Vive l'Anarchie - Semaine 35, 2018

Sommaire

Espagne : Révolte et évasion collective du centre de rétention d’Aluche – 15 août 2018

Publié le 2018-08-27 11:25:05

Le 15 août s’est déroulée une belle évasion dans le centre de rétention (CIE, Centro de Internamiento de Extranjeros) d’Aluche, près de Madrid, dont il aurait été dommage de priver les francophones, vu que l’information n’a pas passé les frontières.

Vers 21h, à la fin du repas, s’est produit une série d’initiatives individuelles puis collectives qui ont permis à 13 sans-papiers de quitter cette prison pour étrangers. Il n’a fallu que deux temps trois mouvements, un bon sens de l’observation préalable et de l’audace. A la fin du repas, donc, deux sans-papiers ont attaqué le garde et lui ont soustrait le passe
magnétique qui ouvre les portes intérieures du centre. Mais avant de se diriger vers la sortie, ils ont auparavant fait un tour à une vingtaine jusqu’au local de vidéosurveillance, qu’ils ont allègrement saccagé. Le mateur policier de garde a également été blessé à cette occasion. Ceci fait, treize d’entre eux ont passé les différentes portes jusqu’à l’air frais.

La chasse à l’homme a immédiatement été déclenchée, trois d’entre eux ont été repris aux alentours, puis deux le lendemain dans un autre quartier de Madrid. Huit autres courent toujours, bonne chance à eux ! Le 30 septembre 2017, 46 sans-papiers avaient déjà réussi à s’évader du centre de rétention d’Aluche, dans un assaut collectif forçant porte par porte,
jusque vers la principale donnant sur la rue. Cette fois, il a suffit de dérober le bon passe magnétique… celui du chef de service.

sans attendre demain

Besançon, France : Attaquer les causes de la misère plutôt que de jouer le jeu de la politique – 19 août 2018

Publié le 2018-08-27 11:25:07

Depuis quelques temps un débat agite les consciences de la ville de Besançon (Doubs) : pour ou contre l’arrêté anti-mendicité pris par le maire Fousseret (ex-PS, aujourd’hui LREM) qui prévoit des amendes de 38 euros pour les SDF, valable « du 9 juillet et jusqu’au 30 septembre, du lundi au vendredi, de 10 heures à 20 heures » ? Samedi 18 août 2018, des
politiciens locaux (France Insoumise, d’anciens élus PS) avaient appelé symboliquement à s’asseoir par terre place Pasteur pour protester contre l’arrêté, après avoir pétitionné et lancé le hashtag #je suis assis.

Tout aurait pu s’arrêter là, dans le grand cirque de la politique, si un élément perturbateur n’était pas venu un peu bousculer la donne : l’action directe. C’est ainsi que cette même nuit du 18 au 19 août, la plupart des distributeurs de billets de plusieurs agences bancaires (dont une de la BNP et une autre du Crédit Mutuel au centre-ville, ainsi que deux de La Poste et deux du Crédit Agricole – celles dans la Boucle et de la rue Battant) étaient mis hors service, à coup de bombe de peinture et de marteau. Sur les quatre DAB de la rue Battant, trois ont eu leurs écrans fracassés. Un grand tag était également laissé sur la mairie « Pas de banque, pas de mendians », signé d’un ACAB que la presse locale a pris soin de traduire à ses lecteurs d’un «tous les flics (ou tous les capitalistes) sont des salauds».

C’est sûr qu’entre s’asseoir avec des politiciens et se lever quand dorment les braves travailleurs, il y a un gouffre : celui qui sépare la passivité de l’indignation citoyenne et le fait d’agir contre le réel sans délégation. Et il n’y a pas que les salauds visés qui comprendront la différence.

Les deux DAB du Crédit Agricole de la rue Battant explosés

Sevran, France : Feu à la rénovation urbaine – 17 août 2018

Publié le 2018-08-27 11:25:09

Dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 août dans le quartier Montceleux à Sevran (Seine-Saint-Denis), deux pelleteuses d’un chantier oeuvrant à la rénovation urbaine, ont été incendiées. Ce chantier, dont l’entreprise COLAS, filiale du groupe Bouygues, est en charge, est situé entre les tours de la Belle Aurore et le foyer des Glycines.

Dans l’article de la presse locale, on apprend que « toutes les entreprises qui interviennent dans le cadre de projets de rénovation urbaine signent des clauses d’insertion. Elles doivent consacrer 5 % du volume d’heures du chantier à des demandeurs d’emploi. Localement, la ville a négocié une proportion encore plus forte : entre 7 et 14 % du nombre d’heures que représente le chantier ». Que ce soit pour ne pas trimer et/ou contre l’urbanisme de caserne que le pouvoir étend de jour en jour, toutes les raisons sont bonnes pour foutre le feu à la ville prison.

Un début d’incendie a aussi été constaté à la porte d’une salle de sport à l’arrière de la cité la même nuit.

Ceuta, Espagne : Nouvel assaut de la frontière – 22 août 2018

Publié le 2018-08-27 11:25:11

Mercredi 22 août s’est produit un nouvel assaut de la frontière entre le Maroc et l’Espagne, dans l’enclave de Ceuta. Près de 300 migrants l’ont entrepris, et 116 ont réussi à passer. Comme fin juillet, afin de freiner les interventions de la garde marocaine, « les migrants ont jeté sur les agents des récipients en plastique remplis d’excréments, de sang, de chaux vive et d’acides » raconte la presse locale.

Malgré toutes les difficultés, entre tabassages des gardes frontière des deux côtés et double rangée de grillages barbelés qui lacèrent les peaux, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) vient de sortir le chiffre des passages en force réussis aussi bien à Ceuta qu’à Melilla : 3.100 depuis le début de l’année !

Si certains assauts sont moins spectaculaires ou moins médiatisés, il n’empêche que cela révèle une capacité d’auto-organisation et une détermination qui tranche un peu avec le battage larmoyant fait par les différents rackets humanitaires sur le passage à travers les Alpes. Dans les deux cas, demeure pourtant intacte une autre possibilité d’agir, cette fois du côté de la frontière où nous nous trouvons : celle de s’en prendre à l’ensemble des dispositifs à surveiller, trier et enfermer les indésirables. Pour notre compte, au nom de notre propre vision de la liberté.

Crest (Drôme), août 2018

Roanne, France : Deux caméras de vidéosurveillance en moins – 17 août 2018

Publié le 2018-08-27 11:25:12

Dans la nuit de jeudi 16 août à vendredi 17, une caméra de vidéosurveillance a été détruite dans le quartier du Parc à Roanne (Loire). La nuit suivante, une seconde a subi le même sort : « Un individu a grimpé le long du mât avec un bâton pour la casser. Il a pris la fuite à l’arrivée de la BAC, protégé par d’autres jeunes qui ont jeté des cailloux sur le véhicule de police avant de s’enfuir eux aussi. »

Ca a suffit à rendre les autorités furieuses, au point de déclencher un gros dispositif policier comprenant des flics de Roanne mais aussi de la grande ville du coin, St Etienne, plus des agents de la police municipale et une veille nocturne pour mener la chasse depuis le centre de vidéosurveillance. Après de nombreux contrôle d’identité, un ado de 17 ans a été arrêté, accusé d’avoir brisé la première caméra.

France : La Poste collabore toujours aux expulsions

Publié le 2018-08-27 11:25:14

Quelques-un.e.s se souviendront peut-être des nombreuses attaques contondantes et incendiaires contre La Poste autour de 2010, alors célèbre collabo de la machine à expulser comme d’autres banques et entreprises. Eh bien, rien n’a changé…

Voici ce qu’on pouvait lire hier dans La Voix du Nord (14 août) :

En France depuis plusieurs semaines, un ressortissant marocain a voulu envoyer un peu d’argent à sa petite amie restée au pays. Il se rend pour cela au bureau de poste principal de Maubeuge, le 9 août dernier, afin d’envoyer mandat-cash. La guichetière lui remet alors un document à remplir, mais le client est loin d’être à l’aise. L’employée de la Poste
lui prête main-forte et lui demande sa pièce d’identité.

Mais elle se rend immédiatement compte qu’il s’agit d’une fausse et, en toute discrétion, elle appelle la police. Une fois la patrouille arrivée sur les lieux, l’individu a déjà quitté le bureau de Poste. Mais il ne va pas très loin, les forces de l’ordre retrouvent sa trace quelques minutes plus tard pour l’interpeller. Lors de son audition, l’intéressé confie avoir acheté sa fausse carte d’identité 150 € en région parisienne.

Le sans-papiers a été conduit au centre de rétention de Lesquin en vue de son expulsion.

Buenos Aires, Argentine : Attaque incendiaire du ministère de l’agro-industrie – 14 août 2018

Publié le 2018-08-27 11:25:16

A quelques heures du premier anniversaire de la disparition suivie de la mort du compagnon Santiago Maldonado aux mains de la gendarmerie nationale, nous avons placé un engin incendiaire de fabrication artisanale dans l’une des fenêtres du ministère de l’agro-industrie de la nation, situé dans la capitale fédérale, dont l’actuel ministre (ancien président de la société rurale), un fidèle aux intérêts des riches et des patrons négocie avec le sang et la terre. En empoisonnant et en contaminant tout et tou-te-s.

En poursuivant, en enfermant et en assassinant celles et ceux qui, avec dignité, se rebellent et combattent l’ordre capitaliste.

Aujourd’hui, l’opportunisme politique et le citoyennisme essaient de nous encadrer dans son discours démocratique en nous obligeant de pactiser avec les assassins de toujours.

Transformons la mémoire en actes pour le Sorcier [1], pour Rafael [2] et pour nous tou-te-s !

Ici et maintenant, la lutte continue !

[Traduit de l’espagnol de contrainfo, 14.08.2018]

NdT:

[1] Surnom du compagnon anarchiste Santiago Maldonado assassiné il y a un an.

[2] Combattant Mapuche tué par les forces répressives de l’Etat argentin.

France : L’addition devient salée pour les matons de la prison de Fresnes – 16 août 2018

Publié le 2018-08-27 11:25:16

Dans la nuit du 15 au 16 août 2018 sur le parking de la prison de Fresnes (Val de Marne), une voiture a été brûlée sur le parking des matons. Les flammes se sont propagées à un autre véhicule partie en fumée lui-aussi. Il s’agit de la quatrième attaque incendiaire depuis fin mai contre les biens du personnel de la prison, portant désormais le total à 12 véhicules détruits.

Comme le disait à ses gardiens un vieux prisonnier anarchiste incarcéré : « même si nous, nous sommes bloqués ici, vous, vous sortez tous les jours. Vous avez une maison et une bagnole, des habitudes et des loisirs, toute une vie de bourreau qui peut facilement être ruinée »…

 

Limoges, France : De la suite dans les idées – 16 août 2018

Publié le 2018-08-27 11:25:18

Le 19 septembre 2017, dans l’enceinte de la caserne Jourdan à Limoges, 3 fourgons de gendarmerie mobile et deux bus étaient incendiés. L’attaque était notamment revendiquée en solidarité avec les « inculpé-e-s dans l’affaire de la voiture de police brulée quai valmy ». Un camarade est incarcéré depuis mars 2018, accusé d’y avoir participé.

Comme la vie est courte et la tâche de démolition du vieux monde si pressante, il n’a pas fallu une année pour que des inconnus s’en prennent à nouveau à la gendarmerie de Limoges. La nuit du 15 au 16 août 2018, la haie de thuyas qui longe la caserne pour protéger les militaires des regards indiscrets a ainsi été incendiée sur près de 30 mètres vers 4h du matin. Le véhicule d’un gendarme garé à proximité a été endommagé.

« Un départ de feu, en plein centre-ville et autour de le gendarmerie, semble suspect » affirment les fins limiers de la télévision régionale. Ce qui pour notre part semble « suspect », c’est bien que les assassins en uniforme puissent crécher en centre ville sous les yeux de tous, et espérer accomplir leur sale besogne en toute tranquillité. Voilà au moins
un acte d’hostilité qui a remis les choses au clair.

Squat sur le Rhône : Une occupation contre les prisons

Publié le 2018-08-27 11:25:23

Samedi 25 août, à 14h, une flotte délirante de bois et de bidons s’élançait de la rampe du Pont Sous-Terre à Genève à l’occasion de la 20e course de radeaux (lire l’article à ce sujet). Sous un crachin pré-automnal, une vingtaine de radeaux, dont deux mastodontes, ont vogué sur les méandres du Rhône jusqu’à la plage de la Verseuse . Si cette descente a été marquée par des anecdotes pitoresques, c’est après l’arrivée que les choses sérieuses se sont déroulées avec l’occupation de Porteous, un ancien bâtiment de la station d’épuration.



Sous le coup de 18h30, en cortège, les pirates de ce samedi se sont rendus jusqu’à Porteous, un imposant bâtiment de béton qui surplombe le fleuve (d’où son surnon de “plongeoir”), à 250 mètres du point d’arrivée de la course de radeaux. Le bâtiment a alors été ouvert et investi par une cinquantaine de personnes dans le but de faire vivre cet espace en tant que lieu collectif d’activités. Une banderole affirmant “Nous construisons un monde sans prison” a été déployée sur la façade et deux des radeaux sont venus en soutien logistique.

Un monde sans prison ?

Le bâtiment, œuvre moderniste de l’architecte Georges Brera à l’abandon depuis de nombreuses années, était supposé devenir un lieu de culture. Mais ce projet a été annulé par le Canton qui a préféré prévoir d’y réaliser ce qu’il sait le mieux le faire : une prison. Contre l’avis de toutes et tous, Pierre Maudet et Serge Dal Busco, envisagent d’y installer un “lieu de réinsertion pour détenus”.

Les occupant-e-s du bâtiment, par leurs banderoles et graffitis (“Construisons un monde sans prison” ou “Crève la taule”) dénoncent cet énième projet carcéral et sécuritaire genevois et récupèrent le lieu pour y introduire de la vie et de la lutte. Selon les occupant-e-s qui invitent tout le monde à découvrir cet espace impressionnant, un programme d’activité et de réhabilitation devrait sortir sous peu.

