Vive l'Anarchie - Semaine 39, 2022

Sommaire

Indymedia Lille

Publié le 2022-09-26 07:10:03
Une lettre d’Ivan, de la prison de Villepinte
7 octobre 2022 19:38, par .


J’écris pour partager quelques réflexions et donner des nouvelles.
Je voudrais commencer par quelque chose qui illustre bien les méthodes du système judiciaire.
Quelque jours après mon arrestation, la juge qui a instruit l’enquête, Stéphanie Lahaye, a envoyé deux flics de la SDAT (dont l’OPJ « RIO 1237232 » – comme des machines, ils se nomment par des nombres) interroger ma fille et sa mère. Obéissant à ses ordres, aux procédures de la justice de l’État, ils ont essayé de faire pression sur une jeune fille de 12 ans. Ils auraient voulu l’interroger toute seule. Sa mère, évidemment, a refusé de la quitter.

Une procédure ordinaire, banale, un acte nécessaire à l’établissement de la vérité, pour juges et flics. Une façon, à mon avis, d’essayer de répandre la crainte. Un avertissement à mes proches et à tout un chacun car, dans la logique inquisitoriale de la Justice, les personnes qui restent ou qui se placent aux côtés d’un anarchiste inculpé pour des actions directes sont suspectes et doivent être importunés.

C’est un peu la même logique qui a été utilisée à mon encontre. Quand la même OPJ, lors des audiences de la GAV, me demandait, me reprochait d’avoir soutenu des anarchistes emprisonnés, en France et dans d’autres pays. De leur avoir écrit et parfois envoyé un peu d’argent. Bien sûr, j’ai souvent écrit à des nombreux compas emprisonnés et j’ai fait de mon mieux pour leur exprimer ma solidarité. Parce que ce sont des anarchistes et aussi parce que je suis convaincu de la justesse et de la nécessité des actions dont certains d’entre eux sont inculpés. Je pense que la solidarité, par tous les moyens nécessaires, avec des compas frappés par la répression est fondamentale.
Éviter de se solidariser ouvertement avec eux, de peur que la répression s’élargisse, signifierait rentrer dans le jeu de la Justice, accepter sa logique. Une logique qui nous ferait reculer de plus en plus, jusqu’a abandonner, ou presque, les révolutionnaires emprisonnés.

Mais venons-en maintenant aux faits pour lesquels je suis actuellement en détention préventive. Voici la liste des incendies :
– le 22 janvier 2022, un véhicule Enedis (à Paris) et un véhicule SFR (à Montreuil)
– le 20 février, un véhicule de l’Est Républicain (à Montreuil)
– le 4 mars, une voiture avec plaque diplomatique et une Aston Martin (à Paris)
– le 24 avril, un véhicule Enedis (à Paris)
– le 11 juin, une voiture avec plaque diplomatique (à Paris).

Comme je disais dans ma première lettre, je suis aussi témoin assisté dans une autre enquête, commencée par la PJ de Paris. Celle-ci porte sur 53 incendies de véhicules, revendiqués par des anarchistes, entre 2017 et 2021. Je n’en sais pas plus sur ce volet de l’affaire.

Dans cette liste, il y a des voitures d’institutions étatiques étrangères (ou de leurs hauts fonctionnaires), dans des quartiers riches de Paris. Des incendies qui doivent donner une image mitigée de la France, face au personnel diplomatique de ses partenaires internationaux. Pour ma part (et je sais que je ne suis pas le seul), je pense que tous les États sont les responsables directs des guerres, de l’exploitation, de la répression subies par des milliards de personnes. On pourrait voir ces incendies comme un petit retour de flamme. Dans l’attente de mieux.
Il y a aussi des véhicules de riches et de grandes entreprises, par exemple du secteur énergétique (comme Enedis, filiale d’EDF). Des sociétés qui, sous couvert de « souveraineté énergétique », entraînent les nuisances nucléaires d’aujourd’hui, les possibles désastres nucléaires de demain. Il y a des entreprises qui nous abrutissent avec leur propagande des valeurs capitalistes et étatiques (comme le quotidien l’Est Républicain) ou qui nous enferment dans la toile d’araignée numérique (comme SFR).

Chacune de ces actions a été expliquée par une revendication et je n’ai rien à y ajouter. En ce qui me concerne, je ne peux que soutenir de tout mon cœur la pratique de l’action directe destructrice. Je soutiens le choix des cibles de ces attaques, leurs motivations et le fait de les revendiquer ouvertement comme des apports à la lutte anarchiste contre l’État et le système capitaliste. Même chose pour la pratique de la solidarité internationaliste avec des anarchistes emprisonnés, que ces actions ont souvent exprimé.

Pour les nouvelles :
le 5 octobre je passerai devant le Juge des Libertés et de la Détention, qui décidera si prolonger la préventive ou me laisser sortir.
La nouvelle juge d’instruction qui s’occupe de mon affaire (la précédente à changé d’affectation) est Anne Grandjean, toujours au tribunal de Bobigny.
Mon courrier (en entrée et en sortie) est toujours bloqué, depuis le 19 juillet. Apparemment ça devrait se débloquer sous peu (enfin, il faut tenir compte des lenteurs de la bureaucratie judiciaire). En tout cas, dès que je pourrai le recevoir, j’essayerai de répondre à chaque personne qui m’a écrit, que je remercie à l’avance.
Le dossier de l’équeute à été déposé au greffe de la prison, du coup je pourrais (toujours en tenant compte des lenteurs de la bureaucratie carcérale) en savoir un peu plus sur ce que les flics disent.

Mes remerciements, de tout cœur, vont à mes proches, aux compas de l’Anarchist Bure Cross, à la Cassa Antirepressione delle Alpi Occidentali (aussi pour leur gentile disponibilité au soutien financier). Et à vous tou.tes qui m’avez écrit !
Un clin d’oeil à ceux et celles qui expriment leur solidarité par les actes, comme la belle banderole à Bure et celle près de Caen, les pancartes à l’arrivée du Tour de France, l’incendie d’un utilitaire de Vinci a l’Hay-les-Roses, d’un véhicule de l’entreprise de télécommunications Cosmote, à Athènes, d’une antenne-relais a Barcelone ou encore le saccage d’antennes-relais dans le Gers. Merci !
Une accolade fraternelle aux compagnons et compagnonnes anarchistes enfermés dans les prisons du monde entier, en particulier à Alfredo, qui lutte contre le 41-bis.

Vive l’anarchie !

Ivan
Villepinte, 25 septembre 2022

Pour m’écrire :
Ivan Alocco
n. d’écrou 46355
M.A. de Villepinte
40, avenue Vauban
93420 – Villepinte


Indymedia Lille

Publié le 2022-09-26 07:30:03

Nous revendiquons la responsabilité politique pour l‘attaque incendiaire qui a visé le véhicule privé du propriétaire de l‘entreprise ARCHILOR Michaëll Barrois à Commercy dans la nuit du 22 septembre.

Notre but était de causer un dégat matériel aussi important que possible à l‘entreprise. Nous avons décidé de ne pas nous attaquer directement au bâtiment isolé de bureau de l‘entreprise pour éviter des dommages aux personnes, car nous avons l‘impression que Monsieur Barrois utilise occasionellement le premier étage du bâtiment de manière privée la nuit. Nous ne connaissons pas Monsieur Barrois personellement, même si nous avons pu nous faire une image assez claire de ses habitudes et déroulés journaliers durant ces derniers mois. Il se peut que ce soit un gentil gars. Nous n‘en savons rien et à vrai dire , on s‘en fout. Ce qui compte pour nous est la chose suivante :

Avec la réalisation progressive du projet de centre d‘enfouisement de déchets atomiques CIGÉO, la militarisation de la zone aux alentours de Bure devient de plus en plus concrète. En voisinage direct du dépot de l‘ANDRA, une immense caserne de Gendarmerie est entrain d‘être réalisée, avec l‘objectif de maitriser des interventions massives à l‘avenir. (La remise en service de la caserne de Montiers-sur-Saulx a échoué en 2018, après que le bâtiment ait entierement été détruit suite à un incendie.) De plus la préfecture a demandé un permis de construire en début d‘année, afin de construire des bâtiments en dur à la place des 20 algécos d‘habitation des Gendarmes sur le terrain du laboratoire de l‘ANDRA. Actuellemment 75 gardes mobiles sont presents en permanence au laboratoire, une militarisation directement financée par l‘ANDRA. Le contrat de réalisation, doté de 99.000 € a été accordé au bureau d‘architecture et de planification ARCHILOR, 61 RUE DE ST MIHIEL, 55200 COMMERCY.

En tant qu‘écologistes avec une tendance socio-révolutionnaire nous pouvons nous imaginer des chose bien plus belles que de ruiner une petite ou moyenne entreprise. Notre intervention directe doit être lue comme un avertissement envers les entreprises de construction locales et régionales, aux entreprises de sécurité aux instituts de suivis environnementaux etc. : Ceux et celles qui pensent faire du profit avec la désertification nucléaire et la militarisation du territoire par CIGEO finiront par le payer très cher !

Avec notre action, nous envoyons des salutations flamboyantes aux mis en examen dans la procédure POMA ! Deux personne sont accusées d‘avoir fondé une association de malfaiteurs et d‘avoir saboté le leader mondial de la technique de funniculaires. A Froncles, POMA développe le prototype d‘un funniculaire à colis radioactifs qui emmenerait les déchets atomiques à 500 metres sous la terre meusienne. Que vous soyez „coupables“ ou „innocentes“ : nous sommes de tout coeur avec vous.

Les Mirabelles de Lorraine


Ne plus payer, faire payer !

Publié le 2022-09-26 07:30:06

La nuit du 23 au 24 septembre, à Toulouse, allée Frédéric Mistral et avenue Jules Julien, deux banques LCL ont été taguées et attaquées à coups de marteaux.



L’austérité, la misère et l’inflation ne tombent pas du ciel. Certains prennent tout, et laissent leurs miettes. En écho aux appels à ne plus payer*, à brûler ses factures, aux manifs du 29 septembre et celles à venir, prenons aussi la nuit.
Contre l’angoisse de la fin du mois, quelques coups dans la gueule des profiteurs de guerre.
Contre l’angoisse de la fin du monde, quelques coups dans la gueule de ceux qui la financent.
On sait que c’est pas dingue dingue dingue, de faire baing, baing, baing sur des vitres de banques.
Mais quand les prix montent, les vitres tombent, et c’est déjà ça. La grève arrive, qu’elle vienne avec fracas.

Et un salut de solidarité à Boris**

CCA
(confédération des copaings d’avant)

*https://dontpay.uk
**https://bureburebure.info/solidarite-avec-boris

Après les peines, l'heure du châtiment ?

Publié le 2022-09-26 07:35:06

Nouvelles de Libre Flot, point sur la situation juridique dans l’opération antiterro du 8/12, brèves internationales sur l’antiterrorisme.



APRÈS LES PEINES, L’HEURE DU CHÂTIMENT ?

