Vive l'Anarchie - Semaine 30, 2023

Sommaire

La faute à la Maurienne ?

Publié le 2023-07-24 19:20:05

Ce texte part d’un retour sur la manifestation No TAV du 17 juin en Maurienne pour continuer une auto-critique du bloc de tête, entamée avec plusieurs textes sortis après Sainte-Soline. Il est urgent de réinventer la tactique de l’affrontement avec les flics en milieu rural, si nous voulons (re)commencer à gagner.



Le 17 juin 2023, une manifestation de 5000 personnes contre le projet de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin s’est tenue dans la vallée de la Maurienne, organisée notamment par des collectifs locaux, les Soulèvements de la Terre et le mouvement No TAV. Ce texte a pour but de revenir sur les événements de la manifestation du 17 juin, et plus largement sur la tactique du bloc offensif en milieu rural. Un bloc qui a caractérisé plusieurs manifestations des Soulèvements de la Terre dans une séquence débutée il y a deux ans. L’idée est de partir de ce que nous avons vu ce jour-là dans le bloc de tête, auquel nous avons participé mais dont la pertinence tactique nous a questionné.e.x.s, pour entamer une analyse et une critique plus générale de ce mode d’action en milieu rural. Nous ne nous prononcerons pas sur sa déclinaison urbaine, dont les tactiques et stratégies propres mériteraient un texte à elles seules.

Notre point de vue est celui de camarades autonomes qui se sont organisé.e.x.s sur diverses manifestations des Soulèvements de la Terre dans l’optique d’assumer la confrontation avec les flics si elle survenait. Nos témoignages et nos analyses sont évidemment partiels et partiales et nous ne pensons pas avoir toujours eu l’ensemble des informations pour juger au mieux chaque situation. Mais suite aux événements du 17 juin, il nous semblait nécessaire et urgent de partager nos opinions pour continuer une réflexion collective sur nos modes d’action, déjà entamée avec quelques textes de camarades après l’échec tactique et le carnage de la prise de la bassine de Sainte-Soline en mars dernier.

Les questionnements et critiques suivantes ne se veulent pas moralisatrices. Nous nous interrogeons sur les tactiques et stratégies employées par le bloc de tête et pas les individus qui le composent. Nous ne nous adressons pas à des comportements individuels mais à nos modes d’organisations et à nos dynamiques collectives. Le bloc de tête offensif a plus besoin que jamais d’une auto-critique de fond.

Avec ce texte, nous ne souhaitons pas critiquer l’organisation globale du week-end de lutte du 17 et 18 juin. Nous sommes conscient.e.x.s que les organisateur.ice.x.s du week-end ont fait leur maximum pour que ce week-end historique ait lieu et qu’iels ont dû faire face à de nombreux obstacles (à commencer par l’interdiction de manifester en Haute-Maurienne) qui ont compliqué la tâche de tout le monde. Malgré tout, iels ont pu maintenir une manifestation qui fera date, et qui a sans le moindre doute fait avancer la lutte contre ce méga-projet destructeur.

Retour sur les événements du 17 juin

Le samedi 17 juin, en début d’après-midi, une grande manifestation populaire s’élance depuis le campement installé spécialement pour le week-end de lutte dans le bas de la vallée de la Maurienne. Plusieurs milliers de personnes sont au rendez-vous et empruntent tranquillement la route départementale à la sortie du camp. Après 2 km de marche, la manif est bloquée par les flics et s’arrête à 300 mètres de l’autoroute. La configuration de l’espace n’est pas du tout à notre avantage : nous sommes sur un bord de vallée encaissé, coinçé.e.x.s entre une voie de chemin de fer, une rivière, un pont et l’autoroute. Les flics empêchent tous les chemins qui s’offrent à nous, excepté celui pour faire demi-tour.

Nous patientons d’abord pendant une heure sous un soleil de plomb, le temps que des élu.e.x.s locaux.ales.x tentent de négocier le passage ou un parcours alternatif. En attendant, un bloc de tête de quelques centaines de personnes se forme à l’avant du cortège, avec trois ou quatre banderoles mal renforcées. Les négociations ne donnant rien, une banderole pacifiste s’avance pour essayer de forcer le passage sans user de la force. Le bloc et le cortège la suivent de près. Bien sûr, la banderole pacifiste ne passe pas, mais arrivé.e.x.s face aux flics l’hésitation est palpable au sein du bloc. Quelques cailloux fusent en direction des flics et les banderoles se tâtent à avancer. Finalement, une timide tentative du bloc de s’approcher des positions des flics est repoussée à coups de lacrymo et de quelques tirs de LBD. Après quelques minutes, l’avant de la manif est éclaté et le bloc se divise en trois. La manif recule et s’installe sur la départementale.

Mais l’affrontement est lancé et va durer plus d’une heure, mené par un bloc de tête entêté qui refusera d’abandonner une situation impossible à dépasser. Jamais le combat avec les flics ne va s’éloigner d’un schéma de guerre de tranchées. Des barricades vont être montées sur la départementale et les deux petites routes adjacentes, face à des flics alignés en rangs serrés entre leurs fourgons. Les affrontements seront très éclatés, avec beaucoup de pauses et peu de combativité de notre part. Avant la manif, les infos que nous avions eues nous avaient préparé.e.x.s à une manif plutôt tranquille et à un mode défensif pour le bloc. Et cela s’est très bien vu dans notre préparation matérielle : nous n’avions rien pour mener une offensive face à des flics surarmés bloquant des positions larges comme des routes. Les quelques tirs de mortiers étaient trop peu nombreux et inutiles. Même au sein du bloc, beaucoup de monde n’était pas bien préparé pour faire face aux lacrymos. Mais ce qui est le plus affligeant, c’est que nous n’avions aucun but stratégique. Dans sa disposition, l’affrontement n’aurait mené à rien si nous étions parvenu.e.x.s à dépasser les lignes de flics : nous serions arrivé.e.x.s sur la suite de la nationale et de l’autoroute. Mais, sans but stratégique, qu’aurions-nous organisé ensuite précisément ?

En face, comme d’habitude, la répression physique a été terrible. Après les lacrymos et les LBD, c’est avec des grenades GM2L que les flics ont répliqué. Une grenade assourdissante a explosé à hauteur de tête d’un camarade, qui a eu énormément de chance malgré des séquelles physiques et psychologiques irréparables. Une fois de plus, c’étaient des armes de guerre létales face à des cailloux et de la peinture. Une fois de plus, nous avons dénombré beaucoup trop de blessé.e.x.s dans nos rangs, avec plus de 50 camarades atteint.e.x.s, dont deux pronostics fonctionnels engagés. Notons que les flics ont aussi utilisé leur nouvelle arme fétiche, comme lors des deux dernières manifs à Sainte-Soline, cette sorte de fusil paintball qui marque les habits et la peau pendant plusieurs semaines, outil qui sert à repérer des individus lors de contrôles post-manifs.

La répression ne s’est pas limitée aux affrontements sur le terrain. Les flics ont procédé à de multiples contrôles et confiscations de matériel défensif en amont du rassemblement : des cars italiens ont été bloqués à la frontière, 107 interdictions de territoire ont été prononcées contre nos camarades italien.ne.x.s et une interdiction de manifester à été ordonnée autour du chantier principal en Haute-Maurienne. Nous avons appris plus tard que 2000 flics avaient été mobilisés tout le long du week-end. L’arsenal répressif était gigantesque et a eu raison du bloc de tête.

Le prix lourd payé avec tou.x.te.s nos camarades blessé.e.x.s et la sensation que nous aurions pu l'éviter laissent un goût amer

La journée du 17 juin restera donc comme un échec tactique total pour le bloc de tête. Il a persisté, s’est entêté dans un affrontement frontal avec les keufs alors même qu’il était objectivement incapable d’avancer de cette manière. Le prix lourd payé avec tou.x.te.s nos camarades blessé.e.x.s et la sensation que nous aurions pu l’éviter laissent un goût amer. Le seum ne vient pas que de la victoire des flics, mais surtout de l’impression d’avoir fait les mauvais choix qui ont conditionné notre impuissance. La question de l’échec ne peut donc pas être uniquement renvoyée à nos ennemis, même s’ils ont joué un rôle important dans celui-ci.

L’auto-critique est alors indispensable. Mais précisons tout de suite : nous ne pensons pas que le bloc offensif en manif rurale est une tactique à abandonner car elle aurait fait son temps ou qu’elle n’a jamais servi à rien. Mais nous affirmons qu’elle ne sert pas toujours ou parfois à un prix trop élevé pour des résultats trop faibles, et que si nous estimons collectivement qu’elle peut encore être utile (ce avec quoi nous sommes d’accord), elle doit absolument se réinventer et évoluer, si nous ne souhaitons pas sa fin faute d’efficacité. Il faut donc un questionnement urgent de nos pratiques, avant de perde trop de batailles pour reprendre la lutte.

Retour sur la séquence Mauzé-Maurienne des Soulèvements de la Terre

Pour comprendre l’échec du 17 juin, une analyse de la récente séquence de montée en puissance des Soulèvements de la Terre nous semble utile. En ce qui concerne la tactique du bloc offensif pendant des manifs rurales, l’enchaînement de plusieurs mobilisations pendant lesquelles elle a été utilisée permet de comprendre comment nous en sommes arrivé.e.x.s à l’enlisement actuel.

