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Pandaemonium Nahel COVER print June 24


Appel de l’ag antifa
⚡Contre la peste brune et contre le chantage électoral faisons mouvement !
Après une action réussite vendredi dernier retrouvons-nous pour une nouvelle assemblée générale ! Quelque soit le résultat du premier tour des législatives anticipées, continuons de nous mobiliser et continuons de bâtir une force autonome face au fascisme. Ce que nous n’obtiendrons jamais par les urnes prenons-le par la rue. Organisons-nous !
⚡Rdv mardi 2 juillet - 18h30 - Bourse du travail de paris - salle Ambroise Croizat
La Dépêche du Midi / mardi 2 juillet 2024
À Argein, dans le Couserans, un tag anarchiste a été trouvé sur le mur de l’école : « Élections annulées », pouvons-nous lire avec un A entouré, symbole anarchiste. Les serrures de la salle accueillant le bureau de vote ont été collées. Finalement, elles ont pu être débloquées et le bureau de vote a ouvert avec 15 minutes de retard.
À Audressein, commune voisine, des tags à la peinture rouge ont été retrouvés sur le mur extérieur de l’école. Ici aussi, les serrures de la porte de la mairie et de la salle communale qui servent de bureau de vote ont été collées. Le Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie nationale (Psig) a dû intervenir sur place. Il a brisé une fenêtre pour permettre l’ouverture du bureau de vote.
Toujours dans le même secteur du Couserans, à Orgibet, des tags anarchistes à l’encre rouge sur la façade de la mairie ont été découverts. La serrure de l’établissement a, là encore, été endommagée mais le bureau de vote a pu être ouvert dans une salle annexe de la mairie.
Pour ces trois communes, une enquête a été ouverte.
Sur la commune de Villeneuve-du-Latou, au sud de Lézat-sur-Lèze, des inscriptions ont également été trouvées sur le sol, face au bureau de vote. « L’immigration, c’est l’histoire de l’humanité. Le capitalisme et le nationalisme, c’est sa fin. Bonne chance », a-t-il été inscrit à l’aide d’une craie grasse. Pas d’enquête lancée.
À Gaudies, le propriétaire d’un hangar agricole a trouvé des tags à proximité de son poulailler : « Élève pour tuer », « ACAB » et « RN = Nazies ».
Enfin, à Bordes-sur-Arize, à la craie blanche et bleue, des inscriptions ont été trouvées sur le rond-point de la RD 628 : « Hitler aussi a été élu » et « RN facho as-tu perdu la mémoire ? »
Laà-Mondrans : des rangées de maïs vandalisées sur une parcelle liée au projet de carrière calcaire
La République des Pyrénées, 1er juillet 2024 (extrait)
Sur les hauteurs de Laà-Mondrans, au bord du chemin de Touret, plusieurs rangées de maïs sont couchées à l’horizontale. De quoi provoquer la stupeur de Mathieu Petrau, le propriétaire d’une cinquantaine d’hectares sur la zone.
Selon l’agriculteur, ces dégradations sont liées au projet de carrière calcaire et la contestation qu’il suscite parmi les habitants des communes impactées. Le quarantenaire, originaire de Lanneplaà, a déposé une main courante auprès de la gendarmerie d’Orthez, en guise d’avertissement « pour que ces agissements s’arrêtent là ». « Le préjudice est dérisoire, j’ai retrouvé un peu plus de 200 pieds écrasés et cassés. Déjà que nous sommes sur une année compliquée avec la météo, il ne faudrait pas que ces dégradations continuent », gronde le Lanneplanais.

Depuis quatre mois, l’entreprise Cemex, une multinationale spécialisée dans la production de matériaux de construction, effectue des forages pour examiner la présence de calcaire en profondeur. Une partie des parcelles de Mathieu Petrau est concernée. L’agriculteur accorde le droit à la Cemex de prospecter sur ses terres. « Je comprends que les personnes qui vivent à côté ne veulent pas de carrière mais il ne vaut pas qu’elles s’en prennent aux cultures », pointe le céréalier béarnais. « Il ne faut pas que ces gens s’en prennent au matériel. Il faut que cela s’arrête là. »
Suite à une réunion publique qui a rassemblé un large public anti-carrière, le 3 juin dernier, une association a vu le jour « Pas de carrière à Laà-Mondrans ». La présidente Karine Gunzburger vit juste à côté des terres de Mathieu Petrau, qui l’a interpellé pour demander des explications. La Laà-Mondrannaise s’est défendue et a écarté toute responsabilité des membres de l’association. « Nous respectons vraiment le travail des agriculteurs. Nous avons posté sur notre site internet que ce type d’action desservirait très clairement notre association », abonde la militante, qui considère ces actes comme « ridicules ». « Le combat n’est pas là, jamais nous ne cautionnerons ce type d’agissements. Nous ne voulons pas de carrière à Laà-Mondrans mais ce ne sont pas les propriétaires terriens qui sont responsables. Les gens font ce qu’ils veulent de leurs terres. »
Pendant ce temps-là, les engins de forage paraissent au grand jour, plantés dans l’une des parcelles de Mathieu Petrau, qui n’est logiquement pas contre un tel projet. « Ils ont trouvé du calcaire mais ils n’ont pas encore déterminé sa qualité. Il n’y a rien de fait, rien de signé. » La Cemex doit rendre les conclusions de ses études à la fin de l’été. « La décision du Conseil Municipal sur l’éventualité de l’implantation d’une carrière de calcaire sur la commune de Laà-Mondrans se fera à la fin de ce temps de réflexion dans le troisième trimestre de l’année », détaille la municipalité sur son site internet. En attendant, les pieds de mais de Mathieu Petrau aimeraient pousser en paix.
Élections législatives en Ariège : colle dans les serrures, tags anarchistes… plusieurs incidents recensés à proximité des bureaux de vote
La Dépêche, 30 juin 2024
Plusieurs incidents ont été recensés, ce dimanche 30 juin, par les forces de l’ordre, en Ariège, en marge de ce premier tour des élections législatives anticipées.
À Argein, dans le Couserans, un tag anarchiste a été trouvé sur le mur de l’école : « Élections annulées », pouvons-nous lire avec un A entouré, symbole anarchiste. Les serrures de la salle accueillant le bureau de vote ont été collées. Finalement, elles ont pu être débloquées et le bureau de vote a ouvert avec 15 minutes de retard.
À Audressein, commune voisine, des tags à la peinture rouge ont été retrouvés sur le mur extérieur de l’école. Ici aussi, les serrures de la porte de la mairie et de la salle communale qui servent de bureau de vote ont été collées. Le Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie nationale (Psig) a dû intervenir sur place. Il a brisé une fenêtre pour permettre l’ouverture du bureau de vote.
Toujours dans le même secteur du Couserans, à Orgibet, des tags anarchistes à l’encre rouge sur la façade de la mairie ont été découverts. La serrure de l’établissement a, là encore, été endommagée mais le bureau de vote a pu être ouvert dans une salle annexe de la mairie.
Pour ces trois communes, une enquête a été ouverte.
Sur la commune de Villeneuve-du-Latou, au sud de Lézat-sur-Lèze, des inscriptions ont également été trouvées sur le sol, face au bureau de vote. « L’immigration, c’est l’histoire de l’humanité. Le capitalisme et le nationalisme, c’est sa fin. Bonne chance », a-t-il été inscrit à l’aide d’une craie grasse. Pas d’enquête lancée.
À Gaudies, le propriétaire d’un hangar agricole a trouvé des tags à proximité de son poulailler : « Élève pour tuer », « ACAB » et « RN = Nazies ». Enfin, à Bordes-sur-Arize, à la craie blanche et bleue, des inscriptions ont été trouvées sur le rond-point de la RD 628 : « Hitler aussi a été élu » et « RN facho as-tu perdu la mémoire ? »
Court retour sur l’action de vendredi dernier de l’AG antifa paname
Vendredi 28 juin, suite à un appel public lancé par l’AG Antifa Paname, nous avons été nombreux.ses à nous réunir pour une action autonome pour lutter par nous même, hors des partis et de leurs chantages électoraux, contre l’extrême droite et la diffusion de ses discours.
L’AG avait décidé de porter l’offensive sur la librairie Vincent dans le 7e arrondissement. La librairie est la façade du bulletin Faits & Documents, qui diffuse des thèses identitaires, racistes, complotistes, homophobes et transphobes, et est notamment connue pour sa diffusion de livres antisémites et négationnistes. Elle a également des liens étroits avec Égalité & Réconciliation, créée par l’antisémite Alain Soral, qui s’y réunit régulièrement.
Cette librairie a donc vu sa face redécorée et ses vitrines brisées au terme de la manif, ce qui témoigne de la volonté de lutter contre chaque lieu de diffusion des idées racistes et réactionnaires. La police était présente mais n’a pu empêcher le déroulé de l’action et n’a pu interpeller personne sur le moment, ni depuis, à notre connaissance. Il est possible que la répression se produise ultérieurement, dans ce cas ci, partageons nous les informations et ne laissons personne seul face à la répression !
Par cette action, préparée et appelée publiquement, l’AG Antifa montre qu’il est possible d’agir concrètement par nous mêmes contre l’extrême droite sans avoir à s’en remettre à des spécialistes.
Ce n’est que le début. Continuons cette dynamique, intensifions l’offensive.
Retrouvons-nous mardi soir à 18h30 à la bourse du travail, salle Ambroise Croizat pour une nouvelle AG Antifa !



