Vive l'Anarchie - Semaine 40, 2018

Sommaire

Autres senryūs électoraux

Publié le 2018-10-01 07:23:05

Autres senryūs électoraux

dont-vote

Max Stirner vous dit:
« Tout le pouvoir à l’ego
Plutôt qu’à Legault ! »

Désolée, je me
Suis déjà abstenue par
Anticipation.

Il y a scrutin
Alors notre intelligence
Diminue d’un cran.

Vous transformerez
Votre rage en soumission
En allant voter.

Vous renforcez votre
Oppression en exigeant
Celle des autres.

Je suis très déçue ;
Je m’attendais au moins à
De meilleurs mensonges.

Ils ne me promettent
Dans leurs discours que des chaînes
Moins lourdes à porter.

C’est bien le pouvoir
Qui est le problème et non
Celui qui l’exerce.

Car plus leur programme
Vous plaît, plus grande sera
Votre déception.

Vous renouvelez
Tous vos vœux d’obéissance
En allant voter.

Depuis le début
La démocratie est la
Coupe de ciguë.

L’animal piégé
Mord et l’humain asservi
Choisit de voter.

Pour faire passer
L’oppression, appelez-la
« La Démocratie »

Les chefs qui débattent
Ne voient pas que l’électeur
A changé de poste.

Le spectacle vous
A déplu – sa qualité
Pas son existence.

Jamais ils ne vont
Nous promettre d’abolir
Police et prison.

Le système n’est
Pas en crise, il a été
Conçu comme ça.

Je suis en faveur
Du droit de s’abstenir de
Voter dès seize ans.

Pour tranquilliser
Les esclaves, on leur raconte
Qu’ils sont citoyens.

Je connais trop les
Humains pour avoir envie
De voter pour eux.

Tout pouvoir honnête
Se doit d’admettre d’emblée
Qu’il est corrompu.

La peur et la haine
Ils n’ont besoin de rien d’autre
Pour se faire élire.

Au gouvernement,
Socialistes et libéraux
Deviennent indistincts.

Voter, c’est choisir
De façon systématique
De deux maux, le pire

Sans clientélisme
La démocratie serait
Impraticable.

Ironiquement,
Chez moi c’est le lundi soir
Qu’on sort les ordures

Qu’importe qui est
Élu, le gouvernement
Est toujours vainqueur.

 

Catégories :Crise de larmes Pétage de coche

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Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

Kiev (Ukraine) : Des anarchistes attaquent le centre d’entraînement du Ministère de l’intérieur

Publié le 2018-10-01 21:17:03

Anarchy Today / 20 septembre 2018

Note d’Anarchy Today : les médias ukrainiens n’ont pas voulu relayer l’incendie du centre d’entraînement, même si la nouvelle et les photos sont publiés sur internet. Nous avons reçu l’information par mail le 20 septembre. Traduit en anglais par Anarchy Today.

La répression et la prison font désormais partie de nos vies, comme des vies de tou.te.s les compas récalcitrant.e.s qui préfèrent mener une lutte offensive contre l’État et le capital, attaquant toutes les manifestations du pouvoir et détruisant l’ordre oppressif. De façon toujours plus régulière, au cours de ce combat, nous entendons des appels à la solidarité, venant des quatre coins du monde, avec des personnes qui ont sont dans des logiques similaires aux nôtres, réprimées et emprisonnées, nous avons vents de nouvelles selon lesquelles l’un.e. d’entre nous a été foutu.e derrière les barreaux, torturé.e ou même tué.e. et nous entendons aussi parler de telle ou telle infrastructure anarchiste qui a été détruite, pillée, de telle ou telle initiative qui a subi les descentes des forces répressives du Ministère de l’Intérieur (MVD).

Les autorités, tout comme il y a un siècle, essayent de nous stopper. Aujourd’hui comme hier, nous nous trouvons face aux gardes des structures d’État, entraînés et dotés du « droit légal », bref, les chiens de l’État fidèles à leur patrons et intéressés au maintien du statu quo, qui répriment les anarchistes et autres personnes insoumises.

Tous ces moments difficiles continueront et nous accompagneront tout le long de notre chemin vers notre libération. Tout cela est attendu et ne surprend pas. Le défi de l’ennemi on l’a accepté il y a longtemps, dès que nous sommes devenu.e.s anarchistes, et les appels de nos compas sont devenus très clairs. Pour nous, cela signifie simplement que la lutte contre toutes les manifestations de pouvoir se doit d’être permanente. Par conséquent, seule la solidarité sans limites existe, la lutte jusqu’à la victoire complète et la satisfaction de nos désirs rebelles ! Aucune négociation avec les fonctionnaires de l’État : un conflit permanent avec toute autorité !

Avant de parler à nos frères et sœurs de notre dernière action, ça vaut la peine de parler de la cible choisie et des méthodes qu’on a utilisé. La méthode que nos cœurs rebelles ont préféré a été coordonnée avec les convictions et les idées d’autres anarchistes insurgé.e.s : que les attaques, les incendies, les explosions et les actions armées devraient être partie intégrante de la guerre.

A propos du choix de la cible. Comme cibles d’attaques de représailles, nous retenons les structures ennemies, ses groupes et individus, aussi bien que tout infrastructure liée à la terreur d’État contre les anarchistes et les personnes conscientes, ou qui serve à celle-ci. L’État continue de torturer, casser, détruire, manipuler des procès et jeter en taule les combattant.e.s de la liberté. Du coup, nous attaquons ceux qui nous contrôlent, nous arrêtent et nous tuent tous les jours.

Notre ennemi : à commencer par la police, les juges, les procureurs et les matons, jusqu’aux bons citoyens qui forment et soutiennent cette société pourrie. En bref, toute figure de relief du système, tous ses larbins, ce sont des cibles pour nous, partisans anarchistes.

Contrairement à eux, nos sommes anarchistes, nous ne voulons donc appartenir à aucun État ni en suivre les lois. Nous ne sommes pas soumi.e.s ni ne voulons obéir aux lois, puisque toute loi est maintenue par l’inévitable punition en cas de la violation du droit de vengeance que l’État s’arroge. Dans nos relations avec d’autres personnes, nous ne sommes pas guidé.e.s par des lois écrites par des juristes. Notre loi c’est notre éthique !

Chaque partie de la cible nécessite un examen séparé et l’explication de sa mauvaise conduite. Étant donné qu’une nuit le feu a été bouté au Centre d’entraînement du Ministère de l’Intérieur, on doit se pencher sur cette bande criminelle organisée.

Après les éventements de la place Maidan de 2014, le nouveau gouvernement ukrainien a commencé qu’ils ont appelé la réforme du Ministère de l’Intérieur. Sa tâche principale était alors de transformer la police en une « police nationale », pour améliorer l’image des structures du pouvoir et rétablir la confiance populaire en celles-ci. Ils sont en train d’essayer de convaincre les gens que la nouvelle police n’est pas celle, tant détestée, de l’époque soviétique. Cette méthode est vieille comme le monde. En dépit de toutes les réformes, ils restent toujours des flics! Il y a plus d’un siècle, le territoire de l’Ukraine moderne appartenait à l’Empire Russe et même en ce temps-là il y avait une police pour protéger l’État et les riches, comme elle le fait aujourd’hui. Puis tous les révolutionnaires ont mené la guerre contre celle-ci, jusqu’à la Révolution de Février 1917, après quoi les services de police ont été abolis.

