Vive l'Anarchie - Semaine 39, 2019

Sommaire

Le Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) : 18 moi fermes pour le mat d’une caméra? Pour l’exemple, plutôt !

Publié le 2019-09-30 21:14:04

Le Parisien / vendredi 27 septembre 2019

Il a beau marteler qu’à l’heure des faits, il était « à l’épicerie parce qu’il n’y avait plus rien à boire chez [son] ami Rachid », le tribunal n’en croit pas un mot. Ce jeune homme de 20 ans au casier vierge ne ressortira pas libre de sa comparution immédiate. Reconnu coupable d’avoir scié un mât de vidéosurveillance aux abords d’un point de deal, le 19 mai, cité des Martinets au Kremlin-Bicêtre, il a écopé de 18 mois ferme avec mandat de dépôt ce vendredi à Créteil.

Même peine pour le guetteur de cette opération commando. Un habitant du quartier de 21 ans. Le parquet de Créteil, particulièrement sévère face au trafic de stup, a honoré sa réputation.
Il est près d’une heure du matin ce dimanche-là, lorsque trois hommes se postent au pied du poteau. Un mât de vidéosurveillance installé par la mairie en 2017 pour éradiquer le cannabis non loin du city stade. Tandis que l’un monte la garde sur un deux-roues, les deux autres, encagoulés et gantés, attaquent le cylindre à la tronçonneuse thermique. La scène est rapide. Le hic, c’est qu’elle est filmée par une autre caméra. Une précaution prise par la ville, sachant que ce même mât est régulièrement secoué. Les bandes permettront d’identifier le guetteur, avec son casque et sa doudoune orange. « Des grands m’ont mis la pression, se défend-il en sourdine à l’audience, par peur des représailles. J’ai d’abord refusé mais j’ai pris des claques… » L’argument a semblé convaincre, mais le casier judiciaire de ce Kremlinois désœuvré – mentionnant cinq condamnations pour trafic de stupéfiants -, n’a pas joué en sa faveur.

Prison de Nancy-Maxéville : Etat nucléaire = Etat policier

Publié le 2019-09-30 21:15:05

Indymedia Nantes / lundi 30 septembre 2019

Le vendredi 27 septembre, la prison de Nancy-Maxéville a été attaquée pour dénoncer la répression de l’Etat nucléaire

La veille de la manifestation contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires CIGEO, le « Vent de Bure » à Nancy, nous avons (symboliquement) attaqué la prison de Maxéville, afin de saluer nos prisonnièr.e.s et camarades victimes de la répression, et pour poser un signal fort en faveur d’une société sans prisons.

Nous avons marqué les murs de peinture, cassé plusieurs vitres des bâtiments administratifs, tiré des feux de bengale et fumigènes dans la cour de la prison et salué les prisonniers avec des feux d’artifices aux alentours de la prison. L’action a été sécurisée par des obstacles et des barricades enflammées.

Un Etat nucléaire signifie toujours un Etat policier. La mise en œuvre de cette « technologie patriarcale » implique forcément la centralisation et l’accumulation de pouvoir – elle est tout simplement impensable sans l’appareil répressif le protégeant.

La répression étatique par rapport à la résistance croissante autour de Bure est massive: des personnes se font contrôler, sont observé.e.s, reçoivent des interdictions de territoire et de rentrer en contact les unes avec les autres, sont arrêté.e.s et enfermé.e.s.

Un mouvement se doit de s’occuper de ses prisonnièr.e.s! Tandis que samedi, des milliers de personnes ont pris la rue contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires, nous voulons rappeler, que déjà à ce jour, certain.e.s payent le prix fort pour cette lutte.

Amour et force à tou.te.s les prisonnièr.e.s!
Fire to all prisons!
Stop CIGEO!

Groupe autonome

PS: Avec notre action nous envoyons également des signaux de fumée vers Hambourg, à notre camarade Loïc et aux « trois du banc du parc ».

 

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Missillac (Loire) : Deux cars de transport scolaire en moins – 28 septembre 2019

Publié le 2019-09-30 21:26:05

Quatre véhicules ont été détruits par les flammes, samedi 28 septembre vers 22 h, dans le bourg de Missillac. Deux cars de transport scolaire, un minibus, un poids lourd et sa remorque.

« Ils étaient stationnés, comme très régulièrement, sur le parking situé derrière le supermarché Spar, dans le centre-bourg. Une enquête est ouverte par la gendarmerie pour déterminer l’origine du sinistre et les circonstances. Étant donné, notamment, la météo pluvieuse, la piste volontaire fait partie des hypothèses.

Les deux cars sont complètement détruits, le minibus est un peu moins touché et concernant le poids lourd, c’est surtout la remorque qui a été atteinte.« 

[Repris de Ouest-France, 29.09.2019]

Perpignan/Val-de-Marne : L’évadé de Fresnes arrêté (MAJ 7/10)

Publié le 2019-10-01 00:13:10

Le Parisien / vendredi 27 septembre 2019

Insaisissable quasiment jusqu’au bout. N. B., l’homme qui avait réussi en décembre dernier à s’évader de la prison de Fresnes grâce à ses talents d’acrobate, a été interpellé ce vendredi après-midi à la gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales) par une brigade anticriminalité. La veille, cet homme de 30 ans avait réussi une énième fois à se faire la belle lors d’un contrôle.

Cet homme de nationalité française de L’Haÿ-les-Roses s’était fait passer pour un sans-papiers avant de prendre la fuite. C’est donc un étranger en situation irrégulière que les policiers pensaient avoir arrêté. Une esquive de plus dans la vie de ce délinquant multicarte. Impossible en revanche pour lui de tromper qui que ce soit quand ses empreintes digitales ont affolé l’ordinateur du commissariat.
Finalement, sa cavale aura duré neuf mois. « C’est très très long neuf mois pour un type à ce point recherché, s’étonne presque un policier. Quand comme lui, on ne fait pas partie du grand banditisme et de ses réseaux, cela relève presque de l’exploit. »
N. B. était devenu, du moins dans le Val-de-Marne, l’objectif numéro 1 de la police judiciaire et de la Brigade de recherche et d’intervention. Régulièrement, les policiers recevaient des informations sur lui. On croyait l’apercevoir à Villejuif, à L’Haÿ-les-Roses… On le soupçonnait de monter sur tel ou tel braquage. Mais, l’acrobate disparaissait toujours.
Un peu comme sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes en décembre dernier. Ce jour-là, il parvient à se faire passer pour un autre prisonnier, se retrouve dans une cour qui lui était interdite en tant que détenu particulièrement surveillé, et laisse s’exprimer ensuite ses talents d’acrobate. Il ne lui faudra qu’un grappin de fortune et quelques draps tressés pour escalader les six mètres d’un mur de l’établissement pénitentiaire où il purgeait depuis 2016 une peine de huit ans ferme pour vol avec effraction et extorsion.
Une évasion de plus au palmarès de N. B. Le 16 décembre 2016, alors qu’il s’était déjà échappé du commissariat de Villejuif lors d’une garde à vue, le « passe-partout de L’Haÿ-les-Roses » était parvenu en pleine audience à se contorsionner pour se glisser entre la base du box et la vitre. « Il était vêtu d’une sorte de combinaison d’acrobate », enrageait encore un magistrat. « Il y avait une place pour passer, je suis passé », résumera sobrement N. B. après avoir été arrêté.
Il écopera de trois ans de prison en novembre 2017 pour cette évasion. Avec six mois en plus pour avoir également tenté de fausser compagnie à ses gardiens deux mois plus tôt alors qu’il descendait du fourgon dans la cour du tribunal. « L’idée qu’il soit enfermé lui était insupportable », résume un magistrat. [ça paraît incroyable, à un juge, n’est-ce pas ? NdAtt.]

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Mise à jour de lundi 7 octobre : la chance à joué contre lui

Le Parisien / mardi 1er octobre 2019

Quand il était au pied du mur, il grimpait dessus. Mais après trois évasions au compteur et neuf mois de cavale, les acrobaties de N. B. suscitaient l’intérêt de beaucoup trop de monde. En l’occurrence plusieurs services de police sur les dents. Ce lundi, ce braqueur de 30 ans, en fuite depuis le 30 décembre 2018 après avoir escaladé deux murs de la prison de Fresnes, était de nouveau en détention.
Ce jeune qui fréquentait le quartier Paul-Hochart de L’Haÿ-les-Roses a été interpellé vendredi après-midi à la gare de Perpignan. Il avait été contrôlé la veille par la police de l’air et des frontières dans un train à hauteur de la ville-préfecture des Pyrénées-Orientales. Un train en direction de Paris et en provenance d’Espagne où il faisait régulièrement des allers-retours.
« Il a présenté des faux papiers et n’avait pas de titre de transport, précise une source proche de l’enquête. Les policiers qui l’ont embarqué n’avaient aucune raison de se méfier. » Après avoir garé leur voiture, les fonctionnaires ont ouvert la portière et N. B. a piqué un sprint. Il n’était pas menotté. Ce n’est qu’après, en relevant ses empreintes digitales, qu’ils se sont rendus compte qu’il était ciblé par un mandat de recherche.
Le téléphone sonne alors au SDPJ 94, le service référent pour cet évadé. Cela fait des mois que la vie du groupe Ouest est rythmée par celle de N. B. A de nombreuses reprises, N. B. est signalé sur telle ou telle ville. Surtout, on le soupçonne évidemment de monter sur des braquages pour financer sa cavale.
Cette fois, l’information est sûre. Il faut mettre en toute urgence un dispositif en place. « Soit on mettait des barrages sur les routes mais ça en faisait beaucoup, soit on misait sur un retour à la gare de Perpignan, glisse la même source. Comme il n’était pas censé avoir des relations dans cette région, on a choisi la deuxième option. »
Quand N. B. est de retour vendredi vers 15h30 pour prendre un train pour Paris, toute la gare de Perpignan est truffée de policiers. Le braqueur, réputé violent, est interpellé sans problème.
S’il ne s’évade pas à nouveau d’ici là, N. B. doit prochainement comparaître aux assises pour extorsion, vol avec arme et recel en bande organisée. Il est pour l’heure libérable en 2026.

