Vive l'Anarchie - Semaine 26, 2023

Sommaire

Campement itinérant passamontagna - 4,5,6 août 2023

Publié le 2023-06-26 07:30:05

Màj 29/07 : programme.
Claviere (ITA) — Briançon (FR).
Trois jours en chemin vers un monde sans frontières ni autoritarismes.
Trois jours de rencontres et discussions, pour partager réflexions, experiences et pratiques.
Trois jours de lutte contre les frontières.



Les politiques de l’UE continuent d’augmenter le nombre de décès en mer et dans les territoires de passage en construisant des frontières intérieures et extérieures. De nouveaux accords sont signés avec les pays de transit et de départ. Des millions sont alloués à la technologie, à la police et à de nouveaux murs pour arrêter les personnes en route vers l’Europe ou pour construire des camps en outre-mer. Un plan fonctionnel pour l’anéantissement des exilé.e.s.

Celleux qui atteignent l’UE sont condamné∙e∙s à une vie d’esclavage dans l’espoir d’obtenir un laissez-passer pour un statut considéré comme acceptable par le système. Celleux qui ne parviennent pas à se dépêtrer de la course d’obstacles bureaucratiques, celleux qui ne travaillent pas légalement, celleux qui se rebellent, celleux qui ne sont pas considéré∙e∙s comme intégrables ou exploitables, deviennent de la chair à canon pour le système des centres de rétention ou des prisons.

Dans ce contexte, le nombre de personnes forcées de migrer en raison de la crise climatique et écologique déclenchée par le modèle de production des États occidentaux augmente également. Pour dénoncer l’hypocrisie de ce système qui pille, rejette et déporte tout en prônant l’écologisme, nous pensons que l’action directe est la voie à suivre.

Si, d’un côté, l’Union européenne met en place un système qui génère des guerres et misère, puis criminalise et exploite les personnes qui y échappent, de l’autre, il y a celleux qui, avec force et détermination, continuent chaque jour à défier ce système. Les passages de frontière qui échappent au contrôle de plus en plus intense des États, les émeutes et les luttes qui grippent les rouages des centres de rétention administrative, les réduisant parfois en ruines – comme en février 2023 au CPR (CRA) de Turin – montrent qui la monstrueuse machine étatique est moins invincible qu’il n’y paraît.

Pour ces raisons, nous ressentons le besoin de nous rassembler, de nous rencontrer, de nous reconnaître, de mieux nous organiser, en essayant d’échapper aux pièges de l’aide paternaliste ou des actions médiatiques.

Pendant les jours du camping, nous voudrions retraverser cette frontière qui nous est proche, une fois de plus de manière collective. Nous voudrions réaffirmer sa pratique et sa signification symbolique, contre toutes les frontières, internes et externes, et les dispositifs qui les alimentent. Contre les nouveaux décrets meurtriers italiens (Cutro) et français (Darmanin). Contre les nouvelles lois européennes qui permettront une externalisation toujours plus forte et plus violente des frontières, avec à l’avenir des déportations directes vers des pays tiers (autres que les pays de départ).

Surtout dans ces montagnes, où des milliards sont dépensés pour tenter de construire le TAV (TGV), dévastant un territoire au nom de la rapidité des marchandises et des transports, tandis que les personnes qui n’ont pas les “bons” papiers aux yeux de l’Europe sont contraintes de risquer leur vie.
Au moins 9 personnes sont mortes à cette frontière. De nombreuses personnes sont blessées, d’innombrables sont rejetées. Des dizaines de personnes par jour tentent de franchir cette ligne imaginaire protégée par des gendarmes français et des flics italiens. Nous sommes et serons à leurs côtés.

Participons nombreux.ses au camp itinérant -Passamontagna- pour tenter de relancer des moments de rencontre et de confrontation collective, pour agir ensemble, en essayant de coordonner les différentes réalités et territoires en lutte, dans la perspective de nouveaux chemins possibles.

Le camping est entièrement autogeré : il n’y a pas d’organisateurs.trices mais seulement des participant.e.s.
Tous les repas seront à prix libre.
Prends le necessaire de camping, vêtements de montagne, assiette, couverts, et verre.

Plus d’infos ici sur www.passamontagna.info
Email : info@passamontagna.info
Canal telegram pour suivre les infos : http://t.me/passamontagna2023

Programme :

Solidarité avec les prisonnier·e·s en lutte, aux Baumettes et ailleurs

Publié le 2023-06-26 07:36:03

Ces dernières semaines aux Baumettes, plusieurs prisonnier.es ont entrepris une grève de la faim. Parmi elles, trois ont également fait une grève de la soif.



Ces dernières semaines aux Baumettes, plusieurs prisonnier.es ont entrepris une grève de la faim. Parmi elles, trois ont également fait une grève de la soif.

Au quartier d’isolement hommes, 7 personnes se sont mis simultanément en grève de la faim. Parmi eux, Christophe Guazzelli est en grève de la faim et de la soif depuis le 5 juin contre sa mise à l’isolement depuis 4 ans. Il a été transféré lundi 12 à la maison d’arrêt de Grasse, puis transporté vendredi 16 à l’Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale (UHSI) de Marseille. Son frère Richard, détenu à Luynes, a commencé une grève de la faim mardi 13 pour lui apporter son soutien. Le 20 juin, dans un état de santé très grave, Christophe a accepté d’être perfusé. La mesure d’isolement le concernant est provisoirement levée par l’AP, le temps de son hospitalisation. D’après son avocate, Christophe n’hésitera pas à reprendre sa grève si sa revendication n’est pas respectée, à savoir sortir définitivement du régime de torture que constitue l’isolement.

Aux Baumettes, un autre prisonnier est lui aussi en grève de la faim et de la soif depuis trois semaines. Placé à l’isolement depuis 4 ans, il dénonce ses conditions de détention et demande la reconstitution des faits qui lui sont reprochés. Pris d’un malaise la semaine dernière, il n’a pas été soigné, les pompiers appelés ne se sont même pas déplacés. Il a perdu 15 kg depuis le début de sa grève. Pour ne plus mettre sa vie en danger, il a décidé d’interrompre sa grève de la soif mais il continue sa grève de la faim. S., un autre prisonnier au quartier d’isolement, est toujours lui aussi en grève de la faim. Par contre, les autres prisonniers du QI semblent avoir arrêté leur grève de la faim à la suite du transfert de Christophe Guazzelli à Grasse, perçu comme une mesure répressive pouvant leur arriver.

Il y a enfin des prisonnières qui sont en grève de la faim actuellement, pour revendiquer de meilleures rations de nourriture dans la gamelle. L’une des prisonnières est aussi en grève de la faim et de la soif depuis une semaine pour dénoncer les tabassages des matons et sa récente mise au mitard arbitraires. Rappelons qu’au même moment, les Baumettes 3 sont en train d’être constuites juste à côté de la prison actuelle pour en doubler la capacité, et participer ainsi au "Plan 15000" de l’Etat qui vise à construire autant de nouvelles places d’enfermement partout en France.

Dans ce contexte, on a aussi appris qu’un prisonnier avait été retrouvé mort pendu dans sa cellule le 8 juin dernier, toujours aux Baumettes. Des révoltes ont lieu fréquemment aux Baumettes, comme celle contre les brouilleurs de téléphones au bâtiment B1 fin janvier 2023, ou comme les mobilisations régulières des prisonnières contre les fenêtres anti-bruit.

Evidemment, l’Administration Pénitentiaire a tout intérêt à ce que ces informations restent inaccesibles, enfermées entre quatre murs. A nous de les diffuser autant que possible, pour soutenir les prisonnier·e·s en lutte.

Parce que la prison n’est jamais justifiable pour personne,
Parce que les nouvelles prisons ne sont pas plus acceptables que les anciennes,
Parce que personne ne peut être libre à l’ombre d’une prison,

Retrouvons-nous au Snack (1A rue Espérandieu) mardi 27 juin à 18h pour nous organiser contre la construction de nouvelles prisons et en solidarité avec les prisonnier·e·s en lutte aux Baumettes et ailleurs !

Journée de soutien à Boris !

Publié le 2023-06-27 10:05:05

UN FAUTEUIL DE COMPÈT’ POUR BORIS !

Aprèm et soirée de soutien pour Boris, anarchiste bisontin, qui revendique l’incendie des deux antennes du Mont Poupet en avril 2020.



Pendant le confinement, tout le monde n’est pas resté sage… Accusé sur la base d’une trace ADN, Boris, un anarchiste bisontin, revendique l’incendie des deux antennes du Mont Poupet en avril 2020. Il défend son acte par sa volonté de s’opposer à travers l’action directe à la numérisation croissante de nos vies, avec tout le contrôle, les ravages environnementaux et sociaux qu’elle implique.

En août 2021, il est blessé dans l’incendie qui ravage la cellule où il est enfermé. Malgré cela, Boris, désormais tétraplégique, n’a pas cessé de se battre avec les moyens dont il disposait, tout en continuant de défendre ses idées anarchistes.

Après 11 mois de taule, 18 mois de lourde hospitalisation et encore quelques procédures judiciaires sur le dos, un premier bout du tunnel se profile enfin : le compagnon peut concrètement commencer à envisager un retour vers la rue et le soleil. Le besoin immédiat, qui a été discuté avec lui et avec l’équipe médicale du centre de réadaptation, est l’achat d’un fauteuil roulant électrique verticalisateur, fabriqué sur mesure et adapté à sa condition.

L’argent récolté est tout d’abord destiné à l’achat de ce fauteuil et, selon les besoins, à tout ce qui pourrait lui permettre de gagner en autonomie.

RDV samedi 1er juillet à Euforie, 36 rue du Canon d’Arcole, métro Compans ou Canal du Midi.

Au programme :
Toute la journée : jeux, piercings, vente de livres et d’affiches, tout à prix libre !

15h : ouverture des portes et lancement des activités
17h : discussion : discussion autour du fait de parler en garde à vue et de s’adresser à la justice.
19h : bouffe
20h : concerts & DJ Sets
ADM (rap)
Rok & Dudu (anarchoqueer rap)
T-Bass (électro-bass)

minuit : fin des concerts

Limoges (Haute-Vienne) : Greg est sorti !

Publié le 2023-06-27 10:10:03

Après un mois enfermé dans la taule de Limoges dans le cadre de 3 mandats d’arret européens faits par l’Italie, Greg a été libéré.
Lors de l’audience du 22 juin devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Limoges, les juges ont décidé de faire sortir Greg de prison avec un contrôle judiciaire en attendant l’audience du 6 juillet.  L’avocat général [c’est-à-dire le représentant du parquet] était bien deg…

Les débats ont été assez rapides. La justice italienne n’ayant pas répondu à toutes les questions demandées, notamment celle de savoir si Greg peut effectuer sa peine en france. Les juges et l’avocat général ont donc décidé de reporter la décision au 6 juillet en demandant entre temps à nouveau des choses à l’italie. L’avocate du pote a demandé à ce que Greg sorte de prison en attendant.

Il doit vivre chez sa mère jusqu’au 6 juillet, signer 2 fois par semaine à la gendarmerie et se présenter à la prochaine audience.  Les courriers qui arriveront à la taule entre temps seront à priori transférés chez sa daronne, son adresse ne sera pas communiquée, normal.


Le crew de soutien continue d’avoir besoin de thunes. Il y a eu une avocate en + de la commise d’office à payer, les allers retours des proches pour venir le voir aux parloirs et pour les audiences, les colis de fringues et de livres. Si vous avez envie de participer un peu, ou beaucoup, vous pouvez écrire à solidariteavecgreg(at)riseup.net.

Une pensée aux prisonier.es !
Pierre par pierre, mur par mur…

[Trouvé sur Vallées en lutte, 26 juin 2023]

Lyon (Rhône) : récit de la garde à vue du 05/06 dans le cadre d’une enquête sur le sabotage d’une usine Lafarge

Publié le 2023-06-27 10:15:03

Lundi 5 juin, à travers la France, une quinzaine de personnes sont perquisitionnées et interpellées, accusées d’avoir participé à l’« invasion-sabotage » de l’usine Lafarge de Bouc-Bel-Air (13, Bouche-du-Rhône), le 10 décembre 2022, dont les dommages sont estimés à hauteur de 6 millions d’euros. Nous rédigeons ce communiqué alors que, le mardi 20 juin, 18 personnes ont de nouveaux été arrêtées dans des conditions similaires.



Nous sommes des proches de la personne arrêtée à Lyon, et comme les proches des interpellées de Montreuil (1), nous allons faire ici le récit de l’interpellation de notre camarade. Nous décidons d’intervenir aujourd’hui en publiant ce texte afin de mettre en lumière les méthodes employées par l’État et ses chiens pour mater tout ce qui semble lui faire opposition ; pour rendre publique le récit d’une expérience qui nous concerne toutes et tous.

1. Perquisition

Lundi 5 juin, 3 flics sonnent à la porte de l’appartement de notre camarade à 6h du matin, la porte leur est ouverte – se présentent deux gendarmes de Marseille et un troisième qui dit être lyonnais sans préciser le service auquel il est rattaché. Rétrospectivement, notre ami a émis un doute sur la provenance de ce dernier ; doute alimenté, plus tard, par des remarques faites à la volée qui révèlent une méconnaissance de la ville. Parmi les 2 personnes présentes dans l’appartement, l’une est recherchée, l’autre est soumise à un contrôle d’identité avant d’être autorisée à partir avec son ordinateur à condition de le déverrouiller afin de « prouver qu’il lui appartient ». Suspectant la méthode, elle refuse : on ne peut pas faire confiance à la police. Son ordinateur est finalement saisi avant qu’elle ne quitte l’appartement.



Notes
1. https://paris-luttes.info/petit-point-sur-les-garde-a-vue-de-17174?lang=fr
2.
Voir cette brochure : https://infokiosques.net/spip.php?article1975
3.
Même si nous ne souhaitons en aucun cas nous en remettre à une décision de justice, le fait suivant peut être un marqueur, à minima, de l’absurdité d’utiliser les moyens de l’anti-terrorisme pour prendre la défense de Lafarge : l’entreprise été condamné à 778 millions de dollars aux USA pour complicité de crime contre l’humanité pour avoir collaboré avec Daesh.

[Texte trouvé sur Rebellyon, 26 juin 2023]

Anarchy2023

Publié le 2023-06-27 10:20:06

A propos des rencontres internationales anti-autoritaires 2023 à St-Imier et des tendances libertariennes, validistes, technophiles, réactionnaires, citoyennistes, new age, et effondrementalistes.



Mise à jour

pdf au format A4 page par page ici
pdf au format brochure A4 imprimable ici
(ps : on a fait une version brochure de ce texte mais c’est pas pour se la péter, c’est juste que ça peut être plus agréable à lire et à transporter quand c’est imprimé !)

Introduction

Du 19 au 23 juillet 2023, se tiendront à St-Imier (en suisse) des Rencontres Internationales Anti-autoritaires (qu’on abrégera dans la suite du texte par RIA). À l’annonce de ces rencontres « anarchistes », on trouve problématique que, sur le programme « accessible » et modifiable par tout le monde, il y ait peu ou pas de prises de position sur les tendances notamment libertariennes, ésotériques, citoyennistes, technophiles, qui y sont apparues, ni de précisions sur le cadre général de ces rencontres en termes d’accessibilité.

Pourquoi publier un texte avant les RIA ? On peut effectivement se dire qu’on en a rien à foutre des grands évènements symboliques, que ce qui compte pour nous c’est l’opposition en actes à la réalité de la domination. Mais on aimerait croire que cet évènement puisse être un lieu de rencontre, de création d’affinités, de prise de conscience, d’organisation, et donc qu’il puisse avoir des effets concrets sur la réalité du monde. Mais quelles affinités, quelle « prise de conscience », et surtout, quels effets concrets sur la réalité du monde pourra avoir un évènement qui laisse une grande place à des individu·xs et des idées à l’opposé d’une position émancipatrice ?

Nous avons écrit ce texte dans l’urgence. Il est assez long, on n’est pas des pros de l’écriture ou de la communication, et on ne prétend pas faire une analyse de l’état actuel des choses. On sent qu’il se passe quelque chose, et ce qu’on essaie de faire ici, c’est poser des problèmes. Et proposer quelques pistes d’analyse, qui devront être discutées, approfondies, critiquées, on l’espère le plus possible, pour que le refus anarchiste de toute forme d’autorité continue à vivre, pour nous aider mutuellement à affûter nos outils, à nous rendre capables de nommer et détruire toute forme de domination. Et qu’on le dise tout de suite, ce texte n’est pas un appel au boycott des RIA, mais une volonté de porter la tension anarchiste partout, tout le temps.

Des tendances critiquables dans le programme des RIA 2023

Parmi ces tendances, certaines ne sont pas nouvelles, comme le citoyennisme (on se souviendra par exemple de l’atelier pathétique de Xavier Renou aux RIA de 2012 et sa désobéissance civile non-violente). D’autres reviennent sur le devant de la scène de manière plus cyclique, comme le complotisme, qui revient à chaque « crise » pour expliquer le monde. Certaines ne sont tellement pas questionnées qu’on n’ose même pas parler de « tendance », comme le validisme.

Et puis ces tendances ne sont évidemment pas une spécificité des milieux « anti-autoritaires ». Par contre, leurs justifications empruntent parfois des chemins différents de la pensée dominante. Par exemple, en ce qui concerne le complotisme ou sa défense, on trouve dans certains milieux « de gauche » des arguments misérabilistes et (donc) paternalistes qui verraient le complotisme comme une première prise de conscience du « peuple », et l’accusation de complotisme comme du mépris de classe, quelle ironie ! Laissant libre cours aux théories qui ont des effets bien réels. Ou alors les idées réactionnaires trouvent leur justification par des anars traditionalistes qui subordonnent (ou nient carrément) les luttes d’émancipations autres que la lutte des classes. Ou les écolos-réacs-essentialistes qui prétendent sauver la planète en réaffirmant l’Ordre Naturel des choses. On pourrait aussi parler de l’idéologie libérale, qui est actuellement le fondement théorique du capitalisme (on ne va pas refaire sa critique ici). Idéologie libérale qui, dans sa version « anarchiste », se référera par exemple à un « universalisme » abstrait (détaché de la réalité matérielle des rapports d’oppressions, et rejoignant par là des tendances réactionnaires, comme les positions laïcardes contre le port de voile, ne tenant pas compte des effets concrets de l’islamophobie dans nos sociétés) ou à la « liberté d’expression » (comme si tout le monde avait matériellement les mêmes possibilités de s’exprimer et de se faire entendre, et comme si on pouvait séparer la liberté en petits morceaux).

Petite parenthèse :
Nous pensons qu’il y a une part de responsabilité qui revient aux « anarchistes » réacs/traditionnel·les [1] (privilégié·es, hétéro, blanc·hes, etc.), au sujet de certaines formes d’autorités qu’iels ne reconnaissent pas. Comme si politiser les multiples rapports de pouvoir qui structurent la société était un détournement de LA question sociale : la critique de l’état et du capitalisme. Soit iels désertent ces questions, soit iels s’épanchent sur des pages et des pages dans un réflexe réactionnaire (la « réaction » a été défini pendant la commune de paris comme le « refus d’abolir les privilèges »), qui les mène à voir de « l’identitarisme » ou du « communautarisme » chaque fois que des gens parlent d’une réalité qui n’est pas la leur, vivent des oppressions qu’iels ne vivent pas. Il y a une nécessité pour les groupes minorisés/opprimés de se reconnaître, de se rencontrer en non-mixité, de développer des discours et des outils émancipateurs. Cela passe forcément par une réappropriation des catégories construites par les dominants. Non pas pour les naturaliser et en faire des catégories positives (comme le font certain.e.x.s portes-paroles auto-proclamé·es de telle ou telle identité), mais pour les détruire, et avec, tout le système oppressif qui a permis leur construction. Ce n’est pas en ne parlant pas des choses, ou en niant leur existence, que ça va les faire disparaître. Du coup, tout un pendant libéral voire libertarien s’empare de ces problèmes-là, en nous faisant croire qu’ils sont solubles dans le capitalisme (récupération perpétuelle des choses récupérables…).

Malheureusement jusque là, rien de très nouveau (si ce n’est le regain des théories conspirationnistes, à qui la pandémie de covid-19 a donné un formidable élan, ou la popularité des récits de l’effondrement dits « collapsologie »). En revanche, ce qui est nouveau pour nous, et qui nous a franchement surpri.ses, c’est la présence d’individus et de positions libertariennes dans l’organisation et la programmation de ces « Rencontres Internationales Anti-autoritaires ». Ce qui nous a aussi surpris.es (mais un peu moins parce qu’on est quand même un peu lucides !) c’est la présence de thèmes, termes, pratiques et visions du monde issue de la pensée New Age, avatar du libéralisme et qui s’inscrit donc parfaitement dans l’idéologie capitaliste.

Voilà, on utilise le mot « tendances » mais on aurait pu en utiliser un autre, vous voyez l’idée ! Ces tendances ne sont évidemment pas exclusives et peuvent très bien se confondre dans un même discours.

Des libertariens au cœur des rencontres

Avant de faire la critique de certains ateliers en particulier, en les mettant en contexte et en situant les personnes qui les organisent (on expliquera un peu mieux plus bas en quoi consiste le libertarianisme), il nous semble intéressant de se pencher un peu plus sur deux personnages qui occupent une place importante dans l’organisation de ces rencontres : Gian Piero de Bellis et Chris Zumbrunn. Le premier est à l’initiative de l’invitation de plusieurs personnes libertariennes et sa bibliothèque personnelle (World Wide Wisdom) est un des lieux « officiel » où se tiendront les discussions des RIA. Le second a un rôle organisationnel important, notamment dans l’administration du calendrier en ligne des RIA puisque c’est uniquement depuis le compte « zumbrunn » (qui est derrière ?) que sont agendés et mis à jour les lieux et horaires des ateliers. On notera aussi que ces deux personnes, également très actives sur le chat télégram, se citent parmi sur leurs sites web personnels respectifs.

A propos de Gian Piero de Bellis

Gian Piero de Bellis est un libertarien qui vit en suisse, à St-Imier. Il est extrêmement actif sur internet, il écrit et traduit apparemment beaucoup [2]. C’est un promoteur de la « panarchie », concept/proposition libérale (libertarienne en l’occurrence) : « [...]la proposition Panarchiste, c’est-à-dire la mise en place de gouvernements non territoriaux, en compétition les uns avec les autres, pour fournir des services à des consommateurs qui les choisissent librement. Et comme n’importe quel contrat passé avec une compagnie, le contrat social signé avec un gouvernement particulier "n’est ni hypothétique ni illusoire, mais au contraire explicite, actuel, volontaire et réversible." » [3]. La notion de concurrence et de libre marché est ici centrale dans sa pensée. En effet, il s’agit ici de « transposer dans la sphère politique le laissez-faire employé dans la sphère économique » [4]. L’obstacle principal à ce libre marché est donc l’état, ou l’« étatisme », comme on peut le lire dans la grande citation en couverture de son livre « Polyarchie / Panarchie : un manifeste », (traduit en plusieurs langues et disponible sur amazon !) : « Une peste a éclaté et s’est répandue partout dans le monde durant le XX siècle. Le nom de cette peste est l’étatisme. »

La focalisation sur l’autorité de l’état (uniquement), et en particulier sur la critique de son monopole monétaire, est typique d’une position libertarienne, qui ne s’intéresse pas tellement à l’autorité ou au pouvoir comme relation sociale. Comme si la forme étatique était le seul obstacle à l’émancipation. Voici les propos de la conclusion de ses "Considérations sur Anarchie2022" (les rencontres internationales pour cause de pandémie ayant été repoussées à cette année 2023, un évènement plus local a été organisé à la place en 2022, avec la même logistique), qu’il a traduit en italien et en anglais : « Une question en particulier sur laquelle un projet anarchiste aurait un effet perturbateur est celle de la monnaie. Si les anarchistes s’engageaient sur la question des moyens d’effectuer les échanges, dans la lignée de la pensée de Proudhon et de Greene, ils porteraient un coup fatal à l’État et à son monopole monétaire. Malheureusement, l’état d’esprit des anarchistes traditionalistes ne permet même pas d’explorer la possibilité de lancer de tels projets. Si certains le faisaient, ces projets seraient immédiatement qualifiés de capitalisme et, s’ils réussissaient et permettaient de dégager des ressources pour financer d’autres projets, leurs promoteurs seraient qualifiés de capitalistes et seraient entravés par des anarchistes purs et durs pour qui la persécution, la défaite et la misère sont des signes indiscutables que l’on est, comme un vrai masochiste, sur la bonne voie. » [5]

Mais alors qui sont ses modèles d’anarchistes qui ne sont pas « masochistes », pas dans « la persécution, la défaite et la misère » ? On peut peut-être trouver des éléments de réponse sur son compte twitter, où il est très, très actif. [6] Dans ses re-tweets, on trouve pêle-mêle des personnalités comme Tucker Carlson, Robert F. Kennedy Jr., Collin Rugg, Max Borders, Julian Assange, Ross Ulbricht, Kim Dotcom, Mark Curtis… et la liste continue ! Un mélange de personnalités politiques de l’alt-right, d’hommes d’affaires, de conspirationnistes, de libertariens, de réactionnaires lgbtqia+phobe, ou tout ça à la fois. Sinon, beaucoup de ses (re)tweets concernent la situation en palestine/israël, notamment des montages photos comparant l’armée israélienne aux nazis, assortis de commentaires comme « the new SS » ou « the new nazis », avec quelques tweets aux relents conspirationniste-antisémites « Israel rules USA » (israël gouverne les états-unis), beaucoup de vidéos des Neturei Karta, etc. Mais pas besoin de chercher très loin pour se rendre compte que sa présumée défense des opprimé.es ne se préoccupe finalement bien peu des opprimé.es en question, et semble uniquement servir son agenda politique très douteux. En effet, il n’hésite pas a reprendre des tweets de personnes célébrant ouvertement Poutine (et l’invasion en ukraine), Kadhafi, ou le régime de corée du nord. Tout ce qui s’oppose à la politique des états-unis et à l’OTAN semble bon à prendre, quitte à célébrer des tortionnaires (voir les comptes twitter de Towhee, @amborin ou de Rev Laskaris, @REVMAXXING). Dans ce compost d’idées et de positions libertariennes, complotistes, confusionnistes, on trouve parfois des recompositions qui peuvent paraître surprenantes, notamment le lien entre la politique militaire de l’OTAN et le « lobby lgbt » (Gian Pierro de Bellis postera cette image du symbole de l’OTAN sur fond de drapeau arc-en-ciel et commentera « NATO = North Atlantic Terrorist Organization »). Mais qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas (seulement) d’un grand fourre-tout où se mêlent libertarianisme, promotion des cryptomonnaie, lgbtqia+phobie, conspirationnisme (notamment liés à la pandémie de covid-19). Tout ça forme une cohérence dans certains milieux. (Dans la rhétorique du kremlin -mais dans d’autres milieux aussi- les nazis sont a comprendre comme le symbole de la « décadence de l’occident », dont les personnes queer en seraient l’une des incarnations, d’où ces associations qui pullulent un peu partout sur internet, avec montages photos de bombardiers aux couleurs arc-en-ciel, etc.)

Bref, ses préoccupations semblent être les complots de la CIA, "l’ukraine nazie", le "sionisme nazi", "l’OTAN nazie", la libération de Julian Assange, et surtout, surtout, une monnaie libérée du contrôle étatique, où les crypto-monnaies pourraient-être la nouvelle arme qui porterait « un coup fatal à l’Etat ». (Le tout parsemé d’un peu de conspirationnisme et de lgbtqia+phobie.)

A propos de Chris Zumbrunn

Chris Zumbrunn est un libertarien qui vit au Mont-Soleil en suisse. Il travaille dans le domaine de l’informatique et de la communication et a notamment fondé la « Décentrale Synergiehub », lieu de vie et de coworking dans lequel il habite et qui est décrit comme « an epicenter for self-empowered culture » (un épicentre pour une culture de l’autonomie). [7]

Il présentera l’atelier « Natural Law » (Droit Naturel en français), qu’il avait déjà présenté l’année dernière aux RIA de 2022. Voici sa propre définition (issue de son compte twitter) de ce Droit Naturel : « [...] their is an objective morality implying that it is wrong to take the freedom of others as long as they don’t take the freedom of others ». En français ça donne quelque chose du genre : « il existe une morale objective qui implique qu’il est mal de prendre la liberté des autres tant qu’ils ne prennent pas la liberté des autres ». En gros, une version reformulée du credo libéral « ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre ». La liberté apparaît ici comme une marchandise que l’on possède a priori et qu’on pourrait « prendre » ou pas des autres. En totale opposition donc avec une position anarchiste où « ma liberté commence avec celle des autres ». Le Droit, la Nature et la Morale étant des concepts à l’opposé d’une pensée et d’une pratique anarchiste, ça nous a de prime abord paru assez incongru de voir un workshop sur le Droit Naturel dans un évènement qui se dit anarchiste. Mais un tour sur la page « libertarianisme » de wikipedia nous donne une piste de compréhension. On y lit : « La liberté est conçue par le libertarianisme comme une valeur fondamentale des rapports sociaux, des échanges économiques, du système politique. Issue du libéralisme, elle prône au sein d’un système de propriété et de marché universel, la liberté individuelle en tant que droit naturel. » (c’est nous qui soulignons).

On n’a pas eu le courage de lire en entier sa proposition pour un « modèle de gouvernance glocale » qu’il étaie sur son site avec schémas à l’appui, et qui promeut « [...] la transformation de l’ordre ancien par une méthode progressive et dynamique qui accroît et améliore nos démocraties d’une manière globale. Il s’agit d’une métamorphose sans renversement de l’ordre existant, mais d’une approche pragmatique de recherche de consensus avec toutes les parties concernées. Une fois la prise de conscience collective effectuée, il ne devrait plus être nécessaire de prendre des "décisions", car chacun saura ce qu’il faut faire le moment venu. ». What the fuck ?!

Chris Zumbrunn est aussi très actif dans la promotion des cryptomonnaies, et notamment dans le développement du « FairCoin ». Sur son compte github (un site où les développeurexs peuvent déposer et échanger des programmes open-source), la majorité de ses dépôts concernent le développement de ces monnaies électroniques.

Un tour sur son compte twitter nous donne encore un peu plus d’infos sur Chris Zumbrunn. Dans un article paru sur https://pieceoplastic.com critiquant le manque de prise en compte du covid-19 dans ces rencontres, une personne qu’on ne connaît pas a fait le travail de remonter son fil d’info twitter. Dans son texte, Chris Zumbrunn est anonymisé par les initiales « A.S. » - son pseudo sur le chat télégram. Voici un extrait du texte traduit de l’allemand/anglais :

« Dans cette chronologie, on trouve non seulement des retweets approbateurs de libertariens comme Elon Musk, Kim Dotcom et Glenn Greenwald, ou du conspirationniste et anti-avortement Robert F. Kennedy Jr. mais il fait même l’éloge de James O’Keefe de Project Veritas. Plus révélateur encore, la chronologie montre qu’A.S. a participé à au moins une manifestation anti-masque et anti-IVG contre les mesures de protection. Le 20 octobre 2021, sur son compte twitter, il s’est mobilisé pour une manifestation intitulée "Nein zu den COVID-19 Verschärfung" (Non à l’intensification des mesures de protection du COVID-19) qui devait se tenir le 23 octobre à Berne. Selon le libellé de son tweet, il aurait même participé à l’organisation de cette manifestation ("Nous avons l’autorisation !") ? Une manifestation, d’ailleurs, où plusieurs bannières de théories du complot et/ou antisémites ainsi que des participants allant du groupe néo-nazi hipster "Junge Tat" au "Freiheitstrychlern" (un groupe folklorique ultraconservateur) ont été aperçus. Entre-temps, près du centre culturel autonome Reitschule, des échauffourées ont eu lieu entre la police et une contre-manifestation anarchiste intitulée : "Solidarität mit den Corona-Betroffenen" (Solidarité avec les victimes de Corona). » [8]

On ajoutera aussi qu’il est un promoteur actif de l’Intelligence Artificielle (AI) et des technologies issues d’internet (par exemple le moteur de recherche Presearch.com qui implémente de l’intelligence artificielle, le réseau LBRY et sa plateforme de vidéo « odysee.com » fondée par le libertarien Jeremy Kauffman en réaction à youtube et notamment à sa modération « trop restrictive », qui deviendra un vecteur de propagande conspirationniste, pro-trump, suprémaciste blanc, etc., ou de manière plus anecdotique mais assez flippante, BitPeople, un « registre de la population pour une nouvelle société mondiale fondée sur l’internet ». [9]

Mais comment ce promoteur de la « self-empowered culture » gagne-t-il sa vie ? Sur son site internet (en anglais), qu’il décrit comme son "personal think tank", sa page business est très éloquente. On y lit : « Chris Zumbrunn Ventures a développé des centaines de projets et a servi des centaines de clients en matière de conseil et de technologie au cours des dernières années. » [10] On trouve une liste impressionnante de tous ses clients, parmi les plus pourris de ce monde :

A propos de certains ateliers et de leurs tendances critiquables

Tendances validistes

Des rencontres anti-autoritaires uniquement accessibles pour les personnes valides en bonne santé sont-elles anti-autoritaires ?

Bien que l’idée globale et la position officielle des états soit qu’on soient sorti.e.xs de la pandémie du covid, plein de personnes en meurent encore, plein de personnes doivent encore s’en protéger et la question est encore largement politisée dans les sphères anarchistes, féministes et autres scènes anti-autoritaires.

Pourtant, en ce qui concernent les rencontres de cet été, il n’est assumé et précisé ni dans la FAQ du site des RIA 2023 ni nulle part ailleurs quelle est la position de l’équipe/des équipes d’orga en ce qui concerne le covid et ses enjeux. On parle pourtant d’un événement « politisé » et international ou la question devrait évidemment se poser vu le flux et le nombre de personnes qui y seront…

Dans la FAQ du site donc, on comprends entre les lignes que la « question-covid » est pirouettée : elle est présente à demi-mots mais pas assumée, pas nommée, pas située et pas thématisée. C’est un peu « surprenant », surtout quand on voit qu’il y a une présence covido-sceptique et carrément validiste dans l’orga et dans la place donnée à certains ateliers. Entre autres, la présence aux « petites » RIA 2022 d’un atelier bien pensant, pacificateur, simplificateur, binaire et plutôt confus « futures épidémies, réflexions croisées » [11] ainsi que d’un autre atelier, conspi et au titre scandaleusement antisémite « covid et prise de pouvoir mondialiste » [12]. Cet été, on aura aussi droit à l’atelier « Que faire face à l’instrumentalisation de l’OMS ? » [13].

Petit aparté sur ces deux derniers ateliers et sur l’individu qui les a proposés, Ivar Petterson
 
Dans les commentaires d’un autre atelier des RIA 2023 intitulé « Covid-19 Vaccination pressure » [14], Ivar Petterson écrit au nom de son petit syndicat qui est « le seul syndicat en Suisse à avoir pris position contre la Doxa covid et les vaccinations expérimentales ARNm » et qui diffuse « les prises de position des lanceurs d’alerte, comme par exemple Christian Perronne, Laurent Muchielli, Louis Fouché et d’autres courageux experts médicaux et médecins. ». Il se trouve que ces « courageux experts » sont surtout connus pour diffuser de fausses informations, des théories conspirationnistes et sont parfois proches des milieux d’extrême droite. Ivar Petterson proposera en 2023 l’atelier « Que faire face à l’instrumentalisation de l’OMS ? » où dans sa description on peut lire « Des lanceurs d’alerte, notamment Robert Kennedy Junior [N.d.A. le candidat à la présidence étasunienne et conspirationniste, abondement cité par Gian Piero de Bellis et Chris Zumbrunn comme vu plus haut] et le juriste Francis Boyle, nous mettent en garde sur le fait que les laboratoires de guerre biologique (nt. ceux que les USA ont décentralisé dans plusieurs pays (dont Wuhan) ont la capacité de déclencher une nouvelle épidémie sur ordre. »
 
Et pour son atelier qui a eu lieu en 2022, « covid et prise de pouvoir mondialiste », on n’y était pas mais il nous a été rapporté qu’il a été question plusieurs propos complotistes alarmants. Pour éviter de prendre le risque de déformer les mots qui ont été dits à ce moment, on ne retiendra (en plus du titre qui devrait se passer de commentaires) que la défense, par plusieurs personnes présentes à cet atelier, du site reinfocovid.fr fondé par le complotiste d’extrême droite Louis Fouché (on ne va pas argumenter ici sur reinfocovid.fr et Louis Fouché, sérieusement. Le travail a déjà été fait par de nombreu.se.x autres. On veut juste souligner que tout ça, ça se passe tranquillement aux RIA).
 
Voilà, tout y est : des éléments de langages aux relents antisémites, la « prise de pouvoir mondialiste », le « pouvoir capitaliste mondialisé », « pouvoir financier mondialisé », la célébration de personnalités (proches des milieux) d’extrême droite, jusqu’à l’affirmation à peine voilée que cette pandémie a été déclenchée « sur ordre » par des « laboratoires de guerre biologique » décentralisés à Wuhan par les USA.
 
Mais comme semble le témoigner ces curieux commentaires , Ivar Petterson semble toujours se soucier de « l’extrême droite », et s’imagine même peut être anarchiste.
En commentaire d’un article qui critique notamment la venue de personnalités d’extrême droite à une manif contre la "dictature sanitaire" à Annecy, Ivar Petterson dénonce la militante complotiste, propagatrice des thèses de Qanon et proche des milieux d’extrême droite Chloé Frammery [15], pour finalement se raviser dans un deuxième commentaire, et au passage défendre encore une fois le site reinfocovid.fr :
"Suite à une mise au point avec Chloé, il semble que malgré ses contacts avec Dieudonné,elle n’a pas basculé vers l’extrême-droite (ou rouge-brun) et se positionne toujours comme militante de la gauche combattive. je retire donc les propos exagérés que j’ai tenu ci-dessus.
Je constate un sérieux malentendu sur la question covid. En effet, les sites listés par Librinfo74 comme reinfocovid.fr ne sont pas d’extrême-droite, mais critiques par rapport aux Big Pharma. La gauche et l’extrême-gauche ne s’est pas assez documentée à ce sujet et concernant les risques d’effets secondaires des vaccins, laissant ainsi une porte ouverte à l’extrême-droite qui en profite. A qui la faute ?" [16]
 
On pourrait se dire qu’à la différence d’autres militant.es anti « dictature sanitaire » sachant astucieusement manipuler les confusions pour faire passer leurs idées réactionnaires, Ivar Petterson pense sincèrement être dans une position anarchiste. Mais à voir sa proposition d’inviter le groupe Pièces et Main d’Oeuvre (PMO), malgré le tsunami que leurs positions réactionnaires et leur coming-out masculiniste a soulevé dans les milieux anti-capitalistes et antitech français depuis 10 ans, on comprends qu’il fait partie de cette nouvelle tendance écolo-réac, pas forcément d’extrême droite mais pour qui un certain « ordre naturel » devrait être préservé. Cet atelier est heureusement déprogrammé mais Ivar Petterson revient à charge, mentionnant que la venue de PMO avait été appréciée lors d’une rencontre en juin 2022 à Sainte-Croix. Cette rencontre avait pour invité.es, entre autre, les Amis de la Décroissance, journal qui ne cache plus ses positions réacs (racistes, homophobes, transphobes et autoritaires. Voir l’article paru à ce sujet sur renverse.co : "Rencontres décroissantes à Sainte-Croix, rejetons une écologie réactionnaire" [17]

Bref, dans la FAQ, première question, on peut lire « y-a-t-il des conditions et restrictions [pour venir] ? ». On ne précise pas de quoi on parle mais tout le monde comprend de quoi on parle vu le contexte car autrement cette question ne ferait pas vraiment sens. Leur réponse : « Non, il n’y a pas de conditions particulières pour que tu puisses participer. Notre seule exigence est que vous soyez respectueux des autres et pacifiques. » Bon... pas le courage de développer l’absurdité de tout ça et du fabuleux à condition d’être pacifiques pour des rencontres anti-autoritaires… Par contre, ça semble important, capital et même vital pour certain.exs de parler de la question du covid, de l’accessibilité pour les personnes fragilexs, les personnes handy, agé.e.xs et/ou immunodéprimé.e.xs et leurs proches.

Oui, vital : des camarades meurent (en 2023 aussi). D’autres voient leur vie impactée à long terme pour plein de raisons qu’on ne listera pas ici, mais en fin de texte on a compilé des ressources merveilleuses sur la question du validisme, du racisme et du classisme en rapport avec la question du covid et de l’effarant manque de solidarité des milieux dits anti-autoritaire autour de tout ça. On vous laisse y fouiller.

Souvenons-nous qu’on peut être anti-pass et anti mesures de contrôles étatiques sans être validistes, et cela passe surtout par le port du masque et autres précautions d’autodéfense sanitaire dans nos espaces anti-autoritaires.

Dans les tchats telegram des RIA on a pu notamment lire entre autre que les masques étaient des « couche-culotte pour visage », expression reprise ensuite par Derrick Broze des Freedom Cells pour qu’il y ajoute « dommage de voir des anarchistes tomber dans le piège... », réponse a nouveau elle-même citée par Chris Zumbrunn qui abonde et ajoute « oui, ça a été décevant de voir combien de groupes ont fini par se diviser sur cela, avec seulement une partie d’entre nous voyant au travers du drame covid1989 ». (extrait d’un échange publique, traduit de l’anglais. Le tchat telegram d’orga « Anarchy2023 » et le tchat « off topic » des RIA « BeyondAnarchy2023 » sont accessibles à n’importe qui ayant un compte telegram. Leurs liens sont directement partagés par les différents comptes de réseaux sociaux des RIA).

Dans cette ambiance, on ne s’étonne plus qu’une personne handy/malade chronique demandant s’iel peut participer à l’orga des RIA se fasse refouler… Comme ceci :

Ici sont relayés quelques extraits traduits d’un article de Pieceofplastic [18], déjà évoqué plus haut, dans lequel une personne raconte son expérience lorsqu’iel à essayé de participer à l’orga des RIA et aux réus. Iel y relate les échanges eu sur plusieurs mois avec au moins l’un des organisateurs principaux des RIA (semble-t-il, vu la place qu’il y prends du moins) s’agissant de Chris Zumbrunn, qui semble parler au nom de l’équipe d’orga. E-mails à l’appui, on lit sa mise à l’écart pendant plusieurs mois et le refus d’entendre son besoin de clarification en ce qui concerne les mesures anti-transmission du covid type port du masque, aérations etc. Son besoin, mais celui de tant d’autres aussi... balayé, ignoré, puis volontairement non pris en compte, comme iel le raconte :

« ...dès mon tout premier email, j’ai essayé de proposer que les réunions d’orga et les RIA elles-mêmes soient accessibles à tout le monde. Accessible à toustexs : c’est-à-dire même aux personnes comme moi, qui continuent d’être contraintes à l’extrême prudence et à l’isolement social en raison d’une maladie ou d’un handicap,...
...Il semble évident que ce consensus, qui consiste à ignorer les mesures de sécurité en lien avec le COVID lors des RIA, n’a pu être obtenu uniquement par l’exclusion (de moi et d’autres voix critiques, qui ont un point de vue différent).
Le consensus par l’exclusion des voix critiques, c’est la ruse la plus paresseuse possible.
Dans un autre courriel, j’ai fait part de mes objections et j’ai presque supplié de faire en sorte que la réunion générale du début du mois de mars se déroule dans la sécurité COVID (voir pièce jointe 2). Encore une fois, aucune réponse. » piecofplastic – extrait traduit


Tout son témoignage (en anglais et en allemand, pour l’instant) est affligeant. Un fil de discussion sur le réseau social Mastodon dont le lien se trouve en début de son article vaut également le détour.

Combien d’autres personnes handy ou malades chroniques ont-elles dû renoncer comme cette personne à participer à l’orga, proposer un atelier, une discussion ou ont dû renoncer de venir aux RIA en raison de ce validisme décomplexé ? Et si nous devions le rappeler : Le validisme isole, le validisme tue.

Alors, comment auront-on pu faire ?
Accessibiliser un événement, c’est politique . En matière de covid comme en ce qui concerne plein d’autres trucs : Sorry, not sorry, lister sur le site les lieux accessibles en chaise roulante et ceux qui ne le sont pas (sans les rendre accessibles où changer de lieu, lol, et encore, ne parlant que d’un certain type d’accessibilité : celui qui concernerait la déambulation spatiale de chaises roulantes), ce n’est pas avoir une pensée inclusive. C’est se foutre de la gueule de bien des personnes et c’est activement assumer qu’aucun travail de solidarité et d’inclusion n’a été pensé en amont.

C’est donc encore et toujours aux personnes handy et/ou neurodivergent.ex.s de « demander » leur accès, pour, trop souvent, risquer de se le voir refuser par manque de temps ou de logistique ou alors pour devoir soi-même y renoncer vu le compliqué de la chose. Ben oui, si rien n’est prévu à l’avance, écrire un mail à la team care (pour celleux qui oseront le faire) ça n’y changera pas grand-chose. Dans certain cas oui, dans la majorité du temps, non. Être validiste c’est se dire que ça, c’est pas vraiment grave.

Ça suffit, vous avez eu plus de deux ans pour y penser, des demandes ont été formulées, des inquiétudes vous ont été communiquées par des personnes directement concernées.
A ce stade, il s’agit donc d’exclusion volontaire, ou presque.

Sur la question de « mettre des règles dans un événement anarchiste et anti-autoritaire »
(en l’occurrence ici, sur l’idée des mesures anti-transmission du covid)

Une des réponses que la personne qui a écrit sur pieceofplastic a reçue de l’orga des RIA (et l’un des refrains qu’on entend bien trop souvent) c’est qu’il n’y a pas « l’envie de jouer le rôle de la police ».

Ce sont précisément les pratiques de prises de positions consensuelles dans l’intérêt des plus opprimé.e.x.s et de la pratique de stratégies collectives anti-positions dominantes (y compris des nôtres) qui permettent d’abolir la police, ou du moins le maintien de l’ordre par la coercition. Refuser des comportements ostracisants et dominants, ce n’est pas jouer le rôle de la police. Un des rôles de la police, c’est justement de maintenir et perpétuer ces comportements excluants et donc d’entériner le monopole du pouvoir des groupes privilégiés sur ceux qui ne le sont pas.

Se pose-t-on la question de « devoir jouer le rôle de la police » lorsqu’il faut combattre et rejeter des comportements ou des théories racistes, sexistes ou lgbt-phobes ? Non. Et non seulement on combat et rejette lesdits comportements, mais on les anticipe, on en revendique l’opposition. La défense des opprimé.e.x.s et des exploité.e.x.s, ça vous rappelle pas quelque chose ?… Alors, pourquoi la question de « devoir jouer le rôle de la police » se pose-t-elle dans le cas de l’anti-validisme, de la défense de personnes malades ou handy et de celle leur montrer notre solidarité ou de la leur refuser ? Parce qu’on continue de résumer la question du validisme à une simple situation très personnelle et individualisée, sans y voir les enjeux sociétaux et les rapports de pouvoir avec lesquels ils sont interconnectés (accessibilité, précarité, racisme, sexisme, etc).

Et en ce qui concerne les événements ou les réus accessibles à distance
Qu’on ne viennent pas nous dire qu’il y a là un enjeu de sécurité (comme ça a d’ailleurs été dit à la personne qui a écrit sur pieceofplastic.com, voir son article) ou que les handy seraient trop technophiles et technodépendant.e.xs. Les enregistrements sonores (consentis) et les prises de notes anonymisées, ça existe, tout comme les retranscriptions ou réu par streams cryptées (Chris Zumbrunn en propose même pour deux de ses ateliers, cherchez la logique) et ça permet à des personnes pas valides de participer à l’orga aussi. D’autres solutions, ça se fabrique, ça s’imagine. Soyons technocritiques ET anti-validistes !

