Vive l'Anarchie - Semaine 38, 2018

Sommaire

Alfortville (Val-de-Marne) : Interpellé pour des tags antispécistes

Publié le 2018-09-17 08:33:04

Le Parisien / dimanche 16 septembre 2018

Plusieurs vitrines et stores de commerces vendant de la viande ont été marqués au feutre noir. L’auteur présumé a été interpellé ce samedi vers 4 heures du matin. […] Cinq boutiques de la rue Paul-Vaillant-Couturier d’Alfortville ont été taguées, dans la nuit de vendredi à samedi. Vers 4 heures du matin, un homme avait recouvert plusieurs stores et vitrines de commerces vendant de la viande ou des produits à base de viande de l’inscription « Stop spécisme Viande = cruauté ».

Il a été interpellé alors qu’il s’en prenait à la boucherie Bouyer, au 155, rue Paul Vaillant-Couturier, après avoir également tagué une inscription sur le store du traiteur asiatique situé juste à côté. « Heureusement on a réussi à enlever tout de suite l’inscription, mais de toute façon, pour choquer un boucher, il en faut plus que ça, lance avec le sourire Marc Flandrin, le nouveau dirigeant, depuis trois semaines, des deux boucheries Bouyer de la ville. Quand je travaillais à Paris, c’est avec des autocollants sur le même thème qu’on avait recouvert ma boutique une fois. »

Le commerçant a décidé de porter plainte, se rassurant qu’il n’y ait pas eu de casse et comptant sur « les caméras qui couvrent toute la rue », pour permettre à la justice de condamner le tagueur. « La fédération des bouchers nous tient au courant des différentes menaces, nous sensibilise à ces actions du moment, mais là il n’y a pas vraiment de conséquences, nos clients n’ont rien vu », se rassure le boucher. La municipalité promet en tout cas de tout faire nettoyer dès ce lundi matin. « Nous réclamons des rondes à la police pour que cela ne se reproduise plus, précise Michel Gerchinovitz (PS), maire d’Alfortville. On ne peut pas tout accepter comme mode d’expression ! »

Dans la nuit du 28 au 29 août, c’est à Fontenay que les antispécistes avaient vandalisé deux boucheries à coup de jets de cailloux. Sur les murs des deux commerces, la même inscription taguée en blanc pour le premier, en noir pour l’autre : « Stop spécisme ».

Cagliari (Italie) : Encore des micros dans la voiture d’un compagnon

Publié le 2018-09-17 08:43:07

Round Robin / mardi 11 septembre 2018

Hier on trouvé, dans l’une de nos voitures, une petite surprise venant de la Préfecture.
Dans l’habitacle de la voiture d’un compagnon, il y a avait un GPS et deux micros; c’est la deuxième fois que cela arrive en moins de dix mois.
Les mouchards étaient branchés à l’alimentation électrique de la voiture au niveau des pédales, juste en dessous du levier qui permet d’ouvrir le coffre avant. Les micros étaient placés sous la tapisserie du ciel de la voiture, juste au-dessus de la tête du conducteur. Ils étaient reliés au branchement électrique à travers des câbles qui passaient sous des élements en plastique. Le GPS, comme d’habitude, était collé à la carrosserie avec un aimant.

Des mauvais moments pour les bleus (mi-septembre 2018)

Publié le 2018-09-17 08:43:07

Saint Louis (Nouvelle-Calédonie) : Les gendarmes ciblés avec un tir d’arme à feu

FranceInfo / mercredi 5 septembre 2018

Les forces de l’ordre de nouveau la cible d’un tir d’arme à feu. Les faits se sont produits ce mardi soir au niveau de la tribu de St Louis, à hauteur de Thabor. Un véhicule non blindé de gendarmerie était visé. Un impact est visible sur la carrosserie mais on ne déplore heureusement aucun blessé.
[MÀJ MERCREDI SOIR]
Plus de précisions sur ce tir sur des gendarmes avec un communiqué du procureur de la République.
Les faits se sont produits à 21h35 ce mardi.
Les gendarmes intervenaient dans le secteur « dans le cadre d’investigations sur des vols de véhicules. »
« A l’occasion de leur déplacement sur la RP1, ils ont été alors la cible d’un tir atteignant la jonction de la porte arrière de leur véhicule avec le toit. L’auteur des faits se trouvait être le passager d’un véhicule Renault Clio signalé volé plus tôt par la police municipale de Mont Dore. »
Les premières investigations, indique le procureur, établissent que les gendarmes ont été délibérément visés afin notamment de favoriser la fuite des malfaiteurs.
Une enquête est ouverte pour tentative de meurtre sur agent dépositaire de l’autorité publique.
Le calibre de l’arme n’est pas connue pour le moment mais probablement de grande chasse.

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Houilles (Yvelines) : Deux flics blessés, trois interpellations

Le Parisien / mercredi 5 septembre 2018

Deux policiers ont été blessés, mardi soir à Houilles, après avoir été pris à partie par une trentaine de trublions. Vers 19 h 15 rue Hoche, la patrouille vient de constater une série de dégradations lorsque une trentaine d’hommes hostiles leur foncent dessus. L’un des fonctionnaires encaisse un coup de poing à la mâchoire. Un voyou arrache la bombe lacrymogène d’un autre policier, cassant l’objet en deux parties. Des renforts arrivent rapidement et trois suspects, âgés de 16 à 20 ans, sont interpellés. La première victime s’est fait déboîter la mâchoire. Les yeux de la seconde ont été atteints par le gaz lacrymogène.

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Quimper : Voleurs de tous les pays, unissez-vous !

Le Télégramme / lundi 10 septembre 2018

Les fonctionnaires de police ont dû faire face à une interpellation mouvementée, dimanche après-midi, après un vol à l’étalage à Gourvily. Une enquête est ouverte.
Le magasin la Foir’Fouille, de la zone de Gourvily, a rouvert ce lundi après avoir fait appel à des agents de sécurité. La conséquence d’un après-midi mouvementé, dimanche, pour le gérant du magasin et sa femme. Vers 15 h, ils ont appelé la police pour signaler un vol à l’étalage : le portique de sécurité venait de sonner au passage d’une adolescente âgée de 17 ans accompagnée d’une femme. À l’arrivée de la police, rapidement sur place, la femme avait pris la fuite. Elle était ensuite revenue sur les lieux : « Elle était accompagnée d’une douzaine de personnes », explique le gérant du magasin.
Non sans difficulté, les policiers étaient parvenus à interpeller l’adolescente pour la transporter au commissariat. « Les gens tapaient sur le véhicule de police », poursuit le commerçant qui, comme les policiers, dit avoir été menacé. Le groupe est reparti après avoir renversé un rayon dans le magasin en signe de représailles à l’interpellation. Permettant au couple de commerçants de raccompagner les clients médusés par la violence de la scène, avant de baisser le rideau.
Une plainte, accompagnée des images de la vidéo protection du magasin, a été déposée pour menaces et dégradations. Remise à ses parents, la jeune fille est convoquée pour être entendue par la police.

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Les Mureaux (Yvelines) : Attention à pas se faire choper !

Le Parisien / mercredi 5 septembre 2018

Trois adolescents âgés de 17 ans ont été interpellés durant la nuit de mardi à mercredi dans le quartier des Musiciens, aux Mureaux. Ils sont soupçonnés d’avoir jeté une pierre sur une voiture de police rue Georges-Bizet. L’un d’eux avait des cailloux dans ses poches lors de son arrestation. Un impact a été relevé sur le toit de la voiture. Les trois mineurs ont été placés en garde à vue au commissariat.

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Et les mairies de la Seine-Saint-Denis se plaignent de ne pas avoir assez de municipaux

Le Parisien / mardi 11 septembre 2018

Près de 25 % des postes sont vacants dans le département, selon nos informations. Face à l’insuffisance de candidats en Ile-de-France, un concours supplémentaire de policiers municipaux est programmé en septembre 2019.

Le policier municipal est une perle rare, si l’on en croit les maires de Seine-Saint-Denis et d’Ile-de-France. La sonnette d’alarme a été tirée au début de l’été concernant les difficultés de recrutement de policiers municipaux en région parisienne. Après les attentats de 2015, les demandes des collectivités ont en effet fortement augmenté. Et la pénurie, avec.

Sylvine Thomassin, secrétaire générale de l’Association des maires d’Ile-de-France (Amif) et maire (PS) de Bondy ainsi que Stéphane Beaudet, le président de l’association et maire (ex-LR) de Courcouronnes (Essonne) ont adressé un courrier au ministre de l’Intérieur, pour demander le retour d’un concours annuel afin de pallier le manque de candidats. « Il a lieu tous les deux ans et ce rythme ne suffit même pas à remplacer les départs en retraite en Seine-Saint-Denis », estime Sylvine Thomassin. Dès la mi-mars, le maire (PCF) de Saint-Denis, Laurent Russier, sonnait le tocsin auprès du ministère de l’Intérieur, demandant « l’augmentation forte du nombre de postes ouverts au concours de gardien de police municipale ».

Les maires de la région parisienne affirment constater également une disparité géographique. « En France, sur les six dernières années, une hausse de plus de 20 % des effectifs a été observée. Toutefois, en Ile-de-France, les besoins augmentent et nous constatons un déséquilibre sécuritaire territorial, dû à une mauvaise répartition des effectifs et un mode de recrutement inadapté à la réalité francilienne. »

L’appel de détresse a été entendu par les trois centres de gestion des personnels territoriaux chargés d’organiser le concours national à l’échelle de l’Ile-de-France, puisqu’une session sera exceptionnellement programmée pour la région en septembre 2019. « Nous sommes là pour répondre aux besoins de nos collectivités », indique Martine Barberoux, directrice des concours du centre interdépartemental de petite couronne. Pour cette date supplémentaire qui sera la seule de France, les organisateurs s’attendent en conséquence à un afflux de candidats.

Malgré cet effort, la situation ne va pas se régler en deux coups de cuillère à pot, comme le confirme Alain Dal, du Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM). « Sur toute la France, on estime qu’il en manque 2 000 à 3 000 sur un effectif total d’environ 22 000. » En Seine-Saint-Denis, selon le décompte des mairies que nous avons contactées cet été, il y a près de 25 % de postes vacants : 176 sur 733 ne sont pas pourvus. Or, les organisateurs du concours petite couronne 2018 n’en ont recensés « que » 81, sur la base des déclarations des collectivités.

Sur les 40 communes de Seine-Saint-Denis, seules 6 d’entre elles n’ont pas de police municipale : Bagnolet, Gagny, L’Ile-Saint-Denis, Neuilly-sur-Marne, Villemomble et Villetaneuse. Sur les 33 villes déjà dotées de leur propre service (la 34e, Clichy-sous-Bois est en train de la créer), 31 d’entre elles confirment avoir des difficultés de recrutement. Les deux exceptions sont Bobigny et Rosny-sous-Bois.

Ce tableau est une photographie du département, mais elle est néanmoins le reflet d’une tendance profonde. « La pénurie entraîne des mercatos réguliers. Pour 150 euros de plus par mois, des policiers municipaux peuvent changer de commune, confirme le responsable d’un service municipal. Certains sont très bien rémunérés parce qu’ils sont une denrée rare. Mais ils ne valent pas le prix qu’on les paie. Il y a une surcote. »

Dans le tableau, nous avons également pointé les villes qui ont fait le choix de se doter en armes à feu : c’est en effet l’un des critères d’attractivité pour les candidats aux postes d’agents. De façon générale, l’équipement (tasers, gilets tactiques, moyens informatiques, véhicules d’interventions…) est un élément déterminant aux yeux des agents. « Dans certaines villes, quand on croise la police municipale, on a l’impression que c’est la BAC départementale qui arrive tellement elle est bien équipée », note d’ailleurs le chef d’une petite structure d’une collectivité locale de Seine-Saint-Denis.

Après la phase de recrutement, vient celle de l’apprentissage. « Les lauréats sont astreints à une formation initiale d’application de 121 jours. Ces délais sont excessivement longs », remarque encore l’Amif, dans sa lettre au ministère de l’Intérieur. Le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) forme chaque année en moyenne 1 500 agents en France. Pour les villes de Seine-Saint-Denis, 79 ont suivi les cours du CNFPT et décroché en 2017, la qualification de policier municipal.

