Le vendredi 12 septembre 2005, nous avons participé à une assemblée publique à l’entrée des usines d’armement Leonardo et Tales Alenia, situées dans la zone industrielle de L’Aquila. Ce complexe militaire de pointe emploie 450 techniciens et ingénieurs, produisant des systèmes de reconnaissance (ami-ennemi) et des appareils d’identification avionique, tant civils que militaires. Ces usines participent à la guerre algorithmique du capitalisme contre l’humanité. Elles se situent dans un espace paradigmatique du monde dystopique dans lequel nous vivons, un non-lieu où cohabitent usines d’armement, centres commerciaux et prisons spéciales.
Durant notre présence, le blocage était effectif ; aucun véhicule n’est entré ni sorti des usines. Nous savons également que Leonardo a volontairement mis de nombreux employés en télétravail. Nous étions déterminés à ne pas être délogés de la route d’accès, que nous surveillions depuis les premières heures du matin. Pendant une journée, la normalité de ceux qui produisent et vendent des armes a été perturbée. Les quelques travailleurs avec lesquels nous avons discuté nous ont confirmé qu’il n’y a pas d’ouvriers dans ces sites de production, mais uniquement des techniciens hautement spécialisés, parfaitement conscients de ce qu’ils produisent.
À la fin du rassemblement, nous avons marché dans un important centre commercial, l’un des plus grands de la ville, où nous avons organisé un rassemblement d’information sur la présence des usines voisines et de la lutte pour la libération de la Palestine. Il convient de noter l’intérêt et l’approbation manifestés par de nombreuses personnes croisées tout au long de l’événement.
Leonardo, une entreprise contrôlée par l’État, a continué de vendre des armes à Israël tout au long du siège de Gaza, du massacre massif de Palestinien-ness dans les territoires occupés et de l’attaque de Tsahal contre plusieurs pays d’Asie occidentale. Cela témoigne de la complicité du gouvernement italien dans le génocide en cours. Outre quelques prises de distance hypocrites et superficielles, destinée à apaiser une société largement favorables aux Palestinien-nes et opposée à Israël, le gouvernement italien soutient résolument les terroristes israéliens dans leurs projets criminels.
Sans un flux constant d’aide des pays occidentaux, Israël ne pourrait pas perpétrer de génocide : arrêtons-le !
Bloquons tout : écoles, usines, transports, recherche, événements culturels et sportifs !
Les actions de solidarité avec la Palestine contre les complices d’Israël sont continues, croissantes et répandues dans le monde entier : un mouvement international de solidarité est né, capable de mettre fin à la guerre. Si le peuple palestinien n’a pas d’allié-es parmi les puissants, il a à ses côtés toustes les opprimé-es du monde.
Transformons la guerre des patrons en guerre contre les patrons !
Nous avons bloqué Leonardo en solidarité avec les trois palestiniens Anan, Ali et Mansour, accusés par le tribunal de L’Aquila de financement du terrorisme et d’association à des fins terroristes.
Il s’agit d’un procès-spectacle orchestré par le DDAA (Département de district anti-mafia et anti-terrorisme) et le DCPP (Département central de la police de prévention) pour le compte du gouvernement et des services secrets israéliens.
Anan Yaeesh était un combattant de la résistance contre l’occupation coloniale en Cisjordanie. Il faisait partie du Groupe d’intervention rapide de la Brigade de Tulkarem, une branche des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa. Il a été victime de tentatives d’assassinat, blessé, emprisonné et torturé par les forces d’occupation israéliennes. Il vit en Italie depuis 2017 et bénéficie d’une protection humanitaire.
Persécuter les exilé-es à l’étranger, qui ont légitimement lutté contre l’occupation illégale de leurs terres, fait partie du projet colonial de peuplement et de la guerre d’extermination, car tant qu’il y aura des Palestinien-nes conscient-es et combatif-ves, n’importe où dans le monde, la perpétuation de l’occupation israélienne sera menacée.
Ce qui se passe actuellement montre clairement que le droit international et l’aide humanitaire ne mettront pas fin au massacre. Si la Palestine existe et si le peuple palestinien vit sur sa terre, c’est grâce à lui-même et à sa forte résistance. Ce n’est que par la résistance que les peuples opprimés pourront vaincre le joug colonial et parvenir à la libération et à l’autodétermination.
Ce qui se passe en Palestine nous concerne toustes ; c’est le miroir du monde dans lequel nous vivons.
La colonisation capitaliste de la planète considère la population palestinienne comme une masse excédentaire, superflue, à éliminer pour faire place à des projets d’aménagement du territoire. À l’inverse, la résistance acharnée du peuple palestinien à ces processus démontre qu’il est possible de les stopper et de renverser l’ordre des choses. Les Palestinien-nes nous offrent un exemple de la manière dont nous pouvons bloquer les projets dévastateurs du capital, partout, y compris ici.
Les 19 et 26 septembre, deux audiences du procès des trois palestiniens se tiendront au tribunal de L’Aquila. Ce procès a été marqué par un élan constant, important et constructif de solidarité.
Si la guerre, le génocide et la répression commencent ici, c’est ici qu’ils doivent être arrêtés !
C’est le moment de multiplier notre solidarité avec la résistance et de la faire résonner dans chaque ville !
Compilé à partir de diverses sources listées à la suite, au 28 septembre.
Le 22 septembre 2025, suite à un appel national à la grève générale, des manifestations et blocages ont eu lieu dans plus de 85 villes d’Italie pour s’opposer à la complicité du pays dans le génocide à Gaza, sous le slogan « Bloquons tout ». Le mouvement s’oppose ainsi à l’envoi d’armes italiennes à Israël, aux massacres et au blocus de Gaza par Israël, ainsi qu’en soutien aux différentes flottilles menacées par Israël et pour l’arrêt de toutes relations entre l’Italie et l’Etat d’Israël. Il s’est caractérisé par des manifestations avec affrontements contre la police, de nombreux blocages de flux (routes et autoroutes, gares et rails de train, lignes de métro et de bus, ports, périphériques et ronds-points…) et d’actions contre des entreprises d’armement.
Des manifestations et actions ont ainsi eu lieu à Milan, Turin, Naples, Rome, Bari, Palerme, Genes, Livourne, Catane, Potenza, Lecce, Brindisi, Pise, Sassari, Cagliara, Bolzano, Novare, Brescia, Calenzano, Pérouse, Florence, Trieste, Modene, Cosenza… D’après un syndicat italien, tous les principaux ports d’Italie ont été bloqués, ainsi que 90 % des transports publics et 50 % des chemins de fer.
Tout bloquer : des gares aux autoroutes en passant par les transports en commun
A Milan, une manifestation massive a mené à l’envahissement de la gare centrale, un black bloc se formant pour affronter la police à coups de projectiles et fracasser diverses vitrines. Des drapeaux américains, israéliens et européens ont aussi été brûlés et une autoroute bloquée, tandis que la flicaille recense 60 blessés dans leurs rangs. 11 personnes ont été interpellées dont 2 mineur-es, suite à quoi un rassemblement a eu lieu devant la prison pour mineur-es Cesare Beccaria le lendemain. Les mineur-es en question ont été assigné-es à domicile après plusieurs jours de garde à vue. Les bus, trains, métros et taxis ont connu de larges retards compte-tenu d’une grève massivement suivie dans la ville.
A Rome, le métro et le bus ont été bloqués sur différentes lignes, le périphérique a été occupé, tandis que la grève s’est étendue aux secteurs de l’éducation, des services publics et de la santé. La gare de Termini a été complètement bloquée : les trains ont été annulés pour la journée, les portes fermées pour éviter l’envahissement par les manifestant-es. A Naples, les manifestant-es ont affronté la police pour entrer dans la gare centrale et ont brièvement envahi les rails, causant des retards. Les lignes de funiculaires, bus, métro et tramways étaient aussi perturbées dans la journée grâce à la grève.
A Turin aussi, la gare centrale a été bloquée le 22 et de nouveau le 24, où des manifestant-es ont occupé les voies ferrées, mais aussi des routes de la ville. Le 27, toujours à Turin, des manifestant-es ont lancé des projectiles variés sur les flics pour de nouveau tenter d’atteindre la gare, d’autres ont envahi le salon de l’automobile où des entreprises complices du génocide exposaient (telles que Hyundai dont les véhicules servent à démolir les maisons palestiniennes en Cisjordanie occupée), et d’autres encore ont bloqué le périphérique et l‘autoroute en direction de l’aéroport et tenté de l’envahir, ainsi que les bureaux du marchand d’armes Leonardo situé à proximité, après des affrontements avec des blocages de police.
A Brescia, les manifestant-es ont lancé des projectiles sur les flics et tenté de charger un barrage de police pour atteindre la gare, et ont aussi occupé une station de métro. A Bari, les manifestant-es ont pu atteindre le consulat israélien où iels ont fait face à la police anti-émeute.
A Bologne, c’est le périphérique et l’autoroute qui ont été bloqués pendant une partie de la journée, où 8 personnes ont été arrêtées suite à une intervention policière. Des manifestant-es ont caillassé la police et monté des barricades sur la route à Trieste. Plusieurs routes ont été bloquées à Pise, dont l’autoroute et route principale menant à la mer le 22, tandis que le 24 c’est la gare centrale qui a été bloquée, ralentissant le trafic. Près de Florence, à Calenzano, un péage à été bloqué sur l’autoroute. Une autoroute a aussi été bloquée à Gênes, provoquant des kilomètres d’embouteillages et de nombreuses perturbations et ralentissements. A Trente, lors de la plus grosse manifestation pro-palestinienne des dernières années, une portion de l’autoroute a été bloquée pendant plusieurs heures tandis qu’un McDo a été envahi, bloqué et recouvert de tags contre sa complicité avec le génocide. La grève a permis d’annuler des trains et de rendre la gare routière complètement déserte, fermant tous les guichets et interrompant quasiment tous les bus.
Bloquer les marchands de mort et les ports où transitent les armes
A Campi Bisenzio, proche de Florence, les manifestant-es ont envahi une usine de l’entreprise d’armement Leonardo qui fournit des armes à Israël (et appartient à l’Etat italien), menant à des affrontements avec la police et à des jets de projectiles et de pétards sur l’usine. Le siège romain de l’entreprise d’armement allemande Rheinmetall, qui fournit des armes à Israël et avec laquelle l’entreprise d’armement italienne Leonardo collabore, a été bloqué le 24 septembre par Palestine Action Italie, plusieurs personnes s’enchaînant au portail.
Des dockers en grève ont bloqué les ports de Gênes, Livourne, Trieste, La Spezia, Ravenne, Venise, Ancône, Marina di Carrara, Salerne. A Gênes, une manifestation massive a rejoint le piquet de grêve pour bloquer toutes les entrées du port dès le matin. Des manifestant-es ont affronté la police en tentant de se rendre en manif sauvage vers le port de Catane, en Sicile, tandis qu’à Venise des affrontements ont aussi eu lieu avec la police venue pour débloquer le port.
Plusieurs jours plus tard, le 24 septembre, le port de Livourne était toujours bloqué pour empêcher d’accoster un cargo américain transportant du matériel militaire destiné à Israël, le forçant à revoir sa route après 3 jours de blocages. Une occupation permanente du port continue d’avoir lieu au 28 septembre, construite pour durer. Le mercredi 24 septembre, c’était au tour du port de Tarente d’être bloqué pour empêcher d’accoster un pétrolier américain qui devait être réapprovisionné avant de se rendre en Israël pour y livrer l’armée. Les manifestant-es ont ainsi empêché toute opération de chargement et l’accostage, contre une livraison à des fins militaires et pour la mise en pratique concrète de la rupture de toute relation avec l’Etat d’Israël. Le 27 septembre, de nouveaux blocages ont lieu aux ports de Marghera (Venise) et Gênes, forçant un navire israélien ZIM et des conteneurs transportant des armes pour Israël à quitter le port de Gênes sans être chargé. A Marghera, un navire transportant des armes à destination d’Israël a reporté son accostage de quelques jours (au 29 septembre), suite à quoi les dockers ont annoncé une occupation permanente du port jusqu’à confirmation que le navire n’accostera pas, et que le chargement de sa cargaison soit donc stoppé.
Le 18 septembre déjà, la mobilisation des dockers avait forcé la municipalité de Ravenne à empêcher le transit de deux conteneurs d’explosifs vers Israël via son port. Le navire expulsé de Ravenne s’est retrouvé à tenter d’accoster à Trieste le 26 septembre, où les dockers ont déclenché une grève immediate pour empêcher tout transit d’armement, dont l’issue n’est pas encore connue. Une assemblée internationale a eu lieu les 27 et 28 septembre au port de Gênes pour amplifier la lutte contre le transit d’armes vers Israël. A la fin d’une manifestation massive clôturant l’assemblée de ce week-end, un hommage a été rendu à l’anarchiste Carlo Giuliani, assassiné par les flics italiens en juillet 2001 lors des émeutes contre le sommet du G8 à Gênes.
Bloquer les facs et lycées
Les universités de Turin, Naples, Bari, Milan, Gênes, Lecce, Florence, Rome et Bologne ont également été bloquées contre les accords avec des universités israéliennes, avec un total de manifestations dans au moins 36 universités du pays. De nombreuses écoles ont été fermées, avec 70% de grévistes dans l’éducation. Des manifestant-es ont envahi des cours à l’université de Bologne et de Sapienza (à Rome). Suite à l’attaque israélienne contre des flottilles dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 septembre, les universités de Bologne, Sapienza et Florence (depuis le soir du 22) ont été occupées, ainsi que des lycées bloqués et/ou occupés à Rome, Gênes ou Milan. A Bologne, ce sont des barricades qui ont ainsi été érigées dans la rue de l’université pour bloquer celle-ci. A Gênes, au 28 septembre et depuis plusieurs jours, le rectorat est occupé par les étudiant-es.
La CGIL, plus grand syndicat du pays, a déclaré être « prête à proclamer sans délai une grève générale en cas de nouvelles attaques, blocages ou saisies de bateaux ou de matériel ». Les actions et les blocages pour la Palestine continuent dans tout le pays depuis, suite à ce qui fut probablement l’une des plus grandes manifestations de solidarité de ces deux dernières années. Une nouvelle journée de manifestation nationale est prévue en Italie le 4 octobre, de même qu’en France et dans de nombreux pays.
Des retours de participant-es sur la journée de blocages du 22 sont disponibles dans l’article suivant.