« Le châtiment s’ancre dans l’histoire la plus archaïque de l’humanité, celle des terreurs suprêmes que les hommes ont traduites en dieux et déesses au cœur démoniaque. Pas une religion pour sauver l’autre lorsqu’il est question des supplices réservés aux damnés. »

« La Loi n’est pas l’expression d’une éthique quelconque : au service du pouvoir disposant des plus grandes forces de coercition, elle n’existe que par la sanction. »

« Le discours sécuritaire sème le vent.
Il récoltera des tempêtes sur des incendies. »

Pourquoi faudrait-il punir ? - Catherine Baker (2003)

Depuis plusieurs mois nous n’avons pas donné de nouvelles, profitant un tant soit peu d’un « répit » depuis la sortie de prison du dernier inculpé. Le temps de remettre un peu de sens dans nos vies, de continuer nos autres engagements militants, de souffler et de reprendre des forces pour différents projets. Reprendre pied, retrouver notre propre temporalité. Mais la répression revient toujours pour dicter sa marche : « toc toc, le procès, c’est pour bientôt ! ». Et là, de nouveau, tout s’accélère. Encore une étape atroce qu’il faudra passer, pour que « justice soit rendue », c’est à dire encore un déversement de violences judiciaires à l’horizon, dans lequel il faudra affronter la froideur robotique de magistrats désincarnés vivant dans leur réalité propre.

« L’idée d’une Justice qui rend le mal pour le mal ne peut mener qu’au mépris de toute justice » nous dit Catherine Baker, ajoutons que celle rendant le mal pour le bien mène à la nécessité de son abolition. La CEDH venant d’autoriser officiellement l’application d’une loi mussolinienne à l’encontre de Vincenzo Vecchi, condamné à 10 ans de prison ferme pour avoir participé à une manifestation de 300 000 personnes... il y a 21 ans. Il n’y a plus rien à sauver de ces institutions.

DES NOUVELLES DE LIBRE FLOT

Après le combat de Libre Flot contre ses conditions de détention inhumaines et injustifiées, ce dernier avait été libéré in extremis « pour raison médicale », alors au bord du coma après 36 jours de grève de la faim. Il y avait eu, le 4 avril 2022, une forte mobilisation internationale en faveur de sa libération.

Après avoir passé plus d’une semaine en service de renutrition, il s’est vu incarcéré à domicile, sous dispositif ARSE (Assignation à Résidence sous Surveillance Électronique), défini comme « une mesure de sûreté destinée aux personnes dont la dangerosité est attestée ». Cela fait environ 6 mois maintenant. Cette mesure s’accompagne de beaucoup de contraintes : obligation de travail après un court « arrêt maladie » suite à sa sortie, un suivi judiciaire intense avec des enquêtes psychologiques d’ « évaluation de la radicalisation », interdiction de sortie hors temps de travail, et les jours non-travaillés, seulement deux pauvres heures autorisées. Cette pression temporelle constante, la tyrannie des horaires à respecter sous peine d’être renvoyé au placard, constitue une source d’oppression permanente, comme le décrit parfaitement Kamel Daoudi.

Vous l’aurez compris, tout le panel répressif de « la prison à la maison » prolonge évidemment l’oppression constante de l’incarcération et de la surveillance et a pour but d’empêcher la personne de se reconstruire pleinement et de soigner les séquelles que peuvent laisser plusieurs mois de Quartier d’Isolement (QI), dont 37 jours de grève de la faim.

Après ces 16 mois d’absolu vide sensoriel, on ne peut qu’imaginer la désorientation du ressentir et la saturation d’informations lorsqu’on se met à redécouvrir les visages, les goûts, les textures, les sensations corporelles, les lumières, etc. C’est là tout le secret de la torture blanche, elle est invisible mais profonde.

Les séquelles de l’isolement restent omniprésentes : perte totale de prise sur le temps, douleurs nerveuses, pertes de mémoire, épuisement chronique, etc. ; mais Libre Flot a quand même repris du poil de la bête et retrouvé le sourire et les petits plaisirs de la vie dans le sud-ouest.

Ce 28 septembre prochain, le talentueux Jean-Marc Herbaut l’a convoqué pour le renouvellement de son maintien sous bracelet électronique. Le laissera-t-il dans ces conditions, toujours largement inéquitables vis-à-vis des autres inculpé.es ? Ou pire encore, révoquera-il sa libération « pour raison médicale » afin de le renvoyer au placard ? Restons vigilant.es ces prochains jours.

DES NOUVELLES DU 8/12

« L’humanité, l’intégrité d’un magistrat, voyez-vous, ce n’est pas dans les livres, les études et les statistiques qu’on peut s’en faire une idée ; c’est en le pratiquant en tant qu’inculpé. Croyez-vous qu’un juge avouera dans ses notes annuelles qu’il s’adresse aux prévenus comme à des chiens ? Le seul moyen de s’en apercevoir, c’est d’être justiciable soi-même. Tout le reste n’est que littérature. »

De la prison à la révolte, Serge Livrozet (1999)

Le 26 août dernier, Jean-Marc Herbaut met fin à l’information judiciaire dans le dossier du 8/12, Ce dossier ouvert par la DGSI sous le nom d’ « affaire punk à chien », puis renommé après les arrestations « contre [LIBRE FLOT] et autres », aura donc été alimenté par 932 jours d’une instruction très bornée.

Cette clôture est un soulagement, car cela met fin aux commissions rogatoires mandatées par le juge, qui permettaient à la DGSI d’user de « tous les moyens en sa disposition » pour harceler les mis.es en examen et leurs proches. C’est à dire que la surveillance ne sera désormais plus appuyée par la Justice.

Mais cela signifie aussi que le dossier est clos, laissant aux inculpé.es et leur Défense un délai de trois mois pour apporter les derniers éléments (demandes d’actes ou observations). Au bout de ce délai donc, le 26 novembre prochain, ce sera au tour du PNAT de faire ses « réquisitions », c’est à dire d’exiger quelle Cour devra juger nos ami.es et camarades.

Une fois les réquisitions du Parquet déposées, il restera enfin un mois de délai à la Défense pour émettre ses dernières observations. Et enfin : l’illustre magistrat Jean-Marc Herbaut, qui a démontré, par son acharnement personnel contre Libre Flot, être devenu trop sénile pour exercer son travail, décidera qui aura l’honneur de châtier les inculpé.es au nom du peuple français.

Car les accusations n’ont pas changé, au contraire elles n’ont eu de cesse d’être martelées par le juge d’instruction, la DGSI et le PNAT, ne tenant aucunement compte de la paroles des mis.es en examen, de leurs proches et de leur défense. Toujours les même névroses policières, répétées sans discernement. Un « groupe » qui n’en est pas un (les expertises numériques et témoignages le confirment), « destiné à commettre des actions violentes à l’encontre notamment de membres des forces de l’ordre et de militaires » (nié par les mis.es en examen et des témoins), « en se concertant dans ce but avec des membres de divers groupuscules ayant les mêmes objectifs en France et à l’étranger » (hallucinant, on ne sait même pas lesquels), qui organiserait des « entraînements para-militaires » (deux après-midi de Airsof, pas avec les même personnes, dans des spots différents) et qui fabriquerait des « engins explosifs » (quantités infimes de produits ménagers, pour s’amuser et par curiosité).

Qu’il ait été impossible de prouver « l’entente établie », « la concertation dans le but de », « l’intention de » et donc en fait un quelconque « projet », ne semble pas déranger l’ajustice. Tous ces vides sont automatiquement comblés par la présomption de culpabilité. Si par exemple l’analyse des téléphones montrent que la plupart des protagonistes du groupe n’étaient pas en lien, c’est qu’ils devaient forcément communiquer par des applications sécurisées. Et par conséquent, c’est qu’ils avaient bien un projet commun. Ou si une brochure sur la guérilla a été retrouvée parmi des milliers d’autres fichiers, eux mêmes répartis parmi des dizaines de clés usb, disques durs, ordinateurs (etc.), c’est qu’elle a bien été lue par le mis en examen, et s’il l’a lu, c’est qu’il doit bien adhérer à l’action violente, et s’il y adhère, c’est la preuve que tous ces agissements dans sa vie convergent vers ce but ! Les abîmes infinies de la police d’anticipation, mais dans la tête d’un juge d’instruction.

C’est donc aussi la perspective d’une réincarcération dans quelques mois qui refait surface, pour la plupart des inculpé.es, puisque la volonté de punir a depuis longtemps pris le dessus sur la rationalité, comme le constate l’anthropologue Didier Fassin dans son dernier ouvrage, Punir, une passion contemporaine (2020). Il n’y a rien à attendre d’autre qu’un naufrage éthique d’une justice militarisée. L’antiterrorisme est une guerre qui n’a pas fini de produire ses « ennemis ».
Dans tous les cas, ce procès continuera de n’être rien de moins qu’un élément du délire sécuritaire actuel et du virage militaire de tous les appareils d’État. De la vengeance en pâture pour cochons patriotes. Mais nous ne sommes pas vaincu.es, nous apporterons la Vérité dans leurs simulacres.

LE TERRORISME EST UNE MATIÈRE ÉLASTIQUE

« La notion de terrorisme est si largement définie dans le règlement qu’elle pourra servir à justifier la censure de discours radicaux ou de toute expression favorable à des actions politiques offensives ou violentes – tels que le sabotage ou le blocage d’infrastructures. »

La Quadrature du Net

Il semble que la notion de « terrorisme », soit devenu le mot-valise des réactionnaires pour criminaliser et déshumaniser leurs opposant.es. Dans un contexte de désastre climatique imminent, le mouvement écologiste est particulièrement visé par cette assimilation au terrorisme.
Pendant la sécheresse de cet été, le président de la Chambre d’Agriculture de la Haute-Vienne, Bertrand Venteau affirmait impunément au micro de France 3 : « c’est pas des écologistes, c’est des terroristes » au sujet des opposant.es à la construction sauvage de barrages sur les cours d’eau.
C’est aussi la rhétorique employée par le Conseil de l’Agriculture Finistérienne, qui a qualifié de « terrorisme vert » l’action du Collectif contre les Fermes-Usines, militant contre l’élevage industriel (responsable de plus de 23 % des émissions de CO2 à l’échelle mondiale).

Outre l’évident conflit entre les partisan.es d’un changement radical dans les modes de production agricole et les défenseur.euses de l’agro-industrie, c’est aussi le signe d’une militarisation latente du monde de l’agriculture qui s’exprime. Le collectif Ni Guerre Ni état de Guerre analysait en mai 2021 les nouvelles stratégies de Défense ainsi :

« La théorie développée depuis plusieurs années est la suivante : l’Armée ne sera pas capable de faire face seule aux crises qui s’annoncent. Il faut organiser la capacité de mobilisation de la nation tout entière, pour qu’elle réponde par son action aux objectifs stratégiques fixées.

Une telle orientation suppose une coopération de l’Armée avec les institutions civiles. Celle avec le Ministère de l’Éducation nationale (ainsi que celui de l’Agriculture) est déjà engagée depuis plusieurs années, avec cinq protocoles organisant la collaboration avec le ministère de la Défense. »

Il ne fait aucun doute que dans la « collaboration avec la Défense » du monde agro-industriel, la désignation des « écolos » comme ennemis a pour objectif de légitimer l’émergence de milices anti-zadistes comme on a pu l’observer à la ZAD du Carnet par exemple.

Mais l’élasticité du concept ne s’arrête pas à l’usage maladif du terme, il s’étend en fait à la diversité de réalités visées par les dispositifs antiterroristes. De l’individu commettant un massacre de civils à l’opposant au déploiement de la 5G qui brûle une antenne. Outre les arrestations du 8/12, on a vu ces derniers mois les moyens de l’antiterrorisme être déployés contre des camarades soupçonné.es de sabotages.