La lutte contre les bassines de l’agro-industrie dans le département des Deux-Sèvres nous semble jouer un rôle important dans le développement et la maturation de la tactique du bloc en milieu rural. Il y a d’abord eu plusieurs manifs anti-bassines en automne 2021 (auxquelles nous n’avons pas participé), dont celle du 6 novembre qui a vu l’une des bassines de Mauzé-sur-le-Mignon être prise d’assaut par des centaines de manifestant.e.x.s. Les flics étaient assez peu nombreux pour défendre cette bassine, pas très bien préparés et ont essayé de bloquer la manif sur son trajet. Ils se sont fait complètement déborder et se sont retrouvés en sous-effectif devant la bassine prise pour cible. Nous ne savons pas si un bloc s’est constitué pendant la manif, mais ce qui est sûr c’est que l’ensemble des manifestant.e.x.s ont montré une belle détermination à passer et que le débordement du dispositif policier semblait être assez facile.

Puis, il y a eu cette première manif à Sainte-Soline en octobre 2022. Il y avait beaucoup de flics (1700) bien préparés, mais aussi plus de 7000 personnes qui ont répondu à l’appel à manifester. Face à la (mauvaise) stratégie des flics de vouloir nous bloquer dès la sortie du campement, une grande inventivité tactique était au rendez-vous : la manif a été séparée en trois cortèges avec des déterminations différentes, mais dont aucun de souhaitait faire demi-tour. Dans le cortège rouge, qui était le plus prêt à soutenir un affrontement violent avec les flics, beaucoup de monde (plusieurs centaines) s’était organisé pour ça et la tactique du bloc offensif a été un succès. Le cortège a été très mobile, capable de contourner les camions de flics tout en contenant et repoussant les lignes de CRS. Il a finalement envahi la bassine au pas de course, avant de se faire repousser et de rejoindre les autres cortèges devant le chantier. La fin de la manif a vu des formes d’affrontements (peu mobiles, en face à face) qui annonçaient ce qu’on allait voir au même endroit quelques mois plus tard. Il y a malgré tout, pour un simple trou de terre, eu une cinquantaine de blessé.e.x.s chez les camarades. Les banderoles renforcées, les cailloux à l’infini, les mortiers et les molotovs ont joué un rôle certain dans la prise de la bassine, mais plus que tout c’est la mobilité très grande malgré le nombre (nous avons presque toujours couru) et la solidarité de tou.x.te.s les manifestant.e.x.s qui ont fait la réussite de cette journée. Chercher à vouloir arrêter des milliers de manifestant.e.x.s, tou.x.te.s motivé.e.x.s, capables de s’étaler et se déployer sur des centaines de mètres dans des champs plats, à perte de vue et pleins de cailloux, était un choix complètement idiot. Avec les grilles du chantier enfoncées et l’arrêt des travaux pendant deux semaines, la préfète des Deux-Sèvres et son maintien de l’ordre complètement inadapté ont été fumés et humiliés.

Ensuite, il y a eu a la manif historique du 25 mars 2023 à Sainte-Soline, qui a fait couler beaucoup d’encre et dont les conséquences (des poursuites judiciaires à l’accélération de la dissolution) ne sont pas encore terminées. Le dispositif policier était gigantesque (plus de 3000 flics), et le nombre de manifestant.e.x.s (30’000) a dépassé toutes les attentes des organisateur.ice.x.s. Mais le grand nombre de personnes motivées à aller à l’affrontement avec les flics et une préparation matérielle importante n’ont rien changé face à la nouvelle stratégie des flics. Ils se sont regroupés autour de la seule bassine visée, formant une véritable forteresse, et étaient sur-armés (quads, canons à eau, véhicules blindés, etc.). Ils se sont adaptés à leurs échecs passés et ont sagement attendu que la manif vienne à eux, engageant une bataille de tranchées qu’ils étaient sûrs de gagner. La journée leur a donné raison, puisque le bloc offensif a été incapable de passer les lignes de fourgons et de CRS, malgré sa détermination. L’affrontement a duré moins de deux heures, mais était extrêmement violent et plus de 200 blessé.e.x.s ont été dénombré.e.x.s de notre côté, dont deux pronostics vitaux engagés. Cette journée restera comme une journée mémorable du carnage des violences policières françaises pendant une manifestation.

Suite à ça, plusieurs camarades (dont les Soulèvements de la Terre) ont écrit des textes d’auto-critique de cette journée, dans l’idée d’assumer notre part de responsabilité et d’en tirer toutes les leçons nécessaires [1] [2] [3] [4] [5]. Autant les flics (pour leur marketing démocratique) que les manifestant.e.x.s n’ont pas voulu reproduire un scénario d’affrontement aussi violent pendant les mobilisations des Soulèvements de la Terre qui ont eu lieu ce printemps (auxquelles nous ne sommes pas allé.e.x.s). Pour celleux qui en doutaient, les Soulèvements de la Terre ont montré publiquement qu’iels étaient bien plus que de simples affrontements entre black blocs et militaires, capables de mobiliser largement et d’organiser des actions directes sans entrer sur le terrain de batailles classiques avec les forces de l’ordre.

Et enfin, il y a eu la manif en Maurienne le 17 juin dernier, qui s’est différenciée des dernières mobilisations des Soulèvements. Le scénario a été le même que celui à Sainte-Soline en mars, mais à une échelle plus petite et sur un terrain extrêmement défavorable.

Où allons-nous ?

Cette disposition répétée du bloc offensif allant à l’affrontement avec la police, manquant de tactique, de but, de sens, de coordination et de nouveauté est d’autant plus rageante après les événements de Sainte-Soline. Quand bien même des auto-critiques et des critiques ont émergé de nos milieux après le choc émotionnel et physique du 25 mars, tout se déroule comme si nous n’avions rien appris de nos fautes. Que s’est-il donc passé ce 17 juin ? Une de nos hypothèses est que les mobilisations de 2021 et 2022 dans les Deux-Sèvres, et particulièrement la première manif à Sainte-Soline, nous ont gonflé.e.x.s à bloc, au point de nous faire oublier le 25 mars. Et au point de nous faire considérer le bloc offensif comme une tactique efficace dans sa forme elle-même.

Les mobilisations de 2021 et 2022 dans les Deux-Sèvres, et particulièrement la première manif à Sainte-Soline, nous ont gonflé.e.x.s à bloc, au point de nous faire oublier le 25 mars

En Maurienne, nous avions totalement conscience que nous n’allions pas parvenir à dépasser les barrages de flics. Il est normal et tactiquement logique d’avoir essayé de forcer le passage, ne connaissant ni les forces en face, ni de notre côté. Mais, dès les premiers tirs de grenades, pourquoi persister dans un affrontement inutile et non-préparé ? Pour jouer à l’affrontement, aux batailles médiévales, quitte à les contenir dans leur aspect esthétique ? Pour confirmer le mythe masculiniste de l’affrontement ? Où tout ça nous mène-t-il, stratégiquement parlant ? Et qu’est-ce que ça reflète de notre perception de notre action politique ? Ressentons-nous le sentiment de gagner en légitimité si nous performons une militance de l’affrontement ? Et que considérons-nous comme une victoire politique ?

Beaucoup de questions doivent être posées. Nous n’en mettons que quelques unes. Au-delà de l’analyse de fond que nous devons débuter, nous ne pouvons pas nous permettre d’enchaîner des échecs aussi lourds en conséquences et d’aborder les enjeux tactiques, stratégiques et politiques sans le recul et le sérieux que nous impose le contexte répressif. Nous savons que chacune de nos actions et mobilisations ont des enjeux politiques forts, et nous devons nous organiser à la hauteur de ceux-ci. Dans cette logique, nous devons questionner nos modes d’organisations, notre manière de nous structurer, de communiquer, quel matériel nous utilisons et notre dynamique collective. Les questions que nous posons peuvent aussi constituer un début d’analyse de fond sur nos attitudes militantes personnelles et collectives, sachant que l’une influence l’autre.

Mais, dès les premiers tirs de grenades, pourquoi persister dans un affrontement inutile et non-préparé ? Où tout ça nous mène-t-il, stratégiquement parlant ?

Nous avons une haine légitime contre ce système capitaliste pourri et contre ces flics qui mutilent et tuent, et nous ne supportons plus de voir le monde et nos liens sociaux se faire détruire. En tant que militant.e.x.s, nous devons utiliser cette rage et cet amour du vivant pour esquisser de nouveaux chemins révolutionnaires qui nous mèneront vers des victoires politiques.

Propositions tactiques

Essayons donc d’imaginer quelques propositions tactiques pour tenter de réinventer le bloc offensif en milieu rural. Nous savons que ces propositions ne feront pas l’unanimité ou qu’elles ne seront pas toujours applicables à toutes les situations. Néanmoins, plusieurs d’entre elles ont déjà été mises en oeuvre dans certaines circonstances et à des degrés variés. Nous plaidons pour leur systématisation, à chaque fois que c’est possible, car il faut absolument tenter autre chose. Ces propositions sont donc à expérimenter pour en évaluer la pertinence. Mais elles sont aussi des premières idées pour nourrir un débat sur nos manières de faire et de gagner.