extrait de la Dépêche du Midi / mardi 25 juin 2024
[…], c’est le maire d’une petite commune tarnaise qui est visé par des tags tendancieux. À Massaguel, au pied de la Montagne noire, Pascal Orbillot est désabusé après l’amère découverte de ce matin.
Il raconte : »A huit heures ce matin, en arrivant à la mairie, j’ai constaté que les panneaux électoraux et le bâtiment des anciennes douches avaient été tagués. « Orbillot facho« , croix gammée : j’ai eu droit à la totale. Les photos des candidats du centre, et de l’extrême droite se sont vues ajouter une petite moustache typique du 3e Reich… »
Le maire se dit « très inquiet sur l’issue de ces élections » : « Les digues rompent, l’inquiétude et la colère se mélangent. Quelle sera la suite ? », s’inquiète celui qui a affiché publiquement son soutien au député sortant Renaissance, Jean Terlier, candidat à sa réélection aux Législatives sur la 3e circonscription du Tarn. « Est-ce mon soutien qui génère une telle haine ? […]
extrait du Télégramme / mardi 2 juillet 2024
Mickaël Cosson l’a découvert ce mardi 2 juillet, en arrivant à sa permanence parlementaire dans la matinée. Un tag écrit à la peinture violette sur le mur de l’immeuble qui héberge le local du député sortant et candidat Modem aux législatives.
« Cosson dégage » signé du « A » d’anarchiste. […]
actuLyon / lundi 1er juillet 2024
La nouvelle vague Rassemblement national arrivé en tête en France pour ce premier tour des élections législatives et en très grande dynamique dans le Rhône provoque de fortes tensions ce dimanche soir à Lyon. Un rassemblement place des Terreaux (1er arrondissement), à l’appel de l’ultra gauche, a dégénéré en violences et affrontements avec les forces de l’ordre.
Après le rassemblement, l’événement a viré à la manifestation sauvage (qui n’a pas été déclaré en préfecture selon nos informations). Des affrontements ont éclaté rue de la République et près de la place Bellecour dans le centre commerçant.
Des barricades avec des barrières et des poubelles ont été montées par des manifestants. Les forces de l’ordre ont été visées par de nombreux projectiles, dont des mortiers d’artifices.
Les forces de l’ordre ont aussi été visées par des bouteilles en verre ou des pierres. Des commerces ont été pris pour cible avec des vitrines cassées, notamment une boutique Levis et Zadig et Voltaire.
Dans les pentes de la Croix-Rousse, la mairie du 1er arrondissement a été prise pour cible avec des tags « Mort à la démocratie ».
Une boutique Orange a été fracassée dans le quartier de la Croix-Rousse (4e arrondissement), une société Générale prise pour cible par des casseurs.
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Ouest France / dimanche 30 juin 2024
Entre 400 et 500 militants ont manifesté, dimanche 30 juin 2024, après le résultat du premier tour des législatives. De nombreux slogans ont été chantés.
Ils étaient dans la rue peu après 20 heures et la révélation des résultats du premier tour des législatives. Des militants de gauche et d’extrême gauche ont tenu crier leur colère. Nantes, soulève-toi , pouvait-on ainsi entendre dans le rang du convoi qui a déambulé dans les rues du centre-ville. Des slogans contre le capitalisme, le fascisme et la police ont aussi été entendus.
Vers 22 heures, les forces de l’ordre ont commencé à intervenir après le cassage d’une vitrine d’un commerce fermé. Quelques lacrymogènes ont été jetées et des poubelles brûlées. Des mortiers ont été tirés en direction de deux motards. Les militants se sont ensuite divisés en plusieurs parties.
Ouest France / lundi 1er juillet 2024
Un homme de 31 ans a été interpellé, dimanche 30 juin, place du Pont-Morand à Nantes (Loire-Atlantique), dans le cadre du rassemblement des antifascistes organisé place Talensac, au soir des élections législatives . L’arrestation a eu lieu vers 19 h 30.
Les policiers de la brigade anticriminalité voulaient contrôler ce trentenaire au visage masqué et avec une casquette. « Il a immédiatement annoncé qu’il ne se laisserait pas contrôler », indique une source policière. Les policiers ont été frappés à coups de poing et de pied. Deux d’entre eux sont blessés, dont un qui a eu une dent fêlée. L’homme a été placé en garde à vue pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, avec la circonstance aggravante du visage dissimulé.
La manifestation spontanée de dimanche soir, dans les rues du centre-ville, a connu quelques moments de tension avec des tirs de mortier contre les policiers, qui ont fait usage de grenades lacrymogènes. Quelques vitrines ont été cassées du côté des galeries Lafayette.
« Pour qu’une insurrection ne meure pas, elle a par exemple besoin d’approfondir et de dépasser ses contradictions internes, mais aussi d’oxygène, de beaucoup d’oxygène. A chacun.e, ici, au sein dela métropole coloniale française qui est en train d’écraser les insurgé.es kanak qui n’ont pas encore baissé les bras (ni les armes), de lui en donner un maximum. Par solidarité, ou tout simplement parhaine de son propre Etat… »
« Pour qu’une insurrection ne meure pas, elle a par exemple besoin d’approfondir et de dépasser ses contradictions internes, mais aussi d’oxygène, de beaucoup d’oxygène. A chacun.e, ici, au sein dela métropole coloniale française qui est en train d’écraser les insurgé.es kanak qui n’ont pas encore baissé les bras (ni les armes), de lui en donner un maximum. Par solidarité, ou tout simplement parhaine de son propre Etat… »
« Plus que jamais, la solidarité active reste nécessaire avec de jeunes insurgé.es kanak qui refusent de céder, tant aux pressions des organisations politiques qu’à un écrasement promis par l’armada de l’État français. Et qui continuent aussi à démolir bout par bout l’économie et les structures institutionnelles dans lesquelles ils ne se reconnaissent pas, quoi qu’en disent les partisans d’un rapport au monde univoque, en l’occurrence capitaliste, colonial et écocide. »
synthèse de la presse (et pas que) issue du site sansnom.noblogs.org mise en brochures.
n°1 du 13 mai au 14 juin 2024
n°2 du 15 au 25 juin 2024
La Nemesi / lundi 1er juillet 2024
Le 4 juillet aura lieu l’audience d’ouverture du procès pour les faits de la place Trilussa, à Trastevere, quartier de Rome, du 28 janvier 2023.
A cette occasion, le Parquet demandera le jugement de treize compagnons, accusés en réunion de résistance à une personne dépositaire de l’autorité publique et de transport d’armes et d’objets de nature à provoquer des blessures, avec des nombreuses circonstances aggravantes. Nous rappelons qu’à l’époque de ces faits, le prisonnier anarchiste Alfredo Cospito était en grève de la faim depuis 101 jours, contre le 41-bis et la peine de perpétuité avec période de sûreté illimitée. Ce samedi-là, l’après-midi, une manifestation solidaire avait été appelée, place Trilussa, à Rome, et les forces de l’ordre ont décidé de l’encercler et de faire de la provocation. Ce soir-là, cependant, les choses ne sont pas allées comme prévu dans les bureaux du commissariat, car une partie des manifestants était restée en dehors de la nasse et les forces de l’ordre se sont donc retrouvées coincées dans la nasse qu’elles voulaient mettre en place.
Des affrontements ont suivi, ainsi qu’une manifestation sauvage dans les rues de Trastevere, déterminée à prendre la rue pendant quelques heures et finie avec 42 manifestants interpellés (amenés au commissariat et visés par des plaintes pour violence, menace ou résistance à une personne dépositaire de l’autorité publique et pour dégradations).
Le procès qui commencera la 4 juillet a été instruit sur la base des enregistrements vidéos effectués par des opérateurs de la police et des journalistes voyeurs et n’est pas directement lié aux interpellations de ce soir-là.
Au delà des responsabilités individuelles présumées par les flics et les juges, nous ne pouvons que réaffirmer la justesse des raisons de cette manifestation et de la sacro-sainte rage qu’elle a exprimée. De même pour l’ensemble d’expériences, de manifestations et d’actions qui se sont exprimées pendant la mobilisation en soutien à la grève de la faim d’Alfredo Cospito et des autres révolutionnaires emprisonnés. Nous refusons la division entre « gentils » et « méchants », coupables et innocents.
ALFREDO HORS DU 41-BIS !
FERMER LE 41-BIS !
Solidarité avec les prévenus.
Plus d’informations suivront.
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Mise à jour du 19 juillet
La Nemesi / mardi 9 juillet 2024
Le 4 juillet 2024 a eu lieu au tribunal de première instance de Rome, en piazzale Clodio, l’audience d’ouverture, pour le renvoi au tribunal correctionnel de treize compagnons accusés de participation à résistance à personne dépositaire du pouvoir public et de transport d’armes ou d’objets pouvant être utilisés comme des armes, avec des nombreuses circonstances aggravantes ; elle s’est terminée avec un renvoi de cette même audience à jeudi 10 octobre, à cause du manque d’une notification.
Dans la chambre de conseil, qui, « en théorie », ne prévoit pas la présence de tierces personnes, en dehors des parties, se sont par contre présentés plusieurs membres du ROS des carabiniers et des services de police.
Nous réaffirmons la justesse des raisons de cette manifestation et de la sacro-sainte rage qu’elle a exprimé.
Alfredo hors du 41-bis.
