Vive l'Anarchie - Semaine 36, 2019

Sommaire

Munich (Allemagne) : Le consulat de Grèce attaqué avec du bitume

Publié le 2019-09-10 08:53:06

de.indymedia.org / mardi 3 septembre 2019

Hier soir, nous avons attaqué avec du bitume le consulat de Grèce à Munich. Cela à l’occasion de la récente vague répressive menée par l’État contre les anarchistes et tou.te.s celles/ceux qui cherchent à vivre ensemble au-delà des frontières étouffantes des États.

Avec notre action, nous envoyons nos salutations à tous les squats d’Exarcheia qui ont été expulsés ou menacés d’expulsion, aux trois de la Parkbank, à Loïc, à tou.te.s les compas emprisonné.e.s et touché.e.s par la répression.

Détruisons les centres de retention !

Publié le 2019-09-10 08:54:03

Assemblée publique contre les centres de rétention administrative en IdF
Au CICP, 11 septembre, 18h



En janvier 2019, les prisonnier·ère·s de plusieurs centres de rétention pour étranger·ère·s (CRA) entrent en grève de la faim. Ils et elles se battent contre l’existence même de ces prisons pour sans-papiers, dénoncent des conditions de vie horribles et les humiliations quotidiennes, s’opposent à la violence raciste des flics et aux déportations.

À l’intérieur, les luttes, les résistances et les tentatives d’évasion et de destruction des centres ne se sont jamais arrêtées, ni en IdF ni ailleurs, malgré la répression menée par la police et par les tribunaux.

À l’extérieur, depuis janvier nous nous organisons pour soutenir les luttes des détenu·e·s, faire sortir leurs paroles et mettre en place des formes de solidarité concrète. Rassemblements, parloirs sauvages, manifs, etc., mais beaucoup reste à faire pour enrayer la machine à expulser, et enfin détruire les centres de rétention.

À bas les CRA ! Liberté pour tou·te·s, avec ou sans papiers !

Zurich (Suisse) : A propos du prisonnier qui collabore

Publié le 2019-09-10 08:55:07

Act fot freedom now ! / lundi 9 septembre 2019

En tant qu’ancien groupe de solidarité, nous mettons désormais publiquement fin à nos activités de solidarité et de soutien à l’encontre du prisonnier qui a été arrêté à Zurich fin janvier 2019. En ce moment, le prisonnier est toujours en détention préventive.

Cette personne a écrit une déclaration sur les accusations d’incendie criminel de plusieurs véhicules militaires à Hinwil (petite ville près de Zurich) et d’une antenne radio des services d’urgence de la police, à Zurich; une déclaration que nous ne pouvons pas soutenir.
Il a ensuite présenté cette déclaration au Parquet, lors de l’interrogatoire qui clôture l’enquête.

Tout d’abord, la personne a fait des déclarations qui pourraient être utilisées spécifiquement
contre le compagnon qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt internationale, depuis juillet 2016, pour ce même sabotage d’antenne radio de la police. Le prisonnier semble être au courant de la possible utilisation de sa déclaration à des fins d’incrimination contre le compagnon en cavale.

Deuxièmement, dans les deux cas, il adresse explicitement les soupçons vers ses
amis ou ses connaissances. De plus, il confirme et complète diverses hypothèses des enquêteurs et dans les deux cas il se présente comme innocent.

L’affirmation de son innocence, à elle seule, lui enlèverait déjà la solidarité révolutionnaire publique, parce que l’un de ses piliers – “ni coupable ni innocent” – est violé. Mais avec un aveu de cette ampleur et de cette nature, toute solidarité avec la personne emprisonnée devient impossible pour nous.

Entre autres, le groupe de solidarité ne lui enverra donc plus les lettres qui, par le passé, avaient été transmises par l’intermédiaire de la bibliothèque anarchiste Fermento.

Nous continuons à défendre les actes de sabotage qui font l’objet de ce procès, peu importe qui les a accomplis ; nous demandons à tou.te.s de ne pas tomber dans les spéculations et les ragots à propos de cette affaire.

L’ancien groupe de solidarité.
Début septembre 2019.

PS : Nous souhaitons beaucoup de force, de courage ainsi que des nerfs solides au compagnon en cavale.

Wimereux (Pas-de-Calais) : Au cas où l’antenne de téléphone est difficile d’accès … (6 septembre 2019)

Publié le 2019-09-10 08:56:05

[En milieu urbain, les antennes-relais de téléphonie mobile se trouvent souvent haut perchées sur les toits. A Wimereux (Nord), celle qui alimentait le bien nommé quartier du Baston se trouve au sommet d’un chateau d’eau. Cela n’a empêché des mains habiles de couper un de ses câbles le vendredi 6 septembre au petit matin, provoquant une coupure de la 3G pendant deux jours sur les réseaux SFR et Bouygues. Un sabotage local d’antenne-relais qui n’est pas le premier depuis le début de l’année, selon les journaflics locaux.]

L’article de La Voix du Nord, publié le 07/09/2019 (jadis payant):

« L’incident qui a provoqué la coupure de réseau a eu lieu vendredi matin », indique SFR. Un câble relié à l’antenne relais, situé à l’entrée du quartier du Baston à Wimereux, a visiblement été dégradé.
L’intervention, qui a eu lieu sur un château d’eau, n’avait pu être effectuée que ce samedi matin, alors que la coupure de réseau remontait à vendredi. Ce samedi après-midi, les techniciens de SFR étaient toujours sur place pour réparer les dégâts.

La raison de l’incident n’est pas encore connue mais selon SFR, il s’agirait probablement d’un acte de vandalisme. Le réseau Bouygues est également concerné, les utilisateurs se plaignant de son mauvais
fonctionnement.

« Ce n’est pas la première fois que ça arrive depuis le début de l’année », confirme une Wimereusienne. Les réparations ont pris fin ce samedi après-midi et le réseau a été rétabli vers 17 h 30″.

Montpellier (Hérault) : Solidarité active avec Farid [+ Justice et citoyens travaillent, 10.09.2019]

Publié le 2019-09-10 08:56:08

Montpellier : Farid, le gilet jaune casseur de banques, condamné à 2 ans et demi de prison en appel –

Farid, incarcéré à Villeneuve-lès-Maguelone depuis fin mars pour avoir cassé des vitrines de banques lors des manifestations montpelliéraines des gilets jaunes, a finalement été condamné en appel à trente mois de prison ferme, alors qu’il avait été condamné en première instance à trois ans ferme. […] Plusieurs policiers se sont déplacés au palais de justice pour entendre le délibéré, rendu le cinq septembre dernier.

Le soir même, des tags ont fleuri dans le quartier des Beaux-arts de Montpellier pour réclamer « liberté pour Farid » et dénoncer « une vie brisée pour trois vitrines ». Un distributeur automatique de billets a également été cassé. Un hommage certain à Farid, qui avait revendiqué lors de son procès s’en être pris aux banques « pour lutter contre le capitalisme ».

[Repris de lepoing.net, 09.09.2019]


Montpellier : la justice travaille, sous la collaboration des balances – acte 43 [Mis-à-jour, 10.09.2019]

[Difficile de suivre le cours des événements auprès des journaflics… Tantôt « un trentenaire » (libéré sans suite?), puis un « étudiant de 21 ans » condamné non pour l’incendie mais pour avoir détruit les vitres du véhicule de patrouille…]

Le jeune de 21 ans, accusé dans un premier temps d’avoir incendié le véhicule des cowboys de la mairie, a été arrêté lors de la manifestation samedi après-midi, place de la Comédie.
A l’issue de sa comparution immédiate, hier lundi, il est apparu qu’il n’avait pas jeté de cocktail molotov dans le véhicule de la police municipale stationnée rue Saint-Guilhem. En revanche, il en aurait détruit les vitres. Il a été condamné à 4 mois de prison avec sursis et à 210 heures de travaux d’intérêt général. L’auteur  de l’incendie n’a pas été identifié (en espérant que ça continue).

« Un autre manifestant, âgé d’une trentaine d’années, a été condamné à six mois de prison pour avoir lancé une pierre sur des policiers. Il a également l’interdiction de manifester pendant un an dans la région ».

[Repris de La Gazette de Montpellier, 10.09.2019]

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On apprend, en lisant la presse locale ce lundi 9 septembre, qu’un trentenaire a été interpellé samedi après-midi, lors de la manifestation des Gilets Jaunes et des saccages des Black blocs, dans les minutes ayant suivi l’incendie volontaire de la Dacia Duster de la police municipale de Montpellier, immobilisée, vide, dans la rue Saint-Guilhem, près du boulevard du Jeu de Paume. Depuis, il est en garde à vue au commissariat central, à la sûreté départementale de l’Hérault, mais, il nie farouchement toute implication. Il devrait être déféré ce lundi après-midi au parquet de Montpellier.

« Une source de la Ville de Montpellier jointe par Métropolitain évoque les circonstances de l’arrestation du suspect:
« Quand la voiture de la police municipale a été vandalisée à coups de marteau, pour briser une vitre latérale et que le feu a été allumé à l’intérieur, des témoins ont livré un signalement précis de l’incendiaire qui est parti à pied et transmis aussitôt à toutes les unités des forces de l’ordre présentes dans le centre-ville. Un individu correspondant au suspect, un trentenaire prénommé B****, a été localisé, alors qu’il venait de s’asseoir sur un bloc bleu anti-intrusion sur la place de la Comédie, en face de la rue Baudin. Alertés, des CRS en faction près de là ont procédé à son interpellation. Il a été remis aux policiers de la Sécurité publique ».

En plus de la voiture de police municipale incendiée, 21 vitres, portes et façades de boutiques, d’agences bancaires et immobilières ont été dégradées sur l’ensemble de la journée, selon la ville de Montpellier.

Quelque part en France : Sabotage d’un un élevage de perdrix

Publié le 2019-09-10 11:52:04

Bite Back / dimanche 8 septembre 2019

Dans la nuit du samedi 7 septembre en France, un élevage de perdrix a été saboté et des individus ont été libérés.

Nous sommes entré.e.s dans l’enclos en sectionnant le grillage et les fils électrifiés. Le filet surplombant l’enclos a été facilement et rapidement coupé à l’aide de cutters afin de laisser une grande ouverture pour que les perdrix puissent s’évader. Nous avons ensuite laissé une trace de notre passage en taguant le hangar : « ALF says hi » (Le Front de Libération Animale passe le bonjour) et « Hunters will be hunted » (les chasseur.euse.s seront chassé.e.s). Puis, nous avons dispersé les perdrix hors du hangar pour qu’iels puissent s’enfuir.
Iels étaient destiné.e.s à être vendu.e.s à des chasseur.euse.s pour être tué.e.s. Les chasseur.euse.s sont des assassin.e.s et il est urgent de tout mettre en oeuvre pour les arrêter. Trouvez un élevage et ouvrez leurs prisons, jusqu’à ce qu’iels soient tous.te.s libres.

[in english]

Hambourg (Allemagne) : Les cœurs brûlants ne se laissent pas enfermer

Publié le 2019-09-11 09:17:04

Parkbanksolidarity / vendredi 6 septembre 2019

Liberté pour les trois de la Parkbank

Dans la nuit du 8 juillet 2019, trois de nos compas et ami.e.s ont été interpellé.e.s lors qu’ils/elles étaient sur un banc public. La même nuit, plusieurs perquisitions ont eu lieu dans différents quartiers de Hambourg ; certaines personnes ont été sorties de leurs lits par des flics armés. Selon le bureau du Procureur général, les trois sont soupçonné.e.s de vouloir causer un incendie criminel. Le 9 juillet, les trois ont été déféré.e.s devant un juge. Pour deux d’entre eux/elles, il y a eu la détention préventive, tandis que le mandat d’arrêt de la troisième personne a été suspendu sous certaines conditions (elle doit pointer une fois par semaine et ne peut pas quitter le pays) et elle est dehors depuis. Un autre audience du Juge des libertés et de la détention, demandée par la défense, deux semaines plus tard, a été annulée. Il n’y a pas d’autre date prévue pour l’instant .

Magdeburg – fin juillet

A l’heure actuelle, l’ADN des deux prisonniers a été prélevé, à des fins de comparaison. La personne dehors n’a pas dû donner son ADN, parce que les traces présumées qui ont été trouvées sont d’un ADN masculin.

Les deux détenus vont bien, compte tenu des circonstances. Puisque les flics du LKA [Landeskriminalamt, un peu comme la police judiciaire française, propre à chaque Land allemand ; NdAtt.] sont présents à chaque parloir, celles-ci ont lieu deux fois par mois, pendant une heure, et dépendent du calendriers du LKA. Leurs appels téléphoniques (1 heures par mois) et leurs lettres aussi sont surveillés, écoutés et lus par le LKA, par l’administration de la prison et par le bureau du Procureur général. Par conséquent, il n’y a jamais un moment de communication privée entre les deux et leurs ami.e.s ou leurs familles. Il est clair ce que la prison est censée faire d’eux – mais ils gardent la tête haute et ont des contacts solidaires avec des codétenus.

La troisième personne se porte bien elle aussi, compte tenu des circonstances. Toutes les expressions de solidarité, venant d’ici ou d’ailleurs, lui donnent de l’énergie et de la force pour endurer toute cette merde.

