Vive l'Anarchie - Semaine 41, 2018

Sommaire

Forêt d’Hambach, Allemagne : La solidarité face à l’expulsion, c’est l’attaque !

Publié le 2018-10-08 06:44:03

Voici un aperçu des attaques nocturnes (dans la région rhénane et ailleurs en Allemagne), alors que l’expulsion avec  son lot de violence et de répression étatiques se poursuit dans la forêt de Hambach. Si les raisons d’agir restent la solidarité active avec la lutte contre le projet minier de RWE à Hambach, la plupart des attaques ciblent principalement les entreprises qui ont participé de près à l’expulsion des occupant.e.s de la forêt. Cela nous rapelle forcément, dans une moindre mesure, les attaques enflammées dans la région nantaise au moment de la vague d’expulsion de la ZAD de Notre-Dame des Landes l’an dernier (par exemple, voir ici et ). D’autres sabotages ont été réalisés en solidarité avec les occupant.e.s de la forêt mi-septembre à Offenbach et en juillet sur les infrastructures ferroviaires de la mine.

Par ailleurs, on a appris le 5 octobre que la justice venait de refuser à RWE l’autorisation de défrichage de la zone. La société minière s’est vengée immédiatement en envoyant ses molosses de la sécurité tabasser des occupant.e.s.

Düsseldorf : Attaque incendiaire contre Wasel, collabo des expulsions de la forêt d’Hambach – 4 octobre 2018.

Lorsque vous avez expulsé Hambi, coupé ces arbres, détruit ces baraques, lorsque vous arrêtez des gens, foutu nos potes en taule, vous pensiez vraiment que nous n’allions pas nous venger ?
La nuit dernière [entre le 3 et 4 octobre 2018], l’entreprise WASEL a été attaquée, en déposant six engins incendiaires sous autant de véhicules, parce qu’elle met à disposition de RWE ses machines, parce qu’elle rend possible le fait que les flics puissent expulser la forêt, parce qu’elle fait partie de ce système que nous haïssons.

Nous sommes contraint.e.s à vivre dans un monde pourri, dans un monde de gagnant.e.s et de perdant.e.s dans lequel les cartes ne sont jamais mélangées de manière équitable, où les riches s’enrichissent alors que l’écosystème crève. Ça nous rend malades que ça ne change pas. Notre unique réponse à cela est de s’insurger et de lutter, de prouver qu’il y a d’autres choses à faire, en se révoltant et en détruisant tout ce qui nous détruit.

La forêt tombera peut-être, mais nous n’en serons pas. La lutte contre l’autorité et l’écocide n’est pas finie. Il y a des gens avant nous et il y aura des personnes qui continueront de lutter quand nous ne serons plus là. Tant que notre soif de liberté ne sera pas assouvie, celles et ceux qui nous la volent ne seront pas en sécurité.

Carpe noctem [1].

[Traduit de l’allemand de Indymedia Deutschland, 04.10.2018]

NdT :

[1] Signifie : profite de la nuit présente.


Willich (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) : Incendie dévastateur de l’entreprise Boels, responsable des expulsions – 1er octobre 2018

Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre à Willich, l’entrepôt de l’entreprise néerlandaise Boels a été détruit par un incendie dont l’origine volontaire ne semble guère faire de doute. Vers 23h30, les flammes jaillissaient du toit de l’entrepôt de 1.200 mètres carrés dans lequel étaient garées de nombreux véhicules. Les 150 pompiers mobilisés ne sont venus à bout de l’incendie que vers 7h. A côté, l’entreprise Gardemann a elle aussi brûlé : les flammes ont détruit de matériel isolant placé sur deux plate-formes de travail.

Située dans la zone industrielle de Münchheide, la société Boels est spécialisée dans la location de véhicules, notamment de chantier et de terrassement.

Le service à la protection d’État des enquêteurs de la police criminelle de Mönchengladbach a ouvert une enquête et, même si pour l’heure l’incendie n’a pas été revendiqué, il n’exclut pas un lien avec l’expulsion des occupant.e.s de la forêt d’Hambach. L’entreprise en question est connue pour avoir fourni du matériel servant à expulser les opposant.e.s à la mine de charbon de RWE.

L’après-midi même de l’incendie de son entrepôt, la société de location Boels a annoncé qu’elle se retirait de la forêt d’Hambach, justifiant le fait que la sécurité de ses employés n’était plus assurée. Le sabotage paie, une fois de plus.

Le 19 septembre dernier, c’est l’entreprise Gerken qui a décidé de se retirer de la forêt d’Hambach. Jusqu’à cette date, elle avait participé à l’expulsion de la forêt d’Hambach par les flics en fournissant des ponts élévateurs, tout comme Boels. Gerken argue officiellement le fait de ne pas avoir assez de garanties légales quant à l’autorisation de l’avancée du chantier de RWE. Mais peut-être bien que la peur ou le fait de subir des dommages importants par le simple fait de collaborer à l’expulsion l’ait emporté.

[Reformulé de la presse]


Cologne : attaque du siège du syndicat IGBCE, des secteurs de l’énergie, de l’industrie minière et de la chimie.

Dans une lettre adressée à l’organisation syndicale, on apprend que dans la nuit du 1er au 2 octobre, le siège du syndicat situé dans la Aachener Straße à Cologne a été attaquée avec des pierres et de la peinture. Comme bon nombre de syndicats, elle défend le travail et les logiques productivistes de l’énergie écocide.

[Lire la lettre en allemand ici]


Mettmann (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) : Attaque d’Innogy, filiale de RWE.

A l’occasion de la journée d’actions décentralisées « Hambi reste ! Abandon du charbon », nous sommes allé.e.s rendre visite au bureau des services de l’entreprise Innogy de la Poststraße à Mettmann [1] en détruisant la façade vitrée avec des pierres. Le gestionnaire du réseau et distributeur d’énergie Innogy, qui est coté en bourse, est une filiale de RWE.

Le géant de l’énergie et plus gros émetteur de CO2 d’Europe RWE exploite la plus grande mine de lignite (charbon) à ciel ouvert d’Europe, dans la région rhénane «( Rheinische Revier »). Le lignite est le vecteur d’énergie le plus polluant de la planète d’entre tous. Près de 13% des émissions de gaz à effet de serre d’Allemagne s’échappent de cette zone de la « Rheinische Revier ».

Avec près de 80 millions de tonnes de CO2 en 2016, plus de la moitié des émissions de dioxyde de carbone liées à l’énergie en Rhénanie du Nord-Westphalie sont imputables aux quatre méga-centrales de RWE à elles-seules, celles de Frimmersdorf, Neurath, Niederaußem et Weisweiler.

Avec 31,4 millions de tonnes de CO2 générée par an, la centrale de Neurath est devenue entre-temps numéro 1 en matière de pollution environnementale en Allemagne, sans compter les émissions des centrales par exemple des usines Fortuna Nord, Ville/Berrenrath et Frechen.

Selon RWE Power AG, l’exploitation de lignite devrait se poursuivre jusqu’en 2045. Plus de 2,5 milliards de tonnes de lignite devraient y être extraites à l’avenir.

Dotée d’un écosystème unique, la forêt de Hambach était autrefois la forêt la plus étendue de Rhénanie et une des plus grandes forêts d’essences mixtes d’Europe centrale. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un dixième de ses 5500 Ha d’origine.

Au cours de ces six dernières années, Hambi est devenu un symbole de résistance et d’espoir pour un monde respectueux de l’environnement, sans domination, vivant et alternatif. Divers acteur.e.s d’initiatives citoyennes locales et des occupant.e.s de la forêt venant de toute l’Europe défendent la forêt en ayant recours à des formes de résistance les plus diverses contre l’exploitant de la mine à ciel ouvert RWE.

Depuis le 13 septembre, l’entreprise énergétique RWE et le gouvernement de Rhénanie du Nord-Westphalie noir-jaune, fournissant des justifications bidons, expulsent désormais les cabanes dans les arbres et les occupant.e.s d’Hambi avec une armada de policiers (il s’agit de la plus grosse opération de police de toute l’histoire de Rhénanie).

Dès la mi-octobre, RWE prévoit de défricher sous protection policière 120 hectares de plus de cette forêt de Hambach vieille de 12.000 ans et de détruire ainsi purement et simplement la majeure partie de cette forêt ancestrale avec toute sa diversité de faune et de flore pour en extraire encore plus de lignite.

Nous disons : Mettons fin à IrRWEg [2]. Pour l’arrêt immédiat du déboisement et l’abandon immédiat de l’exploitation de charbon.

Attaquons RWE, ses filiales et ses fournisseurs ! Pour la justice climatique (sic) maintenant et partout !

Solidarité avec les militant.e.s ciblé.e.s par la répression ! Liberté pour UPIII, Eule et Andrea !

[Traduit de indymedia Deutschland, 04.10.2018]

NdT :

[1] La ville se trouve à l’est de Düsseldorf et à l’ouest de Wuppertal.

[2] Jeu de mots avec le nom de l’entreprise RWE. En lui ajoutant Ir- et -g, ça signifie « voie égarée, chemin vers la folie ». Ici c’est donc un appel à la fois à en finir avec cette entreprise et avec la course insatiable à la production de charbon, voir même aux énergies écocides.


Leipzig: attaque incendiaire contre le dépôt de Boels – 25 septembre 2018

En solidarité avec l’occupation de la forêt d’Hambach, des engins incendiaires ont été placés dans le dépôt de Boels au cours de la nuit [du 25 septembre], entre autres sous un pont élévateur. Les équipements de Boels sont directement intervenus pour expulser l’occupation de la forêt. Les groupes électrogènes de l’entreprise terrorisent notamment les militant.e.s et les habitant.e.s non-humains de la forêt en leur volant leur sommeil nocturne.

Les équipements attaqués ne peuvent plus servir à Hambi, Pödelwitz ou n’importe où ailleurs.

Boels a ignoré les protestations de la société civile, et maintenant ils savent la chose suivante: chaque expulsion a son prix, Boels paiera cher!

Il y a des dépôts de Boels dans de nombreuses villes. Jetez y un coup d’oeil.
Solidarité avec tou.te.s les militant.e.s qui s’opposent à la violence de l’Etat et du capital. Surtout avec tou.te.s les prisonnier.e.s !

Another world is possible!

Arrêt immédiat des expulsions ! Hambi reste !

[Traduit de l’allemand d’indymedia Deutschland, 25.09.2018]


Flensbourg : comico attaqué en solidarité – 18 septembre 2018

Solidarité avec les personnes qui défendent la forêt d’Hambach – Comico attaqué

Comme signe de solidarité avec les personnes qui défendent la forêt de Hambach, nous avons péter les vitres du commissariat de Neustadt et laissé quelques salutations solidaires cette nuit [du 18 septembre, NdT]. Que ce soit à Flensbourg, à Hambach ou n’importe où ailleurs, la police est omniprésente et cherche à empêcher les gens de pouvoir vivre dignement en liberté. Nous avons un avenir sur cette terre qui vaut d’être vécu.