Fermer le 41-bis.
Solidarité avec les prévenus.
Anarchist Black Cross Brighton / lundi 24 juin 2024
Hier (le 19 juin 2024), Toby a reçu une sanction administrative à cause de sa « mauvaise attitude » et du fait qu’il envoie des lettres ouvertes et des interventions audios à l’extérieur de la prison. Cela arrive après que plusieurs compas anarchistes ont été retiré.es de la liste de ses contacts autorisés, car ils/elles seraient une « menace à la sécurité nationale ». Cette sanction réduira le nombre de visites qu’il peut recevoir ainsi que le montant d’argent qu’il peut dépenser pour les appels téléphoniques et la cantine. Récemment, Toby a pu recevoir quelques lettres et cartes postales, mais il fait toujours face à une forte censure de sa correspondance et des colis qui lui sont envoyés. Toby veut faire savoir qu’il va bien et il envoie une étreinte de feu à tous les autres compas emprisonné.es et aux groupes d’action.
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Anarchist Black Cross Brighton / vendredi 24 mai 2024
L’Anarchist Black Cross de Brighton est maintenant devenue la troisième victime d’une interdiction de tout contact avec Toby Shone, pour des raisons de prétendue « sécurité nationale » [sic]. Ce n’est qu’une autre facette de la campagne en cours pour isoler Toby, en coupant ses contacts avec son réseau de soutien et le monde extérieur en général. Des personnes ont été arbitrairement retirées de sa liste de numéros de téléphone autorisés, son courrier a été censuré ou tout simplement retenu, dans le cadre de la campagne de vengeance menée contre Toby par les services de sécurité, en représailles pour leur incapacité à obtenir une condamnation en vertu des accusations de terrorisme, inventées de toutes pièces et abandonnées à la hâte par le parquet quelques jours avant que Toby ne passe à procès, le 6 octobre 2021.
Toby continue à être persécuté en raison de ses opinions politiques et, lors de sa prochaine audience de libération conditionnelle, l’État tentera à nouveau de restreindre ses activités politiques après sa libération, en lui imposant des conditions de libération très strictes, bien qu’il n’ait été condamné pour aucun des chefs d’inculpation politiques dont il était initialement accusé.
Écrivez-lui à l’adresse :
Toby Shone
prisoner’s number: A7645EP
HMP Garth
Ulnes Walton Lane
Leyland
Preston PR26 8NE
(Royaume-Uni)
Il est conseillé d’envoyer tout courrier par poste suivie, afin que vous puissiez avoir une trace de sa réception par la prison de Garth, au cas où il serait mystérieusement « perdu ».
Si vous lui avez déjà envoyé du courrier et vous n’avez pas reçu de réponse – Toby répond toujours à chaque courrier qu’il reçoit – il est probable que celui-ci ait été retenu aussi. Si c’est le cas, prenez s’il vous plaît contact avec son équipe juridique, en envoyant votre témoignage par émail à l’adresse : j.bicket@birnbergpeirce.co.uk.
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Anarchist Black Cross Brighton / samedi 11 mai 2024
L’État, par le biais de la prison de Garth et de son service de sécurité, poursuit son attaque contre Toby Shone, ses ami.es et sa famille, en supprimant une fois de plus l’un de ses contacts de sa liste de numéros de téléphone PIN (la liste des numéros de téléphone autorisés par la prison), cette fois sans aucune notification, ni à Toby ni à la personne dont le numéro a été sommairement ôté de sa liste PIN – dans ce cas, son contact avec l’ABC Brighton. Il s’agit d’un autre exemple des tentatives de la prison et des services de sécurité d’isoler Toby de ses réseaux de soutien et de le punir pour ses activités politiques incessantes.
Le National Offender Management Service (NOMS) semble penser que les idées anarchistes de Toby feraient partie d’une psychopathologie dont il souffrirait et, malgré le fait qu’il a été condamné pour possession de substances psychédéliques et non pas pour ses activités politiques (toutes les accusations de « terrorisme » portées contre lui ont été abandonnées à la dernière minute, avant sa comparution devant le tribunal, faute de preuves), le NOMS continue d’affirmer que ses contacts politiques à l’extérieur interfèreraient en quelque sorte avec sa « réhabilitation ». D’où l’ingérence dans son courrier (allant de l’expropriation massives de lettres à la censure de ses émails), la rétention des publications qui lui sont envoyées (dont la majorité « disparaît » simplement – la prison prétend qu’elles n’ont jamais été reçues, malgré le fait que certaines aient été envoyées par poste suivie) et la censure de ses contacts avec le monde extérieur. Toby répond consciencieusement aux courriers qui lui sont envoyés et accuse réception des publications qui lui sont généreusement envoyées, du coup si vous avez envoyé du courrier ou tout autre article à Toby, que ce soit à la prison de Bristol, à celle de Parc ou à celle de Garth, et vous n’avez pas reçu de réponse, contactez-nous, s’il vous plaît, à l’adresse brightonabc [at] riseup.net, étant donné que son équipe d’avocats, du cabinet Birnberg Pierce Solicitors, est en train de préparer une contestation judiciaire contre la rétention continuelle de son courrier, des publications et des contacts avec ses ami.es, sa famille et son réseau de soutien.
Damasio, le romancier techno-critique, arpenteur de ZAD et chantre du vivant, serait-il impliqué dans la promotion d’un sordide jeu d’argent spéculatif et le greenwashing des cryptomonnaies et des NFT ?
La réponse est oui et tout est expliqué ici !
« L’époque n’est plus aux demi-teintes. » (Manifeste de l’Ecole des vivants, cofondée par Alain Damasio)
« Il y a 25 packs à gagner pour ceux qui commenteront cette vidéo, alors hésitez-pas ! » (Alain Damasio pour la campagne promotionnelle de Cross the Ages)
Damasio, intellectuel engagé et camarade de lutte ?
Alain Damasio est un écrivain qu’on ne présente plus : il est notamment l’auteur de plusieurs romans de fantasy et de science-fiction. Dans La zone du Dehors et Les Furtifs, il dresse le portrait de sociétés dystopiques, dans lesquelles l’État ou les multinationales exercent une emprise technologique totalitaire sur et à travers la population, et narre les luttes de groupes dissidents.
L’écrivain est très présent dans l’espace médiatique : on retrouve ses interviews dans la presse (L’Humanité, L’Echo, La Croix, Libération, Le Figaro, le Nouvel Obs, Le Monde, Marianne, Inrockuptibles, le 1 hebdo...), à la radio (le plus souvent sur France Inter ou France Culture), sur youtube (Quotidien, Kombini, Thinkerview) ou encore à la télé (Canal +, Arte, France 5).
Au fil du temps, Damasio est aussi devenu une figure intellectuelle de la gauche radicale, écologiste et techno-critique. Il écrit dans Lundimatin, Terrestres et Socialter, apparaît dans Mediapart, Reporterre, Blast, Ballast, Politis ou encore le Monde diplomatique, et signe des tribunes, comme en 2020 dans Libération, pour dénoncer le danger que constituent les technologies de surveillance, ou en avril dernier dans Basta !, pour appeler à rejoindre le Tour Alternatiba 2024.
II contribue à des ouvrages de soutien à des luttes comme dans Éloge des mauvaises herbes. Ce que nous devons à la ZAD, en 2018, ou encore On ne dissout pas un soulèvement, publié l’année passée, et est invité dans certains espaces et événements politiques : la librairie du Taslu sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en 2016, la journée de rencontres « Tout le monde déteste le travail » à la Bourse de Paris en 2018, la soirée de soutien aux Soulèvements de la Terre en avril 2023, les rencontres des Résistantes en août de la même année, le Forum de l’engagement militant d’Extinction Rebellion en mai dernier ou la Bloc Party II de Lundimatin ce mois-ci.
On l’interroge sur l’actualité et le futur des technologies, on l’écoute fustiger le capitalisme de surveillance, on lit ses intuitions sur les manières de renouer avec le vivant et on assiste à ses envolées lyriques révolutionnaires.
Toutefois, plusieurs critiques féministes avaient déjà pointé, auparavant, le virilisme qui empreigne ses textes : personnages féminins très sexualisés, glorification de la puissance masculine, romantisation de comportements d’agressions sexistes et sexuelles... Et de conclure : « Nous ne créerons un nouveau monde avec cet imaginaire-là. Sans nous camarades, on s’en va voir ailleurs. » [1]
Plus récemment, Damasio s’est impliqué dans un projet aux antipodes de toute démarche et idéal de transformation sociale et écologique radicale. Voyons donc un peu de quoi il retourne.
Cross the Ages : késako ?
Cross the Ages est un jeu vidéo de cartes virtuelles à jouer et à collectionner, développé par le studio français PixelHeart et sorti en mars 2023. L’entreprise revendique 400 000 téléchargements, 15 000 connexions quotidiennes et 150 000 connexions mensuelles. [2]

Cross the Ages se présente sous la forme d’un jeu compétitif dans lequel deux adversaires s’affrontent à coups de cartes sur un plateau de jeu. Cependant, la particularité de ce jeu vidéo ne réside pas dans son gameplay mais dans la nature et l’infrastructure de son business model : Cross the Ages se présente comme un jeu « play-to-earn », un jeu lucratif dans lequel il est possible d’acheter, de louer et de vendre en cryptomonnaie des cartes qui se présentent sous la forme de NFT certifiés par une blockchain.
