Vive l'Anarchie - Semaine 27, 2022

Sommaire

Soirée de soutien et d’information sur la situation du prisonnier grec Giannis Michailidis

Publié le 2022-07-06 09:00:04

6 juillet 2022
Par Mille Babords (source)
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Depuis le 23 mai, le militant politique anarchiste G. Michailidis, incarcéré dans la prison de Malandrinos en Grèce est en grève de la faim afin de revendiquer sa liberté. Le compagnon a accompli sa peine de prison : il est libérable depuis la fin du mois de décembre 2021. Pourtant l’Administration Pénitentiaire avec la complicité du Ministère de la Justice refuse sa sortie de prison car « il y a le risque que Michailidis commette des nouvelles infractions… ». Autrement dit, bien que la loi prévoie sa sortie de prison une fois la peine purgée, Michailidis reste un détenu à durée indéterminée : il est enfermé de façon préventive.

Quelques mots pour le gréviste de la faim}

Des luttes étudiantes de 2006-2007 à celles contre les mesures d’austérité (2010 2012), passant par la révolte de décembre 2008, Michailidis a été présent corps et âme en affirmant son engagement anarchiste. Il est arrêté la première fois en 2007 lors d’une manifestation défendant le parc naturel de la MontParnasse contre l’existence d’un casino. Il est aussi arrêté en 2011 car accusé d’avoir tiré une flèche contre le parlement lors d’une manifestation. En 2013, après un braquage de banque avec ses 3 compagnons, ils sont arrêtés, torturés et finalement emprisonnés. En, 2018 l’Administration pénitentiaire a mis un terme aux études universitaires entamées depuis quelques années depuis son lieu d’enfermement, ce qui le pousse à une évasion. Quelque temps plus tard Michailidis est de nouveau arrêté et enfermé.

L’enfermement n’a pas stoppé la détermination du militant politique qui participe activement aux luttes contre les prisons et pour les droits des détenus. Michailidis est ciblé par le pouvoir car même aux moments les plus durs il n’a jamais trahi ses idées et ses valeurs. Par sa grève de la faim il tente de mettre un terme au traitement injuste que lui réserve la Justice Bourgeoise.

Le contexte

En Grèce, dans un contexte de grogne sociale causée par la gestion catastrophique de la pandémie, de l’augmentation des prix, du chômage et des conditions de travail déplorables pour une bonne partie des salarié-e-s l’affaire de Michailidis peut devenir dangereuse pour le gouvernement. Le mouvement de solidarité aux prisonniers politiques anarchistes et communistes reste très actif ; par le passé il s’est parfois dépassé en se confrontant frontalement à l’État et en renforçant d’autres luttes déjà existantes (grève de la faim de D. Koufontinas, N. Maziotis, N. Romanos)… Dans cette lutte, le camarade n’est pas seul ; outre le soutien qu’il a reçu de la part des autres prisonniers politiques en dehors de la prison la solidarité se développe depuis quelques semaines et s’exprime par des actions quotidiennes : rassemblements, manifestations, attaques contre des locaux du parti au pouvoir et des banques, occupations ponctuelles des médias et des édifices d’État, bombes incendiaires…

Au moment où ces lignes sont écrites, c’est le 38ème jour de grève de la faim de Michailidis qui a déjà perdu plus de 20% de son poids initial …

Nous apportons tous notre soutien à Michailidis et ses camarades, de même qu’à tous les prisonniers en grève de leur conditions de détention, ici ou ailleurs. Rappelons que la solidarité avec les enfermés paye : en France le 4 avril dernier, Libre Flot, en grève de la faim depuis 37 jours pour protester contre son enfermement à l’isolement pendant plus de 16 mois est libéré sous bracelet électronique. C’est l’ensemble des actions, grève de la faim du prisonnier et actions de solidarités à l’extérieur de la prison, qui ont permis cette libération. L’action collective à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons peut faire donc pencher la balance. C’est pourquoi, nous proposons une soirée de soutien et d’information sur la situation de Michailidis, mardi 12 Juillet à 20h au Barricade.


