Vive l'Anarchie - Semaine 29, 2022

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Un panache de fumée noire

Publié le 2022-07-18 00:00:07
Sassenage (Isère), nuit du 18 mai 2022. Les ateliers de production de « Précis Mécanic », fournisseur de l’industrie de guerre et autres nuisances technologiques, partent en fumée…

Un panache de fumée noire

C’était il y a deux mois pile. Dans la nuit du 17 au 18 mai 2022, peu avant minuit, un gros panache de fumée noire s’élevait au-dessus de Sassenage (Isère). Un grand brasier était en train de dévorer des centaines de mètres carrés dans une zone industrielle située au nord-ouest de Grenoble. D’importants moyens étaient alors déployés sur place, mais les pompiers ne réussiront à sauver que les locaux administratifs de l’entreprise, ainsi qu’un dépôt de stockage. L’atelier de production, lui, a été complètement détruit. Les 40 ouvriers qualifiés et ingénieurs employés par la boîte ont été mis au chômage technique en attendant le redémarrage de la production sur un autre site.

Si la presse n’a pas recouvert cet incendie nocturne d’un pudique voile de silence, elle n’a pas pour autant regardé plus loin que le panache de fumée qui s’est élevé cette nuit-là au-dessus de la cuvette grenobloise. C’est peut-être parce le nom de l’entreprise ravagée par les flammes n’est pas particulièrement évocateur. Et en effet, on ne peut pas leur donner tort : « Précis Mécanic » ne semble pas être un nom pensé pour attirer l’attention. Pourtant, sur les carnets de commande de cette PME de mécanique de précision et d’usinage qui a fêté en 2016 ses cinquante années d’existence, figurent des noms bien connus de l’industrie technologique : Schneider Electric, Siemens, Orano, Bosch, JST Transformateur. Et c’est encore sans mentionner les services que Précis Mécanic a déjà rendus à l’industrie militaire, un mérite dont elle se vante sur son propre site : « réalisation de paniers à carte, coffrets ou niches pour cartes électroniques embarquées dans les sous-marins nucléaires et les avions de chasse. »

En cette période de fuite en avant technologique, est-ce que les ateliers de production de Précis Mécanic ont subi les aléas qui tourmentent la vie de toute installation industrielle, qui n’est jamais à l’abri d’un fâcheux court-circuit électrique ? Est-ce qu’ils ont été frappés par la foudre ? Est-ce qu’ils ont été réduits en cendres par le geste négligeant d’un fumeur balançant son mégot dans un tas de sciure ou une poubelle ? Ou alors, est-ce que l’incendie aurait une origine bien moins innocente et moins banale ? En tout cas, la gendarmerie n’a pas tenu à communiquer les résultats de son enquête pour déterminer l’origine de cet incendie nocturne.

Mais serait-il si inimaginable qu’en cette période de relance belliciste annoncée au beau milieu du désastre climatique, quelqu’un ait eu la bonne idée d’aller débusquer pendant la nuit un petit fabriquant d’engins de mort ? Un fraiseur de guerre pour des machines qui pullulent à travers la planète, la rendant toujours plus cauchemardesque ? Un usineur de disjoncteurs et autres pièces spécialisées qui équipent les lignes à haute tension, les sous-stations électriques, les transformateurs qui irriguent les veines du monde industriel ?

Quoi qu’il en soit, le panache de fumée au-dessus de Sassenage est venu rappeler que la mort se fabrique aussi derrière les portes de bâtiments anonymes disséminés dans des zones laborieuses éparpillées sur tout le territoire hexagonal. Si ce panache de fumée semble envoyer le signal clair à tous les petits et grands fabricants d’engins de mort qu’ils ne sont pas à l’abri d’une défaillance… ou d’un sabotage incendiaire, de son côté le président de la République a aussi le mérite d’avoir été clair ces derniers temps. ll a ainsi  déclaré que « La France et l’Union Européenne sont rentrées dans une économie de guerre ».
Dans la même veine d’ailleurs que d’autres propos et gestes sur lesquels il devient difficile de se méprendre : juste avant de superviser le défilé national du 14 juillet, le président a par exemple rendu visite à un site industriel situé dans le bassin technologique grenoblois. Il y est allé pour rassurer la multinationale franco-italienne de composants électroniques STMicroelectronics, sur le soutien indéfectible de l’État. En avril dernier, les usines de STM et d’un autre géant dans ce domaine, Soitec, ainsi que des centaines de petites entreprises actives dans le secteur technologique, avaient en effet été paralysées pendant plusieurs jours par deux sabotages successifs d’une sous-station électrique et de lignes à haute tension, frappant ainsi cette branche « stratégique » de l’économie. Il a également apporté la promesse d’une aide étatique s’élevant à  plusieurs milliards d’euros pour participer au financement d’une nouvelle unité, afin de doubler la production de semi-conducteurs et de composants électroniques.