Divers comptes sur les réseaux sociaux d’organisations pro-palestiniennes italiennes (Giovani Palestinesi, BDS Italia, Palestine Action Italia, Torino per Gaza, Tarento per la Palestina…) et internationales (Hind’s Call…)
La couverture assez complète des trotskistes, à condition d’ignorer les nombreux paragraphes où iels donnent malheureusement leur opinion politique : https://www.revolutionpermanente.fr/Italie
Traductions (à l’aide d’outils automatiques, malheureusement) de plusieurs retours sur le 22 septembre en Italie publiés sur des sites de contre-information. Pour une compilation des différents blocages, manifestations et actions de la journée, on peut lire l’article disponible ici.
Il est difficile de s’exprimer sur la journée d’hier. Il y a mille choses, mille points de vue à partir desquels on peut considérer ce qui s’est passé.
Une première chose doit être dite : il s’agissait d’une grève générale. De façon effective. Une grève qui a impliqué une composition extrêmement hétérogène et transversale, dans laquelle les jeunes et les très jeunes ont joué un rôle central en contribuant à remplir les places publiques de toute la péninsule. Toutefois, de très nombreux travailleurs et travailleuses de tous les secteurs ont fait grève, ont fermé leurs entreprises, ont participé à des manifestations et à des initiatives. Une grève générale qui ressemblait à un potentiel mouvement populaire.
Il s’agissait d’une grève généralisée, avec plus d’une centaine de places occupées dans toute l’Italie, dans les provinces et les banlieues comme dans les grandes villes et les métropoles.
Il s’agissait une grève politique. Il faut rendre hommage aux dockers du CALP qui ont réussi à transformer la lutte contre le trafic d’armes dans les ports en un mouvement général d’opposition à la guerre et au génocide. Il faut rendre hommage aux syndicats de base, à l’Usb, au Cub, au Sgb, à l’Adl et au SI Cobas, qui ont su dépasser les obstacles. Ils ont compris l’urgence du moment et ont parié sur la possibilité que quelque chose d’étonnant puisse se produire. Nous avons l’habitude de penser que la recomposition ne peut se faire que sur le terrain des besoins, mais cette vision est approximative et risque de déboucher sur du classisme. La forte adhésion à la grève, l’énorme participation dans les rues montrent que les gens ont bien conscience de ce qui se passe à Gaza et sont capables d’en comprendre les effets directs et indirects sur leur propre existence. Ils comprennent ce qui est en jeu. Ils comprennent subtilement que le régime génocidaire d’Israël fait partie d’un système général et global d’inégalités, de violence et de souffrance qui touche la vie de tous et de toutes. Il arrive donc parfois que la recomposition passe par la politique, la critique systémique, la nécessité d’agir comme on le peut pour ne pas être complice de ce que produit le système social dans lequel nous sommes contraint-e-s de vivre.
Il s’agissait d’une grève courageuse. Face à ces chiffres impressionnants et à la composition transversale du mouvement, les mesures préventives de répression prises par le gouvernement n’ont servi à rien. Un million de personnes ont bloqué avec détermination, sans crainte, sans hésitation. Ports, routes, autoroutes, chemins de fer, tout a été bloqué, non pas par un groupe de manifestants épars, mais par d’énormes manifestations. Et là où les forces de l’ordre ont tenté d’empêcher les blocages, les cortèges ne se sont pas dispersés, n’ont pas reculé, ont tenté d’atteindre leur objectif mètre par mètre. D’ailleurs, tout le monde connaissait le mot d’ordre : bloquons tout. Une pratique partagée, répandue, efficace, capable de briser les rituels qui caractérisent les mobilisations sociales, capable de peser et d’avoir un impact. Peser et avoir un impact, compter, justement. C’est ce qui a été clair dès le début pour celles et ceux qui sont descendu-e-s dans la rue : il ne s’agissait pas simplement de témoigner de leur dégoût pour ce qui se passe à Gaza, mais de compter, de construire un rapport de force qui obligerait le gouvernement à assumer ses responsabilités dans le génocide du peuple palestinien. À voir l’embarras et la nervosité qui ont marqué la communication du gouvernement, le message est clairement passé.
Il s’agissait d’une journée incroyable, capable de briser le voile de désillusion et de découragement qui avait caractérisé ces dernières années. Il s’agissait d’une journée au service de tous et toutes, où chacun et chacune ont donné ce qu’ils et elles avaient pour en assurer le succès, dans un grand élan de générosité collective, sans penser aux intérêts de l’organisation, du parti ou de la boutique. Ceux qui l’ont fait, comme la CGIL de Landini, sont restés à la traîne, à l’écart. C’est une leçon : nous n’avons pas besoin de la direction d’une gauche et d’un syndicat de moins en moins enracinés au niveau social et de moins en moins capables de répondre aux questions venant de la base. Nous avons besoin de quelque chose de nouveau, quelque chose qui peut lentement émerger de moments comme ceux-ci.
Il s’agissait donc une journée de protagonisme social, une journée où les quartiers populaires, les personnes afrodescendantes, le prolétariat urbain racialisé qui voit dans le drapeau palestinien un symbole international des exploités et exploitées et des opprimés et opprimées ont également trouvé leur expression. Une génération qui mûrit sa propre identité politique autonome, pas à pas.
Tout cela a été le cas, mais surtout, cela peut être le déclencheur d’un processus collectif, d’un mouvement populaire et social de masse, une occasion de s’organiser et d’avancer côte à côte dans la lutte. La question est maintenant de savoir comment donner de la tenue, de la durée, de la continuité à cette mobilisation qui a dépassé toutes les attentes, qui a dépassé les capacités et les espoirs des structures du mouvement. De quels outils devons-nous nous doter collectivement pour que cela ne reste pas un événement ponctuel, mais devienne un processus ? Il est certainement nécessaire de se donner des moments de discussion pratique, des assemblées permanentes, des lieux où retravailler ce qui s’est passé hier et relancer le mouvement. L’exemple des étudiants et étudiantes de l’université La Sapienza de Rome qui ont occupé la faculté de lettres peut être une source d’inspiration. Le piquet permanent au port de Livourne en est un autre exemple. Mais nous ne devons pas nous limiter aux grandes villes, aux villes universitaires, nous devons réfléchir à de nouvelles façons d’être ensemble pour construire une continuité politique. Il faut créer des espaces traversables pour l’activation et la participation où cette nouvelle identité collective, l’équipage terrestre de la Global Sumud Flotilla, puisse mettre en œuvre toute son intelligence collective. Pour élargir et généraliser davantage le processus, pour construire une perspective commune de lutte. Les écoles, les universités, les rassemblements permanents dans les ports et les quartiers populaires peuvent devenir les lieux matériels où ce mouvement social peut prendre forme et s’étendre encore davantage. C’est le moment de relever ce défi !
Il s’agit d’une tâche historique et collective qui concerne tout le monde, sans distinction. Hier, nous avons vu que l’espoir d’un changement prend la forme concrète de centaines de milliers de personnes ordinaires qui choisissent de ne plus accepter la situation actuelle.
La première étape consiste à refuser les divisions entre les bon-ne-s et les mauvais-e-s manifestant-e-s que la politique institutionnelle et la presse générale tentent d’imposer avec leur refrain sur la mise en scène occulte, les infiltré-e-s, la majorité pacifique et la minorité rebelle. La journée d’hier a été incroyable, notamment en raison de la grande responsabilité collective qui l’a caractérisée, une responsabilité qui ne consiste pas à refuser le conflit social, mais à en prendre soin. Après les affrontements à la gare de Milan, le cortège ne s’est pas dispersé malgré les tirs continus de gaz lacrymogènes, mais est resté dans la rue jusqu’au soir. Sur le périphérique de Bologne ou sur les places de Brescia, les manifestants et manifestantes ont pris soin de celles et ceux qui avaient été touché-e-s par les gaz lacrymogènes ou les coups de matraque. Les automobilistes coincé-e-s dans les embouteillages romains ont applaudi le cortège qui passait. Des signes d’une puissance de masse sans précédent ces derniers temps. Nous exprimons toute notre solidarité aux personnes arrêtées hier, et nous nous engageons à lutter collectivement pour leur libération.
En attendant, nous restons attentif-ve-s à la Global Sumud Flotilla, prêt-e-s à tout bloquer… encore une fois !
Impressions de septembre
Initialement publié sur il Rovescio, le 25/09/2025.
La journée du 22 septembre a été une bouffée d’air frais importante, comme si le bouchon avait enfin sauté. Nous n’avions aucun doute sur le fait que ce serait la Palestine et non la politique intérieure qui relancerait la colère sociale. Par exemple, le mouvement « bloquons tout pour Gaza » a défié le décret sur la sécurité plus que ne l’ont fait jusqu’à présent les manifestations organisées contre ce décret spécifiquement. Le cycle historique de guerre dans lequel nous sommes entrés place les vies et donc les initiatives de lutte sur un plan nécessairement international, dont le front interne est le reflet. Si les idées divergent souvent, il y a quelque chose d’universel dans les sentiments. Il était palpable que la colère contre le génocide était en hausse : la grève générale lui a donné l’occasion de s’exprimer. Ce sentiment s’est traduit par une participation massive, notamment grâce à la légitimation partielle et opportuniste – sur le plan humanitaire – des médias et du monde culturel, grâce à l’engagement suscité par la Global Sumud Flotilla.
Le pont entre le soutien à distance et la participation directe aux blocages a été établi grâce aux dockers de Gênes. Ce sont leurs déclarations – et l’histoire dont iels sont issu-es – qui ont ébranlé la récupération politico-humanitaire-spectaculaire opérée sur la Flottille et transformé une grève en un véritable mouvement. Une écrivaine palestinienne a bien résumé la situation en parlant d’une flottille pour les retardataires. Mais si parmi ces derniers se trouvent des milliers de jeunes et de très jeunes, ce retard peut prendre la dimension d’un nouveau départ. Il s’agit donc de pousser la marée le plus loin possible, en saisissant pleinement la fracture qui s’est ouverte (et qui ne restera peut-être pas ouverte longtemps).
De ce point de vue, l’évaluation du 22 septembre change si on l’observe d’un point de vue social ou si on se concentre sur les groupes qui ont maintenu une initiative constante aux côtés de la résistance palestinienne au cours de ces deux dernières années. Les initiatives les plus significatives à nos yeux ont été les blocages des ports, car ils ont combiné précision stratégique et participation massive – c’est par là que transitent les fournitures militaires destinées au système génocidaire israélien, c’est là que s’organise la logistique de guerre –, tandis que les autres blocages ont été plus génériques. Face à un génocide, tout doit être arrêté : c’est une indication importante, ressentie et facilement reproductible, même dans les petites réalités. Mais à cela s’ajoute la capacité de frapper plus précisément la machine des collaborations (usines, centres de recherche, banques, assurances, entreprises). L’absence d’un tel ajout dénote un certain retard des groupes les plus organisés, auxquels la grève du 22 septembre a fourni une occasion largement manquée. Si « l’état d’agitation permanente » continue, comme il semble le faie, à créer des moments de rencontre et de rupture, il est nécessaire de savoir donner les noms et adresses de ceux qui s’enrichissent grâce à l’extermination du peuple palestinien. En associant au « bloquons tout » (qui permet une participation plus large) le « détruisons la machine mondiale du génocide ». Si même une rapporteuse de l’ONU parle d’« économie du génocide », il s’agit d’en tirer les conclusions pratiques. Si « le génocide continue parce qu’il est rentable », la solidarité internationale avec la résistance palestinienne doit le transformer en une très mauvaise affaire pour le business.
This brochure is intended for militants on the radical left who want to embark on a new or renewed path of persistently putting into question the overwhelming “lack of alternative” to the political shift to the right. The space for (emancipatory) movement has noticeably narrowed, and the methods of enforcing this narrowness have become more diverse, ranging from blatantly repressive to subtly manipulative.
This brochure is not a replacement for PRISMA, which is now ten years old, because we essentially only focus on constructing time-delayed incendiary devices. And yet, this brochure attempts to do much more: presenting working methods that make clandestine militant action conceivable and feasible even beyond arson, despite the ever-expanding capabilities and powers of the investigating authorities.
The first part of the brochure therefore focuses on the traces that can lead to identification and how, so that we can avoid or at least minimize them. In particular, we devote more space to the topics of DNA traces, scent traces (mantrailing), and data traces, because many changes are forcing us to adapt our working methods.
Some may initially be shocked by the amount of work these adjustments entail and long for the days when they could “spontaneously” set off with the same balaclava and their tried and true leather gloves. We long for those times too, but wishing for them won’t make them happen. We must fight for this room to maneuver, which likely involves militant action.
So, get to work on the unpleasant engagement of learning about the enemy and then head out into the night. A politically incisive and heart-warming bonfire — without a guaranteed ticket to jail — will make up for it.
De Police-secours à la gestion du trafic routier, l’incendie
d’une simple batterie électrique bloque la Corée du Sud
France Info, 29 septembre 2025
Un feu dans une batterie électrique vient de paralyser des centaines de services publics dans le pays. Ce feu a été repéré vendredi 26 septembre dans la soirée. Il a pris dans l’une des batteries électriques au lithium qui alimentent le grand centre de données du gouvernement sud-coréen (NIRS), situé à Daejeon, dans le centre du pays. C’est un peu la colonne vertébrale numérique de l’administration. Il faut imaginer de grands bâtiments climatisés remplis de serveurs et d’ordinateurs. C’est là que sont stockées une grande partie des informations de la population, nécessaires au fonctionnement des services publics en ligne, mais aussi des services financiers et de la Poste.
Quand le feu s’est propagé, les opérateurs ont dû éteindre des milliers de machines pour laisser travailler les pompiers. On parle de 647 services de l’État immédiatement suspendus. Les pompiers ont finalement réussi à éteindre l’incendie samedi en fin d’après-midi, mais les équipes du gouvernement ont alors constaté qu’elles avaient perdu les serveurs qui font fonctionner 96 services publics. Parmi les services interrompus : police-secours ne pouvait plus localiser les victimes qui appelaient le 119, l’équivalent du 112 en France. Le système de gestion du trafic routier a été bloqué, tout comme le service de paiement des amendes de la police. Le portail qui permet aux familles de percevoir leurs aides sociales a également été coupé. Des dizaines de milliers de fonctionnaires ont perdu l’accès à leurs e-mails. La Poste a aussi été très perturbée, avec des problèmes pour les paiements par carte ou les virements des particuliers.
C’est aujourd’hui encore, lundi 29 septembre, la panique dans les administrations et les mairies, car la Corée du Sud est l’un des pays les plus connectés au monde. Le gouvernement a beaucoup investi ces dernières années pour que la majorité des démarches se fassent en ligne. Le président Lee Jae-myung a organisé une réunion ministérielle d’urgence dimanche et s’est excusé auprès de la population. Il a déclaré être désolé de l’anxiété provoquée par cette crise. Il a promis de mobiliser tous les services publics pour rétablir au plus vite les systèmes touchés, mais il faudra probablement plusieurs semaines avant un retour à la normale.