Sa déclaration en plusieurs langues :

https://athens.indymedia.org/post/1618861/

Article supplémentaire :

https://secoursrouge.org/grece-refus-de-liberation-pour-giannis-michailidis-en-greve-de-la-faim/

Textes du comité de soutien à Libre Flot et aux inculpé.es du 8 décembre : https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/




Source: Millebabords.org

Cet article a 3 ans. Le contenu et les informations peuvent être obsolètes. Dans le cadre de notre mission d'archivage, nous ne supprimons jamais les anciens articles pour documenter l'histoire du mouvement anarchiste au fil du temps.

Le diable se cache parfois dans les détails

Publié le 2022-07-06 20:27:24

En cette saison caniculaire de sécheresse, il n’est pas rare que des incendies se déclarent ici ou là dans des environnements dits naturels. C’est ainsi qu’aux environs de Jazeneuil (Vienne), deux petits champs de blé ont pris feu, donnant lieu à un entrefilet dans un torchon local. Bon, pour commencer, non seulement cela s’est produit en pleine nuit, celle de samedi au dimanche 3 juillet, mais aussi sur deux surfaces agricoles éloignées de plusieurs kilomètres, route de Sanxay et route de Rouillé. Ce qui n’a pas manqué d’éveiller notre curiosité. Peut-être quelqu’un.e de véner contre le proprio-paysan du coin, s’est-on alors dit, par exemple parce qu’il déverse des pesticides dans la rivière ou juste parce qu’il le vaut bien, allez savoir ?

Sauf que Jazeneuil n’est pas n’importe quel petit village, pour qui a un peu de mémoire, puisque c’est là qu’une chaleureuse contestation s’oppose depuis un an à un nouveau projet d’éoliennes industrielles mené par l’entreprise RES. En juin 2021, des pneus avaient ainsi été incendiés au pied d’un mat de mesure, puis en septembre ce sont des tags contre ce projet qui avaient fleuri sur la façade de la mairie et une dizaine de maisons, avant que parte en flammes un radar de mesure (Lidar) début décembre, en retardant le futur chantier éolien de plusieurs mois.

Là, on se dit alors que les petits champs de blé incendiés la nuit du 3 juillet étaient peut-être encore moins anodins que cela, abritant peut-être les intérêts de quelque agriculteur vendu à l’industrie éolienne, puisque même les flèches de la gendarmerie ont aussitôt qualifié ces deux incendies de « plutôt suspects ». Une intuition qui a finalement pris une dimension supplémentaire, lorsque les associations citoyennistes opposées à l’extension des aérogénérateurs dans la région, Vent de colère et la Fédération environnement durable, ont produit quelques jours plus tard leur petit communiqué de distanciation en bonne et due forme, permettant à la presse locale de titrer avec gourmandise : « Jazeneuil, deux associations dénoncent les dégradations incendiaires anti-éoliennes » (La Nouvelle République, 6 juillet).

Le diable se cachant parfois dans les détails (ou les épis de blé), c’est donc comme cela qu’on a incidemment appris que sur l’un des champs cramé se trouvait déjà une éolienne en fonction, tandis que le second abritait « depuis peu » un anémomètre (mât de mesure du vent), placé là en prévision de l’implantation de plusieurs autres. Que ce soient ces structures nuisibles qui aient en premier été visées avant que les flammes ne s’étendent à la manne de son hébergeur, ou que ce soient à l’inverse celles des champs qui aient fini par les endommager, on souhaite en tout cas bon vent aux inconnus qui continuent de se promener sous les étoiles estivales de Jazeneuil…

[Synthèse des entrefilets de la presse locale, 4 & 6 juillet 2022]

Arco (Italie) : trois antennes-relais attaquées la même nuit

Publié le 2022-07-06 20:27:31

La nuit du 24 juin dans la ville d’Arco (région duTrentin), située non loin du fameux lac de Garde, ce sont pas moins de trois grandes antennes-relais qui sont parties en fumée en même temps.

Les pompiers ont travaillé de 3h à 8h du matin avant de réussir à dompter les flammes, qui ont eu tout le temps nécessaire pour ravager entièrement les structures de télécommunication. Et pour ne pas leur simplifier la tâche, ces antennes se trouvaient à trois endroits différents de la ville : l’une rue Gobbi, l’autre ruelle Rovereto, et la dernière rue Cavallo dans le quartier de San Giorgio. L’une était de l’opérateur WindTre et les deux autres conjointement de WindTre et Iliad, toutes équipées en 5G.