L’industrie, c’est la guerre.

[Reçu par mail, 17 juillet 2022]

Mende (Lozère) : Beau comme une voiture de gendarmes en feu sur le Tour de France

Publié le 2022-07-18 00:00:10

Tour de France : une voiture de la gendarmerie en feu à
1 kilomètre de l’arrivée à Mende
Le Parisien, 16 juillet 2022 (extrait)

Alors que les coureurs du Tour de France s’élançaient à peine dans cette 14e étape reliant Saint-Étienne à Mende, un véhicule de la gendarmerie a pris feu à 1 km de l’arrivée dans la côte de la Croix Neuve. La Dacia Duster en question a été littéralement ravagée par les flammes devant le regard incrédule de quelques spectateurs.

Les pompiers se sont immédiatement affairés auprès de la voiture sinistrée. Le bitume a ensuite été nettoyé et ne présentait plus le moindre débris. Pour l’heure, impossible de déterminer les causes de cet incendie.

Québec (Canada) : sabotage d’internet et de la télévision

Publié le 2022-07-18 00:00:12

[Où l’on se rend compte qu’au-delà de tous leurs blas blas sur la redondance des réseaux de télécommunication, saboter les bons câbles de fibre optique peut réussir à déconnecter internet et la télévision dans plusieurs quartiers d’une capitale…]

Une panne chez Vidéotron causée par un acte de vandalisme
Le Soleil (Canada), 16 juillet 2022 (extrait)

Un acte de vandalisme perpétré vendredi matin 15 juillet a forcé l’interruption des services de Vidéotron [une des principales compagnies de télécommunications du Canada, active dans les domaines de la câblodistribution, de l’accès Internet et de la téléphonie sans-fil] pour les clients de plusieurs secteurs de la ville de Québec, dont certains interpellaient déjà Vidéotron à ce sujet depuis 8h du matin.

Peu avant midi, l’entreprise a confirmé sur ses médias sociaux qu’ «une interruption de [ses] services Internet et télé [était] en cours dans certains secteurs de Québec ». La panne semblerait affecter principalement des clients des secteurs de Limoilou, Charlesbourg et Beauport. En réponse à un utilisateur, Vidéotron précisait qu’une équipe était sur place pour « effectuer la fusion des fibres optiques coupées afin que le service soit de retour le plus rapidement possible ».

[Selon le compte twitter de l’entreprise, ce n’est que le lendemain 16 juillet vers midi que l’ensemble des connexions auraient été complètement rétablies…]

Héricourt (Haute-Saône) : bien terminer l’année scolaire

Publié le 2022-07-18 00:00:14

La nuit de mercredi 13 à jeudi 14 juillet a été mouvementée à Héricourt. Après les célébrations du 14-Juillet au centre-ville, des incidents se sont produits aux Chenevières, où de nombreux feux de poubelles ont été déclenchés. Le lendemain, comme la nuit précédente, plusieurs feux ont été allumés et les policiers ont essuyé des jets de projectiles, tandis qu’un bus stationné à côté du collège Pierre-et-Marie Curie partait volontairement en fumée.

(D(après l’Est Républicain, 15 juillet 2022)

Action logement

Publié le 2022-07-18 00:00:18
Juil 172022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Nous, exploités,es de ce continent, avons manifesté notre colère en cette période de violence intense envers notre droit le plus fondamentale : l’accès à un toît confortable et abordable. Ce 1er juillet a été une nouvelle démonstration de l’échec du capitalisme en matière de droit humain. Une catastrophe sociale s’est répétée, comme à chaque année. Éxpulsions, évictions et une augmentation des ménages poussés à la rue, sans oublier les victimes de violence conjugale forcées à rester dans des situations dangereuses ainsi que les centres communautaires et les jeunes qui se sont retrouvés à la rue en cette période de déménagement nationale.

La souffrance quotidienne que nous vivons est humiliante et nous considérons que la peur doit changer de camps.

En ces temps où les militant.es autochtones luttant pour leur terres et leur avenir se font criminaliser et emprisonner dans la plus grande indifférence de la société canadienne, où les leaders syndicaux sont intimidés, où les recours aux scabs se multiplient dans les conflits de travail. Face à cette violence organisée, nous avons décidé de frapper un des nombreux projets immondes du Capital Canadien pour nous venger de ce système pourri. Cette entreprise mène plusieurs projets de construction de condos sur l’île et ce presque uniquement dans des quartiers populaires. Il est clair que McGill est un autre vecteur de gentrification de nos espaces de vies et de nos quartiers.