Maintenant, l’invention du Ministère de l’Intérieur, créée par les autorités et qui leur rend ses comptes, est complètement organisée et est pensée pour mener des fonctions répressives et punitives, protéger les riches et les puissants de notre présence dans les rues. Par conséquence, aucun gouvernement, ni nouveau ni vieux, et aucun État – Ukraine, Russie, Biélorussie, Grèce, etc., avec leur polices et leurs ministères, ne pourra jamais gagner notre confiance. Nous connaissons parfaitement leur intentions et donc, aussi longtemps que l’apparat répressif reste en place, nous continuerons notre lutte !

Les agents de patrouille ordinaires, comme les groupes d’intervention spéciale, sont toujours prêts et, au signal de leurs supérieurs, emprisonneraient n’importe qui, pour lui appliquer ensuite des mesures de contrainte et de punition. Le tout selon les instructions et les lois qui protègent l’État et le capital. Avant d’être envoyé en prison et placé entre les mains des matons, nos frères et sœurs auront à faire aux représentants du Ministère de l’Intérieur. Du coup, nous voyons le Ministère de l’Intérieur et tout ce qui le concerne comme un moyen pour briser l’esprit et la volonté d’un rebelle anarchiste qui va énergiquement de l’avant.

Du point de vue de la perspective révolutionnaire, on peut tranquillement dire que l’existence d’une institution spécialisée telle que le Ministère de l’Intérieur ne frappe pas seulement nous autres anarchistes, mais aussi le reste de la société : il déstabilise et affaiblit ses opportunités d’autodéfense – laissant les personnes sans le droit de se défendre, faisant ainsi en sorte qu’elles se sentent impuissantes. La population, étant incapables de résoudre ses propres problèmes de façon indépendante, transfèrent ses pouvoirs au système et à son tour au Ministère de l’Intérieur, comme toute autre institution, qui se repose et se développe sur la peur, sur l’incapacité des gens à réaliser leur potentiel intérieur sans contraintes extérieures.

Du coup, dans la nuit du 19 septembre 2018 le centre d’entraînement du Ministère de l’Intérieur a été la cible de notre attaque. C’est ici, dans ce centre d’entraînement, que ses agents sont formés pour nous enfermer, nous tirer dessous efficacement, perquisitionner et prendre d’assaut nos appartements avec leurs armes à la main, des armes que les personnes lambda n’ont pas le droit de posséder.

Le centre d’entraînement se situe à 500 mètres de Boryspilskaya Street, dans la forêt, dans le quartier Darnytskyi de la ville de Kiev. Dans ce centre, il y a des galeries de tir pour pistolets et armes automatiques, un parcours de course à obstacles, un terrain de tennis, un terrain de volley, un terrain de mini-football, des salles de cours et aussi une structure où ils s’entraînent pour les opérations de capture. C’est dans cette structure que nous avons concentré notre attaque ! Nous avons surveillé cet objectif pendant plus de quatre mois. Précisément pendant cette période, dans le bâtiment mentionné, des aménagements coûteux ont été faits et de l’équipement électronique a été installé. Pour l’incendie, nous avons eu besoin de 17 litres de mélange incendiaire, 10 pneus de voiture et de vieilles affaires trouvés dans la rue. Nous avons allumé deux foyers à deux endroits différents. Nous avons également laissé un message sur un mur : « Détruire le Ministère de l’Intérieur ». Le gardien et ses deux chiens n’ont rien entendu…

Bien que notre attaque soit symbolique, elle pointe toujours vers l’ennemi et la direction vers laquelle la résistance doit se développer.

Nos salutations chaleureuses et notre solidarité aux anarchistes incarcérés dans les prisons russes et biélorusses : Ilya Romanov, Oleksandr Kolchenko, Sergey Romanov, Yevgeny Karakashev, Ilya Shakursky, Vasily Kuksov, Dmitry Pchelintsev, Victor Filinkov, Andrei Chernov, Arman Sagynbaev,

Mikhail Kulkov, Maxim Ivankin, July Boyarshinov et tous les autres. Ce feu est pour vous. Cela ne nous importe pas si vous êtes impliqués dans ce qui vous est reproché. Le fait est que, dans la lutte contre l’État, nous sommes tous coupables. Sachez donc ceci : si les « innocents » méritent une fois notre solidarité, alors les « coupables » la mériteront mille fois…

Nous voulons aussi envoyer des mots de solidarité aux anarchistes qui agissent au Chili, en Grèce, en Italie et à tous les autres compas qui combattent, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons ! Sachez que vos actions et vos luttes sont importantes pour nous.

Vive l’Anarchie !
Détruisons le Ministère de l’Intérieur ! Détruisons l’État !

Cellule anarchiste Ilya Romanov / FAI-IRF

Turin (Italie) : Présence solidaire avec les inculpés du procès Scripta Manent, le 3 octobre

Publié le 2018-10-01 21:17:06

Anarhija.info / lundi 24 septembre 2018

3 octobre 2018, 9h
Présence solidaire
Salle bunker de la prison Le Vallette – Turin

En septembre 2018, après la pause estivale, les audiences du procès Scripta Manent ont recommencé, dans la salle bunker de la prison de Turin.  Le 3 et 4 octobre, Anna et Marco seront présents dans la salle.

Cette enquête, pour laquelle 8 compas ont été arretés (dont 2 qui s’y trouvaient déjà) et 15 autres sont inculpés, concerne une série d’attaques signées par la Fédération Anarchiste Informelle ou la FAI/Front Révolutionnaire International, qui ont eu lieu entre 2003 et 2012, contre les forces de l’ordre (commissaires, casernes des Carabinieri et casernes de formation des futurs Carabinieri, RIS), politiciens (maires, ministre de l’Intérieur), journalistes, entreprises participant à l’aménagement des CRA, ainsi qu’un directeur d’un centre d’enfermement pour sans-papiers. Dans cette affaire a aussi été inclue l’attaque contre Adinolfi, le PDG de Ansaldo Nucleare, revendiquée comme Cellule Olga FAI/FRI par Alfredo et Nicola, qui ont déjà été jugées et sont en taule depuis 2012.

Les accusations sont la constitution et la participation à une association subversive (art. 270bis du Code Pénal), quelques délits spécifiques (art. 270) et en plus l’instigation à crimes et délits et l’apologie de crimes (art. 414), pour des articles, des sites internet, des blogs et des éditions anarchistes.

Ce procès est remarquable car la Justice a utilisé le débat interne au mouvement anarchiste dans un jeu d’interprétations et de différenciations, orchestré à dessein, que le Procureur de service essaye d’utiliser contre les anarchistes eux-mêmes.

De notre côté, nous ne pouvons que réaffirmer notre soutien aux compagnons inculpés et aux pratiques dont ils sont accusés; l’histoire du mouvement anarchiste qui est sous accusation est notre histoire à nous tous.

La critique interne au mouvement anarchiste, même la plus dure et provocatrice, a comme finalité l’émancipation individuelle et collective, dans la lutte pour le développement d’analyses et de pratiques visant l’attaque contre l’existant, sans médiation, contre l’État et le Capital, pour la liberté.

Le 3 octobre, certains des compagnons emprisonnés depuis 2016 seront amenés dans la salle d’audience, tandis que d’autres, pour lesquels l’interdiction de présence a été décrétée, suivront l’audience en visio-conférence.

Nous serons là pour saluer nos compagnons et pour porter notre solidarité et notre proximité à tous les personnes emprisonnées et inculpées pour l’opération « Scripta Manent ».

Conscients que « la solidarité aux prisonniers est déterminante pour la lutte subversive dans la mesure où elle est partie indépassable de l’action subversive et révolutionnaire ».

Liberté pour Anna, Marco, Sandro, Danilo, Valentina, Alfredo et Nicola.
Solidarité avec les inculpés de l’opération Scripta Manent.

 

A propos des convocations pour « audition libre » (enquêtes 1er mai)

Publié le 2018-10-03 06:53:04

Pluie de convocations pour « audition libre » liées aux événements du 1er mai. Quelques conseils de base...



