La mairie de Paris va de plus en plus loin avec les migrants : après les multiples expulsions et la chasse perpétuelle depuis 2015, elle gêne délibérément les associations d’aide aux migrants visant à leur apporter des rudiments de français.
Depuis presque deux ans le BAAM met en place des cours de français pour les migrants soudanais, érythréens, afghans et une multitude d’autres personnes venues en France chercher une vie meilleur que dans des pays dictatoriaux, en guerre ou simplement en proie à la famine...
Le BAAM organise traditionnellement ces cours autour de la place de la rotonde entre les métro Stalingrad et Jaures, sur les escaliers. Ces cours sont l’occasion de « capter » les migrants, très présents dans le quartier depuis près de trois ans.
Mais la mairie de Paris ne s’en est pas émue. Trop humaniste pour elle sans doute, le BAAM fait sans doute trop de bruit. Trop de migrants, trop sales les pauvres, trop noirs aussi sans doute. Du coup, d’un cynisme crasse, la mairie de Paris a décidé de mettre du grillage autour des escaliers, afin d’empêcher l’existence de ces cours.

Ce n’est pas la première fois que le matériel urbain a été utilisé pour gêner les pauvres et plus spécifiquement les migrants. On se souvient de l’installation de rochers pour empêcher l’installation de migrants en février dernier.
Un inventaire a même été fait sur un site consacré au sujet. Certains les même détourné ce dispositif, l’hiver dernier.
Quoi qu’il en soit, le BAAM a bien décidé de continuer ces cours.
Donc la mairie pense que poser des grillages où nous donnons quotidiennement des cours de français ça nous fera arrêter ? bah non désolé ! pic.twitter.com/ESzf1Rn2aR
— BAAM (@BAAMasso) 5 juillet 2017
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Pour devenir militants ou bénévole au BAAM :
Vous pouvez nous écrire à l’adresse baam.asso[at]gmail.com en n’oubliant pas de nous donner quelques informations sur vous, ainsi que vos disponibilités. Les adhésions se font directement en ligne
Quatres véhicules de l’entreprise Fabricom ont brûlé à Saint-Gilles lundi matin (26 juin) en solidarité avec les anarchistes dans le collimateur de la justice anti-terroriste en Belgique.
Pour envoyer force et courage à toutes celles et ceux qui portent la rage de la révolte dans leur coeur.
C’est bien peu de choses, mais faire du bruit autour de cette affaire, contrer l’isolement, ne pas laisser la peur nous museler, voilà déjà quelques points non négligeables.
Que crève la Justice !
A diffuser largement !

