Vive l'Anarchie - Semaine 33, 2025

Sommaire

Le Lion-d’Angers (Maine-et-Loire) : Ravalement de façade pour le bar des fachos

Publié le 2025-08-18 00:00:00

extraits d’Ouest-France / vendredi 15 août 2025

La façade du Café des sports au Lion-d’Angers (Maine-et-Loire) est maculée de peinture rouge et l’inscription « raciste » y a été taguée. Les gendarmes ont constaté les dégradations vers 8 h, ce vendredi 15 août 2025. Le Café des sports avait déjà été la cible d’une action du même type en décembre 2024. Plusieurs plaintes ont été déposées.

[…] Les locaux ont été repris au printemps 2024 par Louis Guimon, personnalité dont les liens avec l’extrême droite ont été pointés par le collectif Bien vivre ensemble au Lion-d’Angers. Le Café des sports a été la cible de plusieurs actes de vandalisme : le dernier en date remonte à décembre 2024. Interrogés, les propriétaires du café n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

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Mise à jour du 20 août : pour en savoir plus sur les fascistes qui ont repris ce bar, lire ici

Communique and footage released from torching of three vehicles at Lovitt technologies

Publié le 2025-08-18 05:30:51
FOR IMMEDIATE RELEASE – 0.8.07.25 – Communique and footage released from torching of three vehicles at Lovitt technologies

Hello. This is an anonymous communique by the cell that torched three cars at Lovitt Technologies on the morning of July Sth 2025.

Let there be no illusions as to what this was. This was not an accident nor thoughtless vandalism. This is a clear and serious threat. If you continue making weapons components of any kind there will be consequences. Consider this a warning.

After 21 months of an accelerated genocide against the Palestinian people by the illegitimate zionist entity, eight decades of “american” warmongering and imperialism, two and a half centuries of the most violent colonial oppression, ethnic cleansing, and murder of Aboriginal peoples across so-called “australia” – Lovitt Technologies has chosen its place at the intersection of these catastrophes.

Lovitt was the first “australian” producer of components for Lockheed Martin’s F-35 fighter jets, proudly deployed in service to colonialism and imperialism by “america”, “israel”, “australia”, and “the uk”.

Lovitt was targeted because it is a bottleneck in the supply chain. This factory has the Makino T1 milling machine to make precision titanium and aluminum components. When it was acquired this was the only machine of its kind in so-called “australia”, and only one of ten in the world.

15 suppliers to the F-35 supply chain including Marand, Ferra, HTA, Levett AW Bell, Quickstep and Varley all depend on Lovitt, in addition to its subsidiary Electromold. Lovitt is also a supplier to BAE Systems, “israeli” weapons company Elbit Systems, and manufactures components to Boeing’s F-15, F-18, the so-called “chinook” helicopters, and the Ghost Bat an armed Al-powered drone.

Every worker in this supply chain is complicit. You have had years to contemplate the consequences of your actions. We will decide your fate, as you have decided the fate of millions.

For the past few months we have been closely watching you. We have your addresses. All the information we have about you will be distributed to our underground networks. Stop arming “israel” or else…

That the tools of colonisation and imperialism are manufactured on stolen Wurundjeri country is no accident. The illegitimate “australian” state only becomes a greater colonial and imperial power with its involvement in these supply chains. It is an affront to this sacred land and its true owners – who know genocide – that these weapons factories exist to continue another. Genocide begets genocide. And violence begets resistance.

We are behind the enemy lines of this genocide, and it is our duty to attack the belly of this colonial-imperialist beast at every opportunity. If you are watching this you can do what we have done.

Place half a slab of firestarter into each paper bag. Place one bag under the front and one under the back of the tire. Do this for both of the tires on the fuel cap side of the car. Be mindful of fingerprints and DNA. Set the bag on fire and run.

Every colony will burn.
Land back and liberation will grow from their ashes.

DEATH TO “ISRAEL”!
DEATH TO “AUSTRALIA”!
DEATH TO “AMERICA”!

From the river to the sea, Palestine will be free.
Always was, always will be Aboriginal land.

Anonymous submission to Unity of Fields

Solidarity Means Attack!

McElhanney trucks burned in Smithers (BC,CANADA)

Publié le 2025-08-18 05:39:47

On August 10th at around 4am two trucks belonging to McElhanney were burned in Smithers, BC.

McElhanney provides consulting services to the PRGT project. You can read more about their involvement in Against Extractivism: PRGT and its Actor and Arson attack in Terrace BC

via: bccounterinfo

[PODCAST] Contre l'extension des quartiers d'isolement, un retour radiophonique sur les luttes contre l'isolement carcéral / Minuit Décousu

Publié le 2025-08-18 18:01:12

L’ouverture en grande pompe des deux taules de sécurité maximale pour "narcotrafiquants" par le gouvernement à Vendin-le-Vieil et Condé sur Sarthe a fait les choux gras de la presse quotidienne régionale sans émouvoir pour autant la gauche de gouvernement. Derrière ce silence glaçant on trouve les tweets de Darmanin qui se gargarisait vendredi 8 août de l’arrivée des derniers prisonniers à Vendin qui seront soumis au régime de l’isolement total, inspiré du régime dit du "41-bis" italien.Tout ressemble finalement à un spectacle punitif jusqu’au transfert des déténus, effectués dans des condtions hallucinantes :

« Le transfert était interminable. On a tourné dans plusieurs prisons d’Ile-de-France avant de s’arrêter à Beauvais. J’étais menotté aux mains et aux pieds, dans un car cellulaire. On était deux ou trois détenus par véhicule. Le convoi ? Une cinquantaine de véhicules : motos, blindés, 4x4, le RAID, le GIGN, les ERIS... Tout était là. Comme pour un défilé. » (source : l’OIP)

Contre ce déchaînement de violence pénale et l’extension continue de l’isolement carcéral et de la torture blanche, on vous propose de réécouter le documentaire A l’isolement, que nous avions réalisé en 2023 avec la chance d’avoir au micro Mohamed Hocine, qui a participé à monter une plateforme de lutte des prisonniers à Bois d’Arcy avec entre autres Charlie Bauer, et Nadia Ménenger, qui causait à l’époque dans l’émission anticarcérale "Parloir Libre" sur Fréquence Montmartre et qui avait participé à la mise en place du Comité pour l’abolition de l’isolement carcéral (CAIC). Iels nous parlaient de la mise en place de l’isolement et des QHS en détention à partir des années 1970, leur soit-disant suppression par la gauche socialiste et la création en remplacement des quartiers d’isolement (QI) puis de la généralisation de l’utilisation du mitard dans la gestion interne de la population carcérale. Iels racontent également comment se sont créés des liens et des solidarités fortes entre l’intérieur et l’extérieur pour lutter contre cet isolement.

Le documentaire s’écoute par ici ainsi que sur toutes les plateformes de podcast, bonne écoute !

https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/139527/207832/podcast_207832_aH74u.mp3

Pont-l’Abbé (Finistère) : « Duplomb dans la cervelle » contre la députée

Publié le 2025-08-19 00:00:00

extrait de France 3 / mardi 19 août 2025

Dans la nuit du 17 au 18 août 2025, la permanence de la députée Renaissance de la 7ème circonscription du Finistère, Liliana Tanguy, située 12 rue du Prat à Pont-l’Abbé a subi des dégradations : trois vitres ont été cassées et des tags inscrits sur les murs. On peut y lire : « élu corrompu dehors« , « loi Duplomb Tanguy merci« , « RDV le 10/09« .

Le collectif « Duplomb dans la cervelle » a revendiqué les faits dans un communiqué « pour dénoncer son vote pour la loi Duplomb« . Cette loi, promulguée mardi 12 août par Emmanuel Macron, permet notamment la réintroduction d’un pesticide interdit en France depuis 2018. Le collectif écrit : « Liliana Tanguy est favorable à mettre en péril la santé de la population en défendant le développement et l’utilisation des pesticides. Par ce geste, ses administrés lui adressent leurs remerciements et la rappellent à son rôle de représentante de nos intérêts« .

Le collectif poursuit avec un appel à « bloquer la France le 10 septembre« . Un blocage auquel il invite à participer « contre ce gouvernement véreux« . Il conclut ainsi : « Un mouvement social d’ampleur se prépare. Le gouvernement a perdu toute légitimité à gouverner depuis longtemps. Aujourd’hui ce sont les députés qui trahissent les administrés et perdent à leur tour notre confiance. Reprenons nos institutions et instaurons les garde-fous nécessaires à endiguer leur corruption. Notre santé vaut mieux que leurs dividendes« . […]

10 septembre et au delà, appel à la destruction et à la création /// September 10 and beyond : call to destruction and creation

Publié le 2025-08-19 12:29:25

(english version below)

Pour le 10 septembre, il y a des appels nationaux à bloquer la france, cesser de faire fonctionner la machine. Ca fait plaisir de voir que les gens ont la rage et veulent se coordonner à une échelle aussi grande, en dehors des partis et des syndicats pour une partie, même si il semble que des syndicats se sont empressés de se rallier au premier mot d’ordre autonome.

Les raisons individuelles qui motivent les gens sont certainement diverses mais il ressort parfois du racisme (les travailleurs français seraient sacrifiés et tout serait donné aux “autres”), de la non-violence (assumée, options offensives pas toujours envisagées…) et de la solidarité de “classe” creuse (visibilisation de la fermeture d’easy jet à l’aéroport de toulouse-blagnac et des personnes se retrouvant sans travail, sans critique de l’industrie aéronautique).

Pointer des catégories sociales minorisées comme responsables des défaillances est dégueulasse et sert juste de punching ball, et les tyrans de ce monde s’en frottent les mains.

Grêves et blocages peuvent être des moyens efficaces de gripper la machine mais dans quel but ? Demander quelques concessions avant de rappuyer sur le bouton d’allumage ? Ou dégrader cette même machine dans l’optique de la faire tomber ?

Je me fous du support de la CGT industrie chimique, je n’ai aucune empathie pour easy jet (entreprise aéronautique) ou pour d’autres entreprises toxiques qui ferment ou délocalisent, car elles nécessitent trop de minerais volés au prix du sang, exploitent, financent des guerres physiques, économiques, favorisent la disparition de la biodiversité.... Mais j’ai de l’empathie pour les gens qui se retrouvent sur le carreau sans manière de subvenir à leurs besoins, oui. Même si on peut diverger sur nos idées. Il faut arrêter d’alimenter de faux besoins et notre propre souffrance, celle de la terre et des autres êtres, au nom d’un travail salarié, il est possible de créer de nouveaux réseaux et manière de vivre plus respectueuses.
Je hais ce que le système impose aux gens, un manque d’autonomie généralisée, donc une dépendance, aggravée par la destruction de nos habitats biologiques.

