Vive l'Anarchie - Semaine 31, 2022

Sommaire

Vitry-sur-Seine (94) : à l’assaut du comico

Publié le 2022-08-03 07:10:04

Cocktails Molotov, tirs de mortiers… deux policiers blessés après l’attaque «coordonnée» du commissariat de Vitry
Le Parisien, 1er août 2022

Il ne reste pas plus que quelques tessons de bouteilles et traces de feux au sol. Pourtant, un véritable affrontement a bien eu lieu au pied du commissariat de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), dans la nuit de ce dimanche à lundi 1er août. Plusieurs personnes, toutes vêtues de noir, ont attaqué le commissariat, vers une heure du matin, en jetant des cocktails Molotov dans un premier temps à l’arrière du bâtiment, puis en tirant des mortiers sur la façade.

Le bilan matériel est également important : en plus du commissariat touché par cinq cocktails Molotov et des tirs de mortiers, jusqu’à 56 impacts ont été relevés sur la voiture de l’une des patrouilles. Deux véhicules {de police] sont partiellement détruits.


La bande qui voulait en découdre avec la police est arrivée par l’allée du Marronnier et a commencé à jeter des cocktails Molotov sur le grillage de protection du parking du commissariat, mais aussi en direction des policiers qui se trouvaient dehors. Une autre attaque a démarré quelques instants après, côté façade du commissariat, avec des tirs de mortiers.

Un système pour bloquer l’ouverture du portail du parking avait même été accroché à un grillage pour empêcher toute sortie du commissariat par le parking. Les policiers visés sont parvenus à sortir du commissariat pour tenter d’interpeller les attaquants. Ils ont fait usage de grenades lacrymogènes, mais là encore ils ont été la cible de nouveaux tirs, cette fois de mortiers. L’attaque a duré en tout au moins 45 minutes, et jusqu’à une vingtaine de personnes y auraient pris part.

Une personne, qui aurait participé à l’attaque a été interpellée et pourrait être formellement identifiée grâce aux relevés scientifiques effectués. Les images de vidéosurveillance vont également être analysées.

Deux policiers de la BAC de 34 et 33 ans ont par ailleurs été blessés par les innombrables tirs de mortiers qu’ils ont essuyés. Ils souffrent d’acouphènes et un arrêt de travail d’une semaine leur a été délivré à ce stade. Sur la voiture des policiers de la BAC attaqués, une soixantaine d’impacts correspondant aux tirs de mortiers d’artifice ont été relevés. « Un véritable acharnement qui aurait pu avoir des conséquences bien plus graves. L’un des mortiers a explosé dans l’habitacle du véhicule« , déplore un officier du département. Un autre véhicule qui se trouvait dans la cour du commissariat a été endommagé par les jets de cocktails Molotov.

Les policiers espèrent maintenant échapper à une escalade de la violence autour des lieux. Des renforts départementaux sont d’ores et déjà attendus les nuits prochaines aux abords du commissariat.

Vosges : à Gerardmer-la-non-potable comme ailleurs…

Publié le 2022-08-03 07:10:07

Depuis juillet, avec la sécheresse en cours, de plus en plus de villages ont recours à plusieurs allers retours hebdomadaires de camions-citernes pour approvisionner leur territoire en eau, qu’ils se trouvent à l’Est ou au Sud de l’hexagone. La situation ne s’améliorant évidemment pas avec l’arrivée du mois d’août, les interdictions et limitations préfectorales d’usage de l’eau sont en train de se multiplier un peu partout, avec les habituelles dérogations qui permettent aux golfs de continuer d’arroser leurs greens, aux producteurs de maïs d’irriguer leurs champs agro-chimiques sous le soleil brûlant, ou aux usines de pomper tout leur saoul pour continuer d’empoisonner la planète. Avec en tête de file les habituelles métallurgie, chimie, raffineries de pétrole et autres fabriquants de pâte à papier. Et ce, sans oublier bien sûr l’énergie nucléaire, puisque quatre centrales (Bugey, Golfech, Blayais, Saint-Alban) ayant atteint le seuil maximal de température pour leurs rejets thermiques dans les cours d’eau  (devant normalement conduire à leur arrêt temporaire), viennent d’être autorisées de façon dérogatoire à augmenter encore la température des eaux rejetées dans les fleuves et les rivières, malgré les ravages supplémentaires provoqués sur leur faune et leur flore. Soit un nouvel exemple de comment l’énergie nucléaire contribue elle aussi au réchauffement de la planète (à Saint-Alban, la centrale nucléaire ajoute ainsi + 3° C dans le Rhône, entre l’amont et l’aval de ses réacteurs).

