Vive l'Anarchie - Semaine 36, 2025

Sommaire

projection-discussion à l'hérissé.e [Criminal Queers et Homotopia]

Publié le 2025-09-08 00:00:00

A l’hérissé‧e projection et discussion des films Criminal Queers et Homotopia, fictions bricolées abordant l’homonationalisme, le pink-washing, 
les luttes contre 
la prison et 
le colonialisme dans une perspective queer, antiraciste 
et anarchiste.



A l’hérissé‧e projection et discussion des films Criminal Queers et Homotopia, fictions bricolées abordant l’homonationalisme, le pink-washing, 
les luttes contre 
la prison et 
le colonialisme dans une perspective queer, antiraciste 
et anarchiste.

FÊTE DE SOLIDARITÉ AUX SQUATS, CONTRE LA RÉPRESSION ET LES EXPULSIONS

Publié le 2025-09-08 15:48:48

Samedi 20 septembre, de 20h à minuit, teuf de solidarité au squat de l’ancienne Chiffo (7 route de Trouville, 14000 Caen)



Samedi 20 septembre, après la manif et l’assemblée générale (https://trognon.info/Manif-en-solidarite-avec-les-exile-e-s-et-contre-l-expulsion-du-squat-de-l-652) on vous propose de poursuivre ou de nous rejoindre au squat de l’ancienne Chiffo (7 route de Trouville, 14000 Caen) pour une fête de solidarité aux squats, contre la répression et les expulsions !

Au programme : concerts, dj-set, cantine végétalienne et vegan, bar avec et sans alcool, infokiosk(s) anarchiste et antiautoritaire, espace pour les plus petixtes et enfin un espace réduction des risques.
Tout sera à prix libre et le pognon ramassé servira à lutter contre la répression des squats.

L’occasion de prolonger des discussions ou de se rencontrer, de bien manger, de lire ou de faire le plein de littérature, et de se défouler sur la piste de dance !

À bas l’état et tous ses sbires, la propriété et les frontières, crève ce monde qui nous enferme et vive la liberté, la solidarité et la teuf !

L’affiche téléchargeable (imprimable, multipliable, collable, diffusable, ..) ici :

Affiche A3 couleur

AI Event Crashed, Vehicles Vandalized – Portland, OR

Publié le 2025-09-08 20:00:16

[INFORMATION FROM LOCAL NEWS]

A group of six masked people vandalized the Southeast Madison Street office of the coworking space Kiln at about 6:45 pm on Thursday, in full view of diners at nearby restaurants and food carts. Flyers left behind at Kiln's office suggested Kiln was targeted for hosting an artificial intelligence networking event.

The incident appears to coincide with AI Portland's Summer Soiree event held last night. The networking event, which began at 6 pm, was organized for AI professionals and fans to nerd out over data and algorithms.

The half-dozen individuals—who also wore gloves, hoods and sunglasses—arrived at Kiln on foot from Southeast 11th Avenue. They threw balls of paint at the Kiln office and spray-painted nearby parked cars before departing on foot. People came out from Kiln's building just as the group left the property. "Fuck AI" was tagged in pink paint across a vehicle parked close to the entry of the building.

Papers left behind at Kiln after the vandalism tell of a "Butlerian Jihad Against AI," a reference to the Legends of Dune prequel trilogy by Brian Herbert and Kevin J. Anderson depicting a war of humanity versus robots and computers.

[POSTER BELOW, ORIGINALLY UPLOADED TO PHILLY ANTICAP]

Found on Rose City

Une cantine pour cantiner #30

Publié le 2025-09-09 00:00:00

En soutien pour A., incarcéré à Corbas



En soutien pour A., incarcéré à Corbas

Lattes (Hérault) : Un incendie de câbles bloque la circulation ferroviaire

Publié le 2025-09-09 00:00:00

Ici (France Bleu) / mardi 9 septembre 2025

Plusieurs installations sont touchées sur le réseau SNCF, au sud de Montpellier ce mardi 9 septembre. Un « acte de malveillance » a eu lieu à Lattes (Hérault), une zone stratégique pour le réseau : c’est là que les trains prennent la direction du contournement de Montpellier, vers la gare Sud-de-France. Les équipes techniques sont sur place pour réparer au plus vite ces infrastructures.

Le trafic est perturbé mais non interrompu, précise la SNCF. Cependant, plusieurs TGV au départ de Montpellier Sud-de-France en direction de Paris notamment sont supprimés ou déroutés via la gare Saint-Roch. Des TER sont aussi retardés. Les perturbations sont surtout situées entre Montpellier et Sète. Une reprise du réseau est espérée ce mercredi matin. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie. […]

extraits de Hérault Tribune / mardi 9 septembre 2025

[…] L’incendie a touché des câbles électriques souterrains situés dans le secteur de Jasse de Maurin, près de Montpellier. Survenu dans la nuit de lundi à mardi, entre minuit et 00h30, le départ de feu est considéré par la police et la SNCF comme un acte suspect, potentiellement criminel. Pour l’instant, les enquêteurs et les équipes techniques n’ont pas encore déterminé les circonstances exactes du sinistre, mais le feu a suffi à interrompre la circulation ferroviaire et à provoquer des détournements et retards sur plusieurs lignes régionales.
La SNCF et la police poursuivent leurs évaluations pour mesurer l’ampleur de l’incendie et déterminer le mode opératoire.
[…]

Lyon : Manifestation sauvage pour dire adieu à Bayrou

Publié le 2025-09-09 00:00:00

actuLyon / mardi 9 septembre 2025

Un avant-goût du 10 septembre ? Des milliers de manifestants ont fêté lundi soir la chute du gouvernement de François Bayrou devant des mairies, à l’appel du mouvement « Bloquons tout » le 10 septembre. De source policière, 200 mobilisations ont fédéré « 11.000 personnes » au niveau national.
A Lyon, environ 900 personnes se sont rassemblées devant l’hôtel de ville de la place des Terreaux (1er arrondissement), selon la préfecture. D’abord dans le calme, l’événement improvisé a viré à la manifestation dans le centre-ville vers les pentes de la Croix-Rousse (4e arrondissement). Sur la place, des slogans anti-Macron et Bayrou ont été scandés ainsi que des appels au soutien de la Palestine.

« À Lyon, des protestataires ont procédé à des tirs de mortiers d’artifice, ce qui a engendré un mouvement de foule », mais le calme est revenu après l’intervention des forces de l’ordre, a précisé une source policière à l’AFP.
En plus des effectifs départementaux de la police nationale, une CRS et la CRS 83 ont été déployées, a indiqué la préfecture du Rhône à actu Lyon. La police a fait usage de gaz lacrymogènes « en réponse à des dégradations et des jets de projectiles des manifestants du cortège sauvage » à destination des forces de l’ordre. Des poubelles ont été brûlées.


Selon le suivi en directe publié sur Rebellyon le 8 septembre :
« – 21h21. Départ en manif sauvage en direction de croix rousse par la rue Terme
– 21h32. Gaz dans la montée,  la manif est divisée en plusieurs petits groupes et tirs de mortiers vers les flics
– 21h35. Les flics qui étaient restés à hotel de ville se déplacent vers la place satho
– 21h43. Un groupe un peu plus gros rue burdeau
« Lyon Lyon antifa »
« anticapitaliste »
Une très grosse charge vient d’avoir lieu montée de la grande cote.
– 21h47. Riposte : En réponse à la grosse charge des chaises sont envoyées sur les flics. »



Ici et là, des tags pour appeler à tout bloquer

Publié le 2025-09-09 00:00:00

Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) : « Contre leur privilèges…10/09 Grève générale ! »

Les Nouvelles-L’écho Fléchois / dimanche 7 septembre 2025

Ce dimanche 7 septembre 2025, les voyageurs allant prendre leur train à la gare de Sablé-sur-Sarthe ont pu découvrir des tags militant pour le mouvement du 10 septembre « Bloquons tout ».
Difficile en effet de manquer le message peint en noir sur la façade de la gare sabolienne et disant « Tout est trop cher RDV 10 SEPT ».

Non loin, sur le mur d’enceinte de la fonderie Grandry, deux autres messages évoquent eux aussi, ce mouvement né sur les réseaux sociaux et pour lequel certains syndicats ont pris position, notamment à Sablé-sur-Sarthe.
[…]
Le premier dit :  « Pour notre émancipation » et le second « Contre leur privilèges…10/09 Grève général ! » […]

*****

Tourves (Var) : « 10 septembre, morts aux rois »

extrait d’Ici (France Bleu) / mardi 9 septembre 2025

Deux fois en moins d’une semaine, des bâtiments de Tourves (Var) ont vu apparaître des tags appelant à rejoindre le mouvement du 10 septembre. Un climat inquiétant, selon le maire.

« Bloquons tout » est déjà dans la rue, déjà visible sur les murs de la commune de Tourves dans le Var, près de Saint-Maximin. Une première salve de tags a été découverte jeudi dernier pour appeler à rejoindre le 10 septembre. Et puis dans la nuit de lundi à mardi, rebelote sur le mur du cimetière : « 10 septembre Morts aux rois » à la peinture rouge.

[…] Sur sa page Facebook, l’élu indique que pour la première série les caméras de vidéosurveillance ont filmé les fautifs. Il dit espérer « les retrouver pour leur faire payer cela ». Une plainte a été déposée à la gendarmerie.

****

Paris, rue des Annelets (source : le JDD du 4 septembre, qui s’en scandalise) :

Artiste inconnu, 2025, peinture sur enduit :

*****

À Plomeur, dans le Finistère (source Ouest-France du 8 septembre) :

Man charged with setting fire to multiple police cars – Hackensack, NJ

Publié le 2025-09-09 17:12:42

September 3, 2025

Police arrested a Hackensack man on arson charges, accusing him of setting multiple police vehicles on fire in a Hackensack parking lot on Aug. 30, announced the Bergen County Prosecutor's Office.

[Name], 78, was arrested on Sept. 2 on charges of aggravated arson and arson among other criminal mischief charges.

At about 8:09 p.m., the Hackensack Police and Fire Department were dispatched to put out a fire at Municipal Parking Lot Area T, located at 78 Trinity Pl. Upon arrival, police found three marked Hackensack Police Department vehicles engulfed in flames.

No injuries were reported and the police vehicles were unoccupied, according to the BCPO.

[Name] is accused of intentionally setting the police vehicles on fire by pouring and igniting an accelerant onto the vehicles before fleeing the scene.

The press release sent from the Bergen County Prosecutor's Office did not say why [name] was determined to be the suspect.

Found on Never Sleep

Rassemblement de soutien au procès de deux militant'es à Caen

Publié le 2025-09-09 20:10:09

Tract à diffuser pour un rassemblement de soutien au procès de deux militant.e.s subissant la répression des mouvements squats à Caen



Chantier LGV St Jory – Prison et comparutions immédiates

Publié le 2025-09-09T01:54:14+02:00

Harcèlements, menaces de mort, violences physiques, 4 GAV avec prolongation, 3 deferrements, 2 détentions provisoires à la maison d’arrêt de Seysses. Et au final 3 contrôles judiciaires maxi lourds jusqu’à l’audience du 4 novembre.

C’est le résultat d’une tentative d’ascension d’un chêne bicentenaire par 4 guinguettois.es dans la nuit de jeudi à vendredi, à Saint-Jory.

Le Chêne avait été sauvé l’année dernière par l’ecureillage. Il est resté toute l’année bien seul mais majestueux au milieu des troncs de ses anciens voisins.

Il a finalement été mutilé puis coupé le 1er septembre 2025 entre ooh et 3h du matin.

La pref avait demandé au parquet et aux flics d’être énervés. Du coup ils ont bien froncé les sourcils. Des puent la pisse qui montent dans les arbres trop régulièrement c’est un grave danger pour la « république ».

Sur les 4 grimpeureuses interpelées, trois passaient en comparution immédiate lundi, après passage dans les geôles du tribunal et détention pour 2 copaines. Il leur est reproché la destruction en réunion des barbelés entourant l’arbre et une violence sur keuf pour l’une d’elle (on nie, on vous racontera plus tard)

Avant l’audience, la proc avait mis ses plus belles lunettes de bourgeoise pour demander de la prison pour les 3 copaines, avec un sourire insolent et une inhumanité à toute épreuve. Au final 2 potes ont été placées en détention provisoire par le JLD.
En taule. Deux nuits.

Y’a pas de bonnes où de mauvaises raisons de finir en taule. Enfermer des gens ne règle rien, encore plus dans un système raciste et classiste, qui n’enferme que les personnes que l’État met de côté. Mais quand, en plus, on a des prisons surpeuplées et dégueulasses, y envoyer des personnes qui auraient coupé du barbelé pour protéger un arbre bah c’est lunaire.

Ce lundi, la proc, fébrile face à l’absurdité de la situation, avait pris le soin de faire un communiqué de presse pour tenter de justifier comment le parquet avait demandé de la prison pour des militant.es au casier judiciaire vierge qui aiment un peu trop l’humus.

En toute tranquillité, elle a donc lâché à l’audience »je voulais un choc carcéral, c’est réussi. Il y a du positif dans l’incarcération. Vous savez désormais que vous risquez la prison ». La taule détruit des vies et elle s’en félicite.

Et de pleurnicher sur les 20 000 euros (oui) debarbelés « concertina » déployés par la SNCF .. ces mêmes barbelés qui ont été détruits à coup de meuleuse et pelleteuse 3 jours après afin que les machines infernales abattent le chêne.

Les 3 copaines ont demandé un délai pour la comparution immédiate pour préparer la défense. On attend par exemple avec impatience les caméras piétons – qui étaient toutes allumées- des gengens du PSIG afin de contrer les accusations de violence et démontrer la leur.

Mais on ne se fait pas l’illusion.

Restait donc à savoir si les copaines partaient en détention avant l’audience du 4 novembre.

Nos trois avocat.es ont souligné le fait qu’un recours juridique contre les travaux sera étudié le 12/09 par le Tribunal administratif de Toulouse (repoussé au 22/09).

Et que les travaux de la LGV étaient compromis par la décision de la commission des transports de l’Union européenne de ne pas retenir la LGV Sud-Ouest dans les projets à financer- et que ça fait également la gueule au niveau du financement du projet par l’état français.

En gros qu’on est en train de dézinguer plein d’arbres, d’artificialiser des terres, d’exproprier à gogo et de foutre des gens en taule pour un projet sur la sellette.

Les avocat.es sont par ailleurs revenus surla dinguerie des faits reprochés, de la réponse pénale, ont mis en avant les conditions de détention déplorables à la maison d’arrêt de Seysses. Et ont demandé un CJ allégé par rapport aux réquisitions de la proc.

Au final le tribunal a relâché les 2 copaines et a suivi à la lettre les réquis’ de la proc et c’es tun contrôle judiciaire lourd qui est prononcé pour tous.tes jusqu’à l’audience du 4 novembre: interdiction des 4 départements concernés par le tracé de la LGV, interdiction des lieux du chantier, interdiction de toute manifestation en lien avec la LGV, interdiction de se voir, interdiction de port d’arme.

Voila voilà. Mais ne vous inquiétez pas, on ne va rien lâcher, bien au contraire.
Leur réaction démesurée nous donne la rage.

Des écureuill.es vaillant.es sont toujours perché.es à La Guinguette Vaillante n°6, au milieu des caméras dystopiques installées par la SNCF (aussi efficaces que les vigiles qui pionçaient fort fort sous le chêne).
N’hésitez pas à aller leur dire bonjour de l’autre côté du canal, ça leur donnera des forces.

On aimerait avoir une défense collective et bien ficelée et pour ça bah on a besoin de moulaaa.
Soirée de soutien, dons et héritages sont les bienvenus pour renflouer notre caisseanti-rep !

cagnotte : https://opencollective.com/xr-toulouse-et-alentours/projects/soutien_guinguette_vaillante

merciiii !

(IDF) Feu contre un formateur sécuritaire à Rosny

Publié le 2025-09-09T07:22:35+02:00

Dans l’idée de se donner un avant-goût du 10 septembre qu’on espère va dépasser nos attentes, on a mis la main à la pâte. Le mouvement n’a pas encore commencé que le refus de participer à leur effort de guerre, dont le budget Bayrou est une des composantes, est bien palpable dans les discours et les propositions. Nous savons que le climat sécuritaire qu’on nous impose depuis des années a préparé la militarisation à l’œuvre aujourd’hui. « Nous sommes fiers de fournir des formations de qualité reconnues pas les autorités compétentes. » dit l’Agence de Formation aux Métiers de la Sécurité dans sa propagande en ligne. Ce qu’on peut voir sur place, c’est un bâtiment placé entre un McDo, une agence France Travail, un terrain de golf, une centrale géothermique… bref, la civilisation quoi. On se demande souvent : est-ce possible d’en finir avec tout ça ? comment ? par où commencer ? Cette nuit, on a adressé la question à un petit poste de transformation lié en haute tension aux locaux de l’AFMS avec les arguments suivants : un litre de produit inflammable et un pneu. Le bruit court qu’il s’agit de tout bloquer à partir de demain, est-ce que ces questions trouveront leurs places dans la rue ? est-ce qu’on va commencer à apporter des réponses ?

10 septembre : (Tentatives de) blocages et manifs un peu partout

Publié le 2025-09-10 00:00:00

Le Monde / mardi 10 septembre 2025 [tous les articles cités sont du 10 ; NdAtt.]

[…] Des petits groupes tentaient de se réunir pour appliquer le mot d’ordre de la journée : « Bloquons tout ». Mais des portes du périphérique aux dépôts de bus de la RATP dans la capitale, des ronds-points aux infrastructures de transports partout en France, les manifestants se sont très vite heurtés au déploiement des forces de l’ordre. Le jour n’était pas encore levé que les grenades lacrymogènes pleuvaient déjà pour contrer toute tentative de blocage. 80 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés, selon le ministre de l’intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau.

