Le 23 octobre est tombé le verdict de l’audience du 19 octobre du tribunal d’application des peines de Rome : l’instance de levée anticipée de la mesure de détention en régime 41-bis, pour le compagnon anarchiste Alfredo Cospito, a été rejetée.
Nous rappelons que le compagnon se trouve actuellement enfermé dans la prison de Bancali, à Sassari (l’adresse : Alfredo Cospito, Casa Circondariale « G. Bacchiddu », Strada provinciale 56, n.c. 4, Località Bancali, 07100 – Sassari, Italie).
En cette occasion, malgré le fait que certaines services de l’anti-terrorisme (notamment la Direction nationale anti-mafia et antiterrorisme et la Direction centrale de la police de prévention [le service anti-terrorisme de la police italienne ; NdAtt.] aient exprimé des avis favorables à la levée de la mesure de détention en 41-bis, ce qui a primé est la volonté politique de garder notre compagnon en ce régime de détention.
Ces derniers jours, les avis de ces services ont fait l’objet d’une certaine attention de la part des médias en langue italienne. En janvier, l’anti-terrorisme avait donné une première fois son avis, à l’occasion d’une autre instance de levée anticipée [normalement, la mesure de détention en régime 41-bis est validé de quatre ans en quatre ans ; NdAtt.], qui à l’époque avait été envoyée au ministre de la Justice Nordio (en plus de la DNAA, à l’époque il y avait eu aussi l’avis du commandement du ROS [Raggruppamento Operativo Speciale, « Groupe opérationnel spécial » des Carabinieri, qui s’occupe de criminalité organisée et de terrorisme ; NdAtt.]). Si, il y a quelques mois, pendant la grève de la faim illimitée, ces avis favorables à la levée du 41-bis, provoqués par le mouvement de solidarité internationale, ont montré les dynamiques contradictoires qui existent au sein des institutions et de l’appareil répressif, aujourd’hui elles expriment encore une fois le fait que la mobilisation a rendu manifestes et elle a consolidé des contradictions internes à l’organisme étatique. Celle-ci est la voie à suivre, en rendant le coût politique de ces contradictions toujours plus élevé.
Tout en rejetant les sales calomnies des tribunaux, sur le fait que les anarchistes pourraient avoir des « chefs » ou recevoir des ordres, nous ne nous cachons pas que, sur le dos du compagnon, il se joue une mise en garde, une tentative de dissuasion, à l’encontre de nous tous. Nous devons, aujourd’hui comme hier, retourner à l’envoyer avec la plus grande fermeté cet avertissement. Les anarchistes n’ont pas besoin d’être instigués ni orientés par aucun leader emprisonné : vous, les juges, le faites très bien.
Solidarité révolutionnaire avec Alfredo Cospito et avec tous les anarchistes et les révolutionnaires emprisonnés. Transformons la guerre des patrons en guerre contre les patrons.
Creuse : une borne de recharge électrique vandalisée à coups de masse
France Bleu/France3, 23 octobre 2023
Elle devait être mise en service pendant ces vacances de la Toussaint. Mais écran central explosé, carcasse détruite, elle ne rechargera jamais aucun véhicule. La borne de recharge électrique installée sur le parking du camping de Faux-la-Montagne mi-septembre a été détruite à coups de masse. Et ce n’est pas la première fois qu’un tel acte de vandalisme se produit dans le village.
Désireuse d’avoir un tel équipement, la commune de Faux-la-Montagne s’était rapprochée du SDEC (syndicat départemental des énergies de la Creuse) il y a deux ans. Ce partenariat a abouti à l’installation d’une borne de recharge en début d’année place du marché. Une première borne aussitôt installée (en mars), aussitôt détruite.
A la demande de la municipalité, et sous condition qu’il n’y ait pas d’opposition de la part de la population, le SDEC a accepté d’en installer une autre, cette fois-ci sur le parking du camping. Les travaux ont débuté mi-septembre, la mise sous tension a été opérée il y a quelques jours. Et l’équipement tout neuf a donc été entièrement détruit. Sans revendication aucune, tout comme au printemps dernier. Francis Hoezelle, adjoint au maire de la commune, précise désemparé qu’en l’absence de cette dernière, il impossible de savoir qui est à l’origine de cette dégradation.
Le préjudice lié à la destruction de ces deux bornes est estimé à 18 000 € pour le syndicat. En remplacement, une nouvelle installation pour recharger les voitures électriques devait être mise en service début novembre. Elle ne verra finalement pas le jour, car la commune explique ne pas pouvoir protéger 24 heures sur 24 l’installation contre une nouvelle attaque.
Dans la nuit du 19 octobre, nous avons placé plusieurs engins incendiaires près des faisceaux de câbles qui courent à découvert aux pieds de la tour hertzienne, sur la Herzbergstraße, à Berlin-Lichtenberg. Nous avons tagué le but de notre agissement sur une remorque qui se trouvait sur place : Switch-Off.
Par l’attaque contre les structures qui maintiennent ce monde de cauchemar technologique, s’ouvrent des possibilités de laisser libre cours à l’instinct de rébellion. Ce ne sont pas tant les analyses et les théories, et encore moins les idéologies, qui nous font bouger, mais plutôt les désirs et les aspirations, entre autres pour quelque chose que mêmes nous, les anarchistes, omettons de dire ou minimisons, par crainte de paraître pathétiques. On parle de la liberté. De notre liberté individuelle et de celle de nos semblables, avec qui nous voulons vivre. Si quelque chose nous empêche de faire l’expérience de la liberté, de nos jours, ce ne sont pas seulement les conditions matérielles, les frontières ou l’ingérence étrangère, mais aussi la vaste numérisation de la vie, au profit de la technologie, qui déclenchent des guerres sanglantes pour les ressources et les prétentions au pouvoir, alors qu’elle paralyse les gens devant des écrans. Tout cela sert au maintient de la domination et de l’ordre social, qui ont pas mal de bénéficiaires. Mais nous avons trouvé son talon d’Achille dans cette même technologie, qui doit nous asservir et qui, jusqu’à présent, est l’instrument le plus important des dominants, et nous l’attaquons de façon ciblée.
Des nombreuses critiques de la technologie peuvent avoir un air très sérieux et technique. Il s’agit souvent d’analyses qui veulent faire comprendre les rapports, les liens de dépendance et la « nuisance » de certaines technologies, de façon à provoquer une attitude critique vis-à-vis de ces technologies. On voudrait inciter, de manière « objective » et « factuelle », d’autres personnes à réfléchir à leurs habitudes de consommation, à leur position dans la société, à leurs privilèges et à leur propre aisance, qui se fonde sur l’exploitation d’autres personne et des ressources. Cela n’est certes pas faux, mais ce type de critique se focalise uniquement sur la raison humaine, dont l’absence est reprochée à des nombreux.ses fétichistes de la technologie. Si elle pensait de manière « logique » et « rationnelle », indépendamment de la doctrine technologique, une personne empathique devrait, en revanche, arriver à la conclusion que notre société ne peut plus continuer à exister ainsi. Mais pourtant ce qui arrive c’est le contraire.
À quel projet révolutionnaire cela apporte-t-il quelque chose, qu’une personne isolée réfléchisse à son comportement, qu’elle en parle fièrement, mais ne se départe pas de sa passivité ? Qu’aucune conséquence pratique ne suive les analyses et les pensées ? Une perspective en quête d’une révolution sociale ne peut pas commencer et s’arrêter à la seule « objectivité ».
Ben entendu, les critiques peuvent aiguiser le raisonnement, porter à une prise de conscience et la favoriser, mais s’il ne s’agit que de reconnaître les « nuisances » du moment, cela reste un discours moral limité, qui fait la distinction entre des causes et des comportements qui sont bons ou mauvais. Une critique de ce type est beaucoup de choses, mais elle n’est pas révolutionnaire et elle n’incite le moins du monde à agir de manière subversive. On peut donc se demander si une critique si limitée peut inciter l’individu à changer sa situation et celle des autres. Le changement est pourtant le facteur décisif, qui devient nécessaire, même si nous regardons la réalité seulement par fragments. Une violence insensée, des guerres absurdes, l’empoisonnement de l’environnement, la violence envers d’autres personnes. Pour comprendre cela, personne n’a besoin de ruminer des années sur des livres, ni même d’étudier.
