Vive l'Anarchie - Semaine 43, 2019

Sommaire

Leipzig, Allemagne : Nuit anti-police – 26 octobre 2019

Publié le 2019-10-28 01:07:07

[Dans la nuit de vendredi à samedi 26 octobre, un groupe de 50 personnes a attaqué les flics dans le quartier de Connewitz, après que des poubelles et des barrières de chantier ont été incendiées. Peu après minuit, des pavés et des bouteilles ont volé en direction des uniformes, faisant un véhicule de patrouille endommagé et deux flics blessés (l’un des deux agents souffre de troubles auditifs).

Concernant les incendies visant le chantier (même si cette fois il s’agit que de barrières), les médias précisent qu’il s’agit du quatrième incendie de chantier depuis un mois: dans la nuit du 3 octobre, trois grues d’un chantier à proximité de l’ancien Hôtel de ville. Dans la nuit du 11 octobre, deux pelleteuses ont brûlé en solidarité avec les trois banc public, puis une autre trois jours plus tard, toujours à Connewitz. Le dirigeant de l’entreprise de BTP CG-Gruppe a chiffré le montant total des dégâts (en incluant les frais d’assurances) entre 15 et 20 millions d’euros. Ci-dessous un court récit publié le 27.10 sur indymedia, en solidarité avec les luttes à Exarchia]

Porcs de flics, hors de Connewitz

Dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 octobre, les flics ont été attaqués à Connewitz. En voici un court résumé.

Tout d’abord, une poubelle a brûlé au croisement de la Stockartstraße et de la Bornaische Straße. Environ quinze minutes plus tard, les flammes se sont propagées aux barrières du chantier en cours (le chantier sert à la rénovation de la Bornaische Straße et à une amélioration de la mobilité afin de rendre le quartier plus attrayant aux touristes et aux personnes friquées). Quelques minutes plus tard, les flics sont arrivés avec quatre fourgons et ont tenté en vain d’éteindre les flammes. Ensuite les pompiers ont été appelés ont éteint le feu. Immédiatement après, pompiers et flics sont repartis. Il y a eu les premiers signes de mécontentement contre les flics et quelques pétards ont explosé. A aucun moment les pompiers n’ont été attaqué (dommage, NdT) ou le feu a représenté un quelconque danger pour les habitant.e.s ou toute autre personne.

A peine quelques minutes plus tard, il y a de nouveau eu une auto-combustion spontanée de barrières de chantier, cette fois au milieu de la rue. Les flics se sont postés avec deux-trois vans dans les deux sens de la Bornaische Straße. Mais cette fois ils étaient préparés, avec casques, boucliers et matraques en main. Mais plutôt que d’aller directement en direction de l’incendie, ils ont dans un premier temps gardé leur distance par rapport au plus grand groupe de personnes qui s’attardait dans la Stockartstraße.

Puisque les flics sont indésirables à Connewitz et que les habitant.e.s du quartier règlent leur conflit sans police ici, on leur a demandé de quitter le quartier. Et parce qu’ils ne l’ont pas fait, on a donné plus de poids à notre demande en jetant quelques projectiles. Les flics se sont montré incompréhensifs, et c’est la raison pour laquelle les jets de projectiles en leur direction (sur eux et leurs véhicules) se sont intensifiés. Quelques minutes plus tard, les flics ont tiré des grenades lacrymogènes et ont couru boucliers et matraques en main dans la Stockartstraße, où ils ont donné des coups au hasard à des riverains non impliqués et ont arrêté une personne.

Nous espérons que les flics comprendront au bout d’un moment qu’ils sont persona non grata à Connewitz, et qu’à l’avenir ce n’est pas non plus une bonne idée de gêner les habitant.e.s du quartier par leur présence. Cassez-vous de notre quartier !

Réalisons ce genre d’attaques plus souvent et partout !
Pour un Connewitz autodéterminé et sans flics !
Solidarité avec les luttes à Exarchia !

 

Fribourg-en-Brisgau, Allemagne : Incendie d’une bagnole de l’industrie carcérale – 26 octobre 2019

Publié le 2019-10-28 04:06:05

Une voiture de ‘Johnson Control’ brûle

Dans la nuit du 25 au 26 octobre dans le quartier de Weingarten à Fribourg-en-Brisgau, une voiture a de nouveau pris feu dans la Badenweilerstraße. Les jours précédents déjà, diverses voitures d’entreprises qui tirent profit de l’exploitation telles que Thyssenkrupp, Vonovia [1] et Implenia ont été incendiées.

Cette nuit, on a trouvé un véhicule de l’entreprise ‘Johnson Control’, qui fait partie de l’entreprise ‘Tyco’.

Tyco fait partie de ceux qui tirent profit de l’industrie carcérale à travers les systèmes de sécurité, par exemple des systèmes d’alarme et de puces électroniques qui sont utilisés pour surveiller les prisonniers.

Des entreprises comme Tyco tirent profit des prisons et des personnes sans défense qui y sont enfermées afin de réaliser d’énormes profits pour leur propre cause. Par cette attaque nocturne, on a réalisé un signe enflammé contre cette machine structurelle de l’exploitation.

Contre les prisons et le capitalisme !

Salutations solidaires à tou.te.s les prisonnier.e.s derrière les murs !

[Traduit de l’allemand de indymedia, 26. Oktober 2019]

NdT:
[1] Dans la nuit du 23 octobre 2019, deux voitures de l’entreprise Vonovia ont été incendiées à Fribourg-en-Brisgau. Cette entreprise est responsable de l’augmentation des loyers et de la gentrification de façon plus générale.

Depuis le chili : un regard anarchiste sur la situation de révolte et de répression

Publié le 2019-10-29 09:34:06

Prélude : La jeunesse en lutte et l’étincelle qui a allumé le feu

Avant la hausse du prix des titres de transport, en octobre, après une semaine de fraudes massives dans le métro, dont les protagonistes ont été principalement des lycéen.ne.s, se sont produits, à différents endroits de la ville de Santiago, de multiples épisodes de désobéissance individuelle et collective qui ont entraîné des destruction d’infrastructures et des affrontements avec les forces de police, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des stations de métro.

Vendredi 18 octobre, la généralisation de ces fraudes massives et le niveau de radicalité qu’elles ont acquis étaient insoupçonnés pour beaucoup et sous-estimés par le gouvernement qui, avec ses fidèles journalistes et enquêteurs sociaux, ne peut toujours pas s’expliquer pourquoi ces événements ont conduit à une situation de chaos généralisé qui perdure jusqu’à ce jour.

Première acte : Déclenchement d’une révolte sans précédent dans le Chili de l’après-dictature

Le vendredi 18 octobre, la situation de révolte s’est radicalisée quand les affrontements avec la police et la destruction d’infrastructures capitalistes se sont répandues dans les rues du centre de Santiago. Commencées aux abords du palais du gouvernement, les violences de rue n’ont pas tardé à se répandre dans divers endroits de la ville, jusqu’à tard dans la nuit.

Face à une situation de rébellion généralisée et de chaos diffus dans de nombreux secteurs de la ville, les forces de police ont été incapables de contenir l’explosion de rage qui, depuis ce jour là, a contaminé de larges secteurs d’une société apparemment endormie et blasée par différentes formes d’oppression et de précarisation de la vie, qui trouvent leur origine dans la continuité du système économique néolibéral et de l’État policier, installé au Chili sous la récente dictature civile et militaire (1973-1990), des conditions d’existence et de domination aggravées par les gouvernements de centre-gauche et de droite qui se sont alternés au pouvoir après le retour à la démocratie.

Aux émeutes commencées dans le centre-ville se sont jointes des milliers de personnes qui ont manifesté dans les quartiers, en battant sur des pots vides en guise de protestation et aussi en déclenchent des foyers d’émeutes, d’incendie et de destruction, qui se sont concrétisés dans des dizaines de bus et des bâtiments publics et commerciaux attaqués, pillés et brûlés, tout en gardant comme élément crucial les dizaines de stations de métro que des hordes d’individus plein.e.s de rage ont vandalisées et brûlées jusqu’aux petites heures de la nuit.

Manifestement dépassé, le gouvernement n’a pas laissé passer beaucoup de temps avant de décréter l’état d’urgence dans la ville de Santiago, un état d’exception qui inclut le déploiement des militaires dans les rues et le contrôle de l’ordre public par les Forces armées.

Cependant, une révolte sauvage, non organisée, massive et sans précédent dans le scénario post-dictature était déjà en cours, détruisant en pratique l’obéissance, la soumission et la peur imposées par des décennies de régime capitaliste au Chili.

Deuxième acte : Extension de l’insubordination destructrice et début du couvre-feu

Le samedi 19 septembre, face à la persistance et à l’exacerbation des émeutes, les forces militaires ont été déployées en divers points de la ville. Dans le centre de Santiago ainsi que dans les quartiers périphériques, l’armée surveille les rues, les installations commerciales et les stations de métro. Cependant, les manifestant.e.s de toutes sortes n’ont pas reculé et ont condamné la présence des militaires par la mémoire vivante de la répression vécue il y a quelques décennies, pendant les années de dictature.

Ce même jour, le nombre de bus, de voitures et de stations de métro incendiés par les manifestant.e.s a augmenté. En même temps, les pillages des supermarchés et des grands centres commerciaux deviennent incontrôlables et l’image de centaines de personnes qui reprennent en main leurs vies, en arrachant des marchandises aux centres de consommation, a été l’une des images les plus marquantes des jours de révolte et ont constitué un facteur important pour que le gouvernement, accablé par la violence des pillages, décrète cette même nuit le couvre-feu dans la ville de Santiago.

Le Président et le chef militaire en charge de la ville ont communiqué sans aucun problème aux médias la restriction des « libertés civiles », qui a commencé à s’appliquer ce jour-là de 19 heures à 6 heures du matin. Cette nuit-là, les manifestations, émeutes, pillages, incendies et affrontements avec les forces répressives se sont poursuivies dans toute la ville, jusqu’au petit matin.

Entre samedi et dimanche, l’étincelle de rage s’est largement répandue, provoquant des manifestations de masse et des scènes de violence sauvage dans d’autres régions du pays, laissant place à un moment de chaos généralisé, avec de multiples actes de rébellion et d’émeutes dans diverses villes, qui, en quelques jours, ont mis à sac et réduit en cendres une bonne partie des infrastructures urbaines, avec des barricades, du vandalisme et des incendies dans des structures municipales, des bâtiments gouvernementaux, des centres commerciaux et des bâtiments des médias officiels. A ce moment, la révolte avait déjà débordé toute demande spécifique, faisant en sorte que des personnes d’origines et de lieux différents se rencontrent dans la rue, au milieu des protestations et des émeutes, en ouvrant une grande fracture critique dans le système néolibéral chilien et son modèle d’exploitation capitaliste/extractiviste, qui touche tout le territoire.

Depuis le dimanche 20 octobre, l’état d’urgence et le couvre-feu ont été décrétés par le gouvernement à l’encontre des villes insurgées, cependant les émeutes ont continué tard dans la nuit, en dépassant les interdictions et en démontrant que la colère et la violence déclenchées par les gents contre l’ordre établi avaient brisé la peur et la passivité qui dominait depuis des décennies dans de larges pans de la population chilienne.

Troisième acte : Dignité et lutte contre la stratégie de répression étatique

Depuis le début de l’état d’urgence, la répression de l’État s’est intensifiée et ouvertement répandue dans les différents territoires insurgés.

En tant qu’anarchistes, il est clair que la position de victime n’est pas la nôtre, mais il est toujours bon de partager des informations sur les tactiques que la domination met en place, comme moyen de la confrontation avec les émeutier.e.s, les rebelles et la population révoltée en général.

Dans la situation actuelle, l’arsenal répressif de l’État chilien s’est concrétisé par :

– plus de deux mille personnes arrêtées et plus de 15 personnes assassinées, ainsi qu’un nombre indéterminé de personnes portées disparues ;
– des tirs contre les manifestant.e.s, avec différents types de projectiles, y compris des grenades lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des armes de guerre, laissant un nombre croissant et inconnu de personnes blessées et tuées dans la rue, ainsi que des riverain.e.s et des animaux qui ont été blessé.e.s et tué .e .s par les tirs ;
– des coups et des tortures physiques, psychologiques et sexuels infligés à des personnes sur la voie publique, ainsi qu’à l’encontre de personnes détenues, dans les véhicules et dans les commissariats de police ;
– des enlèvement de personnes dans des véhicules de police et des véhicules civils ; on a vu des images de personnes enfermées dans les coffres des véhicules de police ;
– des coups de feu tirés dans le dos des personnes à qui l’on a donné la fausse possibilité d’échapper à des arrestations, dans la rue ;
– de fausses autorisations, de la part la police et l’armée, de piller des supermarchés, qui aboutissent à des arrestations et à des meurtres qui sont ensuite signalés comme dû aux émeutes ;
– des incendies dans de grands locaux commerciaux, causés par des forces répressives pour que les entreprises puissent toucher l’assurance ; dans certains de ces incendies, ont été retrouvés des cadavres brûlés ;
– le fait jeter des gens d’une voiture de police en mouvement pour les tuer ;
– la suspension des corps des personnes tuées dans zones désertes et des personnes vivantes dans les casernes de la police.

L’utilisation massive des réseaux sociaux tels que Instagram, Twitter et Facebook a permis la diffusion immédiate d’innombrables témoignages audiovisuels des situations décrites ci-dessus, diffusés par des groupes d’information « alternatifs » et liés aux luttes, en brisant la stratégie de communication déployée par le gouvernement et soutenue par les médias officiels, historiquement serviles vis-à-vis du pouvoir.

