Si nous écrivons ces lignes, c’est pour avertir de cette énième, quoique ancienne, pratique répressive en cours.
.https://roundrobin.info/2018/07/lecce-infiltrati/
Voir aussi :
Angleterre : Infos à propos de l’ancien policier infiltré Mark Kennedy
Si nous écrivons ces lignes, c’est pour avertir de cette énième, quoique ancienne, pratique répressive en cours.
.https://roundrobin.info/2018/07/lecce-infiltrati/
Voir aussi :
Angleterre : Infos à propos de l’ancien policier infiltré Mark Kennedy
« On veut vraiment finir bien, avec le sourire, faire péter la France. »
Paul Pogba, 13 juillet 2018.
« Tout niquer sur les champs c’est comme un rêve d’enfants, tous banlieusards mis au ban, rats des villes et des champs, des cauchemars qui nous hantent comme des rêves attachants, des lendemains qui déchantent comme des refrains tranchants. »
Enedeka Maska, SKP, 2013.
Ah cette Coupe du Monde, comme c’était kiffant, avec ses surprises (l’Allemagne sortie au premier tour avec une dernière défaite contre la Corée du Sud, l’Espagne éliminée aux tirs aux buts en 8e par la Russie, le Japon à deux doigts d’éliminer la Belgique qui finalement se qualifie et bat le Brésil...), et les matches de l’équipe de France qui sont de plus en plus enthousiasmants au fil du tournoi, avec Kanté, Griezmann, Mbappé, Varane, Pogba, Lloris et les autres qui nous font vivre des scénarios de oufs depuis les 8e contre l’Argentine jusqu’à la finale contre la Croatie ! Trop bon ! Merci les gars !
Mais on n’est pas dupes non plus. Cette joie est éphémère, et surtout, elle est systématiquement récupérée par le pouvoir, quel que soit le président en place, quel que soit le contexte politique. Alors Macron qui se tape l’incruste, qui claque des bises aux joueurs comme si c’était ses potes, on sait très bien qu’il est en mode récupération et ratissage [1], que c’est un moyen de nous faire oublier que la politique de son gouvernement est aussi merdique que celle des précédents gouvernements, si ce n’est pire. Et c’est sûrement pire, en fait.
En juillet 1998, ça avait pété dans la joie après la première victoire finale en Coupe du Monde. En 2006, ça avait pété aussi après les victoires des bleus en quarts et en demi (avec des matches de dingo de la part de Zizou), mais pas après la finale perdue contre l’Italie. Perso, je serais plutôt tenté de tout péter quand on perd, mais bon, la vérité c’est que ça me va de tout péter quelles que soient les circonstances. Tant qu’on vivra dans un monde d’exploitation et d’inégalités sociales, on aura raison de (vouloir) tout péter.
Ce dimanche 15 juillet, après la victoire des bleus en finale contre la Croatie, des centaines de milliers de personnes sont sorties fêter ça dans la rue, et c’est parti en émeute un peu partout en France, de Paris à Marseille, en passant par Lyon, Strasbourg, Rouen, Grenoble, Nantes, etc.
À Paris, il y avait une sorte de "lâcher prise" un peu partout, dans le métro, le RER et dans les rues, ça klaxonnait de partout, ça gueulait, et des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées sur les Champs-Élysées et dans les rues autour. Des gens de toutes les générations, de toutes les couleurs, de tous les coins de l’Ile-de-France (et d’ailleurs), et forcément, tout le monde n’était pas là tout à fait pour les mêmes raisons. Fêter la victoire finale en Coupe du Monde, bien sûr, c’était le dénominateur commun. Mais dans les VIIIe et XVIe arrondissements de Paris, l’avenue des Champs-Élysées, les coins les plus outrageusement bourgeois de Paris, avec des flics anti-émeute à tous les coins de rue, on peut comprendre qu’un bon nombre des personnes venues fêter la Coupe du Monde aient voulu en profiter pour mêler la rage à leur joie !
La liesse collective qui fait suite à la victoire des bleus fait oublier nos soucis personnels et nos galères quotidiennes pendant quelques heures, voire quelques jours, mais la réalité sociale est tenace et remonte vite à la surface : c’est la merde à l’école, au taf, avec les administrations sociales, avec les proprios ou les agences pour le logement, avec les autorités en général (et les flics en particulier), et tout ça n’est pas près de changer...
Alors Macron, remballe ton sourire et calme ta joie avec ta récup’ politique tellement prévisible !
Je ne sais pas exactement comment les affrontements ont commencé sur les Champs, si c’est les flics et leurs attitudes de merde qui ont mis le feu aux poudres, ou si c’est quelques énervé.e.s qui ont commencé à les caillasser, mais dans les deux cas, la révolte est bien compréhensible, et nécessaire.
De mon point de vue, au milieu de centaines de personnes sur les Champs-Élysées, j’ai d’abord vu des flics balancer des palets de lacrymogène près de la foule et y créer un effet panique assez flippant. Des dizaines de milliers de personnes qui refluent sur un terrain bondé de gens, c’est pas évident. Et encore moins dans un contexte où l’expérience des manifs et des émeutes manque à l’énorme majorité des gens présent.e.s. Il y a quand même eu de bons réflexes d’entraide, même si le sérum physiologique pour nettoyer les yeux attaqués par la lacrymo manquait cruellement. Parce qu’on a fini par être sérieusement noyé.e.s dans les gaz lacrymogènes !
Alors la rage a redoublé et de plus en plus de gens se sont mis à caillasser les flics, en plusieurs endroits des Champs-Élysées, pendant quelques heures, les flics ripostant systématiquement par des gaz lacrymogènes, puis en fin de soirée avec quatre canons à eau. Et pendant toute cette soirée, de beaux moments ont rendu la fête mémorable : le pillage de plusieurs magasins sur l’avenue des Champs-Élysées et sur l’avenue de la Grande Armée : notamment le Drugstore Publicis, un Intermarché, un magasin de scooters, un kiosque à journaux, ... La casse et/ou la tentative de pillage mise en échec du magasin Adidas et de la boutique officielle du Paris-Saint-Germain (cette dernière étant d’abord protégée par les flics, puis tristement gardée par des supporters zélés du PSG), d’un magasin Yves-Rocher, etc. Des barricades enflammées, notamment sur l’avenue Franklin D. Roosevelt, des arrêts de bus et des panneaux de pub pétés, des voitures renversées et/ou cramées, en plus des habituels pavés et autres bouteilles, des feux d’artifice servent de projectiles contre la police, cette ambiance émeutière gagnant un périmètre assez large, c’était le chaos dans les rues les plus riches de Paris, un très grand moment [2] ! Largement à la hauteur de cette belle Coupe du Monde.






[1] Mais alors bien sale, pas comme N’golo Kanté !
[2] Seule ombre au tableau, près d’une centaine de gardes-à-vue auraient été effectuées sur Paris...

Le Figaro via AFP / Mardi 17 juillet 2018
Dimanche soir, plusieurs heures après la victoire des Bleus en finale de la Coupe du monde, ils ont quelque peu gâché la fête. Vols, violences, dégradations, outrages et rébellion aux forces de l’ordre… Hier soir, le parquet de Paris a indiqué que les gardes à vue de 31 personnes soupçonnées d’avoir participé aux débordements survenus dans la capitale avaient été prolongées. La préfecture de police avait initialement annoncé, hier, que 90 personnes avaient été placées en garde à vue dans la capitale, mais le parquet de Paris a revu ce bilan à la baisse dans la journée pour atteindre un total de 57 gardes à vue. Selon le parquet, ce différentiel s’explique par le fait que ce comptage ne retient que les «infractions directement liées à la finale de la Coupe du monde de football», excluant par exemple d’autres délits comme certaines infractions routières. Au total, 292 personnes ont été placées en garde à vue dans toute la France lors de cette nuit festive, notamment émaillée dans plusieurs grandes villes, comme à Paris, Lyon ou Marseille, par des échauffourées opposant des forces de l’ordre à des groupes de «casseurs» Sur les 57 personnes en garde à vue hier à Paris, 44 étaient majeures et 13 mineures. Concernant les 44 majeurs, neuf d’entre eux ont été libérés lundi sans être poursuivis en raison d’infractions insuffisamment caractérisées, tandis que 23 autres ont vu leur garde à vue prolongée lundi soir, certains soupçonnés d’être impliqués dans des scènes de pillages, d’après une source proche de l’enquête.
Onze majeurs vont par ailleurs être présentés à la justice en vue d’une éventuelle comparution immédiate devant le tribunal correctionnel. Un autre a par ailleurs été convoqué devant le délégué du procureur qui pourrait lui notifier un stage de citoyenneté.
Du côté des mineurs, huit d’entre eux étaient toujours entendus en garde à vue lundi soir. Deux autres vont être présentés au parquet pour d’éventuelles suites judiciaires et un mineur est par ailleurs convoqué devant le juge pour enfants. Deux mineurs ont été relâchés pour infractions insuffisamment caractérisées.
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Le Parisien avec AFP / Lundi 16 juillet 2018
Un total de 292 personnes ont été placées en garde à vue dans toute la France, selon le bilan établi lundi par le ministère de l’Intérieur. Quarante-cinq policiers et gendarmes ont été blessés au cours d’incidents mais aucun ne l’a été gravement, a précisé le porte-parole du ministère. […]
Des blessés et 102 interpellations à Paris. 102 personnes ont été interpellées dimanche soir à Paris, et 90 d’entre elles placées en garde à vue, a annoncé lundi le préfet de police de Paris. De nombreux blessés sont à déplorer. « Compte tenu de la foule présente et malgré des débordements inacceptables, on doit enregistrer un bilan mesuré », a souligné le préfet Michel Delpuech, lors d’une conférence de presse.
Trente interpellations après les violences à Lyon. Les forces de l’ordre ont interpellé 30 personnes dimanche soir à Lyon après les violences, vols et échauffourées. Parmi elles, 18 ont été placées en garde à vue pour des « vols » par effraction après le saccage, notamment, d’une boutique de vêtements Lacoste et d’une vitrine du grand magasin Le Printemps au centre-ville. Les 12 autres sont mises en cause pour des « violences » et « jets de projectiles » sur les forces de l’ordre, ces affrontements sur la presqu’île et dans le quartier de la Guillotière ayant fait 11 blessés légers parmi les 360 gendarmes et policiers mobilisés pour encadrer la soirée.
Le Drugstore des Champs-Elysées pillé par des casseurs. Dans la capitale, une trentaine de casseurs [100 à 150 d’après d’autres sources, NdA] ont pénétré avant 22 heures dans le Drugstore Publicis des Champs-Elysées, pillant notamment bouteilles de vin ou de champagne, avant d’être dispersés par les forces de l’ordre qui se sont ensuite employées à protéger l’entrée du magasin. Au moins deux autres supérettes ont également fait l’objet de pillages.

À Marseille, plusieurs incidents ont éclaté, notamment autour du Vieux-Port et de la fan zone. « ll y a eu de nombreux jets de projectiles, deux membres des forces de l’ordre ont été blessés, et 10 personnes ont été interpellées« , a rapporté un porte-parole de la police. Peu avant 23 heures, la situation était redevenue calme.
À Strasbourg ou à Rouen, des heurts sporadiques ont opposé jeunes et forces de l’ordre qui ont échangé projectiles et gaz lacrymogènes. Sept personnes ont été interpellées dans la capitale de la Seine Maritime, a rapporté la préfecture. Au total, quarante-cinq policiers et gendarmes ont été blessés au cours d’incidents mais aucun ne l’a été gravement, a précisé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Frédéric de Lanouvelle. […] Au total, quarante-cinq policiers et gendarmes ont été blessés au cours d’incidents mais aucun ne l’a été gravement, a précisé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Frédéric de Lanouvelle.
Images des Champs-Elysées après la fête aux bleus :

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Le Parisien / Lundi 16 juillet 2018
Vingt-quatre véhicules incendiés et dix-huit détruits par propagation des flammes ont été recensés la nuit dernière en Seine-Saint-Denis. Il a aussi été comptabilisé vingt-huit jets de projectiles dont huit tirs de mortiers ainsi que douze feux de poubelles repérés notamment à Sevran. Vingt-huit personnes ont été interpellées à la suite de ces violences diverses. On ne déplore aucun blessé. Ce bilan « relativement satisfaisant » s’explique par la forte mobilisation policière et peut être aussi par un « effet Mbappé », l’attaquant vedette des Bleus, natif de Bondy. Lors de la nuit du 14 juillet, toujours attendue avec appréhension par les forces de l’ordre, « il y a eu moins de véhicules brûlés que l’an dernier », indique la préfecture qui ne divulgue plus officiellement ces chiffres pour éviter un effet de surenchère. En 2016, elle avait recensé une trentaine de voitures détruites par incendie dans le département.
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Val-de-Marne : des véhicules cramés, un comico sous les projectiles (dont des Molotovs)
Le Parisien / Lundi 16 juillet 2018
Il y a eu des dégâts. Mais bien moins que ce que craignaient les autorités. Selon nos informations, une dizaine de véhicules ont été incendiés dimanche après la victoire de l’équipe de France en Coupe du monde. Quelques personnes, principalement des mineurs, ont été interpellées. C’est dans le quartier de La Haie-Griselle à Boissy-Saint-Léger qu’il y a eu, semble-t-il, le plus d’incidents recensés. Dans la nuit de samedi à dimanche, deux jeunes ont ainsi été interpellés pour des menaces de mort sur un policier en faction. Une insulte qui survenait alors que le commissariat avait été la cible de projectiles, notamment des cocktails-molotov, tout au long de la soirée. Toujours la même nuit à Vitry, un jeune de la commune avait été arrêté alors qu’il préparait une rampe de lancement pour mortiers en direction du commissariat. Au même moment, rue du Docteur-Calmette, à Limeil, la vitre d’un camion de pompiers avait été brisée après un caillassage.
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Grenoble : des affrontements, de la casse et des pillages
France Bleu Isère / Dimanche 15 juillet 2018
Peu après la victoire des Bleus en finale du mondial dimanche soir, les premiers incidents ont éclaté à Grenoble, cours Jean-Jaures et cours de la Libération et du Général de Gaulle. Des casseurs – visage recouverts de foulards pour certains – ont renversé une trentaine de voitures, brisé des dizaines de vitres d’abri-bus et de tramway, avant de mettre le feu à de nombreuses poubelles sur les trottoirs.
Une confrontation avec les forces de l’ordre s’est alors engagée. Policiers et gendarmes ont fait usage de gaz lacrymogène pour faire reculer les fauteurs de troubles qui projetaient sur eux toutes sortes de projectiles. Au total, cinq personnes ont été interpellées dans les rues de Grenoble. La pluie qui s’est mise à tomber quelques heures après la fin du match a finalement refroidi les ardeurs des plus belliqueux, la tension retombant petit à petit en soirée.
Le Dauphiné / Mardi 17 juillet 2018
Quatorze véhicules incendiés, plus d’une dizaine d’autres retournées, des arrêts de bus ou de tram démolis, deux commerces fracturés et pillés… C’est une partie du bilan de cette soirée d’après-match dimanche qui a dégénéré en violences urbaines opposant les forces de l’ordre à une foule hostile comptant, au plus fort, quelque 300 individus dont beaucoup avaient dissimulé leurs visages sous des tee-shirts ou des cagoules. Pour les sapeurs-pompiers aussi cette soirée de victoire a été particulièrement agitée. Rien que sur l’agglomération grenobloise, ils sont intervenus à 59 reprises pour des secours à personne liés à ces “festivités” et ont été engagés pour éteindre 78 incendies de diverses natures. Dimanche soir, on était très loin du slogan de la « Métropole apaisée ». Outre ces dégradations, on apprenait aussi par le biais de témoignages qu’un autocar Flixbus qui passait sur le cours Jean-Jaurès à proximité d’un rassemblement hostile a vu ses soutes ouvertes par des personnes qui voulaient y voler les bagages des voyageurs avant d’être pris en chasse et mis en fuite par le chauffeur, des témoins et des policiers. Un peu plus tôt, le chauffeur d’un autre autocar de la même compagnie avait été frappé alors qu’il essayait de circuler sur le boulevard Gambetta. Au total, quatre hommes ont été interpellés. Deux d’entre eux avaient jeté des projectiles sur les forces de l’ordre. Un troisième faisait partie d’un groupe qui retournait des voitures sur le cours de la Libération. Ces trois-là, ont été laissés libres et sont convoqués à une date ultérieure devant la justice. Le quatrième en revanche était toujours hier soir en garde à vue. Il avait été appréhendé sur l’avenue des Jeux-Olympiques en possession d’un cocktail Molotov. Hier matin, vers 10 heures et 12 h 20 de nouveaux véhicules ont été détruits par les flammes Allée Picasso à Saint-Martin-d’Hères et rue du Maquis de l’Oisans à Grenoble.