Dans le langage qui leur est propre, les flics ont affirmé que « le fait que soient survenus trois phénomènes du même type fait penser à une action volontaire », tandis que les opérateurs déplorent de lourdes répercussions dans toute la zone, avec de très nombreux utilisateurs privés de réseau téléphonique.

[Synthèse de la presse italienne du 24 juin 2022]

Toulouse (Haute-Garonne) : incendie solidaire d’une caméra

Publié le 2022-07-06 20:27:33

Goguette solidaire par Lucienne Ducrime

En pensant au compagnon emprisonné à Villepinte accusé d’incendies de voitures diplomatiques et à toustes celleux qui continuent à conspirer et à attaquer. Cependant, la solidarité ne devrait pas nous faire adorer des figures parfaites et sacrées, restons critiques des erreurs des compagnon.ne.s tout en ne restant pas indifférentes face à la répression.

On sait bien pourquoi a cramé
Pour la Saint-Jean, à Bonnefoy
Une cam fraîchement installée
Rue Michel-Ange, elle a grillé.

Comment ne pas perdre la tête,
Scrutées par les yeux policiers ?
Car l’on pense toujours au compagnon
À Villepinte enfermé.

Charleroi (Belgique) : coup de chaud pour le gestionnaire des compteurs électriques

Publié le 2022-07-06 20:27:36

Un individu incendie une camionnette Ores durant la nuit
DH, 5 juillet 2022 (extrait)

Vengeance personnelle? Client mécontent? Un individu a en tout cas bouté le feu, vers 4 heures du matin dans la nuit de lundi à mardi, à une camionnette Ores [Opérateur wallon des réseaux gaz et électricité] qui contenait du matériel d’intervention. Elle était parquée devant une habitation à la rue des Cloutiers, à Roux (Charleroi).

Les pompiers du poste avancé de Jumet ont été envoyés sur place pour éteindre l’incendie. Il a fallu une demi-heure aux secours pour venir à bout des flammes. La police locale de Charleroi a ouvert une enquête pour identifier le coupable.

Martinique : les monuments aux morts continuent de morfler

Publié le 2022-07-08 11:00:05

En Martinique, dix monuments aux morts vandalisés
depuis le début de l’année

Les plaques de marbre de deux monuments aux morts, situés sur les communes de Sainte-Marie et du Lorrain, ont été brisées et jetées au sol dans la nuit de vendredi à samedi. Selon la gendarmerie, il s’agit du même mode opératoire observé sur les précédents actes de vandalisme, dans au moins huit autres communes de l’île.

« Il y a une sérialité », a confirmé à l’AFP le général William Vaquette, commandant de la gendarmerie de Martinique, qui indique avoir monté une cellule d’enquête pour résoudre cette affaire. Afin de recueillir des indices et des témoignages, des réservistes de la gendarmerie sont mobilisés pour faire du porte-à-porte.

Selon la gendarmerie, les maires des 34 communes de Martinique ont été sensibilisés, et certains auraient pris des dispositions pour surveiller les monuments aux morts.

Rovereto (Italie) : vitres brisées en solidarité

Publié le 2022-07-08 11:00:09

Plusieurs banques et commerces ont été pris pour cible la nuit du 4 juillet dans le centre-ville de Rovereto (région du Trentin).

Il s’agit des vitres des banques Crédit Agricole et Intesa San Paolo, ainsi que des boutiques Benetton et Inbitcoin, toutes frappées à de nombreuses reprises. Sur la première, un tag précisait « Liberté pour Juan, Alfredo et Anna« , trois anarchistes incarcérés avec de lourdes peines ou actuellement en procès (Juan).

[Synthèse de la presse italienne du 4 juillet 2022]

Worcester (Etats-Unis) : nouvelle déco pour deux centres anti-avortement

Publié le 2022-07-08 11:00:12

Deux fausses cliniques de Worcester, Massachusetts (Problem Pregnancy et Clearway Clinic) ont été attaquées. Les connards qui mentent aux personnes enceintes vulnérables au sujet de l’avortement pour les embrouiller et les convaincre de ne pas se faire avorter ont découvert ce matin que leurs bâtiments avaient été redécorés à coups de peinture et de verre brisé.

