Vive l'Anarchie - Semaine 39, 2023

Sommaire

Italie : Déclaration d’Alfredo à l’audience du 14 mars du Tribunal des libertés, pour l’opération Sibilla

Publié le 2023-09-25 06:20:05

La Nemesi / jeudi 23 mars 2023

Avant tout, je voudrais commencer par citer mon instigateur :

« Notre ordre juridique a institué cette figure d’isolément mortuaire qu’est le régime 41-bis, qui, pour certains aspects, est même plus incivile que cette mutilation pharmacologique.
Cela pour dire que notre système ne brille pas comme un exemple de civilisation »
Carlo Nordio, 28 mars 2019.

Il a été mon instigateur, dans la lutte que j’ai entamé. Je n’aurais jamais pensé d’arriver jusqu’à ce point, j’ai toujours trouvé les mélodrames ridicules, je préfère les comédies, mais ça s’est passé comme ça. Après tout, l’Italie n’est pas le pays du mélodrame ? Du coup, je dois finir en beauté. Mais si j’y pense bien, il y a quelque chose d’ironique : je suis le seul couillon qui, dans l’Occident démocratique et développé, meurt parce qu’on lui empêche de lire et d’étudier ce qu’il veut : des journaux anarchistes, des livres anarchistes, des revues d’histoire et de sciences, sans oublier mes bien-aimées bandes dessinées.

Vous conviendrez que cela est paradoxal et même un peu drôle, mais je ne peux pas vivre comme-ça, je n’y arrive vraiment pas, j’espère que ceux qui m’aiment le comprennent. Je n’arrive pas à me résigner à cette non-vie, j’y peux rien, peut-être parce que je suis un entêté d’anarchiste des Abruzzes. Je ne suis certainement pas un martyr, j’ai un certain dégoût pour les martyrs. Oui, je suis un terroriste, j’ai tiré sur un homme et j’ai revendiqué ce geste avec fierté, même si, qu’on me le laisse dire, cette définition fait un peu rire, dans la bouche des représentants d’États qui ont sur leurs consciences des guerres et des millions de morts et qui, parfois, comme c’est le cas de l’un de nos ministres, s’enrichissent avec le commerce d’armes. Mais qu’est-ce que vous voulez qu’on y fasse, ainsi va le monde, du moins jusqu’au triomphe de l’anarchie et à la naissance du vrai socialisme, antiautoritaire et anti-étatique. Ce n’est pas demain la veille, vous pourriez dire, et moi aussi ; pour l’instant les seuls rayons de lumière que je vois sont les gestes de rébellion de mes frères et mes sœurs révolutionnaires à travers le monde, ce n’est certainement pas rien, parce qu’ils sont réalisés avec le cœur, avec passion et courage, bien qu’ils puissent paraître modestes et inconséquents.
Ceci dit, je voulais expliquer le sens de mon acharnement contre le régime 41-bis. Je crois que quelque juriste l’a compris, mais très peu d’autres personnes : le 41-bis est une métastase qui pourrait saper, et de facto sape, votre prétendu État de droit, un cancer qui, dans une démocratie un tantinet plus totalitaire – et avec le gouvernement Meloni on y est presque – pourra être utilisé pour réprimer, réduire au silence par la terreur toute dissidence politique, toute forme d’hypothétique extrémisme. Le tribunal qui décide la condamnation à la muselière du 41-bis ressemble en tous points au tribunal spécial fasciste, ses dynamiques sont les mêmes : je pourrais sortir de ce giron infernal seulement si je renierais ma foi politique, mon anarchisme, seulement si je vendais quelque compagnon ou compagnonne. On commence toujours pas les tziganes, par les communistes, par les opposants, les voyous, les subversifs et ensuite c’est le tour des gauches plus ou moins révolutionnaires.
Comment j’aurais pu ne pas m’opposer à tout cela, certes d’une manière désespérée, et pour un anarchiste, justement parce que nous n’avons pas une organisation, tenir sa parole c’est tout, c’est pour cela que je continuerai jusqu’à la fin. Pour finir, comme l’a dit, si je me rappelle bien, l’anarchiste Henry avant qu’on lui coupe la tête : quand le spectacle ne me plaît plus, j’aurai toujours le droit de le quitter, en sortant en frappant bruyamment la porte. C’est cela que je ferai dans les prochains jours, j’espère avec dignité et sérénité, pour ce qui m’est possible.
Une forte accolade à Domenico, qui, depuis la section pour 41-bis de la prison de Sassari a commencé une grève de la faim dans l’espoir de pouvoir embrasser à nouveau ses enfants et sa famille, dans mon fort espoir que d’autres damnés au 41-bis brisent leur résignation et rejoignent la lutte contre ce régime qui transforme la constitution et le prétendu – pour ce qu’il vaut – État de droit en papier toilette.