A Annecy, six véhicules ont été incendiés au cours de la nuit de dimanche à lundi.
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DNA / Mardi 17 juillet 2018
Le dispositif de sécurité mis en place par la Ville de Mulhouse en concertation avec la police a bien fonctionné. Dans l’hypercentre-ville, la circulation des véhicules a été interdite. Des patrouilles fixes de la police municipale ont bloqué la plupart des entrées et des rochers et blocs de béton ont été posés sur certains axes pénétrants. Et hormis quelques fumigènes lancés dans la foule, aucun incident notable n’est à déplorer. C’est finalement loin de ces dispositifs que les premiers incidents ont été enregistrés vers 20h, avec une voiture incendiée avenue Aristide-Briand. La présence d’un groupe hostile, avec des individus au visage masqué, a rendu l’intervention des pompiers compliquée. Les motards de la police municipale, qui sécurisaient précisément une intervention des soldats du feu, ont été la cible de jets de projectiles. Un policier a été atteint au niveau du casque. Ce même groupe a très vite grossi. On parle d’une centaine de personnes vindicatives. Très mobiles, elles ont joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre entre le quartier de la rue Franklin, la place du Marché et l’avenue Aristide-Briand. Les policiers ont essuyé des jets de pierres et même de boulons démontés sur du mobilier urbain.
C’est à l’intersection entre la rue Franklin et le boulevard Roosevelt que les affrontements ont été les plus violents. Les casseurs ont profité de la présence de barrières et de panneaux sur un chantier pour barrer la route et empêcher la progression des forces de l’ordre. Les fonctionnaires de police, épaulés par les CRS, ont fait usage de leurs LBD, des lanceurs de balles de défense, mais aussi de grenades lacrymogènes, lesquelles ont permis de mettre à distance les petits groupes et de les disperser. Les affrontements ont duré jusqu’à 23h30. Une dizaine de personnes ont été interpellées, la plupart sont des mineurs de 16 et 17 ans, les autres de jeunes majeurs, le plus âgé ayant 24 ans. Plusieurs véhicules de police ont été dégradés, notamment ceux de la BAC, brigade anticriminalité, et quatre policiers ont été légèrement blessés.
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DNA / lundi 16 juillet 2018
Des actes de vandalisme ont gâché la fête dimanche soir dans les environs de la place des Halles, un secteur de la ville habituellement calme. Plusieurs véhicules garés rue des Halles ont été dégradés par des bris de vitres ou de pare-brise. La vitrine du local à vélos d’un immeuble donnant sur la rue a également été brisée. Rue Friese, plusieurs poubelles ont été incendiées.
Les dégâts les plus importants ont été commis rue du Travail, à La Solidarité. La brasserie, qui était fermée dimanche soir, a subi de lourds dommages. Ses quatre larges baies vitrées ont volé en éclats et les deux vitres de la porte d’entrée ont été étoilées. Les casseurs ont utilisé les bancs et les tables qui étaient bâchés sur le trottoir pour saccager les lieux. « Ils étaient là pour casser, indique un employé affairé à enlever les débris de verre ce lundi matin. Ils sont venus avec des cailloux. » Une partie des éléments de la terrasse a été brûlé par les casseurs sur le trottoir. Le patron ne sait pas encore quand il pourra rouvrir. « On espère dans la semaine, peut-être demain ou mercredi », confie-t-il, alors que des fonctionnaires de la police scientifique tentent de glaner des indices à l’intérieur.

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France Bleu Provence / Dimanche 15 juillet 2018
[…] Malgré un arrêté d’interdiction, des fumigènes, des pétards et des projectiles ont été tirés notamment en direction des forces de l’ordre. Elles ont répliqué en utilisant des gaz lacrymogènes. Une voiture de police a été coincée à l’angle de l’Opéra et du Vieux-Port. Et sur le rond-point du Prado, plusieurs personnes sont montées sur un bus et abîmé le pare-brise. Des poubelles ont également été incendiées. 27.000 personnes ont assisté à la finale au parc Chanot à Marseille où une fan zone avait été installée. Pour assurer la sécurité sur la fan zone, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône avait équipé un ballon d’une caméra, volant à 200 mètres de haut. Sur le Vieux-Port ce sont près de 40.000 personnes qui se sont rassemblées, certaines se jetant à l’eau. 2500 policiers et gendarmes ont été mobilisés dont 1300 à Marseille, les 14 et 15 juillet.
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France Bleu Normandie / Dimanche 15 juillet 2018
A Rouen, les premiers incidents ont commencé à 19h45 avec des jets de projectiles contre les forces de l’ordre. Les incidents se sont poursuivis vers 21h avec un groupe plus organisé près de l’Hôtel de Ville. La police évoque « une petite centaine de personnes ». Les forces de l’ordre ont utilisé leur gaz lacrymogène et la place a du être évacué. Au total 10 personnes dont 2 mineurs ont été interpellées. Parmi eux : 6 sont entendus pour des jets de projectiles et 4 pour dégradation rue Jeanne d’Arc, rue du Général Leclerc et rue Saint Sever. Il y avait à 8h30 ce lundi matin 3 vitrines brisées.
Deux journalistes qui travaillent pour le site internet 76 actu ont été blessés. Une jeune femme explique « Un homme s’est fait agressé par une trentaine de personnes, un autre a voulu l’aider et après ils ont été pris en charge par les pompiers puis les policiers sont arrivés ». Ce lundi matin, les deux journalistes ont annoncé qu’ils portaient plainte et ils ont reçu le soutien du SNJ. Dans un communiqué, le Syndicat National des Journaliste, section Normande, réagit et estime que « la liberté de la presse reste menacée même dans la pratique la plus anodine du métier ». Ensuite, la place de l’hôtel de ville a été sécurisée. Ses accès bloqués.A 22h, la préfecture de Seine-Maritime confirmait que deux journalistes ont été blessés, pris en charge par les pompiers et conduits sur l’hôpital. Elle précisait qu’il y avait eu plusieurs feux de poubelles et du matériel de chantier dégradé.
Au Havre aussi, il y a eu quelques incidents : « des jets de projectiles contre les forces de l’ordre » rapportent les autorités mais il n’y a pas eu d’interpellations et aucun blessé.
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France Bleu Touraine / Lundi 16 juillet 2018
Les policiers ont été appelés par des conducteurs qui venaient de passer au rond-point des mariniers, juste au-dessus de la guinguette de Tours-sur-Loire. Des gens affolés d’avoir vu des dizaines de personnes secouer leurs véhicules, taper dessus, voire même tenter de retourner les voitures, selon certains témoignages. Quand les agents arrivent, ils sont presque immédiatement pris pour cible. Une pluie de bouteilles, de verres, et de canettes. Ils utilisent alors des gaz lacrymogènes pour disperser les 2 à 300 personnes présentes. Certaines descendent vers les quais de Loire et la guinguette de Tours sur Loire, mais d’autres reviennent à la charge. Le calme ne revient que deux heures plus tard, vers 3h du matin.
Il n’y a pas eu de blessé. Pas d’interpellation non plus. Au commissariat, on explique qu’arrêter quelqu’un à chaud, dans ce genre de situation, est compliqué. En revanche, les bandes de vidéo-surveillance sont en cours d’examen, pour tenter d’identifier les principaux fauteurs de troubles. Pour l’instant, au commissariat de Tours, on se dit incapable de dire combien de plaintes ont été déposées suite à ces événements. Leur nombre devrait être communiqué mardi 17 juillet.
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L’Yonne Républicaine / Lundi 16 juillet 2018
Il y avait encore, sur place ce lundi 16 juillet au matin, une forte odeur de tôle calcinée. Plusieurs voitures ont été brûlées, dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 juillet, dans le quartier Sainte-Geneviève, à Auxerre. Le premier départ de flammes a été enregistré vers 00h15, rue Cézannes, sur la place juste devant la Mission locale, où deux véhicules ont pris feu. Une petite demi-heure plus tard, c’est au niveau de l’avenue Delacroix, à quelques encâblures du Phare, qu’une paire de voitures on été incendiées, avec une troisième dégradée. Entre les deux, un véhicule de chantier a également été brûlé, sur l’avenue Courbet, à proximité du gymnase, la chaleur générée par les flammes entraînant l’explosion de plusieurs vitres du bâtiment.
De l’autre côté de l’Yonne, dans le quartier Saint-Gervais / Brazza, quelques dégradations sur des véhicules ont également été recensées par les forces de l’ordre, dans le courant de la nuit. Vers 00h20 d’abord, ou une voiture sans permis a été partiellement retournée sur la chaussée, avant d’être dégagée sur le bas-côté. Plus d’une heure après, c’est dans la rue de Brazza qu’un véhicule de ce type est, lui aussi, retrouvé sur le flanc.
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Ouest France / Dimanche 15 juillet 2018
De nombreuses personnes se sont amassées près du CHU, quai de Turenne. C’est ici que vers 22 h, l’ambiance s’est tendue. Des projectiles ont été lancés sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. De peur que la situation se dégrade, les Nantais ont commencé à quitter le quai Turenne. Vers 23 h, les tensions ont repris, toujours près du CHU. Les policiers ont de nouveau fait usage de gaz lacrymogènes sur des jeunes qui leur jetaient des projectiles et des pétards.
Ouest France /Lundi 16 juillet 2018
Sous les coups de 20 h, un motard a percuté un véhicule non homologué de la BAC, cours des 50-Otages. Dès lors, le jeune homme de 19 ans a fui, en courant. Rattrapé par les hommes de la BAC, le mis en cause leur a jeté son casque. En vain, car il a été interpellé dans la foulée. Vers 22 h 10, près du CHU, deux hommes alcoolisés ont été interpellés et placés en garde à vue pour avoir lancé des bouteilles de bières sur des hommes de la Compagnie départementales d’intervention. L’un des deux mis en cause avait le visage masqué au moment des faits. Certains policiers ont été légèrement blessés et l’un de leurs camions a été endommagé. À 22 h 40, un autre homme a été interpellé pour les mêmes faits. Il visait une compagnie de CRS.
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Zinfos 974 / Lundi 16 juillet 2018
La nuit a été agitée pour les pompiers de Saint-Denis qui ont dû lutter vers 23 heures, contre un incendie qui a touché deux bus de la compagnie L’Oiseau bleu, chemin Grand canal, à Sainte-Clotilde, près de la Technopole. Les deux bus ont été détruits. On ne sait pour l’heure si cet incendie a un rapport avec les festivités consécutives à la victoire de la France en Coupe du monde de football. Seule l’enquête pourra le dire avec précision.
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Ouest France / Lundi 16 juillet 2018
Un total de 845 voitures ont été brulées et 508 personnes ont été placées en garde à vue lors des deux soirées du 13 et du 14 juillet en France, a annoncé dimanche soir le ministère de l’Intérieur. Le nombre de voiture brulées est en baisse par rapport à l’an dernier où 897 véhicules étaient partis en fumée. Le nombre de gardés à vue a revanche bondi de 368 en 2017 à 508 cette année, a précisé le porte-parole du ministère qui souligne qu’« aucun incident majeur n’a été à déplorer ».
Selon le bilan de la place Beauvau, 29 membres des forces de l’ordre ont été blessés durant ces deux nuits de festivités vendredi et samedi, contre 21 l’an dernier. Quelque 110 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés à l’occasion des festivités du 14-Juillet et de la finale du Mondial qui s’est déroulée ce dimanche.
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Ouest France / Lundi 16 juillet 2018
La soirée a été plutôt tendue dans le quartier de la Ville-Oger à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), samedi soir vers 19 h. La police a subi des jets de pierre. Des faits plutôt inhabituels à Saint-Brieuc et notamment dans ce quartier. Les fonctionnaires intervenaient rue Louis-Aragon à la suite d’un appel au 17 : un conducteur roulait vite et faisait crisser ses pneus. Il a perdu le contrôle de sa voiture et a percuté un véhicule à l’arrêt. C’est le propriétaire de la voiture bien amochée qui a fait appel à la police. Une patrouille s’est rendue sur place pour constater les dégâts. Des cailloux ont commencé à voler sur la voiture de police. Les fonctionnaires se sont retrouvés face à « un groupe de quinze à vingt jeunes », raconte l’un d’entre eux. Mais il y avait aussi des enfants. La police a donc choisi de ne pas faire usage de la force pour les disperser. Aucune interpellation n’a eu lieu mais la police poursuit son enquête.
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Le Parisien / Dimanche 15 juillet 2018
Après une soirée du 13 juillet marquée par plusieurs incidents dans le département, les policiers de l’Essonne ont à nouveau été pris pour cible cette nuit de samedi à dimanche. Très souvent le même scénario : de petits groupes isolés déclenchent un feu de poubelle ou de voiture pour attirer les forces de l’ordre. Une fois les fonctionnaires sur place, ils sont caillassés avec des pierres ou des mortiers d’artifice. Un policier a d’ailleurs été légèrement blessé à la jambe par un projectile, à Boussy-Saint-Antoine.
La soirée avait pourtant été calme en marge des festivités du 14 juillet. C’est vers 1 heure du matin que la situation a dégénéré. A Etampes, trois voitures ont été incendiées dans le quartier Guinette et une caméra de vidéosurveillance a été prise pour cible, allée des Alizés. « Ils ont utilisé une poubelle pour mettre le feu au pied du mât, précise le maire, Bernard Laplace (SE). La caméra a disjoncté mais le service a été remis en place. Cinq personnes ont également été interpellées. » Pour protéger ses équipements publics, la commune a déployé du personnel et a fait appel à une société de gardiennage pourvue de maîtres-chiens.