Comme d’autres l’ont dit, il est amusant et facile d’attaquer. Comme de plus en plus de personnes découvrent la joie d’attaquer l’infrastructure du patriarcat, les attaques vont sûrement se poursuivre avec une fréquence croissante. A tous ceux qui lisent ces lignes en pensant que cela semble être le bon moment, considérez ceci comme une invitation à rejoindre la fête. A tous les pourvoyeurs de patriarcat qui pourraient lire ceci, allez vous faire foutre, ou vous pourriez être le prochain.

Joyeusement vôtre,
Jane

[Traduit de l’anglais de Abolition Media, 8 juillet 2022]

Auxerre (Yonne) : la Mission locale perd ses moyens

Publié le 2022-07-09 19:00:04

Le personnel de la Mission locale d’Auxerre désemparé
après l’incendie de leurs cinq voitures en quatre mois
L’Yonne Républicaine, 7 juillet 2022 (extrait)

Pour eux, c’est une impression de déjà-vu. À leur arrivée au travail, ce jeudi 7 juillet 2022, les salariés ont constaté une triste scène : trois carcasses de voiture entièrement consumées sur le parking privé de la Mission locale d’Auxerre, au niveau de l’avenue Rodin. La façade a aussi été impactée : des fenêtres se sont fissurées sous l’effet de la chaleur, un néon et la boîte aux lettres ont commencé à fondre par endroits. Il s’agissait des trois dernières voitures de fonction, après l’incendie de deux d’entre elles en mars et deux autres il y a quatre ans.

« On est vraiment inquiets, soupire Olivier Hemard, le directeur de la Mission locale ainsi que de la Maison de l’emploi d’Auxerre. En quatre mois, on a perdu sept voitures. Là, notre parc automobile est complètement détruit et il paraît clair que nous sommes ciblés délibérément. Quelle sera la prochaine étape ? Nous, le personnel ou les bâtiments, puisqu’il a été impacté aussi, cette fois ? »

Face à ces nouvelles dégradations, une plainte va être déposée, mais les interrogations sont multiples. La structure exerce une mission de service public auprès des jeunes, jusqu’à 25 ans, en faveur de leur insertion sociale et professionnelle. « C’est vraiment incompréhensible, poursuit le directeur. On est là pour aider les jeunes, parfois avec des parcours difficiles. C’est injuste. Est-ce qu’on a fait quelque chose de mal ? On se pose beaucoup de question là…»

Désormais, c’est l’intégralité du parc automobile de la Mission locale qui est parti en fumée depuis le mois de mars. Le personnel de la Mission locale a exercé son droit de retrait, mais assure les urgences, avant de reprendre pleinement le travail vendredi 8 juillet. « On le fait pour marquer le coup, indique le responsable. Il faut alerter les pouvoir publics. Et puis, il y a un ras-le-bol généralisé. Moralement, ça fait mal. Financièrement, on va voir avec les expertises et les assurances. Mais ce n’est pas la première fois, donc on va devoir probablement payer davantage. Est-ce que les assurances vont continuer de nous assurer ? Il y a plein de questions désormais. »

L’Haÿ-Les-Roses (94) : incendie solidaire d’un utilitaire de Vinci

Publié le 2022-07-10 22:00:05

Incendie d’un utilitaire Vinci en solidarité avec Yvan (94)
Indymedia lille, 10 juillet 2022

Dans la nuit du 7 au 8 juillet, rue Paul Hochart à l’Haÿ-Les-Roses (94), nous avons mis le feu à un utilitaire Vinci. Vinci est une entreprise de merde pour pleins de raisons mais notamment pour le fait qu’elle construit des prisons. Par solidarité avec Yvan, compagnon anarchiste incarcéré à la prison de Villepinte soupçonné d’avoir incendié différents types de voitures, nous avons attaqué un véhicule de cette entreprise en l’incendiant.

Quand bien même cette action ne renversera pas l’ordre des choses, elle mettra au moins des bâtons dans les roues dans une structure concrète de la domination. Les cibles sont partout, attaquons-les !

Des pensées à tous.tes les prionnier.ère.s
anarchistes incarcéré.e.s

Feu à toutes les dominations !
Crève la taule et vive l’attaque !