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas aller plus loin encore, en expérimentant par exemple de nouvelles techniques autoritaires de rationnement d’eau aux habitants, afin que le dispendieux complexe techno-industriel puisse de son côté continuer d’avancer coûte que coûte vers le gouffre ?

Tournons-nous ainsi vers la petite ville de Gerardmer, dans les Vosges, qui après s’être enrichie sur une autre industrie des plus ravageuses à savoir celle du tourisme de masse, souffre actuellement d’une telle pénurie en eau dans ses nappes phréatiques, que la municipalité a tout bonnement décidé de la pomper dans son fameux lac naturel. Et peu importe que le niveau de ce dernier baisse déjà en ce moment de 3 centimètres par jour. A partir du 3 août prochain et pendant « 48 heures minimum », d’après l’annonce des autorités locales, les heureux habitants de la dite « Perle des Vosges » vont donc recevoir dans leurs robinets… de l’eau officiellement non-potable et « impropre à la consommation », celle directement puisée dans les eaux infestées de crème solaire et de bateaux pour touristes ! Comme une sorte d’avant-goût pour la suite, puisque la mairie évoque déjà en sus de possibles coupures d’eau régulières, vu qu’aucune rotation de camions-citernes ne pourrait suffire à suppléer l’assèchement des nappes phréatiques dans ce qui est loin d’être un petit village isolé (Gerardmer compte 8 000 habitants, qui triplent en été). Avant d’ajouter avec indolence, que c’est sans compter sur le « redémarrage » fin août « de l’industrie sur notre territoire qui est particulièrement consommatrice d’eau ».
Des camions-citernes ici ; du rationnement forcé là (200 litres par foyer à Bagnols-en-Forêt, surveillé en direct grâce à la télétransmission des compteurs, avec réduction à distance du débit et amendes en cas de dépassement) ; de l’eau non-potable dans les tuyaux ailleurs ; des coupures régulières aux habitants comme cela se pratique déjà dans de nombreux pays pauvres ; voire plus d’eau du tout (comme à Bargemon, dans le Var, approvisionné de 26 000 bouteilles pendant trois semaines)… tandis qu’elle coule en même temps à flot pour les industries directement responsables du réchauffement climatique, voilà ce qui semble tous nous attendre. A moins de se décider à envoyer valser une fois pour toutes la propagande étatique sur la « sobriété » et ses remèdes à base de solutions techniciennes, pour s’attaquer sans médiation aux causes du problème, qui n’est rien d’autre que le système techno-industriel lui-même.

Il y a quelques jours à Gerardmer-la-non-potable, dans un réflexe spontané et peut-être immédiat face aux annonces municipales, des inconnus se sont promenés sur le chemin de la Mauselaine, bordé de résidences de location pour touristes. Au petit matin du 29 juillet, les propriétaires de cinq d’entre elles ont alors pu constater avec effarement le résultat de leurs travaux de réaménagement nocturne : après une effraction en bonne et due forme, plusieurs SPAs de luxe avaient été méticuleusement transpercés l’un après l’autre à l’aide d’outils contondants, permettant à leur contenant de s’écouler vers les nappes phréatiques asséchées, avec des dégâts estimés à plus de 10 000 € selon le type de piscine à bulles concerné. Sur place, les noctambules avaient même pris soin de laisser un petit billet malicieux disant « L’eau, c’est fait pour boire. Vous massacrez les Vosges. Plus sérieusement, la planète va mal, réveillez-vous ! », ce qui n’a évidemment pas manqué de provoquer l’ire du plumitif local de Vosges matin (2/8). Dans un grand élan réflexif si caractéristique de son métier de journaflic, ce dernier a en effet interrogé ses lecteurs à haute voix, afin de comprendre s’il s’agissait d’un « acte écologiste ou d’hydrophobie » !