C’est un appel à la destruction, car la destruction physique et psychologique de ce système est nécessaire. Nombre d’entreprises et d’institutions participent à la destruction et à la domestication du monde sauvage, ainsi que cette part sauvage de nous, humains plus ou moins civilisés.
Et les ennemis de modes de vie plus libre sont des infrastructures et des réseaux matériels mais également des personnes de pouvoir, les suiveur.euses borné.es et les symboles sur lesquels ielles s’appuient.
Il faut s’organiser de manière durable, sécurisée, horizontale et respectueuse contre ce qui nous oppresse.

C’est aussi un appel à la création, car pour être moins dépendants et peut être avoir moins peur de passer le pas de la sedition, il faut aussi créer, apercevoir d’autres possibles. Se souvenir de fonctionnements anciens et respectueux, les propager, en inventer des nouveaux, observer, critiquer, recommencer.
S’organiser à des échelles plus réduites, pour des questions pratiques d’organisation : il est impossible de s’organiser à des échelles gigantesques pour un fonctionnement quotidien sans un systême représentatif ou dictatorial centralisé, des technologies mortifères et un aménagement civilisé du territoire. Les villes et la civilisation sont le contraire de l’autonomie.
S’organiser à des échelles réduites aussi pour des questions de connaissance de son environnement et des êtres qui le peuplent. Mesurer directement l’impact de décisions humaines prises et comment elles influent sur la synergie de l’ecosystème. Choisir de participer ou pas à un groupe en fonction de son affinité avec ses idées et pratiques.
Mais aussi pour contrer les logiques nationalistes ou mondialistes.
On peut aimer le territoire où l’on vit, sans être raciste ou se limiter par des frontières définies par d’autres.
C’est dans ce sens que la france n’a aucun sens. Ce n’est qu’une entreprise d’uniformisation de territoires si différents et qui l’étaient encore plus avant.

Donc cet appel ne se limite pas aux frontières françaises et n’appellent pas à une uniformité de fonctionnement ou à la “révolution” mais plutôt à une multiplications des foyers de révolte et à les faire durer dans le temps pour de multiples séditions contre les états, les entreprises, et la NORME.

Reprenons le contrôle de nos vies !

Que la grande machine civilisée humaine devienne rouille et nourisse les arbres.

Ici un tas d’infos pratiques et de conseils pour des actions, grèves, manifs et résister à la répression

Un appel pour le 10 septembre ici

Des nouveaux textes sur l’ébullition, l’organisation, les rencontres physiques et la spontanéité ici

Pour la sécu :

English version

For september 10, there is national calls to block france, stopping the machine. It’s nice to see that people have rage et want to coordinate to a scale that big, partly outside of parties and unions, even if it seems some unions hurried to join the first autonomous call.

Individuals reasons which motivate the people are surely diverse but appears some racism (french workers would be sacrificed and everything would be given to the “others”), no-violence (assumed, offensives options sometimes not even considered…) and empty “class” solidarity (easy jet closing and people with no job’s visibilization at toulouse-blagnac airport without critics of plane aeronautic industry).

Pointing at minored social categories as responsible for failures is disgusting, serves as punching ball, and tyrants of this world are happy.

Strikes and blockades can be efficient means to block the machine but towards which goal ? Ask some crumbs before pushing the start button again ? Or degrade the same machine towards the goal to make it fall ?

I don’t care about CGT chemical industry’s support, I have no empathy for easy jet (aeronautic company) or for other toxic companies which close or delocalize, because they need too many stolen minerals, to exploit, finance physical, economical wars, make biodiversity disappearance… Empathy for people who finds themselves with no way to fulfill there needs, yes. Even if we can disagree on our ideas.
It’s needed to stop feeding our fake needs and our own suffering and, the one of earth and other living beings, in the name of payed work, it’s possible to create new networks et more respectuous way of living.
I hate what this system impose to people, a generalized lack of autonomy, so a dependence, made worst with the destruction of our biologic habitats.

It’s a call to destruction, because physical and psychological destruction of this system is necessary. Many companies et institutions participate to destruction and domestication of wild world, thus this wild part in us, more or less civilized human beings.
And the enemys of freer way of life are infrastructures and material networks but also people of power, stubborn followers and the symbols which they rely on.
Long-term, secured, horizontal and respectuous organizing against what oppresses is needed.

It’s also a call to creation, cause to be less dependent and maybe being less afraid to go towards sedition, it’s needed to create, to get a glimpse of other possibles. Remembering old and respectuous ways, spread them, invent new ones, observe, critic, start again.
Organize ourselves to smaller scales, for practical reasons : it is impossible to organize to these gigantic scales for a daily functioning, without centralized representative or dictatorial system, deadly technologies and a civilized grounding of territory. Cities and civilization are the opposite of autonomy.
Organizer to smaller scales also for reasons of knowledge towards our environment and the beings living in it. Directly measure the impact of human decisions and how they influence synergy of ecosystem. Choose to participate or not to a group depending one affinities with its ideas and practices.
But also to counter nationalist and globalist logic.
One can love the territory where one lives, without being racist or limited by borders drew by others.
It’s in this way france makes no sense. It’s only a work of standardization of territories so different and which were so much before.

So this call is not limited to french borders and don’t call to standardization of functioning or to “revolution” but more to a multiplication of hotbeds of revolt et to make them last long for multiple seditions against states, companies, and the NORM.

Let’s take back control of our lives !

May the big human civilized machine become rust and feeds trees.

https://ricochets.cc/En-cas-de-soulevement-infos-pratiques-pour-les-actions-greves-manifs-pour-resister-a-la-repression-8574.html
https://labogue.info/spip.php?article2284&lang=fr
https://ricochets.cc/Rentree-explosive-a-partir-du-10-septembre-Nouveaux-textes-8571.html
Protect yourselves : gloves for fingerprints / bleach for DNA
Security : no trace project / tor browser / operating system tails

Thio (Kanaky) : maintenir la pression

Publié le 2025-08-19 19:11:22

Une voiture de gendarmes en stationnement visée par des tirs
à Thio

Nouvelle-Calédonie La1ere, 16 août 2025

Le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas, a retenu le chef d’accusation de “tentative de meurtre sur gendarme”, après des tirs sur un véhicule stationné et sans occupant survenus dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 août à Thio.

Il était 2h50 du matin lorsque les gendarmes mobiles logés dans une maison située à 50 mètres de la brigade ont été réveillés par quatre tirs d’arme à feu. Des tirs qui ont visé un pick-up garé le long de la villa et facilement identifiable, puisqu’“équipé d’un gyrophare” et portant “l’inscription gendarmerie sur les portes latérales”, précise Yves Dupas dans un communiqué diffusé samedi 16 août. Aucun blessé n’est à déplorer.


Le siège conducteur transpercé

Trois impacts sur le capot et un quatrième à la base du pare-brise ont été relevés par la police scientifique et technique. Ce dernier impact correspond “à un projectile ayant traversé le tableau de bord, le volant, le dossier du siège conducteur ainsi que le dossier de la banquette arrière gauche”, précise le communiqué.

Appel pour la Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes

Publié le 2025-08-20 00:00:00

Solidarity International / mercredi 6 août 2025

Nous vous appelons à mener des actions pendant la Semaine de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes, du 23 au 30 août 2025 !

Contre la société carcérale, pour du lien

Quand nous nous tenons à l’extérieur de la prison, nous sommes confronté.es à la dure réalité de l’aliénation et de la séparation. Un mur, une clôture, des tours de garde, des caméras de surveillance, des boîtes en béton et des cages en acier visant à garder les accusé.es et les « coupables » séparé.es du reste de la société ; des concepts de réhabilitation et de repentir construits à partir des idéologies des États, afin de conserver et d’assurer leur pouvoir, de figer des territoires avec des identités nationales fixes et de punir tout ce qui tombe en dehors de leurs notions de légalité, de progrès, en dehors de leur morale et de leurs valeurs capitalistes.

Le fait est que, une fois que nous nous tenons à l’extérieur des murs de la prison, nous nous rendons compte qu’il s’agit d’une construction tangible. C’est un mur, c’est du béton, c’est matériel. Ceux qui les font fonctionner sont des êtres vivants… Oui, les prisons nous isolent, mais elles nous isolent d’autant plus que nous les laissons faire, dès lors que nous les acceptons. Les murs deviennent immuables et permanents pour celles/ceux d’entre nous qui sont à l’extérieur, dès lors que nous oublions et acceptons la séparation qu’ils imposent. Celles/eux qui sont à l’intérieur de ces boîtes ne peuvent pas oublier, car ils/elles sont confronté.es chaque jour à la dure réalité de la vie à l’intérieur. Tant que les États existeront, il y aura des prisons, et nous nous retrouverons entre leurs murs.

C’est en perpétuant la mémoire que nous continuons la lutte et la vie des compas qui sont mort.es avant nous ; nous portons les idées et les actions de celles/ceux qui sont isolé.es par des cages et du béton, créant ainsi une continuité et un lien dans les actes incessants de résistance qui constituent une vie à la recherche de la liberté. Les prisons et les luttes qui se déroulent entre leurs murs sont un apport constant à cette mémoire collective de la résistance.

Que ce soit dans les entrailles des dictatures totalitaires ou au cœur de la « social-démocratie », où la violence d’État a un saveur différent, les États ne ménagent aucun effort pour éteindre les feux de l’[in]subordination et de la résistance, où même avoir des idées qui remettent en cause leurs constructions peut vous mettre dans leur ligne de mire, sous leur regard parfois apparemment omniprésent.

Nous reconnaissons la solidarité sous ses nombreuses formes – des liens et des amitiés aux échanges d’idées et au dialogue, aux moments partagés d’attaque – nos compas ne restent pas isolé.es, mais sont des parties toujours essentielles de nos luttes.

En solidarité avec ceux/celles qui se faufilent à travers les murs des frontières, celles/ceux qui sont en cavale, en exil, dans les cellules les plus reculées de l’isolement, ceux/celles qui sont mort.es en action, avec les criminalisés.

Contre toutes les prisons.

Nous choisissons une vie de tension et d’insubordination, à la recherche de liens.

Vous ne pouvez pas enterrer la force de la vie !

