Vive l'Anarchie - Semaine 31, 2023

Sommaire

Barcelone (Espagne) : incendie solidaire d’un véhicule du géant de l’énergie

Publié le 2023-07-31 07:35:02

Une voiture de Naturgy en moins, en complicité avec Mónica
et Francisco

(Traduit de l’espagnol de barcelona.indymedia, 15 juillet 2023)

Au petit matin du 13 juillet dans le quartier de Horta, un groupe d’insolents a interrompu pendant quelques secondes le temps quotidien pour placer un engin incendiaire contre une voiture de Naturgy [géant espagnol de l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié].

Naturgy exploite sans limite les ressources de la terre et utilise avec force les rouages du système capitaliste en laissant derrière elle des fleuves de sang, celui des habitants des villages pillés, des travailleurs – ceux qui protestent et ceux qui ne le font pas – et même des personnes qui lui paient des prix insupportables pour accumuler ses richesses. Pour chaque euro gagné : une voiture en moins ! Il suffit d’un peu de matériel domestique et de s’armer de notre soif de vengeance bien justifiée pour sortir de nuit et causer des dégâts.

Nous n’avons pas l’intention de nous arrêter-là : nous avons devant nous une ville pleine de cibles à attaquer, pour savoir que le lendemain ils sentiront de plus près la chaleur de l’anarchie. Qu’ils nous craignent, qu’ils nous craignent ! Assez de l’ordre social qui ne satisfait personne mais que tous soutiennent ! Nous nous réjouissons chaque fois que nous voyons brûler ses rouages.

A travers cette seconde d’insolence, nous nous souvenons des actions de Mónica et de Francisco, prisonnier.e.s de l’État chilien pour des attaques contre un commissariat, le ministre Hinzpeter et un quartier des riches. Ils ont également passé un séjour prolifique sur le territoire espagnol. Nous suivrons avec attention leur procès qui s’ouvre le 18 juillet. Ils ne peuvent pas nous emprisonner tous, car le feu anarchique se propage, change de forme, est imprévisible.

Liberté pour Mónica et Francisco !
De la chaleur insurgée pour tou.tes les prisonnier.e.s et contre le système capitaliste techno-industriel !

Des insolents indomptables provoquant l’anarchie

Naples (Italie) : Des nouvelles de Zac

Publié le 2023-07-31 07:40:02

La Nemesi / jeudi 27 juillet 2023

Opération répressive du 28 mars : la première audience du procès contre ZAC, avec jugement immédiat, a été fixée pour le 13 septembre

Le Procureur a notifié l’ouverture du procès avec jugement immédiat pour Zac, arrêté à Pozzuoli (en province de Naples) et actuellement emprisonné dans la taule de Terni. Le jugement immédiat, demandé par le Procureur, prévoit qu’il n’y ait pas d’audience préliminaire. La première audience aura donc lieu directement aux assises, à Naples, le 13 septembre.

Solidarité et complicité, liberté pour Zac !

 

Pour lui écrire :
Marco Marino
Casa Circondariale di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

 

Pour envoyer des contributions de soutien, merci de faire des virements bancaires :

IBAN : IT07V360810518299544199741
Code BIC/SWIFT : PPAYITR1XXX
Titulaire : Luca d’Esposito
Motivation : ricarica

Spoleto (Italie) : Bas les masques !

Publié le 2023-07-31 07:45:03

La Nemesi / vendredi 30 juin 2023

L’audience du tribunal de Pérouse pour décider de la surveillance spéciale contre un compagnon anarchiste de Spoleto est terminée. Elle était publique et le compagnon a fait une déclaration. Les juges se sont retirés pour décider de l’application ou pas de la mesure de surveillance spéciale et ont annoncé que le temps qui leur faudra pour « définir la mesure » est de 90 jours. Des mises à jour suivront.

Bas les masques !
Déclaration lue pendant l’audience pour la surveillance spéciale, le 30 juin, à Pérouse

Je voudrais commencer par citer la déclaration devant le tribunal d’un compagnon pour lequel j’ai beaucoup d’affection.
« Les procès ont toujours été l’un de nos meilleurs moyens de propagande. Et le banc des accusés a toujours été la plus efficace et, qu’on me le laisse dire, la plus glorieuse des tribunes »(1). Ce sont des mots d’Errico Malatesta et l’audience est celle du 29 juillet 1921, à la Cour d’assise de Milan. Malatesta, avec d’autres anarchistes et syndicalistes, était accusé d’être rien de moins que l’un des instigateurs, aussi par le biais du journal anarchiste Umanità Nova, de la saison révolutionnaire appelée biennio rosso [les deux années 1919-1920, caractérisées en Italie par d’importantes grèves, occupations d’usines et de terres, émeutes et tentatives révolutionnaire ; NdT]. Cela devrait peut-être rappeler quelque chose à madame le procureur Comodi [le proc de l’affaire Sibilla ; NdT].

Malgré l’attitude fière et impénitent des inculpés (lors d’une autre audience, le 27 juillet, Malatesta avait déclamé : « Messieurs les jurés ! Je suis un repris de justice, l’histoire de mes rapports avec l’autorité est longue et ennuyante » et « vous dire que j’admets la lutte des classes c’est comme vous dire que j’admets les tremblements de terre et l’aurore boréale »(2)), eh bien, les compagnons furent touts acquittés.

Faisons un petit pas en avant dans le temps. On est en 1923, deux ans après, Mussolini est déjà le chef du gouvernement et le tribunal est celui de Rome. A la barre, il y a les dirigeants du Parti Communiste. Ici aussi, les inculpés ont une attitude insolente vis-à-vis des juges et de la justice bourgeoise, en déclarant qu’ils sont un mouvement révolutionnaire, non pas une association de malfaiteurs, et que, du coup, leur conduite n’aura jamais une dimension judiciaire ; ils refusent donc d’en appeler aux « abstractions d’un libéralisme creux, pour notre droit à être épargnés », selon la déclaration faite au tribunal par Bordiga (3). Cependant, cette fois aussi, tout le monde a été acquitté.

Je cite ces deux « précédents », pour ainsi dire, très lointains, parce que je tiens à fixer un concept. Les tribunaux spéciaux fascistes sont nés, sur le plan strictement judiciaire, comme un instrument pour éviter des acquittements de ce type. Il y a des époques de l’histoire où la guerre entre les classes impose à la justice d’utiliser des instruments qui, affranchis de la dialectique d’un procès, peuvent viser à la liquidation d’un ennemi certain et déclaré, sans passer par les procédures ordinaires.

Je n’aime pas me plaindre, ni exagérer. Je ne vais donc pas dire que nous sommes dans le fascisme ou que celle qu’on veut m’appliquer est une mesure fasciste. En plus, les mesures de prévention sont beaucoup plus anciennes : elles remontent aux Lois anti-anarchistes – un nom tout à fait éloquent – du gouvernement Crispi, de juillet 1894. Trois lois qui aggravaient les infractions liées à la possession de matériel explosif, sanctionnaient pour la première fois les délits de provocation aux crimes et délits et ceux d’apologie, même exprimés par le moyen de la presse, et pour finir incluaient un nouveau texte appelé « Dispositions de sûreté publique » (déportation, assignation à résidence).

Comme madame le procureur Comodi le sait très bien, parce qu’elle a essayé de le faire disparaître, dans le journal anarchiste Vetriolo on a écrit qu’on est en train d’aller vers un tournant autoritaire de type nouveau. L’une des caractéristiques du régime autoritaire du nouveau millénaire est la nature multipolaire, plurale, de sa forme politique. Il n’y a pas de parti unique au pouvoir, on peut voter qui on veut, de toute façon les politiques structurelles restent inchangées : celles qui sont liées à la guerre, à la boucherie sociale, à la répression.

