Vive l'Anarchie - Semaine 36, 2023

Sommaire

La rentrée d'Euforie

Publié le 2023-09-04 00:15:04

Nous y voilà : après avoir renfilé son cartable et trié ses crayons (mais où sont passés les marqueurs ?!?) lors de son AG de rentrée, l’Euforie, squat d’activité anti-autoritaire et auto-organisé, est prête à retrouver son rythme de croisière...



Ça veut dire que les réunions d’orga ouvertes à tou.tes reprennent tous les jeudis à 18h. Et qu’elles seront précédées à partir de 16h de la permanence du lieu, moment idéal pour l’utiliser (salles, infokiosque, freeshop, douches...) sans s’être inscrit ni en avoir les clés, pour y rencontrer des gen.tes, consulter/remplir l’agenda, poser des questions...

On profitera aussi de ces moments pour réfléchir à la possible expulsion du squat, et aussi envisager l’après. Car l’huissier a parlé : le lieu est expulsable à partir du 24 septembre. Ce qui ne veut pas dire qu’on compte tout déménager à cette date, non non non, on restera jusqu’au bout ! On communiquera plus amplement là dessus bientôt.

En attendant, demandez le programme :

Voici de retour les rendez-vous habituels...

Mais aussi des activités ponctuelles (+ d’infos à venir) :

On rappelle que qui veut peut enrichir librement ce programme (voir ici) ! A bientôt à l’Eufo, dans la street ou ailleurs !

Most (République Tchèque) : Procès Fénix 2

Publié le 2023-09-04 15:00:09

reçu par mail (en anglais) / samedi 2 septembre 2023

Les 18 et 19 septembre, à 8h30, au tribunal du district de Most se tiendra la prochaine audience de l’affaire Fénix 2.  Les principaux chefs d’inculpations concernent le support et la promotion du Réseau des Cellules Révolutionnaires (SRB), l’anarchisme insurrectionnel, ainsi que le chantage et l’atteinte à la propriété d’autrui. Pendant plusieurs années, le SRB s’est concentré sur le sabotage de biens de la police et des capitalistes. Jusqu’à présent, personne n’a été reconnu coupable et condamné pour ces actions.

L’accusé Lukáš Borl a reconnu avoir tagué les phrases « la répression n’arrêtera pas le désir de liberté » et « mort à l’État » sur les murs d’une prison. Il a également admis qu’il utilisait des documents d’identité modifiés. Il a payés les dégâts qu’il a causés à la prison. Sur ce deux points, le tribunal a reconnu Borl coupable, mais a abandonné la peine. Selon le président de la cour, Dagmar Šebková, les délits n’étaient pas graves et ils ont eu lieu il y a longtemps.

Le tribunal d’appel d’Ústí nad Labem a cassé le premier verdict du tribunal du district de Most et lui a renvoyé l’affaire pour un nouveau jugement. Un expert dans le domaine de l’odorologie devra examiner la question des « traces de parfums ».

Rappelons que quatre anarchistes et un.e militant.e écologiste sont inculpé.es de délits qui peuvent être punis avec des peines allant de 3 à 10 ans de prison. Soutenez les inculpé.es directement au tribunal ou par une autre action de solidarité.

Plus d’informations sur l’affaire Fénix 2 sur le blog.

Most (République Tchèque) : Procès Fénix 2

Publié le 2023-09-04 15:00:09

reçu par mail (en anglais) / samedi 2 septembre 2023

Les 18 et 19 septembre, à 8h30, au tribunal du district de Most se tiendra la prochaine audience de l’affaire Fénix 2.  Les principaux chefs d’inculpations concernent le support et la promotion du Réseau des Cellules Révolutionnaires (SRB), l’anarchisme insurrectionnel, ainsi que le chantage et l’atteinte à la propriété d’autrui. Pendant plusieurs années, le SRB s’est concentré sur le sabotage de biens de la police et des capitalistes. Jusqu’à présent, personne n’a été reconnu coupable et condamné pour ces actions.

L’accusé Lukáš Borl a reconnu avoir tagué les phrases « la répression n’arrêtera pas le désir de liberté » et « mort à l’État » sur les murs d’une prison. Il a également admis qu’il utilisait des documents d’identité modifiés. Il a payés les dégâts qu’il a causés à la prison. Sur ce deux points, le tribunal a reconnu Borl coupable, mais a abandonné la peine. Selon le président de la cour, Dagmar Šebková, les délits n’étaient pas graves et ils ont eu lieu il y a longtemps.

Le tribunal d’appel d’Ústí nad Labem a cassé le premier verdict du tribunal du district de Most et lui a renvoyé l’affaire pour un nouveau jugement. Un expert dans le domaine de l’odorologie devra examiner la question des « traces de parfums ».

Rappelons que quatre anarchistes et un.e militant.e écologiste sont inculpé.es de délits qui peuvent être punis avec des peines allant de 3 à 10 ans de prison. Soutenez les inculpé.es directement au tribunal ou par une autre action de solidarité.

Plus d’informations sur l’affaire Fénix 2 sur le blog.

Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : les yeux crevés de l’Etat

Publié le 2023-09-04 18:45:05

Aulnay-sous-Bois : deux mois après les émeutes,

les 52 caméras dégradées n’ont toujours pas été remplacées
Le Parisien, 4 septembre 2023 (extrait)


Les dernières images enregistrées
par la caméra installée au croisement des rues Jacques-Duclos, de Madrid et Joseph-Marie-Jacquard, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) résument bien la violence qui s’est abattue sur l’espace public lors de l’épisode d’émeutes urbaines du début de l’été. On y voit, en pleine nuit, une pelleteuse foncer en direction du mât sur lequel est fixé l’appareil de vidéosurveillance. Une dizaine de personnes, tout de noir vêtues, observent la charge de l’engin, dérobé à quelques centaines de mètres de là sur le chantier de la gare du Grand Paris Express. En cette fin août, la chaussée conserve les stigmates de ces dégradations.

Sur les quelque 500 objectifs que compte la commune la plus vidéosurveillée de Seine-Saint-Denis, 52 sont inutilisables depuis qu’ils ont été pris pour cible par les émeutiers, selon le décompte de la municipalité. Dans le détail, 32 caméras sont considérées comme « sévèrement endommagées », les 20 autres sont purement et simplement « hors service ». Toutes se situent dans la partie nord de la ville, où se concentrent les grands ensembles et les quartiers populaires. La mairie d’Aulnay-sous-Bois estime les dégâts matériels à plus de 1 million d’euros, somme à laquelle elle ajoute 120 000 euros de travaux de génie civil liés, notamment, à la détérioration des câblages.

Pour des pétards contre la flamme olympique

Publié le 2023-09-04 18:50:02

Le 16 juillet 2021, Daisuke Kuroiwa a lancé quelques pétards pendant une cérémonie de la flamme olympique, devant le stade de Musashino à Tokyo, pour exprimer sa colère contre cette fête toxique. Suite à son interpellation, il est incarcéré 139 jours au centre de détention de Tachikawa dans l’attente de son procès. Un an plus tard, il est condamné à un an de prison avec sursis. Il a fait appel le jour du verdict et le procès en appel se tiendra en septembre. Pour le soutenir, le collectif Saccage 2024 a rédigé un message de solidarité. Il a été envoyé en japonais et voici sa traduction française.



Comme beaucoup de soutiens à Daisuke Kuroiwa l’ont pointé avant nous, les Jeux Olympiques souffrent “du manque de légitimité” (l’amicus brief par Takashi Sakai). Le tribunal du district de Tokyo a ordonné une peine extrêmement sévère, un an de prison avec sursis, pour des pétards pendant une cérémonie de la flamme olympique à Tokyo. Il va de soi qu’il s’agissait d’un acte contestataire appartenant à la tradition de la non-violence. Face à cette réaction disproportionnée, on peut se demander si ce verdict n’est qu’une expression déplacée de la conscience de l’illégitimité.

Dans le dossier d’appel par l’avocat de la défense, on peut lire : “Dans la candidature aux Jeux Olympiques, le référendum n’est pas obligatoire. (…) En général, les citoyens n’ont qu’un moyen indirect de manifester leur avis par l’élection des députés ou maires”. C’est tellement vrai. Les derniers Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) approuvés par les habitant·e·s via référendum remontent aux JOP d’hiver 2010 de Vancouver. Depuis, chaque référendum olympique s’est soldé par un “NON”. La seule exception a été Oslo en 2013, ville dont les élu·e·s ont retiré la candidature ultérieurement. Peut-être pour cette raison, il n’y a plus eu de référendum autour de la candidature aux JOP depuis 2020. Cracovie (Pologne), Hamburg (Allemagne), Calgary (Canada), Sion (Suisse) toutes ces villes ont retiré leurs candidatures parce que le vote du “NON” l’a remporté au référendum. Si les Jeux Olympiques et Paralympiques sont prévus à Paris, à Milan-Cortina, à Los Angeles et à Brisbane, c’est parce qu’il n’y avait pas de référendum dans toutes ces villes. À date, le Comité international olympique (CIO) n’arrive toujours pas à désigner l’hôte des Jeux d’hiver 2030. On peut parier que ce ne sera pas par référendum qu’une ville hôte sera désignée. La ville de Sapporo (Japon), qui était la plus grande favorite jusqu’à l’éclatement de l’affaire de corruption des JOP de Tokyo, refuse obstinément le référendum en ignorant les lettres, les pétitions et les voix dans la rue qui le réclament. Cette obstination montre clairement de quoi ils ont peur.

Depuis Berlin 1936, les JOP sont avant tout un événement médiatique. Les journaux, les chaînes de télévision et de radio du pays hôte relaient la propagande du ‘mouvement olympique’, parce que l’édition des JOP dans leur pays représente une grande opportunité pour leur business. Certaines chaînes paient des millions, voire des milliards dans le cas extrême de la NBC (chaîne états-unienne), pour le droit de diffusion. Quand la propagande du CIO est aussi hégémonique, pour ses opposant·e·s c’est l’action directe qui s’impose.

Même si les JOP 2024 de Paris ne semblent pas menacés par le Covid-19, ils souffrent également d’un manque de légitimité. Le chef du comité d’organisation, Tony Estanguet, n’a pas peur de manquer de respect pour les organisateurices brésilien·ne·s ou japonais·e·s et il aime persister à dire que les JOP de Paris sont “inédits, uniques et différents”. A-t-il raison ? Pour le village olympique, des travailleurs immigrés ont été chassés de leur logement. Des sans-abris sont déjà transféré·e·s de la capitale vers d’autres régions. Pôle emploi n’offre que des formations liées à la sécurité des événements sportifs en Île-de-France. Le CROUS a annoncé la réquisition de quelques milliers de logements étudiants dans la région parisienne pendant l’été 2024. Les accidents, dont un mortel, s’enchaînent sur les chantiers olympiques. Enfin et surtout, le parquet national financier a perquisitionné un cabinet de conseil spécialisé dans le sport, fondé par deux cadres du Comité d’organisation de Paris. Le cabinet en question, Keneo, appartenait, jusqu’à 2020, au géant japonais Dentsu, qui se trouve au centre de l’affaire de corruption des JOP de Tokyo.

Si le CIO souffre de la raréfaction des villes hôtes potentielles, c’est parce que les saccages commencent à être connus, ne serait-ce que vaguement. Cela amène à une situation où des villes candidates, de plus en plus rares, ne font pas de référendum par peur de l’opinion négative de leurs habitant·e·s, et fait naître un cercle vicieux dans lequel la démocratie est négligée.

Est-ce que ce cercle vicieux sera bientôt brisé ? Ou est-ce que les Jeux Olympiques et Paralympiques feront toujours rage dans les années 2030 et saccageront encore tout ce qui est autour d’eux ? Dans un monde sans neige à cause du réchauffement climatique, les JOP d’hiver continueront-ils avec de la neige artificielle ?

Une chose est certaine. Ce n’est pas le CIO qui dira : “Bon, on arrête un spectacle has been comme ça”. La tâche d’enterrer les JOP sera menée par celles et ceux qui luttent contre le capitalisme de fête. Pour cela, il nous faudra deux, trois, plusieurs Daisuke Kuroiwa. Il nous faudra plus de pétards qui rappellent tous les favelas détruits, tous les sans-abris chassés, tous les morts sur les chantiers olympiques et tous les anciens membres du CIO condamnés de corruption.

Fuck the Olympics, vive les pétards.

Le 10 août 2023.

En savoir plus sur le procès de Kuroiwa (en japonais uniquement) : https://kyuenmusasino.hatenablog.com/

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反「聖火」爆竹で有罪判決を受けた日本の同志への連帯メッセージ

Saccage 2024(パリ五輪に反対するコレクティブ)

すでに多くの支援者が指摘されているとおり、オリンピックは「正当性の低落」(酒井隆史氏意見書)に苦しんでいます。東京地裁は非常に重い、懲役一年という判決を、聖火リレーイベントで鳴らされた爆竹に下しました。これが非暴力の伝統にある異議申し立て行動であることは明白です。このような過剰な反応=反動(réaction)は、正当性の低落という負い目の表出なのでは、とすら思えます。

「弁護団・控訴趣意書」の中には、「オリンピック招致については、住民投票が必須とされておらず(…)、一般に市民は、議員や首長の選挙を通じて間接的に意思表示をするしかない」とあります。これは本当にその通りで、住民投票により市民の承認を得て開催された最後のオリンピックは、2010年バンクーバー冬季五輪となります。2010年代に招致希望都市で行われた住民投票では、オスロ(2013年)のみを例外としてすべて「NO」という結果になっているのです。そして2020年代に入るとオリンピック招致をめぐって住民投票が行われること自体がなくなってしまいました。クラクフ(ポーランド)が、ハンブルグ(ドイツ)が、カルガリー(カナダ)が、シオン(スイス)が招致から手をひいたのは、住民投票で反対が上回ったからです。これからオリンピックがパリで、ミラノで、ロサンゼルスで、ブリスベンで開催されるのは、これらの都市において住民投票が行われなかったからです。現在絶賛難航中である2030年冬季大会の開催都市選定において、住民投票によって開催都市が決定されることはまずないでしょう。数々の要求にもかかわらず住民投票を頑なに拒否する現在の札幌市の対応は、何が恐れられているのかを如実に示しています。

36年ベルリン五輪以降のオリンピックは、何よりもまずメディアイベントです。開催国の新聞・テレビ・ラジオは例外なく翼賛的になります。営利企業であるメディアにとって、自国開催のオリンピックは重要なビジネスチャンスです。何百万ユーロ、極端な場合は米NBCのように何十億ユーロもの放映権を支払う放送局もあります。国際オリンピック委員会(IOC)のプロパガンダがこのように優勢である以上、必然的に直接行動という選択肢が有力なものとなります。

Covid-19によって開催が脅かされてこそいませんが、正当性の低落に苦しんでいるのは一年後に迫ったパリ五輪も同じです。組織委員長のトニー・エスタンゲは、ブラジルや日本に対して実に失礼なことに、「これまでの五輪と違う」と強調することを好んでいます。はたして本当にそうでしょうか?選手村建設のために移民労働者が強制退去されました。パリ首都圏の野宿者が地方に強制移動させられている、という報道もすでに出ています。首都圏の職業安定所が紹介する職業訓練は「スポーツイベント警備」関連一色となっています。CROUSという公的機関が運営する首都圏の学生寮は、来年の夏にオリンピックのために差し押さえられ、数千人の学生たちが追い出されることが決定しています。建設現場では事故が多発し、労働者一名がすでに死亡しています。またパリ五輪組織委の重職についている人物2名が創業したコンサル会社にすでに家宅捜索が入っているのですが、驚くべきことに同社は2020年まで電通イージス・ネットワークの100%子会社だったのです。

近年IOCが開催希望都市の減少に苦しんでいるのは、このようなオリンピック災害が漠然とではあっても知られるようになったからです。だからこそ希少な開催希望都市で住民投票を行うことはできなくなり、ますます民主主義が蔑ろにされる、というスパイラルが生まれているのです。

このスパイラルはどこかで断ち切られるのでしょうか?それともオリンピックは2030年代になっても猛威を振るい、とり巻くすべてを破壊していくのでしょうか?温暖化で雪の降らなくなった世界で、冬季オリンピックは人工雪を使って続けられるのでしょうか?