Le mât de la caméra incendié
Des véhicules ont également été brûlés dans le quartier de Grigny 2 ou aux Tarterêts à Corbeil-Essonnes. Par ailleurs, des incidents ont éclaté dans le quartier de la gare à Boussy, aux Cinéastes à Epinay-sous-Sénart, ou au Vieillet à Quincy-sous-Sénart.
« C’est désolant, en premier lieu pour la population et les lieux de vie », commente ce dimanche matin Jean-François Papineau, directeur départemental de la sécurité publique de l’Essonne. Il salue le travail des policiers « présents un peu partout, qui ont très bien réagi et ont réussi à rétablir le calme rapidement ». Et de souligner la réaction des polices municipales venues en renfort sur les événements. […]
Pendant cette nuit du 14 juillet, une vingtaine de personnes ont été interpellées en Essonne.
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Est Républicain / Dimanche 15 juillet 2018
Par deux fois dans la nuit de samedi à dimanche, les pompiers de Bar-le-Duc sont intervenus pour circonscrire des incendies, non pas d’habitations mais de véhicules. Le premier appel a eu lieu un peu après 4 h du matin. Les pompiers sont intervenus rue Montant à Bar-le-Duc pour un début de feu sur deux véhicules en stationnement. Deux feux dont l’origine accidentelle semble peu probable. D’après les premières constatations un engin incendiaire aurait été glissé entre le garde-boue et une roue arrière. Deux heures plus tard, un peu après 6 h, c’est un matinal joggeur qui a prévenu les secours. Un camion benne stationné devant l’entrée d’une maison en construction rue de Corotte, toujours à bar-le-Duc et dans le même secteur, était en feu. A l’aide d’une lance, ils ont circonscrit l’incendie, évitant que celui-ci ne se propage à la benne, pire à la maison en ossature bois en cours de construction. Là encore, la piste accidentelle semble peu probable.
Une enquête de police est en cours, il n’est pas impossible qu’un lien soit fait avec un autre récent feu de voiture. Dans la nuit de vendredi à samedi, c’est un 4×4 stationné impasse du Pont Génin, encore à Bar-le-Duc, qui avait pris feu.
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Est Républicain / Dimanche 15 juillet 2018
Trois jeunes, dont au moins un mineur, ont été interpellés et placés en grade à vue, après les affrontements qui ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche, en marge des festivités du 14-Juillet, dans le quartier de Planoise à Besançon. Plusieurs dizaines de jeunes se sont opposées à d’importants effectifs de policiers, dont une demi-compagnie de CRS, qui se sont déployés en nombre pour tenter de faire revenir le calme.
Les heurts se sont concentrés dans le secteur du centre commercial d’Ile-de-France. Les vitres de trois abris de bus ont été cassées, et quatre bacs à ordures ont été incendiés. Des cocktails Molotov ont été lancés. Les riverains rentrant du feu d’artifice, tiré dans le centre de Besançon, étaient obligés de zigzaguer entre l’essence embrasée répandue sur la chaussée.
Une habitante du quartier indique également que sa voiture a été la cible d’un jet de barre en ferraille. Les heurts ont duré jusqu’à 2 h dimanche matin, après quoi la situation s’est un peu apaisée. Mais plusieurs groupes de policiers demeuraient encore sur place, faisant face à d’importants rassemblements de jeunes, regroupés au pied des immeubles de ce quartier populaire de Besançon, qui abrite 20 000 habitants.
Les jeunes placés en garde à vue ont été interpellés en flagrant-délit de casse d’abri de bus. Des faits délictueux, de moindre intensité, ont également été constatés du côté des Orchamps, quelques poubelles ayant aussi été incendiées selon des habitants du quartier.
La préfecture indique que d’importantes mesures de sécurité ont été mises en place en prévision de la retransmission de la finale ce dimanche soir, et de l’éventuel déferlement populaire, tant à la fans-zone du stade Léo-Lagrange que dans les quartiers. Ainsi qu’au centre-ville, où des milliers de personnes sont attendues en cas de victoire de l’équipe de France.
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LCI / Samedi 14 juillet 2018
Les festivités de la nuit du 13 au 14 Juillet 2018 ont donné lieu à plusieurs débordements. Selon nos informations, sur l’ensemble de l’agglomération parisienne, 237 individus (dont 92 mineurs) ont été interpellés et 183 d’entre eux ont été placés en garde à vue. Au total, 134 véhicules ont été incendiés (dont 16 deux-roues) et 4 policiers, 4 pompiers ainsi qu’un gendarme ont été légèrement blessés.
Aucun événement majeur n’a été signalé dans Paris. La nuit a été un peu plus agitée dans les départements de petite couronne. A Montreuil en Seine-Saint-Denis, vers 21h, rue Delpech, un mineur a été interpellé pour port de substances explosives. Dans son sac à dos : plusieurs pétards d’artifice, du matériel et des substances pour confectionner un engin explosif et incendiaire, une bouteille d’acide et une bouteille en plastique vide ainsi que des morceaux d’aluminium. Le mineur âgé de 15 ans a été placé en garde à vue.
A Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, un peu avant 2h du matin, rue Henri de Lamonta, deux policiers ont vu des individus en train de confectionner des engins incendiaires. A la vue des policiers, ils en jettent un allumé vers les policiers. Deux d’entre eux ont été légèrement brûlées par du liquide enflammé qu’ils ont reçu sur les bras et les mains. Les trois individus sont interpellés.
A Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, vers 1h, avenue de l’Europe, une trentaine d’individus a voulu entrer au bal des pompiers sans se soumettre aux règles de palpation ni au filtrage. Ils ont pris à partie les pompiers et les policiers municipaux présents. Quatre pompiers ont été blessés par des jets de barrière et d’autres projectiles. Un véhicule des pompiers et un autre de la police municipale ont été dégradés. Quatre individus ont été interpellés et placés en garde à vue.
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Le Parisien / Samedi 14 juillet 2018
Un incendie s’est déclaré vers 5 heures du matin ce samedi, à Breuil-le-Sec, et a détruit un bâtiment de 800 m². Trois entreprises ont tout perdu.
Pour eux, ce 14 juillet n’est pas un jour de fête. Les locaux de trois entreprises, installées dans la zone d’activités de Breuil-le-Sec, ont été entièrement détruits par les flammes ce samedi matin. Il est tout juste avant 5 heures lorsque les 800 m² s’embrasent. « C’est l’agent de sécurité de l’hôpital psy qui m’a réveillé, il avait appelé les pompiers. Le bâtiment était déjà détruit à deux tiers », regrette le propriétaire, Philippe Dassonville qui vit en face. Malgré l’intervention d’environ 30 pompiers de tout le département, les trois entreprises qui étaient installées là ont tout perdu. Au total, 34 salariés se retrouvent au chômage technique.
Après 9 heures d’intervention des soldats du feu, le constat est terrible pour Delphine Maisonnette, responsable de Proximed. Son entreprise d’installation de matériel sanitaire à domicile emploi dix personnes […]
Pour Jérémie et Julien, qui ont installé leur salle de cross training dans ce bâtiment il y a deux ans et demi, c’est le même sentiment. « Nous sommes tristes et dégoûtés. On espère que les enquêteurs trouveront l’origine de ce feu », ont-ils seulement lâché. « Cette salle de sport marchait vraiment bien », s’attriste Denis Dupuis, le maire (SE) de Breuil-le-Sec, qui est allé soutenir les différents chefs d’entreprise sur place. […]
Une troisième entreprise, C2F, qui sécurise les chantiers nocturnes de la SNCF et emploie une vingtaine de personnes, se retrouve aussi sans local. Le propriétaire, Philippe Dassonville, est abattu. « En quatre ans, c’est le 4e incendie de l’un de mes bâtiments », se désole celui qui a déposé plainte.
La piste criminelle est envisagée [des individus auraient été aperçus en train de prendre la fuite, selon une source proche de l’enquête, AFP 14.07.2018]. La brigade de gendarmerie de Clermont et la brigade de recherches sont chargées de l’enquête.

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La Gazette du Val d’Oise / Samedi 14 juillet 2018
« Je suis bouleversé. C’est 50 ans d’histoire de la ville qui sont partis en fumée », expliquait, samedi, Joël Boutier, maire (Lr) de Groslay. « C’est le plus grave évènement que j’ai connu sur la commune », ajoute l’élu à la tête de la commune depuis 1983. C’est un préjudice financier important pour la commune. Une salle comme celle-ci c’est 1 à 2 millions d’euros, déplore l’élu local. L’incendie, probablement criminel a été déclenché par un feu de poubelle, qui s’est propagé sur l’équipement communal. Le sinistre n’a fait aucun blessé, mais a nécessité un important déploiement de sapeurs-pompiers. La police criminelle s’est rendue sur les lieux.
« J’ai pris toutes les dispositions pour sécuriser le lieu. J’ai fait placer un maître-chien pour surveiller le site samedi et dimanche », explique le maire. Lundi 16 juillet, le maire réunira une commission pour organiser la rentrée de septembre.
Il va falloir trouver une autre organisation pour les écoles et les associations. Cette salle était réservée un trimestre à l’avance.Je vais solliciter les maires des communes voisines.

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Le Parisien / Samedi 14 juillet 2018
Un magasin Franprix dévasté à Vigneux-sur-Seine et des affrontements nombreux avec les forces de l’ordre. La nuit de vendredi à samedi a été agitée pour les policiers du département. A Vigneux-sur-Seine, un supermarché a été attaqué par une cinquantaine de personnes. « Les dégradations sont nombreuses, confirme la procureure de la République, Caroline Nisand. Il y a eu des pillages et de la casse. » Deux personnes ont été interpellées en flagrant délit. Ce samedi matin, l’enseigne accueillait tout de même ses clients habituels. « Ce n’est pas la première fois, regrette une habitante en sortant de la supérette. Ce sont nos seuls commerces de proximité et voilà ce qui se passe… C’est lamentable. »
L’entrée, condamnée par des planches en bois et d’imposantes palettes à l’intérieur, témoigne encore de la violence des faits. « Ils ont cassé l’entrée, ont pénétré dans le magasin et ont fait exploser des pétards, témoigne une employée. Pour l’heure, le préjudice n’est pas encore connu, mais ils ont volé une dizaine de bouteilles d’alcool, des bonbons et des glaces. »
A quelques kilomètres, le centre-ville de Crosne a lui aussi connu une nuit mouvementée. « Nous avons retrouvé cette situation dans plusieurs communes du département, souligne Jean-François Papineau, directeur départemental de la sécurité publique de l’Essonne. Des petits groupes s’en sont pris aux policiers avec des cailloux, des mortiers d’artifice et parfois même des pavés. Aucun policier n’a été blessé. »
Pour faire face à la situation, les effectifs des forces de l’ordre avaient été renforcés. « Ce déploiement supplémentaire nous a permis d’avoir une réactivité optimale, conclut le numéro 1 de la police en Essonne. La situation a été très bien tenue. » Selon nos informations, au moins neuf interpellations auraient eu lieu à la suite d’incidents dans les communes de Vigneux-sur-Seine, Crosne, Sainte-Geneviève-des-Bois ou encore Saint-Michel-sur-Orge.
« Les situations les plus agressives se sont déroulées sur le Val d’Yerres, note le syndicat de police Alliance 91. Quand les collègues avaient rétabli le calme sur un point, ils étaient immédiatement mobilisés autre part. Malgré le manque d’effectifs, la situation a pu être maintenue grâce au professionnalisme des forces de l’ordre. » Pour Unité SGP Police, ces violences qui visent les policiers « se sont tristement banalisées » : « Il y a un réel sentiment d’impunité, la réponse pénale n’est pas à la hauteur, tranche le syndicat. Les événements tels que le 14 juillet, la Coupe du monde ou le Nouvel an ne sont que des prétextes pour en découdre. »
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Le Démocrate / Samedi 14 juillet 2018
La devanture de notre rédaction est totalement détruite. Dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 juillet 2018, la vitrine du journal Le Démocrate, située place de la Halle à Vernon, dans l’Eure, a été vandalisée. Vers 1 heure du matin, plusieurs jeunes, qui rentraient des festivités de la Fête nationale, s’en sont pris aux locaux du journal.
Ils ont fait voler en éclats la vitrine principale avec des cailloux et en ont endommagé une seconde. Du vandalisme purement gratuit, semble-t-il. La Police Nationale et la Police municipale se sont rendues sur les lieux. Les forces de l’ordre ont notamment procédé aux premières constatations. Une plainte va être déposée dans les tous prochains jours et une enquête sera bien sûr menée pour identifier les auteurs de ces actes. Qu’il nous soit permis de remercier ici les policiers pour leur intervention rapide et leur écoute, en particulier, sur ce dernier point, le Commandant Perrain en charge de la Police Nationale de Vernon. [et blablabla, les journaleux remercient leurs maîtres, secrétaire d’Etat, maire et élus locaux pour leur soutien; NdAtt]

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La nuit du 13 juillet a été plutôt calme dans le département. Du moins en comparaison aux années précédentes. Au total : 18 voitures ont été incendiées dans le Val-de-Marne selon la police. Des feux de poubelles et de conteneurs ont été également signalés. Ces incidents se sont concentrés sur les communes de Villiers-sur-Marne, Boissy-Saint-Léger et la ville voisine de Limeil-Brévannes. L’an dernier, ce sont 25 véhicules qui avaient été incendiés contre 34 en 2016 dans le 94.
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Lyon Capitale / Dimanche 15 juillet 2018
Voitures brûlées, jets de pétards, de fusées… 17 individus, pour la plupart mineurs, ont été interpellés dans la nuit du 13 au 14 juillet suite aux violences commises dans l’agglomération lyonnaise.
La situation a finalement été maîtrisée par les autorités. Mais la nuit du 13 au 14 juillet n’a pas été de tout repos dans l’est de la métropole, notamment à Vénissieux, Saint-Priest, Villeurbanne, Saint-Fons et dans le 7e arrondissement de Lyon. Au total, selon Le Progrès, 22 véhicules ont été incendiés et 3 autres détruits par propagation, suite aux festivités de la Fête nationale. Un chiffre cependant en baisse de moitié par rapport à la même nuit l’année dernière. 17 individus, pour la plupart mineurs, ont été interpellés, principalement pour des jets de projectiles et des transports d’engins incendiaires, toujours selon le quotidien. Hier encore, après le feu d’artifice du 14 juillet à Lyon, les déflagrations de pétards et autres engins pyrotechniques se sont fait entendre jusque tard dans la nuit, notamment en Presqu’île, mais aucun chiffre n’a pour l’instant été communiqué à ce sujet.
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France Bleu Gironde / Samedi 14 juillet 2018
Un incendie s’est déclaré ce samedi matin à l’école maternelle et primaire de Saint-Denis-de-Pile entre Libourne et Coutras, fermée pendant ces vacances scolaires. Les pompiers ont été appelés vers 6h30. Vingt sapeurs-pompiers sont intervenus au moyen de deux lances. 300 m2 de bâtiment sur la partie école primaire ont été brûlés soit 8 classes dans cette école accueillant 185 élèves. Reste à déterminer si l’origine du feu est volontaire, la piste criminelle est envisagée.
Objectif Gard / samedi 14 juillet 2018
Les habitants de la commune de Saint-Jean-du-Gard pourront-ils regarder la finale de la coupe du monde de football dimanche ? Pas certain… Un relais, qui sert à la fois pour le téléphone et la télévision, a été incendié. Les dégâts ont été constatés samedi. L’origine criminelle est incontestable, car le grillage menant au relais installé sur la commune a été découpé et des accélérateurs pour faciliter l’incendie ont été retrouvés au pied de l’appareil. Un acte de vandalisme qui n’est pas revendiqué pour l’instant. De nombreux habitants du village Cévenol et du secteur seraient sans téléphone et sans télévision, ce samedi soir. Une enquête de gendarmerie est en cours….
Plus de France Bleu…
France Bleu / lundi 16 juillet 2018
L’émetteur de France Bleu Gard Lozère desservant le secteur de Saint-Jean-du-Gard est hors service depuis ce lundi matin. Il a été endommagé après un incendie apparemment volontaire. Les services de TDF prévoient un retour à la normale pas avant la fin de la semaine. […]
Les services de TDF mettent tout en œuvre pour un retour à la normale dans le secteur de Saint-Jean-du-Gard d’ici la fin de la semaine.


