Vive l'Anarchie - Semaine 35, 2019

Sommaire

Communiqué et conseils de la Défense Collective suite à l'infiltration policière par Dan

Publié le 2019-09-03 07:33:05

Lors du contre-sommet du G7 au Pays basque, une policière infiltrée a été démasquée. Cette personne (qui se faisait appeler Dan, Clara, Rose des sables, etc.), s’est implantée depuis plusieurs mois dans le mouvement des gilets jaunes. Elle a eu un certain nombre de contacts avec la Défense Collective de Toulouse.



Dan a participé à des assemblées de la défense collective des gilets jaunes de Toulouse et s’y est impliqué particulièrement depuis le mois de mars. On ne sait pas exactement quelles informations elle venait chercher mais nous tenions à être transparent.es sur les informations auxquelles elle a eu accès.

Nous pensons qu’elle a pu utiliser sa participation à la défense collective comme garantie de fiabilité pour rencontrer d’autres groupes, et également poser des questions plus individuelles à des gens qui fréquentent nos réunions.

Notre commission est un espace d’organisation public et ouvert.
Nous suivons les procès des gilets jaunes pour apporter soutien et conseils, relayer ce qu’il s’y passe.
Dans le cadre de la légal team nous pouvons rencontrer des gens qui auraient des problèmes judiciaires ou des proches des inculpé.es/emprisonné.es. Il n’est pas dans nos pratiques de demander des détails qui pourraient incriminer des gens, contrairement à ce que cette petite fouine a pu faire.
Nous apportons du soutien moral et matériel aux détenu.es GJ et dans les lettres que nous leur adressons nous savons que les courriers sont lus par les matons et/ou les juges et nous prenons toutes les précautions.

Nous ne réunissons pas de données sensibles.
Voici cependant ce à quoi elle a pu avoir accès :

Tous ces codes d’accès ont été changés, et les mesures de sécurité sont renforcées.
Elle n’a jamais eu en main le telephone de la legal team. Globalement, les dossiers n’étaient abordés qu’en petit groupe de confiance, elle n’y a pas eu accès.

Elle a participé à l’organisation des rencontres nationales contre la répression du 6 et 7 juillet à Toulouse. Elle a voulu gérér les hébergements mais cela n’a pas abouti. Nous soupconnons que lors d’autres rencontres (manifs nationales par exemple) elle ait pu essayer de gérer les hébergements en poussant à une centralisation des adresses entrainant peut-être des arrestations préventives : nous cherchons des informations à ce sujet.

Aux groupes qui, comme la défense collective, auraient pu être infiltrés, voici commment nous avons procédé et nous vous invitons à faire de même :
1) analyser ce qu’elle a pu savoir en recoupant les infos
2) évaluer les retombées potentielles et s’y préparer => prévenir les personnes concernées, répéter les conseils de base (voir plus bas)
3) repenser notre fonctionnement pour améliorer la sécurité si nécessaire
4) communiquer publiquement, quand c’est possible, sur les failles qu’elle a pu trouver chez nous

Aux personnes qui l’ont cotoyée personnellement : si vous avez pu donner des infos sur d’autres personnes pensez à les prévenir .

Ne nous alarmons pas, appliquons les bons réflexes. Cela est d’autant plus nécessaire maintenant qu’elle est démasquée, car la police pourrait désormais utiliser ses informations sans craindre de la griller.

Si vous avez peur d’une perquisition :

Si vous recevez une convocation au commissariat :

Chantages, pressions diverses, promesses d’allègement de peine contre des aveux... Tout cela peut être bidon et ne doit pas briser notre silence... préparons-nous afin de réussir à tenir ce mauvais moment.

Pour éviter de sombrer dans la panique : rappelons-nous qu’on savait déjà que les mouvements sont inflitrés ou surveillés. Le fait d’y être confronté directement peut paraitre flippant mais n’oublions pas qu’elle a quand même été démasquée et que ses manigances ont été contrées.
Continuons de lutter tout en améliorant nos pratiques collectives de sécurité.

Récapitulatif :
Mail : dan31@riseup.net ; danboro31@gmail.com
N° telephone 0628558884

+ si vous avez d’autres pseudo, adresses mail numero de téléphone, informations diverses : envoyez par mail sur deratisation1312@riseup.net

https://defensecollectivetoulouse.noblogs.org/

Perpignan (P-O) – Moult (Calvados) : Des coups destructeurs pour les permanences parlementaires de LREM – 1er septembre 2019)

Publié le 2019-09-03 07:48:04

Perpignan (Pyrénées-Orientales) : Bis repetita pour la permanence du député Romain Grau – 1er septembre 2019

Bis repetita. Ce dimanche à 3 heures du matin, toutes les vitres de la permanence de Romain Grau, député « En Marche », ont été brisées, rue du Marché-de-Gros à Perpignan.
Un peu plus d’un mois  après
avoir été saccagée le 27 juillet par un groupe de « black blocs » lors d’une manifestation des « gilets jaunes », « la permanence de Romain Grau a été visée ce dimanche 1er septembre, vers 3 heures du matin. Une quinzaine d’impacts de coups, peut-être de marteau, fissurent les vitres du local qui était fermé au moment de l’attaque. Ni d’autres dommages dans cette rue du Marché-de-Gros, au cœur de Perpignan ».

A la suit de l’attaque du 27 juillet 2019, le ministre de l’intérieur Castaner avait fait le déplacement pour soutenir le député et avait notamment parlé d’une « attaque terroriste ».

[Source: Le Midi Libre, 01.09.2019]


Moult (Calvados) : La mairie et la permanence parlementaire à coups de pierres – 24/25 août 2019

Déjà prise pour cible au début du mois d’août, la permanence du député LREM du Calvados, Alain Tourret, ainsi que la mairie de Moult ont été attaquées à coups de pierres durant le week-end des 24 et 25 août dernier.

 

Uruguay : A propos d’attaques incendiaires contre des antennes de télécommunication

Publié le 2019-09-03 07:48:21

Uruguay: revendication d’attaque incendiaire contre une antenne de télécommunications

Communiqué reçu le 30/08/2019:

En mémoire de celles et ceux qui sont tombé-e-s en défense des territoires face à l’avancée civilisatrice et technologique de ce système patriarkal-kapitaliste.

Tandis que nos feux coupent votre communikation, on entend au dehors les hurlements appelant à allumer le bucher final.

LECHU [1]: voilà ce que tu as semé.

C’EST LE CAPITALISME QUI BRÛLE L’AMAZONIE !!
UPM [2], NOUS LA BRÛLERONS NOUS-MÊMES!!

côte d’or, à l’aube du 28 août

les petit-e-s enfants de ludd

[Traduit de l’espagnol de contrainfo, 31.08.2019]

NdT:
[1] Surnom de Santiago Maldonado
[2] Entreprise finlandaise reposant sur l’exploitation forestière


Pour mémoire : Uruguay: à propos de l’incendie d’une antenne de télécommunications le 1er mai

Communiqué reçu le 08/05/2019:

Le contrôle totalitaire des territoires de la part du capital, exercé par les forces répressives de l’état, flics et armées, et l’ingénierie juridique qui défend la propriété par desssus la vie, posent problème à celles et ceux qui, comme nous, se lèvent en défense de la terre et de la vie et qui recherchent la liberté absolue de tou-te-s les êtres. L’impossibilité de mener une lutte ouverte à cause de l’exiguité de nos forces et du déséquilibre dans notre capacité à exercer la violence face à celle que l’état-capital exerce sur nous toutes et tous, nous amènent à porter la lutte à partir de l’ombre et des marges. Sans sous-estimer la protestation et la propagande, mais en sachant leurs limites tolérables dans le jeu démocratique, nous considérons que l’attaque devient urgente contre le système qui avance à une vitesse vertigineuse dans la dévastation de la planète, particulièrement lorsque un nouveau mega-projet promet de s’installer sur le territoire.

L’instrument du sabotage, comme manière de harceler et d’attaquer les installations de l’ennemi doit faire partie de cette lutte inégale, provoquer des pertes, couper des communications, retarder des projets de développement. Que ces actes s’étendent et se multiplient jusqu’à causer de sérieux problèmes à l’avancée capitaliste, tel est notre désir.

C’est dans ce cadre qu’à l’aube du premier mai nous avons incendié une partie de la structure d’une antenne de télécommunitions dans la zone de la côte.

L’importance du flux d’information dans nos vies de consommateurs, ainsi que dans chaque activité du capital, l’information en elle-même étant un type de marchandise inestimable; le contrôle sur les vies des personnes qui s’exerce au travers des réseaux sociaux, l’aliénation et la banalisation des liens, de même que tous les risques pour la santé que génèrent ces installations (et qui se verraient aggravés avec l’arrivée attendue de la technologie 5G), nous ont amené à choisir cet objectif et à réaliser l’action à une date si spéciale pour les insoumis-e-s.

Des égratignures sur la peau du monstre? Oui; peut-être, le fait qu’elles se transforment en blessures dépend de notre audace et de parvenir à l’extension et à la coordinnation d’actions

POUR LE KAOS ET L’ANARCHIE!!
UPM
DÉGAGE !!

[Traduit de l’espagnol de contrainfo, 10.05.2019]

Leipzig, Allemagne : Bris de vitres nocturnes en solidarité avec les trois du « banc public » – 21 août 2019

Publié le 2019-09-03 10:47:12

Il y a quelques semaines, trois de nos compagnon.ne.s ont été chopé.e.s par les flics. Bien qu’une personne ait été relâchée peu de temps après, les deux autres sont toujours en détention provisoire.

Nous ne tolérons pas le fait que l’Etat, avec sa politique répressive et ses flics en tant que main exécutante, puisse facilement arracher des personnes de nos milieux et les foutre en prison! Nous sommes dans les pensées aux côtés des trois du « banc public » et de tou.te.s les autres prisonnier.e.s.

En solidarité et pour exprimer notre rage, nous avons détruit les vitres de l’entreprise BAUER Elektroanlangen (installations électriques) dans la nuit du 20 au 21 août 2019. BAUER s’implique entre autres dans le système carcéral et en tire profit, comme il l’a fait tout récemment en participant à la construction de l’hôpital pénitentitaire dans la prison de Leipzig, située dans la Leinestrasse. 

Tant qu’existeront des entreprises comme celles-ci qui participent à la construction, à l’entretien ou à l’optimilisation constante des prisons, elles devront s’attendre à d’autres attaques – les opposant.e.s à la liberté sont les nôtres ! 

Nous souhaitons beaucoup de force et de persévérance aux trois du « banc public ». Même s’ils vous ont enfermés pour le moment, vous êtes toujours dans nos coeurs et à nos côtés dans nos luttes quotidiennes !

[Traduit de l’allemand de indymedia, 01.09.2019]

Berlin (Allemagne) : NOTRE THÉORIE : La communication par la PRATIQUE. Attaque 3

Publié le 2019-09-03 13:22:05

de.indymedia.org / samedi 31 août 2019

…mais pourquoi ne pas commencer par là ? Même si nous ne savons pas exactement comment fonctionnent les algorithmes de contrôle ou l’IA (Intelligence Artificielle) ou dans quelle mesure le plan des déplacement est en adéquation avec les probabilités réelles, nous pouvons dire que cela se produit “de façon systématique”. De même, les enquêtes sont largement basées sur des schémas et des statistiques qui déduisent une action D, sur le thème C, un groupe d’auteur.ices potentiel.le.s B, en conséquence d’un événement A.

Notre manière logique de s’organiser devient donc un danger, lorsqu’elle nous conduit à agir sur le terrain de l’ennemi. Là où nous suivons des modèles qui nous protègent, en même temps nous devenons prévisibles ; encore plus que nous ne le sommes, souvent, déjà. De nombreuses actions illégales menées aujourd’hui témoignent d’une préparation poussée, de beaucoup de temps et de planification, voire d’un savoir-faire technique avancé. Il semble que soit révolue l’époque des explosions sociales spontanées, qui comportent bien sûr des risques plus élevés, mais qui permettent de réagir rapidement, d’une manière offensive, aux horreurs quotidiennes. Des éruptions sociales qui savent comment se relier aux émotions individuelles et qui souvent libèrent d’un coup des forces oubliées. Elles nous montrent que rien n’est aussi invulnérable qu’il paraît souvent. Immédiat, facilement compréhensible, un peu désordonné et surtout spontané !

En suivant cette approche, nous nous sommes donné comme objectif à court terme de trouver et d’éliminer des cibles liées à la Smart City, à chaque fois que c’est possible. Trottinettes et vélos électriques, qui sont censées nous tracer pas à pas, avec leur GPS intégrés, en combinaison avec une application pour Smartphone. Les algorithmes de surveillance continuelle, qui sont fournis sans arrêt non seulement aux autorités, mais aussi à l’industrie de la publicité, sont désormais disponibles à chaque coin de rue. Que ce soit Uber, Tier, Lime, Donkey Republic, Circ, voi. ou qui que ce soit, pour nous c’est pareil. Nous avons fait passer un test de qualité à 59 de ces trucs, en les jetant dans les canaux de Berlin et dans la [rivière; NdAtt.] Spree. Dans l’eau, pour rendre leur récupération et leur réparation aussi coûteuses que possible. Pour montrer qu’une action significative ne nécessite pas forcement d’innombrables heures de planification, mais parfois seulement d’yeux ouverts et d’une intervention résolue.

Afin de ne pas seulement diffuser la théorie mais aussi d’utiliser cette action comme un moyen d’entrer en contact avec des complices, nos salutations solidaires vont aux trois de la Parkbank ! Comme le montrent les actions des dernières semaines, vous n’êtes pas seuls.

Prison de Sassari (Italie) : Une lettre de Robert

Publié le 2019-09-03 14:18:04

Round Robin / lundi 2 septembre 2019

Salut tout le monde !
C’est Robert ; depuis le 6 juillet, je suis enfermé dans la prison de Sassari. Avec une compagnonne et un compagnon, je suis accusé de l’envoi de “colis piégés” à deux Procureurs, Sparagna et Rinaudo, et au directeur de l’Administration pénitentiaire*. A l’aube du 21 mai, on a été perquisitionné.e.s et amené.e.s en prison. Beppe et moi on a été enfermés à Opera, où on a passé un mois dans la section d’« observation ». Il s’agit de l’endroit où sont placés les détenus qui doivent purger les 15 jours d’isolement punitif ou ceux qui sont considérés comme étant susceptibles de s’automutiler. Dans notre cas, on s’est retrouvés dans cette sections puisque à Opera il n’y a pas de AS2, mais « seulement » des sections AS1, AS3, ainsi que l’immanquable 41bis. Étant donné qu’on avait l’interdiction de communiquer avec les autres détenus, on a passé un mois dans des cellules individuelles, avec la porte blindée toujours fermée et une heure de promenade le matin, dans une petite cour sordide. Dans cette section était aussi interdit d’utiliser des camping-gaz, du coup on s’est adaptés à la nourriture de la prison, presque toujours immangeable. Ce n’est pas que j’aille jamais eu beaucoup d’attentes positives sur ces lieux d’anéantissement psychologique et physique. Après un mois, j’ai été transféré : on m’a amené dans la section AS2 de Terni, où je suis resté deux semaines. Pas contents de ces déplacements, le 6 juillet on m’a transféré à Sassari, où il y a une section AS2, utilisée jusqu’à là pour enfermer des détenus islamistes accusés de terrorisme ; de toute évidence 2019 l’année de l’expérimentation de l’assortiment anarchistes/islamistes. Cet endroit est défini par les prisonniers eux-même comme « Le Guantanamo italien », pour la dureté et les restrictions du régime carcéral, ainsi que par son éloignement de tout, ce qui, en plus de rendre difficiles les parloirs [Sassari est dans le nord de la Sardaigne, dans une zone difficile à rejoindre depuis le reste de l’Italie – c’est pas pour rien que dans cette région il y a eu par le passé d’autres prison « punitives » comme celle, tristement connues, de l’Asinara, presque détruite par une révolte des prisonniers, notamment issus de mouvements révolutionnaires, en octobre 1979; NdAtt.], ouvre la possibilité, pour la direction de la prison, de prendre des décisions et des mesures disciplinaires de façon encore plus arbitraire qu’à l’accoutumée.

