Fenouillet, nuit du 25 au 26 juillet : incendie de quatre camions-toupie du cimentier Lafarge
Que vaut la vie d’un conducteur de 28 ans, issu de la « communauté des gens du voyage » comme on dit pudiquement dans la presse, et qui tente avec dignité d’échapper à un contrôle policier au volant de son véhicule ? Elle vaut cinq balles tirées par les gendarmes, dont l’une ira traverser l’appuie-tête puis exploser le crâne du jeune gitan. C’est arrivé dans la banlieue nord de Toulouse jeudi 25 juillet, peu après 22h, à Fenouillet. Il s’appelait Maïky et venait du camp de Ginestous, situé à deux pas de là.
Avant d’être déclaré décédé dans la nuit, près de 200 personnes s’étaient immédiatement rendues devant l’hôpital de Purpan, notamment pour savoir si Maïky avait une chance de s’en sortir, et pour attendre la sortie de sa compagne et de leur môme âgée de quelques mois, qui se trouvaient à ses côtés dans la voiture. Non contents d’avoir commis un assassinat de plus, les uniformes réunis en nombre devant l’hosto ont alors tiré des gaz lacrymos sur les proches, pour tenter de contenir la colère montante une fois l’issue fatale connue. Sauf que la vengeance est parfois aussi un plat qui se déguste bien chaud, et que les cibles ne manquent pas : dès la nuit de jeudi à vendredi 26 juillet, c’est le bétonneur Lafarge, dont le site se trouve proche du camp de Ginestous, qui a été attaqué : quatre camions-toupie ont été incendiés en quelques minutes.
Toute la journée du lendemain, la petite foule devant l’hôpital n’a pas lâché l’affaire, en exigeant qu’on leur rende le corps de Maïky afin de pouvoir le veiller au plus tôt. Cela fut fait après une autopsie limpide comme un tir de pandore en pleine tête, tandis qu’une reconstitution de l’exécution était effectuée avec les deux gendarmes-tireurs, avant qu’ils ne sortent de garde-à-vue sans saisine d’un juge d’instruction par le parquet, vu que cela aurait eu l’inconvénient de donner aux proches un accès au dossier. Des proches qui, espérait le procureur, finiraient par s’apaiser en vue des obsèques prévues pour ce lundi 29 juillet.
« Voilà une affaire rondement menée », a-t-il même peut-être pensé au fond de son fauteuil, avant d’aller regagner ses pénates pour mater les résultats olympiques du jour, comme le tir à la carabine par équipe mixte. Le lendemain matin, c’est pourtant face au titre laconique d’un grand quotidien régional qu’il a dû faire face : « Refus d’obtempérer mortel : incendies et violences urbaines à Toulouse, des millions d’euros de dégâts ». Car les camions de Lafarge n’étaient qu’un avant-goût d’une vengeance qui n’avait aucune raison de s’épuiser si vite.
Fenouillet, nuit du 26 au 27 juillet : incendie des locaux du fabriquant de composants électroniques CSI (groupe Cimulec)
La nuit du 26 au samedi 27 juillet, alors que la circulation des TGV était encore largement perturbée à travers une bonne partie de l’hexagone, un patron et ses 60 employés n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer. Peu après minuit, les 1800 m² de l’entrepôt de CSI Sud-Ouest sont en effet devenus un vaste brasier, ce qui n’est pas rien quand on sait que l’activité de cette entreprise était plus néfaste qu’autre chose : la production de composants électroniques pour le compte du groupe Cimulec, qui se présente comme « un des leaders européens de la fabrication de circuits imprimés de très forte fiabilité pour environnements sévères (défense, spatial, aéronautique, nucléaire, ferroviaire,…) ».
Et vu que que cette charmante boîte se trouvait précisément à Fenouillet, soit dans la zone de l’assassinat policier de Maïky et non loin du camp de Ginestous, môssieur le procureur n’a pas hésité un instant à confier l’enquête à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS). D’autant plus que les pompiers ont eu fort à faire pour tenter d’éteindre l’incendie, puisqu’une petite centaine de personnes au visage masqué les attendait de pied ferme derrière des barricades, et que les flics venus en renfort ont alors essuyé caillassages en règle et tirs de mortier. Arrivés au bout de leur peine, les soldats du feu ont constaté que l’incendie était désormais « généralisé », et les dégâts contre l’entreprise CSI Sud-Ouest sont à présent estimés à plusieurs millions d’euros.
Fenouillet, nuit du 26 au 27 juillet : incendie des locaux et de huit véhicules de Toulouse-Métropole
Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin, une fois que le premier réflexe n’est pas de réclamer justice auprès de ceux-là mêmes qui sont responsables de la mort d’un proche, mais de laisser exploser toute sa rage contre un monde qui génère gendarmes et procureurs ? Juste à côté de feue l’entreprise CSI Sud-Ouest se trouve ainsi un local de Toulouse Métropole, qui a donc logiquement connu le même destin : un bâtiment d’une centaine de mètres carrés de l’agglomération et huit de ses véhicules utilitaires ont été dévorés par les flammes au cours de la même nuit. De quoi susciter plus d’émotion chez le maire de Toulouse (et président de la Métropole) que suite aux cinq balles gendarmesques tirées contre le conducteur réfractaire, avec un Jean-Luc Moudenc demandant aussitôt « à l’État de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour retrouver les responsables et punir avec sévérité ces agissements. »
Trois jours après la mort de Maïky, personne ne peut évidemment parler à la place des inconnus qui ont bouté le feu à Fenouillet. Mais chacun.e peut tout de même en tirer quelque chose : face aux assassinats policiers, un monde entier reste à démolir, et il est souvent plus proche qu’on ne le pense…
[Synthèse de la presse régionale (La Dépêche & France3), 29 juillet 2024]
Abidjan (Côte-d’Ivoire): affrontements et actions directes contre une opération de « déguerpissement » à Adjamé-village
juillet 29th, 2024
Le dimanche 21 juillet 2024 en début de matinée, une opération de « déguerpissement » le long de l’artère principale d’Adjamé-village (quartier nord d’Abidjan) a été bloquée par des villageois·es, qui se sont interposé·es face aux responsables de l’opération d’expulsion.
Cette opération d’expulsions et de démolitions de logements est justifiée par les institutions locales par le projet de construction du 4e pont d’Abidjan, destiné à relier plus aisément les communes de Yopougon, Attécoubé, Adjamé et Plateau.
Malré la résistance des habitant·es, des maisons et des locaux de petits commerces ont été démolis. Des affrontements ont alors eu lieu, faisant une dizaine de blessé·es parmi les villageois·es, dont certain·es graves.
Le jeudi 25 juillet, l’opération de « déguerpissement » a repris, cette fois soutenue directement par les forces anti-émeutes ivoiriennes (en plus d’hommes de main armés de gourdins et d’armes blanches), provoquant à nouveau des affrontements, encore plus violents que quatre jours auparavant. Des riverain·es, opposé·es à la démolition de leurs commerces ou habitations ont réagi immédiatement, transformant les rues en véritable champ de bataille dès les premières heures de la matinée. « Les habitants, déterminés à défendre leurs biens, ont érigé des barricades et lancé des projectiles sur les agents. Les jets de pierres ont rapidement dégénéré en affrontements plus violents, mettant en péril la sécurité de tous les intervenants. » (Abidjan.net)
Malheureusement, de nouveaux bâtiments ont été démolis, plus encore que de le dimanche précédent. Depuis lundi, le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé a créé une « brigade de lutte contre le désordre urbain, forte de 295 agents issus des polices municipales et de la police du district autonome d’Abidjan (…) [avec] pour mission, la libération des emprises des grandes artères, la libération des espaces publics, la libération des espaces non constructifs et l’application de l’arrêté portant interdiction du commerce ambulant, de la mendicité et de l’utilisation de charrettes. » (Abidjan.net)
La colère des habitant·es n’a toutefois pas été sans conséquences pour l’État puisque qu’un bulldozer servant à la démolition des habitations a été entièrement incendié, tandis que d’autres engins de chantier ont été vandalisés, leurs vitres brisées.
Ce conflit à Adjamé-village dure depuis au moins 2016 (lire notamment cet article publié en 2018), et la lutte semble loin d’être terminée.
Un texte envoyé à plusieurs rédactions, dont celle de Reporterre, et signé d’« une délégation inattendue », a revendiqué le sabotage de plusieurs lignes TGV dans la nuit du 25 au 26 juillet, à quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris.
Ils appellent cela une fête ? Nous y voyons une célébration du nationalisme, une gigantesque mise en scène de l’assujettissement des populations par les États.
Sous des airs ludiques et conviviaux, les Jeux Olympiques offrent un champ d’expérimentation pour la gestion policière des foules et le contrôle généralisé de nos déplacements.
Comme tout grand évènement sportif, ils sont aussi à chaque fois l’occasion de vouer un culte aux valeurs qui fondent le monde du pouvoir et de l’argent, à la concurrence généralisée, à la performance à tout prix, au sacrifice pour l’intérêt et la gloire nationale.
L’injonction à s’identifier à une communauté imaginaire et à soutenir son supposé camp d’appartenance n’est pas moins néfaste que l’incitation permanente à voir son salut dans la bonne santé de son économie nationale et dans la puissance de son armée nationale.
Il faut aujourd’hui des doses toujours plus grandes de mauvaise foi et de déni pour ne pas voir toute l’horreur que génère la société de consommation et la poursuite du prétendu « bien-être à l’occidental ». La France voudrait faire de cette grande messe la vitrine de son excellence. Elle ne pourra bercer d’illusions sur son rôle vertueux que ceux qui ont décider de se mettre des œillères, et qui s’en accommodent. Nous leur adressons notre mépris le plus profond.
Le rayonnement de la France passe par la production d’armes dont le volume de ventes la place deuxième exportateur mondial. L’État est fier de son complexe militaro-industriel et de son arsenal « made in France ». Répandre les moyens de la terreur, de la mort et de la dévastation à travers le monde pour assurer sa prospérité ? Cocoricooo !
N’en déplaise aux crédules qui croient encore aux fables démocratiques, l’État français emploie aussi sa panoplie répressive pour affronter sa propre population. Pour mater les émeutes après le meurtre de Nahel par la police en juin 2023 ou pour tenter d’arrêter le soulèvement anticoloniale en Kanaky récemment. Tant qu’il existera, l’État ne cessera de la mettre à l’oeuvre pour combattre ceux qui défient son autorité.
Les activités des entreprises françaises à travers le monde rendent toujours plus manifeste les dévastations sociales et environnementales que produit le système capitaliste. Celles nécessaires pour reproduire l’organisation sociale actuelle, et celles inhérentes au progrès scientifique et technologique. Progrès qui ne perçoit l’enchaînement des catastrophes passées, présentes et à venir que comme l’occasion d’un bond en avant.
Total poursuit le pillage et la spoliation de nouvelles contrées en quête de pétrole et de gaz de schiste (Afrique de l’est, Argentine etc). Sous couvert de son nouveau label vert, l’industrie du nucléaire et l’exportation du savoir-faire français en la matière nous assure, à plus ou moins brève échéance, une planète irradiée, donc littéralement inhabitable. Rien de plus qu’une crise de plus à gérer pour les promoteurs de l’atome. Eux qui ne peuvent se passer de leur coopération avec l’État russe à travers son géant Rosatom et de l’appui de son armée pour écraser le soulèvement au Kazakstan en 2022, important pays fournisseur d’uranium. Ce minerai qui fait tourner les 58 réacteurs de l’hexagone.
Alors, quel est le coût humain, social et environnemental pour que quelques privilégiés se déplacent vite et loin en TGV ? Infiniment trop. Le chemin de fer n’est d’ailleurs pas une infrastructure anodine. Il a toujours été un moyen pour la colonisation de nouveaux territoires, un préalable à leur dévastation et une voie toute tracée pour l’extension du capitalisme et du contrôle étatique. Le chantier de la ligne appelée « Tren maya » au Mexique, auquel collabore Alstom et NGE, en est une bonne illustration.
Et les batteries électriques indispensables à la prétendue « transition énergétique » ? Parlez-en, par exemple, aux travailleurs de la mine de Bou-azeer et des habitants des oasis de cette région marocaine qui font les frais de cette ruée vers l’or du XXIème siècle. Renault y extrait les minerais nécessaires pour donner bonne conscience aux écolos des métropoles sur le dos de vies sacrifiées. Parlez-en à ce « peuple de la forêt » de l’ile d’Halmahera au nord-est de l’Indonésie, aux Hongana Manyawa qui désespèrent de voir la forêt où ils vivent être détruite sur l’autel de la la « transition écologique ». L’État français, via la société Eramet, participe au ravage de terres jusque là épargnées. De même, il ne veut pas lâcher le Caillou mélanésien pour continuer à y arracher le précieux nickel.
Nous nous arrêterons ici dans l’impossible inventaire des activités mortifères et prédatrices propre à tout État et à toute économie capitaliste. Cela ne serait d’ailleurs d’aucune aide pour rompre avec une vie fade et déprimante, avec une vie d’exploités, et pour affronter la violence des États et des chefs religieux, des chefs de famille et des patrouilles de police, des patriotes et des milices patronales, autant qu’à celle des actionnaires, des entrepreneurs, des ingénieurs, des planificateurs et des architectes du ravage en cours. Fort heureusement l’arrogance du pouvoir continue de se heurter à la hargne des opprimé-e-s rebelles. D’émeutes en insurrection, lors de manifestations offensives et de soulèvements, à travers des luttes quotidiennes et des résistances souterraines.
Qu’en ce jour résonnent alors, à travers le sabotage des lignes TGV reliant Paris aux quatre coins de la France, les cris de « femme, vie, liberté » d’Iran, les luttes des amazoniens, les « nique la france » venant d’Océanie, les désirs de liberté qui nous parviennent du Levant et du Soudan, les combats qui continuent derrière les murs des prisons et l’insoumission des déserteurs du monde entier. A ceux qui reprochent à ces actes de gâcher le séjour de touristes ou de perturber les départs en vacances, nous répondons que c’est si peu encore. Si peu comparé à cet événement auquel nous souhaitons participer et que nous appelons de tout cœur : la chute d’un monde qui repose sur l’exploitation et la domination. Là oui, nous aurons quelque chose à fêter.
Caen: Solidarité avec les squats. Crèvent les expulseurs !
juillet 29th, 2024
Cette semaine à Caen, deux expulseurs de squats locaux ont reçu de la visite.
Inolya, situé au 7 place du maréchal Foch, a été redécoré par les tags suivants : « vive les squats », « expulseurs de merde » et « remettez l’élec ! ». Ce bailleur est un agent essentiel de la structuration anti-sociale de la ville. Il gère des milliers de logements. Beaucoup sont vides et parfois squattés. C’est le cas à Lisieux, où avec la complicité d’Enedis ils ont coupé le 10 juillet l’électricité aux personnes vivants dans deux squats. Inolya mène une politique agressive contre squatteurs et locataires : riposte !
La serrurerie Voisin, située au 88 quai Vendeuvre, et qui a participé le 17 juillet aux côtés de la police à l’expulsion du squat de l’ancienne pouponnière rue d’Auge à Caen, a eu les serrures engluées et des tags : « vive les squats », « expulseurs de merde » sur les vitres. Les serruriers ont un rôle central dans les expulsions pour ouvrir les portes puis les refermer et rendre inaccessibles les lieux. Ce coup-ci, c’est la porte de la serrurerie qu’il faudra forcer !
Solidarité avec les squats. Crèvent les expulseurs !
Solidarité aussi avec les émeutiers de Villiers-sur-Marne qui ont attaqué cette semaine une agence de Paris Habitat après que plusieurs habitants du quartier aient été tabassés (l’un d’eux dans le coma) par des agents du Groupement Parisien Interbailleurs de Surveillance (GPIS).