一つだけ確かなことがあります。IOCが自分たちから「もうこんな時代遅れなスペクタクルはやめよう」と言い出すことはまずない、ということです。オリンピックを葬るのは、不服従を貫く人々の仕事となるはずです。そのためには第二、第三、もっと多くの黒岩さんが必要となります。すべての破壊されたファベーラを、追い出された野宿者を、建設現場での死者を、そして汚職で有罪を食らったIOC委員を思い出すため、もっと多くの爆竹が鳴らされる必要があります。

Fuck the Olympics、ビバ爆竹。

2023年8月10日。

Indymedia Lille

Publié le 2023-09-04 18:55:04

Manifestation dimanche 17 septembre à Calais, départ à 15h devant le Théâtre.

En mars 2023, les états français et britannique ont annoncé l’ouverture prochaine d’un nouveau centre de rétention administrative (CRA) sur le littoral nord de la france, financé par le royaume-uni.

Les CRA sont des prisons où l’état français enferme les personnes qui n’ont pas les « bons papiers » dans l’attente de leur expulsion du pays. Il en existe déjà plusieurs dizaines dans toute la france, dont un à Coquelles, à côté de Calais. Les violences et mauvais traitements contre les prisonnier-es y sont quotidiens.

Ce nouveau projet s’inscrit dans les logiques racistes et sécuritaires de la france et du royaume-uni, comme de l’ensemble des pays européens, qui dépensent des milliards d’euros dans la militarisation des frontières, le flicage et le harcèlement des personnes exilées.

Alors que la majorité des habitant-es de la région souffrent, comme les personnes exilé-es, d’une grande précarité, il est temps de mettre un terme aux politiques d’enfermement et de déportations. En plus d’être cruelles et inhumaines, ces politiques sont coûteuses et inefficaces : en dépit de tous les mauvais traitements qu’elles subissent ici, les personnes exilé-es continuent de venir pour fuir pauvreté et les conflits, dont les états occidentaux sont souvent en grande partie responsables.

Nous appelons à multiplier les initiatives pour empêcher, par tous les moyens nécessaires, l’ouverture de ce nouveau CRA, ou tout autre lieu de ce type partout sur le territoire, ainsi qu’à pousser à la fermeture de ceux déjà existants.

LIBERTÉ POUR TOUTES ET TOUS !

Abolition des frontières et des prisons  !

Infos et actualités anti-CRA à Calais : https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/


Brême (Allemagne) : Un véhicule de surveillance avec une caméra cachée démasqué

Publié le 2023-09-04 19:00:03

de.indymedia.org / dimanche 3 septembre 2023

Le 26 août 2023, un véhicule de surveillance des autorités a été découvert à Brême. Le minibus blanc, de marque Volkswagen, observait le lieu de rendez-vous, annoncé publiquement, de la Fête d’été de la Kämpfende Jugend [« Jeunesse combattante », une organisation marxiste-léniniste basée à Brême ; NdAtt.].

Le minibus était déguisé en véhicule d’un artisan, avec du matériel de travail bien visible, des outils et, pour correspondre au cliché, des gobelets de cafés vides sur le siège passager. Dans la partie arrière du Volkswagen Multivan, il y avait une étagère pour charges lourdes. Parmi d’autres cartons se trouvait une caisse en plastique dans laquelle était insérée une vitre teintée. Le côté avec la vitre teintée pointait vers le lieu de rendez-vous de la Fête d’été, de l’autre côté de la rue. Bien que sur les photos la cachette de la caméra paraisse assez bâclée, à l’intérieur du véhicule elle était relativement bien déguisée. On a mis fin à la vidéosurveillance en collant du papier sur la vitre arrière. Plus tard, dans le noir, il était possible d’éclairer la vitre teintée avec une lampe de poche et de voir l’objectif de la caméra. On peut supposer que les autorités en question remplaceront le véhicule.
La surveillance de la part des services de renseignements et de la police est quelque chose de quotidien, pour la gauche. Une attention ciblée et la vérification des éléments suspects permettent de découvrir ces mesures. Il faut prendre au sérieux la répression, sans nous laisser intimider trop.

De la solidarité, pas de la paranoïa !

Italie : Des nouvelles de l’opération Scripta Scelera

Publié le 2023-09-04 19:05:02

La Nemesi / vendredi 1er septembre 2023

Des nouvelles de l’audience de confirmation des mesures de contrôle judiciaire, suite à l’opération Scripta Scelera : les mesures restent les mêmes

Le 1er septembre est tombée la décision de l’audience de confirmation pour les neufs mesures de contrôle judiciaire fixées par le juge d’instruction Ghio, dans le cadre de l’opération  Scripta Scelera contre le bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny.

Le procureur Manotti, de la Direction anti-mafia et antiterrorisme du district de Gênes, avait demandé à deux reprises (en juillet 2022 et en mars 2023) la détention préventive en prison pour dix compagnons, inculpés en vertu des articles 270 bis du code pénal, 414 c.p. [provocation aux crimes et aux délits ; NdAtt.] (avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme) et 278 c.p. [offense à l’honneur et au prestige du président de la république ; NdAtt.] (en plus que pour presse clandestine). La deuxième requête d’arrestations a porté à l’ordonnance du juge d’instruction qui a fixé les mesures de contrôle judiciaire (quatre arrestations domiciliaires avec toutes les contraintes et le bracelet électronique, cinq interdictions de sortir de la commune de résidence, avec l’interdiction de sortir de chez soi de 19h à 7h) et ordonné l’opération répressive du 8 août 2023 (perquisitions domiciliaires pour les dix inculpés et du Circolo Culturale Anarchico Gogliardo Fiaschi à Carrare, des grosses saisies de publications anarchistes et révolutionnaires, ainsi que de téléphones, d’ordinateurs, etc.).

Quant aux neuf mesures de contrôle judiciaire, pour huit compagnons et compagnonnes le juge d’instruction les a disposée en relation aux art. 270 bis et 414 avec circonstance aggravante et pour un compagnon pour le seul article 414 avec circonstance aggravante (pour ce dernier, le juge a rejeté la requête du proc’ relative à l’accusation d’association avec finalité de terrorisme, même chose pour le dixième compagnon, pour lequel il a rejeté toutes les requêtes de mesures de contrôles).

Lors de l’audience de confirmation du 28 août, pour huit compagnons les juges du Tribunal des libertés ont annulé l’ordonnance de contrôle judiciaire en relation à l’art. 270 bis et ils l’ont confirmée en relation à l’article 414 avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme ou de subversion de l’ordre démocratique (art. 270 bis § 1 du code pénal). En plus, l’ordonnance du juge d’instruction a été confirmée aussi pour les quatre compagnons inculpés en vertu de l’art. 278 (offense à l’honneur et au prestige du président de la république).

Le neuvième compagnon – pour lequel je juge avait fixé l’interdiction de sortir de la commune de résidence, avec l’interdiction de sortir de chez lui la nuit, à cause de la seule accusation de provocation aux crimes et aux délits avec circonstance aggravante – a eu son contrôle judiciaire durci à partir du 29 août, à cause d’un retard de dix minutes dans le retour chez soi et pour une prétendue violation de l’interdiction de sortir de la commune de résidence ; du coup il a été placé aux arrestations domiciliaires (sans aucune contrainte ultérieure, à part l’interdiction de rencontrer des repris de justice). Pour ce compagnon, le Tribunal des libertés a décidé de confirmer l’ordonnance du juge d’instruction, y compris le durcissement ultérieur en arrestations domiciliaires, et il a exclu la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme.

Au delà des aspects simplement techniques/juridiques, et sans aucune considération victimisante, il faut relever que la confirmation, de la part du Tribunal des libertés, des mesures de contrôle judiciaire pour ce qui concerne l’accusation de provocation aux crimes et aux délits avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme (et, pour un compagnon, sans cette circonstance aggravante) est quelque chose d’inédit, dans les récentes opérations répressives anti-anarchistes (par exemple, en ce qui concerne l’opération Sibilla contre le journal anarchiste Vetriolo, le Tribunal des libertés avait annulé les mesures de contrôle judiciaire fixées en relation avec l’art. 414 avec plusieurs circonstances aggravantes).

Suite à cette décision du Tribunal des libertés, toutes les mesures de contrôle pour les neufs compagnons et compagnonnes restent donc les mêmes : quatre arrestations domiciliaires avec toutes les contraintes et le bracelet électronique, quatre interdictions de sortir de la commune de résidence, avec l’interdiction de sortir de chez soi la nuit, un (qui, lui aussi, avait déjà l’interdiction de sortir de la commune de résidence et de sortir de chez soi la nuit) placé aux arrestations domiciliaires « simples ».

Alors que la guerre et les nécessités militaires des États représentent le cadre social et politique de notre époque, la campagne répressive anti-anarchiste se poursuit, dans le but de frapper la combinaison théorique-pratique de l’anarchisme, de réduire au silence la solidarité avec les révolutionnaires emprisonnés et surtout d’attaquer le principe de la solidarité entre exploités, dans sa déclinaison révolutionnaire et internationaliste. Néanmoins, que ces bons messieurs s’y résignent : face à la domination de l’État, nous ne ferons aucun pas en arrière.

Solidarité avec les compagnons et les compagnonnes aux arrestations et sous enquête !
Persévérons dans l’agitation et la propagande anarchistes !

 

Ci dessous les coordonnées du compte pour la caisse en solidarité avec les compagnons sous enquête :

Carte postepay numéro : 5333 1711 9250 1035
IBAN : IT12R3608105138290233690253
Titulaire : Ilaria Ferrario

Electrical Substation Attacks Analysis – USA

Publié le 2023-09-06 07:10:05

Electrical Substation Attacks Analysis

Of all critical infrastructure sectors, utilities have been the most popular for targeted physical attacks lately. In fact, according to the North American Electric Reliability Corporation (NERC)’s Electricity Information Sharing and Analysis Center (E-ISAC), there were almost 1,700 physical security incidents reported to the E-ISAC in 2022, an increase of 10.5% from 2021.

While typical physical security incidents against utilities and substations involve vandalism, tampering, arson, and ballistic damage, most do not result in grid impacts; however, a trend toward more serious events occurred in 2022. As reported extensively in November 2022, a series of attacks occurred at six different substation facilities in Oregon and Washington state, five of which resulted in power disruptions. Then in December, gunfire disabled radiators and circuit breakers in two North Carolina substations, causing major outages for 42,000 customers during a cold spell in the area; and two Seattle substations were damaged resulting in Christmas outages.

Shift in Attack Vector

As far as substation attacks go, the recent spate of activity points to a marked rise in ballistic attacks, where bad actors are attempting to disable the power grid by strategically targeting vulnerable assemblies within the substation with gunfire, as exhibited in the North Carolina attacks.

via: unravel

[Italie] Contrôle judiciaire maintenu contre les anarchistes du dossier « Scripta Scelera »

Publié le 2023-09-06 07:20:05

Le 1er septembre est tombée la décision de l’audience de confirmation pour les mesures de contrôle judiciaire fixées par le juge d’instruction dans le cadre de l’opération Scripta Scelera contre le bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny.



Le procureur de la Direction anti-mafia et antiterrorisme du district de Gênes, avait demandé à deux reprises (en juillet 2022 et en mars 2023) la détention préventive en prison pour dix anarchistes, inculpés de « provocation aux crimes et aux délits avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme » et d’« offense à l’honneur et au prestige du président de la république » en plus que pour presse clandestine. La deuxième requête d’arrestations a porté à l’ordonnance du juge d’instruction qui a fixé les mesures de contrôle judiciaire (quatre arrestations domiciliaires avec toutes les contraintes et le bracelet électronique, cinq interdictions de sortir de la commune de résidence, avec l’interdiction de sortir de chez soi de 19h à 7h) et ordonné l’opération répressive du 8 août 2023, à savoir la perquisitions domiciliaires pour les dix inculpés et du Circolo Culturale Anarchico Gogliardo Fiaschi à Carrare, des grosses saisies de publications anarchistes et révolutionnaires, ainsi que de téléphones, d’ordinateurs, etc. (voir notre article – et photo).

Suite à l’audience de confirmation du 28 août, toutes les mesures de contrôle pour les neufs anarchistes restent donc les mêmes : quatre arrestations domiciliaires avec toutes les contraintes et le bracelet électronique, quatre interdictions de sortir de la commune de résidence, avec l’interdiction de sortir de chez soi la nuit, un (qui, lui aussi, avait déjà l’interdiction de sortir de la commune de résidence et de sortir de chez soi la nuit) placé aux arrestations domiciliaires « simples ».



The Simplest Way to Burn a Vehicle

Publié le 2023-09-06 07:25:04

In light of the actions that happened last month, I wanted to encourage everyone to revisit this post. Many of the points made about riotous moments apply to clandestine action as well.

If the people at 890 Memorial Drive intended to burn the vehicles, it was not a good idea to smash windows. Not only does this increase the risk of leaving DNA, breaking a window is very loud and likely to attract attention from passerby — which is exactly what interrupted that action, according to police. As demonstrated in this video, a firestarter cube, placed directly on a front tire (or the rear tire on the same side as the gas tank), is sufficient to assure the destruction of the vehicle. Once lit, it takes about five minutes for the firestarter to fully ignite the tire, which is plenty of time to leave the area unnoticed in most cases. Firestarter cubes can be purchased or racked at any grocery store. Cottonballs covered in vaseline can also work as a firestarter.