Le nouvel autoritarisme n’est pas de type politique, mais il est le résultat de la domination de la raison technique, du coup c’est la nécessité de l’algorithme, au fond, qui gouverne ; l’organisation politique volontaire, subjective et partisane ne peut pas en déplacer l’axe. Depuis plus d’un an, on demande des grands sacrifices aux classes pauvres, afin de combattre une guerre de civilisation contre les autocraties, mais on ne voit pas que, chaque jour qui passe, notre société ressemble justement un peu plus à la Russie de Poutine. Simplement, à ce tournant de l’histoire, ce type-là d’État est objectivement l’organisme plus apte, du point de vue de l’évolution, à faire face aux défis des crises générées par le capitalisme.

Le nouvel autoritarisme n’est donc pas fasciste, il n’y a pas un parti-régime, ni un chef, un Duce qui le dirige. Au contraire, il est impersonnel et imprègne les différents gouvernements et les pouvoirs autonomes de l’État. Sur le plan répressif à proprement parler, son fer de lance est l’intégration dans le cadre de l’anti-mafia des apparats de la police politique. Qu’on pense que l’homme qui porte la plus grande responsabilité pour ce chef d’œuvre répressif est aujourd’hui député de l’opposition, plus précisément du Movimento 5 stelle.

L’exemple le plus retentissant de ce délire liberticide est sans doute le transfert, l’année dernière et pour la première fois dans l’histoire, d’un anarchiste dans le régime pénitentiaire 41-bis, une affaire qui a fait les gros titres grâce à la lutte héroïque d’Alfredo Cospito, qui est resté en grève de la faim pendant six mois, et au mouvement de solidarité qui s’est exprimé en Italie et à l’étranger.

A sa petite échelle, la procédure qui se déroule aujourd’hui est issue de la même logique. La note informative sur laquelle s’appuie le Parquet pour demander l’application de la surveillance spéciale à mon encontre est issue d’un contrôle de la Guardia di Finanza [la police douanière et financière italienne ; NdT] de 2021, dans le cadre de l’activité habituelle visant à chopper quelque personne à qui appliquer des mesures de prévention anti-mafia. Un glissement de compétences qui arrive vraiment au paradoxe, puisque on en vient au point que la Guardia di Finanza utilise son temps et son argent non pas pour poursuivre les mafieux et les évasions fiscales (comme le voudrait la désinformation idéologique qui passe sur tous les médias), car jamais elle prend le risque d’offusquer, ne serait-ce que timidement, la morgue de messieurs les riches, mais pour demander une mesure de prévention anti-mafia pour un ouvrier anarchiste qui gagne 450 euros par mois.

Après avoir échoué avec d’autres moyen, c’est seulement aujourd’hui que le procureur récupère cette note informative, vieille de deux ans. Incapable de me faire arrêter pour provocation aux crimes et délits, ne pouvant pas fermer la bouche au journal anarchiste Vetriolo par la voie judiciaire, dans un contexte de guerre et de sacrifices, qui peuvent favoriser des expressions de mécontentements parmi la population, dans la foulée de la perturbation à l’ordre public provoquée par la lutte en solidarité avec Alfredo Cospito, le Parquet de Pérouse essaye d’obtenir par une mesure administrative ce qu’elle n’a pas pu obtenir avec ses instruments habituels. Cette requête peut être exposée de la manière la plus froide, la plus technique et impartiale possible, mais c’est de ces délits qu’on parle – des délits de presse, de provocation – et c’est de ces mesures qu’on parle – assignation à résidence, mesures de prévention ; en somme : du Crispi et du Mussolini. Chacun choisit l’histoire dont il veut être l’héritier, pour ma part j’ai fait mon choix il y a longtemps.

Comme pour les procès de 1921 et de 1923 que j’ai cité (c’est bien vrai que la tragédie historique se répète en farce !) la tentative que les Parquets de différentes villes d’Italie mettent en place, avec les nombreuses requêtes de surveillance spéciale pour des anarchistes, est de trouver un terrain où venger les débâcles de leurs procédures judiciaires. Un terrain où un pacte institutionnel tacite permette de liquider l’opposition sociale sans les garanties qui sont normalement accordées dans des procès ordinaires.

Une caractéristique dystopique de la surveillance spéciale est que celle-ci ne s’applique pas à partir du casier judiciaire, mais à partir des informations de police. C’est-à-dire des suspicions. Étant donné que l’activité de soupçonner est une prérogative subjective de celui qui soupçonne, comment pourrait la personne soupçonnée contester quoi que ce soit ? La dystopie au pouvoir.

Et alors, si les choses vont ainsi, autant renoncer à me défendre. Au contraire, je tiens à dire que je suis fier d’avoir attiré des si nombreuses suspicions, en 36 ans de vie. Je suis un ouvrier paresseux, avec une maîtrise en philosophie, je connais la misère de la condition salariale et j’ai les instruments intellectuels de la critique sociale. Du coup, si je suis devenu un ennemi mortel de l’organisation sociale actuelle, cela est sûrement arrivé alors que j’étais en pleine possession de mes capacités de jugement.

Puisque j’estime être une personne intellectuellement honnête, la seule chose que je demande est d’être traité avec la même franchise avec laquelle je m’adresse toujours à mes interlocuteurs, même à mes ennemis. Ce qui n’est vraiment pas acceptable est le refoulement de la nature idéologique de la procédure judiciaire d’aujourd’hui.

Je dis cela avec un énorme respect envers quiconque se positionne en contradiction avec le régime de la propriété privée, mais je ne suis pas un cleptomane : je suis un anarchiste.

Bas les masques !

La seule chose dont on discute, en réalité, aujourd’hui, est d’empêcher ma militance « politique ».

La surveillance spéciale n’a pas pour but de m’empêcher d’aller voler l’argenterie dans l’appartement d’à côté, mais de m’empêcher d’aller à une manifestation, de participer à des assemblées et à des débats, de présenter des livres et d’assister aux présentations d’autres auteurs, d’entraver ma liberté de participer à un piquet de grève la nuit ou de pendre une banderole d’un pont, pour protester contre l’énième massacre dans les prisons (en effet, la liste de la police est pleine de rassemblements et manifestations non autorisés et de provocations aux crimes et délits).

Je disais qu’on n’est pas dans le fascisme, mais dans un nouveau type d’autoritarisme. Et, en effet, il y a une autre différence, très importante, entre notre code pénal et celui du fascisme. Le ministre Rocco, auteur du code pénal en vigueur encore aujourd’hui, semblait être inflexible sur un point : le refus de toute forme de récompense pour le repentir. De son point de vue, la trahison était un acte inconciliable avec les valeurs du fascisme. Sur ce point, la démocratie actuelle semble être plus immorale encore : elle a élaboré un supplice pénal structuré comme une usine à repentis, à vendus et à traîtres. Au point qu’aujourd’hui des mafieux qui ont dissout des enfants dans de l’acide sont libres (parce qu’ils ont envoyé en taule quelqu’un d’autre) et l’anarchiste Alfredo Cospito est en 41-bis. Cela ressemble plus, sur ce point, au système de l’Inquisition, dont le but principal n’était pas tellement de brûler les gens sur le bûcher, mais de les faire repentir, de sauver leurs âmes de l’enfer. Il est peut-être vrai que le chemin pour l’enfer est pavé de bonnes intentions, les miennes le sont à un tel point que je n’ai aucune intention de m’amender.