[Un communiqué envoyé à plusieurs rédactions du monde entier et signé d’« une délégation inattendue », a revendiqué le sabotage coordonné de plusieurs lignes TGV dans la nuit du 25 au 26 juillet, à quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris. Parmi elles, Reporterre l’a reproduite en entier lundi 29 juillet, et nous la faisons suivre à notre tour.]
Revendication du sabotage de lignes TGV quelques heures avant la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024
Ils appellent cela une fête ? Nous y voyons une célébration du nationalisme, une gigantesque mise en scène de l’assujettissement des populations par les États.
Sous des airs ludiques et conviviaux, les Jeux Olympiques offrent un champ d’expérimentation pour la gestion policière des foules et le contrôle généralisé de nos déplacements.
Comme tout grand évènement sportif, ils sont aussi à chaque fois l’occasion de vouer un culte aux valeurs qui fondent le monde du pouvoir et de l’argent, à la concurrence généralisée, à la performance à tout prix, au sacrifice pour l’intérêt et la gloire nationale.
L’injonction à s’identifier à une communauté imaginaire et à soutenir son supposé camp d’appartenance n’est pas moins néfaste que l’incitation permanente à voir son salut dans la bonne santé de son économie nationale et dans la puissance de son armée nationale.
Il faut aujourd’hui des doses toujours plus grandes de mauvaise foi et de déni pour ne pas voir toute l’horreur que génère la société de consommation et la poursuite du prétendu « bien-être à l’occidental ». La France voudrait faire de cette grande messe la vitrine de son excellence. Elle ne pourra bercer d’illusions sur son rôle vertueux que ceux qui ont décider de se mettre des œillères, et qui s’en accommodent. Nous leur adressons notre mépris le plus profond.
Le rayonnement de la France passe par la production d’armes dont le volume de ventes la place deuxième exportateur mondial. L’État est fier de son complexe militaro-industriel et de son arsenal « made in France ». Répandre les moyens de la terreur, de la mort et de la dévastation à travers le monde pour assurer sa prospérité ? Cocoricooo !
N’en déplaise aux crédules qui croient encore aux fables démocratiques, l’État français emploie aussi sa panoplie répressive pour affronter sa propre population. Pour mater les émeutes après le meurtre de Nahel par la police en juin 2023 ou pour tenter d’arrêter le soulèvement anticoloniale en Kanaky récemment. Tant qu’il existera, l’État ne cessera de la mettre à l’oeuvre pour combattre ceux qui défient son autorité.
Les activités des entreprises françaises à travers le monde rendent toujours plus manifeste les dévastations sociales et environnementales que produit le système capitaliste. Celles nécessaires pour reproduire l’organisation sociale actuelle, et celles inhérentes au progrès scientifique et technologique. Progrès qui ne perçoit l’enchaînement des catastrophes passées, présentes et à venir que comme l’occasion d’un bond en avant.
Total poursuit le pillage et la spoliation de nouvelles contrées en quête de pétrole et de gaz de schiste (Afrique de l’est, Argentine etc). Sous couvert de son nouveau label vert, l’industrie du nucléaire et l’exportation du savoir-faire français en la matière nous assure, à plus ou moins brève échéance, une planète irradiée, donc littéralement inhabitable. Rien de plus qu’une crise de plus à gérer pour les promoteurs de l’atome. Eux qui ne peuvent se passer de leur coopération avec l’État russe à travers son géant Rosatom et de l’appui de son armée pour écraser le soulèvement au Kazakstan en 2022, important pays fournisseur d’uranium. Ce minerai qui fait tourner les 58 réacteurs de l’hexagone.
Alors, quel est le coût humain, social et environnemental pour que quelques privilégiés se déplacent vite et loin en TGV ? Infiniment trop. Le chemin de fer n’est d’ailleurs pas une infrastructure anodine. Il a toujours été un moyen pour la colonisation de nouveaux territoires, un préalable à leur dévastation et une voie toute tracée pour l’extension du capitalisme et du contrôle étatique. Le chantier de la ligne appelée « Tren maya » au Mexique, auquel collabore Alstom et NGE, en est une bonne illustration.
Et les batteries électriques indispensables à la prétendue « transition énergétique » ? Parlez-en, par exemple, aux travailleurs de la mine de Bou-azeer et des habitants des oasis de cette région marocaine qui font les frais de cette ruée vers l’or du XXIème siècle. Renault y extrait les minerais nécessaires pour donner bonne conscience aux écolos des métropoles sur le dos de vies sacrifiées. Parlez-en à ce « peuple de la forêt » de l’ile d’Halmahera au nord-est de l’Indonésie, aux Hongana Manyawa qui désespèrent de voir la forêt où ils vivent être détruite sur l’autel de la la « transition écologique ». L’État français, via la société Eramet, participe au ravage de terres jusque là épargnées. De même, il ne veut pas lâcher le Caillou mélanésien pour continuer à y arracher le précieux nickel.
Nous nous arrêterons ici dans l’impossible inventaire des activités mortifères et prédatrices propre à tout État et à toute économie capitaliste. Cela ne serait d’ailleurs d’aucune aide pour rompre avec une vie fade et déprimante, avec une vie d’exploités, et pour affronter la violence des États et des chefs religieux, des chefs de famille et des patrouilles de police, des patriotes et des milices patronales, autant qu’à celle des actionnaires, des entrepreneurs, des ingénieurs, des planificateurs et des architectes du ravage en cours. Fort heureusement l’arrogance du pouvoir continue de se heurter à la hargne des opprimé-e-s rebelles. D’émeutes en insurrection, lors de manifestations offensives et de soulèvements, à travers des luttes quotidiennes et des résistances souterraines.
Qu’en ce jour résonnent alors, à travers le sabotage des lignes TGV reliant Paris aux quatre coins de la France, les cris de « femme, vie, liberté » d’Iran, les luttes des amazoniens, les « nique la france » venant d’Océanie, les désirs de liberté qui nous parviennent du Levant et du Soudan, les combats qui continuent derrière les murs des prisons et l’insoumission des déserteurs du monde entier.
A ceux qui reprochent à ces actes de gâcher le séjour de touristes ou de perturber les départs en vacances, nous répondons que c’est si peu encore. Si peu comparé à cet événement auquel nous souhaitons participer et que nous appelons de tout cœur : la chute d’un monde qui repose sur l’exploitation et la domination. Là oui, nous aurons quelque chose à fêter.
Une délégation inattendue
Et en cadeau-bonux, la réaction de plusieurs journaflics ci-dessous…
Sabotage du réseau TGV : un étrange mail de revendication envoyé après l’incendie d’installations de la SNCF
La Provence, 27 juillet 2024
Le groupe SNCF a indiqué avoir subi [le 26 juillet] une « opération de sabotage criminelle ciblée, préparée et coordonnée, avec l’objectif d’un impact important et généralisé à l’ensemble du réseau de TGV ». 800 000 voyageurs pourraient être affectés, tout au long du week-end. Une quatrième tentative de sabotage a elle été déjouée dans l’Yonne, sur l’axe sud-est, faisant circuler des TGV vers Lyon, les Alpes et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Un e-mail a été transmis à plusieurs titres de presse et rédactions à travers le monde, dont celle de La Provence, quelques heures après le sabotage d’installations de la SNCF, pour revendiquer ces actes.
« Revendication du sabotage de lignes TGV quelques heures avant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 », peut-on lire dans ce texte, qui est envoyé par une adresse créée pour l’occasion via la plateforme Riseup. Cette dernière « fournit des outils de communication en ligne pour les personnes et les groupes qui militent en faveur d’un changement social libérateur ».
Envoyé anonymement, ce texte est simplement signé par « une délégation inattendue ». Mais son contenu suggère que le sabotage des lignes TGV pourrait être le fait de militants d’ultragauche. « Ils appellent cela une fête ? Nous y voyons une célébration du nationalisme, une gigantesque mise en scène de l’assujettissement des populations par les États », commence ainsi le mail de revendication, dont l’authenticité ne peut être vérifiée.
Le texte de revendication s’attaque « au champ d’expérimentation pour la gestion policière des foules » que constitueraient les Jeux olympiques, tantôt aux « activités des entreprises françaises à travers le monde » qui rendraient « toujours plus manifestes les dévastations sociales et environnementales que produit le système capitaliste ». Avant d’étriller « l’industrie du nucléaire », la fabrication des batteries de voitures électriques, pour finir par s’interroger sur « le coût humain, social et environnemental pour que quelques privilégiés se déplacent vite et loin en TGV ».
« Qu’en ce jour résonnent alors, à travers le sabotage des lignes TGV reliant Paris aux quatre coins de la France, les cris de « femme, vie, liberté » d’Iran, les luttes des amazoniens, les « nique la France » (sic) venant d’Océanie, les désirs de liberté qui nous parviennent du Levant et du Soudan, les combats qui continuent derrière les murs des prisons et l’insoumission des déserteurs du monde entier », conclut le texte de revendication, qui appelle « de tout cœur » à « la chute d’un monde qui repose sur l’exploitation et la domination ».
Le début du communiqué de revendication, tel que reproduit par La Dépêche du Midi, 28 juillet 2024 (« Un étrange email de revendication mais le mystère demeure »)
Une « opération ciblée, préparée et coordonnée »
Vendredi, la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) s’est saisie de l’enquête pour « l’ensemble des dégradations volontaires causées sur des sites SNCF« . L’enquête est ouverte notamment pour détérioration de bien de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et dégradations et tentatives de dégradations par moyen dangereux en bande organisée, a indiqué la procureure Laure Beccuau. La sous-direction antiterroriste (Sdat) est chargée de coordonner les investigations.
(…) Selon le Parisien, cet e-mail fait l’objet de vérifications dans le cadre de l’enquête ouverte par la juridiction nationale de lutte contre le crime organisé (Junalco) du parquet de Paris, confiée aux policiers de la sous-direction antiterroriste (Sdat) et aux sections de recherches de la gendarmerie nationale.
Attaque massive du réseau SNCF : une intrigante « délégation inconnue » anti-JO au cœur des investigations
Le Parisien, 27/28 juillet 2024
Au lendemain du sabotage des lignes de la SNCF qui a provoqué une méga paralysie du réseau, à quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, les investigations progressent. La piste d’une action coordonnée par des mouvances contestataires violentes liées à l’ultragauche est plus que jamais privilégiée. D’autant plus avec l’apparition d’un étrange courrier de revendication transmis à plusieurs médias français et internationaux, de la Provence jusqu’au New York Times.
Envoyé depuis l’adresse sabotagetgvjo@riseup.net et signé par un collectif anonyme qui se présente comme « une délégation inconnue », cet e-mail fait l’objet de vérifications dans le cadre de l’enquête ouverte par la juridiction nationale de lutte contre le crime organisé (Junalco) du parquet de Paris, confiée aux policiers de la sous-direction antiterroriste (Sdat) et aux sections de recherches de la gendarmerie nationale.
Les auteurs revendiquent les attaques incendiaires et suggèrent que cette action massive, qui a pénalisé 800 000 personnes, visait à perturber les JO. « Ils appellent cela une fête ? Nous y voyons une célébration du nationalisme, une gigantesque mise en scène de l’assujettissement des populations par les États », écrivent-ils dans un long message parfois confus. Et d’ajouter : « Sous des airs ludiques et conviviaux, les Jeux olympiques […] sont aussi à chaque fois l’occasion de vouer un culte aux valeurs qui fondent le monde du pouvoir et de l’argent. […] À ceux qui reprochent à ces actes de gâcher le séjour de touristes ou de perturber les départs en vacances, nous répondons que c’est si peu encore. Si peu comparé à cet événement auquel nous souhaitons participer et que nous appelons de tout cœur : la chute d’un monde qui repose sur l’exploitation et la domination. »
Les enquêteurs cherchent à déterminer s’il s’agit d’une revendication réelle ou opportuniste. Mais la piste est d’ores et déjà jugée sérieuse. Par le passé, l’ultragauche a célébré ses actions à travers des lettres anonymes envoyées aux médias. Surtout, l’e-mail a été envoyé à l’aide d’un nom de domaine sécurisé, « RiseUp », régulièrement aperçu dans des enquêtes en France sur la mouvance contestataire violente, des écologistes radicaux aux anarchistes insurrectionnels.
Proches de la mouvance anarchiste italienne
« RiseUp » se présente en effet comme « un outil de communication pour les personnes et les groupes qui militent en faveur d’un changement social libérateur ». « Nous sommes un projet pour créer des alternatives démocratiques et pour pratiquer l’autodétermination en contrôlant nos propres moyens de communication sécurisés », écrivent les fondateurs sur leur site, assumant une tendance libertaire. « RiseUp » a implanté son siège social à Seattle, aux États-Unis, et revendique des membres dans le monde entier. Ses propriétaires seraient notamment proches de la mouvance anarchiste italienne. Cette solution de communication promet une anonymisation totale de ses utilisateurs. Ainsi, « RiseUp » ne répond pas aux réquisitions de la justice à des demandes d’identification d’auteurs d’e-mails.
Dans le cadre de l’enquête sur les sabotages, les services de renseignement ont aussi constaté que les articles de presse liés aux actes sont relayés sur les boucles sécurisées Telegram assimilées à l’ultragauche, sans toutefois être formellement revendiquées par l’un ou l’autre des collectifs extrémistes. Autre indice : les engins incendiaires utilisés pour dégrader les lignes ferrées embarquaient des bouteilles d’essence, un mode opératoire fréquemment utilisée par les militants des mouvances contestataires autonomes.
Sur le terrain, justement, les enquêteurs de la PJ et de la gendarmerie ont terminé leurs constatations sur les cinq sites visés par quatre sabotages et une tentative déjouée : à Courtalain (Eure-et-Loir), à Paris (entre la gare Montparnasse et Vanves), à Croisilles (Pas-de-Calais), dans la Meurthe-et-Moselle et la Meuse, entre Lamorville et Vandières, ainsi qu’à Vergigny (Yonne). Des prélèvements ont été effectués sur les différents matériaux abandonnés sur place, placés sous scellés, et envoyés pour analyse dans l’espoir d’y déceler des empreintes génétiques. En parallèle, les services d’enquête effectuent de laborieux recoupements des images de caméras de surveillance et des lignes téléphoniques passées à proximité des lieux de sabotage.
La crainte d’une complicité interne
Les investigations laissent clairement penser à une action bien préparée, organisée par une « même structure », dont le but était de couper Paris de ses principales lignes TGV et entraîner des retards et annulations de trains aux arrivées à la gare Montparnasse, gare du Nord et gare de l’Est. Selon une source sécuritaire, l’échec du sabotage à Vergigny, par des agents qui ont mis en fuite les suspects en pleine nuit, a permis de préserver la Gare de Lyon de toute perturbation. La connaissance fine du fonctionnement du réseau SNCF laisse par ailleurs craindre une fuite de données ou une complicité au sein de l’entreprise ferroviaire.
« Nous avons récupéré un certain nombre d’éléments qui nous permettent de penser qu’on saura assez rapidement qui est responsable de ce qui n’a manifestement pas saboté les Jeux olympiques, mais qui a saboté une partie des vacances des Français », a assuré, avec optimisme, le ministre démissionnaire de l’Intérieur, Gérald Darmanin, dans une interview à France 2 ce samedi. Si la piste de l’ultragauche se précise, la question de la surveillance de la mouvance par les services de renseignements se posera nécessairement, alors que les Jeux olympiques ont pu s’ouvrir sans incident de sécurité.
