avoir l’effet inverse de ce qui est souhaité. Avant même de voir les palets rebondir sur le sol un vent de panique parcours le groupe et les moins aguerris commencent déjà à courir. Il faudrait trouver une solution pour ne pas renforcer indirectement l’efficacité des attaques policières. Peut-être serait-il bon de ponctuer ces appels d’encouragement à ne pas paniquer, à rester grouper et à ne pas courir.

Lorsque les capsules sont au sol, plutôt que de chercher à s’en éloigner, il devrait être une pratique commune de les éloigner de la manifestation, voir de les retourner à l’envoyeur (les flics à vélo n’avaient pas de masques au 1er mai et semblent avoir été pas mal incommodés par les gaz). Actuellement si certaines personnes ont bien tenté de les éloigner, la plupart des tentatives observées revenaient souvent à éloigner les capsules à coups de pieds vers d’autres endroits de la manifestation, même si ce n’était pas l’objectif. L’intention de ces camarades est bonne mais leur initiative est rendue très compliquée par le fait que la manifestation commence déjà à se disloquer, que l’endroit à protéger devient flou et qu’iels risquent de se retrouver isolé.e.s.

Une fois que le gaz commence à se répandre, invitons les plus paniqués d’entre nous à prendre une seconde pour analyser la situation. Est-ce que le gaz est vraiment si incommodant que ça ? Est-ce que les policiers se rapprochent vraiment trop près ? Ont-ils l’air de cibler des personnes ou de se préparer à faire des arrestations ? Ont-ils l’air de chercher à mettre en place une nasse ? Si aucune de ces conditions n’est remplie, se mettre à courir ne peut qu’aggraver la situation. Alors on s’accroche à son binôme, on reste groupé, on suit la bannière de tête et on essaye de rester calme pour ne pas aggraver les effets du gaz. La fuite par petits groupes est une solution individualiste à un problème de sécurité collective.

Il est bien sûr parfois nécessaire de courir, mais là encore, pas besoin de se lancer dans un sprint paniqué si les flics ne nous collent pas aux basques. Dans la plupart des cas, il suffit de trottiner quelques dizaines de mètres pour sortir d’un nuage trop dense ou pour se mettre hors de portée de l’anti-émeute. Ne pas courir trop vite contribue aussi à conserver la cohérence de la manifestation, à ne pas isoler les camarades moins rapides et à éviter le ciblage des gens isolés.

Mais… moi je cours parce que TU cours…

Les risques d’arrestation ont été évoqués plus haut mais il semble important d’y revenir plus précisément. Cette peur est bien plus légitime que la simple crainte du gaz. Se faire attraper peut avoir des conséquences graves pour la vie des camarades, spécialement si iels ont mené des actions offensives ou judiciairement condamnables. Ici encore il semble que la solution choisie par toutes et tous est de chercher à s’en sortir tout seul, ou avec son petit groupe.

Il faut rappeler que les flics cherchent actuellement à cibler certaines personnes mais plus rarement le groupe dans son ensemble. Or, en se mettant à courir de façon déraisonné on facilite leur travail; des personnes et des petits groupes se retrouvent isolés, se changent comme iels le peuvent, sans aucune protection, avec le risque omniprésent de se faire arrêter pour les moins rapide ou les moins discrets. Ceci offre des opportunités pour les policiers, que la personne ait fait quelque chose ou non. La plupart du temps les charges de l’anti-émeute ne servent justement qu’à nous faire courir ou reculer. Étant donné leur équipement il ne tenteront pas de nous suivre longtemps; leur tactique consiste essentiellement à nous faire peur en criant « Bouh! ».

La solution est cependant plus complexe pour résoudre cette question de la peur de la police et de l’absence de confiance entre camarades. Il s’agit d’apprendre à travailler ensemble pour développer cette solidarité qui manque cruellement. Il est aussi nécessaire de se former collectivement à agir en groupe pour qu’une masse critique de personnes se connaissant et ayant l’habitude, empêche nos manifestations de devenir une course au « chacun pour soi ».

On devrait arrêter de courir alors ?