Round Robin / mardi 17 juillet 2018
L’anarchiste prisonnier Claudio Lavazza (en prison en Espagne depuis 1996*) a été transféré depuis une dizaine de jours dans une prison de haute sécurité en région parisienne. Le transfert, souhaité par Caudio, est dû au nouveau procès pour les faits dont Claudio est accusé en France, depuis les années 80. Une fois ce procès terminé, il sera transféré à nouveau en Espagne pour finir la peine qui lui reste à purger dans ce pays.
D’autres nouvelles suivront
Contre toutes les prisons !
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*NdAtt. : Claudio a pris part au combat révolutionnaire armé à la fin des annés 70 en Italie. Il est accusé de l’homicide d’un flic, revendiqué par les « Proletari Armati per il Comunismo », en 1979 (condamné à perpétuité par contumace). En cavale depuis le début des années 80, il se rapproche des idées anarchistes. Il sera arrêté seulement en 1996, en Espagne, à la suite d’un braquage qui finit par un échange de tirs avec la police (deux flics trouveront la mort). Claudio a été condamné à 49 ans de prison, Giorgio, hors-la-loi italien, à 48 ans, pour le braquage et la mort des deux flics. Avec eux ont été arretés deux compagnon italiens, Giovanni Barcia et Michele Pontolillo, en cavale car sous le coup de l’opération Marini. Claudio, Giovanni et Michele sont également condamnés à 11 ans de prison par la justice espagnole pour l’assaut du consulat italien de Malaga, en décembre 1996, lorsque le consul a été retenu durant quelques heures, pendant que des fax de solidarité avec les anarchistes sous le coup de l’opération Marini étaient envoyés à des institutions italiennes.
En ce qui concerne la France, Claudio est accusé d’avoir participé au « casse du siècle » du 4 juillet 1986 à Saint-Nazaire, lorsque des personnes se revendiquant par la suite comme « Des braqueurs funambules » emportent 88 milions de francs de la Banque de France. Alors que des articles de journaux attribueront ce braquage à AD, un communiqué parviendra à Libération, disant entre autre « ne pas être membres d’Action Directe » et que « l’insécurité, ce n’est pas le grand banditisme ou ceux qui luttent contre un ordre établi » mais « c’est le chômage, le désespoir, la misère organisée et ses conséquences, drogue, Ricard et ses trafics ».
Déjà, quand t’es pas dans la case mec cisgenre hétéro blanc et valide, la médecine occidentale c’est vraiment de la merde. Alors quand tu rajoutes le facteur “trans”, faut s’accrocher...
18 juin 2018
Ca brûle à l’intérieur
J’ai une date. Une date pour mon opération.
Ca devrait me réjouir ; et ne vous détrompez pas, ça a été le cas pendant environ une demi-journée.
Mais voilà, c’était trop beau pour être vrai. Déjà, quand t’es pas dans la case mec cisgenre hétéro blanc et valide, la médecine occidentale c’est vraiment de la merde. Alors quand tu rajoutes le facteur “trans”, faut s’accrocher...
J’ai contacté un.e des deux médecins qui doit signer un accord (=entente préalable) avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie pour qu’on me rembourse une petite partie sur un total de 5200 € (coucou les dépassements d’honoraires honteux !). Cette personne a refusé de signer l’accord, car elle considère qu’elle ne m’a pas vraiment suivi. Car on ne s’est vus qu’une fois. Elle dit, qu’elle a une position très “stricte” sur les ententes préalables de la CPAM. Elle dit, qu’il faut qu’elle soit “honnête”. Elle dit, “qu’il suffit que je demande au médecin qui me prescrit les hormones”. “Il suffit”. Ca résonne dans ma tête pendant quelques secondes après que j’ai raccroché.
Elle ne dit pas, que quand on est trans, il faut que plusieurs médecins attestent de notre identité si on souhaite obtenir des soins souvent vitaux. Si le.la psychiatre fait pas cette atteste, t’es pas un vrai trans. Elle ne dit pas, qu’à chaque étape de notre transition, à chaque rendez-vous médical ou administratif, on nie nos existence, nos vies, nos expériences, notre capacité à nous déterminer, à savoir ce qu’il y a de mieux pour nous. On nous impose des choix de transition, ou on refuse de nous laisser transitionner. Elle ne dit pas, ou ne sait pas, que quand t’es trans, il ne “suffit” jamais de faire quoi que ce soit. Faut toujours faire plus. Et s’en prendre plein la gueule avec le sourire. Et prouver qui on est à des gens.tes qui n’ont aucune idée de ce que c’est qu’être trans. Mais iels sont médecins. Alors iels ont tous les pouvoirs.
Elle ne dit pas qu’elle a le pouvoir de délivrer ces fameuses attestations qui nous autorisent à accéder à certains soins, ou à se faire rembourser certains soins, et qu’elle s’autorise régulièrement à refuser de les délivrer.
Elle ne dit pas qu’elle exerce son métier comme une honnête médecin transphobe, en toute impunité et avec tout le pouvoir que l’Etat et les institutions médicales lui octroient. Elle ne dit pas, qu’être “honnête”, c’est un autre mot pour dire “lâche”, “transphobe” ou “oppresseur.se”.
Elle ne dit pas qu’elle prend le fric des trans, quand iels viennent la voir en consultation, mais qu’elle ne délivre pas certains papiers qu’on lui demande, car elle demande l’attestation d’un.e psychiatre en échange, et que beaucoup d’entre nous n’en ont pas. Elle ne dit pas qu’elle fait des remarques déplacées sur le physique, le comportement, ou le bilan sanguin de certain.e.s d’entre nous. Elle dit, qu’elle est “honnête” avec la CPAM. C’est tout ce qu’elle dit.
Cette personne lâche, pardon que dis-je “honnête”, n’a pas d’excuses. Si elle ne sait pas le pouvoir qu’elle possède, lorsqu’elle accepte ou refuse de délivrer un papier ou un soin à un.e trans, c’est entièrement sa faute. Cette personne transphobe, pardon que dis-je “ignorante”, se réfugie derrière des textes de loi qui n’existent pas ou plus. Des textes qui diraient selon elle que seul.e un.e psychiatre peut attester de notre identité. Elle se réfugie derrière le principe de la responsabilité professionnelle, pour ne pas faire ces soins et ces papiers qu’on nous demande sans cesse. Elle dit qu’on pourrait la poursuivre en justice, si il y a un problème. Moi ce que je dis, c’est qu’il y a des trans qui font des dépressions et/ou se suicident parce qu’on leur refuse les papiers qu’elle refuse de délivrer. C’est tout ce que je dis.
Cette personne est un.e médecin transphobe tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Elle exerce une violence systémique sur les personnes trans, une violence enrobée de bonnes intentions, qu’elle justifiera volontiers par a+b si on la questionne. Une violence qui ligote celleux qu’elle touche, qui les marque à vie, qui les enserre jusqu’à immobilisation, ou auto-destruction.
Pour revenir à l’objet premier de ma colère, c’est-à-dire le remboursement d’une partie de cette opération.
Moi, je l’ai l’argent pour faire cette opé. Ca me dégoute de devoir le donner à ce chirurgien qui fait des dépassements d’honoraires obscènes, mais au final je peux me le payer.
Ca me dégoute d’avoir cédé à la CPAM et de leur avoir donné (roulements de tambours…) deux certificats de médecins pour obtenir mon ALD (“Affection Longue Durée”, qui est sensée permettre le remboursement des frais en lien avec la transition), pour qu’ensuite on me signifie que cette ALD n’a aucun intérêt pour mon opération. Je me serais bien passé de mettre autant d’énergie et de temps pour obtenir cette foutue ALD, si j’avais su.
Tout ça, ça me dégoute, ça m’épuise, ça me stresse. Mais au moins, j’ai l’argent pour payer la facture.
Si je regarde la majorité de mes copains.ins trans, qui sont au moins aussi dégouté.e.s, stressé.e.s et épuisé.e.s que moi, combien de personnes n’ont pas les moyens ? Combien doivent attendre des années, faire des prêts faramineux, bosser à s’en crever, pour se payer une ou des chirurgies dont iels ont besoin ? Combien ?
Tous.tes ces foutus médecins, quand iels refusent de nous donner ces papiers, iels y pensent à ça ? Le pouvoir, le prestige de la profession, l’argent, l’impunité transphobe, raciste, grossophobe, validiste, âgiste et j’en passe, et la possibilité de faire la sourde oreille en prime. C’est ça, la médecine.
Tout ça, l’endocrino “honnête”, elle m’en a pas parlé au téléphone. Elle a juste pas voulu signer le papier.
Maintenant, faut que j’appelle le “gentil” psychiatre. Et qui sait, peut-être qu’avec un peu de chance, il me servira la même rengaine. (#humournoir)
« Deux éoliennes du parc du Mont-Crosin ont été victimes d’actes de vandalisme à la fin du mois dernier », indique la radio RTN.
Des déprédations à l’intérieur d’un mât et des dégâts importants aux installations. Voilà ce qu’on découvert à la fin du mois de juin les exploitants du parc éolien du Mont-Crosin.
Selon la radio RTN, c’est le second acte de vandalisme dont ont récemment été victimes les éoliennes, après une tentative d’intrusion au mois avril dans une autre éolienne.
Selon nos confrères, les dégâts seraient importants, mais les machines fonctionneraient toujours. La police cantonale bernoise a confirmé que des plaintes ont été déposées contre x. Le groupe BKW, propriétaire du parc, n’a pas fait de commentaires. »
[Repris de la presse suisse, 15.07.2018]
Et sinon, puisqu’il faut bien fabriquer ces ### d’éoliennes, voici par exemple où on les fabrique, dans le village de Montoir-de-Bretagne (Le Monde, 12 juillet) :
htxxs://www.lemonde.fr/economie/article/2018/07/12/l-usine-d-eoliennes-general-electric-de-montoir-de-bretagne-attend-toujours-les-commandes-francaises_5330382_3234.html
Et voilà un exemple de leur équipement périphérique à Rocquigny (Nord, 16
juillet) :
hxxxs://www.lavoixdunord.fr/417748/article/2018-07-16/la-traversee-du-village-permettra-le-fonctionnement-d-eoliennes
Et de comment on y collabore et on les fait accepter socialement,
notamment en les faisant passer pour écolos (Dour, Belgique, 16 juillet) :
xttxs://www.lalibre.be/culture/musique/dour-festival-inde-du-futur-au-pied-des-eoliennes-5b4ca7eb55326925481d0e9a
Du 6 au 8 juillet, suite à l’annonce du gouvernement d’augmenter les prix des carburants (et malgré le retrait de cette mesure deux jours plus tard), d’importantes émeutes ont secoué Haïti pendant trois jours.
Vendredi 6, afin de respecter le Programme contrôlé par le FMI « Staff-Monitored Program » (SMP) signé en février dernier, le Gouvernement a publié un avis officiel d’augmentations du prix des carburants à la pompe. Dès que l’information a été connue, et devant l’importance des hausses (entre ±40 et 50%) la population a pris spontanément le béton pour libérer sa colère et protester.
Dans les quartiers bourgeois, de nombreuses vitrines de magasins et des vitres de véhicules ont été brisées à coups de pierres par des manifestants en colère qui accusaient le Chef de l’État d’être au service du FMI et non du peuple haïtien. Plusieurs voitures ont été incendiées dont un véhicule de la Police Nationale d’Haïti (PNH)
Toute l’après-midi une vive tension a régné dans la capitale, les principales artères de Port-au-Prince ont été bloquées par des barricades de pneus enflammés de roches, de vieilles carcasses de véhicules et de troncs d’arbres. La circulation était paralysée et la plupart des commerces fermés.
La situation était particulièrement tendue à Pétion-ville, à proximité de la résidence du Président haïtien Moïse, mais des manifestations avaient lieu également à Delmas, Lalue, Nazon, Champs de mars, Canapé-vert, Bon Repos, Portail Léogane, Carrefour Marassa, Kenscoff entre autres.
Samedi dans la soirée, la circulation était impossible dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince à cause des nombreuse barricades et objets divers qui jonchaient les rues. Des violences ont également été rapportées au Cap-Haïtien, aux Cayes, à Jacmel et à Petit-Goâve (où le tribunal a été incendié) entre autres…
Plusieurs bâtiments commerciaux, dont des supermarchés ont été attaqués, particulièrement sur l’axe de Delmas, en périphérie de la capitale. Des débuts de pillage ont été observés. Le Super Market Delimart de Delmas 30, a essuyé des jets de pierre et des individus ont mis le feu sur la cour du Market nécessitant l’intervention des sapeurs pompiers.
Samedi, face à l’hôtel et sur le stationnement de l’hôtel Best Western, plusieurs voitures ont été incendiées, même situation rapporté à l’hôtel Oasis (où logent les touristes, journalistes et institutionnels).
Un début d’incendie a également été rapporté à l’usine de Coca Cola…
Michel-Ange Gédéon, le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH) confirme l’incendie d’au moins deux commissariats et de plusieurs voitures de police.
Dimanche on nous signale que le bureau de la douane à Malpasse a été pris pour cible.
Samedi 14 juillet, pour tenter de calmer la grogne face aux manifestations qui continuent, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a démissionné.