Si je serai placé sous surveillance spéciale, je ne m’en plaindrai pas, parce que j’aurai de la bonne compagnie, avec un grand nombre de compagnonnes et de compagnons pour lesquels j’ai une profonde estime – et des nombreux autres, trop d’autres, subissent bien pire. Ma vie n’a jamais été déterminée par mon intérêt personnel, sinon j’aurai fait des choix bien différents, mais par un fort sentiment de justice. J’ai la chance de pouvoir dormir paisiblement, la nuit. Comme on dit, je dors du sommeil du juste. Et si, pendant les prochaines années, mon sommeil sera dérangé par des fonctionnaires de police zélés, qui viendront vérifier si je suis chez moi la nuit, tant pis. Dès que je le pourrai, je recommencerai à rêver à partir de là où mon rêve a été interrompu.

Ce qui ne pourra jamais changer c’est ce que je suis. Assumez la responsabilité de me condamner pour cela. Je suis un prolétaire, je suis un anarchiste, je suis un insurrectionaliste et je ne ferai jamais un pas en arrière.

Liberté !

Michele Fabiani
30 juin 2023

 

Notes :
1. E. Malatesta, Opere Complete, tome 7, p. 336.
2. Ivi, p. 326 et p. 331.
3. P. Spirano, Storia del Partito comunista italiano, tome 2, p. 321.

Montevideo, Territory occupied by the Uruguayan State: Gesture of Solidarity with Monica and Francisco

Publié le 2023-07-31 09:35:04

Gesture of Solidarity with Monica and Francisco
July 19, 2023

On the afternoon of July 17, 2023, on the eve of the beginning of the trial against the anarchists Mónica Caballero and Francisco Solar, we decided to carry out a solidarity action in front of the Chilean embassy in Montevideo. The purpose of this action is to demonstrate the violence and viciousness of the government in power and the justice system in general that has kept them in preventive detention for three years now, a government that even dressed in its best progressive clothes cannot hide the fact that it keeps political prisoners in its prisons.

We do so once again to affirm that there are political prisoners in Chile and to back our comrades absolutely. Their actions are framed in the struggle against the violence of the State, they took the initiative and returned the blows received.

The repressive tradition of the post-dictatorship governments did nothing more than plunge the population into a loop of misery and violence. It is in this context that the events for which they will be judged starting July 18 take place. Justice, neither slow nor lazy, will do its best to make an exemplary punishment and will try to bury our comrades for decades under the walls of their prisons. To which we respond once and a thousand times that they will not be able to, even by convicting them, because we are many and we are everywhere, we will be the voice that amplifies their words and the hands that carry out the actions to come.

Without truce and in spite of their constant intimidation we are with the rebels hating the powerful.
A warm embrace to all like-minded comrades who show their solidarity day by day.

Neither guilty nor innocent!
Fear will change sides!
Long live anarchy!
Prisoners to the streets!

Anarchists.
Montevideo, Territory occupied by the Uruguayan State,
July 2023

via: informativoanarquista

Translated by Act for freedom now!

Laon (Aisne) : les matons ont un nom… et une adresse

Publié le 2023-07-31 11:20:03

Les véhicules de deux agents pénitentiaires incendiés
Courrier Picard, 31 juillet 2023 (extrait)

Au cours des nuits de mercredi à jeudi [27 juillet] et de jeudi à vendredi [28 juillet], les véhicules personnels de deux agents du centre pénitentiaire de Laon ont été incendiés, non loin des domiciles de ces fonctionnaires.

Ces biens appartiennent à un capitaine et à un surveillant. Pour leur syndicat, l’Ufap-Unsa (Union fédérale autonome pénitentiaire – Union nationale des syndicats autonomes) qui s’est fendue d’un communiqué vendredi soir, il s’agirait «d’actes de vengeance commandités directement par des détenus» liés à «une récente fouille de cellule». Et le syndicat de préciser: «Deux détenus aux lourds profils, (…) avaient proféré des menaces envers les cinq personnels présents, en précisant clairement qu’ils connaissaient leurs adresses et que tout allait se régler à l’extérieur…»

E vennero a metterci le spie in auto

Publié le 2023-08-02 19:35:03
Sabato mattina unə nostrə compagnə è statə svegliatə dai vicini perché qualcunə le aveva rotto il vetro dell’auto. Un furto strano: cd masterizzati, l’adattatore del gpl, un bicchiere, una borsina regalo con erbe dell’orto e... un sambuco fatto in casa contro la repressione (calza proprio a pennello, vedi sotto l’etichetta!). Ogni città è paese, e qualche vicinə aveva infatti visto 4 uomini, con fare discreto e indisturbato, entrare e uscire da quell’auto la notte prima alle 23:30, subito dopo un rumore di vetri rotti: uno entrava dalla parte del passeggero e trabiccolava sporgendosi fino al lato dell’autista, gli altri tre stavano sotto il lampione. Tanto incuranti dei passanti che sembrava fosse la loro auto. Chissà se loro stessi o dei colleghi hanno poi lasciato il bigliettino della questura trovato sul tergicristalli che suggeriva di presentarsi per denunciare il fatto.  
Nel rimediare al danno pulendo la macchina un pezzo sotto il volante, vicino ai pedali, era fuori posto e seguendo un filo si è trovata la microspia.

Ma perché è stata messa? Non lo sappiamo. Sarà per la solidarietà mostrata verso le persone rinchiuse nel CPR di Gradisca per non avere documenti regolari? Sarà per l’appoggio mostrato alla battaglia di Alfredo Cospito contro il 41 bis? Sarà per l’opposizione all’ovovia, proprio in questo sprint estivo in cui i tecnici si stanno presentando alle porte con le planimetrie per l’esproprio? 
L’essere sensibili, e non indifferenti, all’orrore dei CPR, all’atrocità del 41 bis e alla devastazione ambientale per noi non è una colpa, è piuttosto la nostra unica maniera di vivere umanamente, nonostante l’atrofia che spesso percepiamo attorno.
Preoccupa però, per l’ennesima volta quest’anno, la sproporzione delle azioni di procure e questure. Sembra il tentativo non tanto di reprimere episodi specifici, quanto di affogare chi prova a rimanere a galla in quella melma di individualismo e controllo che ci circonda.
Qualcuno diceva che una società ingiusta ha sempre bisogno di reprimere dei criminali per legittimarsi. La soglia sopra la quale qualcunə diventa tale la determina però la società stessa: nei periodi di maggior paura a reagire anche solo l’avere una certa idea può diventare sufficiente. La mente ci corre veloce a Perugia e a Potenza, dove negli ultimi mesi sono state aperte delle indagini per 270 bis (associazione terroristica!) per aver mostrato pubblicamente appoggio alla lotta intrapresa da Alfredo Cospito contro il 41 bis (in un caso per uno striscione), o a Bologna e Rovereto, dove è stata aperta un’indagine analoga nella quale un cassonetto in fiamme è considerato come un “attentato”. Allora, l’unico rimedio che ci pare necessario venga messo in campo è quello che esiste già: reagire collettivamente all’intollerabile sensazione di avere un lager per persone migranti a Gradisca; al pensiero che mentre guardiamo il cielo qualcuno boccheggia sotto tortura bianca, in 41 bis, a Tolmezzo; all’imposizione vorace e prepotente di una maxi opera nel bosco Bovedo. Reagire colletivamente alla chiusura dei consultori a Trieste, all’espansione della SIOT a Paluzza, alla violenza di genere e al clima di guerra che avanza. Reagire, e in questo modo, non avranno abbastanza microspie e orecchie per tenerci sotto controllo, e, tuttə, saremo più felici e un po’ più umanə.