Bienvenue dans le monde fabuleux des NFT, de la blockchain et des crypto
Allons-y pas à pas. Les NFT, comme les cryptomonnaies telles que le Bitcoin ou l’Ether, sont des actifs numériques que l’on peut vendre et acheter sur des plateformes digitales. Mais alors que chaque jeton de Bitcoin est identique à tous les autres, chaque NFT possède une identité unique qui la distingue de toutes les autres (d’où leur nom : « Non-Fungible Token », jeton non-fongible, c’est-à-dire non remplaçable à l’identique). En cela, une NFT est à un objet d’art ce qu’un jeton de bitcoin est à une pièce de monnaie.
NFT et cryptomonnaies partagent une autre caractéristique commune : leur existence, leur authenticité, leur propriété et les échanges dont elles font l’objet sont certifiés par des blockchains. Une blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’information : c’est à la fois une base de données décentralisée qui contient les soldes des portefeuilles numériques de l’ensemble des utilisateur.ice.s de la blockchain, et un protocole sécurisé qui permet d’inscrire dans ce registre la trace de chaque nouvelle transaction effectuée entre utilisateur.ice.s.
Une blockchain requiert pour fonctionner que soient résolues des équations cryptographiques particulièrement complexes. Ce travail computationnel, effectué de manière décentralisée à travers le réseau informatique, est récompensé en cryptomonnaie.
Revenons à Cross the Ages : quel rôle les NFT, les cryptomonnaies et la blockchain occupent-ils au sein de celui-ci ? En réalité, il est tout à fait possible d’y jouer sans acquérir de NFT ou de cryptomonnaie : le téléchargement du jeu et la création d’un compte se font gratuitement, et il est possible de jouer avec des cartes qui ne soient pas des NFT. Quelques-unes de ces cartes sont offertes quotidiennement aux joueur.euse.s et il est possible d’en acheter des paquets par simple virement bancaire.
En revanche, si l’on veut vivre l’expérience de jeu promise par les développeurs, à savoir « play-to-earn » (jouer pour remporter des thunes), il faudra nécessairement acheter et dépenser de la cryptomonnaie CTA Token, afin de transformer les cartes basiques en NFT, en les inscrivant sur la blockchain (un processus appelé « mint »). Une fois devenue NFT, toute carte pourra être revendue et louée à d’autres joueur.euse.s sur un marché en ligne, en échange de CTA tokens. Depuis le 15 mai 2024, cette dernière est elle-même échangeable contre n’importe quelle autre cryptomonnaie, sur diverses plateformes de crypto-trading (KuCoin, Gate.io, ByBit, MEXC...).
Play-to-earn : jouer pour gagner des thunes
Les créateurs de Cross the Ages placent l’espoir d’un gain financier au cœur de leur promotion du jeu : « Dans les jeux traditionnels, les joueurs engagent très souvent un temps considérable. Cross the Ages se donne le défi de valoriser ce temps de jeu. En tant que joueur, vous aurez à la fois du plaisir à jouer, mais pas seulement... » [3]
Cross the Ages propose aux joueur.euse.s de tirer profit de leur expérience de jeu de deux manières : en investissant et en spéculant tout à la fois sur la valeur des cartes et sur celle de la cryptomonnaie.
Concernant les cartes-NFT, leur nombre est limité et il est possible d’en fusionner ou d’en détruire pour augmenter leur rareté et accroître leur valeur. Le prix de certains packs de cartes s’est ainsi envolé de quelques dollars à 100 dollars, et une carte a même dépassé la valeur de 150 000 $ [4]. En l’espace d’un an, 27 millions de dollars auraient déjà été échangés en cartes, soit 230.000 transactions.
La création et l’achat de cartes-NFT reposent donc sur l’espoir de voir leur valeur s’accroître sur le long terme et d’opérer un gain à leur revente. Dans cette optique, un youtuber expliquait par exemple qu’une bonne connaissance de l’histoire de l’univers fictif (le « lore » ) pouvait guider le choix des cartes-NFT à acquérir : « On va lire le lore pour savoir peut-être quels sont les personnages les plus intéressants, est-ce que je dois minter telle ou telle carte. »
Quant aux CTA tokens, leur nombre est aussi limité. A leur création, une partie de ce capital a été répartie entre les fondateurs, l’équipe du studio et les investisseurs, tandis que le reste fut mis à l’achat en vente publique [5].
En achetant du CTA Token, les joueur.euse.s investissent dans son cours et peuvent espérer que la cryptomonnaie s’appréciera à mesure qu’augmentera la taille de communauté et que s’intensifiera la pression de la demande en tokens.
Sur youtube, on trouve ainsi des vidéos d’analyses du CTA Token, des prédictions sur l’évolution de son cours et des conseils pour les potentiel.le.s investisseur.euse.s : « CTA Tokens Prédiction », « Cross the Ages : que vaut le token ? », « Cross the Ages : nouvelle tokenomics, du bon pour la communauté !!! », « Cross the Ages Review : NFT Gaming Economy Explained ». Le tout proposé par des chaînes aux noms évocateurs, comme CryptoPointFr ou Crypto Insight...
« Les prix des assets vont monter en valeur au fur et à mesure que le projet va se faire connaître », peut-on entendre dans l’une de ces vidéos, tandis qu’ailleurs, un spectateur commente : « J’aimerais vraiment beaucoup que CTA explose, étant holdeur de la première heure. »
D’ailleurs, nul besoin de jouer au jeu pour investir dans le CTA Token et spéculer sur son cours, comme le reconnaît l’un de ces anaystes youtubers : « [Cross the Ages est] un jeu de carte à collectionner auquel je suis très mauvais et auquel je ne connais pas grand-chose »
Le simple visionnage de ces quelques vidéos entraîne à coup sûr Youtube à vous présenter des pubs vous invitant à investir dans des fermes de minage de Bitcoin à Dubaï ou vous proposant de suivre des cours de crypto-trading en ligne. L’algorithme ne s’y trompe pas…
Jusqu’ici, il semblerait que les attentes des investisseur.euse.s n’aient pas été comblées : depuis son lancement très récent en mai dernier et après une courte période de hype, le cours du CTA Token semble pour l’instant stagner, sinon décliner. Toutefois, il est toujours possible de capitaliser sur le CTA Token via le « staking » : en immobilisant leurs actifs, les joueur.euse.s contribuent à valider les opérations de la blockchain et recevoir de nouveaux tokens en récompense.

Le cours du CTA Token
Le studio PixelHeart, pour sa part, tire son épingle du jeu de différentes manières : il a soulevé des fonds en mettant en vente des parts de sa cryptomonnaie, tire un revenu des ventes de paquets de cartes et effectue un prélèvement sur chaque échange de cartes entre joueur.euse.s (de l’ordre de 5%, dont 2% seraient alloués au remboursement des frais de la blockchain).
Réaction en blockchain : un malheur n’arrive jamais seul
Cross the Ages n’est pas le premier jeu du genre. Depuis quelques années, ces « blockchain games » commencent même à proliférer, bien qu’ils ne s’agissent le plus souvent que de coquilles vides du point de vue de leur contenu de jeu [6]. Le plus connu d’entre eux est Axie Infinity, un jeu sorti en 2018 et développé par le studio vietnamien Sky Mavis. Comme dans Pokémon, les joueur.euse.s d’Axie Infinity s’affrontent en faisant combattre leurs créatures, qui sont ici des NFT.
Les NFT d’Axie Infinity ont parfois atteint des prix tels qu’il fallait débourser plus d’un millier de dollars afin de pouvoir commencer à jouer. Dans certains pays des Suds, comme aux Philippines, au Brésil ou au Vénézuela, Axie Infinity constituait pour beaucoup de joueur.euse.s leur principale source de revenu. L’attractivité économique du jeu couplée à ses prix de départ prohibitifs a même engendré un système de location/rente sauvage, dans lequel un.e joueur.euse (qualifié.e de « manager ») met ses Axis à disposition d’un autre joueur.euse (appelé.e « scholar ») en échange d’une part de ses revenus.
Axie Infinity est aussi connu pour le crash financier de sa cryptomonnaie, qui perdit plus de 99% de sa valeur en février 2022, ainsi que pour avoir été victime, au mois suivant, d’une attaque de hackers ayant conduit au détournement d’actifs d’une valeur totale supérieure à 600 millions de dollars [7]. Ces deux événements ont conduit au déclin du jeu et à la ruine de nombreuses personnes. Axie Infinity constitue, à n’en pas douter, un modèle à imiter...
Les lands d’Arise : jouer la carte du techno-solutionnisme
L’ambition du studio PixelHeart ne s’arrête pas à Cross the Ages. Un second jeu vidéo est en développement, Arise, un action-RPG destiné à toucher un public plus large que Cross the Ages grâce à un gameplay plus accessible. Dans ce nouveau jeu, les joueur.euse.s devront acheter des « lands », des territoires virtuels à faire fructifier. Ces lands seront, à la manière des cartes de Cross the Ages, des NFT, avec ceci de particulier :
« Dans Arise, les lands de Cross the Ages sont des parcelles de terrain numériques où les ressources sont essentielles pour améliorer les compétences et l’artisanat des joueurs. Dans le monde réel, chaque terrain représente une part de propriété dans une activité industrielle et foncière réelle de CTA Factory, générant des dividendes en dollars qui sont ensuite convertis en CTA tokens pour les propriétaires, sous certaines conditions de jeu. » [8]
Ces parcelles, réelles comme virtuelles, seront soumises à la compétition virtuelle : « Les propriétaires de lands produiront et protégeront leurs rendements, tandis que les joueurs pillards tenteront de les dérober. » Les prix des lands se situeront entre 200 $ à 50 000 $.