1) Avoir des objectifs clairs et impactants

La seule chose que nous reprochons à l’organisation de la manif du 17 juin, c’est le manque d’objectif donné (publiquement) à la manif, qui s’est organisée à la dernière minute. Nous sommes parti.e.x.s sans savoir quel objectif concret nous visions (chantier, autoroute, etc.) et ce que nous cherchions à y faire. Face aux flics, nous utilisons notre haine légitime pour faire bloc mais, nous luttons mieux quand nous savons précisément pourquoi, contre quoi et quand elle s’inscrit dans une stratégie précise. Risquer sa vie pour un trou en terre vide et un gain symbolique faible comparé aux risques encourus, comme à Sainte-Soline, est une chose qui nous semble maintenant insensée.

2) Etre mobiles et imprévisibles

La mobilité du bloc et de la manif est ce qui a fait le succès de la première mobilisation de Sainte-Soline. Tout comme la surprise de séparer la manif en trois cortèges pour déborder les flics de tous les côtés. Mobilité et imprévisibilité sont les clefs du succès. Nous savons qu’un CRS n’est pas fait pour bouger et courir, mais pour tenir une position. Pour être rapides, la BRAV-M ou les baceux sont mobilisés en ville, mais pour l’instant ils n’y a pas de version campagnarde de ces deux groupes. Nous avons toujours l’avantage et l’initiative du mouvement. Le 17 juin, en fin de manif, plusieurs dizaines de personnes ont traversé la rivière et sont allées bloquer l’autoroute pendant un petit moment, avant de se faire dégager par les flics. Cette initiative était très efficace et a semblé débloquer la manifestation et atteindre quelque chose d’utile. Nous aurions voulu la voir se concrétiser bien plus tôt, mais sans aucun moyen de communication efficace il était impossible de diriger la manifestation vers cette voie.

3) Savoir s’adapter

Ce que nous n’avons vraiment pas su faire, ni à Sainte-Soline, ni en Maurienne, c’est s’adapter à une situation inattendue et défavorable. Nous avons systématiquement réalisé un schéma connu mais inefficace dans ce contexte : un face à face combatif avec les flics. Nous formulons donc ici peut-être la proposition la plus importante, qui conditionne toutes les autres : être capable, dans le bloc, d’avoir une prise de décision rapide qui permette de s’adapter à ce que nous avons en face de nous. Cet outil nécessite une sérieuse coordination entre un grand nombre de groupes affinitaires et un processus de prise de décision défini à l’avance collectivement. Cette coordination nécessite de se voir en amont de la manif, pour se reconnaître, échanger sur les motivations, partager le matériel à disposition et les idées tactiques, imaginer différents scénarios, etc. Pendant la manifestation, la prise de décision pourrait être déléguée à quelques représentant.e.x.s de chaque groupe affinitaire, qui seraient capables de se mettre en retrait, de concentrer un maximum d’informations, de prendre un peu de recul sur la situation, de changer rapidement de plan si la situation l’exige et d’être toujours en communication avec les autres groupes. Et pour qu’une délégation ait du poids dans le bloc, elle doit être formée par le maximum de groupes qui composent le bloc.

4) Former des groupes affinitaires plus grands qui communiquent

Pour qu’une délégation de groupes affinitaires ne soit pas la réunion de quelques individus atomisés et qu’il soit impossible de prendre une décision rapidement, il est nécessaire que les groupes affinitaires représentent plus de monde. Des groupes de 10, 20 ou 30 personnes devraient être la norme. L’avantage de s’organiser en grand nombre, c’est que nous représentons un nombre de personnes qui a du poids dans la manif et qui peut être une véritable force de proposition. Une initiative individuelle, bien qu’elle puisse être bonne, n’a aucun poids si on ne sait pas d’où elle vient, qui la donne et qu’elle ne s’inscrit dans aucune stratégie claire qui doit être préalablement définie. Nous pouvons même aller plus loin et imaginer des personnes qui auraient une vue d’ensemble sur la manif et qui communiqueraient directement des propositions au bloc.

5) Assumer plus de verticalité

À partir du moment où nous nous organisons à un plus grand nombre, il devient nécessaire d’assumer une certaine verticalité et une division dans les tâches, pour essayer d’atteindre un minimum d’efficacité. Mais, nous devons absolument limiter toute forme de hiérarchie que ce mode d’organisation peut créer dans nos groupes. Ainsi, nous devons faire attention à ce que ça ne soit pas toujours les mêmes personnes qui effectuent le même travail : nommer des délégué.e.x.s révocables, définir clairement les rôles assignés, etc. Nous avons conscience qu’avoir des délégué.e.x.s pour s’organiser est déjà une forme de verticalité mais, pour avoir des manifestation coordonnées et victorieuses nous pensons devoir assumer cette verticalité.

6) Savoir abandonner

Les outils que nous proposons devraient aussi permettre de plus facilement abandonner face à une situation impossible à renverser en notre faveur. Trop souvent nous nous retrouvons pris.e.x.s par une inertie de groupe difficile à casser, qui nous bloque dans un affrontement perdant. Abandonner, reconnaître la défaite et se retirer avant que les dégâts ne soient trop grands nous semble être un apprentissage urgent au vu des dernières mobilisations auxquelles nous avons participé. Laisser l’ennemi gagner momentanément, pour mieux le détruire la prochaine fois. Car tenter coûte que coûte l’impossible nous fait perdre des camarades et des allié.e.x.s, aussi bien physiquement (blessé.e.x.s), moralement (déprimé.e.x.s) que politiquement (déçu.e.x.s).

7) Créer des structures de soins systématiques et accessibles

La présence actuelle des street-médics est nécessaire sur les manifestations pour prendre soin des blessé.e.x.s et ainsi éviter de graves blessures, voire pire. Leur donner du matériel de soins d’urgence et de base arrière, des lieux de réunions et de soin est primordial si nous souhaitons gagner en endurance dans des affrontements coordonnés et face aux armes des flics. L’arme de notre ennemi et notre ignorance de ses outils répressifs est notre dépendance au système médical étatique. Le connaître en nous formant pour savoir quel matériel de protection et de soin avoir sur nous, quels sont les armes des flics et comment être plus autonome face au système médical est un moyen efficace de nous battre contre lui. Moins le système à d’emprise sur nous, plus nous gagnons en puissance. Ce genre d’expérience de violence et de stress peut créer des traumas et des douleurs psychologiques sur lesquelles nous devons communiquer pour les soigner. Il est important de les légitimer. Nous devons être capable d’accueillir les douleurs de nos camarades avant, pendant et après les manifestations et avoir une approche bienveillante envers elleux. Des structures de soins autonomes et gérées pas nos camarades devraient émerger de nos milieux pour mieux appréhender les batailles passées et futures.

Notre force n’est pas sur le champ de bataille

Il est aussi temps d’inscrire les réflexions autour du bloc offensif dans des réflexions stratégiques plus larges, qui dépassent la simple question de la tactique. Le premier communiqué du camarade S., blessé à Sainte-Soline le 25 mars et longtemps plongé dans le coma, nous semble être un premier point de départ [6]. Comme le camarade S., nous défendons que nous ne sommes pas des martyrs, et que se comporter comme tel.elle.x n’est pas envisageable. Puisque aujourd’hui l’affrontement avec les flics est souvent synonyme de carnage, l’idée même d’aller à la confrontation nous impose de l’aborder avec la plus grande précaution, car nous devons avoir conscience que nous risquons de mourir. Pour nous, foncer dans le tas, tête baissée, n’est plus une option mais une faute politique.

Tout d’abord, parce que l’attaque frontale de l’État et du capitalisme est une impasse stratégique. Nous ne pouvons rivaliser avec toujours plus d’armes perfectionnées, toujours plus d’entraînement, toujours plus de violence : si nous poussons la logique à son terme nous arrivons à la lutte armée, qui n’est évidemment pas souhaitable dans le contexte actuel et à laquelle nous ne sommes pas préparé.e.x.s. Ce ne serait qu’une fuite en avant qui aboutirait à l’échec le plus cuisant de l’ensemble de la gauche révolutionnaire. Nous ne pouvons gagner une guerre sociale et militaire asymétrique en tentant de faire armes égales. Si nous voulons avoir une chance de vaincre notre ennemi, nous devons l’éviter sur les terrains qu’il maîtrise mais le détruire sur ceux qui lui échappent. Les quelques propositions mentionnées plus haut doivent servir à ça.

Si nous voulons avoir une chance de vaincre notre ennemi, nous devons l'éviter sur les terrains qu'il maîtrise mais le détruire sur ceux qui lui échappent

Mais quand les gains espérés sont trop faibles en comparaison aux énergies déployées et brisées dans ces moments de confrontation, nous devons déplacer le terrain de l’affrontement. L’action directe offre un éventail d’outils qui peut faire mal à l’ennemi : sabotage, blocage, grève ou manif sauvages, etc. nous avons mille possibilités d’organiser la destruction du système en nous amusant. La construction d’un mouvement populaire, de groupes révolutionnaires, de liens de solidarités, de diffusions d’idées, de pratiques subversives sont aussi des outils à perpétuer et à se réapproprier. Il nous faut trouver d’autres stratégies que la manifestation et la confrontation avec les flics. Nous poser véritablement les questions de l’élargissement et de la radicalisation du conflit social en cours, car le bloc offensif ne peut pas les résoudre à lui seul.