Italie : Des nouvelles d’Alfredo Cospito et une proposition contre le blocage de son courrier

Publié le 2025-08-20 00:00:00

Il Rovescio / samedi 16 août 2025

À relayer le plus possible !

Pour brise l’isolement auquel est soumis l’anarchiste Alfredo Cospito*, par le biais du blocage pratiquement complet du courrier, nous relançons l’appel à lui envoyer des cartes postales et des lettres… en ce moment de déplacements pour les vacances, etc., le courrier pourrait lui parvenir de différents endroits plaisants !

Cet énième appel à écrire à notre compagnon est motivé aussi par les nouvelles qui nous arrivent de Bancali, étant donné qu’Alfredo considère comme très opportun de poursuivre et incrémenter l’envoi de courrier à son adresse, même si ce ne sont pas des lettres suivies, même si ce ne sont que des cartes postales, avec ou sans indication de l’expéditeur.trice… s’il y en a beaucoup qui arrivent, elles donneront du boulot à ceux qui se chargent de lui bloquer la poste.
On estime qu’en ce moment il est moins nécessaire qu’avant de lui envoyer du courrier suivi, étant donné qu’Alfredo a désormais plus de trente lettres suivies qui ont été saisies et que le Tribunal de l’application des peines doit s’exprimer à ce propos, même s’il tarde à le faire (ce qui est normal dans le cas de la prison de Bancali, selon à l’avis de l’avocat, qui assiste de nombreux détenus de cet établissement).
Enfin, en plus de la question du courrier, le 14 septembre prochain il y aura une audience à propos du « jugement de conformité », par rapport à la prison de Bancali : il s’agit d’une procédure où le juge statuera sur la capacité de la prison à faire respecter une autorisation accordée [à un détenu], mais dont il ne lui est pas réellement permis de bénéficier. Il s’agit de la possibilité pour Alfredo d’accéder à la bibliothèque de l’établissement, chose qui avait été autorisée, mais sans qu’il ait jamais pu en bénéficier. S’il décide qu’Alfredo a raison, le juge désignera une autre figure, en dehors de l’administration pénitentiaire, chargée de veiller à ce que cette autorisation soit respectée.

Nous adhérons également à la proposition d’« initiative en solidarité avec Alfredo, contre le blocage de son courrier », formulée par les compas de S’Idea Libera, de Sassari, pour donner un développement supplémentaire à la tentative d’enrayer l’un des dispositifs d’isolement appliqués contre Alfredo : une occasion en plus pour que, après cette « phase estivale » d’envoi de cartes postales et lettres de manière non coordonnée, on essaye de donner de la continuité, sur le long terme, à l’engagement à démontrer à ses geôliers qu’Alfredo ne sera jamais seul !

 

INITIATIVE EN SOLIDARITÉ AVEC ALFREDO, CONTRE LE BLOCAGE DE SON COURRIER

En rapport à la situation de censure, de blocage et d’isolement d’Alfredo dans le régime 41-bis, à la prison de Bancali, nous voudrions partager cette proposition d’initiative.
Au fil du temps, il y a eu différentes occasions au cours desquelles, de manière individuelle ou organisée, on a essayé de rompre l’isolement par le biais du courrier. En ce moment, quand il nous semble important d’enfoncer le clou avec constance, nous avons pensé à une initiative ayant comme objectif de soutenir Alfredo par le courrier, avec un peu de continuité, pour qu’elle ait un certain effet, ou du moins qu’on y essaye.

La proposition est la suivante : chaque collectif ou individu qui veut participer s’engage à envoyer au moins sept cartes postales à Alfredo, pendant une semaine donnée. De cette manière, le plus d’adhésions il y aura, le plus on arrivera à garantir une « couverture » au cours du temps, avec une certaine continuité.

Nous proposons cette modalité d’organisation :
1. les individus ou collectifs peuvent envoyer leur disponibilité à l’adresse mail : evaliber2[AT]inventati.org , avant le 1er septembre.
2. sur la base des disponibilités, nous ébaucherons un calendrier, du coup à chaque individu ou collectif sera indiqué une semaine pendant laquelle envoyer des cartes/des lettres à Alfredo.

L’adresse pour lui écrire est :
Alfredo Cospito
Casa circondariale « G. Bacchiddu »
Strada provinciale 56, n.c. 4
Località Bancali
07100 – Sassari (Italie)

Brisons l’isolément !

Spazio Sociale S’Idea Libera (Sassari)
Cassa AntiRep delle Alpi occidentali

 

* Alfredo Cospito est un compagnon anarchiste qui se trouve en prison depuis 2012. D’abord arrêté et condamné pour avoir blessé le PDG de l’entreprise Ansaldo Nucleare, il est maintenant en train de purger une peine de 23 ans, suite au procès Scripta Manent, dans lequel plusieurs anarchistes ont été mis.es en cause (et certain.es condamné.es). Après son assignation au régime de détention 41-bis, au printemps 2022, Alfredo a mené une grève de la faim durée six mois, contre le 41-bis et la réclusion à perpétuité avec une période de sûreté illimitée, qui, grâce aussi à la forte mobilisation internationale qui a accompagné son initiative, a attiré l’attention de l’opinion publique sur l’aberration représentée par ce régime de détention et sur la condamnation à mourir en prison représentée par la réclusion à perpétuité avec un période de sûreté illimitée.
Alfredo est toujours enfermé en régime 41-bis dans la prison de Bancali (à Sassari) et le renouvellement, ou pas, de son assignation dans ce régime aura lieu au printemps prochain. La finalité du 41-bis est claire : annihiler physiquement et psychologiquement les individus qui s’y trouvent. Dans le cas d’Alfredo, on voit clairement une limitation progressive des, déjà minimes, possibilités de survie établies par ce régime de détention : le blocage du courrier de/pour l’extérieur, l’impossibilité d’avoir accès à la bibliothèque interne (chose à laquelle Alfredo avait été autorisé par la direction de la prison), le blocage des livres achetés en librairies par l’intermédiaire de la prison, en conformité avec le règlement (et comme prévu par le régime 41-bis) et l’impossibilité d’obtenir d’autres denrées d’utilisation courante, comme de la farine ou des vêtements.

PS : pour les personnes intéressées, on a imprimé des cartes postales contre le 41-bis, que vous pouvez demander à l’adresse mail cassantirepalpi[AT]autistici.org

[France] La prison de la Santé visée par des cocktails Molotov

Publié le 2025-08-20 07:55:17

Repris de la presse le 12/08/2025

Paris : la prison de la Santé visée par des cocktails Molotov, 2 jeunes interpellés

 

Deux adolescents ont été interpellés à Paris dans la nuit de lundi à mardi.

Ils ont jeté des cocktails Molotov sur la façade de la prison de la Santé.

Aucun dégât majeur n’est à signaler sur l’enceinte de l’établissement.

Alors qu’ils patrouillaient dans la nuit de lundi 11 à mardi 12 août, à Paris, des policiers de la BAC du 14ᵉ arrondissement ont aperçu vers 2h du matin deux personnes en train de rôder dans le secteur de la prison de la Santé. Discrètement, les agents ont décidé de mettre en place un dispositif de surveillance.Un instinct rapidement confirmé puisque peu de temps après, le duo de malfaiteurs s’est rapproché de l’entrée principale du centre pénitentiaire. C’est là que les deux hommes ont allumé un premier, puis un second cocktail Molotov, a appris le service police-justice de TF1-LCI auprès de sources policières. Les projectiles ont dans la foulée été jetés sur la façade de l’édifice.Les policiers, qui ont suivi toute la scène, ont alors procédé à l’interpellation de deux jeunes individus. Il s’est avéré au cours de leur garde à vue qu’il s’agissait de mineurs. Des jeunes qui ont confié avoir été payés 200 euros afin de commettre les faits. S’il n’y a pas de dégâts majeurs à signaler sur l’enceinte de la prison, la police note que la guérite a été noircie sur une surface d’environ 1 mètre sur 1,20 mètre.

 

Sabotage chez Enbridge : Interruption du service sur la ligne 9B

Publié le 2025-08-20 12:39:00
Août 202025
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La forêt boréale brûle, l’eau est empoisonnée, les arbres sont abattus jusqu’au dernier et les traités sont trahis. Le mirage que nous appelons « démocratie libérale » plie devant les lobbys du pétrole. On parle de nouveaux pipelines qui traverserons le pays comme autant de cicatrices, de nouveaux projets gaziers qui défigurerons le territoire.

De tout temps, notre histoire aura été celle d’une colonie d’extraction fondée sur le pillage et la dépossession. C’est à nous qu’il revient de mettre un terme au désastre.

Cette nuit, nous avons attaqué la ligne 9B. Ce tuyau de la mort serpente sur les terres volées aux peuples autochtones transportant le bitume le plus sale au monde au travers des cours d’eau, des villes et de nos vies. Nous avons frappé deux valves de contrôle, détruisant le matériel électronique avant de nous évanouir dans la nuit.

Ce sont désormais plus d’une dizaine de kilomètres qui échappent au contrôle d’Enbridge. Tant que les installations n’auront pas été réparées, y faire couler du pétrole est aussi dangereux qu’illégal.

Nous choisissons de désarmer Enbridge parce que le système actuel protège le profit et laisse mourir les écosystèmes. Nous agissons parce que chaque baril nous empoisonne, nous tue, coule à contre-sens de l’histoire. Nous sommes de celles et ceux qui regardent la vérité en face, qui prennent acte de l’urgence. Nous choisissons d’obéir à l’amour de la vie et de l’avenir.

La ligne 9B transporte la fin du monde baril après baril. Il est l’heure de s’en prendre directement aux infrastructures qui la provoquent.

Les installations concernées se trouvent à Saint-André d’Argenteuil (45°33’25.1″N 74°20’53.7″W) et Mirabel (45°36’42.3″N 74°04’46.6″W).

La BKW brûle

Publié le 2025-08-20 13:24:20

Quelques nouvelles du projet de fracking à Glovelier



Le sujet du projet de fracking à Glovelier était quelque peu retombé dans l’oubli. Mais le chantier n’est pas encore terminé, rien n’est encore perdu, nous pouvons encore l’arrêter.

Apparemment, la BKW a pensé que ce serait une bonne idée de participer au projet et de poser son logo sur le chantier de fracking.
Presque pile à temps pour le 1er août, célébration du prétendu fédéralisme et de la soi-disant démocratie en Suisse, BKW a été punie pour ce geste ! Un feu d’artifice de résistance a illuminé le ciel nocturne de Delémont, plusieurs véhicules et un abri ont pris feu. Car ignorer la population ne restera pas impuni !