Cette opération s’appuie sur l’entreprise Data Factory, fondée par l’un des deux cofondateurs de Cross the Ages. Cette boîte a acquis des parcelles de terres agricoles en Oregon, dans le Missouri et au Texas, pour y installer des data centers blockchain, notamment destinés au minage de Bitcoin. Ces data centers sont alimentés en « énergie décarbonée », d’origine solaire et nucléaire, achetée à bas coût dans ces États ou produite par l’implantation locale de fermes solaires [9].

L’un des 3 data centers de Data Factory
Le studio PixelHeart, qui se présente comme une « Société à mission », prétend ainsi proposer « des solutions concrètes et innovantes pour réduire l’empreinte environnementale de l’industrie du gaming », en investissant dans « le secteur de l’énergie décarbonée pour participer à la transition énergétique » [10].
Pour ce faire, le studio a été conseillé par le cabinet Carbone 4, une entreprise fondée par Jean-Marc Jancovici - apôtre d’une économie capitaliste décarbonée et nucléarisée - qui vend des bilans carbone à des entreprises telles que EDF, Total, Engie, Orange ou Bouygues...
PixelHeart : qui sont ces merveilleux individus ?
Maintenant que l’on comprend un peu mieux de quoi il retourne, regardons qui est derrière ce jeu. Sami Chlagou est confondateur et « Chief Executive Officer » du studio PixelHeart. Cet entrepreneur évoluait déjà dans le secteur vidéoludique depuis la création, en 2015, de la plateforme de vente en ligne de jeux vidéos Rushongame. A ses côtés, en tant que cofondateur et « Chief Operating Officer », se trouve Richard Estève. Issu du monde de la finance, c’est un ancien gestionnaire de fonds spéculatif et conseiller en fusions et acquisitions.

Parmi les « advisors » du projet, on retrouve toutes sortes d’entrepreneurs et hommes d’affaires des mondes de la finance, des cryptomonnaies et du numérique. Ainsi, par exemple, de Sébastien Borget, président de la Blockchain Game Alliance et fondateur d’un autre blockchain game, The Sandbox ; ou encore du PDG de BTC Mining Farm, Philippe Erb, qui « dirige des fermes de minage de Bitcoin aux États-Unis » en « adoptant des technologies innovantes pour une production de Bitcoin écologique ».
Enfin, le studio PixelHeart a procédé à des levées de fonds lors desquelles des compagnies pouvaient acquérir des parts de CTA Token. Parmi les investisseurs, on retrouve Amazon, deux géants de l’industrie vidéoludique que sont Ubisoft et Square Enix, ainsi que quantités d’entreprises liées aux cryptomonnaies, aux noms évocateurs : Dutch Crypto Investors, Mechanism Capital, xVentures, Blockchain Founders Fund, Vendetta Capital... Que du beau monde.

Pourquoi tout ça c’est bien de la merde ?
Comme tous les blockchain games, Cross the Ages introduit dans la sphère du jeu un vocabulaire, des pratiques, des affects et des logiques propres à celle de l’univers de la finance spéculative et du trading, et contribue à l’adoption des cryptomonnaies : dans le cas d’Axie Infinity, la moitié des joueur.euse.s n’avaient jamais utilisé de crypto avant d’installer le jeu selon son cofondateur Aleksander Leonard Larsen.
Du point de vue technologique, la blockchain peut se révéler particulièrement coûteuse énergétiquement : les immenses data centers dans lesquels sont « minés » les cryptomonnaies (par travail computationnel) consomment énormément d’électricité. Pour l’année 2020, le réseau de la blockchain Bitcoin aurait ainsi englouti plus de 170 TWh, soit une consommation supérieure à celle du Pakistan et des ses 230 millions d’habitant.e.s [11].
La blockchain du réseau Ethereum, principal concurrent du Bitcoin, était autrefois elle-aussi extrêmement gourmande en électricité. Ethereum a toutefois entrepris de réformer son mécanisme de validation des transactions et revendique, depuis septembre 2022, une baisse de plus de 99% de l’énergie consommée.
Bien que la blockchain de Cross the Ages repose sur le réseau Ethereum, l’activité de l’entreprise Data Factory - dans laquelle investiront les joueur.euse.s du prochain jeu Arise - ne se limite en revanche nullement à ce réseau, et participe allégrement au minage de bitcoin.
Au-delà de la prise en compte de l’impact environnemental de la blockchain (qui ne se limite d’ailleurs pas à ses seules dimensions énergétiques), se trouve aussi la question de l’utilité sociale et des implications politiques de cette technologie. De nombreuses promesses ont été formulées à l’égard des cryptomonnaies, qui ont parfois pu séduire à gauche. En reposant sur un système de contrôle décentralisé, la blockchain permet notamment de se passer de l’existence de banques centrales.
Pour autant, cette décentralisation apparente est toute relative. Dans les faits, la production et les réserves de cryptomonnaies sont aux mains d’une minorité d’acteur.ice.s de la cryptofinance, à savoir celleux qui détiennent les infrastructures (data centers) nécessaires et qui ont, le plus souvent, investit tôt dans l’histoire des cryptomonnaies. L’élimination des monopoles étatiques n’évacue donc en aucun cas les monopoles capitalistes, auxquels l’absence quasi-totale de régulation laisse le champ libre.
Surtout, ce sont bien des usages capitalistes qui sont faits des cryptomonnaies. Celles-ci portent d’ailleurs en réalité mal leur nom, elles qui ne sont que de piètres monnaies d’usage et constituent avant tout des objets spéculatifs financiers, déconnectés de toute valeur sociale et manipulés par des acteur.ice.s à travers des mécanismes similaires à ceux de la finance classique. Pas étonnant, donc, que le développement des cryptomonnaies soit historiquement lié à l’idéologie et aux milieux libertariens, comme l’affirme Nastasia Hadjadji dans No Crypto. Comment le Bitcoin a envoûté la planète
Quant aux NFT, ceux-ci pourraient en revanche s’extraire du monde de la finance, en devenant un élément central de l’infrastructure de l’internet des objets (la mise en réseau d’objets connectés à internet, déjà préparée par le déploiement de la 5G). Les NFT et la blockchain pourraient en effet être utilisés pour sécuriser les données des objets connectés et leurs communications.
Or, le développement de l’internet des objets engendrerait une augmentation considérable des flux de données, une multiplication des data centers à travers le monde et l’intensification de l’extraction des matières premières nécessaires à la production de composants électroniques. L’internet des objets rendrait possible la numérisation et l’automatisation de l’ensemble des sphères sociales et environnementales (agriculture algorithmique ; smart grid, smart city et smart homes ; télémédecine numérique et monitoring des patients ; surveillance et pilotage environnemental...), et démultiplierait les quantités et la diversité de données collectées, intensifiant ainsi d’autant l’emprise du capitalisme de surveillance (qui repose sur la constitution et captation des Big Data).
Des perspectives qui font précisément écho à ce que Damasio décrit dans son dernier essai et dans la société dystopique des Furtifs.
Damasio, un « Narrative Director » greenwasher
Les créateurs de Cross the Ages désirent faire de leur jeu une licence à succès : « Vous connaissez Le Trône de Fer, le Seigneur des Anneaux, Star Wars ou encore Harry Potter ? Cross the Ages est la prochaine propriété intellectuelle (IP) à succès. »
L’équipe a ainsi annoncé la création future d’une bande dessinée, d’une série en sept saisons et d’un long métrage d’animation, ainsi que la publication d’une série de romans dont la direction narrative fut confiée à…. Alain Damasio !
Aux côtés d’autres auteur.ice.s, dont le collapsologue Pablo Servigne, recruté en tant que « World Designer » Damasio s’est engagé pour dix ans pour la rédaction de 7 romans portant sur l’univers du jeu. On peut même l’écouter ici faire la promotion de l’univers du jeu et raconter son intérêt pour le projet.

La Rune et le Code, le premier tome de cette série, est paru en avril dernier. De ce qu’on peut en lire et en entendre, le roman mêle les genres de la fantasy, de la science-fiction et du post-apo, et décrit, en toile de fond, des sociétés ébranlées par la raréfaction de leur source d’énergie respective (la magie pour l’une, un minerai pour l’autre) : « Ensemble, elles doivent surmonter leurs différences fondamentales pour faire front commun face à une crise de ressources imminente. Les habitants d’Artellium sont confrontés à un défi existentiel : trouver un équilibre harmonieux avec leurs voisins, leur environnement, et le vaste monde qui les entoure. » [12]

On devine bien l’intention de porter un discours sur la crise écologique. Pour autant, le contenu politique de ce livre doit être considéré au regard du projet qu’il sert et de la fonction à laquelle il est subordonné : servir d’accroche publicitaire au jeu vidéo Cross the Ages. Cette série de romans est donc indissociable de la vaste opération marketing à laquelle elle participe. De ce fait, son propos écologiste travestit la nature des activités de l’entreprise marseillaise et renforce son pouvoir de nuisance.