L’offensive de communication du gouvernement représente une autre partie de l’action répressive, visant à coloniser l’esprit des gens par les moyens suivants :
– la censure et le contrôle de l’information, afin de cacher, justifier et/ou remettre en question de manière hypocrite des informations concernant la répression ;
– des discours télévisés des autorités gouvernementales, qui ont reconnu l’existence d’une crise sociale à résoudre au moyen d’un « nouveau pacte social » ;
– l’établissement d’un état de guerre explicite contre un ennemi interne supposément organisé avec un plan pour semer le chaos et attaquer des petits magasins, des écoles et des hôpitaux ; un accent particulier a été mis sur la criminalisation des figures de pillard.e.s et de vandales ; par ailleurs, dans un reportage sur la chaîne de télévision publique, il a été mentionné que les émeutes auraient été organisées par des cellules anarchistes nihilistes ;
– une couverture médiatique commune à différents journaux, tout au long de la journée, qui installe la peur des pénuries et des pillages, répandant l’idée que les vols se généraliseraient aux maisons de tout un chacun ;
– le partage discursif des manifestants entre gentil.le.s, légitimes, pacifiques et festif.ves, et, à l’opposé, les violent.e.s, contre lesquel.le.s toute forme de répression serait justifiée ;
– la présentation d’un plan de mesures sociales et économiques visant à montrer l’intérêt de résoudre la crise existante ;
– la présentation de l’armée en tant que forces de paix et de protection.

Heureusement, la stratégie répressive et de communication de ce gouvernement discrédité n’a pas eu l’effet escompté et la désobéissance s’est maintenue, malgré le fait que certains citoyen.ne.s éternellement soumis.e.s et obéissant.e.s ont collaboré avec le pouvoir, en participant volontairement au nettoyage des rues et à la surveillance des quartiers, habillé.e.s avec des gilets jaunes, en donnant à cette tenue un sens complètement différent de celui qui a fait sa renommée rebelle depuis les manifestations sauvages en France.

Notre position anarchiste : Notes sur un épilogue qui n’existe pas encore

Entre le mercredi 23 et le jeudi 24 octobre, le gouvernement et la répression ont tenté de montrer un visage moins dur, face à la persistance des manifestations et à un grand nombre de foyer de révolte, auxquelles s’ajoute la divulgation permanente de documentation sur les actes répressifs, ainsi que la reconnaissance publique, par une enquête judiciaire, de l’utilisation d’une gare de métro comme centre de détention clandestin et des témoignages de torture.

En ces jours, tous les signes semblent indiquer que la révolte généralisée a un peu diminué d’intensité, se limitant à une situation permanente de journées de protestation, avec la présence constante d’émeutes et d’affrontements. Beaucoup d’entre nous pensent que cela pourrait céder la place à un contexte de pacification progressive, avec la persistance de quelques poches de révolte, renforçant la répression sélective contre des personnes déjà connues pour leur participation politique dans des mouvements sociaux, des collectifs et des milieux de lutte radicale. De fait, des personnes liées à des mouvements étudiants et environnementaux ont déjà été arrêtées.

Malgré ce qui pourrait arriver, celles/ceux d’entre nous qui ont affronté le pouvoir et l’autorité bien avant l’explosion sociale actuelle savent que toutes les pratiques répressives et de communication énumérées ci-dessus font partie de l’arsenal auquel nous et d’autres groupes et individus avons été confrontés tout au long de l’existence de l’État et de l’autorité à travers l’histoire. Nous assistons donc aujourd’hui à une réactualisation postmoderne des méthodes et des stratégies déjà déployées sous les régimes dictatoriaux et démocratiques précédents du Chili, d’Amérique latine et dans le reste du monde, où la domination a vu ses intérêts mis en cause et n’a pas hésité à montrer son véritable visage d’oppression planifiée et systématique.

Nous savons que, au cours des siècles, d’innombrables générations de rebelles, de réfractaires, de révolutionnaires et de subversif.ve.s de toutes sortes ont été les protagonistes de la confrontation et de l’opposition au pouvoir, de la même manière que nous sommes certain.e.s que c’est nous, les anarchistes, ainsi que les communautés mapuches résistantes et les jeunes cagoulé.e.s, qui au cours de ces deux dernières décennies avons connu la torture, l’emprisonnement et la mort, dans le cadre de la politique répressive de l’État face à la résistance et à l’attaque continue que nous avons portée contre l’ordre social capitaliste et autoritaire.

Aujourd’hui, bien plus de gens sont témoins de ce que nous avons maintenu pendant des années : que les puissants ne se soucient pas de tromper, torturer et assassiner pour protéger le monde qu’ils ont construit à leur profit et que la seule issue possible à la domination sur nos vies commence par la rébellion destructrice contre tout ce que nous imposent ceux qui cherchent à faire de notre existence un régime permanent d’esclavage et de vol de nos libertés.

Nous sommes pleinement conscient.e.s que toutes les nuances de la répression étatique, y compris celles qui prétendent avoir un visage « humain », font partie des pratiques contre-insurrectionnelles inaugurées en Algérie, améliorées par les dictatures latino-américaines et poursuivies par les troupes d’occupation en Irak, en Haïti et ailleurs dans le monde. Nous savons très clairement que les montages et les tactiques de communication de la guerre psychologique, la répression massive et sélective, les tortures, l’extermination ne sont pas une nouveauté et aujourd’hui nous les vivons et les affrontons dans un scénario que nous avons toujours conçu comme possible : vivre notre vie quotidienne et notre lutte dans un état d’exception, avec des militaires dans la rue.

Nous savons aussi que l’existence, la prolifération et la persistance, au cours des dernières décennies, d’idées et de pratiques de lutte anarchistes, dans le territoire chilien, constituent quelque chose de réel, de vital et dynamique, qui, dans les troubles actuels, contribue d’une certaine manière à l’identification et à l’attaque des symboles et des objectifs liés au pouvoir, ainsi qu’à la diffusion d’une conscience individuelle de lutte radicale contre le monde du capital et de l’autorité. Cependant, soyons honnêtes et disons clairement que le mécontentement qui a éclaté avec une violence sans précédent dans le Chili démocratique correspond à une révolte généralisée sans chefs ni dirigeants, dans laquelle les individualités anarchistes ne sont qu’un acteur de plus.

Nous n’avons jamais cru aux bonnes intentions du mensonge démocratique, nous ne sommes donc pas surpris.e.s que les forces répressives visent avec leurs balles des enfants, des personnes âgées et des animaux. Aujourd’hui, nous apprenons aussi à vivre avec le couvre-feu, qui limite notre mobilité, nos déplacements et la possibilité d’embrasser et de partager entre ami.e.s, compas et relations affectives.

Beaucoup d’émotions et de sensations s’entremêlent chaque jour et d’une minute à l’autre : rage, impuissance, nervosité et beaucoup d’anxiété envahissent l’esprit et les cœurs de nombreuses personnes dans ces moments, mêlant l’entrain et la chaleur donnés par la lutte avec le fait indéniable d’être en train de briser des chaînes subjectives et matérielles, ensemble avec d’autres personnes qui, auparavant, n’étaient pas du même côté de la barricade que nous. Néanmoins, nous n’avons pas excessivement confiance et nous ne nous faisons pas d’illusions, parce que nous savons que cela peut être, de la part des masses, qu’une simple décharge de colère auparavant contenue et que cela peut revenir par la suite à une nouvelle normalité, saisie par des opportunistes de toute couleur politique, comme quelques uns ont essayé de le faire durant ces jours de chaos. Dans un tel moment, et toujours, en tant qu’individualités anarchiques, nous resterons déterminé.e.s contre toute forme d’autorité.

Ils nous veulent paranoïaques, angoissé.e.s et isolé.e.s, mais nous continuons d’être déterminé.e.s dans le combat, mettant aussi en pratique des outils d’auto-soin et de soutien psychologique et émotionnel à un niveau personnel et collectif, pour continuer à être vivant.e.s et sur le pied de guerre.

Alors que nous finissons d’écrire ce texte, des hélicoptères militaires volent au-dessus de nos têtes, des barricades brûlent dans les quartiers et le bruit des protestations et des confrontations reste fort et nous remplit de force, pour continuer à écrire l’histoire, dans la grande expérience de la lutte pour la libération totale.

Nous sommes reconnaissant.e.s pour tous les gestes de solidarité internationaliste témoignés par les compas du monde entier et nous vous invitons à diffuser ces mots et à les traduire dans les langues les plus diverses.

RIEN N’EST FINI, TOUT CONTINUE
AUJOURD’HUI PLUS QUE JAMAIS, CONTINUONS À LUTTER CONTRE L’ÉTAT, LE CAPITAL ET TOUTE AUTORITÉ.

Gilets jaunes : acte 50 !

Publié le 2019-10-29 09:35:05

 

Quelques centaines de manifestants se sont rassemblés dans le centre de Saint-Etienne. Venus à pied d’une zone commerciale de la périphérie pour rejoindre le centre, les manifestants ont traversé Saint-Étienne en début d’après-midi puis bloqué vers 16 heures la RN 88 à l’aide de bidons métalliques, coupant la circulation dans les deux sens. Ces manifestants ont été délogés par les forces de l’ordre à grand renfort de gaz lacrymogènes. En fin d’après-midi, plusieurs autres voies étaient enfumées tandis que des confrontations éclataient et que des manifestants tentaient de revenir sur la voie rapide. Il y a eu six arrestations. A Toulouse, les forces de l’ordre sont très rapidement et brutalement intervenues pour disperser la manifestation non-autorisée. Deux personnes ont été arrêtées à Toulouse pour « participation à un attroupement en vue de commettre des violences ».

 

A Paris,en fin d’après-midi, où les Gilets jaunes avaient été ralliés par des manifestants chiliens, des heurts ont éclaté autour de Belleville (19e et 11e arrondissement), alors que le trajet devait se terminer sur la place du Colonel Fabien. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène. La station de métro a été fermé jusqu’à 19h30, par « mesure de sécurité » selon la RATP, vraisemblablement parce que les bouches de la station étaient saturées en gaz. En début de soirée, une manifestation sauvage a eu lieu dans le quartier.  Les Gilets jaunes étaient également quelques centaines à Lille où la police a empêché la jonction avec la manifestation pour Georges Abdallah. A Bordeaux, les gilets jaunes ont rapidement rejoint la manifestation des Kurdes qui dénonçaient l’offensive turque contre le Rojava.

Nîmes (Gard) : Quand les fachos sont reconnus à la terrasse du bar – 26 octobre 2019

Publié le 2019-10-29 10:03:04

L’élu d’extrême-droite Yoann Gillet affirme, à travers un communiqué de presse, avoir été victime d’une agression dans la soirée de samedi 26 octobre à la terrasse d’un bar de Nîmes, où il prenait « un verre avec des jeunes militants du Rassemblement national du Gard ».

Le jeune facho (cf sa tronche ci-contre) affirme qu’un groupe de personnes se présentant comme des « antifas » (antifascistes) les a insultés et menacés de mort, avant de s’éloigner. S’inquiétant de les voir téléphoner, le conseiller régional a appelé la police.

Le groupe est alors revenu avec « du renfort » et « nous a agressés », selon l’élu. L’un des membres de ce groupe « a d’abord écrasé sa cigarette sur ma joue », décrit Gillet, puis les six personnes avec qui il se trouvait ont été frappées. « L’un de nos amis a d’ailleurs été transporté aux urgences ».

« J’ai pour ma part été jeté au sol et ai reçu des coups de pied au visage et sur l’ensemble du corps », poursuit Gillet dans son communiqué.

Sur Twitter, le procureur de Nîmes, Erick Maurel, a indiqué avoir confié l’enquête à la Sûreté départementale de la police nationale, et a demandé à cette dernière « l’exploration de la vidéo surveillance ».

[Repris de la presse, 27.10.2019]

Saint-Laurent-des-Arbres (Gard) : Des miradors de chasse saccagés

Publié le 2019-10-30 12:24:04

Midi Libre / dimanche 20 octobre 2019

Pour la deuxième fois depuis le début de l’année, l’association de chasse de Saint-Laurent-des-Arbres enregistre des dégradations sur le matériel posé en forêt sur le territoire.
Ce sont les miradors d’affût qui sont particulièrement concernés. Lors de la première série de dégradations, ce sont douze miradors qui ont été détruits et mis hors d’usage.
Il y a peu, ces actes de malveillance ont recommencé, et cette fois-ci, ce sont quatre miradors qui ont été dégradés. Ce matériel en bois ou en acier, vendu par la fédération, a bien entendu un coût.

Ces miradors permettent aux chasseurs d’effectuer des tirs fichants et avec un angle de tir conforme aux règles, donc plus sécurisant. Les chasseurs peuvent ainsi rester sur ces équipements, tout en se dissimulant à la vue du gibier, et cela limite donc les déplacements.

Bruxelles, Belgique : Attaque contre le siège des fachos – 28 octobre 2019

Publié le 2019-10-30 12:25:04

Le hall d’entrée de l’immeuble qui abrite le siège du parti d’extrême-droite ‘Vlaams Belang’, situé place Madou à Bruxelles, a été attaqué dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 octobre 2019.

Des inconnus l’ont aspergé d’une matière poisseuse noire. Une porte en verre a également été brisée. En juillet dernier, le siège du parti d’extrême-droite avait déjà été souillé à la peinture.

[Repris de la presse, 28.10.2019]

Chili : Contre tout pouvoir – 26, 27 et 28 octobre 2019

Publié le 2019-10-30 12:25:07

Samedi 26 et dimanche 27 octobre, les manifestations n’ont pas cessé au Chili, au contraire, et la levée du couvre-feu qui était en vigueur dans treize des seize régions du pays samedi soir puis de l’état d’urgence dimanche n’a fait de raviver les flammes de la révolte. Si les pillages n’ont pas cessé, c’est plutôt sur les attaques incendiaires qu’on se focalisera dans ce nouvel aperçu afin de donner une idée tant de leur diversité en matière de cibles que de diffusion géographique, avant de passer à la journée enflammée de lundi 28 octobre.