Le 10 avril 2020, une antenne-relais prend feu dans le Jura, sur le Mont Poupet. Le jour même, le Groupe Anti-Terroriste de la Brigade Criminelle de Dijon sera sur l’affaire, et le procureur demandera l’appui du Bureau de Lutte Anti-Terroriste (BLAT) de la Gendarmerie, ce qui aboutira à l’arrestation et l’emprisonnement de Boris.

Le 15 juin 2021, la Sous Direction Anti-Terroriste (SDAT) effectue une grosse opération antiterroriste débouchant sur l’arrestation de 7 personnes dans le Limousin pour l’incendie d’antennes et de cars, résultant sur 3 mises en examen pour « destructions matérielles en bande organisée portant atteinte aux intérêts de la Nation ».

Le 11 juin 2022, les moyens de la Sous Direction Anti-Terroriste (SDAT) sont encore mobilisés pour arrêter un autre camarade anarchiste, Ivan. Il sera finalement mis en examen et incarcéré pour six incendies de véhicules.

Cette tendance à élargir la répression antiterroriste se confirme dans la loi de censure automatisée votée cet été, permettant la suppression en une heure d’un contenu jugé « à caractère terroriste » par la police. La Quadrature du Net met elle aussi en garde : « la notion de terrorisme est si largement définie dans le règlement qu’elle pourra servir à justifier la censure de discours radicaux ou de toute expression favorable à des actions politiques offensives ou violentes – tels que le sabotage ou le blocage d’infrastructures. » Le conseil constitutionnel doit encore évaluer la loi pour qu’elle soit appliquée.

La meilleure réponse restera toujours de multiplier les gestes que l’État souhaite réprimer. Le collectif Écran Total a lancé un appel à soutenir les personnes en lutte contre la numérisation des territoires.

Dans ce contexte de déploiement de l’antiterrorisme, il n’est absolument pas anodin que Laurent Nunez (ancien directeur de la DGSI et Coordinateur National du Renseignement et de la Lutte contre le Terrorisme) ait été placé à la tête de la Préfecture de Paris. Spécialiste du Renseignement et surtout de l’Anticipation, nous allons voir ses talents antiterroristes à l’œuvre, à n’en pas douter, pour expérimenter massivement des techniques de répression préventives. Sa mission médiatique étant la sécurisation des JO 2024, on peut être sûr.es que le Renseignement est déjà entrain de tisser sa toile contre les opposant.es à ce saccage, promettant gentrification forcée, bétonisation, et déploiement de technologies de surveillance dans l’espace public.

Dans une conférence récente donnée au CNAM, intitulée « Information, anticipation, renseignement », Laurent Nunez déclarait à propos des Gilets Jaunes :

« Le Renseignement territorial avait su détecter et documenter une montée des mécontentements autour de thématiques revendicatives. Mais le mouvement en tant que tel fut imprévisible car il s’est cristallisé spontanément, sans organisateur, ni direction précise. »

La frontière devient très ténue, entre la surveillance antiterroriste et la volonté de tuer dans l’œuf toute contestation de l’ordre dominant. Mais c’est là le cœur de la fonction de Police, l’« administration veillant au bon ordre ». Le Renseignement politique a donc de beaux jours devant lui, avec une Délégation parlementaire au Renseignement dirigée par Renaissance et le Rassemblement National en prime.

QUELQUES BRÈVES ANTITERRORISTES A L’INTERNATIONAL

On ne le répétera jamais assez : en temps de guerre, toute opposition devient « ennemi intérieur » et doit être neutralisée. Là réside le but final de l’antiterrorisme.

Turquie.
Nous avions déjà souligné dans des articles précédents l’instrumentalisation par la Turquie (deuxième armée de l’OTAN) du « terrorisme » à des fins génocidaire et l’impact que cela avait sur les politiques antiterroristes françaises.

Cette dynamique s’accentue encore actuellement. Malgré la campagne européenne pour dé-lister le PKK des organisations terroristes, Erdogan a tiré profit de la guerre en Ukraine pour déclencher de nouvelles attaques meurtrières sur le kurdistan. Il a aussi imposé à la Suède et la Finlande, qualifiées « d’auberge aux terroristes du PKK », qu’elles déportent des réfugié.es kurdes vers la Turquie pour qu’iels y soient torturé.es et emprisonné.es, sans quoi il menace de bloquer leur adhésion à l’OTAN. L’Organisation a également réaffirmé que la guerre mondiale contre « le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations » était une priorité, mais aussi que « l’immigration clandestine » serait une « menace » à la « souveraineté et à l’intégrité territoriale » de ses États membres, justifiant directement la militarisation des frontières et indirectement les massacres d’exilé.es comme celui de Melilla en juin dernier.
Or s’il y a un État pour lequel le « terrorisme » a de nombreuses manifestations, c’est bien la Turquie. En témoigne la nouvelle condamnation, par la Cour Suprême de Turquie, de la sociologue féministe et antimilitariste Pinar Selek à la prison à perpétuité, après avoir été totalement acquittée 4 fois car il a été démontré par plusieurs experts que l’« attentat » dont on l’accuse était une fuite de gaz.

Mais la justice antiterroriste française collabore avec le régime fasciste turc depuis des décennies. Nous avons pu constater à plusieurs reprises dans le dossier du 8/12 la tentative - tantôt de la DGSI, tantôt du juge d’instruction – d’agiter le spectre du PKK pour enfoncer encore la présomption de culpabilité. Jean-Marc Herbaut lui-même, fort de son endoctrinement, décrivait la journaliste et artiste kurde Zehra Dogan, reconnue internationalement, comme « militante du PKK » ?! Hallucinant et consternant à la fois. L’élément à charge ? Une brochure intitulée « Un jour nous vaincrons » (à retrouver sur notre blog). Si le PKK n’était pas inscrit sur la liste des organisations terroristes de l’UE, cela prêterait à rire, mais dans le langage judiciaire français, affirmer cela équivaut à dire « c’est une terroriste ».

Russie.
L’usage intensif de l’outil antiterroriste par la Russie n’est pas récent, il s’applique tout particulièrement depuis des décennies contre les minorités Ouzbek et les anarchistes. Cependant depuis l’intensification de la guerre inter-impérialiste entre la Russie et l’OTAN, se matérialisant dans la guerre en Ukraine, la répression s’est abattue de manière très féroce sur les activistes anti-guerre et anti-fascistes, se matérialisant en centaines d’années de prison.

Vladimir Sergeev a été arrêté lors d’une action anti-guerre le 6 mars 2022. Des cocktails Molotov ont été découverts dans son sac à dos. Lors de son arrestation, Vladimir a fait une tentative de suicide. Il s’est rétabli après avoir passé plusieurs jours dans le coma. Il est été accusé de « préparation au terrorisme » et pourrait être condamné à une peine de 10 ans de prison. Il se trouve actuellement dans la tristement célèbre prison de Butyrka, à Moscou.

Anton Zhuchkov est un ami de Vladimir Sergeev, ils ont été arrêtés ensemble lors de l’action anti-guerre du 6 mars. Lors de son arrestation, Anton a fait aussi fait une tentative de suicide et s’est rétabli après avoir passé plusieurs jours dans le coma. Il est aussi accusé de « préparation au terrorisme » et pourrait être condamné à une peine de 10 ans de prison. Anton n’a pas de famille, et il a grandi dans des institutions.

Suivez les actualités de l’Anarchist Black Cross Moscow pour savoir comment les soutenir.

Biélorussie.
La Biélorussie a introduit la peine de mort pour « tentative d’acte de terrorisme », selon un décret publié mercredi 18 mai. Jusqu’à présent seuls ceux qui avaient commis un tel acte étaient passibles d’exécution. La cible exacte de cette mesure reste peu claire (à moins qu’elle ne vise les oppositions tous azimuts). Depuis le vaste mouvement de contestation de 2020 contre la réélection de Loukachenko, de nombreux opposants ont été inculpés et arrêtés pour tentative ou préparation d’acte de terrorisme. En mars 2021, le parquet biélorusse avait annoncé que la cheffe de l’opposition pro-occidentale, Svetlana Tikhanovskaïa, en exil depuis 2020, faisait l’objet d’une enquête pour « préparation d’acte de terrorisme en bande organisée ». La scène anarchiste a aussi été ciblée à de nombreuses reprises par les forces de sécurité biélorusses (voir ici ou ici). Enfin, plusieurs actes de sabotages ont ciblé le trafic militaire russe passant par la Biélorussie et se dirigeant l’Ukraine : la nouvelle loi pourraient en viser les auteurs de ces sabotages, dont plusieurs ont déjà été capturés.

Secours Rouge a effectué un bilan de la répression suite au soulèvement populaire.

L’Anarchist Black Cross Belarus organise l’information et le soutien aux prisonniers anti-fascistes et anarchistes. De nombreuses campagnes internationales de soutien ont été organisées.

Israël.
Sept ONG palestiniennes ont été qualifiées d’organisations terroristes par le régime d’apartheid israélien ; et subi une vague de répression intense : arrestation de leurs membres, fermeture des locaux, saisies du matériel, etc.

Alors qu’Israël intensifie les attaques ciblant leur travail, un groupe de plus de 150 organisations palestiniennes, régionales et internationales exprime sa solidarité complète avec les sept grandes organisations désignées de la société civile palestinienne : l’association Addameer pour le soutien aux prisonniers et les droits humains, Al-Haq (Le Droit au service de l’homme), le Centre Bisan pour la recherche et le développement, Defense for Children International – Palestine (Défense des enfants International – Palestine, DCI-P), les Health Work Committees (HWC), l’Union des comités de travailleurs agricoles (UAWC) et l’Union des comités de femmes palestiniennes (UPWC).

Le matin du 18 août 2022, les forces d’occupation israéliennes (IOF) ont mené une descente dans les bureaux de ces sept organisations palestiniennes et en ont bouclé les entrées. Elles ont confisqué des documents et du matériel et ont détruit des objets. Des ordonnances militaires ont été fixées sur les portes des organisations, imposant la fermeture des bureaux en application de l’article 319 du Règlement d’Urgence de 1945. Cet évènement survient à la suite de la désignation par Benny Gantz, ministre israélien de la défense, le 19 octobre 2021, de six importantes organisations de la société civile palestinienne comme organisations terroristes aux termes de la Loi israélienne antiterroriste (2016), étendue à la Cisjordanie le 3 novembre 2021 par une ordonnance militaire qui mettait hors la loi ces mêmes organisations.

Myanmar.
Après le coup d’État militaire de la junte birmane le 1er février 2022, de nombreux membres de la Ligue Nationale pour la Démocratie ont participé à la fondation d’un « gouvernement d’unité nationale ». En mai 2022, ce dernier annonce la création d’une « force de défense » pour lutter contre la dictature militaire. Le régime a immédiatement annoncé à la télévision que cette « force de défense du peuple » ainsi qu’un groupe intitulé Comité représentatif Pyidaungsu Hluttaw (CRPH), le terme birman signifiant parlement, faisaient désormais partie de la liste des « organisations terroristes ». Cette nouvelle classification en « organisation terroriste » signifie que quiconque communiquerait avec ses membres, y compris les journalistes, pourrait être poursuivi dans le cadre des lois antiterroristes.