À la BKW : retirez-vous de cette saloperie. Immédiatement !



Le Teil (Ardèche) : Deux machines de la cimenterie Lafarge incendiées

Publié le 2025-08-21 00:00:00

France Bleu / jeudi 21 août 2025

Deux engins ont été volontairement incendiés dans la nuit de mercredi 20 août à jeudi 21 août sur le site de l’usine Lafarge du Teil. L’action n’a, pour l’instant, fait l’objet d’aucune revendication, et une enquête est en cours pour identifier les auteurs.

Selon le Dauphiné Libéré, « deux engins de chantier, (des chargeuses), ont été incendiés dans la carrière exploitée par la cimenterie Lafarge. Des tags ont également été inscrits. »

*****

Mise à jour du 22 août :

extraits d’un autre article du Dauphiné Libéré, toujours du 21 août :

[…] Deux individus ont, entre 23 heures et minuit, incendié les cabines de deux chargeuses se trouvant dans la carrière. Une chargeuse est un imposant engin de chantier, une sorte de bulldozer.

Afin de pénétrer dans la « zone interdite » du cimentier dont l’entrée principale est gardée, et dont
les autres accès sont barrés par des panneaux et du grillage, les deux complices ont vraisemblable-
ment dû s’enfoncer dans les bois en empruntant un sentier escarpé et caillouteux.

Avant de quitter le site, les deux incendiaires ont inscrit un tag sur le mur d’un local technique se trouvant à proximité des engins : « voisins vigilants #10Septembre ». Une inscription qui fait référence aux appels à « tout bloquer » en France à cette date qui se multiplient sur les réseaux sociaux et qui sont relayés par certains syndicats et partis politiques. […]

Le 10 septembre, plus ou moins

Publié le 2025-08-21 00:00:00

Le 10 septembre tombe un mercredi cette année et sont déjà nombreuses les gent qui veulent marquer la date d’un X bien appuyé : plutôt rose ? brun ? jaune ? De toutes les couleurs ? Retrouvons-nous lundi 1er septembre 19h à la bibliothèque pour poser beaucoup de questions à ce sujet et par exemple, celle-ci : est-ce que des anarchistes vont aussi tirer des chandelles à cette occasion ? Et dans quelles directions ? Le même jour ou d’autres jours ? …

Viviers (Ardèche) : voisins vigilants vs Lafarge

Publié le 2025-08-21 01:57:29

Ardèche. Engins incendiés, tag inscrit… Ce que l’on sait après l’attaque de l’usine Lafarge
Le Dauphiné, 21 août 2025 (extrait)

La cimenterie Lafarge du Teil, située sur la commune voisine de Viviers, a été la cible d’une attaque inédite dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 août. Deux individus ont, entre 23 heures et minuit, incendié les cabines de deux chargeuses se trouvant dans la carrière. Une chargeuse est un imposant engin de chantier, une sorte de bulldozer.

Afin de pénétrer dans la « zone interdite » du cimentier dont l’entrée principale est gardée, et dont les autres accès sont barrés par des panneaux et du grillage, les deux complices ont vraisemblablement dû s’enfoncer dans les bois en empruntant un sentier escarpé et caillouteux.

Avant de quitter le site, les deux incendiaires ont inscrit un tag sur le mur d’un local technique se trouvant à proximité des engins : « voisins vigilants #10Septembre ». Une inscription qui fait référence aux appels à « tout bloquer » en France à cette date qui se multiplient sur les réseaux sociaux et qui sont relayés par certains syndicats et partis politiques.

Les gendarmes de la brigade de recherches du Teil et de la section de recherches de Grenoble sont en charge de cette affaire sensible qui impacte cette entreprise mondialement connue. Les investigations sont pilotées par le parquet de Privas qui a ouvert une enquête pour dégradations par moyen dangereux.

Les enquêteurs pourront, notamment s’appuyer sur les différents relevés effectués par les techniciens en identification criminelle de Privas, et par les enregistrements des caméras de vidéoprotection de la carrière. Au fil de la journée, des vérifications ont également été effectuées aux abords de la carrière lors de patrouilles pédestres.

Ce jeudi soir, les incendies n’avaient pas été revendiqués, mais les faits ont été relayés sur plusieurs plateformes contributives proches des milieux anticapitalistes et anarchistes.

Aurillac : Le festival de l’émeute

Publié le 2025-08-22 00:00:00

extrait de France Bleu / jeudi 21 août 2025

Des abribus et des vitrines cassés, des poubelles brûlées, des barrières entassées, du matériel urbain démonté, des tags sur les murs, c’était le spectacle du centre d’Aurillac la nuit dernière après les incidents violents qui ont eu lieu pour la première soirée du festival du théâtre de rue. Selon les informations de La Montagne, confirmées par ICI Pays d’Auvergne, c’est l’interpellation d’un jeune homme, surpris en train de taguer un mur, qui a déclenché les violences. Plusieurs festivaliers ont pris sa défense, rejoints rapidement par d’autres, dont certains cagoulés.

Les affrontements se sont déroulés place du Square, le cœur d’Aurillac, juste à côté des rues étroites du centre-ville. Policiers d’un côté (avec un renfort de gendarmes), émeutiers de l’autre, grenades lacrymogènes contre projectiles, à la lueur des petits incendies allumés un peu partout, les tensions ont duré jusqu’à 3 heures du matin. Selon la police, 300 personnes ont participé à ces violences. Huit policiers ont été blessés. Personne n’a été interpellé.

Le Festival international du théâtre de rue d’Aurillac est habituellement un lieu de contestation, avec parfois quelques affrontements avec la police. Les violences de la nuit semblent un cran au-dessus même s’il ne faut pas oublier l’intrusion du tribunal et des dégradations importantes à l’intérieur en 2023 [voir ici ; NdAtt.].

Et Libération, en même date, précise que  : Le maire PS de la commune, Pierre Mathonier, a lui aussi déploré cette explosion de violences. «On ne peut pas laisser ces black blocs aux discours anarchistes casser notre ville et notre festival», a-t-il notamment déclaré auprès de l’AFP. L’événement accueille 3 000 artistes et environ 180 000 visiteurs jusqu’au 23 août. L’élu estime les dégâts sur la voie publique entre 20 000 et 30 000 euros.


[in English]

le 10/09 on bloque quoi?

Publié le 2025-08-22T12:55:49+02:00

ma proposition: ouvrir et debrancher les boitiers de fibre optique dans la rue*

pour tous les rassemblements de centre ville c’est à portée de main. pour toutes les personnes qui se baladent la nuit c’est accessible.

dans toutes ces rues commercantes il n’y aura plus de paiement sans contact. Sans internet les entreprises les plus néfastes s’arrêteront. Il ne restera plus que l’épicier et les ptits commerçants qui ne détruise pas la planète.

ne pensez vous pas qu’internet nuit à nos libertés?

tous les jours les sites internet nous demandent d’accepter des traceurs (cookies) ou des conditions générales d’utilisation qu’on ne lit pas. On dit souvent la constitution on ne la pas accepté, voté, etc faut changer. Mais vous avez lu les conditions que vous acceptez chaue fois que vous entrez sur un site ou que vous installez une nouvelle appli?

l’avancée technologique nous asservit. elle nous permet des choses oui, des miettes de fausse liberté. et nos mouvements de lutte pour le progrès social, contre le fascisme et le racisme, doivent faire attention à cette problématique.

bloquer quoi? bloquer l’internet. Les riches ont plus perdre que nous! parler à son voisin, aller aux assemblées de lutte, et ne plus passer 3h par jour sur son telephone. tout un programme!

* ces boitiers sont sur les trottoirs, pas tres grands, collés aux murs, souvent peints de la meme couleur, ca s’ouvre facilement s’il n’est pas deja ouvert, et il y a plein de tiroirs et de fils dedans, ça distribue la fibre dans toute une rue et les cameras de video surveillance aussi.

 

Ellinikó (Grèce) : Revendication de l’incendie du véhicule d’un flic

Publié le 2025-08-23 00:00:00

Act for freedom now! / mercredi 13 août 2025

Aux premières heures du 25 juillet, nous avons mené une attaque incendiaire contre la moto privée d’un flic, dans le secteur d’Ellinikó [dans la banlieue sud d’Athènes ; NdAtt.].

En conséquence, elle a subi des dommages importants et a dû être réparée. Notre action n’était pas le fruit du hasard, car nous avons choisi d’attaquer une ordure en uniforme à un moment où l’État renforce de plus en plus ses forces de sécurité, avec plus de fonds pour l’équipement et les ressources humaines, ainsi que pour leurs privilèges. Cela est fait dans l’effort, de la part de l’État, de protéger la paix sociale intérieure, contre la résistance, contre celles/ceux qui luttent, contre l’ennemi interne, contre le milieu anarchiste. Ainsi, il utilise les flics comme garants des puissants de l’économie et de la politique, en protégeant leurs intérêts. Dans la même stratégie, il militarise la répression et le contrôle, en resserrant les lois et le code pénal. En même temps, il déplace ceux/celles qui restent et stérilise le centre-ville et les espaces publics (parcs, places, universités, etc.), expulsant les squats, tout en engageant plus de forces de sécurité dans le but de protéger les marchandises, le tourisme, le secteur immobilier et, en général, la gentrification et les projets d’investissement, aux dépenses des pauvres et des opprimé.es.

Avec ce geste, nous voulons rappeler à tout le monde que, pour nous, aucun flic ne peut dormir tranquille et que chacun porte une responsabilité, à partir du moment où il décide consciemment de soutenir, avec son travail, l’État et l’autorité.

Nous dédions cette action à la mémoire du compagnon anarchiste Kyriakos Xymitiris.

Nous envoyons des signaux incendiaires de solidarité aux compagnonnes anarchistes Marianna et Dimitra, qui sont poursuivies dans la même affaire.

Colère et rage face au traitement vengeur subi par Maja T., qui se trouve dans les cellules des prisons de l’État hongrois, en raison de son action antifasciste.

Αρνητές της Κοινωνικής Ειρήνης
[Négateur.trices de la paix sociale]

Patras (Grèce) : Des actions en solidarité avec le compagnon anarchiste Andreas Floros

Publié le 2025-08-23 00:00:00

Dark Nights / lundi 11 août 2025

Quelques jours avant le procès d’Andreas, nous avons mené des actes de sabotage et écrit des slogans sur plusieurs banques et distributeurs automatiques de billets, dans la ville de Patras, comme geste symbolique et minimal de solidarité avec lui.

