Dans cette émission de reprise on passe en revue les brèves de l’été : les révoltes dans et autour des prisons, quelques procès et un premier bilan de la répression liée aux JO.
SOMMAIRE
00.02.32 :Les révoltes de l’été
Evasion du CRA de Vincennes le 22 juin
Mutinerie à Moulins-Yseure le 24 juin
Rassemblements devant des taules le 24 juin en solidarité avec les Kanaks transférés en métropole
Des voitures de matons dégradées à Villenauxe la grande et à Perpignan
Les permissions de sortie de Christophe Khider
Blocages de cours de promenade dans plusieurs taules en aout
Feux d’artifice pour les taulards à Nantes
00.17.20 :Justice des mineurs
fermeture administrative du CEF de Chutes Lavies (Marseille)
un adolescent décédé à l’EPM de Porcheville
00.20.00 : Retours sur des affaires judiciaires
10 mois ferme pour un prisonnier tiktokeur
Procès de 3 personnes pour l’attaque de la prison de Fresnes le 29 juin 2023
Interpellation d’une personne sans papier qui travaillait dans le cadre des JO
Interpellations de militant-es à Paris lors d’une action pendant les JO
00.34.06 :Les JO
petit bilan de la répression dans les rues et les tribunaux
Les forces de l’ordre ont essuyé des tirs et des jets de pierre, ce mardi 3 septembre, au Mont-Dore, dans le secteur de Saint-Louis et à hauteur de la tribu de La Conception où plusieurs interpellations ont eu lieu.
Multiples opérations de gendarmerie, ce mardi, et dans des conditions compliquées. Du côté de Saint-Louis, plusieurs coups de feu ont à nouveau été tirés, sur les blindés destinés à déblayer la route provinciale qui représente le seul lien terrestre vers le Sud du Mont-Dore et Yaté. L’intervention s’est achevée à la mi-journée.
Depuis plus d’un mois, le niveau d’insécurité dans ce tronçon, suite aux émeutes et blocages qui ont commencé à la mi-mai, entraîne la fermeture de la traversée de Saint-Louis par un double verrou de gendarmerie. Sauf urgence, aucune voiture n’est autorisée.
Toujours ce mardi au Mont-Dore, vers l’autre point chaud qu’est La Conception, les gendarmes ont été pris à partie avec des jets de pierre. Pas de blessé signalé, mais les forces de l’ordre ont recouru aux bombes lacrymogènes pour quitter les lieux. Ce matin, la gendarmerie a interpellé plusieurs personnes, dans le secteur, à la suite d’exactions qui se sont produites dimanche 1er septembre. Cette partie de la RP1 a été dégagée, avec présence maintenue des forces de l’ordre sur place.
ANARCHIE LOCALE - Feuille de chou d’infos lilloises
N°6 – GRATOS – Septembre 2024
Les plus assidu·e·s auront remarqué l’absence de numéro pour le mois d’août. Pas qu’il ne se passe rien à Lille à c’t’époque, mais on n’a pas eu la motivation collective pour vous servir un torchon comme il se doit. Après cet été qui sentait le souffre olympique et la brique chaude, on revient dans les rues, déters !!
ON A PERDU LA RUE DE VALMY !
L’été est rude dans la rue de Valmy de Lille. Ces derniers mois, le local de L’Offensive, qui porte un projet municipaliste libertaire, n’a cessé de se faire attaquer par des néo-nazis (Lions des Flandres en tête de gondole). Le loyer étant trop cher pour ce collectif trop ambitieux, celui-ci déménage. On espère qu’ils retrouveront vite un coin pour faire fleurir leurs envies révolutionnaires. On passe devant et on constate que la vitrine n°41 porte encore les séquelles de la dernière attaque au pavé.
En remontant un peu la rue, on pensait tomber sur la librairie Meura. Née en 1946 et importante pour la diffusion d’idées dissidentes, elle a mis la clé sous la porte en juillet dernier. Ses vitrines n’en auront pas moins été attaquées ces dernières années, par autant de fascistes qui détestent la culture et la liberté. On s’attendait à un local vide, mais c’est déjà rouvert... et l’enseigne a bien changé ! C’est un "concept store" qui a volé le n°25. "Tatoos", "barber shop", blanchiment dentaire, et onglerie remplacent pêle-mêle les étagères de livres politiques. On ne pouvait pas rêver plus libéral pour remplacer les idées socialistes ou libertaires.
Beurk, taillons-nous. Avant de quitter la rue, on passe devant le n°8, et on constate : il ne reste donc que le centre de dépistage pour attirer quelques prolos à l’extrémité de cette rue bourgeoise rendue à la bourgeoisie. Espérons qu’il tienne face à la libéralisation des soins. En attendant, faisons comme les riches, virons les nuisibles de nos quartiers, expulsons les bourges !
LE RETOUR DE L’UNIFORME
Ça fait presque cliché de dire que l’école est un lieu d’embrigadement de la jeunesse. On a très facilement en tête le clip de The Wall où des profs passent des gamins dans un hachoir à viande. Pourtant cette rentrée, c’est le retour de l’uniforme à l’école dans une soixantaine d’établissements scolaires de fRance. Dans le Nord, on se retrouve donc avec une dizaine d’écoles et 1 lycée pro qui forceront leurs élèves à porter un uniforme bleu marine - sans commentaire. L’argument phare, c’est que ça « éviterait les discriminations », parce qu’évidemment avoir les même fringues que les autres va magiquement supprimer l’ensemble des dominations que l’école tolère et/ou reproduit. Comme autre moyen de contrôle des enfants, certains collèges (environ 200 en fRance) vont interdire purement et simplement les téléphones. Ajouté au SNU, le désir de l’État de faire des jeunes des amoureux.euses de la patrie et des entreprises est devenu difficile à ignorer. L’école devient un espace de simulation du travail : on y enfile son uniforme et chaque minute passée y est contrôlée. C’est pas un hasard si le seul lycée qui teste l’uniforme est un lycée pro. Les récentes réformes des lycées pro visaient déjà à transformer les lycéen·nes en main d’œuvre corvéable pour les patrons. À terme, toutes les écoles, collèges et lycées - pro ou non - devraient revêtir l’uniforme. Mais peut-être que c’est ça leur but, qu’enfin le hachoir à viande ne discrimine plus.
UNE PERSONNE SDF MEURT AU COMMISSARIAT DE WATTIGNIES
Le 16 août 2024 un homme de 47 ans est décédé d’un arrêt cardiaque au nouveau commissariat de Wattignies (Nord). Pour un vol d’alcool au supermarché, il s’est fait embarquer. Les flics disent l’avoir trouvé inanimé plus tard en cellule et auraient tenté de le « sauver ». Le comico est bien doté en matraque et matériel de répression mais il n’y aurait pas de défibrillateur. Et surtout, pourquoi des "erreurs" s’y produisent constamment ? Car ce n’est pas sans nous rappeler Samba, tué par la police à Wattignies en mars 2024, et la mort de Toufik au commissariat central de Lille en 2020. S’ils n’étaient pas flics, on appellerait ça des tueurs en série.
À la violence étatique s’ajoute la bureaucratie inhumaine. C’est 4 jours après son décès qu’un courrier apporte la tragique nouvelle à sa famille. Trop tard selon elle, surtout qu’il s’agissait d’un majeur protégé, mis sous tutelle avec 4 proches contactables. Ils attendent toujours les résultats de l’autopsie. La famille s’est rapprochée d’un avocat. ACAB.
RACISME : PENDANT CE TEMPS-LÀ, EN ANGLETERRE...
Des émeutes racistes ont parcouru l’Angleterre début août. Prenant pour prétexte l’horrible attaque commise par un adolescent gallois noir fin juillet, qui a entraîné la mort d’au moins 3 enfants et presque une dizaine de blessés, l’extrême droite s’empare de l’évènement. Les fausses informations se diffusent en masse sur les réseaux sociaux, désignant l’assaillant comme un immigré musulman qui aurait traversé la Manche, matérialisation fictive de leur "grand remplacement" propagée par les médias. Puis ça déborde : dès le lendemain de l’évènement, des protestations réunissent des centaines, puis des milliers de personnes en colère contre l’Étranger mystifié. Pas surprenant que ça prenne facilement, le groupe des réactionnaires (Tory) y travaille depuis des années, notamment en promouvant la mise en place de la "remigration", rêve de Zemmour à l’anglaise. La police a été très vite dépassée.
A visage découvert, l’extrême droite nous a encore montré sa violence raciste. On s’attaque à des mosquées, aux migrant·e·s, à des centres d’accueil, à toute enseigne tenue par des personnes supposées immigrées. Si les décisions de justice qui tombent aujourd’hui sont relativement sévères, les réseaux de la haine n’en sont pour autant pas affaiblis. L’extrême droite française, elle, rêve de voir cette situation se reproduire ici, et y travaille en récupérant les morts de Thomas ou de Lola, et en instrumentalisant régulièrement des faits divers.
Dans la foulée de cette démonstration de force, une quinzaine de fascistes anglais annoncent sur les réseaux sociaux qu’ils vont venir patrouiller sur le littoral nord-français pour “stopper les bateaux” des migrant·e·s à partir du 11 août. Très vite, des appels à la vigilance et à actions pour stopper les fachos circulent. Leurs menaces se sont révélées sans suites, mais le risque d’attaques racistes est toujours présent pour celles et ceux qui tentent de passer. Il est inquiétant de voir leurs messages se diffuser aussi largement sur les réseaux sociaux et dans tous les médias.
Alors face à ça, déployons notre solidarité antifasciste !!!
PENDANT CE TEMPS-LÀ, À SAINT-OMER...
A l’instar des fausses infos qui ont tourné chez les anglais, on retrouve le même genre d’histoires près de chez nous. Dans la nuit du 1er au 2 septembre 2024, l’église de l’Immaculée Conception de Saint-Omer (62) a brûlé, finissant partiellement détruite. L’enquête de la police mène à un incendie volontaire. Sur les réseaux sociaux se répand le nom de Mehdi Benbouzid, dont la consonance arabe le désigne comme coupable et agite les internautes d’extrême droite. En réalité, le principal suspect est Joël Vigoureux, il se décrit comme victime d’inceste et trouve que l’Église est un ramassis de pointeurs. Les médias, peu précis, ont dit qu’il a avoué les faits et qu’il n’en serait pas à son coup d’essai. Quant à Mehdi Benbouzid, il s’agit du procureur de Saint-Omer, en charge de l’affaire.
LES FRONTIÈRES TUENT TOUJOURS
En plus d’empêcher les personnes de circuler et de les maintenir dans des conditions de vies inhumaines, la frontière anglaise est le théâtre régulier de naufrages meurtriers. Le dernier en date a eu lieu le 4 septembre 2024. Au moins douze personnes sont mortes. Les médias nous présentent les passeurs comme seul coupable, en oubliant que si les personnes prennent des risques importants pour quitter la fRance, c’est surtout à cause de la traque mise en place par l’Etat pour chasser les exilé·e·s et leur rendre la vie impossible. Et vu les "solutions" proposées par l’Etat suite à chaque naufrage, encore plus de contrôles, de flics et de centres de rétention, ce n’est pas prêt de s’arrêter...
Soutien aux exilé·e·s et à toutes les personnes qui luttent contre les frontières !
KANAKS ENFERMÉ·E·S PRÈS DE CHEZ VOUS
Courant mai, des révoltes ont éclaté en Kanaky (souvent appelé avec son nom colonial « Nouvelle-Calédonie ») suite à un projet visant à donner encore plus de pouvoir aux colons. Ceux-ci ont déjà un pouvoir énorme sur l’île qui vient de leur contrôle total sur le logement, les commerces, les entreprises. Comme dans les départements d’outre-mer, les blanc·he·s, notamment métropolitain·e·s, sont privilégié·e·s dans l’accès aux boulots qui donnent un niveau de vie décent. C’est donc un système de ségrégation bien huilé qui s’exerce sur la Kanaky.
En réponse à ces mouvements indépendantistes, l’état à déployé l’armée et à toléré la formation de milices coloniales, les prisons ont également étés utilisées comme un outil de contrôle : 7 militant·e·s du CCAT (Comité de Coordination des Actions de Terrain) ont été arrêté·e·s puis déporté·e·s vers la fRance métropolitaine avant d’être placées dans de multiples centres pénitentiaires. D’autres militant·e·s kanaks qui étaient porté·e·s disparu·e·s ont été retrouvé·e·s éparpillé·e·s dans des prisons aux quatres coins de l’hexagone. C’est ainsi que, dans les prisons de Lille-Annœullin et de Maubeuge, des indépendantistes sont incarcéré·e·s. Cet éclatement est évidemment une stratégie pour réduire au maximum toute forme de protestation et de solidarité, prouvons-leur qu’ils ont tort !
Pour leur apporter notre soutien, on peut leur envoyer du courrier ou donner à des cagnottes (sur helloasso). Sur Lille : vous pouvez contacter le collectif L’Arrache à l_arracheⒶriseup.net
AGENDA SEPTEMBRE 2024
Vendredis 6 et 20 septembre : Cantine végane à prix libre
Où : CCL, 4 rue de Colmar (Wazemmes) – 12h30 – Cuisine à partir de 10h
Vendredi 6 septembre : Assemblée populaire pour la rentrée sociale
Où : Le Cirque, 139 rue des Postes (Wazemmes) - 18h30
Samedi 7 septembre : Manifestation contre Macron et son coup de force, et contre Michel Barnier (appel de La France Insoumise)
Où : Place de la République (Centre) – 18h30
Samedi 7 septembre : STRMN Comédie Musicale transpédégouine
Où : Salle Jacques Brel (Faches) – 16h (ouverture des portes à 15h)
Mardi 10 et vendredi 20 septembre : Réunion Antipsy
Où : CCL, 4 rue de Colmar (Wazemmes) – 18h-20h (non-mixité fous·folles)
Mercredi 11 septembre : Goûter queer-féministe (sans mec cis-het, ouvert aux personnes en questionnement)
Où : Parc des Sarrazins (Wazemmes) - 18h
Mercredi 11 septembre : « Quand François Mitterrand voulait sauver l’Empire français » : rencontre avec Thomas Deltombe
Où : Le Biglemoi, 124 rue Pierre Legrand (Fives) -19h
Jeudi 12 septembre : Prochaine réunion d’organisation de la Rentrée Anarchiste (3e édition) 🏴🏴🏴
Où : CCL, 4 rue de Colmar (Wazemmes) – 18h
Jeudi 12 septembre : Café Noisette du collectif Casse-Noisettes (contraception masculine)
Où : Le Polder, 250 rue roger Salengro (Hellemmes) - 18h30
Vendredi 13 septembre : Apéro antinucléaire du nouveau Collectif Antinucléaire des Hauts-de-France
Où : Salle polyvalente des Glacis (Dunkerque) - 18h-20h30
Mercredi 18 septembre : Conférence gesticulée "J’aime le travail mais parfois ça fait mal"
Où : Les Sarrazins, 52 rue des Sarrazins, 19h30
Vendredi 27 septembre : Présentation du livre Le Déni Lesbien (Sarah Jean-Jacques et Sophie Pointurier). Réservation (très) conseillée
Où : L’affranchie, 6 place sébastopol (Lille-Centre), 19h
TROUVER DES INFOS SUR LILLE
Le site d’Anarchie Locale avec les précédentes éditions : anarchielocale.noblogs.org Lille Indymedia (média participatif et anarchiste en ligne) Lille Démosphère (agenda militant local en ligne) La Brique (journal local à parution irrégulière) Médiacités Lille (média en ligne payant)
Anarchisterie Lilloise (Telegram, Mastodon, Twitter, Insta)
La Voix Sans Maître (émission radio chaque vendredi à 20h sur 106,6 FM)
Des remarques ? Envie de participer ?
Ce p’tit journal a été fait à Lille à quatre ou cinq le 04/09/2024. On l’a imprimé avec nos moyens, en autonomie.
Contact : anarchielocale59@subvertising.org
Si tu veux écrire dans ce feuillet, n’hésite pas à nous envoyer un mail. Pour avoir une idée du format qu’on utilise : le texte en haut de cette page fait environ 230 mots, donc t’as une idée de la longueur moyenne !
La lunga estate calda. I soldati ucraini e russi hanno battuto il record di diserzioni [it, es, fr]
Riceviamo e diffondiamo questo importante contributo del gruppo anarchico “Assembly” di Kharkov, ringraziando chi ce lo invia per il prezioso lavoro di traduzione.
L’opuscolo documenta una serie di episodi di fuga, diserzione, rifiuto di combattere e sabotaggi che si sono susseguiti su entrambi i fronti, lungo tutta l’estate. L’incursione di Kursk, dal lato ucraino, è stata accolta con un grande afflato patriottico che non ha però inciso sulla effettiva volontà degli ucraini di diventare carne da cannone. Dal lato russo, invece, la volontà di non spostare forze dal Donbass ha significato il reclutamento di massa di coscritti anche giovanissimi, manovra che ha provocato crepe significative anche nella compattezza del fronte russo. La forsennata ricerca di materiale umano ha addirittura costretto il governo ucraino a un’inversione di marcia quasi schizofrenica: visto il fallimento del modello repressivo nel riempire i ranghi, la nuova legge del 21 agosto ci prova con le buone: i disertori possono essere reintegrati nella stessa unità da cui sono fuggiti con il consenso del comandante senza alcuna punizione. Come notano i compagni ucraini, questa mossa potrebbe avere effetti indesiderati, moltiplicando la fuga dei militari e portando al crollo dell’esercito.
Sull’onda di quanto già proposto da questi compagni in un precedente contributo, auguriamo che questo testo possa essere un ulteriore sprone affinché il sostegno alla diserzione acquisti concretezza anche alle nostre latitudini.
Recibimos y distribuimos esta importante contribución del grupo anarquista «Asamblea» de Járkov, agradeciendo a quienes nos la enviaron el valioso trabajo de traducción.
El panfleto documenta una serie de episodios de huida, deserción, negativa a combatir y sabotaje que tuvieron lugar en ambos frentes a lo largo del verano. La incursión en Kursk, en el lado ucraniano, fue recibida con gran aflato patriótico que, sin embargo, no afectó a la voluntad real de los ucranianos de convertirse en carne de cañón. En el lado ruso, en cambio, la voluntad de no mover fuerzas del Donbass supuso el reclutamiento masivo de reclutas, incluso muy jóvenes, maniobra que también provocó importantes grietas en la compacidad del frente ruso. La frenética búsqueda de material humano ha obligado incluso al Gobierno ucraniano a un giro de 180 grados casi esquizofrénico: ante el fracaso del modelo represivo para llenar las filas, la nueva ley del 21 de agosto lo intenta por todos los medios: los desertores pueden ser reintegrados en la misma unidad de la que huyeron con el consentimiento del comandante sin ningún castigo. Como señalan los compañeros ucranianos, esta medida podría tener efectos indeseables, multiplicando la fuga de militares y llevando al colapso del ejército.
Siguiendo la estela de lo ya propuesto por estos compañeros en una contribución anterior, esperamos que este texto pueda ser un contributo más para que el apoyo a la deserción se concrete también en nuestras latitudes.
En el largo y caluroso verano, los soldados ucranianos y rusos batieron récords de deserciones. Ante nuestros ojos se están produciendo procesos históricos desde la mañana del 6 de agosto, cuando las tropas ucranianas rompieron la frontera y ocuparon varios asentamientos fronterizos en la región rusa de Kursk, no han cesado los debates sobre el significado y las consecuencias de esta incursión desde el punto de vista político-militar. El final de los combates en este territorio aún está lejos. De momento, está claro que un ataque así, en el contexto del colapso de la defensa ucraniana en la región de Donetsk, fue una sorpresa para muchos. En particular, la atención durante las batallas por la región de Kursk se centró en la estación de medición de gas de la frontera de Sudzha (Suja), a través de la cual se suministra gas ruso a Europa. Su funcionamiento continuado a pesar de las hostilidades a su alrededor se ha convertido en otro símbolo
de que la guerra es la guerra, pero los negocios internacionales siguen como siempre. Desde los puestos de Andrey Shokotko, un emigrante de Donetsk a Holanda: «Las familias holandesas se mantendrán calientes este invierno. Con las reservas de gas llenas, las posibilidades de un aumento extremo de la factura energética son limitadas». Gracias a Zelensky y Putin, cuya fiable cooperación (tan brillantemente confirmada en Sudzha) nos permite a los europeos no congelarnos. Pero no está del todo claro: ¿por qué envían a sus siervos a matarse entre ellos? ¿Y por qué los esclavos, sabiendo de la asociación comercial ruso-ucraniana, van y se matan entre ellos? Ucrania y la Federación Rusa se niegan categóricamente a formalizar la guerra como tal. Son sofisticados inventando palabras. Todo para seguir cooperando entre sí, mantener relaciones comerciales, ganar dinero juntos en beneficio de las «élites». La matanza de esclavos sólo ayuda a los negocios, en este caso, aumentando el precio de la gasolina. En general, es incluso justo que la matanza de siervos no se califique de guerra. Después de todo, no hay guerra entre las «élites» y los Estados de la Federación Rusa y Ucrania no son propiedad de siervos. En estos territorios, los siervos son un recurso, material fungible.
Después de Sudzha, sólo los retrasados mentales querrán participar voluntariamente en esta guerra. O los que sufran formas graves de patriotismo, que es lo mismo. Los regímenes fraternales de la Federación Rusa y Ucrania utilizan a sus esclavos, ganan dinero juntos, son muy amigos entre sí y se ponen fácilmente de acuerdo en todo lo que produce beneficios. Al mismo tiempo, enfrentan entre sí a los hámsters patrióticos para mantener el poder y los beneficios». En segundo lugar, los sucesos de Kursk demostraron una vez más que el gigantesco aparato burocrático, que se sale con la suya saqueando el presupuesto o persiguiendo a los disidentes, es completamente impotente ante una amenaza real. El 11 de agosto, uno de los principales canales políticos rusos en Telegram decía: «En las zonas fronterizas de la región de Kursk, donde ha habido combates toda la semana, no hay policía, bomberos, médicos ni representantes de la administración. Según la información oficial, más de 76.000 personas han abandonado los asentamientos (la mayoría por su cuenta, ya que no hubo una evacuación organizada, contrariamente a lo que afirman las autoridades), pero todavía hay gente allí, en su mayoría ancianos. La devastación de pueblos y ciudades se ha convertido en un catalizador para el saqueo desenfrenado. Las tiendas están siendo asaltadas, hay un derrumbe en Korenevo, el supermercado Magnet simplemente ha sido destruido. No hay agua, ni gas, ni electricidad. «No hubo evacuación organizada, y si la hubo, ¿por qué no hemos oído hablar de ella?», escribe un residente local. En otros municipios fronterizos se da una situación similar. Los habitantes de Kursk están seguros de que los representantes de la administración, al abandonar a la gente a su suerte, han provocado ellos mismos el colapso en las zonas fronterizas. En estos momentos, es imposible contactar por teléfono con la administración del distrito de Kursk. La matanza de esclavos sólo ayuda a las empresas, en este caso, aumentando el precio del gas.
Nevsky en la región de Kursk. La población se ve obligada a autoorganizarse para protegerse y proteger sus bienes, desempeñando esencialmente las funciones de los organismos estatales y las fuerzas del orden». Las mismas escenas se produjeron al comienzo de la invasión rusa del sur de Ucrania, cuando las autoridades ucranianas ya habían desaparecido y las rusas aún no se habían establecido. En tercer lugar, la invasión de la región de Kursk ha provocado un entusiasmo en las filas de los patriotas ucranianos que no se observaba desde el «café en Crimea hasta el final de la primavera» del año pasado. A este tema hemos dedicado un material aparte «El volcán del patriotismo», al que ha contribuido alguien que forma parte del proyecto Nevsky ucraniano en la región de Kursk.
Las mismas escenas se produjeron al comienzo de la invasión rusa del sur de Ucrania, cuando las autoridades ucranianas ya habían desaparecido y las rusas aún no se habían establecido.
Los TCR han disminuido unas cinco veces. La gente se distrajo mirando los mapas ofensivos. Pero los invasores TCR no han desaparecido en ninguna parte. Y atrapan a la gente en las calles al mismo ritmo’. Sin embargo, la ausencia de colas de personas deseosas de alistarse en el ejército sugiere que la oleada patriótica no se produjo entre objetores conscientes (como en el «Manifiesto de los Evasores» que nos envió un lector anarquista anónimo este verano), sino entre aquellos que apoyaban a Ucrania desde el sofá mucho antes de este momento, y que simplemente estaban desmoralizados por sus continuos fracasos. Por último, el rápido avance en agosto de las tropas ucranianas hacia la región de Kursk y el de las tropas rusas hacia la región de Donetsk demostró claramente cómo ambos Estados carecen de soldados suficientemente experimentados en la batalla y motivados para morir por un Vladimir u otro.
¿Qué, aparte de los propios militares, puede detener la carnicería, en un momento en que las conversaciones de paz de los políticos vuelven a interrumpirse indefinidamente? Debido a la reticencia de Rusia a transferir grandes fuerzas del Donbass a la defensa cerca de Kursk, se han empezado a reclutar reclutas en masa. Las promesas del Kremlin de no utilizar a jóvenes de 18 a 20 años, que a menudo carecen de conocimientos militares y no tienen intención de luchar, no se aplican a este territorio. Los que sobrevivieron a la ruptura de la frontera son obligados a firmar contratos para ser enviados de nuevo al frente. La madre de un soldado alistado, llamada Yulia, declaró en el canal pacifista ruso Telegram ASTRA a mediados de agosto: «Mi hijo y sus compañeros fueron milagrosamente sacados de la línea del frente por sus comandantes, donde estaban antes de la invasión. La fiscalía militar les obligó a volver a sus puestos, pero los muchachos se negaron en redondo. Ahora están en Kursk, en una unidad militar. Quieren enviarlos al tercer nivel de defensa, detrás de los grupos de asalto en la región de Kursk». La simple desobediencia no es suficiente. Para no convertirse en carne de cañón, es necesario abandonar por completo esta cinta transportadora de la muerte. Escribimos sobre la fuga de nueve prisioneros del campo de entrenamiento militar de Belgorod a finales de julio. Su destino sigue siendo desconocido. El 12 de agosto, al menos 500 personas que se negaban a combatir fueron sacadas del cuartel general de la 138 Brigada de Fusileros Motorizados en el asentamiento militar de Kamenka, cerca de San Petersburgo, donde se encuentra el centro de detención de militares buscados, informó ASTRA.
Entre los repatriados había personas con graves problemas de salud, así como individuos dispuestos a ir a la cárcel para no ir al frente: algunos estaban siendo investigados en un proceso penal por abandonar su unidad, otros estaban a la espera de una comisión militar. Un vídeo muestra la salida de un grupo de 150 personas que se negaron a participar en las hostilidades. Una fuente de ASTRA dijo:
«Según palabras de personas cercanas, ayer hacia las 18.00 horas recibieron un mensaje de los hombres que estaban allí en el sentido de que de repente les llamaban para que se pusieran en fila y luego, sin ninguna explicación, les subían a camiones KamAZ y les llevaban escoltados a un aeropuerto militar. El primer «grupo» -unas 300 personas- fue enviado en dirección desconocida. La segunda parte -unas 150 personas- acabó por la mañana a 7 km de Kursk, en un campo de entrenamiento militar. «Nos cogieron como un paquete, nos metieron dentro y se nos llevaron», relataron sus esposas y madres. A los soldados no se les dio ninguna explicación ni se les dijo a dónde iban a ser enviados. «Como dijo el compañero coronel, están disolviendo el centro [en Kamenka], pero no sabe adónde los llevarán».
Según la fuente, unas 10 personas se negaron categóricamente a subir a los autobuses. Actualmente están retenidos en una habitación separada y corren el riesgo de ser enviados a un centro de detención preventiva. La parte que fue llevada al campo de entrenamiento militar cerca de Kursk ya ha sido enviada con ametralladoras en dirección desconocida. Al mismo tiempo, unas 20 personas lograron escapar. El 19 de agosto, el mismo canal dio noticias sobre uno de los enviados en avión al campo de entrenamiento cerca de Kursk, que no quiso volver a la guerra debido a las heridas sufridas. «Según su mujer, en el campo de entrenamiento de la región de Kursk los comandantes les dijeron: ‘Huid si podéis’. Como resultado, según afirma la mujer, 37 soldados consiguieron escapar, con fusiles automáticos y chalecos antibalas. Más tarde fueron localizados y detenidos por la policía militar. En un segundo intento de fuga, el marido de la mujer recibió una descarga eléctrica y otro soldado fue encadenado a un poste. Como resultado, todos los que habían escapado fueron cargados en el Ural-4320 militar y llevados en dirección desconocida. Después, sólo lo bajaron a él y lo enviaron al cuartel general cerca de Belgorod, donde habían recogido a los demás, quién sabe adónde. El mismo soldado movilizado se encontraba en Kamenka, bajo acusación según el artículo sobre el abandono no autorizado de la unidad; su juicio estaba previsto para septiembre. «Decidimos que la cárcel era mejor que todo esto. Está herido, cubierto de metralla. Apenas puede andar. Pasó la comisión médica militar en Kamenka, le dijeron: eres categoría B, pero escribiremos A. Tienes brazos y piernas, vete a luchar». Anteriormente, en la misma brigada 138, estalló un escándalo en torno al comandante de las tropas de asalto, Yevgeny Zarubin, de Kursk, que había hablado de las grandes pérdidas sufridas en Volchansk. En julio, él y un subordinado llamado Sergey fueron dados de alta de los hospitales. Ambos sentían que no se habían recuperado del todo. A los dos soldados se les prometió que serían enviados a una nueva hospitalización, pero en lugar de eso se les acusó de marcharse sin autorización, tras lo cual fueron golpeados y retenidos. Después se los llevaron a algún lugar con sacos sobre la cabeza. El 27 de agosto, encontraron a Zarubin en el centro de detención de Kamenka, donde le vigilan en régimen de aislamiento, le golpean por la noche y le amenazan con «llevarle al frente y reiniciarle».
El 11 de julio, en el pueblo fronterizo de Kozinka, en la región de Belgorod, el soldado Alexey Zhuravlev, de la República de Chuvashia, mató a dos compañeros con una ametralladora e hirió a otro. Después huyó con el arma y fue capturado unos días más tarde. Según una versión, el soldado reaccionó ante el acoso y la humillación; según otra, simplemente no quería luchar y no veía otra posibilidad que escapar.
Otro colectivo ruso, «Cruzar el bosque», ayuda a civiles y soldados rusos a no participar en la guerra. El portavoz de esta organización, Ivan Chuviliaev, informó para el artículo de la Asamblea «Long Hot Summer» de que durante los 4 meses de la estación cálida, de mayo a agosto, prestaron asistencia a 120 desertores, teniendo en cuenta que la mayoría de los desertores no se ponen en contacto con los activistas: «120 solicitudes es normal en ausencia de fuerza mayor. En invierno y primavera hubo muchos prisioneros y heridos. En verano no hubo ninguno. Sólo hubo una solicitud de la región de Kursk, y sólo porque la persona se escapó durante el viaje. Esto se explica por el hecho de que no nos necesitan para desertar. Pueden irse por su cuenta, escapar. Esto no es el territorio ocupado de Ucrania, donde hay policía militar, el FSB [Servicio Federal de Seguridad] y otros. Esto es territorio ruso, no hay puestos de control que se instalaron hace 10 años, como en Lugansk o Donetsk, y creo que simplemente no hay policía militar. Se pondrán en contacto con nosotros cuando se den cuenta de que no pueden vivir ilegalmente y tengan que marcharse. Los que sirven en el ejército son enviados a la región de Kursk, nadie les paga nada, nadie se queda con nada. Es un GULAG [campo de concentración de Stalin], los envían allí, no pueden escapar por su propia voluntad. ¿Hay soldados contratados entre los que participan en las batallas cerca de Kursk? Sí, los hay. Aquellos que fueron obligados a firmar un contrato o a los que se les puso una cruz en su contrato sin su conocimiento».