Des mauvais moments pour les bleus (fin septembre 2019)

Publié le 2019-10-01 13:44:04

Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) : Les poulets presque grillés, la maire saute sur sa chaise et demande du sang…

Le Parisien / jeudi 26 septembre 2019

Des « images insupportables » qui lui ont fait faire « des bonds sur (sa) chaise ! » Brigitte Marsigny, la maire (LR) de Noisy-le-Grand, l’assure : elle a « saisit ce jeudi le préfet » pour réclamer « du sang neuf au sein de la police nationale ».
Une réaction à l’attaque au mortier dont deux voitures de la police nationale et municipale ont été la cible, vendredi 20 septembre, dans le quartier sensible du Pavé Neuf — « un spot de la drogue », selon elle.
La scène, filmée par une caméra de la ville et diffusée sur les réseaux sociaux par le syndicat de police Synergie, dure 30 secondes. Assaillis par de multiples tirs de feux d’artifice, deux policiers tentent, sans succès, de se réfugier dans leur véhicule avant de prendre la fuite, puis de revenir pour s’échapper en marche arrière de cette souricière. Selon une source policière, l’un d’eux est légèrement blessé à la jambe par un projectile. […]

Sa police municipale, dit-elle, va « dans les quartiers ou la police nationale ne va plus ». Elle qui souhaite « attirer une nouvelle population à Noisy-le-Grand » défend bec et ongles son bilan, avec « une police municipale forte de 40 agents, disponibles de 7 heures à 4 heures du matin [et dotée « d’armes, de chevaux, de chiens, d’une voiture tout-terrain » on peut lire plus loin dans le même article; NdAtt.] et 180 caméras » implantées dans la ville.
Elle refuse que ces images « servent à une récupération politique, car, assure-t-elle, les attaques aux mortiers ne sont pas quotidiennes. » Une affirmation tempérée par plusieurs sources policières de terrain, qui évoquent « des attaques aux mortiers à répétition », de la part des guetteurs du point de deal, qui avertissent ainsi tout le réseau. D’autres fonctionnaires insistent sur les « rapports changeant avec les jeunes, un jour bon, un jour mauvais », et ce, « sans explication apparente ». […]

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Chenôve (Côte-d’Or) : Le couvre-feu du maire ne calme pas les esprits, au contraire

France3 / 29 septembre 2019

[…] Cela fait plusieurs mois que la ville de Chenôve est régulièrement secouée par des violences urbaines. Cet été, le maire Thierry Falconnet avait instauré un couvre-feu pour les mineurs dans une partie de la commune.
De nouveaux incidents se sont déroulés samedi soir. Tout a commencé un peu avant minuit. Les pompiers ont été appelés pour éteindre des incendies de voitures. La police s’est aussi rendue sur les lieux. A leur arrivée, les forces de l’ordre ont été prises à partie par un groupe de 20 à 30 personnes, indique le directeur de cabinet du préfet de Côte-d’Or.
Les policiers ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène et de LBD (lanceur de balle de défense).
Plusieurs épisodes de violence ont eu lieu durant la nuit du 28 au 29 septembre, précise la préfecture. Mais, il n’y a heureusement aucun blessé. Ce dimanche matin, le calme est revenu. Une personne a été interpellée, elle est actuellement en garde à vue. « Une vigilance particulière sera observée dans les prochaines heures », ajoute la préfecture.
Face à ces violences urbaines à répétition, les maires de Dijon et Chenôve ont interpellé le ministre de l’Intérieur. Au mois de juillet, les deux élus ont demandé à Christophe Castaner davantage de moyens de police. « Comme nous, plusieurs maires de grandes villes ont lancé les mêmes alertes au ministre de l’Intérieur depuis plus d’un mois. Ce renforcement des moyens de police doit intervenir sans délai », indiquaient François Rebsamen et Thierry Falconnet dans leur courrier

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Plaisir ? Pour les bleus, pas trop !

Le Parisien / vendredi 20 septembre 2019

Brusque montée de violence, durant la nuit de jeudi à vendredi, dans le quartier du Valibout, à Plaisir. Vers 23 heures, les pompiers interviennent allée Saint-Just pour venir au secours d’un homme inconscient allongé par terre. Une patrouille de police les accompagne pour sécuriser l’intervention. Un groupe de personnes se rapproche d’eux et leur lance des pierres. Les pompiers et les forces de l’ordre essuient même des tirs de mortiers de feux d’artifice.
« Le toit du fourgon des pompiers et la portière de la voiture de la brigade anticriminalité sont abîmés » rapporte une source proche de l’affaire. Les policiers ripostent en lançant une grenade incapacitante et parviennent à disperser le groupe hostile. Aucun agresseur n’est interpellé. L’homme inconscient, ivre mort, est conduit à l’hôpital André Mignot du Chesnay-Roquencourt.
À peine deux heures plus tard, vers 1 heure du matin, un deuxième épisode de violence a lieu juste à côté, dans la rue du Valibout : un groupe d’une vingtaine de personnes s’attaque aux fonctionnaires de la brigade anticriminalité en patrouille. Ils sont repoussés par les policiers qui utilisent leur armement non létal (grenades, lanceurs de balle de défense) pour se dégager. Dans la foulée, les fauteurs de troubles allument deux feux de poubelle autour du supermarché Markup et renversent des chariots de course sur la route pour bloquer les hommes en uniforme. Les forces de l’ordre se replient. Après l’arrivée de renforts, les fonctionnaires reprennent possession du quartier et les pompiers peuvent intervenir pour éteindre les incendies.
Vers 2h15, les policiers, toujours dans le quartier, repèrent un petit groupe et reconnaissent parmi eux un homme comme faisant partie, selon eux, des fauteurs de troubles. Le suspect tente de prendre la fuite avant d’être rattrapé. Âgé de 29 ans, il a été placé en garde à vue au commissariat. Les causes de cette hostilité subites contre les policiers et les pompiers restent pour l’heure mystérieuses. [« tout le monde déteste… » disait le vieux adage; NdAtt.]

Le Parisien / samedi 21 septembre 2019

Nouvelle nuit de violences dans le quartier sensible du Valibout, à Plaisir (Yvelines). Entre vendredi et samedi, « une bande de vingt à trente personnes, probablement la même que la nuit précédente, s’est attaquée aux forces de l’ordre », rapporte une source proche de l’affaire.
Les faits ont débuté vers 22h45. Deux voitures de police patrouillent alors dans la rue du Valibout. Des premiers assaillants jettent des pierres sur les forces de l’ordre, qui sortent de leur voiture et ripostent. Les fonctionnaires lancent des grenades incapacitantes en direction du groupe hostile pour le disperser.
Second épisode, à 0h15, rue Jules-Verne. Une autre voiture de police essuie de nouveaux jets de cailloux. Là encore, les policiers ripostent, toujours de la même manière.
Un feu de poubelle est dans la foulée signalé place du Silo, à l’arrière du supermarché Markup. Toutefois, l’incendie ne représente aucun risque. Les pompiers ne sont donc pas appelés en renfort pour éviter qu’ils soient pris à partie.
Troisième acte, trente-cinq minutes plus tard. Un nouveau feu de poubelles est allumé place du Silo. Celles-ci sont placées à proximité du mur de l’épicerie. Peu après, une Peugeot 206 est poussée en travers de la chaussée, à l’angle des rues Valibout et Robespierre, avant d’être incendiée. Le feu se propage rapidement sur un fourgon stationné contre le mur du supermarché. Cette fois, les pompiers sont donc dépêchés sur place. Ils arrivent accompagnés de renforts de police, qui dispersent une dizaine de jeunes souhaitant en découdre. Le sinistre est ainsi rapidement maîtrisé. Aucun dégât n’est à déplorer dans le commerce. […]

Le Parisien / dimanche 22 septembre 2019

Les poubelles ont brûlé et les pierres ont volé pour la troisième nuit consécutive dans le quartier du Valibout, à Plaisir. Un groupe d’environ 25 personnes a incendié des poubelles durant la nuit de samedi à dimanche, avant de prendre une nouvelle fois à partie les forces de l’ordre, dans un enchaînement de violence qui reste, pour l’heure, inexpliquée.
Les incidents ont commencé vers 0h20. Les pompiers sont intervenus rue Robespierre, rue Danton et place du Silo, pour éteindre trois feux de conteneurs-poubelles et de détritus, escortés par des policiers. Vingt minutes plus tard, un groupe se forme place du Silo, visiblement prêt à en découdre. Cela se confirme rapidement : une dizaine de tirs de mortiers de feux d’artifice, divers projectiles et deux engins incendiaires sont projetés sur les policiers. Ces derniers ripostent de manière intense, faisant usage à trente reprises de lanceurs de balle de défense et lançant quinze grenades incapacitantes pour disperser leurs agresseurs. Le calme revient dans le quartier vers 1h10.
De nouveaux feux de poubelles surviennent peu avant 3 heures, devant le collège Blaise-Pascal puis un autre, quelques minutes plus tard, rue Maximilien-Robespierre. Mais cette fois sans qu’ils ne soient suivis d’affrontements avec la police.
Ces scènes de violences se répètent depuis plusieurs nuits au Valibout. Aucun motif pouvant justifier ces actes n’a été découvert par les policiers et les services de la mairie. La seule personne interpellée, lors de la première nuit d’affrontements, soutient qu’elle n’a pas participé aux incidents. Cet homme de 29 ans devrait comparaître devant le tribunal correctionnel ce lundi.

