Vive l'Anarchie - Semaine 28, 2024

Sommaire

Carapatage #72 - État des lieux de la répression et des luttes juste avant l'arrivée des JO

Publié le 2024-07-08 15:45:06

À l’approche rapide des Jeux Olympiques et après une émission qui y était déjà consacrée il y a un an, le dernier épisode de Carapatage (émission de radio anticarcérale en région parisienne) fait le tour des moyens et objectifs de la répression mise en place autour des JO hier, aujourd’hui et demain.

Bonne écoute.



Carapatage est contre les prisons, la répression et le contrôle, à travers l’actualité de l’enfermement mais aussi son histoire, en racontant les luttes à l’intérieur et à l’extérieur, en échangeant ce qu’on a vu, lu et entendu.

Carapatage #72 - État des lieux de la répression et des luttes juste avant l’arrivée des JO
La dernière émission, le 19 juin, est consacrée à une mise à jour sur l’arsenal répressif et le nettoyage social mis en place par les autorité en amont des Jeux Olympique, mais aussi sur les quelques initiatives et tentatives de sabotages de ces jeux.

L’émission est écoutable sur votre appli de podcast préférée, ou sur le blog de carapatage

Pise (Italie) : attaque incendiaire contre la fibre optique

Publié le 2024-07-08 15:50:04

(traduit de l’italien de lanemesi, 27 juin 2024)

Dans la nuit du 1er au 2 juin, nous avons incendié une armoire de fibre optique à Pise, dans le quartier de la Fontina, avec des chiffons et du combustible. Nous avons choisi cet endroit parce qu’il est situé dans une zone industrielle à proximité d’un hypermarché Carrefour, d’un laboratoire de robotique de l’Institut Sant’Anna et d’une banque (la Banco di Pisa).

La réalité quotidienne nous montre que la domination et la guerre sont directement liées au développement de ces technologies, tout comme le massacre « smart » [à l’aide de l’IA] de la population de Gaza. Si les médias ont minimisé les dégâts en les attribuant à une défaillance, ils ont dû admettre que les réparations prendront beaucoup de temps. Espérons que cela ait gâché le travail des instituts susmentionnés et les célébrations de cette république hypocrite.


[NdT : Suite à la publication de ce communiqué, les journaux italiens annoncent que la Digos a été saisie de l’enquête sur ce sabotage incendiaire, mais également d’un second, survenu vers 4h du matin la nuit du 25 juin, cette fois contre une armoire électrique située le long des voies ferroviaires entre Pise et Florence (à Putignano-Sant’Ermete plus précisément).]

Dordogne : saboter les bureaux de vote

Publié le 2024-07-08 15:55:06

 

Législatives en Dordogne : les serrures des bureaux de vote de plusieurs communes vandalisées dans la nuit
Sud Ouest/France Bleu, 7 juillet 2024

Quelqu’un a-t-il essayé d’empêcher les habitants de plusieurs communes de Dordogne d’aller voter ? Certains élus ont eu bien du mal à entrer dans leur mairie, dimanche 7 juillet, pour mettre en place le second tour des législatives. Ils ont été obligés de casser un carreau ou d’utiliser un pied-de-biche
.

À Razac-sur-l’Isle, les serrures ont été bouchées à la colle, empêchant quiconque d’ouvrir les portes. Et il ne s’agit pas d’un cas isolé. Selon nos informations, les mêmes actes de vandalisme ont eu lieu à Excideuil et à Saint-Médard-d’Excideuil, deux communes situées à une cinquantaine de kilomètres de Razac.

La gendarmerie confirme qu’une enquête est en cours. Volonté d’empêcher les électeurs d’exercer leur droit de vote ? Bêtise de certains ? A Excideuil aussi, il a fallu fracturer la porte pour rentrer dans la mairie, car là aussi, impossible de mettre la clé dans la serrure, elle était pleine de glue. « Je n’en reviens toujours pas, réagit Marie-Laure Lacoste, édile d’Excideuil. On a dû casser une fenêtre pour entrer dans notre mairie, c’est inadmissible. »

Jean Parvaud, premier magistrat de Razac-sur-l’Isle, a quant à lui utilisé un pied-de-biche pour forcer les serrures. L’adjointe Violette Folgado parle « d’atteinte à la démocratie » et annonce que la municipalité va porter plainte, comme les deux autres concernées. Le maire de Saint-Médard-d’Excideuil, Éric Villemaine, est a priori le plus chanceux : les malfaiteurs ont oublié une porte, ce qui lui a permis d’entrer sans mal dans sa mairie. Les administrés des trois localités ont pu voter à 8 heures, comme prévu.

Deauville (Calvados) : « Bourgeois amis des fascistes »

Publié le 2024-07-08 16:00:04

Des greens du golf Barrière de Deauville dégradés
Ouest France, 8 juillet 2024

Les pratiquants du golf Barrière Deauville (Calvados) ont eu une désagréable surprise ce dimanche 7 juillet 2024 au matin. Des greens ont été ravagés. Impossible de jouer au golf dans ces conditions. En plus des nombreuses mottes de terre, on pouvait lire, inscrit sur les greens : « Capitalisme » ; « fascisme » ; « Bourgeois amis des fascistes ».

Combien de greens sont abîmés ? Le chiffre de 5 a été avancé. Mais le groupe Barrière n’a pas souhaité confirmer ou infirmer, dimanche après-midi : « Pas de commentaire. » On sait juste qu’une instruction est en cours depuis ce matin.

Berlin (Allemagne) : Une attaque contre la militarisation et le spectacle

Publié le 2024-07-08 16:05:03

de.indymedia.org / dimanche 7 juillet 2024

Berlin : Attaque contre la militarisation et le spectacle / Attaque de deux antennes-relais

Hier, des antennes-relais ont été incendiées, à deux endroits différents de Berlin.

Cette action est une contribution à la lutte contre la technologie, la militarisation et la domination.

Ces dernières années, nous nous sommes habitué.es à être entouré.es de plus en plus d’antennes, qui deviennent partie de notre environnement. Ces antennes et le réseau de téléphonie mobile sont nécessaires pour permettre la numérisation de nos vies, pour réaliser la Smart City et pour perfectionner la technologie (militaire) et le contrôle social en général.

Actuellement, nous voyons à quel point la technologie joue un rôle fondamental dans toutes les guerres et à quel point son développement avance, pour tuer « plus précisément », grâce à l’intelligence artificielle, aux algorithmes et aux données collectées sur Internet, qui sont analysées à l’aide de la haute technologie.

En même temps, la technologie maintient débout la société du spectacle, ce qui est particulièrement visible ces jours-ci, avec Championnat d’Europe masculin de football, pendant que des milliers de personnes brandissent fièrement le drapeau de leur pays et que le nationalisme et le machisme se développent partout. Pendant qu’ici on fait diversion avec les médias de masse et « du pain et des jeux » et que des choix politiques sont faits, en même temps l’Allemagne annonce un « changement d’époque » militaire et la Forteresse Europe se militarise sans cesse. Les médias de masse divertissent le peuple du foot et les guerres et la destruction de l’environnement se poursuivent et plus de personnes que jamais sont contraintes de quitter leurs maisons. Les gens doivent oublier que, pour que le spectacle continue simplement ainsi, il est nécessaire que d’autres payent pour tout ça et meurent en migrant, dans des mines ou dans des guerres.

Pour ces raisons et bien d’autres encore, nous considérons nécessaire d’attaquer le progrès technologique et de déstabiliser et interrompre le spectacle. Parce que, si on est attentif.ve et on cherche le bon moment et le bon endroit, la domination est vulnérable. Un peu de temps, de volonté et de feu feront le reste.

Nous envoyons des salutations enflammées à Benni, accusé d’avoir lancé des cocktails Molotov sur les flics, lors de la manifestation suite au jugement du procès Antifa Ost.

Des salutations enflammées à Maja, qui est accusé.e d’attaques contre les nazis et qui vient d’être extradé.e à Budapest.

Des salutations vont aussi à Hanna, menacée elle aussi d’extradition.

Des salutations enflammées aux compas de Berlin qui sont accusé.es d’entente en vue de commettre un délit et des salutations enflammées à tou.tes celles/ceux qui luttent pour la liberté, à l’intérieur et à l’extérieur des prisons.

Indymedia Lille

Publié le 2024-07-08 18:35:04

Bonjour à toutes et à tous !