Si la lutte écologiste et anticapitaliste est aussi, comme le pense Damasio, une « bataille des imaginaires », cette dernière ne peut être menée uniquement à travers des récits, au risque de se raconter des histoires. Pour espérer devenir des forces révolutionnaires, les imaginaires ont besoin de prendre corps et de s’ancrer dans une réalité matérielle et des pratiques concrètes. Pour les joueur.euse.s de Cross the Ages, au contraire, le récit écologiste des romans s’évanouit fatalement dans la pratique des investissements spéculatifs, l’accoutumance à la finance de marché, l’incitation au gain et la propagande de mythes techno-solutionnistes.
Faites ce que je dis mais pas ce que je fais
En 2019, Damasio s’était opposé à l’instrumentalisation de l’imaginaire à des fins militaires, lorsque le ministère des armées avait constitué la « Red Team », un ensemble d’écrivain.e.s chargés de proposer des scénarios d’anticipation des conflits futurs : « Il y a tellement de domaines sur lesquels les écrivains de science-fiction peuvent être utiles : l’avenir de la santé, du travail, des luttes sociales... Je suis beaucoup plus intéressé par l’idée de mettre en place de nouveaux systèmes de manifestation, d’occupation et de résistance au libéralisme que par celle d’écrire sur les guerres du futur. » [13]
Pourquoi (et pour combien) accepter aujourd’hui de se mettre au service d’entreprises et de technologies si douteuses ? La blockchain, les NFT et les cryptos ne constituent-ils pas l’exact contraire des low tech que Damasio appelle pourtant de ses vœux ? Cross the Ages n’incarne-t-il pas parfaitement le « technocapitalisme » que Damasio prétend vouloir combattre « sur le plan du désir » ? [14]
Qu’il soit aveugle et naïf, inconséquent et irresponsable ou bien simplement opportuniste et hypocrite, une chose est sûre : Damasio ne nous vendra plus du rêve.
[1] La zone du cador : révolution viriliste chez un « héros » de la gauche critique, Alain Damasio ; Une lecture politique des Furtifs ; Damasio, le milieu gardiste
[2] « A Marseille, Cross the Ages veut devenir le futur Game of Thrones », La Tribune, 24 avril 2024
[4] « Les cartes à collectionner du jeu vidéo français Cross the Ages défient le recul du marché des NFT », Le Figaro, 1er novembre 2023
[7] https://www.vice.com/en/article/88g3ag/the-metaverse-has-bosses-too-meet-the-managers-of-axie-infinity
[9] « Des terrains virtuels utilisés pour fournir de l’énergie dans le réel… le pari fou du jeu Cross The Ages ! », Capital, 11 décembre 2023 ; « Cross The Ages s’investit dans la transition écologique du bitcoin », Les Echos, 20 février 2024
June 25, 2024
I attacked two construction sites. At one site I destroyed four Ring cameras, at another I threw paint on its sign and walls. These small actions were done in solidarity with anarchist prisoners and the struggle at SCI Rockview.
Fuck gentrification!
Free Palestine!
Long live anarchy!
Found on Philly Anti-Cap

Programme de l’été 2024
Il n’y aura pas de direct pendant l’été mais on vous propose des rediffusions. Le mercredi 4 septembre on reprend les directs avec un retour sur l’actualité de cette été. Le 18 septembre l’émission sera consacrée à ce qui s’est passé et continue à se passer en Kanaky.
Bon été à tou-te-s !
extrait d’actuToulouse / jeudi 4 juillet 2024
Les laboratoires Pierre Fabre, situés sur le site de l’Oncopole, à Toulouse, ont été dégradés dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juillet 2024. Le mur d’entrée de ce site de recherche a été tagué.
Dans un communiqué, le groupe détaille : « Les Laboratoires Pierre Fabre déplorent une nouvelle fois avoir été la cible de dégradations perpétrées par des activistes opposés à la construction de l’autoroute A69. Ce nouvel acte de vandalisme a eu lieu dans la nuit du 2 au 3 juillet à l’entrée de leur centre de recherche situé sur le campus de l’Oncopole à Toulouse. » […]
extraits de La nouvelle République / jeudi 4 juillet 2024
La Ville de Saint-Cyr-sur-Loire va déposer plainte pour des tags dont l’espace Jacques-Chirac a été la cible, dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 juillet 2024. Une réunion publique du Rassemblement national doit s’y tenir en fin de journée.
« RN = racistes » ; « FN = nazis » ; « RN = caca ». À Saint-Cyr-sur-Loire, l’ancienne mairie devenue l’espace Jacques-Chirac a été la cible de tags sur la façade, au sol et tout autour du bâtiment, dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 juillet 2024. Des actes signés par le collectif Tours antifasciste.
Une réunion publique du Rassemblement national, en présence du délégué départemental et candidat dans la 5e circonscription, François Ducamp, doit justement s’y tenir en début de soirée, le 4 juillet.
La Ville porte plainte, confirme l’adjoint à la sécurité Fabrice Boigard, présent sur place. […]
Il s’inquiète déjà de l’appel à la contre-manifestation qui circule sur les réseaux sociaux. La réunion publique du RN sera-t-elle maintenue dans cette ville si calme d’ordinaire ? « Je ne sais pas, mais le candidat a été prévenu. »
Face aux appels et injonctions toujours plus nombreux à faire la campagne électorale de la gauche, on se propose de revenir sur la révolte de l’été 2023 en France, l’insurrection actuelle en Kanaky, le mouvement pro-palestinien d’actions directes. Pour des perspectives insurrectionnelles plutôt qu’électorales, maintenant plutôt que dans un futur lointain.
Il y a tout juste un an, une insurrection embrasait la France. Le déclencheur était tristement banal : un énième meurtre policier raciste, intolérable comme tous ceux qui l’ont précédé et tous ceux qui l’ont suivi, tel le meurtre de Sulivan à Cherbourg il y a quelques semaines. Elle donna pourtant lieu au mouvement le plus pertinent en France depuis bien longtemps, notamment parce qu’il débordait des cadres institutionnels et partait du bas. N’en déplaise à une gauche pacificatrice et à ses relais dans les milieux prétendument radicaux, qui y ont passé leur temps à courir pour éteindre les flammes de quelque chose qui les dépassait, la révolte de l’été 2023 a (re)démontré la capacité des jeunes racisé.es - et de tous les anarchistes et autonomes qui les ont rapidement rejoint durant de longues nuits enflammées - à mettre feu à leur cage sans adopter les habituels et barbants cadres d’action et d’organisation. La répression, à tous égards coloniale, de l’État a fait rage avec une violence sans commun, beaucoup continuant d’en payer le prix et nécessitent soutien et solidarité. Elle ne doit cependant pas être la seule chose à retenir de la révolte. Malgré toutes les tentatives de la gauche de la mettre derrière eux, la répression ne doit pas faire oublier toutes les dingueries qui ont pu être commises, souvent impunément, et toute la joie qui a pu être ressentie ces chaudes nuits d’été où tout semblait basculer.
Elles ne demandent qu’à être répétées. Que ce soit l’attaque de la prison de Fresnes, l’incendie de 273 commissariats ou locaux de police/gendarmerie, les 722 keufs blessés, l’attaque de 150 mairies ou bâtiments municipaux, la dégradation ou incendie de 210 établissements scolaires, l’incendie du tribunal d’Asnières-sur-Seine, les innombrables magasins complètement vidés de toute marchandise avant d’être incendiés, de nouvelles relations et solidarités se créant chaque nuit... cela fait bien plus rêver que les bulletins dans l’urne avec lesquels on nous bassine ces dernières semaines.
Quelle ambiance morne ! Pile un an après une révolte de cette ampleur, on essaierait de nous faire croire que pour vaincre le fascisme, il faudrait aller faire campagne pour faire élire toutes les pires crapules que la gauche a ressorti de ses tiroirs. Au nom de l’union, des anarchistes abandonnent toute cohérence et réflexion anarchistes pour faire élire Hollande, des antifascistes attaquent les dissident.es qui osent s’attaquer à de pauvres vitrines (!) à coup de projectiles et de violences paternalistes.
Au même moment, l’insurrection débutée le 13 mai dernier reprend de plus belle en Kanaky. Contre la domination coloniale de la France et ses provocations, la révolte s’étend, se prolonge, flambe de nouveau. Les barrages réapparaissent un peu partout, des commissariats et locaux de la gendarmerie sont réduits en cendre , la rentrée scolaire est encore une fois reportée suite à de nouveaux incendies, les mines et usines de nickel restent à l’arrêt dû aux barrages et sabotages, un blindé des gendarmes est incendié et d’autres ont leur pneus crevés, une maison coloniale vieille de 120 ans prend feu, la permanence d’un député colon est incendiée, une mutinerie détruit 60 des 230 cellules de la prison de Nouméa... Sur les barrages, de nouvelles relations et façons de vivre se créent. Kanaky se soulève pour son indépendance et ses prisonnier.es, et sa lutte nous inspire.
Qu’est-ce qu’un vote pour une gauche nationaliste et coloniale changerait-il à l’ordre actuellement remis en question par les insurgé.es ? On l’affirme sans l’ombre d’un doute : la répression coloniale qui a lieu sous l’extrême néolibéralisme aurait tout autant lieu sous l’extrême droite que la gauche social-démocrate ; prendre le pouvoir en France implique le maintien de l’ordre colonial. Quand nous disons que l’insurrection Kanak nous inspire, nous pensons aussi aux incendies de bureaux de vote, aux blocages de l’accès à ceux-ci, aux incendies de matériel de vote.