Je reviens maintenant sur une description chronologique des faits.
Le 6/07 : manifestation Welcome To Hell au Fischmarkt. Immense cortège autonome, des milliers de camarades de tous les horizons lancent des slogans en allemand, français, grec, italien, anglais, russe. Attaque de la police sur le bloc révolutionnaire, la manifestation n’ayant même pas commencé. Cause ? manifestants masqués, la préfecture a ordonné de taper dans le tas. Le replis est difficile, énormément de blessés (au moins 300), les camarades montent un premier muret puis en sautent un de quelques mètres avant de se positionner contre le fleuve. Certains s’accrochent même au dessus du fleuve. La police essuie des tirs de bouteilles en verre et de fumigènes ce qui permet aux camarades tout devant, tenant la banderole, de s’en « sortir ». Les milliers de policiers font régner l’ordre au port, à côté de passants évanouis, ou faisant des malaises. Beaucoup de manifestants tombés au sol lors des mouvements de foule sont frappés au poing. Des manifestations sauvages de moins de 50 personnes à chaque fois partent et font des dégâts sur leur chemin avant de se replier.
Le 7/07. Colour the red zone. Le Messenhalten (où se trouvaient les dirigeants) est bouclé par la police et par des militaires. Impossible de peindre la zone interdite. 8 hélicoptères au dessus de ce petit espace, dont 3 hélicos militaires américains. La manifestation du soir à Reeperbahn est interdite. La police poursuit des camarades devant le squat Rote Flora, ce qui fait que tous les camarades se pressent à Sankt Pauli. Débute une nuit émeutière. Pour l’anecdote, on se retrouvait entre français en criant « camembert » dans la foule, entre les brasiers et les dizaines de barricades dans de nombreuses rues. Les plus grosses sont dans le quartier de Schanze où la police essuie de nombreux blessés (la préfecture parle de 197 blessés graves à ce moment, en comptant les jours précédents, mais en expliquant que ce jour ci a fait la plupart des dégâts). Une banque détruite, avec les grilles arrachées, des supermarchés pillés : tout le monde se sert, on peut enfin dîner, 3-4h après le début de l’émeute. La situation se calme un peu vers 1h45 quand les camions à eau peuvent enfin avancer. Le Rote Flora a fonctionné en coordination avec les pompiers et les médics pour aider des camarades. Du jamais vu à Hamburg depuis 20 ans, les zones de repli sont nombreuses, les squats ouverts pour se protéger.
Dans la nuit, au camp au Volkspark, la police a harcelé les militants et activistes avec des hélicoptères se relayant, et en se positionnant autour du camp de quelques centaines de camarades, elle a mimé 2 probables descentes à 3h05 et 6h10 pour nous empêcher de dormir et d’aller à la manifestation du 8.
Le 8/07. Début de la chasse des keufs. Manifestation sans black bloc. Les plus radicaux sont interpellés individuellement par la police, on a retrouvé au moins une dizaine de banderoles abandonnées dans un fossé au bord de la route de la manifestation. Harcèlement des militants, la police se lâche. Elle sait qu’elle a perdu. 22000 policiers, les forces spéciales autrichiennes, des chiens, tanks, canons à eau, ça n’a pas suffit à faire régner l’ordre spectaculaire policier dans le centre-ville, désormais rempli d’un grand ressentiment contre la préfecture et ses hommes.
Soutien aux potes et camarades en GAV et en prison, à celles et ceux qui ont pris des coups. Remettons ça le 12 décembre à Paris contre le sommet « climat » macronien.
“Dear citizens, this is your police,” proclaimed a loudspeaker from behind a line of armored water cannons on Friday afternoon, July 7. A handful of unarmed young people dressed in bright colors were playing with an inflatable protest prop in the middle of an intersection on Willy-Brandt-Strasse over a kilometer away from the site of the G20 summit. A moment later, the water cannons attacked, knocking people down under the force of the blast. This scene played out again and again throughout the week, as over-equipped police bullied and terrorized the population of Hamburg. These are your police.
The next day, during Saturday’s peaceful, permitted demonstration, the police once more could not restrain themselves. After the march, as tens of thousands of people danced, shared free food, and listened to speakers at Millerntorplatz, a line of water cannons and riot police on Helgoländer Allee yet again attacked the crowd with jets of water. Detachments of fully-armored riot police pushed into the crowd, helmets on, weapons at the ready, prepared to violently assault anyone in their path.
At moments like this, when an occupying army attacks a peaceful population without provocation, it’s clear who the enemy is. For many people throughout the world, this is not an exception that takes place during a summit like the G20, but their ordinary day-to-day experience of police. At Millerntorplatz, the crowd was able to immobilize the riot police, surrounding them to block their path and sitting down in front of the water cannons to protect the rest of the demonstration from them. Yet police are not always so easily deterred, especially when they are dealing with demographics that lack social power or acting under cover of darkness. Later on the night of July 8, when the police attempted to reassert their supremacy in the Schanze neighborhood, witnesses saw a policeman snatch a full bottle of beer from an ordinary bar patron and break it over his head. Peacefully sitting down in front of them is not always enough to keep them at bay.
This is why people mobilized to defend themselves and Hamburg in general from the invasion of riot police: not just because of specific excesses associated with the G20 summit, but in response to the structural role police play in imposing an oppressive social order characterized by tremendous imbalances in power.