Cette année, 25 candidats du département sont en cours d’apprentissage et neuf autres sont inscrits aux sessions prévues par le CNFPT dans la seconde moitié de 2018. Et si l’on en croit l’expérience de Sylvine Thomassin, c’est un peu la foire d’empoigne entre les maires pour étoffer leurs équipes. « Le grand jeu des communes, c’est de se piquer les policiers municipaux entre elles », confirme-t-elle. Un des agents de Bondy a choisi par exemple il y a quelques mois de rejoindre une ville des Yvelines qui lui offrait un logement de fonction.

La possibilité d’être armé, les primes qui viennent arrondir le salaire et l’intérêt des missions sont les trois principaux arguments qui font la différence et peuvent rendre une ville attractive aux yeux d’agents nouvellement formés. « Nous sommes sur la voie publique, 95 % de notre temps et confrontés à tout et n’importe quoi. Les policiers veulent qu’on leur donne les moyens d’assurer leur propre sécurité et celle de leurs concitoyens. L’armement en fait partie », détaille Alain Dal qui a déjà dû, lui-même, faire face à des personnes munies d’un couteau de cuisine ou d’une arme à feu, dans le cadre de son métier.

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Poitiers : Des lourdes peines pour la révolte des prisonniers de septembre 2016

Publié le 2018-09-17 08:43:11

Ouest-France / vendredi 14 septembre 2018

Des peines de trois à cinq ans ferme ont été prononcées jeudi soir à Poitiers, au procès de la mutinerie de la prison de Vivonne (Vienne) en septembre 2016, qui avait concerné quelque 50 détenus, fait 23 blessés, saccagé une aile de l’établissement, avant d’être maîtrisée au bout de six heures.
Des peines de trois à sept ans avaient été requises contre quatre détenus de 25 à 36 ans, identifiés comme meneurs présumés, qui étaient jugés pour dégradation d’un bien public en réunion, par un moyen dangereux, mise en danger de la vie d’autrui, vol des clés d’un surveillant. L’un des quatre était jugé en absence, ayant refusé son extraction.



A l’audience au tribunal correctionnel de Poitiers, les prévenus, des détenus pour stupéfiants, vols, ou violences, ont nié toute préméditation à la mutinerie, et aucun n’a reconnu avoir mis le feu. Mais un Rochefortais de 32 ans, accusé d’être l’instigateur, a reconnu qu’il voulait « se faire entendre » et être transféré, après avoir été ulcéré par une permission refusée. « Ça faisait six mois que j’attendais de pouvoir être transféré », a raconté Mehdi. « Le matin je devais sortir en permission, ma femme venait avec les enfants, et j’apprends que c’est refusé ». Selon l’accusation, faute de garantie d’hébergement à l’extérieur. « Quand j’ai vu le surveillant, j’y suis allé. Nicolas a plaqué le surveillant, on lui a pris les clés, a-t-il poursuivi. Après, je suis rentré dans ma cellule préparer mes affaires. Quand je suis sorti ça brûlait déjà, après, j’ai suivi le mouvement. Il n’y a pas eu d’organisation », a-t-il assuré.
Même son de cloche chez son co-prévenu, un Poitevin de 36 ans. « Rien n’était prémédité, on était tous désespéré par la situation, il n’y avait pas de dialogue avec l’administration à Vivonne.. ».
Si le centre de détention de Vivonne, une prison moderne (2009) ne connaissait pas de problème particulier de surpeuplement à l’époque, l’avocat d’un détenu, Me Lee Takhedmit, a évoqué à l’audience une prison au contexte tendu par le « manque de moyens. Il n’y a pas assez de surveillants, la moindre démarche est entravée par ce manque de moyens. Il faut attendre pour tout: les soins dentaires, les soins psychos… Et les suicides, on en parle ! »
Les clefs volées ce soir-là avaient permis d’ouvrir les cellules d’une aile du 2e étage, et des détenus avaient mis le feu en plusieurs points, à des poubelles notamment, saccagé mobilier, vitres, éclairage. « Les gars c’est la guerre, on va mettre le feu ! » aurait alors crié Mehdi –qui dément–, selon le témoignage d’un surveillant. L’incendie avait mobilisé 105 pompiers, et la mutinerie elle-même plus de 175 gendarmes ou agents de la pénitentiaire.
Vingt détenus, un agent de l’administration pénitentiaire et deux gendarmes avaient été blessés ce soir-là, la plupart en lien avec des inhalations de fumée. Quatre détenus, parties civiles, réclament d’ailleurs des réparations après avoir « vu la mort de près », selon un des avocats. Ils ont obtenu 3 000 euros de réparations ou provisions, de même qu’un surveillant.
Le centre de détention de Vivonne (634 places) avait dû transférer plus de 150 détenus sous 48 heures, fermer une aile pendant 18 mois après la mutinerie. Elle a rouvert début 2018, après 2 millions d’euros de travaux.
Contre des détenus « animés par l’envie de tout casser », le procureur Jean Lacotte avait requis des peines de 3 à 7 ans. Deux principaux prévenus ont été condamnés à 5 ans, un troisième à 3 ans, le quatrième a été relaxé.

Rhône : Chasseurs et bouchers ne dorment pas d’un sommeil tranquille

Publié le 2018-09-17 08:44:08

Lyon Capitale / dimanche 16 septembre 2018

Une trentaine de miradors de chasseurs ont été sciés dans les Monts du Lyonnais [Cf. par exemple ici; NdAtt.], comme le révèle une enquête publiée ce samedi par nos confrères du Progrès.  Alors que le travail de la gendarmerie se poursuit, les soupçons se tournent vers les militants antispécistes et la signature d’un groupuscule passé dans la clandestinité, le « Front de Libération animale ».

La tension monte dans les communes des Monts du Lyonnais depuis le mois de juin. En trois mois, une trentaine de tourelles en bois permettant aux chasseurs de voir loin et de sécuriser la chasse en tirant vers le bas ont été sciées en petits morceaux. Des dégradations sans doute survenues la nuit. Pour les chasseurs et les locaux interrogés par le Progrès, « ça ne peut être que des militants vegans anti-chasse ».  D’autant plus que la découverte des destructions est souvent liée à celle d’un tag ALF pour « Front de Libération animale ». La coprésidente de l’association antispéciste 269 Libération animale, également professeur vacataire de droit à Lyon 3, ne condamne pas clairement ces actions dans l’interview accordée au quotidien, mais affirme que des distances ont été prises depuis longtemps avec l’ALF et que ces derniers « ont eu tort d’évoluer vers la clandestinité ».

Les attaques de miradors viennent s’ajouter à d’autres actions « coup de poing » dans les Monts du Lyonnais. À Craponne, le magasin de producteur « La Ferme lyonnaise » a été pris pour cible. Quelques mois plus tôt, en avril, c’était cette fois la société Saint-Laurent Viande située à Saint-Laurent de Chamousset. En une nuit, les locaux de cette société de transformation artisanale de viande ont été saccagés. Pneus de camion crevés, câbles du système frigorifique sectionnés et vitres de l’accueil brisées en mille morceaux. Là encore, un tag ALF a été inscrit sur l’un des véhicules. Depuis, les associés de cette société artisanale d’une vingtaine d’employés surveillent de nuit leurs locaux et se relaient pour cela. Du côté des chasseurs et de certains habitants, la confiance dans le travail de la gendarmerie, qui mène l’enquête, n’enlève pas la crainte que la situation dégénère. Le mois dernier à Vaugneray, deux chasseurs surprenaient un  homme, en pleine journée, occupé à frapper un mirador avec une pierre. Ces derniers l’ont poursuivi à bord de leur 4×4 avant que l’homme ne les sème en s’enfuyant sur son VTT.

 

Anarchisme anti-gauche : chasser le gauchisme dans l’intention de le détruire

Publié le 2018-09-17 08:44:08

Indymedia Nantes / mardi 4 septembre 2018

En partant de l’évidence de l’économie, la critique marxiste décrypte peut-être le fonctionnement du système de l’économie politique, mais en même temps, il le reproduit comme un modèle. Il n’y a pas de mode de production, ni de production dans les sociétés primitives. Il n’y a pas de dialectique ni d’inconscient dans les sociétés primitives.
Le marxisme est la projection de la lutte des classes et du mode de production sur toute l’Histoire; il est la vision d’une « liberté » future basée sur la domination consciente de la nature. Ce sont-là des extrapolations de l’économie. Dans la mesure où elle n’est pas radicale, la critique marxiste est vouée malgré elle à reproduire les racines du système de l’économie politique.
– Le miroir de la production

Le gauchisme n’est pas seulement mortel de par sa monotonie, il est littéralement mortel dans sa pratique et sa mise en œuvre. Au XXème siècle, l’Union Soviétique a massacré près de vingt à quarante millions de personnes lors de la création de son empire communiste (certaines estimations dépassent les cinquante millions, mais sont difficilement vérifiables car lorsque les personnes étaient envoyées dans les camps, les soviétiques effaçaient souvent toutes traces de leur existence) ; le « Grand Bond en avant » de Mao Tsé-Toung en Chine (largement reconnu comme la plus grande catastrophe causée dans la tentative de construire une économie centralisée) aurait fait environ quarante millions de morts ; et les Khmers rouges cambodgiens ont massacré deux millions de personnes (un quart de la population cambodgienne) dans les Champs de la Mort – au nom d’une « forme égalitaire du communisme ». Les régimes communistes du siècle dernier ont tous eu une évolution incontrôlée et leurs utopies scientifiquement conçues ont toutes finies sous la forme de camps de la mort. En substance, le communisme n’est qu’une autre forme de gestion (particulièrement violente) de la civilisation – à l’instar du féodalisme – et est dévoué à un modèle social industriel basé sur la production avec une ferveur encore plus religieuse que le capitalisme.

Alors on pourrait penser que les anarchistes, plus que quiconque, seraient hostiles au caractère intrinsèquement totalitaire et collectivisant des idéologies gauchistes – comme le communisme et le socialisme – mais à ce jour, un grand nombre de prétendus anarchistes continuent d’exprimer leur sympathie envers les objectifs et l’épistémologie communistes, et l’analyse de classe marxiste – et se laissent embobiner et tromper par des euphémismes comme « communiste anti-étatique », « marxiste autonome », ou encore le préféré du moment du hispter urbain : « communisation ». Les anarchistes qui s’extasient devant ces conneries vénèrent l’autel d’une mare stagnante et restent attachés à une tradition politique d’autoritarisme et de charniers – quelle que soit la terminologie mise à jour ( la fine rhétorique de la « communisation » a atteint de nouveaux sommets d’ennui avec les écrits tendances des fumistes hypocrites comme Tiqqun et les gargouillements imbéciles de Applied Nonexistence : tous deux des groupes de cocos fourbes qui se spécialisent dans le charabia postmoderne, en substituant le langage élitiste et masturbatoire à la parole réelle, et en étouffant les malheureux lecteurs avec un air fétide et sans rêve – un peu comme comme celui qui s’échappe des poubelles sans couvercle).

Nous sommes depuis longtemps fatigués par ce dialogue et cherchons à donner de nouvelles combinaisons de couleurs anarchiques aux déchets politiques qui engloutissent nos vies. Le verbiage fallacieux de la Gauche a trop longtemps étouffé notre imaginaire, en gelant notre énergie et en dissimulant l’essence de la lutte pour l’Anarchie, ses qualités fondamentales et intrinsèques, derrière des idéologies factices et prétentieuses qui étouffent l’action de la pensée et du rêve dans une attente pénible et unidimensionnelle. Toutes les idéologies sont des entraves à l’Esprit Libre, mais les idéologies qui ne reflètent pas le chaos, l’absurde fantaisie et le rire hystérique de la vie – comme le gauchisme – sont des entraves particulièrement ennuyantes pour l’expression incontrôlée de la rébellion autonome et sauvage. L’Anarchie verte – ou la critique de la civilisation – est une analyse de classe qui ne fait pas les choses à moitié, qui ne reste pas piégée dans la logique capitaliste (comme c’est le cas du communisme) et qui attaque l’aliénation, la domestication et la division du travail à leurs racines… A leurs racines civilisées. La gauche est profondément ancrée dans l’ordre civilisé, et tant que nous lutterons contre cette horrible obscurité empoisonnée qui nous entraîne vers un effondrement universel, il nous incombe de lutter les yeux ouverts.