Même si elle n’est pas en prison, le fait de sortir sous conditions est aussi une forme de privation de liberté. En particulier, l’obligation de pointer chez les flics leur donne une sorte de possibilité de disposer du corps d’une personne. Toutes les mesures coercitives, comme le bracelet électronique, l’assignation à résidence ou l’obligation de pointage, sont des instruments de l’État pour montrer clairement que l’on n’échappe pas à ce système et que, en apparence, l’on est à sa merci.

Quant à eux, la presse et les flics font toujours le lien entre l’accusation contre les trois et le sommet du G20. Il faut dire ici clair et net qu’il s’agit d’une construction des organes répressifs. Pourtant, on ne peut pas considérer l’arrestation et l’incarcération préventive des compas sans tenir compte de la situation particulière qui a suivi le G20 de Hambourg et l’ambiance actuelle dans la ville. Après la défaite concrète de la police, dans la rue, lors de ces jours de juillet 2017, a suivi une contre-attaque médiatique et officielle, de la part des politiciens et de la police, sous la forme de plusieurs enquêtes publiques, de la création de la cellule de la police chargée d’enquêter sur le black bloc, etc., ce qui ouvre la voie à une campagne de dénigrement politique et juridique. Afin de rendre possibles et de mettre en œuvre les « jugements sévères » exigés par les politiciens, ils créent à dessein un climat de division, de dépolitisation et de délation.

Les autorités chargées de la sécurité de l’État et les services d’enquête disposent à la fois de fonds supplémentaires et d’une grande marge de manœuvre pour passer au crible et pour attaquer les structures radicales présentes en la ville. Observations, vidéosurveillance, logiciels de reconnaissance faciale… cette liste pourrait être poursuivie longtemps. Et nous devons partir du principe que ces méthodes sont à nouveau utilisé en ce moment.

Cette description de la situation ne doit pas être interprétée, à tort, comme une complainte. Si nous menons des luttes et des mobilisations couronnées de succès, il y aura toujours une réaction de la part de l’État. Cependant, le besoin de vengeance de l’État est toujours là et il ne répond pas seulement à des actes (présumés) ; les enquêtes et la répression de tout mouvement antagoniste, ainsi que la criminalisation des idées libertaires se poursuivent toujours. Il y a donc des procès qui continuent et d’autres détenus – comme le « processus de la Elbchaussee » [pour un épisode des émeutes qui ont eu lieu lors du G20 de Hambourg ; NdAtt.], ainsi que le gros procès, annoncé pour la fin de l’année, contre les camarades du Rondenbarg-Komplexe [un autre moment de ces journées-là ; NdAtt.]. Montrez votre solidarité et ne laissez pas les accusé.e.s seul.e.s, aussi dans ces cas-là !

Cette situation post-G20 est entourée par une ambiance autoritaire et par un glissement vers la droite en toute Europe. Enfermement à l’extérieur et répression à l’intérieur, l’appel de plus en plus fort pour le « law and order », des lois spéciales comme la nouvelle loi de police des Land, des camps pour l’internement des réfugié.e.s, la militarisation de la société… tout cela rend nos luttes de plus en plus urgentes. Alors ne perdons pas le courage ! Nous nous retrouverons là où la résistance défie l’ordre dominant !

La lutte contre les prisons et le système pénitentiaire ne peut être considérée séparément de la question sociale. Non plus séparément de la logique sociale, qui se fonde sur la domination et l’autorité, sur la discrimination, la concurrence, l’exploitation et l’injustice. La prison est l’un des nombreux éléments plus ou moins clairs et perceptibles d’un système de structures de domination qui se soutiennent, se conditionnent et se légitiment mutuellement. Il en découle donc une logique qui fait que la majorité des détenu.e.s sont des personnes pauvres et/ou non blanches.

Les lois et les règles, adoptées par une minorité pour le reste du monde, prétendent dicter ce qui est faux et ce qui est juste, qui et quoi protéger, ainsi que celles/ceux qui doivent être puni.e.s. Selon la logique de l’État, il faut se soumettre à ces normes.

Ça nous est égal que les trois compas, ou d’autres prisonnier.e.s, soient considérés « coupables » par les sbires de l’État. Ce que nous savons, c’est que les dirigeants du monde entier ont toujours envoyé des personnes en prison à cause de leurs idées. Les personnes qui se trouvent sur leur chemin parce que désagréables, inadaptés ou antagonistes, qui s’opposent à ce système et celles qui entravent et dénoncent leur soif de pouvoir.

Les prisons fonctionnent à plusieurs niveaux. D’une part, elles devraient servir d’exemple dissuasif pour l’extérieur et, au même temps, montrer le « succès » de l’État dans la lutte contre ses ennemi.e.s. De l’autre côté (des murs), la taule doit briser les individus, les rendre obéissants et dociles ou simplement les enterrer vivants, si besoin. Par conséquent, elle devient la copie conforme de la normalité : la cellule s’appelle alors « espace de détention » et la promenade « heure libre ». Il fait masquer ici le fait qu’il s’agit de l’exercice direct de la domination : cette cellule où on est enfermé.e.s 23 heures, à tourner en rond. En plus de ces fonctions de garantie de l’autorité, la prisons sert aussi, dans la même mesure, les intérêts du profit capitaliste. Ainsi, par exemple, en prison on produit à bon marché en exploitant les prisonniers et cela est présenté comme « ré-socialisation ». Mais l’augmentation rapide du nombre de nouvelles institutions d’enfermement, que ce soit, pour rester près d’ici, l’expansion de la « zone d’attente pour sans-papiers» de l’aéroport de Hambourg, où la prison pour sans-papiers prévue à Glücksstadt ou encore à la nouvelle prison pour jeunes en annexe à la prison déjà existante à Billwerder, légitime de plus en plus de prisonniers. Cela permet notamment de maximiser le profit et la domination et va de pair avec l’expansion du contrôle social, qui s’effectue principalement par l’intermédiaire du développement de la technologie.

Une chose est claire : les prisons ne rendent pas les gens meilleurs. Elles ne contribuent pas à résoudre les conflits et les problèmes sociaux. Nous sommes bien conscient.e.s que la destruction et la disparition de ces personnes ne signifie pas l’absence de conflit social. Nous serons forcé.e.s de nous affronter, aussi sur des sujets difficiles et durs. Mais c’est précisément cette confrontation et cette rencontre qui font partie d’une vie et d’un monde basés sur la liberté et la solidarité, plutôt que sur l’argent et le profit.

Cela nécessite l’auto-organisation au lieu des frontières et des voix électorales. Dans la tentative de mener une vie sans domination, mais autodéterminée, avec l’objectif de la liberté pour tou.te.s. Pour cela, nous avons besoin de relations nouvelles et différentes, libérées des contraintes et de la logique des dominant.e.s t des domin.é.s. Et nous disons clairement que non, nous n’avons pas de plan directeur. Mais nous nous préoccupons avant tout de l’élaboration commune de nos idées – et nous pensons que cela n’est pas un processus facile. Néanmoins, nous devons nous demander quelles attentes nous voulons vraiment satisfaire et ensuite nous battre pour les rendre possibles. Ce chemin est difficile et demande du courage, mais il porte peut-être aussi avec soi la découverte de nouvelles affinités.

Ce qui nous aide, ce sont la solidarité et l’entraide, à la place de la concurrence et de l’exclusion. L’objectif est un monde dans lequel peu importe la couleur de notre peau, notre sexe, d’où nous venons ou ce que nous possédons. Oui, nous rêvons et nous nous battons pour un autre monde, parce que nous ne voyons pas d’autre chemin possible et nous remarquons déjà maintenant, à petite échelle, quelle force nous pouvons déployer avec nos cœurs et notre passion pour la liberté, qui sont plus forts que leur répression.

La répression a toujours pour but d’effrayer, d’isoler, de paralyser et de séparer. Nous ne voulons pas faire semblant de ne pas avoir peur, comme si nos vies n’étaient pas touchées. Mais il n’y a pas que ça. Parce que le fait de faire face à toute cette merde signifie aussi, d’un autre côté, des moments de cohésion et de soutien d’où jaillit une force qu’on a jamais vu. Nous sommes plus proches l’un.e de l’autre, nous nous soutenons quand nous avons peur, nous rions ensemble, nous recevons du soutien depuis des milliers d’endroits et nous ne nous laissons pas réduire à l’impuissance. Nous restons en colère et combatif.ve.s. Et même s’ils manquent deux personnes à nos côtés, parfois de manière incroyable, elles sont toujours avec nous. Dans les choix que nous faisons et dans les luttes que nous continuons à mener. Ne pas les avoir avec nous crée un gros vide dans nos cœurs, les savoir en prison nous met incroyablement en colère. Ce qui nous met en colère, ce sont aussi les flics, qui se collent aux gens comme des mouches à merde, en essayant de rendre plus excitante leur vie pathétique, ennuyeuse et asservie, en nous observant. Que peuvent-ils voir ? Peut-être la solidarité incroyable, dont nous faisons partie, ainsi qu’une humanité qu’ils ont perdu depuis longtemps. Que ce soit les timbres qui nous sont offerts en cadeau au tabac lorsque le « vendeur » voit où est envoyée la lettre ou les nombreuses personnes qui, par des si différentes manières, nous offrent et nous expriment du soutien.

Les nouvelles, les salutations et les différents actes de solidarité qui nous sont parvenues nous ont souvent bouleversé.e. et nous ont toujours donné de la force. Cette solidarité nous a aidés au cours des premières semaines, souvent chaotiques, et nous a montré que nous ne sommes pas seul.e.s à nous battre. La solidarité signifie beaucoup de choses, mais aussi, toujours, l’attaque contre l’existant et la poursuite de luttes et des projets.

Nous envoyons une salutation aux compas qui ne peuvent pas être à nos côtés et leur assurons qu’ils/elles seront toujours avec nous. Nous ne sommes pas seul.e.s. Vous trois, vous n’êtes pas seul.e.s.

Une autre salutation va à tou.te. celles/ceux qui se trouvent dans des situations similaires, partout dans le monde, où que vous soyez !

Ils peuvent nous prendre nos ami.e.s, mais pas nos idées.
Feu à toutes les taules ! Liberté pour les trois de la Parkbank et pour tou.te.s le autres prisonnier.e.s !

Collectif de solidarité avec « les trois de la Parkbank »
parkbanksolidarity.blackblogs.org

 

Cliquer pour télécharger ce texte en format tract (en allemand).

Liberté pour Vincenzo — ni prison ni extradition

Publié le 2019-09-11 09:18:04

Rassemblement solidaire et musical : samedi 14 septembre de 16 à 18 heures – place Henri Malberg (ex-place des Grandes Rigoles), M° Jourdain.



Arrêté le jeudi 8 août à Rochefort-en-Terre, Vincenzo Vecchi est sous le coup de deux mandats d’arrêt européen (MAE) et détenu depuis à la prison de Vezin-le-Coquet près de Rennes.

Nous, Comité de soutien de Vincenzo, exigeons l’arrêt de la procédure de renvoi vers l’Italie et sa remise en liberté !

Vincenzo a participé en 2001 au contre-sommet du G8 à Gênes et en 2006 à un rassemblement non autorisé s’opposant à la tenue d’une manifestation fasciste autorisée à Milan. La justice italienne l’a condamné à 12 ans et 6 mois de prison, pour avoir participé à ces deux manifestations.

Durant les manifestations de Gênes et après, la répression policière fut très forte avec de multiples arrestations, des centaines de blessé·e·s et un militant tué par balle dans la rue. Des actes de torture eurent également lieu au sein de l’école Diaz. Par la suite, une dizaine de manifestant·e·s ont été arrêté·e·s et condamné·e·s à des peines de prison lourdes (8 à 15 ans fermes) sous le chef d’inculpation officielle de « dévastation et saccage », baptisé·e·s depuis les « 10 de Gênes ». Vincenzo en faisait partie. Devant cette inculpation injuste et disproportionnée, il décide d’échapper à la prison et arrive alors à Rochefort-en-Terre, dans le Morbihan.

Face à cette arrestation, un comité de soutien à Vincenzo s’est créé, impulsé par ses ami·e·s, voisin·e·s, camarades ; rejoint depuis par d’autres comités de soutien dans différentes villes ailleurs en France et en Italie !!! Après la première audience devant la cour d’appel de Rennes qui s’est tenue le 14 août, les avocat·e·s de Vincenzo, accompagné·e·s par le comité de soutien ont obtenu de la cour qu’une demande d’information supplémentaire soit faite à la justice italienne afin d’obtenir les documents officiels issus des procès qui ont condamné Vincenzo, demande confirmée lors de l’audience du 23 août. En effet, les dossiers aux mains des avocat·e·s sont incomplets et questionnent la légitimité même de la condamnation ! La justice italienne a jusqu’au 10 octobre pour fournir ces documents !

Le comité de soutien a également soulevé que le mandat d’arrêt européen (MAE) concernant la condamnation pour la participation au rassemblement antifasciste de Milan est une grossière manipulation. En effet, grâce aux avocats italiens, la preuve est faite que Vincenzo a d’ores et déjà effectué la peine pour Milan. La justice italienne ne pouvait pas ignorer la décision de la cour d’appel de Milan de 2009 qui certifie l’exécution de la peine. Or le MAE ne peut pas être demandé pour une peine déjà effectuée. Celui-ci est donc caduc et nous attendons que la cour d’appel casse ce Mandat ! De plus le MAE de Gênes est incomplet et inconsistant comme l’ont reconnu la cour, l’avocat général et les avocats de la défense. Le Comité de soutien exige donc que les deux mandats soient cassés et qu’ainsi Vincenzo Vecchi soit libéré !!!