Je vais faire quelques rapides considérations à propos de l’opération Prometeo. L’enquête, mené par le ROS [Raggruppamento Operativo Speciale des Carabinieri, qui s’occupe de criminalité organisée et de terrorisme; NdAtt.] de Turin, coordonnées par le Parquet de Milan, est l’énième tentative minable de frapper les anarchistes en tant que tel.le.s.

Les défenseurs de l’ordre doivent forcement donner une justification à certains actes, ils doivent fabriquer des mobiles et attribuer des responsabilités. Les enquêteurs, diligents, ont démontré cette fois aussi leurs dons de créativité, en piochant dans le tas, en instrumentalisant misérablement des écoutes et des discussions ordinaires, se cramponnant à n’importe quoi afin de donner un peu de substance au néant. La correspondance avec des prisonniers et l’organisation d’événements solidaires deviennent pour eux les points forts sur lesquels s’appuyer pour enquêter et sont le prétexte pour inventer des liaisons et des interprétations forcées. Rien de nouveau, rien qu’on ait pas encore vu dans les affaires qui ont frappé différentes situations, dans les mois et les années passés.

En cette époque d’hystérie et de chasse aux sorcières, l’État ne perd pas l’occasion pour fomenter la guerre entre pauvres, créant des sujets indésirables (les anarchistes, les étranger.e.s, les vandales…) pour détourner l’attention des turpitudes qu’il met en place chaque jour. Et à l’aide de directives lâches et liberticides il essaye de toute manière possible de se libérer de ceux/celles qu’il considère de trop et celles/ceux qui contrecarrent les intérêts des patrons.

C’est avec beaucoup de retard, à cause de la censure, que j’ai été mis au courant de la grève de la faim des compagnonnes et des compagnons et de la mobilisation qui s’est mise en place pour rompre l’isolement et relayer à les mots et les luttes des prisonnier.e.s. je pense que c’est intéressant qu’on soit en train de développer un discours qui aille plus loin de l’immédiat, dans le souhait de ne pas se faire trouver impréparé.e.s dans d’autres occasions de ce type. J’envoie donc une forte accolade a tou.te.s celles/ceux qui ont mené la grève de la faim et ceux/ celles qui luttent, à l’intérieur comme à l’extérieur de ces murs assassins.

Massacreur et terroriste c’est l’État.
Avec amour et rage, avec le cœur par delà les barreaux. Allez !

Robert

date de cette lettre : 17 juillet 2019
date du tampon de la censure de la prison : 5 août 2019

* note des compas qui ont transcrit cette lettre : on parle de l’ancien (en 2017) directeur de l’AP, Santi Consolo. Le directeur actuel est Francesco Basentini.

*****

Pour lui écrire :

Robert Firozpoor
C. C. di Sassari – Bancali
Strada provinciale 56, n. 4
Località Bancali
07100 – Sassari (Italie)

et les adresses des autres deux compas arrêté.e.s lors de l’opération Prometeo :

Natascia Savio
C. C. di Piacenza
Strada delle Novate, 65
29122 – Piacenza (Italie)

Giuseppe Bruna
C. R. di Rossano Calabro
Contrada Ciminata snc
87064 – Corigliano-Rossano (Italie)

Prisons de Fresnes et de Montmédy : Ils essayent de se faire la belle

Publié le 2019-09-03 17:17:04

Prison de Fresnes : Ils y étaient presque

Le Parisien / dimanche 1er septembre

Ils l’ont fait « à l’ancienne » : trois détenus de la maison d’arrêt de Fresnes ont tenté, sans succès, de s’évader ce samedi soir. Après avoir réussi à tordre les barreaux de leur cellule et cassé le caillebotis de leur fenêtre, les trois prisonniers ont descendu en rappel deux étages qui les séparait d’une cour intérieure grâce à quelques draps tressés. « Ils ont été bloqués par une porte avant le mur d’enceinte et aussitôt été arrêtés par les surveillants pénitentiaires », détaille une source interne.

Si les surveillants ont cette fois pu intervenir à temps, ce ne fut pas le cas le 30 décembre 2018. Ce jour-là, N. B., un détenu de 29 ans, placé en maison d’arrêt pour une affaire criminelle, avait réussi à franchir à la force des bras et à l’aide d’un drap deux murs d’enceinte du centre pénitentiaire et à s’échapper à pied. Le tout malgré les sommations et trois tirs de gardiens depuis les miradors. À l’époque, « les surveillants en poste sur deux miradors ont vu l’individu et ont procédé aux sommations réglementaires », avait précisé l’administration pénitentiaire. Cela n’avait pas suffi à stopper la course folle du détenu, toujours en cavale, qui avait réussi à franchir le second mûr de la prison, malgré trois coups de feu tirés depuis les tours.
La prison de Fresnes n’avait pas connu d’évasion aussi spectaculaire depuis celle d’Antonio Ferrara, surnommé « le roi de la belle », en mai 2003.

*****

Prison de Montmédy : Essayer, toujours

Le Républicain Lorrain / vendredi 30 août 2019

Le 26 août 2019, à 14 h 15 exactement, les gendarmes de la brigade de Montmédy sont appelés au centre de détention pour intervenir sur une tentative d’évasion. Quelques minutes auparavant, M. A., alors détenu au centre, profite d’une sortie dans la cour pour se lancer à l’assaut du grillage de la promenade. Habillé de deux joggings et de gants de tissu pour éviter les coupures, il escalade les 5 mètres de métal pour redescendre sur le chemin de ronde. Il y court sur plusieurs dizaines de mètres, longeant un second grillage, qu’il escaladera également pour se retrouver dans le no man’s land, au pied du mur d’enceinte. Il s’aide alors d’une serviette et de l’appui d’un local technique pour grimper, franchir les barbelés et se laisser tomber de l’autre côté, à l’extérieur de la prison.
Une fois au sol, il traverse une haie de thuyas pour « éviter qu’on lui tire dessus » et débarque dans le jardin du chef de détention, qui réside à côté de la prison. Ce dernier, alerté, fouille buissons et bosquets pour le dénicher avant de le repérer, caché dans une cabane de jardin.
Il en sort en trombe et tente de franchir la haie dans l’autre sens, sans succès, en s’appuyant sur une table en plastique, dont le pied cède sous son poids. Sa seule issue : le portail du jardin, vers lequel il s’élance, rapidement rattrapé par le chef de détention, qui le plaque au sol, puis le maîtrise avec l’aide de plusieurs groupes d’agents pénitentiaires, récemment arrivés sur les lieux. Plusieurs d’entre eux sont armés de fusils à pompe, chargés de cartouches non létales.

M. A. n’en est pas à sa première tentative d’évasion : en 2018 déjà, il avait fui une garde à vue en passant par le faux plafond des toilettes d’une gendarmerie. Il avait également quitté l’une de ses audiences, à Sarreguemines, en sautant par la fenêtre du tribunal ; l’affaire avait fait grand bruit.
« Je voulais tenter ma chance pour rentrer chez moi, en Alsace », explique le prévenu, qui avait prémédité son évasion en se préparant physiquement. « Je voulais retrouver ma famille. En prison, ça fume, ça se bat, ça parle mal, c’est pas mon milieu ; je suis un gars de la campagne. »
« C’est un garçon touchant » admet la substitut du procureur, qui lui reconnaît une « immaturité désarmante » ; ce qui ne l’empêche pas de demander une peine exemplaire, sous la forme de 30 mois ferme. La défense, quant à elle, voit en lui « un gosse qui, à 20 ans, a été condamné à 4 ans de prison. Comment on encaisse ça ? »
Le juge le condamnera finalement à 1 an de prison ferme ; peine qui viendra s’ajouter à celles déjà existantes, et sera purgée au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville.

Un an après le sabotage de l'abattoir de Perly

Publié le 2019-09-04 18:49:04

Il y a exactement un an, suite à la marche genevoise pour la fin du spécisme, des militant.e.s.x avaient pris pour cible le plus gros abattoir de poules du canton, le mettant hors d’état de nuire momentanément et détruisant la chaîne de tuerie, les ordinateurs, et le stock complet des « marchandises » spécistes, causant ainsi une attaque directe à l’économie du meurtre de plusieurs dizaines de milliers de francs. (991 856 poules tuées en 2018 dans le canton, 8000 par semaine dans cette abattoir,Tribune de Genève, Céline Garcin). Les militant.e.s.x avaient publié des communiqués de presse expliquant leur action par différents médias.
/english below/



C’était la première action de ce type recensée en Suisse depuis au moins 10 ans.
L’idée est pourtant simple : en tant qu’antispécistes nous nous opposons toutes et tous à l’exploitation animale et là où il y a le plus de victimes ce sont les abattoirs.

Depuis l’incarcération de Matthias, force est de constater que la répression a bien fonctionné. Où est la révolte, le bruit des vitres cassées et la peur des commerces et multinationales spécistes de voir notre mouvement égalitariste lui résister ?
Où sont les 250’000 véganes de Suisse ? Aux côtés de leurs frères et sœurs, dans les sanctuaires, et les lieux de domination pour résister avec elles.eux ? Ou au supermarché, carte bancaire à la main ?

Matthias est innocent jusqu’à preuve du contraire nous promet ce beau système judiciaire.
Et pourtant, depuis 9 mois il paie le prix de notre silence pour un procureur qui rêvait de le voir tenu en leader d’actions pour lequel il n’y a TOUJOURS aucune preuve. Le 30 août dernier, la Cour de Justice a refusé le recours déposé par son avocat Me Olivier Peter contre la prolongation de détention de 2 mois reçue début août.

Mais puisque’on n’entend plus de vitres brisées, c’est qu’il l’a forcément fait, non ?
Il nous semble évident que la meilleure façon de lui venir en aide, au delà de le soutenir moralement et matériellement, c’est de lui faire cette promesse : quand tu sortiras Matthias, l’industrie spéciste aura essuyé bien des échecs et nous sommes un jour plus proche de la libération animale.
Nous n’avons été ni silencieu.se.s.x ni apeuré.e.s.x, nous n’avons pas abandonné nos frères et sœurs à leur sort en fermant les yeux, nous avons empoigné pioches, coupe boulons, pelles et bonbonnes pour signifier partout et tout le temps que nous sommes déterminé.e.s.x à résister à leurs côtés qu’importe notre casier judiciaire, qu’importe les risques, parce qu’elles.eux sont prêt.e.s.x à être enfin libres !

Si son incarcération nous a appris une chose c’est bien celle-ci : la solidarité n’est jamais un vain mot. La solidarité se vit et se prouve au quotidien. Pas derrière un clavier. Nous sommes allé.e.s.x à la rencontre de militant.e.s du monde entier pour faire connaître l’histoire de Matthias et souvent les personnes les plus éloignées sont celles qui en font le plus pour le sortir de sa cellule.
Mais ce n’est évidemment pas suffisant. En Suisse il est urgemment temps que l’on active toutes les manœuvres pour dénoncer son incarcération.

Ceci est un appel à l’action. MAINTENANT !

"Dans la nuit de samedi à dimanche, des activistes antispécistes se sont attaqués à un abattoir à Perly, dans le canton de Genève, ont annoncé ces militants par une lettre anonyme.
Des citoyens révoltés ont décidé de s’attaquer à un abattoir situé à Perly, qui fait plusieurs milliers de victimes chaque semaine“, indique le message anonyme.”La science a prouvé depuis longtemps (...) la sentience (capacité à ressentir des émotions et à vivre une vie subjective) dont les autres animaux font preuve. Ceux-ci peuvent être à juste titre considérés comme des individus, qui méritent de vivre une vie la plus longue et heureuse possible“, poursuit le courrier.”C’est pourquoi les activistes antispécistes ont décidé de mettre à mal cet abattoir, endommageant sa chaîne d’abattage, ses locaux et ses stocks dans l’espoir de les empêcher momentanément de prendre d’autres vies et de montrer leur refus de voir ces lieux morbides exister."
D’autres articles avaient été publiés sur Radio Lac, 24Heures, 20minutes en plus de la RTS et de la Tribune de Genève.

English

Exactly one year ago, following the Geneva march for the end of speciesism, activists targeted the canton’s largest chicken slaughterhouse, temporarily disabling it and destroying the killing chain, computers, and the entire stock of speciesist “goods”, thus causing a direct attack on the murder economy of several tens of thousands of francs. (991,856 hens killed in 2018 in the canton, 8,000 per week in this slaughterhouse, Tribune de Genève, Céline Garcin)
The activists had issued press releases explaining their action through various media.

It was the first such action in Switzerland in at least 10 years.
The idea is simple, however : as antispeciesists we all oppose every forms of animal exploitation and where there are the most victims are slaughterhouses.
Since Matthias’ imprisonment, it has to be said that the repression has worked well. Where is the revolt, the sound of broken windows and the fear of speciesist businesses and multinationals that our egalitarian movement will resist it ?
Where are the 250,000 vegans from Switzerland ? At the sides of their brothers and sisters, in sanctuaries, and places of domination to resist with them ? Or at the supermarket, credit card in hand ?

Matthias is innocent until proven guilty, this beautiful judicial system promises us.
And yet, for the past 9 months he has been paying the price of our silence for a prosecutor who dreamed of seeing him held as a leader of actions for which there is STILL no proof. On 30 August, the Court of Justice refused the appeal lodged by his lawyer Olivier Peter against the 2-month extension of detention received in early August.

But since we no longer hear broken windows, it’s because he necessarily did it, right ?
It seems obvious to us that the best way to help him, beyond supporting him morally and materially, is to make him this promise : when you’re getting out Matthias, the speciesist industry will have suffered many failures and we are one day closer to animal liberation.
We were neither silent nor fearful, we did not abandon our brothers and sisters to their fate by closing our eyes, we grabbed picks, bolt cutters, shovels and carboys to indicate everywhere and all the time that we are determined to resist their side regardless of our criminal record, regardless of the risks, because they are ready to be free at last !

If his incarceration has taught us anything, it is this : solidarity is never an empty word. Solidarity is lived and proven on a daily basis. Not behind a keyboard. We went to meet activists from all over the world to share Matthias’ story and often the most distant people are the ones who do the most to get him out of his cell.
But this is obviously not enough. In Switzerland it is urgently time to activate all the manoeuvres to denounce his incarceration.

This is a call to action. NOW !

"On the night of Saturday night, antispeciesist activists attacked a slaughterhouse in Perly, Canton Geneva, announced the activists in an anonymous letter.
Upset citizens have decided to attack a slaughterhouse in Perly, which claims several thousand victims every week,“the anonymous message said.”Science has long proven (...) the sentience (the ability to feel emotions and live a subjective life) that other animals show. They can rightly be considered as individuals, who deserve to live as long and happy a life as possible,“the letter continues.”That is why antispeciesist activists decided to undermine this slaughterhouse, damaging its slaughter line, premises and stocks in the hope of temporarily preventing them from taking further lives and showing their refusal to see these morbid places exist."
Other articles had been published on Radio Lac, 24Heures, 20minutes in addition to the RTS and the Tribune de Genève.



Pourquoi les trottinettes en free floating sont sabotées

Publié le 2019-09-04 18:50:07

Il y a plein de raisons de lutter contre l’envahissement de nos vies par ce gadget, et des moyens très simples pour enrayer le phénomène. Un feutre suffit.



Pourquoi saboter ces trottinettes ?

Donc le moyen le plus simple, c’est un coup de feutre bien opaque sur le QR code (ne pas oublier de masquer le numéro sous le QR code).



Notes

[3Comment auraient été effectués ces trajets en absence des trottinettes ? Réponse : 47% à pied, 29% en transport en commun, 9% à vélo. Et seulement 8% en taxi ou en voiture avec ou sans chauffeur d’après une enquête reprise par le blog d’Olivier Razemon

[4Les trottinettistes sont légèrement plus aisés que la moyenne des habitants dans leur ville respective et on trouve parmi eux une forte proportion de cadres (53%) toujours d’après l’ enquête reprise par le blog d’Olivier Razemon

[6Les premiers vélo en libre service (VLS) étaient gratuits avant une vague de marchandisation dans les années 2000. Voir la page wikipedia sur les VLS

Wuppertal, Allemagne : Sabotage d’un véhicule de SPIE – 30 août 2019

Publié le 2019-09-04 18:53:04

Dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 août, nous avons attaqué une voiture de l’entreprise SPIE SAG dans les premières heures de la soirée.