The role of the police is to impose this order at any price. They don’t just “maintain order,” as if order were some neutral state of affairs; they enforce a particular order, a particular set of power relations. This is the link between the G20 and police brutality: they are different aspects of the same social structure, viewed at different levels of scale. To counter the disproportionate control that the G20 leaders have over all of our lives, it is necessary to be able to face down the forces that serve them.
Both the G20 leaders and their flunkies in uniform tell us that the order they enforce is for our own good, and some of us are naïve enough to believe this. Every monarch in history told his subjects the same thing—so did Stalin, Mussolini, Hitler, and the perpetrators of the Inquisition. The most basic principle of a free society is that no one else is entitled to decide for us what is good for us; we have to be free to decide this for ourselves. By protecting the privileges of the super-rich and imposing the agendas of politicians, police deny us the space and resources to live our lives on our own terms, chipping away at our liberties until all that remains to us is to choose which products to numb ourselves with.
As the technologies available to the police have become more and more complex, this process has accelerated. In the movie Terminator starring Arnold Schwarzenegger, released in the Orwellian year 1984, the future is imagined as a war in which artificial intelligence conducts military operations to wipe out humanity. Yet just as it is still cheaper (in the era of “surplus humanity”) to employ cheap human labor in sweatshops than to fully automate the factories, rather than killer robots we are seeing human beings integrated into a vast inhuman repressive apparatus. Each police officer is a piece of fragile flesh within a machine of metal, roboticized inside as well as outside. If you peer through the visor of his helmet, you see the human inside, his personality almost entirely swallowed up by the machine, his sense of personal responsibility abdicated. The rank and file officers are still sort of recognizable as human beings; the officers serving in the special forces vanish entirely within their Robocop uniforms.
In this context, the only hope for humanity lies in creating spaces beyond the control of the police, in which we can renegotiate our relations without their interference. This is why the police-free zone that Hamburg locals and other demonstrators created in the Schanze neighborhood on Friday night was such a victory.
Some have criticized the rioters who barricaded the Schanze district and drove out the police for hours as being “apolitical,” engaging in “mindless chaos.” On the contrary, nothing is more political than creating such a space like this, in which we may once again become the protagonists of our own social and political lives rather than letting the authorities impose their order on us. For those who value freedom, nothing is more pressing than to experiment with how to create such spaces, developing tactics that can face down the violence of the state.
Anyone who was inside the Schanze district during those hours of freedom knows it was considerably less violent there than in the areas of Hamburg in which the police were charging, beating, gassing, spraying, and water-cannoning people. The violence of people struggling against their oppressors cannot compare to the militarized state violence of an occupying force like the police who were brought to Hamburg from all around Germany.
The far right will take advantage of the events of July 7 to pass more repressive laws and invest still more resources and legitimacy in the police. We have to respond by working hard to delegitimize the police in the public eye and explaining why people would throw off their control. The authorities cannot succeed in repressing us if we continue to emulate the model that people courageously demonstrated in Hamburg. They will only succeed if we rely on laws and politicians to protect our rights, ceding them legitimacy and power over us.
There remains room for improvement, of course. So much effort went into pushing back the police and destabilizing their control of downtown Hamburg that there was little energy left to make something beautiful happen in the liberated area that opened up. Yes, a couple shops were looted, and people painted art on the walls, but we have to demonstrate the world we wish to create, so people will be able to understand what we are aiming for when we oppose those who currently control the world. This is not simply a reactive project, in which we respond to the initiatives of the authorities and throw off the existing forms of law and order—it must be a fundamentally creative endeavor, in which we illuminate new paths, new possibilities. Next time people open up a police-free zone, let’s fill it with the lives we all deserve.
Une critique de la centralisation technocratique et des cas précis que sont Europacity et le projet Carma
Le projet d’Europacity, réalisé par BIG, présente un plan architectural caractéristique – une série de zones spécialisées rangées autour d’une boucle centrale de distribution du flux de visiteurs – qui peut être considéré à certains égards comme une mise en abîme d’un plan urbanistique à l’échelle du Grand Paris également conçu comme une séquence des pôles spécialisés reliés par une boucle des transports.
Ce modèle de réglementation urbanistique se présente comme une façon de décentrer les mégalopoles, de développer durablement les aires péri-urbaines et d’administrer efficacement la circulation des hommes et des marchandises qui traversent des villes toujours plus peuplées et plus étendues. Il cherche donc sa justification dans l’efficacité.
C’est – très souvent – une efficacité fantasmée, mais c’est plus fondamentalement une fausse efficacité et une efficacité technocratique : car sa raison d’être est le profit et sa forme politique est le contrôle.
Le méchant loop
BIG est actuellement chargé de la mise en œuvre d’un masterplan qui connecte Copenhague à dix autres municipalités voisines dans une immense boucle transnationale.