Trieste (Italie) : Et ils vinrent placer des mouchards dans nos voitures

Publié le 2023-08-02 20:05:06

La Burjana / mercredi 2 août 2023

Samedi matin, un.e compa à nous a été réveillé.e par des voisins parce que quelqu’un avait cassé une vitre de sa voiture. Un vol bizarre : des CD gravés, l’adaptateur du GPL, un verre, un petit sac-cadeau avec des herbes du jardin et… une boisson à base de sureau faite maison (ça tombe bien, voir ci-dessous l’étiquette !). Toute ville est comme un village et des voisin.es avaient vu quatre hommes à l’allure discrète et tranquille entrer et sortir de cette voiture, la nuit d’avant, à 23h30, juste après qu’il y ait eu un bruit de vitres cassés : l’un entrait du côté passager et farfouillait, se penchant jusqu’au côté du conducteur, les trois autres restaient sous un lampadaire. Tellement insouciants des passants, qu’il semblait que c’était leur voiture. Qui sait si c’est eux ou leurs collègues qui ont ensuite laissé le petit papier de la police, trouvé sous l’essuie-glace, qui invitait à se présenter pour porter plainte

Alors qu’on nettoyait la voiture suite à ce vol, on a remarqué qu’une pièce sous le volant, près des pieds, n’était pas à sa place et en suivant un fil on a trouvé le mouchard.

Mais pourquoi il a été installé ? On ne le sait pas. Peut-être à cause de la solidarité démontrée aux personnes qui sont enfermées dans le CRA de Gradisca parce qu’elles n’ont pas les bons papiers ? Peut-être à cause du soutien démontré envers la bataille d’Alfredo Cospito contre le 41-bis ? Peut-être pour l’opposition au téléphérique, justement en ce moment d’accélération estivale, quand les techniciens se présentent aux portent avec les planimétries pour les expropriations ?

Le fait d’être sensibles, et non pas indifférents, à l’horreur des CRA, à l’atrocité du 41-bis et à la dévastation de l’environnement n’est pas, pour nous, une faute, c’est plutôt notre seule manière de vivre humainement, malgré l’atrophie que souvent nous ressentons autour de nous.

Ce qui est préoccupant, néanmoins, pour l’énième fois cette année, est la disproportion des actions de parquets et police. Cela semble la tentative non pas de réprimer des faits précis, mais de noyer ceux qui essayent de se maintenir à flot dans cette fange d’individualisme et de surveillance qui nous entoure.

Quelqu’un disait qu’une société injuste a toujours besoin de réprimer des criminels, pour se légitimer. Mais le seuil au delà duquel quelqu’un.e devient un.e criminel.le est déterminé par la société elle-même : dans les époques où la peur de réagir est la plus forte, le simple fait d’avoir certaines idées peut suffire. Nos pensées vont rapidement à Pérouse et Potenza, où, ces derniers mois, des enquêtes pour 270 bis (association terroriste) ont été ouvertes, pour avoir montré publiquement son soutien à la lutte entreprise par Alfredo Cospito contre le 41-bis (dans un cas, pour une banderole), ou à Bologne et Rovereto, où une enquête similaire a été ouverte et où une poubelle en flamme est considérée comme un « attentat ». Du coup, le seul remède qu’il nous semble nécessaire est celui qui existe déjà : réagir collectivement à la sensation intolérable d’avoir un camp pour personnes indésirables à Gradisca, à la pensée que pendant que nous regardons le ciel, quelqu’un suffoque sous la torture blanche, en 41-bis, à Tolmezzo [ville dans la région de Trieste ; NdAtt.], à l’imposition vorace et autoritaire d’une grande œuvre dans le bois de Bovedo. Réagir collectivement à la fermeture de structures médicale de proximité à Trieste, à l’expansion de l’entreprise SIOT [la société qui gère la portion italienne de l’oléoduc transalpin, qui transporte du pétrole du port de Trieste jusqu’en Allemagne, et qui veut aussi construire des centrales de cogénération à gaz ; NdAtt.]. Cela en les faisant passer pour des mesures pour réduire les émissions de CO2 et rendre plus efficace la production d’énergie (à base de méthane, très écolo!). L’habituelle opération pour augmenter ses profits et recevoir des aides publics, en élargissant un projet déjà dévastant comme l’oléoduc transalpin.

Résister face à la dévastation des territoires est le premier pas pour lutter pour la justice sociale et climatique. Le seul oléoduc que nous aimons, est celui qui pète !

Brochures : Autour du mouvement des Gilets jaunes et du 1er Mai

Publié le 2023-08-03 06:00:05
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On trouvera ci-dessus deux brochures téléchargeables sorties il y a quelques mois et dénichées dans la Lettre d’Haokah n°2, une toute nouvelle distro anarchiste née au printemps dernier. La première reprend différents textes sortis entre décembre 2018 et décembre 2019 pendant et autour du mouvement des Gilets jaunes, en élargissant la réflexion à celle de l’intervention révolutionnaire anarchiste. Quant à la seconde, elle reprend deux textes de la même période, qui reviennent chacun à leur façon, à la fois critique et historique, sur les défilés du 1er Mai.

Sur le mouvement des gilets jaunes, l’intervention révolutionnaire et
d’autres choses encore, A5, mars 2023, 52 p.

Inactualités sur le Premier mai / Projectualité de la vitrine, A5, mars
2023,  16 p.

Nîmes (Gard) : tentative d’évasion incendiaire au centre de rétention

Publié le 2023-08-03 06:10:03

Incendie au centre de rétention de Nîmes : des individus
tentent de s’évader en mettant le feu à des matelas
France3, 1er août 2023 (extrait)

Des individus qui séjournaient contre leur gré au centre de rétention administrative de Nîmes ont tenté de s’enfuir dans la nuit du 31 juillet 2023. Ils ont dégondé une porte métallique et découpé le grillage pour accéder à une cour du bâtiment. Ils n’ont pas pu aller plus loin car cette cour est surveillée par des policiers en permanence.

Pendant ce temps, d’autres individus, pour faire diversion, ont incendié les matelas de leurs chambres vers 22h15. Cet établissement a pour vocation de maintenir dans un lieu fermé un étranger qui fait l’objet d’une décision d’éloignement, dans l’attente de son renvoi forcé.

Le feu, qui s’est déclaré au rez-de-chaussée et au 1er étage du centre de rétention administrative du Gard, a été pris en charge par les sapeurs-pompiers de Nîmes et de Marguerittes. Les locaux  d’un bâtiment étaient complètement enfumés. En tout, 52 personnes ont été évacuées. Des agents du centre de rétention administrative et sept policiers ont été incommodés par les fumées de l’incendie.

Une enquête de police “pour tentative d’évasion et dégradation par moyens dangereux pour les personnes” est en cours. Le parquet de Nîmes a été saisi.

Appel à mobilisation, une semaine de solidarité internationale pour les inculpé.es du 8 décembre

Publié le 2023-08-03 06:15:05

Blog des Comités du 8/12 / lundi 31 juillet 2023

À toutes les organisations, collectifs autonomes, militant·es et syndicats attachés à la Justice Sociale.

Nous sommes des proches, ami·es, familles et soutiens, et nous mobilisons depuis le 8 décembre 2020 pour soutenir les personnes ciblées par l’opération antiterroriste de cette même date.

Cette affaire sera jugée très bientôt, du 3 au 27 Octobre 2023.

Nous vous appelons à vous mobiliser concernant cette « Affaire du 8 Décembre » et plus généralement contre l’extension sans précédent de l’arsenal antiterroriste.
Si l’état arrivait à une condamnation pour terrorisme, demain, nous serons tou·te·s considéré·e·s terroristes

Merci de prendre le temps de lire et de partager cette invitation.

Salutations libertaires

 

L’affaire du 8 décembre 2020 est une opération antiterroriste commanditée par le Ministère de l’Intérieur contre des militant·es désigné·es par ce dernier comme des « activistes d’ultragauche » et mis·es en examen pour « association de malfaiteurs terroristes ».