El 24 de agosto publicaron una carta de una mujer: «Mi hijo fue detenido por ayudar a desertores y lleva tres semanas en paradero desconocido. No es militar. Organizaron una redada y lo detuvieron. Se lo llevaron junto con su coche y lo tienen retenido en paradero desconocido. Llevamos tres semanas sin poder encontrarlo. Según los rumores, la oficina del comandante militar lo ha detenido, aunque no es militar. Hemos llamado a la comandancia y nos han dicho que no lo han encontrado. Ha sido secuestrado, como hacen los bandidos, por el FSB [Servicio Federal de Seguridad]. Estamos llamando a la puerta de todo el mundo. Sí, tienes razón, es totalmente un grupo criminal organizado».
También en agosto, «Cruzar el bosque» recibió más de un centenar de consultas sobre diversas cuestiones relativas a la reticencia a combatir en la región de Kursk. El terreno más fértil para la deserción, por supuesto, es la movilización forzosa del «pueblo libre de un país libre». Associated Press describe estos requisitos previos en un artículo del 22 de agosto: «Mientras Ucrania prosigue su incursión en la región rusa de Kursk, sus tropas siguen perdiendo un valioso terreno a lo largo del frente oriental del país, una desalentadora erosión que los mandos militares achacan en parte a los reclutas mal entrenados, reclutados mediante una reciente movilización, y a la clara superioridad de Rusia en términos de munición y poder aéreo. «Algunos no quieren disparar. Ven al enemigo en posiciones de tiro en las trincheras, pero no abren fuego. Por eso nuestros hombres están muriendo», dijo un frustrado comandante de batallón de la 47 brigada ucraniana.»
Ucrania combate a los héroes del anarquismo incluso un siglo después de su muerte: hace un año, el 26 de julio de 2023, fue desmantelado en Verjovtsevo, en la región de Dnipropetrovsk, un monumento que lleva el nombre del legendario marino Anatoli Zhelezniakov, que murió allí. Desertante de la marina zarista, volvió al servicio con una amnistía en 1917. Entonces se convirtió en una figura emblemática en el derrocamiento de los nacionalistas ucranianos en Járkov, en la dispersión de la Asamblea Constituyente en Petersburgo con la frase sacramental «La guardia está cansada». Murió en un enfrentamiento con la Guardia Blanca en 1919 (existe una versión según la cual fue eliminado por los bolcheviques).
La comprensión de que ambos bandos han esclavizado a personas llevará a la confraternización entre los soldados? Por ahora, prefieren salvarse por separado, aunque la siguiente historia es una excepción. Un instructor del ejército ucraniano informó a uno de los principales canales políticos ucranianos de Telegram sobre una deserción masiva de la unidad de entrenamiento. En un post fechado el 17 de julio, decía: «Hace un par de meses llegaron refuerzos: sacaron marineros de los barcos y los enviaron a servir en unidades de la marina. Se trata de contratistas a los que al principio de la guerra, cuando se firmó el contrato, el mando de la marina ucraniana prometió que sólo servirían en los barcos. Pero, recientemente, los contratistas les han comunicado que no estaban dispuestos a prestar servicio. Fueron transferidos a las brigadas marítimas. En el camino de los barcos al entrenamiento, algunos de estos chicos escaparon. Casi ninguno de ellos ha sido encontrado. Creo que muchos ya han escapado de Ucrania». No se especifica el lugar de los hechos. Sin embargo, dado que se menciona mediados de mayo, es probable que los hechos tuvieran lugar mientras las tropas ucranianas reunían apresuradamente reservas para detener la ofensiva rusa al norte de Járkov. Allí combaten unidades de la 36ª Brigada de Infantería de Marina. Y el canal de Telegram del movimiento Atesh, que trabaja para la inteligencia militar ucraniana en Crimea, escribió el 15 de julio sobre la 810ª brigada de marines en Sebastopol:
«Tras numerosos fracasos en Krynki, parte de la brigada ya ha avanzado hacia la sección del frente en Kharkov. Debido a las graves pérdidas sufridas en dirección a Kherson, más de 100 personas se negaron a participar en nuevas operaciones de combate. Los heridos permanecieron en los hospitales de Henichesk y Skadovsk. No hay tiempo para sustituir a los efectivos por otros nuevos, y el mando informa de un 75% de preparación para el combate por parte de la brigada».
Si las unidades de marines de ambos bandos se negaron a dispararse mutuamente, ¿puede considerarse esto una especie de confraternización a distancia? El 6 de agosto, en el mayor chat de Telegram que presta ayuda a quienes intentan huir del país, se planteó la siguiente cuestión: «A finales de mes llevarán a un amigo mío al extranjero para que reciba entrenamiento. Después de haber sido llevado allí a la fuerza, es evidente que no se ha convertido en un patriota y quiere marcharse. Le llevarán a Gran Bretaña y le meterán en un avión. Lo transportarán a través de Polonia, alguna idea de cómo puede escapar? Necesitamos la experiencia de alguien más o la tuya, si tienes alguna». Uno de los moderadores respondió lo siguiente «Ha habido casos de personas que han escapado en plena carretera en Polonia. Es posible escapar a cualquier país… Sólo en los últimos seis meses me he comunicado con personas que escaparon estando en Eslovaquia, Alemania, Polonia y Gran Bretaña (pero se desconoce su destino). Que intenten escapar en las calles en Polonia, de todos modos. En Gran Bretaña hay un par de campos de entrenamiento – en el continente y en una isla separada.
En consecuencia, es imposible salir de la isla, y si se encuentra en el continente, la cuestión de la legalización y la posterior residencia allí no está clara. Aunque le quiten los papeles, puede salir tranquilamente de Polonia yendo a Eslovaquia y allí se legaliza con una foto». Y un artículo publicado el 2 de agosto en la página web de la Deutsche Welle armó un escándalo particular, al señalar que durante la guerra total escapó casi uno de cada 14 soldados ucranianos:
«El problema de los militares que huyen del ejército ucraniano ha alcanzado proporciones alarmantes. Incapaz de castigar a los desertores, el gobierno está dispuesto a perdonarlos, con tal de que vuelvan al servicio (…) La política de disciplina estricta, en la que tanto insistió la dirección de las Fuerzas Armadas ucranianas durante el primer año de la guerra total, ha fracasado evidentemente, y la deserción del ejército se ha generalizado y ha quedado impune – casi todos los interlocutores de DW entrevistados para este artículo coinciden en este punto. La escasez de personal está llevando a la nueva dirección del Estado Mayor a utilizar no sólo el palo, sino también la zanahoria (…) Ahora los mandos de las unidades, que antes intentaban apartar rápidamente a los desertores de sus puestos, están llamando a todos, preguntándoles por los problemas y las razones por las que no pueden volver al servicio. El oficial de Estado Mayor Victor Lyakh recorrió cinco regiones en mayo: encontró a varias docenas de combatientes de su 28ª brigada mecanizada separada en sus domicilios particulares. «La orden era: convencer a todos de que volvieran. Pero, ¿cómo puedo yo, un anciano, convencer a ese joven cuando su mujer está detrás de él, con un bebé en brazos? Le prometo que le devolverán las vacaciones, que se cerrará el proceso penal. Bueno, dice, cuando lo cierren, entonces quizá vuelva», afirma. Las duras sanciones que no impidieron a los soldados huir ahora les asustan para no volver, como confirman interlocutores de DW de diferentes unidades.
Según declaró el 15 de agosto el portavoz del Servicio de Seguridad ucraniano en Járkov, Vladislav Abdula, el soldado a sueldo desertor es sospechoso de haber incendiado seis vehículos de las Fuerzas Armadas durante la noche. Al parecer, el joven de 22 años, de la comunidad de Volchansk, buscaba activamente trabajo en Telegram, y un representante de los servicios de inteligencia rusos le ofreció dinero. Fue detenido y se enfrenta a una pena de hasta 10 años de prisión (destrucción o daños intencionados a la propiedad). El hombre filmó con su teléfono sus acciones al preparar y llevar a cabo el trabajo, por cada incendio provocado debía recibir 40.000 grivnas. El 19 de agosto, las fuerzas de seguridad informaron también de la detención en la región de Cherkassy de un desertor de 21 años, soldado contratado de una de las unidades militares de la región. Según los investigadores, también buscaba dinero fácil y reclutó para ello a un conocido desempleado de 23 años. Los dos intentaron presuntamente prender fuego a ocho taquillas de relevo y fueron sorprendidos in fraganti durante otro intento. Se enfrentan a cadena perpetua en virtud del artículo sobre sabotaje.
Se confirmó lo expuesto en las revelaciones de los habitantes de Járkov contenidas en nuestras publicaciones «¿La hora de la fractura?» y «El SZCh como nueva tendencia»: no importa qué tipo de totalitarismo construya el Estado, es incapaz de hacer frente siquiera a una protesta de este tipo, si es generalizada. Por esta razón, el 21 de agosto, el Parlamento aprobó el proyecto de ley nº 11322, según el cual una persona que ha abandonado su unidad sin permiso o ha desertado por primera vez puede volver a la misma unidad con el consentimiento del comandante, sin ningún castigo. La gravedad de la situación actual de las tropas puede verse en la precipitación de la votación, que fue apoyada en primera lectura sólo un mes antes, el 16 de julio.
El 20 de agosto, el periodista y militar de Kiev Volodymyr Boiko escribió en su blog: «El autor predice que en verano simplemente no habrá nadie que defienda las posiciones ucranianas. Desde el comienzo de la guerra a gran escala, al menos 150.000 militares han desertado de las Fuerzas Armadas de Ucrania, especialmente en los últimos seis meses. Y cada día aumenta la tasa de deserción. En la dirección de Toretsk y Pokrovsk [en la región de Donetsk], la defensa de un kilómetro de línea del frente suele estar en manos de sólo 3-4 soldados. Pues bien, cómo se mantiene: se sientan en un foso cubierto de tablones (llamado «blindaje»), ocultos bajo el fuego continuo de los morteros. Una vez destruido el blindaje por el fuego de mortero, entre 5 y 8 soldados de infantería rusos entran en la posición, y así el enemigo consigue atravesarla. Es imposible organizar una defensa normal, no para los que no tienen blindaje, sino para los que no tienen suficientes hombres: fusileros, ametralladores, lanzagranadas».
El arma del presunto tirador de Lutsk resultó no ser militar.
Por último, en la noche del 27 de agosto, un desconocido abrió fuego contra el puesto de seguridad del TCR en la ciudad de Lutsk, al oeste de Ucrania. El soldado de alto rango M. resultó herido y fue hospitalizado para recibir tratamiento. A pesar del fuego de respuesta, el atacante consiguió escapar. En las tertulias locales se especuló con la posibilidad de que hubiera sido un hombre de paisano el que escapó con un arma. Poco antes, nuestra asamblea había publicado un vídeo en el que un residente de Járkov relataba cómo, en el mismo Lutsk, dos secuestrados habían intentado sin éxito incitar a otros a rebelarse contra los movilizadores. El 4 de septiembre saltó la noticia de la detención de un sospechoso de 40 años. No explicó los motivos del acto; se enfrenta a cadena perpetua. Si te enfrentas a una pena de prisión por deserción o SZCh (deserción no autorizada de una unidad militar), puedes esperar el juicio en casa. Con abogados competentes, el juicio puede durar un año o más. Pero si muerdes el anzuelo y das marcha atrás, pueden enviarte inmediatamente al infierno, donde tus posibilidades de sobrevivir son mínimas. Así que piénsate si recurrir o no a la nueva ley.
La abolición parcial de las sanciones penales también puede aumentar la huida de los militares. Por ejemplo, el gobierno provisional de Petrogrado declaró la democratización del ejército y la amnistía para los desertores. Como resultado, el colapso del ejército se aceleró hasta tal punto que se desmovilizó y dejó de existir a principios de 1918.
¡Uníos! ¡Desmovilizaos! ¡Que no te entierren!
Septiembre 2024
Grupo anarquista «Asamblea», Járkov
Le Long Été Chaud.A propos des résistances et désertions en Ukraine et en Russie et de comment les états tentent de les combattre
“Au cours du long été chaud, les soldats ukrainiens et russes ont battu des records de désertion. Des processus historiques se déroulent sous nos yeux.”
Nous distribuons cette contribution du groupe anarchiste «Assembly » de Kharkov.
La brochure documente une série d’épisodes de fuite, de désertion, de refus de combattre et de sabotage qui ont eu lieu sur les deux fronts tout au long de l’été. Du côté ukrainien, l’incursion de Koursk a été accueillie avec un grand afflux patriotique , alors qu’on décompte en septembre un soldats sur 14 en désertion.
Du côté russe, la volonté de ne pas déplacer les forces du Donbass s’est traduite par le recrutement massif de conscrits, même très jeunes, une manœuvre qui a également provoqué d’importantes fissures dans la compacité du front russe.
La recherche effrénée de matériel humain a même contraint le gouvernement ukrainien à une volte-face quasi schizophrénique : face à l’échec du modèle répressif pour remplir les rangs, la nouvelle loi du 21 août tente le tout pour le tout : les déserteurs peuvent être réintégrés dans l’unité qu’ils ont fuie, avec l’accord du commandant, sans aucune sanction. Comme le notent les camarades ukrainiens, cette mesure pourrait avoir des effets (in)désirables, multipliant les fuites de militaires et conduisant à l’effondrement de l’armée.
Nous espérons que ce texte pourra être un aiguillon supplémentaire pour que la solidarité à la désertion devienne concrète sous nos latitudes également.
PARU EN SEPTEMBRE 2024 sur assembly.org.ua
La station de comptage de gaz de Sudzha
Depuis le matin du 6 août, lorsque les troupes ukrainiennes ont franchi la frontière et occupé plusieurs localités frontalières dans la région russe de Koursk, les débats sur l’importance et les conséquences de cette excursion d’un point de vue politico-militaire n’ont pas cessé. La fin des combats dans ce territoire est encore lointaine. Pour l’heure, il est clair qu’une telle attaque, dans le contexte de l’effondrement de la défense ukrainienne dans la région de Donetsk, en a surpris plus d’un. Pendant les combats pour la région de Koursk, l’attention s’est notamment portée sur la station de comptage de gaz1 à la frontière de Sudzha (Suja), par laquelle le gaz russe est acheminé vers l’Europe. Son fonctionnement continu malgré les hostilités qui l’entourent et est devenu un autre symbole du fait que “la guerre est la guerre” : la guerre est la guerre, mais les affaires internationales continuent comme si de rien n’était.
Andrey Shokotko, un émigré de Donetsk aux Pays-Bas, écrit sur son blog :
« Les familles néerlandaises resteront au chaud cet hiver. Les réserves de gaz étant pleines, les risques d’une augmentation extrême des factures d’énergie sont limités ». Merci à Zelensky et à Poutine, dont la coopération fiable (si brillamment confirmée à Sudzha) nous permet, à nous Européens, de ne pas geler. Mais ce n’est pas tout à fait clair : pourquoi envoient-ils leurs serviteurs s’entretuer ? Et pourquoi les esclaves, connaissant le partenariat commercial russo-ukrainien, vont-ils s’entretuer ? L’Ukraine et la Fédération de Russie refusent catégoriquement d’acter la guerre en tant que telle. Elles ont l’art d’inventer des mots. Tout cela pour continuer à coopérer, à entretenir des relations commerciales, à gagner de l’argent ensemble au profit des « élites ». En effet, l‘abattage d’esclaves ne fait qu’aider le commerce – dans ce cas, en augmentant le prix de l’essence. De manière général, il est usuel que le massacre de serfs ne soit pas qualifié de guerre. Après tout, il n’y a pas de guerre entre les « élites » et les États de la Fédération de Russie et de l’Ukraine ne sont pas la propriété de serfs. Dans ces territoires, les serfs sont une ressource. Un matériau consommable.
Après Sudzha2, seuls les retardés mentaux voudront participer volontairement à cette guerre. Ou ceux qui souffrent de formes graves de patriotisme, ce qui revient au même. Les régimes fraternels de la Fédération de Russie et de l’Ukraine utilisent leurs esclaves, ils gagnent de l’argent ensemble, ils sont très amicaux l’un avec l’autre et ils s’entendent facilement sur tout ce qui est source de profit. En même temps, ils montent les hamsters patriotiques les uns contre les autres pour maintenir le pouvoir et le profit ».
Vers un effondrement des Etats dans les zones annexées ?
Deuxièmement, les événements de Koursk3 ont prouvé une fois de plus que le gigantesque appareil bureaucratique, qui pille le budget et persécute les dissidents, est totalement impuissant face à une menace réelle. Le 11 août, on pouvait lire sur l’une des plus grandes chaînes politiques russes sur Telegram :
« Dans les zones frontalières de la région de Koursk, où des combats ont eu lieu toute la semaine, il n’y a ni police, ni pompiers, ni médecins, ni représentants de l’administration. Selon les informations officielles, plus de 76 000 personnes ont quitté les localités (la plupart d’entre elles sont parties d’elles-mêmes, car il n’y a pas eu d’évacuation organisée, contrairement à ce qu’affirment les autorités), mais il y a encore des gens sur place, principalement des personnes âgées. La dévastation des villages et des villes est devenue le catalyseur d’un pillage effréné. Les magasins sont dévalisés, il y a un effondrement à Korenevo, le supermarché Magnet a tout simplement été détruit. Plus d’eau, plus de gaz, plus d’électricité. “Il n’y a pas eu d’évacuation organisée, et s’il y en a eu une, pourquoi n’en avons-nous pas entendu parler ?” écrit un habitant. La situation est similaire dans d’autres municipalités frontalières. Les habitants de Koursk sont persuadés que les représentants de l’administration, en abandonnant les gens à leur sort, ont eux-mêmes provoqué l’effondrement des zones frontalières.
Il est actuellement impossible de joindre par téléphone l’administration du district de Korenevsky dans la région de Koursk. Les gens sont obligés de s’auto-organiser pour se protéger et protéger leurs biens, en remplissant essentiellement les fonctions des agences d’État et des forces de l’ordre ».
Les mêmes scènes se sont produites au début de l’invasion russe du sud de l’Ukraine, alors que les autorités ukrainiennes avaient déjà disparu et que les autorités russes n’avaient pas encore été mises en place.
L’afflux patriotique et la desertion en Ukraine…
Troisièmement, l’invasion de la région de Koursk a suscité dans les rangs des patriotes ukrainiens un enthousiasme que l’on n’avait plus observé depuis le « café en Crimée jusqu’à la fin du printemps »4 de l’année dernière. Nous avons consacré à ce thème un article distinct intitulé « Le volcan du patriotisme », auquel une personne qui fait partie du projet ukrainien de surveillance des enlèvements dans la rue pour le service militaire a répondu comme suit : « On pense que l’offensive de Koursk détourne le mécontentement des gens et la question des TCR5 (centres de recrutement territoriaux). Et je peux vous dire que c’est très évident. Les vidéos sur la racaille des TCR ont été multipliées par cinq. Les gens ont été distraits en regardant les offensives militaires. Mais les opérateurs de la TCR n’ont pas bougé. Et ils attrapent les gens dans les rues au même rythme ».
Cependant, l’absence de files d’attente devant les centres de recrutement suggère que le sursaut patriotique ne s’est pas produit parmi les objecteurs conscients (comme dans le « Manifeste des évadés » qu’un lecteur anarchiste anonyme nous a envoyé cet été), mais parmi ceux qui soutenaient l’Ukraine depuis leur canapé bien avant ce moment, et qui étaient simplement démoralisés par ses échecs continus.
Enfin, l’avancée rapide en août des troupes ukrainiennes dans la région de Koursk et celle des troupes russes dans la région de Donetsk ont clairement démontré que les deux États manquent de soldats suffisamment expérimentés au combat et motivés pour mourir pour un Vladimir ou un autre. Qu’est-ce qui, en dehors des militaires eux-mêmes, peut arrêter le carnage, alors que les pourparlers de paix des politiciens sont une fois de plus interrompus pour une durée indéterminée ?
Recrutement massif de jeune conscrit en Russie et résistances
En raison de la réticence de la Russie à transférer d’importantes forces du Donbass vers la défense près de Koursk, les conscrits6 ont commencé à être recrutés en masse. Les promesses du Kremlin de ne pas utiliser des jeunes de 18 à 20 ans, qui n’ont souvent aucune compétence militaire et aucune intention de se battre, ne s’appliquent pas à ce territoire. Ceux qui ont survécu à la percée de la frontière sont contraints de signer des contrats pour être renvoyés sur la ligne de front.
La mère d’un soldat conscrit, Yulia, a déclaré à la mi-août sur la chaîne pacifiste russe Telegram ASTRA : « Mon fils et ses camarades ont été miraculeusement retirés de la ligne de front par leurs commandants, là où ils se trouvaient avant l’invasion. Cependant, le bureau du procureur militaire les a obligés à reprendre leur poste, mais les garçons ont catégoriquement refusé. Ils sont maintenant à Koursk, dans une unité militaire. Ils veulent les envoyer au 3ème niveau de défense derrière les groupes d’assaut dans la région de Koursk ».
La simple désobéissance ne suffit pas. Pour ne pas être transformé en chair à canon, il faut abandonner ce tapis roulant de la mort. Nous avons parlé de l’évasion de neuf prisonniers du camp d’entraînement militaire de Belgorod [en Russie] à la fin du mois de juillet. Leur sort est toujours inconnu. Le 12 août, au moins 500 personnes qui refusaient de se battre ont été enlevées du quartier général de la 138e brigade de fusiliers motorisés dans le camps militaire de Kamenka, près de Saint-Pétersbourg, où se trouve le centre de détention pour le personnel militaire recherché, a rapporté ASTRA7. Parmi les renégats se trouvaient des personnes souffrant de graves problèmes de santé, ainsi que des individus prêts à aller en prison pour ne pas aller au front : certains faisaient l’objet d’une enquête dans le cadre d’un procès pénal pour avoir abandonné leur unité, d’autres étaient en attente d’une commission militaire. Une vidéo montre le départ d’un groupe de 150 personnes qui ont refusé de participer aux hostilités.
Une source d’ASTRA a déclaré :
« D’après leurs proches, hier vers 18 heures, ils ont reçu un message des hommes sur place leur disant qu’ils étaient soudainement appelés à semettre en rang, puis, sans aucune explication, ils ont été embarqués dans des camions KamAZ et emmenés sous escorte vers un aéroport militaire. Le premier « groupe » – environ 300 personnes – a été envoyé dans une direction inconnue. Le second groupe – environ 150 personnes – s’est retrouvé dans la matinée à 7 km de Koursk, dans un camp d’entraînement militaire. « Ils nous ont pris comme un paquet, nous ont mis à l’intérieur et nous ont emmenés », rapportent leurs épouses et leurs mères. Les soldats n’ont reçu aucune explication et n’ont pas été informés de l’endroit où ils allaient être envoyés. « Comme l’a dit le camarade colonel, ils sont en train de démanteler le centre [de Kamenka], mais il ne sait pas où ils seront emmenés ».
Selon la source, une dizaine de personnes ont catégoriquement refusé de monter dans les bus. Elles sont actuellement détenues dans une pièce séparée et risquent d’être envoyées dans un centre de détention provisoire. La partie qui a été emmenée au camp d’entraînement militaire près de Koursk a déjà été envoyée avec des mitrailleuses dans une direction inconnue. Dans le même temps, une vingtaine de personnes ont réussi à s’échapper.
Le 19 août, la même chaîne a donné des informations sur l’une des personnes envoyées par avion au camp d’entraînement près de Koursk, qui ne voulait pas retourner à la guerre en raison de ses blessures. “Selon sa femme, au camp d’entraînement de la région de Koursk, les commandants leur ont dit : « Fuyez si vous le pouvez ». En conséquence, comme l’affirme la femme, 37 soldats ont réussi à s’enfuir – avec des fusils automatiques et des gilets pare-balles. Ils ont ensuite été retrouvés et arrêtés par la police militaire. Lors d’une deuxième tentative d’évasion, le mari de la femme a reçu un coup de taser et un autre soldat a été enchaîné à un poteau. En conséquence, tous ceux qui s’étaient échappés ont été embarqués dans l’Ural-4320 militaire et emmenés dans une direction inconnue. Ensuite, lui seul a été débarqué et envoyé au quartier général près de Belgorod, où les autres avaient été ramassés – on ne sait où. Le même soldat mobilisé se trouvait à Kamenka, inculpé en vertu de l‘article sur l’abandon non autorisé de l’unité ; son procès était prévu pour septembre. « Nous avons décidé que la prison valait mieux que tout cela. Il est blessé, couvert d’éclats d’obus. Il peut à peine marcher. Il a passé la commission médicale militaire à Kamenka, qui lui a dit : vous êtes de catégorie B, mais nous allons écrire A. Vous avez des bras et des jambes, allez vous battre ».
Auparavant, dans la même 138e brigade, un scandale avait éclaté au sujet du commandant des troupes d’assaut, Evgueni Zarubine, originaire de Koursk, qui avait évoqué les lourdes pertes subies à Volchansk. En juillet, lui et un subordonné nommé Sergey sont sortis des hôpitaux. Tous deux estimaient qu’ils n’étaient pas complètement rétablis. On leur promet de les envoyer à l’hôpital, mais ils sont accusés d’être sortis sans autorisation. Ils ont ensuite été battus et mis dans une fosse, puis emmenés quelque part avec des sacs sur la tête. Le 27 août, Zarubin a été retrouvé dans le centre de détention de Kamenka, où il est surveillé en isolement, battu la nuit et menacé d’être « emmené au front et remis à zéro ».
Un autre collectif russe, « Cross the Forest », aide les civils et les soldats russes à ne pas participer à la guerre. Le porte-parole de cette organisation, Ivan Chuviliaev, a indiqué dans l’article de l’Assemblée intitulé « Long Hot Summer » qu’au cours des quatre mois de la saison chaude, de mai à août, l’organisation a aidé 120 transfuges, sachant que la plupart des transfuges ne contactent pas les militants : « 120 demandes, c’est normal en l’absence de cas de force majeure. En hiver et au printemps, il y avait beaucoup de prisonniers et de blessés. En été, il n’y en a pas eu. Il n’y a eu qu’une seule demande en provenance de la région de Koursk, et uniquement parce que la personne s’est échappée pendant le voyage. Cela s’explique par le fait qu’ils n’ont pas besoin de nous pour faire défection. Ils peuvent partir d’eux-mêmes, s’échapper. Il ne s’agit pas du territoire occupé de l’Ukraine, où il y a la police militaire, le FSB [service de renseignement chargé de la sécurité intérieure] et d’autres. C’est le territoire russe, il n’y a pas de points de contrôle mis en place depuis dix ans, comme à Lougansk ou Donetsk, et je pense qu’il n’y a tout simplement pas de police militaire. Ils nous contacteront lorsqu’ils se rendront compte qu’ils ne peuvent pas vivre dans l’illégalité et qu’ils devront partir. Ceux qui servent dans l’armée sont envoyés dans la région de Koursk, personne ne les paie, personne ne garde rien. C’est un goulag8, ils y sont envoyés, ils ne peuvent pas s’échapper de leur plein gré. Y a-t-il des soldats sous contrat parmi ceux qui participent aux batailles près de Koursk ? Oui, il y en a. Ceux qui ont été forcés de signer un contrat ou qui ont eu une croix dans leur contrat à leur insu ».
Le 24 août, ils publient la lettre d’une femme : « Mon fils a été arrêté pour avoir aidé des déserteurs et il est détenu depuis trois semaines dans un lieu inconnu. Il n’est pas militaire. Ils ont organisé un raid et l’ont arrêté. Ils l’ont emmené avec sa voiture et le détiennent dans un lieu inconnu. Nous n’avons pas pu le retrouver depuis trois semaines. Selon les rumeurs, le bureau du commandant militaire l’a détenu, même s’il n’est pas militaire. Nous avons appelé le bureau du commandant et ils nous ont dit qu’ils ne l’avaient pas trouvé. Il a été kidnappé comme le font les bandits par le FSB Nous frappons à la porte de tout le monde. Oui, vous avez raison, il s’agit bien d’un groupe criminel organisé ». Toujours au mois d’août, « Cross the Forest » a reçu plus d’une centaine de demandes de renseignements sur diverses questions relatives à la réticence à combattre dans la région de Koursk.
Du côté ukrainien…
Le terrain le plus fertile pour la désertion est bien sûr la mobilisation forcée du « peuple libre d’un pays libre9 ». L’Associated Press décrit dans un article du 22 août : « Alors que l’Ukraine poursuit son incursion dans la région russe de Koursk, ses troupes continuent de perdre un terrain précieux le long du front oriental du pays – une érosion lamentable que les commandants militaires attribuent en partie à des recrues mal formées, issues d’une mobilisation récente, et à la nette supériorité de la Russie en termes de munitions et de puissance aérienne. « Certains ne veulent pas tirer. Ils voient l’ennemi en position de tir dans les tranchées mais n’ouvrent pas le feu. C’est pour cela que nos hommes meurent », a déclaré un commandant de bataillon frustré de la 47e brigade ukrainienne.
La compréhension du fait que les deux camps ont réduit des personnes en esclavage conduira-t-elle à une fraternisation entre les soldats ? Pour l’instant, ils préfèrent se préserver séparément, bien que l’histoire suivante soit une exception. Un instructeur de l’armée ukrainienne a fait part à l’une des principales chaînes politiques ukrainiennes sur Telegram d’une défection massive de l’unité de formation. Dans un message daté du 17 juillet, il a déclaré : « Il y a quelques mois, des renforts sont arrivés : des marins ont été débarqués de navires et envoyés dans des unités de la marine. Il s’agit de contractants à qui, au début de la guerre, lorsque le contrat a été signé, le commandement de la marine ukrainienne a promis qu’ils ne serviraient que sur les navires. Mais récemment, le commandement a rappelé à la partie adverse qu’ils étaient en état d’alerte. Ils ont été transférés dans les brigades maritimes. Sur le chemin des navires à l’entraînement, certains de ces garçons se sont échappés. Presque aucun d’entre eux n’a été retrouvé. Je pense que beaucoup se sont déjà échappés d’Ukraine ». Le lieu des événements n’est pas précisé. Cependant, étant donné que la mi-mai est mentionnée, il est probable que les événements aient eu lieu alors que les troupes ukrainiennes rassemblaient à la hâte des réserves pour arrêter l’offensive russe au nord de Kharkov. Des unités de marines de la 36e brigade y combattent.
Le 15 juillet, le canal Telegram du mouvement Atesh, qui travaille pour les services de renseignement militaire ukrainiens en Crimée, a écrit au sujet de la 810e brigade de marines à Sébastopol :
« Après de nombreux échecs à Krypton, la brigade de marines s’est effondrée
Après de nombreux échecs à Krynki, une partie de la brigade a déjà avancé vers la section du front à Kharkov. En raison des lourdes pertes subies en direction de Kherson, plus de 100 personnes ont refusé de participer à la suite des opérations de combat. Les blessés sont restés dans les hôpitaux de Henichesk et Skadovsk. Il n’y a pas de temps pour remplacer le personnel par de nouveaux, et le commandement fait état d’un état de préparation au combat de 75 % de la part de la brigade.”
Si les unités de marine des deux camps refusent de se tirer dessus, peut-on considérer qu’il s’agit d’une sorte de fraternisation à distance ?