Pour l’heure, Vincenzo est toujours détenu à la prison de Vezin-le-Coquet, une demande de liberté conditionnelle a été faite et la décision sera rendue le 26 septembre ! Dans l’attente de cette prochaine échéance, nous restons mobilisé·e·s !

Vincenzo a été condamné comme les 9 autres inculpé·e·s pour avoir manifesté, exprimé ses idées ! Cela aurait pu arriver à n’importe qui d’entre nous !!! Ainsi face à la répression croissante portée envers les manifestant·e·s en Italie, comme ailleurs, nous exprimons notre solidarité avec les 10 inculpés de Gênes et plus largement avec toutes les personnes réprimées pour avoir défendu leurs idées ! Ne restons pas seul·e·s — montrons que face à la répression, la défense collective est la meilleure des solidarités !

Nous appelons ainsi toutes les personnes qui le souhaitent à manifester leur soutien à Vincenzo ! Tou·tes ensemble, exigeons l’arrêt de la procédure de renvoi et sa remise en liberté !

Solidarité avec les inculpé·e·s de Gênes et de Milan !

Halte à la répression policière et judiciaire !

PROCHAINES MOBILISATIONS

Rassemblement solidaire et musical : samedi 14 septembre de 16 à 18 heures –
place Henri Malberg (ex-place des Grandes Rigoles) M° Jourdain

mercredi 25 septembre : appel des comités de soutien de France et d’Italie à se mobiliser – détails à venir prochainement


Restez informé·e·s : www.comite-soutien-vincenzo.orgFB @soutienvincenzo comite.soutien.vincenzo@gmail.com

Chillán, Chili : Engin explosif désactivé à la caserne de la PDI quelques heures avant la venue du président Piñera – 20 août 2019

Publié le 2019-09-11 17:57:05

Au petit matin du 20 août 2019, un engin artisanal suspect attire l’attention du dispositif de sécurité qui se mettait en place dans l’attente de la visite du président Piñera.

A l’extérieur de la principale caserne de la PDI [police d’investigation], dans la rue Vega de Saldías, qui jouxte un poste de police en plein centre de Chillán, un engin explosif avait été déposé, au départ sans éveiller aucun soupçon.
Après un certain temps, la police parvient à détecter l’engin, composé d’un extincteur rempli d’un kilo de poudre noire et activé par un système d’horlogerie qui semble ne pas avoir fonctionné ou que la police aurait réussi à désactiver.

Des agents du GOPE [groupe d’opérations de police spéciales] et différents services de police sont rapidement arrivés sur les lieux pour analyser les caméras et l’engin.
Le ministre de l’Intérieur, Chadwick, a lui-même indiqué à la presse : “un engin explosif a effectivement été placé contre une caserne de la police judiciaire, mais a été détecté à temps et donc désactivé (…) je n’ai pas encore pu connaître le résultat des expertises (…) quant à son ampleur ou sa puissance, je suis dans l’attente des expertises pour me faire une idée”.
Jusqu’à présent, aucun groupe n’aurait revendiqué avoir déposé l’engin explosif.

[Traduit de l’espagnol de Noticias de la Guerra Social, 25.08.2019]

Uruguay: 6 personnes arrêtées lors de la manifestation contre UPM et ses déprédations – 5 septembre 2019

Publié le 2019-09-11 17:57:13

Petite chronique à la hâte

Le jeudi 5 a eu lieu la manifestation prévue contre l’ingérence de l’entreprise UPM dans l’éducation. Vers la fin de la manif, des affrontements se sont produits contre les forces de l’ordre. Apparemment, selon des témoins, un flic s’est approché en demandant à se battre en “corps à corps” avec les manifestant-e-s. Rapidement, d’autres anti-émeutes sont venus à la rescousse, commençant leur sale boulot et les échanges avec les forces de l’Etat ont impliqué des balles en caoutchouc, des matraquages puis quelques arrestations. Cinq personnes ont été arrêtées lorsque la police a dispersé les manifestant-e-s. Juste après, divers-e-s solidaires se sont retrouvé-e-s en différents endroits pour voir la situation des personnes séquestrées et la réponse à y apporter. Après avoir trouvé des possibilités d’avocats, les lieux où étaient les détenu-e-s et s’être organisé-e-s, diverses personnes solidaires sont allées au commissariat n°7 où se trouvaient les détenu-e-s. Là, sous le regard nerveux des keufs, elles ont exprimé leur solidarité avec les compas à l’intérieur. Accompagnées par des chants constants et les allées-venues des patrouilles, elles sont restées là jusqu’à ce que sorte l’un des compagnon-ne-s dont on prévoyait qu’ils le relâcheraient.

Après la sortie du compa, et sachant que les autres passeraient le lendemain matin au tribunal [pour déclaration] où il était prévu de se rassembler, plusieurs personnes ont commencé à partir et les flics ont profité de la situation pour attaquer les solidaires, à ce moment-là en moins grand nombre. Deux compagnon-ne-s ont été arrêté-e-s, et à l’intérieur les flics se sont vengés sur elle et lui. Après une journée entière passée enfermé-e-s et malgré les coups et les menaces, les compas sont sorti-e-s et ont repris l’activité pour les autres qui se trouvaient toujours dedans. La situation des quatre détenu-e-s dépend maintenant du juge et on attend la décision pour l’après-midi. Plusieurs personnes solidaires se sont rassemblées devant le tribunal attendant et soutenant les détenu-e-s.

S’ils touchent à l’un-e, ils touchent à tou-te-s


La simplicité des choses

Le sujet reste la dignité. Qu’ils ne peuvent arrêter celles et ceux qui défendent les rivières, celles et ceux qui défendent la terre face à l’Etat, au capital et à toutes leurs forces…

Le sujet restera leurs airs ébahis face à tant de gens devant les commisariats ou les tribunaux. Leurs faces en colère car, malgré les compagnon-ne-s menacé-e-s et tabassé-e-s, personne n’a reculé. Leurs airs perplexes à la vue de tant de personnes solidaires revenant au même commissariat où elles ont été attaquées pour venir chercher les compas et dire en face que la lutte continue…

Qu’ici personne ne se rend…

Le sujet reste la dignité qu’ils ne parviennent et ne parviendront pas à freiner. Ces choses simples qui nous rendent si fort-e-s, l’auto-organisation, la conviction de faire ce qui est correct, sans chefs, sans quête de pouvoir ou de profit.

Ce fut émouvant de voir tant de compagnon-ne-s campé-e-s là en solidarité, camper pour défendre les compas et pour continuer à lutter contre le capital, l’Etat et leurs entreprises meurtrières …

[Finalement tou-te-s les détenu-e-s sont sorti-e-s]

Note UPM : l’entreprise finlandaise est en passe d’installer sa deuxième usine de pâte à papier dans le centre de l’Uruguay, dans la région de Durazno. Cette industrie, particulièrement dévastatrice pour les forêts et par ses rejets chimiques dans l’eau, est couplée avec l’implantation d’infrastructures de grande ampleur, énergétiques et en l’occurrence aussi portuaires. Pour peaufiner son projet, UPM a aussi prévu d’investir dans des formations professionnelles dont elle pourrait tirer profit.

[Traduit de l’espagnol de Publicacion Refractario, septiembre 9, 2019]

Toulouse : Vive la belle du comico – 6 septembre 2019

Publié le 2019-09-11 20:56:07

« Vendredi soir, un jeune homme de 21 ans qui avait été surpris au volant d’une voiture alors qu’il n’a pas le permis de conduire, a été placé en garde à vue au commissariat central de Toulouse. »

Un peu plus tard, vers 2 heures du matin, alors qu’il venait de répondre aux enquêteurs de police, le jeune homme a été escorté, menotté dans le dos, en direction d’une cellule. C’est à ce moment précis qu’il a pris ses jambes à son cou.

Le courageux a réussi à se défaire d’une menotte, avant de s’échapper en courant dans la cour d’honneur. Il a ensuite escaladé le portail donnant sur la rue de Chaussas, avant de disparaître définitivement. Les forces de l’ordre n’ont, malgré les recherches dans le secteur, pas réussi à le retrouver.

Bonne cavale au fugitif !

[Repris de la dépêche du midi, 10.09.2019]

Rennes et Toulouse : La ruse ou le sprint pour gagner la liberté (MAJ 17/09)

Publié le 2019-09-11 23:24:03

Prison de Vezin-le-Coquet : Tati, aujourd’hui je sors… pour toujours

Ouest France / mardi 10 septembre 2019

Le 6 septembre 2018, un jeune homme de 21 ans, détenu à la maison d’arrêt de Vezin-le-Coquet, obtient une permission de sortie pour la journée. Il est convenu qu’il se rendra, dès 8 h, au CLPS, un centre de formation professionnelle rennais. Le jour J, sa tante le récupère à Vezin-le-Coquet et le conduit au centre. Elle l’y dépose. Elle expliquera plus tard qu’elle croyait qu’il avait fini sa peine. Mais depuis, aucune nouvelle du jeune homme d’origine roumaine. Il n’a jamais réintégré la prison. Condamné en février 2018 à un an de prison pour des cambriolages, il a laissé sa peine en suspens, et aurait quitté la France pour son pays d’origine.

Un mandat de recherche a été lancé en septembre 2018. Récemment, les autorités britanniques ont notifié aux autorités françaises que les parents du jeune homme avaient séjourné en Roumanie.
« Les faits sont bien établis, on ne sait pas où il se trouve », a déclaré le procureur devant le tribunal correctionnel de Rennes ce mardi 10 septembre, où le jeune homme était jugé malgré son absence.Six mois d’emprisonnement ont été requis. Le tribunal a condamné le jeune homme en suivant ces réquisitions.

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Toulouse : Saisir l’occasion

La Dépêche du Midi / mardi 10 septembre 2019

Il s’est fait la belle de manière inattendue. Vendredi soir, un jeune homme de 21 ans qui avait été surpris au volant d’une voiture alors qu’il n’a pas le permis de conduire, a été placé en garde à vue au commissariat central de Toulouse.
Un peu plus tard, vers 2 heures du matin, alors qu’il venait de répondre aux enquêteurs de police, le jeune homme a été escorté, menotté dans le dos, en direction d’une cellule. C’est à ce moment précis qu’il a décidé de s’enfuir. Le délinquant a réussi à se défaire d’une menotte, avant de s’échapper en courant dans la cour d’honneur. Il a ensuite escaladé le portail donnant sur la rue de Chaussas, avant de disparaître définitivement. Les forces de l’ordre n’ont, malgré les recherches dans le secteur, pas réussi à le retrouver.

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Mise à jour de mardi 17 septembre : l’évadé de Toulouse s’est rendu

actuToulouse / jeudi 12 septembre

L’homme qui s’était échappé du commissariat central de Toulouse le vendredi 6 septembre 2019 est venu se rendre aux policiers du même commissariat ce lundi 9 septembre 2019.
L’homme avait été placé en garde à vue vendredi soir, après avoir été arrêté pour conduite sans permis ni assurance et refus d’obtempérer. Mais les menottes que les policiers lui ont mis aux poignets étaient défectueuses et le jeune a réussi à s’en défaire. […]
Mais l’homme était connu des services de police, qui savaient notamment où il habitait. Le jeune homme n’ignorait donc pas qu’il avait de grands risques d’être de nouveau interpellé. Il a donc pris la décision de revenir de lui-même au commissariat de Toulouse, en rapportant au passage la paire de menottes défectueuse…

Mort à la démocratie : Directe ou pas, c’est la même frange à caca !

Publié le 2019-09-11 23:25:11

Indymedia Nantes / samedi 7 septembre 2019

Aaaaah, ça m’énerve ! Pourquoi faut-il toujours que les gens ramènent ce vieux truc ? Pourquoi faut-il toujouuurs qu’ils s’y rattachent comme si rien, vraiment rien d’autre n’existait ? Mais encore si ce n’était que ça ! Si ce n’était qu’un vieux brol fossilisé ? Un machin un peu rance, un peu poussiéreux mais inoffensif ? Sauf que pas du tout ! On parle bien d’une sacrée merde, d’une fameuse gangrène, du mode de domination universel sous nos latitudes, j’ai nommé : la démocratie !

Dans les camps militants, les centres sociaux occupés, les mouvements d’opposition à l’austérité, on voit des anarchistes prendre part, mettre en place et même promouvoir des pratiques démocratiques. On voit des orgas anarchistes diffuser des autocollants « pour la démocratie directe » ou des anarcho-stars comme David Graeber chanter ses louanges et s’émerveiller de son instauration dans les plaines du Rojava. Récemment, lors d’un débat j’entendais enfin quelqu’un s’offusquer qu’on utilise le mot « démocratie » dans un sens positif alors que pour lui, c’est plutôt quelque chose à attaquer… vous auriez vu les gueules de certains dans l’assistance…

Les mouvements récents comme les 15M ou Nuit Debout, reproduisent les structures autoritaires en « jouant à la démocratie ». Ils pataugent dans des bacs à sable où ils expérimentent les institutions de demain. Assemblées, commissions, motions, délégués, porte-paroles… dessinent une parodie du système en place. Se rendent-ils compte que reproduire les codes de l’État, c’est ouvrir grand la porte à la récupération ? Que c’est lui offrir des petits leaders et des embryons d’institutions pour renouveler son paysage politique ? Critiquer la démocratie, ce n’est donc pas une question de pureté théorique. C’est une nécessité si on ne veut pas s’égarer sur la voie de la compromission avec le pouvoir. J’essaierai donc de m’attaquer à la démocratie, représentation bien sûr, mais directe aussi.

