Vive l'Anarchie - Semaine 32, 2025

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[Archives] 2024 : Ce jour où…

Publié le 2025-08-11 07:37:13

Ce jour où le plus gros sabotage jamais vécu par la SNCF
a failli faire dérailler les JO
Les Echos, 11 août 2025

CELLULE DE CRISE (1/4) – Des attaques coordonnées sur le réseau TGV ont mis la SNCF sous tension le 26 juillet 2024, en pleine ouverture des Jeux Olympiques. Malgré des efforts énormes du transporteur, 800.000 voyageurs ont été impactés durant tout le week-end. La menace sur les infrastructures critiques inquiète toujours.

La journée du 26 juillet 2024 s’annonçait depuis longtemps particulièrement délicate, mais à la SNCF, elle le fut à la puissance 1.000. Côté transports, elle marquait rituellement l’un des plus grands chassés-croisés de l’année, pour les voyageurs partant ou rentrant de leurs congés. A cela s’ajoutait, de manière exceptionnelle, la soirée d’ouverture des Jeux Olympiques, à partir de 19 h 30, une très ambitieuse parade de navires sur la Seine : ce soir-là, le monde entier aura les yeux braqués sur la capitale, et nombre de spectateurs ont choisi de longue date le train pour y assister.

Chez le transporteur national, Alain Krakovitch, le directeur des TGV et Intercités, entame ce matin-là sa semaine d’astreinte, une rotation qu’effectuent à tour de rôle onze dirigeants, pour gérer tous les sujets sensibles le cas échéant. Dès 5 h 40 du matin, son téléphone sonne : trois lignes de TGV différentes ont été attaquées par des inconnus [qui ont revendiqué leur sabotage sous le nom de Une délégation inattendue] pendant la nuit de jeudi à vendredi, entre 1 h 00 et 5 h 30, à des points très sensibles du réseau : les grandes bifurcations des voies, sur les réseaux Atlantique, Nord et Est Europe.


Plus de communication entre le sol et les TGV

Une quatrième attaque, sur l’axe sud-est, est déjouée in extremis par des agents SNCF qui font détaler plusieurs individus, à Vergigny (Yonne). Sur les trois autres sites, les saboteurs ont incendié des postes de signalisation ou coupé des fibres optiques, rendant impossible la communication entre le réseau et les conducteurs de TGV.

La SNCF a beau mener des entraînements réguliers de sécurité, comme une intrusion malveillante sur ses 3.000 km de LGV, « trois événements simultanés de ce type, ce n’est jamais arrivé », témoigne le dirigeant.

Cette nuit-là, « il s’agit de la plus grosse attaque qu’a subi la SNCF ». Par chance, à l’aube, aucun train n’est encore engagé sur le réseau national ou européen : pas de passagers bloqués en rase campagne en cette journée critique, un moindre mal. Pas de rails déboulonnés non plus. « Mais très vite, je sais que ça va être extrêmement difficile. Pour avoir vécu des vols de câbles ici ou là, je sais que le tarif, c’est en moyenne trois à cinq jours de perturbations », relate-t-il.

Ce vétéran de la maison (trente-deux années de service au compteur) coiffe alors sa seule casquette de « directeur crise système ». A lui de coordonner la crise, et avec ses collègues d’astreinte, de gérer une montagne de problèmes simultanés, techniques, opérationnels, commerciaux. Le Centre national des opérations ferroviaires (CNOF), le lieu idoine logé à la gare de l’Est, gère en premier lieu le chaos, mais très vite, les équipes se replient pour un pilotage plus serré au siège de Saint-Denis, dans la « salle nationale de crise système » : des locaux plus vastes (une quinzaine de postes de travail et une salle de réunion), utilisés pour les aléas exceptionnels, s’ils ont un impact national.

Traiter plein de sujets simultanément

« Nous avions bien prévu d’ouvrir cette salle en raison des JO le 26 juillet, mais dans l’après-midi et pas dès le matin… », se souvient le chef des TGV. Avec ses collègues (directeur des opérations nationales, directeur voyages, directeur communication de crise, représentants de SNCF Réseau, de Gares et Connexions, de la sûreté, du juridique…) il faut tout traiter en simultané : comprendre exactement ce qui s’est passé, réparer le plus vite possible, immobiliser partout les trains prévus ce matin-là, réorganiser le plan de transport en faisant rouler les TGV sur le réseau classique là où c’est possible…

Et surtout prévenir les très nombreux voyageurs prévus pour toute la journée du 26 : « Les aviser, surtout les dissuader de venir en gare. Trouver les bons mots, les bonnes explications. Même par mail ou SMS, on n’est jamais sûr de toucher tout le monde », ajoute le dirigeant, alors sans certitudes sur la durée des perturbations. Finalement, 250.000 voyageurs sont affectés par les sabotages ce vendredi 26, et plus de 800.000 sur la totalité du week-end (par des annulations de trains ou de gros retards), jusqu’au dimanche 28 inclus. Jusqu’aux lignes internationales comme Eurostar.

Sur le terrain, le rouge est mis. Les équipes de SNCF Réseau, au total des milliers d’agents de l’entreprise, seront déployées sur place en 3×8, avec leurs collègues de la sûreté et les équipes spécialisées de recherche scientifique de la gendarmerie et la police. Les câbles étant sectionnés en divers endroits, « des infos clés sont dégradées, on n’a plus de fonctionnement nominal, donc on ne peut plus engager de trains », relate Vincent Téton, qui était alors responsable des opérations et de la production chez SNCF Réseau.

Au total, 56 gares sont affectées ce matin-là par la paralysie des TGV. Par chance, aucun passager ne s’est trouvé en risque. « Dès qu’il y a une dégradation sur un périmètre donné, toute la zone passe au rouge. Dans les TGV qui roulent à plus de 300 à l’heure, le rouge est affiché en cabine de conduite, et le train est stoppé aussitôt. Toute la sécurité passive est conçue comme ça depuis cent ans, autrefois avec des câbles et contrepoids. Même si ce type d’événement avait eu lieu en plein jour, il n’aurait pas fait courir de risque à des voyageurs », assure-t-il.

Mais la pression, y compris médiatique, est grande pour la reprise du trafic normal. Après la phase de diagnostic, les agents de Réseau vont travailler plusieurs jours durant, souvent sous une pluie diluvienne, pour remplacer les grappes de fibres optiques sectionnées, « tester toutes les combinatoires spécifiques à nos métiers, puis procéder aux essais entre le sol et les postes d’aiguillage, un travail qui mobilise beaucoup de ressources », ajoute Vincent Téton.

Reprise très progressive

Au bout de tous ces efforts, la reprise sera très progressive, plus rapide sur les réseaux Nord et Est, plus laborieuse sur la LGV Atlantique (Bretagne, Sud-Ouest), car un suicide à Montparnasse a rajouté aux difficultés. Finalement, c’est seulement le lundi matin que tout est rentré dans l’ordre sur tout le réseau.

Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, clamait le lundi 28 sur un plateau de télévision : « Nous avons identifié un certain nombre de profils de personnes qui auraient pu commettre ces sabotages très volontaires, très ciblés. » Mais un an après ces rodomontades, l’enquête n’a toujours rien donné. Selon certains spécialistes, l’opération pourrait avoir été menée par une équipe de 30 à 40 personnes, mais personne ne sait s’il s’agit d’une déstabilisation venue de l’étranger.

Le 8 mai 2024 déjà, un autre événement non ébruité était survenu : le jour de l’arrivée de la flamme olympique en France, à Marseille sur le navire « Bélem », quatre engins incendiaires et des câbles sectionnés avaient été trouvés sur la ligne à grande vitesse, entre Marseille et Aix. Une première sommation contre les Jeux.

La Peyratte (Deux-Sèvres) : sabotage du projet d’éoliennes industrielles

Publié le 2025-08-11 19:43:14

Projet éolien contesté à La Peyratte : le mât de mesures mis à terre
Courrier de l’Ouest, 11 août 2025 (extrait)
Un projet éolien est loin de faire l’unanimité à La Peyratte, près de Parthenay, comme en témoigne un acte de malveillance constaté ce week-end. En effet, un mât de mesure de 110 m a été démoli et mis à terre à l’aide d’un engin de manutention appartenant à l’entreprise Vlok.
Les faits évoqués se sont vraisemblablement déroulés dans la nuit de vendredi 8 à samedi 9 août 2025. La gendarmerie s’est déplacée samedi matin sur le site pour constater les dégradations. Elle a ouvert une enquête.

Ce mât avait été installé il y a peu pour une durée de 12 à 18 mois dans le cadre d’un projet de construction d’un nouveau parc éolien
sur le secteur. C’est la société H2air qui est chargée d’étudier ce projet d’installation d’éoliennes dans la commune de La Peyratte dans le secteur de La Goutte- Le Sable-La Pionnière, en limite des communes de Lhoumois et Oroux.


Les premiers contacts avec le maire et la municipalité de la Peyratte ont eu lien en 2023, avec la mise en place d’études de préfaisabilité. Une concertation avec les propriétaires et exploitants agricoles en 2024 a par ailleurs été engagée. Depuis, les études réglementaires sont en cours. Le 16 avril 2025, une permanence d’information, pas obligatoire, a été organisée à la salle municipale de La Peyratte afin de permettre à la population d’échanger avec les responsables d’H2air.
Ce jour-là, les responsables d’H2air ont indiqué que le projet prévoyait  3 ou 4 éoliennes de 180 à 190 m à bout de pales. Les résultats de l’étude répondront à ces questions. À ce jour il n’y a rien de défini .

Mât de mesure éolien abattu à La Peyratte : plus de 100.000 €
de dégâts

La Nouvelle République, 11 août 2025 (extrait)

Katia Ait Aissa n’a pu que constater les dégâts ce lundi 11 août 2025 à La Peyratte. « Il y en a pour plus de 100.000 €. » La responsable du développement ouest de la société H2air, porteuse du projet éolien controversé de La Peyratte, s’est rendue sur le site où le mât de mesure a été vandalisé dans la nuit de vendredi 8 à samedi 9.