Si cette action survenue à Gerardmer peut faire sourire, ne serait-ce qu’en imaginant la tronche déconfite des cinq proprios de SPAs pour touristes, elle nous en rappelle aussi une autre plus conséquente, survenue il n’y a pas si longtemps dans le département des Deux-sèvres. A la veille du 14 juillet, sur les communes d’Arçais, de Mauzé-sur-le-Mignon et de Chef-Boutonne,  ce sont en effet plusieurs systèmes d’irrigation et une méga-bassine destinés à l’agro-industrie céréalière qui avaient cette fois été sabotées à la hache, provoquant des dizaines de milliers d’euros de dégâts. Aujourd’hui, alors qu’on en est à peine au début des conséquences du réchauffement climatique qui ne vont qu’en s’aggravant (et dont les pénuries en eau ne sont qu’un exemple), rendre visite aux riches et aux industries qui dévastent chaque jour davantage la planète, que ce soit pour leur couper le jus, la flotte, les données ou la chique, est certainement une idée d’avenir. En tout cas pour qui ne souhaite attendre rien ni personne, et ne résigne pas à la catastrophe en cours…

[2 août 2022]

Nantes (Loire-Atlantique) : une nouvelle caméra dans le viseur

Publié le 2022-08-03 07:10:08

Nantes. Dans les quartiers Nord, une nouvelle caméra
de vidéosurveillance visée par des tirs

Ouest France, 27 juillet 2022

Un peu plus de trois mois et trois semaines après la destruction de deux caméras de vidéosurveillance visée par des tirs, les 17 avril et le 9 juillet 2022, un autre appareil du Centre de supervision urbain (CSU) de la métropole nantaise a connu un traitement similaire, dans le même quartier, Chêne des Anglais, au nord de Nantes.

Les policiers nantais ont été prévenus par plusieurs riverains qui ont composé le 17, vers 1 h 30, mercredi 27 juillet. Ces derniers ont entendu six à sept détonations d’armes à feu et un homme porteur d’une arme longue a, semble-t-il, été vu. Une caméra a été détruite à l’angle de la rue Samuel-de-Champlain et de la rue Eugène-Thomas, dans laquelle est plantée la médiathèque Luce-Courville. Au sol, les policiers ont découvert trois bourres de cartouche de chasse de calibre 12.

Lamia (Grèce) : la cour d’appel refuse de relâcher Giannis Michailidis [mis à jour]

Publié le 2022-08-03 07:10:10

[Mis à jour 29/7 : Giannis a annoncé le 29 juillet suspendre sa grève de la faim, dans une lettre publiée sur indymedia Athènes, qu’on peut lire en anglais ici]

Les assassins de la Cour d’appel de Lamia [qui devait statuer le 25 juillet] ont rendu une décision négative concernant la remise en liberté du compagnon anarchiste Giannis Michailidis, en grève de la faim depuis 67 jours. Leurs mains sont tâchés du sang des pauvres, des opprimés, des combattants, et de Giannis…, qui demande sa remise en liberté et continue de se battre depuis une cellule d’hôpital.

« Je pense qu’ils utilisent désormais ma grève de la faim comme un exemple. Ils ont fixé ma date d’appel pour le 25 juillet. Ce jour-là, j’en serais à mon 64e jour de grève de la faim. Leur objectif est clair. Celui de m’épuiser. Une possible invalidité permanente renforcerait le message qu’ils envoient. Peut-être même ma mort, qui devient toujours plus probable au fil des jours qui passent. Une telle perversion de la signification de la justice est impensable. Laissez-les profiter de leur « justice ». Je vous souhaite une bonne carrière.
Quant à moi, qui n’ai pas accès à leurs villas avec leurs tables somptueuses payées en pot-de-vin, je quitterai peut-être ce monde affamé, mais avec la plénitude spirituelle d’un conflit existentiel total avec leur système pourri. »
Giannis Michailidis, 15 juillet 2022
(en grève de la faim depuis le 23 mai)

Ndlr :
* un résumé de sa situation judiciaire et la lettre de Giannis d’entrée en grève de la faim du 23 mai 2022 se trouve ici,
* une lettre de Giannis du 11 juillet 2022, écrite depuis la cellule spéciale de l’hôpital de Lamia se trouve là
* on peut trouver ici (en anglais) une chronologie des nombreuses actions solidaires avec Giannis en Grèce et ailleurs

[Traduit de l’anglais de Act for Freedom now, 28 juillet 2022]

Geispolsheim (Alsace) : à deux doigts de la sortie… [mis à jour]

Publié le 2022-08-03 07:10:11

Geispolsheim. Tentative d’évasion au centre de rétention
DNA, 27 juillet 2022

Trois retenus ont tenté de s’évader du centre de rétention administratif de Geispolsheim dans la nuit de mardi à mercredi [27 juillet]. La police aux frontières, qui sécurise l’endroit, a demandé le soutien des policiers de la Direction départementale de la sécurité publique et des gendarmes de la Compagnie de Strasbourg, afin de sécuriser le périmètre et de surveiller la trentaine des autres retenus. À 0 h 30, deux hommes ont été rattrapés alors qu’ils allaient franchir la dernière enceinte. Le troisième a, quant à lui, escaladé le poteau de la seconde enceinte, pour se figer à son sommet, à cinq mètres de haut, sans vouloir redescendre. Calmé, ou plus simplement fatigué, il a fini par obtempérer au petit matin et la situation est revenue à la normale à 7 h 30.