Pour accompagner le fond musical d’une fête qui se déroulait à proximité, nous avons vidé l’air des pneus du véhicule et dans le même temps effectué un changement de peinture des fenêtres et de la carrosserie. Notre attaque ciblée s’est faite en 8 secondes et le véhicule de l‘entreprise a du être remorqué le lendemain.

Nous ne sommes pas obligés d’en dire davantage sur SPIE SAG. Mais peut-être sur ce qui nous a motivé à agir. Nous aimerions à cet égard attirer une nouvelle fois l’attention sur la semaine de solidarité avec les anarchistes emprisonné.e.s, qui s’est certes terminée pour nous aujourd’hui mais pas pour nombre de nos compagnon.ne.s qui se trouvent derrière les murs des cachots. Beaucoup d’entre nous sont absent.e.s des événements quotidiens. Ils et elles ne sont pas là aux petit-déjeuners, aux discussions, au travail, dans nos appartements, dans les rues et à nos côtés. Ils/elles perdent leur temps en étant derrière leurs murs et barreaux, enfermé.e.s par un système qui veut nous prescrire ce qui est juste et ce qui ne l’est pas.

Des personnes qui ne croient tout simplement pas en ce système et résistent sont criminalisées et enfermés afin de briser les luttes. Mais l’idée d’un mode de vie libertaire ne peut pas être brisée. Nous considérons ces semaines comme importantes et justes, mais la lutte ne se termine pas pour autant quand elles prennent fin. Elle continue derrière et devant les murs. Toutefois, nous pouvons soutenir nos compagnon.ne.s qui sont derrière les murs autant que possible. Nous pouvons leur écrire, leur envoyer des livres et des revues, créer des groupes de solidarité, leur rendre visite du moins (et pas uniquement le soir du réveillon), créer des syndicats de prisonnier.e.s ou même attaquer directement les prison et celles et ceux qui en tirent profit.

On n’oublie pas les copain.e.s, celles et ceux du “banc public”, Loïc, les trois de Nüremberg ou toutes les autres personnes incarcérées. Vous nous manquez dehors, et nous espérons que vous tenez toujours le coup. Nous sommes de celles et ceux qui, de dehors, vous attendent avec impatience.

Complicité avec toutes les compagnon.ne.s incarcéré.e.s!

Salutations solidaires à Bure et à la campagne “100 ans de centres de rétention” – les terroristes sont ceux qui construisent les centres de rétention, pas ceux qui les font sauter!

(A)

[Traduit de l’allemand d’indymedia par Sans Attendre, 02.09.2019]

Athènes, Grèce : Des nouvelles d’Exarchia en lutte contre la terreur d’Etat – Du 28 août au 1er septembre 2019

Publié le 2019-09-04 18:53:14

Athènes : Attaque incendiaire d’une escouade anti-émeute – Dimanche 1er septembre 2019

Un groupe de 20 anarchistes a attaqué aux cocktails Molotov le chek-point militaire de la MAT (police anti-émeute) situé à l’angle des rues Tositsa et Trikoupi.

L’attaque a eu lieu vers 23h40, le 1er septembre, dans le quartier d’Exarchia qui, depuis le 26 août, fait face à une plus grande militarisation du quartier que par le passé.

Après l’attaque, la MAT a tout de suite afflué sur la place d’Exarchia et s’est mise à lancer des armes chimiques sur la place et les rues environnantes, même dans les rues où il n’y avait pas eu d’émeutes.

Tou.te.s les compagnon.ne.s ont pu quitter la zone en toute sécurité et sans arrestation.

Les émeutes nocturnes du 31 août, qui avaient éclaté aux alentours de 23h30, ont bien cramé les flics anti-émeute, à tel point qu’un des flics a du être médicalisé sur place par une ambulance.

[Voir la vidéo de l’attaque incendiaire du 1er septembre sur Act for Freedom now]


Athènes : Des milliers de personnes dans les rues d’Exarchia contre la terreur d’Etat – Samedi 31 août 2019

Samedi 31 août 2019, deux à trois milles personnes (selon différentes estimations) ont déambulé dans le quartier d’Exarcheia, dans le centre d’Athènes, à la suite d’une descente policière massive contre quatre squats (principalement de réfugiés) ce lundi 26 août et les 143 arrestations qui ont suivi. A la suite du raid policier, le quartier d’Exarcheia a été transformé en une zone militarisée, avec des attaques incessantes de la police anti-émeute contre les habitant.e.s et les centres sociaux. 

Mais ce à quoi ne s’attendait pas le gouvernement, c’est que les habitant.e.s du secteur, plutôt que de « trembler » de peur, ont choisi de défier la police anti-émeute grecque et le terrorisme idéologique du gouvernement, également exprimé par le biais des mass médias sous son contrôle.

Ainsi, à travers cette maifestation massive, des milliers d’anarchistes et autres militant.e.s ont envoyé un message de résistance à la campagne répressive de l’Etat ainsi que des signes de solidarité envers les squats et les centres sociaux expulsés et envers celles et ceux qui étaient sous menace imminente de nouvelles attaques du gouvernement.

Pour avoir une idée de la situation à Exarchia de ces derniers jours, le jeudi 29 août, lors d’un concert organisé par des librairies et des maisons d’édition, de nombreux policiers anti-émeute ont subitement attaqué plus d’un millier de personnes avec du gaz lacrymogène, des grenades explosives et leurs matraques, tandis que dans la confusion qui a suivi, ils en ont profité pour attaquer le centre social « Vox » (situé sur la place d’Exarcheia), brisant la façade et jetant une cartouche de gaz asphyxiant à l’intérieur, ce qui aurait pu se terminer par des morts. De nombreuses personnes à l’intérieur et à l’extérieur ont aussi été prises en charge pour de graves blessures à la tête.
Puis. samedi 31 août, après la grande manif de l’après-midi que l’on peut voir dans la vidéo, les flics anti-émeute ont une nouvelle fois attaqué le concert à son troisième jour, sous la direction d’un uniforme qui a pointé son arme sur des gens, tandis qu’ils chargeaient, selon des témoins des événements. Mais ce n’était pas tout. Le dimanche 1er septembre, le centre social « Vox » subissait sa troisième attaque policière en quatre jours seulement.
Une autre grande manifestation contre la terreur de l’Etat grec contre le quartier d’Exarchia est annoncée pour le 14 septembre prochain
.

[Traduit de l’anglais via actforfree.nostate.net – Source: indymedia Athens]


Athènes : Pluies de cocktails Molotov pour les escouades anti-émeute – 28 et 30 août 2019

Ce 28 août, vers 2h30, une trentaine de compagnon.ne.s a attaqué un escadron anti-emeute de la MAT qui stationnaient au carrefour des rues Tositsa et Trikoupi. L’attaque enflammée s’est déroulée en deux temps: le premier groupe de compagnon.ne.s a attaqué depuis la rue Tsamadou et a cramé les flics dans la rue Tositsa alors qu’ils stationnaient à proximité du ‘Steki’, squat de migrants anarchistes. Dans le même temps, le second groupe de compagnon.ne.s a attaqué la MAT depuis la rue Trikoupi, les brûlant hardemment dans la rue Tositsa alors qu’ils étaient occupés par la première attaque qu’ils ont reçu depuis la rue Tsamadou. Après l’attaque, tous les compas ont pu quitter la zone sans encombre, sans que personne ne soit arrêté.

Le 30 août, une pluie de 80 cocktails Molotov s’est abattue sur un escadron anti-émeute à l’intersection des rues Tositsa et Trikoupi.

[Voir la vidéo de l’attaque du 28 août]

Nanterre (Haut-de-Seine) : Visites nocturnes chez la conseillère municipale

Publié le 2019-09-04 18:54:04

La permanence de la conseillère départementale des Hauts-de-Seine et conseillère municipale d’opposition Camille Bedin (DVD) a reçu de la visite ces derniers temps.

« C’est par une publication sur les réseaux sociaux que ses soutiens l’ont fait savoir jeudi 29 août. Ce « nouvel acte de vandalisme » n’a pas été commenté par l’élue. Mais ses soutiens et proches ont fermement condamné le « sabotage » des serrures de son local situé à Nanterre, 2 boulevard du Sud-Est. […]

La permanence de l’élue en lice pour les élections municipales de 2020 a déjà subi des dégradations : il y a quelques semaines, la vitrine de sa permanence était brisée. » (Source: La Gazette de la Défense, 04.09.2019)

Oise : Avis aux saboteur.euse.s de miradors de chasse

Publié le 2019-09-04 21:44:03

Oise Hebdo / samedi 31 août 2019

Le président de l’Amicale des chasseurs de Tillet, dans le Valois, en forêt de Retz en bordure de l’Aisne est à bout de patience : depuis trois mois des vandales s’amusent à retourner ou à vandaliser à grand coups de disqueuses leurs miradors de chasse. Des installations qui coûtent de 50 euros pour les plus modestes, à 1700 euros. Ils ont donc piégé leurs mirador avec une caméra cachée et ont réussi à capturer l’image d’un de ces vandales.

Pour autant, il n’a pas été identifié. L’image a été transmise en gendarmerie et une plainte déposée. Mais Jacky Leroux, président de l’Amicale, continue sa chasse aux empêcheurs de chasser en plaine.

1er mai parisien – Camping et paillettes : Sortie de prison sous contrôle judiciaire pour les deux autres inculpé.e.s – 2 septembre 2019

Publié le 2019-09-04 21:52:08

Fin des détentions préventives

Les deux personnes encore détenues (dont une avait publiée une lettre écrite derrière leurs murs), parmi les trois arrêtées près de la gare du nord le 1er mai à Paris (voir ici et ), ont été relachées lundi 2 septembre suite au non-renouvellement de leur mandat de dépôt.

Avec l’échéance des 4 premiers mois de préventive, au moment où la juge menant l’instruction devait demander ou non le renouvellement de la détention, elle a ordonné leur mise en liberté avec un contrôle judiciaire. Le procureur n’ayant pas fait appel, l’admnistation prénitentiaire leur a signalé leur « mise en liberté » sous certaines conditions. Pour une, il y a interdiction de paraitre à Paris, de quitter le territoire de l’Etat français et de voir les deux autres. Pas de pointage au commisariat. Pour l’autre, nous n’avons pas encore les détails.

Personne ne sera libre tant qu’un-e sera enfermé-e et contrôlé-e

Liberté pour tout-es !

 

[Publié sur indymedia nantes, mercredi 4 septembre 2019]

Munich, Allemagne : Attaque du consulat grec en solidarité avec Exarchia – 3 septembre 2019

Publié le 2019-09-04 21:52:14

A l’occasion de la récente vague répressive de l’Etat contre les anarchistes et toutes les personnes qui cherchent à vivre par-delà les frontières oppressantes de l’Etat, nous avons attaqué le consulat de Grèce à Munich avec du bitume la nuit dernière [du 2 au 3 septembre 2019].

Avec notre action, nous envoyons des salutations à tous les squats expulsés ou menacés d’expulsion à Exarchia, aux trois du “banc public”, à Loïc, à tou.te.s les compagnon.ne.s incarcéré.e.s et visé.e.s par la répression.

[Traduit de l’allemand de indymedia, 03.09.2019]

Italie – opération Prometeo : Beppe transféré à la prison de Pavia

Publié le 2019-09-05 00:43:05

Round Robin / mercredi 4 septembre 2019

Beppe, emprisonné suite à l’opération répressive Prometeo, du 21 mai, a été transféré à la prison de Pavia.

Voici la nouvelle adresse pour lui écrire :

Giuseppe Bruna
C.C. di Pavia
Via Vigentina, 85
27100 – Pavia (Italie)

Et les adresses des autres deux compas arrêté.e.s avec lui :

Robert Firozpoor
C. C. di Sassari – Bancali
Strada provinciale 56, n. 4
Località Bancali
07100 – Sassari (Italie)

Natascia Savio
C. C. di Piacenza
Strada delle Novate, 65
29122 – Piacenza (Italie)

Lettre ouverte au comité de rédaction de la revue z

Publié le 2019-09-05 08:26:05

Lettre ouverte au comité de rédaction de la revue Z

A propos de l’article « Alors, vous avez gagné ? »
paru dans le numéro 12 de la revue, p. 218 à 225.

Bonjour,

Nos commentaires qui suivent à propos de l’article sur les luttes sur la ZAD de NDDL sont motivés par le fait que nous disposons de la connaissance de quelques faits, d’éléments d’analyse et d’une expérience sur place pour la période du printemps 2018. Nous sommes donc plus en mesure d’exercer notre esprit critique sur ce qui est affirmé dans l’article, que sur les autres sujets abordés dans ce numéro. Or, d’importantes omissions et un manque de contextualisation biaisent la compréhension de ces événements que peuvent s’en faire vos lecteurs et lectrices. Ce qui motive cette lettre ouverte.

Concernant le style choisi qui entrelace l’analyse et des propos recueillis, l’insistance mise sur le vécu de l’affrontement avec les forces répressives de l’État produit une mise en scène spectaculaire, renforcée par le choix des photos, qui repousse à l’arrière-plan les affrontements internes entre occupant-es et les intérêts en jeu. Ces antagonismes ne sont mentionnés qu’en passant et sont minimisés en parlant de « quelques coups de pioche » (p. 220) de la part d’opposant-es. Plus loin : « les conflits internes continuaient » (p. 225) : certes, mais sur quelles bases et de quelles manières ? Nous basant sur une déclaration d’intention éditoriale de la revue qui insistait sur la nécessité d’opérer une critique de la critique sociale et de tenter de comprendre les récupérations des luttes que le système capitaliste parvenait à effectuer, avec parfois la complicité objective des mouvements1, nous vous indiquons ci-dessous des faits omis dans l’article, omissions qui vont à l’encontre de cette intention. Le véritable sujet « d’enquête et de critique sociale » sur ces événements n’était pas l’opération militaire maintes fois décrite et de plusieurs points de vue. Cela aurait dû être la compréhension des mécanismes de confiscation de la lutte par une partie du mouvement au détriment et contre d’autres groupes ainsi que la neutralisation de la contestation par l’État avec l’appui de cette même partie du mouvement. Ceci est d’autant plus important que ces mécanismes sont à l’œuvre ici comme ailleurs.
En bref, le groupe d’occupant-es le mieux organisé et le mieux doté en ressources matérielles et sociales a évincé et dégoûté d’autres personnes ou groupes disposant de plus faibles moyens et a su anticiper et utiliser l’intervention de l’État pour se débarrasser des oppositions à leur stratégie en interne. Ce groupe dominant a utilisé des relais au sein de l’ensemble des occupant-es pour le servir directement ou pour représenter une opposition à la fois concurrente et complice.

Trois exemples d’omissions de faits induisant une analyse tronquée :

1) L’opération de « nettoyage » (vous écrivez aussi « libération », c’est le vocabulaire des soit-disant vainqueurs) de la D 281 n’a pas fait s’opposer deux stratégies, comme dans un débat avec facilitation et modération… : cela a été d’abord un coup de force où la violence physique et verbale a été présente, tout en organisant un filtrage aux accès de la route pour éviter la présence d’éventuels journalistes. Le groupe dominant du mouvement d’occupation, allié à leurs homologues des autres composantes (COPAIN, ACIPA, comités de soutien de la région), a fait valoir ses intérêts en intimidant, et menaçant à l’occasion, les opposant-es. D’autre part, et contrairement à ce que vous écrivez, ce n’est pas « rapidement » (après le 22 janvier 2018) que des occupant-es sont venu-es « asséner quelques coups de pioche sur le bitume » mais dans la nuit du 14 au 15 mars, soit plus d’un mois et demi après l’accueil de la préfète sur la route, désormais ouverte aux forces de répression.
L’épisode de la route des chicanes de l’hiver 2017-2018 ne peut donc se résumer dans les termes de l’article où « […] les quelques kilomètres de la D 281, avec leurs bouts de barricades, leurs carcasses de voitures pleines d’herbes et leurs cabanes qui empiètent sur le macadam, ont tout d’un symbole » (p. 219). Cette description, c’est juste des cartes postales… . Les coups de pioche n’ont été qu’une des réponses à une confrontation sociale et politique d’une ampleur bien plus large et diverse. Pour la période évoquée dans l’article, le camp autogéré de reconstruction de Lama Fâché entre fin janvier et le début des expulsions, ainsi que le « off » de la « fête de la victoire » du 10 février 2018, ont constitué une critique en acte de la stratégie du groupe dominant, impliquant des dizaines d’occupant-es et des soutiens extérieurs. Cette stratégie mise en œuvre depuis des années et qui se concentrait et s’exacerbait sur cette portion de route, visait à renormaliser la zone, en commençant par la D 281. Et elle ne s’est pas déroulée sans susciter des ripostes. Dans la lutte interne entre occupant-es, la route des chicanes en représenta le point de fixation mais aussi l’arbre barricadier cachant la forêt des intérêts antagoniques.
Enfin, les opposant-es, désigné-es de manière sommaire comme considérant « qu’il ne faut faire aucune concession » (p. 219) se sont retrouvé-es bien seul-es pendant deux mois et demi face à la circulation des forces de répression , en repérage sur la route « libérée » par le mouvement et offerte à l’État par les partisan-es de la négociation comme une preuve de leur capacité à maîtriser l’ensemble des occupant-es. Comment faut-il appeler ce mélange de protestations mais aussi d’auto-limitation dont ont su faire preuve les opposant-es à la négociation face à ce genre de provocations, sinon une concession sous contrainte, alors qu’il était évident que cette route constituerait l’axe stratégique de l’offensive militaire ? Renversons le diagnostic pour être en accord avec les faits : c’est le parti de la soit-disant négociation qui n’a fait aucune concession à leurs opposant-es sur la Zad, tout en faisant concession sur concession à la préfecture !