« C’est juste désolant. Ces gens ont pris d’énormes risques pour eux-mêmes. Comme pour un arbre, on ne sait où va tomber un mât de mesure quand on l’abat. Une partie de la structure en aluminium de plus de 100 m de haut est d’ailleurs retombée sur l’engin de chantier volé ayant servi à la destruction. C’est quand même dommage d’en arriver là. C’est violent. »

Incrédule, Katia Ait Aissa n’avait pas pris au sérieux les menaces plus ou moins voilées qu’elle avait reçues de la part d’opposants au projet. « Lors de notre permanence d’information avant l’installation, des personnes nous avaient dit que le mât ne tiendrait pas très longtemps debout. On ne voulait y croire. »

Les opposants au projet condamnent

Sur leur page Facebook, les opposants au projet regroupés dans l’association Zérolienne 79 se sont désolidarisés de cette action violente non revendiquée. « Bien que cet acte ne soit en aucun cas lié à notre association, Zérolienne condamne fermement toute forme de dégradation de biens, affirme l’association dans son communiqué. Ce geste, que nous ne cautionnons pas et dont nous ne connaissons pas les motivations, traduit néanmoins un profond sentiment de détresse chez certains citoyens. » Et de poursuivre. « Cet acte de sabotage, bien que regrettable […] traduit certainement un mal-être de certains face à la prolifération de projets dits de “ production d’énergie verte ”, souvent portés par des sociétés opportunistes, attirées par les subventions publiques et jouant sur la crédulité de certains élus ou propriétaires fonciers, en leur promettant des retombées financières illusoires. »

Une enquête et trois plaintes en cours

En tout cas après avoir mis en danger leur vie, le ou les auteurs risquent désormais gros sur le plan pénal. Cette dégradation ne s’est pas faite sur un coup de tête mais été pensée à l’avance. Le chariot élévateur télescopique utilisé pour abattre le mât appartenait à l’agence de Parthenay de la société Vlok qui l’avait loué à un entrepreneur en travaux publics. C’est sur un de ses chantiers proche du site que l’engin a été volé dans la nuit de vendredi à samedi avant, probablement, d’être utilisé dans la foulée pour abattre le mât. Les trois victimes (H2Air, Vlok et l’entreprise de travaux publics) ont porté plainte.

Athènes (Grèce) : Des nouvelles de la décision du tribunal concernant l’anarchiste Andreas F.

Publié le 2025-08-12 00:00:00

Act for freedom now! / mercredi 6 août 2025

Le vendredi 18 juillet, le tribunal a terminé le procès de la « Conspiration de la vengeance », dans lequel le compagnon anarchiste Andreas Floros était jugé. Après la demande d’acquittement de la part du procureur, le tribunal a déclaré à l’unanimité l’innocence du compagnon, avec le bénéfice du doute en ce qui concerne son appartenance au groupe et avec un acquittement complet en ce qui concerne les autres chefs d’accusations ; Andreas a été libéré de la prison de Korydallos quelques heures plus tard. Plus de soixante-dix personnes se sont rassemblées en solidarité, à l’intérieur et à l’extérieur de la salle d’audience, qui était étroitement bouclée par toute sorte de forces spéciales de la police, en brisant le silence assourdissant, typique de tout tribunal, avec des slogans solidaires, en soutenant Andreas et toute personne persécutée.

Cet acquittement arrive après quinze mois pendant lesquels Andreas a été otage dans les prisons d’Amfissa et de Korydallos, même si, dès le premier instant de son arrestation, il a nié toute accusation dans ce scénario, autrement sombre, produit par l’anti-terrorisme. Une fois de plus, il a été prouvé que l’anti-terrorisme, en s’appuyant sur le cadre législatif de l’article 187A [association de malfaiteurs ; NdAtt.], organise des persécutions contre des anarchistes et des individus en lutte. De cette manière, ils ont essayé à plusieurs reprises de répandre la peur autour de quiconque ose remettre en question les diktats dominants du système d’exploitation et s’y opposer.

Dans une affaire où de nombreux paramètres devaient être pris en compte par le monde de la solidarité, nous avons été témoins des méthodes vengeresses, non seulement contre notre compagnon, mais aussi contre les autres accusé.es, qui visaient à étayer le scénario anti-terroriste et, en fin de compte, à imposer des lourdes peines à la plupart d’entre eux/elles. Dans un tribunal où aucune preuve cohérente étayant l’utilisation de l’article 187A n’a été présentée par le service de police qui avait mené les enquêtes, l’accusation de terrorisme est devenue une fois de plus le cheval de Troie pour que les scénarios et les méthodes de l’État et des grand médias puissent être validés.

Ainsi, les accusés qui ont été condamnés en vertu de l’article 187A ont reçu, dans cette première instance judiciaire, des longues peines, allant de 15 ans et jusqu’à 37 ans, dans le cas de l’anarchiste Fotis Tziotzis (on s’attendait à une peine de 20 ans), qui, même s’il était emprisonné quand les faits jugés ont eu lieu, a été condamné pour « instigation morale » pour toutes les actions, ainsi que pour avoir « dirigé » l’organisation. En même temps, aucune circonstance atténuante n’a été reconnue, même pour les accusé.es qui « tombaient » sous le coup de l’article 187A.

Face à tout cet récit d’horreur, pendant toute sa détention, quinze mois maintenant, le compagnon Andreas a gardé une position militante cohérente. Il a publié des textes sur son affaire et sur des questions sociales/de classe plus larges et a participé par téléphone à plusieurs événements. De plus, un mouvement de solidarité a été mis en place, avec des dizaines d’événements et d’actions dans plusieurs villes. Le mouvement de solidarité a réussi à renverser le climat de terreur que la police avait essayé d’imposer, en particulier dans la ville de Patras. Le monde qui lutte s’est retrouvé dans les rues et s’est opposé à la répression, dans une époque d’accélération de la violence étatique et d’imposition d’un totalitarisme moderne.

Le cas d’Andreas résume toute la fureur vengeresse de l’État et de la police contre ceux/celles qui soutiennent sans faille les opprimé.es et les exploité.es, du côté de celles/ceux qui se trouvent au bas de l’échelle sociale de ce monde.
Contre ceux/celles qui ne tolèrent pas la répression, le fascisme, le sexisme, la guerre, la mort et la pauvreté. Contre celles/ceux qui luttent pour un monde de liberté, d’égalité et de solidarité.

Des luttes auto-organisées, sans médiations et inflexibles contre la répression, les manipulations de l’État et la peur.

La solidarité ouvre des chemins vers la liberté.

Nous avons un monde entier à gagner – Nous avons toute une vie pour essayer.

 

Assemblée de solidarité avec le compagnon anarchiste Andreas Floros (Athènes, Patras)

Please Don't Film Your Crimes.

Publié le 2025-08-12 02:15:54

With the growing influence of Palestine Action and in the usa, Unity of Fields, it seems to be more popular these days for people to film or take photos during night-time actions.

Anyone who acts for liberation has my respect. Even more for those of you who refuse to be peaceful protestors. That's why I want you to get away with it.

Please don't film your crimes.

You may think everything is on CCTV already. The police can see it, the public can't. But more camera angles is still more information to the cops. Sometimes CCTV gets lost. Or it's so grainy it's pretty much useless.

You may think the benefits of showing other people how easy it is for them to act outweigh any risks. I get it. It's powerful to see people take matters into their own hands.

But every bit of information is another clue for the cops. They're piecing it all together over time, not just looking into this one action. The state's already watching the peaceful protests, the university lectures, the social media accounts, the town halls, and they're putting together a big picture of who's who in your local activist scene. Why give them more and risk your freedom?

Here's an incomplete list of things the police might get from that video, yes, even if every inch of your skin is covered up.

– Metadata. You probably already know about that. The easiest way for most of you to get rid of it is probably sending it to yourself on Signal and redownloading it. There's also programs like Exiftool. But even the video dimensions or how your camera processes light could set it apart from others. That's not metadata that an app will scrub away.

– Clothing. You're all dressed in black, no logos, but what about patterns on your shoes? Does your hoodie zip up? Does it have coloured strings? What exact mask or sunglasses or hat are you wearing? What backpack? Even the best blocs are never exactly identical.

– Gait. How you walk could be distinctive enough to arrest you for it. Yes, this has actually happened before. Bring an umbrella to cover up your movements if you know where the CCTV is. Dress in baggy clothes and change up how you move. Maybe practice that in advance.

– Skin tone. You probably don't have every inch of your skin covered.

– Body shape. Some people are more distinctive than others. Even if you're all the most average height, average weight, average everything possible, why narrow down possible suspects? Like gait, dress baggy and change how you carry yourself. Maybe consider slouching?

– Execution. The cops might not know how it happened until you show them. How many of you there are, who did what, who brought what, how you did it, what brand of tools you used, which of you is left handed, who has that nice handwriting, what surfaces you touched, what direction you left in, whether you left together or separately.

– Relationships. If you're carrying out a night-time action together, you're not going to be strangers. Within a bigger group, you probably stick closer to people you're closer with. If you're pulling off actions together, you've also been to protests or public events together.

– Timeline. You don't need metadata to guess the time of day. Environmental cues like lighting, shadows or background details could help narrow down what happened when.

– Witnesses. Someone could have passed by without stopping, but they saw something. Now police know to look for them.

– Account data. Again, you probably already know. But it's harder to share videos than text. Signal has a maximum file size. A lot of email services won't send or receive large videos. If you're working on edits with a group, someone could slip up, something accidentally gets onto Google Drive. If you have to share around incriminating digital files, reconsider. If you really have to, try physical storage encrypted with Veracrypt instead of putting it on the cloud. Overwrite it when you're done.

– Editing style. You probably edit videos and graphics in your own unique way. The programs you use, the visual choices you make. Post enough of those online and people could notice a pattern.

That's even if your bloc is as close to perfect as can be. Most of the time, people don't cover up everything. Your brows, part of your nose, some hair sticking out, a small logo somewhere.

Photos are easier to edit down, but any visual information is still information. The safest approach is always to leave the camera, like your phone, at home. Maybe someone else can grab those photos when it's safer. Even if no one does, you can always go onto your local counter-info site and tell the world it happened.

I've included a few suggested countermeasures. Here's some places where you can read about a lot more:
https://www.notrace.how/
– https://www.notrace.how/resources/read/how-to-submit-an-anonymous-communique.html
– https://www.notrace.how/threat-library/techniques/#toc-technique-forensics
https://www.anarsec.guide/

Submission

[France] Mutineries en série au CRA de Cornebarrieu

Publié le 2025-08-12 09:45:41

Repris de la presse du 04/08/2025

La tension monte au sein du centre de rétention administrative de Cornebarrieu, près de Toulouse. 116 hommes en situation irrégulière y sont retenus en attendant d’être expulsés du territoire. Ils se sont soulevés à plusieurs reprises, le jeudi 31 juillet puis le samedi 2 août 2025, face aux conditions de rétention qu’ils jugent indignes.