En fin de compte, ce sont partout les flics qui, matraques (ou pire) en main, défendent ce système absurde, veillent à ce que perdurent l’exploitation et la destruction de l’homme et de la nature pour toujours plus de profit, jusqu’à ce que plus rien ne se passe.
Quiconque prend fait et cause pour une vie en liberté reçoit tôt ou tard le poing de l’agent en pleine gueule. Ne nous laissons pas intimider ! Hambi tiens bon !

Attaquer l’Etat policier signifie défendre la vie !

[Traduit de l’allemand de Chronik, 18.09.2018]


Vienne, Autriche : action à l’ambassade d’Allemagne

Pour la journée d’action du 30 septembre, l’entrée de l’ambassade d’Allemagne à Vienne a été murée en solidarité avec l’occupation de la forêt d’Hambach. Nous avons barricadé l’entrée avec des briques, du ciment et du bois. Par cet acte symbolique, nous exprimons notre attachement à toutes les personnes qui luttent en défendant la forêt en ce moment !

 

[Traduit d’indymedia Deutschland, 5. Oktober 2018]

sans attendre demain

[récit] du « déménagement » de bréa à la libération des enfermés !

Publié le 2018-10-08 07:22:03

Jeudi matin, 7h00, une armée de flics est déployée dans le quartier Graslin. Tout est bouclé, l’ancien EHPAD de Bréa va être expulsé… Un matelas est brulé en signe de protestation. À peine le temps de réunir leurs bagages que les copaines montent dans les bus affrétés à l’occasion pour les déplacer vers un centre de tri ou sont remis.e.s à la rue sans solutions de relogement (étrangement, pas un mot dans la presse locale pour ces personnes qui se retrouvent sans toit). Sur place, on demande à des représentant.e.s connu.e.s de Nantes Métropole Habitat comment récupérer les affaires des gens, comme l’insuline de cet homme… On nous ignore, on nous méprise. Dans l’incompréhension et le stress générés par l’expulsion, l’association France Horizon fait signer aux habitant.e.s de l’ex-EHPAD le règlement du CAES (le texte est en français). Les exilé.e.s non francophones pour une grande partie d’entre-elleux ne sont tout simplement par informé.e.s sur les conditions de semi-enfermement du dit CAES et que ce centre n’est qu’une étape pour « évaluer les situations administratives » entre « bons » et « mauvais » exilé.e.s. Trier des humains, comme on trie des marchandises ! Voilà le credo des institutions. Toi tu iras ici (CAO, PHRADA, CADA…), toi tu iras en CRA… Pas de quoi y voir une victoire… Rappelons que la mairie et la préfecture s’étaient gargarisées dans les médias la veille de la manif du 31 mars contre toutes les expulsions en promettant la création un centre d’hébergement inconditionnel.

Et parlons CRA justement. Cet opération de police est aussi l’occasion pour la préfecture et la mairie d’organiser une rafle. Un bus de soixante place est spécialement affrété pour le commissariat central de Waldeck-Rousseau. Bien que terrible, l’ironie résidera dans le fait que le bus ira bien au comico… avec deux exilés à son bord (les autres camarades arrêtés ayant été transportés dans les voitures de la police nationale). Devant Waldeck, les soutiens venus attendre une éventuelle sortie des camarades et surveiller les départs de véhicules de flics en direction du centre de détention seront à trois reprises sous le coup de tentatives d’intimidation par les keufs avec à la clé des contrôles d’identité et des photos prises avec un gros objectif depuis les fenêtres du commissariat. Bilan de cette journée macabre : une dizaine de camarades exilé seront interpellés, 4 seront incarcérés au CRA de Rennes. Une soixantaine de personnes n’ont plus de toit et plus de 120 personnes seront envoyé.e.s vers un centre de tri.

Vendredi tôt le matin… Pour celleux qui avaient trouvé.e.s refuge sous le square abrité des fonderies, le réveil est brutal, arrosage des plantes allumé, vols des couvertures par les fonctionnaires de polices et de la mairie nantaise, grilles fermant l’espace et privant de l’abris celleux qui dorment à la rue. Les expulsions et les arrestations ne suffisent pas ! Les autorités continue sans cesse de traquer et intimider les exilé.e.s et leurs alli.é.es. Le soir, un rassemblement de soutien contre les expulsions, les incarcérations et déportations, est appelé et réunie plus d’une centaine de personnes. Le cortège déambule dans le centre ville sans la présence omnipotente des condés, passe par les rues piétonnes, devant l’ancienne école des Beaux Arts (toujours vide et surveillée 24h/24 par une boite de sécurité privée), puis la mairie de Nantes. On chante des slogans, on demande la libération des C(R)Amarades. On invective les agents de la TAN, réseaux de transports actifs dans l’expulsion du camps square Daviais. On chahute des flics dans les camions de CRS stationnés place du commerce. Rejoignant la distributions de bouffe ayant lieu devant l’Hotel Dieu, en chantant, là c’est la provocation. Des flics en voiture banalisée s’arrêtent, ouvrent leurs fenêtres et d’un air moqueur commentent l’arrestations de nos ami.e.s la veille. Ni une, ni deux, effervescence collective. Les manifestant.e.s zbeulent gentillement la voiture des policiers terrorisés. Un second véhicule de la police placé derrière se permet même de lancer une grenade lacrimo à main pour se dégager de la pression des manisfestant.e.s. On est véneres, et il y a de quoi.

Samedi crêpes et anti-rep : au marché de la petite Hollande, il y a du monde et du « beau » monde. Effectivement la maire de Nantes, Johanna Rolland, et son équipe sont présentes pour échanger avec les habitant.e.s du quartier sur le thème de la participation citoyenne en démocratie. Pas de chance pour Jojo, un mystérieux commando F.A.R.I.N.E organise une attaque d’une extrême violence à l’encontre de la maire à l’aide d’une arme de destruction massive… Du blé moulu. Trop insupportable pour la classe politique et médiatique qui fait front commun pour condamner les violences. De Rugy (ou de Ruglyphosate, on ne sait plus trop) en tête pour dénoncer l’attentat enfariné de ces militants extremistes. Quelle blague… La violence, c’est celle que nous vivons dans les systèmes de contrôle, de surveillance et de gestion des individu.e.s. La violence c’est les politiques racistes appliquées par la ville et le gouvernement français avec son lot d’humiliations, d’exclusions, d’expulsions, d’incarcérations et de déportations. La violence c’est l’Etat et toutes les institutions qui incarnent les figures d’autorités et appliquent les lois sécuritaires. A Rennes, comme la journée précédente, une team de soutien part rendre visite aux camarades enfermés en CRA. L’après-midi, c’est le moment pour les copains de passer devant le juge des libertés et de la détention à la cité judiciaire en centre-ville. On va savoir si la procédure d’enfermement a été respectueuse des droits des personnes. L’atmosphère est tendu, des flics de la police aux frontières sont présents en nombre dans les couloirs du palais de justices. Six personnes passent en delibéré, elles ressortiront toutes pour vices de procédures. Poooww, pooww la PAF est en PLS. Le représentant de la préfecture de Nantes fait grise mine. Nos potes sont libre, et ne seront pas déportés aujourd’hui… On rentre ENSEMBLE à la maison. Il y a de la joie mais on ne peut oublier tou.te.s les adultes et enfants enfermé.e.s dans ces centres en attente de leur libération ou leur expulsion du pays.

No borders, no nations, stop deportation !

Pôvre johanna

Publié le 2018-10-09 07:03:02

Un peu de farine sur le visage d’une activiste de l’expulsion et voilà l’ensemble de la caste politique solidaire de la victime .Cette caste politque qui ferme sa gueule sur la mise en danger des personnes expulsées quotidiennement sur le territoire français.

La banalisation des mises à la rue relayée par les » merdias » aux ordres des maitres occulte la réalité monstrueuse des victimes qui se retrouvent  avec nullepart ou aller pour s’abriter . Reste la survie penant que les maitres ripaillent dans leur palais ,mairie ,hotel de ville ,bien au chaud indifférents  au sort et à la mort  des gueux qui crèvent.

En 2017, 510 personnes sont décédées dans la rue en France .Celà va de la très jeune femme âgées de 16 ans au très vieux bonhomme âgées de plus de 80 ans .

Que représente un peu de farine au visage au regard de cette horreur  organisées par les membres de la caste politique?

Celà n’empèche pas le » sir » de Rugy éminant  membres de cette caste de parler « du peu d’esprit démocratique des militants extrèmistes  qui ont commis cet acte hautement répréhensible »

De Rugy et la caste politique ont une bien curieuse conception de la démocratie

Si nous étions dans un régime démocratique il n’y aurait personne à la rue surtout vu le nombre de logements vides

« Encore et toujours il faut condamner « declare ce sinistre bouffon….

A quoi pourrions nous condamner les maitres qui font jetter par leur chiens de garde à la rue donc à la mort  les sans rien de leur monde ?

Indymedia Lille

Publié le 2018-10-09 07:04:02

Dans la nuit de mercredi à jeudi 4 octobre, une voiture Bouygues est incendiée rue Laurier dans le 17ème arrondissement de Paris. Bouyygues est un constructeur de prisons désormais bien connu.

Nous envoyons ces signaux de fumée à Krem, dernier inculpé de l’affaire du quai Valmy à être incarcéré et à subir l’administration pénitentiaire. Ne le laissons pas seul !

Que ce petit geste incendiaire puisse donner force et courage aux anarchistes torturé-e-s et emprisonné-es en Russie, ainsi qu’aux 8 de Bâle qui passeront en procès fin octobre pour une déambulation sauvage et saccageuse un soir de juin 2016.

Liberté pour toutes et tous !


Des nouvelles de la répression à Bure sur la semaine qui vient de passer

Publié le 2018-10-09 07:05:05

Cette dernière semaine, la répression policière fait de nouveau son oeuvre. Une copaine a été en garde à vue dans le cadre de l’association de malfaiteurs (dernière d’une longue liste) et la Maison de la Résistance au projet CIGEO a subi l’intrusion de personnels de la gendarmerie.



La semaine dernière, une copaine a été placée en garde à vue pour des chefs d’inculpations concernant l’association de malfaiteur. Cette enquête est ouverte depuis septembre 2017, suite aux diverses actions menées début 2017, depuis ont été ajoutées les actions plus récentes. Beaucoup des perquisitions ayant eu lieu à ce jour ont été permises grâce à cette enquête et de nombreu.ses copaines sont en contrôle judiciaire jusqu’à la fin de l’enquête (avec interdiction de territoire, à rayons divers) suite à des gardes à vue, l’enquête peut encore durer plusieurs années.