Qu’est-ce qui nous pousse donc à agir ? Si c’était un quelconque théorie « objective » ou « raisonnable », probablement nous vivrions dans une autre monde déjà depuis longtemps. Ceux qui nous dominent profitent de l’absence de convictions individuelles fortes, qui, pour ceux qui y croient encore, pourrait bien générer une conscience de classe. C’est justement la passivité de l’individu qui permet à la domination de conserver son pouvoir. Les exploité.es n’ont jamais été autant impliqué.es dans leur propre oppression comme maintenant, par le biais de la séduction numérique. Mais une autre partie de l’histoire est que depuis que l’être humain fait l’expérience de l’oppression, le besoin de s’y opposer se fait sentir instinctivement. Personne n’a besoin d’une théorie sophistiquée pour éprouver la douleur et la rage que l’on endure face aux agressions et aux humiliations.
Du coup, si l’« objectivité » et les « faits » ne mènent à rien, ou à trop peu, on fait quoi ? Si nous agissons fondamentalement de manière instinctive, les analyses et les théories nous aident assez peu. Les états d’âme forts le font. En cela, la peur joue aussi un rôle important. Du point de vue des dirigeants, il s’agit un processus fonctionnel et complexe pour asservir les gens, par le biais d’une situation de menace, concrète ou artificiellement crée. La technologie, comme elle est employée, vise précisément à rendre l’être humain dépendant, en lui promettant de le libérer de ses peurs et de ses « problèmes ». Qui est dépendant, peut être contrôlé. Mais les instincts, peuvent-ils être contrôlés ? Peut-être qu’ils sont le seul aspect de l’humain qui nous donne la possibilité de nous rebeller pour être libres. Ce sont donc les sensations, les sentiments, aussi les peurs, la rage et l’amour, qui nous font bouger, au sens propre du terme, et cela ne doit pas être sous-estimé. C’est le cri silencieux pour la liberté, qui surgit parfois en nous, mais qui trop souvent est étouffé par la raison.
Pour le sabotage, pour le caractère sauvage, exubérant, des sentiments et des actions qui en découlent !
Fiery Demo at Aplicación High School in Solidarity with Zukato, Monica and Francisco
Monday, August 7, posters were pasted barricades were raised, and molotovs were thrown at the Carabineros (COP) in solidarity with Zukato, Monica and Francisco.
The posters red: “Because there’s no space for doubts nor repentence in our heart. Each direct action evokes the presence of all of our dead, mutilated, and imprisoned. The struggle is our best homage.” and “Are you with the powerful or with those who rebel? Faced with the case against the comrades, let’s grow solidarity with Monica and Francisco”.
Claim for Incendiary Attack on Cordillera Slaughterhouse and Refridgerator of DINACAR Holding
Received by email 10/01/23. Second email with photo and note received 10/02/23.
*NOTE: INCENDIARY ATTACK AGAINST SLAUGHTERHOUSE IN PUENTE ALTO IS COVERED UP BY PROSECUTORS, POLICE, FIREFIGHTERS AND PRESS. NUMEROUS FIRETRUCKS OF VARIOUS COMPANIES WORK ON SIGHT BUT THE FIRE CAUGHT EFFECTIVELY. BREAK POWER’S INFORMATION ENCLOSURE!!!
Claim for Incendiary Attack on Cordillera Slaughterhouse and Refridgerator of DINACAR Holding. Puento Alto, Chile.
On the night of September 30, we successfully attacked the Cordillera slaughterhouse and refridgerator, burning part of its infrastructure and logistics with the goal of causing the most damage possible while being cautious and certain that there were no live animals inside. With this attack we aim to sabotage the transport of the cordillera slaughterhouse and refridgeration, “producer” supply line for butchers, both of which belong to the holding DINACAR, which also raises pigs (Porky/Viña Vieja Farm) and cows (“Viento Sur” chain of farms), completing the chain of the death industry from start to finish.
This is not only an antispecesist action, but also a direct attack on the power relations present in projects like this, where the precarity of the territories where it is located is clear to see, creating odor contamination, degrading the quality of life in the encironment; extractivism, present in the use of the waters of the maipo [mountains] and its former deviating of treated water; and the capitalist logics which commodify and steal life, exploiting anything that might generate profits.
We aren’t heroes, nor are we enlightened, we are antagonists of all forms of domination, embracing the offensive as a concrete practice that materializes our anarchic desires to live without cages or domination for anyone. Antispecesism requires the offensive, leaving behind endless victimism and its inaction!
We continue consolidating and expanding the conflict for the land, both urban and rural, through direct action.
Greetings to the territories in resistance against progress and capital, and to those who materialize animal liberation with fire and/or the rising up of spaces of antispecesist solidarity known as sanctuaries.
Fire to specesist traditions and culture!!
Through this action we embrace comrades Monica and Francisco, prisoners of the susaron and gendarmerie cases.
Anarchist, subversive and mapuche prisoners: Freedom!!
End the military court sentences!!
In memory of Emilia Bau and all the comrades who have died in the struggle for the liberation of animals and the earth.
Free Maipo.
For anarchy, for the earth, for our lives!
Insurrectionary Cell for the Maipo – New Subversion
Un véhicule de gendarmerie volé et incendié à Angers
Ouest France, 22 octobre 2023
Un véhicule de la gendarmerie, un Peugeot 3008, a été retrouvé brûlé en début de matinée dimanche 22 octobre, chemin de la Chatte à Angers. Le procureur de la République d’Angers, Éric Bouillard, indique que la voiture a été volée dans la nuit, comme neuf autres véhicules , dans une concession de l’agglomération angevine. Le véhicule de gendarmerie se trouvait dans ce garage pour y être réparé.
Selon le procureur, les auteurs du vol partaient en direction de Nantes. Quand ils ont compris qu’un véhicule des forces de l’ordre se trouvait dans le lot qu’ils venaient de voler, ils ont décidé de s’en débarrasser en le brûlant. Une enquête a été ouverte et confiée à la police nationale.
Manifestation contre l’autoroute A69 : pourquoi les entreprises vandalisées n’ont pas été choisies au hasard
La Dépêche, 21 octobre 2023
Si la manifestation contre l’autoroute A69 Castres-Toulouse s’est globalement déroulée dans le calme, ce samedi 21 octobre, plusieurs incidents notables sont survenus en marge du cortège officiel. Deux entreprises ont notamment été prises pour cible: une cimenterie et un promoteur immobilier, filiale d’une entreprise locale de travaux publics.
Alors que le cortège officiel s’élançait, plusieurs centaines de manifestants ont emprunté un autre itinéraire que celui validé par la Préfecture. En traversant la réserve naturelle régionale, au départ de la Crémade, ils ont débouché sur la RN126, au niveau de Cambounet-le-Sor, commune où sont implantées plusieurs entreprises.
Là, les manifestants sont parvenus à investir deux sites, distants de 900 m environ l’un de l’autre: la cimenterie Carayon et le promoteur immobilier Bardou Promotion. Dans la première, un incendie s’est déclaré, occasionnant des dégâts sur un algéco, trois véhicules toupies et un engin de travaux publics. Dans la seconde, le bâtiment a été dégradé [baies vitrées à coups de pierres] et les clôtures arrachées. Les manifestants se sont ensuite immédiatement repliés vers le campement.
Tant l’itinéraire emprunté que le mode opératoire laissent penser à un raid, sciemment planifié. En outre, les deux entreprises sont toutes deux engagées dans le chantier de l’autoroute A69, en tant que sous-traitants d’Atosca. Elles étaient d’ailleurs récemment prises en exemple par le concessionnaire: « Aujourd’hui, tous corps de métiers confondus, une quarantaine d’entreprises travaillent pour l’A69, représentant plus de 700 personnes. Parmi ces entreprises, plus d’une vingtaine sont des entreprises locales (Bardou, Cazal, Chausson-Carayon, GPT Gannac…)« , expliquait Atosca dans son communiqué du 17 octobre.
Fondée en 1938 à Viane, la cimenterie Carayon compte plusieurs centrales à béton, implantées principalement dans le Tarn. Elle exploite des carrières et fournit du béton prêt à l’emploi ainsi que des blocs de béton. Bardou Promotion est pour sa part une émanation de la société Bardou Travaux publics, PME familiale de 25 salariés qui réalise des travaux d’aménagement, de réseaux, des lotissements et des démolitions.