Comme plusieurs autres qui structurent la destruction de nos avenirs et endurcissent notre aliénation de vivre dans des environnements hostiles à qui nous sommes.

Tels les différentes générations de travailleurs,euses qui ont lutté sans relâche pour la conquête du droit de cité, nous continuons leurs combat pour la libération. C’est une lutte historique à finir!

Nous appelons aux gens de notre classe à s’organiser pour frapper à leur façon et selon leurs moyens les symboles de leur oppression et les projets immobiliers qui viennent pourrir nos quartiers pour ensuite nous expulser. Il faut aller plus loin que les cessions de baux!

Multiplions les actions de notre colère collective!
Feu sur Mcgill!
Feu sur nos proprios!

Des travailleurs,euses québécois,es en luttes!

Chenôve (Côte-d’Or) : à l’assaut de la mairie pour le 14 Juillet ! [mis à jour]

Publié le 2022-07-18 00:00:21
Chenôve, 14 juillet : l’entrée de la mairie

Violences urbaines autour des festivités du 14-Juillet : l’hôtel de ville visé, de nombreux incendies
Le Bien Public/France 3, 14 juillet 2022

La nuit du 13 au 14 juillet aura été violente dans l’agglomération dijonnaise. À Dijon et à Talant, de nombreux incendies de voitures et de poubelles ont eu lieu. Plusieurs témoins nous ont parlé d’une « nuit d’émeute ». Mais c’est bien du côté de Chenôve que les dégâts sont les plus importants.

Ainsi, l’hôtel de ville de Chenôve a subi trois attaques : un tir de mortier sur la porte de la mairie, puis une attaque contre le CCAS (centre communal d’action sociale) et enfin sur des salles de formation interne. Le bâtiment du CCAS est entièrement détruit. Une cinquantaine de collaborateurs se retrouvent sans outil de travail  : plus aucun accueil n’est possible et le bâtiment, alors qu’il était en cours de rénovation énergétique, est impraticable pour plusieurs mois. Selon les premiers éléments, des tirs de mortier d’artifice combinés à des bidons d’essence seraient à l’origine des brasiers.

Chenôve, 14 juillet : l’entrée du CCAS

Pour rappel, en mars, le local de la police municipale avait déjà été incendié au cours d’une nuit de violences urbaines. Selon les informations communiquées, les faits se seraient produits entre 4 heures et 6 heures du matin. Une enquête a été ouverte par les services de police. Le maire de Chenôve, Thierry Falconnet, parle « d’attentat, selon le code pénal ». Le préfet, Fabien Sudry, s’est dit lui « atteint, en tant que préfet et citoyen, parce que ces actes ont eu lieu le même jour où flotte le drapeau de la République ».

Et pour la colère, voici la déclaration commune des candidats
d’une partie de la mouvance pseudo-radicale…

« Dans la nuit du 13 au 14 juillet, la mairie de Chenôve a été attaquée et son Centre communal d’action sociale (CCAS) détruit par les flammes d’un incendie volontaire et criminel. Le tramway a été caillassé. Des fonctionnaires de police ont été la cible de tirs de mortiers et des voitures de particuliers ont été incendiées.

Les candidats LFI – NUPES aux dernières élections législatives en Côte-d’Or condamnent fermement ces actes et tiennent à témoigner de leur solidarité au maire de Chenôve, Thierry Falconnet, à toute l’équipe municipale, aux policiers pris pour cible, aux pompiers, à tous les agents mobilisés et à tou.te.s les habitant.e.s de Chenôve.

Ces violences sont clairement une attaque contre la République qui nous est chère. Cela n’est pas acceptable. Leurs auteurs doivent être retrouvés, jugés et condamnés.

Depuis trop longtemps, la commune de Chenôve est gangrenée par une poignée de trafiquants et de délinquants qui rendent la vie pénible à ses habitants, sans pour autant être punis pour leurs actes. Dans une démocratie, chaque acte délictueux ou criminel doit donner lieu à une sanction juste et proportionnée. Il en va de la solidité de notre République. Les trafics doivent être démantelés, les délinquants punis.

De toute urgence, il est nécessaire d’augmenter les moyens de la justice, de recruter et de former davantage de fonctionnaires : magistrats, greffiers, agents de la protection judiciaire de la jeunesse et de l’administration pénitentiaire… »

(Le Bien Public, 16 juillet 2022)

 

Mois d’action anti-détention

Publié le 2022-07-19 08:00:03

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Mois d’action contre les prisons de Migrant.e.s.
Août 1-31, 2022.

