Vive l'Anarchie - Semaine 41, 2022

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Révolte en Iran

Publié le 2022-10-10 07:30:02

8 octobre 2022
Par Marseille Infos Autonomes (source)
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Texte initialement publié sur le site crimethinc.org

Le 16 septembre 2022, la police des mœurs de Téhéran a assassiné une femme de 22 ans ; soi-disant car elle ne portait pas le hijab comme l’exige la politique de l’État iranien. En réponse, des Iranien.ne.s descendent dans la rue depuis près de deux semaines affrontant la police et ouvrant des espaces ingouvernables de liberté. Pour beaucoup en Iran, il semble qu’un processus révolutionnaire soit en cours.

En collaboration avec le Collectif 98, un groupe anticapitaliste et antiautoritaire couvrant les luttes en Iran, nous avons pu interviewer des féministes iraniennes et kurdes sur la situation. Le collectif 98 tire son nom de « Aban » 98, le soulèvement qui s’est propagé à travers l’Iran en novembre 2019, l’année 1398 selon le calendrier iranien. Dans le texte qui suit, ils explorent la signification historique de cette vague de révolte et les forces qui l’ont déclenchées.

La femme dont la mort a déclenché ce mouvement est plus connue sous le nom de Mahsa Amini, grâce aux reportages et aux hashtags des réseaux sociaux. Pourtant, son nom kurde est Jina ; c’est le nom sous lequel elle est connue de sa famille, de ses amis et de tout le Kurdistan d’Iran. Les Kurdes d’Iran, étant une minorité ethnique, choisissent souvent un « deuxième nom » persan pour dissimuler leur identité kurde. En kurde, Jina signifie la vie, une conception politique apparue dans ce slogan que les femmes kurdes ont popularisé au sein des régions kurdes de Turquie et du Rojava depuis 2013 et devenu le refrain central de ce cycle de luttes : Jin, Jian, Azadi [“ les femmes, la vie, la liberté »].

De la révolte en Iran aux manifestations anti-guerre en Russie, de la défense d’Exarchia aux débrayages étudiants protestant contre les politiques anti-trans aux États-Unis, résister au patriarcat est fondamental pour affronter le capitalisme et l’État. Une victoire en Iran galvaniserait une foule de luttes similaires ailleurs dans le monde.

Pour suivre les développements en Iran, nous recommandons SarKhatism et Blackfishvoice sur Telegram (tous deux en farsi) et les sites Web du Slingers Collective et du Kurdistan Human Rights Network(tous deux en anglais).



Jina signifie la vie : Jina Mahsa Amini

« Le début de la fin » est l’expression utilisée dans un communiqué publié le 25 septembre 2022 par « The Teachers Who Seek Justice » sur le cycle actuel de luttes en Iran, une semaine après l’assassinat de Mahsa/Jina Amini. Cette phrase saisit les enjeux de ce moment historique. Cela implique que les prolétaires de la rue, en particulier les femmes et les minorités ethniques, voient la fin des 44 ans de dictature islamique comme très proche. Ils.elles sont entré.e.s dans une phase explicitement révolutionnaire où il n’y a d’autre solution que la révolution.

Le soulèvement de décembre 2017-janvier 2018 a représenté un moment décisif dans l’histoire de la République islamique, lorsque des millions de prolétaires à travers le pays dans plus de 100 villes se sont rebellé.e.s contre l’oligarchie au pouvoir, disant « assez ! » à une vie gouvernée par la misère, la précarité, la dictature, l’autocratie islamiste et une répression autoritaire. C’était la première fois que la société, en particulier les étudiant.e.s gauchistes de Téhéran, exprimaient le rejet du système dans son ensemble : « Réformistes, radicaux (du régime), la partie est terminée. »

Depuis cinq ans le pays est en feu. On pourrait dire qu’il brûle des deux côtés : entre émeutes nationales chroniques et luttes organisées impliquant enseignant.e.s, étudiant.e.s, infirmières, retraité.e.s, travailleur.se.s et autres secteurs de la société.

 [1]

Les enseignant.e.s, pour ne donner qu’un seul exemple, ont mobilisé six manifestations et grèves massives au cours des six derniers mois, chacune se déroulant dans plus de 100 villes. Les leaders et militant.e.s bien connu.e.s de ce mouvement ont été arrêtés et sont aujourd’hui en prison, mais le mouvement des enseignant.e.s continue de se mobiliser.

Ces deux niveaux de lutte – le soulèvement de masse spontané et les formes plus organisées de résistance – sont interdépendants. Chaque cycle de lutte devient plus intense et « militant » que le précédent, et le laps de temps entre ces cycles sont de plus en plus courts.

Néanmoins, la mort de Mahsa/Jina a déclenché quelque chose de qualitativement différent, qui doit être considéré comme une rupture avec la période historique qui a commencé avec le soulèvement de décembre 2017-janvier 2018.



Le précédent cycle de soulèvements a été provoqué pour des raisons explicitement économiques (multiplication par trois des prix du carburant en novembre 2019, par exemple [2]

et dirigé contre la misère généralisée structurellement engendrée par le néolibéralisme autoritaire au cours des 30 dernières années. La crise économique et les inégalités de classe extrêmement dure en Iran ne sont pas simplement le résultat des sanctions américaines – comme le pseudo-anti-impérialiste veut nous le faire croire – ni simplement le résultat des ajustements structurels imposés par le Fonds monétaire international après la guerre Iran-Irak dans les années 1990. Bien qu’il s’agisse de facteurs particulièrement importants, nous ne voyons pas les problèmes sociaux simplement en termes abstraits et “externes”, mais plutôt comme le résultat d’un processus historique plus profond et plus long dans lequel l’oligarchie au pouvoir a dépossédé de nombreuses populations, rendu le travail précaire, a marchandisé différents domaines de la reproduction sociale et brutalement réprimé les syndicats et toute autre forme organisée de faire de la politique. [3]

Nous ne devons pas sous-estimer les effets catastrophiques et destructeurs des sanctions américaines et européennes sur la vie quotidienne des gens dans la conjecture actuelle, et nous ne voulons pas non plus minimiser la pertinence des histoires passées du “semi-colonialisme” en Iran jusqu’à aujourd’hui. Nous ne pouvons pas oublier la participation du Parti travailliste au Royaume-Uni au coup d’État de 1953, organisé par la Central Intelligence Agency, pour renverser le Premier ministre démocratiquement élu, Mohammad Mossadegh, qui s’était fait le champion de la nationalisation de l’industrie pétrolière en Iran. Ce sont précisément des interventions impérialistes comme celle-ci qui ont créé les conditions sociales de la montée des islamistes comme Khomeiny qui ont détourné la révolution progressiste de 1979 et établi une dictature autocratique. [4]

Au contraire, notre position est un rejet politique qui se manifeste par une logique du ni/ni. , critiquant à la fois la République islamique et les États-Unis et leurs alliés. Ce double refus est fondamental pour former de véritables solidarités internationales et pour la cause même de l’internationalisme. [5]

Aujourd’hui, malgré tous les cycles de luttes et les formes d’organisation politique des cinq dernières années, cette fois-ci la situation diffère, car les émeutes sont déclenchées par le meurtre de Jina Amini, une femme d’origine kurde, en raison du port obligatoire du hijab – le pilier de la domination patriarcale dans la République islamique depuis la Révolution de 1979. La dimension ethnique et de genre de ce meurtre d’État a changé la dynamique politique en Iran, donnant lieu à des conséquences sans précédent.



Premièrement, le fait que les manifestations aient commencé au Kurdistan – à Saghez, la ville, où Jina est née et où elle repose à présent – a joué un rôle crucial dans ce qui s’est passé par la suite. Le Kurdistan occupe une position particulière dans l’histoire des mouvements politiques et des luttes sociales contre la République islamique. Au lendemain de la Révolution de 1979, lorsque la majorité des Perses en Iran ont dit « oui » à un référendum sur la création d’une République islamique, le Kurdistan a dit un « non » catégorique (voir cette photo historique). Khomeiny a déclaré la guerre – plus précisément « le Jihad » – au Kurdistan. Ce qui a suivi a été une lutte armée entre le peuple kurde (et les partis de gauche kurdes) et les gardiens de la révolution (c’est-à-dire les forces islamistes ayant prises le pouvoir et détourné la révolution). Car ils.elles voyaient le Kurdistan comme le « dernier bastion » à défendre, de nombreux.ses gauchistes non kurdes ont également rejoint le Kurdistan à l’époque, – la géographie sociale dans laquelle il restait une possibilité de réaliser les idéaux progressistes et gauchistes de la Révolution. Bien qu’il ait été vaincu après presque une décennie de lutte armée et de nombreuses autres formes d’organisation politique, le Kurdistan n’a jamais plié le genou devant la République islamique.

Ainsi, l’un des slogans qui ont émergé après le meurtre de Jina était « Kurdistan, Kurdistan, le cimetière des fascistes ». Immédiatement après l’assassinat de Jina, ce sont des femmes kurdes qui ont commencé à scander “Jin, Jian, Azadi” (Femmes, Vie, Liberté), le célèbre slogan scandé à l’origine par les femmes kurdes en Turquie et plus récemment au Rojava (régions du Nord et du Nord). -parties orientales de la Syrie). En Iran, ce slogan s’est maintenant propagé au-delà du Kurdistan à travers le pays au point que le mouvement actuel, qui est bien une révolution féministe, est connu sous ce nom, « Jin, Jian, Azadi ». [6]

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=WbIQ_vG_X2M&w=560&h=315]

Parmi les trois termes du slogan, le second, Jian [Vie], a des caractéristiques frappantes. Alors que Jin [femmes] fait référence à la libération du genre et Azadi à l’autonomie et à l’auto-gouvernance, Jian, rappelle avant tout le nom de la martyre symbolique du mouvement, Jina Amini (puisqu’en kurde, Jina signifie aussi la vie). Sur la tombe de Jina, sa famille a inscritla phrase suivante : « Chère Jina, tu n’es pas morte, ton nom est devenu le Code ». Elle est devenue le symbole universel de tous les martyrs précédents, signifiant tous les autres Jinas dont la vie est ruinée par la République islamique, à la fois directement et indirectement, à cause de leur sexe, de leur classe, de leur sexualité ou de la destruction de leur environnement écologique.

Il y a une composante existentielle à ce mouvement, qui s’exprime aussi sur Twitter (avec #Mahsa_Amini ou #Jina_Amini) chez les utilisateurs.trices iranien.ne.s qui racontent comment leur vie et celle de leurs ami.e.s et familles ont été gâchées au cours des 44 dernières années – torturées, emprisonnées à la fois par des moyens extra-judiciaires et des procès spectacles. Les vies gachées dans et hors des prisons. Des vies qui n’ont pas été vécu, comme le dit le philosophe allemand Theodor Adorno [Das Leben lebt nicht] [7]. Pourtant, ce rappel mélancolique du passé est tourné vers l’avenir, avec une aspiration à en finir enfin avec une République islamique zombie qui draine nos énergies vitales et nos processus de vie. Il y a un avenir à reconquérir, un avenir dans lequel personne ne sera tué à cause de son sexe ou de ses cheveux, dans lequel personne ne sera torturé et personne ne souffrira de la pauvreté – une société sans classe régie par une véritable et non pas seulement formelle, liberté (bien que tout le monde ne partage pas ce dernier objectif).

Car que signifie la lutte des classes, sinon se réapproprier la vie dans son intégralité en la libérant des manières dont elle a été colonisée par l’accumulation capitaliste et toutes les autres formes de domination qui la soutiennent et la sécurisent ?

La peur de tenir tête à un régime autoritaire monstrueux qui n’affiche aucun principe s’est transformée en son contraire : la rage, le pouvoir et la solidarité. Les classes opprimées n’ont jamais été aussi unies depuis la Révolution de 1979. Les vidéos montrant la sororité entre femmes, unies contre les forces répressives misogynes, ont donné la chair de poule à tous.tes [8].

Les solidarités établies à travers le pays entre le soi-disant « centre » et la « périphérie » ainsi qu’entre les minorités ethniques traditionnellement opposées (Kurdes et Turcs dans la province de l’Azerbaïdjan occidental) sont sans précédent. Le courage et la détermination des jeunes à construire des barricades et à se battre à mains nues ou avec des pavés contre la police sont étonnants et admirables.



La rue Satarkhan dans l’ouest de Téhéran, vers 0 h 15 le premier jour du Mehr (un des mois du calendrier iranien), le 23 septembre 2022.

En tant que classe sociale opprimée, dominée et exploitée au-dessus de tout le monde, les femmes sont en première ligne pour transformer la peur en rage, la subordination en subjectivité collective, la mort en vie. Les manifestantes enlèvent courageusement leur foulard, l’agitent en l’air et le brûlent dans les barricades enflammées érigées pour empêcher la violence policière [9].

Il n’y a rien de plus stimulant que de brûler des foulards en Iran : c’est comme brûler une croix gammée sous le régime d’Hitler en les années 1930. Contrairement aux dires des médias occidentaux, les protestations en Iran ne concernent pas simplement la « police de la moralité » – elles incarnent un rejet des relations sociales, politiques et juridiques structurelles qui reproduisent systématiquement le patriarcat capitaliste combiné aux codes islamistes.

En tant que rapport social, le Hijab désigne un ensemble d’éléments constitutifs de la République islamique. D’abord, vu symboliquement, le Hijab obligatoire représente le régime du patriarcat dans son ensemble. La pratique obligatoire du voile corporel rappelle aux femmes au quotidien qu’elles ont une position inférieure au sein de la société, qu’elles sont le deuxième sexe, que leur corps appartient structurellement à la famille, à leurs frères, pères, partenaires masculins, et bien sûr aux patrons et à l’État. Deuxièmement, le hijab incarne le religieux, l’autorité et le un despotisme capable – ou du moins qui était capable – d’imposer des codes vestimentaires islamiques sur les corps des classes dirigées, en particulier les femmes. Dire non au Hijab signifie défier radicalement l’autorité et la légitimité de la République islamique dans son ensemble. Troisièmement, et d’un point de vue international, le Hijab en tant que « vertu islamique » est également compris par les classes dirigeantes comme le représentant le plus important de « l’anti-impérialisme ». Tout comme Adolf Hitler a systématiquement utilisé la croix gammée pour exprimer idéologiquement la « prospérité » et le « bien-être » d’une société dirigée par le national-socialisme, la République islamique a imposé le hijab aux femmes pour donner l’impression que la société iranienne est constituée par la réalisation de Vertus et idéaux islamiques et donc fondamentalement opposés à l’empire occidental et à ses valeurs morales et normes sociales. Le hijab représenterait ainsi une alternative idéologique et pratique à l’empire.

Au lendemain de la Révolution, le 8 mars 1979, des dizaines de milliers de femmesont défilé dans les rues de Téhéran contre l’imposition du hijab obligatoire, scandant « Soit un foulard, soit une blessure à la tête » et « Nous n’avons pas fait de révolution pour revenir en arrière » – faisant référence à l’aspect réactionnaire du Hijab obligatoire qui vise à « faire reculer » les rouages de l’histoire. À l’époque, les médias islamistes et Khomeiny qualifiaient les féministes et les autres femmes dans la rue de partisanes de l’impérialisme qui souscrivaient à la « culture occidentale ». Tragiquement, personne n’a entendu la voix des femmes ni tenu compte de leurs avertissements, pas même les gauchistes qui, de manière catastrophique, ont accordé une priorité ontologique à la lutte contre l’impérialisme, relativisant et minimisant toutes les autres formes de domination comme “secondaires”. Aujourd’hui, lorsque les femmes brûlent des foulards dans les rues et que toute la société rejette catégoriquement le Hijab obligatoire, cela ébranle toute l’autorité patriarcale et autocratique, ainsi que la légitimité pseudo-anti-impérialiste de la République islamique. Ce sont les piliers du pouvoir de classe en Iran et toute la population les rejette. La république islamique est déjà morte dans l’esprit de son peuple ; maintenant, le peuple doit le tuer en réalité.



Soyons clairs : brûler des écharpes n’est pas un geste de droite orienté vers une islamophobie fasciste. Personne ne conteste la religion de qui que ce soit. Il s’agit plutôt d’un geste proclamant l’émancipation du Hijab obligatoire, qui contrôle le corps des femmes. Le hijab n’a rien à voir avec la “culture des femmes” au Moyen-Orient, comme le sous-entendent certains penseurs postcoloniaux. Dans le contexte de la République islamique, le hijab est une méthode de domination de classe, partie intégrante du patriarcat capitaliste, et doit être critiqué sans compromis.

En tant que rapport social historiquement spécifique, le capitalisme a la capacité d’employer des rapports sociaux « non capitalistes » au service de sa propre accumulation et reproduction. La religion, comme le patriarcat, n’appartient pas au passé ; ce n’est pas un résidu anachronique qui se cache sous la surface de la société moderne sans réalité sociale. Dans une société capitaliste comme l’Iran, la domination de classe dans son ensemble est médiatisée et remodelé par les codes islamiques. Le hijab obligatoire a été un élément crucial du patriarcat de la République islamique qui a marginalisé les femmes et contrôlé systématiquement leur corps. Cela a également conduit à une division au sein de la classe ouvrière au sens large du terme à travers des hiérarchies genrées et une domination interpersonnelle.

Les pseudo-anti-impérialistes qui pensent que les gens dans la rue ne sont que les marionnettes d’Israël, de l’Arabie saoudite et des États-Unis non seulement privent les gens de leur pouvoir et de leur subjectivité d’une manière typiquement orientaliste en présupposant une « essence abstraite » pour une société comme l’Iran, mais ils reproduisent également le discours et la pratique réactionnaires de la République islamique elle-même. Comprendre cela est crucial pour la solidarité internationale avec les femmes en Iran et les classes opprimées plus généralement. De manière frappante, même les femmes musulmanes religieuses qui portent des robes islamiques comme le tchador ont catégoriquement rejeté le hijab obligatoire et soutenu ce mouvement dans les rues et les réseaux sociaux.

Avec des femmes à la pointe des luttes luttant courageusement contre l’appareil répressif de l’État, la République islamique n’est jamais apparue aussi faible. La question n’est pas « que faut-il faire », mais comment l’achever ?



Le Kurdistan a initié les protestations et introduit des slogans féministes et anti-autoritaires. Cela a catalysé les étudiant.e.s – le secteur social qui est toujours à l’avant-garde des événements politiques – dans les universités, en particulier à Téhéran, pour organiser des manifestations et étendre le soulèvement via leurs assemblées et leurs grèves avec occupation. Comme le COVID-19, le soulèvement s’est répandu dans tout le pays lors des deux jours qui ont suivi la mort de Jina ; jusqu’à présent, les classes opprimées ont combattu avec acharnement les forces répressives du régime dans plus de 80 villes à travers le pays.