Manifestation contre l’A69 : des fanfares, un incendie et les débuts d’une ZAD
Le Parisien, 21 octobre 2023
Tôt le matin, sur la N 126 entre Toulouse (Haute-Garonne) et Castres (Tarn), alors que les engins de chantier ensommeillés et les terrains terrassés racontent les travaux en cours, les forces de l’ordre sont déjà largement mobilisées. Ce samedi 21 octobre, ils contrôlent tous les véhicules qui convergent vers Saïx, au lieu-dit La Crémade, dans le Tarn.
C’est le point de départ du rassemblement « Ramdam sur le Macadam » qui doit mobiliser tout le week-end des opposants au projet d’autoroute A 69. Ce ruban de bitume d’une cinquantaine de kilomètres est soutenu par des élus locaux pour désenclaver le territoire et dénoncé par des associations environnementalistes.
Les services de l’État, qui craignaient que 300 éléments violents soient présents, ont renforcé le dispositif de sécurité. Pourtant, sur le lieu de la manifestation, l’ambiance est plutôt festive dans la matinée. Avec ce nouvel événement, six mois après le rassemblement « Sortie de route », La Voie est libre, la Confédération paysanne, les Soulèvements de la Terre, le Groupement national de surveillance des arbres et Extinction Rebellion continuent à faire front commun contre ce projet qu’ils jugent « destructeur ».
« Cela se fait sur des terres moissonnées il y a quelques mois, des terres qu’on ne pourra plus jamais cultiver, car cela est irréversible. La souveraineté alimentaire devrait être une priorité », assure Laurence Marandola, de la Confédération paysanne.
Ils ont été rejoints, entre autres, par des scientifiques comme Irénée Frérot, du CNRS, l’économiste Geneviève Azam, du mouvement Attac, ou la militante écologiste Camille Étienne « C’est le symbole de ce à quoi il faut renoncer. C’est un renoncement qui nous sauve. Ça devient criminel de les laisser continuer, d’autant que ce projet est antidémocratique », assure-t-elle.
Au total, ils étaient plus de 9 500 personnes selon les organisateurs, 4 900 — 2 400 manifestants dans le cortège principal et 2 500 individus violents — selon la préfecture, prêts à partir pour une marche de plusieurs kilomètres. Sous un beau soleil, les manifestants se sont dispersés en six cortèges sur des parcours différents. Derrière des drapeaux bleus et les tracteurs de la Confédération paysanne, un long convoi s’est élancé en direction de Castres au son des batucadas, fanfare brésilienne, et des slogans comme « Plus d’hirondelles, moins de vautours », « Pas de plaisir avec ce 69 ».
D’autres groupes plus restreints étant partis dans des directions opposées, la préfecture du Tarn a déploré « que les organisateurs n’aient pas entièrement respecté leurs engagements en matière de parcours », un seul cortège ayant suivi le tracé convenu. Quelques minutes plus tard, les services de l’État annonçaient que deux policiers avaient été blessés par des manifestants. Au cours de la journée cinq personnes ont été interpellées.
Le convoi « violet » transportait lui une drôle de charpente. Même si son utilisation reste à déterminer, elle a été installée sur une propriété expropriée au lieu-dit La Crémade. Avec cette structure en fer, recouverte de panneaux de bois, les manifestants ont lancé la « Cremzad », une ZAD appelée à durer.
Peu avant 15 heures, un feu s’est déclaré sur le site de la cimenterie Carayon sur la commune de Soual. Des parpaings, déposés devant l’entrée, ont retardé l’intervention des pompiers. Des bâtiments comme des camions toupies ont été incendiés. «Des cortèges étaient effectivement prévus avec différentes actions et différents parcours et objectifs. Un groupe a décidé d’aller désarmer une cimenterie d’une entreprise qui sera prestataire du chantier de l’A69 », assument les organisateurs.
Peu de temps après, à 500 mètres de là, c’est le site de la société Bardou Promotion qui était investi par un groupe d’individus. Joël Bardou, patron de la société fondée par son père en 1965, ne peut que constater les dégâts. « Ils ont défoncé les clôtures et cassé des vitrines. Heureusement qu’on avait deux vigiles très efficaces sinon tout aurait pris feu », nous répond-il, inquiet de ce qui peut se passer par la suite : «On travaille pour NGE, donc forcément, ça ne leur plaît pas. » Le groupe de travaux public NGE, au capital du concessionnaire, est aussi celui qui doit réaliser les travaux de la future autoroute.
Une des manières du Pouvoir de gérer certains pans de la conflictualité sociale, et en particulier les attaques contre lesdites « infrastructures critiques », est en général de les passer sous silence afin de ne pas donner de mauvais exemples, mais aussi d’en minimiser la portée lorsqu’elles ne peuvent être tues, ou encore tout simplement de les recouvrir du voile pudique de la « panne » et de l’« accident » quand certaines conséquences se font trop visibles.
En ce qui concerne les destructions volontaires d’antennes de téléphonie mobile dans l’Hexagone, on a ainsi vu dans un premier temps une invisibilisation de ces vagues d’attaques, puis, lorsqu’il n’était plus possible de taire ces nombreux sabotages, se développer un discours alarmiste sur leurs conséquences qui ne toucheraient pas la domination mais avant tout la population « la plus fragile », avant que l’arrivée programmée de la 5G ne soit utilisée pour tenter de décrédibiliser l’ensemble des saboteureuses en les faisant passer pour « des illuminés » et des « complotistes »… alors même que la plupart des antennes prises pour cibles n’étaient pas encore équipées de cette dernière technologie. Enfin, après cette ultime phase en forme de gigantesque contre-feu, la plus grande partie de ces attaques est à nouveau retournée sous la chape de silence des habituels porte-parole de préfecture.
Le 12 octobre dernier, quelle n’a donc pas été notre surprise lorsque la très officielle Fédération française des Télécoms (FFT), lobby regroupant SFR, Bouygues Telecom, Orange et autres sociétés (mais pas Free), a choisi de publier une discrète actualisation sur les récents sabotages d’antennes-relais.
Certes, en 2023, la Fédération des télécoms n’allait pas aborder tambour battant la question de ces destructions comme elle avait pu le faire dans l’immédiat après-Confinement, et c’est donc plus modestement, au détour de quelques paragraphes d’un rapport intitulé « 2018-2023 : Point d’étape du New Deal Mobile », qu’elle a choisi de s’y coller. Cinq ans après le lancement du grand plan étatique visant à « accélérer la couverture mobile des territoires » (en bouchant les zones blanches rurales, en couvrant les 55 000 kilomètres d’axes routiers prioritaires et les 23 000 kilomètres de réseaux ferrés régionaux, en basculant toutes les antennes de « centre-bourg » au minimum en 4G), la FFT n’a bien entendu pas manqué de s’auto-congratuler à propos des 2500 nouveaux pylônes inaugurés.
Cependant, comme l’appétit vient en mangeant, le groupement des opérateurs de téléphonie mobile a également listé dans son rapport d’étape plusieurs malencontreux obstacles qui freinent encore le déroulement du plan initial des « 5000 zones » rurales à couvrir en 4G d’ici 2027. A ce titre, elle demande par exemple une modification des lois sur l’environnement (sites Natura 2000, Parcs naturels régionaux, espaces boisés classés, communes en Loi Littoral) qui l’empêchent de déployer ses pylônes comme bon lui semble. Elle souhaite aussi accentuer la pression sur Enedis en lui appliquant le régime d’indemnisation des retards lorsque la compagnie d’électricité met trop de temps à finaliser les raccordements aux nouvelles antennes (construction de postes de transformation et tirage des lignes de câbles). Et elle demande instamment à l’Etat de durcir « la sanction pénale contre les actes de sabotage et de dégradation des infrastructures numériques » !
C’est même pour justifier cette ultime complainte adressée aux autorités, que le service marketing de la Fédération des télécoms vient de créer l’illustration ci-contre, aussi édifiante que ridicule, composée d’un marteau de chaudronnerie venant frapper une pauvre antenne de téléphonie sans défense (alors qu’un bidon d’essence ou une pince-coupante auraient été plus appropriés, mais bon). Eh oui, il n’y a pas que le relief accidenté de montagne, celui protégé des bords de mer ou la lenteur d’Enedis qui causent du tracas aux exploiteurs de laisses technologiques : il y a en plus « les actes de vandalisme qui ciblent les infrastructures numériques de manière générale, et plus particulièrement les antennes relais », provoquant « des impacts néfastes sur la pérennité des réseaux » et engendrant « des coûts financiers considérables pour les opérateurs de télécommunications ».