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Toulouse : Les flics se mangent caillasses et poubelles

Toulouse7 / mardi 17 septembre 2019

Des violences urbaines ont eu lieu dans la nuit du 16 au 17 septembre vers 22H00, lorsqu’un équipage de police a procédé au contrôle et à l’interpellation d’un individu pour trafic de stupéfiants, place Abbal dans le quartier du Mirail a indiqué le syndicat Unité SGP police ce mardi matin. Les policiers ont été caillassés par une vingtaine d’individus et assaillis de projectiles, ils ont du faire usage de moyens lacrymogènes pour se dégager. Deux policiers ont été légèrement blessés. L’individu initialement interpellé a pu être emmené au Commissariat central.
Un peu plus tard dans la soirée, vers 01h00, un véhicule refusait un contrôle de police secteur Empalot et prenait la fuite rue Jean Moulin. Plusieurs équipages tentaient d’intercepter le véhicule et ont fait l’objet de jets massifs de projectiles par de nombreux jeunes cagoulés, notamment un container à ordures lancé sur un véhicule de police sérigraphié. Un véhicule de la BAC a également été endommagé par des projectiles. Une interpellation a eu lieu parmi les agresseurs. Le conducteur du véhicule ayant refusé d’obtempérer a également été interpellé.

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Nantes : Elle ne se rendent pas

Ouest-France / mardi 17 septembre 2019

Elles étaient trois et ont dérobé de la marchandise, rue Océane, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), dans l’un des magasins de la galerie Atlantis. Les trois jeunes filles ont franchi la caisse sans payer ; deux d’entre elles ont réussi à prendre la fuite. La troisième a été stoppée dans sa fuite par les employés. Mais l’adolescente, âgée de 13 ans, habitant dans un foyer à Cholet (Maine-et-Loire), s’est rebellée fortement, et a cassé un grand miroir qui se trouvait dans une cabine d’essayage. Elle a fourni une identité imaginaire, selon un proche de l’enquête, puis s’en est pris aux fonctionnaires de police, lors de l’interpellation. Le magasin et un vigile ont porté plainte. De même qu’un policier qui a été mordu à l’avant-bras et un autre qui a reçu des coups de pied dans les jambes.
La jeune fille, qui était en fugue, a été présentée au parquet des mineurs d’Angers, pour vol en réunion précédé de dégradations, dégradations volontaires de biens privés, et rébellion et violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique.

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Bandol (Var) : Des panneaux pour insulter les flics !

Var-Matin / jeudi 19 septembre 2019

Depuis quelques jours les panneaux de signalétique de la D559, à Bandol, ont été tagués.
Des individus ont griffé les flèches du rond-point Alphonse Juin, le panneau d’indication du parking de covoiturage ainsi que celui d’indications des sorties, route du Beausset.
Les automobilistes pouvaient notamment y lire des « ACAB », l’acronyme anglais de All Cops Are Bastards un slogan anti-police popularisé dans les années 80.
Des injures directement adressées aux forces de l’ordre dans un contexte particulièrement tendu et sur le lieu de réunion des gilets jaunes bandolais.
Et ce n’est pas la première fois cette année que les panneaux de ce secteur font l’objet de tags et détériorations. Le Département, qui a en gestion la D559, est déjà intervenu pour remplacer 25 panneaux.
« Depuis plusieurs mois, nous sommes intervenus régulièrement pour changer les panneaux, explique le Département. Le problème c’est que tout juste changé, ils sont à nouveau tagués. Même si cette fois avec les insultes envers les forces de l’ordre, on a gravi un échelon. La police municipale est intervenue à plusieurs reprises en vain. Comme les individus ne sont pas pris sur le fait on ne peut rien y faire. Ce jeudi, nos techniciens vont se rendre sur place pour changer à nouveau les panneaux tagués en espérant qu’ils restent cette fois en bon état plus longtemps. Ces changements sont entièrement réalisés au frais du Département. »

Fin de détention provisoire pour Thomas P., inculpé pour l’émeute du 9 février à Paris – 24 septembre 2019

Publié le 2019-10-01 13:44:29

Le samedi 9 février, lors de l’acte 13 des « gilets jaunes », du mobilier urbain et des distributeurs de banque avaient été vandalisés à Paris et une dizaine de voitures, principalement de luxe, ont été incendiées. Thomas P., militant de gauche radicale, avait été arrêté le jour même après quatre heures de filature pour des violences et des incendies de véhicules, notamment la Porsche du chef-cuisinier Christian Etchebest.

Incarcéré sous mandat de dépôt criminel le 12 février après sa mise en examen pour des « dégradations de bien » aggravées et des « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique », l’homme, âgé de 26 ans, a été remis en liberté mardi après sept mois de détention, a-t-on appris vendredi 27 septembre de sources concordantes.

L’homme est également soupçonné d’avoir incendié un véhicule de la mission antiterroriste Sentinelle et d’avoir pris part à l’attaque d’un fourgon pénitentiaire près des Champs-Élysées.

Originaire de la région bordelaise, Thomas P. était fiché S (Sûreté de l’État) pour son appartenance à « la mouvance anarcho-libertaire », selon le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

Dans une lettre adressée en mai aux médias depuis sa prison de Fleury-Mérogis, Thomas P. a revendiqué une partie des faits, dont l’incendie de la voiture du médiatique chef-cuisinier, au nom d’un
« usage juste de la violence » en réponse à la « violence légale » de la police.

« Comme tous ceux qui manifestaient ce 9 février, j’ai appris qu’une nouvelle fois, un homme venait de se faire arracher la main par une grenade (devant l’Assemblée nationale, un manifestant d’une trentaine d’années a eu la main arrachée en voulant se saisir d’une grenade de désencerclement au sol, ndlr). Et puis je n’ai plus rien vu, à cause des gaz. Tous, nous suffoquions. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de ne plus être une victime et de me battre. J’en suis fier. Fier d’avoir relevé la tête, fier de ne pas avoir cédé à la peur », écrivait-il.

Après plus de sept mois de détention, les juges d’instruction ont accepté le 20 septembre sa demande de mise en liberté, selon une source judiciaire et ses avocats. Il a été effectivement libéré mardi et est désormais placé sous contrôle judiciaire, après le rejet de deux recours du ministère public, ont-ils précisé. « Malgré l’opposition résolue du parquet, ce se sont pas moins de six juges successifs qui ont finalement décidé de le remettre en liberté », a réagi Me Martin Mechin, son avocat avec Me Aïnoha Pascual.

[dépêche AFP, 27.09.2019]

Pabu (Côtes-d’Armor) : Des cadeaux pour le maire

Publié le 2019-10-01 16:43:26

extrait du Télégramme / lundi 30 septembre 2019

[…] Ce lundi, Pierre Salliou, le maire de Pabu, se disait « extrêmement choqué par ces faits, qui sont inqualifiables ». Des faits qui auraient été commis dans la nuit de samedi à dimanche, entre 22 h et 7 h du matin. « Je suis rentré dimanche à 8 h, j’ai découvert de la matière fécale devant la porte-fenêtre de mon domicile et un mouchoir en papier souillé, posé sur une chaise. Il y en avait aussi sur les poignées des portes de nos deux voitures et les essuie-glaces, ainsi que de la graisse ».

C’est la seule maison qui a été visée par ces actes d’incivilités. Ce qui fait que Pierre Salliou se sent « visé en tant qu’élu de la République. À travers ma maison, c’est moi qu’on attaque ». […]

Châteauroux (Indre) : Chaque âge saccage sa cage – 26 septembre 2019

Publié le 2019-10-01 16:43:30

Cet été, plusieurs écoles de Châteauroux (Indre) ont reçu des petites visites destructrices : l’école Michelet, vandalisée à deux reprises, l’école Charbonnier, déjà « visitée » deux fois pendant l’été, l’école Frontenac, et l’école Buffon, saccagée juste avant la rentrée scolaire.

A chaque fois, selon les journaflics locaux, a été constaté à l’intérieur « vitres cassées, portes forcées, peinture renversée, colle répandue et des tags ».

Jeudi 26 septembre, notamment à partir d’images de vidéosurveillance, trois jeunes de 14 et 15 ans ont été arrêtés et accusés de l’ensemble de ce joyeux bordel, puis présentés à un juge des enfants. Deux d’entre eux ont déclaré que c’était « pour s’amuser ». Entre s’ennuyer à l’école et s’amuser contre l’école, on ne peut que se réjouir qu’il reste un peu de vie non-domestiquée par l’institution scolaire. Et que loin des écrans, cet excès de vie peut même se retourner directement contre les casernes de la reproduction sociale.

 

[Repris de La Nouvelle République, 27.09.2019]

Charleroi, Belgique : Les élus ont des noms et des adresses – 28 septembre 2019

Publié le 2019-10-02 00:36:14

Ce samedi matin, Nicolas Tzanetatos (MR), conseiller communal carolo et député wallon, a eu une désagréable surprise : sa voiture, garée devant chez lui a été sauvagement vandalisée… Pour la cinquième fois depuis le mois d’avril.

Ce matin, le député wallon carolo devait se rendre à une formation. Vers 8h, il constate que sa voiture a été vandalisée durant la nuit. « Le pare-brise a été brisé avec un pavé de rue », explique-t-il. « Ils se sont acharnés mais ils n’ont pas réussi à rentrer. De toute façon, il n’y avait rien à voler », indique Nicolas Tzanetatos qui soupire : « C’est la cinquième fois qu’on me vandalise une voiture depuis le mois d’avril ! »

[Repris de sudinfo.be, 28.09.2019]

Lanouée (Morbihan) : Comment neutraliser un parc éolien ?

Publié le 2019-10-02 00:37:06

C’est à l’occasion d’un procès qui s’est tenu jeudi 19 septembre 2019 au tribunal correctionnel de Vannes, qu’on en apprend un peu plus sur le sabotage du parc éolien en Lanouée, près de Ploërmel (Morbihan). La nuit du 3 au 4 janvier 2019, au lieu-dit Rouvray, son transformateur électrique de 20 000 volts avait en effet été incendié par un groupe de gilets jaunes, provoquant de gros dégâts et son arrêt. Si plusieurs des sept arrêtés le 11 mars (suite à un « renseignement anonyme », hum, bien qu’ils aient pensé à laisser ailleurs leurs téléphones portables) ont parlé en garde à vue et certainement lâché ou confirmé des noms, puis ont reconnu les faits et les ont renié lors du procès, on peut tout de même souligner quelques faits :

* tout d’abord qu’il s’agit là d’un exemple de plus parmi les nombreux déjà listés, que des groupes auto-organisés de gilets jaunes (ici sept personnes âgées de 24 à 39 ans) ont non seulement entrepris des sabotages en dehors des émeutes du samedi, mais aussi qu’ils ont identifié des structures d’énergie ou de communication comme étant des cibles intéressantes pour eux.