Nous poser véritablement les questions de l'élargissement et de la radicalisation du conflit social en cours, car le bloc offensif ne peut pas les résoudre à lui seul

Le camarade S. nous rappelle que notre force a peu de chose à voir avec une histoire de champ de bataille. Nous y voyons un premier travail à mener au sein de l’autonomie : relativiser la portée mythique que l’on donne à ces événements, et tenter de proposer autre chose que le seul affrontement direct avec les flics comme moyen de créer une rupture politique. Et donc, de savoir mettre nos énergies dans un travail politique moins urgent, peut-être moins "fun" ou moins esthétique mais plus efficace à long terme. Notre force sera toujours notre enracinement social, "notre nombre, notre place dans la société et le monde meilleur auquel nous aspirons". Les Soulèvements de la Terre l’ont compris et ont construit une énorme capacité de mobilisation large tout en défendant des luttes et des idées radicales. Et nous rappellent que toutes ces options, de l’action directe en manif à la construction d’un mouvement large, ne sont pas exclusives. C’est comme ça que les Soulèvements se sont enracinés, à tel point qu’ils sont aujourd’hui difficiles à déraciner.

A nous de trouver les chemins de l’enracinement et de la rupture politique, à l’échelle de tout le milieu autonome et de toutes les luttes que nous menons au quotidien. Dans un seul but : (re)commencer à gagner.

Quelques camarades autonomes des Soulèvements de la Terre

P.S. : Nous affirmons notre soutien total et inconditionnel aux Soulèvements de la Terre et leurs sympathisant.e.x.s face à la dissolution en cours et les vagues d’arrestation.
A bas le terrorisme d’État ! Vive l’écologie offensive !



Notes

Patras (Grèce) : Une attaque incendiaire, par la Cellule incendiaire « Mémoire et rage »

Publié le 2023-07-26 06:30:02

Act for freedom now! / samedi 22 juillet 2023

« Si notre laideur devient une habitude, nous sommes tou.tes perdu.es »

Prix élevés. Pauvreté. Souffrance. Guerre. Offensive capitaliste totale. Assassinats d’État. « Accidents du travail ». Féminicides. Politiques anti-immigratoires.

La réalité que nous vivons, la classe et les couches sociales inférieures, est caractérisée par une attaque tous azimuts à notre encontre, de la part de l’État-capital-patriarcat. Un seul mois est passé depuis le meurtre de masse de centaines de migrant.es, à Pýlos*, quatre mois depuis le crime étatique-capitaliste de Tempé**, qui a été qualifié d’accident, trois ans depuis le meurtre de notre compagnon Vassilis Maggos***, tué par les flics, les larbins en uniforme du pouvoir, dans la ville de Vólos, à cause de son existence militante irréductible.

A une époque où des gens meurent dans l’attente d’une ambulance qui n’existe pas, où des flics tirent et tuent des jeunes Roms de 16, 19 et 20 ans, des migrant.es, des pauvres, prétendument pour légitime défense, parce qu’ils seraient en danger, en application de la doctrine raciste du « d’abord on tire, après on évalue », comme aux États-Unis ; quand, une fois de plus, le service public anti-incendie se démontre inefficace, ce qui porte à des vastes portions de territoire qui sont ravagées par les incendies, à des centaines d’animaux qui sont tués, directement ou indirectement, alors que leurs environnements naturels sont détruits, ce qui porte au fait que des gens voient le travail d’une vie partir en flammes ; quand tout et tout le monde est évalué en termes monétaires, en compensations, en rémunérations, en primes, en montants d’argent jetés à la plèbe, cette réalité suffocante atteste que la barbarie et la violence de l’État et du capitalisme sont constantes.

Mais face à cette réalité qui s’accélère et devient plus aiguë jour après jour, malgré l’hégémonie et la tout-puissance apparentes du système politique dans ses expressions les plus néolibérales et totalitaires, tel qu’il se constitue dans l’actuelle composition du parlement bourgeois, nous déclarons que tous les fronts de la guerre sociale/de classe sont encore présents. Rien n’est fini – tout continue.

En respectant notre devoir militant et de classe de riposter à tous ceux qui dérobent et nous soutirent nos vies, à l’aube du samedi 15 juillet, nous avons choisi de livrer aux flammes une camionnette appartenant à Hellenic Train (l’ancienne TrainOSE). Une entreprise qui, même après la tragédie de Tempé, continue, avec la bénédiction de l’État, à montrer une indifférence complète pour ses infrastructures, ce qui expose chaque jour nos semblables à des dangers mortels. Il y a eu des nombreux accidents, après celui de Tempé, et si ce n’était pour la prompte et responsable attitude des travailleur.euses, pour prévenir et réparer toute la merde répandue par l’indifférence de l’entreprise et par ses profits, on aurait eu plus, beaucoup plus d’accidents. Ce sont ces travailleur.euses qui ont perdu leurs collègues à Tempé, qui ont fait grève, qui ont alerté, qui ont été vilipendé.es par les médias et par l’État dans les jours suivants, parce que prétendument coresponsables de l’accident de Tempé. Notre solidarité avec leur lutte va de soi.

En ce qui concerne ces balances de journalistes et les médias dans leur ensemble, qui couvrent les crimes d’État, les meurtres policières, qui ferment les yeux sur les hauts dirigeants et les chefs de réseau des trafics, sur les agresseurs et les féminicides, qui reçoivent des ordures comme Balaskas (des syndicats de la police) (qui a donné un avis juridique sur les féminicides, avis qui a été suivi à la lettre lors des incidents qui ont suivi ses déclarations), Kougias (un avocat) et beaucoup d’autres, qui nous bombardent chaque jour avec toutes sortes d’informations et de narrations pour escamoter les causes qui donnent origine à l’exploitation, à la pauvreté et à la violence, à la destruction du monde naturel et à la désagrégation sociale… à l’instant même où ils prennent pour cible et calomnient chaque lutte, chaque combattant.e, nous leur rappelons que viendra l’heure où ils seront tenus pour responsables.

ORDURES – BALANCES – JOURNALISTES
AUX FRONTIÈRES, DANS LES TRAINS ET LES HÔPITAUX, L’ÉTAT ET LE CAPITAL ASSASSINENT.
VASSILIS MAGGOS RESTE PRÉSENT DANS NOTRE MÉMOIRE, DANS NOTRE RAGE, DANS CHACUNE DE NOS ACTIONS DANS CHAQUE CŒUR QUI BAT AU RYTHME DE LA LUTTE.
LIBERTÉ POUR LES COMBATTANT.ES EMPRISONNÉ.ES.
LUTTE SANS INTERRUPTION POUR LA VIE ET LA LIBERTÉ, JUSQU’A LA RÉVOLUTION SOCIALE ET A UN MONDE DE SOLIDARITÉ, D’ÉQUITÉ, DE PAIX.

Cellule incendiaire « Mémoire et rage »

 

Notes du traducteur :
* dans la nuit du 13 au 14 juin 2023, un bateau avec quelques 750 migrant.es a chaviré dans les eaux grecques, sous les yeux des garde-côtes, et plusieurs centaines de personnes sont mortes.
** Le 28 février 2023, un train de voyageurs et un train de fret se sont heurtés, près de cette localité de Thessalie, en faisant 57 mort.es et des dizaines de blessé.es.
*** Le 14 juin 2020, lors d’une manifestation à Volos, Vassilis Maggos a été durement tabassé par les flics. Les coups ont duré pendant sa garde-à-vue, jusqu’à lui casser sept côtes et à atteindre des organes vitaux. Le 13 juillet, Vassilis a été retrouvé mort dans sa chambre par sa mère.

A dance with time. Greetings, year seven

Publié le 2023-07-26 06:35:03

A dance with time. Greetings, year seven

Greetings from nowhere.

“Freedom is secured not by the fulfillment of one’s desires, but by the removal of desire.”
– Epictetus

My journey into clandestinity began 7 years ago today. It was July 10, 2016, the sun was heating up the city and for most of the people I met that day it was just another Sunday. For me, that day was both an end and a beginning. Giving up my old and beloved reality of life, replaced by the great unknown variable. Leaving the old behind me, welcoming the new. A painful and overwhelming start of the journey… From then on I was confronted with the unknown every day, resembling a person who has lost their sight from one day to the next and now has to focus on their other senses.

I wandered around, looking for anchor points, and after long months, with patience and persistence, finally regained my bearings. My life was back on track, or so I thought… What had to come was coming. The next big shock hit me and once again life held its instruction manual in front of my nose; leave the old behind, welcome the new. Clandestinity is a rigorous study full of hardships, but the fruits of it will be a lifetime harvest for me.

A year ago, I stood again in this clearing to call out to you. To let you know that I am well. To let you know that I sincerely love you and carry you in my heart day after day. Today, one year later and 7 years after the beginning of the journey, I am somewhere else, as I will be tomorrow. But the bond between us remains. I had to leave you behind physically. But spiritually and emotionally you have been my silent companionship for 7 years. Thanks to you I always find the strength and courage to welcome new things into my life. To then, when the time comes, leave it behind me again.

Still on the run, mentally ready for the task of securing freedom –

With love and in solidarity
Your friend and comrade from nowhere

Chili : Sur l’affaire « Susaron »

Publié le 2023-07-27 07:25:04

Informativo Anarquista / dimanche 16 juillet 2023

La solidarité anti-carcérale et la libération animale sont des points cruciaux de notre activité anarchiste. C’est pour cela que, lors de cette petite réunion, nous nous solidarisons avec les prisonnier.es impliqué.es dans l’affaire « Susaron ».