A Puerto Montt, c’est l’école Los Alerces qui a été saccagée au grand dam des parents du voisinage, et son mobilier (tables et chaises) utilisé pour alimenter le feu des barricades du quartier. A Talca, les émeutiers ont réussi à prendre d’assaut la mairie, ses vitres ont été brisées et son mobilier sorti pour renforcer les nombreuses barricades de la place centrale. A Orsono, c’est cette fois le siège de la préfecture régionale (gobernación) qui a subi le même sort : près de 300 manifestants ont changé la valeur d’usage de son mobilier lors d’un saccage, et détruit aussi les vitres d’un agence de la banque Itaú. A Copiapó (lundi), le siège de la préfecture régionale a également perdu plusieurs vitres lors d’une manifestation, et à San Felipe la mairie a reçu plusieurs molotovs derrière ses vitres brisées. A Valparaíso, la cathédrale a reçu samedi soir une nouvelle visite, laissant une vingtaine de bancs et des bénitiers en morceaux, tandis que dimanche défilaient 100 000 personnes de Viña del Mar vers le Congrès (chambre des députés) et qu’une pharmacie Cruz Verde pillée brûlait dans la nuit. A Vitacura vers 22h, quatre voitures de luxe du concessionnaire W Car, avenue Kennedy, ont été cramées au molotov et des tracts lancés sur place disant « tant qu’il n’y aura pas de pain pour les pauvres, il n’y aura pas de paix pour les riches« . A La Serena, les manifestants pacifiques n’ont pu empêcher qu’un groupe incendie la station-service Copec sur la Ruta 5, qui est entièrement partie en fumée. A Concepción, il y a eu plusieurs nouveaux pillages et saccages (pharmacies, banques et AFP), mais aussi la destruction par les flammes des 3 et 4e étages de la tour Caja Los Andes (déjà attaquée les jours précédents) ainsi que des bureaux du service des impôts (SII). Dimanche, lors de nouveaux affrontements au centre ville de Concepción, c’est le supermarché Santa Isabel qui a fait l’objet d’une tentative de pillage, et le bâtiment de la Corporación Sinfónica (conservatoire de musique) qui a pris feu. A Iquique lundi, il y a eu plusieurs saccages pour alimenter les barricades, dont une AFP, et l’incendie de la guérite qui barre l’entrée du port de Patillos. A Rancagua, c’est une agence de VTR (compagnie d’internet et de téléphonie) qui a été saccagée et pillée. Dans plusieurs quartiers du Grand Santiago (Maipú, Plaza Ñuñoa), la première nuit sans couvre feu s’est traduite par des barricades et des affrontements avec les carabiniers, tandis qu’à Peñalolen c’est un bus qui a été cramé, après avoir fait descendre chauffeur et passagers, et idem à Melipilla (lundi soir). A Llolleo, près de San Antonio (región de Valparaíso), des inconnus ont entrepris de couper la circulation des trains de marchandise en montant une barricade incendiaire sur un pont ferroviaire.

Lundi 28 octobre, dès la fin de matinée, alors que beaucoup sont retournés au turbin dans un semblant de retour à la normalité, de nombreux blocages de la circulation ont succédé aux énormes manifs : à Temuco, une dizaine de barricades coupent les routes qui la relie aux autres villes de la région, à La Serena idem au croisement de l’avenue Balmaceda avec Francisco de Aguirre coupant le trafic est-ouest, idem à Coquimbo sur le pont El Culebrón au nord de la ville, idem à Antofagasta sur l’avenue Salvador Allende (avec un camion de bières bloqué et pillé), à Valparaíso dans la même idée plusieurs bus ont été caillassés et des barrages montés à Casablanca sur la Ruta 68 qui mène à Santiago ainsi que sur l’autoroute Los Andes à La Calera. Idem dans la région de Tarapacá, où on ne compte plus les barricades qui se sont élevées à Pozo Almonte, Alto Hospicio et Iquique sur les routes. A Concepción, un des foyers ardents de la révolte, il y a eu une fois de plus des saccages au centre ville, avec par exemple une boutique Johnson’s dont le mobilier a servi de combusible pour une barricade, et idem à Copiapo, Los Andes (avec pillage d’un supermarché Santa Isabel), Rancagua ou Nogales (avec pillage de camions bloqués), tandis qu’à Santiago le mobilier d’un supermarché OKMarket a servi à un nouvel incendie contre l’entrée du métro Baquedano, qu’un grand centre commercial est parti en fumée au croisement de Alameda avec Santa Rosa, que le restaurant La Piccola Italia a été saccagé et que le premier étage du bâtiment régional du ministère de la santé a été incendié (Seremi de Salud Metropolitana). Enfin, à La Calera, à la tombée de la nuit lundi soir, une centaine de personnes a attaqué le grand centre commercial (Mall Falabella) pour le vider de son contenu, et à Quintero ce sont les bureaux de Chilquinta (compagnie d’électricité de Valparaiso) qui ont été réduits en cendres. A côté des groupes d’émeutiers mobiles qui se sont affrontés toute la journée avec les carabiniers en procédant à des saccages et incendies, la multiplication en journée des blocages a permis ce lundi à de nombreuses personnes de participer à la révolte d’une autre manière que le défilé festif, permettant aussi de constituer des lieux d’auto-organisation variés (certains blocages ont tenu toute la journée). Comme l’a résumé lundi soir Karla Rubilar, la porte-parole dépitée du nouveau gouvernement : « Cela n’est pas le Chili qui a marché vendredi [avec ses 1,2 millions de personnes pacifiques], c’est le Chili qui appelle le samedi à détruire la ville« …

Du côté de la politique, les débats ont tourné tout le week-end entre un nouveau gouvernement d’unité nationale avec le centre gauche (qui s’y refuse pour l’instant), ou encore l’intégration de « personnalités de la société civile » en son sein. Lundi 28 octobre à midi, Piñera a finalement procédé à son petit lifting de façade en changeant huit ministres sur vingt-quatre (dont le décrié ministre de l’Intérieur Chadwick), y compris ceux du Travail et de l’Economie dont la tâche sera de mener à bien la « concertation sociale » promise pour tenter de calmer le mouvement en cours. De son côté, le syndicat CUT annonce une nouvelle journée de grève générale mercredi (dans le genre créer un rapport de force pour mieux négocier), et la gôche entend pousser son avantage pour faire avancer son agenda politique vers une nouvelle constitution. Pour réaliser son projet, il lui faut ainsi dépasser ses propres structures en profitant de l’énorme mobilisation citoyenne qui a rejoint la révolte, et quoi de mieux en ce sens que la création d’assemblées de quartier ? Les assemblées, encore plus avec des représentants de partis et de syndicats, ne sont-elles pas un lieu où toutes les tares de la politique s’expriment en force ? Se transformant facilement en minis-parlements, avec ses commissions et sous-commissions, avec ses listes de revendications et ses mots d’ordre, reconduisant la dictature de la majorité tout en faisant émerger des petits leaders venus d’en bas (oups, du « contre-pouvoir populaire »), elles sont souvent un des lieux privilégiés pour tenter d’encadrer et de représenter un mouvement de révolte. Un mouvement pour l’instant autonome qui appartient à toutes celles et ceux qui luttent directement dans la rue, et qui continue à se manifester comme au début il y a dix jours de façon offensive, en tout cas pour sa partie qui n’a rien à demander au pouvoir : prenons tout et détruisons le reste (ou l’inverse !).

Sur place, des compagnons de Santiago ont d’ores et déjà perçu ces assemblées citoyennes de quartier comme le possible début d’un processus de récupération de la lutte, et ont sorti un texte ce week-end dont voici un extrait : « Différentes positions ont émergé dans la pratique même des combats, dans l’ambiance de révolte et dans les possibilités surgissant de celle-ci. Certain-e-s se sont mis d’accord sur des appels et des tentatives de former des assemblées de quartier, des expériences de « contre-pouvoir » ou de « pouvoir populaire », allègrement qualifiées par la presse de « conseils municipaux citoyens », qui permettraient de mettre en place une table de revendications négociables, et bien-sûr des visages ou organisations avec lesquels pactiser. Des assemblées qui, comme nous pouvons le voir, se sont transformées en alternative citoyenne et en sortie pacificatrice du conflit, démontrant être un engrenage supplémentaire de la domination. (…) À cet égard, l’idée de confrontation permanente prend du sens au moment où nous ne donnons rien pour établi ni éternel, le dynamisme de la lutte doit nécessairement viser à l’élimination de tout type d’autorité, que ce soit l’État, l’assemblée ou n’importe quelle autre instance prétendant contrôler nos vies. Cette révolte n’a pas de noms ni de direction unique, elle n’appartient à personne car elle appartient à tou-te-s les rebelles et insurgé-e-s qui sont en train de combattre dans la rue, ainsi prétendre de manière ridícule s’attribuer telle ou telle action dans le cadre de cette révolte revient tout simplement à tenter de prendre l’hégémonie sur elle » (Algunas palabras desde y por la revuelta de octubre, par Algunxs antiautoritarixs por la catástrofe social). Face à ce genre d’assemblées dont l’ambition est de constituer la base d’une nouvelle autorité (vers un Etat plus comme ceci et moins comme cela), une des possibilités pour les insurgé.e.s pourrait à l’inverse être des formes variées de coordinations, qui offrent l’avantage de préserver l’autonomie diffuse de chaque groupe et individu sans centralisation, d’approfondir la tension vers l’attaque face aux propositions de réappropriation alternative d’un même existant, et aussi de créer dès maintenant un espace de complicités capables de s’opposer tant au pouvoir actuel qu’au nouveau qui entend s’y substituer. Comme l’ont déjà posé quelques vieux compagnons anarchistes lors d’expériences passées de soulèvements ou d’insurrections, c’est notamment au cours de ce genre d’explosions sociales que la conflictualité permanente contre l’existant et ses faux critiques devient fondamentale pour ne pas céder aux sirènes de l’unité, de la composition ou des alliances, en gardant vives nos idées de négation comme boussole : pour la liberté, contre toute autorité.

Enfin, côté chiffres, la Cámara de Comercio de Santiago (CCS) a précisé qu’avant ce week-end, les pertes des entreprises étaient de l’ordre de 1.400 millions de dollars, 500 millions en chiffre d’affaires et 900 millions en dégâts structurels. L’INDH continue sa comptabilité avec ce lundi soir 3.535 arrêtés depuis le 17 octobre et 1.132 blessés, dont 595 par balles (en gomme, en caoutchouc, de guerre). Au final, ce lundi a ressemblé à une vaste journée émeutière un peu partout avec des initiatives variées, où les barricades, blocages de route, affrontements avec les carabiniers se sont multipliés dans une intensité qui a rejoint ce qui s’était passé il y a 10 jours, le vendredi 18 octobre avant la proclamation de l’état d’urgence. Les miettes lancées par le gouvernement et ses petits changements internes sont très loin de pouvoir éteindre le bordel en cours, et tout le reste est une question d’imagination sur comment alimenter la révolte pour qu’elle devienne totalement incontrôlable, y compris pour les vautours du (contre) pouvoir populaire. Les attaques destructives plus fréquentes des institutions en région mêlées à des blocages de rue lors des manifestations, tout comme la multiplication de sabotages ciblés d’infrastructures (à l’image des métros cramés) est peut-être une piste en train de se dessiner au Chili. Et nous, ici ?

Le mobilier de ‘Johnson’ finit au feu à Concepcion, 28 octobre

Concepción, 26/10 la banque Santander

Valparaíso, 27/10 la pharmacie Cruz Verde pillée puis incendiée

Peñalolen, 28/10 un nouveau bus du Transantiago en fumée

Antofagasta, 28/10 blocage de l’entrée sud de la ville

Iquique, 28/10 la guérite du port de Patillos en fumée

Santiago, 28/10 feu le centre commercial

Valparaiso, 27 octobre

Quintero, 28/10 incendie de l’agence de Chilquinta (compagnie d’électricité)

[Publié sur indymedia nantes, 29.10.2019]

Des mauvais moments pour les bleus (fin-octobre 2019)

Publié le 2019-10-30 12:34:03

Étampes (Essonne) : Les flics ne sont jamais les bienvenus

Le Parisien / lundi 21 octobre 2019

Les esprits s’échauffent dans le quartier Guinette à Étampes. Vendredi soir, soit trois jours après que deux policiers ont été blessés dans un guet-apens qui leur avait été tendu sur le parking du collège, une patrouille a de nouveau été ciblée par une quinzaine de jeunes. Au même endroit.
Il est aux alentours de 21 h 30 quand les pompiers préviennent les forces de l’ordre qu’ils doivent intervenir dans cette cité. Comme le veut la procédure, une patrouille doit venir en appui des soldats du feu pour les protéger. Dans le même temps, les policiers sont informés que les caméras de vidéo-surveillance captent une certaine agitation. Un groupe est en train de s’en prendre à un bus garé sur le parking du collège de Guinette.
En arrivant, les agents sont ciblés par des jets de pierres et des tirs de mortier. Pour disperser les assaillants, l’un des policiers fait usage de son lanceur de balles de défense (LBD). La patrouille finit par repartir. Aucun émeutier n’a été interpellé. […]

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Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) : Joli barbecue au bureau de la police municipale

Actu.fr / jeudi 17 octobre 2019

Le bureau de la police municipale, à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) a fait l’objet d’un tir de cocktail Molotov dans la nuit du mardi 15 au mercredi 16 octobre.
Les faits ont été commis vers 2h11 du matin place des Rotondes dans le quartier du Bel-Air.
Une vitre de ce bureau de police municipale a été brisée. Des traces noires ont été retrouvées au sol le lendemain matin. Des constatations ont été réalisées par la police scientifique et technique. L’exploitation de la vidéosurveillance de cette place a permis d’identifier deux porteurs d’engins incendiaires.  […]

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Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) : Des mortiers pour la police

Le Parisien / mardi 22 octobre 2019

La nuit a été agitée à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Appelés pour porter assistance à des pompiers pris à partie « par une quinzaine d’individus », des policiers « ont essuyé des tirs de mortiers », a appris Le Parisien de sources concordantes.
Peu avant 3 heures du matin, ce mardi, les sapeurs-pompiers de Paris sont appelés pour éteindre plusieurs feux de poubelle devant le 2, avenue du 11-Novembre 1918, dans le quartier des Mordacs. Mais sur place, la dizaine de soldats du feu mobilisée est accueillie à coups de jets de projectiles.
Les policiers, alertés, sont à leur tour pris à partie et « essuient des tirs de mortiers », précise la préfecture de police de Paris. Ils ont donc été contraints de faire usage de lanceurs de balles de défense, de type Cougar, tirant à trois reprises sans faire de blessé. Trois mineurs ont été interpellés et placés en garde à vue et trois engins incendiaires ont été saisis. […]

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Doujani (Mayotte): Le camp loisir de la police ? Mieux l’émeute !