Ce jeudi, alors qu’ils étaient au réfectoire pour manger, une grande partie des occupants du CRA a refusé de sortir, avant d’obstruer les caméras et de bloquer la porte. Des bouteilles en plastique ont été jetées, des plateaux renversés, lancés sur des policiers.

Les policiers ont dû demander du renfort

« Mes collègues ont eu beaucoup de difficultés à faire régner l’ordre », souligne Cédric Politowicz, du syndicat Unité 31. « Les retenus ont pu être reconduits jusqu’à leurs secteurs non sans difficultés. On a dû demander du renfort de la compagnie d’intervention. »

Et puis, le samedi 2 août, rebelote. « Une nouvelle mutinerie a éclaté dans le réfectoire : outrages, rébellion, violences physiques sur les policiers », relate Cédric Politowicz.

Gloire aux mutins, crèves les matons !

[Konvulsismo] De Vinnytsia à Berlin

Publié le 2025-08-12 12:04:26

Contre les ‘anarcho’-militaristes et leur propagande de guerre
Une réponse aux critiques qui circulent contre la soirée de solidarité KONVULSISMO #2 en soutien au collectif ASSEMBLY, qui s’est tenue le 2 août 2025, à Berlin.



Le 2 août 2025, la soirée de solidarité Konvulsismo #2 a eu lieu dans la ville de Berlin pour soutenir le collectif Assembly à Kharkov, en Ukraine. À la fois groupe politique et média, le collectif dénonce la conscription forcée. Il rend également compte des luttes sociales qui se déroulent dans le contexte de l’invasion et de l’occupation russes et de l’autoritarisme croissant de l’État ukrainien au nom de l’« unité nationale ».

Konvulsismo est un collectif festif qui se consacre à l’organisation de concerts de musique expérimentale/électronique pour soutenir les groupes anti-guerres du monde entier face à la remilitarisation croissante de l’Europe. Son premier événement a été un concert qui a permis de récolter des fonds pour New Profile, un réseau de soutien aux opposants à la guerre en Israël [les refuzniks], récemment privé de financement par l’État allemand.

Des mois plus tard, Konvulsismo #2 est la cible d’une campagne de désinformation menée par le groupe Good Night Imperial Pride (lui-même lié aux soi-disant Solidarity Collectives). Selon un texte qui a circulé sur les médias sociaux quelques jours avant la fête, Assembly n’est qu’apparemment un collectif anarchiste et anti-guerre, cachant un agenda politique de collaboration avec les forces d’occupation russes. Cela a entraîné une série d’annulations, forçant Konvulsismo #2 à changer de lieu et une grande partie de sa programmation en quelques jours. Heureusement, la fête s’est déroulée sans problème, avec le soutien de camarades et d’amis musiciens solidaires de d’Assembly, conformément à une position politique résolument antimilitariste et internationaliste.

Voici la réponse à cette campagne de menaces, d’intimidations et de calomnies à notre encontre :

  1. Les guerres font rage dans le monde. Celle qui oppose officiellement les États russe et ukrainien depuis trois ans (et dans le Donbass depuis 2014) sert désormais d’accélérateur au réarmement européen. Depuis la mobilisation générale de 1914, l’« union sacrée » a toujours été l’arme du pouvoir et des classes dirigeantes pour étouffer la révolte populaire et rallier les classes subalternes sous son drapeau contre une nation rivale. Nous, Konvulsismo, en tant qu’internationalistes et antimilitaristes, refusons de cautionner ce jeu de dupes macabre. De la même manière que nous avons soutenu les objecteurs israéliens par le passé, nous avons cette fois-ci collecté des fonds pour le collectif Assembly, basé à Kharkov (Ukraine), une ressource importante pour les pratiques de désertion et pour ceux qui organisent la solidarité au jour le jour contre la conscription forcée. Dans l’abattoir de la guerre, nous sommes toujours du côté des déserteurs.
  2. Une campagne de désinformation ridicule et pleine de suppositions confuses a été menée contre Assembly, accusant le groupe d’être pro-russe. Tous ceux qui ont suivi leurs activités politiques et leurs publications savent ce qu’il en est : ils ont constamment critiqué l’invasion russe. De plus, lorsque la guerre a éclaté, ils ont lancé une initiative pour soutenir les civils victimes des bombardements russes dans la région de Kharkov. Ce qu’ils refusent en revanche, conformément à leur position internationaliste, c’est de s’engager dans l’armée ukrainienne, de défendre l’État ukrainien et sa classe dirigeante, ou de soutenir la politique meurtrière de la machine militaire à l’encontre de sa propre population. Ce faisant, ils ont toujours encouragé et préconisé les désertions, les mutineries et les révoltes contre l’effort de guerre en Russie, au Belarus et dans les territoires occupés de l’est de l’Ukraine et de la Crimée.
  3. En ce qui concerne l’affirmation selon laquelle le véritable antimilitarisme se pratique les armes à la main et sur la ligne de front (une pure inversion orwellienne), fournissant à l’État un approvisionnement constant en chair à canon : déjà difficilement défendable au début du conflit, le soutien inconditionnel aux brigades se qualifiant d’anarchistes, bien qu’elles soient depuis longtemps subordonnées à l’armée régulière ukrainienne, semble définitivement être une position en décalage avec la situation concrète. Contrairement aux opinions qui semblent faire consensus parmi une partie de la gauche ou des anarchistes en Allemagne, nous voulons également souligner que les anarchistes et, plus largement, les anti-autoritaires et les révolutionnaires en Ukraine, ne constituent pas un groupe homogène. En s’appuyant sur l’image des soi-disant brigades anti-autoritaires, Good Night Imperial Pride, Solidarity Collectives et d’autres groupes tentent de rendre invisibles les initiatives anti-guerres. Ce faisant, ils font le jeu de l’État ukrainien et présentent ces initiatives comme pro-russes, alors même qu’Assembly et d’autres internationalistes soutiennent les déserteurs des deux côtés de la ligne de front.
  4. Alors que ces groupes prônent un « anarchisme » patriotique, l’État pour lequel ils tuent et meurent fait la guerre à sa propre population. Dès le début du conflit, la prétendue unité nationale se forge sur la base de campagnes de conscription forcée. En effet, tant en Russie qu’en Ukraine, il est de plus en plus difficile de trouver des volontaires pour le massacre. La désertion est désormais un phénomène de masse : les classes laborieuses ukrainiennes et russes savent bien qu’elles n’ont rien à gagner dans cette guerre. Le soir même de la soirée de solidarité, malgré le couvre-feu, des centaines de manifestants ont rejoint un rassemblement dans la ville de Vinnytsia pour exiger la libération des hommes détenus par les bureaux d’enrôlement militaire. Les manifestants ont fait irruption dans un stade où les détenus étaient incarcérés pour s’être soustraits au service militaire et ont été accueillis par des gaz lacrymogènes et des arrestations. Assembly est l’un des rares médias anarchistes à rendre compte des soulèvements, mutineries, révoltes et grèves qui ont eu lieu contre la conscription forcée, alors que l’État ukrainien s’efforce de convaincre sa population de participer à l’effort de guerre.
  5. Ce scénario macabre est le produit – mais aussi le moteur – d’une militarisation accélérée, notamment en Europe. Sur fond de crise profonde du capitalisme et d’escalade des conflits entre puissances rivales, l’industrie de la mort qu’est la guerre est le seul horizon que ce monde peut encore offrir. En Allemagne, cela se traduit non seulement par le débat sur la réintroduction du service militaire obligatoire, mais surtout par l’augmentation des dépenses militaires (contrairement aux coupes budgétaires dans les services sociaux et l’éducation – une forme d’austérité militarisée et généralisée). Partout en Europe, cette escalade de la violence s’exprime également par le renforcement des frontières nationales et, à l’intérieur, par l’hostilité envers les immigrés et la persécution raciste des minorités, en particulier arabes et musulmanes.
  6. Dans un tel contexte, ni le soutien à l’Occident sous prétexte qu’il est « démocratique », ni le soutien au régime russe ou à tout autre régime sous prétexte qu’il s’oppose à l’impérialisme américain, ne peuvent être une solution pour notre émancipation. Au milieu de la guerre en cours en Europe, nous sommes d’avis que nous devons intensifier la solidarité – par exemple, avec les internationalistes d’Ukraine, tels que le collectif Assembly – et les luttes là où nous sommes, en particulier lorsque les États dans lesquels nous résidons sont directement ou indirectement impliqués dans le conflit militaire. Il ne s’agit pas de soutenir un camp ou l’autre – c’est le travail de tous les types de nationalistes, qu’ils soient anarchistes, de gauche ou de droite. Il s’agit de combattre l’industrie de la mort, ceux qui en profitent et le monde qui la produit, ici et maintenant.

Solidarité avec les déserteurs des deux côtés de la ligne de front !
Liberté pour tous les insoumis emprisonnés !
Contre la guerre, son industrie de la mort et ses profiteurs !
Pour une vie qui vaille la peine d’être vécue !

Konvulsismo & ses amis, août 2025, Berlin.

Traduction française : Les Amis de la Guerre de Classe

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Arson against drone manufacturer, Boeing subsidiary – Hood River, OR

Publié le 2025-08-12 14:10:05

In the early morning hours of July 23rd, an Insitu van was set ablaze while it sat in an empty lot across from their office in Hood River, OR. This fire was set, because the growth of the national security state poses an existential threat to all those who dream of free world. We act in total antagonism against those who enable and profit from militarism, policing and surveillance.

Insitu, a fully owned subsidiary of Boeing, develops and manufactures drone technology for military and law enforcement use. The Boeing Insitu RQ-21 Blackjack and MQ-27 ScanEagle surveillance drones have been integrated into weapons systems operated by the US Navy and Marine Corp. ScanEagle UAV's are actively being utilized by the Saudi-led coalition forces as part of their ongoing military intervention in the Yemeni civil war.

In 2023 the Customs and Border Protection agency began conducting technology evaluations of the Blackjack and ScanEagle drones for surveillance purposes at the US-Mexico border. In 2011 Insitu introduced the Inceptor, a small unmanned helicopter designed to fit in the trunk of cop cars. This further demonstrates that technology developed for military interventions abroad will always be reconstituted for domestic counter insurgency and repression through policing and border enforcement.