Après des années d’oppositions, la construction de la nouvelle prison de migrant.e.s à Laval est presque terminée. Si elle ouvre, elle va justifier et étendre la capacité et le pouvoir du gouvernement à détenir, surveiller et déporter des migrant.e.s, adultes et enfants tout en les forçant à rester dans des conditions de vie et de travail exploitantes.

Tout au long du mois d’août, Solidarité Sans Frontières a donc décidé d’organiser un mois d’action en opposition à la nouvelle prison de migrant.e.s mais aussi contre toutes formes de détention et d’enfermement forcé. Joignez-nous pour une série d’ateliers, de projections documentaires, et de manifestations pour affirmer: la seule alternative à la détention est un statut pour toutes et tous!

Contre la prison de migrant.e.s, contre toutes les prisons!
Libérez-les! Un statut pour toutes et tous!

Programme :

Salon du livre anarchiste de Montréal
Samedi 06 et dimanche 07 août 2022
Au Centre culturel Georges-Vanier (CCGV), 2450 rue Workman
Au Centre d’éducation populaire de la Petite-Bourgogne et de St-Henri (CEDA), 2515 rue Delisle
Métro Lionel-Groulx
https://www.facebook.com/SalonduLivreAnarchisteMontrealAnarchistBookfair

Journée de la justice pour les détenu.e.s
Mercredi 10 août 2022
6:30pm-8:30pm
Parc Vinet (à côté de CEDA)
550 rue Vinet
Métro Lionel-Groulx
https://www.facebook.com/events/577918673773063

Pour plus d’informations :
Solidarité Sans Frontières
E-mail: solidaritesansfrontieres@gmail.com
Website: solidarityacrossborders.org




Source: Solidarityacrossborders.org

Cet article a 3 ans. Le contenu et les informations peuvent être obsolètes. Dans le cadre de notre mission d'archivage, nous ne supprimons jamais les anciens articles pour documenter l'histoire du mouvement anarchiste au fil du temps.

Pôle Emploi resserre ses mailles technologiques

Publié le 2022-07-19 09:00:04
Lille, 25 mars 2021

Heureux bénéficiaires d’un compteur électrique dit « communicant » (de type Linky) branché à domicile ! Heureux possesseurs d’un traceur permanent en poche, plus connu sous le nom de téléphone portable ! Vous saviez déjà que ces dispositifs technologiques permettent aux autorités trop curieuses d’estimer, pour l’un, à quelles heures un logement est occupé (ou pas) et s’il héberge par exemple des hôtes supplémentaires. Pendant que l’autre leur offre gratos chaque déplacement par géolocalisation, en plus d’espionner les conversations de son détenteur. Mais pourquoi réserver le privilège du contrôle social aux seuls flics en uniforme, alors qu’un paquet d’autres larbins se pressent régulièrement au portillon pour en resserrer les mailles ?

Prenez Pôle Emploi par exemple, ces flics du travail toujours en quête de précieuses informations pour priver à qui mieux mieux les allocataires de leurs propres cotisations (ne serait-ce qu’en matant l’adresse IP de leur actualisation mensuelle). A l’occasion du vote de la Loi de finances pour 2021, c’est ainsi qu’un petit amendement a été glissé dans le chapitre Travail et emploi, au cours de la navette entre l’Assemblée et le Sénat. Un simple numéro anodin de départ, qui s’est finalement transformé en l’article 268 de cette loi promulguée le 29 décembre 2020, entre les rôts de Noël et du Nouvel An. Un truc de quelques lignes, dont la portée a éclaté il y a quinze jours, à l’occasion de la parution tardive de son décret d’application au Journal Officiel.

Ce décret signé le 30 juin dernier par la Première ministre et son sous-fifre du Travail, concerne en effet les « agents chargés de la prévention des fraudes » de Pôle Emploi, en leur offrant une nouvelle possibilité de contrôle, nommée droit de communication, auquel le « secret professionnel » des entreprises ne peut être opposé. Plus prosaïquement, les flics du travail vont désormais pouvoir se faire communiquer sous trente jours, à la demande et à titre gratuit, toutes « informations nécessaires au contrôle de la sincérité et de l’exactitude des déclarations souscrites, ainsi que de l’authenticité des pièces produites » par les allocataires… directement auprès des banques, mais également « des fournisseurs d’énergie et des opérateurs de téléphonie ».
Ils pourront ainsi non seulement retracer ces informations personnelles sur une période de 18 mois en arrière, mais aussi les conserver pour une durée de 3 années, et même au-delà en cas de besoin, soit « jusqu’à l’épuisement des voies et délais de recours contre les récupérations d’indu, sanctions administratives ou condamnations pénales consécutives aux contrôles réalisés sur la base de ces informations ».