La DGSI, accompagnée d’unités de polices militarisées (GAO, RAID), a procédé à l’arrestation de neufs personnes – que nous réunissons sous la bannière « libertaires » – dont les engagements politiques étaient divers et dans des régions différentes: soutien aux familles réfugié·es, projets d’autonomie et de lieux collectifs à la campagne, soutien aux victimes de meurtres d’État, squat d’activités politiques et contre-culturelles, écologie et défense de la cause animale, implication dans des Zones A Défendre, activisme dans la scène punk, féminisme, mouvement Gilets Jaunes, etc. Ce sont des camarades de longue date des luttes sociales.

Nous avons dénoncé dès le début ce montage médiatique et politique qui n’a d’autre but que d’approfondir la militarisation de la répression sur les mouvements contestataires et d’assimiler l’idée de Révolution sociale au terrorisme islamiste.

Les récents évènements ne cessent de prouver la banalisation de l’usage des forces antiterroristes et l’engrenage de violence dans lequel s’enfonce l’État jour après jour. Cela nous rappelle qu’une mesure d’exception finit toujours par s’appliquer massivement et qu’il n’y aura pas de retour en arrière sans que nous n’agissions.

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LIRE: L’affaire du 8 décembre: c’est quoi ?
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C’est pourquoi aujourd’hui nous préparons la mobilisation en vue du procès des inculpé·es du 8/12.

Après plus de deux années d’instruction à charge, le juge a décidé de maintenir les accusations de la DGSI. Les inculpé·es, au nombre de sept, passeront devant la Chambre 16 (antiterrorisme) du tribunal correctionnel de Paris.

Le procès se déroulera du 3 au 27 octobre. Et les inculpé·es du 8/12 risquent aujourd’hui encore plusieurs années de prison et des dizaines de milliers d’euros d’amende.

Dans le contexte judiciaire particulièrement violent envers les révolté·es (de Sainte-Soline aux émeutes des jeunes des quartiers populaires, les juges ont eu la main très lourde) et laxiste envers les criminels en uniforme, ce procès risque fortement d’être instrumentalisé par le pouvoir.

Imaginez: LE PROCÈS DE L’ULTRAGAUCHE! Quelle aubaine.

Sauf que les inculpé·es du 8/12 ne sont pas plus -ultra- que n’importe qui. Iels ont leurs éthiques, leurs modes de vie et leurs idéaux d’émancipation sociale.

Cette étiquette policière d’ »ultragauche » a été construite pour faciliter la répression en poussant le mouvement social à voir l’ennemi en son propre camp. L’ultragauche désignait historiquement la jeunesse qui refusait les dérives autoritaires et racistes de la gauche étatique hégémonique (URSS, Parti Communiste, Mitterand, etc.). C’est aussi cet héritage radicalement démocratique que le pouvoir tente d’enterrer définitivement.

Ne laissons pas l’Etat franchir ce cap! Un procès politique ne sert pas à punir des individus mais un mouvement. Pour que demain nous ne soyons pas tou·te·s des terroristes, nous appelons donc à la solidarité de toutes les composantes de la contestation sociale.

NOUS APPELONS À :

DEUX RASSEMBLEMENTS DEVANT LE TRIBUNAL DE PARIS : le jour de l’ouverture (3/10) et celui du verdict (27/10)

UNE SEMAINE DE SOLIDARITÉ INTERNATIONALE : On appelle tous camarades et même toute personne ayant un sens de la Justice, à se mobiliser du 16 au 23 Septembre 2023, en se rassemblant devant les ambassades françaises, consulats ou institutions, ou en trouvant n’importe quel moyen de faire entendre votre objection à cette injustice flagrante et inhumaine.

L’ORGANISATION D’ÉVÈNEMENTS DE SOUTIEN : jusqu’à la fin du procès

LA MÉDIATISATION DE L’AFFAIRE DU 8/12 : la diffusion de nos communiqués dans vos réseaux sociaux, vos journaux et médias

LE SOUTIEN FINANCIER : les quatre semaines de procès coûteront plusieurs milliers d’euros à chaque camarade. Ici un cagnotte en ligne.

LA DIFFUSION DE CET APPEL À VOS ORGANISATIONS CAMARADES

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COMMENT AIDER ? PLUS D’INFOS ICI

Challans (Vendée) : saboter les laisses électroniques

Publié le 2023-08-03 06:20:07

Fibre optique : un incendie « volontaire » affecte plus
de 300 clients à Challans
Le courrier vendéen, 31 juillet 2023 (extrait)

Ce lundi 31 juillet, Vendée Numérique a indiqué sur ses réseaux sociaux qu’une « alerte incident » était en cours. Elle touche directement les détenteurs de la fibre optique et le réseau Très Haut Débit (THR).

Selon Vendée Numérique, l’incident s’est produit dans la nuit de samedi 29 juillet à dimanche 30 juillet 2023 : « Nous vous informons qu’une de nos armoires (sous-répartiteur optique) située au 103 rue Saint Dominique à Challans, a été volontairement endommagée par incendie ». Ils annoncent aussi que « les équipements intérieurs des opérateurs Orange, Free et Bouygues » sont, depuis, hors service.

Alors que les agents ont dans un premier temps évalué les dégâts suite à cet incendie, les réparations seront réalisées en plusieurs phases : « Une nouvelle armoire a été installée ce lundi après-midi. Il restera ensuite une lourde phase de près de 1 000 soudures de fibres optiques à réaliser ».  Vendée Numérique espère un retour à la normale d’ici la fin de semaine.

Les chiffres du jour : 1 milliard, 2500 et 500

Publié le 2023-08-03 06:25:03

Interviewée sur RTL lundi 31 juillet, la nouvelle secrétaire d’État en charge de la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, a fourni le dernier décompte de son employeur sur les émeutes de fin juin/début juillet qui ont suivi la mort du jeune Nahel, assassiné par un policier à Nanterre.

A ce jour, donc, il y en a eu officiellement pour « un milliard d’euros de dégâts estimés, avec [du côté de l’État] plus de 2 500 bâtiments publics dégradés dans à peu près 500 villes touchées ».

(Huffington Post, 31 juillet 2023)

Danjoutin (Territoire de Belfort) : et une Optymo de plus en moins

Publié le 2023-08-05 05:15:05

Un nouveau véhicule du réseau Optymo incendié
Est Républicain, 4 août 2023

Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 1h30, les pompiers du département ont été appelés pour un départ de feu sur une voiture à Danjoutin. Une fois sur place, les six soldats du feu n’ont mis qu’une quarantaine de minutes pour éteindre l’incendie, mais le véhicule était déjà en grande partie détruit.

En moins d’un mois , il s’agit de la troisième voiture en libre-service du réseau Optymo [géré par le département} qui se retrouve détruite par les flammes. À chaque fois, les secours sont appelés sur le même créneau horaire et ne peuvent que constater les dégâts.

Châtellerault (Vienne) : le coup du bouton-poussoir…

Publié le 2023-08-05 05:20:03

Châtellerault : Aldi perd 46.000 € de marchandises
à cause d’un acte de malveillance
La Nouvelle République, 31 juillet 2023

Une malveillance qui coûte cher. À deux reprises, le magasin Aldi, situé sur la zone commerciale des Portes-d’Argenson, au nord de Châtellerault, a fait l’objet d’une coupure volontaire d’électricité. Les faits se sont produits lors du week-end des 22 et 23 juillet, puis dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 juillet.