Le Journal de Mayotte / dimanche 13 octobre 2019

Vers 23h30, une soixantaine de jeunes âgés de 13 à 17 ans selon la Police, ont décidé d’en découdre avec les policiers, sans raison particulière pour l’instant. Ils ont mis le feu à des poubelles collectives que la mairie venait de mettre en place, et s’en sont servi comme barrage sur la route nationale. “Ils ont ensuite envoyé des cailloux sur les automobilistes de passage, il y a eu plusieurs plaintes de déposées”, nous rapporte le Commandant Stéphane Cosseron. Il n’y aurait aucun blessé, mais des véhicules ont été endommagés.
Les forces de l’ordre ont cherché à sécuriser la voie publique, il n’y a pas eu d’interpellations, “le site était mal éclairé, la progression difficile”. L’ordre a été rétabli vers 3h30. […]
En terme de prévention dans ce quartier, la police n’est pas en reste puisque, le Commandant Cosseron nous explique qu’un Centre Loisir Jeunes de la police va être implanté à Doujani justement pendant les vacances, “nous allons sélectionner des jeunes à accompagner, pour leur faire faire des activités, et contrer l’oisiveté. Nous sommes le 2ème en outre-mer”.

Doujani (Mayotte) : Et ça continue

Le Journal de Mayotte / dimanche 20 octobre 2019

Nouvelle nuit noire ce samedi dans le quartier de Doujani. Pour le 2ème week-end successif, des bandes de jeunes sont descendues sur la route nationale, avec des intentions hostiles, notamment la destruction du mobilier urbain.

Jets de pierres sur les forces de l’ordre, et incendies de bacs poubelle collectifs ont duré une partie de la nuit. « Nous avons du mobiliser nos forces pendant 3 heures, pour contenir ce débordement de violences, et garantir la libre circulation des véhicules », nous indique la police. Un des fonctionnaires a été légèrement blessé. […]

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Mantes-La-Jolie (Yvelines) : Comité d’accueil pour les bleus

France Info / vendredi 25 octobre 2019

[…] Vers 22h30 jeudi soir, les pompiers ont été appelés pour un incendie dans le quartier Val Fourré, ils ont demandé le renfort de la police. Sur place, les pompiers et policiers se sont retrouvés face à une centaine de personnes qui visiblement les attendaient. Les pompiers n’ont pas pu intervenir pour éteindre l’incendie, d’un véhicule ou de poubelle, qui a visiblement été volontairement allumé, indique une source policière qui affirme qu’il s’agissait d’un guet-apens.
Les personnes ont lancé des cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre et tiré des projectiles à l’aide de mortiers, indique la police. Les policiers se sont retrouvés encerclés et ont appelé des renforts afin de pouvoir s’extraire. Le calme est revenu vers minuit.
Après ces affrontements, deux personnes se sont présentées aux urgences avec des blessures, l’un à l’œil, l’autre à l’entre jambes. Une enquête devra déterminer l’origine de ces blessures. Il s’agit de savoir si elles ont été causées par les armes de défense des policiers ou par des tirs de mortier. L’IGPN a également été saisie sur les conditions d’usage des armes de défense par les policiers, annonce le parquet.
Plusieurs fonctionnaires de police ont par ailleurs été blessés, dont un à la jambe par un tir de mortier, indique le parquet. Il n’y a eu aucune interpellation.

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Nice : Les flics accueillis à coups de boules de pétanque

France 3/ lundi 28 octobre 2019

Alors qu’ils étaient venus interpeller un suspect, deux équipages de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) ont essuyé des tirs de lourds projectiles, et notamment de boules de pétanque. Elles ont même atterri sur l’un des véhicules de police.
Plus de peur que de mal, pour ces fonctionnaires qui n’ont pas été blessés, mais qui ont été choqués par la violence de ces actes. Ils étaient venus surveiller le quartier, et surtout, d’éventuels trafics de drogue. Une opération qui aurait pu tourner au drame. […]

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Vénissieux (Rhône) : Du feu contre les descentes de flics

Lyonmag / lundi 21 octobre 2019

Ce dimanche après-midi, de nombreux équipages de policiers se sont rendus sur la commune de Vénissieux. Dès 15h30, des poubelles et plusieurs voitures ont été incendiées dans les rues du quartier des Minguettes par des bandes d’émeutiers, notamment sur le boulevard Lénine. L’incendie des détritus a provoqué un imposant panache de fumées, visible une bonne partie de l’après-midi entre les tours des immeubles.
Tout serait parti d’une arrestation plus tôt dans la cité : celle d’un homme en possession d’une quantité importante d’herbe de cannabis selon nos informations. Un acte judiciaire qui a été, semble-t-il, vécu comme une provocation par certains jeunes individus prêts à en découdre avec les forces de l’ordre. Ces dernières ont dispersé la foule haineuse grâce à des tirs de gaz lacrymogène. Il n’y aurait eu aucune interpellation mais un policier a été blessé au genou. Ses ITT sont pour le moment inconnues.

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Emerainville (Seine-et-Marne) : Bataille rangée

Le Parisien / 22 octobre 2019

La fin de soirée a été chaude dans le quartier des Montagnes-Bleues, ce lundi soir à Emerainville. Entre 22 heures et minuit, des affrontements ont mis aux prises des individus masqués et une trentaine d’effectifs de la police nationale.
Tout a commencé par un feu de poubelle sur la voie publique, rue Clovis-Hugues, vers 21h30. Alertés, les pompiers se rendent sur place et sont rejoints par les forces de l’ordre vers 21h50. Là, le premier véhicule de police, avec quatre fonctionnaires à son bord, est la cible d’un jet de pavé qui endommage sérieusement la portière arrière droite. Celle-ci ne peut désormais plus s’ouvrir. Des mortiers sont aussi utilisés contre les policiers par plusieurs personnes au visage dissimulé. Les effectifs décident donc de faire appel à du renfort.
Rapidement, une trentaine de policiers du commissariat de Noisiel, de celui de Pontault-Combault, des membres de la brigade anticriminalité départementale ainsi que de la compagnie départementale d’intervention (CDI) sont déployés. Ils répondent à leurs adversaires par des tirs de lanceurs de balles de défense ainsi que des grenades lacrymogènes.
Le calme n’est revenu que vers minuit après la dispersion du groupe. Aucun n’a pu être identifié ni interpellé lundi soir. Les affrontements n’ont pas fait de blessé chez les pompiers ou les policiers. Au lendemain de cet épisode de violence, une opération de contrôles en tous genres a été effectuée par les effectifs du commissariat de Noisiel, aidés là encore de policiers de Pontault et de la CDI, ce mardi après-midi sur le secteur. Aucun auteur présumé des tirs de mortiers ou des jets de projectiles n’a été identifié mais les policiers ont arrêté un homme recherché pour une affaire passée de cambriolage et trouvé 177 gr de résine de cannabis grâce à un chien renifleur.

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Avignon : Parfois la poisse est question d’une poignée de minutes

FranceBleu / jeudi 17 octobre 2019

Mercredi soir à Avignon, un homme âgé de 35 ans a été interpellé Place Pie en train de crever des pneus. Mais pas n’importe lesquels, ni n’importe où. Le natif de Lille dans le Nord était en train de crever les pneus d’une voiture de la police juste à coté du local de la police municipale d’Avignon aux alentours de 23 heures. L’homme a finalement été repéré par des agents et est depuis en garde à vue au commissariat.

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Rennes : Y a pas d’age pour la haine contre les uniformes

Ouest-France / jeudi 24 octobre 2019

Mercredi 23 octobre, en début d’après-midi, les policiers effectuaient un contrôle dans le hall d’un immeuble, allée de Brno, dans le quartier de Maurepas à Rennes. Leur véhicule sérigraphié « police » a été pris pour cible par une jeune fille, âgée de 13 ans. L’ado a jeté une bouteille en verre en direction de la lunette arrière de la voiture. La vitre a été brisée. Un policier en surveillance dans une voiture banalisée a vu toute la scène et a prévenu ses collègues. La jeune fille a été conduite au commissariat et placée en garde à vue pour dégradation volontaire d’un bien.

Cherbourg-en-Cotentin (Manche) : Solidarité avec Exarchia et le Chili

Publié le 2019-10-30 12:35:05

La Presse de la Manche / mardi 29 octobre 2019

Les services de police de Cherbourg ont été avisés, ce mardi 29 octobre, d’un tag anarchiste sur la façade de la sous-préfecture. Celui-ci a été réalisé durant la nuit précédente, sur ce bâtiment situé rue Emmanuel-Liais. On peut lire : « Solidarité avec Exarchia et avec le Chili – No borders  » […]

Feu aux CRA ! Incendies à Plaisir et à Mesnil-Amelot

Publié le 2019-10-30 12:35:13

Les formes de révolte dans les centres de rétention administrative (CRA) sont quotidiennes, chaque jour des tentatives d’évasion, des grèves de la faim, des résistances individuelles ou collectives à la violence des keufs et aux déportations…
Parfois, les prisonniers tentent de détruire directement la structure qui les enferme, en donnant feu aux cellules et à tout le reste. Dimanche et lundi soir, deux prisons pour sans-papiers ont été endommagées par des incendies.





Notes

[1On en parle peu mais il y en a d’autres, pas si loin que ça d’ailleurs. À Oissel par exemple, il y a une zone famille pour enfermer femmes et enfants (précision reçue par mail).

Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) : Une voiture de Johnson Controls brûle

Publié le 2019-10-30 15:23:06

de.indymedia.org / samedi 26 octobre 2019

Dans la nuit du 25 au 26 octobre, une autre voiture a pris feu à Friburg, dans la Badenweilerstraße, quartier de Weingarten. Dans les jours précédents, ont été incendiées plusieurs voitures des profiteurs de l’exploitation, comme Thyssen&Krupp, Vonovia et Implenia.

Cette nuit-là, ça a été le tour d’un véhicule de Johnson Controls, auquel appartient aussi l’entreprise Tyco.

Tyco est impliqué dans les bons affaires de l’industrie pénitentiaire, grâce à des systèmes de sécurité comme par exemple les systèmes d’alarme et les puces utilisées pour surveiller les détenus.

Des entreprises comme Tyco utilisent les prisons et les détenu.e.us qui y sont enfermé.e.s sans protection pour faire d’énormes profits. Avec cette attaque nocturne, on a posé un signe enflammé contre cette machine d’exploitation structurelle

Contre les prisons et le capitalisme !
Salutations solidaires à tous les prisonnier.e.s derrière les murs !

Chili : Quelques notes sur le week-end de révolte – 26 et 27 octobre 2019

Publié le 2019-10-30 15:24:06

Ci-dessous un rapide aperçu de la révolte en cours au Chili à divers endroits du week-end des 26 et 27 octobre, réalisé à partir de la presse chilienne :

Dimanche 27 octobre, il y a eu des barricades incendiaires et des affrontements lors des marches dans une multitude de villes, comme à Talca, Antofagasta, Concepcion, Punta Arenas …

A Santiago, un bus Transantiago est incendié dans la soirée, dans le secteur de Peñalolén. Un groupe d’une vingtaine d’encapuchadxs ont stoppé le bus et ont fait descendre le chauffeur, avant d’y mettre le feu. Le bus ne transportait aucun passager. Un autre bus, cette fois de la société Express, est brûlé par une vingtaine de manifestants dans le même secteur.

A Conchalí, ville au nord de Santiago, deux supermarchés ‘Cottus’ et ‘Sodimac’ situés au carrefour de Pedro Fontova et Vespucio Norte sont incendiés. Concernant la magasin Cottus, il s’agit du deuxième incendie en une semaine, après des pillages répétés.

Plus de 100.000 personnes ont défilé entre Viña del Mar et Valparaíso.

A Valparaiso, une pharmarcie ‘Cruz Verde’, située à l’angle de Bellavista et Condell, est pillée avant d’être incendiée.

A Concepcion, un incendie s’est déclaré aux troisième et quatrième étages d’un bâtiment de la Caja Los Andes (caisse de pension).

A Punta Arenas, à l’extrême-sud du pays, des barricades sont érigées dans le centre de la ville, illuminant la nuit et interrompant la circulation. Les carabiniers ont très vite rappliqué et gazé la foule, qui a riposté par des jets de divers proectiles. Des émeutiers se sont ensuite attaqué à plusieurs agences d’entreprises de téléphone, en détruisant le mobilier à l’intérieur et en le sortant dans la rue (cf vidéo)  : une boutique de la société télécom ‘Movistar’ située à l’angle de Colón et de Bories, une autre de ‘Claro’ au même endroit, ainsi qu’une deuxième agence de ‘Claro’ localisée à Mejicana la cual sont littéralement défoncées ; la dernière des trois a même subi un pillage en règle. Au cours de la manifestation de vendredi, la statue de Fernand de Magellan, érigée au centre de la Plaza Benjamín Muñoz Gamero, a été vandalisée par de la peinture rouge et diverses rayures.