En cette période où la gauche nous appelle, au nom du rejet du rassemblement national, à soutenir le "nouveau" front populaire, il n’est pas inutile de rappeler les multiples infâmies de "l’ancien" front populaire et de ses héritiers envers les immigrés, en particulier envers les immigrés vietnamiens massivement internés en France jusqu’en 1952, avec la complicité active du PCF et de la CGT. Car c’est bien entendu l’un des côtés essentiels de la critique envers de pareilles pourritures gestionnaires ou aspirants gestionnnaires de l’Etat que de les stigmatiser dans les manifestations, les réunions, etc. Histoire de rappeller en particulier l’histoire des centres d’internements récents, mis en place par le premier gouvernement Mauroy en 1981. Pas besoin de détailler les réactions d’indifférence, voire de haine de la part des caciques du "nouveau front populaire" que nous soulevons lorsque nous osons aborder face à eux et à elles de pareilles questions, essentielles pour nous.

André Dréan

PS : Le recueil de textes fut réalisé par Hélène, la compagne de l’ami Van, ma contribution personnelle se limitant au choix de l’iconographie, tirée de "L’histoire des colonnies" héritée de la branche de ma famille colonisatrise de l’Algérie, au choix de la maquette et à la rédaction du dernier chapitre sur les chauvins de gauche à l’oeuvre.


Quelque chose à fêter ? Faire la fête à la démocratie et à ses larbins !

Publié le 2024-07-08 20:30:11

extrait de 20 minutes / lundi 8 juillet 2024

À Nantes

Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes de France dimanche soir après les résultats des élections législatives, comme à Paris, Lille ou Nantes.
[…] Des tensions sont survenues ça et là. A Paris, les forces de l’ordre ont, au cours de la soirée, été prises à partie et ont essuyé des jets de mortiers et de projectiles. A Rennes, 25 personnes ont été interpellées « après des dégradations commises sur les quais Est de la ville », a précisé la préfecture. A Lyon, un Mac Do a été saccagé dans le secteur des Cordeliers.

A Nantes, où 2.500 personnes se sont rassemblées pour suivre les résultats d’abord dans une ambiance festive, un policier a été blessé et évacué conscient par les pompiers après l’explosion d’un cocktail Molotov près de lui. La préfecture a précisé que le fonctionnaire souffrait de « brûlures » et que trois personnes avaient été interpellées.

Le Parisien / lundi 8 juillet 2024

[…] Des tensions ont éclaté entre forces de l’ordre et manifestants dimanche soir à Rennes et Nantes où plusieurs milliers de personnes ont déambulé après s’être réjouies des résultats des élections législatives, selon des journalistes de l’AFP sur place.
Des échauffourées ont aussi eu lieu à Paris et à Lyon ou encore à Lille, où des rassemblements se sont aussi organisés pour célébrer l’issue du scrutin, qui a vu le Rassemblement national relégué à la troisième place derrière le camp présidentiel et la gauche, arrivée en tête.

À Rennes, un millier de personnes, 750 selon la préfecture, se sont réunies en début de soirée place de la République.
À l’annonce des résultats des élections législatives donnant le Nouveau Front populaire en tête, des applaudissements et des cris de joie ont éclaté : « On a gagné », « Aucun élu RN en Bretagne », ont scandé les manifestants, qui ont également chanté des slogans anti-RN comme « C’est chaud pour les fachos ».
Ce rassemblement avait été interdit par la préfecture et les forces de l’ordre étaient présentes en nombre, selon un journaliste de l’AFP. Les manifestants sont ensuite partis en cortège pour une « déambulation festive » en direction du centre historique mais les forces de l’ordre les empêchent de s’y rendre.
Alors qu’ils étaient bloqués près de la gare, des manifestants ont jeté des projectiles contre les forces de l’ordre qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes, selon l’AFP, qui a constaté que la vitrine d’un supermarché a été endommagée. Vingt-cinq personnes, et non 31 comme indiqué dans un premier temps, ont été interpellées « après des dégradations commises sur les quais Est de la ville », a précisé la préfecture.
Des violences ont éclaté en particulier entre des militants antifascistes et les forces de l’ordre, selon Actu.fr. Peu avant minuit, le calme était revenu à Rennes, selon un journaliste de l’AFP.

À Nantes également, 2 500 personnes, selon la préfecture, se sont rassemblées pour suivre les résultats dans le centre-ville, dans une ambiance festive, a constaté une journaliste de l’AFP.
Un cortège a par la suite défilé dans les rues et a été plusieurs fois repoussé par les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène. Des feux d’artifice ont été tirés par des manifestants, qui ont également jeté des bouteilles en direction de la police.
Vers 22h15, les forces de l’ordre ont à nouveau tiré des lacrymogènes pour disperser les manifestants. « Des groupes violents se sont formés en tête de cortège de la manifestation. Des mortiers ont été tirés contre les forces de l’ordre qui ont fait usage de lacrymogènes dans le quartier de Bouffay », a signalé la préfecture sur X.
Un policier a été blessé et évacué conscient par les pompiers après l’explosion d’un cocktail Molotov près de lui, selon l’AFP. La préfecture a précisé que le fonctionnaire souffrait de « brûlures » et que trois personnes ont été interpellées. « Le préfet de la Loire-Atlantique Fabrice Rigoulet-Roze condamne, avec la plus grande fermeté, ces actes de violences envers les forces de l’ordre et apporte son plein soutien au policier blessé », a-t-elle ajouté.

Selon Ouest-France, le policier blessé appartient à la CRS 82. Il a été brûlé au deuxième degré aux avant-bras après l’explosion d’un cocktail Molotov tout près de lui, déclenchant une flamme de deux à trois mètres de haut. L’agent a alors été exfiltré par ses collègues, avant l’intervention des pompiers. Toujours selon le journal local, un autre CRS a été blessé au cours de la soirée, mais plus légèrement. Il souffre de contusions.

Des tensions ont également éclaté à Paris, où des milliers de personnes s’étaient rassemblées place de la République pour fêter la victoire du Nouveau Front populaire. La situation a dégénéré en toute fin de soirée, lorsque des affrontements entre la police et plusieurs dizaines d’individus ont commencé. Peu avant minuit, des feux d’artifice ont été tirés, tandis que les forces de l’ordre répliquaient avec des gaz lacrymogènes, selon les images du journaliste Luc Auffret.
Une journaliste du Parisien présente sur place a constaté que plusieurs bombes agricoles ont retenti au fil de la soirée, avant des jets de projectiles jetés sur la police, qui a répliqué par des bombes lacrymogènes vers 23 heures. La place s’est soudainement clairsemée, les manifestants courant dans tous les sens pour échapper au gaz. Les policiers ont ensuite mené une charge, ce qui a déclenché un vent de panique.
Les tensions ont perduré encore après minuit, avec de nouveaux jets de grenades lacrymogènes filmés vers 0h45 par l’agence de presse CLPress. Vers 1h15, la police a chargé en direction de la place de la République pour évacuer les derniers manifestants, selon ses images. L’agence a aussi signalé une barricade de feu aux abords de la place de la République, éteinte par les pompiers au cours de la soirée.

À Lyon également, des manifestants ont célébré la victoire de la gauche et la défaite du RN, chantant notamment « Tout le monde déteste Bardella », relate Actu.fr. La tension a commencé à grimper vers 21 heures, lorsqu’un kiosque à journaux a été vandalisé. Puis vers 22h30, une manifestation sauvage a débuté, des casseurs s’en prenant à un abribus ou encore un McDonald’s. La préfecture du Rhône a indiqué au site que des jets de projectiles sur les forces de l’ordre avaient eu lieu.
Le calme est finalement revenu une heure plus tard : « La police nationale est systématiquement intervenue pour stopper les dégradations sur deux ou trois commerces ainsi que les jets de projectiles sur les forces de l’ordre », ont expliqué les autorités à Actu.fr. La préfecture du Rhône a aussi fait savoir qu’un « groupe d’individus d’ultra-droite très mobile » avait été « pris en compte par les forces de l’ordre ». […]

Quelques vidéos sur les réseaux sociaux ont aussi fait état d’affrontements à Lille. Quelque 2 000 personnes s’étaient réunies dans le calme place de la République, selon La Voix du Nord. Mais la tension semble avoir grimpé passé 22 heures, la police lançant des charges et des tirs de lacrymogènes, notamment dans le secteur Gambetta.
Selon la journaliste Louise Bihan, cinq manifestants ont été blessés. Le cortège a été d’après elle complètement dispersé en fin de soirée, vers 23h30.

