Vive l'Anarchie - Semaine 44, 2018

Sommaire

Des exilés menacés d’expulsion la veille de la trêve hivernale appellent à un rassemblement le 30 octobre

Publié le 2018-10-29 06:40:03

Nous ne retournerons pas à la rue !

 

Bonjour

Nous sommes 36 réfugiés et demandeurs d’asile dans un local de la Croix Rouge au métro Odéon. Nous sommes de différentes nationalités (afghans, soudanais, maliens, tchadiens, érythréens et autres). Nous appelons à votre solidarité le 31 octobre 2018.

Il y a quatre jours, le chef du centre nous a informés qu’il devait fermer ce centre et que nous devions le quitter le 31 octobre. Nous lui avons dit que nous n’avons pas d’endroit où dormir et qu’il fait froid dehors, qu’il nous a trouvé à la rue et nous a amené ici, alors pourquoi nous remettre à la rue.

Le chef nous a répondu que ce n’était pas son problème et que nous devions partir le 31 octobre dernier délai. Nous venons de passer 2 mois dans ce centre sans avoir de chambre et nous dormions tous dans la même pièce.

Nous sommes des demandeurs d’asile et des réfugiés aux situations différentes. Nous demandons juste un endroit où dormir. Nous étions en danger dans nos pays. Nous avons besoin de protection et d’un lieu sûr. Nous demandons une solution durable avec des chambres et des cuisines proche d’une station de métro.

Sans garantie écrite de cette solution, nous ne quitterons pas le centre.

Nous appelons nos soutiens à un rassemblement mardi 30 octobre à 18h, ainsi que le mercredi, jour annoncé de l’expulsion, pour nous aider à résister dès 6h du matin.

Adresse : 6 rue Mazet, 75006 Paris. Métro : Odéon.

Rennes, France : Contre la gentrification et ses artistes – 1er octobre 2018

Publié le 2018-10-29 09:09:04

Des voix dissonantes se lèvent contre l’embourgeoisement à Rennes. « Qui pour vivre ici ? »: c’est le message laissé à la bombe de peinture sur l’oeuvre de l’artiste Néerlandais Krijn de Koning, installée depuis quelques mois rue de l’Alma à Rennes.

Sous la forme de mobilier urbain aux couleurs très vives, l’oeuvre baptisée « Portes Ouvertes » accompagne le projet de réaménagement urbain de la place Thérèse Pierre, sur laquelle de nouveaux immeubles d’habitation vont voir le jour d’ici peu. Des arbres devraient aussi être plantés au milieu de cet espace bétonné et aseptisé.

Cette oeuvre est une commande de la mairie à l’artiste pour un montant de plus de 205.000 euros.

[Reformulé de 20 minutes, 01.10.2018]

Tréveray (Meuse), France : Le maire pro-CIGEO reçoit de la visite – 12 octobre 2018

Publié le 2018-10-29 09:13:04

Vendredi 12 octobre vers 22h00, le mur d’enceinte de la maison de Denis Stolf, le maire de Tréveray et aussi président du Clis (comité local d’information net de suivi de Bure) a été tagué.

Si sur la photo prise par l’Est Républicain on voit l’inscription « vendu », on remarque que l’autre tag « Mafi.. » n’a pas pu être terminé, et pour cause: un voisin vigilant, en bon citoyen zêlé, a vu le tagueur et l’a pris en chasse. Fort heureusement, notre justicier bénévole s’est fait semer par le vandale encapuchonné. 

Le maire présume que c’est suite à la diffusion du reportage de FR3 vendredi soir, sur l’Assemblée générale du Clis, laquelle s’était déroulée la veille à Bure.

L’article du journal se termine en ces mots, on ne peut plus clairs: « Probablement le geste d’un opposant au projet Cigéo. En avril, lors de l’assemblée générale du Clis à Joinville les principaux responsables des associations opposées à Cigéo (Eodra, Cedra…) avaient quitté la salle après 25 minutes d’échanges. »

Espagne – Répression de l’anti-G20 : Nouvelles perquisitions à Madrid et à Palencia – 19 octobre 2018

Publié le 2018-10-29 09:13:06

Tôt vendredi 19 octobre au matin, une nouvelle opération de police menée conjointement par la Police Nationale espagnole et la Police Fédérale Allemande a eu lieu à Madrid et à Palencia. L’opération a abouti à la perquisition de deux logements à Palencia et à Madrid (quartier Tetuan). A l’instar de ce qui s’est passé le 29 mai dernier – où cette fois-ci les dispositifs policiers ont été déployés à l’échelle européenne, avec des perquisitions en France, en Allemagne, en Italie et en Suisse. L’objectif recherché lors de ces perquisitions est de continuer à récolter des informations sur les événements de juillet 2017 à Hambourg, qui ont conduit à une véritable révolte à l’occasion du sommet du G20 dans cette ville.