Abolition du régime 41-bis.
Abolition de la peine d’emprisonnement à perpétuité avec période de sûreté illimitée.
Solidarité avec tous les prisonniers anarchistes, communistes et révolutionnaires à travers le monde.
Merci, mes frères et sœurs, pour tout ce que vous avez fait, je vous aime, pardonnez mon opiniâtreté illogique. Jamais maté, toujours pour l’anarchie.
Vive la vie, à bas la mort.

Alfredo Cospito
[en visioconférence depuis la prison d’Opera, 14 mars 2023]

 

Note de La Nemesi : le compagnon, en citant l’actuel ministre de la Justice Nordio, se réfère à l’article Castrazione chimica, ritorno al Medioevo [Castration chimique, retour au Moyen Age], publié sur le quotidien Il Messaggero le 28 mars 2019 (on pourra le lire à ces liens : https://www.ilmessaggero.it/editoriali/carlo_nordio/editoriali_carlo_nordio-4390216.html et
https://web.archive.org/web/20230323152621/https://www.ilmessaggero.it/editoriali/carlo_nordio/editoriali_carlo_nordio-4390216.html )
La référence au ministre qui s’enrichit avec le trafic d’armes vise sûrement l’actuel ministre de la Défense Crosetto, qui, avant d’être nommé au gouvernement, était président d’une importante lobby de l’industrie des armements.
Pour finir, Alfredo cite de mémoire le compagnon Émile Henry (1872–1894), dont les mots exactes sont : « Au surplus, j’ai bien le droit de sortir du théâtre quand la pièce me devient odieuse et même de faire claquer la porte en sortant, au risque de troubler la tranquillité de ceux qui sont satisfaits » [« Pensées », écrites à la Grande-Roquette en mai 1894, publiées dans « Le Libertaire », n°28, du 23-29 mai 1896. On pourra le trouver ici ; NdAtt.].

Chili : Nuit d’émeutes pour un 11 septembre noir

Publié le 2023-09-25 06:25:08

Informativo Anarquista / samedi 23 septembre 2023

Lors de cette nouvelle commémoration du 11 septembre, cette fois à 50 ans du coup d’État, les chiffres font état de plus de 360 cas de démonstrations dans le pays, parmi lesquels on trouve des dizaines de barricades, d’actions directes, des jets de cocktails Molotov et des feux d’artifice et aussi, à certaines endroits, des réappropriation (pillages), des rafales de coups de feu contre les flics et des bus brûlés.

Des actions qui se sont produites surtout dans les quartiers emblématiques de Villa Francia, Lo Hermida, Cerro Navia, La Victoria, San Bernardo, La Pincoya et Recoleta [tous dans l’agglomération de Santiago ; NdAtt.]. Mais des actions ont été constatées aussi à Puente Alto, Maipú, Melipilla, La Granja, La Pintana, Ñuñoa, Lo Espejo, Valparaíso et Concepción, parmi beaucoup d’autres endroits.

Cela a mené à 14 flics blessés, 8 attaques contre des commissariats, 7 bus incendiés et 5 véhicules des forces répressives endommagés, un cameraman de la chaîne télé Mega blessé par un tir et des magasins pillés.

D’autre part, aussi, 108 personnes ont été interpellées, pour la plupart en lien avec des troubles à l’ordre publique, des attaques contre les Carabinieros, des vols ; en particulier, 21 personnes devront faire face à l(’in)Justice suite à des accusations de pillage.

En outre, une compagnonne a été blessée à l’œil par des plombs tirés par les flics et aussi 6 autres civil.es ont été blessé.es.

Ecrit par Prensa Kapucha

Voici quelques photos :

Photos de Frente Fotográfico, Daniel Guerrero, Blopa, Revelacalle, Sin rumbo, Salvaje Fotografía.

Indymedia Lille

Publié le 2023-09-26 06:35:03
CRÈVE LES PNEUS DES CONSTRUCTEURS DE TAULES !
30 septembre 2023 13:24, par moi


La multinationale Eiffage fait du profit sur la construction de prisons, comme sur l’exploitation de ses travailleureuses. Partout, tout le temps, pourrissons la vie de ceux qui enferment et qui exploitent !