* ensuite que des attaques importantes peuvent être menées avec des moyens simples (dans ce cas « un pied-de-biche, des pneus usagés et de la paille ») contre des structures de la domination disséminées à tous les coins de rue… ou de campagne. Techniquement, ils ont forcé la porte au pied de biche, puis ont bouté le feu à l’intérieur avec les pneus et la paille.

* enfin, qu’un parc éolien n’est pas seulement composé de simples tranfos, mais dispose aussi d’un dit « poste de livraison » crucial qui contrôle l’ensemble des éoliennes et peut donc tout arrêter, comme l’a révélé au procès l’exploitant de celui de Lanouée, Steag New énergie :

« Ce n’est pas un simple transformateur électrique qui a été incendié ce soir-là, souligne l’avocat de Steag New énergie, la société qui exploite les éoliennes. C’est le poste de livraison, le cœur du parc, le nœud de raccordement de toutes les éoliennes. » Et le préjudice est « extrêmement important » : plus de 575 000 €, comprenant le matériel détruit et la perte d’exploitation.« 

[Reformulé de ouest-france, 19.09.2019]

Montbéliard (Doubs) : Attaque du tribunal à l’arme à feu – 30 septembre 2019

Publié le 2019-10-02 00:38:04

Le tribunal de Montbéliard (Doubs) a été pris pour cible au cours du week-end des 28 et 29 septembre: des fonctionnaires de la machine judiciaire ont découvert deux impacts contre la porte vitrée et trois autres sur la partie supérieure. Selon l’Est Républicain, une douille de balle a été retrouvée à proximité de l’entrée de la Cité Judiciaire. Les enquêteurs pensent à une attaque vengeresse contre la machine judiciaire qui broie des vies jour après jour.

« Au moins cinq impacts de balles ont été découverts, ce lundi matin, sur la porte vitrée blindée et sur la façade du tribunal correctionnel de Montbéliard. De loin, il apparaissait qu’une partie du bardage avait été endommagée, en dessous des deux drapeaux tricolores qui surplombent le hall. […]

Sur les portes vitrées coulissantes, on aperçoit effectivement de profonds impacts, à hauteur d’homme, entre la ceinture et la tête. Les fonctionnaires de l’identité judiciaire ont été requis pour procéder aux premières constatations et pour collecter les indices en question.

À quand remontent les tirs ? « Entre vendredi soir, quand la femme de ménage est partie, et ce lundi matin », note un employé des lieux. Un laps de temps pour le moins assez large… L’analyse des images des caméras de surveillance du tribunal, mais aussi celles du quartier, permettra, peut-être, d’affiner les recherches.

Il apparaît que les coups de feu ont été tirés depuis l’extérieur de l’enceinte ; durant le week-end comme en dehors des heures d’ouverture, le site est fermé par des grilles.

Une enquête de voisinage, dans le quartier de la Petite-Hollande et aux abords de la rue Mozart où est située la cité judiciaire, permettra aussi, peut-être, de récolter quelques éléments pour connaître le jour et l’heure des faits. […] »

[Repris de l’Est Républicain, 30.09.2019]

La Plaine des Cafres (La Réunion) : Sabotage contre La Poste – 2 octobre 2019

Publié le 2019-10-02 15:31:05

Dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 octobre 2019 à La Plaine des Cafres (île de la Réunion), plusieurs véhicules de La Poste ont été sabotés sur le parking de l’agence.

Quatre véhicules sérigraphiés de l’entreprise sont partis en fumée, quatre autres ont été « vandalisés », selon une dépêche de la presse locale.

Tout le monde déteste les régies et la police

Publié le 2019-10-03 20:07:06

L’installation, au coeur de la ville, d’une photo de la taille d’un immeuble illustrant une voiture en flamme permet diverses interprétations allant de l’abject message pop-séducteur-arti-provocateur-vendeur à une invitation subtile à aller brûler tout ce qui nous opresse.



Ce samedi (28.09.19) très tôt le matin, cette publicité pour une régie immobilière a subit une modification d’envergure.

Nous avons trouvé pertinent que des personnes décident de clarifier le message et ainsi de faire dire à cette image ce qu’elle doit dire. Une dédicace aux proches des personnes assassinées par la police et à celleux qui en subissent la violence quotidiennement.

Espérons voir se réaliser en vrai ce genre d’exploit pictural.

A VOS BRIQUETS !
feu aux prisons
feu aux centres fédéraux de rétention
feu aux bagnoles de keufs
feu aux spéculateurs immobiliers



Une poukave démasquée à lille : condés piégés !

Publié le 2019-10-03 23:08:07

Nous sommes bien surpris.e.s mais la question est sérieuse, et nous ne pouvons pas ignorer cette information.

Nous décidons de nous rendre nous-même au rendez-vous afin de voir ce qu’il s’y passe – ou, du moins, vérifier l’info. Et le coup ne manque pas : nous reconnaissons immédiatement celle que le keuf veut transformer en indic’. Nous l’appellerons SH.

Nous assistons à sa rencontre dans un bar tout près de la gare, avec deux personnes, une femme et un homme, chargé.e.s de la “recruter”. Pour l’instant, nous n’en savons rien, mais la question nous tracasse, naturellement. Quand la néo-indic sort (seule, les deux présumé.e.s RG étant encore à l’intérieur), nous décidons de la suivre et de tirer les choses au clair avec elle.

Se défendant dans un premier temps de tout contact avec les forces de répression, notre argumentaire avisé ne tarde pas à la faire craquer : de toutes façons nous ne lui laissons pas le choix. Nous sommes en position de force.

Ce qu’elle nous révèle est bien ce que nous redoutions. La police a contacté d’abord sa famille pour ensuite pouvoir la joindre. C’est ainsi qu’une flic se présentant sous le nom de Pauline Guillot est entrée en contact avec SH, convenant du rendez-vous de ce mardi.

Aujourd’hui, donc, se sont rencontré.e.s SH, Pauline Guillot et un autre policier. Les deux agent.e.s lui proposent clairement de travailler pour eux, éventuellement contre rémunération. Ce qu’elle accepte initialement.

Les objectifs des renseignements sont variés ; on vous laissera juger de leur pertinence : ils veulent des infos sur les mouvements étudiants, les manifestations pour le climat, ou encore les gilets jaunes. Leur objectif est d’empêcher à la rentrée universitaire la convergence de ces mouvements sociaux avec les “casseurs professionnels”, les “black blocs”, les “ultras” ou encore les “libertaires”. Ils s’intéressent aussi aux manifs des sans papiers et aux “brigades anti-sexistes” et “anti-spécistes”. Ils parlent aussi de l’”université populaire Lille 0”. Selon leurs infos, Lille 0 pourrait bientôt se relancer et devenir un outil et un espace de convergence des luttes (comprendre : l’union des bon.ne.s et des mauvais.e.s manifestant.e.s).

Les renseignements ne sont plus ce qu’ils étaient. Avec tous les moyens dont ils disposent, ils en viennent à tenter de criminaliser des “éducateur.rices populaires”. Ça nous fait bien rire. D’autant plus que Lille 0 ne semble plus en fonctionnement depuis le printemps 2019 (d’après le site).

Tellement hilarant que nous décidons de nous amuser un peu avec nos ridicules adversaires. Ces derniers ont demandé à leur indic SH de se rendre le jeudi suivant à une “réunion de rentrée” de cette université populaire. Nous demandons avec insistance à SH de jouer le jeu et de se reconvertir en contre-espionne.

Le jeudi suivant, elle se rend comme prévu au bar “La Rumeur” pour assister à la réunion. Arrivée sur place, elle demande au patron du bar s’il y a bien une réunion. Problème : il n’est pas au courant. Vers 18 heures, SH envoie un message à Pauline Guillot et lui communique le fait qu’il ne semble pas y avoir de rendez-vous ce jour. La keuf lui répond que celle-ci a probablement été “annulée”, car son info est “sûre” : une affiche de Lille 0 annonçait cette réunion. Après vérification de notre part, nous sommes contraint.e.s de constater que les keufs sont plus que stupides. Ils sont tombés sur une affiche de Lille 0 datée de l’année dernière (à la même date). Un an plus tard : nada. Encore bravo à ces fins limiers de la Police Nationale. D’ailleurs, Pauline Guillot garde toute sa confiance en SH, elle lui recommande de participer aux futurs événements militants locaux, de poser des questions, de repérer des têtes, en s’inspirant des dates indiquées sur le site « Démosphère – Lille ».

Elle lui donne rendez-vous dans le courant de la semaine prochaine pour lui donner les prochaines instructions. Alors, les keufs lui demandent d’aller à des événements organisés par les collectifs Lilleradiée (mercredi 2 octobre) et Alternatiba, ANV-Cop21 et Les Amis de la Terre (vendredi 4 octobre) à la MRES, annoncés sur Démosphère. La première étape vers un fichage de militant.es écologistes.

A ce stade, nous considérons que la Police s’est suffisamment humiliée elle-même, que le jeu fut amusant mais surtout trop risqué, c’est pourquoi il fallait y mettre un terme et en faire le récit.

Mais, en guise d’ultime pied-de-nez aux renseignements, et pour clore toute cette histoire, nous avons envoyé le SMS suivant au numéro de “Pauline Guillot” :

« Chère police, c’était bien essayé, mais on a grillé ta nouvelle indic : S**** H****. Vous vouliez nous espionner mais c’est l’inverse qui s’est produit, revoyez vos méthodes bande de sous-merdes. A bientôt pour de nouvelles surprises.

Acabement vôtre,

La DGSI – Destitution Générale de la Sécurité Intérieure

PS : La bise à Papineau. »

Épilogue

Cette histoire nous en apprend. Sur la police, sur ses méthodes, mais aussi sur nous. Les flics sont nuls. C’est pas nouveau, mais c’est bien de se le rappeler.

