Vive l'Anarchie - Semaine 38, 2023

Sommaire

Nîmes (Gard) : nouvelle évasion incendiaire au centre de rétention

Publié le 2023-09-18 06:25:03

Un individu en fuite après un nouvel incendie au
centre de rétention administrative de Nîmes
France Bleu, 17 septembre 2023 (extrait)

Un retenu de 35 ans a réussi à s’enfuir après un nouvel incendie au centre de rétention administrative de Nîmes dans la nuit de samedi à dimanche . Deux autres individus, qui avaient également tenté de prendre la fuite, ont été interpellés sur le chemin de ronde, à l’intérieur de l’enceinte du CRA.

Le feu au centre de rétention administrative de Nîmes (Gard) s’est déclaré au 1er étage aux alentours de 2h30 (dimanche). Les retenus, au nombre de 75, ont été confinés dans une autre aile du bâtiment durant les opérations pour circonscrire cet incendie qui n’a fait aucun blessé.

Selon un syndicat de police, « les retenus ont dégondé une porte pour s’en servir de bélier pour en ouvrir une deuxième et prendre ainsi la fuite. Deux retenus [ont été] interpellés sur le chemin de ronde dans l’enceinte du C.R.A et un autre a pris la fuite« . Et  de préciser que « quasiment en même temps d’autres ont allumé un incendie dans leur zone de vie« . Le 19 août dernier, six retenus avaient déjà réussi à s’évader du CRA de Nîmes suite à un incendie.

Toulouse: péripéties de l’occupation impasse Barthes

Publié le 2023-09-19 01:20:03

Toulouse: péripéties de l’occupation impasse Barthes

Bref compte-rendu d’une ouverture de squat et des interpellations qui ont suivies

A Toulouse comme partout, se loger devient de plus en plus difficile : les prix flambent, les critères pour louer sont inaccessibles à toujours plus de monde, et on sent que la crise du logement pèse de plus en plus dans nos vies. Les rentièr.e.s nous rackettent du peu d’argent qu’on a pour survivre. C’est un jeu infâme qui n’a que trop duré ! C’est dans ce contexte que des gens squattent un peu partout : pour accéder à un logement tout court, ou pour accéder collectivement à des maisons et logements un peu plus décents que des tout petits apparts, mais aussi pour lutter contre la propriété, pour refuser le principe et la réalité quotidienne du chantage au travail, etc.

Le dimanche 3 septembre, des gens arrivent au portail d’une petite maison occupée discrètement depuis peu. Dans l’impasse où se trouve cette maison, presque tout est vide. Des vigiles sont en poste dans la rue pour surveiller la plus grande des parcelles. Lorsqu’ils constatent que la maison est squattée sous leur nez depuis plusieurs jours, leur fierté en prend un coup. Sans rentrer dans le détail de tous leurs mensonges, menaces et coups de pression, ils commencent à tenir un siège avec leurs chiens sans muselières. Certain.e.s voisin.e.s prennent fait et cause pour eux, allant jusqu’à gazer les gens là pour soutenir les squatteur.euses face à la boîte de sécu. La situation s’enlise, les vigiles refusent de lâcher l’affaire, galvanisés par un petit groupe hargneux, et les gens refusent d’abandonner leur logement. En début de soirée, la police arrive et embarque 13 personnes dont la plupart feront plus de 40 heures de garde à vue.

La plupart a pu tenir la stratégie de refuser de donner son identité jusqu’au bout, mais malheureusement trois identités ont émergé de la GAV, permettant aux flics d’engager des poursuites envers trois personnes. Un procès aura lieu en janvier.

Les flics ont utilisé les mensonges des vigiles et de leurs homologues bénévoles pour permettre l’expulsion, sans prendre en compte les preuves de l’occupation de la maison depuis plus de 2 jours.

Comme à leur habitude, les torchons locaux, toujours du côté des privilégié.es et des rentièr.es, relaient la version du parti de l’ordre.

L’attitude aussi offensive de certain.e.s voisin.e.s et zêlée des vigiles n’est pas un hasard.
Les médias et politicien.ne.s rabachent une propagande constante pour monter les gens les un.e.s contre les autres. Des gens qui pourraient faire front commun face à l’exploitation et face à des proprios plus ou moins gros.se.s, plus ou moins mesquin.e.s.

Donc arrêtons de faire le jeu de celleux qui nous exploitent !

Lécher les bottes des propriétaires, des patron.ne.s ou des flics leur offre un pouvoir supplémentaire et gratuit pour continuer de nous saigner ! Tout ça pour quoi ? Etre un.e gros.se traître seul.e et misérable, pas beaucoup mieux loti.e.

Aujourd’hui cette maison est perdue, mais les maisons vides sont légion et notre détermination intacte !
Le soutien dont beaucoup de personnes ont fait preuve donne de la force !

Solidarité avec les inculpés !


Des squats à Toulouse https://radar.squat.net/fr/groups/city/toulouse/country/FR/squated/squat
Des squats expulsés à Toulouse https://radar.squat.net/fr/groups/city/toulouse/field_active/1/squated/evicted
Des groupes à Toulouse https://radar.squat.net/fr/groups/city/toulouse/country/FR
Des événements à Toulouse https://radar.squat.net/fr/events/city/Toulouse/country/FR


[Iaata le 18 septembre 2023 https://iaata.info/Peripeties-de-l-occupation-impasse-Barthes-6119.html]

Notes de la DGSI concernant « l’ultragauche » et autres considérations policières.

Publié le 2023-09-19 01:25:04

Des notes de la DGSI concernant la mal nommée Ultragauche à partager, diffuser, lire, commenter, critiquer, se moquer, foutre en boule, brûler... (liste non exhaustive).



Quand on a la chance d’avoir des amis accusé.es de terrorisme d’ultragauche, on apprend pas mal de trucs sur la police et plus particulièrement sur les renseignements généraux, appelés aussi DGSI.

On découvre ainsi les talents cachés de composition écrite et d’historiens hors pair de ces agents de la police secrète des Hauts de Seine (la crème de la crème parait-il).

C’est ainsi que nous avons pu lire avec délectation ce que la DGSI aime à raconter au PNAT, à la justice et aux médias à propos de ce qu’elle nomme, d’après sa propre définition (qui ne fait même pas consensus) : « L’ULTRAGAUCHE ».

Ça parle de black bloc, de squat, d’action directe, de Grèce, de contre-culture, et d’anti-tout. Et cette soupe reprise sans sourciller par le Juge d’instruction et le PNAT sert d’introduction à l’affaire du 8 décembre 2020, mais aussi à priori à d’autres affaires. On nous explique que si on dessine des A cerclés et qu’on porte un sac a dos noir en manif c’est qu’à priori on fait partie de « l’ultragauche » et que donc on va sûrement buter quelqu’un au hasard de notre misérable haine anticapitaliste. Certes ça fait longtemps que ça n’est pas arrivé... Mais vu le passif de ces mouvements ça pourrait...En tout cas y’a de quoi faire trembler un juge bourgeois !

Il n’est pas question ici de remettre en question les faits passés, ni leur portée, ils ont existé et nourrissent les réflexions et pratiques des mouvements révolutionnaires et anarchistes. Et malgré tout les moyens déployés par la police pour surveiller particulièrement ces groupes politiques, cette analyse est bien loin de leurs réalités. Et à vrai dire on s’en fout de ce que pense les flics, foutez nous la paix !

Et comme la police a dans son viseur les rappeurs qui ont la rage, des idées et qui mâchent pas leur mots, la DGSI en profite pour ajouter une note sur les textes du rappeur Enedeka Maska de l’excellent label coutoentrelesdents. Dommage que N2K n’ait rien publié depuis 2014, sa prose est bien plus riche et intelligible que celle des shtars.

Bref, on s’est dit que ce serait dommage de garder ça que pour nous, entre initiés des cochonneries de la DGSI, et que cela vaut le coup de partager ces pépites. On vous invite même à en faire des lectures collectives, non pas pour vous nourrir de cette histoire raccourcie au taser des mouvements d’extrême gauche ayant eu recours à la violence, mais plutôt pour se faire une idée de ce qui se raconte sur les bureaux de la DGSI et du PNAT. On a trouvé l’occasion intéressante pour soulever pas mal de questions, par ce qu’on aime bien s’en poser des questions, et que contrairement à la DGSI et le PNAT on ne vit pas qu’avec des certitudes déconnectées de toute réalité.

PDF - 4.5 Mo

"Par "ultragauche" nous désignerons donc ici la frange de l’extrême gauche non légaliste qui rejette les partis et prône l’utilisation de la violence pour aboutir à cette transformation de la société." allez hop emballé c’est pesé, vous êtes prêt.es ? De la tenue, aux symboles, en passant par les maisons d’éditions et quelques luttes, un beau ramassis...

PDF - 702.8 ko

Alors si on avait pas compris, l’ultragauche est VIOLENTE. Basique. Mais les flics vont sûrement pas perdre leur temps à philosopher sur l’éthique de l’usage de la violence. Bah non, c’est les seuls légitimes à en faire usage avec leur potes militaires. Qui voudrait remettre ça en question ? Ici ils nous font un petit historique, Action Directe est en haut de l’affiche (chaud bouillants !)

PDF - 4.1 Mo

Oubliez les plages de rêve et les souvlakis, la Grêce est un pays habités par de dangereux révolutionnaires. Le coté réseau international de conspirateurs, ça en jette un peu plus. Une brochure sur le groupe "conspirateurs des cercles de feux" et quelques voyages, justifie la présence de cette note. On vous épargne de la note sur l’ELN...

PDF - 8.3 Mo

Le bonus track : l’agent 1194 fait un commentaire de textes de rap pour faire décoller sa carrière à Levallois Perret. 2/20. N2K à mis la DGSI en PLS.

ACABisous.

Informations sur la situation à Briançon !

Publié le 2023-09-19 01:30:05

Le Pado, un squat ouvert début août, est devenu le seul lieu d’accueil inconditionnel du briançonnais, et tente actuellement de s’organiser pour installer au plus vite un espace d’accueil décent et confortable. Article paru sur Vallées n lutte



Depuis 2 semaines, le refuge des terrasses (espace d’accueil pour les personnes venant de passer la frontière italienne) tenu par des associations de la vallée a fermé sous la pression des mécènes car il était saturé depuis des mois.
Suite à ça, l’association du refuge a installé un campement sur un terrain appartenant à la paroisse pour accueillir les personnes qui arrivent nombreuses à Briançon chaque nuit. Ce camp n’a duré qu’une semaine et a lui aussi été fermé avant hier, l’église voulant récupérer son terrain.

Le Pado, un squat ouvert début août, est donc devenu le seul lieu d’accueil inconditionnel du briançonnais pour éviter que les personnes ne dorment dehors dans la ville quand elles arrivent. (communiqué d’ouverture : https://valleesenlutte.org/spip.php?article612). Ces dernières semaines, énormément de personnes passent de l’Italie à la France par cette vallée, et arrivent à Briançon après une marche de plusieurs heures à travers les montagnes, souvent de nuit. Il est donc essentiel d’avoir ici des espaces de repos, de soin et d’informations, sans présurisation à devoir repartir immédiatement.

On tente actuellement de s’organiser pour installer au plus vite un espace d’accueil décent et confortable.
L’envie de ce lieu est de pouvoir fonctionner horizontalement, sans salarié.e.s ni bénévoles. Ici il y a des personnes, avec ou sans papier qui souhaitent s’organiser ensemble afin de rendre la fin de la traversée de ces montagnes moins violente. On cherche à ne pas reproduire de dynamiques infantilisantes et racistes, souvent présentes lors de l’accueil aux frontières.

Mais la situation matérielle au Pado n’est pas idéale : la mairie a coupé l’eau très rapidement après l’ouverture, et tente aussi de couper l’électricité ce qui rend l’accueil dans le lieu difficile (les conditions sanitaires et d’hygiène sont pas ouf). C’est une stratégie fréquente de la ville de rendre les squats invivables plutôt que de les expulser.
Pour le moment, on arrive à fonctionner avec des tonnes à eau, mais sur le long terme, surtout avec l’hiver qui se rapproche (gel, besoin d’eau chaude, de douches...) ça ne sera pas vivable.
Au sujet de l’électricité, on est aussi inquiet.e.s, la mairie est déjà venue la couper une fois en retirant les câbles, il y a de grandes chances qu’elle ne nous laisse pas y avoir accès, on cherche donc au plus vite à s’autonomiser sur ce plan (panneaux solaires, batterie, etc.).
De plus, malgré une aide matérielle et humaine conséquente de la part du refuge, beaucoup de choses manquent encore ici.

On a besoin d’aide, viens filer un coup de main !
Et si tu ne peux pas venir, tu peux nous faire passer du matériel et des denrées, la liste de nos besoins est juste en dessous !
Ou si par hasard tu es très riche, tu peux donner toute ta moula sur cette cagnotte, et mettre le Pado sur ton héritage (https://www.cotizup.com/padomaisdessous)

A Recipe for Leaving No Trace – Rail Sabotage Analysis

Publié le 2023-09-19 12:25:03

We were thrilled to read about the rail sabotage during the last week of action, and the proposal for it's proliferation. We also appreciated that operational details were made explicit, though we have some concerns we want to bring up about how what is described may leave traces.