Le 6 août, dans le plus grand chat Telegram d’aide aux personnes tentant de fuir l’Ukraine, la question suivante a été posée : « A la fin du mois, ils vont emmener un de mes amis à l’étranger pour qu’il s’entraîne. Après avoir été emmené de force là-bas, il n’est manifestement pas devenu un patriote et veut partir. Ils l’emmèneront en Grande-Bretagne10, le mettront dans un avion. Ils le transporteront à travers la Pologne. Avez-vous une idée de la manière dont il pourra s’échapper ?
Nous avons besoin de l’expérience de quelqu’un d’autre ou de la vôtre, si vous en avez. L’un des modérateurs a répondu comme suit : « Il y a eu descas où des personnes se sont échappées sur la route en Pologne. Il est possible de s’échapper dans n’importe quel pays… Au cours des six derniers mois, j’ai communiqué avec des personnes qui se sont échappées en Slovaquie, en Allemagne, en Pologne et en Grande-Bretagne (mais leur sort est inconnu). Qu’ils essaient de s’échapper dans la rue en Pologne, en tout cas. En Grande-Bretagne, il y a deux camps d’entraînement – sur le continent et sur une île séparée.
Par conséquent, il est impossible de quitter l’île, et si vous êtes sur le continent, la question de la légalisation et de la poursuite de votre séjour n’est pas claire. Même s’ils lui retirent ses papiers, il peut tranquillement quitter la Pologne en se rendant en Slovaquie où il sera régularisé avec une photo ».
Le bâton et la carotte… la loi du 21 août et les records de désertion
Le 2 août, un article publié sur le site web de la Deutsche Welle a créé un scandale particulier en soulignant qu’au cours de la guerre totale, près d’un militaire ukrainien sur 14 a fui :
« Le problème des militaires qui fuient l’armée ukrainienne a atteint des proportions alarmantes. Incapable de punir les déserteurs, le gouvernement est prêt à leur pardonner, si seulement ils reprennent du service (…) La politique de discipline stricte, sur laquelle le commandement des forces armées ukrainiennes a tant insisté pendant la première année de la guerre totale, a manifestement échoué, et la désertion de l’armée s’est généralisée et est devenue impunie – presque tous les interlocuteurs de la DW interrogés dans le cadre de cet article s’accordent sur ce point. La pénurie de personnel incite la nouvelle direction de l’état-major général à utiliser non seulement le bâton, mais aussi la carotte (…) Désormais, les commandants d’unité, qui essayaient auparavant d’écarter rapidement les déserteurs de leurs postes, convoquent tout le monde, en leur demandant les problèmes et les raisons pour lesquelles ils ne peuvent pas reprendre leur service. L’officier d’état-major Victor Lyakh a fait le tour de cinq régions en mai : il a trouvé plusieurs dizaines de combattants de sa 28e brigade mécanisée à leur domicile. « L’ordre était de convaincre tout le monde de revenir. Mais comment moi, un vieil homme, puis-je convaincre ce jeune homme alors que sa femme se tient derrière lui, avec un bébé dans les bras ? Je lui promets qu’on lui rendra ses vacances, que le procès pénal sera clos. Eh bien, dit-il, lorsqu’ils l’auront clos, je reviendrai peut-être ». Les sanctions sévères qui n’ont pas empêché les militaires de s’enfuir leur font désormais peur, comme le confirment les interlocuteurs de DW issus de différentes unités.
Les révélations des habitants de Kharkov contenues dans nos publications « L’heure de la fracture » et « Le SZCh11, une nouvelle tendance » ont confirmé ce qui avait été évoqué : quel que soit le type de totalitarisme que l’État construit, il est incapable de faire face à une telle protestation, même si elle est généralisée. C’est pourquoi, le 21 août, le Parlement a adopté le projet de loi n° 11322, selon lequel une personne ayant quitté son unité sans permission ou ayant déserté pour la première fois peut retourner dans la même unité avec l’accord du commandant, sans aucune sanction. La gravité de la situation actuelle des troupes se reflète dans la précipitation du vote – qui a été soutenu en première lecture seulement un mois plus tôt, le 16 juillet.
Le 20 août, le journaliste et militaire de Kiev Volodymyr Boiko a écrit sur son blog : « L’auteur prédit qu’au cours de l’été, il n’y aura tout simplement personne pour défendre les positions ukrainiennes. Depuis le début de la guerre, au moins 150 000 militaires ont déserté les forces armées ukrainiennes, en particulier au cours des six derniers mois. Et le taux de désertion augmente chaque jour. Dans la direction de Toretsk et Pokrovsk [dans la région de Donetsk], la défense d’un kilomètre de ligne de front n’est souvent assurée que par 3 ou 4 soldats. Et comment : ils sont assis dans une fosse recouverte de planches (appelée « armure »), cachés sous des tirs de mortier incessants. Une fois le blindage détruit par les tirs de mortier, 5 à 8 fantassins russes pénètrent dans la position – et c’est ainsi que l’ennemi passe. Il est impossible d’organiser une défense normale – non pas pour ceux qui n’ont pas de blindés, mais pour ceux qui n’ont pas assez d’hommes : fusiliers, mitrailleurs, lanceurs de grenades ».
Enfin, dans la nuit du 27 août, un inconnu a ouvert le feu sur le poste de sécurité de la TCR dans la ville de Lutsk, dans l’ouest de l’Ukraine. Le soldat de deuxième classe M. a été blessé et hospitalisé pour être soigné. Malgré les tirs de riposte, l’attaquant a réussi à s’enfuir. Dans les forums de discussion locaux, on a spéculé qu’il s’agissait peut-être d’un homme en civil qui s’était échappé avec une arme. Peu de temps auparavant, notre assemblée avait publié une vidéo d’un habitant de Kharkov racontant comment, à Lutsk même, deux personnes enlevées avaient tenté en vain d’inciter d’autres personnes à se révolter contre les mobilisateurs. Le 4 septembre, on a appris l’arrestation d’un suspect de 40 ans. Il n’a pas expliqué les raisons de son acte et risque la prison à vie.
Si vous êtes condamné à une peine de prison pour désertion ou SZCh (désertion non autorisée d’une unité militaire), vous pouvez attendre votre procès à la maison. Avec des avocats compétents, le procès peut durer un an ou plus. Mais si vous mordez à l’hameçon et faites demi-tour, ils peuvent vous envoyer immédiatement en enfer, où vos chances de survie sont minimes. Réfléchissez donc à l’opportunité d’utiliser la nouvelle loi.
L’abolition partielle des sanctions pénales peut également favoriser l’évasion des militaires. Par exemple, le gouvernement provisoire de Petrograd a déclaré la démocratisation de l’armée et l’amnistie pour les déserteurs. En conséquence, l’effondrement de l’armée s’est accéléré à tel point qu’elle s’est démobilisée et a cessé d’exister au début de 1918.
Unissons-nous ! Démobilisez ! Ne vous laissez pas enterrer !
Septembre 2024
Groupe anarchiste « Assembly », Kharkov
Quelques brèves parsemées dans l’article…
Le 11 juillet, dans le village frontalier de Kozinka, dans la région de Belgorod, le soldat Alexey Zhuravlev, originaire de la République de Tchouvachie, a tué deux collègues avec une mitrailleuse et en a blessé un autre. Il s’est ensuite enfui avec l’arme et a été capturé quelques jours plus tard.
Selon une version, le soldat a réagi aux brimades et aux humiliations ; selon une autre, il ne voulait tout simplement pas se battre et ne voyait pas d’autre possibilité de s’échapper.
L’Ukraine combat les héros de l’anarchisme même un siècle après leur mort : il y a un an, le 26 juillet 2023, un monument portant le nom du légendaire marin Anatoly Zhelezniakov, qui y a trouvé la mort, a été démantelé à Verkhovtsevo, dans la région de Dnipropetrovsk. Déserteur de la marine tsariste, il reprit du service à la faveur d’une amnistie en 1917. Il devient alors une figure emblématique du renversement des nationalistes ukrainiens à Kharkov – de la dispersion de l’Assemblée constituante à Pétersbourg avec la phrase sacramentelle « La garde est fatiguée ». Il meurt lors d’un affrontement avec les gardes blancs en 1919 (il existe une version selon laquelle il aurait été éliminé par les bolcheviks).
Comme l’a déclaré le 15 août le porte-parole du service de sécurité ukrainien à Kharkov, Vladislav Abdula, un soldat contractuel qui a fait défection est soupçonné d’avoir mis le feu à six véhicules des forces armées pendant la nuit. Le jeune homme de 22 ans, originaire de la communauté de Volchansk, aurait cherché activement un emploi sur Telegram, et un représentant des services de renseignement russes lui aurait proposé de l’argent.
Il a été placé en garde à vue et risque jusqu’à 10 ans de prison (destruction ou détérioration intentionnelle de biens). L’homme a filmé sur son téléphone ses actions lors de la préparation et de l’exécution du travail ; pour chaque incendie criminel, il aurait dû recevoir 40 000 hryvnias. Le 19 août, les forces de sécurité ont également signalé l’arrestation dans la région de Cherkassy d’un transfuge de 21 ans, un soldat sous contrat de l’une des unités militaires de la région. Selon les enquêteurs, il était également à la recherche d’argent facile et a recruté une connaissance de 23 ans au chômage pour y parvenir. Les deux hommes auraient tenté de mettre le feu à huit casiers de relais et auraient été pris sur le fait lors d’une autre tentative. Ils risquent la prison à vie en vertu de l’article sur le sabotage.
PS : les titres ont été rajoutés pour faciliter la lecture
1Les stations de comptage remplissent la fonction essentielle de mesurer la quantité de gaz naturel qui entre et sort du pipeline afin que les clients puissent livrer et recevoir de manière fiable les volumes prévus.
2Ville de la région de Koursk, référence à l’annexion de cette région par l’Ukraine en août 2024, où 1000 soldats et 5 civils auraient trouvés la mort ; et plusieurs centaines de soldats capturés (selon Wkipédia)
3Importante opération militaire ukrainienne se déroulant en août 2024 au cours de laquelle l’Ukraine affirme avoir prit le contrôle de 1300km2 en territoire russe.
5Brigades militaires qui mettent en application la mobilisation forcée en faisant des tcheckpoints
6Jeunes gens étant appelé à exécuter leurs services militaire et/ou étant en train de l’éxécuter. (Se distingue donc d’une armée de volontaires ou de métier)
7Média indépendant non professionnel russe né en réaction à la guerre
8Camps de travail forcé concentrationnaires devellopés par Staline
L’ENS de Lyon est partenaire de plusieurs universités israéliennes complices du génocide : Urgence Palestine Lyon, l’association NIDAL et plusieurs syndicats et collectifs étudiants de l’ENS lancent une action en justice.
“Car face aux capitalistes qui s’organisent et se concertent pour assurer leur contrôle sur nos vies, c’est bien la destruction des rapports économiques qu’il faut viser, non leur réforme. Face aux fascistes, c’est bien l’autodéfense qu’il faut pratiquer. Face aux manipulations politiciennes, c’est l’auto-organisation et le refus des chef·fes. Face aux frontières qui divisent, c’est la solidarité internationaliste qui doit prévaloir. Face à la domination, que triomphe l’action anarchiste.”
Sommaire :
La récupération
L’énergie de la catastrophe
Là où tombe la foudre (juillet)
Les fabriques de la mort
Coup de foudre
Lumières sur la ville
Échos de la tempête
Sortez couvert.es !
L’orage approche
L’ENS de Lyon est partenaire de plusieurs universités israéliennes complices du génocide : Urgence Palestine Lyon, l’association NIDAL et plusieurs syndicats et collectifs étudiants de l’ENS lancent une action en justice.
Rdv jeudi 19 septembre à 19h à la Bourse du travail pour organiser la solidarité contre la répression des luttes contre les CRA, suite à la mise en examen d’une camarade
L’État intensifie toujours plus la répression des luttes contre les centres de rétention administratives (CRA), à l’intérieur comme à l’extérieur. Les CRA sont des prisons dans lesquelles l’État enferme les personnes qui n’ont pas les bons papiers. En réaction, les personnes enfermées s’organisent et se révoltent (grèves de la faim, tentatives d’évasion, émeutes, incendies, etc.). En solidarité avec elles, de nombreuses personnes tentent de lutter contre la machine à expulser.
Des camarades proposent un moment jeudi 19 septembre à 19h à la Bourse du travail (salle Eugène Varlin, 3 rue du château d’eau) pour discuter des moyens employés par les keufs dans le dossier et organiser la solidarité contre la répression. Cette réunion sera aussi l’occasion de lancer une dynamique de lutte contre les CRA et les frontières.
Venez nombreuxses
Que crèvent les CRA, les taules et les frontières !
Tournoi de pétanque, apéro, infokiosque et écriture de lettres aux prisonniers le dimanche 15 septembre à partir de 16h. Rendez-vous aux terrains de pétanque des Quais de Seine, entre les arrêts de métro de Jaurès et de Riquet ! Tout l’argent récolté ira aux cagnottes des ZAD contre l’A69.
En souvenir des longues soirées pétanque à la Cal’Arbre et sur le chantier de l’autoroute A69, nous organisons ainsi un moment avec tournoi de pétanque et apéro ce dimanche 15 septembre sur les terrains de pétanque des Quais de Seine (entre Jaurès et Riquet) à partir de 16h - et probablement jusqu’à la tombée de la nuit. Des boules de pétanque seront disponibles à l’emprunt à prix libre, mais n’hésitez pas à amenez les vôtres si vous en avez ! De même, un apéro-goûter vegan à prix libre se tiendra tout le long de l’événement, aux côtés d’un infokiosque de et sur la ZAD - mêlant carnets de jeux ou de chants et gazettes d’information, ainsi qu’un stand d’écriture à des prisonniers Kanak, palestiniennes et anarchistes.
Le 30 août, les flics débutent en effet l’expulsion de la ZAD de la Cal’Arbre. Le 1er septembre à minuit pile, les machines de NGE et d’Atosca débutent l’abattage des arbres encore vivants sur le tracé. Un siège violent s’ensuit jusqu’au 9 septembre, date où le-a dernier-e écureuil-le descendra du dernier arbre de la Cal’, Julia, qui sera abattu dans la foulée. Tout au long de ce siège marqué par des violences policières et de véritables milices payées par NGE, la résistance contre l’inutile projet écocidaire de l’autoroute A69 persiste - au sol comme dans les arbres, par le feu comme à la catapulte. La Cal’Arbre et la Crem’Arbre ont beau être ravagées, le Verger tient toujours - malgré les attaques fascistes répétées - et se profile comme la prochaine grande bataille pour empêcher cette autoroute d’être construite.
Autonomes et anarchistes, nous nous reconnaissons dans les modes d’action de la ZAD, du sabotage, des occupations. Nous nous reconnaissons dans la lutte contre la bagnole, contre l’artificialisation des terres, contre la destruction de la nature, contre les expulsions et expropriations, contre les flics et l’État. De là où l’on vit, de Paris au Verger, nous désirons construire une solidarité constante avec les zadistes et écureuil-les, que ce soit par l’attaque ici de ce qui détruit là-bas ou par la solidarité matérielle et financière avec celleux qui luttent et subissent la répression.
Venez nombreux-ses tirer vos beaux projectiles en inox sur le cochonnet, à (ne pas ?) confondre avec les porcs... 👮
Signataires : La BOULE (Bande Organisée Ue avec Les Écureuil-les)
La BPI (Bande de Pétanque Insurrectionnelle)
Le CAP (Club Autonome de Pétanque)
Le CLAP (Club Libertaire Autonome de Pétanque)
La CNAMO (Club pétanque National Autogéré et Mondialement Organisé)
Le PCF (Pétanque Cagoule Festive)
Le PET (Pointer et Tirer)
La PETA (Pétanque Et Tanks Autogérés)
Le PIPI (Pétanque Insurrectionnelle Pétanque Insurrectionnelle)
La POINTE (Pétanque et Ouragan Insurrectionnels des Totos Énervé-es)
Le PROJECTILE (Pétanque de Résistance Organisée à Jaurès En Club de Tir InsurrectionnelLE)
Le PTDR (Pétanque et Tanks Déters et Révolutionnaires)
Lundi 30 septembre, de 17h à 20h, à l’Impasse, 1 impasse lapujade à Toulouse. Le placard brûle t’invite pour un gouter/apéro, pour se rencontrer, présenter le programme d’octobre et autres réjouissances !
Après plusieurs semaines de pause, c’est enfin le retour du Placard Brûle. Merci à celle.ux qui sont venu.e.s aux évènements précédents, ça nous file trop la patate ces échanges et ça nous motive à continuer.
On propose un ptit goûter/apéro pour présenter le programme d’octobre, mettre en avant les livres réinstallés en juin et empruntables. Il y aura bien sûr notre infokiosque avec des nouvelles brochures imprimées. Ce moment, c’est surtout l’occasion de se rencontrer, de reparler des discussions ou projections de l’année passée, d’avoir vos retours et critiques. L’idée c’est aussi de partager des sujets qui pourront peut-être inspirer de prochaines discussions au cours de l’année 2024/2025.
On rédige depuis un moment un texte de présentation et de fond du Placard Brûle (son histoire, son fonctionnement, ses bases politiques) et nous l’avons enfin fini. On aimerait beaucoup savoir ce que vous en pensez, ce moment sera aussi l’occasion d’en discuter ensemble et d’avoir vos retours.
Sinon on est toujours au squat d’activité de l’Impasse, youpi ! Pourvu que ça dure encore longtemps parce que franchement on est bien installé.es et on ne compte pas partir !
Alors que tu sois un.e habitué.e du Placard Brûle ou que tu ne sois jamais venu.e, on se retrouve lundi 30 septembre à partir de 17h et jusqu’à 20h au 1, impasse Lapujade à Toulouse. Si envie, tu peux ramener des trucs à grignoter ou à boire !
These collected texts have been compiled from multiple sources which have translated articles initially written in French, mostly coming from Sans nom. Not all of the French texts have been translated yet (as of making this compilation). If you translate one of the untranslated texts, don’t hesitate to contact us so we can update the zine!
Ce dimanche 8 septembre, comme chaque année, a eu lieu la marche en direction du Cimetière Général, pour commémorer un autre anniversaire du coup d’État de 1973. Dans ce contexte, à l’intersection de l’avenida Recoleta et de la rue Santos Dumont, un individu est sorti d’un groupe de policiers et il a commencé à agresser avec un couteau des compas cagoulé.es, en blesse trois, dont un qui, malheureusement, est mort quelques heures plus tard.
Alonso Verdejo Bravo, camarade antiautoritaire et végan, de 26 ans, a été assassiné par un misérable qui, après cette agression, a été attaqué par des compas qui ont assisté aux faits. L’assassin a été identifié comme étant Patricio Salerick Villafaña Juica, de 32 ans. Selon des témoins de la situation, le misérable défenseur de l’existant aurait crié être « contre la marche » et ensuite poignardé les compas. Après les agressions, cet individu a été arrêté et aujourd’hui, le 9 septembre, est en détention préventive.
Le compagnon est mort cagoulé et en faisant un usage légitime de la violence de rue, dans le cadre de notre mémoire noire et combative, loin des victimisations et du consensus avec le pouvoir. Que la mémoire historique enterre ceux qui condamnent le passage à l’offensive !
L’audience préliminaire de la procédure judiciaire qui fait suite à l’opération Sibilla a été fixée au 10 octobre, à 10 heures, au tribunal de Pérouse. À cette occasion, le parquet demandera la mise en accusation de douze compagnons et compagnonnes, dont Alfredo Cospito (enfermé sous le régime 41-bis à la prison de Bancali, à Sassari). Très probablement, Alfredo sera connecté en visioconférence. À la suite du retrait du délit d’association subversive, les compagnons sont chargés, à des titres divers, de 19 chefs d’inculpation, dont le plus important est la provocation aux crimes et délits, avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme, pour la publication et la distribution du journal anarchiste Vetriolo. Les autres chefs d’inculpation (tous, sauf quatre, avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme) sont relatifs à sept faits de dégradations par tag et à deux accrochages de banderoles, à la publication d’un tract du Circolaccio Anarchico de Spoleto, de deux écrits d’Alfredo Cospito pour des initiatives à Bologne et en France, de cinq textes pendant les premiers mois du Covid-19 et de la première édition du livre Quale internazionale? [on pourra lire ici l’entretien qui donne son titre au livre ; NdAtt.], ainsi que la dégradation de véhicules des Poste italiane, à Foligno, pendant la grève de la faim des compagnonnes anarchistes contre la section AS2 pour femmes de la prison de L’Aquila (en 2019).
Déclenchée au petit matin du 11 novembre 2021, l’opération Sibilla avait comme finalité ouvertement déclarée celle de frapper le journal anarchiste Vetriolo (ainsi que les Edizioni Monte Bove, le Circolaccio Anarchico et deux sites internet : Roundrobin et Malacoda). Les enquêteurs ont concentré leur attention sur la publication de l’entretien avec Alfredo Cospito, à l’époque emprisonné dans la taule de Ferrara, publié en trois partie dans différents numéros du journal, avec le titre « Quelle internationale ? », et ensuite publié dans le livre du même titre, avec une longue annexe sur l’histoire de la Federazione Anarchica Informale. D’ailleurs, une large enquête précédente, du parquet de Milan, significativement nommée Vetriolo, est allée rejoindre la paperasse des juges de Pérouse.
Avec l’opération Sibilla, les forces répressives ont commencé à expérimenter l’utilisation du chef d’inculpation de provocation aux crimes et délits avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme, pour frapper les publications anarchistes et, si possible, appliquer des mesures de contrôle judiciaire aux compagnons accusés d’avoir écrit ou publié des textes militants, en faisant l’hypothèse qu’il existeraient des capacités, imaginaires, « d’instigation » et « d’orientation », dans un cadre, comme le mouvement anarchiste, qui se caractérise le long de toute son histoire par une obstinée et radicale autonomie de pensée et d’action. Dernier point, mais non le moindre, la censure, sur le territoire italien, des deux sites internet impliqués dans l’opération.
À vrai dire, la phase de l’enquête préliminaire n’a pas été très heureuse pour les investigateurs. Face à la demande d’imposer huit mesures de détention préventive en prison, sur seize prévenus, le juge des liberté a accordé seulement six mesures de contrôle judiciaire, en excluant le délit d’association subversive (il y a eu un mandat d’arrestation pour Alfredo Cospito, déjà détenu, un compagnon placé aux arrestations domiciliaires et quatre soumis à l’interdiction de sortir de la commune de résidence, assortie de l’obligation de se présenter aux forces de l’ordre). Mais, cinq semaines plus tard, le tribunal d’appel de Pérouse a annulé toutes ces mesures, avec une ordonnance qui, en ce qui concerne le fond, démonte complètement les accusations. Le parquet a fait recours en Cassation contre cette ordonnance et cette dernière a accepté le recours, en exigeant un nouvel appel. Cependant, celui-ci aussi a confirmé, avec une longue motivation, la nullité de toutes les mesures de contrôle judiciaire.
Entre-temps, la malchance a continué a s’acharner sur les enquêteurs : la juge titulaire de l’enquête, Manuela Comodi, a été condamnée à un an de détention pour avoir consulté abusivement des actes dans le système informatique du Parquet et elle a été transférée au tribunal civil de Milan.
Bien que, comme cela a déjà été souligné, cette procédure ait représente un précédent contre la presse anarchiste, en ouvrant dans un certain sens la voie à d’autres épisodes répressifs (nous pensons en particulier à l’opération Scripta Scelera contre le bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny), c’est surtout aux dépenses d’Alfredo Cospito que Sibilla a eu les conséquences les plus dramatiques.
Nous ne pouvons ni ne voulons taire le rôle joué par cette procédure dans le fait de déterminer le transfert d’Alfredo au régime 41-bis. Parmi les motivations que les forces répressives ont présenté, d’abord pour justifier et ensuite – dans l’écheveau de contradictions institutionnelles surgies pendant sa grève de la faim de 2022-23 – pour confirmer l’enfermement du compagnon dans ce sale régime d’anéantissement, apparaissent justement les textes qui font déjà l’objet de l’enquête de Pérouse (et, avant, de Milan). Sibilla a, donc, techniquement et aussi comme suggestion, également une fonction de support des motivations juridiques de la continuation de la torture à laquelle le compagnon est soumis.
Évidemment, la décision de l’État de persévérer avec une procédure qui, jusqu’ici, a démontré son extrême fragilité, est motivée aussi par la nécessité de garder Alfredo dans le régime 41-bis. Ce n’es pas un hasard si un éventuel procès terminera, avec toute probabilité, près de l’échéance des quatre ans que le compagnon est en train de passer dans ce régime pénitentiaire. Une éventuelle sentence et la possible requête d’une prorogation de son maintient en 41-bis sont donc interconnectées d’un point de vue juridique ainsi que politique. Pour démontrer les volontés politiques qui se trouvent derrière cette procédure : après le transfert de la procureur Comodi, la fonction d’accusateur a été assumée en personne par le procureur en chef Raffaele Cantone.
Pour nous, ce procès est surtout une occasion pour continuer la lutte contre le 41-bis et en solidarité avec Alfredo Cospito. D’ailleurs, la présence du compagnon au procès représentera une contradiction vivante face à ceux qui voudraient le garder emmuré.
Sans oublier le contexte historique dans lequel ce virage a mûri (que l’on pense au fait que la décision de transférer Alfredo au régime 41-bis a eu lieu quelques mois seulement après la début de la guerre en Ukraine et qu’elle a été prise par le gouvernement de l’époque, une large coalition d’unité nationale guidé par Mario Draghi), la saison d’intensité répressive extraordinaire que nous sommes en train de vivre doit être qualifié comme ce qu’elle est réellement : une manifestation de véritables politiques de guerre.
Pour ces raisons, nous appelons à une présence solidaire à l’occasion de l’audience préliminaire et pendant un éventuel procès.
Le vendredi 23 août, des personnes à visage couvert sont sortie de l’ex Instituto Pedagógico [ancien nom de l’Universidad Metropolitana de Ciencias de la Educación, Université métropolitaine de sciences de l’éducation ; NdAtt.], pour ériger des barricades et s’affronter, à coups de cocktails Molotov, contre la présence des Carabineros (COP, les unités anti-émeute), en souvenir de Macarena Valdes [activiste mapuche, dont l’assassinat, le 22 août 2016, a été masqué en suicide ; NdAtt.] et Manuel Gutierrez [lycéen de 16 ans, assassiné par les flics lors des manifestions étudiantes d’août 2012 ; NdAtt.] et en solidarité avec Mónica Caballero et Francisco Solar. L’action s’est terminée sans que personne ne soit arrêtée ni blessée.
Voici quelques images :
Photographies de Sinrvmbo.
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Ñuñoa : Action sur le campus Juan Gómez Millas (Université du Chili), à la veille d’une nouvelle commémoration du coup d’État militaire (51 ans)
Hier, il y a eu une journée de protestation sur le campus Juan Gómez Millas de l’Université du Chili. Pendant la matinée, il y a eu une initiative de veillée en souvenir du 11 septembre [date du coup d’État militaire de 1973 ; NdAtt.] à laquelle ont participé des étudiant.es et des enseignant.es du campus – il y a eu des prises de parole pour la commémoration et pour la diffusion du souvenir. Après cela, des personnes à visage couvert ont érigé des barricades dans les environs de l’université, en donnant lieu à des affrontements avec la police, qui a réussi à faire évacuer le secteur.
On signale que, en parallèle, il y a eu une marche des lycéen.es, dans le centre de Santiago, et que à l’Université Academia Cristiano il y a eu des affrontements avec la police, qui a réussi à réprimer une protestation devant la façade de l’institution éducative.
Aux premières heures du vendredi 23 août, nous avons rendu visite à la succursale de la Piraeus Bank de la rue Gr. Rakintzi, dans le centre de Serrès [ville de Macédoine, dans le nord de la Grèce ; NdAtt.], et aspergé d’essence sa façade et le distributeur de billets à côté. Même si l’alarme de la banque s’est déclenchée quand le feu s’est allumé, le temps que les flics ignorants réalisent ce qui s’était passé, nous avions déjà quitté le secteur depuis longtemps. Nous aurions pu tout aussi bien quitter les lieux et nous arrêter pour prendre un verre en chemin, au lieu de prendre le temps de trouver une bonne voie de fuite. L’action a eu peu de succès, puisque nous n’avons pas réussi à détruire complètement le distributeur automatique, comme nous l’avions prévu à l’origine. Nous ferons en sorte que la prochaine fois ne se passe pas comme ça.
Nous nous trouvons dans une situation qui ne nous laisse rien d’autre à faire qu’attaquer frontalement et détruire. Nous ne cherchons aucune justification morale auprès des masses, pour agir avec violence. Les tactiques politiques qui visent à la construction progressive d’un mouvement anarchiste de masse, avec des caractéristiques sociales, pour finalement atteindre la révolution, en reportant en permanence l’attaque à un avenir indéfini, nous laissent extrêmement déçu.es. Nous pensons que les contre-propositions et le théories sur comment une société meilleure pourrait être sont complètement secondaires face à la destruction totale de celle qui existe. Nous voulons souligner ici que nous ne rejetons pas les mouvements de masse en général et de manière vague. De plus, nous croyons qu’une guérilla (sans caractériser cette action particulière comme telle) fonctionne idéalement en combinaison avec un mouvement anarchiste militant de masse. La lutte sera toujours diversifiée. Les incendies, les explosions et les exécutions ne sont pas assez. Mais les marches pacifiques, les balades à vélo et les occupations ne sont pas assez non plus, des occupations dont beaucoup, comme d’autres l’ont justement fait remarquer avant nous, sont devenues des lieux de divertissement alternatifs pour les jeunes. La rébellion est TOUJOURS ICI ET MAINTENANT.
Nous vivons dans un monde où tous les jours des gens dorment dans la rue, se pressent dans les ruelles et luttent pour survivre, pour exister sans vie, liés par l’esclavage salarial. Dans un monde où des gens sont torturés dans des taules et emprisonnés pendant des décennies simplement parce qu’ils/elles ont osé vivre dignement, en luttant contre la brutalité du système capitaliste, étatique et patriarcal, ou parce qu’elles/ils ont commis quelque chose que les autorités considèrent, de manière arbitraire, comme immoral. Dans un monde où d’innombrables êtres vivants sont enfermés dans de petites cellules étouffantes, pendant toute leur vie, en attendant l’abattage. Dans un monde où chaque partie possible de la nature est exploitée sans merci au nom du profit et du « développement ». Tout cela pendant que le pouvoir développe constamment de nouvelles méthodes pour opprimer le corps et l’esprit, de nouvelles machines de mort, de nouvelles techniques de manipulation de la population, de nouvelles méthodes d’exploitation et de destruction de tout ce qui est beau dans ce monde, peignant cela parfois en rose, parfois en vert et faisant la promotion d’une image pseudo-progressiste, chaque fois de manière plus provocatrice, insidieuse et hypocrite.
Face à cette immense injustice et exploitation, que certaines personnes appellent développement, tout ce que nous avons à faire c’est développer à notre tour de nouveaux plans d’action et de nouvelles méthodes d’attaque, dans un processus continu d’évolution politique, stratégique et logistique. Après tout, l’autocritique et donc l’évolution font partie intégrante de la rébellion. Évidemment, le fait que, contrairement à la plupart des gens, nous choisissions d’agir ne nous rend pas infaillibles. Au-delà de toute possible fantasme ou illusion que nous pourrions nourrir et au-delà de toute possible erreur politique que toute action peut entraîner, nous continuons à reproduire ce système pourri dans notre vie quotidienne, peu importe la forme qu’elle peut prendre. Nous devons donc chercher et analyser nos erreurs, afin d’évoluer pour le mieux.