I’m not sure how long of a time-delay the people who burned the motorcycles were aiming for. It seemed like they used delays that were not sufficiently tested, which resulted in at least one failed incendiary device being recovered. Unless it was important to have a longer time-delay, I think that placing firestarters directly on the tires would have worked better. This method is much less likely to leave DNA traces because there is no need to construct an incendiary device or to carry accelerant at all. This is the beauty of targeting vehicles with rubber tires! Fuel tanks can be punctured or the hoses that run from them cut for another source of accelerant.

Incendiary devices with long time-delays are better suited to heavy machinery with treads, or to structure fires, so I encourage everyone to keep working on their designs! But in the meantime, let’s not overcomplicate things. I’d like to issue a friendly challenge to all individuals and AGs in the movement to take a little break from internet discourse, get outside, and set some shit on fire!

Don’t forget to take all reasonable precautions to minimize DNA evidence. And please be careful about surveillance footage, although avoiding it completely is almost imposssible in Atlanta.

Submitted Anonymously Over Email

via: scenes.

Perquisition partout, justice nulle part !

Publié le 2023-09-07 08:15:05

Lors de ces derniers mois, il y a eu des perquisitions à répétition sur tout le territoire ! C’est pour cela où le collectif Anti-Répréssion de Grenoble (CAR 38) propose une formation autour de la perquisition. Et oui, nous avons des droits lors des perquisitions et aussi il nous paraît important de proposer et de rendre cette formation accessible à toustes !
La protection de nos données et matériels informatiques est aussi un sujet lié à la perquisition de par l’importance et la quantité d’informations stockées dans nos smartphones, PC… Cette formation a aussi pour but de donner un maximum de conseils sur nos pratiques informatiques et de communication au plus de monde.
Pour cela, nous proposons une journée de formation autour de ces sujets le Samedi 16 septembre à la Base, 17 rue du Dauphiné, :
9h45 : petit café
10h00 : Formation perquisition
12h30 : Repas, on a tout prévu ;)
14h30 : formation cybersécurité
PS : Les formations sont à prix libre et le repas aussi !

[Bure et Nancy] Lecture-discussion : l'affaire du 8 décembre c'est quoi ?

Publié le 2023-09-07 08:25:04

Pour en savoir plus sur cette affaire, on se retrouve le jeudi 7 septembre à 17h à la Maison de Résistance de Bure et le samedi 9 septembre à 17h au Geyser (11 grande rue à Nancy), pour un temps de lecture de différents textes publiés sur l’affaire du 8 décembre, et en discuter ensemble. Ce sera l’occasion d’échanger sur la répression, la prison, l’anti-terrorisme, le Rojava et la solidarité.



L’affaire du 8 décembre 2020 est une opération antiterroriste commanditée par le Ministère de l’Intérieur contre des militant·es désigné·es par ce dernier comme des « activistes d’ultragauche » et mis·es en examen pour « association de malfaiteurs terroristes ».

La DGSI, accompagnée d’unités de polices militarisées (GAO, RAID), a procédé à l’arrestation de neufs personnes aux quatre coins de la fRance – que nous réunissons sous la bannière « libertaires » – dont les engagements politiques étaient divers et dans des régions différentes : soutien aux familles réfugié·es, projets d’autonomie et de lieux collectifs à la campagne, soutien aux victimes de meurtres d’État, squat d’activités politiques et contre-culturelles, écologie et défense de la cause animale, implication dans des Zones A Défendre, activisme dans la scène punk, féminisme, mouvement Gilets Jaunes, etc. Ce sont des camarades de longue date des luttes sociales.

Après plus de deux années d’instruction à charge, le juge a décidé de maintenir les accusations de la DGSI. Les inculpé·es, au nombre de sept, passeront devant la Chambre 16 (antiterrorisme) du tribunal correctionnel de Paris.

Le procès se déroulera du 3 au 27 octobre. Et les inculpé·es du 8/12 risquent aujourd’hui encore plusieurs années de prison et des dizaines de milliers d’euros d’amende.

Un appel à mobilisation circule du 16 au 23 septembre pour une semaine de solidarité internationale avec les inculpé.es du 8 décembre :

Appel à mobilisation, une semaine de solidarité internationale pour les inculpé.es du 8 décembre

À toutes les organisations, collectifs autonomes, militant·es et syndicats attachés à la justice sociale. Nous sommes des proches, ami·es, familles et soutiens, et nous mobilisons depuis le 8 décembre 2020 pour soutenir les personnes ciblées par l’opération antiterroriste de cette même date. Cette affaire sera jugée très bientôt, du 3 au 27 Octobre 2023. Nous vous appelons à vous mobiliser concernant cette « Affaire du 8 Décembre » et plus généralement contre l’extension sans précédent de l’arsenal antiterroriste.

Pour en savoir plus sur cette affaire, on se retrouve le jeudi 7 septembre à 17h à la Maison de Résistance de Bure et le samedi 9 septembre à 17h au Geyser (11 grande rue à Nancy), pour un temps de lecture de différents textes publiés sur l’affaire du 8 décembre, et en discuter ensemble. Ce sera l’occasion d’échanger sur la répression, la prison, l’anti-terrorisme, le Rojava et la solidarité.

Plus d’informations sur l’affaire : soutien812.net et soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org

Le chiffre du jour : 730 millions

Publié le 2023-09-08 06:20:15

730 millions d’euros exactement, c’est le dernier chiffre de la fédération de France Assureurs. Il intègre l’ensemble des coûts et dommages occasionnés lors des nuits de violences que l’Hexagone a connues en juin 2023 après la mort de Nahel. Ces 730 millions d’euros correspondent au total à près de 15 600 déclarations de sinistres (particuliers, entreprises et collectivités).

À titre de comparaison, c’est beaucoup plus que les 200 millions d’euros versés par les assurances après les émeutes de 2005 qui, pourtant, avaient duré plusieurs semaines.

(France info, 7 septembre 2023)

Russie : L’anarchiste Azat Miftakhov arrêté juste après sa sortie de prison

Publié le 2023-09-08 06:30:03

extrait d’Avtonom.org / mercredi 6 septembre 2023

Le 4 septembre, l’ancien étudiant-chercheur de l’Université d’État de Moscou et prisonnier politique Azat Miftakhov a été libéré de la colonie pénitentiaire où il était enfermé. Le même jour, le FSB [le Service fédéral de sécurité russe, une police politique, héritier du KGB soviétique ; NdAtt.] l’a inculpé dans une procédure pénale pour « apologie du terrorisme ». Selon le FSB, Azat a discuté avec d’autres prisonniers de la guerre en Ukraine et de l’action de l’anarchiste Mikhail Zhlobitsky, qui a provoqué une explosion dans un bâtiment du FSB et y est mort, en 2018.

Miftakhov a refusé de plaider coupable. Le 5 septembre 2023, le tribunal l’a envoyé en détention pour deux mois, à cause de l’ouverture d’une nouvelle enquête.

Vous pouvez aider sa famille a lui payer un avocat.
Depuis l’étranger : le compte Paypal de l’ABC Moscou est : abc-msk@riseup.net (indiquer « pour Miftakhov » dans l’objet).

[…]

Beyond the Screen, the Stars

Publié le 2023-09-08 06:35:04

From Ungrateful Hyenas Editions

PDF (Print)

“Nothing is boring if you are aware of it. It may be irritating but it is not boring. If it is pleasant the pleasure will not fail so long as you are aware of it. Being aware is the hardest work the soul can do, I think.” — Solitude by Ursula LeGuin

As technological expansion hurtles forward at an increasingly dizzying pace, the presence of smartphones threatens to become normalized across the anarchist space; in many places, this presence has already been normalized for a long time. Among anarchists in the US, critiques of adopting smartphones, or any other new tech gadget, have generally failed to escape the dead-end binaristic logic of moralistic lifestyle politics. Choosing to live without technology is reduced to a form of consumer activism — an arbitrary personal code that is irrelevant to the struggle, or even harmful in terms of redirecting hostility against the state into judgments of individual consumer choices.

The concept of ‘there’s no such thing as ethical consumption under capitalism’ has, predictably, become a banner of the ‘radical’ social media consumption frenzy that has engulfed anarchist milieus in these territories and paved the way for the current state of things. Today it is nearly unheard of to live without a smartphone; when attending a meeting or event, one must assume there is a smartphone in each and every pocket, and any critique of this reality is largely viewed as the squawking of old-timer, out of touch wingnuts.

In some places anarchists have resisted this process of normalization and maintained a clear and consistent critique of the impact of smartphone adoption, warding off the incursion from taking hold in the first place. Everywhere that this is not the case however, including but not limited to the US, where any such critique has long since faded, is there any going back? What would it look like to propose that anarchists ditch the technologies we have become increasingly dependent on and addicted to for over a decade, that have come to mediate so much of our lives, relationships, and forms of struggle?

This text will attempt to construct such a proposal, taking a hard look at how we got into this mess, and sketching out some possible escape routes, both individual and collective. I am particularly interested in looking at how smartphone adoption relates to the general erosion of anarchists’ ability or desire to critically examine how we structure our lives on our own terms, instead shaping ourselves into the alienated, flattened personas that digitization demands. When we start to adapt to, and even defend, this alienation as our de facto point of departure, we quickly forget how to be anything else. The only way out, then, is to remember.

Most analyses that I find relevant use the term ‘technology’ as shorthand for the technologies of industrialism which contain and reproduce the power relations of dominant society, rather than engaging in debates about what is or is not a technology. Although these debates can be valuable, too often they are useless spirals that breeze past the realities of industrial devastation and technological domination in the present. I am more interested in considering smartphones in particular as the linchpin that has made my generation of anarchists accept digital capture on a level I still find hard to fathom, but it’s the nature of this capture that I wish to focus on, rather than just the gadget on its own.

Hand in hand with bureaucratic obstacles, social pressures to have a smartphone, to be connected and reachable at all moments, push us into an ultimatum: adapt or be left behind. This framework is foisted on us from all angles, supplanting our own questions with those constructed by the digital world. How do we want to connect with the people we care about? With strangers? What type of relationships do we want to nurture? These considerations are paved right over with fear and threats – you’ll lose all connection, you’ll lose touch with what’s going on, you’ll become irrelevant – a parasitic and relational blackmail. We are denied even the dignified option of solitude, which in the digital world is rewritten as isolation, loneliness, depression, irrelevance.

As many analyses about technology have pointed out,1 we don’t just use machines, they also use us, mutilating the way we think and feel to fit into the pathways they have constructed for us. So it is not only the devices themselves that encroach upon anarchist spaces, but these ways of thinking, these ways of feeling and relating – replacing our living spiderweb of affinity relations with a digital web of disembodied connections. The ability to consider a path of struggle that doesn’t depend on optics, on public opinion, on spectatorship starts to feel unrealistic or irrelevant.

There’s much more to say about the horrors of smartphones, but on some level, everyone who finds themselves caught in this net already knows. Continually using this technology is in itself a process of numbing and adapting to what you and this little box are doing together, and to the extreme violence and destruction required to bring it to your hands. The anxiety that creeps up after being away from your phone for too long, and the feeling of satisfaction when you get back to the screen, finally able to get your fix – these sensations are not incidental and can’t be reduced to individual pathologies; dependency is part of the design. That feeling of your focus flitting around like a fly in its death throes, trained by years of flipping between internet tabs, scrolling through riot porn interspersed with memes, selfies of people you don’t even like, videos of police violence. We all know what’s happening, deep down under the layers of numbness and denial, and it’s terrifying.

Interventions of recent years typically focus on how we use technology, not if we should be using it in the first place. This makes sense as a reaction to the reality of the social terrain where smartphones are and will undoubtedly continue to be ubiquitous, and the urgency of getting people to stop unwittingly snitching on themselves and one another by, for example, planning crimes via Signal.

These debates and cycles of advice are endless, confusing, and typically result in a kind of broken telephone where people adopt tech security tips in bits and pieces without seeing the whole picture. By way of example, I got into an argument with a stranger after a demonstration who pulled out their smartphone to look up directions to the bus stop. When I told them they shouldn’t have brought their phone, and definitely shouldn’t use it now, they got defensive and informed me that they had it on airplane mode and were keeping it in a Faraday bag, so it was okay. This logic made my head spin, since it didn’t take into account the police getting access to their phone if they were arrested, which neither a Faraday bag nor airplane mode would do anything to prevent.

This anecdote is absurd, and I would like to believe that most anarchists would follow a more sensible line of reasoning and either leave their phones at home during sensitive moments or ditch them entirely, but I’m not at all confident that this is the case. Judging from this person’s behavior, they had put a great deal of thought into their approach and it was likely based on recommendations shared by others in their environment, reflecting a tendency to heap tech-security measures one on top of the other in a manner that effectively puts the underlying assumption — that they need their phone in the first place — beyond question. And interestingly enough, the false security engendered by their nonsensical precautions might endanger this person and their comrades more than if they had taken no precautions at all.

The text titled “Never Turn off the Phone: A New Approach to Security Culture” reflects a similar mentality, though using a more internally coherent logic. By taking for granted the fact that “we all” use and will continue to use phones as the basis of their approach, the author surrenders any possibility that we might live any other way, instead arguing in favor of structuring our behaviors around the metadata created by constant phone and internet use. While building awareness of daily patterns is a useful starting point for confronting surveillance, the solution – never turn off the phone – proposes expanding technology’s hold over our lives, omitting any consideration of the consequences of this expansion.

Given how widely this text was circulated, and translated into several languages, a significant number of people clearly found the proposal valuable, testifying to the level that smartphones are entrenched and normalized in the surroundings of people who also want to act against the structures of domination. So how to approach this reality? With more technical guidance recounting what people already know – that they are carrying a cop in their pocket? I don’t want to discount technical advice in general, which is clearly extremely valuable for sharing knowledge about how to avoid putting information into the hands of our enemies, especially given the constant developments in technologies of surveillance. Rather, I think that any technical approach has to be based in a qualitative critique of technology or it risks further normalizing this horrifying trend by “thinking more about how to adapt to technological nuisances than how to get rid of them.”2

The most recent issue of Return Fire republished “Never Turn off the Phone” with a long footnote quoted from “Here… at the Center of the World in Revolt”, problematizing the text’s understanding of security culture by warning against the separation of “technical knowledge from the strategic” —

“A broadly shared suspicion of communications technology, academics, journalists, and police, in the hands of an entire community, will be far more effective at blocking State intelligence-gathering than a sophisticated array of counter-surveillance techniques in the hands of one affinity group; but the one need not and should not exclude the other.”

At least in my surroundings, not only is the technical separated from the strategic, but any hope of an expansive projectual approach seems to be abandoned entirely, anarchists focusing instead on shaping struggle to fit the increasingly claustrophobic technological enclosure.