¡ DEMOCRACIA REAL, YA BASTA !

Bien sûr, s’organiser de façon démocratique, partir d’un principe égalitaire, vaut bien mieux que d’un principe autocratique ou élitiste, là n’est pas la question. Le problème de la démocratie, c’est que c’est une forme de gouvernement : elle suppose de faire régner un ordre, d’imposer certaines décision, de faire respecter certains principes – par la force s’il le faut.

En réalité, les volontés individuelles sont multiples, elles partent dans tous les sens – ce qui a le don d’exciter les maniaques de l’ordre. Ce n’est que dans la méthode pour leur donner une direction commune, pour les écraser, que les régimes autoritaires et démocratiques se différencient. Démocratie et anarchie sont donc tout bonnement irréconciliables. Gavés toute notre vie de propagande démocrate il nous faut faire l’effort de voir l’opposition nette entre oppression et liberté.

S’organiser, c’est faire des choix qui sont autant de prises de position. Il me semble que l’exigence de cohérence entre théorie et pratique est une des plus grandes richesses de l’anarchisme. Quel sens aurait notre lutte si nous reproduisons déjà les cadres autoritaires dans nos façons de faire ?

Les assemblées générales, les tours de parole, la modération, l’empowerment, etc. sont autant de techniques expérimentées dans les lieux alternatifs qui se veulent démocratiques. Dans une certaine mesure, elles permettent de sortir de l’isolement, de l’aliénation, de se mettre en mouvement contre ce qui nous opprime. Mais il faut bien se rendre compte que s’organiser sous forme de parti permet aussi tout cela. Seulement, si la plupart des anarchistes sont bien conscients que le parti reproduit par ailleurs toute une série de merdes imbuvables, qui se permet de remettre en question l’organisation démocratique aujourd’hui ?

* * *

Les AG, qu’on y décide par majorité ou consensus, sont conçues comme des moments particuliers, codifiés. Or, séparer chaque partie de la vie, distinguer la vie quotidienne de la politique, la politique de l’économie, séparer travail et loisirs, c’est la première étape pour (faire) accepter des saloperies autoritaires.

On n’imagine pas les Cro-Magnons appeler une AG après l’occupation d’une grotte, vanter les mérites du marché libre pour l’échange de gourdins, ni tenter de fabriquer une carte à pointer les heures de chasse. Nous sommes généralement fiers d’être plus « évolués » que nos ancêtres en peaux de bête, mais c’est parce que nous refusons de voir que nos « progrès » sont teintés de sang, marqués par la domination. « Nos » institutions permettent en réalité aux dominants de maintenir leur position, légalement ou moins légalement.

« La politique est l’art de la séparation. Là où la vie a perdu sa plénitude, où la pensée et l’action des individus ont été sélectionnées, cataloguées et enfermées dans des sphères séparées, là commence la politique. Ayant éloigné certaines activités des individus (la discussion, le conflit, la décision en commun, l’accord) en une zone en soi qu’elle prétend gouverner, forte de son indépendance, la politique est en même temps séparation parmi les séparations et gestion hiérarchique du cloisonnement.

Elle se révèle ainsi comme une spécialisation, contrainte à transformer le problème en suspens de sa propre fonction en un présupposé nécessaire pour résoudre tous les problèmes. C’est justement pour cela que le rôle des professionnels de la politique est indiscutable – et la seule chose qu’on nous laisse faire c’est les substituer, en changer de temps en temps. Chaque fois que les subversifs acceptent de séparer les différents moments de la vie et pour changer, en partant de cette séparation, les conditions données, ils deviennent les meilleurs alliés de l’ordre du monde. C’est justement parce qu’elle aspire à être une sorte de condition première de la vie que la politique insuffle partout son haleine mortifère. » [Dix coups de poignard à la politique]

Démocratie par ci, démocratie par là, au parlement comme en place publique, à l’école comme en entreprise… Une fois synonyme de « pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple », une autre fois simplement de « ce qui est bien » ; d’« état de droit » ou de « droit de vote » ; de liberté ou d’égalité ; de ceci ou de cela ; la démocratie est partout, elle est TOUT.

A force de surcharger ce mot de signification, il gonfle tant qu’il en devient creux. Son sens s’envole et dérive au gré du vent. Mais quelque part, son vide, c’est sa force. Prétendument valeur fondamentale de nos sociétés, universellement partagée, elle permet à chacun de l’investir d’une foi toute personnelle, de la charger du sens qui lui convient. Chacun pour soi et la démocratie pour tous ! Ah, c’est sûr, ça facilite le consensus !

Puis, quand on sait que c’est en son nom que les armées démocratiques bombardent les pauvres mal disciplinés de latitudes inférieures, quand même, on se dit que le foutage de gueule, c’est une ressource phénoménale !

Pour y voir clair, prenons la peine de faire un brin d’étymologie et examinons le mot « démocratie » : demos et kratos, littéralement, le pouvoir au peuple. Mais de quel peuple on parle ? Qu’est ce qui définit un peuple ? Qui en fait partie ou non ? Et sur quelle base ? Les démocraties supposent l’existence d’une forme de citoyenneté exclusive. Il y a ceux qui font partie du « club » (les citoyens), et ceux qui en sont exclus (les étrangers). Les uns comme les autres n’existent pas d’emblée : ils sont produits par l’État et ses politiques d’inclusion/exclusion. L’école, la famille, les services sociaux sont chargés de forger de braves petits sujets de l’État. De l’autre côté, la police, l’armée, Frontex répriment les dissidents et maintiennent l’intégrité territoriale contre les envahisseurs. Entre-temps, les naufragés de la démocratie s’entassent au fond du grand cimetière méditerranéen.

La deuxième partie de notre mot, kratos, est encore plus à gerber. Kratos, c’est le pouvoir, mais pas le pouvoir dans le sens de capacité à faire les choses, non, le pouvoir qui impose, celui qui fait respecter les décisions et autres décrets. Dans la mythologie grecque, Kratos est le Titan qui enchaîna Prométhée à un rocher lorsque celui-ci s’empara du feu sur le Mont Olympe pour le donner aux hommes et ainsi les rendre égaux aux dieux. S’il y a une figure à laquelle les anarchistes peuvent s’identifier dans la mythologie grecque, c’est Prométhée – il représente la savoir, la volonté, il ne respecte pas l’autorité des dieux (puis, bon, le feu…). Kratos, c’est tout le contraire, non seulement c’est le pouvoir, mais c’est le pouvoir dans sa forme brute et stupide, du genre « je ne fais que suivre les ordre ». En gros c’est l’État dans tout ce qu’il a de répressif et que la démocratie partage avec l’autocratie, l’aristocratie ou tout autre système l’ayant précédé – comme la Justice, la police ou l’armée.

Il y a quelque temps, en France, on a vu un banquier sortir de son coffre fort, être bombardé ministre de l’économie, fonder un parti de toute pièce se mettre tous les gros médias dans la poche, et sortir en tête du premier tour des présidentielles. C’est déjà incroyable mais l’histoire ne s’arrête pas là. Au deuxième tour, le voilà confronté à la progéniture du Diable en personne : Le Pen Jr. Autant dire que royale sera la voie vers l’Élysée : Il n’y aura que lui, c’est du tout cuit. Et pourtant, le peuple de France n’est pas sûr de lui. Il ne semble ne pas se rendre compte de l’abomination à laquelle le preux chevalier Macron doit faire place. Et seule une minorité (40%) se déplace pour lui prêter allégeance. Sauf que le lendemain, la presse, qui ne nous prend pas pour des cons, annonce 66% en faveur de Macron : Sonnons le clairon ! Abstentionnistes, non-inscrits, indécis… laissons tous ces moucherons sur le perron ! Dans ses comptes, l’État s’est simplement débarrassé de l’encombrant fardeau de tous ces inutiles. L’alchimie électorale a su transmuter un parfait inconnu en candidat à 20 puis à 40%, et finalement en président disposant d’une majorité. L’exemple est peut-être extrême. Mais c’est dans le principe même des élections à deux tours – ou en Belgique, des coalitions – de fabriquer de la légitimité. Généralement, aucun candidat, aucun parti ne convainc directement la plupart des citoyens. Mais la mécanique électorale permet qu’au final, suite à quelques péripéties relayées frénétiquement par les médias, le gouvernement se retrouve avec une majorité derrière lui. Et grâce à ces tours de passe-passe, tu auras beau te plaindre de la situation sociale, il y aura toujours un réac pour te rappeler que ton avis, c’est bien beau, mais que le peuple a tranché. C’est ainsi qu’on comprend que les élections sont une technologie de pouvoir. Une machine à légitimer l’enflure qui occupera le trône de France pendant les cinq prochaines années. L’élection, c’est le droit divin de ce début de XXIe siècle.

Et si les AG, c’était pas si différent ? La démocratie « réelle » ou « directe » que les anarcho-démocrates appellent de leurs vœux pourrait bien ne pas être beaucoup plus reluisante. Car tout comme les élections de la démocratie représentative, les AG de la démocratie directe visent à légitimer un certain pouvoir.

La démocratie directe a elle aussi ses gardes fous, ses « droits de l’homme » inaliénables. Ses droits de veto. Ses codes. Ses interdictions. Ses prérogatives de minorité discriminée.

L’une comme l’autre limitent ma liberté. Les deux permettent qu’un petit flic, payé ou non, en uniforme ou non, vienne me dire : « La loi belge/la charte du lieu ne permet pas cela ».

Alors, oui ! Comme la démocratie bourgeoise est plus douce que la dictature, la démocratie directe pourrait bien être préférable à la démocratie bourgeoise. Elle permettrait probablement plus de marge de manœuvre, plus de libertés et d’autonomie. Elle offre plus d’outils contre les dominations. Plus d’espace pour ceux qui ne rentrent pas dans les cases. Et si la charte de tel lieu ne me plaît pas, pourquoi ne pas aller fonder mon propre lieu ailleurs ?

Seulement, de la même façon que les élections ne changent rien mais ne font qu’entériner le rapport de force déjà présent, j’ai bien l’impression que les assemblées militantes remplissent grosso modo le même rôle. Les personnes vont user de ruses, de rhétoriques, de manipulations, etc. pour faire passer en assemblée ce qui a été déterminé ailleurs, de façon plus informelle. L’AG, comme les élections, sert donc de processus de légitimation.

C’est tout ce côté cinéma, tout ce jeu de rôle, ce spectacle, qui me gonfle. Je voudrais que les gens AGISSENT. Qu’ils discutent à l’occasion ou quand c’est nécessaire. Mais qu’ils assument leurs actes, leurs décisions en leur nom propre et ne se retranchent pas derrière une quelconque instance démocratique.

* * *

Dénoncer l’oligarchie, accuser le système de ne pas être assez participatif… Voilà bien une ornière dans laquelle se vautrent comme des moutons les critiques en carton. Bien sûr, ils sont bien peu à prendre les décisions. M’enfin quel angle d’attaque inoffensif ! L’État parle déjà tout le temps de se démocratiser, de se rendre plus participatif ! Souvent c’est fort timide, voire carrément de l’embrouille. Mais imaginons qu’ils mettent en place des moyens techniques pour que chaque décision du gouvernement puisse être soumise au vote de la toute la population, à l’aide de smartphones par exemple. On comprend bien la force de légitimation qu’aurait un tel système. Ce serait une forme de totalitarisme démocratique.

La première question à nous poser est : devons nous décider tous ensemble, de tout, toujours ? Pourquoi imposer une telle homogénéité ? Ça ne peut mener qu’au plus petit dénominateur commun, à une réduction drastique de la diversité et des possibilités de liberté.

* * *

Enfin, il y a comme un goût de religieux au royaume prétendument laïque de la démocratie. La critiquer, c’est violer un tabou, c’est blasphémer, c’est profaner ses limites. Païen ! Montre-toi pieux envers les institutions démocratiques ! Adore ses icônes citoyennes ! Respecte ses rites électoraux ! Tu refuses de voir la Lumière ? Serais-tu un de ces adorateurs d’Hitler ? Un idolâtre de Staline peut-être ? Vade retro !

Cette dictature de la pensée permet de rejeter toute critique un minimum radicale. La démocratie n’est pourtant pas l’alpha et l’oméga de l’humanité. C’est le résultat de luttes, d’oppressions, de hasards. Un jour ou l’autre, cette prison de la pensée s’effondrera et on passera à autre chose, pour le meilleur ou pour le pire.