L’intrusion des gendarmes à la Maison de Bure aujourd’hui y est liée car ils cherchaient un copaine interdit de territoire dans le cadre de cette enquête. Cependant, les gendarmes n’ont présenté aucun justificatif pour pouvoir entrer dans la propriété, ils ont cassé la porte et ont fouillé toute la maison, en contrôlant au passage quelques personnes.

Les forces de l’ordre profitent de l’isolement et de leur impunité, intrusions répétées dans des propriétés privées, contrôles abusifs, pressions, réquisition sur des plages horaires larges et plusieurs fois par jour, humiliations (lors des vérifications d’identités et GAV), harcèlement (passent plus d’une vingtaine de fois par jour devant les lieux d’habitation en filmant), prise en note de toutes les plaques d’immatriculation des voitures s’arrêtant dans les villages du coin.

Assemblée contre le monde et son monde

Publié le 2018-10-09 07:05:07

Invitation à une assemblée Autonome pour construire en commun des outils d’analyse et de lutte. Rdv ce Mardi à 20h aprés la manif au nouveau squat du 19 rue Garibaldi à Montreuil.



Contre le monde et son monde

Nous sommes nombreux-ses à nous bouger sur les diverses manifs, initiatives, assemblées, occupations et à ne pas vouloir se laisser enfermer, ni dans l’assembléisme universitaire, militant professionnel ou syndical, ni dans un mouvement qui serait strictement catégoriel et revendicatif.

Bien que toujours plus nombreux-ses à nous réclamer de l’autonomie ou à adopter certaines de ses pratiques, les mouvements sociaux que nous vivons, se dotent de moyens d’organisation qui sont, pour l’essentiel, en contradiction avec cette tendance à l’autonomie.

En dehors des canaux purement syndicaux, ces moyens (assemblées, coordinations...) sont souvent vérolés par des groupes plus ou moins gauchistes et enrobés de tout un cérémonial démocrate censé masquer les diverses manœuvres de ces mêmes groupes.

Dans ce contexte de précarité, de flexibilité de d’exploitation massives, il est indispensable de penser des modes d’organisation et de lutte adaptés à des réalités multiples sur lesquelles les moyens traditionnels d’organisation type syndicats n’ont presque aucune prise.

Dans la lutte, il apparaît clairement que nous ne nous battons pas uniquement contre d’énièmes réformes ou contre un président libéral mais contre une société globale dont il ne sont qu’une expression. Un monde de marchandises, de hiérarchies, de dominations, et de flics... Un monde basé sur l’aliénation de notre pouvoir dans toutes les facettes de nos vies. En luttant, nous reprenons, de fait, du pouvoir par nous mêmes, à la base, nous faisons preuve d’une forme d’autonomie politique.

En nous déployant sur un terrain non envahi par les machines syndicales et/ou partisanes, nous pouvons nous organiser sans avoir à subir l’hégémonie de ces structures hiérarchiques aliénantes. Dans ce contexte de précarité massive, le mode d’organisation autonome nous permet de produire des formes et outils divers qui soient nôtres, dans un champ très vaste et relativement libre. Historiquement, cette occasion ne s’était pas présentée, sur un plan aussi large, depuis un bon moment ! À nous de la saisir. De construire cette force qui nous manque !

Ce pouvoir que nous récupérons par bribes à travers la multiplicité de ces formes et pratiques, entr’ouvre les interstices à saisir pour lutter contre le monde aliéné ou nous vivons, ses tenant.e.s et gardien.ne.s.

Tant dans une lutte commune que dans nos rapports interpersonnels, l’autonomie est un principe non négociable qui implique et permet la remise en question multiple, permanente et radicale de nos rapports aliénés et inégalitaires sans s’enfermer dans un fétichisme identitaire ne menant qu’à la reproduction de la merde qui nous étouffe.

L’autonomie,ce n’est pas le fantasme, et la récupération publicitaire qu’en font ces citoyens « radicaux », leurs partis plus ou moins assumés, et leurs milices « de gôche », avec leur palmarès de tactiques opportunistes et naïves, de manipulations minables, de dissociations et de trahisons.

Bref. L’autonomie n’est pas une affaire de parti ! C’est notre affaire. C’est se battre par soi et pour soi même en partant de sa situation concrète, sans sauveur suprême. C’est l’affaire du monde que nous construisons et qui nous appartient à tou.te.s !

Exploitation, parti, patriarcat, racisme, assignations /aliénations identitaires, séparation, État, hiérarchies… Leur fin sera la multiplication sans fin de nos moyens !

Rencontrons nous, pour échanger, nous organiser par nous mêmes, porter nos propres pratiques et actions, alimenter le ciment qui nous fera durer.

Construisons l’Autonomie et son Monde

A.G. post manif Ce Mardi à 20h, après la manif, au Squat du 19 rue Garibaldi à Montreuil

Paris : Une boucherie vandalisée

Publié le 2018-10-09 07:06:03

BFM / Jeudi 27 septembre 2018

Une boucherie du 13e arrondissement de Paris a été la cible de dégradations dans la nuit de mercredi à jeudi au 74 boulevard Vincent Auriol.
Lorsque les policiers, prévenus par le propriétaire, arrivent sur les lieux aux alentours de 8H40, ils trouvent la vitrine de la boucherie recouverte de peinture rouge. Au sol, une affiche représente la photographie d’un boucher avec le commentaire: « Je suis boucher, j’adore découper des cadavres d’innocents pour votre bon plaisir. » Le propriétaire de l’établissement a déposé plainte. Le commissariat du 13e arrondissement a été chargé de l’affaire.

Un signal de fumée pour les prisonnier·e·s

Publié le 2018-10-09 07:06:03

Eiffage s’impose implacablement dans la production d’espaces de contraintes et de contrôle. Elle pose sa griffe sur la plupart des dispositifs de notre grande cage invisible. Ecoles, lieux de travail, logements, tribunaux, hôpitaux (psychiatriques et autres), maisons de retraite, casernes, stades, espaces publics sont autant de barreaux qui nous maintiennent en captivité.

Mais si Eiffage est l’objet de notre haine et de notre action vengeresse, c’est aussi et surtout parce qu’elle fournit la structure matérielle nécessaire à l’industrie de la punition : centres de rétention et de détention, établissements pénitentiaires pour mineur·e·s, maisons d’arrêt et centrales.

Le nouveau « plan prison » des gouvernant·e·s ajoutera prochainement 7 000 places dans l’enfer de la survie pénitentiaire.

Fière de s’afficher en spécialiste, Eiffage va encore faire de rentables affaires. Furieusement réfractaires à toutes les prisons, nous lui avons cette nuit déclaré la guerre.

Nous nous réjouissons de toutes les attaques portées contre la mécanique de l’enfermement.

Nous admirons les insoumissions qui éclatent depuis l’intérieur des geôles : refus de rentrer de promenade, grêves de la faim, destructions de cellules, agressions de maton·ne·s, évasions.

Nous saluons les révoltes du « dehors » comme les récents incendies des véhicules de maton·ne·s et du SPIP.

Situé·e·s nous aussi dans cet extérieur relatif -pour combien de temps encore ?- nous tâchons de mener l’offensive contre tout ce et celleux qui programment, produisent et administrent les taules.

A tous les mutins, à toutes les mutines,
Rage et courage pour saccager nos cages !

Paris : Des convocations pour la manif du 1er mai

Publié le 2018-10-09 07:06:04

extraits de Paris-Luttes.info / mardi 2 octobre 2018

Depuis quelques jours, plusieurs personnes ont été convoquées à des « auditions libres » au commissariat pour des faits liés au 1er mai. Cela laisse entendre que d’autres sont attendues dans un avenir proche. […]

Mise à jour, mercredi dernier à 23h29 :

Les convocations ont bien été suivies d’effet puisque certaines personnes ont été gardées à vue. C’est le cas des deux personnes violentées par Benalla, comme un « journaliste » qui filme souvent nos manifestations, mais en tout 23 autres personnes. A priori, tout le monde serait ressorti. On nous a fait remarquer que parfois les convocations reçues ne précisaient pas « pour audition libre », à ce moment-là il faut donc s’attendre à être placé directement en gav…

Sorbu-Ocagnanu (Haute-Corse) : Vive le Front de libération naturelle des chevaux !

Publié le 2018-10-09 07:07:04

Corse Matin / lundi 8 octobre 2018

Samedi soir, en toute fin de journée, entre 22 et 23 heures, un ou plusieurs individus ont saccagé les paddocks, fils électriques et tuyaux d’eau du centre équestre Cavalli di Sognu géré par Celia Barbosa et Melissa Camilli en plaine de Querciolu sur la commune de Sorbu Ocagnanu.
Un acte de vandalisme, commis avec acharnement, par des personnes qui, en plus de saccager les installations, ont libéré les chevaux. Quarante et un chevaux, libérés de leurs paddocks, de la manière la plus anarchique qui soit [la liberté ne peut qu’être anarchique ! NdAtt.], avec pour résultats de nombreuses blessures, les équidés s’étant battus entre eux. Le bilan est assez lourd avec six chevaux blessés dont deux assez sérieusement. Ce n’est que tôt le hier matin que les gérantes ont pu se rendre compte des dégâts occasionnés. […]

[MàJ]12/10/2018 : Expulsion de Chez Jesus à Claviere : rendez-vous vendredi 12 à 18h à Briançon

Publié le 2018-10-10 08:37:03

Jeudi matin a eu lieu l’expulsion du refuge autogéré Chez Jesus à Claviere.

« Expulsion en cours chez jesus! besoin de soutien! faites tourner l’info

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Rendez-vous vendredi 12 octobre à 18h à Briançon

 

Sans le refuge autogéré, les personnes passent la frontière sans infos, sans équipements, sans repos, sans nourriture et sont laissés à la merci des flics qui eux n’ont pas changé leurs pratiques : violence, racket, chasse aux personnes en pleine montagne. Il fait 0 degré en montagne en ce moment.