Il faut donc ici parler de la question de la panique collective et des mouvements de foules. On a vu que ces manifestations étaient l’occasion de comportements irrationnels (peur du gaz, des arrestations etc.) qui provoquent par la suite une forme de panique collective. Selon moi il s’agit ici du danger principal dans nos manifestations, avant la police et ses armes. Nous ne devrions pas être surpris par la brutalité policière, par les arrestations et les procès. Tou.t.e.s les militant.e.s révolutionnaires connaissent ces risques ou les ont vécus. Néanmoins la plupart d’entre nous avons commencé à nous impliquer avec l’idée que la force collective était le moyen de faire changer les choses. Or ces moments de délitements individualistes viennent frapper de plein fouet le beau mythe de la solidarité dans nos mouvements; quand ça pète c’est chacun pour soi et on verra après. Pour de nouvelles personnes ce constat peut les dégoûter définitivement de s’organiser avec nous. Ce problème devrait en soi nous encourager à trouver des solutions mais il n’est malheureusement pas le seul.

Un mouvement de foule provoqué par la panique peut être particulièrement dangereux et difficile à arrêter. La taille de la manifestation fait que le danger reste limité dans notre cas et ne devrait pas provoquer de morts. Néanmoins il n’est pas difficile d’imaginer que de graves blessures soient occasionnés par ces mouvements de personnes cherchant à fuir les gaz et/ou la police; bousculade faisant chuter les gens, piétinement des personnes tombées au sol, sans compter les danger inhérents à la circulation.

Il est très difficile d’arrêter ces mouvements de panique une fois que le phénomène se répand dans le groupe. Chacun en a fait l’expérience, ça commence par quelques personnes qui courent ou crient et bientôt la panique se répand comme une vague à travers le groupe au point que même les personnes ayant la tête froide sont obligées de courir ou de se retrouver isolées (participant par là-même à la reproduction du phénomène). Il est essentiel de chercher à stopper cette panique dans l’œuf. Il faut rattraper ou rappeler au calme nos camarades qui paniquent et les faire revenir à la raison. Il faut s’abstenir de courir le plus longtemps possible et appeler régulièrement le monde à rester calme, groupé et solidaire.

…Moi j’ai pas confiance…

Il faut ici pointer le problème sous-jacent à tout ce qui a déjà été soulevé; le manque d’une culture de résistance collective qui encourage des comportements solidaires. Il est tout de même incroyable que, dans une ville qui compte autant de militant.e.s révolutionnaires, une meilleure coordination ne soit pas possible. Le manque de pratique y est sans doute pour quelque chose, les manifestations offensives ne sont pas si fréquente au cours de l’année, mais le problème demeure. Le travail mené par certains groupes pour organiser ces moments est démesuré par rapport à la durée et à l’impact de l’évènement. Il est de la responsabilités de tou.t.e.s de faire le meilleur usage de ces dates que nous imposons au calendrier de nos ennemis; 20 minutes de casse dans le centre-ville ne devraient suffire à nous satisfaire, pas plus que la facilité déconcertante pour la police de faire cesser le problème. Loin d’en sortir galvanisé je suis plutôt assailli par le sentiment d’une grande faiblesse collective. Les camarades excuseront cette conclusion qui tranche avec l’habitude d’auto-congratulation post-manif, mais ce texte ne cherche pas à jouer le rôle d’un communiqué de presse. Il y a des problèmes et il serait important de s’attaquer au problème collectivement.

Nous ne vous avons pas oublié RBC

Publié le 2022-07-01 19:00:16
Juil 012022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Nous ne sommes pas en vacances! Toujours prêts pour une petite visite chez RBC.

Marseille (Bouches-du-Rhône) : les calanques en mode QR-Code

Publié le 2022-07-02 08:00:06

C’est une première en France. Dans la calanque de Sugiton et des Pierres-tombées, menacée d’érosion en raison des 2.000 personnes qui fréquentent le site durant l’été, le parc national des Calanques a décidé de restreindre l’accès à ce site emblématique de Marseille . Désormais, la visite se fera uniquement sur réservation les 26 juin, 3 juillet et tous les jours du 10 juillet au 21 août. Trois jours avant leur venue, à 9 heures, et jusqu’à la veille 18 heures, les visiteurs devront réserver un pass sur une plateforme de réservation, mise en œuvre par la start-up marseillaise Troov, et ce, pas plus de huit fois durant la période de restrictions.