Philippines.
Le 3 juillet 2020, le gouvernement des Philippines a introduit la « Anti-Terrorism Act ». La loi prévoit l’incarcération à vie pour la commission ou l’intention de commettre - des actes qui provoquent ou créent « l’intimidation du public, la promotion de messages de peur, l’intimidation du gouvernement, la destruction ou la déstabilisation de l’économie, de la politique et de la société, pour créer une urgence publique et nuire à la sécurité publique ». Selon cette définition, les grèves/piquets de grève des travailleurs ou les actions de protestation publique pourraient être interprétés comme du « terrorisme ». Vous pouvez également commettre du terrorisme « au moyen de discours, de proclamations, d’écrits, d’emblèmes, de bannières ou d’autres représentations de ceux-ci ». Cela signifie-t-il parler lors d’un rassemblement ou donner une présentation à une classe ou tenir une pancarte ou afficher un mème ou une vidéo ? Qui sait, parce qu’en vertu de ce nouveau projet de loi, le gouvernement a le pouvoir discrétionnaire d’interpréter lui-même le « terrorisme ».

Un gouvernement qui, au nom de la lutte contre la drogue, a lancé une vaste opération de purge sociale ayant fait plus de 30 000 exécutions extra-judiciaires. Des assassinats ont également été perpétrés contre des gauchistes, des dissidents, des leaders paysans, des leaders sociaux et d’autres militants. En 2018 des anarchistes de Food Not Bombs ont été abattus et incarcérés.

La France ne fait aucunement exception dans ce tableau mondial glauque. Avec un des complexes militaro-industriels des plus puissant du monde et une des polices les plus armées, l’État français effectue un lobbying sécuritaire au niveau mondial et représente une menace pour grand nombre de peuples. Le 22 janvier 2021, le Traité Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) a été ratifié par un 50e État et est donc entré en vigueur. Il a été signé par 122 pays, et évidemment, aucun des pays détenant cette arme (dont la France), maintenant illégale, ne l’a signé.

Cet État inique dans lequel nous vivons est une menace pour l’humanité entière. Elle fait partie de cette petite clique d’État terroristes, surfant sur les génocides et dictatures pour assurer ses « intérêts », qui ne sont pas les nôtres. Un État qui rase des villes entières au nom de « l’antiterrorisme », qui maintient des dictatures au pouvoir au nom de « l’antiterrorisme », qui introduit la surveillance de masse et la censure algorithmique au nom de « l’antiterrorisme ». Si la Justice existait dans ce pays, nous aurions déjà mi hors d’état de nuire ce business de la mort, fleuron de l’industrie française. Mais ces terroristes là se pavanent dans les salons Milipol et font des courbettes aux dictatures du monde entier.

Les Lois ne sont pas faites pour lutter contre la violence réelle, mais au contraire pour les renforcer. Le système pénal français est peut-être le premier employeur de néo-nazis : la police aux frontières, l’administration pénitentiaire et la police nationale oppriment chaque jour des centaines de milliers de corps racisés, et chaque année en tuent des centaines. Là réside la terreur réelle.

L’essor d’un mouvement antimilitariste large et puissant est une urgence. Du traitement colonial des « quartiers » aux « lois sécuritaires », de la vente d’arme à l’OTAN, de la chasse à « l’assistanat » aux constructions de prisons, le spectre de la guerre est omniprésent.

Interview : Des anarchistes iraniens parlent des protestations en réponse à la police

Publié le 2022-09-26 07:45:02

24 septembre 2022
Par Le Monde Libertaire (source)
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Nous publions cette interview parue sur le site de Black Rose Anarchist Federation / Federación Anarquista Rosa Negra fondée en 2013 aux USA. Les photos proviennent également de ce site.

Introduction

Le 13 septembre 2022, Mahsa Amini, 22 ans, a été arrêtée par une patrouille d’orientation iranienne (également connue sous le nom de « police de la moralité »). Mahsa a été arrêté à Téhéran pour ne pas avoir respecté les lois relatives à l’habillement. Trois jours plus tard, le 16 septembre, la police a informé la famille de Mahsa qu’elle avait « souffert d’insuffisance cardiaque » et qu’elle était tombée dans le coma pendant deux jours avant de décéder. Des témoignages oculaires, y compris celui de son propre frère, montrent clairement qu’elle a été brutalement battue lors de son arrestation. Les examens médicaux divulgués indiquent qu’elle avait subi une hémorragie cérébrale et un accident vasculaire cérébral – des blessures induites par un traumatisme qui ont finalement conduit à sa mort.
Dans les jours qui ont suivi la révélation publique de ces détails, des manifestations de masse ont éclaté à travers l’Iran pour dénoncer le meurtre de Mahsa aux mains de la police. Pour mieux comprendre cette situation en évolution rapide, nous avons mené une très brève interview avec la « Fédération de l’ère de l’anarchisme », une organisation avec des sections en Iran et en Afghanistan.

Cette interview a été réalisée entre les dates du 20/09/22 et du 23/09/22.

Black Rose / Rosa Negra (BRRN) : Tout d’abord, veuillez donner une brève description de la Fédération Anarchiste d’Era.
La Fédération de l’ère de l’anarchisme (FAE) est une fédération anarchiste locale active en Iran, en Afghanistan et au-delà. Notre fédération est basée sur la synthèse anarchiste, acceptant toutes les tendances anarchistes sauf les tendances nationalistes, religieuses, capitalistes et pacifistes. Nos nombreuses années d’expérience dans l’organisation dans des environnements extrêmement oppressifs comme l’Iran nous ont amenés à développer et à utiliser des tactiques et une philosophie organisationnelle insurrectionnelle. Nous sommes une organisation athée, considérant la religion comme une structure hiérarchique plus ancienne et durable que presque tous les autres systèmes autoritaires et beaucoup trop similaire au capitalisme et à d’autres structures sociales autoritaires asservissant l’humanité aujourd’hui. La guerre de classe, de notre point de vue, comprend la guerre contre la classe du clergé qui nous prive de notre liberté et de notre autonomie en définissant le sacré et le tabou et en les appliquant par la coercition et la violence.

Le 13 septembre 2022, Mahsa Amini, 22 ans, a été arrêtée par une patrouille d’orientation iranienne (également connue sous le nom de « police de la moralité »). Mahsa a été arrêté à Téhéran pour ne pas avoir respecté les lois relatives à l’habillement. Trois jours plus tard, le 16 septembre, la police a informé la famille de Mahsa qu’elle avait « souffert d’insuffisance cardiaque » et qu’elle était tombée dans le coma pendant deux jours avant de décéder. Des témoignages oculaires, y compris celui de son propre frère, montrent clairement qu’elle a été brutalement battue lors de son arrestation. Les examens médicaux divulgués indiquent qu’elle avait subi une hémorragie cérébrale et un accident vasculaire cérébral – des blessures induites par un traumatisme qui ont finalement conduit à sa mort.
Dans les jours qui ont suivi la révélation publique de ces détails, des manifestations de masse ont éclaté à travers l’Iran pour dénoncer le meurtre de Mahsa aux mains de la police. Pour mieux comprendre cette situation en évolution rapide, nous avons mené une très brève interview avec la « Fédération de l’ère de l’anarchisme », une organisation avec des sections en Iran et en Afghanistan.

BRRN : Qui était Mahsa Amini ? Quand, pourquoi et comment a-t-elle été tuée ?

Mahsa Amini, connue par sa famille sous le nom de Zhina, était une jeune fille kurde ordinaire depuis 22 ans de la ville de Saghez (Saqez) au Kurdistan. Elle s’est rendue avec sa famille à Téhéran pour rendre visite à des familles. Le 13 septembre, alors qu’elle était avec son frère, Kiaresh Amini, la police de la moralité ou la soi-disant « patrouille d’orientation » a arrêté Mahsa pour « hijab inapproprié ». Son frère a tenté de résister à l’arrestation, mais la police a utilisé des gaz lacrymogènes et a également battu Kiaresh. Beaucoup d’autres femmes arrêtées ont été témoin de ce qui s’est passé dans le fourgon de police. Sur le chemin du poste de police, il y a eu une dispute entre des femmes détenues et des policiers. Mahsa Amini était l’une des filles qui protestaient contre leur arrestation. Elle disait qu’elle n’était pas de Téhéran et qu’elle devrait être relâchée.
La police a eu recours à la violence physique pour faire taire toutes les femmes détenues. Mahsa a également été battue. Les témoins oculaires ont déclaré que les policiers avaient frappé violemment la tête de Mahsa sur le côté du fourgon de police. Elle était encore consciente quand elle est arrivée à l’Agence de sécurité morale, mais les autres femmes détenues ont remarqué qu’elle avait l’air malade. La police était complètement indifférente et l’a accusée de se rebeller. Les femmes ont continué à protester pour aider Mahsa à obtenir les soins médicaux dont elle avait besoin. Ces protestations ont été accueillies par la violence de la police. Mahsa Amini a de nouveau été sévèrement battue par la police et a alors perdu connaissance. La police en a alors pris note et a tenté de la ranimer en pompant sa poitrine et en soulevant et massant ses jambes. Après l’échec de ces tentatives, la police a attaqué d’autres femmes pour confisquer tous les téléphones portables et les caméras qui auraient pu enregistrer l’incident. Après beaucoup de retard et la recherche des clés perdues de l’ambulance, Mahsa a été emmenée à l’hôpital Kasra.
La clinique qui a admis Mahsa Amini a affirmé dans un post Instagram que Mahsa était en état de mort cérébrale lorsqu’elle a été admise. Ce post Instagram a ensuite été supprimé. Le 14 septembre, un compte Twitter avec un ami travaillant à l’hôpital Kasra a raconté que la police avait menacé les médecins, les infirmières et le personnel pour qu’elle ne prenne pas de photos ou de preuves vidéo et pour mentir aux parents de Mahsa sur la cause du décès. L’hôpital, intimidé, s’est conformé à la police. Ils ont menti aux parents en leur disant qu’elle avait eu un « accident » et l’ont maintenue en réanimation pendant deux jours. Mahsa a été déclaré morte le 16 septembre. La cause de son décès par les examens médicaux, divulguée par des hacktivistes, montre des fractures osseuses, une hémorragie et un œdème cérébral.

Des manifestant·es à Istanbul, en Turquie, brandissent une image de Mahsa Amini.

BRRN : L’identité de Mahsa en tant que Kurde a-t-elle joué un rôle dans son arrestation et sa mort ?
Sans aucun doute, le fait d’être Kurde à Téhéran a joué un rôle dans la mort de Mahsa. Mais c’est une réalité que toutes les femmes en Iran connaissent. Nous n’avons pas besoin de chercher loin pour trouver des séquences vidéo de la « police de la moralité » frappant et forçant des femmes dans des fourgons de police, jetant des femmes dans la rue d’une voiture en mouvement et étant harcelées par des femmes Hijabi pour leur « hijab inapproprié ». Ces vidéos ne montrent qu’une infime fraction de l’enfer que vivent les femmes en Iran. Le fait que Mahsa soit avec son frère le jour de son arrestation n’était pas un hasard. Dans la société patriarcale iranienne, les femmes devraient amener un parent masculin, qu’il s’agisse d’un père, d’un mari, d’un frère ou d’un cousin, ainsi que dans leurs affaires pour conjurer la police de la moralité et décourager tout individu sournois en public. Les jeunes couples ne peuvent pas être vus trop près l’un de l’autre en public ou risquer d’être battus et arrêtés par la police des mœurs. Les proches avaient besoin de documents comme preuve de leurs réclamations à la police.