En réponse à la vague de destructions laissée par les émeutier.e.s dans l’une des villes les plus militarisées pour l’occasion, l’Etat allemand a investi des moyens économiques et techniques incommensurables au cours de l’année écoulée pour lancer une persécution à grande échelle (européenne). Beaucoup de compagnon.ne.s sont passé.e.s par la détention préventive ou attendent leurs procès. Parallèlement, la solidarité s’est fait sentir en Europe et dans le monde, sous forme de manifs, d’agitation et d’attaques.

Selon les informations parues dans la presse bourgeoise, c’est la Brigade d’Information Autochtone (autóctona Brigada de Información) qui aurait coordonné cette opération: « opération coordonnée par « La Comisaría General de Información » [1], qui compte sur des effectifs de la « Brigada Provincial de Información » de Madrid, de Valladolid y de Palencia, témoignant de l’engagement de la Police Nationale pour promouvoir la coopération internationale entre services de police étrangers, dont la participation à l’enquête a été mise au point par les services de la police criminelle de Hambourg en étroite coordination avec les services fédéraux de la police criminelle (BKA) ».

Solidarité et lutte !

[Traduit de l’espagnol de Contra Madriz, 19.10.2018]

NdT:

[1] Services de renseignement de la police nationale.

Marseille, France : Sur la lutte contre l’aménagement de La Plaine – 11-25 octobre 2018

Publié le 2018-10-29 09:26:04

Entreprises et collabos : la plaine sera votre Vietnam !

A vos marques prêts, partez !!! Petite liste non exhaustive des entreprises qui collaborent à la gentrification et au réaménagement de la Plaine…



Sur la Plaine les travaux ont commencé. Et qui dit travaux dit « ouvriers ». Ce qui ne rime malheureusement plus avec « solidarité ». Oui, il va bien falloir s’y faire, nous vivons dans un monde où l’expression « conscience de classe » ressemble plus au nom d’une série netflix qu’à une pratique collective et où le « droit de retrait » est entré dans la mythologie ouvrière.

Pour lutter contre la depression et le fatalisme qui nous menace tous, il ne nous reste plus qu’à nous attaquer nous-même au portefeuille des patrons ! ça tombe bien car dans le lot des entreprises ayant gagné les attributions de marché du réaménagement de la Plaine, des patrons il y en a. Et pas n’importe lesquels puisque on y retrouve pas moins que les multinationales VINCI et sa sous-filiale CEGELEC, GAGNERAUD CONSTRUCTION, KOMPAN SAS, etc…

Pour l’heure, c’est l’une des grosse multinationales en ingénierie, génie civil et BTP français qui se charge de l’ouverture du bal des travaux sur la Plaine. Il s’agit de la géante pieuvre NGE, et de son réseau de filiales tentaculaire (AGILS/GUINTOLI).

Mais, qui dit multinationale dit aussi multitudes de sièges et batiments logistiques, nombreux sous-traitants dans plusieurs villes et sur tous les territoires… De quoi mener une campagne vraiment nationale, à la hauteur de leurs puissance et de nos espérances….

Aménageurs et entreprises préparez-vous on arrive… La plaine sera votre Vietnam !!!!

Travaux préparatoires / Voirie / Réseaux / Génie civil / Fontainerie

NGE GENIE CIVIL/GUINTOLI SAS, 710 Route de la Calade CS 90110, 13615, Venelles Cedex F
Adresse internet : hxxp://www.nge.fr
EHTP SAS, 710 Route de la Calade CS 90110, 13615, Venelles Cedex F
Adresse internet : hxxp://www.ehtp.fr
REHACANA, ZI des Iscles BP 6, 13834, Châteaurenard Cedex F
Adresse internet : hxxp://www.rehacana.fr

Abattage et élagage des arbres

GROUPE CHAILAN 18 promenade du Cavaou 13380 Pan de Cuques
Cette entreprise d’élagage s’est déjà illustrée il y a quelques mois dans l’abattage des arbres de la pinède de Luminy. Par ailleurs, la co-gérante de l’entreprise est sur la liste d’opposition les Républicains de la ville de Plan de Cuques.