2) Fait bien plus grave omis par l’article, l’une des personnes ayant déclaré avoir pris part à ces manifestations de « désaccord » (les coups de pioche dans le bitume) a été gazée par des personnes masquées, enlevée, mise dans un coffre de voiture et rouée de coups lui occasionnant plusieurs fractures. Elle fut ensuite jetée à peu de distance d’un hôpital psychiatrique d’une commune voisine. Le soir même de son agression, elle se présentait à l’AG en fauteuil roulant pour exiger, avec d’autres, au minimum une condamnation par l’ensemble du mouvement de ces méthodes dignes d’une milice de maintien de l’ordre. Mais ce fut elle qui fut prise à partie, certains leaders officiels du mouvement l’accusant de comportements irresponsables mettant en danger les négociations en cours. Par contre, la réunion des habitant-es du jeudi, dont s’était retiré depuis plusieurs mois le groupe dominant partisan des négociations, a validé un texte indiquant que « le niveau de violence des actes commis sur une personne cette semaine est inadmissible, choquant, et dépasse clairement les limites collectives de la ZAD » (paru dans le Zadnews du 26 mars au 2 avril 2018, p. 22).
Pour sans doute équilibrer les points de vue, vous renvoyez en note 9 à une brochure qui réunie des textes d’opposant-es aux négociations, ZADissidences 1. Pour des lectrices et lecteurs non averti-es, des allusions comme : « quelqu’un doit payer et se retrouver ligoté au petit matin dans un coffre puis fracturé suite aux coups » (p. 27) ne peut pas évoquer grand-chose, puisque ce texte a été écrit pour des personnes vivant sur la Zad et au courant de cette violence.
Mais il existe deux autres brochures « ZADissidences » disponibles sur le net. Et l’on trouve dans la brochure n° 2, parue le 7 juillet 2018, c’est-à-dire avant le bouclage de la revue, une prise de position de la légal team sur les actions de milice sur la ZAD, publiée d’ailleurs sur Indymedia Nantes dès le 30 Mars 2018. C’est le premier texte de cette brochure et il décrit les faits et les condamne sans appel. Les informations étaient donc disponibles avant la parution du numéro 12 de votre revue. Pourquoi ne pas avoir mentionné ce fait et ces références ; n’était-ce qu’un dommage collatéral ?

3) Enfin, vous indiquez en fin d’article que « […]la majorité du mouvement se résout à jouer la manche administrative et consent à ce qu’elle refusait en février […] » (p. 225). Non seulement des personnes vivant dans des lieux encore debout fin avril ont effectivement refusé cette stratégie, mais des projets agricoles ont inclus des parcelles où résidaient des occupant-es sans leur accord (par exemple au Rosier, à la Wardine et au Moulin de Rohanne) et les COP signées comportaient une autre clause que celles mentionnées dans l’article : elle obligeait le titulaire à « informer immédiatement l’État, par tout moyen, de toutes occupations par des tiers des Terrains (occupations ou constructions illicites, entreposage de matériaux, stationnement de véhicules, …)2. Un intense travail de lobbying de la part du groupe dominant et de ses relais, dans ce contexte de pression militaire, a été mené en vue de parvenir à arracher à des récalcitrant-es leur adhésion ou leur non-opposition à la signature de fiches concernant leurs lieux de vie au prétexte d’une soit-disant interdépendance des différents projets.
En fait, la conjugaison de la répression militaire et de l’ensemble des pressions en interne ainsi que l’impossibilité de faire prendre en compte des points de vue et des intérêts divergents, ont contraint une grande partie des occupant-es à quitter la Zad dans les semaines et les mois qui ont suivi. Mais il y a toujours, à l’heure où cette lettre ouverte est écrite, des opposant-es à la négociation avec l’État qui vivent sur zone et tentent de résister au long processus de normalisation en cours3. Ils et elles invitent à de nouvelles « rencontres inter-terreauristes » à partir du 14 septembre à La Grée : https://nantes.indymedia.org/events/46280. Il serait donc plus exact de dire que seule une partie des occupant-es « se résout à jouer la manche administrative » en ayant su imposer de gré ou de force leur hégémonie au reste des occupant-es.

Nous ne voulons pas nous substituer aux membres de la rédaction pour le nécessaire complément d’enquête à réaliser mais nous vous signalons qu’il existe d’autres affirmations qui peuvent provenir d’imprécisions ou d’un manque de recoupement. Par exemple :
En note 10, concernant les membres de la délégation inter-composante : « Trois sont des occupant-es de la Zad élu-es grâce à un processus exceptionnel d’élection sans candidat élaboré sur la zone en février 2018. » (p. 221) : autre exemple de coup de force. C’est un long processus bureaucratique sur la forme (réunions nombreuses et toujours cadrées) qui a exclu la question, fondamentale dans toute lutte, de la nécessité et de la légitimité d’une représentation et de porte-paroles. Cette « élection sans candidat » se décrirait plus simplement comme un mélange de traditionnel copinage et de recrutement participatif innovant. Passant outre les oppositions, deux membres représentaient la pluralité genrée des occupant-es. Et pourquoi un troisième ? Parce que le groupe dominant a imposé en plus son candidat !
Le mercredi 11 avril : « Les tracteurs affluent pour défendre la zone » (p. 221) : affluer ? Défendre ? Une quinzaine de tracteurs stationnaient ce jour-là près des Fosses Noires, retirés avant l’avancée éclair des militaires dans l’après-midi jusqu’à La Saulce. Une quarantaine de tracteurs (mais moins de chauffeurs…) ont été présents sur zone pendant cette période et affectés à des tâches d’intendance ou de représentation.
Le jeudi 12 avril : « Les dons sont réceptionnés à la Grée… » (p. 221) Point de suspension en effet ! L’essentiel des dons furent réceptionnés dans un lieu central et ensuite péniblement acheminés dans les lieux périphériques. Ce lieu central du point de vue des dominants, c’est-à-dire médiatique et officiel, fut Bellevue en 2018, comme ce fut le cas de La Vacherie en 2012.
Le mardi 17 avril : « […] d’autres réfléchissent à la possibilité d’acheter collectivement du terrain pour continuer d’y vivre et de produire autrement. » (p. 225) : les gages donnés concernant les cadres administratifs et les normes agricoles pour les projets individuels sur la Zad contredisent cette prétention affichée de « produire autrement ».
« […] la victoire sera de faire de ces terres une machine de guerre communiste » (p. 225) : pour des commentaires, nous laissons la place à des spécialistes du marketing politique… !

Au vu des personnes nommées dans les REMERCIEMENTS (p. 231) « qui font vivre la Zad et qui ont pris le temps de la raconter », et qui sont membres du groupe dominant ou ses alliées, les graves omissions indiquées ci-dessus, proviennent soit d’un « oubli » de leur part et donc invitent le comité de rédaction à un complément d’enquête en élargissant la palette de leurs informateurs et informatrices ; soit c’est malgré ou plutôt à cause de la connaissance de ces faits que ces graves omissions ont été délibérément effectuées.

Dans les deux cas, nous vous demandons, non pas un droit de réponse ce qui supposerait une ou plusieurs voix autorisées (c’est l’apanage des vainqueurs auto-proclamés) mais un complément d’enquête, incluant au moins les trois points mentionnés plus haut, une enquête centrée sur les rapport de domination au sein des luttes pour être à la hauteur de vos intentions éditoriales. Car, comme vous l’indiquez à propos de la grammaire des genres en page 2 de couverture4, et pour étendre la remarque à d’autres rapports de domination et d’exploitation, notamment de classes, nous avons été heurté-es par vos façons bizarres de décrire certains rapports sociaux et déçu-es d’en trouver d’autres trop « normaux » à vos yeux… Nous vous incitons à tenter « d’un numéro à l’autre, de faire de mieux en mieux » (p. 2 de couverture). Ce complément d’enquête, à paraître donc dans le numéro 13, pourra mentionner aussi un ensemble de textes accessibles sur internet permettant aux lecteurs et lectrices d’aller plus loin par elles et eux-mêmes, comme par exemple ceux-ci, exprimant différents points de vue :

Textes :
– Le mouvement est mort, Vive… la réforme ! : https://nantes.indymedia.org/zines/40146
– Zadissidences 2 : https://nantes.indymedia.org/zines/42129
– Zadissidences 3 : https://nantes.indymedia.org/articles/42769
– Appel pour retrouver un sens politique à la lutte qui se mène aujourd’hui sur la ZAD : https://zad.nadir.org/IMG/pdf/sens_politique_zad.pdf
– Des dynamiques inhérentes aux mouvements de contestation : https://infokiosques.net/spip.php?article1575
– Un an après les expulsions, qu’est-ce qu’on fait encore sur la ZAD ? : https://zad.nadir.org/spip.php?article6586
– Que reste-t-il du champs des possibles ouvert par la zad ? (texte intégral) : https://nantes.indymedia.org/articles/45879
– Réflexions sur la zad : https://crimethinc.com/2019/04/23/reflections-on-the-zad-looking-back-a-year-after-the-evictions (traduction en français à venir)
– Zombie-walk à la Zad : https://lundi.am/Zombie-walk-a-la-ZAD
Emission de radio :
– Défendre la ZAD ? Oui, mais laquelle et comment ? : http://vivelasociale.org/les-emissions-recentes/107-defendre-la-zad
Documentaire :
– Rien à déclarer, rien à négocier, tout à recommencer : https://www.youtube.com/watch?v=TMw1dpEeSEE

Merci de votre attention,
D’autres Camilles

L’ucl : un parti du maintien de l’ordre

Publié le 2019-09-05 17:03:04

« L’ambiance a vite été délétère, entre les prêcheurs de l’insurrection immédiate d’une part, rejetant toute règle (vue comme arbitraire) et toute discussion avec les organisateurs du contre-sommet volontiers traités de « collabos » « 

même babar et guérin étaient moins cons

bon ca ne les pas empêcher d’être ou de cotoyer des ordures pour autant

bizou

Officialisation d’une nouvelle doctrine du maintient de l’ordre : par dessus bord !

Publié le 2019-09-05 17:05:05

Le 5 septembre, ouverture d’un squat à côté de Lyon.
La pref’ a décidé que ce soir là, tout le monde dormirai à la rue, et pour ça déploie les grands moyens :
Pas moins de 11 cars de CRS, la BAC, tout le touti, mais plus surprenant : plusieurs véhicules de pompiers, dont la grande échelle.

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Les pompiers n’en mènent pas large mais c’est vrai que depuis quelques heures, les flics patinent. La raison : les sans-abris sont montés sur le toit.
« Euh chef, y’a un blème, les gars sont montés plus haut encore, et l’échelle ne peut pas y accéder ! »
En effet sur le toit, grand et plat, se trouve un dernier petit étage d’a peine 6m² et sans parapet, sur lequel est monté tout le monde, ce qui le rempli à craquer.

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Les flics montent sur le premier toit et installent une échelle qui mène au dessus.
« Essayons de négocier : allez, euh, descendez, y’aura de la gardav’ pour tout le monde ! »
Seulement 3 personnes descendent, il en reste 23 en haut, et plutôt virulents.
Nouvelle technique : on monte et on secoue l’échelle qui sert de barricade aux insurgés; infructueux et dangeureux.
Les heures passant et les ordres de la prefécture n’ayant pas changés, les flics doivent bien s’y résoudre : il va faloir faire dégringoler tout ce petit monde, coute que coute.
Les pompiers installent alors un matelas d’atterrissage et c’est l’assault :
Simultanément sur plusieurs cotés, les CRS se ruent sur des échelles et balancent des coups de batons. Mais cela ne suffit pas à créer la panique, alors on sort les gazeuses. C’est enfin le mouvement de foule espéré, toujours sur 6m² à grande hauteur, les flics ordonnent entre deux coups de baton de se jeter dans le vide, en direction du matelas.
Dégringolade.

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https://archive.org/details/expulsiondeouf

On comptera quelques blessés, pour la plupart, tabassés une fois au sol. Et puis, un disparu à l’hosto. On espère le retrouver bientôt et si possible, pas au fond de la rivière.

Guipry-Messac (Ille-et-Vilaine) : Opposition incendiaire à l’extension de la ferme industrielle – 2 septembre 2019

Publié le 2019-09-05 20:53:07

Un camion-grue a brûlé dans la soirée de lundi 2 septembre 2019 sur le chantier d’extension d’une ferme industrielle de veaux, à Guipry-Messac, en Ille-et-Vilaine. Un projet qui est la cible d’une colère locale, désormais exprimée en acte.

L’engin a été retrouvé ce mardi 3 septembre au matin avec la cabine entièrement brûlée et l’avant du véhicule en grande partie détruit. Le feu se serait déclaré vers 22h30 ce lundi, d’après les gendarmes, qui s’orientent vers l’origine volontaire. 

Il faut dire que ce projet d’extension de la ferme-usine à Guipry-Messac, bled d’un peu moins de 7000 habitant.e.s au nord-est de Redon, est vivement contesté dans le coin. Gérée par la Cooperl, cette ferme industrielle enferme depuis février 2015 368 jeunes bovins et doit être agrandie pour en exploiter 800. « Ce projet a été approuvé par la préfecture, mais suscite la colère des habitants, qui craignent des nuisances pour l’environnement (pas que, bien évidemment). En février dernier, le conseil municipal a même voté contre le projet, mais son avis n’est que consultatif. »

En attendant, la société exploitante a embauché une société de gardiennage pour sécuriser le chantier qui est sous le feu des critiques.

[Repris de Ouest-France, 2 et 4 septembre 2019]

Quelque part en France : Destruction d’un agrainoir

Publié le 2019-09-05 22:38:04

Bite Back / mercredi 4 septembre 2019

Lors d’une balade en foret le dimanche 1 septembre, nous sommes tombé sur un site d’agrainage ( nourrissage au mais) de sanglier installer par des chasseurs.
Nous avons penser a nos nos amis a 4 pattes qui viendrais se nourrir ici le dimanche suivant (septembre 2019) jour d’ouverture de la chasse et serons une proie pour les chasseur.
Nous avons donc procédé à la destruction systématique de tout le matériel présent.

Nous ne faisons pas de compromis dans la défense de notre mère nature
Partout où les animaux sont en danger

Animal liberation front

[in english]

Athènes (Grèce) : Sur l’anarchie et ses spectateurs, depuis Exarcheia sous occupation

Publié le 2019-09-05 22:38:08

Anarchists Worldwide (NB : traduction assez libre) / mardi 3 septembre 2019

Beaucoup de choses se sont été perdues, au cours de la dernière semaine, dans le flot des nouvelles venants d’Exarcheia et de ses défenseur.euse.s. Un flot constant d’images et de textes à ce propos, impossibles à classer dans des simples récits pour les curieux. Pour celles/ceux qui résistent, il n’y a pas eu et il n’y aura jamais des questions de clarté. Ces images comblent l’écart entre passif et agressif. Entre ramper et totalité. Là où la haine nue, celle que la société bien-pensante éprouve pour ses démons, est placée sur un piédestal comme un flambeau de l’ordre. Ils/elles se rassemblent autour de sa chaleur pour ressentir le confort de l’autorité.