When starting a fire, the goal should be that everything that you must touch will burn, if possible. Here is a simple recipe that can enable that:
– a plastic (PET) bottle that is square – this allows the bottle to be placed on it's side without rolling. Bottle size can be determined by the size of the signal box.
– gasoline in the bottle, with enough air space left for fumes, so as to avoid leakage. Motor oil can be added to help prolong the burn, which is helpful for the cabling within a signal box.
– an individually packaged fire cube as the igniter

The accelerant bottle is placed on its side. The fire cube is then placed on top of the bottle. The fire cube is then lit with a storm lighter, being careful to not pierce the bottle by mistake. Once alight, the fire cube will pierce the plastic bottle and gravity will drop it into the accelerant. Mischief managed.

With this simple recipe, there is no delay that introduces a risk of failure. Everything that you interacted with (the bottle, the fire cube) is basically guaranteed to burn – even after taking the appropriate measures to minimize DNA traces during building and transporting the device, this should still be a goal. The bottle and the cube can even be transported by separate individuals, so that the bottle is never legally an "incendiary device", simply the improper storage of accelerant.

Some notes on lock cutting: it is possible to cut a lock with a fresh pair of bolt cutters without ever touching the signal box door. Be aware that if the same pair of bolt cutters is used multiple times, each cut can then be tied back to that specific pair of bolt cutters. Additionally, DNA may accumulate on the section of the bolt cutters interacting with the door, which could transfer it. If the lock must be handled to remove it, it can then be taken away from the scene of the action to be securely discarded. To avoid needing to interact with the door directly, a branch can be used to open it, then also taken away to be discarded.

Here are the concerns we have about the approach that is described in the claim:
– Dried pine and trash is not a reliable accelerant, so it is possible that it will not burn completely. This means that something which was handled won't burn.
– A road flare is not a suitable igniter for the same reason, unless we are talking about kicking off a tire fire, when the tires have been previously soaked in accelerant. The part of the flare which is handled is not guaranteed to burn, especially in the absence of accelerant. For the same reason, a road flare not reliable for cars – it's a toss of the dice whether the interior will catch or the flare will burn out and be recovered.
– Fireworks are not a suitable incendiary device – there are almost certainly parts of the firework which will not burn. Tape should also be avoided.
– Do not shut the signal box door. The fire needs oxygen, or will otherwise extinguish.
– Jumper cables are inevitably recovered. For this reason, we think that if people use this tactic, it should not be claimed alongside arson. Multiple tests have shown that jumper cables are not effective, at least in our region – a train still passed on the tracks up to an hour later, even if the lighting system was visibly triggered by the cable.

No trace, no case.
<3 <3

Chili : Des actions incendiaires devant lycées et universités

Publié le 2023-09-19 12:30:03

Sortie incendiaire au Liceo de Aplicación, pour un Septembre noir

Informativo Anarquista / mercredi 13 septembre 2023

Lundi 4 septembre, on a déployé des banderoles et diffusé des tracts, on a monté des barricades et eu des affrontements à coups de cocktails Molotov, contre la présence des Carabineros (COP [Control de Orden Público, les unités anti-émeute des Carabineros ; NdAtt.]), en ouvrant ainsi le bal pour un Septembre noir, en mémoire de Claudia López [anarchiste chilienne, assassinée par les tirs des Carabineros, le 11 septembre 1998, lors des affrontements qui marquent toujours cette journée anniversaire du coup d’État de 1973 ; NdAtt.] et 50 ans après le coup d’État.

Sur les banderoles et les tracts, on pouvait lire : « Du feu aux explosions, nous parcourons le même chemin de vengeance. Solidarité et complicité avec Mónica et Francisco » et « Pour un septembre noir… Anarchie et libération totale. Ni dictature, ni démocratie. Contre toute autorité, contre l’État et ses forces de police ».

Voici quelques photos :


«  Pour un septembre noir… Anarchie et libération totale.

En tant qu’anarchistes, nous ne voulons pas obtenir plus de pouvoir, plus de participation citoyenne ou être inclus.es et pris.es en considération par le gouvernement de service. Nous ne cherchons pas des tables de négociation, ni la médiation comme issue du conflit. Nous voulons détruire les relations hiérarchiques, les dynamiques qui alimentent les institutions de contrôle.

Le pouvoir et l’Autorité ne sont pas des abstractions, ce sont des relations et des dynamiques de vie concrète, ils prennent des rôles, des uniformes et des postes différents. Ils se déguisent et se cachent derrière les visages amicaux, mais ils cherchent à exercer le contrôle, pour perpétrer les hiérarchies et les privilèges.

L’Anarchie est la négation intransigeante du monde autoritaire, de la domination, de la soumission et de l’exploitation. L’Anarchie et ses chemins chaotiques ouvrent des fissures par lesquelles nous nous enfuyons, dangereusement libres, jusqu’à la libération totale.

Ni dictature, ni démocratie. Contre toute autorité, contre l’État et ses forces de police ».

*****

Sortie incendiaire au lycée Manuel Barros Borgoño, pour un Septembre noir

Informativo Anarquista / mercredi 13 septembre 2023

Mardi 5 septembre, on a déployé des banderoles et diffusé des tracts, on a monté des barricades et eu des affrontements à coups de cocktails Molotov, contre la présence des Carabineros (COP), pendant que la presse manipulatrice rôdait aux alentours.

Sur les banderoles et les tracts, on pouvait lire : « Nous répudions le victimisme, nous assumons l’affrontement. Septembre noir, armé et combatif. Du plomb et de l’explosif contre toute passivité ! » et « Quand l’injustice devient loi, la rébellion est une obligation ».

Voici quelques photos :

*****

Sortie incendiaire de l’Universidad de Chile et rassemblement à l’Universidad Alberto Hurtado, pour un Septembre noir et 50 ans après le coup d’État

Informativo Anarquista / jeudi 14 septembre 2023

Jeudi 7 septembre, pendant qu’il y avait une grande marche sur l’Avenida Grecia, jusqu’au stade Estadio Nacional (un endroit qu a servi de centre de détention et de torture pendant le coup d’État), des personnes cagoulées ont déployé des banderoles et diffusé des tracts, elles ont monté des barricades et eu des affrontements à coups de cocktails Molotov, contre la présence des Carabineros (COP), sur le campus Juan Gomez Milla [un des cinq campus de l’Université du Chili, sur la commune de Nuñoa, dans la banlieue est de Santiago, où se trouve aussi le stade national ; NdAtt.].

À l’extérieur de l’Universidad Alberto Hurtado [une université privée, qui appartient aux Jésuites ; NdAtt.], un rassemblement a été organisé pour commémorer les 50 ans du coup d’État ; les rues, notamment l’Alameda [Avenida Libertador General Bernardo O’Higgins, l’artère principale de Santiago ; NdAtt.], ont été coupées avec des barricades et une grande banderole a été déployée, ce à quoi le COP a rapidement répondu par la répression, avec des unités anti-émeute des Carabineros, des zorrillos [littéralement « putois », ce sont des camionnettes blindées qui propagent du gaz lacrymogène ; NdAtt.] et des canons à eau.

Sur les banderoles et les tracts, on pouvait lire : « Nous ne sommes pas nés pour résister, nous sommes nés pour vaincre » et « Pour la vérité et la justice. Pour les détenus disparus. Où sont-ils ? ».

Voici quelques photos (par Rouge, Frente Fotográfico et Rafa) :

*****

Sortie incendiaire de l’Universidad Academia de Humanismo Cristiano, pour un Septembre noir

Informativo Anarquista / jeudi 14 septembre 2023

Jeudi 7 septembre, on a déployé des banderoles et diffusé des tracts, on a monté des barricades et eu des affrontements à coups de cocktails Molotov, contre la présence des Carabineros (COP), sur l’Avenida Condell [où se trouve l’Universidad Academia de Humanismo Cristiano, une université privée fondée pendant la dictature par un cardinal salésien ; NdAtt.], pour un Septembre noir, en souvenir de Claudia López et à 50 ans du coup d’État perpétré par Pinochet, les militaires, les hommes d’affaires et les agents de la CIA.

Sur une banderole, on pouvait lire : « Contre leur surveillance et leur répression, étudiant.es subversif.ves en action ».

Voici quelques photos (par Huinca et Frente Fotográfico) :

*****

Mise à joue du 21 septembre

Sortie incendiaire de l’Universidad de la Frontera, 25 ans après l’assassinat de Claudia Lopez

Informativo Anarquista / mercredi 20 septembre 2023

Lundi 11 septembre, on a déployé des banderoles, on a monté des barricades et eu des affrontements à coups de cocktails Molotov, contre la présence des Carabineros (COP), 50 après l’infâme coup d’État, suivi par la dictature, et en souvenir de Claudia Lopez, à 25 ans de son assassinat lors d’une journée d’émeutes dans le quartier populaire de Lo Hermida.

Note d’Attaque : l’université de la Frontera est à Temuco, ville à quelques 650 km au sud de Santiago, en pleine région mapuche.

Voici quelques photos :

Apéro de soutien aux victimes de la répression suite au meurtre de Nahel

Publié le 2023-09-19 12:40:06

Suite au meurtre de Nahel, des révoltes urbaines se sont déroulées dans un certain nombre de quartiers populaires.

L’assemblée générale antifasciste organise une soirée de soutien aux familles des victimes de la répression.

Ce sera le jeudi 21 septembre au Geyser (11 grand rue à Nancy) de 18h à 23h. Il y aura une caisse de soutien et le bénef du bar sera redistribué aux concerné.es.

Assemblée d'action autonome : Mardi 26 septembre 18h

Publié le 2023-09-19 12:45:04

Prochaine assemblée de rentrée : mardi 26 à 18h à Euphory ( 36 rue du canon d’arcole).
On propose une assemblée pour revenir sur la discussion de bilan qui avait eu lieu fin juin et poser de nouvelles perspectives pour cette année. Faites passer le mot !



Présentation de l’assemblée :

La vie hors de prix, la survie payante, la mauvaise paye, tout trop cher, il y a plein de manière de le dire mais une certitude : cela nous concerne. Nous, c’est à dire les prolétaires avec ou sans travail, chômage, papiers. Et la hausse des prix ne tombe pas du ciel. Elle est produite par un système régit par une logique, le profit, qui nous dirige toujours plus vers la guerre et les catastrophes diverses.
Aussi, depuis l’Iran en passant par la Colombie, le Sri Lanka, l’Indonésie, partout nous faisons face à la même perspective, initier l’offensive ou nous faire rouler dessus par la machine capitaliste.
Nous n’avons aucune envie de rester les supporters, même avec banderoles et tifos, d’une succession de matchs entre syndicats et patronat, arbitré par l’État. On sait déjà comment ce genre de match se termine. On a l’expérience de tous les derniers mouvements syndicaux.
Mais on a aussi l’expérience des gilets jaunes. Elle est teinté de l’amertume de n’avoir été qu’une petite minorité à bouger à l’époque. Mais cette amertume, nous l’avons aussi en partage avec toutes celles et ceux qui luttent et qui ne sont pas rejoints hier comme aujourd’hui. Alors dépassons la ensemble.
Ce que nous avons appris avec les Gilets Jaunes, c’est que l’unité dans la lutte se contruit par l’exercice de la force collective, la grève, mais aussi le blocage, le sabotage, les manifestations sauvages, les prises de batiments, etc.
Nous ne voulons pas revendiquer des miettes, mais tout prendre.
Nous ne sommes ni ne roulons pour aucun parti, aucun syndicat et n’avons pas l’intention que ça change. Nous cherchons à ce que des initiatives foisonnent, incontrôlables, pour l’autonomie de classe et la révolution.
Et ça ressemble a quoi ?
Nous ne voulons pas de blabla déconnecté de pratiques concrètes. Nous voulons trouver des prises pour agir, lutter, pas juste panser nos plaies collectivement.
Face aux patrons, aux organismes de la caf, de pôle emploi, des caisses de retraites, face aux proprios : partout nous sommes attaqués, partout nous avons besoin de sortir de l’isolement. Ce que nous voulons construire, c’est aussi la possibilité de se coordonner, entre différents endroits en lutte, pour densifier un réseau de solidarité de classe concrète, basé sur des pratiques de luttes partagées et la confiance acquise en agissant ensemble.
Pour toutes ces raisons, nous proposons un espace d’organisation, que nous sommes déterminé à maintenir dans le temps. Et nous le voulons rejoignable, sur la base d’un accord avec ce texte.