Revêtement des sols / Mobilier urbain

SOLS AZUR (Mandataire du groupement), ZAC du Carreau de la Mine, 13590, Meyreuil
Adresse internet : hxxp://www.sols.fr
SOLS MEDITERRANEE, 4 Rue Gustave Berthaud, 30540, Milhaud,
Adresse internet : hxxp://www.sols.fr
LES JARDINS DE PROVENCE, 16 Rue des Martyrs, 07250, Le Pouzin,Adresse internet : hxxp://www.jdprovence.com
URBA TP, Route des Vernèdes, 83480, Puget sur Argens
Adresse internet : hxxp://www.utpavage.com
GIL TP, 9 Traverse Galilée, 13800, Istres
Adresse internet : hxxp://www.travaux-publics.net

Eclairage / Bornes escamotables automatiques / Signalisation lumineuse tricolore /Electricité

CEGELEC Infras Sud-Est, 12 Boulevard Frédéric Sauvage, 13014, Marseille
Adresse internet : hxxp://www.manageo.fr
Vinci, quand tu nous tiens…Nous on ZADore !

Deck bois compris fondations / Gradins en pierre / Serrurerie en acier corten

GAGNERAUD Construction, 4 Avenue de Bruxelles, 13127, Vitrolles
Adresse internet : hxxp://www.gagneraud.fr
Cette multinationale a à son actif quelques actions sympathiques tel que la construction de batiments allant du HLM au Casino dans plusieurs villes de France (Havre, Evreux, Bagnolet, Mureaux…), la construction des tramway de Marseille et du Havre et l’extention du T3 à Paris, la construction d’une gendarmerie à Pontoise, de quelques stations d’épurations ou de ERDF un peu partourt en FRance.

Aire de jeux

KOMPAN SAS, 363 Rue Marc Seguin, 77198, Dammarie les Ly
Adresse internet : hxxp://www.kompan.com
Leader mondial des aires de jeux et des salles de sport, cette multinationale américaine possède des infrastructures partout dans le monde.

Plantation / Arrosage

PAYSAGES MEDITERRANEENS S.A.S., 490 Chemin de la Thuillière campagne Gibetti, 13400, Aubagne
Adresse internet : hxxp://fr.kompass.com

Charpente métallique / Couverture et étanchéité / Bardage / Serrurerie / Menuiseries extérieures

SERRURERIE DE LA PARETTE, 346 Route d’Aubagne Quartier les Casiers CS 60090, 13830, Roquefort la Bédoule
Adresse internet : hxxp://www.m-habitat.fr

Briançon (05) : ouverture d’un nouveau lieu dans la vieille ville

Publié le 2018-10-29 09:27:03

Briançon (05) : ouverture d’un nouveau lieu dans la vieille ville

Un nouveau lieu a ouvert dans le cité Vauban, la vieille ville de Briançon. Il s’agit de l’ancienne maison du gouverneur de l’armée française, désormais squattée, qui vous invite à venir se rencontrer, discuter, échanger sur la thématique des frontières. Ce lieu souhaite remettre en question toutes les formes de frontières : physiques, policières, identitaires, sociales et souvent imaginaires.

Sont conviées toutes les personnes le souhaitant, se sentant concernées de près ou de loin, désireuses d’en savoir un peu plus, ou voulant partager des expérience. Pour ce lieu, les projets sont multiples et peuvent encore largement évoluer. Il y a notamment la volonté d’ouvrir une salle informatique, alors que la MJC a du fermer la sienne suite à la suppression de ses subventions. L’une des idées principales de ce lieu est de créer un espace de rencontres. Ainsi, des discussions, des projections de films, des repas collectifs seront organisés de manière hebdomadaire.

Le lieu vient d’ouvrir. Tout soutien matériel et humain est le bienvenu.

Pendaison de crémaillère le week-end des 3 et 4 novembre (Voir ci-joint le programme). Accueil possible des maintenant.

Contact : gouverneur [at] protonmail [point] com

 

Murcie, Espagne : Arrestation de six anarchistes, accusés de plusieurs attaques incendiaires et explosives – 26 octobre 2018

Publié le 2018-10-29 10:40:04

Vendredi 26 octobre, la police nationale espagnole a arrêté six anarchistes à Murcie. Elle les accuse d’être les auteurs de plusieurs attaques explosives et incendiaires contre des infrastructures du pouvoir.

Sur la trentaine d’attaques réalisées ces dernières années, un grand nombre ciblait les infrastructures de télécommunication (pylônes et antennes-relais) mais aussi des entrepôts, des usines et des réservoirs d’eau potable. Les six anarchistes âgés de 21 à 27 ans sont accusés de « détention, de stockage et de trafic d’explosifs, ainsi que de dégâts matériels ». Les enquêteurs leur attribuent la responsabilité des neuf dernières attaques explosives qui ont eu lieu dans la région.