Dans les médias, cet incendie relance le débat sur la dépendance à ces centres de données et sur la nécessité de construire des infrastructures de secours pour éviter de telles paralysies.
Des services publics à l’arrêt en Corée du Sud après un incendie dans un centre de données
Courrier International, 29 septembre 2025
C’est un incident qui révèle les fragilités des services publics sud-coréens, lesquels dépendent de plus en plus des infrastructures numériques. Le 26 septembre au soir, un incendie a ravagé le Centre national des ressources informatiques dans la ville sud-coréenne de Daejeon, au sud de Séoul. Selon le quotidien Chosun Ilbo, le feu, survenu lors d’un contrôle régulier conduit par l’institution, n’a pas fait de victime, mais a endommagé le cœur d’un État qui a choisi la numérisation comme l’une de ses stratégies fondamentales.
L’incendie a été maîtrisé le lendemain, mais le bilan est plus que sévère : pas moins de 740 serveurs et 384 batteries sont littéralement partis en fumée, bloquant près de 650 systèmes informatiques indispensables aux services publics du pays, énumère le site d’actualité Korea Wave en parlant de “chaos”. Ainsi, de nombreuses plateformes gérées par les pouvoirs publics, comme celle du service bancaire de la poste ou celle des cartes d’identité, sans oublier le site de l’allocation logement, ont été mises à l’arrêt.
En ce qui concerne l’origine du feu, la presse du pays rapporte qu’il a été causé par l’inflammation d’une batterie lithium-ion, dont la limite de durée d’utilisation recommandée était dépassée d’un an. Quant au gouvernement sud-coréen, il précise que, du fait du dysfonctionnement du système de sauvegarde, le rétablissement de l’ensemble des services prendra un mois. “Nous nous excusons des dégâts occasionnés par cet incendie dans la vie des Sud-Coréens. Nous mettrons toutes nos forces afin de rétablir les systèmes d’information et d’éviter d’autres accidents”,a déclaré le président Lee Jae-myung, cité par le site de la chaîne de télévision KBS.
Une “honte” pour l’État
Au-delà du blocage des sites administratifs, cet incendie porte un coup dur aux autorités sud-coréennes, qui ont fait de la numérisation des services publics un des piliers de la stratégie de l’État. D’autant que le pays a connu des pannes informatiques similaires en 2022, lorsqu’un centre de données de Kakao Talk, plateforme de messagerie majeure dans le pays, a été endommagé par un feu. L’entreprise a fait l’objet de critiques sévères de la part du gouvernement, qui a mis en cause l’absence de système de sauvegarde, rappelle The Korea Times, journal anglophone sud-coréen.
À peine trois ans plus tard, les autorités du pays se retrouvent face aux mêmes accusations concernant l’inexistence de dispositif de sauvegarde fonctionnel. “Nous avons un système qui couvre les besoins jusqu’à un certain point, raconte une source gouvernementale au journal JoongAng Ilbo. Mais en raison notamment de manque de budget, nous avons échoué à le faire fonctionner réellement.”
Dans son éditorial daté du 29 septembre, le quotidien de gauche Hankyoreh étrille le gouvernement, rappelant que celui-ci avançait en 2022 que les systèmes informatiques de l’État se rétabliraient “en trois heures” en cas de panne : “Pour un pays qui se veut fort en informatique, c’est une situation plus que honteuse”, fustige le journal, qui voit dans cet incident “un point de faiblesse fatal même en matière de sécurité de l’État”. Et d’ajouter : “Il faut que le gouvernement répare les dégâts dans les meilleurs délais et mette en place des mesures préventives fondamentales. La sécurité de l’État est un sujet transpartisan, les partis politiques devraient associer leurs forces dans ce domaine.”
Dans la nuit du 21 au 22 janvier 2025, la façade du local du Parti Socialiste du Centre-Bretagne à Carhaix a été incendiée et taguée « PS = social-traître ». Une semaine avant le PS avait refusé de voter la motion de censure contre le gouvernement Bayrou. Le PS n’avait eu aucun problème à travailler avec la gauche dans le Nouveau Front Populaire pour obtenir des députés mais n’a pas ensuite hésité à la trahir.
Ce même 22 janvier un.e camarade, puis un.e autre le 29 avril, ont été interpellé.es puis placé.es en garde à vue pendant 26 heures avant d’être déféré.es au tribunal de Brest. Les camarades sont convoqué.es le 13 octobre dans ce même tribunal pour un procès sur des faits dégradation par moyens dangereux et de refus de fichage.
Au vu du contexte politique de janvier 2025, l’incendie avait eu un retentissement médiatique important. L’enquête a donc été rapide pour interpeller en 3 mois des auteur.rices présumé.es. Depuis, nous assistons à un acharnement de la part des autorités sur nos camarades qui ont de nouveau été placé.es en garde à vue pour des raisons arbitraires (présence à une manifestation, incendie volontaire antérieur aux faits reprochés). Tout nous laisse à supposer que les autorités construisent le profil type du « radical de gauche ».
Également, nous constatons que pour des faits de pédocriminalité dans un établissement catholique ou le meurtre d’une personne racisée dans une mosquée, la justice et les forces de l’ordre ne mettent pas les mêmes moyens ! Lorsqu’il s’agit du système carcéral ou d’un local PS qui sont ciblés, les moyens déployés sont démesurés et immédiats.
Nous apportons tout notre soutien à nos camarades du Centre Bretagne/Kreiz-Breizh !
Une soirée de soutien est prévue le 1er Novembre au Dibar à Plougonver.
Pour plus d’informations et organiser le soutien des camarades :
Nouvelles du 23 septembre au tribunal d’Evelpidon pour les procédures d’enquête supplémentaires dans l’affaire d’Ampelokipi (Athènes, Grèce)
Plus d’une centaine de compagnon-nes ont pris part au rassemblement de solidarité au tribunal d’Evelpidon à Athènes, le matin du mardi 23 septembre. Autour de 9 heures, le fourgon de la prison a conduit la compagnonne Marianna Manoura devant l’enquêteur dans le bâtiment 9. En même temps, des compas solidaires ont crié des slogans et ont été repoussé-es par les flics anti-émeute qui étaient sur place. La compagnonne anarchiste Marianna a refusé de répondre à toutes les questions de l’enquêteur et du procureur, à l’exception de quelques clarifications sur l’absence d’implication des autres inculpé-es de l’affaire. Elle a soumis un memorandum avec ses positions et a expliqué qu’elle témoignerait au procès pour tout ce qui est lié à l’affaire.
Cela a duré jusqu’à 12h30, tandis que les compas, dont ses proches, qui avaient approché Marianna et la police anti-émeute ont plus tard été attaqué-es à la matraque et au gaz lacrymogène.
[…] (appel pour les rassemblements des jours suivants)
LES ETATS SONT LES SEULS TERRORISTES, SOLIDARITE AVEC LES GUERILLAS ARME-ES
KYRIAKOS SERA POUR TOUJOURS UN DE NOS COMPAGNONS DANS LES RUES DU FEU
LE DESIR DE LIBERTE EST PLUS FORT QUE TOUTES LES PRISONS
2e jour
Des dizaines de compagnon-nes ont également participé à la deuxième journée de rassemblements organisés devant le tribunal d’Evelpidon à l’occasion des procédures d’enquête complémentaires de l’affaire d’Ampelokipi. Autour de 9 heures, le fourgon de la police anti-terroriste a conduit la compagnonne Dimitra Zarapeta et le compagnon Dimitris devant l’enquêteur dans le bâtiment 9.
La compagnonne Dimitra a présenté son memorandum avec ses positions, a parlé des inculpations de l’accusation fabriquées de toutes pièces, puis a répondu à une question de clarification de l’enquêteur sur certaines des conclusions de l’antiterrorisme.
Le compagnon Dimitris a ensuite présenté son propre memorandum qui démantèle l’accusation mal ficelée et a aussi répondu à une question de clarification de l’enquêteur.
Selon les informations communiquées par l’enquêteur, le dossier devrait être clos dans les prochains jours car il n’y a plus d’autre nouvel élément à venir.
La procédure s’est terminée peu après 12h30. Les compas se sont alors rassemblé-es et approché-es des compagnon-nes en scandant des slogans, les accompagnant jusqu’au fourgon de transport.
[…] [appel au rassemblement du lendemain]
LES ETATS SONT LES SEULS TERRORISTES, SOLIDARITE AVEC LES GUERILLAS ARME-ES
KYRIAKOS SERA POUR TOUJOURS UN DE NOS COMPAGNONS DANS LES RUES DU FEU
LE DESIR DE LIBERTE EST PLUS FORT QUE TOUTES LES PRISONS
L’Assemblée de Solidarité avec les combattant-es prisonnier-es, en fuite ou persécuté-es
Disponible pour la diffusion papier en pdf prêt à imprimer dans cette article ou sur lescarnetsdu10s.noblogs.org
Edito :
Blocages, manifestations, répression.
Le 10 septembre est passé.
Le pays n’a pas été mis à l’arrêt, son économie non plus, la journée n’a évidemment pas été suffisante. Le 18, les syndicats reprenaient la main.
La contestation, ils la connaissent, la canalisent, l’essoufflent.
Ca ne plaît pas.
Y’en a marre, c’est sûr !
Bilan mitigé donc, mais on pouvait s’y attendre, il manque du monde. Nous avons besoin d’acquérir une bien plus vaste et profonde culture de résistance. En attendant, on utilise les outils à disposition.
Dans l’obscurité ambiante, des lueurs persistent, la défiance aux organes institués du pouvoir et de la contestation grandit. On parle d’autonomie et de communalisme pour mettre fin au capitalisme.
Si le chemin à parcourir reste immense, ça commence par des journées qui font du bien, quand des personnes ont décidé de se rencontrer.
Au sommaire de ce numéro :
Parce que y’en a marre
Journée particulière
Bilan du 10 septembre
Nous perdons
Écologie sociale et communalisme
L’inimaginable autonomie
Un enragé
Quel dosage des actions ?
Sans drapeau, sans carte
Créer l’événement
Bonne lecture, bonne diffusion (on compte sur vous), et n’hésitez pas à nous faire part de vos contributions, et nous informer si vous diffusez… Adresse mail à l’intérieur, dernière page.
Pour ce numéro, il faut imprimer en A4 recto-verso, puis plier les feuilles en 2 dans le sens de la hauteur. Idéalement, mettre une ou deux agrafes, et c’est prêt pour la diffusion.
Suite aux manifestations du 18 septembre, une personne a été condamnée en comparution immédiate à quatre mois d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences », « violences exercées envers un fonctionnaire de police », « rebellion » et « dissimulation du visage sans motif légitime lors d’une manifestation ». La personne a été interpellé à la fin de la manifestation parisienne, après avoir été suivi pendant une heure par des flics en civils qui l’auraient vu lancer des projectiles. Le gros de la condamnation repose sur une flic qui a pris 30 jours d’ITT de vacances après s’être pétée le coude toute seule pendant sa garde à vue, en tentant de rejoindre d’autres flics pour le « maîtriser » suite à un mouvement trop brusque pour les bleus (il aurait levé le bras quand un flic l’a attrapé violemment, puis étranglé, puis placage ventral…). Suite au rendu du juge, plusieurs personnes du public ont fait vocalement part de leur choc et mécontentement, suite à quoi les keufs ont interpellé (sur demande du juge) une personne qui était sortie de la salle en scandant un slogan, puis le public a été vidé de la salle pour le reste de la journée.
On publie à la suite des récits de comparutions immédiates qu’on a trouvées, ne pas hésiter à nous envoyer ceux d’autres villes ou jours pour compléter !
Récit d’audiences de Comparutions Immédiates à Paris – 23 septembre 2025
Repris de la Coordination Antirep IDF.
Tout d’abord, la procureure et les juges ont été impitoyables et ont passé leur temps à se moquer de la présomption d’innocence avec des questions pleines de sous-entendus et d’a-priori anti-manifestant considérant chaque interpelé comme un casseur forcément présent pour commettre des délits ou membre des Black Bloc. On a même eu droit à la lecture d’un rapport des RG sur la tenue vestimentaire ou les comportements des BB en manifestation. Tous aussi été accusés de rébellion et de violences sur ADAP ayant entraîné des ITT.
Cela dit, 9 comparaissaient et 6 ont demandé un délai pour mieux préparer leur défense. Les procès se dérouleront les
15 et 17 décembre 2025
20, 22, 24 et 28 janvier 2026
Tous les procès auront lieu chambre 23.1 à 13h30
Concernant les jugements du 23, on peut regarder la vidéo du Journal des Luttes sur la chaîne Youtube « Le Media 24-7″. Lisa Lapp qui était présente hier en fait un compte-rendu détaillé à partir de 13’20 » :
Concernant l’accusé américain dont elle parle, il s’est laissé tombé au sol comme un poids mort quand il a été interpellé brutalement et a été traîné ensuite par les pieds comme la vidéo projetée le montrait. La procureure a été jusqu’à dire qu’il s’était jeté sur les policiers comme un poids mort et comme c’est un gars grand et costaud, cela pouvait être considéré comme un arme contre les forces de l’ordre !
Cela dit, après les premiers délibérés et la sidération et le tumulte que cela a provoqué entraînant l’intervention de la police dans la salle, alors que la salle était bondée avant, il n’est pas resté grand monde alors que d’autres accusés devaient comparaître dont un qui a choisi d’être jugé le jour-même.
De la même manière, il était accusé d’être resté à Nation en vue de commettre des infractions et d’avoir donné un coup de pied à une policière. La procureure à demandé 3 mois de prison ferme avec privation des droits civiques. L’avocate a démonté complètement l’accusation en faisant ressortir toutes les incohérences, impossibilités et contradictions des divers pv d’interpellation, décrivant aussi les conditions immondes en GAV avec des excréments sur les murs et un matelas dégueulasse pour 5 détenus. Elle a rappelé aussi les conditions de détentions spécifiques le 18 septembre où pratiquement tous les interpelés ont été concentrés sur les commissariats des 14e et 19e.
Finalement il a été relaxé au bénéfice du doute !
Récit d’audiences de Comparutions Immédiates à Toulouse – 12 et 15 septembre 2025
Initialement publié sur IAATA le 24/09/2025.
C’est vendredi 14h, soit 3 jours après le début de l’ère révolutionnaire du 10 septembre. Il fait un peu gris, on débarque avec nos têtes de gauchistes dans un environnement un peu hostile et froid : le trib’ de Toulouse. Un plafond très haut et vitré, des salles en enfilade calfeutrées par des panneaux en bois. On se connaît pas toustes, mais on ne veut laisser personne solo face à une institution si punitive et violente.