BRRN : Comment le peuple iranien a-t-il appris la mort de Mahsa ? Quelle a été la première réaction populaire ?
Comme nous l’avons expliqué plus tôt, il y avait trop de témoins oculaires. Aucune menace n’aurait pu empêcher l’histoire de la mort de Mahsa de fuiter. Il convient de mentionner que le médecin qui s’occupe de Mahsa et le photojournaliste qui documente l’état de Mahsa à sa famille en détresse ont tous deux été arrêtés et leur statut actuel est inconnu. La réponse initiale a été l’indignation. Les gens partageaient déjà l’histoire de Mahsa à partir du 14 septembre. L’indignation n’était pas encore assez forte pour les manifestations et les révoltes. Les gens pensaient encore que Mahsa était dans le coma et qu’il y avait de l’espoir pour son rétablissement. Puis, elle a été déclarée morte le 16 septembre. Tout d’abord, il y a eu de petites manifestations à l’hôpital Kasra, qui ont été dispersées par la police. Les étincelles du soulèvement actuel ont été allumées à Saghez, la ville natale de Mahsa.

BRRN : Quelle est l’ampleur des manifestations actuelles ? Dans quelles régions du pays les manifestations se sont-elles concentrées ?
La situation est très dynamique et évolue exceptionnellement rapidement. Au moment d’écrire ces lignes, les flammes du soulèvement ont mis le feu à 29 des 31 provinces iraniennes.

Une moto de la police est brûlée lors d’une manifestation à Téhéran.

L’une des caractéristiques de ce soulèvement est qu’il s’est propagé rapidement aux grandes villes d’Iran, telles que Téhéran, Tabriz, Ispahan, Ahvaz, Rasht et d’autres. Qom et Mashhad, les bastions idéologiques du régime, ont rejoint le soulèvement. L’île de Kish, centre capitaliste et commercial du régime, s’est également révoltée. C’est le soulèvement le plus diversifié auquel nous ayons assisté au cours des dernières années.

Une barricade construite lors d’une manifestation à Téhéran les 21 et 22 septembre.

Le 23 septembre, les syndicalistes prévoient une grève générale en faveur des manifestations. Le régime a prévu une manifestation armée le même jour. Il se passe beaucoup de choses.

BRRN : Comment l’État iranien a-t-il réagi à ces manifestations ?
La réponse initiale du régime a été moins brutale qu’auparavant. L’une des raisons est qu’ils ont été pris au dépourvu. Ils ne s’attendaient pas à cette forte réponse. La raison la plus importante est qu’Ibrahim Raïssi est à l’ONU. L’absence de personnalités de haut rang, l’histoire médiatisée de Mahsa et des manifestations, et la pression exercée sur le gouvernement surveillé par la communauté internationale ont mis fin au massacre pour l’instant. Ne vous méprenez pas. La police a tué et blessé de nombreuses personnes dès le premier jour des manifestations. Certains d’entre eux étaient des enfants de 10 ans et des adolescents de 15 ans. Mais, nous avons vécu novembre 2019 lorsque le régime a massacré plusieurs milliers de personnes en 3 jours. Dans tous les soulèvements précédents, la police n’était pas directement la cible de la colère des gens. Pas cette fois. Ils sont les méchants cette fois-ci, et les gens sont à la recherche de leur sang. Cela les épuise physiquement et mentalement, ce que nous prenons comme une bonne nouvelle.

Des étudiants manifestent à Téhéran le 19/09/22.

En ce moment, Saghez et Sanandaj subissent une répression impitoyable. Le régime a amené des chars et des véhicules militaires lourds pour réprimer le soulèvement là-bas. De nombreuses informations font état de tirs à balles réelles sur des manifestants. Les manifestations se poursuivent. Les voitures de police sont retournées. Les postes de police ont été envahis et incendiés. Nous avons juste besoin de nous armer en pillant leur armurerie. Ensuite, nous entrons dans une toute autre phase de révolte.

BRRN : Est-il exact de qualifier ces manifestations de féministes de caractère ?
Oui, absolument. Comme tous les autres soulèvements, il y avait des développements et des mouvements sous la surface.
On peut dire que la récente répression du hijab et la brutalité accrue de la police de la moralité ont commencé en réponse à l’auto-organisation spontanée, autonome et féministe des femmes iraniennes. Plus tôt cette année, les femmes en Iran ont commencé à mettre sur liste noire et à boycotter les personnes et les entreprises, telles que les cafés, qui appliquent strictement le hijab. Le mouvement était décentralisé et sans leader, visant à créer des espaces sûrs pour les femmes et les membres de la communauté LGBTQ. Cette oppression brutale a culminé en ce moment où les femmes sont au premier plan partout, brûlant leurs foulards et frappant les flics sans hijab. Le slogan principal du soulèvement est également « Femme, vie, liberté », un slogan du Rojava, une société dont les ambitions sont basées sur l’idéologie anarchiste, féministe et laïque.

De nombreuses organisations, partis et groupes tentent de s’approprier ou d’influencer les manifestations à leur avantage à chaque soulèvement. La majorité d’entre eux se sont heurtés à un problème inextensible pendant ce soulèvement. Tout d’abord, les monarchistes. Reza Pahlavi, le fils impassible de l’ancien Shah d’Iran, un individu soutenu par de l’argent volé et des réseaux de médias en dehors de l’Iran, a appelé à une journée de deuil national au milieu de l’indignation publique et des manifestations initiales au lieu d’utiliser ses ressources pour aider la révolte. Les gens l’ont finalement vu pour le charlatan qu’il est. « Mort aux oppresseurs, qu’ils soient Shah ou Leader », a été entendu dans tout l’Iran.
Ensuite, MEK ou Mujahedin Kalq. L’OMPI a un problème idéologique avec ce soulèvement. C’est une secte dont les femmes membres sont obligées de porter des foulards rouges. Leur histoire d’origine est la combinaison des idéologies marxistes et islamiques, détournées par les marxistes-léninistes avant 1979, au culte au service des États capitalistes et impérialistes aujourd’hui. Pourtant, les femmes en Iran brûlent leur foulard et le Coran. Ils n’ont pas leur mot à dire dans ce climat politique. Ensuite, il y a des partis communistes qui méprisent le Rojava et en disent toujours du mal. Leur analyse de classe démystifiée et rouillée ne les aide pas à gagner les cœurs ici.
Avec tous leurs discours et leur propagande d’être des partisans de la laïcité et du féminisme, ils n’avaient même pas un seul slogan orienté vers la libération des femmes. Et leur idéologie les empêchait de scander « Femmes, Vie, Liberté ». Ils n’avaient rien à dire, alors ils se sont tus. Grâce à cela, leur présence est beaucoup plus faible dans les manifestations d’aujourd’hui.
Le mouvement anarchiste se développe en Iran. Ce soulèvement, sans chef, féministe, anti-autoritarisme et scandant des slogans du Rojava, a conduit les anarchistes, affiliés et non affiliés à la fédération, à avoir une forte présence dans ce soulèvement. Malheureusement, beaucoup ont également été arrêtés et blessés. Nous travaillons à réaliser le potentiel anticapitaliste de ce mouvement. Parce que la République islamique est un culte de la mort et que la religion, le patriarcat, le racisme et le capitalisme sont ses piliers idéologiques. Pour que nous vivions, nous devons être libres ; et cela ne peut se faire sans que la libération des femmes ne soit au premier plan.




Source: Monde-libertaire.fr

Cet article a 3 ans. Le contenu et les informations peuvent être obsolètes. Dans le cadre de notre mission d'archivage, nous ne supprimons jamais les anciens articles pour documenter l'histoire du mouvement anarchiste au fil du temps.

Indymedia Lille

Publié le 2022-09-27 08:20:03

Hello, je suis sorti de la prison de Draguignan le 31 août. Nous pensons qu’il y a deux ou trois trucs qui doivent se savoir.

Pour expliquer rapidement leur bouillabaisse judiciaire en Octobre 2021 ils me condamnent à 6 mois pour des violences que je n’ai pas commise, le procès est super cheum parce que ce n’est pas moi qui ai décidé de la défense et donc de l’attitude à tenir au tribunal, enfin bon je suis ici condamné pour avoir mis une mite à un pointeur. Je sors en février 2022. A ma sortie je sais que je dois me barrer loin de là mais je n’y parviens pas. En Mars 2022 ils me foutent en GAV avec des accusations délirantes de menaces de mort. Une GAV qui va durer 6 mois…

En GAV en mars les flics m’ont parlé du site anarchiste Attaque.

Un échange qui m’a marqué avec un flic :

– Non mais tu m’explique pourquoi c’est moi qui suis en GAV ?

– On sait que dans cette histoire t’es la victime mais t’es pas tout a fait innocent. (bon en d’autres occasions je lui aurait répondu que je suis ni victime ni innocent ni coupable et que je l’emmerde mais vu les trucs délirants pour lesquels je me retrouvais là j’ai quand même voulu savoir)

– Mais tu crois que j’ai fais quoi sans déconné ?

– Le site Attaque parle de toi.

On peut quand même se demander c’est quoi le rapport avec la choucroute. Y’en a aucun. J’en avait juste déduit qu’ils m’ont collé en taule pour des faits qui n’ont jamais existé parce que je suis anarchiste. J’ai quand même réussi à contacter un pote pour le prévenir que les flics me parlaient de ça.

Un flic m’a aussi demandé ce que j’allais foutre au Val de Susa, en vrai j’y ai jamais été mais bon j’avais juste l’itinéraire dans le gps de mon téléphone. Il m’a fait remarqué qu’il savent que parfois je disparaît en Italie et je lui ai dit d’aller se faire foutre après lui avoir fait remarquer que quand je disparaît mon téléphone il reste là pastèque et c’est quand même plus simple de passer la première frontière que de se téléporter au Japon alors maintenant ramènes moi en cellule tu me gonfles.

Au mois de Mai je croise un mec que je connais en taule, ils sont venu le lever quelques jours avant moi pour de la merde, un truc qui date de plusieurs années en arrière, pas de quoi justifier de venir lever un mec à minuit avec un barrage routier. Ce soir là il avait mon ancien PC avec lui. Le PC est crypté en GPG mais une autre personne a pu voir la clef. En GAV les flics l’ont interrogé sur moi. Un flic lui a dit : « c’est un terroriste, on a peur pour nos familles ». Ils étaient plus intéressé par mon PC que par son affaire bidon sur laquelle il n’a même pas été interrogé.

Toutes mes anciennes boites mail sont compromises depuis Août 2021. Et depuis février 2022 je n’y ai même plus accès alors qu’au moins une d’entre elles a été active depuis.

Mi juin, entre le 12 et le 15 je me rappelle plus la date exacte j’ai eu une fouille de cellule. Ils ont pris mon téléphone. Sans la puce, je l’ai avalé. Bon ensuite ils m’ont interrogé pour savoir qui j’appelais avec. Je leur ai dit d’aller se faire foutre bien sur. Juste après un maton m’a sorti de ne pas appeler des terroristes (sic) si j’avais encore un téléphone.

Tout le long de la détention je me suis senti interrogé. Bon c’est pas des interrogatoires déclarés mais tel ou tel intervenant extérieur qui me parlent d’actions vielles de plusieurs années en récitant presque mot à mot des revendiqués que moi je connais bien sur, mais qui d’autre à part un flic du SAT ou de la DGSI sait que par exemple le revendiqué de Meylan ça parle d’attaques individuelles. Ou celui qui m’a demandé ce que c’était la FAI. Sans déconné c’est des trucs personne ne sait que ça existe à part le milieu et les flics. Et encore juste quelques flics de l’anti-terro ou du renseignement.