Les faits. Il faut revenir à la nuit du 19 septembre 2022, lors de ces semaines chargées de festivités patriotiques [le 18 septembre, jour anniversaire de l’indépendance du Chili, est fête nationale ; NdT], avec l’augmentation de la vente d’animaux morts pour être consommés, quand on voit à chaque coin de rue que les néfastes traditions du pouvoir sont en hausse. C’est ce jour-là qu’un groupe d’action s’est dirigé vers une filiale de l’entreprise de viande Susaron, dans la commune de Quilicura, dans le nord de l’agglomération de Santiago, et a mis le feu à plusieurs camions, en réduisant en cendres aussi la salle des ventes et la chambre froide, avec des dégâts se chiffrant en millions. Cette fière attaque incendiaire a été revendiquée par un communiqué dans les mêmes jours.
« Nous ferons tout ce que nous pourrons, même si c’est peu, même si ce n’est qu’une miette, même si cela nous coûte la vie ou la liberté, mais nous le ferons jusqu’à la mort et avec un amour et une fierté immense. »

Les arrestations. Suite aux investigations, le 4 novembre [2022 ; NdT], la PDI [Policía de Investigación, la police judiciaire chilienne ; NdT] mène des perquisitions dans différentes maisons, à la recherche des responsables de l’attaque, et quatre compas (Ita, Tortu, Ru et Panda) sont interpellé.es ; deux d’entre eux/elles sont accusé.es aussi du transport de différents munitions. Lors de la perquisition de la maison de « Tortu », les ordures de la PDI ont frappé Tony, son compagnon chat, paraplégique de naissance, qui est mort le 12 novembre à la suite de blessures internes.

Nous saluons le digne positionnement anarchiste des compas, qui ont revendiqué leurs idées par des lettres et des gestes, depuis la situation dégueulassasse de la captivité. Les idées et les pratiques conflictuelles demeurent fermes, au delà des coups qui viendront de la part du Pouvoir. Et, en prison comme dans la rue, elles se manifestent concrètement, ne laissant aucun espace à des doutes ou au repentir.
A huit mois de l’arrestation des compas et de la mort de Tony…
Rien n’est fini, tout continue !

Santiago, Chili
juillet 2023.

Montargis (Loiret) : émeute et sabotage font bon ménage

Publié le 2023-07-27 07:35:03

Des infrastructures détruites lors des émeutes,
puis des actes de sabotage sur des armoires [de fibre]
La République du Centre, 26 juillet 2023 (extrait)

Des centaines d’habitants des quartiers de la Sirène et de la Chaussée sont privés d’Internet et de téléphone depuis des semaines maintenant, à cause des émeutes mais aussi de sabotages sur les armoires du réseau fibre.

C’est un type de message récurrent, ces derniers jours, sur les réseaux sociaux, sur des groupes ayant trait à la vie quotidienne à Montargis : nombreux sont les habitants du quartier de la Sirène ou de celui de la Chaussée à souligner qu’ils n’ont plus de réseau Internet et à s’interroger sur la fin potentielle de la panne, liée pour beaucoup aux violentes émeutes qui se sont déroulées les nuits des 29 et 30 juin.

Des matériels ont bien été endommagés pendant ces deux nuits de violences urbaines, dans le quartier de la Sirène notamment et en centre-ville, mais ce n’est pas le seul problème. Selon les services d’Orange, opérateur qui a créé le réseau fibre à Montargis et qui le gère, après les 29 et 30 juin, cinq armoires ont été purement et simplement sabotées : le week-end du 1 er juillet, « rue Villa-Renée-de-France, rue Émile-Moreau et rue Vauban, soit 553 abonnés sans téléphonie à la maison » et le 14 juillet, allée de la résidence de la Roseraie, dans le quartier de la Chaussée, soit 425 autres abonnés.

Pourquoi autant de temps pour réparer, s’interrogent les abonnés ? « Dans les cas où les armoires ont été sabotées, il faut refaire des études pour refaire le réseau. Tout ça prend du temps. Nos techniciens travaillent d’arrache-pied », ajoute-t-on chez Orange, dont les équipes, en cet été 2023, sont déjà très occupées par les vols de cuivre sur le réseau historique en région Centre-Val de Loire, comme à Fontenay-sur-Loing, le 31 mai dernier.
Chez l’opérateur, on parle volontiers d’« explosion » de ces actes : « 48 en 2022 178 ce début juillet 2023. Une commande de câbles est livrée en minimum trois semaines de délai ; à cela, il faut compter une semaine de chantier pour tirer les nouveaux câbles en souterrain et refaire fil à fil les lignes des abonnés de tous les opérateurs. »

Ypsilanti (USA): des véhicules de service d’un marchand de sommeil ont eu leurs pneus crevés

Publié le 2023-07-27 10:15:03

Ypsilanti (USA): des véhicules de service d’un marchand de sommeil ont eu leurs pneus crevés

Prétendue Ypsilanti, Michigan.

A l’attention de M. Beal :
Hey Steve,
Nous avons crevé les pneus de trois de tes camions de service de merde ! Ils étaient juste stationnés là, sur le terrain entre Hamilton Street et Adams Street, prêts à se prendre des coups de couteau.

Le logement devrait être gratuit. Personne veut travailler jusqu’à en crever, dans des jobs qui abrutissent, seulement pour te transférer ses gains chaque mois. Simplement pour avoir un toit sur nos tête, de façon à avoir un endroit où se reposer avant de retourner à nos jobs de merde ? Non.

Nous sommes fait.es pour des choses plus amusantes et plus sexy.
Les locataires en ont marre de payer tes hypothèques à ta place, pendant que tu refuses de faire effectuer des réparations de base dans tes immeubles de merde. Ils/elles en ont marre de vivre dans des conditions insalubres, alors que tu habites confortablement dans ta maison rénovée, au 113, Buffalo Street, Ypsilanti, Michigan (cette action a été un succès malgré les caméras, du coup les trois qui se trouvent chez toi ne devraient pas poser de problèmes).

Contre tous les proprios !
La guerre est commencée et nous sommes plus nombreux.ses que vous !

A l’attention de nos ami.es :
Même si ce n’est pas exactement notre fête préférée, saviez-vous que le bordel du 4 juillet est une bonne protection pour toutes sortes d’activités amusantes ? La lumière rouge éblouissante des feux d’artifice et les pétards qui éclatent font une bonne couverture pour le « psssit » d’un pneu qui se dégonfle. Imaginez le bordel que nous pourrions causer si nous commencions à nous préparer maintenant pour l’année prochaine.

Quoi qu’il en soit, Beal a des bureaux aussi à Grand Rapids, Lansing et Toledo

Grand Rapids
625 Kenmoor Ave. SE, Suite 301
Grand Rapids MI 49546, USA

Lansing
835 Louisa St
Lansing, MI 48911, USA

Toledo
2800 W. Central Ave. A
Toledo OH 43606, USA

[Publié le 21 juillet 2023 sur Attaque. Traduit depuis Unravel, 4 juillet 2023.]

Brême (Allemagne) : cramer les bornes de recharge électrique

Publié le 2023-07-27 10:20:03

Les coûts de la transition énergétique … et les bornes
de recharge électrique au feu

L’exploitation de nouvelles sources de matières premières, de mines et d’usines pour mettre en œuvre la prétendue transition énergétique et le passage au transport individuel électrifié bat son plein : Giga-usines exploitant les nappes phréatiques ; nouvelles mines de lithium au Portugal ; nickel et or provenant de terres indigènes volées en Indonésie ; exploitation de gisements de vanadium en Norvège et de terres rares sur le territoire des Samí en Suède ; cobalt provenant du Congo . … l’exploitation industrielle du cuivre, du cobalt et du nickel au fond des mers ; l’approvisionnement en hydrogène à partir d’îles artificielles en mer du Nord ou via des stratégies d’importation néocoloniales de Namibie et du Chili … les coûts de cette transition énergétique et de la poursuite de l’exploitation en toute bonne conscience sont désormais connus de tous. La mutation vers un capitalisme vert s’accompagne inévitablement d’une aggravation de l’exploitation de l’humain et de la nature !

Il existe une infinité de cibles, de moyens et de méthodes pour attaquer, retarder, saboter ce processus.

Nous avons choisi de nous attaquer à une infrastructure qui se développe actuellement rapidement et qui est présente presque partout : les bornes de recharge électrique. Elles sont un élément nécessaire pour le tournant de la mobilité du Green New Deal et constituent donc une cible idéale et à bas seuil.

Au cours de deux nuits, nous avons frappé à différents endroits et saboté différents modèles. La première fois (nuit du 15 au 16 juin), nous avons détruit une station de recharge rapide sur un parking de supermarché dans le quartier de Huckelriede, en faisant simplement levier sur des ventilateurs à l’arrière de la station de recharge, puis en allumant des accélérateurs de feu à l’intérieur. La deuxième fois (nuit du 13 au 14 juillet), nous avons détruit une borne de recharge dans le quartier de Neustadt, en dévissant simplement les vis de la gaine de câbles et en laissant les accélérateurs de feu faire leur travail.

Dans les deux cas, nous avons veillé à rester à bonne distance des habitations et à ne pas blesser les personnes non concernées. Les flics, la presse et les pompiers ont jusqu’à présent passé ces incendies sous silence.

Contre la poursuite de la destruction extractiviste de la Terre, la seule solution est de multiplier les sabotages, les résistances et les alternatives réelles à la production capitaliste – Pour la révolution (éco)sociale !

Switch-Off! The system of destruction!