Parce que nous sommes entrés dans une phase explicitement révolutionnaire, les conflits de rue entre manifestant.e.s d’une part et la police et le Basij (l’organisation de milice du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique) d’autre part sont moins « à sens unique » qu’auparavant. Les gens ont réalisé qu’avec la coopération sociale, la solidarité et la pratique, ils peuvent eux aussi épuiser les forces répressives et finalement les faire taire. Les jeunes en particulier apprennent diverses méthodes d’autodéfense, comme la fabrication d’une « vis à clous artisanale » qui perce le pneu des motos de la police et les empêche de se déplacer librement pour commettre des attentats. Des médecins indépendant.e.s annoncent leurs numéros de téléphone portable sur Internet pour aider ceux.celles qui sont blessé.es lors des manifestations, car se rendre à l’hôpital est souvent dangereux. Il y a aussi des appels pour constituer des « organisations de quartier », des structures locales pour connecter ceux.celles qui vivent dans la même zone.

Étant donné que l’appareil idéologique du gouvernement est devenu dysfonctionnel pour la majeure partie de la société, le principal moyen par lequel la République islamique continue de se reproduire est l’appareil répressif qui, au cours de ce seul soulèvement, a déjà tué 80 personneset arrêté des milliers de manifestants [10].

N’oublions pas que cela s’est produit lors d’une panne d’Internet, une méthode brutale que la République islamique a employée à plusieurs reprises dans le passé, en particulier lors du soulèvement de novembre 2019 – Abaan-e-Khoonin [“Novembre sanglant”] – lorsque “les autorités ont complètement coupé Internet pendant quatre jours consécutifs, transformant le pays en une grande boîte noire, massacrant le peuple en toute impunité. » [11] Jina Amini représente également et rappelle les centaines de martyrs qui ont été assassinés à cette époque [12]. Ceux qui soutiennent la République islamique au motif qu’elle est une force anti-impérialiste dans la géopolitique mondiale, ignorent commodément qu’elle assassine son propre peuple dans les rues, les emprisonne illégalement et les torture pour leur extorquer de faux aveux.

Maintenant, après dix jours, les perspectives de ce cycle de soulèvement de masse spontané dépendent des formes de résistance les plus organisées, en particulier la grève des ouvriers, des enseignants et des étudiants. En Iran, contrairement aux sociétés capitalistes les plus avancées, les syndicats et syndicats ne sont pas intégrés au système capitaliste. Les syndicats ne visent pas simplement à réaliser leurs propres revendications particulières, empêchant ainsi la formation d’un mouvement plus radical. Au contraire, ils recherchent des transformations fondamentales que les classes dirigeantes considèrent comme une menace existentielle. C’est la raison pour laquelle des centaines de syndicalistes et syndiqué.es (enseignant.e.s, étudiant.e.s, ouvrier.e.s, militant.e.s retraité.e.s) sont actuellement en prison, certain.e.s d’entre eux.elles torturé.e.s.

Au cours des quatre derniers jours, de nombreux appels à la « grève générale » ont été lancés par des étudiant.e.s et des enseignant.e.s progressistes, ainsi que par des militant.e.s anonymes qui ont produit des vidéos d’agitation utilisant des chansons révolutionnaires produites au lendemain de la Révolution de 1979. Les travailleur.se.s du pétrole ont également menacé de faire grève si la République islamique continue de réprimer les manifestations dans les rues [13]. Si cela se produit, alors toute la dynamique changera.

Ce qui est certain, c’est que le soulèvement a besoin d’une nouvelle énergie, un événement qui lui permette de perdurer, car il est très difficile de soutenir un tel soulèvement au quotidien sur une longue période. Plus généralement, au-delà des exigences immédiates du présent, le renversement de la République islamique repose beaucoup sur des questions organisationnelles cruciales qui nécessitent non seulement un « intellect collectif », mais aussi du temps pour le mettre en pratique par tâtonnements. Le chaînon manquant est une relation organique entre le soulèvement de masse spontané et d’autres formes organisées de lutte. Cela implique que chaque côté de cette relation s’organise davantage en interne, à travers la formation d’organisations locales à l’échelle nationale et des actions plus coordonnées entre avec les syndicats.

Plus important encore – et c’est crucial pour la solidarité internationale – les tendances radicales au sein du mouvement doivent être promues, tandis que les éléments réactionnaires doivent être critiqués. La révolution que la société recherche n’est pas simplement une révolution politique dans laquelle la despotique République islamique est remplacée par une autre forme politique, disons, plus libérale-démocratique. C’est aussi une révolution sociale dans laquelle non seulement les subjectivités individuelles des gens mais aussi les structures sociales les plus importantes sont transformées. Les grands médias occidentaux (par exemple, la BBC Persian et Iran International) ainsi que des militants célèbres comme Masih Alinejad (qui travaillent avec les forces les plus conservatrices des États-Unis, ceux qui sont en faveur de l’interdiction de l’avortement et du « changement de régime » via une intervention militaire ) font de leur mieux pour promouvoir les tendances réactionnaires au sein du mouvement, réduisant tout le problème à la question des « droits de l’homme ». Ils présentent à tort les relations sociales qui émergent des structures des sociétés capitalistes comme de simples relations juridiques. Leur propagande manipulatrice dépeint une alternative réactionnaire, injectant des doses de « loyalisme » dans l’imaginaire populaire : une politique qui vise à raviver l’ordre socio-politique renversé par la Révolution de 1979.

Les gens dans la rue ne sont pas stupides ; ils n’accordent pas beaucoup d’importance à ce récit. Il est important que nos camarades internationalistes à travers le monde soutiennent les tendances radicales et les slogans du mouvement, s’opposant à la diaspora loyaliste qui propage le nationalisme en amenant le drapeau de la Perse d’avant la révolution de 1979 aux manifestations.

Le problème n’est pas seulement de savoir comment renverser la République islamique, mais comment défendre la révolution et ses forces progressistes après son renversement. Plus les forces radicales et les éléments progressistes recevront de soutien, plus il sera facile de défendre la révolution contre les forces réactionnaires. La République islamique joue un rôle crucial dans l’accumulation mondiale du capital (via l’approvisionnement en matières premières telles que le pétrole et le gaz) et aussi dans les relations de pouvoir géopolitiques au Moyen-Orient. De toute évidence, les puissances régionales et mondiales feront tout ce qu’elles peuvent pour façonner le processus révolutionnaire et ses résultats afin de s’aligner sur leurs propres intérêts économiques et géopolitiques. Ce n’est qu’avec de fortes solidarités internationales soutenant les tendances les plus radicales au sein du mouvement que la révolution à venir pourrait se maintenir contre les forces réactionnaires du loyalisme, contre les interventions géopolitiques et contre l’intégration violente dans les circuits mondiaux d’accumulation.

L’avenir reste incertain. Pourtant, la lutte des classes par le bas et contre toutes les formes de domination restera une force matérielle importante dans le cours de l’histoire du capitalisme. De cela, nous sommes certains.



Sur le soulèvement féministe en Iran

Cette déclaration a été transmise au site Crimethinc.com par un groupe de féministes kurdes d’extrême-gauche vivant en Iran.

Voici notre voix venue du Kurdistan, la voix collective des féministes minoritaires d’extrême-gauche d’une région dont l’histoire est liée au sang, à la torture, à l’exécution, à l’emprisonnement, à l’exil et à la discrimination depuis les premiers jours de la révolution de 1979. Nous, les femmes et la communité queer kurdes, héritières d’une histoire remplie d’oppressions et de luttes, avons toujours dû nous battre dans plusieurs domaines et contre plusieurs forces : d’une part contre le système patriarcal, le fondamentalisme et l’oppression structurelle imposée par le régime et les chauvinistes iraniens et le féminisme centriste ; d’autre part dans la lutte pour faire accepter notre position à la croisée des oppressions (liées au genre, à la classe, à l’ethnie, etc.). A présent que le slogan « Jin, Jiyan, Azadi » (Femme, Vie, Liberté) a insufflé une vie nouvelle dans les espaces publics en Iran et que le pays assiste à une révolution féministe, tant dans sa forme que dans son contenu, nous affirmons notre soutien entier aux luttes et aux protestations des Iraniens et des Iraniennes, en particulier aux femmes, courageuses et indomptables.

Nous aimerions appeler ce soulèvement féministe, qui a eu lieu à la suite du meurtre de Jina par le régime iranien, « le mouvement et celle vis-à-vis du capitalisme sont profondément liées. de Jina ». Un nom qui, comme le slogan entendu partout ces derniers jours, signifie la vie et donne la vie, car nous pensons que la résistance est la vie même. Ce soulèvement, qui cible la totalité de la structure socio-politique existante de l’Iran, a non seulement transformé la question de l’oppression sexuelle et sexiste en un sujet concernant toutes et tous, mais en même temps, a montré comment le combat contre de multiples oppressions, sexuelles, nationales et de classe peut être relié de manière progressive, de telle sorte qu’une puissante alliance contre la dictature, l’islam politique, le chauvinisme, le patriarcat et le régime capitaliste émerge de son cœur. Nous nous trouvons à un moment historique et Jina est devenue le symbole commun de notre unité dans cette lutte multiforme et difficile. Nous nous considérons comme faisant partie de ce mouvement qui veut la justice pour Jina, du mouvement féministe contre les féminicides et les queercides. Mais aussi comme faisant partie du mouvement d’extrême gauche qui a pris position contre le nationalisme qui ne reconnaît qu’une seule identité ethnique (à la fois de droite et d’extrême gauche). Notre inspiration dans ce combat et nos héroïnes sont toutes les femmes et les personnes queers combattantes en Iran qui ont lutté contre l’oppression de la vie privée et de la vie publique. Elles ont montré que la liberté vis-à-vis du patriarcat, celle vis-à-vis du gouvernement

L’inspiration donnée par le slogan de Jin, Jiyan, Azadi, sorti très vite des bouches dans les rues iraniennes, nous rappelle que les frontières politiques imposées par les forces colonialistes et impérialistes patriarcales peuvent être transcendées, tout comme la nation kurde qui a pu avancer sans avoir son propre gouvernement.

Nous prenons ce lien transnational et transfrontalier comme un présage de bonne augure et le considérons comme l’une des forces du mouvement des femmes kurdes. Alors que nous nous définissons comme faisant partie des luttes des femmes et de la communauté queer en Iran, en même temps, nous sommes très heureuses d’avoir pu bénéficier des expériences accumulées au cours de l’histoire par les femmes dans d’autres parties du Kurdistan. Le slogan Jin, Jiyan, Azadi, crié lors de l’enterrement des martyrs, a été scandé cette fois au Kurdistan d’Iran lors des funérailles de notre martyre, Jina Amini. Cela nous a donné l’occasion de parler du pouvoir, de l’action et du courage des femmes et de leur position face aux forces masculines qui ne nous ont apporté que la mort et l’esclavage.



Maintenant, le mouvement qui a commencé à la suite du meurtre de Jina par le régime iranien s’est rapidement transformé en un mouvement contre le hijab obligatoire et exigeant le renversement du système politique actuel en Iran. Il a réussi à casser les récits hégémoniques oppressifs sur les femmes kurdes et les autres femmes en Iran à deux niveaux : tout d’abord, ce mouvement féministe a réussi à faire voler en éclats les représentations des femmes des minorités ethniques par les nationalistes racistes, qui les considèrent comme dépourvues de capacité d’action et comme des marionnettes entre les mains des partis politiques kurdes. Ensuite, ce mouvement a été en mesure de remettre en question la compréhension orientaliste et raciste des occidentaux sur les femmes au Moyen-Orient. Dès l’instauration de la république islamique d’Iran, la réponse de ce système contre les oppositions a été de les réprimer, d’arrêter les opposantes et de les tuer, comme maintenant où de nombreuses femmes et militantes se trouvent dans des centres de détention. Cependant, les femmes et les queers en Iran ont montré non seulement qu’elles n’hésitent pas à participer aux mouvements dynamiques de leurs sociétés, mais qu’elles peuvent aussi être des pionnières dans le renversement des dictatures patriarcales dans la région. Ce qui se passe dans les rues d’Iran aujourd’hui promet le début d’une nouvelle ère de lutte contre la violence, l’intégrisme et la privation du droit à la vie.

Alors que nous nous considérons comme faisant partie de ce mouvement, nous invitons les groupes féministes et queers de la région à se joindre à nous dans cette bataille. Nous pensons nécessaire d’avoir la solidarité des féministes d’extrême gauche turques, arabes, baloutches, … afin de redéfinir les oppressions croisées d’une manière progressiste et au-delà des définitions patriarcales d’oppression en tant qu’ethnie.

Nous demandons également aux autres féministes d’extrême gauche anticapitalistes et antiracistes en occident de nous rejoindre et de nous soutenir dans cette lutte. La réalisation d’un idéal de liberté et notre libération n’est pas possible sans revendiquer le droit à nos vies ; et c’est ce qui résonne avec le slogan Jin, Jiyan, Azadi en Iran ces jours-ci. Inspirée par ce slogan, notre révolution féministe appelle à la solidarité transnationale et mondiale afin de le voir devenir réalité.








Source: Mars-infos.org

Cet article a 3 ans. Le contenu et les informations peuvent être obsolètes. Dans le cadre de notre mission d'archivage, nous ne supprimons jamais les anciens articles pour documenter l'histoire du mouvement anarchiste au fil du temps.

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Publié le 2022-10-10 07:30:05

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Pour enfermer toujours plus de personnes, l’État agrandit les CRA existants et en construit toujours d’avantage. La structure et le fonctionnement de ces lieux sont volontairement gardés opaques pour empêcher les personnes qui sont à l’intérieur d’en sortir et les personnes à l’extérieur de s’y attaquer.

Pourtant, certaines informations sont publiques même si elles sont difficiles d’accès. C’est le cas des plans de certains CRA qui se retrouvent parfois sur internet.

Depuis quelques temps, la rubrique info pratique du site abaslescra.noblogs.org est complétée régulièrement avec ces plans dans le but de diffuser plus largement ces informations publiques et de permettre à toutes les personnes qui auraient besoin de ces plans de s’en saisir !

Voici donc des plans des différents CRA en France, que vous pouvez également retrouver ici. N’hésitez pas à consulter cette page régulièrement pour ne manquer aucune des mises à jour !

Geispolsheim

Plan extérieur du CRA de Geispolsheim

Hendaye

Plan du CRA d’Hendaye

Lyon

Plan général du CRA de Lyon
Plan interne du CRA de Lyon
Plan toiture du CRA de Lyon

Mayotte

CRA de Mayotte, plan extérieur
CRA de Mayotte, plan intérieur R+1 et caméras
CRA de Mayotte, plan intérieur RDC et caméras

Mesnil-Amelot

Plan des CRA et du TGI

Metz – Queuleu

Plans CRA Metz Queuleu
Plans du CRA de Metz – Queuleu en pdf

Perpignan

Plan extérieur du CRA de Perpignan
Plan intérieur des bâtiments 3, 4, 5, 6 et 7 du CRA de Perpignan
Plan intérieur d’une portion du bâtiment 1 (zone des flics) du CRA de Perpignan
Plan de coupe intérieur d’une portion du bâtiment 1 (zone des flics) du CRA de Perpignan

Fadettes, UFED et données de connexion : les techniques d’investigations numérique de la police

Publié le 2022-10-10 07:35:05

L’idée de ce texte est de répondre pratiquement aux questions de sécurité numérique qu’on se pose dans les milieux militants, de détailler au maximum les techniques d’investigation numériques (qui exploitent nos téléphoniques, nos données de navigation internet, les contenues sur nos ordinateurs et nos téléphones, ...) de la police.



Introduction

L’idée de ce texte est de répondre pratiquement aux questions de sécurité numérique qu’on se pose dans les milieux militants. Il a pour but de donner des arguments aux personnes qui, dans chaque groupe, répètent qu’il faut faire gaffe à la sécurité numérique, et d’en donner aux personnes qui les trouvent reloues.
On part du constat qu’il y a un manque d’informations disponibles sur les techniques d’enquêtes que les keufs utilisent pour fouiller nos téléphones et nos ordinateurs, et sur celles qui utilisent notre navigation internet et nos communications téléphoniques. Les formations à la sécurité numérique dans nos milieux sont souvent un peu trop théoriques. Elles apportent les réponses, mais ne montrent pas les problèmes.
On se concentre donc, dans ce texte, sur les techniques d’enquêtes qui touchent nos outils numériques : analyse des données de téléphonie, écoutes, analyse de la navigation internet, analyse des données enregistrées sur nos ordis ou nos téléphones, ... On se base sur des techniques qu’on a vu être utilisées par les policier.es (contre nous, contre des potes, ou des pratiques qu’on a vues dans des documentaires).
On veut donner dans ce texte des pratiques de sécurité numérique qu’on voudrait voir généralisées dans nos milieux. On n’a pas vocation à se perdre dans des détails techniques, mais à détailler les techniques policières au maximum. Pour plus de détails sur les pratiques numériques pour se protéger face à la répression, il existe déjà plein de ressources, qu’on citera et qu’on vous invite à consulter !

Le format imprimable page par page de ce texte :

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Techniques d’investigations numérique de la police, page par page

Pourquoi il ne faut pas ramener son téléphone en action/manif ?

Pour deux raisons principales, qu’on va détailler : déjà, c’est donner plein d’armes aux enquêteurices pour te retrouver si une enquête est ouverte sur l’action ou la manif, et ensuite, c’est risquer de se faire choper avec son téléphone.

Quels sont les risques si je me fais choper avec mon téléphone ?

Si tu pars en garde à vue avec ton téléphone, les policier.es ont de nombreuses possibilités pour exploiter les données qu’il contient [1]. Les commissariats – surtout en Île-de-France –, commencent à être équipés d’aspirateurs à données, des outils qui connaissent des failles de sécurité de milliers de modèles de téléphones et de versions de systèmes d’exploitation [2] (iOs, Android ou LineageOs par exemple). Avec ces failles, l’aspirateur va copier l’entièreté des données stockées sur le téléphone et les trier pour les rendre lisibles facilement par la police. Les flics peuvent donc avoir accès à nos historiques internets, nos photos, nos documents, nos sms, la liste de nos appels, nos messages sur certaines applications (Instagram et facebook, par exemple, mais pas Signal, notre historique de localisation. Aujourd’hui, les données stockées sur des téléphones récents (et sur l’entièreté des iPhones) sont chiffrées. Pour empêcher que leurs données soient exploitées, il faut qu’ils soient éteints au moment du début de l’analyse. Mais un téléphone dont le stockage est chiffré et éteint n’est pas une barrière infaillible : sur certains téléphones dont les données sont chiffrées, des failles de sécurité sont connues. On peut limiter ce risque en installant les mises à jour de sécurité des systèmes d’exploitation.
Toutes ces données sont très utiles aux keufs, qui sauront certainement y trouver des éléments directement incriminants ou des éléments permettant de montrer que vous êtes un.e turbogauchiste (genre vos notes contenant les 50 meilleures citations de Bakounine, vos selfies devant le mur des Fédéré.es, et les j’aime que vous avez laissé en 2018 sur la page Facebook de désobéissance écolo paris).