Nous devons aussi essayer de surmonter nos peurs. Nous avons très peur de la torture, de la captivité et des conséquences que notre capture impliquerait pour nous proches. Après tout, c’est la raison pour laquelle cette action précise ne s’est pas si bien passée, car, dans le stress de l’action, nous n’avons pas distribué correctement l’essence, pour maximiser la destruction. Mais nous avons encore plus peur du compromis, de finir par tolérer tout ce que nous voyons chaque jour et qui nous met en colère, ainsi que de devenir inactif.ves. Nous avons aussi peur de l’assimilation, de finir par chercher des théories rassurantes pour vivre un mode de vie alternatif, en conservant une illusion de résistance. De vivre une existence vide, sans vie, sans action. Nous reconnaissons que beaucoup de gens ne peuvent pas supporter le stress de l’action et nous le comprenons. Mais nous savons que tout le monde peut contribuer à sa manière à la rébellion, quelles que soient ses particularités. Derrière chaque action directe il y a des repérages, la préparation du matériel et des textes incendiaires. Nous pensons que tout le monde peut participer à différents aspects de la lutte, indépendamment de sa condition psychologique et physique. Les autres cherchent juste des excuses. Nous faisons appel à toutes les personnes conscientes, aux anarchistes sociaux.les et aux non-anarchistes, aux anarcho-nihilistes, aux anarcho-communistes, aux communistes et aussi aux personnes qui choisissent de ne pas être identifiées par une idéologie particulière, à cesser de tolérer cet enfer, à se soulever et attaquer la dystopie moderne, avec rage et conscience. Nous n’aimons pas les initiatives de soutien financier, les interventions, les marches pacifiques, même pas les plus habituels des bars mal organisés, tout autant que nous apprécions tout cela. Tout ce que nous mentionnons dans ce texte nécessite beaucoup plus d’analyses, qui viendrons probablement avec des actions futures.
Solidarité avec celles/ceux qui sont prisonnier.es dans les enfers de la démocratie, en Grèce et dans d’autres pays. Nous aimerions avoir la capacité opérationnelle de vous sortir de vos cellules, au lieu d’envoyer des mots creux. Notre sincère appréciation et notre amour pour ceux/celles qui continuent d’agir.
DU CHILI À LA GRÈCE ET DE TURQUIE AUX PHILIPPINES, TANT QUE NOUS SERONS EN VIE NOUS VOUS BRÛLERONS.
RIEN N’EST FINI.
TOUT CONTINUE.
Συνωμοσία για την Αύξηση της Εντροπίας
[Conspiration pour augmenter l’entropie]
Le 17 septembre, au tribunal de Turin, aura lieu l’audience préliminaire pour 19 inculpé.es, chargé.es de différents chefs d’inculpation, par rapport à la manifestation du 4 mars 2023, à Turin, contre le 41-bis et les peines de perpétuité avec période de sûreté illimitée, aux côtés du compagnon Alfredo Cospito, qui, à l’époque, était en grève de la faim depuis environs cinq mois.
En plus de quelques chefs d’inculpation spécifiques pour quelques-une.es, le procureur Paolo Scafi accuse tou.tes les 19 prévenu.es en vertu des articles 337 (résistance à une personne dépositaire de l’autorité publique, avec différentes circonstances aggravantes, dont le fait que le délit aurait été commis en groupe) et 419 (dévastation et pillage) du Code pénal, ce dernier aussi avec différentes circonstances aggravantes et dont celle de participation, morale et, pour quelques-une.es, aussi matérielle. Depuis le 22 avril, tou.tes les inculpé.es sont soumis.es à des mesures de contrôle judiciaire : trois arrestations domiciliaires et seize entre interdictions de paraître dans certains communes et interdictions de sortir de la commune de résidence, le tout accompagné, ou pas, de l’obligation de pointer chez les flics.
De plus, parmi les 45 compas sous enquête à l’origine et pour lesquel.les le parquet avait demandé des mesures de contrôle judiciaire (le juge des libertés en avait maintenues seulement pour 19 personnes), le parquet a présenté un appel contre plusieurs compas, en ce qui concerne le délit de résistance à une personne dépositaire de l’autorité publique, en groupe (par rapport à ce qui s’est passé au début de la manifestation), et, pour un compagnon, en ce qui concerne le délit de provocation aux crimes et délits. Cette audience aura lieu le 20 septembre à Turin.
Face à la tentative de l’État de distribuer des années de prison à celles/ceux qui, en ces jours-là, ont choisi de descendre dans la rue aux côtés d’un compagnon en lutte et, avec lui, contre le 41-bis, le sommet de la torture du système pénitentiaire italien, nous rappelons que nous étions tou.tes là, le 4 mars, et que la lutte pour la liberté continuera malgré les actions des parquets et de la police.
Mardi 17 septembre
à 9h00 : présence solidaire devant le tribunal de Turin, via Giovanni Falcone
à 15h00 : salutation aux détenus de la prison Lorusso e Cutugno, RV au terminus du tram 3.
Nous revendiquons l’incendie de l’entreprise de production d’œufs Tsakaris Family, dans le secteur de Thessalonique
Votre chagrin pour votre « propriété » détruite est une source d’amusement pour nous. Vous n’êtes pas des hommes d’affaires, vous êtes les meurtriers de millions d’animaux. Chaque jour, des milliers d’animaux meurent dans des conditions misérables, pour le goût de leur chair, assurant des profits incalculables à leurs maîtres. Des êtres dotés de conscience, qui peuvent ressentir toutes les émotions que nous ressentons, sont traités comme de la matière première pour la production capitaliste.
Nous refusons de faire partie d’un monde où l’extermination d’êtres sans défense (les animaux) est quelque chose de normal. Nous refusons de regarder passivement l’abattage et nous combattons par le feu. Nous n’attendons pas « le bon moment » pour nous occuper des animaux, comme nous le demandent des pittoresques révolutionnaires professionnels. Nous décidons que le moment est venu et nous avançons avec une lutte inébranlable.
Jusqu’à ce que le dernier Auschwitz pour animaux soit fermé.
ALF/KLM
PS1 : Si vous la reconstruisez, nous la brûlerons à nouveau.
PS2 : Il y a beaucoup d’ordures qui, d’une manière ou d’une autre, contribuent à l’extermination des animaux. Les plus misérables d’entre eux sont, de loin, les écologistes qui mangent de la viande.
Note d’Unoffensive Animal : l’usine d’œufs Tsakiris exploite 19 fermes de production d’œufs différentes, dans la région. Dans la nuit du 22 juillet, leur principal centre de tri d’œufs a été complètement détruit par un incendie. Greenpeace a profité de l’occasion pour dire que des milliers d’oiseaux avaient été tués par l’incendie, ce qui a fait qu’un grand pourcentage des informations sur le sujet a porté sur la mort imaginaire de poussins, dans une usine où il n’y a pas d’animaux. Cette action n’a entraîné la mort d’aucune poule pondeuse, car c’est l’installation centrale de tri et d’emballage qui a été attaquée.
Bienvenue sur notre dernière compilation sur les anarchistes emprisonné.es, contenant des informations sur le sauvetage de Denis Kozak, la libération de Lev Skoryakin, la nouvelle peine de Azat Mifthakov, les poursuites en cours contre Yuri Mikheev et l’importante affaire des anarchistes de Tchita.
Nous n’avons pas compilé de rapports depuis décembre 2023 à cause de problèmes que nous avons expliqué.es dans notre interview dans Freedom. Ainsi cette fois-ci nous faisons un rapide récapitulatif des évènements les plus importants concernant les prisonnier.es politiques anarchistes et antifascistes durant les 8 derniers mois.
Denis Kozak a rejoint l’Europe. Il a été arrêté au Kazakhstan suite à une demande de la Russie
L’anarchiste russe Denis Kozak est en sécurité depuis le 27 mars. Le Kazakhstan International Bureau for Human Rights avec le soutien de l’UNHCR a réussi à obtenir la libération de Denis et mettre en place le départ de l’activiste pour l’Union Européenne.
Nous rappelons que Denis était poursuivi pour « justification de terrorisme » suite à des commentaires sur le réseau social Vkontakteà propos de Mikhail Zhlobitsky, un anarchiste qui a fait exploser une bombe dans les bureaux du FSB à Arkhangelsk en 2018. En juin 2022, Denis a quitté la Russie, mais le 9 février 2023, il a été arrêté et enfermé à Almaty à la demande de la fédération de Russie. Plus tard, un tribunal kazakh à augmenté la durée de sa détention de 12 mois pour ne pas avoir respecté les règles de séjour dans le pays. En janvier 2024, le Kazakhstan lui a refusé le statut de réfugié.
Denis Koznak était impliqué dans l’administration des chaînes Telegram Anarcho News, Russian Syndicalism, REVANCHE et a fait beaucoup pour soutenir les prisonniers politiques anarchistes.
Lev Skoryakin a été libéré au tribunal
Le 15 décembre de l’année dernière (2023), la court du district Gargarinsky de Moscou a condamné l’anarchiste et activiste du « Left Bloc » Lev Skoryakin à une amende de 500 000 roubles mais l’a dispensé de son paiement suite au temps passé en détention provisoire. Lev a été libéré au tribunal. Le procureur avait requis une peine de prison de 5 ans pour l’activiste, mais Skoryakin a plaidé coupable malgré le fait de ne pas avoir participé à l’action et son refus d’explications supplémentaires, d’arguments finaux ou de déclaration finale.
L’avocat de l’activiste, Evgenia Grigorieva, a demandée au tribunal d’imposer une peine sans détention.
En décembre 2021, Skoryakin et Rusian Abasov, le deuxième accusé dans cette affaire, ont été arrêtés et enfermés sur la base d’accusation d’avoir participé à suspendre une banderole avec l’inscription « Joyeuses journées des tchékistes » (« Happy Chekist Day ») et d’allumer un feux de détresse en face des bâtiments du FSB à Moscou. Ils ont été libérés de détention préventive avec certaines restrictions, et les activistes ont émigrés. En novembre 2023, Lev Skoryakin a été kidnappé à Bichkek au Kirghizistan et ramené de force en Russie, où il a été torturé.
À l’audience du tribunal, le procureur a lu le protocole d’interrogatoire du témoin de l’accusation, Umar Balurov, qui était aussi un mineur au moment des événements. Balurov a témoigné contre Skoryakin, prétendant qu’il a distribué des feux de détresses aux activistes. Comme résultat, le statut de Balurov a été changé d’accusé à celui de témoin. Ruslan Abasov et la défense de l’activiste ont nié la participation de Skoryakin à l’action.
Le 26 mars Skoryakin a réussi à émigré dans l’Union Européenne.
Écrire aux prisonnier.eres anarchistes depuis l’étranger
Un nouveau service de paiement est disponible sur https://prisonmail.online/, qui rend plus pratique pour écrire aux prisonnier.eres politiques russes depuis l’étranger. Vous pouvez payer les frais avec une carte bancaire non-russe, et aussi suivre l’évolution du statut de votre lettre.
Le service ne couvre pas tout les prisonnier.eres, mas vous pouvez toujours vérifiez si le service couvre les prisonnier.ere à qui vous souhaitez écrire.
Note : Vous DEVEZ écrire en Russe. Utilisez DeepL ou Google Translate pour cela.
Azat Miftakhov condamné à quatre ans d’enfermement
Azat, un prisonnier politique et ancien diplômé de la Moscow State University, a été enfermé dès le 4 septembre 2023 immédiatement après sa libération d’une autre peine de prison de 5 ans à Omutninsk, dans la région de Kirov. La nouvelle accusation de « Justifier le terrorisme » est basée sur d’éventuels commentaire qu’il aurait fait à propos de Mikhail Zhlobitsky, qui a fait sauté des locaux du FSB à Arkhangelsk en 2018 durant le visionnage d’un spectacle télé avec d’autres prisonniers.
Le 27 mars, un témoin secret à affirmé que Azat se serait opposé à l’invasion russe de l’Ukraine et aurait cité l’acte terroriste de Zhlobitsky. Azat et sa défense ont dénoncé le témoignage comme un faux. Durant son propre témoignage, Azat a nié avoir exprimé quelques expressions justifiant les action de Zhlobitsky.
Le 28 mars, le procureur a requis une sentence de 3 ans de prison. Le même jour, Azat Miftakhov a été condamné à 4 ans d’emprisonnement, dont 2 ans et 6 mois doivent être servis dans une prison de haute-sécurité et le temps restant dans une colonie à régime stricte.
Vous pouvez écrire à Azat à cette adresse : Miftakhov Azat Fanisovich, né en 1993
FKU SIZO-4 GUFSIN Rossii po Sverdlovskoy oblasti,
ul. Urickogo d. 16B, g. Kamyshlov, Sverdlovskaya oblast
624860 Russia
Le cas de l’antifasciste Yuri Mikheev
Le 10 novembre 2023, Yuri Mikheev, âgé de 19 ans a été arrêté avec Matvey Melnikov à une base militaire de la région de Moscou. Le FSB les accusent d’avoir prévu de mettre le feu à des équipements militaires, incluant une tour mobile 40V6, qui est un composant du système de missile S-300.
Yuri Mikheev, un antifasciste qui s’oppose à l’agression russe contre l’Ukraine, risque maintenant des charges criminels pour s’être préparé pour commettre des sabotages et a été placé en détention préventive, risquant 10 ans de prison. Son arrestation, ainsi que celle des frères Melnikov, est soupçonné par « Solidarity Zone » d’être une provocation des services de sécurité.
Le 8 juillet, le tribunal du district Meshchansky de Moscou a prolongé la détention de Yuri Mikheev et des frères Melnikov pour 3 mois. Mikheev et Matvey on été initialement arrêté le 11 novembre, tandis que Timofey Melnikov l’a été plus tard, le 22 novembre. Tout les trois sont poursuivis pour s’être préparé pour « sabotage » et risquent 10 ans de prisons. Les rapports indiquent qu’au moins deux des accusés ont été torturés pour obtenir des aveux.
« Solidarity Zone » collecte des fonds pour la défense légale de Yuri Mikheev, mais à encore d’environ 1 900 euros.
PayPal: solidarity_zone@riseup.net (indiquez « for Mikheev »)
Cryptocurrency (écrivez à solidarity_zone@riseup.net, si vous envoyez de l’argent):
Monero: 4B1tm6boA5ST6hLdfnPRG2Np9XMHCTiyhE6QaFo46QXp6tZ7Y6nJjE43xBBTwHM84bWwexR8nS4KH36JHujjc1kC8j2Mx5e
Bitcoin: bc1qn404lrshp3q9gd7852d7w85sa09aq0ch28s3v4
USDT (TRC20): TRcCUHKSMY7iLJPvbDxLc6ZnvAud72jTgj
Mikheev est soutenu par « Solidarity Zone » et leur chaîne Telegram a des mises à jour occasionel sur l’affaire.
Mikheev Yuri Vasilevich, né le 03.11.2005 Melnikov Matvey Konstantinovich, né le 3.8.2004 Melnikov Timofey Konstantinovich, né le 3.8.2004
SIZO-7 ul. Verhnie Polya d. 57
109382 Moscou Russia
Les anarchistes de Tchita, Alexander Snezhkov et Lyubov Lizunova ont été condamné.es à de vrais peines
Le 1er district du tribunal militaire de Tchita a condamné Alexender Snezhkov à 6 ans et Lyubov Lizunova à 3,5 ans en prison. Le troisième accusé, Vladislav Vishnevsky, a reçu 1,5 de travaux forcé. Tout les trois ont été condamné.s pour « Incitation à l’extrémisme et au terrorisme », de plus Snezhkov et Vishnevsky ont aussi été condamné pour vandalisme pour le tag « Mort au régime ». Lizunova a eu 18 ans en prison le 13 juillet.
Snezhkov et Lizunova ont été enfermées en 2022 pour avoir prétendument posé des tags contre la guerre et gérer des chaînes Telegram liés aux manifestations. D’abord soumis à des restrictions de déplacement, les deux ont été plus tard placé.es en détention.
Youtube a un court documentaire sur eux, vous pouvez mettre l’autotraduction des sous-titres en anglais pour obtenir une traduction acceptable. https://www.youtube.com/watch?v=9CzBS871_l8
Adresses : Aleksandr Evgenevich Snezhkov, né en 2003, SIZO-1, Ingodinskaya ul. d.1 , Zabaykalski kray 672039 Russia Lyubov Vitaljevna Lizunova, née en 2006, SIZO-1, Ingodinskaya ul. d.1 , Zabaykalski kray 672039 Russia.
Continuons de soutenir les prisonnier.eres en Russie
Nous soutenons des prisonnier.es anarchistes, antiautoritaires et des opposant.es à la guerre, mais aussi d’ancien.nes prisonnier.es qui ont besoin de soutien. Nous essayons de nous concentrer sur des prisonnier.es « impopulaires ». Nous ne communiquons pas publiquement sur tout les cas sur lesquels nous travaillons, parce que les proches sont parfois contre la publicité, ou suite à d’autres raisons.
Vous pouvez trouver les adresses de tout.es les prisonnier.es en Russie que nous soutenons ici et des instructions sur comment faire un don ici.
Si vous souhaitez faire un don spécifique à un.e prisonnier.e particulier.e, veuillez nous contacter en avance et être certain.e que les prisonnier.es soutenu.es collectent actuellement des fonds.
La Nemesi / mercredi 4 septembre 2024 (traduction corrigée le 6 septembre)
Opération Scripta Scelera : toutes les mesures de contrôle judiciaire ont été révoquées. Le 8 octobre aura lieu la prochaine audience du procès de Massa
Après quelques mois sans publier des nouvelles spécifiquement à propos de l’opération Scripta Scelera, qui a été déclenchée le 8 août 2023 contre le bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny, nous informons que, entre juillet et août, toutes les mesures de contrôle judiciaire qui restaient à la charge de huit inculpés et inculpées ont été révoquées. Nous rappelons rapidement que le procureur Manotti, de la Direction anti-mafia et antiterrorisme du district de Gênes, avait demandé dix mesures de détention préventive pour dix prévenus et obtenu, de la part du Juge des libertés, neuf mesures de contrôle judiciaire : les arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions pour quatre d’entre eux et l’interdiction de sortie de la commune de résidence, avec interdictions de sortir de chez soi la nuit, pour cinq autres (pour l’un d’entre eux, cette mesure a déjà pris fin le 29 mars, car sa durée maximale avait été atteinte). De plus, pendant cette procédure, il y a eu plusieurs durcissements de ces mesures, entre transferts en prison et arrestations domiciliaires, ainsi que, récemment, des atténuations (avec des interdictions de sortie de la commune de résidence et des obligations de pointer chez les flics, combinées de différentes manières).
Avec une ordonnance en date du 10 juillet (qui, dans un cas, a été notifiée plus de dix jours après), le juge d’instruction du tribunal de Gênes a décidé la levée de l’obligation de pointer chez le flics, pour trois inculpés (un avait l’obligation de pointer deux fois par semaine, deux de pointer chaque jour) et ensuite, début août, l’obligation de pointer, deux fois par semaine, pour une autre inculpée, a été levée aussi. Ces quatre mesures avaient été imposées par le juge en mai, en remplacement des précédentes.
Ensuite, le 22 et 23 août, le juge Garofalo, du tribunal de Massa, a ordonne la levée de l’interdiction de sortir de la commune de résidence, assortie à l’obligation de pointer chez les flics tous les jours, pour les quatre derniers inculpés encore soumis à des mesures de contrôle judiciaire (la compagnonne et les trois compagnons inculpés dans le procès avec jugement immédiat en cours à Massa pour les articles 414, 270 bis 1 et 278 du code pénal, demandé par le procureur Manotti et commencé le 9 janvier dernier). Jusqu’au 22-23 aavril, ils étaient aux arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions.
Quelques mots sur la dernière audience et sur la prochaine. Le 25 juin, il y a eu la déposition de Ginepro et Casadio, fonctionnaires de la DIGOS de La Spezia, le premier s’attardant – tout comme l’inspecteur principal Pigoni, lors de l’audience précédente, le 24 mai – à attribuer aux inculpés les signatures ou les pseudonymes utilisés dans le journal, ainsi que les boites mail, tandis que le deuxième a donné les comptes-rendus des planques effectuées, lors de l’enquête, à proximité du Circolo Culturale Anarchico « Gogliardo Fiaschi », à Carrare, en parlant aussi d’un « service d’observation » dont la DIGOS n’a plus trouvé le compte-rendu. S’en est suivi le contre-examen de la part des avocats des inculpés. Après le renvoi de l’audience prévue pour le 5 juillet, la prochaine est fixée pour mardi 8 octobre (à 15 heures, au tribunal de Massa, piazza De Gasperi).
Ci-dessous, les coordonnées du compte de la caisse de solidarité et l’adresse mail pour organiser des initiatives de collecte de fonds ou recevoir des copies des textes à propos de l’opération Scripta Scelera. Nous renvoyons à ces textes pour des analyses à propos de l’opération contre Bezmotivny et sur la manière dont celle-ci est essentiellement un autre « chapitre » des politiques de guerre de l’État italien. Nous signalons en particulier que des copies du document « Réflexions scélérates », de Gino Vatteroni (déposé lors de l’audience du 24 mai), sont, depuis peu, disponibles en brochure.
Solidarité avec les anarchistes et les révolutionnaires enfermées ou soumis à des mesures de contrôle judiciaire ou administratif !
Persévérons dans la lutte contre l’État, le capital et leurs guerres !
Un dialogue complice nécessaire Des mots de l’anarchiste Francisco Solar, à la suite de la semaine d’agitation solidaire contre son isolement
Les actions violentes font irruption dans le panorama social, en faisant en sorte que le message anarchiste se propage et suscite l’inquiétude des autorités et des exploiteurs. Elles prennent la parole et, par les faits, proposent des stratégies et des idées. Elles montrent, par elles-mêmes, que la lutte anarchiste est vivante et que le Pouvoir échoue dans sa prétention d’anéantissement.
Elles montrent qu’il est possible de faire des idées une menace réelle, en rendant indiscernables le discours et l’action. Elles sont un véritable signe de solidarité révolutionnaire, qui se trouve en pleine harmonie avec la lutte des compas à l’intérieur des prisons.
Et les actions anarchistes de grande envergure menées ces dernières semaines, comme l’incendie des camions de Cemento Melón, à San Antonio, de la part de la Célula Insurreccional por el Maipo – Nueva Subversión, s’inscrivent clairement dans cette solidarité anarchiste qui essaye d’intensifier le conflit. Qui comprend la nécessité de l’attaque permanente et revendique par les faits les actions pour lesquelles le pouvoir a prononcé des condamnations exemplaires. Cela fait perdre une grande partie de son poids au régime spécial d’isolement. Toute ma gratitude à ceux/celles qui continuent et persistent résolument dans l’offensive anarchiste.
Ces actions ont aussi la capacité de renforcer notre mémoire révolutionnaire, en maintenant vivant.es et présent.es, par l’attaque, les compas qui nous ont quitté.es. Elles détruisent l’oubli et transforment le souvenir en actions transgressives. L’offensive anarchiste saura garder parmi nous le compagnon, le guerrier Luciano Pitronello, qui, avec persévérance et malgré toutes les difficultés qu’il a rencontré suite à son choix combatif, n’a jamais cédé. Il a su apprendre de l’expérience pour renforcer son clair positionnement insurrectionnel. Il a décidé d’orienter sa vie sur ce chemin anarchiste qui, comme il l’a lui-même démontré, est sans retour. Sa vie, ses pratiques, ses idées et ses expériences constituent une véritable propagande par le fait et elles représentent un encouragement pour nous tou.tes, en nous donnant la force nécessaire pour continuer.
Les attaques violentes, avec la préparation et les risques qu’elles comportent, dialoguent avec la multiplicité des actions et activités qui ont lieu dans le cadre du monde anarchiste, en définissant une attitude de confrontation.
Cette harmonie nécessaire entre des pratiques diverses et variées contre l’autorité, renforce chacune d’elles et le positionnement combatif en général. Un tag sur un mur, quelques affiches, une banderole établissent une conversation complice avec la destruction provoquée par un engin explosif, se nourrissant mutuellement. Un rassemblement, un débat ou une activité de propagande génèrent une communication séditieuse avec les restes d’un bus brûlé. Et tout cela, en même temps, se lie à la lutte des compas en prison, en brisant les visions assistentialistes et victimistes. En donnant vie à la solidarité anarchiste, qui se fraye un chemin malgré les obstacles que le Pouvoir multiplie et perfectionne. Et ce n’est pas seulement l’exercice de la solidarité qui a lieu, mais ce qui le sous-tend : la construction de relations qui essayent de s’opposer à toute forme d’autorité, en expérimentant ici et maintenant des chemins de liberté, nous renforçant individuellement et collectivement.
Une forte accolade à tou.tes celles/ceux qui ont construit différentes expressions de solidarité, au cours de cette semaine d’agitation contre l’isolement. Chacune d’elles est une démonstration claire de ce que nous sommes et que le Pouvoir, même s’il s’efforce, ne pourra jamais arrêter.
L’appel est à étendre cette belle façon de pratiquer la solidarité, pour en finir avec le régime d’isolement, pour abolir les condamnations de la justice militaire et obtenir la liberté du camarade Marcelo Villarroel et celle de tou.tes les prisonniers anarchistes et subversif.ves qui luttent dans les prisons.
Avec la compagnonne anarchiste Belén Navarrete Tapia dans la mémoire, qui se transforme en action insurrectionnelle. Sa vie engagée dans la lutte est une raison de plus pour intensifier l’affrontement.
Vive les actions anarchistes ! Liberté pour les [prisonnier.es] anarchistes et les subversif.ves ! Que les prisons explosent !
Francisco Solar
Prison La Gonzalina-Rancagua
Août 2024
Il n’y a rien à enjoliver ! Le salon de beauté de la candidate
de l’AfD aéré
Traduit de l’allemand de de.indymedia, 11 septembre 2024
Dans la nuit du 11 septembre, nous avons brisé la porte d’entrée et la vitrine du salon de beauté d’Astrid Kemnitz, membre du parti d’extrême-droite AfD, puis nous avons aspergé l’intérieur de goudron liquide et d’acide butyrique.
La fasciste Astrid s’est présentée en juin 2024 comme candidate au conseil municipal dans la circonscription de Leipzig-Est.
L’AfD se renforce de plus en plus et nous essayons par cette action de contrer ce danger bourgeois-fasciste. Comme elle dit qu’elle a désormais peur à Leipzig, il semble que cela ait marché.
Free all Antifas !
Attaquer les fascistes à tous les niveaux et par tous les moyens.
Pas de discussion, pas de compromis.
Cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf en format lecture (A4), ou ici en format impression
[Reçu par mail, 14 septembre 2024]
Ni dieu, ni maître, ni ordre moral, Caen, août 2024, 24 p.
La critique des religions a toujours été considérée comme un point de départ des perspectives d’émancipation. Pourtant, cette critique a du plomb dans l’aile. Pour certains et certaines, il faudrait même la passer sous silence dans certaines conditions. La brochure « Ni dieu, ni maître, ni ordre moral », entend renouer avec cette critique. C’est d’autant plus urgent que les religions sous leurs diverses tendances fanatiques contemporaines (évangélisme, islamisme, etc.), mais aussi leur pendant nationaliste et de défense des valeurs occidentales, reprennent du poil de la bête et accompagnent les virages les plus autoritaires et la brutalisation des rapports sociaux en cours. L’anarchisme propose quant à lui la révolution sociale, pendant laquelle « les crucifix et les saints seront jetés au feu, les calices et les hosties convertis en objets utiles, les églises transformées en salle de concert, de théâtres ou d’assemblées, ou, dans le cas où elles ne pourraient servir à ce but, en grenier à blé et en écuries à chevaux », et donc d’en finir avec le cadre religieux et identitaire pour laisser place au débordement de la vie et à l’expression de la liberté.
La brochure sera présentée au local Apache (Caen) le samedi 21 septembre à 17h30.
Traduit de l’allemand de de.indymedia, 10 septembre 2024
Le week-end dernier se tenaient à Brême les Journées anarchistes : différents événements et ateliers ont été organisés du 6 au 8 septembre à l’Alten Sportamt sur le thème « Perspectives insurrectionnelles sur la crise climatique ».
Vendredi, peu après le début des rencontres, une camionnette blanche aux vitres teintées a été repérée dans les parages de à l’Alten Sportamt. Elle était garée à une centaine de mètres de là, avec une bonne vue sur l’entrée des lieux. Un coup d’œil à l’arrière de la camionnette à l’aide d’une lampe de poche a révélé une caisse dans laquelle était cachée une caméra. Une telle boîte avait déjà été trouvée en 2023 comme abritant une caméra : elle était alors également installée dans une camionnette blanche et avait été utilisée pour observer la fête d’été de la Kämpfenden Jugend à Brême [NdT : on peut voir ici un système identique utilisé à Leipzig, également en 2023].
Après avoir démasqué la camionnette avec la caméra vendredi, ses vitres ont été masquées afin d’empêcher toute surveillance supplémentaire des Journées anarchistes. Environ deux heures plus tard, elle a été récupérée par ses usagers.
Pour le démasquage futur de caméras cachées, on peut préciser que malgré les vitres teintées de la voiture et de la caisse de la caméra, il a été possible en plein jour d’éclairer le tout avec une lampe de poche, et de reconnaître la caméra.
Nous considérons la surveillance des Journées anarchistes comme une mesure dans la longue chaîne des mesures répressives contre les anarchistEs et la gauche résistante. Nous ne nous laisserons pas intimider par leur surveillance et nous interviendrons là où nous le pourrons.
Il détruit 18 distributeurs avec une boule de pétanque
Sud Ouest, 8 septembre 2024
C’est ce que l’on appelle une réaction disproportionnée. Vendredi 6 septembre, un homme d’une cinquantaine d’années a été arrêté à Saint-Etienne pour des faits de dégradation. Ce jour-là, il a tenté d’acheter des tickets au distributeur automatique d’un arrêt de tram.
Ne parvenant pas à arriver à ses fins, il a endommagé 18 distributeurs longeant la ligne T1 à l’aide d’une boule de pétanque ainsi que trois distributeurs automatiques de billets qui étaient sur son chemin. L’homme a été interpellé dans la foulée par la police puis placé en garde à vue avant d’être remis en liberté dans l’attente de son procès.
Le montant du préjudice est estimé à plus de 80 000 euros selon la Stas (Société de transports de l’agglomération stéphanoise) sans compter le montant des dégâts sur les distributeurs de billets qui n’a pour l’heure pas été évalué par les banques concernées.
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[Reçu par mail, 10 septembre 2024]
Switch-Off, interventions radicales contre la destruction de la planète. Documentation, analyses et discussion, (traduit de l’allemand), septembre 2024, 80 pages A4
Quatrième de couverture
La brochure que vous tenez entre les mains est la traduction de celle disponible sur le site « Switch Off the System of Destruction » : Eteindre le système de dévastation (de la planète). A l’exception d’un texte d’analyse dont l’économicisme dépassait nos compétences, on trouvera donc ici l’intégralité de ce volumineux recueil paru en allemand début avril 2024.
Il contient, outre un mot d’introduction et l’appel initial de l’initiative Switch-Off! lancée un an plus tôt par des « anarchistes, autonomes et révolutionnaires sociales/aux des pays germanophones », plusieurs nouveaux textes de réflexion ainsi qu’un long entretien avec différents individus participant au projet, le tout ponctué de communiqués d’attaques (certains traduits pour l’occasion) ou de traces de celles qui n’ont laissé aucun mot. Aussi bien contre l’industrie fossile, celles du béton, de l’automobile, de la guerre et de l’aérospatial, que contre les éoliennes du capitalisme vert, des pylônes électriques et des antennes-relais ; autant contre l’infrastructure du rail et les chantiers d’autoroutes qu’en défense des forêts occupées, ou contre le patriarcat et le néocolonialisme du Tren Maya au Mexique.