Barcelone (Espagne) : Nous voulons voir toutes les banques brûler

Publié le 2023-09-20 16:00:03

imc_barcelona / mardi 19 septembre 2023

Nous voulons voir toutes les banques brûler – Revendication de l’incendie du distributeur de billets du Banco Sabadell, dans le quartier du Carmel (17/09/2023)

« Frères et sœurs, quels sont vos désirs réels ?
Être assis.es dans ce café, le regard distant, vide, ennuyé.es , à boire un café insipide ?
Ou bien LA FAIRE SAUTER ET Y FOUTRE LE FEU ? »
The Angry Brigade

Tous les jours, nous retrouvons les mêmes paysages urbains, gris et morts. Nous nous retrouvons à marcher parmi des inconnu.es, en circulant à travers les veines d’un système où les gens, les marchandises et l’argent se déplacent ensemble, pour servir les profits. La dictature économique s’établit chaque jour, non seulement par les guerres du capital, mais aussi par la société accommodante, qui accepte et reproduit sa captivité. Peut-être que l’un des symboles et des instruments les plus visibles de l’exploitation et de la domination économique sont les banques, qui, par leurs prêts et leurs cartes de crédit, promettent l’accès à une « belle vie », qui n’est qu’un tas de marchandises creuses, par lesquelles les consommateur.trices décorent et donnent volontairement du charme à leur misère, et qui ne fait qu’augmenter leur condamnation à vendre leurs journées, asservi.es à l’économie.

Voilà (en résumé) pourquoi nous, quelques individus amants de la nuit et du feu, avons décidé de nous lancer, pour briser la complicité du silence, et de laisser un signe de notre détermination, en détruisant un distributeur de billets de la banque Banco Sabadell, dans la nuit du 17 septembre.
Par ce geste nous voulons transmettre notre rejet absolut vis-à-vis des banques et de la société de l’argent en général, ainsi que de sa concrétisation dans des événements qui sont sur le point de se produire dans la ville de Barcelone et dans ses environs : la foire de spéculateurs immobiliers The district, l’expulsion du CSO Estudi 9, à Santa Coloma [ville dans la banlieue nord-est de Barcelone ; NdAtt.] et d’autres expulsions encore.
L’anarchie ne comprend pas les valeurs de la Bourse, nous continuerons à mettre le feu à toutes les banques, à leurs distributeurs de billets, à leurs chefs et à leur argent.

Pour l’expansion du chaos et pour l’anarchie !

Anarchistes

Hauts-de-France : Actions à la frontière française nord contre le projet de nouveau CRA

Publié le 2023-09-20 16:05:05

Indymedia Lille / mardi 19 septembre 2023

Ces derniers jours, de multiples actions ont eu lieu contre le projet des gouvernements français et britannique d’ouvrir un nouveau centre de rétention administrative (CRA) à la frontière.


Un CRA est une prison pour enfermer les personnes étrangères avant de les déporter hors du pays.

Ce projet a été annoncé en mars 2023 suite à un énième accord entre les deux pays de militarisation de la frontière. Partout en Europe les états durcissent les politiques aux frontières (prisons-flottantes au sud de l’angleterre, multiplications des centres de rétentions : allemagne, belgique, france, italie…).

Si les polices s’organisent au niveau international, les sources d’inspiration sont aussi partout : fermetures par le feu (comme au CPR de Turin en février-mars 2023), évasions, expulsions empêchées… il est possible de résister et d’attaquer.

Les actions menées dans différents lieux proches de la frontière franco-britannique ces derniers jours ont pour but d’intensifier la mobilisation contre tous les centres de rétention, ici comme ailleurs. Les personnes étrangères et/ou enfermées sont les premières à agir quotidiennement dans cette lutte. Ces actions sont en solidarité avec elleux. Voici quelques exemples récents :

Une cinquantaine de personnes ont fait un parloir sauvage en soutien des prisonnier-es du CRA de Coquelles, à côté de Calais.

Plus de 200 personnes ont manifesté contre les CRA à Calais ce dimanche 17/09.

Déploiement de nombreuses banderoles au-dessus l’autoroute A16 : « CRA ni ici ni ailleurs », « Pas de frontières, pas de nations, stop déportations », « Papiers pour tous.tes »…

Tags à Lille sur le siège de Vinci Immobilier, une entreprise qui se fait du fric sur la construction de prisons : « Stop tes CRA et tes prisons ».

Diffusion de tracts pour dénoncer le projet de nouveau CRA franco-britannique dans différents lieux de la frontière.

Contre toute forme de surveillance, de fichage et d’enfermement, ne restons pas indifférent-es ! Multiplions les actions et le harcèlement contre tous ceux qui profitent du marché sécuritaire : entreprises et compagnies aériennes (https://abaslescra.noblogs.org/files/2022/09/boites-collabo-CRA.cleaned.pdf), politicien-nes de tout bord qui font leur beurre électoral sur la misère sociale…

 

[in english]

Rome (Italie) : Alfredo hors du 41-bis !

Publié le 2023-09-20 16:10:05

La Nemesi / mardi 19 octobre 2023

Alfredo hors du 41-bis !
Fermer le 41-bis !
Assemblée ouverte le 8 octobre et rassemblement à l’occasion de l’audience du tribunal d’application des peines, le 19 octobre

Le 19 octobre, au tribunal d’application des peines de Rome, il y aura une audience par rapport à la permanence d’Alfredo Cospito en régime 41-bis. Dans le but d’organiser une initiative solidaire avec le compagnon, nous vous invitons à une assemblée ouverte, dimanche 8 octobre. Après l’intense mobilisation en solidarité avec Alfredo, contre le 41-bis et la peine de perpétuité avec période de sûreté illimitée, qui s’est développée entre mai 2022 et avril 2023, nous n’oublions pas que le compagnon reste enfermé en ce régime de détention.

Assemblée : dimanche 8 octobre, largo Perestrello, Rome, à 16h.
Rassemblement solidaire : jeudi 19 octobre, via Triboniano, Rome, à 9h.

Fermer le 41-bis ! Contre la torture d’État! Solidarité révolutionnaire avec Alfredo Cospito !

 

Assemblée en solidarité avec Alfredo Cospito et les prisonniers révolutionnaires
Rome, septembre 2023

[Toul] Collage anti-carcéral et en solidarité avec les inculpé.es du 8/12

Publié le 2023-09-22 07:45:05

[ENGLISH BELOW]

Cette semaine, dans les villages autour de Toul (Lorraine), on a collé des affiches contre le projet de nouvelle prison à Toul (affiche) ; contre la prison en général (affiche) ; et des affiches (ici et ici) en solidarité avec les inculpé.es de l’affaire du 8 décembre 2020 qui passeront en procès à Paris du 3 au 27 octobre prochain.

Dans son obsession répressive, l’État souhaitait déjà la construction de 15 000 nouvelles cellules d’ici 2027, dont une prison expérimentale à 100 % basée sur le travail à Toul [1] [2]. En juillet, et suite aux émeutes, la création de 3 000 cellules supplémentaires a été votée à l’assemblée nationale, ce qui pourrait faire grimper le nombre de cellules de prison à 78 000 en 2027 (parfois occupées par 2, 3,.. détenu.es…). En parallèle de l’augmentation du nombre de flics et de caméras, construire toujours plus de prisons, pour enfermer toujours plus…

Pour reprendre quelques lignes d’une affiche qu’on a collée, « nous sommes contre la prison parce que nous voulons changer radicalement cette société, pas nous intégrer pacifiquement dans ses métropoles, ses quartiers d’affaires sécurisés, ses places aseptisées et ses supermarchés. Nous sommes contre la prison parce que les règles de cette société sont basées sur le fric et la compétition et que nous voulons un monde basé sur la solidarité et la liberté, un monde dans lequel les accords réciproques sont les fondements du vivre ensemble. »

Dans un prolongement de nos sentiments anti-carcéraux, nous avons aussi voulu exprimer notre solidarité aux inculpé.es de l’affaire du 8 décembre.
Alors que se généralise de plus en plus la prise d’empreinte et de photos en garde-à-vue, la prise d’ADN, la surveillance ciblée et de masse via les moyens de communication numérique, ainsi que le chef d’accusation d’« association de malfaiteurs » ; avec l’affaire du 8 décembre, un cap a été franchi dans la militarisation de la répression. Des personnes ont été emprisonnées pour leur affiliations - supposées – à une idéologie dite « d’ultra-gauche » ou de mouvances internationales. L’absence d’une solidarité d’ampleur a laissé les mains libres à Darmanin pour continuer sur cette voie de l’assimilation des opposant.es politiques à des terroristes. La perfection des outils répressifs sur les un.es, permet toujours la répression des autres. [3]

Les récentes interdictions de se rassembler et les réquisitions concernant les évènements de soutien aux inculpé.es du 8 décembre ne font que renforcer la nécessité et la détermination de notre solidarité [4].

Soutien aux inculpé.es du 8 décembre 2020,
Soutien à toutes les personnes emprisonné.es ou subissant la répression d’État,

A bas l’État et le capitalisme !
Feu aux prisons et aux tribunaux !


[Toul] Anti-prison collage and in solidarity with the 8/12 accused

This week, in the villages around Toul (Lorraine, nord est france), we’ve put up posters against the planned new prison in Toul (poster) ; against prisons in general (poster) ; and posters (here and here) in solidarity with the case in the December 8, 2020 case who will go on trial in Paris from October 3 to 27.

In its repressive obsession, the state already wanted to build 15,000 new cells by 2027, including an experimental 100% work-based prison at Toul [5]]] [6]. In July, and following the riots, the creation of 3,000 additional cells was voted through the French National Assembly, which could bring the number of prison cells to 78,000 by 2027 (sometimes occupied by 2, 3,... inmates...). At the same time as increasing the number of cops and cameras, building more and more prisons, to lock up more and more people...

To quote a few lines from a poster we stuck up, "we’re against prison because we want to radically change this society, not peacefully integrate into its metropolises, its secure business districts, its sanitized squares and supermarkets. We are against prison because the rules of this society are based on money and competition, and we want a world based on solidarity and freedom, a world in which reciprocal agreements are the foundations of living together."

As an extension of our anti-prison sentiments, we also wanted to express our solidarity with the accused in the December 8 case.
At a time when fingerprinting and photo-taking in police custody, DNA sampling, targeted and mass surveillance via digital media, and the charge of "association de malfaiteurs" are becoming increasingly widespread, the December 8 affair marks a new stage in the militarization of repression. People were imprisoned for their - alleged - affiliations with so-called "ultra-left" ideologies or international movements. The absence of widespread solidarity has given Darmanin (french minister of the Interior in 2020, NdT) a free hand to continue down the path of equating political opponents with terrorists. Perfecting the tools of repression for one always allows for the repression of others. [7]

The recent gathering bans and summonses concerning events in support of those charged on December 8 only reinforce the necessity and determination of our solidarity [8]]].

Solidarity with those charged on December 8, 2020,
Solidarity with all those imprisoned or suffering state repression,

Down with the state and capitalism !
Fire the prisons and courts !


Affiche contre le projet de nouvelle prison à Toul // Poster against the planned new prison in Toul
Affiche contre la prison // Poster against prisons
Affiche en solidarité avec les inculpé.es de l’affaire du 8/12 // Poster in solidarity with the accused in the 8/12 case
Affiche en solidarité avec les inculpé.es de l’affaire du 8/12 // Poster in solidarity with the accused in the 8/12 case


Notes

[12412

[2Les travaux de la prison n’ont pas encore commencé, il est encore temps de s’y opposer.

[3Voir « Pourquoi ça vous concerne aussi ? » dans L’affaire du 8 décembre, c’est quoi ?

[52412 [in french

[6Work on the prison has not yet begun, there is still time to oppose it.

[7See "Why does this concern you too ?" in What is the december 8 affair ?

La Ferté-Bernard (Sarthe) : les ateliers de la mairie sous le feu… volontaire

Publié le 2023-09-22 07:50:04

La Ferté-Bernard. Selon l’enquête des gendarmes, l’incendie
des ateliers municipaux était volontaire
Ouest-France, 20 septembre 2023

Ce mercredi 20 septembre, près de quatre mois après l’incendie qui a dévasté un bâtiment municipal renfermant du matériel et des véhicules des services techniques, la gendarmerie de la Sarthe confirme l’origine  humaine et malveillante  de l’incendie.

Pour rappel, dans la nuit du 27 mai dernier, une cinquantaine de pompiers du service d’incendie et de secours (Sdis) de la Sarthe avaient été mobilisés pour un incendie , rue du Collège à La Ferté-Bernard.

Un entrepôt des services techniques de la ville de 1 200 m² s’était embrasé. En plus du bâtiment, 14 véhicules étaient partis en fumée. Si, dans un premier temps, les enquêteurs penchaient pour la piste accidentelle , la gendarmerie de la Sarthe creuse désormais la piste d’un incendie criminel.

Saint-Gilles (Gard) : la caméra à coups de hache

Publié le 2023-09-22 07:55:03

Gard : Un ado de 15 ans accusé d’avoir détruit
une caméra de surveillance à coups de hache

20Minutes, 15 septembre 2023

Un adolescent de 15 ans, soupçonné d’avoir détruit une caméra de vidéosurveillance avec une hache dans le Gard, a été arrêté mercredi, rapportent les gendarmes du département, sur leur page Facebook.

Les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu le 13 avril dernier. Ce jour-là, ce mineur, le visage dissimulé, est accusé d’avoir grimpé à sur un lampadaire, à Saint-Gilles, et d’avoir asséné plusieurs coups de hache sur la caméra, la mettant hors service. Grâce à des analyses ADN prélevées sur les lieux du méfait, le suspect a été identifié, interpellé et placé en garde à vue.

Il s’agit d’un adolescent demeurant sur cette commune de 15.000 habitants, dans la métropole de Nîmes. Il devra prochainement s’expliquer devant la justice sur le pourquoi du comment de ces coups de hache.