Les anarchistes, nous n’avons pas besoin de récits et d’expériences pour comprendre les conditions dans lesquelles la normalité fonctionne. Nous savons que l’uniforme et le fusil sont un symbole d’autorité pour les masses en situation précaire, qui préfèrent souvent la mort à la résistance, le confort plutôt que la liberté. En tant qu’anarchistes, nous désirons la liberté ! Notre ennemie, l’autorité, attend l’occasion de se manifester, quand notre existence devient incontrôlable. Et quand le monde s’enfonce dans le désordre, Exarcheia, symbole pour nous de ce qui est possible, se transforme pour eux en barricades.

Le temps peut apporter la justice ou au moins une once de vérité, mais dans le brouillard de la guerre, il n’y a que des côtés. Les individus qui ne se sont jamais posé la question d’agir contre l’autorité ne peuvent pas envisager la portée de cette situation. Certains voient des hommes armés qui entourent un quartier, qui vérifient les pièces d’identité et qui attaquant la foule, comme une occupation brutale ; d’autres le voient comme une dure nécessité pour l’ordre. Même le journaliste progressiste venant de l’élite intellectuelle ne peut voir que « les deux côtés ». Lorsque l’émeutier, un individu opposé à l’ordre, doit être puni, qu’il en soit ainsi, même si cela provoque des dommages collatéraux. Après tout, qui ne voudrait pas que la normalité soit maintenue ?

Même si, cette normalité, elle est tout sauf maintenue. Depuis une décennie, le monde connaît une dégradation continue des conditions de vie. L’effondrement économique du système bancaire en 2007 s’est transformé en une forme d’austérité répandue dans toute la planète. Ce système est insoutenable, à peine maintenu à flot par les aides financiers venant des pays riches. L’horloge s’est arrêté.

Le monde se dirige de nouveau vers la récession économique. Nous faisons face à une catastrophe. Exarcheia est un quartier qui promeut l’auto-organisation contre l’efficacité économique. La raison pour laquelle ils nous attaquent devrait être évidente, l’autorité n’a pas besoin de raisons complexes, juste de continuité. Et maintenant que leur confort commence à se réduire, Exarcheia et ses habitant.e.s sont considéré.e.s comme les ennemi.e.s indésirables de l’ordre. En tant qu’anarchistes, nous n’avons jamais nié cela ! La menace de l’anarchie grandit à mesure que leur ordre s’affaiblit.

Les forces qui appliquent l’ordre sont obsédées par les indésirables. La haine de l’individu est une précondition nécessaire à la totalité du contrôle. Et à l’intérieur de cette condition, il existe une échelle variable de niveaux de criminalité. Il ne faut pas s’étonner des attaques de plus en plus durs contre les personnes indésirables. Depuis toujours, ce n’est pas grand-chose qui différencie ceux qui brûlent les gens de ceux qui font respecter la loi. Ce sont habituellement les mêmes qui donnes les ordres ! La connaissance et la différence engendrent la dissension vis-à-vis de l’ordre. Pour eux, le diable n’est jamais seulement une idée. Qu’il s’agisse de femmes, d’étudiants, de réfugiés, d’anarchistes potentiels ou d’autres, les individus sont toujours à balayer.

Du coup, on passe la plus grande partie de la journée enfermé.e.s chez nous, nous déplaçant en groupes, regardant par-dessus nos épaules et en attendant ce qui pourrait arriver. Beaucoup de celles/ceux qui ont un travail ou une école en dehors des limites du quartier sous occupation sont contrôlé.e.s et bloqué.e.s quotidiennement. Faire face au harcèlement fait maintenant partie du fait de quitter le quartier et d’y entrer. Bien sûr, pour la société bien-pensante, ceux/celles qui sont désirables aux yeux de la loi peuvent passer librement. Les individus considérées comme différents doivent esquiver l’œil vigilant.

La guerre arrive donc dans nos rues et remplit nos nuits et, avec elle, l’œil du monde cherche à comprendre ce qui se passe. Mais il n’y a pas d’autre optique pour le voir, que notre idéal. Et cet idéal, l’anarchie, est la raison pour laquelle nous nous battons encore ! C’est à travers ces batailles qu’Exarcheia, qui bouillonne maintenant de résistance, va se répandre vers l’extérieur. La question est de savoir s’il est possible de l’arrêter. L’occupation totale peut-elle vaincre un idéal, un quartier et son histoire ?

L’État croit que par l’occupation constante et la brutalité, Exarcheia sera saignée de ses désirs. Cependant, cette stratégie n’a jamais pris en compte la condition qui, au début, leur a permis de commencer l’attaque. Le désastre économique à venir ! Nous devrions donc nous demander : qui va disparaître ? Celles/ceux qui désirent la liberté à tout prix ou bien un gouvernement qui fait déjà face à des conditions qui se détériorent et qui anéantissent ses propres plans pour ce quartier ? Comment sera-t-elle la situation, dans un mois ou dans un an, pendant d’une nouvelle crise économique ? Même s’ils ont raison des squats et s’ils frappent et arrêtent des centaines de personnes, qu’adviendra-t-il de leurs plans, alors que le monde lui-même est remis en question ?

L’avenir n’est pas écrit.
Pour la liberté, pour Exarcheia.

Exiled Arizona
2 septembre 2019

Leipzig (Allemagne) : De Connewitz à Exarcheia : Mort au capital, mort au fascisme. Une lutte, un combat !

Publié le 2019-09-05 23:43:04

de.indymedia.org / mercredi 4 septembre 2019

Barricades et flammes solidaires, envoyées de cœur à toutes les personnes qui luttent contre l’invasion fasciste d’Exarcheia. Nous ne nous arrêterons pas jusqu’à la victoire. No pasaran ! (A)

[NdAtt. : Connewitz est un peur le quartier « alternatif » de Leipzig]

Trottinettes, vélos électriques et… créativité destructrice

Publié le 2019-09-06 01:37:08

Pourquoi les trottinettes en free floating sont sabotées

Rebellyon / mardi 3 septembre 2019

Il y a plein de raisons de lutter contre l’envahissement de nos vies par ce gadget, et des moyens très simples pour enrayer le phénomène. Un feutre suffit.

Pourquoi saboter ces trottinettes ?

[NdAtt. : par simple haine de cette société, même de ses cache-misère « écolos »… et ce qui est dit pour les trottinettes vaut aussi pour les vélos électriques etc. On pourra voir que c’est une pratique bien établie, par exemple ici]

Donc le moyen le plus simple, c’est un coup de feutre bien opaque sur le QR code (ne pas oublier de masquer le numéro sous le QR code).

P.S. Si cela ne vous semble pas assez radical, il est bien sur possible de balancer la trottinette dans un 4X4, une vitrine de banque ou une permanence LREM par exemple.

Notes :

[1] Voir l’étude publiée par la North Carolina State University : hXXps://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/ab2da8

[2] Voir cet article de Bastamag : hXXps://www.bastamag.net/trottinettes-electriques-juicer-travail-uberise-Lime-Flash-Tier

[3] Comment auraient été effectués ces trajets en absence des trottinettes ? Réponse : 47% à pied, 29% en transport en commun, 9% à vélo. Et seulement 8% en taxi ou en voiture avec ou sans chauffeur d’après une enquête reprise par le blog d’Olivier Razemon : hXXps://www.lemonde.fr/blog/transports/2019/06/06/enquete-inedite-utilisateurs-trottinettes-electriques/

[4] Les trottinettistes sont légèrement plus aisés que la moyenne des habitants dans leur ville respective et on trouve parmi eux une forte proportion de cadres (53%) toujours d’après l’ enquête reprise par le blog d’Olivier Razemon

[5] Voir Reporterre.net, Les transports en commun gratuits, ça roule ! : hXXps://reporterre.net/Les-transports-en-commun-gratuits-ca-roule

[6] Les premiers vélo en libre service (VLS) étaient gratuits avant une vague de marchandisation dans les années 2000. Voir la page wikipedia sur les VLS

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Lyon : Vélo’vandalisme !

Le Progrès / lundi 8 juillet 2019

Depuis trois mois, les vélo’v sont victimes de dégradations majeures, les équipes de JCDecaux se mobilisent.
Plus de 1200 vélo’v ont été vandalisés dans l’agglomération lyonnaise sur un parc de 4 000 appareils. Du jamais vu pour l’entreprise JCDecaux. C’est au centre de réparation de Villeurbanne que sont retournés tous les appareils dégradés.
Au vue de l’ampleur de la situation, des vélos premières générations ont dû être remis en service. L’entreprise affirme avoir même embauché plusieurs intérimaires pour subvenir aux innombrables réparations. A cause des nombreuses commandes, toutes les pièces ne peuvent être livrées, retardant la remise en service des cycles. […]

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Région Parisienne – Le grand jeu : alimenter le cimetière des Vélib’

Le Parisien / lundi 8 juillet 2019

Dès l’entrée du grand hangar de Vélib’ à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le parking donne le ton : il est envahi sur une bonne partie de monceau de vélos, certains quasi à l’état d’épaves. « Et encore, il y a quelques jours, il y en avait deux fois plus », souffle Pierre Heyraud, directeur des opérations pour Smovengo, l’entreprise chargée de faire fonctionner les nouveaux Vélib’ depuis 18 mois.
Grâce à une nouvelle organisation et des recrutements, Smovengo a en effet pu augmenter sa capacité de collecte et de réparations de vélo. Une nécessité alors que Smovengo réinjecte de plus en plus de vélos (19 000 prévus à la fin du mois contre 13 000 aujourd’ hui), pour redresser la barre face, notamment aux demandes d’usagers et d’élus. […]

Mais si Smovengo s’est mis en ordre de bataille dans ses ateliers, c’est aussi pour absorber l’énorme masse de vandalisme dont sont victimes les vélos en libre-service. « Dans les autres villes où nous avons des vélos, à Clermont, Montpellier, Helsinki, Moscou, ils n’en reviennent pas. Personne ne connaît autant de dégradations », indique Pierre Heyraud.
A voir l’état de certains Vélib’ dans ces ateliers, on le comprend. Ces roues tordues, ces câbles arrachés, ces boîtiers sur les guidons fracassés ne sont pas juste les séquelles d’un usage intensif, ou le résultat d’un accident. Mais bel et bien d’un déchaînement de violences gratuites sur les vélos.
« On a l’impression que le grand jeu dans Paris, c’est de casser les feux arrière des Vélib’ », ajoute un autre cadre de Smovengo, dépité. Autres exemples de vandalisme affirmé et assumé : les vélos repeints, brûlés ou jetés à la Seine se comptent par dizaines.

Et parfois on perd leur trace : 600 à 1 000 vélos sont volés ou privatisés chaque semaine ! Smovengo en récupère une bonne partie pas toujours intacts, mais, en valeur nette, ce sont 100 à 300 vélos qui disparaissent purement et simplement chaque semaine. Pour les récupérer, des maraudes régulières sont effectuées par les équipes sur le terrain. Et Smovengo essaye tant bien que mal de sauver ce qui est possible sur ces vélos en piteux état.
« Ce phénomène de dégradations volontaires nous a un peu pris de court, reconnaît Pierre Heyraud. Cela ralentit notre capacité de réparation. Là où on pouvait réparer 400 vélos par jour avec 60 personnes, on n’en répare que 300. » Difficile toutefois de chiffrer précisément la part de vélos dégradés délibérément par rapport à ceux victimes d’une usure normale liés à un usage intensif (un Vélib’ fait jusqu’à 10 trajets par jour).

« Mon impression, c’est qu’environ 60 % des dégradations sont dues au vandalisme, poursuit Pierre Heyraud. On se fie aux nombres de réparations à faire sur un vélo. Normalement, c’est 3 ou 4 par vélo. Là, on en est à 8 ou 9 ». Et parfois même une quinzaine de pannes lourdes à réparer. C’est pour cela que Smovengo a recruté, en interne, une équipe de réparateurs spécialisés qui œuvrent toute la journée à Villeneuve-La-Garenne depuis le mois dernier.
Mais cela ne suffit pas toujours. « Parfois, nous faisons appel à des spécialistes de grosses réparations en externe, pour des opérations coups de poing pour réparer des centaines de vélos », explique Pierre Heyraud. Et ainsi vider le parking des épaves qui s’accumulent…

Nancy : Les équipements publics pris pour cibles

Publié le 2019-09-07 08:03:05

France Bleu / mercredi 4 septembre 2019

Plusieurs locaux ont été vandalisés dans la nuit de mardi à mercredi, à Nancy. « Un caillassage » selon le maire de Nancy. Les locaux de Radio Caraïb Nancy, de l’OMh (Office métropolitain de l’habitat), la mairie de quartier ainsi qu’une cellule détachée du Conseil départemental ont été endommagées, plusieurs vitres brisées.

« Les dégâts causés sont d’autant plus regrettables que ces institutions mènent des actions quotidiennes très positives et utiles pour les habitants du Plateau de Haye, je pense notamment aux services publics rendus par la mairie, aux nombreux projets culturels de RCN et au  travail de grande proximité de l’OMh en matière de logement« , déplore Laurent Hénart. La ville de Nancy a porté plainte. Selon la police nationale, l’enquête va notamment se concentrer sur la vidéosurveillance.

Lorient (Morbihan) : Le feu de poubelles sème la pagaille dans les commerces du centre-ville – 4 septembre 2019

Publié le 2019-09-07 08:04:06

On croit souvent que couper les communications des artères du pouvoir relève d’une technicité de spécialistes. Parfois, c’est pourtant plus simple qu’on ne le pense… simple comme des poubelles placées au bon moment et au bon endroit. Dans la bonne ville de Lorient (Bretagne), les distributeurs de billet des banques sont totalement hors service depuis le 4 septembre au matin, de même que les terminaux de paiement électronique des commerçants, sans compter les clients particuliers, et ce dans toute une partie du centre ville. Plus de billets crachés par les DABs et pas non plus d’achats possibles par carte bancaire, et ce grâce à un simple petit geste urbain à la portée de tout un chacun !

Le 4 septembre 2019, vers 6h du matin, juste avant que le soleil ne vienne éclairer une énième journée de servitude laborieuse, des noctambules en fin de nuit ont ainsi déplacé trois grands containers à poubelle traînant sur la place Anatole-Le-Braz. Oh, pas de beaucoup, juste de quelques petits mètres, afin de les poser tout contre le sous-répartiteur d’Orange – celui qui gère justement les lignes téléphoniques (près de 500) et internet – puis de les incendier.
Résultat, « Le feu de poubelles sème la pagaille au centre-ville », comme l’annoncent dépités les journaflics locaux, histoire de donner de bonnes idées à toutes celles et ceux qui passent régulièrement devant ces grandes armoires situées à tous les coins de rue. En début comme en fin de nuit…

[Repris de Ouest-France, 04.09.2019]

Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) : Attaque de la permanence du député LREM – 6 septembre 2019

Publié le 2019-09-07 08:04:14

Dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 septembre à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), la permanence du député LREM Jean-Pierre Pont a reçu de la visite: tags, vitres brisées et serrure de la porte d’entrée bouchée au sillicone.

« C’est un commerçant voisin de la permanence du député, rue Faidherbe, à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, qui a découvert les faits ce vendredi matin. Les vitres ont été frappées vraisemblablement à coups de batte de baseball selon le parlementaire : « Il y a un coup à chaque vitre pourtant c’est du triple vitrage. Tout est à changer ! » ajoute le député LREM qui a déposé ce vendredi matin au commissariat.