Warzone Distro, 2018

 

 

Réflexion autour du « procès de l’extrême-droite »…

Publié le 2018-09-18 07:27:02

Mise au point :

En premier lieu, nous tenons à rappeler que si ce texte porte une critique de cet appel à « faire le procès de l’extrême droite » porté un peu partout en France par différents groupes et organisations, il ne vise évidemment pas les proches de Clément Méric et les camarades pris dans la procédure en cours, ni les choix qui leur semblent s’imposer ici et maintenant face aux juges, en premier lieu face aux accusations potentielles qui pourraient s’abattre sur eux.

Les auteurs de ce texte ont d’ailleurs largement soutenu, financièrement et par leur présence active dans les manifs, les personnes engagées sur le procès. L’objectif est de réfléchir aux conséquences qu’un tel appel à « faire procès » pourraient avoir, par delà l’affaire du meurtre de Clément.

I) Ce qu’implique un durcissement de la justice et de l’appareil d’État vis-à-vis des fascistes

– Dans notre rapport aux institutions :

La proposition qui est faite aujourd’hui est un appel à faire le « procès » de l’extrême droite, ce qui en d’autres termes signifie produire une contribution politique et un appui idéologique à la procédure judiciaire en cours, en dénonçant « l’impunité » dont bénéficieraient les fascistes, autrement dit en appelant à un durcissement de l’appareil pénal contre ceux-ci.

D’emblée, il y a quelque chose de paradoxal et malaisant dans le fait de s’engager dans une réflexion qui nous projette du côté des juges, des procureurs, etc. La fonction de défense de l’ordre et du capitalisme par la machine judiciaire ne devrait plus faire aucun doute pour qui prend part au moindre mouvement social, et le paye parfois chèrement.

Même lorsqu’on cherche à travers cette démarche à faire la lumière sur les faits réels, ce qui semble invoqué lorsqu’on en appelle à la « vérité », on sait par expérience que le récit et les descriptions produits durant les audiences sont soumis à un formatage destinés à l’élaboration d’une grille de lecture prétendument « neutre » pour les magistrats. De « vérité », dans un tribunal, on ne trouvera qu’une vérité judiciaire.

Cette méthodologie, qui n’entrevoit le monde qu’à travers la défense mécanique de l’ordre public, vide de leur substance les actions politiques et tend à ramener ces actes à leur dimension individuelle et anecdotique, les réduisant à des faits divers.

Notre situation depuis l’accusation tend au mieux à l’impuissance, à la délégation aux pouvoirs publics d’une vengeance que nous aimerions infliger aux fascistes. Au pire, à un mimétisme des institutions du pouvoir, qui ne semble pas très crédible, et qui, si elle était crédible, n’en serait pas plus sympathique (tribunaux populaires).

Il faut être lucides : dans le cas de l’arrestation et du jugement des assassins de Clément Méric, cette mécanique impuissance/délégation trouve sa source dans la gravité de la situation, qui est telle que l’intervention de l’État via la police criminelle paraît aussi inévitable qu’intrusive.

Mais si on sort de l’enceinte du tribunal et qu’on généralise cette attitude à l’ensemble de l’extrême droite « radicale », cet appel à la fermeté entre inévitablement en résonance avec celui qui, depuis les institutions de l’État et de l’ordre public, veut lui aussi mettre fin à « l’impunité » de groupuscules qui incarnent la frange la plus milicienne du fascisme français.

Or, la structure même de ce discours sur l’impunité est sensiblement la même que celle employée par le pouvoir pour qualifier les pratiques et les groupes les plus combatifs des mouvements et conflits sociaux auxquels nous participons.

Un rapide coup d’œil sur l’histoire des dispositifs répressifs majeurs développés par l’État français depuis un siècle ne manque d’ailleurs pas de nous renseigner sur le piège évident que comporte un appel au renforcement de la répression contre l’extrême droite.

On pourrait citer la Cour de Sûreté de l’État, mise en place dans le but de démanteler et liquider l’OAS, ou encore en 1936 la « loi sur les groupes de combat et milices privées » qui rend possible la dissolution de groupes politiques tout en pénalisant leur recomposition1. Ce dispositif est au centre de la protection de l’État vis à vis des groupes politiques les plus virulents. La dangerosité de cette mesure, qui empêche concrètement de s’organiser politiquement, a été éprouvée plus tard par beaucoup de groupes révolutionnaires français dans l’après-68 (Gauche Prolétarienne, Jeunesse Communiste Révolutionnaire, Mouvement du 22 mars…).

Au cœur de la répression de l’extrême droite suite à la mort de Clément Méric, on trouve encore l’utilisation de cette loi, qui a servi à dissoudre les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, Troisième Voie, l’Oeuvre Française et les Jeunesses Nationalistes. L’application des décrets de dissolution entraîne des mesures extrêmement lourdes allant d’interdictions d’entrer en contact pour des cercles très larges d’individus à celles frappant des pratiques à la fois banales et essentielles, comme les diffusions de tracts, les réunions, rassemblements… Certains de leurs dirigeants ont été poursuivis très récemment pour « reconstitution de ligue dissoute ». La question n’est pas de plaindre des ennemis politiques, mais de comprendre comment des dispositifs juridiques qui touchent ces mêmes ennemis menacent des pratiques et des formes d’organisation, existantes ou potentielles, portées par les luttes et les mouvements sociaux, et dont l’existence et l’extension sont des conditions pour peser dans le rapport de force contre l’État et le capital.

Compte tenu de l’extension de l’aspect judiciaire de la répression actuelle des mouvements sociaux, on peut très sérieusement s’interroger sur le danger que comporte un renforcement de l’arsenal d’État, contre des groupes jugés subversifs par le pouvoir, qu’ils soient formels ou non (la loi s’appliquant notamment sur les associations de fait).

Si de tels dispositifs devaient tomber dans les mains de gouvernements d’extrême droite, il est évident qu’ils serviraient en premier lieu a réprimer les groupes révolutionnaires.

À généraliser le fait de s’en remettre à la justice et à l’intransigeance de l’État face aux actions de l’extrême droite, le risque est évidemment de valider la position actuelle du gouvernement libéral et de l’ordre républicain qu’il incarne, comme seul rempart crédible à l’extension du nationalisme le plus réactionnaire.

La récente mise en lumière de réseaux d’extrême droite se préparant à mener des attaques armées conforte par ailleurs l’appareil répressif anti-terroriste comme étant le seul à même de s’y opposer2.

– Vis-à-vis des fascistes eux-mêmes :

Plus problématique encore, le discours sur la « fin de l’impunité » concurrence celui de l’extrême droite sur le « laxisme de la justice » principalement dans des affaires criminelles.

On a vu comment celui-ci s’illustre ignoblement en Allemagne où toute la gangrène néo-nazie du pays s’est mobilisée le 27 août 2018 à Chemnitz au cri de « nous sommes le peuple » pour exiger une sanction exemplaire suite à un meurtre qui aurait été commis par deux immigrés, en saisissant l’occasion pour mener des ratonnades contre tout ce qui ressemblerait à un migrant.

Peu de temps avant, le 11 août, le groupe Génération Identitaire avait lui aussi tenté de créer une mobilisation suite à la mort d’un jeune à la sortie d’une boîte de nuit à Grenoble. L’opération avait lamentablement échoué, la famille s’étant dit extrêmement choqué par cette récupération politique. La proximité dans le temps de ces deux événements situés à plusieurs milliers de kilomètres, et pouvant regrouper aussi bien des citoyennistes réactionnaires que des nazis en uniforme, prouve que la tactique d’appel à une justice intransigeante est intégrée et systématisée par une aire très large de l’extrême droite, qu’elle soit française ou allemande.

Or, si nous partageons tous l’objectif de démolir le discours qui renvoie les fascistes et les révolutionnaires dos-à-dos, alors nous devons réaffirmer qu’à ce sujet nous entretenons un rapport fondamentalement différent aux autorités policières, judiciaires et aux pouvoirs publics.

Car contrairement aux actions des groupes révolutionnaires, toutes les attaques de l’extrême droite (y compris de la bande nazie la plus versée dans l’action de rue) appellent systématiquement à un renforcement et une intervention de l’État via ses flics, ses procureurs ou son armée… avec le fantasme caractéristique des nazillons de former leurs milices intégrées au bon fonctionnement des institutions.

On a pu le voir à de multiples reprises, à Rennes comme ailleurs : dans l’évacuation du plus grand squat de migrants de France, à Pacé en 2012, dans la défense d’une propriétaire dont une des maisons vide était occupée en 20151, ou encore à travers la tentative de déblocage de l’université Rennes 2 lors du mouvement du printemps 2018… De manière constante, l’extrême droite de rue comme celle de parti cherche toujours à incarner l’avant-garde (et y parvient malheureusement parfois) d’une intervention des pouvoirs publics jugés endormis ou paralysés par la bureaucratie et la « bien-pensance ».

De ce point de vue, notre position se doit d’être radicalement opposée en terme pratique et politique : demander (comme cela a été fait par des « camarades » à Rennes) un renforcement de l’intervention de la préfecture et de la mairie (qui a conduit à la mise en place d’un nouvel équipage BAC de nuit) après une descente brutale de 40 pseudos gudards un soir en centre-ville n’est pas simplement stupide et contre-productif.

C’est une véritable victoire politique pour des fascistes à peine capables de s’organiser en dehors de bastons rituelles, et qui voient chez les bacqueux des modèles virils, racistes, en plus d’alliés objectifs contre nous.

II) Retrouver des perspectives et construire une autonomie politique dans le combat contre l’extrême droite

Pour nous, l’explication d’un tel paradoxe, d’une telle contradiction dans nos positions tient essentiellement à la question de l’urgence et de la réaction : le rapport que la mouvance révolutionnaire entretient à l’extrême droite se pense presque toujours dans des temps où cette dernière est assez puissante pour passer à l’acte, ou pire, lorsqu’elle est aux portes du pouvoir (local ou national).

L’urgence d’agir et l’horreur du moment motive alors assez aisément des discours d’appel à la justice, à l’appareil d’État et par effet de prolongement à l’ordre public… Avec des épisodes massifs comme en 2002 où toute critique pertinente de l’extrême droite était engloutie dans un tsunami républicain que certains rêvent toujours de reconstituer.

Pourtant, nous aurions tort d’oublier nos quelques victoires : si le Front National ne peut plus organiser de meeting à Rennes depuis bientôt quatre ans, c’est bien parce qu’une violente émeute a retourné le centre-ville (LIEN) et remis au cœur des enjeux politiques l’usage de l’ancienne bourse du Travail (où les fascistes avaient été autorisés à tenir leur tribune), réinvestie comme « Maison du Peuple » et épicentre de la lutte pendant le mouvement de 2016.

Si les conférences d’un réactionnaire se revendiquant de la « race celte » ont été annulées sur la fac peu de temps avant, c’est bien qu’une réaction collective et déterminée a pu avoir lieu à Rennes 2 pendant une période où il ne s’y passait quasiment rien.

On pourrait également citer la manifestation nantaise de février 2017, ainsi que l’action menée par des camarades de la ZAD contre les bus chargés de fachos, qui ont montrés un niveau d’organisation collective rarement atteints depuis des années.

Encore plus récemment, il faut saluer l’initiative des camarades qui, sur la brèche, ont bloqué un bus entier en partance pour la dernière Manif pour Tous.

Nous pensons qu’il est vital d’attaquer et ruiner l’extrême droite avant même qu’elle ne mène l’attaque : lorsqu’elle est faible, divisée, y compris lorsqu’elle se cache derrière les apparats victimaires du citoyennisme et de la liberté d’expression.

Qu’en ville, dans les bars, les salles de concert, les stades, les lycées, au boulot ou à la fac, etc., il faut se donner les moyens de tricardiser et tuer dans l’œuf le moindre projet de petit groupe, la moindre velléité d’organisation, qui peut par ailleurs très vite devenir dangereuse et polluer toutes nos activités politiques. Sapons l’action de l’extrême droite avant d’en arriver au point où nous devront solliciter ceux qui nous matraquent, nous jugent et nous condamnent dans nos luttes.

Que ce soit le Front National, le GUD, l’UNI, les hooligans, les soraliens, identitaires, nationalistes bretons d’Adsav ou du Parti Breton, nazillons métalleux et royalistes, aucun ne doit être pris à la légère, dans la mesure où ces groupes sont notoirement poreux et sont capables de s’agglomérer en l’espace d’une mobilisation éclair sur internet (comme au squat de Pacé, lors de « l’affaire Maryvonne », ou encore à Trebeurden), pour faire des coups pensés comme des appels aux pouvoirs publics.