Nantes : Poulet braisé, mais trois interpellations

extrait de Ouest-France / lundi 8 juillet 2024

Après les heurts qui ont éclaté dimanche soir 7 juillet, dans le centre-ville de Nantes, trois personnes ont été interpellées, dont un homme recherché pour avoir arraché un drapeau français rue de Strasbourg, lors d’une précédente manifestation contre l’extrême droite. La manifestation d’hier a été émaillée d’incidents. Un CRS a été sérieusement brûlé au bras par un cocktail molotov. […]

La Bibliothèque de menaces traduite en français

Publié le 2024-07-08 20:35:28

La Bibliothèque de menaces, publiée en 2023 en anglais par le No Trace Project, est désormais disponible en français.



La Bibliothèque de menaces est une base de connaissances des techniques répressives de l’État, de mesures que l’on peut prendre pour y faire face, et d’opérations répressives où elles ont été utilisées. Publiée en 2023 en anglais et régulièrement mise à jour depuis, elle est désormais disponible en français sur le site du No Trace Project.

La Bibliothèque de menaces est aussi un outil de modélisation de menaces, un processus qui consiste à identifier de potentielles menaces en provenance d’adversaires (l’État, des groupes fascistes...) pour pouvoir ensuite identifier et prioriser des mesures à prendre face à ces menaces. Si vous participez à des actions ou projets subversifs, vous avez probablement déjà l’habitude de réfléchir à comment minimiser les risques posés par diverses menaces. La modélisation de menaces formalise ces réflexions pour les rendre plus organisées et systématiques.

La Bibliothèque de menaces, qui recense actuellement 23 opérations répressives réparties dans 10 pays, est un outil d’anti-répression aux ambitions internationales. Ses futures mises à jour seront disponibles simultanément en français et anglais, et nous espérons la traduire dans de nouvelles langues dans les années à venir. N’hésitez pas à nous contacter pour toute contribution, critique, ou proposition de traduction.

No Trace Project

Nantes : BESOIN DE SOUTIEN AU TRIBUNAL À 14h. Un camarade de la maison a été arrêté hier lors du rassemblement place Bretagne. Il passe en comparution immédiate à 14h.

Publié le 2024-07-08T13:11:57+02:00

Nantes : BESOIN DE SOUTIEN AU TRIBUNAL À 14h.

Un camarade de la maison a été arrêté hier lors du rassemblement place Bretagne.

Il passe en comparution immédiate à 14h.

La S.I.P. séquestre des squatteur-euses.

Publié le 2024-07-09 08:20:07

La Société Immobilière Picarde, un chouette bailleur social qui vide ses immeubles et les détruit afin de construire des petites maisons de bourgeois pour les cadres de la future annexe de la BNF, a décidé de séquestrer des squatteur-euses.



Le 11 juin a été une journée de visibilisation pour le nouveau bat « le dis’SIP’pé ». Tout était à la joie avant que deux camions de porcs débarquent en menaçant de tout défoncer au bélier (nos gueules aussi) en mode « fuck l’état de droit ». Dommage pour les fascistes, qui partent bredouilles sous la pression pop (des proches, voisins et syndicats s’étaient rendus sur les lieux).

Mais il n’y avait pas que des porcs ce jour-là, il y avait aussi leurs maîtres, en costard, accompagnés de leur arsenal juridique. Ils tenteront même de nous intimider une dernière fois après qu’on ait crié de joie au départ des keufs (iels pensaient qu’on avait commis une voie de fait sous leurs yeux…).

La vie de squatteur-euse suivait son cours, et plutôt bien. Pas de Kasbarian, assignation au tribunal le 22 juillet. On trouvait que l’assignation était rapide. Mais pas assez pour la SIP, qui a décidé de nous séquestrer dans le bâtiment.

Le matin du 4 juillet, on entend de tout. Des disqueuses, coups de marteau, etc. Mais rien d’alarmant, le Dis’SIP’pé, c’est 1 immeuble squatté sur les 5 immeubles de 8 appartements vides (il y a un 6e immeuble, encore habité par une personne âgée qui refuse de partir). On pensait qu’ils sur-protégeaient leur coquille vide par peur que la fourmilière de squatteur-euse s’étende.

Mais on était encore loin de la réalité. Des copaines vont alors entamer un dialogue avec les agents de la SIP. Pas de bol, les costards sont au chaud (du moins au frais) pendant que les ouvriers essaient de murer à toute vitesse les derniers éléments non condamnés, dont nous. Après un échange notifiant que le bâtiment est squatté, le chef d’équipe de la société qui nous mure, donne l’autorisation à sa team de ne pas nous murer définitivement.

Nouvelle péripétie, au réveil, le 5 juillet, on découvre que la SIP a envoyé quelqu’une (des ouvriers sans doute) au petit matin pour souder notre porte d’entrée. Impossible de sortir pour la personne à mobilité réduite. Tandis que les autres doivent escalader la grille d’1 mètre devant leur fenêtre, devenu le seul accès au bâtiment.

Drôle de victoire de ne pas se faire séquestrer entièrement (pensée à la PMR qui, iel, est vraiment séquestré-e). Pendant un échange avec les ouvriers maçons, un.e des squatteur-euses se fera menacer de recevoir 2 coups de fusils par un passant, visiblement fan du fasciste qui a tué un squatteur en Seine-Saint-Denis.

Solidarité à tous-tes celleux qui luttent contre le fascisme, à tous-tes celleux qui le subissent.

Pensée à Amar assassiné le 29 juin à Bobigny.

Camarade incarcéré - Campagne de don  : https://www.helloasso.com/associations/association-de-soutien-juridique-et-administratif-des-etudiantes-de-nantes/formulaires/3 Lors de la soirée électorale du dimanche 8 juillet 2024, 3 camarades ont été interpellés, parfois de manière très brutale.Le lendemain, 2 sont ressortis dans la journée alors que le 3ème était incarcéré à la maison d'arrêt de Nantes. Nous appelons, toutes [...]

Publié le 2024-07-09T22:17:33+02:00

Camarade incarcéré – Campagne de don  : https://www.helloasso.com/associations/association-de-soutien-juridique-et-administratif-des-etudiantes-de-nantes/formulaires/3

Lors de la soirée électorale du dimanche 8 juillet 2024, 3 camarades ont été interpellés, parfois de manière très brutale.Le lendemain, 2 sont ressortis dans la journée alors que le 3ème était incarcéré à la maison d’arrêt de Nantes. Nous appelons, toutes celles et ceux qui souhaitent participer à la défense et au soutien de notre camarade, à effectuer un don selon leurs moyens via la cagnotte disponible ou de partager cet appel, afin que notre camarade incarcéré ait la possibilité de payer sa cantine, ses crédits téléphoniques, du tabac… Le reste servira à payer son procès à venir !

Accusé d’avoir volé un drapeau français à une fenêtre lors de la manifestation antifasciste du 10 juin 2024, le camarade incarcéré a été interpellé en amont de la manifestation de dimanche dernier. Un contexte particulier où la police, amère de la défaite du Rassemblement National, a été particulièrement offensive.Après avoir été condamné sur une affaire précédente à 3 mois aménageables, la justice a ordonné la mise en execution de la peine afin de l’incarcérer, sans même une possibilité d’un débat contradictoire où il aurait pu se défendre, sous pretexte qu’il aurait commis un délit lors d’une manifestation il y a quelques semaines.

La répression judiciaire a toujours été un ennemi majeur des mouvements sociaux. En criminalisant toute contestation du système établi, l’ordre bourgeois s’assure à la fois de dissuader les plus hésitants et d’isoler les plus obstinés.Dans ce monde où l’individualisme sert d’arme de premier recours, il nous faut intensifier la solidarité qui fait notre force.Dans cette mesure, si la cagnotte récolte plus que nécessaire, le reste viendra compléter des caisses antirepression déjà existantes.

Lutte contre Cigéo, contre le nucléaire et son monde – Point de situation sur la répression – 06 juillet 2024

Publié le 2024-07-09T22:36:04+02:00

Ambiance et actualités générales à Bure

Ces dernières années la répression judiciaire de la lutte contre Cigéo s’est faite moins spectaculaire que par le passé. Néanmoins, plusieurs affaires sont encore en cours et traînent parfois depuis bien trop longtemps.