Que l’État chante ses propres louanges, ça ne devrait surprendre personne. Mais qu’on retrouve ce genre de sacralisation chez des gens en révolte, c’est plus inattendu. Il n’y a pas si longtemps, quelqu’un proposait dans un centre social que les conflits se règlent systématiquement en assemblée plutôt qu’en privé. Bien sûr, le privé peut être le refuge de relations de domination. Mais vouloir tout déléguer à l’AG, ça montre bien la fétichisation de l’assemblée, fantasmée comme le lieu de toutes les discussions, de toutes les décisions. Pourtant, quand je vais à une réunion, j’aimerais au contraire n’y discuter que des points pour lesquels je me suis joint à d’autres personnes, je n’ai pas besoin de mettre mon nez dans toutes leurs affaires.

CAUSE TOUJOURS, TU M’INTÉRESSES

Pour que vive la démocratie, toute graine d’insurrection doit être tuée dans l’œuf. T’insurger ? N’y pense même pas ! Sois plutôt un « citoyen » ! Nul besoin de te révolter dans la violence, viens, discutons plutôt ! Communiquons ! Délibérons ! Mais sache que si tu acceptes de jouer le jeu, une étape essentielle est franchie : tu intègres le code fondamental de la démocratie. A la limite, « indigné » que tu es, tu oseras taper du poing sur la table des négociations, mais tu finiras bien par te rasseoir et t’excuser de t’être ainsi emporté. De cette manière, les tensions sont canalisées, les aspérités limées, les possibilités bloquées. Ton individualité s’homogénéise avec celle des autres, et toutes se diluent dans le peuple [1].

L’instauration (et la reproduction continue) de la démocratie parlementaire permet d’évacuer la question sociale. La division entres classes est rendue invisible par la fable de l’unité nationale. Évaporation de la domination d’une sur l’autre, puisque « nous » sommes tous des citoyens, égaux devant la loi, pouvant – devant ! – participer aux affaires communes. Aucun conflit n’est réellement indépassable, on peut simplement s’en remettre à l’autorité de l’État et à son juste arbitrage. Alors pourquoi s’évertuer à se confronter dans la violence ?

Pour se maintenir, la démocratie doit absolument supprimer toute incompatibilité fondamentale. Voilà pourquoi islamistes, communistes, anarchistes et autres excentriques sont indiscernement pointés comme « terroristes » : ils refusent les fondements de nos sociétés libérales, ils s’écartent un peu trop sérieusement du débat « acceptable ». Sous son vernis généreux et ouvert, la démocratie doit purement et simplement supprimer de telles tendances, car elles menacent de l’exposer dans toute son étroitesse.

La démocratie vise à normaliser les conduites, les façons d’être, de faire. Nous sommes invités à voter plutôt qu’à renverser, à participer plutôt qu’à attaquer, à discuter plutôt qu’à frapper, à concilier plutôt qu’à s’opposer. L’État doit maintenir la paix civile, éviter à tout prix la violence insurrectionnelle. Mais il n’a pas le monopole de ces techniques de contrôle. Nombre d’associations locales, de syndicalistes, de militants de gôche se chargent de la sale besogne à sa place.

Et encore une fois, les « radicaux » ne sont pas en reste. C’est encore nos conduites qu’on façonne lorsqu’on accepte de lever la main avant de s’exprimer, de se soumettre au modérateur, de respecter le tour de parole, les décisions de l’AG du mois passé, la « modération québecoise », l’usage de termes certifiés politiquement corrects, etc. De nouveau, je ne tiens pas à pointer tout ça comme forcément inacceptable en tout circonstance. Mais cette tendance à vouloir instaurer toutes ces techniques comme immuables, à les institutionnaliser : ça me débecte.

De plus, dès qu’on sort un peu du cadre, on entend des « oui mais attention à notre image », « oui mais attention à ne pas mettre en danger les plus faibles d’entre nous », « oui mais c’est aux premiers concernés à prendre l’initiative », « oui mais le moment n’est pas encore venu » etc. Bien réfléchir avant de se lancer dans l’action, je ne peux qu’applaudir ! Mais ces discussions interminables ne produisent que discours, arguments et contre-arguments, à la limite synthèses ou prises de position. Mais en tout cas ces délibérations sans fin limitent l’initiative, surtout quand la pression à trouver un consensus guide des gens qui, en réalité, ne partagent que très peu – ce qui est souvent le cas lorsqu’on se regroupe pour lutter sur telle ou telle thématique sans plus d’affinité que ça.

Alors qu’un blocage ou un sabotage, une grève ou une occupation, requièrent la participation active et déterminée de personnes en lutte, l’assemblée générale relève de la même passivité que les élections officielles. On peut « décider » d’une manif, d’une grève ou d’une occupation, mais on ne la rend réelle qu’en y prenant part. Et pour se mettre en grève ou pour attaquer, pourquoi devrait-on demander une autorisation préalable ?

Petite parenthèse/hypothèse gratuite : On pourrait interpréter l’émergence de certains groupes non-mixtes (femmes, TPG, racisés…) dans ce même contexte de pacification/homogénéisation. Les AG qui regroupent « tout le monde » évacuent les différences, les particularités, les individualités. Une façon de réagir à cet écrasement par la majorité est de remettre en avant les caractères « invisibilisés », les intérêts propres de certains groupes ou « minorités marginalisées ». On voit bien comment la base de l’AG, s’inscrivant dans la logique de la politique, entraîne son flot de conséquences politiciennes : ses logiques de pouvoir/contre-pouvoir, de représentation, de droits et autres. C’est tout cet imbroglio, ce fatras, que j’aimerais balancer. Adopter l’action directe pour se délester de la politique de la représentation – que ce soit l’assemblée qui entérine les décisions de sa sous-section non-mixte ou l’État qui brandit le drapeau arc-en-ciel sur ses mairies au passage de la gay pride.

DÉPASSEMENT

On entend souvent que la démocratie serait le moins mauvais des systèmes. Mais qui veut d’un n-ième moindre mal ? Qui réclame cette douce torture, cet écartèlement sous sédatif ? Moi, je veux la liberté pleine et entière. Que personne, quelle que soit son étiquette, ne puisse m’embrouiller d’une quelconque manière pour pourrir mes désirs.

Je ne veux plus de porte-paroles et de groupe de comm’, personne pour prétendre parler au nom du groupe ou du centre social, du mouvement, de la zad… Je veux pouvoir prendre mes responsabilités, parler en mon nom propre.

Je veux rejeter tout fétichisme de la forme (assemblée comme ci, modération comme ça…) pour maintenir le lien constant entre théorie et action, entre éthique et lutte. Je veux mettre en place des formes d’organisation qui correspondent à mes besoins, mes désirs, mes convictions. Rejeter tout programme, tout plan d’architecte pour la construction d’un monde à venir. Remettre en question régulièrement, questionner mes modes d’organisation.

Je ne veux pas de négociations, de tergiversations à n’en plus finir avec des gens qui en fait, ne partagent pas ma révolte. Je refuse de me laisser normaliser par des conventions, même gauchistes, même « bienveillantes ».

Je veux partir de l’individu, de moi-même. Chercher des complices, des affinités. Trouver avec qui ça résonne, monter des projets ensemble, les abandonner ou les transformer quand ils ne nous conviennent plus. Ne pas me jeter avec plein de gens dans un même espace et forcer le consensus. Assumer le désaccord. Agir différemment sans que forcément, on entre dans l?e mépris? ou la compétition. Accepter la diversité mais aussi savoir rompre quand les positions sont inconciliables.

[De la revue apériodique Attak Attak]

Brochure : Actions directes et revendications de groupes autonomes sur le territoire allemand

Publié le 2019-09-12 22:35:03

Indymedia Nantes / jeudi 12 septembre 2019

Comment communiquer à travers les murs, les kilomètres, les océans et les barrières de la langue ? Parfois, une voiture qui crame en dit beaucoup. Les actions directes sont un des moyens privilégiés de communication de groupes autonomes entre eux et avec les autres. Ils permettent des échanges d’idées et des salutations dans l’anonymité des revendications qui se font sous des noms de code tels que « groupes autonomes », « anarchistes », des ami.es », « FAI » ou rien du tout.

Pourquoi le territoire allemand ? Parce que beaucoup de ces actions ont eu lieu dans des métropoles et des grandes villes, et sont des exemples intéressants de ce qu’on peut faire dans ces lieux sur-contrôlés. Les actions directes n’ont certes pas besoins de traduction, mais nous avons eu l’envie d’élargir le spectre de propagation de leurs revendications.

Les actions ne nous servent pas seulement à communiquer entre nous, mais aussi à faire campagne à notre façon : pour assurer des compas de notre solidarité pratique, pour faire partager nos derniers débats et luttes avec nos voisin.es, ou bien pour faire pression sur des entreprises, sur la « Justice » ou sur l’État.

Voici un florilège d’actions directes avec leurs revendications, dont nous espérons qu’elles vous plairont, vous réjouiront vous inspireront.

Feu et coups de marteau aux ennemies !

La destruction de biens n’est pas assez

Publié le 2019-09-13 01:34:05

Anarchists Worldwide / mardi 10 septembre 2019

Après que la maison d’Ori Feibush* a été vandalisée, à Philadelphie, fin juillet, il y a eu une multiplication des discussions sur la question de savoir si cette attaque constituait de la violence et si elle était justifiée. Feibush – le largement détesté fondateur d’OCF Realty, qui depuis des nombreuses années a été sans vergogne le fer de lance de la gentrification de Point Breeze – a peux de défenseur.euse.s, ce qui offre d’un des meilleures occasion pour faire savoir pourquoi peut avoir lieu une destruction ciblée de biens et pourquoi elle peut être efficace.

Le débat au sujet de ce dernier acte de vandalisme contre OCF – et la plupart des gens le commentant en ligne a réagi positivement à la nouvelle – était encourageant. Il laissait sous-tendre que quelque chose a qualitativement changé dans la façon dont les gens voient la destruction des biens et dans le pourquoi cela fait sens. Dans la longue bataille à ce sujet, qui de mon point de vue fait rage dans ce pays depuis Occupy Wall Street, nous avons peut-être enfin gagné du terrain.

Mais si nous sommes en train de gagner du terrain dans une bataille, c’est probablement parce que nous en perdons, sans que ça se voit, dans un autre, plus importante. Si on est enfin en train de gagner le débat sur la destruction des biens, c’est peut-être en partie parce que celui-ci n’est plus pertinent.

Avant l’ère de Trump – en particulier pendant les années Clinton et Bush, lorsque le monde
semblait être parvenu à un consensus global sur le fait que le capitalisme et l’État-nation étaient formidables – la destruction de biens était particulièrement dangereuse pour le pouvoir en ce qu’elle perturbait la paix sociale, rappelant qu’au fait les choses n’étaient pas formidables du tout. Lorsque Trump s’est emparé de l’État, les tenants de base de la suprématie blanche ont également pris du pouvoir et les luttes anti-autoritaires se sont concentrées sur le fait de contrer leur présence dans les rues. Pour la première fois depuis des décennies, cela a rendu à nouveau pertinentes les discussions sur la violence physique. Pourtant, au vu de l’occasion que cela nous a offert, pour mettre en avant diverses idées sur la violence, il parait que nous avons regrettablement atteint assez peu, en ce qui concerne ce sujet important.

Au contraire, nous avons sans doute perdu du terrain, en cédant dans le débat avec des justifications de la violence physique du type « légitime défense » et en discutant de violence presque exclusivement à propos de personnes que les « gauchistes d’internet » aiment appeler « les vrais nazis ». Ce n’est pas un débat radical que de penser que frapper un nazi c’est bien, et ce n’est pas une victoire que d’avoir amené beaucoup de gens à adopter cette position non-radicale, après beaucoup de discussions sur internet. Bien que les discussions sur pourquoi et comment combattre les tenants de la suprématie blanche soient importantes, la focalisation exclusive de la discussion sur la violence contre les racistes de base est en train de nous faire confortablement dérailler de la question sur le type de violence qui pourrait être nécessaire et appropriée contre les personnes qui sont effectivement au pouvoir.

Aujourd’hui, le pouvoir se trouve dans une situation de crise que je n’ai jamais vu de mon vivant. Le capitalisme mondial est à la recherche d’une bouée de sauvetage, qu’il pourrait aussi ne pas trouver ; le climat échappe déjà à tout contrôle humain, avec des conséquences génocidaires. Nous avons un président qui est impopulaire, comme jamais cela a été le cas, auprès d’au moins la moitié de la population, chose qui, à son tour, reflète la polarisation croissante du pays entre la gauche et la droite, lorsque le capitalisme et l’État nous déçoivent tout.te.s, de plus en plus. Au fur et à mesure que les choses deviennent plus extrême, cela signifie que nous et d’autres personnes de tendance anti-autoritaire nous trouverons face à des milices racistes, souvent entraînées militairement et organisées pour répondre à des scénarios de crise. En ce moment précis, c’est difficile de nous imaginer gagnant.e.s dans de tels combats, et il faut qu’on discute de la façon de nous améliorer, afin de ne pas être immédiatement écrasé.e.s par des suprémacistes blancs, dans un scénario de crise ou d’effondrement.