La France ne s’est pas retrouvée bloquée ni à l’arrêt, mercredi 10 septembre. Pour autant, de nombreuses actions ont eu lieu toute la journée partout dans le pays, avec des rassemblements d’ampleur dans certaines villes. Le ministère de l’intérieur a recensé 550 rassemblements sur la voie publique et 262 blocages, réunissant quelque 175 000 personnes à travers la France. La CGT annonce pour sa part 250 000 manifestants. Au total, 473 interpellations ont été effectuées, dont 203 à Paris, et 339 personnes ont été placées en garde à vue, dont 106 dans la capitale […]

*****

Rennes : Brûlons tout !

Le Télégramme

Il est environ 8 h 30, ce mercredi 10 septembre, quand une épaisse fumée s’échappe sous le pont de la porte d’Alma, sur la rocade sud de Rennes. En cette journée de mobilisation « Bloquons tout », le secteur fait partie des quatre points du périphérique rennais touchés depuis l’aurore par des barrages visant à empêcher la circulation. Plusieurs centaines de militants, certains les visages masqués, d’autres vêtus d’un gilet jaune, sont présents pour participer au blocage de cette portion particulièrement fréquentée de la rocade aux heures de pointe.

Le panache noir est celui dégagé par un bus Keolis, en proie aux flammes. D’après notre journaliste présent sur place, le véhicule s’est retrouvé bloqué juste devant une barricade en flammes. Contactée, la société Keolis indique que le bus était vide et venait de quitter le dépôt de Saint-Jacques pour prendre son service sur la ligne 13.
[…] Il ne reste plus grand-chose du véhicule, littéralement calciné. Il devait être évacué en vue d’une réouverture de cette partie de la rocade intérieure pour le début voire la fin d’après-midi.
Quant au pont, porte importante d’accès à Rennes notamment pour les automobilistes venant de Nantes, il a également été endommagé, indique Véronique Malard, chef adjointe du centre d’entretien et d’intervention de la rocade de Rennes pour la Diro.

Le Télégramme (extraits du du direct)

À Rennes, plus de 10 000 personnes ont défilé dans le centre-ville ce mercredi 10 septembre.

L’après-midi, après le cortège place de la République :

– Alors que le défilé est terminé à République, plusieurs centaines de personnes se dirigent désormais vers la place Sainte-Anne dans le centre historique.

– Un peu plus d’un milliers de personnes se sont rassemblées à Sainte-Anne à l’issue de la manifestation. Un immense feu de poubelles a été allumé au centre de la place. Des manifestants dansent autour du brasier.

– Des manifestants font face aux forces de l’ordre qui avancent vers eux dans le centre historique de Rennes. Pavés, bouteilles en verre et bombes lacrymogènes pleuvent sur la place Sainte-Anne. Les gendarmes mobiles font usage d’un canon à eau pour disperser l’attroupement.

– Après avoir été expulsés de la place Sainte-Anne, des petits groupes de manifestants masqués continuent de jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre. Des barricades enflammées sont notamment érigées rue de Saint-Malo pour stopper la progression des gendarmes.

– Selon la Préfecture, qui fait son bilan de la journée, 20 interpellations ont été menées lors des différentes actions de cette journée du 10 septembre.

*****

Paris

extraits du suivi de Paris-Luttes.info

– 18h05. À partir de 15h cet après-midi, beaucoup de monde rassemblé à Châtelet, aux Halles, à Répu, a commencé à déborder le dispositif policier : il y avait du monde dans toutes les rues entre Châtelet et les Halles, et plusieurs cortèges déters se sont formés. Le boulevard Sébastopol était parsemé de barricades, de poubelles et vélos électriques en feu. Les flics étaient peu présents à certains endroits (beaucoup plus à d’autres), et en général ils intervenaient pour enlever les barricades puis repartaient 3 minutes après (sauf Réaumur qui a bien tenu <3). Alors la rue elle est à qui ?

– 16h23. Le boulevard Sébastopol est parsemé de barricades, du monde un peu partout. Plusieurs cortèges en route vers l’ouest et le nord.

– 15h34. Ensemble confus de nasses et de manifs sauvages entre Châtelet et République. Prenez soin de vous et des gens autour de vous.

– 14h05. A 13h30 les personnes de Gare du Nord sont parties en cortège pour rejoindre Châtelet. Les flics les ont arrêtés à Strasbourg Saint-Denis. Iels se dirigent donc vers République. Ils nous empêchent d’aller quelque part, on s’en fout, il y a pleins de lieux de rdv différents !

– 10h56. Ce sont maintenant plusieurs milliers de personnes qui essaient de rentrer dans gare du Nord. Les flics balancent des lacrymos en masse et des grenades. La Brav s’apprête à charger, gaffe à vous !

– 10h36. À gare du Nord, les flics font le blocage tout seul apparemment : alors que près de 400 personnes rassemblées sur le parvis veulent rentrer, ils bloquent les portes ! Des « siamo tutti antifascisti » résonnent tout même dans la gare

– 9h12. Ce matin dès 6h il y avait 150 personnes devant le dépôt de bus de Lagny dans le 20e pour soutenir le piquet de grève! Elles ont été virées vers 6h30 par les flics malheureusement

– 8h46. Deux barricades tiennent l’entrée de Montreuil.

– 8h26. Plusieurs petites manifs sauvages avec points de blocages dans le nord de Paris: Gare du Nord, Barbes, La Chapelle!

– 8h19. Entre porte de Montreuil et porte de Vincennes, les poumons respirent de la lacrymo, il y a du mouvement. Le Cours de Vincennes est bloqué devant Boucher : du monde sur la rue, un feu, allez les lycéen-nes!

– 8h04. Dispersion par la brave m à Porte d’Ivry et St Denis et sur le périph à porte de Montreuil/Vincennes. Mais le blocage de Clignancourt tient toujours, et de nouvelles tentatives voient le jour à Montreuil !!!

– 7h53. À porte de Montreuil côté paris, il y a un joli feu pour réchauffer les cœurs. Ça dresse quelques barricades, ce à quoi les flics répondent par des lacrymos lancées au cougar.

Place des Fêtes, le soir

*****

Lyon

extraits du suivi de Rebellyon

– 17h28 Aujourd’hui beaucoup de choses se sont passées. Le centre commercial de la Part-Dieu a été fermé pendant au moins 40 minutes, la circulation a été bloquée ou ralentie à plusieurs points stratégiques, des affiches du RN ont été arrachées, des facs, des lycées et science po ont été bloqués, un mc do a été sacagé, et des groupes sont encore actifs sur la presqu’ile.
Mais aussi 14 de nos camarades ont été arrêtés.
Hier soir un camarade s’est fait interpeler chez lui « préventivement » (voir le communiqué)

*****

Nantes et Loire-Atlantique

Ouest-France

À Nantes, les manifestants étaient au rendez-vous dès 4 h près de l’aéroport de Nantes et sur les trois points de rassemblement annoncés : le pont de Cheviré à l’ouest, le Cardo au nord, et la place Rosa-Parks, à l’est de la ville.

À Saint-Nazaire, les manifestants ont bloqué le rond-point de Trignac, l’accès aux Chantiers de l’Atlantique et la gare. À Ancenis, les manifestants ont organisé un cortège dans la ville. À Blain et Clisson, des actions sont toujours en cours. Tous dénoncent la baisse du pouvoir d’achat.

À Nantes, la progression des manifestants dans la ville est émaillée d’échauffourées avec les forces de l’ordre. Ils marchent vers les Nefs où va avoir lieu l’assemblée générale de 18 h.

En début d’après-midi, le cortège qui remontait le cours des 50-Otages avait pour objectif d’atteindre la préfecture. La communication du préfet de Loire-Atlantique et des Pays de la Loire signale sur X des jets de projectiles, qui ont donné lieu à l’usage du canon à eau.

Des tirs de lacrymogènes sont toujours en cours devant la préfecture. Les forces de l’ordre quadrillent la zone et repoussent les manifestants vers le cours des 50-Otages note notre journaliste Philippe Gambert.
À cette heure [15h30] , il y a eu 25 interpellations à Nantes et 29 interventions de pompiers pour éteindre des barricades enflammées.

*****

Marseille

extrait de La Provence

Ce mercredi, vers 16 heures, les manifestants rassemblés sous la bannière « Bloquons tout » ont tenté pour la deuxième fois de la journée, d’investir la gare Saint-Charles. Repoussés une première fois peu avant 13 heures alors qu’ils tentaient de gravir les marches de la gare en haut desquelles les attendaient CRS et gendarmes, les protestataires ont fait une nouvelle tentative quelques heures plus tard.

Partis d’un bon pas depuis les Réformés, environ 500 personnes ont remonté le boulevard de la Liberté. Mais encore une fois, ils étaient attendus par les CRS qui ont fait usage de gaz lacrymogène dès que les premiers manifestants ont mis un pied sur le boulevard Camille Flammarion.

C’est dans un certain désordre que la foule a précipitamment battu en retraite, tandis que quelques éléments résolus à en découdre, montaient à la hâte une barricade pour empêcher ou du moins retarder une éventuelle charge des forces de l’ordre.
La majorité des manifestants sont ensuite retournés aux Réformés en attendant une assemblée générale annoncée vers 18 heures pour décider de la suite à donner au mouvement « Bloquons tout ». D’autres se sont lancés dans une partie de « cache-cache » avec les CRS vers le boulevard Longchamp.

*****

Toulouse

extrait du suivi publié sur IAATA

À Toulouse entre 3 et 33000 personnes à la manif ! devinez qui dit quoi ? plus sérieusement, 30000 personnes annoncées !
Grand cortège plutôt tranquille entre Jean Jo et St Cyp, avec une très belle accélération du cortège de tête à l’arrivée pour prendre la place St cyprien contre l’occupation des Playmobils… puis le classique pingpong enfumé avec les robocops, et des joyeusetés bien urbaines, et tout ça avec une belle queue de manif (jusqu’au pont des catalans pendant un bon moment après l’arrivée de manif à st cyp), puis départ en manif sauvage, dispersion (temporaire ?) vers 18h.

*****

Bloquer les gares et les lignes ferroviaires

extrait du direct du Parisien

Des enquêtes sont en cours sur les actes de malveillance et SNCF Réseau va déposer plainte, indique le groupe. Le ministère des Transports a cité des « exactions », telles que le « cadenassage d’une grille d’accès à une gare en Ile-de-France, des jets de pétards » sur une voie, ou encore la « présence de palettes sur les voies entre Rennes et Redon ».

Aiguillon (Lot-et-Garonne) : Incendie d’un câble de la ligne ferroviaire

Sud-Ouest

Dans un communiqué, Daniel Barnier, préfet de Lot-et-Garonne, « condamne avec la plus grande fermeté les actes de malveillance qui portent atteinte à la sécurité des personnes et des biens et perturbent les déplacements professionnels et privés de tous les usagers du service public ferroviaire », après les dégradations commises au cours de la nuit, entre Tonneins et Port-Sainte-Marie.
Un câble sous-terrain endommagé sur la commune d’Aiguillon contraint la circulation à adopter une faible allure, avec un retard estimé de 30 à 60 minutes. L’impact réside principalement sur les feux de circulation en bordure des voies. Le retour à la normale est espéré pour ce mercredi 10 septembre à midi. […]

Toulouse et Colomiers : Un incendie bloque la circulation en direction d’Auch

Ici (France-Bleu)

Un « incendie de câbles a interrompu la circulation entre Toulouse et Auch », en région Occitanie. L’incendie a pu être stoppé « assez vite ». Ce sont les mots du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, ce mercredi en déplacement à Rungis, alors que débute le mouvement « bloquons tout ».
Selon La Dépêche, « Cet acte de vandalisme est un incendie volontaire entre les gares de Saint-Cyprien-Arènes, à Toulouse, et Colomiers. […] Cet incendie, qui a pour incidence une panne de signalisation, intervient alors que la circulation est déjà fortement perturbée par le mouvement social « Bloquons Tout ». »

*****

Des incendies dans les Ardennes et en Charente

extrait du direct du Parisien

Plusieurs nouveaux incidents ont été relevés depuis 11 heures dans les zones de compétence de la gendarmerie. Ont été recensés des dégradations dans une carrière de Thin Le Moutier (Ardennes) où deux véhicules ont été incendiés et la destruction, par le feu, d’un pylône de télécommunications à Barbezieu Saint Hilaire (Charente).

Selon la préfecture de police de Paris, des tentatives d’intrusion dans la gare du Nord de Paris ont été déjouées par les forces de l’ordre. La police a fait évacuer la gare Transilien et les gendarmes mobiles essayent de bloquer les multiples entrées, selon notre journaliste sur place, Benoît Hasse. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

*****

Les lycées

extrait du direct du Parisien

Dans un point de situation, le ministère de l’Éducation nationale fait état d’une centaine d’établissements scolaires perturbés ce matin, et 27 bloqués.

Concernant la mobilisation des lycéens devant Henri IV (Ve arrondissement), un membre du personnel éducatif décrit avec indignation la scène d’intervention des forces de l’ordre. « [Les élèves] ont été dégagés manu militari par les CRS », décrit-elle avant de préciser que les élèves « bloqueurs » se sont vus confisquer leur carte d’accès à l’établissement par la direction. « Nous en avons été informés par des parents », précise-t-elle.

Dans un point de situation, le ministère de l’Éducation nationale fait état d’une centaine d’établissements scolaires perturbés ce matin, et 27 bloqués.

*****

*****

Mise à jour du 16 septembre :

Ouest-France / lundi 15 septembre 2025

Dégradé par l’incendie d’un bus de Rennes métropole lors du mouvement « Bloquons tout » le 10 septembre 2025, le pont de l’Alma situé sur la nationale 137, dans le sens Nantes – Rennes, qui enjambe la rocade de Rennes (Ille-et-Vilaine) ne rouvrira pas aux voitures dans ce sens, avant le 26 septembre, au plus tôt. Pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, dont les bus l’accès sera impossible pendant plusieurs mois.
« L’incendie a fortement endommagé notre ouvrage », précise Arnaud Gauthier directeur adjoint de la Direction interdépartementale des routes (DIR) Ouest, ce lundi 15 septembre. [article payant ; NdAtt.]

Man Arrested After Allegedly Trying to Run Over Border Patrol Agents – Washington, ME

Publié le 2025-09-10 17:12:06

A Thomaston resident was arrested on Monday after they allegedly tried to run over border patrol agents while they were taking suspected illegal immigrants into custody in Washington, Maine, following a truck crash.

According to the Midcoast Villager, an affidavit from Maine State Police Trooper Jeremiah Wesbrock states that he responded to the site of a crash involving a box truck on Route 17 to assist the Knox County Sheriff's Department. The truck had gone off-road around noon on Monday, striking a tree and causing injuries to its passengers.

Wesbrock reported that the driver presented him with a New York driver's license along with a Colombian passport, leading him to believe that he and his passengers might be in the U.S. illegally.

He contacted Border Patrol, and a Border Patrol captain arrived and began interviewing the people in the vehicle.

While the captain was conducting his interview, a driver in a Lexus allegedly stopped nearby. Law enforcement told him to leave and informed him that he could not interfere with Border Patrol.

According to Wesbrock, the car squealed its tires and began driving toward him and the Border Patrol Captain, apparently intending to run them over.

Wesbrock drew his sidearm and aimed it at the driver. He allegedly swerved away as he was pulling the trigger and attempted to flee the scene.

They face charges for reckless conduct with a dangerous weapon, criminal threatening with a dangerous weapon, obstructing government administration, driving to endanger, and failure to stop for an officer. He was issued a $50,000 bail, with an initial court appearance set for Wednesday afternoon.

Live Free admin note: We will update this post if court/jail support information becomes available to us.

Aiguillon (Lot-et-Garonne) : saboter le train-train ferroviaire

Publié le 2025-09-10 19:45:18
« Bloquons tout » : un acte de malveillance entraîne
des retards de circulation des trains en Lot-et-Garonne

Le petit bleu d’Agen, 10 septembre 2025 (extrait)

Un acte de malveillance, commis à hauteur de la commune d’Aiguillon dans la nuit du 9 au 10 septembre, entraîne la perturbation du réseau ferroviaire sur la ligne Agen-Tonneins ce mercredi 10 septembre, en marge des manifestations du mouvement « Bloquons tout ». Il s’agit de la dégradation d’un câble sous-terrain. Ainsi, les trains circulent à vitesse réduite avec un retard estimé de 30 à 60 minutes.

Une enquête a été ouverte par la gendarmerie pour identifier le ou les auteurs de ce méfait. « Le préfet condamne avec la plus grande fermeté les actes de malveillance qui portent atteinte à la sécurité des personnes et des biens et perturbent les déplacements professionnels et privés de tous les usagers du service public ferroviaire« , réagit la préfecture du Lot-et-Garonne. Un retour à la normale est prévu aux alentours de midi.

Toulouse (haute-Garonne) : sabotage du trafic ferroviaire

Publié le 2025-09-10 20:05:01
« Bloquons tout » à Toulouse : acte de « sabotage » sur la ligne Toulouse-Auch
La Dépêche du Midi, 10 septembre 2025

Les usagers de la ligne ferroviaire Toulouse-Auch vont devoir trouver une solution de substitution aujourd’hui pour se déplacer. « Les circulations sont interrompues sur Toulouse Auch suite à un acte de malveillance qui a endommagé des câbles de signalisation« , indique ce matin la direction régionale de la SNCF.

Cet acte de vandalisme est un incendie volontaire entre les gares de Saint-Cyprien-Arènes, à Toulouse, et Colomiers. Un porte-parole de la direction de la SNCF indique qu’il « n’y aura pas de transport de substitution » et qu’une « plainte va être déposée ». Une enquête est par ailleurs en cours. La SNCF n’annonce pas de reprise avant demain matin, jeudi, à 5h.


Cet incendie, qui a pour incidence une panne de signalisation, intervient alors que la circulation est déjà fortement perturbée par le mouvement social « Bloquons Tout ».