A ce stade, puisqu’il fallait au moins une estimation quelque peu palpable de cette menace nocturne freinant sans répit le déploiement du New Deal Mobile, c’est en page 15 du rapport que le pot-aux-roses nous est enfin dévoilé : « C’est, actuellement, environ une dizaine de pylônes, chaque mois, qui sont vandalisés, dont certains pylônes issus du dispositif de couverture ciblée ». Ah, tout de même, ça fait donc un tous les trois jours, et près de 120 par an ! Et ce nombre, sans que la FFT ne prenne soin de le préciser, ne prend même pas en compte le fait que certains sabotages de fibre optique ont aussi pour conséquence de couper plusieurs antennes d’un coup, ou le fait qu’une seule antenne bien ciblée peut à son tour en interrompre plusieurs autres (il y a un an, le sabotage de l’antenne de Changé en avait par exemple impacté 40 supplémentaires aux alentours).
L’année dernière, en mai 2022, le Président de la Fédération des télécoms Arthur Dreyfuss avait donné une longue interview au journal économique La Tribune, dans laquelle il réclamait déjà des peines plus lourdes contre les saboteurs : « Les dégradations d’antennes ont commencé bien avant le lancement de la 5G à l’hiver 2020... Sur les six derniers mois, nous constatons, en moyenne, quinze dégradations de sites mobiles par mois. Ce chiffre est en croissance : en 2020, nous avions constaté une centaine de dégradations volontaires de pylônes. » Une quinzaine par mois en 2022 et une dizaine par mois en 2023, cela conduit au beau score de 300 antennes-relais sabotées en silence rien que ces deux dernières années ! Soit au final depuis la montée en puissance de ces attaques autour du mouvement des gilets jaunes (2018-19) puis l’année du Grand confinement (2020) et à présent les trois suivantes, un total qui avoisine désormais le millier d’antennes mises hors service de quelques jours à plusieurs mois.
En étant diffuse et souvent anonyme, en utilisant la méthode de l’action directe en solitaire ou en petit groupe, en se frayant un chemin à travers l’agir d’individus qui ont chacun.e leurs propres raisons et perspectives, en provoquant facilement des dizaines de milliers d’euros de dégâts avec des moyens simples, ce n’est en fin de compte peut-être pas pour rien que cette lutte autonome souterraine se passe volontiers des projecteurs du pouvoir…
Le 27 octobre sera le dernier jour des 4 semaines de procès. Nous invitons toutes celles et ceux qui le peuvent à nous rejoindre dès 11h devant le TGI, porte de clichy.
Le 27 octobre sera le dernier jour des 4 semaines de procès.
Pour les prévenu.es il faut souvent tenir une journée entière à attendre son tour et quand il vient, passer des heures à s’accrocher à la barre pour ne pas s’effondrer de fatigue, à trouver les mots justes, garder confiance en soi face aux questions menaçantes qui fusent dans tous les sens.
Ce sentiment de mépris. De ces 2 mondes qui n’ont rien en commun, qui s’opposent et qui se retrouvent projetés dans un face à face inégal. Le proc qui accuse la défense de faire du dilatoire mais qui va reposer les même questions aux prévenu.es que la juge 5 minutes avant. Parce qu’il n’écoute pas, affichant ouvertement son mépris pour les prévenu.es, les témoins et les soutiens qu’il traque du regard dans la salle. Ce sentiment de ne pas être écouté.es, de devoir répéter inlassablement les mêmes choses, a été exprimé de nombreuses fois à la barre.
Les fouilles, systématiques à chaque entrée dans la salle. Les flics armés, en permanence autour ou dans la salle, qui surveillent les chocolats qu’on se glisse entre les bancs. Le tribunal est comme une salle de classe que la maitresse voudrait bien ordonnée, sage comme une image et sérieuse sans jamais faire de vagues. C’est humainement impossible.
Depuis 3 semaines c’est une salle constamment pleine de soutiens qui envoient des vagues de chaleur discrètes, des petits remous, des éclats de rires collectifs...
C’est des potes qui distribuent les casse croûtes à la pause et qui attendent patiemment la fin pour souffler un coup. C’est les copaines qui prennent des notes et celleux qui les retranscrivent sur les blogs et les internets.
Nous remercions toutes celleux qui nous entourent, qui apportent leur soutien sous des formes bien diverses et multiples. Qui aident sans aucun doute les prévenu.es à tenir jusqu’au bout. Cette solidarité immense, la justice préférerait ne pas la voir et la faire taire. Un immense merci aux témoins qui sont venus recontextualliser la guerre civile contre les kurdes, le chiffrement sur internet, la passion des artifices et celle de l’engagement militant, la torture qu’est l’isolement carcéral.
Le vendredi 27 octobre nous invitons toutes celles et ceux qui le peuvent à nous rejoindre dès 11h devant le TGI, porte de clichy. Toutes formes d’expression de soutien sont bienvenues : prise de parole, chorales révolutionnaires, banderoles, tract, son...
L’urgence d’entreprendre des actions internationales contre la guerre se fait sentir. Même si la guerre se manifeste en prenant différentes formes, cela signifie toujours conditions de vie atroces, peur permanente, oppression, soumission, morts, exodes forcés, et souvent génocide.
En ce moment, 2 milliards de personnes vivent dans des zones de conflit. Dans un contexte qu’on observe de plus en plus tendu, cela risque de concerner toujours plus de gens. La production et le commerce d’armes n’ont jamais atteint un tel niveau et, vu les logiques de militarisation des États, on peut imaginer que ça va continuer.
La guerre est à la fois la cause et la conséquence inévitable de la création des Etats, des nations et des frontières. Elle est profitable à l’économie et au business, à toutes les entreprises qui font du profit sur le dos des massacres, et sert donc les intérêts du capitalisme.
La guerre est au fondement d’un nationalisme mortifère qui alimente le racisme et le fascisme. Elle met dos à dos des populations souvent voisines ou cohabitantes et les force à entre-tuer pour les intérêts des puissants. Ainsi, elle écrase des mouvements de contestations internes en venant créer une fausse union nationale. Elle rend plus difficile l’organisation pour les voix voulant s’élever contre l’autorité (communication réduite, couvre-feux, surveillance, répression accrue…). Aussi, c’est l’occasion de développer des techniques et des logiques répressives qui seront ensuite utilisées par un Etat contre ses ennemis ou sur sa population.
La guerre renforce toutes les dominations déjà existantes, comme le patriarcat par exemple : les rôles genrés sont encore plus divisés que d’habitude, et le viol est toujours utilisé comme arme de guerre. Elle a toujours été l’un des outils principaux du colonialisme afin de piller, dévaster, tirer profit des territoires visés, et c’est toujours le cas aujourd’hui. La guerre implique de défoncer des bouts de montagnes entiers pour pouvoir exploiter la matière nécessaire à la fabrication d’armes toujours plus technologiques, toujours plus performantes. Elle participe grandement à détruire et empoisonner à long terme la planète et tout ce qui vit, par la pollution nucléaire, l’industrie de l’armement, les zones de conflits dévastées, l’énorme consommation de pétrole…
La guerre touche en premier lieu les pauvres et les exploité.e.s. Celles et ceux qui vont servir de chair à canon, qui n’ont pas les moyens de fuir, qui vont s’exiler et tout perdre.
Parfois, la guerre peut nous sembler lointaine, en réalité elle se prépare aussi ici et la militarisation est présente tout autour de nous. La France est le 3eme exportateur mondial d’armes. Il y a donc énormément d’entreprises et d’institutions qui ont tout à gagner d’un monde belliqueux. Et il nous semble pertinent et nécessaire de s’y attaquer, tout comme s’organiser contre le nationalisme, les frontières et l’État, ici et maintenant.
Nous invitons les gens qui partagent des perspectives antimilitaristes et internationalistes à organiser des actions entre le 17 et le 25 novembre. Différents appels circulent pour ces mêmes dates dans d’autres pays. Chacun.e peut soutenir cet appel et organiser les initiatives qu’iel considère comme plus appropriées à son contexte local. Avec cet appel, notre intention est de donner de la visibilité aux nombreuses luttes locales existantes et d’en faire émerger de nouvelles.