Programme lundi 26 août

08h : Conférence de presse
12h : bouffe
18h : AG
20h : Bouffe + projection surprise



Quelques réflexions après un nouveau meurtre policier

Publié le 2018-08-27 11:27:07

Mardi 14 août dernier à Paris, un flic a tué quelqu’un au volant de sa voiture alors qu’il cherchait à éviter un contrôle. Ce texte vise à donner quelques éléments d’analyse sur la défense des policiers dans ce type de situation.



Mardi 14 août, un policier a tué un homme au volant d’une voiture d’une balle dans le thorax tirée à travers la vitre. L’affaire a fait grand bruit et on pourra facilement retrouver les détails de cette triste histoire sur n’importe quel grand site d’information. On retiendra notamment que le policier a sauté sur la place arrière d’un scooter et ordonné au conducteur de prendre en chasse la voiture jusqu’à que celle-ci soit bloquée par un barrage de flic. Voulant l’éviter, le conducteur aurait tenté une marche arrière et s’est fait tirer dessus à ce moment là par le flic descendu du scooter.

Le but n’est pas ici de démêler précisément ce qu’il s’est passé mais de mettre en lumière la façon dont peut se construire aujourd’hui une défense policière après une affaire comme celle-ci.

Le lendemain du meurtre de Romain, le policier, membre de la BST du 1er à Paris, est placé en garde à vue ; il ressortira évidemment dès le jeudi avec un contrôle judiciaire. Entre temps, la défense policière s’est construite. Le secrétaire national Ile de France du syndicat Alliance Police Nationale, Loic Lecouplier, invité à la télévision ou à la radio plaide, dans le plus grand des calmes, la légitime défense. Depuis que la réforme de la loi de la légitime défense est en vigueur, il suffit qu’un flic juge qu’une personne mette en danger la vie d’autrui pour avoir le droit de l’abattre. Et c’est à chaque fois ce même argument qui est ressorti. Déjà en juillet, lors du meurtre de Aboubacar dans des conditions similaires, les flics avaient soutenus que des passants se trouvaient à proximité de la voiture en fuite pour justifier les tirs contre le conducteur, ce qui s’est avéré au demeurant totalement faux.

C’est la même défense qu’on voit se mettre en place ici, un policier courageux et plein de sang froid décide de mettre à mort quelqu’un car celui-ci allait probablement écraser un passant. C’est la continuation attendue de la logique proactive du maintien de l’ordre en vogue ces dernières années. Comme dans une caricature de Philip K. Dick, il s’agit d’arrêter les potentiels criminels avant qu’ils ne passent à l’acte ; et pour ce faire on laisse libre appréciation aux flics. Se dévoilent ici les contours de la société de gestion préventive des risques où toutes actions policières est justifiables au nom de la sécurité des personnes. Le terrain est glissant, à chaque meurtre policier correspondra bientôt de prétendus citoyens sauvés in extremis par les forces de l’ordre. Les flics tuent, mais c’est pour nous sauver.

Au delà de cette loi qui a permis aux cow-boys en bleu de dégainer 54 % de plus entre 2016 et 2017, il y a le terrifiant imaginaire policier qui se relégitime sur tous les plateaux télés à chaque nouvelle affaire. Porté par les membres des syndicats ou certains avocats, comme le fanatique des armes Me Laurent-Franck Liénard ; il dépeint une insécurité grandissante totalement fantasmée et des conditions de travail terribles qui nécessitent parfois d’ abattre ceux que l’on traque. La réponse critique classique vise alors à démontrer l’innocence et l’innocuité de la victime, ce qui constitue un véritable piège.

D’abord parce qu’à ce jeu là le couple police-justice sera toujours plus fort. Si un juge ou l’IGPN doit statuer sur la dangerosité de quelqu’un pour couvrir des violences policières qui lui ont été infligée, il le fera la majeure partie du temps. C’est leur métier de criminaliser les gens et ils le font bien.
Ensuite parce que cela renvoie toujours à cette étonnante distinction entre bonne et mauvaise police, entre maintient de l’ordre courageux et bavure grossière. Les flics ont la loi de leur côté, il faut partir du constat qu’elle s’adapte à leur pratique et ne pas se contenter de dénoncer l’illégalité qui émaille leurs actions. Les pratiques policières licites, ou pas, visent dans leur ensemble à écraser les micro subversions et maintenir par la force et la peur l’ ordre établi.

Voilà la force du slogan que tant de manifestants ont scandés ces dernières années et que nous reprenons ici à notre compte,
TOUT LE MONDETESTE LA POLICE !

Camping itinérant PASSAMONTAGNA - Réunion d'information lundi 10 septembre au CICP

Publié le 2018-08-27 19:38:05

Contre les États et le système économique que les frontières renforcent et maintiennent, nous nous retrouverons au Col de Montgenèvre du 19 au 23 septembre, pour cinq jours de lutte, discussions et réflexions. Le camping se déplacera sur deux zones frontalières. Avant le camping, une réunion d’information/discussion se tiendra également à Paris au CICP, le lundi 10 septembre à 19h.



Le dispositif frontalier est beaucoup plus qu’une ligne imaginaire.
C’est un système de contrôle qui séléctionne et divise, qui s’ouvre et se ferme selon les nécessités économiques et politiques.

Un système qui permet aux marchandises et aux capitaux de transiter où ils veulent, et qui bloque et refoule ceux qui ne sont pas considérés « utiles ».

La frontière est fermée pour les indésiré.es. Mais ouverte pour le commerce.
Dans ces montagnes, qui n’a pas les « bons » papiers se retrouve coursé.e par les gendarmes sur les chemins, jeté.e hors des trains et des bus, empêché.e de décider librement où et comment vivre.

La violence d’État pratiquée à la frontière est un moyen d’intimidation qui a pour but de conditionner les copaines de passage. Le message est clair, ici aussi il faudra fermer sa gueule.

Ce camping naît de la volonté de partager expériences, pratiques, idées et analyses entre celles et ceux qui ont choisi de se battre pour un monde sans autoritarisme ni frontières.

Dans un moment où l’Europe est toujours plus fermée et controôée, où les frontières sont visibles dans chaque rafle, centre de détention, bateau bloqué à la mer, camp de travail, appareil de surveillance, on sent le besoin de s’organiser et de réfléchir ensemble.

C’est pour cela que nous appelons à un camping de lutte ici à la frontière franco-italienne. Un camping qui se veut complètement auto-géré, pour discuter ensemble de manière horizontale et pour partager pratiques de lutte, d’organisation, raisonnements et perspectives, et pour continuer à combattre toutes les facettes du dispositif frontalier.

Contre les États et le système économique que les frontières renforcent et maintiennent, nous nous retrouverons au Col de Montgenèvre du 19 au 23 septembre, pour cinq jours de lutte, discussions et réflexions. Le camping se déplacera sur deux zones frontalières.

Plus d’infos sur : Passamontagna.info

Pour les francilien-ne-s, rendez-vous au CICP (21 ter rue Voltaire, 75011) le lundi 10 septembre à 19h pour une réunion d’information/discussion à propos de ce camping et de la lutte en cours sur place.

Actions de soutien decentralisées à Linksunten

Publié le 2018-08-28 05:38:05

En réponse à l’appel de Linksunten pour les un an de clôture de leur site Indymedia, quelques personnes sont allées s’exprimer sur les murs de Nancy.
Ce matin, sur les façades de la cour d’appel on pouvait lire "Soutien à Linksunten et à toutes les prisonnières du G20", d’autres phrases anti-carcérales sont apparues dans les rues de la vieille ville.
Un feu d’artifice a également été tiré au-dessus de la prison de Nancy-Maxéville, d’où s’est élevée une forte clameur.

Feu aux prisons.

Answering the Linksunten’s call out, some people have expressed support messages on the walls of Nancy.
This morning it was possible to read on the appeal court’s walls "support to linksunten and all G20’s prisoners". Other anti-jail sentences appeared in the streets of the old town.
A firework also get launch over the prison of Nancy-Maxéville, from where we could hear loud screaming

Burn all the prisons.

Aurillac (Cantal) : Droite et extrême droite reçoivent de la visite (mais il y a des interpellations)

Publié le 2018-08-28 05:40:04

La Voix du Cantal / lundi 27 août 2018

Dimanche 26 août, vers 4h du matin, Julien Vidalinc, délégué de circonscription des Républicains du Cantal est alerté : « 5 individus sont interpellés. Notre permanence a été saccagée. »
Si la veille, des tags ont été inscrits sur la devanture, cette fois-ci : « 5 bouteilles d’alcool ont été dérobées, du matériel informatique a été cassé ainsi que les cadres de Georges Pompidou et du général de Gaulle. La vitrine a été cassée également. Une plainte a été déposée au commissariat d’Aurillac » poursuit Julien Vidalinc.

*****

La nuit du 11 juillet ça avait été le tour du Rassemblement National

La Montagne / jeudi 12 juillet 2018

Dans la nuit de mardi a mercredi, vers 01 h 30, trois jeunes hommes, deux âgés de 18 ans et un de 19 ans, ont été interpellés en train de briser le mobilier de la permanence du Rassemblement national, près du Square, à Aurillac. Placés en garde à vue, ivres, ils ont été entendus avant d’être relâchés. Ils comparaîtrons devant le tribunal correctionnel à l’automne.

Les photos (depuis le site des fafs) :

 

Trévise (Italie) : Attaque contre le siège de la Lega Nord

Publié le 2018-08-28 05:40:05

Round Robin / mercredi 15 août 2018

FRAPPONS-LES CHEZ EUX !!!

Fatigués de nous taire, fatigués de voir tous les jours la violence systématique du racisme, du sexisme, du travail salarié qui a lieu dans cette société dont les valeurs essentiels sont l’autorité et la gain. Écœurés par l’exploitation, nous identifions comme principaux responsables tous le partis politiques, qui répriment la liberté avec l’appareil de l’État, réformiste et répressif (TV, mass-médias, associations, armée, protection civile, etc.). L’État et le capital sont les plus grands criminels, ils enfreignent même leur lois, ils volent avec les impôts, tuent avec la guerre et le travail salarié, les immigrés repoussés en mer et dans les camps, ici en Europe ou en Afrique, ils polluent de façon irréversible l’homme, les animaux et la planète Terre ; tout cela pour leur gain et leur pouvoir.

N’oublions pas l’hypocrite complicité de cette société, constituée de citoyens qui font semblant de ne pas voir les horreurs du racisme, du nationalisme d’aujourd’hui et de hier. Cette acceptation est le fondement du totalitarisme et de la démocratie : l’autorité qui se fonde sur l’indifférence, la peur, l’apathie a pu créer dans le temps les goulags, les camps de concentration nazis et aujourd’hui ceux en Libye ou en bas de chez nous. C’est une histoire qui se répète.

12 août 2018
A l’aube, le siège de la Lega Nord de Trévise a été attaqué avec un engin explosif, nous en revendiquons le placement, contre les politiciens, les flics et leurs larbins. Nous ne voulons pas être complices de tout cela, nous nous opposerons à la violence aveugle des États avec notre violence ciblée contre les responsables de tout cela. La presque complète pacification, en Italie, où les masses s’affairent à faire la guerre entre pauvres, un de nos objectifs est de nous opposer à la résignation, à l’impuissance et à l’immobilisme. L’État et le le capital utilisent toutes les techniques et les violences pour détourner l’attention des problèmes réels des exploités, avant tout la haine entre les plus faibles et déshérités, entre les deux côtés d’une frontière, entre les genres, entre les différents couleurs de peau. Cela va de soi qu’aucune faction d’insignifiants politiciens autoritaires ne pourra jamais satisfaire nos désirs. Vous parlez de gouvernement « jaune-vert » [les couleurs des deux partis de la coalition de gouvernement : le Movimento 5 stelle et la Lega Nord ; NdAtt.], de gauche et de droite, nous voulons que l’État soit détruit. Vous promettez des augmentations de salaire, des diminutions des impôts, du travail, nous voulons l’élimination de l’argent, de la marchandise et du travail. Vous luttez pour des meilleurs conditions de gouvernement, mais nous voulons seulement nous amuser sur les ruines en flamme de vos villes. Vous faites de la politique, nous la guerre sociale. Les choses sont difficiles, il y a un abyme existentiel entre nous et il n’y a aucun espace pour le dialogue. Du coup tout cela nous montre clairement où frapper ! Attaquer notamment le racisme et l’exploitation. Frapper l’État, le capital et ses responsables. L’action directe nous éclaircit sur le pourquoi et le comment.

Pour une solidarité internationale, rebelle, Anarchiste !
Pour un monde sans frontières, sans autorité !

Avec cette action, nous saluons l’invitation faite par les compagnons de la « cellule Santiago Maldonado », qui ont proposé d’augmenter les attaques contre la paix des représentants et collabos de la domination.

Nous saluons chaque individualité et cellule Anarchiste qui continue à propager la flamme avec l’action, ici et maintenant.

« Aujourd’hui c’est à nous de prendre en main le flambeau de l’anarchie, demain ce sera le tour de quelqu’un d’autre. Pourvu que ça ne s’éteigne pas ! »

Solidarité avec tou.te.s les prisonnier.e.s : Tamara Sol, Juan Aliste, Juan Flores, Freddy, Marcelo, J.Gan, Marius Mason, Meyer-falk, Dinos Yatzoglou, Lisa Dorfer, les membres de la CCF et de Lutte Révolutionnaire.

Aux Anarchistes de Florence, Turin, Naples, Cagliari, du Chili, de Russie, d’Allemagne, de Pologne, de l’opération Scripta manent.

Et à tou.te.s les rebelles enfermé.e.s dans le taules du monde !

Cellule Haris Hatzimihelakis / Internationale Noire (1881-2018)

Rassemblement de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte et contre toutes les prisons !

Publié le 2018-08-28 14:56:05

Parce que l’enfermement nous concerne tous et toutes, à l’intérieur comme en dehors des murs, parce qu’il peut nous toucher nous ou nos proches, parce qu’on pense que ça ne solutionne rien du tout, et parce que se révolter contre cette société est une nécessité, nous appelons à un rassemblement à Paris, Place des Fêtes, le 8 septembre à 14h.