Redoublons de vigilance. Nous comprenons un peu plus comment les keufs essayent d’inflitrer les mouvements contestataires. Nous ne pouvions pas prendre le risque de les laisser répandre leur venin sécuritaire plus encore. Il est important de redoubler d’efforts dans les précautions que nous prenons dans nos militantismes. Quelles que soient les méthodes, quels que soient les groupes, l’infiltration peut avoir des conséquences dans les incessantes tentatives des autorités de criminaliser tout type de mouvement.

Cet exemple illustre à quel point la police n’hésite pas à détruire des vies. La vie de SH a pris un tournant irréversible lorsque la police a pris contact avec elle. Elle était une poukave, nous avons fait en sorte qu’elle poukave ses tortionnaires. Mais cette étiquette lui restera à vie. La police a détruit sa vie militante. Nous en sommes désolé.e.s pour elle.

Semer la zizanie dans un mouvement, surveiller, réprimer et menacer des militant.e.s, voilà le quotidien de ceux qui prétendent nous protéger.

Pour finir, sachez que nous avons gardé quelques éléments croustillants à sortir en cas de besoin. D’ailleurs, les keufs, surveillez sur vos arrières, car même dans vos rangs, des personnes détestent la police.

Buenos Aires (Argentine) : Sabotage d’une machine qui détruit la Terre

Publié le 2019-10-05 00:37:04

reçu par mail / jeudi 3 octobre 2019

A cause du simple fait qu’il existe, le mercredi 22 [probablement c’est mercredi 2; NdAtt.] octobre 2019 à 1h15 du matin, un projet urbain a été saboté à Agronomía, quartier de Buenos Aires, au moyen d’un engin artisanal à base de carburant, mettant le feu à une grosse machine qui détruit la Terre.

Feu de la vengeance

Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) : Faut se dépêcher, y a plus de place sur la dévanture du faf !

Publié le 2019-10-05 12:16:04

extrait de Monceau news / vendredi 4 octobre 2019

« La permanence électorale d’«Ensemble, le Meilleur Pour Montceau !» a de nouveau été taguée dans la nuit de mercredi à jeudi avec pour inscription « nazi ». En dix jours, nous avons été victime par deux fois de telles dégradations à Montceau. […]

*****

extrait du Journal de Saône-et-Loire / lundi 23 septembre 2019

La permanence de la liste « Ensemble, le Meilleur Pour Montceau ! » emmenée par Lilian Noirot a été taguée dans le week-end. L’élu dit avoir déposé plainte ce lundi contre « ce type de tag considéré comme un délit ».

*****

extrait du Journal de Saône-et-Loire / dimanche 9 juin 2019

La permanence électorale « Ensemble, le Meilleur Pour Montceau » a été taguée dans la nuit de samedi à dimanche, signale, par communiqué de presse, Lilian Noirot, conseiller municipal d’opposition à Montceau. Des lettres « GJ » ont été inscrites en jaune sur la façade de la permanence. […]

NdAtt. : voici un morceau choisi du communiqué de presse du faf, pour donner l’idée… « […] Nous déplorons de tels agissements, une plainte a été déposée ce dimanche matin au commissariat de Police Nationale de Montceau-les-Mines. Nous tenons à remercier les forces de l’ordre pour leur travail et leur dévouement.  Si le (ou les) auteur(s) sont retrouvés, nous souhaitons que la justice les punissent sévèrement.
Nous en profitons pour rappeler que nous souhaitons le développement de plusieurs caméras de vidéo protection sur toute la ville, ce qui permettra d’assurer une meilleure sécurité à la population ainsi qu’aux commerçants. Il s’agira également d’un outil supplémentaire au travail d’enquête des policiers municipaux et nationaux dans la résolution de certaines affaires. Il convient également que l’Etat renforce les effectifs de Police Nationale au sein du commissariat de Montceau-les-Mines et, que la municipalité de Montceau recrute des policiers municipaux supplémentaires. […] »

*****

Mais qui est ce bogosse ?

extrait du Journal de Saône-et-Loire / mardi 19 septembre 2017

Ce lundi, Lilian Noirot, conseiller régional et élu à Montceau Les Mines, a appris son éviction du poste de secrétaire départemental du FN de Saône-et-Loire. Il est remplacé par le Dijonnais Damien Cantin.  » officiellement je n’ai toujours aucune information », note t’il ce mardi.  Le Montcellien, comme Sophie Montel avant lui, estime être victime de la  » chasse aux sorcières » menée contre les proches de Florian Philippot  » on veut le tuer, alors on commence par tuer ceux qui sont proches de lui. » Refusant de voir le FN s’engluer dans « une ligne identitaire » et dans « le repli sur soi », Lilian Noirot annonce :  » je ne renouvellerai pas mon adhésion au FN. » [et en effet il s’est candidaté aux élections européennes de mai 2019 sur la liste… Debout la France,de Nicolas Dupont-Aignan; NdAtt.]

Trente (Italie) : Début du procès suite à l’opération Renata

Publié le 2019-10-05 12:17:06

Insuscettibile di ravvedimento / vendredi 4 octobre 2019

Solidarité avec les anarchistes arrêtés lors de l’opération Renata, accusés d’avoir attaqué les sièges du racisme d’État, les appareils du contrôle technologique, les agences de l’exploitation, les banques armées, les serviteurs en uniforme du pouvoir.

S’ils sont « innocents », ils ont toute notre solidarité, s’ils sont « coupables », encore plus.

Vendredi 18 octobre,
à 9h : présence solidaire dedans et dehors du tribunal de Trente (Largo Pigarelli), pour le début du procès,
à 18h : rassemblement solidaire en Via Verdi (devant la fac’ de Sociologie), Trente.

Liberté pour Agnese, Giulio, Stecco, Rupert, Sasha, Poza, Nico.
Le terroriste c’est l’État.

 

Note d’Attaque : à ce jour, Stecco se trouve encore en taule (les autres étant soumis.e.s à différentes formes de contrôle judiciaire). Pour lui écrire :
Luca Dolce
C. C. di Ferrara
Via Arginone, 327
44122 Ferrara (Italie)

Madrid (Espagne) – Incendie d’un véhicule de sécurité privée : la nécessité d’attaquer

Publié le 2019-10-05 15:16:06

Contra Madriz / vendredi 4 octobre 2019

Dans la nuit du 10 au 11 septembre, un véhicule de Securitas Direct a été incendié à Vallekas (Madrid). Dans notre esprit, les mêmes pensées que celles exprimées par quelques compagnons anonymes à Paris, nous avons décidé de mener l’attaque, comme une véritable urgence :
“…On a pensé que l’urgence, aujourd’hui comme toujours, c’est agir. Agir en petits groupes ou seuls, suivant nos idées et non pas l’humeur des masses. L’urgence de l’attaque.
Identifier l’ennemi : comme hier et comme demain, les états, le capital et toute autorité.”

Force à celles qui résistent face aux expulsions, aux entreprises de sécurité, aux propriétaires et aux flics !

Force aux compas de Hambourg, d’Italie, de Barcelone, de Madrid, de Grèce…. qui font face, avec la lutte, à différentes opération répressives !

Anarchistes

Paris : La librairie fasciste reçoit de la visite – 4 octobre 2019

Publié le 2019-10-05 21:18:05

Dans la nuit du 3 au 4 octobre 2019, le repaire d’extrême-droite ‘La Nouvelle Librairie’, situé en plein quatier Latin, a été attaqué : toutes les vitres de la façade ont été détruites.

Cette attaque intervient quelques heures avant une séance de dédicace de J-M Lepen, venu faire la promotion du deuxième tome de ses Mémoires, Le tribun du peuple.

C’est François Bousquet, éditeur et proche collaborateur de Patrick Buisson, qui a ouvert ce magasin en juillet 2018.

“Dominique Venner, Brasillach, Drieu la Rochelle, Alain de Benoist, Joseph de Maistre -des auteurs qu’on associe généralement à l’extrême-droite- y côtoient Nietzsche ou Tocqueville sous le regard imperturbable d’une tête de sanglier accrochée au-dessus de la caisse, et d’une Jeanne d’Arc version buste dorée”, décrivait le magazine Les Inrocks, à l’occasion d’un reportage le jour de la réception d’Éric Zemmour. 

[Repris de la presse, 04.10.2019]

Cluny (Saône-et-Loire) : Obsèque d’une caméra de surveillance – 5 octobre 2019

Publié le 2019-10-05 21:19:05

La municipalité de Cluny a tout récemment installé une caméra de surveillance sur la place du marché. Mais dans la nuit de vendredi 4 au samedi 5 octobre, la nouvelle caméra a été mise hors d’état de nuire.

Le maire de Cluny, Henri Boniau, a porté plainte samedi matin à la gendarmerie.

« La caméra a, en effet, été tagguée en rouge, son fil coupé. Un bouquet de fleur en synthétique l’entoure, comme pour symboliser ses obsèques. »

Quelques mètres plus haut, une banderole « Big Boniau is watching you » a été suspendue sur la façade ouest de l’hôtellerie Saint-Hugues, en référence au Big Brother d’Orwell.

[Repris du Journal de Saône-et-Loire, 05.10.2019]

Revendication de la destruction de caméras de surveillance à St-Jean-du-Gard (Cévennes)

Publié le 2019-10-06 01:25:03

Par ce texte nous revendiquons la destruction par la casse et le feu de six des caméras de surveillance la nuit du 4 octobre 2019 à Saint-Jean-du-Gard (Cévennes).



Parce que nous voulons pouvoir nous promener dans la rue librement sans se faire filmer, observer, ficher…
Parce que nous refusons de nous plier face à l’État et ses arguments sécuritaire et anti-terroriste qui justifient le contrôle et le fichage des individus.
Parce que notre soif de liberté nous enflamme.
Parce que le monde qu’ils veulent nous imposer nous enrage.
Pas de quartier pour tous leur outils de mort !