Cellebrite & signal. En France, la police nationale utilise principalement des appareils de Cellebrite, les UFED, qui a récemment annoncé pouvoir avoir accès, grâce à ces aspirateurs, aux messages envoyés sur Signal. Il s’est avéré que c’était un coup de com’ : Cellebrite pouvait avoir accès aux messages Signal à la condition que le téléphone soit déverrouillé. Normalement donc, les messages Signal ne peuvent pas être récupérés par les policier.es via les aspirateurs à données.

Un autre moyen d’action des policier.es en garde à vue, qui semble arriver plus fréquemment que l’utilisation d’aspirateurs, c’est de vous demander votre code de déchiffrement de téléphone, ce qui leur donne accès aux données du disque dur. Refuser de le donner est un délit – puni de 3 ans de prison et de 370 000 euros d’amende [3]. Il faut noter que ce délit ne s’applique qu’aux codes permettant de déchiffrer des données, donc, par exemple, les codes de déverrouillage de téléphones dont le stockage est chiffré. Ne pas donner un code de déverrouillage d’un téléphone non chiffré n’est pas un délit, puisque ce code n’est qu’un blocage « graphique » de l’accès au téléphone. C’est bien sûr beaucoup mieux d’avoir un téléphone chiffré puisque le risque de répression pour ce délit est faible. Le mieux reste de ne pas amener son téléphone en manif ou en action.
L’analyse de carte SIM est une technique un peu vieillote, mais elle est probablement toujours utilisée : en insérant la carte SIM dans une machine spéciale, sans avoir besoin du code PIN, les policier.es ont généralement accès au contenu des SMS envoyés, et au répertoire des contacts.
Se faire choper avec son téléphone, c’est aussi risquer que celui-ci soit placé sous scellé, qu’il soit confisqué pour être exploité pendant l’enquête ou par punition, et ça, c’est relou parce qu’il ne sera probablement jamais restitué, et s’il l’est, ce sera après un bon bout de temps et de nombreuses démarches.

Avoir son téléphone en action permet-il aux keufs de me retrouver ?

En dehors des cas où on s’est malheureusement fait choper en flagrant délit, le fait d’avoir son téléphone pendant qu’on commet des délits donne plusieurs leviers d’enquête aux policier.es.
Les policier.es peuvent en effet avoir facilement accès à tout un tas d’informations sur les téléphones qui ont borné à l’endroit de l’action – il leur suffit pour cela de demander une autorisation à un.e procureur.e de la République, d’envoyer une réquisition aux opérateurs téléphoniques, même Roger du commissariat de Montigny-le-Bretonneux peut le faire. Iels peuvent demander la liste des numéros IMSI (un numéro IMSI, c’est un numéro associé à notre ligne téléphonique,il identifie un contrat téléphonique) des téléphones ayant borné sur une antenne relais donnée (borner, ça veut dire que le téléphone a signifié sa présence à l’antenne relais en question : « coucou, je suis là, donne-moi du réseau », un téléphone borne très régulièrement. Précisons qu’un téléphone borne aux antennes relais à proximité de lui dès qu’il a une carte SIM insérée et que le mode avion est désactivé). La liste des personnes ayant borné près du lieu d’une action est pour la police une liste de potentiels suspects.
Pour illustrer l’utilisation que peuvent en faire les keufs, on a glané un exemple dans des documentaires en immersion avec la police sur youtube [4]. Les keufs enquêtent sur un cambriolage dans un hangar de stockage. Ils demandent la liste des numéros IMSI ayant borné sur l’antenne relais la plus proche du hangar. Plus tard dans l’enquête, ils découvrent que les suspects se sont retrouvés à tel péage plus tard dans la soirée du cambriolage. Ils demandent donc la liste des numéros ayant borné près du péage en question à l’heure dite et identifient les suspects comme étant les utilisateurs des numéros de téléphones ayant borné à ces deux endroits dans la même soirée.
Après avoir identifié les numéros suspects, Robert du commissariat de Montigny-le-Bretonneux peut de nouveau envoyer une réquisition aux différents opérateurs téléphoniques pour leur demander une identification de ligne, dans le but d’obtenir le nom et l’adresse de la personne qui paye pour le forfait du numéro IMSI en question. C’est là que ça peut servir d’avoir un forfait Lycamobile qu’on ne relie pas à notre identité (voir la question : « est-ce utile d’avoir un bigo avec un forfait lyca ? » .
À partir de là, Robert peut entre autres envoyer une troisième réquisition dans lequel il peut demander les fadettes de la ligne. Les fadettes, pour factures détaillées, c’est un document qui récapitule la liste des bornes téléphoniques auxquelles ton téléphone a borné, pour faire plein de trucs avec (trouver où tu habites réellement, identifier des complices). Robert peut aussi faire une demande de suivi en direct de tes bornages [5] et les recevoir sur son ordi (mais, pour le coup, Robert peut pas forcément le faire, parce qu’il a probablement pas reçu la formation pour utiliser le logiciel de suivi en direct, Deveryloc), ce qui peut lui permettre de t’interpeller facilement. Les fadettes, elles, donnent les données pour une période que précisent les keufs, et ne permettent donc pas d’exploitation « en direct ».

Les fadettes. Pour en parler plus en détails, les fadettes sont des fichiers excels de milliers de lignes qui listent dans l’ordre chronologique les antennes relais auxquelles la ligne téléphonique observée a borné, les communications qu’elle a eu (appels, SMS, MMS, données mobiles), et le numéro IMEI du téléphone sur lequel est utilisée la carte SIM. Les fadettes sont donc une successions de localisations. Les policier.es les analysent à l’aide du logiciel Mercure, qui rend « lisibles » ces données. Les fadettes peuvent-être utilisés de nombreuses manières dans des enquêtes :
  • Elles peuvent mettre en évidence des complicités : en comparant des fadettes entre elles, les policier.es peuvent savoir si des téléphones ont borné aux mêmes endroits aux mêmes moments, autrement dit, que les personnes qui les utilisent se sont rencontrées.
  • Elles permettent de retrouver des trajets effectués
  • Elles permettent d’identifier les contacts réguliers de l’utilisateur. Quand un.e enquêteur.ice enquête sur plusieurs personnes, iels peut tracer une carte de leurs contacts, savoir si elles sont entre elles souvent en relation, établir quels sont leurs contacts communs, …
  • Elles permettent d’observer les lieux que fréquente un individu. Dans une enquête en Île-de-France où un propriétaire porte plainte pour vol et dégradations après un squat dans sa propriété, les policier.es ont demandé les fadettes de personnes, dont elles avaient déjà les identités, susceptibles d’avoir fréquenté le squat. Avec Mercure, elles ont récupéré le pourcentage de temps où les lignes téléphoniques bornaient à proximité du squat. Lea proc a décidé de poursuivre les utilisateurices des lignes téléphoniques qui ont borné près du squat entre minuit et 6h du matin : c’est-à-dire des personnes qui y dormaient. Les fadettes permettent, de la même façon, de confirmer l’adresse d’une personne.

La police peut aussi travailler ces données dans « l’autre sens » : plutôt que de chercher des suspects, elle peut les utiliser pour confirmer la culpabilité de gens qu’elle soupçonne. Robert suspecte quelqu’un.e d’avoir commis un crime ou un délit, il peut, à partir de son identité, de son numéro IMSI, ou de son numéro IMEI (le numéro de série du téléphone portable), demander à chacun des opérateurs téléphoniques si cette information est rattachée à un contrat, avant de demander les fadettes du contrat en question.

Une décision récente de la cour de cassation [6] limite l’utilisation de ces données et leur conservation par les opérateurs. Jusqu’ici, les données étaient conservées 1 an, et étaient accessibles aux policier.es pour n’importe quel type d’enquête. Dorénavant, les données de connexion et de localisation (c’est-à-dire de bornage) ne seront plus accessibles aux enquêteur.ices pour les enquêtes portant sur des « infractions ne relevant pas de la criminalité grave ». Leur usage sera (un peu) limité pour la criminalité grave (en gros, des faits de « meurtre en bande organisée, destruction par moyen dangereux, importations et exportations de centaines de kilos de stupéfiants par organisation criminelle de dimension internationale, etc. »).

Est-ce qu’on écoute mes appels ?

C’est tout à fait possible. En France, il y a deux types d’écoutes téléphoniques. Les écoutes judiciaires et les écoutes administratives (de renseignement) [7].
Pour les écoutes judiciaires, elles sont limitées aux faits de « délinquance organisée » et aux crimes. Elles sont décidées, dans le cadre d’enquêtes de flagrance ou d’enquêtes préliminaires [8], par un juge des libertés et de la détention, et, dans le cadre d’informations judiciaires, par le juge d’instruction. Ces écoutes sont limitées dans le temps (1 mois renouvelable 1 fois pour les enquêtes préliminaires et pour les enquêtes de flagrance, et 4 mois renouvelables 5 fois au maximum, et pour certains crimes seulement, dans le cadre des informations judiciaires).

La délinquance organisée. La délinquance organisée, n’est pas un concept défini clairement, mais il regroupe tous les délits commis « en bande organisée » ainsi que, entre autres, les crimes de destruction et de dégradations en bande organisée (souvent utilisé lors de manifestations), de détournement d’aéronef, de terrorisme, et les délits très vagues d’association de malfaiteurs (qui a déjà été utilisé contre des groupes anarchistes), et d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Cette liste de délits [9] est celle pour laquelle les enquêteurices peuvent utiliser les « techniques spéciales d’enquête », comme les écoutes téléphoniques, comme l’installation de logiciels espions sur les smartphones et les ordinateurs.

Les écoutes administratives, elles, sont autorisées par lea premier.e ministre sur proposition des services de police ou de renseignement. Elles ne concernent donc pas une enquête en particulier, il n’y a pas besoin de suspecter la personne d’avoir commis un délit pour la mettre sur écoute. Elles servent au renseignement. L’autorisation de lea premier.e ministre est valable 4 mois, et elle est renouvelable sans limite.
Les écoutes téléphoniques ne se restreignent pas à l’écoute des appels téléphoniques. Théoriquement, elles incluent l’interception de toutes les « correspondances téléphoniques », y compris, par exemple, les appels et les messages Signal. Si les policier.es ne peuvent y avoir accès, ce n’est donc pas pour des raisons légales mais simplement pour des limites techniques : les policier.es ne parviennent pas à déchiffrer les communications via Signal. Les SMS sont donc aussi sujets aux écoutes téléphoniques, et les écoutes sont une pratique courante de la police et des services de renseignement. Les informations communiquées par SMS peuvent donc très facilement être interceptées. Enfin, en mettant en place des écoutes téléphoniques, les policiers ont connaissance des pages web que l’utilisateur consulte en utilisant ses données mobiles. Utiliser Tor (Voir la question : "Pourquoi devrais-je utiliser Tor ?") sur son téléphone est un moyen de détourner l’espionnage via les écoutes téléphoniques, des pages web consultées. En France en 2018, l’année des gilets jaunes, 22 000 personnes ont été placées sur écoute. 9 % de ces écoutes concernaient des faits de « violences collectives », donc, en gros, « d’émeute ».

Est-ce utile d’avoir un bigo avec un forfait Lycamobile ?

Ça dépend vraiment de ce qu’on a à cacher. Un bigo n’est pas fait pour dissimuler des informations. Pour cela, Signal marche beaucoup mieux. Un bigo, ça envoit des SMS, ça passe des appels, que les policier.es peuvent tout à fait intercepter dans le cadre d’écoutes téléphoniques. Si, par contre, on cherche à cacher notre identité, avoir un forfait Lycamobile (ou autre) qu’on a acheté et installé sans donner notre identité est la seule solution efficace. Légalement, il est obligatoire qu’un forfait téléphonique soit relié à une identité, et, à part dans des magasins Lycamobile pas trop regardants, c’est difficile d’échapper à cette obligation. Par exemple, pour préparer une action, c’est contre-productif d’utiliser un bigo. Mieux vaut ne pas en parler via des téléphones/ordinateurs, ou, au pire, en parler via Signal. En parler par messages normaux, c’est risquer l’interception des informations. Par contre, pour communiquer pendant une action, le bigo peut-être utile. Il n’en demeure pas moins qu’on risque de se faire choper avec le bigo, et donc que le mieux reste de ne pas en avoir. On peut sinon préparer des moyens rapides de casser le bigo et la carte sim pour les rendre inexploitables.
Utiliser simultanément et transporter ensemble un bigo anonyme et un téléphone relié à notre identité met en danger l’anonymat du bigot. Les keufs regardent souvent les numéros de téléphones qui bornent aux mêmes endroits et aux mêmes moments que les bigos sur lesquels ils enquêtent, et si deux numéro apparaissent souvent ensemble, ils n’hésitent pas à attribuer le bigo au titulaire du numéro.

Qu’est-ce qu’un IMSI Catcher ?

Un IMSI Catcher, c’est un dispositif d’écoute téléphonique qui fonctionne en se faisant passer pour une antenne relai. Les téléphones portables utilisés aux environs de l’IMSI Catcher s’y connectent, croyant se connecter à une antenne relai. L’IMSI catcher identifie donc le numéro IMSI de tous les utilisateurs présents autour de lui. Et il rend accessible à la police les SMS que les téléphones utilisés aux alentours envoient, les appels qu’ils passent, et les sites qu’ils consultent via les données mobiles. Les IMSI Catcher peuvent être utilisés dans les enquêtes pour des faits de délinquance organisée (Lire l’encadré « délinquance organisée ») [10]. Les IMSI Catcher sont par exemple régulièrement utilisés lors des rassemblements et des festivals autour de Bure, lieu de lutte antinucléaire. Ils permettent d’identifier très rapidement un grand nombre d’individus que la police considère comme suspects et permet de capter en direct leur communications. L’usage d’un IMSI Catcher pour intercepter les communications téléphoniques peut être autorisé par un procureur de la République en cas de « risque imminent [...] d’atteinte grave aux personnes ou aux biens », donc, entre autres, les manifestations. Le collectif la quadrature du Net a découvert que des IMSI Catcher ont étés utilisés dans de manifestations parisiennes par la préfecture de police de Paris. Leur usage est limité à certains types d’enquêtes, dont celles pour destruction et pour dégradations en bande organisée, détournement d’aéronef, terrorisme, et celles pour les motifs très vagues d’association de malfaiteurs, et d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.

Est-ce utile de faire des réunions sans tel ?

Oui. Dans les pratiques qu’on a précédemment listées, qui sont les pratiques courantes de la police, aucune ne permet d’écouter ce qu’entendent en permanence les micros de téléphones. Au mieux, avec les écoutes téléphoniques, les policier.es peuvent écouter nos appels, mais c’est tout. Dans certains cas pourtant, les condés peuvent aller plus loin. Les services de renseignement (DGSE, DGSI [11], direction du renseignement de la préfecture de police...) peuvent installer – et ils le font – des logiciels espions sur les ordinateurs et les téléphones portables, dont les capacités sont plus ou moins grandes.
Parmi les plus efficaces de ces logiciels espions, Pegasus a fait beaucoup parler de lui : développé par la société israélienne NSO, utilisé par plusieurs services de renseignement, il permet, tout en étant quasiment indétectable, d’avoir accès aux touches clavier des utilisateurs espionnés, d’avoir accès à tous les messages (même chiffrés) envoyés et reçus, d’activer les caméras et le micro du téléphone (et donc pouvoir entendre et filmer toute la vie de l’utilisateur du téléphone), de faire des captures d’écrans en tant réel et de récupérer les données GPS et de localisation. C’est une menace énorme. Difficile de cacher quoi que ce soit à Pegasus. Il peut être installé à distance, sans accès physique au téléphone, et même sans aucune action de l’utilisateur espionné. Il utilise des vulnérabilités « zero-day » d’Android ou d’iOs, c’est-à-dire des failles de sécurité n’étant pas connues des développeureuses ou n’étant pas encore corrigées. Ces failles s’achètent, et leur coût est très élevé, une seule attaque coûterait jusqu’à 25 000 $, ce qui limite l’utilisation de Pegasus ou des logiciels espions du même type. De plus, la quantité de données captées rend compliquée et coûteuse leur exploitation (ce sont potentiellement des centaines d’heures d’enregistrement audio ou vidéo qui sont à analyser). Les logiciels type Pegasus sont donc rarement utilisés, et, quand ils le sont, c’est de manière très ciblée. Mais les risques pour l’utilisateurice d’un téléphone infecté par Pegasus sont énormes.

Les services de renseignement français n’ont pas utilisé et n’utiliseraient pas Pegasus, mais la DGSI dispose légalement de logiciels permettant un piratage à distance des téléphones, moins compétents, sans doute, que Pegasus, mais qui restent une forte menace. Au cours de l’année 2015, des logiciels espions type Pegasus auraient étés utilisés 5 fois par la DGSI [12].

Les logiciels espions et le droit. Depuis 2017, et la promulgation d’une énième loi anti-terroriste qui renforce le champ d’action des services de renseignement, il est légal de recourir « à la mise en place d’un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d’accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, de les conserver et de les transmettre, telles qu’elles sont stockées dans un système informatique, telles qu’elles s’affichent sur un écran pour l’utilisateur d’un système de traitement automatisé de données, telles qu’il les y introduit par saisie de caractères ou telles qu’elles sont reçues et émises par des périphériques » [13] Traduisons : les keufs ont le droit, dans certains cas précis, d’accéder via des logiciels espions aux données stockées sur un téléphone (ou un ordinateur), de prendre des captures d’écran, et d’enregistrer toutes les touches clavier de l’utilisateurice.
Ces techniques d’enquêtes peuvent être utilisés pour des faits de délinquance organisée VOIR l’encadré « DELINQUANCE ORGANISéE ». Un service spécialisé – le Service technique national de captation judiciaire (STNCJ) – de la DGSI est chargé de mener ces enquêtes et de mettre en place les dispositifs techniques pour les permettre. Il compterait 20 employés [14].