Barbezieu Saint Hilaire (Charente)/Thin Le Moutier (Ardennes) : soit dit en passant…

Publié le 2025-09-10 21:10:27

Des incendies dans les Ardennes et en Charente
Le Parisien, 10 septembre 2025

Plusieurs nouveaux incidents ont été relevés depuis 11 heures dans les zones de compétence de la gendarmerie [à l’occasion de la journée « Bloquons Tout »]. Ont été recensés des dégradations dans une carrière de Thin Le Moutier (Ardennes) où deux véhicules de la société Urano ont été incendiés et la destruction, par le feu, d’un pylône de télécommunications à Barbezieu Saint Hilaire (Charente).

[Brochure] : Contre la Silicon Forest

Publié le 2025-09-10 22:35:53

[Reçu par mail, 5 septembre 2025]

Cliquer sur l’image pour ouvrir le PDF de la brochure (16 pages A5)

Contre la Silicon Forest, traduit de l’anglais de Against the Silicon Forest (nov. 2024), 16 pages A5, septembre 2025


Quatrième de couverture

Le gouvernement des États-Unis investit littéralement des billions de dollars dans la construction de chaînes d’approvisionnements nord-américaines au nom de la sécurité nationale.

Cela signifie différentes choses à différents endroits, impliquant une matrice de développements interconnectés à travers tout le pays.

La Silicon Forest* est notre axe local dans le combat contre la techno-dystopie.

Elle constitue l’un des principaux points d’intersection entre deux entreprises destructrices de la Terre : l’extraction industrielle et la production industrielle.

Identifier quels rouages de ce processus se déroulent dans notre région, lutter là où nous sommes et relier nos luttes par la solidarité est la meilleure façon de garantir que nos forêts soient faites d’arbres et non de silicium.

* La « Silicon Forest », ou forêt de silicium en français, est un corridor industriel de haute technologie dans la région métropolitaine de Portland (États-Unis), principalement à Beaverton et Hillsboro, connu pour sa concentration d’entreprises fabriquant et employant des semi-conducteurs telles que Intel, Tektronix, IBM, Hewlett-Packard et d’autres.

Roussas (Drôme) : trois éoliennes partent en fumée

Publié le 2025-09-11 00:00:06

Sud-Drôme : trois éoliennes dégradées par le feu
toujours hors service

France Bleu, 8 septembre 2025

Trois éoliennes du parc situé à Roussas, dans le Sud-Drôme, ont été endommagées volontairement par le feu, dans la nuit de mercredi à jeudi [4 septembre]. L’action n’a pas été revendiquée mais ce n’est pas la première fois qu’une installation est visée dans le département.

Cela faisait plusieurs années qu’un tel acte de malveillance visant des éoliennes n’avait pas eu lieu dans la Drôme. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un ou plusieurs individus ont pénétré sur le site du parc des Claves, à Roussas, dans le sud du département, et ont mis le feu à la base de trois éoliennes (le parc en compte 6). Au matin, l’exploitant a constaté les dégâts et a prévenu la gendarmerie. C’est l’entreprise RES qui opère sur ce parc, elle confirme ce lundi que depuis l’incendie les éoliennes ont été mises hors service et que l’évaluation des dégâts est en cours.

La cellule d’identification criminelle de la gendarmerie a été saisie, et c’est la brigade de recherche de Pierrelatte qui est chargée de l’enquête. En janvier 2019, des éoliennes avaient déjà été dégradées à Roussas par incendie volontaire. L’année précédente, à Marsanne, une éolienne avait été détruite par le même procédé. L’acte avait été revendiqué quelques jours plus tard sur un site libertaire pour « combattre les dominations« . À notre connaissance, les dégradations ayant eu lieu ce jeudi 4 septembre n’ont pas été revendiquées.

[ToutBloquer] CR subjectif du rassemblement Châtelet 13h / Halles 14h

Publié le 2025-09-11 21:47:11

Un rassemblement intersyndical (issu à la base du secteur de l’éducation) était prévu place du Châtelet à 13h. Un rassemblement de type blocage/zbeul autour et dans les Halles était prévu pour 14h.



À la place du Châtelet.

Il y avait indéniablement du monde (quelques milliers ? quelques dizaines de milliers ? de personnes). Entre 13h et 14h, notre groupe de potes a passé pas mal de temps à faire des aller-retours entre la place du Châtelet et les Halles. Bizarrement, toute la foule à Châtelet s’est laissée très lentement et très progressivement se faire nasser sans aucune réaction, comme une grenouille qu’on ébouillanterait en augmentant très très lentement la température. Chaque quart-d’heure passant, il y avait une ligne de fourgons de CRS supplémentaire qui bloquait un peu plus la rue de Rivoli côté Ouest, un peu plus le boulevard Sébastopol côté Est et bientôt dans toutes les directions. Pendant ce temps, ça chantait ad nauseam le folklorique (et de plus en plus insupportable) Siamo Tutti Antifascisti qui est définitivement devenu le nouveau (pas moins insupportable) « Ou sinon ça va péter, ça va péter » du NPA. Les obsédés d’AG ont fait... une AG. Tout Bloquer a donc commencé par se faire bloquer à Châtelet. La perspective de manifs sauvages diffuses et rapides un peu partout dans la capitale et de blocages potentiels de la circulation ou de ligne de chemin de fer s’est éloignée. (La pref a tout de même demandé à la RATP de ne plus désservir métros et RER à Châtelet-les-Halles et le forum des Halles a fermé temporairement)

Aux Halles

Du monde attendait, mais galérait et ne savait pas quoi faire. Quelques fouilles de la part des CRS. Pas de bazar. Au fur et à mesure, les forces en présence ont fini par converger sur Châtelet avec la Batucada.

Une manif vers République et quelques soubresauts (Turbigo, Grands Boulevards).

Une sortie très probablement décidée ou négociée par la pref a permis un désengorgement de Châtelet par Sébastopol sous la forme d’un cortège lent et long, peu déterminé mais aussi un autre un peu plus énervé via la rue Saint-Denis, qui a débouché en quelques petits affrontements avec les flics et un peu de lacrymo (dont un palet a cramé le Wafu Bar, un restaurant asiatique).

Il y avait vraiment pas mal de monde et donc certains arrivaient déjà à République quand d’autres partaient à peine de Châtelet. Quelques tentatives de bifurquer à l’Ouest via rue Turbigo n’ont pas eu le succès escompté. Une autre partie du cortège a bougé sur les Grands Boulevards (toujours une meilleure idée que République) ce qui a donné 100 occasions de faire partir des sauvages mais qui n’ont pas prises inexplicablement. Le cortège était lent, bon enfant et a dû se résoudre à faire demi-tour et finalement rejoindre République lui aussi. On a vite compris que Tout Bloquer allait de nouveau se faire bloquer.

Déjà quelques gros mythos

Des journalistes militants parlent déjà de « milliers de manifs sauvages » et de « Paris Bloqué »...

MDR... Non.

Un habitué des micros, des AG et des meetings (depuis 20 ans) a déclaré que c’est une manif sauvage qui a permis de sortir de la nasse de Châtelet et qui décrit comme une victoire d’être arrivé à République...

MDR... Non plus... Mais alors pas du tout...

Et on peut ajouter que se dénasser (soi-disant par sa détermination) de Châtelet pour aller de son propre gré se faire bloquer à République est à peu près ce qu’il y avait de pire à faire aujourd’hui pour « Tout bloquer ». République est toujours le pire des choix depuis 2015 et la fameuse nasse des 300 lors de la COP 21. (Valls, état d’urgence, attentats islamistes, tout ça tout ça... c’est bien l’époque où la nasse est devenue l’outil systématique de privation de liberté arbitraire sous prétexte de maintien de l’ordre)

À retenir

Il y avait du monde et les Halles et Châtelet ont parfaitement bien joué leur rôle de point de rassemblement facilement accessible par toutes et tous, les bloqueur.euse.s du matin, comme les lève-tards, les lycéen.ne.s. Mais le rassemblement n’a pas réussi à essaimer d’autres actions dans le centre de la capitale et n’a fondamentalement rien bloqué à part lui-même. Et le seul feu majeur vient des flics eux-mêmes.

Des narvallos

Chaline – septembre 2025

Publié le 2025-09-11T15:52:36+02:00

Chaline_11

Il n’y a pas de hiérarchie des luttes, non pas parce que toutes les luttes convergeraient magiquement et naturellement vers le même point, mais parce que secouer un maillon de la chaîne fait trembler l’ensemble. Et peut-être que si ensemble, chacun.e là où nous trouvons, nous secouons, nous tordons nos chaînes, peut-être qu’avec assez de rage et de détermination nous arriverons à les briser.

Ce que j’ai vu le 10 septembre : Témoignage depuis la ligne de front.

Publié le 2025-09-11T20:56:22+02:00

À tous ceux qui ont fait le 10 septembre : bravo. Vous donnez de l’espoir. J’ai vu ce que je n’osais plus espérer : une population qui refuse la division et qui s’organise d’elle-même, simplement pour le bien commun.

Vers 6h au Cardo, l’ambiance était merdique. Un noyau de syndicat FO jouait aux petits chefs, gardant les infos pour eux. J’ai vu rouge. Je suis allé les voir pour leur dire que ma colère avait besoin d’une cible, et que s’ils ne se cachaient pas, ils deviendraient la cible. Une camarade est intervenue et a lancé la dynamique du premier assaut, on tente de forcer l’accès au périph’, mais les CRS nous repoussent. Échec partiel. On a pivoté, plan B : convergence vers le rond-point porte de la Chapelle. Et de là, On a réussi à monter et à bloquer le périphérique.

Notre cortège a fusionné avec celui de Rosa Parks dans un instant d’euphorie, Nous avons pris la direction du centre-ville, La nasse des CRS nous a cernés près de l’arrêt de tram à Moutonnerie, nous noyant sous un nuage de gaz dans les ruelles du quartier. J’ai réussi à m’échapper avec un groupe de cinq personnes ; nous nous sommes réfugiés dans l’appartement d’une gentille dame qui nous a ouvert sa porte en nous voyant suffoquer jusqu’à notre dernier souffle à cause des gaz lacrymogène.

À 11h, nous avons rejoint le centre-ville. Épuisés, nous traînons les pieds devant une ligne de CRS au niveau du CHU quand ils ont commencé à nous bousculer pour nous disperser. Mon camarade a reçu un coup de bouclier et quatre coups de matraque, le laissant sonné. Alors que le CRS continuait de crier ses ordres, mon ami était immobile, en état de choc. Je suis intervenu pour l’exfiltrer et j’ai pris deux coups de matraque, ce qui lui a laissé le temps de reprendre ses esprits. Nous avons finalement réussi à nous extraire de cette situation douloureuse.

Et après les coups, il y a eu un mélange de douleur et d’euphorie. Le techno-foodtruck de la CGT a mis ‘La Tribu de Dana’ à fond, et sur les Quai de la Fosse, on a commencé à construire des barricades. Au son de ces guerriers partant au combat, on bâtissait nos propres petites forteresses. C’était magnifique

Et dans chaque regard échangé au milieu des gaz, dans chaque main tendue, j’ai vu la seule vérité qui compte : leur ordre est mortel, mais notre chaos est vivant.

C'est la rentrée au Fond de la Casse !

Publié le 2025-09-12 01:33:36

L’imprimerie à prix libre du Fond de la Casse rouvre ses permanences du mardi, et le reste !



Ça va faire un peu plus d’un an qu’on a commencé à monter le Fond de la Casse, un endroit pour imprimer, assembler, relier, coller, découper toutes sortes de brochures, tracts, journaux, affiches livres et fanzines. On commence à être bien installé.es, les machines sont fonctionnelles (la plupart du temps), et on a réaménagé l’espace !

Cette année on fonctionnera comme l’année dernière : des permanences tous les mardis, à partir de 16h et jusqu’à 19h, au 44 rue Michel Ange ! Tu peux imprimer avec l’ordi sur place depuis une clé USB, ou depuis le tien si tu installes les drivers des imprimantes.

Si tu as beaucoup de choses à imprimer, envoie-nous un mail : l’année dernière, c’est arrivé qu’on ait des gros bouchons et que tout le monde ne puisse pas imprimer :( C’est possible de prendre des rendez-vous en dehors des perms en fonction des dispos du collectif. Si tu as des projets d’impression de livres/revues, ou de choses qui prennent un peu plus de temps, tu peux passer nous en parler ou nous envoyer un mail.

Pour le papier, hésite pas à ramener des ramettes qui traînent. Grâce à ça on peut continuer à entretenir le stock pour tout le monde !

Tout est à prix libre, à la seule condition que les choses qu’on imprime ne soient pas vendues à prix fixe, ni pour un profit perso par la suite, et ne servent pas à la promotion d’évènements lucratifs. C’est cool si ça participe à diffuser des idées révolutionnaires et anti-autoritaires, mais ce n’est pas un prérequis.

Pour ceux·elles que les machines intéressent : on met à disposition un photocopieur laser Konica Minolta bizhub c360, une imprimante jet d’encre Riso ComColor 7050, un duplicopieur Riso RP3700, et tout le matos pour assembler : massicot électrique, agrafeuses, reliure à la colle, assembleuse... Et comme d’hab, on est toujours à la recherche de plans, machines, encres riso, agrafeuses, consommables en tout genre... hésite pas à nous écrire. Aussi, on aimerait bien se mettre à fabriquer du papier, si jamais t’entends parler de cadres et de tamis, on est super chauds de les récupérer :) !

Le Fond de la Casse
lacasse@disroot.org

[Nancy] Apéro sans smartphone - 24 septembre, 19h au Geyser

Publié le 2025-09-12 07:29:15

Viens profiter d’une soirée déconnectée
Mercredi 24 septembre
À partir de 19h
Au Geyser (11 Grande rue, Nancy)



Après la semaine sans smartphone, on s’est dit que ça aurait été dommage d’en rester là !

Vous êtes donc chaleureusement invité-es à venir (sans votre smartphone) profiter d’un moment déconnecté, qui pourra, selon votre humeur, consister en :

Bouffe et boissons à prix libre, et entrée gratuite bien-sûr !

Mais pour info, on a appris que certain-es étaient suffisamment cyniques pour faire payer 6 balles (tarif étudiant) l’expérience de déconnexion (2h30 dans un bar sans son smartphone, ça s’appelle "the offline club" : https://www.theoffline-club.com/). Le capitalisme a de beaux jours devant lui !

Tout le monde, y compris les enfants, est le/la bienvenu-e :)

Infos, questions, contact : aphone54@proton.me

Mercredi 24 septembre
À partir de 19h
Au Geyser (11 Grande rue, Nancy)

Les prisons du monde

Publié le 2025-09-12 08:33:24

De temps à autre, une vieille chanson francophone aux paroles incroyables dans la chronique Chansons. Si vous avez des idées, écrivez à contact [at] dijoncter.info pour nous soumettre votre chanson aux paroles incroyables préférée.

Les prisons du monde
Chanson d’AnnKrist
1978

Les prisons du monde d’AnnKrist

La ville est froide la lumière gluante ce sont des mois noirs maintenant
La ville es froide je ne sais pas du tout pourquoi c’est toi que je défends
Oh non je ne suis pas sûre de toi j’ai du tourment
Il n’y a que les prisons du monde dont jw sois vraiment sûre à présent

On a vu passer les étourneaux et je crois qu’il se sont trompés de bord
Ou c’est moi qui perds mon bon sens moi-même qui aurait perdu le nord
Les migrations se trompent parfois de direction
Il n’y a que les prisons du monde qui ne se trompent pas de région

J’ai vu des nuées de neige serrées en Bretagne et venant en avril
Plein en été en Kabylie la pluie acre transperçait mes paupières fragiles
Si les saisons mélangent soleil et dépression
Il n’y a que les prisons du monde qui ne se trompent pas de région

Tout change tout craque tout crépite dans les brasiers je prens tes regards
Tes gestes qui tracent des dessins précieux qui habiteront ma memoire
Sous mes ailes translucides mes ailes affamées
Il n’y a que les prisons du monde ceööes qui n’auront jamais faim jamais

Oh mon amour ne t’en fais pas cet hiver encore cet hiver rien n’ira
La coupure de la nuit la douleur du bonheur tout ça tout ça finira
La joie annonée rauque nous apprend à partir
Il n’y a que les prisons du monde qui soient faites pour n’en pas finir

Rien n’est parfait toi npn plus qui ne sauraus jamais dire pardon dire merci
La règle d’or du milieu des tueurs est posée sur ta table de nuit
Les assains se taisent l’amour n’est pas leur pain
Il n’y a que les prisons du monde que le silence protège bien

Je pense à toi jusu’à ton nom jusqu’à ta vie je ne souhaite rien je suis
Très incertaine moi-même entre mes ailes er perfectible à l’infini
Moi qui tiens à mes rêves autant qu’à m’épargner
Il n’y a que les prisons du monde qu’il n’est pas besoin de protéger

Parait qu’il n’y a pas de jardin de croix sur les paliers bleus de l’Eden
Qu’il n’y aurait pas sur ses hauteurs de supplique humaine que ne s’éteigne
Je crois au sang des fleurs qui ne peuvent éviter
Qu’il n’y a que les prisons du monde qui soient sûres de l’Èternité

La ville est froide la lumière gluante ce sont des mois noirs maintenant
La ville es froide je ne sais pas du tout pourquoi c’est toi que je défends
Oh non je ne suis pas sûre de moi j’ai du tourment
Il n’y a que les prisons du monde dont je sois vraiment sûre à présent

TranSperce la taule ! (Appel à contribution)

Publié le 2025-09-12 09:00:00

Un appel à faire tourner pour créer un outil d’autodéfense face à la prison pour les personnes transfems* et leurs proches.



(Pour imprimer et diffuser cet appel autour de toi, le pdf est à la fin de l’article !)

On est des personnes transfems touchées par la question de la taule parce que ça existe dans nos vies, qu’on y est passées brièvement, qu’on a des proches qui y vont ou qui y sont, et que c’est une éventualité qu’on y aille ou qu’on y retourne.
On est contre tous les enfermements, et contre le monde qui en a besoin pour protéger ses intérêts (l’État, le Capitalisme, le patriarcat et toutes les formes de domination).
On considère qu’il y a pas de bonne manière d’enfermer les gens. On veut pas des prisons plus humaines, on veut les détruire.