Les différentes aires urbaines connectées par la boucle sont supposées acquérir une « identité spécifique » par rapport à la ville principale, ce qui signifie en effet que ces aires sont censées se spécialiser dans un secteur exclusif de production, de logistique ou de services. C’est le cas d’Europacity qui constitue un pôle de commerce et de loisirs.
Cette spécialisation est présentée comme une caractéristique désirable sur le plan identitaire et sur le plan de l’emploi.
À la place de banlieues amorphes et sans caractère, on envisage que chaque pôle devienne un pôle d’excellence, une espèce de monument habité, immédiatement et internationalement reconnaissable. C’est une bien maigre compensation pour les effets qu’il aura sur le territoire. Car l’uniformisation sélective et la standardisation qui informent le modèle des pôles ne peuvent qu’affecter négativement les conditions de vie des communes intéressées et aliéner la connexion du travail au territoire.
Un modèle de rationalisation de l’espace comme celui des pôles est en même temps un modèle de gestion disciplinaire du territoire et de ceux qui y vivent : la vie est ordonnée en fonction du cycle productif et conçue dans les formes mêmes de la production et de la consommation. Le territoire n’est plus imaginé en termes de communautés, mais en termes de pôles de vie et pôles d’emploi. Ainsi, par exemple, la force et le principe de l’organisation du territoire n’est plus la vie de ses habitants ; au contraire, leur existence est prise en charge dans un système total de gestion de tâches productives.
Cette distribution standardisée de l’espace va provoquer une fragmentation du territoire en même temps qu’elle force une concentration sélective des activités : c’est l’application de la « rationalisation » du travail dans la chaîne de montage au niveau des zones urbaines.
Ainsi, un pôle spécialisé ne sera jamais une partie organique des villes limitrophes. Au contraire, il coupera les communautés voisines du reste de la métropole et les réduira à ses satellites, les destinant à la désertification.
À propos de l’occupation, c’est trop facile de stupéfier des travailleurs déjà brutalement précarisés avec le fantôme de milliers de nouveaux emplois promis par l’ouverture du pôle, en oubliant sciemment les emplois que ces structures vont supprimer ailleurs. Globalement, cette centralisation efficace permet en effet une réduction du nombre de postes et une précarisation des conditions de travail à venir.
La forme de travail qui correspond le plus aux pôles spécialisés est sans doute le précariat : pas forcément dans le sens d’un travail à courte durée, mais dans le sens d’un travail très faiblement intégré dans la vie commune. Les travailleurs du pôle productif viennent souvent de loin, d’un autre pôle de vie distant, ils sont tous étrangers les uns aux autres, tous interchangeables. C’est le cas d’Eurodisney à Marne la Vallée : les salariés du parc viennent de loin, pour des contrats courts et en horaires décalés, pendant que les communes s’enrichissent avec les taxes foncières, de séjour, et sur l’entreprise.