Garder des téléphones dans des réunions où l’on échange des informations confidentielles ou compromettantes est une prise de risque, un risque peut-être faible, mais, puisque ça coûte rien de mettre son téléphone dans une autre pièce ou un peu loin, autant le faire.
L’écoute de la réunion via un logiciel espion n’est, du reste, pas le seul danger potentiel. Dans des réunions publiques, un RG, ou un indic peut très bien allumer son dictaphone et enregistrer l’entièreté de la réunion, et demander aux participant.es de mettre les tels à un endroit reste déjà une première barrière pour éviter ça.
Un troisième risque potentiel du téléphone en réunion – on n’a pas trace d’utilisation réalisée – est celui de l’observation des bornages téléphoniques. Si un groupe est ciblé par une enquête pour association de malfaiteur.ices, les policier.es peuvent observer que les membres se réunissent régulièrement ensemble, puisqu’ils bornent le temps des réunions aux mêmes endroits. La solution serait donc d’éteindre son téléphone avant d’arriver sur le lieu de la réunion, voire d’y aller tout simplement sans téléphone.
On l’oublie un peu trop souvent, mais les services de renseignement ont aussi le droit d’installer des logiciels espions sur les ordinateurs. De même que pour les téléphones, les keufs ont alors accès à toutes les frappes clavier de l’ordinateur (dont les mots de passe), iels pourront faire des captures d’écrans en temps réel, avoir accès à la webcam, et au micro de l’ordinateur. Tout comme pour les téléphones, il faut éviter de faire des réunions séditieuses avec son téléphone sous la main. Il est donc logique d’éloigner aussi son ordinateur des lieux de réunions, de ne pas dire de dingueries devant lui.

Quels moyens emploie la DGSI ? Il est impossible de savoir quels moyens la DGSI emploie véritablement contre les milieux militants. Il est théoriquement possible qu’elle mette en place une surveillance passive très importante – utilisant des algorithmes pour identifier des comportement suspects parmi un grand nombre d’individus, pour cartographier leur contact, pour évaluer leur dangerosité aux yeux des services de renseignement, pour ajouter des personnes à la liste des personnes surveillées, … Vu le nombre d’actions qui réussissent, et le nombre d’enquêtes qui n’aboutissent pas, on peut supposer que les services de renseignement ne nous soumettent pas à un contrôle trop assidu. Il ne faut pas mythifier les services de renseignement. La DGSI ne peut pas tout faire. Sur les questions numériques, elle est limitée par le cadre légal du renseignement [15], par ses capacités techniques loin d’être miraculeuses, et par le coût de la mise en place des moyens techniques de renseignement. Il ne faut pas surestimer la DGSI, il ne faut pas non plus oublier qu’elle a mené et permis de nombreuses enquêtes antiterroristes contre les milieux autonomes ou anarchistes.
Y’a moyen de résumer sur les téléphones et la téléphonie ?
Les condés peuvent, sans accès physique à notre téléphone :
  • obtenir la liste des endroits où un numéro de téléphone a borné, et donc retracer sa localisation, et ce sur un an, via les fadettes
  • suivre notre position en direct
  • obtenir la liste des numéros de téléphone ayant borné à un endroit donné à un certain moment, via les fadettes
  • obtenir la liste des numéros qu’un.e utilisateur.ice contacte par sms ou par appel
  • trouver, à partir d’un numéro de téléphone, ou d’un numéro IMEI, l’identité de son propriétaire
  • et réciproquement, trouver, à partir d’une identité, les numéros de téléphones associés
  • écouter nos appels et lire nos sms, via les écoutes téléphoniques
  • plus rarement, les policiers peuvent installer des logiciels espions capables de récolter notre localisation ou d’écouter ce qu’entend le micro d’un téléphone, de prendre des captures d’écran en temps réel, d’analyser toutes les frappes clavier.
    Et les policiers peuvent, avec un accès physique au téléphone ou à la carte SIM :
  • avoir accès aux données stockées sur nos téléphones (photos, documents, musiques, localisation)
  • avoir accès aux données stockées sur nos cartes SIM (historique des appels, contenus des sms, contacts)

Signal, c’est mieux que Telegram ?

Oui. Et pas qu’un peu. Ces deux applications de messageries chiffrées n’ont pas du tout les mêmes niveaux de sécurité. Sur Signal, tous les messages sont chiffrés de bout en bout, c’est-à-dire qu’à l’exception des personnes qui communiquent, personne ne peut les lire « en clair ». Sur Telegram, seul les Secret Chat sont chiffrés de bout en bout, et il n’est pas possible de faire de conversation de groupe chifrée de bout en bout. Le « programme », le code source de Telegram est par ailleurs propriétaire (il appartient à quelqu’un et n’est pas publiquement accessible), ce qui, en plus d’être sacrément nul politiquement (la propriété, c’est du vol), rend difficile une véritable évaluation de sa sécurité : le code n’étant pas publiquement consultable, des observateurices extérieurs ne peuvent pas y trouver les défaillances dans la sécurité. Telegram enregistre sur ses serveurs l’entièreté des messages et des médias envoyés. Et on a donc vu que Telegram peut avoir accès à ces données « en clair ». Théoriquement, les services de police peuvent demander eux aussi l’accès à ces données, mais il semble que Telegram refuse de collaborer avec eux et de répondre à leurs réquisitions.
Signal n’enregistre sur ses serveurs que les données essentielles à son utilisation : le numéro de téléphone, la date et l’heure de création du compte et la date et l’heure de la dernière connexion au compte. Signal est un logiciel libre (il n’est la propriété de personne, le code source peut-être modifié et réutilisé), dont le code source est accessible et est vérifié par des observateurices extérieurs. Vu que le code est public, le créateur ne peut pas y mettre des portes dérobées (c’est-à-dire des accès cachés aux données), ou des codes malveillants. Les failles de sécurité sont très accessibles et donc vite corrigées.

Pourquoi devrais-je utiliser Tor ?

À chaque fois que quelqu’un.e navigue sur internet, iel se voit attribuer une adresse IP. Notre ordinateur échange des données, c’est-à-dire des informations, avec le serveur du site recherché : comme avec nos adresses postales, les adresses IP permettent aux serveurs, et à notre ordinateur, de communiquer entre eux. On navigue sur internet via un fournisseur d’accès (FAI, genre Orange ou Free), qui est légalement obligé de conserver des données permettant de relier chaque adresse IP à l’identité de celui qui l’a utilisé. Les hébergeurs de contenus publics sur le web (comme blogspot, qui héberge des blogs, ou les services de mail), doivent eux conserver chaque adresse IP ayant « contribué à la création d’un contenu mis en ligne », donc par exemple l’adresse IP d’un individu ayant publié un article sur un blog, l’adresse IP avec laquelle une adresse mail a été créée, ou les adresses IP se connectant à une adresse mail. En plus de ces données qu’ils doivent conserver, les hébergeurs en conservent d’autres, pour leur fonctionnement ou pour revendre des données personnelles. La police peut demander l’accès à ces données, et obtient donc, d’un côté, une adresse IP, et de l’autre, un moyen d’associer une identité à cette adresse IP. Combinées, ces informations lui permettent d’identifier l’auteur d’un contenu mis en ligne.
Par ailleurs, les Fournisseur d’Accès à Internet (FAI) ont l’obligation d’enregistrer les adresse IP des serveurs de sites webs auxquels se connecte un utilisateur [16]. Ils n’ont pas le droit d’enregistrer les adresses URL consultées, ni le contenu des échanges, mais savent que tel utilisateur a demandé a avoir accès a tel site internet. Et cela donne déjà beaucoup d’informations aux enquêteurices qui se pencheraient sur ces données : ça permet de dresser assez bien la personnalité de la personne espionnée. Si elleux ne peuvent pas savoir quel texte tu es allé.e lire sur The Anarchist Library, elleux savent que tu consultes régulièrement ce site, et ça peut leur suffire.
Prenons un exemple. Un texte de revendication d’action est publié sur un blog de Blogspot. Blogspot a enregistré l’adresse IP de l’utilisateur ayant publié ce texte. Blogspot la fournit à la police après avoir reçu une réquisition. En demandant au FAI quel était l’utilisateur.ice de l’adresse IP donnée au moment de la publication, les policier.es peuvent obtenir l’identité de l’auteur du texte.
L’utilisation de Tor Browser permet assez efficacement d’anonymiser sa navigation internet. On ne s’étendra pas en explications techniques, mais plutôt que de mettre directement en relation un téléphone ou un ordinateur avec un serveur, Tor Browser fait transiter cette demande par 3 serveurs parmi les miliers de serveurs du réseau Tor. Ainsi, le serveur demandé ne connaît pas l’adresse IP de l’utilisateur, mais l’adresse IP du troisième serveur Tor.
Dans notre exemple, le serveur de blogspot n’associerait pas la publication de l’article à l’adresse IP de son auteur, mais à celle du 3e serveur Tor. La police, après avoir obtenu cette adresse IP en envoyant une réquisition à Blogspot, découvrirait que celle-ci est l’IP d’un des milliers de serveurs et du réseau Tor, et ne pourrait pas aller plus loin.
En utilisant Tor, le FAI ne peut connaître que l’adresse IP du premier serveur Tor que nous consultons. Il ne sait pas quel site nous demandons en réalité. Un.e enquêteurice qui lirait ces données saurait que nous nous connectons à Tor, ce qu’il peut considérer comme étant un geste suspect, mais n’en saurait pas plus. Tor rend caduque l’exploitation des données de connexion des FAI et des hébergeurs.
Tor a cependant ses limites, et certains services de renseignements laissent entendre qu’ils ont les capacités techniques de désanonymiser des utilisations de Tor de manière extrêmement ciblée, et donc ici de retrouver qui est l’auteur.ice de l’article même si celui-ci a utilisé Tor. Mais cette désanonymisation ne se fait vraiment pas facilement, et demande probablement des moyens importants. Le risque de désanonymisation est donc très faible.
En 2021, dans une enquête de police sur la lutte contre la gentrification du quartier parisien de Sainte-Marthe, la police a envoyé des réquisitions demandant à Protonmail et à Instagram de donner toutes les informations permettant d’identifier les utilisateurs d’une adresse mail Protonmail et d’un compte Instagram sur lesquels iels enquêtaient.
Protonmail a fourni l’adresse IP avec laquelle l’adresse mail a été créée, et la police n’a pas tenté de relier cette adresse IP à une identité [17]. Si lea créateurice de l’adresse mail avait créé cette adresse sans utiliser Tor, et que les policiers avaient demandé l’identification de l’adresse, cette dernière aurait réussi. L’utilisation des données conservées par les hébergeurs et les FAI n’est pas une pratique rare, et Tor – qui a ses limites – permet de l’empêcher.

Pour résumer :
  • Sans Tor, le FAI relie l’identité et l’adresse IP de l’utilisateur, et connaît les adresse IP des serveurs de sites internets recherchés. L’hébergeur connaît l’adresse IP de l’utilisateur ;
  • Avec Tor, le FAI relie l’identité et l’adresse IP de l’utilisateur, il connaît l’adresse IP du premier serveur Tor utilisé, il peut donc savoir que l’utilisateur utilise Tor. L’hébergeur connaît lui l’adresse IP du troisième serveur Tor

Depuis 2015, il existe des dispositifs de renseignements, les « boîtes noires ». Laissons le journal bourgeois Le Monde nous expliquer : « La loi prévoit qu’un algorithme examine des métadonnées (horaire, origine, destination d’un message, mais pas son contenu), puisées sur les réseaux de communication pour les trier et déterminer si des éléments doivent retenir l’attention [c’est-à-dire s’ils indiquent la participation ou la préparation d’un truc terroriste] » [18]. Ces données peuvent ensuite être, sur demande, désanonymisées, c’est-à-dire que si un profil « retient l’attention », les policiers ont le droit de désanonymiser le trafic, pour trouver l’identité de la personne. Cette technique est pour l’instant légalement limitée à l’identification de la menace terroriste, mais on sait que les services de renseignement peuvent avoir une acception du terme à géométrie variable. Tor empêche aussi ce type d’enquête, puisqu’il empêche que la désanonymisation se fasse.
L’arrêt de la cour de cassation dont on a parlé plus haut, sur le stockage des données de connexion, concerne aussi la conservation des données par les FAI et les hébergeurs, et limite donc théoriquement leur utilisation. L’avenir nous dira si ces limitations se traduiront dans les faits.

Pourquoi devrais-je utiliser Tails ?

Comme pour les téléphones, les policier.es peuvent exploiter les données contenues sur le disque dur d’un ordinateur. Et c’est même beaucoup plus simple pour elleux. Les ordis qui tournent sous Windows et la plupart des systèmes d’exploitation Linux ne sont pas chiffrés, leurs données sont donc très facilement lisibles. Ce n’est pas le cas des ordinateurs tournant sur MacOs, qui sont par défauts chiffrés. Leur exploitation pose plus de difficultés à la police, mais elle n’est pas impossible – elle demande de gros moyens, et ne sera pas utilisée dans n’importe quelle affaire. Les policier.es peuvent donc avoir accès à tous les documents stockés sur le disque dur, notamment l’historique internet, qui est sauvegardé pour une certaine durée par les navigateurs. Iels pourront donc y trouver les photos que vous avez faites des voitures de keufs dont vous revendiquez l’incendie, les textes ultra déters d’appels à action que vous écrivez, iels pourront voir que vous consultez souvent le site hautement subversif paris-luttes.info, ...
Tails, c’est un système d’exploitation créé spécialement pour la sécurité numérique. Donc forcément, il est un minimum utile. C’est un système live, c’est-à-dire qu’il est installé sur une clé USB, un CD, une carte SD, mais pas sur un disque dur interne. Tails ne laisse, après qu’on l’ait éteint, aucune trace sur les ordinateurs sur lesquels il est utilisé. Aucune donnée n’est enregistrée sur le disque dur de l’ordinateur. Si toute mon activité militante passe par Tails, l’exploitation du disque dur de l’ordinateur ne donnera jamais rien.
Par défaut, Tails permet de n’utiliser que Tor Browser. Par défaut aussi, Tails masque l’adresse Mac de l’ordinateur utilisé (l’adresse Mac, c’est le numéro de série de la partie de l’ordinateur qui permet de se connecter à internet, la carte réseau), adresse qui est parfois utilisé pour espionner l’activité en ligne de certains utilisateurs, et de les identifier.
Si j’ai besoin de sauvegarder des données sur Tails, Tails les chiffre. Le document de traitement de texte sur lequel vous préparez votre texte de revendication pour l’incendie des voitures de keufs sera illisible par les policiers. La vidéo de riot porn que vous êtes en train de monter sera, de même, illisible. Aucune trace non plus de votre historique internet. Rappelons quand-même que c’est un délit – puni de 3 ans de prison et de 370 000 euros d’amende – de refuser de donner la phrase de passe qui vous permet d’accéder aux fichiers enregistré sur votre clé Tails. Mais ces peines ne sont jamais appliquées telles quelles, et il ne fait aucun doute que se retrouver accusé.e de ce délit est toujours avantageux plutôt que faire tomber toutes nos données entre les mains de la police.
Les services de renseignement, comme ils en ont le droit pour les smartphones, peuvent installer sur les ordinateurs des logiciels espions qui permettent d’accéder au contenu de l’écran, aux frappes clavier, à la localisation, aux caméras et aux micros du support numérique. Avec Tails, leur mise est place est fortement limitée, nécessite d’utiliser des techniques plus complexes que pour installer un logiciel espion sur Windows 10. Tails est en tout cas une première limite, même si elle n’a rien de sûr.
En conclusion, utiliser Tails limite, ou en tous cas complexifie l’utilisation de logiciels espions, protège de nombreuses attaques possibles, permet de protéger les données qu’on veut sécuriser et ne laisse aucune trace sur les disques durs des ordinateurs utilisés.

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Alors, que faire ?

Tout dépend vraiment de ce qu’on a à cacher. C’est pas la même chose de préparer des collages d’affiches ou des attaques à la bombe. À chaque groupe d’adapter sa sécurité à ce qu’il fait. Mais en général, on peut se dire que c’est toujours une mauvaise idée d’avoir son téléphone sur soi en manif ou en action. On peut se dire aussi qu’il ne faut jamais échanger d’informations compromettantes par SMS ou par appel téléphonique. Plus globalement, on ne peut que conseiller de ne pas se servir d’outils numériques pour préparer des choses compromettantes, sauf quand on en a vraiment besoin.
Il faut aussi se souvenir que les keufs utilisent toujours leurs bonnes vieilles méthodes, d’enquêtes, d’espionnage et de renseignement, que c’est plus simple pour elleux de faire des contrôles d’identité à toustes les participant.es d’un rassemblement plutôt que d’identifier toutes les personnes ayant borné sur les lieux de ce rassemblement, et que c’est plus simple pour elleux de « filer », de suivre, quelqu’un.e que d’installer un logiciel espion récupérant la géolocalisation d’un téléphone.

Quelques ressources

Sur le téléphone en garde-à-vue :

Sur Tails et Tor :

En général, sur la sécurité numérique, et le renseignement :

Des brochures d’antirep :



Notes

[1L’utilisation d’aspirateur à données est encadrées par cet article de loi : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000029759893

[2Un système d’exploitation, c’est un « logiciel gérant un ordinateur [ou un téléphone], indépendant des programmes d’application mais indispensable à leur mise en œuvre » (Wiktionnaire)

[3https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032654251. Les peines indiquées sont les peines maximum encourues, et ne sont jamais appliquées telles quelles

[5Liste de l’ensemble des réquisitions que Robert peut faire aux opérateurs : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041553495

[8L’information judiciaire, l’enquête de flagrance et l’enquête préliminaire sont trois différents types d’enquêtes. La première est menée par un juge d’instruction, concerne toutes les affaires de crimes, mais peut aussi être ouverte pour enquêter sur des délits complexes. Elle donne des droits étendus aux enquêteurices. L’enquête de flagrance concerne les « flagrants délits », elle est menée par un Officier de Police Judiciaire (OPJ), sous le contrôle d’un procureur. Il en va de même pour l’enquête préliminaire, dans laquelle les possibilités des enquêteurices sont limitées.

[10Sur les règles d’utilisation des IMSI Catcher : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032631879/2016-06-05

[11La DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) est un service « chargé de rechercher, centraliser et exploiter le renseignement intéressant la sécurité nationale ou les intérêts fondamentaux de la nation » (Wikipédia). Elle naît de la fusion de plusieurs services de renseignements, dont les renseignements généraux, chargés du renseignement de terrain, et compte plus de 3000 policiers.

[12Investigations & téléphonie mobile. Guide à l’usage des avocat.es, p. 64

[15Le cadre légal encadrant le renseignement : https://www.cnctr.fr/3_cadre_legal.html

[16Sur les obligations d’enregistrement pour les FAI et les hébergeurs : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000044228890

Perturbation de la 2eme enquête publique sur la construction d’une nouvelle prison à Muret

Publié le 2022-10-10 07:35:08

Le lundi 3 octobre à 18h, on s’est donné rendez-vous à une dizaine pour se rendre au lycée Charles De Gaulle de Muret où se tenait une réunion dans le cadre d’une enquête publique qui se déroule du 15 septembre au 14 octobre 2022.



Début 2021, une première enquête publique avait déjà eu lieu concernant le projet de construction de 615 nouvelles places de prison d’ici 2027. Malgré de nombreuses oppositions recueillies et un avis défavorable donné par le commissaire enquêteur, l’utilité publique de la taule avait quand même été déclarée au cours de l’été 2021. Tout ça n’étant que consultatif, à l’initiative d’un Plan Prison à 15 000 places, c’est l’État qui décide en dernier recours et qui fait bien comme il l’entend. Malgré tout, une seconde enquête publique est actuellement en cours et a pour objectif de permettre d’obtenir une dérogation pour la destruction d’espèces protégées dû au projet. C’est dans ce cadre que la réunion du 3 octobre avait lieu entre les différents commanditaires du projet et les habitantes de Muret.