Quel genre de solidarité proposons-nous à nos compagnon.nes Kanak lorsque nous mettons toute notre énergie à parler du fascisme qui vient plutôt que du fascisme déjà existant, qu’ils et elles subissent de plein fouet ? Que pourrait faire Macron, ou Bardella ou Mélenchon ou n’importe quelle raclure qui aimerait nous gouverner, si la France s’embrasait du même feu que Kanaky ? Des milliers de gendarmes, de compagnies de CRS d’élite, de gadgets militaires technologiques n’ont cesse d’être envoyés en Kanaky, et la flamme ne s’éteint toujours pas un mois et demi plus tard. Ce n’est qu’avec la collaboration des pacificateurs et la mobilisation de tous les flics possibles et imaginables que les flammes de l’insurrection de 2023 furent éteintes. Que pourrait cette police, loin d’être aussi omniprésente et omnipotente qu’elle essaie de nous faire croire, si tout s’embrasait et que les foyers d’insurrections se multipliaient de toutes parts ?
Pendant que certains récupérateurs font désormais le choix du silence pour rameuter des voix, le génocide colonial, dont la France se rend constamment complice continue en Palestine. L’union sacrée, dans le but de racoler au plus large possible pour toutes les boutiques, inclut jusqu’à des soutiens actifs du régime colonial d’Israël, passant de plus en plus le sujet sous la table au profit de positions plus consensuelles, et donc elles aussi complices. C’est comme si le soutien actif au génocide serait au programme, que ce soit sous la gauche comme sous le RN, tout autant qu’il l’est sous Macron. Le vrai visage de toutes les boutiques apparaît aussi clairement que fut la dernière grande manifestation pro-palestinienne à la veille des précédentes élections : une présence opportuniste savamment calculée pour développer son organisation et son image, pour phagocyter et surfer sur des luttes sans jamais rien n’y apporter de pertinent. Et le silence sur tout ce qui ne rentre pas dans leurs cadres étroits, sur ce qui ne peut pas être récupéré, ou lorsque ce n’est plus le bon moment.
Le mouvement pro-palestinien aux États-Unis nous montre la voie : par le refus assumé et annoncé de ne pas voter pour Biden et son soutien à Israël au prochain spectacle électoral, accompagnant une intensification et un ancrage du mouvement dans l’action directe plutôt que la manifestation symbolique. On pourra citer l’incendie du bureau d’un fabricant d’armes à Portland, une série d’incendies et pillage de bâtiments et d’une voiture de flics d’une université complice à Berkeley, l’attaque d’un bâtiment fédéral à Oakland, l’incendie d’un bus de flics et le sabotage de voitures de flics de l’université à New York, le mouvement d’occupations et grèves des universités, la journée internationale d’actions directes et blocages du 15 avril, l’attaque du bureau d’un député sioniste à Melbourne,l’attaque aux molotovs de l’ambassade d’Israël et des flics la défendant à Mexico, et bien plus.
Encore une fois, que peut ou ferait concrètement la gauche au pouvoir face à l’insoutenable massacre colonial en Palestine ? Les mouvements de résistance palestiniens et l’histoire anticoloniale dans lesquels ils s’inscrivent nous montrent la voie : seule la lutte armée peut avoir une chance de défaire l’État colonial. C’est le cas en Israël, c’est le cas aux États-Unis, c’est le cas en France. L’exceptionnalisme qui voudrait que l’on soutienne la lutte armée loin de chez nous et la démocratie électorale chez nous ne camoufle que très peu le nationalisme sous-tendant ce raisonnement.
Face au capitalisme racial rampant, aux colonialismes génocidaires, aux fascismes existants et futurs, tout de la Palestine à Kanaky en passant par la France de 2023 pointe dans une seule direction. Certains nous répéteront inlassablement que ce n’est pas le moment, n’assumant pas que celui-ci n’arrivera pour eux jamais, cachant leurs désirs de préserver l’ordre et le monde actuel. Toute personne ayant participé de près ou de loin aux révoltes passées comme présentes en est consciente : le fascisme, le racisme et le colonialisme ne pourront être vaincus sans un changement intégral des modes de relation aux autres et des rapports sociaux. Le seul moyen d’y parvenir, c’est de passer par la destruction totale de ce monde-ci, c’est l’insurrection. L’urgence de celle-ci ne se fait que toujours plus ressentir chaque jour qui passe.
On nous accusera de ne pas être réalistes, que la révolution peut attendre, que l’on aurait pas le temps pour elle actuellement. Pourtant, quoi de plus concret que construire l’insurrection maintenant, dans tous les aspects de notre vie, dans le présent plutôt que dans un futur déféré toujours plus loin ? Nous savons ce que nous avons à faire, où nous devons nous focaliser, bien au-delà du vote ou de toute campagne électorale.
Il nous faut défendre précieusement les squats qu’il nous reste, en ouvrir des dizaines et dizaines d’autres et les tenir aussi longtemps que possible, occuper l’espace public comme privé : c’est le seul mode d’action dont nous disposons pour adopter des modes de vie différents, pour nous rencontrer, pour faire vivre la solidarité dans les territoires que nous habitons. Peu importe qui gagne les élections, le gouvernement défendra la propriété privée, expulsera à tour de bras squats et locataires précaires (comme la gauche le fait déjà dans toutes ses mairies), préservera les frontières meurtrières, criminalisera l’autoréduction.
Il nous faut urgemment échapper au travail : que ce soit par la grève, par le sabotage, par la fraude aux allocations, ou tout autre moyen de nous y soustraire. Peu importe qui gagne les élections, le gouvernement nous y forcera et obéira à ses lois, celle du Capital, ne changeant que cosmétiquement les variables pour maintenir les chaines qui nous volent chaque jour nos vies.
Il nous faut abattre toutes les clôtures des prisons : écrire aux personnes incarcérées, les inclure dans nos luttes en les tenant au courant de ce qui se passe à l’extérieur comme en diffusant ce qui se passe à l’intérieur, faire connaître leurs situations, se retrouver devant les prisons pour faire du bruit et des parloirs sauvages, préserver la mémoire des luttes de tous.tes celles et ceux qui ont été enfermé.es suite à la répression, partager largement les savoirs juridiques et d’antirépression, accompagner les familles des prisonnier.es, faciliter les évasions et empêcher l’État de retrouver les évadé.es. Peu importe qui gagne les élections, les prisons tiendront sur leurs quatre murs, elles continueront d’être surpeuplées et toujours plus remplies, les constructions de nouvelles prisons avanceront comme prévu, et la justice raciste et coloniale continuera d’être rendue.
Il nous faut déborder tous les dispositifs qui nous policent et nous surveillent : que chaque manifestation vire à l’émeute, que chaque émeute vire à la révolte, que chaque révolte vire à l’insurrection. La pratique du black bloc, loin d’être démodée malgré les besoins de la repenser, reste notre meilleur moyen de nous défendre dans la rue face à la police, aux caméras, aux médias et à tous ceux qui souhaitent maintenir l’ordre. Elle reste aussi notre meilleure vitrine que ni l’État ni sa police sont loin d’être tout puissants : nous pouvons les déborder, leur échapper, mettre en échec leurs stratégies et les attaquer directement. Loin du simple spectacle, tout tag fait, toute vitre brisée, tout incendie allumé, tout policier attaqué, toute barricade érigée, toute marchandise pillée nous permet de vivre et percevoir ce monde d’une autre manière, d’en envisager un tout nouveau sur ses ruines. Cette vitrine est aussi celle qui permet de s’initier à des modes d’action nouveaux, d’entrer dans la pratique de l’action directe, afin d’évoluer vers des actions nocturnes en petits groupes affinitaires comme vers des actions rejoignables réfléchies en assemblées, ouvertes ou non. Peu importe qui gagne les élections, l’État continuera de reposer sur sa police, de la soutenir à chaque agression ou meurtre raciste, de l’exploiter pour faire taire toute dissension, d’user de ses lois pour surveiller et contrôler les corps, faits et gestes de chacun et chacune.
Nous refuserons toujours d’accepter leur chantage, de jouer à leurs petits jeux, d’être les clowns de leur cirque. Nous avons mieux à penser et mieux à faire.
Les émeutes de l’été 2023 sont à jamais gravées dans nos chairs, nous ne l’oublions pas. Nous n’oublions pas Nahel, ni tous.tes celles et ceux assassiné.es chaque jour où nous permettons à cet ordre social de perdurer. Nous n’oublions pas les prisonnier.es de la révolte, ni celles et ceux de toutes les autres, passées comme à venir. Nous n’oublions pas les insurgé.es qui se battent à travers le monde en ce moment même, que ce soit à Cherbourg, en Kanaky, en Palestine, en Argentine, au Kenya, aux États-Unis, et partout où des gens se lèvent contre l’État. Nous n’oublions pas ce que nous avons vécu cette semaine qui parût plus longue et décisive que toute l’année qui suivit. Nous ne pouvons pas, car nous savons que c’est le seul présent que nous pouvons espérer vivre, à l’époque comme aujourd’hui.
Le reste n’est que mort, que l’on appelle celle-ci fascisme, démocratie, capitalisme, colonialisme, patriarcat, hétérosexisme, racisme, transphobie, validisme, impérialisme, autoritarisme, travail ou réformisme.