On fait le constat qu’on manque de ressources sur la réalité des transfems en taule. Alors, on voudrait faire cet outil pour que ça puisse nous servir à nous, mais aussi à d’autres.
Ça prendrait probablement la forme d’une brochure.

La taule est une grosse machine qui écrase, c’est sa fonction. Alors il y a souvent un décalage entre ce qu’on voudrait et ce qu’on arrive à tenir une fois dedans. On a envie que ce soit possible de parler des compromis qu’on a fait, de pouvoir avoir un regard critique sur nos choix, d’assumer nos contradictions, nos galères. Et aussi de partager des trucs qui nous ont filé la patate, des solidarités chouettes trouvées sur la route, des petites débrouilles du quotidien pour faire face et trouver de la prise.
La prison est là pour broyer des vies, et pas que des vies trans, loin de là. Mais ça veut pas dire qu’elle y arrive forcément. On a envie de sortir d’un imaginaire qui considère les personnes enfermées uniquement comme des victimes. Et y a pas non plus que la prison qui broie des vies. La liste des violences auxquelles on peut être confrontées dans ce monde de merde est longue. C’est une grosse galère parmi d’autres, et ça reste possible de l’affronter et de la traverser.

Dans cet appel à contribution, on se limite au contexte des prisons contrôlées par l’État français et soumises à sa Justice (Métropole et « anciennes colonies »). Ça ferait grave du sens d’avoir des ressources sur des vécus en HP (Hopital Psychiatrique) ou en CRA (Centres de Rétentions Administratifs) mais ici on va se concentrer sur les transfems qui passent par la case prison. Que ce soit dans l’attente d’un procès, en étant condamnée, avant un aménagement de peine,...

L’existence des personnes trans est instrumentalisée de tous bords. Que ce soit par des libéraux se prétendant inclusifs pour en tirer profit, ou par des réactionnaires y voyant un danger, une décadence pour leur civilisation. Celles et ceux qui sortent des normes et assignations genrées dans lesquelles on cherche à nous enfermer sont fortement stigmatisé.es et réprimé.es par le système patriarcal et étatique.
La classe dominante a toujours eu besoin de boucs-émissaires pour dévier la colère qui risquerait de se diriger contre elle. Le racisme, le masculinisme, la transphobie augmentent actuellement.
Pendant ce temps à gauche, les trans sont vu.e.s par certain.e.s révolutionnaires comme responsables de l’affaiblissement des luttes, quand ce n’est pas comme des menaces ou des traîtres par certaines féministes. Allant jusqu’à s’approprier les discours réactionnaires et s’allier à des fafs pour s’indigner du danger que représenterait la présence de meufs trans dans les prisons pour meufs. Les conséquences de la transmyogine sont déjà lourdes dehors mais elles sont souvent exarcerbées en prison.

Dans ce contexte fascisant, le traitement étatique des personnes trans évolue vite (comme on peut le voir aux Etats Unis**), notamment en taule. Même si les conditions d’enfermement bougent tout le temps, on voit du sens dans tous les cas à partager ces témoignages !

La taule n’est pas un endroit en dehors du monde. C’est aussi un endroit où on s’y confronte et où on cherche des solidarités. Mais depuis une position transfem, ça impacte cette projection (avec la transphobie et l’homophobie diffuse, et la perspective d’être mise à l’isolement par l’AP). Alors, mieux comprendre comment ça se passe peut aider à mieux s’y préparer et se donner de la force pour être en lutte, avant comme pendant.
Et que des personnes qui sont dehors puissent capter un peu mieux cette réalité.

* « transfem » : personnes assignées mecs à la naissance et déviantes de différentes manières vers un genre considéré comme féminin (meufs trans, travs, pédales, gender fuck…)

**A titre d’exemple, Marius Mason, incarcéré depuis 2009 pour des sabotages, et connu pour être à l’initiative de la journée de solidarité internationale avec les prisonnièr.es trans du 22 janvier qu’il a lancé en 2016, a été retransféré en taule pour meufs sous l’administration Trump. Ce compagnon anarchiste avait pourtant transitionné en taule et réussi, après de nombreuses années de lutte, à finalement être transféré dans une prison pour hommes en 2021.

///////////////////////////////////////////////////////
En pratique
*On a envie de récolter des témoignages et des infos.
*Ca peut-être sous plein de formes différentes (entretien, texte, dessin, collage,…).
*On a pensé à des questions pour donner des pistes mais c’est possible de faire complètement différement !
*Tu peux nous envoyer une contribution directement, mais ça peut être aussi qu’on se capte en vrai pour discuter ensemble et retranscrire l’échange qu’on aura eu par exemple…

*Toi qui lis ça, hésites pas à transmettre à des personnes que tu connais que ça intéresserait ! Fais nous signe si tu l’envoies à une personne en taule et qu’il y a besoin de trouver un moyen pour communiquer avec elle.

*L’idée c’est de faire une brochure qui soit diffusée gratuitement, sur internet et dans des infokiosques, à laisser traîner dans une salle d’attente ou en prison.
*On verra en fonction de ce qu’on reçoit si on publie les témoignages en entier ou si on réunit plutôt des infos par thématiques avec des extraits de témoignages.
*On s’engage pas à tout publier mais on te répondra de toute façon (si tu laisses un contact).
*Par rapport à la publication, on t’enverra la brochure complète 1 mois avant de la diffuser. Pour que tu puisses voir dans quoi ton témoignage s’inscrit. Et nous dire si jamais tu souhaites faire des modifications ou retirer ta contribution. Si t’es en taule, la communication sera plus difficile et on essaiera de faire au mieux pour retchecker avec toi.

*Notre mail c’est transpercelataule(a)riseup.net
*On fixe la date limite pour recevoir les contributions au 1er juillet 2026 avec l’objectif de la sortir avant la fin de l’année 2026.

///////////////////////////////////////////////////////////
Quelques pistes/questions pour le témoignage

Salut,
*Y a plein de réalités différentes pour des personnes transfems qui arrivent en taule. Est ce que t’as envie de dire un peu c’était quoi la tienne ? (situation administrative, médicale, passing, autres oppressions que tu traverses…)
*C’était quoi ton rapport à la taule avant d’y arriver (pour toi ou autour de toi) ? Est ce que t’avais envisagé d’y aller un jour ?
*Est ce que t’as envie de partager un peu du contexte qui fait que tu te retrouves enfermée (débrouille, contexte de luttes, riposte,…).
*Est ce que t’étais plutôt seule ou entourée ?
*T’y a passé combien de temps ? C’était dans quelles années ?
*C’était quoi tes conditions de détention (type de taule, MAF ou MAH, isolement, préventive ou condamnée,..) ?
*Est ce que la taule a eu des conséquences sur ta transition (avant si t’avais envisagé comme une possibilité d’être un jour enfermée, pendant la taule, après) ?
*Comment t’as fait face à l’administration (maton.ne.s, gradé.e.s, médecins, psychiatres, SPIP,...) ?
*Comment t’a dealé le fait d’être out en tant que personne transfem, ou plutôt pas ? (communications dans la taule, avec l’extérieur (parloir, courrier,...), rapport aux fringues)
*Comment penses-tu qu’il soit possible de transitionner/s’outer en taule ? Par exemple, être au placard au début puis s’outer pendant l’incarcération : connais-tu des situations où ça s’est passé ?
*Quelles conditions d’accès t’as eu, si t’en as eu besoin, à des hormones, opérations ?

*Quel a été ton rapport avec ton avocat.e ? (Si ça s’est bien passé, n’hésites pas à nous filer son contact ;)

*Quels rapports t’as eu avec les autres prisonnier.e.s, si tu en as eu ?
*As tu rencontré des personnes chouettes ?
*As-tu vécu des moments de solidarité à l’intérieur ? (Envers toi ou toi envers d’autres ?)

*Est ce que tu veux raconter des formes de violence que t’as vécu ?

*Qu’est-ce qui t’as aidé à tenir (petites ou grandes choses ;) ? Ca peut être de l’intérieur de la taule, de l’extérieur, de toi même ?
*As-tu des anecdotes à nous raconter sur tes stratégies pour t’en sortir ? Des conseils à donner ?
*Qu’est-ce que tu ferais différemment aujourd’hui ?
*Est ce que t’as des regrets, des compromis qui t’ont trop coùté, des pièges qui t’ont marquée ?

*Comment tu as vécu et digéré globalement ce moment de taule ?

Et surtout, sens toi libre de sortir de ces questions pour partager ce qui te vient !

////////////////////////////////////////////////
Le pdf pour imprimer (en recto/verso A4). Si t’as envie de le laisser trainer dans des salles d’attentes, des WC, des abris des familles de prison, ou de le filer à des gens c’est hyper bienvenu !!! Merciii !

2 récits de blocages en Finistère le 10/09

Publié le 2025-09-12 09:08:30

Deux témoignages d’actions le 10/09, à Plouneour-Menez et à Landerneau ! Envoyez-nous un maximum de témoignages et surtout les prochains RDVs de lutte par chez vous dans tous le Finistère ! Un récit de première main du blocage au Roc Tredudon et un récit de seconde main de la journée à Landerneau à partir du témoignage d’un camarade de là bas.



On espère avoir bientôt un récit de la mobilisation à Daoulas qui a réuni pas loin de 150 personnes si on en croit les rumeurs !

Une voiture de gendarmerie en attente dès 7h, 25 personnes se mettent en place sur le rond point et commencent à bloquer. Renforts de keufs rapides jusqu’à 10 voitures au max et 30 gendarmes, dont pas mal de PSIG et 1 LBD. Du poussage un peu dans tout les sens et du chat-souris avec les keufs pendant une bonne heure pour continuer a bloquer.

La DRIR a été très réactive et a mis en place une déviation sur tout les axes dans la matinée ce qui a rendu notre semi-blocage, puis ralentissement encore moins effectif.

On finit par se poser et passer en mode plus festif, la on est plus de 70-80, boombox et techno anti-flic (entre autres sons), une batucada se monte et commence a jouer, les gens dansent en poussant doucement le cordon de keufs (très tendus pour certains). On décide de partir avec la batucada en cortège sur la départementale. Les flics nous rabattent en galèrant, moment de flottement, une arrestation de personne (sortie quelques heures plus tard, identité prise, accusée de refus de signalétiques, dissimulation du visage, et entrave a la circulation, procès en octobre). On gueule et on zone encore un peu, on finis par partir en groupes.

Regroupage ailleurs puis AG dans la foulée ou on est encore pas mal et on mange des sandwichs prévus par une équipe cantoche, une table d’info est dressée a la va vite avec des brochures anti-rep, autodéfense numérique, médic, et des textes de reflexions sur le mouvements, on est encore une bonne 60aine. L’AG décide une opé escargot jusqu’à Carhaix, la moitié des gens suivent a peu près.

Elle décide aussi d’une future AG après le film sur les GJ Les Doléances, sous la halle de Plouyé a 19h30 ce vendredi !

/////

Landerneau :

Environ 70 personnes réunis sous un Barnum. Tractage aux rond point du centre jusqu’à 10h30. 45 min au rond point devant la permanence de Melchior. Blocage filtrant en circulant sur les passages piétons. On s’est lassé et aller au rond point de l’intermarché en bloquant la circulation sur la route. On a fait pareil un moment puis un groupe de sonneur nous a égayé on a bloqué le rond point en circulant dedans. C’était joyeux !

Les flics étaient une dizaine au début, principalement les gendarmes. Le PSIG est arrivé pendant qu’on tournait sur le rond point. Les gens étaient pas trop chaud pour la confrontation alors on s’est remis sur les passages piétons. Jusqu’à ce que des gendarmes nous virent manuellement et permettent à la circulation de reprendre.

Certains étaient plus agressifs et poussaient sérieusement. On s’est replié au Barnum en centre-ville. On a tenté de le faire en passant par la route mais le PSIG Landerneau avaient ostensiblement un LBD et une gazeuse de sortie et étaient plus offensifs. Avec la pluie et l’intimidation le retour arrière était plus silencieux. Manque de chanson ?

On a bien mangé merci la cantine. Rdv à 13h30 pour voir ce qu’on fait.

Présence de la presse (Ouest France et Télégramme), Le« sherif », adjoint au maire prenait apparement des photos /videos. C’est un sujet il sera sûrement empêché à partir de maintenant.

Petite déambulation - tractage sur la route dans le centre ville cet aprem.
AG à 18h

Berlin (Allemagne) : couper le jus du plus grand parc technologique d’Europe

Publié le 2025-09-12 09:45:58

[Mardi 9 septembre dans les quartiers Sud de Berlin, vers 3h30 du matin, des flammes ont volontairement englouti deux pylônes électriques de 35 mètres de haut et de 110 kV, situés rue Königsheide dans le quartier de Johannisthal, coupant le jus au plus grand parc technologique d’Europe implanté non loin de là à Altendorf. Des chaînes en acier ont aussi été enroulées autour des gaines d’isolation des câbles, pour provoquer un court-circuit une fois celles-ci fondues par les flammes. Ces deux pylônes sont situés en bout de ligne aérienne, là où l’électricité passe des airs à la voie souterraine.
Plus largement, l’ensemble des quartiers sud de la capitale allemande ont été privés de courant, incluant ses 50 000 habitants, 3000 entreprises (dont celles du parc technologique), les centres commerciaux, les tramways, une douzaine d’écoles (restées fermées), les feux de circulation, et les communications téléphoniques.
Le dispositif provisoire de connexion mis en place n’a permis de rétablir tout le courant qu’au bout de 60 heures (soit jeudi 11 septembre dans l’après-midi), et les réparations du réseau sur les deux pylônes devraient durer jusqu’en 2026, selon le porte-parole de l’entreprise Stromnetz. Cette rupture d’électricité à Berlin est également la plus longue depuis des décennies, puisque celle accidentelle de février 2019 à Köpenick, n’avait touché que 30 000 foyers et duré environ 30 heures.
Voici une traduction de l’allemand du communiqué de revendication paru le jour-même sur de.indymedia, et signé «
Quelques anarchistEs »…]

Attaque contre le complexe militaro-industriel –
Black out dans le plus grand parc technologique d’Europe

9 septembre, au petit matin : des milliers de villes s’éveillent, des millions de personnes sont tirées de leur sommeil par le bip strident de leur réveil, annonçant le début d’une nouvelle journée de monotonie et d’apathie – 15 minutes pour boire un café avant de filer au turbin. Une heure dans les transports en commun, quelques regards croisés, personne ne parle, chacun rivé sur son écran. Des tonnes de voitures sillonnent les rues, le vacarme des sirènes effraie les rares oiseaux qui tournoient au-dessus de la ville. Les quartiers deviennent chaque jour un peu plus mornes. La solitude s’installe parmi la foule, entre les immeubles de béton, les clôtures et les caméras. Encerclés par une présence policière qui menace de plus en plus de nous étouffer. Des écrans publicitaires qui nous incitent à la consommation ou nous invitent à rejoindre l’armée allemande (Bundeswehr). Oui, nous y voilà à nouveau : « Le monde se relèvera grâce à l’esprit allemand » [célèbre phrase d’un poème de Geibel en 1861, qui résonne comme un appel au monde à « devenir plus allemand » NdT]. Le « tournant historique » exige une défense inébranlable de la patrie et d’être prêt à la guerre, que le « corps du peuple » se serre les coudes et fasse des sacrifices. La militarisation progresse et, derrière la promesse néolibérale de prospérité, le visage fasciste se montre de plus en plus ouvertement. La résignation et le pessimisme gagnent du terrain, et l’on respire une certaine tristesse.

Les informations ne cessent de relayer des nouvelles catastrophiques. Guerres et génocides ne cessent jamais. Au contraire : à Gaza, au Congo, au Soudan, en Ukraine, les massacres continuent et les dirigeants se frottent les mains. Les affaires marchent bien. De nouveaux accords sont constamment conclus afin d’exploiter les ressources d’autres pays en privant les populations de leurs moyens de subsistance. Les néofascistEs sont solidement installés au pouvoir dans un nombre croissant de pays et le capital est constamment à leur service. La vague réactionnaire d’antiféminisme et d’hostilité envers les personnes queer est alimentée par les Tech Bros, et l’IA poursuit son ascension fulgurante, rendant le monde toujours plus artificiel. Leur promesse dystopique de progrès : une technocratie fascistoïde avec des aspirations extra-planétaires en réponse à l’effondrement de la planète. Tout semble indiquer que ce monde est perdu depuis longtemps, qu’il n’y a aucune possibilité d’agir, que nos actions ne servent à rien, comme si les temps de révolte appartenaient à un passé lointain.

Mais aujourd’hui, tout ne fonctionne pas aussi bien que d’habitude. Dans le plus grand parc technologique d’Europe, à l’est de Berlin, habituellement en pleine effervescence, cette normalité semble s’être dissipée en quelques minutes aux premières heures du matin. L’obscurité a fait place à une lueur d’espoir, car l’apathie et la frustration ne sont pas les seules réactions à cette réalité oppressante.


Non, aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres
. Des centaines de PDG de différentes entreprises et instituts de recherche dans les domaines de l’informatique, de la robotique, des biotechnologies et des nanotechnologies, de l’aérospatiale, de l’intelligence artificielle, de la sécurité et de l’industrie de l’armement ont appris avec amertume que leur parc technologique d’Adlershof avait cessé de fonctionner. Au moins pour un court laps de temps, mais cela suffit pour perturber massivement leurs super-machines et leurs processus opérationnels sensibles. Deux pylônes électriques de 110 kV situés rue Königsheide, à Johannisthal, ont été incendiés, provoquant une coupure de courant dans le parc technologique. Nous demandons aux riverains dont les foyers ont été touchés de faire preuve d’indulgence, car cela n’était en aucun cas notre intention. Néanmoins, nous considérons ces dommages collatéraux comme acceptables, contrairement à la destruction effective de la nature et à l’asservissement souvent mortel des êtres humains, dont sont responsables jour après jour bon nombre des entreprises implantées ici.