Pas une semaine ne se passe sans que la question de la taule ne soit affichée dans les médias : évasions plus ou moins spectaculaires, question de la "radicalisation", des décès à répétition qu’on explique simplement par la surpopulation carcérale, etc. (Comme si le vrai problème n’était pas l’enfermement et les matons mais juste un « souci d’organisation »...) Cette surmédiatisation prépare le terrain pour nous faire gober la pilule de la future réforme pénitentiaire. 
L’État prévoit, entre autres, la création de 7 000 places supplémentaires à l’ombre avant 2022. C’est dans ce contexte que la maison d’arrêt de la Santé a récemment été rénovée et sera fonctionnelle dès cet hiver. 
Qu’on ne s’y trompe pas, dans la prison il n’y a rien à réformer. Elle est toujours là pour enfermer celles et ceux qui ne rentrent pas dans le rang, celles et ceux qui refusent l’exploitation. 

Afin de nous contraindre à nous soumettre à leurs règles, ils asservissent, humilient, frappent et tuent jour après jour. Ces derniers temps, on pense notamment à Jawad, tué par les matons à la MA de Seysses en avril, et à Lucas, tué en juillet dans les mêmes circonstances à Fleury-Mérogis. 
Ces soi-disant suicides ont tout de suite été dénoncés par les autres prisonniers, qui ont refusé de réintégrer leurs cellules en protestation contre ces meurtres à peine déguisés. L’écho s’est aussi fait sentir à l’extérieur, de jour comme de nuit, aux abords des prisons ou dans les quartiers où de nombreuses personnes ont exprimé leur solidarité. 

Ailleurs dans les taules américaines, la résistance est vive depuis le début de l’année. En janvier, des prisonniers se sont mis en grève contre le travail forcé en taule dans au moins sept prisons de Floride, en mai et juillet derniers deux prisons du Missouri ont connu des émeutes pendant lesquelles des prisonniers ont détruit des bâtiments et, depuis juin, des prisonnier.e.s de tout le pays ont appelé à une grève nationale entre le 21 août et le 9 septembre 2018 contre l’esclavage en prison.

Parce que l’enfermement nous concerne tous et toutes, à l’intérieur comme en dehors des murs, parce qu’il peut nous toucher nous ou nos proches, parce qu’on pense que ça ne solutionne rien du tout, et parce que se révolter contre cette société est une nécessité, nous appelons à un rassemblement à Place des Fêtes le 8 septembre à 14h.

Tract/affiche pour le rassemblement du 8 septembre 2018

Taking a Global View of Repression

Publié le 2018-08-28 23:37:07

Taking a Global View of Repression

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The Prison Strike and the Week of Solidarity with Anarchist Prisoners

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In the United States, a practically unprecedented prison strike is underway, setting new precedents for coordination between struggles in prisons and detention centers and for solidarity from those not behind bars. Meanwhile, August 23-30 is also the sixth annual week of global solidarity with anarchist prisoners, when anarchists around the world coordinate solidarity struggles between different countries and continents. We strongly believe that every prisoner is a political prisoner, and that the best way to support anarchist prisoners is to build a movement against the prison-industrial complex itself. At the same time, the week of global solidarity is an excellent opportunity to get context from our comrades in other parts of the world about the different strategies of repression that various governments are employing today and how to counter them.

In the following text, we’ll explore contemporary patterns of repression targeting anarchists around the world and some of the ways that movements have responded. Looking at this as a microcosm of the way that repression functions in relation to the broader population can give us a way to understand prisoner solidarity as one part of wider struggles against prisons and towards freedom for all people. As anarchists, we aim to analyze state tactics of repression in order to develop better security practices, build international connections, and become more skilled at supporting and caring for each other.

Graffiti from Khabarovsk, Russia in support of the week of solidarity, reading “Freedom to political prisoners. #ABC. No torture!”

Waves of Repression, 2017-2018

The first two decades of the 21st century have seen steadily intensifying repression directed towards anarchists and their comrades. Some of the most widely known examples of the past few years include the Tarnac case in France, an investigation of “terrorism” that started in 2008 and concluded this year with the defendants completely exonerated; Operations Pandora, Piñata, and Pandora 2 in Spain, which began in December 2014 and concluded this year; Scripta Manent in Italy, since 2017; Operation Fenix in the Czech Republic, since spring 2015; the raids the police have been carrying out across Europe since the battle of Hamburg in summer 2017; the Warsaw Three arson case in Poland, 2016-2017; and mass repression in the United States resulting from the occupation of Standing Rock and the resistance to Trump’s inauguration, the latter case finally having concluded this past July. We are also witnessing ongoing repression in Belarus dictatorship and Russia, most recently with the “Network” case.

All around the world, states and their police forces choose from the same assortment of tactics to achieve the same ends. The specific choices they make vary according to their context, but the toolbox and the fundamental objectives are the same.

For example, the same computer programs are used in many different countries to carry out online censorship. In some countries, they are only used to shut down a few websites, while elsewhere, they block a vast array of content; but the same principle is at work in both cases, and all it would take for the former situation to become the latter would be for the authorities to check a few more boxes in their repression software. The same goes for other forms of police repression. This shows how the difference between a supposedly permissive liberal democracy and an autocratic dictatorship is quantitative, not qualitative.

When police in one part of the world develop a new strategy or begin to employ a specific tactic more often, that often spreads to other police agencies around the world. For example, we can draw a line between the various entrapment cases in the United States—Eric McDavid, David McKay, Bradley Crowder, Matthew DePalma, the NATO 3, the Cleveland 5—and the subsequent Operation Fenix case in the Czech Republic, in which agents provocateurs attempted to seduce people into planning an attack on a military train and attacking a police eviction squad with Molotov cocktails. In the beginning, Operation Fenix was framed as a campaign against the Network of Revolutionary Cells, a network that had claimed responsibility for various arsons against police and capitalists; at the end, it concluded as an unsuccessful attempt to stigmatize anarchists and restore the legitimacy of the Czech police in the eyes of the public.

Likewise, we can also understand Operation Fenix in the context of decades of efforts from police in Italy, the US, France, Spain, and elsewhere to set a precedent for fabricating terrorist conspiracy cases with which to discredit and imprison anarchists. Viewed individually, the Marini trial in Italy, the Tarnac 9 case, Operations Pandora and Piñata, and Operation Fenix are nothing more than perplexing examples of prosecutorial overreach. But when we consider them as part of a global pattern in which the repressive forces of the state have been seeking a new method via which to neutralize the networks that connect popular social movements, we can recognize what they all have in common. In this context, it also becomes clear how the Russian tactic of torturing arrestees into signing false confessions could spread to other countries, if we don’t take steps immediately to publicize it. This is why it is important to take a global approach to studying state strategies of repression.

Growing International Police Cooperation

Across the globe, police forces are cooperating more than ever before. Continent-wide repression in Europe shows international police collaboration and the extremist and terrorist laws in action.

The recent Aachen bank robbery case in Germany illustrates this: a European arrest warrant, the sharing of intelligence between police forces, and the intensification of cooperation between various legal authorities following two bank expropriations in 2013 and 2014. Spanish and German police cooperated in obtaining the DNA of the alleged expropriators, who were convicted of robbing the Pax Bank, the bank of the Catholic Church.

We can also see evidence of this trend in the last case connected to the SHAC campaign (Stop Huntingdon Animal Cruelty), which targeted current animal liberation prisoner, Sven van Hasselt. Six European states collaborated in his arrest.

We are also seeing police in different countries exchanging education and experience on a more organized basis. For example, the College of European Police (CEPOL) held a seminar about terrorism in Greece in July 2012, at which the Italian authorities offered an in-depth overview of the repressive measures they have used against the insurrectionary anarchist movement. The European Police Office (EUROPAL) publishes an annual report, the Terrorism Situation and Trend Report (TE-SAT), in which you can find a chapter dedicated to supposed left-wing and anarchist “terrorism.” This kind of collaboration has gained momentum in other venues, such as the European Union Intelligence and Situation Center (SitCen); European Union Member States also cooperate on the legal level through institutions like Eurojust.

Governments in the Global North routinely equip and train states in the Global South to employ their technology and repression strategies. For example, Germany and Israel made a fortune equipping Brazil ahead of the 2014 World Cup. In an extreme example of this Great Britain is now looking to outsource imprisonment to Africa, building a new prison wing in Nigeria. All of these are good reasons to interlink our struggles.

Terrorism Discourse and Legislation

Laws and rhetoric against “extremism” and “terrorism” are some of the most powerful contemporary tools to criminalize and delegitimize social struggles. Many states developed anti-terrorist laws as a result of the previous generation of political movements, such as the Basque independence groups in the Spanish State or the Red Army Faction (RAF) in Germany in the 1970s. In a way, this can make the framework of “terrorism” somewhat outdated when it comes to contemporary social movements, which usually lack formal hierarchies like the RAF.

The chief function of the “terrorism” framework is to legitimize the suspension of legal rights, in order to empower police to employ unlimited surveillance, indefinite detention without charges or trial, total isolation in prison, torture—all the tactics that were once used to maintain colonial regimes, monarchies, and dictatorships. Since September 11, 2001 and the declaration of the so-called “war on terror,” anti-terrorist laws have been upgraded all around the world to make these tactics available to repress anyone who might be able to threaten the stability of the reigning order.

This is why the most liberal European democracy can concur with the authorities of a virtual dictatorship like Putin’s Russia that the same legal framework should be used against both anarchists who defend the public against police violence and fundamentalists who carry out attacks on random civilians for the Islamic State. These two cases have nothing in common in terms of tactics or values or goals; the one thing that connects them is that they both contest the centralized power of the prevailing government.

Repression: An International Language with Local Dialects

“Find out just what any people will quietly submit to and you have the exact measure of the injustice and wrong which will be imposed on them.”

-Frederick Douglass

There are some new developments in the field of state repression. For example, we see an rapid development in repression tactics in Russia with the example of the “Network” case, in which many activists have been kidnapped, threatened, beaten, and tortured via electroshocks, hanging upside down, and other methods. Using these tactics, the officers of the Russian Security Forces (FSB, the successor to the KGB) have forced arrestees to sign false confessions corroborating the existence of an invented group called “the Network” which was allegedly planning to carry out the terrorist attacks during the presidential elections in March 2018 and the FIFA World Cup. These tactics created an atmosphere of fear, isolation and uncertainty in Russia, making it very difficult to mobilize solidarity.

The innovation here is using torture to confirm the existence of a “terrorist network” invented by the state. Torture itself is not a new thing to anarchists and other prisoners in post-Soviet countries; it remains one of the most powerful tools in the context of a penal system that is notoriously corrupt and permissive towards the police, giving them even less legal oversight than police experience in places like the United States. The Russian and Belarusian contexts are distinct in that in both cases, the state is openly authoritarian, not hesitating to crack down violently even on basic forms of expression such as banner drops.

Currently, this strategy seems to be working in Russia and Belarus, but in the long run heavy-handed oppression makes the authorities vulnerable to sudden outbursts of pent-up anger. In Belarus, for example, despite tremendous pressure from the totalitarian government, anarchists were at the forefront of one of the most powerful social movements of 2017.

By contrast, in the “Western” countries, we see more legalistic strategies of repression, such as extreme bail and release conditions that function to isolate and pacify individuals via attrition. This presents subtler forms of repression that are more socially acceptable to those who like to think of themselves as the citizens of a democracy. One police research report described the repression of the SHAC campaign as a process of “leadership decapitation” achieved through lengthy prison sentences and extreme bail and post-prison conditions aimed at absolutely isolating people from their movements.

Police cooperation between different European states does not always take the same form. For example, while Greek, Italian and German conferences take place regarding anarchist “terrorism” and “extremism,” countries that have experienced fewer militant actions and less popular unrest employ different approaches. Many states carry out intelligence gathering in the guise of academic research in “extremism and terrorism studies,” in order to monitor the presence of particular ideas or tactics. This was clear in the Czech Republic, where such studies were used to analyze the local anarchist movement. For example, despite lacking any demonstrable links to the FAI/FRI or Conspiracy of Cells of Fire, recent anarchist actions in Czech Republic from the aforementioned Network of Revolutionary Cells were described and charged mostly via academic and police research that presented them as a manifestation of the former groups.

More art from Russia promoting the Anarchist Black Cross: “Support political prisoners. #ABC.”

Learning from Successful Support Campaigns

“We learn a thousand times more from defeat than we do from a victory”

-Ed Mead, member of George Jackson Brigade and Men against Sexism, long-term prisoner and gay liberationist

It’s not easy to measure the effectiveness of repression. A campaign of repression could be said to succeed if the targets receive prison sentences—or if the movement they are associated with is effectively divided, pacified, or destroyed—or if the social struggle that the movement is engaged in becomes co-opted.

So, for example, you could say that Operation Fenix was unsuccessful because the legal charges that were pressed did not succeed. However, Czech police were able to collect an enormous amount of data on the anarchist movement in the Czech Republic—and despite failing to win the case against the defendants, they succeeded in implanting anti-terrorist rhetoric and “anti-extremism” sentiment in the public discourse. Yet, despite this, Czech anarchists gained a lot of support from all around the world, which was very important for the people who were behind bars, isolated and charged with extremism.

One the most inspiring recent support campaigns was the defense of the J20 arrestees in the US, a case that ended in almost complete defeat for the state. We can see another inspiring example under much less favorable conditions in the campaign against the ongoing “Network” terrorist case in Russia, where defendants’ parents have created a “Parents’ Network” supporting their children and opposing the totalitarian regime.

Undertaking Movement Defense

Repression often imposes isolation and other hardships. Everyone is unique, but in general, those on the receiving end of repression need some of the same things: financial support, emotional support, support for the family and friends of defendants, secure or at least reliable channels of communication, publicity about the case, and—most importantly—continuing the struggle.

Different groups can play different roles in the fight against repression. There are groups that form in order to react when repression hits, such as the campaign to support the J20 defendants, or Solidarat Rebel, which spreads information about the Aachen bank robbing case, or the Antifenix initiative, which promotes analysis and resistance against Operation Fenix in the Czech Republic. These projects are very important in that they respond to an immediate and urgent need for support. There are also groups that maintain consistent long-term anti-repression organizing, such as the Anarchist Black Cross (ABC). The Anarchist Black Cross is an international network of anarchist groups engaged in practical solidarity with prisoners that is now a century old.