Et qu’en est-il de la violence, de la mort et de la destruction qui, avec toute probabilité, se produiront pendant la libération ? Il semble que beaucoup de gens pensent sincèrement que des politiques électorales radicales nous rapprocheront progressivement de la transformation révolutionnaire. D’autres – peut-être parfois les mêmes personnes – croient que les mouvements sociaux de masse se développeront jusqu’à un tel point que, dans la révolution qu’ils finiront par produire, la violence physique sera négligeable. Des tels aboutissements semblent hautement improbables, ne serait-ce que parce que l’État parait disposé à presque tout, plutôt que de perdre le pouvoir. Mais celles/ceux d’entre nous qui veulent se débarrasser de l’État – et de toutes sortes de pouvoir sur autrui – discutent rarement, que ce soit sur le plan éthique ou pratique, de la façon dont on imagine gérer le type de violence qui sera nécessaire à une insurrection ou à une révolution pour se répandre ou aboutir.

Il est particulièrement rare que ce débat quitte le domaine de l’éthique et entre dans le concret. Les tentatives anarchistes de recourir à la violence physique contre le pouvoir ont une longue histoire, y compris dans ce pays – de l’assassinat de présidents au meurtre à coup d’arme à feu de chefs d’entreprises. Que pouvons-nous apprendre des stratégies et des tactiques du passé ? Et qu’en est-il des autres personnes, qui sont prises dans les tirs croisés de la violence insurrectionnelle ? Éviter de tels débats afin de plaire à progressistes et gauchistes ne nous rend pas service – cela en rajoute simplement à l’impression que beaucoup d’entre nous donnent ne veulent pas vraiment affronter les problèmes liés à l’utilisation de la violence.

En tant qu’anti-autoritaires, nous sommes souvent coincé.e.s dans des dialogues sans issues dans lesquels on débat avec d’autres personnes, de façon limitée et réactive – par exemple, toutes les conversations dans lesquelles on nous demande de défendre nos vastes et irréalistes critiques du système. Comment pouvons-nous mettre mieux en avant ce dont nous voulons débattre, ainsi que les idées que nous voulons diffuser ? N’ayons pas peur de remettre en question les questions elles-mêmes, ni modifier les termes de la discussion – qui, comme tout le reste, sont utiles au pouvoir.

Considérons aussi ce dont nous sommes capables et ce que chacun.e de nous peur faire pour contribuer à arrêter ce système de pouvoir – ou du moins quelques parties – avant que ses effets génocidaires ne rendent complètement hors de propos ces hypothétiques questions sur la violence, qui se posent aux anarchistes. Quelques-un.e.s de nous peuvent se concentrer sur l’attaque ; quelques-un.e.s de nous peuvent se concentrer sur le développement de compétences et d’infrastructures qui nous garderont tou.te.s en sécurité et en bonne santé à mesure que l’attaque réussit et/ou que le système que nous combattons se dégrade. Que nos compétences et notre passion pointent vers la libération.

 

Les réponses à n’importe quelle question ou idée soulevée dans cet article sont les bienvenues !
Écrire à : anathemaphl(at)riseup(dot)net

(Extrait de : Anathema, Volume IV, numéro V, septembre 2019)

 

* Note d’Attaque : Ori Feibush est le patron d’OCF Realty, une grosse entreprise immobilière qui a rénové une partie du quartier de Point Breeze, dans le sud de Philadephie. Fin juillet, sa propre habitation a eu des vitres cassés à coups de briques (accompagnés d’un mot gentil signé par une A cerclé). Par ailleurs, ce spéculateur immobilier compte « 42 dégradations majeures » sur ses divers projets dans le secteur, dont l’incendie qui a complètement détruit quatre de ses maisons pour riches, en mai 2017.

Fort-de-France, Martinique : Sabotages en série contre les TCSP – Septembre 2019

Publié le 2019-09-13 10:37:06

Le 10 septembre 2019 au matin, les usagers du TCSP ont eu la bonne surprise de découvrir que le distributeur automatique de titres de transport de l’arrêt François Mitterand (près de l’immeuble France-Antilles) a été fracassé au cours de la nuit. Il est désormais hors-service, tout comme deux autres machines à d’autres stations.

Ce n’est pas la première fois que des sabotages similaires se produisent puisque les distributeurs des arrêts de Chateauboeuf à Fort-de-France et de la Lézarde (au Lamentin), sont hors d’usage depuis plusieurs semaines. Les usagers qui ne sont plus en mesure de recharger ou d’acheter leurs billets.

« Une plainte a été déposée par la Collectivité Territoriale de Martinque (CTM), tandis que de nouveaux équipements ont été commandés suite aux dégradations. Ceux-ci devraient parvenir avant la fin de cette année 2019 pour une remise à neuf prévue dans la foulée par la CFTU (Compagnie Foyalaise des Transports Urbains), mais qui doit attendre la validation de Martinique Transport (l’Autorité Organisatrice Unique des Transports en Martinique). » (Source: La 1ere, 11.09.2019)

« Autre difficulté actuelle sur le réseau du TCSP, les feux de signalisation dont une grande partie ne fonctionne plus depuis des semaines et reste en clignotant. Mairie de Fort-de-France et collectivité territoriale se renvoient la balle sur la compétence pour leur entretien ». (Source: France Antilles, 10.09.2019)

Les DAT sont régulièrement vandalisés depuis la mise en service du Transport Collectif en Site Propre (TCSP), le 13 août 2018 et même avant son lancement. Comme en juillet 2018, bien avant le lancement annoncé du Transport en Commun en Site Propre, deux distributeurs avaient été détruits à Fort-de-France sur l’avenue Maurice Bishop. Les appareils appartenaient à la société Kerlys.

Le chantier du TCSP avait connu quelques problèmes en 2015, avec des sabotages à répétition. Comme par exemple à la fin octobre, lorsque trois pelleteuses de la société Loca9 Tp en charge du chantier du TCSP, avaient eu leurs vitres brisées. L’entreprise estimaient alors les dégâts à environ 20 000 euros.

Au compagnon de nulle part

Publié le 2019-09-13 10:38:08

Cher ami

Plus de trois années se sont écoulées depuis que tu as été obligé de disparaître du jour au lendemain. A l’époque, il n’y avait plus le temps pour quelques mots d’adieu ou une accolade avant ton voyage vers l’inconnu, mais restent la sensation d’avoir été dépassé.e.s, la tristesse et une incertitude quant à la façon d’affronter ces milliers de questions. Ta première lettre de nulle part a brisé le silence qui nous entourait dans les premières semaines, tes lettres suivantes pleines de force, d’amour et de confiance ont ouvert un espace de débat et d’échanges entre compagnon.ne.s. Des textes plus anciens sur le thème de la clandestinité ont été lus, il y a eu de petits et grands débats et des discussions auxquels d’autres personnes intéressées n’ont pris part que rarement. Ce n’était pas facile mais nécessaire de sortir de cela et c’est pourquoi nous avons décidé de partager publiquement nos réflexions sur ce thème sous la forme d’une Infoveranstaltung (soirée d’information) et d’engager une discussion à divers endroits dans l’espace germanophone.

Tant de temps est passé et nous avons mené tant de réflexions jusqu’à ce que nous réalisions à quel point il était vraiment important pour nous d’écrire cette lettre. Jusqu’à ce que nous réalisions que c’était une fausse modestie qui nous empêchait d’écrire. Bien sûr, il est difficile de t’écrire en sachant que cela peut être lu par toutes les personnes qui peuvent en tirer quelque intérêt que ce soit, mais quelle importance en comparaison avec la joie que ces mots te parviennent par les ondes ; qu’à travers des lettres publiques nous pouvons maintenir et renforcer notre amitié.

Nous sommes toujours là et tu es présent dans notre vie et dans nos luttes, et nous aimons à nous rappeler ta belle et énergique manière de lutter. Un lien fort et combatif nous a été arraché d’un moment à l’autre et même si les conditions dominantes et la séparation physique rendent difficile de maintenir cette relation, nous voulons le tenter …

Beaucoup de choses ont changé ces trois dernières années, la répression est devenue beaucoup plus présente dans notre quotidien, de même que le fait de se confronter à la prison et à la cavale. De belles comme de douloureuses disputes, des compagnon.ne.s qui étaient ou sont en prison pour plus ou moins longtemps ou doivent y entrer bientôt, des projets ont pris fin et de nouveaux sont nés, des luttes se sont intensifiées, d’autres se sont volatilisées. De nouvelles amitiés se sont nouées dans la lutte contre les dominant.e.s et des anciennes se sont approfondies, et de nouvelles idées et inspirations ont permis de surmonter des phases d’impuissance.

Affronter la question de la clandestinité a apporté beaucoup d’éclaircissements et nous a un peu plus rapproché de ta situation. De plus, un nouveau monde de possibilités s’est ouvert quant aux façons de poursuivre et d’intensifier les luttes depuis la clandestinité, mais aussi sur la façon dont les personnes en clandestinité peuvent être soutenues par des personnes visibles. De là a émergé le besoin, la nécessité de rendre ce thème plus visible dans notre contexte et de discuter de la clandestinité en tant que réelle option, qu’alternative à la prison et/ou comme possibilité de lutter dans l’ombre contre ce monde d’oppression.

Nous avons fait beaucoup de belles expériences lors de cette tournée avec notre présentation, nous avons approfondi la réflexion et les débats avec des personnes de différents endroits et tissé de nouveaux liens. Nous avons rencontré des gens qui ont raconté des expériences passées et échangé avec eux sur des événements actuels. Nous avons été inspiré.e.s à plusieurs niveaux et avons rendu nos réflexions accessibles à d’autres. Ces derniers temps, la signification de la solidarité est aussi devenue plus consciente pour nous. Comme le fait qu’un environnement laissé à l’abandon doit se reprendre, se soutenir et se renforcer mutuellement, qu’il est important de créer des moments pour parler de nos émotions avec nos ami.e.s, ainsi que pour se soutenir mutuellement au quotidien et pour continuer à mener projets et luttes.

Nous voulons ici t’exprimer notre solidarité. Une solidarité sans limite temporelle, que tu restes loin de nous ou que (par quelques circonstances que ce soit) tu doives revenir.

Solidarité avec tout.e.s les compagnon.ne.s en clandestinité ou incarcéré.e.s, qui luttent pour un monde sans domination. Pour que nous intensifions ensemble les luttes existantes et que nous en fomentions de nouvelles, pour abattre les frontières et les murs de l’autorité.

Nous continuons de lutter, côte à côte, même si la répression tente de nous séparer, nous sommes inséparables de par nos idées et notre amitié.

Où que tu sois, sens-toi enlacé et encouragé. Tu nous manques énormément ! Mais le fait que tu échappes aux griffes de l’État nous renforce et nous réjouit, en espérant que tu fasses plein d’expériences enrichissantes et que tu tisses de nouvelles amitiés.

Salutations solidaires et avec tout notre amour, tes ami.e.s et compagnon.ne.s.

[Traduit de l’allemand d’indymedia, 10.09.2019]

Madrid, Espagne : Quel futur ? Contre toutes les nuisances du monde techno-industriel

Publié le 2019-09-13 13:36:05

APPEL À UNE SEMAINE DE LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET TOUTES LES NUISANCES DU 20 AU 27 SEPTEMBRE

Diverses institutions, groupes écologistes, organisations syndicales, groupes étudiants, réunis sous le nom de ´Fridays for future´ ont appelé à la dite ´Semaine pour le climat´ du 20 au 27 septembre. Cette semaine consiste basiquement en manifestations programmées, aliénantes, réclamant à l’Etat et autres institutions (ONU, G7…) qu’ils remédient ou prennent des mesures face au désastre qu’ils génèrent. A aucun moment dans leur discours simpliste, récupérateur et dirigiste, ils ne critiquent les causes de la dévastation en cours : le capitalisme techno-industriel et son organisation technique du monde. Ceux qui critiquent le changement climatique sans critiquer ceux qui le produisent ont un cadavre dans la bouche, ceux qui défendent le mythe du progrès, du développement durable et d’une vie ´confortable´ en échange de la mise en esclavage et de la marchandisation de tous les aspects de notre vie, une vie vendue à la domination technologique. Ce sont ceux qui ont acheté au supermarché de la rebellion le nouveau produit à la mode : le changement climatique. Fridays for future? Aujourd’hui plus que jamais, le futur n’existe pas, nous vivons dans un éternel présent et tout vestige du passé est balayé. Les prothèses technologiques qui nous entourent et nous colonisent, nous font vivre dans un somnambulisme permanent, où la catastrophe n’est pas à venir, comme ils s’acharnent à nous en aviser avec leur bandeau sur les yeux, la catastrophe est ici et maintenant, la catastrophe c’est le capitalisme techno-industriel, la catastrophe c’est cette vie aliénante dirigée par les algorithmes de nos´assistants virtuels, la catastrophe, c’est un monde déjà dévasté par l’industrie.