On va assister à des comparutions immédiates, ce sont des procédures de justice expéditive, qui jugées à chaud, ne laissent ni le temps de construire une défense solide et collective, ni aux juges le temps de prendre du recul et relativiser les faits. Statistiquement on prend plus cher quand on accepte ce genre de procédures [1]. Dans les faits, on a le droit de demander un délai pour être jugé.e plus tard, c’est d’ailleurs la première chose que demande lae juge. Ce vendredi, sur les 4 CI qu’on observe, 2 personnes demanderont un délai, et 2 accepteront d’être jugés de suite.
Y a pas beaucoup d’affaires ce jour là, et sur les 4 procès, 3 concernent des gens chopés le 10 septembre. Lundi il y a beaucoup plus d’affaires, mais une seule concerne une personne interpel le 10. On va essayer de vous raconter ça, on a anonymisé un max en laissant simplement les détails qui rappellent à quel point la justice est raciste et classiste.
Dans le tribunal nous font face 3 juges, des mecs cis blancs, à leur gauche une procureure, blanche, la trentaine, et à leur droite une huissière.
1ère audience
La première affaire est celle de M, il arrive des geôles du tribunal, il est sur la droite des juges, coincé par une baie vitrée, encadré par des keufs. M est jeune, à peine 19 ans, racisé, et l’air fatigué. Il parle distinctement et calmement. Il est poursuivi pour participation avec arme à un attroupement le 10 sept et transport sans motif légitime et interdit par arrêté de substance incendiaire. En gros, il avait un mortier sur lui, qu’il a voulu cacher aux keufs quand ils l’ont contrôlé à la fin de la manif. Il s’est fait arrêté avec K, un pote à lui qui passera par la suite en CI.
Après un coup d’œil à son avocate, il accepte d’être jugé immédiatement.
Le juge lui demande de raconter les faits et il déroule l’histoire :
Il a été coincé avec K, contre des rangées de keufs alors qu’ils passaient à St Cyp. Ils arrivaient d’une ville voisine, ont acheté un feu d’artifice pour une teuf et faisaient un tour. Il parle librement, beaucoup, son avocate l’a aussi encouragé à le faire. Et après 48h de gav, il voulait juste sortir. Il reconnaît les faits qu’il avait un mortier et qu’il n’aurait pas dû en avoir, et qu’il est prêt à assumer les sanctions pour ça.
Le juge l’interroge sur l’origine du mortier, il refuse d’y répondre.
Le juge cite son PV de GAV (le papier où les keufs écrivent ce que les gens raconte en garde-à -vue), M corrige et revient sur la déclaration floue sous pression qu’il a faite. Son droit au silence se retourne vite contre lui. Les juges reviennent rapidement sur le sujet de l’achat et font un peu de pressing, pourquoi il refuse de répondre ? C’était sur quelle plateforme ? Ça coûtait combien ? C’est le prix normal ? Il répond au reste, et à pourquoi il ne souhaite pas répondre. Ça finit par faire beaucoup d’infos autour de la toute petite qu’il voulait protéger. Et surtout, en répondant que c’est le prix classique, les juges et la proc sautent sur la conclusion que c’est un achat habituel pour lui donc prévisible qu’il savait ce qu’il voulait et comment s’en servir. Procès d’intentions parce qu’il n’a rien fait finalement, mais tout est question de l’intention.
Le juge décrit le « groupe hostile » de manifestant.es présent autour de M pendant son arrestation, M tente de se défendre en ré-affirmant que si les autres avaient des mortiers et allaient peut-être s’en servir contre les flics ce n’est vraiment pas son cas à lui. Il affirme n’en avoir rien à foutre de la politique, il ne sait même pas pourquoi les personnes manifestaient ce jour-là, ils sont juste allés faire un tour son pote et lui car leur train était supprimé et qu’ils ne connaissaient pas Toulouse. Après un long interrogatoire plutôt à charge où les juges et la proc lui font bien comprendre qu’iels ont dû mal à le croire, c’est le moment d’interroger sa « personnalité ». C’est là où on met ta vie à poil pour décider d’une peine « adaptée ».
Lui, il n’a pas de casier, pas de précédente GAV, pas de condamnation, il a 19 ans et fait l’armée depuis peu. Le juge passe un long moment sur la situation personnelle, pour bien nourrir l’idée qu’il est seul et que sa défense tient plus à qui il est que ce qu’il aurait fait et les preuves pour le montrer.
La proc se lance dans son réquisitoire. Toujours aussi condescendante et avec le sentiment de la bonne justice de son coté, elle parle du droit de punir, d’intentions de paix avec le droit de manifester et des valeurs de l’armée dans la même phrase sans cligner des yeux, des bons manifestants qui sont depuis 11h en manif et arrivent pas au moment des affrontements, voire les fuient.
Jolie glissade devant la faiblesse de son argumentaire : « si on n’a pas de convictions politiques, il ne faut pas venir à la manifestation armé ». Pas de souci le message passe dans la salle ;)
Elle tente de faire rentrer M dans la mythique catégorie des casseurs de flics apolitiques, mais le tableau tient mal.
Finalement elle demande 4 mois de taule fermes pour l’exemple en disant de faire appel au JAP (juge d’application des peines) donc aménageables sans mandat de dépôt, une interdiction de paraître à Toulouse pendant 6 mois, et une interdiction de port d’arme pendant 3 ans.
M. rigole de surprise devant des réquisions si énormes pour du vent, la proc s’énerve un peu.
Au tour de son avocate, commise d’office. 48h de GAV pour rien c’est déjà payer le prix en termes de sanction. Elle parle de réaction instinctive de jeter le mortier pour s’en débarrasser, que sur la pression du moment (les flics, les gaz, les coups, les arrestations ?) « le cerveau est en PLS pour faire de bonnes décisions » (ce sont vraiment ses mots).
Elle avance l’argument de la reconnaissance des faits : s’il a parlé, les sanctions devraient être moins pires, et puis lui il n’a rien fait, et il a un projet d’insertion sociale.
L’avocate ne fera pas de réquisition, seulement une demande vague d’allègement des réquisitions en s’appuyant sur « le formidable panel répressif qui s’offre à vous » mais qu’elle espère que « ça lui mettra du plomb dans la cervelle ».
Finalement il écope de l’interdiction de port d’arme pendant 3 ans, interdiction de paraître à Toulouse pendant 6 mois et de 90 jours amende à 10€/jour (900 balles) à payer, sinon c’est 3 mois de taule. C’est pas très subtil comme manière de vouloir enfermer les pauvres. La petite fleur c’est que sa condamnation ne sera pas inscrite au B2, la partie du casier judiciaire consultable par les administrations, ça serait bête de perdre un futur soldat pour une histoire de mortier.
2ème audience
La seconde affaire est renvoyée, la personne souhaite un délai pour préparer sa défense, elle est accusée de plusieurs vols dans des carrefours (c’est une queen des vols de supermarché), ces actions n’avaient pas de lien avec la mobilisation.
3ème audience
Pour la troisième affaire, on retrouve K, le collègue de M. K est blanc, il a 18 ans, et parle avec beaucoup d’émotion.
Lui comparait libre, donc devant les juges, avec son avocate non loin. Il est accusé des deux même choses que M auxquelles se rajoute la port d’arme en manif, en l’occurrence un tournevis.
Sur les faits, le juge l’interroge pour vérifier la cohérence avec l’histoire précédente. K s’embrouille un peu sur les raisons de la présence d’un tournevis dans sa poche, il finit par se rallier à la version décrite en GAV, qui est que le tournevis lui sert à se défendre depuis des faits de harcèlement. Tout comme M, il n’y connaît rien à la politique. Il indique également qu’il n’aurait jamais rien fait avec son mortier étant donné qu’il était habillé en rose donc très reconnaissable. En plus il ne pas sait pas comment fonctionne un mortier.
Le juge est moins insistant que pour son camarade, il lui explique simplement les raisons pour lesquelles on pourrait penser qu’il venait pour taper du flic, même si l’on comprend assez vite qu’il ne croit pas trop à cette théorie. Et il rappelle que dans tout les cas, il est interdit de détenir des mortiers et de les utiliser.
Ensuite ils évoquent la situation personnelle du jeune homme, qui indique avoir une autre affaire en cours, des violences, menace de mort sur des flics dans le cadre d’une altercation familiale. Le juge le met en garde sur la coloration que cela va finir par donner à son dossier, et l’interroge ensuite sur ces projets de vie, en l’occurrence en formation pour travailler comme animateur.
C’est au tour de la proc, elle rappelle son devoir de garante de la paix dans nos rues, de sécurité, de la société apaisée et démocratique vers laquelle nous tendons LOL . Si les réquisitions sont les mêmes, son ton, lui, a changé. Elle semble s’être ralliée à la version de la défense, à savoir celle d’un jeune qui a fait une bêtise et non un casseur apolitique.
Elle évoque son devoir de protéger le droit à la manifestation, qui ne doit pas être l’occasion de mise en danger ni des policiers ni des manifestant.es qui auraient pu être blessé.es, puisqu’il ne savait pas lui même l’utiliser.
Pour la demande de ne pas noter la possible condamnation sur le B2 de K. pour préserver ses projets de tafs futurs, elle dit que K doit vraiment s’interroger de sa capacité à participer au bon fonctionnement de la société. On ne récupère pas des mortiers sur le marché noir s’il l’on souhaite être utile à la société et aux autres. Elle sous-entend avec violence qu’il n’est peut-être pas capable d’être une bonne personne.
Si son ton est plus paternaliste et moralisateur qu’accusateur, elle demande tout de même exactement la même chose que pour son camarade, à savoir 4 mois ferme, 6 mois d’interdiction de Toulouse et 3 ans d’interdiction de port d’arme.
C’est au tour de la défense. L’avocate est assez brève, elle dénonce des procédures faites pour l’exemple et pas cohérentes ni en fait ni en droit, ces jeunes n’avaient rien à faire en gav pendant 48h et encore moins en CI, notamment au vu des garanties de représentation solides. Ces procès sont politiques et son client ne doit pas faire les frais de l’instrumentalisation du parquet. Elle évoque la jeunesse et la maladresse de son client, son passé complexe avec un climat familial tendu et sa volonté de s’en sortir qu’il ne faut pas entraver pour un excès de curiosité. Elle demande une peine plus adaptée à son absence de casier, en l’occurrence des TIG (= Travaux d’intérêt général, tu travailles gratos pour te remettre dans le droit chemin).
Le juge demande à K s’il serait OK pour des TIG, il dit oui. Et oui, on est obligé de demander l’accord des personnes pour travailler gratos, askip pour pas que ça soit de l’esclavage.
Finalement il est condamné à 140h de TIG, 6 mois d’interdiction de paraître à Toulouse et 3 ans d’interdiction de port d’arme.
4ème audience
Enfin, c’est le passage d’une camarade, la vingtaine, poursuivie pour :
Participation avec arme à un attroupement par une personne dissimulant volontairement son visage (en l’occurrence des cailloux dans son sac)
Outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique (Flic et Macron insultés par écrit, sur sa pancarte)
Usage illicite de stupéfiant.
Elle est passée devant lae JLD (juge des libertés et de la détention) la veille et comparait libre. Son avocate n’est pas présente, mais elle est entourée de proches. Elle demande un délai pour préparer sa défense et obtient de droit un renvoi mi-octobre avec un contrôle judiciaire en attendant.
Le juge ne l’interroge sur aucun des faits et se concentre sur sa situation personnelle, pour « adapter » le contrôle judiciaire (CJ). La camarade habite Toulouse, et est accompagnée par une association d’insertion.
La proc demande un maintien de contrôle judiciaire avec pointage, interdiction de manifestation et port d’arme. La copaine acquiesce.
Après délibération le juge lui annonce un pointage tous les 15j, une interdiction de port d’arme et interdiction de manif à Toulouse.
Lundi 15 septembre
Le lundi, un camarade passe aussi en CI. Il comparait libre, mais a failli passer le weekend à Seysses en détention provisoire.
J est poursuivi pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité avec circonstance aggravée et pour participation avec arme à un attroupement avec dissimulation du visage. Il y a aussi pas mal de parties civiles, 7 keufs qui réclament des thunes pour leur préjudice physique/moral.
Le juge détaille les chefs d’accusation et les éléments à charge. Le PV d’interpel de fin de journée dit qu’il avait des morceaux de béton dans les poches. Il parle d’une vidéo sur laquelle on verrait J jeter un bout de béton : dans les faits c’est une personne avec un sweat noir et gris et avec un masque que 3 flics disent identifier formellement comme J et auteur de jets de cailloux, et 4 reconnaissent la veste dans leurs PV. J veut préciser quelque chose, le juge le coupe sèchement. Toujours condescendant il reprend direct et embraye sur les blessures des keufs : deux impacts sur le casque d’un CRS, pareil sur un autre, des bleus, un bouclier qui a vécu. Vu que tous leurs équipements sont neufs d’une manif à l’autre, le doute n’est bien sûr pas permis.
J reconnait partiellement les faits : il nie avoir jeté des cailloux, seulement des canettes de bière, en se disant qu’il ne voulait pas blesser.
Le juge croit les flics à 100% et émet de gros doutes sur l’histoire de J. Il finit sa salve de questions par « pas de discussion ». Pour faire comme si, il recommence à poser des questions dont il ne veut pas vraiment la réponse, comme « pourquoi vous jetez des canettes de bière sur les forces de l’ordre ? ».
J parle de l’énergie collective, il dit qu’il a perdu ses potes avec qui il était venu à la manif et qu’il est resté vu qu’il y avait encore du monde, et qu’il s’est laissé entrainer. Il reconnait que c’était bête mais nie avoir le visage dissimulé, et dit que sa veste lui servait pour se protéger des gaz.
Le juge reconnait que « en fRance c’est devenu un sport national de caillasser les [keufs] », il argumente que les flics sont là pour garantir le bon fonctionnement de la manif, sa sécurité, éviter les violences et protéger les manifestant.es.
Un pote de J dans le fond de la salle rigole avec un sourire narquois, il connait un peu le juge. Qui le prend visiblement très mal puisqu’il menace direct de le sortir de la salle.
Vient le moment d’évaluer sa situation personnelle. J a déjà eu des condamnations, mais jamais pour violences. Le juge dit que la situation est « lunaire ». Nous aussi on trouve que c’est lunaire mais pas pour les mêmes raisons.
L’avocate des parties civiles se lance, elle se dit scandalisée, elle plaint la PN mais aussi, surtout, les pauvres manifestant.es qui sont victimes des agissements des casseurs. Elle empathise avec les robocop de flics qui sont mis en danger, elle reconnait qu’ils sont très équipés mais apparemment ils ont peur d’aller en manif maintenant.