As Israel continues its genocidal war against the people of Gaza, we will not forget that Boeing is among the largest manufacturers of munitions and military equipment to the IDF, including F-15 Fighter Jets and Apache Attack Helicopters. Boeing is supplying Israel with the weapons and technology that make this genocide possible. We did this action as a modest gesture of solidarity with ongoing Palestinian resistance to colonialism and apartheid — from within and outside the occupied territories — from the river to the sea

For those who burn

some anarchists

Found on Puget Sound Anarchists

Hohenmölsen (Allemagne) : sabotage de la ligne de transport de charbon

Publié le 2025-08-12 15:52:06

Dans la nuit de vendredi à samedi 2 août, des inconnus ont délibérément mis le feu à des câbles le long d’une ligne de fret destinée au transport de charbon. Une section d’une longueur d’environ 100 mètres a été touchée, sur des câbles faisant 40 centimètres de diamètre. L’enquête a été confiée à la sécurité de l’État (Staatsschutz).

Cela s’est produit dans le quartier de Webau de la ville de Hohenmölsen (région de Saxe-Anhalt). Un porte-parole de la Deutsche Bahn a déclaré que le transport de passagers n’était pas affecté, parce qu’il s’agit d’une ligne non électrifiée. Cette dernière a été rouverte après la fin des investigations, mais « les travaux visant à rétablir complètement le fonctionnement devraient se poursuivre jusqu’à lundi. »

[Synthèse de la presse allemande (Tagesschau), 2 août 2025]

2 jailers killed in 3 months – Ohio River Valley

Publié le 2025-08-12 17:12:18

August 11, 2025

in less than 3 months, 2 "correctional officers"—the official euphemism for prison guards here—were permanently "corrected"

on christmas day 2024, andrew lansing got beat to death by one of the captives at "ross correctional institution" which is one of more than 2 dozen ohio state prisons—each & every one entirely illegitimate, ofc

then in the middle of february 2025, michael saye wehdah—guard at a jail that's ended the lives of more than 20 human beings in the last four years—was shot dead

maybe labor shortages at jails, prisons, asylums, zoos, & other industrial cages will increase, until no one shows up to work :')

Found on Okmana

Halle-sur-Saale (Allemagne) : Jamais plus de registres des personnes marginalisées

Publié le 2025-08-13 00:00:00

de.indymedia.org / mardi 12 août 2025

Apprendre de l’histoire – Jamais plus de registres des personnes marginalisées

Dans la nuit de lundi à mardi, le siège cantonal de la CDU*, à Halle, a été enjolivé.

La raison en est un projet du ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) de créer un registre de toutes les personnes qui ont recouru/recourront à la loi SBGG**.

Sur le sol il y a écrit « Apprendre de l’histoire ».
Sur le mur de la maison, on peut lire : « Jamais plus de registres des personnes marginalisées ».
Et la porte a maintenant les couleurs d’un drapeau trans.

Après avoir souvent prouvé qu’elle préfère devenir une partie du courant néofasciste en Allemagne plutôt que de le combattre, la CDU/CSU pousse toujours plus loin son obsession de la surveillance.

Nous nous souvenons des requêtes, il n’y a pas si longtemps, de tenir des registres des personnes « malades mentales ». Les personnes qui ne correspondent pas à la norme sociale et politique voulue sont systématiquement pathologisées et socialement dégradées. Maintenant, selon la CDU/CSU, elles doivent aussi faire l’objet d’une suspicion généralisée.

Le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt a maintenant eu la brillante idée de dresser une liste de toutes les personnes qui ont recouru/recourront à la loi SBGG et de la transmettre à une grande partie des autorités allemandes.
Sous prétexte de soulager les autorités (prétexte d’ailleurs extrêmement ridicule, puisque les personnes cisgenres changent déjà leurs noms et ça depuis le début de la BRD), un tel registre d’un groupe de personnes, qui est déjà considéré comme inférieure, dans ce système, devrait être transmis à des nombreux fonctionnaires. Il est bien connu que ceux-ci n’ont jamais eu de problèmes de fascisme.
Notre vie devient encore moins sûre, car il est plus facile que jamais pour des extrémistes de droite violents d’accéder à nos données.
Quiconque a déjà assisté à un cours d’histoire devrait savoir à quel point de telles requêtes sont dangereuses. Soit Dobrindt a oublié l’histoire, soit il sait exactement qui sont ses modèles.

Nous exigeons un revirement politique de la CDU/CSU.
Loin de l’autoritarisme. Loin de la lutte culturelle de droite. Et loin de l’inhumanité.
Pour une vie libre et autodéterminée pour tou.tes nos frères et sœurs opprimé.es. Force et amour pour tou.tes celles/ceux qui en ont besoin.
Pour une vie meilleure pour tout le monde !



Notes d’Attaque :
* La Christlich Demokratische Union, « Union chrétienne démocrate », et sa déclinaison bavaroise, la Christlich-Soziale Union, « Union chrétienne-sociale », sont deux partis-jumeaux de droite. L’actuel chancelier fédéral F. Merz, originaire de Westphalie, est membre du premier, alors qu’A. Dobrindt, bavarois, ministre fédéral de l’Intérieur, est membre du deuxième.
** La loi allemande sur « l’autodétermination du genre », qui assouplit les normes pour les changements d’état civil, notamment pour les personnes trans et non-binaires.

Responsibility claim for arson of a cop’s vehicle in the area of Elliniko by Negators of Social Peace.(Athens,Greece)

Publié le 2025-08-13 06:23:23

In the early hours of 7/25, we carried out an arson attack on a private cop’s motorbike in the area of elliniko . As a result, it suffered significant damage and needed repair. Our move was not accidental as we chose to attack a uniformed scumbag at a time when the state is increasingly strengthening the security forces with more funds for equipment and human resources and their privileges.

This is done in an effort by the state to shield internal social peace against resistance, against those who struggle, against the internal enemy, against the anarchist space.

Thus it is using the cops as guarantors of the politically and economically powerful, protecting their interests. In the same strategy it is militarizing repression and control, tightening the laws and the penal code. At the same time, it is displacing those who are left and sterilizing the city centre and public spaces (parks, squares, universities, etc.), evicting squats while hiring more security forces to protect commodities, tourism, construction, and in general, gentrification and investment projects at the expense of the poor and oppressed.

With this move, we want to remind everyone that for us, no cop can sleep peacefully and everyone has a responsibility from the moment they consciously decide to support the state and sovereignty with their job.

We dedicate this action to the memory of the anarchist comrade Kyriakos Xymitiris

We send incendiary signals of solidarity to anarchist comrades Marianna and Dimitra who are being prosecuted for the same case.

Anger and rage at the vengeful treatment of Maja T., who is in the prison cells of the Hungarian state due to their anti-fascist action

Negators of Social Peace

 

via: athens.indymedia
Translated by Act for freedom now!

Athens, Greece: Taking responsibility for attacks on Israeli interests

Publié le 2025-08-13 06:35:35

Over the past 20 months, since the occasion of the coordinated attacks of Palestinian organizations on the Palestinian territories occupied by Israeli settlers, the murderous army of the state of Israel has been attempting to annihilate and expel the Palestinian people from their last remaining territories. With sweeping airstrikes and the ground invasion of the Gaza Strip, with the systematic destruction of roads, homes and infrastructure, with the blockade and deprivation of food, water, medicine, electricity and fuel, with the killing and injury of tens of thousands of Palestinians, the majority of whom are civilians, Israel is attempting to completely subjugate the people of Palestine and impose its plans for the wider region.

The genocidal work of the Israeli war machine has been assisted militarily, economically and morally from the very beginning by the US state, the European Union and NATO. In fact, the “pacifist” Trump is stating that he is working on plans for the reconstruction of the razed Gaza and its transformation into a “Middle Eastern Riviera”, which includes the permanent relocation of the Palestinians from their land.

Of course, the scene could not be without the representative of the Western ruling bloc in the region and loyal ally of Israel, the Greek state and capital. Whether through the concession of American and NATO bases, or through economic agreements (such as the Greek-Cyprus-Egyptian-Israeli EEZ), or through military cooperation and joint exercises, or through various research programs, or through all kinds of facilities and benefits. It is no coincidence that in recent months the country has been filled with Israelis of all kinds, from IDF war criminal soldiers resting in between military operations, businessmen and companies that invest and buy real estate and all kinds of capital, to ordinary tourists, fanatical Zionists who do not stop trumpeting it for every reason and on any occasion. Of course, great responsibility also lies with the big or small bosses of this country who see the ongoing genocide of the Palestinians as an opportunity to increase their profits and do business, concessions and make agreements of all kinds with the Zionist murderers.

But the Palestinian people continue to resist!! From the beginning of the 20th century when the Zionist plan to colonize the Palestinian territories was implemented, then the unilateral declaration of the establishment of the state of Israel in 1948, the expansionist policy and apartheid that it has systematically implemented since then, until today when attempts are being made to provide a final solution to the Palestinian “problem”, the flame of rebellion has never been extinguished. On the contrary, it is constantly being reborn through the most adverse conditions, with the most meager means, paying a heavy price in blood. Against the overwhelming predominance of an enemy that first imprisoned it in the largest prison on the planet and is now trying to bury it under its ruins. But the right of a people fighting for survival, land and freedom is stronger than fire. That is why Palestine is intertwined with the Resistance. That is why the mind and heart of every person who rebels against injustice beats in Gaza.

For our part, standing uncompromisingly on the side of the Palestinian people and inspired by their unyielding struggle, we unite our voices and fists and take to the streets like millions of other people all over the planet, we shout, we demonstrate, so that silence does not become law in the greatest attempted crime of our time. At the same time, we try to transfer, to the extent of our capabilities, some of the hostilities to the safe western rear. To demonstrate the participation of the Greek state and capital in the war and its role in the geopolitical chessboard in the wider region. Also, to make it clear to the Zionists, soldiers, businessmen and tourists that they are unwanted in the neighbourhoods where we live.

In this context, we have recently sought out and targeted some of the companies that belong to or collaborate with Israeli capital, causing them material damage. Specifically,

All attacks were hushed up by the media of the regime.

In a world where the far right is galloping internationally, poverty and inequalities are growing, and militarism and war preparations are intensifying, let us be inspired by the multifaceted struggle of the Palestinian people, organize our resistance and launch a counterattack, against their war that never seems to end, for ours that never seems to begin.