À chaque fois, un ou plusieurs individus ont pénétré dans l’enceinte extérieure et ont activé sur la façade arrière un bouton-poussoir rouge servant à couper l’électricité. Résultat : la totalité des équipements réfrigérants se sont éteints et leur contenu a été perdu. Le tout à deux reprises donc. Le préjudice total, avancé par Aldi, est estimé à 46.000 €. L’enseigne indique avoir porté plainte au commissariat de police de Châtellerault.

Switch off! – the system of destruction

Publié le 2023-08-05 20:45:04

Switch off!  – the system of destruction

About 20 people storm a construction site of the Coastal Gas Link pipeline in western Canada. They are armed with axes and flares, threaten employees, hijack heavy construction vehicles, destroy the site’s building and ultimately the vehicles themselves. The damage amounted to millions. That was almost a year ago. It is still unclear who sabotaged the construction of the pipeline in the province of British Columbia. Fracked gas was soon to flow through the pipeline, which runs right through indigenous land, to the West Coast, from where it would be shipped on to Asia.

A call…

Whether you occupy universities, schools, trees or streets. Whether you spend your nights worrying or sabotaging. Whether you strike or write about it.

The certainty that the current system will result in the collapse of the massively damaged ecosystem has already inspired countless people to resist. Tens of thousands are taking to the streets against the “business as usual” of the capitalist machinery, people are resisting the destructive large-scale projects en masse, the infrastructure of the system is being blocked and courageous fighters are setting fire to the machines that are being used to rob them of the very basis of life. What we need in the struggle against the destruction of nature and the resulting social misery is the shared pursuit of real revolutionary rupture and freedom of all. Pursuing an initiative that rejects all compromises and cosmetic corrections of the state and brings about a transformation of our social relations. Because the destruction of the planet by the neoliberal economic system is inextricably linked to patriarchal patterns of thought, racism and colonialism. The initiative for this must necessarily come from below. From the struggles of the excluded. From the struggles of those who enact a self-organized solidarity against the state’s promises of salvation. From the struggles of those who see that there can be no compromises in the fight against the systemic destruction of the biosphere.

We are certain that self-organized struggles are the only realistic answer to dealing with climate change and ecological crisis. Not because our ideological stance urges it, but simply because there is no evidence, no experience, no showcase example of how states and corporations have taken effective action against it.

A few hundred years of state capitalist rule and humanity is on the brink of the abyss. Radical movements against environmentally destructive development, on the other hand, have often proven that they have the power, creativity and perseverance to at least partially halt the gigantic machinery of destruction. And even if they don’t succeed, these initiatives are experiences we can build on. These experiences of struggle, in the Hambi, in the Danni, in Bure, against Castor transports in Wendland, on the ZAD – have proven the effectiveness of leaderless, offensive and solidarity movements. These struggles have also proven that we can build horizontal connections with other people who have different experiences and methods of struggle, and that we can reject the attempts of the state to divide us along the question of violence.

If we let our gaze wander to more distant territories, we see, from northern Canada to Patagonia, from Colombia to Indonesia, how indigenous groups, communities, villages, and organizations have been struggling for hundreds of years against the colonial domination of states and against the destruction of nature. These struggles are often invisiblized in their effectiveness and militancy. We want to break through this and be inspired.

Local struggles against climate change also emphasize with their actions the necessary urgency of action, even if they often stop short with their demands and appeals to the ruling politics to implement this action.

The problem is that the climate catastrophe is the logical consequence of this very policy. And this policy continues to adhere to the logic of financial profit for the few, the ruthless exploitation of people and nature for this goal, and competition as the driving force for continuous technical progress.

We think that we can really achieve effective successes if we manage to bring our struggles closer together; if we deepen links of solidarity and points of reference, if we fight for spaces for ecological projects, spaces for counterattacks, sabotage, spaces to learn about the history of struggles. Many are aware that it is a question of ending the entire capitalist mode of production. It is not about tightening our belts, but developing a perspective for an eco-social revolution.

La Araucanía Region, Chile – In the early morning hours of Friday, July 8, 2022, on the road from Traiguén to Lumaco. The driver of a logging truck of the company Forestal Mininco is stopped by five armed people and forced to get out. The group then sets the truck on fire and disappears. The CAM (Coordinadora Arauco Malleco), a Mapuche organization defending their habitat on Chilean territory, subsequently claimed responsibility for the action. In a similar attack on Forestal Minico in 2021, 29-year-old Pablo Marchant Gutiérrez was shot dead by carabinieri. A year after the murder, dozens of attacks are taking place against logging infrastructure, its operators and security forces.

The Same Game in Green – Technocracy and Geoengeneering

The narrative that we will solve climate change and ecological destruction technologically is naive at best, but much more likely it is a deliberate strategy to profit even further from the problems generated by earth exploitation.

The world economy’s hunger for energy, which has been growing steadily since industrialization, is often not seen as a problem; instead, research is conducted into new, supposedly green energy sources.

For example, recent breakthroughs in nuclear fusion research have been hailed by politicians as news of salvation. No attention was paid to the warning of the researchers involved that its use would be decades too late to solve the world’s energy problem.

New, green energy sources currently do not even cover the additional energy needs of the global economy – let alone a complete transition. Instead, the already existing ‘regenerative’ energy sources – sun, wind, water – are integrated into production and expand the supply. The reason for this is the so-called rebound effect. This effect has been occuring in capitalism for over 150 years: the steam engine burned coal more efficiently than before, but it was with it that industrialization really took off. And so – despite more economical technology – significantly more energy was consumed overall.

A green capitalism, i.e. climate-neutral and sustainable, is simply impossible. Since among its fundamental principes are constant growth and mass consumption instead of sustainability, and the profit of a few instead of the well-being and continued existence of all mankind.

The search for effective measures to mitigate climate change is also limited to technological solutions instead of addressing the root cause of the problem.

Currently, these are mainly technologies that can be grouped under the term geoengineering. This time with intentional human intervention in the climate system, global warming is to be reduced. In “solar radiation management,” for example, tiny particles are to be released in the stratosphere and reflect some of the sunlight back into space.

Scientific warnings of unforeseen interactions with such a massive intervention in the climate system are brushed aside with the claim that this is the only way to preserve our current economy and prosperity.

Another proposal with destructive potential comes from the Green Ministry of Economics. Injecting CO2 filtered from the air into deep rock layers was recently considered a high-risk technology. CO2 ‘final storage’ was banned because of its immeasurable effects on the environment. Recently, its formerly staunch opponent, Economics Minister Habeck, has become convinced that the climate problem cannot be solved without this technology.

The same approach, along with ecocide, global warming and other horrors, has already given us a heap of highly radioactive nuclear waste with no solution for the permanent storage problem.

For us, this approach represents a technique of domination for imposing new technologies without regard to the consequences for people, nature or society. With firm faith in technical progress, reference is made to future technologies that are to be created by the same actors who caused the previous problems in the first place. In this way, the ruling technocrats flaunt their solution-oriented ability to act.

The economic system, which is responsible for the destruction of our capacity for life, is not questioned. Just as little as the positions of power these actors hold.

We can no longer afford the rich

Who are those who have always been able to profit from the crises and wars of recent years and secure their supremacy? Who is responsible for the majority of emissions of climate-damaging gases? It is not those who are already excluded, the refugees and the poor. It’s the energy companies, banks and defense contractors. It’s the rich, whose way of life can only exist at the expense of others. And on a global scale, it is the lifestyle of mass consumption and the waste produced by societies in the Global North.

And so the struggle against climate destruction is inevitably a struggle along ‘class lines’. The richest 1% of the population in Germany emits significantly more CO2 than the poorest 50% of society. The appeal of those in power in connection with higher fuel and energy prices, “we all have to tighten our belts”, is a farce. The majority of the emissions is caused by the subsidized car, gas and coal industry, industrial agriculture and the jet-set lifestyle of bosses and managers. No change in consumer behavior toward electric SUVs and vegan sausages will help.