J a dit qu’il n’était pas très bon tireur, mais apparemment ça aurait suffi pour terroriser le bras surarmé du gouverment et de l’Etat. Du coup elle réclame 600 balles par flic et 100 balles chacun pour frais de procédure. Rien que ça
Vient le tour du procureur. Il commence fort et parle de casseurs qui ruinent les manifs. Il reconnait qu’il y a eu peu de casse dans cette manif, meme si 2 govas ont brûlé. Dans cette affaire il évoque les casseurs de CRS, qui profitent de l’occasion pour s’opposer à l’Etat et aux règles. Perspicace.
Il dit que les flics ne sont pas là pour se faire indemniser, et que le seul intérêt ici, c’est la vérité. Un peu moins perspicace.
Il estime que cette affaire est la plus grave de celles jugées après le 10 septembre, et que J n’est pas un fauteur de trouble originel, pas un meneur de casse. D’ailleurs peu de meneur.euses de casse auraient été arreté.es selon lui. Il se fixe sur une version où J a rencontré des gens de mauvais conseil, et qu’il n’est pas très solide.
Niveau réquisitions, il demande un an de taule sans mandat de dépot avec 7 mois fermes et 5 en sursis probatoire, et une obligation d’indemnisation des victimes.
L’avocat de J ne nie pas les faits, il soutient que les flics caillassés c’est inacceptable et que J est un suiveur qui ne souhaite pas qu’on l’y reprenne. Il souligne que les précédents suivis liés à ses autres condamnations ont été fructueux puisque ca fait 3 ans qu’il était resté hors des radars. Il propose au début comme le proc, un peu de ferme et un peu de sursis, avec un suivi et même un stage de citoyenneté sur le comportement en société. Finalement il soutient qu’une peine en sursis serait amplement suffisante. Pour les parties civiles, il dit que les demandes sont un peu plus hautes que la jurisprudence habituelle et demande à les baisser un peu.
Comme dernier mot, J dit qu’il comprend mais qu’il ne souhaitait pas vraiment partir dans cette direction.
Finalement, le juge va au delà des réquisitions du proc et lui pose 12 mois de taule dont 3 mois avec sursis, les 9 restants aménageables, une interdiction de port d’arme pour 5 ans, avec une obligation de travail et d’indemnisation des victimes. Sans surprise il les déclare toutes recevables et 600 balles par tête pour préjudice et 100 balles par flic pour frais de justice.
On note que pour l’instant pas une seule interdiction de manif n’a été prononcée.
Clap de fin.
MàJ : Condamnations à Limoges
Volé dans la presse, le 20/09/2025.
A Limoges, deux mineurs de 16 ans sont convoqués devant la justice au mois de novembre. Ils ont tous les deux été interpellés jeudi 18 septembre, lors des manifestations en centre-ville. L’un pour avoir participé à l’attroupement aux abords de l’A20 et l’autre pour avoir pris le calot d’un policier et s’être ensuite filmé avec.
Trois autres jeunes, âgés de 19 et 20 ans, ont été déférés ce vendredi 19 septembre devant le parquet de Limoges selon la procédure de reconnaissance préalable de culpabilité. En garde à vue, ils ont reconnu avoir lancé des cailloux en direction des forces de l’ordre et les avoir insulté avec le visage dissimulé. Ils ont été condamnés à 6 mois de prison avec sursis, assortie de l’obligation de suivre un stage de citoyenneté et d’indemniser les victimes. Sept policiers ont porté plainte pour outrage et violences aggravées.
Un homme âgé de 23 ans s’est évadé du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly, ce mardi 16 septembre dans la matinée. Le détenu, de nationalité française, était incarcéré dans le quartier de semi-liberté. Il était libérable en janvier 2027.
Le détenu s’est évadé à la suite d’une bagarre avec un codétenu. Il en aurait profité pour s’échapper par la toiture du quartier semi-liberté. Il a malheureusement été rapidement interpellé par les gendarmes.
Le quartier de semi-liberté, réservé aux prisonniers qui bénéficient des aménagements de peine, se trouve à l’extérieur de la prison. L’effectif est de dix personnes dans ce quartier. Au total, la prison de Rémire-Montjoly, détient 1083 personnes pour une capacité de 616 places. 1252 personnes sont actuellement écrouées, dont 169 sous bracelet électronique.
La centrale de Saint-Maur, ouverte en 1975, est la prison avec le plus grand quartier d’isolement en France, et qui a connu une mutinerie sans précédent en 1987. Cette émission est l’occasion de vous proposer des récits croisés de cette révolte avec quelques extraits d’un texte anonyme, et par l’enregistrement d’une discussion avec Un autre participant de la mutinerie.
After months of managing to have a linear correspondence with the anarchist comrade Salvatore Vespertino, presently locked up in the prison of Spoleto and with application of censorship of mail, we have noticed progressive delays in correspondence getting in and out.
We don’t know whether some letters are disappearing informally or not as is happening with other comrades, for example in the case of Paolo Todde, prisoner in the prison of Uta (CA) who only receives registered post. From Salvatore’s last letter going back to 28/08 that reached us on 8/09 we learn that he has 18 letters formally blocked, as well as a number of packages of books that have been classified as parcels in spite of the P.L. postal settings.
Given the present situation we are making an appeal for a massive send-out of postcards in ordinary mail, given the low cost, to make a strong presence and closeness to the comrade felt, as well as clogging up the censorship office. We also suggest sending letters, preferably by registered mail. Given the informal arbitrary block on book packages we advise sending books singly in normal printed paper postal packets without any extra wrapping, as well as magazines and newspapers of any kind (the comrade would particularly appreciate historical magazines). Obviously all by registered post.
To write to the comrade:
Salvatore Vespertino
C. D. R. Spoleto,
Loc. Maiano 10 06049 Spoleto (PG)
Yesterday 19 September we were able to embrace Agnese again. Free at last after about 5 years between precautionary measures and final sentences [definitivi di pena],our friend and comrade is with us again. Aware that what we are fighting for is a very distant horizon, we know that having her here by our side is one more reason for looking towards an elsewhere, together.
Selon une source proche de l’enquête, après sa libération, il est parti en cavale en Espagne, avant de revenir en France. Quatre mois après sa remise en liberté, l’enquête de la DCOS de Bordeaux (ex-Police judiciaire) a permis de l’interpeller le 3 septembre sur la commune de Saint-Jean-d’Illac, indique le parquet. Le lendemain, il avait été replacé en détention à la maison d’arrêt de Gradignan.
Il ne sera pas poursuivi pour évasion, car « il n’est pas possible de démontrer qu’il a eu un rôle actif » dans sa libération, précise le procureur, qui ajoute que « sa seule passivité face aux erreurs de l’administration pénitentiaire ne suffit pas à caractériser l’infraction d’évasion ».
Vers 8 heures, ce jeudi 25 septembre, deux matons du centre de détention de Perpignan ont été violemment agressés par un prisonnier récemment transféré de Toulouse. Ce dernier avait déjà été sanctionné à de multiples reprises pour des faits similaires et exclu du centre pénitentiaire de Seysses, signalé comme « ingérable en détention classique » par les matons qui désirent des conditions d’enfermement toujours plus horribles.
L’homme aurait exigé un rendez-vous médical avant de frapper une surveillante au visage à plusieurs reprises, la projetant au sol. Dans la foulée, il aurait asséné des coups à un second agent venu en renfort. Les deux fonctionnaires, choqués et blessés ont été hospitalisés. Cinq jours d’ITT leur ont été prescrits – en gardant en tête la légendaire exagération des matons qui prennent une semaine de vacances pour tout et rien. Une fois placé en quartier disciplinaire, le prisonnier a poursuivi en crachant sur deux surveillants.
Les matons ont appelé au blocage de la prison le lendemain, décidant de collectivement punir l’ensemble des prisonniers – qui n’ont rien demandé et encore moins à être là – juste parce que deux tortionnaire ont été un peu bousculés.
Samedi 27/09/25 à Lutterbach, un prisonnier semi-libre, qui avait déjà réussi une évasion au QSL (quartier en semi-liberté) l’année dernière, a réussi de nouveau à s’évader alors qu’il était dehors toute la matinée.
Avec l’aide de ses 3 autres codétenus, il a réussi à se glisser entre les barreaux de la fenêtre. Ses codétenus l’ont enduit de liquide vaisselle alors que l’évadé était nu et l’ont aidé à glisser entre les barreaux. Barreaux qui présentent une faille non résolue lors des travaux, l’écartement est de quasiment 15 cm alors que la norme en prévoit 11 cm !
Les matons ont réussi à voir l’évasion en direct sur les caméras, mais n’ont heureusement pas pu intervenir à temps, ni empêcher l’évasion à cause de « contraintes techniques » et de « manques de moyens ». Ils ont donc tout simplement regardé le prisonnier monter sur le toit du monte-charge puis s’échapper, précisant que les portails comme les murs ne sont pas du tout adaptés pour empêcher évasion ni intrusion. Comme quoi, c’est pratique les travaux qui traînent et le manque de moyens !
Mohamed Amra, qui avait fait rêvé toute la France après son évasion spectaculaire en 2024, aurait inondé sa cellule et menacé des surveillants dans la prison de haute de sécurité de Vendin-le-vieil, où il est incarcéré. Il a été placé pour 16 jours en quartier disciplinaire ce mardi à l’issue d’une commission de discipline.
Mohamed Amra fait partie des prisonniers qui ont tenté de provoquer « à plusieurs reprises » des inondations dans l’établissement en laissant l’eau couler dans les douches des cellules. La direction de la prison a utilisé la vidéosurveillance pour identifier les prisonniers et les sanctionner. Le 18 septembre, Mohamed Amra aurait aussi copieusement insulté un surveillant de prison qui lui apportait son repas. Il aurait refusé le plateau et se serait offusqué de ne pas avoir eu son journal Le Parisien. L’altercation verbale se serait terminée par ces mots (de source pénitentiaire) : « N’ouvre pas la porte ou ça ira mal pour toi ». Il ne contesterait pas les faits, il ne dépose pas de recours et s’est excusé auprès de l’administration pénitentiaire.
Mohamed Amra n’aura pas de télévision au quartier disciplinaire, ses heures de promenade et les appels téléphoniques seront réduits pendant 16 jours. Ces événements font suite aux grèves et protestations de prisonniers incarcérés dans la prison haute sécurité depuis juillet, contre les conditions inhumaines à l’intérieur et notamment celles impliquées par la récente loi narcotrafic.
Des assemblées de lutte se sont tenues à Foix les 1er et 29 mars, et 12 juillet ; à Saint-Girons le 19 avril, le 7 juin et le 6 septembre 2025. Celles-ci ont permis de réunir des organisations diverses et des individus qui ont le même objectif : s’opposer aux projets miniers et plus précisément au projet actuel de la société Néométal qui vise à faire des recherches minières, en Ariège, sur les communesde Couflens, d’Ustou, d’Aulus les Bains et d’Auzat et à terme installer une usine chimique de traitement des minerai à Lavelanet ou à Boussens !
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Prochaine assemblée de lutte : 18 octobre 2025 à 14h30
La Licorne 54 Chemin des Gaillards – 09000 La Bastide de Sérou
Après le soulèvement d’août 2025, l’État indonésien est affaibli et cherche des boucs émissaires. Le 23 septembre, les ordures en ont indiqué un autre et ils ont enlevé le compagnon Eat. Eat est un anarchiste bien connu, qui a été en prison à plusieurs occasions, par exemple pour vol à main armée et pour des attaques incendiaires contre une banque. Selon la police, c’est son ex-compagne, Anzi Matta, qui l’a balancé, c’est pourquoi il s’est fait attraper. Les flics ont saisi son ordinateur portable et son téléphone, qui serviront donc a monter son affaire. Les ordures de la police le gardent au secret, comme les autres anarchistes. En ce moment, il est détenu au siège de la police régionale de Java occidental, à Bandung. C’est là que sont détenu.es de nombreux.ses compas. Nous ne savons pas avec quelles accusations et chefs d’inculpations officiels ils vont le charger. Nous savons qu’il a été publiquement accusé d’être le chef, en Indonésie, du courant anarchiste « Étoile du chaos », en lien avec les émeutes d’août dernier. Nous n’avons jamais entendu parler auparavant d’un tel chef des anarchistes, encore moins des nihilistes. Nous n’avons pas encore entendu parler, non plus, d’un tel réseau formel d’émeutier.es.
Dans de nombreux cas, il semble que les preuves utilisées par les flics pour essayer de légitimer l’utilisation des lois antiterroristes soient simplement la possession de drapeaux ou d’objets, de bulletins, de musique, d’un profil sur les réseaux sociaux, la participation ou non aux émeutes. À première vue, cela ressemble à une autre invention absurde et fantaisiste de l’unité antiterroriste, comme le mensonge selon lequel un financement de 500 000 dollars venant de l’étranger aurait provoqué la révolte. Ceci fait partie de la tentative de l’État indonésien de changer le récit. À travers toute la région, nos courants et nos tendances se développent. Leur avenir à eux est terminé, l’anarchisme est le récit prédominant.
Nous savons que, selon les nouvelles qui circulent en Indonésie, après avoir arrêté 42 personnes, accusées de faire partie de cellules égoïstes/insurrectionalistes, la police cherchait Eat, parce qu’il était aussi soupçonné de collecter des fonds, de travailler à la solidarité avec les prisonnier.es et d’être en contact avec des anarchistes à l’international, c’est-à-dire qu’il entretenait des amitiés au-delà des frontières. La police essaie d’affaiblir la résolution des anarchistes en faisant tomber la faute sur des balances et en créant des anarcho-fantasmes, mais nous savons qu’ils mentent et qu’ils utilisent la torture. Ce que nous savons, c’est que la police répand le bruit que l’ancienne partenaire d’Eat, Anzi Matta, les aurait aidés, avec des informations qui auraient conduit à l’arrestation de Eat à Makassar et que, le le 23 septembre, il a été amené au siège de la police régional de Java occidental, à Bandung, où il se trouve toujours.
Action directe contre les ambassades indonésiennes, les intérêts des entreprises et similaires.
Liberté pour les prisonnier.es – Mort à l’État.
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Dernières nouvelles de la vague de répression en Indonésie
À la suite des manifestations d’août-septembre 2025, la police a enregistré un total de seize rapports de police (LP) et arrêté des individus, adultes et mineurs, dans seize régions à travers l’Indonésie.
Note : Ces 959 personnes représentent le plus grand nombre d’arrestations et de suspect.es civil.es suite à des manifestations depuis la tragédie de 1998, ce qui fait de celle-ci l’une des plus grandes de l’histoire de l’Indonésie.