Le point sur les rassemblements en solidarité à l’expulsion de Chez Jesus

– jeudi 11 octobre à 19h à Gare du Nord : de Paris à Clavière, contre les frontières ! Solidarité contre toutes les expulsions !
– jeudi 11 octobre à 18H à lyon au collège Maurice Scève occupé, 8 rue Louis Thévenet à la Croix Rousse.
– à Marseille jeudi soir à 17h sous l’Ombrière du Vieux Port.
– à 18h place de l’église de Crest (Drôme)

Clermont-Ferrand : Saccage puis incendie du local des fascistes

Publié le 2018-10-11 07:51:04

La Montagne / Jeudi 4 octobre 2018

Au lendemain de son saccage, revendiqué par deux groupuscules d’extrême-gauche [voir ci-dessous, NdAtt.], le local du Bastion social, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), a été victime d’un début d’incendie, ce jeudi, au petit matin. Dans la nuit de mardi à mercredi, deux groupuscules d’extrême-gauche, la Cellule antifasciste et révolutionnaire d’Auvergne (CARA) et l’organisation Jeunes Révolutionnaires, ont saccagé et pillé le local du Bastion social, rue de la Treille, à Clermont et aussitôt revendiqué leur action, vidéo à l’appui. Ce même local a de nouveau été ciblé par une action nocturne, ce jeudi, entre 3 heures et 4 heures du matin. L’entrée du local a été fracturée et des produits inflammables ont été déversés à l’intérieur, puis incendiés. Les flammes ont dégradé la porte d’entrée et les murs. Cette opération n’a, cette fois, pas été revendiquée.

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[Note d’Attaque: Bien que tout saccage d’un repaire des fascistes nous fasse grandement plaisir, nous restons très critiques par rapport à ce genre de groupes communistes autoritaires qui l’ont revendiqué. En plus de communiquer leurs actions sur les outils de l’ennemi, à savoir les réseaux sociaux, ils se mettent en scène dans des vidéos aux allures de clips autopromotionnels. En somme, ces groupes marxistes-léninistes se placent en tant qu’avant-garde racoleuse, ce qui par ailleurs est parfaitement en adéquation avec leur idéologie. Au contraire, à notre avis une lutte contre le fascisme a du sens seulement si elle s’insère dans une démarche antiautoritaire. ]

France 3 Auvergne / Mercredi 3 octobre 2018

Le milieu antifasciste de Clermont-Ferrand a revendiqué, mardi 3 octobre, le saccage du local de Bastion social. Ce mouvement révolutionnaire d’extrême droite avait pris ses quartiers en juillet 2018 près de la place de la Treille, dans le centre-ville de Clermont-Ferrand.
Les militants d’extrême gauche – membres de la Cellule antifasciste d’Auvergne et des Jeunesses révolutionnaires – ont appuyé leur revendication d’une vidéo, qu’ils datent de la nuit du 2 au 3 octobre 2018. Sur celle-ci, on les aperçoit forcer le local, baptisé « L’Oppidum« , et y pénétrer. Là, dans une pièce ornée de drapeaux auvergnat, français et serbe, ils détruisent des meubles et peignent à la bombe les murs. Ces casseurs parlent de leur action, répréhensible par la loi, comme le seul moyen « d’empêcher l’implantation » des « fascistes » à Clermont-Ferrand. Selon eux, « les pouvoirs publics sont incapables par leur moyens légalistes de [les] combattre, la préfecture faisant même preuve d’une grande complaisance envers cette organisation violente. »Contactée ce 3 octobre, la police de Clermont-Ferrand indique qu’elle n’est pas intervenue sur les lieux puisqu’aucune plainte n’a été déposée. Sur place, aucun membre de Bastion social n’était présent pour répondre à nos sollicitations. Ce local avait déjà été vandalisé fin août par les mêmes groupes d’extrême-gauche.

Toulouse : Rassemblement en soutien à un compagnon incarcéré à Limoges

Publié le 2018-10-11 07:51:07

IAATA.info / mardi 9 octobre 2018

Résistances… et révolte !

Un compagnon est incarcéré à Limoges depuis plus de 6 mois suite à un incendie de véhicules de gendarmerie en septembre 2017. Il sera présenté à une juge d’instruction toulousaine le 17 octobre pour une action au local de l’UMP en 2015. Retrouvons-nous devant le TGI de Toulouse pour montrer notre solidarité.

15 avril 2015 : le local de l’UMP rue Gabriel Peri reçoit de la visite d’un groupe de personnes, qui a la bonne idée de sortir le mobilier, laisser deux tags sur la façade et partir au cri de « expulsions les expulseurs ».
Cette joyeuse irruption apparaît comme une réponse à la politique de l’État à Calais qui consiste à réprimer, harceler, agresser les personnes migrantes et leurs soutiens. Quelques jours plus tôt, la mairie UMP de la ville de Calais prenait la décision d’expulser plusieurs squats de personnes migrantes.

18 septembre 2017 : plusieurs véhicules de la gendarmerie de Limoges sont incendiés dans le contexte d’une vague de solidarité envers les personnes inculpées et arrêtées pour avoir cramé une voitue de police à Paris au quai de Valmy. La revendication évoque aussi les violences et assassinats policiers : meurtres de Rémi Fraisse et d’Adama Traoré, violences policières quotidiennes en manifestation ou dans les quartiers.

Quel est le lien entre ces deux histoires ?

Des actes de révolte contre ce monde de merde. Mais aussi, le sale travail de fouine des flics et des juges. Un compagnon est accusé d’avoir participé à ces deux actions. Il est actuellement emprisonné à Limoges depuis plus de 6 mois pour l’incendie des véhicules de gendarmerie. Il sera transféré à Toulouse le 17 octobre pour être mis en examen dans le cadre d’une instruction au sujet de l’action contre l’UMP.

Le pouvoir désigne comme violent un local déménagé, une chemise arrachée, des voitures brûlées, une frontière traversée, une vitrine cassée, une grève, des manifestations ; alors même qu’il considère comme normal et légitime la prison, les centres de rétention, les violences et assassinats policiers, les milliers de morts dans la Méditerranée et les guerres…

Lorsque cette logique bien rodée rencontre une résistance méritée, l’État montre ses crocs, la répression est féroce. Les flics, les procs, les juges et les matons n’hésitent pas à mettre le paquet pour détruire des existences, gagnant leur vie en détruisant celle des autres.

Parce qu’il est toujours possible de se révolter,
soyons solidaires face à la répression.

Brisons l’isolement, soyons présent·e·s devant le TGI de Toulouse à 13h30 le 17 octobre.

De Paris à Clavière contre les frontières !

Publié le 2018-10-11 07:54:05

Rassemblement ce jeudi 11 octobre à 19h à Gare du Nord suite à l’expulsion du squat « Chez Jésus » à la frontière franco-italienne.



Ce matin à Clavière, le refuge « Chez Jesus » a été expulsé. Dans les Alpes à la frontière italienne, cette église squattée est un lieu très actif contre les frontières.

Les frontières sont des zones qui s’étendent partout où il y a des contrôles. Elles existent aussi ici, dans Paris. Là où la police aux frontières rafle dans les gares, enferme et expulse.

Rassemblement demain jeudi 11 octobre à 19h à Gare du Nord : de Paris à Clavière, contre les frontières ! Solidarité contre toutes les expulsions !

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Prison de Liancourt : Trois matons d’un coup

Publié le 2018-10-11 07:55:02

Le Parisien / mercredi 10 octobre 2018

La violence des attaques est décrite comme « hallucinante » par les instances syndicales. Un mineur, âgé de 17 ans, s’en est pris à trois surveillants, ce mardi en fin d’après-midi, au centre pénitentiaire de Liancourt.

Comme ailleurs, les moins de 18 ans y ont interdiction de faire usage de tabac. Alors que l’un d’eux revient d’une formation pâtisserie, il est alpagué par des majeurs qui lui proposent de quoi fumer. Ils se dirigent alors vers les marchands clandestins, quand l’agent pénitentiaire qui l’accompagne s’interpose.
« C’est alors qu’une seconde collègue arrive en renfort. Il lui a mis un coup de poing en plein visage avant de s’acharner, littéralement sur elle, une fois au sol, souffle Dominique Deregnaucourt, délégué UFAP. Un autre collègue a lui aussi pris des coups. »
D’après le délégué, ce n’est pas le premier problème avec ce détenu au comportement hyper violent, incarcéré pour des faits d’homicides. Placé en quartier disciplinaire, il sera présenté ce jeudi en commission de discipline. Avant un éventuel passage devant un tribunal correctionnel.

Echirolles (Isère) : Le fraudeur qui ne se résigne pas

Publié le 2018-10-11 07:55:02

France 3 Auvergne Rhône-Alpes / Lundi 8 octobre 2018

Un jeune homme de 18 ans a été interpellé à Echirolles, près de Grenoble, ce lundi 8 octobre 2018. Il venait de blesser légèrement 2 contrôleurs de bus. Les faits se sont produits en milieu de matinée, ce lundi matin sur l’avenue de Kimberley, à Echirolles, près de Grenoble. Un jeune homme de 18 ans, qui circulait sans titre de transport dans un bus, a été contrôlé. Les 2 contrôleurs procédaient à sa verbalisation lorsque celui-ci aurait voulu forcer le passage, selon le rapport de police.

En tentant de s’enfuir, le contrevenant aurait légèrement blessé les 2 contrôleurs. Il a tout de même été interpellé. Les agents ont été invités à venir déposer plainte à l’hôtel de police.

Echirolles (Isère) : Des incendies sur un chantier

Publié le 2018-10-11 07:56:02

Le Dauphiné Libéré / mercredi 3 octobre 2018

Plusieurs incendies ont été allumés par des inconnus sur un chantier situé rue Paul-Langevin à Echirolles, ce mercredi peu avant 4 heures. Les incendiaires ont même grimpé jusqu’à la cabine d’une grue située à une vingtaine de mètres de hauteur pour tenter de la détruire. Les sapeurs-pompiers ont à leur tour escaladé l’échelle de service de l’engin pour éteindre le sinistre qui a fortement endommagé ce matériel. […]

Opération Scripta Manent : Quelques précisions au sujet du keylogger installé sur mon ordinateur

Publié le 2018-10-11 07:57:04

Anarhija.info / mercredi 3 octobre 2018

Ces derniers jours, en lisant le compte-rendu des audiences du procès qui nous voit inculpés pour l’enquête « Scripta Manent », orchestrée par le Proc’ de Turin Roberto Sparagna, j’ai remarqué une explication concernant le keylogger, un logiciel enregistreur de frappe (ou Agent Elena, comme l’appelaient les misérables Carabinieri du ROS de Naples).

Dans ce texte, paru sur des sites internet, on dit que le keylogger aurait servi pour capter les commentaires « hors antenne » lors des directes radio de RadioAzione. Ça aurait été bien si c’était le cas, mais malheureusement la réalité est différente.

Ce keylogger était un vrai mouchard, envoyé via internet à mon ordinateur, sous forme d’un virus, et capable de capter tout ce qui se passait autour de l’ordi.

Il suffisait que l’ordinateur soit connecté à internet et les misérables flics pouvaient écouter tout l’environnement sonore dans le lieu (mais pas d’images, car la webcam a toujours été bouchée). L’ordi étant dans la chambre, ils n’ont pas seulement écouté les commentaires hors antenne, mais aussi d’autres choses… tout !