À ce titre, nous devons être absolument déterminés à nous coordonner formellement et à nous tenir prêts à faire face à ces raouts-éclairs, et à ne jamais sous-estimer la vitesse à laquelle le fascisme peut devenir grégaire et engendrer des mobilisations de l’ampleur de Chemnitz et Kothen en Allemagne.

L’extrême droite fait également son beurre sur des mouvements réactionnaires et anti-fiscaux (les Bonnets Rouges, la Manif pour tous…). Elle tente aussi de s’immiscer dans des conflits sociaux et entretien une confusion qui a pour but de faire émerger ses propres mots d’ordre.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, les camarades angevins appellent à une grande manifestation le 22 septembre contre l’implantation du Bastion Social dans leur ville.

Plutôt que de se lancer dans de tristes procès, il nous semble plus constructif de répondre le plus nombreux possible à l’appel, et d’établir un lien durable avec les groupes mobilisés afin d’être capable de bouger sur le grand ouest rapidement et efficacement lors d’initiatives contre l’extrême droite.

Par ailleurs, nous savons tous par expérience que le meilleur antidote contre l’extrême droite est une conflictualité sociale vivante, combative et révolutionnaire, que son absence dans les zones et les pays qui connaissent une forte poussée réactionnaire en Europe de l’Ouest en est une des causes principales.

À bas la justice et l’extrême droite !

Vive le mouvement social !

1 Loi mise en place sous le front populaire après les événement du 6 février 1934 où les croix de feu, un rassemblement d’anciens combattants proche de l’extrême droite, avaient marché sur l’assemblée nationale.

2 Deux groupes d’extrême droite ont été démantelés par la police le premier en octobre 2017 et le second en juin 2018. Le premier s’était constitué autour de Logan Alexandre Nisin et avait des projets d’attentats et d’assassinats politiques. Le second, « Action des Forces Opérationnelles », était un réseau d’ancien militaires et d’ancien policiers qui aurait projeté des actions contre ce qu’ils considéraient être des islamistes.

3 Voir sur le site www.antifabzh.lautre.net « Dossier – l’affaire Maryvonne Thamin : quand les fascistes s’en prennent aux squatteurs »

Cédric herrou bousculé à valence par des militants anti-migrants de génération identitaire

Publié le 2018-09-19 08:30:05

Dimanche 16 septembre, 19h. Une centaine de personnes attend patiemment devant le cinéma Le Navire, à Valence, pour assister à la projection du film « Libre », qui raconte le combat de Cédric Herrou. Le célèbre agriculteur de la Roya (Alpes-Maritimes), qui accueille chez lui des migrants arrivés d’Italie, est aussi présent. L’ambiance, bon enfant, dégénère quand huit hommes d’une trentaine d’années débarquent de « manière agressive », rôdent autour du cinéma et balancent de la farine au visage de Cédric Herrou.

« Ils avaient tous la tête recouverte d’une capuche noire et portaient des écussons du mouvement [anti-migrants et d’extrême droite, NDLR] Génération identitaire », raconte à InfoMigrants l’agriculteur qui reçoit régulièrement des menaces de morts à son domicile. Rapidement, le public réussit à maîtriser l’un des identitaires, qui finit par terre avant de s’enfuir avec ses comparses. « Une ambiance carnavalesque maladroite et ridicule qui tourne mal », se moque Cédric Herrou sur son compte Facebook.

Si le militant prend cette « agression » avec humour, il en reste pas moins indigné. « C’est de l’intimidation et ça peut devenir dangereux. De plus, je trouve que c’est très grave d’attaquer un lieu qui diffuse un film », déplore l’emblématique agriculteur. « On est en démocratie ! On n’attaque par la culture et l’art », continue-t-il.

Cédric Herrou n’envisage pour l’instant pas de suite judiciaire, mais le cinéma a lui porté plainte.

Le groupuscule d’extrême-droite Génération identitaire s’est fait connaitre l’été dernier avec son navire C-Star. Le bateau a voulu empêcher les ONG humanitaires de secourir les migrants en mer Méditerranée. Cet hiver, ils ont également fait parler d’eux en bloquant le Col de l’échelle, dans les Alpes, point de passage de nombreux migrants venant d’Italie.

Nouvelle-Calédonie : Contre les nuisances minières, contre l’autorité traditionnelle

Publié le 2018-09-19 08:35:06

Tahiti-Infos / vendredi 13 septembre 2018

Filiale du groupe français Eramet, la SLN a fermé le site d’extraction de Kouaoua (côte est de Nouvelle-Calédonie) le 14 août, estimant « ne plus être en mesure d’assurer la sécurité de son personnel et de ses installations ». La force majeure a été déclarée.
En raison de cette crise, l’industriel est en situation « difficile » pour atteindre son objectif de production de 57.000 tonnes de ferronickel en 2018, de même que celui de baisser son coût de production à 4,5 dollars la livre sur l’année, a-t-on appris de même source.
La décision de fermeture est intervenue après 10 incendies d’origine criminelle depuis avril du convoyeur du site, La Serpentine, qui descend le minerai de nickel de la mine au bord de mer et après le blocage des accès à la mine par une cinquantaine de jeunes pour des questions environnementales.

Ces jeunes protestent contre l’ouverture par la SLN de trois nouveaux gisements, suspendue par arrêté début septembre afin d’apaiser les esprits.
Dans ce conflit, les jeunes s’opposent aux chefs coutumiers kanak de la région, qui avaient par le passé donné leur feu vert à ces nouvelles exploitations.
Avec l’appui de l’État, une médiation est en cours mais elle n’a jusqu’alors pas abouti.
Vendredi, une commission minière communale, rassemblant autorités administratives, SLN et responsables coutumiers, a eu lieu à la mairie.
L’avis favorable au projet d’ouverture de mines a été confirmé et des discussions avec les jeunes ont été programmées.
L’issue de la réunion a toutefois été marquée par un incident grave: un responsable coutumier est décédé d’une crise cardiaque après avoir lu une virulente déclaration.
« Il y a une ambiance abominable entre les coutumiers et les jeunes, qui sont parfois leurs propres enfants ou des neveux et nièces« , a confié à l’AFP un employé sur mines.
Ce conflit qui touche quelque 400 salariés et prestataires, intervient alors que la SLN enregistre des pertes pour la sixième année consécutive et qu’un plan d’amélioration de la compétitivité, indispensable à la pérennité du premier employeur du Caillou, est en œuvre.
Les dégâts des incendies de La Serpentine ont par ailleurs été évalués à 1.6 million d’euros tandis que depuis le blocage du site, de nouveaux incendies et actes de vandalisme ont à nouveau touché le convoyeur.
Ce conflit lourd et complexe nourrit en outre les inquiétudes des autorités en Nouvelle-Calédonie, à quelques semaines du référendum sur l’indépendance le 4 novembre, qui pourrait cristalliser les tensions.

La gueule de leur mine

 

NdAtt. : on peut lire de quelques unes de ces attaques contre les sites miniers de SLN ici.

Grenoble : Ni shop, ni connecté !

Publié le 2018-09-19 08:35:11

extraits de Place Gre’net / dimanche 16 septembre 2018

Dimanche 16 septembre au matin, les débris sont encore bien présents sous les regards curieux des promeneurs dominicaux et des fidèles se rendant à l’église Saint-Louis. Le Shop Tour connecté, boutique itinérante installée rue Félix-Poulat à Grenoble par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Grenoble, a été incendiée dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 septembre. Le local mobile avait été inauguré la veille.

Objectif du Shop Tour connecté ? Présenter des innovations et « tester les nouvelles technologies numériques pour s’adapter aux nouveaux comportements d’achat »,écrivait la CCI. Écrans connectés, étiquettes intelligentes, modules de réalité virtuelle ou augmentée, autant d’équipements partis en fumée. Installé rue Félix-Poulat, le Shop Tour devait déménager Caserne de Bonne le 15 septembre; avant d’être installé à Voiron, Crolles puis Pontcharra.

Si l’origine de l’incendie est encore inconnue, les employés de la structure ont du mal à croire à une cause accidentelle. « Il n’y avait pas de combustible ou de matériel qui puisse être source de flammes », indique ainsi l’une d’entre-eux à nos confrères de France Bleu. Sur Twitter, tout en dénonçant le sinistre, le directeur général de Grenoble École de management Loïck Roche évoque pour sa part une « destruction au cocktail Molotov » du Shop Tour de la CCI. […]

De la Haute-Savoie aux Yvelines : Stop au spécisme, stop à la répression !

Publié le 2018-09-19 08:36:05

A Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie) :

Le Messager / mardi 18 septembre 2018

Le mardi 18 septembre à 3 heures, des militants antispécistes s’en sont pris aux vitrines de la boucherie Les fils de René Comte située sur la place du Maquis-des-Glières, au cœur de Saint-Julien-en-Genevois.


Réveillé par des bruits de verre cassé, un commerçant du centre-ville de Saint-Julien-en-Genevois a rapidement prévenu les forces de l’ordre le mardi 18 septembre à 3 heures du matin. « On dormait les fenêtres ouvertes quand j’ai entendu le bruit d’une vitre qu’on casse. Je me suis levé et j’ ai vu les silhouettes d’un homme et d’une femme s’enfuir du côté du Crédit agricole. Je leur ai crié que j’allais appeler la police pour les faire fuir. L’un des deux individus est même revenu sur les lieux en vélo pour récupérer quelque chose », témoigne Laurent Lambert, le gérant du Carrefour.

La boucherie voisine, Les fils de René Comte, vient en effet de se faire attaquer par des militants antispécistes et anti-viande. Les deux vitres de la boucherie, installée depuis 53 ans dans la commune, sont brisées et un tag de peinture noire, à moitié lisible, orne la façade.

Rien d’étonnant pour le cogérant Jean Comte, dans l’entreprise familiale depuis 32 ans : « C’est la première fois que nous subissons ce genre de vandalisme mais je ne suis qu’à moitié surpris car, en France, il y a déjà eu presque 70 boucheries attaquées par ces militants. La Confédération nous avait avertis ».

Dépité, le maire Antoine Vieillard [ci-contre la tête de ce charmant monsieur, encarté au MoDem; NdAtt.] a rapidement réagi sur sa page Facebook : « Les fascistes antispécistes qui veulent vous interdire de manger de la viande contre votre gré se sont attaqués cette nuit à une boucherie de Saint-Julien. En parallèle de l’enquête en cours et par solidarité avec les excellents bouchers de Saint-Julien, je vous propose cette semaine de vous souvenir en mangeant beaucoup de viande que l’on peut débattre, échanger et dialoguer sans violence. »

Les vidéos émanant des caméras de surveillances installées aux entrées de la ville ont été transmises à la police municipale. L’enquête est en cours.

*****

A Saint-Arnoult-en-Yvelines :

Le Parisien / mardi 18 septembre 2018

[…] Ce mardi matin, Marie Montini, qui tient la fromagerie – crémerie du centre-ville de Saint-Arnoult-en-Yvelines, a été réveillée par les gendarmes lui signifiant que sa boutique avait fait l’objet d’une attaque dans la nuit de lundi à mardi. Sur place, la commerçante n’a pu que constater les dégâts : vitrine fendue et façade barrée des mots « stop spécisme » tagués à la peinture rouge.

[…] Les cas de dégradations d’une fromagerie par les extrémistes véganes sont encore rares. L’une a eu lieu à Lyon (Rhône) l’an dernier, l’autre dans le Nord cet été. À quelques mètres de la boutique de Marie Montini, la Boucherie du Centre, victime d’une attaque du même type, toujours dans la nuit entre 3 heures et 4 heures du matin, n’est, elle, pas la première à être la cible des antispécistes. […] Là aussi la vitrine et la porte ont été brisées par de grosses pierres, la façade taguée avec ces mots : « Stop à la répression ». […]

La Boucherie du Centre de Saint-Arnoult est, elle, la deuxième à subir une attaque de la part d’extrémistes véganes dans le département. Le 2 juillet dernier, c’est un établissement de Jouy-en-Josas dont la porte vitrée avait été brisée. Le slogan « Stop spécisme » avait été tagué sur sa vitrine. « Il n’est pas normal de s’en prendre à d’innocents travailleurs comme cela, déplore Jean-Raymond Dumas, président de la Fédération de la Boucherie en Ile-de-France. On ne sait pas ce que cherchent ces gens, et j’ai peur qu’un jour, ils tombent nez à nez avec un commerçant pendant une de leurs actions. Il pourrait y avoir un drame ! L’Etat va devoir réagir, proposer des solutions. Cela commence à faire beaucoup trop de dégâts. » Début juillet, la Confédération française de la boucherie-charcuterie et traiteurs (CFBCT) avait chiffré « au moins à une cinquantaine, soit par des tags soit par des bris de glace » le nombre d’actes ayant visé des boucheries sur l’ensemble du pays.