Leaving aside what the author means by “community”, their words also raise the problem of the faultlines formed between those who refuse this enclosure on an individual level, possibly along with their close comrades, and those who are ensnared — who maybe have never lived without a smartphone, were given ipads as babies, have always had to swallow the feelings of heartbreak and rejection when their loved ones pull out their phones instead of looking them in the eye. Constantly sharpening hostility towards the digital cage is a valuable and necessary process, and can also be an important gift for all those whose hostility is buried under the anxiety and fear nurtured by smartphone society. The timid approaches that accept the eternal ubiquity of smartphones, likely out of a desire to avoid alienating all those enmeshed in digital networks, are not only weak, they are ineffective and insulting in that they underestimate others’ desire to escape the trap they are stuck in.

This perspective is based in my own experience, as someone who has (very gratefully) received this gift from comrades many times. Being surrounded by the sense of inevitability wears one down, no matter how deep their hostility to technology. Proposals that focus on resisting the current of digital consumption through the force of individual will can be important, since at the end of the day we must each decide how we want to live. However, the paradigms and logic of compulsory connection seep into the fabric of one’s life, and it’s extremely difficult to even recognize what is happening, let alone take the necessary steps to banish it. I have gone through the process of being sucked in by technology and, guided by the uncompromising spirit of my comrades, cutting myself free, only understanding the extent to which I was plugged in by experiencing the literal chemical withdrawal that follows tearing out the plug. Sharing stories about living free from this technology, challenging one another to think on our own terms, to find solutions to the problems that arise when we stop depending on robot servants, is a basic form of solidarity in this technological nightmare, and an essential one.

My attempts to share this gift with others in my environment, starting with my closer comrades and moving into more extended networks of affinity, have been extremely well received and reciprocated. Younger anarchists in particular have reflected about how miserable they were as children of the smartphone generation, sharing how it feels to have never learned how to function without this technology and the difficulties of figuring it out for the first time. Rather than being defensive, as I cynically expected on some level, they launched head-first into the possibilities that ditching their smartphones could open up. Exceptionalizing young people as being a lost cause is, again, insulting given the reality that technological dependence traverses all corners of society. Those of us who lived without smartphones, maybe even for most of our lives, and then gave in at some point are perhaps faced with an even more difficult task of self-reflection and reckoning.

Thinking through how to shift social norms away from digital communication together is more effective if it considers all the ways we relate and move through the world. Starting to just drop by your comrades’ houses without texting or calling first, for example, something that has come to be seen as invasive or disrespectful, can change the fabric of these relations – it forces us to learn how to tell people we care about that we’re busy and don’t have time to see them, and on the flip side, how to accept this without internalizing it as a rejection and falling back into the “ease” of avoiding face-to-face interactions altogether. We need to learn that this avoidance isn’t actually easier, as it destroys our relational skills, our ability to confront each other when necessary and to maintain trust and respect throughout conflict. This is a simple example that illustrates the importance of a deeper shared commitment to re-learning, or learning for the first time, how to escape the net. If we can’t share this commitment, what are our relations based on? I don’t want to know about the weather forecast from the app; I’ll bring a map so you can leave your phone; Can we just ponder this question together for a moment instead of running straight to google? — all of these interventions may be small, but if consistent and mutual, such little challenges (alongside the bigger ones like actually GETTING RID of the damn phone!) can open up space for connection that we didn’t even realize was stolen from us.

On an individual level, we must make this same commitment to ourselves, regardless of what everyone around us is doing, and renew it whenever necessary. This is a process of earning back our own trust, doing everything we can to avoid breaking it and, if we do break it, learning how to earn it back again. Smartphones, the internet, etc. teach us to mistrust our instincts, our own sensory perception of the universe, trusting only the expertise of the search engine. Ditching smartphones, therefore, cannot be reduced to a technological ‘detox’, another means of adapting to, and so accepting, the world as it is. The task at hand is not so simple. Nor can we rid ourselves of phones as a mechanism of distraction to avoid facing ourselves, to numb our fears and grief, only to substitute in another such mechanism – TV, internet surfing, etc. If we fail to challenge the core approach, the phones will just sneak back in sooner or later.

“Many were the evenings when, after her friends had gone home, she would sit by herself in the middle of the old stone amphitheater, with the sky’s starry vault overhead, and simply listen to the great silence around her. Whenever she did this, she felt she was sitting at the centre of a giant ear, listening to the world of the stars, and she seemed to hear soft but majestic music that touched her heart in the strangest way. On nights like these, she always had the most beautiful dreams. Those who still think that listening isn’t an art should see if they can do it half as well.” — Momo by Michael Ende

  1. ‘Caught in the Net: Notes from an Era of Cybernetic Delirium’ offers a comprehensive analysis to this end.
  2. For a more in-depth critique of “Never Turn off the Phone” see “Fermer le clapet” in Avis de Tempetes #13.

Asheville Police Cars “Completely Destroyed” in Arson

Publié le 2023-09-08 06:40:03

Two marked Asheville Police Department vehicles were set on fire the morning of Aug. 14.

From the communiqué: “even though they were parked right behind the police/fire station nobody noticed until it was too late and the cars were “completely destroyed.”… [pigs’] cars are extremely flammable. burning a cop car might be the easiest thing you’ve done in your life, it was for us.
-march 5th movement”

Une cantine pour cantiner # 10

Publié le 2023-09-08 06:45:05

Une cantine pour les personnes incarcérées et leurs proches. Ce dimanche 17 septembre à midi, en soutien à Brice.



Une cantine pour les personnes incarcérées et leurs proches. Ce dimanche 17 septembre à midi, en soutien à Brice.

Un autre fin de ce monde est possible

Publié le 2023-09-08 06:50:04

Renverser l’ensemble de l’économie coloniale est une tâche de très longue haleine, mais à moyen terme, nous voulons développer une capacité à bloquer et à détruire les infrastructures et les développements industriels, de la construction de pipelines aux opérations d’exploitation minière et de construction de barrages, en passant par tous les projets d’extraction auxquels les populations autochtones résistent.

Soirée de soutien au S.

Publié le 2023-09-08 06:55:05

Suite aux événements de Sainte-Soline, soirée de soutien au S. et de solidarité à tous les mutilés de la guerre sociale. Cantine prix libre à partir de 18h, concerts à partir de 19h30.



Concert et cantine de soutien au S., suite aux évènements de Sainte-Soline survenus le 25 mars 2023, rendez-vous le samedi 16 septembre dès 18h à la Parole Errante à Montreuil 93100.

Notre camarade S. a été atteint à la tête par une grenade explosive lors de la manifestation contre les méga-bassines le 25 mars à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres.

Cette manifestation arrivait au milieu d’un mouvement plus large de luttes contre l’aggravation de notre exploitation, un moyen de plus de nous faire bosser jusqu’à en crever, et d’essayer de nous crever si nous nous y opposons concrètement. Un mouvement certes encadré, dont une intersyndicale était la forme la plus appropriée de défaite, mais qui a mis en branle des centaines de milliers de personnes. Nous voulons démontrer toute notre solidarité avec celles et ceux qui, cherchant à dépasser les cadres de négociation, se sont heurtés à la violence de l’État.

S’y est insérée la manifestation de Sainte-Soline cherchant à lutter contre l’acaparement capitaliste de l’eau. Cette manifestation était une occasion de montrer notre rage contre ce mode de production qui se nourrit de ce qui lui résiste. Ce jour-là la situation se dégrade rapidement.
Notre camarade S a été atteint à la tête par une grenade explosive. Le camarade inconscient est ensuite évacué par d’autres militants de la zone où il a été gravement blessé. Alors qu’en état d’urgence absolue, la Préfecture empêche les secours d’intervenir. Il se passera près de deux heures avant que le SAMU ne daigne intervenir, deux heures au milieu des lacrymos et des quads de la gendarmerie.

Après une longue convalescence, son état nécessite encore des soins coûteux pour améliorer son quotidien.

Ces derniers mois ont aussi bien évidemment été marqués par les émeutes de début juillet. Des émeutes dont le contenu insurrectionnel venaient immédiatement poser la question du communisme, et dont les actes pratiques allant dans cette direction démontrent bien la nécessité d’en finir avec le vieux monde. La répression qui n’en finit pas nous montre bien la capacité de mise en crise dont les exploités recèlent.

Néanmoins, et le S. le dit lui-même, « nous ne sommes pas des martyrs. Notre force n’a pas grand chose à voir avec une histoire de champ de bataille. Notre force, c’est notre nombre, notre place dans la société et le monde meilleur auquel nous aspirons. »

Le message que nous envoie l’État est très clair : mort aux sans-dents.. et en silence. Nous ne serons jamais dociles. Solidaires de tous les mutilées, blessées, tuées, expulsées qui ont défié le pouvoir capitaliste, qui nous exploite et se nourrit de notre misère, nous nous organisons pour vivre dans l’espoir d’anéantir leur avidité mortifère.

Cantine végan dès 18h,
Dès 19h30 concert de :

& Divers tables et infokiosques pendant la soirée

Assemblée ouverte de « Kalimero » jeudi 14 septembre

Publié le 2023-09-08 07:00:06

Kaliméro est une caisse et une assemblée solidaire des prisonni-eres de la guerre sociale. En septembre, elle aura lieu le jeudi 14 à 19h, elle se tiendra à la bibliothèque anarchiste Libertad, 19 rue Burnouf, à Paris.



La prison est un des rouages de ce système basé sur l’exploitation et la domination que nous voulons raser au sol, c’est pourquoi nous envoyons des mandats à celles et ceux accusé·e·s d’actes de révolte dont on est solidaires.
Une caisse de solidarité a besoin de continuité. Nous n’avons ni sponsor, ni mécène, aussi avons-nous convenu d’un rendez-vous par mois pour collecter des sous pour alimenter la caisse. Ces rencontres sont également l’occasion d’échanger sur nos pratiques face à la répression, d’assurer le suivi des différentes histoires et de discuter des situations qui se présentent. Elle est également un moment de discussion autour des possibles moyens d’esquive, de résistance et d’auto-organisation offensive contre la machine judiciaire et carcérale.

Dans un souci de régularité, ces rencarts ont été fixés le 2e jeudi de chaque mois à 19h. La prochaine réunion de Kaliméro aura lieu le 14 septembre à la bibliothèque anarchiste Libertad au 19 rue Burnouf, à Paris.

Pour envoyer de l’argent, pour demander des informations, ou pour être tenu·e·s au courant des prochains rendez-vous de la caisse et être inscrit·e·s sur la mailing-list de Kaliméro, écrivez à kalimeroparis(at)riseup.net

En Italie les antennes brûlent aussi !

Publié le 2023-09-08 08:30:03
Arco (Trentin),24 juin 2022 : triple attaque anonyme d’antennes de téléphonie mobile

[Que les antennes de téléphonie mobile, de télévision ou la fibre optique pour internet soient régulièrement sabotées dans de nombreux pays européens, les fidèles lecteurs de la rubrique déconnexion le savaient déjà. Y compris donc en Italie, que ces attaques aient fait l’objet d’un communiqué de revendication, de tags variés laissés sur place… ou sans expression supplémentaire que celle des câbles de la domination calcinés.

Il y a quelques jours, des anarchistes de l’autre côté des Alpes ont sorti une petite compilation de plusieurs actions directes restées jusque-là enfouies dans les papiers de préfecture (papiers liés à une énième enquête pour association subversive), afin de « soustraire ces gestes de rébellion à un oubli injuste ». Nous en traduisons ci-dessous la partie concernant les incendies d’antennes-relais de 2020 à 2022 survenues dans le Trentin et d’autres zones de la péninsule, et qui, selon la police politique (Digos), n’auraient pas fait l’objet de revendications sur les « sites du mouvement ». Elles sont reportées telles que décrites par les flics de préfecture.]


21 novembre 2020, Caprino Veronese (VR, Vérone) : dans la zone située à proximité immédiate de la frontière avec cette province [le Trentin], les antennes de plusieurs opérateurs de téléphonie mobile ont été livrées aux flammes ; près des appareils endommagés a été retrouvé un engin qui a fait long feu et relevés les tags « C’est l’Etat le massacreur – Solidarité avec les accusés de Scripta Manent – Feu au couvre-feu – Courage à Juan ».

6 mai 2021, San Godenzo (FI, Florence) : dans une zone boisée du Mont Falterona, a été constatée une tentative d’incendie contre des antennes de la RAI, MEDIASET et TIM. Une boîte à chaussures avec à l’intérieur une bouteille en plastique contenant du liquide inflammable et un déclencheur assemblé avec des allume-feu, des allumettes coupe-vent et un serflex, ainsi qu’un bidon d’essence non loin, ont été retrouvés sur les lieux.

10 mai 2021, Legnago (VR, Vérone) : vers 17h, un incendie a été bouté à une antenne appartenant à la compagnie de téléphonie ILIAD, située près du stade “Sandrini”.

23 mai 2021, Vicolungo (NO, Novara) : des inconnus ont incendié le local d’une antenne-relais de l’opérateur TIM, traçant sur le mur périphérique de la structure le tag « Bloquons le réseau 5G ».


31 mai 2021, Imola (BO, Bologne) : des inconnus ont incendié une antenne-relais de TIM.

19 juin 2021, Pistoia (PT) : dans la zone de montagne Paradiso, a été endommagée une antenne de la compagnie WIND ; les auteurs, après avoir découpé la clôture métallique et s’être introduits dans le périmètre, ont incendié avec du liquide inflammable le tableau de distribution du réseau, provoquant l’interruption du service.

5 juillet 2021, Volano (TN, Trentin) : près d’un pylône TIM ont été retrouvés deux engins incendiaires rudimentaires fixés à la structure avec du ruban adhésif. Le geste a été revendiqué par les auteurs avec le tag suivant, tracé sur le mur d’enceinte qui délimite la zone de l’installation : « Liberté pour Juan – Liberté pour tous », suivi du symbole anarchiste du « A » cerclé.

27 octobre 2021, Trento (TN, Trentin) : une armoire de téléphonie a été endommagée par la section des câbles électriques, et a été retrouvé le tag « Entrave le contrôle – sabote le pass sanitaire » [green pass en Italie, NdT].

8 novembre 2021, Mori (TN, Trentin) : un central de commutation du trafic téléphonique de TIM a été endommagé, suite à la section de 10 câbles. Sur la porte de la cabine a été laissé le tag « Laissons passer la peur No green pass ».

3 mars 2022, Mori (TN, Trentin) : une attaque incendiaire a été perpétrée contre une antenne-relais WIND.

24 juin 2022, Arco (TN, Trentin) : trois pylônes des compagnies de téléphonie Vodafone, Wind et Iliad ont été incendiés. Dans les trois cas, le feu est parti de la base du pylône, endommageant d’abord les transformateurs puis les antennes situées au-dessus.
[Une petite synthèse de cette triple attaque avait été publiée ici en français, NdT].