De nombreux tags ont également recouverts la façade : GJ pour gilets jaunes inscrits en lettres jaunes, ACAB (slogan anti-police pour « All Cops Are Bastards ») et « Rendez-vous le 21/09″ (qui est un appel national à manifester à Paris des gilets jaunes) »

Réaction du préfet du Pas-de-Calais

[Repris de France Bleu Nord, 06.09.2019]

Chilly-le-Vignoble (Jura) : Quand le maire joue la balance…

Publié le 2019-09-07 11:02:04

extraits de La Voix du Jura / vendredi 6 septembre 2019

Par deux fois en dix jours, des inconnus ont pris pour cible la voiture du maire de Chilly-le-Vignoble, près de Lons-le-Saunier. Celui-ci a dénoncé des incivilités sur sa commune. […]

Philippe Gricourt, le shérif… hem, le maire, avec sa voiture


« Ce sont quelques jeunes de 15/16 ans qui posent problème depuis deux ou trois ans », reconnaît le maire. […] Face à ces incivilités et dégradations à répétition, le maire ne baisse pas les bras. Il a déjà rencontré les parents des jeunes en question, mais, surtout, a porté plainte auprès de la gendarmerie. Aperçus par des témoins à proximité de lieux dégradés, les jeunes ont alors été entendus. Mais suite à ces auditions, par deux fois en dix jours, des « anonymes » s’en sont pris à la voiture du maire, stationnée devant chez lui, en brisant des vitres.
« Cette année, on monte en gamme », constate donc Philippe Gricourt. « Le local associatif a été fracturé, ma voiture est dégradée, j’estime qu’on a franchi une limite. »
Il espère donc que l’intervention des gendarmes va suffire à calmer le jeu, mais surtout, que le Procureur de la République donnera une suite au dossier. « Il faut une décision forte », conclut-il, estimant qu’une peine de travail d’intérêt général trouverait là tout son sens.

Namur, Belgique : Au sujet de l’exercice militaire ‘Celtic Uprise’, du 18 au 25 septembre 2019

Publié le 2019-09-07 11:03:06

Depuis des décennies, la France est l’un des principaux fournisseurs d’engins de mort aux quatre coins de la planète. Forte d’un complexe militaro-industriel florissant, elle mène très régulièrement des guerres, soutient des troupes irrégulières (comme par exemple celles du général Haftar en Libye) et s’entraîne aussi sur son propre sol… ou celui de ses voisins. Dans le cadre du programme CaMo (capacité motorisée) signé en juin 2019 avec un de ses partenaires privilégiés de l’Otan, la Belgique, elle a fourgué à cette dernière 450 blindés (382 transporteurs de troupes Griffon et 60 véhicules de reconnaissance Jaguar), qui lui seront livrés à partir de 2025. L’autre volet de cet accord est un renforcement du « partenariat stratégique » entre les forces terrestres françaises et belges, qui se traduit notamment par des entraînements communs. Quoi de plus banal jusque là, si ce n’est que les militaires ont décidé de s’entraîner non plus uniquement dans des casernes ou des centres dédiés* qui reconstituent des villes en miniature… mais directement parmi la population civile en effectuant des exercices grandeur nature.

C’est ainsi que plus de 1.000 militaires belges et français vont occuper la province de Namur (dix communes situées dans le triangle Walcourt-Hastière-Couvin) et le Hainaut (triangle Beaumont-Chimay-Froidchapelle) du 18 au 25 septembre prochains. Selon le major responsable, « Le but est d’initier la coopération militaire franco-belge en intégrant des unités des deux pays en milieu civil. Cela va aussi nous permettre d’échanger nos expertises et d’améliorer notre inter-opérabilité dans de nombreux domaines, comme les communications radio ou l’emploi des armes. » Oui, vous avez bien lu, l’objectif est de se mouvoir à grande échelle « en milieu civil » comme après les attentats de 2015, mais surtout d’y mener une opération visant à améliorer « l’emploi des armes ». Plus précisément, ce sont 150 véhicules et 600 militaires (moitié moitié de chaque pays) qui vont se déployer dans cette vingtaine de villages, plus 300 qui s’occuperont de l’encadrement (staff, évaluateurs, logistique) et… et… et… 100 militaires qui joueront le rôle d’insurgés ruraux, nommés pudiquement « opposants », en se planquant parmi la population.

Cette opération nommée « Celtic uprise » (« Insurrection celtique », Brexit obliqe) a pour scénario « un pays fictif en crise », et l’objectif des assassins en uniforme n’est plus simplement camouflé derrière de vagues prétextes humanitaires d’assistance à une population comme il y a quelques années, mais comprend cette fois officiellement « patrouilles, sécurisation de points sensibles » et bien sûr « actions anti-terroristes ». On sait depuis longtemps que l’armée se prépare à des interventions à l’intérieur des frontières européennes dans le cadre d’insurrections urbaines ou de guerrillas rurales, des scénarios d’ailleurs pris au sérieux jusque dans les projections de l’Otan. De notre côté, il est plus que temps de prendre au sérieux des propositions qui insistent sur la nécessité de s’en occuper dès maintenant** : cartographier avec soin les industries militaires et les entreprises technologiques, mais aussi tout ce qui est sensible pour le bon fonctionnement opérationnel de la domination : réseaux de communication, axes de transport, ressources et réseaux énergétiques, réserves stratégiques de matières premières et de nourriture ; développer des capacités techniques et des connaissances précises pour les mettre hors-service ; réfléchir dès aujourd’hui à des formes de coordinations informelles et développer des projectualités anarchistes tout court, valables en temps de paix comme de guerre, tant la distinction entre les deux n’est plus de mise…

[Reçu par mail]

* Comme le CENTAC (centre d’entraînement au combat) de 12 000 hectares situé à Mailly-le-camp (Aube), ou le CENZUB (centre d’entraînement aux actions en zone urbaine) de 6000 hectares situé à Sissonne (Aisne).
** Voir par exemple Hourriya, cahier anarchiste internationaliste n°5, « Rompre les rangs – Contre la guerre, contre la paix, pour la révolution sociale », octobre 2018, 168 pages

DAX, landes: le 9/09/2019 un Procès d ‘anti G7

Publié le 2019-09-07 13:15:06

Le couple de jeune landais arrêté en marge du G7 pour des destructions de radars, des tags et une pose de banderole sur un pont de l’A63, sera finalement jugé le 9 septembre prochain par le tribunal correctionnel de Dax. La jeune femme a été libérée après 3 jours de détention provisoire. Il leur est reproché d’avoir conjointement peint des radars à Castets, Mées et Saint-Paul-lès-Dax, d’avoir tagué sous un pont de Saint-Paul-lès-Dax un message « GJ + BB = ACAB », autrement dit : Gilets Jaunes + Black Blocks = ACAB, un slogan anti-police qui veut dire en anglais All Cops Are Bastards. et posé une banderole sur un pont de l’A63 à Angresse. Ces faits se seraient déroulés dans la nuit du 16 au 17 août 2019.

D’après les médias

« La zone d’exclusion s’étend de Dax jusqu’aux Pyrénées. Tous les hôtels et les campings sont inaccessibles car réquisitionnés du 15 août au 15 septembre ».( d’après :https://indar-beltza.org/)

note: solkidarité avec les inculpé-es.. Ce n’est pas vos cages qui n’arrêterons notre rage.

 

Elgin, Illinois (USA) : Un panneau en soutien à un assassin en uniforme peinturluré

Publié le 2019-09-07 13:16:05

Wild Insurgeny / lundi 2 septembre 2019

En monopolisant la violence, la police applique brutalement un ordre de soumission des masses à la loi. Alors que beaucoup réclament justice pour l’assassinat policier de Decynthia Clements*, certain.e.s d’entre nous n’ont aucun intérêt dans la simple « justice » : la police, le gouvernement, le capitalisme et la société sont tous des mécanismes de contrôle social qui interdisent la véritable liberté individuelle. Nous ne rêvons pas d’une société « meilleure », d’un gouvernement « juste » ou d’une police « non corrompue ». Que tous les policiers, y compris les membres de l’ « Association pour une police bienveillante et protectrice » et le lieutenant Chris Jensen, craignent des attaques au hasard. Certains individus ne veulent rien de moins que plus de flics morts et la destruction du monde carcéral qu’ils protègent.

Quelques délinquants

 

* Note d’Attaque : le 12 mars 2018, le lieutenant Chris Jensen, de la police d’Elgin, ville de la banlieue nord-ouest de Chicago, a tiré sur Decynthia Clements, la tuant. Les autorité de la ville ont récemment blanchi le flic assassin.

Hambourg, Allemagne : Des flammes pour SPIE en solidarité avec les trois du banc public – 4 septembre 2019

Publié le 2019-09-07 13:16:08

Feu pour SPIE comme geste de solidarité avec les trois du « banc public » et les quartiers rebelles

Sans doute que les espaces dans lesquels nous pouvons nous déplacer librement deviennent parfois plus étroits : à Hambourg, où les commissions spéciales annoncent dans la presse le prétendu succès de leurs équipes de surveillance, de leurs expertises de vidéo-surveillance, ADN et plateforme de dénonciation. Tout pour rétablir l’illusion de leur sécurité perdue lors de l’été d’il y a deux ans.

A Berlin où tout est censé être des nids de terreur dans lesquels les gens prennent leurs vies en main plutôt que de s’en remettre aux sociétés écrans et aux investisseurs. Et les médias présentent un sénateur à l’intérieur tel un pantin car celui-ci dissimule son armée de guerre civile plus démocratiquement que son prédécesseur.

A Athènes, où un gouvernement fasciste veut finalement mettre en œuvre les opérations de nettoyage social qu’attendent depuis longtemps leurs partenaires de l’UE et de l’OTAN. Afin que la ville devienne un énième paradis pour le tourisme et les investisseurs. Comme certains quartiers à Hambourg, comme certains quartiers à Berlin et comme partout, où la forme moderne du capitalisme ronge les quartiers des villes qui ne sont pas encore aussi ennuyeux que les domiciles exclusifs des élites.

Pour assurer sa domination, l’État s’appuie sur des entreprises qui se chargent de sales prestations de services. De plus, le serpent de feu de la révolte anarchiste dévore les traces de ces entreprises dans les zones controversées et détruit ce qu’il trouve.

Ainsi, dans la nuit du 4 septembre à Hambourg, nous avons détruit par les flammes un véhicule du célèbre prestataire de services des prisons SPIE dans le quartier de Wandsbeck.

Ce petit geste de solidarité va aux trois du « banc public », aux personnes qui défendent Exarchia face à l’attaque des flics et qui veulent faire des expulsions prévues à Berlin un désastre pour le gouvernement local.

Groupe autonome pour la lutte contre les entreprises de sécurité et les profiteurs des prisons.

[Traduction de l’allemand de indymedia, 06.09.2019]

Hambourg (Allemagne) : Le bruit des clefs et du métal

Publié le 2019-09-07 16:15:07

Lettre de l’un des compagnons emprisonnés à Hambourg

Parkbank Solidarity / vendredi 6 septembre 2019

Le bruit des clefs qui tintent, des charnières métalliques qui claquent les unes sur les autres, des serrures et des portes qui se verrouillent nous accompagne du le réveil, à 6h45 du matin, jusqu’à tard dans la nuit, quand les maton.ne.s font leurs rondes dans la cour, éclairée comme un stade. Il s’agit d’un bruit si omniprésent ici, qu’on a rapidement l’impression qu’une bande sonore industrielle tourne continuellement en boucle, en arrière-plan, et que, de temps en temps, elle devient plus calme ou plus forte.


Ici, quand les détenus travaillent, à un moment donné ils obtiennent « même » la clef de leur cellule. Une manœuvre qui a des fins de pacification, d’un cynisme qu’on peut guère surpasser. Comme beaucoup d’autres de ces agissement, qui vont dans le sens de la carotte et du bâton, cela fonctionne malheureusement très bien. Ça commence par des petites choses. Quand, par exemple, la cellule n’est plus appelée cellule mais « espace carcéral » ou, comme sur certains formulaires à remplir, « lieu de travail ». Cette logique est appliquée rigoureusement, ici. Ainsi, les sanctions habituelles, en dehors de la cellule de sûreté et du régime punitif, sont principalement l’annulation, par exemple, de l’« autorisation à travailler », de l’« autorisation à faire des achats » ou encore de l’« autorisation à louer une télévision avec abonnement à une chaîne », pour un prix élevé.

Je comprends que beaucoup de détenu.e.s désirent travailler, parce que c’est une possibilité de sortir de sa cellule ou de financer les achats nécessaires à la survie. Cependant, je pense qu’il est important de ne pas brouiller les frontières entre prisonnier.e.s et gardien.ne.s. Je trouve dommage que les maton.ne.s participent activement aux ainsi-dites « activités de loisirs ». De même, je n’aurai pas de conversations personnelles avec eux/elles juste parce que je suis obligé de partager un espace avec. Je ne suis pas ici de mon gré et elles/ils m’enferment une fois de plus chaque jours. Beaucoup trop souvent, j’entends dire ici : « Ils font seulement leur travail ». Ici, on ne peut pas être sur un pied d’égalité et je ne doit pas m’attendre à un traitement non hostile. Naturellement, il est trop épuisant et parfois dangereux de chercher en permanence un conflit ouvert avec le personnel pénitentiaire. Mais il est possible de limiter la communication aux nécessités techniques indispensables à la survie en ce lieu.

Comme partout, ici la responsabilité est déléguée, mais dans un lieu comme la prison, l’exercice permanent de la domination sur les autres personnes est très clairement visible. Quand, une fois de plus, un.e prisonnier.e.r se fait engueuler par un.e gardien.ne parce qu’il/elle doit poser une question très courante pour subvenir à sa (sur)vie ici. Quand une personne doit demander à nouveau, parce qu’elle n’a pas les connaissances linguistique pour comprendre les ordres, qui normalement sont donnés uniquement en allemand, rarement dans un anglais fantaisiste. Quand les gardien.ne.s deviennent alors agressif.ve.s et racistes, pour cacher leur propre ignorance. Quand les prisonnier.e.s sont escorté.e.s une fois par jour dans une cour pour y marcher en rond pendant une heure et ensuite enfermé.e.s dans leurs cellules pendant 23 heures.

Toutes les choses parfaitement normales et vitales, comme la stimulation mentale, le fait de voir des images, de pouvoir lire quelque chose, d’avoir une conversation avec une autre personne ou même simplement de recevoir des informations et des nouvelles du monde en dehors des murs, de savoir quelle heure il est, pour ceux qui n’ont pas de montre, sont présentées et traitées comme des privilèges dont la/le détenu.e devrait être reconnaissant.e.

Il n’y a aucune justification pour la prison, car même ceux/celles qui s’y trouvent à cause d’actes incompatibles avec une vie libre, ne changent pas ici. Chaque personne qui travaille à cette structure, que ce soit en tant que technicien.ne, médecin ou travailleur.euse social.e, apporte sa contribution au fonctionnement de l’ensemble, ferme la serrure derrière elle de sa propre main.

Un prisonnier
Hambourg, juillet 2019

Oh Pierre Gattaz, On a vendangé chez toi !

Publié le 2019-09-07 22:14:08

"En bon.ne.s gueu.ses.x donc, nous étions une grosse centaine ce samedi après-midi à venir reprendre ce que des générations de paysan.ne.s oublié.e.s ont bâti, lors d’un grand concours de vendange et foulage au pied des vignes de Pierre Gattaz."



A une heure au nord de Marseille, au pied des fôrets sêches du Luberon se tient une vallée au climat doux, à l’esthétique provençale préservée qui fait le bonheur des touristes et dans laquelle les millionnaires ont depuis des decénnies choisi de s’établir...

Si à priori leur présence n’est pas évidente quand on traverse la vallée, elle se fait sentir dès lors que l’on s’interresse à la vie des habitant.e.s. Fracture économique incommensurable, spéculation sur le foncier tant bâti qu’agricole, accaparrement des terres et privatisation des petites routes qui passent sur les terrains privés. Ici, la richesse ne ruisselle pas.

Quelques initiatives isolées de resistance ont bien eu lieu par le passé mais la puissance économique et les relations de pouvoir ont toujours fini par prendre le dessus, faisant peu à peu ressembler la vallée à un paradis de Jet-Setters où s’alignent domaines gigantesques, chateaux époustouflants et réceptions privées dont son exclu.e.s les gueu.ses.x.

En bon.ne.s gueu.ses.x donc, nous étions une grosse centaine ce samedi après-midi à venir reprendre ce que des générations de paysan.ne.s oublié.e.s ont bâti, lors d’un grand concours de vendange et foulage au pied des vignes de Pierre Gattaz.

Oh, Pierre Gattaz,
Espèce de gros naze,
On va vendanger chez toi !