Ce texte est la reproduction d’un tract trouvé lors de la manisfestation mensuelle du samedi 6 juillet 2024 contre la construction d’un CRA à Nantes
En effet, ne serait-ce que visuellement : ce sont des bâtiments avec des murs d’enceinte et des barbelés. Des personnes y sont emmenées et séquestrées contre leur gré. Elles sont gardées par des connards en uniformes (il faut être sacrément vil pour accepter de maintenir une personne séquestrée pour un salaire !), privées de la possibilité d’aller et venir, de passer du temps avec leurs proches, de subvenir à leurs besoins de manière autonome, etc.
Les CRA, comme les autres prisons, sont des outils de répression aux mains de l’État. Les CRA, comme les autres prisons, permettent à l’État d’imposer son autorité. Les CRA, comme les autres prisons, servent les mêmes privilèges. La france, en tant qu’État, est garante d’un système social structuré par l’économie capitaliste et un sentiment nationaliste, le tout encadré par les frontières, résultat de son histoire coloniale et de ses intérêts impérialistes. Ce système est par définition garant du pouvoir bourgeois. Quand les prisons servent à réprimer par l’enfermement celles et ceux qui ne se plient pas aux règles de leur système économique et social, les CRA servent à réprimer celles et ceux qui bravent les règles du système frontières.
Si les CRA et toutes les prisons nous débectent, c’est parce qu’on a jamais pu s’habituer à l’idée de l’emprisonnement. Par empathie pour les proches comme pour les inconnu·es qui vivent cet enfermement, on trouve cette réalité horrible et toutes celles et ceux qui y participent ont toute notre haine. Autant les juges, qui le cul bien au chaud dans les tribunaux distribuent des peines de prisons à la chaîne pour justifier leur salaire bourgeois, que les maton·nes qui de sang froid ferment les portes sur d’autres perdant·es du capitalisme.
Si tout ça nous dégoûte, c’est parce que les frontières sont des barrières physiques et symboliques qui s’érigent là où celleux qui sont au pouvoir le décident, et qui se traversent dans les conditions que ces dernier·es ont choisies. Elles s’imposent donc au bénéfice du profit économique et au détriment de la liberté de chacun·e de s’installer à un endroit qui lui paraisse vivable ou tout simplement favorable. Les frontières sont des barbelés, gardiens du sentiment nationaliste et inscrivant artificiellement l’identité de chacun·e dans le territoire d’un État : elles poussent au repli sur soi, à la xénophobie et au conservatisme. Les frontières de la france sont l’héritage de sa soif impérialiste : elles consacrent la hiérarchie raciste induite par la colonisation pour justifier l’envahissement de territoires et l’exploitation de leurs habitant·es et de leurs ressources.
Si tout cela nous inspire la révolution, c’est parce qu’il ne nous paraît pas juste que certain·es soient riches et que d’autres soient pauvres. Nous pensons qu’il est inacceptable que certain·es bénéficient des inégalités et s’enrichissent toujours plus sur le dos des autres. Le capitalisme repose sur cette exploitation du travail des autres – et donc de leur force, leur énergie, leur temps, bref, de leur vie – par les bourgeois·es et n’est donc pas une organisation acceptable. S’il nous faut l’abolir c’est parce qu’il crée les horreurs de l’enfermement pour garantir la hiérarchie et les inégalités entre les gens, poussant à admettre l’exploitation au profit du pouvoir bourgeois. S’il nous faut abolir les prisons, c’est parce qu’elles sont la clé de voûte du capitalisme.
Pour toutes ces raisons, il est urgent de foutre le feu. Si détruire toutes les prisons et abolir le système capitaliste ne nous parait pas une mince affaire, empêcher la construction d’un CRA est réalisable. Ce serait déjà un édifice de moins à leur système carcéral, qui nourrit toutes ces injustices et nous pourrit la vie. Feu aux tractopelles !
Scenes from the Atlanta Forest / vendredi 5 juillet 2024
Tôt cette année, une série de trous a été percée dans le gazoduc Mountain Valley Pipeline. Ces attaques ont été placées, de manière stratégique, entre les bornes milliaires n° 236 et n° 239. Il est clair pour nous que ceux qui ont construit ce serpent noir n’ont pas réparé correctement ces trous. Comme il y a maintenant du gaz qui circule à travers cette horrible bête, nous sommes obligé.es de demander de l’aide, pour les faire répondre de leurs actes. Toutes ces sections du conduit doivent être remplacées. Soyez créatif.ves. Assurez-vous qu’ils vous entendent.
Pour celles/ceux qui seraient intéressé.es, décorer un tuyau avec des trous (avant qu’il n’y ait du gaz dedans) est assez facile. Tout ce qu’il faut est une perceuse domestique normale, des forets plus gros, pour le métal (on peut en trouver dans n’importe quel magasin de bricolage ; ceux avec une dent sur la pointe fonctionnent mieux), du WD-40, beaucoup de batteries de réserve pour la perceuse et la capacité de pousser fort pendant 5 à 10 minutes pour chaque trou. Nous avons constaté qu’il est parfois utile d’avoir deux personnes qui poussent ensemble sur la perceuse. Remplacez le foret après chaque trou, pour gagner du temps. C’est amusant ! Nous vous recommandons d’essayer.
Cette lutte n’est pas finie ! Le sang de ce serpent noir jaillit. Ne laissez personne vous convaincre que les gens ont arrêté de se battre contre ce projet.
avec amour et rage — feu et fumée
Présentation d’une sélection d’affiches de différentes thématiques du mouvement anarchiste de la région chilienne et projection d’un extrait du documentaire « Inkayaiñ gñen ko », pour la défense de la riviere Cholchol, Wallmapu (Mapuche). Suivi d’une discusion et accompagné d’un infokiosque, mercredi 10 juillet à partir de 18h à l’aeri 57 Rue Etienne Marcel, Montreuil.

Présentation d’une sélection d’affiches de différentes thématiques du mouvement anarchiste de la région chilienne et projection d’un extrait du documentaire « Inkayaiñ gñen ko », pour la défense de la riviere Cholchol, Wallmapu (Mapuche). Suivi d’une discusion et accompagné d’un infokiosque, mercredi 10 juillet à partir de 18h à l’aeri 57 Rue Etienne Marcel, Montreuil.
Nous apprécions avec enthousiasme les dons de toute affiche ayant été vue dans les rues en faveur ou en accord avec les principes de l’anarchisme.
« La rivière Cholchol, située au nord-ouest de Temuco, dans la chaîne de montagnes Nahuelbuta, alimente en eau diverses communautés mapuches, qui sont aujourd’hui confrontées à la menace de voir son canal détourné pour l’irrigation de la production de l’industrie agro-exportatrice dirigée, dans la zone, par l’homme d’affaires Juan Sutil. Les entreprises Sutil sont l’un des plus grands conglomérats agro-industriels du Chili, elles couvrent tout : viticulture, fruits secs ou surgelés, intrants agricoles... elles contrôlent directement 1 600ha et bien d’autres encore dépendent de leurs entreprises pour la commercialisation de leurs produits. En 2022 un de leurs sites agricoles a été attaqué à Galvarino, près de la rivière Cholchol. Les communautés du Wallmapu vivent depuis plus de 30 ans en conflit avec les entreprises forestières. Le modèle forestier, basé sur des monocultures à grande échelle, s’est installé sur le territoire ancestral mapuche, laissant derrière lui sécheresse, déforestation, appauvrissement culturel et pauvreté, poursuivant ainsi l’usurpation que l’État chilien a commencée il y a des décennies. En réponse, les communautés qui poursuivent le processus d’occupation et de récupération territoriale cherchent aujourd’hui à éliminer une fois pour toutes l’industrie forestière et s’organisent pour éviter l’établissement d’un nouveau régime de destruction extractiviste, d’exploitation agro-industrielle et de pillage des terres et les eaux. »
Début 2024, le fort de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), qui abritait, l’ancienne École de formation des pompiers de Paris, a été mis à la disposition de la Préfecture de Police (conformément à une décision prise en 2022). Celle-ci y a ouvert un nouveau centre de formation au maintien de l’ordre pour permettre à la « Direction de l’ordre public et de la circulation » (DOPC) de muscler ses troupes. Nous avons la confirmation que celui-ci est opérationnel puisqu’un entrainement s’y est déroulé mardi.
Jusqu’à présent, ces unités devaient se rendre loin ou sur des lieux qui ne leur appartiennent pas : l’ancien hippodrome de Bondoufle (Essonne), le fort de l’Est à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le centre national de la gendarmerie à Saint-Astier (Dordogne), etc. Désormais, le fort de Villeneuve-Saint-Georges est à portée de main pour entraîner les compagnies d’intervention (CI) de la DOPC à la répression des émeutes et des manifestations.
Le fort sert également de terrain de jeu aux brigades anticriminalité (BAC), à la BRI (brigade de recherche et d’intervention), à l’unité drones, aux compagnies de sécurisation et d’intervention (CSI) de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), au laboratoire central de la PP, etc
De quoi y mener des formations « progression en milieu confiné », y simuler des tueries de masse, s’y entraîner avec le Samu, etc. Le fort se prête particulièrement bien à de tels exercices, de jour comme de nuit : suffisamment vaste pour simuler des points de départ et d’arrivée de manifestations, disposant de terrains variés (places ouvertes, douves, tunnels, tribunes, bâtiments…), pouvant accueillir des véhicules, assez éloigné des habitations pour y utiliser des détonations et du gaz lacrymogène, etc.
Image : Des policiers s’entraînent à mener une charge contre les manifestants