Note introductive à cette chronologie titrée « Quelques actions enfouies dans les papiers de Préfecture » (qui comprend notamment d’autres actions directes contre des agences d’interim, des banques ou l’entrée du pôle technologique de la Province du Trentin) :

Il n’est pas vrai que lire les papiers de Préfecture ne sert à rien. Dans le « rapport d’information Diana Bis » de la Digos de Trente 326 pages, parmi des centaines d’autres qui constituent le dossier complet de l' »Opération Diana » on trouve une liste d’actions directes qui ont eu lieu dans le Trentin et dans d’autres régions d’Italie, dont, selon la police politique, aucune revendication n’apparaît sur les « sites du mouvement ». Nous les rapportons telles qu’elles ont été décrites par les flics de préfecture, pour préserver ces actes de rébellion d’un oubli injuste.

[Traduit de l’italien de Il Rovescio, 4 septembre 2023]

Asheville (USA) : Revendication d’une attaque incendiaire

Publié le 2023-09-08 08:35:07

Scenes from the Atlanta Forest / mercredi 6 septembre 2023

Au salon du livre ACAB il y avait beaucoup de soi-disant.es anarchistes, mais on ne sait pas ce que vous faites, les intellos, à part lire des livres. Nous ne savons pas lire, du coup, à la place, on a brûlé ces voitures de police*. Même si elles étaient garées juste derrière le poste de police/la station des pompiers, personne n’a rien vu avant qu’il ne soit trop tard et les voitures ont été « complètement détruites ».

On allait simplement laisser ça sans une revendication, parce que ça nous semblait plus drôle, mais on était en train de penser à quel point la manif du 5 mars avait été belle et nous nous sommes souvenu.es qu’il y a tout un mouvement** à ce sujet ! On était 200, ce jour-là, qu’est ce que vous faites, les autres ? Il y a des ordures de flics partout et leurs voitures sont extrêmement inflammables. Brûler une voiture de police pourrait être la chose la plus simple que vous avez fait dans votre vie, ça a été le cas pour nous.

march 5th movement
[mouvement 5 mars]

 

Notes d’Attaque :
* aux premières heures du 14 août 2023, deux voitures sérigraphiées de la police ont été incendiées, à Asheville, en North Carolina. Dans cette ville se tenait, du 11 au 13 août, le salon du livre Another Carolina Anarchist Bookfair.
** Cf. ici.

Saint-Denis (93) : « Juste une volonté de se venger »

Publié le 2023-09-08 08:40:02

Émeutes: trois ans de prison pour un SDF après l’incendie
du centre administratif de Saint-Denis
AFP/actu Seine-St-Denis/Le Parisien, 6 septembre 2023

C’est dans la nuit du 30 juin au 1ᵉʳ juillet que les faits se sont produits. Alors que les émeutes touchent la commune depuis la mort de Nahel à Nanterre, un homme s’introduit dans le centre administratif de Saint-Denis. Il déroule sur le sol de la zone « état civil » de l’essuie-tout, puis prend la fuite. Un incendie se déclare ensuite, se propageant aux 400  m2 du bâtiment. Il faudra deux heures aux pompiers pour vaincre les flammes. Les conclusions mentionnent un incendie volontaire. Une enquête est alors ouverte.

L’exploitation de la vidéosurveillance établit le profil d’un homme au manteau kaki avec un bandage à la jambe gauche. Il est aperçu dans le secteur avant et après les faits. Plusieurs témoins le reconnaissent : il s’agirait de M., un sans-abri de 38 ans souvent présent près de la mairie de Saint-Denis. Des traces ADN sont aussi retrouvées sur le manteau kaki et correspondent à celles de l’interpellé.  M., dont le procès en comparution immédiate avait été renvoyé du 27 juillet au 6 septembre, n’a cessé d’interrompre le président de la chambre qui lisait d’une voix monocorde le déroulé des faits tout en se déclarant étranger aux faits (« Des blousons, tout le monde en a de toutes les couleurs. C’est de l’acharnement. J’ai toujours assumé mes conneries. »)

De la mort de Nahel, il n’en sera en tout cas pas question. « Il a profité du chaos pour régler des comptes personnels avec la ville », commente Stéphane Peu, le député (PCF) de la circonscription. De son côté, le maire (PS) de Saint-Denis Mathieu Hanotin est aussi venu s’exprimer à la barre, la Ville étant partie civile dans ce dossier : « Ce qu’il s’est passé a été catastrophique pour la ville. En termes de préjudice matériel, nous estimons que le bâtiment devra être fermé au moins un an et le coût estimé des réparations s’élève à trois millions d’euros ».

Actuellement, la plupart des services du centre dégradé fonctionnent au télétravail. D’autres sont délocalisés : « C’est insupportable pour tous les citoyens qui veulent que leur ville s’améliore. L’ensemble du service état civil a été entièrement détruit mais (…) l’incendie s’est arrêté aux portes des registres de l’état civil, le « trésor » de la municipalité », a poursuivi l’édile. Sont tout de même partis en fumée « 800 livrets de famille, une trentaine de dossiers de changement de nom, des demandes d’actes papier, des demandes de regroupement familial » mais aussi « les actes de mariage des années 2020, 2021 et 2022 », a détaillé l’avocate de la mairie, Marlène Joubier.

Le prévenu a invectivé à plusieurs reprises et insulté le maire de Saint-Denis. « C’est un enc… Cette pourriture, il m’a laissé pourrir dans la rue. Assassin ! Tu laisses crever les jeunes ! j’ai cinq amis clochards qui sont morts », s’est emporté le prévenu. Sorti de la salle d’audience, M. a continué à vociférer dans les geôles, couvrant la plaidoirie de l’avocate de la Ville de Saint-Denis, qui a demandé un renvoi sur intérêt civil. Le prévenu a finalement été ramené pour le réquisitoire du ministère public.

« Malgré les revendications de monsieur, vous avez dans cette affaire tous les éléments pour rentrer en voie de condamnation », a commencé le procureur. Alors qu’il mentionne le passif du prévenu, dont une condamnation pour des faits similaires en 2013, le flot d’insultes reprend : « Trou du c.. tu connais pas ton dossier ! ». « Je demande que les mots de monsieur soient notés », s’étrangle le magistrat.
Tout en retenant une altération du discernement, le procureur a requis une peine de quatre ans de prison ainsi qu’une révocation de son sursis d’un an : « Il n’y a aucune revendication particulière dans cette affaire, si ce n’est profiter du chaos ambiant. Juste une volonté de se venger, de porter son ressentiment (vis-à-vis) du maire et de la mairie en général ».

Dans sa brève plaidoirie, l’avocate de la défense a relayé la demande de son client de se faire interner en psychiatrie : « La prison n’est pas une solution ». Une phrase que n’a pas soutenu le tribunal, condamnant M. à trois ans de prison ferme (dont six mois de révocation du sursis) ainsi qu’une interdiction de paraître à Saint-Denis pendant trois ans.

Une condamnation dont le maire Mathieu Hanotin s’est déclaré satisfait à l’issue de l’audience : « La culpabilité était établie. C’est un signal ferme qui montre qu’on ne peut s’attaquer à la maison du peuple ». Le montant des dommages sera précisé lors d’une audience civile, en juin 2024.

San Francisco (USA) – Deuxième partie : Walgreens redécoré ; Banko pour toujours

Publié le 2023-09-09 07:45:03

Indybay / lundi 4 septembre 2023

Un autre jours, un autre dollar des profits de l’entreprise que les dirigeants de Walgreens devront dépenser pour essayer d’enlever le sang de leurs mains.

C’est encore nous. Protégé.es par le brouillard de San Francisco, nous avons frappé trois autres magasins Walgreens, comme humble acte de vengeance pour Banko Brown, en rendant hommage à l’esprit réanimé par notre refus collectif de laisser qu’il soit effacé.

Pendant que ceux qui ont le pouvoir s’entendent pour reproduire chaque jour les horreur du cycle des infos, en faisant tourner leur roue d’hamster du malheur, de façon à nous faire oublier, nous repoussons leur invitation. Nous ne laisseront pas que le nom de Banko soit balayé sous le tapis.

Nous maintenons tout ce que nous avons dit dans notre premier communiqué. Nous accueillons tou.tes les camarades aux principes anti-étatiques, anarchistes ou communistes, qui se sentent elles/eux aussi submergé.es par la même vague insurrectionnelle, tendre et déchaînée, qui nous rejoigneront dans l’escalade de notre soin et de notre bienveillance les un.es envers les autres ; de notre collaboration et de notre unité ; de notre défense et de notre entretien de ce que nous avons construit avec des années de lutte ; de nos attaques contre nos ennemis ; du fait que nous nous détournons des espaces de la gauche soc-dem qui nous utilisent, nous trahissent et nous rejettent. Ils ont besoin de nous. Nous n’avons pas besoin d’eux.

Notre solidarité la plus profonde va à tou.tes les compas qui vivent des expériences similaires de contre-insurrection, dans les luttes à travers San Francisco, Oakland, Atlanta et partout ailleurs, que les gauchistes s’y présentent sous forme de partis, de coalitions, d’associations ou de comités, qu’ils soient visibles ou invisibles, qu’ils soient habillés correctement ou en habits radicaux.

Banko pour toujours. Tucan pour toujours. Tortuguita pour toujours. Pour nos ancêtres révolutionnaires et pour les générations révolutionnaires futures. Pour l’anarchie. Pour le communisme. Pour l’attaque.

Nous reviendrons, avec un acte de vengeance (permanente). On se reverra bientôt. D’ici là : be gay, do crime et couvrez-vous les arrières les un.es les autres.

Amour et rage qui résonnent à travers l’éternité.

 

BRB // Banko Revenge Brigade // Be Right Back
[BRB // Brigande de vengeance Banko // On revient tout de suite]

San Francisco (USA) : Walgreens perd ses vitres ; Banko pour toujours

Publié le 2023-09-09 07:50:03

Indybay / jeudi 7 septembre 2023

Vengeons Banko !

Walgreens a tué Banko pour quelques sucreries.

Nous, NightDawgz Tending Towards the Wild [clébards nocturnes tendant vers le sauvage] revendiquons avoir cassé les vitres des façades de deux magasins de la chaîne Walgreens. Nous sommes solidaires avec chaque vandale, chaque larron.e et avec les autres casseur.euses de vitres qui prennent pour cible Walgreens, peu importe votre espèce. Banko vit !

Indymedia Lille

Publié le 2023-09-09 08:55:03

Une histoire hallucinante d’infiltration policière dans le milieu antifasciste madrilène durant 9 ans vient d’être publiée par le Movimiento Antirrepressivo de Madrid. https://twitter.com/AntirrepreMad/status/1699316935215694304

Je vous fait un résumé :

En 2015, Sergio Botana, policier sous couverture, établit un premier contact avec une banque alimentaire, qui lui permettra de rejoindre le collectif de jeunesse antifasciste « Distrito 14 »

Personne ne connaît son adresse exacte, il n’est pas originaire du quartier et il vit avec un oncle que personne n’a rencontré. Des soupçons apparaissent, mais il gagnera la confiance des militants au fil des années, effaçant tout doute à son égard.

Il participe à de nombreuses actions : occupation de banques, manifestations antifascistes et pour l’autodétermination de la Catalogne… Sergio en vient même à habiter avec d’autres militants, jusqu’à avoir une relation sur plusieurs années avec une d’entre eux.

La confiance acquise au fil des ans lui a permis de s’engager trois ans plus tard dans le « Movimiento Antirrepresivo de Madrid » (MAR).

Une répression immense s’abat sur le collectif à partir de 2021 sans que l’on sache si c’est lié à cette infiltration. Il prend par la suite ses distances avec le groupe en prétextant vouloir devenir pompier.

Plusieurs éléments ont permis de découvrir des mois plus tard que Sergio Botana se nommait en réalité Sergio Gigirey Amado et qu’il était policier. Tout part d’une photo d’une course à pied dans laquelle son vrai nom apparaît.

Après quelques investigations, le MAR retrouve une seconde photo de Sergio passant son concours de policier en 2014. Enfin, l’entreprise dans laquelle il était censé travailler a confirmé au MAR qu’aucun Sergio ne travaillait à cette époque-là.

Le MAR conclut en affirmant que ce sont en tout six « taupes » qui ont été découvertes ces quinze derniers mois au sein des mouvements sociaux espagnols.

Si vous lisez l’espagnol ou le catalan je vous invite à lire l’histoire de deux des cinq autres infiltrations : https://directa.cat/una-policia-sinfiltra-tres-anys-en-els-moviments-populars-de-girona/


Over 60 Face RICO Indictment For Atlanta ‘No Cop City’ Movement

Publié le 2023-09-09 09:00:06

More than 60 comrades were charged through a RICO indictment for allegedly conspiring to block construction of an Atlanta police training facility in Georgia’s woodlands.

The sweeping indictment announced in Atlanta alleging that opposition to a police and fire department training center known as “Cop City” adds up to a criminal conspiracy.

According to the indictment, comrades are accused of coordinating, advertising and conducting “direct action” designed to prevent the construction of the Atlanta Police Public Safety Training Center and Shadowbox Studios, previously known as Blackhall Studios, and to “promote anarchist ideas.”

Some defendants are also facing charges of domestic terrorism, first-degree arson and money laundering.

The 109-page court document includes a series of “overt acts” by defendants that include writing ACAB or buying glue to make pamphlets about the movement against the training center, planned to be built in a forest south-east of Atlanta.

 

About Defend Atlanta Forest

Defend the Forest & Stop Cop City is a grassroots movement of many groups and individuals from Atlanta and beyond, working together and separately to prevent the South River Forest from becoming a police training compound and a new Hollywood soundstage complex.

Atlanta Police Foundation is trying to build the largest police training facility in the US in Weelaunee or South River Forest, a watershed. The plans include military-grade training facilities, a mock city to practice urban warfare, dozens of shooting ranges, and a Black Hawk helicopter landing pad.

After the historic George Floyd uprising where millions marched, demonstrated, and took action against police brutality, expressing their interest in police abolition, the Atlanta government and countless others found creative ways to give local law enforcement even more resources and funds, under the cover of “reform” and “trainings.”

The South River Forest, one of Atlanta’s largest remaining green spaces. The forest encompasses a three-hundred-acre, city-owned tract of land that sits in a poor and predominantly Black part of unincorporated DeKalb County. Underground are the much older remains of the Muscogee Creek people, who lived in what they called the Weelaunee Forest until they were forcibly removed by white settlers in the eighteen-twenties and thirties.

The plans for Cop City have been met with exuberant from forest defenders and the broader community.

Board of Trustees of the Atlanta Police Foundation include members from: Waffle House, Home Depot, AT&T, UPS, Delta Airlines, JP Morgan, Wells Fargo, Merrill Lynch, Chick-fil-A, Equifax, and SunTrust Bank. A complete list can be found here: https://atlantapolicefoundation.org/about-the-atlanta-police-foundation/#board-members

 

Retour d’expérience autour du livre « Comment la police interroge et comment s’en défendre »

Publié le 2023-09-09 09:05:04

En juillet 2022, nous avons auto-édité 2 000 exemplaires du livre « Comment la police interroge et comment s’en défendre » en français. Un an plus tard, notre stock est presque vide et nous arrêtons donc les envois, tout en réfléchissant à une ré-impression. À cette occasion, nous avons souhaité revenir sur l’expérience qu’a été ce projet et transmettre nos réflexions à d’autres.