Brest (Finistère) : Stop au massacre des animaux

Publié le 2018-10-04 07:30:04

Le Télégramme / mercredi 3 octobre 2018

La boucherie Merrien

Deux boucheries du centre-ville de Brest ont été prises pour cible dans la nuit. Sur la façade de ces commerces, deux inscriptions ont été taguées, et les vitres endommagées. Trois plaintes ont été déposées.
Dans l’esprit des commerçants concernés (les boucheries Merrien et Meat Couture, situées dans les nouvelles halles Saint-Louis), il fait peu de doute que ces dégradations sont l’œuvre de militants vegans. « Stop au massacre des animaux » et « stop au spécisme » pouvait-on ainsi lire sur la devanture des commerces ciblés. Des dégradations qui s’accompagnent de gros impacts de pierres jetées sur les vitrines.

Pas content…

« Ils ont complètement craqué… », a réagi Andriy Maximov, créateur de Meat Couture. « C’est la deuxième fois qu’une de mes boutiques fait l’objet d’une attaque comme celle-ci. C’est toujours aussi déplaisant… », poursuit celui dont l’autre commerce, situé à Recouvrance, avait été tagué d’un pochoir avant l’été. […]
Les deux artisans ont déposé plainte, ainsi que la mairie, propriétaire des murs des Halles Saint-Louis.

…et pour cause !

L’école est une prison

Publié le 2018-10-04 11:39:02

Pouvez-vous expliquer pourquoi, à vos yeux, l’école est un lieu d’aliénation ?

L’école est peut-être le maillon le plus fort de notre enchaînement dans la société à l’heure actuelle. C’est à l’école que les gens apprennent à obéir. C’est à l’école que les enfants apprennent qu’il y a le maître et l’inférieur. C’est l’école qui nous apprend une certaine vision de la démocratie. Par ailleurs, on nous explique que c’est là où on apprend la vie en collectivité. Je suis persuadée que la vie collective, de force, pour des petits, ne peut que les amener à perdre toute confiance en eux et en leur individualité. À l’heure actuelle, les discours officiels le disent, on n’a plus la prétention d’apprendre à lire et à écrire aux enfants. Ce qu’on veut, c’est juste les socialiser. Mais socialiser les enfants veut dire leur apprendre qu’il y a des chefs, qu’il y a des faibles… Dans les années soixante-dix, une partie de ces faits avait été soulevée à gauche, la droite ne se préoccupant pas du tout de cette question, à vrai dire. La gauche a eu son mot à dire dans la défense de l’école laïque, gratuite et obligatoire. Ce sont donc les gens de gauche qui ont été les plus heurtés par les deux livres que j’ai écrits sur le sujet.

Vous ne vous contentez pas de dénoncer les abus ou les errances de l’école. Vous vous attaquez au fondement même de cet enseignement de masse des mineurs.

Je ne suis pas contre l’école, mais contre l’école obligatoire. Je rêve d’une école qui soit ouverte à tous et à toutes les classes d’âge. En effet, les classes d’âge aussi me font bondir. La plupart des gens qui n’ont pas mis leurs enfants à l’école ne disait pas « mon enfant n’ira pas à l’école » , mais « mon enfant ira à l’école, s’il veut y aller, quand il le voudra ». Car elle est aussi un lieu de l’oppression d’un adulte supposé savoir, sur celui qui ne sait pas. L’oppression du savoir est une des oppressions les plus ravageuses. On reproduit ainsi le schéma de la domination sociale. Des personnes comme Bourdieu avaient fait ce travail et cette constatation bien avant moi. La promotion sociale n’existe absolument plus aujourd’hui, bien qu’on nous dise sans arrêt le contraire.

En général, on considère l’enfant comme un être inférieur, en formation. L’adulte est supérieur à l’enfant, c’est évident pour tout le monde : cette supériorité est soi-disant naturelle. Pour l’opinion, les enfants n’existent pas en tant que tels. Ils n’existent pas dans le présent, ce sont des êtres futurs. « Un jour » ils seront mais, pour l’instant, ils ne sont pas. Cela m’a toujours heurtée. Un enfant, c’est toujours un « plus tard » : « Plus tard, tu comprendras », « Plus tard, tu feras ce que tu veux », « Plus tard, tu seras libre », etc. Quand on est enfant, on n’est pas seulement vu comme une pâte malléable, mais aussi comme un sous-individu. L’enfant est un projet, un projet de ses parents, de son entourage, de la société. C’est un individu qui subit énormément de pressions. Les enfants ne sont pas reconnus pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils seront. Selon que l’on a besoin de cadres dans tel domaine, de techniciens dans tel autre, on va orienter les enfants vers ces filières.

L’oppression que subissent les enfants est invisibilisée car on la décrit comme naturelle, comme vous l’avez rappelé. « Naturelle », de la même manière qu’on a pu décrire comme « naturelle » l’oppression exercée sur les esclaves, sur les ouvriers, etc. Bien sûr, tout comme l’oppression des femmes, le pouvoir exercé sur les enfants est donné comme naturel. Ce sont des êtres faibles, ignorants, que l’on doit éduquer. Ils sont donc considérés comme inférieurs par rapport aux adultes.

Il y a des sociétés où l’institution scolaire est moins forte et féroce que la nôtre, on sait donc bien que cette oppression supposée naturelle ne l’est pas tant que cela. Prenons l’exemple de nombreux pays où les enfants de cinq ou six ans ont une autonomie totale et un rôle social dans la société. Ainsi, au Sahara, il m’est arrivé d’avoir été prise en stop par une voiture conduite par un enfant de sept ans. On peut comparer les enfants à des esclaves, à la différence qu’ils sont entourés par l’idée de protection. Dans notre société, on est censé protéger les « faibles ». L’enfant étant faible, il a besoin d’une protection. Je ne pense pas qu’on dise cela d’un ouvrier ou d’un esclave. Par contre, les femmes sont également vues comme faibles, comme des personnes à protéger. Cette notion de protection est très intéressante. Il est entendu qu’un enfant de deux mois ne va pas vous dire : « Donne moi une couverture de plus car, cette nuit, il va faire froid ». Il faut penser pour le bébé qu’il aura besoin d’une couverture ou qu’il risque de se blesser avec du charbon rouge. Mais la grande distinction est qu’il faut le faire, non pas parce que c’est un inférieur, mais parce qu’il ne sait pas encore. J’ai reçu récemment des amis d’Angleterre, et au moment de traverser, je leur ai signalé le sens de la circulation, parce que cela ne leur vient pas immédiatement à l’esprit. Avec un enfant, on doit l’avertir des dangers de la même manière qu’avec un ami. Cela va de soi d’être prévenant avec des gens que l’on aime. Ce n’est pas de la protection dont il faut user, mais de l’aide. Le savoir est une très grande oppression, peut-être la plus grande. Quand on dit que les enfants sont insouciants, en fait, on dit qu’ils ne savent pas. Mais les enfants sont très souvent soucieux et malheureux, ils vivent les choses très profondément.

Dans « Insoumission à l’école obligatoire », vous abordez aussi la question de l’appartenance. Est-ce que les enfants appartiennent à quelqu’un ?