« Ce dont nous avons besoin dans la lutte contre la dévastation de la nature et la misère sociale qui en découle, c’est la quête commune d’une véritable rupture révolutionnaire et de la liberté pour toutes et tous. La poursuite d’une initiative qui rejette tous les compromis et les corrections cosmétiques de l’État et qui entraîne une transformation de nos relations sociales… » (mai 2023)
switchoff.noblogs.org
Sommaire
Quelques mots d’introduction (3)
Switch off! – the system of destruction – Un appel (4-8)
Les villages vivent… les forêts aussi (9-13)
Lutte déterminée contre la destruction industrielle de la planète (14-16)
Le maire grognon, suite aux yeux du pouvoir crevés dans la nuit
Des caméras de vidéoprotection cassées pendant la nuit à Normée : 12 000 € de dégâts
L’Union, 10 septembre 2024 (extrait)
Brisées en deux. Tel est le sort qui a été réservé à deux caméras de vidéoprotection à Normée, près de Fère-Champenoise, dans la nuit du mardi 10 septembre 2024. Deux autres appareils ont aussi été dégradés. Ils pendent encore le long d’un fil. Les actes se sont déroulés à 1 h 34 et 1 h 37.
Ces caméras ont été installées il y a un an. Le coût total des dégâts se chiffre à 3 000 € par appareil, soit 12 000 €. L’édile de la commune va prochainement déposer une plainte à la gendarmerie.
Sabotages : la SNCF s’active pour éviter de nouvelles attaques
sur le réseau ferroviaire
Le Figaro, 9 septembre 2024
Le sabotage contre les voies ferrées la nuit précédant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, le 26 juillet dernier, a laissé des traces à la SNCF. Officiellement, le groupe ferroviaire préfère mettre en avant sa réaction après cette attaque XXL : en trois jours, la circulation de tous les trains avait été rétablie. « 435 agents ont travaillé en 3×8 pendant trois jours. La rapidité du retour à la normale montre la résilience de notre réseau face à une attaque de très grande ampleur », estime Damien Pallant, directeur général adjoint de la sécurité à SNCF Réseau, chargée des voies ferrées en France. Le grand public, lui, a découvert la fragilité du réseau hexagonal. Et, loin des micros, les langues se délient au sein de l’entreprise publique : « On a été estomaqué que plusieurs axes de notre réseau fassent l’objet d’une attaque concomitante », glisse un de ses cadres.
Quinze jours avant, le PDG du groupe, Jean-Pierre Farandou, semblait pourtant confiant lors de sa visite du centre de supervision de SNCF Réseau Île-de-France. Le patron de ce PC opérationnel, niché quelque part à la gare du Nord, lui avait présenté un dispositif rassurant où 25 personnes se relayant en 3×8 et 7 jours sur 7 suivaient sur des écrans d’ordinateur l’état du réseau. Avec 50 % des équipements pourvus de capteurs (rails, caténaires…), ils étaient immédiatement tenus au courant des pannes. Mais cela ne disait rien des façons de déjouer des actes de malveillance sur ces installations. Dans ce domaine, SNCF Réseau estimait qu’il faisait déjà beaucoup : dispositif antieffraction sur les postes d’aiguillage, transformateurs électriques protégés…
« Sur 2023 et 2024, nous avons investi en tout 60 millions d’euros dans la sécurité de nos installations alors que nous étions à 40 millions sur la période précédente », appuie Damien Pallant. Visiblement, ce n’était pas encore assez. La vieille dame ferroviaire a quelques excuses à faire valoir : « Nous n’avions pas eu d’alertes selon lesquelles nos installations seraient particulièrement visées », précise Damien Pallant. Avec cela, tout le monde comprend aisément qu’il est quasiment impossible de sécuriser les 28.000 km de voies ferrées dans l’Hexagone.
Une question se pose néanmoins : la SNCF a-t-elle suffisamment dissimulé ces installations très sensibles, qu’il s’agisse de postes d’aiguillage ou de transformateurs électriques ? A-t-elle de bons dispositifs empêchant d’identifier ces sites sensibles sur le web ? « Une revue a été faite, et les documents aujourd’hui en ligne sur le réseau ferroviaire sont des documents considérés comme non sensibles », avance-t-on à SNCF Réseau. Spécialiste du transport chez Sia, Arnaud Aymé a une approche un peu différente « Quand on est dans le train, on voit ces transformateurs électriques le long de la voie. Et ils sont indiqués sur Google Maps ou presque. » En plus, outre les cheminots, tous ceux qui interviennent sur les voies (sous-traitants ou fabricants de matériel ferroviaire) ont accès au plan des installations.
Plus de drones
Pour éviter de nouveaux sabotages pendant les Jeux olympiques, les pouvoirs publics et la SNCF ont déployé les grands moyens jusqu’à dimanche dernier. Les forces de l’ordre ont été renforcées pour sécuriser le réseau ferroviaire « en multipliant les contrôles de nuit sur les axes jouxtant les voies ferrées », précisait, le 1er août, Gérald Darmanin, ministre démissionnaire de l’Intérieur. De son côté, la SNCF a mobilisé ses agents pour surveiller les voies. Deux cent cinquante agents de la sûreté ferroviaire, la police interne du groupe, ont été placés aux endroits stratégiques. Mille agents de maintenance ont fait des tournées sur les sites. Et une cinquantaine de drones les ont surveillés. « Comme nous n’en avons pas une telle quantité, nous avons fait appel à des prestataires pour survoler nos installations », raconte Damien Pallant. Mais on ne peut pas proroger un dispositif d’une telle ampleur maintenant que les Jeux olympiques sont finis.
En conséquence, la SNCF réfléchit à se doter d’outils permettant de limiter les risques d’une nouvelle attaque. Ainsi, elle va éloigner les chambres de tirage où sont enfouis les câbles des postes d’aiguillage, une façon de limiter les risques d’incendie. Les dispositifs antieffraction des installations les plus critiques vont également être renforcés. À l’étude aussi, plus de caméras de vidéosurveillance et de drones. Et pour qu’ils détectent mieux la présence humaine, la SNCF va débroussailler plus systématiquement autour de ces sites la végétation qui peut servir de camouflage aux saboteurs. Mais compte tenu des temps incompressibles des appels d’offres propres aux entreprises publiques, ils ne seront pas disponibles avant 2025.
En Sardaigne comme en de nombreuses autres régions d’Europe, se multiplient depuis plusieurs années des projets énergétiques pour alimenter le capitalisme vert. Dans les régions les plus ensoleillées ou maritimes, déjà infestées par le tourisme de masse, il s’agit principalement de parc solaires et éoliens.
Sur cette île méditerranéenne au large de la Corse, les monstres d’acier et de ciment doivent passer à tout prix, quitte à arracher de force oliviers, abricotiers et amandiers, pour les remplacer par d’immenses aérogénérateurs industriels dont le mât peut aller jusqu’à 200 mètres de haut. Près de 800 nouveaux projets de « production d’énergies renouvelables » y sont officiellement en cours d’étude, avec certains qui ont l’art de symboliser tous les autres, comme celui de la multinationale chinoise Chint, qui a acheté en avril 2024 plus de mille hectares au nord de l’île (à Nurra), afin d’y construire la plus importante centrale de panneaux photovoltaïques au sol jamais conçue au niveau européen. Face aux protestations citoyennistes croissantes, allant de manifestations de comités locaux en piquet dans le port d’Oristano pour tenter de bloquer l’arrivée d’un chargement de mâts éoliens, et qui mettent notamment en avant les paysages, la spéculation ou le fait que la Sardaigne ne peut pas continuer à être ravagée de la sorte juste pour exporter de l’énergie soi-disant « verte » vers le continent, la présidente de la région s’est vite trouvée confrontée à un dilemme.
D’un côté, il y a le bordel interne à ces mobilisations hétérogènes, où les uns disent « non » aux éoliennes mais « oui » aux infrastructures de terminal méthanier, tandis que d’autres, comme les associations écolos institutionnelles (Legambiente, Greenpeace, WWF), ont fini par se retirer bruyamment des protestations, en expliquant qu’au fond les éoliennes c’est plutôt propre, et que la priorité est avant tout d’exiger un moratoire sur les énergies fossiles ( dont provient 75 % de l’électricité de Sardaigne, avec 40 % exportée vers la péninsule italienne). Et d’un autre côté, il y a bien sûr l’ensemble des intérêts politico-économiques en jeu, y compris en termes de « transition énergétique » financée par l’Union européenne, même si les éoliennes et autres parcs photovoltaïques ne servent en réalité qu’à lisser les courbes de consommation d’énergies fossiles sur le marché industriel de l’énergie.
Du coup, le 3 juillet dernier, la région autonome dirigée par le centre-gauche a tenté un coup de poker pour tenter de ménager la chèvre et le chou : la promulgation d’une loi régionale –contre laquelle le gouvernement de Meloni a immédiatement lancé un recours– interdisant l’implantation de tous systèmes éoliens et photovoltaïques pendant dix-huit mois (soit un moratoire), mais uniquement sur les travaux (pas les concessions ou les autorisations), uniquement s’ils détruisent de nouvelles terres, et uniquement à partir de cette date… ce qui laisse tout de même le champ libre à 37 promesses de ravages techno-industriels déjà programmés (soit 4 projets éoliens autorisés entre 2015 et 2022, et 33 projets photovoltaïques autorisés entre 2019 et 2023).
Sauf que voilà, en Sardaigne comme ailleurs, il n’est pas étonnant que certains esprits finissent par passer à des actions un peu moins diurnes et pacifiées, sans le « si » ni le « mais » des institutions ou des comités citoyens, en allant frapper directement les géants qui saccagent le territoire non seulement sur place, mais aussi loin des yeux en extrayant des métaux aux quatre coins du monde (cuivre du Pérou et du Chili, minerai de fer du Brésil, argent du Mexique et d’Argentine, bauxite de Guinée, terres rares de Chine)….
Pour les autorités, la première alerte est venue lundi 26 août de la zone de Nuoro, le long de la route entre Mamoida et Gavoi, lorsqu’un employé qui s’occupe de la maintenance d’éoliennes de 50 mètres déjà en activité, a remarqué que les boulons d’un mât de soutien avaient été dévissés et balancés plus loin, mettant en danger de chute toute la structure en cas de fortes rafales. Un comble pour les carabiniers accourus sur place, puisque les saboteurs entendaient retourner la force de la machine en faiblesse, en comptant sur la force du vent que cette dernière exploite sans vergogne, pour la foutre à terre après avoir fragilisé son pied.
Quant à la seconde alerte, elle est arrivée quelques jours plus tard, ou plutôt quelques nuits, celle de jeudi à vendredi 30 août, du côté de la campagne de Villacidro. Là, c’est sur le site de la multinationale danoise Vestas, où trois immenses pales attendaient encore d’être montées, que des inconnus ont entrepris de leur signifier une chaleureuse hostilité en les arrosant de liquide inflammable, avant d’allumer le tout. Selon la presse locale, « en peu de temps, un incendie s’est déclaré, détruisant complètement les bâches en plastique qui recouvraient les pâles et endommageant ces dernières. Le montant des dégâts n’est pas encore connu. »
L’histoire des ravages de la Sardaigne par le capitalisme industriel remonte à loin, ne serait-ce qu’avec le défrichage massif de ses forêts primaires au XIXe siècle pour fabriquer des traverses de chemin de fer à destination du continent, avec ses mines de charbon ou en étant devenue la poubelle militaire de l’OTAN à partir des années 50 (son centre d’expérimentation de missiles se trouve à Salto di Quirra). Aujourd’hui, la multiplication frénétique de turbines éoliennes dans une île qui compte déjà raffinerie de pétrole et centrale électrique à charbon, montre une fois de plus l’arnaque d’une « transition énergétique » qui prétend substituer les sources d’énergie alors qu’elles se cumulent, et d’un capitalisme vert qui ne fait qu’étendre les ravages écocides, notamment dans les territoires sacrifiés, pauvres et périphériques, du Sud de l’Europe.
Mais reste aussi un petit détail dans cette histoire, qui n’aura certainement échappé à personne : si les éoliennes sont certes des géants, elles le sont à l’image d’autres grandes infrastructures modernes, c’est-à-dire avec des pieds d’argile disséminés un peu partout. Dont on peut tenter de désarçonner la tête en démontant la base, ou directement cramer les ailes, c’est selon les goûts…
[Synthèse de la presse locale, 1-3 septembre 2024]
Claudio Lavazza a été relâché hier, 7 septembre 2024, après avoir purgé sa condamnation. Après quasi 28 années de prison entre l’Espagne et la France, Claudio peut finalement parcourir à nouveau les chemins de la liberté, et embrasser les camarades qui n’ont jamais, au cours de toutes ces années, arrêté de lui démontrer complicité et solidarité.
À bas les murs des prisons ! Liberté pour tou-te-s les prisonnier-e-s ! Presoak kalera!
Cassa AntiRep delle Alpi occidentali
Note : Sur le compagnon Claudio Lavazza, outre son autobiographie Ma peste de vie qui a été traduite en français (ed. L’Assoiffé, 2018, 284 p.), il existe également une brochure d’avril 2012 qui contient des extraits de son autobiographie et plusieurs lettres de prison traduites de l’espagnol, ainsi qu’un large compte-rendu du procès de novembre 2019 à Paris, qui lui a valu la dernière peine de 10 ans de taule pour un braquage de 1986, qu’il a notamment purgée à Fleury-Mérogis puis à Mont-de-Marsan après avoir été extradé d’Espagne.
Un homme s’évade du centre de rétention administrative de Marseille
Le Figaro, 5 septembre 2024 (extrait)
L’alerte a été immédiatement donnée par le policier de garde posté à l’entrée du centre de rétention administrative (CRA) du Canet, témoin dans la nuit de dimanche à lundi d’une tentative d’évasion organisée par trois individus retenus dans l’établissement. Comme rapporté au Figaro de sources concordantes, l’un d’entre eux est parvenu à s’enfuir [en coupant le grillage du toit de la cour puis] en sautant au-dessus du portail d’entrée du centre. Deux fonctionnaires de police ont pourtant tenté de le rattraper, en vain. Il était toujours activement recherché ce jeudi.
D’après une source policière, les deux autres individus ont été appréhendés alors qu’ils se trouvaient encore dans l’enceinte du CRA avant d’être placés à l’isolement. Une enquête a été rapidement ouverte et confiée à l’unité de traitement des étrangers en situation irrégulière (UTESI) du service de police aux frontières terrestre (SPAFT) pour faire la lumière sur cette évasion visiblement bien préparée.
Dans la nuit de dimanche à lundi 2 septembre, vers 3h du matin, les salariés d’une petite entreprise ont appelé les pompiers pour signaler un incendie chez leur voisin. Leur voisin, puisqu’on se trouve dans le parc industriel de la Detmoldstraße au nord de la ville de Munich, n’est rien d’autre qu’une immense usine : la Centrale à béton Max Bögl, qui recouvre le monde de ses immondices depuis 1929 et emploie, selon ses propres informations, 6500 personnes sur 40 sites à travers le monde.
Sur place, c’est vite la consternation pour les soldats du feu. Les flammes sont en train d’engloutir le site de production à différents endroits. D’un côté ce sont six bétonnières qui flambent, de l’autre une pelleteuse, et enfin, tout en haut dans le ciel, c’est le tapis roulant de l’entreprise qui illumine la nuit. Malgré l’alerte générale lancée par les premiers pompiers, qui seront rejoints par une cinquantaine de collègues, le feu continue même de progresser un peu partout, et l’incendie du tapis roulant finit par atteindre le sommet du silo de mélange, en commençant à le grignoter, tandis que plusieurs blocs de cartons compressés d’une déchetterie voisine commencent à sentir le roussi. Ce n’est que vers 6h30 du matin que ce sabotage contre la centrale à béton, qui a provoqué des millions d’euros de dégâts, sera définitivement maté.
Dans le contexte bavarois, inutile de dire que non seulement les enquêteurs ont immédiatement communiqué sur l’aspect criminel et volontaire de l’incendie, notamment au vu du nombre de foyers diffus, mais qu’ils ont aussi évoqué un « contexte extrémiste », en rappelant que « par le passé, des incendies se sont produits à plusieurs reprises à Munich et dans ses environs, notamment contre des chantiers de construction, contre des installations géothermiques et ferroviaires ainsi que contre des antennes de téléphonie. Le dernier en date est un train-chantier qui a été incendié dans le district de Munich. » C’est donc bien entendu le groupe d’enquête spécialisé Raute, déjà chargé des précédentes affaires en se concentrant sur l’aire de l’ « extrême-gauche radicale », auquel le parquet général de Munich a confié les investigations.
Quant à la multinationale du béton Max Bögl, dont la devise « Le progrès se construit à partir d’idées » flotte de Shanghai à Amsterdam, et de Bucarest à Berlin sur chacune de ses déjections (dont l’usine Tesla en 2020 dans cette dernière ville), il ne lui reste plus qu’à maugréer sur un sens autrement plus subversif du mot « idées ». En tout cas si on en croit un vieux révolutionnaire, qui concluait précisément son texte sur La Réaction en Allemagne par une célèbre phrase, qu’il explicitera quelques années plus tard de la sorte : « La passion négative de la destruction est loin d’être suffisante pour porter la cause révolutionnaire au niveau voulu ; mais sans elle cette cause est inconcevable, voire impossible, car il n’y a pas de révolution sans destruction profonde et passionnée, destruction salvatrice et féconde parce que précisément d’elle, et seulement par elle, se créent et s’enfantent les mondes nouveaux »…
[Synthèse des journaux régionaux bavarois (Abend Zeitung & MuenchenTV), 3 septembre 2024]
Livry-Gargan : en pleine messe, des voleurs cambriolent une église et repartent avec les dons
20Minutes/Le Parisien, 2 septembre 2024
Très mauvaise surprise pour le père Zhao qui officie à l’église de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis). Dimanche, après la messe, alors qu’il regagnait son presbytère, il a constaté que des inconnus s’y étaient introduits par effraction et avaient dérobé le fruit de toutes les quêtes du mois d’août, soit la somme de 2 700 euros. Un choc pour le prêtre comme pour les fidèles. Car le butin représente leurs contributions dominicales. Chacun s’acquitte de petites sommes d’argent, surtout en menue monnaie, mais mises bout à bout, cela représente une coquette somme.
L’argent se trouvait dans le logement du prêtre, qui disait la messe au moment des faits, de 10 h 45 à midi. Les cambrioleurs ont donc pu fouiller l’appartement sans être dérangés. Ils avaient réussi à s’introduire dans le presbytère en fracturant une fenêtre.
Le soir du 25 juillet dernier, à Paris, l’excitation est à son comble. (Presque) tous les yeux étaient tournés ers la Ville Lumière : le lendemain devait être un grand jour, celui de l’ouverture de la 33ème édition des Jeux Olympiques. Les organisateurs avaient pré-annoncés une inauguration à la hauteur de la grandeur française, – un défilé « audacieux, original, unique » sur la Seine. Le souvenir désagréable de la précédente édition japonaise, reportée d’un an à cause d’une petite maladie et ayant finalement eu lieu devant des gradins vides, devait être oublié. Cette fois, rien ne pourrait empêcher le retour somptueux des Jeux dans la patrie de leur créateur, le baron De Coubertin. Ni un éco-système éreinté par des siècles d’industrialisme, ni un conflit local, possible étincelle d’une guerre mondiale nucléaire, ni un génocide en cours
« Et si jamais, par quelque malchance, il se produisait d’une façon ou d’une autre quelque chose de désagréable, eh bien, il y a toujours le soma qui vous permet de prendre un congé, de vous évader de la réalité. Et il y a toujours le soma pour calmer votre colère, pour vous réconcilier avec vos ennemis, pour vous rendre patient et vous aider à supporter les ennuis. »
Pour garantir le déroulement régulier de la manifestation sportive, c’est-à-dire l’ingestion planétaire de soma sportif, les autorités françaises avaient pris des mesures de sécurité exceptionnelles : 45 000 agents répartis dans toute la ville, 18 000 militaires, 200 forces spéciales (la moitié dans le rôle de sniper sur les toits de la capitale française), une centaine de plongeurs. En plus de ça, un déploiement de drones et des barrières maritimes visant à empêcher le déplacement illégal de petite embarcation à travers La Manche, le déploiement d’une unité missile terre-air pour sécuriser la zone, la fermeture de l’espace aérien sur la capitale survolée uniquement par des hélicoptères militaires. Et puis la collaboration avec les services secrets de 80 pays, la présence d’agents de police provenant de dizaines de pays, ainsi que 2 000 agents de sécurité privée. Et encore, le contrôle des eaux usées à la recherche de virus, l’installation de sonar aquatiques, un système de vidéosurveillance basé sur les algorithmes de l’Intelligence Artificielle. Tout cela autant pour donner une idée de l’importance de l’événement, que pour faire comprendre combien il était indispensable qu’à partir du 26 juillet, à Paris, rien ne devait, rien ne doit et rien ne devra arriver.
« Le monde est stable, à présent. Les gens sont heureux;ils obtiennent ce qu’ils veulent, et ils ne veulent jamais ce qu’ils ne peuvent obtenir. Ils sont à l’aise ; ils sont en sécurité […] ils sont conditionnés de telle sorte que, pratiquement, ils ne peuvent s’empêcher de se conduire comme ils le doivent. Et si par hasard quelque chose allait de travers, il y a le soma… »
Et pourtant… merde ! – la matinée du 26 l’ambiance était ruinée. Certainement pas par es pluies diluviennes déjà prévues pour la soirée. Non, le problème est tout autre : si Paris est le centre de la France, la France ne consiste pas seulement en sa capitale. Chaque centre, par définition, a sa périphérie. Clôturer, défendre, surveiller chaque mètre carré d’un centre est une ambition à la portée de toutes les arrogances. Mais nul ne peut prétendre en faire autant avec une périphérie qui, dans ce cas, s’étend jusqu’aux frontières. Un territoire que, par commodité, on peut subdiviser sur la base des quatre points cardinaux.
Eh bien, dans la nuit du 25 au 26 juillet, à quelques heures de l’ouverture des circenses modernes, à Paris même et aux quatre points cardinaux de l’hexagone, quelque chose est arrivé. Une petite chose, mais à l’impact énorme. De petits sabotages de la ligne ferroviaire à Haute Vitesses – réussis au centre, au nord, à l’ouest à l’est, raté au sud – qui ont bloqué durant de longues heures la circulation en direction de la capitale. Incroyable, n’est-ce pas ? Quelques bouteilles incendiaires ont suffi, quelques pinces complices pour briser l’enchantement, plus encore, la véritable sorcellerie qui rend acceptable l’aberrante condition humaine.
« Je ne comprends rien » dit-elle avec décision, déterminée à conserver intacte son incompréhension. « Rien. Et ce que je comprends encore le moins de tout » continua-t-elle sur un autre ton, « c’est pourquoi vous ne prenez pas de soma quand il vous vient de vos idées épouvantables. Vous les oublierez totalement. Et, au lieu de vous sentir misérable, vous seriez plein de gaieté. Oui, tellement plein de gaieté ! » répéta-t-elle…
Ils n’y comprennent rien. Comment est-il possible que quelqu’un ait cherché à empêcher à 800 000 potentiels spectateurs d’être présents et heureux cette fin de semaine, assis dans les stades à brandir les petits drapeaux de leur nation, si désireux d’entonner leur hymne national ? Comment peut-il bien venir à l’esprit de quelqu’un de ruiner les vacances de personnes propres sur elles, aux honnêtes travailleurs qui jour après jour font avancer cette société infâme ? Les grands et les petits animateurs du Spectacle n’y comprennent absolument rien. Pourtant, des personnages importants aux figurants, tous se sont indignés. Le ministre des Transports français, par exemple, a qualifié le sabotage des lignes de haute vitesse d’« action criminelle scandaleuse », tandis que pour sa collègue, la ministre des Sports, il s’agissait d’une attaque contre les athlètes et leur patrie : « C’est les Jeux des athlètes qui en rêvent depuis des années et qui se battent pour le Graal de monter sur ces podiums, et on va leur saboter ça. Jouer contre les Jeux, c’est jouer contre la France, c’est jouer contre son camp, c’est jouer contre son pays. » Que soit envisageable l’accusation de haute trahison, le jeune leader du parti d’extrême droite le soutien lui aussi, lui qui est d’accord par ailleurs avec une experte des chantiers ferroviaires qui parle d’« attentat contre la liberté de partir en vacances ». Un concept partagé entre autres par le directeur général de la SNCF, selon lequel « ce sont les français qui sont attaqués ». Mais par qui ? Bah, selon lui par… par… par une bande « bande d’illuminés, d’irresponsables » ! Une secte de fous, en somme. Tandis que pour le ministre de l’Intérieur, la coupure et l’incendie des câbles de fibres optiques qui longent les voies de chemin de fer sont « un mode d’action traditionnelle de l’utra-gauche ». Mais il y en a aussi qui ont évoqué l’ingérence étrangère, comme par exemple le ministre des affaires étrangères israélien dont al langue frappe contre une dent douloureuses : à l’écouter le sabotage « a été planifié et exécuté sous l’influence de l’axe du mal de l’Iran et de l’islam radicale ». Carrément ? Mais il faut comprendre le délire des pairs israéliens de von Ribbentrop. Il sait bien que le 26 juillet dernier était le 294ème jour du génocide des palestiniens…
« Mais c’est épouvantable ! » répétait-elle sans fin, et toutes les consolations de Bernard furent vaines. « C’est épouvantable ! Ce sang ! » Elle frémit. « Oh ! Si j’avais mon soma ! »
Quand on parle d’Olympiades, le chœur est unanime : une grande fête sportive, amitié et fraternité entre les peuples, trêve olympique, culte du dévouement et de l’effort… Un alignement des points de vue si enraciné qu’il rend inimaginable que quelqu’un puisse non seulement refuser de penser que l’important c’est de participer (à la compétition, à la quête de succès, à la mesure du temps, au culte de la simple force physique, à l’apologie du nationalisme…), mais qui a en plus la hardiesse d’interrompre ce chœur zélé, conscient que l’important c’est d’empêcher de participer. De participer à la reproduction sociale. Et voilà que de la nuit du désir surgissent les ombres de ceux qui ne se présentent pas aux élections, de ceux qui ne fréquentent pas les plateau télévisés, de ceux qui ne lancent pas et ne dirigent pas des mouvements sociaux ou des partis politiques, de ceux qui n’adressent aucun sourire complaisants. Parce qu’ils méprisent tout public, parce qu’ils veulent mettre fin à toute représentation. Et n’hésitent pas, pour cela, à mettre les pieds dans le plat. Contre tout bon sens, contre tout calcul politique.
« Mais vous plaît-il d’être des esclaves ? » disait le Sauvage au moment où ils pénétrèrent dans l’Hôpital. Son visage était empourpré, ses yeux flamboyaient d’ardeur et d’indignation. « Vous plaît-il d’être des bébés ? Oui, des bébés, vagissants et bavants » ajouta-t-il exaspéré par leur stupidité bestiale, au point de lancer des injures à ceux qu’il était venu sauver. Les injures rebondirent sur leur carapace de stupidité épaisse ; ils le dévisageaient, les yeux plein d’une expression vide de ressentiment hébété et sombre. « Oui, bavants » vociféra-t-il franchement. La douleur et le remord, la compassion et le devoir, tout cela était oublié à présent, et en quelque sorte absorbé dans une haine intense qui dominait tout à l’égard de ces monstres moins qu’humains. « Vous ne voulez donc pas être libres, être des hommes ? Ne comprenez-vous même pas ce que c’est que l’état d’homme, que la liberté ? » La rage faisait de lui un orateur cohérent ; les mots arrivaient facilement, en flux serré. « Vous ne comprenez pas ? » répéta-t-il, mais il ne reçut pas de réponse à sa question. « Eh bien, alors » reprit-il d’un ton farouche, « je vais vous l’apprendre: je vous imposerai la liberté, que vous le vouliez ou non ! »
À droite, au-delà des hypocrisies théâtrales, personne n’en a rien à faire de la liberté ; ce qui compte pour eux c’est uniquement d’imposer l’ordre. Mais la gauche, par dessus-tout l’extrême gauche, quand elle ne cherche pas à sécher les larmes et la sueur en exhortant à la résilience, se complaît de temps en temps à se comporter en défenseur de la liberté. Du moment que cette liberté soit rigoureusement conjuguée au pluriel, comme œuvre stratégique collective de conquête de droits supplémentaires. Eh bien, cette gauche, fière de ses succès électoraux et assoiffées de composition militante, comment a-t-elle réagit aux sabotages ayant eu lieu ? Dans les palais on passe de l’indignation socialiste (« Cette déstabilisation, c’est du sabotage, c’est remettre en discussion l’image de la France ») à la sénilité indomptée (« Nous dénonçons ces actes volontaires et nous envoyons tout notre soutien aux cheminots mobilisés sur le terrain et qui travaillent jours et nuis pour garantir le retour à la normale aussi vitre que possible »). Dans les rues, silences embarrassés d’un côté, ne ressortent que les clins d’œils intéressés et nauséabonds de ceux qui se dépêchent de préciser que le sabotage est « au service d’un monde meilleur » (comme l’a enseigné Mao, et l’ont appris les actuels petits chefs du mouvement).
« Distribution de soma » cria une voix forte. « En bon ordre, s’il-vous-plaît. Dépêchez-vous un peu, là-bas. »
Après les actes de sabotages, le ministre des Transports a assuré que des « moyens considérables » ont été mis en œuvre pour « renforcer » la surveillance des 28 000 km à travers lesquels se déploie le réseau ferré français ! « un millier d’agents de manutention de la SNCF » ajoutés aux « 250 agents de la police ferroviaire » avec le soutien de 50 drones et d’hélicoptères de la gendarmerie veilleront « jusqu’à nouvel ordre » sur le retour à la normalité. Ah, le retour à la normalité, obsession de tous les politiciens : que tout redevienne comme auparavant, le réveil tôt le matin et la fatigue du soir, l’exploitation au travail et de la vie, les bavardages idiots enter collègues et amis, la dévastation des écosystèmes et des imaginaires, les queues aux feux rouge et aux caisses de supermarchés, la répression des protestations et des désires, le divertissement télévisuel et numérique, le massacre des populations et des rêves, le loyer à payer et les factures à régler, la surveillance totale des espaces et des pensées, le choix du cinéma ou du local où aller, la domestication de tout élan et de toute singularité, les marchandises à vendre ou à acheter, le respect et l’obéissance pour les institutions. Voilà la normalité à rétablir. Et ceux qui osent la défier sont menacés de potentielles condamnations jusqu’à 20 ans de prison !
Tout à coup, de la Boîte à Musique Synthétique, une Voix se mit à parler. La Voix de la Raison, la Voix de la Bienveillance. Le rouleau d’impression sonore se dévidait pour servir le Discours Synthétique Numéro Deux (Force Moyenne) Contre les Émeutes. Jailli du fond du cœur non existant. « Mes amis, mes amis ! » dit la Voix d’un ton si touchant, avec une note de reproche su infiniment tendre que, derrière leurs masques à gaz, les yeux des policiers eux-mêmes s’embuèrent momentanément de larmes « que signifie donc tout ceci ? Pourquoi n’êtes-vous pas tous réunis là, heureux et sages ? Heureux et sage » répéta la voix « en paix, en paix. » Elle trembla, s’amortit dans un murmure, et expira un instant. « Oh ! Comme je désire que vous soyez heureux » reprit-elle, pleine d’une ardeur convaincue. « Comme je désire que vous soyez sages ! Je vous en prie, je vous en prie, soyez sages et… » Au bout de deux minutes, la Voix et les vapeurs de soma avaient produit leur effet.