La logique du loop et des pôles spécialisés convient très bien au centralisme technocratique promu par la loi MAPTAM (loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles du 27 janvier 2014) et la constitution du Grand Paris.
Dans le cas de Copenhague, le modèle du loop est articulé en absence d’un centre densément urbanisé (forcement, parce qu’il y a la mer), et peut donc se revendiquer comme une organisation structurelle nécessaire. Dans le cas d’Amsterdam, le centre du loop est occupé par une large zone semi-agricole. En revanche, dans le cas du Grand Paris, le même modèle ne peut que renforcer la centralisation de la ville.
Le centre, à l’évidence, est la seule zone équidistante de tous les pôles spécialisés, et il va donc avoir le privilège des conditions d’accès les plus favorables pour l’éventail d’activités le plus varié. Le centre est aussi le seul et véritable bénéficiaire de l’amélioration du système métropolitain.
Cependant, tous les inconvénients de cette forme d’urbanisme sont relégués dans la ceinture urbaine et, surtout, dans les espaces péri-urbains à l’écart de la nouvelle boucle des transports.
Bon CARMA, mauvais CARMA
Malheureusement – mais je ne suis pas surpris – on retrouve la même logique du loop et des pôles spécialisés dans le principal projet alternatif à celui d’Europacity, le projet CARMA. Leur langage est révélateur : ils parlent de substituer à Europacity une « technopole agroécologique », ils parlent de « pôles de production agricole », de « pôles de vie et de consommation » ( citations tirées de notes prises à la présentation publique du projet à Aulnay-sous-Bois, le 7 Juin 2017).
Évidemment, il est bien que CARMA mette en premier plan l’idée d’une ceinture d’agriculture péri-urbaine. Cependant, dans la mesure où il soutient également le modèle des pôles, il constitue aussi une forme de gestion technocratique du territoire.
Pour l’instant, CARMA est un projet très flou – ils n’ont présenté qu’un masterplan urbanistique sans aucun projet architectural précis. C’est un conteneur alternatif qui vise à attirer des investissements privés dans l’agriculture et l’industrie agricole selon une logique de ‘développement durable’ subventionné par l’État. Ce n’est pas du greenwashing, donc, mais il s’agit quand-même du capitalisme vert. Tant qu’il propose un pôle agricole, CARMA propose un urbanisme bio-politique déguisé en urbanisme ‘bio’.
Un détail peut mettre en évidence l’idée d’espace commun entretenue par le projet. L’une de rares structures mentionnées dans la présentation du 7 Juin est une conserverie : au lieu de faire de la marmelade chez vous, ont-ils expliqué, vous pourrez venir la faire dans ce nouveau établissement. Or c’est évidemment l’exact contraire de l’autonomie et de l’autogestion. En général, la concentration des activités dans les pôles place les pratiques et les activités individuelles ou des petites collectivités sous un contrôle étatique/privé plus intense et donc les soumet à d’autres formes de dépendance et d’aliénation.
Le silence de l’ingénieur-urbaniste « pilote » du projet Robert Spizzichino, dans la même réunion de présentation, à une question sur l’investissement dans les transports [1] (Question : « Est-ce que la gare sera construite quand-même ? » Réponse : « C’est une question très pertinente, mais je ne vais pas répondre ») est un aveu de l’adhésion du projet « alternatif » au cadre régulateur du Grand Paris et à sa logique de gestion centralisée du territoire. C’est aussi un silence qui en dit long sur les rapports de CARMA avec l’État et les investisseurs privés.
Une opposition à Europacity sans une opposition à la logique des pôles et à leur loop de transports, sans une opposition à l’ensemble de la gestion technocratique du Grand Paris, n’est pas une véritable opposition, ni une démarche véritablement politique.
Europacity est la tête d’une hydre : il nous faudra donc faire plus que la couper.
[1] La construction d’une gare de la ligne 17 Nord du Grand Paris Express en plein champs - opération d’un milliard d’euros généreusement offert par l’État aux développeurs privés - est essentielle pour Europacity et constitue le fondement infrastructurel de tout projet basé sur la logique des pôles.
Quelques réflexions autour du fait de se définir comme "pédé". Sur le rapport aux féminismes, notamment par rapport aux questions de statut social, de place et de légitimité dans ces milieux et ces luttes.
Mais aussi , plus en général, des réflexions autour des liens qui existent entre une condition/place sociale et des idées politiques et de comment c’est possible et/ou pertinent de lutter depuis une place de dominant.
4 prisonniers se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.
Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.
ABRAZO
[ reçu d’une compagnonne]
Le sommet du G20 n’avait pas encore commencer que la répression battait son plein, que les camps d’hébergement étaient en proie aux intimidations et aux expulsions de la police, que de nombreuses personnes suspectées de vouloir prendre part aux contestations ont été arrêtées et pour certaines placées en garde à vue le temps que se déroulent les rencontres des puissants de ce monde.
Le train spécial ZuG20, en partance de Bâle en direction de Hambourg pour les manifestations contre le sommet du G20, a quitté la gare le 5 juillet 2017 avec quatre heures de retard. Sur les 160 personnes qui voulaient le prendre, 32 ont été empêchées de voyager jusqu’à Hambourg : 24 personnes ont reçu des interdictions de voyage et huit ont manqué le train suite à des contrôles volontairement retardés par les polices suisses et allemandes.
Jeudi 6 juillet, la manif « Welcome to Hell », qui a réunit plus de 10.000 personnes, n’a jamais pu partir de la place où la foule s’était rassemblée. En prétextant le fait qu’une partie importante du cortège avait le visage masqué, les flics ont immédiatement stoppé la manif et a chargé la tête du cortège avec leurs matraques et gaz lacrymo.
Lors de la dispersion à coups de canons à eau, de nombreuses personnes ont été blessées et ont du être évacuées par les secours. Hormis quelques échauffourées avec les flics, la situation est restée relativement calme. Un peu plus tard dans la soirée, 4000 personnes sont reparties en manif sauvage, en érigeant des barricades dans les environs du port. Rappelons que cette journée avait débuté par un gigantesque feu dévastateur au centre Porsche du quartier hambourgeois d’Eidelstedt. Par ailleurs, à Ratekau (dans l’arrondissement du Holstein-de-l’Est), une voiture de police de type Mercedes, qui était garée devant le commissariat, est partie en fumée. L’attaque a été revendiquée en ligne sur indymedia linksunten.