We can work to counter repression on several levels. We can raise awareness about the usefulness of security culture and the different tactics of repression so as to prepare for the inevitable response of the state to our efforts to create a better world. We can also build up material resources—raising money to pay legal fees and related expenses such as travel costs and to support prisoners during their sentences and when they are released. This can involve organizing fundraising events or seeking donations in other ways. Most importantly, we have to provide care and emotional support to the targets of oppression and to others who support them.

Finally, we can spread information about legal cases and prisoners and how to do support work through various media channels including websites, pamphlets, podcasts, books, speaking tours, and social networks both virtual and real. For example, this zine composed by various ABC groups around Europe introduces the basics of Anarchist Black Cross organizing.

We have to understand our efforts to support specific prisoners as part of a much broader struggle against prisons themselves. If we are already organizing in solidarity with prisoners in general, anarchist prisoners will be in a much better position. That means supporting prisoner organizing, sending reading material and resources to prisoners, acting in solidarity outside the prisons when prisoners revolt, and spreading a popular discourse that identifies what everyone stands to gain from dismantling the prison-industrial complex.

From a Week of Solidarity to Prison Abolition

Anarchists are fighting on the front lines of the struggle against prison society alongside other poor people, people of color, indigenous people, and everyone else who is targeted by the prison system worldwide.

The sixth annual week of solidarity with anarchist prisoners is one of many opportunities to connect all these different struggles, seeking to set an example of what long-term coordinated anti-repression work might look like. The date of the beginning of the week is the anniversary of the execution of Sacco and Vanzetti, two Italian-American anarchists, in 1927. They were convicted with very little evidence, punished above all for their anarchist views.

Anarchists are not always the chief targets of the state, which often prioritizes attacks on people of African heritage, migrants, Muslims, and other ethnic groups on the receiving end of colonial violence. Nevertheless, we are almost always somewhere on the list of targets because our values and our actions threaten the hegemony of the state. Prison is the glue that holds capitalism, patriarchy, and racism together. As we strive for a society based on cooperation, mutual aid, freedom, and equality, we inevitably come into conflict with the police and the prison system. Let’s build a broad movement against them.

So long as there are prisons, the most courageous, sensitive, and beautiful among us will end up inside them, and the most courageous, sensitive, and beautiful parts of the rest of us will be inaccessible to us. Every one of us can become a prisoner. No one is truly free until all of us are free.

A prison van burned in the riots of “Angry Friday” on January 28, 2011 during the Egyptian Revolution.

Further Reading

Till All Are Free—the hub organizing the International Week of Solidarity with Anarchist Prisoners

Repression Patterns in Europe

Forêt de Hambach, Allemagne : Perquisitions à la prairie et expulsion partielle – 28 août 2018

Publié le 2018-08-29 15:55:08

Communiqué de presse des occupant.e.s de la forêt de Hambach:

Aujourd’hui, mardi 28 août 2018, des expulsions partielles ont eu lieu dans le campement de la prairie à coté de la Forêt de Hambach, à la suite d’une perquisition ayant pour but d’obtenir des preuves concernant des actions passées et de saisir des objets pouvant servir à mener d’autres actions dans le futur.
Pendant cette opération qui a débuté vers 7h20, il y a eu plus de 30 expulsions et quelques arrestations.

À la suite de cette intervention policière qui s’étalera sur cinq jours, la forêt de Hambach a été déclarée zone dangereuse, c’est-à-dire qu’à présent ils ne laisseront entrer personne.

Nous condamnons fermement les actions de la police qui enveniment la situation. La violence émanant de la police ne désenvenime en rien et la destruction des moyens de subsistance comme des maisons, « légitimée » par la confiscation d’objets dangereux est inacceptable.

Le Groupe de Presse

[Traduit de l’allemand de Hambi bleibt, 28.08.2018]


Ce même jour, 28 août 2018, l’entreprise énergétique en charge du projet de mine RWE POWER AG a détourné les réserves d’eau IBC* afin de priver d’eau les occupant-e-s en prétextant le fait que la zone ait été décrétée « dangereuse ». Ces réserves d’eau de 1000 litres sont bien sûr nécessaires pour faire vivre l’occupation.

On apprend également que lors des perquisitions du matin, les infrastructures du camp de protestation ont été saccagées.

[Reformulé de l’allemand de Hambi Bleibt]

*pour IBC Container (Intermediate Bulk Container): ici, ça correspond à des bidons d’eau.


Forêt de Hambach : Déploiement massif de policiers dans et autour de la forêt depuis plusieurs jours. Risque d’expulsion.

Le fil-info du mois d’août à suivre ici (en allemand)

Expulsion possible dans la forêt de Hambach

Forêt de Hambach: nous supposons actuellement qu’entre le 22 août et le 22 septembre il peut y avoir une opération d’expulsion de grande ampleur jusqu’à l’expulsion de l’ensemble de l’occupation. Ce sur quoi reposent ces suppositions sont les informations qui nous ont été données et qui concernent spécifiquement cette période.

Qu’est-ce qui nous rend si sûrs ?

Ces dernières semaines, des interventions policières ont eu lieu à plusieurs reprises, impliquant la police spécialisée en escalade, des équipes de sauvetage et du personnel de RWE. Des coordonnées ont été récoltés, des cabanes dans les arbres ont été photographiées et cartographiées, ainsi que de nombreuses informations les concernant ont été recueillies. C’est pourquoi on peut supposer que les flics et RWE se sont faits un aperçu de la situation pour être en capacité d’expulser rapidement.

Nous avons besoin de vous maintenant! le temps avance contre nous et nous avons encore plein de choses à préparer pour empêcher l’expulsion. Préparez-vous, et le mieux serait que vous veniez dès que possible dans la forêt. Que tu veuilles faire directement obstacle aux expulsions ou que tu veuilles participer d’une manière qui ne te mette pas en danger, toutle monde peut aider à sa manière. Peu importe que vous ne nous souteniez que quelques heures, quelques jours ou durant toute la période de défrichage.

Pour toutes les personnes qui ne peuvent pas soutenir sur le terrain l’occupation, il y a un appel à actions décentralisées [1].

Nous nous voyons dans les arbres ! La forêt de Hambach reste !

Que ce soit pacifique ou combatif, ce qui importe c’est de résister !

Informez-vous sur le blog : www.hambacherforst.org

[Traduit de l’allemand de contrainfo, 28.08.2018]


NdT:

[1] Extrait de l’appel : « Au cours de ces dernières années, la forêt de Hambach est devenue un symbole de résistance contre l’exploitation capitaliste de l’espèce humaine et non-humaine, ainsi que de l’environnement. La « Hambacher Forst » est occupée depuis 2012 par des militant-e-s du monde entier qui luttent contre la destruction d’une forêt vieille de 12 000 ans. La prochaine saison de défrichage approche à grands pas – de début octobre à fin février, RWE veut continuer à détruire cette vieille forêt pour extraire encore plus de charbon dans la mine de Hambach. L’année dernière déjà, près de 1000 policiers avaient pris part à la plus grosse opération policière qui a eu lieu jusqu’à présent. » L’appel rappelle les hypothèses d’expulsion qui pourrait avoir lieu entre le 22 août et le 22 septembre 2018.


Ecouter l’émission de radio en français et en anglais: Appel à defendre la forêt de Hambach, Radio callout for Hambach Forest

Allemagne : De Leipzig à Berlin, les nuits ne sont pas de tout repos pour VINCI …

Publié le 2018-08-29 15:55:11

Leipzig, Berlin : engin de chantier d’Eurovia/Vinci brûle

Pourquoi la bétonnière devait brûler ?

Parce que nous n’aimons pas les rues.

Parce que ça nous fait plaisir de mettre le feu.

La bétonnière combine les deux : rues et flammes.

Nous avons décidé d’incendier l’équipement de construction mentionné ci-dessus en raison du fait qu’il appartient à l’entreprise Eurovia/Vinci. Ces dernières années, cette entreprise n’a eu de cesse d’avoir la désagréable manie de se retrouver dans notre champ de vision.

En tant que multinationale avec plus de 100.000 employé-e-s et avec son siège à Rueil-Malmaison (France), Vinci est notamment une société qui exploite 33 aéroports et de multiples autoroutes partout dans le monde. Eurovia est la filiale de Vinci en matière d’infrastructures de transports. Vinci s’est révélée être l’une des plus grosses entreprises pour organiser le bon fonctionnement de la vie sociétale aux côtés de l’Etat sur le plan des infrastructures. Les infrastructures publiques de manière générale et en France en particulier, sont les intérêts commerciaux de Vinci et nous nous voyons obligés de les attaquer !

De par notre attaque, nous voulons infliger des dégâts directs à l’entrepriseVinci, d’une part en l’attaquant directement et d’autre part en dévoilant le rôle de l’entreprise dans certains processus dans les domaines suivants : https://calaisresearch.noblogs.org/post/2017/09/29/vinci-detailed-company-profile/

L’une des filiales locales de Vinci a détruit en mars et octobre 2016 les habitations d’environ 10.000 personnes dans la « jungle de Calais », un camp de réfugiés. La destruction avait été ordonné par le gouvernement français.

Eurovia a participé à la construction du gigantesque mur de Calais, un mur de quatre mètres de hauteur qui sépare l’autoroute du port. Le chantier a été financé par le gouvernement britannique et sert à combattre l’immigration illégale.

Il était prévu que Vinci construise l’aéroport de Nantes, plus connu sous le nom de ZAD. Le chantier de l’aéroport n’est entre-temps plus d’actualité. Le pouvoir étatique a néanmoins jugé nécessaire de détruire cette zone libre.

De plus, Vinci a attiré l’attention au Royaume-Uni car, aux côtés d’autres entreprises, elle a réalisé des listes noires de syndicalistes, d’antifascistes, d’écologistes et d’autres militant-e-s politiques.

Au Qatar, Vinci a utilisé le travail obligatoire pour faire construire les installations nécessaires à la coupe du monde de football. Pour ça, les passeports des travailleurs migrants ont été collectés et la multinationale les a contraint à une sorte d’esclavage moderne.

Les entreprises telles que Vinci deviennent des piliers solides de l’extension continue du contrôle d’État – Démolissons-les !

Personne

[Traduit de l’allemand de Indymedia, 25.08.2018]


Berlin, Allemagne : Eurovia-Vinci brûle. Salutations dans les taules.

Nos salutations vont à toutes les personnes incarcérées.

Nos cœurs battent pour la lutte contre les villes et leurs habitant-e-s mortifères, qui ne savent rien apprécier de plus que la Wi-fi qui fonctionne et une bière vegan après le boulot dans leurs quartiers aseptisés.

Pour ces vies, il ne semble n’y avoir plus un regard ni aucune perspective… pour remettre le système en question. La possibilité de tout faire vaciller afin de briser toutes ces vies sécurisées ne semble être ni souhaitable, ni réalisable, et ce pour personne.

Les taules semblent faire partie de ces villes qui fonctionnent sans problème, comme les universités ou les hôpitaux.

Ainsi, la société n’a jamais eu à se justifier pour décréter que des individus étaient étrangers en les enfermant dans ces complexes où la seule loi à laquelle s’y conforment les personnes qui y travaillent est celle de l’arbitraire individuel.

Est violence le fait d’ôter à une personne ses capacités à se développer et à agir. Cette violence est justifiée par toute personne qui détourne les yeux et qui demande ensuite « comment faire alors face aux criminels ? », ce qui persiste à faire accepter que flics, juges et matons sont tout simplement des métiers comme les autres.

Les personnes qui s’adapteront à la vie derrière les barreaux de la société en se pliant aux règles et en reconnaissant les lois de l’État sont uniquement brisées. Cela ne peut jamais être une prise de décision libre lorsqu’elles affectent les gens sous les contraintes du système carcéral.

En revanche, une idée de liberté peut très bien émerger de derrière les barreaux. Et nous qui sommes dehors devons montrer aux prisonnier.e.s que nous luttons pour cette idée et les rêves de liberté.

Dans la nuit de jeudi à vendredi (du 23 au 24 août, NdT), nous avons incendié une voiture d’Eurovia-Vinci de haine que Nero [1] soit toujours enfermé dans cette prison de merde à Tegel. Et nous nous réjouissons des incendiaires de Leipzig. Vous en dites suffisamment sur les cochonneries de l’entreprise Eurovia/Vinci.

Nus saluons ainsi le prisonnier Nero, qui purge une peine d’incarcération incroyablement longue pour ne pas s’être distancié des idées de la Rigaer Straße. Ces porcs de la « Protection d’Etat » de Berlin finiront bien par en payer le prix !

Et nous envoyons force et solidarité à l’intérieur de la prison française de Nancy-Maxéville. Loïc [2], nous sommes vachement furieux que les flics aient pu t’arrêter et de nos pensées, nous sommes à tes côtés.
Nous espérions que tu puisses échapper aux troupes de flics au flair aussi longtemps que tu l’estimes nécessaire et juste. C’était très courageux de prendre la décision de rejoindre la clandestinité. Nous continuerons à suivre ce qui se passe là-bas, également contre tou-te-s les autres compagnon-ne-s de Bure. Et nous envoyons à la commission spéciale « Black Bloc » des nuages de fumée comme salutations amères vous rappelant brièvement les nuits et les matins terribles de Schanzenviertel. […]

Pour la liberté !

AG

[Traduit de l’allemand de Indymedia, 25.08.2018]

NdT:

[1] Nero est en taule pour avoir pointer au laser un hélico des flics à plusieurs reprises lors d’affrontements aux alentours de la Rigaerstrasse. Il est toujours resté digne face à l’État et sa justice, ce qui lui vaut d’être toujours incarcéré à l’heure actuelle. On pourra relire plusieurs articles sur cette affaire.

[2] Loïc, en lutte contre le projet CIGEO à Bure, était en cavale depuis début juin car il était recherché pour les émeutes de l’anti-G20 à Hambourg en juillet 2017 (un mandat d’arrêt avait été émis à son encontre par les autorités allemandes). Il a été arrêté par les flics à Laxou vendredi 17 août 2018 et lincarcéré le lendemain à la prison de Nancy-Maxéville. Les autorités allemandes devraient demander son extradition afin de le juger.