Après une marche d’une vingtaine de minutes, accompagné.e.s par trois voitures de gendarmes dont les occupants n’avaient pas l’air de comprendre ce qu’il se passait, nous sommes arrivé.e.s devant les portes grandes ouvertes du château de Sannes, demeurre de Pierre Gattaz, dans lequel se tenait par hasard ce qui ressemblait à un mariage de classe supérieure.

Une fois notre pressoir installé, tout le monde s’est empréssé de vendanger, sous l’oeil médusé du chef de culture de Pierre Gattaz, un raisin blanc presque completement mûr qui une fois en bouche a ravi tout le monde, toutes classes d’age confondues. La gendarmerie de campagne, dépassée, a fini par s’impatienter un peu accablée par la justesse de notre action et au bout d’une demie heure nous avons du arrêter de vendanger. Une fois notre cuvée mise en bouteille, nous sommes donc reparti.e.s en chantant vers l’Etang de la Bonde ou le précieux jus a été distribué, avec force de tracts, aux passants. L’histoire ne dit pas s’il sera bu, vinifié, ou transformé en vinaigre blanc pour nettoyer les chiottes...

Oh, Pierre Gattaz,
Espèce de gros naze,
On a vendangé chez toi !

Un texte circulait alors pour expliquer les raisons de la colère, le voici ici reproduit.

« Ce domaine, c’est ma start-up du Luberon, que l’on crée à partir de zéro ou presque, en famille »

À Pierre Gattaz, ce retour à la terre, ce presque rien de 73 hectares dont 35 de vignes ne lui a coûté que 11 millions d’euros. À la tête d’une fortune de 400 millions, il a fait fortune dans l’électronique, la biométrie et la vidéosurveillance à latête de Radiall, en maintenant un lien constant avec les pouvoirs publics. En tant que président du Syndicat des industries de composants électroniques passifs, il considère que c’est à eux de nous faire accepter la généralisation de ces dispositifs, jusqu’à préconiser le bourrage de crâne dès l’école maternelle. Gattaz est élu président du MEDEF en 2007 où il a activement porté le rapprochement des hauts fonctionnaires avec le privé, la destruction du Code du travail et la réduction des impôts sur les sociétés. Ces mesures qui furent prises par François Hollande devaient l’être en échange de la création d’un million d’emplois. Ils ne le furent jamais. D’ailleurs, Radiall, ne créa elle-même aucun emploi, malgré plusieurs millions d’euros d’aide publique du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, dont l’essentiel du montant fut reversé aux actionnaires, c’est-à-dire à 87% à la famille Gattaz.

En 2016, à l’approche de la campagne présidentielle, dans une interview accordée aux Échos, Pierre Gattaz nie ne s’être jamais engagé sur ce million d’emplois, mais affirme cette fois qu’il est possible de créer 2 millions d’emplois si le gouvernement se plie à une nouvelle diminution des cotisations sociales (baisse de 90 milliards de prélèvements obligatoires), et supprime l’impôt sur la fortune et la loisur la pénibilité du travail...

Bref, dans le Lubéron, pourtant bien pourvu en riches, le ruissellement est un mythe. Prix du foncier prohibitif et écarts de richesses incalculables, non seulement l’implantation de milliardaires crée une augmentation vertigineuse du prix du foncier, mais elle augmente aussi la concurrence entre les habitants au détriment des solidarités locales. À mesure que fleurissent les panneaux voisins vigilants et que montent les scores du RN, la luberonnisation du territoire, c’est sa fuite en avant vers l’extrême droite alors qu’il est soumis à une surpression économique, foncière, immobilière et à une collusion entre riches et politiques locaux. Collusion qui a notamment permis à Pierre Gattaz de se faire bâtir une nouvelle cave, sans permis de construire et alors même que la commune avait décidé de ne plus en délivrer.

Paul Dubrule, lui, cet ancien maire UMP de fontainebleau, nommé dans les Panamas papers, cofondateur des hôtels Accor, dont Nicolas Sarkozy est un des actionnaires est à la tête de 42 hectares de vignes et de la cave La Cavale à Cucuron. Cet ancien sénateur UMP s’est expatrié en Suisse et estime avoir économisé ainsi près de 2,3 millions d’euros. Sa cave d’architecte, qui fait ressembler les caves coopératives du coin à des huttes de paille, reçoit régulièrement de grandes réceptions mondaines dans lesquelles nous ne serons jamais les bienvenu.e.s.

À Lacoste, c’est Pierre Cardin qui rachète une à une les maisons. Alors qu’il possède des théâtres, un palais à Venise, le palais des Bulles à Théoule, des châteaux situés dans les environs d’Avignon, à Lioux, Gordes, Bonnieux ou encore Goult, le propriétaire du Château du Marquis de Sade ne semble pas avoir de raison de s’arrêter de construire son paradis de milliardaire. À Lacoste, en plus d’une trentaine d’hectares de terres laissées en friche, il est propriétaire de quarante-sept, maisons inhabitées, dans lesquelles s’empoussièrent du mobilier de luxe, et ce alors que les habitant.e.s peinent à trouver des loyers abordables.

Les inégalités dans la vallée de la Durance nous ramènent à l’époque médiévale, avec d’un côté des seigneurs au niveau de vie hors du commun, transmissible de génération en génération et de l’autre, des familles, des paysans, des retraités, des jeunes qui galèrent. Des oubliés du grand capital qui vivent dans les zones d’ombres de la carte postale, parfois dans des cabanes et des caravanes dans les zones inondables de la Durance.

Mais les terres du Lubéron ne feront pas pousser des start-ups. Elles ne doivent pas non plus supporter les caprices de grands bourgeois qui après avoir fait fortune dans la finance, l’industrie, la technologie ou le luxe, prétendraient donner des leçons d’écologie à coup de parcours d’agrotouristiques et de dégustations pour la Jet-Set. Si ces gestionnaires de patrimoines, actionnaires et PDG en tout genre se mettent à produire de la farine avec des semences paysannes locales et faire du vin en biodynamie, ils ne nous trompent pas.

Les paysages tombés entre les mains de ces spéculateurs ont été façonnés par des paysann.e.s. De ces terres et ces fermes luberonnaises tant convoitées, celles et ceux-cis ne récoltent plus les fruits du travail mené depuis des générations. Quand bien même le foncier agricole n’atteint pas encore les prix qui sont pratiqués sur la Côte d’Azur, débourser 30 000 € pour un hectare de vigne est impossible pour de petits vignerons qui souhaiteraient s’installer dans la région. Ce fléau de la spéculation du foncier rend difficile pour beaucoup d’entre nous de se loger, avoir un bout de jardin.

Habiter la terre, la cultiver ne peuvent rimer avec spéculation immobilière et accaparement du foncier. Parce qu’il est désormais indéniable que se servir de la nature comme d’une ressource financière ne peut que nous conduire au désastre. Parce qu’on ne peut prétendre respecter la terre en la travaillant au bulldozer, en se faisant des jardins d’oliviers importés de Palestine, en construisant des palais luxueux pour déguster une nature sous vitrine.

Pourtant, les grandes marches pour le climat de cette année ne semblent avoir provoqué que stupeur et inaction du côté des pouvoirs politiques et économiques. Et cela ne rend que plus évidente la langue de bois avec laquelle ils prétendent nous gouverner, oscillant entre climato-scepticisme et greenwashing.

Même dans leurs retraites agricoles, ils n’ont pas de leçons d’écologie à nous donner. Faut-il encore rappeler que 50% de la population la plus pauvre est responsable de seulement 10% des émissions de CO2 dans le monde (étude d’Oxfam) ; les plus riches de leur côté rejettent 2 000 à 3 000 fois plus de carbone que les plus pauvres chaque jour. On peut ajouter que 70% des émissions de gaz à effet de serre sont le fait de seulement 100 grandes entreprises (rapport de l’ONG Carbon Disclosure Project).

Les occupations de rond-point et les révoltes des Gilets-Jaunes n’ont eu de cesse de rappeler, à ceux qui ont accumulé richesse et pouvoir, que le fossé qui nous sépare ne pourra être comblé sans une vraie justice sociale en ville comme à la campagne. Comme ils ne pourront convaincre des millions de personnes au SMIC toute leur vie de renoncer à leur retraite, à leurs droits au chômage.

L’accaparement des terres, ici comme dans le reste du monde, est l’une des principales causes de déplacements de populations. Ceux qui sont responsables des souffrances qui poussent des milliers de personnes à choisir l’exil sont aussi bien souvent impliqués dans des partis politiques qui par leur volonté de maintenir les frontières hermétiques, ont fait de la méditerranée un cimetière. Car si le racisme belliqueux de l’extrême droite est à combattre, le pragmatisme conservateur républicain des dirigeants capitalistes l’est tout autant.

Si la nature souffre tant, si les terres tombent en friche, s’il faut passer des heures dans les embouteillages pour perdre sa vie dans des jobs précaires et épuisants en mangeant des sandwichs même pas bios, si se loger y est inabordable, c’est bien parce que les palais fleurissent. Que ce monde dont l’extrême violence nous est imposée, c’est eux qui l’ont fabriqué. Nos riches et nos dirigeants, puisqu’ils travaillent ensemble, ne pourront plus bien longtemps cacher les désastres humains et écologiques dont ils sont à l’origine, leurs jets et leurs yachts derrière quelques hectares de vignes.

À celles et ceux qui ne vont pas au restaurant en hélicoptère, et qui n’ont pas mangé de homard avec François De Rugy.

Allons chercher notre part du gâteau, construisons un monde solidaire, égalitaire, sans riches.

Hambourg, Allemagne: Avec le coeur libre et les mains fermes- affiche en solidarité avec les trois du parc

Publié le 2019-09-08 08:51:10

Dans la nuit du 7 juillet 2019, trois anarchistes ont été arrêté.e.s dans un parc de Hambourg accusé.e.s d’être en possession d’engins incendiaires. Deux d’entre elles/eux se trouvent en détention provisoire, tandis que la troisième personne a été relâchée sous contrôle judiciaire. (plus d’infos sur parkbanksolidarity.blackblogs.org)

Pourquoi l’Etat paniquerait-il autant pour quelques litres d’essence non utilisés et un briquet?

Pourquoi l’Etat se sentirait-il menacé au point que ces matériaux basiques, simples et accessibles partout provoqueraient une pareille opération de masse: les enquêtes sont menées par le procureur général, des mois de détention provisoire, un spectacle médiatique de calomnie qui fête l’arrestation des trois « extrémistes » en en faisant un triomphe?

Pourquoi l’Etat devrait-il avoir peur de quelques allumettes fixées à un allume-feu, alors qu’il dispose d’un arsenal innovant en constante augmentation qu’il utilise sans scrupule, composé de technologie, d’infrastructures, d’armes, d’armées, d’une machine de propagande visant à créer consensus et confusion, une population dépendante et endormie par la consommation compulsive de l’inutilité?

Peut-être que ces outils simples, disponibles partout et à la portée de tou.te.s s’accompagne de quelque chose de bien plus fort qu’aucun homme d’Etat ni soldat ou scientifique ne parviendra à saisir: ce qu’un coeur libre et des mains fermes peuvent accomplir.

Nous vivons dans une démocratie totalitaire, qui nous accorde la liberté de consommer, d’avoir des opinions interchangeables, d’entamer un dialogue avec des forces opposées, de se créer une identité virtuelle, d’être indigné, de tout posséder, d’être quiconque tant que l’on reste pacifié. Ce qui n’est pas accepté, c’est la présence de celles et ceux qui sont incompatibles avec la liberté telle qu’elle est définie par l’autorité, qui crachent sur une liberté d’opinion vide et tolérée et qui s’emparent de la liberté pour mettre leurs idées en pratique.

Une liberté pour tout individu alimenté par des désirs, rêvant d’un monde sans oppression ni exploitation, sans guerre ni cupidité, sans profit ni hiérarchie. Les graines de ce monde germent lorsque la résignation se transforme en détermination, lorsque la misère devient le courage de vivre la tête haute; lorsque la force d’imagination grâce au savoir et à la créativité est transformée en réalité; lorsqu’on se décide de ne plus laisser continuer les atrocités commises par ce monde dans un silence complice; lorsqu’on se décide d’identifier les personnes et les structures qui sont responsables de ce cercle vicieux qu détruit et empoisonne tout ce qui touche au vivant; lorsque des individus décident de s’auto-organiser, seuls ou en petits groupes, afin d’agir contre ce qui cause la stérilisation de notre sensibilité.

Nombreuses sont les personnes qui ne se laissent pas déterminer leurs rêves par la domination, qui trouvent le moyen et les possibilités d’agir, de la façon et à l’endroit qu’elles veulent. Qu’il s’agisse de la révolte pendant le sommet du G20 ayant échappé au contrôle des autorités, du sabotage d’infrastructures des télécommunications, des incendies de postes de police ou d’attaques contre des entreprises qui tirent profit de l’industrie carcérale. Ces actes envoient des signes et de la force aux autres combattant.e.s et rếveur.euse.s. Ces échos de révolte ouvrent l’horizon vers un monde sans Etat qui contraint, humilie, asservit et enferme. Ces actes donnent de l’oxygène à la liberté.

Pour la révolte sociale !

Liberté pour tou.te.s !

[Traduit de l’allemand de indymedia, 06.09.2019]

A Montpellier, Rouen, Lille… C’est la rentrée des casses – 7 septembre 2019

Publié le 2019-09-08 17:25:05

Un peu partout, c’était la rentrée des gilets jaunes ce samedi 7 septembre, avec un appel à venir en parapluie et équipé d’un casque, en solidarité avec la révolte à Hong-Kong qui dure depuis de nombreuses semaines. Dans certaines villes, quelques groupes ont fait un bon usage du casque et du parapluie…

A Montpellier, entre 2000 et 3000 personnes se sont retrouvées en début d’après-midi place de la Comédie, répondant à un appel national des Gilets jaunes à converger dans la capitale héraultaise. Parmi la foule, 500 personnes ont formé un Black bloc, qui a tout de suite pris la tête de la manif. Le cortège a décidé de prendre la direction de la gare Saint-Roch, bloquée par de nombreux fourgons de CRS. Les premiers affrontements éclatent immédiatement, jets de canettes répondant aux lancers de lacrymo.

S’en sont suivies des tentatives d’éviter l’affrontement frontal avec les robocops en surnombre, préférant cibler les banques, la propriété des riches et les boutiques, comme celle de SFR qui perdra ses vitres. Une agence de la Banque Populaire se fait défoncer ses vitres par quelques parapluies mobiles sous l’acclamation de la foule.

Les commerces du boulevard Maréchal-Foch prennent cher, avec de nombreuses vitrines attaquées (assurances, boutiques télécoms…), des distributeur de billets fracassés et des poubelles en feu. Une voiture de la police municipale est même incendiée au bas de la rue Saint-Guilhem aux alentours de 15 h 30.

De nouveaux affrontements auront lieu à proximité de la préfecture, ainsi que sur la place de la Comédie, où les forces de l’ordre feront usage des canons à eau.

Vers 17h, la préfecture faisait état de sept interpellations, notamment pour des jets de projectiles – pavés et engins pyrotechniques. (Source: Midi Libre, 07 et 08.09.2019)


A Rouen, plus de 500 personnes se sont rassemblées à l’appel des Gilets jaunes de l’Ouest, alors que la préfecture avait décrété l’interdiction de manifester dans tout le centre-ville, ce qui a conduit à 111 verbalisations sur la journée, pour participation à une manifestation interdite dans un périmètre interdit. Les amendes s’élèvent de 135 à 700 euros.

« Une petite dizaine de personnes cagoulées a brisé la vitrine de l’Union nationale des propriétaires immobiliers de Seine Maritime (à côté de la rue de la République, quai Corneille) avec des barrières de sécurité. La vitrine est tombée et le local s’est retrouvé complètement ouvert.

Plusieurs autres vitrines de ce monde d’exploitation et d’oppression ont été détruites, comme celles de deux agences d’intérim, d’une agence immobilière et d’une banque. Le tribunal a lui aussi été attaqué et perdu quelques vitres.