Un cadre exclusivement en "présentiel" et sans aucune mesure contre la transmission est validiste par définition. En gros, Ce serait dangereux pour toi ? Pas pour nous alors t’as qu’à venir, mais on va pas faire en sorte que tu puisses venir en diminuant le danger qui te concerne.

Un accès total, organisé en amont, par des personnes valides allié.e.x et et des personnes concernées si elles le peuvent, ça c’est inclusif. Une prise de position antivalidiste claire, nette et intransigeante, ça c’est inclusif. Pas du cas par cas au bon vouloir et selon l’avis de chacun.ex sur la nécessité ou non de rendre accessible un contenu.

Et puis bon, avec le tchat sur telegram, les différents réseaux sociaux des RIA et l’apologie des cryptomonnaies dans le programme, laissez-nous rire. En terme de sécurité et de critique des technologies , on aura vu mieux.

Tendances libertariennes

Petite précision en préambule : Le nom de ce courant politique qui se pense en dehors du spectre gauche-droite crée un peu la confusion... Il faut le comprendre depuis son contexte de création, et un petit aparté linguistique aide à y voir un peu plus clair. Désolé.e.sx car c’est un peu pénible.

Le nom de ce courant politique est l’anglicisation du mot français « libertaire », lui même issu des scènes anarchistes françaises. Mais en français, il désigne un courant politique à part entière et ne se traduit pas libertaire mais libertarien, relatif donc au mouvement libertarisme (ou libertarianisme).

Le mot anglais libertarian a donc été récupéré par une droite plus ou moins anti-étatique pour se différencier des liberals : en anglais et dans le contexte du système politique bi-partisan des US , le mot liberal désigne le parti démocrate, opposé au parti conservateur.

Libertarian peut aussi mais plus rarement s’utiliser comme libertaire auquel on rajouterais left-wing ou right-wing pour préciser, autrement dit libertaire de gauche ou libertaire de droite ! Une sorte d’anarchisme de droite (oui-oui), mais qui garde des idées anarchistes uniquement son opposition à l’état, et non à l’autorité en général. Et encore, la raison de l’opposition à l’état n’est pas en raison de son caractère autoritaire mais plutôt en raison de son monopole de l’autorité. Comme pour la « panarchie », qui défend un système où des gouvernements « non étatiques » seraient en libre concurrence les uns contre les autres. Dans la même logique, les libertarien.ne.xs ne s’opposent pas à l’argent en général mais uniquement au monopole étatique de la monnaie, d’où leur nouvel amour pour les cryptomonnaies non-étatiques issues des technologies de la blockchain.

L’anarco-capitalisme, et l’une de ses sous-branches l’agorisme (porté notamment par Derrick Broze qui est actif sur le chat telegram des RIA 2023 où il annonce qu’il viendra peut-être en parler de vive voix) sont au cœur du fameux festival « Anarchapulco » au Mexique. C’est un sommet réservé à des super-privilégiés, qui attire quasi exclusivement des néo-colons blancs venus des USA, qui considèrent que l’impôt, c’est « l’esclavage ». Ça brasse à mort avec les Freedom Cells (réseau de survivalistes qui mélange théories suprémacistes, masculinistes, new-age, conspi, etc., et qui inspire en suisse le réseau Solaris) et avec les « Underground Railroad » et leur « operation counter-economy » [19] (en gros, ce sont des riches qui « s’évadent » de la « tyrannie » fiscale des états à travers leurs propres réseaux... atroce récupération de l’histoire).

Entre autres intervenantes d’Anarchapulco : Cynthia McKinney. Tout porte à croire que c’est bien elle qui viendra aux RIA 2023 avec son atelier « Countering the anarchy of US foreign policy » [20] (puisqu’il est organisé par "hq2600", qui est le mail perso de McKinney sur son CV, et puisque la politique étrangère des USA fait partie de ses thèmes de prédilection).

Diplômée et professeure en relations internationales, ancienne politicienne étasunienne qui a siégé au niveau fédéral (parti démocrate) pendant six ans, puis elle a beaucoup influencé le Green Party. Elle est connue pour ses positions violemment antisémites, et pour ses théories conspirationnistes d’extrême-droite au sujet du 11 septembre ("Dancing Israelis") dans lesquelles elle inscrit ses combats « contre la guerre » (Syrie, Irak, Palestine, etc.). Elle propage en continu des tropes antisémites et des théories du complot à propos de George Soros, de la famille Rothschild, du "Nouvel Ordre Mondial" (« anti-mondialistes »), ainsi que de la pandémie du covid-19. Elle s’affiche régulièrement avec des négationnistes de la Shoah, notamment David Pidcock, Michele Renouf, et Dieudonné, et avec des suprémacistes blancs.

Elle met en ligne sa fascination à l’égard de régimes ultra-autoritaires. Elle a été sponsorisée dans sa campagne et a travaillé avec le parti stalinien Workers World Party qui tient des positions dogmatiques « anti-impérialistes » contre la politique états-unienne, les amenant à un révisionnisme historique et négationniste (défense de Slobodan Milosevic, de Radovan Karadzic, négation du génocide bosniaque, soutien aux nationalistes serbes, glorification de Saddam Hussein et négation du génocide kurde, etc.). Le WWP, qui s’affiche comme un parti communiste « anti-impérialiste », s’associe avec des groupes d’extrême-droite nationaliste, dans une alliance rouge-brune [21]. Dans ce genre de rapprochements idéologiques, on voit souvent une rhétorique opportuniste "antifasciste" mise au service d’un programme de type fasciste.

Depuis 2005, McKinney est proche de la vice-présidente de l’Institut Schiller du mouvement de Lyndon LaRouche (mouvement néo-fasciste ultra violent, à tendance sectaire, important relais de thèses antisémites au travers de nombreuses publications). En 2011, McKinney était à la tête d’une délégation en Libye en soutien au régime, en compagnie de Ramsey Clark (ancien procureur général au moment de la création de COINTELPRO, conseiller et défenseur de criminels de guerre d’extrême-droite) et du théoricien conspirationniste Wayne Madsen. Également présents en Lybie au même moment : les néofascistes Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan (à la tête du Réseau Voltaire et contributeur de la revue Eurasia, dont le rédacteur en chef est le néofasciste Claudio Mutti, un proche associé de Aleksandr Dugin et fondateur de la Société d’amitié italo-libyenne pro-Kadhafi). Les positions pro-Kadhafi de McKinney ont été diffusée sur la chaîne conspirationniste ‘Global Research TV’ de Michel Chossudovsky, qui participe notamment à la diffusion de la propagande pro-russe. En 2014, McKinney signe une lettre ouverte issue du WWP et adressée aux autorités de Novorossiyan (territoire revendiqué comme ‘’Nouvelle-Russie’’) pour soutenir les membres de Borotba (une organisation stalinienne issue de plusieurs groupes ukrainiens, extrêmement raciste et homophobe, connue pour attaquer des militant·xs de gauche). McKinney se bat contre l’« État profond », composé selon elle du « lobby pro-israélien » et des « ZioCons » (expression favorite de David Duke, néo-nazi ancien leader du Ku Klux Klan). Elle a formé une alliance de type rouge-brune nommée "#Unrig" avec Robert David Steele (un ancien fonctionnaire de la CIA, ouvertement membre d’un mouvement néo-fasciste d’extrême-droite), en soutien à Donald Trump [22].

La même Cynthia McKinney qui viendra apparemment aux RIA 2023 avec pour projet de « contrer l’anarchie de la politique étrangère des USA ». Dans un événement anarchiste, on pourrait s’attendre à ce que le terme « anarchie » ne soit pas quelque chose à « contrer » (ni un mot qualifiant la politique d’un état !), mais vu le profil, il faut s’attendre à tout. Mais surtout, que l’éventuelle venue de cette personne ne soit pas l’arbre qui cache la forêt ! Comme on va le voir, bien d’autres ateliers et personnes plus « respectables » s’inscrivent dans un courant libertarien.

Les libertariens et la « gouvernance »

Ressuscité par le vocabulaire néolibéral, le concept de gouvernance semble réduire la question sociale à une question de gestion. Qu’on y ajoute les termes de “résilience”, “démocratique”, “participatif”, “alternatif”, etc. ne change rien a cette vision technocratique de la société et de sa “bonne gestion”. On entend aujourd’hui le mot « gouvernance » à toutes les sauces (des souverainistes de tous bord aux promoteurs de la mondialisation néolibérale, des libertariens aux « collectifs militants », etc.). Comme si ce n’était pas juste un autre mot pour dire organisation par la domination, et comme s’il existait des « systèmes de gouvernance » non-autoritaires et émancipateurs. Le management ne sera jamais « horizontal » ni « décentralisé ». Il est donc logique que ce terme fourre-tout soit aussi apprécié par les libertariens.

Il y a plusieurs ateliers aux RIA proposés sur le sujet, par exemple, le plus identifiable semble être : Dual Power – building a resilient anarchist society [23] On peut lire dans la description (en anglais) sa volonté de “créer des modèles de gouvernance alternatifs”, des “citoyen.es informé.es et engagé.es”“...Cela pourrait impliquer des plans d’urgence, une gouvernance décentralisée et un accent fort sur la résilience de la société.” etc.

Dans la même lignée, on peut aussi mentionner l’atelier « Aviezer Tucker : Anarchy & Panarchy : a presentation + discussion (in English) » [24] L’atelier semble proposer une présentation de ou avec Aviezer Tucker, un universitaire qui a notamment co-écrit un livre avec Gian Piero de Bellis : “Panarchy : Political Theories of Non-Territorial States”. Ils viennent donc probablement présenter le concept de Panarchie, qui, selon l’abstract de leur bouquin commun est :

"La panarchie est une méta-théorie politique normative qui préconise des États non territoriaux fondés sur des contrats sociaux réels qui sont explicitement négociés et signés entre les États et leurs citoyens potentiels. Le contrat social explicite, ou une constitution, fixe les conditions dans lesquelles un État peut utiliser la coercition contre ses citoyens et les conditions dans lesquelles le contrat peut être annulé, révisé ou autrement supprimé." (traduction de l’anglais)

Rien que le mot panarchie devrait soulever quelques questions. Il est construit avec les mots grecs « pan », qui signifie « tout » et « arkhê », qui signifie « commandement », « pouvoir », « autorité ». Étymologiquement, c’est donc l’exact opposé d’anarchie, composé du a privatif qui signifie « absence de » et « arkhê ».

Les libertariens et leurs prisonniers politiques

A propos de l’atelier « Presentation by the Italian Committee Free Assange + discussion. (+ Free Ross Ulbricht and all the political prisoners) » [25]

Julian Assange a été accusé de plein de trucs (viol, sexisme, racisme, antisémitisme). Il se définit comme libertarien, comme il le dit lui même dans une interview « Il n’est pas correct de me mettre dans un seul camp philosophique ou économique, parce que j’ai appris de beaucoup d’entre eux. Mais l’un d’eux est le libertarianisme américain, le libertarianisme de marché. Donc, en ce qui concerne les marchés, je suis un libertarien, mais j’ai assez d’expertise en politique et en histoire pour comprendre qu’un marché libre finit par devenir un monopole à moins que vous ne le forciez d’être libre. WikiLeaks est conçu pour rendre le capitalisme plus libre et éthique. » [26]

Ross Ulbricht quant à lui (second prisonnier politique défendu par l’atelier) est un homme d’affaire inspiré par des idées libertariennes. Il est actuellement emprisonné pour avoir créé le site d’achat anonyme Silkroad sur le darkweb. On pouvait y acheter tout n’importe quoi en payant en cryptomonnaie (armes, drogues, faux papiers, services, etc). Son site lui a permis de se faire plein d’argent et de devenir multimillionnaire.

On ne sait pas trop ce que tout ça vient faire aux RIA.

Les libertariens et l’argent

Le libertarianisme milite activement pour la création de monnaies alternatives et de systèmes monétaires décentralisés. Aux RIA 2022 et 2023, on voit multitude de propositions d’ateliers sur le sujet…

Voici une liste des ateliers qui ont été proposés, agendés, et parfois renommés ou annulés. Tous sont sur le sujet du crypto-fric, des systèmes monétaires alternatifs et des monnaies alternatives :

Pour mieux comprendre pourquoi on se demande ce que tout ça vient faire aux RIA :

Le libertarianisme soutient que les marchés libres et la concurrence sans entraves favorisent une monnaie émancipée et émancipatrice. Donc déjà..., qu’une telle monnaie puisse exister. Elle serait basée sur le marché, c’est-à-dire que sa création et sa valeur ne devraient pas être déterminées par une force étatique, mais plutôt par les forces de l’offre et de la demande.

Une monnaie alternative reste une monnaie. De l’argent alternatif, de l’argent « naturel » (or, argent, métaux précieux), de l’argent centralisé ou décentralisé « en vrai » ou en virtuel, ça reste de l’argent : c’est un moyen d’échange abstrait. Cela permet de créer et définir les notions de valeur, propriété, richesse au sein du capitalisme, qui, même si pensé comme alternatif, reste le capitalisme.
L’exploitation nécessaire à ce(s) système(s) et les oppressions qui en découlent sont bien réelles.
Une monnaie sans exploitation, ça n’existe pas. C’est un fantasme de bourgeois sans conscience de classe et sans conscience des privilèges sur lesquels tout ça se fonde et sur ceux que cela va créer.

En quoi tout cela serait-il anti-autoritaire ?

L’idée est qu’un système monétaire non-étatique (comme pensé par l’anarcho-capitalisme notamment) ou un système de « gouvernance » avec une intervention minimale de l’état (et basé sur la liberté individuelle et la propriété privée) serait le contexte idéal pour une monnaie « libre ». Symétriquement, une monnaie « libre » permettrait de faire émerger des systèmes de gouvernance « moins » autoritaires, voir carrément libérateurs.

Nous, nous pensons que la monnaie génère du pouvoir et permet justement de faire exister des systèmes et structures de domination, qu’elle soit sous la forme de propriété, de liquidité, de dépôts bancaires régulés et créés au niveau étatique ou qu’elle soit sous forme de cryptomonnaie décentralisée. Décentralisée, mais pourtant bien dépendante d’une multitude de ressources humaines et non-humaines et donc génératrice de système dominateur et oppressif. Entre autres, nécessaire pour faire clignoter votre porte-feuille de cryptomonnaies : des tonnes de matières premières très réelles qu’on ne va pas aller extraire soi-même avant de cliquer sur « acheter », le tout derrière son écran construit par on ne sait quel.le humain.e exploité.e on ne sait où mais qui recevrait son salaire en cryptomonnaie non régulée par l’état, donc tout-va-bien.

On est pas d’accord parce que prétendre qu’une monnaie puisse être bénéfique, voir émancipatrice, c’est refuser de critiquer les fondements du capitalisme et ses relations sociales et entre autre, la propriété privée, le travail et la marchandise.

Des workshops vantant les possibilités anti-autoritaires d’un système monétaire aux RIA à coup de Blockchain et cryptomonnaies ultra techno-dépendantes, là aussi, tout va bien.. ?

A voir les propositions de certains ateliers, et la forte présence de personnes connues et reconnues pour leurs positions et leurs activités libertariennes, ça donne l’impression qu’il y a comme une tentative d’inscrire les différents courants libertariens (anarcho-capitalisme, agorisme, panarchie, etc.) dans l’histoire présente et future de la pensée et de la pratique anarchiste. Faire passer la pensée libertarienne pour une pensée libertaire, ça fait flipper ! Par exemple, l’idée des plateformes « Beyond Anarchy 2023 » [40] créées par Gian Piero de Bellis, est de « relancer l’action anti-autoritaire de manière coordonnée, à l’image de ce qu’avaient préconisé les participants au Congrès anti-autoritaire de 1872 ».

Tendances technophiles

On ne va pas redire ici pourquoi les problèmes sociaux ne pourront jamais êtres résolus par des solutions technologiques. On ne va pas non plus refaire la critique des « expert.es » qui prétendent savoir mieux que nous quels sont nos problèmes et comment les résoudre. On ne refera pas non plus la critique du mythe progressiste qui prétend qu’on va toujours vers le mieux. Depuis combien de temps les promoteurs des OGM nous ont promis d’éradiquer la faim dans le monde ? Que les promoteurs du nucléaire nous parlent d’une technologie propre et sans danger ? Qu’internet est un formidable outil de démocratisation ? Non, la technologie n’est pas neutre, elle est dans les mains de celleux qui ont le pouvoir de la créer, et de celleux à qui elle profite. Faut-il aussi répéter que les technologies issues d’internet ne sont pas dématérialisées ? Qu’il y a besoin d’un maillage de câbles, de fibre optique, d’antennes-relais, de transformateurs qu’il faut fabriquer, entretenir et sécuriser ? Qu’il faut de l’énergie pour créer de l’électricité, pour la transporter, qu’il faut creuser des mines, extraire des métaux ? Et que pour ça des personnes sont exploitées et des territoires dévastés ? Qu’il faut déplacer des populations, mener des guerres ? Cette prétendue dématérialisation est en fait très matérielle. Les personnes touchées par le conflit lié au coltan qui ravage la région du Kivu au congo depuis des années ou celles touchées par les conflits autour des mines de lithium au chili en savent quelque chose.

Et les technologies devenant toujours plus complexes et hors de portée des individuexs (sans même parler de leur fabrication), des expert.es de tous poils viennent nous expliquer comment tout cela est pour notre bien, ou pourrait l’être, pour autant qu’on les écoute. Comme on l’a vu, dans le programme de ces RIA, on trouve plusieurs de ces experts (reconnus ou autoproclamés), qui détaillent dans leurs schémas et théories de laboratoire des plans pour une nouvelle organisation sociale (démocratique, citoyenne, « anti-autoritaire », « anarchiste » ou autre).

L’atelier « Living cities and civics » [41] en est une caricature assez édifiante. Voici sa description (traduite de l’anglais) qu’on trouve dans le programme des RIA, dans laquelle la mention des différents titres du Monsieur occupe la moitié de la place : « Matthew Skjonsberg est directeur associé du Future Cities Laboratory Global (FCLG-ETHZ), coordinateur du programme doctoral "Research Methods in Landscape and Civic Design" de l’Institute of Landscape and Urban Studies (LUS-ETHZ) et chargé de cours sur le design civique et la santé publique (MscLA-ETHZ). La discussion qui suivra la présentation portera également sur le concept de civisme et sur les modes de vie alternatifs dans les environnements de vie (en plusieurs langues). »

Autre exemple, avec l’atelier « Systemic playing towards anarchy » [42], qui peut paraître sympa à première vue mais qui soulève quand même quelques doutes. En effet, Evo Busseniers est notamment affilié.x.es au Global Brain Institute, au sein duquel Evo a effectué sa thèse de doctorat. Le « Global Brain » est une conception du monde inspirée des neurosciences pour qui l’interconnexion des humains et des machines (issues des technologies internet de l’information et de la communication) constituerait une forme de « cerveau global », avec son système nerveux, ses connexions neuronales, etc. Cette vision organique et totalisante des relations humaines est en soi assez flippante. Le Global Brain Institute, qui propose de développer cette « intelligence globale » a pour mission de « [...]nous orienter efficacement vers une intelligence collective qui nous permettra de nous attaquer à des problèmes mondiaux trop complexes pour les méthodes traditionnelles. » [43] C’est assez clair : les « problèmes mondiaux » sont trop complexes pour des cerveaux humains (et y’a plus qu’a attendre le jour où ce cerveau global décidera de mettre fin à l’oppression !). Si ces « problèmes mondiaux » sont la misère et l’exploitation, et que les technologies de l’information et de la communication sont un des moteurs actuels de la croissance capitaliste, que peut-on espérer de ces technologies ? Après, si les problèmes mondiaux sont « comment continuer à dévaster la planète et redonner un coup de jeune au mythe du progrès pour continuer à ce que rien ne change », alors oui, le « cerveau global » est peut-être la solution. Et, faut il encore rappeler que sur cette terre, pas tout le monde a accès aux mêmes ressources, par exemple un smartphone et une connexion internet ?

On pourrait aussi parler de l’atelier « agro-labs » [44] proposé par citrusgenetics.org, une entreprise fondée par le chercheur en biologie moléculaire Christos K. Kotakis, qui travaille notamment sur la « bioénergétique de l’ARN » et « son application en bioélectricité pour la construction d’une nouvelle génération de cellules photovoltaïques » [45]. L’entreprise citrusgenetics possède 15 hectares de terrain agricole, un parc agro-industriel avec 900 m2 de bâtiments, des serres et un laboratoire pour de recherches en biotechnologies [46]. On n’avoue ne pas vraiment avoir compris ce que c’est et comment l’entreprise se finance. Toujours est-il que ça fait longtemps que des paysan.e.xs, des anarchistes et des mouvements écologistes radicaux, se battent contre les biotechnologies et les OGM en particulier, qui sont la plupart du temps financées par les géants de l’agrochimie. Que ce soit des chercheureuses « indépendants » qui mènent ces recherches ne change rien au fait que le savoir agricole et l’amélioration des plantes est un savoir millénaire, qui doit rester dans les mains des paysan.xes, et pas des expert.es de laboratoire. Dans le cadre de l’agriculture, les biotechnologies ne font que déposséder encore un peu plus les personnes qui pourtant nourrissent la planète.

Et un dernier exemple pour rigoler : l’atelier “Game Play as Extinction Solution” [47] de Philip McMaster, ancien enseignant en écoles de commerce, qui a de très nombreux surnoms : SustainaClaus (jeu de mot avec « Santa Claus » et « sustain », en anglais « père noël » et « durable »), Santa of Sustainability, Professor P, Professor Planet, DaLong… Il se présente comme « co-fondateur » (mais on dirait qu’il n’y a que lui en fait) de ConscienceLand, de « Republic of Conscience », du « mcMaster Institute » et de plein d’autres trucs avec des noms similaires.

Il se présente comme « Change ambassador for benevolent A.I » et a l’air d’être à fond sur les technologies comme outil pour sauver le monde et aussi pour la « durabilité ». Il veut utiliser l’intelligence artificielle pour aider à « lutter contre le changement climatique » et la « fin du monde » (sic), et les cryptomonnaies pour financer la dite lutte. Il propose une sorte de concept/mouvement, le principe des Three finger, les trois doigts (avec un signe de 3 doigts levés) qui signifierait les trois concepts : SDG + ISR + CSR :

SDG : Sustainable Development Goals = objectifs de développement durable (= les 17 objectifs définis par l’ONU pour sauver le monde d’ici 2030)
ISR : Socially Responsible Investment = investissement socialement responsable (= développement durable dans les placements financiers)
CSR : Corporate Social Responsibility = responsabilité sociétale des entreprises (= prise de position volontaire d’entreprises qui souhaitent faire gaffe à leur image sociale et écologique)

A tout ça on rajoute une dose de punchlines et concepts genre Freedom-is-my-nationality, de spirit à tout va, de love, de méritocratie, et autres bidules. Par exemple, son idée de cryptomonnaie « carring currency » (« monnaie du cœur » quand il le francise), une cryptomonnaie qu’on recevrait en récompense à chaque « bonne action pour le climat ». Il appelle ça le « crédit social universel ». Dans l’idée, c’est pour les consommateuricesx mais aussi pour les entreprises qui font des choix « durables » et pour les « technologies durables ».
En résumé c’est une personne qui croit aux principes ONUsiens en matière d’écologie mais n’est pas content que ça ne soit pas respecté, donc milite en allant aux différents forums et sommets se prendre en photos avec tout le monde faisant son signe des trois doigts et croit que certaines technologies peuvent devenir « benevolent » (bienveillantes) et aider à lutter pour sauver le monde.
En ce qui concerne le workshop aux RIA “Game Play”, si on a bien compris, ça semble être un GN (jeu de rôle Grandeur Nature, en anglais c’est LARP) qui servirait à comprendre comment atteindre les 17 buts définis par l’ONU pour 2030, à travers l’application de « extinction solution » qui est en gros , son concept de mise en pratique de tout ça pour y arriver !
Bref... c’est un bon exemple que les différentes saveurs du libéralisme peuvent très bien cohabiter dans un monde capitaliste : techno-progressisme, spiritualité new age, citoyennisme, etc.

Tendances new age

Cet été, on pourra peut-être payer son verre en FairCoin (cryptomonnaie « écologique et résiliente », notamment défendue par Chris Zumbrunn) à l’espace noir (espace « libertaire » dans la ville de St-Imier) [48], et sûrement ailleurs à « prix libre et conscient », ou bien se confectionner un menu énergétiquement équilibré lors de l’atelier « alimentation consciente » [49]. S’échanger ensuite quelques mots doux entre girafes à l’atelier « communication non-violente » [50], ou se battre pour la paix à l’atelier « PlayFight » [51] qui invite à « une connexion profonde » avec son « soi primitif » ou sa « nature intacte », à « un voyage personnel et une expérience tribale », à s’entraîner au combat « en pleine conscience », « tels des guerriers et guerrières du cœur pour mettre fin à la violence et développer la paix intérieure ». Sérieux, what the fuck ? Une alimentation « consciente »... de la déforestation, de la désertification, de l’exploitation par l’agro-industrie ? Non, dans l’esprit New Age, ça veut dire « conscient par rapport à soi et à son propre corps », mais ça écarte la prise de conscience et la critique des violences systémiques.

Le New Age, une spiritualité contemporaine

On voit autour de nous se banaliser les mots « énergie », « pensée positive », « pleine conscience », « karma », « intuition », « résilience », « bienveillance », « taux vibratoires », « potentiel humain »,… qui sont des concepts à relier au New Age, un ensemble de croyances nées dans le contexte occidental alors en cours de sécularisation et d’industrialisation. C’est une néo-spiritualité qui s’appuie paradoxalement sur des justifications pseudo-scientifiques, malgré qu’elle se soit construite en réaction au matérialisme et à la raison instrumentale qui accompagnent le développement industriel. Héritière directe du spiritisme, elle vient de la pensée occultiste, qui veut faire de l’humain·x un dieu sur terre, en utilisant les science modernes et en les réinjectant d’autres significations, pour prouver sa pertinence. L’occultisme vient d’un désir de réconcilier les découvertes de la science moderne avec une vision du monde religieuse, mais débarrassée des traditions spirituelles anciennes. Dans ses tendances plus conservatrices, liant le territoire et l’identité, il a nourri les mouvements Lebensreform ou völkisch, jusqu’à aujourd’hui. L’idéologie New Age est ainsi profondément euro-centrique, avec des éléments racistes et orientalistes, c’est un syncrétisme qui emprunte et mélange des origines bouddhistes et hindouistes inventées ou réinterprétées, et qui se réapproprie des systèmes de divination (comme l’astrologie, le magnétisme, etc.) pour accéder à des réalités supérieures. Aujourd’hui, au travers de ses divers courants, cette forme de pensée magique imprègne de nombreux espaces et secteurs d’activité (par exemple à travers l’un de ses courants réactionnaires les plus fort du moment : l’anthroposophie, sa médecine et sa gamme weleda, son agriculture biodynamique et ses produits demeter). Comme idéologie individualiste et libérale, elle constitue un terreau fertile pour une réforme du capitalisme qui convient parfaitement aux tentatives de greenwashing actuelles : en faisant porter la responsabilité à chaque individu·x de se changer soi-même pour transformer le monde, elle soutient la conception de l’humain·x comme « consomm’acteur » avec pour seul horizon d’auto-détermination un « choix » marchand individuel entre quelques gestes éco-citoyens.

Le New Age, en plus d’être un conditionnement idéologique compatible et nécessaire à la survie du capitalisme mondialisé, est porteur d’un énorme business. Il ouvre de nouveaux marchés à l’infini, au fur et à mesure que s’étendent et s’aggravent le désancrage social, la détresse psychique, l’anxiété, l’épuisement physique, l’intoxication et les maladies chroniques, la dépendance aux technologies, etc. Sur une planète asséchée, on voit alors fleurir stages et enseignements (en présence ou sur internet) payants (NB. la CNV est une marque déposée) ; coaching de vie (privé ou imposé aux employé·xs par les entreprises) ; thérapies « alternatives » naturelles (homéopathie, naturopathie, etc.) ; produits de consommation (dispositifs anti-ondes électromagnétiques, nourriture ‘’karma’’, tisane de sauge du jardin estampillée Weleda, etc.) ; services de voyance et de médiumnité ; etc.

En observant un peu plus loin, on voit aussi que ce logiciel de pensée, qui a tendance à fournir une explication des causes par les effets (raisonnement où l’on peut interpréter chaque signe comme une confirmation de ce qu’on pense), ouvre la porte à des visions du monde conspirationnistes.

Pensée occidentale et appropriation culturelle

La spiritualité New Age est imprégnée d’orientalisme (références par exemple à la « tradition hindoue » ou « chinoise », « ayurveda », « sagesse orientale », « yin/yang », « Maître Krishnamurti », etc.). Elle se construit sur différentes formes d’appropriation culturelle où, dans une situation asymétrique en termes de pouvoir (histoire coloniale et domination structurelle), des éléments de cultures autochtones ou d’autres traditions sont extraits de leur contexte culturel et social et pompés de manière sélective par des groupes qui les dominent structurellement. Ils les utilisent ensuite de manière inauthentique pour fabriquer leur spiritualité, et souvent mais pas forcément… les marchandisent. Sous prétexte « d’ouverture au monde », l’appropriation culturelle permet ainsi la perpétuation de ces dominations quasi systématiquement coloniales, voire du colonialisme pur et simple (à travers le tourisme thérapeutique et autres stages organisés dans des « centres » sur des collines achetées par des blanc·hes en Inde, par exemple).

Typiquement, les notions de « primitivisme » et de « tribalité », utilisés dans les stages de Playfight comme des projections fantasmées par des personnes blanches en quête de sens, ne sont pas historicisées ou problématisées. Elles s’inscrivent pourtant dans une longue histoire d’expansion coloniale « civilisatrice », annihilant sur son passage tout ce que cet Occident colonial a exotisé et construit comme « primitif » par rapport à lui.

Développement personnel /vs/ anarchie

La pensée New Age a tendance à réduire des problèmes complexes à des explications simplifiées, qui permettent d’avoir prise sur des situations pas faciles, de leur donner un sens, ou du moins de s’en détacher (par exemple, la difficulté à se faire embaucher, qu’on mettra sur le dos d’une « mauvaise influence astrale », ou de « pensées négatives », plutôt que de la relier à toute une flopées de raisons interconnectées, sociales et politiques, racistes, sexistes, lgbtqphobes, classiste, etc.). Ça peut affaiblir la capacité à formuler des solutions politiques à des problèmes, dès lors qu’ils sont vécus comme uniquement personnels et non pas comme inscrits dans une réalité politique, structurelle et matérielle. Ça conduit à une aliénation et à un détournement des luttes, tout en donnant l’impression d’être dans une lutte politique pour sa survie. Ça laisse la place à une individualisation des situations vécues : sentiment qu’elle sont méritées quand elles nous profitent (dénuée de la notion de privilèges) et à sentiment de culpabilité quand elles sont difficiles, négatives, violentes (dénuée de la notion d’oppressions).

Ce qu’on observe autour de nous, c’est que ces croyances transforment la tension anti-autoritaire (la démarche anarchiste de vouloir détruire toute forme d’autorité y compris en soi-même) en une résignation inoffensive et récupérable par l’état, résumée dans la fameuse expression ‹‹sois le changement que tu veux voir en ce monde››, une injonction (infantilisante) au dépassement de soi pour s’upgrader « vers une meilleure version de soi-même ». Ça mène à une politisation à droite, dans le sens où ça tend vers une négation ou une symétrisation des rapports de domination systémiques. Par exemple, plutôt que de politiser le rapport de classe (« fuck ton patron qui suce ta force de travail »), ces techniques managériales de « développement personnels » culpabilisent et poussent à la résignation : « relaxe avec un peu de yoga et va pointer demain matin avec le sourire, et le cosmos te rendra un avenir radieux ». Au fond, toujours la même injonction à « éveiller l’intelligence » et devenir « plus authentique »… pour se sentir mieux. L’imprégnation du new age parvient même à spiritualiser le besoin politique de care, et éventuellement à monétariser la solidarité. On n’a rien contre le fait de prendre soin de soi, bien au contraire, c’est même politiquement nécessaire. Mais le développement personnel, ça n’a rien à voir avec la tension anti-autoritaire.

Risque autoritaire

l existe aussi un risque que les pratiques new age puissent favoriser des formes d’autoritarisme, un risque qui apparaît dès lors qu’une croyance entre dans un système qui prescrit et qui explique à travers une ou des personnes (proches ou distantes). Croire c’est donner du pouvoir-de-savoir-mieux-que-soi-même à un système de pensées, et donner du pouvoir, c’est donner volontairement de sa soumission et de sa confiance en ces croyances. À partir de là, on risque de voir nombre d’opportunistes ou de marchand·xs de misère apparaître pour théoriser ce pouvoir, le vendre, et lui donner corps en le personnifiant.

Communication et idéologie non-violente

Il y a sûrement des outils intéressants à s’approprier sur des bases anti-autoritaires dans les différents courants de la « communication non-violente » (CNV). Mais ça n’est pas qu’une « méthode », et on voudrait rappeler quelques présupposés idéologiques de cet « art de vivre ». Elle est d’inspiration New Age, comme on le voit chez l’un de ses fondateurs Marshall Rosenberg (par ailleurs une personnalité gourou et misogyne), pour qui le processus de CNV, c’est se reconnecter avec une « énergie divine bien-aimée ». Les « besoins humains » (théorisés par un économiste capitaliste membre du Club de Rome) y sont considérés comme universels et « indépendants de tout contexte » dans la théorie de Rosenberg. Ça participe d’une lecture du monde essentialisante, qui puise dans de nombreux mythes en rapport avec un supposé « état de Nature » qui extrait l’individu·x de son contexte social, culturel, historique, politique. C’est pas pour rien que les masculinistes se retrouvent à fond dans la CNV, et la pratiquent dans leurs cercles de parole, où la construction de leur masculinité n’est plus remise en cause, où leurs interactions (violentes) avec des personnes socialisées comme femmes* sont abordées indépendamment des rapports sociaux qui les lient. On considère au contraire qu’il est nécessaire de politiser nos réalités individuelles, c’est-à-dire de les situer dans l’ensemble des rapports de pouvoir qui structurent le monde social.

L’idéologie contre-révolutionnaire de la « non-violence » ramène la discussion à l’opposition abstraite et décontextualisée « violence/non-violence », qui masque les rapports de force entre dominant·xs et dominé·xs. Elle s’appuie sur une histoire écrite par les puissant·xs, et une falsification dégueulasse de l’histoire des luttes. Le positionnement « non-violent » est réservé à des personnes qui occupent une position sociale privilégiée, et qui ont le pouvoir de définition de ce qui l’est ou ne l’est pas. Il procède de l’exotisation de la colère et des luttes, d’une vision paternaliste et raciste qui pose la culture démocratique blanche occidentale comme point de référence qui condamne « la violence » autour d’elle, tout en s’extasiant de certaines formes de luttes suffisamment lointaines. Dire que la non-violence est une idéologie de dominant·xs, ça ne veut pas dire qu’on fétichise « la violence ». La violence est déjà là, elle est quotidienne, elle est dans la hiérarchie sociale, elle est dans les dispositifs de contrôle et de maintien de l’état. Il faut lire Angela Davis et Assata Shakur depuis la prison, Audre Lorde sur la colère des femmes* noires, il faut se rappeler Mike, Hervé, Nzoy. Qui peut dialoguer gentiment comme des girafes avec l’oppresseur·x et quand est-ce que ça a jamais renversé quoi que ce soit. Mon mec est un violeur mais lui aussi a des besoins. En suisse est votée la loi ultra-répressive et islamophobe LMPT (loi sur les mesures préventives en matière de terrorisme), pendant ce temps-là les anti-autoritaires se réunissent pour s’entraîner à la communication non-violente.

La CNV focalise sur la forme, au détriment du contenu. Elle stigmatise le conflit comme l’expression d’un truc négatif, dont on devrait se débarrasser. De notre côté, on ne veut pas écarter la colère, on pense qu’il est nécessaire de faire vivre le désaccord politique. Politiquement, le conflit peut être conçu comme l’expression d’une confrontation de vécus qui ne sont pas au même plan, en terme de pouvoir. Le conflit est fertile, il ne faut pas l’écarter mais le politiser.

Tendances effondrementalistes

(chapitre largement inspiré du texte et des références proposées par Ruth Paluku Atoka et Jérémie Cravatte)

Comme si ça suffisait pas que des capitalistes libertariens se tapent l’incruste, il faut que les collapsos ramènent leur « science » (présentation du livre "Comment tout peut s’effondrer : petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes" [52]). Parmi les différents récits de l’effondrement, le choix de celui de Pablo Servigne (ingénieur agronome) et Raphaël Stevens (éco-conseiller diplômé d’une école de commerce) nous fait réagir. Ces deux autoproclamés « experts » s’inquiètent de l’avenir des classes moyennes des pays industrialisés et de l’impossibilité de poursuivre leur mode de vie. Les collapsos appellent ça la fin de "notre" civilisation (industrielle et basée sur les énergies fossiles), autrement dit la fin DU monde, et il s’agirait désormais d’apprendre à en « faire le deuil ». S’appuyant sur le scientisme ambiant, les collapsos prétendent avoir inventé une « discipline scientifique » (dont l’un des pilier est d’ailleurs « l’intuition »…), mais ce n’est pas une science, c’est un récit situé et politiquement orienté. C’est une vision apocalyptique, scientiste et nombriliste, partant d’un point de vue blanc, occidental, valide, urbain, masculin, hétéro, et qualifié/éduqué, où encore une fois dans l’histoire, une classe occidentale privilégiée s’autoproclame justicière (climatique) et porte le fardeau de devoir sauver le monde. On est censé·x s’inquiéter qu’ils s’inquiètent de la fin de leur monde ?

Mais pour « les autres » humain·xs, qui n’existent pas dans ce système de pensée occidentalo-centré sauf à des fins utilitaristes (et sauf quelques exceptions selon les auteur·ices), la catastrophe est là depuis longtemps et la survie est un combat réel. L’extermination des populations autochtones pendant la colonisation, leur mise en esclavage, la destruction de leurs espaces vitaux à des fins d’exportation vers l’europe, la pollution et l’empoisonnement de l’air et des sols dans les pays colonisés ou dans les quartiers pauvres et non-blancs, ça fait un bail que ça existe. Tout le monde n’est pas touché de la même manière par la pollution et les dérèglements climatiques, selon nos ressources matérielles, nos connections sociales, nos états de santé, accès aux soins, au logement, etc. Il y a une ségrégation qui permet aux classes sociales les plus favorisées de conserver pour un temps leur coin de planète et de « se préparer », tout en pillant le reste de vie qui persiste autour. C’est l’écologie des riches qui efface la rupture coloniale, et pendant ce temps-là, les autres qui sombrent, ils s’en foutent.

Sous prétexte d’objectivité scientifique, les discours de l’effondrement naturalisent l’ordre social capitaliste en amalgamant des changement écologiques ou climatiques irréversibles avec des mécanismes socio-politiques par définition changeables mais présentés comme inéluctables. Ils entretiennent par ailleurs une confusion avec leurs notions fourre-tout (le « tout » peut s’effondrer n’est pas bien défini) – si la biodiversité disparaît effectivement et qu’on assiste à une irrémédiable extinction de masse, le capitalisme fossile, lui, a encore de beaux jours devant lui. Ils participent à une réécriture hégémonique de l’histoire, où les exemples qu’ils mobilisent sont en réalité des sociétés qui ne se sont pas « effondrées », mais des populations qui ont été agressées, extorquées ou détruites (raids esclavagistes, destruction des zones cultivables et habitables, destructuration de la paysannerie, etc.). Et c’est ce qui continue à se produire avec la raréfaction des ressources. Comme le dit Jérémie Cravatte, « les sociétés actuelles ne se définissent pas par cette seule caractéristique thermo-industrielle mais aussi, ou surtout, par l’accumulation du capital au moyen de l’accaparement par dépossession. (…) Pour se perpétuer, le capitalisme a besoin du colonialisme, du patriarcat et du productivisme. Ensemble, ils forment les piliers de « notre civilisation », piliers qui ne sont pas en train de « s’effondrer » (et qui ne s’effondreront pas tous seuls) mais plutôt de se renforcer. » L’état, sa police, sa justice, c’est la même. Maintenant comme jamais, la répression s’intensifie contre les mouvements écologistes et anti-colonialistes, de défense des territoires, contre l’extractivisme, la déforestation, etc. La collapsologie se présente comme un imaginaire de rupture, mais de ceux qui effacent l’histoire et invisibilisent les résistances passées et présentes contre la domination.

Les discours collapsos sont pour la plupart récupérables par des propositions réactionnaires, ce n’est pas un hasard, et ils s’en inspirent parfois eux-mêmes sans les nommer. La (prétendue) fin de la civilisation occidentale fait écho au mythe raciste du « grand remplacement », avec pour réponse un repli identitaire. Stevens et Servigne invitent dans leurs livres à se « ré-ensauvager » (figure du « sauvage » non questionnée) et à « renouer avec nos racines profondes », s’inspirant des archétypes racistes du psychiatre antisémite Carl Jung, pétri de mythologie nordique et proche du nazisme. Ils célèbrent le « masculin sacré » et plaident pour des rituels initiatiques masculinistes qu’ils pratiquent eux-mêmes avec d’autres « nouveaux guerriers » lors de weekends organisées par le ManKind Project. Ils rendent hommage à Joanna Macy, inspiratrice de l’éco-psychologie et fondatrice de la Fondation Findhorn, un « écovillage » ésotérique new age. Ils appellent à des alliances aveugles, notamment avec des survivalistes d’extrême-droite, et propagent les thèses de l’ingénieur complotiste, homophobe et xénophobe Dmitry Orlov. Ils envisagent aussi sincèrement le « déclenchement d’un véritable effort de guerre », en célébrant de « grands récits » militaristes : « tout cela fait vibrer le sens du sacrifice, de l’héroïsme, de la défense des valeurs sacrées, d’une identité, d’un territoire ». En attendant la guerre, en bons conseillers du Prince, ils collaborent avec les autorités et monnayent leurs conseils de gouvernance technocrate (auprès du ministère de l’économie à Bercy ; de fédérations patronales en suisse et en belgique ; d’institution en charge du nucléaire ; etc.).

Pour toutes ces raisons, et même s’ils participent à la diffusion de certains constats dramatiques sur la situation écologique, ces discours sont désarmants. D’ailleurs selon eux, c’est « une situation inextricable qui ne sera jamais résolue, comme la mort ou une maladie incurable ». Il n’y a pas de solution, alors la perspective proposée est de « survivre » et de « s’adapter » (résilience), en attendant l’événement purificateur et la « renaissance », au lieu de s’attaquer ici et maintenant aux responsables du désastre, qui entretiennent et tirent profit du système capitaliste, raciste, sexiste, validiste.

… La dose de violence assumée pour se permettre de prôner un « happy collapse ».

Pour ne pas finir...

À part ce méli-mélo aux tendances conspis, validistes, libertariennes, capitalistes, effondrementalistes, ésotériques et technophiles, y aura sans doute plein de chouettes ateliers. On a envie de se rappeler de ce que pourraient vraiment être des rencontres anti-autoritaires, anarchistes et autogérées sans la présence de quelques proprios libertariens prenant beaucoup trop de place et d’ateliers super craignos : un lieu pour se renforcer, se montrer de la solidarité, du courage et de la rage dans nos luttes.

On veut finir la lecture de ce texte en se disant que bon, on ira aux chouettes ateliers et on rira/vomira des autres, mais il y a un truc super effrayant dans l’idée même que tout ça se retrouve à cohabiter avec nos luttes et nos survies. On ne veut pas leur donner de la place, un public, ni l’occasion à elleux de se renforcer, de tisser des liens et de polluer les nôtres.

Comme on l’a déjà dit, ceci n’est pas un appel à ne pas aller aux rencontres de cet été. On voulait juste poser la question de qui s’y rencontre, en fait.

des anarchistes, le 21 juin 2023

Ressources

quelques ressources pêle-mêle qu’on a envie de partager, qui contiennent de nombreux liens vers d’autres ressources. Il faut fouiller et y’a forcément des trucs auxquels on n’adhère pas totalement mais dans l’idée, si on avait eu cette discussion avec un.e pote qui à la fin nous aurait demandé « tu veux bien m’envoyer pêle—mêle des ressources que tu trouves chouettes sur ce sujet et sur les sujets qui gravitent autour de tout ça ? » ben on aurai pu lister ça :

Validisme

Libertarianisme

Complosphères

(dans le sens de « liens entre actualité liée au covid, droite et théories du complot »)

Racisme et colonialisme

Altercapitalisme et extrême-droite

Croyances et mouvements New Age

Colère et dépossession vs non-violence

Récits de l’effondrement

Critique de la technologie et écologie

à propos des tendances écolo-réactionnaires :



[1note sur l’âgisme ambiant : la capacité/volonté de remettre en question l’autorité quelle qu’elle soit (il y en a qui appellent ça « l’ouverture d’esprit ») n’a aucun rapport avec une question générationnelle. Si de « vieux anar’ » décident de penser en termes racistes, c’est qu’iels sont racistes. D’autres ne le sont pas. Et s’il y avait besoin de le dire, il y a plein de jeunes « anar’ » qui sont super réac’s.

[4pareil

[7voici ses différents sites web ou comptes sur les réseaux : https://zumbrunn.com, https://twitter.com/zumbrunn, https://synergiehub.ch, https://github.com/zumbrunn. Il a aussi sa page sur le site de Gian Piero de Bellis : https://panarchy.org/zumbrunn/zumbrunn.html

[21pour plus d’information concernant ce type d’alliances, voir l’histoire des idéologies de type « troisième position »/« third position »/querfronts, qui se pensent généralement comme "ni de gauche ni de droite" et qui synchrétisent des idées conservatrices ou réactionnaires sur le plan culturel, et (prétendument) « anticapitalistes » et majoritairement nationalistes sur le plan économique

[22plus d’info dans l’immense travail de recherche : « An Investigation into Red-Brown Alliances - Third Positionism, Russia, Ukraine, Syria, and the Western Left », 2015 : https://theanarchistlibrary.org/library/vagabond-an-investigation-into-red-brown-alliances
autre source d’infos : https://angrywhitemen.org/2019/03/24/ex-congresswoman-cynthia-mckinney-makes-common-cause-with-white-supremacists/ ; https://en.wikipedia.org/wiki/Cynthia_McKinney ; https://www.holocaustresearchproject.org/essays&editorials/larouche2.html

[32https://organize.anarchy2023.org/event/vjPSNkeTJzeYxPZa3/economy-and-anarchy(RIA 2022 et RIA 2023, le lien d’origine renvoie maintenant a Anti-Autoritaran Money, RIA 2022)
(archive de la page au moment de notre rédaction :
https://web.archive.org/web/20230619074049/https://organize.anarchy2023.org/event/vjPSNkeTJzeYxPZa3/economy-and-anarchy

[34https://organize.anarchy2023.org/event/vjPSNkeTJzeYxPZa3/solidark (RIA 2022, le lien d’origine renvoie aussi maintenant à Anti-Autoritaran Money, RIA 2022)
(archive de la page au moment de notre rédaction :
https://web.archive.org/web/20230619074221/https://organize.anarchy2023.org/event/vjPSNkeTJzeYxPZa3/solidark

[45traduit du grec de leur page facebook : https://www.facebook.com/citrusgenetics/

[46pareil

[49https://organize.anarchy2023.org/course/Jn3HuzMXysbzmoR4w/alimentacion-consciente
(archive de la page au moment de notre rédaction :
https://web.archive.org/web/20230621103844/https://organize.anarchy2023.org/course/Jn3HuzMXysbzmoR4w/alimentacion-consciente
ps : On a une inquiétude liée au crudivorisme dans cet atelier. On ne porte pas de jugement sur une personne qui choisit de manger des aliments crus, chacun·x met se qu’iel veut dans son assiette, mais on fait remarquer qu’il y a une forte présence du crudivorisme dans certains courants naturopathes hygiénistes à tendance sectaire et conspi, type Casasnovas ou Grosjean (qui prétend entre autres foutaises que guérir une gastro peut rendre autiste).