Vers un mouvement environnemental révolutionnaire

Publié le 2019-10-06 19:36:05

Ce texte a été produit par la CLAC, l’IWW et Montréal Antifasciste et a été distribué lors du manifestation pour le climat qui a eu lieu le 27 septembre 2019 à Montréal. On peut aussi télécharger la brochure pour imprimer ici.

 

1. LES GOUVERNEMENTS NE NOUS SAUVERONT PAS

Ceux qui profitent de la destruction des écosystèmes et de l’exploitation des gens qui nous tiennent à cœur ne seront pas « réformés ». Ils prétendront entendre nos voix et, par moments, mettront en place de grandes entreprises spectaculaires pour apaiser temporairement notre colère. Ils nous encourageront à canaliser notre anxiété dans des gestes inutiles qui ne font que renforcer l’individualisme. Pendant que certain.es d’entre nous s’efforcent de prendre des douches plus courtes ou de réduire les déchets qu’iels produisent, les représentants des gouvernements, des universités et des entreprises investissent sans aucune gêne dans de nouveaux pipelines, organisent des conférences académiques dépourvues de toute critique systémique ou s’envolent vers de luxueuses rencontres pour faire des promesses creuses.

L’impact humain des émissions de gaz à effet de serre sur le climat est connu depuis la fin du 19e siècle. L’impact du dioxyde de carbone sur le réchauffement climatique est largement reconnu depuis les années 70. Depuis les années 80 et 90, les études et les modèles informatiques démontrent de façon accablante l’impact de l’activité humaine sur les changements climatiques. Cela fait plus de 30 ans que l’Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) a été fondé dans le but de compiler de l’information et de conseiller les gouvernements sur la façon de minimiser les changements climatiques anthropiques (produits par l’humain) qui ont déjà causé la perte d’innombrables vies humaines et l’extinction de plusieurs autres espèces animales. Ce panel affirme maintenant qu’il ne nous reste que 10 ans avant d’atteindre un point de non-retour vers la mort de la planète. Ce sont les pays du Nord global qui consomment la majeure partie des ressources de la planète. Et pourtant, nous voici encore à demander aux gouvernements coloniaux et à la classe politique qui ont causé cette catastrophe de bannir les pailles de plastiques et d’augmenter la taxe sur le carbone. Cela fait des décennies que nous les supplions. Il est grand temps que nous reprenions le pouvoir sur la situation.

 

2. LE CAPITALISME ET LA CRISE CLIMATIQUE

Le capitalisme est un système socioéconomique et politique qui implique qu’une poignée de privilégiés possèdent ce dont le reste d’entre nous a besoin pour survivre. Cela signifie que la valeur des êtres sensibles est déterminée selon leur capacité à générer du profit. Les terres, les lieux de travail, les arbres, les animaux, les habitations et l’eau sont la propriété privée d’individus et d’entreprises, leur donnant ainsi le pouvoir de les exploiter comme bon leur semble, sans égard de nos préoccupations, de nos besoins et de notre bien- être. C’est ce système économique qui permet aux entreprises d’exploiter les hydrocarbures sur des territoires autochtones non cédés alors que les gouvernements étouffent toute forme de résistance en employant des forces policières militarisées.

Pour assurer son existence, le capitalisme doit maintenir en place la hiérarchie, le pouvoir et l’obéissance. C’est ce qui explique que nos actes de rébellion soient traités différemment de leurs actes de violence systémiques (ex. voler de la nourriture au Wal-Mart ou voler les terres des communautés autochtones). Les actions que l’on pose en vue d’un meilleur futur n’ont aucun sens sans une rupture radicale avec le système qui a érigé la violence et la destruction comme l’état normal (et légal) des choses.

 

3. COLONIALISME, RACISME ET DESTRUCTION

Être vert, c’est aussi s’opposer au colonialisme et au racisme. Ces systèmes d’oppression sont intégralement imbriqués dans la crise climatique.

La pollution atmosphérique ne peut être comprise sans prendre en compte le passé et le présent des réalités coloniales. Notre compréhension des contributions respectives de divers pays aux changements climatiques doivent rendre compte de l’émission historique des gaz à effet de serre et, encore davantage, de qui profite de la destruction. Des entreprises et des empires ont été bâtis sur l’exploitation des Noirs, des communautés autochtones et d’autres personnes de couleur. Des entreprises canadiennes et américaines assassinent des militant.es pour la protection de la terre en Amérique latine et en Afrique, empoisonnent l’air et les courants d’eau en Asie et expédient nos ordures par bateau pour les déverser loin de nos regards.

À plusieurs moments dans l’histoire canadienne, la dévastation écologique a été utilisée comme une arme à l’encontre des communautés autochtones. Au 19e siècle, la surchasse des bisons par les colons dans les Prairies a mené à des famines, alors que la pratique était encouragée en toute connaissance de cause par le gouvernement canadien de John A. McDonald comme outil génocidaire visant à « clear the West ». De telles pratiques continuent toujours aujourd’hui. Dans la communauté autochtone de Grassy Narrows, située près de la frontière de l’Ontario et du Manitoba, l’eau a été contaminée par du mercure déversé dans leur source d’approvisionnement en eau par une usine de papier en amont. Une étude estime que 90 % de la population souffre d’un empoisonnement au mercure, qui peut causer entre autres des changements émotionnels, des troubles cognitifs ou des pertes de auditives. Le métal lourd peut être transmis d’une mère à son enfant durant la grossesse, ce qui en fait une problématique qui s’étale sur plusieurs générations. C’est l’héritage du colonialisme et du génocide canadien: pour plusieurs personnes la catastrophe écologique a déjà eu lieu il y a plusieurs centaines d’années.

Les personnes les plus opprimées sont toujours celles qui payent le prix des modes de vie occidentaux et de la croissance effrénée qui les accompagne. Les sécheresses, les inondations et les famines sont de plus en plus communes et créent des réfugiés climatiques de plus en plus nombreux. Pendant qu’on se bat contre les changements climatiques, on doit aussi se battre contre le système de frontières qui accorde plus d’importance à certaines vies qu’à d’autres. On doit se battre contre la police qui entre chez des migrant.es au beau milieu de la nuit pour enlever les parents. On doit se battre contre la construction de la prison de migrant.es à Laval où des enfants grandissent derrière des barreaux. On doit se battre contre les guerres du pétrole, qui laissent dans leurs sillages des pays entiers détruits. On doit se battre contre la suprématie blanche, qu’elle prenne la forme de milices néofascistes, de chroniqueurs conservateurs ou de l’État colonial réclamant la souveraineté sur des territoires autochtones. Au bout du compte, on doit aussi confronter quiconque accepte cette situation sans en ressentir une profonde colère. On ne peut pas accepter que les privilégiés de cette planète utilisent des termes comme « surpopulation » ou « crise migratoire » parce qu’ils sont trop apeurés ou égoïstes pour s’opposer aux réels coupables de la destruction de notre monde.

 

4. REFUSER LES BOUCS ÉMISSAIRES ET L’EXTRÊME-DROITE

Suite à l’ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelle-Orléan en 2005, des suprémacistes blancs ont profité du désastre pour assassiner, au hasard, des personnes noires qui tentaient de survivre aux inondations. Plus récemment, en 2019, que ce soit à Christchurch, en Nouvelle-Zélande ou à El Paso, des néonazis ont commis des massacres tuant des dizaines de personnes de couleur en affirmant explicitement vouloir « sauver l’environnement ». Partout sur la planète, des pressions sont faites pour que les pays riches, ceux qui sont à l’origine de la crise écologique, resserrent leurs frontières et limitent l’immigration au nom de la protection des ressources naturelles. Parallèlement, des racistes s’en prennent aux minorités visibles ou aux populations du Sud global à coût de mesures coercitives de « contrôle de population » dans le but de limiter la croissance de la population mondiale. Au Québec, les membres des groupes d’extrême-droite anti-immigration se sont parfois retrouvés les bienvenus dans les espaces de mobilisation pour l’environnement, alors que les problématiques liées aux personnes de couleurs et à l’antiracisme ont été mises de côté.

Cet héritage de l’écofascisme doit être adressé et confronté. Autrement, les mouvements écologistes sont à risque de se faire manipuler et transformer en instrument d’oppression envers les populations qui subissent déjà le plus directement les catastrophes engendrées par le capitalisme

 

5. CE QU’ON PEUT FAIRE !

Ce pamphlet a été écrit et distribué sur des terres autochtones non cédées et sur un lieu de rassemblement appelé Tiohtiá:ke (Montréal) par la nation Kanien’kehá:ka (Mohawk).

 

AUTRES GROUPES ET RESSOURCES DINTÉRÊT

Visite nocturne aux installations de Lemay dans le Parc Frédéric-Back

Publié le 2019-10-06 19:36:14
Oct 052019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Dans le cadre d’une série d’actions ciblant les profiteurs de la prison pour migrant.es, près d’une douzaine de puits de captation de biogaz conçus par Lemay et installés dans le Parc Frédéric-Back ont été taggués avec les mots « fuck lemay ». Les identifiants uniques de plusieurs de ces puits ont aussi été recouverts de peinture noire. Des bancs et une grande carte du parc, aussi conçus par Lemay, ont été taggués avec des slogans et des symboles anti-Lemay, anti-flic, antiautoritaires et antifascistes. Ces modifications bien méritées contribueront sans doute à « l’aménagement écologique unique » du parc et augmenteront « l’air surréaliste » du paysage.

Les Gilets jaunes n'ont pas sommeil

Publié le 2019-10-06 19:36:36

Un récapitulatif non exhaustif des actions directes du mouvement des Gilets jaunes.



Sortie d’une brochure qui revient sur des actions directes effectuées pendant le mouvement des Gilets jaunes. Comme les luttes ont toujours plusieurs faces et ne s’ancrent pas que dans leurs versants les plus exposés, tentons de faire ressortir une part d’obscurité.