Mais au fait, pourquoi les « opérateurs de téléphonie » et les « fournisseurs d’énergie », en plus des habituels chacals bancaires ? Avec le concours de ces derniers, on comprend bien que les chasseurs de Pôle Emploi vont désormais pouvoir aller fouiner comme d’autres keufs dans les comptes de chaque allocataire suspect, afin d’examiner à volonté leurs « modes de paiement ou de rémunération », ainsi que les « nombre ou fréquence des opérations réalisées ou des versements reçus. » Sauf que cela restait peut-être encore trop convenu en cette époque de totalitarisme démocratique, où il ne manque plus grand chose pour que les boucles technologiques soient enfin bouclées. Alors pourquoi ne pas offrir sur un plateau un moyen supplémentaire aux 140 fouilles-merde assermentés de Pôle Emploi chargés de cette traque, comme celui de vérifier à distance la « situation géographique » des allocataires, en mettant à leur disposition 18 mois de données de gaz, d’électricité et de téléphonie ? C’est en tout cas certainement plus commode que de se pointer à l’improviste chez des pauvres qui risqueraient fort de ne pas apprécier la visite.

Alors, valeureux bénéficiaires d’un Linky qui communique vos absences prolongées à Copacabana ; alors, utilisateurs fiévreux de mouchards téléphoniques, ou tout simplement fougueux adeptes des joujoux de paiements connectés, il est peut-être temps d’envoyer tout cela à la casse… et à bon entendeureuses, salut !

Quelques chômeurs heureux

NB
Le décret se trouve ici :
xxx.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045979569

[18 juillet 2022]

Mont-de-Marsan (Landes) : sur la situation de Claudio Lavazza

Publié le 2022-07-20 10:00:02

Le 17 mai 2022 s’est tenue l’audience qui, à la demande de l’avocat de Claudio Lavazza, devait permettre une sortie de prison sur la base du cumul des peines, principe applicable dans son cas selon les lois européennes, vu qu’il a déjà fait plus de 25 ans en taule. Le 21 juin, le tribunal a refusé la demande de l’avocat et a donné raison à celle de la procureur, qui défend que Claudio doit encore effectuer cinq ans de prison en France malgré toutes celles passées en Espagne.

Les raisons « juridiques » d’un tel acharnement ne sont pas encore parvenues, mais son avocat fera de toute façon appel. Une fois de plus, il faudra attendre selon les lenteurs du système pénitentiaire, et il semblerait que la réponse n’arrive pas avant septembre. Cela signifie de nouveaux mois de plus à l’intérieur pour Claudio, qui rappelons-le aurait dû sortir le 11 décembre 2021 selon le décompte des années déjà effectuées, et le cumul des peines prévu par leurs codes.

Il n’est pas surprenant que l’Etat, non content de faire payer le maximum à Claudio, en vienne jusqu’à contredire ses propres accords et lois pour garder enfermé un compagnon qui revendique son étique, ses idées et son parcours de lutte la tête haute.

Agir, pour que Claudio soit définitivement libre
Agir, pour que l’acharnement répressif contre les prisonniers anarchistes trouve sa juste réponse
Agir, pour que toutes et tous soient libres

Quelques anarchistes solidaires

NB : sur l’odyssée judiciaire de Claudio, on peut se reporter à l’entretien téléphonique (en italien) de février 2022, où il expliquait lui-même le but de cette audience.

[Traduit de l’italien de Il Rovescio, 18 juillet 2022]

Indymedia Lille

Publié le 2022-07-20 10:00:02

A deux ans de notre incarcération. Des mots depuis la prison de Mónica et Francisco, 14 juillet 2022

Nous avons toujours tenu à ne pas avoir d’intermédiaires pour nous exprimer, que personne ne parle pour nous et ces jours, où cela fera deux ans que celles et ceux qui l’hégémonie du Pouvoir nous ont enfermé-e-s par la force dans ces fosses de ciment appelées prisons, ne feront pas exception.

Cette deuxième année de taule impliquera la fin du délai d’instruction la procédure légale à notre encontre, c’est-à-dire que la période au cours de laquelle le Parquet et la dizaine de parties civiles pouvaient recueillir des informations contre nous arrivera à son terme. Une fois l’instruction close, s’ouvrira une procédure intermédiaire avant le procès.

L’instruction à notre encontre n’a pas lésiné sur les moyens : les flics se sont grandement efforcés de ne rien laisser au hasard. On cherche à travers nous à infliger une condamnation exemplaire pour faire peur à quiconque faisant sienne la pratique de la violence politique, particulièrement en ce qui concerne le placement ou l’envoi d’engins explosifs. Par ailleurs, nous ne sommes pas des inconnu-e-s pour les puissants, en plus d’une occasion ils nous ont mis-e-s sur le banc des accusé-e-s et à chaque fois nous avons exprimé clairement notre position anarchiste. Notre situation légale actuelle est étroitement liée aux procédures judiciaires antérieures.