Andreas a été accusé d’avoir formé et rejoint l’organisation « terroriste » « Conspiration de la vengeance » et, depuis le 26 avril, il était en détention préventive à la prison d’Ámfissa. Le 16 mai, son procès a commencé, à la Cour d’appel de Lukareos, à Athènes, où la cour a décidé de l’acquitter [voir ici ; NdAtt.], en mettant ainsi fin à sa détention, maintenant il est donc en dehors des murs de la prison.

Andreas est pris pour cible par les autorités en tant qu’anarchiste, à cause de sa participation de longue date, et continuelle, aux luttes sociales et de classe dans la ville de Patras. Il a choisi de se dresser contre tout oppresseur et aux côtés de toute personne opprimée, contre toute autorité qui domine notre vie, et de lutter pour un monde libre.

Le coup monté échafaudé par la sécurité d’État de Patras et le service antiterroriste, et ratifié par le procureur et le juge instructeur, avec des tactiques bien connues comme des chefs d’accusation alourdis, des appels téléphoniques anonymes, l’utilisation de conversations entre détenus pour créer des profils et criminaliser les relations amicales et de camaraderie, révèle au fond le choix politique central et permanent de l’État d’attaquer et réprimer toute personne qui lutte. Pour cette raison, nous considérons les poursuites et l’attaque contre notre compagnon comme une attaque ciblée contre l’ensemble du mouvement anarchiste et anti-autoritaire.

Évidemment, les médias ont joué un rôle important dans la persécution d’Andreas, car, dès le départ, ils ont pris soin de reproduire les communiqués de presse de la police et de les commenter, en y ajoutant délibérément des caractérisations et des fausses informations, au détriment de notre compagnon. De cette manière, ils ont créé une image d’Andreas comme « criminel endurci », déformant son identité politique, tout en renforçant la peur qui existe déjà dans la société et en glorifiant le rôle et le travail de la police. Tous ces éléments contribuent à sa condamnation sociale à l’avance.

Enfin, pour cet acte symbolique de solidarité, nous avons choisi comme cible l’une des bases du capitalisme, du pouvoir et de l’oppression. Parce que les banques et le capital, aux côtés des États, contribuent à la destruction complète du monde, dans le but de maintenir le système capitaliste, qui aliène, écrase, détruit et nous prive de tout ce que nous avons pour survivre. Il est temps de tout reprendre.

PROFITE DE LA LIBERTÉ, COMPAGNON

KYRIAKOS XYMITIRIS TOUJOURS PRÉSENT

LIBERTÉ POUR TOUS LES COMPAS EMPRISONNÉ.ES

LA LUTTE CONTINUE JUSQU’À CE QUE LA DERNIÈRE PRISON NE SOIT DÉMOLIE (A)

Aurillac et l'émeute : une vieille histoire d'amour

Publié le 2025-08-23 08:30:00

Dans la nuit du 20 au 21 août, des révoltes ont éclaté à Aurillac contre le contrôle policier exercé sur le festival. Ces émeutes font écho à des évenements survenue lors de précentes éditions ...



D’après la presse bourgeoise des affrontements avec les keufs auraient éclaté à la suite de l’arrestation d’une personne qui était en train de taguer une banque. Plusieurs centaines de personnes ont affronté les CRS à coups de pavés pendant plusieurs heures, des barricades ont été montées et les vitrines de plusieurs commerces du centre-ville brisées et taguées. Deux compagnies de CRS 83, spécialisées en maintien de l’ordre et implantées à Chassieu dans l’Est Lyonnais depuis 2023, ont été envoyées en renfort des trois compagnies déjà sur place jeudi soir.

Aurillac festival du zbeul

Le festival d’Art du rue d’Aurillac rassemble tous les ans de nombreux artistos, punks, shlagos venus d’un peu partout pour se retrouver et faire la fête. À côté de la partie plus officielle et encadrée du festival, il continue d’exister une ambiance plus bordélique et spontanée où spectateur-ices et artistes se mélangent dans des spectacles non-déclarés, et ou les campements sauvages et camions déglingués parsèment la ville.

La portée populaire et spontanée de ce grand rassemblement annuel n’est pas sans déranger la bourgeoisie locale qui aimerait bien réussir à policer le festival, pour en faire la vitrine économico-culturelle de la ville. Ainsi, les politiques locaux déploient chaque année un dispositif policier conséquent pour tenter d’encadrer le festival et d’éviter tout potentiel débordement.

Ce contrôle s’est particulièrement renforcé après les attentats de 2015 où l’état d’urgence avait justifié un certain nombre de nouvelles mesures de flicage.

"L’émeute, le plus beau des arts de rue"

En 2016, vigiles, keufs et militaires quadrillaient la ville et procédaient à des fouilles et des palpations, saisissant alcool, verres ou objets coupants. Déjà à l’époque, ce contrôle étouffant avait provoqué des résistances, ravivant pour un soir les liens de confiance créés dans les cortèges de têtes de la loi travail, quelque temps plus tôt.

Après qu’un petit groupe soit déjà allé attaquer la perm local du FN les premiers soirs, et alors que la grogne montait, une assemblée pour s’organiser eu finalement lieu et appela à se retrouver rue Carmes à 18h le lendemain pour refuser collectivement les contrôles. Le jour J des centaines de personnes se retrouvent sur place, elles finissent par réussir à forcer le passage et à écarter les barrières. Les gendarmes finissent par débarquer au secours des agents de sécu complétement dépassés et tentent de disperser la foule. Un affrontement éclate alors, les projectiles pleuvent et des barricades sont montées. Les panneaux de promotion des spectacles sont décrochés pour ventiler la rue et renvoyer les gaz lacrymos vers la bleusaille. Les flics finissent par battre en retraite. Le soir même, Aurillac est libérée de la présence policière, tous les points de contrôle sont levés, au moins jusqu’au lendemain soir.

Plus récemment en 2023, le tribunal local avait été saccagé pour protester contre le contrôle policier sexiste du corps des femmes qui avait eu lieu lors du festival. Quelques jours auparavant, une festivalière avait été arrêtée, car elle se baladait torse-nu en raison de la chaleur. Elle avait ensuite été emmenée au commissariat puis visée par une ordonnance pénale pour « exhibition sexuelle ». Une manif avait donc été organisée jusqu’au tribunal, où des drapeaux français avaient été décrochés et incendiés pendant que d’autres personnes avaient réussi à ouvrir les grilles et à enfoncer la porte du bâtiment. La salle des pas perdus et des salles d’audience avaient été saccagées et recouvertes de tags (évoquant entre autres le meurtre policier de Nahel 1 mois plus tôt) et de la paperasse judiciaire avait été brûlée. Mettant en acte la critique d’une justice patriarcale et raciste.

Espérons que les échauffourées de cette fin d’été servent pour une fois d’échauffement au mouvement social à venir plutôt qu’à son habituelle conclusion une fois le printemps venu.

Article initialement paru sur le site du réseau mutu Rebellyon.info

Kassel (Allemagne) : feu au parc automobile de l’armée

Publié le 2025-08-24 00:42:22

[Mardi 19 août à Kassel (région de Hesse), vers 3h du matin, des flammes ont englouti quatre véhicules civils appartement au parc automobile de l’armée allemande (Bundeswehr), garés sur le site de l’ancienne caserne Lüttich du quartier de Marbachshöhe. Tous les quatre (un Iveco, deux Mercedes Vito et un break Volkswagen) ont été entièrement détruits par cette attaque, et les dégâts estimés à 150 000 euros par la police. Voici la traduction du communiqué paru le lendemain sur de.indymedia, et signé par « des anarchistes »…]


Jamais prêt pour la guerre ! Feu au parc automobile de la Bundeswehr à Kassel

C’est la guerre, et l’Allemagne se prépare. Une frénésie militaire, politique et économique a éclaté, et tout le monde est censé s’y rallier. L’ « Opération Allemagne » doit rendre le pays prêt pour la guerre d’ici cinq ans, et le camouflage fleurit partout : Rheinmetall, KNDS et consorts s’accaparent des sites les uns après les autres, la clause civile s’effrite dans les universités, la direction du groupe Volkswagen envisage ouvertement de se lancer dans le secteur de l’armement, les hôpitaux et les structures d’approvisionnement sont préparés à la guerre et la Bundeswehr (armée allemande) fait la promotion du service militaire dans les écoles, sur les réseaux sociaux et sur les panneaux publicitaires à travers des campagnes d’image soigneusement polies. L’investissement dans l’armement devient un principe de durabilité. Parallèlement au réarmement matériel et idéologique, on observe un glissement autoritaire à l’intérieur du pays, comme le montre la répression contre la solidarité avec la Palestine ou le mouvement antimilitariste. Ce tournant répressif historique est également en plein essor.

Même Friedrich Merz [le chancelier allemand] sait que le capitalisme traverse une grave crise mondiale, qui affecte également le modèle allemand de « champion mondial des exportations » : « Ce sont surtout les Américains qui ont assuré la paix et notre liberté, nous nous sommes concentrés sur l’économie – et celle-ci a fonctionné à merveille. Les marchés mondiaux, les produits intermédiaires bon marché provenant principalement de Chine, l’énergie à bas prix provenant principalement de Russie, la transformation en Allemagne, puis l’exportation dans le monde entier, tel était le modèle économique allemand. Tout cela est désormais remis en question. »

Des temps difficiles vous attendent donc, chers citoyens. Mais si le capital allemand veut continuer à exploiter le monde, à enrichir les riches et à produire enfin à nouveau des hommes forts et capables de se défendre, alors nous devons en passer par là. Et nous devons le faire tous ensemble. Cet état d’esprit ne se cantonne pas à Blackrock. Il résonne de tous côtés dans la République : préparez-vous à la guerre si vous voulez conserver votre prospérité et votre liberté. Car la lutte pour le pouvoir au XXIe siècle est loin d’être terminée, elle entre dans une nouvelle phase.

Le fait qu’on nous demande aujourd’hui de nous préparer à une troisième guerre mondiale, ici aussi, nous rappelle la réalité du monde. Pendant toutes les années où nous pouvions nous raconter des histoires de paix et de prospérité, les canons tonnaient ailleurs. Depuis des années, la guerre fait des ravages là où il y a encore quelque chose à prendre : en Irak, au Yémen, à Gaza ; elle détruit des sociétés au Mexique, au Kurdistan et au Brésil ; et elle viole des populations en Ukraine, au Congo et au Sahara.