Le début du projet

L’idée du livre est née d’un constat : plutôt que de se défendre en refusant de faire des déclarations, trop de personnes tombent encore dans les pièges que la police tend au travers des interrogatoires. Les formations anti-répression des milieux anti-autoritaires se contentent souvent de présenter le silence face à la police comme une règle à suivre, sans prendre le temps d’expliquer en profondeur pourquoi le refus de parler est le meilleur bouclier lors d’une confrontation avec la police. Or, suivre une règle sociale sans l’avoir totalement comprise ou se l’être appropriée peut s’avérer difficile quand on affronte la pression que représente un ou plusieurs interrogatoires, accompagnés d’un jour, une semaine, un mois, une année de détention provisoire. Alors, pour pouvoir détailler comment se défendre au mieux et pourquoi, nous avons choisi de commencer par expliquer comment la police apprend à mener des interrogatoires, quelles stratégies existent et comment elles sont utilisées.

L‘écriture

Avant le format « livre », ce contenu a été transmis pendant plusieurs années sous la forme d’ateliers. L’idée d’en faire un livre est venue avec le souhait de diffuser ce contenu plus largement et notamment en dehors de son milieu anarchiste natal. Le processus de rédaction a duré une année et demie et s’est fait en prenant appui sur plusieurs réflexions :

Accessibilité

Dès le début, nous avions une volonté forte de rendre notre contenu le plus accessible possible et ce critère a été un fil rouge dans les différentes étapes du projet :

    1. un texte aéré, augmenté d’exemples concrets, de citations et d’extraits de livres,
    2. une mise en page sobre favorisant l’idée du livre-outil,
    3. un champ lexical explicité, une écriture simple et directe qui ne s’adresse pas uniquement aux initié.é.x.s,
    4. jusqu’à une diffusion à prix libre et une version PDF librement disponible sur le net.
Un processus individuel ET collectif

Écrit par une seule personne, le livre est néanmoins le fruit du travail d’une bonne quinzaine de complices tout au long des différentes étapes : relectures et retours critiques, corrections, traductions, illustrations, mise en page, diffusion.

Une perspective large

Le livre a été écrit avec une perspective anarchiste assumée et transparente, critiquant la police dans son ensemble, en tant qu’institution sociale et gouvernementale. Toutefois, le livre a dès le début été pensé pour toucher des gens en dehors des milieux anarchistes et pour l’amener plus largement vers les différentes catégories sociales ciblées par la police. En cela, il a donc semblé logique de le faire relire par des personnes extérieures à ces milieux, pour en enrichir le contenu avec d’autres regards et des parcours différents.
Pour les relectures une attention a été portée à favoriser une certaine diversité. Des personnes de quatre pays différents l’ont relu, certaines ayant une très bonne connaissance du fonctionnement de la répression, d’autres n’en ayant pas du tout. Certaines personnes se sont concentrées sur un seul aspect spécifique (orthographe, est-ce que le texte est compréhensible par des personnes sans connaissance du système répression, comment se lit-il depuis la perspective d’une personne ayant déjà eu recours à justice, etc…)

Un outil international

Quand on s’intéresse à comment les flics apprennent à mener des interrogatoires, on remarque vite que le contexte juridique importe peu à cette question. C’est aussi pour cette raison que nous avons voulu créer un livre-outil qui fasse sens dans différents pays et contextes juridiques. Ça tombe bien, dans le projet-evasions on adore se situer aux interconnexions entre zones linguistiques et géographiques. Depuis sa publication, nous avons eu des retours positifs sur son utilisation depuis des endroits comme la Turquie, le Maroc, la Serbie, le Danemark et bien plus encore.
Le livre a directement été écrit en français et en allemand. Une version anglaise est en cours d’édition et des traductions vers l’espagnol, l’italien et la darija marocaine sont en cours. D’autres propositions de traductions sont toujours le bienvenues = (evasions(AT)riseup.net)

L’impression

L’impression a été faite par une imprimerie autogérée du coin (mais on ne dévoilera pas de quel coin il s’agit) à 2 000 exemplaires en allemand et 2 000 exemplaires en français.

Le financement

À l’exception du graphisme réalisé par une seule personne, tout le travail autour du livre a été non-rémunéré. Grâce à une opportunité en or (littéralement), l’impression du livre a pu être financée par un fonds de soutien aux projets politiques. Nous avons donc eu la position confortable d’avoir déjà tous les frais remboursés lorsqu’on a commencé la diffusion du livre. C’est aussi cela qui nous a permis de le diffuser à prix libre. Et pour les librairies qui ne souhaitaient pas travailler avec un prix libre, nous vendions le livre au prix coûtant de son impression, soit 4 €, avec la seule demande qu’il ne soit pas revendu à plus de 6 €. Après déduction des frais postaux, les entrées de prix libre constituent donc un bénéfice réinjecté dans les autres initiatives du projet-evasions.

La diffusion

Diffuser un livre sans maison d’édition ni diffuseur constitue un véritable travail de fourmis. Démarcher les librairies, présenter le livre, expliquer pourquoi on souhaite fonctionner à prix libre, expliquer pourquoi on n’a pas de compte bancaire où nous verser l’argent, faire les envois, trouver des punk-post… Tout ça prend énormément de temps.
Environ un tiers des livres en français a été diffusé à travers des librairies (et un musée). Un autre tiers est parti dans des infokiosques, fanzinothèques, tables de presse et groupes antirep. Le dernier tiers est parti soit en commande directe depuis le site web, soit à travers les stands du projet-evasions à l’occasion de différents évènements.

Pour pouvoir le diffuser plus largement (et donc toucher un public le plus large possible) nous avons pourvu le livre d’un numéro ISBN, porte d’entrée vers le « grand public » selon nos croyances. Pourtant, on n’a pas assez creusé cette thématique pour que ce soit réellement utile. Si nous l’avions fait, nous aurions su que la porte d’entrée, c’est surtout de mettre le numéro ISBN sous forme de code-barres sur le livre, ce qu’on n’a pas fait… En plus de ça, nous n’avons finalement jamais pris le temps de l’enregistrer dans la base de données utilisée par la majorité des librairies. En outre, une grande déception a été d’apprendre que très peu de bibliothèques publiques acceptent des livres auto-édités.

N’ayant pour l’instant pas de présence sur les réseaux a-sociaux, nous nous sommes donc « contenté·e·x·s » d’annoncer le lancement à travers les sites camarades du réseau mutu (reseaumutu.info). La suite s’est beaucoup faite par bouche-à-oreille et ce fut au final largement suffisant.

Et maintenant ?

Pour l’instant la version française, c’est fini !
Nous arrêtons ici la diffusion et nous gardons quelques exemplaires de livres en stock pour nos futurs ateliers. La version PDF est, elle, toujours librement disponible. La demande étant toujours là, nous avons d’abord hésité à nous relancer nous-mêmes dans une réimpression et continuer la diffusion en auto-édition, ce qui nous aurait permis de rester proches de notre envie d’indépendance. Mais vu la masse de travail que cela représente, on pense plutôt se tourner vers l’une ou l’autre des excellentes maisons d’édition émanant de l’univers militant (avis aux maisons d’étitions qui nous lisent, n’hésitez pas à prendre contact avec nous). Nous pourrons ainsi, de notre côté, nous concentrer sur la version allemande, les traductions et diffusions dans les autres zones linguistiques, et surtout de nouveaux projets enthousiasmants. On espère aussi atteindre un public encore plus large à travers le réseau de librairies du futur diffuseur, et outiller ainsi plein de personnes pour qu’elles puissent se protéger au mieux dans une situation d’interrogatoire.

Pour finir sur une bonne nouvelle, nous avons le plaisir d’annoncer qu’une version audio du livre, à partir d’une lecture enregistrée, sera bientôt disponible. Plus d’infos suivront sur le site du projet-evasions.

On continue avec intérêt à lire vos propres retours et feedback après lecture du livre. C’est très instructif et motivant.

Prenez-soin de vous et n’oubliez pas que même si les chats pouvaient parler aux flics, ils ne le feraient pas.

Asheville City Council Member says her car windows were smashed, tires slashed- Asheville, NC (United States)

Publié le 2023-09-09 09:10:02

Asheville City Council Member says her car windows were smashed, tires slashed- Asheville, NC

August 12, 2023

An Asheville City Council member said her car tires were slashed and car windows smashed Aug. 10.

Maggie Ullman, in an Aug. 11 Facebook post, said the vandalism happened after she and four other council members signed an open letter about public safety.

“Someone came to my family’s home last night and used a knife and hammer to slash my car tires and smash my car windows,” Ullman said in the post, referring to Thursday night.

“This act of intimidation came just hours after I cosigned a letter requesting an open dialogue on violence, poverty, addiction, fear, and hope for Asheville.”

via: unravel

Death is a master from Germany – Der Tod ist ein Meister aus Deutschland

Publié le 2023-09-09 09:15:03

Around two years ago hundreds of us were trying to block a deportation flight in BER-Airport. It ended up with us watching as families were entering the plane and being forced back to Afghanistan. We were enough people to stop the flight, but we lacked the creativity, the anger and determination. How could we stand still in face of such racist cruelty?
Within the ongoing brutalization of the borders all over the world, the German state started to propagate the need for a particularly isolated deportation prison. This means an expansion of the existing one in Schönefeld with a capacity of 120 imprisoned people by 2025.

A budget of 315 million euros has been decided for 2023-24 to finance the planned deportation prison at BER Airport.
Under one roof,all the institutions will function accordingly to enable asylum procedures and deportations to be fast: whether in the airport asylum procedure, in transit detention or in exit detention, people are held and locked up in Schönefeld during the asylum processes or/and until been deported.

30.000 meters are needed for people to be isolated from the outside world, with no chance for communication and be treated as the pariahs and the human rests of society.

BER prison is the continuation of a plan initiated 500 years ago in Abya Yalla. BER prison is part of the same german colonial politics that send the weapons to Mexico that killed los 43 de Ayotzinapa. That expropriates territories in Paraguay for soy production, while creating concentration camps for indigenous people. That sent former Nazi soldiers to assure the creation of the apartheid state of Israel in occupied Palestine. That sells weapons to Turkey to attack the Kurdish autonomy. That promotes the war industry worldwide…

*

Avoiding a serious blockade that day at the airport, we have put ourselves on the side with a government, with a legal system, allowing it to continue and transport the colonial project.

Because with their laws, weapon exports, wars, agricultural industry, large-scale energy projects, oil and gas negotiations with dictatorships. they gain the power to murder, torture, rape, abuse, support and make wars, destroy livelihoods and territories of people, nuclear industry and bomb and their poison gas. Those governments take the right to confiscate and imprison; meanwhile the racist police violence kills people not only in the mainland but also at the so called borders on this planet.
The colonial war does not end here; based genocide, destruction of indigenous ways of life, occupation of territories and plundering of natural wealth with biological warfare, expropriation, execution, torture, enslavement and now followed by extractivist green capitalist-colonial projects. All these projects initiated by the governments have their roots in the colonial industry and result in property, child slavery, high child mortality, cancer, prison, low income, unemployment, and poverty in a global wealth gap.
An industry that puts a cover of fear upon us. Fear of being deported, fear of being isolated, fear of being abused, fear of being tortured.

An industry that includes prisons. Because at the end, prison are about this, showing what could happen to you if you do not remain quite and obey. And it is this obsession for obedience, that synthesizes the inspiration on the prison system by the slavery system.
Even if the 13th Amendment may have triggered the outlaw of slavery worldwide, but the penal system still continues to devise new ways to uphold the racist hierarchies that slavery was founded on and to restrict the freedom of the descendants of enslaved people.

The idea of appropriation of a person, of what it means to be one’s own person, is also rooted in the system of slavery. While the notion of domination and subjugation through violence may be infinitely traceable throughout numerous historical records, slavery as a particularly designed system of violence consolidates a still key insight in our society: people do not submit to domination. Much less give up their passion for freedom by the mere fact of physical violence. In this way slavery pours over the bodies of those who have been chosen as the primary territory of conquest, a package of diverse and very intimately interwoven violence that meticulously aim at a particular objective — the subjugation of the many for the good of the few – with a precise method – the disintegration of the collective being as a space of diverse struggle.

*

The identitarian and neoliberal way of struggling that we pursue in Berlin is part of the pacification strategy of the state. In a bourgeois society like the german, we have incorporated almost as natural the academic specialization system as part of our struggle, then we define ourself as antirep group, or antira or antifa, or, or…forgetting that actually is in the interdependence of all forms of violence and domination were this system lies upon. By isolating fights in specific areas, we create feelings of guilt and hate to each other. If we choose to only stay as supporters we distance ourselves from a reality, and turn timidly into puppets of integration politics that are just serving a reformist society in the so called german democracy. We then feel paralysed to the point we do not even know how to speak to each other anymore.

It’s not by chance that deportation prisons are specific institutions inside the repression system, and that the state seeks with such intensity to keep them isolated in particular ways. They call it center instead of prison to cover the level of violence people are submitted to inside of it. A wording that even us will just accept and therefore play the game of fragmentation and separating each other. The constitution of the differences as a reason for exclusion among people, has been one of the mayor tools of colonialism. The idea that we should always stands together only with those that look alike us, deprive us from joint liberation.

*

When we tried and failed to ground the deportation flight to Afghanistan, it was not the police, but the borders and walls in our own minds that stopped us. The terror, the torture, the murder that produce the borders of Europe, each day they exist they kill something inside of us, as long as we are accomplices in passivity. The new BER prison is build next to us and it is a new prison built right here in our heads.

We are ready to fight together with all those who want to take power away from the system of exploitation. We do not seek the proximity of the rulers, we do not want to explain the world to ourselves in the words of those who label people as human capital in order to put them to use. Not a thought of building „connectable“ demands in order to march in front of their palaces, which are guarded by cameras and cops. Talking to them brings nothing more than clarity about the arrogance of power and consequently the need to do things differently on our own.

BER prison plan for construction might be already reality, but BER prison destruction depend on us. Let us reclaim our hatred against this cruelty and take a collective risk. This is just starting and we have the power to stop it. We call on everybody to stop BER.

From Lichtenberg to Plötzensee. From Steglitz to Spandau.

From BER to Moabit, dyna dyna dynamit.

***

This text is our last political engagement of our beloved and lost comrade and we feel like dedicating it to her.
She is not here with us anymore but she spend her biggest part of her life in solidarity with all those who needed it, fighting against their laws, their racism, their rules, their prisons, their wars etc

Anyways we would like to say no more as for us, someone is not their saying but their actions.

A step backwards now would be a step backward in all our lives.,
Always in our minds, hearts and hands.