Sri Lanka :à l’assaut des palais du pouvoir

Publié le 2022-07-10 22:00:05
Samedi 9 juillet. La résidence familiale privée du Premier ministre du Sri Lanka, Ranil Wickremesinghe, envahie puis incendiée par des manifestants

Sri Lanka : Les manifestants qui occupent le palais entendent rester jusqu’au départ du président
AFP/RTS, 10 juillet 2022 (extraits)

Les manifestants qui ont chassé le président du Sri Lanka de son palais
ont bien l’intention de continuer à occuper le bâtiment jusqu’à ce qu’il démissionne la semaine prochaine, comme il l’a promis. Ils étaient des centaines de milliers samedi rassemblés dans le quartier des résidences officielles pour montrer leur colère face à la crise économique sans précédent que connaît le pays et dont ils jugent le président Gotabaya Rajapaksa en partie responsable.

Et parmi eux plusieurs centaines ont réussi à pénétrer dans le palais présidentiel, escaladant les grilles tandis que les gardes s’efforçaient de les retenir juste assez longtemps pour pouvoir emmener le président. « Notre lutte n’est pas finie », expliquait dimanche Lahiru Weerasekara, un des étudiants à la tête du mouvement. « Nous n’abandonnerons pas tant qu’il ne sera pas vraiment parti », a-t-il déclaré aux journalistes. M. Rajapaksa, 73 ans, s’est enfui samedi par une porte à l’arrière du palais, sous protection militaire. Quelques minutes plus tard, des foules de manifestants ont franchi les grilles, bravant les forces de l’ordre munies de balles réelles, gaz lacrymogènes et canons à eau. Le président, réfugié à bord d’un navire militaire et en route pour une base militaire du nord-est de l’île, a en effet annoncé, à l’issue d’une journée marquée par d’autres coups de force des manifestants, qu’il était prêt à démissionner… mercredi prochain.


Les événements de samedi sont le point culminant des manifestations incessantes et parfois violentes de ces derniers mois face aux pénuries d’alimentation, de médicaments et d’énergie que connaît le pays, et dont les habitants rendent en grande partie responsables l’incompétence et la corruption du clan Rajapaksa, des frères qui se partageaient le pouvoir depuis plus de quinze ans. Dans ce pays autrefois à revenu intermédiaire, les trois quarts de la population en sont maintenant à réduire leur alimentation, selon les Nations unies qui ont prévenu dimanche d’un risque de grave crise humanitaire.

Samedi, les forces de l’ordre ont tenté de disperser l’immense foule rassemblée dans le quartier administratif de la capitale. Selon les autorités, quelque 20’000 soldats et policiers avaient été dépêchés à Colombo pour protéger le président. Au moins 39 personnes, dont deux policiers, ont été blessées et hospitalisées lors des manifestations, ont indiqué à Reuters des sources hospitalières.
Vendredi, les forces de l’ordre avaient imposé un couvre-feu pour tenter de décourager les protestataires de descendre dans la rue. Mais cette mesure a été levée après des menaces de poursuites contre le chef de la police formulées par des partis d’opposition, des militants des droits humains et le barreau du pays [et surtout le couvre-feu commençait a n’être pas respecté en masse].
En mai, neuf personnes avaient été tuées. Plusieurs centaines avaient été blessées lors de troubles dans le pays.

6 juillet. Bus incendiés de supporters du parti du Président, venus affronter les manifestants pour tenter de défendre la résidence du Premier Ministre.

Pique-niques et fauteuil présidentiel

Mais dimanche, pour les manifestants, l’humeur était à la joie. Joie de la victoire, puisque le président a promis qu’il quitterait son poste. Mais aussi joie plus immédiate de profiter du luxe habituellement réservé aux dirigeants de l’Etat. Car ils occupent non seulement le palais présidentiel mais aussi celui du Premier ministre, et les bureaux de ces deux dirigeants. Et dimanche matin on pouvait voir la foule déambuler tranquillement dans tous ces bâtiments, profitant des fauteuils moelleux ou faisant la queue pour s’asseoir, à tour de rôle, dans le fauteuil présidentiel, admirant les œuvres d’art, essayant le piano à queue ou s’émerveillant de l’air conditionné.