Mais ceux qui ne misent que sur la guerre sont incapables de parvenir à une paix véritable. La lutte contre la guerre est une lutte contre le capitalisme, qui a besoin de chaque crise pour générer de nouveaux profits, tout comme c’est une lutte contre le patriarcat, qui nous martèle depuis des millénaires qu’il y aura toujours des dominants et des dominés dans ce monde. Dans cette logique, il n’y a pas de place pour l’humanité, la communauté et la dignité. Cette guerre ne sera jamais la nôtre. C’est une guerre de dominants, imprégnée de masculinité destructrice, de mégalomanie et d’exploitation. Ni Trump, ni Poutine, ni Xi Jinping, ni Netanyahou ne se battent pour des valeurs humaines.

Nous ne nous laisserons pas distraire par leurs petits jeux. Une vie meilleure ne peut être obtenue que lorsque les gens, au-delà des frontières nationales, se battent pour un monde qui ne soit pas à vendre et dans lequel les vies humaines ne soient pas utilisées à bon marché. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un mouvement pour la paix combatif, qui soit à nouveau à la hauteur de son nom. Nous avons besoin d’une multitude d’initiatives, de réseaux, d’actions et de résistance pour contrer la menace d’un embrasement généralisé. Notre action en fait partie et nous nous réjouissons de tous ceux qui se réunissent, s’organisent, résistent et cherchent des solutions.

Jamais seuls, toujours ensemble, toujours internationaux ! Oui, la guerre et le fascisme sont déjà à nos portes, mais avec tous nos amis qui luttent à travers le monde, cela peut être le tournant de notre époque. Car le général Bodemann a raison sur un point lorsqu’il dit : « Le plus important, c’est qu’au final, dans cette guerre, chaque citoyen et chaque citoyenne compte. » Monsieur Bodemann, nous sommes d’accord là-dessus.

Alors : faites ce qui compte vraiment !
Ne soyez jamais prêt à faire la guerre – ni aujourd’hui, ni en 2029, ni plus jamais !

Salutations de solidarité au camp de désarmement de Rheinmetall, qui aura lieu du 26 au 31 août à Cologne !

VIDÉO
https://kolektiva.media/w/t6A7TcbcTS2f41GJ23Ma4f

 

 

[Grèce] Attentat à la bombe contre le gardien en chef de la prison de Diavata

Publié le 2025-08-24 09:34:25

Initialement publié sur Dark nights le 18/08/2025

Une puissante explosion provenant d’un engin explosif a secoué le quartier d’Analipsis à Thessalonique aux premières heures du samedi 26 juillet, causant d’importants dégâts matériels. L’explosion s’est produite à 2h10 du matin à l’entrée d’un immeuble d’habitation situé au 19 rue Makedononachon. La puissante onde de choc a été entendue à plus d’un kilomètre de distance, selon les habitants.

Le président de la Fédération panhellénique des agents pénitentiaires et gardien en chef de la prison de Diavata vit dans l’immeuble, ce qui a suscité l’inquiétude des autorités. Les policiers concentrent leur enquête sur la possibilité que l’attentat à la bombe soit lié à sa position, qu’il ait été dirigé comme une vengeance contre lui, avec de possibles motivations « terroristes » ou « mafieuses ». Dans le passé, il y avait une garde policière à cet endroit, mais elle avait été retirée.

Des descentes ont été effectuées par les policiers armés de l’anti-terrorisme EKAM à la prison de Diavata en réponse à l’attaque, mais à ce jour aucun lien avec l’auteur de l’attaque n’a été trouvé à l’extérieur ou à l’intérieur de la prison.

Anathema A Philadelphia Anarchist Periodical :Volume 11 Issue 1

Publié le 2025-08-24 11:00:56

Volume 11 Issue 1 (PDF for reading 8.5×11)

Volume 11 Issue 1 (PDF for printing 11×17)

In this issue:

  • What Went Down
  • Ins & Outs
  • Leadership
  • Is It Fascism?
  • Ten Years Of Anti-Gentrification
  • Ben Morea Talk Reportback
  • Anarchist Muay Thai
  • The Moon Is Down Review

[France] Émeute à Aurillac

Publié le 2025-08-24 13:40:25

Repris de la presse du 21/08/2025

 

La première soirée du Festival international de théâtre de rue d’Aurillac (Cantal) été ternie par des violences urbaines et des affrontements avec la police, rapporte ICI Pays d’Auvergne(Nouvelle fenêtre). Vers 23h30, 300 individus ont utilisé des pavés pour s’en prendre aux forces de l’ordre sur place, assure une source policière à franceinfo. Huit policiers sont blessés.

Une cinquantaine de forces de l’ordre ont été déployées : des policiers, des CRS et des gendarmes venus en renfort. Selon les informations de La Montagne(Nouvelle fenêtre), confirmées par ICI Pays d’Auvergne, l’interpellation d’un jeune homme par la police, surpris en train de taguer un mur, a déclenché ces violences.
Une volonté « préméditée » d’en découdre, selon la préfecture

« En marge d’une interpellation en flagrant délit, des groupes d’individus hostiles portant pour certains des cagoules, masques et autres équipements indiquant une volonté préméditée de se confronter aux forces de l’ordre et de commettre des dégradations, se sont rassemblés autour du Square Vermenouze », rapporte pour sa part dans un communiqué la préfecture du Cantal qui « condamne avec la plus grande fermeté les actes de violences contre les policiers, ainsi que les gendarmes venus en renfort ».

Selon une source policière, des festivaliers ont érigé des barricades et allumé des feux de poubelles. « Le bilan provisoire de ces violences urbaines fait état de dégradations sur une dizaine de vitrines de commerces et sur du mobilier urbain », assure la préfecture du Cantal qui doit tenir une conférence de presse, aux côtés du procureur de la République, du maire d’Aurillac et du président de l’association Éclat vers 16h jeudi.

« Le festival ne doit pas être un terrain de bataille », réagit au micro de France Inter Frédéric Remy, directeur du festival qui dénonce toute forme de violences. « On a vu des affrontements violents, des scènes difficiles », relate Frédéric Remy, présent au moment des faits. « Il y avait deux sites de représentations à proximité et on a tout fait pour que les spectateurs ne soient pas touchés par cette violence », précise le directeur de l’association ÉCLAT qui parle d’un « événement exceptionnel ».
Des CRS en renfort jusqu’à la fin du festival

La 38e édition du Festival international de théâtre de rue d’Aurillac se déroule cette année, pendant quatre jours, du 20 au 23 août. Pour éviter de nouveaux débordements, des CRS seront déployés en renfort jusqu’à la fin du festival.

Lors de l’édition 2023, le tribunal d’Aurillac avait été dégradé par un groupe de personnes en marge d’une manifestation féministe. Ce groupe avait mis le feu au bureau d’accueil, renversé les chaises dans les salles d’audience et tagués les murs.

Le communiqué des rencontres contre l'informatisation de la société

Publié le 2025-08-24 20:15:56

Des journées fructueuses, riches en débats, un soutien indéfectible à nos ami.es mis.es en examen, des dates à retenir pour continuer la lutte contre l’informatisation de la société et ses procédés mortifères...



Pourquoi nous soutenons les inculpé·es du 15 juin 2021 ?

"Nous, “public”, “usagers”, “simples citoyens”, avons été placés devant le fait accompli. Ou plus exactement, comme c’est la règle en matière de nouvelles technologies, le débat n’a pas existé, car la technologie n’est pas censée être politique. […] Il n’existe ni lieu ni moment pour en débattre".

Célia IZOARD, Merci de changer de métier
Éditions de la Dernière lettre, 2020


Le 15 juin 2021, la répression antiterroriste (SDAT, GIGN, PSIG) s’abattait en Limousin sur plusieurs personnes soupçonnées d’avoir provoqué des incendies pour dénoncer le déploiement du compteur Linky, puis de la 5G.
Les chefs d’inculpation sont : destruction et dégradation de biens par explosif ou incendie commises en bande organisée (véhicules Enedis, antennes TDF et Orange), atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation (antenne militaire), association de malfaiteurs, et tracé d’inscription, signe ou dessin n’ayant entraîné qu’un dommage léger.
Les peines encourues, en fonction des chefs d’inculpation, vont de 5 à 20 ans d’emprisonnement et de 75 000 à 225 000 € d’amende.
Le procès est en attente et aura lieu vraisemblablement en 2026.

Nous, regroupement de collectifs et d’individus, luttons contre l’informatisation de la vie et de la société et voulons ouvrir ce débat dans la société comme nous l’avons fait entre nous ce week-end. En ce sens, nous sommes solidaires des manifestations en actes de la critique du numérique.
Ces technologies sont voraces en eau, énergie, ressources minières et territoires. De plus, elles s’appuient sur une exploitation du travail allant jusqu’à l’esclavagisme dans certaines régions du monde (RDC, Chine…). Elles entraînent militarisation et guerres.
La numérisation engendre des dégâts sociaux, sanitaires (addictions, dépressions, effets des ondes…), de surveillance et de limitation de la démocratie.

Face à ces constats, toute opposition est légitime, et ce d’autant plus que, contrairement à ceux qui déploient ces technologies, notre résistance n’use jamais de moyens létaux.
Pour les inculpé·es, nous exigeons la levée immédiate des poursuites et l’annulation des chefs d’inculpation.
Nous appelons à une désescalade de la numérisation imposée et, comme nous l’avons fait ce week-end de fin juin 2025, à ouvrir des espaces dans lesquels il soit possible de faire la critique du numérique en public.

Nous appelons également à s’organiser pour résister à la numérisation. Pour cela, rejoignons les contestations des vitrines des technologies numériques :

SIDO (Salon de l’Internet Des Objets) à Lyon le 17 septembre 2025
SIM (Salon de l’Industrie Minérale) à Orléans du 15 au 17 octobre 2025
• Tech&Fest à Grenoble les 4 et 5 février 2026
• Vivatech à Paris du 17 au 20 juin 2026

Étendons la solidarité aux autres personnes poursuivies dans ces luttes ainsi qu’aux employé·es menacé·es de licenciement pour leurs résistances à l’usage du numérique dans le cadre de leur métier ainsi qu’aux personnes qui y résistent dans leur quotidien.