San Francisco Bay Area (USA) : Cher Atlas…

Publié le 2023-06-27 11:10:03

Scenes from the Atlanta Forest / mardi 16 mai 2023

Cher Atlas,

Vous avez peut-être remarqué que quatre de vos camions, dans l’est de la San Francisco Bay Area, ne marchent plus si bien. C’est peut-être parce que, il y a quelques temps, des fées des forêts ont versé de l’eau de Javel dans les réservoirs de vos machines si gourmandes en carburant.
Nous l’avons fait pour venger Tortuguita et la forêt.

xoxo
La Cop City ne sera jamais construite !

Snitch Suzie Savoie Swarmed and Deplatformed in Southern Oregon, (USA)

Publié le 2023-06-27 11:15:03

Snitch Suzie Savoie Swarmed and Deplatformed in Southern Oregon

SPANISH/ESP

On Sunday, April 16, 2023, a group of bee loving environmentalists successfully deplatformed an event that was being led by Green Scare snitch and cooperating defendant Suzanne Savoie. Despite snitching on her ex-comrades in 2006, Savoie continues to worm her way into environmental activist spaces.
Yes, it’s been a longtime but Suzie we have not forgotten! You are an enemy to butterflies, ants and all critters who love the earth.

Suzie was scheduled to give a talk in the Southern Oregon town of Talent about pollinator gardens with her business Klamath-Siskiyou Native Seeds. But Suzie, as an unrepentant snitch and enemy to the environmental movement, is no friend of the bees! Prior to the event, the scene was buzzing with excitement as friendly faces swarmed the location and hung a banner featuring a cute image of The Vengeful, Vengeful Caterpillar announcing “Snitch Suzie NOT Welcome!” At this point, Suzie’s team called the cops — of course! Once a snitch, still a snitch.

As event attendees arrived along with half a dozen police officers, environmentalists fluttered around distributing flyers about Suzie. Some intrepid pollinators were even able to infiltrate and disrupt the event by reading court documents from Suzie’s sentencing about her “extraordinary cooperation” with the state.
Suzie’s talk was scheduled for 1-3PM but she simply could not continue amidst the buzzing, humming and shouting. The event ended over an hour early when a tearful Suzie was escorted to her gray Toyota Tacoma with Oregon license plate 216KPY by multiple police officers. Suzie’s head was hung low… but did she notice that a mischievous moth had placed a flyer about her underneath her windshield wiper?
Once someone has cooperated with the federal government, they may be called on to do so again. If we want a world that is safe for bees, lizards, butterflies, and moths, we must say: no platform for snitches!

source:

Des chansons contre les prisons ♫

Publié le 2023-06-27 11:20:04

Soirée karaoké en soutien aux caisses anti-répression !



DJricane met le feu aux prisons...

Venez chanter juste ou faux mais ensemble jeudi 6 juillet de 18 à 22 h au Geyser, 11 grand rue à Nancy.

Les fonds collectés seront reversés aux caisses anti-répression.

Jauge de 50 personnes / Bar soft, bières, maquillage.

Carapatage #53 : Le prétoir et les peines internes (21/06/23)

Publié le 2023-06-27 11:25:02

Le prétoir ou tribunal interne à la prison, est le lieu qui donne lieu à des peines supplémentaires durant l’enfermement. Donné par l’administration pénitantiaire qui est aussi l’accusatrice par le biais des matons. Peines qui menent tres souvent à des peines de mitard, lieux dans la prisons avec plus de restrictions. Nous parlons de cela avec des temoignages et en evoquant les raisons qui amenent à se revolter mais aussi du fait que parfois à ces peines s’ajoutent des condamnations au pénal qui rallongent la durée d’enfermement.

Télécharger l’émission

Lien vers le podcast

Sommaire

Playlist

Ressources

Philadelphie (USA) : Une machine destructrice de la terre sabotée à Bartram’s

Publié le 2023-06-27 11:30:03

Philly Anti-Capitalist / mercredi 7 juin 2023

Le 1er juin, sous la pleine lune, des gnomes sauvages ont versé du gravier dans le système de lubrification d’une machine destructice de la terre – en la paralysant avant qu’elle ne tue encore plus l’habitat sauvage post-industriel de Bartam’s [parc dans le sud-ouest de Philadelphie ; NdT]. Le but de cette machine destructrice de la terre et des promoteurs qui l’emploient est de raser le terrain, de tuer et de déplacer toute vie sauvage et libre de ce secteur, dans le but de faire de l’espace pour le Biotec Campus, qui vend une version aseptisée de la vie. Cette vie inclut la torture des animaux non-humains et le déplacement d’humains et de non-humains, pour ses allées en béton et ses bâtiments en acier.

Nous nous opposerons à toute chose qui détruit [la terre ; NdT], à chaque instrument de pouvoir et de développement qui essaye de capturer, de tuer, de torturer et de déplacer nos vie à nous tou.tes. Les zones sauvages, les arbres, les animaux non-humains et humains ne seront pas faciles à écraser au bulldozer.

Santiago (Chili) : Sabotage de cadenas et de serrures d’églises, et de commerces impliqués dans l’exploitation et la mort d’animaux

Publié le 2023-06-27 11:35:04

Contra Info / vendredi 12 mai 2023

Nous, des individualités affins, avons décidé de rendre inutilisables, en les scellant, des serrures et des cadenas de centres de commercialisation de produits d’origine animale, une industrie qui s’enrichit avec la mort et l’exploration d’animaux non humains.

En plus, nous avons décidé de sceller et de dégrader des églises.

Les lieux sabotés se situent dans la zone ouest, centre-nord et centre-sud de la ville de Santiago.

Parce que nous nous opposons à toute autorité.
Continuons avec la solidarité antispéciste, jusqu’à la destruction de toutes les prisons !

Valcarca (Espagne) : Signaux de fumée en solidarité avec Mónica et Francisco

Publié le 2023-06-27 11:40:04

Indymedia Barcelona / mardi 20 juin 2023

Cette année, nous avons décidé d’avancer les festivités de la Saint-Jean à la nuit du 18 juin. L’objectif que nous avons choisi pour l’occasion a été une voiture de la société d’électricité Endesa.

Nous considérons nécessaire d’identifier les responsables du désastre, de la dévastation et du pillage de grands territoires, qu’ils provoquent par leur activité d’extraction, comme on peut le voir en Argentine, où la police réprime les manifestant.es qui veulent empêcher la construction d’une mine de lithium.

Le secteur de l’énergie est lui aussi responsable de la construction de la prison où nous vivons enfermé.es : la civilisation. Il est celui qui alimente et donc permet le bon fonctionnement et l’expansion de leurs machineries et celui qui, par son réseau gigantesque, maintient l’anesthésie généralisée, avec ses moyens de divertissement et de contrôle, crées par les médias de masse et les instruments de communication.

Face à tout cela, notre réponse est claire : attaquer, saboter et détruire toutes les formes dans lesquelles se manifeste le pouvoir, non pas au nom de la grande promesse d’un avenir meilleur, mais parce que nous ne pouvons pas supporter de vivre cette vie imposée qui essaye de faire de nous des citoyen.nes dociles. Nous n’allons pas subir leurs coups sans réagir et nous n’avons pas besoin de la certitude d’aucun grand contexte révolutionnaire, qui, au final, ne représente que la justification politique de la suspension de l’action, par la promesse d’un futur qui n’arrivera jamais. Parce que c’est dans nos attaques, qui font irruption soudainement et violemment dans la normalité, que nous trouvons le plaisir de la liberté.

Par cette action, nous aimerions envoyer une accolade chaleureuse aux compas anarchistes Mónica et Francisco, qui se trouvent derrière les murs, à cause de l’État chilien. Le 18 juillet prochain il y aura leur procès, auquel participera aussi la police espagnole, à cause de leurs actions sur le territoire occupé par l’État espagnol.
En cette époque dominée par la paix sociale, nous invitons, par l’action, à la propagation de la flamme noire de la praxis anarchiste.

POUR LA DESTRUCTION DE TOUTES LES PRISONS ET DE LA SOCIÉTÉ QUI EN A BESOIN !
CONTRE LE TECHNO-MONDE ET LA CIVILISATION !
PARCE QUE LE CONFLIT C’EST MAINTENANT ET L’INSURRECTION EST PERMANENTE !
MORT A L’ÉTAT ET VIVE L’ANARCHIE !

Récit de la garde à vue du 05/06 à Lyon dans le cadre d'une enquête sur le sabotage d'une usine Lafarge

Publié le 2023-06-27 11:45:08

Lundi 5 juin, à travers la France, une quinzaine de personnes sont perquisitionnées et interpellées, accusées d’avoir participé à l’« invasion-sabotage » de l’usine Lafarge de Bouc-Bel-Air (13, Bouche-du-Rhône), le 10 décembre 2022, dont les dommages sont estimés à hauteur de 6 millions d’euros. Nous rédigeons ce communiqué alors que, le mardi 20 juin, 18 personnes ont de nouveaux été arrêtées dans des conditions similaires.

Ci-joint une cagnotte afin d’aider tout.es les militant.es qui font face à la représsion de ces dernières semaines : https://www.helloasso.com/associations/cacendr/collectes/caisse-de-solidarite



Nous sommes des proches de la personne arrêtée à Lyon, et comme les proches des interpellées de Montreuil [1], nous allons faire ici le récit de l’interpellation de notre camarade.

Nous décidons d’intervenir aujourd’hui en publiant ce texte afin de mettre en lumière les méthodes employées par l’État et ses chiens pour mater tout ce qui semble lui faire opposition ; pour rendre publique le récit d’une expérience qui nous concerne toutes et tous.

1. Perquisition

Lundi 5 juin, 3 flics sonnent à la porte de l’appartement de notre camarade à 6h du matin, la porte leur est ouverte – se présentent deux gendarmes de Marseille et un troisième qui dit être lyonnais sans préciser le service auquel il est rattaché. Rétrospectivement, notre ami a émis un doute sur la provenance de ce dernier ; doute alimenté, plus tard, par des remarques faites à la volée qui révèlent une méconnaissance de la ville. Parmi les 2 personnes présentes dans l’appartement, l’une est recherchée, l’autre est soumise à un contrôle d’identité avant d’être autorisée à partir avec son ordinateur à condition de le déverrouiller afin de « prouver qu’il lui appartient ». Suspectant la méthode, elle refuse : on ne peut pas faire confiance à la police. Son ordinateur est finalement saisi avant qu’elle ne quitte l’appartement.

S’ensuivent 2h30 de fouille minutieuse de l’appartement. L’un des gendarmes s’occupe de l’administratif, l’autre fouille l’appartement et le "lyonnais" prend des photos :
- Ils fouillent les canapés, les déhoussent, retournent les matelas, tirent chaque meuble jusqu’aux derniers tiroirs, inspectent toute la vaisselle, vident les paquets de pâtes et les bocaux fermés ;
- tous les supports numériques de l’appartement sont saisis sans exception : ordinateurs, clés USB, téléphones, disques durs, même les emballages des cartes SIM ;
- ils inspectent chaque livre, chaque carnet comme s’ils cherchaient des inscriptions ou des informations dissimulées. Saisissent les livres aux titres les plus « aguicheurs », comme Insurrection 1977, ou Investigation et téléphonie mobile : un guide à l’usage des avocats de Haurus, embarquent tous les livres présents en plusieurs exemplaires (ils demandent au camarade s’il en fait commerce).
- Ils fouillent les papiers administratifs, regardent attentivement les tickets de caisse, semblent vouloir créer un lien avec la ville de Marseille. Par exemple, en tombant sur un contrôle technique provenant du garage **** ils s’exclament « Ah mais y’en a un avec le même nom à Marseille ». En revanche, ils n’ouvrent pas les lettres postales fermées.
- Chaque vêtement est scrupuleusement inspecté. Le matériel de protection de chantier (masque, gants) est saisi ; ils prennent aussi des lunettes de piscine, des casques de moto, des gants de ski : en somme, tout ce qui pourrait permettre de constituer le profil (ici, disons le style) du « black bloc ».
- Ils cherchent des tote bags et semblent très satisfaits lorsque qu’ils en trouvent un (« Ah ! Encore un tote bag ! »)

Tout ce qui n’est pas perquisitionné est pris en photo et une partie de la saisie sera rendue à la fin de la garde à vue, ils conserveront uniquement le matériel informatique chiffré, matériel dont notre ami a évidemment refusé de donner les codes. Les clés USB non-chiffrées sont passées en revue une par une puis, faute d’informations intéressantes à leurs yeux, elles lui seront rendues à l’issue de la garde à vue.

Pendant la perquisition, les gendarmes posent des questions auxquelles le camarade essaye de ne pas répondre (leur sont donnés des haussements d’épaules, des pets de bouche et des gestes d’incompréhension). Globalement, ils alternent entre questions anodines, questions en lien direct avec l’enquête, questions de profilage "on vient pour l’affaire de l’usine Lafarge, tu vois de quoi je parle ?" [première question posée à leur entrée], "Est-ce que tel ou tel objet est à toi ?", "Qu’est-ce que c’est ça ?" [en montrant les objets qu’ils prennent], "Tu vis avec qui, t’es en coloc ? Tu fais quoi comme métier, comment tu payes ton loyer ?"

Le camarade n’est pas menotté pendant la fouille. Les policiers agissent calmement,sans provocation, en suivant minutieusement la procédure. Enfin, ils ferment l’appartement à clé et embarquent notre ami en lui demandant "personne d’autre a la clé de l’appartement ?", question à laquelle il ne repond pas.

2. Garde-à-vue et auditions

Arrivé à la caserne militaire de Perrache, le camarade est laissé dans un hall surveillé par un gendarme présent lors de la perquisition. Ce dernier tente de le « rassurer » en jouant le flic sympa en lui donnant des conseils du type « T’inquiète, c’est pas la peine de parler, on a déjà tout ce qu’il nous faut. On sait que tu parleras pas et c’est pas grave, on a ce qu’on veut. On veut que ça se passe vite pour rentrer chez nous [à Marseille] le plus tôt possible ». À ce moment là, notre ami ne sait pas s’il va être transféré à Marseille ou s’il va rester à Lyon. Il est emmené en cellule et restera à Lyon tout le long de la GAV.

Les chefs d’inculpation sont les suivants (les faits reprochés permettent l’utilisation des moyens d’enquêtes anti-terroristes.)
- Détérioration du bien d’autrui par moyen dangereux, avec la circonstance aggravante de « bande organisée », cette qualification fait de cette procédure une procédure « criminelle » ;
- Association de malfaiteurs formée en vue de la commission d’un délit puni d’au moins 5 ans d’emprisonnement

Après avoir signé des papiers, les gendarmes demandent à notre camarade s’il souhaite un avocat. Selon les gendarmes l’avocat souhaité est indisponible "ça sera sûrement un commis d’office", pourtant, c’est bien l’associée de l’avocat désigné qui se présentera plus tard.
On lui demande aussi s’il veut voir un médecin, il répond que oui et au moment de la consultation, demande au médecin des anxiolytiques pour dormir. Le medecin lui prescrit un Xanax matin midi et soir, la prescription est rigoureusement respectée par les policiers durant la GAV, qui vérifient que les pilules sont ingérées. Le camarade réussit à en prendre uniquement le soir, pour s’aider à dormir sans être stone au moment des interrogatoires.
On ne lui propose pas à manger le soir, le matin on lui dira "On ne peut pas savoir que tu as faim si tu ne nous parles pas."

Quatre ou cinq auditions de durées différentes ont lieu durant les 38h, toujours en présence de l’avocate. Les interrogatoires sont filmés avec un plan très serré sur le visage de notre ami : dès qu’il bouge on lui fait remarquer qu’il n’est plus dans le cadre. Le contexte d’une telle GAV rend la restitution précise impossible mais nous tentons ici de compiler plusieurs des choses dont notre ami est capable de se souvenir précisément :
- En réponse à la première question le camarade annonce qu’il n’a rien à déclarer et qu’ils peuvent noter la même chose pour toutes les autres questions. On lui répond que ça ne marche pas comme ça et qu’il a le devoir de répondre Je n’ai rien à déclarer à chaque question posée. Son avocate intervient en rappelant son droit à garder le silence, il restera silencieux pendant tout le reste des auditions.
- Les premières séries de questions visent à élaborer un profil. À ce moment-là, elles ne sont pas directement en lien avec l’affaire et sont plutôt larges. Ils annoncent « on veut tout savoir sur toi », puis lui demande où il a étudié (école, lycée, post-bac), la relation qu’il entretient avec les membres de sa famille (sur lesquels ils disposent de quelques informations, plutôt sommaires), les critères qu’il a pour nouer des amitiés. Ils l’interrogent « pourquoi vis-tu en centre-ville ? »
- Ils posent des questions générales sur son orientation politique, lui demandent s’il a des liens avec (en vrac) XR, Les soulèvements de la Terre, Bassines Non Merci, La voie est Libre. Lui est demandé : « est-ce que tu penses que tu vas sauver le climat tout seul ? », « es-tu prêt à tout pour sauver le climat ? »
- Ensuite, ils annoncent avoir étudié son activité téléphonique et bancaire pendant un an. Ils posent des questions sur les activités téléphonique et bancaire de notre ami.
- Ils questionnent beaucoup notre camarade sur ses moyens de déplacement « Où est votre voiture ? Où se trouve les clés de votre voiture ? Avez-vous un abonnement SNCF ? »
- Les gendarmes ne donnent pratiquement aucune information sur le dossier. La seule chose qui a été dite au camarade, c’est que son ADN aurait été trouvé sur des gants carbonisés aux alentours de l’usine. Ils lui ont présenté une photo de « restes » complètement calcinés, dont il est difficile de distinguer si c’est vraiment des gants ou non. Les gendarmes posent une question : « avez-vous fait partie du groupe commando ? ».
- Aussi lui ont-ils posé des questions sur une autre des personnes interpellées sans lui notifier que cette personne avait effectivement fait l’objet d’une interpellation.

Bien sûr, ce compte-rendu est loin d’être exhaustif : notre ami a été soumis à de nombreuses heures d’interrogatoire et par extension, à beaucoup de stress et de fatigue. Il est aujourd’hui difficile pour lui de dresser une chronologie exacte de ces différents moments d’audition et nous essayons d’en restituer ici le plus possible. Il se rappelle que l’officier chargé de lui poser des questions avait sur son bureau un dossier bien fourni : il a cru apercevoir une photo de lui prise à la volée quelques semaines avant son interpellation ; parfois, ils lui tendaient ce dossier tout en lui refusant de le manipuler ou même de le toucher.
Après 38h de GAV, notre camarade est relaché allégé de tout son matériel informatique. On lui annonce qu’il recevra une convocation ultérieurement. Bien qu’heureux.ses de le voir sortir, nous ne pouvons nous réjouir : nous savons pertinemment que les emmerdes ne font que commencer, que coupable ou innocent.es (si une telle distinction est encore viable), dès que l’État et ses chiens mettent le nez dans nos vies, c’est pour les détruire. Face à cela, nous devons nous organiser collectivement pour nous défendre et pour rendre coup pour coup.

3. Se protéger pour la suite

À ces fins, il nous semble important de rappeler quelques mesures de sécurité pour éviter de s’exposer à la surveillance, de prêter le flanc à la répression. Les interpellations du mardi 20 juin nous rappellent que l’enquête continue et qu’à la veille de la dissolution des Soulèvements de la Terre la volonté de l’État est d’annihiler toute forme de contestation. En effet, que pourrait-il faire d’autre que de suivre sa logique répressive après des mois d’un mouvement social qui a littéralement retourné le pays et qui n’a cessé de mettre en question l’arbitraire du pouvoir et le partage entre gouvernant et gouverné.es. Les moyens technico-politiques mis en place par le gouvernement ont pour objectif majeur de cartographier l’ensemble des opposant.es grâce à l’acquisition et au recoupement d’informations par tous les moyens possibles. Les vagues de perquisitions qui déferlent depuis deux semaines ne sont qu’un début, de nombreuses enquêtes sont en cours. À Lyon, par exemple, nous avons déjà vu des retombées des enquêtes commencées au moment de mouvement social contre la réforme des retraites. Dans ce contexte, on se souviendra que prendre soin de nos liens et de nos luttes implique plusieurs choses :

- Garder le silence en garde-à-vue est TOUJOURS la meilleure idée : on se met nous-mêmes à l’abri de réponses irréfléchies, dans un contexte stressant, et on protège d’autres personnes. Même des informations anodines peuvent leur être utiles, et il est plus facile de répondre à chacune des questions par un "je n’ai rien à déclarer" que d’alterner réponses et silences (silences qui peuvent sembler coupables dans ce cas). Nous avons tenté de restituer ici les techniques de manipulation utilisés par les gendarmes pour mettre à mal la résolution de notre camarade à garder le silence.
Ci-dessous, d’autres exemples de techniques de manipulation qu’ils peuvent utiliser :
* être sympathique avec toi (flatterie, mention de présence de points communs entre enquêteurs et toi : "Toi, tu es pas comme les autres, tu es intelligent, tu es un bon type etc.)
* te montrer que tu leur dois quelque chose (ils t’ont offert un verre d’eau, donc tu leur dois une info),
* prêcher le faux pour connaitre le vrai (p.ex. te pousser à corriger une fausse assertion sur toi)
* créer de la suspicion sur tes amie.s (ce n’est pourtant pas ce que nous a raconté votre ami.e)
* rabaisser et dévaloriser, se moquer de toi
* fausse promesse de pouvoir t’aider devant la juge contre des informations données,
* essayer de te convaincre que tes actes ont été en contradiction avec tes propres valeurs
* création d’espoir et de déception
* etc...

- Protéger et chiffrer son matériel (ordi et téléphones) permet non seulement de protéger son intimité, celle d’autres personnes et de prendre soin des liens existants. Même si on peut avoir le sentiment que rien de répréhensible n’est présent sur un téléphone, les données peuvent permettre de mettre au jour qui parle avec qui, quels sont les pseudos des gens, qui a été présent où, quelles photos renvoient à quel événement...Il ne s’agit jamais que de soi-même, mais d’une responsabilité envers les personnes avec qui on se lie [2].

- Prendre soin de liens et de capacités de mobilisation, c’est aussi ne pas s’aventurer à spéculer sur qui a fait quoi. Se réjouir que des gestes de lutte existent n’implique pas de savoir qui a aidé à les porter.

Alors que nous voyons les personnes arrêtées le 5 juin sortir sans poursuite (pour le moment) de cette garde-à-vue on ne peut s’empécher de penser à cet autre moment où l’État a jugé intolérable que des militant.es s’élèvent contre l’avenir nucléaire qu’il nous promet. À Bure, des militant.es avaient été arrêté.es une première fois, lors d’une opération d’ampleur (le 20/09/2017), et étaient ressorti.es libres à la fin de leur garde-à-vue. Ce n’était alors que 8 mois plus tard (le 20/06/2018), qu’une deuxième vague d’arrestations avait eu lieu, une fois que les appareils saisis avaient été exploités, et que des milliers d’heures d’écoute avaient été réalisées. IMSI Catcher, filatures, sonorisations... Des moyens là aussi démésurés, et proprement terrifiants. Pourtant, les condamnations n’ont au final été que faibles au regard de ces moyens. Et le procès avait été l’occasion d’une joyeuse rencontre, une association des associations de malfaiteurices.

l’État est doublement terroriste : d’abord car il défend becs et ongles une entreprise, qui en plus de vouloir faire de la terre un immense parking bétonné, a financé le terrorisme en soutenant Daesh [3]. Mais aussi car il a pour objectif de terroriser tous.tes celles et ceux qui osent encore se dresser contre sa gestion du désastre.

Force à toutes les victimes de la répression.
Des ami.es et des soutiens de la personne gardée-à-vue



Notes

[3Même si nous ne souhaitons en aucun cas nous en remettre à une décision de justice, le fait suivant peut être un marqueur, à minima, de l’absurdité d’utiliser les moyens de l’anti-terrorisme pour prendre la défense de Lafarge : l’entreprise été condamné à 778 millions de dollars aux USA pour complicité de crime contre l’humanité pour avoir collaboré avec Daesh.

Alfredo Cospito e Anna Beniamino condannati a 23 anni e a 17 anni e 9 mesi

Publié le 2023-06-27 19:50:03

Alfredo Cospito e Anna Beniamino condannati a 23 anni e a 17 anni e 9 mesi

Uccelli

Riceviamo e a nostra volta diffondiamo:

https://lanemesi.noblogs.org/post/2023/06/27/alfredo-cospito-e-anna-beniamino-sono-stati-condannati-a-23-anni-e-a-17-anni-e-9-mesi/

Alfredo Cospito e Anna Beniamino sono stati condannati a 23 anni e a 17 anni e 9 mesi

Publié le 2023-06-27 19:50:03

Alfredo Cospito e Anna Beniamino sono stati condannati a 23 anni e a 17 anni e 9 mesi

In attesa di un testo sull’udienza più dettagliato, informiamo che il 26 giugno la corte d’assise d’appello di Torino ha stabilito l’entità delle condanne nei confronti degli anarchici Anna Beniamino e Alfredo Cospito nel processo Scripta Manent, condannandoli rispettivamente a 17 anni e 9 mesi e a 23 anni. È stata perciò definitivamente esclusa la possibilità di una condanna all’ergastolo per Alfredo, richiesta dalla procura di Torino nel corso dell’udienza d’appello del 5 dicembre 2022 e successivamente in queste ultime del 19 e 26 giugno (mentre per Anna veniva sollecitata una condanna a 27 anni e 1 mese).

Ricordiamo che nel corso del processo Scripta Manent — oltre alle accuse di associazione sovversiva con finalità di terrorismo o di eversione dell’ordine democratico, attentato per finalità terroristiche, istigazione a delinquere aggravata dalla finalità di terrorismo, ecc. — si sono susseguite diverse accuse e condanne per strage nei confronti di Anna e Alfredo, prima riguardo l’azione nel quartiere borghese della Crocetta (Torino, 2007) e in seguito per l’azione contro la Caserma Allievi Carabinieri (Fossano, 2006). Con la riqualificazione, da parte della corte di cassazione (6 luglio 2022), della condanna per strage contro la pubblica incolumità (art. 422 c. p.) in strage contro la sicurezza dello Stato (art. 285 c. p.), il compagno rischiava appunto una condanna all’ergastolo per via della prevalenza della recidiva reiterata sulle attenuanti. La normativa che stabiliva l’obbligatorietà dell’ergastolo è stata successivamente modificata dalla corte costituzionale con l’udienza del 18 aprile: non una “vittoria” dello stato di diritto o un “ritorno” ai principi della costituzione, bensì un risultato conseguito dallo sciopero della fame contro il 41 bis e l’ergastolo ostativo e dal movimento di solidarietà internazionale sviluppatosi tra maggio 2022 e aprile 2023.

MORTE ALLO STATO E AL CAPITALE! SOLIDARIETÀ CON ANNA BENIAMINO, ALFREDO COSPITO E CON TUTTI GLI ANARCHICI E I RIVOLUZIONARI IMPRIGIONATI!

[Pubblicato in https://lanemesi.noblogs.org/post/2023/06/27/alfredo-cospito-e-anna-beniamino-sono-stati-condannati-a-23-anni-e-a-17-anni-e-9-mesi/]

* * *

(IT) Alfredo Cospito e Anna Beniamino sono stati condannati a 23 anni e a 17 anni e 9 mesi
(EN) Alfredo Cospito and Anna Beniamino were sentenced to 23 years and to 17 years and 9 months (Italy)
(FR) Alfredo Cospito et Anna Beniamino condamnés à 23 ans et à 17 ans et 9 mois (Italie)

E vennero a bussare alle nostre porte. Perquisizioni a Trieste

Publié le 2023-06-27 19:55:03

E vennero a bussare alle nostre porte. Perquisizioni a Trieste

Trieste

Riceviamo e diffondiamo:

Giovedì 22 giugno tra le 7 e le 8 di mattina la Digos di Trieste ha svolto 3 perquisizioni in cerca di materiale inerente ad un danneggiamento ricollegabile alla campagna di iniziative per l’abolizione del 41 bis in sostegno alla lotta di Alfredo Cospito. La copiatura dei dati digitali è avvenuta direttamente, ad almeno una mail che aveva accesso diretto da un dispositivo è stata cambiata la password, i/le compagni/e sono stati fotosegnalati/e, hanno cercato di prenderne le impronte e sono rimasti/e in stato di fermo per molte ore. Seguiranno aggiornamenti. (su https://t.me/sullabreccia o su https://laburjana.noblogs.org/)
Qui il comunicato: https://laburjana.noblogs.org/post/2023/06/26/e-vennero-a-bussare-alle-nostre-porte/

Pour Nael et les autres

Publié le 2023-06-28 07:05:05

Alors voilà, encore un, un de plus, un des nôtres qui meurt sous les balles de la police. Il avait 17 ans. Le policier braque son arme sur sa tête, lui dit qu’il va tirer. Il fuit. Le flic tire. Un mort. Faut—il qu’un frère se fasse tuer pour s’éprendre d’un moment de solidarité ?



Un mort et ce même défilé. Celui des experts en sécurité globale, des politicards, des syndicats de police, des préfets, en bref un défilé de tout ces gens qui expliqueront en long et en large que la police est exemplaire, que la justice fera son travail, que la loi c’est la loi. Ils continueront à dire leurs immondices dans les médias et en conférence de presse. Par ce flot de paroles, ils cherchent à cacher la vérité qui est pourtant simple : la police tue. Le tir d’un policier n’est que la conséquence des lois légitimant les tirs en situation de refus d’obtempérer, de tout ces experts qui promeuvent des armes de plus en plus violentes et sophistiquées pour que le ministère de l’intérieur en achète toujours plus, de ces hommes politiques qui stigmatisent toujours les mêmes franges de la population, les dangereux, les radicalisés, les non-républicains, l’ennemi intérieur. Ils construisent un discours raciste et par leur propos ils justifient et préparent le terrain. De Sarkozy à Darmanin, une même rhétorique qui cherche à justifier la mort d’un homme par la fatigue d’un policier ou parce que, finalement, l’homme qui refuse d’obtempérer sait ce qui l’attend.

Dès lors, il est impossible de rester calme. Nul ne combattra mieux les violences de la police que ceux qui la vivent au quotidien, qui la subissent, qui la connaissent, celle qui gangrène nos quartiers. Déjà en 2005, nos frères s’étaient soulevés en s’opposant avec honneur à ceux qui les avaient fait souffrir eux et leurs familles pendant tant d’années. Alors, pour répondre au groupe la Rumeur qui se demandait il y a quelques années « jusqu’à quand, combien de temps le ghetto restera-t-il aussi patient ? », nous répondons qu’en ce soir du 27 juin, certains refusent de se soumettre, agissent, et ne se tairont pas.

Pas de justice pas de paix. Aujourd’hui et dans les jours qui viennent, l’enjeu est de se tenir aux côtés des personnes qui se révoltent, de tisser des liens, de fournir de l’aide juridique et antirep si nécessaire (et sans se poser en professeur), d’écrire des textes, de les distribuer, faire des pancartes, des banderoles. Si la jonction se fait comme cela a pu être le cas par le passé dans une certaine mesure (affaire Théo, Adama, etc.), nous pourrons réellement prétendre à l’intersectionnalité, du moins à ce que nos tirades antiracistes ne soient pas exclusivement des paroles dénuées d’acte.

Laval (Mayenne) : les voitures du Département en fumée

Publié le 2023-06-28 16:40:05

Des voitures incendiées dans le quartier Saint-Nicolas à Laval
France Bleu/Ouest France, 28 juin 2023

Une dizaine de voitures ont été incendiées dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 juin 2023 rue Albert-Einstein, près du Palindrome (centre multi-activités) dans le quartier Saint-Nicolas à Laval, en Mayenne.

Ces véhicules appartiennent notamment à l’association Adapei et au Conseil départemental de la Mayenne (Centre départemental de la solidarité Saint-Nicolas) dont les locaux se trouvent dans le même secteur. Ces incidents interviennent dans un contexte national marqué par les débordements en région parisienne après la mort de Nahel, un adolescent tué, mardi 27 juin, suite à un tir de policier.

Été 2023

Publié le 2023-06-28 16:45:02

Programme de l’été

Pour les mois de juillet et août on vous propose des rediffusions, le direct reprendra le mercredi 6 septembre !

Ile-de-France : la rage émeutière se répand suite à l’assassinat policier de Nahel [MàJ]

Publié le 2023-06-28 20:25:06

{Des scènes d’émeutes, de tirs de mortiers d’artifices et d’incendies ont rythmé la nuit de mardi à mercredi dans le département des Hauts-de-Seine, mais aussi de manière plus sporadique dans d’autres départements d’Île-de-France après la mort de Nahel, 17 ans. L’adolescent a été tué mardi matin 27 juin à Nanterre (Hauts-de-Seine) par un tir policier [à bout portant dans le thorax], ce dernier justifiant son acte par un refus d’obtempérer. Le policier auteur du tir mortel, âgé de 38 ans, est interrogé par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) dans le cadre de l’enquête pour homicide volontaire ouverte par le parquet de Nanterre.
En plus des 31 interpellations lors de cette première nuit d’émeutes, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin parle de « 24 policiers blessés » et d’une « quarantaine de véhicules brûlés ».
Ce mercredi soir 28 juin, 2 000 policiers et gendarmes devraient être déployés à Paris et sa petite couronne.]


A Nanterre même, les affrontements se sont concentrés dans les quartiers du Vieux pont d’où était originaire Nahel, mais également de Zilina, Berthelot, Pablo Picasso et Damades. Les forces de l’ordre ont été ciblées par des projectiles, mortiers d’artifice et parfois des cocktails Molotov. Environ 25 véhicules et poubelles – souvent érigées en barricades – ont été détruits dans la commune. Des feux ont également été allumés le long des rails du RER A, entre Nanterre et Rueil-Malmaison. Plusieurs bâtiments administratifs (finances publiques, maison de quartier, deux groupes scolaires) ont aussi été dégradés par des incendies. « Plusieurs bâtiments publics et privés, parmi lesquels des écoles, ont subi d’importantes et inacceptables dégradations, parfois irrémédiables », se désole le maire Patrick Jarry.
Du côté des autorités, 20 policiers ont été légèrement blessés, dont 18 CRS et deux agents de la BAC de Gennevilliers. Dix véhicules de police et un engin de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) ont aussi été dégradés.

Nanterre (Hauts-de-Seine), nuit de mardi à mercredi 28 juin 2023

Hauts-de-Seine. Des voitures, deux roues et poubelles ont été incendiés à Asnières, Clichy, Colombes, Gennevilliers, Villeneuve-la-Garenne, Rueil-Malmaison, Suresnes, Boulogne-Billancourt, Bourg-la-Reine, Clamart, Montrouge, Bagneux, Vanves, ou encore Malakoff. Dans les communes où les heurts étaient les plus durs, les forces de l’ordre ont fait usage de lancers de grenades lacrymogènes et de tirs de LBD.


Mantes-la-Jolie (Yvelines), nuit de mardi à mercredi 28 juin 2023 : la mairie annexe du quartier du Val-Fourré réduite en cendres dans la nuit.

Yvelines. Les premiers heurts ont été signalés aux alentours de minuit, à Mantes-la-Jolie. Ils se sont répandus comme une traînée de poudre à Sartrouville, Andrésy, Trappes, Les Mureaux, Limay, Poissy, Coignières, Bougival, Montigny-le-Bretonneux, Conflans-Sainte-Honorine, Chanteloup-les-Vignes, La Verrière.
Dans la majeure partie des cas, il s’agissait de feu de poubelles et de jets de projectiles. A Meulan-en-Yvelines, la maison de quartier située allée des Marguerites a été incendiée aux alentours de 3h10. Tout le rez-de-chaussée a été atteint : des personnes auraient brisé une vitre, avant de jeter à l’intérieur un engin de type molotov. Dans la même nuit, un incendie a été allumé sur la façade arrière du supermarché Sitis Market, situé à quelques centaines de mètres de là, sans causer trop de dommages. À Mantes-la-Jolie, la mairie annexe du Val-Fourré a été incendiée et d’importants dégâts sont à déplorer. Selon plusieurs informations, un groupe de jeunes adolescents a forcé l’entrée du bâtiment vers 0 h 30, avant de mettre le feu à des palettes dans le hall principal.


Mantes-la-Jolie (Yvelines), nuit de mardi à mercredi 28 juin 2023
Meulan-en-Yvelines (Yvelines), nuit de mardi à mercredi 28 juin 2023 : la maison des associations dans le quartier du Paradis.

Essonne. Sept véhicules et des containers de poubelles ont été incendiés à Athis-Mons. Aux Ulis, un commissariat a été dégradé et deux voitures de police ont brûlé. Des poubelles et véhicules en feu ont aussi été éteints à Courcouronnes, Corbeil-Essonnes, Massy, Evry, Etampes, Epinay-sur-Orge et Juvisy-sur-Orge.


Seine-Saint-Denis. Les tensions se sont également propagées en Seine-Saint-Denis, notamment à Saint-Denis et Montfermeil. Dans le département, les forces de l’ordre ont riposté avec plus de 46 tirs de lanceur de balles de défense (LBD) au cours des interventions.

[A Aulnay-sous-Bois, un bus de la ligne 9 de Transdev est détourné par cinq hommes armés qui font descendre le chauffeur, puis l’emmènent rue Edgar Degas, dans le quartier des 3000, où il est incendié. Erwan Guermeur, secrétaire départemental d’Unité SGP Police 93, déclare le lendemain 29 juin suite aux émeutes urbaines qui ont éclaté un peu partout en Seine-Saint-Denis : « On ne comprend pas pourquoi pourquoi un événement qui se produit dans les Hauts-de-Seine dégénère en Seine-Saint-Denis. Tous les prétextes sont bons pour que les bandes de criminels qui sévissent dans les cités, expriment leur haine de la police, notamment à Aulnay où un bus a été incendié ».]

Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), nuit du mardi au mercredi 28 juin : un bus de Transdev réduit en cendres

Val d’Oise. Une personne a été interpellée à Argenteuil, dans le Val-d’Oise, suspectée d’avoir dégradée une voiture de police municipale. Des barricades ont été installées dans la nuit, et des tirs de mortiers ont été tirées. Des feux de poubelles ont eu lieu également à Cergy, à Deuil-la-Barre, Sarcelles, Saint-Gratien, Eragny.

Bordeaux, quartier des Aubiers, 28 juin 2023

Un peu plus loin.  Outre certains quartiers franciliens, des tensions ont également été constatées ailleurs en France. À Bordeaux notamment, dans le quartier des Aubiers, ainsi que dans la cité du Midi à Floirac et le quartier prioritaire Génicar à Lormont. Des voitures et des poubelles ont été incendiées. À Dijon, plusieurs dizaines de personnes se sont opposées aux forces de l’ordre entre 2h et 5h du matin dans le quartier des Grésilles.  Des projectiles et des cocktails molotov ont été lancés sur les policiers qui ont répliqué avec des tirs de gaz lacrymogène, ainsi qu’à Roubaix et Hem (Nord) ou Colmar (Haut-Rhin).

[Synthèse du Parisien/France Bleu/Actu78, 28 juin 2023]


Sur la mairie de Carhaix (Finistère), le 28 juin au matin…

Emeutes à Limoges : la colère monte partout

Publié le 2023-06-30 13:50:02

Mise à jour du dimanche 2 juillet : Malgré l’hélico qui tourne toute la nuit au-dessus de la ville, le déploiement considérable de flics et le GIGN des affrontements ont eu lieu au Val de l’Aurence et à Beaubreuil. Le popu dit qu’une dizaine de personnes passaient en comparution immédiate cet après-midi mais sans donner les peines...

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Mise à jour du samedi 1er juillet : La manif de soutien aux révoltés et en soutien à la famille de Nahel fut interdite. La place devant la mairie était bouclée et les contrôles systématiques. Une cinquantaine de personnes a malgré tout réussie à manifester. La nuit, la révolte s’est propagée : toujours des affrontements dans certains quartiers populaires (Beaubreuil, Val de l’Aurence au moins) et surtout un débordement jusqu’au centre ville. Des vitrines ont été défoncés, des débuts d’incendies dans certains magasins et des auto-réductions massives, par exemple chez Lacoste ou des magasins de motos. Le Super U près de la rue Aristide Briand est également parti en fumée. 14 interpellations sont à déplorées et le GIGN de Toulouse est arrivé en renfort dans la nuit. La répression, seule solution apportée, risque d’être encore plus forte. A quand un soutien large des mouvements sociaux et un appel à la justice ? Quand il s’agissait des émeutes liées à l’assassinat de Georges Floyd aux Etats-Unis, la solidarité semblait plus évidente...

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Tout le monde est mis sous pression par le capitalisme ravageur qu’impose Macron, les inégalités atteignent des niveaux records et sont légitimées dans le discours médiatique. Le racisme est omni-présent dans les médias comme au gouvernement. L’islamophobie est revendiquée par une partie de la classe politique. Les rares politiques sociales sont totalement délaissées. Et face à ça la police est en roue libre pour maintenir coûte que coûte un semblant de paix sociale. La violence subie par les habitant-e-s des quartiers populaires est toujours validée et encouragée par l’ensemble du système politique et économique.

A Limoges cela fait déjà plusieurs années que les émeutes s’enchaînent notamment en lien avec des violences policières : en juillet 2019, avril 2020, Août 2022, en avril 2023, et sûrement d’autres. La seule réponse ? La répression. En avril, c’est la CRS8, particulièrement connus pour leur violence sans limite, qui est envoyée à Beaubreuil. Pendant ce temps les quartiers populaires sont soit gentrifiés et les classes populaires expulsées, soit laissés à l’abandon.

Dès la nuit de mercredi à jeudi, comme partout en France, suite à l’execution froide -filmée- de Nahel à Nanterre les quartiers populaires de Limoges se sont embrasés. Le pouvoir tremble, la colère s’exprime... A Beaubreuil, et à la Bastide, des voitures ont été incendiées, des conteneurs enflammés et des affrontements ont eu lieu. L’annexe de la mairie et la loge du bailleur social Limoges Habitat ont pris feu à Beaubreuil. La maison des associations s’est faite dévastée.

Rue Sainte-Claire, un bus a été incendié en plein milieu des voies de circulation.

Le maire de Limoges, Émile Roger Lombertie s’est rendu le lendemain dans le quartier de Beaubreuil. Tout ce qu’il trouve à dire c’est que l’incendie de l’antenne de la mairie est un acte « inqualifiable » privant « tous les habitants du quartier, et plus particulièrement les plus fragiles, d’un lieu essentiel d’accompagnement et de services ». Lui-même qui détruit les services publics du quartier, qui laisse l’école tomber en lambeaux. Qui utilise les finances de la mairie uniquement pour placer des centaines de caméras de surveillance et augmenter le nombre de flics municipaux, armés bien sûr. Le cynisme n’a pas de limite.

La nuit du jeudi au vendredi les émeutes sont montées en niveau - comme partout : affrontements, incendies, bus brûlé et commissariat incendié à La Bastide.

Pour Nahel et toutes les personnes tuées, mutilées, traumatisées par la police, soyons solidaires avec toutes les révoltes. Pas de justice, pas de paix.

Soyons nombreux et nombreuses aux rassemblements du vendredi soir partout en France.

Pour Nahel et les autres

Publié le 2023-06-30 13:55:05

Alors voilà, encore un, un de plus, un des nôtres qui meurt sous les balles de la police. Il avait 17 ans. Le policier braque son arme sur sa tête, lui dit qu’il va tirer. Il fuit. Le flic tire. Un mort. Faut—il qu’un frère se fasse tuer pour s’éprendre d’un moment de solidarité ?



Un mort et ce même défilé. Celui des experts en sécurité globale, des politicards, des syndicats de police, des préfets, en bref un défilé de tout ces gens qui expliqueront en long et en large que la police est exemplaire, que la justice fera son travail, que la loi c’est la loi. Ils continueront à dire leurs immondices dans les médias et en conférence de presse. Par ce flot de paroles, ils cherchent à cacher la vérité qui est pourtant simple : la police tue. Le tir d’un policier n’est que la conséquence des lois légitimant les tirs en situation de refus d’obtempérer, de tout ces experts qui promeuvent des armes de plus en plus violentes et sophistiquées pour que le ministère de l’intérieur en achète toujours plus, de ces hommes politiques qui stigmatisent toujours les mêmes franges de la population, les dangereux, les radicalisés, les non-républicains, l’ennemi intérieur. Ils construisent un discours raciste et par leur propos ils justifient et préparent le terrain. De Sarkozy à Darmanin, une même rhétorique qui cherche à justifier la mort d’un homme par la fatigue d’un policier ou parce que, finalement, l’homme qui refuse d’obtempérer sait ce qui l’attend.

Dès lors, il est impossible de rester calme. Nul ne combattra mieux les violences de la police que ceux qui la vivent au quotidien, qui la subissent, qui la connaissent, celle qui gangrène nos quartiers. Déjà en 2005, nos frères s’étaient soulevés en s’opposant avec honneur à ceux qui les avaient fait souffrir eux et leurs familles pendant tant d’années. Alors, pour répondre au groupe la Rumeur qui se demandait il y a quelques années « jusqu’à quand, combien de temps le ghetto restera-t-il aussi patient ? », nous répondons que ce soir, certains refusent de se soumettre, agissent, et ne se tairont pas.

Pas de justice pas de paix. Aujourd’hui et dans les jours qui viennent, l’enjeu est de se tenir aux côtés des personnes qui se révoltent, de tisser des liens, de fournir de l’aide juridique et antirep si nécessaire (et sans se poser en professeur), d’écrire des textes, de les distribuer, faire des pancartes, des banderoles. Si la jonction se fait comme cela a pu être le cas par le passé dans une certaine mesure (affaire Théo, Adama, etc.), nous pourrons réellement prétendre à l’intersectionnalité, du moins à ce que nos tirades antiracistes ne soient pas exclusivement des paroles dénuées d’acte.

Quand naissent les insurrections

Publié le 2023-06-30 14:00:05

Commentaires à chaud sur l’embrasement provoqué par l’assassinat de Naël à Nanterre le 27 juin.



À l’assaut du vieux monde

Toute une jeunesse s’est élancée à l’assaut du vieux monde et de ses fausses promesses. Mairies, écoles, médiathèques, centre culturels, supermarchés, banques, opticiens : ce qui s’est joué les nuits des 27 et 28 juin dépassait largement la seule question des violences policières. C’est dans un même mouvement que cette jeunesse, jugeant avoir atteint le seuil du tolérable dans la domination policière, lui a déclaré la guerre. Et c’est naturellement qu’elle a décidé de porter le conflit sur le terrain de la domination politique et économique qui pèse sur sa vie et son avenir. On ne saurait comprendre autrement, et encore moins séparément, les assauts de ces deux nuits - et tous ceux qui suivront.