Dans nos sociétés, les enfants appartiennent à leurs parents. Mais j’ai connu énormément de personnes, dans les années soixante-dix, qui rêvaient d’aller vivre dans des kibboutz, où les enfants n’appartenaient plus à leurs parents mais au groupe. J’ai également connu des tentatives libertaires de vie en communauté où il y avait quand même cette idée que nos enfants ne nous appartiennent pas, mais en plus atténué que dans les kibboutz, c’étaient plutôt des expériences de partage des tâches éducatives et des responsabilités. De grandes réflexions sont nées de ces expériences. L’idée d’appartenance n’est pas simple du tout. L’idéal, c’est que l’enfant puisse choisir les personnes avec qui il veut vivre. Ce n’est pas forcément avec ses parents. À la vue des conditions de vie qui sont les nôtres dans cette société patriarcale et capitaliste, on ne peut pas demander aux enfants comment ils veulent vivre. Mais les personnes qui ont vécu dans des communautés dans les années soixante-dix, comme c’est mon cas, en gardent de très beaux souvenirs de partage, de solidarité, d’échange éducatif. On parvenait à faire entièrement confiance aux enfants.

Selon vous, peut on éduquer sans enfermer et sans conditionner ?

Il ne faut pas jouer sur les mots. Éduquer signifie conduire étymologiquement. Peut-on conduire un enfant où il le désire ? Peut-on vivre avec un enfant sans exercer une pression sur lui ? Il y a hélas des évidences. Si on vit avec un enfant, on lui transmet notre langue, un certain type de vocabulaire, même notre niveau de langue. Mais on peut élever son enfant vers l’avenir et vers ce qu’il veut. L’éducation telle qu’on la conçoit dans notre société passe aussi par la punition et la récompense, qui permettent d’opérer une pression sur l’enfant pour le manipuler.

L’éducation sans punition fait partie des choses que vous réclamez. Comment est-elle possible ?

Quand je disais, par exemple, qu’on peut espérer conduire un enfant où il veut, on peut comparer cela à l’idée que, si je fais un voyage au Japon, j’espère qu’on va m’éduquer, c’est-à-dire qu’on va m’initier à des choses qui m’intéressent. Mais si l’on entend « éducation » dans le sens de « dressage », alors là, bien entendu, l’éducation devient inacceptable. Le mot « éducation » lui-même est donc perverti, car on peut lui faire dire des choses opposées. L’idée de punition, qu’il s’agisse d’enfants ou de criminels, est évidemment une abjection. Mon dernier livre, Pourquoi faudrait-il punir ?, traite du droit pénal. Je ne vois pas pourquoi on punirait qui que soit, et pas plus un criminel que quelqu’un d’autre, tout simplement parce que ça ne sert à rien : ça ne peut aider ni la victime, ni le criminel, ni la société. J’ai étudié tous les arguments qu’on m’a avancés et je ne vois pas leur utilité. Pire, je vois à quel point cela nous use : nous sommes pourris par cette société de vengeance, qui veut, entre autres, punir l’individu malfaisant. à une malfaisance, au sens le plus large du terme, on en ajoute une autre : il a fait du mal, donc on lui fait du mal ! S’il s’agit d’un individu normalement constitué, lui aussi voudra ensuite faire du mal à celui qui lui a fait du mal. Ça peut durer longtemps et ça fait effectivement des millénaires que ça dure. Malheureusement, je ne pense pas que cela puisse s’arrêter d’un coup. En revanche, on a vu des systèmes s’écrouler ! Il y a des systèmes religieux, des civilisations, par exemple, qui se sont effondrés, et je pense que le droit pénal peut s’effondrer…

On peut poursuivre cette réflexion très intéressante sur la punition, en faisant un parallèle entre l’école et la prison.

L’école est fondée sur la punition, mais on pourrait concevoir une école sans punition ni récompense. Cependant, dans la mesure où nous sommes traditionnellement dans une culture du dressage, et non du partage des connaissances, on s’est mis en tête qu’on ne pouvait rien apprendre aux enfants sans punition. Encore une fois, je pense qu’on pourrait imaginer des écoles non obligatoires qui seraient ouvertes, un peu partout, fonctionnant sans punition. Le caractère obligatoire de l’école participe activement à entretenir la punition comme principe éducatif : les enfants sont obligés de se soumettre, étant donné qu’ils sont obligés d’aller à l’école. Ils ne peuvent pas, par exemple, changer de classe s’ils préfèrent suivre les cours de tel enseignant… À l’intérieur de l’école, les adultes peuvent pratiquement tout se permettre, car les enfants n’ont pas d’autre choix que de continuer à y venir. Je ne blâme pas les enseignants, je n’ai rien contre eux. Certains subissent même des punitions s’ils ne respectent pas le règlement de l’école, avec le système de l’inspection. Par contre, je suis en colère contre un certain nombre de syndicats d’enseignants qui ne cherchent pas à modifier cet état de fait. Pour en revenir à la punition, elle peut prendre plusieurs formes. Celle qui est la moins remise en question est celle qui consiste à dire à un enfant : « Écoute, tu ne veux pas venir en cours : libre à toi, on ne va pas te crier dessus mais, par contre, tu ne passeras pas en classe supérieure, tu n’auras pas ton diplôme ». C’est quand même une des plus grandes punitions et une revanche du corps social sur l’enfance. L’application de la loi et des règles est la même à l’école et en prison. La loi est la même pour tous avant d’entrer à l’école et de pénétrer en prison. On ne demande pas à un détenu incarcéré de respecter la loi française, mais le règlement, c’est la même chose à l’école. Tout lieu d’enfermement obligatoire fonctionne sur ce principe. Que ce soit à l’école, en prison ou dans tous les lieux d’enfermement, on ne peut pas faire de cas particulier pour les individus. Ce qui veut dire qu’on ne vous considère plus comme des personnes, mais comme une masse, et une masse à surveiller. L’école est devenu un foyer de surveillance des enfants qui les laisse rentrer chez eux le soir. S’ils sortent de la norme, ils vont en pensionnat et ne rentrent chez eux que le week-end. S’ils ont un comportement qui sort encore davantage de la norme, ils se retrouvent en foyer d’éducation surveillé, dont ils ne peuvent pas sortir du tout. L’école est un lieu d’enfermement.

(source : https://mafia12.fr.gd/L-h–e2-cole-est-une-prison.htm)

Stop spécisme mais pas que...

Publié le 2018-10-05 06:22:07

Ceci est le texte qui accompagne l’attaque incendiaire de l’abattoir d’Hotonnes (Ain) dans la nuit du 27 au 28 septembre 2018.



Cette nuit là, la lune est décroissante et dans son troisième quartier. Un groupe d’individus s’attaque à un abattoir en y allumant huit incendies, aussi bien sous des véhicules que dans le bâtiment lui-même en l’ayant préalablement forcé et saccagé. Les systèmes électriques ont été attaqués par le feu permettant peut-être de couper les systèmes frigorifique et de télésurveillance. Une fumée noire et âcre envahit le ciel étoilé et s’abat sur le village d’Hotonnes et ses environs.

Nous voudrions commencer par saluer les toujours plus nombreuses attaques de boucheries ayant eu lieu depuis le début de l’année. Ces actions nous ont touchées car elles ne nous ont pas placé dans un simple rôle de spectateures mais nous ont poussé à l’agir. Il nous paraît important de ne pas laisser la répression nous freiner et de diffuser l’attaque antispéciste sans médiation.

L’agir antispéciste se vit aussi dans le quotidien, dans notre rapport aux êtres vivants qui nous entourent. Ainsi il ne nous intéresse pas de critiquer le meurtre comme une valeur intrinsèquement mauvaise car la condamnation morale nous paraît détachée de toute réalité véritablement vécue. Il nous intéresserait plus d’étendre l’antispécisme à toutes les espèces vivantes et de refuser les fausses distinctions entre les êtres dits « sensibles » et les autres. La plantation en masse de sapins pour en faire des planches ou l’élevage intensif de poules pour produire des œufs nous fait un effet comparable. Une friche peut facilement nous évoquer un charnier. Nous ne voulons pas d’un capitalisme vegan ou respectueux des animaux alors qu’il continue d’exploiter d’autres espèces.