Dès le lendemain après-midi, la ville brûlait partout. Des petits groupes de manifestants cagoulés sillonnaient les rues des quartiers, multipliant les foyers d’attaques et d’incendie partout à travers la ville, en mettant le feu aux voitures, en érigeant des barricades et en attaquant les agences du capital. Les flics ont très vite perdu le contrôle de la situation, lorsqu’à Schanzenviertel (quartier du centre autonome de la Rote Flora), et ce pendant près de trois heures, des supermarchés et des commerces se faisaient piller, saccager puis incendier, des banques attaquer… Les autorités ont dû faire appel aux forces spéciales d’intervention de la police (des robocops suréquipés) pour tenter de rétablir l’ordre (ce qui n’a pas tout à fait marché, comme l’ont montré les divers feux de véhicules de leur monde du G20 dans la matinée du samedi 8/07). Alors que les émeutes battaient leur plein, les flics ont mis en ligne un site où toute poucave peut déposer photos et vidéos incriminant des émeutiers.


Des habitants s’improvisent pompiers de la révolte
Le samedi 8 juillet, les journaux du pays font la « une » avec les émeutes dévastatrices de la veille. Au lever du jour, presque plus un seul distributeur de billets ni un seul parcmètre n’était utilisable dans le Schanzenviertel.
Alors que les carcasses de bagnoles étaient encore fumantes, quelques insurgés ont cramé un véhicule du corps diplomatique allemand au petit matin. Le communiqué précise : « tout près du secteur où se déroulait les émeutes (qui méritent d’être saluées) à Schulterblatt, le mini-bus servant au transport des délégations gouvernementales brûlait complètement ». Le quotidien « Die Welt » titre « l’Anarchie à Schanzenviertel jette l’ombre sur le sommet du G20 » qui, pour le coup, résume assez bien la situation. Le climat d’insurrection de la nuit passée est présent dans toutes les têtes et les citoyens se mettent immédiatement au travail en appelant à la délation des « casseurs » et à nettoyer les rues. On peut aussi parler du groupe de la jeunesse de gauche de Hambourg (Le « Linksjugend [solid’] Hamburg », qui est la branche jeunesse du parti de gauche radicale « die Linke ») qui, sur sa page facebook officiel, déverse un flot de saloperies en appelant les flics « camarades » et à « dénoncer les auteurs de violence ayant attaqué les policiers pendant le sommet du G20 et menace de faire eux-mêmes venir les policiers dans les camps d’hébergement dans lesquels séjournent ces mêmes « Gewalttäter ».
La riposte de l’État à cet échec manifeste de contrôle de la contestation anti-g20 ne se fait pas attendre. Des escadrons de flics de la LKA (Landeskriminalamt) envahissent le quartier de Sankt-Pauli et perquisitionnent le centre social internationaliste B5 au 5 de la Brittenstraße. Lors de cet assaut policier, la cave du cinéma voisin B-Movie ainsi que la FoodCoop ont également été perquisitionnées et deux personnes blessées.
La grande manif du 8 juillet, « Plutôt la solidarité sans frontière que le G20 » a été durement réprimé bien qu’elle a été assez calme. Les flics ont attaqué plusieurs manifestants et les ont extirpés du cortège pour les arrêter. Dans toute la ville, notamment les gares et les hôtels, les flics ont mené la chasse à toute personne correspondant à l’image de l’émeutier venu de l’étranger parlant français, italien ou espagnol.
Malgré ces multiples assauts policiers dans une ville en état de siège et cédant à la paranoïa générale, les émeutes ont repris dans le quartier de Schanzenviertel dans la nuit de samedi à dimanche, renvoyant un peu de la violence subie à la gueule des flics.
Entre jeudi 6 et dimanche 9 juillet, 476 policiers ont été blessés sur les 20.000 mobilisés au total (venus de toute l’Allemagne) pour assurer le déroulement du sommet. 4000 policiers ont été appelés en renfort lorsque la situation est devenue incontrôlable (ven. 07/07 en fin de journée). De nombreux véhicules de police ont flambé ou ont été sérieusement endommagés pendant ces journées du G20. L’hôtel dans lequel dormait Emmanuel Macron s’est fait caillasser et plusieurs chefs d’Etats (dont Trump) sont restés bloqués dans leurs hôtels en raison du climat insurrectionnel qui régnait dehors. Le déroulement du sommet en lui-même a été fortement perturbé par des actions de blocage qui ont retardé les arrivées des chefs d’Etat. D’après certaines sources, il y aurait eu près de 70 manifestants hospitalisés. D’après le directeur de la police d’Hambourg, Hartmut Dudde, 186 personnes ont été arrêtées et 225 placées en détention provisoire. Sur l’ensemble des personnes arrêtées, 132 sont originaires d’Allemagne, 9 viennent de Suisse (dont 4 d’entre elles ont été directement relâchées; 5 émeutiers présumés ont été placés en GAV. On ignore le nombre de personnes toujours détenues mais nous savons qu’un ressortissant suisse de 29 ans originaire de Zurich, à qui il est reproché d’avoir brisé deux vitres et d’avoir frappé de plusieurs coups de poing un passant qui critiquait sa manière d’agir, est toujours en détention provisoire avec 50 autres personnes dans la prison de Dammtor de Hambourg), 8 de France (dont une venant de Paris) et 7 d’Italie. D’autres personnes sont originaires de Turquie ou de Russie. Elles resteront apparemment en détention le temps du déroulement de l’enquête. Selon la police, il y a eu 37 mandats d’arrêt contre des émeutiers présumés.