Ci-dessous le détail des rapports et le nombre de suspect.es impliqué.es :
1. Police métropolitaine de Jakarta
– Rapports de police : 36
– Suspect.es adultes : 200
– Suspect.es mineur.es : 32
2. Polda Jambi (Police de Jambi)
– Rapports de police : 6
– Suspect.es adultes : 3
3. Polda Lampung (Police de Lampung)
– Rapports de police : 1
– Suspect.es adultes : 1
– Suspect.es mineur.es : 7
4. Polda Sumsel (Police de Sumatra du Sud)
– Rapports de police : 12
– Suspect.es adultes : 23
– Suspect.es mineur.es : 3
5. Polda Banten (Police de Banten)
– Rapports de police : 1
– Suspect.es adultes : 2
6. Polda Jawa Barat (Police de Java occidental)
– Rapports de police : 38
– Suspect.es adultes : 80
– Suspect.es mineur.es : 31
7. Polda Jawa Tengah (Police de Java central)
– Rapports de police : 40
– Suspect.es adultes : 80
– Suspect.es mineur.es : 56
8. Polda Jawa Timur (Police de Java oriental)
– Rapports de police : 85
– Suspect.es adultes : 185
– Suspect.es mineur.es : 140
10. Polda Bali (Police de Bali)
– Rapports de police : 4
– Suspect.es adultes : 10
– Suspect.es mineur.es : 4
11. Polda NTB (Police des Petites îles de la Sonde occidentales)
– Rapports de police : 2
– Suspect.es adultes : 15
– Suspect.es mineur.es : 6
12. Polda Kalbar (Police de Kalimantan occidental)
– Rapports de police : 3
– Suspect.es adultes : 1
– Suspect.es mineur.es : 3
13. Polda Kaltim (Police de Kalimantan oriental)
– Rapports de police : 1
– Suspect.es adultes : 7
14. Polda Sulbar (Police de Sulawesi occidental)
– Rapports de police : 2
– Suspect.es adultes : 2
15. Polda Sulsel (Police de Sulawesi du Sud)
– Rapports de police : 10
– Suspect.es adultes : 46
– Suspect.es mineur.es : 12
16. Bareskrim Polri [Agence d’enquête criminelle, un service central de la police nationale indonésienne ; NdAtt.]
– Rapports de police : 4
– Suspect.es adultes : 5
Les données présentées ici sont les dernières informations disponibles, recueillies de différentes sources. À l’heure actuelle, les autorités continuent d’arrêter des personnes qu’elles croient impliquées dans les manifestations qui ont eu lieu de la fin août au début septembre. Il y a clairement un abus de pouvoir, visant non seulement à réprimer toute action de masse ultérieure, mais aussi à répandre la peur et la paranoïa à travers l’Indonésie. Plusieurs charges ont été portées contre les suspect.es, y compris en vertu des articles 160 et 161 du Code pénal (KUHP) sur l’incitation aux crimes, de l’article 170 KUHP sur la violence collective, de l’article 187 KUHP sur les incendies criminels et des articles allant du 212 au 214 KUHP sur la résistance aux forces de l’ordre. D’autres charges incluent l’article 351 KUHP sur les agressions, les articles 362 et 363 KUHP sur le vol, l’article 406 KUHP sur les dommages matériels et la loi d’urgence n° 12 de 1951, concernant la possession d’armes tranchantes, de cocktails Molotov et de feux d’artifice. De plus, certaines personnes ont été inculpées en vertu de la loi ITE (Loi sur l’information et les transactions électroniques). Cela reflète des tentatives claires et variées de criminaliser les personnes arrêtées. Nous continuerons à relayer des nouvelles des prisonnier.es politiques en Indonésie.
Au Népal, un mouvement de protestation début septembre 2025 s’est transformé en une insurrection spontanée en réponse à la violence policière, aboutissant à l’incendie du parlement et d’une série de bureaux gouvernementaux, de commissariats, de sièges de partis et de manoirs de politiciens. En un jour et demi, le Premier ministre Khadga Prasad Oli a pris la fuite et le gouvernement s’est effondré. Mais renverser un gouvernement n’est que la première étape d’une lutte beaucoup plus longue ; dans cette agitation, les monarchistes, les néolibéraux et les antiautoritaires se disputent pour déterminer l’avenir du Népal. Pour mieux comprendre le contexte de l’insurrection et les dynamiques qui en découlent, nous avons interviewé Black Book Distro, un collectif anarchiste qui fait tourner une bibliothèque à Katmandou.
Article disponible originellement sur CrimethInc.
L’insurrection au Népal fait partie d’une série de soulèvements qui ont balayé l’Asie ces dernières années. Nous pouvons remonter la piste des événements à 2022, et le renversement du président du Sri Lanka, en a suivi le soulèvement de 2024 au Bangladesh et celui en Indonésie en août 2025, sans parler de la guerre civile en cours au Myanmar. Depuis la chute du gouvernement népalais, d’immenses manifestations ont également éclaté aux Philippines. Cette série d’actions et de mobilisations répondent aux difficultés économiques généralisées et à l’échec des promesses des politiciens.
La complicité des partis communistes institutionnels dans le massacre qui a catalysé le soulèvement devrait rappeler à tous les révolutionnaires en herbe qu’il est impossible de résoudre les problèmes du capitalisme simplement en utilisant la violence de l’État—même si vous avez « communiste » au nom de votre parti. Les impasses que le capitalisme crée pour les gens exigent des changements radicaux. On ne peut pas régler indifiniment les problèmes avec des flics et des réformes négociées dans les couloirs du pouvoir.
De même, cette insurrection devrait faire réfléchir les politicien-nes et les polices du monde entier qui imaginent qu’ils peuvent piller et terroriser en toute impunité. Aujourd’hui, l’argent qu’ils obtiennent peut les protéger des conséquences de leurs actes—mais demain, tout est possible.
Aucune de ces révoltes n’a encore atteint tous ses objectifs, mais alors que les gens du monde entier luttent contre l’oligarchie et la répression étatique, chacune d’elles offre des leçons.
Comme l’a dit un commentaire sur Bluesky : Juste un jeune homme portant la peau de l’ennemi.
Parlez-nous de vous. Qui êtes-vous et que faites-vous ?
Nous sommes Black Book Distro, un collectif et une bibliothèque anarchiste basé à Katmandou, au Népal, dédié à la politisation par l’éducation sur l’histoire de la gauche ainsi qu’un engagement actif dans les luttes et mouvements populaires qui nous semblent alignés avec nos objectifs (la protestation de Gen Z, le mouvement Meter Byaj [1], mouvement Guthi [2]). Nous vous parlons en tant que mouvement anarchiste sous la répression d’un régime communiste défaillant et d’un Congrés corrompu.
La Black Book Distro propose des lectures et du matériel en anglais durant un festival anarchiste au Népal.
Pouvez-vous nous donner un bref aperçu des mouvements sociaux et des luttes au Népal au cours de la dernière décennie ou des deux dernières années. Quelles ont été les principales préoccupations à l’origine des soulevments populaires ?
Suite à la révolution maoïste [3], le Népal a connu des vagues de bouleversements sociaux, économiques, géographiques et politiques. Les principaux problèmes se situent autour de la discrimination rampante des castes, une épidémie mortelle de trafic de travailleurs migrants alimentée par le manque d’opportunités chez eux, des conflits frontaliers routiniers avec nos voisins dotés d’armes nucléaires, et une corruption politique si intense qu’elle a permis aux monarichistes partout dans le pays de faire un retour en force terrifiant.
Les mouvements populaires pour le changement ont inclus la lutte madhesh pour les droits et la dignité, [4]des manifestations contre la corruption à l’époque du COVID sous la bannière « Enough Is Enough » , des belligérences nationalistes sur des zones frontalières comme Lipulekh, [5]Des grèves de la faim du Docteur KC pour améliorer les infrastructures sanitaires, [6] les résistances aux investisseurs parasites, et la défense des terres communales appartenant au peuple Newar. Ces luttes sont motivées par un tissu social complexe encore empreint par le patriarcat, la caste et la religion, au milieu des efforts constitutionnels vers la représentation, la liberté d’expression, la liberté économique et le fédéralisme.
Le Congrès, les partis maoïstes et marxistes-léninistes, ainsi que des factions royalistes sont les principales organisations politiques. En dessous de cela se trouvent des groupes de jeunes autonomes, des espaces gauchistes et des groupes communautaires autochtones. Historiquement parlant, la plupart des manifestations ont été dirigées ou influencées par les grands partis politiques, bien que les initiatives spontanées de la jeunesse et de la base aient agi de manière de plus en plus indépendante (y compris le récent « soulèvement de la génération Z »).
« Des balles réelles ont été utilisé aujoud’hui sur la foule. On était devant, on a vu des gens se faire tuer ».
Comment comprenez-vous les objectifs des participants de la base dans ce soulèvement ? Y a-t-il plusieurs courants avec des objectifs différents ou contradictoires ?
Le mouvement actuel « Gen Z » a ses racines dans le mouvement « Enough Is Enough » mené par des jeunes en 2019, qui se concentrait sur la justice sociale et les questions environnementales au milieu de la mauvaise gestion des revenus pendant la crise du COVID-19. Ce soulèvement initial consistait en plusieurs groupes autonomes soutenus par des citoyens ordinaires, des libéraux et des gens issus de l’extrême gauche, sans direction centrale. Depuis lors, le gouvernement n’a cessé d’intensifier sa surveillance en ligne et ses répressions totalitaires sur la jeunesse, alimentant le mouvement pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Leurs principales revendications sont plus de liberté d’expression, des mesures de lutte contre la corruption et la mise en place d’un gouvernement dont le rayon d’action sera hors de la main mise des différents partis corrompus.
La fusillade mortelle de manifestant-es pacifiques, y compris des étudiant-es inspirés par la philosophie de la série animée « One Piece », a déclenché une indignation générale.
Des manifestants au Népal exibent le drapeau pirate de « One Piece », devenu un symbole de la révolte indonésienne.
L’insurrection a été décentralisée et spontanée, culminant dans l’incendie du parlement et de la plupart des bureaux gouvernementaux, des maisons de politiciens, des commissariats de police et des sièges de partis, provoquant la chute du gouvernement en moins de 35 heures. Divers courants existent au sein du mouvement : les monarchistes cherchant à restaurer le roi sur le trône, les centristes visent quant à eux de à gagner en influence au sein d’un nouveau gouvernement néolibéral, et les radicaux d’extrême gauche poussent pour un fédéralisme authentique, la laïcité et la participation inclusive des communautés marginalisées. Cette multiplicité d’objectifs reflète les aspirations et tensions complexes au sein du mouvement.
Comme nous le comprenons ici de très loin, les communistes au Népal ont mené un mouvement de résistance pendant de nombreuses années avant de prendre le pouvoir en 2006. Nous avons l’impression que les conflits internes au sein du mouvement révolutionnaire dans son ensemble ont abouti à une série de compromis entre les communistes et la classe dirigeante népalaise. Comment ces compromis ont-ils affecté la société népalaise, en particulier les mouvements de la base plus radicale qui a participé à la lutte populaire, ainsi que les syndicats et d’autres groupes ?
Le succès de l’insurrection maoïste reposait sur son opposition aux vestiges du système « Panchayat », une structure agricole féodale d’oppression par des élites de la caste supérieure alliées à la monarchie sur l’ensemble de la population, qui avait été officiellement abolie en 1990. Cependant, une fois au pouvoir, de nombreux dirigeants maoïstes ont compromis leurs objectifs révolutionnaires pour maintenir le contrôle, en adoptant progressivement des pratiques capitalistes qui reflètent le même système d’oppression qu’ils prétendent avoir détruit. Ces compromis ont sapé leur crédibilité auprès des masses, et les maoïstes sont maintenant largement considérés comme des politiciens corrompus plutôt que comme des révolutionnaires.
Pendant ce temps, les violations des droits de l’homme par les forces militaires et policières ont été généralisées, et la justice reste insaisissable pour les victimes de toutes parts. L’image ternie des politiques de gauche a donné de l’espace au mouvement monarchiste ; même le récent mouvement Gen-Z a intentionnellement interdit aux partis politiques et aux syndicats de participer, craingant que ces entités imposent des programmes égoïstes. En même temps que ça a protégé l’intégrité du mouvement, cela a rendu plus difficile l’organisation pour les gauchistes plus anciens. Heureusement, le mouvement anarchiste émerge tranquillement, avec une acceptation croissante, malgré certaines idées fausses assimilant l’anarchisme au chaos.
Une voiture de police calcinée est abandonée sur la place Patan Durbar le 9 septembre 2025.
Comment la coalition au pouvoir a-t-elle émergé ? Comment comprenez-vous la différence entre les deux partis communistes, et quel est le rôle du Parti du Congrès dans la coalition au pouvoir ?
La coalition au pouvoir a émergé pour obtenir une majorité parlementaire dans un système multipartite fragmenté après la guerre. Les deux partis communistes ont adopté la corruption et les pratiques capitalistes, l’UML [le Parti communiste du Népal (Marxiste unifié–léniniste)] étant actuellement le plus organisé des deux. En raison de leur utilisation abusive des idéologies communistes et des histoires de corruption, le mouvement communiste perd rapidement du terrain, et les membres du parti sont souvent moqués lorsqu’ils revendiquent des identités communistes. Le Parti du Congrès, avec son rôle historique dans la « fin officielle » du régime Rana et du système Panchayat, reste la principale force néolibérale du gouvernement. En 2008, les maoïstes et les marxistes-léninistes se sont alliés pour voter contre le Parti du Congrès, et en 2024, le Congrès et les marxistes-léninistes se sont alliés pour voter contre les maoïstes. Bien que les différences idéologiques les aient autrefois divisés, ces distinctions ont presque complètement disparu aux yeux du peuple.
L’Inde et la Chine appartiennent toutes deux au puissant bloc industriel et commercial connu sous le nom de BRICS. Comment cela affecte-t-il les gens ordinaires au Népal ? Quels groupes aspirent à capitaliser sur le renversement du gouvernement népalais ?
L’impact de l’adhésion aux BRICS sur les Népalais n’est pas encore clair, avec des cercles politiques et intellectuels divisés. Certains considèrent les BRICS comme un moyen de réduire l’hégémonie américaine, tandis que d’autres y voient une extension de l’influence autoritaire chinoise. Le gouvernement népalais a suivi prudemment l’évolution de la relation entre l’Inde et la Chine et n’a pas encore décidé s’il devait participer aux BRICS.
Il reste incertain de savoir quels groupes bénéficieront finalement de la chute du gouvernement, mais aucune décision politique au Népal n’est prise sans l’implication de l’agence de renseignement indienne RAW [Research and Analysis Wing]. La CIA [Central Intelligence Agency] joue probablement aussi un rôle, conformément à son histoire dans les révolutions mondiales. Les principaux dangers incluent des factions royalistes susceptibles de prendre le pouvoir avec le soutien des Indiens, poussées par la politique nationaliste hindoue extrémiste, et la résurgence d’anciennes élites politiques sans changement substantiel. Alors qu’un coup d’État militaire était une menace réelle, il n’a heureusement pas eu lieu.