Soyons clair, nous ne cautionnons aucun élevage aussi bienveillant soit-il. Cela nous rappelle toujours la domestication et le fait d’envisager la nature autour de nous comme une ressource à exploiter, alors que nous en faisons partie et qu’elle fait partie de nous. Accepter d’en faire partie c’est accepter la multiplicité de ses rapports, que ce soit le regard croisé d’un renard, le bruit d’une hache qui s’enfonce dans du bois, l’arrachage de fruits sauvages au jour qui se lève, l’escalade dans un arbre, la chasse d’insectes qui s’en prennent à notre nourriture ou qui envahissent nos lieux de vie, le conflit verbal ou physique avec d’autres êtres humains.

Abattoirs, élevages, taules, sont autant de manières d’enfermer, de soumettre. En menant cette action, nous avons été accompagnées par nos complices humains et non-humains qui n’étaient pas présents parce qu’enfermées ou menacés de l’être. En exprimant notre colère nous vous portions dans nos cœurs.

Et nous haïssons ce monde qui nous force à choisir entre tuer des vaches par notre passivité ou à risquer de les tuer par nos actes de sabotage. En effet, lors de l’attaque de cet abattoir, nous avions conscience que des vaches y étaient enfermées, et bien que nous avons essayé de limiter les risques pour elles, nos actes ont pu les stresser ou les faire souffrir. Mais nous ne voulons pas oublier que si nos actes peuvent faire du mal, notre indifférence, elle, tue avec certitude.

Cette action s’inscrit dans la série d’attaque « stop spécisme » mais il nous paraît important de préciser que notre but ici est de replacer l’antispécisme dans une optique de conflictualité permanente avec toutes les autorités.

Ce monde tue les mauvaises vaches

Pour la propagation d’un chaos qui refuse de choisir entre l’amour et la violence.

Lune Blanche,
Meute Noire.



Stop spécisme mais pas que…

Publié le 2018-10-06 06:28:03

Cette nuit là, la lune est décroissante et dans son troisième quartier. Un groupe d’individus s’attaque à un abattoir en y allumant huit incendies, aussi bien sous des véhicules que dans le bâtiment lui-même en l’ayant préalablement forcé et saccagé. Les systèmes électriques ont été attaqués par le feu permettant peut-être de couper les systèmes frigorifique et de télésurveillance. Une fumée noire et âcre envahit le ciel étoilé et s’abat sur le village d’Hotonnes et ses environs.

Nous voudrions commencer par saluer les toujours plus nombreuses attaques de boucheries ayant eu lieu depuis le début de l’année. Ces actions nous ont touchées car elles ne nous ont pas placé dans un simple rôle de spectateures mais nous ont poussé à l’agir. Il nous paraît important de ne pas laisser la répression nous freiner et de diffuser l’attaque antispéciste sans médiation.

L’agir antispéciste se vit aussi dans le quotidien, dans notre rapport aux êtres vivants qui nous entourent. Ainsi il ne nous intéresse pas de critiquer le meurtre comme une valeur intrinsèquement mauvaise car la condamnation morale nous paraît détachée de toute réalité véritablement vécue. Il nous intéresserait plus d’étendre l’antispécisme à toutes les espèces vivantes et de refuser les fausses distinctions entre les êtres dits « sensibles » et les autres. La plantation en masse de sapins pour en faire des planches ou l’élevage intensif de poules pour produire des œufs nous fait un effet comparable. Une friche peut facilement nous évoquer un charnier. Nous ne voulons pas d’un capitalisme vegan ou respectueux des animaux alors qu’il continue d’exploiter d’autres espèces.

Soyons clair, nous ne cautionnons aucun élevage aussi bienveillant soit-il. Cela nous rappelle toujours la domestication et le fait d’envisager la nature autour de nous comme une ressource à exploiter, alors que nous en faisons partie et qu’elle fait partie de nous. Accepter d’en faire partie c’est accepter la multiplicité de ses rapports, que ce soit le regard croisé d’un renard, le bruit d’une hache qui s’enfonce dans du bois, l’arrachage de fruits sauvages au jour qui se lève, l’escalade dans un arbre, la chasse d’insectes qui s’en prennent à notre nourriture ou qui envahissent nos lieux de vie, le conflit verbal ou physique avec d’autres êtres humains.

Abattoirs, élevages, taules, sont autant de manières d’enfermer, de soumettre. En menant cette action, nous avons été accompagnées par nos complices humains et non-humains qui n’étaient pas présents parce qu’enfermées ou menacés de l’être. En exprimant notre colère nous vous portions dans nos cœurs.

Et nous haïssons ce monde qui nous force à choisir entre tuer des vaches par notre passivité ou à risquer de les tuer par nos actes de sabotage. En effet, lors de l’attaque de cet abattoir, nous avions conscience que des vaches y étaient enfermées, et bien que nous avons essayé de limiter les risques pour elles, nos actes ont pu les stresser ou les faire souffrir. Mais nous ne voulons pas oublier que si nos actes peuvent faire du mal, notre indifférence, elle, tue avec certitude.

Cette action s’inscrit dans la série d’attaque « stop spécisme » mais il nous paraît important de préciser que notre but ici est de replacer l’antispécisme dans une optique de conflictualité permanente avec toutes les autorités.

Ce monde tue les mauvaises vaches

Pour la propagation d’un chaos qui refuse de choisir entre l’amour et la violence.

Lune Blanche,
Meute Noire.

 

Rosier cherche épines

Publié le 2018-10-06 06:31:02

De compromission en coup de force, ce ne sont au final que des Conventions d’occupation précaire (COP) qui ont été signées, à titre individuel, portant sur des projets plus ou moins agricoles, et dont une grande partie s’intègre au marché. Précaires comme leur nom l’indique (6 mois, renouvelables ou pas), ces COP excluent toute forme d’occupation des terres autre que celle sur laquelle elles ont été déposées.

Ce choix, fait par certain-e-s, engage de fait les autres, puisque les COP couvrent la quasi-intégralité de la zone occupée. Il entraîne donc la normalisation de nos activités et de nos pratiques, les enfermant dans le cadre légal et les contraintes qu’il impose. Il vide de contenu politique notre présence ici. La norme s’imprime d’elle-même et parvient à se trouver des gardiens. Et des promoteurs.

Le collectif du Rosier, lieu occupé depuis plus de 10 ans, détruit pendant les expulsions de 2012, puis reconstruit et toujours occupé, maintient son refus de rentrer dans ladite « stratégie administrative », de se plier aux règles faites pour nous gouverner et de coopérer avec un État qui aménage nos vies pour les faire correspondre aux besoins du capital, qui assassine les pauvres des quartiers populaires le plus souvent issus des « anciennes » colonies, qui expulse les gent-e-s qui n’ont pas les bons papiers, mène une politique raciste, mortifère et armée aux frontières, etc. (la liste est longue). Dans un contexte où les voisin-e-s acceptent les conditions dictées par l’État et justifient par les normes juridiques et administratives l’invasion de nos espaces de vie et d’organisation, nous nous trouvons isolés et menacés.

Aujourd’hui, nous avons donc besoin de la présence active de toutes les personnes souhaitant ouvrir des brèches dans l’implacable normalisation en cours. Venez nous rencontrer, passer du temps et construire avec nous d’autres dynamiques. Venez faire vivre ce lieu pour qu’il demeure et se pérennise comme un espace hors normes, où on n’accepte pas de rejeter celleux qui n’entrent pas dans les bonnes cases, où on refuse d’enterrer ses rêves.