Hier dans la nuit, à Calais, un véhicule de cette entreprise s’est fait dégonfler les pneus, avec un petit message : "crève les pneus des constructeurs de taules".

Peut-être un avertissement à ceux qui espèrent faire du bénéfice avec le projet de nouvelle prison pour sans-papiers que la France et l’Angleterre veulent ouvrir dans le coin ? Ou juste une vengeance pour toutes les prisons déjà construites par Eiffage ?

Mini-tuto dégonflage de pneu de voitures en 30 secondes :
- Dévissez le bouchon de la valve sur le bord du pneu ;
- Mettez un grain de poivre (ou un petit cailloux) dans le bouchon puis revissez-le ;
- Écoutez si vous entendez l’air s’échapper : si oui, le pneu sera totalement à plat en quelques minutes à peine !

Astuce : marche aussi pour les voitures de condés...


Nouvelles arrestations liées aux émeutes dans la Loire

Publié le 2023-09-26 06:50:05

La presse nous apprend dans la même semaine que 4 personnes vont passer en procès à St Étienne, tandis que 4 autres personnes sont en garde à vue à Roanne. Toutes sont accusées de dégradations liées aux émeutes qui ont eu lieu après la mort de Nahel.



La presse nous apprend dans la même semaine que 4 personnes vont passer en procès à St Étienne, tandis que 4 autres personnes sont en garde à vue à Roanne. Toutes sont accusées de dégradations liées aux émeutes qui ont eu lieu après la mort de Nahel.

15 cop cars damaged during Cy-Hawk game – Ames, Iowa

Publié le 2023-09-26 06:55:04

September 15, 2023

A 25-year-old Des Moines resident is facing more than a dozen felony charges stemming from their alleged role in vandalizing several law enforcement vehicles last weekend in Ames.

The Iowa State University Police Department reported that 15 vehicles from the Iowa State Patrol and Story County Sheriff's Office were damaged during the Sept. 9 Cy-Hawk game between Iowa State University and the University of Iowa.

In an email to the Ames Tribune, the ISU PD said the vehicles were "gashed" and, in some cases, "caused extensive damage."

Investigators "shared posts on social media that generated several tips in the case"  and identified the Des Moines 25-year-old, who faces eight counts of first-degree criminal mischief and seven counts of second-degree criminal mischief.

Law enforcement was able to track the individual through security camera footage in the student tailgating lots at 2:35 p.m. Sept. 9, the same time the Cy-Hawk game was scheduled to kick. ISU PD posted the video on X (formerly known as Twitter.com) Tuesday morning.

The 25-year-old turned their self into the police Friday and was booked into the Story County Jail.

The eight charges of first-degree criminal mischief, according to ISU police, are each Class C felonies for damage causing more than $10,000 in damage. The seven second-degree criminal charges are Class D felonies for damage under $10,000 and more than $1,500.

Found On Mainstream Media

Solidarité : pièce à verser au dossier du 8/12

Publié le 2023-09-26 07:00:05

A l’approche du procès, depuis Bure, on réaffirme notre solidarité avec les inculpé.es du 8/12. On n’a pas pu ressortir la précédente banderole, mais l’idée est là. Bisous et force à vous.

38h aux mains du GLeV, entretien avec un dijonnais arrêté le 5 juin 2023 dans le cadre de l'affaire « Lafarge »

Publié le 2023-09-26 07:05:17

Est-ce que tu peux nous raconter ton interpellation ?

Il est environ 6h, je suis sorti du sommeil par un bruit de troupeau dans ma cage d’escalier puis quelqu’un qui tambourine à ma porte en m’appelant par mon nom. Le stress monte d’un coup, aussi parce qu’il y a ma fille qui me demande ce qu’il se passe d’une voie encore endormie. « Oui, qu’est-ce que c’est ? », « Gendarmerie nationale, ouvrez ! ». Ça défile dans ma tête pendant que je cherche de quoi m’habiller, « dépêchez-vous ! », ça tambourine plus fort. Je me demande ce qu’ils font là. Quand je finis par ouvrir, je fais une tentative pour les retenir sur le pas de la porte et qu’ils m’expliquent les raisons d’un tel débarquement matinal. Le gars qui est en face de moi me pousse dans l’appart et rit comme si je ne comprenais pas la situation. « On va vous expliquer ». Le type me dit : « on est de Marseille, on vient par rapport à la cimenterie Lafarge ». Il lâche ça comme si j’étais censé être au courant. Je suis placé en garde à vue à 6h05. S’ensuit une perquisition de 3h où ils épluchent l’appartement, se concentrant visiblement sur tout document qui pourrait avoir un rapport avec le béton, avec les soulèvements de la terre et plus généralement avec toute forme d’activité politique. Un autre enquêteur qui semblait être le collègue du type qui m’a placé en garde à vue prend en photo un petit abécédaire avec la tête de Marx sur la couverture. Toujours subversif à les en croire ! Ils m’interrogent sur des noms et des adresses qui apparaissent sur des vieux brouillons. Je demande 10 fois à aller aux toilettes, parce que je bois en continu à cause de l’angoisse qui me sèche la gorge comme jamais. Quand ils parlent trop fort, je leur rappelle qu’il faut chuchoter, croyant que ma fille s’est rendormie !