En plus, le logiciel a été utilisé pour prendre des captures d’écran de mon ordi pendant que j’écrivais des textes ou que je traduisais ceux d’autres compagnons, des textes publiés par la suite sur le site de RadioAzione.

Tout cela pendant six ans, même si j’ai formaté l’ordinateur plusieurs fois entre-temps.

J’ai pensé qu’il était important de faire cette précision parce que comme cela avait été écrit dans le texte sur les audiences, il pouvait y avoir de incompréhensions. On peut tous avoir un keylogger dans l’ordi (même si ça leur coûte 120 euros par jour… s’ils n’ont pas triché avec les factures versées au dossier) et c’est donc mieux d’expliquer comment ça marche.

Mon conseil pour ceux qui pensent en avoir un d’installé sur leur ordi est donc de l’éteindre si on n’est pas en train de l’utiliser et d’éviter de parler dans la pièce où il est allumé.

J’avais connecté un micro externe qui allait dans une console de mixage et j’ai erronément pensé qu’en le mettant en position « muet » il n’aurait pas capté le son, mais cela n’a servi a rien. Avec le keylogger, les flics pouvaient activer le micro interne à l’ordi.

Il faut se rappeler de débrancher l’ordinateur d’internet avant d’écrire ou de traduire un texte.

Somma Gioacchino (RadioAzione)

Nous sommes de ceux bis

Publié le 2018-10-11 12:44:03

Nous sommes de ceux qui n’iront ni a pied ni en tracteur au rassemblement bocage en péril

Nous sommes de ceux qui n’ont pas vendu les indésirables a l’état en  lui offrant la  route des chicanes « nettoyée »
Nous sommes de ceux qui n’ont pas détruits lama fâché aux pieds de biche
Nous sommes de ceux qui n’ont pas mis les gêneurs dans des coffres
Nous sommes de ceux qui ont perdu nos cabanes, soutenu les copains blessés, arrêtés ou emprisonnés
Nous sommes de ceux qui nont pas crié « défense et reconstructions de tous les lieux » dans le vent médiatique
Nous sommes de ceux qui ne veulent toujours pas signer de convention d’occupation précaire individuelle ou collective
Nous somme donc de ceux qui ne se sont pas engagés  (dans ces c.o.p.) a dénoncer les squatteurs sur la zad
Nous sommes de ceux qui ne se sont pas approprié les lieux en dur et le matériel collectif de la zad pour nos petits projets entre amis
Nous sommes de ceux qui n’accordent aucune confiance aux syndicalistes et aux citoyennistes fossoyeurs de luttes
Nous sommes de ceux qui n’ont pas de projets pour l’avenir
Nous sommes de ceux qui ne réécrivent pas l’histoire tous les lundis matins
Nous sommes de ceux qui : arrêtez de nous prendre pour des cons

Alors nous sommes de ceux qui : cassez vous !

Appel a tous ceux qui le 11 octobre et toute les autres fois ne soutiendrons pas les réformistes autoritaires

contre le monde de ceux qui croient avoir gagné contre un aéroport

Kouaoua, Nouvelle-Calédonie : De la lutte directe et sans médiation contre la mine de nickel

Publié le 2018-10-11 12:45:03

Mercredi 10 octobre vers 21h à Kouaoua, le tapis roulant de la mine de nickel (appelé « La Serpentine ») qui ondule sur quelque onze kilomètre entre la montagne et la mer, a de nouveau été incendié. L’incendie a détruit 200 mètres de ce tapis roulant.

Cette nouvelle attaque incendiaire, qui est la onzième de l’année, survient alors que la société minière SLN ne transporte pas de minerai en raison du fait des multiples sabotages et au mouvement de contestation soulevé par de jeunes habitants locaux (qui en plus des sabotages, s’est traduit par de multiples actions de blocage). Ainsi, depuis la mi-août, L’entreprise SLN a fermé son centre minier. Rappelons qu’à partir du 6 août, les accès vers les mines Méa et Kiel ont été bloqués pour protester contre l’exploitation de nouveaux gisements.

En juin, un homme de 31 ans a été condamné pour avoir causé l’un des incendies.

Par ailleurs, voici ce que dit La 1ère Nouvelle-Calédonie: « Depuis la fermeture du centre [mi-août], le convoyeur a encore été incendié trois fois. A ce stade, la SLN a redéployé vers d’autres centres la majeure partie de ses salariés autrefois affectés à Kouaoua. Les autres ont été mis en congé, dans l’attente d’un éventuel chômage partiel. Cette fermeture affecte également les nombreux sous-traitants, mais aussi les commerces et services de la commune. Le conflit fragilise sérieusement la production de la SLN. Sans Kouaoua, l’usine perd un cinquième de son approvisionnement en minerai, qui plus est un minerai à la teneur particulière. Pour l’heure, la mise à l’arrêt d’un des fours de Doniambo n’est pas d’actualité, assure la société.
Mais l’industriel dit s’inquiéter pour la survie de son activité. A plus long terme, les répercussions pourraient même peser sur la future centrale à gaz, dont le dimensionnement a été pensé pour répondre aux besoins énergétiques de l’usine. »

On se rappelle également que les chefs de la communauté kanak avaient passé des accords avec l’entreprise minière, ce qui n’a absolument pas calmé les jeunes de la région (bien au contraire!), qui voient leur forêt disparaître et leur environnement empoisonné pour les profits de l’Etat. Pas de négociation avec le capital et toute autorité, d’où qu’elle vienne !

La meilleure manière de lutter contre un projet écocide et mortifère, c’est l’attaque !

À une jeune militante

Publié le 2018-10-11 22:58:04

À une jeune militante

Militante anarchiste, Washington, janvier 2017.

Chère L…

Je sais que tu commences à t’inquiéter de voir ta vie entière se faire bouffer par ton militantisme. Je comprends aussi que tu puisses penser que me demander des conseils, moi qui suis de vingt ans ton aînée, soit une bonne idée. Or, comme je te l’expliquais dans mon dernier courriel, je suis convaincue que je ne suis pas la meilleure  personne qui puisse te conseiller – principalement parce qu’il y a longtemps que je ne me considère plus comme une militante révolutionnaire. Non pas parce que je suis revenue de tout, non pas parce que je suis désormais réfo, libérale, contre-révolutionnaire ou fasciste, mais plutôt parce que les stratégies que j’emploie maintenant sont à mille lieues de celles qu’on considère comme «de gauche». Je suis devenue arévolutionnaire comme on devient agnostique ; je pourrais te parler longuement de l’anarchisme apolitique, égoïste et nihiliste qui est le mien, mais je sais que cette voie ne t’intéresse guère, alors à quoi bon.

Reste que je me suis passablement brûlée les ailes il y a bien des années, lorsque je me qualifiais avec enthousiasme de communiste libertaire. Brûlée, mais pas cassée : ça, c’est le capitalisme et le patriarcat qui s’en est chargé. Reste aussi que les milieux militants que j’ai connus avaient leurs problèmes bien à eux et que je soupçonne que ces problèmes soient aujourd’hui encore entiers et inchangés. Alors voici mes conseils, basés sur ma petite expérience. Pour ce qu’ils valent – et parce que tu insistes.

1. Tu n’as pas à joindre quelque organisation, parti ou groupe que ce soit. C’est à toi et à toi seule de déterminer de quelle façon tu t’engageras. Parfois, le refus de s’embrigader est le meilleur des engagements.

2. Ne donne au militantisme que le temps, les énergies et l’argent que tu te sens à l’aise de donner. Te sacrifier toute entière à l’autel de la Révolution (avec un gros R majuscule) n’accomplira rien en soi.

3. Ne tolère jamais que quiconque exerce sur toi de la pression morale pour participer à des actions militantes. Pour modérer les ardeurs des zélotes en croisade, réponds leur « je crois que nous ne devrions rien faire » et observe la joute oratoire qui s’en suivra ; tu en apprendras beaucoup sur les motivations desdits zélotes.

4. Le changement social ne dépend pas de ton adhésion à un ensemble de «consciences». Ne te sens jamais liée par des orthodoxies et ne demande pas aux autres de le faire. Surtout, n’oublie pas que la simple appartenance à un groupe opprimé ou l’expérience de l’oppression ne donne à personne l’autorité morale de t’obliger à faire quelque chose dont tu n’as pas envie.

5. Tous les groupes ne survivent que grâce au travail d’un ou de deux individus, alors quelle que soit ton implication, tu en feras toujours plus que la plupart des militants. N’écoute jamais ceux et celles qui veulent te culpabiliser pour t’obliger à donner plus que tu ne veux en donner.

6. Parle toujours en ton nom propre et jamais au nom du groupe. Si tu sens que tu ne peux plus dire quoi que ce soit sans avoir la caution du groupe, il est probablement temps pour toi de le quitter. Et souviens-toi que du rôle de modeste porte-parole à celui de Leader Suprême, il n’y a qu’un tout petit pas que certain.e.s franchissent allègrement, sans même s’en rendre compte.

7. Les groupes militants, s’ils se positionnent en opposition avec la société capitaliste et patriarcale en font quand même intégralement partie. Cela veut dire qu’il est fort probable que tu y sois exposée à du racisme, du classisme, du capacitisme, du sexisme et tout le bazar. Pire : tu n’y seras pas à l’abri des agressions sexuelles et du viol – même dans les groupes non-mixtes. Ne surestime jamais tes camarades et reste constamment sur tes gardes. Et ne prends jamais le parti d’un agresseur au nom de la cohésion et de la survie du groupe.

8. Essaie de t’engager pour le long terme à un niveau d’intensité faible. L’enthousiasme précoce se dissipe toujours avec le constat brutal que tout ce qui est fait est reçu dans l’indifférence générale.

9. Essaie de garder en tête que les militants ne font jamais la révolution. L’incapacité des révolutionnaires à maintenir leurs principes lorsque la situation révolutionnaire se présente est structurelle et non une question d’hypocrisie individuelle. Garder ce fait en mémoire t’épargnera bien des déceptions.

10. Rappelle-toi aussi que l’expérience historique nous apprend que la révolution supprime les révolutionnaires au lieu de les canoniser. Il n’y a aucune gloire personnelle présente ou future à tirer du militantisme – même auprès de ses alliées et amies.

11. Reste critique envers toutes les cliques. Si tu participes à une manif et que tu constates qu’autour de toi tout le monde est habillé de la même façon et que tous ont le même âge, il y a certainement quelque chose qui cloche ; c’est un indice qu’il y a des programmes cachés et des petits empires personnels qui se sont créés.

12. Intéresse-toi au passé d’un groupe militant avant de t’y joindre. Quand a-t-il été créé ? Les groupes ne devraient exister que pour atteindre un objectif clair, déclaré et à court terme. Tous les groupes qui existent depuis plus de cinq ans ont perdu leur utilité ; leur principale raison d’être devient ensuite de maintenir coûte que coûte leur existence.