À l’arrivée au lycée, l’ambiance est un peu posée : banderole sérigraphiée contre la 3ème prison de Muret posée sur la grille, panneau d’opposition concernant les espèces protégées menacées par le projet, et deux gendarmes attendant comme des piquets.

Le chemin pour se rendre au lycée est balisé par deux flics en civil et les sacs sont fouillés à l’entrée (on apprendra par la suite que trois fourgons de gendarmes étaient cachés derrière le bâtiment). « Ils arrivent » lance l’un d’entre eux en enfilant ses gants au moment où nous entrons à l’intérieur. Dans la salle, une estrade avec les différents parties du projet, et dans le public, une trentaine de personnes, dont le maire de Muret (lui qui s’est récemment découvert une opposition relative au projet puisqu’il préférerait une prison de 200 places !), divers opposant.es et une caméra de journaliste.

Une opposition existe depuis quelques mois sur des arguments nimby (« Pas de prison chez moi, qu’iels la fassent ailleurs »), contre les nuisances (bruits, délinquance, bouchons,..), des arguments écologiques de préservation de l’environnement, ou en faveur du développement des peines alternatives à la prison. Cette ribambelle d’arguments ne nous parlent pas puisqu’ils ne remettent pas en question l’horreur que représente ce système qui a besoin des prisons et de la justice pour fonctionner. Pour cette même raison, nous ne sommes pas d’accord avec les différentes façons de s’opposer au projet. C’est pour ça que nous n’avons pas voulu participer à cette réunion, mais la perturber.

La réunion publique commence. Après la présentation des différentes personnes de l’estrade, c’est au tour de Jean-Pierre Wolff, commissaire enquêteur de la CNDP, de prendre la parole. Dès le début, on l’applaudit fortement, ce qui a pour effet de lui clouer le bec. Impossible pour lui de reprendre la parole, une personne dénonce la mascarade qu’est cette enquête publique alors qu’un appel d’offre a déjà été lancé concernant le projet et que « les prisons ne sont pas à construire, elles sont à détruire ». De l’autre côté de la salle, un tract est lu à voix haute, tandis que d’autres le distribuent dans le public :

« CONTRE UNE NOUVELLE PRISON A MURET !

Pourquoi nous perturbons cette enquête publique ?

L’enquête publique qui est en cours est une mascarade : quel que soit ce qui en ressortira, l’État passera outre un avis défavorable comme il l’a déjà fait avec l’avis de la première déclaration d’utilité publique l’année dernière. D’ailleurs, l’État a lancé un appel d’offre pour le chantier : tout est déjà décidé. Alors on ne va pas faire des « observations » ou des « propositions » pour ce projet, parce qu’on n’a pas l’intention de vivre dans un monde de taules.

Il va sans dire que ce projet, qui prévoit une nouvelle maison d’arrêt à côté de deux prisons déjà existantes, sera nuisible aux sauterelles et autres espèces protégées, mais surtout à tous les êtres humains qui y seront enfermé.es, que ce soit 600 ou 200 personnes (comme l’a proposé le maire de Muret).

Plus largement, l’État prévoit la création de 15 000 places de prison d’ici 2027 et se targue d’œuvrer pour le bien-être et la dignité des détenu.e.s.
La surpopulation dans les maisons d’arrêt n’a jamais été réglée par les plans successifs de constructions de nouvelles prisons en france ces 50 dernières années.
A titre d’exemple, la prison de Seysses était déjà surpeuplée quelques mois après sa mise en fonction, et c’est évidemment toujours le cas aujourd’hui.

La prison est une abomination à détruire, pas à construire.
Que l’on pense aux proches ou aux détenu.e.s, c’est l’angoisse et le mépris qui imprègnent ses murs et qui régissent la vie quotidienne d’énormément de gens.
Entre parloirs toujours trop courts, thunes à débourser pour les mandats, exploitation pure et simple pour un salaire de misère à l’intérieur, séquelles à différentes échelles dues à l’enfermement (ouïe, vue, etc.).
C’est aussi un business juteux pour nombre d’entreprises qui participent à leur construction ou qui opèrent ensuite à l’intérieur dans le nettoyage, la bouffe, ou les ateliers.

Mais la prison, ce n’est pas juste quatre murs sur un terrain précis.
C’est l’aboutissement d’une société de contrôle généralisé, où caméras et policiers quadrillent villes et campagne.
C’est la menace au dessus de chaque tête qui ne voudrait ou ne pourrait pas vivre d’après une légalité édictée selon les intérêts de la morale ambiante, de la défense des richesses et de la propriété privée.
C’est l’outil d’un capitalisme effréné qui a besoin d’enfermer pour subsister.

Tant qu’il y aura des prisons, il n’y aura de liberté pour personne !

CONTRE TOUTES LES PRISONS ! »

Puis des slogans sont lancés « Pierre par pierre, et mur par mur, nous détruirons toutes vos prisons », applaudis par quelques autres personnes. Rapidement, un des organisateur de l’estrade regrette au micro que nous n’exprimions pas notre contestation dans le cadre du « débat » et un gendarme en appelle au calme à travers le brouhaha. Quelques secondes plus tard, une dizaine de ses collègues entrent dans la salle afin de nous évacuer, pour que se poursuive la présentation de ce projet infâme, où seul un certain type d’opposition y est toléré.

Soyons là partout où ils sont et perturbons tout ce qu’il est possible de perturber !

Parce que les sauterelles c’est bien, mais la liberté c’est mieux !

Hamburg, Germany: Solidarity with prisoners, attacks on prison profiteers and Italian consulate

Publié le 2022-10-10 07:40:05

Hamburg, Solidarity with prisoners, attacks on prison profiteers and Italian consulate. In Hamburg the police reported attacks on the Italian consulate and offices and cars of the prison profiteers „chubb“ and „SPIE“.

Last week, paint was thrown at the Italian consulate.

During the same week, the offices of SPIE where attacked with paint and stones.
SPIE is involved in the construction of prisons, nuclear plants and
other dirty business for years already.

Also this week, a car of CHUBB was put to flames.
CHUBB is responsible for security architecture in Hamburg prisons.
On the Schanzenfest, a rebellious neighbourhood-street-festival, money for prisoners was raised and a big banner in solidarity with Juan was put over the street. Even though it was a rainy day, a lot of peoplshowed up, took the streets, bands played shows and information was spread. After the fest there was a wild demo for people facing repression because of struggles against fascism and power.

The banner says “The struggle against state and fascism is
international! Solidarity with the anarchist Juan, incarcered by the
Italian state because of attacks onto the fascist Lega Nord. Freedom for all prisoners!”

Nouveau collectif antipsy en IDF

Publié le 2022-10-10 07:40:05

Présentation du FLAP (Front de Libération Antipsy) et invitation à la première réunion publique.



Le FLAP est un collectif antipsy en Ile-de-France, qui lutte pour l’abolition de la psychiatrie et pour que de réelles formes de soutien et de soin deviennent possibles.

Pourquoi nous luttons

La psychiatrie n’est pas du soin, mais un outil de contrôle social, qui cible en priorité les groupes minorisés subissant les oppressions de genre, de race et de classe. C’est une institution qui justifie l’ordre social existant et écrase toute possibilité de résistance par l’enfermement et la surmédicalisation.

L’un de nos buts est de créer et diffuser divers outils d’autodéfense face à la psychiatrie. Des ressources juridiques et administratives, mais aussi des infos pour créer des réseaux de soutien, ou prendre soin de nos folies et soulager nos souffrances, afin de regagner dès aujourd’hui un maximum d’autonomie face à la psychiatrie et la médecine en général.

Nous ne subissons pas toustes la psychiatrie avec la même violence. La pathologisation de certains groupes minorisés, à travers certains diagnostics stigmatisants, en est une preuve (trouble borderline chez les femmes victimes de violence, schizophrénie chez les hommes noirs…). La psychiatrie fait partie du même complexe carcéro-industriel que la police. Elle déshumanise et exploite toute forme de vie qu’elle juge anormale, qui ne peut contribuer selon ses règles au fonctionnement du capitalisme. L’abolition psychiatrique est donc indissociable de toute autre lutte pour l’émancipation et contre l’enfermement, que ce soit en taule, CRA, ESAT, institutions médico-sociales, EHPAD

Ce que nous voulons

Nous ne souhaitons pas réformer la psychiatrie mais la détruire. Nous ne souhaitons pas travailler aux côtés de celleux qui essaieraient de donner une image douce d’une psychiatrie réformée et « humaine », valorisant la réhabilitation, la pair-aidance institutionnelle ou encore la psychothérapie insitutionnelle. Autrement dit, une psychiatrie qui a toujours pour but l’éradication de nos révoltes, la conformité aux attentes et aux normes sociales oppressantes.

Nous voulons sortir de l’individualisme dans lequel nous isole la psychiatrie, en mettant en lumière les conditions collectives qui sont à l’origine de nos mal-êtres et de nos détresses pour mieux les transformer. C’est avant tout en transformant nos conditions de vie aliénantes que nous soulagerons nos souffrances, et non en nous transformant individuellement pour s’adapter à tout et à tout prix. Nos mal-êtres sont politiques !

Nous voulons nous libérer de la psychiatrie et pas juste apprendre à manier ses diagnostics et ses concepts pour tirer notre épingle du jeu. Certaines éventuelles expériences positives de la psychiatrie n’effaceront pas la violence inhérente à ses institutions, les morts qu’elle a causées et les privations de liberté qu’elle entraîne. Nous ne cherchons pas à nous normaliser, à nous intégrer, au détriment de celleux qui n’auront jamais ce choix. Il ne s’agit pas de développement personnel, mais de lutte pour notre émancipation collective.

Nos réunions sont ouvertes à toutes les personnes désirant se mobiliser contre toutes les formes de contrôle psy et pour l’abolition du système psychiatrique. Nous nous organisons sans soignant-es ni agent-es de la psychiatrie.

Retrouvez-nous chaque dimanche après-midi en région parisienne.
Ecrivez-nous pour avoir l’adresse du lieu et pour plus d’infos : balantipsy@riseup.net

Athens, Greece: Taking responsibility for a placed incendiary devices at the Mercedes dealership in Acharnon ave, by Anarchists

Publié le 2022-10-10 07:40:06

Athens, Taking responsibility by Anarchists

On 8/9 we placed incendiary devices at the Mercedes dealership in Acharnon avenue street, the result was the destruction of the store’s facade and at least four burnt luxury cars.

Mercedes is the oldest car company in the world. From the very first moment, the production of cars has been a disaster for the planet. A large percentage of the world’s oil production is used to run cars. Their production poisons the water and air and destroys large areas of the natural world.

The car industry has changed our lives enormously. Roads and railroads have been built everywhere. Trains, buses and cars are used primarily so that they can, in a short time, travel long distances to get people to the sweatshops of wage slavery.

A large part of society perceives cars as symbols of superiority and power and they go to the extent of selling their bodies to the bosses every day so that they can buy a new expensive car and compete with each other to see who has the best car in the neighbourhood.
Technology is expanding every day and consumers are running to buy anything new that exists even if it has no real use. They only feel happy when they are working or consuming products. It is a society that demands unlimited growth. One of the problems with people’s cult of cars, cell phones, computers, smart homes, is that advanced technology is leading to the murder of life and the planet.

Civilization, the State and capitalism have made parts of the working class want technology, money, exuberance, power. And we have no hope that this will change. Our hope comes from the rebellious individuals and groups resisting this crap world that others have designed for us. And we will not stop until we destroy the State, society and culture. Until Anarchy.

SOLIDARITY WITH THE CAPTIVE COMRADES
STORM AND FIRE TO ALL PRISONS AND TO THE WORLD OF POWER

Via: athens.indymedia

Translated by Act for freedom now!

Appel à soutien devant le tribunal de Grenoble le 18/10

Publié le 2022-10-10 07:45:02

10 octobre 2022
Par CRIC Grenoble (source)
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Le 18 octobre à 13h30, un compagnon passera en procès au tribunal de Grenoble pour refus de prélèvement d’empreintes et d’ADN. Cette affaire s’inscrit dans le cadre d’une instruction plus large, entre autre pour « association de malfaiteurs », dans laquelle des compagnons sont accusés d’actions contre POMA, sous-traitant important du projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, basé à Voreppe (voir infos plus bas).

Pour ne laisser personne seul face à la justice, et pour contester la criminalisation croissante des luttes, notamment au travers de cet outils répressif qu’est « l’association de malfaiteurs », nous souhaitons être nombreu.ses pour le soutenir le 18 octobre. Et comme la joie et la solidarité seront toujours nos meilleures ressources, venez chanter et boire du thé avec nous à partir de 12h30 devant la tribunal judiciaire de Grenoble.

Un peu de contexte sur tout ça :

Bien caché, au coeur des campagnes de Meuse, l’Agence Nationale de gestion des Déchets Radioactifs, l’ANDRA, mène un projet dantesque. Enfouir pour plusieurs centaines de milliers d’années, les déchets les plus radioactifs issues des centrales nucléaires françaises (entre autre), à 500 mètres sous terre. Ce projet, nommé CIGEO, n’a toujours pas vu le jour mais il est aujourd’hui déclaré d’utilité publique ! Pour exister, il a besoin d’une infrastructure qui permettrait de descendre les déchets sous terre. Et c’est POMA, leader mondial du transport par câbles, dont le siège est à Voreppes (38), qui en a la responsabilité ! 

Face à ces projets la résistance s’organise à Grenoble et ailleurs : collages, actions directes, mobilisations (voir la campagne https://enfouissons-poma.info)




Source: Cric-grenoble.info

Cet article a 3 ans. Le contenu et les informations peuvent être obsolètes. Dans le cadre de notre mission d'archivage, nous ne supprimons jamais les anciens articles pour documenter l'histoire du mouvement anarchiste au fil du temps.

Berlin/Herne (Allemagne) : un double sabotage envoie le trafic ferroviaire en tilt [MaJ]

Publié le 2022-10-10 07:50:04

Un acte de « sabotage » paralyse le trafic ferroviaire
en Allemagne

France24, 8 octobre 2022 (extrait)

Un acte de « sabotage » visant des câbles de liaison radio a provoqué, samedi 8 octobre, la paralysie du trafic ferroviaire dans le nord de l’Allemagne. Durant près de trois heures, samedi matin, l’ensemble des liaisons à grande vitesse et régionales dans le nord du pays ont été interrompues.

Après le rétablissement partiel du trafic, la compagnie Deutsche Bahn a affirmé qu’un « sabotage » était à l’origine de la panne. Ce sabotage a visé des « câbles indispensables à la circulation des trains », a précisé à l’AFP la compagnie allemande. Il s’agit plus précisément du réseau radio GSM-R (Global System for Mobile Communications-Rail) des trains servant à la communication avec les conducteurs mais aussi, plus globalement, d’ « interface centrale entre les trains et l’infrastructure » de contrôle, selon le Spiegel, le premier média à évoquer, en citant des sources sécuritaires, des soupçons de sabotage.

Ces « câbles en fibre optique » ont ainsi été coupés à Berlin et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest), la région la plus peuplée d’Allemagne, abonde le quotidien populaire Bild [Ndlr : et plus exactement à Herne entre Dortmund et Essen sous un pont au niveau du poste d’aiguillage pour le premier câble ; et à Berlin du côté de Karower Kreuz/Hohenschönhausen le long des voies pour le second câble : soit en deux endroits différents du réseau distants de 540 kilomètres, à l’ouest et à l’est du pays].

L’incident a notamment entraîné une interruption des liaisons entre Berlin et certaines régions de l’ouest et du nord du pays comme le Schleswig-Holstein, les villes de Hambourg et Brême ou encore la Basse-Saxe et une partie de la Rhénanie du nord-Westphalie. La liaison Berlin-Amsterdam avait aussi été suspendue.

Des milliers de voyageurs sont ainsi restés bloqués dans les gares samedi matin. Des annulations et des retards étaient encore à prévoir samedi dans la journée malgré le rétablissement des liaisons ferroviaires, a prévenu la Deutsche Bahn.

Toulouse (Haute-Garonne) : les véhicules de la mairie sur le grill

Publié le 2022-10-10 07:50:07

Toulouse : trois véhicules municipaux incendiés,
du vandalisme anti-ZFE
La Dépêche, 8 octobre 2022

Trois carcasses calcinées et un slogan inscrit à la peinture rouge : « Nike la ZFE ». Il n’existe guère de doute sur la motivation du ou des auteurs de l’incendie qui s’est produit dans la nuit de vendredi à samedi, en haut de l’avenue Jean-Rieux, face à la rue Edouard-Lartet à Toulouse.

Le feu a éclaté vers 3h30. Les pompiers ont utilisé une lance pour stopper la progression des flammes qui ont dévasté une camionnette, un petit camion plateau et une voiture particulière. Deux véhicules se trouvaient stationnés au même endroit, une troisième un peu plus loin, ce qui laisse imaginer au moins deux départs de feu.

La police a été saisie et a ouvert une enquête. La mairie devrait déposer plainte rapidement.

La ZFE, zone à faible émission, interdit aux véhicules portant des vignettes 5 de circuler dans le centre de Toulouse depuis le printemps. Même si des exceptions existent, certains conducteurs pestent contre des mesures qui permettent de limiter la pollution de l’air dans le centre de la ville mais, de facto, sanctionne les propriétaires de véhicules anciens.

Pittsburgh (États-Unis) : barbecue de voitures de keufs

Publié le 2022-10-10 07:50:11

Le 28 septembre dernier à Pittsburgh (Pennsylvanie) vers 2h30 du matin, trois grosses voitures de police ont été détruites. Elles dormaient nonchalamment devant le centre d’entraînement de la police, le long de North Lincoln Avenue dans le quartier nord de la ville, quand elles ont été volontairement incendiées par des inconnus.

Les pompiers arrivés sur place n’ont rien pu faire, et selon « un expert » largement cité dans les journaux américains, le nombre d’attaques contre les véhicules de police est même en forte hausse à Pittsburgh depuis 2018, « mettant à rude épreuve la relation entre les forces de l’ordre et les personnes qu’elles sont censées protéger ». Allez savoir pourquoi…

[synthèse de la presse nord-américaine, 28-29 septembre 2022]

Puente Alto (Chili) : attaque incendiaire en défense du fleuve Maipo

Publié le 2022-10-10 07:50:14

(Traduit de l’espagnol de noticiasdelaguerrasocial, 2 octobre 2022)

Le 1er octobre 2022 vers 21h, des anonymes parviennent à rentrer sur le site de l’entreprise de graviers Baeza, située à l’intersection des rues Camino Internacional et Avenida Ejército Libertador, sur la commune de Puente Alto (en banlieue de la capitale Santiago).