Gloire aux insurgés

À l’assassinat par balle de son frère, la jeunesse abandonnée et ghettoïsée a répondu dans un déluge de feu sans concession. Contre la police d’abord, puis contre l’ensemble des forces sociales à l’œuvre dans leur relégation et leur domination. À Clichy, un insurgé a lancé ce qui ressemblait à une grenade au platre sur des policiers. À Roubaix, un mortier tirant 800 coups par minute a été utilisé pour tenir en respect les forces de l’ordre. À Vigneux, des caméras de surveillance ont été abattues à l’arme à feu. À Neuilly-sur-Marne, les insurgés ont envahi le parking du commissariat et incendié les véhicules de la police municipale. On ne compte plus les commissariats attaqués, avec plus ou moins de succès. À Dammarie-les-Lys et Trappes, l’organisation des insurgés a forcé les policiers à abandonner leur commissariat. Les mairies en ont aussi pris pour leur grade : celle du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie, est partie en fumée, comme celle de Garges-lès-Gonnesse. Celle de Mons-en-Barouel a été saccagée et pillée. Amiens, l’Île-Saint-Denis, Montreuil, Romainville : la liste des mairies prises pour cible et sinistrées est longue comme les mises en examen de Sarkozy. À Nanterre, la préfecture a été ciblée par un raid d’artificiers. Dans le même temps, les flammes gagnaient des bus et des tramways, des écoles et des centres culturels, des supermarchés et des fast-foods, des opticiens et des banques. Dans la nuit du 28 juin, pendant qu’un député LFI surpris en flagrant délit de récupération politique à Nanterre la veille se remettait de sa sanction, des insurgés ont attaqué la prison de Fresnes, forçant l’État à déployer le RAID par crainte d’une évasion collective.

Aucune dissociation ne sera tolérée

Le petit manège de la gauche, pressée de récupérer la révolte et de s’instituer en porte-voix et représentent légitime de cette jeunesse insurgée, est rouillé. Ses grincements agacent. Dans les zones de relégation géographique et d’exclusion sociale où l’État parque ses indésirables, les promesses de politiques publiques ne suffisent plus. Pas plus que les pétitions réclamant la dissolution de la BRAV-M. On ne dissout pas plus un ordre social qu’un soulèvement ou qu’une génération. Ça, la jeunesse l’a bien compris. Sa révolte est une critique sans concession de tous les aspects de sa vie dominée. Marre des transports de merde hors de prix, tout juste bons à vous emmener au charbon, où patrouillent des apprentis paramilitaires en armes. Marre de l’école et de l’encadrement culturel, qui imposent leur formatage et soumettent tout apprentissage à l’impératif de l’orientation professionnelle et du travail. Marre du Aldi et du Lidl, où tout vous rappelle votre pauvreté et où tous vos choix sont forcés. Marre de ces rues sans avenir, balisées de caméras de surveillance et de patrouilles de policiers, qui gâchent votre horizon et que vous avez appris à aimer par défaut. Marre du McDo et de ses burgers sans âme, marre de l’opticien et de ses montures hors de prix, marre du distributeur de billets qui nargue nos poches vides. Marre de tous ces faux besoins, de tous ces désirs artificiels qu’on nous impose.

Panique à bord

Le maire Divers Droite de Neuilly-sur-Marne déclarait ce matin : « C’est l’essence même du service public et de la République qui est aujourd’hui atteinte. » Avant-hier, la députée NUPES Sabrina Sebaihi fustigeait ceux pressés de faire passer les jeunes des quartiers populaires pour des « sauvages ». Des deux côtés de l’échiquier, on panique. Comment rétablir l’ordre sans trop pâtir - ou en tirant profit - du désordre ? Au gouvernement, les signaux se multiplient non sans contradiction : minute de silence à l’Assemblée et prises de parole de Darmanin, recours aux drones dans l’urgence et annonce du déploiement de 40 000 policier sur tout le territoire. Pendant que la classe politique s’active, les gens sortent. La place de la Préfecture de Nanterre déborde déjà. Tout le monde sait que la marche blanche pour Naël annonce une nuit blanche pour les porcs.

À l’assaut du ciel

Le bon fonctionnement de la domination politique, économique et policière de cette société est en jeu. Dans les quartiers populaires, les exilés de l’intérieur n’ont plus nulle part où aller. Ils refusent de se résigner à leur condition d’étranger universel. Ils savent qu’aucune politique publique ne résoudra leurs problèmes, car ils savent que ce monde a été construit sur leur exclusion, et qu’il ne se maintient que par elle. Ils portent un monde nouveau dans leurs cœurs. Ils savent que, pour le voir éclore, ils devront briser leur enfer de béton et se débarrasser une bonne fois pour toutes de ses défenseurs acharnés. Flics, politiciens, fonctionnaires, patrons, urbanistes : vous ne vous en sortirez pas éternellement. Quelque chose a changé. Cette jeunesse est devenue une force consciente d’elle même. Elle a le ciel au bout des doigts.

Justice pour tous. Dignité pour tous. Liberté pour tous.
Des insurgés dans la métropole

Partout : 2e nuit de rage émeutière suite à l’assassinat policier de Nahel [Re-MàJ]

Publié le 2023-06-30 14:05:05

[Cette deuxième nuit d’émeute consécutive du mercredi 28 au jeudi 29 juin après celle d’hier suite à l’assassinat policier de Nahel à Nanterre (Hauts-de-Seine) le 27 juin, s’est encore étendue à de nombreuses villes supplémentaires, multipliant également le nombre et le type de cibles.  Au-delà des affrontements avec la police et des voitures brûlées, on trouvera ci-dessous une recension non-exhaustive des bâtiments incendiés, pillés ou attaqués à travers tout le pays, allant des comicos aux mairies, des centres sociaux aux médiathèques, des supermarchés aux stations de métro et trams, non sans oublier l’entrée de la prison de Fresnes ou le tribunal d’Asnières-sur-Seine…]

Quelques chiffres

2377 incendies ont été recensés sur la voie publique la nuit du 28 au 29 juin, selon une source policière citée par Le Parisien. Parmi eux, 609 véhicules et 114 bâtiments ont été touchés. 27 attaques de locaux de la police nationale ont également été rapportées (dont 7 par incendie), 4 casernes de la gendarmerie, 14 locaux de police municipale (dont 10 incendies). Au moins huit mairies ont été incendiées ou dégradées, 6 écoles et six bâtiments publics.133 membres des forces de l’ordre ont été blessés, dont 123 policiers et 10 gendarmes.


Pour le plaisir…

* Airparif écrit ce jeudi que « des niveaux importants de particules (PM10 + PM2.5) ont été constatés dans l’air cette nuit et ce matin » en Île-de-France, et que cette « hausse sur la région est principalement liée aux émissions en lien avec les émeutes ». Ce genre de pollution peut être due aux nombreux incendies qui ont eu lieu dans la nuit.


Transports en commun en Ile-de-France

Deux rames de tramway ont été cramées dans les Hauts-de-Seine. L’une de la ligne T6 à Clamart, à l’arrêt Georges Pompidou. « Les caténaires ont brûlé, le tram est encastré dans les rails. On va désencastrer la rame cet après-midi (jeudi) mais les travaux vont prendre des semaines », a détaillé une responsable. L’autre rame qui a été incendiée, est celle du tramway T10, qui venait tout juste d’être inauguré samedi dernier, à Châtenay-Malabry.

De plus, 11 bus ont été brûlés dans toute l’Île-de-France, dont trois  en Seine-Saint-Denis et à Viry-Chatillon, au niveau du carrefour dit du Fournil. « Une quinzaine d’individus sont montés dans le bus, ont fait sortir tout le monde et puis ils ont mis le feu au véhicule », relate le maire. « Ensuite ils sont allés dans la rue pour mettre le feu à plusieurs poubelles ».

Clamart (Hauts-de-Seine), nuit du 28 au 29 juin 2023 : le tramway de la ligne T6


Bourgogne Franche-Comté

Montbéliard (Doubs), nuit du 28 au 29 juin 2023 : les engins du chantier de la société d’HLM Néolia

* Doubs. Des événements de violence urbaine se sont déroulés dans la nuit de mercredi à jeudi à Montbéliard, à Valentigney, à Audincourt et, dans une moindre mesure, à Besançon et à Pontarlier. A Montbéliard, dans la cité des Princes, rue Mozart, trois engins ont été incendiés sur un chantier géré par l’organisme HLM Néolia. Les dégâts, sur ce sinistre, sont estimés à plus d’un million d’euros. Conséquences : le chantier est à l’arrêt.


Grand-Est

Nancy (Meurthe-et-Moselle) nuit du 28 au 29 juin 2023 : le comico du quartier du Haut-du-Lièvre sent le cramé

* Nancy (Meurthe-et-Moselle) : La police a été prise pour cible dans le quartier du Haut-du-Lièvre à Nancy cette nuit. Un ou des objets incendiaires ont été lancés, notamment contre le poste de police nationale.
A Mont-Saint-Martin, la bibliothèque a été incendiée, l’école maternelle a subi des dégradations et plusieurs véhicules ont été incendiés. Le collège Anatole-France a également été touché, et, surtout, l’antenne locale du service d’éducation spécialisée et d’aide à domicile (Sessad).

Schiltigheim (Alsace), nuit du 28 au 29 juin 2023 : 17 caisses flambées sur le parking de Leclerc

* Strasbourg (Alsace) : Plusieurs quartiers de Strasbourg ont été le théâtre de violences urbaines dans la nuit de mercredi 28 à jeudi 29 juin : 66 voitures ont été incendiées dont 17 sur le parking de l’hypermarché Leclerc à Schiltigheim, dans le quartier des Écrivains.

Remiremont (Vosges), nuit du 28 au 29 juin : trois des six voitures du collabo para-étatique en cendres

* Remiremont (Vosges) : vers 2h du matin, six voitures sont incendiées ou défoncées dans le quartier du Rhumont. Elles appartenaient toutes à la Fédération médico-sociale (FMS) des Vosges, une grosse structure para-étatique qui s’occupe d’insertion par le travail et de mineurs.


Sud-ouest

Lormont (Gironde, nuit du 28 au 29 juin : dans cette banlieue de Bordeaux, l’Espace citoyen hébergeant des services municipaux a été réduit en cendres dans la nuit

A Lormont (Gironde), les premières tensions ont commencé aux alentours de 23 heures dans le quartier de Génicart notamment, où plusieurs feux de poubelles et de mobilier urbain ont été allumés sur les routes afin de bloquer la circulation. Un peu plus loin, des véhicules ont été incendiés derrière l’école élémentaire Albert Camus. Mais les images les plus impressionnantes sont celles de l’incendie de L’Espace citoyen, un bâtiment municipal logé dans l’imposant château Génicart, qui a pris feu aux alentours de minuit, et dont les flammes atteignaient plusieurs mètres de haut. Entre 2 et 3 heures du matin, plusieurs dizaines d’individus, plutôt jeunes selon le maire, ont investi le site pour le vandaliser et y mettre le feu. « Cela va prendre deux ou trois ans avant qu’il ne réouvre », pronostique, las, le maire Jean Touzeau.

Bordeaux (Gironde, nuit du 28 au 29 juin : le parking relais de la station de tramway des Aubiers réduit en cendres

A Bordeaux même, plusieurs infrastructures ont été dégradées, notamment les stations de tramway Aubiers et Grand Parc ainsi que les arrêts de bus à proximité, et le parking relais des Aubiers. Du mobilier urbain a aussi été touché et des feux de poubelles allumés dans le quartier de La Benauge, sur la rive droite de Bordeaux.
Concernant le parking-relais des Aubiers, « la loge d’accueil a été incendiée et des dégâts importants sont à déplorer sur les équipements d’exploitation », annonce Keolis. Le parking-relais Aubiers « est désormais fermé pour une durée interminée, le temps que les expertises et les réparations soient réalisées ».


Nord

Amiens (Somme), nuit du 28 au 29 juin : deux bus réduits en cendres
Amiens (Somme), nuit du 28 au 29 juin : les locaux de l’association d’insertion Synapse 3i…
… le centre de loisirs l’Odyssée, à Amiens Nord…
… et la médiathèque en construction dans le quartier d’Étouvie…

Plusieurs attaques ont eu lieu à Amiens (Somme) cette nuit.
Le président du Département déplore la longue liste des bâtiments publics et biens privés détruits dans cette ville : « C’est avec stupeur et émotion que nous constatons, ce jeudi, les dégâts d’une nuit de violences extrêmes dans plusieurs quartiers d’Amiens. Plusieurs bâtiments publics ont été la cible d’incendies volontaires : la mairie de secteur Nord Atrium, le centre d’animation jeunesse L’Odyssée, une partie de la piscine Le Nautilus [sa partie administrative], le gymnase qui abritait le club de boxe française ou encore la future médiathèque Ouest, projet important pour le quartier Etouvie et qui était sur le point de voir le jour. Des commerces ont été dégradés. Plusieurs véhicules, des bus, des voitures, et les locaux de Synapse 3I, association d’insertion soutenue par le conseil départemental de la Somme, ont été également incendiés. » Deux bus ont aussi été incendiés, dont un fumait encore près de la place du Colvert jeudi matin.

Wattrelos (Nord), nuit du 28 au 29 juin : le centre social de la Mousserie clôt définitivement ses portes

Dans le Nord, les équipements publics de Wattrelos ont particulièrement été pris pour cible par les émeutiers, dans la nuit de mercredi à jeudi. Le premier point de tension était le centre social de la Mousserie, pourtant fermé depuis le début de l’année pour cause de fissures. Il a été ravagé par les flammes. Alors que les pompiers luttaient contre l’incendie, vers 3 h du matin, ils ont été pris à partie par une bande de jeunes, qui leur a lancé des projectiles et les a pris pour cible – eux et leurs véhicules – avec des mortiers d’artifice.

Wattrelos (Nord), nuit du 28 au 29 juin : pillage puis incendie du Lidl

Après cette intervention avortée, le déplacement des soldats du feu s’est alors calculé en centaines de mètres : à quelques pas, le magasin Lidl, boulevard des Couteaux, a été complètement détruit par les flammes, non sans avoir été pillé auparavant. Vers 4 h du matin, les pompiers (venus de toute la métropole lilloise) tentaient encore d’éteindre l’incendie au moyen de deux grandes échelles. De ce magasin de hard-discount, inauguré en 2016 sur la route reliant Wattrelos à Tourcoing, il ne reste plus qu’un amas de tôle et de vitres fondues.

Un autre supermarché Lidl, à Roubaix, a été pillé. Deux mairies annexes ont été saccagées à Roubaix.

Tourcoing (Nord), nuit du 28 au 29 juin : incendie du Pôle Santé Travail

A Tourcoing, une école a été incendiée, des banques ont été prises pour cible, et le Pôle Santé Travail (qui comprenait 18 cabinets médicaux, 1 200 m²) est intégralement parti en fumée dans le quartier du Pont-Rompu.

Mons-en-Barœul (Nord), nuit du 28 au 29 juin : incendie de la mairie (ci-dessus et dessous)

Mons-en-Barœul (Nord), nuit du 28 au 29 juin : incendie du garage de la police municipale à la voiture-bélier enflammée

À Mons-en-Barœul (Nord), plusieurs bâtiments publics, dont la mairie, ont été incendiés vers 23 heures. Les dégâts sont considérables selon le maire Rudy Elegeest : « Ils ont cassé les vitres, défoncés les portes. Dans la mairie, j’avais des policiers municipaux qui étaient là. Ils ont du se réfugier, se cacher pour ne pas être victime de ces agissements. Vers 0h30, on a réussi à sortir ces agents du bâtiment en feu, qui ont été très courageux. » La mairie abrite les locaux de la police municipale et une antenne de la nationale, ouverte deux jours par semaine. Tout a été dévasté. Au rez-de-chaussée, les locaux du CCAS – le centre communal d’action social – n’existent plus. La salle de spectacle Allende, située juste en face, a aussi été en partie incendiée.
De plus, une voiture a été projetée, en flammes, contre la porte du garage de la police municipale (attenant à la mairie), provoquant l’incendie du local et des véhicules de flics qui s’y trouvaient.

Lille (Nord), nuit du 28 au 29 juin : incendie de l’entrée de la station de métro

Enfin, à Lille, l’entrée d’une station de métro (Porte de Douai) a été incendiée et les dégâts sont très importants. La station ne rouvrira que le 14 août  après avoir été nettoyée de ses traces de suie, avoir refait la chape, le carrelage au sol et les murs, ainsi que remplacé plusieurs circuits et équipements électriques.
L’hôtel de police municipale, rue Frédéric-Mottez, fait aussi partie des bâtiments dégradés. Sur les réseaux sociaux, une vidéo montre un groupe d’individus briser une vitre puis balancer à l’intérieur du bâtiment un objet enflammé.


Centre/Rhône-Alpes

Limoges (Haute-Vienne), nuit du 28 au 29 juin : carcasse du car de transport scolaire

La ville de Limoges (Haute-Vienne) n’a pas été épargnée par les violences et dégradations dans la nuit de mercredi à jeudi. L’antenne-mairie du quartier de Beaubreuil a été attaquée avec des cocktails Molotov. Les locaux ont entièrement brûlé. De nombreux incendies ont eu lieu dans plusieurs quartiers de la ville. Un car de transport scolaire vide et garé dans le secteur du lycée Renoir a aussi été pris pour cible.

Décines-Charpieu (Rhônes), nuit du 28 au 29 juin : la mairie a eu chaud

Lyon (Rhône) et sa métropole ont aussi été touchés par des violences urbaines dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 juin. Dans le 8e arrondissement, la maison de la métropole a notamment été la cible d’un incendie volontaire.

A Décines, la mairie a été partiellement incendiée vers 4h du matin. Trois foyers ont été allumés par des individus vêtus de noir et dont le visage était dissimulé. Le bâtiment a été noirci par les flammes, des dégâts à l’intérieur sont à déplorer. La salle des archives a failli être réduite en cendres. Un tag « Justice pour Nahel » a été inscrit sur la façade du bâtiment. Quatre voitures ont par ailleurs été détruits sur le parking du site. La mairie restera fermée ce jeudi matin pour les besoins de l’enquête et le temps du nettoyage.
À Vaulx-en-Velin vers minuit, la porte du poste de police municipale, située rue Jules-Romains, a été dégradée et un véhicule de police a été partiellement incendié. Vers 1 h 30, un groupe s’est introduit dans la nouvelle médiathèque du Mas du Taureau. Les individus ont détérioré le rideau métallique ainsi que la porte et le hall d’entrée. En parallèle, un véhicule de gendarmerie a été la cible de mortiers d’artifice, la voiture s’est embrasée.


Ouest

Rouen (Seine-Maitime), nuit du 28 au 29 juin :incendie du comico du quartier Châtelet

Du côté de Rouen (Seine-Maritime), un feu a été allumé devant le commissariat du quartier Châtelet, situé sur les hauteurs de la ville. La mairie annexe du quartier a, quant à elle, été incendiée. Elle abritait en sus la Maison de justice et du droit ainsi que le CCAS, qui n’ont pas échappé aux flammes. Vu le coût des travaux de remise en état de la maire annexe du Châtelet, la ville annoncera en juillet que le bâtiment sera finalement démoli et reconstruit ailleurs.

Le Havre (Seine-Maritime), nuit du 28 au 29 juin : la Poste y est passée aussi

Au Havre, dans le quartier de Caucriauville, des violences ont été commises. Ainsi, le bureau de poste a été dégradée et un bureau de tabac du quartier a été pillé, note la préfecture.

Brest (Finistère), nuit du 28 au 29 juin : le magasin Biocoop compte ses ruines
Brest (Finistère), nuit du 28 au 29 juin : et le concessionnaire Fiat compte ses carcasses

A Brest (Finistère), le magasin Biocoop Kerbio Europe a été en partie incendié dans le quartier de Pontanézen. Des véhicules se trouvant sur le parking attenant ont également été brûlés. Plusieurs voitures de la concession Fiat ont également été incendiées.

Laval (Mayenne), nuit du 28 au 29 juin : le McDo après le passage des émeutiers

A Laval (Mayenne), plusieurs entreprises du quartier Saint-Nicolas ont été ciblées. Le restaurant McDonald’s a notamment été détruit par les flammes et un magasin Conforama pillé. A partir de 2h30 du matin aux Fourches, des dégradations et incendies volontaires ont ciblé la maison de quartier, une annexe et le centre aéré Planète môme, qui a été pratiquement détruit, et un second McDo. La situation est revenue calme vers 5h.

Alençon (Orne), nuit du 28 au 29 juin ; un bien bel acharnement contre l’association ATMPO (Association Tutélaire des Majeurs Protégés de l’Orne)

À Alençon (Orne), le quartier de Perseigne a lui aussi vécu une nuit de violence. Les bureaux de l’association ATMPO (Association Tutélaire des Majeurs Protégés de l’Orne) ont été particulièrement visés. Le local, situé sur l’avenue Winston Churchill, a été pillé, saccagé et brûlé. Une dizaine de voitures de service de l’association a été brûlée, et certaines ont été déplacées sous le porche du local pour que l’incendie se propage au bâtiment.
Des vitres du centre social Paul Gauguin, dont les murs sont hourdés de tags, ont été détruites. Une partie de la salle de la Paix a également été vandalisée et incendiée.

Vernon (Eure), nuit du 28 au 29 juin : feue l’insertion de la Mission locale…

A Vernon (Eure), la nuit a été marquée par les incendies criminels, notamment ceux des locaux de la Mission locale et du centre de formation Alfa.

Hérouville Saint-Clair (Calvados) nuit du 28 au 29 juin : le Pôle animation et jeunesse a cramé dans la nuit

A Hérouville Saint-Clair (Calvados), des voitures ont été incendiées tout comme une partie du Pôle animation et jeunesse, cramé à plus de 40%. À l’intérieur de l’établissement se trouvaient la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) et le service jeunesse de la Ville. Le Pôle animation jeunesse sera donc fermé pendant plusieurs mois.


Ile-de-France

Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), nuit du 28 au 29 juin 2023. Les sept voitures de la police municipale à l’aube.

Seine-Saint-Denis

À Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), sept voitures, soit l’ensemble du parc de la police municipale, ont été brûlées sur la place François-Mitterrand. Les véhicules étaient stationnés au pied du bâtiment du service logement de la ville, et le feu s’est propagé au rez-de-chaussée. Dans le quartier des Fauvettes, des carreaux de la médiathèque ont été cassés et un incendie s’y est déclaré. La veille, l’école maternelle André-Chenier avait également été vandalisée mais les enfants ont pu y faire leur rentrée ce jeudi matin. « Ce sont les services les plus essentiels qui ont été visés, l’éducation avec l’école, le social avec le service logement et la culture avec la médiathèque, déplore le maire Zartoshte Bakhtiari (DVD). C’est l’essence même du service public et de la République qui est aujourd’hui atteinte. »

Romainville (Seine-Saint-Denis), nuit du 28 au 29 juin
Bagnolet (Seine-Saint-Denis), nuit du 28 au 29 juin : l’antenne de police

À Bagnolet (Seine-Saint-Denis), l’annexe du commissariat des Lilas, située rue Malmaison, est incendiée. Six mois plus tard, l’antenne de police est toujours inutilisable et murée.

L’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), nuit du 28 au 29 juin : l’entrée de la mairie a flambé

Ailleurs dans le département, l’hôtel de ville de L’Île-Saint-Denis a été endommagé par un incendie. Quand le maire est rentré chez lui, vers 1h30, les rues de L’Île-Saint-Denis sont vides et il pense avoir évité le pire. Un coup de fil du préfet de Seine-Saint-Denis le sort de son lit vers 3h45. « Monsieur le maire, votre mairie brûle », l’alerte Jacques Witkowski. Les pièces du rez-de-chaussée ont été complètement détruites par les flammes. L’hôtel de ville demeurera fermé jusqu’à nouvel ordre.

À Romainville, la mairie a aussi été dégradée, et la crèche départementale située dans le quartier Youri-Gagarine a été en partie détériorée par les flammes.


* Val-de-Marne

Fresnes (Val-de-Marne), nuit du 28 au 29 juin : traces de l’attaque de l’entrée de la prison

Le poste de sécurité de l’entrée du domaine de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) a été attaqué par une vingtaine de jeunes cagoulés, avec des mortiers d’artifice et divers projectiles. Une alarme a retenti lors de l’attaque. Des incendies ont également été allumés dans la rue menant à la prison. Vers 4 heures du matin, des CRS ont finalement été déployés aux abords du centre pénitentiaire. Entre-temps, «entre 150 et 200» agents avaient été déployés par la direction du centre pénitentiaire afin d’éviter les intrusions et surtout toute tentative d’évasion.

Fresnes (Val-de-Marne), nuit du 28 au 29 juin 2023. L’entrée de l’hôtel de police cramée, les locaux sont inutilisables.

À Fresnes, l’antenne du commissariat a également fait l’objet d’un incendie. Les locaux ont été endommagés au point d’être inutilisables par les fonctionnaires, qui sont rapatriés sur le commissariat de L’Haÿ-les-Roses. La police judiciaire a été saisie cette enquête et celle concernant le commissariat de Cachan, dont la façade et la porte ont été fortement endommagées par l’incendie criminel d’une voiture.

Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), nuit du 28 au 29 juin 2023 : la mairie incendiée. Tout le CCAS au rdc est détruit, ainsi que plein de bureaux, soit 90% du bâtiment.
Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), nuit du 28 au 29 juin 2023 : entrée de la mairie incendiée

Dans le Val-de-Marne, plusieurs ont aussi été attaquées : Valenton, La Queue-en-Brie, Gentilly, L’Haÿ-les-Roses, mais surtout Villeneuve-le-Roi, qui paye le plus lourd tribut. Vers 1h30 du matin, quelques individus pénètrent dans l’enceinte de la mairie. Le gardien donne l’alerte rapidement mais les émeutiers ont le temps de se saisir de pavés et de les jeter contre les fenêtres du bâtiment. Le double vitrage renforcé pour protéger du bruit des avions d’Orly ne résiste pas. « Puis, ils ont jeté des cocktails Molotov dans le rez-de-chaussée, qui accueille notre centre communal d’action sociale (CCAS) », raconte le maire (LR), Didier Gonzales.
L’incendie, peu étendu, est éteint sans difficulté. « Mais voyant que leurs dégradations n’étaient pas suffisamment importantes, ils sont revenus une heure plus tard environ, vers 2h30. Et cette fois, ils étaient près d’une quarantaine, poursuit l’élu. Nos deux agents présents, qui terminaient de nettoyer et réparer les dégâts, ont été menacés avec des manches de pioche. Ils n’ont rien pu faire pour les empêcher d’agir. » Les malfaiteurs ont alors mis le feu en différents endroits de l’hôtel de ville. Les flammes se sont répandues rapidement. Les fumées ont envahi tout le rez-de-chaussée, atteignant ensuite le premier étage puis la toiture.
Les dégâts sont importants : « Selon les pompiers, 90 % du bâtiment est inutilisable. Le CCAS est détruit, de nombreux bureaux dans les étages aussi comme celui de mon directeur général des services, d’une adjointe, etc. La toiture en zinc a fondu. On a perdu des maquettes de la ville, des documents, du mobilier… Il reste une coque », décrit le maire.

A Villejuif, le centre d’examen/espace de congrès des Esselières a été partiellement incendié. Les dégâts sont jugés importants. Il n’y a « pas de garantie » que le lieu puisse continuer à accueillir du public ces prochains jours, regrette la municipalité. Les Esselières sont un site qui accueille des étudiants en examen, des réunions publiques, des forums pour l’emploi, etc.


* Seine-et-Marne

Réau (Seine-et-Marne), nuit du 28 au 29 juin : des voitures de matons flambent sur le parking de la taule

Communiqué du syndicat FO Justice, 29 juin :  » Cette nuit de multiples violences ont touché nos institutions. Effectivement, plusieurs établissements pénitentiaires ont fait l’objet d’attaque par des individus. Une intrusion a eu lieu sur le domaine du Centre Pénitentiaire de Réau. Plusieurs véhicules ont été incendié sur le parking du personnel [c’est-à-dire des matons]. À ce stade, nous ne savons pas si cela est dû à l’évènement survenu sûr Nanterre. »

Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), nuit du 28 au 29 juin 2023 : l’Espace Emploi et les bureaux de l’Atelier qui encourage la création d’entreprises ont entièrement brûlé.

A Dammarie-les-Lys, le commissariat a été attaqué vers 0h15. Une grosse poubelle a été installée devant l’entrée en vue d’être incendiée. Quatre véhicules de service et douze appartenant personnellement à des fonctionnaires de police ont été incendiés. Ces feux ont provoqué de gros dégâts sur le commissariat à l’arrière du bâtiment. L’Espace Emploi, qui abrite l’association d’insertion ODE et le dispositif de création d’entreprises l’Atelier, a été quant à lui incendié vers trois heures du matin. Au collège Politzer, la salle de restauration scolaire a été incendiée et la médiathèque du centre Schweitzer a été vandalisée.

Dans le nord de Seine-et-Marne, onze voitures appartenant à des policiers ont été dégradées devant le tout nouvel hôtel de police de Torcy. Une cinquantaine d’assaillants étaient sur place. Une porte du bâtiment a été dégradée. Trois personnes ont été placées en garde à vue. Toujours dans le nord du département, les bâtiments de la police municipale de Bussy-Saint-Georges et de Roissy-en-Brie ont été pris pour cible.

Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne), nuit du 28 au 29 juin : pillage du supermarché Diagonal

Du côté de Savigny-le-Temple, le supermarché Diagonal a été littéralement pillé. Et quatre voitures de la police municipale ont été incendiées. D’autres destructions concernent la mairie de Nandy, les polices municipales de Melun (le quartier Montaigu a été particulièrement touché) et de Moissy-Cramayel, ainsi que le commissariat de Pontault-Combault.

A Melun également, l’office de préparation de la cantine scolaire Montaigu est incendié : la cuisine et la chambre froide sont atteintes, tous les câbles des faux plafonds ont brûlé, une partie de la charpente devra être refaite. Les dégâts sont estimés à 1,3 million d’euros, et la ville prévoit un an de fermeture pour lancer et réaliser les travaux.

Le Mée-sur-Seine (Seine-et-Marne), nuit du 28 au29 juin 2023
Melun (Seine-et-Marne), nuit du 28 au 29 juin : beau comme un camion citerne…

* Essonne

Viry-Chatillon (Essonne), début de soirée du 28 juin

Un des premiers événements recensé mercredi soir est l’incendie d’un bus, place de la Treille à Viry-Chatillon. Filmée et largement partagée sur les réseaux sociaux, la scène s’est déroulée à seulement quelques mètres du lieu où, en 2016, quatre policiers avaient été attaqués avec des cocktails Molotov. Plus tard dans la soirée et dans la nuit, d’autres bus ont été incendiés, notamment dans le quartier des Hautes-Mardelles à Brunoy, Évry-Courcouronnes et Grigny. « Une quinzaine d’individus sont montés dans le bus, ont fait sortir tout le monde et puis ils ont mis le feu au véhicule« , relate le maire. « Ensuite ils sont allés dans la rue pour mettre le feu à plusieurs poubelles« .
À Athis-Mons, un bus a été volé par des émeutiers qui l’ont ensuite conduit à vive allure dans les rues de la ville.
À Vigneux-sur-Seine, des individus ont tiré au fusil sur une caméra de vidéosurveillance dans le quartier de la plaine de l’Oly. Des émeutiers auraient également vandalisé puis pénétré à l’intérieur du restaurant McDonald’s de la ville, avant de fouiller dans les caisses.

Dans la ville préfecture d’Évry-Courcouronnes, les dégâts sont importants : l’ancienne maison de quartier du Parc aux Lièvres aujourd’hui désaffectée a entièrement brûlé, tout comme la mairie annexe du Canal et la maison de quartier des Épinettes. Ailleurs dans le département, la façade de la mairie des Ulis a été dégradée, tout comme celle d’un bâtiment administratif à Sainte-Geneviève-des-Bois ou encore les locaux de la police municipale à Vigneux-sur-Seine. Plusieurs commissariats, à l’image de ceux d’Évry-Courcouronnes, des Ulis, d’Athis-Mons et Draveil ont également été pris pour cible au cours de la nuit.


* Val-d’Oise

Garges-lès-Gonesse (Val d’Oise), nuit du 28 au 29 juin 2023 : le rez-de-chaussée de la mairie complètement flambé

À Garges-lès-Gonesse, un feu s’est déclaré au rez-de-chaussée de la mairie, toute neuve un peu avant 2 heures. Une surface de 1 000 m2 a brûlé. L’intervention qui a nécessité deux lances à eau, a pris plus de 5 heures. Les dégâts sont évalués à plusieurs millions d’euros, et l’hôtel de ville restera fermé deux ans pour travaux annoncera le maire fin août.

Une demi-heure plus tôt, c’est celle de Montmagny qui a été attaquée et incendiée. Entre quarante et soixante personnes se sont rassemblées devant l’hôtel de ville. La bande s’est acharnée à mettre le feu au bâtiment. Les portes d’entrée ont été cassées et des engins incendiaires lancés à l’intérieur. Les individus ont également répandu du gazole sur les volets avant d’essayer d’allumer sans grand succès. Mais les flammes qui ont pris à l’intérieur ont occasionné d’importants dégâts. « Toute l’entrée de la mairie, l’accueil et le bureau du directeur général des services ont été détruits », énumère le maire (LR) Patrick Floquet.

Bezons (Val d’Oise), nuit du 28 au 29 juin 2023 : l’école Angela-Davis (ci-dessus) et le comico (ci-dessous)

À Bezons, c’est le feu d’un véhicule qui s’est propagé à l’école Angela-Davis. C’est essentiellement un bardage métallique qui a été détruit. Le groupe scolaire devrait pouvoir fonctionner partiellement. Les sapeurs-pompiers ont engagé 4 lances à eau et lutté pendant 7h25. Le poste de police a subi une tentative d’incendie, qui a pu être empêchée par les forces de l’ordre. La façade vitrée de l’hôtel de ville a été dégradée par de nombreux coups. Un bus a été incendié juste devant.

Des dégradations ont également été relevées à Argenteuil, où la maison de quartier du Val-Notre-Dame a subi un incendie. Des actes de vandalisme ont aussi touché la mairie et un centre culturel à Montigny-lès-Cormeilles.

À Cergy-Pontoise des sites très variés ont été pris pour cible cette nuit. Des palettes ont été rassemblées puis enflammées devant l’antenne du commissariat de police située rue de l’abondance à Cergy-le-Haut, au pied d’un immeuble. Des individus ont également tenté de faire intrusion dans l’enceinte du cinéma UGC et des flammes ont été vues à l’intérieur du hall d’accueil, mais les dégâts occasionnés semblent cependant limités.


* Oise

Compiègne (Oise), nuit du 28 au 29 juin 2023 ! trente voitures de la concession Peugeot partent en fumée
Compiègne (Oise), nuit du 28 au 29 juin 2023 : et deux engins de chantier cramés en plus

A Compiègne (Oise), en lisière du quartier du Clos-des-Roses peu après 0h30, un incendie criminel s’est propagé depuis une voiture garée sur le parking extérieur de la concession Peugeot, le long des grilles : résultat, trente voitures parties en fumée. Un tabac a aussi été pillé puis incendié, ainsi que deux engins de chantier.


* Hauts-de-Seine

L’incendie de la colère s’est propagé à l’ensemble du département. La deuxième nuit de violences consécutive à la mort de Nahel, tué par un policier, mardi à Nanterre, s’est nettement différenciée de la veille. Si mardi soir les violences étaient globalement concentrées sur Nanterre et la boucle nord du département (Asnières, Gennevilliers, Colombes, Villeneuve), cette fois c’est l’ensemble des Hauts-de-Seine qui a senti le brûlé et le gaz lacrymogène. Principale cible des émeutiers la nuit dernière : les bâtiments publics. De Montrouge à Gennevilliers en passant par Meudon, Suresnes ou Clichy, quasiment aucune commune ne s’en est tirée indemne. Ces violences ne se sont pas limitées aux communes populaires et aux quartiers sensibles.

Nanterre (hauts-de-Seine), nuit du 28 au 29 juin : le centre et les véhicules Enedis incendiés

A Nanterre même, un incendie a été allumé dans un centre Enedis, rue Montesquieu. Il a touché une dizaine de véhicules d’intervention qui étaient situées à l’extérieur du bâtiment, dans une cour et il s’est propagé à quelques bureaux du site.
Autre belle cible à Nanterre cette nuit-là, le bâtiment des Archives départementales des Hauts-de-Seine qui a été en partie incendié : des inconnus ont forcé la porte puis ont mis le feu au hall d’entrée avec de l’essence. Il restera fermé deux mois pour travaux (peinture, électricité, décontamination de la suie, etc.) jusqu’au 22 août.

Plusieurs commissariats ont été attaqués : à Suresnes, Bois-Colombes et à Gennevilliers où les tirs tendus de feux d’artifice ont pulvérisé plusieurs vitres. À Meudon, c’est le poste de police municipale qui a été ciblé, comme à Villeneuve-la-Garenne la veille.

À Meudon-la-Forêt, le quartier prioritaire de Meudon et à Châtenay-Malabry, des assaillants s’en sont pris aux mairies annexes. Dans leur colère, les groupes d’émeutiers ont incendié aussi des chantiers : celui de la médiathèque à Clichy où les flammes ont ravagé une partie de la base vie et un engin de chantier tandis qu’à Puteaux, à la limite avec Nanterre, c’est celui d’une école qui a été la proie des flammes. À Gennevilliers, une « bulle » du promoteur immobilier a été ravagée rue Debussy. Si les pillages n’ont pas été une spécificité de la nuit, le Manège à bijoux d’un des centres Leclerc de Colombes a été mis à sac.

Le tribunal d’Asnières-sur-Seine a aussi été incendié. Un agent de sécurité était à l’intérieur du tribunal quand une quinzaine de jeunes y ont mis le feu aux alentours de 3 heures du matin. Du rez-de-chaussée de ce tribunal de proximité, il ne reste presque rien. Les flammes ont tout ravagé. Ce tribunal devra nécessiter d’importants travaux avant de pouvoir rouvrir ses portes, et d’ici là, des locaux provisoires devraient être installés à Colombes.

Sur le terrain, les techniques de ces petits groupes extrêmement mobiles ont elles aussi évolué. Plus efficaces, plus pointues comme en témoigne la présence de nombreuses herses artisanales destinées à crever les pneus des véhicules à commencer par ceux de la police. « Ils ont mis les CRS à pied pour les immobiliser et réduire leur capacité de mouvement », analysait un observateur à Nanterre.

Des scooters et motos incendiés à Issy-les-Moulineaux

* Paris

Dans le XVe arrondissement de Paris, il y a eu « des tirs de mortiers, des feux de poubelle, de terrasses des cafés vandalisées, et des caméras de vidéoprotection détériorées », assure le maire LR Philippe Goujon, qui condamne ces violences. Une quarantaine de jeunes tout au plus ont agi sur le quartier de Beaugrenelle entre minuit et trois heures du matin.

Dans le secteur Raymond-Queneau du XVIIIe arrondissement, les locaux de la Bapsa, la brigade d’assistance aux sans-abri, a été incendiée par une trentaine de personnes.

[Synthèse de la pression régionale & nationale, 29 juin 2023]


Aulnay-sous-Bois, le 29 juin 2023. Les supermarchés Lidl et Aldi situés dans le nord de la ville ont été pillés dans la nuit.

« Ils ont tout pris » : des supermarchés pillés en marge
de la nuit de violences urbaines

Le Parisien, 29 juin 2023

En marge d’une deuxième nuit de violences consécutive à la mort d’un adolescent à Nanterre (Hauts-de-Seine), tué par un policier mardi matin à la suite d’un refus d’obtempérer, plusieurs supermarchés de Seine-Saint-Denis mais aussi des Yvelines, de Seine-et-Marne et du Val-de-Marne — un supermarché Lidl a été pillé à Vitry — ont été le théâtre de vols et de dégradations en Île-de-France.

Comme hébétés, les habitants du quartier de la Rose-des-Vents à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) qui passent par là marquent inévitablement l’arrêt devant l’entrée de « leur » Aldi ce jeudi matin. La porte est ouverte, mais le magasin est fermé. Au sol, canettes de soda, bouteilles d’huile d’olive et divers emballages témoignent du pillage nocturne. Un homme en short s’avance vers cet amas, récupère un pack de bières et s’éloigne. À l’intérieur, un vigile observe la scène sans broncher.

À Aulnay-sous-Bois, le Lidl situé à proximité du rond-point de l’Europe, toujours dans le nord de la ville, a lui aussi été victime de pillards. « Ils ont tout pris : des robots à 500 euros, des vêtements, même de l’alcool », énumère un agent de sécurité. Vers 11 heures, des policiers étaient sur place pour constater les dégâts.

À quelques centaines de mètres de là, à l’entrée du Aldi, le désarroi le dispute à la consternation et à la colère. L’ambiance contraste avec celle qui régnait, il y a un peu plus d’un an, lorsque le supermarché de l’enseigne allemande de hard-discount a ouvert ses portes, près de deux ans après la fermeture de la seule grande surface du quartier.

À la vue du chaos, une femme laisse éclater son « ras-le-bol » : « C’est honteux ! C’est une catastrophe ! Je suis écœurée. » Et se jure de « demander à partir » de la Rose-des-Vents.

« Ils ont fait leurs courses »

Qui blâmer ? Alors qu’un groupe d’habitantes prend en photo ou filme les dégâts au seuil du magasin, un homme et une femme engagent une conversation. « Ce sont les adultes qui sont responsables, assène le premier. À un moment, il faut qu’ils se réveillent ! » Son interlocutrice s’offusque : « Arrête de dire n’importe quoi ! Il y a des parents qui ont l’autorité, d’autres non. Il y a même des enfants qui tapent leurs parents. »

À Trappes (Yvelines), c’est le Carrefour Market qui a été visé. Le supermarché, situé au cœur des Merisiers, n’a pas pu être protégé par son rideau de fer. Et des dizaines de jeunes ont vidé et mis à sac les rayons de ce magasin alimentaire, principalement fréquenté par des familles du quartier. Venue constater les dégâts ce jeudi matin, la direction du magasin n’a pas souhaité commenter. Tout comme les habitants, regards en coin vers des jeunes dont la présence les dissuade de s’exprimer.

À Romainville (Seine-Saint-Denis), une femme en short, cigarette au coin de la bouche, s’éloigne du magasin Aldi de la route de Montreuil en criant : « Qu’est-ce qu’on s’en fout du matériel ? C’est un enfant qui est mort, un enfant ! » Dans son dos, quelques passants se pressent devant la porte du magasin, lui aussi pillé dans la nuit. Les riverains se disent « choqués » face à cette démonstration de violence, vitres brisées, cartons étalés au sol. Les faits se seraient déroulés entre 2 heures et 4 heures. Devant le magasin, deux voitures ont été incendiées.

Un salarié du magasin, la mine consternée, erre dans les rayons. « Un voisin m’a dit qu’il avait vu des gens sortir avec des couches, des trucs comme ça. Ils ont fait leurs courses, soupire une vieille dame du quartier. Mais ceux qui travaillent ici, ils ont besoin de bosser, c’est pas évident pour eux. »

Le seul magasin du quartier dévasté

Un retraité s’attarde également devant la devanture. Voisin immédiat du discounter, il a été réveillé dans la nuit et a pensé à des feux d’artifice de jeunes voulant s’amuser. « J’étais loin de me douter que c’était la guerre, commente-t-il. Je ne sais pas ce que ça a à voir avec Nanterre (de piller un magasin) mais bon, ils en profitent. »

En s’attaquant à l’Aldi, disent plusieurs habitants, les pilleurs s’en sont pris au seul magasin du quartier. « Je suis handicapé, reprend le riverain, en pointant ses jambes. Ça m’arrangeait bien de venir ici. Voilà, on n’a plus rien. »

Munich (Allemagne) : le camion-TV n’a pas passé la nuit

Publié le 2023-06-30 14:10:05

Dans la nuit de dimanche à lundi 26 juin vers 3h40, un camion de transmission par satellite de la chaîne de télévision ZDF a été incendié dans le quartier de Glockenbach à Munich. La précieuse cargaison technologique du camion spécial est certainement inutilisable, et les dégâts sont énormes : plusieurs centaines de milliers d’euros.

Ce camion-TV incendié faisait partie d’un centre de production mobile, qui avait diffusé dimanche matin en direct de l’église Saint-Maximilien la messe du pasteur de renommée nationale Rainer Maria Schiessler. Après la retransmission, ce véhicule de diffusion par satellite devrait rester devant l’église Saint-Maximilien jusqu’à lundi… sauf qu’il n’a pas passé la nuit.

Les investigations sont menées par le Commissariat n°13 (incendie criminel), qui n’ignore certainement pas que les voies du seigneur sont impénétrables.

[Synthèse de la presse allemande (Bild), 28 juin 2023]

Munich (Allemagne) : une nouvelle antenne-relais part en flammes

Publié le 2023-06-30 14:15:06

Dans la nuit du 9 juin vers 3h, une antenne-relais est partie en fumée dans le quartier de Waldtrudering, à l’est de Munich. Cette antenne de l’entreprise Telekom, qui mesure environ 30 mètres de haut,  a été embrasée comme une torche, avec des flammes visibles à des kilomètres à la ronde. Les dégâts matériels sont estimés à environ un million d’euros.

C’est la Sécurité de l’État (Staatsschutz) qui a été chargée des investigations, et en l’occurrence le commissariat K43, responsable de la criminalité organisée de gauche. Ces dernières années, des inconnus ont incendié des antennes relais et des infrastructures de fibre optique à Munich et dans les environs à plusieurs reprises. Dommage total : environ quatre millions d’euros.

[Synthèse de la presse allemande, 9 juin 2023]

La police tue. Riposter, ne pas rester isolé.es, se servir du passé.

Publié le 2023-06-30 14:20:08

Contre le système policier, multiplions les foyers. Vendredi soir en est un.



La police tue.
Une fois de plus.
C’est le résultat évidemment du racisme systémique. C’est l’effet des lois et polémiques sur la légitime défense. Ce sont les conséquences de l’impunité obtenue par les syndicats policiers (en échange notamment de leur fidélité au pouvoir pendant les gilets jaunes).

Sauf que cette fois le meurtre a été filmé. Et que les émeutes ont suivi. A l’inverse d’autres fois, elles se sont imédiatement propagées dans de nombreuses banlieues et au delà des grandes villes.

On est face à un événement qui ne fait pas que « rappeler » les « émeutes de 2005 ».
Mais un événement du même ordre, de la même importantce, alors même que beaucoup d’entre nous qui sommes dans la rue n’étaient pas nés. Et parce que depuis rien n’a changé.

La révolte s’est propagée plus vite encore qu’en 2005. Une des « mesures » médiatiques de l’époque avait été de ne plus diffuser d’images des émeutes, la chose est impossible aujourd’hui. On doit réaliser l’ampleur de ce qu’il se passe car la réaction du pouvoir va venir vite et fort. Il faut comprendre la rapidité de la « compassion » gouvernementale comme une façon de passer le plus rapidement possible à la seconde phase : condamnation des violences, calinage des syndicats policiers, tapis rouge pour la droite.

Comme en 2005 il y aura le chantage à l’ordre. « Ce n’est pas une révolte, c’est de la racaille ». Darmanin a commencé en osant déclarer que ce qu’il s’est passé durant deux nuits n’a rien à voir avec le meurtre de Nanterre. A l’époque la peur avait servi de marche-pieds pour Sarkozy, le candidat autoproclamé « anti-banlieue ». Cette fois, difficile de ne pas voir que le scénario est déjà écrit, puisque Macron a déjà annoncé une politique d’ordre et de morale après le mouvement des retraites. Les moyens pour la mettre en oeuvre sont décuplés (40k policiers, plus équipés, plus couverts qu’il y a vingt ans).