L’emploi du temps perdu… ou la nécessité d’abolir le travail

Publié le 2018-08-30 09:12:04

Ca y est, je vais bientôt passer le grand cap : j’vais arrêter de travailler pour le Capital. Si je suis sûr ? Chaque jour davantage. La fonction « gagner sa vie » ne m’a jamais vraiment attirée et c’est la seule que le travail salarié ait à m’offrir. En fait, j’suis fatigué de me battre pour si peu, j’me sens insulté et pas respectée. Marre de sourire et faire des courbettes au boss et aux clients, marre de passer la plupart de mon temps à des actions qui n’ont aucun sens pour moi. Marre d’avoir une vie calibrée depuis ma naissance jusqu’à ma mort sans jamais pouvoir choisir ce qui me fait du bien. Je ne suis pas ponctuelle, méticuleux et encore moins hypocrite. Ce que le monde du travail m’offre me rend malade. Peut-être que ça ne fait pas écho pour toi, mais observons cela en quelques points …

Dans le monde du capital, l’individu est systématiquement réduit à son rôle ou sa fonction : femme ou homme, papa ou maman, consommateur, travailleuse, usager, communicateur, chômeuse, citoyenne, etc. Tu réponds quoi quand on te demande ce que tu fais dans la vie ? Tu parles de ton travail ou de tes études ou en dernier recours tu t’excuses de devoir éduquer tes enfants pour justifier le fait que tu ne travailles pas. Catégoriser des groupes de personnes parce qu’ils sont « ouvrières » ou « docteurs » est réducteur, pourtant ce sera la première chose qui te définira. Et ça influencera tout : les droits que tu auras, la reconnaissance sociale, les opportunités, le fric sur ton compte en banque, etc. D’ailleurs, tu passes tellement de temps au travail que t’as pas le temps ni l’énergie de faire autre chose et encore moins de te définir toi et tes envies. Aussi, tu peux te convaincre de ton libre arbitre, mais quel que soit le groupe auquel tu décideras de te coller, travailler il te faudra. Et quels jobs… Tu préfères taper sur un clavier toute la journée ou nettoyer les miettes qui tombent entre les touches? A moins d’avoir un soutien financier pour faire de « bonnes » études (vomi), tu auras un incroyable éventail de possibilités qui s’étend de vendeuse à vigile. De plus, les assignations sexuelles ajoutent à la fonction « travail » leur lot de restrictions. Pour la femme en particulier, la double identité « femme-travailleuse » limite davantage son champ d’action, puisqu’elle doit évoluer dans une société dominée par l’homme.

Il existe par ailleurs, une obsession déconcertante acquise par tou(te)s et pour tou(te)s selon laquelle travailler c’est « naturel », c’est « la santé», c’est « nécessaire». Quand les un(e)s pensent qu’il faut contrôler davantage tous ces « connards de chômeurs » alors que d’autres se plaignent de leurs politiciens/patrons/tyrans en général, tou(te)s s’accordent, malgré la haine qu’iels se vouent, sur une chose : il faut se serrer les coudes pour l’emploi, suer pour l’obtenir et le garder, parce que c’est important de travailler, même si tout par en couille, même s’il n’y a plus rien à sauver, il faut juste continuer à faire ce truc si précieux qui manque cruellement de sens.

Même au rayon des prétendus révolutionnaires, la plupart n’ont, au mieux, fait qu’améliorer les conditions de travail des ouvrier(e)s. Ces camarades ont donc la fâcheuse manie de réduire une masse d’individus à une classe de travailleurs et « oublient » de remettre en question l’idée même de cette fonction. Que reste-t-il de révolutionnaire dans cette vision ? En définitive, iels s’attaquent à la forme sans questionner le fond ou recourent à des alternatives comme la reprise des moyens de production : l’autogestion comme remède miracle. Comme si prendre le contrôle des industries nucléaires et des prisons allait vraiment rendre ce bordel plus supportable. Pas un mot de critique sur le sens et la signification du travail, son rôle social de domestication et de contrôle, dans les bureaux comme dans les usines.

Cette acclimatation à la domestication fût justement tellement efficace qu’il est aujourd’hui impossible de croire qu’une autre forme d’organisation est envisageable. Le travail est vu comme indispensable et indépassable, tout comme la grande copine du Capital ; la propriété privée. Ils sont peu les individus qui arrivent à imaginer un monde sans elle. Ces constructions sociales sont réelles, mais leur emprise n’est en rien inéluctable. L’existence des chefs d’entreprise et des propriétaires exploiteu(r)ses n’est pas plus naturelle, nécessaire ou salutaire que celle des impératrices et empereurs au temps jadis.

Par ailleurs, la notion de « propriété » permet de légitimer l’usage de la violence pour imposer les déséquilibres artificiels d’accès au territoire et aux ressources. Dès lors, il est important de rappeler que l’empire du travail est violent et répressif. Pour tous ses exclu(e)s : du sans-papiers au sans-domicile-fixe, du cépéaèsseu(se)x à cellui-qui-a-perdu-ses-droits-aux-allocs, de la sans-diplôme à la diplômée sans-avenir, du chômeur aux individus qui, à raison, ne veulent pas du travail salarié, il leur faudra se cacher dans les dernières niches de l’Etat social en miettes ou s’en exclure définitivement. Mais évidemment le supplice ne s’arrête pas là, car les travailleurs sociaux et secrétaires s’empresseront de leur compliquer cette tâche, ô combien ardue, en les traînant sous les lampes interrogatoires des institutions de l’Etat afin qu’iels se prosternent devant le grand, le magnifique, l’adulé Enfer-travail. Pour toi, pour elles et eux, ce sera l’expulsion du taf, du chômage ou du CPAS et ça peut clairement s’étendre à d’autres aspects comme l’expulsion de ton appart parce que tu peux plus le payer, du territoire parce qu’en fait t’avais pas de permis de travail, parce qu’en fait t’avais pas les bons papiers ou pas de papiers du tout. On peut même te mettre dans un centre fermé, une prison quoi, si besoin.

Outre tous ces aspects qui attestent de l’extrême pourriture du travail, il en existe un qui me révulse chaque jour : le temps volé. Il est certainement l’or le plus précieux qui fût dérobé. Temps de travail, temps de pause, emploi du temps, temps d’attente, temps mort, temps libre, temps partiel, temps plein. Le temps est cyniquement coupé en petits morceaux, toujours plus petits pour toujours plus de facilité de son contrôle. Le compte à rebours est lancé chaque matin. Plus vite, il s’échappe ! Ça n’sert à rien de courir derrière lui, il est déjà perdu, à jamais. Mais c’est pas grave, le temps c’est juste de l’argent ! Il suffit donc de bien l’investir pour oublier la douleur de sa perte. On met de côté pendant des mois pour passer trois jours à cents kilomètres de chez soi histoire de se convaincre qu’on le rattrape enfin, ce petit filou !

Non mais, sérieusement, ces moments de vie volés ne se rattrapent jamais. Ni quand nous chômons, ni quand nous partons en retraite. Un individu qui se retrouve au chômage continue généralement de subir le poids du travail (qu’iel n’a plus). Parce qu’en réalité ce n’est pas si facile de se trouver soi et faire des projets grandioses en dehors du cadre qui a été fixé depuis sa naissance : métro, boulot, dodo. La plupart des individus continuent donc de vivre l’aliénation (désormais fantomatique) qu’iels vivaient au travail sous forme de frustration, d’inertie, baisse d’estime, dépression, etc. La majorité continuera de s’éteindre ou s’empressera de retrouver du boulot qui lui donnera frustration, baisse d’estime, manque cruel de sens, dépression, tu vois où je veux en venir ?
De même pour les retraité(e)s, iels la méritent bien, hein, cette retraite ! Dans une logique de rentabilité, ce « mérite » a déjà été payé dix fois plutôt qu’une. Car ce que les exploitants nomment « profit » est en fait un vol légal et organisé. Il est justifié par l’idéologie dominante comme la « juste rétribution du risque et de l’investissement de capital dans l’entreprise » (qui a lui-même été obtenu par un vol antérieur). Tout cela repose sur la conviction que la hiérarchie est nécessaire dans une organisation et que c’est le chef qui crée des richesses or, ce sont les exploitées qui les créent.

Et cessons de croire que la retraite offre un refuge à l’oisiveté, il ne faut pas confondre paresse et fatigue. Cette promesse d’une douce et paisible croisière dans les eaux du troisième âge est un mensonge, de la poudre aux ouilles. En réalité, le travail et sa fatigue te propulsent dans un rythme infernal, l’un exige de devoir sans cesse agir, courir, être sous pression, se lever trop tôt, etc. La fatigue, résultant du premier, induira une lassitude, un report systématique des choses « à faire », des efforts perpétuels contre soi-même, l’envie qu’on te foute la paix une bonne fois pour toutes. Or, ces deux extrêmes fragilisent l’individu en le maintenant entre stress et culpabilité toute sa vie, ma foi bien loin de l’oisiveté. Celle-ci a un petit goût de liberté qui donne aux gestes et aux pensées un rythme plus personnel, ni trop rapide, ni trop lent. Elle permet une certaine disponibilité face aux événements, une aptitude à ne pas tout contrôler. Parce que, oui, il est possible de vivre en acceptant que le monde tourne sans notre constante participation à sa production. D’ailleurs, le poids de l’action, s’il est constant, condamne à la répétition et empêche d’y voir clair. Or, être maintenu une vie entière dans l’action répétée et aliénante laissera juste la place à une fatigue à la hauteur des efforts fournis ; une extrême, lancinante, terrifiante et moribonde fatigue.

Et puis quoi pour le futur ? Ce qui t’attend est la suite logique : des « acquis » sociaux qui partent en lambeaux au rythme des mesures drastiques d’austérité que nous concoctent les Etats et leurs patrons. Sans compter les nouvelles technologies qui achèveront de te sacrifier sur l’autel du progrès. Le chômage et les pensions c’est bientôt du passé. La situation de la Grèce te parait bien loin ? C’est tout juste ce qui t’attend. Un jour t’auras plus rien, parce qu’en fait, t’as jamais vraiment rien eu à toi, même ton précieux argent gagné à la sueur de tes petits bras appartient à l’Etat. Enfin, il t’appartient pour l’instant, tant que ça convient à l’Etat et ses complices. Le jour où il voudra te dépouiller, il le fera sans vergogne en le justifiant au mieux à l’aide de ses lois : quelques taxes, une petite expropriation, la fameuse dette publique, une bonne guerre… Au pire, il le fera sans hésitation par la violence de la répression. Tu veux vraiment attendre de crever de faim pour commencer à faire les choses par toi-même ? Et j’insiste, le monde de demain te demandera bien plus que de te soumettre à l’ordre établi sans te poser de questions, car le fossé entre les privilégié(e)s et nous s’étend au rythme du capital qu’iels engrangent et, comme tu le sais, il n’a aucune limite, aucun plafond, aucune pitié. T’espères te retrouver du bon côté et pas trop en souffrir ? Si c’est le cas, commence à faire des calculs de probabilités et fais-moi part de tes conclusions, qu’on rigole un peu.

Travailler abîme l’esprit, tue le le temps, insulte l’intellect, conserve la plupart des individus dans un état de confusion et de dépression, et distrait de tout ce qui importe réellement dans la vie. Le travail salarié est une machine à tuer et il faut apprendre à lui dire non pour commencer à avoir du temps et de l’espace pour vivre.

J’entends déjà les plus réticents me dire « Ok, c’est bien joli ton histoire, on s’est bien fait avoir, mais on fait quoi ??? ». Bon, déjà, arrêter de bosser c’est quelque chose de grand, une putain de décision qui change radicalement ta vie et qui te permet de te positionner face à ce que tu rejettes. Saper le travail c’est saper une énorme base du capitalisme : j’arrête de jouer dans leur jeu. Tu te demandes pourquoi tu te lèverais le matin ? Ben pour rien ou pour tout en fait. Pour sonder tes désirs (les tiens, pas ceux des autres, ni les coquilles vides que le marketing te fait gober), réveiller la personne qui dort en toi depuis longtemps, apprendre à être plus autonome, penser ta vie et ton temps comme une œuvre, un quelque chose à construire, inventer, soigner, nourrir. L’action capitaliste basant tout sur le but à atteindre, tu pourrais au contraire essayer de te concentrer sur le processus. Arrêter d’aller d’un point A au point B en ligne droite, commencer à tracer des sinuosités, changer d’idée en cours de route pour donner plus de sens à tes actions… Enfin, ce genre d’inepties qui font du bien…

C’est pas concret ? T’inquiète, pose toi deux minutes pour réfléchir à la question, je suis sûr que tu vas trouver quelque chose de mieux à faire que te lever à l’aube pour lécher les couilles de ton boss. Et oui, il y a des factures à payer, j’en suis conscient. Non, je ne sortirai pas du monde du travail en claquant des doigts juste parce que je l’ai décidé. Au contraire, ce changement me demande de m’organiser d’une tout autre manière. Je ne gagnerai plus d’argent, ou très peu et il me faudra apprendre à vivre tout autrement et me passer des privilèges consuméristes. Parce que ma seule arme en tant qu’exploité est ma capacité à tuer et rejeter ma situation d’exploité, je dois faire front face à ce qui me conditionne : le salariat, les marchandises, les rôles et les hiérarchies. Loin de moi l’idée de dire que c’est facile, sinon je crois qu’il y aurait beaucoup plus d’individus qui le feraient. Mais c’est aussi loin d’être impossible et je pense que la question mérite d’être étudiée et expérimentée, je préfère mille fois me demander comment m’organiser et créer d’autres modes de fonctionnement que de me voir pourrir jour après jour dans un système qui m’entretient misérablement aujourd’hui et me laisse crever la gueule ouverte le lendemain. Pas toi ?

 

De la revue apériodique Attak Attak

Publication : D’une farce et de la confusion qu’elle met à nu

Publié le 2018-08-30 18:27:07

Non, les temps qui courent ne sont certes pas favorables aux idées. Aplatis par les prothèses technologiques, vidés par manque d’horizon complètement autre et devenus rachitiques par le rasage des mondes intérieurs et de la sensibilité, nos contemporains ne sont pas facilement touchés et bouleversés par des idées. Ils préfèrent les bavardages, ils répètent ce qui leur est dit, ils étalent leurs opinions… et tout cela est très différent des idées, ces « pensées armées ». Cette époque est marquée par un projet aux allures inouïs incessamment développé, ajusté et perfectionné dans les laboratoires de la domination : non seulement elle étend toujours plus son réseau de contrôle et de répression, ce qui – et cela nonobstant la propagande incessante qui martèle que les yeux du maître sont partout – peut, en fin de compte, toujours être contourné et détruit par les rebelles dotés de courage et d’imagination, elle s’attaque désormais, de façon déterminée et équipée de puissants moyens dont elle ne disposait pas avant, la capacité critique, la sensibilité éthique, l’imaginaire qui nous porte au-delà de la galère quotidienne. Un tel projet ne devrait susciter qu’une rage féroce de la part de ceux qui veulent abattre la domination.