Prison de Fresnes : Même après les arrestations, les incendies de voitures de matons continuent !

Publié le 2018-09-19 08:36:10

Le Parisien / lundi 17 septembre 2018

Au total 4 voitures ont été détruites et 2 endommagées dans la nuit. Plus de 15 véhicules ont été incendiés depuis le mois de juin. Vingt personnes ont dû être évacuées du domaine pénitentiaire de Fresnes dans la nuit de dimanche à lundi. Tous membres du personnel qui se trouvaient dans un bâtiment appartenant au site lorsqu’un incendie de véhicules s’est déclaré à proximité. Le cinquième incendie du genre en quelques mois.
Quand la police est arrivée sur place peu après 2 h 30 du matin plusieurs voitures étaient en feu sur un parking réservé au personnel de la prison entre les miradors 4 et 5. Au total six voitures ont été touchées : quatre incendiées, deux endommagées par propagation. Il n’y a eu aucune victime mais une évacuation d’un bâtiment par précaution donc, les flammes ayant commencé à le noircir.

D’après nos informations, un surveillant qui se trouvait dans l’un des miradors de la prison aurait aperçu un homme vêtu de noir mettre le feu avant de prendre la fuite en courant, vraisemblablement vers la cité Jean-Moulin.

Le nouvel incendie de voitures, le cinquième en quatre mois, intervient alors que quatre hommes dont trois mineurs ont été mis examen jeudi pour des incendies similaires survenus depuis le mois de juin. Ils ont été écroués, conformément aux réquisitions du parquet de Créteil, pour destruction du bien d’autrui par incendie en bande organisée.Ils font partie des six jeunes qui avaient été interpellés le 10 septembre par les policiers du SDPJ 94. Un septième avait été extrait d’un établissement pénitentiaire. Selon nos informations, ces individus feraient tous partie d’une bande de Fresnes, la « West gang » dont les « motivations » restent pour l’heure mystérieuses [sérieux ? NdAtt.].

A ce moment-là, 13 véhicules avaient déjà été incendiés. Près de 20 à ce jour. Une « étape » a été « franchie » pour le bureau local de Force ouvrière, des logements ayant « subi les dommages collatéraux de cette escalade de violence ». Et de réclamer « la présence de CRS sur le domaine et ses alentours ». Si « rien n’est fait », le même syndicat appelle à une mobilisation sur le domaine pénitentiaire mardi à partir de 19 h 30.
Sollicitée à ce sujet, l’administration pénitentiaire n’était pas en mesure de nous répondre lundi soir. Début août, suite à un autre incendie, elle avait évoqué le déploiement progressif d’un « vaste plan de sécurisation du domaine de Fresnes » comprenant notamment « la mise en place de filets anti-projection de 15 m de haut rendant impossible les projections », « l’installation par la mairie avec le soutien de la préfecture de quatre caméras à proximité du domaine pénitentiaire avec renvoi sur poste de sécurité de l’établissement », « la création d’une équipe locale d’appui et de contrôle dotée d’un véhicule pour circuler sur le domaine ».

[v českém jazyce]

Communiqué : mardi soir nous avons attaqué l’étude d’avocat M&Z Legal

Publié le 2018-09-20 08:50:07

M&Z Legal est une étude qui se trouve à Genève. Elle est le principal partenaire de la Chambre du Commerce et de l’Industrie Suisse-Turquie (CCIST) pour toutes les questions de droit commercial entre les deux pays.



Par notre action nous tenons à dénoncer toute collaboration avec le régime dictatorial de Recep Tayyip Erdogan. La Suisse malgré son discours officiel “critique” face à Erdogan continue à investir massivement en Turquie. En 2015, elle était le 12e investisseur au plan mondial et en 2017 les échanges commerciaux entre les deux pays s’élevaient à 4.6 milliards de francs.

La Suisse vend directement ou indirectement des armes à Erdogan et ses milices que ce soit en Turquie ou en Syrie. Il y a peu des grenades suisses étaient retrouvées dans le nord de la Syrie aux mains de l’Etat Islamique. Jusqu’en 2017, l’industrie suisse de l’armement a continué de vendre du matériel militaire à la Turquie alors que les liens entre la dictature turc et l’Etat Islamique ou d’autres groupes islamistes étaient connus. Ses armes ont très certainement été utilisées lors de l’invasion d’Afrin et continueront à servir à attaquer le projet révolutionnaire au Rojava et dans les autres régions du Kurdistan.

Le régime de l’AKP est aussi connu pour ses violations des droits humains et sa répression contre tous les mouvements sociaux progressistes. Par l’enfermement de syndicalistes, journalistes, avocat.es, politicien.nes progressistes, enseignant.es, militant.es LGBT, Erdogan tente d’écraser toute opposition. Ces tentatives ne s’arrêtent pas aux frontières de la Turquie car en Europe et en Suisse aussi, les opposant.es sont poursuivi.es par des voies légales comme des mandats d’arrets internationaux que les pays occidentaux s’empressent d’appliquer. La Suisse a à plusieurs reprises arrêté des opposant.es politiques puis les a extradé.es en Allemagne d’où ils/elles sont menacé.es d’être remise aux autorités turques. Quand Erdogan n’arrive pas à ses fins par les voies légales il n’hésite pas a faire appel à des milices en Europe qui feront le sale travail.

Nous espérons que notre action sera suivie par d’autres, en Suisse et ailleurs contre tout les collaborateurs et profiteurs de la dictature Turque.

Nous saluons aussi toutes celles et ceux qui se déplaceront à Berlin et à Köln les 28 et 29 septembre lors de la visite d’Erdogan en Allemagne. Que sa visite soit un désastre !

Longue vie aux mouvements révolutionnaires en Turquie et au Kurdistan !

Biji bexwedana Afrine ! Biji bexwedana Rojava !

Berxwedan Jîyan e !

Commando Sehid Barbara Kistler



[zad nddl] en mémoire de steffen et tout les autres !

Publié le 2018-09-21 09:45:10

Comme l’Etat français l’a fait pour la ZAD de NDDL, l’etat allemand a choisi d’utiliser une répression impressionantes afin d’expulser les 150 occupantes. Plus de 3000 robocops, certains a cheval, canons a eau, plusieurs blindés et helicoptéres ont été déployés afin d’accomplir la destruction.
Une enième fois la présence répressive dela flicaille a fauché la vie d’un militant.

Nous avons en réponse exprimé un feu de rage sur la route D281 dans la zone a défendre de NDDL a feu lama faché, construite avec des camarades de hambach et detruite en avril 2018 par les forces repressive de l’état.

Nous ne voulons ni des flics ni du capitalisme destructeur et oppresif. Ni içi à notre-dame-des-landes, ni a Hambach, nullepart !

Contre l’exploitation par le capitalisme ! Contre la destruction du naturel ! Contre la répression par l’etat et ses robocops !
Nous continuons la lutte pour un lendemain solidaire qui nous plaît !
ZAD PARTOUT !

En mémoire de Rémi, Steffen et toutes les autres !
Solidarité internationale !
#ZAD #NDDL #HambiBleibt
#ACAB

Détruire la Civilisation, détruire la Nature

Publié le 2018-09-21 09:46:08

Détruire la Civilisation, détruire la Nature
Thèses pour la décivilisation et le devenir dangereux

Vagabond Theorist / sans date

1.
Un des préjugés prédominants les plus nocifs de cette époque est la foi dans une Nature en tant qu’entité unifiée, séparée et même opposée à l’Humanité (perçue elle aussi comme une entité unifiée). Dans le contexte de cette doctrine, ce qui est spécifiquement Humain – ce qui est crée par l’activité humaine consciente – est appelé Artificiel, en tant qu’opposé au Naturel.

2.
Le concept de Nature (à savoir le concept que tous les êtres, choses, relations et activités non crées par des êtres humains constituent un ensemble unifié qui est en contraste avec toutes les choses, êtres, relations et activités consciemment crées par des êtres humains) est lui-même un produit de l’activité humaine consciente et, de ce fait, artificiel.

3.
Étymologiquement, le mot « nature » fait simplement référence à ce qui est né dans quelque chose, quelque chose qui lui est inhérent ; « artifice » fait référence à quelque chose qui est fabriqué avec une compétence consciemment appliquée. Considéré de cette façon il n’y pas d’opposition nécessaire (« naturelle », si vous voulez) entre « nature » et « artifice », puisque ce qui est crée consciemment et avec maîtrise peut être fait seulement à partir d’êtres naturels (du moins pour le moment), avec une capacité innée à apprendre à agir consciemment et avec maîtrise.

Cela ne signifie pas que tout, ou même la plupart, des créations « artificielles » sont désirables. Tout comme il y a des réalités « naturelles » qui peuvent nous causer préjudice, il y a de nombreuses réalités « artificielles » qui nous sont nuisibles. De plus, tandis que les préjudices « naturels » sont normalement des événements temporaires que nous pouvons endurer et dépasser, les créations artificielles qui nous causent préjudice sont souvent censées être permanentes et même de plus en plus grandissantes. Ainsi, la seule possibilité de mettre fin à leur caractère nocif est de les démanteler ou de les détruire. Par exemple, les institutions, les structures de grande ampleur et les systèmes technologiques sont tous crées par l’activité humaine consciente. Ils forment un réseau qui définit et limite les possibilités de nos vies. Ils nous portent préjudice socialement et psychologiquement avec les limitations qui estropient l’imagination et la capacité créative. Ils nous portent préjudice physiquement, causant ou augmentant les désastres, les maladies, la pauvreté, la pollution etc. Les dépasser ne demande pas de l’endurance, mais plutôt une activité humaine consciente qui vise la destruction…

En outre, il y a des aspects de la réalité dans laquelle nous vivons qui ne sont ni « naturels », ni « artificiels », ni innés ni consciemment crées ; je parle là du large éventail des contingences historiques, sociales et culturelles qui se développent à partir du continuel, fluide entrelacement des relations humaines entre elles et avec les choses et êtres non-humains. Bien qu’elles se développent à partir de l’activité humaine, ce ne sont pas des créations conscientes, mais elles reflètent plutôt la rencontre avec le hasard et la nécessité de la vie dans ce monde. Pour cette raison, cela reflète souvent l’absurdité de la tentative de rationaliser institutionnellement le monde. Mais souvent cela offre aussi des possibilités de défier cette rationalisation institutionnelle. Ainsi, afin d’attaquer l’ordre dominant civilisé, nous devons regarder au-delà de la dichotomie « naturel »-« artificiel » et explorer cette sphère de contingence historique, sociale et culturelle, afin de saisir ce que nous pouvons utiliser comme arme pour notre révolte.

4.
La conception de la Nature en tant qu’entité unifiée est à la base de deux idéologies apparemment contradictoires, mais en fait complémentaires, qui servent l’ordre dominant, imposant le contrôle sur nos vies : l’idéologie moraliste qui associe le bien au Naturel et le mal à l’Innaturel, et l’idéologie métaphysique de l’aliénation inhérente, qui voit la nature comme une force hostile à l’Humanité et à son développement, une force à conquérir et à soumettre.

L’idéologie morale est appliquée à un plus ample degré dans le domaine sexuel, mais a été utilisé aussi contre les expériences magiques et alchimiques, tout comme toute activité qui est vue comme un défi à la domination de dieu (hybris). A notre époque, elle est employée contre une multitude d’actes sexuels, et aussi contre l’avortement. Les minorités sexuelles intéressées par l’assimilation essayent souvent de prouver la naturalité de leur sexualité (par exemple en déclarant que c’est génétique), opposée à l’innaturalité d’autres formes de sexualité (la pédophilie, dont la définition a été étendue dans les dernières années pour définir l’attraction sexuelle qu’un adulte prouve envers quelqu’un qui est en dessous de l’age légale de consentement (*) et, dans une moindre mesure, la zoophilie sont les principaux exemples contemporains de désir « innaturel »). Mais que ce soit utilisé contre l’hybris des prétendues sorcières, alchimistes ou courageux mécréants, ou bien contre certains actes sexuels ou reproductifs, cette Nature morale sert comme outil pour garder en échec la passion et le désir et donc pour nous garder sous contrôle.