Enfin ce que je comprend c’est que j’ai fait une GAV de 6 mois.

Raconter tout ce qui s’est dit durant 6 mois c’est compliqué. Un interrogatoire classique ça va on est rodés, ça dure 4 jours et c’est clair. On te pose des questions claires et t’y réponds pas et ils te foutent au gnouf et basta. C’est plus facile de comprendre ce qu’ils cherchent exactement. Là pour moi c’est très dur d’y voir clair. D’autant que ça a été une vraie torture psychologique. Je crois que cette dernière année de prison a été la plus dure psychologiquement, et de loin ! M’enfin même si parfois j’ai déraillé je ne leur ai jamais donné la moindre information. Ç’est pas toujours simple de comprendre qu’on est interrogé dans ces conditions, surtout quand on est complètement isolé de l’extérieur. Je me suis souvent demandé si j’avais pas complètement pété les plombs et fini parano. J’ai compris clairement qu’il se passait un truc dehors quand ces cons de matons me soupçonnaient de commanditer les tirs de mortier qu’ils ont pris sur la poire. (D’ailleurs à l’intérieur on a tous kiffé). Quand j’ai reçut la lettre du pote à Villepinte y’avait plus de doute possible. Ça c’était moins cool.

Bon du coup vu que j’avais plus le moindre doute sur le pourquoi des allusions qui m’ont était faite j’ai enfoncé le clou quitte à me mettre un peu en danger pour comprendre où ils veulent arriver. Ce qui est évident c’est qu’ils cherchent à mettre en relation les un-e-s et les autres, notamment sur Paris et Grenoble. Enfin peut-être ailleurs aussi c’est pas impossible. Je ne pense pas qu’ils voulaient m’inculper, s’ils avaient de quoi ils l’auraient fait. Je pense qu’ils sont en train de mettre des moyens de dingue pour leur enquête de merde par contre.

En fin de peine j’ai eu la confirmation par quelqu’un dont je tairais la fonction pour ne pas le compromettre qui m’a dit que les flics enquêtaient déjà sur moi depuis février avant ma sortie et qu’il savait que j’allais revenir. Il m’a aussi dit clairement en parlant d’Ivan « c’est la même affaire ».

Voilà, c’est le minimum d’infos qui doit vraiment se savoir je pense.

Il faudra que je fasse une analyse de mécanismes de répression que franchement je ne pensais pas possible en démocratie libérale mais bon ça c’est un autre sujet et ça urge pas.

Pour Ivan, pour tou-te-s les compas incarcéré-e-s ou en fuite,

La solidarité, c’est l’attaque.

Damien


La Nemesi: un nuovo sito internet a sostegno delle pratiche d’attacco e della solidarietà rivoluzionaria internazionale

Publié le 2022-10-01 10:45:03

La Nemesi: un nuovo sito internet a sostegno delle pratiche d’attacco e della solidarietà rivoluzionaria internazionale

La Nemesi è un sito internet gestito da anarchici e dedicato alla pubblicazione di testi inerenti il conflitto contro lo Stato, il capitale e ogni autorità. Con l’apertura di questo sito internet intendiamo andare oltre le caratteristiche proprie della cosiddetta contro-informazione, dando maggiore spazio a testi e contributi che il più delle volte, negli spazi contro-informativi che popolano il mondo virtuale, finiscono per essere seppelliti nell’indeterminatezza generata dallo strumento telematico.

La Nemesi nasce dunque con lo scopo di pubblicare e diffondere testi rivendicativi o informativi riguardanti azioni e sabotaggi, nonché articoli, resoconti e corrispondenze da rivolte e insurrezioni in tutto il mondo. È una sorta di «bollettino» della lotta rivoluzionaria anarchica e più in generale della guerra sociale intrapresa dagli oppressi.

Altrettanto spazio verrà dedicato alla pubblicazione di dichiarazioni e documenti scritti da anarchici imprigionati nelle carceri dello Stato, come ad aggiornamenti sulla situazione detentiva dei compagni, sulle mobilitazioni e le iniziative in solidarietà, sulle operazioni repressive anti-anarchiche passate, presenti e future e in generale sulla repressione contro il movimento.

Oltre a ciò, verranno riportate le novità editoriali (giornali, riviste, fogli, bollettini, libri, opuscoli, ecc., di recente pubblicazione) e occasionalmente saranno inseriti articoli o estratti di testi provenienti da pubblicazioni più o meno recenti. A differenza degli altri articoli, questi ultimi inserimenti saranno dettati dal buono e dal cattivo gusto di chi gestisce il sito internet.

Una ulteriore parte de La Nemesi sarà composta da una sezione, aperta a mo’ di archivio, dedicata ad articoli e testi rivendicativi inerenti azioni realizzate da anarchici in Italia a partire dagli anni ’50 fino ad oggi. La delimitazione geografica e temporale è posta non solo per dare un limite a un lavoro che altrimenti, se esteso indefinitamente, risulterebbe oltremodo mastodontico, ma soprattutto perché abbiamo creduto occorresse avere uno spazio accessibile in cui poter raccogliere innumerevoli testi avendo attenzione a quanto accaduto nel corso di questi decenni specificatamente in Italia. Per questa sezione saranno sempre benvenute correzioni, precisazioni, informazioni, nuovi testi da inserire.

Infine, precisiamo che questo sito internet non aspira a rappresentare, omologare o a farsi portavoce di nessuno. Non è frutto del lavoro di un collettivo, di un gruppo o di un’«area» specifica: a gestirlo sono alcuni individui che, molto semplicemente, lo hanno ritenuto necessario per amplificare l’entità e le possibilità dell’agitazione e della propaganda delle idee anarchiche.

La nostra lotta, in un certo senso, è una nemesi contro un destino che il potere vorrebbe definire come ineluttabile. Non una redistribuzione di giustizia o un bilanciamento di responsabilità, ma una collera che con il proprio eccesso afferma una semplice verità: il futuro, la gioia, la vita li strappiamo e li faremo nostri contro ogni avversità, sfruttamento, oppressione.

È con questa consapevolezza nel cuore che sosteniamo le pratiche d’attacco e la solidarietà rivoluzionaria internazionale con tutti gli anarchici e i rivoluzionari imprigionati. Lottiamo, fino alla liberazione totale, per la distruzione di questo ordine sociale e di ogni autorità. 

Settembre 2022

Sito internet: https://lanemesi.noblogs.org/
E-mail: lanemesi@autistici.org

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(IT) La Nemesi: un nuovo sito internet a sostegno delle pratiche d’attacco e della solidarietà rivoluzionaria internazionale
(EN) La Nemesi: a new website in support of practices of attack and international revolutionary solidarity
(DE) La Nemesi: eine neue Website zur Unterstützung von Angriffspraktiken und internationaler revolutionärer Solidarität
(ES) La Nemesi: una nueva página web en apoyo de las prácticas de ataque y de la solidaridad revolucionaria internacional

La Nemesi: a new website in support of practices of attack and international revolutionary solidarity

Publié le 2022-10-01 10:45:03

La Nemesi: a new website in support of practices of attack and international revolutionary solidarity

La Nemesi is a website run by anarchists and dedicated to publishing texts about the conflict against the state, capital and all authority. With the opening of this website we intend to go beyond the characteristics of so-called counter-information, giving more space to texts and contributions that more often than not, in the counter-information spaces that populate the virtual world, end up being buried in the vagueness generated by the telematic tool.

La Nemesi was thus created with the aim of publishing and spreading claim or informative texts concerning actions and sabotage, as well as articles, reports and correspondences from uprisings and insurrections all over the world. It is a kind of ‘bulletin’ of the anarchist revolutionary struggle and more generally of the social war waged by the oppressed.

Equally space will be dedicated to the publication of statements and documents written by anarchists imprisoned in state prisons, as well as updates on the prison situation of comrades, mobilisations and initiatives in solidarity, past, present and future anti-anarchist repressive operations, and in general the repression against the movement.

In addition to this, editorial news (recently published papers, magazines, sheets, bulletins, books, pamphlets, etc.) and occasional articles or extracts of texts from more or less recent publications will be included. Unlike the other articles, these latter insertions will be dictated by the good and bad taste of those who manage the website.

A further part of La Nemesi will consist of a section, open as an archive, dedicated to articles and texts claiming actions carried out by anarchists in Italy from the 1950s until today. The geographic and temporal delimitation is placed not only to give a limit to a work that otherwise, if extended indefinitely, would be exceedingly mastodontic, but above all because we believed it was necessary to have an accessible space in which to collect countless texts paying attention to what has happened during these decades specifically in Italy. For this section, we will always welcome corrections, clarifications, information, new texts to be included.

Finally, we would like to make it clear that this website does not aspire to represent, homologate or be a spokesman for anyone. It is not the work of a collective, a group or a specific ‘area’: it is run by a few individuals who, quite simply, felt it necessary to amplify the scope and possibilities of the agitation and propaganda of anarchist ideas.

Our struggle, in a way, is a nemesis against a fate that power would like to define as inescapable. It is not a redistribution of justice or a balancing of responsibilities, but a rage that by its excess affirms a simple truth: the future, joy, life we wrest and make our own against all adversity, exploitation, oppression.

It is with this awareness in our hearts that we support the practices of attack and international revolutionary solidarity with all imprisoned anarchists and revolutionaries. We fight, until total liberation, for the destruction of this social order and all authority.

September 2022

Website: https://lanemesi.noblogs.org/
E-mail: lanemesi@autistici.org

* * *

(IT) La Nemesi: un nuovo sito internet a sostegno delle pratiche d’attacco e della solidarietà rivoluzionaria internazionale
(EN) La Nemesi: a new website in support of practices of attack and international revolutionary solidarity
(DE) La Nemesi: eine neue Website zur Unterstützung von Angriffspraktiken und internationaler revolutionärer Solidarität
(ES) La Nemesi: una nueva página web en apoyo de las prácticas de ataque y de la solidaridad revolucionaria internacional

Interruzione di una kermesse democratica in solidarietà con Alfredo Cospito (Roma, 20 settembre 2022)

Publié le 2022-10-01 10:45:04

Roma – Interruzione di una kermesse democratica in solidarietà con Alfredo Cospito

La sera del 20 settembre a Roma abbiamo interrotto la kermesse democratica che ha avuto luogo al cinema Troisi. Come ospiti speciali della serata: il filosofo critico Noam Chomsky e il regista impegnato Ken Loach. Abbiamo fatto irruzione con uno striscione che recitava “Contro ogni galera. 41 bis = tortura. Alfredo libero”, lanciato volantini e letto il seguente testo.

FUORI ALFREDO DAL 41 BIS
TUTTE LIBERE, TUTTI LIBERI

Dal 5 maggio il nostro compagno Alfredo Cospito si trova prigioniero in regime di 41 bis.