Cette opération fait suite à une arrestation et une perquisition qui ont eu lieu en juin dernier dans la ville de Molina de Segura (région de Murcie), et au cours de laquelle un jeune anarchiste a été arrêté et du matériel incendiaire et explosif saisi.

Cette enquête a été menée sous la direction du juge d’instruction n°2 de Molina de Segura, qui a décrété que parmi les six inculpés, trois d’entre eux pourraient éviter la prison en échange de caution.

[Reformulé de la presse espagnole, 26.10.2018]

Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) : Deux caméras incendiées

Publié le 2018-10-30 06:52:02

Le Parisien / vendredi 26 octobre 2018

Deux caméras de vidéosurveillance ont été incendiées, allée Stéphane-Mallarmé et place Lautréamont, dans la cité Gabriel-Péri, en lisière du centre-ville de Saint-Denis.
Les dégradations ont eu lieu dans la soirée de jeudi, vers 22 h 15. Un trio a été remarqué en train d’apposer une échelle contre un mât et mettre le feu à la caméra, récemment installée. Un bidon d’essence a été retrouvé au pied du mât. Les caméras sont hors-service, mais, selon la municipalité, elles seront remises en service très rapidement. […] Une enquête de police est menée au commissariat de Saint-Denis pour identifier les incendiaires.

Aucune demande, aucun devoir

Publié le 2018-10-31 00:42:02

Ça ne leur à pas plu, vraiment pas plu. Le gouvernement n’a pas accepté les motivations des opposants comme il se doit au Tap, le méga-gazoduc qui devra aussi faire passer le gaz azerbaïdjanais par l’Italie. Le tap peut et doit être fait, peut-être pas parce que ce gaz est réellement essentiel, mais certainement parce que l’Italie ne peut pas se permettre de payer les pénalités prévues en cas de non-respect de certaines obligations contractuelles. N’est-ce pas une motivation fantastique? Oui, le projet est inutile et nuisible, mais comme il est moins coûteux de faire ce qui est mauvais que de faire ce qui est bon, cela vaut la peine de continuer à faire ce qui est mauvais jusqu’au bou! Raisonnement politico-comptable-bureaucratique par ailleurs déjà utilisé pour le Tav et qui a déjà ébranlé les politico-bureaucrates-comptables du mouvement, calculatrice à la main et paraphrase en bouche accumulant précisions sur précisions …
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Mais aujourd’hui, dans le Salento, ce n’est pas encore le moment de faire les comptes. Aujourd’hui est le jour de la déception et de la colère. C’est que le courant transalpin zadiste qui avait berçé d’illusions sur la possibilité pour le gouvernement de revenir à ses propres décisions, c’est qu’ils avaient tout mis en œuvre pour suivre scrupuleusement de manière démocratique les règles d’une opposition comme il se doit contre de grand travaux (mise en oeuvre d’une faible conflictualité, banalisation des motivations de la lutte afin d’attirer tous les sympathisants possibles, la récupération ou l’isolement des têtes brûlées, composition avec des interlocuteurs haut placés …), le fait est que les opposants No Tap comme ils doit y croient : la lutte le citoyenniste paye parce qu’elle pousse l’Etat à donner (quelle brillante contradiction, hein?). La pression par le bas poussera ceux qui sont au sommet à faire leur travail, ou … hum … à se mettre au service de ceux qui sont en bas?
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Nous ne vous permettons pas de croire que les opposants No Tap comme il se doit sont des nigauds, nonmessieurs. Ils savent qu’il n’y a pas de « gouvernements amis », ils le répètent continuellement, ils ne sont pas naïfs, ils les considèrent en fait comme des professionnels indépendants à qui payer des honoraires réguliers. Les gouvernements sont comme des courtiers, ils ne doivent pas nécessairement être de bons amis, ils doivent simplement investir sur le marché dont ils sont expert, avec le capital des autres. Si l’investissement est réussi, ils nous gagnent tous, certains plus  que d’autres. Sinon … seul le courtier y gagne, il lui reste un toujours un petit quelque chose dans la poche.
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Voilà, les opposants No Tap comme ils se doit avaient investi leur bottin de votes et en consenus, le confiant à certains partis-courtiers dans le peu d’espoir et la certitude de devenir riches en santé et en dignité demain. Ils avaient parlé à ces courtiers, les avaient invités à des dîners populaires, les avaient regardés droit dans les yeux, les avaient crus, car ils semblaient avoir confiance en eux et être des experts dans leur domaine. Et en fait?! Au lieu de cela rien! L’investissement s’est avéré être un désastre, la bourse politique vient d’annoncer l’effondrement des actions No Tap et la montée en flèche de celles du Tap! Et maintenant, que reste-t-il à faire aux adversaires No Tap comme il se doitS’appuyer sur les miracles de Padre Pio? Conserver ces titres sans valeur et espérer un avenir dans le flux et le reflux de la bourse? Les jeter et tout oublier, y compris la santé et la dignité? Attendre un nouveau courtier plus efficace pour ouvrir des parlements comme des boîtes de thon? [NdT. Fait référence à une citation de Grillo du mouvement 5 étoiles : nous le parlement nous l’ouvrirons comme on ouvre une boîte de thon]
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Pour le moment, ils exultent toute leur déception et leur colère : « Dirigeants, démissionnez! » Ehhh, quelle prétention quand même, ils auraient dû savoir que les investissements en bourse sont toujours à haut risque. De quoi se plaignent-ils? Non, vraiment, toute cette rancœur nous semble injuste. S’ils se sont appuyés sur les spéculations des autres au lieu de leur propre détermination, qui devrait démissionner? En fait, on aurait une idée.
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C’est au citoyenniste comme il se doit de se démettre, et même, à se casser. Que la confiance abrutissante dans les institutions et les tribunaux disparaisse. Que disparaisse les recours juridiques insipides et les contre-expertises techniques. Que s’en aillent les infâmes (non)amis des maires, de la police urbaine, des magistrats, des parlementaires. Que le gouvernement, tout type de gouvernement, soit reconnu pour ce qu’il est, ce qui a toujours été et sera toujours : un véritable ennemi. Que l’opposition au Tap retrouve ses premiers jours excitants, incontrôlables avant le déclin des parasites de la politique, comme il se doit. Que finissent en lambeaux les titres boursiers et que l’on recommence à empêcher la construction des grands travaux du pouvoir – ceux de l’aliénation humaine, de l’exploitation économique, de la dévastation de l’environnement – de la seule façon possible. Par une action directe, individuelle ou collective, de jour comme de nuit, en fonction des aptitudes, des circonstances et des opportunités.
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[27/10/18]
https://finimondo.org/node/2241