[Mise à jour : L’alarme s’est déclenchée à 0 h 17. Des policiers ont remarqué que deux hommes venaient de se faufiler par un trou dans le grillage, qu’ils étaient en train d’escalader un poteau d’angle après être passés par le chemin de ronde. Na. a rapidement été rattrapé. No. a réussi à grimper. Il a passé plus de six heures sur son perchoir. Quant à W., il a pris un autre chemin, parvenant à se hisser sur le dernier grillage d’enceinte, haut de huit mètres et surmonté de barbelés. Lorsqu’un policier lui a saisi la cheville pour tenter de le faire lâcher, il s’en est débarrassé d’un coup de pied. Le 29 juillet, devant le tribunal correctionnel de Strasbourg, les deux premiers ont été condamnés à cinq mois de prison, et le plus jeune, au casier judiciaire vierge, a écopé de trois mois. Tous ont été conduits en détention.
(DNA, 30 juillet 2022 – extrait)

Cholet (Maine-et-Loire) : l’agence immobilière et Decaux à la caillasse

Publié le 2022-08-04 07:00:04

Cholet. Des vitres cassées boulevard Gustave-Richard
Le Courrier de l’Ouest, 1er août 2022

Les casseurs ont opéré tard dans la nuit. Ce lundi matin 1er août, un des négociateurs de l’agence immobilière Laforêt du boulevard Gustave-Richard, située à deux pas de la place Travot, à Cholet, a eu la désagréable surprise de découvrir les deux vitres de sa façade brisées. Une pierre a été retrouvée dans l’agence.

En plus des vitres de cette agence, sur le trottoir juste en face, c’est un panneau publicitaire de la marque JC Decaux qui a subi les foudres des casseurs, dans la nuit de dimanche à lundi. Le dépôt de plainte par le groupe Laforêt fera l’objet d’une enquête du commissariat de Cholet pour dégradation volontaire.

Châtellerault (Vienne) : trois caméras pour le prix d’une [mis à jour]

Publié le 2022-08-04 07:00:05

Les faits débutent dans la nuit du 21 au 22 juillet 2022, rue Alfred-de-Vigny à Châtellerault. S., qui a beaucoup bu, décide de s’en prendre à une caméra de surveillance: il escalade le mât et, d’un coup de tête, fait tomber la caméra au sol. Un comparse qui l’accompagne immortalise la scène, qui ne tarde pas à faire le tour des réseaux sociaux.

Non content de ce premier « exploit », S. recommence, en plus grave, la nuit suivante. À l’aide d’un conteneur à ordures, il incendie un second mât, rue Édouard-Branly. Quand les pompiers arrivent, le jeune homme se place en travers de leur route et exige, en vain évidemment, qu’ils n’interviennent pas.

Il s’en va ensuite incendier un troisième mât, rue Antoine-Lavoisier. Là, en présence d’une foule de jeunes très excités, S. balance quelques projectiles en direction du camion et des pompiers: l’un d’eux, un jeune caporal, est touché au casque, sans être blessé. Grâce à la vidéo et au prénom de l’auteur révélé par la rumeur, les policiers n’ont aucun mal à l’identifier: le garçon, qui a fui Châtellerault, finit par aller se livrer à la gendarmerie. Il a été jugé ce lundi en comparution immédiate.

Le prévenu reconnaît globalement tout ce qu’on lui reproche, mis sur le compte de l’abus d’alcool. Connu de la police, il n’a guère eu affaire cependant à la justice. Pressé de questions par la présidente, avec un pourquoi être passé de la simple destruction à l’incendie? « C’était plus simple. » Pourquoi s’en être pris physiquement aux pompiers? « Je voulais que ça continue de cramer… C’était pas pour les blesser, c’était pour les faire fuir. »

Le tribunal tient compte du maigre casier du prévenu, condamné à dix mois de prison avec sursis probatoire, incluant une obligation d’effectuer un travail d’intérêt général d’une durée de 210 heures.
Le plus lourd pour le coupable sera les indemnités à payer à ses victimes: pas tant l’euro symbolique pour le préjudice moral réclamé et obtenu par le Sdis 86 et par le caporal, que le remboursement à la Ville de Châtellerault du matériel détruit, soit plus de 10.000€.