Il 41 bis è un regime di tortura istituzionalizzata, nato per isolare, silenziare e annichilire il prigioniero, cercando così di portarlo alla collaborazione con la Giustizia. Non vogliamo chiedere gabbie più confortevoli e nemmeno fare le vittime. Siamo contro tutte le galere, le vorremmo veder bruciare. Non siamo stupiti o indignati, sappiamo benissimo che tutto questo avviene all’interno di un regime democratico. La democrazia si fonda sull’annientamento del nemico interno ed esterno. Non è una novità legata all’avvento della cosiddetta pandemia, questo meccanismo è insito alla democrazia rappresentativa che, in quanto prevede dei rappresentanti, crea necessariamente uno scarto incolmabile con i rappresentati. Semplicemente, da due anni a questa parte, pensiamo che i regimi democratici abbiano calato la loro maschera: repressione per tutt*, stati di emergenza permanenti, vaccinazione obbligatoria, green pass, persecuzione di chi non sta alle regole, razionamenti, ecc. La situazione è auto-evidente.

Lo Stato ci sta dando un monito: chi diffonde le pratiche e le idee anarchiche e rivoluzionarie viene seppellito vivo. Ne sono un esempio anche le recenti condanne a Juan Sorroche (28 anni di carcere per un attacco contro una sede leghista) e ad Anna Beniamino (condannata assieme ad Alfredo per strage politica, una pena che prevede l’ergastolo). L’inasprimento repressivo che stiamo vivendo non può passare sotto silenzio, non possiamo arenarci nell’attendismo. Sono tempi duri, ma non ne verranno di migliori se non agiamo ora.

Per questo è importante pretendere il declassamento di Alfredo dal 41 bis con tutte le nostre forze, diffondere le idee anarchiche e rivendicare le pratiche per cui è stato condannato, pratiche che da sempre sono parte del movimento anarchico.

Ai democratici e ai falsi critici non abbiamo niente da dire… volevamo solo rovinarvi la festa.

LIBERTÀ PER LE ANARCHICHE E GLI ANARCHICI INQUISITI
MORTE ALLO STATO, VIVA L’ANARCHIA

[Ricevuto via e-mail]

Presidio alla Direzione Nazionale Antimafia e Antiterrorismo (Roma, 30 settembre 2022)

Publié le 2022-10-01 10:45:04

Presidio alla Direzione Nazionale Antimafia e Antiterrorismo (Roma, 30 settembre 2022)

Presidio alla DNAA il 30 settembre a Roma

Contro il 41 bis
Contro la repressione anti-anarchica
Per una solidarietà rivoluzionaria ad Alfredo Cospito e a tutti i compagni colpiti dallo Stato
Fuoco a tutte le galere
Liberi tutti

Presidio alla Direzione Nazionale Antimafia e Antiterrorismo, responsabile dell’applicazione del 41 bis.
Venerdì 30 settembre, ore 10:00, vicolo della Moretta, Roma.

* * *

Mobilitiamoci contro la repressione

Con la proclamazione della pandemia, nei sistemi democratici capitalisti si sono affermate forme di governo  basate sullo stato di emergenza permanente.
Senza soluzione di continuità siamo passati dalla reclusione di massa delle misure di sanità pubbliche – coprifuoco, lockdown, ecc… – all’economia di guerra: aumentano i prezzi dell’energia e dei beni primari (cibo) e i media parlano di razionamento energetico per l’inverno.
Già stremati dall’emergenza sanitaria, ora dobbiamo tirare la cinghia per pagare le spese di guerra mentre gli azionisti di Leonardo, ENI e Stellantis riempiono i loro conti in banca.
Siamo convinti che in molti paesi d’Europa una parte della popolazione si mobiliterà contro un ulteriore abbassamento delle proprie condizioni di sopravvivenza, ma siamo anche consapevoli che i governi, e ormai da diversi anni, hanno affilato i loro strumenti repressivi in vista di questa situazione.
L’Italia fa scuola. Qui, a gestire le “emergenze” in termini di repressione troviamo al primo posto la DNAA, Direzione Nazionale Antimafia e Antiterrorismo, la quale, tra le altre, ha il compito di esprimersi in merito all’opportunità di assegnare questo o quel detenuto a regimi detentivi speciali, in primo luogo il 41 bis.
L’Antimafia (che dal 2015 si occupa anche di terrorismo) esporta nell’ambito della repressione politica i metodi “eccezionali” ed “emergenziali” utilizzati contro la criminalità organizzata.
Il 41 bis è una forma di tortura istituzionalizzata che, utilizzando le tecniche di deprivazione sensoriale, mira a produrre danni psichici e fisici a chi è sottoposto a questo regime, al fine di “produrre pentiti”.
Si tratta di uno strumento già utilizzato ai fini della repressione politica e applicato a detenuti e detenute appartenenti all’organizzazione comunista BR-PCC.
Negli ultimi mesi, sia la DNAA che il 41 bis hanno avuto un ruolo chiave nell’inasprimento repressivo contro contro il movimento anarchico. Tra gli episodi più recenti vogliamo segnalare:
– la pesante condanna a 28 anni di reclusione per 280 c. p. (attentato con finalità di terrorismo) a Juan Sorroche Fernandez accusato dell’attacco alla sede di Treviso del partito razzista della Lega Nord;
– la riqualificazione nel reato di “strage politica”, da parte della Corte di Cassazione, dell’attacco esplosivo contro la scuola allievi dei carabinieri di Fossano per cui sono stati condannati i compagni Anna Beniamino ed Alfredo Cospito. Entrambi gli attacchi non avevano provocato nessuna strage ma unicamente danni materiali;
– lo scorso maggio, il trasferimento di Alfredo nel carcere di Bancali (Sassari), in regime di 41 bis.
Questi attacchi repressivi indicano la “tolleranza zero” verso l’azione diretta.
Siamo consapevoli che si tratta di un avvertimento per tutti coloro che partecipano attivamente al conflitto sociale e che determineranno, a cascata, un aumento della pressione repressiva su tutte le iniziative di lotta.
Perciò riteniamo che la difesa di questi compagni riguardi tutti e tutte, così come riteniamo che estendere la  solidarietà e difendersi collettivamente dalla repressione sarà uno degli aspetti da affrontare nelle lotte del prossimo futuro.
Abbiamo quindi deciso di dare corso ad una serie di iniziative di lotta che riguardino le questioni specifiche che abbiamo indicato, con l’intento di allargare il fronte della lotta alla repressione.

Primo appuntamento della mobilitazione:
Venerdì 30 settembre: presidio alla Direzione Nazionale Antimafia e Antiterrorismo, responsabile dell’applicazione del 41 bis (vicolo della Moretta, ore 10:00).

Compagne e compagni anarchici

[Tratto da: https://fuoridallariserva.noblogs.org/post/2022/09/23/presidio-alla-dnaa-il-30-settembre-a-roma/]

Banners in solidarity for imprisoned anarchist Alfredo Cospito (Genoa, Italy, September 2022)

Publié le 2022-10-01 10:45:05

Banners in solidarity for imprisoned anarchist Alfredo Cospito (Genoa, Italy, September 2022)

Banners have been hung in an abandoned building of Genova with the words:

Alfredo Cospito
out of 41 bis
For anarchy

[Published in italian here: https://fuoridallariserva.noblogs.org/post/2022/09/21/genova-striscioni-per-alfredo/]

Mering (Allemagne) : sabotage estival du trafic ferroviaire

Publié le 2022-10-02 07:55:04

La nuit de dimanche 31 juillet à lundi 1er août 2022 entre 21h et 3h du matin, le puits de câbles du poste d’aiguillage de Mering (Bavière) a été volontairement incendié. De nombreux trains régionaux entre Munich et Augsburg ont été annulés pendant 48 heures. Cette attaque a également fortement perturbé le trafic des trains à longue distance ICE et Intercity en provenance de Nuremberg, Ulm ou Stuttgart –qui passaient tous par cet important nœud ferroviaire–, en provoquant de longs retards et annulations.

Selon une porte-parole de la Deutsche Bahn (DB), qui a dû justifier le délai tardif de retour à la normale, il est lié à la particularité de ces câbles incendiés le long des voies : « Une quinzaine de câbles contenant chacun plus de 500 fils ont été touchés et ont dû être remplacés. Ces câbles commandent entre autres les signaux le long de la ligne et des fonctions importantes du poste d’aiguillage de Mering. »


Si dans un premier temps, les flics ont refusé de se prononcer sur la cause de l’incendie en défendant la possible hypothèse d’une combustion des câbles sans intervention d’un tiers, la police fédérale chargée de poursuivre les investigations a ensuite annoncé l’ouverture d’une instruction pour « incendie criminel ». Elle a aussi lancé un appel à témoins, en recherchant « des personnes circulant en voiture ou à vélo [cette nuit-là] et qui, malgré les températures estivales, portaient des gants ou des sweats à capuche»

[Synthèse de la presse allemande, 1-3 août 2022]

Villers-les-Pots (Bourgogne) : couper le trafic ferroviaire…

Publié le 2022-10-02 07:55:05

Villers-les-Pots : un acte de vandalisme entraîne
des difficultés de circulation sur l’axe SNCF Dijon-Besançon

Le Bien Public, 27 septembre 2022

Si vous devez emprunter la ligne ferroviaire Dijon-Besançon ce mardi soir, il faudra sûrement prendre votre mal en patience. En effet, selon le compte Twitter TER Bourgogne – Franche-Comté Trafic, l’axe connaît en ce moment-même des perturbations dans les deux sens en raison d’ « un acte de vandalisme touchant à la signalisation » sur la commune de Villers-les-Pots. Selon la SNCF, le rétablissement est prévu vers 19 h 30.

Marktheidenfeld (Allemagne) : le golf sent le roussi

Publié le 2022-10-02 07:55:05

Traduit de l’allemand de Sozialer Zorn, 7 septembre 2022
(extrait de la presse locale)

Comme la police l’indique dans un communiqué de presse, un camion-benne a entièrement brûlé vers 1h30 sur le terrain du golf d’Eichenfürst (Bavière), dans la nuit de mercredi 7 septembre. Une mini-pelleteuse se trouvant à côté et 100 mètres carrés de gazon ont été également touchés par l’incendie. Selon l’état actuel de l’enquête, la police criminelle de Wurzbourg pense à un incendie volontaire. Les dégâts s’élèveraient à environ 40 000 d’euros.

Il n’est pas improbable qu’il y ait eu un lien entre l’incendie criminel et d’autres dommages matériels qui ont été connus au cours de l’enquête. Une autre surface de gazon et des drapeaux ont également été vandalisés mercredi soir sur le site du terrain de golf.

Paraguay : Beau comme des milliers de machines à voter qui partent en fumée

Publié le 2022-10-02 07:55:08

Jeudi 29 septembre 2022, un incendie s’est déclaré au cœur de la capitale paraguayenne, Asunción, pour ravager le Tribunal supérieur de justice électorale (TSJE), soit l’instance suprême du pays en la matière. Dans ce gigantesque brasier, les milliers d’urnes électroniques qui y étaient stockées ont également été réduites en cendres… en ne pouvant désormais plus servir à la primaire interne du 18 décembre prochain des grands partis politiques, ni à l’élection présidentielle prévue en avril 2023.

Selon Jaime Bestard, président de cet organe judiciaire, environ « 8.500 urnes électroniques et leur matériel électoral » sont parties en fumée, conduisant à la création immédiate d’un « comité de crise » pour enquêter sur les causes de cet incendie, contre lequel 300 pompiers ont lutté en vain pendant près de six heures. En vain, puisque tout a brûlé à l’intérieur, et que le bâtiment devra certainement être démoli.