Leur engagement dans la poursuite du progrès technologique et l’expansion permanente de l’exploitation industrielle face aux catastrophes actuelles ont des conséquences bien plus graves. Pour tous et toutes, et de manière durable. La volonté inébranlable de l’imposer, par la force militaire si nécessaire, montre ce qui est réellement en jeu : le profit et le pouvoir. Ce fait ne peut être dissimulé par d’amusants spectacles de drones dans le ciel nocturne, ou par des robots gonflés à l’Intelligence Artificielle jouant au football, comme ceux qui sont présentés au public féru de technologie à Adlershof. Leurs slogans publicitaires mélodieux sur l’innovation, la durabilité et le progrès ne sont rien d’autre qu’une manœuvre trompeuse sur le champ de bataille du discours public, visant à détourner l’attention du fait qu’ils construisent en réalité des instruments de mort et de destruction. Tous les modèles économiques imaginables dans les domaines de l’industrie de haute technologie mentionnés ci-dessus, qui sont implantés dans le parc technologique d’Adlershof, contribuent d’une manière ou d’une autre à stabiliser le système et sont, notamment, le produit d’intérêts militaires. Leurs agissements garantissent la pérennité de la machine capitaliste de mort. Ils sont tous la véritable cible de notre action.

Il serait toutefois impossible de passer en revue chacune des plus de mille entreprises et de détailler toutes leurs exactions. La liste serait interminable. Nous nous limiterons donc ici à quelques exemples illustrant l’imbrication inacceptable entre la recherche, la science et la technologie d’une part, et la guerre, la destruction de l’environnement et le contrôle social d’autre part.

ATOS – Un des géants du cyberespace qui développe notamment des produits informatiques et des applications basées sur l’IA pour l’armée et la police. L’entreprise gère le projet HaFIS (Harmonisation des systèmes d’information de commandement) pour l’armée allemande et construit des conteneurs blindés à l’épreuve des balles équipés d’une infrastructure informatique. Pour Israël, pays belliciste, Atos gère un centre de données hautement sécurisé pour ses agences de défense et de sécurité, devenant ainsi coresponsable de la guerre et du génocide.

ASTRIAL – Une entreprise qui, outre ses infrastructures de sécurité pour les villes intelligentes, se distingue surtout par son engagement dans la guerre mondiale menée par les autorités frontalières contre les migrants. Ses systèmes de commandement et de contrôle traitent d’énormes quantités de données provenant des capteurs terrestres, maritimes, sous-marins, souterrains, aériens et spatiaux afin d’optimiser la chasse à l’homme aux frontières extérieures des pays du Nord.

CENTRE ALLEMAND POUR L’AÉRONAUTIQUE ET L’ESPACE (DLR) L’espace est un domaine très disputé dans le contexte de crise mondiale actuel, et le DLR bénéficie massivement des fonds spéciaux militaires du gouvernement fédéral allemand. La recherche en matière de défense fait partie intégrante du programme du DLR. Par exemple, le DLR soutient les vols d’entraînement de l’armée de l’air et gère à Cologne, en collaboration avec l’armée allemande, un centre d’excellence en médecine aérospatiale.

EDAG – Partenaire de longue date des industries de la sécurité et de l’armement, l’entreprise développe des véhicules militaires à roues et à chenilles, des solutions pour la sécurité maritime et des aéronefs militaires avec ou sans pilote. En bref : tous les engins imaginables conçus pour tuer.

EUROVIA/VINCI – Une des plus grandes entreprises de construction et d’infrastructure au monde, qui participe notamment à la construction très controversée du site de stockage de déchets nucléaires français [à Bure]. Vinci construit également des centres de rétention, des aéroports et des autoroutes. A travers ses innombrables filiales, l’entreprise est active dans le secteur de l’énergie et se lance de plus en plus sur le marché de l’armement. Actemium, filiale de Vinci, a récemment annoncé l’acquisition de Wärtsilä SAM Electronics GmbH, qui travaille pour la marine allemande et les chantiers navals de Hambourg, Wilhelmshaven, Elmenhorst, Bremerhaven et Kiel.

JENOPTIK – Cette entreprise technologique basée à Iéna opère à l’interface entre la sécurité intérieure et la défense militaire grâce à des produits comme des télémètres laser, des caméras thermiques, des LED, des rayons optiques infrarouges et polymères, utilisés par exemple pour la reconnaissance militaire ou la protection des infrastructures. Son logiciel « TraffiData », notamment utilisé dans la zone frontalière avec le Mexique, est particulièrement d’actualité. À la demande de la police des frontières américaine, il a été complété par « TraffiCatch » pour traque plus efficace des personnes indésirables.

ROHDE & SCHWARZ – Cette entreprise spécialisée dans les technologies et l’armement fabrique des équipements pour les installations radio militaires et les systèmes de surveillance, vendus aux grandes entreprises technologiques, aux gouvernements et aux services de renseignement du monde entier. Les produits R&S sont utilisés, par exemple, pour la sécurité aux frontières (notamment en Arabie saoudite), dans les véhicules, avions et navires militaires, ainsi que pour le guidage de missiles, etc. Ils sont aussi utilisés dans les systèmes d’écoute de la police et des services de renseignement.

SIEMENS – Il n’existe pratiquement aucun domaine de l’industrie de l’armement ou de la grande industrie dans lesquels les produits Siemens ne sont pas présents. Systèmes d’armes, sous-marins nucléaires, porte-avions, chars, réacteurs nucléaires, barrages, éoliennes, prisons, aéroports, etc. Nombre de ces mégaprojets sont très controversés, comme par exemple le TrenMaya au Mexique, les projets de barrages d’Erdogan au Kurdistan ou, plus récemment, la construction du câble électrique sous-marin EuroAsia Interconnector, qui relie Israël à Chypre et à la Grèce. L’entreprise soutient également d’autres projets d’infrastructure israéliens dans Jérusalem-Est occupée, et dans les colonies israéliennes en Cisjordanie.

TRUMPF – Une entreprise à la pointe de la guerre internationale des puces électroniques pour la suprématie du monde numérique. Qu’il s’agisse de smartphones avec transfert de données turbo et reconnaissance faciale, de lunettes connectées, d’intelligence artificielle, de voitures autonomes ou de systèmes de missiles, de drones et d’armes, les semi-conducteurs sont omniprésents. Et leur production est assurée par l’entreprise allemande Trumpf, en collaboration avec Zeiss et ASML, qui jouent un rôle clé grâce à leurs systèmes de lithographie EUV. Sans leurs composants, le monde high-tech serait à l’arrêt.

Ce sabotage ne vise pas seulement à désigner et à perturber les ennemis de la liberté, mais aussi à appeler à une intensification des actions offensives en général, et plus particulièrement de cette forme d’actions qui conduisent à une perturbation effective du système. C’est un appel à laisser définitivement derrière nous la frustration et le désespoir. Un cri pour proclamer que nos idées anarchistes et notre dynamisme prospèrent et que les actions irresponsables des détenteurs du pouvoir auront toujours des conséquences. Cela vaut en particulier pour les complicEs de l’industrie de l’armement, car nous ne resterons pas les bras croisés pendant que des personnes sont massacrées ou condamnées à mourir de faim dans leurs guerres.

Attaquer les infrastructures critiques, c’est s’attaquer à l’un des principaux vecteurs de la domination de l’humain par l’humain et sur la nature. Le réseau électrique, en tant que tel, représente l’histoire du progrès et constitue la condition préalable au développement inexorable vers une société hautement technologique telle que nous la connaissons aujourd’hui. Cette société, sous le joug de la technologie et du capital, apparaît pour l’instant comme le produit final de la civilisation terrestre et provoque une destruction quasi irréparable de la Terre, à une échelle sans précédent dans l’histoire de la planète. Sans parler des guerres sanglantes pour le pouvoir et les ressources que les dirigeants imposent à leurs serviteurs. L’insatiable soif de croissance les pousse, au sens propre du terme, à vouloir atteindre les étoiles. L’électricité est la principale source d’énergie qui alimente toutes les machines et le « progrès » nécessaires à la reproduction du système actuel. Il est possible de la couper et il est également possible de la remplacer par une vie libre, sans domination ni exploitation !

Saboter l’attaque technologique – couper le jus au complexe militaro-industriel !
Toujours combatifs – jamais bellicistes !

Quelques anarchistEs

Tentative de résumé du 10 septembre à Caen

Publié le 2025-09-12 13:54:33

Il s’est passé un tas de choses ce 10 septembre dans l’agglomération caennaise. Tentative de résumé à partir de brèves de presse et d’histoires entendues ici et là.



Cela avait été annoncé partout : sur les murs, les internets, en assemblée... Le 10/09 ça sera blocage dès 4h du matin en deux points différents : rdv au centre routier de Mondeville d’une part pour bloquer la logistique, et rdv au rond-point du Castorama de la route de Ouistreham, un autre point stratégique.

Alors ce mercredi, dès 4h, le périphérique a été bloqué dans les deux sens. A Mondeville, une petite centaine de personnes se réunit au total, et sera délogée par les gendarmes vers 9h30.

Dans le même temps, le lycée Charles De Gaulle est bloqué par les lycéen-es. L’antenne de Sciences Po Rennes à Caen est elle aussi bloquée.

Côté Castorama (périph’ nord) il y a plus de monde (peut-être jusqu’à 300 personnes ?). Il y a trois points de blocage distincts : les deux côtés du périph et le rond-point de la porte d’Angleterre. Les barrières du périph’ sont démontées pour consolider les barricades. Le malheureux radar du viaduc de Calix ne peut résister à l’enthousiasme qui règne. Vers 11h, la gendarmerie lance les hostilités. Les manifestant-es sont repoussé-es progressivement vers l’avenue Clémenceau ou dans le quartier Saint-Jean-Eudes. Pris en tenaille par la gendarmerie côté périph’ et la police nationale côté ville, le cortège est chargé par la BAC qui interpelle violemment plusieurs personnes.

Le campus 1 de l’université devient un point de repli. Des sandwichs et des gâteaux y sont distribués en masse par des personnes organisées ensemble pour l’occasion. Après discussion, il est décidé de se rendre jusqu’au commissariat central où 8 personnes viennent d’être emmenées. Vers 14h, environ 70 personnes s’élancent dans la ville. La manif’ sauvage est stoppée dans les rues proches du commissariat. Alors le cortège poursuit sa route en ville, renversant les poubelles sur son passage et perturbant la circulation.

A 16h, une assemblée générale étudiante démarre à l’Université. Elle réunit beaucoup de monde, qui rejoindra en cortège la manifestation de 18h.
Cette manifestation rassemble 6 800 personnes selon la préfecture. On y retrouve des forces politiques de gauche, des grévistes, des syndicalistes, et surtout beaucoup de jeunes à l’avant de la manifestation. Sur le parcours, les poubelles sont incendiées, mais il règne un calme relatif. Ce n’est qu’à la fin de la manif’ que des affrontements éclatent avec la police, au niveau de la préfecture puis dans les rues alentours. Jusqu’à la nuit tombée, la BAC chasse les dernier-es récalcitrant-es en ville. Il y a deux nouvelles interpellations.

Dans les prochains jours, de nouvelles assemblées du mouvement « Bloquons tout » vont avoir lieu à Hérouville et à Caen (voir les RDV sur resistances-caen.org et sur trognon.info)

10 septembre 2025 en fRance - Revue d'actions et images

Publié le 2025-09-12 15:34:05

Récits des journées de blocages et de manifestations, suivis des grandes villes, sabotages, autour du 10 septembre un peu partout en fRance.



Occitanie

- Carbonne :

Ce matin à 7h, on a posé-es des banderoles sur le rond point du Mac Do et distribué-es des tracts aux automobilistes. On était une 50taines. Ça c’est bien passé avec les gendarmes parce qu’on bloquais pas vraiment. On s’était dit pour le moment l’important c’est d’être visible.
Et ce soir on a fait des groupes de réflexions : comment mobiliser, idées, petites actions à multiplier et renouveler régulièrement surtout d’ici le 18, les grosses actions et blocages, la communication et les slogans.

- Cazères :

Les gens ont tracté-es sur un rond point de la ville a 8h et étaient une trentaine, en donnant des rdv pour plus tard dans la journée.
A 12h30 auberge espagnole au jardin public, une 40aines de personnes. Ça a a enchaîné sur une AG avec une proposition d’action.
A 16h on est allé "blocouiller" Carrefour avec banderoles et tract. On était une 20aines. On a découragé-es / enfumé-es pas mal de clients mais on laissait rentrer les insistants. Les flics ont laissés faire pendant 2h30, puis le ton a fini par monter et les gens sont parti-es.
Prochain rdv auberge espagnole a 12h30 samedi au jardin public et AG dans la foulée.

- Gaillac :

Le rond point (des zèbres) strategique au carrefour des routes de Toulouse, Montauban, L’isle sur Tarn et le centre ville a été bloqué de 7h à 10h. Automobilistes réceptifs, on manquait de café mais bonne ambiance avec des jeux (visez juste, visez la tête !), des groupes de vélos, pleins de tracts distribués, des drapeaux palestiniens... Environ 150 personnes !

Après les gendarmes locaux et le PSIG, les GM de Castres sont arrivés pour nous dégager du rond point vers 10h20. Ça part en cortège vers le centre ville. Les keufs s’autogazent et nous dispersent en 3 groupes. Une 50aines de personnes nassé-es pendant 1 heure. Un copain s’est fait arrêté pour outrage près du ciné, il sera libéré en début d’aprem.
Pendant ce temps ça se rassemble place de la libération et ça reprend le rond point.

Vers midi le gros des troupes se retrouve au rond point gaiement. Mais les flics sont tendus. Y’a des sandwichs et une belle soupe aux Cailloux qui nous redonne des forces. Les lycéens nous rejoignent. Et ça redonne de l’élan.
Une assemblée se réunie et prévois de nouveaux rendez vous pour les jours a venir ! On reste deter !
Vers 15h la batucada débarque et ça repart sur le rond point.
Vers 18h c’est la fin et c’était une belle journée, des idées germent dans les têtes pour la suite.

- Saint Gaudens :

8h blocage symbolique du conseil départemental une 60taines de personnes appelé par le collectif des précaires
En parallèle bloquage de rond point.
9h30 petite manif sauvage pour aller en soutien a l’intersyndicale à l’hôpital.
12h AG de 150 personnes et blocage de rond point.
Peut-être d’autres actions d’ici le 18.
Le 18 manif/bloquage à construire.

- 10/09 Aiguillon (Lot-et-Garonne) : saboter le train-train ferroviaire

- 09/09 Lattes (Hérault) : saboter en avance le train-train ferroviaire

Toulouse

Suivi du 10/09 de Iaata

10/09 Toulouse : Sabotage du trafic ferroviaire

08/09 Haute-Garonne : Coup d’éclat contre des AXA dans la nuit

Bordeaux et Nouvelle-Aquitaine

Suivi du 10/09 de lagrappe.info

11/09 Guéret (Creuse) : les pompes à essence aux clous et au marteau

10/09 Barbezieu Saint Hilaire (Charentes) / Thin Le Moutier (Ardennes) : soit dit en passant...

09/09 Bordeaux : Demain, c’est maintenant : Blocage éclair de la rocade de Bordeaux

Brest et Finistère

Du jamais vu a brest retour sur le 10/09 sur Bourrasque-info.org

Retour en photos sur la journée du 10 septembre à Brest

2 récits de blocages en Finistère le 10/09

Dijon

Suivi du 10/09 par Dijoncter.info

[En images] Retour sur la manif du 10 septembre

Drome - Ardèche

Bloquons tout ! Un 10 septembre en Drôme - Ardèche sur Ricochets.cc

04/09 Roussas (Drôme) : trois éoliennes partent en fumée

Hautes-Alpes

Actions dans le 05 le 10 septembre sur Valleesenluttes.org

Île de fRance

Suivi du 10/09 de Paris-luttes.info

10/09 Île de fRance : Feu contre un formateur sécuritaire à Rosny

Limousin

Tour rapide des mobilisations en Limousin sur Labogue.info

A Limoges on gaze la fanfare

Lyon

Suivi de Rebellyon.info

Marseille

"On bloque tout" Marseille - Infos et RDV publics sur Mars-infos.org

Rennes

Rennes : Manif et blocage 10/9 Bloquons Tout ! sur Expansive.info

Vienne

Bloquons Vienne !

Quelques retours à chaud sur la journée du 10 septembre à Bordeaux

Publié le 2025-09-12 15:42:26

Après ce 10 septembre attendu par beaucoup, la suite, c’est maintenant. Alors pour susciter des réflexions et discussions sur cette suite, quelques humbles points de vue et menus apprentissages à l’issue de cette première journée « Bloquons Tout » à Bordeaux.



Libérons nous de la forme manif syndicale traditionnelle
Après la manifestation, certain.es sont rentré.es chez elleux ravi.es d’avoir été 10 000 à marcher dans la ville, d’autres frustré.es de ne pas avoir perturbé l’ordre établi. Nombre d’entre nous ne croyons plus à la forme traditionnelle de la manifestation. Hier après-midi, nous avons participé à l’éternelle répétition du même : marcher d’un point A à un point B contenu.es dans le précarré contrôlé par la préfecture et ses forces de l’ordre. Quelques éclats lancés par quelques un.es qui affectionnent le désordre dans ce monde trop ordonné ont égayé la manifestation par endroits mais le sentiment d’impuissance qui en ressort a toujours le même goût amer. Nous avons largement répété ces formes lors du mouvement des retraites, pour quel résultat... ?
Hier, nous étions nombreux.euses au sein du cortège à nous regarder du coin de l’oeil pour savoir si un move réellement perturbateur allait avoir lieu, à attendre qu’une étincelle se lance pour la saisir. Ce n’est pas surprenant qu’en fin de manifestation, plusieurs centaines de personnes aient ressenti l’envie de continuer au delà du tracé et de se saisir de la rue à leur manière. Unir nos corps dans le mouvement spontané au rythme des chants antifascistes et anticapitalistes, inscrire nos messages sur ses murs, désarmer les caméras qui nous surveillent, laisser parler la rage qui nous prend aux tripes à la vue d’une enseigne complice de génocide, comme Starbucks, Carrefour ou Mac Donalds ou des forces de l’ordre, etc. A 21h, certain.es d’entre nous étaient encore en train de prendre la rue, contre la répression de nos camarades interpelé.es. La rage est là et elle doit complètement déborder le schéma syndical. Nous avons certes besoin d’une heure et d’un lieu de rdv pour nous retrouver mais nous pouvons inventer la suite ensemble.