Une fois à l’intérieur, cinq camions sont arrosés d’essence et réduits en cendres, les personnes parvenant à s’échapper sans être détectées. L’entreprise elle-même a évalué les pertes à 380 millions de pesos [plus de  400 000 euros], tandis que la Confédération Nationale de Propriétaires de Camions (CNDC) déclarait scandalisée : “pour la première fois un incendie affecte des camions de manière massive à Santiago”.

Peu de temps après, la Célula Insurreccional por el Maipo. Nueva Subversión a revendiqué cette attaque incendiaire en défense du fleuve Maipo, qu’on pourra lire ci-dessous.

Revendication d’attaque incendiaire contre une entreprise de graviers
sur la rivière Maipo dans la commune de Puente Alto

Les faits
La nuit du samedi 1er octobre, nous avons matérialisé l’attaque en défense de la terre et des eaux du fleuve Maipo par un sabotage incendiaire contre l’entreprise Empresas Baeza, située sur sa rive nord à la hauteur de la commune de Puente Alto, générant des dommages élevés évalués à des centaines de millions de pesos (380 millions à ce qui se dit).

Le contexte
À la différence d’autres entreprises de graviers du secteur qui ne peuvent gérer que quelques machines, Empresas Baeza génère des millions de bénéfices par la dévastation directe de la berge du fleuve Maipo en la creusant de part en part pour en extraire des graviers et du sable, avec la location de machines destinées à l’excavation et au transport de graviers et de terres, grâce à des contrats avec le M.O.P.  [Ministerio de Obras Públicas] et des constructions d’autoroutes. Elle compte de plus sur de multiples appels d’offres accordés par des municipalités et provenant en grande partie de maires et de conseillers municipaux appartenant au parti de Renovación Nacional
[RN, parti de droite de l’ex-Président Sebastián Piñera, lié aux milieux d’affaires chiliens], ce qui met au passage en évidence les liens, les réseaux et la complicité historique de la famille Baeza avec les militants de ce parti. Un exemple de leurs énormes revenus est le “manoir” familial comme ils et elles ont l’habitude d’appeler leur résidence d’été située sur le Lac Rapel, où ils vont fréquemment jouir du paysage enchanteur qu’offre cet environnement, contrastant énormément avec les environs de leur entreprise qui transpirent la misère et la dégradation tant sociale qu’écologique.


Le fleuve Maipo
Le fleuve Maipo est d’une importance vitale pour une grande partie de la biodiversité existant dans la Région Métropolitaine, ainsi que pour la grande ville qui en dépend (Santiago), fournissant à la population environ 70% de l’eau potable et 90% de l’eau pour l’irrigation, en plus de la grande quantité de production électrique générée par les multiples centrales hydroélectriques qui l’exploitent (Aes Gener S.A., Carbomet Energía S.A., Mallarauco S.A., Eléctrica Puntilla, Sociedad Canalistas del Maipo (SCM), entre autres). Pourtant, au lieu d’être profondément estimé, respecté et pris en compte, il est outragé et exploité par diverses entreprises de tout poil sur presque toutes ses portions comme par exemple :

La zone Cajón del Maipo : exploitée principalement par Alto Maipo (centrale hydroélectrique appartenant à Aes Gener S.A.), du haut de la cordillère jusqu’à son arrivée à la grand-ville.

La zone Pirque, Puente Alto et San Bernardo : plusieurs entreprises destinées à l’extraction et à la vente de graviers créées sous la dictature de Pinochet, comme Empresas Baeza et sa cimenterie voisine du Groupe TX, qui à travers sa société minière Rosario fore profondément sur la rive nord du fleuve. Ici aussi, il y a de nombreux grands vignobles appartenant principalement à Viña Concha y Toro SA, des centrales hydroélectriques telles que celles mentionnées ci-dessus, parmi lesquelles se distinguent particulièrement Carbomet Energía S.A. et sa Compagnie Auxiliaire de Eléctricidad del Maipo S.A. (CAEMSA). Toutes deux, appartenant à Molymet et situées à Puente Alto, utilisent le prétendu canal d’irrigation La Carburera, qui loin de servir de source d’irrigation pour les agriculteurs des zones rurales, travaille exclusivement pour ces deux centrales hydroélectriques, en plus d’EBAEZA pour le fonctionnement de certaines de ses machines de transformation de graviers qui nécessite un pompage et une déviation des eaux impactant significativement le débit sur une grande partie du Río Maipo toute l’année.

Zone de Llolleo : enfin, son embouchure à llolleo est également affectée par la menace de l’expansion du méga-port de San Antonio, élément fondamental du COSIPLAN (ancien IIRSA), un projet écocide et méga-extractiviste dans le cône sud d’Abya Yala*.

Amazon
Et comme si cela ne suffisait pas, la puissante et néfaste multinationale Amazon annonce son arrivée avec l’installation de son premier data-center au niveau sud-américain dans la commune de Puente Alto. Selon toute probabilité, celui-ci exploitera les eaux du Maipo pour alimenter son indispensable système de refroidissement, comme le font déjà les data-center de Google, Microsoft et Huawei dans la zone nord de la Région Métropolitaine, en consommant d’énormes quantités d’eaux souterraines, renforçant ainsi la sécheresse sur tout le territoire.

Qu’ils sachent que leur présence est hostile au fleuve Maipo, et que nous n’hésiterons pas à les recevoir de la pire des manières, en les attaquant avec le feu, les balles et la poudre si nécessaire !


Appel
Aujourd’hui plus que jamais, il est urgent de freiner l’avancée de la dévastation et d’empêcher que la terre continue à être exploitée. Aujourd’hui plus que jamais, il est urgent de détruire tout ce qui perpétue des logiques écocides. Pour nous, il est très clair que les dénonciations et les législations sur ces sujets sont des contretemps qui piègent et minimisent la lutte pour la terre, que les cris, les banderoles et les jolis slogans n’égratignent pas plus qu’ils ne font peur. Que les palabres et l’activisme virtuel en restent seulement là. C’est pourquoi nous propageons une action directe et offensive ici et maintenant, sans médiateurs, matérialisant le feu de la dévastation de nos propres mains, et nous invitons instamment les révolutionnaires, insurgé-e-s, nihilistes, rebelles de toute l’Abya Yala* à prendre aussi le feu et la poudre dans leurs mains pour détruire les entreprises, les maisons, les bureaux, les transports et les vies de toutes celles et ceux qui détruisent la nôtre en ravageant la terre, les forêts, les jungles, les rivières et la faune. Parce qu’il est urgent d’en finir avec ce système de mort sur tous ses fronts, et que la libération d’Abya Yala du saccage, de la colonisation, de la déprédation impérialiste, des logiques extractivistes et capitalistes doit se passer maintenant. Pour une vie libre, autonome et horizontale entre toutes les espèces et la terre.

Reboisons ce qui est originel à travers l’attaque directe et combative !


Nous déclarons
À propos des similitudes que notre action et notre objectif pourraient avoir avec celles qui ont lieu dans le Wallmapu, et de la distorsion et manipulation prévisibles de la part de la presse bourgeoise malintentionnée, toujours servile vis-à-vis du pouvoir. À propos du discours selon lequel “tout est montage” porté constamment par certains secteurs citoyens, voire par de nombreux secteurs pseudo-révolutionnaires, nous déclarons que :

Malgré l’énorme complicité existante et la sincère solidarité exprimée en permanence envers la digne résistance Mapuche, nous n’en sommes pas et ne prétendons pas en faire partie. Nous fraternisons dans la guerre contre l’État, sa domination et sa répression, comme nous fraternisons aussi dans la guerre pour la terre, les forêts et les rivières, parce que leur défense est quelque chose de transversal pour quiconque aspire à la libération totale. Cependant nous ne pouvons pas être les mêmes. Notre action est autonome, anarchiste. Nous ne sommes pas Mapuche, même s’il va sans dire que nous sourions face à chaque action de récupération des terres et d’attaque contre les sociétés forestières, les entreprises extractivistes et latifundistes qui s’approprient et endommagent la ñuke mapu.

Et au cas où ça ne serait pas assez clair. Nous n’agissons pas de manière indiscriminée. Nous pointons nos armes contre la dévastation et celles et ceux qui soutiennent la misère et tout ce système de mort. Mais ne vous méprenez pas. Nous ne perdrons pas de temps ni d’énergie avec des misérables de bas étage, pas plus que nous n’attaquerons les êtres passifs qui n’ont que peu ou rien à voir avec la guerre en cours.

Pour finir. Nous ne sommes pas un montage de l’État, de ses flics ou de ses mercenaires. Des gens comme nous existent, qui, partant de leur individualité, ont décidé d’abandonner tout rôle de victime ou d’agent-e-s passifs/ves pour nous lancer à la conquête de la liberté par tous les moyens à notre portée. Nous sommes anarchistes. Contre l’État et toute autorité. Contre le progrès et la dévastation. Vous ne pouvez pas nous nier, nous invisibiliser ni nous réduire. Nous portons la résistance et l’offensive avec fierté et dignité, jusqu’aux ultimes conséquences. Nous existons. Nous attaquons. Nous serons.

Mónica Caballero, Francisco Solar, Mawünhko, Tomás, Joaquín Garcia, Juan Aliste, Marcelo Villaroel, Mayo, prisonnier-e-s et clandestin-e-s subversifs/ves et mapuche, prisonnier-e-s antiautoritaires et subversifs/ves de toute l’Abya Yala et des autres continents : chacun de ces incendies cherche à vous donner des instants d’évasion et à vous porter ici parce qu’ainsi nous continuons à nous rencontrer dans chaque attaque.

Avec Emilia Bau** fortement présente dans la mémoire de la Vallée du Maipo et de la libération de la terre.
Avec Santiago Maldonado, Macarena Valdés, Ruben Collío, Claudia Lopez, Punky Mauri, Pelao Angry. En propageant le feu contre la dévastation, nous propageons aussi la mémoire et la vengeance.

À quelques semaines du troisième anniversaire de ce 18 octobre [date du soulèvement de 2019], nous n’oublions pas Cristián Valdebenito ni tou-te-s les morts de la révolte. La vengeance et l’attaque permanente contre le pouvoir seront le lieu où nous nous retrouverons constamment avec tou-te-s nos mort-e-s.

Mort au TPP-11*** et à tout traité au service de la dévastation et du pillage par le capital de la terre et de notre autonomie.

Pour l’anarchie, pour la terre, pour nos vies.

Cellule Insurrectionnelle pour le Maipo.
Nouvelle Subversion.

NdT :
* Abya Yala est l’appellation choisie par des population autochtones, plus spécifiquement les Kunas, pour nommer l’Amérique Latine, refusant ainsi le nom imposé par Amerigo Vespucci.
** Emilia ‘Bau’ Herrera est une trans féministe attachée à la communauté mapuche avec laquelle elle vivait, le lof Llaskawe de Panguipulli. Elle a été assassinée le 16 février 2021 d’une balle en pleine tête par des agents de sécurité lors d’un processus de récupération de terres contre le secteur résidentiel de luxe au bord du lac Riñihue.
*** TPP-11 : accord commercial de libre-échange signé en 2018 entre l’Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou , Singapour et le Vietnam.

Porto Alegre (Brésil) : barricades contre les élections présidentielles

Publié le 2022-10-10 07:50:17

(traduit de l’espagnol de contrainfo, 3 octobre 2022)

Notre réponse : action directe !

Face au débat anarchiste sur le vote et les élections, notre réponse a été, est et sera l’action directe contre toute autorité. Il est urgent de dépasser le papier pour passer à l’action.

À l’aube du jour des élections présidentielles [du 2 octobre, qui a vu Lula arriver en tête contre Bolsonaro], nous avons mis le feu à plus de 300 drapeaux et tracts électoraux, qui ont allumé les pneus d’une barricade sur le viaduc de l’Avenue Silva Só, zone voisine du centre-ville. Avec cette action, nous coupons le flux de la normalité citoyenne, résignée à voter comme un mode de vie.

Sur la banderole et sur les tracts accompagnant l’incendie il était écrit : « Contre tous les politiques, Contre toute autorité, Vive l’anarchie ! »

Ce que j’ôte de mes nuits – #Mois anti-surveillance

Publié le 2022-10-11 11:20:03

11 octobre 2022
Par Marseille Infos Autonomes (source)
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En ces temps de réchauffement climatique, quoi de plus attentionné en effet que des poteaux rectangulaires et brunâtres vaporisant toutes les deux minutes « une ondée de douceur » dans l’air ambiant ? Voilà en tout cas une seconde bonne nouvelle qui avait de quoi réjouir les honnêtes citoyens, après celle tombée la veille pour annoncer l’arrêté d’expulsion pris par le maire contre les gens du voyage, au prétexte que leur installation sauvage près d’un ruisseau menaçait le réseau d’arrosage du golf Old Course puisant directement dans ce dernier. Ah mais, c’est qu’à Mandelieu-la-Napoule, on ne plaisante avec le précieux liquide : brumisateurs urbains sur sol bétonné et golf dispendieux de 74 hectares en bord de mer d’un côté et shérifs locaux d’un autre contre les indésirables qui osent s’aventurer en ville sans y être invités. De ce petit ghetto doré pour privilégiés, quadrillé par 208 caméras équipées en infrarouge, hauts-parleurs ou LAPI (Lecteur Automatique des Plaques d’Immatriculation) ainsi que par 80 flics municipaux dont la moitié dotés de pistolets semi-automatique Glock 17, on ne s’étonnera pas qu’un esprit cynique ait pu prédire que c’était le genre d’endroits dont on ne regrettera pas la disparition lors de la montée tant annoncée des flots.

Mais revenons-en à ces fameux brumisateurs, que le journaflic de service a qualifié d’équipement « conciliant bien-être du citoyen (…) et volonté permanente d’innover », puisque leur spécificité ne réside pas tant dans l’intention illusoire de rafraîchir les portefeuilles bien garnis, que d’intégrer en même temps éclairage et caméras de surveillance publiques. Ce dispositif complet a même été conçu sur-mesure pour la ville de Mandelieu, par une petite entreprise régionale qui mérite ici de retenir notre attention : Technilum. Implantés près de Béziers (Hérault) avec une cinquantaine de salariés, on retrouve ses poteaux high-tech non seulement sur toute la côte méditerranéenne (Cannes, Nice, Marseille, Monaco, Montpellier, Nîmes), mais aussi sur nombre de places et quais-vitrine de grandes villes d’ici (Bordeaux, Lyon, Paris, Lille, Lorient, Strasbourg, Grenoble) ou d’ailleurs (Toronto, Jérusalem, New-York, Istanbul). Immanquables par leur constitution en aluminium sans soudure comme par leurs lignes épurées et très design, les « poteaux intelligents tout-en-un » de Technilum s’implantent depuis quelques années en suivant les lignes sécuritaires de la gentrification et du développement de la fameuse smart-city. Pouvant intégrer au choix des discrètes caméras de vidéosurveillance à 180°, des capteurs de présences différenciée (piétons ou véhicules) pour faire varier l’éclairage ou lancer des alertes, des capteurs pollution et météo, des détecteurs de vibrations (en cas de tentative de « vandalisme »), des écrans interactifs, mais aussi des hauts-parleurs, des prises pour véhicules électriques et bien sûr internet (wi-fi et Li-fi), ils sont la fierté de sa dirigeante, Agnès Jullian.

Une fois de plus, on peut constater que des entreprises importantes de la surveillance et du contrôle qui transforment l’environnement en vaste prison à ciel ouvert – ici sous forme de mobilier urbain multifonction et connecté – ne sont pas que d’immenses mastodontes lointains souvent inaccessibles, mais peuvent aussi se nicher à portée de main au milieu de la rase campagne. Représentante du département de l’Hérault pour la grande exposition du Fabriqué en France (sic) dans les salons de l’Elysée puis au sommet Choose France (re-sic) du château de Versailles en 2020, c’est d’ailleurs justement en pleine nature qu’Agnès Jullian a fait rénover il y a quelques années le Domaine de Lézigno, un ancien chai viticole regroupant désormais le siège et les ateliers de Technilum. Et puisque certaines entreprises ont parfois tout pour plaire, précisons en rab que la dirigeante et actionnaire unique de cette boîte familiale est non seulement amatrice déclarée de tauromachie, mais également saltimbanques des affaires capable de passer d’élue divers gauche au conseil régional en 2010 à élue LR à la mairie de Béziers 2014, tout en se vantant dans un quotidien économique très ennuyeux d’une philosophie vraiment novatrice en matière de gestion du petit personnel : « Quand un salarié prend un crédit immobilier de vingt ans pour sa maison, c’est gagné ! »

Pourtant, au milieu de tout cela, soit entre une conférence où l’entreprise de métallurgie et de mécatronique vante la miniaturisation de ses caméras urbaines dont l’efficacité augmente « parce que les gens ne se savent pas filmés », et la sanglante et dévastatrice extraction de bauxite (Guinée, Indonésie, Australie, Chine) qui sert de base à ses mâts en aluminium, reste un léger détail qui – lui – est véritablement d’avenir. L’ensemble de son smart-matériel et de ses ateliers de productions dépendant en effet de deux indispensables petites choses : un approvisionnement régulier en électricité et en données. Deux petites choses qui pourraient bien être coupées net à la tombée des étoiles, puisque le rôle policier des concepteurs de « lampadaires intelligents » est tout aussi clair que celui de leurs lointains prédécesseurs, lorsque les lanternes garnies de chandelles furent rendues obligatoires par Louis XIV dans les rues d’une trentaine de villes, afin que l’espace urbain n’échappe plus au regard des autorités. C’était l’époque d’un poète désormais oublié, où déformant les mots de sa tragédie, on pouvait déjà dire : « ce que j’ôte dans mes nuits, ne se retrouve plus de jour ».

Lucifera

Article retranscrit du journal papier “Anarchie”




Source: Mars-infos.org

Cet article a 3 ans. Le contenu et les informations peuvent être obsolètes. Dans le cadre de notre mission d'archivage, nous ne supprimons jamais les anciens articles pour documenter l'histoire du mouvement anarchiste au fil du temps.

Ivan, renouvellement de détention préventive

Publié le 2022-10-12 06:20:06

Nouvelles d’Ivan, le compagnon anarchiste arrêté le 11 juin en région parisienne pour incendie et en détention provisoire à la maison d’arrêt de Villepinte. Articles précédents le concernant : lettre envoyée en juin ; nouvelles d’Ivan en août ; lettre de fin septembre.



Quelques nouvelles

Le 5 octobre, le compagnon anarchiste Ivan, arrêté le 11 juin car accusé de 6 incendies de véhicules, est passé devant la JLD, au tribunal de Bobigny. La vice-présidente Claire Vettier, la même qui avait entériné l’incarcération du compagnon le 13 juin, a renouvelé sa détention préventive pour quatre mois encore.