Non parler a trop durer. La normalité, déjà définitivement finie avec la pandémie de servitude volontaire, ne ressurgira certainement pas au milieu d’un bain de sang. Cette impitoyable civilité de massacreurs et d’influencer ne connaîtra aucune pitié. Après avoir mis le couteau sous la gorge de n’importe qui et avoir commencé à étripé les damnés de la terre, les Seigneurs et leurs larbins vont-ils jusqu’à prétendre être traités avec courtoisie et bonnes manières ? La normalité, celle de l’autorité et de l’argent, ils peuvent l’oublier pour toujours. Et en effet, dans la nuit du 28 au 29 juillet, une nouvelle vague de sabotages a frappé la France. Cette fois, ce sont les autoroutes de fibre optique qui sont coupées dans au moins dix départements, au nord et au sud du pays, détériorant cette fois une épine dorsale d’internet : à savoir un réseau de blackbone, en l’occurrence celui de l’opérateur d’infrastructure SFR, utilisé pour connecter à haute vitesse de transmission de nombreux réseaux à l’intérieur d’un réseau plus grand. Voilà pourquoi ces nouveaux sabotages ont aussi eut des conséquences sur de nombreux autres opérateurs des télécommunications. Pour la secrétaire de l’État responsable du Numérique il s’agit d’« actions lâches et irresponsables » tandis que la Fédération Française des Télécommunications « condamne fermement cet acte de vandalisme qui frappe la vie des Français, au moment où le monde entier a les yeux tournés sur les Jeux Olympiques et Paralympiques ».
Aussi, l’usage du soma n’était-il pas un vice personnel, mais bien une institution politique, l’essence même de la Vie, de la Liberté et de la Poursuite du Bonheur garantie par la Déclaration des Droits. Mais ce privilège inaliénable des sujets, précieux entre tous, était en même temps l’un des instruments de domination les plus puissants dans l’arsenal du dictateur. L’intoxication systématique des individus pour le bien de l’État (et, incidemment, pour leur propre plaisir) était un élément essentiel du plan des Administrateurs Mondiaux. La ration de soma quotidienne était une garantie contre l’inquiétude personnelle, l’agitation sociale et la propagation d’idées subversives. »
Si « les esclaves heureux sont les pires ennemis de la liberté », la raison pour laquelle ce bonheur doit être ruiné ne fait pas l’ombre d’un doute. Si les infrastructures techniques dispersés sur tout le territoire sont nécessaires pour diffuser la voix du commandement et l’algorithme de l’obéissance, l’urgence de leur démolition est plus qu’explicite. Tout cela n’a rien de politique, c’est vrai, mais laissons les mendiants de droits constitutionnels suivre les voies institutionnels. Tout cela n’a besoin d’aucun consensus populaire, c’est vrai, mais n’a besoin que d’un peu de volonté et le concours des étoiles. N’est-ce pas là ce qu’il reste de merveilleux ?
En janvier 2021, après presque un an de confinement, une cinquantaine de militant·es et précaires ont procédé à une action de réquisition alimentaire (autoréduction) dans un Carrefour market à Paris. Pour y avoir participé, deux personnes ont été condamnées à verser au groupe Carrefour plus de 38 000 euros. Elles ont décidé de faire appel et leur procès aura lieu le 7 octobre 2024 à la cour d’appel de Paris. Outre les dommages et intérêts exorbitants, cette affaire pourrait faire jurisprudence pour d’autres actions du même type. C’est donc aussi la défense de cette pratique militante qui est en jeu.
On a tou·te·s droit au meilleur, alors prenons-le !
En mars 2020, en pleine pandémie, alors que l’État abandonnait les plus précaires et que les associations caritatives avaient dû cesser toute activité, de nombreuses personnes partout en France se sont mobilisées autour de l’autodéfense alimentaire et sanitaire en distribuant repas et kits de protection (masques cousus à la main et fioles de gel hydroalcoolique), notamment au sein de « brigades de solidarité populaire ». Après avoir organisé durant des mois des récup’ au « marché d’intérêt national de Rungis », des collectes devant les supermarchés et des appels aux dons de particuliers, certaines personnes ont décidé de ne plus se contenter des miettes et des invendus de médiocre qualité et de pousser la grande distribution, qui profitait grassement de cette crise sanitaire, à contribuer à cette solidarité.
Le samedi 30 janvier 2021, au sortir du deuxième confinement et en plein couvre-feu, nous sommes donc une cinquantaine de personnes à avoir rempli des caddies de produits alimentaires et hygiéniques dans le Carrefour market de la rue Nationale dans le XIIIe arrondissement de Paris. Après avoir distribué des tracts tant aux salarié·e·s qu’aux client·e·s présent·e·s sur place, déployé deux banderoles, bloqué certaines caisses et expliqué au mégaphone les raisons de cette action publique, une négociation a été entamée avec la direction. Contacté au téléphone par le directeur du magasin, le siège de Carrefour a donné assez rapidement son accord pour que les marchandises nous soient concédées, à condition qu’il s’agisse de « produits de première nécessité ».
Cette expression, « produits de première nécessité », ne signifiait pas pour nous produits de mauvaise qualité. Il a donc fallu discuter avec le directeur sur le nombre d’articles choisis, argumenter pourquoi nous avions besoin de produits d’hygiène (tampons, serviettes…) et pas seulement de nourriture. Pourquoi nous voulions prendre du lait maternisé bio, pourquoi nous choisissions des couches pour bébés sans chlore plutôt que les moins chères… Au bout d’une heure, nous sommes partis avec l’accord de la direction de Carrefour, les sacs vérifiés par les agents de sécurité, et sous le regard de la police présente à la sortie du magasin. Les denrées récupérées ont ensuite été redistribuées grâce à des réseaux de solidarité tissés depuis le premier confinement avec des mères isolées, des étudiant·es, des travailleur·se·s sans papiers… De quoi prendre soin de soi, se nourrir, se protéger, se laver, sans se soucier du prix.
Quand la justice maximise les profits de la grande distribution
Juste après l’action, deux personnes ont été aléatoirement contrôlées, puis condamnées quelques mois plus tard pour vol en réunion sur la base d’un dossier monté uniquement à charge par Carrefour, qui est revenu sur son engagement à céder les marchandises sans poursuite judiciaire. Bizarrement, c’est la procureure qui a peut-être le mieux compris la portée politique de l’action en comparant les inculpé·es à des « Robins des Bois ». Elle a dit avoir hésité à trouver une qualification pénale, pour finalement réclamer un « avertissement », soit une peine de 2 000 euros avec sursis simple. Pendant ce temps, la juge – qui somnolait – a laissé tomber le verdict : un avertissement et 2 000 euros avec sursis du côté du pénal et côté civil plus de 38.000 euros en dommages et intérêts pour le groupe Carrefour.
Au-delà des incohérences juridiques, la condamnation des camarades pour une action de solidarité en pleine pandémie mondiale, avec la précarité et la détresse alimentaire de millions de personnes, isolées par les confinements successifs, et, en miroir, une augmentation vertigineuse des profits de la grande distribution profitant de la fermeture des marchés et des commerces de proximité, est l’indécence incarnée. Faut-il rappeler les 94 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière du géant de la grande distribution ?
Car le groupe Carrefour est en effet un modèle d’entreprise qui sait profiter de toutes les crises. En 2019 et 2020, la multinationale, dont les magasins sont restés ouverts lors des confinements, a connu une hausse de son chiffre d’affaires sans précédent depuis vingt ans. Après la pandémie, les hypermarchés ont décidé de profiter de l’inflation pour se revitaliser. En novembre 2022, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a présenté son plan stratégique pour les quatre prochaines années : miser sur le discount pour attirer des client·e·s de plus en plus pauvres, développer sa marque propre pour réduire les coûts et, bien sûr, supprimer des postes. Ce qui n’empêche pas l’enseigne française, bien au contraire, de communiquer à coup de labels et de fondations sur sa politique d’« engagement sociétal » et de « transition alimentaire solidaire ». Green et social washing à plein nez alors que l’inflation perdure en France et que nous peinons à nous nourrir, nous chauffer, nous loger, nous vêtir. Face à la vie toujours plus chère, nous refusons la criminalisation de l’autoréduction, qui est une pratique qui s’impose comme une réponse légitime face à des inégalités toujours plus criantes.
Parce que le groupe Carrefour a mis en danger la vie de ses salarié·e·s pendant la pandémie et qu’il s’engraisse sur leur dos, parce qu’il appauvrit les paysan·ne·s pour mieux s’enrichir, parce qu’il est complice des crimes de guerres de l’État d’Israël et qu’il contribue à la déforestation en Amazonie, parce qu’il y a mille et une raisons de détester Carrefour… Parce que nous continuerons à tisser des liens de résistance et à prôner une solidarité offensive dans nos modalités d’actions, nous appelons à multiplier les actions contre Carrefour et venir soutenir les camarades inculpé·e·s lors de leur procès en appel.
Relaxe pour les deux camarades inculpé·e·s !
Rendez-vous le lundi 7 octobre 2024 à 13h30
Pôle 2 – Chambre 15 à la Cour d’appel de Paris (ancien TGI, métro Cité)
[…] Dans la nuit de vendredi à samedi, le commissariat de Fort-de-France (Martinique) a été visé par « deux tirs à balles réelles commis par deux individus cagoulés à moto », selon la préfecture. Personne n’a été blessé et au moins une personne a été interpellée, selon une source policière citée par l’AFP. En parallèle, des barrages ont été « incendiés » dans le quartier de Sainte-Thérèse (Fort-de-France). « Des groupes d’individus ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre. Celles-ci ont riposté et ont fait lever les barrages tôt ce (samedi) matin », a détaillé la préfecture.
Déjà la veille, dans la nuit de jeudi à vendredi, des véhicules et des poubelles avaient été incendiées dans ce quartier Sainte-Thérèse, comme le rappelle Martinique la 1re. D’après la préfecture, « trois barrages incendiés » avaient été établis — avant d’être levés par les forces de l’ordre — et « quatre véhicules » avaient été brûlés « en pleine voie après avoir été retournés par plusieurs groupes d’individus qui ont volé du carburant dans les stations à proximité ». Six policiers avaient également été visés et légèrement blessés par des tirs d’arme à feu à Fort-de-France, dans la nuit du 2 au 3 septembre.
Toutes ces violences interviennent alors que, depuis le début du mois de septembre, des mobilisations contre la vie chère ont lieu à l’appel du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC).
Ce dernier avait adressé en juillet une lettre d’injonction à la grande distribution pour obtenir l’alignement des prix sur ceux de la métropole à partir du 1er septembre — ceux-ci étant 40 % plus chers en Martinique selon une étude publiée par l’Insee en juillet 2023 —, note France-Antilles.
Afin de faire pression, le RPPRAC avait appelé le 1er septembre à une manifestation entre un centre commercial et les abords du Grand port maritime de Martinique de Fort-de-France, par lequel passent 98 % des marchandises entrant et sortant du territoire. Des barricades de pneus et de palettes ont alors été érigées devant l’accès au terminal à conteneurs, en bloquant l’accès. Un blocage levé deux jours plus tard.
Malgré des échanges avec la préfecture et l’objectif affiché par l’État, les distributeurs et les collectivités de parvenir à une « baisse de 20 % en moyenne du prix » de 2 500 produits de première nécessité, la colère ne retombe pas. Pour lutter contre la vie chère, la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) s’est, elle, prononcée en faveur d’une « suppression des taux d’octroi de mer et d’octroi de mer régional sur 54 familles de produits », soit « plusieurs centaines » de produits.
extrait de France-Antille / lundi 16 septembre 2024
Des tentatives de barrage sont à déplorer sur l’avenue Maurice Bishop ce Lundi 16 septembre : la voie est encombrée avec des poubelles, des cagettes et des débris. […]
Des barrages étaient aussi à déplorer sur le pont de la Lézarde ce matin.
20 minutes / samedi 14 septembre 2024
Deux personnes ont ouvert le feu sur la façade du commissariat de Fort-de-France, sans faire de blessé, dans la nuit de vendredi à samedi, au lendemain de violences urbaines ayant éclaté dans le même quartier, a indiqué la préfecture de Martinique.
Des impacts de plombs étaient visibles sur le mur d’entrée du bâtiment, a constaté un correspondant de l’AFP. « Le commissariat de police de Fort-de-France a été la cible de deux tirs à balles réelles commis par deux individus cagoulés à moto », a précisé la préfecture dans un communiqué. Ces violences ont été « vivement » condamnées par le préfet de Martinique, Jean-Christophe Bouvier. Selon une source policière, une personne en lien avec cette attaque a été interpellée.
[…] Pour la deuxième nuit consécutive, « des barrages étaient à nouveau incendiés » dans le quartier de Sainte-Thérèse, « par des groupes d’individus qui ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre », a relevé la préfecture. Les gendarmes mobiles déployés sur place ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes.
Des violences avaient déjà éclaté dans ce quartier dans la nuit du 2 au 3 septembre, au cours de laquelle des policiers avaient été la cible de tirs à balles réelles.
Ces incidents interviennent en marge d’une mobilisation contre la vie chère en Martinique. Depuis le 1er septembre, des actions sont menées contre la grande distribution pour réclamer l’alignement des prix des produits alimentaires sur ceux pratiqués dans l’Hexagone.
franceinfo / vendredi 13 septembre 2024
Véhicules incendiés, poubelles brûlées, ce vendredi matin (13 septembre), les stigmates de la nuit agitée sont encore visibles sur l’avenue Maurice Bishop de Sainte-Thérèse (Fort-de-France).
La circulation est fortement perturbée sur cette portion de route.
Les pompiers sont intervenus peu avant minuit sur plusieurs incendies de VHU et autres déchets au rond-point de la cimenterie, sur l’avenue Maurice Bishop, Etang z’Abricot ainsi qu’au Lamentin et au Robert.
Les forces de l’ordre ont également été mobilisées aux abords du quartier Sainte-Thérèse durant la nuit.
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Mise à jour de mardi 17 septembre : des nouveaux barrages et des coups de feu
Le Parisien / mardi 17 septembre 2024
Dans un contexte de mobilisation contre la vie chère en Martinique, six policiers ont été blessés lundi soir à Fort-de-France. Lors d’une intervention pour « troubles à l’ordre public » lundi vers 23 heures (5 heures mardi à Paris), deux agents de la force publique ont été touchés par des tirs de plomb au « niveau des jambes mais leur pronostic vital n’est pas engagé », a indiqué mardi une source policière.
Dans un communiqué, la préfecture évoque quatre autres policiers blessés par des armes à feu. Deux personnes ont été interpellées.
Un jeune manifestant aurait été blessé et conduit aux urgences de l’hôpital, selon la La1ère.fr.
Des émeutiers ont également installé des barrages sur une avenue qui traverse le quartier populaire Sainte-Thérèse à Fort-de-France, cœur des tensions depuis plusieurs jours entre des groupes d’individus et les forces de l’ordre. Un véhicule a été enflammé et poussé sur la voie publique, d’après des images consultées sur les réseaux sociaux. L’incendie a nécessité l’intervention des pompiers. Selon un témoin, un groupe d’émeutiers s’est introduit sur le port et a dévalisé un conteneur.
Un barrage routier a été installé sur le principal axe routier entre le sud et le nord de cette île française des Caraïbes d’environ 360 000 habitants. Des palettes et des pneus ont été positionnés sur la chaussée une bonne partie de la nuit sur un rond-point, avant que les gendarmes ne rétablissent la circulation.
Dans la matinée, les forces de sécurité continuaient de lever les derniers barrages afin de rétablir la circulation, selon la préfecture. Mais la situation restait « vive », selon ZayActu qui estimait « la circulation impossible » sur cette portion de route.
Des violences avaient déjà éclaté dans le quartier Sainte-Thérèse dans la nuit du 2 au 3 septembre, au cours de laquelle des policiers avaient été la cible de tirs à balles réelles. Et dans la nuit de vendredi à samedi, deux personnes ont ouvert le feu sur la façade du commissariat de Fort-de-France, sans faire de blessé. Des magasins du quartier Dillon ont été également vandalisés la nuit dernière, selon la préfecture. […]
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Mise à jour de mercredi 18 septembre 2024
franceinfo / mercredi 18 septembre 2024
Nouvelle nuit agitée à Fort-de-France, mais également dans d’autres communes de Martinique hier soir (du mardi 17 au mercredi 18 septembre). De nombreux départs de feux, mais également des effractions et des pillages.
Volga, Sainte-Thérèse, Morne Calebasse, Dillon à Fort-de-France, mais également au Lamentin et à Ducos, les pompiers sont intervenus sur de nombreux incendies dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 septembre
Dès la soirée, un incendie s’est déclaré aux abords de l’église Sainte-Thérèse. Des barrages ont été érigés puis enflammés au giratoire de l’Union au Lamentin.
Puis une vingtaine de pompiers ont été mobilisés sur le feu du fast-food situé à Dillon (Fort-de-France).
« Nous avons été appelés à 1h49 au niveau d’un incendie au Mac Donald de Dillon. À notre arrivée, il y avait un embrasement généralisé. Nous avons pu éteindre cet incendie. Le feu était très virulent, mais nous avons pu éviter la propagation à d’autres établissements. Actuellement, nous procédons à l’extinction de l’incendie, la zone est sécurisée. L’établissement est vraiment brûlé à l’intérieur. Il ne sera pas opérationnel d’aussitôt. »
Lieutenant Miguel Barthelemy, officier de permanence, interrogé par Denis Adenet-Louvet
Selon les secours, les individus auraient utilisé des extincteurs pour casser les écrans de commandes. Appelée par la police, la directrice de l’établissement s’est rendue sur place. […]
La directrice indique qu’elle dressera les constats nécessaires. Concernant le personnel, il devrait être placé « en chômage partiel ».
Plusieurs intrusions en bande organisée ont été constatées cette nuit. Au sein d’entreprises de construction ou de travaux ou encore le dépôt de l’hypermarché de Dillon. Selon les témoignages, les individus se déplaçaient à moto.
La circulation est difficile sur de nombreux axes de l’île ce mercredi matin (18 septembre 2024).
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Mise à jour de samedi 21 septembre :
rci / jeudi 19 septembre 2024
Les policiers ont encore été victimes de tirs à balles réelles la nuit dernière. Un peu avant minuit, un des projectiles s’est logé dans la portière d’un véhicule de la Brigade Anti-Criminalité, à quelques centimètres de la tête d’un fonctionnaire de police selon nos informations.
Des jets de cocktails molotov ont été également observés et des tirs de mortiers sur les gendarmes.
Des faits de racket ont également été observés.
Selon le bilan du parquet, 11 personnes ont été placées en garde à vue cette nuit pour tentatives de vol aggravé, port arme de catégorie A (automatiques), recel, refus d’obtempérer.
Policiers et gendarmes sont intervenus à de multiples reprises pour mettre en fuite des individus. Sept commerces ont été ciblés, parmi lesquels plusieurs stations essence et deux commerces de téléphonie mobile sur Fort-de-France et le Lamentin.
Un lycée du Lamentin a été la cible d’une intrusion et d’actes de vandalisme.
Une station de lavage de véhicule a été la proie des flammes.
Sur tout le territoire, 12 barrages majeurs ont été levés de vive force au cours de la nuit. Les gendarmes sont notamment intervenus à Rivière-Salée, Ducos ou au François. Six d’entre eux ont été érigés dans la zone du centre.
Six véhicules ont été brûlés. Les forces de l’ordre ont arrêté 12 individus au cours de la nuit, portant le bilan du nombre d’interpellations à 27 depuis le début des évènements.
La préfecture indique que « quatre barrages sont en voie d’être levés sur Fort-de-France et au Lamentin, tandis que deux continuent d’être occupés et devront prochainement faire l’objet de rétablissement. » […]
Le Parisien / vendredi 20 septembre 2024
La nuit de jeudi à vendredi a de nouveau été « agitée » et quatre personnes interpellées en Martinique, où certaines communes sont soumises depuis mercredi à un couvre-feu, en raison d’un regain de tensions contre la vie chère, a indiqué la préfecture.
« De nombreux jets de projectiles et des coups de feu ont à nouveau visé les policiers et les gendarmes », souligne la préfecture de Martinique dans un communiqué.
Des barrages ont de nouveau été mis en place et des poubelles incendiées, selon les gendarmes. « Trois barrages ont été érigés et enflammés au Lamentin (commune limitrophe de Fort-de-France, soumise au couvre-feu, NDLR), huit dans le sud de l’île entre Saint-Esprit, Le François et Rivière-Salée », a détaillé la préfecture.
Jeudi matin, « trois barrages (demeuraient) en place sur le centre de l’île, notamment à Carrère et Jeanne d’Arc au Lamentin, qui doivent prochainement faire l’objet d’un rétablissement de circulation avec l’aide des services techniques compétents », a-t-elle ajouté.
Selon les pompiers, des feux de pneus, de palettes et de poubelles ont été signalés dans des communes en dehors de Fort-de-France et de la zone de couvre-feu.
Le couvre-feu décrété mercredi par le préfet doit rester en vigueur au moins jusqu’au 23 septembre, de 21 heures à 5 heures, dans certains quartiers de Fort-de-France et du Lamentin, après des tensions s’inscrivant dans un mouvement de contestation contre la vie chère démarré début septembre.
En Martinique, d’après une étude de l’Insee en 2022, les prix alimentaires étaient 40 % plus élevés que dans l’Hexagone.
La première nuit du couvre-feu avait déjà été agitée, contraignant les forces de l’ordre à « intervenir à de multiples reprises pour mettre en fuite des individus ayant tenté de piller, vandaliser ou incendier sept commerces », avait indiqué la préfecture.
Onze personnes avaient été placées en garde à vue, selon le parquet de Fort-de-France.
Des renforts « significatifs » de policiers et gendarmes ont commencé à arriver en Martinique et d’autres devaient être déployés « dans les prochains jours », avait dit le préfet mercredi.
La nuit de dimanche à lundi 9 septembre, la lune croissante venait à peine de former son premier quartier au-dessus du lac de Starnberg, situé à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Munich. Etait-ce suffisant pour que les poissons puissent discerner l’épaisse fumée venue du champ d’éoliennes implanté depuis une dizaine d’années dans la forêt qui surplombe le village de Berg, sur la rive droite du lac ? En tout cas, ils ne lâcheront pas un mot aux enquêteurs de la police criminelle de Haute-Bavière, chargés d’élucider l’incendie volontaire survenu vers 3h du matin contre un des géants planté là. D’abord pour une question de dignité. Ensuite par principe, eux dont les eaux limpides venues de l’âge glaciaire en ont vu bien d’autres, comme le corps sans vie du roi Louis II, ou les premiers étés de sa cousine « Sissi », avant qu’elle ne soit allégée du poids de sa charge au bord d’un autre lac, par la lime affûtée d’un anarchiste.
Que s’est-il donc passé en cette froide nuit de rentrée, dans la forêt coincée entre une autoroute et la rive Est du lac de Starnberg ? Selon le bureau d’ingénierie qui gère l’assistance technique de l’exploiteur du vent alpin (Bürgerwind Berg GmbH), un premier message d’alerte leur a été envoyé par les capteurs de sécurité d’une éolienne, suivi d’un second vers 3h59 qui récitait en code : « fumée dans la nacelle ». C’est-à-dire précisément dans la salle des machines, à environ 150 mètres de haut du côté des rotors. Les faits sont devenus beaucoup plus simples dès que les fins limiers ont pu se rendre sur place. Selon le rapport de police, des inconnu.es ont attaqué à la disqueuse la porte massive du mât éolien, dans laquelle ils ont pratiqué une ouverture de « 40 sur 60 centimètres », avant d’introduire « des objets préalablement enflammés » à l’intérieur de la structure.
Les uniformes ont également précisé que « ces accélérateurs de feu se sont toutefois éteints avant que l’incendie ne se propage davantage à certaines [autres] parties de la centrale énergétique, et ne provoque des dommages de plusieurs millions ». Mais que les amis des aérogénérateurs industriels ne crient pas victoire trop tôt, puisque les engins incendiaires artisanaux ont tout de même suffisamment rempli leur office pour que l’éolienne bavaroise soit mise à l’arrêt forcé pendant plusieurs jours, avec une porte à remplacer, des installations entièrement couvertes de suie, et des dégâts finalement estimés à 10 000 euros.
Et vu le noble silence des poissons du lac de Starnberg, pourquoi pas conclure en s’intéressant au premier édile de Berg, dont la commune possède des parts dans l’entreprise éolienne. Fort dépité, ce dernier a en effet tenu à apporter sa petite pierre à l’édifice enflammé, en déclarant à la presse locale : « C’est invraisemblable. Il faut beaucoup d’énergie criminelle pour réaliser cela. Lors du cambriolage d’une maison, les malfaiteurs emportent quelque chose. Dans ce cas, ils ne cherchaient qu’à détruire. Nous essayons désespérément de réussir la transition énergétique et d’éviter la catastrophe climatique, et voilà qu’on est torpillés de la sorte. »
« Énergie criminelle » qui s’emploie à identifier les structures de l’ennemi vs « énergie verte » qui continue à ravager la planète pour alimenter la civilisation techno-industrielle, voilà certainement un débat d’une actualité brûlante, auquel même un maire perché au fond de la riche Bavière ne peut plus échapper…
[Synthèse des journaux régionaux bavarois (Süddeutsche Zeitung & Merkur), 9 septembre 2024]
On vient d’apprendre le décès par auto-immolation d’un tractopelle se trouvant sur le chantier du 39, rue des deux communes à Montreuil la semaine dernière.
Dans cette ancienne marbrerie, des travaux de construction de 8 nouveaux logements très chics et chers sont en cours depuis plus d’un an. Précédemment, ce lieu abritait un squat surnommé « le marbré ». Celui-ci a fermé ses portes au printemps 2022.
Enfant d’un tracteur et d’une pelleteuse, le tractopelle en question laisse derrière lui une famille de bébés tractopelles endeuillés ainsi qu’un propriétaire un peu désœuvré. Dans sa lettre d’adieu, il est écrit : « En tant que seul engin sur ce chantier, j’ai été poussé à bout jusqu’au burn-out. Ma vie n’a plus de sens après que j’ai appris que je participais directement à la destruction d’anciens espaces collectifs au profit des bourgeois venant s’installer dans des quartiers gentrifiés. »
Sa carcasse calcinée serait aux dernières nouvelles toujours visible depuis la rue Jean-Jacques Rousseau, si vous voulez lui rendre hommage. On craint que cet acte pour l’instant isolé débouche sur une épidémie d’auto-destruction d’outils de travail, ce qui serait bien fâcheux pour le marché de l’immobilier et le secteur du BTP.
PS. Une pensée émue pour Raphaël Dary, assistant à la maîtrise d’ouvrage. Ce dernier se vante (sur le site de son entreprise Nilio) d’avoir réussi à obtenir « une éviction de squat » à cet endroit. Pourvu que cet accident ne vienne entâcher sa réputation. 😉
Groupe Très Préoccupé par la Santé des Tractopelles
L’ENS de Lyon est partenaire de plusieurs universités israéliennes complices du génocide : Urgence Palestine Lyon, l’association NIDAL et plusieurs syndicats et collectifs étudiants de l’ENS lancent une action en justice.
La semaine dernière, le 27 août, est tombée la nouvelle, qui change tout, que, selon le tribunal régional, de Leipzig, tous les chefs d’accusation, sauf la perturbation de la paix publique, sont sans fondement. Les indices ne suffisent pas pour étayer les chefs d’accusation de tentative de meurtre, de coups et blessures, etc. et une accusation sera portée devant le tribunal de première instance pour perturbation de la paix publique. C’est le même reproche qui s’applique à toutes les personnes qui avaient été nassées, dont Benni. Il ne s’agit pas ici d’actes individuels, mais simplement du soutien moral présumé à la foule violente, concrétisé par le port de fringues noirs.
Le parquet avait identifié Benni comme suspect au moyen de (prétendues) preuves, construites ad hoc et surtout basées sur des motivations politiques. Malgré leur travail indépendant et les perplexités évidentes sur l’argumentation du Soko LinX [le groupe de la police saxonne spécialisé dans la répression de l’« ultragauche » ; NdAtt.], le procureur et le juge d’instruction avaient décidé de placer Benni en détention préventive pendant presque six mois et de prendre leur temps avec l’acte d’accusation. Étant donné que cette accusation était si démesurément exagérée, avec deux tentatives de meurtre et 18 tentatives de coups et blessures, la juridiction est passée à une chambre d’assises du tribunal régional. Celle-ci a rapidement décidé que la détention préventive était sans fondement. Ensuite, ils ont passé dix semaines à étudier les dossiers à fond et, avec une explication de 40 pages, ont indiqué que la chaîne d’indices était manifestement arbitraire. [On ne va pas traduire les exemples de bobards utilisés par les flics allemands pour inculper le compagnon : ils sont du même acabit que ceux utilisés de ce côté-ci du Rhin ; NdAtt.]
Le procureur a officiellement présenté un recours, sans motivations, au tribunal d’appel, contre cette claire réfutation de ses enquêtes politiquement motivées. Une décision tombera probablement dans les prochains mois. Il ne suffit visiblement pas de voler six mois de la vie de notre ami et compagnon. Ils veulent aussi le priver de son temps, une fois libre, avec des années d’incertitude et des procès longs et coûteux. Tout cela pour s’accrocher à leurs constructions aussi absurdes que dangereuses, dans le but de masquer publiquement, derrière des accusations de meurtre instrumentalisées politiquement, leur propre violence le jour de la manifestation qui a suivi les condamnations dans l’affaire Antifa Ost, et en même temps punir sans jugement les antifascistes et leurs proches. Parfois, il serait plus digne d’accepter des réprimandes claires, justement de la part de leurs propres collègues du système judiciaire.
En tant que groupe de soutien, nous sommes avant tout simplement heureux.ses que, au moins, une fin plus rapide de cette torture soit en vue. Benni ne récupérera pas ces six mois [passés en détention préventive ; NdAtt.], mais son regard peut se tourner à nouveau vers l’avant. Il est encore une fois évident avec quel zèle délirant le service politique du parquet, avec le soutien du Soko LinX, se précipite sur le milieu autonome de Leipzig. Quand quelque chose ne va pas, ils le font aller quand même. Quand des gens se soustraient avec succès à la justice, des gens sont nassées de manière arbitraire ou leurs maisons perquisitionnées. Même maintenant, la sentence de l’un des plus hauts tribunaux de Saxe ne suffit pas, mais cette farce risque de nous occuper encore longtemps. Nous ne pouvons ni ne voulons avoir aucune confiance dans ce système judiciaire et nous devons compter sur nous-mêmes. Peu importe les tournures que ce procès prendra, nous restons aux côtés de Benni et continuons à être solidaires avec tous les antifascistes persécuté.es.
L’Imprimerie a réouvert ses portes début septembre : nouveaux horaires, même adresse, nouvelles machines, même déter.
C’est quoi l’Imprimerie ?
L’Imprimerie du 60 rue Edmond Rostand est un lieu associatif & autogéré ouvert depuis le printemps 2021.
Ici, il y a un atelier de gravure, une presse typo, un atelier de sérigraphie, des imprimantes laser, une thermocolleuse et de quoi scanner et développer des photos. Mais aussi de quoi massicoter, agrafer, plier, découper, ou simplement venir traîner et partager un moment autour d’un café. On organise occasionnellement des soirées lecture, des lancements de livre, des discussions, ou des projections.