Selon la préfecture de la Seine-Maritime, 26 personnes ont été interpellées pour « port d’armes, violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, participation à des attroupements et violences. » Un autre bilan à 18h15 faisait état de 18 interpellations pour les mêmes accusations. Une dizaine de poubelles qui ont servi de barricades ont été incendiées. Des jets de projectiles et cocktails Molotov ont également été observés. (Souce : Paris-Normandie, 07,.07.2019)


A Lille, près de 700 personnes ont défilé, entre le centre-ville et le quartier de Wazemmes, selon les chiffres de la préfecture. Des représentants des « gilets jaunes » en ont compté 1500, selon France Bleu Nord. « Quelques vitrines ont été brisées (notamment celles d’une banque de la place Cormontaigne) et des poubelles incendiées sur le boulevard Montebello. Deux manifestants ont été interpellés. »

Samedi 31 août, en pleine Braderie de Lille, le stand de La république en marche a été la cible d’“insultes et de violences” : un militant LREM aurait été blessé. Aux alentours de 18H00, Violette Spillebout, candidate LREM aux municipales de Lille, et Stanislas Guerini, délégué général du mouvement, se sont rendus sur le stand avec une délégation peu après l’inauguration du QG de campagne de la candidate. “Une quinzaine de personnes, alcoolisées et agressives ont jeté des projectiles et de la bière sur le stand”, a indiqué à l’AFP l’équipe de la candidate. “Nous avons appelé la police et nous ne sommes pas restés sur place”, a-t-elle ajouté. Selon la même source, il semble que ces violences “visaient le mouvement dans son ensemble plus que la candidate car le groupe avait déjà commencé à chahuter le stand dès le matin aux cris de ‘Macron démission’”. (Source : Huffington Post, 31.08.2019)

 

Brême, Allemagne : Revendication de l’attaque incendiaire contre un car de l’armée – 5 septembre 2019 [Mis-à-jour, 9 septembre]

Publié le 2019-09-08 17:26:12

Dans la nuit du 4 au 5 septembre, une patrouille de police a été attirée par quelques lueurs de flammes dans l’obscurité de la ville de Brême. Vers 02h45, les flics ont découvert un autocar de la Bundeswehr en feu, garé en plein centre-ville, sur le Breitenweg. L’incendie a été revendiqué sur internet [communiqué traduit en intégralité de l’allemand ci-dessous].

La police a évalué les dégâts à 15 000 euros. L’origine de l’incendie est clairement volontaire. Ce 8 septembre 2019, l’attaque a été revendiquée par des « anonymes » sur de.indymedia.org.

Le bus de douze mètres de long était orné de trois bandes aux couleurs du drapeau allemand, ainsi que l’inscription en énorme : « Bundeswehr. Wir. Dienen. Deutschland. » [« Bundeswehr. Nous. Servons. L’Allemagne »].


Désarmement nocturne dans le centre-ville de Brême

Nous savons que la seule chose qui soit plus forte que la tension vers la liberté, c’est la haine envers celles et ceux qui nous la prennent.

La gare centrale de Brême a été équipée de 52 caméras haute-gamme et d’un commissariat tout neuf. Les personnes qui ne correspondent pas à l’image assainie de consommatrices et de voyageuses sont harcelées, criminalisées et refoulées par les flics fédéraux et la police municipale. Même sous la coalition rouge-vert-rouge [1], la présence des flics continue d’augmenter.

Cette évolution n’est pas un hasard. A travers l’image de flics bien équipés et lourdement armés, nous devrions nous habituer à la force supposée du pouvoir de l’ordre étatique. Nous devrions ressentir la présence des uniformes comme quelque chose de normal, que ce soit celle de la police municipale, de la protection des biens et des locaux, des flics ou des soldats. Aussi normal que la publicité pour les assassins et les fascistes de l’armée allemande qui nous entoure chaque jour. Nous sommes censé.e.s laisser beaucoup de place aux flics dans nos têtes afin que nous soyons le plus contrôlé possible et que nos vies soient disciplinées.

Votre normalité tue !

Il s’agit de lutter contre cette normalité des autorités qui provoquent peur et culpabilité, celle des uniformes qui supposent une obéissance incorporée, celle des monstres de la technologie qui s’autonomisent et qui conduisent à une (auto)surveillance permanente. Cette normalité s’oppose à une vie auto-déterminée, à la mise sur pied de structures collectives et de projets non-commerciaux.

L’armée allemande (Bundeswehr) fait partie de cette normalité de merde qui tue, patriarcale et autoritaire. C’est pourquoi nous avons incendié un autocar de l’armée à la gare centrale (nuit du 4 au 5 septembre 2019).

Ce signal de fumée va aux personnes enfermées. Salutations solidaires aux :

trois de « banc public », aux trois de l’autoroute, au compagnon Loïc, aux 18 de Bâle, au compagnon de Zurich, Andreas Krebs, à Lisa.

Nous pensons à vous et continuons de mener nos luttes communes.

NdT:
[1] Coalition des trois principaux partis de gôche

[Repris de la presse allemande, 05.09.2019]

Bristol (UK) : Attaque d’un dépôt de carburant pour avions

Publié le 2019-09-08 20:25:06

Act for freedom now! / samedi 7 septembre 2019

Au cœur d’Easton [quartier populaire de Bristol, ville portuaire du sud-ouest de l’Angleterre; NdAtt.], à côté d’une école, dans un secteur résidentiel animé, entre une ligne de chemin de fer très utilisée et une autoroute, il y a suffisamment de carburant pour avions pour provoquer une explosion majeure. Le carburant pour avions contient plus de 2 000 produits chimiques. Une fois allumé, il a une capacité thermique beaucoup plus élevé que l’essence et peut brûler beaucoup plus longtemps. À Easton, il y en a 6 citernes blanches, chacune de 18 mètres de long.

On nous qualifie souvent de « terroristes », mais si nous l’étions, alors… boum ! Bye, bye ! Au contraire, nous avons décidé d’attaquer ces conteneurs avec de la peinture bleu foncé. Avec ce petit acte de défi, nous espérons souligner leur existence et le danger qu’elles représentent. Cette blague a également été faite comme contribution au débat et aux campagnes en cours sur l’expansion de l’aéroport de Bristol.

Cette énorme quantité de carburant pour avions est stockée au cas où il y aurait un jour une pénurie à l’aéroport. La réalité est que l’existence de ces dépôts pétroliers met en danger la vie des gens, chaque jour, dans le seul but que les entreprises puissent à tout prix poursuivre leur “business as usual”. S’il devait arriver quelque chose à l’aéroport de Bristol, ce carburant serait transporté à l’aérodrome de Filton. L’aérodrome de Filton est actuellement utilisé par le Service de l’air de la Police nationale, pour faire voler les hélicoptères des flics (les habitant.e.s de Bristol sont bien trop familier.e.s avec leur présence oppressante). Filton abrite également une grande usine Airbus, occupée en 2018. Airbus fournit des missiles, des composants d’avions de combat et d’autres technologies au régime turc.

Le Bristol Cable [revue et site internet d’information participative, basés à Bristol ; NdAtt.] a enquêté par le passé sur ces liens.

Le port et les docks de Bristol profitent depuis longtemps de l’esclavage, de l’armée et, plus récemment, de la distribution de carburant. Q8 Aviation a récemment célébré les 10 millions de tonnes de carburant pour avions qui ont transité par les quais de Bristol. Il y a un énorme réseau d’oléoducs qui partent de Bristol et qui ont été utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale pour la distribution de carburant. Le comédien Mark Thomas a commenté la volatilité et la précarité de tout cela. Les oléoducs forment un réseau sur toute cette île. Thomas a souligné l’utilisation de panneaux d’indication sur les terres agricoles dans le Sud-Ouest pour interdire de creuser (à cause des oléoducs). Ces panneaux sont encore visibles près d’Avonmouth et de l’estuaire de la Severn [là où il y a le port de Bristol ; NdAtt.] et les gazoducs sont provoqueront tôt ou tard un accident.

L’aéroport de Bristol a publié des plans d’expansion et veut doubler sa capacité (jusqu’à 12 millions de passager.e.s par an). Pour légitimer cette démarche, ils/elles ont utilisé une démarche de green washing, publiant une « Carbon Roadmap »  qui prétend que l’aéroport deviendra « neutre en carbone » d’ici 2025.

L’Amazonie est en feu et nous sommes en train de marcher comme des somnambules vers un désastre écologique sans précédent. Les prétentions de n’importe quelle entreprise d’être « neutre en carbone » sont une mauvaise plaisanterie au détriment de la planète. Ce n’est pas le moment de compenser les émissions de carbone.

Nous ne sommes pas Extinction Rebellion. Nous ne demandons rien et ne faisons aucune requête. Nous n’avons de comptes à rendre qu’à nous-mêmes. Nous ne pensons pas que notre action changera grand-chose, mais nous espérons qu’elle fera réfléchir les gens.

Solidarité avec la population indigène Mura à Canutama, au Brésil, qui lutte contre la destruction de l’Amazonie. Aussi, solidarité, tardive, avec les prisonniers anarchistes (pour la semaine d’action du 23 au 30 août), en particulier le trois de la Parkbank.

Indymedia Lille

Publié le 2019-09-08 23:03:05
Agression sexiste et hiérarchie des luttes à Bure
9 septembre 2019 18:17, par rados62


Traduction d’un article paru sur indymedia nantes

Déroulement d’une soirée triste dans une maison occupée à Bure
[NdT : En réalité, la Maison de Résistance a été achetée par le mouvement anti-nucléaire local et est gérée par une SCI composée du collectif Bure Zone Libre et du réseau Sortir du Nucléaire.].

Je ne sais pas comment écrire ce texte sans me laisser submerger par la tristesse. Mais je vais faire de mon mieux.

Le 31 août 2019, deux groupes dans lesquels je joue ont été invités à se produire à la Maison de Résistance à Bure. Depuis Liège, nous avions quatre heures de route aller et quatre heures retour.

J’étais vraiment excitée car je n’étais encore jamais allée dans ce lieu et nous allions jouer pour la sortie du fanzine Freakszine.

Je m’attendais à une belle fête et, à mon arrivée, j’ai commencé à jouer avec des gens qui improvisaient des chansons stupides pour rire. Je me suis sentie chez moi.

Quand le premier groupe dont je fais partie a commencé à jouer, je chantais du côté gauche. Les gens faisaient un pogo et laissaient à l’autre chanteur et à moi une certaine distance afin que nous puissions nous déplacer également. Une des personnes dansait trop près et m’a donné des coups de coude à plusieurs reprises en se rapprochant trop de moi. Je suis donc allée un peu plus loin et il est revenu deux fois en marchant sur mon câble (mon matériel perso) au point que j’ai dû remettre le micro en place. À un moment, son coude s’est trop approché de mes yeux et donc, à la fin de la chanson, je lui ai demandé de faire attention et de ne pas venir si près de moi.

Après ce concert, tout le groupe était content. J’étais près de la distro et le gars est venu me demander : « Pourquoi tu ne voulais pas que je fasse le pogo ? » Pendant que je lui répondais : « Je n’ai pas dit de ne pas faire ça, mais... », il est parti comme pour signifier que ce que j’avais à dire n’était pas important. Il est revenu aussitôt et a reposé agressivement la même question. Alors je lui ai répondu agressivement que c’était à propos de mon putain de câble et de son coude, et il est à nouveau reparti pendant que je parlais. Je lui ai dit que c’était une façon typiquement sexiste de réagir. Et là, le type est revenu me voir et m’a dit : « Alors tu es raciste ! »

J’étais choquée.

Il est parti, pour revenir ensuite et dire : « Désolé, je vais partir. » Il ne l’a pas fait. À la place, il m’a collée contre un mur en me traitant de RACISTE au moment où j’allais me chercher une bière avant de chanter avec le groupe suivant.

Les autres se préparaient sur la scène dans la pièce à côté de nous. Je lui ai dit qu’il était fou avec ce truc de me traiter de raciste dès que j’ouvrais la bouche pour dire que quelque chose n’allait pas dans son comportement. Il s’est approché très près de moi, comme s’il voulait me frapper. J’étais sûre qu’il allait le faire, mais j’ai décidé de rester et de lui faire face.

Au lieu de ça, il a craché trois fois sur le sol près de moi et, à chaque fois, il me disait : « Tu es raciste. »

Je lui ai dit : « Tu montres vraiment à quel point tu es un homme fort en faisant ça. » Là, il m’a giflée très fort et m’a poussée contre le mur. Il y avait du monde à côté, mes ami·es, à qui j’ai dit : « Hé, il m’a giflée ! »

Pendant que mes ami·es venaient pour prendre ma défense, je me suis précipitée dans la pièce voisine en comprenant ce qui allait se passer : les habitants de la maison sont venus le défendre et m’accuser d’être raciste !

Alors que mes ami·es tentaient de parler avec les gens, apparemment, gifler des filles, ça va, mais dire à une personne racisée qu’il s’est comporté comme un connard, c’est pas possible ! D’un coup, on était tou·tes racistes, alors que le gars, complètement bourré, frappait tout le monde, y compris ses colocs ou ses ami·es.

Certain·es d’entre nous ont essayé de discuter avec les personnes du lieu et, apparemment, le type est excusé parce qu’il est bourré, racisé et traumatisé, et à la Maison de Résistance il y a des gens qui disent que les Blancs (ils le sont tous eux aussi) n’ont pas à se défendre.

Cela m’a mise complètement hors de moi et j’ai foutu par terre leur savon, de la viande et du fromage qui traînaient dans la pièce, ainsi que des fanzines, tout en disant que ce n’était pas ce qu’ils proclamaient et que c’était violent.

J’ai vu le gars frapper mon ami, mon partenaire et une autre amie qui était venue avec nous, et elle n’est visiblement pas blanche. Puis j’ai vu un autre gars (blanc) se diriger vers mon partenaire en disant : « Tais-toi, je suis anti-Blancs. » J’ai demandé à tout le monde d’arrêter de discuter et de se dépêcher de partir !

G., l’organisateur, était en train de pleurer, alors je lui ai dit que ce n’était pas sa faute, mais qu’il ne devrait pas accepter que ces personnes puissent se comporter de la sorte.

Lui et d’autres habitants de la maison nous ont alors dit que ce n’était pas la première fois qu’il était violent. Et qu’ils étaient en colère contre lui, mais aussi qu’ils en avaient peur.

Ce n’est pas notre responsabilité si ce gars a eu une vie de merde et a été victime de discriminations. Cela ne lui donne pas le droit ni l’excuse de discriminer en retour et d’agresser d’autres personnes. Et être saoul est la pire des excuses possibles. Et dans ce cas, supposer que j’étais francophone et belge juste parce que le groupe est situé en Belgique pourrait aussi être qualifié de racisme.

Pendant que nous essayions de ranger les amplis, ce gars à qui on avait dit de partir est encore revenu vers moi, mais au lieu de me frapper, il a frappé la camionnette du groupe dans laquelle la chienne dormait. Elle a été terrorisée et a commencé à aboyer.

Devant tous ces faits, les habitants ont déclaré : « Nous n’avons rien vu ni rien entendu. »

Nous sommes parti·es vers minuit et avons dormi chez des ami·es après deux heures de route, avant de retourner à Liège le lendemain.

Une fois l’adrénaline de l’autodéfense partie, je ne pouvais plus respirer ni arrêter de pleurer en pensant mais WHAT THE FUCK, qu’est-ce qui se passe dans ce monde soi-disant anarchiste et activiste ! Ces gens font la guerre aux mauvaises personnes juste pour nous contrôler et pour qu’on se déteste les un·es les autres ; les gens inventent des histoires pour rabaisser les autres, des histoires fausses qui ne devraient pas exister, des mots faux, une rumeur qui devient de plus en plus grande... l’anarchie est morte !

J’ai des attaques de panique depuis que nous sommes parti·es et je déteste reconnaître que je suis faible.
Mais je veux parler de ce qui s’est RÉELLEMENT passé, comme beaucoup de gens pourront le confirmer, et dégager ce poids de mon cœur, qui m’empêche de respirer correctement depuis cette agression.

En appeler au racisme lorsque tu fais de la merde, que tu es sexiste et que tu es le premier à imposer de la discrimination violente dans un lieu, c’est vraiment, vraiment lamentable et irrespectueux.
Et nous ne comprenons pas que la plupart des habitants de la maison nous montrent que, pour eux, l’anti-racisme est une lutte plus importante que l’anti-sexisme.