Marmagne (Saône-et-Loire) : cramer la fibre en amont

Publié le 2023-09-22 08:00:05

Marmagne : Un véhicule utilitaire de la « fibre optique »
détruit par un incendie
Creusot Infos, 20 septembre 2023 (extrait)

La commune de Marmagne est actuellement le cadre d’importants travaux pour l’arrivée de la fibre optique. Plusieurs entreprises sont à l’ouvrage. Mardi soir, peu avant 21 heures, un incendie a concerné un véhicule utilitaire de l’entreprise Iris Ingénierie de Saint-Marcel.

Le véhicule était complètement embrasé à l’arrivée des pompiers du Creusot. Le sinistre s’est situé au bord de la route départementale 61 où le véhicule utilitaire était stationné, à la sortie du bourg de Marmagne, en direction des Vernizeaux.

Les gendarmes de communauté de brigades de Montchanin et du Creusot se sont rendus sur place. Ils ont fait appel à la direction des routes car la chaussée a été très endommagée par l’incendie.

[Grenoble] Appel à perturber l’anniversaire de STMicroelectronics

Publié le 2023-09-22 08:05:08

ST Microelectronics fêtera en grande pompe ses cinquante ans le 28 septembre prochain à Grenoble. Bruno Lemaire a annoncé sa présence pour honorer le fabricant de semi-conducteurs qui pille l’eau et le ressources. Le collectif STopMicro appelle à gâcher la fête.



STMicroelectronics : 50 ans de nuisances, ça suffit !
Appel à perturber l’anniversaire de la multinationale STMicroelectronics

Issue d’une start-up du CEA, ST Microelectronics fêtera en grande pompe ses cinquante ans le 28 septembre prochain à Grenoble. Bruno Lemaire a annoncé son déplacement pour honorer le fabricant de semi-conducteurs qui pille l’eau et le ressources du Grésivaudan et d’ailleurs. A l’heure du dérèglement climatique et de la prise de conscience des nuisances de l’industrie, le collectif STopMicro appelle à gâcher la fête.

Qu’est-ce que STMicroelectronics ? En 1972, le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) créé l’entreprise Efcis pour conceptualiser et fabriquer des puces électroniques à partir des recherches menées au CEA. L’organisme public transfère à Efcis 90 ingénieurs et scientifiques. Rapidement, le géant de l’équipement militaire Thomson prend des parts dans l’entreprise, puis l’absorbe en 1982. En 1987, la branche électronique de Thomson fusionne avec l’italien SGS, pour donner SGS-Thomson, puis STMicroelectronics en 1998. C’est aujourd’hui le premier employeur de la région, avec près de 6 000 personnes. La multinationale travaille pour Apple, Bosch, Continental, HP, Huawei, Mobileye, Samsung, SpaceX, Tesla, Vitesco… et ne rechigne pas à équiper les drones de l’armée russe L’entreprise fait des profits conséquents, mais « paye » ses impôts aux Pays-Bas. L’an dernier, Emmanuel Macron a annoncé le versement de 2,9 milliards d’argent public pour agrandir l’usine de Crolles d’ici 2026 au nom de la « souveraineté industrielle » européenne. Agrandir, alors que ST consomme déjà à Crolles 156 litres d’eau par seconde (387 après l’agrandissement) et autant d’électricité qu’une ville de 230 000 personnes.

La « Silicon Valley à la française ». Start-up avant l’heure, la création d’Efcis c’était déjà le profit privé sur fonds publics, avec la complicité bienveillante des militaires et du complexe militaro-industriel. Grenoble est un terreau fertile et précurseur pour ce genre de « collaborations », grâce à la présence de grands laboratoires publics, d’une puissante université et d’un tissu industriel dense : le CEA-Leti, l’Imag, l’Inria, des industriels comme Hewlett-Packard, Schneider Electric, le premier centre européen des nanotechnologies Minatec, la « clinique du cerveau » Clinatec, ou le synchrotron. Ce « modèle grenoblois » est la matrice des pôles de compétitivité, devenus la norme en France sur fond de libéralisation de l’université et de l’économie.

C’est cela qui sera fêté ce jeudi 28 septembre au Palais des sports de Grenoble : la liaison entre l’université, l’industrie et l’armée, les profits privés sur fonds publics, la colonisation de nos vies par les technologies numériques, l’accaparement des ressources ici (eau) et ailleurs (silicium, germanium, métaux rares, etc), le culte du Progrès technologique comme nouvelle religion.

L’heure n’est plus aux célébrations d’un modèle inique, mais à la prise de conscience environnementale et sociale. Partout en France des associations, des collectifs et des individus se soulèvent contre le pillage de la Terre et le renforcement d’un monde inégalitaire. Alors : ces 2,9 milliards d’euros ne seraient-ils pas mieux employés à financer le système des retraites par exemple ? Avons-nous besoin de plus de puces électroniques, ou de reconquérir notre autonomie face à un mode de vie industriel et connecté qu’on nous impose ? La ressource en eau est-elle inépuisable comme le croient ceux qui se réunissent au Palais des Sports ?

Gâchons la fête : l’anniversaire de ST n’aura pas lieu !

Rendez-vous jeudi 28.09 à 18h
devant le palais des sports de Grenoble
Casseroles, bouteilles et pistolets à eau bienvenus

Pour poursuivre la mobilisation :
• Prochaine réunion du collectif STopMicro : 20/09, 18h30 au Bocal
• Visite de la partie universitaire de la « Silicon Valley grenobloise » : 5/10 à 14h, 921 rue des résidences, Saint Martin d’Hères
• Grande marche pour l’eau du 1er au 5 Avril 2024

PDF - 1.8 Mo

Plus d’infos sur le site https://stopmicro38.noblogs.org

Naples (Italie) – Des nouvelles du procès : la première audience renvoyée au 9 octobre

Publié le 2023-09-22 08:10:03

La Nemesi / mercredi 20 septembre 2023

Mercredi 13 septembre, il y a eu, à la cour d’assise de Naples, la première audience du procès contre Zac, arrêté le 28 mars à Pozzuoli en vertu des articles 280 bis (acte terroriste avec des engins mortels ou explosifs) et 270 quinquies (auto-entrainement), pour l’action incendiaire du 4 mars 2021 contre un local appartenant à l’ambassade grecque, à Naples.

Les communiqués précédents sont ici :
https://attaque.noblogs.org/post/2022/06/05/pozzuoli-italie-des-perquisitions-chez-des-anarchistes/
https://attaque.noblogs.org/post/2023/04/03/naples-serie-de-perquisitions-un-compagnon-en-detention/
https://attaque.noblogs.org/post/2023/07/30/naples-italie-des-nouvelles-de-zac/

Un groupe important de compagnonnes et de compagnons solidaires était présent lors de l’audience et dans la salle elles/ils ont du endurer un certain dress shaming, en plus du nombre démesuré d’agents de la DIGOS et de la présence d’un car de CRS… et après ils se plaignent de devoir faire des heures supplémentaires ! En effet, l’État italien a demandé une indemnisation de 150 000 euros pour des préjudices subi par le Trésor public, dont 110 000 euros pour les 8410 heures supplémentaires de travail effectuées par la DIGOS.

De plus, peu avant le début de l’audience, des policiers du commissariat central de Naples ont notifié à Zac une requête de surveillance spéciale à son encontre, pour laquelle il y aura une audience le 25 octobre (des mises à jours suivront).

L’audience pour entendre les requêtes des différentes parties a été renvoyée au 9 octobre, à cause du manque de notification à l’une des parties lésées, parce que le juge d’instruction, au lieu d’envoyer la notification à l’ambassade grecque en Italie, l’a envoyée à l’ambassade italienne en Grèce…

Par contre, le 20 septembre, à Rome, il y [a eu] l’audience en Cassation contre la décision du Tribunal des libertés du 6 avril, qui avait confirmé la détention préventive pour Zac.

 

Pour écrire à Zac :

Marco Marino
Casa Circondariale di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

 

Nous invitons celles et ceux qui voudraient envoyer des contributions en soutien à le faire par virement bancaire :

IBAN : IT07V3608105138299544199741
BIC/SWIFT : PPAYITR1XXX
Titulaire : Luca d’Esposito
Motivation : ricarica

Les modes passent, le style ne passe jamais.
LIBERTÉ POUR ZAC !

 

Les compagnonnes et les compagnons de “Nun ve ramm na lira”
[on ne vous donne même pas un centime]

Santiago (Chili) : Cortège pour la commémoration des 50 ans du coup d’État

Publié le 2023-09-22 08:15:03

Informativo Anarquista / mercredi 20 septembre 2023

Dimanche 10 septembre, il y a eu une manifestation très participée, 50 ans après le coup d’État réalisé, sous la direction d’Augusto Pinochet, par la droite politique, militaire et économique du Chili et par les USA et qui s’en est pris au gouvernement de Salvador Allende et à des organisations et des individus qui subiront la dictature au cours d’un long processus dictatorial.

Cette année, la manifestation est passée à nouveau par la Calle Morande, devant le palais de la Moneda*, après que pendant longtemps il a été interdit de passer par là. Quelques jours auparavant, on a su que le gouvernement du Frente Amplio, avec le Parti communiste, allait fermer les portes à cette mobilisation, pour lancer une manifestation « officielle », ce qui a fait qu’ils ont arbitrairement contraint le cortège à se scinder, afin que le président, dans son besoin de se mettre en avant, puisse se faire prendre en photo avec toutes les organisations « accréditées ».

La participation a pu atteindre facilement les 50 000 personnes. Cependant, la dispersion provoquée par le gouvernement et par son bras armé policier a fait que des centaines de groupes on marché en parallèle jusqu’au cimetière principal. La marche a du subir plusieurs changements d’itinéraire et on sait qu’il y a eu deux initiatives : une à l’entrée du cimetière sur l’avenida La Paz, l’autre à l’entrée sur avenida Recoleta.

Sur son parcours, la manifestation a rapidement été encerclée par les unités anti-émeute des Carabineros (COP), ce qui a provoqué des affrontements à coup de bâtons, de pierres et de cocktails Molotov, le long de tout le trajet jusqu’au cimetière. À l’intérieur de celui-ci, il y a eu des affrontements aussi et la tombe de Jaime Guzmán** et le Mausoleo de Carabineros ont été détruits, comme on peut le voir dans les photos ci-dessous.

 

Notes d’Attaque :
* la résidence officielle du président du Chili. L’actuel président est Gabriel Boric, élu en décembre 2021 avec le soutien du Frente Amplio, « front large », une coalition de partis de gauche, centre-gauche et extrême gauche (mais sans le Parti communiste).
** Théoricien réactionnaire et homme politique d’extrême droite, il a participé au gouvernement de Pinochet et à la rédaction de la constitution de 1980. Il a été exécuté par la guérilla communiste en en 1991.

Voici quelques photos :

Rémire-Montjoly/Matoury (Guyane) : briser les chaînes technologiques dans les colonies aussi

Publié le 2023-09-22 08:20:03

Panne totale de réseau à Rémire-Montjoly et Matoury
France-Guyane/La 1ere, 21 septembre 2023

De nombreux quartiers de Rémire-Montjoly et Matoury se sont réveillés sans réseau ce matin. Le réseau mobile, internet et fixe de l’opérateur Orange Caraïbes a été hors-service. Plus de 10 000 utilisateurs se sont retrouvés dans l’impossibilité de se connecter à internet ou aux données mobiles. Les appels et SMS n’étaient pas disponibles non plus.

C’est vers 14 heures, ce jeudi, que le fournisseur Orange a expliqué l’origine de la panne. Il s’agit d’ « un acte de vandalisme » commis dans la nuit qui a entraîné l’interruption des services fixe, internet et mobile. Le réseau a été rétabli vers la fin de matinée.

Mesnil-Amelot (IdF) : les premiers plans du futur CRA mis en ligne

Publié le 2023-09-22 08:25:09

Après un premier appel d’offre infructueux, l’État n’a pas abandonné l’idée de construire un nouveau CRA au Mesnil Amelot [en Seine-et-Marne]. Un nouvel appel d’offre pour désigner un aménageur, en gros une boîte qui va être le chef d’orchestre de la construction de ce nouveau CRA (élaboration du programme technique, sélection de la ou des boîtes en charge du futur marché de la construction, etc.), a été clôturé le 1er septembre 2023. Le nom de cet aménageur n’est pas encore connu, mais le dossier qui a été mis en ligne sur https://www.marches-publics.gouv.fr/ donne déjà beaucoup d’infos sur ce que sera ce nouveau CRA.

L’étude de faisabilité, estampillée « Ministère de l’intérieur » a été réalisée à l’aide de la boîte A2MO. Cet aménageur, qui a notamment participé à l’installation de la légion étrangère sur le camp militaire du Larzac ou bossé avec le ministère de l’intérieur pour la construction de nouveaux commissariats, est présent dans une multitude de villes (Lyon, Paris, Marseille, …).

Qu’apprend-on dans ces documents de plusieurs centaines de pages ?