Restons un mouvement autonome et horizontal et ne cédons pas à la tentation de la sur-organisation
Au delà de la manifestation, le mot d’ordre « ni syndicats ni partis » à l’origine du mouvement doit prendre corps à Bordeaux. Les AG ne doivent pas être des simulacres d’horizontalité ou des espaces de prises de pouvoir. A Bordeaux, les organisations sont très présentes et les AG se sont progressivement verticalisées et ont même parfois été flouées. Preuve en est, la manifestation du 10 septembre a été déclarée en préfecture par les organisations syndicales à l’encontre des décisions qui avaient été prises lors de l’AG du 31 août et annoncée comme telle dès le début de l’AG suivante. Selon certain.es, nous devrions nous réjouir d’avoir réussi à convaincre les syndicats de participer à cet appel en déclarant la manif : non, ce n’est pas une victoire, c’est une concession, voire une compromission pour celleux qui se reconnaissaient dans un mouvement autonome. Le 18 septembre est déjà une date syndicale annoncée, nous allons y participer et la saisir comme une occasion supplémentaire de faire grandir le mouvement mais nous devons à tout pris refuser l’absorption par les forces syndicales, trop promptes à canaliser les mouvements et à s’asseoir la table des négociations avec ceux dont nous exigeons la destitution.
Pour ne pas être récupérable par l’agenda institutionnel, ne cherchons surtout pas le lissage politique, les AG doivent être des lieux d’organisation et de confrontations de points de vue où l’auto-gestion et l’intelligence collective peuvent se déployer. Ne cherchons pas à canaliser le mouvement dans une unique voie, l’organisation collective doit permettre l’élargissement des possibles et non sa restriction. Restons multiples pour être imprévisibles et ingouvernables : l’horizon est la chute du système qui nous broie mais les voies pour l’atteindre sont diverses.

Organisons-nous pour arriver à réellement tout bloquer
Si l’organisation du mouvement est à double tranchant, l’organisation d’actions offensives est nécessaire pour qu’elles soient efficaces. Soyons honnêtes avec nous-mêmes : Bordeaux n’a rien bloqué en ce 10 septembre et à travers la France, peu de blocages ont tenu, du fait de la répression policière. Chez nous, le rdv du matin à l’UL de Bassens à 4h du matin n’a rassemblé qu’une cinquantaine de personnes qui faute d’autres plans, ont tenté de bloquer le dépôt de tram. Après avoir été rapidement délogé.es par la BAC déjà sur les dents, se sont rendu.es au rond point de Fargues Saint Hilaire pour soutenir l’action proposée par des camarades paysan.nes mais nous étions trop peu pour instaurer un rapport de force nous permettant de réellement perturber la circulation. Comment se fait-il que nous étions finalement si peu à vouloir aller « tout bloquer » ?
Si nous croyons à la stratégie du blocage de l’économie et des flux, nous devons la prendre au sérieux pour qu’elle soit efficace. Les formes et les manières d’organiser des blocages sont multiples : blocage d’une entreprise par ses employé.es, blocage surprise nocturne, blocage éclair à quelques-unes, blocage-occupation à plusieurs centaines, blocage d’un espace au cours d’une manifestation, etc. Selon la forme et le lieu visé, différentes forces collectives (syndicats, collectifs de désobéissance civile, groupes autonomes, etc) sont en mesure d’organiser ces blocages et de mettre à l’arrêt un flux, une entreprise, un secteur, une zone d’activité.
Il faut que nous soyons plus nombreux.euses dans ces opérations. Pour les prochaines actions, nous devrions peut-être tenter d’organiser des rdv publics sur des points de blocage comme cela a été fait hier dans de nombreuses villes, ou profiter des moments où nous sommes déjà rassemblé.es comme dans les cortèges de manifestations ou les rassemblements. C’est en étant nombreux.euses, de plusieurs centaines à des milliers, à nous rassembler à des points stratégiques que nous pourrons espérer bloquer quelque chose, quand bien même les forces de l’ordre seront là toujours pour essayer de nous en empêcher.

Les cibles ne manquent pas : visons-les !
Bloquons tout ? Définir ce qui constitue ce « tout » n’est pas seulement une question stratégique ou tactique de choix des cibles. C’est aussi mettre des mots et des noms sur ce ce qui emprisonne nos existences, c’est choisir ensemble d’attaquer ce qui aliène nos vies.
Bloquons quoi ? Bordeaux est une métropole, il y a de nombreux lieux du pouvoir autour de nous, qu’il soit politique, social, économique, logistique, médiatique, etc.
Pensons notamment :
- aux zones commerciales dans et aux abords de la ville (rue Sainte Catherine, rives d’Arcin, Mériadeck, Bouliac, etc), hauts lieux de la surconsommation et de l’économie marchande ;
- aux supermarchés qui monopolisent l’accès à l’alimentation et aux besoins essentiels, qu’attendons-nous pour aller nous servir ? ;
- aux centrales d’achats et centrales logistiques qui bordent la ville qui ne font de l’argent que si leurs camions parviennent à sortir tôt le matin ;
- aux entreprises complices de génocide et de massacres, dont Carrefour, Starbucks, MacDonalds pour leur implication dans le génocide palestinien ou Decathlon, Zara, pour l’exploitation des Ouighours, pour n’en citer que quelques unes. Dans une solidarité internationaliste, ne les laissons pas tranquilles !
- aux chantiers de projets nauséabonds comme la construction du Centre de Rétention Administratif à Mérignac dans la zone de l’aéroport ou les chantiers des LGV au Sud de Bordeaux ;
- au complexe militaro-industriel largement implanté à Bordeaux et aux environs, majoritairement dans la zone de l’aéroport de Mérignac : réfléchissons à comment la perturber. Prenons inspiration sur Marseille où le 10 septembre, un blocage de Eurolinks a été organisé. Ici, un lien vers un annuaire des fabricants de mort en Gironde pour celleux qui voudraient organiser des visites : https://lagrappe.info/?Brochure-La-guerre-se-fabrique-aussi-en-Gironde-pages-noires-des-fabricants-de-1439
- aux infrastructures de transports qui permettent de perturber les flux commerciaux et logistiques vitaux pour tout un tas de secteurs, dont ceux cités plus haut. Répondons aux appels nationaux de bloquer les rocades, les autoroutes, les aéroports. Dès le 9 septembre, la rocade a été bloquée à Bordeaux, ne nous en tenons pas là !
- etc.
Ce ne sont pas les endroits qui manquent, une carte collaborative tentent de les rassembler ici : https://cartocradoxbordeaux.gogocarto.fr/
N’hésitez pas à proposer des ajouts de points sur cette carte ou à vous en inspirer pour organiser des actions.

Que ce soit spontanément lors des rassemblements ou manifestations, en répondant à l’invitation d’un collectif organisé, tôt le matin à plusieurs centaines, ou à un petit nombre la nuit, nous pouvons les atteindre.

Nourrissons un mouvement tenace et populaire
Si le 10 septembre n’a vraisemblablement pas été l’embrasement révolutionnaire que certain.es appelaient de leurs voeux, cet événement a poussé des milliers de personnes comme nous à s’organiser au delà du jeu politique et syndical traditionnel, à se (re)rencontrer pour mieux résister.
Nous ne pouvons pas rentrer chez nous et céder à nouveau à la résignation ambiante. L’impunité des puissants n’étant de toute façon plus tolérable, acharnons-nous pour porter des coups répétés au capital et à ses agents, à ériger et maintenir un rapport de forces avec l’Etat, à ouvrir les possibilités de débordement de l’ordre social existant. Créons des espaces-temps où nous pouvons nous rencontrer, prendre soin les unes des autres et nous organiser collectivement. Peut-être devrions nous penser à l’ouverture d’un lieu pérenne central pour nous rassembler - et ainsi ne pas être contraint.es, faute de mieux, de faire nos AG à Darwin, espace marchand bourgeois qui participe du monde que nous combattons. Collectivisons pour le ravitaillement, les caisses de grève et l’anti-répression. Ne délions pas les questions de première ligne et de base arrière, toutes deux nécessaires à la longévité du mouvement. Inventons des manières de lutter qui peuvent être régénératives et durer dans le temps. Travaillons à faire tomber les cloisons entre le milieu militant gauchiste surreprésenté dans les manifestations et/ou les AG à ce jour et tout le reste de la population écrasée par le capital, dont la colère prend bien d’autres formes.

C’était annoncé : le 10 septembre serait un début. Le début de quoi ? Nul.le ne saurait le dire à ce jour. Mais dans l’incertitude, la ténacité sera sans doute notre meilleure alliée : continuons à faire vivre ce mouvement, simplement parce que l’inverse est impensable.

Alors, on se retrouve samedi 14h place des Quinconces ?

Rencontres autour de l’extractivisme – Focus sur le projet de mine de lithium dans l’Allier

Publié le 2025-09-13 00:00:00

[pompé sur ricochets]

La mine ? Pfffff. Sujet ringard pour les féru.es d’histoires, de traditions ou pour les nostalgiques du syndicalisme ouvrier. Faut tourner la page. Fini les gueules noires depuis la google gloire.
Si tu penses comme nous que la société occidentale (quoi y en a d’autres ?!) est devenue immatérielle et post-industrielle, qu’elle s’est affranchie de la matière, qu’on ne creuse plus sous la terre grâce aux datacenters et que l’électricité viens du ciel avec les éclairs, peut-être qu’on pourrait aller faire un tour aux rencontres du 18,19 et 20 septembre.
Ces jeudi, vendredi et samedi, on aura trois occasions d’interagir sur l’extractivisme en compagnie des membres du collectif STOPMINE 03 en lutte contre le projet de mine de lithium en plein centre du pays.

- Rendez-vous le jeudi 18 septembre à 17h30 à « La colo des aubanneaux » au 50 chemin des aubanneaux à la Chapelle en Vercors pour une présentation de STOPMINE suivi d’une discussion sur les liens entre colonialisme et extractivisme. Cantine, puis à 21h, projection du film « Neptune Frost », fiction afro-futuriste.

- Puis rendez-vous le vendredi 19 septembre à 17h30 au café associatif l’Hydre au 1 rue de la république à Crest pour une présentation de STOPMINE, prolongée d’un échange sur le mythe de la transition. Cantine, puis à 21h, conférence gesticulée « La transition énergétique : Mais si, je peux être contre tout ».

- Enfin rendez-vous le samedi 20 sept (sans ton chien s’il te plaît) dès 14h au Moulinage de la Roche au 745 route du Cheylard, quelques kilomètres après Saint-sauveur de Montagut. À 14h30, lectures et débats en petits groupes à propos d’expériences internationales autour des luttes contre l’extractivisme. Là, une pause crêpe. Puis à 17h30, présentation de STOPMINE et discussion sur l’opposition au projet l’exploitation de lithium dans l’Allier.
Cantine, et à 21h, début des concerts. Ça commence avec « Trois petits chats », rap des gouttière et ensuite viendra « Pu$$y tunning », boom reggaeton.

Sur ces trois événements à prix libre, tu trouveras infokiosque, bar et cantine. Si nous devions récolter de l’argent, il irait renflouer les caisses de STOPMINE 03 et du journal contre l’extractivisme « Sans Dessous Dessus ».

Sur ce, peut-être à bientôt.

Niederhausbergen (Bas-Rhin) : Des ouistitis hors des cages

Publié le 2025-09-13 00:00:00

Ici (France bleu) / vendredi 12 septembre 2025

Suite à une intrusion dans le centre de primatologie Silabe de l’Université de Strasbourg, à Niederhausbergen, douze ouistitis sont toujours manquants, révèle l’Université de Strasbourg ce vendredi, confirmant une info révélée par les DNA [en réalité, ce dernier journal précise que « [s]ur les douze singes qui se sont évanouis dans la nature, deux […] ont été récupérés dans l’enceinte du site » ; NdAtt.]

Le centre abrite plus de 800 singes de laboratoire. On ne sait pas, pour l’instant, qui est à l’origine de cette intrusion, même si « trois combinaisons intégrales ont été retrouvées sur place. » Deux ouistitis ont déjà été récupérés en bonne santé dans l’enceinte du site, mais douze autres sont toujours disparus, ainsi que trois boîtes à nid. L’Unistra suppose que certains ont été volés, mais que d’autres sont peut être dans la nature, aux abords du site.

[… les journaleux se plaignent du fait que le climat de l’Est de la France n’est pas adapté à ces animaux, originaires de la forêt amazonienne… comme s’ils étaient venu ici volontairement ! NdAtt.]

Une plainte a été déposée à la gendarmerie de Mundolsheim. La sécurité du site a été renforcée. Ce centre de primatologie est dans le viseur, depuis des années, d’associations de protection animale qui militent pour sa fermeture. Il y a plusieurs manifestations, des combats judiciaires, même des grèves de la faim, mais jamais, à notre connaissance, d’effraction de cette nature. Rien n’indique, pour l’heure, qu’elles aient un lien avec l’intrusion.

Romilly-sur-Seine (Aube) : La permanence parlementaire des fachos vandalisée

Publié le 2025-09-13 00:00:00

L’Est éclair / lundi 8 septembre 2025

La permanence parlementaire de la députée du Rassemblement national Angélique Ranc rue de la Boule-d’Or à Romilly-sur-Seine a fait l’objet d’un acte de vandalisme. Une vitre a été fracturée, des tiroirs ont été vidés au sol et une étagère renversée.

Les faits ont été constatés ce lundi 8 septembre en début d’après-midi, et la gendarmerie ainsi que les techniciens en identification criminelle se sont rendus sur place pour procéder aux constatations nécessaires. […]

Roussas (Drôme) : Trois éoliennes incendiées

Publié le 2025-09-13 00:00:00

Ici (France-bleu) / samedi 6 septembre 2025

Trois éoliennes du parc situé à Roussas, dans le Sud-Drôme, ont été endommagées volontairement par le feu, dans la nuit de mercredi à jeudi. L’action n’a pas été revendiquée mais ce n’est pas la première fois qu’une installation est visée dans le département.

Cela faisait plusieurs années qu’un tel acte de malveillance visant des éoliennes n’avait pas eu lieu dans la Drôme. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un ou plusieurs individus ont pénétré sur le site du parc des Claves, à Roussas, dans le sud du département, et ont mis le feu à la base de trois éoliennes (le parc en compte 6). Au matin, l’exploitant a constaté les dégâts et a prévenu la gendarmerie. C’est l’entreprise RES qui opère sur ce parc, elle confirme ce lundi que depuis l’incendie les éoliennes ont été mises hors service et que l’évaluation des dégâts est en cours.
La cellule d’identification criminelle de la gendarmerie a été saisie, et c’est la brigade de recherche de Pierrelatte qui est chargée de l’enquête.
En janvier 2019, des éoliennes avaient déjà été dégradées à Roussas par incendie volontaire [voir ici ; NdAtt.]. L’année précédente, à Marsanne, une éolienne avait été détruite par le même procédé [voir ici ; NdAtt.]. L’acte avait été revendiqué quelques jours plus tard sur un site libertaire pour « combattre les dominations ». À notre connaissance, les dégradations ayant eu lieu ce jeudi 4 septembre n’ont pas été revendiquées.

Présentation de la brochure “le fonds de la terre est rouge” - Stop extraction au Congo

Publié le 2025-09-13 07:17:07

Présentation et discussion autour de la brochure “le fond de la terre est rouge” le vendredi 26 septembre à 18h30 au Silure.



Né d’une volonté de concrétiser les liens entre les horreurs du Congo et l’économie capitaliste globale, « Le fond de la terre est rouge » nous plonge dans la sanglante machine à extraire qui produit guerres, exploitation et destructions. Plus qu’un texte de contre-information, ce fanzine se veut être un appel à la solidarité et à la lutte aux cotés des exploité.exs au Congo et ailleurs. Car le malheur du Congo nous concerne directement. Dénoncer et transformer la réalité congolaise, c’est bousculer la réalité mondiale présente !

Au programme de la soirée :



États-Unis : Trois incendies ferroviaires en trois mois, quelques faits et réflexions

Publié le 2025-09-13 17:03:33

Trois incendies ferroviaires en trois mois : quelques faits
et réflexions

Au cours des trois derniers mois, trois ponts ferroviaires ont été endommagés ou détruits par des incendies dans les régions de l’Oregon et de Washington. Chacun de ces incendies a été allumé intentionnellement. Aucune arrestation n’a été effectuée et, à notre connaissance, aucune de ces actions n’a été accompagnée d’une revendication ou d’une explication.

Mais le monde qui nous entoure est la seule explication dont nous avons besoin.

Alors que nous nous précipitons vers un avenir marqué par des catastrophes climatiques sans précédent et une détérioration écologique totale, les processus d’extraction ne montrent aucun signe d’arrêt… Ils n’ont fait que s’accélérer, les entreprises se précipitant pour exploiter de nouvelles régions de la planète à la recherche de minéraux rares, composants essentiels des puces et des semi-conducteurs, éléments constitutifs de nos nouvelles prisons numériques. Quant au pouvoir, il ne propose que de fausses « solutions vertes », qui ne font que renforcer notre dépendance à la technologie et à l’extraction, tout en redorant le blason du capitalisme industriel.

Les incendies

Mont Rainier (Washington), mai 2025

En mai, un incendie a complètement détruit un pont ferroviaire centenaire en bois, situé sur un tronçon isolé de la ligne panoramique du Mont Rainier, dans l’État de Washington. Lorsque les pompiers sont arrivés sur place, le pont ferroviaire n’était plus qu’un amas de métal calciné et fumant. L’incendie s’est déclaré quelques heures seulement après la vente de la ligne ferroviaire au Western Forest Industries Museum. Au moment de l’incendie, l’exploitation ferroviaire était limitée, mais la nouvelle société avait prévu de rétablir complètement le trafic ferroviaire sur la ligne, tant touristique que marchand. Même après plusieurs mois d’enquête, aucune arrestation n’a été effectuée.