Après avoir rentré nom, prénom, mail et numéro de téléphone, ce pass, valable pour cinq personnes la journée entière, génère un QR code à présenter aux agents de sécurité présents sur la zone restreinte, ou aux forces de l’ordre qui feront des contrôles sur la plage. Seules 400 personnes pourront accéder à cette zone de 9,5 hectares qui comprend la plage et l’arrière-plage, les fraudeurs risquent 68 euros d’amende par personne.

Ce dispositif est mis en place jusqu’au 21 août et pourrait être élargi à d’autres calanques d’ici les prochaines années. Le parc insiste sur l’aspect expérimental de cette mesure, qui fera l’objet d’un suivi scientifique et d’une enquête sociologique auprès des visiteurs, avant un retour d’expérience prévue pour l’automne 2022.

[20Minutes, 17 mai 2022 & France bleu, 24 juin 2022 / extraits]




Ensuès : « Votre pass… Calanques s’il vous plaît ! »

La Provence, 29 avril 2022

Ce n’est un pass sanitaire mais bien un « pass calanques » qui vous sera demandé à partir de demain, samedi 30 avril, pour accéder à La Redonne et à la Madrague de Gignac
. En effet, comme l’an dernier déjà, les « calanquais » n’ont plus besoin du traditionnel badge coloré collé sur leur pare-brise. Il faut  s’inscrire sur le site de la Ville avec les justificatifs nécessaires pour enregistrer son véhicule. « À chaque demande d’accès, après validation du dossier, on envoie un QR code », annonce Robert Fhal, adjoint au maire, délégué à la Sécurité.
Cette année, le système de filtrage évolue donc et ce pass vient compléter le système de scan des plaques d’immatriculation par les agents aux barrières. « Avec ce QR code ce sera plus simple et le scanner permettra d’aller plus vite en cas de forte affluence aux barrières », indique l’élu. « L’an dernier, c’était la phase expérimentale. On en a tiré des leçons et on a tous les chiffres désormais pour améliorer le processus ». 45 000 véhicules avaient été scannés l’an dernier aux deux barrages d’accès.
Cette réglementation a été mise en place par mesure de sécurité. En effet, face à la surfréquentation des calanques en période estivale, la mise en place de barrières permet de lutter contre le stationnement anarchique et d’ainsi éviter le risque de blocage des véhicules de secours en cas d’intervention. Des agents de la Police municipale viennent d’ailleurs d’investir le nouveau petit poste de la Redonne.

L’accès aux calanques sera réglementé les week-ends et jours fériés du samedi 30 avril au dimanche 2 octobre de 10 h à 20 h
(et le vendredi 27 mai, vendredi 15 juillet).  « L’an dernier il y a eu une très forte fréquentation. Avec la crise sanitaire les gens n’ont pas trop pu partir à l’étranger, mais on espère cet été que la situation fera dégonfler le nombre de visiteurs », confie Robert Fhal avant d’ajouter qu’en cas de « fréquentation exponentielle, les horaires d’accès pourraient être modifiés ».

Reims (Marne) : le poteau de vidéosurveillance à la disqueuse

Publié le 2022-07-02 08:00:06

Reims. Un mât de vidéosurveillance encore scié
à la disqueuse dans le quartier Wilson

L’Union, 14 juin 2022 (extrait)

Ça devient une habitude dans le quartier Wilson à Reims. Lundi 13 juin au soir, vers 21 heures mais alors qu’il faisait encore bien jour, deux individus arrivés sur une motocross n’ont pas hésité à s’attaquer avec une disqueuse à un poteau supportant une caméra de la vidéosurveillance urbaine.

Les deux individus étaient encagoulés. Pendant que le pilote restait sur la moto, son complice a scié le mât, sans se soucier des passants et de la circulation. Il l’a tronçonné des deux côtés, tranquillement, pendant plus d’une minute (avec quelques arrêts pour relancer la machine), avant de rejoindre son acolyte alors que le mât était toujours debout. La moto est ensuite repartie vers la place Mozart, où elle a disparu plein gaz.