► Le nouveau CRA est prévu sur une partie du site de l’ancien CRA n°1 du Mesnil Amelot (en activité de 1995 à 2011, situé au 1 rue Périchet), juste en face des pistes de l’aéroport Charles de Gaulle. Le site est actuellement occupé par la PAF et Vigipirate. La PAF restera, mais les effectifs Vigipirates partiront, leurs bâtiments seront détruits pour laisser place au nouveau centre de rétention. Le coût prévisionnel des travaux s’élève à 15 millions d’euros.

► Le nouveau CRA sera de 64 places : deux blocs de 32 places, composés chacun de 16 « chambres » de deux places.

► Les blocs de rétention seront organisés autour d’une cour intérieure de seulement 150 m2. Celle-ci sera équipée de façade lisse sans appui et de rebords pour « éviter les risques d’escalade » avec « intégration d’un grillage en toiture ». Bref une cage …

► Les blocs de rétention seront au rez–de–chaussée, lorsqu’au premier étage se trouveront différents bureaux et locaux de la PAF, notamment celui de la vidéosurveillance, avec une vue directe sur les retenus.

► Le délire sécuritaire va loin et prévoit un « système de détection intrusion périmétrique et sur les blocs de chambre par infrarouge et hyperfréquence » ainsi que de la vidéo-surveillance. Est aussi prévu un « chemin de ronde » à partir de 2 lignes de clôture rigide de 2,5m de haut, espacées d’environ 2m et « disposant d’une très haute résistance ».

► Effectifs de police :
2 brigades de jours de 30 agents (6h30 – 17h30 et 8h30- 19h30) + 10 personnes (chef du CRA, adjoint, greffe, logistique, …)
2 brigades de 11 agents de nuit (19h30-6h30)

► Quand ?

Le document évoque un début de mission de l’aménageur en septembre 2023. L’élaboration du programme technique et la sélection des boites devrait durer 9 semaines. Plusieurs dates sont évoquées avec un début de chantier en 2025 et des travaux devant durer 2 ans.

Logiquement dans les prochaines semaines / mois on devrait en savoir plus sur le nom de l’aménageur et des autres boites collabo qui vont taffer sur la construction de ce nouveau lieu d’enfermement. On vous tiendra évidemment au courant et on proposera bientôt un moment pour s’organiser contre ce projet de construction 🙂

À bas les CRA, à bas l’enfermement !

[Trouvé sur Indymedia Lille, 21 septembre 2023]

[28/09, 18h] Projection/discussion autour de la répression des anarchistes par l’état chilien

Publié le 2023-09-23 09:20:03

Jeudi 28 septembre à 18h, des anarchistes viennent nous parler de la répression et des conditions de détention des anarchistes et subversifs au Chili à travers trois cas particuliers, dans une perspective de solidarité internationale.

Besançon (Doubs) : le fauteuil de compet’ de Boris est en route !

Publié le 2023-09-23 09:30:05

Début juillet, nous relancions en urgence l’appel à soutien financier destiné à l’achat d’un fauteuil électrique verticalisateur sur mesure pour Boris. Pour rappel, ce dernier est le compagnon anarchiste bisontin qui a détruit pendant le premier confinement deux antennes-relais des flics et des opérateurs de téléphonie mobile dans le Jura, avant d’être incarcéré à Nancy puis gravement blessé dans un incendie de la cellule où il était enfermé, le laissant tétraplégique.

Depuis deux mois, Boris est de retour dans la région de Besançon. Il a quitté l’hôpital de Chalon-sur-Saône où il se trouvait dans un service de SSR (Soins de suite et de réadaptation) et réside désormais dans un lieu de vie médicalisé adapté à sa situation… où il va pouvoir réceptionner le fameux fauteuil de compet’ fin septembre ! Qui plus est, l’appel à recueil de fonds a une fois de plus reçu un accueil solidaire à de nombreux endroits, et ce sont près de 11 000 euros supplémentaires qui ont été récoltés cet été. Big up à toutes celles et ceux qui ont organisé des initiatives publiques (concerts, débats, cantines), aux individus anonymes et aux caisses de solidarité qui ont permis de compléter définitivement l’achat du fauteuil de Boris : de Londres (Angleterre), d’Allemagne, de Bruxelles (Belgique), du Canada, de Lausanne (Suisse) et d’Athènes (Grèce) ; mais aussi d’Ardèche, de Besançon, des Cévennes, de Marseille, de région parisienne, de Toulouse… et d’ailleurs.

A présent, et grâce à la solidarité anarchiste, Boris va pouvoir envisager un retour vers la rue et le soleil avec beaucoup plus d’autonomie. Car même si les crapules judiciaires n’ont toujours pas lâché l’affaire (la juge d’instruction chargée de l’incendie de cellule n’a pas clos ses investigations, et la cour d’appel de Nancy entend toujours rejuger le compagnon pour la destruction des antennes-relais), c’est petit à petit un nouvel horizon qui est en train de s’entrouvrir.
Force et courage à lui !

Des anarchistes solidaires et complices de Boris
septembre 2023

[Trouvé sur Indymedia Lille, 22 septembre 2023]

Rivière Salée (Martinique) : feu à l’antenne de téléphonie mobile !

Publié le 2023-09-23 14:20:03

Une antenne 4G détruite par les flammes à Rivière-Salée
Radio Caraïbes International, 22 septembre 2023

Une antenne 4G a entièrement brûlé, cette nuit. Situé au quartier la Laugier, à Rivière Salée, le dispositif a pris feu vers 3 h 30 ce matin.

Selon les pompiers, le feu serait parti des trois boîtiers électriques qui alimentent l’antenne. S’il n’y a pas de risque de propagation, 11 agents du service d’incendie et de secours ont été dépêchés sur place, de même que les forces de l’ordre et les techniciens des trois opérateurs présents sur l’île. Des difficultés sont à prévoir sur le réseau 4G dans ce secteur.

Carapatage #55 : Manger en prison : de la gamelle aux plats de résistance (20/09/23)

Publié le 2023-09-23 14:25:02

Télécharger l’émission

Lien vers le podcast

Dans cette émission, on parle de la nourriture en prison. Ne plus choisir quand et quoi manger fait partie de la punition en prison. Comment trouver des moyens individuellement et collectivement pour faire face à ces contraintes ? On parle des manières de résister au quotidien pour reprendre prise sur le contrôle exercé par la prison et l’AP. Une émission avec les récits croisés de plusieurs personnes.

Sommaire

Playlist

Ressources

Royaume-Uni : L’anarchiste Toby Shone reincarcéré le 19 septembre

Publié le 2023-09-23 14:30:05

reçu par mail (en anglais) / vendredi 22 septembre 2023

Toby Shone est un anarchiste qui a été incarcéré à la prison de Wandsworth, à Bristol, et dans celle de Parc, gérée par l’entreprise G4S, pendant presque deux ans, car accusé d’être l’administrateur du projet de contre-information 325.nostate.net. Après que les poursuites pour des raisons politiques sont tombées et que les flics ont dû laisser tomber cette affaire 5 jours avant le procès, en octobre 2021 Toby a été condamné à 3 ans et 9 mois pour la possession de médicaments psychédéliques. Il a été libéré le 28 décembre 2022, avec des restrictions importantes (semi-liberté), sous la surveillance d’une équipe multi-forces (MAPPA) qui comprenait la National Security Division (la police anti-terrorisme) et il a été obligé de vivre pendant 9 mois dans un sale centre d’hébergement à Gloucester. Il y a 9 jours à peine, il avait déménagé dans un appartement dans la forêt de Dean, dans le Gloucestershire.

Le matin du 19 septembre, il était en train de se rendre en voiture à un rendez-vous avec son conseiller de probation, quand il a été arrêté par une unité de police armée, sur la route entre la forêt de Dean et Glouchester. Il a été amené à la prison de Bristol. Il attend d’avoir des informations plus précises, mais ses avocats disent qu’il serait accusé d’avoir enfreint deux des conditions de sa semi-liberté : il aurait été en possession d’un téléphone (non autorisé) et il aurait participé à une réunion à Bristol en août.

Toby garde la pêche, comme toujours, et demande qu’on lui écrive et qu’on lui envoie des livres.
S’il vous plaît, écrivez-lui à cette adresse :

Toby Shone
prisoner’s number : A7645EP
HMP Bristol
19 Cambridge Road
Bishopston
Bristol BS7 8PS (Royaume-Uni)

Vous pouvez aussi contacter son groupe de soutien à l’adresse : forestcase AT riseup.net

Dieppe (Seine-Maritime) : comme son nom l’indique…

Publié le 2023-09-23 14:35:05

La stupéfaction à Dieppe après l’incendie qui a touché
le café des Tribunaux
Les informations dieppoises, 22 septembre 2023 (extrait)

C’est un des emblèmes de Dieppe (Seine-Maritime), le café des Tribunaux [situé à côté du Tribunal de commerce et du Tribunal judiciaire], qui a été touché par un incendie, vendredi 22 septembre 2023. À l’entrée, des clients pas encore informés de l’incendie tentent d’entrer. À l’intérieur, l’équipe les renseigne. « Le café des Tribunaux fermé, on ne voit jamais ça, les gens sont stupéfaits », témoigne Loïc Lacaille, directeur de l’établissement, dans la maison depuis 15 ans.

Le feu qui a pris sur les poubelles vers 4h30 du côté de la rue Saint-Jacques a endommagé une façade, sur laquelle des vitraux ont explosés. À l’intérieur, de la fumée s’est propagée dans l’ensemble de l’établissement. Dans la cuisine, des pans en inox sont gondolés, et au moins un appareil a été endommagé.

Cet incendie intervient après déjà plusieurs autres feux de poubelles et de voitures ces dernières semaines à Dieppe. « Ces dernières années on a vu la situation évoluer en mal, surtout depuis l’après-Covid. Ici, en zone piétonne, nos clients sont régulièrement interpellés par des jeunes, toujours les mêmes » rajoute pour conclure Loïc Lacaille.

Panazol (Haute-Vienne) : cramer le noeud électrique du réseau municipal

Publié le 2023-09-23 14:40:04

Une armoire électrique incendiée au cocktail molotov à Panazol
France Bleu/France 3, 22 septembre 2023

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une armoire électrique a été incendiée au cocktail molotov à Panazol, une commune de 10.000 habitants en Haute-Vienne. Elle permettait d’alimenter en électricité toutes les caméras de surveillance de la ville, l’éclairage public, ainsi que le réseau internet des services municipaux.

Depuis ce jeudi 21 septembre 2023, les structures municipales d’accueil enfance de la Ville (crèche municipale, Pomme d’API, école maternelle Henri Wallon, relais petite enfance, école élémentaire Turgot-Jaurès, restaurant scolaire, accueil de loisirs Jules Verne), ainsi que les équipements sportifs du secteur ont donc été privés de tous leurs moyens de communication. Certaines habitations n’ont pas été épargnées puisque 1 500 foyers sont privés de téléphone et d’internet.

Le maire de Panazol, Fabien Doucet, parle dans un communiqué d’un « acte d’incivilité inqualifiable lourd de conséquences ! Voilà le résultat de la bêtise humaine ! Un acte ciblé ». L’objectif de cet incendie de cette armoire électrique était, selon lui, « de détruire les caméras de vidéosurveillance qui avaient été nouvellement mises en place » dans certains quartiers de la ville. « C’était prémédité. Sur les images, on voit très bien que la cible était cette armoire électrique. Les caméras dérangeaient certains ».

Il indique que les images de vidéo-surveillance sont actuellement analysées, et que les forces de l’ordre examinent aussi les empreintes ADN relevées sur l’armoire électrique. « La justice sera rendue » promet l’édile, notamment parce que cela va coûter de 20 à 40.000 euros à la municipalité pour remettre le réseau en état.

Rennes : Action contre des commerces spécistes

Publié le 2023-09-24 07:30:03

Expansive.info / vendredi 22 septembre 2023

3 millions d’animaux agonisent chaque jour dans les abattoirs français.

Des rappels de ce massacre sont présents dans tous les recoins de nos vies et de nos villes. Leur présence est tellement omniprésente qu’elle a fini par devenir la norme. Boucherie, fromagerie, laiterie… Toutes ces industries se basent sur l’exploitation et la mise à mort d’une catégorie d’individus. Toutes ces industries ont pignon sur rue, au point que l’on ne s’étonne plus de voir des cadavres exposés en vitrine. Des militant.e.s ont tenté de rompre, quelques heures durant, cette normalité mortifère. Dans la nuit du 18 au 19 septembre, des commerces représentant l’exploitation spéciste ont vu leurs serrures gluées, car nous n’oublions pas la violence qu’ils représentent et nous entendons être le grain de sable dans le mécanisme.

Nous attaquons de front l’économie spéciste.
Nous nous inscrivons en solidarité avec les animaux non-humains.
Nous luttons pour un monde où l’égalité deviendrait la norme.

Cette action s’inscrit également comme un message d’amour et de soutien envers les nombreux.ses antispécistes victimes d’une répression étatique démesurée, signe que ce combat fait peur et que l’on cherche à l’étouffer dans l’œuf. Toutes nos pensées vont aux militant.e.s du collectif Animal1st, confronté.e.s à une violente enquête à plusieurs centaines de milliers d’euros, une condamnation pour « association de malfaiteurs » et des procès à répétitions, pour des faits présumés… de tags, dégradations légères et libérations d’animaux. Mais peu importe la répression, des personnes déterminées répondront toujours présentes pour continuer la lutte.