Salem (Oregon), mai 2025

En juin, un tronçon crucial de voie ferrée à Salem, dans l’Oregon, appartenant à la Portland & Western Railroad (PNWR), a dû être fermé en raison d’un incendie qui a endommagé un pont, un poteau téléphonique et certaines lignes électriques de la PGE [Pacific Gas & Electric Company, plus grand producteur privé d’hydroélectricité nord-américain]. Avant l’incendie, la ligne était empruntée en moyenne par trois grands trains de marchandises quotidiens. Le pont était construit en béton et en bois traité à la créosote, ce qui a rendu son extinction difficile et nécessité l’utilisation de mousse anti-incendie. L’entreprise PNWR a estimé que la ligne serait hors service pendant au moins trois jours pour permettre les réparations. Les enquêteurs ont déterminé que l’incendie était d’origine criminelle, et la PNWR a évalué les dommages à un peu moins de deux cent mille dollars.

Newberg (Oregon), juin 2025

Plus tard en juin, un autre incendie a ravagé un immense pont ferroviaire à chevalets en bois à Newberg, dans l’Oregon. Il a subi d’importants dommages structurels. La Portland & Western Railroad (PNWR), propriétaire de la ligne, a déclaré qu’elle était « en grande partie inactive » au moment de l’incendie. Il a fallu plusieurs heures aux pompiers pour maîtriser l’incendie et l’empêcher de se propager aux structures voisines. Les institutions policières fédérales FBI et ATF [Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives], aidées de l’OSP [police de l’Oregon] enquêtent actuellement sur cet incendie comme s’il s’agissait d’un incendie criminel, mais peu d’informations ont été divulguées dans les médias. Mise à jour malheureuse : deux jeunes suspects ont été arrêtés en lien avec cet incendie.

Aucun de ces incendies n’a été revendiqué par des anarchistes ou d’autres personnes, et nous ne souhaitons pas attribuer de motivations à ces actions, ni spéculer sur l’identité des pyromanes (nous sommes certains que l’État s’en charge déjà). Tout ce que nous savons sur ces incendies nous vient des médias et de la police. Nous pouvons considérer ces événements comme des faits concrets (trois incendies volontaires qui ont endommagé les infrastructures ferroviaires) et en tirer des conclusions et des questions pour notre propre lutte contre la domination et la destruction industrielle.

Les chemins de fer en Oregon

Salem (Oregon), mai 2025

Même si les parcs éoliens supplantent les centrales à charbon et que les data centers remplacent les usines vieillissantes, les anciennes voies ferrées construites il y a plusieurs siècles restent essentielles pour l’industrie d’aujourd’hui et de demain. Le réseau ferroviaire de la côte ouest reste l’épine dorsale de nombreuses industries extractives, principalement l’industrie du bois. Les richesses de la Terre sont transportées par train d’une usine à l’autre, laissant derrière elles une traînée de poisons et de destruction. Les trains transportent plus de dix millions de tonnes de marchandises chaque année dans l’Oregon, exportant principalement des grumes et des produits finis en bois vers d’autres États et ports pour la vente internationale. L’Oregon importe de nombreux produits chimiques par chemin de fer, notamment une grande quantité de soude caustique utilisée pour la production de papier et de pâte à papier. L’Oregon importe 100 % des produits pétroliers raffinés qu’il utilise, principalement par pipeline, mais aussi par chemin de fer et par bateau (1). Le réseau ferroviaire facilite également le transfert des déchets des grandes villes vers les immenses décharges situées dans l’est de l’Oregon et de l’État de Washington, le long du fleuve Columbia (2).

Le réseau ferroviaire de l’Oregon comprend près de 2 500 miles [environ 4000 kilomètres] de voies ferrées en service. Environ la moitié appartient et est exploitée par des chemins de fer de classe 1, dont la BNSF [Burlington Northern and Santa Fe Railway] et l’Union Pacific, qui transportent des marchandises à travers le pays et vers les principaux ports maritimes pour le commerce international. La plupart des autres lignes ferroviaires appartiennent à des compagnies ferroviaires de classe 2, qui gèrent le transport sur des distances beaucoup plus courtes. Ces chemins de fer sont exploités par des entreprises plus petites et changent plus fréquemment de propriétaire. Ils fournissent des services de transport « premier et dernier kilomètre » aux entreprises, souvent en chargeant et déchargeant directement dans les usines et les entrepôts. L’économie productive repose sur un flux prévisible et ininterrompu de matériaux par chemin de fer. Toute perturbation peut avoir des répercussions importantes sur la chaîne d’approvisionnement industrielle.

Newberg (Oregon), juin 2025

Bien que certaines industries dépendantes du rail aient connu un déclin au cours des dernières décennies dans l’Oregon, les récentes modifications apportées à la réglementation fédérale et à l’économie mondiale suggèrent que le vent est en train de tourner. Ces changements ont donné un coup de pouce à l’industrie extractive dans l’Oregon, avec de nouveaux projets majeurs qui devraient voir le jour dans les prochaines années. L’industrie du bois est en déclin depuis les années 1990, mais le gouvernement fédéral s’apprête à abroger des mesures de protection forestière de longue date, ce qui ouvrirait des millions d’hectares de terres à l’exploitation forestière dans l’Oregon (3). Les projets miniers près de la frontière entre l’Oregon et le Nevada ont également été accélérés par le gouvernement fédéral et prévoient à terme d’intégrer des lignes ferroviaires directes pour le transport du lithium extrait de sites sacrés autochtones. En juin, la législature de l’Oregon a investi 100 millions de dollars dans la construction d’un nouveau terminal « vert » direct entre les navires et le rail près de Coos Bay, dans l’Oregon. Les marchandises seraient acheminées par la ligne ferroviaire de Coos Bay directement vers les lignes de l’Union Pacific à Eugene. Dans le même temps, une nouvelle société a relancé le projet de gazoduc Jordan Cove LNG, précédemment abandonné, près de Coos Bay. Il prévoit la construction d’un nouveau terminal maritime pour le gaz naturel liquéfié et d’un pipeline qui serait relié aux lignes ferroviaires existantes dans la région.

Le transport ferroviaire de passagers a également connu une croissance rapide et des investissements importants sur toute la côte ouest et dans l’Oregon. Amtrak [la compagnie ferroviaire publique] a enregistré un nombre record de passagers en 2024. La Coupe du monde 2026 comptera plusieurs sites de matchs sur la côte ouest, notamment à Seattle, Vancouver, Los Angeles et San Francisco. Amtrak se prépare à une augmentation du nombre de passagers pendant la Coupe du monde et a demandé des fonds supplémentaires pour améliorer son service avant le grand spectacle.

Les nouveaux projets extractivistes, capitalistes et de destruction de la Terre ont besoin d’un système ferroviaire fiable pour se connecter aux autres secteurs de la mégamachine. Alors que le moteur avance à toute vapeur, nous aurons de nombreuses occasions de le faire dérailler.

Milwaukie (Oregon), août 2024

Sabotage ferroviaire

Les incendies de ponts ferroviaires qui ont eu lieu ces derniers mois ne sont pas les premiers actes de sabotage visant les infrastructures ferroviaires dans le nord-ouest du Pacifique. L’année dernière [à Milwaukie en août 2024], un pont ferroviaire de la PNWR à la périphérie de Portland a été incendié, interrompant le trafic ferroviaire pendant cinq jours. Un communiqué publié en ligne après l’incendie a établi un lien entre cet acte et la campagne « Switch Off ». Le communiqué mentionnait le rôle de la PNWR dans le transport de bois et de produits pétroliers et précisait que cet acte était solidaire d’autres luttes en cours dans le monde.

Des dizaines de sabotages à petite échelle ont eu lieu en Oregon et dans l’État de Washington en 2020, dans le cadre d’une vague plus large d’attaques contre les chemins de fer et en solidarité avec la lutte des Wet’suwet’en. La plupart consistaient à placer des « shunts » [câble tendu entre les rails] ou à utiliser des méthodes similaires qui déclenchent le système de freinage automatique des trains, en créant un court-circuit. La voie doit alors être dégagée avant que le trafic ferroviaire puisse reprendre, ce qui perturbe les horaires des trains, mais ne cause pas de dommages durables. Des dizaines d’incidents de shuntage se sont produits dans l’Oregon et l’État de Washington, et certains ont été revendiqués sur internet par des anarchistes.

Il y a certainement eu d’autres attaques contre les infrastructures ferroviaires qui n’ont pas été mises en avant par les médias et la police. Il n’est pas dans l’intérêt du pouvoir d’amplifier les attaques contre lui, mais elles sont toujours là, juste sous la surface.

Infrastructure

Mont Rainier (Washington), mai 2025

Le rythme de l’expansion technologique et l’artificialisation de nos vies rendent les machines plus vulnérables. Une course est engagée pour moderniser les infrastructures électriques afin de répondre aux besoins énergétiques du monde numérique. Chaque nouvelle invention sollicite le réseau électrique, chaque nouveau gadget doit être connecté. Comme l’a théorisé Gunther Anders il y a de nombreuses années : « Plus la machine est grande, plus ses composants, qui fonctionnaient individuellement avant d’être intégrés dans la machine plus grande, sont gravement menacés. »

Les attaques qui visent les infrastructures clés de l’énergie sont capables de provoquer des perturbations tangibles et immédiates de l’existant. Des ponts ferroviaires incendiés peuvent paralyser les chaînes d’approvisionnement. Des attaques bien placées contre le réseau électrique peuvent mettre hors service des zones industrielles entières. Les coupures de courant peuvent créer des opportunités pour d’autres subversifs pendant la mise en sommeil de l’État-surveillant. Mais la destruction physique ne suffit pas à elle seule ; l’État n’est pas seulement un réseau d’éléments matériels, c’est aussi un ensemble de relations sociales et de normalités. Lorsque nous choisissons d’attaquer l’État, nous le faisons matériellement, mais aussi socialement, en sortant de notre rôle défini et en embrassant l’autonomie et la liberté. Les actes qui vont plus loin et perturbent la vie quotidienne peuvent permettre à d’autres de découvrir une autre façon d’exister, en suspendant la normalité et en créant des brèches où la liberté peut s’exprimer.

Médias

La police et les médias ont déployé des efforts concertés pour isoler les attaques qui visent directement les infrastructures « critiques » de l’énergie. En 2023, alors que les attaques contre les infrastructures électriques commençaient à se multiplier aux États-Unis (et en particulier dans le nord-ouest), le FBI a publié une note suggérant que les néonazis et les suprémacistes blancs en étaient responsables. Cette information a été largement diffusée par les médias, et la frénésie qui s’en est suivie a poussé plusieurs États à proposer de nouvelles lois visant à « protéger » les infrastructures critiques. Dans l’Oregon, une nouvelle loi a été discrètement adoptée avec le soutien des deux partis, qui classait de manière générale toute tentative d’endommager des infrastructures critiques comme du terrorisme intérieur (4), fournissant ainsi à la police et aux procureurs un nouvel outil puissant à utiliser contre les anarchistes et autres subversifs. Le libellé de la loi est intentionnellement vague et similaire aux lois sur le terrorisme intérieur utilisées pour cibler les opposants à Cop City à Atlanta.

Malgré les affirmations du FBI, la grande majorité des attaques visant le réseau électrique n’ont aucune motivation identifiée (5). La grande majorité d’entre elles restent généralement « non résolues ». Conscient qu’elles ne pouvaient être ignorées en raison de leur impact (et de leur simplicité), l’État semble avoir plutôt tenté d’isoler ces actions en essayant de les associer uniquement aux néonazis. Oui, certaines ont été perpétrées par des néonazis et d’autres ennemis de la liberté, mais c’est la réalité des conflits sociaux, et il n’est pas nécessaire de remonter très loin dans le temps pour montrer que d’autres ne l’étaient pas.

“En nous distanciant de tout attaque qui n’est pas revendiquée comme « anarchiste », en ne voyant que la main des nazis, des complotistes derrière elles… nous finirons par rejeter toute vision ou volonté qui souhaite et œuvre pour une multiplication incontrôlée des sabotages des infrastructures de télécommunication, d’énergie et de logistique, afin de n’accepter et de ne valoriser que leur multiplication sous contrôle idéologique. Est-ce cela, défendre la liberté, ou n’est-ce pas plutôt la craindre ?”
Fumbling, 2021.

À peine un an plus tôt [à Huron, dans le Sud-Dakota, en juillet 2022], une attaque réussie contre un transformateur avait provoqué une coupure d’électricité dans une station de pompage située le long de l’oléoduc Keystone, interrompant le flux de pétrole et causant des millions de dollars de pertes à la compagnie pétrolière. En réponse à ces actes de sabotage bien ciblés, il semble que les deux principales stratégies de l’État consistent à garder le silence (de peur que le sabotage ne soit soutenu par d’autres, ou pire, repris par d’autres) ou à isoler les actions en les attribuant à un groupe précis, à une idéologie répréhensible ou à un seul suspect (6). L’objectif est de dissuader d’autres personnes de se joindre au mouvement, en utilisant tous les moyens nécessaires. Alors pourquoi facilitons-nous la tâche de l’État en accompagnant nos actions de revendications et de communiqués?

“Dans le silence, les actions parlent d’elles-mêmes, et si elles étaient laissées dans leur silence, tout ce qu’on entendrait serait le crépitement du feu, aucune explication ne serait nécessaire. Mais le silence est dangereux et inquiétant pour l’ordre établi. Le meilleur remède contre le silence est bien sûr de faire du bruit, de parler et de distraire, de prendre en main le pouvoir de définition .”
Let the Fire Spread, 2016.

Italie, années 80, pylône à haute tension qui a testé malgré lui les lois de l’attraction terrestre.

Revendications

La question des revendications d’actions et de l’anonymat fait l’objet de débats dans les milieux anarchistes depuis des décennies, voire des siècles. Ce débat n’est pas nouveau, mais l’essor et l’importance croissante des projets anarchistes sur Internet, tels que les sites internet de contre-information, lui confèrent une nouvelle dimension. Une discussion à ce propos a eu lieu en Italie dans les années 1970 et 1980, au milieu de la vague explosive de sabotages qui a mis à terre plus d’un millier de pylônes à haute tension à travers tout le pays. Cette vague se propageait de manière anonyme, à une époque où des actions spectaculaires (attentats à la bombe, enlèvements et assassinats) étaient menées et revendiquées par des groupes militants de gauche formels. Les saboteurs de pylônes, qui frappaient avec des outils simples et utilisaient des méthodes simples, ont montré la force de l’action anonyme.

Ces actions directes que n’importe qui peut accomplir à tout moment et en tout lieu effraient peut-être davantage [l’État] que la formation même d’un groupe armé fermé. En effet, un groupe armé spécifique est contrôlable en raison du programme et de la logique auxquels il adhère, tandis que la propagation d’actes de sabotage met la structure du pouvoir en difficulté, car n’importe qui peut commettre de tels actes.”
Gruppo Anarchico di Palermo, 1987.

Des décennies plus tard, Alfredo Bonanno a donné son avis sur la vague de sabotages de pylônes, les revendications et la méthode :

Entre compagnons anarchistes, on ne récite pas de litanies, du moins pas encore, mais on dresse des listes, on les lit attentivement, on les recherche, on les sollicite, on les identifie, on en discute, on les admire, on les utilise comme des instruments d’autosatisfaction dans notre existence au monde en tant qu’anarchistes. Voilà, pas de litanies, mais des listes. Mais des listes de quoi ? Des listes d’attaques ayant été menées ou qui pourraient l’être à l’avenir… En Italie, entre fin 1977 et 1989, 1 200 pylônes à haute tension ont été abattus. Une petite partie de ces actions a fini dans ces fameuses listes. Mais pensez-vous vraiment que c’est ce qui a déclenché la prolifération de telles actions, que je partage personnellement et que je considère comme bénéfiques pour la santé, puisqu’il s’agit précisément de promenades nocturnes à la campagne ? À l’époque, le journal susmentionné [Provocazione] a publié un article dans lequel une méthode (parmi tant d’autres) était examinée, expliquant comment abattre un pylône sans faire de bruit et sans équipement technique spécialisé, en sciant joyeusement… ” 
Litanies, 2017.

Alors, si ces questions ont été posées, répondues et répondues à nouveau, pourquoi y revenir ? Nous ne considérons pas la question de la revendication comme une question à laquelle on peut répondre une fois pour toutes, puis la mettre de côté pour qu’elle prenne la poussière. Au contraire, comme toutes les questions qui traitent de la méthode, un moyen d’atteindre un objectif, elles doivent être posées encore et encore. Notre contexte et nos objectifs changent constamment, nous devons lutter contre la tentation de tomber dans des pratiques basées sur l’habitude, plutôt que sur une réflexion et une analyse constantes.

Aujourd’hui, il semble que la pratique courante parmi les anarchistes (en particulier aux États-Unis) consiste à accompagner chaque attaque d’une revendication, expliquant souvent la cible et la raison. Parfois, les revendications sont utilisées pour justifier une action, bien qu’il soit rarement clair à qui s’adresse cette justification (à l’État, à d’autres anarchistes, aux auteurs eux-mêmes ?). Ces revendications sont publiées sur des sites web d’information alternative, et parfois reprises par des médias plus grand public. Parfois, ces actions sont compilées dans des listes, où elles sont présentées hors du contexte dans lequel elles se sont produites.