Regroupement de collectifs et d’individus
Contre l’informatisation de la société
À Royère de Vassivière le 29 juin 2025

Postface à « Fascisme et Antifascisme »

Publié le 2025-08-24 22:32:12

Article initialement publié dans Fascismo / Antifascismo (Lazo Ediciones, 2024). Ce livre comprend Cuando mueren las insurrecciones (Quand meurent les insurrections) et Fascisme / Antifascisme de Gilles Dauvé, les débats qu’il a suscités avec la revue Aufheben [en anglais] et un extrait d’un entretien avec Troploin. Relayé par la suite par le groupe Cuadernos de Negacion en 2024 et traduit de l’espagnol au français par Les Amis de la Guerre de Classe. Au-delà d’un ton parfois polémique, ce texte rappelle des faits historiques intéressants pour penser les limites de l’antifascisme.



Depuis plus de dix ans, nous avions l’intention de publier une critique concise de l’antifascisme compilant divers articles, dont beaucoup n’ont pas été inclus dans ce livre, mais que nous avons fait circuler dans d’autres médias. Dès le début du siècle, nous avons largement diffusé un texte qui nous venait d’Espagne et qui s’intitulait « L’antifascisme comme forme d’adhésion au système ». À l’époque, nous voulions provoquer et débattre avec des punks et des skinheads, ainsi qu’avec des anarchistes qui adhéraient au nouvel antifascisme en tant que mouvement de contre-culture et phénomène de gangs. Nous voulions souligner que le fascisme et l’antifascisme étaient bien plus que des combats de rue et des affrontements entre bandes rivales. Qu’ils n’étaient pas simplement des formes de lutte, mais principalement des contenus politiques qui, dans leurs expressions traditionnelles et contemporaines – même en tenant compte de leurs grandes différences – n’avaient et n’ont rien à voir avec le dépassement du capitalisme, bien au contraire. Nous nous référons à la politique dans son sens le plus simple : « Art, doctrine ou opinion concernant le gouvernement des États ».

Aujourd’hui, alors que les médias parlent d’« Antifa », que Trump est allé jusqu’à l’accuser, il y a quelques années, de déstabiliser les États-Unis, cette intention du début du millénaire semble lointaine, mais son objet n’a pas disparu ; au contraire, il fait partie d’une question plus large. En Argentine, un mouvement diffus qui n’exclut pas l’électoralisme, et même souvent s’en inspire, commence à populariser les notions d’antifascisme moderne. Lorsqu’un candidat qui n’est pas du goût de la social-démocratie ou du péronisme dit de gauche ou progressiste gagne, on parle de fascisme, de dictature. C’est ainsi que Macri et Milei ont été qualifiés de fascistes. Ainsi, un « antifascisme électoral » apparaît comme synonyme d’anti-droite, et il est devenu interchangeable de parler de « la montée du fascisme », « de la droite », ou « du libéralisme ». C’est l’appel à l’unité pour défendre le capitalisme et sa démocratie, typique de l’antifascisme historique.
De leur côté, les résidus du fascisme classique réapparaissent comme une alternative politique pour les prolétaires insatisfaits : invocations de ses versions originales par quelques nostalgiques, provocateurs ou ignorants, et fondamentalement ses variantes néo ou postfascistes. Les nouvelles droites, de plus en plus ancrées dans la population active, présentent différentes tendances critiques de la société capitaliste, de certains de ses excès et fondamentalement en réponse aux politiques libérales-progressistes des dernières décennies et au soi-disant « mondialisme ». Malgré leur belligérance plus ou moins grande, toutes les grandes variantes de la droite en Occident se présentent aux élections. Elles vont même jusqu’à se présenter comme antipolitiques pour sauver la politique au nom du contraire. 2024, préviennent-ils, est une année charnière à cet égard, avec la popularité croissante des alternatives de droite dans de nombreux pays et de nouvelles qui apparaissent. Le fait qu’elles aient toutes formé des partis politiques et se présentent aux élections de manière ordonnée en dit long. La voie électorale et l’ordre démocratique sont respectés à gauche comme à droite.

Dans le « meilleur » des cas, les luttes menées par l’antifascisme renforcent l’illusion largement répandue selon laquelle l’État est un arbitre au-dessus des classes, ce qui s’accompagne souvent d’une conception du capital non pas comme un rapport social, mais comme une poignée de multinationales ou d’hommes cruels et cupides. Et dans le « pire » des cas, cela conduit à l’unité antifasciste. Hier et aujourd’hui pour des élections ordonnées, pour maintenir la normalité capitaliste. Hier et aujourd’hui pour faire la guerre ou accepter des « états d’exception » au nom de la démocratie.

Bien sûr, il est parfois nécessaire d’affronter les néo-nazis dans un quartier ou une ville pour des raisons de survie immédiate. Mais cela ne conduit pas nécessairement à une idéologie antifasciste ou antiraciste, de même que lutter pour de meilleures conditions de travail ne nous oblige pas à former un syndicat ou à défendre la prétendue dignité du travail.

Les bandes fascistes peuvent devenir un danger effroyable et peuvent même bénéficier du soutien voilé des gouvernants, de la police, des journalistes et des patrons. Ceux-là mêmes qui les abandonneront à leur sort lorsqu’ils ne leur seront plus d’aucune utilité. Ce dont la bourgeoisie ne peut se débarrasser, c’est de ses forces de sécurité pour maintenir la paix capitaliste, celles qui torturent et tuent au quotidien, les mêmes qui, paradoxalement ou non, appliquent les lois contre l’antisémitisme, tout comme elles répriment les manifestations contre la dégradation des conditions de vie. Ils se conforment docilement à tout ce que la loi de la bourgeoisie commande en fonction du contexte.

Ce qui est aujourd’hui défini internationalement comme Antifa est un mouvement activiste décentralisé comprenant un certain nombre de groupes autonomes. Ils peuvent ou non recourir à la violence ou à la réforme politique, ou même s’opposer à l’État, mais ils veulent forcer l’État à renoncer à sa nécessaire composante réactionnaire et/ou libérale de droite. À son tour, l’antifascisme d’aujourd’hui s’est transformé en expressions politiques plus larges, liées aux mouvements sociaux et à la politique progressiste qui entre dans sa phase la plus impuissante dans un contexte de stagnation économique, parallèlement à la croissance de la nouvelle droite.

L’antifascisme et le fascisme sont nés dans certaines conditions spécifiques du développement du capital, qui ont aujourd’hui considérablement changé. L’antifascisme électoral d’aujourd’hui et l’antifascisme de rue qui affronte les gangs néonazis, très répandus aux États-Unis et en Europe, ne sont pas l’antifascisme étatique et militaire des années 1930 et 1940, qui libérait les villes en tuant et en violant leurs habitants. Mais ils en sont bien les héritiers politiques, et c’est pourquoi il est important de le souligner à la lumière de l’histoire.

Les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ont soumis les prolétaires de tous les pays à un nouvel ordre mondial : un régime capitaliste démocratique à l’Ouest (avec ses répressions et ses dictatures chaque fois que nécessaire) et un régime « capitaliste d’État » dans le bloc soviétique. Ils ont ainsi imposé la résignation, sous prétexte qu’ils avaient conquis la liberté, ou du moins évité un totalitarisme de droite, et que la situation aurait été pire si les autres avaient gagné. C’est la campagne de peur constante choisie par les antifascistes.

L’alliance impérialiste qui a gagné la guerre mondiale, incarnée par Staline, Roosevelt et Churchill, est celle qui insiste sur l’importance du fascisme. C’est l’histoire officielle des « bons » qui explique qui sont les « méchants ». Il suffit de voir lequel des deux camps d’assassins, d’exploiteurs et de violeurs a été banni et lequel ne l’a pas été. C’est ce bannissement qui fait croire à beaucoup qu’en choisissant le camp proscrit, on s’oppose au statu quo. C’est peut-être ce qui explique que, parfois, la « rébellion tourne à droite ».
Les néo-nazis ou les bandes racistes et anti-immigrés sont un problème de rue dans de nombreuses villes, mais, comme hier, cela n’oblige pas à devenir « antifa ». Cette même étiquette, aujourd’hui comme hier, sert à unir opprimés et oppresseurs, exploiteurs et exploités, gouvernants et gouvernés. Au nom de l’antifascisme, nous sommes appelés à nous unir à nos exploiteurs, nous sommes appelés à défendre les assassins d’aujourd’hui : les gouvernants progressistes ou gauchistes de n’importe quel pays, qui ont eux aussi du sang sur les mains. Ou à s’unir aux héritiers d’autres meurtres de masse, comme les staliniens ou les maoïstes, qui combattent le mouvement communiste au nom du « communisme ».
Il convient de préciser qu’il n’est pas nécessaire non plus qu’ils aient les mains tachées de sang, même si on peut se demander quel dirigeant, par ses actes ou par omission, ne les a pas… Il ne s’agit pas simplement de lutter contre les excès de la démocratie, mais contre la démocratie en tant qu’ordre de l’exploitation organisée, de la société de classes.

Mais comment se fait-il que nous parlions encore de fascisme ? Si l’on parle encore de fascisme aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à l’idéologie antifasciste. Et il ne s’agit pas simplement d’une question de sémantique, d’une erreur de dénomination. Il vaut mieux appeler un chat un chat. Trump, Bolsonaro ou Milei sont peut-être beaucoup de choses, mais ils ne sont pas fascistes, tout comme le FMI ou la BM. Il se trouve que les appeler par ce nom est très utile pour créer un front politique très large où tout le monde trouve sa place, mais où seuls quelques-uns sont aux commandes.

La stratégie antifasciste est toujours la même. Si Twitter ou Facebook censure l’ancien président américain, ce n’est que justice ; s’il censure ses opposants, c’est une atteinte aux droits. Si ceux que l’on qualifie de fascistes ont violé ou torturé, cela doit être dénoncé, mais si les pays qui ont vaincu les nazis ont fait de même, cela est passé sous silence. De même qu’aujourd’hui encore, on ne parle pas des viols massifs (douze millions !) dont les femmes ont été victimes dans les pays vaincus lors de la deuxième guerre et même dans des pays alliés libérés comme la France.

Dans ces contrées, et au moins pour l’instant, rassembler une série d’ennemis sous l’étiquette de fascistes, ce n’est plus pour nous envoyer à la guerre, mais pour présenter la démocratie libérale comme le seul horizon possible. Elle aura ses défauts, nous dit-on, mais elle vaut mieux que le fascisme.
Mais la guerre est toujours là, et aujourd’hui, « au cœur de l’Europe », elle a des leçons à nous donner sur cette question. Le 24 février 2022, Poutine a déclaré la guerre avec un euphémisme :
« J’ai pris la décision de mener une opération militaire spéciale. Elle aura pour but de défendre le peuple qui, depuis huit ans, subit les persécutions et le génocide du régime de Kiev. À cette fin, nous viserons la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine. »

Que la plupart des gauchistes soutiennent l’action de la Russie contre l’Ukraine, considérée comme un « nid de néo-nazis », n’est guère surprenant. Que Poutine soit lui-même un ultra-nationaliste autoritaire et conservateur, très proche du post-fascisme eurasien des actuels défenseurs de l’Empire russe, ne semble pas leur importer beaucoup, car plutôt que des anticapitalistes radicaux, ces gauchistes sont simplement des opposants à « l’impérialisme gringo ». Nombre d’entre eux n’ont jamais compris que le stalinisme était une contre-révolution et continuent de croire que la « Mère Russie » d’aujourd’hui est l’héritière légitime de l’Union soviétique des années les plus héroïques.