Consumption is not simply an individual choice, but an indispensable part of capitalist value creation – it is the step at which value becomes money again. So there is a powerful interest in maintaining or even reinforcing current consumption patterns. “Green” consumption also works in this way. That’s why, despite the double whammy, climate protection and traffic reduction, this will not be shaken.

Simply taxing CO2 emissions at a higher rate does not solve the problem either. That would link CO2 emissions to wealth – but it is precisely those who cause a lot who have the money to be able to pay these taxes.

Compensation through purchased CO2 certificates, on the other hand, only exacerbates the problem. The trade with CO2 certificates opens a huge market for land grabbing by making larger and larger parts of land available for (western) financial markets.

Since no reform policy will even aim at, let alone enforce, a fairly distributed CO2 budget, it remains the task of the ‘climate-conscious’ part of the population to enforce the ecological common good by ourselves against destructive property ownership. Those who now remark that this ultimately amounts to expropriation hit the nail on the head and have grasped the systematic magnitude of the climate problem.

Colonialism – eternal cornerstone of capitalism

Countries of the Global North are responsible for more than two-thirds of historical greenhouse gas emissions, but countries of the Global South are two to three times more vulnerable to the consequences of climate change. These figures alone indicate that the climate crisis is not caused equally by all people.

The wealth of the North, which created this inequality in the first place, is based on the colonial exploitation of raw materials and human labor through slavery. Starting with the silver mines in Potosi, through the exploitation of oil deposits in South America, the Middle East and North Africa by Western energy companies, to the soy and palm oil plantations in the rainforests.

In this way, the history of colonialism continues, which goes hand in hand with the displacement of people, the transfer of profits to the West and a constant political and economic dependence of the countries of the global South, up to the raw materials that are needed here for the implementation of the “green” energy transition. Copper and lithium from the same colonial mines in Latin America for the batteries of e-mobility, uranium from West Africa for “green” nuclear power plants, cobalt and other rare earth minerals from the Congo for cell phones and other advanced electronics, and finally “green” hydrogen from the wind- and sun-rich deserts of Namibia.

The urgently needed systemic rupture with a colonial resource waste will radically change our lives. An everyday life consistent with the demands of a realistic climate perspective (which is of course never free of contradictions) requires an uncomfortable but necessary reorientation for us as well.

Currently, immense migratory movements to the still livable North are taking place, which will intensify in the future. On the one hand, this is due to the poverty caused by the global economic network, on the other hand, it is due to the wars fought to assert political influence and secure resources. And last but not least, the consequences of climate change are already noticeable in the (neo-)colonial destruction of nature in the global South.

The perpetrators of this in the global North are practicing military isolation. Fences are built and the borders to the south are systematically monitored with the help of drones, satellites and airplanes. Thousands of deaths in the Mediterranean and in the deserts of North Africa and Mexico are being accepted. Pushbacks are taking place and a further advance of the EU’s external border is being planned. Those who have made it across these obstacles are institutionally harassed and discredited in the media. In the self-image of the countries of the Global North, however, the only criminals are autocrats like Putin and Erdogan, who abuse migration management as a political weapon.

May 2016 – During a protest action against the lignite industry in Lusatia lasting several days, the opencast mine and the rail network are shut down in several places. Thousands invade the plant site and sit on rails, conveyor belts and power plant access roads. Contrary to the will of the organizers of Ende Gelände to limit the actions to sit-in blockades and lock-down actions, several hundred people invade the site of the power plant “Schwarze Pumpe”. At the access tracks to the power plant, the track bed is removed, through this “graveling” the tracks become impassable. In the power plant, doors are broken open, distribution boxes are sabotaged and emergency stop switches are pressed. As a result of the interplay of the various actions this weekend, several power plant towers have to be completely shut down. This is a much larger outage than the two-day shutdown planned from the outset by the operator Vattenfall.

Compromise and radicalization

Not only in questions of migration, the political leaders are radicalizing – more and more uncompromisingly they avoid taking the really necessary paths. They stick to fossil energies and the dinosaur of nuclear energy. The more radically it is claimed that these technologies are clean and infinite, the more radically and unmistakably society, and with it a resistance movement, must react to the energy policy for the corporations. It is not even particularly radical to take seriously the scientifically attested future of an ecological collapse of large parts of the earth in the current course of politics. On the contrary! It becomes radically dangerous not to be prepared for the ecological consequences of the oh so sustainable new technologies.

Climate Minister Habeck is selling this to us as a compromise. The Greens are making up stories about how replacing imports from Russia will lead to a revolution in renewables. In fact, however, elsewhere on the world energy market, they are buying from other autocrats and using fracked gas from the USA as a substitute. The ‘compromise’ is used as a justification to be competitive as an export nation with relatively cheaply purchased energy. The compromise conceals the fact that the promised decarbonization is already about securing the raw materials necessary for the new game. Thus, the compromise is not a compromise, but a double strategy, an attempt to continue radically, albeit in a new guise. In the public debate, however, it is said that the activists of the climate justice movement have not understood the nature of democracy with their uncompromising demands.

In view of these political-strategic reversals in the stigmatization of radicalization and compromise, the following applies to us: Whether militant or (civilly) disobedient, we can hardly block and sabotage climate change as radically as capitalism has made it necessary.

There are not only ecological tipping points at which the climate system irreversibly reorganizes itself – there are also social tipping points. Points at which either the misery caused by the rulers becomes so obvious that large parts of the population see the need to fight back. Or at which impoverishment and the expansion of repression have progressed so far that a revolution seems almost impossible. It is along these tipping points that we must develop our resistance. The initiative for this must necessarily come from below. The state is committed to a dystopian ‘business as usual’ for the economic system, except for cosmetic corrections. Holding on to this ecologically devastating, capitalist way of doing business is tantamount to an ignorant acceleration towards collapse.

If now the interior ministers of the countries claim that climate protest radicalizes and questions our political-economic system as a whole, then the answer that makes sense in terms of climate policy must be: Yes, necessarily – anything else would be an unforgivably senseless compromise for the planet.

Whether as pinky & the brain with their tunnel system in the ‘underground’ or as the monk in the Lützerather mud, whether as SUV-halters or climate-gluers, whether as nocturnal saboteurs or as discourse-interveners trying to debunk the crudest fake-narratives of coal and nuclear lobbies – all efforts should be able to be carried out independently and respectfully side by side. And, at best, work closely together toward a common goal: the containment of a progressive destruction of nature and for the overcoming of the destructive system of oppression, racism and patriarchy.

Those of us who still remember the phased, well-coordinated coexistence of the various forms of action during the protests against the nuclear waste transports to the Wendland may know what is intended here: a larger sit-in blockade on the tracks and rail sabotage that is offensively defended from police forces in close proximity to each other posed a greater challenge to the railroads and police in their simultaneity than the two actions did individually.

A dynamic and broad climate justice movement would do well not to allow any identitarian and thus divisive notions of ‘militancy’ or ‘nonviolence’ to be imposed on it. Certainly not an easy task, as we know from different heterogeneous movements. But it is worth it.

We find the question of whether it is worthwhile to appeal to political leaders much more decisive. Here we have (without any need for delimitation) a clear position with the above analysis: No, it is not worth it – and it raises false hopes that can make a movement dependent and paralyze it.

The same is true at the global level. A serious internationalism must connect our struggles here, also with the struggles against the destruction of nature worldwide, e.g. LNG production in Canada. We can only fight against a global system of destruction if we relate to each other internationally and meet at eye level. An anti-colonial perspective for our efforts for climate justice is necessary for this reason alone.