Et, bien sur, la surveillance policière ne cesse pas, que ce soit pendant les événements ou au quotidien.

Sans compter que le processus d’expropriation qui a débuté et est une forme de répression pour tous les paysans et paysannes, et les riverains, riveraines de ce projet monstrueux qui ont résisté et résistent encore, y compris pour le lieu collectif, acquis par et pour la lutte, le long de la voie ferrée, et qui est évidemment visé par l’expropriation : l’ancienne Gare de Luméville.

Même si ce n’est pas une information locale, on tient à vous faire de par celle-ci, d’autant que Cacendr est porteuse du recours qui attaquent un des derniers outils de la panoplie répressive de ce gouvernement par décret : depuis octobre 2023, le fichier ODIINuc permet notamment le fichage des militant⋅es antinucléaires.

Un recours a donc été déposé en Conseil d’État par plusieurs personnes et organisations. Une communication sera faite prochainement à ce sujet.

Au passage, on signale le superbe travail d’analyse des fichiers par nos camarades de la Caisse de Solidarité de Lyon à retrouver ici :

https://rebellyon.info/plus-de-100-fichiers-de-police-et-de-25926

Bilan des affaires en cours

Force, rage et solidarité

contre le nucléaire, le fascisme et leur monde !

Pour soutenir la lutte contre Cigéo et plus encore, c’est ici jusqu’en septembre 2024 : https://www.helloasso.com/associations/cacendr/collectes/appel-a-dons

Et ici de manière permanente : https://cacendr.noblogs.org/qui-sommes-nous/

____________

source : https://cacendr.noblogs.org/cacendr-antirep/bilan-antirep-au-06-juillet-2024/

Brochure : Hydrogène – le cheval de Troie de la transition énergétique

Publié le 2024-07-10 07:30:08
Cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf et imprimer le cahier

De nombreux facteurs poussent la société techno-industrielle vers une modification importante de sa production énergétique. Certains ont argumenté que la croissance progresse directement proportionnellement à la disponibilité d’énergies. Plutôt qu’une substitution d’une ressource énergétique par une autre, elles se sont additionnées : l’exploitation du pétrole n’a pas fait disparaître le charbon. Aujourd’hui, au vu des quantités astronomiques d’énergie qu’engloutit la production industrielle, il est totalement inconcevable – sans renoncer à la croissance – d’abandonner certaines ressources énergétiques au profit d’autres.

Pour les États et les industriels, il s’agit plutôt de diversifier le mix énergétique afin de pouvoir tirer un profit maximal des caractéristiques particulières des différentes ressources et d’étayer des stratégies géopolitiques. Cette diversification n’est pas nouvelle : elle est au cœur du développement capitaliste depuis le début de l’industrialisation. Cette continuité dans la course effrénée d’additions énergétiques alimentant l’enfer industriel ne rend pas moins réelle l’actuelle « transition énergétique », c’est-à-dire, la reconfiguration du mix énergétique pour diminuer la part d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz).

Quelque part, la gravité de la crise écologique (et des effondrements systémiques qui pourraient en découler), la finitude des énergies fossiles et la complexité du nucléaire, a fini par rendre économiquement envisageable et géopolitiquement soutenable l’exploitation d’autres sources énergétiques, comme en témoigne les investissements massifs dans l’éolien, le photovoltaïque et la biomasse. C’est dans cette optique qu’il faut considérer le lapin blanc de l’hydrogène. Les industriels se font de moins en moins timides à son sujet, et d’autres l’ont d’ores et déjà baptisé « le pétrole du futur ».

Texte originellement publié dans la revue Takakia,rugissements contre la société techno-industrielle, #1 (hiver-printemps 2023-2024).

[Trouvé sur Indymedia Nantes, 29 juin 2024]

Chili : Des perquisitions pour une enquête sur des engins explosifs

Publié le 2024-07-10 07:40:04

Informativo Anarquista / mardi 9 juillet 2024

Mise à jour du 9 juillet :

À la fin, l’inquisition démocratique a pris sa décision quant à la liberté des compas arrêté.es et a placé en détention préventive neuf compas, accusé.es de possession d’armes, après la découverte d’un sac dans un immeuble.

En outre, suite à l’appel du Parquet sud contre la compagnonne accusée de détention d’explosifs, le pouvoir a décidé de la placer en détention préventive et elle a été transférée à la prison de San Miguel [au total, les compas en détention préventive suite à cette opération répressive sont donc douze ; NdAtt.].

Que la solidarité multiforme et combative anéantisse les murs des prisons !

 


 

En tant qu’Informativo Anarquista, nous voulons être concis.es sur ce qui s’est produit depuis le matin du 6 juillet, à la veille de la commémoration de la mort de la chère compagnonne Luisa Toledo.

Pour résumer, les faits sont les suivants :
– des perquisitions ont eu lieu à la Radio Villa Francia, à la cantine Comedor Popular Luisa Toledo et dans plusieurs habitations, dans les communes d’Estación Central, Macul, Santiago Centro, La Granja, Cerrillos et Maipú [toutes ces villes font partie de l’agglomération de Santiago ; NdAtt.].
– Dans un endroit, la police a trouvé des armes, de fabrication artisanale et industrielle, comme des pistolets, des revolvers, un fusil et un pistolet-mitrailleur, ainsi que des munitions.
– Dans une autre habitations, ils ont trouvé de l’explosif de fabrication industrielle, du type employé dans les mines.
– Lors d’une autre perquisition, ils ont trouvé une grenade de fabrication artisanale, à base de poudre noire, et un spray lacrymogène.

Dans l’après-midi même de ce 6 juillet, les arrestations ont été formalisées, sauf pour une des personnes arrêtées, qui, à ce jour (le 8 juillet) est hospitalisée. Un des compagnons a été placé en détention préventive, deux aux arrestations domiciliaires la nuit, l’arrestation de neuf autres a été déclarée illégale et enfin une compagnonne est dans l’attente de l’appel.

Aujourd’hui, le 8 juillet. La détention préventive d’un compagnon et les arrestations domiciliaires pour deux compas ont été confirmées. Les neuf compas dont l’arrestation a été déclarée illégale sont toujours en attente, jusqu’à demain, 9 juillet. La compagnonne qui est dans l’attente de l’appel est allée aux arrestations domiciliaires, après avoir payé une caution, mais le Parquet Sud a fait appel et demain, mercredi 9 juillet, la Cour d’appel décidera sur son cas. En outre, l’arrestation du compagnon hospitalisé a été formalisée et il a été placé en détention préventive.

Ces perquisitions font suite aux enquêtes pour un engin explosif placé en décembre 2023 sur un véhicule de marque Nissan et à un engin explosif placée sous une voiture de police pendant les affrontements du 29 mars de cette année, dans le cadre du Jour du jeune combattant.

Solidarité avec les personnes arrêtées et emprisonnées !





L’idéologie de la composition et de la transversalité, ou quand la fin justifie les moyens

Publié le 2024-07-10 07:50:06

Sur le livre Premières secousses par Les Soulèvements de la terre (2024)



Ce n’est certainement par adhésion que j’ai ouvert le livre Premières secousses par Les Soulèvements de la terre… A vrai dire, j’avais une petite idée du contenu déplaisant que j’allais y trouver. De fait, j’ai écouté, lu et participé avec d’autres à porter des critiques des logiques de composition et d’instrumentalisation ayant essaimé depuis des années dans les milieux radicaux, en particulier par les appelistes et d’étranges zadistes négociateurs avec la Préf, puis à porter des critiques des Soulèvements de la terre tout en étant solidaire des personnes ayant subi la répression. Beaucoup a déjà été dit (cf notamment le texte « Solidaires, mais pas soulèvements de la terre » dans Soleil noir n°6).