 

Samedi 26 octobre, de grosses émeutes ont éclaté en fin de manifestation à Concepcion, épicentre de la révolte en cours, et ce depuis le 18 octobre. Dès la fin d’après-midi, des enragés se sont notamment attaqué à un organe de la propagande d’État, matérialisée par les locaux de la radio Bio Bio, qui a vu les vitres de son bâtiment voler en éclats. 80 personnes auraient pris part à l’attaque, selon les médias.

Le bâtiment patrimonial du gouvernement n’a pas échappé aux jets de lourds pavés qui ont brisé ses vitres blindées.

Au total, près de 71 cas de vandalisme ont été recensés sur l’ensemble de la journée par le maire de la ville A. Ortiz : de nombreuses agences bancaires et divers magasins ont été détruits, et il s’en est fallu de peu pour que le supermarché Unimarc de la rue Caupolicán ne se fasse piller (tentative avortée par l’intervention rapide des carabiniers).

Selon le chef de la Défense Nationale dans la région de Bio Bio, Carlos Huber, « bien que la manifestation de samedi ait été pacifique, elle s’est de nouveau soldée par des affrontements dirigés par des groupes minoritaires violents. Huber a expliqué « qu’il y a eu beaucoup de destructions de biens publics et privés dans le secteur de la Plaza Independencia jusqu’à 22h, des affrontements ont eu lieu avec les Carabiniers et les Forces Armées qui protégeaient principalement les infrastructures critiques telles la préfecture régionale (Gobernacion) et la Municipalité qui, à un moment donné, étaient en danger. »

Au total, 74 personnes ont été arrêtées et plusieurs carabiniers blessés à la tête par des jets de pierre.

Des affrontements avec les forces de l’ordre ont eu lieu dans d’autres villes, comme à Punta Arenas, à Santiago ou encore à Valparaiso, où la cathédrale a de nouveau été saccagée lors de la manifestation de ce samedi. Le Diocèse évalue les destructions commises à l’intérieur et à l’extérieur de la cathédrale à plus de 20 millions de pesos (25.000 euros). Un cul-béni du coin raconte à une radio locale que « samedi après-midi, un groupe de personnes a forcé les barreaux de la cathédrale, brisé une nouvelle fois les portes et sortir les bancs dans les rues afin de les brûler ». Il a également précisé que le groupe d’iconoclastes a cassé un vase d’eau bénite, brûlé les portes et détruit une vingtaine de bancs. Le week-end précédent, la cathédrale avait déjà été prise pour cible, la porte principale incendiée et sa façade taguée. Pour rappel, et comme à chaque fois que les pauvres et opprimés s’insurgent contre cet existant misérable, le pape s’est fendu d’un appel à la population insurgée « d’arrêter les violences et de prendre la voie de la négociation », alors même que des centaines de personnes étaient déjà enfermées, mutilées, torturées et certaines tuées par les gardiens de l’ordre.

 

A Rancagua, des barricades ont été érigées et incendiées à la nuit tombée, après la marche qui fut plutôt pacifiée. Les locaux du secrétariat régional ministériel du logement (SEREMI de Vivienda) ont été attaqués (dégâts matériels et pillage partiel), ainsi qu’une station-service COPEC et une agence de la société chilienne de télécommunication TVR (dégâts matériels). 28 personnes ont été arrêtées par les flics.

 

A Vitacura (région métropolitaine de Santiago), vers 22h samedi, la prese rapporte qu’un individu a jeté un cocktail Molotov en direction de la concession automobile ‘Wcar’ : quatre véhicules tout neufs ont été fortement endommagés.

Ce samedi, quelques chiffres concernant l’impact de la révolte sur l’économie ont été publiés dans la presse du pays. Les principales municipalités de la région métropolitaine (Santiago) ont chiffré à plus de 20 milliards de pesos (24.830.000 euros) de dégâts causés rien qu’au mobilier urbain (« biens publics ») lors des dix derniers jours de manifestations. Ces pertes correspondent à la destruction de feux de signalisation, sièges et bancs, poteaux, monuments, éclairages, panneaux publicitaires, etc.

 

A Puente Alto, dans la banlieue sud de Santiago, est l’une des villes les plus saccagées de la région métropolitaine avec un total de neuf milliards de pesos (11.173.500 euros) de dégâts causés principalement aux caméras de sécurité, panneaux publicitaires et arrêts de bus, installations du métro.

Dans le même temps, le ministère des Cultures, des Arts et du Patrimoine a signalé qu’à ce jour (26.10.2019), une dizaine de bâtiments (à savoir les musées des Beaux-Arts, de l’Histoire Naturelle de Valparaiso et Régionale de Magallanes, ainsi que la Bibliothèque Nationale et la Severin) ont eu leurs façades dégradées.

Tout au sud du pays, on apprend ce lundi 28 octobre que 11 véhicules de police ont été endommagés à Punta Arenas (Région de Magallanes et de l’Antarctique chilien), la plupart pour des fenêtres et pare-brises cassés. Deux d’entre eux ont du être retiré du trafic, les autres continuent de circuler avec leurs vitres pétées. D’après un flic interviewé, « certains de ces véhicules endommagés sont haut-de-gamme, seulement mis en service en juillet dernier […] ».

Magasin pillé à Rancagua

Le concessionaire automobile de luxe attaqué dans la banlieue de Santiago

Les bureaux du média ‘Biobio Chile’ de Concepcion

La cathédrale de Valparaiso de l’extérieur et d’un seul côté

La cathédrale de l’intérieur

 

 

Marseille : On va les chercher chez eux !

Publié le 2019-10-30 15:24:09

Marseille Infos Autonomes / jeudi 10 octobre 2019

Le 5 novembre 2018, pendant un automne particulièrement pluvieux, après des semaines d’agitation autour du chantier de la Plaine, deux immeubles s’effondraient rue d’Aubagne coûtant la vie à 8 personnes.
Bien sûr ce n’était pas la pluie, mais la mise à nu dans le désastre de la gestion mafieuse de la ville par les élus et les promoteurs propriétaires de taudis.

Très vite, une marche de la colère, puis les Gilets Jaunes, l’assassinat de Zineb Redouane, les expéditions punitives de la police du samedi, l’incendie de Maison Blanche, et puis Francois de Rugy, et puis son homard.
L’indécence des politiques face à nous confine au ridicule. D’abord dans leur trop évidente responsabilité pour avoir tout mis en place afin que ces drames arrivent, puis pour la vulgarité avec laquelle ils ont continué à organiser le pillage en prétendant venir en aide quand nous savons qu’ils ne font que jouer au Monopoly. Pour preuve, les milliers de personnes mises à la rue grâce à cette trouvaille que sont les arrêtés de péril… Bingo ! ça en fait des possibilités d’investissements immobiliers…
Les goinfres ont de sacrés appétits. Mais ils ont aussi des noms et des adresses… Alors comme on a pas envie de les laisser se gaver en toute impunité, on va squatter le banquet !
Politiciens, agences immobilières, entreprises complices. D’ici au 5 novembre montrons leur que nous savons qui ils sont, pour que cette date soit un moment à la hauteur de notre colère.
Si l’automne 2018 nous a marqué par sa tristesse, si l’on se rappellera toujours du 5 novembre, mais aussi du 11 octobre et des débuts des travaux et surtout du 1er décembre et de la mort de Zineb Redouane, faisons de la saison 2019 notre revanche. Nous déclarons ouvert le grand jeu de l’automne, pour qu’ils tombent tous comme des feuilles mortes !
Pour participer c’est simple : tous les moyens sont bons et les cibles sont plus que nombreuses.
Un petit tag, un grand, un panneau, une banderole, quelques étoiles sur une vitrine d’agence immobilière, des applaudissements un peu trop nourris dans une session du conseil municipal (dommage, on entend plus rien…), une belle fête sauvage chez Gaudin, un vol de petits fours chez des promoteurs, enfin, vous voyez le tableau.

*****

et un retour en images sur les cibles déjà touchées

[toujours depuis Marseille Infos autonomes, actualisé au 23 octobre, on a pris que les images, sur leur site il y a beaucoup plus d’explications]

Brasserie Les Capucins, exemple de gentrification de la Canebière, la première cible touchée

Le siège de la la Fédération des promoteurs immobiliers de Provence

Les Républicains

La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement

Chili – Deuxième communiqué des prisonnier subversifs du CAS : leur transfert est reporté

Publié le 2019-10-30 15:33:10

Publicacion réfractario / lundi 28 octobre 2019

Il y a quelques semaines, nous avons dévoilé la décision de l’État de rénover la Prison de haute sécurité [CAS, Cárcel de alta seguridad ; NdAtt.], en précisant notre avis à ces propos. Ces informations, qui sont aujourd’hui publiques, ont considérablement changé, car diverses raisons empêchent de réaliser un transfert généralisé de vers d’autres unités et le font reporter indéfiniment.

Nous insistons fortement sur l’appel à affronter ensemble ce moment de lutte, à l’intérieur et à l’extérieur des murs, pour une destruction des clivages qui empêchent une avancée collective.

Notre volonté est de continuer à construire collectivement des résistances quotidiennes et nous croyons urgent et nécessaires de renforcer toutes les initiatives qui brisent l’isolement dans ce moment d’intense conflit.

Nous embrassons ceux/celles qui nous accompagnent et tou.te.s celles/ceux qui sont solidaires, avec les actions et les mots, dans l’organisation et la lutte anti-carcérale, partie indispensable de la lutte contre l’autorité.

NOUS RESTONS CONVAINCUS !
LIBERTÉ POUR LES PRISONNIER.E.S DE LA GUERRE SOCIALE !
SOLIDARITÉ ET FRATERNITÉ INTERNATIONALISTES POUR LA DESTRUCTION DES PRISONS !
TANT QUE LA MISÈRE EXISTERA, IL Y AURA RÉBELLION !

Juan Flores Riquelme
Juan Aliste Vega
Joaquín García Chanks
Marcelo Villarroel Sepúlveda

Cárcel de alta seguridad
Santiago
24 octobre 2019

Aucun espoir, aucun avenir : que l’aventure commence !

Publié le 2019-10-30 15:34:06

Aucun espoir, aucun avenir : que l’aventure commence !

Warzone Distro / avril 2019

Ce texte est dédié à mon cher ami Miles « Art Phoenix » et aussi à la mémoire de :
Anteo Zamboni, anarchiste individualiste italien de 15 ans, qui a perdu la vie en essayant de tuer Benito Mussolini, à Bologne, le 31 octobre 1926.
Fumiko Kaneko, anarchiste et nihiliste japonaise, reconnue coupable d’avoir comploté pour assassiner des membres de la famille impériale japonaise et emprisonnée jusqu’à ce qu’elle se donne la mort.

Le soleil, la lune et les étoiles n’attendent pas; ils bombardent le ciel par leur présence. Un tsunami n’hésite pas; il annonce un bruit mortel de destruction avant de disparaître. Alors pourquoi devrais-je attendre ? Et qui suis-je en train d’attendre ? Et qui attendent-ils ? L’Avenir est un dieu auquel on obéit aux dépens de ses désirs immédiats, pour s’assurer une adhésion à distance à une utopie inexistante.

L’Avenir est une projection holographique de rêves et de promesses qui sont niés par le présent. L’Avenir est souvent utilisé socialement par les politiciens et autres autoritaires en quête de domination à long terme, pour exploiter la peur de vivre dans le moment présent. L’Avenir domestique le désir sauvage, limitant sa capacité à explorer des expériences spontanées, imprévisibles.

Aujourd’hui c’est ici, maintenant, comme une toile vierge, invitant ma créativité imaginative, destructrice. Oserais-je rêver plus grand que le monde carcéral de la richesse matérielle, des tendances de la mode et de l’idéologie du travail ? Devrais-je me livrer à un hédonisme sauvage, contre le monolithe de la misère collectivisée ? Oui ! Contre la parole d’évangile de L’Avenir, mon anarchie est une célébration émeutière du maintenant !

L’Avenir est opposé à toute insurrection sauvage qui refuse la stagnation politisée. Quand je dis « stagnation politisée », je fais référence à la politique de « l’attente du bon moment ». Quand je dis « insurrection sauvage », je fais référence à la priorité accordée à l’attaque immédiate, ancrée dans un désir individualiste, incontrôlé, de liberté. La Gauche aime les débats et discussions académiques interminables, tentant de redéfinir la révolution dans le cadre limité de la société civilisée. Puisqu’elle se comporte comme une nouvelle constitution pour une société future, il y a de plus en plus de terminologies politiquement correctes à apprendre et à mémoriser, ainsi que des méthodes changeant sans arrêt pour « éduquer » « le peuple ». Et puis il y a la compétition entre ceux/celles qui sont inclus.e.s dans le groupe et ceux/celles qui en sont exclu.e.s, les jeux olympiques de l’oppression et la politique d’ identités basées sur le plus petit dénominateur commun. Je considère tout cela comme de la Stagnation Politisée. On consacre plus de temps et d’énergie à la construction idéologique d’une utopie future parfaite, qu’à attaquer la société carcérale existante, maintenant.

Ce type de discussions (épuisantes) ne stimule pas suffisamment mon désir d’expérimentation sauvage et d’aventure illégaliste. Quand je parle de « sauvage » [wildness ; NdAtt.], je fais référence aux complexités uniques des expériences et des émotions individuelles, qui défient le confinement politisé de l’évaluation analytique. Quand je parle d’« aventure illégaliste », je fais référence au plein épanouissement du développement individuel et de l’auto-libération, au-delà des limites de la loi et de l’ordre.