A l’extérieur, certains avaient dès samedi profité de la piscine, et dimanche dans le parc de cette ancienne résidence du gouverneur de Ceylan à l’époque de la colonisation britannique, comme dans celui de la résidence du Premier ministre, des familles pique-niquaient un peu partout, et des cuisines provisoires avaient même surgi çà et là.

Cantine populaire dans les jardins de la résidence du Premier ministre

La situation politique, elle, restait dimanche incertaine. Le pays, qui a fait défaut sur le paiement sur sa dette en avril, est actuellement en négociation avec le FMI, qui a dit dimanche espérer « un règlement rapide » de la situation pour permettre « la reprise de notre dialogue ».


Sri Lanka : président en fuite, maison du Premier ministre incendié… ce qu’il faut savoir pour comprendre la grave crise que connaît le pays
La Dépêche, 11 juillet 2022

Le Président qui fuit son palais, la maison du Premier ministre incendiée… Que se passe-t-il au Sri Lanka ? La Dépêche revient en cinq points sur les manifestations populaires qui durent depuis des mois, poussant le président à la démission.

Une crise économique depuis plusieurs mois

Pénuries généralisées, inflation, dette colossale… Les Sri Lankais accusent le président Gotabaya Rajapaksa et son entourage d’être responsable de la pire crise économique que connaît le pays depuis son indépendance en 1948.

D’après Franceinfo, de nombreuses pénuries se sont généralisées. Manque de carburant, des pannes d’électricité quotidiennes, chute du tourisme due à la crise sanitaire mondiale… Selon la Banque centrale, les prix à la consommation ont augmenté de 54,6% sur un an en juin. L’île de 22 millions d’habitants se retrouve dans l’incapacité de payer sa dette extérieure de 51 milliards de dollars depuis avril, et négocie actuellement un plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international (FMI). Face à ces difficultés, 86% des familles mangent moins ou sautent des repas entiers, selon le Programme alimentaire mondial.

Déjà en mai 2022, Olivier Guillard, chercheur et spécialiste de l’Asie à l’Université du Québec à Montréal, alertait sur la situation dans un entretien sur Franceinfo: « Les Sri-Lankais n’ont plus ni accès aux médicaments ni accès aux produits de base, ni ne peuvent se payer de l’électricité ou de l’essence, qui a totalement disparu depuis plusieurs semaines. »

La dynastie Rajapaksa et les pleins pouvoirs

La puissante famille Rajapaksa domine la vie politique sri lankaise depuis des décennies. C’est en novembre 2019 qu’elle revient à la présidence avec Gotabaya Rajapaksa, fils d’un ancien ministre dans les années 60.

Au moment de son élection en 2019, Gotabaya Rajapaksa fait nommer son frère, Mahinda Rajapaksa Premier ministre, ainsi que ministre des Finances, de l’Urbanisme et des Affaires bouddhistes, d’après France 24.

Mahinda Rajapaksa, avait lui-même été président entre 2005 et 2015. D’après Le Monde, sous sa mandature, le Sri Lanka avait déjà contracté d’importants emprunts auprès de la Chine pour des investissements contestés, contribuant à l’endettement du pays.

La dynastie Rajapaksa occupe tous les postes-clés du pouvoir. En 2019, le frère aîné du président, Chamal Rajapaksa, est nommé ministre de l’Irrigation, de la Sécurité, de l’Intérieur et de la Gestion des catastrophes. Son fils Sashindra reçoit un poste de secrétaire d’État à l’Agriculture. Quant au fils du Premier ministre, il hérite du portefeuille de la Jeunesse et des Sports. Cette concentration des pouvoirs, ainsi que la mauvaise gestion politique, fait rugir l’opposition et l’opinion publique.

Émeutes sanglantes en mai 2022

Cela faisait déjà plusieurs mois que la grogne populaire couvait. Outre la mauvaise gestion de la crise du Covid, le pays a été touché par une vague de huit attentats terroristes simultanés en avril 2019, causant la mort de 258 personnes. C’est dans ce contexte de ras-le-bol et d’usure populaire que, le 9 avril dernier, des dizaines de milliers de personnes manifestent pacifiquement dans le pays, réclamant la démission du président.