Mais aussi parmi les anarchistes, ces ennemis irréductibles de l’autorité, ce projet de la domination se fait de plus en plus ressentir. Il n’est pas difficile de se rendre compte du fait de comment nos idées perdent du souffle, comment les capacités critiques s’érodent, avec combien de facilité des idées autoritaires s’infiltrent dans l’univers anarchiste. L’image vient remplacer l’idée, la posture remplace l’agir, l’emballage l’emporte sur le contenu. Il y en a qui s’en rendent compte, vont à contre-courant et ne renoncent pas, ne s’adaptent pas aux nouveaux impératifs de confusion, d’alliances dégoûtantes et des partis plus ou moins imaginaires, n’assistent pas passivement à comment même les paroles des anarchistes sont vidées de cette tension qui les a toujours caractérisé : pensée et dynamite.

D’autres, bien plus modernes et bien plus synchronisés avec ce nouveau monde que la domination est en train d’ériger, s’y mettent plus que volontiers et sautent sur ce train en route vers les fours où la domination brûle toutes les idées, toute la critique, toutes les exigences éthiques, tous les désirs. Entre les premiers et les derniers, nous creusons un fossé infranchissable. Les idées qui nous aimons, nous les défendrions bec et ongles, contre l’État, contre les crapules autoritaires qui croient qu’ils peuvent se déguiser en « libertaires » et aussi contre ces anarchistes qui s’emploient à les dénaturer en en faisant une pastiche, une posture, une image, une vidéo.

Un tel triste sort a été récemment réservé par quelques anarchistes à un texte, paru il y a quelques années sous le titre « Archipel. Affinité, organisation informelle et projets insurrectionnels », qui se voulait une contribution aux réflexions sur ce que c’est l’affinité, de comment il est possible d’organiser la lutte anarchiste, de l’importance de se donner une projectualité. Sous le titre « Affinity. Beyond Friendship » (« Affinité. Au-delà de l’amitié »), une « vidéo-collaboration » entre Sub.media et Resonance Audio Distro [1], une vidéo a été publiée sur un site de contre-informations et celle-ci – désormais cela ne nous étonne malheureusement plus – a ensuite été reprise par maintes sites anarchistes. Dans tout notre optimisme selon le fait que nos idées sont irrécupérables, nous n’aurions jamais cru possible une telle horreur dégueulasse. Nous ne nous sommes pas trompés. C’est possible. Désormais tout se vaut et tout peut devenir publicité, même des textes subversifs. Découpé en morceaux, récité d’une façon franchement pénible, orné d’un titre qui ne veut rien dire, mis sur de la musique un tantinet tragique supposée toucher les cœurs des pauvres d’esprits comme n’importe quel film épique produit par les ingénieurs de l’âme travaillant dans les laboratoires de l’abrutissement, accompagné d’une succession d’images « évocatrices », et enfin dûment estampillé de la marque des producteurs, cette « vidéo » n’est autre chose qu’une énième production des fossoyeurs de la subversion. Que tout contenu se perd avec un tel « spot publicitaire » et répond parfaitement aux nouveaux critères de la « communication moderne » est tellement évident qu’il nous semble superflu d’en argumenter davantage. Cette vidéo est une peste et n’aurait jamais dû exister. Son seul apport, c’est de mettre à nu l’imbécilité présente parmi les anarchistes.

Alors, restez loin de nos idées, restez loin de nous, ne salissez pas ce que nous aimons et pour ce que nous combattons avec vos pattes pourries et vos haleines fétides : nos chemins sont radicalement différents. Si nous avions cru que les idées subversifs étaient irrécupérables de par leur contenus, nous étions dans l’erreur. En effet, elles ne le seront que quand elles seront incarnées, défendues avec acharnement, aimées passionnément par celles et ceux auxquel-le-s elles donnent la force de continuer à partir à l’assaut de ce monde mortifère. Tenter de combler ce fossé qui sépare les rebelles subversifs et les producteurs de spots publicitaires et toutes leurs cohortes de semeurs de confusion, est non seulement inutile, mais aussi dangereux : vous trouverez de nôtre côté que des couteaux tirés.

Quelques iconoclastes féroces


Le texte original en anglais (version pdf)

[Reçu par mail]

NdSAD:
[1] Ce spot publicitaire a été publié sur Vimeo mais nous refusons de le référencer depuis notre site. Pour les curieux-ses : htxxs://vimeo.com/278560985. Outre les critiques formulées dans le texte ci-dessous, on pourra remarquer que certain-e-s révolté-e-s ne sont absolument pas flouté-e-s dans cette vidéo ou sont clairement reconnaissables. Même si ce sont certainement des vidéos reprises telles quelles de la toile, ces deux organes de presse alternative participent de fait au travail des enquêteurs. Ou comment le spectacle alimente la répression.

Clermont-Ferrand : Saccage du Bastion Fasciste

Publié le 2018-08-30 22:58:05

compte Twitter des Jeunes Révolutionnaires / mardi 28 août 2018

La Cellule Antifasciste Révolutionnaire d’Auvergne et les Jeunes Révolutionnaires revendiquent le saccage et le pillage du local du Bastion Social de Clermont Ferrand, dans la nuit du 27/08 au 28/08. Face au fascisme rendons coup pour coup ! Développons l’autodéfense populaire !


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La Montagne / Mardi 28 juillet 2018

Le local inauguré en juillet par les militants du Bastion social, dans le centre historique de Clermont-Ferrand, a été saccagé dans la nuit de lundi à mardi. L’action a été revendiquée par la CARA (cellule antifasciste révolutionnaire d’Auvergne).

Les militants du Bastion social ont découvert les dégâts ce mardi matin. Leur siège fraîchement inauguré, situé rue de la Treille, a fait l’objet de dégradations en série dans le courant de la nuit. La porte a été fracturée, des drapeaux et le fonds de caisse ont été dérobés, et les murs tagués. La chasse d’eau du local a également été brisée pour provoquer une inondation.

L’action a été revendiquée dès 4 heures du matin sur les réseaux sociaux par la CARA (cellule antifasciste révolutionnaire d’Auvergne) et les « Jeunes révolutionnaires », photos à l’appui. Une plainte va être déposée.

Des mauvais moments pour les bleus (fin août 2018)

Publié le 2018-08-31 17:30:04

Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) : Touché, coulé !

Le Parisien / lundi 27 aôut 2018

Il ne s’agissait que d’une patrouille « classique » de sécurisation. Mais un policier de la brigade anticriminalité de Boissy a été blessé ce lundi à Limeil après avoir reçu une pierre au niveau de l’épaule. Une voiture de la BAC circulait vers 18 h 45 rue du Docteur-Calmette dans le quartier Saint-Martin, ex Seimaroise, lorsqu’elle a été prise pour cible par une vingtaine de personnes. À son passage, le groupe s’est mis à jeter des pierres dans sa direction. Et un fonctionnaire qui avait sa vitre baissée a été atteint à l’épaule. Il a été transporté à l’hôpital. Il n’y a pas eu d’interpellation. La police municipale et la police nationale sont intervenues en renfort dans le quartier. « Depuis quelque temps c’est un peu chaud sur le secteur, constate un policier de terrain. L’autre jour, pour un scooter volé, c’est déjà parti en vrille. Là je pense que c’est un caillassage gratuit ».

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Carcassonne : Les policiers municipaux se font caillasser

L’Indépendant / jeudi 30 août 2018

Mardi, aux alentours de 20 h, c’est parce qu’il constate qu’un automobiliste n’a pas marqué l’arrêt à un panneau ‘‘Stop’’, qu’un équipage de la police municipale décide d’intercepter le véhicule. D’autant que les policiers reconnaissent le conducteur en infraction, puisqu’il a fait l’objet d’une procédure pour conduite sans permis, la semaine dernière.
C’est sur le secteur de la cité d’Ozanam que la voiture sera finalement interceptée. Mais alors qu’ils contrôlaient le conducteur, les policiers municipaux ont été pris à partie par des jeunes qui leur ont jeté des cailloux. Une situation plutôt compliquée à gérer, qui a conduit les policiers municipaux à quitter les lieux sans avoir pu interpeller leur suspect.
Une enquête est actuellement diligentée par les fonctionnaires du commissariat. Par ailleurs, la Ville a déposé plainte pour l’agression de ses agents et les dégradations du véhicule.

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Wattignies (Nord) : Quand on vous dit que les flics sont sales

RTL / mercredi 22 août 2018

La situation devenait insoutenable. Depuis lundi 22 août, les policiers du commissariat de Wattignies, en banlieue lilloise, ne peuvent plus travailler. Leur lieu de travail est infesté par les puces, comme l’indique La Voix du Nord.
La présence de cette colonie de puces pourrait s’expliquer par les chats errants, qui rôdent autour de l’hôtel de police. Les animaux transportent les puces, qui s’installent ensuite dans tout le quartier. Une société de nettoyage est chargée de désinfecter les lieux. Les policiers vont être déployés vers les commissariats lillois en attendant la réouverture du bâtiment public.
La date n’a pas été arrêtée, mais la mairie affirme que ce désagrément ne devrait pas durer. En juillet, un rapport sénatorial dénonçait les dégradations des conditions de travail de la police. Les élus regrettaient notamment des « locaux délabrés et indignes de l’accueil du public ».

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Vero (Corse-du-Sud) : Le poste de commandement mobile des pompiers incendié

extrait de Corse Net Infos / mercredi 22 août 2018

Qui en veut aux sapeurs-pompiers de Corse du Sud ? C’est la question que tout le monde se pose après les incidents intervenus dans la nuit de lundi à mardi à la caserne de Vero. Un véhicule de commandement des sapeurs-pompiers a été incendié et trois autres véhicules endommagés alors que les soldats du feu étaient en intervention à Ucciani. En même temps, deux mises à feux étaient déclenchées derrière la caserne. Des actes très probablement d’origine criminelle qui ont soulevé une vague générale de réprobation et de soutien aux pompiers visés. Une plainte a été déposée et la sécurité des casernes devrait être renforcée.
Les faits se sont produits dans la nuit de lundi à mardi à la caserne de Vero dans la vallée de la Gravona pendant que les sapeurs-pompiers du SIS 2A (Service d’incendie et de secours de Corse du Sud) effectuaient une intervention de nuit sur un feu dans la commune voisine d’Ucciani. Un incendie, très probablement d’origine criminelle, a détruit le véhicule, servant de poste de commandement qui était resté à la caserne, et endommagé trois autres véhicules : un V.T.U et deux voitures appartenant à des pompiers volontaires. Simultanément deux autres départs de feu étaient constatés sur des arbres derrière la caserne et ont pu être stoppés. Fort heureusement, aucun blessé n’est à déplorer. […]

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Vieux-Boucau (Landes) : Voleurs de bicyclette… on aime toujours ! 

Le Parisien / mercredi 15 août 2018

Soupçonné d’avoir grièvement blessé un gendarme au couteau vendredi dernier à Vieux-Boucau (Landes), un adolescent de 16 ans s’est finalement rendu à la gendarmerie de Dax en début de semaine, annonce Sud Ouest. Cet adolescent de 16 ans appartenant à la communauté de voyage a été placé en garde à vue, annonce France Bleu Gascogne.
Ce week-end, le grand frère du suspect, âgé de 17 ans, avait été mis en examen et placé en détention provisoire pour tentative de meurtre.
Les faits remontent à vendredi, vers 6 heures du matin. « Deux ou trois hommes étaient en train de s’emparer d’un ou plusieurs vélos lorsque quatre gendarmes mobiles, en repos, les ont aperçus », avait expliqué le procureur de la République de Dax, Jean-Luc Puyo.
Selon le procureur, les gendarmes, trois hommes et une femme, accompagnés d’un groupe d’amis, étaient en civil et rentraient d’une soirée. Alors que les gendarmes tentaient de les interpeller, les suspects, des gens du voyage, avaient pris la fuite. Rattrapé, l’un d’eux avait porté des coups de couteau à deux gendarmes, en blessant un très grièvement « au-dessous du cœur, avec une perforation pulmonaire et le ventricule touché », a précisé le procureur.
Interpellé sur les lieux, le suspect qui s’est rendu mercredi avait pu prendre la fuite grâce à l’intervention de proches venus en renfort et qui ont agressé un autre gendarme présent sur place, en lui « assénant un coup de barre de fer au niveau de la gorge », selon le procureur.

Grosse opération pour venger les gendarmes stakhanovistes qui se sont fait bobo

Le Parisien / mardi 21 août 2018

C’est une opération d’envergure, qui a mobilisé 250 militaires, dont des gendarmes des deux départements, de l’antenne GIGN de Toulouse, deux hélicoptères et des équipes cynophiles. Ce mardi matin, trois hommes ont été interpellés dans des camps de gens du voyage à Toulenne (Gironde) et Soustons (Landes) suite à l’agression, le 10 août dernier, de plusieurs gendarmes à Vieux-Boucau (Landes). Ce qui porte à six le nombre de suspects aux mains de la justice dans cette enquête, avec trois autres à ce jour mis en examen et placés en détention.
Tous ont a priori été identifiés comme ayant participé aux faits du 10 août. Ce jour-là, vers 6 heures du matin, deux ou trois hommes issus de la communauté des gens du voyage étaient apparemment en train de voler des vélos, lorsque quatre gendarmes mobiles, en repos, habillés en civil et rentrant d’une soirée, les avaient aperçus et étaient intervenus. Les suspects, sachant qu’ils avaient affaire à des gendarmes, avaient pris la fuite. Mais l’un d’eux, rattrapé, avait porté des coups de couteau à deux des militaires, en blessant un grièvement au-dessous du cœur.
Avec l’intervention de proches des suspects, la situation avait dégénéré en bagarre générale, et un troisième gendarme avait été blessé au moyen d’une barre métallique. Le militaire de 22 ans le plus grièvement blessé au thorax avait vu son pronostic vital engagé, puis, opéré au CHU de Bordeaux, se trouvait « en phase de récupération », a précisé mardi la gendarmerie.
Une information judiciaire avait été ouverte pour « tentative de vol en réunion suivie de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique » et pour « tentative de meurtres » de trois gendarmes.
Un mineur de 17 ans, interpellé sur place par les gendarmes, avait été mis en examen et placé en détention provisoire. Son frère de 16 ans, qui s’était rendu de lui-même quelques jours plus tard à Dax, à lui aussi été placé en détention provisoire, de même que leur oncle, âgé de 40 ans, qui a été interpellé ces derniers jours et mis en examen lundi.
La gendarmerie a indiqué mardi ne pas rechercher d’autre suspect en lien avec l’agression.