Here, too, we should not stop at appeals to the global community. How much it achieves when politicians from all over the world decide together on the goal to mitigate climate change we can clearly see in the consistent implementation of the decisions of the Paris Climate Conference.

A ‘technical solution’ to climate change can only be found with toxic mines, deployed militaries and expropriated indigenous land, at least in the periphery. And against the people fleeing this misery, the metropolis enacts brutal violence.

Thoothukudi in southern India – The Indo-British corporation Vedanta Resources operates the second largest copper smelter in India here. Cancer rates, as well as the incidence of respiratory infections in the city, have risen dramatically since it opened. For the past 100 days, the local population has been protesting in the hundreds of thousands against an expansion of the smelter. On this 100th day, May 22, 2018, the police stop the huge demonstration procession, when the demonstrators refuse to be stopped, they shoot specifically into the crowd. 13 people die from the bullets, over 100 are injured. After this black day, on which the police and politicians had finally exposed themselves as stooges of the copper industry, the operating company nevertheless had to give in to pressure from the population and the copper smelter was completely shut down.

Even if the sky falls on our heads…

It should be clear to us that we cannot completely prevent the creeping collapse of a massively damaged ecosystem, not the loss of biodiversity, not the depletion of resources. We will not be able to prevent the climate catastrophe because we are already in the middle of it.

It’s a question of habitat loss for billions of human and non-human life. ‘Human’ life is already a privilege and will be possible primarily for those who can afford it.

Limiting global warming to 1.5 degrees is already out of reach, yet global greenhouse emissions would have to be reduced to zero within a few years. The rulers repeatedly show that they are not willing to do so and we are not (yet) able to realize such a change.

Admitting this – without any doomsday pathos – does not paralyze us. On the contrary: it should open up for us and our contexts the question of what our lives and our revolutionary struggles might look like in the future.

So that another world becomes possible: Let us cooperate with each other in solidarity to be able to live a dignified life. Let us realize our ideas in the here and now and already within our struggles and actions. We will not be lulled by the appeasement attempts of those in power.

We think that we can only become a serious threat if we seek communication with each other. We propose to relate to each other under the slogan “switch off – the system of destruction” and thus put our struggles in a shared context.

Our actions must make clear that there can be no capitalist green alternative, no peace with existing conditions. We choose the means ourselves and no one stands above another in a hierarchy. We would love it if many would take up this idea.

This is not meant to be an attempt of absorption, but a call to go further on the offensive and strengthen existing struggles. Let’s ignite a long-term wave of action towards revolt. Take care of yourselves and be brave.

For a struggle of solidarity under catastrophic conditions – worldwide!

the future is still unwritten!

Anarchists, Autonomists and Social Revolutionaries from German-speaking countries

May 2023

via: switchoff.noblogs.org

Translated by Act for freedom now!

South London,UK : Celebrating the 1st Birthday of Touchpaper Anarchist Library!

Publié le 2023-08-05 20:50:03

Celebrating the 1st Birthday of Touchpaper Anarchist Library!

Tuesday 8th August
Open from 4pm
+ Special Zine Launch from 7pm!

385 Queens Road
New Cross
London
SE14 5HD

Weekly open hours:
Tuesday 4-9pm
Sunday 2-7pm

https://touchpaper.noblogs.org/

touchpaper@riseup.net

FINAL DAYS!

Publié le 2023-08-05 20:50:03

The library is closing permanently due to the closure of The Field which has kindly hosted us since August 2023.

The last normal Touchpaper opening will be Tuesday 22nd April. After this we will not have a permanent place for the library or discussions (for the foreseeable future).

But TOUCHPAPER DISTRO will continue! And TOUCHPAPER ‘SOCIAL STUDY CIRCLE’ will start meeting soon, in whatever places we can find to gather in.

For anyone interested in circulating, reading and discussing anarchist texts and ideas, please join our mailing list by emailing touchpaper [at] riseup [dot] net

Belfast (Irlande du Nord) : le Titanic et les antennes-relais

Publié le 2023-08-06 14:50:05

Vingt-cinq ans après la signature de l’accord dit du Vendredi Saint, ayant « mis fin à 30 ans de guerre civile en Irlande du Nord » selon la formule consacrée, s’il est un endroit qui incarne aujourd’hui encore ce long conflit, c’est bien entendu Belfast. Car si quelque chose a changé dans cette ville meurtrie, ce n’est certainement pas la misère ni la permanence des murs érigés entre quartiers protestants et catholiques, mais plutôt le fait que des millions de touristes se pressent chaque année lors de voyages organisés pour y mater les fresques peintes à la gloire de tel ou tel martyr. Avant d’aller peut-être faire un tour du côté des célèbres jardins botaniques belfastois, ou plus certainement du musée du Titanic inauguré en 2012 pour le centenaire de son naufrage, à l’endroit même où le paquebot fut construit.

Et puisqu’il est ici question d’un Titanic faisant la fierté de ses habitants, autant filer la métaphore avec les ravages d’une société techno-industrielle qui semble presque laisser tout un chacun démuni. Ou pas. Ces derniers mois, au cœur même de la capitale nord-irlandaise, quelques anonymes ont en effet tenu à se rappeler au bon souvenir de l’iceberg technologique, en le frappant à cinq reprises.

Tout a commencé la nuit du mercredi au jeudi 1er juin 2023, lorsque la police de Belfast a reçu un appel radio vers 23h15 à propos de l’incendie d’une antenne-relais située sur la Donegall Road. Puis une seconde alerte est arrivée vers 23h30, annonçant qu’une autre était en train de flamber du côté de Owenvarragh Park, toujours dans les quartiers ouest de la ville. Puis une troisième alerte l’a surprise vers 1h10, concernant une attaque d’antenne sur la Springfield Road. Et ainsi de suite… jusqu’à 3h45 du matin de cette nuit agitée, lorsque la police a appris qu’après l’incendie volontaire d’un boîtier électrique vers 2h45, c’est un quatrième et dernier mât de téléphonie mobile qui avait été saboté sur la Stewartstown Road.

A chaque fois, le mode opératoire contre les antennes-relais a été le même, aussi simple que reproductible : la trappe d’accès aux câbles électriques a été forcée, puis un feu allumé à l’intérieur, coupant partiellement le réseau dans le secteur. Avec ce charmant effet boule de neige lié au fait que lorsqu’une demi-dizaine d’antennes sont sabotées au cours de la même nuit dans le même coin, c’est toute une zone qui peut enfin connaître les joies d’une vie temporairement libérée de quelques-unes de ses chaînes technologiques.

Face à ce genre d’attaques, il manque rarement de politiciens locaux pour prêcher les vertus de la délation citoyenne ou tenter d’éclairer la mauvaise conscience de leurs ouailles. Dans ce cas, c’est un élu municipal qui s’y est collé, en l’occurrence Paul Doherty du SDLP (Social Democratic and Labour Party) : « Ceux qui sont à l’origine d’un certain nombre d’incendies criminels de mâts de téléphonie mobile à Belfast-ouest doivent faire preuve de sagesse et cesser de causer des destructions et des perturbations dans leurs propres communautés. S’engager dans ce type d’activité est absolument futile… Toute personne ayant des informations sur ces attaques doit se manifester auprès de la police dès que possible ».

Malheureusement pour lui, l’identification de cet instrument de la domination comme étant au service de « sa propre communauté » n’est pas encore une sagesse partagée par l’ensemble des noctambules belfastois. Si bien que le 6 juillet, un mois après la première vague, c’est une nouvelle antenne-relais qui a cramé, cette fois sur la Stewartstown Road vers 2h50 du matin.

Au fond, Belfast n’est peut-être pas la ville du Titanic pour rien…

[Synthèse de la presse anglophone (BBC/Belfast Telegraph), 2 juin & 6 juillet]