Le visionnage intempestif d’une vidéo de trois porte-paroles de ce mouvement (ou organisation, on ne sait plus trop) sur un site appelo-gauchiste m’a décidé à ouvrir ce bouquin. Sans plaisir, mais par curiosité pour voir où en étaient les stratèges de la composition et autres « autonomes repentis ». C’est par cette vidéo que j’ai appris l’existence dudit bouquin, paru sans surprise chez feu l’éditeur léniniste Eric Hazan. Un premier choc : pas un mot sur les blessé-es de Sainte-Soline dans la longue présentation. Pathétique. Je passe sur le contenu : les mêmes idées instrumentales et hiérarchiques ripolinées de quelques éléments de langage révolutionnaire et libertaire. Il faut bien soigner son image. Il m’aura fallu de longues semaines avant de me décider à ouvrir cet ouvrage égaré dans un coin de bibliothèque. Je n’ai pas été déçu…

Une opération marketing
Passons au bouquin. Derrière les formules sympathiques et les analyses parfois pertinentes de la dévastation du monde, se cache en réalité une grande opération de communication – et une obsession – celle de faire la promotion de l’idéologie de la composition et des petits états-majors cooptés. Il faudrait ainsi « faire bloc » (p.8). Derrière qui ? Avec qui ? Comment ? Ce sont précisément les réponses apportées par nos stratèges que je venais chercher.

Le nom d’auteur du livre est déjà évocateur : Les Soulèvements de la terre. Pas des participants et participantes, ni même des porte-paroles, mais bel et bien le mouvement dans son ensemble. C’est donc au nom de toutes celles et ceux qui se sont joints à un moment ou un autre à cette aventure politique que les « nombreux » auteurs écrivent, auxquels il faudrait ajouter « des dizaines d’autres » relecteurs (p.11). La représentation et la hiérarchie sont bel et bien à la base des Soulèvements de la terre.

Pour ce qui est des références idéologiques, elles sont multiples – il en faut pour tout le monde pour séduire le plus grand nombre. Elles empruntent au catholique réformiste Bruno Latour, lui-même repreneur de l’idéologie cybernétique largement responsable de la dévastation du monde, ou encore au léniniste Andreas Malm – référence contrebalancée par une courte critique du léninisme vert. Nécessité marketing, il faut aussi piocher dans la mode intersectionnelle. Il est fait mention aussi de Simone Weil ou de Gustav Landauer, entre autres. Il faut bien faire plaisir aux antiautoritaires. Bref, un petit gloubi-boulga un poil confus.

Le bouquin de près de 300 pages revient longuement sur les nombreuses actions des trois dernières années. Le récit du 25 mars 2023, où 30000 personnes se sont retrouvées brutalement réprimées par des flics à Sainte-Soline, ressemble en tout point à de l’autojustification, avec une pointe de victimisation. Les nombreuses personnes qu’on est allé chercher en leur racontant que ce ne serait qu’une balade familiale apprécieront sans doute… Et toujours pas un mot pour les blessé-es qui ont failli perdre la vie. Ce sera chose faite à la fin du bouquin en une phrase (p.261).

Le livre alterne entre la description et l’analyse théorique pour justifier les cibles choisies – tout à fait pertinentes – (le béton et ses usines, les mégabassines, le complexe agro-industriel) ou pour définir le terme de « désarmement » (pour éviter de dire sabotage, parce que ce ne serait pas assez vendeur…). On y trouve aussi une légitimation d’aller sur les plateaux télé, car toute bataille « [ne serait] jamais que médiatique » (parole de politicien !), ou encore l’étalage d’une sorte de stratégie des petits-pas, sorte de mix entre actions directes et revendications concrètes (par exemple une demande de moratoire sur les mégabassines), étape intermédiaire avant une révolution essentiellement basée sur la subsistance d’un côté et le démantèlement de l’autre. Je passe sur la méconnaissance criante de ce que « démantèlement » de l’industrie nucléaire signifie – et qui ne saurait être considérée comme un objectif évident et indiscutable du mouvement antinucléaire (cf Brennilis) –, ou encore la naïveté du lien quasi-mécanique entre autonomie matérielle et autonomie politique.

Ce qui m’intéresse, c’est surtout la partie 4 : « Bâtir une organisation pas à pas » (p.232 à 273). Du coup, premier constat : cela semble acté que Les Soulèvements de la terre ne sont pas un mouvement, mais bel et bien une organisation politique, et le slogan « on ne dissout pas un mouvement » n’était qu’un effet de manche agité face à la menace de dissolution par le Ministère de l’Intérieur. J’imagine que dresser ce constat m’exposera à la sentence de faire le jeu des flics, sentence qui sert surtout à faire taire les critiques. De toute façon, je ne crois pas qu’ils aient besoin de moi…

Le 8 avril 2024, 17 personnes ont été interpellées par l’antiterrorisme suite à une action ayant entraîné de belles dégradations dans une cimenterie Lafarge de Val-de-Reuil. 9 personnes sont passées en procès le 27 juin à Evreux, procès finalement reporté à décembre avec levée des contrôles judiciaires. Toute notre solidarité à elles !

La transversalité plutôt que l’horizontalité
Le début de l’histoire des Soulèvements de la terre est instructif sur sa manière de s’organiser : tout commence par une réunion à la ZAD normalisée de Notre-Dame-des-Landes, en janvier 2021, avec des gens, des organisations et des collectifs cooptés. Il se décide alors une campagne d’actions et c’est dans ce cercle initial que se recrute une bonne partie des personnes actives dans les différentes commissions structurant l’organisation.

Se dessine déjà une forme d’organisation assez classique, entre la logique du front et celle de l’état-major, avec l’obsession d’agréger des forces, et principalement des organisations. Bref, de faire front commun et de faire tenir ensemble des logiques antagoniques : les révolutionnaires ou ceux et celles qui veulent au moins en découdre avec l’existant et les cogestionnaires du désastre qui ne visent qu’à reconquérir le pouvoir pour administrer un capitalisme sous perfusion écologique.

Pour justifier tout cela, nos stratèges ressortent un vieux concept : celui de transversalité, à savoir « articuler horizontalité et verticalité », pouvoir des chefs et initiative spontanée (p.245). Pour info, cela fait des décennies que les entreprises expérimentent ce type de management, et la gauche l’avait théorisé sous un autre nom : celui de « démocratie participative ».

La transversalité ressemble donc à s’y méprendre à une démocratie participative mâtinée de méritocratie (« seuls les organisations et groupes qui […] sont engagés de manière régulière peuvent influer sur les grands choix stratégiques et tactiques » (p.250)), avec le souci que les chefs mettent la main à la pâte, d’introduire de la mobilité dans la structure par la formation, que tout le monde puisse participer aux activités mais sans jamais définir le cadre.

Dit autrement : « le mouvement perd en force, en joie et en intelligence si on ne travaille pas à en rendre chacun-e acteur-rice », mais ce n’est surtout pas « par refus de principe de la verticalité, qui n’est pas toujours synonyme de coercition » (p.251). Nos stratèges sont des politicien-nes de gauche tout ce qu’il y a de plus classique – à ceci près que le débordement est recherché pour renforcer la puissance du mouvement/de l’organisation, à condition que la spontanéité vienne de groupes aguerris ne cherchant pas à remettre en cause le cadre établi.

D’ailleurs, on apprend que seules les personnes ayant un mandat depuis un espace collectif ont le droit de parler en assemblée. La transversalité repose sur la délégation du pouvoir. Ce n’est de toute façon pas là que se prennent les décisions, étant donné que les assemblées ne sont là que comme chambres d’enregistrement de propositions élaborées ailleurs. Ça a le mérite d’être clair. Le problème n’est pas que des gens viennent avec des propositions concrètes dans les espaces d’assemblée – au contraire, ça peut dynamiser les discussions – mais que n’importe qui ne peut pas le faire. Où se prennent alors les décisions ? Dans les commissions (communication, formation, légale, enquête, liens internationaux, liens avec les organisations politiques, comptabilité, secrétariat…) et chez les représentant-es allié-es des luttes locales. Nos pacificateurs-rices et négociateurs-rices ont fait du chemin depuis leur participation à l’enterrement du mouvement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et son monde, où leur appétit de gestionnaire de lutte était déjà manifeste. Un nouveau seuil est franchi. On attend maintenant le premier à se présenter aux élections ou à devenir porte-parole de la Confédération paysanne… Le ralliement de certains et certaines au Front populaire pourrait bien accélérer la chose.

Cerise sur le gâteau, au détour d’une citation la forme Parti est justifiée, tandis que les zapatistes et les Kurdes (basés sur des organisations militaires) sont cités en exemple. On apprend par ailleurs que le problème d’une trop stricte hiérarchie n’est pas dans le fait qu’elle dépossède les gens, mais qu’elle serait « trop facilement visé[e] et détruit[e] par la répression » (p.247).