Affaire

Publié le 2023-09-24 08:45:06

Ce texte fait suite aux 35 arrestations des 5 et 20 juin dernier et en particulier aux 31 concernant le désarmement de l’usine Lafarge de Bouc-Bel-Air, le 10 décembre 2022.

Parmi ces personnes, deux ont été mises en examen début juillet. Les analyses qui suivent sont donc le résultat d’entretiens menés d’une part avec les arrêté.e.s qui ont pu faire part d’informations recueillies lors des auditions, dans leurs discussions avec les services d’enquête, d’autre part avec les mis.es en examen, chacun de leur côté, étant donné qu’iels ont interdiction d’entrer en contact.



Elles permettent de se faire une idée de ce que l’État est prêt à déployer pour traquer celleux qui s’opposent au ravage écologique et aux nuisances industrielles. Dans cette affaire, menée sur place par la section de recherche de la gendarmerie de Marseille, la SDAT (sous-direction antiterroriste) a été saisie en renfort, alors même que les faits reprochés ne sont pas caractérisés comme terroristes et ce sur la base de la seule et vague notion de "violences extrêmes". Les moyens à leur disposition sont considérables - téléphonie, écoute, filature, logiciel espion, reconnaissance faciale, balise GPS, etc.

Les moyens décrits ici ne reflètent pas la majorité des enquêtes sur des actions politiques. Certains moyens sont courants, d’autres beaucoup plus rares. Tous n’ont vraisemblablement pas été déployés à l’encontre de toutes les personnes visées dans l’affaire Lafarge, mais selon notre analyse de manière graduelle, suivant l’intérêt spécifique que semblait représenter telle ou telle personne pour leur enquête. L’ensemble de l’utilisation de tous ces outils est à notre connaissance encore relativement singulière, complexe, coûteuse et donc relativement rare.

Résister à la surveillance nous protège les un.es les autres. Nous aimerions que ces mauvaises expériences puissent servir à nourrir des pratiques et une culture commune de la sécurité, bien au-delà des personnes directement visées par cette enquête.

Texte :

Sommaire

Organisation générale de l’enquête

La Section de Recherche de la gendarmerie de Marseille est semble-t-il mobilisée dès le soir du 10 décembre 2022. Il semblerait qu’à partir d’une première analyse des images de vidéosurveillance, des analyses des relevés d’ADN, d’empreintes et des bornages téléphoniques, une première liste de personnes suspectées d’avoir été présentes sur les lieux ait été rapidement créée.

La SDAT est co-saisie dans l’enquête. Elle se renseigne sur les sites/groupes qui ont évoqué l’action du 10 décembre, envoie des réquisitions à Twitter, Instagram ou Facebook pour obtenir des identités liées à ces sites et ces groupes. Au bout de 14 jours, durée maximum d’une enquête de flagrance, une enquête préliminaire est ouverte. Les objets devant être soumis à des prélèvements ADN sont envoyés à la police scientifique, analyse qui prend un certain temps. L’analyse des images de vidéosurveillance s’attèle à traiter des centaines d’heures de vidéos, et s’étend donc sur plusieurs mois.

Ainsi, selon ce qui nous est donné à comprendre, la première séquence de l’enquête qui se base essentiellement sur les recherches effectuées sur place (vidéosurveillance, analyse de la téléphonie sur les lieux et relevés ADN) s’achève avant l’ouverture de l’instruction judiciaire en date du 2 février.

Dans un second temps, ils ont cherché à déterminer un deuxième cercle de personnes (proches des suspect.es) en étudiant les "fadettes" (factures détaillées de téléphonie), les virements bancaires et ont parfois, mais pour un nombre restreint de personnes, déployé ou demandé de déployer des moyens de surveillance humaine (filatures) ou techniques (traceurs GPS, interceptions téléphoniques, logiciels espions).

Les données récoltées sur l’entourage des premières personnes soupçonnées sont mises en lien avec les premiers éléments de l’enquête afin d’ajouter certaines personnes à leur liste de suspect.es. Quasi systématiquement, pour chaque suspect.e, ils récupèrent ses 5 contacts les plus réguliers, demandent leurs fadettes et selon l’activité téléphonique qu’ils observent (notamment le jour des faits reprochés), ils décident ou non d’ajouter de nouvelles personnes à leur liste de suspect.e.s.

Enfin, grâce à la surveillance et à l’étude de diverses données et informations, la police a cherché à étoffer les dossiers des personnes suspectées pour y ajouter tout ce qui pourrait être utilisé comme indice ou qui pourrait créer des liens entre les personnes et ainsi démontrer la constitution d’une "bande organisée".

Avant les arrestations, mais sans que cela soit systématique, ils semblent avoir procédé à des filatures, probablement pour confirmer les domiciles des personnes surveillées.

1. Moyens d’enquête à partir de données récoltées sur place

1.1. Recherche d’ADN et d’empreintes digitales

La garde nationale a effectué des recherches dans la forêt et la garrigue dans un périmètre très large autour de l’usine et des objets divers et variés sur lesquels se trouve de l’ADN ont été récupérés. Certains, selon les policiers, ont "matché" avec des ADN déjà inscrits au FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques). Les ADN et empreintes digitales ont été retrouvés sur un objet calciné ou un emballage plastique.

La présence d’un ADN a par ailleurs permis aux enquêteurs de placer une personne en garde-à-vue, qui a été par la suite écartée du dossier.

Quant aux ADN qui n’ont pas "matché", ceux-ci ont étés inscrits au FNAEG sans être reliés à une identité. Si, plus tard, quelqun.e donne un ADN similaire à un de ceux enregistrés, son identité sera rattachée à l’enquête.

L’ADN est par nature mobile et non daté c’est-à-dire qu’aucun expert ne serait en capacité de dire si il était présent depuis un jour, dix jours, un mois, s’il résulte d’un contact direct entre le donneur ou l’objet ou s’il s’agit d’un transfert et enfin si l’objet a été transporté par la personne dont l’ADN a été retrouvé ou un tiers.

1.2. Demande d’images de vidéosurveillance

Immédiatement après le 10 décembre, les policier.es ont réquisitionné des images prises par les caméras de transport en commun (bus, gares...), de commerces, de caméras de surveillance de maisons privées ou de caméras de ville et ce dans un périmètre étendu autour du site Lafarge de Bouc-Bel-Air. Les images de vidéosurveillance n’étant pas généralement conservées au delà de deux semaines, on suppose que les policier.es ont du récupérer un maximum d’images dans un temps restreint. Ils ont commencé par demander et analyser les images de vidéosurveillance proches du site et étendu les demandes de vidéos le long des trajets selon eux pris par des personnes qui auraient pu avoir participé à l’action. Les policiers ont récolté, dès les premières semaines d’enquête, plusieurs centaines d’heures de vidéo dont l’exploitation a demandé plusieurs mois d’analyse.

Comme bien souvent pour les images issues de caméras de vidéosurveillance, il convient de noter que les images présentées au cours des gardes à vue sont de piètre qualité.

1.3. Reconnaissance faciale

Des images de personnes présentes dans des bus ou dans une zone à une proximité toute relative du site et qui ont été considérées comme suspectes, ont été comparés par un logiciel de reconnaissance faciale avec le fichier du TAJ (Traitement d’Antécédents Judiciaires) qui contient les photos de signalétique prises durant les GAV.

Les policier.es ont également repéré les habits et les sacs portés par les personnes qu’iels suspectent et pensent reconnaître sur des images de vidéosurveillance. Lors des perquisitions, iels ont essayé de trouver des vêtements/accessoires similaires.

Les policier.es de la section de recherche de Marseille ont aussi demandé aux opérateurs téléphoniques les données de téléphonie ayant transité par les antennes relais à proximité du site Lafarge, afin d’identifier les personnes présentes sur les lieux et donc d’éventuel.les suspect.es. On y reviendra ci-dessous dans la partie 2.2. Bornage à certaines antennes relais.

2. Moyens d’enquête liés à la téléphonie

Une immense partie de cette enquête repose sur la téléphonie. Les enquêteur.ices se basent sur l’analyse des contacts et de l’activité du téléphone (bornage) pour fabriquer des profils suspects.

Pour établir ces liens, iels passent parfois par l’analyse de l’activité téléphonique de personnes totalement hors de cause, d’où l’importance d’avoir des pratiques communes de protection de sa vie privée. Les différents moyens sont classés des plus utilisés (fadettes) aux plus rares (géolocalisation) jusqu’aux plus exceptionnels (logiciel espion).

Ces analyses ne prennent en compte aucun facteur humain, le prêt de son téléphone, son oubli et techniquement tout ce qui relève du délestage, c’est-à-dire quand une antenne est amenée à gérer un flux trop important, et qu’elle mobilise une autre antenne.

2.1. Étude des fadettes (factures détaillées)

Les fadettes sont quasi systématiquement demandées lorsqu’un numéro porte un intérêt dans une enquête, c’est vraiment un outil de récupération très large d’informations. Étant vues comme peu intrusives en terme de vie privée, leur demande n’a pas besoin d’être validée en amont par un magistrat, elle se fait par une plateforme automatisée en lien avec les opérateurs, la plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ). Les résultats sont obtenus en quelques minutes et coûtent quelques euros par numéro. Nos entretiens nous ont permis de penser que les fadettes de plus d’une centaine de numéros ont été demandées dans le cadre de l’affaire Lafarge.

Pour communiquer sur le réseau, un téléphone a besoin de se connecter à des antennes. Pour ce faire, il communique systématiquement deux informations : son IMEI, qui identifie la puce GSM, et le numéro de la carte SIM (numéro IMSI). Les fadettes sont un tableau comprenant les données suivantes :

À moins d’être mis.e sous écoute ou qu’un logiciel espion ait été installé sur le téléphone, il n’est pas possible de connaître le contenu des appels/SMS ni du trafic internet.

Les fadettes sont conservées pendant 1 an par l’opérateur téléphonique, les policier.es peuvent donc avoir accès aux données des 12 mois précédant leur demande. Une fois demandées pour un numéro, les fadettes peuvent être conservées dans le fichier Anacrim de recoupement des enquêtes judiciaires. De futures enquêtes peuvent donc avoir accès à des fadettes ayant plus de 12 mois.

Les fadettes sont utilisées pour :

2.2. Réquisition des évènements réseaux

Les policier.es peuvent demander la liste de toutes les communications passées via une antenne relais entre deux dates. À Bouc-Bel-Air, iels demandent l’entièreté du trafic passé sur les antennes relais proches du site Lafarge entre 12h et 20h le 10 décembre.

Un téléphone, même quand il n’émet ni ne reçoit de communication téléphonique (SMS, MMS, appels, données mobiles), échange très régulièrement des informations avec les antennes relais à proximité, notamment pour que le réseau sache où envoyer les éventuelles communications que le téléphone pourra recevoir (ces échanges d’informations permettent par exemple au téléphone d’afficher un niveau de réseau, qui s’affiche en haut à droite ou à gauche de l’écran). Ces données ne sont pas des "communications téléphoniques" à proprement parler, elles n’aparaissent donc pas sur les fadettes, et les opérateurs les appellent "évènements réseaux [2].

2.4. Utilisation d’IMSI catchers

Techniquement, un IMSI catcher est un appareil qui se fait passer pour une antenne relais dans l’objectif de capter les numéros de téléphone qui communiquent dans le rayon d’action de celui-ci. Il peut aussi être utilisé pour intercepter les communications, mais ça n’a, de ce qu’on sache, pas été le cas dans l’enquête. Les plus petits rentrent dans une valise.

Des IMSI catchers ont été utilisés dans le cadre de l’enquête. Dans un des cas, on suppose que l’IMSI catcher est utilisé pour chercher si la personne espionnée utilise une deuxième ligne téléphonique. Pour ce faire, iels procèdent avec l’IMSI catcher à une filature de la personne, et relèvent à plusieurs reprises l’ensemble des lignes téléphoniques qui communiquent proches de celle-ci. Iels obtiennent donc plusieurs listes prises à des endroits géographiquement différents. Les numéros de téléphone qui se retrouvent sur toutes les listes bougent avec la personne surveillée et il est possible de supposer que ce sont les numéros qu’elle utilise. Dans les autres cas, les IMSI catchers semblent avoir été mobilisés pour confirmer ou affiner la domiciliation d’une personne. Ils supposent que la personne vit à une adresse, mais elle pourrait vivre à une autre adresse couverte par la même antenne relais, et utilisent donc un IMSI catcher (qui, dans la plupart des cas, a un rayon d’action bien inférieur à celui d’une vraie antenne relais) qu’iels activent devant le domicile de la personne surveillée pour confirmer son adresse.

2.5. Interceptions téléphoniques ("écoutes")

Ce dispositif d’enquête doit être motivé par les enquêteur·ice·s, puis validé par un magistrat. A priori, seuls certains des numéros des personnes mises en cause dans l’affaire à un moment donné ont eu une demande d’interception. Ces interceptions permettent d’accéder au contenu des communications SMS, appels téléphoniques en clair et au trafic DATA. Les appels sont enregistrés pour une retranscription manuelle future, mais également retransmis en direct sur une ligne spéciale d’un.e chargé.e de l’enquête, leur permettant d’avoir un suivi très efficace.