Le changement climatique, nous devrions plutôt parler de modification du climat, est une conséquence supplémentaire parmi les milliers d’effets nocifs de la révolution industrielle (la seule révolution qui, commencée il y a deux siècles, est parvenue à tous les coins de la planète, colonisant et marchandisant l’ensemble du vivant), le changement climatique est indissociable du système techno-industriel: déforestation, acidification des océans, désertification, extinction de milliers d’espèces animales et végétales, des milliers de produits chimiques et toxiques qui condamnent notre existence, la pollution de la terre, de l’air et de l’eau ne sont que quelques-unes des nuisances, de toutes les conséquences de ce système. Nous pensons donc que parler uniquement de changement climatique sans critiquer le système techno-industriel revient à tomber dans un réductionisme, sans aller à la racine du problème.
Le changement climatique et toutes nuisances sont les conséquences du projet de la technocratie qui gère et administre nos vies. Un projet qui consiste à coloniser, dominer et rendre marchand l’ensemble du vivant. Une fois la nature colonisée et dominée, les êtres humains sont l’objectif pour un projet basé sur la convergence des technologies connues en tant que NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l’information, sciences cognitives) auxquelles nous pourrions ajouter la robotique et l’intelligence artificielle, leur convoitise et leur cupidité n’ont pas de fin. Si tout se transforme en marchandise, y compris nos activités les plus quotidiennes, les profits ne cessent d’augmenter. Convertir le monde et tout ce qui y habite en une machine programmée où rien n’échappe au contrôle: monde-machine, humain-machine. Ce qui nous amène à une vision mécanique du monde, de nous-mêmes et de tout ce qui nous environne. Le système techno-industriel a besoin de grandes quantités d’énergie pour pouvoir fonctionner, des centaines de programmes de recherche bénéficiant d’investissements multimillionaires sont destinés à trouver de nouvelles sources d’énergie. Ce besoin d’énergie pour que le monde fonctionne a pour conséquence la dévastation du territoire et l’anéantissement de millions d’animaux humains et non humains. L’énergie industrielle fait tourner le monde, elle est nécessaire à la production et à la distribution de tous ces objets inutiles qui nous entourent, c’est l’économie et c’est la guerre. Le système a compris et vu comme une grosse affaire le fait que les énergies ´renouvelables´et ´propres´permettront son expansion et sa survie, le nouveau projet de la technocracie est ´renouvelable´et ´durable´, il est écologique. Ce nouveau projet s’étend aussi sur l’ensemble du territoire, des déserts industriels de panneaux solaires et de champs d’éoliennes (également causes du changement climatique, des ravages du territoire, de cancers etc)…) jusqu’aux éco-villes (non-lieux où tout est contrôlé, optimisé et automatisé, en vert bien-sûr, et qui produisent aussi mille et une nuisances ainsi qu’une vie aliénante). Ainsi, défendre l’énergie verte c’est défendre le projet qui nous mène à toute allure, au rythme du progrès, droit vers l’abîme, c’est défendre le projet de ceux qui sont en train de créer un monde totalitaire, c’est défendre le projet de ceux qui gèrent et administrent nos vies robotisées.

C’est pourquoi nous lançons un appel à une semaine de lutte contre le changement climatique et toutes les nuisances du 20 au 27 septembre. Dans une perspective anarchiste qui déborde les limites imposées par la social-démocratie. Une semaine de plus où, par l’action directe sous toutes ses formes, différents individus et groupes affrontent le système techno-industriel. La semaine du 20 au 27 septembre n’est une ligne d’arrivée que pour l’écologisme libéral et étatiste, mais pour celles et ceux qui comme nous aspirent à l’élimination de l’Etat, du capitalisme, du patriarcat et du système techno-industriel, c’est une opportunité de déborder les marges étroites de la domestication pour initier un parcours autonome, anticapitaliste et anarchiste contre la nuisance techno-industrielle.

Ni l’Etat ni la techno-science ne nous sauveront.

La lutte est le seule chemin.

[Traduit de l’espagnol de contramadriz, 11.09.2019]

BLOC ANARCHISTE DANS LA MANIFESTATION POUR LE CLIMAT

[Athènes, Grèce ]:La maison du Brésil attaquée contre Bolsonaro et la destruction de l’Amazonie- 12/092019

Publié le 2019-09-13 22:01:04

 

 

Des membres du groupe anarchiste Rouvikonas sont intervenus jeudi après-midi (12/09) à la « Maison du Brésil » à Athènes, en diffusant des pamphlets et en scandant des slogans. Les anarchistes se sont enfuis à vélo après la manifestation. Personne n’a été arrêté.

Le groupe a appelé à une action directe dans une longue publication d’Indymedia Athens, soulignant que l’offensive visait à protester contre l’incendie de l’Amazonie, les violences contre les peuples autochtones de la région et les politiques du président Jair Bolsonaro.

La « Casa do Brasil » est située au rez-de-chaussée du bâtiment de l’ambassade du Brésil à Athènes, dans la rue Vassilisis Sofias 23. Ce bâtiment sert également de résidence à l’ambassadeur du Brésil à Athènes.

>> Regardez la vidéo (00:30) ici:

traduit de l’espagnol de https://contramadriz.espivblogs.net

Soirée de soutien à kaliméro le 28 septembre

Publié le 2019-09-14 10:54:04

Kaliméro est une caisse de solidarité avec les prisonnier.e.s de la guerre sociale qui fait parvenir de la thune à l’intérieur des prisons depuis bientôt 13 ans.
Cet appui matériel, sous forme de virements faits aux prisonnier-e-s, est nécessaire face aux quatre murs qui sont là pour briser les individus et qui exacerbent les rapports sociaux qui se jouent à l’extérieur. Sans argent dedans, tu es d’autant plus assujetti au bon vouloir de l’administration pénitentiaire, des maton-nes, d’autres détenu-es plus riches, ainsi qu’au travail pour quelques miettes par heure. La prison est un des rouages de ce sytème basé sur l’exploitation et la domination que nous voulons raser au sol, c’est pourquoi nous envoyons des mandats à celles et ceux accusé-es d’actes de révolte dont on est solidaires.

Cette année, de l’argent a par exemple été envoyé à un manifestant incarcéré sous X pour le 1er mai ainsi qu’à deux des trois personnes en instruction pour association de malfaiteurs suite à leur arrestation Gare du Nord la veille du 1er mai à proximité d’une voiture contenant du matériel compatible avec l’émeute. De l’argent a aussi été envoyé en Italie pour les incarcéré-es de deux opérations répressives contre des anarchistes.

Kaliméro n’entend pas réagir seulement à la répression des « mouvements sociaux » et des grosses manifs, ou à celle de milieux anti-autoritaires, mais entend s’inscrire dans la continuité des révoltes contre l’ordre existant, qui peuvent être individuelles ou collectives et prendre différentes formes.
Depuis deux ans, des mandats mensuels sont ainsi envoyés à quelqu’un accusé d’avoir tiré sur les gendarmes durant les émeutes à Beaumont sur Oise, suite à l’assassinat d’Adama Traoré. Il est toujours incarcéré et vient d’être renvoyé avec d’autres aux assises. A la fin de l’année dernière, deux personnes ont été soutenues suite à une incarcération pour vol en réunion, refus d’empreintes et identités imaginaires.

Enfin, la caisse est aussi un espace de réflexion pour approfondir notre rapport antagoniste à la justice, avec la volonté que nos révoltes ne s’arrêtent pas aux portes du commissariat. La réunion tous les 2e jeudis du mois à Montreuil qui fait fonctionner la caisse est donc aussi l’occasion d’échanger sur les possibles moyens d’esquive, de résistance et d’auto-organisation offensive contre la machine judiciaire et carcérale.

Soirée de soutien à Kaliméro le samedi 28 septembre 2019 de 18h à 2h du matin !

Présentation de la caisse

Cantine

Concerts :
Diavolina Propulsion Rock fusionnant
MC Elliot et MC Djulce – Rap

Tombola avec des super lots !!

Pour connaître l’adresse de la soirée et des réunions, pour faire parvenir de l’argent qui ira exclusivement aux mandats, pour toute question :
kalimeroparis [at] riseup.net

Athènes (Grèce) : Squat partout ! Expulsons Airbnb !

Publié le 2019-09-14 10:55:05

athens.indymedia.org / mercredi 11 septembre 2019

Une de ces nuits, au milieu d’une invasion policière intensifiée et du siège du quartier d’Exarcheia, perpétré par l’État au cours de ces deux dernières semaines, des compas anarchistes se sont introduit.e.s dans des bâtiments où se trouvent des luxueux appartements Airbnb, pour y laisser un message. Les serrures des portes ont été sabotées et les murs tagués.

Comme nous le savons tou.te.s, la situation à Exarcheia est caractérisée par une pression augmentée de l’État dans ce secteur, avec une présence continue des MAT (la police anti-émeute) et d’autres forces de police fortement armées, dans chaque axe stratégique autour de la place. Cette occupation militaire du quartier s’est accompagnée d’une nouvelle série d’expulsions de squats et d’attaques contre la communauté auto-organisée. Le harcèlement de rue perpétré par la police a également causé une série d’arrestations parmi les militant.e.s et les migrant.e.s.

Le fait qu’espaces et dynamiques rebelles sont pris pour cibles à Exarcheia a peut-être atteint un niveau plus brutal et direct ces dernières semaines, mais ce n’est que la continuation d’un processus qui est à l’œuvre depuis des années et qui cherche à détruire les communautés locales, basées sur l’auto-organisation et la résistance face à la loi et à la domination capitaliste.

Il s’agit d’un processus diversifié et sur le long terme, qui se manifeste à travers le projet gouvernemental de construire une station de métro sur la place Exarcheia et de transformer le Polytechnique en musée, neutralisant ainsi deux des espaces les plus importants pour le mouvement local.

Les appartements Airbnbs sont la manifestation la plus évidente et la plus destructrice de ce processus. Dans des proportions toujours croissantes, ils sont en train de pousser les familles et les jeunes de la classe laborieuse hors de ce secteur, en faisant appel aux intérêts des propriétaires immobiliers qui voient une occasion en or dans les portefeuilles des touristes qui viennent à Exarcheia à la recherche de sensations fortes bon marché du parfum vague de la radicalité.

Face à cette situation, notre position est très claire : nous ne pouvons pas rester là et assister à la prise de contrôle militaire de notre quartier pour faire place à une station touristique consumériste, ni rester passif.ve.s face à ceux/celles qui essayent de vendre Exarcheia et la dynamique de lutte et de résistance à laquelle elle a longtemps servi de maison. Nous continuerons à lutter contre les capitalistes suceurs de sang et leurs armées. Jusqu’à ce que chaque quartier soit Exarcheia !

L’attaque d’hier soir n’était qu’un avant-goût.

Nous encourageons fortement tou.te.s les résident.e.s du quartier à s’informer sur la situation des appartements autour du leur et à le signaler et/ou agir contre les propriétaires immobilières exploiteurs, qui profitent de la détresse croissante des populations déplacées d’Exarcheia.

Touristes d’Instagram, les flics ne vous sauveront pas ! Vous n’êtes pas les bienvenus ici et vous n’êtes pas en sécurité ici. Proprios, la porte suivante est la votre.

la tempête de sable

Hambourg (Allemagne) : « A propos des mots » – Des nouvelles depuis la prison

Publié le 2019-09-14 10:55:11

de.indymedia.org / jeudi 12 septembre 2019

…à propos des mots

Beaucoup de gens savent que quelque chose ne va pas, dans notre monde, mais ils/elles pensent que seuls ou en petit groupe on ne peut rien faire. Cette idée est erronée, car l’histoire nous a appris exactement le contraire, un nombre incalculable de fois. Les plus grands changements/innovations de notre temps n’ont pas été le travail de nombreux grands groupes. Non, la plupart du temps, c’était des petits groupes ou même des individus qui ont rendu ce monde meilleur. Parce que ce qui compte c’est que, quand on meurt, on laisse le monde dans un état meilleur de comme on l’a trouvé.

Des bancs publics aux barricades

Les mots sont l’outil le plus puissant de l’homme. Les mots déclenchent des guerres, les mots apportent la paix. Les mots nous font haïr et nous font aimer. Chaque mot en soi est si objectif, si insensible, si dénué de sens. Cependant, quelques mots seulement, combinés, suffisent à déclencher chez tant de gens des sentiments puissants qui, paradoxalement, ne peuvent être exprimés par des mots.

T’arrive à donner de la force et à rendre heureux des gens que tu ne connais même pas et qui ne te connaissent pas du tout. T’arrive à rendre heureux des gens qui n’ont même pas assez de connaissances de la langue allemande pour remplir une liste d’achats ou un formulaire, mais ils comprennent exactement ce que tu dis. Le bonheur est gratuit, mais il est encore une denrée si rare.

Merci pour les bons mots !

Un prisonnier, juillet 2019

Thouars (Deux-Sèvres) : Incursion incendiaire dans la cour de la mairie – 12 septembre 2019

Publié le 2019-09-14 13:34:06

Dans la nuit de mercredi 11 au jeudi 12 septembre à Thouars (Deux-Sèvres), deux voitures municipales de service, stationnées dans la cour de la mairie entre le bâtiment principal et une annexe, ont été incendiées. Les pompiers sont intervenus pour éteindre les flammes, mais les deux véhicules utilitaires ont été entièrement détruits. La collectivité en avait fait l’acquisition il y a un an à peine.

C’est le troisième épisode de véhicules incendiés (huit voitures brûlées au total) en à peine trois semaines à Thouars. Sauf que dans ce dernier « épisode », la cible n’est rien d’autre que l’autorité municipale.

[Repris de la Nouvelle République, 13.09.2019]

Munich (Allemagne) : Un véhicule de Siemens attaqué – Solidarité avec les trois de la Parkbank

Publié le 2019-09-14 13:53:05

de.indymedia.org / vendredi 13 septembre 2019

En solidarité avec les 3 de la Parkbank, cette nuit nous avons attaqué avec de la peinture un véhicule de Siemens, profiteurs des prisons.