CONTRE LES GUERRES ET CELLEUX QUI EN TIRENT PROFIT. CONTRE LES ETATS, LES NATIONALISMES ET LES FRONTIÈRES QUI LES CRÉENT ET ONT BESOIN D’ELLES POUR EXISTER !
L’anarchiste emprisonné Toby Shone a été transféré à 265 km de sa maison de la forêt de Dean, dans le Gloucestershire, et à près de 300 km de ses soutiens de Bristol, dans la prison de Garth, dans le Leyland, une prison de haute sécurité près de Manchester.
Malgré le fait qu’il se trouve dans la phase de sa peine qui prévoit sa réinsertion, l’équipe de probation et antiterroriste, vindicative, est en train d’essayer d’isoler Toby de celle qu’ils considèrent comme la base de son soutien, ainsi que de ses proches, dans le sud du pays, et le placent délibérément dans une situation de danger physique, dans une prison de catégorie B, destinée aux prisonniers qui purgent des peines de 10 ans ou plus, et connue pour être violente. Le service de probation a demandé que Toby purge le restant de sa peine, c’est-à-dire un peu moins de 13 mois, sa date de libération prévue étant le 11 novembre 2024.
Toby a déjà été incarcéré dans la prison de Wandsworth, à Bristol, et dans celle, gérée par G4S, de Parc, pendant presque deux ans, accusé d’être l’administrateur du projet de contre-information 325.nostate.net. Après que les poursuites pour des raisons politiques sont tombées et que les flics ont dû laisser tomber cette affaire 5 jours avant le procès, en octobre 2021 Toby a été condamné à 3 ans et 9 mois pour la possession de médicaments psychédéliques. Il a été libéré le 28 décembre 2022, avec des restrictions importantes (semi-liberté), sous la surveillance d’une équipe multi-forces (MAPPA) qui comprenait la National Security Division (la police anti-terroriste) et il a été obligé de vivre pendant 9 mois dans un sale centre d’hébergement à Gloucester. Il venait à peine de déménager dans un appartement dans la forêt de Dean, dans le Gloucestershire, quand, le matin du 19 septembre, il a été interpellé et amené en prison, par une unité de police armée, à quelques kilomètres de Glouchester. Il était accusé d’être en possession d’un téléphone (non autorisé) et d’avoir participé à une réunion et à une soirée d’écriture collective de lettres à des détenus, au centre social anarchiste BASE, à Bristol, en août.
Toby continue à être considéré comme un détenu « TACT » (terroriste), même s’il a été jugé non coupable d’infractions terroristes, par un juge d’assises, en octobre 2021.
Toby est de bonne humeur comme toujours et demande qu’on lui écrive des lettres et des mails. Les mails lui sont donnés très rapidement, via le site emailaprisoner.com (s’il vous plaît, pensez à lui mettre un coupon de réponse).
Vous pouvez aussi lui écrire à l’adresse : Toby Shone A7645EP
HMP Garth
Ulnes Walton
Leyland
Preston PR26 8NE
(Royaume-Uni)
Si quelqu’un.e dans le nord du pays souhaite faire des parloirs avec Toby, contactez s’ils vous plaît son groupe de soutien à l’adresse : forestcase AT riseup.net
Les livres pour lui doivent être commandés directement sur les sites des revendeurs en ligne Waterstones, Blackwells, Wordery, WH Smiths, Foyles et Mr B’s Emporium Bookshop.
Saluto al carcere per Stecco domenica 29 ottobre [in continuo aggiornamento]
Diffondiamo dal Trentino:
PRESIDIO DOMENICA 29 OTTOBRE AL CARCERE DI SANREMO Venerdì 20 ottobre il nostro amico e compagno Stecco é stato arrestato in provincia di Imperia dopo due anni di latitanza. Dopo il primo saluto di domenica scorsa, che ha ricevuto una calda accoglienza, torniamo sotto le mura ad urlargli il nostro amore e la nostra solidarietà. Cogliamo l’occasione per portare il nostro calore ai detenuti di quel carcere! CHI LOTTA NON SARÀ MAI SOLO, STECCO LIBERO! Ore 14 carcere di Sanremo
Strada Armea 144
SEGUIRE GLI AGGIORNAMENTI SU ilrovescio.info IN CASO DI TRASFERIMENTO
Contre la loi Kasbarian, les expulsions et leur monde : manifestation ce mercredi 1er novembre au départ de Mairie de Montreuil !
Manif 1er Novembre : pour que vivent les squats, contre toutes les expulsions !
Comme tous les ans, la période avant la trève hivernale est, pour l’État, un bon moment pour se débarrasser des squats ou des lieux qu’ils préfèrent ne pas voir passer l’hiver — et pour nous c’est un moment de résistance, d’entraide et de lutte. À Montreuil, par exemple, on se souvient l’année dernière d’une opération coordonnée pour mener deux expulsions le même jour, quelques jours seulement avant la trêve hivernale.
En ce moment, de nombreux lieux, foyers ou squats [1] [2] [3] sont menacés d’expulsion et notre solidarité envers eux est au rendez-vous, en mots ou en actes. Nous on veut occuper des bâtiments ! Pour y vivre comme on veut et pour avoir des espaces d’organisation.
En ce moment, il n’y a pas de mouvement social d’ampleur, mais on sait bien que la conflictualité sociale dormante peut nous sauter à la gueule à tout moment, et mouvement social ou pas, il est toujours nécessaire d’avoir des lieux occupés et autonomes pour se rencontrer et s’organiser.
À ça s’ajoutent les Jeux Olympiques et paralympiques qui agissent comme un accélérateur de gentrification et qui, on le voit tous les jours dans nos quartiers, saccagent surtout le territoire du 93 pour l’aseptiser.
Pendant que les sans-papiers sont exploités sur les chantiers des JO, les flics nettoient la ville et ça nous dégoûte : ils virent les gens qui vivent dans la rue ou traînent là.
Les JO c’est aussi l’aménagement urbain bien rôdé pour la répression, et c’est toujours une bonne excuse pour permettre de tuer dans l’œuf tout espace qui pourrait être un nid de contestation ou de révolte face au spectacle nationaliste et pseudo-consensuel qu’il incarne, mais aussi face au monde de merde dans lequel on vit.
Depuis la rentrée, plusieurs tentatives d’ouvertures de squat se sont soldées par des expulsions dans les trois jours, appuyées sur la nouvelle loi Kasbarian-Bergé, qui rend plus faciles et rapides les expulsions, mais nous voulons nous organiser pour que continuent à fleurir les occupation joyeuses et vénères.
Partout où l’on va, il faut payer pour être là. Payer un loyer, payer une consommation, payer une cotisation, et c’est toujours aux heures qu’on veut bien nous laisser. Sauf que nous on veut être acteur et actrices de nos vies. On veut qu’exister et lutter, si possible le plus loin des logiques marchandes, et l’occupation est un des bons moyens pour ça !
Pour toutes ces raisons on veut prendre la rue ensemble avant la trêve et marquer le coup avec une manif pour montrer qu’on est là, qu’on n’attendra pas et qu’on demandera pas gentiment l’autorisation pour faire quoi que ce soit.
On veut pas se laisser faire par la politique mortifère, la police et la justice qui garantissent tout ça ; on veut s’amuser, lutter ensemble, faire vivre le partage, avoir de meilleures relations les un.es avec les autres, et pour tout ça on a besoin d’espaces, de bâtiments.
Solidarité avec les squats expulsés ou menacés d’expulsion,
Contre la propriété,
Vive les squats !
Rendez-vous ce mercredi 1er novembre à 15h Mairie de Montreuil !
Mise à jour : le foyer Bara à Montreuil s’est fait expulsé ce mardi 24 octobre par plus d’une centaine de keufs, laissant de nombreuses personnes à la rue...
Incendie au consulat d’Iran à Paris : « c’est un centre dictatorial », s’est défendu le responsable
Sud Ouest, 24 octobre 2023
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi un homme de 60 ans, Français d’origine iranienne, à huit mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire de deux ans, pour avoir tenté, en septembre, d’incendier le consulat d’Iran à Paris afin de protester en particulier contre le sort fait aux femmes et jeunes filles arrêtées en Iran. Cette peine est assortie d’une interdiction de paraître dans le XVIe arrondissement de Paris, de porter ou de détenir une arme pendant cinq ans et de l’obligation d’indemniser les victimes.