Tout au long de la mobilisation des Gilets jaunes, on a pu constater que la presse ne relayait pas ce qui se passait réellement dans la rue, tendant sans cesse à minimiser l’ampleur de la lutte. « Dites-moi, cher présentateur télévisé : est-ce que la lutte s’essouffle, ou bien est-ce qu’elle est en bout de course ? » était la seule question qu’on entendait répéter inlassablement, faisant preuve d’un certain comique de répétition. Les Gilets jaunes ont alors dû se mettre à comptabiliser eux-mêmes la participation aux manifestations, et relayer les informations sur leurs propres médias.

Ceci est une participation non exhaustive, tentant de recenser les actions qui ont été exécutées par les Gilets jaunes en dehors des manifestations, en s’appuyant principalement sur le blog Sans attendre. Celles-ci ont souvent été noyées, voire tues par les médias, c’est pourquoi il nous semble important de les mettre en lumière, et de montrer à quel point la lutte s’est aussi déroulée sur ce terrain-là, avec des impacts matériels souvent conséquents.

Si de nombreuses personnes ou groupes ont pu être arrêtés à la suite de ces actions, cela ne peut qu’inciter à plus de prudence lors des actions, ainsi qu’à apprendre à se défendre face à la justice et à soutenir les inculpés. Il est aussi important de voir que de nombreuses actions effectuées avec quelques précautions ont mis les enquêtes en échec. Petite note aussi sur la sécurité informatique : des moyens existent pour communiquer anonymement, qui peuvent protéger des grandes oreilles du renseignement (le navigateur Tor, le système d’exploitation Tails, etc. Voir "L’informatique : se défendre et attaquer").

Alors, afin que les attaques contre ceux qui permettent à ce gouvernement et à ce système de perdurer se propagent, voici un petit rappel de ce qui a déjà pu être fait. Longue vie aux GJ !

SOMMAIRE

1. Les agences vont banquer
2. On ne communiquera plus !
3. Des attaques en permanence
4. Contre la répression
5. Les multinationales au cœur du système
6. Percepteurs, voici la monnaie de la pièce !
7. Travail de nuit
8. V. pour Vendetta
9. Solidarité internationale

Un compte-rendu de la grève du climat à Montréal

Publié le 2019-10-06 22:35:10
Oct 052019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

« La lutte contre les changements climatiques doit déborder de son lit. Elle doit aussi combattre le système de frontières qui valorise certaines vies plus que d’autres. Elle doit renverser le capitalisme qui cherche toujours à produire plus. »
– Appel au contingent anticapitaliste et antiraciste

« L’air, la terre et les rivières
Ont besoin de révolutionnaires »
– Slogan entendu en manif

« Manif zéro-déchet : police dehors! »
– Slogan entendu en manif

Le vendredi 27 septembre à Montréal, entre 300 000 et 500 000 personnes étaient présentes à la marche pour le climat, des anarchistes et d’autres radicaux ont décidé d’y participer aussi. Au milieu d’un citoyennisme de masse et son défilé discipliné du Mont Royal au Vieux Port, il était difficile de faire changer le ton vers un affrontement réel avec les systèmes du pouvoir et les institutions qui rendent la planète inhabitable. Néanmoins, des milliers de copies de Vers un mouvement écologique révolutionnaire et de Climat de révolte ont été distribués, les deux argumentaient contre le réformisme, et le dernier donnait un lien vers une cartographie des points faibles de l’économie extractiviste canadienne. Puis, dans le contingent antiraciste et anticapitaliste, il y a eu des lueurres d’espoir d’une lutte pour le climat qui ne se contente pas de demander une solution imposée par le gouvernement, mais qui s’oppose aux opérations coloniales, capitalistes, et de suprématie blanche, des quelles dépendent l’écocide.

Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l’appel pour un contingent antiraciste et anticapitaliste qui invitait les gens à se masquer et à étendre la lutte vers des perspectives libertaires. On a aussi entendu dire que beaucoup de gens qui essayaient de rejoindre le contingent n’y parvenaient pas, en raison de la grandeur et la densité de la foule. Tôt dans la journée, il était très difficile de se déplacer dans la foule dense, en particulier pour un groupe ou des gens tenant une bannière. Sachant qu’on était entouré de centaines de milliers de personnes, le sentiment semblait plus apocalyptique que libératoire. Après une heure interminable à attendre que la manif parte, le contingent a décidé de se séparer vers l’est sur l’avenue des Pins. Près de mille personnes ont décidé de se joindre à cette rupture (les flics ont averti les manifestants de ne pas se joindre aux antifas).

D’un pas plus determiné, avec des drapeaux noirs, des fumigènes vertes, et de la musique, des bannières et des slogans de qualité, nous avions l’impression de pouvoir respirer à nouveau. Les gens se sont mis à arracher des pancartes électorales avec joie, et une banque TD a reçu des bombes de peinture verte. Au même moment, dans la manif principale, un individu courageux a lancé un oeuf au premier ministre Justin Trudeau, qui s’est fait huer durant tout son absurde photo-op #marchepourleclimat protégé par des tas de flics. Environ vingt minutes plus tard, des autobus d’anti-émeutes sont apparus derrière nous, en gardant leur distance, alors que nous rejoignions la manif principale au coin de Ste-Catherine et St-Laurent.

En marchant vers le sud sur St-Laurent, des graffitis « fuck le capitalisme » et « Miguel Peralta libertad », appelant à la liberté pour l’anarchiste autochtone prisonnier de l’état mexicain, ont embelli les murs. Sur le boulevard René-Lévesque, le contingent a pris le côté gauche de la rue alors que le reste de la manif se tenait à droite, séparés par une haute clôture au milieu. D’autres bombes de peinture ont frappé une banque HSBC. Peu de temps après, des gens les ont aussi utilisés pour redécorer les bureaux d’Immigration et Citoyenneté Canada, qui ont aussi été couverts de graffitis « migrant.es bienvenus », « fuck CBSA », et « queer and trans resistance » en or. Un communiqué publié le jour suivant a expliqué les liens entre les changements climatiques et le régime frontalier. Le contingent encourageait ces actions alors que ceux et celles de l’autre côté de la rue semblaient soit curieux ou s’en foutaient. On se demande ce qu’il serait arrivé si une attaque comme celle-ci en pleine journée se serait intensifiée.

Au lieu de s’attarder autour de la fin de manif sur Robert-Bourassa pour écouter des heures de discours, le contingent a divergé vers l’est vers le Square Victoria. Là, nous avons trouvé des gens en train d’occuper l’espace autour de la statue de la Reine Victoria avec plein de bouffe à donner gratuitement, une bannière lisant « Zone d’autonomie temporaire » drapée sur la statue, et des barrières de contrôle de foule détournées pour bloquer la rue traversant le square. C’était magnifique de pouvoir s’étendre dans le gazon après tant d’heures sur nos pieds, un écart apprécié avec nos expériences de fin de manif plus habituelles. Au cours de l’après-midi, la statue a été vandalisée un graffiti à la fois, les gens ont dansé autour d’un système de son, et une structure en bois a été construit dans la rue. Il y avait beaucoup de flics qui nous observaient, mais il n’a jamais paru probable qu’ils attaqueraient le rassemblement festif, étant donné qu’on était à un coin de rue d’où des dizaines de milliers de gens de la manif principale se rassemblaient toujours, et que notre impact perturbateur n’était forcément rien comparé à celui de la manif monstre.

Une manif de soir anticapitaliste avait été appelée pour 18h30 à Square Victoria. L’incendie de la structure en bois au milieu de la rue voulait donner le ton. Malheureusement, l’ambiance générale n’était pas forte. Les centaines de flics mobilisés pour la manif principale avaient pu se concentrer sur le square pendant des heures, attendant 18h30 quand ils s’attendaient à ce que la majorité de la foule soit parti. De plus, les gens se masquaient de manière inefficace, souvent avec des bandanas, ceux-ci souvent retirés autour du cou. Des pratiques de masquage laissant à désirer multiplient les risques quand les flics ont eu des heures pour établir la surveillance d’un point de rassemblement immobile. Ça affaiblit notre capacité d’agir et d’agir pendant de longues périodes dans la rue. La manif a duré trois minutes, un beau feu d’artifice et quelques roches ont atteint un groupe de flics à vélos, l’anti-émeute a fermé une station de métro en tirant du poivre de cayenne près du système de ventilation, et deux personnes ont été arrêtées.

Les questions d’où, quand et comment participer et intervenir dans les mobilisations de grève pour le climat méritent encore de la réflexion et de l’expérimentation. Toutefois, le 27 a démontré que les initiatives anticapitalistes et antiautoritaires pendant une grosse manif, à l’intérieur de celle-ci et en marges, ont quand même le potentiel de donner de nouvelles dimensions à la lutte. La possibilité de diverger et de rejoindre la manif principale de façon imprévisible brouille les calculs policiers relatifs à une attaque sur la manif. Un gros contingent clairement démarqué permet une séparation d’espace entre les tactiques combatives et les manifestant.es cherchant à participer avec moins de risque. Et l’immense nombre de gens dans la rue veut dire que plusieurs se font exposé.es directement à d’autres moyens de lutter au lieu de par le biais des images déformées médiatiques.