Mon caractère sauvage [wildness ; NdAtt.] est défini par un individualisme né du rapport entre l’anarchie et le nihilisme ; il ne peut être ni saisi ni confiné dans des identités socialement construites, ou dans la misère de l’idéologie de gauche. L’illégalité de ma révolte féroce contre la civilisation industrielle fait de moi un complice de tous les êtres sauvages qui rejettent brutalement la domestication sociale. Mon caractère sauvage est une exploration des expériences de vie aventureuses et inconnues d’une anarchie criminelle et ennemie de l’idéologie du travail. Mes expériences sont uniques, toujours changeantes et seulement miennes ; elles mettent en charpie l’hypothèse qu’elles puissent être définies par des appartenances, basées sur l’identité, à n’importe quel groupe. Je trouve les politiques d’identité risibles, je rejette leur victimisation et leur représentation glorifiées. Plutôt que de participer au rôle prétentieux des politiques d’identité, je m’en prends aux prisons mentales de ma propre assignation de classe, de race et de genre.

Je me moque aussi de l’autorité de la psychiatrie, avec un rejet revendiqué de la standardisation du comportement. Aux yeux d’une société neurotypique, je suis sacrement chtarbé – mais aux yeux des fous, je suis vivant et bien portant ! La dichotomie normal/fou est un piège socio-économique qui criminalise les comportements antisociaux et profite de la misère émotionnelle. Ayant vécu l’enfermement dans un établissement psychiatrique et ayant refusé leurs médicaments, je reste insubordonné.e : il n’y a aucun remède à ma dépression, induite par la société civilisée. Il n’y a aucun remède prescriptif pour mon incompatibilité indisciplinée avec la soumission collectivisée. Je refuse de calmer ma haine de l’autorité et de cette société civilisée qui l’entretient.

Certain.e.s m’encourageraient même à m’adonner à la culture de l’intoxication, qui adoucit les bords tranchants et sobres de la réalité. Mais c’est la sobriété que je transforme en arme, contre les conforts dociles et habituels de l’évasion toxique. Il n’y a rien que ce système colonial veuille plus que de soumettre ma sauvagerie à la dépendance ou à l’ébriété compulsive. Ma sobriété est un ennemi juré, féroce, de la civilisation industrielle.

Aucun espoir, aucun avenir : que l’aventure commence !

Je ne veux pas créer de nouvelles théories ou d’autres analyses à travers lesquelles filtrer le monde ; je veux détruire les chaînes idéologiques qui m’interdisent de le vivre directement. Je ne veux pas créer un plan pour un autre monde ; je veux vivre l’utopie, ici et maintenant !

Ce qui différencie le gauchisme de mon anarchie nihiliste, c’est le désir de faire du présent le meilleur moment pour attaquer, en menant une guerre individualiste contre toute gestion et tout contrôle social. Tandis que les partisans du gauchisme passent des années dans les salles des universités à essayer de le rendre acceptable aux « masses », certains individus nihilistes envoient des signaux de fumée par le sabotage, en solidarité avec d’autres qui embrassent la nuit comme une cagoule. Par la destruction, ces individus constituent un réseau informel de révolte féroce, à travers le monde, en laissant derrière elles/eux les chaînes de la peur et de la victimisation intériorisée.

Même à l’heure de la présidence de Trump, « les masses » n’ont pas encore pris les armes et renversé l’ordre établi. Tandis que les organisateurs.trices anarco-gauchistes font de la publicité pour leurs groupes, dans des concours de popularité, la violence du fascisme, de la pauvreté et des exécutions orchestrées par la police continue.

Les ruptures individuelles et spontanées de l’ordre civilisé définissent une guerre qui sape, presque toujours, l’infiltration et la gestion étatiques. Dans la transformation de l’anarchisme civil en insurrection sauvage, l’anarchie devient une vie anti-politique d’illégalisme, accessible à tout individu ayant le courage de se déchaîner et de foutre le bordel.

Les « révolutionnaires » autoritaires qui portent des bibles communistes pleines d’ « avenirs meilleurs » sont une bande de prédateur.ice.s, qui découragent l’autodétermination individuelle et ciblent les personnes plus vulnérables aux mots-clés de la pensée collective, comme « espoir » et « communauté ». On est amené.e à croire et à choisir son camp dans une vision du monde binaire : trouver un avenir heureux à travers la richesse du capitalisme ou bien trouver un avenir heureux dans le communautarisme du communisme.

Pour moi, L’Avenir de l’un et de l’autre est autant un mirage qu’une nécessité pour le pouvoir autoritaire ; je refuse d’endurer des années d’esclavage salarial dans l’espoir d’une future sécurité financière, sous le capitalisme. De même, je refuse de renoncer à mes jours actuels en construisant des communes dans l’espoir d’une future utopie communiste.

Mon anarchie ne peut être définie ni par le capitalisme ni par le communisme : elle est le cauchemar des deux. Mes activités n’ont pas besoin d’être motivées par une utopie future – seulement d’une obsession personnelle pour une vie au présent non gouvernée par la soumission. Ma colère et mon mépris pour ce cauchemar techno-industriel motivent mes actions. « La Commune » exige mon individualisme en échange de l’appartenance, et, comme une machine, elle exige mon temps libre et mon énergie pour son entretien.

Je me moque de ces Tiqquniens, le Comité Invisible et leurs disciples, qui essaient de vendre l’insurrection aux « masses ». Leur « manuel du terrorisme » n’est qu’un texte biblique qui se présente comme une « vérité » que les gens sont « obligés de choisir » s’ils/elles désirent autre chose que le monde que nous avons aujourd’hui. Cette simplification excessive efface intentionnellement celles/ceux qui canalisent la force de leur individualisme vers la destruction émancipatrice, plutôt que renoncer à soi-même afin de « recréer les conditions pour une autre commune ».

A mon avis, personne d’autre que moi n’est plus qualifié.e pour déterminer et obtenir ma liberté. Je suis responsable de ma propre vie, de ma liberté et de l’attaque qui est nécessaire pour obtenir les deux. Si je ne donnais pas la priorité à cette responsabilité personnelle, je tomberais dans une dépendance qui autoriserait une hiérarchie sociale autoritaire, normalisant ma propre impuissance.

Pour beaucoup de monde, le potentiel individuel est difficile à explorer en présence d’un nombre écrasant de rôles sociaux et d’identités automatiques qui exigent sa capitulation. Est-il donc vraiment surprenant que beaucoup de gens aient des difficultés à s’imaginer eux/elles-mêmes comme des survivalistes indépendant.e.s, armé.e.s et autosuffisant.e.s ? Une grande partie de ce qui est présenté comme « anarchisme » aux États-Unis vient d’une perspective collectiviste, qui se targue davantage de « communauté », de « mouvement » ou de « commune » que de force individuelle. Est-il vraiment surprenant que tant d’autoproclamé.e.s anarchistes aient du mal à se sentir suffisamment motivé.e.s pour agir, à moins d’être affilié.e.s à un groupe, une organisation ou un mouvement ?

La critique anarchiste nihiliste de l’organisation peut être résumée comme une tension entre l’individu et le collectif. Bien sûr, je serai le premier à dire que du bordel comme le black bloc du 20 janvier 2005 [lors des larges protestations contre le début du second mandat présidentiel de G. W. Bush ; NdAtt.], qui a fait des ravages dans les rues, a été un sacré bon moment ! J’entends qu’il y a de la force, une excitation émeutière et même parfois de la sécurité dans le nombre. Je reconnais également que l’entraide et le soutien mutuel font des merveilles dans le but de s’aider les un.e.s les autres, de plus de façons que ce que je pourrais énumérer. Mais qu’en est-il de la même force, de la même excitation émeutière et de la même sécurité lors d’attaques individuelles menées par des loups solitaires ?

N’y a-t-il pas de la force à trouver dans le fait de savoir que chaque jour peut être l’occasion de mener une action directe, sans avoir besoin d’un meurtre policier ou d’un outrage moral qui la motivent ? N’y a-t-il pas d’excitation dans l’expérimentation personnelle d’activités clandestines, dans la montée d’adrénaline quand on fuit la scène d’un délit, ou dans la sécurité d’une action planifiée et sécurisée par soi-même, qui se déroule quand et où la police s’y attend le moins ? Pourquoi attendre la prochaine manifestation, le prochain meurtre policier, la prochaine élection présidentielle ou le prochain sommet ? Et si l’aide d’autres personnes peut éventuellement améliorer l’expérience criminelle de quelqu’un.e, il y a beaucoup à apprendre de son expérience personnelle, en menant sa propre attaque individuelle. Tout, de la planification au contrôle de la panique, en passant par l’exécution des tâches, est vécu différemment, lorsqu’il n’est pas réparti avec d’autres.

Avec l’attaque individuelle, l’acteur.ice n’est pas aliéné.e de l’action. Tout est évalué directement, personnellement, et en temps réel. L’attaque devient alors une expression directe de l’individu. Sans la direction idéologique d’une utopie future ou d’une force supérieure, ni la motivation d’une identité collectivisée, l’individu devient simultanément le catalyseur et le créateur de son anarchie. La vision du monde autodestructrice qu’on porte est forte seulement autant qu’on s’y accroche. L’asservissement de nos existences est puissant seulement autant que la subordination individuelle.

Une chose qui vient à l’esprit quand on parle de créer l’anarchie, c’est l’unicité. La relation qu’on a à son action est toujours unique, différente de celle d’autrui. D’un point de vue stratégique, l’expérience des attaques « en loup solitaire » est unique. Même les attaques structurées « en cellules fantômes », menées par de petits groupes d’individus de confiance, offrent une perspective unique sur l’action directe. Comparés à la destruction de biens lors de manifestations de masse (qui malheureusement se terminent souvent par des nasses policières et des arrestations massives), il n’est pas difficile de voir que les attaques de l’ALF [Animal Liberation Front ; NdAtt.] et de l’ELF [Earth Liberation Front ; NdAtt.] sont efficaces, lorsqu’elles utilisent le modèle de l’attaque spontanée et imprévisible. Mais l’ALF et l’ELF sont les réussites les plus connues. Elles n’incluent pas toutes les attaques réussies effectuées par des « loups solitaires ». Ces attaques individuelles ont l’avantage d’être menées de la manière la plus aléatoire et imprévisible possible, tout en montrant le courage et la force qu’un individu déterminé peut posséder. Les mouvements formellement organisés, qui nécessitent une mobilisation de masse et du temps pour « l’éducation » sont inutiles ; tout comme les milices formellement organisées, tous deux tombent dans le piège de la prévisibilité et de l’infiltration.

D’un point de vue social, l’unicité personnelle est plus souvent crainte qu’acceptée. Si elle ne peut être contrôlée, massifiée ou carrément éliminée, elle constitue une menace pour la continuité d’une identité sociale établie. L’effondrement du contrôle et de la stabilité suscite souvent la panique pour l’autorité. Un individualisme qui rejette la logique de la soumission devient sans limite dans l’exploration du potentiel personnel. Ce potentiel ingouvernable menace la sécurité collectivisée du contrôle social et de la prévisibilité. Semblable à la stratégie de l’attaque spontanée, le désir armé par le chaos est comme le caractère sauvage [wildness ; NdAtt.] que la civilisation tente de domestiquer ; déterminé et résistant.

Quand j’entends les gens dire « nous avons un plan pour un monde meilleur » au sens prémonitoire, je me demande s’ils/elles envisagent la possibilité très réelle de ne jamais voir ce monde. Et à moins qu’elles/ils ne parlent au nom des autres, comme le font les politiciens, je suis curieux de savoir qui va faire l’expérience de ce monde meilleur. Ce « plan pour un monde meilleur » est-il un modèle prédéterminé pour l’avenir de personnes avec lesquelles ses architectes n’ont aucun lien ? Je n’ai aucune envie de proposer et d’imposer un modèle de vie préétabli à des personnes de très loin. Comme je m’y attends pour moi ici et maintenant, toute personne qui existe au-delà de ma propre vie a le droit à la même possibilité d’agir individuelle.

Pour moi, ce monde de merde dans lequel je vis actuellement est le seul monde que je vais voir. Je ne me fais pas d’illusions à propos de vieillir en faisant des tournées de conférences sur l’anarchie dans les facs. Ni de voyager en train à 80 ans, ou de pourrir dans une maison de retraite, collé.e devant une télé ou en train de faire des puzzles. Je vais plus probablement mourir jeune, et je ne vois pas un « monde meilleur » venir. Ni un soulèvement de masse qui n’imposerait pas un autre régime autoritaire à la place de l’actuel. Je crois que certain.e.s diraient qu’il s’agit du « désespoir » souvent associé au nihilisme. Pour moi, cela est une évaluation réaliste du monde dans lequel je vis actuellement.

Mais cette réalité, aussi lugubre soit-elle, motive mon désir de rendre ma vie aussi joyeuse et épanouissante que possible, par une révolte féroce ! Mon désespoir ne me paralyse pas, par la peur ou la dépression ; je le célèbre avec des rires hystériques et de l’extase, malgré la marche vers la mort de la civilisation. J’arme mes désirs de l’urgence de vivre… contre l’ordre social de la monotonie et de l’esclavage pacifié, dormir sous les étoiles, sentir le soleil et la brise avec chaque poil de mon corps, écouter les conversations des insectes tard la nuit, devenir sauvage…

Partout autour de moi sont dispersées les manifestations sociales de la domestication et du contrôle, la politique de la peur qui les renforce, ainsi que les architectes individuels qui les conçoivent. Je suis donc entouré.e par les opportunités de destruction créative (ou de créativité destructrice) ! Alors, pourquoi attendre ?

Mon Individualisme, nihiliste et anarchiste, est l’incarnation de la destruction et de la créativité perpétuelles. La vie que je veux vivre est celle que je crée ici et maintenant. Par la destruction personnelle de tout ce qui me gouverne, ma liberté est de la créativité vécue. Ma vie est mon utopie, située ici et maintenant, définissant mon présent comme l’insubordination ludique qui rend L’Avenir inutile.