[Synthèse réalisée à partir de la presse, reçue par mail]
Témoignage sur la violence d’un membre du cabinet de Macron participant au tabassage d’un manifestant hors de tout cadre légal. Si les médias appuient beaucoup sur la « faute morale » du cow-boy, très peu de gens insistent sur le fait qu’il a été accueilli à bras ouverts par la police.
On est quelques militants à avoir participé à la manifestation du premier mai. Comme chacun sait, elle fut épique, ponctuée d’affrontements et surtout de gazages policiers assez phénoménaux. Cette manif fera couler beaucoup d’encre bien que de l’avis général des camarades présent.es, ce fut loin d’être la plus violente de ces dernières années.
Après la manifestation, quelques individus ont appelé à un rendez-vous place de la contrescarpe à partir de 18h. Un rencard d’après-manif quoi. Avec du houmous des bières et (sait-on jamais) du sérum physiologique.
Cette soirée dans le quartier latin sera finalement plutôt agitée et beaucoup, beaucoup de flics seront mobilisés. On comptera 276 arrestations selon la préfecture de police, chiffre largement exagéré selon des personnes arrêtées dans le quartier latin.
Mais revenons à la Contrescarpe. On est plusieurs sur la place. On vide des bières en débriefant la manifestation. On se demande aussi si ça va partir en manifestation sauvage. Il est à peu près 19h.
Soudain, les flics interviennent, choppent une meuf et un mec dont on peut se demander s’ils étaient vraiment manifestants ou simples passants (la place est pleine de gens venus boire des coups). On a vu des personnes arrêtées alors qu’elles étaient simplement venues boire des verres.
L’intervention est violente et provoque un mouvement de foule. Les flics gazent au poivre (ça pique) et ce qu’on croit à l’époque êtres des membres de la bac interviennent pour faire des arrestations. A ce moment-là on note qu’un mec violenté est arabe et on se demande si c’est à cause de ça qu’il se fait défoncer.
Quelques heures plus tard une vidéo est mise en ligne par une personne proche de la France insoumise :
On y voit en substance un membre de la BAC participer à un tabassage gratuit. La personne ne sera en effet pas arrêtée et prendra juste des pains, à terre et sans défense par des connards casqués. Et hier, le Monde nous apprend que cette personne n’est en fait pas un flic, mais Alexandre Benalla, un proche collaborateur de Macron.
Alors comment un civil s’est-il retrouvé avec un casque de garde mobile sur la tête alors qu’il n’est ni flic ni gendarme, et donc pas habilité normalement à faire du maintien de l’ordre ? Tout simple : il a demandé.
Celui-ci a été mis à disposition par le service de sécurité de l’Élysée car il « souhaitait participer à une intervention de police pour voir comment se gérait une grande manifestation, à l’occasion du premier mai ». Bien sûr en tant qu’observateur.
Il se baladera donc tout l’après-midi avec un brassard de police (ce qui est pénalement interdit) et parfois un casque pour intervenir (ce qui n’était pas autorisé dans son cas même par sa hiérarchie).
Sauf qu’en fait le barbouze a un gros kiff pour la violence. Le Monde a trouvé plusieurs éléments prouvant que le mec a tout pour faire flipper :
Bref, un mec fasciné par la violence et la force. Mais nous ne sommes pas surpris...
Les forces réactionnaires et les mecs violents sont nombreux dans la police. Cette institution fascine de nombreux mecs virils en manque d’adrénaline. Rien d’étonnant, en 2018, à l’heure où les fachos en tous genres mettent sur un piédestal la masculinité pour appuyer leur discours, que des mecs violents veuillent rejoindre les flics.
Rien non plus de surprenant dans le fait que des apprentis keufs cassent des gueules, souvent par anti-gauchisme. Rien d’étonnant non plus à ce que les flics agrègent autour d’eux de la sympathie pour des discours réactionnaires.
Par contre ce qui est plus étonnant c’est qu’on ait pu donner à ce mec un brassard de police et un casque de maintien de l’ordre. Car si le syndicat alliance a chouiné (comme d’habitude) sur le fait que « l’image de la police soit ternie par le comportement d’un individu extérieur aux forces de sécurité et que s’ouvre à nouveau un débat sur les violences policières » une question se pose : qui a fourni ce matos à ce mec ? Pourquoi c’est cette personne extérieur aux forces de police qui a pris l’initiative d’une intervention et d’une arrestation qui se fait sur ordre ?
Pourquoi ? Parce que la police est bien contente d’avoir du renfort. Il s’agit d’un classique policier antisubversif de se faire aider par les réactionnaires ou les alliés de circonstance.
Ces alliés sont parfois idéologiques parfois du genre pratiques. Souvent les deux. Pour ce qui est de l’idéologie on peut noter l’an dernier une très belle coopération entre les flics et le DPS à l’occasion d’un meeting du FN au Zenith [1]. C’est globalement la tendance majoritaire.
Mais on a aussi pu voir des alliances strictement opérationnelles où la préfecture de police de Paris a travaillé main dans la main avec le service d’ordre de la CGT le 17 mai 2016 pendant la mobilisation contre la loi travail. Il y a plus longtemps c’est avec l’aide des syndicats jaunes que les flics intervenaient dans les usines pour chasser les ouvriers communistes ou socialistes qui l’occupaient... Bref. La police, comme toutes les milices armées, sait se trouver des alliés.
Nous ne sommes donc pas surpris et surtout, nous maintenons qu’il n’y a aucune différence à se faire tabasser par un flic ou un non-flic. La matraque est la même. Donc les journalistes, les mecs de droite et de gauche qui viennent pleurer devant cette barbouzerie, hésitez pas à venir rejoindre les coordinations anti-répression, les collectifs qui luttent contre les violences policières. Venez dans nos manifs prendre des coups et vous verrez si la déontologie des forces républicaines change quelque chose à la souffrance des hématomes.
[1] On peut bien parler d’idéologie avec les flics quand ont sait les scores du Front National chez les pandores.
Quatre personnes ont été mises en garde à vue mardi 17 juillet à Briançon. Quatre militant.e.s supplémentaires accusé.e.s “d’aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire français en bande organisée” suite à la marche du 22 avril dernier !
Comme attendu, la réponse à la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC), qui a certes décriminalisé l’aide au séjour et à la circulation, n’a rien changé au fond du problème (cf. communiqué de presse du 26.06.18). Pire, suite à cette abolition tant déclamée, la répression se poursuit et les arrestations reprennent. La solidarité est toujours un délit.
Le recours au Conseil constitutionnel, organe oligarchique dit “des sages”, était présenté comme une opportunité de changement radical. Il a surtout permis de redorer temporairement le blason des institutions françaises. Il a également donné un répit au procureur de Gap, dont les épaules sentaient la pression de la mobilisation des personnes solidaires.
C’est à une volonté toujours aussi aveugle que nous faisons face : celle de faire respecter des normes et institutions, telles que les frontières, plutôt que la dignité humaine. L’intégrité des personnes en exil continue d’être piétinée, tout comme celle des personnes qui leurs viennent en aide. En déclarant criminels et en incarcérant des gens qui traversent des montagnes en quête d’un meilleur futur, l’Etat français détruit des vies. Une traque généralisée, comme en témoigne le déplacement massif des forces de l’ordre (police et armée) aux frontières, pour se défendre contre des prétendus “ennemis extérieurs”, à l’instar de la méditerranée où la machine européenne Frontex ne semble pas subir l’austérité – sans oublier les contrôles au faciès. Il donne ainsi la priorité à des mécanismes sociétaux artificiels plutôt qu’à la vie.
Désigner sept coupables parmi toutes les personnes présentes lors de la marche du 22 avril n’a aucun sens. Désormais nous sommes sept prévenus, qui sait comment va encore évoluer cette affaire. Peut-être nous retrouverons-nous à deux cents sur le banc des accusés le 8 novembre prochain ? Il en faudra en tout cas certainement pas moins pour que l’Etat puisse enfin caractériser sa bande organisée, qui ne deviendra alors qu’une belle mascarade aux yeux de tous.tes.
Et c’est en ce sens que la mobilisation populaire est capable de contrecarrer les plans du gouvernement français. Ne le laissons pas définir la bonne ou la mauvaise solidarité. Toutes ses formes, organisées ou non, sont justes. La violence provient de l’Etat, celui-là même qui se targue de représenter la volonté du peuple.
Solidarité et courage aux quatre nouvelles personnes inculpées.
Le comité Genevois de soutien aux Sept de Briançon
« Ils ont transformé cette ville en zone de guerre ». C’est ainsi que la procureur du tribunal de grand instance de Lyon justifiait les interpellations et les jugements de plus d’une vingtaine de personnes suite aux débordements du 15 juillet. Retour sur une journée de procès où la justice lyonnaise, de plus en plus décomplexée, n’hésite plus à demander des peines de prison ferme avec mandat de dépôt pour de simples vols de maillot de foot’.
15 juillet, fin de journée. Un soubresaut traverse la ville. Des cris, des étreintes. Et aussi de la casse. De la lacrymo pour tout le monde. Le claquement des canettes qui s’abattent sur les flics. Ça court dans tous les sens en suffoquant. Des foules humaines s’en prennent à la police, aux magasins, au métro, aux véhicules. 1000 grenades lacrymogènes tirées en une seule soirée ; un tiers de ce que les forces de l’ordre utilisent habituellement en une année (à Lyon).
Même en prenant tous les derniers mouvements politiques ensemble (élections présidentielles en 2017 avec Lepen au deuxième tour, mouvement contre la loi travail XXL, « mouvement » étudiant et cheminot de ce printemps…) on n’arrive pas au niveau de bordelisation et d’affrontements en centre-ville qui a suivi la victoire des Bleus. Le lendemain, la préfecture annonçait une trentaine de personnes interpellées. Finalement, 24 ont été jugées en comparution immédiate le surlendemain.
Le chef d’accusation principal qui justifie quasiment tous les procès est : « vol en réunion avec effraction » au préjudice d’une série de magasins de la presqu’île et du 7ème. Personne ne passe pour « dégradations » (avoir casser des magasins). Quelques prévenus comparaissent pour « violences sur agents ».
Pour qui n’a jamais mis les pieds dans un tribunal — et encore moins aux comparutions immédiates —, il faut s’imaginer que c’est un monde à part. Un endroit où tout le monde porte de longues robes noires et disserte pendant des heures devant des prévenus entourés de policiers pour décider s’il faut les envoyer au trou ou leur laisser une seconde chance. Il faut voir le spectacle assez lamentable de cet avocat des trois premiers prévenus (tous arrêtés pour vol) qui ne peut s’empêcher dans sa plaidoirie de faire des effets de manche à répétition, en citant Oscar Wilde et George Orwell alors que ses « clients » risquent de passer leur nuit et les suivantes à Corbas.
On comprend vite que c’est également un univers très hiérarchisé où tout le monde a, ou doit avoir, conscience de sa place. La première place, celle du maitre de cérémonie, est celle du juge, sorte de super chef qui contrôle le déroulement des audiences. On ne s’adresse à lui, à elle en l’occurrence, qu’en montrant de la déférence. C’est elle qui peut se permettre de demander à la procureur de se taire quand elle discute avec un avocat pendant une plaidoirie de la défense. C’est elle qui peut lancer à un prévenu (un adulte comme elle) un glacial « Tenez-vous droit ! » ou encore, face à un interpellé qui regarde ses baskets, un « c’est par ici que ça se passe » ; « C’est maitre X votre avocat ? » et l’avocat de bondir de sa chaise « Oui ! » avant de se rassoir immédiatement. C’est encore elle qui n’hésite pas à reprendre un interpellé sur ses formulations langagières : « j’étais au trottoir d’en face », [le coupant] « sur le trottoir d’en face »... Face à un prévenu qui dit « j’ai vu plein de gens, je suis rentré [dans un magasin défoncé] », elle rétorque « Et là, vous avez vu la porte ouverte du tribunal et vous êtes rentré ? » Derrière, les flics se marrent. C’est pas joli à voir.
Ce mardi 17 juillet, la procureur, grandiloquente à souhait, ouvre le bal. « Ça devait être une fête, c’est devenue une guerre ».
Elle continue toujours aussi exaltée : « Pour tous les français, tous les lyonnais, ça devait être la fête. On devait être fiers d’avoir deux lyonnais dans l’équipe de France, d’avoir enfin deux étoiles au maillot. À cause d’eux [les interpellés du 15 juillet], la fête a été gâché. Lyon fait partie des trois villes où il y a eu des débordements [1].
Quand je dis « débordements », c’est guérilla urbaine. C’est une honte pour ceux qui nous regardent depuis l’étranger. Ils [les interpellés] ne sont pas responsables de tout mais il y a un contexte à saisir : à 20h, on a même pas le temps de s’embrasser, de profiter sereinement du moment que des gens cherchent à incendier un véhicule anti-bélier, portière défoncée et extincteur vidé. Alors que ce véhicule sert à protéger la société civile contre ce genre d’événements et contre les fous qui chaque jour font peser la menace d’un attentat terroriste.
Des incidents se produisent dans le métro puis il est évacué avec la fermeture de la station Bellecour. Plusieurs enseignes — Lacoste, Nature et Découverte, etc. — sont vandalisées. La rue de la République ne ressemble plus à grand-chose. Place du Pont, les policiers sont victimes de jets de projectiles. Les émeutiers sont repoussés. Plus tard, des véhicules sont incendiés. Les pompiers eux-mêmes sont pris à partis et ne peuvent intervenir. Les passants sont ébahis et apeurés. Des groupes de pilleurs éventrent les vitrines pour se servir encore dans la nuit. »
Ce récit des événements du point de vue policier vient du PV de contexte que ces derniers ont communiqué à la justice et que la juge et la proc’ s’empressent goulûment de lire à plusieurs reprises à l’audience. Ce PV n’apporte strictement rien au procès, puisque rien n’y est décrit qui concerne personnellement les inculpés. Ce sont seulement des éléments d’ambiance transmis dans le but de les faire condamner plus lourdement. Comme la police a globalement peu d’éléments contre les gens qu’elle a arrêtés, elle en rajoute avec ce genre de récit un brin catastrophiste.
En 2010, pendant les procès du mouvement contre la réforme des retraites, les juges se plaisaient à faire du riot porn en plein tribunal : ils avaient poussé le vice jusqu’à faire installer dans la salle d’audience un écran et diffusaient avant les journées de procès les vidéos des scènes d’affrontements et de casse filmées depuis l’hélicoptère de la gendarmerie [2]. À l’époque, les avocats se scandalisaient de tels procédés et certains se barraient des salles d’audience en gueulant. Aujourd’hui, ça ne provoque même plus de scandale.
À la lecture de ce « PV de contexte », on apprend que les deux grandes préoccupations de la police sont : 1) que les gens s’amusent pendant ces moments et 2) que les voitures roulent (le rétablissement du flux automobile est un de leurs objectifs).
Les interpellés défilent dans le box des accusés. Ils sont souvent jugés en groupe en fonction du magasin vers lequel ils se sont fait chopper. Un premier groupe vers Espace Foot (à la Guill), ensuite le Printemps (vers Bellecour), après un magasin de vélos électriques (sur Gambetta), Lacoste, etc. Tous les gens se sont fait attrapés dans ou à proximité des magasins. Parce qu’ils n’ont pas couru assez vite. Parce que dans ce genre de moments, les pouvoirs publics ne peuvent pas se permettre de n’arrêter personne. Ils veulent faire du chiffre, histoire de montrer qu’ils ont la situation en main.
Au milieu de la foule des interpellés, il y a ce jeune homme tout juste majeur avec son histoire inattendue. Lui n’a pas été arrêté dans la rue mais s’est rendu de son plein gré. Ayant ramassé une veste qui trainait devant Espace Foot, il a « culpabilisé », l’a posé dans un buisson puis a marché et s’est rendu dans la nuit jusqu’au commissariat (les flics de Marlius Berliet annoncent fièrement dans leur PV « interpellons l’individu dans nos locaux à 00h40 ») [3].
La soirée de débordements du 15 juillet et les procès qui s’en suivent permettent de saisir les réactions du pouvoir face à l’événement émeutier. La réaction du pouvoir judiciaire n’est pas la même que celle du pouvoir marchand. Le pouvoir judiciaire est plein de mépris pour les interpellés, pour ceux qui n’ont pas fait la fête gentiment. Quand la proc’ lit par exemple leurs déclarations en garde-à-vue : « je suis resté toute la soirée pour voir les émeutes », elle ironise « c’est un spectacle intéressant ».
Les marchands, quant à eux, incarnent plutôt la figure du pleureur. L’un a même osé faire le déplacement pour se plaindre devant le tribunal de son « préjudice » [4]. Un autre patron est présenté comme un type essayant péniblement de gagner sa croûte en vendant des vélos électriques (entre 1000 et 2000 euros le vélo quand même). L’avocate des parties civiles/du Capital essaie de faire pleurer dans les chaumières. « Ils [les gérants] doivent retrouver le droit et la possibilité de travailler dans [leur] magasin ». Sur ça on est d’accord, le droit du Capital en a pris un certain coup le soir du 15 juillet.
De manière générale, le pouvoir judiciaire plaint les gérants. Comme on est dans un tribunal et que ce ne sont pas des coupables, ce sont donc des victimes et il faut que ça se sache quitte à verser dans le ridicule.
La proc’ : « Ces actes ne sont pas sans conséquences sur les entreprises qui sont des TPE avec des chefs d’entreprises qui ne sont pas milliardaires. Il y a une perte, une évasion de la clientèle. C’est un fait détestable. Un patron a le droit de participer à la liesse populaire sans être perturbé par les appels des forces de l’ordre qui lui disent que sa boutique vient d’être dégradé ».
Le gérant-prolétaire-et-vendeur-de-vélo-électrique est, paraît-il, dans un état pitoyable, pas seulement du fait du préjudice matériel mais parce qu’il ne comprend pas. Il a un besoin de comprendre qu’on s’en soit pris à son magasin alors qu’il n’y avait « que des chants, que de la joie dans la rue ».
D’un côté c’est un peu pitoyable de voir ça, ce goût de geindre publiquement. De l’autre, c’est assez cocasse quand on connaît la rapacité de ces gens-là. Pour ce qui concerne ce fameux magasin de vélos où, selon la procurreur, 30 bicyclettes ont été dérobées — plus vraisemblablement à peine 5-6, selon les gens qui faisaient la fête à proximité —, lundi la vitrine était changée et mardi (soit le jour du procès) il rouvrait et reprenait son activité économique. Business is business. Sans parler du fait que tout ce petit monde judiciaire fait mine de ne pas savoir que les seules qui vont devoir réellement payer quelque chose dans cette histoire sont les assurances.
Ayant un rapport à la violence différent, le pouvoir économique et judiciaire se retrouvent néanmoins sur un point : la valeur travail.
La proc’, encore elle : « C’est ça la réalité, c’est un pillage. Ces gens-là ne respectent pas le travail d’autrui, des gens qui se lèvent à 6h du mat’ pour faire tourner la boutique ». (C’est sûr qu’elle en connaît quelque chose du monde du travail, assise toute la journée sur sa chaise à requérir des peines de prison et à infliger de la souffrance à ceux qui ont le malheur de lui passer sous la main.) Et c’est logiquement autour du travail que s’articule la pénalité (en faire gratuitement avec les TIG [5], être condamné à obligation d’en trouver un, avoir une peine plus clémente pour un prévenu « fixé » par un boulot…).
En face, quelques avocats assurent les défenses. Celles-ci sont plutôt moins mauvaises que la plupart du temps où les commis d’office des comparutions immédiates ne lisent pratiquement pas les dossiers, ne contestent rien et s’écrasent devant la cour, se contentant de demander à peu près la même peine que le parquet…
Pour bien comprendre le cérémoniel des comparutions immédiates, il faut avoir en tête que les prises de becs et autres confrontations verbales entre avocats de la défense et procureur ne font jamais que rejouer l’éternel « débat » entre la gauche et la droite sur le rapport que « la société » doit avoir face au crime. Pour la gauche, la police n’a pas attrapé « les bons », pas les premiers qui ont cassé, pris ce qui les intéressait et foutu le camp mais des « seconds couteaux ». « Ce sont des vols d’opportunités, ils ne doivent pas assumer de responsabilité morale ». Pour la gauche, « il faut personnaliser la peine, l’adapter en fonction de la personnalité. ». « On n’est pas là pour faire une justice pour l’exemple » plaide contre l’évidence une avocate.
L’avocat de la défense joue la corde sensible, parle de l’âge du prévenu, de ses éventuels enfants, de son avenir qu’une peine de prison viendrait boucher. « Ce n’est pas une réponse adaptée » lance-t-il souvent. C’est le sempiternel balancement entre la gauche et la droite, entre l’avocat proche de son client, qui a un minimum d’empathie pour lui et le procureur, figure méchante par excellence qui réclame des exemples pour l’opinion, qui veut faire mal, terroriser, qui veut que les gens méditent leurs actions en maison d’arrêt, qui aimerait bien voir quelques têtes tombées si seulement la peine de mort était encore en vigueur.
Le procureur est, de par sa position, cet être qui carbure à la haine et qui surfe sur tous les affects micro-fascistes qui traversent la société (« en prison les casseurs ! », « mais sont-ils d’ailleurs bien français ? N’y-a-t-il pas quelques éléments pas vraiment de chez nous ? », etc.) et dont on peut se faire une idée en lisant les commentaires de faits divers de n’importe quel journal en ligne.
Mais, gauche et droite, tous sont d’accord et sur le fait central que le triptyque police-justice-prison est essentiel, qu’il faut punir ce qui s’est passé ce 15 juillet comme n’importe quelle manifestation qui prend la police et/ou le Capital pour cible, et que tout ce bordel c’est vraiment du n’importe quoi. Qu’une bonne fête n’a rien avoir avec l’idée et la pratique du débordement, qu’une fête dans la rue est un divertissement, si possible encadrée par la police et qu’en toute circonstances, même éméché, il faut respecter le règne de la marchandise. Au fond, on voulait la fête mais sans tout ce qui va avec.
Parfois, l’avocat de gauche se risque sur le terrain politique (l’avocat en question est proche des socialistes) et il approche alors le véritable rôle du dispositif des comparutions immédiates : « Pour atteindre sa cible, il faut viser juste. On ne juge pas un contexte, le parquet ne fait que communiquer, on fait passer un message de politique pénale ».
Lui n’est pas contre le fait que le parquet fasse passer un message. C’est d ’ailleurs « un citoyen avant d’être un avocat ». Mais qu’est-ce-que c’est que cette histoire de cible ? « On n’atteint pas la cible, la procureur se trompe lance-t-il. [en montrant la salle] Elle est là-bas [la cible] ! » En fait, il n’y a pas que les interpellés qui sont jugés, c’est une illusion. La cible est beaucoup plus conséquente : c’est en fait l’ensemble de la salle d’audience, soit essentiellement les proches, et même encore plus largement, c’est l’ensemble de la population, à travers les comptes rendus journalistiques qui est la cible réelle de l’appareil judiciaire. Et le message est clair : si vous faites un pas en dehors des clous, si vous fêtez un peu trop bruyamment et sauvagement quelque chose, on ne va pas vous louper.
Une autre avocate s’offusque de cette évidence : à savoir que le contexte surdétermine tout dans ces affaires et que dans un autre contexte, la proc’ demanderait des peines bien inférieures pour ce genre de faits (des rappels à la loi devant un OPJ ou des CRPC [6]). Il faut redescendre sur terre : « ils ne sont au mieux jugeables que pour vol. Le préjudice est le vol d’un t-shirt de couleur grise du club d’Arsenal. » Mais la procureur assume complètement le rôle politique de ses réquisitoires, le fait donc de ne pas juger tout le monde de manière équitable et annonce que sa sévérité est liée au contexte : les interpellés ont transformé cette ville en « zone de guerre pendant plusieurs heures » (elle n’a pas du souvent en visiter des « zones de guerre »), « chacun y a contribué à sa façon, à son échelle. Je ne m’échapperai pas de ce contexte ».
Au fond, comme le dit la même avocate, on leur reproche ce qu’on reproche à n’importe quel inculpé dans un procès politique : une intention, en l’occurrence une mauvaise intention : « Je ne vois pas ce qu’on lui reproche, il est juste dans le magasin, c’est tout. » C’est le fait d’avoir été traversé par ce « et tiens, si j’en prenais un » en s’approchant d’une vitrine défoncée qui est condamné. Un avocat de la défense ose même : « Pour citer Oscar Wilde, je dirais que la seule solution pour résister à la tentation, c’est d’y céder. » Au fond, on leur reproche surtout de ne pas être des citoyens irréprochables, d’avoir de mauvaises pensées qui les traverse.
On le sait peu mais la police est une profession où l’on aime bien se victimiser. Victimes des délinquants, du désamour et de la non-reconnaissance de la population, du laxisme des juges. Un flic, ce 17 juillet, se victimise devant toute la salle d’audience :
Avocat : vous avez pris votre service à quelle heure, 13h non ?
Flic : 15h.
A : Et vous deviez finir à quelle heure ?
F : 23h.
A : Et vous avez fini à quelle heure ?
F : 5h du mat’.
A : 5h du mat’ ! Alors qu’à la base vous ne deviez même pas travailler et qu’on vous a rappelé !
L’avocat continue : « Les forces de police étaient là pour essayer de faire en sorte que tout le monde puisse rentrer chez lui dans un état à peu près correct ». Dans ce cas-là, il aurait fallu interdire l’alcool mais c’était alors s’en prendre à la marchandise (un peu comme les émeutiers).
Comme n’importe quelle victime, les flics ont besoin et attendent qu’on les réconforte. La proc’ se lance dans une diatribe avec toujours la même retenue : « je tiens ici à saluer le courage et l’exemplarité [7]. Ou encore qu’un policier mette un coup de matraque télescopique a un autre dans la bouche et lui casse trois dents.]] des forces de l’ordre. Je sais que le week-end a été difficile, qu’il a fallu beaucoup d’énergie pour maintenir le calme. Je sais que la fête a tourné au fiasco. Je sais leur mobilisation dans la nuit du 14 au 15 juillet. Ils sont là pour qu’il puisse y avoir une fête, pour sécuriser la vie de chacun d’entre nous. Pour lutter contre les risques qu’on court tous les jours avec des événements comme celui-ci et les risques terroristes. »
Et elle finit en faisant l’apologie du flic venant réclamer des dommages et intérêts pour s’être fait bousculer par un père de famille essayant de s’échapper d’un magasin. Le flic n’y est pas allé avec le dos de la cuillère : coup de pied dans le bassin, plusieurs coups de matraque télescopique, balayette, clef de bras et menottage. La proc’ n’en peut plus : « C’est courageux comme positionnement. Il se met devant la vitrine, il est prêt au combat. Il aurait pu les laisser piller. » Tout ce petit monde aimerait bien avoir des héros à glorifier. Mais n’est pas Beltrame qui veut.
La vérité de ce moment judiciaire, c’est que c’est un affect de vengeance qui anime le tribunal. Ceux qui se sont fait attraper doivent payer pour tout ce qui s’est passé le 15 juillet, le débordement de la fête. C’est ce qui explique l’énormité des peines (au final quatre personne ont été emmenées en prison, les autres peines sont aussi très lourdes).
Ce que tout le monde fait mine d’ignorer et qui ne sera pas évoqué durant tous ces procès, c’est quelque chose comme « l’affrontement de classes » (comme on disait jadis) qui se lit dans cette émeute et la répression qui l’accompagne. Même sans être marxiste, quand on regarde ce qui s’est passé, on est obligé de constater que ce ne sont que des pauvres qui passent en jugement. Ce sont eux qui ont se sont saisis de la victoire de l’équipe de France comme une l’occasion d’aller foutre le zbeul en centre-ville, se refaire une garde-robe au passage et en profiter pour ravager la métropole rutilante. Un bien beau programme.
[1] En fait, c’est faux, des affrontements se sont produits dans plusieurs villes : Paris, Nantes, Rouen, Grenoble, Marseille, La Roche-sur-Yon Toul, Mulhouse, Menton, dans les Yvelines, etc.
[2] Pour se donner un ordre d’idée, c’est comme si dans des procès pour détournement de fonds publics, les juges se laissent aller à diffuser des vidéos de pauvres qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, histoire de bien faire comprendre le résultat du procès qu’on escompte.
[3] Être gentil face à ces gens-là ne sert à rien, le seul langage qu’ils comprennent, c’est le rapport de force. N’ayant au final rien volé et s’étant rendu, la proc’ a osé demandé contre lui 4 mois avec sursis. La juge lui en a mis 6.
[4] Vitrine pétée, présentoirs vidés, murs dégradés, articles volés… Sur la vidéo-surveillance, il a comptabilisé une auto-réduction d’environ 50 individus.
[5] Travaux d’Intérêt Général, peine alternative à l’incarcération et où on travaille gratuitement...
[6] Comparution sur Reconnaisance Préalable de Culpabilité, sorte de plaidé coupable à la française.
[7] C’est sans doute cette même exemplarité qui a conduit à ce qu’un jeune homme se prenne un tir de flash-ball dans la tête et perde un oeil ce même 15 juillet place Bellecour.
Le Progrès / dimanche 15 juillet 2018
Ce dimanche, les élus charliendins se sont réveillés avec une double sensation. La première de joie, avec l’envie de faire une grande fête populaire sur la place Saint Philibert en cas de victoire de l’équipe de France ce soir. La seconde, plus aigre, avec la découverte de tags anarchistes et anti-policiers sur le fronton de la mairie.
En effet, dans la nuit de samedi à dimanche, quatre tags ont recouvert la façade de la maison commune de Charlieu. Un sigle anarchiste, l’inscription « GA 92 » qui peut évoquer le groupe ultra du club de football de Saint-Etienne les Green Angels. Fait plus grave, deux inscriptions anti-policiers ont aussi été taguées : « 1 Flic 1 Balle » et l’acronyme ACAB, qui veut dire en anglais « All cops are bastards », ce qui peut se traduire par « Tous les flics sont des bâtards ». Le maire Bruno Berthelier se désole de ces graffitis et a immédiatement été porter plainte.
Ces tags rappellent ceux qui avaient été inscris lors des élections présidentielles dimanche 7 mai 2017. Le graffiti haineux « 1 Flic 1 balle » avait déjà été tagué. On pouvait à l’époque trouver aussi « Justice pour Adama », « Ni patrie ni patron » ainsi que le sigle anarchiste.