Reims, France : Pendant que les élus ont le dos tourné …

Publié le 2018-10-06 06:32:02

Le 3 octobre 2018 à Reims, pendant que le maire Arnaud Robinet et ses sous-fifres s’évertuaient à vendre leurs bonnes actions au cours d’une réunion de quartier, des inconnus leur exprimaient à l’extérieur ce qu’ils en pensent de la meilleure des manières qui soit : non pas à travers le dialogue citoyen entre dirigeants et dirigés, mais à travers l’action directe. La voiture de fonction du maire a ainsi eu son pare-brise brisé, tandis que le véhicule de la direction de la démocratie locale (tout un programme) a eu ses pneus crevés.

Brest, France : L’amour des châtons et des bouchers …

Publié le 2018-10-06 06:32:04

Suite à de nouvelles vitres de bouchers taguées et brisées, cette fois à Brest le 3 octobre, l’association « Adopte un chat.org » vient d’annuler d’elle-même sa petite animation sur une place. Tant pis pour ceux qui auraient voulu admirer la « cuisinière et blogueuse » qui devait venir présenter une cuisine végétale et sans gluten pour animer le stand des recycleurs de félins abandonnés.

Le rapport entre les chatons à adopter, le gluten et les boucheries ? Aucun, sauf pour cette association qui souhaite « éviter de possibles troubles à l’ordre public », condamne dans un même élan « toutes formes de violence et [exprime son] soutien aux établissements touchés par ces agressions » et souhaite « éviter tout amalgame concernant [son] action » pacifique. C’était quoi le nom de cette asso non-amalgamante déjà, dont l’amour inconditionnel des animaux en détresse est si large qu’il englobe jusqu’aux bouchers ? Adopte un démocrate.com ou Dénonce ton voisin.fr ?

Le naufrage de Génération Identitaire continue

Publié le 2018-10-06 06:34:03

Dernière bouffonnerie en date de Génération Identitaire, s’attaquer au siège de SOS Méditerranée, rue Paradis à Marseille.



  • Mise en examen et remise en liberté

    Les 22 guignols identitaires sont sortis du comicot et placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction de territoire de Marseille.

    Une information judiciaire a été ouverte pour « violences en réunion », « séquestration avec libération avant le septième jour », « participation à un groupement en vue de commettre des violences » et « enregistrement et diffusion d’images violentes ».

Après la mer et la montagne, retrouvez les fachos 2.0 à la ville. Ce que préfère Génération Identitaire, c’est la communication. Faut dire qu’ils ne sont pas trop doués pour le reste, et sans la couverture médiatique dont ils font l’objet, on pourrait plus facilement rire du ridicule de leurs actions. Leur aventure en bateau ne leur a pas trop réussi, c’est le moins qu’on puisse dire, et leur randonnée en montagne, en plus de « bloquer » le mauvais col, a été défaite le lendemain par une mobilisation et une marche antifasciste transfrontalière impressionnante.

Beaucoup d’argent dépensé. Un bateau, des locations d’hélicoptères, de SUVs et de l’équipement, tout ça pour pas grand chose. Mais ça fais vendre du papier…

Plus modeste dans leurs dépenses cette fois, ils n’ont rien trouvé de mieux que d’aller occuper le siège de SOS Méditerranée pour y accrocher une banderole. 22 interpellations plus tard quelques uns se retrouvent en GAV pour « violences volontaires et séquestration en réunion ».

Bon, trêve de plaisanterie, ne laissons pas ces clowns éclipser les réels acteurs des politiques de répression migratoire et de criminalisation des solidarités, l’État et ses polices. Pour reprendre les choses sérieuses, rendez-vous demain à 14h30 au Vieux-Port !

Forêt de Hambach (Allemagne): libération des deux anarchistes Jazzy et Winter

Publié le 2018-10-07 07:53:03

Forêt de Hambach (Allemagne): libération des deux anarchistes Jazzy et Winter

Mardi 2 octobre, Jazzy et Winter ont été libérées à l’issue de l’audience pénale relative à la validité de la détention. Les deux compagnonnes ont passé plus de deux semaines en détention provisoire. Le tribunal de Düren a désormais acté le fait que la détention provisoire ne pouvait pas leur être appliquée. Les deux compas sont désormais libres et ne sont toujours pas identifiées par les autorités ! De plus amples informations en détail et sur le fond suivront prochainement.

Cependant, trois personnes d’Hambi sont toujours incarcérées : UPIII, Andrea (UP 20) et Eule. Toutes ont besoin de notre soutien. Il vous est possible d’écrire un mail à l’adresse abc-rhineland[at]riseup.net, il sera imprimé pour leur être envoyé.

Le 4 octobre a eu lieu l’audience pénale à huis-clos d’UP III (en détention préventive depuis le 18 mars 2018).

[Publié le 5 octobre 2018 sur Sans Attendre Demain. Traduit de l’allemand de ABC Rheinland via Contrainfo, le 4 oct. 2018.]

Revendication enfarinage johanna rolland

Publié le 2018-10-07 08:57:03

Nous l’état major des forces de la FARINE (Front Amidoné Revolutionnaire Intersectionnel NantaisEs-ExiléEs) revendiquons la frappe chirurgicale BIO™ à l’endroit de la Maire de Nantes Johanna Rolland. Si les différents allergiques au gluten de la scène politique s’en offusquent et parlent de « violences » (nous regrettons l’absence de soutien du camarade-BioCaporal François de Rugy), nous tenons à rassurer tous et toutes que la poudre utilisée pour la projection était bel est biologique. Nous comdamnons l’utilisation du terme de « violences », affirmons que notre action fut montée en réaction à des violences réelles sur les corps et les esprits des ExiléEs NantaisE. En effet ces derniers jours nous avons assisté à plusieurs cas d’emploi de force que nous ne saurions laisser sans conséquences :
 
_L’expulsion des exiléEs du square Daviais, dont la plupart n’ont pu récuperer leurs affaires, se sont retrouvéEs parquées dans des gymnases, de véritables centre de tri semi-fermés ;
_L’expulsion de l’ancien squat de Bréa pour lequel mairie et préfecture avaient promis un hébergement inconditionnel s’est soldé par : la remise à la rue de dizaines de personnes, un relogement précaire de centaines d’autres, et l’incarcération de 4 personnes en Centre de Rétention Administrative en vue d’une déportation ;
_La traque des personnes n’ayant pas les bons papiers dans le centre ville de Nantes depuis plusieurs semaines par les troupes armées de la préfète Nicole Klein ;
_La traque des personnes à la rue à la recherche d’un square où dormir par la police municipale, nationale et la brigade anti criminalité à la suite de l’ordre donné par la mairie de barricader le jardin des Fonderies ;
_Le harcèlement de ces mêmes personnes avec vol à répétition par la flicaille de couvertures ;
_La rétention des tentes du camp de Daviais prêtées par des assos et collectifs ;
_La rétention des affaires personnelles des ex-habitantEs de Brea ;
_Les dix expulsions de lieux occupés en dix mois ;
_Les « relogements » précaires à l’autre bout du département, brisant les liens de solidarités développés à Nantes ;
 
Ne nous laissons plus rouler, mettons toutEs #LaMainàLaPâte.

« Individu dangereux » : ce qu’un passage à l’aéroport apprend sur le fichage des militants

Publié le 2018-10-07 09:16:05

Quand un militant anarchiste passe devant la police de l’air et des frontières, c’est l’occasion de découvrir comment il est fiché. Petit récit de voyage d’une personne « fichée S ».