Tous les mercredi, on tient une permanence. Ces permanences sont ouvertes à touxtes sans rendez-vous et permettent l’impression à prix libre de fanzines, affiches, stickers, tracts, etc. Il est possible d’envoyer un mail à l’imprimerie avec les fichiers en amont ou bien les ramener directement sur ordi ou sur clef USB (privilégier les PDF déjà prêts à imprimer est chaudement recommandé). C’est aussi un moment d’accueil, pour venir travailler, traîner, papoter, et le moment idéal pour venir nous présenter des projets et des envies.
Horaire des permanences : 16:00 à 20:00 les 3 premiers mercredi du mois 14:00 à 18:00 le dernier mercredi du mois
Lors de la permanence c’est prix libre, on met à disposition un tableau avec le prix coûtant des impressions, si ça peut aider.
Cet argent sert à renouveler le stock de consommables (l’encre, le papier…), réparer les machines qui fatiguent, participer aux factures et au loyer.
Pour les projets plus ambitieux — en terme de temps, de technique d’impression, et de nombre d’exemplaires — il vaut mieux envoyer un mail pour détailler le projet à :
presses-separees-marseille@riseup.net
Si quelqu’un·e parmi le collectif est disponible pour accompagner le travail, on cale un rdv ensemble en dehors du mercredi. Nous épluchons les mails une fois par mois en réunion. Ici, personne n’est rémunéré·e ou salarié·e, nous avons toustes d’autres activités à côté, donc parfois ça peut prendre du temps, il vaut mieux s’y prendre à l’avance !
Nous privilégions les projets d’impression qui s’inscrivent dans des logiques de non-profit, militants, en soutien aux luttes émancipatrices, anti-capitalistes, anti-racistes, féministes, anti-répression, anti-carcérales…
Nous sommes une quinzaine de personnes à partager cet espace pour mettre en commun nos savoir-faire et techniques autour de l’édition, de l’écriture, et de l’image imprimée, à profiter de l’atelier, mais aussi à faire tourner le lieu. Ça veut dire qu’on met toustes un peu de temps, d’énergie, de travail et de sous pour qu’il existe et qu’il puisse continuer à accueillir du monde et permettre à des projets d’impression d’exister.
On a hâte de vous y retrouver !
🖤
PS :
Pour toute sollicitation (projet éditorial, événements à proposer, etc) n’hésitez pas à nous écrire ou à venir directement nous rencontrer à l’occasion des permanences !
Armement de la police municipale, stigmatisation de quartiers populaires comme La Devèze, nostalgie de l’Algérie française, organisation d’une messe pour célébrer la libération de Béziers le 22 août 1944, mépris à l’égard de réfugiées et réfugiés syriens ou encore accueil d’Eric Zemmour au Palais des congrès le 6 octobre 2016. Les forfaits du maire « Divers Droite » de Béziers Robert Ménard se multiplient depuis son élection en 2014 avec le soutien du Rassemblement National (à l’époque Front National), de Debout la République, du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers et plus généralement du « Rassemblement Bleu Marine ».
Fondateur en 2012 du site internet Boulevard Voltaire, Robert Ménard s’impose aujourd’hui comme une figure nationaliste et réactionnaire de premier plan. Journaliste de profession, il s’illustre par l’utilisation du journal municipal comme un outil de propagande et des interviews dans Valeurs Actuelles, sur Sud Radio, CNews ou BFMTV.
Omniprésent médiatiquement, porteur d’idées d’extrême-droite et réélu au premier tour en 2020, il dispose aussi du fauteuil de président de la communauté d’agglomération Béziers Méditerranée. Comment réussit-il cette ascension ? Quel rôle joue-t-il aujourd’hui dans la dite « union des droites » et quelles conséquences pour les habitantes et habitants de sa ville ?
Le film « Béziers, l’envers du décor » de Daniel Kupferstein nous aide à répondre à ces questions. Également réalisateur du documentaire « Les balles du 14 juillet 1953 » diffusé à la librairie du Monde Libertaire en 2019, l’auteur invite à voir la progression du conservatisme français malgré son flou idéologique.
Le jeudi 19 septembre à Manifesten, soirée de discussion autour de la criminalisation en mer et des politiques migratoires en Méditerranée par l’histoire concrète de Maysoon et Marjam, inculpées du crime de scafismo (passeurs).
À partir de 18h, prises de parole de Capitain support, du comité de soutien à Maysoon et Marjam et de personnes inculpées d’être passeurs. Suivi par des discussions, d’une projection du court métrage Thirsty Flight réalisé par Maysoon puis d’un repas.
Rendez-vous le jeudi 19 septembre
à Manifesten (59 rue Thiers 13001)
Parloirs, cantine, maton·ne·s, mitard...
Comment ça fonctionne et comment rester solidaires face à ces murs qui divisent ?
Chaque premier jeudi du mois de 17h à 19h, retrouvons-nous entre personnes solidaires et entre proches de prisonnier•e•s pour échanger des astuces et des conseils pour mieux s’entraider face aux galères de la prison, et aussi pour s’organiser et lutter contre toutes les taules.
Ce sera aussi l’occasion de discuter de ce qui se passe dans les taules et de parler des luttes contre les prisons en France et dans le reste du monde.
On Anishinaabaewaki in so-called Traverse City, Michigan 6 Flock cameras got the crap smashed out of them as vengeance for Flock’s massive contribution to the security state. Quick tips for mapping them in your town: Street-facing Flock cameras always look the same – a roadside black camera body with a solar panel attached above it.
If you see one in your town there are absolutely more. They most often come in pairs with each facing different directions on the same road. They are found mainly at choke-points and main thoroughfares in cities. Shout-out to the TC3. It’s smash Flock fall, baby. See ya out there.
Anonymous submission to Unsalted Counter Info.
(editor’s note: image for illustrative purposes only)
Dans la ville de McKeesport (Pennsylvanie, région de Pittsburgh), plusieurs SUV ont été incendiés le long du boulevard Lysle. Au total, ce sont quatre véhicules de police qui ont été détruits sur le parking situé justement à côté du commissariat de police et de la caserne des pompiers, ce qui n’a rien empêché du tout.
L’attaque s’est produite vers 3h15 la nuit du 28 août, et le maire Michael Cherepka n’a pas eu à réfléchir longtemps pour comprendre ce qui s’était passé. « Je pense que l’on peut dire sans se tromper qu’il s’agit d’un incendie criminel. Il s’agit bien évidemment d’une attaque contre la police », a-t-il déclaré le lendemain dans la presse.
Une agence fédérale a été chargée d’assister les enquêteurs locaux, en l’occurrence l’ATF (Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives), qui a décidé d’offrir une prime 5 000 dollars à toute balance qui pourrait les aider. A McKeesport, il semble que les traditionnelles vertus qui constituaient tout le sel de l’être-citoyen –auxiliaire de police délateur et désintéressé– ne soient plus d’un grand secours, en tout cas lorsque les exactions policières reçoivent un peu de la monnaie de leur pièce…
Lyon. L’école fondée par Marion Maréchal attaquée avant une conférence polémique
Actu/Le Progrès, 19 septembre 2024
Peu avant 4 heures du matin ce jeudi, les pompiers sont intervenus pour un incendie entre le 54 et le 56 rue Denuzière, dans le 2e arrondissement de Lyon. Le feu a pris dans un box abritant un compteur électrique, à proximité immédiate de l’Issep (Institut de Sciences sociales économiques et politiques), école privée cofondée par Marion Maréchal, figure de l’extrême droite française. Si l’école n’a pas été directement touchée par les flammes, le bâtiment se retrouve privé d’électricité. Cette coupure est liée à l’intervention d’Enedis pour réparer les réseaux touchés.
Par ailleurs, vers 23h, des tags hostiles avaient été découverts sur la façade de l’établissement : « ACAB », « Fachos », « Pas de quartier pour les fascistes », conduisant à l’interpellation de trois femmes. Ces faits surviennent dans un contexte tendu lié à une conférence polémique intitulée « Comment l’idéologie transgenre détruit des vies ». Cet événement doit accueillir Marguerite Stern, coautrice du livre controversé « Transmania ».
Une enquête a été ouverte pour faire le lien ou non entre l’incendie, les tags et la conférence polémique. En attendant, associations de défense des droits LGBT+, partis politiques, mouvements antifascistes et partis politiques de gauche appellent à un rassemblement « contre la transphobie » à proximité de l’école.
Parution de livre: « Squats & Pirates, chroniques d’occupations à Barcelone et ailleurs »
septembre 20th, 2024
« Tant qu’il y aura des squatteurs il y aura de l’espoir »
Paru cet été en toute discrétion, le pavé Squats & Pirates regroupe une quarantaine d’articles et d’interviews racontant des occupations illégales de bâtiments vides. De Barcelone à Londres, des Îles Canaries à Dublin, de Brest à Saint-Etienne en passant par Lyon, Marseille ou Amsterdam, on y lit des anecdotes, des conseils, des souvenirs et autres commentaires de personnes ayant toutes été, pour deux semaines ou pour la vie, « occupantes sans droits ni titres ». Un beau rappel que d’autres façons d’habiter existent, et que dans un pays comme la France, où des millions de logements vacants sont recensés chaque année, elles sont plus légitimes que jamais.
Publié par une maison d’édition créée pour l’occasion, « Seitan Con Bravas », Squats & Pirates, c’est 420 pages sans code-barre, ni ISBN, ni diffuseur-distributeur, ni réels noms d’auteurs. Le livre se commande par mail, directement à l’éditeur, à moins de tomber dessus dans l’un des lieux ayant eu la bonne idée d’en stocker quelques exemplaires. Cet automne, son éditeur sillonnera la France [ainsi que la Belgique et les Pays-Bas] pour le présenter et en discuter ; n’hésitez pas à le contacter pour organiser une rencontre dans votre librairie, infoshop, squat, local associatif, laverie automatique ou planque préférée : seitanconbravas [at] riseup [point] net
Nous en publions ici les bonnes feuilles, sous la forme d’un article revenant sur une décennie d’occupations hautes en couleurs entre Chambéry et Grenoble.
S’APPROPRIER DES MAISONS FANTÔMES
Quand on m’a parlé de ce projet d’écrire sur les squats, j’étais à la fois enthousiaste et perplexe à l’idée d’y participer. Cela faisait presque quatre ans que j’avais décidé d’arrêter de faire revenir d’entre les morts des bâtiments vides et de me nourrir de tartines de « champignons aux champignons » à la lueur d’une frontale. Depuis, je ne peux plus manger de pâtés végétaux industriels. Ajoute à ça les tournées, j’arrive à une réaction épidermique face à un pot de Tartex. J’ai commencé à écrire une décennie d’occupation sur le bureau d’un appart loué à une agence immobilière crapuleuse que je conchie. Alors ouais, enthousiaste mais dubitative. Je me replongeais dans des souvenirs collectifs exaltants et dans des déménagements à répétition, à un moment de ma vie où je ressentais un besoin de solitude et de stabilité. Pourquoi avoir insisté pendant dix ans ? Pourquoi avoir commencé à 18 ans dans ce squat chambérien pourrave et finir (pour un temps du moins) chez d’anciens convoyeurs de fonds dans une atmosphère pesante de CRS fracassant péniblement des portes blindées ? Les portes finirent par céder. Je me rappelle qu’on avait confondu le ronronnement des cafetières italiennes que nous faisions monter avec un bruit d’oxycoupeur. Une fin qui aurait pu être bien cynique pour un lieu baptisé Roxy Cooper. Elle l’eût été tout compte fait.
La première fois que je suis rentrée dans un squat, je devais avoir 16 ans. On est à Chambéry, une ville qui pue l’ennui. Moi, je viens d’un bled arborant l’homonyme des poupées aux jambes absurdes et du tueur en série. Un bled de bidasses et de chasseurs qui ne tirent pas que sur du gibier. Un bled inquiétant aux airs de Twin Peaks. Le décor est planté. Chambéry à côté, c’est l’Eldorado. Dans ce squat, y a surtout des gens paumés en manque d’amour et des parias qui ont les boules. Ma première expérience de squat c’était ça : se sentir appartenir à un crew, cracher sur les keufs, écouter Macadam Massacre, le morceau Squat de Camera Silens, voire Suicide en boucle (dans nos jours les plus positifs), chourer dans des magos, manger des amanites tue-mouche et boire des Maximators. C’était une nouvelle famille, celle que tu choisis. Même l’inertie, la drogue, les coups de gueule et les matelas qui crament étaient rassurants jusqu’au jour où on en a marre et qu’on décide de vouloir en faire quelque chose de ce bâtiment vide. On garde la haine des keufs mais on essaye de se bouger le cul. Je repasse parfois devant ces squats murés qui n’ont pas servi comme prévu à accueillir des orphelins handicapés. On espère que du haut de leurs unijambes, ils vont bien.
Le premier vrai squat d’activité où j’ai habité, c’était après avoir zoné dans diverses cages d’escaliers, vadrouillé au Mexique et habité en carlo dans un champ pourri du département de l’Ain pour bosser dans les vignes où je me suis fait virer pour « pollution visuelle ».
LA GUEDINE
Premier squat donc : La Guedine. Une grande maison qui appartenait à une meuf cheloue qui n’était pas cartésienne, à en croire les pentacles retrouvés dans le grenier. Premiers concerts, restos, rixes entre bourrachos et totos révolutionnaires, premiers coups sur une batterie et puis les bouffes, les manifs vénères, les barres de rires sous acides, la débrouille, les embrouilles, le sexe, des cris, des larmes, des camions en rade, des vinyles préférés piétinés plus tard par des chaussures de sécu, une fripe inutilisable, des booms interminables, des réus éreintantes, des chats pourris et des chiens trop vieux et un vieux clodo alcoolo qui squattait notre jardin en reluquant le gars qui, à force de faire le malin, un jour est réellement tombé dans le ravin. Les pompiers ont bien eu du mal à l’extirper et une fois remonté parmi nous, une bière chaude à la main, il aurait bien aimé se taper la caserne tout entière. Nos voisins qu’on avait eu la chance de rencontrer pour la première fois, menottés dans notre jardin par des baceux, avaient réussi l’exploit d’être encore plus défoncés qu’eux. On n’a pas vraiment compris ce qui s’est passé. C’était une arrestation à l’américaine. Genre, celle que tu vois dans les films de Vin Diesel doublés en mexicain, dans un bus beaucoup trop climatisé. Quelques semaines plus tard, un matin frais comme après un concert des Binamés, l’un de nos voisins, vêtu d’un T-shirt Iron Maiden, se pointe pour nous expliquer que, pendant son arrestation, il avait une grenade dans sa poche et qu’il l’avait jetée dans notre jardin. On a jamais su si c’était vrai ou pas. Appeler des démineurs serait revenu à appeler les keufs. Les groupes, les potes de passage ainsi que nous-mêmes avons bien halluciné. Certains se croyant près de la Suisse, s’étonnaient que des schlagues pareils puissent faire partie du décor. Toujours est-il que quand ils se sont fait expulser pour cause de grève de loyer, les flics ont sorti plusieurs armes type fusils à pompe, FAMAS et j’en passe. Y a eu aussi cette meuf qu’on n’a jamais revue. Je me souviens plus de son prénom mais ça voulait dire un truc comme Espoir. Elle était venue sonner chez nous parce qu’elle s’était enfuie de chez son mec qui la séquestrait depuis des mois. Elle nous montra la partie de son corps où il avait marqué 666 au fer rouge. Ça purulait, c’était en train de sérieusement s’infecter. On l’a accueillie quelques jours chez nous, avant de l’emmener à l’hosto pour la soigner. Entre-temps, son père et son frère ont débarqué chez nous avec des flingues en voulant buter le gendre. Avant de comprendre que nous, on était les gentils. On n’a jamais revu cette fille qui s’appelait Espoir.
Le jour de l’expulsion, j’étais en ville. Je me suis pointée avec le vélo d’un pote. Résultat, j’ai eu la joie de faire quatre heures de gardav’ pour suspicion de vol de vélo parce que je n’avais pas le ticket de caisse sur moi. Déposition avec comme fond sonore U2 parce que le flic aimait le rock. Je pense que U2 doit être utilisé à Guantanamo comme moyen de torture psychologique. Sérieusement, y a-t-il pire que U2 ? À part peut-être un flic qui écoute U2 ? Les expulsions renforcent la haine des keufs. Ce n’est pas tant la notion de propriété privée qu’ils défendent, c’est un prétexte merdique, mais la véritable satisfaction résulte du pouvoir de rabaisser, humilier, blesser des individus, se sentir exister en détruisant l’autre, sentir son arme prête à dégainer, le sourire au bord de la moustache. Partout où il y a pouvoir, il y a violence. Des expulsions, j’en ai vécu pas mal, plus que d’ouvertures d’ailleurs, avec toujours ce sentiment d’impuissance face à un arsenal démesuré. Je ne suis pas d’accord avec l’expression qui consiste à comparer un flic à un cowboy. Un cowboy a la décence de combattre à armes égales, du moins dans les films de Sergio Leone. Face aux keufs, on part perdant mais on gagne bien plus : la solidarité, le plaisir de les voir tomber dans nos pièges, leur jeter des ordures ou des seaux de pisse à la gueule, et leur faire ressentir leur propre inutilité et leur inhumanité. Alors quand j’entends un énième suicide de keuf à la radio, j’imagine que ce soit celui qui m’a réveillé dans mon lit de camp et qui ne s’est pas gêné pour me regarder m’habiller, celui qui nous a piqué nos thunes, nos ordis, nos disques durs, celui qui lisait mon journal intime à voix haute devant ses collègues, celui qui jugeait mon corps alors que j’étais à poil entourée d’une dizaine de mecs armés de flingues. Ceux qui obéissent et qui font simplement leur travail, ceux qui violent, tuent, tabassent, humilient, expulsent, volent, dominent, traquent, enferment, terrorisent, réprimandent, ceux qui protègent les fafs, ceux qui caressent les élites et tous les autres qui contribuent à faire de ce monde une pourriture suintante.
LE COMIFO
Une des expulsions les plus corsées fut celle du Comifo à Lyon. C’est une ville réputée pour la brutalité de ses keufs et ses attaques de fafs à coup de cocktails Molotov dans les fenêtres des squats. Donc, nous fêtions la fin du Comifo, plutôt arrachés comme des dents gâtées, avec la ferme intention de tout péter avant de partir, notamment les canalisations pour faire une sorte de soirée mousse mais sans la mousse. Les keufs ont débarqué avec des chiens dressés pour tuer et bien que foncièrement cons, ils n’avaient pas l’air de tourner à la gnôle, ce qui leur laissait une longueur d’avance. On essaya tant bien que mal d’ériger des barricades avec tout ce qui se trouvait à notre portée, des meubles, des poubelles, des caddies et malheureusement la plaque en fonte qui servait à recouvrir la fosse à merde. Il faisait nuit, je suis évidemment tombée dedans me retrouvant, en état de siège, remplie de merde jusqu’aux genoux. Il y a eu des arrestations, des coups de tonfas comme s’il en pleuvait et même des coups de boule prodigués par des bergers allemands visiblement dressés pour ça. Je suis rentrée au petit matin direction Saint-Étienne, mon corps écorché, baignant dans des effluves de lacrymo et de fosse septique. Ce jour-là, le contrôleur n’a même pas vérifié ma carte Coup de pouce que je rebaptiserai la carte Coup de boule, au vu des circonstances.
LES PILOS
Le squat suivant n’a pas été de tout repos. Il s’est appelé de manière assez évidente Les Pilos . Pas seulement parce qu’on avait un penchant prononcé pour l’alcool mais parce que c’était le nom de l’ancienne boîte inscrite devant le bâtiment. C’était un lieu gigantesque sur trois étages et sur deux bâtiments avec une partie habitation et une partie concert, répète de hip-hop, resto et une salle baptisée : la salle des cons où on allait quand on était trop bourré et/ou trop bruyant… Au plus nombreux, nous habitions à vingt-deux. On y trouvait de tout là-dedans : des étudiants de SUD hyper impliqués, des clodos allemands approchant les 65 ans qui avaient flippé quand on avait fait des banderoles pour sauver notre pote Raf de la taule. Ils pensaient que l’on était des activistes de la Fraction armée rouge. Ils étaient rigolos. Leur grand truc, c’était de gueuler « imposables ! » par la fenêtre quand un mec ou une meuf un peu trop propre passait sous la fenêtre. Vivaient aussi des totos fantasmant sur le bruit des explosions et sur les techniques de choure, des gros schlagues défractes à la beuh, un clodo moitié Belge moitié Gitan (obsédé par le ménage, le morceau Voyage voyage de Desireless, le fait de porter un collant sur la tête et par sa manière de concevoir le DIY*). Un jour, il s’est arraché une dent cariée avec une tenaille dans le salon collectif. Il ne se faisait jamais contrôler dans le train. Je me souviens d’une discussion qu’il avait eue avec une bonne sœur au sujet des champignons. Ils avaient l’air de se comprendre, même s’ils ne parlaient clairement pas des mêmes choses. Y avait les manifs aussi. Il se plantait tout le temps en scandant : « SDF SS. » Je l’aimais bien. Y avait qui aussi ? Des féministes survénères, une meuf indépendantiste savoisienne qui croyait aux esprits et qui foutait des cailloux et des bougies à côté des cadavres de 8°6. Il y avait un straight edge, une ivoirienne lesbienne et évangéliste, d’anciens anarchistes qui avaient tout compris et qui changeaient régulièrement de villes, un jeune skin végétarien traumatisé par la mort de Goudi (son vieux chien de famille), des métalleux aux goûts musicaux douteux, un grindeux qui faisait du végé porn avec les concombres de récup, des pédés, des circassiens, des teufeurs, un artiste bellâtre et misogyne qui n’a pas tardé à se faire virer grâce aux féministes « reloues », des rappeurs… et puis des pimpins et des zonards de passage, un gars et sa bouteille de datura journalière récoltée dans le bac à fleurs de la mairie. Sans déconner : ce mec était accroc à la datura ! En fait, c’était la guerre entre notre squat et l’accueil de jour. On s’était foutu sur la gueule en mode patate de forain, un jour où on essayait de péter un autre squat qui appartenait à la mairie. Pour se venger, dès qu’un zonard un peu trop freak pointait son nez à l’accueil de jour, ils l’envoyaient chez nous. C’était compliqué de refuser, même si plusieurs fois, on a failli crever asphyxiés, à cause d’un mec endormi sur son pétard ou par un autre qui faisait cuire une barquette en plastique de récup au bain-marie, en oubliant de mettre de l’eau au fond de la poêle.
Nous ouvrons un autre squat, en collectif réduit, pour des raisons évidentes, mais qui ne durera pas bien longtemps. À l’époque, nous sommes dans un contexte particulier. Julien Coupat est devenu une star malgré lui. Lire des livres anar est considéré comme une menace majeure. Alliot-Marie crée un nouvel ennemi intérieur, nécessaire au tout sécuritaire : « L’ultra-gauchiste. » Je ne rentrerai pas dans les détails. La SDAT débarque. (La sous-direction antiterroriste qui s’occupait de l’affaire Julien « Coupable ».) Un squat fouillé de fond en comble, des perquises, des micros, des journalistes et des baqueux plantés 24/24 devant la porte d’entrée, des snipers cagoulés et armés sur les toits, des gardav’, des détentions provisoires sans présomption d’innocence (puisque loi d’exception oblige), des déclarations absurdes, une cavale, des parents décomposés, des potes qui pètent les plombs, des portables qui crament, des mots qu’on brûle faute de pouvoir les prononcer, une banderole « Salut les RG » devant le squat pour faire chier les keufs planqués dans l’immeuble d’en face, un comité de soutien, des gauchistes qui « aimeraient bien comprendre quand même », des hippies qui pensent que « poser des bombes c’est vraiment pas cool », la santé, Fresnes, trois mois.
Des interrogatoires hallucinants, des QCM à remplir en GAV de type :
1. Dans votre squat, vous mettez plutôt l’accent sur ?
a) l’art
b) la politique
c) l’habitation
2. Possédez-vous un « infokiosque » ?
a) oui
b) non
3. Vous préférez faire :
a) des concerts
b) des restos
c) des réunions
…et j’en passe.
Sauras-tu, toi aussi, te faire passer pour un jeune squatteur inoffensif ?
Toute cette histoire de terrorisme a déployé un arsenal financier et un traumatisme humain incommensurable. Notre avocat, bien qu’arrogant comme un pseudogauchiste en robe à pompon qui sent bon le filon médiatique, nous a fait parvenir la conclusion des keufs après des années d’assignations et de filatures loufoques : on est trop désorganisés pour être terroristes. LOL. Ça n’a pas empêché de se faire espionner grossièrement à 800 km de chez nous, de nous faire pister par des deks déguisés en touristes et que nos téléphones ont toujours cet écho amer qui résonne depuis dix ans.
Il y a eu plusieurs tentatives d’ouvertures foireuses de squat après ça, mais la détermination avait fait place à la résignation. La mort, la taule, la filature, la rabla pour certains, avait eu raison sur nous, du moins pour un temps. Je me rappelle du dernier squat chambérien qu’on a pété. On s’est fait virer au bout de trois jours. Le cadenas fermé par le code 1.3.1.2 qui faute d’être original nous faisait quand même bien marrer, a cédé sous la pression de monseigneur la pince. La chef de l’opération après l’expulsion, nous a préconisé : « d’arrêter de faire chier le monde et d’aller plutôt élever des chèvres dans le Larzac ».
À GRENOBLE
Après m’être fait expliquer l’anarchie par une keuf et piquer mon journal intime, pas très glorieux, par un baqueux cocaïné jusqu’à l’os, je décide de vadrouiller un temps de squat en squat avec la volonté de rencontrer des personnes avec qui partager des valeurs communes et ainsi tromper l’ennui, créer du lien et foutre les boules aux keufs, huissiers et autres. J’atterris à Grenoble, au centre de la cuvette dans un squat qui ressemblait à un décor de Mad Max, si la bande originale du film avait été No hope for the kids. Ce squat appartenait à un baron, un titre honorifique incompréhensible, qui n’existait à mes yeux que dans des contes pour enfants sadiques. C’était une belle époque. Y avait le Power, un crew soudé. J’ai rencontré certain.e.s potes que je n’ai plus lâché, même si depuis nos chemins ont pris des virages différents. Dans ce squat, on vivait pour la bouffe, la zic, les carcasses de mercos, les teufs et les concerts enragés. J’ai fait la connaissance d’un collectif de bouffe végane, qui en grande partie habitait les lieux. La bouffe avait toujours eu une place importante dans ma vie, en premier lieu parce que c’est vital. Puis, c’est une manière de créer des liens forts entre les gens, de passer un moment convivial en vidant les poubelles et en brisant les schémas de consommation. Si en plus, on peut ne pas faire souffrir d’autres espèces, que tout le monde peut manger et que l’argent n’est pas un problème, on est quand même bien content·e·s. On se déplaçait souvent dans d’autres lieux squattés et pour des festivals. Encore une fois, on créait des liens forts et on évitait quelques grosses embrouilles en nourrissant des estomacs déshydratés. On avait un slogan : « Bien manger pour mieux se la mettre. » De nouveaux groupes se formaient. Aussi, de nouvelles fissures éclataient sur les murs de la salle de répète parce que certains avaient un goût prononcé pour les très gros amplis. Ces groupes continuent encore aujourd’hui. On a fait des tournées dans des squats de dingue en Europe et en Amérique latine. De l’Espagne à la Colombie, du Chili au Brésil en passant par la France avec partout ce même souffle de solidarité, de débrouille et de décors hallucinants. Il y a beaucoup plus de meufs et d’ados impliqué·e·s en Amérique latine. Les genres et les âges se mélangent plus, du moins, c’est ce qu’il m’a semblé. En faisant l’interview de quelques meufs actives dans la scène squat et punk de là-bas, j’ai été confortée dans mes premières impressions.
LE GREAT A
C’était classe et même les embrouilles internes et les agressions externes, à coup de grenailles et d’acide de batterie ne mettaient pas en péril notre crew. Cette histoire d’acide venait d’un mec vraiment pas rassurant qui avait essayé de nous piquer des batteries et de la ferraille dans la cour. Quand on l’a choppé en mode cool, il nous a menacés de revenir avec un canon scié, de nous le foutre dans le cul, puis de tirer, tout en nous aspergeant d’acide. On a bien flippé. Quelque temps après ça, sentant l’expulsion pointer son nez, nous avons ouvert un autre squat avec quelques jours de retard puisqu’une bagnole cramait devant le soir de ladite ouverture.
Ce squat s’est appelé le Great A, qui comme son nom l’indique était un ancien Greta où pas mal de potes avaient suivi leur cours de menuiserie et autres et qui trouvaient plutôt cool que la salle de découpe soit devenue un local de répète. Dans ce squat, c’est là qu’ont commencé les cours de boxe populaire, toujours très actifs aujourd’hui. On avait la salle de concert la plus classe du monde. En toute objectivité. Les flics ont essayé de nous déloger le soir du premier resto végan qu’on organisait, ce qui n’était pas très judicieux puisqu’on était une cinquantaine contre quelques malheureux keufs plus débiles les uns que les autres. Y en avait un particulièrement, accroché aux barreaux du portail, nous suppliant de bien vouloir le faire rentrer tellement qu’il aimait la bouffe végane. Un flic hipster en somme. Flippant. Nous avons ouvert l’eau en pleine journée, déguisé en agent du BTP. Nos blouses beaucoup trop grandes ou trop petites, selon qui les portait, ne nous rendaient pas vraiment crédibles. Ça a tout de même fonctionné. C’est alors qu’une benne à ordures s’est transformée en baignoire de luxe au milieu du hangar. Et puis les voisins, la taritude des voisins n’est pas l’apanage des squatteurs mais tout de même. Entre le voisin barjo du squat des Pilos qui pensait qu’on était une secte pédophile, qu’on faisait de la magie noire avec des bouteilles de vin (je n’invente rien) et que nous organisions des bars clandestins pour financer un labo de fabrication de crack, nos voisins armés jusqu’aux dents et accros à la coc’ de La Gueudine, ceux qui ont tirés sur deux potes à coup de grenailles à Polotti, la voisine conspi du regretta qui chuchotait en nous expliquant qu’on était espionné par des avions et ceux du Great A, nous étions à même de nous demander si la notion de normalité n’était pas subjective ? En face de ma chambre vivait un type d’une quarantaine d’années qu’on a pas tardé à rebaptiser Branle Man. Un mec dont le super pouvoir résidait dans sa capacité à se palucher devant la fenêtre toute la journée, offrant la vision quelque peu dégueu de sa mi-molle à tout le quartier. C’est à partir de ce moment-là que j’ai décidé de mettre des rideaux à mes fenêtres.