Attaque du bureau d’architectes qui dessine les plans du futur camp pour sans-papiers du Grand-Saconnex. Pas de camp fédéral au Grand Saconnex !
Les camps pour sans-papiers se propagent à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Europe. En Suisse, 20 nouveaux centres fédéraux pour personnes demandeuses d’asile sont en train d’être construits. Cet euphémisme ne doit pas masquer leur caractère de gestion, de contrôle et d’isolement qui ne cesse d’augmenter.
Au Grand-Saconnex, près de Genève, un complexe du même acabit est prévu en ce moment même (camp fédéral, police, gardes-frontières, police internationale). En concevant ses plans, le bureau d’architectes « Berrel Berrel Kreutler » de Bâle et de Zürich fait partie de ce nouveau régime. Son architecture d’une imagination débordante fait en réalité partie de l’architecture des camps en Europe – univers froid, brutal, retenu-e en isolement et coupé-e des autres. Ce sont des idées répressives coulées dans le béton qui sortent de terre de partout aujourd’hui.
La semaine dernière, nous avons mis ce bureau d’architectes face à ses responsabilités en lui brisant ses vitres et en taguant des slogans sur sa façade.
Des connaissances d’Aboubakar [1]
En solidarité avec toutes les personnes qui sont en lutte pour atteindre l’Europe.
[1] Aboubakar a été été abattu par un policier le 3 juillet à Nantes (cf : https://renverse.co/Nantes-la-police-tue-1625)
Le Parisien / mardi 17 juillet 2018
Des nouvelles violences urbaines ont eu lieu la nuit dernière après la série survenue durant le week-end de la fête nationale et après la finale de la Coupe du monde de football.
Lundi soir, les policiers ont été pris pour cible à Achères par plusieurs individus qui ont jeté des projectiles en direction des fonctionnaires. Plusieurs poubelles et des véhicules ont été incendiés notamment à Élancourt, Les Mureaux, La Celle-Saint-Cloud, Mantes-la-Jolie, Houilles ou encore Rambouillet.
Ces six nouveaux actes s’ajoutent au triste bilan du week-end où pas moins de 78 véhicules et 77 poubelles avaient été incendiés de vendredi. Des échauffourées s’étaient également produites à Mantes-la-Jolie, Trappes, Versailles et Guyancourt. Les policiers avaient dû utiliser leurs armes de défense pour disperser les attroupements.
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Le Parisien / mercredi 18 jillet 2018
Des tags injurieux ont été découverts mardi après-midi à Chanteloup-les-Vignes dans la cité de la Noé. Ces inscriptions peintes sur un immeuble proche de la halle du marché, rue des Pierreuses, visaient la police. Effectuées à l’aide d’une bombe jaune fluo, elles couvraient une zone de six mètres sur deux de hauteur.
Après avoir constaté cet acte, les forces de l’ordre ont prévenu les autorités et la mairie. Dans la foulée, les agents municipaux des services techniques de la ville ont recouvert les inscriptions en appliquant une couche de peinture.
Sud-Ouest / jeudi 19 juillet 2018