13. Il existe une tendance cyclique dans les organisations militantes à favoriser les grands événements anticapitalistes. Essaie d’y résister, réfléchis à la raison pour laquelle le groupe dans lequel tu fais partie aime tant le spectaculaire, puis pense à ce qui va se produire le lendemain du 1er mai, du 8 mars ou du 15 mars.

14. Lorsqu’un militant te fait une déclaration, demande-toi : Qui est-ce qui me parle? Qu’est-ce qu’il veut vraiment dire? Et surtout : Qu’est-ce qu’il me veut? Qu’est-ce qu’il s’attend de moi?

15. Plusieurs militants et militantes ont de bons emplois et viennent de milieux aisés. Certain.e.s en ont honte et vont te mentir à ce sujet, adopter un langage populaire et franchement, ça m’a toujours semblé risible. Ce qui l’est moins, c’est qu’illes vont souvent utiliser leur appartenance fantasmée au mythique prolétariat pour te culpabiliser et t’inciter à faire des choses qu’autrement tu n’aurais pas faites. Toujours est-il qu’illes ont un filet de sécurité – alors pourquoi pas toi ? Je sais que je me répète, mais ne sacrifie et ne donne jamais plus ce que tu es prête à donner et à sacrifier.

16. Ne te soucie pas de pureté idéologique, ça n’existe pas. Si une idée ou une action te convient, si ça correspond à tes convictions, si tu penses que ça aura un impact positif sur ta vie, n’hésite pas à participer comme bon te semble en tant qu’individu à n’importe quel groupe ou institution réformiste, voire même une organisation de charité – à condition de ne pas y attacher une importance démesurée. Reste consciente que l’oppression que tu subis restera pour l’essentiel inchangée. Et reste consciente que tout ce que j’ai dit au sujet des groupes révolutionnaires s’applique aussi à ces organisations.

17. Nul besoin de partir à la recherche des événements ou même de tenter de les déclencher; ils te trouveront à coup sûr. En gardant cette idée en tête, tu seras dans un état de disponibilité physique et mentale qui te donnera la capacité d’agir d’une manière qui permettra aux personnes autour de toi d’apprendre par ton exemple la solidarité, la nature oppressive des institutions sociales, le besoin de lutter pour sa propre cause et ainsi de suite.

Voilà, c’est tout ce que j’avais à te dire. Comme tu l’as constaté, ce sont surtout des conseils de préservation de soi. Ce n’est pas un hasard, parce que je tiens à toi et que je veux que tu sois apte, le moment venu, à jouer le rôle qui est véritablement le tien – et là, c’est l’anarchiste individualiste qui te parle, désolée :

Sois consciente que tu es en quelque sorte une agente du futur. Ta priorité doit toujours être de vivre du mieux que tu peux, avec les circonstances dans lesquelles tu te trouves et qui te sont imposées. Peut-être que ton engagement militant ne t’offrira jamais la possibilité de parler véritablement de ce qui te tient à cœur aux gens qui ne font pas partie du carré restreint de celles et ceux qui pensent déjà comme toi. Peut-être que tu te heurteras continuellement à un mur d’indifférence, voire d’hostilité, mais cela n’a vraiment pas d’importance. Lorsque la situation se présentera – et elle va se présenter, parce que les choses telles qu’elles le sont ne pourront pas continuer longtemps – tu seras en mesure de tout dire, car c’est précisément ton rôle de porter la vérité sur les dispositifs du pouvoir. C’est ton rôle et celui de personne d’autre. Tout le temps que tu passeras d’ici là te semblera vain et dérisoire, mais ça vaudra le coup. Un jour, tu feras quelque chose de vraiment important ; tu n’as pour l’instant aucune idée de ce que c’est – et moi non plus –, mais ce sera important, je te l’assure.

Je te fais la bise et te souhaites de voler très haut, avec des ailes autant que possible exemptes de meurtrissures.

Anne

 

Catégories :Montée de lait

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Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

Les villes retenues pour les nouvelles prisons

Publié le 2018-10-12 07:55:05

Après l’annonce du plan pénitentiaire le 12 septembre dernier en conseil des ministres, les arbitrages sur les villes retenues pour la construction de nouvelles prisons viennent de tomber. Le futur programme immobilier a ainsi été présenté aux syndicats de matons le 8 octobre en avant-première par Stéphane Bredin, directeur de l’administration pénitentiaire, et confirmés le 9 octobre en interne par le ministère de la Justice : 7000 places supplémentaires de prison doivent être livrées d’ici 2022 (« plan 2018-2022 ») et 8000 autres sont projetées d’ici 2027 dans un « plan 2022-2027 ». On en trouvera la liste ci-dessous.

Une annonce globale sur les villes choisies sera faite aux médias dans les prochains jours, entre nouvelles constructions, mais aussi rénovations et augmentation de places dans les taules existantes. Autant d’occasions supplémentaires pour s’en prendre à la machine à enfermer (cabinets d’architectes, entreprises de BTP et d’ingénierie, fournisseurs, politiciens, journalistes et syndicats qui en défendent la nécessité).

Pour rappel, au terme de partenariats public-privé (PPP) les groupes suivants conçoivent, possèdent et/ou gèrent déjà de nombreuses prisons depuis une dizaine d’années : Bouygues (Nantes, Réau-Melun, Annoeullin-Lille, Le Havre, Poitiers-Vivonne, Le Mans-Coulaines), Eiffage (Béziers, Roanne, Nancy-Maxéville, Lyon-Corbas) et Spie Batignolles (Valence, Beauvais, Riom). Quant aux deux derniers gros groupes de BTP, ils ne sont pas en reste, puisque c’est Vinci qui s’est occupé de reconstruire La Santé à Paris (réouverture le 7 janvier 2019) et du chantier des Baumettes-2, tandis que c’est Léon-Grosse qui va construire la nouvelle prison alsacienne de Lutterbach. Si les nouvelles taules ne seront plus construites en PPP mais en ayant recours à des « contrats de conception-réalisation« , ce sont ces mêmes entreprises qui continueront à s’enrichir sur l’enfermement, au même titre que les fournisseurs Sodexo (en contrat avec 34 prisons françaises plus 60 autres dans le monde) ou Gepsa, filiale d’Engie (ex GDF-Suez), présente dans seize prisons et bon nombre de centres de rétention pour sans-papiers.

Voici donc la liste des Maisons d’Arrêt que l’Etat prévoit finalement de construire avec son « plan 2018-2022 », plus les annonces complémentaires de sites officiellement abandonnés. D’autres types de prisons doivent encore venir la compléter, notamment les prisons-SAS (structure d’accompagnement vers la sortie) ou les prisons entièrement dédiées au travail (dites insertion/formation).

Que chacun exprime à sa manière ce qu’il pense de ces chantiers programmés,
Feu à toutes les prisons,
Liberté pour toutes et tous…

Nouvelles prisons (Maisons d’Arrêt, MA) programmées :

* Début de chantier en octobre 2018
Lutterbach (Alsace, 520 places, en remplacement des taules de Colmar et Mulhouse). Responsables : SCAU architecture, Constructeur Léon Grosse, Bureaux d’études : Beteg/BG Ingénieurs-conseils/EODD ingénieurs-conseils, Assistant à maîtrise d’ouvrage : Groupement Voxoa (mandataire)/Ixans, Carig/Archambault conseil/BETR

* Début du chantier en 2019
Caen (sur la commune d’Ifs, 282 places, en remplacement de l’actuelle MA), Avignon (400), Melun (700), Tremblay en France (700), Toulouse-Muret (600) + Angers, où la MA sera fermée pour être transférée sur le site de la Bodinière, à Trélazé (choix de l’architecte en 2019).
+ un CP (centre pénitentiaire) de 500 places en Guyane

* Début du chantier en 2020
Nice (650 places), Val de Marne (700 places), Alès (500), Var (600)

* Début du chantier en 2021
Rennes (a priori sur la commune de Liffré, 450 places), Val d’Oise (600), Strasbourg-Illkirch (500), Perpignan (500)

* Rénovation/agrandissement/extension (liste non complète. A noter qu’à l’exception des prisons de Colmar, Mulhouse, Caen et Angers, aucune autre ne fermera comme annoncé dans le plan-prison de 2017.)

Coutances et Cherbourg (Manche), Nîmes (agrandie de 120 places), La Talaudière (Loire), Gradignan (Gironde, démolition/reconstruction, début des travaux en 2019, 600 places), Lille-Loos (démolition/reconstruction, début des travaux en 2018, 840 places),…

Et sont annulés les projets de 2017 annoncés sous le précédent gouvernement (plan Urvoas) :
Ajaccio, Nantes-Bouguenais, Lure (Meuse), Dommartin-lès-Toul (Meurthe&Moselle), Saint-Bonnet-les-Oules (Loire), La Roche-sur-Yon ou Fontenay-le-Comte (Vendée), Vannes (Morbihan), Donchery (Ardennes), Saint-Lô ou Cherbourg (Manche), Saint-Laurent-Blangy (Pas de Calais),…

Besançon, France : Virée incendiaire contre Enedis, Engie et les journaflics – 12 octobre 2018

Publié le 2018-10-13 08:01:03

Dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 octobre à Besançon (Doubs), plusieurs véhicules ont été incendiés dans divers quartiers. Au total, huit véhicules ont été détruits par les flammes entre 3h et 5h du matin.

Mais la petite particularité de ces feux nocturnes, c’est que ce sont avant tout des véhicules d’entreprises néfastes pour nos vies, des rouages indispensables pour faire tourner ce monde de merde qui sont partis en fumée: un véhicule d’Engie rue Pierre Leroy, deux d’Enedis (un véhicule utilitaire et un camion) avenue du Commandant Marceau et une voiture de l’Est Républicain rue du Tunnel.

Engie est un célèbre collaborateur au système carcéral. L’entreprise énergétique s’investit depuis plusieurs années dans de nombreuses prisons et centres de rétention. C’est une cible de choix pour quiconque veut combattre l’enfermement d’individus, avec ou sans-papiers. Par ailleurs, sa filiale Inéo « a été choisie pour la mise au point de la plate-forme Big Data de Marseille », comme le mentionne le communiqué d’une attaque incendiaire d’un de ses véhicules mi-juillet.

Concernant Enedis, elle est la pièce-maîtresse du projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure et de cette société nucléaire. Elle est responsable du flicage des gens à travers la pose des compteurs Linky. En somme, Enedis n’est rien d’autre que le jus de ce monde.

Quant à L’Est Républicain, il est un outil capital pour maintenir l’ordre social en place et les dominant.e.s, déformer ou dissimuler des faits, toujours dans le but de servir les flics et les divers projets du pouvoir.