{Traduit de l’allemand de de.indymedia, 25 juillet 2023]

Munich (Allemagne) : feu au chantier du métro du pôle scientifique

Publié le 2023-07-27 10:25:04

Bien qu’il ait passé les dix dernières années de sa vie à Paris, on oublie souvent du côté de la grise capitale française que le célèbre peintre Vassily Kandinsky avait débuté ses recherches picturales en Allemagne. Et plus précisément à Munich, au pied des Alpes bavaroises. De cette période initiale de l’un des futurs fondateurs de l’art abstrait, on retient souvent la toile Der blaue Reiter (le Cavalier bleu, 1903), qui sera aussi le nom du cercle expressionniste auquel il participa un peu plus tard, et forcément beaucoup moins son tableau titré München-Planegg I (1901), qui représente un paysage de campagne plus classique.

Un siècle plus tard, le village de Planegg où Kandisky traîna son chevalet de jeunesse, situé à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Munich, a bien évidemment beaucoup changé. Ses champs et ses arbres se sont désormais mués en immenses bâtiments d’acier et de béton, abritant notamment un parc industriel d’entreprises de biochimie, des centres de recherche (comme l’Institut Max Planck pour l’intelligence biologique), ainsi qu’un campus universitaire idoine. Et c’est d’ailleurs pour que tout ce beau monde cauchemardesque n’ait plus à emprunter quotidiennement un vulgaire train de banlieue, que le vaste chantier de prolongement de la ligne de métro U6 a été lancé à Planegg en février 2023, avec une inauguration du nouveau tronçon de plus d’un kilomètre prévue pour 2027. Une ligne de métro qui reliera ainsi directement les deux grands pôles scientifiques de la ville, celui de Garching notamment dédié à la physique (qui abrite un réacteur nucléaire à neutrons destiné à la recherche) implanté au nord de la ville, à celui de Martinsried installé à Planegg, plus à l’ouest et consacré à la biologie. Soit une infrastructure de transport-clé « pour tracer la voie de l’avenir vers la Mecque de la recherche à Munich, et de l’ensemble du Land de haute technologie de Bavière », comme l’a déclaré son ministre régional des Sciences lors de la pose de la première pierre d’un chantier estimé à 212 millions d’euros.

Pourtant, alors que les autorités se réjouissaient de l’avancée ronronnante des travaux, quelque chose d’inattendu s’est produit à Planegg la nuit de mardi à mercredi 26 juillet, bien à l’abri des hautes palissades en bois sur treillis bloquant la vue des passants sur le grand’oeuvre en cours. Et plus précisément encore, pour reprendre les mots mêmes du maire de la bourgade :  » Nous avons toujours pensé que le chantier devait être bien sécurisé pour qu’il ne se passe rien. Mais personne ne s’attendait à ce que des gens brûlent le chantier de construction du métro. »

Il y a deux jours, des inconnus ont en effet franchi la clôture en question, avant de bouter le feu à deux engins de chantier puis de s’évanouir dans la douce nuit d’été, provoquant plusieurs dizaines de milliers d’euros de dégâts sur leur passage (et trois autres engins endommagés par les flammes). Les regards des autorités se sont aussitôt tournés vers ladite « criminalité politique d’extrême-gauche », et c’est ainsi la section K43 de la Sécurité de l’Etat, spécialisée en la matière, qui a été chargé de l’enquête.

Quant aux journaflics locaux, ils en ont une fois de plus été réduits à formuler leur perplexité face à cette nouvelle attaque anonyme dans la Mecque de la techno-ingénierie allemande : « Est-ce la poursuite d’une série d’attaques encore inexpliquées ? Ces derniers mois, plusieurs incendies criminels présumés de véhicules et d’infrastructures ont eu lieu à Munich et dans ses environs – plus récemment contre une antenne de téléphonie mobile dans le parc de Forstenrieder [16 juillet] et contre des gaines de câbles le long du Föhringer Ring [8 juillet]. »

[Synthèse de la presse allemande (Münchner Merkur & Süddeutsche Zeitung), 26 juillet 2023]

Livadiá/mont Hélicon (Grèce) : Sabotage – acte 3

Publié le 2023-07-28 01:15:04

Act for Freedom Now! / jeudi 27 juillet 2023

Sabotage symbolique contre le pillage de la nature

Nous avons décidé, une fois encore, de faire un geste symbolique : faire tomber un mât de mesure du vent du Laka Batheti, à côté du sommet Motsava, sur le mont Hélicon.
Nous rappelons que cette installation s’ajoute à une série d’environs 50 éoliennes (on peut en voire certaines dans la vidéo).

CONTRE LE PILLAGE DE LA NATURE, LUTTE POUR LA TERRE ET LA LIBERTÉ.

Loups de l’Hélicon



Hélicon (Grèce) : nouveau sabotage d’un mât de mesure éolien

Publié le 2023-07-28 21:35:04
…après le passage des Loups de l’Hélicon…
… et avant

Sabotage symbolique contre le pillage de la nature

Nous avons décidé une fois de plus de faire un geste symbolique et de plier en deux un mât de mesure du vent au sommet du pic Motsara, sur le mont Hélicon. Rappelons que cette installation vient s’ajouter à une série d’environ 50 éoliennes (certaines d’entre elles sont également visibles dans la vidéo).

Contre le pillage de la nature, lutter pour la terre et la liberté

Des loups de l’Hélicon

[Publié sur Indymedia Athènes le 24 juillet 2023 avec une vidéo de l’environnement éolien du mât de mesure (ici), et traduit de l’anglais via Act for freedom]

Hambourg (Allemagne) : Switch off the system

Publié le 2023-07-28 21:40:02

de.indymedia.org / mercredi 26 juin 2023

Votre luxe = notre sécheresse
Votre profit = notre pénurie de logements

Dans la nuit du 24 au 25 juillet, nous avons tagué le club de golf dans le quartier de Blankenese, à Hambourg, et avons versé de l’acide butyrique dans le radiateur du minibus de l’équipe de golf du club.

Ce n’est pas par hasard que nous allé.es dans le quartier huppé de Blankenese. Partout dans le monde, les camps de golf sont un symbole de l’exploitation des sols et des ressources par les plus riches. Là se rencontrent ceux qui ont su tirer profit des crises et des guerres des dernières années. Qui est responsable pour la majorité des émissions qui nuisent au climat ? Ce ne sont pas ceux et celles qui, de toute façon, sont déjà exclu.es. Ce sont les grandes sociétés de l’énergie, les banques, les entreprise qui fabriquent des armements, les millionnaires.

La lutte contre la destruction du climat est donc aussi, inévitablement, une lutte qui touche à des questions de classe. Le 1 % le plus riche de la population émet bien plus de CO2 que le 50 % plus pauvre de la société. Pendant que la municipalité nous avertit qu’il faut économiser l’eau potable, le club de golf arrose ses vastes pelouses. Pendant qu’ils s’adonnent à leurs plaisirs sur des espaces verts bien arrosés, nous admirons un endroit de cette ville qui pourrait être un parc, une réserve naturelle ou un quartier d’habitations à loyer pas cher. Ça ne nous surprend pas que tout cela n’intéresse pas la société parallèle de Blankenese. Ça changera seulement quand la peur changera de camp. Travaillons-y !

Pour la révolte sociale et pour un tout autre climat !
Switch off capitalism!
Switch off the system

Turin (Italie) : Des véhicules de l’Operosa Spa endommagés

Publié le 2023-07-28 21:45:02

Il Rovescio / jeudi 27 juillet 2023

Deux camionnettes de l’entreprise l’Operosa Spa endommagées à Turin. L’Operosa collabore à la réouverture et à la gestion du CPR [équivalent des Centres de rétention administrative français ; NdT]. Pneus coupés et pare-brises brisés. Un petit geste de solidarité avec ceux/celles qui luttent dans les CPR.

Barcelone (Espagne) : Revendication de l’attaque incendiaire d’une camionnette d’Indra

Publié le 2023-07-28 21:50:03

imc_barcelona / jeudi 27 juillet 2023

A ceux/celles qui allument des incendies et aux autres individus affin.es : Revendication de l’attaque incendiaire d’une camionnette d’Indra

Dans la nuit de mardi dernier, le 25 [juillet ; NdT], nous avons attaqué avec nos matériels préférés, l’essence et le feu, une camionnette de l’entreprise Indra, près du quartier de Vallcarca.

Indra, une entreprise qui fabrique des armements, constitue la partie technique du développement des intérêts géopolitiques et économiques des États.
Des nombreux contrats avec le ministère espagnol de la Défense démontrent sa participation à des projets d’armements, en plus du fait que Indra contrôle plus du 80 % de la Sociedad Española de Misiles, la succursale espagnole du principal fabricant de missiles européen.
De nos jours, l’industrie des armements a adopté une nouvelle image, éloignée de celle de militaires faisant des coups d’État, pour se rapprocher de celle plus sympathique de mercenaires professionnels, amiables et souriants, qui, avec leurs fournisseurs, apportent des réponses à une demande sociale de sécurité.
Quand des excuses comme le terrorisme ne suffisent pas à justifier une militarisation accrue, alors les autres grandes préoccupations de la société deviennent le prétexte nécessaire à la réduction des métropoles en terrains de jeu pour l’armée. Par conséquent, des événements comme la récente création du navire-prison « Bibby Stockholm », au Royaume-Uni, dont le but est de poursuivre et augmenter la répression à l’encontre des personnes migrantes, n’est pas un hasard.
Le complexe militaire vient donc accompagner la société dans sa décadence, avec son image gentille, ses systèmes technologiques de surveillance et son sentiment de sécurité de la part des citoyen.es, en cherchant à établir la paix mortelle des patrons et des propriétaires légitimes, avec l’appui des majorités silencieuses.
Face à tout cela, nous restons aux côtés de celles/ceux qui décident que leur champ de bataille est celui de la négation et de la désobéissance.
Par cette action, nous aimerions propager le feu, dans ces conditions de guerre permanente contre tous les symbole et tous les visages de la société autoritaire dans laquelle nous avons décidé de combattre.
Nous envoyons nos salutations chaleureuses aux compas Mónica et Francisco, qui affrontent en ce moment un procès qui durera des mois. Les mots de complicité du compagnon Francisco nous remplissent de force, pour continuer à explorer les chemins du conflit anarchiste, ici et maintenant.
Des salutations aussi à Alfredo Cospito, qui est en train de se rétablir, après six mois de grève de la faim.