Le 9 septembre 2025, le parlement est en flammes.
Le Népal étant un pays enclavé avec une dépendance sociale et économique vis-à-vis de l’Inde, les investissements chinois ont quelque peu changé, avec l’ouverture d’autoroutes reliant le Népal. Pendant que la Chine et l’Inde aiguisent leur rivalité, le Népal, contrairement à d’autres nations partageant la frontière avec les géants géographiques, devient une arène de contrôle et d’équilibre...
Les deux puissances ont jusqu’à présent évité un conflit ouvert, transformant le Népal en une zone d’équilibrage géopolitique. Le Népal, géographiquement piégé entre ces deux géants nucléaires, a des options limitées pour résister à leur bras de fer sans fin. Le blocus du carburant imposé par l’Inde après le tremblement de terre de 2015 était clairement un coup de force lié au mouvement madhesi, que l’Inde a soutenu officieusement. La Chine exerce une influence en exhortant le gouvernement népalais à contrôler les manifestations liées au Tibet. Les liens culturels et l’ouverture des frontières renforcent l’influence de l’Inde, tandis que les investissements chinois, tels que les projets d’autoroutes dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route », sont largement accueillis par la population comme des opportunités d’indépendance économique vis-à-vis de l’Inde.
De nombreux obesrvateurs occidentaux examinent la relation du Népal avec la Chine et l’Inde—qui sont tous deux des partenaires commerciaux des États-Unis et d’Israël, bien que la Chine soit perçue comme un antagoniste géopolitique des États-Unis — et concluent que les insurrections au Népal et en Indonésie doivent être soutenues par la CIA et aboutir à des révolutions de couleur conçues pour installer des dictatures alignées sur l’Occident. Qu’est-ce que voud en pensez ?
Bien que l’influence étrangère de l’Inde, de la Chine et des États-Unis soit indéniable, réduire le soulèvement à une révolution de couleur soutenue par la CIA écarte la colère authentique et les sacrifices du peuple népalais. Des millions de personnes se sont mobilisées pour brûler les bâtiments du parlement, les bureaux gouvernementaux et les maisons des dirigeants politiques—non pas parce que des organisations étrangères ou nationales leur ont dit de le faire, mais à cause de décennies d’échec gouvernemental et de corruption. Étiqueter ce mouvement comme une révolution de couleur sape notre solidarité avec des mouvements populaires similaires à travers le monde. Des militants du Bangladesh, d’Indonésie et du Sri Lanka célèbrent les luttes de chacun sans les considérer comme des complots étrangers. C’est un soulèvement populaire né de l’injustice vécue. Si ces soulèvements sont des révolutions de couleur, alors des mouvements mondiaux puissants comme le Printemps arabe et Black Lives Matter le sont aussi. Il est temps pour les observateurs occidentaux de soutenir ces luttes plutôt que de les délégitimer.
Quels liens voyez-vous, le cas échéant, entre le soulèvement au Népal et les soulèvements précédents au Sri Lanka, au Bangladesh et en Indonésie ? De quelles manières ceux-ci ont-ils nourri l’imagination populaire qui a aidé à produire cette révolte ? Quelles sont les différences entre le contexte népalais et ces autres contextes ?
Les soulèvements partagent des points communs évidents, notamment la corruption généralisée, l’exclusion, le pouvoir enraciné détenu par des familles népotistes, la censure gouvernementale et une forte ingérence étrangère. Le Sri Lanka, l’Indonésie et le Népal ont chacun des histoires de mouvements communistes et d’éventuels échecs liés à ces histoires. Un lien intéressant entre le Népal et l’Indonésie est la présence de mouvements antiautoriatires actifs et l’influence culturelle de l’anime « One Piece », qui symbolise pour les jeunes des deux pays leur lutte contre l’autoritarisme.
La principale différence est que le mouvement communiste népalais a réussi à prendre le pouvoir mais s’est ensuite corrompu et a abandonné ses promesses, alimentant la désillusion populaire, alors qu’en Indonésie et au Sri Lanka, le gouvernement communiste n’a pas réussi à prendre le pouvoir.
Sur la base de votre expérience récente au Népal, avez-vous des conseils pour les personnes qui participent à la résistance populaire dans d’autres parties du monde ?
Une résistance efficace doit combiner l’éducation organisée, l’agitation et la préparation à une insurrection de masse spontanée. Préparer les gens à pousser les mouvements sociétaux dans la bonne direction est essentiel, en particulier pour gérer les vides de pouvoir créés lorsqu’un gouvernement s’effondre, qui sont souvent saisis par des forces capitalistes visant à restaurer l’ordre ancien. Les anciennes élites essaieront de reprendre le pouvoir, mais la population révolutionnaire au Népal a démontré un refus féroce, détruisant les infrastructures et affrontant physiquement les dirigeants.
Cependant, ce soulèvement n’était pas entièrement préparé pour ce qui se passera ensuite. Jusqu’à présent, nos efforts se sont concentrés principalement sur l’éducation et les manifestations, sans envisager de structures post-effondrement. Notre conseil aux camarades du monde entier est de se préparer non seulement à la révolte, mais aussi à des structures non hiérarchiques et à la reconstruction sociétale une fois que les régimes tombent.
Que font les anarchistes et les groupes anti-autoritaires au Népal ? Quelles choses concrètes pouvons-nous faire pour soutenir les efforts anarchistes et globalement anti-autoritaires au Népal ?
Des groupes au Népal organisent des ateliers, des discussions, des projections, des expositions, des soirée musicales, ainsi que des actions directes dans la rue. La majorité de nos collectifs anarchistes croient en une organisation sans hiérarchie, favorisant des conversations ouvertes même avec les communistes radicaux qui recherchent véritablement des sociétés égalitaires. Nous croyons que la solidarité au sein du mouvement de gauche est essentielle, donc nous jugeons par les actions plutôt que par l’idéologie seule. Pour soutenir ces efforts, nous exhortons à sensibiliser le public aux violations continues des droits humains, y compris la mort d’au moins 72 manifestants, dont beaucoup de jeunes, tués pour avoir exigé la fin de la corruption et du totalitarisme. Les responsables doivent être confrontés et la justice doit être faite sans délai.
Un message du 13 septembre 2025 : « Ceux qui collaborent avec la police. Vous oubliez qu’ils ont tué nos enfants. Ceux qui disent que le vandalisme, la destruction par le feu, le pillage sont injustes. Vous oubliez que c’est le résultat d’une colère collective qui était contre ce régime depuis plus de 40 ans. Que c’est le résultat de l’enfer capitaliste où les gens ne peuvent plus rếver tant ils sont bombardés par les publicités. Pensez-vous que l’élite de Katmandou était là pour piller à Bhatbhatani (la plus grande chaîne de magasins au Népal) ? Non, c’était des gens de la classe ouvrière et de la classe moyenne. Pensez-vous que Bhatbhatani ai perdu beaucoup d’argent ? Ils ont une assurance. L’hôtel Hilton a une assurance. Les parents des enfants décédés ont-ils une assurance de millions de roupies ?
Notes
[1] Meter-byaj est une forme de prêt avec des taux d’intérêt exorbitants. Un mouvement est né en opposition a cette mesure dans les années précédentes.
[2] En juin 2019, des milliers de personnes ont pris la rue pour protester contre la mise en place d’une taxe visant à nationaliser et capitaliser sur des fondations religieuses et communautaires. Connu comme “guthi,” ce système pour entrenir les temples, les services publics et l’organisation de festivals est enracinée dans la communauté Newar indigène de la vallée de Katmandou.
[4] Un mouvement pour les droits de Madhesis Tharus, les musulmans, et les groupes Janjati au Nepal, avec des vagues d’activités en 2007, 2008, et 2015.
[5] Lipulekh est un passsage dans l’Himalaya sur la frontière entre l’Inde et le Tibet sous contôle chinois. Le gouvernement népalais réclame des territoires au sud de ce passage, qui est sous le contrôle de l’Inde depuis la domination coloniale anglaise.
[6] Chirurgien et medecin activiste, le Dr. Govinda KC a mené 23 grèves de la faim pour demander des réformes.
La police a été prise à partie et une voiture siglée endommagée ce mercredi 24 septembre quartier de la Monnaie à Romans dans la Drôme.
Les flics ont voulu contrôler un véhicule un peu avant minuit ce mercredi 24 septembre place Hector Berlioz. Une quinzaine de personnes se sont alors regroupées pour les prendre à partie. La voiture de police a été endommagée, deux vitres marquées par des impacts de pierres. Les policiers n’ont malheureusement pas été blessés. Il n’y a heureusement pas eu d’interpellation.
Volé dans la presse, les 23/09/2025 et 30/09/2025.
Dans la nuit de dimanche 21 à lundi 22 septembre, un équipage de la Bac repère un 4×4 déclaré volé lors d’un home-jacking. L’équipage suit la voiture et en prévient un autre. Quand les policiers veulent interpeller l’homme à bord du 4×4, celui-ci fonce sur l’une des voitures de la Bac. L’une d’entre elles réussit à éviter le chauffard, la deuxième est percutée de plein fouet. Au total, six fonctionnaires sont blessés, dont deux qui ont fini hospitalisés. Quant au conducteur et ses passagers, ils ont malheureusement été interpellés.
A Étoile-sur-Rhône (Drôme), dans la nuit du 30 septembre, les flics sont appelés pour des vols à la roulotte dans des voitures. Les gendarmes engagent plusieurs équipages, repèrent rapidement le suspect. Mais il tente de leur échapper et percute une de leur voiture dans sa fuite. Le véhicule est bien endommagé, mais malheureusement pas de blessé. L’homme de 37 ans est malheureusement en garde à vue. Le butin de quatre ou cinq petits vols a été retrouvé dans son véhicule.
Les policiers de Guéret, en Creuse, ont interpellé un homme d’une trentaine d’années ce mardi 23 septembre dans l’après-midi. Cet homme était en train de crever les pneus des voitures, sans raison apparente. Il s’en était même pris à un véhicule de police [il faut se rendre compte!]. Mercredi 24 septembre, cinq plaintes avaient été déposées contre lui. Les analyses ont montré que l’homme était ivre, il avait environ deux grammes d’alcool dans le sang. Ce trentenaire a été placé en garde à vue et devra faire l’objet d’un examen psychiatrique.
A partir d’une vidéo de 52 minutes, nous souhaitons animer un débat autour de vagues de mobilisation précédentes, notamment le mouvement des retraites et les émeutes consécutives à la mort de Nahel.
Rattrapé.e.s par le 10 septembre 2025, 2023, une année marquée par le retour de la forme traditionnelle de mobilisation, encadrée et centralisée. Le film tente d’interpréter l’intégration des mouvements aux schémas électoraux et à la constitution du pouvoir des nouvelles gauches. Comment est-ce que quelques semaines plus tard, de manière séparée, les révoltes consécutives à la mort de Nahel sont venues tout bousculer ?
Qu’est ce que l’autonomie dans la lutte ? A qui sert la « composition » ? Quelles sont les perspectives de lutte révolutionnaire autonome aujourd’hui ?
Certaines questions fondamentales sont rarement posées collectivement, et encore moins résolues : Quels obstacles empêchent les soulèvements d’aboutir à une révolution ?
Tous les soulèvements récents (2018-2025) semblent buter contre un "plafond de verre". Aucun n’est parvenu à renverser durablement l’ordre établi. Pourquoi ces moments de désordre ne débouchent-ils pas sur un véritable basculement révolutionnaire ? Comment l’État, dans ces moments de flottement, parvient à se réorganiser, alternant entre répression brutale et récupération politique ?
Mais ne nous limitons pas à la critique des mouvement sociaux français, à l’heure où le train nous passe dessus, en Indonésie et au Népal, ça pète fort, parlons aussi de leurs mouvements, de leurs limites et des imaginaires qu’ils véhiculent.
Les soulèvements récents partagent des caractéristiques communes : dynamique autonome, dépassement de l’identité ouvrière, absence de revendications autogestionnaires. Mais aucun mouvement n’a réussi à désorganiser durablement la production.
Faut-il en conclure qu’il est possible d’attaquer le travail de l’extérieur de la sphère productive ? L’extension du mouvement sous quelle forme ? Destruction et/ou réappropriation des moyens de production ?
Que signifie "abolir l’État" ? Comment vivre sans travail, propriété privée, ni marchandise ? Quelle forme peut prendre l’expression autonome du contenu révolutionnaire ? Comment créer des espaces accessibles pour formuler ces enjeux avant ou pendant un mouvement ?
Si la stratégie et la perspective révolutionnaire ne peuvent être décrétées d’en haut, elles émergeront des luttes elles-mêmes. À nous d’y contribuer, de nous organiser et de porter une vision qui ne se contente pas d’analyser, mais qui en nourrissent les événements.
Comme dans un escape-game, cherchons des ouvertures vers le renversement révolutionnaire de l’état. Posons la question de la Révolution. Pour la victoire !
Mardi 7 octobre
1b impasse Lapujade
18h : projection du Film Révolution 2023
19h : discussion en grand ou petit groupe
Tract diffusé dans la manif caennaise du 2 octobre.
Le miroir aux illusions
Le 10 septembre appelait, enfin, une réaction contre le pouvoir qui nous piétine avec zèle depuis des années. La mobilisation n’a malheureusement été qu’en demi-teinte. Depuis, il semble que les vieilles forces d’encadrement politiques et syndicales aient repris la main. Une journée de grève par ci, une fausse menace sans rapport de force au gouvernement par là. La stratégie de la défaite et de la pacification bat à plein régime.
L’Intersyndicale a mené en 2023 le mouvement contre la réforme des retraites dans les choux, en refusant de s’affronter au pouvoir à travers des actions, en s’en remettant au Parlement et en posant quelques jours de grève parsemés. Elle avait déjà montré son vrai visage lors des Gilets jaunes, au mieux en restant à l’écart, au pire en dénonçant cette lutte légitime. De fait, et malgré certains et certaines syndiqués de base, les bureaucraties syndicales sont depuis longtemps tombées dans la cogestion du capitalisme aux côtés du patronat et du pouvoir, plutôt que dans la lutte contre l’exploitation. L’ultimatum posé après la journée du 18 septembre avait tout du foutage du gueule.