A bientôt 30 ans j’ai enfin cédé à l’injonction du voyage : j’ai pris l’avion pour la première fois de ma vie. C’est vrai que j’avais mis du temps, tant par convictions écologistes, par manque d’envie de voyager, que par attachement au plancher des vaches. Direction le Maroc pour une pure ballade touristique. Je me retrouve donc à l’aéroport de Beauvais devant le box de la Police de l’air et des frontières. Bon j’appréhendais un petit peu déjà. Il faut dire que je suis au courant depuis quelques années que je suis « fiché S » comme on dit. Pour mon appartenance au mouvement anarchiste. J’avais déjà publié un article sur Paris luttes info il y a 3 ans à ce sujet qui vous permettra de connaître les raisons de ce fichage et de savoir comment je m’en étais aperçu. Pour rappel j’avais découvert ma fiche S en 2010, soit à 21 ans, date de ma dernière garde à vue. Entre temps j’ai du être contrôlé 2 fois en manif. La dernière fois devant dater de 2014.

« Je fais bugger la matrice »

Donc me voila devant la PAF. Je leur file mon passeport, ils me le rendent. Pas de soucis. Je passe sur le coté de la petite cage en verre dans laquelle les flics sont confinés. Derrière, les autres voyageurs continuent à passer. Et là la personne avec qui je prend l’avion me dit :

— Tiens c’est bizarre, y’a encore ta tête sur l’ordi du flic

Je me retourne et je vois en effet mon visage. Une photo assez récente : celle de mon passeport tout neuf (il a un mois). Accolé à mon nom, en gros et en rouge, une signalétique anxiogène : « Individu dangereux ». Juste à côté, une indication pour le flic : « Ne pas attirer l’attention ».

Tous les codes sont là : je suis bien conforme aux caractéristiques de la fiche S.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais c’est sans compter sur la fierté minable du flic qui suivait mon dossier. Celui-ci sort de sa cage en verre et vient me voir. La suite est surréaliste. Il se met à me parler devant tout le monde. J’essaie de retranscrire la conversation mot pour mot :


— Bonjour monsieur. Bon alors on a une petite fiche ?

— Oui je suis au courant...

— Mouvance anarcho je sais pas quoi… (prononcé anarsho) Vous avez des problèmes avec nous non ? Vous nous aimez pas trop ?

— Euh j’ai été condamné par la justice en 2011 oui. Mais sinon rien depuis.

— Vous êtes sûr ?

— Bah oui.

— Mouais… En tout cas vous avez une fiche hein. Bon ceci dit, on va pas vous empêcher de partir pour ça hein (avec un air de flic sympa, comme si il avait le pouvoir de m’empêcher de partir…). Et puis bon, c’est pas vous les plus dangereux hein vous le savez comme moi ! (autrement dit, on vous fiche gratos)

— Et puis-je savoir comment je pourrais la perdre cette fiche ?

— Ah faut faire des démarches hein ! Mais vous vu votre dossier ça va pas passer. Allez bon voyage !

On peut donc noter plusieurs choses déjà :

Le flic passe mon passeport. Rictus en regardant l’écran qui indique ma fiche. Visiblement il ne sait pas comment faire. Il appelle un technicien à grand renfort de « mais qu’est ce que c’est que cette merde bordel de merde putain ! » (amis poètes…). Après trois coups de téléphone il sort de sa cage pendant 5 minutes. Il revient et me fait patienter sur le côté pendant que je vois la moité des gens de mon vol passer devant moi. Un daron rebeu du style qui en a vu d’autres passe devant moi et me dit :
— Ca va mon frère t’as un souci avec eux ? Un problème de passeport ? Ils te connaissent bien ?
— Ouais je fais bugger la matrice.
— Ah bah bon courage cousin !
Ça a le mérite de me faire sourire et de me dire qu’un certain nombre de gens captent ce qui se passe.

Au final je passerai dernier de l’avion. Tout seul face à la PAF. J’ai eu franchement peur de me taper une fouille à minuit à Beauvais mais le flic m’a juste regardé droit dans les yeux avec un sourire en coin en me tendant mon passeport. Sa virilité en est sans doute sortie grandie.

Les raisons d’un fichage

Je dois avouer ne pas avoir trop apprécié cet exercice de fichage. Il est certes gratifiant qu’un ennemi tel que l’État considère les révolutionnaires comme des individus dangereux. Peut-être nous voit-il comme des ennemis dignes d’intérêt. Mais néanmoins, d’un point de vue strictement individuel, ce fichage est très pesant à plus d’un titre. Il conditionne déjà des contrôles policiers plus tendus. À l’heure où les flics ont la gâchette facile, où la paranoïa est à l’oeuvre dans toutes les strates de l’appareil d’État, ce n’est pas une bonne nouvelle pour moi d’être mis sur le même plan que le dernier des djihadistes au moment d’un contrôle de police.
Le deuxième point qui m’inquiète, c’est bien sûr la question du changement de régime. Nous sommes dans une période compliquée où l’extrême-droite est à l’offensive partout en Europe. La France ne fait pas exception. Or, il est clair que si un régime plus réactionnaire (qu’il vienne directement d’un changement de gouvernement ou d’un durcissement du régime actuel) venait à s’implanter, je serai parmi les premiers à vivre dans la peur de l’arrestation. Je pense même avant les djihadistes, qui sont bien utiles pour les forces réactionnaires.
Et, même si je le savais déjà, j’ai eu confirmation que des gens que je ne connais pas, eux, me connaissent et sont payés à voir ma tronche dans divers endroits. Et ça c’est quand même particulièrement désagréable.

Mais ce qui me rend le plus perplexe, c’est surtout les raisons du fichage. Ceux qui me connaissent et me fréquentent savent qui je suis : un militant public, qui assume des positions publiques. Mes pratiques politiques ont été diverses ces dernières années mais toujours dans des cadres très formels et sans grand secret. Les actions de sabotage, même si je les soutiens (et soutiens évidemment toutes les personnes inquiétées par la justice à ce niveau-là [2]), ça a jamais été mon truc. De même que la participation active à l’action directe en manifestation. Et ça, les flics le savent.
Alors même si je suis pas dans la tête d’un flic (et j’ai pas trop envie d’y être) je peux formuler plusieurs hypothèses :

Ne rien renier

Une demande de retrait de fiche S est une procédure administrative. On peut en avoir un aperçu ici dans le cas du journaliste Gaspard Glanz. Cette demande de retrait est néanmoins soumise à enquète. Une enquète sur tes pratiques politique (j’en ai encore) et tes contacts avec la "mouvance" (j’en ai encore).
Alors je pourrai évidement demander de retirer cette fiche de mon dossier. Il serait nécessaire pour cela de passer par plusieurs phases de reniement. Renier tous mes engagements, renier toutes ces journées passées à travailler sur un rapport de force, renier toutes ces soirées et tout ce qui me tenait. Renier aussi toutes les amitiés que je me suis faites lors de ces années de luttes, toutes ces solidarités qui désormais composent ma vie. Tous ces reniements, je ne les ferai évidemment pas. Je préfère être fiché toute ma vie.

J’en appelle à tous mes camarades à témoigner le plus publiquement possible sur les procédures de fichage de l’État qu’ils subissent afin de dévoiler ces sales pratiques.

Manou.
Anarchiste, mais gentil malgré tout (pour toi monsieur de la PAF)



Notes

[1Légalement, la fiche S doit être renouvelée tous les ans, « Elle peut être renouvelée si la poursuite de la surveillance paraît nécessaire. » selon le site gouvernemental Stop-Djihadisme.

[2En avril 2018, suite à une enquête délirante, deux personnes se font arrêter dans le cadre d’une enquête sur des sabotages contre des biens appartenant à la police nationale. Les deux personnes sont sorties de prison.

Invitation à une inter-fac autonome

Publié le 2018-10-07 12:55:04

Les administrations et présidences des facs ont tout fait pour que la rentrée se passe sous le signe du retour à la normale. Grand bien leur fasse.