“Ce flux international incessant d’informations ne nous détourne-t-il pas de ce qui se passe autour de nous, dans notre environnement immédiat et ses conflits sociaux, et qui n’est ni rendu visible ni relayé ? Ou est-il même important de savoir quelles piqûres de moustique à l’autre bout du monde blessent les veines de la domination, si on n’a aucune idée du contexte de la situation locale et des luttes anarchistes sur place ? ”

Si un de nos objectifs est de diffuser largement nos attaques, au-delà des seuls anarchistes, afin de constituer une véritable menace pour la domination, les revendications nous aident-elles à y parvenir ? Considérons d’abord la portée des revendications : les sites internet de contre-information touchent d’autres anarchistes (mais certainement pas tous), et nous pouvons être certains que la police les lit également. Bien sûr, nous pourrions imprimer et distribuer les revendications sous forme d’affiches (7), de zines ou de tracts afin qu’elles touchent un public plus large (répondant ainsi à la question de l’accès). Cependant, un public plus large reste un public : il observe passivement et, à la fin du spectacle, peut choisir de huer ou d’applaudir, pendant que les projecteurs restent braqués sur les acteurs sur scène. L’action appartient à la personne qui l’a revendiquée. Elle contient ses idées, ses motivations, son idéologie et tous les slogans qui y sont ajoutés à la fin (les hashtags anarchistes). Ce qui fait que tout le monde a sa petite idée de qui a fait cela, y compris les flics, et que l’action devient brouillée par le contenu de la revendication.

Lorsqu’un acte n’est revendiqué par personne, il n’y a pas de propriétaire : il appartient véritablement à tout le monde. N’importe qui aurait pu le commettre et n’importe qui pourrait être le prochain à le faire. Nous ne savons pas qui a incendié les trois ponts ferroviaires. Cela pourrait être un anarchiste, un enfant qui jouait avec des allumettes, un illuminé qui avait un compte à régler, un employé mécontent, cela pourrait même être toi. Nous ne savons pas non plus pourquoi ils l’ont fait, mais en même temps, nous avons tous nos propres idées et raisons diaboliques en nous.

Nous sommes au courant des incendies criminels des ponts ferroviaires parce qu’ils ont été rapportés dans les médias grand public. Mais que se serait-il passé si la police et les médias n’en avaient pas parlé ? Comment aurions-nous su que l’attaque avait eu lieu ? C’est l’une des raisons pour lesquelles certains anarchistes plaident en faveur de la revendication d’une attaque : précisément pour que nous sachions qu’elle a eu lieu et pourquoi, afin qu’elle ne soit pas simplement perdue avec le temps. Les revendications peuvent certainement servir cet objectif, en particulier lorsque l’État adopte une stratégie de silence pour maintenir l’illusion de paix sociale. Cependant, si la seule façon dont nous savons qu’une attaque a eu lieu est parce qu’un communiqué a été publié en ligne, il vaut peut-être la peine de se demander si l’attaque elle-même a été très réussie. Et si une action n’a pas de sens sans son communiqué, alors peut-être s’agit-il d’un mauvais choix de cible et d’une mauvaise lecture du contexte. Comme d’autres l’ont déjà dit, une action qui nécessite un communiqué est comme une mauvaise blague dont la chute nécessite une explication.

“Obscurs parmi les obscurs, nous sommes tous égaux. Personne n’est devant pour guider, personne n’est derrière pour suivre. Ce que nous faisons dans l’obscurité, nous seuls le savons. Cela suffit. L’obscurité nous protège de nos ennemis, mais nous protège aussi et surtout contre nous-mêmes. Pas de leaderships, pas de grégarismes, pas de vanité, pas d’admiration passive, pas de compétition, rien à démontrer à qui que ce soit. Les faits, crus et nus, sans médiations. Une banque a brûlé, une caserne a explosé, un pylône a été abattu. Qui l’a fait ? Peu importe, ça n’a aucune importance. Que ce soit Pierre ou Paul, quelle différence y a-t-il ? C’est arrivé, c’est possible de le faire, faisons-le !”
L’anonymat, 2014.

Mont Rainier (Washington), mai 2025

Chacun des ponts incendiés a eu un effet matériel immédiat, perturbant le trafic ferroviaire jusqu’à ce que les ponts puissent être entièrement réparés. Même si personne n’avait entendu parler de ces actions, leurs effets matériels auraient tout de même été là, car ils sont impossibles à ignorer. Comme pour toute attaque, il y a aussi une dimension symbolique : un pont ferroviaire incendié communique quelque chose d’unique à chaque individu.

Les gens peuvent avoir des objectifs très différents lorsqu’ils choisissent d’attaquer, et il existe donc de nombreux critères différents pour définir le « succès ». Nous ne pouvons pas simplement réduire l’acte d’attaquer à un seul indicateur, ce qui reviendrait essentiellement à transformer la destruction en un travail, un quota à atteindre. Mais si l’un de nos objectifs concerne la multiplication des attaques, au-delà des seuls anarchistes, nous devons commencer par analyser notre contexte, c’est-à-dire les conditions sociales et le paysage physique dans lesquels nous nous trouvons actuellement. Au-delà des résultats matériels d’une attaque, nous ne pouvons pas être sûrs de son impact global, et même après, nous ne le serons probablement pas. Cependant, si nous recherchons les failles qui existent déjà, là où il pourrait être intéressant d’intervenir par des attaques, nous avons une chance de les approfondir et de propager la révolte.

Ces fissures sont toujours présentes, même lorsque le pouvoir s’efforce de brosser un tableau idyllique de la paix sociale. Des actes de refus et des attaques physiques contre la domination se produisent sans cesse, à petite ou grande échelle, que nous en entendions parler ou non. Il est réconfortant et inspirant de savoir que nous ne sommes pas seuls à lutter contre cette bête, mais cela soulève également une question cruciale : s’il existe d’autres personnes, animées par leurs propres motivations, qui ripostent contre la domination, comment pouvons-nous nous retrouver dans l’action ? Comment éviter que les attaques restent isolées, ponctuelles, et les intégrer dans la guerre sociale ? S’il y a des étincelles partout, comment attiser les flammes et faire exploser la situation ?

Attaque

“Les merveilles de la nuit ne s’ouvriront qu’à ceux qui sauront marcher sous la lune dans la solitude, avec les idées claires, quelques connaissances, quelques outils et beaucoup de fureur.”
Finimondo, 2022.

Tout commence par l’action, qui commence par renoncer une fois pour toutes à la sécurité de l’attente. Il n’y aura jamais de moment parfait, de lutte parfaite ou de tension sociale parfaite pour intervenir : n’importe quelle étincelle peut déclencher la prochaine émeute ou insurrection. Tout au long de l’histoire, les insurrections ont commencé pour des raisons relativement banales : une augmentation de 10 pesos du prix du transport au Chili [en 2019, voir par exemple ici], une augmentation du prix de l’essence en France [référence au mouvement des gilets-jaunes], des projets d’abattage d’arbres en Turquie [en 2013, référence au mouvement de la place Taksim, à Istanbul]. Bien sûr, les tensions sociales dans chacun de ces exemples s’étaient accumulées pendant des années, il suffisait d’une seule étincelle pour mettre le feu aux poudres. Il serait insensé d’attendre la lutte sociale idéale, motivée par des idées qui ressemblent exactement aux vôtres ou aux miennes, car elle n’arrivera jamais. Nous ne pouvons pas contrôler les désirs et les idées qui motivent les autres à agir, nous pouvons seulement affiner nos propres perspectives, les diffuser dans le monde et trouver des moyens d’agir en conséquence, avec continuité.

Pour choisir comment et où agir, il faut d’abord examiner notre contexte social et notre terrain local, puis identifier les zones de conflit où il pourrait être intéressant d’intervenir par la force. Développer une idée de la direction que nous voulons prendre et de la manière dont nous pourrions y parvenir, c’est-à-dire une projectualité, est une première étape essentielle. Il n’y a pas de recette à suivre, et le chemin qui nous attend sera certainement semé de contradictions et d’écueils. La lutte pour la liberté ne s’accompagne d’aucune promesse, mais nos désirs nous mènent néanmoins vers l’inconnu.

Il existe également un besoin urgent de communication au sein de nos réseaux de complices déjà existants : un besoin de propositions, d’analyse de notre environnement et, surtout, d’expérimentation. Si nous avons une idée de la direction que nous voulons donner à l’action, c’est à nous de la partager avec d’autres personnes en qui nous avons confiance. Nos projets se façonnent à travers des discussions et des débats constants, mais cela ne peut se produire que si nous avons la volonté d’ouvrir des espaces de contact où nous pouvons discuter, comploter et rêver ensemble.

Rangueil (Toulouse), novembre 2020. L’antenne 5G s’effondre après avoir été incendiée

Propagande

“C’est aux anarchistes eux-mêmes qu’il revient de faire vibrer leurs propres perspectives contre toute autorité en alimentant les vases communicants entre idée et action, pas à d’autres. Dans les moments de calme comme de tempête. Et alors, peut-être, que nos rêves ou nos rages rencontreront un écho chez d’autres cœurs insoumis.”
Saisir l’occasion, 2018.

Au-delà des attaques, nous pouvons être plus actifs dans la diffusion des idées anarchistes dans les rues, en dehors de nos prisons sous-culturelles et de nos enclos numériques. Nous sommes devenus trop à l’aise pour ne parler d’anarchie qu’avec d’autres anarchistes. Si nous voulons que les idées et les actions subversives se répandent, nous devons sortir du confort de nos cercles sociaux.

Nos messages et notre propagande peuvent contribuer à donner un sens aux attaques qui se produisent déjà autour de nous et à créer le contexte pour d’autres attaques. Si une urne électorale est incendiée dans notre ville, cela pourrait être l’occasion de diffuser de la propagande anarchiste contre les élections et la démocratie. À l’inverse, si une antenne-relais est incendiée dans une ville déjà couverte de graffitis et d’affiches contre le contrôle numérique et la domination technologique, cet acte aura plus de chances d’être compris dans ce sens que d’être considéré comme l’acte d’un complotiste anti-5G.

En France et dans d’autres pays européens, pendant les années de confinement [lié au covid-19], les actes de sabotage non revendiqués contre les infrastructures de télécommunications sont devenus quasi quotidiens. Alors que les médias (et la gauche) tentaient de regrouper tous ces actes de sabotage sous l’étiquette de « complotistes » et de « fascistes », les anarchistes imprimaient et distribuaient dans les rues des tracts qui amplifiaient et soutenaient ces actes de sabotage et en appelaient à d’autres. Des affiches étaient collées avec des recettes pour détruire les antennes-relais. Et le sabotage a continué à se propager.

Les journaux et les revues sont également des instruments permettant de partager les idées anarchistes et de promouvoir l’action. Bien sûr, les publications anarchistes ne manquent pas, mais la plupart sont écrites pour un public qui comprend déjà les idées anarchistes et connaît le jargon (qui est très riche). Ces projets ont généralement une portée géographique large et respectent un calendrier de publication (souvent approximatif, nous sommes anarchistes après tout). Mais les journaux peuvent également être créés pour répondre à une tension ou à une lutte sociale spécifique, dans le but d’atteindre les personnes qui y sont impliquées ou simplement conscientes de celle-ci.

En Allemagne, un pamphlet intitulé « Hetzblatt – Gegen den Windpark » (Journal incendiaire contre le parc éolien) a été distribué dans les boîtes aux lettres de la région où un parc éolien (destiné à alimenter l’industrie chimique) devait être construit. Il contenait des critiques accessibles sur l’énergie verte et des informations sur des actes de sabotage. Le journal a fait tellement de bruit que les autorités allemandes ont ouvert une enquête sur sa production, qui a finalement abouti à l’arrestation de plusieurs personnes soupçonnées d’être à l’origine du projet (8).

LAISSONS LE FEU SE PROPAGER !

Trois ponts ferroviaires incendiés en trois mois, cela peut sembler insignifiant comparé aux milliers qui sont encore debout. Mais chaque incendie a montré, même brièvement, que la mégamachine n’est pas invincible. Nous ne savons pas pourquoi ils ont été incendiés, ni qui l’a fait, et nous espérons que cela restera ainsi. Ce que nous savons, c’est que la domination est vulnérable et que nous pouvons frapper n’importe où, n’importe quand. Par où commencerez-vous ?

[Traduit de l’anglais de Rose City Counter-Info, 8 septembre 2025]


Notes

1. Il n’y a pas de raffineries dans l’État d’Oregon. Environ 90 % de tous les produits pétroliers qui y sont consommés (de l’essence et du diesel au kérosène, et aux lubrifiants industriels) sont transportés par pipeline (à l’exception de l’éthanol et du biodiesel, qui sont transportés par rail et par bateau). Cela inclut le pipeline Olympic, exploité par Kinder Morgan, qui part du port de Portland et achemine les produits vers le sud jusqu’à Eugene. Le pipeline Marathon dispose d’un seul terminal dans l’est de l’Oregon. L’Oregon, et plus généralement la région de la côte ouest, pourraient connaître une pénurie importante de pétrole si l’un ou l’autre de ces pipelines était endommagé ou perturbé. Cela a été au centre de nombreux programmes de préparation et de plans de sécurité au niveau de l’État et au niveau fédéral. Dans un rapport, les propriétaires et les exploitants de pipelines ont identifié la perte d’électricité, accidentelle ou intentionnelle, comme la menace la plus urgente pour l’exploitation des pipelines.
2. Tous les déchets de Portland sont transportés par semi-remorque, tandis que ceux de Seattle et des villes environnantes sont transportés par train. Certaines des plus grandes décharges du pays sont situées le long du fleuve Columbia, loin des regards et des esprits, et rejettent chaque année des dizaines de milliers de tonnes de méthane dans l’atmosphère.
3. La « Roadless Rule » est une réglementation du Service forestier qui interdit l’exploitation forestière dans les terres forestières nationales qui ne sont pas accessibles par la route. L’administration Trump a déclaré qu’elle prévoyait de supprimer cette règle, qui protège 60 millions d’acres de forêts non exploitées à travers le pays.
4. La loi de l’Oregon considère comme un acte de terrorisme intérieur le fait de perturber les infrastructures critiques, notamment les routes, les pipelines, les barrages, les centres de données (data centers) et les infrastructures électriques et de télécommunications. Cette infraction est passible d’une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement.
5.  Il n’existe pas de base de données publique officielle répertoriant les attaques contre le réseau électrique, mais l’un des ensembles de données disponibles a enregistré un peu moins de 1 000 attaques entre 2000 et 2023. Seules deux douzaines d’entre elles ont permis d’identifier leurs auteurs, les autres restent non élucidées.
6. En 2020, alors que la révolte populaire balayait les États-Unis, la police a lancé une rumeur selon laquelle des suprémacistes blancs « infiltraient » les manifestations pacifiques et les rendaient violentes. À Minneapolis, la police a affirmé avoir identifié une personne, surnommée « l’homme au parapluie », qui aurait brisé les premières vitres le soir où le commissariat a été incendié. Elle a déclaré avoir reçu une information selon laquelle il s’agissait d’un membre d’un gang de motards suprémacistes blancs qui voulait « inciter à la violence ». Cette information a été relayée par tous les grands médias et les réseaux sociaux, alimentant les théories du complot sur la présence d’agitateurs extérieurs dans d’autres villes. Cinq ans plus tard, aucune preuve n’a été divulguée, aucune arrestation n’a été effectuée et Umbrella Man est toujours en liberté.
7. Des anarchistes de Montréal ont tenté l’expérience, transformant des communiqués anonymes en affiches faciles à imprimer et à distribuer dans les rues. Voir ici : https://mtlcounterinfo.org/for-the-streets/posters-2/communique-poster-series/
8. Des anarchistes allemands font face à une forte répression pour leur implication présumée dans des projets de journaux. Pour plus d’informations sur la situation, consultez le zine Hetzlumpen (en anglais) : https://actforfree.noblogs.org/2025/07/24/hetzlumpen/.

Bordeaux (Gironde) : quatre fois plus de chances de bloquer le trafic ferroviaire

Publié le 2025-09-14 18:30:46

Circulation des trains très perturbée entre Bordeaux et Toulouse à cause d’incendies : la thèse d’actes de malveillance privilégiée
France Bleu/Sud Ouest, 14 septembre 2025

Les personnes qui voyagent entre Bordeaux et Toulouse vont devoir s’armer de patience ce dimanche. Après avoir été coupée une bonne partie de la journée, la circulation des trains reste très perturbée entre Bordeaux et Agen ce dimanche. Les trains circulent à vitesse réduite. Certains trains ont été annulés, d’autres ont été détournés par la voie sud via Dax et Tarbes, ce qui rallonge le trajet de 2h. Cela fait suite à quatre départs de feu ce dimanche sur des câbles longeant une voie de chemin de fer. Deux incendies ont pris à Cadaujac, un à Villenave d’Ornon et un dernier à Ayguemorte-Les-Graves.

Dans un communiqué, la SNCF affirme qu’il « s’agit vraisemblablement d’un acte de malveillance. » Des agents de la SNCF réseau se sont rendus sur les lieux de l’incendie et ont constaté « de nombreux dérangements sur les équipements de signalisation ».
De son côté, le Procureur de la République de Bordeaux explique que « au regard de la concomitance de ces quatre incendies, le caractère volontaire de ces derniers est largement privilégié. » Une enquête est ouverte pour « dégradations par incendie en bande organisée » et les investigations ont été confiées à la section de recherches de la gendarmerie de Bordeaux-Bouliac.

Pas de retour à la normale avant lundi matin

Les conséquences de ces incendies ont été importantes. Le trafic a été totalement interrompu entre Bordeaux et Langon, au sud de la Gironde, dès 8 h 40, et très fortement perturbé entre Bordeaux et Toulouse. Des cars de substitution ont été mis en place et certains trains à destination de Toulouse ont été détournés par Dax et Tarbes. Dans la matinée, les passagers d’un TGV Toulouse-Paris ont dû être stoppés en gare d’Agen avant d’être ramenés à Toulouse d’où ils sont repartis pour Tarbes, puis Paris.

La circulation entre Bordeaux et Agen n’a pu reprendre qu’en fin de journée, à vitesse réduite, ce dimanche. « Le retour à la normale ne pourra se faire avant lundi matin, des réparations devant être effectuées pendant la nuit », indique la SNCF qui avait annoncé dans la journée que « tous les billets Bordeaux-Toulouse seront annulables et remboursables gratuitement ».