Nous sommes autocritiques quant à nos erreurs au moment d’agir, chacune d’entre elles fait partie de notre expérience et de notre apprentissage, et nous espérons qu’elles serviront à d’autres aussi. Nous nous sentons partie prenante d’un long chemin de luttes contre la domination, chemin historique qui change à partir des différents contextes de conflit.

Il y a longtemps que nous avons décidé d’emprunter les chemins négateurs de l’anarchie, la comprenant comme une tension constante qui, dans sa dialectique constructive/destructrice, ne se pose ni comme une vérité absolue ni comme un lieu où l’on parvient jamais.

Notre vie n’est pas dissociée de notre énorme désir de vivre le plus en accord possible avec nos idées, nous assumons cela avec toutes les contradictions ainsi qu’avec ses conséquences que cela implique.

Avec ces mots, il nous intéresse à nouveau de prôner et d’encourager à l’attaque contre chaque expression du Pouvoir. Nous affirmons avec insistance que nous considérons les actes de vengeance et de sabotage comme une nécessité urgente, leur multiplication et leur propagation renforce indéniablement les espaces et les positionnements anarchistes de combat. Nous pensons que le pari doit nécessairement aller dans le sens d’un saut qualitatif dans le conflit, pour sortir des espaces de confort, élargir les perspectives et frapper là où ça fait le plus mal.

Dans ce sens, nous saluons chaque action explosive réalisée ces derniers mois, celles-ci contribuant et renforçant sans aucun doute la guérilla urbaine anarchiste.

Chaque attaque réalisée contre le Pouvoir dans une perspective antiautoritaire est valide pour nous.
La date où on nous jugera s’approche, nous savons qu’existent des possibilités que nous passions longtemps séquestré-e-s dans les prisons de l’État, nous y sommes préparé-e-s grâce au soutien fraternel d’une infinité de compagnon-ne-s qui, avec chaque geste, parviennent à illuminer la nuit.

Au cours de ces deux années d’enfermement, nous avons participé à l’espace « Prisonnier-e-s anarchistes et subversifs/ves », nous concentrant sur la libération de notre compagnon Marcelo Villarroel, à qui continuent d’être appliquées les sentences du Parquet militaire perpétuant son incarcération. Obtenir la sortie de Marcelo sera certainement une victoire qui nous renforcera et bénéficiera à tou-te-s les prisonnier-e-s de la guerre sociale. Nous appelons à multiplier les actions et les gestes de solidarité révolutionnaire pour permettre à notre compagnon de remettre les pieds dans la rue.

Pour nous, l’affrontement contre la domination n’est pas terminé, il change seulement de forme.
Mónica Caballero
Prison de San Miguel

Francisco Solar
Prison La Gonzalina-Rancagua

Juillet 2022

https://publicacionrefractario.wordpress.com/2022/07/14/a-dos-anos-de-nuestro-encarcelamiento-palabras-de-monica-y-francisco-desde-la-prision/


Chili : un mois de juillet enflammé dans les territoires mapuche

Publié le 2022-07-20 10:00:06

Le 9 juillet 2021 à Carahue (Chili), Pablo Marchant Gutiérrez était assassiné lors d’une attaque contre des véhicules de l’entreprise Forestal Mininco, filiale du géant de la cellulose CMPC. L’ex-étudiant en anthropologie de 29 ans qui avait ensuite rejoint la lutte mapuche à travers la CAM (Coordinadora Arauco Malleco), était en train de participer à l’incendie d’un minibus, d’un skidder et d’un camion-citerne vers 17h sur le domaine de Santa Ana-Tres Palos, lorsqu’il a reçu une balle en pleine tête tirée à courte distance par des carabiniers chargés de protéger les intérêts des exploitants forestiers. Suite à cet assassinat policier, c’est alors toute la zone mapuche qui s’était enflammée pendant de longues semaines.

Aujourd’hui, un an après la mort de Pablo Marchant, comment pense-t-on que des camarades tombés au cours de la lutte puissent être commémorés ? En organisant des marches blanches où l’on s’assoit dignement par terre dans un silence de granit ? En organisant des manifestations unitaires pour faire flotter ses grands drapeaux au vent entre deux conférences, tout en se gardant bien que rien ne puisse déborder, au nom de la « dignité » et de la « mémoire », bien entendu ? Ou alors en multipliant les attaques en ordre dispersé afin de poursuivre la lutte, continuant ainsi de faire vivre leurs idées en son sein ? C’est en tout cas ce qu’ont par exemple choisi les groupes décentralisés de la CAM, nommés Organes de résistance territoriale (ORT*), mais aussi d’autres groupes de lutte mapuche et des anonymes, avec une multiplication des intérêts forestiers détruits autour de cette date anniversaire dans différentes zones de la région.