Chili/Grèce : Sur la violence révolutionnaire. Quelques réflexions utiles à dépoussiérer

Publié le 2018-08-31 17:32:03

Publicacion Refractario / jeudi 28 juin 2018

Le 5 mai 2010, une nouvelle grève générale était appelée en Grèce. Une grande manifestation et des émeutes secouèrent la ville d’Athènes. Tandis que des manifestants essayaient de rentrer dans le Parlement et affrontaient la police, plusieurs magasins étaient pillés et brûlés. Dans ce contexte, un groupe de compagnon.ne.s anarchistes a attaqué à l’aide de cocktails Molotov une succursale de la banque Marfin, l’incendiant sans se rendre compte que 3 employés étaient restés bloqués à l’intérieur.

Ce fait a été utilisé jusqu’à aujourd’hui pour récriminer la violence anarchiste dans la rue, tant de la part de la presse et des puissants que des secteurs plus pacifiques de l’anarchisme.

En 2013 Thodoris Sipsas a été arrêté, accusé de l’incendie de la banque et de la mort des trois employés. Il a finalement été acquitté de toutes les charges. Cette même année, ce sont trois responsables de la banque Marfin qui ont été accusés de sécurité insuffisante vis-à-vis de leurs employés.

La Conspiration des Cellules de Feu développe dans ce texte une réflexion sur ce qui s’est passé à ce moment là et sur l’état du mouvement acrate. Il s’avère important de reconnaître les différences entre les événements qui ont eu lieu en Grèce et à Valparaiso, principalement par le cours des faits durant l’incendie. En Grèce, l’incendie a eu lieu contre une banque, où se trouvait des employés bien que la banque semblait fermée ; tandis qu’à Valparaiso, l’attaque incendiaire a eu lieu dans une pharmacie, et la fumée de l’incendie a asphyxié un employé municipal qui travaillait quelques étages au-dessus.

En prenant en compte ces différences, la transmission d’expérience face à de telles situations s’avère toujours productive, visant toujours à renforcer le combat anarchiste, la lutte dans la rue et la confrontation.

[NdAtt.: Le 5 mai 2010, il y a eu en Grèce une grève générale contre le vote au Parlement, le lendemain, du plan d’austérité voulu par la « Troika » (UE, BCE,  FMI). 200.000 personnes ont manifesté à Athènes, d’autres à Thessalonique et dans d’autres villes. Dans la capitale, 3 bâtiments ont été incendiés, dont une filiale de la banque Marfin. A l’intérieur il y avait 20 personnes, qui sont restées bloquées. Trois y ont trouvé la mort.

Nous pensons que cette réflexion, comme celle faite par des compas chilien.ne.s lors d’un fait similaire qui a eu lieu à Valparaiso, peut avoir un intérêt aussi en France. La problématique des possibles conséquences de la violence révolutionnaire, et de la façon de les affronter, ne doit pas être ignorée. Au cas contraire, on courrait le risque que de telles tragédies se produisent ici aussi (et parfois ça aurait pu être le cas, comme lors de certaines manifs de ces trois dernières années). Et si cela arrivait, comment ne pas tomber dans l’immobilisme, la peur ou, pire, les « prises de distance » ?

Il y a des élements de ce texte que nous ne partageons pas. La distinction entre « cibles sans signification » et « belles cibles », comme ils/elles font les compas, ne nous appartient pas. Même des structures « minimes » comme les arrêts de bus, les kiosques etc. ont une fonction pour l’autorité économique et étatique. Idem pour les citations du chef  du groupe maoïste Sendero Luminoso, responsable entre autres saloperies de massacres de villageois dans les Andes péruviennes dans les années 80 et 90. Cependant, ces exemples ne changent rien à l’importance du fond d’un texte comme celui-ci.

Ce texte a été traduit depuis sa version anglaise, publié en juillet 2010.]

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Déclaration à propos des événements du 5 mai 2010 en Grèce

 

Et la mort n’aura plus de pouvoir…

Lors des incidents du 5 mai, avec l’incendie de la banque Marfin il y a eu trois employé.e.s de la banque qui sont mort.e.s et des milliers de vérités « calcinées ».

L’atmosphère suffocante et l’hypocrisie larmoyante de la propagande officielle, ainsi que l’humanisme moralisant usé des Cassandres du mouvement radical nous obligent à prendre position publiquement à propos de ces événements. Cela ne signifie pas que nous parlons en tant que « spécialistes » de la violence, ou que nous serions des procureurs auto-proclamés ou avocats des personnes qui ont attaqué le bâtiment de la banque.

Mais nous pensons qu’il faut que certaines choses soient dites et mises sur la table. Pour ce faire, la présence concrète et la connaissance de ce qui est arrivé ce jour là n’est pas, à ce point, nécessaire. D’après nous, ce qu’il faut c’est une attitude sérieuse et responsable face à des pratiques révolutionnaires de ce type (comme brûler une banque), ainsi que le fait de les soumettre à l’examen et à l'(auto)critique d’un fait réel (la mort de trois employé.e.s, qui n’étaient pas la cible de la violence révolutionnaire).

Le nihilisme révolutionnaire que nous exprimons suppose une pensée élaborée et une pratique qui a été construite loin des démonstrations de faux cynisme du type « allons, c’était des employé.e.s de banque, c’est bien qu’ils aient brûlé…», mais aussi loin des pleureuses hypocrites qui cherchent des coupables à qui faire des reproches, tout en prêchant depuis leur position d’infaillibles révolutionnaires humanistes.

Mais commençons par le début…

Dans la métropole et dans cette parodie de vie que nous vivons, la mort n’est rien d’autre qu’un fait divers de plus, un morceau d’information distant, parmi tant d’autres, une colonne dans un journal, une autre statistique.

Chaque jour des personnes meurent, de maladies dans des hôpitaux, dans des accidents de la route, à cause d’accidents dans les galères du travail, d’overdose dans des passages souterrains. Et on veut nous apprendre à être insensibles face à ces nombreuses morts anonymes. Parce que ce ne sont que des chiffres : « trois morts dans un accident de voiture, deux morts d’overdose ». Ça ne « vend» pas dans les médias, ils ne sont pas prévus dans l’emballage supposé humanitaire, donc ils ne font pas d’audience.

Bref, ce sont des morts qui n’apportent rien au système. Tous les bourreaux de la télé, du plus conservateur jusqu’au plus subversif, qui étaient soi-disant choqués par les trois morts de la banque Marfin, ne seraient même pas capables, même pas pendant une minute, de traiter de la même manière toutes les morts anonymes provoquées par le système qu’ils servent loyalement.

La vérité c’est que, à partir des faits du 5 mai, on a vu se mettre en place un obscène pillage de tombe et un puissant marché des sentiments dans l’intérêt du système.

Victimes collatérales et pillages de tombes émotifs

Face à la crise sociale imminente, le spectacle de la mort a causé son propre court-circuit. Les manifs « ont diminué », des sondages de l’opinion publique contraires aux manifestations et aux grèves ont suivi, les fleurs du Premier ministre ont été déposées en direct à la télé, les flics ont envahi le squat « Zaimi » et le « Groupe de migrants» à Exarchia, les unes des journaux à propos des « anarchistes assassins » ont fleuri, les fascistes ont appelé à un rassemblement devant la banque et la situation en est au point de la dénonciation publique de « ces bandes » et de la confusion mentale « individualiste-nihiliste-chaotique »  et des «stupides assassins », de la part de caricatures de clowns anarchistes [Nous ne savons pas avec certitude à quels communiqués font référence les compas de la CCF. Même si les termes cités ne sont pas exactement les mêmes (peut-être à cause des traductions successives), on pense qu’il s’agit, entre autre, du texte « L’anarchie est une lutte pour la VIE, la LIBERTÉ et la DIGNITÉ« , signé par le Collectif anarchiste Cercle du feu et le Bulletin anarchiste Drapeau Noir; NdAtt.].

Mais au-delà de la propagande et de ses techniques, les faits restent des faits. Trois employé.e.s de banque, qui n’étaient pas la cible, sont morts lors de l’incendie de la banque où ils étaient en train de travailler. Là, c’est à notre tour de ne pas tomber dans le piège des statistiques ou de la manipulation émotionnelle. Nous ne parlerons certainement pas le langage du « mauvais moment » ou des « victimes collatérales ». Car c’est le langage de l’ennemi et ça nous rappelle la rhétorique de l’armée américaine et de ses généraux lors de la guerre en Afghanistan. D’autre part, nous ne ferons pas semblant de commémorer la mort de trois personnes, car, aussi tragique que ce soit pour leurs familles, ce serait une autre nouvelle stérile si ça n’était pas le résultat, dans ce lieu et moment précis, d’une pratique révolutionnaire.

En quelques mots, nous ne demandons aucun espace sentimental dans la « sphère du spectacle », faisant semblant d’être secoué.e.s par un délire humanitaire nourri par la télé, dans lequel déjà assez de personnes venant du mouvement radical se sont embourbées. Non, nous n’agirons pas comme des « gros durs exclusivement dévoués à la cause », mais nous croyons que si ces trois morts avaient eu lieu dans un accident de la route, peu de monde aurait été au courant, même seulement à titre d’information. Du coup, ce n’est pas le triste fait de la mort qui a agi de catalyseur pour créer une atmosphère anesthésiée et gênante, mais sa cause. Ainsi, nous devons creuser dans la réflexion, pour analyser le problème à ses racines, évitant tout pillage de tombe émotif.

Si c’est vrai qu’il y en a qui veulent chercher des assassins brutaux, alors ils doivent chercher dans les rangs des Vgenopoulos (le propriétaire de la banque) et de ses semblables. Sa gestion et ses ordres, conjointement à l’obéissance de la part du personnel, sont ce qui les a amené à travailler dans une banque qui n’avait pas de système anti-incendie, derrière des portes fermées. Les bâtards du type de Vgenopoulos sont les instigateurs de dizaines de morts (physiques ou mentales) de travailleur.euse.s, que ce soit par des accidents ou dans l’humiliation quotidienne et les conditions de travail imposées par la discipline. Une fois ceci posé, nous pouvons maintenant faire face à nos propres carences, lacunes, erreurs, négligences, de manière à forcer la sortie d’urgence pour échapper à une pensée unilatérale qui veut rendre les patrons responsables de tout, ce qui nous soulage mais ne nous fait pas avancer.

Qui est donc responsable de la mort de ces trois employé.e.s de banque ?

La pratique révolutionnaire du « frapper et disparaître »

Parlons maintenant de possibilités, de stratégies et d’habitudes. Pour commencer, depuis des décennies, ici en Grèce le « frapper et disparaître » est une pratique bien rodée, lors des grosses manifestations. On parle de petits groupes combatifs de manifestants anti-autoritaires qui sortent du cortège principal des manifestants et mènent des actions éclairs contre des cibles choisies à l’avance (banques, véhicules de médias, police antiémeute), retournant ensuite dans la masse des gens, afin de frapper à nouveau ou de disparaître. En ce qui concerne la dimension politique de cette pratique, il faut souligner que le « frapper et disparaître » n’appartient pas exclusivement à une tendance particulière parmi les anarchistes. Les anarchistes « sociaux » utilisent (ou utilisaient, surtout par le passé, quand ils constituaient une composante plus puissante) le « frapper et disparaître » dans la logique de faire déraper la manifestation et diffuser la conflictualité. Ils pensent que, de cette façon, ils agissent comme détonateur d’explosion sociale et contribuent à l’aggravation de la lutte sociale.

La tendance insurrectionaliste intermédiaire a hérité de la pratique du « frapper et disparaître », et y a apporté quelques évolutions organisationnelles permanentes, s’agissant principalement de l’expérience de moments de conflit et des relations (solidarité, auto-organisation, dépassement des rôles) qui sont développés en dehors des stéréotypes dominants prédéfinis. L’élément commun à ces deux composantes est celui d’identifier les manifestations syndicales comme des moments de lutte sociale, que les « anarchistes sociaux » et les insurrectionalistes encouragent, avec leur présence et l’action en leur sein.

La nouvelle tendance anarchiste, individualiste/nihiliste, le troisième pôle dans cette description, dessine une nouvelle perception par rapport aux luttes sociales et aux manifestations. Dans la masse des dizaines de milliers de personnes qui suivent comme un troupeau lors des manifestations de travailleurs, nous ne reconnaissons pas forcément des personnes qui partagent nos valeurs ou parlent le langage de la libération. Les mobilisations sociales sont un méli-mélo d’incohérences et de comportements qui couvrent tous les territoires de la pensée humaine, du conservatisme paysan au patriotisme de gauche, aux alternos, aux réformistes, jusqu’au point de vue anarchiste.

La manifestation fonctionne comme l’addition de milliers de personnes distinctes, qui suivent des chemins différents, parfois hostiles les uns aux autres, qui s’unissent soit par intérêt, soit à l’occasion d’un appel des syndicats (comme lors de l’opposition aux lois sur les assurances [en Grèce ; NdAtt.]). La grosse majorité des composantes de telles manifestations demande le retour à la vie d’avant (avant le vote de la législation qui touche à leurs droits) ou, dans sa version plus de gauche, l’amélioration de la norme à travers des solutions plus progressistes et humaines, dans les limites du capitalisme ou du communisme d’État. Ce n’est pas une coïncidence si les slogans les plus répandus lors des manifs demandent l’application de lois équitables, contre les mesures anticonstitutionnelles du gouvernement.