Entre-temps, son courrier semble se débloquer. Même si les anciennes lettres continuent de se couvrir de poussière dans le bureau de la juge d’instruction, le compagnon a reçu deux cartes postales et une lettre, envoyées ces derniers jours. Ça lui a fait un très grand plaisir et il remercie qui a pensé à lui.

N’oublions pas les révolutionnaires emprisonnés.

La solidarité c’est l’attaque !

Pour lui écrire :

Ivan Alocco
n. d’écrou 46355
M.A. de Villepinte
40, avenue Vauban
93420 – Villepinte

Le chiffre du jour : + 1.05 milliards d’euros

Publié le 2022-10-12 08:10:03

Avec 1,05 milliard d’euros supplémentaires prévus par le projet de loi de finances pour le ministère de l’Intérieur dont le budget prévu est de 15,77 milliards d’euros, le gouvernement affirme la place centrale occupée par la sécurité dans ses préoccupations.

L’effort budgétaire consenti en matière de modernisation et de recrutement devrait se traduire notamment par la création de 2 874 nouveaux emplois, soit un triplement du volume constaté en 2022. A terme, il s’agit pour le gouvernement de tenir la promesse d’un doublement des effectifs sur la voie publique dès 2023 et de pouvoir armer les onze nouvelles unités de forces mobiles (quatre compagnies républicaines de sécurité, sept escadrons de gendarmerie mobile). Dans la même perspective, 276 millions d’euros seront affectés au budget consacré au recrutement et à la formation des réserves opérationnelles, autre défi pour les prochaines années, avec un objectif fixé à 30 000 réservistes au sein de la police nationale.

(extrait de Le Monde, 26 septembre 2022)

Gênes (Italie) : perturbation solidaire du raout de l’ambassade de France

Publié le 2022-10-12 08:10:03

Vendredi 7 octobre à Gênes, une conférence à l’Alliance française, organisée par l’Institut français, l’Ambassade de France et l’Université de Gênes, a été perturbée par des banderoles, des discours et des tracts en solidarité avec les anarchistes Vincenzo Vecchi et Claudio Lavazza, expliquant leurs conditions de répression spécifiques.

Vu que le cycle de conférences portait sur l’avenir des démocraties, la protection des droits et des minorités, les mobilisations citoyennes, il a été rappelé le rôle des démocraties italienne et française dans les politiques racistes et la fermeture des frontières ; dans leur participation directe aux guerres d’agression de ces vingt dernières années, de l’Afghanistan à la Libye ou dans le soutien actif à l’armement de l’Ukraine ; dans la répression des conflits sociaux, par le biais du mandat d’arrêt européen, montrant la solidarité mutuelle que les démocraties entretiennent lorsqu’il s’agit de réprimer ceux qui luttent.

Liberté pour Vincenzo Vecchi*
Liberté pour Claudio Lavazza
Solidarité avec tous les prisonniers de la guerre sociale

* NdT : Le 11 octobre, la Cour de cassation de Paris devra se prononcer sur l’exécution du mandat d’arrêt européen (MAE) émis par l’Italie après l’avis rendu mi-juillet par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui a estimé que la France ne pouvait s’opposer au mandat italien. Vincenzo Vecchi, anarchiste, a été condamné en 2009 à douze ans et demi de prison suite aux émeutes de Gênes contre le G8 (2001), et arrêté en 2019 en Bretagne où il s’était mis au vert.

(traduit de l’italien de Il rovescio, 10 octobre 2022)

Thouars (Deux-Sèvres) : la police municipale prise pour cible

Publié le 2022-10-12 08:10:07
Les restes de la voiture de la police municipale…

La police municipale prise pour cible à Thouars
Courrier de l’ouest/La Nlle République, 10 octobre 2022

Il était 6 h 30, ce lundi 10 octobre, dans la cour arrière de l’Hôtel de ville de Thouars (Deux-Sèvres) quand un agent d’entretien a entendu des bruits de craquements. Et aperçu un individu prendre la fuite. Dans la nuit, il voit les flammes dévorer un véhicule. Les sapeurs-pompiers interviennent rapidement : 31 sapeurs-pompiers sont engagés et une lance à incendie utilisée. La carcasse calcinée est celle du deuxième véhicule d’intervention de la police municipale.

Ce lundi matin, le personnel de la mairie est consterné. Les pompiers ont limité la propagation des flammes à la boiserie d’un bureau de reprographie, situé dans un bâtiment annexe de la mairie de Thouars. Un ordinateur a également été endommagé et le bureau sera inutilisable pendant quelque temps. Les fenêtres de l’étage, qui ne sont autres que les locaux temporaires de la police municipale, sont également fortement touchées. L’enquête a été prise en main par la police nationale.

Thouars. Le bâtiment annexe de la mairie

Haitians Attack Properties of High-Ranking Officials

Publié le 2022-10-13 07:35:05

On Tuesday, militants in the city of Gonaives burned and looted buildings owned by Defense Minister Enold Joseph. Properties belonging to high-ranking officials such as Andre Michel, Marjorie Michel, Edmonde a Beauzile, and Rocardin St. Jean were also attacked.

After attacking and looting the First Instance Court and the Appeals Court, demonstrators attacked the Defense Minister’s companies.

One of the burned properties is “Independence 1,” a shopping center housing a radio station, a convenience store, and a hotel.

The “Independencia 2” shopping center was also attacked and burned.

This latest wave of militancy in Haiti comes after the US-supported Haitian prime minister Ariel Henry called for “foreign military intervention,” in other words, an explicit return of colonial occupation in Haiti, whose people have suffered greatly from French and American invasions. Haitian revolutionaries have resisted each attempt to colonize them, providing inspiration for anti-colonial uprisings around the world.

Henry began his political career as the leader of the Democratic Convergence movement, which plotted the overthrow of Jean-Bertrand Aristide, who was removed from power in a US-backed coup in 2004.

As one protesters in Petit-Goâve said: ‘We would rather destroy the country than continue to live under the imperialist colonial system of the United States, France, Canada, BINUH, and the Core Group’.

Demonstrators on Monday shouted against the “foreign occupation” and demanded the resignation of Prime Minister Ariel Henry, who on Friday asked international partners for “the immediate deployment of a specialised armed force, in sufficient quantity” to stop the “criminal actions” of armed gangs across the country.

Several people were shot and one person was reported to have been killed by police during the rallies.

“It is a crime perpetrated by the police. This young girl posed no threat. She was killed expressing her desire to live in dignity,” a protester said.

Many Haitians have rejected the idea of another international intervention, noting that UN peacekeepers committed sexual assault and sparked a cholera epidemic more than a decade ago that killed nearly 10,000 people.

Red Paint on Facade of Ukrainian Embassy – Blood under the Facade of the Ukrainian State

Publié le 2022-10-13 07:35:05

The Ukrainian Embassy in Prague was heavily stained with red paint on the morning of 5 October 2022. It is an angry message to the Ukrainian state, which is needlessly sacrificing people in a war that they do not want to participate in. It is impossible to stand silently by as Zelensky and his government deny the people the opportunity to choose to leave the shelled country and not bleed for the interests of the bourgeoisie.

This action was taken in solidarity with the people affected by the war, all deserters, conscientious objectors and those who sabotage the war machine. Behind this act of solidarity are the same attitudes that were expressed in the Manifesto of the Internationalists Against Capitalist War and Peace in Ukraine…

It is understandable that Putin and his supporters are criticized for the crimes they are committing against the people of the Ukrainian region. However, the complicity that Zelensky and the Ukrainian government have in these massacres should not be forgotten. At a time when Putin’s army is bombing Ukrainian cities, Zelensky’s government is forbidding men to go across the border to safety. They keep them in shelled territory under threat of punishment and force some of them to risk their lives on the war front against their will. It needs to be made clear: Zelensky is as much a shit as Putin! Both have the blood of civilians on their hands.

The Ukrainian state is said to be an innocent victim of aggressive neighbors, but underneath its facade is just another form of tyranny. The constant highlighting of the crimes of dictatorial regimes distracts attention from those committed by democratic ones. Certainly, there are many differences between the rule of dictators and that of democrats, but it is just that in the matter of sacrificing the lives of the ruled population, they tend to be indistinguishable. For both dictatorial and democratic statesmen, we are mere numbers and freely available human resources. They calculate and arbitrarily regroup us. They add us up and subtract us. They manipulate us and get us killed. They humiliate and exploit us to defend the power of the ruling class.

There is no point in solving the dilemma of whether to side with one government or another in a war. Every government will suppress our interests and waste our lives. Putin, Zelensky, Biden, Lukashenko, Zeman and others. They are just different faces of global tyranny. They all need to be repudiated and overthrown. People must be free to move about, find safety and organise their lives.

Death to all states!

Open the borders, overthrow the tyrants!

From: Antimilitarismus

Paignton (Angleterre) : feu à l’antenne 5G

Publié le 2022-10-15 06:20:05

Dans la nuit de dimanche à lundi 3 octobre 2022, une antenne 5G a été volontairement incendiée à Paignton (Devon), en Angleterre. Il était 5h45 du matin lorsque les pompiers sont arrivés au croisement de Broadsands Road et Dartmouth Road dans cette ville de 50 000 habitants, mais l’armoire d’alimentation électrique du mât de téléphonie mobile n’a pu être sauvée des flammes.

La police du Devon et des Cornouailles est chargée de l’enquête, ouverte pour « incendie criminel », tandis que de petits malins n’ont pas manqué de remarquer que cette antenne-relais était située au milieu de la place donnant sur la bibliothèque du quartier, la Churston Library. Peut-être une bonne manière de faire vibrer ensemble idée et action en un chaleureux vase communicant…

(synthèse de la presse anglaise, 3 octobre 2022)

Blagnac (Haute-Garonne) : le Gers en tilt après un sabotage de fibre optique

Publié le 2022-10-15 06:20:07
Free : la piste du sabotage derrière la panne générale dans le Gers
La Dépêche, 12 octobre 2022 (extrait)

Une importante panne de réseau affecte des centaines de foyers dans le Gers depuis ce mardi 11 octobre. Les clients de l’opérateur Free sont victimes d’une interruption de service suite à un potentiel acte de vandalisme sur un câble de fibre optique, situé au niveau de la commune de Blagnac (31). Ni les appels ni l’accès à internet ne sont possibles depuis plus de 24 heures. D’Auch à Vic-Fezensac en passant par Lectoure ou encore Monblanc, la zone touchée par l’incident s’étend sur quasiment tout le département et au-delà. Certaines communes de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne sont également touchées par une panne de réseau.

Les techniciens ont été mobilisés dès mardi après-midi afin de déceler l’origine de la panne. C’est sur la commune de L’Isle-Jourdain, qu’à l’aide d’un réflectomètre optique (un appareil permettant de déterminer l’intégrité d’un câble à fibre optique) que la source de l’incident a été détectée à… 35 km de là, dans le département voisin. En début d’après-midi, ce mercredi, un technicien Free passait en revue l’une des installations fibre, sur l’un des répartiteurs de la commune d’Auch, [quand] l’un de ses collègues lui apprend la nouvelle : un des équipements de l’opérateur a été la cible d’un acte de vandalisme. Ce dernier a d’ailleurs précisé que l’incident a été détecté au niveau d’une bretelle d’accès à l’autoroute A621 sur la commune de Blagnac.


Une intervention a nécessité le tirage d’un câble de 1 500 mètres de long aux abords de la rocade. Selon le technicien de Free, l’acte aurait été commis par des personnes qualifiées, le câble ayant été sectionné à deux endroits.

Les professionnels impactés

Les clients de l’opérateur sont nombreux à signaler cette panne. Parmi eux, de nombreux professionnels font les frais de cet incident. Accès internet impossible, terminal de paiement électronique hors service etc. Des conditions qui posent certaines difficultés pour exercer également dans les établissements scolaires à l’image du lycée Pardailhan. Noter les absences, mettre à jour les emplois du temps ou envoyer des mails par le biais de l’intranet de l’établissement devient impossible sans internet. « On fait tout par téléphone, on écrit des notes », indique-t-on du côté de la vie scolaire.

Mais c’est surtout dans le secteur médical que la situation peut se compliquer chez les praticiens utilisant le réseau Free. Dans le cabinet du docteur Khater, dentiste installé à Auch, la prise de rendez-vous ne se fait qu’en présentiel depuis mardi. Pour les frais de consultation, ce n’est même pas la peine de penser à l’utilisation de la carte bancaire, le terminal de paiement, connecté à internet, étant hors service. « Les gens paient par chèque, par espèce ou on laisse pour la fois d’après […] j’espère qu’ils comprendront », indique-t-on au cabinet.

« J’ai largement dépassé la limite de cumul des peines » – Claudio Lavazza

Publié le 2022-10-15 17:15:02

Après avoir participé aux luttes armées révolutionnaires des années 1970 en Italie, Claudio Lavazza a organisé l’évasion de camarades emprisonnés et financé sa lutte en expropriant des banques. Arrêté en 1996 en Espagne après un braquage, il y a passé pas moins de vingt-cinq ans en prison, dont huit en module Fies (similaire au quartier d’isolement). Au terme de cette peine, il a été extradé en France en mai 2021 et emprisonné pour le braquage de la Banque de France de Saint-Nazaire en 1986. Au mépris de la limite légale du cumul des peines selon le droit européen, qui stipule que Claudio devrait être sorti en décembre 2021, l’État français mobilise tous les méandres du code pour le garder en prison.

Centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan

Le 9 septembre 2022

Salut L’Envolée,

Concernant l’appel, on n’a pas encore la date ; peut-être en octobre au tribunal de Pau. Je vais vous tenir informés de la décision.

[Je compte prendre la parole pendant l’audience,] vu le refus par le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan de ma requête de réduction des peines au maximum légal – à vingt, vingt-cinq ans – et de confusion des peines, et vu que dans le délibéré du 21 juin 2022 le tribunal a motivé le refus [en disant] « que je n’apporte pas d’éléments de personnalité permettant de faire droit à ma demande, eu égard notamment à la multiplicité des condamnations prononcées et à la gravité des faits pour lesquels j’ai été condamné à plusieurs reprises ».

Dans tous les cas, s’ils me donnent la parole, eh bien je répondrai qu’un tribunal respectueux du droit ne doit pas donner d’opinions personnelles à mon égard mais appliquer les articles de loi, en considération aussi du fait que j’ai déjà payé intégralement ma dette envers l’Espagne (vingt-cinq ans) sans obtenir aucun bénéfice pénitentiaire.

Aussi, je rappellerai au tribunal que l’analyse erronée de la confusion de peines à trente ans au lieu de vingt est une absurdité juridique à double titre :

– L’article 132-23-1 du Code pénal impose la « prise en compte des condamnations prononcées par la juridiction pénale d’un État membre de l’Union européenne ». C’est évidemment à la condition de ne pas les aggraver, tout autant dans leur quantum que dans leur exécution. On ne peut pas ajouter des années de prison à celles déjà décidées et appliquées par un tribunal d’un État membre de la communauté européenne.

– La France ne doit se prononcer que sur des faits commis sur son territoire. Mais à supposer même que la loi française fût applicable, la limite du cumul dans mon cas aurait été de vingt ans puisque, la peine encourue de trente ans n’ayant pas été retenue par les tribunaux d’Espagne, c’est nécessairement la peine de vingt ans qui est retenue comme seuil maximal en application du Code de procédure pénale français.

Mon avocat a même adressé à Madame la Substitute et à la Cour correctionnelle un arrêt de principe de la chambre criminelle de la Cour de cassation qui rappelle que, « en matière de limite du cumul, si la peine encourue pour l’infraction la plus grave est de trente ans, mais que cette peine de trente ans n’a pas été prononcée, la limite de cumul doit être fixée à vingt ans de réclusion ».

Dans les deux cas de figure, j’ai largement dépassé la limite de cumul telle que prévue par la loi espagnole et telle que prévue également par la loi française – à supposer qu’elle soit applicable pour des faits commis en Espagne.

Je souhaite faire circuler cette lettre, vous pouvez le faire à ma place ? Merci.

J’espère avoir de vos nouvelles bientôt, en attendant je vous souhaite la santé. Je vous embrasse.

Claudio

Indymedia Lille

Publié le 2022-10-16 08:15:03

Dans la nuit du 02/10 au 03/10, nous sommes allé.es rendre visite à l’entreprise Batiss, en lançant des oeufs de peinture sur les voitures de l’entreprise, sur sa façade et dans la cour, et en taguant son entrée "Les taules en feu, batiss au milieu". Ce bureau d’étude participe notament à la construction de nouvelles prisons.

Attaquons tous ceux qui participent à l’enfermement !
Feu aux prisons et à ceux qui les construisent !


Molotov Attack Against a Riot Cop Car in Kaisariani, Athens, Greece

Publié le 2022-10-16 08:35:05

Claim of responsibility for the arson attack against a riot police car in Kaisariani

On Thursday 6 October 2022 we carried out an arson attack with Molotov cocktails on a passing riot police car in Kaisariani. In his panic to escape, the cop driving it swerved into oncoming vehicles on the street.

We live in the era of constant and generalized war. Every declaration of war is accompanied by a corresponding invocation of the Crisis. Financial, fiscal, health, energy, food, climate… This spectacular ritual of the state apparatus is the prologue to every old and modern war manual: every war operation presupposes the imposition of discipline and rallying at the rear through the spread of fear towards the enemies of the day. A state of permanent emergency to which we tend to become addicted.

In a collapsing world, the Dominion holds on to its monopoly of producing mass insecurity by tooth and nail. If the dangers and threats invoked by those above are increasing in numbers, the orders and commands directed downwards show a clear geometric progression. This is the balance of the violent restructuring of our lives, the new social contract of modern totalitarianism. Or in the words of Pezza: “adaptation is death”. Social experience can translate these words without equivocation. Memorandum or bankruptcy. Mass incarceration or collapse of the NHS (National Health System). Graveyard silence or beatings and fines. Compulsory vaccinations or redundancies. Preventative power cuts or general black outs. And the list may soon stretch to the light bulb switch or supermarket receipt.

The realm of fear and insecurity is the swimming pool of the new form of the State and its violence. The modern capitalist world gives birth only to police. Police of thought and attitudes, police of norms and culture, police overt and clandestine, police with shields and automatic weapons, police of crowd management and police of surgical operations, police in the suburbs and in the city centers, police that ask for identity cards, passports and health certificates, police that beat, accuse and execute, police that sometimes resemble an ideological army and sometimes a fascist battalion. Police of every kind, in every place, in every spot on the map, with multiple jurisdictions and no barriers.