Le 9 septembre, vers 7h du matin, cet habitué des manifestations pacifiques en faveur du droit des femmes en Iran avait mis le feu à trois pneus de voiture au niveau de l’entrée arrière du consulat de la République islamique d’Iran à Paris. Les enregistrements des caméras de vidéosurveillance avaient facilité, dès le lendemain, son arrestation.
Lors de la première audience, en comparution immédiate le 12 septembre, il avait expliqué vouloir, par son « acte illégal », « montrer aux Iraniens et aux Iraniennes vivant au pays que nous, nous sommes avec eux, surtout avec les femmes ».
« Je ne peux plus accepter que des femmes et des jeunes filles soient arrêtées, fouettées et violées », a-t-il ajouté mardi, précisant une nouvelle fois avoir agi seul, en son « âme et conscience ». « Ce n’est pas une ambassade, mais un centre dictatorial », a-t-il lancé.
Mardi, la défense a plaidé la relaxe, les actions militantes faisant, selon Me Louise Hennon, « partie de la liberté d’expression, et ce quand bien même elles auraient entraîné une action délictuelle ». La décision sur le montant des dommages matériels, estimés à plus de 50 000 euros, a quant à elle été renvoyée à novembre 2024.
[Note : Pour comprendre la longue construction à charge de la DGSI et du Parquet national anti-terroriste (PNAT) contre les accusé.es (notamment Libre Flot) et suivre leur défense devant les juges, des compte-rendus détaillés de la douzaine d’audiences qui ont eu lieu depuis le 3 octobre sont disponibles sur le Blog des comités du 8 décembre. On peut les lire ici. Le délibéré a été fixé par le tribunal au 22 décembre prochain.]
Procès pour terrorisme d’ultragauche : jusqu’à six ans de prison ferme requis pour les sept personnes jugées
Le Monde, 26 octobre 2023
Les procureurs ont ciblé Florian D., un combattant revenant du Kurdistan syrien [Rojava], en tant que cerveau, moteur et animateur du groupe dit du « 8 décembre 2020 ». Il est le seul des prévenus dont le Parquet national antiterroriste réclame le retour en détention.
Sans lui, les six autres prévenus ne seraient pas sur le banc des accusés. Cette affirmation, les deux représentants du ministère public l’ont répétée à plusieurs reprises lors de leur réquisitoire à deux voix qui a duré près de cinq heures, mercredi 25 octobre, au procès du groupe d’ultragauche du « 8 décembre 2020 » jugé pour « association de malfaiteurs terroriste ». « Il ne s’agit pas d’une procédure portant sur une organisation armée mais sur un homme [Florian D.] revenant du Rojava (le Kurdistan syrien) et qui, fort de son expérience militaire, a eu pour objectif de former une milice armée en France dans le but de mener des actions de guérilla en agrégeant des proches qui adhéraient à son projet », a assuré le procureur du Parquet national antiterroriste (PNAT).
C’est donc logiquement que Florian D. a vu requérir contre lui la peine la plus haute, six ans de prison ferme, avec un mandat de dépôt à effet différé. Le parquet a requis des peines qui n’impliquent pas de retour en détention pour les six autres prévenus : deux années de prison avec sursis à l’encontre de Loïc M., considéré comme le seul ayant entamé un travail de « désengagement », trois ans avec sursis pour Camille B., l’ex-compagne, et Bastien A., trois années dont deux avec sursis pour Manuel H., l’ami d’enfance, quatre ans de prison dont trois avec sursis pour William D. et cinq années dont quatre avec sursis pour Simon G., l’artificier. Une interdiction de détenir une arme pendant dix ans a été également requise à l’encontre de tous les prévenus et, pour certains, une amende de 1 500 euros.
Le procureur a entamé son réquisitoire par une longue défense de l’enquête de la DGSI, du réquisitoire définitif du PNAT et du dossier des juges d’instruction en opérant plusieurs comparaisons avec d’autres affaires terroristes jugées, comme ici, en correctionnelle ou aux assises. Il a regretté la « mise au pilori » par la défense de la DGSI et du ministère public pendant l’audience, ainsi que la défense concertée des prévenus qui n’auraient d’autre but que de « sauver le camarade D. ». « Beaucoup de fantasmes et de contrevérités ont été proférés, a-t-il regretté. Cette défiance institutionnelle est foncièrement injuste. »
Le procureur a également réfuté tout procès politique ou d’opinion ainsi qu’une chasse aux sorcières visant les ex-combattants partis se battre contre l’organisation Etat islamique (EI) aux côtés des Kurdes : « Trente à quarante Français ont rejoint le Rojava, un seul est visé par une enquête judiciaire », a-t-il déclaré, regrettant également la « mansuétude » du traitement médiatique de l’affaire face à la gravité des faits reprochés.
Pour le procureur, « l’association de malfaiteurs terroriste » est largement constituée : le groupement est formé, même s’il ne s’agit pas d’une organisation structurée ; les faits matériels sont avérés ; la préparation d’un acte violent aussi ; et la volonté de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur incontestable. Ce qui, selon lui, distingue ce dossier de celui de Tarnac – qui s’était terminé par un non-lieu général – tient à la gravité des faits envisagés, « de haute intensité », contrairement au crochetage de caténaires de TGV. « Ici nous parlons d’actions menées au moyen d’armes d’explosifs », a-t-il assuré.
Même si l’instruction conclut à l’absence de « projet imminent démontré », comme l’a concédé la seconde procureure, il est « rare qu’autant d’éléments matériels » soient rassemblés dans un dossier pour terrorisme jugé en correctionnelle, selon elle : confection et tests d’explosifs utilisés en zone de guerre, entraînements tactiques sous la forme de jeux d’airsoft, achats et possession d’armes de catégorie B et C. Enfin, ajoute la procureure, « la multiplicité des écrits et des actes matériels excluent toute autre possibilité » qu’un projet terroriste.
Le procureur s’est notamment longuement attardé sur un manifeste de la Conspiration des cellules de feu, un groupuscule grec prônant « l’action directe », retrouvé dans les supports de Florian D. Il a également souligné les trois séjours en Grèce de Florian D. entre 2017 et 2019. Toutefois, ni l’instruction ni l’audience n’ont pu éclairer la teneur de ces voyages et les contacts que Florian D. a pu avoir sur place. Aucune commission rogatoire n’a été lancée par les juges d’instruction.
Enfin, quelles étaient les cibles ? « Ses agissements [ceux de Florian D.] s’inscrivent dans une continuité et dans une logique : il se prépare à la lutte armée, à la préparation d’action violente contre les forces de l’ordre », a assuré la représentante du ministère public.
Lors des débats, les prévenus ont contesté ces accusations. Ils ont reconnu avoir fait des essais d’explosifs et quelques parties d’airsoft, mais dans un but « ludique », sans aucune intention terroriste. Le jugement du tribunal correctionnel sera mis en délibéré vendredi 27 octobre, à l’issue des deux journées de plaidoiries réservées à la défense.
Depuis 2014, environs 30 000 personnes se sont noyées dans la Méditerranée, au cours de leur fuite vers l’Europe. Le 8 juin, les ministres de l’Intérieur des pays de l’Union Européenne ont décidé de ratifier, avec la réforme du règlement « Dublin III » [qui comprend notamment une « une procédure accélérée aux frontières », pour renvoyer plus de monde ; NdAtt.], les pratiques inhumaines et contraires aux droits de l’être humain aux frontières extérieures de l’UE. Au lieu d’une politique d’asile qui réponde aux réfugié.es, persécuté.es et souvent durement traumatisé.es, l’UE mise sur des camps où les gens sont enfermés pendant des mois dans des conditions proches de la détention. En ces lieux, ces personnes doivent être enregistrées avec des procédures accélérées et être expulsées vers des pays tiers, présumés plus sûrs.