Attaque massive à la SNCF : Malgré la lettre de revendication, les enquêteurs restent très prudents sur les auteurs
20Minutes, 28 juillet 2024 (extrait)
C’est une étrange missive qu’ont reçue, samedi, plusieurs médias. Un mail revendiquant – ou plus précisément justifiant – les actes de sabotage massif dont a été victime la SNCF dans la nuit de jeudi à vendredi. « A ceux qui reprochent à ces actes de gâcher le séjour de touristes ou de perturber les départs en vacances, nous répondons que c’est si peu encore. Si peu comparé à cet événement auquel nous souhaitons participer et que nous appelons de tout cœur : la chute d’un monde qui repose sur l’exploitation et la domination », conclut la missive signée d’une « délégation inconnue ».
Mais ce mail d’une quinzaine de paragraphes, révélé par Le Parisien et que 20 Minutes a pu consulter, évoque également pêle-mêle, les JO – « une célébration du nationalisme – la « gestion policière des foules » mais aussi le « meurtre de Nahel » ou l’entreprise Total qui « poursuit le pillage et la spoliation ». Cette rhétorique, tout comme le mode opératoire de ces sabotages, évoque l’ultragauche mais les enquêteurs appellent à la plus grande prudence et se gardent bien de toute déduction hâtive.
« Le ton du mail, sa forme, le décalage entre les faits et le jour d’envoi nous interroge », précise une source proche du dossier. Aucun détail n’a par exemple été fourni sur les dégradations commises et le groupe signataire est inconnu des services de renseignement.
« On va s’appuyer sur des éléments probants pour l’enquête »
« C’est un élément de l’enquête, on ne l’écarte évidemment pas, mais on s’appuie en priorité sur des éléments probants », insiste une source au sein de la gendarmerie. En premier lieu, ceux issus des premières constatations et en cours d’analyse, notamment à l’IRCGN, le laboratoire scientifique la gendarmerie. Quelques heures à peine après les sabotages et avant même l’intervention des techniciens de la SNCF, de minutieuses opérations de police technique et scientifique ont été menées sur les cinq lieux visés. Les différents matériaux retrouvés sur place, mais également d’éventuels mégots ou tout élément susceptible de supporteur une trace ADN ou empreinte génétique ont été collectés.
Les investigations s’appuient également sur les auditions des témoins, l’analyse précise du mode opératoire, l’analyse de la vidéosurveillance et un minutieux travail autour de la téléphonie. Toutes les lignes bornant dans les zones de l’attaque sont analysées et recoupées dans l’espoir qu’un numéro se dégage. Quid alors de ce mystérieux mail ? S’il n’est pas considéré comme la « priorité n°1 », il fait l’objet d’une enquête cyber afin de remonter sa trace. L’e-mail a été envoyé à partir du domaine sécurisé « Riseup.net », se présentant comme « libertaire ». « Il faut analyser son authenticité, cela peut tout à fait être un courrier d’opportunité, un groupe qui veut s’appuyer sur ce qui s’est produit pour faire passer un message », renchérit cette source au sein de la gendarmerie.
De leur côté, les services de renseignement sont mobilisés pour tenter de cerner qui se cache derrière cette attaque coordonnée. Certains éléments plaident en faveur d’un groupe d’ultragauche, notamment la lettre et le mode opératoire. Mais la piste d’une ingérence étrangère est également passée au crible…
Le Parisien, dimanche 28 juillet 2024 (édition papier)
Ce matin c’est le 26 juillet, tout était fait pour que cette journée soit merdique : c’est la cérémonie d’ouverture des JOP, Paris est blindé de flics depuis des semaines, et en plus il fait froid.
On pensait que tout se passerait comme ils l’avaient prévu : c’était le début des deux semaines de l’enfer dans une ville complètement asseptisée, décorée entièrement de drapeaux et de caméra à surveillance algorithmique.
Mais voilà qu’une joyeuse nouvelle vient jeter une grosse tâche sur leur tableau tout blanc. Dans la nuit, 4 sabotages de lignes de TGV immobilisent entièrement les axes Nord, Est et Ouest de train, et si un est empêché, le réseau TGV est presque entièremeent paralysé. Des dizaines d’agents de maintenance, de sûreté et une cinquantaine de drones sont déployés au niveau des gares et des lignes ferroviaires, c’est la panique dans la tête de l’état sécuritaire.
Quelle douce sensation au réveil de voir toutes les lignes à l’arrêt alors que les touristes afflux vers Paris, le bordel dans les gares, les flux bloqués et les politicien.nes atterré.es : « jouer contre les jeux, c’est jouer contre la France, c’est jouer contre son camp, c’est jouer contre son pays. (olivia Grégoire)Même les socialistes s’insurgent : « c’est de la destabilisation, c’est du sabotage, c’est la remise en cause de l’image de la France » nous dit Patrick Kanner (Cimer les « camarades » du NFP. lol)
Les travaux vont durer jusqu’à lundi, bloquant 800 000 personnes et entrainant des perturbations jusqu’en Belgique et au Royaume-Uni avec l’Eurostar. Le pouvoir en profite pour sortir sa rengaine habituelle : ça empêcherait les honnêtes travailleurs de partir en vacances. Tous les ans c’est le même discours qu’iels utilisent pour unir les « familles » contre les révoltes et les protestations, condamnant les grêves et les blocages de lignes parce qu’ils gâchent la fête.
Nous on a envie d’applaudir ces actions qui pourrissent ces ambiances artificielles, pendant les JOP comme à Noël.Pour l’instant, on a pas accès au communiqué de revendication ou alors partiellement puisque les medias refusent de le diffuser entièrement,mais nous ça nous a bien fait kiffé de voir ces sabotages, on salue l’action en elle-même, les incendies et la coordination des camarades. Parce que c’est ça qu’on veut, « jouer contre la France », ébranler leur normalité et leurs fêtes pacifiées.
On espère que ça va motiver d’autres gens, comme nous, à refléchir à des actions comme celles-là, à s’organiser pour attaquer leur monde de merde.
Giochi Olimpici. La parola alla «delegazione inattesa»
Giochi Olimpici. La parola alla «delegazione inattesa»
Dopo gli stralci ricavati dalla stampa francese, pubblichiamo la traduzione della rivendicazione integrale (uscita sul blog «Reporterre») dei sabotaggi all’Alta Velocità in occasione dell’inaugurazione dei Giochi Olimpici a Parigi. La parola alla «delegazione inattesa».
La chiamano festa? Noi ci vediamo una celebrazione del nazionalismo, una gigantesca messa in scena dell’assoggettamento delle popolazioni da parte degli Stati.
Dietro un’atmosfera ludica e conviviale, i Giochi Olimpici offrono un campo di sperimentazione per la gestione poliziesca delle folle e il controllo generalizzato dei nostri movimenti.
Come ogni grande evento sportivo, sono ogni volta anche l’occasione per venerare i valori che fondano il mondo del potere e del denaro, della competizione generalizzata, del rendimento a tutti i costi, del sacrificio per l’interesse e la gloria nazionale.
L’ingiunzione di identificarsi con una comunità immaginaria e di sostenere il proprio presunto campo di appartenenza non è meno nefasta dell’inecentivo permanente a vedere la propria salvezza nella buona salute della propria economia nazionale e nel potere del proprio esercito nazionale.
Oggi c’è bisogno di dosi sempre maggiori di malafede e di negazione per non riuscire a vedere tutto l’orrore che la società dei consumi e la ricerca del cosiddetto “benessere occidentale” generano. La Francia vorrebbe fare di questa grande messa la vetrina delle sue eccellenze. Essa potràcullared’illusioni sul suo ruolo virtuoso solo coloro che hanno deciso di mettersi i paraocchi, e che vi si adattano. Madiamo loro il nostro più profondo disprezzo.L’influenza della Francia passa attraverso la produzione di armi, il cui volume di vendite la colloca come il secondo esportatore al mondo. Lo Stato è orgoglioso del suo complesso militare industriale e del suo arsenale “made in France”. Diffondere i mezzi del terrore, della morte e della devastazione in tutto il mondo per garantire la prosperità? Cocoricooo!
Senza offesa per gli ingenui che ancora credono alle favole democratiche, lo Stato francese usa la sua panoplia repressiva anche per affrontare la propria popolazione. Per sedare le rivolte dopo l’omicidio di Nahel da parte della polizia nel giugno 2023 o di recente per cercare di fermare la rivolta anticoloniale a Kanaky. Finché esisterà, lo Stato non smetterà mai di usarla per combattere coloro che sfidano la sua autorità.
Le attività delle imprese francesi nel mondo rendono sempre più manifeste le devastazioni sociali e ambientali che il sistema capitalista produce. Quelle necessarie a riprodurre l’attuale organizzazione sociale, e quelle inerenti al progresso scientifico e tecnologico. Progresso che percepisce la catena di catastrofi passate, presenti e future solo come un’opportunità per un balzo in avanti.
Total continua a saccheggiare e a spoliare nuove terre in cerca di petrolio e di gas di scisto (Africa orientale, Argentina, ecc.). Sotto la copertura della sua nuova etichetta verde, l’industria nucleare e l’esportazione del know-how francese in questo settore ci garantiscono, a più o meno breve termine, un pianeta irradiato, quindi letteralmente inabitabile. Nient’altro che un’altra crisi da gestire per i promotori dell’atomo. Loro che non possono fare a meno della cooperazione con lo Stato russo attraverso il colosso Rosatom e del sostegno del suo esercito per reprimere la rivolta nel 2022 in Kazakistan, importante paese fornitori di uranio. Questo materiale che alimenta i 58 reattori francesi.
E allora qual è il costo umano, sociale e ambientale che garantisce a qualche privilegiato di spostarsi velocemente e lontano in TGV? Infinitamente troppo. La ferrovia non è d’altronde un’infrastruttura banale. È sempre stato un mezzo per la colonizzazione di nuovi territori, un passo preliminareper la loro devastazione e un percorso ben tracciato per l’estensione del capitalismo e del controllo statale. Il cantiere della linea denominata “Tren Maya” in Messico, al quale collaborano Alstom e NGE, ne è un buon esempio.
E le batterie elettriche indispensabili alla pretesa “transizione energetica”? Parlatene, ad esempio, con i lavoratori della miniera di Bou-azeer e con gli abitanti delle oasi di questa regione marocchina che stanno subendo le consguenze della corsa all’ora del XXI secolo. Renault vi estrae i minerali necessari a fornire una coscienza pulita agli ecologisti delle metropli a scapito delle vite sacrifcate. Parlatene con i “popoli delle foreste” dell’isola di Halmahera, nel nord-est dell’Indonesia, con gli Hongana Manyawa che disperano di veder distrutta la foresta in cui vivono sull’altare della “transizione ecologica”. Lo Stato francese, attraverso la società Ermet, partecipa alla devastazione delle terre finora risparmiate. Allo stesso modo, non molla la Nuova Caledonia per continuare a strapparle il prezioso nichel.
Ci feremeremo qui nell’impossibile inventario delle attività mortali e predatorie proprie di ogni Stato e di ogni economia capitalista. Del resto, ciò non aiuterebbe a rompere con una vita insipida e deprimente, con una vita di sfruttamento, e a fronteggiare la violenza di Stati e leader religiosi, capifamiglia e pattuglie di polizia, patrioti e milizie padronali, così come quella di azionisti, imprenditori, ingegneri, progettisti e architetti della devastazione in corso. Per gran fortuna, l’arroganza del potere continua a scontrarsi con la rabbia degli oppressi/e ribelli. Di sommosse in insurrezione, durante le manifestazioni offensive, attrverso le lotte quotidiane e le resistenze sotterranee.
Che dunque oggi risuonino, attraverso il sabotaggio delle linee TGV che collegano Parigi ai quattro angoli della Francia, il grido “donna, vita, libertà” dall’Iran, le lotte degli amazzonici, i “fotti la francia” che provengono dall’Oceania, il desiderio di libertà che giunge dal Levante e dal Sudan, le battaglie che continuano dietro i muri delle prigioni e l’insubordinazione dei disertori del mondo intero.
A coloro che rimproverano a questi atti di rovinare il soggiorno dei turisti e di perturbare le partenze per le vacanze, rispondiamo che è ancora così poco. Così poco se paragonato a quell’evento al quale desideriamo partecipare e che auspichiamo con tutto il cuore: il crollo di un mondo basatosullo sfruttamento e sul dominio. Allora sì che avremo qualcosa da festeggiare.
Dans la nuit du 25 au 26 juillet destruction d’une antenne relais et d’un noeud de raccordement de fibre optique à Toulouse. L’action a été revendiqué le 26 juillet dans un communiqué signé par "Des mauvais joueurs" :
Game-Over à Gameville : « Dans la nuit du 25 au 26 juillet, à Saint Orens de Gameville, nous avons incendié une antenne relais, et un nœud de raccordement de fibre optique et taggué « No J.O. » sur la tour qui hébergeait les câbles.
Il n’y a pas de trêve olympique. Le mitraillage rhétorique du gouvernement sur l’apaisement par le sport, aux niveaux géopolitique comme parlementaire, s’accompagne du bombardement militaire de par le monde et d’une guerre contre les populations.
De quelle trêve, de quel apaisement parlons-nous ? Du déplacement des populations les plus marginalisées, de la présence policière accrue dans la capitale, du développement de la surveillance panoptique tous azimuts, à base d’implantations de nouvelles caméras de vidéosurveillance et de recours répressif à l’intelligence artificielle ?
Ou encore du transfert massif d’argent public vers le privé, une situation qui en 2004 avait ruiné la Grèce et précipité son naufrage dans la crise financière et l’austérité.
Quelle trêve, aussi, pour les prisonniers kanaks déportés dans les geôles françaises, et dont on refuse l’autonomie politique pour que nos compagnies minières puissent continuer à se gaver de nickel là-bas ? Il faut bien se garantir une place au soleil pour les nouveaux marchés de la voiture électrique et de la green tech.
C’est aussi pourquoi nous avons visé un nœud de raccordement de fibre optique, un maillon essentiel de la restructuration capitaliste et de la guerre technologique en cours.
Derrière la célébration des athlètes courant au coude à coude, s’accumulent les bombes de la guerre mondiale. Derrière chaque sourire sportif, une canine aiguisée, derrière chaque médaille, la misère et la ruine.
Les attaques ont déjà commencé à chanter contre ces festivités cyniques.
Au stade comme dans la vie, prenons le virage de la résistance. »
La même nuit plusieurs actions de sabotage coordonnées ont visé le réseau ferroviaire SNCF/TGV,
4 points sur les axes ferroviaires ont été ciblés :
Au Nord : Sur la ligne Paris-Lille c’est à Croisilles dans le Pas-de-Calais que la ligne a été stoppé. Un quart des Eurostar vers le Royaume-Uni, la Belgique et les Pays-Bas ont été supprimés le 26.
À l’Ouest : la ligne Atlantique, entre Paris et Le Mans, Nantes, Rennes, Tours ou encore Bordeaux a été ciblée au niveau de la commune de Courtalain dans l’Eure-et-Loir. Aucun train n’a pu circuler sur cette ligne dans les deux sens jusqu’au début d’après midi du 26.
À l’Est : La ligne Paris-Strasbourg a été touché au niveau de Pagny-sur-Moselle en Meurthe-et-Moselle.
Au Sud-Est : Une action a été déjoué par des cheminots au niveau de Verginy dans l’Yonne.
Le sabotage a été revendiqué par "Une délégation inattendue" dans un mail adressé à plusieurs journaux dans le monde, toutefois pour le moment on ne sait pas vraiment s’il s’agit d’une revendication ou d’une lettre de soutien :
« Ils appellent cela une fête ? Nous y voyons une célébration du nationalisme, une gigantesque mise en scène de l’assujettissement des populations par les États.