Le voisin du dessous, c’était un chauffeur de bus scolaire alcoolo aux yeux jaunis par le pastis qui venait nous distribuer des tracts mélenchonnistes arborant ce slogan : « si vous votez Mélenchon, je vous montre mes nichons ». Il connaissait bien Branle Man et ses pratiques masturbatoires intensives. Il aurait essayé de le sortir de là, un jour en lui proposant d’aller voter Mélenchon. Mais Branle Man aurait préféré « continuer de se branler plutôt que d’aller voter ». À partir de ce jour, mon regard changea sur Branle Man. Nous partagions le même sens des priorités ! Un autre voisin était accro au shit et sortait avec une flic dominatrice. Sans parler du PMU d’en face qui comptait de bons spécimens. Ça a été une de mes meilleures expériences de squat. Certes pas toujours facile. On a bien failli crever un soir de concert, quand une bande d’arrachés à l’alcool fort et aux psylos, n’ont pas voulu se barrer à la fermeture parce que mettre deux centimes pour un open-bar et peloter le cul des meufs toute la soirée n’étant déjà pas assez pénible. Ils décidèrent, ce soir-là, de nous piquer notre squat et même bourrés comme un push-up de chez Zeeman, on faisait pas les malins. C’était la fin de la soirée. On devait certainement être une dizaine de gringalets contre une horde de titans hooligans et alcooliques qui passaient leur journée à cracher sur les féministes et à se foutre des mandales pour le fun. Un champ de bataille s’est formé dans un espace aussi restreint qu’une salle de dégrisement. On avait des barres à mine mais on avait pas trop envie de se retrouver avec des cadavres dans la cour. Ce fut donc à armes égales que nous décidions de défendre notre baraque. On s’est évidemment fait éclater. J’ai fini aux urgences la mâchoire dégommée et la lèvre qui pendait jusqu’au menton. La meuf de l’accueil, en plus d’être aimable comme une porte de chiotte de prison, m’expliqua que c’était de ma faute. Si je portais une minijupe, il ne fallait pas que je m’étonne. Anecdotique pour une punkette de 27 ans.
On finit par me faire mes huit points de suture malgré le fait que j’étais une traînée et avec la pote qui m’accompagnait, on est retournées sur le champ de bataille. Cette baston a duré des heures, à tel point que les keufs ont fini par se pointer. Bonne ambiance. Les relous se sont cachés dans le squat et ça on peut pas trop leur en vouloir. Au final, ils sont repartis comme si de rien était. J’ai passé plusieurs jours à boire des bières à la paille avec le désir ardent d’aller cramer leurs camions. J’ai fini par redescendre, et c’est pas plus mal. Ces gars foutent vraiment les boules. Essayer de voler un squat parce que ça fait dix ans que t’es incapable de te procurer un pied de biche, foutre des mains aux meufs en les insultant de féministes. Être dociles, comme des premiers de la classe, si une soirée est organisée par la mairie de Grenoble, ce genre de soirée où on t’oblige à attacher tes chiens et à vider tes Maximators ; mais totalement connards quand il n’y a pas de vigiles pour te mater. Ils finirent par taguer sur nos murs qu’on était de faux anarchistes et des nazis. On a effectivement pas la même vision du monde et tant mieux.
Nous avons appris la date de l’expulsion grâce à l’indiscrétion accablante des flics. Il avaient mis un mot dans toute la rue et sur notre squat également pour expliquer que le douze décembre 2012 une opération policière de grande envergure allait bloquer la rue toute une matinée. Notre flair aiguisé nous a fait conclure qu’il valait mieux s’organiser. Ça n’a pas permis de contrer l’expulsion mais ça a permis malgré tout de faire des barricades béton, d’être en nombre et de poser des pièges marrants, comme celui de faire couler de l’eau devant les portes d’entrée et sur le toit puisque comme un brillant flic interrogé sur l’expulsion le dira tellement bien plus tard sur France 3 Régions : « L’eau, ça gèle en hiver et le gèle ça glisse. » La veille, nous faisions une émission de radio avec des copines déguisées en zombies. Je ne me rappelle plus vraiment pourquoi et on passait Breaking the Law en big up aux potos. Le douze décembre 2012 nous étions douze à habiter là et il devait clairement faire moins douze. De quoi rendre n’importe quel paumé conspirationniste. L’huissier du jour, qui est connu pour être un des pires ripous de Grenoble, qui détiendrait de source sure ou du moins crédible des saisies illégales dans des bâtiments squattés, demanda au bar des potes et camarades non loin de là, une petite commission pour leur avoir amené de la clientèle gauchiste après l’expulsion.
Cela fait plus de cinq ans maintenant et le bâtiment est toujours vide. Il a bien cramé « mystérieusement » une fois, seulement une aile, celle de l’ancienne menuiserie. Pratique. À Grenoble, c’est apparemment monnaie courante de voir cramer des squats après des expulsions. Sans être conspi, on peut se demander, s’il n’y a pas là un lien avec nos chers ennemis : les promoteurs. Il y a quelques années, un pote m’a raconté être passé devant un squat cramé, à chercher des informations et des gars habillés en costard lui ont dit de tracer sa route et de ne pas chercher les problèmes où il n’y en avait pas… Phrase quelque peu ambigüe.
LA PISCAILLE
Je suis retournée quelques fois à l’intérieur du Great A en passant par les toits, notamment pour aller chercher avec une copine un monoski qui servirait plus tard comme premier rôle dans un court métrage. On s’est fait griller en plein jour par la voisine avec un monoski sur un toit. Situation suffisamment absurde pour qu’elle n’appelle pas les keufs. Il ne reste rien désormais. Seulement 3 tableaux Velleda remplis de jeux de mots avec des noms de coiffeurs pourris, inspirés du salon Adult’hair qui existe réellement sur Grenoble. Ryan hair, Vomi’ tif ou À trois sur un scoot’hair, en souvenir de LSD avant qu’ils ne deviennent ambigus. Hitl’hair, Schwarzeneg’hair et j’en passe… Y en a encore des centaines, on a jamais fait le fanzine en question. C’est peut-être mieux ainsi. J’aime l’idée qu’il ne reste plus que ça. Des blagues pourries qui me font encore sourire aujourd’hui.
Depuis, la nature a repris le dessus. C’est une véritable jungle qui a pris place à l’intérieur, pétant les derniers carreaux subsistants. Une tranchée a été creusée à l’intérieur et tout a été dégommé, pour être bien sûr que le bâtiment finisse englouti par des plantes carnivores comme dans la petite boutique des horreurs.
LE ROXY COOPER
Parallèlement au Greta, y a une annexe du bâtiment qu’on a ouvert à quelques rues de là pour se parer à l’expulsion. Puis, avec un crew de copines, on a ouvert un truc des plus classes. C’était un lieu hallucinant. Y’avait tout : une baraque cosy, des caves, un grand hangar, une fosse pour la méca sous un préau, un jardin immense et une piscine de 11 mètres. Ouais, un truc de dingue. On l’appela La Piscaille, en rapport à la piscine et parce qu’on avait trop maté les Démons de Jésus. À part ça, encore une fois, notre voisin était cinglé. Lui, en tenait vraiment une grosse couche. C’était un mix parfait entre Le Pen père et Derrick. On l’appellera le faf par commodité. Le faf et sa femme, donc, avaient grave les boules contre nous parce qu’ils avaient bossé toute leur vie et que lui avait fait la guerre. Ne cherchez pas de rapport, il n’y en a pas. Après lui avoir répondu qu’il était con d’avoir bossé toute sa vie, il y a eu un rapport encore plus hostile entre nous. En fait, il passait son temps à nous espionner sur son échelle et à regarder à travers des vitres du hangar. Une fois où je bricolais, j’ai vu sa tête, par la fenêtre, qui m’observait, j’ai vraiment flippé. On a peint les vitres et ça l’a rendu complètement dingue. Ses journées se résumaient aussi à appeler les flics dès qu’on brassait un truc. Les flics sont venus tellement de fois que je ne pourrai pas les compter. Une fois parce qu’on nageait nues dans la piscine avec les copines, piscine qui était cachée de tout vis-à-vis, ce qui à part lui foutre probablement la gaule ne le gênait pas outre mesure. Une autre fois parce qu’on faisait, soi-disant du deal de ferraille ou encore parce qu’une bâche était tombée dans leur jardin et avait failli in extremis s’enrouler autour du cou de sa femme et provoquer sa mort par strangulation. L’ennui c’est triste, surtout chez les pétainistes. Et puis, il a gravé sur notre boîte aux lettres : « Ils sont installés comme des rois ». Je me demande ce qu’il a voulu provoquer en gravant ça ? Que le postier se dise : « Ah merde ils sont installés comme des rois, je ne vais pas distribuer leur courrier merci de m’avoir prévenu ». À part ça, il n’avait pas tout à fait tort sauf sur un point : nous étions installées comme des reines.
Nous arrivons au dernier squat où j’ai habité mais pas des moindres : le Roxy Cooper. Un sombre jeu de mots avec l’oxycoupeur. Un chalumeau qui sert à la découpe de l’acier, très apprécié des braqueurs. Et comme on squattait un ancien dépôt de convoyeur de fonds, ça avait du sens. On était entouré de coffres-forts, de portes blindées et la salle de répète était calée dans la salle de tir, mais le son avait la particularité d’être excessivement mat à l’intérieur et de faire un barouf hallucinant à l’extérieur. On a abandonné l’idée. C’est devenu une chambre un peu glauque, mais pas plus que celle construite dans un coffre-fort. J’avais du bol d’avoir une des deux chambres avec des fenêtres, calfeutrées de grillage et de barreaux, mais fenêtre quand même. On était clairement en train de se métamorphoser en vampires. Une fois où j’étais restée un peu trop longtemps enfermée, j’ai vomi en ouvrant la porte d’entrée. Je devenais allergique au soleil et mon taux de vitamine D était au plus bas. C’était le noir quasi total dans la cour intérieure, à tel point qu’un sténopé naturel s’était formé sur le sol, imprimant l’immeuble d’en face en négatif, à travers un minuscule trou du portail. Le crew de boxe s’était à nouveau installé dans la salle de resto. Et bien qu’il n’y avait pas de fenêtre, la salle de concert ne désemplissait pas. On y a organisé le deuxième Vegan Fest. Le premier avait eu lieu au Great A et au vu de l’enthousiasme qu’il avait suscité, on avait eu envie de remettre le couvert. C’était vraiment la folie. Les ateliers de bouffe, les blind test, goutorama, contest, cabarets, discussions, concerts et autres avaient attiré environ 400 personnes par soir. Ça prenait de l’ampleur. On arrivait vraiment à tisser des liens, le plus souvent alcoolisés, mais des liens quand même. Cette sensation de pouvoir lâcher la tension accumulée par le quotidien parfois bien sombre.
Et les jours passaient, l’expulsion pointait son nez. Ça devenait la guerre. Comme à chaque fois, à qui pourrait partir en vacances cet été ? Et à qui revenait la lourde tâche de garder le lieu ? Dans l’ennui intersidéral d’une cuvette grenobloise en plein mois d’août. À plusieurs, nous avons loué un garage pour entreposer nos affaires, au cas où l’expulsion pointerait son nez. Ce qui revenait à payer 90 euros pour un garage moisi sans lumière. Ça revenait plus cher que de prendre un appart, si on considère les APL. La fatigue, la trentaine approchant, le besoin de se recentrer sur soi, l’envie d’autre chose, l’instabilité, les embrouilles, le manque de vitamine D et l’alcool commençaient à avoir raison de moi. Le déclic, ce fut quand une pote me demanda comment ça allait et que je lui ai répondu que : « Ouais c’était dur mais qu’on tenait bon. » Je me suis ainsi rendu compte que je ne me rappelais plus la dernière fois que j’avais parlé de moi à la première personne. Le collectif était en train de m’étouffer ou plutôt de me faire disparaître. J’en suis responsable mais je savais qu’il était temps pour moi de faire une pause. Mais aller où ? Pour quoi faire ? Avec qui ? Suis-je une traîtresse ? Plein de questions commençaient à fourmiller dans ma tête, me donnant encore plus le tournis qu’une bouteille de gnôle fabriquée par un vieux bouilleur de cru savoyard. Le collectif crée indéniablement des conflits et peut-être briseur d’individualité mais apporte également une réponse et un apaisement face au caractère anxiogène de l’existence. On sait quoi faire. On est rassuré et même si l’ennui et le doute pointent leur nez, on sait qu’on peut se retrouver sous une couette avec pleins de potes à manger des bonbecs de récup, entourée de chiens faisant office d’édredons, des chiens qui transpirent de l’amour inconditionnel à travers leur regard. Alors, on hésite par peur du changement, de la solitude et qu’on est pas mal à se sentir inséparables et indésirables dans cette société de merde.
L’expulsion a eu lieu un matin où des potes étaient sortis sans pouvoir remettre la barricade. Ce qui facilita la tâche aux keufs. Ça nous a bien foutu les boules, sachant qu’on était dans une forteresse. Ils auraient pu galérer des heures et des heures. De toute façon… ils auraient fini par pénétrer sur les lieux. Aussi épaisses que soient les portes, une attaque de cette envergure aurait été stoppée dès le départ par les convoyeurs à coup de renfort, et là ils avaient le champ libre. Enfermée à l’épicentre du bunker, les entendre galérer impulsait un sentiment étrange et schizophrénique de joie, de peur, de déception et de fierté. Quand les portes cédèrent, une horde de keufs au teint rouge comme une flaque de sang qu’ils connaissent bien déboulèrent. Pour l’anecdote, ils étaient une cinquantaine et pas une seule meuf. Quand ils m’ont vue, ils étaient bien embêtés et appelèrent le chef de l’opération au talkie pour signaler qu’il y avait quatre individus, un chien et une femme. Je n’étais donc pas un individu et encore moins qu’un chien, étant donné que j’avais des attributs féminins. J’en ai bien rigolé jusqu’à ce qu’ils amènent une femme pour me fouiller, qui n’avait-elle non plus, rien d’un individu mais cela tenait plus à l’uniforme qu’à sa teuch.
Après ça, on a eu cinq minutes pour récupérer toutes nos affaires, avec des keufs qui fredonnaient la musique de Fort Boyard, pendant qu’on courait frénétiquement pour essayer de rassembler les restes de nos vies. Mon disque dur a été volé ainsi que des thunes. L’ordi d’un pote a été scanné par un geek sorti tout droit d’une série américaine où les keufs seraient super cool et super malins. Il portait un T-shirt Atari et des lunettes carrées à la Milo Aukerman. Il foutait vraiment les morts. Après des heures de fouilles, on se retrouvait dehors avec le soutien des potes. Un keuf s’est permis de faire des remarques sur mon physique à un de ses potes, tout en précisant que je devais bien me faire prendre parce que c’est bien connu « les squatteurs baisent tous ensemble ». Je faisais pas ma maligne parce que j’en étais à ma dixième année de sursis prison pour outrage. J’avais insulté une première fois un flic de fils de flic. Je ne m’en souviens pas mais ça m’avait fait plutôt sourire au procès. La deuxième fois, j’avais apparemment suggéré à une keuf de me fouiller le cul en la traitant de pouffiasse. Ouais, pas de quoi fouetter un chat. L’outrage est tellement aléatoire en matière de chef d’accusation qu’on serre les dents face à l’humiliation. En tout cas, je suis physionomiste et celui-là n’a pas intérêt à me croiser habillé en civil.
EN RETRAIT
Mon record de longévité dans un squat : c’est un an et demi. Sur les dix que j’ai ouverts, sans compter ceux où j’ai habité un temps, c’est une constatation amère. Mais je ne regrette rien. « Pas le temps pour les regrets » — Booba, Ali Rip. Je n’ai pas participé à la réouverture du Roxy. J’étais dans la rue quand les potes ont mis la banderole sur le toit. Ça a été un grand moment. Rouvrir un même lieu demande de l’acharnement et du courage surtout quand les proprios, en l’occurrence une agence de promoteurs véreuse, connaissent bien vos tronches. Je passais pas mal de temps là-bas, surtout pendant les concerts. Je ne savais pas si c’était la peur du changement, le connu, le réconfort d’une meute d’agités qui me poussait à rester à traîner dans ces couloirs sombres. La peur de perdre son crew, de faire partie des oubliettes, de trahir ses amis… Mais je sais au fond de moi que c’était nécessaire. L’amitié reste présente et te conforte dans les choix que tu fais pour aller mieux même si ça la brasse. Et parce que je savais que si je voulais donner du sens à tout ça, à moi, aux autres, aux squats, il fallait que je m’en éloigne. Partir pour mieux s’investir, ou différemment du moins. C’est donc ce que j’ai fait. J’ai pris ma première collocation de ma vie et c’était reposant. C’était un mélange dont j’avais besoin, entre penser à la première personne et tout en vivant en groupe. Puis, j’ai décidé d’habiter seule, dans un appart minuscule surtout en comparaison aux lieux collectifs où j’ai habité. Un château, des usines, des baraques de bourges, des hectares de champs, une école, un garage énorme appartenant à un baron, une maison protégée par des associations de préservation du patrimoine avec des cheminées en marbre et j’en passe. Parce que n’en déplaise aux détracteurs du RSA qui nous prennent pour des profiteurs, pourquoi se contenter de rien quand on peut avoir mieux ?
J’ai profité de baignoires dignes des films de Scorsese et d’un jardin fruitier qu’on a fait revivre sans la moindre once de culpabilité. Aujourd’hui dans mes 29 m2 entourés de pigeons, je fais le point. J’essaye de trouver ma place, celle des autres et celle de mon quartier. J’ai passé tellement d’années à vivre à plein que tout est à réapprendre. Ne serait-ce que faire de la bouffe pour soi. Au début, on en fait pour quinze. Faire des déchettes, des récups ou du gazoil demande plus d’organisation. Voire, on se met à bosser et on arrête, du moins pendant un temps. C’est important de ne pas oublier pour autant la richesse que procurent les espaces collectifs et cette forme d’amour la plus intense qui soit qu’est l’amitié. Aux premiers temps, j’ai fait un retrait total avec toute connexion extérieure qui s’est manifesté par prendre un appart seule, partir en trek seule en Islande avec une entorse au genou et une boussole démagnétisée (c’était n’importe quoi, quand j’y repense), faire un projet solo de zic et construire mes meubles toute seule. C’était nécessaire et aujourd’hui les extrêmes s’amenuisent. J’ai l’impression d’arriver à faire mieux la part des choses, entre moi et les autres, de mieux nous comprendre et de trouver mes limites. Ouais, je vieillis en somme. ’Chier.
Aujourd’hui, les squats grenoblois tiennent le coup. C’est de moins en moins facile, les trêves hivernales, les 48 heures, les factures de pizzas ne fonctionnent plus vraiment comme avant. L’hiver dernier a été une période d’hécatombe. Entre les expulsions sans procédure, les expulsions déguisées du type : on vient chez vous en plein hiver couper l’eau, l’élec et briser les fenêtres mais on vous laisse squatter parce qu’à Grenoble, on est pas comme ça. Les infos continuent à nous expliquer que des gens meurent de froid en plein hiver et que tout ça est tellement choquant. Il n’y a rien de choquant là-dedans, si on considère que le capitalisme est le bras droit de l’État. C’est vrai, s’il n’y avait pas de pauvres, il n’y aurait pas de riches. Ce n’est pas plus compliqué que ça, et de là à les faire renoncer à leurs privilèges, faudrait pas déconner quand même. Les élus ont beau faire un happening en dormant par une nuit glaciale sur une bouche de métro, à part donner du populisme aux journalistes, ils ne font qu’engrosser le système en se donnant bonne conscience. La météo peut toujours parler d’une vague de froid exceptionnelle en provenance de Sibérie mais l’hiver est froid par essence et le restera même si les ours polaires tirent la gueule. Des logements seront toujours vides. Et même, si pour certains et certaines c’est un choix, ça ne change rien aux motivations de s’approprier des maisons fantômes et d’avoir le temps d’un hiver un peu de chaleur électrique et humaine.
Au départ de ce récit, je ne savais pas vers quel axe m’orienter pour parler de mes expériences d’occupation. Raconter les moments les plus fous, les plus touchants ou les plus durs. Je me rends compte qu’on ne peut rien séparer. Toutes ces aventures de squats aussi dramatiques, briseuses d’individualité et hardcore qu’elles ont pu être, c’est avant tout de fortes histoires humaines ; absurdes, intenses et violentes parfois, mais souvent belles. Je n’inclus évidemment pas les keufs et les huissiers dans cette histoire car n’en déplaise aux babos qu’on embrasse bien fort, deux jambes et deux bras ne font pas forcément de nous des êtres humains.
Tant qu’il y aura des promoteurs, il y aura des squatteurs et tant qu’il y aura des squatteurs il y aura de l’espoir. Big up à tous ceux et à toutes celles qui ne lâchent rien.
A la maison d’arrêt de Reims, des détenus ont refusé de regagner leur cellule à deux reprises ces derniers jours pour demander notamment à pouvoir prendre une douche par jour. La direction a cédé, contre l’avis du syndicat de surveillants Force Ouvrière Justice.
Une vingtaine de détenus ont refusé de regagner leur cellule ce dimanche 11 août à la maison d’arrêt de Reims.
Il a fallu l’intervention des ERIS de Paris et Strasbourg, équipes régionales d’intervention et de sécurité mises en place en 2003 pour renforcer la sécurité des établissements pénitentiaires, pour mettre fin au blocage au bout de 2h30, selon le syndicat de surveillants Force Ouvrière Justice.
C’est le deuxième blocage en trois jours après celui du jeudi 8 août. Une trentaine de détenus avaient réclamé de meilleures conditions de détention, de meilleurs repas, plus d’activités ou encore des douches quotidiennes au lieu de trois par semaine. Là aussi, il avait fallu l’intervention des ERIS pour que les détenus regagnent leur cellule. Deux détenus avaient alors été placé en quartier disciplinaire.
Le lendemain, la direction avait finalement cédé sur un point en accordant la douche quotidienne pour les trois prochaines semaines selon FO, qui dénonce un « recul inacceptable qui affaiblit l’autorité des surveillants ». Julien Decurninge, secrétaire régional FO Justice en Champagne-Ardenne explique : « On comprend qu’il fait très chaud dans les cellules mais une douche quotidienne pour les 119 détenus, cela représente une grosse surcharge de travail. On alerte la direction depuis des mois sur le manque d’effectif. On n’est pas entendu et là en moins de 24 heures, la direction cède aux revendications de la population pénale. »
‘est le deuxième blocage en trois jours après celui du jeudi 8 août. Une trentaine de détenus avaient réclamé de meilleures conditions de détention, de meilleurs repas, plus d’activités ou encore des douches quotidiennes au lieu de trois par semaine. Là aussi, il avait fallu l’intervention des ERIS pour que les détenus regagnent leur cellule. Deux détenus avaient alors été placé en quartier disciplinaire.
Le lendemain, la direction avait finalement cédé sur un point en accordant la douche quotidienne pour les trois prochaines semaines selon FO, qui dénonce un « recul inacceptable qui affaiblit l’autorité des surveillants ». Julien Decurninge, secrétaire régional FO Justice en Champagne-Ardenne explique : « On comprend qu’il fait très chaud dans les cellules mais une douche quotidienne pour les 119 détenus, cela représente une grosse surcharge de travail. On alerte la direction depuis des mois sur le manque d’effectif. On n’est pas entendu et là en moins de 24 heures, la direction cède aux revendications de la population pénale. »
Le syndicat demande à la direction de la maison d’arrêt de faire marche arrière et de ne plus céder, à l’avenir, à la pression. Il pourrait envisager une action s’il n’était pas entendu.
L’un des paradoxes du localisme alsacien, est que si d’un côté son étroitesse se refuse à franchir la ligne bleue des Vosges, d’un autre il ignore volontiers la frontière tracée sur le Rhin. C’est ainsi que sa presse régionale reporte des brèves venues d’Allemagne dans ses colonnes locales, faute d’avoir suffisamment à se mettre sous la dent entre deux grappes de raisin et un chien écrasé.
La nuit de vendredi à samedi 21 septembre à Freiburg im Breisgau (Bade-Wurtemberg), des inconnu.es se sont par exemple rendus sur le parking de la mairie du quartier de Stühlinger, afin de lui exprimer de chaleureuses salutations. Résultat ? « Trois véhicules de service de l’administration municipale ont été en proie à de vives flammes vers1h45, tandis qu’un quatrième a commencé à fondre sous l’effet de la chaleur. Les flammes ont atteint non seulement les voitures, mais aussi détruit trois bornes de recharge. La scène dramatique a fait penser à un film d’action, mais les conséquences sont bien réelles : la police enquête désormais sur un incendie criminel. »
Les dégâts de l’attaque contre les voitures de la mairie de Freiburg (et leurs bornes de recharge) sont estimés à 120 000 euros. Selon la police, l’enquête devra déterminer s’il existe un lien avec une manifestation dansante nocturne (Nachttanzdemo) non autorisée qui a eu lieu à proximité, et avait été auparavant dispersée par la police.
[Synthèse de la presse locale (L’Alsace, Baden24&Tagesschau), 21 septembre 2024]
Retour sur les 16-19 septembre 2024 au Verger (la dernière occup sur le tracé de l’A69) où les keufs et NGE ont entrepris une expulsion toujours pas terminée grâce à la résistance des zadistes sur place
18/09 :
Oubli de mentionner que les militaires ont provoqué une 4ème chute en seulement 20 jours.
20/09 :
Dans une tentative de fuir ce chantier de merde, une machine prend feu !
Hier soir tard, un rouleau compresseur Caterpillar s’est mis en route depuis le parking à engins à proximité du Verger. Le même engin qui, dans la journée, avait participé au saccage de la dernière poche de biodiversité sur l’A69 sous les regards horrifiès des zadistes assiégé.es et assailli.es par les gendarmes.
Sans doute trop dégoûté par le projet d’autoroute et les violences perpétrées par le concessionaire NGE-ATOSCA main dans la main avec l’État, il a choisi de prendre en main sa destinée pour choisir sa nouvelle vocation : barricadier pyromane.
Ainsi à peine avait-il quitté le parking qu’un vigile lui criait « revient, revient, s’il te plait » en lui tirant des grands coups de mortiers pour le convaincre.
Alors qu’il allait bientôt retrouver sa liberté sur la RN126 gratuite, un court-circuit déclancha un petit incendie qui paralysa l’engin de mort à l’entrée même du Verger. En quelques minutes, la machine entière s’embrasa !
Malheureusement personne n’avait prévu les chamallows pour en profiter pleinement, mais la nuit fut beaucoup plus douce. Sa carcasse fumante est désormais en place à l’entrée du Verger, telle une barricade pouvant ralentir un éventuel déploiement policier.
Nous nous réjouissons de voir que certain.es au sein du capital de machines de mort d’ATOSCA, préfèrent rendre l’âme face aux crimes perpétrés par le concessionnaire. Nous saluons évidemment un tel sacrifice. Nous condamnons cependant les pressions de l’État et d’ATOSCA qui ont pu conduire ce compacteur à commettre un tel acte en le poussant à bout.
Pensée émue à la famille de ce rouleau compresseur.
21/09 :
Hier, après une nuit réchauffée par les flammes d’un compacteur, les flics sont arrivés mais pas les machines.
La CNAMO, noyée dans son seum, semble n’être plus dans le coin. Du coup, les keufs ont mis en place un siège avec leurs potes CRS pour cette première nuit.
Globalement, y’a pas encore les dingueries de bruit/harcèlement permanement qu’il y avait eu à la Crem’ et à la Cal’. En une journée sans la CNAMO, on n’a pas trop eu d’actions de Cowboy (tabassages, interpel’ violentes, insultes ou coups de pression). Hier, ils ont quand même nassé et contrôlé la 30aine de personnes au sol qui, malheureusement, n’avait pas ses papiers.
Les Gardes-à-vue n’ont rien à voir avec celles du Tarn, où les keufs et le tribunal avaient pris très à coeur de toujours pousser tous les curseurs au maximum. 48h d’enfermement, déferrements et demande de Contrôle Judiciaire (CJ).
Ici, en Haute-Garonne, les écureuil•les ont eu des GAV de 6h à 30h max, le parquet n’a déferré personne pour des CJ. Il y aura vraisemblablement un procès groupé en 2025. C’est assez dingue de voir qu’en franchissant une frontière départementale, la répression politique est si différente.
Pour autant, ce sont les mêmes artisans de la violence que nous avons face à nous. L’inconstance de cette institution n’aura pas épargné nos camarades. L’un.e d’une chute de 5m et de fractures au fémur et à une vertèbre, et l’autre d’une arrestation violente qui a causé un traumatisme du genoux, avec possiblement une rupture ligamentaire. Et puis il y a l’horreur d’un siège, dont on connait déjà les conséquences traumatiques pour certain•es d’entre nous.
Comme d’hab, on comprend pas trop ce qu’ils attendent, tenir 2 mois c’est pas une mince affaire...
Dans la maison, il y a de l’amiante, pour elleux c’est bourbier. Le coup de mettre des tonnes de terres ça créé un risque d’effondrement hyper fort et l’occupation très dangereuse. Mais on est plusieurs à préférer prendre le risque plutôt que de voir la langue de bitume suivre son chemin.
Malgré toute la laideur de leur chaos vu de si près, chaque jour a son lot de pépites et voir le carnage suspendu par les occupations et ce cadavre de machine renforce notre détermination.
Nous invitons un max de monde à nous rejoindre pour continuer à nous organiser en dehors des sentiers bitumés. C’est le week-end, venez picniquer au Verger !
22/09 : TASER CONTRE NOURRITURE
Ce dimanche matin, autour de 6h, un petit groupe de personnes a entrepris de ravitailler les écureuil•les qui rentrent en zone critique de nourriture et d’eau après 3 jours de siège.
Faute de pouvoir les déloger, l’État a encore choisi cette méthode insidieuse et dangereuses.
Dès que le groupe a commencé à avancer avec des sacs de nourriture dans les mains, les gendarmes leur ont tiré dessus au taser. Dans le même mouvement, les gendarmes se sont déployé•es sur les militant•es en plaquant même au sol, donnant lieu à l’interpellation de 4 personnes.
Une bonne partie de la nourriture a été détruite, aucune n’est montée.
Sur l’A69, nourrir des zaddistes est passible de Garde à Vue.
Quelques heures plus tard, les 4 interpellations étaient infondées, le proc’ à tout renvoyé aussi vite que possible. Les personnes sont donc libérées sans poursuites parce que... nourrir des écureuil•les n’est pas un délit 👐
Le 9 septembre dernier, à l’occasion d’attaques contre des éoliennes industrielles à Mamoiada puis à Villacidro, était paru ici une petite synthèse sur les mobilisations contre la « spéculation énergétique » en Sardaigne, avec quelques détails à propos de ces deux sabotages de la fin août.
Or il se trouve que la série ne s’est pas arrêtée là, puisqu’un troisième s’est produit peu après contre une des innombrables nuisances « vertes » en cours d’installation sur l’île. La nuit du lundi au mardi 11 septembre vers 4h, dans la zone de Garganu située vers Tuili au sud du territoire, deux mille panneaux photovoltaïques ont ainsi été entièrement détruits après avoir été aspergés d’essence puis enflammés. Ces derniers étaient stockés là en attendant de servir au chantier de la multinationale polonaise de l’énergie, Greenvolt Power.
Forte d’une autorisation obtenue en 2022, Greenvolt Power venait il y a un mois à peine de commencer les travaux de construction de cette nouvelle centrale photovoltaïque en Sardaigne, avec le soutien du maire de Tuili. Celui-la même qui clame désormais à qui veut bien l’entendre que la population de son bled est « pacifique et travailleuse », et « n’a jamais montré de signes d’intolérance ». Histoire surtout de dire que le sabotage est venu d’ailleurs. Du côté de ces sectaires en lutte depuis des mois contre la spéculation énergétique sur la terre. Du côté de celles et ceux qui refusent les bienfaits du Progrès, sur une île déjà ravagée par le capitalisme fossile et désormais envahie par son épigone vert.
Mais qui a dit que la tolérance (du latin tolerantia, patience, résignation) devait forcément être une vertu ? Notamment face à la civilisation techno-industrielle, qui multiplie désastres écologiques et anéantissement de toute possibilité d’autonomie, en amenant la planète au bord du gouffre ? Car si la liberté est une boussole, cultiver l’intolérance pratique contre tout ce qui l’écrase, est certainement un des vices les plus sages.
[Synthèse de la presse italienne, 11 septembre 2024]