Petit aperçu chronologique de ces attaques récentes en territoire mapuche (régions de La Araucanía, Los Ríos et Bío Bío)

Cañete, 2 juillet 2022. Les quatre chalets de vacances de l’ancien responsable de la police criminelle de la zone partent en fumée

Région de Bío Bío
Samedi 2 juillet vers 21h dans la commune de Cañete, un petit groupe marche dans la nuit (c’est l’hiver au Chili) et se dirige tout droit vers son objectif :  quatre chalets en bois situés près du lac Lanalhue, dans le secteur de La Vaina. Ils y mettent le feu avant de disparaître, ne laissant derrière eux que des cendres. Ces quatre chalets de vacances ne sont pas n’importe lesquels, puisque leur propriétaire n’est rien d’autre que Carlos Sanhueza, ancien préfet de la police criminelle (PDI) à la retraite, et recyclé dans le privé comme responsable à la sécurité de plusieurs entreprises forestières de la région. Sur place, les flics trouveront une banderole, sur laquelle était écrit : « Riches et forestiers dégagez du territoire mapuche« , demandant notamment la liberté pour tous les prisonniers mapuche.

Carahue, 3 juillet 2022. Le tracteur et un des camions incendiés de la Forestal Mininco

Région de La Araucanía
La nuit de dimanche à lundi 3 juillet dans la commune de Carahue sur les domaines de La Liebre et San Guillermo, 4 camions, 8 machines et 3 préfabriqués sont incendiés. Ils étaient exploités pour le compte de l’entreprise Forestal Mininco, et ce sont près de 30 individus en armes qui ont participé à cette attaque, selon la presse. Revendiqué par l’ORT Pablo Marchant (CAM), qui a dû affronter les forces spéciales qui gardaient le site.

Route de Traiguén à Lumaco, 6 juillet. Le latifundiste Cortessi perd ses caisses

Région de La Araucanía
Mercredi 6 juillet dans la matinée sur la route de Traiguén à Lumaco, sur le domaine El Coigüe d’une entreprise forestière1 entrepôt et 3 véhicules appartenant à l’homme d’affaires et latifundiste Cortessi sont incendiés. Selon la presse, l’entrepôt arrosé d’essence n’est pas parti en fumée suite à l’échange de coups de feu entre les cinq assaillants et le proprio, qui n’a toutefois pas pu sauver ses caisses. Revendiqué par l’ORT Mangil Wenu (CAM).

Collipulli, 6 juillet 2022. Feu aux camions de l’industrie forestière !

Région de La Araucanía
Mercredi 6 juillet dans la matinée à 10 kilomètres de la commune de Collipulli, sur le domaine La Granja, 5 camions d’une entreprise forestière sont incendiés après en avoir fait descendre les chauffeurs. Selon la presse, la dizaine d’individus en armes à réussi à fuir malgré les barrages de carabiniers installés très vite dans les environs, qui ont d’abord été accueillis sur place par des tirs d’armes à feu.

Máfil, 7 juillet 2022. Camions et engins forestiers n’ont pas passé la nuit.

Région de Los Ríos
La nuit du jeudi 7 juillet dans la commune de Máfil, sur le domaine
Santa Loreto d’une entreprise forestière, 2 camions, 6 machines, 2 préfabriqués et 1 camionnette sont incendiés. Revendiqué par l’ORT Kallfulikan (CAM).

Lumaco, 8 juillet 2022. Camion de Forestal Mininco entièrement calciné.

Région de La Araucanía
Vendredi 8 juillet au petit matin sur la route de Traiguén à Lumaco, à la hauteur du domaine San Alonso de l’entreprise Forestal Mininco, le conducteur d’un camion porte-engin forestier est stoppé par un groupe de cinq personnes en armes, qui l’obligent à en descendre, avant d’incendier entièrement le camion. Revendiqué par l’ORT Pelontraru (CAM).

Chol Chol, 8 juillet 2022.  Les camions de Forestal Mininco partent en fumée.

Région de La Araucanía
Vendredi 8 juillet au petit matin dans la commune de Chol Chol-Galvarino,
sur le domaine forestier de l’entreprise Forestal Mininco, 4 camions, 2 machines et 1 camionnette sont incendiés. Revendiqué par l’ORT Txenka Marimán (CAM).

Concepción, 8 juillet 2022. Deux voitures de luxe d’un concessionnaire sont incendiées.