S’évanouir en devenant la lumière du désespoir, accélérer l’émancipation des entraves de la stagnation, créer une vie exaltante de rébellion hédoniste contre le conformisme social de l’autodestruction, l’insurrection sauvage est une célébration individualiste, la reprise d’une vie que la société dit que je ne peux pas avoir, chaque jour, contre l’obéissance étouffante à L’Avenir.

Flower Bomb

 

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Petit bulletin d’une mairie enflammée

Publié le 2019-10-31 01:00:04

“Métropole apaisée ou mairie enflammée ?

Ce dimanche 29 septembre 2019, à l’heure où les chats noirs sont de sortie, des briquets cagoulés, issus de la mouvancee anarcho-autonome selon une source sûre, se sont dirigés vers la mairie de Grenoble.
L’accès à la salle du conseil municipal dégagé, le combustible s’est accidentellement réparti sur des chaises. Celles-ci étaient, pour une raison inconnue, amassées en tas contre le mur en bois.
C’est alors que les briquets, armés de leurs courageuses étincelles, enflammèrent la salle dans une lumière assourdissante.
Ils firent le pacte de vider tout leur gaz dans l’immolation des institutions.

Actualisation du 30 septembre : Un texte en lien avec cet incendie est parvenu ce matin à la rédaction. En voici le contenu :

“ Partout on voit écrit qu’on vit dans une “métropole apaisée”. Que les bienfaits de la SmartCity vont révolutionner nos vies. Pourtant, c’est toujours la même grisaille, meme bien cachée derrière vos façades d’écoquartiers écolos ou colorée par votre Street Art Fest. Ce qui nous apaise, c’est de détruire. Du coup, on comptait proposer au budget participatif de la ville de Grenoble un projet pas tant innovant : la mise à feu de la démocratie. Bien trop onéreux pour être soumis au vote donc on s’est démerdé·e seul·e. Par contre, si on avait flambé la salle du conseil municipal plus tôt, on est sûr·e que les citoyennistes en auraient pu voter la restauration.”

Ces quelques lignes seraient-elles écrites de la main des délinquant·e·s ? Doivent-elles être considérées comme une revendication ? Si tel est le cas, tout laisse à croire que leur acte serait une attaque directe contre la politique participative actuelle, menée par Monsieur le maire Eric Piolle.”

 

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Accident ? Vous avez dit accident ? L’église Saint-Jacques anéantie grâce au caprice d’un court-circuit, c’est un accident ? Glisser dans un escalier, c’est un accident.
Par contre, un bâtiment public qui prend feu ? Un dimanche en plein milieu de la nuit ? Des traces de combustible et plusieurs foyers de départ ? Ça ne peut pas être un accident. Et nous qui pensions que les Experts Miami étaient imbattables !

Puisqu’on en parle : 2 “jeunes” en scooter qui “se prennent un mur” poursuivis par la BAC, des personnes qui “tombent” dans les eaux des mers et des fleuves, l’énumération serait tristement interminable. C’étaient des accidents peut-être ?
Les flics, politiques et médias usent de mots et d’expressions orientées dans le sens des privilégiés. Pour exemples, dans le cas des violences policières pour protéger leurs institutions, dans le cas des violences rascistes pour sauvegarder la domination blanche, dans le cas des violences genrées et féminicides pour perpétuer le patriarcat. Selon vous, la victime est responsoble de l’acte, à vous écouter et à vous lire, on pourrait croire qu’elle est en demande d’être blessée, agressée, violée, tuée. Et à côté, rien sur l’agresseur, le violeur, le tueur. Rien qui mette mal le patriarcat. Rien qui considère l’impact sur la personne victime. Tout qui discrédite sa parole, son vécu. Tout, à l’inverse, qui fasse passer les meufs pour des victimes, comme si c’était la seule issue de vie. Rien sur la responsabilité de l’agresseur. Rien sur la notion de consentement.

Vos mots et vos conclusions nous saignent quand on voit l’étendue de leur dégâts.

 

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Cette action directe est le reflet de notre rejet de la démocratie et du citoyennisme, quelqu’en soit l’échelle. Se faire représenter et ainsi ôter son propre pouvoir de réflexion, de décision et d’action est un choix que nous n’acceptons pas.

Dans une salle du conseil municipal sont prises des positions / décisions sous de faux consensus, les projets sont déjà validés et les concertations sont de pseudo-débats dirigés par les “élu·e·s”. Ce lieu représente les choix que nous ne pouvons pas faire, les orientations qui nous débectent, les personnes qui s’accaparent le pouvoir au détriment de ceux et celles qui crèvent enfermées en institutions, les lois arbitrairement dictées et imposées. Il n’y a pas de petit pouvoir lorsqu’il est subi, même quand il est caché derrière une démocratie de proximité-locale-représentative-participative (ou un fonctionnement horizontal). Toutes ces formes pour contrôler et briser les élans individuels et collectifs qui ne rentrent pas dans vos cases proprettes. Dans le fond, ne s’agit-il pas d’assoir le pouvoir des bien-pensant·e·s dans un système pourri ?

Nous avions aussi envie de parler d’actualités, des maires “victimes”. Cet été, un fait divers a défrayé la chronique. Il s’agit d’un maire d’un petit village tué pour une histoire de décharge “sauvage”. Nous ne ferons aucune analyse de l’acte. En revanche, l’après nous intéresse. Les médias de désinformation se sont débridés et les élu·e·s lâché·e·s : “Il est trop dur notre job”, “aucune reconnaissance”, telle la flicaille. Nous nous adressons à tou·te·s ces élu·e·s qui se sentent investi·e·s d’une mission salvatrice, tel·le·s des guides pour le bien de tou·te·s. Vous n’avez que notre mépris destructeur !

S’être attaqué·e·s à la mairie est donc fort de symbolisme pour nous. Détruire et montrer que nos choix et nos actes se passent hors de vos institutions nous a ennivré·e·s. Crâmer cet édifice, c’est remettre en question la place que nous prenons / pouvons (imaginer) prendre, c’est se rendre compte que les institutions n’existent que parce que nous ne les détruisons pas / n’imaginons même pas les détruire. Les structures du pouvoir ont beau avoir l’air inattaquables, elles ont des brêches. On a brûlé la mairie de Grenoble et on se souviendra du pouvoir qu’on a repris par cet acte de rébellion. Quitte à subir cette domination institutionnelle, autant s’en prendre à ses structures pour moins y succomber.

Jusqu’au jour, qui n’arrivera pas, où la morale, l’Etat et vos lois auront toutes crâmées.

En soutien à tou·te·s les rebelles qui attaquent ce monde.

Chili : Quelques infos sur la révolte en cours – Du 28 au 30 octobre 2019

Publié le 2019-11-01 19:01:05

[Quelques infos sur la révolte au Chili de ces derniers jours. Il est impossible d’en faire une liste exhaustive et certaines brèves ont déjà été évoquées dans le texte « Contre tout pouvoir« .]

Mercredi 30 octobre

En raison de la révolte généralisée qui embrase le pays en ce moment, le chef de l’État chilien Pinera a décidé d’annuler les deux sommets qui devaient se tenir sur le sol chilien d’ici la fin de l’année. Il s’agit des deux sommets de la Coopération Economique pour l’Asie-Pacifique (l’APEC) des 16 et 17 novembre et du climat de la COP25 (du 2 au 13 décembre), qui devaient se tenir à Santiago.

Au moins sept engins de l’industrie forestière ont été brûlés sur la commune de Lumaco, en région d’Araucanie, en territoire Mapuche. Selon les carabiniers et les ouvriers, un groupe d’une dizaine de personnes cagoulées a fait irruption sur la zone et a bouté le feu aux machines. Au total, sept engins de chantier et un camion de la ‘Forestal Mininco’, situés à Capitán Pastene, ont été détruits par les flammes. Un tract du groupe « Natchez Pelantaru », lié à la ‘Coordinadora Arauco Malleco’ (CAM) a été retrouvé sur place. D’autres véhicules de l’industrie forestière ont été incendiés dans la région mapuche d’Arauco quelques jours avant.

Dans la région de Atacama, huit routes ont été coupées dans la matinée par des manifestant.e.s, qui ont érigées des barricades de pneus enflammées: il s’agit de la Ruta 5 Norte, entre Caldera et Copiapó, mais aussi entre Copiapó et Vallenar. Les autres communes impactées dans leur trafic sont Diego de Almagro (ruta C-13), Tierra Amarilla (C-35), Huasco et Freirina (C-46). Les autres routes barricadées dans la commune de Copiapó sont les routes 31, 33, 391 et 397 qui servent d’accès secondaires et de liaisons avec les entreprises minières de la région.

Mardi 29 octobre

A Quilpué, dans la région de Valaparaiso, un incendie a détruit le bâtiment de la Municipalité. Le feu aurait été allumé par des jets de cocktail Molotov alors que des personnes s’affrontaient avec les carabiniers dans le secteur. Le lendemain, on apprend que deux personnes ont été identifiées et condamnées pour cet incendie: une personne majeure a été placée en détention provisoire et une autre, mineure, assignée à résidence.

A Santiago, des pillages et des affrontements on eu lieu ce mardi soir : cinq personnes ont été arrêtées pour le pillage du magasins de fringues ‘Tricot’ à Alameda. Au cours de la nuit, un magasin ‘Claro’ a été pillé puis incendié à Paseo Estado…

A Copiapó, si la manif du matin a été calme, celle de l’après-midi a été tout autre: des groupes d’encapuchadxs se sont mis à ériger des barricades, à affronter les carabiniers, à péter les vitrines de magasins à coups de pierres et à les piller. 70 personnes ont été arrêtées.

Lundi 28 octobre

A Santiago, outre l’incendie des stations de métro de Santa Lucía et Baquedano, de nombreux commerces ont été attaqués (pillés), comme le Fashion’s Park et le MacDonalds au niveau de ‘Santa Rosa’. Juste à côté, le centre médical ‘Integramédica’ a été incendié. Non loin, un restaurant de la chaîne ‘Piccola Italia’ a été pillé par des inconnus, le rez-de-chaussée complètement dévasté. Au même moment, les bureaux du Secrétariat régional du Ministère de la Santé (SEREMI de Salud) ont été livrés aux flammes. Après avoir forcé le rideau métallique, des individus cagoulés ont pillé et retourné les trois étages d’un centre commercial, qui ensuite a été livré aux flammes.

En outre, une manifestation a bloqué deux voies de circulation à hauteur du 34ème kilomètre sur autoroute 5 à hauteur de Buin, où des camions remplis de marchandises ont été pillés.

A Antofagasta, au nord du pays, un camion-trémie a déchargé son tas de gravats et de rochers au milieu de la route, coupant le trafic. Le conducteur de l’engin, interpellé par la police, a expliqué que des individus l’avaient forcé, sous la menace, à décharger son camion.
La mairesse Karen Rojo a déploré les actes de destruction et de violences commis par des groupes qui s’organisent pour déstabiliser les municipalités, les villes. »

A Concepcion, outre les saccages de magasins comme celui de ‘Abcdin’ ou de la chaîne ‘Johnson’, où mannequins, bicyclettes et appareils électro-ménagers ont fini dans le feu des barricades, la salle de répétition de l’orchestre de Concepcion est partie en fumée. Le bâtiment de la Compagnie Générale d’Electricité est lui aussi attaqué.

Non loin, à Coronel, des pillages ont été commis contre un centre commercial, ainsi qu’un hypermarché ‘Lider’, où les carabiniers ont très vite rappliqué pour mettre fin à cette action d’expropriation colllective. La journée s’est soldée par près de 80 arrestations.

A Valparaiso, après une marche massive qui a de nouveau tenté d’atteindre le siège du pouvoir législatif, les carabiniers ont gazé la foule dans le secteur de ‘Parque Italia’, au milieu de l’avenue ‘Pedro Montt’. Durant la nuit, des barricades ont été érigées à divers endroits de l’avenue Errázuriz. A cela se sont ajoutés plusieurs pillages dans les supermarchés de Los Andes et de La Calera. Il en a été de même pour les bureaux de l’Inspection du travail, où un des véhicules de l’État a été brûlé.

A Nogales, dans la région de Valparaiso, un camion sur l’autoroute bloquée est pillé juste avant la tombée de la nuit.

A Quillota, toujours dans la même région, 25 commerces de la ‘Feria Modelo del Parque Aconcagua’ ont été touchés par un incendie: 17 d’entre eux ont complètement brûlé. Un groupe de plus de 200 enragés s’est dispersé dans le centre-ville, coupant les rues par des barricades en feu, pillant des magasins comme celui de ABCDin ou encore en incendiant une succursale de la Banco Santander. Tandis que les routes (5 Nord et la route 60) étaient barricadées, un centre commercial ‘Open Plaza de la Calera’ a quant lui été pillé. Sur la Plaza de Armas, une agence bancaire de la ‘Scotiabank’ a été dévastée, avec un début d’incendie.

A Maule (province de Talca), 21 personnes ont été arrêtées, 17 blessées, 3 policiers et 2 pompiers blessés; 2 péages brûlés, des pillages, des tentatives d’incendie de banque et une attaque contre un bureau parlementaire, tel est le bilan de la journée de manifestation de lundi et en début de journée de mardi.

A Temuco, des barricades sont érigées en face de la Universidad de la Frontera (ci ci-contre). Pendant ce temps-là, la statue Pedro de Valdivia, conquistador espagnol au XVIème sc., est détruite par un groupe de manifestant.e.s.

A Arica, un mineur de 13 ans a reçu une balle dans la tête au cours des émeutes de la nuit de lundi à mardi 29 octobre. (par un commerçant excédé ou un carabinier…? les médias ne disent pas d’où elle est partie)

A Iquique, la journée de lundi s’est terminée par des barricades incendiées et des affrontements avec les carabiniers, ainsi que de nombreux pillages de magasins et de pharmacies. 52 personnes ont été arrêtées.