L’idéologie qui voit la Nature comme une force hostile que l’Humanité doit conquérir afin de satisfaire ses besoins, survient dans une certaine mesure avec toute civilisation, mais elle semble être devenue la conception dominante seulement avec la civilisation occidentale, au cours des derniers 5000 ou 6000 ans. Son ascension à la position dominante, en effet, correspond à l’ascension du capitalisme et au début de l’industrialisme. Ça a été nécessaire de commencer à canaliser les efforts créatifs humains dans une activité qui exploite au maximum toute les ressources économiques possibles – naturelles et humaines – et cette idéologie a fourni une justification pour un tel développement de l’exploitation. Elle utilise les maladies, les tempêtes, les inondations, les sécheresses, les tremblements de terre et d’autres soi-disant problèmes et catastrophes naturelles pour appuyer cette perspective et justifier les interventions technologiques de contrôle les plus intrusives. Plus que l’idéologie morale, cette perspective est la justification moderne de la domination et du contrôle.

5.
La civilisation est un réseau d’institutions qui nous aliènent matériellement et pratiquement de nos vies et de notre créativité et, en même temps, de la myriade de relations avec la variété infinie d’êtres et de choses qui composent le monde dans lequel nous vivons. Cette aliénation est ce qui transforme la multitude d’êtres et de choses dans l’unité de la Nature. Cette unité est le miroir de l’unité imposée de la civilisation.

6.
Surmonter l’aliénation peut donc être vu comme un processus de décivilisation. Mais qu’est que cela signifie ? Cela ne signifie pas un retour à l’état sauvage, revenir en arrière à l’état primitif, revenir à la Nature. Toutes ces idées impliquent le retour à une façon d’être qui est, en réalité, un modèle conceptuel (le Monde sauvage, le Primitif, le Naturel) et donc un idéal de civilisés. La décivilisation n’est pas le retour à quoi que ce soit. Le flux de relation entre des individus en perpétuelle évolution, qui est l’existence en dehors de la dichotomie Civilisation-Nature, n’est pas reproductible. Ainsi, la décivilisation doit être comprise et explorée sans modèle aucun, sans aucun concept de retour.

7.
Un processus de décivilisation serait, au contraire, un processus de destruction et de démantèlement. Certes, d’institutions et de structures matérielles et sociales ; mais aussi de structures idéologiques, les fausses unités conceptuelles (les « fantômes » de Stirner) qui canalisent la pensée à un tel niveau que la plupart de nous ne s’aperçoivent même pas de ces chaînes autour de notre pensée. L’unicité de la nature, l’unicité de la Vie, l’unicité de la Terre sont toutes des constructions idéologiques civilisées qui perpétuent la vision de notre relation avec le reste du monde à travers le prisme de l’aliénation.

8.
Dans cette optique, le désir d’attaquer et de détruire les institutions, les structures et les personnes qui imposent la domination du régime civilisé, devient significatif seulement si on expérimente des façons de saisir nos vies comme quelque chose qui nous appartient et des façons de se rapporter aux autres êtres en tant qu’individus qui s’efforcent de créer leur vies – par exemple quand nous attaquons concrètement les structures idéologiques qui canalisent nos pensées et désirs. Cela ne signifie pas rejeter toute catégorisation, mais plutôt reconnaître leurs limites en tant qu’outils précis. Les catégories peuvent, par exemple, nous aider à faire la différence entre plantes vénéneuses et comestibles. Mais elles ne peuvent pas nous dire la réalité, ni même les aspects les plus significatifs d’un autre être: ses désirs, ses aspirations, ses rêves…

9.
Reconnaissant et rencontrant l’unicité de chaque être à chaque moment, nous trouvons les bases pour déterminer comment réaliser nos désirs, pour reconnaître quand la complicité et l’entraide sont appropriées, quand le conflit est inévitable ou désirable, quand des rencontres passionnantes peuvent éclore et quand l’indifférence a un sens. Ainsi, nous sommes capables de nous concentrer sur ce dont nous avons besoin pour réaliser notre désir, quelle place, dans ce processus créatif, ont les autres êtres et choses et les relation que nous construisons avec eux.

10.
En ce qui concerne attaquer la civilisation, cela veut dire rejeter toute conception monolithique de celle-ci, sans perdre de vue son caractère de réseau entrelacé d’institutions et de structures interdépendantes. Ces institutions et structures fondamentales peuvent exister seulement à travers l’aliénation des individus de leurs vies. Cette aliénation est leur base. C’est pour cela que nous ne pouvons jamais faire nôtres ces institutions et structures fondamentales, et ça ne sert à rien d’essayer de les saisir comme elles sont. Il faut plutôt les détruire, les éliminer de notre chemin.

Mais le développement de la civilisation a crée une grosse quantité de sous-produit de toute sorte : matériaux, outils, bâtiments, espaces de réunion, idées, capacités, etc. Si nous regardons la civilisation de façon simpliste, comme un monolithe compact, nous ne pouvons que déplorer notre besoin de continuer à utiliser quelques-uns de ces sous-produits, tandis qu’on rêve d’un futur lointain dans lequel on vivra dans un paradis où toute trace de ce monolithe aura disparu.

Si, en revanche, on arrive à faire la différence entre ce qui est essentiel pour la civilisation et ses sous-produits, et à se rapporter à ces dernier sans médiations, en termes de nos besoins et désirs (c.a.d. d’une manière décivilisée), de nouvelles possibilités s’ouvrent pour explorer comment vivre à notre manière.

11.
C’est comme ça que les hors-la-loi, les dénommées « classes dangereuses » tendent à se rapporter au monde. Tout ce qui n’est pas cloué au sol est là pour être pris et utilisé pour créer de la vie. En tant qu’anarchistes qui reconnaissent la civilisation comme institutionnalisation de relations de domination et d’exploitation, nous pouvons aussi nous rapporter à ces sous-produits en termes de comment ils peuvent être utilisés pour attaquer, détruire et démanteler la civilisation.

12.
Mais comment l’idée de se relationner à chaque être individuel en son unicité affecte le besoin humain de créer consciemment et habilement ? Si nous concevons les myriades de relations en constant changement autour de nous comme une Nature monolithique qui nous est foncièrement hostile, les méthodes techniques et les structures que nous développons viseront à conquérir, contrôler et dominer cette force hostile (peut-être même à la détruire). Si, en revanche, nous nous voyons nous-mêmes et tous les êtres autour de nous comme des individus uniques dans des rapports d’interaction toujours mouvants les uns par rapport aux autres, nous continuerons d’utiliser notre adresse, mais pas pour conquérir un monolithe. Au contraire, nous les utiliserons pour tracer notre voie à travers une merveilleuse danse de relations – détruisant les institutions figées qui bloquent cette danse – d’une façon qui porte la plus grande jouissance dans nos vies.

13.
Une pratique de cette sorte demande une imagination vitale et active et une ferme espièglerie.

Par imagination j’entends la capacité de « voir au-delà » ce qui est, de voir les possibilités qui défient et attaquent la réalité actuelle plutôt que la développer. Je ne parle pas ici de l’adhésion à une vision utopique précise – qui tendrait à créer des monstruosités autoritaires à la recherche d’adhérents à dévorer – mais de la capacité d’une exploration utopique permanente, sans destination, sans finalité.

Peut-être que cela est ce qui distingue les anarchistes des autres hors-la-loi. L’imagination a déplacé leur conception de jouissance de la vie au delà de la simple consommation, vers une création ludique. Certes, les façons dont les hors-la-loi ont souvent consommé, dans l’histoire – le gaspillage de tout ce qu’ils ont gagné avec leur intelligence et audace, dans des excès de festins débauchés et la jouissance immédiate de la luxure – va à l’encontre de la valeur capitaliste de l’accumulation, il n’empêche que ça résume toujours la richesse des objets, reflétant l’aliénation des relations actuelles. Une imagination active, pratique, peut nous montrer la vraie richesse, qui peut bondir de relations libres et de l’activité créative.

Par ferme espièglerie, j’entends le refus de se compromettre en assumant une identité qui nous définit entièrement, le refus de prendre au sérieux précisément ces choses auxquelles cette société donne de l’importance, l’insistance sur l’expérimentation à tout moment, dans sa vie, sans se préoccuper d’un futur qui n’existe pas. Le monde est rempli de jouets, de jeux et de défis qui peuvent accroître l’intensité du vivre. Ils sont souvent cachés, enterrés en dessous du sérieux institutionnel ou des nécessités de la survie imposées par l’ordre dominant. L’appréhension rebelle et hors-la-loi de la vie implique le fait de briser ces barrières.

14.
Ainsi, un processus de décivilisation, de libération de soi des contraintes et des obligations imposées par le réseau d’institutions que nous appelons civilisation, ce n’est pas un retour à quoi que ce soit. Cela ne tourne pas autour de l’apprentissage de quelques compétences et techniques ou de l’application de certaines mesures utilitaires. Il s’agit plutôt de refuser la domination de l’utilitaire, la domination de la survie sur la vie, d’insister sur le fait de sortir dans le monde pour jouer à notre manière, nous emparant de ce qui nous donne du plaisir et détruisant ce qui se met en travers de notre chemin.

Note :
* A l’origine, cela signifiait l’attraction sexuelle d’un adulte envers un enfant non pubère.

[Chanson] Fille de Toto - Chorale Revolutionnaire Solidaire

Publié le 2018-09-21 16:34:07

Composée en 2015-2016, Fille de Toto est le detournement de Je suis fils de Corrigan Fest. À partager et à chanter sans modération dans toutes vos manifs, ZAD et lieux de luttes .



Je suis fille de toto qui milite à Montreuil,
Je suis fille de zadiste née parmi les chevreuils
Je suis fille d’antifa, grandie au syndicat
Et fille de féministe qui n’se mariera pas

Fille des perquisitions et des assignations
Enfant des gardes à vue et de la répression
J’ai une fiche RG bien qu’on me l’ait cachée
C’était sujet de honte j’en ferai ma fierté

J’ai été bercée par la semaine sanglante
Passé toutes mes vacances à Notre Dame des Landes
J’ai fait 60 AG, toutes au CICP
Et malheureusement, ç’n’a jamais rien donné

Et mes doudous c’étaient des tracts et des keffieh
J’ai appris la grammaire déjà féminisée
Posées sur l’infokiosque, mes rédactions scolaires
Même que parfois je rendais un tract contre la guerre

C’était moi la poussette des manifs déclarées
Avec des slogans j’ai appris à parler
Dès l’âge de 8 ans en noir dans les manifs
Et je sais que jamais je n’ai raté une diff’

Les collages que j’faisais à mon école primaire
C’était des affichages pour les no borders
Face a l’autorité je n’voulais pas m’soumettre
Et quand j’étais collée j’gueulais NI VIEUX NI MAITRES X2

Un nouvel elan dans la guerre aux pauvres

Publié le 2018-09-22 08:45:02

Après entre autres la baisse des APL et le durcissement des conditions de travail, Macron et son gouvernement mettent en place en ce moment une nouvelle loi, la loi ELAN. Il s’agit de déréguler le marché du logement, dans la plus belle veine des idées libérales. Le mot d’ordre est d’en finir avec toutes les barrières qui gênent encore un peu les propriétaires les plus riches de spéculer et de se faire du fric sur le dos des classes populaires.

Voici un condensé de ce qu’on trouve dans cette loi :

Criminalisation des squatteurs et squatteuses

Selon l’article 58 ter, squatteurs, locataires au noir, sous locataires non déclarés et tout habitant et habitante ne pouvant prouver qu’il est installé avec l’accord du propriétaire est passible d’un an de prison et 15 000 euros d’amende,
et d’une expulsion express sans jugement si le proprio porte plainte. La trêve hivernale est supprimée. S’agissant d’un délit continu (permanent), les occupants et occupantes actuels sont menacés, notamment les migrants et migrantes qui survivent depuis des années dans des squats après s’être faits virer des hébergements d’urgence. C’est aussi le cas de tout un tas de sans-abris qui ont réussi à s’abriter dans des maisons vides depuis des mois ou des années, et de toutes celles et ceux qui refusent de payer cette escroquerie légalisée qu’est le loyer.