Modern police doctrines are not limited to suppressing and dealing with the riots and rebellions generated by the exacerbation of injustices and inequalities but are generalized and diffused through the social body with constant surveillance, pervasive snitching, the glorification of snitching and the exemplary punishment of deviant behavior, “inappropriate” and “misguided” choices. This is precisely the so-called ‘social’ role of the police. It assigns the task of policing and surveillance to any willing partner and supporter of social order and peace. Mass recruitment of cops not only increases the number of social parasites but also increases the self-confidence of cannibals everywhere in every social formation. In modern warring societies, social-class antagonism does not reset itself but boils so loudly that at every crack it creates, it forcefully ejects the incredible amounts of violence it accumulates into its very foundations. Every class war contains a civil war, and vice versa.

In Greece, the establishment of new police forces (Panthers [1], O.P.P.I. [2], O.D.O.S. [3], etc.) and the massive recruitment of uniformed scoundrels have already generated enough grotesque excesses useful for satirical broadcasts and any form of leftist opposition. However, the onslaught of police brutality on society and the transformation of the ELAS [Hellenic / Greek Police] into the administrator of all social affairs is neither a joke nor a communicative termination. It is a clear declaration of prolonged class warfare against us. Society in a cast, resistance in the crosshairs, police violence on the agenda. At the borders and in the streets, in the squares and neighborhoods, in the strike blockades and student rallies, in the combined interventions and union meetings, in the homes and vehicles of our comrades and comrades-in-arms, the ELAS and its dummies are spewing hatred, snitching, torture and murderous violence.

The rage of the cops is proportional to the determination of the state. The responsibility belongs as much to the uniformed bastards as it does to the greasy bastards who run them. Particularly in the field of universities, the police’s entry into the new business outposts is a prestige battle for the government’s “law and order” doctrine and a well-weighed strategy to prevent the tensions that will be generated in the coming period. When they talk about hotbeds of lawlessness, they mean hotbeds of struggle and laboratories of freedom. Situations hostile and unacceptable both for the privatized and intensified future of universities and for the new generations of underpaid teleworkers. For this very reason, we refuse to believe that all these masses of students and youth who are being beaten inside and outside the HEIs (Higher Education Institutions) by the riot police, with their batons and tear gas are simply rebelling out of concern at the presence of the cops inside the HEIs and for the defense of “academic asylum”. The real issue at stake is the fomenting or crushing of a new long cycle of struggle and insubordination inside and outside the schools. An event that will not only affect the physiognomy of the Greek universities but also the course of capitalist restructuring as a whole in the coming years. Therefore, approaches and slogans that (also) reduce this struggle to an anti-government rhetoric or to a sterile refusal of the police entering the universities while our whole life is already surrounded by cops, are worn and dangerous and cultivate the withering and defeatism in the struggles. Cops are unwanted all over the land and our lives are far more important than the party careers of a new generation of student thugs.

However, we are not betting on a temporary polarization with the cops. The strategy of revolutionary movements cannot be based on the projection of victimization, nor can it rely on the “democratic limits” of action of a state army. Our accounts with the cops are constantly wide open and our confrontation with them is an integral part of the struggle against the world of domination. As deadly as the strategy of struggle that is exhausted in the confrontation with the cops is, the view of the ELAS as being a mere hodgepodge of idiots, sexists, sadists and well, “misfits” who are angry and misguided is just as self-defeating. As much as we are sick of hearing about their deranged psychopathology, we are also disgusted with the parrots of the left talking about “children of the people” and “working cops”. Either we consider the police our class enemy and organize strategically against them, or we bang our heads against their clubs to no avail. Our goal is to be feared, not to fear. Our goal is to win every inch of territory controlled by their occupying army. Our goal is to fill the streets with the frightened and the terrified, the once resigned and the indifferent. Our goal was and remains to run over them.

Our militant self-defence and the defence of our collective identity in the street and in every form of mobilization remains a constant political challenge. But social war is not one-dimensional. The lines of confrontation can be drawn everywhere we choose, making our dynamics a constant asymmetrical threat against a hostile repressive machine. Sometimes massive and concentrated, sometimes more agile and diffuse, the initiative of action must pass into our hands, setting up barricades against the unfolding of their repressive plans but also actively challenging the fatalism of our time, which unfortunately is constantly gaining ground in the world of movements and struggles that we find around us. The diversity of direct action can generate a series of possibilities of sabotage and conflict with the enemy body of the ELAS. To map its army, where we can target its soldiers, where we can break their backs. Exploit their routes by ambushing them. Attack any and all ELAS agents and collaborators. Our imagination and organizational readiness to be fertilized by the challenges of the future, not the dead ends of the past.

We need more than ever plans and actions that crystalize our theories.

We need more than ever actions that correspond with the seriousness of our words.

We need more than ever to expand and strengthen the net of solidarity with those who raise their fists.

We dedicate this action against the uniformed bastards:

– to the students who guard their schools against the police presence and turn their schools into bases of collective struggle
– to the militants who defy the police bans and defend in practice and non-negotiability the workers of Malamatina SA who stood up against the forces of the riot police and strike-breakers, guarding with their bodies their strike and the lives of their colleagues
– the diverse community that defends Exarcheia square and Strifi Hill from the steamroller of redevelopment and gentrification, refusing to give in to the police occupation
– to the immigrant women who continue to experience the daily racist pogroms in the center of Athens and to those who stood up to their eviction from the Elaionas camp
– to the youth in Larissa who retaliated against a few cops, giving back a small percentage of the police violence that their comrades are subjected to by police forces around the world!
– to the 16-year-old cyclist in Thessaloniki who was run over and killed by cops.

We send our solidarity to the Women insurgents of Iran and the uprisings around the world!

Ο ΦΟΒΟΣ ΝΑ ΑΛΛΑΞΕΙ ΣΤΡΑΤΟΠΕΔΟ

ORGANIZE AND ATTACK TO INTENSIFY THE SOCIAL CLASS WAR

Incendiary Committee

******

Translation notes:

[1] New heavily armed special commando units that patrol metro stations and other public transport hubs

[2] University Institutions Protection Teams

[3] a new unarmed police unit formed to manage so-called ‘low-risk’ demonstrations and mediate with demonstration organizers

source: https://athens.indymedia.org/post/1621106/

translated by Nae Midion

Note: photo not associated with action

Oissel (Seine-Maritime) : forcer la fenêtre et disparaître dans la forêt

Publié le 2022-10-16 08:45:03

Seine-Maritime : recherches en cours pour retrouver
neuf évadés du centre de rétention d’Oissel
Le Parisien/France Bleu, 15 octobre 2022

Ils ont passé une première nuit dehors. Des recherches étaient en cours samedi pour retrouver neuf hommes qui se sont évadés vendredi soir du centre de rétention administrative (CRA) installé dans les locaux d’une école de police à Oissel (Seine-Maritime), a-t-on appris samedi de source policière. « Les neuf retenus se sont évadés aux alentours de 22 heures en cassant un mur situé près de l’encadrement d’une fenêtre. Ils se seraient ensuite faufilés par un petit compartiment, accueillant normalement un volet roulant », a indiqué cette source.

Dès que l’alerte a été déclenchée, des recherches ont été lancées, a ajouté cette source précisant que le dispositif a été levé dans la nuit après que les évadés n’ont pas pu être retrouvés. Vendredi soir, des policiers du commissariat de police de Rouen sont venus en renfort pour les recherches. Celles-ci ont repris samedi matin et une enquête pour évasion a été ouverte. Les retenus recherchés sont de nationalités algérienne et tunisienne.

Des recherches « difficiles »

L’évasion se serait produite dans des locaux du CRA, appartenant à l’école de police, installée sur le site, où des élèves policiers étaient restés sur place pour le week-end. Le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, et la directrice zonale de la police aux frontières se sont rendus sur place.

Samedi après-midi, la source policière évoquait des recherches « difficiles » en raison de la situation du CRA, en bordure de forêt, souligne-t-on de source policière. Une bénévole du réseau de visiteurs et observatoire citoyen du CRA Oissel a confirmé l’évasion de neuf personnes sans avoir plus d’informations à ce stade.

En janvier 2014, huit hommes également retenus au CRA de Oissel avaient réussi à s’évader dans la nuit en dévissant la grille de protection intérieure d’une fenêtre de leur dortoir.

Entrelacs (Savoie) : l’antenne de téléphonie part en fumée

Publié le 2022-10-16 08:45:03

Savoie : piste criminelle après l’incendie
d’une antenne 5G à Entrelacs

France Bleu/Le Dauphiné, 23 septembre 2022

Une antenne 5G de l’opérateur Free a été incendiée à Entrelacs, dans la nuit de jeudi à vendredi vers 2h et demi du matin. L’antenne était installée le long de la route de Saint-Girod. L’origine criminelle ne fait aucun doute puisque deux départs de feu ont été constatés. Le grillage qui permet d’accéder au site a également été découpé.

Ce vendredi matin, l’opérateur a déposé plainte auprès de la gendarmerie d’Aix-les-Bains qui a ouvert une enquête. Les techniciens de la cellule en identification criminelle ont procédé à des constatations. En juin dernier, une tractopelle avait été incendiée sur un chantier d’antennes relais de téléphonie sur la commune.

Russie : un mois d’attaques incendiaires contre la guerre

Publié le 2022-10-16 08:45:07
Chtchiolkovo (région de Moscou), 16 octobre 2022

Chtchiolkovo (région de Moscou)
Dans la nuit du 16 octobre vers 1h30 du matin, un inconnu a lancé un molotov par la fenêtre du bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire, après l’avoir brisée, en provoquant un incendie à l’intérieur. C’est la deuxième fois que ce bureau est attaqué de la sorte, après une première fois le 18 mai, lors de laquelle le mobilier et des dossiers personnels de conscrits avaient été détruits.

Votkinsk (Volga)
Dans la nuit du 14 octobre, un inconnu s’est introduit depuis un bâtiment voisin dans le bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire (où deux policiers étaient en faction devant), a brisé une vitre latérale de l’un des bureaux du rez-de-chaussée, puis jeté des molotovs à l’intérieur. Le gardien du bureau militaire a certes commencé à éteindre le feu après avoir entendu le bruit du verre brisé… mais au cours de l’opération d’extinction, de nombreux documents ont été inondés.

Arkhangelskoye (Bachkirie), 8 octobre 2022

Arkhangelskoye (Bachkirie)
Dans la nuit du 8/9 octobre, un inconnu a jeté un molotov à travers la fenêtre d’un bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire, provoquant de nombreux dégâts à l’intérieur.

Goryachi Klyuch (Krasnodar), 6 octobre 2022

Goryachi Klyuch (Krasnodar)
Dans la nuit du 6 octobre vers 1h du matin
, un inconnu a jeté deux molotovs sur le bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire. Un incendie s’est vite déclaré dans l’entrée du bâtiment, mais les gardes ont entendu le bruit du verre brisé et le feu a été éteint avant qu’il ne s’étende.

Zyuzino (région de Moscou)
Le 5 octobre, dans le village de Zyuzino, un inconnu s’est introduit de nuit sur le territoire d’une unité militaire et a lancé quatre molotovs par dessus la clotûre d’une caserne. Deux des bouteilles se sont brisées et ont pris feu, endommageant le revêtement du bâtiment.

Salavat (Bachkirie)
Dans la nuit du 3 octobre, des inconnus ont jeté un molotov dans le bureau de la branche locale du Parti Communiste (qui soutien activement le régime dans sa guerre en Ukraine). Le feu a fini par s’étouffer, mais a réussi à enfumer toute la pièce en la couvrant de suie. Rappelons que le 24 septembre dernier, c’est l’entrée des locaux du parti Russie Unie (au pouvoir) qui avaient été incendiée à Salavat à l’aide de pneus enflammés.

Touva (Sibérie)
Le 1er octobre, vers 2 heures du matin, le bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire situé dans le quartier de Kyzylsky, au 28 de la rue Shakhterskaya, a été incendié. L’étendue des dégâts n’est pas connue.

Novossibirsk (Sibérie), 29 septembre 2022. Traces de l’attaque incendiaire après nettoyage sommaire…

Novossibirsk (Sibérie)
Au petit matin du 29 septembre peu après 6h du matin, des molotovs ont été lancés contre deux fenêtres du bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire des quartiers Kirov et Lenine de la ville . Un début d’incendie s’est déclaré dans l’une des pièces avant d’être éteint.

Zimovniki (Rostov)
La nuit du 28 septembre, un inconnu a brisé une fenêtre du bâtiment administratif du district de Zimovnikovsky et, à l’aide d’un bidon d’essence enflammé, a incendié le bureau du chef du département de la construction. L’incendie n’a été éteint qu’une heure plus tard, après que le bureau ait été complètement brûlé.

Vladivostok (Extrême-Orient)
Le bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire de la rue Cheryomukhovaya a été attaqué deux jours de suite. La nuit du 27 septembre un inconnu s’est approché d’une fenêtre du bureau de la rue Cheryomukhovaya et a mis le feu à l’intérieur, avant que les gardes arrivés sur les lieux ne parviennent à l’éteindre. Le lendemain 28 septembre vers 1 heure du matin, un molotov a provoqué un début d’incendie dans un bâtiment voisin, appartenant également au bureau d’enrôlement militaire, après qu’une fenêtre ait été brisée avec un marteau.

Oust-Ilimsk (Sibérie)
Le 26 septembre dans la région d’Irkoutsk, le jeune Ruslan Zinin se rend volontairement au bureau d’enrôlement militaire, puis tire en pleine tête du commandant du centre, après avoir déclaré « Personne ne se battra » et « Maintenant, nous allons tous rentrer à la maison ! ».

Ruzaevka (Mordovie)
Le 25 septembre à Ruzaevska vers à quatre heures du matin, deux molotovs sont lancés par la fenêtre du bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire. L’incendie a englouti l’un des bureaux.

Kirovsk (région de Leningrad), 25 septembre 2022.

Kirovsk (région de Leningrad)
La nuit du 25 septembre, des inconnus ont percé un trou dans le cadre de la fenêtre à double vitrage du bureau d’enrôlement militaire, puis ont fait passer par ce trou un tube attaché à un bidon d’essence renversé, suspendu à la grille de la fenêtre. L’incendie s’est produit vers cinq heures et demie du matin, et le feu a englouti une partie du bureau.

Chernyakhovsk (région de Kaliningrad)
La nuit du 25 septembre dans la ville de Chernyakhovsk, un molotov a été lancé contre le bâtiment du bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire. Selon la police, le feu  a pris contre « un panneau d’information situé à la porte du bureau », et les incendiaires ont réussi à s’enfuir.

Kansk (Territoire de Krasnoïarsk)
La nuit du 24 septembre, un incendie s’est déclaré dans le bâtiment du bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire de la rue Korosteleva vers 1h du matin. Les pompiers mettront plus de vingt minutes à éteindre le feu après leur arrivée, sans parvenir à sauver le mobilier du bureau.

Salavat (Bachkirie), 24 septembre 2022 : le parti Russie Unie de Poutine aux pneus enflammés…

Salavat (Bachkirie)
La nuit du 24 septembre, l’entrée et le couloir des locaux du parti Russie Unie (celui de Poutine, au pouvoir) est incendiée à l’aide de pneus enflammés.

Khabarovsk (Extrême-Orient), 23 septembre 2022

Khabarovsk (Extrême-Orient)
La nuit du 23 septembre vers 6h du matin, deux inconnus attaquent le bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire du district Industrialny, en y jetant un  molotov après avoir brisé une fenêtre. L’incendie se propage à deux bureaux, celui du siège du département de la mobilisation et qu’à la salle de stockage des documents, dont plusieurs ont été brûlés.

Volgograd (ex-Stalingrad), 23 septembre 2022. « Non à la guerre ! » sur la porte du Parti communiste, tandis qu’elle subissait une infructueuse tentative d’incendie

Volgograd (Volga)
La nuit du 23 septembre, des inconnus tentent de mettre le feu au local du Parti communiste (soutien actif à la guerre contre l’Ukraine), dans le quartier de Kirov : des liasses de papier imbibées d’alcool à brûler sont glissées sous la porte en bois puis enflammés, tandis que « Non à la guerre ! » est laissé sur la porte l’entrée du bâtiment. Bien que le feu ait pu être rapidement éteint par les affidés du Parti, celui-ci précise dans son communiqué que « cet acte n’a hélas pas été sans dégâts, puisque la porte aura besoin d’une réparation ».

Tolyatti (Samara), 22 septembre 2022. Incendie de l’entrée de la mairie

Tolyatti (Samara)
La nuit du 22 septembre, au lendemain du décret de mobilisation partielle annoncé par Poutine, la porte et le porche du bâtiment de l’administration municipale de Tolyatti, situé dans la rue Belorusskaya, sont incendiés vers 3h45 du matin.

Lomonossov (région de Leningrad), 22 septembre 2022. Incendie du bureau d’un centre de recrutement militaire.

Lomonossov (région de Leningrad)
La nuit du 22 septembre, au lendemain du décret de mobilisation partielle annoncé par Poutine, un bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire  a été incendié. La fenêtre avait été brisée au préalable avec un marteau, et un bureau du rez-de-chaussée a pris feu. Viktor Melnikov, un étudiant en chimie âgé de vingt ans a été arrêté . Il a déclaré lors de son interrogatoire que son acte visait à contrer la mobilisation.

Gaï (Orenbourg, Volga)
La nuit du 22 septembre, au lendemain du décret de mobilisation partielle annoncé par Poutine, l’entrée du bâtiment du bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire a été aspergée de liquide inflammable et incendiée. Le feu s’est rapidement éteint, endommageant l’un des murs.

Nijni Novgorod (Volga), 21 septembre 2022. Intérieur du bureau de recrutement militaire, après nettoyage sommaire des traces de l’incendie

Nijni Novgorod (Volga)
La nuit du 21 septembre vers 21h, jour du décret de mobilisation partielle annoncé par Poutine, un inconnu s’est approché du bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire du district de Kanavinsky, a brisé une fenêtre puis y a jeté un molotov. La porte et une partie du centre de recrutement (son cabinet dentaire en kaki situé au rez-de-chaussée) ont été endommagés.

[Synthèse de la presse russe & de a2day, 22 septembre/16 octobre 2022. Cet aperçu est forcément non exhaustif : nous n’avons pas repris les nombreux jets de molotovs qui ont fait long feu ou manqué leur cible, ni les quelques attaques où un facho avait été arrêté sur place (comme par exemple à Uryupinsk le 26 septembre). Enfin, en cas de doutes importants, nous avons préféré ne pas les inclure ou les retirer de cette liste (comme dans le cas de Tcherkessk du 15 octobre).]

Carte de Mediazona, 13 octobre 2022 : 67 attaques incendiaires (ou tentatives) « anti-guerre » recensées en Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en février (34 avant le début de la mobilisation et 33 depuis le 21 septembre), dont la plupart ont été effectuées contre des bureaux d’enregistrement et d’enrôlement militaires, des bureaux de recrutement, des administrations municipales, des bureaux du parti Russie unie et du Parti communiste.