PS1.We send our solidarity to antifa comrade Maja T. who has been on hunger strike since 5/6 inside the prisons of the far-right state of Hungary against the inhumane conditions of their imprisonment.

PS2. Kyriakos Xymitiris always present. Strength and solidarity to the comrades of the Ampelokipi cause.

The watermelons of rage (Τα καρπούζια της οργής)

—————-

via: https://athens.indymedia.org/post/1637047/

Translated by Act for freedom now!

Attack on IDF Soldier's Property – St. Louis, MO

Publié le 2025-08-13 14:10:03

"death to the idf" written on road

August 6, 2025

An American who served with the Israel Defense Forces had his car torched and had "Death to the IDF" scrawled outside his Missouri home.

burned car

Multiple cars were set on fire outside the home.

Graffiti scrawled on the road also accused the soldier of being a murderer.

Found on Mainstream Media

Potsdam (Allemagne) : ni télévision, ni téléphone, ni internet

Publié le 2025-08-13 15:49:36

Traduit de l’allemand de switchoff, 7 août 2025 (extrait)

Pas de télévision, pas de téléphone, pas d’Internet. Depuis jeudi matin 7 août, des milliers de clients Vodafone de la ville de Potsdam [en proche banlieue de Berlin] sont privés de ces services. La raison : un incendie criminel !

Vers huit heures du matin, la police a reçu un appel d’urgence : un incendie faisait rage près du pont Nuthebrücke, dans la rue Friedrich-Engels de Potsdam. Les flammes jaillissaient d’un puits de câbles. Depuis, quatre antennes relais Vodafone sont hors service. 6422 clients câblés de l’entreprise ne peuvent plus accéder à Internet chez eux, ni téléphoner, ni regarder la télévision.

La police soupçonne un incendie criminel sur la voie ferrée voisine. Il y a deux ans, un incendie s’était déjà déclaré près du pont. Après les pompiers, les enquêteurs du Landeskriminalamt (LKA, office régional de police criminelle) se sont rendus sur place. Ils ont examiné les lieux à la recherche d’indices et interrogé les riverains et les passants.

Jusqu’au soir, Vodafone n’a pas pu commencer à réparer la panne en raison de la présence des enquêteurs sur les lieux. La date à laquelle ses clients de Potsdam seront reconnectés au réseau n’est pas encore connue. La cible présumée de l’attaque, le trafic ferroviaire, n’est toutefois pas affectée.

Les « infrastructures critiques » sont de plus en plus souvent la cible d’attaques. Vendredi dernier, des câbles ont pris feu sur une ligne ferroviaire en Saxe-Anhalt. Auparavant, des incendies près de la ligne ferroviaire Duisburg-Düsseldorf (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) avaient paralysé pendant plusieurs jours cette important axe ferroviaire.

[Brochure] La Guerre se fabrique...

Publié le 2025-08-14 00:00:00

L’atmosphère militariste monte en pression. La guerre en Ukraine, en cours depuis l’hiver 2022, fait planer la menace du retour d’une « guerre de haute intensité » (termes de l’état-major) sur le sol de pays de l’OTAN. En France, comme ailleurs, bidasses, politiciens et bureaucrates s’y préparent et remodèlent, selon le familier schéma de la « gestion de crise », le cadre dans lequel ils voudraient nous contraindre à vivre. Après une succession d’états d’urgence, voilà que nous assistons en ce moment à l’instauration d’un état de guerre. La propagande médiatique surfe sur le nationalisme des plus fétides, nous bombardant d’images choc qui nous enjoignent à « choisir notre camp » face à l’ennemi censé mettre en péril « nos valeurs ». L’état-major n’hésite plus à évoquer le « potentiel sacrificiel national », des pubs pour l’armée tapissent les rues, des stratégies qui cherchent à enrôler la jeunesse s’étoffent.
Mais l’instauration de l’état de guerre ne s’arrête pas à l’embrigadement. Son infrastructure matérielle se renforce également : augmentation sans précédents du budget militaire via la dernière Loi de programmation militaire, livret d’épargne populaire finançant bientôt l’armement, création de la Réserve opérationnelle industrielle de défense, etc. Enfin, la mise en œuvre du cadre légal de l’état de guerre resserre toujours plus l’étau du contrôle. Ainsi, les possibilités de réquisition (mise à disposition de l’État et de l’armée de « personnes, biens ou services ») ont été récemment étendues et la loi sur les ingérences étrangères a accru les moyens de surveillance et de répression pouvant être déployés contre les personnes osant remettre en cause le bien-fondé de l’avenir kaki. À l’image de bien d’autres « avancées » de cette nature, l’état de guerre qui s’installe aujourd’hui dans un silence assourdissant risque fort de se normaliser pour devenir permanent, rendant toute résistance encore plus difficile.

Nous publions ici une brochure qui revient plus en détails sur ces différents aspects de la militarisation (chapitre 1). Elle parle aussi de l’industrie de l’armement à Saint-Étienne et dans la Loire (chapitre 2). Enfin, elle propose des définitions d’un certain nombre des « mots du pouvoir » (chapitre 3) et quelques idées de détournement pour tourner en ridicule la propagande.

Affiche et tract du collectif Non au D-day Land Caen

Publié le 2025-08-14 10:56:34

Supports visuels du collectif « Non au Dday-Land Caen »



Affiche A3 et tract A4 du collectif « Non au Dday-Land Caen » :

Affiche A3
Tract A4 recto-verso

Nous avons déjà changé de régime

Publié le 2025-08-15 08:27:07

[...] Nous ne sommes plus dans un régime de démocratie libérale. Non pas que c’était un régime émancipateur, loin s’en faut, mais ce n’est pas la même chose qu’une dictature. Nous ne sommes plus dans un régime de démocratie libérale, mais nous ne savons pas encore tout à fait dans quoi nous sommes embarqué-es. N’importe qui se confrontant au pouvoir par conviction ou de par sa condition, comme les exilé-es, en fait l’expérience quotidienne. Pour les autres, on peut certes très bien continuer sa vie et ne pas se rendre compte de ces changements rapides ; aller bosser comme si de rien n’était, consommer quand on le peut et fermer sa gueule. « On vit tranquille dans les cachots », comme disait l’autre. Comme d’habitude, la brutalité s’abat d’abord sur les personnes marginalisées. Qui se soucie réellement des exilé-es, des RSAstes, des gosses de banlieue, des anarchistes ? Peu de monde. On peut fermer les yeux et faire comme si de rien n’était. Cela s’étend ensuite aux mouvements sociaux, qu’on réprime avec vigueur. Et puis ça se déploie peu à peu toujours plus loin. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne pour réagir. [...]



Il n’y a pas longtemps, une personne par ailleurs tout à fait intégrée dans la société et son ordre social – il a même été élu – m’a tenu ce discours : poings et mâchoires serrés, il me disait espérer que les gens prennent les armes si l’extrême-droite arrivait au pouvoir. Dans un premier temps, ça peut sembler réjouissant. Mais en même temps, il y avait un tel aveuglement sur ce qui était déjà présent en termes d’accélération de la domination !

L’ombre du fascisme…
Une ombre rôde, donc. Celle du fascisme. C’est du moins ce qu’on entend chez des gens très divers, de sensibilité de gauche ou même qui se présentent comme radicaux ou radicales. L’incarnation de cette peur ? Le Rassemblement National, incarné par Le Pen ou Bardella. Il faut dire que ce parti d’extrême-droite et ses idées puantes sont aux portes du pouvoir. Nous avons pourtant là un condensé des illusions de la gauche et de la misère d’un certain antifascisme. Et le piège tendu par lequel nous n’évitons pas le serrage de vis du pouvoir, commencé il y a un moment et qui ne cesse de s’accélérer. Pour une raison simple : nous avons déjà changé de régime.
Les plus âgé-es se rappelleront les années Sarkozy en début de siècle. Pas d’illusions toutefois sur ce qui a précédé, y compris avec la gauche. On se remémorera judicieusement le tournant de la rigueur pris par Mitterrand et la gauche au pouvoir dès 1982. Les promesses n’auront duré qu’un an. Mais avec Sarkozy et la droite décomplexée, il y a une accélération et un virage dans le style : le pouvoir assume de plus en plus sa dégueulasserie, et Sarkozy peut insulter les banlieusards de « racailles », accueillir à bras ouverts un dictateur comme Kadhafi et lui déclarer la guerre quelques années plus tard, et bien d’autres choses.
La gauche, bien élue pour conjurer le processus, a au contraire appuyé sur l’accélérateur (un classique) : cadeaux au patronat, serrage de vis sur les travailleur-euses et les chômeur-euses, chasse aux sans-papiers, mais aussi répression débridée. La gauche de gouvernement, c’est celle de la charge de gardes-mobiles laissant Rémi Fraisse sur le carreau à Sivens en 2014, des grenades assourdissantes et des véhicules blindés à l’assaut de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en 2012, des interdictions de manifester lors de la contestation de la loi Travail en 2016, du viol de Théo par des flics en 2017… Sans oublier la loi sur l’extension du droit de faire usage de son arme à feu pour la police, ce qui a engendré une augmentation rapide du nombre de personnes tuées par des policiers.
Il est toujours bon de rappeler que Macron a été ministre dans ce gouvernement de gauche, avant de venir sauver la France, par deux fois, de la menace fasciste. A chaque fois, de nombreuses organisations de gauche et d’extrême-gauche (même libertaires) ont donc poussé à aller voter contre Marine Le Pen pour l’élire. Dans le choix entre la peste et le choléra, la gauche est devenue experte.