Un sous-répartiteur a été incendié. Les dégâts sont importants. Le retour à la normale est prévu pour mercredi 25 juillet.
N’en voulez pas à vos interlocuteurs installés à Cré@vallée si depuis lundi, ils ne prennent pas vos appels. Ce n’est pas qu’ils sont partis en vacances. Plus prosaïquement, 560 clients Orange de la zone d’activités de Coulounieix-Chamiers sont privés de téléphone et d’ADSL depuis quatre jours. Dans la nuit de dimanche à lundi, un sous-répartiteur situé près du pont sur lequel passe l’A89 a été incendié. L’armoire a été entièrement détruite.
Cette situation pénalise nombre de professionnels qui se trouvent, de fait, injoignables. Les bâtiments équipés de la fibre limitent la casse : le réseau n’étant pas le même, leurs occupants profitent toujours d’Internet (c’est par exemple le cas du pôle interconsulaire).
Mais les entreprises et les commerces se contentant de l’ADSL se retrouvent « seuls au monde », pour reprendre la formule mi-amusée, mi-agacée du patron de Patapain.
« Les clients ne peuvent pas nous joindre, je ne peux pas passer de commande à l’entrepôt et le terminal de paiement sature. »
Il était justement en train d’explorer une solution pour décharger l’appareil afin d’accepter à nouveau les cartes bancaires. Du moins en partie puisque tant que la ligne n’est pas rétablie, les cartes à autorisation systématique ne passent pas.
Au 15, l’hôtel voisin, ce sont surtout les clients qui sont pénalisés : « Les représentants aiment bien pouvoir utiliser le Wifi le soir pour transférer leurs données », dit le gérant.
Mercredi, Orange prévoyait le retour à la normale pour mercredi 25 juillet. « On a commandé une nouvelle armoire, on attend de la réceptionner. Une fois qu’on l’aura, il faudra recréer tout le réseau, c’est-à-dire reconstruire les lignes une par une. »
Avec les tests dans la foulée et même avec « des équipes mobilisées », il faudra donc encore tenir une semaine. À la suite de cet acte de vandalisme, Orange a déposé plainte.
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Sud-Ouest / vendredi 20 juillet 2018
[…] À la zone Créa@vallée, à Coulounieix-Chamiers en Dordogne, une partie des 560 clients d’Orange privés depuis lundi de téléphone et d’ADSL pourrait retrouver ces services dans la journée de vendredi.
Orange reste sur un retour total à la normale pour mercredi, mais le calendrier pourrait s’accélérer. L’opérateur a réceptionné le sous-répartiteur et a pu l’installer jeudi. Des travaux de génie civil ont été effectués. Des premiers raccordements devraient être réalisés ce jour.
Orange a prévu de mobiliser une équipe ce week-end ainsi que des sous-traitants : « On fait le maximum pour aller le plus vite possible », explique-t-on au sein de l’entreprise. La tâche se révèle fastidieuse car il faut reconstruire les lignes une par une.
Une partie de la zone d’activités Cré@vallée paie un acte de vandalisme commis dans la nuit de dimanche à lundi près du pont du Cerf à Coulounieix-Chamiers, dans l’agglomération de Périgueux. Une armoire a été incendiée.
L’ampleur des dégâts a totalement privé de téléphone, voire d’Internet (passent entre les gouttes ceux disposant de la fibre), des entreprises, des commerces, mais également le pôle interconsulaire (CCI, Chambre des métiers, Chambre d’agriculture).
La Dépêche du Midi / vendredi 20 juillet 2018
Après les gendarmes, les policiers : installé à côté de Toulouse, à Labarthe-sur-Lèze, le groupe Paul Boyé Technologies-Calberson Sud-Ouest vient de remporter le marché de l’habillement de la police nationale. Ce nouveau marché, de l’ordre de 248 millions d’euros sur 4 ans, porte à 270 000 hommes et femmes l’effectif qui sera habillé chaque année par la société haut-garonnaise, représentant ainsi une augmentation de son chiffre d’affaires de l’ordre de 25 à 30%. Le groupe, qui emploie 243 salariés en Occitanie, annonce la création d’une trentaine d’emplois supplémentaires.

Fiers de se remplir les poches avec la guerre (visuel tiré de de leur site internet)
Installée au Vernet et à Labarthe sur Lèze, cette PME fondée en 1914 est devenue un des leaders mondiaux des uniformes et des vêtements de protection et de combat. Fondé par le grand-père de Jacques et Philippe Boyé, les actuels dirigeants de l’entreprise, l’entreprise fournit les forces armées françaises depuis trois générations et a commencé en livrant les capotes bleu horizon des poilus. Aujourd’hui, l’entreprise familiale est devenue un fleuron de l’industrie française avec 240 salariés en France dont 140 près de Toulouse, une centaine à Bédarieux dans l’Hérault ainsi qu’une usine de 600 personnes à Madagascar.
Dans les années 80, l’entreprise réalisait 50 % de son activité dans le militaire et autant dans le civil en fournissant la grande distribution (Carrefour, Kiabi…) en vêtements pour hommes (chemise, costumes…). «Les grandes surfaces ont failli nous faire mourir. Nous sommes sortis de ce système et sommes aujourd’hui totalement recentrés sur le marché de la défense, de la santé et des grandes entreprises comme La Poste ou la RATP par exemple» racontait en 2014 Jacques Boyé, le PDG de l’entreprise.

Le patrons, Philippe et Jacques Boyé
Mais la société a frappé un grand coup en décrochant un contrat fin 2012 auprès du Pentagone américain pour fournir des milliers de tenues NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) pour les GI’s. Le contrat qui s’étirera sur plusieurs années est évalué à 100 millions de dollars.
Aujourd’hui l’export représente près de 30 % de l’activité de la PME vers des pays comme la Suède, la Suisse, les États-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, etc.
« C’est une décision exemplaire du Ministère de l’Intérieur qui a fait le choix de retenir un industriel français de la filière textile habillement face à la concurrence d’intégrateurs dont la spécialité dans le marché de l’énergie (eau, gaz, électricité) est très éloignée du savoir-faire de la fabrication et de la distribution d’habillement administratif et militaire. C’est une véritable victoire pour l’industrie française de la filière textile habillement » s’est félicité Jacques Boyé, le président de la société.

Fiers de se remplir les poches avec la répression (visuel tiré de de leur site internet)
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Les Échos / jeudi 19 juillet 2018
Habiller 270.000 gendarmes et policiers de 2019 à 2022, c’est le contrat que vient de remporter le fabricant de tenues de protection militaires Paul Boyé Technologies. Implantée à Labarthe-sur-Lèze (Haute-Garonne) la société a gagné un marché de 248 millions d’euros sur quatre ans, qui pourra être prolongé de deux ans, pour habiller les agents de la tête aux pieds. Elle produit, achète, stocke les vêtements et expédie des colis individuels aux agents. Ces derniers passent commande sur un site Internet comptant 100.000 références, en utilisant leur crédit de points. Elle recyclera aussi les vêtements usés et les colis seront transportés par Calberson Sud-Ouest.
Paul Boyé Technologies s’est diversifié dans la logistique de vêtements quand l’administration a externalisé l’habillement des gendarmes. Il a obtenu deux contrats pluriannuels de la gendarmerie en 2011 et en 2014. Cette fois, l’appel d’offres a été élargi aux 145.000 policiers en plus des 125.000 gendarmes, ce qui représente une activité supplémentaire de 36 millions d’euros par an. « Ce contrat augmentera de 25 % à 30 % notre chiffre d’affaires, qui atteindra 90 à 100 millions d’euros dans deux à trois ans », se félicite Jacques Boyé, président de la société, dont les ventes ont été stables en 2017 à 65 millions d’euros dont 20 % à l’export.
Pour ce marché, l’entreprise va recruter 30 personnes à Labarthe-sur-Lèze (160 salariés) et agrandir la logistique. Elle fabriquera 30 à 40 % de l’habillement et achètera le reste (coiffes, chaussures, maille, etc.) à des fournisseurs « aux deux tiers français ». Le marché a été attribué au mieux-disant, le critère du prix intervenant pour 60 % et la qualité pour 40 %.
Le fabricant a remporté l’appel d’offres face à deux groupes français de services et d’énergie. « C’est une décision exemplaire du ministère de l’Intérieur, qui a choisi de retenir un industriel français face à la concurrence d’intégrateurs dont la spécialité dans l’énergie (eau, gaz, électricité) est très éloignée de la fabrication d’habillement administratif et militaire », souligne Jacques Boyé.
L’armée est le premier client du groupe qui est un spécialiste mondial des tenues de protection nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique. Ces équipements de haute technologie sont produits à Bédarieux (Hérault) et exportés dans 41 pays. L’entreprise fabrique des tenues de combats et des gilets pare-balles en investissant dans la R&D pour trouver le bon compromis entre la protection et le confort. Elle fournit et entretient aussi les tenues des pompiers d’une trentaine de départements et équipe les services de santé.
La société fabrique les tenues techniques dans ses usines de Labarthe-sur-Lèze et de Bédarieux qui emploient 243 salariés. Pour l’habillement non technique, les appels d’offres européens et la concurrence des pays à bas coût ont obligé l’entreprise à fermer son usine de Sète (Hérault) en 1991 et à ouvrir un site de production à Madagascar en 1992, qui a été agrandi et emploie 1.000 salariés.
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Quelques adresses utiles :
Paul Boyé Technologies
Siège, centre de stockage, production :
1095 chemin de la Riverotte
31860 – Labarthe-sur-Lèze
Paul Boyé SA
1564 Avenue de Lagardelle
31810 Le Vernet
Usine de Bédarieux
Route de Clermont
34600 – Bédarieux
PB Tex
(Filiale de Paul Boyé Technologies)
31, rue Jacquard
09300 – Lavelanet
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Calberson Sud-Ouest
Espace Seine
26 Quai Charles Pasqua
92300 – Levallois-Perret
Lors de l’édition 2018 de Bien Urbain, quelques fresques ont été souillées de tags et de projections de peinture multicolore. Ont notamment été visées celle du haut du quartier Battant et celle du Fort Griffon.
Sur cette dernière, représentant un gigantesque grille, le / la ou les vandale(s) se sont adapté.e.s au fait que les bobos repeignent systématiquement les barreaux par-dessus, enfermant ainsi les tags en tous genres. Cette fois-ci, des oeufs de peinture rose et bleu sont venus s’exploser sur toute la longueur et toute la hauteur de la fresque. Petit aperçu ci-dessous:

D’autres slogans glanés ici et là …

[Reçu par mail]
Un reportage de France 3 local nous en apprend un peu plus sur l’incendie de l’antenne-relais TDF de St Jean du Gard. Allumé le 14 juillet aux alentours de midi, « l’accès au relai et au pylône a été découpé avec des tenailles et du bois positionné près de l’arrivée électrique pour permettre un bon départ de feu ». En plus de la télé, c’est semble-t-il
autant le sabotage de la téléphonie mobile (touchant Saint-Jean-du-Gard, Anduze et Thoiras) qui fait beaucoup jaser dans cette zone touristique en plein été, et les réparations devraient prendre… au moins 3 semaines.
Il semblerait que la radio sera rétabli en premier, « qu’internet passe par endroits » mais que pour le reste (la TNT notamment), ça prendra plusieurs semaines.
Dans le reportage en question, on y entend par exemple une patronne d’un bar-restaurant, qui se plaint de ne plus avoir aucune connexion internet avec l’opérateur Orange. Elle affirme ne plus pouvoir travailler en raison de ce sabotage. En plus des lourds dégâts matériels sur la structure de l’antenne, il s’agit donc d’un bon coup porté au tourisme et à l’activité commerciale de la région en cette période de vacances estivales.

La voiture du maire part en fumée
A Saint-Hippolyte-du-Fort (dans le Gard), pendant que le maire fêtait le 15 juillet la victoire de l’équipe de Frrrance, sa voiture personnelle a été incendiée dans le village avec des fumigènes. C’est sans doute ce qu’on appelle saisir l’occasion… Et l’édile dépité de rajouter, puisque c’est la quatrième fois que sa voiture est prise pour cible : « à chaque fois les dégradations ont été commises lors de réunions ou manifestations que j’organisais en ma qualité de maire ».
[Reformulé de la presse]
Le 16 juillet à Coulounieix-Chamiers (Dordogne), un sous-répartiteur Orange a été incendié. Mais pas n’importe lequel, précisément celui qui dessert la zone d’activité Créa-vallée, où sont implantées des dizaines d’entreprises. Depuis, ce sont donc près de 560 clients d’Orange, pour la plupart des entreprises, qui sont privés de téléphone et d’internet pour au moins une bonne semaine.
« La nuit du 17 au 18 juillet 2018 a été brûlante à Besançon », titre l’Est Républicain. En effet, deux structures de l’Etat ont perdu au total une dizaine de véhicules dans les flammes.
A La City, cinq véhicules de la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon [1] sont partis en fumée. Un autre a été endommagé par les flammes.
En lisant la brève du journal des matons « Actu Pénitentiaire« , on apprend également qu’aux environs de 4h, les policiers sont alertés par des riverains que les flammes sont en train de ravager plusieurs véhicules du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation [2] garés sur le parking intérieur de leur siège avenue Clémenceau. Au total, cinq voitures du SPIP sont incendiées et les bureaux situés juste à côté ont vu leurs vitres exploser et la façade noircie sous l’effet des flammes et de la chaleur.

Au SPIP

idem
Rappelons que le 26 janvier dernier, en pleine grève des matons, une armoire locale de raccordement à la fibre optique située avenue Villarceau, entre la maison d’arrêt et le SPIP, a été incendiée. Une centaine d’utilisateurs ont été privés d’internet pendant 24h.