La gauche, quant à elle, se pose comme seul débouché légitime de la lutte sociale. Faut-il rappeler que nous n’obtiendrons rien par les urnes, mais seulement ce que nous arracherons dans la rue ? A chaque fois qu’il y a eu un rapport de force favorable, c’est par la grève active et généralisée, avec des occupations, des blocages, des sabotages, etc. ça a été le cas en juin 36 (contre un gouvernement de gauche) ou en 68 par exemple.
Il faut souffrir d’amnésie pour ne pas se souvenir de ce qu’est la gauche de gouvernement, celle du tournant de la rigueur (déjà !) sous Mitterrand et de la rétention et la privation de libertés des immigré-es dès 81, celle plus récemment de la charge de gardes-mobiles laissant Rémi Fraisse sur le carreau à Sivens en 2014, des grenades assourdissantes et des véhicules blindés à l’assaut de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en 2012, des interdictions de manifester lors de la contestation de la loi Travail en 2016, du viol de Théo par des flics en 2017… Sans oublier la loi sur l’extension du droit de faire usage de son arme à feu pour la police, ce qui a engendré une augmentation rapide du nombre de personnes tuées par des policiers.
Il est toujours bon de rappeler que Macron a été ministre dans ce gouvernement de gauche, avant de venir ’’sauver’’ la France, par deux fois, de la menace de l’extrême-droite. A chaque fois, de nombreuses organisations de gauche et d’extrême-gauche (même libertaires) ont donc poussé à aller voter contre Marine Le Pen pour l’élire. Dans le choix entre la peste et le choléra, la gauche est devenue experte.
On pourra toujours venir nous baratiner avec la ’’vraie gauche’’, soi-disant radicale, qui ressemble au mieux à la vieille sociale-démocratie. Merci, mais non merci. Elle a déjà sévi, par exemple en Grèce avec Syriza, présentée comme le débouché politique d’une intense révolte. Il lui aura fallu quelques mois pour se plier aux exigences du capital et mener avec zèle des politiques d’austérité imposées par le FMI et l’Union Européenne. La presse ne s’y était pas trompée, la qualifiant alors rapidement de parti de centre-gauche. Un recentrement très rapide.
Il y en a eu des exemples de la gauche, même soi-disant radicale, au pouvoir : outre celui de Syriza, on se remémorera avec intérêt le bilan de Podemos en Espagne ou de l’Unité de gauche au Chili – et pourquoi pas de la flambée de gouvernements de gauche en Amérique Latine au début des années 2000 (Morales en Bolivie, Correa en Equateur, Lula au Brésil, etc.). Que le miroir aux illusions fonctionne encore reste une énigme…
Faire rupture : la révolution sociale !
Aujourd’hui, nous retrouvons les vieilles revendications déconnectées de la réalité de la guerre sociale en cours menée par les classes dirigeantes. On demande de revenir au bon vieil Etat social, celui de grand-papa et grande-maman. Sauf que c’en est fini (et c’est peut-être pas plus mal). Pourquoi exiger des hausses de salaire, qui seront de toute façon rendues caduques au bout de quelques mois par les effets de l’inflation ? A quoi bon taxer les riches si on maintient en même temps un système basé sur l’exploitation et les inégalités ? A qui ça peut parler de revendiquer « sauver les services publics », à une époque où des tas de gens en sont déjà privés depuis bien longtemps ? Il est heureux de renouer avec une critique de la manière dont les riches tirent leur richesse de notre propre travail et dont l’Etat les soutient, il nous semble beaucoup plus hasardeux d’en rester aux vieilles revendications citoyennes demandant tout au plus quelques miettes.
Quant à défendre l’Etat redistributeur et social, c’est participer à renforcer le poison. L’Etat n’a historiquement toujours été que l’expression d’un rapport de force en faveur des classes dominantes. Ses concessions n’adviennent que sous les coups de butoir des révolté-e-s. Ou parce que le capital a conjoncturellement intérêt à développer un Etat social et des infrastructures techniques et scientifiques à même de soutenir son propre développement. Les hauts fonctionnaires d’Etat et les principaux dirigeants d’entreprise ont fréquenté les mêmes écoles, passent d’un secteur à l’autre en permanence, partagent les mêmes intérêts. C’est la définition même de l’Etat moderne. L’Etat est une mafia qui a réussi.
Face à l’accélération des attaques du pouvoir dans tous les domaines, nous allons de plus en plus vers une dystopie, condamnée à vivre sous contrôle technologique dans un monde dévasté. Nous pouvons essayer de construire une autre perspective : celle de la révolution sociale. Les pragmatistes pourront bien rétorquer que nous ne sommes pas dans une situation révolutionnaire et qu’il faut faire preuve de réalisme – et donc faire front avec celles et ceux qui veulent que quelque chose change pour que rien ne change. Ouvrir une telle situation est justement la tâche qu’il faut désormais accomplir. Le mouvement, s’il veut construire une réelle perspective émancipatrice, n’a pas d’autre choix qu’assumer son autonomie et sa dynamique confrontationnelle avec le système dans lequel nous sommes enfermé-es. Peut-être en étant minoritaire, pour l’instant, mais en essayant de construire quelque chose de nouveau qui pourrait devenir une force à la hauteur des enjeux immenses des années à venir. Si les révolutions ne se déterminent pas à l’avance, il faut des efforts intenses et beaucoup de préparation préalables pour qu’elles trouvent leur chemin. Et si on s’y mettait ?
Avec pour perspective d’en finir avec le salariat et le travail, c’est-à-dire avec le fait de mettre à disposition notre corps pour des activités dont nous n’avons pas choisi les finalités au profit d’autrui, avec pour conséquence tant de souffrances et une dépossession du sens de notre vie ; d’en finir avec la propriété privée, c’est-à-dire avec le fait que des personnes puissent posséder plus de terres qu’elles ne peuvent elles-mêmes utiliser, des logements qu’elles n’habitent pas mais louent à d’autres, des moyens de production qu’elles n’utilisent pas mais confient au travail de salariés leur vendant leur force de travail ; d’en finir avec l’argent, ce bout de papier fabriqué par un procédé industriel qui maintient dans la misère la plus grande partie des gens ; d’en finir avec la société industrielle et ses ravages, nous condamnant d’ores et déjà à vivre dans un monde pollué, radioactif et de plus en plus désertique ; d’en finir avec le patriarcat et le racisme, et tout ce qui vient entraver la maîtrise de notre vie et de notre propre corps, l’appropriation des finalités de nos activités, le contrôle de nos gestes et de nos décisions.
Grève, blocage et sabotage !
Vive la révolution sociale !
Vive l’anarchie !
La bibliothèque l’Hérissé·e, propose une présentation-discussion autour de l’histoire de l’antisémitisme à gauche (à 18h30) à l’occasion d’une de ses permanences (à partir de 17h), le mercredi 22 octobre 2025 !
On parlera de l’antisémitisme de figures historiques, la réaction à l’affaire Dreyfus ou encore le négationnisme dit d’ultra-gauche car cette histoire à des conséquences sur les réflexions et les luttes actuelles. Ce sera l’occasion de parler des stéréotypes antisémites encore actifs aujourd’hui et des expressions particulières de ce racisme structurel.
Dans un contexte où les actes antisémites se multiplient depuis les massacres du 7 octobre et la conquête génocidaire de la bande de Gaza par l’état israëlien, on vous propose de venir partager un moment un moment d’information, de réflexion et d’échange autour de l’antisémitisme à gauche.
Pour être clair, il ne s’agit pas de raconter ou de faire croire que l’antisémitisme est une spécificité de la gauche. Surtout dans une société française où l’antisémitisme est présent partout : de la police nationale, aux libraires négationnistes, à l’assemblée en passant par les paroles antisémites des politicards.
A la bibli l’Hérissé‧e
La Gueule Noire
16 rue du mont - Sainté
A boire et à grignoter (végan)
Gratos / Accès par un escalier / toilettes non accessibles au fauteuil roulant
Depuis mai, des anarchistes rôdent dans Minneapolis et abattent des caméras de surveillance de marque Flock. Pour ceux/celles qui ne les connaissent pas, ce sont des cameras dotées d’une technologie de lecture des plaques d’immatriculation de toute dernière génération, basée sur l’intelligence artificielle. N’importe qui, de votre association locale de propriétaires immobiliers racistes aux plus grands services de police du monde, peut en louer une pour pister en temps réel toutes les voitures qu’il veut – à moins que nous ne la détruisions avant ;)
C’est ridiculement facile, une fois que vous avez soigneusement planifié vos itinéraires d’arrivée et de départ. Il y a beaucoup de façons créatives de le faire, mais celle que nous préférons est démonter le poteau de la caméra avec une clef Torx n°27 et ensuite l’envoyer se promener, avec son panneau solaire, à coups de marteau. On s’amuse bien tou.tes seul.es, mais ce serait encore plus sympa si plein d’entre vous s’y joignaient. Si vous lisez ceci, réunissez quelques ami.es et abattez une de ces saletés, dans votre secteur.
Voici deux ressources pour vous aider à commencer, plus une autre si vous n’avez jamais fait quelque chose comme ça avant (ouvrez-les avec Tor, dé préférence en utilisant Tails). Soyez malin.es. Ouvrons une petite brèche dans ce monde cauchemardesque.
Tatoo Circus de la CAJ en soutien aux camarades anarchistes grec.ques bléssé.e.s incarcéré.e.s et tué.e.s dans leurs luttes contre le capitalisme et les oppressions.
Le 31 octobre 2024 un engin a explosé dans un appartement du quartier Ambelokipi à Athènes. Cette explosion a causé la mort du compagnon anarchiste Kyriakos Xymitiris. Mariana, qui se trouvait également dans l’appartement, a été grièvement blessée et arrêtée alors qu’elle était encore en unité de soins intensifs. Quatre autres compa ont également été arrêté.es et incarcéré.es. iels sont poursuivis pour formation et appartenance à une organisation terroriste, possession et fabrication d’explosifs et détérioration de biens privés.
Kyriakos, Marianna, Dimitra, Dimitris, Nikos et AK ont été très actives dans les luttes pour la guerre sociale, iels participaient notamment à l’assemblée de solidarité aux personnes emprisonnées en lutte, en cavale et inculpées, et dans tant d’autres projets qui visent à détruire toute autorité et à construire un monde libre sans exploitation ni oppression.
La solidarité s’est exprimée dans de nombreux endroits tant à l’international qu’en Grèce et a pris diverses formes manifs, sabotages, envoi de courriers...
Aujourd’hui avec la CAJ (caisse d’autodéfense juridique) on souhaite récolter de la thune afin de participer aux mandats, et aux frais médicaux des personnes en taule, et pour apporter de la force à nos camarades.
Pour se faire on vous propose un super Tatoo Circus. Au programme, deux jours de tatouage avec des tatoueurs et tatoueuses d’exceptions ;).
On propose une discussion le samedi à 17h autour de l’affaire dite d’Ambelokipi.
Programme :
Vendredi 17 octobre :
• Accueil à partir de 18h pour choisir ton flash, réserver ton créneau de tattoo pour le we.
• Concert : ELEZIA (RAP) à 20H30 suivi d’un set de DJs Samedi 18 octobre :
• Tatouages de 10h à 18h
• 17h : présentation de la CAJ et discussion autour de l’affaire d’Ambelokipi. Dimanche 19 octobre :
• Tatouages de 10h à 17h
• 13h brunch
Infokiosk, soft, et petites choses à grignoter sur place... Le tout à prix libre !
A l’impasse : 1bis Impasse LAPUJADE
On espère vous voir nombreux.es !
Notre solidarité n’a ni barreau ni frontière ! Liberté pour toustes
Avec rage,
La CAJ, pour la destruction du vieux monde
Charente-Maritime : une convention signée entre France Travail et la gendarmerie
Ouest France, 2 octobre 2025 (extrait)
Ce mercredi 1er octobre, France Travail et le groupement de gendarmerie de la Charente-Maritime ont signé une convention dans le but de développer des actions communes. Si la collaboration existait déjà entre les deux entités, ce protocole prévoit le développement d’une relation plus fluide, réactive et de proximité entre les deux réseaux, matérialisée par des échanges réguliers d’informations entre les directeurs d’agence et les commandants de brigade de quatre secteurs (Saint-Pierre-d’Oléron, Saint-Jean-d’Angély, Saintes et Jonzac).
… Enfin, la gendarmerie et France Travail s’engagent à réaliser des actions de promotion réciproques lors d’opérations de présentation et de découverte des métiers de la gendarmerie aux fins de recrutement et, à l’inverse, d’accès à la réserve gendarmerie auprès des collaborateurs de France Travail.
No mine in Gallok. Ecocide et colonialisme en terres samís occupées par la Suède //
126 pages – format 195x260mm – 5 euros (-30% pour libraires et distributions) //
(éditeur anonyme – Pour toute commande : nomineingallok@riseup.net
Il me semble aujourd’hui important de partager ce qui se passe en Sápmi, au nord de la dite Scandinavie pour lever le voile sur les zones d’ombre des ravages coloniaux au sein même de l’Europe, sur et sous le sol. No Mine in Gállok donne des informations sur l’ampleur du désastre, pour mieux comprendre l’industrialisation en cours là-bas : mines, gigantesques parcs éoliens, monocultures d’arbres et champs de panneaux solaires à perte de vue… On y trouve des témoignages de personnes sámis, ou non, qui ont étudié ou lutté contre des projets écocidaires comme la mine de Gállok. Ielles se battent aussi contre l’annihilation des modes de vie peu industrialisés et contre la marchandisation des savoirs sámis. La solidarité qui me touche n’est pas un soutien aveugle à une lutte ou à une population locale, elle s’incarne dans nos propres actes et nos propres mots. Elle relie les individus qui tentent de se frayer un chemin vers la liberté et vers la libération des territoires tant fatigués de devoir être utiles et productifs. Elle associe nos combats contre toutes les dominations.
SOMMAIRE
Introduction
La rébellion Gállok
Une terre culturelle ancestrale
Joïker le glacier pour le maintenir en vie
Qu’est-ce que Sámpi ? Qui sont les Sámis ?
Repères historiques
Infrastructure coloniale
« Historiquement, le gouvernement voulait détruire la culture sámi, mais aujourd’hui, il ne s’intéresse plus qu’à l’argent. »
« Ce n’est pas seulement un problème pour le Sápmi, mais pour la Suède toute entière. »
Les risques environnementaux d’une mine à Gállok
Métaux toxiques
« C’est comme si nous mangions une pomme et qu’il ne restait que la partie intérieure. »
« Nous devons nous attaquer au problème de fond : la consommation globale de matières et d’énergies. »
« Les technologies sont des moyens de redistribuer la charge du travail et la charge environnementale des segments les plus pauvres du système mondial vers les segments les plus riches »
Annexes
Un train qui ne va nulle part
Des actions en août et en septembre 2024
Sabotage d’une voie ferrée (Meuse)