Anarchists

via:http://kontrpolioglnxrcdwwxfszih4pifyidfjgq4ktfdu6uh4nn35vjtuid.onion/11119/

Refusons le SNU

Publié le 2023-09-09 13:20:04

Lundi 4 Septembre, jour de rentrée des classes, des milliers de Lycéen.ne.s de différents lycées Toulousain ont pu tomber sur cette affiche les invitant à refuser le SNU et le monde qu’il traduit.



En 2023-2024, le SNU rentrera un peu plus dans la vie des Lycéen.ne.s puisque les établissements volontaires pourront envoyer des classes entières en "séjour de cohésion" sur le temps scolaire pour obtenir les labels "classes engagées" et "lycées engagés".
Encore sur la base du volontariat, le SNU va s’imposer petit à petit par la contrainte.
Voilà les mots de la secrétaire d’état à la jeunesse "Sur Parcoursup, le SNU est exclusivement valorisé sur la partie engagement volontaire. Je souhaite que le SNU [...] soit davantage reconnu. Il y a une piste qui a ma préférence, mais qui est loin d’être stabilisée. Il s’agirait, en cochant une case SNU, d’obtenir des points bonus intégrés dans le calcul algorithmique de Parcoursup."

Le SNU se présente comme un moment de cohésion et d’intégration à travers des activités de groupes citoyennes et écolo.
Mais c’est surtout un embrigadement au patriotisme, à la valeur travail et à la soumission à l’autorité qui apparait clairement.
C’est le virilisme, le sexisme, l’homophobie, le racisme et l’esprit rance de caserne qui ressort des premières expériences et des premiers témoignages.

Le SNU nous prépare à un monde dans lequel la guerre serait inévitable, les frontières devrait être fermées et nos vies soumises à l’impératif de l’économie et de la nation.

Refusons la militarisation, les frontières et les nations !

Rentrée Placard Brûle

Publié le 2023-09-09 13:25:05

Le Placard Brûle fait sa rentrée !

On est dans un squat qui s’appelle Euforie et qui va être expulsable à partir du 24 septembre, mais on a envie de continuer à faire des activités là bas tant que c’est possible, on vous tiendra au courant si c’est expulsé. Si ça te stresse de venir dans un lieu expulsable, hésite pas à écrire pour qu’on en parle (et à savoir qu’en fin de journée il y a peu de risques que les keufs débarquent pour expulser).
Pour plus d’infos sur ce lieu, c’est ici :
https://iaata.info/La-rentree-d-Euforie-6096.html



Ce mois ci, il n’y aura que 2 événements, et un des deux sera un lundi. On aime bien avoir un jour fixe où on organise des trucs, mais là ça va être une période un peu instable probablement, et on sait pas encore où on ira après Euforie, du coup on va s’adapter. Mais on a hâte de retrouver un rythme régulier et un lieu, où on pourra mettre les livres, parce qu’ils sont dans des cartons depuis mars ! (mais on a quand même un infokiosque avec plein de brochures)

Voilà voilà, on est bien déter et c’est toujours grave bienvenue de proposer des lectures/projection/discussion, écris nous 😄

Lundi 18 septembre à 18h : écoute d’un podcast sur des luttes antispécistes au Brésil (50mn)
On écoutera l’épisode 7 de « Avis de Tempête », c’est une discussion avec une militante anarchiste écologiste et antispéciste au Brésil et en France. Ça fait des liens entre ces luttes et des mouvements de travailleur-e-s sans terre et de personnes natives. Ça raconte aussi un mouvement antispéciste populaire, et ça remet en question les codes vegan occidentaux qui, par exemple, mangent plein de tofu. Un podcast pour apprendre des choses et se poser des questions sur nos pratiques ici.

Mardi 26 septembre à 19h : projection du premier épisode du documentaire « Décolonisation » (52mn)
C’est une série en 3 épisodes sortie sur arte, qui raconte 150ans d’histoire de résistance à la colonisation, du point de vue de personnes colonisées. Cet épisode va de 1857 à 1926, de la révolte des cipayes en inde jusqu’à la république du rif, en parlant de 1885 où les pays d’europe se partagent l’afrique, mais aussi du génocide en namibie, de tirailleurs sénégalais pendant la première guerre mondiale, et de bien d’autres choses...

Si t’as moyen, ramène un truc à boire ou manger à partager 😄

Hambourg (Allemagne) : saboter le trafic de marchandises d’un des plus grands ports d’Europe

Publié le 2023-09-10 10:40:05

[La nuit de jeudi 7 à vendredi 8 septembre à Hambourg, un triple sabotage a été mené contre le trafic ferroviaire de marchandises d’un des plus grands ports d’Europe (Hambourg se place en tonnage juste après ceux de Rotterdam et d’Anvers). Vers 2h40, l’incendie d’un premier regard de câbles a été signalé sur la voie de contournement ferroviaire au nord de la ville, à hauteur de la rue Deelwisch. Puis vers 3 heures, un second incendie a été signalé au sud-est sur une ligne ferroviaire dans le secteur de Walter-Rudolphi-Weg à Allermöhe, et enfin un troisième vers 3h40 directement sur la ligne du chemin-de-fer portuaire (la Hamburger Hafenbahn),  à la hauteur de Heykenaukamp. A chaque fois, ce sont les câbles de signalisation et communication situés le long des voies dans des regards qui ont été détruits par ces incendies volontaires.
En plus d’avoir impacté la circulation des containers sur train en provenance ou à destination du Port, ce sabotage a aussi eu des conséquences sur les trains de voyageurs longue distance, notamment entre les deux plus grandes villes d’Allemagne (Hambourg et Berlin), où vendredi 11 trains ont été totalement annulés, 17 l’ont été partiellement et 21 ont été considérablement retardés. Le trafic ferroviaire  de voyageurs ne sera de retour à la normale que dimanche, et inutile de dire que ce sabotage a provoqué un tollé outre-Rhin chez les autorités, avec par exemple le ministre fédéral des Transports Volker Wissing fustigeant « les extrémistes climatiques » (Klimaextremisten) qui « ont encore abaissé leur seuil d’inhibition » avec « de telles attaques qui constituent une forme de terrorisme ».
On trouvera ci-dessous la traduction de l’allemand du communiqué sorti le jour même (8 septembre) sur de.indymedia.
]


Switch Off ! Sabotage décentralisé de l’infrastructure capitaliste
à Hambourg

La nuit du 7 septembre, nous avons saboté des artères de l’infrastructure capitaliste à Hambourg. Nous avons choisi pour cela plusieurs points névralgiques du transport de marchandises et avons décidé, dans ce cas, de nous limiter à des tronçons qui ne sont pas utilisés pour le transport de personnes. Quelques litres d’essence dans les trappes de câbles le long des rails devraient entraîner des pannes ou des restrictions de circulation aussi longues que possible dans le transport de matières premières obtenues, par exemple, dans le cadre de l’exploitation néocoloniale et de l’extractivisme destructeur de la planète.

Chaque année, des millions de tonnes de marchandises et de matières premières sont transbordées à Hambourg, ce qui augmente la richesse des exploiteur/euse.s du Nord global au détriment du soi-disant Sud global. Nous avons voulu mettre un frein réel à cette machinerie. En même temps, nous montrons aussi notre solidarité avec les communautés touchées par la destruction industrielle dans le monde entier, et avec celles et ceux qui se trouvent derrière les barreaux pour avoir lutté contre le capitalisme et l’État. Nous nous joignons également à la lutte qui s’étend contre le projet d’infrastructure ‘Tren Maya‘ au Mexique, auquel participent des entreprises allemandes comme la Deutsche Bahn, dont l’infrastructure nous semble être une cible appropriée pour montrer notre solidarité ici aussi.

La voie ferrée portuaire au sud de Hambourg, les rails du terminal DUSS à Billwerder et le tracé nord de la voie ferrée de contournement pour le fret ont été sabotés. Tous ces éléments constituent des infrastructures critiques pour le transbordement des navires au rail, du rail à la route et pour la redistribution des matières premières et des marchandises vers l’extérieur ou l’intérieur du pays.

Le chemin de fer de l’Autorité portuaire de Hambourg (HPA) est la seule connexion au réseau ferroviaire ordinaire pour différents secteurs du port de Hambourg. On peut par exemple citer l’interconnexion avec le port de Sandau et du terminal adjacent de Hansaport. Dans ce terminal, conçu pour les marchandises en vrac, plusieurs millions de tonnes de charbon et de minerai de fer sont transbordées chaque année avant d’être acheminées vers différentes centrales électriques au charbon ou des aciéries, comme celle de Salzgitter AG. 70% de ce transport est effectué par le réseau ferroviaire. Il est bien connu que la production d’acier est extrêmement nocive pour le climat et que l’approvisionnement en minerai est lié aux conditions d’exploitation néocoloniales. Il en va de même avec le charbon provenant par exemple de Colombie, ou avec le pétrole importé au port pétrolier. Avec les combustibles fossiles importés au port de Hambourg, les groupes énergétiques réalisent comme d’autres des milliards de chiffre d’affaires en profitant des crises et de la destruction de l’environnement.

Hambourg (Allemagne), 8 septembre : un des trois endroits où les câbles ont été incendiés le long des voies ferroviaires

De plus, le terminal à containers de Burchardkai (CHB) – le plus grand de la compagnie de logistique et de transport HHLA – ou l’immense Europort Terminal sont également reliés par la voie ferrée portuaire. Environ 50 millions de tonnes de marchandises sont actuellement transportées chaque année via la ligne ferroviaire du port de Hambourg. Bien entendu, cela inclut également des pièces destinées à l’industrie de l’armement et des transports liés au nucléaire. Habituellement, un train de fret circule ici toutes les dix minutes, jour et nuit. L’été dernier, le tronçon concerné a déjà été bloqué pendant quelques heures dans le cadre d’un camp pour le climat et partiellement recouvert de ballast.

Le terminal de transbordement de la DUSS (Deutsche Umschlaggesellschaft Schiene – Straße, qui s’occupe du transbordement rail-route) de la Deutsche Bahn [SNCF allemande] est le plus grand terminal de transbordement du nord de l’Allemagne. Plusieurs centaines de milliers de containers ou autres unités de chargement y sont transbordés chaque année des trains vers les camions et vice-versa. Stratégiquement situé et bien relié à l’autoroute et à la ligne ferroviaire de fret de Hambourg, le terminal est un maillon important de la chaîne d’approvisionnement des marchandises d’exportation et d’importation les plus diverses. Toutes sortes de marchandises y sont chargées en vue de leur transport ultérieur vers des pays européens ou asiatiques, y compris bien sûr des pièces pour l’industrie de l’armement, des voitures ou des vêtements de la fast-fashion.

L’objectif de la ligne de contournement de Hambourg est de faire passer le trafic de marchandises par la périphérie nord ou sud de Hambourg, afin de réduire les interférences avec le trafic de passagers sur la ligne de raccordement. Nous avons décidé d’attaquer ici, car il s’agit d’un goulet d’étranglement dans le réseau ferroviaire de Hambourg.

Hambourg est une métropole capitaliste où convergent de nombreuses chaînes logistiques. Si nous voulons supprimer le capitalisme, pourquoi ne pas s’attaquer ici, à l’infrastructure qui le soutient ? Avec des moyens aussi simples que possible, qui ont parfois des impacts étonnamment importants sur un réseau qui ne peut guère être protégé partout ? Nous considérons le sabotage comme une attaque réelle contre le système d’exploitation, comme une expérience mais aussi comme une proposition pour intensifier les luttes locales contre le néocolonialisme et la destruction du climat.

Le capitalisme global continuera à détruire cette planète, que ce soit avec les énergies fossiles ou avec la nouvelle exploitation « verte » de la terre. Il continuera à défendre l’injustice de ses richesses avec des fusils et des fils barbelés contre les exclus. En tant que révolutionnairEs, nous considérons qu’il est de notre responsabilité d’attaquer les richesses du Nord global. Nous devrons saboter l’avancée de l’industrie capitaliste en son cœur, chaque fois que c’est possible.

Fight the system of destruction !

Trentino (Italie) – Énième enquête pour 270 bis : le parquet demande 12 mesures préventives (non accordées)

Publié le 2023-09-10 10:45:02

Il Rovescio / vendredi 4 août 2023

En avril dernier, les procureurs Raimondi et Ognibene ont demandé 9 détentions préventives et 3 interdictions de territoire des communes de Trente et Rovereto, pour 12 compagnons et compagnonnes. Étant donné que le juge d’instruction a refusé, le Parquet a fait appel : d’où la notification de cette audience à certains des inculpés et inculpées ; l’audience, prévue à l’origine pour le 1er août, a été ensuite renvoyée au 12 septembre, faute de notification aux autres inculpés.

Cette énième enquête pour « association subversive avec la finalité de terrorisme » – appelée, à ce qu’on a compris, « Diana » – a été ouverte en 2019, mais a démarré à partir d’une enquête pour « apologie du terrorise » ouverte par le Parquet de Brescia (par rapport à un texte dans la publication anarchiste Beznachalie) et ensuite elle est passée au Parquet de Trente. L’enquête trentine s’est étendue, en arrière dans le temps, jusqu’à 2013, l’année de publication du premier numéro de Beznachalie.

En allant dans une direction qui ressemble de plus en plus à celle des « loi scélérates », par lesquelles, à la fin du XIX siècle, le gouvernement français avait déclaré « malfaiteurs » les anarchiste en tant que tels, cette nouvelle enquête veut avant tout considérer « la création, la préparation, la rédaction, l’impression et la diffusion, aussi par le biais d’instruments numériques, des publications appelées Beznachalie, I giorni e le notti, Dietro le quinte, ainsi que du site internet www.ilrovescio.info » comme l’expression d’une « entente terroriste ». Les « lieux de concertation du programme criminel, de collecte et gestion des fonds, d’appui logistique et de rencontre des participants à l’entente » seraient les espaces anarchistes El Tavan de Trente et La nave dei folli de Rovereto, en plus que quelques maisons.

Les « délits-finalités » d’une telle « entente » seraient la production de faux documents d’identité, afin de faciliter « la clandestinité ou la cavale des participants », la réalisation d’attentats, l’organisation de manifestations non autorisées et violentes, l’« imposition et la diffusion de leurs idées politiques de déstabilisation, par la violence et l’intimidation, aussi à l’égard d’entreprises privées ».