[Reformulé de la presse locale, 12.10.2018]

 

Montélimar( 26200) aux Catalins Les élèves caillassent les flics le 5 octobre

Publié le 2018-10-13 16:03:03

bonjour,

Vendredi 5 octobre, 2018 Les élèves caillassent les flics

Au lycée des Catalins, Montélimar (26), certain-es enseignant-es n’ont pas
aimé les manières protocolaires de l’ancienne proviseure. En effet,
lorsqu’il s’agissait de discipline, sanctions, punitions etc, elle
rappelait sans cesse aux profs, qu’il fallait respecter les droits des
élèves et des parents. On ne pouvait pas coller un gamin comme avant ou
le faire exclure.
Suite à la découverte de balles réelles dans un atelier et en raison de la
lenteur précautionneuse de la proviseure, il-elles ont fait un tel
ramadan, qu’elle fut obligée de démissionner, chose extrêmement rare dans
l’Éducation nationale. Habituellement, seul le recteur peut virer ou faire
muter un membre de l’administration.
Depuis cette rentrée, donc, le lycée se trouve avec un nouveau proviseur
parachuté d’un bahut voisin.
Il voulait « tourner la page » en serrant les boulons disciplinaires… Et
écoutait un peu trop, ceux et celles qui disaient qu’au lycée, on entrait
et sortait « comme dans un moulin » .
C’est pour cette raison qu’au bout 3 semaines, il décide de fermer le
portail, en le laissant ouvert juste 10 minutes à l’heure pour laisser
entrer et sortir les élèves. Tant pis si les jeunes devaient attendre
presqu’une heure avant de sortir pour fumer une clope ou s’acheter un café
chez la dame qui en vendait dans le parking.
Fidèle aux méthodes antiques, le proviseur a pris cette décision sans
consulter les élèves.
Au bout de quinze jours les jeunes ont craqué.
Le vendredi 5 octobre, ils ont fait un blocus.
Les flics sont arrivés à la hussarde, avec gyrophare et tambour battant.
Lors d’un contrôle d’identité d’un élève motard, ils ont matraqué et gazés
les trop curieux. Un élève fut amené à l’infirmerie.
Les jeunes, furieux, ont répondu en caillassant les flics. Un élève a
craché dans la figure du proviseur.
C’était une belle leçon pour la nouvelle équipe administrative. Dès lundi
matin, les élèves étaient contents de voir que de nouveau, leur portail
était ouvert comme ils disaient « H24 ».

[reçu par mail]

 

Un pognon de dingue ? transparence, enfarinage et indécence municipale à nantes

Publié le 2018-10-13 22:35:05

Deux jours après l’attentat abject, le lundi 8 septembre, Ouest-France publiait un article sur l’action municipale en faveur des personnes en exil à Nantes en arborant un titre sans équivoque : Migrants à Nantes, la facture s’élève à 4 millions d’euros. Après un week-end difficile pour la mairesse, l’heure était à la transparence et à l’argumentation comptable pour défendre la politique d’accueil des étrangers dans la cité des ducs. La tête encore enfarinée, l’édile fait la démonstration d’une politique volontariste de la ville de Nantes en matière d’accueil des personnes en exil. Une démonstration comptable qui intervient après l’expulsion de l’ancien EHPAD et de la fermeture du jardin des Fonderies, dont le but, tout aussi volontariste, est d’éliminer la présence d’« indésirables » sur l’espace urbain. Cette logique nauséabonde méritait bien quelques grammes de farine. Pourtant, perçu comme un acte de violence ignoble, de nombreuses personnes ont commentées avec hargne leur rejet d’une telle action. Voici le cynisme de notre époque! Alors qu’un cycle de répression s’étend partout en Europe contre les mouvements solidaires avec les exilé.e.s, les sanglots les plus audibles sont ceux qui dénoncent un enfarinage. Voici comment les pouvoirs locaux reconfigurent les mouvements sociaux et arrivent à nous laisser penser que des personnes ayant participé aux mouvements solidaires sont plus violentes que celles qui chassent les « vies nues » de nos espaces urbains, au loin des regards. Cet article souhaite mettre en avant le véritable enfarinage qui est de laisser penser que la politique municipale est à la hauteur des défis des villes face à l’urgence de la question migratoire et que cette politique doit se penser comme une opération comptable. 

Crise migratoire pour taire les égarements des politiques d’hostilité

Le premier écran de fumée qui peine à se dissiper est la thématique d’une « crise des migrant.e.s ». Ce thème est un poncif largement utilisé par les politiques publiques afin d’insinuer que nous connaitrions aujourd’hui un afflux hors-norme de personnes en exil et que cet afflux submergerait les villes. Parler de crise de migrant.e.s, outre la tentation bien connue aujourd’hui de gouverner par la crise, détourne la question politique des mobilités internationales pour une question gestionnaire d’une urgence construite.

Si les chiffres de l’asile (OFPRA et Eurostat) montre bien une augmentation des demandes d’asile en 2015 (60 000 demandes, soit une augmentation de 24%), il faut comprendre que ce niveau demeure proche, voir inférieur, du nombre de demandes enregistrées dans le début des années 1990. De même, si nous restons sur une logique du chiffre,  en comparaison avec les flux démographiques de touristes, le nombre de personne en exil semble bien ridicule compte tenu des 83 millions de personnes venus en France en 2016. La vague submersive semble bien plus explicite que la poignée d’hommes, de femmes et d’enfants qui cherchent refuge face à l’accroissement des conflits dans le monde et à la prédation économique dans de nombreux pays du globe. Une situation migratoire qui n’a donc rien d’exceptionnelle, sinon l’absence de prise en charge minimale ayant pour effet d’augmenter le nombre de personnes à la rue et donc, fatalement, de visibiliser l’occupation d’espaces précaires de la ville par des populations que les politiques publiques catégorisent d’indésirables. 

Pourtant, cette idée reste largement véhiculée pour justifier les politiques publiques de contrôles, d’encampement et de déportation, et il fallait bien ça pour qu’apparaissent soutenables des méthodes coloniales de mises à l’écart en Europe (comme pour la crise financière pour les politiques d’austérité et la crise terroriste pour la suspension des libertés publiques, habile! ).  Il n’est d’ailleurs jamais inutile de rappeler que la politique européenne d’externalisation des frontières (notamment avec le traité UE-Turquie, puis UE-Libye) a permis une baisse de 5% du nombre d’entrées sur le territoire européen. L’autoritarisme de l’un et les pratiques esclavagistes de l’autre, n’émeuvent évidemment pas nos élu.e.s qui promeuvent cette externalisation pour nous protéger d’une crise qui n’existe pas. Et à quel prix? Les politiques d’encampement, de militarisation des contrôles frontaliers et le développement du laisser mourir aux frontières, démontrent bien que le pic du nombre d’arrivées de 2015 (environ 1 million) a été rapidement contenu par la mise en œuvre de ces politiques sécuritaires inédites depuis la seconde guerre mondiale. Cette soit disant vague a donc été maitrisée, en toute conscience des effets humains et du nombre de morts qui en découlent.

Enfin, cette question est évidemment à mettre en lien avec la situation de détresse sociale dans laquelle (sur)vivent les exilé.e.s aujourd’hui en France. Alors qu’elle n’accueille qu’une infime partie du nombre de personnes en exil en Europe ( 66 000 en 2016), soit deux fois moins que l’Italie ( 122 960) et onze fois moins que l’Allemagne (745 150), l’extrême précarité imposée aux personnes en exil en France génère une occupation manifeste de l’espace urbain et le développement de disettes et de nombreuses problématiques sanitaires d’un autre âge. Méfions nous toujours de gen.te.s qui nous parlent de crise migratoire quand la véritable crise est une crise politique, une crise provoquée par l’emprise gestionnaire sur les corps qui passent les frontières et que les dispositifs juridico-administratifs catégorisent comme indésirables.

Demander l’asile sans un refuge et les logiques de filtrages des dispositifs d’accueil des demandeurs d’asile

Cette prétendue crise a pour effet de naturaliser, ou pour le dire autrement, de rendre exogènes les raisons des situations dramatiques que vivent les populations en exil dans les villes européennes. Or il est essentiel de prendre en compte deux éléments structurants des politiques publiques de contrôle des frontières qui produisent ces mécanismes d’exclusion et d’orientation sécuritaire. Tout d’abord la question de l’accueil des personnes extra-européennes est aujourd’hui uniquement envisagée à partir du cadre de l’asile. Lorsque des personnes, majoritairement issues des anciens territoires coloniaux, empruntent les mêmes routes internationales que par la passé entre la métropole et la colonie, elles ne peuvent espérer séjourner qu’à travers la logique de l’asile. Outre évidemment l’inadaptation de la convention de Genève pour les situations contemporaines, cette logique en dit long sur les relations actuelles qu’entretiennent les nations européennes avec leurs anciennes colonies. Ainsi la présence de Camerounais.e.s, de pakistanais.e.s, d’Afghan.e.s en Europe n’est tolérée qu’enrôlée dans la posture de l’indigent, celui ou celle qui se soumet aux règles de la procédure d’asile et qui devient par le fait apatride, superflu.e. Pour le dire schématiquement la présence d’une personne venue d’un pays africain ou d’une ancienne colonie n’est envisagée qu’à travers son « droit au séjour ».

Dans ces conditions nous apercevons alors sans mal un continuum dans la hiérarchisation sociale propre aux mondes coloniaux. Une catégorisation qui fait qu’une personne venue d’un des pays d’Afrique, notamment, restera toujours attachée aux représentations véhiculées par des impensés coloniaux qui structurent encore notre monde social. Un exemple récent est particulièrement marquant, celui de l’enseignant-chercheur en Droit de l’université de Dakar, Karamoko Kallouga Demba, qui s’est retrouvé en camp de rétention à Roissy alors qu’il présentait des papiers en règles  (visa, au moins 3500€ sur son compte bancaire et des billets aller-retour). Pourtant malgré l’apparente légalité de sa démarche, il demeure aux yeux des forces de l’ordre, et donc a fortiori des institutions qui soutiennent sans mesure la police, un étranger, pas forcément d’ailleurs un Sénégalais en particulier, mais davantage un migrant, un africain, une identité globale, biopolitique qui dépasse son propre corps, sa propre expérience sociale. Cette assignation identitaire est ici cumulée avec le mépris habituel que les européennes entretiennent avec le savoir non-européen et particulièrement celui qui pourrait se réclamer aujourd’hui d’une pensée africaine. Une personne noire qui se dit chercheuse est alors considérée de manière forcément suspecte, tout comme une personne racisée en France ne peut porter un discours sur des questions de société qui le toucheraient directement sans être pointé comme un fieffée communautariste (les dénonciations du Black Face, Médine au bataclan, Black M à Verdun). 