Sous des airs ludiques et conviviaux, les Jeux Olympiques offrent un champ d’expérimentation pour la gestion policière des foules et le contrôle généralisé de nos déplacements.
Comme tout grand évènement sportif, ils sont aussi à chaque fois l’occasion de vouer un culte aux valeurs qui fondent le monde du pouvoir et de l’argent, à la concurrence généralisée, à la performance à tout prix, au sacrifice pour l’intérêt et la gloire nationale.
L’injonction à s’identifier à une communauté imaginaire et à soutenir son supposé camp d’appartenance n’est pas moins néfaste que l’incitation permanente à voir son salut dans la bonne santé de son économie
nationale et dans la puissance de son armée nationale.
Il faut aujourd’hui des doses toujours plus grandes de mauvaise foi et de déni pour ne pas voir toute l’horreur que génère la société de consommation et la poursuite du prétendu « bien-être à l’occidental ». La France voudrait faire de cette grande messe la vitrine de son excellence. Elle ne pourra bercer d’illusions sur son rôle vertueux que ceux qui ont décider de se mettre des œillères, et qui s’en accommodent. Nous leur adressons notre mépris le plus profond.
Le rayonnement de la France passe par la production d’armes dont le volume de ventes la place deuxième exportateur mondial. L’État est fier de son complexe militaro-industriel et de son arsenal « made in France
». Répandre les moyens de la terreur, de la mort et de la dévastation à travers le monde pour assurer sa prospérité ? Cocoricooo !
N’en déplaise aux crédules qui croient encore aux fables démocratiques, l’État français emploie aussi sa panoplie répressive pour affronter sa propre population. Pour mater les émeutes après le meurtre de Nahel par la police en juin 2023 ou pour tenter d’arrêter le soulèvement anticoloniale en Kanaky récemment. Tant qu’il existera, l’État ne cessera de la mettre à l’oeuvre pour combattre ceux qui défient son autorité. Les activités des entreprises françaises à travers le monde rendent toujours plus manifeste les dévastations sociales et environnementales que produit le système capitaliste. Celles nécessaires pour reproduire l’organisation sociale actuelle, et celles inhérentes au progrès scientifique et technologique. Progrès qui ne perçoit l’enchaînement des catastrophes passées, présentes et à venir que comme l’occasion d’un bond en avant.
Total poursuit le pillage et la spoliation de nouvelles contrées en quête de pétrole et de gaz de schiste (Afrique de l’est, Argentine etc). Sous couvert de son nouveau label vert, l’industrie du nucléaire et
l’exportation du savoir-faire français en la matière nous assure, à plus ou moins brève échéance, une planète irradiée, donc littéralement inhabitable. Rien de plus qu’une crise de plus à gérer pour les promoteurs de l’atome. Eux qui ne peuvent se passer de leur coopération avec l’État russe à travers son géant Rosatom et de l’appui de son armée pour écraser le soulèvement au Kazakstan en 2022, important pays fournisseur d’uranium. Ce minerai qui fait tourner les 58 réacteurs de l’hexagone.
Alors, quel est le coût humain, social et environnemental pour que quelques privilégiés se déplacent vite et loin en TGV ? Infiniment trop Le chemin de fer n’est d’ailleurs pas une infrastructure anodine. Il a toujours été un moyen pour la colonisation de nouveaux territoires, un préalable à leur dévastation et une voie toute tracée pour l’extension du capitalisme et du contrôle étatique. Le chantier de la ligne appelée
« Tren maya » au Mexique, auquel collabore Alstom et NGE, en est une bonne illustration.
Et les batteries électriques indispensables à la prétendue « transition énergétique » ? Parlez-en, par exemple, aux travailleurs de la mine de Bou-azeer et des habitants des oasis de cette région marocaine qui font les frais de cette ruée vers l’or du XXIe siècle. Renault y extrait les minerais nécessaires pour donner bonne conscience aux écolos des métropoles sur le dos de vies sacrifiées. Parlez-en à ce « peuple de la forêt » de l’ile d’Halmahera au nord-est de l’Indonésie, aux Hongana Manyawa qui désespèrent de voir la forêt où ils vivent être détruite sur l’autel de la la « transition écologique ». L’État français, via la
société Eramet, participe au ravage de terres jusque là épargnées. De même, il ne veut pas lâcher le Caillou mélanésien pour continuer à y arracher le précieux nickel.
Nous nous arrêterons ici dans l’impossible inventaire des activités mortifères et prédatrices propre à tout État et à toute économie capitaliste. Cela ne serait d’ailleurs d’aucune aide pour rompre avec une vie fade et déprimante, avec une vie d’exploités, et pour affronter la violence des États et des chefs religieux, des chefs de famille et des patrouilles de police, des patriotes et des milices patronales, autant qu’à celle des actionnaires, des entrepreneurs, des ingénieurs, des planificateurs et des architectes du ravage en cours.
Fort heureusement l’arrogance du pouvoir continue de se heurter à la hargne des opprimé-e-s rebelles. D’émeutes en insurrection, lors de manifestations offensives et de soulèvements, à travers des luttes quotidiennes et des résistances souterraines.
Qu’en ce jour résonnent alors, à travers le sabotage des lignes TGV reliant Paris aux quatre coins de la France, les cris de « femme, vie, liberté » d’Iran, les luttes des amazoniens, les « nique la france » venant d’Océanie, les désirs de liberté qui nous parviennent du Levant et du Soudan, les combats qui continuent derrière les murs des prisons et l’insoumission des déserteurs du monde entier. A ceux qui reprochent à ces actes de gâcher le séjour de touristes ou de perturber les départs en vacances, nous répondons que c’est si peu encore. Si peu comparé à cet événement auquel nous souhaitons participer et que nous appelons de tout cœur : la chute d’un monde qui repose sur l’exploitation et la domination. Là oui, nous aurons quelque chose à fêter »
Dimanche, dans l’empressement de montrer leur puissance de réaction les forces de polices ont interpellé une personne se trouvant sur un site SNCF à Oissel en Seine-Maritime. L’individu apparemment "d’ultra gauche" avait en sa possession « des clés d’accès à des locaux techniques de la SNCF », des « pinces coupantes », un « jeu de clés universelles » et même de la littérature d’extrême gauche : l’ouvrage de Romain Huët « Le vertige de l’émeute » : de la Zad aux gilets jaunes ». Suspect idéal, il s’avère néanmoins que le militant n’a rien à voir avec cette affaire. Il était la pour des graff et sera jugé en novembre.
Enfin, dans la nuit du 28 au 29 juillet des réseaux de fibre optique de plusieurs opérateurs ont été sabotés dans six départements différents.
Des câbles ont été sectionnés dans des armoires électriques des opérateurs internet dans l’Hérault, les Bouches-du-Rhône, l’Oise, la Meuse, la Drôme et l’Aude.
Pour aller plus loin quelques articles plublié sur les sites du réseau Mutu :
We celebrated the 4th of July disabling Flock cameras in the hood where we live. On multiple occasion, neighbors watched without comment (or 911 call) as we climbed on each others' shoulders and smashed the cameras with hammers and bricks, cut their brackets with tin snips, or wrenched them off their poles with our bare hands.
Savannah PD is installing AI powered License Plate Readers to protect extractive industry, map our movements, and enforce gentrification. The manufacturer Flock claims LPRs solve 10 percent of crimes these days. It's hard enough to afford housing in Savannah; imagine being unable to access bail, then being forced to accept a plea deal… and oop that 10% statistic begins to look real predatory.
Six in total have gone down, which is one more than the bold actors in Atlanta reported in April 😉 Can other cities add to the total? Solidarity means attack!
Le 28 juillet, le canal Telegram Rospartisan a publié une série de reportages vidéo sur les actions menées par un groupe de guérilla autonome pendant l’hiver et le printemps de cette année. Des membres de ce groupe ont traqué et tabassé des personnes employées dans des postes clefs du bureaux d’études expérimentales « Mars », de Moscou, qui travaille avec le ministère de la Défense de Russie.
Sur internet, le bureaux d’études expérimentales « Mars » (filiale de Rosatom) préfère parler de technologies d’exploration spatiale. Cependant, avant même l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, Mars participait à des expositions organisées par le ministère de la Défense, à Kubinka (https://t.me/rospartizan/2567) et y montrait ses créations dans le domaine militaire. Et, depuis 2022, Mars s’est finalement plongé dans le travail au service de la machine de guerre du Kremlin.
Parmi les créations et les produits de Mars il y a :
– de l’équipement pour la constellation de satellites russes ;
– la modernisation et la production des systèmes de contrôle pour les étages supérieurs et les systèmes de contrôle embarqués des missiles de croisière Raduga ICB (les tristement célèbres missiles de la série X, qui sont actuellement utilisés par l’aviation de Poutine, pour le terrorisme aérien), dans le cadre de l’ordonnance de défense nationale ;
– des systèmes de contrôle pour les « drones atmosphériques multifonction » (il est clair de quels drones l’État russe a besoin en ce moment).
Les employés de Mars, ainsi que ceux de Raduga, Yelabuga et d’autres, sont les convoyeurs de mort du Kremlin. Ces personnes vivent sans problèmes à Moscou et reçoivent de bons salaires, pendant que les armes qu’ils ont créées causent la mort de civils en Ukraine.
C’est pourquoi les partisans ont décidé de punir :
– Kravchuk Sergei Valentinovich, directeur du bureaux d’études expérimentales « Mars » ;
– Sergey Anatolyevich Smirnov, chef du département de conception ;
– Ilya Viktorovich Saursky, chef du département de développement des systèmes d’exploitation embarqués ;
– Mikhail Yuryevich Kosinskiy, concepteur général adjoint, chef adjoint du département de développement des logiciels opérationnels ;
– Ilya Viktorovich Polosin, concepteur général adjoint
– Viktor Igorevich Sirotkin, ingénieur en chef adjoint.
Lipetsk
Dans la nuit du 16 juillet, l’entrepôt de l’organisation de bénévolat ZOV of Brave Hearts, situé au 10, rue Gorkogo, à Lipetsk, a été incendié. L’incendie est parti d’une fenêtre qui avait été brisée, puis s’est propagé aux filets de camouflage et à d’autres « aides humanitaires ». Les médias à la botte du pouvoir parlent de la décoration de la pièce qui a brûlé, mais les photos montrent que les murs de l’entrepôt sont recouverts de tôle et que le faux plafond est tout recouvert de suie, mais n’a pas brûlé. Apparemment, beaucoup d’« aides humanitaires », peut-être des filets de camouflage en tissu synthétique, ont bien brûlé. Il n’y a pas de photo d’ensemble de la partie la plus endommagée de l’entrepôt, ce qui confirme indirectement la gravité des dégâts.
ZOV of Brave Hearts est l’un des plus grands mouvements de volontaires militaires de Lipetsk. Comme toutes les autres organisations similaires, ils appellent « aide humanitaire » l’activité d’approvisionnement de l’armée d’invasion, y compris en matériel militaire.
Deux mois plus tôt, le « Vologda Shveybat » avait été attaqué de la même manière.
Perm
Le 16 juillet, « Résistance de la Russie libre » a publié une vidéo de l’attaque incendiaire menée contre plusieurs camions KamAZ-4310, avec des remorques SZAP-8357-02, en indiquant que la vidéo avait été tournée sur le terrain de l’aérodrome militaire Bolshoye Savino, à Perm.
Il est impossible de déterminer l’emplacement exact de l’action, à partir de la vidéo. Dans les médias à la botte du pouvoir ou dans d’autres sources, il n’y a aucune mention de ce fait.
[…]
Région de Samara
Le 25 juillet le canal Telegram Pravo sily a signalé que des partisans avaient incendié un hélicoptère, à l’aérodrome de Kryazh, dans la région de Samara. L’aérodrome était utilisé pour la formation des militaires à l’utilisation du parachute. Il est intéressant de noter que deux adolescents de 16 ans, originaires de la ville de Togliatti, ont été arrêtés le 19 avril pour avoir tenté de mettre le feu à un hélicoptère sur cet aérodrome. Selon les autorités, lors des interrogatoires, les jeunes guérilleros ont avoué avoir mené un certain nombre d’autres actions et avoir agi sur les instructions des services spéciaux ukrainiens. Il n’y a pas de rapports officiels à propos d’une attaque incendiaire réussie en juillet.
Est-ce un clin d’œil anonyme à la délégation inattendue qui avait mis en tilt une bonne partie du trafic ferroviaire hexagonal quelques heures avant la cérémonie d’ouverture des JO de Paris, ou un heureux hasard du calendrier ? Toujours est-il que quelques jours plus tard, la nuit de dimanche à lundi 29 juillet, un double sabotage a paralysé une partie des trains à grande vitesse allemands.
Le premier incendie volontaire s’est produit vers 4h du matin dans le quartier de Bürgerpark à Brême, cramant un puits de câbles le long de la voie ferrée. Quant au second incendie, qui a eu lieu la même nuit, il a touché les câbles d’une voie ferrée près de Hambourg, à 150 kilomètres de là. Conclusion pour les deux grandes villes industrieuses et commerçantes du Nord de l’Allemagne ? Les trains à grande vitesse ICE entre la région de Rhénanie du Nord-Westphalie et Hambourg n’ont pas pu atteindre la gare centrale de Brême, tandis que les trains longue distance du sud-ouest vers Hambourg ont également été déviés. Idem concernant l’opérateur ferroviaire régional metronom, dont les trains ont affiché des retards importants et des annulations partielles tout au long de la journée.
Les dégâts n’ont été réparés que lundi soir vers 19h, avec toujours des retards partiels. Et puisqu’il semble impératif de chaque côté du Rhin que rien ne vienne perturber le train-train d’un été olympique, c’est la Sécurité de l’État (Staatsschutz) qui a été chargée de l’enquête, afin de se concentrer sur les « motifs politiques » qui pourraient se trouver derrière ce double sabotage.
[Synthèse de la presse allemande (Norddeutscher Rundfunk), 31 juillet 2024]
Alors que la SNCF commence tout juste à se remettre du sabotage contre le réseau des trains à grande vitesse, les Jeux Olympiques de Paris 2024 ne semblent pas au bout de leurs peines, puisqu‘un nouveau « sabotage massif » s’est produit la nuit de dimanche à lundi 29 juillet, en frappant cette fois le réseau longue distance de la fibre optique à haut-débit (backbone).
Concrètement, entre 1h et 3h du matin, des autoroutes numériques de la fibre optique ont été volontairement coupées dans au moins dix départements (Ain, Aude, Ardèche, Drôme, Hérault, Bouches-du-Rhône, Oise, Marne, Meuse, Vaucluse), avec de vastes conséquences, puisque la section de ces câbles du réseau longue distance de l’opérateur d’infrastructure SFR a impacté de nombreux autres opérateurs telecoms. Parmi eux, on peut citer notamment Free, Bouygues, Orange (prestataire télécoms des JO de Paris 2024), TDF, OVH, SFR, Netalis, Axione mais aussi Vodafone,British telecom et Colt (opérateur britannique desservant 28 pays européens).
Mardi 30 juillet, l’estimation officielle était ainsi de 195 antennes-relais touchées par ces sabotages, et au moins 17 départements qui avaient éprouvé des problèmes, allant de la coupure internet à une latence plus élevée que d’habitude (dont l’Oise, les Bouches-du-Rhône, la Meuse, la Drôme, l’Aude, l’Hérault, la Seine-et-Marne, l’Essonne, l’Ain, l’Allier, la Vendée, l’Ardèche, la Loire, la Creuse et le Lot-et-Garonne). Et pour illustrer ce que signifie une latence élevée, soit un fort ralentissement de la connexion internet, un geek a publié sur un site spécialisé le trajet effectué par ses paquets de données : « Pour faire Lyon (réseau Orange) <> Roubaix (data center OVH), Les données font : Lyon → Marseille → Singapour → Canada → Londres → Roubaix »…
Ainsi, avec cette série d’attaques, c’est autant la circulation haut-débit de données internet par la fibre optique nationale et internationale, que la téléphonie mobile (avec des centaines d’antennes-relais reliées entre elles par la fibre) ou que le trafic vers les data centers qui sont fortement ralentis ou carrément interrompus, malgré tout le bla bla des spécialistes sur la redondance des réseaux.