Ce durcissement se faisait pourtant déjà poindre. A Paris par exemple, il y a un an déjà, un sans-papier écopait d’un an de prison ferme pour avoir tenté d’ouvrir un squat. Il était alors inculpé pour violation de domicile et tentative de cambriolage, bien qu’aucun objet n’ait disparu de l’aveu des proprios. La maison restera donc inoccupée pour nourrir la spéculation. 

L’INSEE comptabilise 9% de logements vides à Caen, soit près de 6000. Largement de quoi mettre un toit au-dessus de la tête de toutes les personnes à la rue. Mais l’Etat et le Capital ont depuis longtemps fait leur choix : peu importe que des gens soient à la rue, pourvue que quelques-uns et unes puissent faire fortune en faisant les poches des locataires et des petits propriétaires.

Davantage d’expulsions locatives

Il y a en France plus de 160.000 expulsions locatives chaque année. La loi ELAN se propose de les faciliter, et donc va en augmenter le nombre. Selon l’article 40 bis A, les délais de prévention de l’expulsion sont divisés par deux et passent à seulement un mois. Toujours plus de pauvres jetés dehors !

Baisse du nombre de logements sociaux

Les logements sociaux ne sont que des clapiers où l’on entasse les classes populaires. Mais c’est aussi le seul moyen de se loger pour des millions de gens… La loi ELAN va de fait en diminuer le nombre. Les villes doivent obligatoirement compter 25% de logements sociaux, bien que de très nombreuses villes préfèrent payer des amendes plutôt que de se conformer à cette règle. Selon l’article 46, les villes qui disposent entre 15 et 35% de logements sociaux pourront mutualiser dans le cadre de l’intercommunalité la production de HLM pour atteindre 25% en moyenne. En clair, on institue le fait que certaines villes peuvent concentrer les logements sociaux, pendant que d’autres à côté resteront le pré carré de la bourgeoisie.

La loi prévoit même que le taux de HLM des communes où un quart des habitants et habitantes sont sous le seuil de pauvreté pourra baisser à 20%. Plus il y a de pauvres, moins il y a de HLM pour les accueillir. Une façon comme une autre d’éradiquer la pauvreté…

Les logements sociaux pourront aussi être plus facilement vendus pour entrer dans le marché privé. A terme, c’est donc le parc de HLM qui va diminuer.

Favoriser le propriétaire face au locataire

Alors qu’il est toujours plus difficile d’obtenir un logement décent, de faire changer une fenêtre ou un chauffe-eau par son proprio, la loi ELAN favorise encore davantage le proprio face au locataire. L’article 53 prévoit ainsi le rétablissement des pénalités arbitraires en cas de retard de loyer, clause interdite par la loi ALUR de 2014. Des amendes pourront aussi être perçues par le proprio pour non-respect du contrat ou du règlement intérieur. Les frais de procédure seront facturés aux locataires. Si tu as déjà la tête sous l’eau, l’Etat garantit la noyade pour protéger les propriétaires, non pas celles et ceux qui s’endettent toute leur vie pour une baraque, mais celles et ceux qui s’engraissent en louant.

Le proprio pourra en plus louer des clapiers pour arrondir ses fins de mois déjà bien fournis. Un bail mobilité est mis en place, une sorte de bail au rabais d’une période de 1 à 10 mois dans lequel les critères de logements décents ne s’appliquent pas. Il est en outre confirmé que les sociétés lucratives peuvent louer à des résidents temporaires leurs espaces vacants, afin d’assurer le gardiennage et empêcher l’ouverture de squats, tout en touchant une petite rente avec les loyers des locataires.

Haro sur les handicapés

ce texte prévoit aussi de passer du 100% de logements neufs accessibles aux handicapés, prévu par la loi Handicap de 2005, à 10% de logements neufs accessibles. Pour le reste, les logements devront être « évolutifs », sans critères précis et sans savoir à la charge de qui se feront les travaux.

Guerre aux bailleurs !

Renforcer le droit des propriétaires, c’est-à-dire des plus riches, et s’attaquer aux plus pauvres est le sens de cette loi. Pourtant, toutes nos villes et nos villages sont le produit des générations précédentes et de nous-mêmes. Il devrait donc être impossible que quiconque s’accapare la moindre parcelle de cet ensemble. Il fût un temps où une partie non négligeable de la populace n’hésitait pas à crier « A bas la propriété ! » ou « Guerre aux propriétaires ! », et à mettre en actes ces belles idées. Il fût un temps où la volonté de rompre avec cette société injuste, dans laquelle la liberté se limite à choisir entre différentes marchandises futiles, était davantage vivante. Les grèves de loyer permettaient alors de cesser de remplir les poches des propriétaires, et l’expropriation était une arme révolutionnaire. Il fût un temps où on était encore nombreux et nombreuses à vouloir essayer de mettre en place ce principe : à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses capacités.  

C’est encore ce principe qu’on voit poindre dans quelques éclats de révolte ici et là, que ce soit à travers l’ouverture de squats, les regroupements de locataires pour empêcher une expulsion, l’entraide et la mise en commun de ressources et de savoir-faire, des sabotages qui s’attaquent à l’ordre existant incarné entre autres par les alarmes et caméras de vidéosurveillance, les marchands de sommeil, les bétonneurs ou les huissiers, les grèves, y compris la grève des loyers pour faire plier les propriétaires et faire durer le combat, les émeutes, et toutes les luttes sociales qui savent échapper aux politiciens et politiciennes de tout poil, de gauche comme de droite…

L’angoisse de la page blanche

Publié le 2018-09-22 08:54:05

Des govas, il en crame tous les jours. Ce n’est peut-être pas pour rien. Que représente cette cage de métal pour chacun·e d’entre nous ? Qu’est-elle réellement ? N’est-ce pas lui redonner sa valeur initiale que de la détruire ?

Nous avons allumé un feu sous le pneu avant gauche d’un utilitaire JCDecaux dans la nuit du 4 au 5 septembre. Au bout de quelques minutes, on entendait au loin le premier pneu éclater.

Combien de personnes s’en étant aperçues ont pris la peine de téléphoner à une quelconque institution ? Combien ont préféré admirer le spectacle de ce bûcher publicitaire ? Nous ne le saurons jamais.

Attaquer des voitures ne va pas changer la face du monde. Eventuellement, ça changera nos vies.

Nous n’oublions pas l’attaque contre les autres formes de pouvoir. En particulier celles dont nous sommes les acteurices au quotidien. Il est peut-être plus engageant d’attaquer nos propres déterminismes que du matériel… même si brûler ce camion sérigraphié a fait du bien. Ce n’est qu’un des rares moments d’insoumission que nous pouvons nous permettre. Et le constat de notre soumission quotidienne est amer.

Ce fût tellement simple. Pourquoi laisser être tout ce matériel qui représente et facilite les oppressions qui nous sont imposées ? Si seulement tout ça pouvait disparaître aussi rapidement à coups d’essence et de briquet !

Contre toutes les formes de pouvoir, en particulier celles qui sont imprimées en nous-même.

Une pensée pour toutes les carcasses calcinées.

Une accolade à nos complices connu·e·s et inconnu·e·s, enfermé·e·s ou dehors.

A l’attaque !

Google se paye 200 m² de locaux publicitaires en plein centre de Nancy

Publié le 2018-09-22 13:51:04
  • L’atelier Numérique Google de Nancy ouvrira le 13 avril

    L’adresse est désormais annoncée, ce sera au 19 rue Saint Dizier à Nancy, à la place de l’ancienne boutique EDF qui avait été repeinte lors du Nuke Off...
    Un peu de lecture avant l’inauguration : Dans la Google du loup

Dans le cadre de la « 6e Académie Digitale de Nancy Numérique » (on ne rigole pas !) qui se tenait au LORIA (le laboratoire d’informatique de la fac de sciences de Nancy) ce jeudi 20 septembre, deux VRP de Google France sont venu.es dévoiler à toute une brochette de fièr.es représentant.es de la Start-up Nation le dernier projet — encore « confidentiel » — de leur plan de conquête du monde : l’Atelier Numérique Google de Nancy.

Deuxième Atelier Numérique Google à ouvrir en France — et dans le monde, s’il vous plaît ! — après celui de Rennes en juin dernier [1], il s’agira d’un lieu de 200 m² situé dans le centre-ville de Nancy, animé par 7 coaches Google, et regroupant salles de conférence, espaces pour ateliers de formation ou pour coaching personnalisé, ainsi qu’un « espace innovation » où seront exposés les derniers gadgets hi-tech de l’hydre de Mountain View (façon casques de réalité virtuelle et autres babioles du même acabit). Ouverture prévue entre fin 2018 et début 2019.

Mais ne vous inquiétez pas, braves gen.tes ! Ceci n’est en rien une tentative de Google de s’octroyer 200 m² d’espace publicitaire et de galerie produits en plein Nancy, bien au contraire ! C’est tout du moins ce qu’ont tenté de faire croire Natacha Rougeault (qui se définit elle-même comme « évangéliste Google » sur son compte Twitter [2]) et Marc Vincent, les deux commerciaux de Google France venu.es vendre leur soupe aux designers en mal de business de chez Nancy Numérique.

À les entendre, effectivement, on croirait presque que Google n’est rien de moins que le parangon de la philantropie numérique. L’objectif affiché de cet Atelier Numérique est ainsi d’organiser et d’accueillir des « formations gratuites et ouvertes à tous, afin de renforcer les compétences numériques de chacun ». Google souhaite ainsi « faciliter l’accès à l’emploi des étudiants, sensibiliser les familles à un usage sécurisé d’Internet, initier les plus jeunes au code informatique ou encore contribuer au développement en ligne de l’activité commerciale des PME ». Dixit Sundar Pichai lui-même, son PDG [3]. Rien que ça.

Des enfants subissent le catéchisme Google à l’atelier de Rennes.

Pire encore : la vocation d’un tel Atelier Numérique est soi-disant complètement « agnostique ». Hors de question d’y voir une quelconque opportunité commerciale pour Google de faire du prosélytisme et de la retape pour ses produits, non non non ! Bien au contraire d’ailleurs : il s’agira de travailler en partenariat avec « l’écosystème local », de « co-construire avec l’existant ».

Pas question donc de remplacer ou concurrencer les activités déjà en place, mais plutôt de travailler main dans la main avec les associations, entreprises et collectivités locales pour leur offrir une splendide plateforme flambant neuve — et avec plein de matos estampillé Google à disposition — pour organiser formations, conférences, ou autres journées de job dating [4] en partenariat avec Pôle Emploi. C’est même tellement « agnostique », tellement ouvert, qu’on pourra même y organiser des ateliers de « dé-GAFA-isation » (c’est-à-dire de désintoxication à Google, Apple, Facebook, Amazon et consorts). Vous voyez, iels sont vraiment pas si méchant.es, chez Google !

D’ailleurs, face à la question d’un incrédule qui osait mettre en doute la bonne foi de Google dans cette démarche parfaitement altruiste, Natacha Rougeault a expliqué qu’elle comprenait bien que cela puisse faire débat, car ce n’était vraiment pas courant pour une grande entreprise comme Google que d’avoir ce genre d’engagement, totalement dénué d’intérêt commercial. Mais si Google va dans cette direction, a-t-elle assuré, c’est avant tout pour réduire cette terrible fracture numérique qui laisse tant de victimes sur le carreau [5]. Heureusement donc que Google est là pour évangéliser — ou Googliser — ces mécréant.es, perdu.es dans une jungle numérique si hostile et impénétrable, en les prenant par la main et en les habituant, dès leurs premiers pas, à utiliser les outils Google, tellement conviviaux et rassurants.

Non non non, ce n’est pas une opération publicitaire, qu’on vous dit ! (Photo prise devant l’atelier numérique Google de Rennes)

Après, bien sûr, a-t-elle poursuivi, Google se lance aussi dans ce projet « pour humaniser la marque, pour recréer du lien avec les gens ». Mais ça serait vraiment leur accorder bien peu de crédit que de penser que Google pourrait avoir un quelconque agenda économique derrière l’idée de mettre gratuitement à disposition des associations, entreprises et collectivités locales un splendide lieu de 200 m² en plein centre-ville, ouvert et accueillant, totalement décoré aux couleurs de Google, équipé de tous les derniers outils et gadgets Google, géré et animé par des coaches Google. N’y voir qu’une vaste opération publicitaire relèverait vraiment du cynisme le plus profond.