Faisant mine qu’il n’y aurait pas d’autres moyens de s’organiser qu’en réintroduisant de la verticalité, que le choix ne serait qu’entre pouvoir des chef-fes et spontanéité pure, c’est bien sûr au nom de l’efficacité que la hiérarchie est justifiée. Il est évident pour tout le monde que porter des coups passe parfois par se préparer en amont sans tout attendre de la spontanéité et demande un minimum de coordination et de préparation, ne serait-ce que matérielle. Se donner les moyens de mener une action collective nécessite, pour des raisons de sécurité évidentes, une certaine opacité – c’est pourquoi cette forme d’action ne peut pas être la seule, d’ailleurs. Il y a aussi probablement des sauts qualitatifs à faire dans les capacités d’auto-organisation. Mais ce qui est certain, c’est que le pouvoir déteste par-dessus tout les révoltes et mouvements sans chef-fes ni visages, sans interlocuteur-rices ni porte-paroles, comme lors des Gilets jaunes ou des révoltes après la mort de Nahel. Il n’y a pas besoin de chef-fes pour combattre le pouvoir et imaginer de nouvelles façons de vivre, au contraire.

L’unité dans la composition plutôt que la diversité
Tout le monde ou presque partage l’idée simple qu’il est plus aisé de combattre quand il y a le nombre, ou que les luttes s’enrichissent de la diversité. C’était le cas dans les bâtiments occupés lors de la lutte contre le CPE, dans les actions joyeuses contre les pylônes THT dans le bocage normand, dans les blocages déterminés des Gilets jaunes, ou encore dans les manifs sauvages et destructrices de la dernière lutte contre une énième réforme des retraites. La question est bien sûr de savoir comment se tissent les liens et pour quel objectif, de garantir que le qualitatif ne cède pas à l’obsession quantitative.

Les luttes sont belles quand elles sont vivantes, quand les postures se délitent et les contradictions se dépassent. C’est ce qu’en raconte notamment une ancienne habitante de la ZAD dans un témoignage paru récemment : « c’est aussi en partie pourquoi la zad a réussi à exister pendant si longtemps : avec autant d’éléments si différents agissant tous différemment mais solidairement ; c’était compliqué pour l’État d’intervenir. La légitimité sociale des paysan.ne.s qui pouvaient organiser des blocages avec des tracteurs, le savoir pratique de l’expérience du squat et de l’action directe qu’ont amené les anarchistes, combiné avec les délais des procédures légales initiées par les groupes de citoyen.ne.s et l’imprévisibilité des punks de la rue – tout cela combiné pour produire une offensive sans cesse changeante, difficile pour les autorités à vaincre facilement, et à pacifier ou à récupérer. En évoluant vers la fausse unité de la composition, le mouvement est devenu plus unidimensionnel et de ce fait plus facile à attaquer ».

Cette évolution, une partie des petits états-majors des Soulèvements de la terre l’ont portée. Pourtant, il y avait avant la première tentative policière d’expulsion de la zone en 2012, mise en échec, déjà des complicités entre agriculteurs-rices, squatteurs-euses, naturalistes, etc. Complicités qui n’empêchaient pas la cohérence d’une lutte « contre l’aéroport et son monde » : la manif de plusieurs dizaines de milliers de personnes passait sous une banderole intimant les partis et syndicats de ranger leurs drapeaux, qui n’étaient pas les bienvenus sur zone, pendant que les véhicules des journalistes étaient attaqués. Peu à peu, les choses ont changé et l’idéologie de la composition n’a cessé de croître, jusqu’à abandonner le « et son monde » pour que quelques squatteur-euses montent leur projet agricole légal sur le dos d’une lutte.

Ce témoignage sur la ZAD a bien raison de préciser que la composition n’est pas la solidarité à la base, mais une unité dans laquelle il faut faire tenir vaille que vaille des logiques opposées et donc (faire) taire les contradictions. Ce ne sont plus des individu-es, rangeant leurs éventuelles cartes d’appartenance dans la poche, qui s’associent librement avec d’autres, mais une juxtaposition de positions antagoniques et d’organisations, aux côtés de député-es et autres leaders de gauche : « quand des élu-es en écharpe montent aussi à l’assaut des lignes de police ou que des autonomes les accompagnent en formant des farandoles, c’est ce moment où chacun-e ne joue plus uniquement le rôle attendu de lui » (p.256), ou encore « la composition ne demande pas que les autres deviennent soi, que la Confédération paysanne agisse masquée ou que les autonomes ne bazardent rien » (p.257). Traduction : merci aux autonomes de rentrer dans le rang et d’abandonner la critique du pouvoir et de la politique.

Il y a bien une limite fixée à cette composition par Les Soulèvements de la terre, à travers un exemple : le refus de laisser le maire de Val-de-Reuil et secrétaire général de LVMH de s’associer au mouvement. Wahou ! Merci de préciser ! Ça laisse beaucoup de monde à séduire.

Finalement, nos stratèges sont bel et bien des politicien-nes comme les autres et les Soulèvements de la terre une sorte de parti qui n’est plus imaginaire ; une organisation qui danse avec la gauche, ou plutôt qui est la gauche. A mon avis, tout adversaire de l’ordre n’a rien à faire avec elles et eux. Les ennemi-es de nos ennemi-es ne sont pas toujours nos ami-es.

Un révolté de la glèbe

[Brochure] Actions directes contre les partis de gauche de 2014 à 2024

Publié le 2024-07-10 07:55:06

« Si nous défendons la révolution sociale, alors notre critique, et l’action qui en découle, ne peut épargner cette gauche politicienne et autoritaire ».



Introduction de la brochure :

Voilà une brochure pour faire bondir ton pote social-démocrate, ce bon citoyen respectable qui glisse son bulletin dans l’urne et se couche la conscience apaisée par le sentiment du devoir accompli. Ce citoyen de gauche qui appelle tous les quatre matins à la sacro-sainte unité. Qui prétend vouloir du changement, mais qui veut préserver le cadre. Qui déteste les débordements, les révoltes, les ingouvernables… oui, le partisan de cette gauche qui espère à chaque élection prendre possession de l’appareil d’État, en faisant de belles promesses et en se présentant comme une alternative désirable.

Mais faut-il le rappeler ? La gauche électoraliste est un piège tendu par le capital pour récupérer les colères et les pacifier. Elle n’aura jamais pour but la destruction de l’État, l’abolition des frontières et des armées, la fin du travail. Pour gouverner, elle a besoin des prisons, des tribunaux, des commissariats et des fonctionnaires qui vont avec. Parce qu’elle est constitutive du système politique dans lequel nous vivons, elle ne peut être qu’une ennemie des anarchistes.

Si nous défendons la révolution sociale, alors notre critique, et l’action qui en découle, ne peut épargner cette gauche politicienne et autoritaire. Et c’est aussi parce que nous croisons cette gauche au gré des luttes et des mobilisations que nous ne savons que trop bien à quel point il est nécessaire de l’attaquer, de l’affaiblir, de la combattre.

A bas les chefs et les représentants !
Pour l’autogestion et la révolution !

Format PDF (page par page) :

Grenoble : « Mort au fascisme »

Publié le 2024-07-11 08:35:05

extrait de France Info / mercredi 10 juillet 2024

Le local de la fédération du parti Les Républicains, situé à Grenoble (Isère), a été tagué par de nombreuses insultes ce mardi 9 juillet. De la peinture rouge a également été déversée sur la porte du bâtiment. Le parti a annoncé avoir déposé plainte.
« LR collabos« , « sales racistes« , « Ciotti t mort » (sic), « Mort au fascisme« , mais aussi de la peinture rouge projetée sur la porte. Le local du parti Les Républicains en Isère n’a pas été épargné ce mardi 9 juillet. Le bâtiment, situé place Paul Vallier, à Grenoble, et qui abrite le siège de la fédération départementale, a été visé par de nombreux tags injurieux et des menaces de mort. […]


Budapest (Hongrie) : Des informations sur la situation actuelle de Maja dans les prisons hongroises

Publié le 2024-07-12 02:45:05

Budapest Antifascist Solidarity Committee / lundi 8 juillet 2024

Manif solidaire à Leipzig, le 3 juillet

Depuis le vendredi 28 juin, Maja se trouve dans une prison de Budapest. Au début, Maja était dans la même prison où se trouvait Ilaria et elle a raconté de conditions de détention horribles. Mercredi dernier (le 3 juillet), le père de Maja a pu rendre visite à son enfant. Le parloir était limité à 15 minutes et a il dû avoir lieu avec un vitre de séparation, à l’aide d’un interphone. De plus, il était autorisé à déposer des affaires pour Maja : une serviette était trop grande et a dû être coupée en deux, aucun liquide n’a pu être remis et les rouleaux de papier toilette étaient limités à quatre. Apparemment, la prison aurait fourni à Maja un paquet avec des effets de première nécessité. Pendant la journée, Maja reçoit des livres en anglais et en allemand et il se peut qu’elle/il ait été autorisé.e à porter avec soi quelques livres de Dresde.