Selon la presse locale, un fonctionnaire du tribunal (coordinateur électoral du département de Concepción) est décédé dans son bureau suite à l’inhalation des fumées, rouvrant un début de polémique sur l’évacuation de la centaine de membres du personnel alors présents, dans un pays où ce sujet est particulièrement sensible depuis la tragédie de 2004 bien que cela n’ait rien à voir dans ce cas*. Quant à l’incendie du Tribunal supérieur de justice lui-même, il aurait précisément démarré « à l’heure de la sieste » (vers 14h) dans le bloc G du bâtiment… celui où se trouvaient les urnes électroniques et les serveurs informatiques du système électoral national.

Concernant les dégâts précis évalués quelques jours plus tard, ce sont en réalité 7 780 machines à voter (sur les 22 000 dont disposait le Paraguay) qui ont été consumées par l’incendie, mais aussi l’ensemble des équipements nécessaires au Système de Transmission des Résultats Électoraux (TREP). Soit un kit composé à chaque fois des éléments suivants : une imprimante spéciale pour émettre un « bulletin TREP » vierge avec puce RFID remis aux électeurs par le président du bureau de vote, plus un notebook avec écran tactile sur lequel choisir son candidat après y avoir inséré ce bulletin (ladite « machine à voter »), plus un scanner pour lire le QR code imprimé sur le bulletin après que la machine l’ait recraché afin que l’électeur puisse vérifier qu’elle a correctement codé son choix, ainsi que deux modems internet pour que la machine à voter puisse envoyer en temps réel les résultats au système central de décompte, plus un appareil utilisé pour lire la puce RFID du bulletin au cas où le QR code ne serait pas reconnu par le scanner… ce qui fait un autre bon paquet de matos parti en fumée, en plus des murs du Tribunal supérieur de justice électorale et de son déjà vilain stock de « máquinas de votación ».

Enfin, et puisqu’il fallait bien une belle cerise sur un tel gâteau flambé, Dominick Ramírez (directrice-adjointe des technologies de l’information du tribunal) a tenu à préciser le 1er octobre dans une interview, que le fournisseur officiel des urnes électroniques du pays venait de lui annoncer qu’il serait impossible de les remplacer avant bien longtemps… vu l’actuelle pénurie en semi-conducteurs de leur constructeur chinois ! Ce qui n’a évidemment pas manqué de provoquer de passionnants débats locaux à propos du manque brûlant de machines à voter, comme « faut-il élargir les horaires de vote électronique ou reporter le scrutin du 18 décembre prochain ? » et « la compagnie d’assurance du Tribunal paiera-t-elle à temps les 10 millions de dollars de dégâts normalement couverts, afin de pouvoir louer quelques machines d’occaz au Brésil voisin ? », etc.

Tout cela, avant qu’un membre éminent de feu le Tribunal électoral suprême, Cristhian Ruiz Díaz, son directeur financier, ne suggère d’utiliser tout bêtement les téléphones portables pour remplacer une partie du matériel détruit, afin de « scanner le QR code imprimé [sur chaque bulletin validé] par la machine à voter, pour le transmettre directement au siège central de la justice électorale ». Et c’est ainsi que le plus pauvre des pays d’Amérique latine où plus de 80 % des terres cultivables sont possédées par 2,6 % de propriétaires terriens qui en ont fait le quatrième exportateur mondial de soja (transgénique), risque paradoxalement d’avoir la dictature formelle de la majorité la plus technologiquement avancée du continent. Celle où tous ceux qui se sont réjouis de l’incendie de plus d’un tiers des machines à voter du pays parce qu’ils souhaitent la destruction du pouvoir plutôt que sa délégation, pourront désormais tourner leur regard vers les antennes de téléphonie mobile pour achever le travail…

[Synthèse de la presse paraguayenne, 2 octobre 2022]

* Le 1er août 2004, 400 personnes sont mortes dans l’incendie accidentel d’un complexe commercial à Asunción, après que les propriétaires aient cadenassé ses portes afin d’empêcher les clients de partir sans payer…

Asunción (Paraguay), 29 septembre 2022. Les milliers d’urnes électroniques et leurs équipements après le passage ravageur de l’incendie du Tribunal supérieur électoral.
Beau comme les restes d’un notebook électoral calciné…

Graz (Autriche) : attaque anti-militariste contre un fournisseur de Mercedes

Publié le 2022-10-02 07:55:11

Traduit de l’allemand de Sozialer Zorn, 18 août 2022
(via Autonomes Blättchen #50)

Le 18 août, nous avons saboté l’usine de Magna Steyr, fournisseur de Mercedes à Graz. Pour cela, nous avons ouvert les puits de câbles à côté des voies ferrées menant au site de l’entreprise, puis nous y avons mis le feu. Sur ce site sont assemblés des SUV Mercedes-classe G.

Mercedes-Benz vend ses jeeps à des super-riches ainsi qu’à des armées étatiques. Mercedes fait partie de l’industrie duale civilo-militaire et profite de la destruction continue de l’écosystème. Cette action est un encouragement aux attaques contre l’industrie de guerre ainsi que contre les acteurs de la destruction de la terre.

Munich (Allemagne) : cramer les installateurs de fibre optique en amont

Publié le 2022-10-02 07:55:11

Traduit de l’allemand de Sozialer Zorn, 25 juillet 2022
(extraits de la presse locale)

La nuit de dimanche à lundi 25 juillet vers 3h du matin, des flammes de plusieurs mètres sont soudain montées dans le ciel sombre du quartier d’Obersendling, au sud de Munich : cinq camions, cinq remorques et une pelleteuse d’une entreprise de BTP ont brûlé sur son site utilisé comme centre logistique et de stockage pour plusieurs chantiers en ville.

Selon la police, les traces relevées sur les lieux indiquent qu’il s’agit d’un incendie volontaire, et le montant des dégâts est évalué à deux millions d’euros. Les dommages sur deux camions de 7,5 tonnes, trois camions de 3,5 tonnes, une pelleteuse et cinq remorques, plus des engins et du matériel de chantier détruits par le feu, s’élèvent déjà à plus d’un million et demi d’euros. Mais à cela, il faut aussi ajouter les 25 tourets de câbles en fibres optiques qui ont été entièrement carbonisés, et les 10 grands rouleaux de câbles et de gaines d’une valeur nettement supérieure à 200.000 euros.

En raison de l’important dégagement de fumée, les voies ferrées adjacentes en direction de Wolfratshausen et Holzkirchen ont été temporairement fermées pour des raisons de sécurité. Après environ une heure, les différents incendies sur le site ont été éteints. Les pompiers sont restés en action jusque vers 5 heures du matin afin d’éteindre les dernières braises.

La sécurité Intérieure de l’Etat allemand (Staatsschutz) est désormais en charge des investigations ultérieures, sous la houlette du Commissariat K 43, compétent pour les délits liés au spectre de l’extrême-gauche. Il n’y a pour l’instant aucune trace des auteurs, mais un lien avec les incendies criminels perpétrés ces dernières années contre des infrastructures à Munich et dans ses environs est examiné.

En mai 2021, des câbles souterrains avaient en effet été endommagés à proximité de la gare de l’Est, privant 20.000 foyers d’électricité [l’incendie avait surtout mis temporairement à l’arrêt l’entreprise d’armement Rohde & Schwarz]. Plusieurs pylônes de téléphonie mobile ont également déjà été incendiés par le passé, ainsi qu’une gravière près de Deisenhofen. En août 2021, un incendie criminel avait également été perpétré contre une entreprise qui extrait du gravier dans la région de Forst Kasten, et dont la poursuite des activités dans la zone signifiait l’arrachage d’un millier d’arbres supplémentaires.

Contre une nouvelle prison à Muret et ceux qui la construisent !

Publié le 2022-10-02 21:30:06

Rassemblement le lundi 10 octobre devant la sous-préfecture



D’ici 2027, l’État prévoit la construction de 15 000 places de prison supplémentaires, soi-disant pour lutter contre la surpopulation carcérale et les mauvaises conditions de détention. Cette politique fait partie d’une stratégie gouvernementale toujours plus répressive envers celleux qui ne respecteraient pas les règles du jeu de la propriété privée, de l’exploitation salariale, et de la défense des intérêts de l’État et des classes dominantes. Comme si des prisons ultra-modernes et technologiques pouvaient rendre l’enfermement plus acceptable ! Comme si ces nouvelles cellules n’allaient pas servir à plus de répression !

Quelques mois à peine après son ouverture, la maison d’arrêt de Seysses était déjà surpeuplée et c’est évidemment toujours le cas. Aujourd’hui, c’est à Muret que débute une seconde enquête publique afin d’entériner le projet de construction de 615 nouvelles places en cellules. Elle vise à savoir si le projet ne menace pas la faune et la flore des parcelles agricoles qu’il implique de bétonner. Mais comme d’habitude, il s’agit surtout d’entretenir le spectacle de la concertation en attendant le début des travaux prévus quoi qu’il arrive en 2023. Histoire d’orienter la discussion sur comment mettre en place le projet et d’évacuer l’idée de son abandon ! La dernière enquête publique avait recueilli majoritairement des avis défavorables sans que cela n’empêche l’État de poursuivre sa marche en avant sécuritaire.

Le lundi 10 octobre, de 13h30 à 17h, Jean-Pierre Wolff, comissaire enquêteur de la CNDP habitué à cautionner différents projets de prison, tiendra une permanence à la sous-préfecture de Muret. Il sera pour l’occasion accompagné de l’agence publique pour l’immobilier de la justice (APIJ) qui supervise la construction de toutes les prisons en France et de son « bureau d’étude naturaliste ! » !

Puisqu’ici ou ailleurs, la prison est l’outil d’un capitalisme effréné qui a besoin d’enfermer pour subsister, ces gens-là ne seront jamais des interlocuteurs mais toujours nos ennemis. Puisque la taule constitue l’aboutissement d’une société de contrôle généralisé et du fantasme des dominants qui aimeraient étendre les quadrillages policiers à l’ensemble de nos existences, lutter contre l’implantation de l’une d’entre elles, c’est résister à leur monde d’exploitation et de répression. La venue de ses sales acteurs est une bonne occasion de perturber leur routine démocratique. C’est pourquoi on appelle à se rassembler à 13h devant la sous préfecture de Muret (10 All. Niel, 31600 Muret), pour manifester notre opposition à toutes les formes d’enfermement et leur cracher notre mépris.

À bas toutes les prisons, construites ou à venir !

Indymedia Lille

Publié le 2022-10-02 21:45:04

Le second numéro du bulletin Guerre à la guerre - Perspectives
anarchistes et internationalistes, vient de paraitre. Nous invitons
toute personne que sa lecture ou sa diffusion intéresse à envoyer un mail à lapaixlaguerre_AT_riseup.net.

Au sommaire de ce numéro :

- À bas les armées !
- Pas de paix avec l’existant qui ne connaît pas la paix !
- Des idées pour la récréation ?
- Bref aperçu de la résistance à la guerre en Russie et en Ukraine
- Desertores
- Le bombardement des esprits
- Les grains de sable ne viennent pas tous du Sahara
- Emprise atomique
- La guerre bout par bout
- Mener notre guerre
- Soutenez les travailleurs en grève de Thalès : envoyez-leur des
sandwichs à la merde !
- Économie de guerre
- Pas de guerre, mais la guerre de classe : contre l’État, le
nationalisme et la guerre inter-impérialiste en Ukraine
- Apocalypse ou insurrection. Ne pas adhérer et saboter (Espace, économie
de guerre, réarmement)
- Introduction à la cartographie de l’industrie locale de l’armement et
de ses points faibles