La bourgeoisie décomplexée au pouvoir
Macron est le représentant zélé d’une bourgeoisie de plus en plus décomplexée, qui a fait de l’ignominie et de la brutalité un mode de pouvoir. Ce sont tous et toutes des criminels, ils le savent, et ils l’assument. Je me souviens d’un médecin du travail des salariés d’un hôpital soupirer « oh non, pas encore ! » lorsque sa secrétaire est venue interrompre l’entretien parce qu’un salarié menaçait de se foutre en l’air. C’était devenu fréquent. C’est peut-être ça, la banalité du mal de la start-up nation, qui ne cesse de broyer, entre autres choses, le système de santé. Tant pis si des maladies comme le scorbut, qu’on croyait d’un autre âge, réapparaissent à cause de la misère. Pour un pays comme la France, élève assidue des réformes néolibérales, la mortalité infantile augmente de nouveau depuis 2011. La sixième économie mondiale est classée 23e sur les 27 pays de l’Union Européenne et les services de santé continuent pourtant d’être minutieusement dépiautés.
Une autre anecdote de l’ordinaire cynique : celle de patrons d’une multinationale qui déménagent les locaux de leur boîte pour se rapprocher de l’aéroport et leur faciliter la vie, obligeant leurs salariés à démissionner ou à se taper 4h de route par jour. Banalité du mal. Un plan de licenciement pour délocaliser la production dans un pays où les salaires sont plus bas. Banalité du mal. Des députés qui autorisent un produit chimique interdit que tout le monde sait cancérigène. Banalité du mal. Ou encore, les juges et procs qui broient des vies à longueur de journée et incarcèrent de plus en plus longtemps de plus en plus de gens pour des broutilles : ce sont évidemment eux les plus grands criminels, à plat de couture, des salles d’audience des tribunaux. On pourrait enchaîner ce genre d’anecdote à n’en plus finir. Le cynisme est une caractéristique assurée du caractère fascisant d’un pouvoir.
Macron et son gouvernement, avec l’appui des élites économiques et culturelles, enchaînent depuis 2017 des attaques contre les populations tout en mettant en place une partie du programme de l’extrême-droite en matière de sécurité et d’immigration. La concentration du pouvoir entre quelques mains y s’accélère avec la nomination des préfets, des directions des administrations et des cabinets ministériels directement par le président, le regroupement des administrations ministérielles dans les Départements sous la tutelle de l’Intérieur, le gouvernement par décrets et conseils de défense, l’usage frénétique du 49.3 pour passer les lois rapidement sans débats ni vote des députés, la fragilisation de l’indépendance des représentants d’une bourgeoisie concurrente (journalisme, tribunaux), la limitation du droit de grève et la répression des oppositions, l’imposition de gouvernements assujettis malgré les résultats électoraux, etc. Sans parler des petites choses très révélatrices : coller des affiches dans la rue expose de plus en plus à la garde-à-vue, diffuser des tracts dans une faculté à la répression des vigiles, obtenir une salle municipale pour se réunir au refus pur et simple. La liberté d’expression est une chimère pour qui souhaite en user. Sans parler de l’institutionnalisation des rafles de sans-papiers dans les gares ou même à la sortie des lieux d’aide humanitaire. Ou encore de la politique coloniale menée à Mayotte (opération Wuambushu) et en Kanaky à coups de flingues. Tout nous pousse en fait vers des régimes de plus en plus ouvertement autoritaires.
Nous ne sommes plus dans un régime de démocratie libérale. Non pas que c’était un régime émancipateur, loin s’en faut, mais ce n’est pas la même chose qu’une dictature. Nous ne sommes plus dans un régime de démocratie libérale, mais nous ne savons pas encore tout à fait dans quoi nous sommes embarqué-es. N’importe qui se confrontant au pouvoir par conviction ou de par sa condition, comme les exilé-es, en fait l’expérience quotidienne. Pour les autres, on peut certes très bien continuer sa vie et ne pas se rendre compte de ces changements rapides ; aller bosser comme si de rien n’était, consommer quand on le peut et fermer sa gueule. « On vit tranquille dans les cachots », comme disait l’autre. Comme d’habitude, la brutalité s’abat d’abord sur les personnes marginalisées. Qui se soucie réellement des exilé-es, des RSAstes, des gosses de banlieue, des anarchistes ? Peu de monde. On peut fermer les yeux et faire comme si de rien n’était. Cela s’étend ensuite aux mouvements sociaux, qu’on réprime avec vigueur. Et puis ça se déploie peu à peu toujours plus loin. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne pour réagir.

Intensification de l’exploitation, accélération de la répression
Cette logique d’accélération de la répression n’est pas spécifique à la France. Elle traverse tous les pays. De fait, elle répond à une nécessité du capitalisme. L’accélération de la répression est nécessaire pour intensifier l’exploitation et continuer d’extraire de la valeur. La forme « démocratie libérale » et les quelques garanties sociales lâchées au cours du 20e siècle ont permis d’intégrer, dans les pays les plus riches, la quasi-totalité de la population à la course à la croissance. Ça a permis surtout de pacifier une situation agitée. Mais c’en est fini. Reagan, Thatcher et Pinochet s’en sont assurés. Les figures autoritaires que sont les Modi, Trump, Bolsonaro, Duterte, Orban, Meloni, Milei, Bukele, etc., ont fini d’achever cette trajectoire.
La brutalité répressive est proportionnelle à l’intensification de l’exploitation. Plus le droit du travail est démantelé, plus les droits au chômage sont attaqués, plus les cadences sont accélérées, plus les richesses se concentrent entre quelques mains, et plus la répression est nécessaire pour l’Etat et le Capital. C’est dans la poursuite de cette logique que le fascisme peut être une option pour les classes dirigeantes. Et une option aujourd’hui pleinement assumée.
Il faut dire que nos sociétés contemporaines sont les plus inégalitaires : en 2019, un seul milliardaire géorgien, Iashivili, peut par exemple posséder un tiers de l’ensemble du PIB de son pays ; l’homme le plus riche du monde en 2023, le français Bernard Arnault, a une fortune estimée à plus de 240 milliards d’euros, soit davantage que le PIB d’un pays comme la Grèce, l’Iran ou l’Ukraine au même moment – cela représente pas moins de 2,6 millions d’années de salaire minimum de l’époque en France ; le milliardaire français Vincent Bolloré peut quant à lui mettre à disposition des réseaux d’extrême-droite son empire médiatique (multiples journaux et revues, maisons d’édition, chaînes de radio et de télévision), à l’image de ce qu’a pu faire un Rupert Murdoch aux Etats-Unis.
Les 1 % les plus riches ont augmenté en gros leurs richesses de 60 % entre 1995 et 2015, et les 100 milliardaires les plus riches ont ajouté 240 milliards de dollars à leur fortune rien qu’en 2012. En 2024, le sud-africain Elon Musk trône en tête des plus grandes fortunes du monde, avec environ 428 milliards de dollars, soit de quoi offrir une année de SMIC à 14 millions de personnes. Il se situe aux côtés du français Bernard Arnault et des états-uniens Jeff Bezos et Bill Gates. Ils ont tous des fortunes comparables aux PIB annuels de pays comme le Portugal, l’Algérie, le Koweït ou l’Equateur. La compagnie pétrolière saoudienne Saudi Aramco a enregistré plus de 150 milliards de dollars de bénéfices sur 12 mois entre mai 2022 et mai 2023, ce qui en fait l’entreprise la plus rentable. Polluer la planète rapporte beaucoup d’argent, tandis que le prix à la pompe de tout un chacun oblige à se serrer la ceinture. De manière générale, les bénéfices des banques et des entreprises ne cessent de croître, essentiellement par l’utilisation des mécanismes financiers, tandis que leur contribution sociale par les impôts ne cesse de baisser. En fait, la concentration des richesses financières atteint un niveau inégalé dans l’histoire de l’humanité.
La France n’est pas en reste, au point qu’en 2023, au moment où le gouvernement décide d’imposer de travailler deux ans de plus avant la retraite, un tiers de la population française déclare ne pas réussir à faire trois repas par jour et près de la moitié de se priver de certains actes médicaux faute de revenus suffisants. L’exploitation s’accélère, la misère s’accroît, donc la répression aussi. Il faut bien maintenir l’ordre.
Partout sur la planète, ce sont les régimes les plus autoritaires qui s’imposent. Les parlementaires français peuvent désormais dévoiler au grand jour leur rêve d’ordre et leur volonté de s’aligner sur les dictatures. Un rapport de sénateurs et sénatrices français de juin 2021, juste après la crise sanitaire et sa gestion policière, ne laisse guère de doutes sur les logiques que dirigeants et dirigeantes ont en tête :
« Les croisements de données et le recours à l’intelligence artificielle rendent en effet possible un ciblage extrêmement fin. Par exemple :
-  en exploitant des données génétiques, il pourrait être possible d’identifier immédiatement les personnes réceptives à un variant très rare d’un virus, ou à un vaccin ou traitement particulier, et de mobiliser ainsi les ressources médicales de façon beaucoup plus efficiente. Sans aller jusque-là, la simple exploitation automatisée du dossier médical de chaque individu d’une population cible pourrait déjà permettre de faire beaucoup. […] 
Dans les situations de crise les plus extrêmes, les outils numériques pourraient permettre d’exercer un contrôle effectif, exhaustif et en temps réel du respect des restrictions par la population, assorti le cas échéant de sanctions dissuasives, et fondé sur une exploitation des données personnelles encore plus dérogatoire […].
• Le contrôle des déplacements : bracelet électronique pour contrôler le respect de la quarantaine, désactivation du pass pour les transports en commun, détection automatique de la plaque d’immatriculation par les radars, portiques de contrôle dans les magasins, caméras thermiques dans les restaurants, etc.
• Le contrôle de l’état de santé, via des objets connectés dont l’utilisation serait cette fois-ci obligatoire, et dont les données seraient exploitées à des fins de contrôle ;
• Le contrôle des fréquentations […] ;
• Le contrôle des transactions, permettant par exemple d’imposer une amende automatique […] »1.