L’interception permet également d’avoir le détail du "trafic internet" : avoir un horodatage des sites consultés, ou de tout serveur avec lequel une application communique [3].

L’utilisation d’un VPN de manière permanente sur un téléphone (et sur un ordinateur lorsque l’on utilise pas Tails) permet de se prémunir de l’analyse du trafic internet lors d’une interception téléphonique.

2.6. Introduction de logiciels espion (nommés "keylogger" dans l’enquête)

Après avoir demandé une interception ou une écoute, l’analyse du trafic internet a pu indiquer l’utilisation prépondérante de Signal comme moyen de communication. La juge d’instruction a demandé dans certains cas l’installation d’un logiciel espion sur des téléphones. La demande d’installation est à priori encore très rare et peu de traces de techniques similaires sont présentes dans la presse.

Ces dispositifs ont pour objectif d’avoir accès au stockage des données du téléphone, à ce qui est tapé et apparaît à l’écran et aux conversations chiffrées de type Signal. Dans cette enquête, à priori au moins cinq demandes d’installation à distance de logiciels espion ont été faites, mais, dans ce qui apparaît à ce stade dans le dossier, une seule installation a été fructueuse (sur un iPhone SE 2020).

Celle-ci pourrait avoir été réalisée par un accès physique au téléphone. Elle a permis, de manière certaine, d’avoir accès à une conversation de groupe Signal. Le contenu de la conversation et les participant·e·s seraient ainsi connues des enquêteur·ice·s.

Ce numéro ayant été inscrit à d’autres boucles Signal, il est fort probable que les enquêteur·ice·s aient aussi eu accès à ces autres boucles [4].

3. Demandes d’informations diverses

3.1. Réquisitions diverses pour collecter des informations larges sur les personnes visées par l’enquête

Des réquisitions ont été faites à la CAF, Pôle emploi, les impôts... ce qui permet d’obtenir entre autres des adresses de domicile et des numéros de téléphone, ainsi que des informations sur la situation personnelle des personnes suspectées. Ces réquisitions sont faites :

À noter que plusieurs des personnes visées par ces réquisitions ont vu leur compte en banque clôturé sans explication ou ont subit des contrôles domicilaires très poussés par la CAF. Une clôture de compte bancaire inexpliquée peut ainsi être un signe de surveillance.

La police dit ne pas envoyer de réquisitions à Riseup par peur qu’iels ne préviennent les personnes concernées, et considérant que Riseup ne leur répondra probablement jamais. Cela semble confirmer que l’utilisation de fournisseurs mail militantes mettant en œuvre un certain nombre de protections et de système de chiffrement tels que Riseup leur pose beaucoup plus de problèmes d’accès que dans le cas de fournisseurs commerciaux [5]. (Il va sans dire que l’utilisation de clés de chiffrement PGP pour les échanges de mails ajoute une couche de protection supplémentaire).

3.2. Données issues des services de renseignements

On trouve mention d’informations venant de "services partenaires", expression qui parle de divers types de services de renseignements : DGSI, Renseignements Territoriaux (SCRT) ou les renseignements de la gendarmerie (SCRCGN). Certains noms semblent ainsi apparaitre dans le dossier sans que l’on ne sache vraiment d’où les policiers les sortent et ont pu donner lieu à des questions lors des gardes-à-vue, en audition ou « en off ».

4. Dispositifs de surveillance

4.1. Demande de sonorisation d’au moins un véhicule.

Moyen d’enquête particulièrement intrusif, la sonorisation peut être effectuée après accord d’un juge, et peut être réalisée tant dans un véhicule qu’un domicile. Elle vise la captation des paroles mais il ne semble pas que l’opération ait pu être menée à bien jusque-ici.

4.2. Mise en place de boîtiers GPS sous des véhicules

Au moins 3 traceurs GPS ont été utilisés dans l’enquête. Une personne arrêtée a retrouvé sur sa voiture, après les GAV, un traceur non mentionné pour le moment dans le dossier. A priori, ces traceurs sont fabriqués par la société track-cars (connue pour vendre de tels dispositifs aux services de police français).

4.3. Filatures

Les policier.es ont suivi des personnes dans la rue, dans les transports en commun, dans leurs déplacements en voiture. Ces filatures sont utilisées à la fois pour identifier de nouvelle/aux suspect.es en cherchant les gens que fréquentent les personnes impliquées dans l’enquête, mais aussi souvent confirmer une identité ou pour "loger" un.e suspect.e (trouver l’adresse de qelqu’un.e dans le jargon policier), avant une perquisition.

Les policier.es commentent aussi des comportements lors de rassemblements publics. Exemple : untel ne parle pas à untel lors de tel rassemblement public alors que l’on considère par ailleurs qu’iels se connaissent. Iels font donc semblant de ne pas se connaître et cachent quelque chose [6].

4.4. Demande de photos des véhicules aux péages autoroutiers

Des réquisitions ont été faites aux sociétés d’autoroute pour avoir les photos de véhicules qui les intéressent au moment de passer le péage, pour pouvoir éventuellement identifier les passager.es.

4.5. Renseignement en source ouverte

Évidemment, les policier.es cherchent sur internet pour trouver les textes, les posts sur les réseaux sociaux, les prises de paroles lors de conférences publiques de groupes qu’iels rapprochent de l’enquête, les informations personnelles sur les personnes recherchées. Iels analysent aussi les reportages télévisés sur l’invasion-sabotage du site Lafarge.

Différents textes critiques parus sur des sites militants sur les Soulèvements de la Terre semblent utilisés dans le dossier par les policier.es pour appuyer leur idée d’une séparation entre les "commanditaires" et les "exécutant.es", cela leur servant à projeter des rôles impliquant des culpabilités spécifiques pour certain.e.s des gardé.e.s à vue. Ces textes ont aussi été distribués à certain.e.s en garde-à-vue, peut être pour tenter, lors des auditions, de diviser les personnes mises en cause.

Dès le début de l’enquête, les policier.es analysent les photos de l’action contre Lafarge, publiées sur le site des Soulèvements de la Terre, qui contenaient des métadonnées comprenant un nom ainsi que le numéro de série d’un boîtier d’appareil photo. Ils ont demandé au constructeur de divulguer le nom de l’acheteur. Le constructeur a donné le nom du magasin où le boîtier a été vendu. La combinaison de ces deux données a permis en quelques jours d’identifier une personne, accusée d’avoir pris ces photos.

5. Moyens d’enquête liés aux arrestations

5.1. Perquisitions

Lors des perquisitions, les policier.es ont cherché à retrouver des vêtements et accessoires apparaissant sur les images de vidéosurveillance qu’iels ont utilisé pour reconnaître les personnes. Iels ont aussi cherché du matos numérique (ordinateurs, téléphones, clés USB, disques durs), des carnets et tout autre objet pouvant relier à l’action du 10 décembre. Aussi, iels ont pris des objets qui pouvaient contenir de l’ADN des personnes suspectées (brosse à dent, sous-vêtement...).

5.2. Accès au contenu des téléphones pendant et après les GAV

Certains smartphones ont pu être déchiffrés par la Sous-direction antiterroriste (SDAT) ou d’autres corps de police pendant le temps des GAV. D’autres ont résisté aux opérations de forçage menées pendant les GAV, mais vont probablement continuer à subir des tentatives plus poussées avec d’autres outils par la suite.

Dans les cas où les enquêteurs ont pu avoir accès au contenu de téléphones et que ceux-cis étaient sur des groupes Signal comportant un grand nombre de membres, ils ont donc eu accès à l’ensemble des numéros présents sur ces boucles ainsi qu’aux messages éphémères encore non effacés au moment de la prise des téléphones.

Précisons que sur des téléphones Android récents, que le téléphone soit récupéré allumé ou éteint ne semble pas changer grand chose. Sur tous les Android, une extraction physique a pu être réalisée et a permis d’extraire la partition chiffrée et les clés, permettant de bruteforcer le code. Sur les iPhones exploités (le plus récent étant un iPhone SE 2020), le fait que le téléphone soit allumé a permis aux enquêteur.ices de contourner le dévérrouillage et de ne même pas avoir besoin de bruteforcer le mot de passe. Un iPhone SE 1e génération (2016) récupéré éteint n’a pas pu être déchiffré, alors même que les policier.es ont tenté de bruteforcer pendant 2 jours l’extraction physique qu’iels avaient réalisé de la mémoire de l’iPhone [7]

Un téléphone à jour et avec un mot de passe/code pin d’une longueur suffisante permet de réduire fortement les risques de déverrouillage des téléphones (voir les conseils en deuxième partie) [8].

5.3. Prise des ADN

Pendant les arrestations, les policier.es ont insisté pour que les personnes arrêtées portent des masques chirurgicaux pendant le transport, pour leur propre bien. Ces masques ont ensuite été mis sous scellés puis transmis aux services de police scientifique. De plus, pendant les perquisitions, des brosses à dents, des brosses à cheveux ou sous-vêtements ont été mis sous scellés. Les sous-vêtements portés par une personne ayant refusé de porter un masque pendant son transport ont étés saisis au cours de la GAV.

A la fin de sa garde-à-vue, les services de polices ont proposé à une personne de devenir indic contre rémunération. La personne a évidemment refusé et n’a pas pu savoir quelle somme d’argent ni quels étaient les objectifs de surveillance [9].

Moyens d’enquête qui n’apparaissent pas à ce stade dans le dossier mais qui existent légalement

Nous souhaitions rapidement mentionner certains moyens d’enquêtes qui n’apparaissent pas pour le moment, mais qui sont légaux et qu’on sait utilisés parfois par des services d’enquête comme la SDAT ou la DGSI. En effe, l’ouverture d’une instruction judiciaire signifie surtout un nouveau cadre d’enquête après la flagrance et l’enquête préliminaire, donc l’enquête continue.

Il n’y a pas d’élèment à ce stade du recours d’informations obtenues par des policièr·e·s infiltré·e·s ou des indics.

Il n’y a pas de trace non plus de sonorisation d’habitation ou de jardin. Mais cela a été utilisé dans le cadre d’une enquête judiciaire sur un incendie d’antenne relais dans la Creuse. C’est aussi une technique de renseignement, un micro a par exemple été découvert à l’intérieur d’une photocopieuse dans la librairie anarchiste Libertad à Paris. Pour une recension de ces découvertes, y compris à l’échelle européenne : https://www.csrc.link/earsandeyes/fr/

Il n’y a pas de trace à ce stade de caméras cachées devant ou à l’intérieur des habitations. Mais de tels procédés sont apparus récemment, dirigés sur une personne du mouvement anti-bassines ou des lieux collectif comme les Tanneries ou les Lentillères à Dijon, sans que cela semble correspondre pour le moment à une enquête. On peut supposer qu’il s’agit de renseignement.

Il n’y a pas de trace à ce stade d’introduction de logiciels espions dans des ordinateurs. Cela avait été utilisé dans le cadre de l’affaire du 8/12 ou de la Creuse.

Quelques réponses : pratiques à adopter

Dans le cadre de ce texte, nous allons nous centrer sur quelques pratiques faciles à mettre en œuvre et applicables rapidement. Nous avons listé des pratiques ci-dessous classées en plusieurs catégories : smartphones, Signal, ordinateurs et garde-à-vue. Un certain nombre de guides plus complets existent et sont listés à la fin du texte. Nous vous conseillons vivement de les consulter.

De manière générale, en terme de sécurité, on peut être tenté.e.s de rapidement baisser les bras et partir du principe que la police sait déjà tellement de choses que ça ne sert à rien de mettre en place telle ou telle pratique de sécurité. L’enjeu policier étant de créer des réseaux de malfaiteur.euses, même si des liens entre des personnes semblent simples à faire (parce qu’elles vivent ensemble ou qu’elles se connaissent depuis longtemps), il est quand même toujours préférable de ne pas s’appeler en clair ou de ne pas se faire de virements bancaires, pour ne pas rajouter d’éléments. Il est toujours possible de réduire les risques en protégeant sa vie privée et politique.

Smartphones

Les smartphones sont des cibles de choix pour les enquêteur·ices.

Signal

L’application et le protocole qui protège les communications sur Signal, même s’ils sont sécurisés, n’offrent pas une protection absolue. Sur Signal, il est bon de ne pas partager des informations trop sensibles.

Conseils pour les ordinateurs[d’infos dans la brochure TuTORiel Tails et dans le Guide d’auto-défense numérique]]

Conseils pour la garde-à-vue

Évidemment, le mieux, c’est de garder le silence pour toutes les questions, même les plus basiques, de ne rien signer, et de refuser la signalétique (empreintes et photos), et la prise d’ADN, dans la mesure du possible.

Pour les personnes ayant déjà fait une GAV et qui ont déjà donné leur signalétique (empreintes digitales et photos) et/ou leur ADN, et pour éviter que ceux-ci ne matchent dans le futur avec des images de vidéosurveillance, des empreintes ou de l’ADN retrouvés sur un lieu d’action ou tout simplement pour protéger au mieux ses données, il est parfois possible de les faire effacer des fichiers de la police. Il faut demander à avoir accès aux fichiers du TAJ (Traitement des Antécédents Judiciaires), FAED (Fichier Automatisé des Empreintes Digitales) et FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques) nous concernant puis l’effacement de ces données. C’est une démarche un peu longue et qui coûte cher en recommandés mais on se dit que ça peut valoir le coup (voir le guide "La folle volonté de tout contrôler" dans les ressources).