Pareil acte de vandalisme avait déjà été commis en mai 2021 au même endroit, boulevard Wilson face au centre commercial de la place Mozart, mais sur le trottoir opposé. L’an dernier, le poteau était directement tombé lors de l’attaque à la disqueuse, sans blesser personne. Cette fois-ci, ce sont les services municipaux, alertés, qui ont procédé à sa dépose en raison d’un risque de chute imminente.

Barcelone (Espagne) : attaque de banque contre le sommet de l’OTAN

Publié le 2022-07-03 08:00:05

Dégâts contre une banque, Non à l’OTAN
Traduit de l’espagnol de Indy Barcelona, 30 juin 2022

Le tag « Non à l’OTAN » est apparu sur l’agence bancaire Caixa de la Place Sant Josep Oriol à Barcelone, tandis que les vitres de son distributeur de billets ont été défoncées.

La manifestation contre le sommet de l’OTAN [qui se tenait dans la capitale espagnole les 28 et 29 juin, Ndt] a été violemment réprimée dans les rues de Madrid par un fort état policier qui a empêché les manifestant.e.s de se rassembler.

La ville avait été blindée pour recevoir les représentant-e-s de la guerre qui dicteront le devenir du monde pour les prochaines années, en tirant profit des morts et de la misère qu’ils créent.

Cette modeste action veut briser le silence de ce sommet criminel qui a voulu se faire passer pour une messe solennelle, tandis que leurs politiques assassinent des compagnon-ne-s aux frontières, dévastent des territoires entiers et nous conduisent à la misère.

Contre la domestication des luttes
Insurrection anarchiste

Perturbation contre Airbus à la Pride de Toulouse

Publié le 2022-07-03 17:00:07

Samedi 2 juillet, il y avait la Pride officielle de Toulouse. Avec son village d’assos, d’entreprises et d’institutions, sécurisé par de nombreux vigiles, place du capitole. On a voulu un peu perturber ce moment, notamment pour « Pride Airbus », dont les membres se baladaient fièrement avec leurs ballons en forme d’avion sur la tête.
On a fait un lancer de centaines de tract au milieu de la foule (c’était beau !) et après on a fait une visite au stand de Pride Airbus (entre Orange et la BNP). Leur avion gonflable a pris un coup de mou, les tables se sont retournées, et les responsables du stand étaient tout.e.s choqué.e.s.



Voici le tract :

Airbus vendeurs de mort labellisés LGBTQI-friendly !

Airbus est, cette année encore, le partenaire évident de la marche des fiertés toulousaine.
Son logo sur l’affiche, son stand au village, et… personne à qui ça semble poser de problèmes.
La propagande a bien fait son travail. Airbus serait "la fierté de Notre région". Le fleuron de l’industrie française qui emploie des milliers de personnes dans la métropole. Avec une politique d’entreprise pro-diversité en plus ! Logique qu’iels aient leur place à la Pride…

Euh... non ! Ou en tout cas pas pour nous !

Airbus c’est quoi ?

C’est une de ces nombreuses entreprises toulousaines qui mélangent civil et militaire, et font de cette industrie de la guerre un business bien juteux pour la région.
C’est un arsenal d’avions de combat, de missiles, d’hélicoptères, qui arment des Etats du monde entier et bombardent les populations pour les intérêts de puissants, même cachés sous des pretextes "humanitaires" ou "de paix".
Airbus, c’est des drônes aux frontières de l’Europe forteresse, pour empêcher les passages de celles et ceux qui n’ont pas les « bons papiers ».
C’est aussi des avions civils pour expulser celles et ceux qui arrivent jusqu’ici.
Airbus, c’est des satellites qui pourrissent ce qu’il nous reste encore de nuits étoilées. Pour nous localiser, surveiller, et nous permettre d’être connecté.e.s 24/24 par écrans interposés.
C’est le développement de l’intelligence artificielle et la capitalisation sur la collecte de données, comme ils disent fièrement aux actionnaires.
Airbus c’est le pillage de ressources aux quatre coins du monde pour satisfaire l’idéologie morbide du progrès et de la technologie.
C’est aussi des projets de « voitures volantes autonomes » pour les bourges.
Airbus, c’est des avions et des fusées, qui crament des millions de litres de kérosène, et qui défoncent chaque jour un peu plus la planète, pour que des privilégié.e.s puissent s’envoler en quête d’exploration et de nouveaux marchés. "Toujours plus vite, toujours plus loin !".