Mais ce dernier ne démissionne, et c’est finalement son frère, le Premier ministre Mahinda Rajapaksa, qui cède sa place le 9 mai. Des violents affrontements éclatent alors entre ses partisans et des manifestants antigouvernementaux. Le bilan est de 5 morts et de 139 blessés.

Démission du président mercredi 13 juillet

À la suite de la démission du frère du président, un proche du clan Rajapaksa, Ranil Wickremesingh, est nommé Premier ministre le 12 mai. Ayant déjà occupé ce poste à cinq reprises depuis 1993, le nouveau chef de gouvernement est d’ores et déjà contesté par le peuple sri lankais, notamment car il occupait le poste de Premier ministre au moment des attentats de 2019.

La précarité économique et sociale empirant, c’est finalement ce samedi 9 juillet qu’une manifestation décisive éclate. D’après Reuters, plusieurs centaines de manifestants ont envahi le palais présidentiel situé à Colombo, la capitale économique du Sri Lanka, ainsi que l’enceinte du ministère des Finances et les bureaux présidentiels. Le président du Sri Lanka, Gotabaya Rajapaksa, a fui son palais quelques minutes avant qu’il ne soit pris d’assaut.

Certains manifestants ont diffusé en direct sur les réseaux sociaux des vidéos montrant une foule déambulant à l’intérieur du palais, certains piquants même une tête dans la piscine présidentielle ou s’allongeant d’un air amusé dans les chambres à coucher de la résidence.

La résidence privée du Premier ministre a elle aussi été envahie en son absence, et des manifestants « y ont mis le feu » selon les services du chef du gouvernement.

La fin d’une dynastie ?

« Pour assurer une transition pacifique, le président a dit qu’il allait démissionner le 13 juillet », a déclaré Mahinda Abeywardana à la télévision. Le Premier ministre a également remis sa démission, mais quid de la succession ?

D’après Le Monde, les manifestants restent sur leur garde, tant que la démission des deux hommes politiques n’a pas été actée. Les manifestations dans la capitale pourraient durer tant qu’un nouveau gouvernement n’est pas mis en place.

En cas de démission des deux principales figures politiques du pays, c’est le président du Parlement qui doit exercer la présidence par intérim pendant 30 jours. Durant cette période, les députés devront désigner un nouveau président au sein de l’Assemblée pour assurer la fin du mandat de Gotabaya Rajapaksa, jusqu’en 2024.

[Affiche] : « Il n’y a pas d’incendiaire isolé.e »

Publié le 2022-07-10 22:00:07

Il n’y a pas d’incendiaire isolé.e
Lille Indymedia,  9 juillet 2022

Cliquer sur l’image pour ouvrir le PDF (A3 n&b)

Un compagnon anarchiste, Ivan, a été arrêté en région parisienne le 11 juin 2022. Il est soupçonné de plusieurs incendies de voitures : plaques diplomatiques, voitures de riches, Enedis, entre autres.
Nous reconnaissons l’incendie et le sabotage de voitures, d’antennes-relais, de pylônes électriques et d’enseignes comme une stratégie de la lutte anarchiste internationale.

L’omniprésence de nos ennemis fait leurs failles. Certaines cibles nous paraissent inatteignables, et pourtant, toutes leurs tentacules sont autant de talons d’Achille. Si le siège de telle entreprise est difficilement accessible, nous pouvons cramer une de ses nombreuses voitures, ses filiales et son alimentation électrique. Nous nous réjouissons de sectionner ces tentacules, seul.es ou en groupe, avec ou sans revendication, avec les moyens du bord ou des techniques plus perfectionnées. Ainsi, nous attaquons certaines structures de la domination.

Ces attaques ont lieu partout, tout le temps, parce qu’elles sont reproductibles et que les cibles sont à chaque coin de rue.

Nous attaquons parce que nous n’acceptons pas l’horreur de ce monde, parce que c’est un moyen de manifester notre solidarité, parce que nous voulons mettre un grain de sable dans l’engrenage du pouvoir. Pour toutes ces raisons, ces attaques nous donnent de la joie.

Solidarité avec les prisonnier.es anarchistes !
Liberté pour tou.te.s !
À l’attaque !

Des anarchistes
(juillet 2022)