Par notre action, nous envoyons nos salutations à tou.te.s les compas emprisonné.e.s.
Pour la destruction de toutes les prisons.

Rennes : Occupez-vous de vos pédophiles

Publié le 2019-09-14 13:54:06

Ouest-France / vendredi 13 septembre 2019

Des inscriptions apposées à la bombe aérosol ont été découvertes, ce vendredi matin, à Rennes, sur les murs de la façade de la maison diocésaine. […]
« PMA pour toustes », « transphobes »… Plusieurs tags relatifs à la question de la procréation médicalement assistée (PMA) et hostiles à l’Église catholique ont été découverts ce matin, vendredi 13 septembre, sur les murs de la façade de la maison du diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo, installée rue de Brest.

« Ce n’est pas l’affaire du siècle mais ce n’est pas vraiment agréable… », commente le père Nicolas Guillou, délégué épiscopal à l’information du diocèse. Les faits ont été constatés dès ce vendredi matin par la police nationale. « Une déclaration de dégradation d’un édifice affecté au culte a été déposée par l’évêché », précise le service communication du diocèse.
Ces dégradations interviennent dans le contexte des débats à l’Assemblée nationale relatifs à l’extension de la procréation médicale assistée (PMA) aux couples de femmes.

Aux côtés d’autres responsables religieux français, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque du diocèse de Rennes, a notamment été auditionné en commission à l’Assemblée nationale.
Président du groupe de travail bioéthique de la Conférence des évêques de France (CEF), auteur ou directeur de plusieurs ouvrages, Mgr Pierre d’Ornellas est l’un des responsables de l’Eglise catholique au premier plan sur le projet de révision des lois bioéthiques, dont la PMA est l’un des sujets.

Les dégradations découvertes ce vendredi, à Rennes, interviennent trois jours avant une importante soirée, organisée lundi 16 septembre, au Collège des Bernardins, à Paris.
Aux côtés de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la CEF, et des experts, Mgr d’Ornellas développera les positions de l’Église catholique sur la révision des lois bioéthiques, pour « comprendre de l’intérieur ses positions, qui sont d’abord pour le service du dialogue et pour le service de notre société tout entière ».

Italie – opération Prometeo : Des nouvelles de Giuseppe

Publié le 2019-09-14 13:54:10

Insuscettibile di ravvedimento / samedi 14 septembre 2019

Il y a quelques semaines, on l’avait déjà écrit, Beppe a été transféré depuis la section AS2 de la prison de Rossano Calabro à la prison de Pavie. Après qu’il a eu un parloir avec son avocat, on a découvert qu’il se trouve dans la section des détenus « protégés », là où il y les balances, les anciens membres des forces de l’ordre, les violeurs et agresseurs sexuels, ainsi que des détenus transsexuels et homosexuels (qui ont fait une demande explicite d’aller parmi les « protégés »). Beppe avait demandé d’être transféré de l’AS2 de Rossano, où la plupart des détenus sont des islamistes, pour incompatibilité avec eux, et il avait aussi demandé un rapprochement vers chez lui, en demandant donc un transfert dans une des sections AS2 du centre-nord d’Italie, là où en ce moment il y a des compagnons anarchistes. La réponse à sa demande, sous forme de provocation, a été son transfert dans la sections des « protégés » de la prison de Pavia. Ne le laissons pas seul !

Pour lui écrire :

Giuseppe Bruna
C. C. di Pavia
Via Vigentina, 85
27100 – Pavia (Italie)

Et les adresses des autres deux compas arrêté.e.s avec lui :

Robert Firozpoor
C. C. di Sassari – Bancali
Strada provinciale 56, n. 4
Località Bancali
07100 – Sassari (Italie)

Natascia Savio
C. C. di Piacenza
Strada delle Novate, 65
29122 – Piacenza (Italie)

Argentine: Adeux ans de l’assassinat du compagnon Santiago Maldonado et des exactions de L’État

Publié le 2019-09-14 22:46:09

A deux ans de l’assassinat du compagnon Santiago Maldonado (El lechuga, Brujo), mort dans les mains de la gendarmerie nationale, non seulement l’Etat a tué le compagnon, mais ses institutions poursuivent leurs crimes. Tout ce qui est exposé ici est ouvert au débat et à la reflexion. Salut!

Santiago a toujours été consient et conséquent avec ses idées, son esprit solidaire et combatif l’a amené à se solidariser avec une juste cause, telle que celle d’exiger la liberté des détenu-e-s dans la lutte pour la récupération de territoires ancestraux, comme c’est le cas du lonco Facundo Jones Huala de la communauté mapuche. C’est dans cette lutte que s’est déclenchée la chasse qui a causé la mort de notre compagnon (el lechuga). Jusqu’à maintenant, mille et une manoeuvres ont visé à le classer dans leurs archives, à clore le dossier en tant que simple noyade. Les politiciens et les médias, éternels défenseurs de la répression de la loi et de l’ordre, ainsi que de la propriété privée, ont conclu que s’il faut tuer pour protéger leurs privilèges, ils n’hésiteront pas à continuer à pointer du doigt, à enfermer et jusqu’à tuer pour leur tranquillité, leur bien-être et la patrie. C’est ainsi qu’ils pensent, c’est ainsi que se maintient un système de privilèges, et c’est ainsi qu’agissent les hommes et femmes d’Etat !

La critique et la lutte contre un gouvernement ne sert à rien si on aspire à occuper son fauteuil présidentiel, cela ne fait qu’annuler et étouffer la liberté à laquelle nous aspirons et nous voulons parvenir.

Lorsque s’est produite la disparition forcée, puis le corps planté dans l’eau par les chiens de garde de l’Etat démocratique, la rage s’est fait sentir et entendre de la part de compagnons de cette région comme de beaucoup d’autres du monde. Il y a eu de la répression et des arrestations, parce que c’était impossible à passer sous silence. Mais jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous continuons à peindre les murs, à coller ses yeux sur chaque propriété, ce qui perturbe beaucoup la bourgeoisie argentine. Nous ne cessons de le rappeler, car il nous a laissé un enseignement, celui de lutter jusqu’à ce que tombe l’autorité. Il restera toujours dans nos esprits, toujours présent dans la lutte ! Et dans chaque coeur rebelle !!

Nous avons vu et vécu des milliers d’actes de terrorisme et de crimes d’Etat depuis l’assassinat de Santiago Maldonado et de Rafael Nahuel [1], je ne vais pas faire une liste des atrocités commises, ni des prix donnés par les chefs à leurs assassins. Comme nous le voyons, le capitalisme marche comme ça, les pouvoirs et les intérêts des bourreaux qui l’intègrent et le défendent ne se sont pas assouvis avec la soif de sang, de tirer et de buter, parce que c’est l’essence du pouvoir, de ceux qui chantent des hymnes et hissent des drapeaux.

Beaucoup de jeunes de cette région sont assassinés toutes les 21 heures par cette organisation criminelle que sont les institutions de la république Argentassassine.

Là où on prône le respect de l’autorité, l’obéissance et la fidélité à l’ordre établi … IL Y AURA TOUJOURS UN CRIME.

La véritable opposition à un gouvernement n’est pas de conquérir le pouvoir, mais de le détruire et quand nous parlons de le détruire, nous faisons référence au fait de détruire son essence, avec ce dont nous parlions auparavant, les privilèges. Cette manière d’affronter l’existence en cherchant à être au-dessus des autres ne fait que maintenir le même tissu social basé sur l’obéissance et l’autorité. L’unique chose à laquelle aspire la gauche et qui lui importe, c’est cela, la conquête du pouvoir, la révolution ne l’intéresse pas, et encore moins détruire le système de privilèges ; ils fantasment sur le fait que tout peut être humanisé et qu’ils sont capables de le faire et selon eux un fouet plus étroit et plus coloré causera moins de dégâts, c’est-à-dire qu’il ne fera pas aussi mal et fera moins souffrir que le précédent et qu’avec le temps ce fouet bienfaisant sera moins douloureux ; mais ils ne diront jamais rien et ne lèveront jamais le poing contre l’autorité et les dégâts qu’elle cause (dictature du prolétariat).

Cela nous procure beaucoup de rage de voir comment les partis politiques de tout poil s’approprient et s’accrochent au compagnon tombé, faisant leur sa lutte tout en sachant très bien que Santiago était

anarchiste. Non seulement ils ont dégradé et manipulé le contenu combatif que portait le compagnon, mais ils ont réduit sa personne et sa militance anarchiste à l’image d’un simple hippie artisan. Ils sont toujours là, à s’accrocher à un mort pour en faire un martyr et manipuler une lutte telle que celle du compagnon (la lutte contre le pouvoir et toute autorité), qui leur est étrangère mais qu’ils font leur, alors que ses aspirations étaient diamétralement opposées. C’est digne de sangsues comme de pestes religieuses acharnées par leurs propagandes électorales [2] qui, comme si cela ne suffisait pas, pointent en plus du doigt des compagnons anarchistes qu’ils accusent d’être des policiers et des infiltrés et qu’ils livrent aux forces de l’ordre, prétendant critiquer ces dernières tout en rêvant d’en faire partie.

Nous ne pouvons pas non plus comprendre l’attitude de son frère Sergio Maldonado, nous ne l’avons jamais entendu prendre la défense des compagnons anarchistes face à tant de mensonges des politicards et des journalistes et à tout le dispositif monté par les médias officiels et les opposants partidaires, avec lequel (ce sont des flics, des agents des services, des infiltrés,) ils tentent, d’une manière ou d’une autre, de discréditer et de réduire à néant la solidarité et la lutte basée sur l’auto-défense, sentiment et principe que le compagnon Santiago pratiquait, démontrant que … ce n’étaient pas que des mots ! On peut aussi citer la visite au pape francisco avec les messes et toutes les fanfaronades de cirque, de la merde!!! Tandis qu’en réalité Santiago avec ses idées sur Dieu, l’Eglise , le pouvoir, le gouvernement, l’Etat, la patrie etc. les combattait en paroles et en actes (SAINT BLASPHÈME cri de guerre de Santiago). Son frère a ignoré la chose la plus belle à laquelle il aspirait, la liberté et l’égalité pour toutes et tous, en combattant toute autorité, ainsi que sa proposition d’action directe et de solidarité. Comme si ses idées et sa manière de penser ne valaient rien ! ….et le voilà maintenant accroché aux ennemis de son frère, réclamant justice à ceux qui l’ont assassiné, faisant de sa mémoire des événements folkloriques sous contrôle et haute surveillance, dans le cadre de la démocratie putride.

Le sang continue de couler aux quatre coins du territoire argentin et nous savons actuellement qui sont les faces visibles de tous ces agissements mafieux et criminels, Mauricio Macri (président), Patricia Bullrich (ministre de la sécurité), María Eugenia Vidal (gouverneure de la province de Buenos Aires), Gabriela Micheti (vice-présidente), Horacio Rodríguez Larreta (chef du gouvernement) etc. Ils veulent nous habituer à une société policière, à nous taire face à un abus de pouvoir ou d’autorité, à un coût de la vie auquel il devient impossible de faire face [3]. Si nous devons payer un loyer, nous ne mangeons pas, nous ne nous habillons pas, sans parler de celles et ceux qui ont une famille nombreuse, (que moqueries ou cynisme politique) avec les heures supplémentaires de taf mal payées et souvent par tranches, bien pratiques pour eux tout comme le chantage mesquin de la “banque d’heures” qui permet de faire faire des heures sup’ en ne les payant qu’à la condition que l’entreprise vende son produit, misérable politique d’extorsion établie par les patrons. Mais attention au fait “d’élever la voix ou de s’organiser pour lutter” ! Parce qu’ils vont nous étriper et tout va être encore plus compliqué. Mais cela n’a rien à voir avec un type de gouvernement, consciemment nous savons qu’il s’agit simplement du mécanisme d’exploitation d’un système qui repose sur les classes sociales, sur la propriété privée et sur le capital, défendu et maintenu en place par l’Etat et sa violence autoritaire qui soutient le pouvoir. Nous ne voulons pas renverser la balance ou la vapeur, parce que nous refusons que les uns soient au-dessus des autres, nous n’aspirons pas à réduire quiconque en esclavage ni à cesser d’être pauvres pour devenir riches, et encore moins, comme ils le disent tous, à être notre propre patron. NON !!! Rien de tout cela, nous luttons pour que nos vies puissent jouir d’une pleine liberté. NOUS LUTTONS POUR QUE PERSONNE NE SOIT HUMILIÉ PAR QUI A DAVANTAGE, NOUS LUTTONS POUR DÉTRUIRE LES PRIVILÈGES, LES PRISONS, LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE, LE POUVOIR ET L’AUTORITÉ !!

Ils nous traiteront de fainéants si nous jonglons ou travaillons dans la rue, ou si nous refusons leurs usines et leurs règles, nous voulons cesser de faire partie un tant soit peu de l’engrenage de ce système d’exploitation et de misère, mais nous n’avons à offrir que de petits exemples de rebellion, en quittant le troupeau et en créant d’autres manières de vivre qui ne soient basées ni sur la compétition ou le profit, ni sur l’obéissance à cette tyrannie capitaliste qui esclavagise, soumet et tue.