Airbus, c’est des dizaines de dirigeant.e.s, des centaines d’actionnaires, des milliers de salarié.e.s, et des milliards d’euros d’investissement, qui servent à rendre ce monde toujours un peu plus invivable.

Et sa manager, Marcella, récompensée par Macron en 2021 pour l’inclusivité des personnes LGBTQI dans l’entreprise, n’y changera rien. Pas plus que les « passages piétons arc-en-ciel » dans les locaux !
Cette proclamée « alliée », responsable à Airbus et présente au stand du village des fiertés assume que l’enjeu de l’inclusivité est avant tout un enjeu de thunes : « Quand ils se sentent libres d’être ce qu’ils sont, qu’ils ne gâchent pas leur énergie à essayer de cacher leur identité sexuelle, ils libèrent tout leur potentiel et sont plus performants. ».
Malika, fondatrice de Pride@Airbus est du même avis : « Les chiffres sont très simples  : un salarié LGBT met 30 % de son énergie à cacher qui il est, c’est 30 % d’énergie gaspillée. Un salarié épanoui est un salarié productif.  »
De notre côté, on souhaite surtout à ces salariéEs de s’épanouir ailleurs... ou dans le sabotage.

Stonewall, c’était des émeutes contre les flics et l’ordre dominant, pas un salon d’entreprises et d’institutions !!
D’Airbus jusqu’au F.L.A.G !, (Asso de keufs et matons LGBT), des "homo-nationalistes" jusqu’au maire de Toulouse JL Moudenc, (qui passe de la tête de la "Manif pour tous" à la Pride 2021), des capitalistes aux politiciens, on emmerde celles et ceux qui pourrissent nos vies et récupèrent nos luttes !

Nos désirs font désordre. Et on compte bien le faire savoir ! Clashons Airbus. Crashons le pinkwashing et ses allié.e.s !

Des fouteur.eu.ses de merde. (ou au moins qui essayent de l’être... ;)

Projection / discussion à propos des révoltes et zones autonomes sans flics aux USA en 2020

Publié le 2022-07-03 17:00:09

À 19h, le vendredi 8 juillet, à la Kunda (Vitry-sur-Seine).
NB : L’intervenant.e de Crimethinc qui devait s’occuper de la présentation de la soirée sera absent.e pour cause de covid... Nous maintenons toutefois la soirée avec la projection du documentaire + la discussion entre toutes les personnes présentes vendredi. Malgré l’absence de l’intervenant.e, nous proposerons vraisemblablement une petite vidéo enregistrée faisant un résumé de la présentation prévue, ainsi que la projection d’un documentaire supplémentaire, sous-titré en français lui aussi, « Touch the Sky. Stories, Subversions & Complexities of Ferguson », consacré aux révoltes de Ferguson (dans le Missouri) en 2014, suite à l’assassinat de Mike Brown par la police étasunienne. On décidera ensemble du déroulement de la soirée, venez :)



Au plus fort de la rébellion qui a suivi le décès de George Floyd le 20 mai 2020 à Minneapolis, des zones autonomes sans flics ont surgi aux USA, de Washington DC à Seattle.

Le 12 juin 2020, Rayshard Brooks est lui aussi assassiné par la police, cette fois à Atlanta.
Le lendemain, des manifestant.es incendient le Wendy’s, resto à côté duquel Rayshard Brooks a été abattu, et transforment la place en zone autonome sans flics pendant 24 jours.

We Are Now est un documentaire de Crimethinc consacré aux événements joyeux et tragiques qui ont eu lieu à Atlanta en juin-juillet 2020.

À partir de 19h, le vendredi 8 juillet 2022, nous vous proposons de discuter de tout ça ensemble :

La soirée sera agrémentée d’un infokiosque (avec plusieurs brochures sur la même thématique), et d’une auberge espagnole pour avoir de quoi grignoter pendant la soirée (venez avec ce que vous voulez, si possible vegan pour pouvoir partager avec un maximum de personnes).

Rendez-vous le vendredi 8 juillet à 19h à la Kunda, côté 48 rue Jules Lagaisse, à Vitry-sur-Seine (RER Vitry-sur-Seine ou métro Villejuif Paul Vaillant Couturier)