Est-ce qu’ils ont détaillé tout de suite pour quels motifs tu as été placé en garde-à-vue ?

Je crois oui, en tout cas sur les procès verbaux il en figurait trois : association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit entraînant au moins cinq ans d’emprisonnement ; dégradation et destruction de bien d’autrui avec deux circonstances aggravantes ; dégradation et destruction par un moyen pouvant entraîner un danger pour les personnes. Il y a aussi des « bandes organisées » et « en réunion », qui traînent ici et là. Plus tard, j’ai lu « peine criminelle » quelque part dans un des PV. Ils m’ont alors expliqué qu’un des motifs de poursuite relevait du « criminel », ce qui a justifié le fait que toutes les auditions, et parfois un peu plus, étaient intégralement filmées et enregistrées.

On peut dire que c’est de la « criminalisation » au sens littéral...

En tout cas, ce qui m’a marqué par contraste, c’est que l’homme du duo d’enquêteurs répétait : « non mais, la cause est légitime » pendant la perquisition, tout en fouillant le moindre des documents de mon appart’ à la recherche du mot « Lafarge » et tandis que j’étais entouré par trois autres policiers armés. C’était l’ambiance générale de la garde-à-vue : à la fois on me poursuit pour crime en bande organisée et en même temps on me répète que « la cause est légitime » !

Ils disaient ça pour te mettre à l’aise et que tu leur donnes des infos, non ?

Peut-être. En tout cas, l’avocat qui m’a assisté était assez clair sur le fait d’exercer le droit au silence. Pour lui, quelle que soit la prétendue « vérité » concernant l’innocence ou la culpabilité, il vaut mieux se taire en garde-à-vue. Selon lui, croire qu’on va réussir à atténuer les choses d’une manière ou d’une autre en répondant aux questions en GAV, c’est un piège. Exemple parmi d’autres, un des enquêteurs qui en avait marre que je me taise, m’a suggéré vers la fin de la GAV que j’aurais pu simplement leur dire : « ok, ok, je n’avais qu’un rôle mineur dans cette histoire de toute façon... ». En fait, l’avocat me disait qu’on risque surtout de s’enfoncer ou d’enfoncer les autres, même si on n’a rien à voir avec ce qui nous est reproché.

As-tu réussi à comprendre qui étaient les policiers qui t’ont arrêté puis interrogé ?
Ailleurs, on a pu lire que certain·es des arrêté·es du 5 et du 20 juin avaient été pris·es en charge par la SDAT.

Dans l’appartement, ils sont arrivés à 5 dont trois flics de Dijon qui n’étaient là que pour s’assurer que je ne me rebellais pas. Les deux autres se sont plutôt présentés comme des enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Marseille-PACA. Ils ont affirmé que d’habitude ils s’occupaient des meurtres, l’air de dire que les questions d’écologie ça n’était pas trop leur rayon. Mais plus tard, j’ai aperçu « Groupe de Lutte contre les Extrémismes Violents » (GLEV) sur l’en-tête d’un PV. J’ai demandé ce que c’était. Le gars m’a répondu d’un air un peu évasif, comme si c’était un truc lointain pour lui : « oh…ils ont créé ce truc à la base pour s’occuper des islamistes, et puis il y a aussi les extrémistes de droite, les fachos, et enfin ceux qu’ils appellent les ‘‘écos’’, ou je crois qu’on dit aussi dans les médias ‘‘écoterroristes’’ ». Là je me suis demandé si il n’était pas en train de m’enfumer à faire comme si il n’avait rien à voir avec tout ça.