Pour l’instant, Maja est isolé.e de tous les autres détenues, elle/il est seul.e dans une cellule et n’a qu’une heure par jour de promenade, qu’elle fait seul.e aussi. De surcroît, la cellule est surveillée par caméra, 24 heures sur 24, et si, par exemple, Maja monte sur le lit pour fumer à la fenêtre, on lui ordonne immédiatement de descendre. Dans la prison, domine une ambiance militaire, Maja doit toujours faire correctement son lit. Quoi qu’il en soit, personne n’ose s’en prendre à Maja et une fois par jour une intervenante vient la visiter et Maja peut lui parler.

À l’avenir, seulement les membres de la famille proche, enregistrés, pourront venir aux parloirs, quatre personnes à la fois au maximum et pendant 60 minutes, deux fois par mois. À l’heure actuelle, seul le père peut envoyer des lettres à Maja, à partir d’une adresse, enregistrée, de Budapest. Clairement, comme celles d’Ilaria, les possibilités de communication de Maja seront aussi fortement limitées.

Maja est très heureux.se d’être informé.e de tout le soutien et de la solidarité, elle/il en est très reconnaissant.e et envoie ses salutations de tout son cœur.

Lormes (Nièvre) : « Darmanin, on t’emmerde »

Publié le 2024-07-12 09:20:06

Le Journal du Centre / vendredi 5 juillet 2024

Lormes s’est réveillé avec des tags anti-extrême droite et contre le gouvernement actuel, ce vendredi 5 juillet. En plusieurs endroits dans la commune, des inscriptions sur les services de l’État, tels que la gendarmerie, la Poste ou des commerces comme une pharmacie et le magasin B1. La municipalité n’a pas souhaité s’exprimer sur ce sujet. « Darmanin, on t’emmerde » ou, plus soft, « mur du futur » en référence directe à « Lormes, petite ville du futur » ont été retrouvés inscrits dans la ville.

Carapatage, les rediffs de l'été !

Publié le 2024-07-12 16:45:06

Les dernières émissions et les rediffs pour l’été. Des émissions d’actualités ou d’analyses à écouter ou réecouter !
Carapatage c’est une émission de radio en direct contre les prisons, la répression et le contrôle, à travers l’actualité de l’enfermement mais aussi son histoire, en racontant les luttes à l’intérieur et à l’extérieur, en échangeant ce qu’on a vu, lu et entendu.



C’est l’été à Carapatage, alors on vous propose des redifffusions en juillet et août, les premiers et troisièmes mercredi du mois à 20H30 sur 89.4 FM (Radio Libertaire) en IDF. A écouter le :
3 juillet, Conquête coloniale et enfermement en Algérie https://carapatage.noblogs.org/carapatage-66-conquete-coloniale-et-enfermement-en-algerie-06-03-24/
17 juillet, Manger en prison : de la gamelle aux plats de résistance https://carapatage.noblogs.org/carapatage-55-manger-en-prison-de-la-gamelle-aux-plats-de-resistance-20-09-23/
7 août, La prison, le genre et la violence de l’inclusion https://carapatage.noblogs.org/carapatage57-la-prison-le-genre-et-la-violence-de-linclusion-18-10-2023/.
Avant la reprise des directs le 4 septembre.

Vous pouvez retrouver toutes ces émissions en podcast sur le blog carapatage.noblogs.org et sur les applis de podcast ainsi que toutes les autres émissions de l’année et que les plus anciennes.
Parmi les émisions de cette année une sur les politiques répressives déja en vigueur avant les élections alors que la loi Darmanin allait être voté, Dynamique actuelle de la répression des étranger.e.s en France https://carapatage.noblogs.org/carapatage60-dynamique-actuelle-de-la-repression-des-etranger-e-s-en-france/ . Mais aussi une émission de juin sur la prison de Fleury-Merogis https://carapatage.noblogs.org/carapatage71-la-prison-de-fleury-merogis-05-06-24/ , plus grande taule d’Europe avec plus de 3400 places. Dans cette émission, on parle des mobilisations de proches suite à des meurtres des matons et « suicides déguisés ». On parle aussi des révoltes qu’il y a eu à l’intérieur que ça soit dans les années 80 ou plus récemment à la MAF en 2016. Alors que la justice continu d’enfermer à tout de bras et que la france bat des records de surpopulations. Les Jeux olympiques ne laisse pas présager une baisse de cette tendance, on en parle dans la dernière émision de juin.
Et sur un autre sujet, une émission de mai sur les Tutelles https://carapatage.noblogs.org/carapatage70-les-tutelles-un-outil-de-repression-17-05-24/ , "Tutelles, curatelles, sauvegarde de justice … autant de “mesures de protection” qui permettent à une personne désignée par un.e juge de prendre le contrôle sur la vie de quelqu’un, principalement en gérant sa thune. On discute du fonctionnement des tutelles, des assos et autre “Mandataire Judiciaire” qui font leur business sur ce système, des dénonciations d’assistant.es soci.ales.aux et soignant.es, et du quotidien quand on est sous tutelle.Dans cette émission, deux personnes nous racontent leur vie sous tutelles, leurs rapports à la justice et à leur tuteur.ices, les façons dont iels ont résisté et se sont sortie de ces mesures."

Bonne écoute en direct ou sur carapatage.noblogs.org et sur les applis de podcast.
N’hesitez pas à nous suivre sur @carapatage sur insta et nous faire des retours à carapatage@riseup.net ou au 4 villa Stendhal, 75020 Paris.

Adresse ouverte aux comités locaux des Soulèvements de la Terre

Publié le 2024-07-12T16:07:26+02:00

Ces brochures sont le résultat de deux journées de rencontre, à quelques-un-es. Nous avons tenté « d’arrêter le temps », comme le dit l’un-e d’entre nous. Moment qui nous semble important, mais que, dans le fil des mobilisations, nous ne vivonspas souvent. Nous voulions créer un espace de réflexion sur nos pratiques et le sensà donner à nos actions.

Les 6 premières brochures sont des résumés d’interviews croisées qui posent plus dequestions qu’elles ne donnent de réponses. Les quatre dernières sont des réflexions à partir de textes des Soulèvements de la Terre (SDT) ou de sociologues qui peuvent amener de l’eau aux débats. Entre ces deux séries, des témoignages sur les formesd’engagement et sur les mobilisations à Sainte Soline. Nous nous sommes réuni-es une première fois mi-mai 2024. Nos questionnements tournaient autour de nos positionnements face aux mouvements autoritaires (comment faire quand on essaie d’être anti ou non autoritaires ?), face à l’urgence dans nos mouvements, etc.

Notre référence était le mouvement environnementalistequi monte en puissance : les Soulèvements de la Terre.Lors de notre deuxième rencontre, fin juin 2024, nous nous sommes retrouvé-es, defaçon non anticipée, devant le danger imminent d’un gouvernement d’extrême-droite en France. Cette perspective colora la relecture des interviews, sans que cesquestionnements ne perdent ni leur acuité ni leur pertinence.

Bonne lecture. Bonnes discussions.

Pour nous contacter : soulevementsdudoute@riseup.net

 

LES TEXTES ET BROCHURES SONT DANS LE LIEN SUIVANT :

SLD

[Eymoutiers]L'Action francaise viens nous saluer...

Publié le 2024-07-13 11:00:04

Alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir et que ses franges les plus radicales s’organisent pour multiplier les actions violentes [1], certains groupuscules aux idées moisies tentent de s’exporter dans des territoires où ils n’étaient jusque là pas les bienvenus.