Bienvenue dans le meilleur des mondes, une sorte de totalitarisme digital, de technofascisme. Et au cas où nous n’avons pas compris, les bouffe-galette précisent que « si une dictature sauve des vies pendant qu’une démocratie pleure ses morts, la bonne attitude n’est pas de se réfugier dans des positions de principe ». Ça a au moins le mérite d’être clair. Encore faut-il se donner la peine de réfléchir deux minutes à ce qui est en train de se jouer…

Les illusions gauchistes
Le danger fasciste est le dernier argument de vente d’une gauche incapable de proposer quoi que ce soit. Elle n’a jamais été qu’une gestionnaire du Capital et de l’Etat, sous une forme un peu plus démocratique et sociale. Et encore… Sauf que la parenthèse démocratique et sociale du capitalisme est derrière nous.
Le succès de l’antifascisme le plus plat est aussi lié à l’incapacité de porter une autre perspective. De fait, il n’existe plus vraiment de mouvement antiautoritaire capable de porter une perspective révolutionnaire. Le vaste mouvement autonome qui s’était fait une certaine réputation à la fin des années 90 et au début des années 2000 s’est dissous quand une partie de ses participant-es a choisi de rentrer dans le rang et de composer avec la gauche. En 2016, la lutte contre la loi Travail et les attaques multiples des locaux du PS alors au pouvoir enterrent la gauche. Mais c’est un peu comme si une frange importante des antiautoritaires, autonomes, révolutionnaires se retrouvait effrayée par cette situation, orpheline d’une solution politique. Le choix de négocier avec le pouvoir à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a officialisé le virage réformiste. Aujourd’hui, la gauche s’est de nouveau imposée comme le débouché naturel des luttes. Merci les gauchistes !
La Grèce avait sur ce point était un précurseur. Alors que les anarchistes et révolté-es avaient conquis la rue dès 2008, c’est le débouché politique de Syriza qui est massivement choisi plutôt que la perspective autonome et révolutionnaire. Le parti de gauche radicale arrive au pouvoir en 2015, se fait remettre à sa place par le FMI et l’Union Européenne, et applique avec zèle les politiques néolibérales. La presse ne s’y trompe pas, la positionnant désormais au centre-gauche. Un recentrement très rapide.
Mais à une époque où la mémoire fout le camp, les élections législatives de 2024 en France ont révélé où en étaient les illusions gauchistes. Nombreux et nombreuses pseudo-radicaux et radicales se sont ainsi empressé-es de courir avec le Nouveau Front Populaire aux côtés du funeste François Hollande, entre autres crapules faussement repentis. Pourtant, il y en a eu des exemples de la gauche, même soi-disant radicale, au pouvoir : outre celui de Syriza, on se remémorera avec intérêt le bilan de Podemos en Espagne ou de l’Unité de gauche au Chili – et pourquoi pas de la flambée de gouvernements de gauche en Amérique Latine au début des années 2000 (Morales en Bolivie, Correa en Equateur, Lula au Brésil, etc.). Que le miroir aux illusions fonctionne encore reste une énigme…
Les gauchistes qui aujourd’hui passent leur temps à assimiler les dynamiques les plus dégueulasses du pouvoir à la seule extrême-droite participent directement à l’invisibilisation de la dynamique globale à l’œuvre. Ils et elles sont les idiots utiles de toutes les macronies et des classes dirigeantes dans leur ensemble. Ce n’est pas seulement l’extrême-droite le problème. Elle n’est qu’une option possible des gens de pouvoir, qui instaurent patiemment depuis de nombreuses années une nouvelle situation sociale capable de leur garantir de s’empiffrer le plus longtemps possible, jusqu’à épuisement de la planète s’il le faut. « Après nous le déluge » est leur mantra, le cynisme leur code de conduite.
Alors, l’antifascisme, miroir aux illusions ? ça y ressemble, tant qu’il n’est pas clairement autonome et révolutionnaire. Il ne reste que la révolte contre tout pouvoir comme solution, avec pour perspective la révolution sociale – ce qui implique de ne pas fixer de limites préalables pour pousser au plus loin les dynamiques de lutte. Ce n’est certes pas le chemin le plus facile. Mais si on prend un peu au sérieux la rapacité et la brutalité des gens de pouvoir qui veulent décider de nos vies à notre place, il n’y a pas vraiment le choix…
Lǎohǔ

[Brochure] La Guerre se fabrique…

Publié le 2025-08-15 19:14:11
Cliquer sur l’image pour ouvrir le PDF de la brochure (48 pages A5)

La guerre se fabrique…, mars 2025 (1ere version), Saint-Etienne., 48 p. A5


L’atmosphère militariste monte en pression. La guerre en Ukraine, en cours depuis l’hiver 2022, fait planer la menace du retour d’une « guerre de haute intensité » (termes de l’état-major) sur le sol de pays de l’OTAN. En France, comme ailleurs, bidasses, politiciens et bureaucrates s’y préparent et remodèlent, selon le familier schéma de la « gestion de crise », le cadre dans lequel ils voudraient nous contraindre à vivre. Après une succession d’états d’urgence, voilà que nous assistons en ce moment à l’instauration d’un état de guerre. La propagande médiatique surfe sur le nationalisme des plus fétides, nous bombardant d’images choc qui nous enjoignent à « choisir notre camp » face à l’ennemi censé mettre en péril « nos valeurs ». L’état-major n’hésite plus à évoquer le « potentiel sacrificiel national », des pubs pour l’armée tapissent les rues, des stratégies qui cherchent à enrôler la jeunesse s’étoffent.
Mais l’instauration de l’état de guerre ne s’arrête pas à l’embrigadement. Son infrastructure matérielle se renforce également : augmentation sans précédents du budget militaire via la dernière Loi de programmation militaire, livret d’épargne populaire finançant bientôt l’armement, création de la Réserve opérationnelle industrielle de défense, etc. Enfin, la mise en œuvre du cadre légal de l’état de guerre resserre toujours plus l’étau du contrôle. Ainsi, les possibilités de réquisition (mise à disposition de l’État et de l’armée de « personnes, biens ou services ») ont été récemment étendues et la loi sur les ingérences étrangères a accru les moyens de surveillance et de répression pouvant être déployés contre les personnes osant remettre en cause le bien-fondé de l’avenir kaki. À l’image de bien d’autres « avancées » de cette nature, l’état de guerre qui s’installe aujourd’hui dans un silence assourdissant risque fort de se normaliser pour devenir permanent, rendant toute résistance encore plus difficile.

Nous publions ici une brochure qui revient plus en détails sur ces différents aspects de la militarisation (chapitre 1). Elle parle aussi de l’industrie de l’armement à Saint-Étienne et dans la Loire (chapitre 2). Enfin, elle propose des définitions d’un certain nombre des « mots du pouvoir » (chapitre 3) et quelques idées de détournement pour tourner en ridicule la propagande.


[Trouvé sur Numéro Zéro, 14 août 2025]

Message au mouvement pour le climat

Publié le 2025-08-16T23:14:30+02:00

PDF : Message au mouvement pour le climat

À travers la dernière décennie, à la fois en Europe et au-delà, une nouvelle génération d’activistes a mis le mouvement pour le climat au premier plan. Des groupes tels que Extinction Rébellion, Fridays for Future, et Ende Gelände ont réussi à sortir des marges, convainquant des millions à s’engager pour la défense de la planète. C’était il n’y a pas si longtemps que peu étaient même conscient·e·s de la possibilité d’une catastrophe climatique – de nos jours c’est tout le contraire. Je n’ai aucune intention de minimiser ces réussites. Ce sur quoi j’aimerais attirer l’attention, toutefois, est que l’activisme pour le climat a fait peu ou pas de différence à quelque chose de très important, la seule chose importante qui compte réellement : de réellement abaisser la quantité de carbone émise par les humain·e·s à travers la planète. De telles émissions continuent à augmenter chaque année, tout comme les températures mondiales moyennes, les catastrophes météorologiques, et le taux d’extinction des espèces. Gagner la reconnaissance de toute la société n’a pas été suffisant. Dans tous ses principaux objectifs, le mouvement pour le climat reste une défaite décisive.

J’ai une suggestion sur pourquoi c’est le cas. Parce que le mouvement pour le climat est resté coincé dans la supposition que ceux au pouvoir doivent être convaincus d’apporter les changements nécessaires pour nous. Malgré le recours à une esthétique de l’action directe, la plupart de l’activisme pour le climat s’est concentrée à obtenir l’attention médiatique (incluant les médias sociaux grand public, ce qui est autant une extension du pouvoir capitaliste que la télévision ou les journaux) dans le but d’atteindre une reconnaissance sociale, finalement pour faire pression sur des politiciens. Toutefois, l’élite politique ne sera jamais capable de résoudre cette crise, parce que le système qui leur accorde le pouvoir est aussi le système qui littéralement prospère en dévastant la planète. Ce qu’on appelle « l’économie » est une mégamachine hors de contrôle qui juge tout ce qui n’est pas une expansion illimitée (un processus qui implique la dévastation écologique) comme une sorte de désastre. Peu importe leur affiliation ou les promesses qu’ils accordent, tous les politiciens et corporations plaident allégeance à la logistique à l’arrière de ce monstre dévoreur du monde.

Certain·e·s rétorqueraient que quelques éléments du mouvement pour le climat échappent à ce malaise. Contrairement à Extinction Rébellion ou Fridays for Future, des groupes anti-capitalistes comme Ende Gelände ne font pas de demandes explicites aux politiciens, se concentrant à la place à perturber directement les infrastructures critiques. Toutefois, on ne peut pas supposer qu’occuper pacifiquement une mine de charbon (ou ses artères) pour quelques heures est une manière réaliste de la mettre à l’arrêt pour de bon ; c’est juste une autre manière d’attirer l’intérêt des médias. De telles actions n’ont aucun sens à moins qu’on espère, consciemment ou non, qu’elles puissent servir à convaincre des politiciens d’intervenir et de réformer l’économie pour nous. D’autres organisations de masse (par exemple, Les Soulèvement de la terre) pourraient apparaître comme un progrès, étant donné qu’elles favorisent le sabotage d’infrastructures écocidaires, et en ce sens encouragent quelque chose qui ressemble à l’action directe (bien que dirigée par une avant-garde secrète). Là encore, toutefois, cela ne serait qu’une manière plus séduisante de recevoir l’attention des médias ; car de telles attaques seraient bien plus effectives si menées par des petits groupes autonomes qui frappent dans l’obscurité, surtout là où les autorités ne s’y attendent pas.

Pour faire court, la plupart de l’activisme pour le climat a pour fixation de demander de l’aide de la part d’un système qui est intrinsèquement incapable de répondre. Elle répand ainsi un ethos de déresponsabilisation et d’infantilisation, insinuant que les gens ordinaires sont incapables de faire face à la crise climatique par elleux-mêmes. Mais vraiment c’est tout l’inverse. On sera tou·te·s réduit·e·s en cendres avant que les gouvernements fassent ce qui a besoin d’être fait. Il revient ainsi au·x rebel·le·s non spécialisé·e·s, dévoué·e·s, de commencer à résoudre la crise directement. À quoi cela pourrait ressembler ? Adopter sans délai les changements nécessaires que ceux au pouvoir ne considéreront jamais sérieusement. Par là je veux dire mettre à l’arrêt les centrales électriques, les aéroports, les autoroutes, et les usines, tout en arrangeant des moyens décentralisés (et ainsi avec dans une esprit écologique) de nos subsistances sans eux. Cette proposition implique sans aucun doute une escalade massive dans la stratégie. Quoiqu’il en soit, étant donné la gravité de la situation, combinée au fait que les méthodes actuelles ont prouvé leur insuffisance, je pense qu’il est temps qu’on considère la révision radicale de notre approche.