[Résumé d’articles de la presse allemande]
Quelques messages de solidarité avec les révoltés de Hambourg pendant et après le G20 :

A Solothurn, en Suisse

idem « De Solothurn à Hambourg, nique la police »

A Vienne, en Autriche

Crête, Grèce

A Peristeri, en Grèce

A Athènes, sur les grilles de l’institut de Polytechnique

Banderole suspendue à Exarchia, à Athènes. « Solidarité avec les émeutiers No-G20 »
4 prisonniers se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.
Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.
ABRAZO
[ reçu d’une compagnonne]
[La presse régionale fait écho de l’attaque visant le poste de police du quartier de ‘List’ de Hannovre: vers 3h30 du matin, plusieurs personnes masquées et vêtues de noir ont bombardé de pierres ce lieu d’oppression. Au moins deux fenêtres du rez-de-chaussée surélevé auraient été brisées. Par ailleurs, près de 20 mètres carré du mur du comico ont été recouverts de peinture blanche, ce qui a probablement été réalisé à l’extincteur, d’après les enquêteurs. Les dégâts s’élèveraient à un peu plus de 1500 euros. Ci-dessous le communiqué de revendication:]Dans la nuit du 11 au 12 juillet, nous avons attaqué le commissariat de police de List situé dans la Höfestraße avec des pierres et de la peinture.
Par cette action, nous montrons notre opposition à l’État, aux flics et à la répression. Nous nous montrons solidaires avec tou.te.s nos ami.e.s qui ont été harcelé.e.s, blessés ou enfermé.es dans le cadre du sommet du G20, ou concerné.e.s d’une autre manière par la répression : vous n’êtes pas seul.es et soyez sûrs que notre solidarité s’adresse à vous !
Aux milliers de flics qui ont organisé une orgie de violence à Hambourg, qui ont chassé et blessé des gens quitte à les tuer : NOUS VOUS HAÏSSONS !
En conclusion, pour anticiper les débats sur la question de la violence dans les commentaires : nous sommes clairement solidaires des affrontements nocturnes lors du G20. Peu importe que certaines actions puissent paraître insensées et même si nous ne sommes pas toujours compris en agissant par « une violence aveugle qui elle-même nous enivre » : aucune raison de se distancier !
Ceux qui pestent une fois de plus contre les « anarchistes pourfendeurs de chaos » et les « émeutiers violents » oublient vite que l’ordre de la propriété et de la force de travail vendue est maintenu chaque jour par la force.
Compte tenu du massacre de l’UE dans la mer Méditerranée, des conditions d’exploitation capitaliste ou ne serait-ce que des unités de police d’intervention lourdement armées équipées d’armes aptes à faire la guerre, les critiques exagérées sur « les excès de violence » ne sont vraiment pas à prendre au sérieux.
La haine et la colère contre l’existant qui a éclaté à Hambourg est plus que compréhensible. Les désordres sociaux ne produisent donc pas toujours que de belles images.
Tout le monde déteste la police !
Smash Capitalism !
Solidarité pour la résistance !
[Traduit de l’allemand de linksunten indymedia, 12. Juli 2017]
Le G20 est terminé. Nos luttes non !
Cette nuit à Wilhelmsburg (quartier d’Hambourg), la façade d’entrée du concessionnaire de voitures de luxe « Rolls Royce » a été détruite.
Ces derniers jours et ces dernières semaines, nous avons porté ensemble, avec des dizaines de milliers d’autres personnes, notre lutte contre le sommet du G20 dans la rue sous différentes formes. Nous avons expliqué que nous refusons le G20 dans sa globalité et que n’acceptons sa mise-en-scène politique ni à Hambourg, ni ailleurs. [..]
Mais peu importe ce que nous pensons des actions isolées de ces derniers jours. Il est clair que nous ne nous laissons pas diviser et nous sommes solidaires de tous les prisonniers !
Pourtant, les protestations anti-G20 ne sont qu’une raison pour se réunir et exprimer notre refus des rapports existants. Plus important encore est d’ancrer les luttes dans notre vie quotidienne. En étant unis et solidaires, nous voulons nous organiser contre les contraintes d’un ordre social capitaliste et national. […] En plus du fait de fabriquer des voitures de luxe chères et des techniques de l’énergie nucléaire, Rolls-Royce est également le leader mondial du marché dans la production de propulseurs pour l’aéronautique militaire ainsi que pour la technique de navigation de la marine. Rolls-Royce est en cela un symbole du capitalisme mondial, qui tirent profit des guerres et développent des produits qui créent encore plus de situations de violence pour les gens.
Nous sommes conscients que notre action d’aujourd’hui n’abolira pas voire ne stoppera pas les relations capitalistes. Mais nous pouvons nous activer pour d’autres actions…
No G20 continues!
[Traduit de l’allemand de linksunten.indymedia.org, 13. Juli 2017]
Le week-end dernier (8/9 juillet 2017) à Vienne, plusieurs douzaines d’encarts publicitaires en verre d’arrêts de bus, de stations de métro, de cabines téléphoniques, etc… ont été brisés.
La publicité pousse à la consommation, créée des besoins qu’en principe nous n’avons pas, parvient jusque dans nos têtes sans qu’on s’en aperçoive et produit ainsi des normes (entre autres sexistes) pour préserver la croissance économique. Plus nous voyons souvent une publicité, plus elle nous influence et nous incite en même temps à consommer des produits ciblés. Les entreprises capitalistes s’accaparent presque tous les panneaux publicitaires, parviennent ainsi à une forte présence et au contrôle de l’ensemble de la ville et au-delà.
Contre le contrôle subliminal venant de ces multinationales !
Pour une vie auto-déterminée !
Liberté pour tous !
Merde au G20 ! Merde au Kiwarei [1] ! Allez mourir !
[Traduit de l’allemand de linksunten.indymedia.org, 13. Juli 2017]
NdT:
[1] Mot issu de l’argot viennois qui signifie « flicaille ».
Ces dernières semaines, quatre distributeurs de billets ont été incendiés en solidarité avec les personnes accusées de braquage de banque à Aachen et la compagnonne récemment condamnée [à 7 ans et 1/2 de prison, NdT].
Solidarité et force pour eux !
Solidarité et force pour tou.te.s celles et ceux qui sont en cavale !
[Traduit de l’anglais de linksunten.indymedia.org, 13/07/2017]
Damien Camelio, incarcéré à Fleury-Mérogis depuis début décembre 2016 pour plusieurs dégradations commises lors de la manifestation sauvage du 14 avril 2016 pendant le « mouvement Travaille ! » est sorti de prison le 29 juin dernier.
Il avait été condamné le 19 janvier 2017, au-delà des réquisitions du proc, à dix mois fermes avec mandat de dépôt (restant donc à Fleury où il était depuis son arrestation le 8 décembre) et 14 000 € de dommages et intérêts pour les parties civiles.
Liberté pour toutes et tous,
Feu aux prisons !
4 prisonniers se sontr évadés le 14./10 d’un fourgon pénitentiaire lors d’un transfert entre le tribunal et les Baumettes. Feu rouge. Ils ont forcé la porte pendant que les autres faisaient du bruit puis menottés 2deux par deux, ils se sont enfuis par des ruelles du centre.
Les matons s’en sont rendu compte une fois arrivés à la ZonZ. 3 correctionnel, 1 criminel.
ABRAZO
[ reçu d’une compagnonne]
Une bibliothèque féministe queer est en train d’ouvrir ses portes sur la route des Plaines-du-Loup 38, à Lausanne (arrêt de bus Bois-gentil, avant le terminus de la blécherette).
Enfin... pour l’instant, les serrures restent plutôt fermées à double tour, en attendant que la situation se tranquillise, et que nous puissions y amener les livres, les zines, et les films que nous avons déjà mis de côté. On a aussi envie d’y organiser des ateliers, des discussions, des lectures collectives, et plein d’autres choses.