A nous de réagir vite donc, et de tirer les leçons de 2005, quand la révolte était restée cantonnée aux banlieues (il avait fallu attendre la déclaration de l’état d’urgence pour voir les premiers rassemblements dans Lyon centre).
Cet écueil nous pend au nez (le rassemblement contre « la répression des mouvements sociaux et écologistes » n’a par exemple pas eu cette fonction de faire le lien, certains diront même « au contraire »).

L’idée ce n’est pas de prétendre qu’il y aurait une meilleure façon de « faire de la politique » : les manifestations, et leur violence contenue ou symbolique. Difficile de dire ça après un mouvement social perdu... Ce n’est même pas de prétendre que le pouvoir prendra uniquement peur quand nous déferlerons sur les centre-villes. Difficile de dire ça après l’échec des gilets jaunes. Non en fait il faut être partout, multiplier les foyers, partir là où l’on est. Mais autant que possible faire en sorte que ces différents points de lutte refusent l’isolement.

C’est pour ça qu’il faut être une foule au rassemblement de vendredi.
Mais une foule prête à exprimer un soutien franc, une solidarité immédiate et à pointer comme ennemi le système policier. Le soutien du bout des lèvres ne fait que préparer la réaction.
Une foule qui sera prête à rester dans la rue, envers et contre tout, ainsi que le font les révoltés depuis deux nuits déjà.
Avant cela il est nécessaire d’aller alimenter la révolte là où elle s’ancre. Ce fut cette nuit à la Duchère, Minguettes, Vaulx, 8, Villeurbanne, Meyzieu. Il y a au moins ce soir des rendez-vous à Etats-Unis (18h30), à Vaulx Thibaude (20h), aux Minguettes ouest.


La police tue.
Ne restons pas seul.e.s.
Soyons des milliers.

À demain :
Vendredi 30, Terreaux, 20h.

Gênes (Italie) : Des nouvelles des audiences du 7 et 8 juin du procès Diamante

Publié le 2023-06-30 14:25:03

La Nemesi / jeudi 8 juin 2023

Les 7 et 8 juin, au tribunal de Gênes, il y a eu le réquisitoire du procureur et la discussion des avocats défenseurs, dans le procès contre Evelin et Gianluca.
Les sentences demandées par le proc ont été de 5 ans et 6 mois, ainsi que 15 000 euros d’amende, pour Evelin et de 9 ans et 6 mois, ainsi que 30 000 euros d’amende, pour Gianluca.

La prochaine audience, où il y aura seulement la lecture de la sentence en première instance, a été renvoyée au 5 juillet.

Plus de nouvelles suivront.

Des réponses après l’énième exécution par main de la police

Publié le 2023-06-30 14:30:06

La rage, partout

Le Monde / jeudi 29 juin 2023

D’importantes tensions et dégradations ont émaillé la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 juin dans de nombreuses communes de banlieue parisienne, les violences urbaines se propageant dans d’autres villes de France comme Toulouse et Lyon, à la suite de la mort à Nanterre de Nahel M., adolescent de 17 ans tué par un policier pour refus d’obtempérer.

Plutôt calme en début de soirée, la situation s’est ensuite tendue dans le chef-lieu des Hauts-de-Seine, déjà théâtre d’affrontements entre habitants et forces de l’ordre dans la nuit. Plus d’une dizaine de voitures et des poubelles ont été incendiées, et des barrières ont été placées sur la route, ont constaté des journalistes du Monde. Sur la façade d’un immeuble, les murs ont été tagués des mots « Justice pour Nahel » et « Police tue ».

Odeur de brûlé, bruits d’explosion incessants, tirs de feux d’artifice puissants… A 2 heures, des petits groupes extrêmement mobiles multipliaient encore les accrochages dans le quartier Pablo-Picasso. Les forces de police se sont repliées et ne sont plus visibles dans une partie de la cité passée sous le contrôle complet des émeutiers. Les pompiers ont également reculé, selon notre journaliste sur place Luc Bronner.

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé la mobilisation pour la soirée de mercredi de 2 000 policiers et gendarmes à Paris et dans sa petite couronne, 800 de plus que la nuit passée.

Des incidents ont été déplorés également dans plusieurs villes des Hauts-de-Seine. A Clamart, une rame de tramway a été incendiée, selon une source policière.

Une vingtaine de communes de Seine-Saint-Denis ont recensé des incidents, selon une source policière, parfois dans des villes d’ordinaire tranquilles comme Dugny. D’après elle, il y avait chaque fois sur place des groupes de moins d’une centaine de personnes très mobiles. La Préfecture de police a fait état de 35 interpellations peu avant 2 heures.

Dans l’Essonne, un groupe de personnes a mis le feu à un bus vers 21 heures après avoir fait descendre les passagers à Viry-Châtillon, a-t-on appris de source policière. Des heurts ont aussi éclaté peu après 20 heures dans le quartier du Mirail à Toulouse, où plusieurs véhicules ont été incendiés, des policiers et des pompiers recevant des projectiles, selon une source policière.

Dan plusieurs quartiers de Dijon, les autorités ont fait état de conteneurs de poubelles incendiés et de tirs de fusées d’artifice. A Lyon et dans son agglomération, comme à Vénissieux, Bron et Villeurbanne, les forces de l’ordre ont été visées par des mortiers d’artifice. Un incendie probablement lié à des tirs pyrotechniques s’est produit dans un immeuble de Villeurbanne, faisant quatre blessés légers, a-t-on appris auprès des pompiers. « Certains appartements » ont été détruits par le feu et dix foyers, soit 35 personnes, ont été relogés. Quatre personnes ont également été hospitalisées, légèrement intoxiquées. A Vaulx-en-Velin, le commissariat a été ciblé, avant l’intervention des forces de l’ordre.

Ailleurs, des tensions ont été recensées à Roubaix (Nord), Amiens et Nice, selon une source policière. Certains incidents, comme à Saint-Etienne, à Lille et à Rennes, ont eu lieu en marge des rassemblements de soutien aux Soulèvements de la Terre, le mouvement écologiste récemment dissous.

Le poste de sécurité de l’entrée du domaine de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) a été attaqué dans la nuit de mercredi à jeudi au mortier d’artifice par des émeutiers, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source policière.

Des vidéos consultées par l’AFP montrent une vingtaine de jeunes cagoulés attaquer avec des mortiers d’artifice et divers projectiles le poste de garde à l’entrée du domaine.

Le domaine donne accès aux résidences des surveillants, à la maison d’arrêt, à la maison d’arrêt des femmes ou encore à l’hôpital pénitentiaire. Une alarme a retenti lors de l’attaque, comme le montrent plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. « Ils n’ont pas pénétré dans l’enceinte de la prison. Les forces de l’ordre ont vite été appelées », a fait savoir la source policière. Les vidéos montrent également des incendies dans la rue menant à la prison.

Les faits qui ont mené à la mort de Nahel M., habitant de Nanterre âgé de 17 ans, ont continué de susciter un flot nourri de commentaires politiques toute la journée de mercredi.

Les appels au calme ont fusé de toutes parts, et les pouvoirs publics ont multiplié les prises de parole pour éviter un embrasement. « Les images choquantes » diffusées sur les réseaux sociaux montrent une intervention de police « qui n’est manifestement pas conforme aux règles d’engagement de nos forces de l’ordre », a ainsi estimé la première ministre, Elisabeth Borne.

Dans la matinée, Emmanuel Macron avait évoqué un acte « inexplicable » et « inexcusable ». A la demande du président de la République, le ministre délégué à la ville, Olivier Klein, s’est entretenu avec la mère de l’adolescent pour lui présenter les « condoléances du gouvernement » et l’assurer du « soutien de la nation ».

La mère de Nahel M. a appelé dans une vidéo postée sur TikTok à une marche blanche jeudi à 14 heures devant la préfecture des Hauts-de-Seine, tout près des lieux du tir mortel, en exprimant sa « révolte pour [son] fils ».

Le policier soupçonné du tir mortel, âgé de 38 ans, est interrogé par l’inspection générale de la police nationale (IGPN) dans le cadre de l’enquête pour homicide volontaire ouverte par le parquet de Nanterre. Sa garde à vue a été prolongée mercredi dans « la perspective d’une ouverture d’information judiciaire envisagée » jeudi matin, a fait savoir le parquet.

Le domicile de ce motard de la police fait l’objet de mesures de surveillance, selon les autorités locales de son lieu de résidence, à la suite de la diffusion de menaces anonymes sur les réseaux sociaux. « Nous prendrons les décisions administratives de suspension si jamais des charges étaient retenues contre lui », a annoncé M. Darmanin.

L’affaire a relancé la controverse sur l’action des forces de l’ordre en France, où un nombre record de treize décès a été enregistré en 2022 dans le cadre de refus d’obtempérer au cours de contrôles routiers.

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Le nom et coordonnées de l’assassin de Nahel.

Indymedia Nantes / mercredi 28 juin 2023

Voilà l’adresse et le nom du flic qui a assassiné Nahel.
Florian MENESPLIER
16 rue alphen, BORNEL 60450

Source :
https://copainsdavant.linternaute.com/p/florian-menesplier-5356201

Solidarité avec les révolté-es. Vengeance pour Nahel et tou-te-s les autres.

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Le Parisien / jeudi 29 juin 2023

Une nouvelle nuit de violences. Jusqu’à tard dans la nuit de mercredi à jeudi, des centaines de personnes ont de nouveau affronté les forces de l’ordre dans plusieurs villes de banlieue parisienne et de France, affirmant être « là pour Nahel ». Le jeune homme de 17 ans a été tué par un policier mardi après un refus d’obtempérer.

Plutôt calme en début de soirée, la situation s’est ensuite particulièrement tendue à Nanterre, déjà théâtre d’affrontements entre habitants et forces de l’ordre la nuit dernière. Des heurts se sont poursuivis jusqu’en milieu de nuit, avec des jets de pavés auxquels les forces de l’ordre ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène.

La colère a gagné mercredi soir toute l’Île-de-France. Le poste de sécurité de l’entrée du domaine de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) a été attaqué au mortier d’artifice. De même, plusieurs commissariats de région parisienne ont été pris pour cible cette nuit comme à Trappes, Gennevilliers, Meudon ou Dammarie-les-Lys.

Les violences urbaines se sont propagées dans plusieurs villes de France, comme à Toulouse où plusieurs véhicules ont été incendiés. À Lyon et dans son agglomération, les forces de l’ordre ont été visées par des mortiers d’artifice. Au total, 150 personnes ont été interpellées, selon un bilan communiqué par Gérald Darmanin.

Bagnolet (Seine-Saint-Denis)

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Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) : La municipale perd toutes ses voitures d’un coup

extraits du Parisien / jeudi 29 juin 2023

[…] À Neuilly-sur-Marne, sept voitures, soit l’ensemble du parc de la police municipale, ont été brûlées sur la place François-Mitterrand. Les véhicules étaient stationnés au pied du bâtiment et le feu s’est propagé au service logement situé au rez-de-chaussée.

Dans le quartier des Fauvettes, des carreaux de la médiathèque ont été cassés et un incendie s’y est déclaré. Il a été rapidement maîtrisé selon le maire Zartoshte Bakhtiari (DVD), qui qualifie d’« extrêmement choquant » les faits survenus cette nuit. La veille, l’école maternelle André-Chenier avait également été vandalisée mais les enfants ont pu y faire leur rentrée ce jeudi matin. […]

Ailleurs dans le département, l’hôtel de ville de L’Île-Saint-Denis a été endommagé par un incendie. À Romainville, la mairie a aussi été dégradée, et la crèche départementale située dans le quartier Youri-Gagarine a été en partie détériorée par les flammes.

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Nord : Bordel dans l’agglo de Lille, la mairie de Mons-en-Baroeul prise pour cible

extraits de la Voix du Nord / jeudi 29 juin 2023

[…] Plusieurs incendies ont visé des mairies, dont celle de Mons-en-Baroeul, relate France Bleu Nord qui a interrogé le maire de la commune Rudy Elegeest : « Ils ont cassé les vitres, défoncés les portes. Dans la mairie, j’avais des policiers municipaux qui étaient là. Ils ont du se réfugier, se cacher pour ne pas être victime de ces agissements. Vers 00 h 30, on a réussi à sortir ces agents du bâtiment en feu. »
[…]
Plusieurs autres bâtiments de la commune ont été incendiés : salle des fêtes, une salle polyvalente, un centre d’action sociale, les locaux de la police municipale énumère BFMTV. Le maire de la commune indique qu’il faudra « une année voire plusieurs années pour réparer » tous les dégâts.

Les flammes ont également envahi la station de métro Porte de Douai.
[…] D’ailleurs, une partie de la ligne 2 sera fermée toute la matinée ce jeudi, a prévenu Ilévia.

[…] Des émeutes ont également éclaté à Roubaix, Tourcoing, Hem et Wattrelos, où le centre social de la Mousserie et un Lidl ont été réduits en cendre.
Ailleurs dans la région, la nuit a été tendue dans le quartier de la Briquette à Valenciennes. Sur la zone du Gaumont, un restaurant de plus de 400 couverts, qui devait ouvrir dans trois semaines, a été ravagé par un incendie dévastateur.


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À Toulouse, convergence des ceux et celles qui luttent

extraits de la Depeche du Midi / jeudi 29 juin 2023

La fin de journée ce mercredi 28 juin a été émaillée par des violences urbaines qui ont démarré dans le quartier de la Reynerie à Toulouse. Une cinquantaine d’individus ont incendié des véhicules et des poubelles à proximité de la place Abbal en résonance au tir mortel d’un policier à Nanterre mardi lors d’un contrôle. […]

Ces contestataires s’en sont pris aux forces de l’ordre intervenant en protection des sapeurs-pompiers appelés sur les lieux pour éteindre les différents foyers d’incendie, provoqués par des jets de projectiles et des tirs de mortiers. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes afin de les contenir.
Le face-à-face place Abbal a rapidement cessé. Quelques groupes de jeunes ont ensuite circulé de façon erratique dans le quartier du Mirail, en étant régulièrement dispersés par la police. À 23h50, la préfecture a indiqué que la situation était en voie d’apaisement, mais restait sous vigilance.

13 personnes ont été interpellées au cours de cette soirée d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Au total, 20 véhicules ont été brûlés dont deux minipelles situées sur le chantier implanté au cœur de ce quartier et un scooter. Une caméra a été également détruite. Aucun blessé n’est à déplorer mais la préfecture indique « qu’il a été fait usage d’une arme sur un chien dangereux ». Ce chien a été mortellement touché par ce tir puis enterré par des habitants dans la foulée.

En milieu de nuit, une cinquantaine de policiers et 16 sapeurs pompiers ont été mobilisés.

Par ailleurs, à Blagnac, les pompiers indiquent que la ville a été à son tour durant la nuit « gagnée par ces violences engendrant aussi un engagement de trois véhicules et d’une quinzaine de sapeurs-pompiers ». Le bilan total fait état de selon eux de « 30 feux de poubelles et 32 feux de véhicules légers traités » entre la Reynerie et Blagnac.

et France Bleu ajoute :

[…] De nouveaux incendies ont été allumés en fin de nuit côté Bagatelle, c’est-à-dire dans la partie « intra-muros » du Mirail, à l’intérieur du périphérique. Dans la nuit, à dix kilomètres de là, un container a aussi été incendié dans le quartier des Mimosas, secteur Grand-Noble à Blagnac, occasionnant de légères dégradations sur la maison de quartier.

Sur place mercredi soir, notre reporter a constaté que plusieurs individus cagoulés de noir, extérieurs au Mirail et se revendiquant comme « anarchistes » étaient présents, France Bleu a d’ailleurs pu échanger avec l’un d’eux. C’est aussi ce que disent de très nombreux habitants du quartier ce jeudi matin dénonçant des « petits blonds du centre-ville ».

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Dans la métropole lyonnaise

actuLyon / jeudi 29 juin 2023

[…] Des incendies et des tirs de mortiers ont été signalés à La Duchère (9e arrondissement) à Lyon. Le réseau TCL a dû annuler le passage de lignes de bus dans ce quartier difficile de Lyon.
Le 8e arrondissement a aussi été touché par la contagion de violences. La maison de la métropole a notamment été la cible d’un incendie volontaire.
Le commissariat de Vaulx-en-Velin a été la cible de tirs de mortiers d’artifices, selon nos informations. Des incidents sont aussi à déplorer à Vénissieux.
La façade de la mairie de Décines a été incendiée. Le préfet délégué à la Sécurité Ivan Bouchier s’est rendu sur place dans la matinée.

Des incidents ont aussi éclaté à Bron, Tassin, Villefranche-sur-Saône et Saint-Genis Laval. Des feux de voitures, de camionnettes, de mobilier urbain et de poubelles ont été signalés dans l’agglomération où 45 interventions de pompiers ont été comptabilisés. […]

Les incidents se sont multipliés tout au long de la soirée ce qui a débouché sur quatre interpellations dans la métropole de Lyon, selon la préfecture. Une interpellation a été faite en marge d’une manifestation en soutien au Soulèvement de la Terre, l’association écologiste dissoute par le gouvernement qui s’est aussi transformée en manifestation de soutien pour réclamer « justice pour Nahel ».

Des manifestants ont tenté de s’en prendre au commissariat de police du 3e et 6e arrondissement. […]

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À Dijon et ailleurs en Bourgogne

France 3 / jeudi 29 juin 2023

Les tensions se sont exacerbées dans la nuit du 28 au 29 juin à Dijon (Côte-d’Or). De nombreuses dégradations ont été commises jusqu’à trois heures du matin à Fontaine-d’Ouche, dans les quartiers de Drapeau et des Grésilles, à Chenôve et à Talant.

« De petits groupes de jeunes ont incendié 21 poubelles », précise la préfecture ce jeudi. « Un véhicule a été brûlé et deux autres endommagés. » Des tirs de mortier ont eu lieu contre les forces de l’ordre et les pompiers. Neuf policiers ont été légèrement blessés par acouphènes et une personne interpellée.

La veille déjà, des violences ont éclaté dans le quartier des Grésilles. Une trentaine de personnes y ont incendié un véhicule peu avant deux heures du matin. Les forces de l’ordre, déployées pour seconder les pompiers, ont été visées par des jets de pierre, de cocktails Molotov et des tirs de mortier. Personne n’a cependant été interpellé ou blessé.

D’autres faits de violences urbaines ont été recensés ailleurs en Bourgogne. Selon la préfecture de l’Yonne, une vingtaine de feux de poubelles ont été dénombrés dans le département, ainsi que des incendies de voitures. 28 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pendant la nuit, sur huit interventions différentes.

À Sens, un véhicule de la police municipale a été vandalisé. Le commissariat a été ciblé par des jets de projectiles qui ont occasiné deux bris de vitre. La brigade de gendaremerie de Migennes a aussi été prise pour cible, mais sans dégâts. À Joigny, l’incendie d’une voiture était aussi à déplorer, rapporte l’Yonne Républicaine.

Dans la Nièvre, quelques feux de poubelle ont été constatés dans le quartier du Banlay. Des coups de mortier ont également été tirés et des abribus dégradés. […]

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À Strasbourg

actuStrasbourg / jeudi 29 juin 2023

Dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 juin, des violences ont éclaté dans plusieurs quartiers à Strasbourg (Bas-Rhin) à la suite de la mort de Nahel, un jeune homme de 17 ans tué par un tir policier à Nanterre (Hauts-de-Seine). […]

Les heurts ont débuté aux alentours de 22h30 dans plusieurs quartiers de Strasbourg, principalement à Hautepierre et dans le quartier Poteries, décrit Christophe Rouyer, du syndicat Alliance police nationale.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montrent également des tirs de mortiers et des pétards à la Cité de l’Ill, la Meinau, le Neuhof, Koenigshoffen ou encore Schiltigheim.

« Les violences étaient principalement urbaines, avec des dégradations et des incendies, notamment de voitures et de poubelles. On compte 66 véhicules incendiés dont 17 sur le parking du Leclerc de Schiltigheim, des véhicules de location essentiellement », décrit Christophe Rouyer.

Le calme a été rétabli aux alentours de 4h du matin. À la suite de ces violences, trois personnes ont été interpellées par la police et placées en garde à vue. […]

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Centre péniteintiaire de Réau (Seine-et-Marne) : Des voitures des matons incendiées

du site de FO Justice (le syndicat des matons) / jeudi 29 juin 2023

Cette nuit de multiples violences ont touché nos institutions. Effectivement, plusieurs établissements pénitentiaires ont fait l’objet d’attaque par des individus.

Une intrusion a eu lieu sur le domaine du Centre Pénitentiaire de Réau. Plusieurs véhicules ont été incendié sur le parking du personnel. […]

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Les flics utilisent des drônes

extrait du Parisien / jeudi 29 juin 2023

[…] Dans le Nord, la préfecture a multiplié les mesures jeudi soir pour prévenir de nouvelles violences à Lille et Roubaix avec l’interdiction de tout rassemblement dans un secteur, le déploiement d’unités du RAID, d’un hélicoptère et de drones. L’unité d’élite de la police qui aurait déjà procédé à six interpellations à Roubaix selon Europe 1.

La préfecture de police de Paris annonce qu’un nouvel arrêté « autorise la captation, l’enregistrement et la transmission d’images au moyen de drones » par les forces de l’ordre dans plusieurs communes des Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis pour cette nuit. […]

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À Marseille

actuMarseille/ jeudi 29 juin 2023

Suite à la mort de Nahel, jeune homme de 17 ans tué par un tir policier à Nanterre, des tensions éclatent ce jeudi 29 juin 2023 à Marseille.

Elles ont débutées en soirée : des incendies et des tirs de mortiers sont constatés.
Autour de 19 heures ce jeudi, un rassemblement s’est tenu devant la préfecture afin de dénoncer la mort de Nahel.

Plusieurs centaines de personnes étaient présentes dans le calme et une minute de silence a été observée.
Mais une heure plus tard, la situation s’est tendue. Rue Montgrand, dans le 6e arrondissement, des premiers feux de poubelle sont allumés. La pagaille s’étend vers la Rue Paradis et des tirs de mortier ont résonnés au niveau du Cours Estienne d’Orves.
Les manifestants se sont ensuite dirigés vers le Vieux-Port, où selon nos confrères de La Provence, les forces de l’ordre ont usé de gaz lacrymogènes afin de disperser la foule.

Ile-de-France, France: Riot rage spreads following police assassination of Nahel

Publié le 2023-06-30 14:35:03

Riot rage spreads following police assassination of Nahel

Scenes of riots, mortars and fires marked the night from Tuesday to Wednesday in the department of Hauts-de-Seine, but also more sporadically in other departments of Île-de-France after the death of Nahel, 17 years old. The teenager was killed on Tuesday morning 27th June in Nanterre (Hauts-de-Seine) by a police shooting [at point-blank range in the chest], the latter justifying his act by a refusal to comply. The policeman responsible for the fatal shooting, aged 38 years, is being questioned by the General Inspectorate of the National Police (IGPN) as part of the investigation for intentional homicide opened by the Nanterre prosecutor’s office.
In addition to the 31 arrests during this first night of riots, the Minister of the Interior Gérald Darmanin speaks of « 24 police wounded » and of « about forty vehicles burnt ». Today Wednesday 28th June, 2,000 police and gendarmes will be deployed in Paris and its inner suburbs.

A Nanterre même, Urban violence has been concentrated in the neighbourhoods of Vieux pont where Nahel was from, but also Zilina, Berthelot, Pablo Picasso and Damades. The police were targeted by projectiles, fireworks mortars and sometimes Molotov cocktails. Approximately vehicles and garbage cans – often erected as barricades – were destroyed in the municipality. Fires were also lit along the rails of the RER A, between Nanterre and Rueil-Malmaison. Several administrative buildings (Public finances, community centre, two school groups) were also damaged by fires. « Various public and private buildings, among which some schools, have suffered significant and unacceptable degradation, sometimes irreparable », the mayor Patrick Jarry laments.
On the side of the authorities, 20 police were slightly injured, among which 18 CRS and two BAC officers of Gennevilliers. Ten police vehicles and a fire engine of the Paris fire brigade (BSPP) were also damaged.


Nanterre (92), le 28 juin 2023

Hauts-de-Seine. Urban violence spread tonight in the Hauts-de-Seine. Cars, wheels and garbage cans were burnt in Asnières, Clichy, Colombes, Gennevilliers, Villeneuve-la-Garenne, Rueil-Malmaison, Suresnes, Boulogne-Billancourt, Bourg-la-Reine, Clamart, Montrouge, Bagneux, Vanves, and Malakoff. In the municipalities where the clashes were the hardest, the security forces used tear gas canisters and rubber bullets.

Mantes-la-Jolie, mercredi 28 juin 2023

Mantes-la-Jolie (Yvelines), night of Tuesday to Wednesday 28 June 2023 : the town hall annex of the Val-Fourré district is reduced to ashes during the night.

Yvelines. The first clashes were reported around midnight, at Mantes-la-Jolie. They spread like wildfire to Sartrouville, Andrésy, Trappes, Les Mureaux, Limay, Poissy, Coignières, Bougival, Montigny-le-Bretonneux, Conflans-Sainte-Honorine, Chanteloup-les-Vignes, La Verrière.
In most cases, these were garbage can fires and projectiles launched. At Meulan-en-Yvelines, the community centre located on Allée des Marguerites was set on fire around 3:10 a.m. The entire ground floor was hit: people would have broken a window before throwing a Molotov-type device inside. On the same night, a fire was started on the back façade of the supermarket Sitis Market, located a few hundred metres away, without causing too much damage. At Mantes-la-Jolie, the town hall annex of Val-Fourré was set on fire and and significant damage was caused. According to several reports, a group of young teenagers forced their way into the building around 12:30 a.m., before setting fire to pallets in the main lobby.

Meulan-en-Yvelines (Yvelines), night of Tuesday to Wednesday 28th June 2023 : the associations centre in the district of Paradise.

Essonne. Seven vehicles and garbage containers were set on fire in Athis-Mons. Aux Ulis, A police station was damaged and two police cars burned. Garbage cans and burning vehicles were also struck at Courcouronnes, Corbeil-Essonnes, Massy, Evry, Etampes, Epinay-sur-Orge and Juvisy-sur-Orge.

Seine-Saint-Denis. Tensions also spread in Seine-Saint-Denis, in particular to Saint-Denis et Montfermeil. In the department, the police responded with more than 46 shots of rubber bullets (LBD) during the interventions.

Val d’Oise. One person was arrested in Argenteuil, in Val-d’Oise, suspected of damaging a municipal police car. Barricades were set up during the night, and mortars fired. Garbage bin fires also occurred in Cergy, in Deuil-la-Barre, Sarcelles, Saint-Gratien, Eragny.

 

 

 

 

Bordeaux, Aubiers district, 28 June 2023

LE 28 JUIN 2023 / A BORDEAUX

A little further afield. In addition to some neighbourhoods in the Paris region, tensions were also noted elsewhere in France. In Bordeaux notably, in the Aubiers district, as well as in the Cité du Midi in Floirac and the priority Génicar neighbourhood in Lormont. Cars and bins were set alight. In Dijon, Several dozen people confronted the police between 2am and 5am in the Grésilles neighbourhood.  Projectiles and Molotov cocktails were thrown at the police who responded with tear gas, as well as in Roubaix and Hem (North) or Colmar (Haut-Rhin).

[Synthesis of the Parisien/France Bleu/Actu78, 28 June 2023]

On the town hall of Carhaix (Finistère), on June 28 in the morning…

via: sansnom translated by Act for freedom now!
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From Athens to Cardiff and now  Paris  COPS PIGS MURDERERS!

Espagne : L’anarchiste Amadeu Casellas emprisonné à nouveau

Publié le 2023-07-01 08:00:03

Dark Nights / lundi 26 juin 2023

Après le dernier procès contre le compagnon Amadeu, où le Parquet a demandé une peine de huit ans pour un braquage chez un horloger, l’État l’a condamné à quatre ans de prison. Étant donné qu’il était en détention préventive, il a été libéré.

Une fois dehors, Amadeu, avec le soutien du groupe de solidarité, a décidé de faire appel auprès de la Cour suprême, appel rejeté. Il a donc décidé de demander une rémission de peine, ce qui a été rejeté aussi.

La Cour a décidé de lui faire purger la peine, du coup ils [l’ont, maintenant] emprisonné à nouveau.

En tenant compte du fait qu’il s’agit d’une peine de moins de cinq ans, l’avocat a demandé que le troisième degré pénitentiaire [qui correspond à la semi-liberté en France : la personne détenue sort travailler le matin et rentre à la prison le soir ; NdT] lui soit garanti d’emblée.
Cette demande a été rejeté sans même avoir été examinée, ce qui nous fait penser que c’est à cause du fait qu’Amadeu est Amadeu.

Nous regrettons d’informer qu’Amadeu [a du] rentrer en prison le 12 juin.

Du coup, nous crions encore :
Liberté pour Amadeu !

Turin (Italie) : Alfredo Cospito et Anna Beniamino condamnés à 23 ans et à 17 ans et 9 mois

Publié le 2023-07-01 08:05:06

La Nemesi / mardi 27 juin 2023

Dans l’attente d’un texte plus détaillé sur cette audience, nous informons que la Cour d’appel de Turin a établi les peines pour les anarchistes Anna Beniamino et Alfredo Cospito, suite au procès Scripta Manent, en condamnant Anna à 17 ans et 9 mois et Alfredo à 23 ans. La possibilité d’une condamnation à perpétuité pour Alfredo (et à 27 ans et un mois pour Anna), comme il avait été demandé par le Parquet de Turin lors de l’audience en appel du 5 décembre 2022 et encore dernièrement le 19 et 26 juin, a donc été exclue de façon définitive.

Nous rappelons que le long du procès Scripta Manent – en plus des accusations d’association subversive avec finalité de terrorisme et de subversion de l’ordre démocratique, d’attentat avec finalités de terrorisme, de provocation aux crimes et délits avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme, etc. – Alfredo et Anna ont été accusés et condamnés à plusieurs reprises pour « massacre », d’abord pour l’action dans le quartier bourgeois de la Crocetta (à Turin, en 2007), ensuite pour l’action contre la caserne des élèves carabiniers (à Fossano, en 2006). Après que la Cour de cassation a requalifié (le 6 juillet 2022) la condamnation pour « massacre contre la sûreté publique » (art. 422 du code pénal) en « massacre contre la sécurité de l’État » (art. 285 du code pénal), le compagnon risquaient justement une condamnation à l’emprisonnement à perpétuité, à cause de la prévalence de la récidive réitérée sur les circonstances atténuantes. La norme qui imposait le caractère obligatoire de la peine de perpétuité a ensuite été modifiée par la Cour constitutionnelle, lors de l’audience du 18 avril : ce n’est pas une « victoire » de l’État de droit ou un « retour » aux principes de la Constitution, mais un résultat obtenu par la grève de la faim contre le 41 bis et la peine de perpétuité avec période de sûreté illimitée, ainsi  que par le mouvement de solidarité internationale qui s’est développé entre mai 2022 et avril 2023.

MORT À L’ÉTAT ET AU CAPITAL ! SOLIDARITÉ AVEC ANNA BENIAMINO, ALFREDO
COSPITO ET AVEC TOUS LES ANARCHISTES ET LES RÉVOLUTIONNAIRES
EMPRISONNÉS !

Partout : 3e nuit de révolte émeutière, pillages et incendies à gogo [Re-MàJ]

Publié le 2023-07-01 08:25:06

[Suite à l’assassinat policier de Nahel à Nanterre (Hauts-de-Seine) mardi matin, une première puis une deuxième nuit d’émeutes se sont déroulées dans tout le pays, émeutes destructrices dont nous avons publié de larges recensions illustrées ici. Et finalement, une troisième ne s’est pas fait attendre cette dernière nuit du jeudi 29 au vendredi 30 juin… malgré le déploiement annoncé de 40 000 policiers -soit quatre fois plus que la veille-, malgré l’arrivée du RAID (à Toulouse, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Strasbourg), de la BRI (Nanterre) et du GIGN (à Evry, Savigny le Temple, Nantes, Toulouse, Tours et Avignon) en mode anti-émeute, malgré les couvre-feux nocturnes, malgré l’arrêt des transports urbains de surface en Ile-de-France et ailleurs à partir de 21h, malgré les rotations d’hélicoptères de la gendarmerie et de drones policiers, et malgré les interdictions préfectorales de port et transport d’articles pyrotechniques comme de combustible.
Ce qui a marqué cette troisième nuit d’émeutes, en plus des affrontements avec la police aux quatre coins du pays, en touchant désormais plus d’une centaine de villes (y compris petites), a non seulement été une belle constance à incendier les transports en commun, mais aussi à multiplier les pillages en tout genre (parfois lors de véritables descentes au centre-ville, mais aussi dans des Darty, Decathlon ou centres commerciaux), avec plusieurs destructions d’entreprises et temples de la marchandise. Et avec un seul langage commun, qui se passe de toute revendication et de tout dialogue avec le pouvoir ou ses médiateurs : le Feu !
A noter qu’aujourd’hui 30 juin, de premiers pillages de jour ont commencé, comme à l’Apple Store du centre de Strasbourg, au supermarché Spar du quartier Pays-de-France à Reims, ou aux grands centres commerciaux de Rosny 2 et Créteil Soleil en région parisienne…]


Quelques chiffres

Le ministère de l’Intérieur recense cette nuit du 29 au 30 juin 79 repaires de flics attaqués (39 locaux de la police nationale, 24 de la police municipale et 16 de la gendarmerie), et 119 bâtiments publics visés, dont 34 mairies et 28 établissements scolaires. Par ailleurs, 917 personnes ont été interpellées cette nuit partout en France, dont 408 à Paris, dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne (et 170 gardes à vue). Un total de 249 policiers et gendarmes ont été blessés cette nuit.

Aujourd’hui 30 juin, Elisabeth Borne a déclaré depuis le commissariat d’Evry-Courcouronnes (Essonne) que « toutes les hypothèses », dont l’instauration de l’état d’urgence, sont envisagées par l’exécutif pour « le retour de l’ordre républicain »,  L’Elysée a de son coté souligné qu’Emmanuel Macron était prêt à adapter le dispositif de maintien de l’ordre « sans tabou »… Pour commencer, les 18 nouveaux blindés Centaure de la gendarmerie vont être mobilisés ce soir, et tous les transports en commun de surface de l’ensemble du pays ont été mis à l’arrêt par le ministère de l’Intérieur.

Concernant les chiffres, « Nous avons interpellé 917 émeutiers hier. Leur moyenne d’âge c’est 17 ans, un tiers sont des mineurs. Nous avons même interpellé des enfants de 13 ans », a déclaré le ministre de l’Intérieur.


Le pronostic vital d’un manifestant engagé en Lorraine

Un membre du RAID déployé à Mont-Saint-Marin (Lorraine), commune frontière avec le Luxembourg

Un homme a été grièvement blessé à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle), dans la nuit de jeudi et vendredi, et dans des conditions restant à éclaircir. Vendredi, L’Est Républicain faisait le lien entre cette blessure et un tir de lanceur de balles de défense (LBD) par une membre d’une unité du RAID déployée sur les lieux. Sollicitée par Le Monde, la procureure de Val-de-Briey, Catherine Galen, rapporte que « les éléments ont permis de saisir l’IGPN [inspection générale de la police nationale], qui enquête sur ces faits depuis ce matin ».

« En l’état de l’avancement de l’enquête de flagrance, un tir de LBD par le RAID n’est ni confirmé, ni infirmé », ajoute la magistrate, précisant que « l’état de santé du jeune homme reste inquiétant ». Selon L’Est Républicain, le pronostic du jeune homme était « engagé ». Selon le quotidien local, il a été « évacué des émeutes et transporté à l’hôpital d’Arlon, en Belgique ».
(Le Monde, 30 juin 2023)


Colonies

Le Port (La Réunion), nuit du 29 au 30 juin : la Maison de justice et du citoyen incendiée
et idem pour les engins de chantier

Saint-Denis, Sainte-Marie, Saint-André, Le Port ou encore La Possession : la nuit a été agitée dans plusieurs villes de La Réunion, jeudi 29 juin. De nombreux incendies, essentiellement de poubelles et de quelques véhicules, et des jets de galets ont eu lieu dans plusieurs quartiers.
Au Port (La Réunion), la Maison de justice et du citoyen a été prise pour cible et incendiée. Plusieurs émeutiers se sont introduits dans l’établissement public situé rue Raymond Vergès, en passant par le toit. Ils ont ensuite ouvert les fenêtres, permettant à d’autres jeunes de lancer des molotovs à l’intérieur. Le feu s’est propagé rapidement, causant des dégâts estimés 40 000 euros. De plus, deux voitures et deux engins de chantier ont été incendiés, et une pharmacie a été pillée.


Région lyonnaise/Rhône Alpes

Lyon (Rhône) 3e arr., nuit du 29 au 30 juin : un des bus lyonnais flambés

A Lyon (Rhône) même, des affrontements avec la police ont éclaté dans le 8e et 9e arrondissement de Lyon, dans le quartier des Etats-Unis et de la Duchère. Des véhiculés et un bus ont notamment été brûlés dans le 3e arrondissement, avenue Georges-Pompidou près de la gare de la Part-Dieu. A cause d’incendies de tram et de bus en début de soirée, le réseau TCL a été partiellement à l’arrêt, alors que Keolis avait assuré qu’il n’était pas question de stopper le réseau après 21h comme en Ile-de-France ou à Lille.

Villerbanne (Rhône), nuit du 29 au 30 juin : le resto de l’Institut Régional d’Administration par en fumée

A Villeurbanne, vers 2h du matin, un volet roulant et une vitre du restaurant d’entreprise de l’IRA (Institut régional d’administration), situé au parc Jean Monnet dans le quartier du Tonkin, sont fracturés puis un molotov est jeté dans le bâtiment. Une partie de la salle est incendiée (tables, chaises, plafond), et la centaine de salariés qui fréquentent ce restaurant trouveront portes closes jusqu’à nouvel ordre. La même nuit, la carrosserie d’un tram est endommagée suite à la propagation d’un incendie rue Frédéric-Fays, le centre social Grandclement est saccagé et le local technique du groupe scolaire du même quartier est incendié (bureau de la gardienne et hall d’entrée). Les portes coupe-feu ont sauvé de justesse le réfectoire et les salles de classe.

Vénissieux (Rhône), nuit du 29 au 30 juin : tramway immobilisé, caillassé puis incendié
Bron (Rhône), nuit du 29 au 30 juin : un des bus lyonnais flambés

A Bron, dans le quartier de Parilly, un bus a été incendié, suivi d’un deuxième un peu plus tard.
A Vénissieux vers à 20h50, le tramway a été bloqué par des poubelles en feu puis ses vitres ont été brisées et plusieurs foyers incendiaires allumés à l’intérieur.

Saint-Fons (Rhône), nuit du 29 au 30 juin : la pépinière de 25 entreprises totalement détruite (ci-dessus et ci-dessous)

A Saint-Fons, la Coursive d’entreprises (hébergeant 25 d’entre elles) est entière détruite vers 2h du matin. Les 2 000 m² sont partis en fumée grâce à l’incendie d’une voiture contre les bureaux de la direction.

Rilleux-la-Pape (Rhône), nuit du 29 au 30 juin : la médiathèque saccagée

A Rillieux-la-Pape, dans le quartier de la Semailles, la médiathèque a été saccagée. Sans compter les 13 véhicules incendiés et les commerces attaqués à partir de 22h. La façade d’une crèche et d’un local associatif ont aussi été brûlés, et la porte du poste de police municipale attaquée.

La Ravoire (Savoie), nuit du 29 au 30 juin : hall de la mairie forcé puis incendié

A Chambéry (Savoie), l’agglomération chambérienne n’avait jamais subi de pareilles destructions, y compris lors des émeutes de 2005. Peu de bâtiments d’importance ont été épargnés dans le quartier de Chambéry-le-Haut : les vitres de la mairie de quartier, qui accueille également une Maison France Services et siège social de Cristal Habitat, a été vandalisée et incendiée : elle est aujourd’hui inutilisable. Le hall d’accueil du cinéma le Forum a été détruit par les flammes. Deux écoles ont subi également des tentatives d’incendie : l’école Madeleine Rebérioux, dont le hall a été incendié. L’équipement a été déclaré inutilisable et par mesure de sécurité. Et celle de Chantemerle, qui a également été prise pour cible, mais la tentative d’incendie a été rapidement maîtrisée. Dans le quartier Mérande, le centre social du Biollay ou encore un collège privé ont également été visés.
À la mairie de La Ravoire (en banlieue de Chambéry) l’entrée principale a été caillassée, forcée puis incendiée avec des poubelles. Les dégâts sont estimés à 140 000 euros.

Villefontaine (Isère), nuit du nuit du 29 au 30 juin : le poste de police municipale en cendres

À Villefontaine (Isère), outre le poste de police municipale détruit (fenêtre explosée au mortier puis essence versée à l’intérieur), la mairie, la médiathèque, les locaux de la Sécurité sociale ont été pris pour cible, occasionnant des dégâts.

À Charvieu-Chavagneux (Isère), le bureau de l’état civil de la mairie a été incendié. Plusieurs individus, déterminés à en découdre avec les forces de l’ordre, ont lancé des molotovs contre la mairie. L’un est venu briser une fenêtre du rez-de-chaussée, provoquant un départ de feu dans le bureau de l’état civil.

La Ricamarie (Loire), nuit du 29 au 30 juin ; la mairie n’a pas passé la nuit
et le bus de la Stas non plus

A La Ricamarie (Loire), la mairie est incendiée. Le préjudice déclaré par la mairie auprès des services de l’État est évalué à plus de 530 000 euros. Le rez-de-chaussée, qui abrite notamment les services techniques, a été le plus durement touché. Outre l’hôtel de ville, les émeutiers s’en sont aussi pris à l’agence du Crédit agricole, située à proximité, dont les vitres ont été brisées. Par ailleurs, un bus de la Stas, assurant la liaison entre La Ricamarie et Le Chambon-Feugerolles a été ravagé par les flammes, rue Rémi-Moise dans la zone d’activité Montrambert-Pigeot.


Ouest

Nantes (Loire-Atlantique), nuit du 29 au 30 juin : un busway 100% électrique incendié dans le quartier du Clos-Toreau
idem
Nantes (Loire-Atlantique), nuit du 29 au 30 juin : la mairie annexe de Nantes-nord incendiée
Nantes (Loire(Atlantique), nuit du 29 au 30 juin : le magasin Centrakor réduit en cendres dans le quartier de la Bottière

A Nantes (Loire-Atlantique), dans le quartier Bellevue, un magasin Lidl a été attaqué à la voiture-bélier vers minuit, avant d’être pillé. Dans le quartier du Breil Malville, un tabac est pillé et incendié. Dans le quartier Bottière, le magasin de meubles et de décoration Centrakor a brûlé. Le magasin, 1.500 mètres carrés, avait ouvert fin 2021, et il n’en reste qu’un amas de ferraille et des cendres. Il a été pris pour cible vers 1h30. Au total, neuf personnes travaillaient dans ce magasin.
Dans le quartier du Clos-Toreau, un busway a été incendié : une « petite dizaine d’individus masqués et dotés de barres de fer et masques à oxygène ont stoppé un Busway, demandé aux passagers de descendre puis l’ont incendié ». Et sans oublier la mairie annexe de Nantes-nord qui a été incendiée.

Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), nuit du 29 au 30 juin : la MJC incendiée et des engins de chantier idem

A Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), la MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) du quartier du Plateau, place de la cité, a été incendiée avec son minibus, 400m2 du bâtiment sont partis en fumée. Les pompiers sont aussi intervenus pour de nombreux incendies dans l’agglomération briochine : 6 voitures ont été brûlées, deux engins de chantier, un cabanon de chantier et plusieurs poubelles. Le Carrefour Express de la place de la Cité a été pillé vers 2h du matin.
Dans le quartier Balzac, en face du city stade, une construction modulaire de chantier et un engin ont été partiellement détruits par un incendie. Les pompiers sont également intervenus devant la maison d’arrêt de Saint-Brieuc, rue des Fusillés, pour des feux de poubelles. De plus, le Crous Bretagne indique qu’une « vitre du Resto U’Mazier a été fracturée et la porte a été forcée. Les distributeurs de boisson ont été vandalisés et pillés. Le mobilier a été jeté à terre. »

Le Mans (Sarthe), nuit du 29 au 30 juin : la Poste réduite en cendres dans le quartier des Sablons
Le Mans (Sarthe), nuit du 29 au 30 juin : le bâtiment de Le Mans Métropole habitat incendié, vue de devant, puis de derrière (ci-dessous)

Au Mans (Sarthe), les émeutes ont commencé vers 23h. Aux Sablons, un bâtiment de Le Mans Métropole habitat a été incendié, boulevard des Glonnières, avec 1 000 m2 de bureaux totalement détruits. Le commissariat des Sablons a également été attaqué. Le feu a été mis dans le sas d’accueil. De plus, le bureau de Poste d’une surface de 150 mètres carrés, a été totalement détruit par les flammes, et le Carrefour Market a été pillé.

Maromme (Seine-Maritime), nuit du 29 au 30 juin : la mairie attaquée après avoir poursuivi le maire zélé qui s’y était réfugié

A Maromme (Seine-Maritime), le maire, David Lamiray a été poursuivi par des dizaines de personnes, après une tentative d’incendie du commissariat. Il s’est réfugié dans la mairie, dont toutes les vitres ont été cassées. Un magasin Action a aussi été pillé.
D’autres attaques ont eu lieu à Darnétal, Elbeuf ou Petit-Quevilly, où un engin de chantier a été volé.

Canteleu (Seine-Maritime), nuit du 29 au 30 juin : le comico sous le feu

À Canteleu (Seine-Maritime), le bureau de police a subi de nombreuses attaques, et l’entrée du bâtiment a été fortement touchée par un incendie.

Au Petit-Quevilly (Seine-Maritime), l’école Robert-Desnos a été attaquée vers 2h30 du matin. Des molotovs ont été lancés à l’intérieur, ravageant complètement l’école.

Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime), nuit du 29 au 30 juin : incendie de la mairie annexe, baptisée Maison du citoyen (ci-dessus-et dessous)

Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime), nuit du 29 au 30 juin : incendie de la Maison de l’information sur l’emploi et la formation (Mief)

A Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime), les supermarchés Aldi et Action ont été pillés (et le second incendié) tout comme une pharmacie. De plus, on relève deux beaux incendies dans le quartier du Madrillet, celui de la Maison de l’information sur l’emploi et la formation (Mief) qui accueillait l’antenne de la Mission locale, et celui de la dite Maison du citoyen, qui est en fait ni plus ni moins la mairie annexe hébergeant notamment la Maison de justice et du droit (1,5 millions d’euros de dégâts évalués dans cette dernière).

Au Havre (Seine-Maritime), des feux de poubelles ont été allumés dans les quartiers de Caucriauville, de l’Eure et du Mont-Gaillard. Dans le quartier de l’Eure, les vitres du commissariat ont été brisées, ainsi que celle de la maison communale toute proche.

Vernon (Eure), nuit du 29 au 30 juin : le centre des impôts ravagé par les flammes

A Vernon (Eure), le centre des finances publiques a été incendié dans la nuit. La veille, c’est la Mission locale qui avait flambé dans le quartier des Boutardes.

Tours (Indre-et-Loire), nuit du 29 au 30 juin : un des deux bus cramés place de la liberté

A Tours (Indre-et-Loire), près du quartier du Sanitas sur la Place de la liberté, un bus et un minibus ont été incendiés. Le magasin Lidl du quartier a lui été pillé, tandis qu’une agence immobilière était défoncée.