Lettre ouverte de l’un des « trois de l’autoroute », depuis une prison du Sud-Ouest

Publié le 2019-10-06 22:35:19

Red Side / mercredi 2 octobre 2019

Si cette lettre vous parvient, c’est que nous sommes entre les mains de la justice de classe française, depuis plus d’un mois déjà. Ce texte vient encore de l’un des « trois de l’autoroute » [le 21 août, quelques jours avant le début du G7 de Biarritz, trois ressortissants allemands sont contrôlés par la police française sur une autoroute du Sud, pendant qu’ils vont en Espagne; le fait qu’ils soient fichés « ultragauche » par les Services allemands leur vaut une condamnation à de la prison ferme : trois mois pour deux d’entre eux, deux mois pour le troisième; NdAtt.]. Malheureusement, seulement d’un seul, puisqu’on nous refuse toujours le contact entre nous. Notre cas fait partie d’une série d’arrestations et de condamnations, en France et en Europe, censées légitimer l’offensive juridique fascistoïde et réactionnaire des dirigeants. Nous pouvons considérer cette offensive législative et violente comme une réponse au fait que, ces dernières années, partout en Europe des personnes ont uni leurs forces pour donner bataille à ce système de pouvoir insensé. Elles le font à différents niveaux et par différents moyens. En sont un exemple les manifestations de masse contre les expulsions d’habitations en Espagne, les Gilets jaunes et le mouvement « Loi travail » en France, les manifestations contre le sommet du G20 ou les manifestations contre les « lois sur les missions de police » en Allemagne, la résistance contre les gouvernements fascistoïdes en Autriche et en Italie ou la résistance actuelle contre l’offensive réactionnaire à Exarcheia, Athènes. Toute cette germination de résistance, de luttes sociales et de moments insurrectionnels a montré aux dirigeants un aperçu de ce que nous devenons capables de faire si sommes uni.e.s et déterminé.e.s. Et ils ont immédiatement adopté une attitude défensive et maintenant ils essaient de se protéger en aggravant les conditions catastrophiques existantes. Mais nous ne tolérerons pas un nouveau fascisme, comme c’est (à mon avis) la menace dans certaines parties du monde ! Tous ensemble contre le fascisme !

Rostock (Allemagne), 10 septembre 2019


Ils peuvent nous enfermer dans leurs prisons – peu importe si coupables ou pas.
Ils peuvent essayer de nous intimider, ils peuvent essayer de nous briser, mais ils ne pourront jamais nous enlever notre désir de liberté sans réserve et nos idées d’une société meilleure et libre !

Mais maintenant je voudrais décrire quel effet me fait le système pénitentiaire français et comment la prison est structurée à l’intérieur.

Tout d’abord, il s’agit d’une perception personnelle et, à ce que j’ai entendu dire, les prisons françaises sont structurées de manière assez différente les unes des autres. La prison dans laquelle je me trouve est divisée en plusieurs parties. Tout arrivant (seuls les hommes sont détenus ici) qui n’a pas un niveau de sécurité particulièrement élevé, passe les 10 premiers jours de son séjour dans la « section d’évaluation ». Là, lors de ces 10 premiers jours, le comportement et la conduite du détenu sont analysés et documentés. Pendant ces 10 jours, il doit avoir lieu un entretien avec un.e travailleur.euse social et avec le/la chef.fe du service. La volonté de coopérer et la conduite sont également évaluées au cours de ces entretiens. A la fin, cette analyse et cette documentation déterminent où se passera la suite de la détention. Il y a deux possibilités. La détention « ordinaire », dans laquelle on est enfermé toute la journée et on ne peut laisser la cellule que une ou deux heures pour la promenade. D’ailleurs, le même système prévaut dans la « sections d’accueil ». Je me trouve en régime de détention assouplie, que je vais décrire et critiquer par la suite. Pour aller dans cette section, on doit écrire une demande et dans la « section d’accueil » on obtient une brochure aux allures de publicité à son propos. Je suis ici à cause de mon jeune âge, parce que je suis le plus jeune prisonnier de la taule. Cette partie est vantée sous le nom de « Respecto », où devrait être possible une « convivialité respectueuse dans une atmosphère agréable ». La réalité est que la vie dépend de règles et de normes de conduite des plus strictes et que la plupart des prisonniers ont toujours peur de violer les règles de la bourgeoisie. Plus loin, je reviendrai plus en détail sur ces règles. En principe, ici vaut ce qu’on appelle un système à cinq points. Chaque point représente une infraction des règles, et si on perd le dernier point, il y a le transfert immédiat vers la détention « ordinaire ». Une infraction aux règles est déjà quelque chose de complètement ridicule. Il existe un catalogue de règles pour cela. Voici quelques exemples :
– si le lit n’est pas fait lors de la vérification quotidienne des cellules, on perd un point,
– si les matons voient du linge sécher sur les barreaux des fenêtres, on perd un point,
– si on jette une cigarette par terre, on perd un point.

Il s’agit donc d’« infractions » vraiment ridicules et de la tentative d’imposer une culture bourgeoise.

Dans le cas d’ « infractions graves » comme la possession de drogue, la violence ou la possession d’un téléphone, il y a une expulsion immédiate de cette section. Bien sûr, tout cela est entre les mains des matons, de façon arbitraire. Ce qui est l’avantage dans cette section, par contre, c’est qu’on peut se déplacer « librement », à l’intérieur de cette aile de la prison, entre 7h et 12h et entre 13h et 18h. Par exemple, il y a une salle de sport, une bibliothèque et quelques tables de ping-pong. A l’extérieur, il y a deux cours avec des bancs, des barres de traction et des tables de ping-pong. Chaque millimètre à l’extérieur des cellules est bien entendu surveillé par des caméras. Ensuite, preuve supplémentaire que l’objectif est, si possible, de pousser les prisonniers de cette section vers une vie qui suive la culture bourgeoise, on doit faire preuve d’un « plan d’activité », avec au moins 30 heures d’emploi par semaine. Après son établissement, ce plan est vérifié par le chef de service, puis par les matons. Comme il est strictement interdit de dormir pendant la journée, les matons procèdent à deux ou trois contrôles des cellules et enlèvent des points à ceux qui dorment. Si on se trouve encore dans la cellule alors qu’on devrait être en train de faire activité, il y a une double déduction de points. La « convivialité respectueuse dans une atmosphère agréable », devrait, après mon court exposé, être réfuté aussi par les derniers qui croient encore dans l’« État constitutionnel » bourgeois.

Dans ce qui suit, je vais donner quelques informations générales sur les matons, la nourriture et la prison elle-même. D’abord le comportement des matons.

Il faut souligner que j’ai remarqué que leur comportement n’est pas toujours le même. Il y a toujours des groupes qui travaillent ensemble. Parmi eux, il y a des groupes qui essaient de se présenter comme des « amis » et des gardes « sympa », ainsi que des groupes de matons aux muscles gonflés, arrogants et la tête replie de gel, qui nous considèrent assez ouvertement comme des déchets. Il y a bien sûr des contre-exemples dans chacun des deux groupes, mais aussi les ennemis qui font mine de se comporter de manière « sympa », sont, selon mon expérience, très hypocrites et dès qu’ils savent qu’ils ont affaire à un « sale gauchiste », ils sont encore plus hostiles. C’est ce qu’ils laissent transparaître à travers leurs harcèlements. Par exemple, cela a été montré par les affectations en cellules. Bien qu’il aurait été évidemment possible de me mettre dans une cellule avec une personne anglophone, ils m’ont emprisonné avec quelqu’un avec qui je ne peux pas du tout communiquer. Aussi dans la vie de tous les jours l’hostilité de chaque maton se manifeste par exemple par les distributions des repas. Un bon exemple pour passer à mon prochain argument, la nourriture. Il y a la même nourriture pour toute la prison. Elle est servie deux fois par jour (à midi et le soir), sur un plateau. Pourquoi il n’y a pas de petit déjeuner, j’y reviendrai plus tard. La qualité de la nourriture correspond à celle de la prison en général.

En tout cas, on a pas des exigences très élevées, mais, à ce que j’ai entendu dire à ce propos, il y a des pays en Europe où la nourriture en prison est carrément dégoûtante. La raison pour laquelle il n’y a que deux repas par jour, c’est que l’administration prison veut que les gens dépendent le plus possible de l’argent et qu’ils soient obligés d’aller travailler aussi vite que possible pour pouvoir se financer. Par exemple, on ne peut pas boire l’eau du robinet (elle sent trop fort le chlore). Il faut donc acheter de l’eau potable. Cela m’amène à mon dernier point, pour l’instant : la prison elle-même.

Autant que je sache, la prison où je me trouve est privée [au fait, aucune taule en France est privée ; ça se peut par contre que celle-ci, comme bon nombre, soit gérée en Partenariat public-privé ; NdAtt.]. Comme beaucoup d’autres prisons, celle-ci est aussi une usine, avec des centaines de semi-esclaves, qui peuvent être exploités sans merci. Au total, il y a 800 détenus dans cette prison, je ne sais pas combien d’entre eux travaillent, mais ils sont nombreux. Le principal employeur est une usine de confiture et de Nutella, à l’intérieur des murs. Bien sûr, toutes les autres tâches (nettoyage, cantine, blanchisserie, bibliothèque, etc.) sont effectuées par les détenus. Dès que l’on arrive ici, tous les instances officiels essaient de nous assigner du travail, le plus rapidement possible, bien sûr toujours sur la base du fait que cela a des bonnes conséquences en vue d’une libération anticipée. En tout cas, la prison fait toujours de très bonnes affaires, d’autant plus que l’État français raque bien, pour chaque prisonnier, et que l’exploitation des détenus est alors extrêmement rentable.

J’espère que cette deuxième lettre ouverte [on pourra lire la première ici; NdAtt.] vous a donné, à travers mon regard, une impression de la situation et que vous avez eu un petit aperçu de la vie quotidienne derrière barreaux et barbelés. Mais, avec ce texte, je voudrais aussi remercier tou.te.s celles/ceux qui nous soutiennent, nous et tou.te.s les prisonnier.e.s dans les taules de ce système insensé, et qui donnent aux gens derrière les murs la force de continuer, ainsi qu’une perspective au bout du tunnel. Je ne peux parler que pour moi et pour mes codétenus. Tout le courrier qui nous parvient et la solidarité qui vient de partout nous enflamment les cœurs et nous donnent, même dans les jours les plus sombres, la force nécessaire pour utiliser notre haine de façon sensée et de continuer à lutter !

Que ce soit derrière les murs ou à l’extérieur, guerre au système de domination, personne ne sera libre tant qu’un.e seul.e sera enfermée.
Nous ne pleurnicherons pas, nous ne mendierons pas ; simplement ils sont nos ennemis et ils nous traitent en conséquence.
Coupables ou innocents du point de vue de l’État bourgeois, c’est pareil ; mort aux taules et aussi à la grande prison du dehors.
Vive la société libérée !
Vive l’anarchie !
Liberté pour les 3 de la Parkbank !
Liberté pour tous les prisonnier.e.s !