Ça donne l’impression que ce « GLeV » considère qu’il n’y a pas une différence si grande entre s’en prendre à une cimenterie Lafarge au nom de la préservation de la vie et envisager de tuer des dizaines de gens. Peux-tu nous dire comment s’est déroulée la GAV pour toi ?  

Je m’étais préparé à me prendre des coups de pression terribles, mais passé le côté bizarre de ne rien répondre quand on vous parle, c’est plutôt une espèce de tension permanente qui s’est installée. Je calculais chacun de mes gestes pour ne pas les braquer et maintenir le statu quo. J’étais un peu dans un état second. De temps en temps, il y avait des détails qui faisaient ressurgir une angoisse profonde. Mais c’est plus tard, une fois sorti, que j’ai vraiment réfléchi à l’horreur d’être privé de liberté durablement. Au final je suis sorti au bout de 38h sur les 96h possibles, durée que la juge pouvait s’autoriser au motif de l’association de malfaiteurs (comme on me l’a expliqué après). Gros soulagement. D’ailleurs, c’était mieux comme ça aussi pour l’OPJ-enquêteur qui gérait principalement les auditions et toute la paperasse sans avoir le temps de manger car il montrait ostensiblement qu’il en avait vraiment marre à partir du deuxième jour !

Quelles questions t’ont posé les enquêteurs ?

En gros, il y a eu deux auditions principales. Le premier jour ils m’ont posé tout un tas de questions personnelles d’abord très générales sur mon parcours scolaire, mon caractère, mes idées, puis plus précises en rapport avec l’écologie, par exemple sur ma sensibilité au désastre, est-ce que je me sens en danger à cause du réchauffement, quelle manière j’aurais de définir l’activisme écologique, le « désarmement », qu’est-ce que je pense des Soulèvements de la terre et quels liens j’ai avec ce mouvement, etc. La notion de « désarmement » a l’air de les intéresser particulièrement. Le deuxième jour, ils ont prolongé ces questions par quelques dingueries du genre : « que pensez-vous du partage nature/culture dont parle Philippe Descola ? Pensez-vous que l’Occident moderne est une force colonisatrice écocidaire ? Pensez-vous que nous devrions tisser des alliances interspécifiques ? » Ils ont dû tomber sur des textes d’écologie politique pendant la nuit !
La deuxième grosse audition portait sur les faits reprochés, c’est-à-dire sur les événements qui ont eu lieu sur la cimenterie Lafarge en décembre. Ils ont commencé par exposer pourquoi ils pensaient que j’avais participé à la manif avant de dérouler leurs questions. Ils voulaient connaître les détails de l’action et de sa planification. Ils m’ont aussi interrogé sur mes liens avec des lieux, des associations, des gens, ils voulaient savoir si j’étais à la tête d’un comité local des soulèvements de la terre.

Ont-ils aussi posé des questions en off ?

Oui, ils n’arrêtaient pas ! Le soir du premier jour, le flic qui m’interrogeait le plus souvent m’a installé dans la cuisine de la gendarmerie et pendant que je mangeais une barquette dégueu réchauffée au micro-ondes, il a engagé la conversation en commençant par un discours écologiste assez long où il partageait ses propres questionnements sur la situation catastrophique dans laquelle nous sommes. Il exprimait beaucoup de doutes et il est allé jusqu’à confesser que certains de ses amis pratiquaient la désobéissance civile. Il m’a aussi parlé de l’OCLAEPS, une office de la gendarmerie créée pour lutter contre la criminalité environnementale (pollutions, trafic d’espèces sauvages, etc.). À l’écouter, on aurait pu croire qu’il défendait la pertinence de l’action contre la cimenterie, même si c’était pas exactement la bonne méthode selon lui. Les deux flics m’ont dit qu’ils ne comprenaient pas pourquoi je gardais le silence, pourquoi j’étais si méfiant et que je ne me saisissais pas de cette occasion offerte – la garde-à-vue – pour m’exprimer. Ils se disaient sidérés par le fait que je ne profite pas de « cette tribune, ce forum » qui m’étaient « enfin ouverts pour défendre mes idées » ! Le fait que je garde le silence avait l’air de les obséder, ils sont revenus plusieurs fois à la charge, au point que l’avocat les a rabroués un peu : « attendez, vous êtes en train d’interroger mon client sur l’exercice d’un droit là ? ». Et l’enquêtrice m’a reposé la question alors qu’elle me reconduisait à la grille dehors et que j’étais libre : « c’est vraiment étrange de garder le silence comme vous l’avez fait, vous avez reçu des directives ? »

As-tu des remarques à transmettre issues de ton expérience ?