Poitiers (Vienne), nuit du 29 au 30 juin : le poste de police du quartier des Couronneries en ruines

A Poitiers (Vienne), le bureau de police du quartier des Trois-Cités est « totalement incendié » et deux autres ont été « dégradés par des véhicules béliers incendiaires » dans les quartiers de Bel-Air et Couronneries. Dans ce dernier, les sept magasins du centre commercial ont aussi été pillés et incendié. Et dans toute la ville, 8 mâts de vidéosurveillance ont été détruits.

Châtellerault (Vienne), nuit du 29 au 30 juin : le centre commercial de la Plaine d’Ozon réduit en cendres

A Châtellerault (Vienne), le centre commercial de la Plaine d’Ozon, situé place Churchill, est dévasté par un incendie après qu’une trentaine d’émeutiers aient défoncé les rideaux de fer des commerces pour les piller. Il ne reste plus rien du tabac-presse, distributeur bancaire, bureau de poste, salon de coiffure et autres boutiques de restauration rapide.

La Rochelle (Charente-Maritime), nuit du 29 au 30 juin : la mairie annexe ravagée

A La Rochelle (Charente-Maritime), dans le quartier de Villeneuve-les-Salines, la mairie annexe a été incendiée après avoir été saccagée. Elle ne retrouvera pas ses locaux avant l’été 2024, et déménagera en attendant ses services dans les bureaux de la police municipale, ce qui a le mérite d’être clair. Le bureau de tabac a également été pillé.

Dreux (Eure-et-Loire), nuit du 29 au 30 juin : trois camions pillés puis incendiés sur la rocade, dont un rempli de colis Amazon (voir ci-dessous)

A Dreux/Vernouillet (Eure-et-Loire), le centre Leclerc des Bates a été pillé : les rayons vidéo, hifi, électroménager et multimedia ont été littéralement dévalisés, et un tabac de la galerie marchande a connu le même sort. Sur la rocade D 928 entre les deux communes, trois camions y ont été incendiés en pleine nuit, après avoir été pillés, une fois leurs chauffeurs sortis des cabines « manu miltari ».
A Vernouillet, le Point information jeunesse a été endommagé par un incendie vers 23 heures.
A Lucé, les locaux de la mairie ont été incendiés au niveau de l’entrée et de l’accueil.

Mainvilliers (Eure-et-Loire), nuit du 29 au 30 juin

A Mainvilliers, les locaux de la police municipale ont été incendiés du côté de la porte et de l’accueil (après avoir percé l’entrée). La mairie de la commune n’a pas été épargnée : « La porte a été dégradée, des individus s’y sont introduits et ont saccagé différents services de l’état civil, des assurances et de la communication. »

A Châteauroux (Indre), alors que le centre commercial et autre bureau de poste sont durement défendus (77 tirs de LBD et 50 tirs de Cougar) par les forces conjointes de la police et gendarmerie nationales secondées par la police municipale face aux assauts des jeunes des quartiers Saint-Jean et Vaugirard, on note tout de même une voiture de police pillée et incendiée, ainsi que la bibliothèque municipale Saint-Jean est entièrement saccagée : ordinateurs, rayonnages, fenêtres, portes et livres (dont une partie sont volés). Elle ne rouvrira que fin août après travaux.
Du lendemain jusqu’au 3 juillet, le maire décrète un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés (22 h-6 h).

Saint-Herblain (Loire-Atlantique), nuit du 29 au 30 juin : le bureau de Poste en ruines

A Saint-Herblain (Loire-Atlantique), le bureau de Poste Neruda est incendié, et restera fermé « pour une longue durée » selon l’entreprise.

Brest (Finistère), nuit du 29 au 30 juin : la salle de sport Physic Form

A Brest (Finistère), les différents quartiers de la ville (Pontanézen, Bellevue, Keredern et Kérourien) s’enflamment vers 22h. Le centre commercial Carrefour du Valy-Hir, quartier populaire jouxtant celui de Kérourienla, est notamment attaqué, la salle de sport Physic Form est totalement incendiée, tout comme deux agences bancaires. Des descentes ont aussi lieu en centre-ville. Il y a aussi 33 voitures brûlées et plusieurs bâtiments publics calcinés (deux mairies de quartier, une médiathèque, deux centres sociaux, deux comicos).


Centre

Montargis (Loiret), nuit du 29 au 30 juin : une centaine d’émeutier attaque le centre-ville, pille les boutiques puis met le feu à certaines
Montargis (Loiret), nuit du 29 au 30 juin : la mairie n’a pas non plus été épargnée

A Montargis (Loiret), peu avant minuit, un imposant groupe d’une centaine d’émeutiers s’est dirigé vers le centre-ville de Montargis et son artère commerçante : la rue Dorée. Là, les vitres des magasins ont été fracassées, la pharmacie Mirabeau et des boutiques ont été pillées puis incendiées. Le maire Benoit Digeon, tire un premier bilan : « Dans l’hyper centre-ville, environ 21 vitrines complètement cassées et plus de 50 vitrines très endommagées. 10 véhicules sont brûlés et plus de 50 endommagés. Trois immeubles sont à détruire et un quatrième en cours d’incendie et contamination par le toit. » La mairie a été attaquée et est « bien abîmée«  par près de 300 émeutiers selon le maire. « La ville brûle en son centre je suis très inquiet » ajoute Benoit Digeon.

Limoges (Haure-Vienne), nuit du 29 au 30 juin : un camion volé puis incendié au Val de l’Aurence
Limoges (Haure-Vienne), nuit du 29 au 30 juin : un bus volé puis incendié sert de barricade

A Limoges (Haute-Vienne), le commissariat de la Bastide a été incendié. Les dégâts sont estimés à 80.000 euros. L’antenne-mairie du quartier de Beaubreuil a également été entièrement brûlée. Par ailleurs, le camion d’un chauffeur routier a été volé avant d’être incendié, cette fois au niveau de la Zup du Val de l’Aurence. Idem pour un bus volé dans la ville voisine de Couzeix puis ramené dans la cité pour servir de barricade.


Grand Est

Dijon (Bourgogne), nuit du 29 au 30 juin : deux bus incendiés dans le quartier des Grésilles

A Dijon (Côte d’Or), c’est vers 22 heures que les premiers véhicules incendiés ont été constatés, dans le quartier de la Fontaine d’Ouche. Deux bus de l’opérateur Divia Mobilités ont été incendiés dans le quartier des Grésilles, avenue Champollion, aux alentours d’une heure du matin.

Besançon (Doubs), nuit du 29 au 30 juin : le Crédit Mutuel enflammé

A Besançon (Doubs), dans le quartier de Planoise, une agence du Crédit Mutuel est incendiée et le supermarché Euromarket près de la place Ile-de-france est pillé.

Sens (Yonne), nuit du 29 au 30 juin ; les bâtiments en chantier du futur centre social part en flammes

À Sens (Yonne), dans le quartier des Champs-Plaisants, vers 4 heures du matin au terme de longs affrontements, les bâtiments en chantier du futur centre social qui devait abriter en 2024 une crèche, un centre d’animation et la mairie annexe a été incendié. Dans un bilan publié en août, la mairie publiera les comptes suivants sur les émeutes dans la ville :  » La démolition de l’ancien centre [celui en construction incendié par les émeutiers] et la préparation du futur chantier vont porter la facture à 5,5 millions d’euros contre un investissement initial de 4,3 millions d’euros. Le remplacement de sept caméras de vidéosurveillance détruites représente une facture de 37.200 €. La dégradation d’un des véhicules de la police municipale est estimée à 12.200 €.  »

Joigny (Yonne), nuit du 29 au 30 juin : un bus scolaire de plus en moins

A Joigny (Yonne), un bus Mobigo a été incendié sur le parking du lycée Louis-Davier.

Reims (Marne), nuit du 29 au 30 juin : le supermarché Spar du quartier Croix-Rouge pillé jusqu’au bout de la nuit…

A Reims (Marne), le commissariat du quartier Croix-Rouge a été pillé et incendié, causant le vol de vêtements sérigraphiés « Police Nationale ». L‘école de police située à quelques pas du commissariat a elle aussi été saccagée par des tirs de mortiers. Un incendie de 2 rames de tramway a été maîtrisé. Des commerces et bâtiments publics ont aussi été attaqués dans la ville, dont une agence bancaire, une agence postale, une maison de la presse.
De plus, le supermarché Spar, situé , en plein cœur du quartier Croix rouge, a été forcé pillé dans la nuit. Certaines familles ont continué leurs allers-retours gratos, caddie à la main, après le lever du jour.

Troyes (Aube), nuit du 29 au 30 juin : le maison de quartier des Sénardes après le passage des émeutiers

A Troyes (Aube), vers 3h la maison de quartier des Sénardes a été totalement détruite par les incendies allumés dans la nuit. Cette structure municipale inaugurée en 2018 avait coûté 2 millions d’euros. «Les agents de la ville sont très choqués. Nous les avons réunis au CMAS (centre municipal d’action sociale) ce matin (vendredi) pour les prendre en charge, les soutenir. Certains étaient en pleurs. C’est leur outil de travail qui a été détruit», indique Marc Bret, adjoint au maire chargé des affaires sociales. Le groupe scolaire Marcel-Pagnol a lui aussi été ciblé par les émeutiers. Des vitres ont été brisées par des projectiles. La caméra de surveillance de la place a été incendiée, détruisant du même coup la clôture de l’école.

Belfort (Bourgogne Franche-Comté), nuit du 29 au 30 juin : le bâtiment des espaces verts en incendié
Sanvignes-les-Mines (Saône-et-Loire), nuit du 29 au 30 juin : la mairie en cendres

A Belfort (Bourgogne Franche-Comté), un bâtiment communal de plusieurs centaines de m² a été détruit par un incendie volontaire, vers 2 h 30 du matin près du stade Coubertin. Le bâtiment était utilisé par le service des espaces verts de Belfort pour stocker du matériel : 6 véhicules ont été détruits. Par ailleurs, dès la tombée de la nuit et jusqu’à l’aube, plusieurs feux de poubelles et de voitures ont eu lieu dans différents quartiers de Belfort.

A Sanvignes-les-Mines (Saône-et-Loire), la mairie est incendiée vers 22h. La porte vitrée du hall d’accueil a été éclatée, puis un jerrican d’essence lancé à l’intérieur. Les travaux de remise en état devraient durer un an, pour un montant global estimé à plus de 800 000 €.

Mâcon (Saône-et-Loire), nuit du 29 au 30 juin : l’école à la voiture incendiaire

A Mâcon (Saône-et-Loire), l’école maternelle Jean Zay, dans le nord de la ville, est prise pour cible par des émeutiers. Une voiture a été projetée contre le bâtiment puis incendiée, au même titre que les locaux. Les flammes ont ravagé une salle de classe et endommagé d’autres parties de l’école. Elle ne rouvrira pas pour la rentrée scolaire du mois de septembre.

Strasbourg (Alsace), nuit du 29 au 30 juin : l’école Marguerite Perey hors service

A Strasbourg (Alsace), dans le quartier de Cronenbourg, le collège Sophie Germain (photocopieurs et mobilier cramés).et à l’école Marguerite Perey ont été incendiés : les flammes ont détruit 230 mètres carrés, une salle d’activité, un bureau et la bibliothèque dont les livres ont été utilisés par les émeutiers pour nourrir les flammes au centre de la pièce. Dans le quartier du Neuhof-Meinau, la régie du bailleur Ophéa a été dégradée aussi par des incendies, tout comme la mairie de quartier, vandalisée et en partie incendiée.
La préfecture du Bas-Rhin avait annoncé le déploiement du RAID dans les quartiers de Cronenbourg et de la Meinau dans la nuit, tandis qu’un hélicoptère survolait la ville. Ce vendredi matin, la préfecture annonce 76 véhicules brûlées dans tout le département.
Aujourd’hui 30 juin, sans même attendre la tombée de la nuit, des jeunes ont attaqué et pillé un magasin Apple dans le centre de Strasbourg.

Wittelsheim (Alsace), nuit du 29 au 30 juin : la municipale au molotov

A Wittelsheim (Alsace), un groupe d’une quarantaine de jeunes s’en sont pris à la mairie en lançant pierres et mortiers sur une façade latérale du bâtiment, recouverte en grande partie de vitres. Puis c’est la bibliothèque qui a subi le même sort, tandis que la voiture de la police municipale était incendiée.

Metz( Moselle), nuit du 29 au 30 juin : la mairie de quartier cramée de Borny

A Metz (Moselle), deux mairies de quartier, celles de Borny et Bellecroix ont été incendiées. La salle de musiques actuelles de la BAM, à Metz-Borny, a aussi été saccagée.
A Maizières-lès-Metz, une voiture de la ville a brûlé, et les volets du poste de police ont fondu sous l’effet de la chaleur, une poubelle ayant été incendiée le long du bâtiment.
A Woippy, le magasin Super Cash a été pillé et le commissariat de la commune a même été filmé en flammes vers 23 heures.

Fameck( Moselle), nuit du 29 au 30 juin : une centaine d’émeutiers a saccagé la mairie… dont la Marianne de la salle du conseil
Fameck( Moselle), nuit du 29 au 30 juin : La Poste et France Services en cendres

A Fameck, une centaine de jeunes sont entrés à l’intérieur de la mairie et ont arraché tous les postes de travail des agents. De nombreux émeutiers ont ensuite incendié La Poste et ont voulu prendre d’assaut la gendarmerie, où logent aussi les familles des gendarmes.
À Longwy, le centre des finances publiques a été incendié.

Hagondange (Moselle), nuit du 29 au 30 juin : le comico pris d’assut

A Hagondange, le commissariat a été pris d’assaut par une soixantaine de jeunes. Les policiers se sont retrouvés bloqués à l’intérieur, en essuyant jets de molotov et de pierres. Trois fonctionnaires sont légèrement blessés au nez et aux mains. Les véhicules personnels des policiers ont également été incendiés devant le commissariat. Quant à la gare, totalement rénovée il y a un an, elle a été saccagée.

Moyeuvre-Grande (Moselle), nuit du 29 au 30 juin : dix bus scolaires partent en fumée

A Moyeuvre-Grande, 10 bus scolaires ont été brûlés dans un dépôt Kéolis.
À Talange, un incendie a été constaté à l’école Jean Burger, il a été maîtrisé, mais les enfants seront redirigés vers l’école voisine ce matin à cause des odeurs. Des véhicules ont brûlé aussi dans la cour des services techniques de la mairie.
A Forbach, seize voitures de différents concessionnaires automobiles ont été incendiées.

Sarreguemines (Moselle), nuit du 29 au 30 juin : la maison de quartier part en fumée

A Sarreguemines, la maison de quartier de Welferding est ravagée par un incendie.

Vandoeuvre (Meurthe-et-Moselle), nuit du 29 au 30 juin : carcasse de bus incendié

A Vandoeuvre (Meurthe-et-Moselle), un bus a été incendié boulevard de l’Europe.

Nancy (Meurthe-et-Moselle), nuit du 29 au 30 juin : la mairie de quartier incendiée

A Nancy, dans le quartier du haut-du-Lièvre, la mairie de quartier a été incendiée vers 1h20. Une dizaine d’émeutiers, barres de fer à la main, se sont déchaînés sur le bâtiment, en braisant ses vitres, puis en allumant un feu qui a embrasé l’ensemble de la mairie, dont une partie de la toiture a été réduite en fumée.

Laxou (Meurthe-et-Moselle), nuit du 29 au 30 juin : quatre voitures de La Poste en fumée

A Laxou, quatre véhicules de La Poste ont été incendiés sur leur parking.

A Toul, dans le quartier de la Croix-de-Metz, l’Espace André Malraux, qui abrite des services publics (notamment la Maison de la justice et du droit, le CCAS, la Maison départementale des solidarités) et un espace public numérique est mis à sac : vitres cassées, début d’incendie, ordinateurs, photocopieur et d’autre matériel détruits.


Nord

Lille (Nord), nuit du 29 au 30 juin : la mairie du quartier de Wazemmes en flammes

Lille (Nord), 29 juin : le RAID a débarqué dans la journée

A Lille, la mairie du quartier populaire de Wazemmes a été la proie de flammes qui ont endommagé le rez-de-chaussée et noirci la façade, et dans un autre quartier populaire, à Fives, la mairie a été caillassée. Dans le quartier de Moulins, l’école Launay a été incendiée, ainsi que le Mcdo situé boulevard de Metz, dans le quartier du Faubourg de Béthune.

Roubaix (Nord), nuit du 29 au 30 juin : l’entreprise Prochèque Nord rasée au sol

A Roubaix, plusieurs bâtiments ont été incendiés, notamment dans le quartier de la gare où une trentaine d’émeutiers ont pillé la supérette Proxy, au pied de l’hôtel B&B, avant d’y mettre le feu. A 200 mètres de là, à l’entrée du quartier de l’Alma, c’est un énorme ancien bâtiment industriel de la Redoute dont la façade s’est effondrée à la suite d’un incendie, qui a tout détruit. Il abritait depuis un an et demi la société Prochèque Nord, du groupe Tessi, une entreprise de digitalisation administrative. Environ 500 personnes y travaillaient. Le centre social du Pile a également été incendié.

Halluin (Nord), nuit du 29 au 30 juin : la salle des mariages de la mairie sent le roussi

A Halluin, la mairie a été incendiée vers 23h. La salle des mariages, au premier étage de la mairie, a été totalement détruite par les flammes.

A Jeumont, le centre-culturel qui abrite le cinéma, a été brûlé dans la nuit par un plusieurs individus qui ont aussi mis le feu aux locaux de la police municipale situés à proximité.

Seclin (Nord), nuit du 29 au 30 juin : les restes fumants du poste de la police municipale

A Seclin, à partir de 1 h 30, un groupe d’émeutiers a commencé à canarder les locaux de la police municipale situés à côté de de la mairie avec force mortiers d’artifice et molotovs. Le maire de Seclin, était avec les forces de l’ordre et ses agents municipaux qui ont été pris pour cible et il a dû se protéger des tirs en se réfugiant dans une voiture. Le groupe d’émeutiers n’a stoppé ses agissements qu’une fois que le local de police a été complètement détruit.

Hem (Nord), nuit du 29 au 30 juin : les restes fumants de Pôle Emploi

A Hem, du quartier des Hauts Champs, la Maison de l’Emploi située au croisement de l’avenue Laenec et de la rue Henri-Dunant a été prise pour cible par les émeutiers : l’accueil a été complètement saccagé mais, surtout, les locaux de Pôle Emploi ont été incendiés.

A Boulogne-sur-Mer. dans le quartier du Chemin Vert, à Coccinelle Market, Lidl et le bar tabac Le Fontenoy ont été pris pour cible. Un incendie a ravagé une partie des locaux de l’Association Mission Insertion Emploi du Boulonnais.

Maubeuge (Nord), nuit du 29 au 30 juin : incendies et pillages

A Maubeuge, dans le quartier de Sous-le-Bois, un groupe de jeune s’en prend aux locaux de la mairie annexe située rue de la céramique, touché par un début d’incendie. Scène rare, les pompiers interviennent, entourés par des policiers casqués, habillés en tenue de maintien de l’ordre. Pendant que les soldats du feu déploient le bras élévateur, les émeutiers visent le véhicule à coup de mortiers ou de pavés. Des individus s’infiltrent pour percer les tuyaux d’eau ou défoncer le système hydraulique du véhicule. Le bras élévateur est hors-service, un autre fourgon à incendie est lui aussi détruit. La nuit s’est achevée par des incendies de poubelles en série avant que la pharmacie du Tilleul ne soit pillée par un groupe venu avec une fourgonnette. Ils ont emporté du matériel médical et des médicaments avant de mettre le feu à l’officine et à des garages voisins. À 6 h, les pompiers étaient toujours sur place pour éteindre les flammes. L’enseigne Supermarché 2000 et le garage Distinxion ont aussi été dégradés.

A Amiens (Somme), dans le quartier Saint-Ladre, l’école maternelle Michel Ange a été incendiée.


Paris

Paris, nuit du 29 au 30 juin : la boutique Nike pillée aux Halles après minuit

Alors que de nombreux messages sur les réseaux sociaux avaient appelé au pillage de magasins dans le centre de Paris, l’hyper centre a été le théâtre de plusieurs actes de vandalisme dans la soirée. Quelques poubelles ont été également été incendiées, malgré la présence massive de forces de l’ordre qui ont reçu des cailloux et autres projectiles. Le magasin Nike du Forum des Halles dans le 1er arrondissement, notamment, a été pillé vers 0h30, ainsi que le magasin Zara de la rue de Rivoli et deux autres magasins de vêtements (dont Jott). Le magasin de bijoux Mauboussin a lui aussi été visé, mais sa vitrine n’a pas cédée sous la pression.
Dans le 10e arrondissement, rue du Faubourg Saint-Denis, un bar-tabac a été pillé à son tour,et d’autres pillages ont eu lieu à Barbès (19e).
De nombreux heurts avec la police ont aussi eu lieu cette nuit dans la capitale, les 20e, 12e, 14e, 15e et 17e arrondissements étant les plus touchés.

Paris (19e), place des Fêtes, le Monoprix a reçu de la visite

Dans le 19e arrondissement, à place des Fêtes, une partie des commerces ont été saccagés et pillés, comme Monoprix et le magasin d’optique voisin. En face, la pharmacie Lafayette a aussi été touchée et le bar tabac voisin a brûlé.


Ile-de-France

Oise

Nogent-sur-Oise (Oise), nuit du 29 au 30 juin : le hall de la mairie incendié

A Nogent-sur-Oise,  le hall de la mairie – où s’est produit un d’incendie – a été ravagé. « Tout le rez-de-chaussée, notamment les services accueil, titres d’identités, état civil, guichet unique, scolaire, urbanisme ont été sévèrement détruits », précise la ville ce vendredi. Même chose au sein de la médiathèque de la commune qui a été vandalisée et de La Poste de la rue du Valois qui a été saccagée.

Creil (Oise), nuit du 29 au 30 juin : un tabac pillé et incendié

A Creil, une agence du Crédit agricole a été la cible d’un groupe d’individus. Une vitre a été brisée et a permis aux jeunes de pénétrer à l’intérieur pour « tout saccager ». Plusieurs bars-tabac ont également été pillés, au moyen d’un véhicule de chantier. C’est le cas notamment du Nerval, rue Henri-Dunant à Creil, dans le quartier du Plateau Rouher.

Beauvais (Oise), nuit du 29 au 30 juin : mairie annexe du quartier Argentine
Beauvais (Oise), nuit du 29 au 30 juin : le laboratoire du quartier Argentine saccagé

A Beauvais (Oise), dans le quartier Argentine, une soixantaine d’émeutiers ont vandalisé et pillé plusieurs commerces du centre commercial des Champs Dolent, dont un bureau de poste (et son disributeur), un café, un coiffeur, un laboratoire, ainsi que l’antenne de la police municipale. L’annexe de la mairie et son CCAS y sont aussi passés.


Seine-et-Marne

Mée-sur-Seine (Seine-et-Marne), nuit du 29 au 30 juin : le centre commercial réduit en cendres

Au Mée-sur-Seine, le magasin Carrefour a été pillé et le centre commercial Croix-Blanche a été totalement incendié.
A Saint-Fargeau-Ponthierry, la caserne des pompiers a été attaquée.
Dans la ville préfecture, Melun, une concession Honda a été pillée. Trente motos auraient été volées.
A Nemours, dans le quartier du Mont-Saint-Martin, les deux camions frigorifiques de la cuisine centrale, qui permet d’alimenter les cantines de Nemours et des environs, ont été incendiés. Le centre social et culturel a été ciblé, et tout le rez-de-chaussée est détruit.
A Brie-Comte-Robert, une quarantaine d’individus a s’en sont pris à l’hôtel de ville. Les vitres de la salle du conseil ont été brisées par des molotovs. Le mobilier est totalement saccagé à l’intérieur. Les individus ont tenté de forcer la porte du bureau de police municipale attenant, en essayant de l’incendier.

Provins (Seine-et-Marne), nuit du 29 au 30 juin : quatorze autocars partent en fumée

Provins (Seine-et-Marne), nuit du 29 au 30 juin : le supermarché Aldi en cendres

A Provins, c’est le magasin Aldi qui a été victime des flammes. L’enseigne est totalement détruite. En ville, 32 voitures ont été dégradées, dont une brûlée au sein du garage Renault. Des cars de la société de transport Procars ont été ciblés également. Quatorze cars sont partis en fumée, et un 15e est endommagé.
A Montereau, outre les voitures incendiées, les enseignes Afflelou et Carrefour ont été saccagés dans le quartier de Surville.


Val-de-Marne

Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), nuit du 29 au 30 juin : l’entrée du comico

Dans le Val-de-Marne, des personnes encagoulées ont attaqué le tribunal armé d’engins incendiaires et de mortiers. Ils étaient entre 100 et 200 individus.
« Presque tous les commissariats ont été attaqués cette nuit », résume un policier. Les attaques du Kremlin-Bicêtre et de Choisy-le-Roi ont été particulièrement violentes et des équipes de la BRI ont dû intervenir pour prêter main-forte à leurs collègues, submergés. Dans le premier, les assaillants, entre 80 et 100 selon les sources, ont jeté de l’essence dans le sas d’entrée avant d’y mettre le feu. Ils ont été mis en fuite avant qu’ils ne pénètrent dans les locaux ». « À Cachan, ils ont jeté des boules de feu dans la cour intérieure du commissariat, n’en revient pas une source. On ne savait pas si l’engin allait exploser ou pas. » À Fontenay-sous-Bois, l’attaque a été aussi brusque qu’intense.

Après les commissariats, les locaux des polices municipales ont été sciemment attaqués, comme à Bry-sur-Marne, à coups de mortiers. À Bonneuil-sur-Marne, trois agents municipaux ont été pris en charge après avoir inhalé des fumées alors qu’un incendie s’était déclaré à l’intérieur des locaux. À Choisy, les assaillants se sont rabattus sur la police municipale après l’attaque du commissariat. À Sucy-en-Brie, le rez-de-chaussée des locaux de la police municipale a été ravagé en partie par un incendie. Des véhicules ont aussi été brûlés.

Le palais de justice de Créteil, sous haute surveillance après des appels sur les réseaux sociaux à venir le brûler, a fait l’objet d’une attaque peu avant minuit. Les policiers ont été reçus à coups de projectiles dont un molotov.
A Orly, le McDonald’s, a été en partie saccagé aux abords de minuit.
A Bonneuil-sur-Marne, le magasin Darty a été pillé et plusieurs personnes arrêtées sur place.
A Ivry-sur-Seine, une armurerie située boulevard de Stalingrad a été pillée vers 3h45. Au moins 2 fusils à pompe et 4 fusils de chasse ont été volés.


Essonne

Evry-Courcouronnes (Essonne), jeudi 29 juin :. la mairie annexe du Canal incendiée

Arpajon : Dégradations et pillages en centre-ville
Athis-Mons : Incendie d’un semi-remorque et du siège départemental du bailleur I3F et pillage du magasin Auchan
– Bondoufle : Dégradation d’une agence postale
Chilly-Mazarin : Plusieurs commerces pillés et incendiés, attaque du poste de police municipal
Dourdan : Effraction à la mairie et début d’incendie rapidement circonscrit
Draveil : Dégradation de l’école municipale d’arts plastiques
Epinay-sous-Sénart : Attaque du poste de police municipal à l’aide d’un rouleur compresseur volé sur un chantier avant une mise en fuite par l’intervention des CRS, attaque du poste de police municipal et vol de motos.
Évry-Courcouronnes : Intrusions et pillages dans le centre commercial Évry 2 ; Incendie partiel d’un local des Finances publiques, Plusieurs attaques de l’Hôtel de police.
Fleury-Mérogis : Dégradation par incendie du portail de la brigade de Gendarmerie, incendie d’un camion
Grigny : Attaques contre le commissariat
Juvisy-sur-Orge : Dégradation du poste de police municipal, pillages de commerces
Les Ulis : Effectifs de police pris à partie au niveau du commissariat, mobilier urbain incendié, pillages de commerces
Lisses : Incendie du poste de police municipal
Massy : Attaque du commissariat et Pillage du magasin Cora
Saint-Germain-lès-Corbeil : Incendie de la concession Citroën
Saint-Michel-sur-Orge : Attaque du poste de police municipale du secteur du Bois des Roches
Savigny-sur-Orge : Portes de la mairie fracturées, dégradations légères par incendie du hall d’entrée
À Ris-Orangis, la station-service Esso, dans le quartier du Plateau, a été incendié.
Vigneux-sur-Seine : Pillages dans des commerces du quartier de la croix-blanche, Effraction de la Maison de quartier, Deux commerces pillés dont l’enseigne Darty


Yvelines

Achères (Yvelines), nuit du 29 au 30 juin ; la mairie saccagée et les commerces pillés

A Achères, la mairie est attaquée par des tirs de mortiers puis saccagée et incendiée par une quarantaine de jeunes. Quelques minutes, ce sontl es commerces du centre-ville qui avaient été pillés : opticien, magasin de scooter et de téléphonie.
A Trappes, un Carrefour Market a été pillé.
A Saint-Cyr-l’Ecole, le Monoprix a été attaqué et pillé.
A Fontenay-le-Fleury, un bus touristique a été calciné.
A Mantes-la-Jolie, une banque Société Générale a également été visée, de l’argent pourrait avoir été volé.
A La Celle-Saint-Cloud, c’est la bibliothèque de la place Bendern qui a été vandalisée.
A Villepreux, les commerces du quartier de la Pointe-à-l’Ange ont été vandalisés
À Coignières, une équipe a fait irruption dans la concession automobile vendant des Dodge, une marque américaine connue pour ses modèles excentrique. Une dizaine de pick-up RAM, un modèle vendu entre 58 000 et 120 000 euros (HT), ont été dérobés. Le préjudice pourrait atteindre 1 million d’euros.

La Verrière (Yvelines), 30 juin : école incendiée dans le quartier du bois de l’Etang

A La Verrière, environ 200 élèves sont sur le carreau après que le feu ait été mis à deux écoles du quartier du Bois-de-l’Etang.


Seine-Saint-Denis

Pantin (Seine-Saint-Denis), nuit du 29 au 30 juin : le dépôt de bus RATP du Fort d’Aubervilliers part en fumée

A Pantin, douze bus du dépôt de la RATP du Fort d’Aubervilliers ont été incendiés.

De nombreux supermarchés ont été pillés notamment à Montreuil et Epinay-sur-Seine. A Drancy, des émeutiers ont utilisé un camion pour forcer l’entrée d’un centre commercial qui a été en partie pillé et incendié.

A Montreuil, les incidents se sont concentrés sur la place de la mairie, sur le boulevard qui mène au commissariat et, surtout, contre des boutiques du centre commercial à proximité de la mairie. Pharmacie, magasin de téléphonie, d’optique, parfumerie, restaurant McDonald, distributeur de billets… tous ont été pillés. Les grandes baies vitrées du cinéma municipal, le Méliès, fierté des Montreuillois, ont, elles, été épargnées. A la différence de mercredi soir, les jeunes, venus de nombreux quartiers de cette ville de quelque 110 000 habitants, se sont donné directement rendez-vous devant la mairie, les affrontements commençant vers 23 heures.

Sevran (Seine-Saint-Denis), nuit du 29 au 30 juin ; Action, comme son nom l’indique…

A Sevran, le magasin Action est pillé puis incendié. Le centre commercial, dont l’entrée se situe à quelques mètres du magasin incendié, a lui aussi été totalement pillé. Ce vendredi matin 30 juin encore, certaines personnes ont profité que les vitrines soient ouvertes pour repartir avec de la marchandise avant l’arrivée des forces de l’ordre.

A Stains, le centre commercial Carrefour a été envahi et pillé.

A Aulnay-sous-Bois, trente-neuf caméras de vidéosurveillance ont été détruites. Après avoir volé une pelleteuse, des émeutiers ont foncé sur les mâts qui supportaient ces équipements. Trois supermarchés (Aldi, Action, Intermarché) ont été pillés et incendiés, et le centre technique municipal brûlé aux trois quarts avec une trentaine de véhicules de la ville.


Val d’Oise

Osny (Val d’Oise), nuit du 29 au 30 juin : l’immense garage Renault Rousseau part en fumée

A Osny (Val d’Oise), la grande concession automobile Renault Rousseau a complètement brûlé vers 2h30, chaussée Jules-César. Au total 6000 m2 d’ateliers automobiles et de locaux commerciaux sont partis en fumée, sans parler des 70 véhicules neufs ou en réparation calcinés. Une centaine de personnes se retrouve ainsi au chômage technique, selon la direction.

À Groslay, c’est un entrepôt de 2 500 m2 contenant du matériel médical qui est parti en fumée. Les pompiers ont déployé six lances, dont deux sur des moyens aériens, afin de venir à bout des flammes.

Saint-Gratien (Val d’Oise), nuit du 29 au 30 juin ; le centre culture en cendres

A Saint-Gratien, vers 22h45, des individus ont ainsi incendié le centre culturel Camille-Claudel du square Georgette-Agutte, dans le quartier des Raguenets.Les pompiers ont déployé trois lances pour venir à bout du sinistre qui a détruit 600 m2 du bâtiment.

À Cergy, le supermarché Franprix du quartier des Touleuses a été incendié et toutes les autres petites boutiques du quartier ont été saccagées.

À Sannois, la porte vitrée de la mairie est enfoncée avec une barrière de police puis de l’essence est déversée à l’intérieur. Elle a aujourd’hui gardé porte close à cause des dégâts.

À Garges-lès-Gonesse, plusieurs magasins de la ZAC des Portes de la Ville ont été pillés, comme le supermarché Aldi. Le distributeur de La Poste dans le quartier de la Dame blanche nord a été attaqué.

À Goussainville, les jeunes ont fait main basse sur un poids lourd. Ils se sont servis de ce 38 tonnes pour abattre un mât de caméra de vidéosurveillance avant de finalement le brûler avenue Albert Sarraut.


Nanterre (Haute-de-Seine), nuit du 29 au 30 juin : pillage d’un tabac
La BRI à Nanterre

Hauts-de-Seine

A Nanterre, Au sud de Nanterre, l’avenue Georges Clemenceau a subi de gros dégâts : carcasses calcinées sur la chaussée, magasins pillés comme ce tabac délesté de toutes ses cigarettes en une soirée. Une agence bancaire a été incendiée, et des bâtiments publics, des écoles ainsi qu’un centre des impôts ont été dégradés.

Dans la nuit de jeudi à vendredi vers 1h15, un photographe du Point s’est fait frapper et dévaliser à Nanterre. Alors qu’il se trouvait isolé, « une dizaine d’individus (…) l’ont alors encerclé, ont tenté de lui arracher son matériel, puis l’ont violemment passé à tabac, lui jetant même des pavés », déroule un communiqué de la Société des rédacteurs de l’hebdomadaire.
Idem, deux journalistes du Figaro ont été attaqués cette nuit : l’un a été frappé et volé à Nanterre, cité Pablo Picasso, devenue l’épicentre des violences depuis la mort de Nahel. Il a dû aller se faire soigner aux urgences. Le second a été braqué en région parisienne, alors qu’il tentait de prendre des photos des émeutiers.


Sud

Marseille (Bouches-du-Rhône), nuit du 29 au 30 juin : la bibliothèque de L’Alcazar a pris cher

A Marseille (Bouches-du-Rhône), des scènes de violences et de pillages ont été observées pendant une bonne partie de la nuit. La devanture de la bibliothèque municipale de l’Alcazar a été endommagée, et à quelques encablures de là, sur le Vieux Port, des échauffourées ont opposé les forces de l’ordre aux émeutiers.
La municipalité a pris la décision de tripler les effectifs de police municipale au centre de supervision urbain (CSU), où convergent les images des caméras urbaines.
Dans le 3e arrondissement, le supermarché Auchan du boulevard de Strasbourg a été mis à sac par 300 personnes qui ont vandalisé et pillé le magasin.
Enfin, vers 3h30, deux policiers hors service ont été passés à tabac et sérieusement blessés par un groupe d’émeutiers qui les ont reconnus alors que leur véhicule a été bloqué par une poubelle incendiée. Les deux hommes ont été transportés à l’hôpital et l’un d’eux souffre notamment d’une fracture de la mâchoire.

Bordeaux (Gironde), nuit du 29 au 30 juin ; Decathlon, Intersport et un lunettier pillés

A Bordeaux (Gironde), plusieurs enseignes du quartier du Lac à Bordeaux ont été saccagées et pillées. Dont le Décathlon : « L’alarme incendie s’est déclenchée. Les pompiers étaient déjà sur place quand la sécurité est arrivée », raconte Jacques Bouffard, directeur régional de Decathlon. « Des pillards se sont introduits en pleine nuit dans le magasin, forçant le rideau métallique. Un départ de feu a déclenché le système anti-incendie. Plusieurs produits ont brulé, et ce matin, il y avait de l’eau partout à l’ouverture ». Des montres, des sacs, des boules de pétanque, des trottinettes et des vélos ont disparu. Des munitions de chasse ont également été subtilisées.
Chez le concurrent Intersport du quartier Ginko, à Bordeaux, même scénario. Des individus cagoulés et vêtus de noir ont brisé une vitre avant de s’introduire dans la boutique. Les rayons textiles ont été dévalisés. Bon nombre de vélos et de trottinettes ont également disparu.
« Chez nous ils sont venus deux soirs d’affilée », témoigne Loïc, le patron d’une lunetterie installée à quelques pas. Sa vitrine est fracassée, ses étagères sont vides. « Ils m’ont tapé toutes mes solaires », raconte Loïc. Il estime le préjudice entre 50 et 100 000 euros.

Bordeaux (Gironde, nuit du 29 au 30 juin : la marie annexe du Grand Parc en partie incendiée et 300 documents d’identité volés

A Bordeaux aussi, la mairie annexe du Grand Parc a été saccagée et pillée (puis incendiée) et environ 300 titres d’identité, cartes d’identité et passeports, ont été volés dans la nuit. Les émeutiers ont aussi dérobé des tampons de la mairie.

A Ambarès-et-Lagrave (Gironde), l’école Bel Air et le collège Claude Massé ont été saccagés.
A Mérignac, la salle de spectacle du Pin Galant a été attaquée par des individus dans la soirée. Ils ont brisé les vitrines de la façade et saccagé des bureaux.

Pessac (Gironde), nuit du 29 au 30 juin : restes de la banque Caisse d’Epargne
Pessac (Gironde), nuit du 29 au 30 juin : incendie du poste de la police municipale

A Pessac, dans le quartier de la Châtaigneraie, le bâtiment de la police municipale a cramé. Dans le quartier de Saige, la plateforme des services publics a été totalement détruite par le feu, la Caisse d’épargne attaquée et le lieu de stockage d’un supermarché pillé. À Haut-Livrac, des caméras de vidéosurveillance ont été détruites à l’aide d’un engin de chantier, et le rideau de fer du tabac-presse a été fracturé.

Albi (Tarn), nuit du 29 au 30 juin : le siège de l’ARS et son parking incendiés ci-dessus, et l’entrée de France Services, qui a été saccagé (ci-dessous)
Albi (Tarn), nuit du 29 au 30 juin : le siège de l’ARS incendié…

A Albi (Tarn), dans le quartier de Cantepau, la porte du siège de l’Agence régionale de santé (ARS)  a été forcée et le bâtiment a été incendié. Sur le parking, il ne reste que les carcasses de ses huit voitures.
Un peu plus loin, les portes automatiques des locaux de Maison France Services Albi Rive Droite ont été fracassées et ne tiennent debout qu’appuyées l’une sur l’autre. À l’intérieur, tout a été saccagé : mobilier, chaises, vitres, matériel informatique.

Toulouse (Haute-Garonne), nuit du 29 au 30 juin : incendie d’une grue dans le quartier Reynerie
Toulouse (Haute-Garonne), nuit du 29 au 30 juin : incendie d’autocars à Bellefontaine

A Toulouse (Haute-Garonne), vers 1h30, la cabine d’une grue de 25 mètres de haut a été incendiée, rue Sullerot Evelyne dans le quartier de la Reynerie. Selon un dernier bilan, 18 voitures ont été incendiées ainsi que deux autocars du côté du rond-point du Dr Maurice Cahuzac, à Bellefontaine, ainsi que deux semi-remorques et une camionnette.

Béziers (Hérault), nuit du 29 au 30 juin : incendie de la maison de quartier

A Béziers (Hérault), la mairie annexe et la maison de quartier Albert-Camus sont attaqués dans le quartier de la Devèze. Si pour la première, ce sont les baies vitrées et la porte d’entrée qui ont été complètement fracassées à coups de pierres, concernant la maison de quartier, les émeutiers ont réussi à pénétrer à l’intérieur, pour saccager et incendier le rez-de-chaussée. « Les six ordinateurs et les deux photocopieurs ont été méticuleusement cassés, précise Elisabeth Camilleri, directrice générale adjointe à la mairie de Béziers. Tout comme le mobilier et le matériel d’animation qui s’y trouvaient. Les fumées ont gagné les étages, noircissant tous les murs. »


Un appel au calme local des religieux

Ils s’y sont mis à cinq aujourd’hui 30 juin 2023. Les responsables et représentants religieux de la ville de Trappes (Yvelines) ont décidé de s’unir pour lancer un « appel à la paix, d’une seule voix » :
« Nous portons tous le désir de justice et de vérité : sans elles, la vie commune est impossible, écrivent-ils. En ce sens, nous voulons dire que nous avons confiance en la justice de notre pays pour que la lumière soit faire sur le drame de Nanterre et que la loi soit respectée au bénéfice de tous… Nous entendons la colère et la tristesse qui s’expriment dans la rue ces dernières heures, mais elles ne peuvent se manifester par la violence et la destruction. »
Le texte est signé par Étienne Guillet, curé de la paroisse catholique Saint-Georges, Tahar Benhaddya, président de l’union des musulmans, Valérie Rodriguez, directrice de la Miss-Pop (association protestante), Mehmet Kalyoncu, vice-président de la ligue d’amitié et de culture (communauté franco-turque) et Philippe Mimouni, membre de la communauté juive de Maurepas et environs.
(Le Parisien, 30 juin 2023)


Et des appels au calme de religieux au niveau national…

La Conférence des imams de France (CIF) « demande respect et retour au dialogue de chacun pour que les habitants des quartiers touchés ne soient pas les premières victimes de la colère », écrit l’organisation dans un communiqué publié le 30 juin 2023. « Nous prenons acte que la justice est pleinement mobilisée sur le dossier de la mort du jeune Nahel afin de faire le plus rapidement possible la lumière sur cette affaire », ajoute le CIF. Ce dernier appelle « solennellement toutes les associations musulmanes et imans de terrain [à continuer de] jouer leur rôle d’apaisement des tensions et des violences urbaines », et « tous les musulmans de France à aider à la restauration du calme ».
(Le Monde, 30 juin 2023)

Vendredi 30 juin, dans un communiqué, la Conférence des responsables de culte en France (CRCF, qui regroupe six instances responsables du bouddhisme, des Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe et protestante), de l’islam et du judaïsme) appelle à l’apaisement : « Nous partageons la douleur de la famille de Nahel et prions pour elle, tout spécialement pour sa maman. Nous entendons les souffrances et les colères qui s’expriment… Nous affirmons aussi d’une seule voix que la violence n’est jamais un bon chemin. Nous déplorons vivement les destructions d’écoles, de magasins, de mairies, des moyens de transport… Les premiers à souffrir des conséquences de cela sont justement les habitants, les familles et les enfants de ces quartiers. » « Que tous les croyants soient aujourd’hui plus que jamais des serviteurs de la paix et du bien commun, poursuivent-ils. Nous sommes tous ensemble disponibles pour y contribuer. »
(La Croix, 30 juin 2023)


L’appel au calme des joueurs de l’équipe de France de football

Ce vendredi 30 juin, un collectif de joueurs de l’équipe de France de football a publié un message sur les réseaux sociaux des joueurs. Une partie du vestiaire des Bleus appelle ainsi au retour au calme après les violences qui ont éclaté ces derniers jours dans le pays, après la mort de Nahel, à Nanterre.

Dans leur communiqué, les joueurs rappellent que plusieurs d’entre eux sont issus « des quartiers populaires, ces sentiments de douleur et de tristesse, nous les partageons également. Mais à cette souffrance s’ajoute celle d’assister impuissants à un véritable processus d’autodestruction. La violence ne résout rien, encore moins lorsqu’elle se retourne inéluctablement et inlassablement contre ceux qui l’expriment, leurs familles, leurs proches et leurs voisins. Ce sont vos biens que vous détruisez. » Les Bleus rappellent qu’il « existe d’autres manières pacifiques et constructives de s’exprimer », avant de conclure : « Le temps de la violence doit cesser pour laisser place à celui du deuil, du dialogue et de la reconstruction. »
Didier Deschamps a également réagi. « Alors que notre pays souffre, nos joueurs ont décidé de lancer un appel au calme. Je salue leur initiative, à laquelle mon staff et moi nous associons« , explique le sélectionneur des Bleus.


Les syndicats de flics lancent la charge

Ce vendredi 30 juin 2023, un communiqué de presse titré Maintenant ça suffit ! et signé des syndicats nationaux Alliance Police nationale et Unsa Police met les choses au clair : « Face à ces hordes sauvages, demander le calme ne suffit plus, il faut l’imposer !.. L’heure n’est plus à l’action syndicale, mais au combat contre ces « nuisibles »…Tous les moyens doivent être mis en place pour réinstaurer au plus vite l’État de droit. Une fois rétabli, nous savons déjà que nous revivrons cette chienlit que nous subissons depuis des décennies… Aujourd’hui, les policiers sont au combat, car nous sommes en guerre. Demain, nous serons en résistance et le gouvernement devra en prendre conscience », concluent les deux syndicats.


« Il ne faut pas y toucher », Mélenchon  veut sauver le « bien commun »

« Jamais les insoumis n’ont été pour la violence », a déclaré Jean-Luc Mélenchon, le leader des insoumis, dans une vidéo publiée sur YouTube le 30 juin 2023. « L’école est le temple le plus sacré que tu aies garçon ou fille, il ne faut pas y toucher. La bibliothèque, le gymnase… tout ce qui est à nous tous qui est notre bien commun», a-t-il ajouté. « Nous avons toujours été contre toute stratégie de violences. Nous n’en avons jamais accompagné ni justifié mais nous refusons d’être la brosse à reluire du système qui vient quand il a provoqué des dégâts énormes et nous adjure d’appeler au calme », a-t-il également déclaré.


Le ministre de la Justice lance ses consignes contre les émeutiers

Vendredi 30 juin, le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, a détaillé dans une circulaire la réponse pénale qu’il souhaite voir appliquée à l’encontre des auteurs de violences urbaines, y compris à l’égard des mineurs et de leurs parents. Il y rappelle la possibilité de contrôler les identités et véhicules, même en l’absence de comportement suspect, pour rechercher des armes, explosifs ou autres produits permettant, par exemple, la préparation de cocktails Molotov. Pour les mis en cause qui ne seraient pas jugés immédiatement, il est demandé – « sous réserve de la nécessaire individualisation de la peine » – d’envisager, pour les faits les plus graves, des mesures de sûreté, comme le maintien en détention ou l’interdiction de se rendre sur les lieux des manifestations.

Pour les mineurs, « lorsque la nature des faits le justifie », il devra être envisagé, en attendant l’audience de jugement, de placer les jeunes dans un foyer ou de prononcer des interdictions de sortir à partir d’une certaine heure.