Face à cette deuxième vague de sabotages coordonnés qui suit de près celle contre le réseau ferroviaire, la réaction de dépit gouvernemental s’est surtout faite entendre à travers la voix de Marina Ferrari, secrétaire d’Etat chargée du Numérique, qui a bien sûr dénoncé des « actes lâches et irresponsables », avant de préciser que « le Centre pour les communications électroniques de Défense (CCED) coopère avec les opérateurs jusqu’au rétablissement complet des communications et des services ». Mais la réaction qui était la plus attendue, à savoir celle de la Fédération Française des Télécoms, est arrivée peu après, en pointant directement le lien avec les J.O. : « Plusieurs coupures ont été constatées dans la nuit du 28 au 29 juillet sur des infrastructures majeures de communications électroniques. La concomitance de ces événements et les infrastructures ciblées pointent vers des actes de sabotage… la FFT condamne fermement ces cas de vandalisme qui affectent la vie des Français, au moment où le monde entier a les yeux tournés vers les Jeux Olympiques et Paralympiques. »
Sur le terrain, pour se faire une idée un peu précise de comment cela s’est passé de l’autre côté de la barricade, on peut par exemple se tourner vers Jacky Allamelou, responsable régional de la maintenance chez SFR, qui s’est rendu sur le lieu du sabotage dans l’Hérault : « J’ai été alerté à 4 h ce lundi matin. Le câble de la fibre optique a été sectionné très nettement dans quatre des cinq chambres du site. Les chambres sont, en fait, des regards bétonnés enfouis dans le sol et protégés par des plaques en fonte type plaques d’égout. Pour soulever les plaques, il faut des crochets. Et pour sectionner de tels câbles, une simple pince ne suffit pas ! Les câbles ont été sectionnés à ras, ce qui ne nous laisse pas de marge de manœuvre pour réparer rapidement… Nous avons quelque 400 câbles à souder. Pour la remise en conformité totale, on a six kilomètres de fibre à tirer, ça prendra davantage de temps » (Midi Libre, 29/7).
Pour effectuer les réparations, en particulier lorsque les câbles ont été sectionnés à ras, les techniciens des entreprises sous-traitantes (dans ce cas les inévitables Circet, Axians ou AB Telecoms) doivent en effet réinstaller des kilomètres de fibre optique, puis resouder les connexions une à une. Suite aux différents sabotages qui se sont produits entre 1h et 3h du matin, les opérateurs telecom ont d’abord dû localiser l’endroit exact des coupures (SFR compte 25 000 km de backbone sur tout le territoire), puis envoyer des techniciens sur place pour constater quelle en était la cause, puis attendre que la police scientifique effectue un maximum de relevés dans la matinée, et ils ont alors seulement pu commencer les réparations en question. SFR a ainsi annoncé le 29 juillet au soir qu’elles étaient achevées dans la Meuse et dans l’Oise, mais que ses prévisions n’étaient que de « vers 21 heures dans les Bouches-du-Rhône et vers minuit dans l’Hérault. » Quant à la Drôme et à l’Aude, ce ne sera pas avant mardi en raison des difficultés liées à la localisation des sabotages, soit plus de 24h de coupures effectives.
En faisant un petit tour de la presse régionale, voilà également un premier aperçu provisoire des lieux et des conséquences de ces sabotages simultanés :
Capestang (Hérault), 29 juillet : un des sabotages contre l’autoroute de la fibre optique, qui a particulièrement impacté les services de police, de gendarmerie et de justice du coinidem
Capestang (Hérault). En bordure du canal du Midi près du domaine de l’Ale, des inconnu.es ont saboté l’infrastructure de SFR, qui abrite ici beaucoup de connexions dédiées à des administrations publiques comme la gendarmerie, la police et la justice. De très nombreux câbles y ont été sectionnés dans les cinq chambres du site (soit des regards bétonnés enfouis dans le sol et protégés par des plaques en fonte), perturbant du même coup les connexions téléphoniques, de fibre et d’internet dans tout le secteur. Au total, la préfecture de l’Hérault recense « 8000 foyers, principalement autour de Béziers, ainsi que 91 entreprises ou administrations »touchées, tandis que Free (qui utilisait aussi cette infrastructure) recense des perturbations pour 27 antennes relais,« soit environ 34 000 clients dont l’accès au réseau mobile a été touché ». De plus, le tribunal de Béziers a été pendant une longue partie de la journée privé de téléphone fixe et d’internet, tandis que le site internet Vacaf (vacances liées aux allocations familiales), qui est géré pour l’ensemble du territoire national depuis un data center situé à Montpellier, n’a plus fonctionné jusqu’à 18h30, c’est-à-dire la réparation du backbone saboté à Capestang.
Contrisson (Meuse), 29 juillet : un des sabotages contre l’autoroute de la fibre optique, qui passe ici en rase campagne
idem
Contrisson (Meuse). Vers 2h du matin, « cinq câbles de fibre optique au niveau de quatre chambres (bouches d’égout) » ont été coupés dans le secteur de Revigny-sur-Ornain, près de Contrisson. « Les bouches n’étaient pas verrouillées ; les plaques d’égout ont ensuite été jetées dans la Meuse », précise le parquet de Bar-le-Duc, qui rajoute qu’ « un tag a été fait à la peinture orange directement sur le macadam ‘STOP CIGEO’, ‘KANAKS LIBRES’». Environ 40 000 personnes ont été privées de réseau pendant plusieurs heures.
Parmi les gros opérateurs touchés, se trouvent notamment 2 des 14 data centers du groupe Inherent, qui sont situés à Maxéville (54) : « Deux énormes pannes simultanées sur les réseaux entre Nancy et Paris, et Nancy et Lyon. L’une sur un réseau de 100 gigabits par seconde, cela n’arrive jamais. D’ordinaire, nous roulons sur une autoroute. Là, il y a un accident. Donc, on a fait passer nos clients par des nationales. Le trafic a donc été fortement ralenti, voire coupé pour certains. Les câbles ont été sectionnés par paquets. Pour les fournisseurs, cela prend du temps pour réparer ».
Béhancourt (Oise), 29 juillet : un des sabotages contre l’autoroute de la fibre optique, qui passe ici le long du canal du Nord
Sermaize (Oise). Dans ce département situé en lointaine périphérie de la capitale, les actes de sabotage ont été perpétrés à 0h50 du côté du hameau de Sermaize, entre les bleds de Catigny et Béhancourt, à un emplacement situé le long du canal du Nord, là où le réseau de fibre optique longue distance « dessert les départements de l’Oise et du Nord ».
Montélimar (Drôme). A cet endroit, sur lequel peu d’informations sont sorties, les câbles sabotés alimentaient notamment les antennes relais du réseau 4G reliant les villes entre elles. Cette section nocturne a ainsi impacté la téléphonie mobile des communes de Montboucher, Espeluche et Montélimar. Dans cette dernière, 16 antennes de téléphonie mobile ont été mises hors service. Le Rove (Bouches-du-Rhône), 29 juillet : un des sabotages contre l’autoroute de la fibre optique, qui passe ici dans les Calanques
idem
Entre Le Rove et l’Estaque (Bouches-du Rhône). Le parquet d’Aix-en-Provence évoque un « sectionnement de lignes enterrées dans une zone boisée » (sic) avec les câbles de deux chambres qui ont été sabotés, et annonce « des perturbations conséquentes pour les usagers ». Parmi les entreprises touchées, il y a par exemple le réseau internet de l’aéroport de Marseille-Marignane qui a été très ralenti jusqu’en fin de matinée, mais aussi de nombreuses entreprises ou commerces déconnectés jusque sur le Vieux-Port de Marseille, où une pharmacienne témoignait de son désarroi dans la presse locale : « Le téléphone, les ordinateurs et le terminal bancaire ne fonctionnaient pas. Forcément, quand tout est connecté, c’est embêtant. » (La Provence, 29/7)
De plus, l’opérateur Free, qui utilise aussi cette fibre longue distance, annonce avoir recensé de nombreux incidents sur le réseau de raccordement chez les particuliers avec plusieurs répartiteurs concernés, majoritairement autour de l’étang de Berre, à Port-de-Bouc, Martigues, Fos ou Istres.
Brens (Ain), 29 juillet : un des sabotages contre l’autoroute de la fibre optique, qui passe ici sur les rives d’un canal de dérivation du Rhône, en amont du barrage de la centrale hydroélectrique de Belley
idem
Montmerle-sur-Saône & Brens (Ain). Le premier site saboté dans l’Ain a été signalé dans un rapport d’incident de l’entreprise Inherent, basée à Maxéville (Lorraine), et qui possède 14 data centers. Sa surprise est venue vers 2h30 du matin, lorsque deux backbones différents ont été coupés en l’affectant durement : le premier a été saboté en Meuse (autoroute de la fibre Paris-Nancy) sur lequel on trouvera des détails plus haut, et le second a été saboté à 7 kilomètres de Montmerle-sur-Saône (Ain, sur l’autoroute de la fibre Nancy-Lyon), où « un câble a été complètement sectionné ». Ce n’est que vers 17h que les deux data centers nancéiens ont pu reprendre leur puissance normale.
Le second site saboté de l’Ain, situé à l’Est de Lyon, est sorti dans la presse locale le lendemain (Le Progrès, 30/7), en précisant qu’il a eu lieu sur les rives d’un canal de dérivation du Rhône, en amont du barrage de la centrale hydroélectrique de Belley, avec un câble de fibre optique SFR coupé sur une trentaine de centimètres. Tout le secteur de Culoz à Belley, en passant par Saint-Sorlin-en-Bugey et Brens a été affecté par cette coupure, avec des milliers d’usagers concernés. Pour la réparation, il faudra retirer des câbles sur plusieurs kilomètres, et cela prendra encore plusieurs jours.
Du côté de l’Etat, comme pour les sabotages du réseau TGV il y a trois jours, c’est le parquet de Paris qui s’est saisi de l’affaire à travers sa Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco). Il a ouvert une enquête pour « dégradations commises sur des dispositifs de relais de télécommunications » dans la nuit de dimanche à lundi, au titre de « détérioration de biens de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », « atteintes à un système de traitement automatisé de données en bande organisée » et « association de malfaiteurs en vue de commettre ces crimes et délits ». Les investigations ont été confiées à la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) de la police judiciaire et à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN).
Enfin, histoire de nous rafraîchir la mémoire, les journaflics ont tenu à nous rappeler qu’en avril 2022, une action coordonnée avait déjà frappé les réseaux de SFR et Free, en coupant l’accès aux autoroutes d’internet sur une bonne partie du territoire. Et pour conclure, après ces nouveaux sabotages contre des infrastructures critiques, c’est à présent « la piste de groupuscules anarchistes violents, liés à l’ultragauche [qui] est explorée en raison du mode opératoire et de la symbolique des cibles », selon un fidèle porte-parole des flics (Le Parisien, 29/7). Ou, dit encore autrement, « alors que les épreuves de Paris 2024 battent leur plein, les forces de l’ordre sont lancées dans un vrai marathon pour intercepter les fossoyeurs du rêve olympique » (Le Figaro, 30/7).
[Synthèse de la presse régionale et nationale, 30 juillet 2024]
Cette brochure parle de luttes contre les prisons, menées à la fois depuis l’extérieur des prisons via les actions de la George Jackson Brigade et depuis l’intérieur par un collectif de prisonnier·es, après que certain·es membres de la Brigade aient été enfermées. Ces luttes se situent aux États-Unis, dans les États du Washington et de l’Oregon, dans les années 70.
La (non-)conscience de l’individu et sa participation plus ou moins volontaire à la société sont le moteur de celle-ci. Les innombrables questions et doutes que quelqu’un se pose à soi-même, au cours de la vie, peuvent être écrasants, et il est difficile d’imaginer se détacher de la raison dominante. L’idéologie du citoyen empêche toute libération. S’éloigner des schémas prescrits par la société autoritaire peut être une question de volonté propre – mais est aussi toujours conditionné par des facteurs externes tels que l’expérience de l’individu d’être exploité, enrégimenté et battu sur sa propre peau. La rébellion contre l’autorité et l’humiliation peut sembler une conclusion logique en pensée et partout – mais ce n’est généralement pas le cas. Car tout système hiérarchique est tissé d’un noyau idéologique. Notre prétendue haute culture devrait être le sommet du développement économique, social, culturel, politique et même écologique. Dans la pratique, cependant, elle semble beaucoup plus susceptible de signifier la destruction de toute vie sur cette planète. Rien n’est plus responsable de la destruction de la terre que le capitalisme industriel, son idéologie du progrès et une humanité obsédée par le progrès dans toute sa complexité, avec tous ses besoins, désirs et illusions entremêlés. Nombre de ces rêves sont aujourd’hui en passe d’être réalisés grâce à la doctrine de la technologie et de la science. Mais sur le chemin d’une « perfection » douteuse, elle laissera une trace de dévastation à long terme. Déchets nucléaires, microplastiques, amiante, cancers et désastres écologiques en sont les conséquences. Le système industriel dominant produit quotidiennement la destruction de la terre et de la vie.
Dans cette méga-machine, il n’y a plus rien de local, tout est global – l’infrastructure et la croyance en l’avenir du système capitaliste tiennent le monde entier sous leur emprise et les structures du système industriel s’étendent à chaque seconde afin de coloniser toute vie sur la planète ainsi que nos corps et nos pensées. Les structures des réseaux de données et d’électricité, les voies de transport des marchandises et des matières premières, les réseaux logistiques, les métropoles, les usines, les prisons et les temples de la technologie sont les pierres angulaires et les veines du système qui transforme de plus en plus notre survie en somnambulisme dans des mondes numériques illusoires et maintient la réalité de l’oppression et de la colonisation sur cette planète prisonnière d’un jeu de guerres, d’états d’urgence et de catastrophes. Face à cela, il serait hostile à la vie d’alimenter la léthargie des exploités et des exclus pour créer de la culpabilité dans le sens de la politique dominante. Le système ne peut être amélioré, il doit être détruit. Sinon, il ne reste que diverses formes d’autoflagellation morale et d’hypocrisie (capitalisme vert, alimentation soi-disant biologique, etc.).
C’est pourquoi l’anarchie dont nous parlons place le problème de la destruction au centre : la destruction de tout ce qui nous empêche de vivre, qui nous restreint, qui fait obstacle à la liberté, qui nous est imposé, qui nous opprime, qui nous écrase, qui nous réduit, qui veut nous gouverner et nous gérer. La destruction et l’attaque des veines et des pierres angulaires du système dominant ne sont pas seulement de nature physique, mais visent également les relations sociales et les idéologies qui nous entourent. Ainsi, la critique des relations sociales arme nos esprits et la boîte à outils du sabotage arme nos mains – et dans un conflit dispersé, nous nous réunissons avec d’autres individus qui sont tout aussi déterminés à détruire ce qui fait obstacle à leur liberté. Cette constellation de luttes dispersées – parfois seules, parfois en petits groupes, parfois coordonnées ou avec beaucoup d’autres – souligne la nécessité de s’organiser, d’exprimer ses propres idées, de les examiner autant que ses propres relations, d’en discuter et de les mettre en relation avec ses propres perspectives. Car ce qui peut endommager le réseau omniprésent et fragile du système et provoquer des ruptures dans la réalité sociale de l’oppression, ce n’est ni un « contre-pouvoir » centralisé, ni un « débat public critique », ni le réformisme recouvert de rhétorique anarchiste. À l’inverse, de nombreux individus et groupes dispersés qui se rassemblent selon leurs propres désirs et hostilités pour oser des attaques destructrices sur les voies neuronales du système peuvent supprimer la léthargie et la pourriture de la servilité, multiplier les désordres sociaux et perturber la stabilité et la fonctionnalité de l’ordre.