Plus précisément, il s’agit des faux documents pour lesquels Agnese et Stecco ont été condamnés à 2 ans et Rupert à 1 an et 10 mois, dans le procès Renata ; de ceux trouvés sur Juan au moment de son interpellation (pour lesquels Agnese a été condamnée à 2 ans au procès en premier degré de l’« opération sans nom ») ; de l’« appui opérationnel » à la cavale de Juan (pour lequel Manu a été condamné à 10 mois, après avoir passé plus d’un an en détention préventive) ; des actions directes contre le tribunal de surveillance de Trente (qui a eu lieu en 2014 et pour laquelle Juan a été condamné à 3 ans et 6 mois au procès en premier degré de l’« opération sans nom »), contre le local de la Lega de Villorba (Trévise), en 2018 (pour laquelle Juan a été condamné à 28 ans en premier degré et à 14 an en appel) et contre un train Frecciargento à Bolzano en 2015 (une tentative d’incendie que les procureurs voudraient attribuer à un compagnon, sur la base de traces d’ADN retrouvées sur l’engin incendiaire, pour lequel le chef d’inculpation est « acte avec finalité de terrorisme ») ; de la manifestation du Brennero de 2016 contre les frontières (pour laquelle, lors de deux procès différents, les cours d’appel ont distribué plus de 130 ans de prison) ; de la tentative de lire à l’antenne d’une radio commerciale un communiqué contre le massacre dans les prisons, au printemps 2020 (pour laquelle Massimo a été condamné à 1 an et 1 mois au procès en premier degré de l’« opération sans nom ») ; de la tentative de bloquer un forage dans le chantier du TAV, à Trente, en janvier 2022 (pour laquelle un autres procédure pénale est en cours). Mis à part l’épisode du train Frecciargento, il s’agit donc d’actes qui font déjà l’objet d’autres procès ou enquêtes. L’intention du Parquet est de réutiliser ces mêmes épisodes pour justifier cette accusation en vertu de l’article 270 bis, qui est toujours tombée lors des enquêtes précédentes. Une intention qui arrive à être une vraie métaphysique de la répression : les « délits-finalité » expriment et donnent de la substance à l’action subversive, qui, par contre, dans sa dimension « ontologique » (précisément) fait abstraction des différentes actions. Un simple intellect terroriste (d’où la centralité des publications), qui, même quand il ne se concrétise pas en actes subversifs, néanmoins les incite ou en fait l’apologie.

L’aspect le plus dangereux – en plus de l’attaque aux publications en tant que telles – est sans doute la définition de « terrorisme » employée par la DIGOS et les procureurs : « intimider la population ou contraindre les pouvoirs publiques à effecteur ou à s’abstenir d’effectuer un acte quelconque ». Il s’agit du bien connu art. 270 § 6, introduit par le « décret Pisanu » de 2005. Comme cela a été dit et répété plusieurs fois, « intimider la population » est une activité caractéristique de l’État, certainement pas des anarchistes, tandis que « contraindre les pouvoirs publiques à effecteur ou à s’abstenir d’effectuer un acte quelconque » est le but de chaque lutte. Arrêter la construction de la ligne à grande vitesse ne revient pas à contraindre le gouvernement et l’entreprise qui gère le réseau ferré à s’abstenir de réaliser ce projet ? Bloquer un port ne revient pas à vouloir contraindre le gouvernement à retirer le passe sanitaire ou à ne pas envoyer d’armes en Ukraine ? La possible explosion de rage sociale provoquée par l’abolition du revenu de base n’aurait pas le but de contraindre le gouvernement à s’abstenir d’appliquer des décisions déjà prises ? Et prétendre qu’un compagnon sorte du régime de détention 41-bis ?

Bien que cette définition de « terrorisme » transpose – avec une formulation encore plus large et malléable – une définition-cadre adoptée à l’échelle de l’Union européenne, l’Italie est le seul pays où celle-ci est systématiquement utilisée contre le mouvement anarchiste (mais non seulement, comme nous le verrons). L’extension quantitative et qualitative de son utilisation est un marqueur clair de quelque chose dont on ne peut pas faire abstraction : nous sommes en guerre.

 

Sur le plan général

Rien qu’en ces deux derniers mois, il y a eu des notifications d’enquêtes, aussi accompagnées par des perquisitions et parfois par des mesures de contrôle judiciaire, à Milan, à Trieste, à Bologne, à Potenza, à Turin, à Palerme et à Pérouse. Au delà des épisodes spécifiques qui sont reprochés, il est évident que la Direction nationale anti-mafia et antiterrorisme est en train de faire le tour des Parquets avec un message explicite : « Débarrassez-vous d’eux, peu importe le prétexte utilisé ». Mais le saut qualitatif est également évident : ils ont demandé une mesure de détention préventive pour un compagnon à cause d’un discours tenu en public, pendant une manifestation contre le 41-bis, à Turin ; les enquêtes de Bologne et Potenza disent clairement que la campagne en solidarité avec Alfredo Cospito est « terroriste » en soi, étant donné que l’on veut contraindre l’État à accomplir un acte qu’il ne veut pas accomplir : lui révoquer le 41-bis. Qu’une telle intention soit poursuivie en faisant des tags sur des murs, en accrochant des banderoles, en provoquant des dégâts à quelque multinationale, en interrompant une messe, en montant en haut d’une grue, en incendiant des poubelles au milieu de la chaussée ou des camionnettes d’une entreprise impliquée dans le business de l’enfermement est, au fond, chose de secondaire importance. En effet, à Pérouse le Parquet a récemment ouvert une enquête pour « incitation à la violence et apologie du terrorisme » pour un drap avec une phrase en solidarité avec Alfredo et contre le 41-bis. La même logique est employée bien au-delà du milieu anarchiste. En effet, il y a quelques semaines, des militants du media en ligne Antudo ont été perquisitionnés et mis sous enquête pour « apologie du terrorisme » et pour « acte avec finalité de terrorisme », pour avoir publié sur leur site internet une vidéo et un communiqué de revendication d’une action contre l’entreprise Leonardo-Finmeccanica. Frapper le plus important producteur d’armes italien ne signifie pas pas vouloir contraindre l’État à s’abstenir de mener ses politiques de guerre ? Et ceux qui diffusent les raisons de ces pratiques de lutte ne font pas, pour cela même, l’apologie du terrorisme ? Il n’y a pas besoin d’un dessin pour comprendre où mène une telle logique inquisitoriale.

 

Sur le plan local

Il s’agit de la cinquième, au moins, enquête pour « association subversive avec la finalité de terrorisme » contre des compagnonnes et des compagnons du Trentino, en moins de vingt ans, en considérant celles dont nous sommes à connaissance, car ayant été notifiées aux inculpés. Si on y ajoute la kyrielle de procès et de condamnations pour d’autres infractions, les compagnons en prison, aux arrestations domiciliaires ou en cavale, les surveillances spéciales et le fait que certains compagnons et compagnonnes passent d’une mesure à l’autre sans interruption pratiquement depuis 2019, l’opération Diana poursuit une stratégie précise : en finir avec la présence anarchiste dans le Trentino, en finir avec ses idées, les luttes qu’elle exprime et dont elle fait partie, ses espaces, ses publications. Et, pour faire un exemple, cela ne nous semble pas un hasard que, alors qu’à Trente les travaux pour le TAV commencent, et aussi les blocages et les contestations, ils insèrent dans une enquête pour « terrorisme » une initiative publique de contraste d’un forage et qu’ils ressortent, grâce à l’utilisation policière-judiciaire de la génétique, la tentative d’incendie d’un Frecciargento, le 25 avril 2015. (Étant donné que cela gêne à tel point la DIGOS et le Parquet, que l’on publie les communiqués de revendication, voici les mots diffusés à cette époque-là par les saboteurs anonymes : « En souvenir des sabotages des partisans. Liberté pour les compagnons en prison. Au revoir, Guccio. La fortune ne sourit pas toujours aux audacieux »*). D’ailleurs, la première tentative (ratée) d’appliquer l’article 270 § 6 a été celle du Parquet de Turin, contre les compagnons et la compagnonne arrêtés et condamnés pour l’action incendiaire contre le chantier du TAV, à Chiomonte, en 2014 (l’ainsi-dit procès «du compresseur »).

 

La morale de l’obéissance

Dans les mêmes jours où l’enquête « Diana » (par laquelle le Parquet voulait kidnapper en prison et enlever des lutte 12 compagnons et compagnonnes) était notifiée, les procureurs Raimondi et Ognibene ont placé sous scellé une portion du chantier du TAV, à Trente Nord (sans que cela n’arrête les travaux dans leur ensemble). Une mesure en lien avec une enquête pour « désastre environnemental » – pour l’instant contre le directeur général et un cadre de RFI – ouverte à la suite d’une main-courante déposée par des militants No-TAV. Même si les travaux pour le TAV continuent, la saisie judiciaire de quelques terrains pollués par les anciennes usines Sloi et Carbochimica (notamment à cause du plomb tétraéthyle et de plusieurs solvants chimiques) et la réalité d’un possible empoisonnement de masse, qui devient une « possible infraction », tout cela nie les perpétuelles assurances de RFI et expose la complicité évidente de la Mairie et du Conseil de la Province de Trente. Les mêmes magistrats qui reconnaissent formellement le bien-fondé des alarmes contre le TAV frappent ceux qui, à partir de ces alarmes, tirent la conséquence logique sur le plan éthique et pratique : contraindre par l’action le gouvernement et les entreprises à ne pas réaliser ce projet. Quelle est la morale de cette histoire ? Nous pensons que c’est celle-ci : si, face à un désastre environnemental, on fait appel à la Justice, on est des « citoyens » ; si on s’organise pour bloquer ou, pire encore, pour saboter les moyens de ce désastre, on est des « terroristes » – plus encore : on est des « terroristes » rien que si on défend ou on diffuse seulement les raisons de l’action directe. Cela s’appelle une morale de l’obéissance.

De notre côté de la barricade, chaque jour d’obéissance, chaque jour de paix sociale est un jour en plus de guerre et de répression.

 

anarchistes de Trente et Rovereto

 

* Note d’Attaque : le 25 avril est l’anniversaire de la libération de l’Italie de l’occupation nazie et du gouvernement fasciste collaborationniste. L’action des groupes partisans a été déterminante, du moins pour la libération du centre-nord de la péninsule.
Guccio était un compagnon très impliqué dans la lutte contre le TAV en Val Susa ; il s’est ôté la vie le 24 février 2014.

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Mise à jour du 17 septembre : toutes les mesures de CJ rejetées

Il Rovescio / dimanche 17 septembre 2023

Dans l’attente de pouvoir lire les motivations, nous informons que le Tribunal des libertés de Trente a rejeté, le 12 septembre dernier, les 12 mesures de contrôle judiciaire (9 détentions préventives et 3 interdictions de territoire des communes de Rovereto et Trente) que le Parquet avait demandé pour autant de compagnons et compagnonnes du Trentino.

Charleville-Mézières (Ardennes) : le tribunal à coups de molotovs [MàJ]

Publié le 2023-09-10 16:25:05

Le tribunal de Charleville-Mézières attaqué au cocktail Molotov
L’Ardennais/France3, 8 septembre 2023

Dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 septembre, plusieurs individus se sont introduits dans l’enceinte du tribunal de Charleville-Mézières et ont incendié deux voitures appartenant au ministère de la Justice. Le bâtiment a subi des dégâts.

Ce vendredi matin, les stigmates de l’assaut perpétré contre le tribunal de Charleville-Mézières quelques heures plus tôt, étaient encore bien visibles. Dans la cour située à l’arrière du bâtiment, du ruban de chantier entoure les carcasses de deux véhicules incendiés. Le bâtiment de trois étages présente une large trace de suie en hauteur. Moins perceptible, on distingue malgré tout la présence d’une vitre étoilée, conséquence d’un tir de projectile.

« Cette nuit, vers 1 h 20 du matin, le tribunal judiciaire de Charleville-Mézières a été la cible d’une intrusion et d’une attaque au cocktail Molotov visant le bâtiment et des voitures du ministère », avait déclaré en matinée Magali Josse, la procureure de la République de Charleville-Mézières. Une attaque jugée suffisamment grave pour que cette dernière reporte un rendez-vous professionnel organisé dans un autre département.

Dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 septembre, vers 1 h 20, c’est un riverain qui a alerté les services de police : plusieurs individus, qui ont enjambé la grille de l’enceinte du parking du palais de justice, tentent de mettre le feu à des voitures. C’est par cette cour que les prévenus, escortés par les forces de l’ordre, pénètrent lorsqu’ils ont rendez-vous avec un magistrat. Une patrouille de la police nationale se rend alors sur place et interpelle l’un des individus en flagrant délit.

L’homme, âgé de 22 ans et qui, selon nos informations, serait originaire de Sedan, a été placé en garde à vue au commissariat de Charleville-Mézières. La procureure de la République a ouvert une enquête en flagrant délit pour destruction par un moyen dangereux pour les personnes et dégradation ou détérioration de bien public. « J’ai confié les investigations au commissariat de Charleville-Mézières. La peine encourue par l’auteur présumé est de dix ans d’emprisonnement », précisait ce vendredi Magali Josse.


Mise à jour
Charleville-Mézières: après l’attaque au tribunal,
un homme incarcéré

L’Ardennais, 9 septembre 2023 (extrait)

Ce samedi, l’individu arrêté a été présenté au parquet à l’issue de sa garde à vue. « J’ai ouvert une information judiciaire pour destruction par moyen dangereux pour les personnes, poursuit Magali Josse, dégradation ou détérioration de bien public et usage de produits stupéfiants. » L’enquête se poursuit désormais sous la houlette du juge d’instruction. « L’individu a été émis en examen pour ces trois délits. À l’issue du débat contradictoire devant le juge des libertés et de la détention, il a été placé en détention provisoire. »

Originaire de Sedan selon nos informations, l’homme est loin d’en avoir fini avec la justice. L’enquête se poursuit, notamment pour connaître ses motivations précises et identifier ses complices. Et c’est au juge d’instruction qu’il devra désormais expliquer son geste.

Lille (Nord) : le siège du département du Nord saccagé par un bénéficiaire du RSA

Publié le 2023-09-10 16:30:04

Le siège du département du Nord saccagé par un bénéficiaire
du RSA

France Bleu/20Minutes, 6-7 septembre 2023

Les faits se sont déroulés mercredi matin, dans le hall de l’hôtel du département du Nord, rue Gustave Delory, à Lille. Un homme de 33 ans s’est présenté pour « obtenir des informations sur sa situation personnelle liée à l’obtention du RSA ». En gros, le versement de son allocation avait été suspendu parce que le mis en cause rechignait à chercher du travail et ne répondait pas aux sollicitations de l’institution.

Toujours est-il que les explications des agents n’ont pas plu à l’homme, qui a saccagé « durant plusieurs minutes » le hall. Des tables, des chaises, des vitres, des présentoirs ont été cassés. La tornade n’a pu être arrêtée que grâce à l’intervention d’agents de sécurité. Ces derniers ont interpellé l’allocataire et l’ont remis à la police. L’homme a terminé sa journée en garde à vue.

Le montant des dégâts sera estimé dans les prochains jours précise le département du Nord, 3 agentes choquées ont été prises en charge. Le Conseil Départemental annonce déposer plainte ce mercredi soir. « On ne peut pas être, dans le département du Nord, un distributeur automatique de billets. Je le dis, les allocataires ont des droits et des devoirs », a déclaré le président du département, Christian Poiret.