Conclusion

En terme de sécurité, on peut être tenté.es de rapidement baisser les bras et partir du principe que la police sait déjà beaucoup de choses, et que ça ne sert à rien de mettre en place telle ou telle pratique de sécurité.

Les enquêtes en cours ou achevées montrent que les policier.es, même l’élite de la police judiciaire, ne savent pas tout, se trompent, mais sont en mesure de passer des mois ou de mobiliser des dizaines de personnes pour analyser de grosses quantités de données. Ce sont avec des moyens d’enquêtes classiques (analyse de vidéosurveillance, analyse des fadettes), que les services de polices alimentent le plus leur dossier. Les policier.es ont dressé une première liste de suspects avec ces moyens d’enquêtes, puis ont soupçonné des contacts et/ou contacts de contacts. En général beaucoup des erreurs et maladresses qui les amènent à soupçonner des gens peuvent etre corrigées. Les moyens très poussés que les policier.e.s ont voulu utiliser (sonorisation, logiciels espions), semblent encore assez complexes à mettre en place pour elleux.

Il nous semble important de réussir à mettre en œuvre des pratiques de sécurité communes. Développer une culture de sécurité commune, c’est se donner les moyens d’appréhender les risques, construire de la confiance et intégrer des réflexes qui protègent à la fois les personnes et les capacités d’agir. Ces réflexes ne représentent pas forcément des efforts démesurés ! Passer par Signal plutôt que par les SMS, éviter les commérages et la curiosité déplacée sur qui a fait quoi, prendre l’habitude de communiquer des informations sensibles uniquement aux personnes qui en ont besoin...

Sans tomber dans le fantasme d’une surveillance permanente et omniprésente, autant prendre un certain nombre de mesures pour se protéger du traçage policier, tout en veillant à ce que ça ne nous pourrisse pas trop la vie et que ça ne nous empêche pas de nous organiser collectivement.

Nous travaillons à une analyse plus poussée de ces premiers éléments et d’autres. Vous pouvez nous contacter à lesmoyens@systemli.org

Glossaire

Anacrim : Fichier de regroupement des affaires judiciaires
Fadettes : Factures détaillées
DGSI : Direction Générale de la Sécurité Intérieure
FAED : Fichier Automatisé des Empreintes Digitales
FNAEG : Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques
GAV : Garde-à-vue
IMEI : Numéro d’identification unique de la puce GSM (, il permet d’identifier un téléphone)
IMSI : International mobile subscriber identity, identité internationale d’abonné.e mobile, numéro unique stocké dans la carte SIM
PNIJ : Plateforme nationale des interceptions judiciaires, elle permet d’obtenir en quelques clics les résultats de réquisitions liées à la téléphonie mobile
SDAT : Sous-direction antiterroriste
SR : section de recherche (de la gendarmerie)
TAJ : Traitement des Antécédents Judiciaires

Ressources

Sur le développement d’une culture et des pratiques de sécurité

Sur le numérique en général

Sur la téléphonie en particulier :

Sur la garde-à-vue en particulier :

Sur le fichage et les procédures d’effacement :

Sur la répression d’autres affaires visant la gauche radicale :



Notes

[1La précision de la localisation issue des fadettes dépend de la densité des antennes relais aux alentours. En zone rurale, il est fréquent de n’avoir qu’une antenne tous les 10-20 km, donc avoir été connecté à cette antenne nous place dans un cercle de la moitié de cette distance. En zone urbaine très dense, il arrive d’avoir des antennes du même opérateur à 100 m l’une de l’autre, permettant ainsi une beaucoup plus grande précision sur les déplacements. Vous pouvez regarder les emplacements et la densité des antennes relais ici

[2Les évènements réseaux permettent d’obtenir des informations bien plus fines que les fadettes : si plusieurs minutes ou heures peuvent séparer deux communications, deux lignes, dans les fadettes, moins d’une minute sépare chaque échange des "évènements réseaux". Les services enquêteurs peuvent donc savoir à peu près à la seconde près la présence d’une personne dans l’espace couvert par une antenne relais, et le déplacement vers une autre antenne. Une présence de quelques secondes dans cet espace, ou même une présence longue mais sans qu’il n’y ait de communication seront donc remarquées avec les "évènements réseaux" et ne le seront pas avec les fadettes. Pour obtenir les "évènements réseaux", les policier.es se déplacent sur place et prennent des mesures pour savoir, pour chacun des 4 principaux opérateurs, quelles antennes relais couvrent le lieu, avant de les réquisitionner pour les obtenir. Free n’enregiste pas (ou ne communique pas) ses évènements réseaux. Au même titre que les fadettes, les évènements réseaux sont accessibles pendant 1 an.

Ils reçoivent donc une liste des communications téléphoniques (SMS, MMS, appels, données mobiles), et, comme pour les fadettes, leurs émetteurs, leurs receveurs, les numéros IMEI utilisés. La quantité de données est beaucoup trop importante pour essayer d’identifier chacun.e des personnes présentes aux alentours. Les gendarmes comparent même une liste de numéros de personnes ayant fréquenté la ZAP de Pertuis à la liste des numéros ayant borné à proximité du site. Ensuite, iels demandent les fadettes des personnes ayant fréquenté la ZAP de Pertuis, par lesquelles iels obtiennent les contacts de ces personnes, et comparent la liste de la ZAP et de leurs contacts avec celle des téléphones ayant communiqué avec les antennes relais présentes autour des lieux du site Lafarge.

2.3. Géolocalisation en direct

Ce dispositif d’enquête doit être motivé par les enquêteur·ice·s, puis validé par un.e magistrat.e. Les téléphones attribués à une vingtaine de personnes visées dans l’affaire "Lafarge" ont étés géolocalisés en temps réel. Les données récoltées ne font pas forcément l’objet d’une analyse de la part de services d’enquête, laissant penser que cette mesure est parfois prise dans le cadre de la phase d’interpellation pour être sûr.es de savoir où sont les personnes soupçonnées quand vient le moment de les arrêter[[Cette géolocalisation n’est pas basée sur le GPS. Techniquement, des SMS silencieux sont envoyés au numéro pour générer du trafic de manière régulière (par exemple toutes les quelques minutes), le téléphone va se connecter à différentes antennes relais et la puissance du signal va être mesurée à chacune des antennes relais, permettant d’avoir une approximation de la distance à celle-ci. En triangulant ces informations, cela permet d’avoir une position beaucoup plus précise que seule l’info de l’antenne relais à travers laquelle transite la communication comme ce que conservent les fadettes. Cette localisation est transmise aux policier.es automatiquement et en direct, contrairement aux fadettes qui ne concernent que le trafic passé. La précision peut aller de quelques mètres dans une zone urbaine très dense à plusieurs centaines de mètres en zone rurale. La géolocalisation en direct ne permet pas toujours à la police d’intercepter physiquement des personnes, plusieurs exemples récents le montrent.

[3Aujourd’hui, tout le trafic web étant chiffré sur le transit avec TLS (le httpS), il n’est pas possible de connaître ni le contenu consulté, ni même la page exacte vue. Seul le nom de domaine est visible : google.com, signal.org, wikipedia.fr ou caf.fr. C’est utilisé pour savoir s’il y a du trafic WhatsApp, Signal et dater ce trafic. Cela pourrait être également utilisé pour connaître l’heure de l’envoi d’un mail ou la connexion et faire des corrélations entre plusieurs personnes par ce biais (même si ça n’a a priori pas été utilisé dans l’enquête).

[4Ces logiciels espions sont développés et installés par le service technique national de captation judiciaire (STNCJ), un service de la DGSI.

[5Protonmail a par exemple déjà donné dans le cadre d’une enquête l’adresse IP qui a servi à la création d’un compte

[6Notons aussi que d’autres dossiers d’enquête récents (sur les manifestations de Sainte-Soline ou encore la note des renseignements sur les Soulèvements de la terre) montrent des informations et/ou photos probablement issues de la présence de policier.es en civil lors de campements, rassemblements et manifestations publiques.

[7Par défaut, la mémoire des iPhones est chiffrée. Pour la déchiffrer, il faut deux clés : l’une est dérivée du mot de passe de l’utilisateur.ice (souvent un mot de passe à 6 chiffres), l’autre est une clé inscrite physiquement dans les composants électroniques de l’iPhone, et conçue pour ne pas pouvoir être sortie de ceux-ci. La première possibilité pour un.e attaquant.e qui voudrait accéder à la mémoire serait de bruteforcer le mot de passe de l’iPhone directement sur celui-ci. Mais le système impose un délai entre deux essais, délai qui augmente au fil des échecs. Bruteforcer un mot de passe à 6 chiffres (ce qui ne prend pas longtemps d’habitude) devient alors plutôt interminable. L’autre possibilité qui s’offre est alors de procéder à une extraction physique de la mémoire de l’iPhone, et de bruteforcer celle-ci. Mais il leur faudra alors trouver et le mot de passe et la clé inscrite physiquement dans les composants électroniques. Et celle-ci est très longue, la bruteforce devient donc très longue elle aussi. Cellebrite, entreprise qui équipe les forces de l’ordre française en outils d’analyse forensiques, revendique pouvoir accéder aux données de n’importe quel iPhone, même à jour, et même récupéré éteint. Mais dans ce cas de figure, elle demande aux forces de l’ordre de leur fournir directement l’appareil et monnaient assez cher ce service

[8La police utilise l’appareil UFED de Cellebrite (entreprise de cybersécurité), un "aspirateur" à données qui liste les failles de sécurité de tous les modèles de téléphone et de tous les systèmes d’exploitation utilisés. C’est l’utilisation de l’UFED qui leur permet de contourner les systèmes de chiffrement des téléphones récupérés allumés mais l’UFED propose aussi les solutions de bruteforce d’extractions physique ou de bruteforce directement sur le téléphone. Seuls des services spécialisés utilisent l’UFED : pour les GAV à la SDAT, c’est la Sous-Direction de Lutte contre la Cybercriminalité (SDLC) qui est mobilisée ; quand les GAV sont menées par les gendarmes, c’est soit le Centre National d’Analyse Numérique qui est à Cergy, soit les sections opérationelles de lutte contre les cybermenaces qui sont départementales qui font les analyses. Une fois le contenu des mémoires des téléphones rendues lisibles, ces données sont transmises aux services d’enquête (SDAT ou SR), dans un fichier où les données sont triées par catégories (SMS, messages de messagerie chiffrées, photos, vidéos, enregistrements audios, ...).

[9Notons à ce sujet que, en France, des chantages en vue d’obtenir des informations régulières sur des ZADs, squats, mouvements écologistes, antifascistes, etc, en l’échange de supposée clémence ou de rétributions financières, ont été faits régulièrement en GAV ou dans d’autres cadres. De manière d’autant plus abjecte, des chantages aux papiers ont été régulièrement faits ces dernières années sur des personnes exilées lors de rendez-vous en préfecture ou dans des lieux publics pour leur faire comprendre qu’elles devraient donner des informations régulières sur des groupes et personnes qu’elles pouvaient côtoyer et obtenir ainsi des papiers ou être au contraire expulsées.

[10Pour une explication du fonctionnement des VPN, il est possible de se reporter au guide Comment se protéger et protéger nos luttes, premiers pas dans la mise en place de pratiques de sécurité

Berlin (Allemagne) : deux pelleteuses incendiées sur un chantier de Strabag

Publié le 2023-09-24 16:00:05

Deux pelleteuses de Strabag font la grève du climat – Switch Off
(traduit de l’allemand de de.indymedia, 23 septembre 2023)

Il est réjouissant de voir que les attaques contre les entreprises et les infrastructures qui alimentent la catastrophe écologique se multiplient actuellement. Même si elles ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan, elles sont l’expression du fait que tout le monde ne se contente pas d’adresser des revendications aux politiciens ou de regarder avec résignation comment le monde part à vau-l’eau.

La nuit du lundi 18 septembre, nous avons ajouté deux pelleteuses de l’entreprise Strabag à la liste des cibles attaquées en ayant pour motivation « Switch Off » [Eteignons le système de destruction]. Malheureusement, elles ont pu être éteintes avant leur disparition définitive, mais cela a tout de même suffi à provoquer l’arrêt du chantier de la Köpenickerstraße, dans le quartier de Mitte à Berlin.
Strabag, qui est l’une des plus grandes entreprises de BTP d’Europe, participe à toutes les infamies imaginables sur la planète, et chacun de ses nouveaux projets de construction signifie une progression vers la destruction de la nature, au profit de déserts de béton qui semblent déjà sans fin. C’est pourquoi chaque interruption de la routine quotidienne est pour nous une petite satisfaction.

Voir aussi : [suit ici une liste de liens cliquables vers le texte de présentation de Switch off the system of destruction titré Appel à la révolte, ainsi que vers une douzaine d’attaques faisant référence à cette proposition et présentes sur ce site.]