Région de Bío Bío
La nuit de vendredi 8 juillet vers 2h30 du matin dans la ville de Concepción, 2 voitures de luxe sont incendiées chez un concessionnaire automobile situé Avenida Prat. Sur place, les flics trouveront une banderole, sur laquelle était écrit : « Nous venons de la nuit et c’est vers elle que nous allons. Pablo Toño Marchant est présent, Justice !!« .

La Unión, 12 juillet 2022. Huit camions de Forestal Anchile partent en fumée.

Région de Los Ríos
La nuit du mardi 12 juillet vers 3h du matin dans la commune de La Unión, sur le domaine Peleco de l’entreprise forestière Forestal Anchile, 8 camions sont incendiés. Selon la presse, une quinzaine de personnes en armes a déboulé en tirant en l’air, avant d’asperger d’essence les huit camions forestiers. Revendiqué par la WAM (Weichan Auka Mapu) en solidarité avec les prisonniers mapuche.

Arauco, 12 juillet. attaque incendiaire contre les installations du parc éolien
…et contre les chalets de l’ancien maire de Contulmo

Région de Bío Bío
La nuit du mardi 12 juillet vers 22h40 du matin sur la commune de Arauco, dans le secteur de Las Peñas où se trouve un parc éolien, une groupe d’une dizaine de personnes en armes s’en est pris aux vigiles de ces structures énergétiques, d’abord en les désarmant, puis en les expulsant de leur maison, avant d’y mettre le feu en même temps que deux hangars techniques de maintenance des éoliennes. Un peu plus tard, vers 2h du matin dans le secteur de Coihueco, les inconnus ont rasé au sol les deux chalets de l’ancien maire de Contulmo, Mauricio Lebrecht, en y boutant le feu. Inutile de dire que la presse chilienne a fait grand bruit de cette attaque « contre le parc éolien », d’autant plus qu’une banderole laissée sur place faisait allusion à la libération des prisonniers mapuche…

Arauco, 13 juillet. le long de la route P40…

Région de Bío Bío
Mercredi 13 juillet dans la matinée sur la commune de Arauco, le long de la route de la Reserva Raqui, une groupe d’une dizaine de personnes en armes s’en est pris à plusieurs intérêts forestiers à cinq endroits différents lors d’attaques sur la même route P40.

Au long de leur pérégrination, ils ont incendié 5 camions, un skidder, une grue, une jeep, une camionnette, un débardeur et un container servant de cantine. Puis un peu plus tard, dans le secteur de Los Huapes, le groupe a intercepté une camionnette transportant des travailleurs forestiers, les a fait descendre, puis y a mis le feu.

Máfil, 17 juillet 2022. Près de 19 engins de chantier sont réduits en cendres

Région de Los Ríos
La nuit de dimanche 17 juillet se sont produites deux attaques, la première à Máfil et la seconde à Lanco.

Sur la commune de Máfil vers 3h30, c’est l’entreprise de granulats de bois Áridos del Sur sur le domaine Santa Elena qui a commencé à payer cher. Là, une vingtaine de personnes ont cramé 22 engins de chantier : 3 pelleteuses, 13 camions et 3 camionnettes. Une banderole de l’ORT Williche Kalfulikan (CAM) a été retrouvée sur place, qui disait notamment « Entreprises forestières, de granulats et latifundistes, dégagez du Wallmapu. Toñito [Pablo Marchant] vit à travers la lutte.« 

Lanco, 17 juillet 2022.

La seconde attaque s’est produite dans la commune de Lanco vers 5h45, sur le domaine San Antonio de l’entreprise Forestal Arauco, une dizaine de personnes armées ont neutralisé les vigiles du site, puis ont incendié 1 pelleteuse, 1 camionnette et 1 container (servant de cantine).

* NdT :
Dans un communiqué du 8 juillet revendiquant plusieurs attaques de ses ORT, la Coordinadora Arauco Malleco (CAM) a tenu à préciser que « l’extractivisme et la militarisation dans le Wallmapu ne changeront pas sous le gouvernement de la pseudo-gauche de Gabriel Boric, ni avec une nouvelle Constitution… Nous appelons à renforcer des Organes de Résistance Territoriale – ORT et autres expressions de résistance dans l’optique du weychan [la lutte], sans céder aux miettes offertes par la nouvelle institutionnalité folklorique de l’indigénisme multiculturel, qui est également promu par les grandes entreprises forestières et d’autres pour intégrer certaines parties de notre population... Bien que nous ayons vécu les conséquences du colonialisme et du système capitaliste sur notre territoire, sa dynamique est continentale et mondiale, ce qui nous unit dans la résistance avec d’autres expressions révolutionnaires en dehors du Wallmapu historique. »

[Synthèse de la presse chilienne, 19 juillet 2022]