Beaucoup d’organisations de défense des droits humains critiquent de la manière la plus ferme le règlement « Dublin III ». Nous aussi, nous dénonçons cette politique de mépris des droits humains. Elle rend hypocrite toute distinction entre les partis de la coalition de centre-gauche [appelée « coalition feu de circulation » en Allemagne, des couleurs des sociaux-démocrates de la SPD (rouge), des libéraux-démocrates de la FDP (jaune) et des verts, elle soutient l’actuel chancelier Scholz; NdAtt.] et l’extrême droite. Cette réforme est une escalade de la violence raciste, légitimée par l’État, contre les réfugié.es ! Voilà pourquoi s’en suit maintenant une escalade de nos méthodes. Puisque, dans une société capitaliste, toute attaque contre des biens semble de toute façon plus épouvantable que les agressions racistes contre des personnes, nous devons nous en prendre justement à ces biens. C’est la raison pour laquelle nous avons attaqué avec de la peinture et des pierres les bureaux des députés Mathias Stein (SPD), Maximilian Mordhorst (FDP) et Luise Amtsberg (Die Grünen [les Verts]). Leur politique tue. Nous leurs crions : « Puisque des personnes meurent sans être écoutées, et vous ne dites rien, des vitres doivent être cassées, parce que ce n’est que comme ça que vous allez gueuler ! ».
Il y a quinze ans, en novembre 2005, se déroulait une révolte incendiaire d’une ampleur inédite sur pratiquement tout le territoire français, principalement dans les quartiers populaires, suite au décès le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois de deux adolescents qui tentaient de fuir un contrôle de police : Zyed Benna et Bouna Traoré.
Les assassinats policiers étaient fréquents avant 2005. Ils le sont toujours en 2020. Les tenants de la « real politik » prétendront que cette révolte incendiaire n’a donc servi à rien. Au contraire, cette révolte a montré que l’inacceptable ne doit pas rester sans réponse, que la colère partagée par la population peut s’exprimer de manière spontanée et autonome sans leaders ni manipulateurs, loin des partis politiques et des récupérateurs de toutes sortes. Et si cette révolte, comme beaucoup d’autres, a pu sembler sans perspectives, elle a posé le point de départ nécessaire à toute possibilité d’envisager un changement concret de société, un renversement réel du système : ce point de départ, c’est une défiance assumée, directe, sans dialogue ni médiation, de l’État et de son bras armé toujours plus puissant, la police.
Parce que pour tous les assassinats policiers, il n’y aura ni oubli ni pardon, parce que les luttes passées peuvent inspirer les luttes présentes et à venir, nous avons publié récemment sur infokiosques.net deux « vieilles » brochures revenant sur la révolte incendiaire d’octobre-décembre 2005 :
Anonymes, 3K2N, Boris Lamine, Des combattants émeutiers du 93, Salim / 2006 / Mis en ligne le 12 novembre 2020
Quelques mois après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois et le déclenchement de la révolte incendiaire d’octobre-décembre 2005, le recueil de textes C7H16 réunissait des textes courts parus à l’époque sur internet, des extraits de fictions littéraires, une chronologie des événements et un street-CD.
Sommaire : - Edito / G la rage et je la garde - Chopé sur le net / La révolte fait rage... - Nouvelle / Fonctionnaires en danger ! - Chopé sur le net / Ma cité - Nouvelle / Juste un gamin qui grandit... - Chronologie - Extrait d’une nouvelle / Il fera si bon mourir - Extrait d’une nouvelle / Au pied du fromager
Réflexions anarchistes à propos de la vague incendiaire historique de novembre-décembre 2005, publiées initialement en 2010 dans la revue A Corps Perdu n°3.
Sommaire : - Fausses questions - ... et quelques réponses - Pacification et révolte hexagonales - Une révolte généralisée des banlieues ? - Un langage commun : la destruction - Groupes affinitaires et incendie volontaire - Novembre 2005 et la question de l’insurrection
En 2010, nous avions mis en ligne cette autre brochure :
Alessi Dell’Umbria / avril 2009 / Mis en ligne le 19 avril 2010
C’est de la racaille ? Eh bien, j’en suis !, sorti au pritemps 2006, est un livre traitant des émeutes qui ont eu lieu en France en octobre-novembre 2005.
L’auteur, Alessi Dell’Umbria, n’est ni sociologue ni journaliste. Son livre, aux propos incisifs, replace les événements de l’automne 2005 dans le contexte d’une désintégration sociale et d’un renforcement de l’État-Léviathan. Il met également en évidence ce qui a fait la force de cette révolte quand des centaines de groupes se sont organisés pour s’affronter avec l’État. Sans mot d’ordre, mais en frappant juste ; sans délégation ni organe de liaison, mais communiquant entre eux à travers leurs actes ; une partie de la jeunesse pauvre du pays s’est identifiée à un sort commun et a fait preuve de solidarité loin de toute prose idéologique.
Sans discours moralisant ou victimisant, l’auteur s’adresse d’égal à égal aux révoltés des banlieues pauvres.
Dans le texte présenté ici, issu d’une postface rédigée pour l’édition castillane de C’est de la racaille ? Eh bien, j’en suis !, il revient de manière auto-critique sur son livre et en profite pour développer quelques points.
Il y a six ans, le 26 octobre 2014, un autre jeune était tué par la police, dans un tout autre contexte : Rémi Fraisse est mort, touché par un tir de grenade offensive, lors d’affrontements avec les gendarmes sur la ZAD du Testet.
Si sa mort a été suivie par de nombreuses manifestations sauvages, des rassemblements et des actions de solidarité qu’il serait intéressant de rappeler, cette brochure s’attache à la critique de la cogestion, c’est-à-dire de la collaboration avec le pouvoir, dans le cadre de la lutte contre le projet de barrage de Sivens.
Anonyme, Des habitant⋅e⋅s du Tarn / octobre 2017 / Mis en ligne le 23 octobre 2020
À la suite d’une introduction qui se penche sur l’histoire de la cogestion (réformiste) comme stratégie d’intégration (para)étatique des dynamiques contestataires (révolutionnaires), ce texte fait une analyse de la lutte contre le projet de barrage du Testet, à partir d’un récit chronologique de 2011 jusqu’à 2017.
« Comment penser les rapports, dans les luttes territoriales actuelles, entre leurs deux composantes essentielles, les forces de contestation (radicale) et les visées de cogestion (citoyenne) ? Ces deux attitudes peuvent-elles, comme on le souhaite souvent la bouche en cœur, se combiner et se renforcer, à quelles conditions et jusqu’à quel point ? Quels sont les dangers de ce genre d’alliance, et peut-on s’en prémunir ? Comment les autorités tirent-elles parti de cette division, et comment pouvons-nous en tirer parti ?
L’histoire de la lutte contre le barrage du Testet dans la forêt de Sivens (Tarn), et de l’évolution de sa composition, peut nous donner des éléments de réponse. Après une première phase de constitution de l’opposition, et de coopération étroite entre ses deux principales composantes, la violence croissante de la lutte sur le terrain a fait monter la tension entre elles. Finalement, l’État a repris la main sur le terrain en jouant la double stratégie de la carotte participative (pour la frange cogestionnaire de l’opposition) et du bâton répressif (pour ses éléments contestataires). »
Sommaire :
Intro
La cogestion se sait impuissante et suscite la contestation
Les tensions montent de toutes parts
La carotte de la démocratie participative et le bâton des milices fascistoïdes
La composition explosive des luttes territoriales
Bonus : Tract « Après les pyromanes, les pompiers ? Les dessous du "projet de territoire" de Sivens »
Depuis le précédent super-bulletin, dix nouvelles brochures ont été mises en ligne. Il y a maintenant 762 brochures, trouvables ainsi :
As our world is becoming more and more a huge machine, as the veins of domination are getting more filigree, covering the whole territory with a net, then – if we want to attack – we have to be able to detach our glances from the most obvious and to try to include in our analysis of the ongoing developments the possibilities which we want to give ourselves. The more complex the world, the more vulnerable it is to disorders. These hubs and the connections between them, that we find nearly everywhere exposed, are the raw points to be cut. In a moment when even the air is burning it doesn't make sense to set a fire where the flames are dancing already and where all eyes are focused. The radio silence, the breakdown of communication, the interrupting of command chains, these– and even much more – are the possibilities which we can find, if we are searching for points to attack with a creative and analytical look
More Recipes found on Scenes from the Atlanta Forest
Ces derniers jours, nous avons mis le feu à un bulldozer Cat/Caterpillar, dans l’ouest de l’État de North Carolina ; la société Caterpillar est responsable de la mise en œuvre de nombreuses décennies d’apartheid, de la démolition de maisons et d’oliveraies et de la destruction extrême des terres, en Palestine, en chassant des nombreux.ses Palestinien.nes et, maintenant, en aidant Israël dans sa guerre et dans le génocide.