L’inspiration est déjà là. Par exemple, la campagne Switch Off ! (initié en Allemagne en 2023, et qui se répand au-delà de l’Europe depuis) a laissé tomber la réforme du capitalisme, se concentrant à la place à paralyser directement l’infrastructure responsable de la dévastation de la planète. De tels exemples de sabotages se répandent, qu’ils soient associés à cette bannière, une autre, ou pas revendiqués du tout. Pour ne mentionner que quelques unes des actions pertinentes : en septembre 2023, le réseau ferroviaire de la périphérie d’Hambourg a été saboté en plusieurs points, provoquant une perturbation majeure dans l’un des plus grands ports d’Europe ; en mars 2024, une attaque incendiaire du réseau électrique proche de Berlin a fermé l’immense Gigafactory Tesla pendant plusieurs jours ; en mai 2025, une double attaque sur une centrale électrique et un pylône à haute-tension a causé un blackout dans une partie importante de la France, privant d’électricité un aéroport, plusieurs usines, et le Festival du Film de Cannes. On pourra aussi se rappeler que l’aéroport de Londres-Gatwick a été fermé pendant plusieurs jours en 2018, selon certaines sources (et pour des motivations inconnues) parce que un drone portatif a survolé les pistes. Malgré les massifs efforts policiers, celleux qui ont réalisé cette action facilement reproductible n’ont jamais été retrouvé·e·s ; les autres actions mentionnées ici n’ont pas mené à de quelconques arrestations non plus. En contraste, les tactiques activistes conventionnelles pour le climat (par exemple, le recours aux lock-ons, aux trépieds, à la superglu) tiennent le fait d’être arrêté·e comme acquis, sacrifiant en cela nos camarades aux tribunaux, aux prison, et à la surveillance continue. C’est un prix cher pour des actions qui, à côté du fait qu’elles favorisent une attitude de soumission envers les autorités, ont peu ou pas d’impact sur les capacités de fonctionnement des industries qui trash le climat.

Dans le but de commencer à faire face au problème à l’échelle du changement climatique, toutefois, les attaques contre les infrastructure écocidaires doivent devenir encore plus ambitieuses. Cela pourrait être formulé en termes de dépassement de la focalisation sur les industries spécifiques en ciblant la civilisation industrielle dans son ensemble. Les centres de production, d’extraction, et de recherche pertinents doivent être pris pour cibles ; ainsi que le réseau électrique qui les lie ensemble, à savoir, le réseau même qui donne sa puissance (dans les deux sens du terme) au système de la destruction au départ. Une vision aussi audacieuse paraît déplacée pour beaucoup de gens. Mais il est trop souvent oublié que le changement climatique et la civilisation industrielle sont en fait exactement le même problème. La dégradation humaine du climat n’est pas quelque chose d’ancien ; elle est autant datée que l’industrialisation elle-même. Depuis à peu près 150 ans, la vie humaine s’est centrée de façon croissante sur l’usage des machines qui convertissent les combustibles fossiles en énergie, émettant en cela du dioxyde de carbone. La culture humaine, en d’autres termes, a été mise de force dans une relation de dépendance envers une infrastructure en perpétuelle expansion qui ne peut pas fonctionner sans empoisonner le climat. La Révolution industrielle a été initiée il y a seulement quelques générations, et ses conséquences ont déjà mené beaucoup à questionner la viabilité de la vie elle-même au-delà du siècle. Il ne pourrait y avoir de plus accablant de ce tournant technologique relativement récent.

Certain·e·s répondront, bien sûr, que la civilisation industrielle n’est pas intrinsèquement dévastatrice de la terre, et est déjà dans le processus d’être réformée. On parle là de la dite « Transition verte » annoncée à travers le spectre politique comme la solution à la crise climatique. Toutefois, c’est une erreur courante de penser que les énergies éolienne, solaire, ou hydroélectrique représentent d’authentique alternatives aux méthodes conventionnelles ; car en réalité elles sont harnachées aux combustibles fossiles, qui sont en train de brûler en quantités plus élevées que jamais. Penser que l’économie capitaliste consentirait jamais à laisser des réserves inexploitées de charbon, de gaz, ou de pétrole dans le sol c’est méconnaître la principale logique d’un système basé sur la croissance illimitée. La conséquence de l’investissent record dans la green tech, ainsi, n’a été que pour catapulter la consommation mondiale d’énergie à des niveaux sans précédent.

Par ailleurs, à côté du fait qu’elle échoue à engager une transition, la restructuration économique en cours est tout sauf verte. Premièrement, les combustibles fossiles sont des sources d’énergie hautement denses, que ni l’énergie solaire, éolienne, ou hydraulique ne sont prêtes d’égaler ; il s’ensuit que les « énergies renouvelables », si attendues qu’elles maintiennent les niveaux actuels d’absorption, doivent consommer des étendues de terre bien plus grandes que celles qui sont déjà dédiées à la production d’énergie. Deuxièmement, les technologies clés d’une telle restructuration dépend lourdement de l’extraction de minéraux, en particulier par l’exploitation minière. Par exemple, le nickel et les minéraux de terres rares sont nécessaires à la construction de panneaux solaires et d’éoliennes ; le lithium et le cobalt sont des composants clés de leurs batteries, ainsi que celles des voitures électriques, des vélos électriques et des smartphones. En tant que tel, et au nom du devenir « vert », l’économie capitaliste est en train de piller chaque recoin du globe à la recherche de ressources lucratives, conduisant donc à la dévastation écologique, au travail forcé, et aux conflits géopolitiques. Même les profondeurs inexplorés des océans sont sur le point d’être saccagées ; ensuite ce seront les astéroïdes et d’autres planètes. En somme, donc, ce qui a été promu comme la solution technologique à la catastrophe climatique n’est qu’un vaste mensonge camouflant la poursuite de l’expansion de la mégamachine.

Est présente dans le discours de presque tou·te·s celleux que l’on rencontre de nos jours une compréhension que les humains sont en train de dévaster la biosphère – et simultanément de se suicider. Pourtant, beaucoup moins sont prêt·e·s à envisager la crise pour ce qu’elle est réellement, à savoir, la résultante d’une fuite en avant dans le développement technologique. Ceci n’est pas un problème auquel on peut faire face par le vote, la pétition, la manifestation, le boycott, ou l’investissement. La seule réponse réaliste à la crise climatique est l’attaque de la civilisation industrielle. Je ne m’attends pas à ce que cette proposition s’apprête à recevoir une popularité large ; après tout, elle garantit de déstabiliser le seule monde que presque n’importe qui n’a jamais connu. Toutefois, on pourrait devoir tenir compte du fait que beaucoup ou la plupart des humains insisteront toujours pour maintenir leurs voitures, frigos, et smartphones en marche – même au prix d’abandonner l’air même que l’on respire. Il incombe donc à celleux dont les priorités sont ailleurs de procéder à l’action courageuse et intransigeante.

Publication anonyme sur Act for Freedoom Now!

15 août 2025

LECTURES COMPLÉMENTAIRES

Desert, Stac an Armin Press, 2011

« Désarticuler l’autorité », Avalanche n°8, 2016

Hourriya, cahiers anarchistes internationalistes n°3 L’Imprévu – Du centre à la préiphérie, 2016

Total Liberation, Active Distribution, 2019

Breaking Ranks: Subverting the Hierarchy & Manipulation Behind Earth Uprisings, 2023

Contre le phagocytage des luttes par les Soulèvements de la terre, 2023

Lutter et/ou se faire manipuler au nom d’une lutte ? Soulèvements de la terre versus État, même combat, 2023

Quand NDDL se prend pour le petit père des luttes – Entre récupération et autoritarisme, 2021

« Mégaprojet, « Transition énergétique » : Localiser les points faibles », Antisistema n°2, 2024

« Mapping the Megamachine: Microship Production », Tinderbox n°5, 2024
(disponible en papier)

« Nonhuman Comrades », No Path n°2, 2024
(disponible en papier)

« Constellations souterraines : Mettre en lumière les rouages de la guerre et de l’écocide », Tinderbox n°7, 2025

An Anarchist Solution to Global Warming, Peter Gelderloos, 2010

« Nothing is True, Anything is Possible », No Path n°2, 2024
(disponible en papier)

Conversation with a human ecologist on the promises of renewable energy technologie, No Mine in Glálok: Ecocide and Colonialisme in Swedish-occupied Sápmi, 2023

Des camions McElhanney incendiés à Smithers

Publié le 2025-08-17 00:00:00

[pompé et traduit de BC COUNTER INFO]

voitures-McElhanney

Le 10 août 2025 vers 4h du matin, deux camions appartenant à McElhanney on été incendiés à Smithers, dans la provience de la Colombie-Britannique, au Canada.

McElhanney est une entreprise qui fournit des services de conseils au projet PRGT. Le Prince Rupert Gas Transmission (PRGT) est un projet de gazoduc allant de Hudson’s Hope jusqu’à un futur terminal flottant sur la côte Nisga’a.

Vous pouvez en savoir plus sur leur implication par ici [en Anglais] : Against Extractivism: PRGT and its Actor et Arson attack in Terrace BC

Attaque incendiaire à Terrace, Colombie-Britannique, Canada

Publié le 2025-08-17 00:00:00

[pompé et traduit de BC COUNTER INFO]

Le 26 septembre 2024 au matin à Terrace, BC, une attaque incendiaire a sévèrement endommagé cinq véhicules ainsi que le bâtiment à proximité.

Après une petite recherche, nous avons réalisé que les véhicules appartenaient à l’entreprise McElhanney qui propose des services de cartographie, d’ingénierie, de SIG, de télédétection, de paysagisme et de service environnementaux dans tout l’Ouest canadien.

Pas loin de Terrace, McElhanney travail sur le projet controversé du gazoduc PRGT, qui a connu des résistances par le biais d’occupations et de blocages. Plus au sud, l’entreprise utilise des données SIG pour planifier les travaux du controversé oléoduc TMX. Dans le nord-est de la Colombie-Britannique, McElhanney a fourni des données et des plans pour l’extension des puits et des pipelines de LNG.

Nous sommes tombés sur ces informations au sujet de l’attaque, dans des médias locaux qui ont republié des rapports de la RCMP. Il semble que très peu d’information soit diffusées par le RCMP, ils choisissent de ne pas publier de photos ni de détails. C’est surprenant compte tenu de l’ampleur de l’attaque. Peut-être qu’ils veulent taire cet événement.