POUR L’INSURRECTION, L’ATTAQUE ET LA VENGEANCE !

 

Quelques individus dangereux.ses

Berlin (Allemagne) : attaque solidaire contre la Deutsche Bahn

Publié le 2023-07-28 21:55:04

[La nuit de mercredi à jeudi 27 juillet vers 2h du matin, des inconnus ont brisé plusieurs vitres des bureaux de la Deutsche Bahn [DB, SNCF allemande]  et incendié deux véhicules de l’entreprise dans la rue Caroline-Michaels-Straße du quartier de Mitte, à Berlin. Des crève-pneus ont aussi été laissés sur place pour retarder l’intervention des flics, ainsi qu’un grand tag « Stop Tren Maya » sur les vitres défoncées, du nom de ce projet dévastateur de réseau de chemin de fer touristique lancé en 2018 au Mexique, auquel participe notamment la Deutsche Bahn. Plusieurs sabotages contre cette compagnie se sont déjà produits dans ce sens, notamment à Düsseldorf en mai avec 5 attaques incendiaires contre les câbles de signalisation du chemin de fer, à Hambourg en mars avec les vitres brisées de l’entrée de son siège, ou en mars de l’année dernière à Berlin avec le sabotage incendiaire de câbles ferroviaires aux abords de la gare de Berlin-Wuhlheide.
On trouvera ci-dessous un large extrait du communiqué de revendication, traduit de l’allemand et sorti le jour-même.]


Attaque contre la Deutsche Bahn – Stop Tren Maya – Switch Off !

La nuit du 27 juillet, nous avons attaqué le complexe de bureaux de la Deutsche Bahn sur la Caroline-Michaelis-Strasse à Berlin-Mitte avec des marteaux et des engins incendiaires. Nous avons détruit les fenêtres de l’entrée de deux immeubles de bureaux et tagué les mots « Stop Tren Maya ». Une voiture électrique DB Flinkster [service d’autopartage en gare de la Deutsche Bahn] et un véhicule de service de la DB ont été incendiés sur leur parking. Nous avons lancé des crève-pneus dans la rue pour ralentir les flics qui s’approchaient.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles la Deutsche Bahn a été prise pour cible. Très concrètement, nous voulons, avec cette attaque, relayer les protestations persistantes qui se déroulent dans le sud du Mexique contre le « Tren Maya » et les porter là où se trouvent les responsables : ici. La Deutsche Bahn, qui appartient à l’État allemand, fait office d’opérateur fantôme de ce projet d’infrastructure à travers sa filiale DB Engineering and Consulting, et en tire des millions sanglants.

Le nom cynique de « Tren Maya » cache à lui seul ce qu’il y a vraiment derrière. Car ce mégaprojet n’est pas « juste » un train. C’est un projet d’infrastructure néocolonial. Une entreprise écocidaire qui signifie la destruction des dernières forêts tropicales d’Amérique du Sud. Un projet de contre-insurrection contre les communautés indigènes et les zapatistes du sud du Mexique, leur expulsion et l’accaparement colonial des terres. Un mur de béton et de rails pour isoler le riche nord de la migration du sud, géré par l’armée mexicaine et avec pour co-responsable l’Etat allemand à travers la DB.

(…) Le mensonge du bon rail

Par les airs, par les fleuves, par les routes et par les rails : les voies de transport sont comme des veines qui s’étendent sur la terre. Nous les utilisons peut-être pour rendre visite à nos parents ou à nos amis, ou pour partir en vacances. Mais elles servent avant tout à la circulation des marchandises et de la main-d’œuvre. Plus elles sont consolidées ou aménagées, plus les personnes et les marchandises peuvent s’y déplacer rapidement. Depuis toujours, les routes et les voies ferrées sont également les signes avant-coureurs de l’avancée des armées, de la colonisation et de la destruction de la terre ou de la transformation des êtres humains et de la nature en main-d’œuvre et en marchandises. Les projets d’infrastructure servent aux autorités à désenclaver les régions non dominées par l’Etat ou encore non-soumises à la logique capitaliste et constituent un vecteur de contre-insurrection. Le contrôle de la mobilité constitue donc l’un des piliers les plus élémentaires de la domination. Ce que l’on appelle le « Tren Maya » est un projet de réorganisation territoriale à l’endroit même où se trouve un des plus grands couloirs migratoires du monde vers les États-Unis. Le fait que l’armée mexicaine soit chargée de sa gestion et qu’elle en perçoive les bénéfices en donne une image claire : ce chemin de fer est un projet militariste qui va à l’encontre de la liberté de mouvement des individus. Mobilité pour ceux qui peuvent se payer les billets de train, en voyageant du nord vers le sud.Mais pas pour ceux qui essaient de se rendre du sud au nord pour survivre, car leurs bases de vie ont été détruites.

La crise climatique est une question économique et sociale

Depuis des siècles, les luttes anticoloniales attirent l’attention sur les conséquences de la destruction de la Terre et des bases de toute vie. Leurs voix ont été reprises de temps à autre dans les centres de pouvoir impériaux, mais pas de manière conséquente. Oui, nous sommes ici dans la salle des machines, nous sommes des rouages dans leurs rouages. Chaque personne profite différemment du système dominant ou est opprimée de différentes manières. La prospérité du Nord mondial dont nous parlons est une prospérité qui se répartit selon des questions de classe.

Il est indispensable de prendre en compte les luttes qui ont lieu dans d’autres régions du monde et de leur offrir un écho. Cela signifie cibler les responsables qui siègent dans les métropoles du Nord mondial et qui profitent de l’oppression coloniale et patriarcale induite par le système capitaliste. Cela signifie également rendre les luttes visibles et reprendre, discuter et multiplier leurs critiques, idées et propositions. En même temps, nous devons construire une perspective qui nous permette ici, collectivement, de renverser l’existant. Nous voulons nous joindre aux paroles de l’appel « Switch-Off – the system of destruction » pour continuer à passer à l’offensive :
« Ce dont nous avons besoin dans la lutte contre la destruction de la nature et la misère sociale qui en résulte, c’est l’effort commun pour la véritable rupture révolutionnaire et la liberté pour tous. D’une initiative qui rejette tous les compromis et les corrections cosmétiques de l’Etat, et qui provoque une transformation de nos relations sociales. Car la destruction de la planète par le système économique néolibéral est indissociable des schémas de pensée patriarcaux, du racisme et du colonialisme. L’initiative doit nécessairement venir d’en bas. Des luttes des exclus. Des luttes de ceux qui opposent une coexistence auto-organisée et solidaire à la promesse de sauvetage de l’État. Des luttes de ceux qui voient qu’il ne peut y avoir de compromis dans la lutte contre la destruction systémique de la biosphère ». (switchoff.noblogs.org)

Avec cette attaque contre la Deutsche Bahn, nous voulons poursuivre la série d’actions qui se sont déjà produites ces derniers mois contre le « Tren Maya » et inviter tous les alliés à une nouvelle participation radicale aux luttes contre la destruction de la planète.

Switch Off – attaquer durablement le système de destruction.
Stop Tren Maya !

[Traduit de l’allemand de de.indymedia, 27 juillet 2023]

Vert-le Petit (Essonne) : sabotage du réseau électrique d’un haut-lieu du nucléaire et de l’armement

Publié le 2023-07-29 03:05:03

« Les câbles sont sous les pylônes »
Indymedia Lille, 25 juillet 2023

A une trentaine de kilomètres au Sud de Paris, en Essonne, sur la commune de Vert-le Petit se trouve le Centre d’étude du Bouchet, un des hauts lieux du nucléaire et de l’armement.

C’est là qu’en 1820 a été créé La Poudrerie Nationale du Bouchet, voilà pourquoi durant la Première Boucherie mondiale 5 000 travailleurs y produisirent des quantités énormes de poudre et de munitions pour les besoins du front.
De 1920 à 1940 sans pour autant interrompre totalement la fabrication de munitions classiques, l’établissement oriente une grande partie de son activité vers de nouvelles technologies liées à l’hypothèse d’un conflit où seraient mis en œuvre des procédés chimiques, biologiques et bactériologiques.
En 1946 une partie du site est affectée au Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), qui y installe et fait tourné jusqu’en 1971 la première usine française de traitement de minerai, de raffinage et de conversion de l’uranium, ainsi que de traitement du combustible nucléaire usé. C’est d’ailleurs là que le traitement du combustible irradié de la première pile atomique française, la pile Zoé, permit en novembre 1949 l’extraction des premiers milligrammes de plutonium, étape essentielle pour la fabrication de la bombe atomique française.