Un acte de solidarité avec la Palestine que les gens peuvent faire est de brûler des machines Cat/Caterpillar, partout.
« The chicken is coming home to roost » Dans la nuit du jeudi 26 au vendredi 27 octobre, les vitres du KFC (Kentucky Fried Chicken) du quartier Sainte Agne à Toulouse, ont été attaquées, et un tag laissé « Free Gaza ».
Un acte symbolique contre un des symboles de l’impérialisme, qui peu importe depuis quel état ou idéologie, est ce qui achève les peuples.
Contre le blocus de la population à Gaza et les bombardements, nous montrons ici notre désaccord avec la politique de la France et de l’OTAN dans leurs courses perpétuelles à l’armement.
Soutien au peuple palestinien et aux manifestations de solidarité partout dans le monde
Contre tous les colonialismes !
Une nouvelle réserve de substitution d’eau dégradée en Vendée
France Bleu, 26 octobre 2023 (extrait)
Une nouvelle réserve de substitution d’eau, autrement appelées bassines, a été dégradée en Vendée, au Bernard près de La Tranche-sur-Mer. Les faits ont été signalés mardi. Le monde agricole dans son ensemble condamne ce geste. Déjà, lors de l’été 2022, deux réserves avaient été saccagées dans le sud du département, à Pouillé et Nalliers.
« Il y a des dégâts importants, réagit le président de la chambre d’agriculture de Vendée Eric Coutand, c’est de la colère et il faut qu’on arrive à coincer ceux qui détruisent nos outils de production. En faisant cela, on détruit notre alimentation au profit d’une alimentation qui vient d’ailleurs ». « C’est encore de la haine envers nous, renchérit le président des Jeunes Agriculteurs de Vendée Flavien Martineau, la bâche a été coupée au cutter sur tout un pan. »
Mise à jour (Ouest France, 28/10) : « La réserve, d’une capacité de 692 000 m³, n’est plus étanche et donc inutilisable en l’état, affirme Jannick Rabillé, président du syndicat mixte du bassin du Lay, l’organisme propriétaire de l’installation. Le délai de réparation est au minimum de trois mois. Ça chiffre entre 300 et 400 000 €. »
Athens : Attack on Ε.Μ.Π rector’s building ( The administration of ΕΜΠ offices of polytechnic university) as a minimal sign of solidarity with the squatters
On Thursday 12/10/2023 we carried out an attack on the Ε.Μ.Π. rector’s building, breaking the facade and a large part of the interior, as a minimal sign of solidarity with the squatters.
The State, unable as ever to manage the successive crises it faces, is intensifying its repressive moves, targeting self-managed spaces and the world struggling both inside and outside them.
In the midst of a generalized wave of evictions of squatters throughout the country (Ano-Kato squat in Patisia, Zizania in Victoria, Evangelismos occupation in Heraklion, Crete, Self-managed polytechnic squat) we cannot remain idle and watch the State’s attempt to eliminate the centres of the struggle in apathy.
The rectorship of the Ε.Μ.Π .was chosen because it is responsible for the invasion of the police into the Zografou polytechnic campus and the 3 evictions of the self-managed polytechnic site, as well as the intimidation and arrest of students and supporters.
We know that Ε.Μ.Π. is not an exception, as the direct cooperation of the rector’s authorities and ELAS (Cops) is not something new, as was also seen in Heraklion, where the University of Crete gave the green light for the eviction and sealing of the Evangelismos occupation, but also in many other cases in the past (eviction of a squat at the Biological, Vancouver Apartments,…).
Cops and rectory authorities, bear in mind that squats are hotbeds of resistance that we will not leave undefended and you will find us constantly facing you.
PS: This action can be taken by the new rector, who has taken over from Budouvis, as a welcome and an assurance that we will be vigilant.
SOLIDARITY WITH THE OCCUPATIONS AND SQUATS
POLICE, TV, PRINCIPAL AUTHORITY ALL BASTARDS WORKING TOGETHER
We attacked two excavators that were demolishing the street dept warehouse in north bartrams. When we arrived we were delighted to realize that someone had already damaged the machines! In addition to smashing the machines, we poured quick-setting concrete into the exhaust pipe of a machine. We choose this method because of its simplicity and ease. The other machine we used various techniques that can be found in warriorup.noblogs.org. Good luck finding what we did!
Attaque du bâtiment du rectorat de l’université polytechnique, en signe minimal de solidarité avec les squatteur.euses
Jeudi 12 octobre, nous avons mené une attaque contre le bâtiment du rectorat de l’université polytechnique nationale d’Athènes, en cassant la façade et une grande partie de l’intérieur, en signe minimal de solidarité avec les squatteur.euses.
L’État, incapable comme toujours de gérer les crises successives auxquelles il est confronté, est en train d’intensifier son action répressive, en prenant pour cible les espaces auto-gérés et les personnes qui luttent à l’intérieur et à l’extérieur de ceux-ci.
Au milieu d’une vague généralisée d’expulsions de squats, dans tout le pays (le squat Ano-Kato à Patíssia [quartier du nord d’Athènes ; NdAtt.], Zizania, dans le quartier de la place Victoria [toujours à Athènes ; NdAtt.], l’occupation Evangelismos, à Héraklion [sur l’île de Crète ; NdAtt.], le lieu occupé autogéré à l’intérieur de l’université polytechnique), nous ne pouvons pas rester inactif.ves et regarder apathiquement la tentative de l’État d’éliminer les centres de la lutte.
Le rectorat de l’université polytechnique a été choisi parce qu’ils sont responsables de l’invasion policière du campus polytechnique de Zografou et des trois tentatives d’expulsions de l’espace autogéré qui s’y trouve, ainsi que de l’intimidation et de l’arrestation d’étudiant.es et de leurs soutiens.
Nous savons que université polytechnique n’est pas une exception, puisque la coopération directe entre les autorités du rectorat et les flics n’est pas quelque chose de nouveau, comme on l’a déjà vu à Héraklion, où l’université de Crète a donné le feu vert a l’expulsion et à la mise sous scellés de l’occupation Evangelismos, mais aussi en d’autres cas par le passé (l’expulsion du squat Biologica [à Thessalonique – le bâtiment appartient à l’université Aristote ; NdAtt.], des Vancouver Apartments [à Athènes, de propriété de la fac’ d’Economie ASOEE ; NdAtt.]…).
Flics et autorités du rectorat : gardez à l’esprit que les squats sont des foyers de résistance, que nous ne les laisserons pas sans défense et que vous nous trouverez constamment face à vous.
PS : cette action peut être prise par le nouveau recteur, qui a succédé à Budouvis, comme une bienvenue et une assurance que nous serons vigilant.es.
Solidarité avec les occupations et les squats. Police, TV, rectorat, tous des bâtards qui travaillent ensemble.
A Few Clarifications from Aldo and Lucas Facing the So-Called “Gendarmerie Case”
In 2 months we will mark one year since our detention, since the multiple raids that were carried out in search of a comrade alleged to have carried out the assertive explosive attack that destroyed the offices of the National Directorate of the Gendarmerie of Chile.
This repressive operation culminated with four people in preventive detention, mainy being processed for various illicite elements found in the homes and Aldo, accused of being responsible for the explosive attack.
Since then we have all been named as part of the “Gendarmerie Case” even as legally, the causes have begun to separate gradually.
Despite the relations and bonds of friendship, care and revolutionary affect between some of us, what is certain is that it was those in power who constructed this reality. We, Aldo and Lucas Hernández, in our present and in our path have constructed our own anarchic and anatagonistic position.
Today we decide to distance ourselves from this collective denomination arranged vagaries and thickets of the investigative lines eminating from the forces of repression, to uplift and continue our own path – this time – from prison.
We make this brief clarification from a sense of honesty and revolutionary commitment to ourselves and with the comrades who have expressed their solidarity in different ways, aiming to take responsibility for our political positions inside and outside of prison. This collective and homogenous denomination of “Gendarmerie Case” simply limits us and doesn’t reflect our reality. This decision is motivated by the search to deepen our anarchist projection and negation of the existence.
Have no doubts: we send our revolutionary love to Abraham, Javier and Paty, and also to all of the imprisoned anarchist, subversive, and antispeciesist comrades.
We will only achieve freedom for all by destroying the prisons. We will only destroy the prisons sharpening the confrontation and strengthening the networks of anarchic complicity.