Et il serait aussi de la plus pure mauvaise foi que de songer un seul instant qu’en invitant les structures locales à proposer, organiser et animer elles-mêmes ces ateliers de formation, Google serait en train de compter sur le bénévolat — ou sur le travail gratuit, plutôt — de ces associations pour produire le contenu de ses Ateliers Numériques et faire venir plein de monde dans leurs locaux.

À moins que...

Pour en savoir plus sur les impacts de l’implantation de Google à Rennes et sur les résistances locales, consultez la page de No G00gle.


Notes

[1Le site officiel ici, et l’annonce de l’inauguration .

[4Le « globish », c’est bien, ça permet de rester swag en toute circonstance, même pour désigner des concepts de merde.

[5Dans les milieux autorisés, on parle même d’« illectrisme », mot-valise entre « illettrisme » et « électronique ». Mais faites attention, c’est peut-être contagieux comme maladie.

Forêt d’Hambach, Allemagne : Interruption du transport ferroviaire sur la mine de charbon à ciel ouvert – 15 juillet 2018

Publié le 2018-09-23 08:25:02

La voie ferrée d’Hambach court-circuitée

Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2018, nous avons provoqué un court-circuit sur les caténaires de la voie ferrée d’Hambach. Nous montrons également par ce geste notre solidarité avec les personnes de la forêt d’Hambach. Faire un court-circuit se fait en deux temps trois mouvements, alors venez l’expérimenter ! La sortie de l’exploitation est un travail manuel ! Smash Coal, smash RWE!!!!

[Traduit de l’allemand de Chronik]

France : Maton et militaire rossés !

Publié le 2018-09-23 08:25:02

Dans la matinée du dimanche 16 septembre à Castres (Tarn), un militaire qui faisait son jogging s’est mangé des coups en pleine face. Alors qu’il traversait le quartier d’Aillot, sa présence n’est pas passé inaperçu. A la suite d’une altercation avec des jeunes (dont bien sûr on ne connaît pas l’origine), il souffre de contusions et s’est fait péter deux dents.

Mardi 18 septembre, en plein après-midi, un maton en poste à la prison de Corbas, s’est fait planter devant son domicile de Décines (Rhône), alors qu’il relevait son courrier. Un individu muni d’un objet pointu l’a planté à plusieurs reprises, après lui avoir fait remarqué qu’il « faisait moins le malin sans son uniforme ». Le geôlier s’est fait délivrer 10 jours d’ITT.  Si ça ce n’est pas un avertissement clair à celles et ceux qui encagent et broient des vies…

France : Reprise d’hostilité des antispécistes moins d’une semaine après le coup répressif à Lille

Publié le 2018-09-23 08:26:04

Les arrestations de plusieurs antispécistes à Lille pour plusieurs attaques de boucheries, de fromageries et de charcuteries d’il y a quelques jours avaient non seulement pour but de mettre un coup d’arrêt à ces sabotages du commerce de viandes et de poissons, mais aussi d’intimider, de faire peur, d’isoler ces pratiques d’action directe. Preuve en regardant les dernières nouvelles qui nous parviennent de la presse que ce fut un coup d’épée dans l’eau de la part de l’Etat.

A Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie) ainsi qu’à Saint-Arnoult-en-Yvelines, la réponse ne s’est pas fait attendre. La boucherie « Les fils de René Comte » située sur la place du Maquis-des-Glières depuis 53 ans, en plein coeur de Saint-Julien, a vu sa vitrine tomber en miettes à coups de pavé. Un tag à la peinture noir inscrit sur un bout de mur précise cete visite éclaire: « Stop répression ». Le gérant d’un Carrefour situé à côté, Laurent Lambert, raconte: « On dormait les fenêtres ouvertes quand j’ai entendu le bruit d’une vitre qu’on casse. Je me suis levé et j’ ai vu les silhouettes d’un homme et d’une femme s’enfuir du côté du Crédit agricole. Je leur ai crié que j’allais appeler la police pour les faire fuir. L’un des deux individus est même revenu sur les lieux en vélo pour récupérer quelque chose ».

A Saint-Arnoult, ce sont les vitres de la fromagerie de Marie Montini qui ont été explosées. Un tag à la peinture rouge « Stop spécisme » a été bombé sur une des vitres. A quelques mètres de là, la boucherie du Centre a elle aussi eu toutes ses vitres brisées, accompagné de l’inscription « Stop répression » en noir.

Par ailleurs, les gérants de boucherie et de charcuterie oscillent entre victimisme et psychose. On apprend que pour le samedi 22 septembre, le syndicat de la boucherie du Nord a recruté des vigiles pour garder pendant 24 heures d’affilée les commerces de viandes de la ville, ceci en raison d’une campagne lancée par divers collectifs de défense des animaux intitulée « Happening national synchronisé contre le commerce du zoocide », incitant à « réaliser des actions légales » contre les lieux de torture et de meurtre d’animaux. 

Dans le Rhône, les chasseurs et bouchers sont aussi l’objet d’attaques ces derniers temps. Entre autres, une trentaine de miradors de chasse a été abattue ces dernières semaines dans les Monts du Lyonnais.

 

 

 

 

 

Australie : Manifs et émeutes après une tentative de suicide d’un sans-papiers – 3 septembre 2018

Publié le 2018-09-23 08:27:03

A la suite d’une tentative de suicide présumée d’un demandeur d’asile dans un centre de rétention australien, de nombreuses manifestations ont eu lieu. D’autres retenus ont également bouté le feu au bâtiment situé à environ 90 kilomètres de la grande ville de Perth. Selon les autorités, l’incendie a pu être maîtrisé. Selon un avocat, un demandeur d’asile irakien âgé de 22 ans a tenté de se pendre dans sa cellule. Les manifestations se sont déroulées dans ce qu’ils appellent « un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile ». Dans ces installations sont hébergés des étrangers qui se trouvent en Australie sans papiers en règle.

[Traduit de l’allemand de Aus dem Herzen der Festung, 5. September 2018]

Paris : Action contre la maison d’édition Ring

Publié le 2018-09-23 08:29:05

reçu par mail / vendredi 21 septembre 2018

Dans la nuit du 20 au 21 septembre, des affiches, où l’on pouvait notamment lire « la France rose mécanique » ont été collées sur la maison d’édition Ring dans le 5e arrondissement de Paris, connue pour publier des ouvrages d’extrême droite. De la peinture a aussi émaillé la façade, et un « Breum ! » a été tagué.

Marsault se plaint sur facebook

NdAtt. : pour info, les éditions Ring se trouvent au 10 Rue de l’Arbalète, 75005 Paris.

Angers, France : La manif antifasciste régénère – 22 septembre 2018 [Mise-à-jour]

Publié le 2018-09-23 20:54:04

Ce samedi 22 septembre en début d’après-midi était prévue une « manifestation festive » contre l’extrême-droite et leur QG, « L’Alvarium », dans le cadre d’un festival intitulé « A l’Ouest mais toujours antifasciste » et organisé par le Réseau Angevin Antifasciste (RAAF). Cette manif fut donc festive, sauvage même, régénérant un peu l’antifascisme de ces derniers temps.

Entre 200 et 300 personnes cagoulées ou cachées par des parapluies, ont pris la tête du cortège. Dès le début, de nombreux tags, faisant notamment écho à l’assassinat de Clément Méric, fleurissent sur les murs, tandis que plusieurs agences bancaires sont attaquées: les vitres du Crédit agricole, boulevard Saint-Michel, sont brisées. Même sort pour deux autres agences de la Société Générale et de la Caisse d’Epargne. Un départ de feu dans une agence de la BNP Paribas, ainsi que des affrontements avec la flicaille, illumine même la fin de manif. Plusieurs véhicules de police se font caillasser. Six personnes auraient été interpellées.

On notera la distanciation du collectif antifasciste local à travers un communiqué publié le soir même et qui, par la même occasion, décide d’annuler les rendez-vous restants du festival.

Il semblerait que le tumulte angevin se soit poursuivi jusque tard dans la nuit puisque le local des fachos a été la cible d’un incendie. Deux personnes auraient malheureusement été interpellées. Lors de la manif, les flics avaient barré la route au cortège qui tentaient de se rendre devant l’Alvarium. Rappelons que mi-juillet, ce même repaire de fascistes avait déjà été visé pr deux tentatives d’incendie: le soir du 15 juillet, un fumigène aurait été lancé sur le balcon et aurait été éteint en quelques secondes par les pompiers, sans que le feu ne provoque de dégâts. Le second incendie a eu lieu vendredi 20 juillet. Les forces de l’ordre ont été requises aux alentours de 19 h 15 par les locataires de l’appartement qui fait office de local associatif: une poubelle en feu a été déposée sur le balcon. Les dégradations sont légères, avec un volet noirci sur sa partie basse.

Un récit de la manif publié sur indy nantes (dimanche 23 septembre 2018):

Autour de 14H, plus de 500 manifestants s’élancent à un rythme tranquille dans le centre-ville, en chantant des slogans […] Quelques passants se joignent au cortège. Dès le début du parcours, une banque est déménagée dans une ambiance relativement calme, mais inattendue et inhabituelle pour la ville. La manifestation peine à garder le rythme. Des tags fleurissent sur les murs. Le défilé continue, en déviant parfois sa trajectoire à cause des forces de l’ordre. Quelques vitrines de banques sont esquintées à nouveau.

Peu après, les organisateurs appellent à la dissolution du cortège devant l’hôtel de ville. Un parcours qui semble trop court pour environ 200 manifestants qui continuent en direction du local fasciste, après avoir construit des ébauches de barricades. La présence policière se fait alors plus visible. Arrivé dans la rue de « L’Alvarium », le cortège est bloqué par une imposante ligne de gendarmes, mais recule sans heurts. Plus tard, des véhicules de police reçoivent des projectiles. Alors que la plupart des manifestants sont dispersés, quelques banques sont à nouveau prises pour cibles. De la fumée s’échappe d’une vitrine. La police mène alors une chasse à l’homme dans le centre-ville, et 7 personnes sont arrêtées.

Des confrontations auraient eu lieu en parallèle. Un journaliste évoque le passage à tabac d’une personne reconnue comme « antifa » par un groupe d’extrême droite, en terrasse d’un bar. Par ailleurs, la soirée festive qui devait conclure la journée est malheureusement annulée.

 

 

 

 

Forêt d’Hambach, Allemagne un mort lors d’une des tentatives d’évacuation de la forêt

Publié le 2018-09-23 20:57:04

Le 19 septembre, vers 16 h, un homme est mort lors de cette évacuation. Il a chuté d’une passerelle qui reliait des cabanes entre elles

C’est une histoire qui débute simplement. Elle se déroule en Allemagne, à trente kilomètres de Cologne. C’est l’histoire de deux cents hectares de forêt primaire, occupés

Le bois est occupé depuis six ans par des activistes écologistes qui y ont construit une cinquantaine de cabanes dans les arbres Car cette forêt est vouée à être sacrifiée pour permettre l’extension d’une mine à ciel ouvert de lignite, communément appelé « charbon brun »

Lors de l’évacuation de la forêt de la forêt d’ Hambach, un jeune militant est mort mercredi 19 septembre. L’objet de la répression policière : permettre l’extension d’une mine de charbon géante, en contradiction avec les engagements sur le climat. La France est impliquée dans ce forfait car la Caisse des dépôts et consignations a investi des fonds dans la compagnie allemande RWE.

C’est une histoire simple, car elle révèle, en quelques phrases, la vérité   des gestionnaires du gouvernement . Et cette histoire implique la France, par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et consignations et du Fonds de réserve pour les retraites, a investi des millions d’euros dans les actions et les obligations émises par RWE, l’entreprise qui exploite cette mine et avec elle plusieurs dizaines de centrales thermiques (dont une quinzaine à charbon).L’évacuation des zadistes de la forêt d’Hambach a lieu alors même qu’une « commission charbon » travaille depuis juin à un plan de sortie du charbon. Elle réunit des représentants du gouvernement, des gouvernements régionaux concernés par les mines et les centrales à charbon, les industriels et les syndicats. Y siège aussi un représentant des Amis de la terre Allemagne.

reformulé à partir de plusieurs textes