Je peux dire ce que j’ai trouvé comme petites techniques pour soulager un peu la pression mentale. D’abord, j’ai remarqué qu’ils tenaient leur récit et leurs manières de me catégoriser comme indiscutables : un militant « écoterroriste » ayant fait partie d’un genre de commando très organisé qui aurait pu tuer par inadvertance. Je me suis efforcé de ne pas me laisser toucher par leur référentiel, considérant que je n’avais rien à voir avec leurs propos. Ensuite, pour contrebalancer mon silence pendant les auditions, je me suis efforcé de rester poli malgré tout. Et j’ai aussi essayé de m’intéresser à eux : autant en profiter pour mieux les connaître ! Sinon, être accompagné·e par un·e bon·ne avocat·e et le·a voir tous les jours, c’est essentiel à mon avis. Et bien sûr, savoir qu’on est soutenu par des proches à l’extérieur encore plus !

Quelles vont être les suites ?

Le 11 juillet, deux personnes arrêtées pendant la deuxième vague ont été convoquées et mises en examen par la juge d’instruction. Elles ont écopé d’un contrôle judiciaire avec interdiction de se voir entre inculpé·es, interdiction de manifester aux abords d’un site Lafarge et interdiction des Bouches-du-Rhône. Pour ma part, j’attends de savoir à quelle sauce je vais être mangé, et c’est assez désagréable.

Merci et bon courage à toi !

Seyssinet-Pariset (Isère) : feu au pylône de la ligne à haute-tension

Publié le 2023-09-27 06:10:02

Feu de pylône électrique à Seyssinet-Pariset :
la piste d’un acte volontaire
Le Dauphiné/France Bleu/France3, 25 septembre 2023

L’alerte a été donnée vers 3 heures ce lundi 25 septembre sur la commune de Seyssinet-Pariset (Isère), dans la banlieue grenobloise, alors que de grosses étincelles étaient visibles de loin et notamment de l’autre rive du Drac.

Les sapeurs-pompiers sont alors intervenus sur ce feu de pylône électrique supportant deux lignes haute tension, chemin de la Digue à Seyssinet. Un incendie qui pose question étant donné la difficile accessibilité du pylône. Toutefois l’incendie n’aurait pas eu de conséquences sur l’alimentation des foyers du secteur.

L’enquête a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie de Grenoble. Des constatations ont été réalisées sur place. Ce lundi soir le parquet de Grenoble indique que la piste criminelle est avérée et que « la piste de l’ultra-gauche libertaire » est privilégiée « même si aucune revendication n’est intervenue » à ce stade.

Ce n’est pas le premier incendie dans la région grenobloise, qui pourrait être mis au crédit de l’ultra-gauche. En avril 2022, neuf câbles électriques sous le pont de Brignoud avaient été incendiés, rendant l’ouvrage indisponible pendant de nombreux mois. Là aussi, selon le procureur, ces activistes d’ultra-gauche avaient déjà été suspectés.

Escárcega (Mexique) : Les soins et la douce odeur de la dynamite !

Publié le 2023-09-27 06:15:02

Act for Freedom Now! / lundi 25 septembre 2023

Les soins et la douce odeur de la dynamite ! Communiqué, année n°1. Numéro 1.

« Femmes, esclaves de l’esclave : encouragez vos camarades à secouer le joug qui nous opprime tous de la même manière. Rejetez les mensonges et les impostures des bourreaux en soutane : jetez leur à la gueule leurs « reliques » et leurs singeries ridicules et agrandissez les rangs des libertaires qui, unies aux rebelles, font de la propagande avec la plume, avec la parole et aussi avec le fusil ou la dynamite, en détruisant les tanières où habitent les loups du pouvoir, de l’argent et de la religion. En avant, femmes libres ! »
Francisca J. Mendoza
¡Tierra! n°481, 28 décembre 1912

Vers 22 heures, le 9 septembre 2022, nous avons placé un engin explosif, fait de dynamite et gaz butane, dans un camion de transport de marchandise, sur la calle 31, à Escárcega, dans l’État du Campeche, dans le but de saboter la guerre contre la forêt que le gouvernement du Mexique est en train de mener, avec la construction de la ligne ferroviaire nommée Tren Maya.

I. CE N’EST PAS SEULEMENT UN TRAIN, CE N’EST PAS MAYA !

Il s’agit d’un projet de destruction, pour une réorganisation territoriale qui vise à instaurer un modèle de « pôles de développement » dont les effets seront l’expansion de relations pleinement capitalistes dans la péninsule du Yucatán, ce qui provoquera la prolétarisation, le déplacement forcé, une pollution généralisée, la spoliation et la destruction de nos modes de vie. NOUS NE L’ACCEPTONS PAS.