Une proposition libératrice d’auto-responsabilité, de dépassement des relations coercitives, peut donc être le soulèvement violent contre ces relations, afin de proposer et de mettre en œuvre une expression sans ambiguïté d’action offensive contre le système existant.
Traduit depuis la version anglaise de Antisistema. Papier pour l’anarchie et la destruction passionnée, n°0, été 2023
« PHOBIE : aversion exagérée pour quelqu’un ou quelque chose. PHOBIE : aversion passionnée, angoissée et obsessionnelle, généralement de nature pathologique » Dictionnaire de l’Institut d’Estudis Catalans (DIEC).
SOMMES-NOUS DES TOURISMOPHOBES ?
OUI : nous avons une aversion passionnée pour le tourisme, pour ce qui le produit et tout ce qui l’entoure, mais nos phobies ne se limitent pas au tourisme et s’étendent à la plupart des domaines de notre vie, nous avons la phobie de l’autorité, de la police, du travail, des banques, des écoles, des parlementaires, de la Generalitat… Tout un système qui nous exploite et nous aliène, nous transformant en consommateurs.
NOUS SOMMES SYSTÈMOPHOBES !
Nous ne considérons pas le tourisme comme une oppression différente de celles que nous subissons, elle peut varier en degré mais c’est la même, elle n’a pas de barrières territoriales. Le tourisme transforme tout ce qu’il touche en marchandise. Pour nous, beaucoup de choses ne sont pas des marchandises (les paysages, les odeurs, l’environnement, la nature, les relations sociales…) jusqu’au jour où nous découvrons qu’une étiquette avec un prix leur a été attachée… c’est ce qui nous arrive avec l’expansion du tourisme.
LA TOURISTIFICATION EST UNE OPPRESSION DE PLUS, MAIS RIEN DE BIEN DIFFÉRENT DES AUTRES
Le tourisme est un marché limité qui touche une grande partie de la population de la planète et qui en croise d’autres comme le colonialisme, le consumérisme, le patriarcat… Il y a ceux qui voyagent pour leurs loisirs (environ 4 % de ceux qui franchissent les frontières) et une grande masse de migrants qui finissent souvent par travailler dans des secteurs de services (mal payés), y compris ceux liés au tourisme.
La touristification n’a pas seulement un impact sur certains pays et villes « développés » (Paris, Londres, Venise…), une grande partie de cet impact va vers les pays « exotiques », où il coexiste avec le « tourisme domestique » des élites locales, donnant lieu à un extractivisme environnemental et social qui appauvrit, précarise et acculture les destinataires. Ces élites locales des pays du Sud se rendent également dans le Nord, contribuant (à hauteur de plus de 15% en Catalogne) à l’appauvrissement des subalternes du Nord, dont beaucoup sont des immigrés du Sud.
En 2021, 13 millions de Catalans (sans doute beaucoup d’entre eux affectés négativement par le tourisme) ont voyagé en dehors de la Catalogne pour leurs loisirs, ce qui signifie que nous avons fait plus de deux voyages dans le reste de l’État ou à l’étranger… nous sommes devenus des touristes deux fois par an. Il n’y a pas d’alternatives personnelles (vertueuses) ou territoriales, il n’est possible de survivre à la touristification qu’en anéantissant tout ce qui nous opprime.
Le tourisme n’a pas que des effets économiques et sociaux, il a aussi pour fonction de perpétuer des rôles et des mécanismes de domination, la valeur de l’illusion d’exclusivité et d’être « d’une autre classe » et la décharge et l’amortissement des tensions ne doivent pas être sous-estimés. L’activité touristique, surtout la plus massive, a aussi un aspect disciplinant : les files d’attente et les humiliations aux frontières et l’effet répulsif de l’exercice d’un pouvoir (temporaire et honteux) sur les destinataires, qu’il s’agisse de travailleurs ou d’habitants du territoire visité.
ANGOISSÉ PAR LE TOURISME ?
C’est peut-être une pathologie ou une compulsion, mais nous détestons les rustines, c’est pourquoi nous ne croyons pas à la réduction du tourisme, tout comme nous ne croyons pas au tourisme de qualité ou au tourisme durable. Les patchs sont les mêmes, avec un embellissement un peu différent : quelle différence y a-t-il entre être serveuse pour des travailleurs allemands et travailler pour un cheikh du Golfe ?
Nous n’acceptons pas les propositions gradualistes, celles de la transition énergétique, celles de la décroissance… mais nous ne méprisons aucune forme d’action tant qu’elle est directe et sans intermédiaire, y compris le vandalisme.
Jusqu’à ce que nous cessions d’être des touristes, jusqu’à ce que nous cessions d’être des marchandises !
Jusqu’à l’abolition des Etats et du capitalisme.
CONTRE TOUT CE QUI NOUS OPPRIME, SOYONS SYSTÈMOPHOBES !
CONTRE L’EXPLOITATION DU TRAVAIL ET LA CONSOMMATION !
SOYONS TOURISMOPHOBES !
Barcelona, juillet 2024
TERRA I LLIBERTAT (anarquistes contra la devastació de la terra) devastacio@@@riseup.net https://malclima.blackblogs.org/
Quelques banderoles & tags anti-jo ont fleuri cette dernière semaine aux bords des canaux parisiens ou à proximité des périfs, on vous partage quelques clichés pris à la volée !
Canal de l’Ourcq : JO 2024 : 30 000 flics / 13 000 expulsé.es
Avenue Wilson : JO = « Fête populaire » / Festival sécuritaire
Canal de Pantin : 10 milliards = Budget JO / Pris sur nos retraites
Canal de Saint Denis : À bas les États, les flics et les JO !
Claim of sabotage of TGV lines a few hours before the opening ceremony of the Paris 2024 Olympic Games.
They call it a celebration? We see it as a celebration of nationalism, a gigantic staging of the subjugation of populations by states.
Underneath their friendly, playful guise, the Olympic Games provide a testing ground for police crowd management and the generalized control of our movements.
Like all major sporting events, they are also an opportunity to worship the values that underpin the world of power and money, generalized competition, performance at all costs, sacrifice for the sake of national interest and glory.
The call to identify with an imaginary community and to support the side to which one supposedly belongs is no less harmful than the permanent incitement to see one’s salvation in the health of one’s national economy and the strength of one’s national army.
Today, it takes ever greater doses of bad faith and denial not to see the full horror generated by consumer society and the pursuit of so-called “Western-style well-being”. France would like to make this great mass a showcase for its excellence. The only people who will be able to delude themselves about its virtuous role are those who have decided to put on blinkers, and who are content to put up with it. Our deepest contempt goes out to them.
France’s influence is based on its arms production, whose sales volume makes it the world’s second largest exporter. The French state is proud of its military-industrial complex and its “made in France” arsenal. Spreading the means of terror, death and devastation around the world to ensure its prosperity? Cock-a-doodle-doo!
To the displeasure of the gullible who still believe in democratic fables, the French state also employs its repressive panoply to confront its own population. Whether to quell the riots following the police murder of Nahel in June 2023, or to try and stop the anti-colonial uprising in Kanaky recently. As long as it exists, the state will never stop using it to combat those who challenge its authority.
The activities of French companies around the world make ever more obvious the social and environmental devastation wrought by the capitalist system. Those necessary to reproduce the current social organization, and those inherent in scientific and technological progress. Progress that sees the chain of past, present and future disasters only as an opportunity to leap forward.
TotalEnergies continues to plunder and despoil new regions in search of oil and shale gas (East Africa, Argentina, etc.). Under the guise of its new green label, the nuclear industry and the export of French know-how in the field ensure that, sooner or later, our planet will be irradiated and therefore literally uninhabitable. Nothing more than another crisis for the atom’s promoters to manage. They can’t do without cooperating with the Russian state through its giant Rosatom and the support of its army to crush the uprising in Kazakstan in 2022, a major supplier of uranium. The ore that powers France’s 58 reactors.
So, what is the human, social and environmental cost of a privileged few traveling fast and far by TGV? Infinitely too much. The railroad is not an insignificant infrastructure. It has always been a means of colonizing new territories, a prerequisite for their devastation, and a ready-made path for the extension of capitalism and state control. The Tren Maya line in Mexico, on which Alstom and NGE are collaborating, is a good illustration of this.
What about the electric batteries essential to the so-called “energy transition”? Talk to the workers at the Bou-azeer mine and the inhabitants of the oases in this Moroccan region, for example, who are paying the price for this 21st century gold rush. Renault extracts the minerals needed to ease the conscience of the ecologists in the metropolises, at the cost of sacrificed lives. Talk to the “forest people” on the island of Halmahera in northeast Indonesia, the Hongana Manyawa, who despair of seeing the forest where they live destroyed on the altar of “ecological transition”. The French state, via Eramet, is participating in the devastation of previously untouched land. Nor does it want to let go of the Melanesian rock in order to continue extracting the precious nickel.
We won’t go into the impossible inventory of the mortifying and predatory activities of every state and capitalist economy. It would be no help at all to break away from a dull and depressing life, a life of the exploited, and to confront the violence of states and religious leaders, family patriarchs and police patrols, patriots and employed militias, as well as that of shareholders, entrepreneurs, engineers, planners and architects of the ongoing devastation. Fortunately, the arrogance of those in power continues to clash with the anger of the rebellious oppressed. From riots to insurrection, in offensive demonstrations and uprisings, through daily struggles and underground resistance.
Let the sabotage of TGV lines linking Paris to the four corners of France, the cries of “femme, vie, liberté” (woman, life, freedom) from Iran, the struggles of the Amazonians, the “nique la france” (fuck France) from Oceania, the desire for freedom that reaches us from the Levant and Sudan, the battles that continue behind prison walls and the insubordination of deserters the world over, all resonate on this day.
To those who criticize these acts for spoiling the stay of tourists or disrupting vacation departures, we reply that it’s still so little. So little compared to the event in which we wish to participate and which we call with all our hearts: the fall of a world based on exploitation and domination. Then we’ll have something to celebrate.
Alors que la crise du logement fait rage, les habitant.es du quartier Hochelaga ripostent contre les propriétaires d’Airbnb. La ville est au service des propriétaires; les locataires choisissent l’autodéfense populaire.
Des citoyen.ne.s du quartier ont saboté les serrures d’une trentaine de Airbnbs. L’action visait ainsi à dénoncer la présence de ces Airbnb et à montrer à la ville et aux propriétaires que les locataires d’Hochelaga n’hésiteront pas à s’attaquer matériellement aux propriétaires qui volent leurs logements. Dans le quartier, ce serait 300 logements qui sont retirés du marché locatif en raison de la présence de Airbnb. Avec un taux d’inoccupation exceptionnellement bas, il est impossible de laisser passer ça.
Ainsi, ce sont des victimes des crimes commis par les propriétaires des Airbnbs et des allié.e.s qui ont décidé de montrer leur colère et de mettre en lumière les injustices perpétrées dans le quartier. Aucun Airbnb strictement légal (comme une personne qui loue son logement pendant qu’elle est en voyage) n’a été visé.
Les citoyen.ne.s ont notamment repris pour cible le Airbnb au 3650 rue Ontario, car celui-ci symbolise l’impunité des propriétaires qui pourrissent le parc locatif du quartier en créant toujours plus de Airbnb, alors que la province est plongée dans une terrible crise du logement. Les gens peinent à se loger et ces propriétaires véreux préfèrent se remplir les poches plutôt que de laisser cet immeuble au marché locatif. Nous ne doutons pas que les militant.e.s du quartier continueront de viser ce bâtiment jusqu’à ce qu’il revienne à la communauté.
Strawberry Stays! est l’une des compagnies les plus actives dans Hochelaga-Maisonneuve. Selon La Presse, la compagnie aurait 14 annonces à leur nom sur la plateforme Airbnb dans le quartier. Cette compagnie aurait fait du lobbying intensif et aurait même intenté une poursuite contre l’arrondissement pour empêcher la mise en place d’un nouveau règlement visant à interdire la location de courte durée dans une résidence secondaire en 2023. Cette compagnie est l’ennemie des locataires du quartier.
Against the Olympics, fire at the cell tower and fiber optics ES/ EL /IT Game-Over in Gameville IAATA, July 26, 2024
On the night of July 25 to 26, in Saint Orens de Gameville, we set fire to a cell tower and a fiber optic interconnect node, and tagged “No J.O.” on the tower housing the cables.
There is no Olympic truce. The government’s rhetorical bombardment of appeasement through sport, at both geopolitical and parliamentary levels, is accompanied by military bombardment around the world and a war against populations.
What kind of truce, what kind of appeasement are we talking about? The displacement of the most marginalized populations, the increased police presence in the capital, the development of panoptic surveillance in all directions, based on the installation of new video surveillance cameras and the repressive use of artificial intelligence?
Or the massive transfer of public money to the private sector, a situation which in 2004 ruined Greece and plunged it into financial crisis and austerity.
What kind of truce, too, for the Kanak prisoners deported to French jails, who are denied political autonomy so that our mining companies can continue to gorge themselves on nickel there? We need to secure a place in the sun for the new electric car and green tech markets.
That’s also why we’ve set our sights on a fiber-optic interconnect node, an essential link in the ongoing capitalist restructuring and technological war.
Behind the celebration of athletes running shoulder to shoulder, the bombs of world war are piling up. Behind every sporting smile, a fanged canine; behind every medal, misery and ruin.
The attacks have already started singing against these cynical festivities.
At the stadium as in life, let’s make a move toward resistance.
Some bad sports
Haute-Garonne: a cell tower set on fire to protest against the Olympics, an investigation opened
Le Parisien, July 28, 2024
It’s likely to be an anti-Olympic act. A cell tower was set on fire in Saint-Orens-de-Gameville, near Toulouse (Haute-Garonne), at around 4 a.m. on Thursday night, the Toulouse public prosecutor’s office told Le Parisien on Sunday, confirming a report by La Dépêche. “No JO” was spray-painted on the antenna.
The act was claimed on Friday by an ultra-left group. « There is no Olympic truce. », the group writes in a text published on various anarchist sites. For them, the local technique and the « fiber optic interconnect node » targeted are « an essential link in the ongoing capitalist restructuring and technological war ». « Behind the celebration of athletes running shoulder to shoulder, the bombs of world war are piling up. Behind every sporting smile, a fanged canine; behind every medal, misery and ruin. », launches this small group.
Firefighters were on the scene very quickly, at around 4am. According to La Dépêche, ten firefighters and three vehicles were on the scene, taking two hours to extinguish the blaze. As a result, the telephone network was damaged. According to Orange, quoted by La Dépêche, some 5,000 people were affected, all operators included. “In addition, a deterioration in mobile services can be observed in the same area. Orange teams are mobilized and doing their utmost to return to normal as quickly as possible”, the operator told the local newspaper on Saturday.
This act occurred on the same night as the sabotage of several high-speed train lines. During the night of Thursday to Friday, fiber-optic cables running close to the tracks and guaranteeing the transmission of safety information for drivers (red lights, switches…) were cut and set on fire in various strategic signal boxes at Courtalain (LGV Atlantique), Croisilles (LGV Nord) and Pagny-Sur-Moselle (LGV Est). Traffic is expected to return to normal on Monday.