Dans les années 1950 la production d’uranium métal augmente progressivement : 51 tonnes d’uranium métal sont produites à l’usine du Bouchet du début de l’année à la fin septembre 1952 et le maximum annuel de 500 tonnes est atteint en 1956, année pendant laquelle est construit à quelques kilomètres le site du CEA de Bruyères-le-Châtel pour concevoir l’arme atomique française.
Au cours des années 60 et jusqu’à sa fermeture en 1971, l’usine du CEA du Bouchet reste une usine pilote en ce qui concerne le développement de nouveaux procédés chimiques de traitement de l’uranium. Le Bouchet produit alors plus de 4 000 tonnes d’uranium métal, notamment pour les réacteurs de recherche et les réacteurs à uranium naturel graphite gaz.
Par la suite s’est installé le centre de la Direction Générale de l’Armement qui s’occupe de la « défense et la protection contre les agressions de type nucléaire, radiologique, biologique et chimique (dits NRBC) », et qui y a inauguré en 2013 un laboratoire de type P4.

A leurs côtés se trouvent aujourd’hui l’entreprise LIVBAG, qui a pour principale activité la fabrication de produits explosifs, la société ISOCHEM, spécialisée dans la chimie fine, la société STRUCTIL (rachetée par Hexcel en 2017), spécialisée dans la production de matériaux profilés haute-performances à destination de l’aérospatial, de la défense et de l’industrie, ainsi qu’un centre de recherche et développement, spécialisé dans le domaine des matériaux énergétiques, appartenant à l’entreprise ArianeGroup (entreprise qui produit notamment les lanceurs Ariane 5 et Ariane 6, ainsi que le missile balistique M51 qui équipent les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, chaque missile disposant d’une puissance de frappe équivalant à 1 000 fois Hiroshima).

A quelques kilomètres de là, la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 mai, pour tenter de porter atteinte à leurs activités nous nous en sommes pris au réseau RTE en incendiant les 3 câbles 63kV qui descendent le long de chacun des deux pylones, à la lisière de la forêt de Saint-Vrain, et alimentent en partie le réseau de distribution d’électricité de la zone.

Rien que ces quelques mots : « Les câbles sont sous les pylônes. »

Jane Birkin et les vers luisants du bois d’à côté

 

Niort (Deux-Sèvres) : suite des procès contre les manifestants de Sainte-Soline

Publié le 2023-07-30 16:40:03

Le lapin, le moine et le militaire : le procès surréaliste
des manifestants de Sainte-Soline

Mediapart, 28 juillet 2023 (extrait)

Quatre personnes ont été condamnées, jeudi 27 juillet, à des peines de prison à l’issue d’une longue audience sur des faits commis lors de la manifestation contre les mégabassines en mars dernier.

Jeudi 27 juillet avait lieu le premier procès des manifestants de Sainte-Soline – hormis une comparution immédiate le 22 juin à l’issue de laquelle un homme de 42 ans avait été écroué et écopé de dix mois de prison pour avoir jeté des pierres sur les gendarmes. Le procès des organisateurs de cette manifestation interdite par la préfecture aura lieu en septembre . Pour l’heure, ils sont quatre prévenus poursuivis pour des faits commis dans ce champ des Deux-Sèvres où huit mille personnes se sont réunies en mars pour s’opposer à une réserve de substitution creusée au bénéfice de douze agriculteurs irrigants.

Après les mots du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, sur les « écoterroristes » de Sainte-Soline , les voilà devant la justice, du moins ceux que les enquêteurs ont estimé avoir confondus. Et le contraste entre le terme et la réalité est si disproportionné qu’il en est presque parodique. Dans le public de l’audience, toutes les chaises sont occupées. Et quand les portes de la salle d’audience s’ouvrent, les huées et les chants des quelque cinq cents manifestant·es réuni·es dehors inondent la pièce. Le procès va durer près de dix heures et se finir un peu avant minuit

Modane (Savoie) : attaque incendiaire contre le chantier du TGV Lyon-Turin | MàJ

Publié le 2023-07-30 16:45:03

{Mise à jour. Un peu plus de quatre mois plus tard, est parue la revendication suivante sur Indymedia Lille le 7 décembre 2023 :
MODANE. SAVOIE. Des incendies ont ravagé cinq engins de chantier du projet Lyon-Turin samedi 29 juillet 2023. STOP AU LYON-TURIN
https://cicles.cisti.org/v/qfe2W4KZzK/ljmWLoyCx58tFxpv]


L’hypothèse criminelle privilégiée après l’incendie
de cinq engins sur un chantier du Lyon-Turin

France 3 , 31 juillet 2023

Cinq engins de chantier ont été dégradés par un incendie volontaire samedi 29 juillet à Modane, en Savoie. Une quinzaine de sapeurs-pompiers ont été mobilisés vers 23 heures sur les lieux du sinistre, un site de la compagnie publique franco-italienne Telt (Tunnel euralpin Lyon Turin) chargée de construire la ligne ferroviaire Lyon-Turin.

Des détonations provenant de l’explosion des pneus des engins ont été entendues. L’origine volontaire de l’incendie ne ferait aucun doute au vu des premiers éléments, a-t-on appris auprès de la compagnie de gendarmerie de Saint-Jean-de-Maurienne, en charge de l’enquête. Quatre points de départ de feu ont été identifiés sur des palettes en bois disposées sous les véhicules incendiés.

Les travaux devaient débuter ce lundi sur cette portion, mais ont été repoussés de plusieurs semaines. Les engins visés auraient dû servir à percer 200 mètres de tunnel afin de créer une piste de contournement pour les poids lourds se rendant sur le site du chantier. Une enquête a été ouverte par le parquet d’Albertville.

« Je ne comprends pas qu’on puisse en arriver là », a déclaré le maire (DVG) de Modane, Jean-Claude Raffin, indiquant que les dommages sont estimés entre « 1 et 2 millions » d’euros. « Je condamne avec la plus grande fermeté les dégradations commises contre le chantier du Lyon-Turin. Un acte injustifiable et dangereux », a déclaré sur Twitter (rebaptisé « X ») le ministre des Transports Clément Beaune, ajoutant que l’enquête « déterminera les responsables et permettra de les sanctionner ». De son côté, l’entreprise Telt « condamne fermement les dégradations commises cette nuit », parlant d’un « acte de malveillance non revendiqué ».

La liaison ferroviaire Lyon-Turin, qui passera par un tunnel de 57,5 km entre Saint-Jean-de-Maurienne et Suse (Italie), est contestée depuis de nombreuses années par certains habitants, rejoints par des élus mais aussi des militants écologistes. La ligne doit entrer en service en 2032.

Barcelone (Espagne) : incendie d’une camionnette de l’industrie de l’armement

Publié le 2023-07-30 18:10:02

A celles et ceux qui allument des incendies et autres individus en affinité : revendication de l’attaque incendiaire contre une camionnette de Indra
(Traduit de l’espagnol de barcelona.indymedia, 27 juillet 2023)

Mardi dernier, le 25 juillet, aux premières heures du jour, nous avons attaqué avec nos matériaux préférés, l’essence et le feu, une camionnette appartenant à l’entreprise Indra près du quartier de Vallcarca [au nord-ouest de Barcelone].

Indra, fabricant d’armes, constitue la partie technique du développement des intérêts géopolitiques et économiques des Etats. De nombreux contrats avec le ministère espagnol de la défense témoignent de son implication dans des projets d’armement militaire, comme son contrôle à 80 % de la société espagnole de missiles Sociedad Española de Misiles, filiale espagnole du premier fabricant européen de missiles.

Aujourd’hui, l’industrie militaire a adopté une nouvelle image qui s’éloigne de celle de l’armée organisant un coup d’État, pour se rapprocher de celle de mercenaires professionnels sympathiques et souriants qui, avec leurs fournisseurs, répondent à une demande sociale de sécurité.
Lorsque des excuses comme le terrorisme ne suffisent pas à justifier une militarisation accrue, les autres préoccupations majeures de la société deviennent alors le prétexte nécessaire à l’intervention militaire dans la métropole. Ainsi, des événements tels que la création récente du bateau-prison « Bibby Stockholm » au Royaume-Uni pour poursuivre et accroître la répression des migrants ne sont pas une coïncidence.
Le complexe militaire accompagne donc finalement la société dans sa décadence avec sa douce image, ses systèmes technologiques de surveillance et son sentiment de sécurité pour une partie de la population, en tentant d’établir la paix mortelle des maîtres et des propriétaires légaux avec le soutien des majorités silencieuses.

Face à tout cela, nous sommes aux côtés de celles et ceux qui décident que leur champ de bataille est celui de la négation et de la désobéissance.
A travers cette action, nous souhaitons propager le feu dans ces conditions de guerre continue contre tous les symboles et les visages de la société autoritaire dans laquelle nous avons décidé de nous battre.

Nous envoyons nos salutations les plus chaleureuses aux compagnon.nes Mónica et Francisco, qui sont en train d’affronter un procès [au Chili] qui durera des mois. Les paroles complices du compagnon Francisco nous remplissent de force pour continuer à explorer les voies du conflit anarchique ici et maintenant.

Nous saluons également Alfredo Cospito qui est en train de se rétablir, après 6 mois de grève de la faim.

Pour l’insurrection, l’attaque et la vengeance !

Algunxs individuxs peligrØsxs