Les administrations et présidences des facs ont tout fait pour que la rentrée se passe sous le signe du retour à la normale. Grand bien leur fasse. Pour notre part, nous n’oublions pas les nouvelles trajectoires militantes et les alliances qui se sont nouées au cours des derniers mois.

En ce temps de rentrée, il nous semble donc nécessaire de nous retrouver et d’inventer les multiples manières de prolonger les dynamiques lancées par le - trop court - printemps 2018.

Pendant le mouvement, les structures majoritaires de coordination (CNE, CRE, et autres assemblées convoquées pour décider la date de la prochaine assemblée) réservées aux pseudo militants spécialisés, ont laissé de côté toute une part d’expérimentations collectives, de capacités d’auto-organisation, d’inventivité politique qui nous semble fondamentale. Il nous manque donc un espace de coordination inter-fac autonome ouvert à toutes et à tous. Un espace pour nous construire politiquement et collectivement, échanger sur nos pratiques, pour monter des actions en autonomie et s’organiser sur le temps long afin de ne plus être pris de court par les attaques capitalistes, libérales et autoritaires qui s’intensifient plus que jamais.

On voudrait donc tendre vers une forme d’organisation dans laquelle chacun-e puisse se sentir investie, puisse proposer des choses et en contredire d’autres. Que la lutte soit auto-gestionnaire dans ses perspectives comme dans ses pratiques. On a bon espoir de ressentir à nouveau la puissance collective d’une assemblée en refusant de sortir esseulé-e-s, affaibli-e-s et désespéré-e-s, comme c’est trop souvent le cas, d’AG procédurières et virilo-martiales.

Le mouvement de 2018 a eu pour effet d’engager celles et ceux qui y ont participé dans un processus de politisation et d’expérimentation quotidienne, en interrogeant parfois jusqu’aux dimensions les plus personnelles de nos vies. Dans le sillage de ces occupations, nos désirs révolutionnaires devraient pouvoir se diffuser partout : dans nos rapports à la bouffe, au logement, au travail, à nos relations (et au cul), à la rue, à l’argent, à la fête, à la « culture » … L’université n’est pas un îlot encore protégé dans un océan capitaliste. Tout nous concerne donc directement, et en aucun cas nos actions et nos envies devraient se borner au cadre restrictif des « questions universitaires » (ce que souhaiteraient les profs, les bureaucrates et les flics).

Bien sûr on ne pense pas que tout viendra des facs, mais on ne compte pas pour autant les « déserter ». On a bien vu que des universités occupées et ouvertes pouvaient servir de lieu d’organisation et de rencontres politiques. En revanche, nos manquements lors du dernier mouvement doivent nous pousser à une certaine modestie : l’identification à la figure abstraite de « l’étudiant-e » nous a trop souvent coupé-e-s de certaines dynamiques sociales, faisant de nous le seul sujet de notre lutte. Par exemple, dans le cadre de la mobilisation contre Parcoursup, les principaux concerné-e-s (les lycéen-e-s non-blanc-ches des filières professionnelles et technologiques, vivant dans certaines zones périurbaines) étaient dans nos discours comme dans nos lieux de vies aux abonnés absents.

Il s’agirait donc de détruire cette figure abstraite et ainsi de conjurer le risque de l’auto-marginalisation des groupes étudiants. L’idée serait d’entretenir a minima de véritables alliances avec les lycéen-n-es, et donc particulièrement celleux de banlieues et de lycées professionnels, touché-e-s de plein fouet par la sélection sociale et la disciplinarisation quotidienne, et quasiment absent-e-s de la première vague de contestation de Parcoursup (raison pour laquelle ça n’a pas entièrement pris). Avec les secteurs en luttes, certains avec lesquels des liens et des pratiques communes existent déjà et ne demandent qu’à être actualisés. Avec les exilé-e-s qui ont fait beaucoup bouger les lignes d’un militantisme étudiant traditionnel, souvent blanc, sur les questions propres aux politiques migratoires et au racisme en France et dont les occupations de facs avec leurs soutiens ont été parmi les moments les plus forts de début 2018.

Enfin, la remise en cause de la figure de « l’étudiant.e » doit nous faire prendre acte de la diversité de nos identifications et de nos trajectoires sociales ainsi que des rapports de dominations qui se déploient jusque dans nos mouvements contestataires. Organisons-nous, en tenant compte de nos différentes expériences du monde social, car ce n’est que de cette façon que nous serons à la hauteur de notre désir de foutre le feu.

Nous nous convions donc à la première assemblée interfac autonome qui aura lieu à l’EHESS au 96 bd Raspail vendredi 12 octobre à 18h30 <3

Monument raciste et colonial à John A. Macdonald défiguré encore une fois à Montréal

Publié le 2018-10-07 16:50:04
Oct 072018
 

De No Borders Media (page Facebook)

MONTRÉAL, 7 octobre 2018 — À la veille d’une manifestation contre le racisme à Montréal, un groupe local et anonyme de militant.e.s anticoloniaux, antiracistes, et anticapitalistes ont réussi à vandaliser le monument historique au premier des premiers ministres du Canada, John A. Macdonald, situé au centre ville sur la Place du Canada.

Selon Art Public Montréal: « Parmi les monuments érigés à la mémoire de Macdonald, celui de Montréal est le plus imposant et le plus élaboré. » Le monument, construit en 1895, est encore une fois recouvert de peinture rouge.

– Une vidéo du vandalisme sur la statue est disponible ici:
www.facebook.com/NoBordersMediaNetwork/videos/400435100491036
https://twitter.com/NoBordersMedia/status/1048916233163354113
(posté par No Borders Media à titre informatif seulement)

Les individus responsables de cette action ne sont pas affiliés avec la manifestation antiraciste d’aujourd’hui (www.manifcontreleracisme.org) mais ont décidé de cibler la statue de John A. Macdonald comme clair symbole du colonialisme, du racisme, et de la suprématie blanche.

L’action d’aujourd’hui est inspirée en partie des mouvements aux États-Unis qui visent à faire enlever les symboles publics de la suprématie blanche, tels que les statues de la confédération. Elle est aussi motivée par les revendications décoloniales, telles que le mouvement « Rhodes doit tomber » en Afrique du Sud. De plus, nous sommes directement inspiré.e.s par les revendications de militant.e.s anticolonialistes — à la fois autochtones et non-autochtones — contre John. A. Macdonald, en particulier à Kingston en Ontario, la ville natale de Macdonald. Nous notons également les efforts ailleurs dans l’état Canadien pour changer le nom des écoles nommées d’après Macdonald, incluant une résolution de la Fédération des enseignants d’école primaire d’Ontario qui dénoncent Macdonald comme « Architecte du génocide des peuples autochtones ».

John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a contribué directement au génocide des peuples autochtones par la création du système brutal des écoles résidentielles, ainsi que par d’autres mesures visant à détruire les cultures et traditions indigènes. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non-blancs au Canada, appuyant ouvertement la préservation d’un Canada soit-disant « Aryen ». Il a passé des lois dans le but d’exclure les personnes d’origine chinoise. Il a été responsable de la pendaison du martyr Métis Louis Riel. La statue de Macdonald a sa place dans un musée, et non pas comme monument occupant l’espace public à Montréal.

Le vidéos et le communiqué de cette action ont été partagés anonymement avec des médias autonomes de la région de Montréal. Nous exprimons également notre support et notre solidarité la plus sincère envers les manifestants qui prennent les rues aujourd’hui en opposition au racisme.

Ni patrie, ni état, ni Québec, ni Canada!
— Une poignée d’antiracistes anticoloniaux.