Les drones militaires bourdonnent parmi les étoiles et les nuages. Un soldat, des milliers des kilomètres au loin, cherche des cibles à tuer, les émotions bien éloignées des vies qu’il prend. Une apathie grandissante face à la brutalité du présent et la propagande d’état qui s’invoque d’elle-même sur nos écrans. L’eau et la terre sont des marchandises de plus en plus convoitées. Comme les caverneuses fosses des mines de charbon, nous sommes vidé·es et évidé·es afin de maintenir la culture de la vacuité du capitalisme. L’empathie, l’attention aux autres et l’amour qui maintiennent nos communautés soudées subissent les attaques d’un mode de vie individualisé où chacun·e ne fait attention qu’à soi.
Qu’est qui a changé depuis l’année dernière au moment où nous posions les yeux sur ce texte ?
Une surveillance accrue, un renforcement de la répression et de la criminalisation des communications chiffrées, les flammes de la guerre et du génocide, la continuation de la profanation de la Terre. Le monde regarde avec un mélange d’horreur et d’apathie tandis que le nombre de morts augmente à Gaza et que l’invasion de l’Ukraine entre dans sa 3e année. Près de 10 000 prisonnier·es palestiniens sont attaché·es à des lits, torturés et battu·es à mort, retenus en otages dans des conditions brutales dans les prisons israéliennes. Au Soudan, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et des millions de déplacé·es font face à une famine extrême tandis que la guerre civile atteint son 16e mois. En Birmanie, la réussie résistante militante au coup d’état militaire est en train d’être transformé par l’armée en une guerre civil avec de nombreuses vicitimes civiles tandis que les troupes du régime ont de plus en plus recourt à une stratégie de terre brûlée.
Pour ceux d’entre nous qui vivent sous la fragile « paix » néo-libérale, il est attendu que nous prenions des positions politiques vide de sentiment humain ou d’actions concrètes. Comment briser le voile artificiel construit pour faire apparaître les « zones de guerre » dans un monde au loin, quand les cargaisons d’armes et la toile des diasporas racontent une autre histoire ? Comment reprendre notre humanité et notre agentivité, comprendre l’urgence et donner de l’espace pour ressentir, faire le deuil et agir, se tenir debout, main dans la main contre cette monstruosité ? Et comment maintenir le tissu d’une résistance qui défie les cycles de l’actualité et la politique des états-nations, reconnaît les combats pour la survie et la libération contre les colonisations en cours et l’extractivisme, qui ont lieu dans le monde entier en dehors des projecteurs médiatiques ?
Qu’est qui doit être fait ? Nous tâtonnons avec ces questions. L’empathie et la solidarité sont les meilleurs remèdes contre les réalités actuelles auxquelles nous faisons face. L’empathie et la solidarité sont ce pourquoi nous sommes-là – nos cœurs enlaçant ces mots. Nous choisissons de partager le poids du chagrin et de marcher vers l’action dans le tissu de résistance qui a été cousu à travers les âges sur cette terre. N’est pas notre aspiration vers les forces de l’attention, de la création et de la destruction qui nous réunit autour de nos feux ? N’est ce pas parce que nous voulons comprendre et accueillir la douleur de chacun·e et rechercher la liberté en-dehors de l’oppression que nous montrons notre solidarité avec les compas qui subissent le poids de la répression ?
Il y a trop d’atrocités, trop de beaux esprits pris à ce monde pour porter le deuil pour chaquin. Parmi le carnage vivent les esprits de ceux qui résistent contre cet ordre hégémonique, contre les rouleaux compresseurs du génocide et du colonialisme. C’est elleux qui, tout au long de cette année, ont choisis de ne pas ignorer les forces qui s’attaquent à la vie libre. De nombreux·ses ont choisi de recevoir ses forces les poings serrés, un sourire d’une joue à l’autre. Je suis certain·e que vous partagez cela aussi, peut-être pas souriant·e, mais nous y sommes à nouveau. Avec le temps, avec la force et la patience, nous étendons nos constellations, nous renforçons et tissons de nouveaux réseaux, suivant les cycles de la terre, nous changeons, grandissons et apprenons.
Avec force nous lançons cet appel à l’action pour une semaine de solidarité avec les prisonnier·es anarchistes. Que nos mots ne meurent pas dans nos bouches, mais que nos idées et actions se réalisent.
Organisons des événements de solidarité, des projections de films, des lâchers de bannières, des cercles de discussions, des sabotages, des émissions de radio, de l’écriture de lettres… Soyons créatifs !
Souvenons-nous de celleux qui se sont battus contre l’injustice et l’ont payés avec leurs vies. Ne laissons pas nos compas en prison être oublié·es et montrons-leur la chaleur de la solidarité ! Personne n’est libre tant que tout le monde n’est pas libre !
Envoyez nous vos évènements et actions à tillallarefree@riseup.net.
Les drones militaires bourdonnent parmi les étoiles et les nuages. Un soldat, des milliers des kilomètres au loin, cherche des cibles à tuer, les émotions bien éloignées des vies qu’il prend. Une apathie grandissante face à la brutalité du présent et la propagande d’état qui s’invoque d’elle-même sur nos écrans. L’eau et la terre sont des marchandises de plus en plus convoitées. Comme les caverneuses fosses des mines de charbon, nous sommes vidé·es et évidé·es afin de maintenir la culture de la vacuité du capitalisme. L’empathie, l’attention aux autres et l’amour qui maintiennent nos communautés soudées subissent les attaques d’un mode de vie individualisé où chacun·e ne fait attention qu’à soi.
Qu’est qui a changé depuis l’année dernière au moment où nous posions les yeux sur ce texte ?
Une surveillance accrue, un renforcement de la répression et de la criminalisation des communications chiffrées, les flammes de la guerre et du génocide, la continuation de la profanation de la Terre. Le monde regarde avec un mélange d’horreur et d’apathie tandis que le nombre de morts augmente à Gaza et que l’invasion de l’Ukraine entre dans sa 3e année. Près de 10 000 prisonnier·es palestiniens sont attaché·es à des lits, torturés et battu·es à mort, retenus en otages dans des conditions brutales dans les prisons israéliennes. Au Soudan, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et des millions de déplacé·es font face à une famine extrême tandis que la guerre civile atteint son 16e mois. En Birmanie, la réussie résistante militante au coup d’état militaire est en train d’être transformé par l’armée en une guerre civil avec de nombreuses vicitimes civiles tandis que les troupes du régime ont de plus en plus recourt à une stratégie de terre brûlée.
Pour ceux d’entre nous qui vivent sous la fragile « paix » néo-libérale, il est attendu que nous prenions des positions politiques vide de sentiment humain ou d’actions concrètes. Comment briser le voile artificiel construit pour faire apparaître les « zones de guerre » dans un monde au loin, quand les cargaisons d’armes et la toile des diasporas racontent une autre histoire ? Comment reprendre notre humanité et notre agentivité, comprendre l’urgence et donner de l’espace pour ressentir, faire le deuil et agir, se tenir debout, main dans la main contre cette monstruosité ? Et comment maintenir le tissu d’une résistance qui défie les cycles de l’actualité et la politique des états-nations, reconnaît les combats pour la survie et la libération contre les colonisations en cours et l’extractivisme, qui ont lieu dans le monde entier en dehors des projecteurs médiatiques ?
Qu’est qui doit être fait ? Nous tâtonnons avec ces questions. L’empathie et la solidarité sont les meilleurs remèdes contre les réalités actuelles auxquelles nous faisons face. L’empathie et la solidarité sont ce pourquoi nous sommes-là – nos cœurs enlaçant ces mots. Nous choisissons de partager le poids du chagrin et de marcher vers l’action dans le tissu de résistance qui a été cousu à travers les âges sur cette terre. N’est pas notre aspiration vers les forces de l’attention, de la création et de la destruction qui nous réunit autour de nos feux ? N’est ce pas parce que nous voulons comprendre et accueillir la douleur de chacun·e et rechercher la liberté en-dehors de l’oppression que nous montrons notre solidarité avec les compas qui subissent le poids de la répression ?
Il y a trop d’atrocités, trop de beaux esprits pris à ce monde pour porter le deuil pour chaquin. Parmi le carnage vivent les esprits de ceux qui résistent contre cet ordre hégémonique, contre les rouleaux compresseurs du génocide et du colonialisme. C’est elleux qui, tout au long de cette année, ont choisis de ne pas ignorer les forces qui s’attaquent à la vie libre. De nombreux·ses ont choisi de recevoir ses forces les poings serrés, un sourire d’une joue à l’autre. Je suis certain·e que vous partagez cela aussi, peut-être pas souriant·e, mais nous y sommes à nouveau. Avec le temps, avec la force et la patience, nous étendons nos constellations, nous renforçons et tissons de nouveaux réseaux, suivant les cycles de la terre, nous changeons, grandissons et apprenons.
Avec force nous lançons cet appel à l’action pour une semaine de solidarité avec les prisonnier·es anarchistes. Que nos mots ne meurent pas dans nos bouches, mais que nos idées et actions se réalisent.
Organisons des événements de solidarité, des projections de films, des lâchers de bannières, des cercles de discussions, des sabotages, des émissions de radio, de l’écriture de lettres… Soyons créatifs !
Souvenons-nous de celleux qui se sont battus contre l’injustice et l’ont payés avec leurs vies. Ne laissons pas nos compas en prison être oublié·es et montrons-leur la chaleur de la solidarité ! Personne n’est libre tant que tout le monde n’est pas libre !
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Rivolta nel carcere minorile di Torino, sventata un’evasione di massa. 10 agenti intossicati e 12 detenuti in ospedale. Disordini anche alle Vallette
di Sarah Martinenghi
La situazione davanti al carcere minorile Ferrante Aporti di Torino
Al Ferrante Aporti in 52 hanno iniziato una protesta con bastoni e hanno appiccato un incendio. Le forze dell’ordine in cerca di eventuali fuggitivi nella zona. Risse, roghi e agenti aggrediti anche al Lorusso-Cutugno e nel carcere di Alessandria
Aggiornato 3 minuti di lettura
I detenuti che urlano, poi le sirene spiegate della polizia, che blocca tutte le strade attorno al carcere minorile Ferrante Aporti di Torino. E’ la scena alla quale hanno assistito alle 21 di giovedì 1 agosto gli abitanti del quartiere Mirafiori. A scatenare il caos sarebbero stati circa cinquanta detenuti, che hanno iniziato una rivolta usando bastoni e appiccando un incendio nel primo padiglione della struttura. Durante la sommossa sono stati distrutti alcuni uffici, compreso quello del comandante della polizia penitenziaria e la sala regia. Spaccate anche porte e vetrate. Dieci agenti intossicati. E all’alba 12 detenuti del Ferrante sono stati portati in ospedale per essere visitati
Sembra che l’obiettivo della rivolta fosse un’evasione di massa, che però è stata sventata. Per far fronte all’emergenza gli agenti della penitenziaria sono stati richiamati in forze. I rivoltosi hanno tentato di fuggire verso il campo sportivo. Dopo la sommossa sono stati confinati nella palestra della struttura.
Le forze dell’ordine hanno bloccato le strade attorno al carcere e hanno perlustrato la zona in cerca di possibili evasi. “La polizia con le torce sta perlustrando gli impianti sportivi della Sisport e sta presidiando la zona”, racconta un residente. Sul posto presenti anche numerosi vigili del fuoco.
Al momento il Ferrante Aporti ospita 52 giovani detenuti ma la sua capienza è di 42 posti.
Disordini anche al carcere delle Vallette
In giornata si sono verificati disordini anche al Lorusso-Cutugno, il carcere per i detenuti adulti nel quartiere delle Vallette. Alle 13 un detenuto si è barricato nel padiglione B con spranghe e minacciava di non far entrare entrare gli agenti della penitenziaria, che lo hanno convinto e spostato di reparto. Alle 18 sempre nella stessa area della casa circondariale c’è stata una rissa tra detenuti e una lametta è stata puntata alla gola di una guardia. In carcere sono stati dati alle fiamme dei materassi: sono rimasti lievemente intossicati due detenuti e due agenti. Durante la sommossa sono stati anche sfondati alcuni cancelli della terza sezione. Al padiglione B, che è il fulcro della protesta, ci sono oltre 400 detenuti. In totale il carcere ospita 1400 persone.
Quattro agenti intossicati e 2 feriti.
La garante dei detenuti Gallo: “I disordini continueranno”
"Se il governo non mette immediatamente in atto misure per diminuire i numeri in entrambi gli istituti di Torino, temo che i disordini continuino. Le presenze sono troppe e il vuoto dell'estate non aiuta”, commenta la garante dei detenuti di Torino, Monica Gallo.
La vicesindaca Favaro: “Il governo investa”
La vicesindaca con delega ai Rapporti col sistema carcerario Michela Favaro dichiara: “Osserviamo con attenzione e preoccupazione l’evolversi della situazione. Proprio questa mattina sono stata in visita alla struttura con il presidente della commissione Legalità del Consiglio comunale Luca Pidello e la Garante dei detenuti Monica Gallo per incontrare il direttore e valutare insieme possibili iniziative per affrontare i problemi che la affliggono. Episodi come questo accendono ancora di più la riflessione su come sia necessario occuparsi del problema e in fretta, a livello nazionale, investendo sull’edilizia carceraria per alleggerire le situazioni di sovraffollamento ma soprattutto nell’educazione e il reinserimento delle persone e dei minori in modo particolare”.
La rabbia dell’Osapp: “Aspettiamo il morto?”
Gerardo Romano: “Il nostro grido è rimasto inascoltato e questi sono i risultati. Il prezzo più alto lo pagano sempre la polizia penitenziaria e i cittadini che poi devono sostenere costi dei danni che in entrambi i casi sono ingentissimi, pari a centinaia di migliaia di euro. Nel carcere minorile lo scenario è di guerra. Invitiamo tutti i politici, dal presidente della Regione al sindaco di Torino, a fare visita alle due carceri nella giornata odierna affinché possano rendersi conto de visu dell'accaduto e possano portare la loro solidarietà agli agenti"
Aggiunge Leo Beneduci, segretario generale Osapp: "Le carceri italiane sono del tutto ingovernabili ed è solo per fortuna e per miracolo che a Torino non si siano verificati gravi conseguenze È ora che ci si renda conto che il governo può varare qualsiasi misura, qualsiasi riforma, qualsiasi legge ma poi non esiste un'amministrazione, per adulti e per minori, in grado di attuarle perché non vi sono ai vertici figure con le opportune e necessarie capacità e conseguenze. L'ultima disposizione emanata dagli uffici dell'amministrazione penitenziaria, a fronte delle gravissime emergenze che si stanno verificando, riguarda la necessità di rinforzare i servizi notturni come se esistesse una fotocopiatrice in grado di moltiplicare la presenza del personale, cosa che non è. È ora che il governo si renda conto che occorre mettere a capo delle amministrazioni penitenziarie figure di opportuna competenza e capacità. Quello che sta succedendo in carcere alla fine determina una situazione di reale svantaggio di tutti i cittadini, tenuto conto che sempre più spesso si sta verificando che allo scopo di contenere le devastazioni si stanno utilizzando forze di polizia e perfino vigili del fuoco che dovrebbero invece permanere sul territorio per le esigenze che la collettività chiede. Sono centinaia di migliaia di euro spesi per una situazione di ingovernabilità. La sicurezza delle carceri è sicurezza di tutti".