On réécrira un communiqué quand ce sera plus calme, et qu’on se sentira plus libre d’ouvrir la porte.
En écrivant cette petite brève, on veut faire savoir qu’on existe, on voudrait que cette occup’ ne passe pas inaperçue. On rend aussi publique notre adresse actuelle, pour que les personnes qui auraient envie de soutenir notre bibliothèque sachent où nous trouver, au cas où ça tournait mal...
à bientôt
(pour nous contacter : 076.719.70.49)

Par ce que ça se passe à Rennes et que les femmes qui luttent à l’intérieur ont besoin de soutiens féministes des gens de dehors. Pour que l’information circule.
Vous trouverez ici leur lettre et une note de l’Administration Pénitentiaire.
Prisonnières du CPF de Rennes
18 bis, rue du Châtillon
35031 Rennes Cedex
Madame, Monsieur,
Nous sommes des filles, mères de famille, femmes, détenues au Centre Pénitentiaire pour Femmes de Rennes.
Nous souhaitons aujourd’hui vous alerter sur les différentes notes produites par la Direction du CPF qui portent atteinte à notre intégrité de femme et qui surtout, heurtent violemment notre pensée féministe.
Suite à la dernière note produite par le directeur du CPF, nous avons décidé de porter le débat sur la place publique et demander le concours et soutien de voix publiques, militantes, légales,... féministes.
L’amalgame qui est fait dans cette dernière note, que vous trouverez ci-joint, est à nos yeux raciste, discriminatoire, anti-liberté de culte et d’expression, misogyne, insultant pour les femmes que nous sommes... et totalement contraire à nos droits humains.
Nous pouvons jouer la carte de la provocation ou celles de la confrontation non pensée, non organisée et au final, vaine. Ce sera ainsi permettre à la direction du CPF d’avoir le dernier mot, puisqu’elle dispose de moyens « légaux » mis à disposition par la Direction de l’Administration Pénitentiaire, pour réprimer brutalement et injustement, à l’abri des murs et loin du législateur, en plus de rajouter, hors de toutes juridictions, des peines d’incarcération allongeant la peine initiale de détention*.
Mais nous ne voulons pas de cette voie-là. Nous choisissons la voie du militantisme et celle du féminisme. Nous voulons porter notre parole hors des murs.
C’est pour cette raison que nous vous contactons pour solliciter votre aide dans notre résistance à ces brimades sur notre pensée et cette tentative de contrôle sur notre corps.
Nous voulons faire cesser ce discours, ces pratiques et ces mots spécifiquement utilisés, d’un autre temps. Les femmes prisonnières n’ont plus à être traitées comme « des femmes de petite vertu » (sic) qui n’ont d’autres perspectives heureuses que d’être enfermées dans des couvents, à la merci de religieuses aigries.
Aidez-nous en portant le débat sur la voie publique et en diffusant le plus largement possible ce courrier et la note ci-joint.
Comptant fortement sur votre soutien.
Bien cordialement,
Nous (certaines) prisonnières identifiées
du CPF de Rennes
* Sanction disciplinaire :
Un compte rendu d’incident (CRI) est à un rapport établi par un agent pénitentiaire à une détenue sous quelque prétexte que ce soit.
Cela donne lieu à un entretien avec un officier de détention qui vous signifie que vous êtes convoquée à une commission disciplinaire.
Lors de cette commission, vous serez condamnée à être confinée plusieurs jours dans votre cellule, ou isolée seule dans une division totalement vide d’autres occupants, ou encore à un séjour au mitard.
En plus de cette humiliation, vous subirez un retrait de jours de RPS (remise de peine) déjà acquis et une peine supplémentaire de prison, pouvant aller jusqu’à quatre mois, voire plus.
CENTRE PENITENTIAIRE DE RENNES
NOTE A L’ATTENTION DES PERSONNES DETENUES
N° 32 / 17Objet : Rappel des consignes du règlement intérieur sur le respect des tenues vestimentaires des personnes détenues au CPF de Rennes
Afin de respecter la sensibilité des personnels, des personnes détenues et les règles de vie en collectivité, je tiens à vous rappeler les consignes suivantes de tenue vestimentaire que chaque personne détenue se doit respecter, sous peine de sanction disciplinaire :
- Les vêtements de type djellaba ne sont pas autorisés en dehors et au-delà de la cellule (interdit de port en salle commune des divisions, sur cour de promenade,...)
- Tout vêtement ou signe de caractère religieux n’est pas autorisé en dehors et au-delà de la cellule.
- Les vêtements laissant paraître des parties du corps dénudées doivent être interdits au-delà de la cellule. Il en est ainsi des vêtements suivants :
-short court (en deçà du genou)
-débardeur (laissant paraître la poitrine et les bras nus)
-tee-shirt court (laissant paraître la partie basse du ventre)Ces vêtements peuvent être autorisés uniquement sur cour de promenade (en période estivale) sous réserve d’être portés lors des mouvements sous des vêtements dissimulant la partie dénudée du corps.
- Les maillots de bain ne sont autorisés qu’exclusivement sur la cour de promenade.
Lors des mouvements, ils doivent donc être dissimulés sous un vêtement plus habillé (n’est pas considéré comme vêtement habillé une simple serviette ou foulard autour du bassin ou des épaules).
- Lors d’entretien ou d’audience (avec des personnels, des intervenants, des experts ou des avocats,...), le port de chaussons, claquettes, short, débardeur, pyjama est strictement interdit.
Ces règles sont édictées pour respecter le principe d’une tenue vestimentaire dite correcte respectant la pudeur et la sensibilité de chacun.
Rennes, le 02 juin 2017
Le Chef d’Établissement,
Y. BIDET
Le 17 juillet à 13 heures 30 dans la 16e chambre du tribunal de grande instance de Paris se tiendra l’audience relais sur la détention provisoire des personnes incarcérées et sur les contrôles judiciaires avant le procès en septembre, dans l’affaire de l’incendie de la voiture de flic à Paris en mai 2016.
Vendredi 16 juin dernier la demande de mise en liberté du compagnon incarcéré depuis février dans l’affaire de la voiture de police incendiée quai de Valmy en mai 2016 a été rejetée par les juges.
Depuis, lors de l’appel du renouvellement du maintien en détention prononcé à la clôture du dossier, la chambre de l’instruction a également rejeté sa demande.
Le 17 juillet aura lieu l’audience relais qui décide du prolongement ou non de la détention provisoire en attendant le procès. Même s’il semble que les juges veuillent garder sous les verrous les trois dernier.e.s mis.e.s en examen encore en détention jusqu’au procès qui aura lieu du 19 au 22 septembre prochain, cette audience publique reste l’occasion pour nous de montrer notre solidarité avec l’incendie de la voiture et les copain-es entre les mains de la justice.
Rendez vous 17 juillet à 13h30 devant la 16e chambre du tribunal de grande instance de Paris
Liberté pour toutes et tous !