Même la déviation combative d’une manifestation de son parcours est souvent une amas de contradictions. Lors du siège agressif du Parlement, le 5 mai, certain.e.s manifestant.e.s chantaient l’hymne national, d’autres jetaient des pierres, d’autres demandaient à la police antiémeute de les rejoindre, le Parti Communiste balançait les fauteur.euse.s de troubles, d’autres criaient contre ceux/celles qui cassaient des banques tandis que certain.e.s les applaudissaient et les anarchistes dressaient des barricades.

Un large panel de comportements de toute sorte, répété des milliers de fois ces trente dernières années.

Avant-garde révolutionnaire et militarisme révolutionnaire

Nous, avec notre vision, ne constituons pas une avant-garde révolutionnaire illuminée, ni une bande élitiste. Chacun.e de nous a vécu des contradictions, y a été melé.e, y a participé, jusqu’à ce que le besoin d’un développement personnel et d’esprit, les expériences différentes, les discussions et les observations collectives, les pages intéressantes dans des livres et des manuels, les réflexions individuelles et le désir d’exacerber l’action révolutionnaire aient exigé de repenser notre participation aux manifestations. A cause de la typologie d’idées et d’actions que nous exprimons, le fait que les conflits se limitent à éclater de temps à autre ne nous satisfait plus.

Nous croyons en des structures organisées qui ont un impact et dans une perspective clairement révolutionnaire, avec une mémoire, un présent et une perspective. Il n’y a pas de relation entre l’anarchiste cagoulé.e qui « casse et incendie » parce qu’elle/il refuse les miettes qui lui sont offertes en guise de vie, qui refuse la culture du spectacle, la valeur de l’argent et une conscience soumise, et l’employé « énervé » qui lève pour un instant la tête parce qu’il sent que ça ne va pas. Ce dernier est la même personne qui, auparavant, quand il était confortablement rangé, était dérangé par les « fauteurs de troubles ».

Il y a un énorme écart de valeurs, qu’aucune violence et aucun moment de conflit ne comblera, s’il n’y a pas une sensibilisation et une conscience de soi fondamentale. Nous considérons comme des contributions allant dans cette direction de sensibilisation révolutionnaire les déclarations, les textes, les livres, les brochures, les tags sur les murs, les affiches. C’est notre attaque de propagande théorique contre une système qui mérite de mourir. Et les manifestations ? Les manifestations y contribuent elles aussi, mais nous devons les voir dans une nouvelle perspective. Personne n’est née guérillero.a ou révolutionnaire, il s’agit d’un processus graduel d’évolution pour définir sa vie sans compromis.

Les manifestations telles que celle du 5 mai sont les préliminaires nécessaires, la porte d’entrée appropriée pour ceux/celles qui veulent avoir un premier contact avec la violence révolutionnaire. Du coup, le développement du « frapper et disparaître » dans des conditions non favorables, avec des flics par centaines en ville est une expérience qui tranche pour celles/ceux qui veulent aiguiser leurs outils théoriques et pratiques dans les conditions de bataille dans la métropole. Ce sont les exigences appropriées pour le développement pratique d’autres formes d’action de la part de la nouvelle guérilla. Notre but est d’organiser le « militarisme révolutionnaire ». Une perception anti-hiérarchique, sans chefs, rangs et suiveurs, qui favorisera la création de groupes de combat anti-autoritaires petits et flexibles, qui cartographieront la ville, les cibles, les voies de fuite, qui seront équipés du nécessaire, qui développeront les relations avec les groupes d’affinité respectifs, seront ouverts (avec l’attention nécessaire) à des nouveaux.elles compagnon.ne.s, élaboreront des plans d’attaque et utiliseront (sans cependant y devenir hostiles) les « manifestations pour les droits des travailleurs » comme un cheval de Troie pour des campagnes révolutionnaires. Il n’y a du coup pas de question par rapport à la participation ou non aux manifestations, mais plutôt par rapport à l’évolution [du mouvent anarchiste – et aussi de cette participation ; NdAtt.].

Nous pensons que c’est seulement à travers la dimension organisée de la violence révolutionnaire que seront favorisées la cohérence, la continuité et la rigueur qui « éviteront » dans le futur des « échecs » avec des résultats si tragiques que le cas de la banque Marfin. C’est la seule façon à travers laquelle le nouveau mouvement de guérilla se propagera comme perception et comme pratique, provoquant le chaos dans la routine stérile de l’ennui organisé.

Les balances et les conséquences

Tout ceci est écrit en tant que contribution au débat dialectique de pensée et d’action entre des courants politiques différents, non pas dans le but de justifier ou couvrir quelque chose. C’est bien connu que cette attaque précise contre la banque Marfin ne portait pas la signature idéologique de la pensée politique des personnes qui l’ont menée. Si on se base sur la cible (une filiale bancaire), n’importe qui, de toute tendance anarchiste (et pas que) pourrait l’incendier. Mais il est certes assez pratique, pour les grandes gueules dans les assemblées, de coller ce qui s’est passé sur le dos de notre courant politique.

Les déclarations qui disent qu’on est touché.e.s par ce qui s’est passé et les textes d’humanitarisme missionnaire qui ont circulé venant de quelques collectifs anarchistes, avec la certitude de la condamnation concernant l’origine des « auteurs », ont offert l’exemple du vide définitif d’arguments politiques contre la « tendance nihiliste » qui « parasite le mouvement anarchiste ». Leur stupidité ne nous dérange pas, mais quand certaines personnes atteignent le point dangereux d’en « balancer » d’autres lors d’assemblées ou dans des bars, simplement pour satisfaire les oreilles impatientes de la police, ces individus seront donc traités comme ils le méritent : comme des balances, avec les conséquences qui en découlent.

Action qui vise un but et échec autiste

Pour retourner au comment et au pourquoi de l’affaire Marfin, peu importe quelle tendance anarchiste on exprime en tant qu’individu ou collectif, il faut reconnaître que les trois courants politiques (« anarchistes sociaux », « insurrectionalistes », « individualistes-nihilistes ») ont une caractéristique commune. La délimitation claire des actions qui visent un but (bâtiments du gouvernement, forces de l’ordre, symboles de richesse). Les trois employé.e.s qui étaient en train de travailler un jour de grève ne peuvent pas être considérés comme des ennemis, mais pas non plus comme des alliés. Du coup, en aucun cas ils peuvent être considérés comme l’objectif de cette attaque.

La finalité de ce que nous écrivons n’est pas d’enjoliver la situation, ni de suivre la logique de l’équidistance. C’est pour cette raison que, en marge des cibles prédéfinies, on n’oublie pas les attaques autistes sur des cibles sans signification (arrêts de bus, cabines téléphoniques, kiosques, des voitures au hasard), mais notre position est que cela constitue un exemple d’irresponsabilité, qui n’a jamais rien influencé de substantiel. Au contraire, le bâtiment de la Marfin (dans la Place Korai), en tant que palais d’une banque, constituait une belle cible.

On ne peut pas savoir ce qui s’est vraiment passé là, ni ce qui s’est dit, mais nous avons connaissance de la faiblesse chronique qui, à notre avis, a contribué à ce résultat. Nous faisons référence au fétichisme de la violence désorganisée et au peu d’importance donné aux moyens d’attaque.

Le pistolet déchargé tue…

Pour dire la froide vérité, c’est simplement un hasard que l’accident qui s’est produit à la banque Marfin ne soit pas arrivé avant. Chaque rebelle devrait établir un rapport précis de compréhension et de perception des moyens d’action qu’elle/il utilise. Tous les moyens d’action, de la pierre jusqu’au pistolet mitrailleur, peuvent se retourner, tel un boomerang, contre nous-mêmes. C’est pour cela qu’on dit qu’un « pistolet déchargé » tue plus facilement qu’un « chargé ». Les « armes déchargées » sont aussi des moyens, mais les personnes qui les utilisent n’ont pas conscience de leur emploi ni de leur efficacité. Avec ce qui s’est passé à la banque Marfin certaines personnes ont donc « découvert l’eau tiède », bien que pendant des années la situation ait été la même. Combien de fois, par le passé, lors des manifs ou pendant des attaques « nocturnes », des compagnon.ne.s se sont brûlé.e.s avec des cocktails Molotov, car fabriqués de façon médiocre, ou parce que quelqu’un.e allait trop vite pour « frapper » le premier ? Combien de fois des compagnon.ne.s ont été blessé.e.s par les pierres que d’autres, « impatient.e.s », lançaient depuis les lignes arrières sans même voir leurs cibles ? Et aussi, pour ceux/celles qui ont la mémoire courte, combien de fois les anarchistes se sont embrouillés pendant des manifs à cause de positions et comportements différents ?

Les exemples sont innombrables. Tous impliquent la même faiblesse. La séparation entre théorie et pratique, entre conscience et action.

La violence révolutionnaire apparaît comme un fétiche, reproduisant souvent le modèle de comportement machiste dominant : l’arrogance, les rôles et les « spécialisations ». Cette contradiction dans le comportement, au sein du mouvement radical, sert d’échelle de valeur dans le classement du leadership informel.

Parallèle à cela, des compagnon.ne.s plus jeunes héritent de ces relations et les reproduisent à leur tour, comme des erreurs récurrentes, mais aussi avec leur propre responsabilité individuelle. La violence, les moyens, leur utilisation, leur fabrication, les précautions, les expérimentations, les techniques, jusqu’ici n’ont jamais été mises sur la table pour des discussions collectives, afin d’y enlever le statut de fétiche, afin que la connaissance et l’appropriation effective puissent « entrer ». Il s’agissait du privilège des plus « initiés », qui « protégeaient » par ce biais leurs « rangs ». La violence devient un jeu d’adrénaline, une compétition informelle pour voir qui « casse » le plus.

Nous maintenons que, au contraire, la conscience est ce qui nous motive à développer nos compétences dans le combat et notre connaissance, de façon à nous permettre d’attaquer l’ennemi.

« Lors de entraînements, toute préparation militaire était subordonnée à la préparation politique. Quand on manipulait des produits chimiques sensibles, on nous disait de penser toujours à l’idéologie et on aurait été capable de faire tout et bien » (Abimael Guzman – Organisation révolutionnaire Sendero Luminoso).

A côté du fétichisme de la violence on voit aussi une connaissance qui n’est que partielle. Certain.e.s compagnon.ne.s ne connaissent pas l’efficacité des instruments de violence et leurs dangers, ils/elles en font un usage excessif, comme dans le cas des heures de combats spectaculaires lors de la défense des universités, mais aussi dans les attaques non-organisées contre la police antiémeute à Exarchia, avec des dizaines de cocktails Molotov qui d’habitude ne font que « noircir » le macadam, tandis que les mêmes personnes, si elles avaient discuté et s’étaient organisées, auraient pu écraser les flics et brûler leurs véhicules.

En plus de cette tradition d’adoration et en parallèle de la méconnaissance de l’utilisation des moyens, il y a la critique venant des « experts » de la violence qui ne font plus rien. Une toile de comportements dédaigneux et critiques, à partir de la position pépère de celles/ceux qui ne participent pas à la pratique révolutionnaire, avec l’excuse de l’expérience « plus ancienne », « quand les choses n’étaient pas comme maintenant, mais mieux ». Des raisonnements figés avec l’exhibition de vieilles expériences, qui dictent à chaque fois quel devrait être l’usage approprié de la violence et le contenu du mouvement de guérilla, en essayant inlassablement de dévaloriser toute pensée et pratique innovante. Des syndromes d’une façon de penser peureuse et timide, qui admire et aime ce qui est lointain dans la sphère sécurisante de l’histoire et qui démontre une arrogance de théoriciens envers ce qui essaie d’exister ici et maintenant.

Dans toute cette confusion des consciences, les personnes qui ont mis le feu à la banque Marfin, soit n’ont pas vu les gens à l’intérieur (négligence qui n’arrive pas pour la première fois – par exemple lors de l’attaque nocturne organisée contre la banque nationale sur la rue Panepistimiou, il y a quatre ans, deux ou trois personnes sont restées bloquées sur le toit), soit, ce qui est pire, elles/ils les ont vues, mais ne pensaient pas que ces personnes auraient pu mourir à cause de quelques cocktails Molotov. Même sans les connaître, nous sommes convaincu.e.s que si quelqu’un.e leur avait donné un pistolet, ils/elles n’auraient pas tiré sur ces employé.e.s. Du coup, elles/ils ne voulaient pas les tuer, même s’il y a probablement eu des voix assez stupides et cyniques disant « laissez-les mourir, ce ne sont que des fonctionnaires de banque ».

Si quelque chose a mené aux événements du 5 mai, il s’agit de l’abcès d’une tradition dominante qui couvait depuis des décennies au sein du mouvement radical ; aujourd’hui, avant tout, chacun.e doit répondre à soi-même par l’auto-critique. La plupart de ce qui a été écrit ici est en accord avec ce que nous comprenons à partir de notre expérience et de nos propres lacunes, sans être dans des élucubrations sophistiquées de quelques personnes « externes ».

Nous voyons dans cette occasion l’étincelle nécessaire pour stimuler nos pensées et nos actions, aboutissant à la publication d’un manifeste des positions et valeurs du courant nihiliste, de l’individualisme anarchiste et du terrorisme révolutionnaire que nous portons.

En même temps, le récent communiqué d’un « groupe de compagnon.ne.s qui a contribué à l’activité catastrophique qui a eu lieu dans le centre-ville lors de la manifestation du 5 mai » montre que toute expérience qui veut être révolutionnaire doit se donner comme priorité celle de créer des moments et des lieux pour la discussion et l’examen. Les compagnon.ne.s, à travers leur texte, sans tenir compte des accords et désaccords, vont précisément dans le sens de reprendre une dialectique révolutionnaire indispensable.

Le pari de la révolution ne se jouera pas dans les termes d’une supériorité militaire, ni avec des aphorismes religieux vides de contenu politique. Le nouveau mouvement de guérilla métropolitaine est un processus qui « frappe » avant tout au beau milieu des rapports humains.
Tout commence par là.

Conspiration des Cellules de Feu
Groupe de guérilla de terroristes
Fraction nihiliste