Ensuite, le deuxième aspect est lui matériel; à savoir que la question de l’hébergement des demandeurs d’asile dépend de l’enregistrement de la procédure, gérée par l’autorité préfectorale. Le processus de demande est aujourd’hui majoritairement délégué à des guichets associatifs externalisant la demande d’asile et rallongeant à presque 6 mois l’obtention du statut du demandeur d’asile (et non pas l’asile lui même). Sur l’espace vécu de la migration, au cœur des villes, cela se matérialise par l’absence de dispositifs d’accueil inconditionnel des personnes à la rue. Même les autres institutions, notamment les municipalités, qui pourraient évidemment s’imposer comme des acteurs essentiels de l’accueil des étrangers, préfèrent se caler sur les désidératas des préfectures et indexer le droit au logement à la situation administrative. La logique d’accueil inconditionnel est uniquement appliquée par des techniques de dispersions propres aux évacuations d’espaces de vie informels. La transformation de gymnases en camps humanitaires, avec toutes les limites qui ont déjà été largement documentées, marque bien cette logique de l’urgence choisie. Plutôt que de prendre en compte l’existence de plusieurs dizaines de bâtiments publics vides et la possibilité de proposer une politique d’accueil inconditionnel assumée (en s’appuyant sur une force associative qui existe déjà), la villes de Nantes, comme Paris avant elle, favorise des cycles de crises du non-accueil. Évacuer plutôt que d’accueillir, mettre à l’abri davantage qu’héberger. Ceci n’est pas la mise en œuvre d’une solution politique, mais maintenir une situation inepte en scandant des principes « d’humanité » cosmétique. Le seul modèle valable et opérant connu a été mis en œuvre à Riace, par le maire Domenico Lucano, qui est aujourd’hui en prison. Tant que ce modèle ne s’imposera pas à Nantes, il faudra du CRAN

Déni et violences institutionnelles à Nantes et ailleurs.

C’est dans cette perspective que se montent et se démontent depuis près de dix ans des habitats informels, des auto-campements, des squats, des bidonvilles, qui émergent comme un esquive à une politique gestionnaire dysfonctionnelle. L’attente et la précarité qu’elle orchestre entraine une occupation des espaces urbains, espaces autres, hors-lieux que la nécessité détourne de l’usage ordinaire. Sous les métros aériens, sur les landes ou dans les squares, les indésirables attendent le traitement de leur dossier aux marges de la ville ordinaire. Alors qu’une politique de bon sens chercherait la cause première de cette urgence, le mythe de la crise des migrant.e.s légitime le recours à l’expulsion et aux dispositifs de « prévention situationnelle ». Cette théorie criminologique est au cœur de nombreuses logiques de contrôle des populations par l’espace employées par la ville, et largement usitée avec les nombreuses caméras de surveillance sur l’espace public. Une dynamique pensée comme une prévention d’un passage à l’acte, d’un délit qui ne trouverait son origine non pas dans des causes structurelles mais comme le fruit d’une occasion favorable. Comme si l’autre, l’étrangers, le migrant pouvait être soluble dans l’expulsion. Ne pouvant détruire les corps, les institutions les évacuent, les harcèlent, les dispersent. Alors ces outils privilégiés en disent long sur le déni institutionnel que porte les municipalités et les acteurs publics. Déni qui tend à minimiser les raisons premières de la situation migratoire des villes (crises des politiques gestionnaires, relation coloniale à l’altérité extra-européenne) pour se complaire dans une logique sécuritaire, que la crise mythifiée légitime. Car c’est bien la logique de filtrage des demandes d’asile et des hébergements qui provoquent l’occupation d’espaces précaires de la ville.

Depuis deux semaines les pouvoirs publics se lancent dans la traque des habitats précaires et des militants solidaires. En Belgique des hébergeurs solidaires sont interpellé.e.s et inquiété.e.s par la justice, en Italie le maire iconique de Riace est arrêté, en mer l’Aquarius est privé de ports d’accueils et de pavillon. En France le conseil départemental du Vaucluse traduit en justice une militante de RESF qui a inscrit des jeunes exilés de la rue à l’école et partout se multiplient les expulsions d’habitats informels. A Nantes, l’ancien EPHAD est expulsé et avec à la clef des interpellations et une mise au Camps de Rétention Administrative. Les squats ouverts s’expulsent à tour de bras avec des interpellations presque systématiques et l’intervention conjointe de la Police Aux Frontières. Des militant.e.s sont également inquiété.e.s et connaissent une répression sans précédent. C’est dans ce contexte que la maire de Nantes vient nous présenter la facture de son action politique. Une indécence sans-nom. A Nantes ce sont des résident.e.s qui développent des solutions d’urgence en réponse aux politiques publiques d’hostilité. L’autre Cantine propose depuis le début de l’été un nombre de repas gigantesque, tous les jours, pour les personnes à la rue. Des collectifs d’hébergeurs parviennent à offrir le temps d’un répit un toit et un peu de stabilité à des centaines de personnes qui se retrouvent à la rue, des associations, des écoles populaires, œuvrent pour donner un accès à l’école ou du moins pour un partage du savoir et un accès aux loisirs pour des jeunes laissés de côtés. Face aux maillages sécuritaires de cette hostilité publique, les logiques d’hospitalités militantes permettent de limiter la situation dramatique qui se trame actuellement.

Et pourtant Johanna Rolland qui se veut transparente présente sa facture. Le prix de 4 ans d’actions politiques municipales, qui démarraient en mai 2014 avec l’expulsion du Radison Noir, puis de l’ancien bâtiment des Restos du cœur situé rue des Stocks ou encore les expulsions à répétitions depuis l’automne 2017. Cette facture est celle du choix politique du PS local, celui de s’aligner sur les logiques préfectorales plutôt que de décloisonner les questions de statuts administratifs à celui du droit à un hébergement. Dans cette perspective quelques grammes de farine sur l’édile semblent bien vains face aux effets néfastes de sa politique locale du non-accueil. « Français, étrangers : tous nantais », ce vieil adage de la ville de Nantes est l’étendard de son déni institutionnel qui utilise la raison humanitaire comme façade compassionnelle des logiques répressives. Car s’il existe bien actuellement une véritable urgence, c’est celle de dénoncer les logiques sécuritaires misent en œuvre dans les villes face à la situation des personnes en exil, de sortir du mythe de « l’urgence humanitaire », pourtant largement repris même dans les médias révoltés de gauche et de construire une véritable force politique locale.

L’exil est une lutte, une lutte qui ne s’amarre pas uniquement à la question de l’asile, mais qui doit trouver son sens dans une réflexion plus générale de la construction d’une altérité repoussoir, une altérité biopolitique héritière d’un passé colonial qui ne passe pas.

JL

Urbis et orbi

Publié le 2018-10-14 20:13:05

La promotion du beton est une pauvre gloire, on en retiendra les bouchons interminables et les ruines d’une Tour Occitanie qui tenta de s’ériger malgré une contestation obstinée.
Moudenc et sa clique vouaient la ville aux promoteurs et aux chantiers en tous genres pour faire entrer la ville de Toulouse dans la concurrence impitoyable des métropoles à grosses couilles. A qui la plus grande dalle, à qui la tour la plus phallique. A force de noyer la crise et son désespoir dans les bétonnières, les chantiers se multipliaient. Quartiers résidentiels, ramblas de mauvais goût et centres d’affaires servaient de pretexte aux expulsions de quartiers entiers et aux destructions massives.



Contre ce sens désuet d’une esthétique industrielle, contre la finance, ses cadres et ses conséquences, face à l’affront infantilisant des consultations publiques où tout est déjà décidé : tous les coups sont permis. Revoyons à la hausse le prix de leurs chantiers et du projet TESO.
Cueillons les occasions à mesure que les chantiers fleurissent.
Du ravalement de facades à la mobilisation des masses, faisons des longues nuits d’hiver à venir le gel des projets TESO et cie.
Echauffons nous, un petit mot a été tracé à l’huile de vidange sur toute la facade d’un bloc résidentiel en construction du promoteur Urbis, situé dans le quartier Lapujade.

des cousines est-allemandes

L’Écharde… occupe montreuil.

Publié le 2018-10-14 21:04:03

Lundi 1er octobre, alors que des artistes du Jardin d’Alice allaient sagement rendre les clefs du bâtiment, 19 rue Garibaldi à Montreuil, une trentaine de personnes sont venues perturber leur plan en occupant le lieu. Après 3 ans de gardiennage, cet endroit devait être rendu au géant de l’immobilier Nexity qui gère le bâtiment pour le compte de l’EPFIF (Établissement Public Foncier de la région Ile-de-France). Alors que l’État tente de vider de leur sens les luttes de mal-logé.e.s en faisant signer des conventions d’occupation précaire, des artistes aux zadistes, alors que les maires de gauche font miroiter des réquisitions pour grappiller quelques bulletins de vote, nous, comme d’autres, on squatte. Avec l’arrivée du métro à la Boissière, la rénovation du Bas-Montreuil et plus généralement le projet d’intégration de la ville au Grand Paris, les galérien.ne.s sont relégué.e.s en lointaine banlieue. En arrachant par nous-mêmes des espaces de vie, on n’entend pas pallier aux carences de l’Etat mais être offensif.ves à son encontre !

En plus d’être habité, l’Écharde se veut être un espace d’auto-organisation et d’activités politiques. De petites envies circulent déjà, articulant différentes luttes, notamment autour du logement, contre les frontières, la taule, et toutes les formes d’enfermement. D’autres perspectives pourront naitre de rencontres dans le lieu comme ailleurs dans la rue, en manif, sur des occups de facs ou sur des blocages économiques… On aimerait que cet endroit fasse résonner les luttes qui existent déjà et puisse être un espace d’élaboration pour attaquer ce qui nous opprime. Bref, que vivent la lutte et la liberté !

Fins et moyens sont liés. Ce lieu est anti-autoritaire, donc anticapitaliste, un espace non-marchand, et contre toutes les formes de domination. Sans partis ni syndicats, nous souhaitons mettre en place nos propres moyens d’organisation et de diffusion. Parce que nous savons que chacun.e d’entre nous peut reproduire des rapports de pouvoir, nous serons attentifs-ves aux comportements oppressifs qu’on peut véhiculer, en les prenant en main sans les déléguer aux institutions.

Sur ces bases, l’Écharde a vocation à accueillir discussions, réunions, projections, cantines, activités régulières ou ponctuelles et autres évènements politiques. Vous pouvez venir proposer une initiative chaque dimanche à 17h, lors de l’assemblée publique d’organisation des espaces collectifs. La première sera le dimanche 21 octobre.

On vous invite le Samedi 20 octobre à 18h, place de la fraternité à Montreuil, pour un rassemblement puis une déambulation jusqu’à l’Écharde où aura lieu une cantine, à partir de 20h.