Rivolta anche nel carcere di Alessandria
In serata, i detenuti di due sezioni della Casa di Reclusione di Alessandria San Michele, in tutto una cinquantina, sembra per protestare contro il sovraffollamento reso ancora meno sopportabile dalle temperature roventi delle ultime settimane, si sono rifiutati di rientrare nelle celle e hanno inscenato atti di vandalismo contro la struttura, aggredendo anche un sovrintendente della Polizia penitenziaria che è dovuto ricorrere alle cure del pronto soccorso. Richiamati agenti liberi dal servizio. “Dopo una lunga e sapiente mediazione sono stati ricondotti alla calma e sono rientrati nelle rispettive camere", racconta Gennarino De Fazio, Segretario Generale della Uilpa.
La nuit du 5 au 6 juillet 2024 la vitrine du squat d’activité l’impasse, à toulouse dans le quartier de bonnefoy, a été brisée a coups de marteaux.
Pas de signatures, juste une large giclée de sang de droite a gauche. Le rideau de fer derrière a bien tenu le coup, il n’y a eu qu’un-e blessé.e : l’attaquant.e.
Dès le lendemain on a nettoyé la rue, fini de faire tomber le verre, et renforcé le rideau. Certain-es voisin-es ont spontanément manifesté leur solidarité, on a discuté avec d’autres dans les jours qui ont suivis, plus ou moins choqué-es, passif-ves, ou hostiles. On s’est bien aérer avec cette nouvelle ouverture ce jour de grand soleil, c’était plutôt agréable dans l’atmosphère brune du moment.
Dans les semaines qui ont suivi on a reçu une petite lettre de faf puis des tags sur la façade, avec des croix celtiques, croix gammées...
Il semblerais que la montée continue des idées fascistes est vécue comme une phase libératoire par certain-es.
On s’en inquiète, pour pas mal de monde et pas uniquement pour nous. On sait aussi que notre existence même, comme interstice dans la ville, qui refuse un monde et cherche a s’organiser pour mieux l’attaquer, sera toujours une cible a détruire, à la reforme ou au marteau.
Sauf qu’on est la et qu’on a pas prévu de partir, avec ou sans vitrine. Des activités collectives ont eu lieu depuis et ça continue. On restera un espace d’organisation, notamment contre les fascistes et leurs idées, et aussi contre un tas d’autres trucs !
[La nuit de dimanche à lundi 29 juillet, un double sabotage de câbles le long des voies ferrées à Brême et à Hambourg a paralysé une partie des trains à grande vitesse allemands. Une attaque dont nous avions déjà rendu compte ici, à laquelle il faut désormais ajouter un autre sabotage identique à Berlin la nuit de jeudi à vendredi 1er août vers 3h, dans le quartier de Charlottenbourg. Selon la compagnie ferroviaire allemande, la Deutsche Bahn, plusieurs aiguillages et signaux sont hors-service entre la gare centrale de Berlin et Berlin-Spandau suite à l’incendie volontaire de plusieurs mètres de câbles sur un pont, provoquant des centaines d’annulations et retards de trains tant régionaux qu’à grande vitesse, qui vont durer au moins tout le week-end. Le 2 août, un communiqué a été publié sur de.indymedia revendiquant les attaques contre le réseau ferroviaire à Brême, Hambourg et Berlin, dont nous livrons ici une traduction de l’allemand, et qui salue en passant la délégation inattendue et les saboteureuses qui ont successivement allumé la flamme olympique dans les regards de câbles de la SNCF puis dans ceux du réseau internet et des antennes-relais…]
Attaquer l’infrastructure de la Deutsche Bahn – saboter la guerre et le colonialisme
Cette semaine, des attaques incendiaires contre l’infrastructure de la Deutsche Bahn [DB, SNCF allemande] ont eu lieu à Brême, Hambourg et Berlin. Les pannes provoquées par ces attaques permettront, souhaitons-le, de créer des interruptions efficaces dans la routine capitaliste. Le groupe ferroviaire public constitue, comme aucune autre entreprise, la colonne vertébrale et les artères vitales de l’économie allemande, en lui fournissant le carburant qui l’alimente et la fait tourner : chaque jour, des tonnes de matières premières pillées dans le monde entier sont acheminées par rail via sa filière fret, DB Cargo, vers les ateliers et usines des grandes industries de l’acier, de la chimie ou de l’automobile, pour satisfaire l’appétit insatiable en biens de consommation et en matériaux de construction de cette société.
En même temps, nous sommes au milieu d’un vaste processus de transformation, de l’ère des énergies fossiles vers un monde hautement technologisé et électrifié, que le gouvernement fédéral nous vend sous le terme trompeur de « transition énergétique ». La logistique de la Deutsche Bahn joue un rôle-clé dans ce processus. Elle développe par exemple actuellement des solutions de transport pour les batteries à hydrogène et au lithium afin de stimuler le développement d’une économie « verte » en Allemagne, et de rendre le pays attractif pour les entreprises qui souhaitent s’implanter et investir dans de nouvelles technologies. La gigafactory de Tesla à Berlin-Grünheide est sans doute l’exemple le plus connu et le plus controversé à ce jour de cette folie mensongère. Cela va de pair avec l’émergence et l’expansion de projets extractivistes et de nouvelles voies de transport, afin de convoyer les ressources convoitées et disputées telles que le cobalt, le lithium, le nickel, le cuivre ou le silicium, indispensables aux technologies prétendument durables, des mines vers les usines de traitement et les sites de production. Alors que la politique et l’industrie en espèrent de nouveaux marchés et des affaires lucratives, cette évolution signifie surtout une chose pour la planète : la progression vers sa destruction généralisée. Désormais, avec son label vert et au nom de la protection du climat, Deutsche Bahn est à l’avant-garde de ce mouvement.
Quand les trains s’arrêtent, les processus finement programmés de ce système d’exploitation et de destruction sont interrompus et ralentis.
Mais la Deutsche Bahn est bien plus qu’une entreprise civile qui se contente de transporter des marchandises et de la main d’œuvre d’un point A à un point B. Le réseau ferroviaire de DB est aussi un élément central de l’infrastructure militaire utilisé par l’armée allemande (Bundeswehr) et par l’OTAN pour déplacer leurs troupes. Avec les autoroutes, il constitue l’infrastructure de base pour le transport d’armements comme les chars ou des équipements militaires lourds vers le monde entier et sur des théâtres de guerre actifs.
Cette année, l’Allemagne est le point de départ de plusieurs exercices militaires de l’OTAN. Ceux-ci visent principalement à déplacer des dizaines de milliers de soldat.es de l’OTAN et leur matériel de guerre vers le « flanc est ». La Bundeswehr allemande dirige plusieurs de ces exercices militaires à grande échelle, et l’Allemagne devient ainsi une plaque tournante pour le transfert de troupes et d’équipements militaires de la mer du Nord et de l’Europe occidentale vers la Scandinavie, les pays baltes ou les Balkans. Avec ces exercices, l’OTAN et la Suède veulent jouer au scénario d’une attaque russe et affirmer « une démonstration claire de notre unité, de notre force et de notre détermination à nous défendre mutuellement » (Commandant suprême des forces alliées en Europe, Christopher Cavoli).
Le réseau ferroviaire de la Deutsche Bahn fait partie de l’infrastructure militaire de l’OTAN. Lorsque la DB est attaquée, c’est l’infrastructure de la guerre et de la production d’armements qui est attaquée.
Cependant, la Deutsche Bahn n’est pas seulement un acteur de la guerre dans ce pays : elle profite aussi des projets coloniaux et destructeurs de l’environnement dans le Sud global. Sa branche DB Consulting & Engineering a conseillé le ministère mexicain du Tourisme dans le cadre du projet « Tren Maya » et agit en arrière-plan en tant qu’opérateur fantôme. Le Tren Maya est un projet ferroviaire de 1.500 kilomètres couplé à une infrastructure autoroutière dans le sud-est du Mexique, qui relie plusieurs États fédéraux à l’enfer touristique de Cancún, et pour lequel de nombreux hectares de forêt vierge ont déjà été rasés à blanc. En outre, de nombreux cénotes, ces grottes reliées entre elles et contenant d’énormes réserves d’eau douce, seront détruites et littéralement dynamitées pour ce projet de construction. Celles-ci ne sont pas seulement importantes pour l’approvisionnement en eau, mais ont également une grande importance culturelle pour la population autochtone locale. Le projet vise à drainer des vacancier.es vers des régions jusqu’ici peu touristiques et exploitées, et ouvrir la région au tourisme de masse et à de nouveaux investissements. Le Tren Maya est également géré par l’armée mexicaine et sert à poursuivre la militarisation de la région et de la frontière sud du pays.
Au Brésil, la Deutsche Bahn est aussi impliquée dans de nombreux projets coloniaux : un immense port d’exportation en eau profonde doit être construit sur l’île de Cajual, à l’est de l’Amazonie, comprenant une nouvelle ligne ferroviaire privée de 520 km de long (EF-317).. Celle-ci servira à acheminer les matières premières exploitées de l’intérieur du pays, comme le cuivre, le minerai de fer, le soja ou l’hydrogène, vers la côte atlantique afin qu’elles puissent être exportées plus rapidement vers le Nord global. La branche de la Deutsche Bahn « DB E.C.O. Group » participe à ce projet et le qualifie bien entendu de « durable ». Ce qui est durable, c’est tout au plus la destruction de l’environnement engendrée par ce projet. Grâce à ce dernier, la Deutsche Bahn tire profit de la déforestation de la forêt tropicale en Amazonie et de l’expulsion brutale des communautés indigènes qui en résulte. Le port d’exportation menace également l’immense biodiversité des mangroves avoisinantes. La ligne ferroviaire prévue traverse diverses communautés autochtones, dont certaines sont isolées. La région du Maranhão, traversée par la voie ferrée, est la zone où le taux de violence envers les populations indigènes est le plus élevé, et ce projet de construction va intensifier cette violence et cet accaparement des terres.
La Deutsche Bahn profite de la destruction de l’environnement mondial et des projets coloniaux. Ces projets coloniaux sont synonymes de militarisation et d’accaparement des terres, c’est-à-dire de guerre.
C’est pourquoi la DB n’est pas seulement un acteur militaire en Europe, dans la mesure où elle transporte des troupes, du matériel de guerre et des exportations d’armes, et profite ainsi des guerres actuelles et futures, mais elle est également un acteur mondial dans la destruction de l’environnement et de l’exploitation coloniale, l’accaparement des terres et la militarisation par le biais de ses projets dans les pays du Sud.
Sabotons les infrastructures militaires et colonialistes dans le monde entier ! CONTRE LA PAIX CAPITALISTE – CONTRE LA GUERRE CAPITALISTE !
Des salutations vers la France, à la délégation inattendue et aux autres saboteur.es qui ont allumé la flamme olympique dans les regards de câbles de la SNCF et des fournisseurs d’accès à Internet.
A Fenouillet (Haute-Garonne), suite à l’assassinat de Maïky par des gendarmes pour un « refus d’obtempérer », plusieurs intérêts économiques et administratifs ont flambé les deux nuits du 25 et du 26 juillet autour du camp de Ginestous, où habitait le jeune gitan. Parmi ces derniers, on compte des camions-toupie du bétonneur Lafarge, des véhicules et un bâtiment de Toulouse-Métropole, mais aussi une entreprise jusque là trop peu connue : CSI Sud-Ouest, spécialisée dans la fabrication de circuits imprimés pour l’armée, l’aéronautique ou l’industrie nucléaire.
Une semaine plus tard, le directeur général de CSI qui n’a pas oublié sa particule dans la poche, Éric de Ponthaud, vient de livrer la bonne nouvelle du jour : « 2000 m² se sont embrasés. La structure est toujours debout, mais tout est noir à l’intérieur. Un seul bâtiment a été sauvé, mais ne représente qu’un quart des processus de l’usine. « Les machines qui ont disparu ont une valeur supérieure à 10 millions d’euros », détaille le directeur. S’ajouteront aussi les coûts de démantèlements, reconstructions, la perte financière de l’arrêt d’activité. Des sommes colossales. » Il mise sur un chantier de reconstruction qui va prendre au moins 18 mois, pendant lesquels toutes les industries de mort qu’il se faisait un plaisir d’alimenter ne recevront plus leurs précieux composants made in Toulouse. Un « refus d’obtempérer » aux intérêts supérieurs de la nation, mais à l’insu de son plein gré en quelque sorte…
“Lying, knocked down on the street, with the frozen cement, I see my fall pass closeby and I see myself taken down at this same spot… with heart beating hurriedly and the rain forcefully washing the blood from around me.” Mauricio Morales
“We hold our dead in our hearts. We carry them with us in wild moments when the anarchist attack disrupts the order of this world. Anarchy has no victims or heroes.” Conspiracy Cells of Fire
On May 27, 2024, a few hours after midnight we took a public transport bus by storm. With a clear target, breaking the monotony of the citizen rythym and illuminating the cold May night in memory of anarchist comrade Mauricio Morales.
15 years ago… one May 22 of 2009, around 1:30am, a blast shook the silent and cold night of the Matta district. The ingenuity that he transported towards the cursed school of the gendarmerie of Chile had detonated early. Punky Mauri, as he was known in anarchist spaces, died instantly in the explosion, merging with the artefact that he had been intended for this horrific institution.
Today we remember you with action. That bomb in which you met death resounds in each complicite gesture that attacks domination.
We want to contribute and add to the call; for a black may, an anticarceral may, an anarchist may. It’s still time to create and strengthen offensive complicities, to keep anarchist action alive. TO keep alive the memory of those who have passed into the offensive, whether an embrace in solidarity with those who are in the dungeons of capital, may it add in some way to break their precious social peace.
More than one year after their arrest, we embrace Anarchist comrades Aldo and Lucas Hernandez, this is also for you.
We call for action to visibilize the carceral situation and the attempt to bury anarchist comrade Francisco Solar through isolation.
Not one comrade in prison is alone, freedom for: Juan aliste, Marcelo Villaroel, Mónica Caballero, Joaquín García, Aldo and Lucas Hernández, Francisco Solar, Juan Flores, antispececist Prisoners, political Prisoners, and mapuche political Prisoners
FIRE AND DYNAMITE TO THE PRISONS.
FIRE AND LEAD FOR THE PRISON GUARD. MULTIPLY AND INTENSIFY THE ATTACKS, FOR THE EXPANSION OF THE ANARCHIST URBAN GUERRILLA.
AGAINST CARCERAL SOCIETY AND DOMINATION.
LONG LIVE ANARCHY!
Severino Di Giovanni Incendiary Cell for individual action BLACK VENGEANCE /FAI-FRI
Nous, militant.e.s anarchistes, refusons de céder à l’ambiance délétère que nous impose le capitalisme et cherchons plutôt à nous lancer dans un projet enthousiaste, pour ainsi entrevoir le monde futur !
A Metz, quartier des allemands, notre local autogéré Le Sabot prend vie !
Le Sabot est avant tout lieu d’ouverture, d’autogestion, de partage, de rencontres, d’éducation populaire, de permanence syndicale ou associative et même un espace librairie et bibliothèque sociale. Un lieu ouvert à toutes celles et ceux qui partagent l’envie de construire un avenir différent, émancipateur, multiculturel et populaire.
Car Le Sabot est un lieu qui compte bien s’inscrire durablement dans la réalité sociale et politique du quartier, de la ville et de la région !
Pour financer notre projet, nous comptons sur toutes les bonnes volontés partageant nos valeurs. Plusieurs évènements seront organisés afin de récolter des fonds. En parallèle nous avons lancé une souscription, et si vous souhaitez n’hésitez pas à y participer, plus d’informations au Sabot. Même les plus petites sommes sont utiles !
Parce que nous refusons de céder à l’ambiance délétère que nous impose le capitalisme nous nous lançons dans un projet enthousiaste, pour ainsi entrevoir le monde futur !
Ça ce passe au 21 rue des Allemands, si ça t’intéresse ou si tu as des questions, viens nous rencontrer !