C’est le cas de l’Action francaise Limoges, section locale du plus vieux groupe néofasciste francais, violemment raciste, sexiste et homophobe, qui prêche entre autres la fermeture des frontières, l’interdiction du mariage homosexuel et, tant qu’à faire, le retour de la monarchie et l’abolition de la République.

Et c’est donc à Eymoutiers, charmante « petite cité de caractère » en bordure du plateau de Millevaches que les nostalgiques des Camelots du roi tentent de s’implanter, en multipliant les collages invasifs de leurs infâmes affiches jaune pisse et les tags haineux qui apparaissent aux heures les plus tardives de la nuit, sur des murs qu’on a plutôt l’habitude de voir colorés en rouge et noir.

Si il y a quelques années encore, leurs gesticulations de cathos intégristes traumatisés par la vue du moindre drapeau arc-en-ciel pouvait prêter à moquerie, il est important de relever qu’une nouvelle génération, moins portée sur le folklore royaliste mais plus prompte à la baston, a repris le flambeau. À Limoges, des militant.e.s en ont déjà fait les frais lors d’une série d’agressions dont les fafs se vantent ouvertement sur leurs réseaux sociaux. [2]

Nous savons la période critique. Si la montée du fascisme se fait sentir depuis des années, ces dernières semaines ont vues un déferlement de violence et de racisme le plus crasse, profitant de la légitimité offerte par les médias mainstream et de la complicité du régime macronniste. N’oublions pas que, dès 2019, Macron citait Charles Maurras, dirigeant historique de l’Action francaise, pour évoquer le thème de l’immigration face à ses députés. [3]

A l’échelle locale on peut aussi questionner le choix d’Eymoutiers pour cette campagne d’affichage publique produite par un groupe extérieur, sur un territoire historiquement marqué à gauche. Est-ce une réelle tentative d’implantation locale ou une simple provocation passagère, une manière de montrer ses muscles et de titiller la gauche radicale du coin, déjà régulièrement ciblée par les médias et la répression ? Quoi qu’il en soit, nous appelons à la vigilance et à la détermination face à l’extrême-droite et tous ses avatars. Nous avons confiance dans les liens que nous avons tissés sur ce territoire où les valeurs d’accueil, de lutte et de solidarités ne sont pas que des slogans, nous connaissons la force et la réactivité de nos réseaux en cas de coups durs.

Nous ne reculerons pas
Nous ne baisserons pas les yeux
Fascistes, pensez à vérifier votre angle mort



Notes

Blois : Une tentative d’entraver le passage de la flamme olympique

Publié le 2024-07-14 07:40:03

La Nouvelle République / jeudi 11 juillet 2024

Une personne a été interpellée lundi 8 juillet 2024 pour avoir jeté des clous devant le cortège de la flamme olympique, à son arrivée à Blois. Elle sera jugée pour délit d’entrave.

Si globalement, le passage de la flamme olympique s’est déroulé dans la bonne humeur dans le département, à Blois, un incident a donné lieu à une interpellation, lundi 8 juillet 2024 en début de soirée.
Alors que le cortège approchait du jardin de l’Évêché, un individu a jeté des clous sur la chaussée juste avant un groupe de motards. Il n’y a pas eu de crevaison ni de chute à déplorer. L’homme a été aussitôt arrêté par la police et placé en garde à vue. Il est ressorti du commissariat avec une convocation, en janvier prochain, devant le tribunal, pour délit d’entrave.
Selon nos informations, cet homme avait été contrôlé auparavant avec deux autres sympathisants d’extrême gauche, pour avoir collé des affichettes hostiles aux Jeux olympiques. […]

 

[in English]

Berlin (Allemagne) : Une foreuse de Bauer AG incendiée, en raison de sa participation à THE LINE

Publié le 2024-07-14 07:45:07

de.indymedia.org / vendredi 12 juillet 2024

Bauer AG est une entreprise de génie civil hautement spécialisée, qui se rend complice de la destruction de biotopes et de l’expulsion de leurs habitant.es, en participant à des projets d’infrastructures et de constructions gigantesques, dans le monde entier.

« Ce que nous faisons aujourd’hui détermine ce à quoi ressemblera le monde de demain »

Cette phrase inoffensive du patron de Bauer AG* signifie une menace sérieuse pour tout ce qui existe et qui ne correspond pas à l’idée occidentale du progrès, ou qui une veut pas s’y soumettre. Car là où s’étendent les tant vantées conquêtes de la civilisation, s’invite aussi, toujours, une mentalité coloniale qui veut quantifier tout le vivant en fonction de son utilité et qui est obsédée par la volonté de dominer et de contrôler le sauvage et l’imprévisible. Mais cela ne reste pas toujours sans réponse. Récemment, l’opposition continuelle de la Première Nation Wet’suwet’en au gazoduc Coastal GasLink, au Canada, qui, encore une fois, traverse leur territoire, a attiré l’attention sur la participation de l’entreprise Bauer à ce crime. Mais Bauer ne veut rien savoir de tout cela. On écrit la responsabilité et le développement durable sur sa bannière et on se flatte de réduire l’impact environnemental et l’empreinte carbone grâce à des solutions innovantes et à la numérisation.

Mais quand le prince héritier saoudien brandit ses dollars et appelle, au nom de la transition énergétique, on accourt vite. Il s’agit du cauchemar devenu réalité d’une Smart City dystopique appelée THE LINE, ainsi que du très convoité hydrogène vert et des taxis volants pilotés par l’IA. THE LINE est un gigantesque projet d’urbanisation, visant à construire une nouvelle ville futuriste qui, une fois complétée, s’étendra de la mer Rouge vers l’intérieur des terres, sur 170 km, et qui, avec une largeur de 200 mètres et une hauteur de 500 mètres, est prévue pour neuf millions d’habitant.es. Vantée comme la première ville neutre en CO2, ce projet attire des entreprises et des investisseurs internationaux et veut être à l’avant-garde de l’urbanisme de l’avenir. Smart, connecté, respectueux de l’environnement. Tout à fait compatible avec l’esprit du temps occidental. En outre, la Smart City doit favoriser l’hydrogène, une source d’énergie importante pour la transition énergétique. Une série de grosse entreprises européennes ont déjà décroché des commandes importantes pour THE LINE, dont ThyssenKrupp, Volocopter, Bauer AG, Veolia, Siemens Energy, Keller Grundbau GmbH, Kühne+Nagel, Trewi, Navia et FCC. Bauer AG est responsable de la réalisation des forages profonds, avec un contrat de 240 millions d’euros. Avec une telle somme, il est facile d’ignorer que, sur ce chantier, la plupart des travailleur.euses migrant.es sont brutalement exploité.es.
Pour la réalisation de ce projet, le gouvernement saoudien a également déplacé de force des milliers d’indigènes Howeitat, qui vivent sur place depuis des siècles. Qui résiste est arrêté.e, torturé.e ou assassiné.e. La transition énergétique dans tout sons splendeur. Même les innovations technologiques tant acclamées ne sont plus aussi séduisantes, si l’on considère que pour cela on met en place des systèmes de surveillance numérique, afin de trouver les dissident.es politiques et de permettre un contrôle social étendu. Dans le même temps, des quantités absurdes de ressources sont utilisées pour réaliser cette folie et il faut s’attendre à ce que cette Smart City monstrueuse, longue de 170 km, entrave massivement les mouvements migratoires habituels des animaux et déséquilibre la flore et la faune locales.

En fin de compte, THE LINE est, sur toute la ligne, une catastrophe écologique totale et une tragédie humaine. La seule chose positive à ce sujet est peut-être que, avec de tels exemples, les mensonges de la transition énergétique se dévoilent d’elles-mêmes. Au final, il ne s’agit de rien de moins que de remodeler l’exploitation industrielle et technologique pour satisfaire le besoin constant de croissance économique et de maximisation du profit. Feu et flamme pour tous ceux qui y participent et s’y enrichissent !

C’est pourquoi, dans la nuit du 12 juillet, nous avons mis le feu aux câbles hydrauliques d’une foreuse de la société Bauer, sur un chantier de la Köpenickerstraße, à Berlin-Mitte.

Pour en savoir plus [en allemand].

* Note d’Attaque : il s’agir en réalité d’une citation de Marie von Ebner-Eschenbach.