A Punta Arenas, en territoire Mapuche, la foule s’est donnée rendez-vous sur la Plaza Muñoz Gamero et a défilé à travers le centre-ville. La situation est devenue incontrôlable à partir de 20h après la dispersion. Un groupe de personnes masquées, pour la plupart jeunes, a convergé au carrefour de la rue Pedro Montt et Magallanes où il a allumé une barricade. Puis une autre barricade est montée au croisement des rues Chiloé et Errázuriz. Une agence de la Banco Santander et le Work Café ont leurs vitres et caméras brisées. Puis les carabiniers sont intervenus, dispersant les émeutiers à travers le centre-ville : la Caja de Compensación Los Héroes, ainsi qu’une agence de la banque Itau sont saccagées et le supermarché Unimarc pillé. Mais vers 22h, les destructions se sont intensifiées un peu partout dans la ville : feux et panneaux de signalisation défoncés, vitrines de commerces détruites à coups de pierres… Une dizaine de coupures de courant ont été recensées dans plusieurs quartiers de la ville (le centre et le quartier du Prat), faisant en sorte que les désordres se poursuivent bien après minuit…

Des scènes de désordre (barricades et affrontements, pillages, saccages, incendie) ont entre autres été enregistrées à Copiapó, Talca, Coquimbo, La Serena, Rancagua et Osorno.

Les commerces de la ‘Feria Modelo’ en flammes à Quillota

Santiago, bouche de métro en feu le 28 octobre

Santiago, bouche de métro le 28 octobre 2019

Valparaiso, le 28 octobre 2019

Pillage à Iquique, le 28 octobre

Incendie de la Municipalité, à Quilpué le 29 octobre

Route bloquée ce mercredi 30 octobre dans la région d’Atacama

Les banques se protègent à Talca, 29 octobre

Chili : Un autre texte de compagnon-ne-s sur la révolte d’octobre

Publié le 2019-11-01 19:01:09

Une révolte peut-elle être capturée dans toute sa magnitude au travers d’un simple article sur ce site? Est-il possible ne serait-ce que de faire comprendre tout ce qui s’est passé depuis une semaine sur le territoire dominé par l’État Chilien? Peut-on calculer ou énumérer les innombrables incendies, caillassages, pillages, destructions de l’infrastructure de l’État, du capital et de l’autorité?

Pourrions-nous décrire en quelques mots la quantité d’affrontements, d’embuscades, d’attaques contre les forces répressives, des militaires, aux flics et autres agents de la PDI ?

Nous pensons sincèrement que c’est impossible, mais cherchant à rendre compte et à diffuser, nous avons publié un bref récit des événements.

Après la hausse du tarif du métro, le secteur le plus insurgé des élèves du secondaire a décidé de désobéir au nouveau noeud mis au cou de celles et ceux qui survivent à Santiago, c’est de cette manière qu’ont commencé à s’organiser des fraudes massives dans différentes stations de métro. Ces beaux gestes de révolte n’étaient pas seulement individuels ou sectoriels, mais cherchaient aussi à étendre les complicités en ouvrant la porte à ce que quiconque puisse frauder.

Comme on pouvait s’y attendre, la répression s’est abattue avec brutalité, en même temps que les fraudes massives commençaient à se multiplier et à dépasser le protagonisme intial des compagnon-ne-s du secondaire.

L’État a décidé de réprimer la moindre de ces expressions, allant jusqu’à se ramasser dans son objectif de mantenir le fonctionnement normal du métro. De nombreuses stations ont été fermées par la répression ou la surveillance des flics à l’intérieur des métros, provoquant des affrontements à tout moment.

C’est le vendredi 18 octobre que de bonne heure les affrontements ont commencé à se produire dans toutes les avenues principales de Santiago et surtout aux alentours des métros. Et le soir venu, nous nous trouvions dans un contexte de révolte généralisée, diverses structures du capital étaient spontanément attaquées par les révolté-e-s dont le nombre avait augmenté. Tout ce qui nous opprime, où que ce soit, s’est transformé en cible.

La ville entière a brûlé, la révolte est devenue reproductible et contagieuse. Des centaines de banques cramées, des institutions financières, des bureaux gouvernementaux, des bâtiments entiers destinés au saccage de l’environnement sont partis en flammes, plusieurs stations de métro ont été attaquées et quelques-unes complètement incendiées.

La police était débordée et au cours de la nuit du 18 au 19 octobre, le gouvernement a décrété l’État d’Urgence, remettant à l’Armée la tâche de contrôler la révolte. Mais le 19 et le 20, les émeutes sont restées incontrôlables, détruisant tout ce qui a l’odeur du capital et de l’État, la révolte se répandant cette fois au niveau national, alors que ce n’était déjà guère ou plus du tout l’augmentation du tarif du métro qui importait, mais les conditions de vie misérables sous le capitalisme.

À partir de là, le gouvernement et le général Iturriaga (en charge de la zone métropolitaine [de Santiago]) ont décrété le Couvre-feu et l’interdiction pour l’ensemble de la population de circuler dans les rues pendant certaines heures. Le couvre-feu a été enfreint dès le début et jusqu’aux derniers jours (27 octobre) où il a été appliqué.

La répression a généré un nombre incalculable de personnes blessées, arrêtées, torturées, agressées sexuellement et disparues. Nous n’avons confiance ni dans les chiffres du gouvernement, ni dans ceux des Instituts de Droits Humains, nous savons qu’il y en a beaucoup plus ….

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas parler de la fin de la révolte, même si celle-ci a pris davantage une tournure de protestation généralisée après les trois premières journées de soulèvement. Nous ne savons pas comment tout cela va continuer, mais nous savons que ce n’est pas terminé, nous avons pu le voir ces derniers jours avec d’énormes manifestations dans le centre dévasté de la capitale, avec de longs affrontements contre les forces répressives (Militaires, carabiniers ou agents de la PDI).

De Noticias de la Guerra Social, nous reconnaissons que personne ne peut s’attribuer les révoltes généralisées, tout simplement parce qu’elles appartiennent à toutes celles et ceux qui ont été dans la rue. À partir de maintenant, nous continuerons à oeuvrer à la diffusion de celles et ceux qui défient et attaquent l’autorité.

La révolte est reproductible et contagieuse!

[Traduction d’un texte de Noticias de la Guerra Social publié le 28.10.2019, reçue par mail]

Revendication d’une attaque incendiaire contre un constructeur de prison pour migrant.es

Publié le 2019-11-01 19:01:18
Oct 312019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

En acceptant le contrat d’entrepreneur général pour le nouveau centre de detention pour migrant.es de Laval, Tisseur Inc. ont commis une grave erreur. Le soir du 26 octobre nous avons décidé d’offrir notre contribution à la lutte contre le système frontalier et carcéral sous toutes ses formes. Nous avons mis le feu à une camionnette sur les berges du canal Lachine où se trouve un autre projet de Tisseur. Nous n’avons pas fini.

– des anarchistes

Nice (Alpes-Maritimes) : Triple évasion du centre de rétention – 1er octobre 2019

Publié le 2019-11-01 22:00:06

En lisant la presse ce mardi 29 octobre, on apprend que trois sans-papiers se sont évadés du centre de rétention de Nice le 1er octobre dernier.

Ils ont réussi à prendre la poudre d’escampette en subtilisant les clefs aux flics en charge de l’enfermement des sans-papiers dans la caserne Auvare, qui fait office de CRA.

Deux d’entre eux courent toujours !

Malheureusement, l’un d’entre eux, Tunisien de 22 ans, a été rattrapé par les flics mais on ignore à quel moment. Il passait en procès ce lundi 28 octobre pour « vol et réunion » et « soustraction à l’exécution d’une obligation de quitter le territoire français ». Il a pris 6 mois de prison ferme.

Courage pour le condamné et bonne cavale aux deux autres !
Feu aux centres de rétention !

 

[Reformulé de la presse, 29.10.2019]

 

C'est pas les cibles qui manquent...

Publié le 2019-11-01 22:00:12

Parce que c’est pas toujours facile de trouver des façons d’exprimer sa solidarité.
Parce que ya mille trucs qu’on aimerait faire mais qu’il y a toujours trop peu de temps, de moyens ou de complices...

En attendant, à peu mais pleines de rages, on a pourri le consulat du Chili à Marseille, c’est pas énorme mais c’est déjà ça . Ça nous a fait du bien, on sait que ça fera un chouette clin d’œil aux potes de là bas et on espère que ça filera l’envie à d’autres de faire des trucs du genre.

Nos colères ne connaissent aucune frontière : Haîti, Equateur, Chine, Bolivie, Rojava, Algérie, Chili, Liban... ça pète de partout et nous on se dit que les cibles sont nombreuses et qu’il suffit de savoir où regarder...

Ici comme là bas, que crèvent les keufs, les états et leurs armées !

Abrazo desde Francia weones !

France : Répandre le désordre contre leur société de mort – 1er novembre 2019 [Actualisation 02.11.2019]

Publié le 2019-11-01 22:00:24

La nuit du 31 octobre au 1er novembre a été chaude dans plusieurs départements de l’Hexagone. Quand certains décident de faire la fête à cette société de mort et à ceux qui la défendent…

A Béziers, dans l’Hérault, deux lieux de la domestication et du dressage social ont été incendiés: dans le quartier de la Devèze, l’école primaire des Tamaris a été ravagée par les flammes. Elle sera détruite pour être entièrement reconstruite; pour l’instant, il n’y aura pas école pour les 300 élèves à la rentrée et les autorités ne savent pas encore où les placer. « Un incendie a été allumé dans une des deux salles de classe de maternelle abritées dans cette école primaire. Le feu s’est propagé à l’ensemble du bâtiment. Rien n’a été épargné malgré l’intervention de plus de quarante pompiers du Biterrois. Ce vendredi matin, les décombres du bâtiment fumaient encore. », nous dit Le Midi Libre (01.10.2019)
Le collège Krafft situé juste à côté a lui aussi été incendié: ce sont notamment les salles des sections Segpa qui ont été endommagés par les flammes.
Enfin, cinq voitures et deux scooters ont été livrés aux flammes en fin de nuit.

Dans les Yvelines, il y a eu des désordres dans cinq communes : Mantes-la-Jolie, les Mureaux, Chanteloup-les-Vignes, Carrières-sous-Poissy, Trappes. Au total, il y a eu six feux de véhicules, 25 poubelles incendiées, 18 faits différents de jets de projectiles sur des policiers, dont des tirs de mortier. 8 personnes ont été interpellées dans tout le département.

En Seine-Saint-Denis, il y a eu 9 véhicules et 13 poubelles incendiés, 9 jets de projectiles sur des policiers, pour lesquels sept personnes ont été arrêtées. Le commissariat de la Courneuve a été attaqué aux mortiers, sans que personne ne soit interpellé. Deux engins ont atterri à l’intérieur du bâtiment, par les fenêtres restées ouvertes, selon France Bleu Paris.

À Colombes, dans les Hauts-de-Seine, des jeunes porteurs de masques d’Halloween ont caillassé et brûlé plusieurs véhicules. Les policiers ont été la cible de tirs de mortier, ils ont répliqué au flash-ball. Sur le reste du département, il y a eu quelques feux de poubelles en début de nuit.

A Eragny, dans le Val-d’Oise, plusieurs vitrines de commerces de la place de la Challe ont volé en éclats aux alentours de 21h45: Le bar-tabac, le salon de coiffure, ainsi que la maison de quartier ont été pris pour cible, plusieurs vitres ayant été brisées. Le maire LR Thibault Humbert en est sûr: « Tout était prémédité. Une dizaine d’extincteurs ont d’abord été vidés sur la place de la Challe pour créer un écran de fumée et masquer les caméras qui sont installées. Cela a duré ensuite deux minutes pendant lesquelles les vitrines ont été alors brisées. Ce n’était pas préparé par des gamins de 12 ans ! ». Il poursuit: « Je pense que c’est une opération de représailles parce que nous venons d’installer trois nouvelles caméras sur la place, qu’un rodéo à moto a été stoppé. On a fait aussi, avec la police nationale, plusieurs saisies de stupéfiants ces derniers temps […] » Du côté des Dix-Arpents, plusieurs poubelles ont été brûlées. 5 personnes ont été interpellées pour ces feux.

À Goussainville, des groupes de jeunes se sont affrontés avec la police et leur ont jeté des projectiles.

L’école des Marroniers, à Fontaine-sur-Saône (Rhône), a en partie été détruite par les flammes dans la soirée du 31 octobre 2019. Vers 22h, les flammes ont endommagé des murs, plafonds, et mobiliers scolaires pour la faire fermer en début de semaine. Dans un communiqué, la mairie indique que l’école élémentaire sera fermée « par principe de précaution », de lundi à mercredi inclus.
Cette école primaire publique accueille 274 élèves en maternelle et en classes élémentaires. (France3 Rhône-Alpes, 02.11.2019)

A Toulouse et ses alentours (Cornebarrieu, mais aussi dans le Lauragais, le Muretin (à Saint-Clar-de-Rivière) et le Volvestre ( Carbonne, Saint-Sulpice-sur-Lèze), les pompiers ont recensé 22 feux de poubelles et 7 incendies de véhicules, selon France Bleu Toulouse.
Dans le Tarn, des poubelles et des véhicules ont été incendiés à Gaillac, Castres et Albi.

À Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, deux voitures et un camping-car ont été incendiés. Un camion de pompier en intervention sur un des deux feux a été caillassé. À Orthez, vers 6h10, les pompiers sont intervenus pour un véhicule en feu contre la porte du théâtre Francis Planté.

En Savoie, il y a eu 22 feux de poubelles et de containers, essentiellement sur l’agglomération de Chambéry. Un camping-car et une voiture ont été incendiés à Saint-Rémy-de-Maurienne.

L’école de Fontaines-sur-Saône

L’école des Tamaris, à Béziers

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Le bar-tabac de la place de la Challe à Eragny (Val-d’Oise)