Les carcasses de véhicules de la CAGB

Notes :
[…] Mais qu’est-ce que le SPIP ? Ce service dépend de l’Administration Pénitentiaire (AP) et ses conseillers sont formés à l’École Nationale de l’AP d’Agen. Sur les bancs, ils coudoient les surveillants avec qui ils travailleront après, en prison. En effet, les conseillers du SPIP sont de vrais alter-ego des matons, le visage « gentil » de cette machine à broyer les personnes qu’est la prison. Et, tout comme les matons, ils sont indispensables à son bon fonctionnement.
Le but de l’État est d’enfermer toujours plus de monde (comme le montre bien le plan visant à construire 13000 places de plus en taule). Pour cela ils doivent garantir le calme dedans, avec les chantages sur la « bonne conduite », et aussi étendre la prison dehors, avec les « mesures alternatives ».
En taule, ce sont les conseillers du SPIP qui valident les projets de « réinsertion » des détenus. De ce fait, ils ont un grand pouvoir pour ce qui concerne l’acceptation ou pas, de la part du juge, des demandes de libération anticipée ou d’aménagement de peine. Dehors, leur fonction est « l’assistance et le contrôle » des personnes qui ont écopé de sanctions pénales alternatives à l’incarcération, comme la mise à l’épreuve, la liberté conditionnelle, le travail d’intérêt général et autres aménagements de peine (par exemple le placement sous surveillance électronique). Ce sont eux également qui signalent les personnes qui ne respectent pas leurs obligations « alternatives », en les envoyant au trou.
Le SPIP a donc un rôle central dans cette « individualisation de la peine » qui est à la base d’un système de prix et chantages liés aux « alternatives » à l’enfermement pur et simple. Un système qui casse la solidarité entre détenus et pousse chacun à intégrer l’idée que la peine est nécessaire et qu’on ne peut s’en sortir qu’en collaborant avec ses propres bourreaux. […]
Hautes-Alpes/Marche du 22 avril 2018: Comme une odeur de couvre feu...texte d'un gardé à vue. Je sors de garde à vue (17/07/18). Privé de liberté pendant toute une journée. J'ai longtemps réfléchi à ce que je pourrais exprimer en sortant d'ici. Essayer de comprendre les motivations jusque boutistes du procureur de la république de Gap. Je me suis dit, au début, que le proc' avait du essuyer quelques traumatismes dans sa jeunesse pour être d'une détermination aussi extrême. Peut-être était-il étudiant en décembre 95, lorsque la France a été secouée par une grève générale. Peut-être que sa faculté de droit avait été taguée "fac de droite" à ce moment-là. Que les entrées avaient été barricadées par des montagnes de poubelles, de tables, de chaises, et que peut-être de là coulait son esprit de revanche contre la gauche et les militants de ses rangs. Puis après, je me suis dit que peut-être avait-il tout simplement envie d'être muté. Devenir multi-récidiviste dans la négation des droits pour énerver sa hiérarchie. Humilier nationalement le tribunal de Gap en requérant la mise en détention des premiers solidaires. Et ainsi se barrer d'ici, être envoyer n'importe où, même substitut du procureur dans la Creuse, mais à tout prix se barrer d'ici. Puis finalement, à bien y réfléchir et au vu des notes du ministère de l'intérieur concernant le délit de solidarité, et bien je me suis dit que comme dans toute bonne république qui se respecte, que les chefs avaient des chefs et qui eux-mêmes avaient des chefs. Et que les ordres tombaient. Que le procureur, malgré sa qualité de chef, restait un subordonné et agissait en tant que tel. Au programme : Liquider la résistance en Haute-Durance, piétiner les solidarités aux frontières, effrayer les populations pour régner en vainqueur. Faire en sorte qu'un africain n'ait pour avenir en France qu'une prison, un charter ou une tombe. Et que tout ça c'était des ordres, le choix d'une politique très claire, une politique d’extrême droite. Le procès qui se tiendra le 8 novembre se devra d'être notre tombeau. Celui qui asphyxiera les solidarités. Celui qui plongera nos rêves et nos luttes au plus profond des poubelles de l' Histoire. Ce procès se devra d'être le coup de semonce final sur la tête des vaincus. J'ai toujours pensé que l'Etat de Droit, du moins son concept érigé en doctrine, permettait à une classe sociale d'en subjuguer une autre. Que ces 3 mots Etat-De-Droit revenaient sans cesse dans la bouche de certains pour justifier l'idéologie des puissants, et ainsi assujettir notre liberté pour faire de nous des sujets. Sujets du roi, sujets du prince, sujets des multinationales... Nos frères et soeurs africainEs, en choisissant la route de l'exil ont décidé de redevenir maître de leur destinée, après ces centaines d'années passées les chaînes aux pieds. En tant que vaincu, je les considère comme mes semblables. En tant que vainqueurs, vous les voyez comme une menace. Vous avez raison. Leur exil nous montre à quel point la guerre économique que vous menez en Afrique et ailleurs est définitivement perdue. Les sous-sols du continent africain que vous vous disputez entre vainqueurs s'épuisent à mesure que grandit votre bêtise. Votre bêtise, construite sur une idéologie du passé qui se résume elle en 5 mots : Augmentation-Du-Taux-De-Profit. Bolloré et consorts, vous rappelez-vous sûrement des mots esclavage, colonie, pillage, FrançAfrique... Vous qui vous gavez ici, là-bas, partout, vous essaieriez de nous faire croire que le problème serait nos frères et soeurs africainEs? Le problème, C'EST VOUS! La destruction que vous engendrez vous tétanise déjà. Vous avez peur, partout. Vous érigez des murs, vous surarmez les pandores, vous construisez des cages. A mesure que la vérité éclate sur l'effondrement prochain de votre civilisation capitaliste, vous agressez, vous violentez. Et pourtant c'est inéluctable, la fin d'un monde approche. Nous sommes à un point de non retour, d'un côté le chaos climatique, guerrier poussant des dizaines de millions d'individus sur les routes de l'exil et de l'autre le glissement totalitaire des sociétés dites démocratiques. Humiliation des syndicats, répression des mouvements sociaux, suppression des libertés, surveillance à outrance, militarisation des frontières... Bref, ras l'bol! En Marche, préparez-vous à courir! Mathieu, un des 3+4 de Briançon
A Mesdames et Messieurs les forces de l'ordre, les décideurs et les élites qui se sentent concernés ou sont impliqués dans notre garde – à – vue et notre comparution au tribunal le 8 novembre prochain, La violation quotidienne du droit des étrangers à la frontière, c'est vous. Les arrestations et les refoulements sans ménagement des demandeurs d'asile, c'est vous. Le non respect du droit des mineurs que la France se doit de protéger, c'est vous. Les refus d'entrée pré-remplis et la falsification des informations, c'est vous. Le délaissement des exilés malades ou blessés qui ont besoin de soins ou d'une hospitalisation, c'est vous. Les chasses à l'homme noir, c'est vous. Les guets apens, les pièges tendus, les planques avec jumelles à vision nocturne et caméra thermique, c'est vous. La mise en danger des éxilés, poursuivis dans la nuit, et la négation de leur vulnérabilité, c'est vous. La collusion avec les militants de Gérération Identitaire, que vous remerciez pour le bon boulot qu'ils ont fait lorsqu'ils vous remettent des éxilés, c'est vous. Le dépouillement des éxilés interpellés, c'est vous. L'interpellation de femmes, accompagnées d'enfants qu'elles portent dans leurs bras, et sommées de se coucher à terre, c'est vous. Ces coups qui pleuvent parfois sur ceux qui demandent juste une protection et qui sont en quête d'un bout de terre habitable alors même qu'ils vous supplient à genou de ne pas les renvoyer en Italie, c'est vous. Les menaces faîtes armes à la main << arrête toi où on tire >>, c'est vous. Les violences verbales faîtes à des femmes sur le point d'accoucher “ ma mère à moi a bien accouché dans la neige, tu peux le faire aussi et si c'est ici devant la Paf ça ne me dérange pas >>, c'est vous. Les paroles abjectes << Vous êtes trop nombreux, Macron ne veut plus de vous, retournez en Italie >>, c'est vous. Les réflexions odieuses, lorsqu'un exilé qui sent que ses droits sont bafoués vous rappelle que la France est le pays des droits de l'homme, et que l'un de vous lui rétorque <<ah mais ça c'est l'ancienne France, désormais ce n'est plus comme ça >>, c'est vous. Les éxilés reconduits en Italie à pied et poussés par une voiture des forces de l'ordre, comme du bétail, c'est vous. Les faux randonneurs qui font mine d'indiquer le chemin à des éxilés égarés qui quelques minutes plus tard tombent entre les mains de vos collègues qui les ramènent en Italie, c'est vous. La répression et le découragement des solidarités et des idéaux de fraternité, jetés par dessus bord, c'est vous. L'intimidation et le harcèlement des solidaires et de leurs familles, c'est vous. Est ce que vous la voyez mieux, maintenant, la véritable bande organisée ? Et nous, à l'heure où les frontières tuent, solidaires qui venont en aide, comme nous le pouvons, à des éxilés pour préserver leur dignité et leur intégrité, et veiller au respect des droits fondamentaux, nous aurions quelque chose à nous reprocher ? Se sentir rassuré et protégé, choisir l'endroit où l'on veut vivre sont bien les droits les plus élémentaires, ceux que nous tenons à faire respecter. Le 22 avril 2018, pour cela, et parce que la veille des militants d'extrême droite déployaient, en toute impunité, des messages d'incitation à la haine raciale, nous avons juste osé marcher pour dire notre indignation. Marcher, c'est être un homme de la terre. Le marcheur emprunte des chemins de terre. Il ne se sent pas supérieur, mais au contraire pétri de cette terre qu'il foule de ses pieds, humble. Humble qui vient de humus, ce mélange de matériaux d'origines et de provenances différentes, charriés par le vent, la pluie et l'eau. Nous y voilà. J'espère que vous voyez dans ce mélange qui donne au sol toute sa richesse et est garant de l'avenir. , une similitude avec ce qui nous arrive ici, dans ces montagnes, depuis plus de 2 ans. Comme l'humus que, vous le vouliez ou non,, vous êtes vous mêmes, tous issus de la diversité. Celle des nombreux hominoîdes qui peuplaient la planète bien avant l'apparition de l'homme et bien avant que le concept de frontière ne soit inventé. Rappelez vous aussi qu'il y a 500 000 ans des hommes sont partis de l'Afrique pour gagner l'Europe et ,qu'il y a seulement 6000 ans, oui, tous vos ancêtres européens avaient encore la peau noire. Ces exilés ne nous arrivent pas par hasard mais à cause de l'action cumulée des guerres, de la colonisation, des échecs du développement économique et de la mutation climatique. La mutation climatique balaye toutes les frontières, sans que nous puissions ériger de mur. Plus personne n'a donc de chez soi assuré. Nous sommes tous potentiellement en exil. Même vous, que vos uniformes et vos costumes cravates ne mettent à l'abri de rien, peuvent être jetés sur les routes du jour au lendemain. Vous avez donc beaucoup plus de commun que vous ne le pensez avec ces gens que vous osez violenter. Vous pouvez continuer à rester hors sol, à vous boucher les yeux. Vous pouvez continuer à vouloir préserver la sécurité de vos fortunes personnelles et la permanence de votre bien être. Vous pouvez continuer à vous accrocher à des frontières par peur de perte d'identité, à ériger des murs d'indifférence, à croire que ce qui compte avant tout c'est de ne plus avoir à partager un monde dont vous pensez qu'il ne sera plus jamais commun. Mais qu'aurez vous à dire à vos enfants ou petits enfants si, un jour, c'est à votre tour de prendre la fuite parce que des évenements vous rattrapent. Qu'aurez vous à leur dire si, au passage d'une frontière, on vous ordonne de retourner à l'endroit que vous avez quitté parce dans l'eldorado dont vous rêviez, il n'y a pas de place pour vous, qu'on piétine vos droits, qu'on vous maltraite, qu'on vous décourage, qu'on vous fait violence, qu'on vous surveille, qu'on vous déporte, qu'on vous ignore.... Rien, vous n'aurez rien à dire, parce que vous vous souviendrez et vous vous sentirez responsable du déluge que vous aurez engendré et qui s'abat sur vous. J'invite chacun d'entre vous a se réveiller. Réfléchissez à ce dont vous dépendez pour votre survie et avec quels autres humains vous êtes en interdépendance. Vous verrez alors que vous serez amenés à vous déplacer très loin d'ici. Vous allez devoir traverser toutes les échelles d'espaces. Alors il n'y aura bizarrement plus de frontières et uniquement des hommes habitant la terre. Vous serez un homme de la terre. Les délinquants ce ne sont pas nous. C'est la loi qui est délinquante ainsi que celles et ceux qui l'appliquent. << Mais les lois sont de passage. Le sentiment de justice n'est pas de passage. La fraternité n'est pas de passage, ni sujette à variation >>. La fraternité qui est le fait de reconnaître en l'autre quelque chose qui nous est commun, ne peut pas être à géométrie variable. La fraternité ne peut pas avoir de frontières. C'est ce qui fait la grandeur de cette notion. Il n'y a ni bonne, ni mauvaise fraternité. Lui donner une portée juridique et des limites, c'est la rabaisser, c'est la piétiner, c'est aller à l'encontre des droits humains fondamentaux. Vous avez du culot d'invoquer le prétexte de préservation de l'ordre public car, que fabriquez vous dans tête de ces exilés avec votre façon de les accueillir, de les décourager, de les déporter, avec vos procédures administratives inhumaines... si ce n'est des germes de trouble à l'ordre public. Nous, solidaires, nous invoquons un principe beaucoup plus réaliste de commune humanité. Nous continuerons d'organiser le défi d'un monde partagé, d'une vie collective et d'accompagner dans la recherche d'un sol durable des gens qui viennent à nous. Lorsque la fraternité devient illégale parce qu'on lui donne des limites contestables, alors il faut désobéîr. Benoit DUCOS Le 17 juillet 2018
Indymedia Nantes / samedi 21 juillet 2018
Début juillet, boulevard Hilarion Boeuf, à Marseille, un utilitaire Engie a été incendié.
Inéo (filiale d’Engie) a été choisie pour la mise au point de la plate forme big data de marseille.
à suivre…
minimalist
Désormais les 7 de Briançon..
Hier en fin d’après-midi, ils ont été libérés de la garde à vue à laquelle ils étaient soumis, les 4 compagnons * Qui avaient été appelés à se présenter dans la matinée à la gendarmerie de Briançon. Ils sortent avec une convocation au procés du 8 novembre ensemble avec Elenora, thèo et Bastien, pour avoir participé à la marche du 22 avril parti de Claviere et accusés d’aide à l’émigration clandestine en bande organisée. L’un des 4 est également accusé de résistance pour avoir échapper au contrôle et à un tabassage à froid de la part de la police alors que le cortège était déjà terminé.
Pendant les convocations s’est déroulé un rassemblement sous la gendarmerie de la part des solidaires et des solidaires en attendant la libération des 4. En fin de matinée le rassemblement s’est transformé en un cortège spontané, riche en interventions et flyers, qui a bloqué pendant une heure Les rues de Briancon pour répéter que la solidarité ne s’arrête pas et que ce jour-là.. Sur ces sentiers, nous y étions tous *.