Mais aussi, lorsque les démocrates et les progressistes en général qualifient de « fascisme » tout un ensemble de politiques et d’identités (comme les soi-disant néo-nazis, l’alt-right, les théoriciens du complot, l’antiféminisme réactionnaire, les gangs anti-immigrés, l’anarcho-capitalisme dans toutes ses variantes, le national-bolchevisme, et toute nouvelle identité « de droite »), ils avouent ne pas comprendre ce qui se passe ou ne pas vouloir le comprendre.

Pour ceux qui sont en campagne électorale permanente, l’évocation de la « menace fasciste » n’est qu’un artifice discursif comme l’urgence d’une transition vers les énergies renouvelables, ou la promesse de mesures sécuritaires. « Tout dans l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État », disait Mussolini. Mais avec le bon dosage, sans excès ni extrémisme.

Cette tentative désespérée de faire revivre le fantôme du fascisme n’a pas pour but de susciter un soutien enthousiaste à la démocratie en Occident, comme ce fut le cas il y a 90 ans. Parce que ce n’est plus nécessaire, ils ont déjà gagné. Et ils ne disent pas « choisissez, c’est le meilleur » mais « c’est tout ce qu’il y a ». C’est pourquoi tout ce qui n’est pas prodémocratie pour le progressisme n’est que déchet et illusion, depuis les dérives réactionnaires pseudo-critiques de la démocratie jusqu’à la perspective communiste de l’émancipation humaine. Aujourd’hui, ce n’est pas la démocratie qui semble être en jeu, mais plutôt une alternance politique très discursive, dans un contexte géopolitique où les tensions entre blocs nationaux s’exacerbent. Si certains régimes, comme celui de la Russie, ne sont pas démocratiques au regard des critères occidentaux, ils ne constituent pas la norme. Et en matière de guerre, l’OTAN démocratique a été le principal guerrier du dernier demi-siècle.

Nous assistons à une surenchère du « risque totalitaire » dans le seul but de se disputer le commandement des États démocratiques, de part et d’autre du centre. On ne peut être sûr qu’une dérive plus généralisée vers des formes étatiques totalitaires ne soit pas possible, mais, en tout cas, il faut réaffirmer avec Dauvé que l’antifascisme n’a pas arrêté le fascisme, de même que la gauche plus ou moins progressiste n’a pas arrêté la droite plus ou moins réactionnaire. Il existe bien sûr des affrontements entre différentes fractions de la bourgeoisie, mais dans quelle mesure est-il possible d’influer sur cette dynamique d’opposition afin de défendre l’alternative la moins terrible ? Dans quelle mesure cette perspective nous rapproche-t-elle ou nous éloigne-t-elle d’une transformation révolutionnaire ? Les antifascistes d’aujourd’hui se posent-ils cette question ? S’en préoccupent-ils ? Le capital exige une gestion différente de l’État en fonction des besoins liés à sa reproduction, y compris les contre-révolutions et les guerres. Il est important de comprendre d’où provient la nécessité de chaque transformation des régimes politiques avant de se rallier à l’un d’entre eux.
Gilles Dauvé rappelle que le fascisme historique n’était pas réellement opposé à la démocratie, mais constituait une exceptionnalité dans la défense du capital. La question n’était donc pas « fascisme ou démocratie », mais « fascisme et démocratie ». Lorsque l’on analyse les vestiges du fascisme dans ses nouvelles formes, deux dimensions sont considérées : la violence et l’idéologie. En ce qui concerne la première, les démocraties occidentales contemporaines – avec des gouvernements de gauche et de droite – répriment et utilisent des « états d’exception » lorsque c’est nécessaire, sans se tourner vers des formes d’État ouvertement totalitaires. La démocratie inclut et perfectionne la répression « fasciste » ainsi que la guerre ouverte au nom de sa défense. Pour leur part, les expressions d’extrême droite ont exercé leur mandat démocratiquement et avec beaucoup de retenue, malgré leurs discours de combat idéologique extrémiste. Hitler et Mussolini sont arrivés au pouvoir par des voies semi-institutionnelles avec leurs partis-milices, puis ont pris le contrôle total de l’État et ont lancé le grand effort de guerre. Rien de tel n’est en train de se produire. Pour l’instant, la démocratie n’alterne pas avec les « nouveaux fascismes » ou les états d’exception, mais les a intégrés.

« Depuis 1945, ce n’est pas un renouveau de la Gauche Communiste, ou la mise en ligne d’Amadeo Bordiga sur Internet, qui menace l’antifascisme : c’est de l’intérieur qu’il se vide de sens. Avec la fin du nazisme, rien ne va plus de soi. Un mal n’est absolu que s’il reste unique : or, le « fascisme » ne cesse de se reproduire en une succession de figures opposées, chacune de moins en moins crédible comme incarnation exclusive du Mal. Le fasciste actuel, est-ce Bush le belliciste, ou son ennemi l’antisémite Ahmadinedjad ? Le dilemme antifasciste n’est pas la pénurie d’ennemis mais leur surabondance. […] L’extrême-droite implantée au nord de l’Europe n’est justement que cela : l’extrême de la droite, non un mouvement né d’une violence populaire pour restaurer par la dictature l’autorité de l’Etat. Le prétendu péril fasciste s’avère soluble dans la démocratie. »
[Karl Nesic & Gilles Dauvé, Au-delà de la démocratie, L’Harmattan, Paris, 2009]

La critique de l’antifascisme telle qu’elle a été déployée pendant près de cent ans par la gauche communiste italienne et poursuivie par diverses expressions anticapitalistes n’est pas un programme tactique et stratégique à répéter, mais c’est une bonne leçon à ne pas oublier dans notre situation actuelle.
Le frontisme antifasciste a été, comme le fascisme, le résultat et l’expression de la défaite de l’assaut révolutionnaire des quatre années 1917-21. Son essence réside dans le renoncement substantiel à la lutte révolutionnaire contre le capitalisme (qui, dans le meilleur des cas, a été reportée à des temps meilleurs), au nom de la restauration de la démocratie et de l’« État de droit ». Son horizon est l’interclassisme, c’est-à-dire l’alliance entre classes ou fractions de classes, sur la base d’une opposition commune au fascisme, ce qui impose en premier lieu le renoncement aux méthodes de lutte spécifiquement prolétariennes.
Nous sommes aujourd’hui à des années-lumière d’un contexte social un tant soit peu comparable, en termes d’intensité de la lutte des classes, à celui des années 1920-1930.

Prétendre qu’un « danger fasciste » plane aujourd’hui sur nos têtes n’est ni plus ni moins qu’une idiotie. Il n’y a pas de dictature fasciste à nos portes : la seule dictature existante – aujourd’hui comme hier – c’est celle du capital, de la valeur en procès, qui envahit et domine désormais tous les recoins de la vie et des relations sociales.

« Ce qui vaut pour l’antifascisme vaut pour tous les « anti-ismes » : la transformation de l’ennemi en ennemi absolu se nourrit du mythe et le reproduit. […] Le « fascisme » devient ainsi une catégorie passagère, la clé qui permet d’« expliquer » et de faire tenir ensemble les phénomènes les plus disparates : de la répression policière normale et démocratique aux manifestations de racisme dans les banlieues et les quartiers prolétaires ; des politiques anti-immigration des gouvernements de toutes couleurs et de tous bords au retour sur scène d’une foule néo-fasciste aussi agressive et médiatique (grâce aussi aux « antifascistes ») que numériquement modeste ; des nouvelles étapes du processus de vidage progressif des fonctions des parlements nationaux – transversal à tous les États occidentaux depuis au moins 1914 – aux violences de genre ; en passant par le succès croissant des partis et mouvements « souverainistes » et/ou « populistes », culminant en Italie en 2018 avec la formation du gouvernement Lega-M5S. Et aux États-Unis avec l’élection de Trump. Tout, dans la petite tête de l’antifasciste plus ou moins militant, s’assemble pour composer la représentation déformée d’une société et d’un État de plus en plus « fascisés ». Comme si les phénomènes susmentionnés étaient incompatibles avec la démocratie (de droite et de gauche) tant vantée ! Et comme s’ils ne trouvaient pas leur nécessaire base matérielle dans les rapports sociaux capitalistes et leur évolution historique. »
[F.B., Miseria del antifascismo, 2018].

La critique de l’antifascisme n’est donc pas une question de cohérence logique, encore moins le maintien d’un purisme doctrinaire. Elle a émergé et s’approfondit à partir des luttes et pour les luttes.

Lutter contre ceux qui gouvernent aujourd’hui en les qualifiant de fascistes ne fait que réclamer davantage de démocratie, et n’a fait que placer au gouvernement les progressistes qui les remplacent pour que les « fascistes » puissent revenir par la suite. Les exemples en Argentine sont clairs et au Chili ils nous éblouissent. Bachelet et Boric ont mis en œuvre des lois que la droite n’aurait pas pu imposer. Dans les mains de Piñera, des lois qui absoudraient les carabiniers meurtriers ou leur permettraient de tirer sans avertissement seraient fascistes, dans les mains des « socialistes », c’est de l’ordre.

Avec cette série d’affirmations et de démentis, nous souhaitons contribuer aux luttes en cours. Et nous voulons surmonter le traumatisme. Un traumatisme si grand qu’aujourd’hui, alors que nous sommes les témoins directs de l’un des plus terribles massacres de cette civilisation, celui perpétré par l’État d’Israël à Gaza, certains s’obstinent à ne pas appeler les choses par leur nom, qualifiant Israël de fasciste, comme s’il ne suffisait pas de savoir qu’il s’agit d’un État capitaliste, phare de la démocratie et du marché au Moyen-Orient, exportateur d’engins de mort dans le monde entier. Il semble moins sérieux de les appeler démocrates et capitalistes, ou de les appeler simplement meurtriers.