Ce projet s’est imposé par le fonctionnement de la machine militaire étatique, en collusion avec les mafias agraires qui sont actives dans le Yucatán depuis l’époque de la colonisation ; et, dans les « consultations » truquées qu’ont été faites, personne n’a jamais demandé notre opinion, à nous, les femmes de la région. C’EST POURQUOI NOUS AVONS DÛ RECOURIR À LA PROPAGANDE PAR LE FAIT, POUR EXPRIMER CLAIREMENT NOTRE REFUS DE CE PROJET.

Nous ne voulons pas voir la forêt détruite ! Nous ne voulons pas quitter nos modes de vie communautaires ! Nous ne voulons pas que nos filles deviennent leurs cuisinières, leurs serveuses ou leurs objet de viol ! Et c’est cela que nous offre la violence de leur « développement », avec le train.

Nos filles seront libres ! Libres comme la forêt ! Nous ne voulons pas la violence, mais ce sont le gouvernement et la bourgeoisie exploiteuse qui, par la violence, sont en train de détruire nos modes de vie, nos corps, nos territoires ! Et nous allons nous défendre !

Dans ce scénario de salles d’autopsie et de violence qu’ils veulent nous imposer, l’étique des soins, dans nos mains, devra acquérir la douce odeur de la dynamite !

II. DÉGUISEMENT FÉMININ. PEAU PATRIARCALE

Aujourd’hui, les commentateurs du pouvoir se vantent – comme si cela était un « progrès » – du fait que pour les prochaines élections [le 2 juin 2024 ; NdAtt.], dans le territoire occupé par l’État mexicain, les candidates à la présidence seront des femmes. Comme si par un simple changement de corps on changeait la politique. Mais nous voulons dire à ces dames que leur féminisme bourgeois, blanc, raciste, d’élite est une saleté que nous ne digérerons pas. Parce que que nous savons clairement que l’État est la forme juridique qui organise la violence du patriarcat, du capital et du colonialisme, pour nous soumettre. C’est pour cela qu’il faut attaquer l’État, parce qu’il est la source de la violence patriarcale ! RIEN QUI VIENNE DE L’ÉTAT NE SERA AUTRE CHOSE QUE VIOLENCE PATRIARCALE ET RACISME, MÊME S’ILS Y METTENT UNE MASQUE AVEC UN CORPS DE FEMME !

Nous ne sommes pas des femmes de la forêt, nous sommes la forêt qui se défend !

De quelque endroit de la forêt de la péninsule du Yucatán.

 

Coordination de femmes anarchistes pour la défense de notre corps-territoire.

Liberté pour les prisonniers anarchistes ! Liberté pour Mónica Caballero, Francisco Solar et Alfredo Cospito !

P.S. Nous saluons les compagnonnes du commando féministe informel d’action anti-autoritaire, qui ont mené des actions à d’autres endroits du territoire occupé par le Mexique, parce qu’elles nous ont motivées à prendre ce chemin.

Saint-Jean-de-Couz (Savoie) : nouvel incendie contre l’antenne de téléphonie

Publié le 2023-09-27 06:20:02

Un relais de téléphonie une nouvelle fois incendié
à Saint-Jean-de-Couz
Le Dauphiné, 25 septembre 2023

Dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 septembre, le relais de téléphonie installé à proximité de la route de Corbel, à Saint-Jean-de-Couz, a été la cible d’un acte de vandalisme. Il a été en partie incendié et est endommagé mais les communications passent toujours.

En novembre 2022, une installation avait déjà été vandalisée par le feu sur la commune, ce qui avait provoqué d’importants problèmes de téléphone et de communication dans le secteur pendant des semaines. La gendarmerie a ouvert une enquête en ce qui concerne ces nouveaux faits.

South London , UK : We are presenting a two-part event, The Social War in the Territory Dominated by the Chilean State – And International Solidarity with anarchist and subversive prisoners, at the Touchpaper Anarchist Library.

Publié le 2023-09-27 23:15:03

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TEXT FROM THE POSTER:

an unrelenting struggle, an insurrectional dream.
Social war and repression of anarchists and subversives in the territory dominated by the Chilean state

“Continuing to take paths of rupture is therefore a small victory, showing that, even if the State shows us its worst face, it cannot bend us. We think that solidarity with those affected by repression must necessarily be transgressive and offensive, free from any pessimistic and victimist discourse. The use of all our creativity, limited only by our anarchist principles, is fundamental…”

Monica Caballero and Francisco Solar, 2017.