La circulaire insiste enfin, comme l’a fait le président de la République, Emmanuel Macron, plus tôt dans la journée, sur la « responsabilité des parents ». Il est rappelé qu’il est possible d’avoir recours à la force publique pour faire venir les parents qui ne se présenteraient pas à une convocation de leur enfant devant la justice, ou de les condamner directement à une amende ou à un stage de responsabilité parentale. Il est aussi souligné que les parents sont civilement responsables des infractions commises par leurs enfants, et donc des dommages et intérêts à payer. « Lorsque les circonstances le justifieront », dit aussi la circulaire, les parents eux-mêmes pourront être poursuivis en cas de « graves manquements » à leurs obligations légales.
(Le Monde, 30 juin 2023)


Pour le plaisir…
« Vague d’annulations » dans les hôtels

Le principal syndicat patronal de l’hôtellerie-restauration, l’UMIH, a rapporté vendredi 30 juin que les hôteliers français « subissaient une vague d’annulations de leurs réservations » dans les zones touchées par les violences déclenchées par la mort de Nahel M., abattu par un policier en région parisienne.
« Plusieurs villes de France connaissent des tensions très fortes, qui se traduisent par de la violence. L’état des lieux chaque matin fait par nos présidents UMIH dans les départements m’alarme sur des attaques, des pillages et des destructions de commerces, dont certains restaurants et leurs terrasses… Nos adhérents hôteliers subissent une vague d’annulations de leurs réservations sur tous les territoires touchés par les dégradations et affrontements » déplore dans ce communiqué le président de l’UMIH, le chef Thierry Marx.


[Synthèse non exhaustive de la presse régionale et nationale, 30 juin 2023]

Mise à jour sur la grève de la faim des prisonnier.es des Baumettes - RDV au Snack (1A rue Espérandieu) mardi 4 juillet à 18h pour continuer à les soutenir !

Publié le 2023-07-01 16:55:22

Ces dernières semaines aux Baumettes, plusieurs prisonnier.es ont entrepris une grève de la faim. Parmi elles, trois ont également fait une grève de la soif. Retrouvons-nous pour s’organiser en solidarité avec elles.eux !



Au quartier d’isolement hommes, 7 personnes se sont mis simultanément en grève de la faim. Parmi eux, Christophe Guazzelli est en grève de la faim et de la soif depuis le 5 juin contre sa mise à l’isolement depuis 4 ans. Il a été transféré lundi 12 à la maison d’arrêt de Grasse, puis transporté vendredi 16 à l’Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale (UHSI) de Marseille. Son frère Richard, détenu à Luynes, a commencé une grève de la faim mardi 13 pour lui apporter son soutien. Le 20 juin, dans un état de santé très grave, Christophe a accepté d’être perfusé. La mesure d’isolement le concernant est provisoirement levée par l’AP, le temps de son hospitalisation. D’après son avocate, Christophe n’hésitera pas à reprendre sa grève si sa revendication n’est pas respectée, à savoir sortir définitivement du régime de torture que constitue l’isolement.

Aux Baumettes, un autre prisonnier est lui aussi en grève de la faim depuis trois semaines. Placé à l’isolement depuis 4 ans, il dénonce ses conditions de détention et demande la reconstitution des faits qui lui sont reprochés. Pris d’un malaise il y a deux semaines, il n’a pas été soigné, les pompiers appelés ne se sont même pas déplacés. Il a perdu plus de 15 kg depuis le début de sa grève. Pour ne plus mettre sa vie en danger, il a décidé d’interrompre sa grève de la soif mais il continue sa grève de la faim. Par contre, les autres prisonniers du QI semblent avoir arrêté leur grève de la faim à la suite du transfert de Christophe Guazzelli à Grasse, perçu comme une mesure répressive pouvant leur arriver.

Les prisonnières qui étaient en grève de la faim pour revendiquer de meilleures rations de nourriture dans la gamelle ont arreté la grève. Il y a encore une prisonnière qui est en grève de la faim depuis une semaine pour dénoncer les tabassages des matons et sa récente mise au mitard arbitraires. Après 3 malaises sans recevoir aucun soin, elle a décidé d’arrêter sa grève de la soif, mais elle continue sa grève de la faim. Elle a perdu 3 kg en 48 heures.
Rappelons qu’au même moment, les Baumettes 3 sont en train d’être constuites juste à côté de la prison actuelle pour en doubler la capacité, et participer ainsi au "Plan 15000" de l’Etat qui vise à construire autant de nouvelles places d’enfermement partout en France.

Dans ce contexte, on a aussi appris qu’un prisonnier avait été retrouvé mort pendu dans sa cellule le 8 juin dernier, toujours aux Baumettes. Des révoltes ont lieu fréquemment aux Baumettes, comme celle contre les brouilleurs de téléphones au bâtiment B1 fin janvier 2023, ou comme les mobilisations régulières des prisonnières contre les fenêtres anti-bruit.

Evidemment, l’Administration Pénitentiaire a tout intérêt à ce que ces informations restent inaccesibles, enfermées entre quatre murs. A nous de les diffuser autant que possible, pour soutenir les prisonnier·e·s en lutte.

Parce que la prison n’est jamais justifiable pour personne,
Parce que les nouvelles prisons ne sont pas plus acceptables que les anciennes,
Parce que personne ne peut être libre à l’ombre d’une prison,

Retrouvons-nous au Snack (1A rue Espérandieu) mardi 4 juillet à 18h pour nous organiser contre la construction de nouvelles prisons et en solidarité avec les prisonnier·e·s en lutte aux Baumettes et ailleurs !

Francfort-sur-le-Main (Allemagne) : Un poste de police attaqué avec de la peinture et des bris de vitres

Publié le 2023-07-01 17:50:04

de.indymedia.org / lundi 19 juin 2023

Dans la nuit de samedi [17 juin ; NdT], nous avons attaqué le poste de police n°16, à  Francfort-sur-le-Main, avec de la peinture et des bris de vitres. Il est inutile d’expliquer pourquoi la police est une cible légitime à attaquer. Ceci est notre réponse à leurs réseaux de droite, à la répression, à la violence policière et au racisme institutionnel dont des personnes sont les victimes tous les jours.

Dans la République fédérale d’Allemagne, la répression d’État va toujours plus loin. Peu importe que ce soit à l’encontre des antifas poursuivi.es et condamné.es et dans l’Est du pays, des anarchistes qui ont subi des perquisitions à Munich ou de l’occupation de forêt Waldi45.
A Francfort aussi, en cette période, des camarades kurdes et des personnes qui luttent contre l’autoroute y sont confronté.es et sont trainé.es devant les tribunaux. Notre réponse à cette répression doit être l’attaque directe et le fait de rester uni.es et solidaires. Ne nous laissons pas écraser par leur répression. Soutient aux camaradestouché.es par la répression.
La solidarité est une arme !

Chaque jour, des personnes sont touchées par le profilage raciste et la violence (raciste) de la police. Souvent, quand la police est appelée et elle tombe sur une supposée situation d’urgence, leur réaction est de sortir leurs armes et de tirer sur les gens. Comme, récemment, lors d’un contrôle routier à Bad Salzuflen ou dans le cas de Mouhamed, 16 ans, à Dortmund. Nous ne réclamons aucune reforme de l’apparat policier, ni aucune étude à ce propos. Plutôt la suppression de l’autorité et de la la police, en général. Notre solidarité et nos exigences, nous les exprimons par le biais de l’action directe.
No Justice No Peace Fight the Police!

Tour de France des émeutes

Publié le 2023-07-01 17:55:14

extrait de 20 Minutes / samedi 1er juillet 2023

Un total de 1.311 personnes ont été interpellées dans la nuit de vendredi à samedi lors de violences urbaines d’une « intensité moindre », quatre jours après la mort du jeune Nahel, tué mardi par un policier, a indiqué le ministère de l’Intérieur. Sur ces 1.311 interpellations, 752 personnes ont été interpellées en zone police, 406 à Paris et en proche banlieue et 153 en zone gendarmerie. Il y a eu « 79 policiers et gendarmes blessés », a ajouté le ministère, dans un bilan encore provisoire.

Un total de 1.350 véhicules ont été incendiés, 266 bâtiments ont été incendiés ou dégradés, dont 26 mairies et 24 écoles, et 2.560 feux comptabilisés sur la voie publique, selon Beauvau, des chiffres en net recul par rapport à ceux de la nuit précédente. Le ministère a recensé en outre 31 attaques de commissariats, 16 attaques de postes de police municipale et 11 de casernes de gendarmerie. Lyon et Marseille sont les deux agglomérations les plus touchées par les violences.

source : Le Dauphiné libéré

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Un aperçu, samedi 1er juillet

Libération / samedi 1er juillet 2023

Une nouvelle nuit de tensions quatre jours après la mort de Nahel, un adolescent de 17 ans tué par un tir policier mardi à Nanterre. Des heurts ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi 1er juillet, entraînant de gros dégâts matériels. Résultat, quelque 1 350 véhicules ont été incendiés, 234 bâtiments ont été dégradés ou pris par les flammes, et 2 560 feux comptabilisés sur la voie publique, selon le ministère de l’Intérieur. Des chiffres très importants mais selon les autorités en retrait par rapport à ceux de la nuit précédente. Il y a eu a par ailleurs 31 attaques de commissariats, 16 attaques de postes de police municipale et 11 de casernes de gendarmerie, et 79 policiers et gendarmes ont été blessés dans les échauffourées. Selon une source policière, Lyon et Marseille ont été les deux agglomérations les plus touchées lors de cette quatrième nuit consécutive de violences. Libération fait le point.

Provence-Alpes-Côte d’Azur

Dès vendredi soir, Marseille a été à nouveau le théâtre de heurts et de scènes de pillages, du centre-ville puis plus au nord dans ces quartiers populaires longtemps laissés pour compte que le président Emmanuel Macron a visités en début de semaine. Quelques armes de chasse ont également été dérobées dans une armurerie mais sans munition, selon la préfecture de police. Ce samedi matin, la préfecture annonce 95 interpellations et 4 policiers blessés, des groupes de jeunes, souvent masqués et «très mobiles» pillant, ou tentant de le faire, plusieurs enseignes. Dans la nuit, le maire de la ville, Benoît Payan, avait exigé plus de renforts policiers au vu de la situation.

Auvergne-Rhône-Alpes

Lyon s’est réveillé samedi matin avec la gueule de bois. La mairie dénombre une vingtaine de commerces pillés. Des groupes de jeunes, certains cagoulés, armés de mortiers d’artifices ou de barre de fer, ont pris tout leur temps pour vider le contenu de plusieurs enseignes dans les rues piétonnes du centre-ville. A pied, à trottinette ou à vélo, plusieurs dizaines ont embarqué des jeux vidéo, des bouteilles, des sous-vêtements et des chaussures après avoir brisé des vitrines en poussant des cris de joie. Le maire de la ville, Grégory Doucet, s’est rendu samedi à la rencontre des habitants et des commerçants.

Dans le IVe arrondissement de Lyon, près du centre-ville, un poste de dépôt de plaintes «a fait l’objet d’une intrusion et de dégradations», selon la préfecture. A Vénissieux, les CRS ont été pris à partie par des dizaines de personnes, et les affrontements ont aussi gagné plusieurs autres localités dont Villeurbanne ou Givors. A Vaulx-en-Velin, dans la banlieue de Lyon, un émeutier a tiré au fusil à grenailles en direction de trois policiers qui ont été blessés.

A Grenoble, 28 personnes ont également été interpellées, a indiqué la préfecture. Jusque tard dans la nuit, des affrontements ont opposé des bandes de jeunes souvent cagoulés, se déplaçant en courant ou à trottinette et tirant des dizaines de mortiers vers les policiers qui répliquaient par des grenades lacrymogènes. Les rues de l’hypercentre de Grenoble étaient jonchées de boîtes de chaussures abandonnées, de mannequins en morceaux et de verre brisé après le passage des casseurs et des pilleurs qui couraient, les bras chargés de leur butin.

Un peu plus tôt, des voitures avaient été incendiées dans la proche banlieue d’Echirolles, où les heurts ont été parfois violents, selon des images du quotidien régional le Dauphiné. Des épisodes de violences urbaines ont également eu lieu dans le quartier sensible de La Villeneuve, selon la préfecture de l’Isère.

En Ardèche, les violences ont également affecté plusieurs communes dont Privas, où un camion du bailleur social Ardèche Habitat a été incendié, Annonay où 12 véhicules ont été brûlés. Les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs de LBD et des lacrymogènes. Le procureur de la République a été saisi.

Ile-de-France

La région parisienne n’a pas été épargnée par les flammes, notamment Colombes (Hauts-de-Seine), enveloppée d’une forte odeur de brûlé, et ou la situation était tendue. En Seine-Saint-Denis, des heurts ont éclaté dans de nombreuses communes avec une «activité importante» dans les secteurs d’Aulnay-sous-Bois, Sevran et Bondy, selon une source policière. Dans le centre-ville de Bobigny, des tirs de mortiers sporadiques ont résonné pendant près de deux heures passé minuit. A Saint-Denis, un centre administratif a été touché par un incendie, et dans le Val-d’Oise, la mairie de Persan-Beaumont et le poste de police municipale ont été en partie détruits par les flammes.

Parmi les autres faits marquants relevés par le ministère de l’Intérieur, une crèche a été dégradée à Conflans-Sainte-Honorine et un local des Restos du cœur à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Des bureaux et véhicules d’Enedis ont par ailleurs été brûlés à Nanterre, où est mort Nahel, mardi matin. Une tentative d’intrusion a eu lieu dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), situés à Nanterre. A Evreux (Eure), un hypermarché a été pillé et un poste de police visé par des engins incendiaires, selon la préfecture.

Occitanie

A Montpellier, plusieurs centaines de personnes ont bravé l’interdiction de manifester vendredi soir, défilant dans la ville à l’appel de plusieurs mouvements de gauche. En fin de manifestation, sur la place de la Comédie, la police a tiré des gaz lacrymogènes et les manifestants se sont dispersés en courant vers la préfecture, certains d’entre eux pillant au passage un magasin de bijoux.

Pour la troisième soirée consécutive, des violences ont éclaté à Toulouse avec cinq véhicules et beaucoup de poubelles incendiées, rapporte France Bleu Occitanie. Un magasin de moto a aussi été dégradé et pillé. Une crèche et un bâtiment associatif du quartier ont aussi été ciblés. Trois policiers ont été légèrement blessés par des tirs de mortiers et des jets de projectiles. 31 personnes ont été arrêtées dans la nuit de vendredi à samedi.

Dans le Gard, les pompiers sont intervenus dans la nuit sur 32 feux de voie publique dont un visant la brigade de gendarmerie de Quissac. Huit véhicules ont été brûlés selon la presse locale. Quatre bâtiments ont été incendiés dont un opticien, un bureau de tabac, une agence du Crédit agricole à Nîmes. Une partie du bâtiment de la Direction départementale des territoires et de la mer a été détruite par le feu. A Alès, le commissariat a été attaqué à coups de cocktail molotov et des incendies sur la voie publique ont été constatés.

Aquitaine

La nuit à Bordeaux a été plus calme cette fois. Les principales dégradations ont été commises dans le centre-ville : pillages, vitrines brisées, poubelles incendiées… Des magasins, mais également deux postes de police, ont été dégradés. Selon la préfecture, 11 personnes ont été interpellées au cours de la nuit.

Dans le reste de la région, les autorités ont surtout recensé des voitures ou du mobilier urbain brûlés, comme à Agen, Poitiers ou Niort, touchée pour la première fois depuis mardi. La préfecture des Deux-Sèvres condamne l’incendie de baraques de chantier et sept véhicules, ainsi que la dégradation d’une maison de quartier, d’un magasin de grande distribution, d’un bureau de poste, d’une boulangerie, d’un bureau de tabac, d’un lieu de restauration rapide et de plusieurs commerces de proximité.

A Bayonne ou Pau, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a fait état de sept interpellations mais les incidents «restent d’ampleur très limitée, sans commune mesure avec les événements de la nuit précédente». A Limoges, une dizaine de voitures et poubelles ont été brûlées et deux magasins pillés, selon la police qui a placé 14 personnes en garde à vue. Dans les Landes, où les pompiers sont intervenus à une quinzaine de reprises pour des faits liés aux émeutes, la préfecture fait état notamment de tirs de mortier d’artifice sur les forces de l’ordre à Dax et Mont-de-Marsan.

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Et le vendredi 30 juin

Le Parisien / vendredi 30 juin 2023

Au moins 917 personnes ont été interpellées dans la nuit de jeudi à vendredi, malgré 40 000 membres des forces de l’ordre mobilisés.
Au total, 249 policiers et gendarmes ont été blessés selon le ministère de l’Intérieur.
Le policier mis en cause dans la mort de Nahel a été mis en examen pour homicide volontaire et incarcéré.
Gérald Darmanin a annoncé le déploiement de 45 000 policiers et gendarmes ce vendredi soir, soit 5 000 de plus que dans la nuit de jeudi à vendredi.

Les nuits se suivent et se ressemblent depuis la mort tragique de Nahel. Les violences ont repris jeudi dans de nombreux quartiers de l’Hexagone, pour la troisième soirée consécutive après la mort mardi à Nanterre (Hauts-de-Seine) de l’adolescent de 17 ans tué par un policier. Ce dernier, Florian M., a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire.

Cette décision n’a visiblement pas suffi à calmer les esprits. Pas plus que les regrets que le fonctionnaire incriminé aurait exprimé lors de sa garde à vue. Les heurts ont commencé à la fin de la marche blanche en hommage à Nahel, avant de s’étendre au fil de la soirée et de se prolonger dans la nuit.

Comme les nuits précédentes, la nuit de jeudi à vendredi a donc été le théâtre d’affrontements entre jeunes et forces de l’ordre. Là encore, des véhicules ont été incendiés et des commissariats attaqués. Cette fois, de Marseille à Paris, en passant par Nantes, Lyon ou Nanterre, des magasins ont même été pris pour cible et pillés.

Symbole d’une contagion qui s’étend de jour en jour, deux villes relativement épargnées jusqu’ici, Marseille et Paris, on vu plusieurs de leurs commerces pillés. Dans la capitale, le magasin Nike de Châtelet (1er arrondissement) a été dévalisé et plusieurs boutiques de la rue de Rivoli ont été dégradées. Dans la cité phocéenne, après des affrontements sur le Vieux-Port, des boutiques situées dans la rue Saint-Ferréol ont elles aussi été pillées. Vers 3 heures du matin, la situation n’était toujours pas sous contrôle.

Cette vue en hauteur montre l’étendue des incendies en début de soirée à Marseille.

Dans le quartier Bellevue, à l’ouest de Nantes, l’entrée d’un Lidl a été détruite à l’aide d’une voiture bélier.

A Paris, des pillages et incendies de magasins ont eu lieu dans plusieurs arrondissements. Dans le quartier des Halles et de la rue de Rivoli, dans le centre de la capitale, plusieurs enseignes ont été ciblées.

Le gouvernement avait pourtant anticipé, mobilisant 40 000 policiers et gendarmes et faisant appel à des unités d’intervention d’élite comme le Raid (police) ou le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), déployés notamment à Toulouse, Nantes, Marseille, Lyon, Bordeaux ou Rennes. Un dispositif conséquent mais qui a eu les plus grandes difficultés à contenir les saccages. « Il n’y a pas d’affrontement très violent en contact direct avec les forces de l’ordre, mais il y a un certain nombre de magasins vandalisés », détaillait dans la nuit un haut gradé de la police nationale.

Les images de l’utilisation du Raid ont beaucoup fait réagir, notamment à Lille, en raison du type de matériel utilisé et de la posture des policiers.

En Île-de-France, des hypermarchés Auchan, Leclerc ou Carrefour ont eux aussi été pris pour cible. Et comme la veille, plusieurs commissariats ou postes de police ont été attaqués. Cette fois à Combs-la-Ville, Cesson, Avon (Seine-et-Marne), Boissy-Saint-Léger, Le Kremlin-Bicêtre, Champigny-sur-Marne, Chilly-Mazarin (Val-de-Marne)… Mairie, tribunaux, écoles… Plusieurs bâtiments publics ont également été dégradés dans la nuit. Les violences sont si nombreuses qu’il est impossible d’en dresser une liste exhaustive.

Un dépôt de bus, situé à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), a été incendié, causant la perte d’une douzaine de véhicules.

Un collège a été pris pour cible à Sevran, en Seine-Saint-Denis.

Plusieurs magasins ont été attaqués dans cette même commune, dont un Action.

Dans le Val-de-Marne, la mairie d’Arcueil a été saccagée.

A Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), des individus ont causé des dégâts dans un centre des finances publiques.

Près de Tours, à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), une vidéo montre un homme, présenté comme le maire, Emmanuel François, qui assisterait à la destruction de sa propre voiture.

En début de matinée ce vendredi, le dernier bilan fait état de 667 interpellations, dont une grande partie de personnes âgées de 14 ans à 18 ans, selon une source policière. Les auteurs des violences sont jeunes, mais déterminés. Ils diffusent leurs actions sur les réseaux sociaux et ne semblent pas enclins à abandonner. Les questions qui se posent désormais sont : jusqu’où iront ces violences et surtout quand cesseront-elles ?

Ni la mobilisation policière ni la détention du policier auteur présumé du tir mortel, ni la déclaration de la mère de Nahel qui a confié ne pas en vouloir à la police mais à un policier en particulier, n’ont réussi jusqu’ici à calmer les esprits. Et une note des Renseignements territoriaux que nous avons pu consulter n’inspire pas à l’optimisme, prévoyant une « persistance des incidents sur l’ensemble du territoire, avec une probable amplification à venir ». Face à ce constat, la question de l’état d’urgence se pose. Jeudi, Gérald Darmanin refusait encore de recourir à cette option pour trouver une issue à ces troubles sociaux. Aura-t-il le choix dans les prochains jours ? En attendant, des milliers de citoyens, privés de transports ou de services publics, subissent les conséquences directes d’une situation chaque jour plus intenable.

Nanterre, le 30 juin

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Marseille : Se donner les moyens

France Bleu / vendredi 30 juin 2023

La tension est monté d’un cran à Marseille. Alors que la ville avait déjà connu une soirée de forte tensions ce jeudi, des affrontements ont de nouveau eu lieu entre des groupes de jeunes et des policiers ce vendredi, dès la fin de journée. Des poubelles ont été brûlés, des vitrines brisées et des magasins pillés.

Mais le plus inquiétant ce vendredi soir sont les vols survenus dans une armurerie du centre-ville. Quatre fusils de chasse ont été dérobés dans l’armurerie « Negrel et Mistral », située rue d’Aubagne. Selon une source policière, aucune munition n’a été volée, mais un individu a été interpellé.

Le gérant de l’armurerie évoque à France Bleu Provence « 30 gamins déterminés » et assure que « le stock n’est plus sécurisé ». La police et la gendarmerie restent donc sur place pour protéger le magasin. Des travaux seront engagés dès ce samedi matin, pour protéger du vol les autres armes et munitions sur place.

extrait de 20 Minutes / samedi 1er juillet 2023

Pillages, jets de projectiles contre des véhicules de police, tirs de lacrymogènes, etc. Marseille a connu une nuit très tendue. Vers 2 heures, la police a annoncé 88 interpellations depuis le début de soirée, des groupes de jeunes, souvent masqués et « très mobiles ». Quatre policiers ont été blessés légèrement.

Des groupes de jeunes, pour beaucoup foulard ou masques sur le visage, se sont rassemblés dans le centre-ville, notamment sur la Canebière, célèbre artère conduisant au Vieux-Port. Aux cris de « Tout le monde déteste la police », ils se sont approchés de fourgons des forces de l’ordre. Certains ont lancé des projectiles sur les fourgons et la police a répondu par quelques tirs de gaz lacrymogène. Plusieurs boutiques ont été pillées, dont celle de l’enseigne de luxe Lancel, selon un photographe de l’AFP. Quelques armes de chasse ont également été dérobées dans une armurerie mais sans munition, selon la préfecture de police. Dans les airs l’hélicoptère de surveillance de la gendarmerie a survolé la ville, relayé par un avion de la police.

Un peu plus tard dans la nuit, des groupes ont tenté une intrusion au grand centre commercial Les Terrasses du Port. Près de la cité des Flamants, un incendie « lié aux émeutes », a touché un supermarché Aldi, selon une source policière. « Il y a un embrasement généralisé » et les marins-pompiers confirment à l’AFP avoir déployé d’importants moyens pour éteindre les flammes.

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En région lyonnaise

extrait de 20 Minutes / samedi 1er juillet 2023

Selon un bilan communiqué par le parquet de Lyon, 49 personnes sont actuellement en garde à vue. Les violences ont fait des dégâts dans plusieurs quartiers populaires de l’est de Lyon, 35 membres des forces de l’ordre ont été blessés, dont 4 transportés à l’hôpital, selon la préfecture. Quatre policiers ont notamment été blessés à Vaulx-en-Velin par des tirs d’arme à grenailles et le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « violences volontaires avec arme sur des personnes dépositaires de l’autorité publique et de participation à un groupement en vue de commettre des violences ».

Le Raid et la BRI mais aussi l’hélicoptère et les véhicules blindés de la gendarmerie avaient été déployés dans l’agglomération lyonnaise pour tenter de mettre fin aux scènes de chaos en plein centre-ville. A Vénissieux, les CRS ont été pris à partie par des dizaines de personnes, et les affrontements ont aussi gagné plusieurs autres localités dont Villeurbanne (est) ou Givors (sud).

Les dégradations touchent au moins une trentaine de magasins du centre-ville de Lyon, dont des magasins de moto, de jeux vidéo, d’habits ou de chaussures de marque. Dans le IVe arrondissement de Lyon, près du centre-ville, un poste de dépôt de plainte « a fait l’objet d’une intrusion et de dégradations », selon la préfecture. Mais aussi un centre social a été dégradé et dans la périphérie, un lycée à Décines ou les mairies de Givors, Grigny et Brignais.

Le Figaro / vendredi 30 juin 2023

[…] Dans la banlieue est de Lyon, la commune de Vaulx-en-Velin a été le théâtre de nombreux tirs d’engins pyrotechniques. Du mobilier urbain et des poubelles ont été incendiés alors que la porte du commissariat de police municipale a été dégradée. À Bron, un bus de transport en commun a été incendié rue Paul-Pic. À Villeurbanne, c’est la carrosserie d’un tramway qui a été endommagée lors de la propagation d’un incendie. Par ailleurs, le centre social Grandclément a été fracturé et l’intérieur saccagé tout comme la façade de l’Institut régional de l’administration.

À Rillieux-la-Pape, la médiathèque et un poste de police municipale ont été pris pour cible. Par ailleurs, les façades d’une crèche et d’un local associatif ont été incendiées. Enfin à Lyon, un bus a été entièrement incendié avenue Pompidou et un tramway a été très fortement dégradé. En tout, 13 personnes ont été interpellées.

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À Paris

extrait du Monde / samedi 1er juillet 2023

Paris, Rue Bargue (XV) - le 1er juillet 2023 Dans la capitale, l’inquiétude était vive avant la soirée de vendredi. La veille, la quasi-totalité des arrondissements de la capitale avaient été l’objet de dégradations ou de pillages. Rien de comparable cette fois. Un déploiement massif des forces de l’ordre a dissuadé la moindre velléité d’affrontements ou de cassage.

Dans le quartier des Halles (1er arrondissement), il n’y eut que quelques échauffourées sporadiques et peu violentes, quelques poubelles brûlées et une étrange atmosphère d’attente. Dans le 15e arrondissement, en revanche, la Préfecture de police fait savoir que trois individus ont été interpellés alors qu’ils tentaient de pénétrer dans un magasin d’électroménager. Au total, la Préfecture de police a recensé 120 interpellations.

Le Parisien / vendredi 30 juin 2023

[…] Paris a été en proie jeudi à une nouvelle nuit de violences après la mort mardi à Nanterre de Nahel, tué par un policier. À 2h30 vendredi, la préfecture de police a fait état de 61 interpellations uniquement dans la capitale.
Pillage de boutiques dans le centre de la capitale

Au moins deux boutiques du centre-ville, dont l’une aux Halles, ont été vandalisées. Sur des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, on peut voir plusieurs dizaines de personnes briser une vitre du commerce, sans présence apparente des forces de l’ordre.

Quatorze personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police de Paris (PP), dont certaines gares du Nord avec des objets volés.

Rue de Rivoli, une artère du centre de la capitale, 16 personnes ont été interpellées avec des sacs, des chaussures et des vêtements dérobés dans un magasin.

Le magasin Boulanger de Rosa Park dans le XIXe arrondissement a également été pillé cette nuit.

Des incidents, comme des tirs de feux d’artifice et des feux, ont eu lieu dans plusieurs autres arrondissements de la capitale, où les policiers ont dû intervenir.

« Les incidents ont lieu partout en France mais la situation en Île-de-France et à Paris était extrêmement tendue, avec des forces de l’ordre ne pouvant pas tout maîtriser compte tenu de la multiplicité des incidents », a soufflé une source policière de haut rang.

Toute l’Île-de-France a été touchée par des violences. En Seine-et-Marne, plusieurs commissariats ont subi des tentatives d’intrusion, le centre social de Nemours a été détruit ainsi qu’une partie d’une école à Moissy-Cramayel. En Seine-Saint-Denis, « quasiment toutes les communes » ont été impactées, a constaté dépitée une source policière à l’AFP.

Une source du gouvernement a assuré pour sa part que les violences avaient été moindres qu’attendues, hormis à Nanterre.

Dans l’entourage du ministre de l’Intérieur, on a insisté sur les « interpellations record » effectuées dans un contexte de violences urbaines où les interpellations sont difficiles à réaliser.

À 3h00, le bilan de la soirée s’élevait à 245 interpellations à Paris et dans sa petite couronne, selon la préfecture de police.

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À Montreuil (Seine-Saint-Denis)

extrait du Monde / samedi 1er juillet 2023

[…] A plusieurs reprises, de 200 à 300 jeunes, dans leur écrasante majorité, pour beaucoup cagoulés, armés de bâtons et faisant feu à l’aide de mortiers d’artifice, ont marché de la place de la mairie, où ils étaient rassemblés, vers le commissariat, où étaient retranchés des policiers visiblement en sous-effectif pour faire face à la foule menaçante. Une convergence des rages plus que des luttes. La mort de Nahel M., le jeune de 17 ans tué par la police à Nanterre, mardi 27 juin, est, sans aucun doute, le déclencheur de cette violence collective. Même si, en dernier lieu, certains semblaient plus intéressés par le pillage de magasins de téléphonie, de pharmacie ou de parfumerie que par l’affrontement avec les forces de l’ordre. […]

[…] Montreuil, 3 heures du matin. Les pompiers sont à l’œuvre pour éteindre une voiture qui brûle près du cimetière. De nombreux feux et à nouveau un grand nombre de pillages. A Croix-de-Chavaux, le cœur de la ville, le grand Monoprix a été pillé, de même qu’un Franprix avenue Gabriel-Péri ainsi que de nombreux petits commerces. L’avenue Péri est jonchée de débris, de barrières de chantier. Alors qu’une partie de la ville est plongée dans l’obscurité, soulignant encore plus l’intensité des feux, cela circule beaucoup. Les événements ont débuté tard dans la soirée, nombre de pillages ayant eu lieu plutôt après 1 heure du matin.

De nombreux petits groupes de jeunes cherchent des opportunités, essayant d’éviter les voitures de police qui effectuent des rondes. Régulièrement, les policiers arrêtent brusquement leur voiture (parfois banalisée), ouvrent leur portière et tirent au LBD sur des jeunes portant des grands sacs, signe peut-être de leur participation à un pillage. En retour, ils subissent des tirs de fusée d’artifice, voire de mortier d’artifice, parfois depuis un toit.

Si la place de la mairie, sous une légère pluie, est déserte et calme, contrairement à jeudi soir, on entend encore de loin en loin des sirènes de pompiers, quelques détonations… preuve que cette grande ville de 110 000 habitants n’en a pas fini avec sa 3e nuit d’émeutes. […]

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Strasbourg : Shopping en centre l’après-midi, barbecue le soir

France Bleu / vendredi 30 juin 2023

Le centre commercial Place des Halles à Strasbourg est évacué ce vendredi en début d’après-midi pour « des questions de sécurité », indique sa directrice Stéphanie Beck. Les responsables ont été informés de menaces de dégradations contre le centre commercial proférées sur les réseaux sociaux.

Entre 14 heures et 15 heures, des centaines de jeunes sont arrivés devant les Halles, avant de se diriger vers les magasins du centre-ville, par petits groupes, éparpillés. Selon nos reporters sur place, de nombreux commerces ont décidé de fermer. L’Apple store a été dévalisé.

Des mortiers ont été tirés en plein après-midi dans le centre-ville de Strasbourg, et des gaz lacrymogènes lancés, provoquant des mouvements de panique chez les passants. 33 personnes ont été interpellées, indique la préfecture.

L’Opéra national du Rhin a aussi été pris pour cible. La terrasse du restaurant a été dévastée. La porte d’entrée a été brisée, et le hall a été saccagé.

Au centre commercial des Halles, tous les clients avaient été évacués dans le calme, seuls les vendeurs restent dans les boutiques. Le centre a bon espoir de pouvoir rouvrir dans l’après-midi.

À 14h30, l’ensemble des transports en commun autour des Halles (bus et tram) sont à l’arrêt. Le centre commercial des Halles situé au centre-ville de Strasbourg compte cent boutiques. Il y a beaucoup de monde ce premier vendredi des soldes.

Strasbourg a connu une deuxième nuit de violences ce vendredi. Plus de 70 véhicules ont été incendiés, plusieurs bâtiments publics dégradés.

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Toulouse : À la tractopelle

actuToulouse / samedi 1er juillet 2023

Au cours d’une troisième nuit de violences urbaines à Toulouse, 31 interpellations ont été effectuées dans la nuit du vendredi 30 juin au samedi 1er juillet, a indiqué la préfecture samedi 1er juillet.
Un cambriolage à l’aide d’une tractopelle

Pas moins de 275 policiers et 60 pompiers étaient mobilisés à Toulouse durant la nuit, où des incidents ont éclaté dans plusieurs quartiers de Toulouse.

En marge de ces violences, un fait particulièrement spectaculaire s’est produit au nord de Toulouse, non loin du quartier Sept-Deniers. Durant la nuit, un magasin de motos Yamaha, situé au 6, rue Louis Bonin a été vandalisé par un groupe d’individus qui n’ont pas hésité à utiliser un tractopelle pour dégrader la vitrine du magasin.

La scène a été filmée et rapportée sur les réseaux sociaux.
« Ils sont arrivés à 3 heures du matin. Ils avaient volé une pelleteuse un peu plus loin. Ils ont arraché le portail et ils ont tout pété… », se désole Arnaud Perrin, co-gérant du magasin, interrogé par Actu Toulouse. […]

Le bilan du préjudice n’est donc pas connu mais plusieurs vols auraient été commis au sein du magasin vandalisé. La police a effectué sept interpellations, indique une source proche de l’enquête à Actu Toulouse.

Ces sept suspects, placés en garde à vue pour dégradations et vols en réunion, étaient toujours entendus ce samedi 1er juillet. L’enquête a été confiée aux effectifs de la Sûreté départementale.

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À Amiens

Le Courrier Picard / vendredi 30 juin 2023

[…] Les premières échauffourées ont éclaté sur l’avenue de la Commune-de-Paris où, après que des groupes de casseurs ont provoqué les forces de l’ordre en jetant des projectiles, deux premières voitures ont été incendiées. Stationnées en bas d’immeubles, elles ont été poussées au milieu de la chaussée avant de partir en fumée. Les pompiers, en attente à l’entrée du quartier, attendaient la sécurisation des abords avant d’intervenir. Les policiers ont riposté avec de nombreux tirs de gaz lacrymogène.
Incendie à la Tour du marais
Le centre d’activités La Tour du marais, à Amiens, dans le quartier sud-est, a été incendié.

[…] Le Mc Donald’s situé à Amiens-Nord a subi de gros dégâts. Plusieurs personnes ont brisé les vitres et forcé la porte d’entrée.
Des personnes se sont introduites dans le restaurant pour y dérober des objets dont du matériel informatique.

[…] Dans le quartier sud-est, les dégâts sont encore plus impressionnants que la nuit dernière. Le bar tabac a été saccagé, le SPAR été incendié et pillé.

Comme la nuit précédente, les violences urbaines ont touché le quartier Etouvie, à l’ouest d’Amiens, mais aussi Amiens-nord, où l’on a constaté également plusieurs incendies de véhicules et de containers. Des barrières de chantier et des poubelles en flammes avaient été dressées en travers de la rue Léo-Lagrange et de l’avenue de la Paix par des émeutiers. Dans le secteur Nord de la ville, des feux de poubelles et palettes ont été constatés rue Maurice-Ravel, avenue de la défense passive et Boulevard de Roubaix.

D’autres incendies ont été constatés au Colvert et à Guynemer. Des intrusions dans les commerces Mc Donald’s LIDL et Nissan sont à déplorer. Une intrusion dans l’ancien poste de police nationale et à Agena également.

L’école Michel-Ange a vu sa toiture détruite. Dans le quartier Phileas Lebesgue, à côté de la Salamandre, l’école Jacques-Prévert restera fermée, au regard des dégâts commis pendant la nuit.


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Dans l’Oise

extrait du Parisien / jeudi 29 juin 2023

[…] Une policière blessée à Beauvais, une pharmacie incendiée à Montataire, le commissariat de Compiègne ciblé par des tirs de mortiers… Alors que l’Oise a été marquée dans la nuit de mercredi à ce jeudi par des affrontements […]

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Ailleurs dans les Hauts-de-France

extrait du Monde / samedi 1er juillet 2023

[…] Dans les Hauts-de-France, la mairie de Lens (Pas-de-Calais) a été prise pour cible dans la nuit de vendredi à samedi. La porte et des vitres de l’hôtel de ville ont été dégradées, mais les fauteurs de troubles ne sont pas parvenus à entrer dans le bâtiment, a précisé la préfecture. Des commerces et un bureau de police ont été endommagés dans le centre-ville.

Deux autres bureaux de police du Pas-de-Calais, à Béthune et à Sallaumine, ont également été endommagés, ainsi que la porte d’entrée d’un commissariat à Carvin, a ajouté la préfecture. Dans l’Oise, la façade de la police municipale de Nanteuil-le-Haudouin a été incendiée et la mairie de la petite commune de Villers-Saint-Paul a été ciblée par des jets de pierre, selon la préfecture. […]

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En Pays de la Loire

extrait de France 3 / samedi 1er juillet 2023

Une nouvelle nuit d’émeutes a secoué la région Pays de la Loire depuis vendredi soir. De nombreux bâtiments ont été la cible de pillages ou d’incendies. Les villes de Saint-Nazaire et d’Angers ont été les plus touchées dans la nuit.

Dans la nuit, des dizaines de voitures ont brûlé sur un parking situé dans le quartier de la Roseraie, au sud d’Angers.
Le commissariat de police d’Angers, dans le secteur de Monplaisir, a également été attaqué par les émeutiers dans la nuit. La police judiciaire devrait passer dans la matinée pour constater les dégâts.

Plusieurs vidéos ont par ailleurs fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux, avec la présence présumée du groupuscule d’extrême-droite Alvarium, dissous en 2021 par Gerald Darmanin, dans le centre-ville d’Angers.

On peut y voir un groupe d’hommes masqués, armés de battes de base-ball et de matraques, attaquer des manifestants à proximité de la rue Cornet, où se situait l’ancien local du groupuscule d’extrême-droite.

Alvarium avait été dissous à cause de « faits de violences » et à cause d « un discours et des idées assimilant l’immigration et l’islam à des menaces que les Français doivent combattre », comme exprimé dans le décret de dissolution.

Dans un communiqué, le maire d’Angers a déploré « les violences et les dégâts causés » au centre communal, à la crèche, au relais mairie et à d’autres équipements publics et commerces.

Onze personnes ont été interpellées suite aux événements d’hier soir à Angers. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes pour port d’arme suite aux affrontements entre manifestants et groupuscule d’extrême-droite.

Depuis 21 heures hier soir, les tirs de mortiers se sont multipliés à Saint-Nazaire, notamment dans le centre-ville, nous a rapporté l’une de nos journalistes sur place.

Un bar a été brûlé, des boutiques pillées au Paquebot et au Ruban Bleu. Un Mc Do et un magasin Foot Locker ont été attaqués.

Le magasin, situé dans le centre commercial Ruban bleu à Saint-Nazaire, a été vandalisé et en partie pillé.

Des feux de poubelles ont été allumés un peu partout dans le centre-ville. Les auteurs sont souvent de jeunes individus, entre 15 et 17 ans, a pu constater notre journaliste.

À Nantes, la situation s’est rapidement tendue vendredi 30 juin dès le début de soirée lors de la manifestation contre les violences policières interdite par la préfecture.

Des feux de poubelles ont été allumés, des engins de chantier et des vitrines ont été vandalisés au cri de « Justice pour Nahel », a pu constater notre journaliste sur place.

La mairie annexe de la Boissière, déjà attaquée dans la nuit de jeudi à vendredi, a de nouveau été incendiée par les émeutiers. Plusieurs véhicules ont été brûlés dans la nuit, comme ont pu le constater nos journalistes ce matin.

Suite aux différents débordements, la Tan a annoncé que les bus et les tramways de la ville ne circuleront plus après 20 heures, ce samedi 1ᵉʳ juillet, comme cela avait déjà été décidé pour le vendredi 30 juin.

Une décision qui fait écho au busway interpellé et incendié par les émeutiers dans la nuit du 29 au 30 juin, à l’arrêt Clos-Toreau.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait également demandé hier à tous les préfets de France de faire en sorte que tous les bus et tramway ne circulent plus après 21h.
Au Mans

Au Mans, des tirs de mortier ont secoué le centre-ville et son agglomération dans des communes comme Coulaines ou Allonnes.

À Coulaines, plusieurs personnes ont tenté de s’introduire dans l’hôtel de ville, des tirs de mortiers ont été dirigés contre le bâtiment, dans lequel un incendie s’est déclenché par la suite.
Sept véhicules ont été incendiés dans la nuit selon la préfecture.

[…] Les tensions semblent se calmer du côté de la Mayenne. La préfète du département a déploré « quelques tirs de mortiers à Laval » et « plusieurs incendies volontaires de containers ».

La préfecture a informé « qu’aucun bâtiment public n’a été incendié et aucun magasin n’a fait l’objet de dégradation ni de pillage. »

Pour rappel, Laval avait connu des violences urbaines dans la nuit de mercredi à jeudi, un restaurant McDonald’s a été entièrement détruit par un incendie.

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À la Réunion

Le Monde / samedi 1er juillet 2023

La Réunion a connu de nouveaux heurts dans la nuit de vendredi 30 juin au samedi 1er juillet avec 81 incendies répartis dans huit communes de l’île et 28 personnes interpellées. Quelque 240 policiers et gendarmes ont été mobilisés jusqu’au petit matin avec l’objectif d’intervenir rapidement pour éviter que des commerces ou bâtiments soient pillés ou dévastés comme la nuit précédente et appuyer l’intervention des sapeurs-pompiers.

Au Port, plus d’une centaine d’émeutiers masqués ou cagoulés ont affronté les forces de l’ordre à coups de feux et de mortiers d’artifice, de jets de galet et de bouteille dans l’une des principales artères de la commune. Plusieurs voitures ainsi qu’un camion-benne ont été incendiés. De nombreux feux de poubelles et de palettes en bois ont été allumés pour barrer la chaussée. « Quatre policiers et un commandant de gendarmerie ont été blessés par des jets de projectile et lors d’interpellations », fait savoir la directrice de cabinet du préfet de La Réunion, Parvine Lacombe.

A Saint-Denis, plus particulièrement dans le quartier du Chaudron, la nuit a également été très agitée avec de petits groupes d’émeutiers déclenchant des feux de poubelle et d’encombrants sur la voirie.

Durant la soirée de vendredi et dans la nuit, des messages ont circulé localement sur les réseaux sociaux appelant à « fatiguer les policiers ». A la fois « pour Nahel », mais aussi « pour nos parents », en précisant : « Les manifestants de la réforme des retraites, c’est le moment de vous réveiller. » […]

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Et en Belgique aussi

RTBF / vendredi 30 juin 2023

A Liège, une centaine de jeunes se sont rassemblés Place de la République française, en plein centre, aux alentours de 18 heures. Une quarantaine de policiers sont sur place et ont procédé, dans le calme, à des contrôles d’identité. Une trentaine de personnes ont été arrêtées.

Le rassemblement était inhabituel, en lien probable avec les manifestations qui se déroulent en France depuis trois jours, à la suite de la mort d’un adolescent, tué par un policier. Des appels à manifester dans le centre de Liège avaient été lancés sur les réseaux sociaux. Les policiers, en nombre, n’ont pas réellement permis de regroupement important, poussant les manifestants vers l’extérieur de la place.
Aucun incident n’est à déplorer.

extrait de La Libre / samedi 1er juillet 2023

Une trentaine d’arrestations administratives ont eu lieu vendredi soir, place de la République française à Liège, après un appel à manifester lancé à la suite de la mort d’un adolescent en France

Partout : 4e nuit de révolte émeutière, ça flambe et ça pille toujours [Re-MàJ]

Publié le 2023-07-02 08:40:07

[Suite à l’assassinat policier de Nahel à Nanterre (Hauts-de-Seine) mardi matin, une première, une deuxième nuit puis une troisième nuit d’émeutes se sont déroulées dans tout le pays, émeutes destructrices dont nous avons publié de larges recensions illustrées ici. Et finalement, une quatrième ne s’est pas fait attendre cette dernière nuit du vendredi 30 juin au samedi 1er juillet.
Ce qui a marqué cette quatrième nuit d’émeutes, en plus des affrontements avec la police aux quatre coins du pays,  a été l’entrée de nouvelles villes dans le bal (petites ou moyennes), les débuts d’usage ou le vol d’armes à feu du côté émeutier (Lyon, Marseille), et des pillages pour lesquels des centaines de jeunes gens ont pu se donner rendez-vous (y compris en journée ou début de soirée : selon le ministre de l’Economie, le bilan est déjà de 200 magasins de la grande distribution attaqués et pillés, 250 débits de tabac, 250 agences bancaires touchées et une dizaine de centres commerciaux, soit 700 en tout).
Avec du côté des cibles détruites —sur lesquelles nous nous concentrons plus volontiers bien que les journaflics les filtrent davantage—, c’est encore tout ce qui incarne la domination étatique et institutionnelle de proximité (des mairies aux écoles, en passant par les centres socio-culturels, les bailleurs sociaux ou La Poste) qui a été le plus cramé cette nuit.]


Quelques chiffres

Le ministère de l’Intérieur a recensé cette nuit du 30 juin au 1er juillet, 2.560 incendies sur la voie publique (contre 3.880 dans la nuit de jeudi à vendredi), 1.585 incendies de véhicules (contre 1.919 la nuit précédente) et 266 bâtiments incendiés ou dégradés, dont 26 mairies, 24 écoles et 5 établissements de justice (contre 492 la nuit précédente). De plus, 58 repaires de flics ont été attaqués (31 commissariats, 16 postes de police municipale et 11 casernes de gendarmerie).
1311 personnes ont été interpellées cette nuit partout en France. Un total de 79 policiers et gendarmes ont été blessés cette nuit.


AFP, 1er juillet 2023, carte très minorée, comme on pourra le lire ci-dessous…

Grand Est

A Châlons-en-Champagne (Marne), dans le quartier La Bidée, l’école Gérard Moulin est incendiée dans la nuit.

A Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle)
, après plusieurs tentatives, une trentaine de personnes ont fait irruption dans la mairie où se trouvaient deux agents d’une société de surveillance. Un incendie a débuté au niveau de l’accueil, puis l’intervention des policiers a permis de faire fuir les assaillants. Plus tard dans la nuit, un groupe est revenu à la charge pour cette fois monter dans les étages et saccager les locaux, jusqu’au bureau du maire : « Il y a de la suie partout, les vitres sont brisées. Tout le mobilier est cassé : les photocopieurs, les ordinateurs, les meubles. Tout est dévasté » se désolé ce dernier.

Metz (Moselle), deux blindés de la gendarmerie envoyés dans la capitale mosellane, place de la République
Metz (Moselle), nuit du 30 juin au 1er juillet ; la médiathèque du quartier de Borny incendiée

A Metz (Moselle), vers 20h15, plus de 200 de personnes se sont réunis sur la Place de la République. Les manifestants ont alors déchaussé des dalles du sol de la place pour les utiliser comme projectiles sur les forces de l’ordre. Les émeutiers ont ensuite pris la direction Palais du Gouverneur, brisant au passage la plupart des vitres de la salle de spectacle l’Arsenal.
Dans la soirée, la médiathèque Jean-Macé dans le quartier de Borny du quartier de Borny a été incendiée. Le bâtiment est totalement détruit et inutilisable. « Il y aura pour des millions d’Euros de dégats », commente le maire de Metz François Grosdidier. Toute la nuit, il a suivi l’évolution de la situation depuis le centre de vidéosurveillance de la police municipale.

Woippy (Moselle), nuit du 30 juin au 1er juillet : le McDonald’s encore fumant
Yutz (Moselle), nuit du 30 juin au 1er juillet : le deuxième  McDonald’s incendié
Yutz (Moselle), nuit du 30 juin au 1er juillet : l’ex McDo, vue arrière

A Woippy et Yutz (Moselle), les restaurants McDonald’s ont été incendiés. Dans la seconde ville, une vingtaine d’émeutiers ont également pénétré dans le magasin Décathlon durant la nuit en brisant les portes vitrées, faisant main basse sur des vêtements et des vélos. Un peu plus tard, les concessionnaires Suzuki (10 véhicules défoncés, neuf dans le hall un à l’extérieur, plus les bureaux saccagés) et Peugeot Car Avenue (30 voitures défoncées, dont dix carbonisées, plus une volée) ont été attaqués par des dizaines d’émeutiers, vers 23h30 puis 1h15.

A Strasbourg (Alsace), entre 14 heures et 15 heures, des centaines de jeunes sont arrivés devant les Halles, avant de se diriger vers les magasins du centre-ville, par petits groupes, éparpillés. De nombreux commerces ont décidé de fermer, mais pas toujours assez tôt, comme l’Apple store qui a été pillé. L’Opéra national du Rhin a aussi été pris pour cible : la terrasse du restaurant a été dévastée, la porte d’entrée brisée et le hall saccagé.

Saint-Florentin (Yonne), nuit du 30 juin au 1er juillet : le magasin de bricolage Weldom a cramé toute la nuit

A Saint-Florentin (Yonne), les pompiers se rendent vers minuit aux abords du magasin de bricolage Weldom, en flammes, situé aux abords du quartier de la Trécey. Les émeutiers présents sur place les repoussent avec des pierres et et des tirs de mortiers jusqu’à 4 heures du matin, où les pompiers pourront réellement intervenir sur le sinistre, alors que les 1.500 mètres carrés de surface du magasin se sont totalement embrasés.

A Auxerre (Yonne), un magasin de location de voitures est ouvert et saccagé : plusieurs véhicules de type Mercedes ou Range Rover sont défoncées.

Dijon (Bourgogne), nuit du 30 juin au 1er juillet : l’école flambe dans le quartier des Grésilles

A Dijon (Bourgogne), vers 18 heures dans le quartier des Grésilles, l’école élémentaire Champollion est incendiée : au moins une salle de classe est entièrement détruite.


Auvergne-Rhône Alpes

Lyon (Rhône), nuit du 30 juin au 1er juillet, le comico de la Croix Rousse en feu

A Lyon (Rhône), après le rassemblement aux Terreaux (1er), qui a réuni plus d’un millier de personnes, bien qu’interdit par la préfecture, les affrontements avec la police et les pillages se sont propagés dans la ville. Le poste de police de dépôt de plainte de la Croix-Rousse (4e) a été incendié, une trentaine de commerces ont été saccagés/pillés jusque tard dans la nuit : des boutiques de sport (Courir et JD Sport rue de la République), des magasins de luxe (Louis Vuitton et Lacoste rue Simon-Maupin), mais aussi des magasins d’électroménager (Boulanger à Cordeliers) et au moins deux Monoprix (Croix-Rousse et Cordeliers). Parmi les établissements recensés, on trouve aussi une banque, un bureau de tabac, un bureau de Poste, un magasin de vélos (pillé).

Vaulx-en-Velin (Rhône), dans la nuit du 30 au 1er juillet 2023

A Vaulx-en-Velin, dans la cité du Mas du Taureau, un émeutier à scooter fait feu avec un fusil chargé à la grenaille contre les policiers (à 50m de distance), au niveau de la place Guy Moquet où des barricades avaient été enflammées par une cinquantaine d’émeutiers. Dix policiers sont blessés et quatre hospitalisés, touchés par des plombs aux bras, aux cuisses et au visage (pommette).

Grenoble (Isère) nuit du 30 au 1er juillet 2023 : bureau de police incendié à Villefontaine

À Grenoble (Isère), à partir de 20h, des centaines de jeunes ont investi le centre-ville avec force poubelles incendiées et mortiers d’artifice, tout en s’en prenant aux boutiques : Lacoste, Hugo Boss, Foot Locker, des dizaines de grandes enseignes du centre-ville (et les Galeries Lafayette), mais aussi des plus petites boutiques des rues piétonnes, ont été complètement pillées.
Dans la nuit dans le quartier d’Echirolles, l’atelier du garage automobile Norauto, situé avenue Salvador-Allende est forcé et plusieurs véhicules incendiés. Dans celui de Villefontaine, le bureau de police est incendié.

Chambéry (Savoie), nuit du 30 juin au 1er juillet : incendie du local de la FOL

À Chambéry (Savoie), la soirée a commencé par une manifestation au départ de la place d’Italie, et la petite centaine de participants s’est ensuite dirigée vers le quartier du Covet. Plus tard, vers 22h30, les locaux de la Fédération des Œuvres Laïques (FOL, association d’éducation populaire) ont été totalement incendiés. Un peu plus loin, la cantine de l’école élémentaire Simone-Veil, rue Hector-Berlioz, dans le quartier de Mérande, a aussi été incendiée.

Annemasse (Savoie), nuit du 30 juin au 1er juillet : la maison de quartier Nelson Mandela en fumée

A Annemasse (Haute-Savoie), la maison de quartier Nelson-Mandela a été incendiée vers 2h du matin. Elle abritait le service jeunesse de la ville.Un bureau de tabac a également été pillé.

Scionzier (Haute-Savoie), nuit du 30 juin au 1er juillet : les locaux administratifs fumants du collège Gallay

A Scionzier (Haute-Savoie), nuit émeutière dans les quartiers des Ewües et de la Sardagne. Les locaux administratifs du collège Gallay sont cramés, tandis que le poste de police municipale a été attaqué.

St-Etienne (Loire), nuit du 30 juin au 1er juillet : la pépinière d’entreprises encore fumante dans le quartier Montreynaud
St-Etienne (Loire), nuit du 30 juin au 1er juillet : Centre loisirs jeunesse de la Police nationale incendié dans le quartier Montreynaud
et le DAB de la Poste

A St-Etienne (Loire), dans le centre-ville, plusieurs centaines de jeunes ont brisé des vitrines de magasins à coups de pierre ou d’objets en métallique, puis pillé plusieurs boutiques de vêtements, d’optique et de bijoux.
Dans le quartier de Montreynaud, les incendies et attaques se sont enchaînés jusqu’à 4h30 du matin : pépinière d’entreprises (dans la zone d’activités de la Grand’Ourse), mairie, Centre loisirs jeunesse de la Police nationale, bureau de poste, voitures.

Roanne (Loire), nuit du 30 juin au 1er juillet, incendie du magasin de mobilier Centrakor
Roanne (Loire), nuit du 30 juin au 1er juillet, incendie du CFA BTP
idem

A Roanne (Loire), dans le secteur de la route de Charlieu, le magasin Centrakor a été totalement détruit par un feu provoqué par des jets de molotovs. Dans le quartier du Parc, le CFA (Centre de Formation des Apprentis) BTP (Bâtiment et Travaux Publics), rue Marcel-Cerdan, a été incendié. Il venait de rénover ses bâtiments et équipements la semaine dernière. Son portail a été arraché et la porte d’entrée fracturée, puis plusieurs salles de classes ainsi que l’atelier d’électricité ont été livrés aux flammes

Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), nuit du 30 juin au 1er juillet : la maison de quartier de Croix-de-Neyrat. incendiée

A Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), le centre social du quartier des Vergnes a été incendié, tout comme la maison de quartier de Croix-de-Neyrat.


Centre

A Limoges (Haute(Vienne), plusieurs boutiques du centre-ville ont été vandalisées et pillées, couplé à des barricades installées à plusieurs endroits en ville et les nombreux tirs de mortiers en direction des forces de l’ordre. Il y a aussi eu des pillages en zone nord. Cash Converter, un commerce d’achat revente de produits d’occasion a été attaqué à la voiture bélier. Des motos ont également été volées chez Evolution 7 en zone Sud et le supermarché U proche de la rue Aristide Briand a aussi été incendié vers deux heures du matin. Une équipe du GIGN a été envoyée à Limoges depuis Toulouse, accompagnée par le PSIG (Peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie) de toute urgence.


Ouest

Brest (Finistère), nuit du 30 juin au 1er juillet : le KFC a grillé

A Brest (Finistère), le centre social de Kerourien a été incendié avec son local de Brest métropole habitat. La mairie annexe et le poste de police de Bellevue ont été dégradés, tandis que le KFC de la zone Carrefour Iroise a été incendié.

A Niort (Deux-Sèvres), une dizaine de bureaux bailleur social Deux-Sèvres habitat ont été saccagés, les PC détruits et les mobiliers de bureau cassés. Les émeutiers se sont introduits dans les locaux en cassant toutes les portes et vitres du rez-de-chaussée. L’agence sera fermée jusqu’à nouvel ordre.

Nantes (Loire-Atlantique), nuit du 30 juin au 1er juillet : le sort de la mairie annexe du quartier de la Boissière définitivement réglé
Nantes (Loire-Atlantique), nuit du 30 juin au 1er juillet : la librairie catho à coups de pioches

A Nantes (Loire-Atlantique), dans le quartier de la Boissière, un incendie ravage une seconde fois les locaux de la mairie annexe, déjà touchée par les flammes la veille, afin de terminer le travail. Plus tôt en soirée, lors d’un rassemblement « Justice pour Nahel » interdit par la préfecture, la librairie catholique et nationaliste Dobrée est attaquée vers 20h30 à l’aide de matériel de chantier.

Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), nuit du 30 juin au 1er juillet : le centre commercial Ruban Bleu pillé

A Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), plusieurs magasins du centre-commercial Ruban Bleu ont été pillés, et idem pour le Mc Donald situé dans le centre commercial Océanis.

Coulaines (sarthe), nuit du 30 juin au 1er juillet : la mairie incendiée

A Coulaines (Sarthe), la mairie a été la cible d’émeutiers vers 2h30, qui ont détruit les portes coulissantes et l’entrée, puis lancé des molotovs à l’intérieur. L’accueil, l’état-civil et le centre communal d’action sociale ont été ravagés par les flammes. La mairie n’a pas été pillée : « C’est simplement une tentative de destruction de la part de voyous écervelés », lance le maire Christophe Rouillon remonté contre cette « sorte de profanation inacceptable. »

Angers (Maine-et-Loire), nuit du 30 juin au 1er juillet : le comico du quartier Monplaisir
Angers (Maine-et-Loire), nuit du 30 juin au 1er juillet : la Maison des solidarités du quartier Monplaisir

A Angers (Maine-et-Loire), dans le secteur de Monplaisir, le commissariat de police, a été attaqué par les émeutiers dans la nuit et entièrement incendié, des commerces ont été pillés, la crèche Tom-Pouce, la Maison des solidarités et une dizaine de voitures ont été incendiés, le relais-mairie et le bureau de Pôle emploi ont été dégradés.

Lorient (Morbihan), nuit du 30 juin au 1er juillet, le local jeunes de la maison de quartier en fumée

A Lorient (Morbihan), dans le quartier du Bois-du-Château, le local jeunes de la maison de quartier Elsa Triolet est incendié vers 1h30 du matin.

Au Mans (Sarthe), une centaine d’émeutiers ont dégradé des véhicules et pillé plusieurs magasins dans le centre-ville.

A la Roche-sur-Yon (Vendée), le poste de police a subi un début d’incendie.

Gaillon (Eure), nuit du 29 au 30 juin : le grand concessionnaire Renault incendié
Le garage Renault vu du haut
Gaillon (Eure), nuit du 30 au 1er juillet : le McDo part en fumée

A Gaillon (Eure), on en est à la deuxième nuit d’émeute dans cette ville de 7000 habitants. Dans celle du 29 au 30 juin, le garage Renault a été attaqué : après avoir brisé la vitre, deux véhicules d’exposition ont été sortis pour être brûlés à l’entrée du quartier, tandis que le concessionnaire était enflammé, détruisant une vingtaine de véhicules stationnés à l’intérieur, et endommageant les sept voitures entreposées à l’extérieur.
Dans celle du 30 juin au 1er juillet, après avoir été empêchés de piller le Auchan les émeutiers sont revenus à 5h du matin et ont cramé le McDonald’s adjacent

A Evreux (Eure), un hypermarché a été pillé et un poste de police visé par des engins incendiaires.

A Cholet (Maine-et-Loire) , la maison du maire LR (depuis 1995) en cours de déménagement a été copieusement saccagée et pillée dans la nuit.

Saint-Etienne-du-Rouvray (Normandie), nuit du 30 juin au 1er juillet, le collège Picasso en partie incendié

A Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), le collège Pablo-Picasso a été attaqué et en partie incendié. La cuisine centrale est inopérante. Les magasins Action et Aldi ont aussi été pillés.


Nord

Des affrontements avec les forces de l’ordre et des pillages ont eu lieu dans plusieurs villes du Nord-Pas-de-Calais, notamment à Lens, Maubeuge, Calais, Douai, Béthune, Valenciennes, Avion, Berck-sur-Mer, Béthune, Boulogne-sur-Mer, Longuenesse, Carvin, Lillers, Sallaumines, Saint-Omer, Aulnoye-Aymeries ou encore Roubaix.
Des commerces et un bureau de police ont été endommagés dans le centre-ville de Lens, deux autres bureaux de police, à Béthune et à Sallaumine, ont également été endommagés, ainsi que la porte d’entrée d’un commissariat à Carvin.

Quiévrechain (Nord), nuit du 30 juin au 1er juillet : le magasin Action incendié

A Quiévrechain (Nord), le magasin Action de la petite zone commerciale Match, avenue Jean-Jaurès, est incendié vers 1h30

À Amiens  (Somme), où un couvre-feu avait été instauré hier dans certains quartiers pour les moins de 16 ans non accompagnés, la médiathèque du quartier d’Etouvie a été incendiée pour la deuxième fois cette semaine.

A Charleville-Mézières (Ardennes), Boris Ravignon, le maire LR avait décidé d’organiser une ronde citoyenne à proximité des crèches, écoles et équipements municipaux. Dans le quartier de la Ronde-Couture, il s’est pris des jets de bouteilles après avoir éteint un feu de poubelles allumé par des émeutiers. La voiture dans laquelle il a dû se replier avec d’autres élus a ensuite eu la vitre arrière brisée par les pierres.

Lens (Pas-de-Calais), nuit du 30 juin au 1er juillet : Bijou Brigitte après son pillage

A Lens (Pas-de-Calais), c’est vers 23 h 30 que les hostilités ont été lancées à la Grande résidence. Peu avant minuit, les émeutiers ont convergé vers le bureau de police de la tour Flaubert qu’ils sont parvenus à saccager. Des groupes, plus disparates, ont également investi le cœur de ville où des commerces ont été dégradés et pillés (dont la bijouterie Bijou Brigitte). Partis de la gare, ils sont ensuite remontés jusqu’à l’hôtel de ville qui a été pris pour cible. En attestent les impacts qui criblent la façade vitrée du bâtiment de la place Jean-Jaurès.


Ile-de-France

AFP, 1er juillet 2023

Seine Saint Denis

Bondy (Seine-Saint-Denis), nuit du 30 juin au 1er juillet : le rencart à Conforama a fini par réussir

A Bondy (Seine-Saint-Denis), une centaine de jeunes hommes cagoulés s’étaient rassemblés sur le pont au-dessus du canal de l’Ourcq à côté des quartiers Nord de Bondy (Seine-Saint-Denis) avec l’intention de piller le Conforama situé juste à côté. L’objectif avait été annoncé sur les réseaux sociaux : « Communiqué pour les gens Bondy ce soir on fait tous Conforama. Soyez prés et organisé et une bonne logistique. Aller a se soir pour Conforama. Rdv à 23h30. Faite tourné ».
Par dizaines, ils se sont rués vers le commerce. Certains sont repartis avec des écrans plats. D’autres avec des cartons impossibles à identifier. Face à eux, le RAID a effectué plusieurs charges, soutenu par des unités traditionnelles de la police. Au milieu des flammes d’un barrage, les jeunes cagoulés ont jeté des pierres et tenté de repousser les policiers afin de récupérer plus de matériel. Une équipe du RAID s’est positionnée devant l’entrepôt pour les bloquer.
Puis le RAID est reparti. Les émeutiers, de tous âges, sont revenus piller le magasin avec des dizaines de voitures prêtes pour remplir les coffres.

Montreuil (Seine-Saint-Denis)

A Montreuil,  De nombreux feux et à nouveau un grand nombre de pillages. A Croix de Chavaux, le cœur de la ville, le grand Monoprix a été pillé de même qu’un Franprix avenue Gabriel Péri, ainsi que de nombreux petits commerces. L’avenue Péri est jonchée de débris, de barrières de chantier. Alors qu’une partie de la ville est plongée dans l’obscurité, soulignant encore plus l’intensité des feux, cela circule beaucoup. Les événements ont débuté tard dans la soirée, nombre de pillages ayant eu lieu plutôt après 1 heure du matin.

A Romainville, dans le quartier des Trois-Communes, un magasin de scooters a été pris d’assaut et pillé.

Ville de Saint-Denis, nuit du 30 juin au 1er juillet : incendie du hall du centre administratif de la municipalité

À Saint-Denis, les émeutiers ont fait partir en fumée le Centre administratif de la ville. Le bâtiment situé non loin de l’hôtel de ville a été incendié vers 0h30 : c’est toute une aile du centre administratif, comprenant le service d’état civil qui a été ravagée.

A Drancy : le supermarché Carrefour et la galerie marchande pris pour cible et complètement pillé par un groupe de jeunes


Seine-et-Marne

A Nemours, malgré le couvre-feu en vigueur à partir de 22h, l’Espace culturel qui accueillait l’association La Scala et la salle municipale Claude Monet, est totalement détruit par un incendie.


Yvelines

A Mantes-la-Jolie, le centre des impôts implanté sur la place Jean-Moulin, dans le quartier du Val-Fourré, est la cible d’un incendie volontaire peu avant 3 h du matin. Il est complètement inutilisable et le restera « au moins jusqu’à fin octobre » selon les autorités : le couloir est dévasté, tous les câbles électriques ont fondu. À cause de la suie qui s’est infiltrée dans les locaux, l’air est irrespirable dans tous les bureaux.


Val d’Oise

Persan (Val d’Oise), nuit du 30 juin au 1er juillet : la mairie saccagée puis incendiée
Persan (Val d’Oise), nuit du 30 juin au 1er juillet : le local de la police municipale et centre de vidéosurveillance y est passé aussi

A Persan, la mairie a été incendiée dans la nuit. La porte a été totalement détruite et tout a été dévasté par les flammes. C’est vers 1h30 que l’incendie a été signalé : le bâtiment a été détruit à 80 %. Par ailleurs, le poste de police municipale et le centre de supervision urbain (vidéosurveillance) ont été totalement détruits.


Hauts-de-Seine

Nanterre (Hauts-de-Seine),nuit du 30 au 1er juillet : le car de tourisme en cendres
Nanterre (Hauts-de-Seine),nuit du 30 au 1er juillet : attaque des locaux de la DCPJ

A Nanterre (Hauts-de-Seine), ville où vivait le jeune Nahel assassiné mardi par un policier, un car de tourisme est parti en fumée près de la gare RER Nanterre Ville. Aux alentours de 3h30 du matin, les locaux de la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) ont été attaqués. Les émeutiers n’ont pas réussi à pénétrer à l’intérieur mais des vitres ont été brisées. Dans le même périmètre, une banque, une boulangerie et un supermarché ont été saccagés.


Val de Marne

A L’Haÿ-les-Roses, la Halle de style néo-Baltard inaugurée l’an dernier a été incendiée par des tirs de mortiers. Des inscriptions destinées aux autorités locales telles que « On a vos adresses…on va vous brûler » ont par ailleurs été retrouvées sur place.


Sud

Nîmes (Gard), nuit du 30 juin au 1er juillet : incendie du hall de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer)

A Nîmes (Gard), le rez-de-chaussée du bâtiment de la Direction départementale des territoires et de la mer situé près du quartier Pissevin a été détruit par le feu sur 300m2. Quatre autres bâtiments ont aussi été incendiés dont un opticien, un bureau de tabac, une agence du Crédit agricole.

Montpellier (Hérault), nuit du 30 juin au 1er juillet : le bureau de Poste du quartier de la Mosson

A Montpellier (Hérault), plusieurs dégradations et pillages de commerces ont lieu aussi bien au centre-ville (la bijouterie Swarovski, boutiques Orange et Dior) que dans les quartiers Petit-Bard, Cévennes ou cité Astruc (bureau de tabac, distributeur du Crédit agricole…). Dans le quartier de la Mosson, le bureau de Poste est entièrement incendié.

Toulouse (Haute-Garonne), nuit du 30 juin au 1er juillet : ouverture du concessionnaire Yamaha au tractopelle volé

A Toulouse (Haute-Garonne), près du quartier Sept-Deniers, un magasin de motos Yamaha, situé au 6, rue Louis Bonin a été vandalisé par un groupe d’individus qui n’ont pas hésité à utiliser un tractopelle volé pour enfoncer la vitrine du magasin vers 3h, après avoir d’abord détruit le portail d’entrée de cette mini zone commerciale.  Plusieurs motos ont été volées (et sept personnes arrêtées sur une trentaine d’assaillants).

A Privas (Ardèche), dans le quartier Lancelot, un camion d’Ardèche Habitat a été incendié.

Bordeaux (Gironde), soirée du 30 juin

A Bordeaux (Gironde), un rassemblement contre les violences policières s’est déroulé place de la Bourse en début de soirée malgré l’interdiction de rassemblement décrétée par la préfecture. Un cortège a ensuite défilé dans le centre-ville. Des poubelles ont été brûlées et des vitrines brisées notamment dans la rue Sainte-Catherine, la principale artère commerçante de la ville.

Agen (lot-et-Garonne), nuit du 30 juin au 1er juillet : pillage du supermarché Netto

A Agen (Lot-et-Garonne), dans le quartier de Montanou, la station de lavage et le supermarché Netto contigus ont été attaqués vers 23h. La première a été brûlée quand le deuxième a été pillé, après avoir brisé sa vitrine avec à coups de chariots.

Marseille (Bouches-du-Rhône), nuit du 30 juin au 1er juillet : le Aldi des Flamants (14e) pillé et cramé

Marseille (Bouches-du-Rhône), nuit du 30 juin au 1er juillet : une des bijouteries pillées

A Marseille (Bouches-du-Rhône), Après de premiers affrontements en début de soirée sur la Canebière, la situation s’est rapidement tendue. De nombreux magasins ont été pillés après avoir subi des dégradations, et le magasin Aldi des Flamants (14e arr.), a été incendié. Après avoir détruit un mur et forcé la vitrine, « Cinq à huit » fusils de chasse ont été dérobés dans l’une des deux armureries de la ville, Negrel et Mistral, située rue d’Aubagne, lors des émeutes. Au cours de la nuit, les centres commerciaux en périphérie de la ville (Le Merlan, les Terrasses du Port, le Centre Bourse, Grand Littoral) sont attaqués  avec plus ou moins de succès.

Marseille (Bouches-du-Rhône), nuit du 30 juin au 1er juillet : un car de touristes incendié lors de l’émeute

Par ailleurs au cours de cette émeute, un car de l’entreprise drômoise Rapid’Bleus, qui était à Marseille pour accompagner un groupe de touristes de Romans-sur-Isère en voyage organisé, a été réduit en cendres près du Vieux port. Et un autre car, cette fois rempli de 40 touristes chinois, a eu son pare-brise réduit en miettes pendant qu’il tentait de manoeuvrer pour s’éloigner de l’émeute, certains de ses passagers se prenant aussi des pierres, ce qui a provoqué une condamnation officielle du ministère chinois des Affaires étrangères.

Selon un dernier bilan des autorités, 95 personnes ont été interpellées durant la nuit, et 31 policiers blessés. Par ailleurs, une unité de CRS est arrivée en renfort dans la nuit et des renforts de gendarmerie ont également été déployés à Marseille, en appui des policiers. L’association Marseille Espérance qui rassemble les chefs spirituels des différentes communautés religieuses de Marseille, a de son côté lancé « un appel à l’apaisement ».

[Synthèse de la presse régionale et nationale, 1er juillet 2023]

EMEUTONS-NOUS !

Publié le 2023-07-02 22:55:07

Texte sur les émeutes du 27 et 28 juin à la suite du meurtre de Nahel par un flic, et les perspectives qui découlent de ces événements.



EMEUTONS-NOUS !

Le 29 juin 2023.

Un jeune homme de 17 ans, Nahel, a été tué par balles par un flic avant-hier, le 27 juin à Nanterre, exécution sommaire pour quelque chose qui se retrouve nommé « un délit de fuite » ou « refus d’obtempérer », quelque chose qui ressemble à tenter la liberté pour ne pas rester à la merci de deux flics prêts à tuer. Nous n’avons pas les mots, nous les cherchons encore, pour exprimer notre colère et notre solidarité totale, sans conditions et avant même d’en savoir plus sur tout ce que la presse déverse depuis les rumeurs de commissariats. En voici tout de même quelques uns, puisque s’exprimer nous paraît quand même nécessaire.

17 ans, putain.

Le gouvernement a essayé de diminuer la portée du drame pour éviter la confrontation directe, pour protéger ses flics, se protéger lui-même, ainsi que le monde de merde et de misère qu’il maintient en place. Pour tenter de se prémunir face à la colère de tous, il a utilisé une technique dégoûtante : celle de l’atténuation et de la pacification, en ne lésinant pas sur l’usage de mensonges. Mettre en avant, par les médias et les déclarations de presses des différents partis de gauche et de droite, que l’adolescent avait un casier judiciaire (ce qui s’est avéré faux), que le policier était en danger (ce qui s’est tout autant avéré faux), invoquer le rôle de médiation de la justice et du deuil national pour régler le problème. Toutes ces techniques sont bien rodées mais ont été inefficaces hier et aujourd’hui : Tout le monde sait que cette exécution n’est pas un problème privé, entre un policier et une famille, pas plus qu’elle n’est une bavure exceptionnelle. Ce que la presse et l’État défendent en salissant ceux qu’ils exécutent, c’est la possibilité de maintenir l’ordre coûte que coûte, c’est la possibilité de nous tenir en joue et de tirer, c’est la possibilité d’une « légitime défense » de sa propre existence au prix de nos vies. C’est nous contre eux. Et tout le monde se contrefiche qu’il ait un casier judiciaire ou non, comme tout le monde se contrefiche que ceux que ses flics visent soient fichés S, ou qu’ils soient défavorablement connus de la CAF, de Pôle Emploi ou des services de police. Tout le monde sait qu’il faut se battre, et personne ne semble avoir envie de pleurer en silence. Alors que les pompiers, le gouvernement, la gauche et tous les pacificateurs appellent au calme, la mère de Nahel a courageusement demandé « une révolte pour son fils ».

Les tentatives d’endormissement de la colère sont pour l’instant un échec : le jour même, des émeutes ont éclaté à Nanterre, et la révolte s’est propagée dans tout le 92, dans une partie du 93, et dans d’autres villes, à Bordeaux, à Lille, à Nantes, à Roubaix. Par endroits, les policiers sont débordés, blessés, et parfois s’enfuient, abandonnent. La seconde nuit d’émeutes a été encore plus offensive et s’est étendue à d’autres villes, à Toulouse, à Lyon, à Strasbourg, à Clermont-Ferrand, dans quelques endroits de Paris, dans le XXe, à Belleville, à la Chapelle, dans le sud du XIIIe... et surtout dans énormément de villes d’Île-de-France. Ce matin, les services de nettoyage peinent à masquer les traces de la révolte.

Voitures, bus, lignes de tram, mairies, barricades, écoles et commissariats, tout flambe. Des pillages ont eu lieu, de magasins, camions, supermarchés. Cette largeur de vue pour mieux cibler ce qui maintient l’ordre et cette pertinence dans les attaques, que le mouvement contre les retraites a peiné à ouvrir malgré son ampleur, on dirait que deux nuit d’émeutes commencent à l’envisager. La prison de Fresnes a été très courageusement prise d’assaut durant la deuxième nuit d’émeute, pour aller libérer les prisonniers, pour tous nous libérer. Une brèche s’ouvre, une brèche pour faire trembler ce qui hier paraissait invincible. Mais hier, c’était novembre 2005. Hier, c’était les gilets jaunes. Hier, c’était mai 68. Hier aussi nous avons fait trembler l’Etat, son maintien de l’ordre, et ainsi nous comprenons que cet ordre est loin d’être inattaquable, puisqu’il tremble.

Il nous faut rentrer dans cette brèche, et nous voyons quelques moyens qui sont à notre portée à tous, ici et maintenant. Nous souhaiterions, dans l’idéal, pouvoir dépasser ces "quelques moyens à la portée de tous" et pour cela il nous faut, comme les émeutiers de Nanterre, trouver des moyens nouveaux pour trouver de l’efficacité contre nos ennemis, la police de l’État, du capitalisme, de la démocratie, et plus encore contre l’apathie, la résignation, le suicide quotidien, le désintérêt collectif. Tout cela n’est pas normal, et doit être combattu, pour Nahel, pour M. tué dans le CRA de Vincennes, pour les milliers de personnes qui meurent aux frontières de l’Europe, pour Serge et blessés du maintien de l’ordre à Sainte-Soline et partout, et pour tous les autres d’hier et de demain, pour nous tous, pour en finir aussi avec la pitié, le paternalisme et la condescendance, avec toute notre rage d’en finir avec ce monde et avec un désir de liberté, intact.

Dans cette lutte que nous allons être nombreux à mener, rappelons-nous toujours que l’ennemi que l’on a en face de soi, celui qui nous mène une guerre ouverte, n’est pas le seul. N’oublions pas celui qui se met à notre côté, celui qui récupère et tue de l’intérieur, qui aspire et vampirise : la gauche, ses grands frères moralisateurs et ses sociologues de comptoirs, la négociation de la paix sociale qui très vite voudra encadrer et tuer la haine dans le calendrier judiciaire qui, lui avant tout, est notre ennemi. C’est ce calendrier judiciaire lui-même qui prolonge les arrestations. Solidarité avec les 180 interpellés de la nuit dernière.

De Nanterre à la France, de la France au reste du monde
Émeutes ! Révolutions !

Bank Of America Buildings and ATMs attacked – California

Publié le 2023-07-02 23:00:02

On Friday night (6/30) into Saturday morning (7/1) a total of four Bank of Amerikkka buildings in the Bay Area were vandalized, and a total of five BofA ATMs were smashed in solidarity with the Stop Cop City campaign and struggle to Defend the Atlanta Forrest.

Two BofA buildings in Oakland were tagged with the message "Stop Cop City / ACAB"

Two ATMs on 50 California in San Francisco were sprayed with graffiti that said "Stop Cop City" and the screens were hit with hammers and shattered.

Three ATMs in front of the Bank of Amerikkka in Concord on Sun Valley Blvd. were also smashed with hammers and sprayed with a message in solidarity with the fight against policing and Cop City in Atlanta.

Found On Scenes From The Atlanta Forest

La révolte continue malgré la répression

Publié le 2023-07-02 23:10:03

actu.fr / dimanche 2 juillet 2023

[…] Ce dimanche 2 juillet 2023 à 8h, un nouveau bilan chiffre à au moins 719 le nombre d’interpellations sur le territoire. Soit moins que la veille à la même heure, où plus de 1 300 personnes avaient été interpellées par les forces de l’ordre.
Pour la troisième nuit consécutive, 45 000 policiers et gendarmes seront déployés dans toute la France pour faire face aux émeutes annonce Gérald Darmanin […]
[…] Pour la deuxième nuit consécutive, le ministère de l’Intérieur avait reconduit un dispositif de 45 000 policiers et gendarmes mobilisés, dont 7 000 à Paris et en proche banlieue. Une stratégie qui a porté ses fruits, selon Gérald Darmanin.
Sur décision du ministère, des renforts conséquents ont été envoyés à Marseille et Lyon, les principales agglomérations touchées la veille par les heurts, destructions ou pillages. Peu d’incidents ont été signalés dans ces deux villes. […]

[…] Sur la célèbre Canebière de Marseille notamment, d’importants effectifs de forces de l’ordre, épaulées par les unités d’élite du Raid et du GIGN (gendarmerie) sont parvenus à disperser les groupes de jeunes qui avaient semé le chaos la veille, ont constaté des journalistes de l’AFP.

[…] A Paris, un important dispositif a été déployé le long des Champs-Elysées, où des appels à se rassembler circulaient depuis vendredi sur les réseaux sociaux, a constaté une journaliste de l’AFP.
Tout au long de l’avenue, des petits groupes de jeunes vêtus de noirs ont déambulé sous les yeux de CRS devant les commerces, dont les devantures étaient protégées de planches de bois. Derrière des grilles noires, le célèbre restaurant Le Fouquet’s a accueilli normalement ses clients pour le dîner. Les derniers groupes ont été évacués avant 02H00.
Peu d’incidents sérieux ont été rapportés en banlieue parisienne, point de départ des émeutes. Des policiers ont été toutefois la cible de tirs de mortiers d’artifice à Vigneux (Essonne). […]

En région aussi, les forces de l’ordre ont dû intervenir. À Montpellier (Hérault), neuf mineurs et six adultes encagoulés, dont certains armés de couteaux, ont été interpellés ce samedi soir par les forces de police. Ils sont en garde à vue, note notre rédaction Metropolitain.

Au Mans (Sarthe), quelques poubelles, véhicules et un canapé se sont retrouvé en feu durant cette nuit du samedi 1er juillet au dimanche 2 juillet, rapportent nos journalistes d’actu Le Mans. Après les 38 interpellations de la veille, les gendarmes et policiers n’ont eu qu’une personne à interpeller en lien avec les violences urbaines.

Dans l’Eure – Louviers, Gaillon et Évreux notamment -, la préfecture a annoncé cette nuit 13 interpellations et la saisie de feux d’artifices en vente malgré l’interdiction administrative. « Des poursuites administratives seront engagées et une amende sera infligée au commerçant », a indiqué la préfecture de l’Eure, citée par notre rédaction locale La Dépêche d’Evreux.

Plus loin en Normandie, au Havre et à Rouen (Seine-Maritime), la préfecture constatait moins de violences au petit matin, mais encore beaucoup d’incivilités. 76actu recense une quarantaine d’interventions des sapeurs-pompiers (dont 16 pour des incendies de véhicules) et des jets de projectile ciblant les forces de l’ordre.

La préfecture déplore un policier blessé. Au total, au Havre et à Rouen, 16 interpellations ont été effectuées suivies de 13 gardes à vue.

À Toulouse (Haute-Garonne), de l’aveu même des policiers, la nuit du samedi au dimanche a été « plus calme » que les trois précédentes dans la Ville rose. Un calme relatif, nuance actu Toulouse, puisque des incidents ont été signalés dans plusieurs quartiers : 15 véhicules ont été incendiés la nuit dernière, et la police a procédé à 19 interpellations.

Dans l’Orne, « aucun fait de violence urbaine n’a été constaté sur Alençon et Flers », a indiqué la préfecture de l’Orne ce dimanche, comme le relèvent nos journalistes de l’Orne Combattante.

« Six feux de poubelles ont été allumés à Argentan. Des tirs de mortier ont visé les gendarmes du peloton d’intervention de la gendarmerie (PSIG) à L’Aigle », énumère encore la préfecture. 11 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre sur Alençon (3), L’Aigle (7) ainsi que sur Vimoutiers (1).

À Lannion (Côtes-d’Armor), la nuit de samedi à dimanche est restée agitée, rapporte notre rédaction locale Le Trégor. Des feux de poubelles ont été allumés et un engin de chantier a été détruit. C’est la première nuit de violence à Lannion depuis le début des événements en France ces derniers jours.

Le Mée-sur-Seine (Seine-et-Marne), 1er juillet 2023

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extraits du Parisien / dimanche 2 juillet 2023

[…] Depuis le début des émeutes liées à la mort de Nahel, mardi, les forces de l’ordre ont procédé au total à 3 143 interpellations, précise un bilan du ministère de l’Intérieur, dont 1 240 à Paris et en petite couronne.
Plus de 10 000 incendies sur la voie publique, 5 000 incendies de véhicules et 998 dégradations ou incendies de bâtiments ont été rapportés, alors que 737 membres des forces de l’ordre ont été blessés. […]

[…] Une trentaine de prévenus impliqués dans des émeutes, dans la nuit de vendredi à samedi, ont commencé à comparaître au tribunal judiciaire de Grenoble (Isère) ce dimanche matin, rapporte France Bleu. Les trois premiers émeutiers, âgés de 18 à 22 ans, ont été condamnés à trois ou quatre mois de prison ferme.

[…] La caserne de gendarmerie de Rumilly, près d’Annecy en Haute-Savoie, a été visée par une attaque lors d’émeutes, rapporte la préfecture locale. La protection des lieux sera « renforcée » dans la nuit de dimanche à lundi, « notamment grâce à la captation d’images par drone », indique la préfecture. […]

[…] À Albi, la porte de la préfecture incendiée. La préfecture du Tarn annonce sur Twitter que la porte de son siège a été incendiée dans la nuit de samedi à dimanche par des émeutiers. […]

[…] Des audiences spéciales de comparutions immédiates tenues en plein week-end par les chefs de juridiction, des renforts de magistrats mobilisés en urgence. Dans les tribunaux d’Île-de-France, la justice est en surchauffe face à l’avalanche de procédures pénales.
Les arrestations d’émeutiers par la police pleuvent et imposent un rythme infernal à un système judiciaire déjà à la peine : 150 gardes à vue pour la seule nuit de jeudi à vendredi en Seine-Saint-Denis, 200 pour celle de vendredi à samedi. Et une multitude de mineurs à présenter à un juge pour enfants. Même pour un tribunal comme celui de Bobigny, rodé et dimensionné pour des cadences industrielles, les chiffres sont vertigineux. […]

[…] Cinq communes des Hautes-de-Seine concernées par les survols de drones
L’arrêté de la préfecture de police de Paris détaille que cinq communes des Hauts-de-Seine sont visées par l’autorisation du survol par des drones, dans l’optique d’une captation d’images. Il s’agit d’Asnières-sur-Seine, Meudon-la-Forêt, Montrouge, Nanterre et Villeneuve-la-Garenne. […]

[…] La voiture du maire de La Riche ciblée
Le véhicule de fonction du maire de La Riche (Indre-et-Loire), Filipe Ferreira-Pousos, a subi un début d’incendie, alors qu’il était garé dans le jardin du domicile de l’élu.
« C’est la fonction qui est visée j’imagine », avance-t-il, au micro de France Bleu. « J’essaye de le prendre calmement, mais j’ai du mal. »
L’élu, qui a déjà été victime de jets de projectiles dans son jardin et de menaces de mort dans la nuit de mercredi à jeudi, a porté plainte. […]

[…] Deux policiers de la BAC ont été blessés à la carabine à plomb dans le XIIIe arrondissement de Paris dans la nuit de samedi à dimanche, confirme au Parisien une source policière.
L’un d’eux a été touché dans le dos, l’autre au niveau du ventre, sous son gilet pare-balles. Légèrement blessé, il a été transporté à l’hôpital. […]

Paris

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Nîmes : Touché, mais pas (encore) coulé

20 Minutes / dimanche 2 juillet 2023

Un policier de la BAC (Brigade anticriminalité) de Nîmes a sans doute été sauvé par son gilet pare-balles, samedi, durant les violences urbaines qui se sont déroulées cinq jours après la mort de Nahel, à Nanterre. C’est en rentrant chez lui, samedi matin, qu’il a découvert une balle de 9 millimètres logée dans la protection. « Sur le coup, il pensait avoir été atteint par un pavé évoque le syndicat de police Alliance Gard. Mais à l’issue de son service, il a constaté un impact sur son gilet qui n’a pas été traversé. »
Les faits se sont produits dans la nuit de vendredi à samedi dans le quartier Pissevin à Nîmes, dans le Gard. Ils viennent d’être confirmés ce dimanche par la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac, qui annonce « l’ouverture d’une enquête en flagrance du chef de tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique ».
Une radio du gilet pare-balles confirme la présence de l’ogive
Une radiographie du gilet pare-balles « a permis de confirmer la présence d’une munition dans le gilet pare-balles. » La police judiciaire de Montpellier et son antenne de Nîmes sont saisies de l’enquête. « En l’état du dossier, personne n’est interpellée », précise la procureure. Sauvé par sa protection, le policier ne souffre que d’une contusion au niveau du flanc.

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Marseille

Le Monde / dimanche 2 juillet 2023

[…] Le cœur de Marseille vient de vivre deux soirées de violents incidents marqués par la mise à sac de plusieurs centaines de commerces et s’apprête à entrer dans une troisième nuit de pillages. L’atmosphère est pesante. Comme la veille, les transports publics ont été arrêtés à 18 heures, les manifestations sont interdites et les opérateurs de « mobilité douce » fermement priés de faire disparaître vélos électriques et trottinettes, potentielles « armes par destination » pour défoncer des vitrines. Mais cette fois, des dizaines de camions de CRS bloquent les accès des rues commerçantes, ravagées quelques heures plus tôt.
La nuit n’en sera pas moins explosive. Bilan : soixante et onze interpellations et sept policiers blessés, dont un touché à la tête par un tir de mortier d’artifice. La veille, quatre-vingt-quinze personnes avaient été arrêtées et trente et un membres des forces de l’ordre blessés, selon la préfecture de police.

Epargnée par les émeutes des quartiers populaires en 2005, touchée marginalement par des débordements pendant les manifestations des « gilets jaunes » ou plus récemment contre la réforme des retraites, Marseille entretenait sa légende de ville unie en toutes circonstances. Le poids des réseaux de vente de stupéfiants était souvent évoqué pour expliquer le calme relatif des quartiers populaires.
Faire « aussi bien » qu’en Ile-de-France
Autant d’éléments mis à mal par le vent de révolte qui suit l’affaire Nahel M., adolescent tué par le tir d’un policier mardi 27 juin à Nanterre. Les grandes cités du nord de la ville n’ont pas flambé, mais les centres commerciaux du Merlan (14e arrondissement) et de Grand Littoral (15e) ont été visés par des raids d’émeutiers. Un supermarché Aldi a été pillé et incendié aux Flamants (14e). Une concession Volkswagen a été attaquée, elle, dimanche 2 juillet […]

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Cergy : Tentative de s’en prendre à la mairie

La Gazette du Val d’Oise / dimanche 2 juillet 2023

Dans le cadre des émeutes suite au décès de Nahel, vendredi 27 juin 2023 à Nanterre, la mairie de la commune du Val-d’Oise a subi une attaque dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 juillet.
L’attaque repoussée par le RAID et les policiers
Une attaque qui a été repoussés par le RAID, les policiers municipaux et nationaux. […]

[…] Pour rappel, deux mairies ont partiellement été détruites par des incendies volontaires dans le Val-d’Oise depuis les cinq nuits d’émeutes. Celle de Persan, dans la nuit du vendredi 30 juin au samedi 1er juillet et celle de Garges-lès-Gonesse, dans la nuit du mercredi 28 au mercredi 29 juin.

La mairie de Persan (Val d’Oise), samedi 1er juillet, 2023

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Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) : En attendant les JO…

extrait de RMC Sport / vendredi 30 juin 2023

Grosse frayeur à Aubervilliers pour une installation sportive destinée aux Jeux olympiques de Paris 2024. Dans la nuit de jeudi à vendredi, la façade d’une piscine en construction dans le quartier du Fort d’Aubervilliers et qui servira de piscine d’entraînement l’an prochain pour les JO a partiellement été brûlée, victime collatérale des violences dans la ville de Seine-Saint-Denis suite à la mort de Nahel. C’est le centre de bus en face du chantier qui était visé. Les 12 bus stationnés dans le centre ont tous été complètement détruits.
L’incendie s’est propagé sur le chantier voisin de la piscine olympique. Et la moitié de la façade, dont une partie en verre, a été détruite par les flammes. Après une « vraie inquiétude » dans la nuit de jeudi à vendredi, la mairie d’Aubervilliers indique en début d’après-midi ce vendredi que « la structure du bâtiment n’a pas été touchée ». Mais la moitié de la façade doit être remplacée. […]

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Les fascistes pavanent

Libération / dimanche 2 juillet 2023

Alors que la mouvance d’extrême droite radicale se chauffait en ligne depuis le début des violences urbaines consécutives à la mort du jeune Nahel, mardi 27 juin, des descentes de militants racistes ont été signalées dans plusieurs villes françaises ce week-end. D’Angers (Maine-et-Loire), où ils étaient armés de battes de baseball notamment, à Chambéry (Savoie), où ils ont arpenté les rues en criant des slogans racistes, des violences ont éclaté sur leur chemin. […]

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En Suisse aussi

RTS / dimanche é juillet 2023

Plus d’une centaine de jeunes se sont rassemblés samedi soir au centre-ville de Lausanne, en écho aux émeutes en France, et ont provoqué des déprédations à des commerces. Mais les motifs ne semblent pas militants et la Municipalité parle de « pillages ». Sept personnes ont été arrêtées.

Plusieurs vitrines de magasins ont été brisées notamment dans le quartier du Flon et à la rue de Genève, a précisé la police dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche. La porte d’entrée d’une grande enseigne a été brisée.

C’est suite à des appels sur les réseaux sociaux, pour faire écho aux événements de Nanterre, qu’une centaine de jeunes se sont réunis à 20 heures, au centre-ville de Lausanne.

Les forces de l’ordre lausannoises y voient « un mimétisme » avec les événements de Nanterre et les émeutes qui font rage ces dernières nuits dans plusieurs villes de France. Mais à ce stade de l’enquête, il semblerait que les messages diffusés sur les réseaux sociaux n’avaient rien de militant. […]

Une cinquantaine d’agents de la police municipale de Lausanne, de la police cantonale vaudoise et d’autres polices communales ont été déployés. Ils ont dispersé à plusieurs reprises des jeunes encagoulés qui leur jetaient des pavés. Un cocktail Molotov a même été lancé contre des policiers. Aucun agent n’a été blessé.