Chilean society is a modern democratic one. The industrial ravaging of indigenous land is conducted for the benefit of American, British and European corporations and is managed by endless ‘anti-terrorist’ operations. The administrators of society, from the bosses of production and mass-media to the scientists and the military; from the priests and politicians to the judges and police, have all undergone a costume-change since the years of fascist dictatorship.

Over this time the territory has been the subject of economic booms and collapses, times of social peace and democratic recuperation as well as some of the most intense social rebellions in recent times that have not been short of explosive examples throughout the world.

But one constant has remained an implacable thorn in the side of the ambitions of power as it has changed in order to remain exactly the same. The minority, informal, anarchist movement which counts many comrades inside the dungeons of the Chilean state, through their intransigent words and deeds has been a point of reference in some moments in the struggles of the exploited in that territory where limits have been burst, as well as for many amongst those who still hold onto the outrageous desire for freedom, all over the planet.

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We are presenting a two-part event at the Touchpaper Anarchist Library.

Sunday 1st October, 7pm.

The Social War in the Territory Dominated by the Chilean State.

We will attempt to discuss and bring alive together, the analyses, critiques and actions which have been communicated from the Chilean context to the world through anarchist publications we have in the library. Through this encounter we hope to set a context by which we can better grasp what is at stake in the current phases of repression that the following discussion will take as its starting point, as well as to consider why these reflections are necessary in our situation.

Tuesday 3rd October 7pm.

International Solidarity.

A comrade from Chile will give a presentation on the anti-repression struggle conducted within and without the walls in solidarity with anarchist and subversive prisoners. A new anti-info zine ‘Complicidad e Sedicion’, on the same subject will also be presented.

Touchpaper Anarchist Library
385 Queens Road
New Cross
SE14 5HD

Noise Demo for Anarchist Toby Shone ( Bristol,UK )

Publié le 2023-09-27 23:20:02

Fireworks at HMP Bristol for Imprisoned Anarchist Toby Shone

Anarchists gathered at HMP Bristol on Friday 21 September at 8pm. As darkness fell, fireworks were launched over the prison to protest the rearrest of anarchist Toby Shone and to let him know he is never alone.

Toby was arrested by an armed police unit while he was driving to
Gloucester at 9am on Tuesday 19 September. The arrest was apparently ordered by Ashley Fussell from the National Security Division Wales and South West. The armed police unit is based at Bamfurlong, Gloucestershire, and was involved in Toby’s original arrest in November 2020.

Toby was arrested and recalled to prison for alleged breach of license conditions. He is accused of having an unauthorised phone and of attending an “anti-state” dinner and letter-writing night for anarchist prisoners held by Bristol Anti-Repression Campaign at BASE Social Centre in August. These alleged breaches apparently warranted an arrest by an armed counter-terrorist unit. The cops want him to serve the remainder of his sentence which means he will not be released until November 11, 2024.

Toby had just been released from the Approved Premises in Gloucester where he had been forced to live since getting out of prison at the end of December last year. Probation could no longer make a case for keeping Toby there under extreme curfew as the hostel needed the room and also
didn’t understand why he was still there. He had been in his new flat in the Forest of Dean for just 9 days.

You can send books and letters to Toby at:

Toby Shone A7645EP
HMP Bristol
19 Cambridge Road
Bishopston
Bristol BS7 8PS

Donations to his support fund can be made to The Bottled Wasp which can be found at brightonabc.org.uk/bottledwasp.html

Fire to the prisons!

Some Anarchists

Le chiffre du jour : 230

Publié le 2023-09-28 05:35:08

Près de 230 personnes ont déjà saboté leur bracelet
électronique cette année

Belga (Belgique), 26 septembre 2023

Depuis le début de l’année, 6.500 personnes se sont déjà vues apposer un bracelet électronique à la cheville. C’est 1.400 de plus que l’année dernière à la même époque. Parmi elles, 228 condamnés (3,5%) ont déjà saboté le dispositif permettant une détention à domicile, la plupart du temps en le découpant, écrit Het Laatste Nieuws mardi.

Une nouvelle génération de bracelets entrera probablement en service en mars 2024. Ils seront alors dotés d’un fil supplémentaire en fibre de verre afin de pouvoir détecter immédiatement une découpe.