 

Saint-Mihiel et Nantes : Bon vent !

Publié le 2018-10-31 13:45:07

Prison de Saint Mihiel : Fumer fait du bien à votre liberté

L’Est Républicain / jeudi 25 octobre 2018

Un prisonnier du centre de détention de Saint-Mihiel (55) s’est évadé ce jeudi matin lors d’un déplacement à Metz, pour un suivi médical. L’homme était accompagné par un éducateur. Il se trouvait à Metz pour un suivi dans le cadre de ses addictions. Ce type de permission, avec un accompagnement simple, est courant. Alors qu’ils étaient en avance pour le rendez-vous, le détenu a demandé à celui qui l’accompagnait de pouvoir aller acheter des cigarettes. L’éducateur l’a autorisé. Le fuyard, originaire de l’Est de la France et libérable en novembre 2019, n’est pas réapparu.

Le parquet de Bar-le-Duc, chargé du suivi du dossier, a indiqué que l’homme était incarcéré pour de menues peines cumulées (vol ou usage de chèque contrefait), ainsi que pour des révocations de son sursis. L’évadé, qui pourrait avoir plusieurs points de chute, était, par ailleurs, déjà très connu pour des problèmes de comportement en détention.

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Prison de Nantes : Par la fenêtre

Presse Océan / vendredi 26 octobre 2018

Il était arrivé au quartier pour peines aménagées (QPA) de Nantes en tout de semaine : un jeune détenu s’est évadé en sautant du premier étage, avant de s’enfuir, dans la nuit de jeudi à vendredi. Âgé de 21 ans, il avait été condamné pour des faits de « conduite sans permis » et d’ « escroquerie » à une peine de quatre ans de prison. Ce vendredi, à 17h30, le jeune homme n’avait pas été retrouvé.

Il court toujours !

20 Minutes / lundi 29 octobre 2018

Il n’a toujours pas été retrouvé. Ce lundi, les forces de l’ordre étaient toujours à la recherche d’un détenu, qui s’est évadé du quartier des peines aménagées situé à Carquefou, près de Nantes. Selon Presse Océan, ce jeune homme âgé de 21 ans venait tout juste de rejoindre cette structure, réservée à des personnes incarcérées mais qui ont l’autorisation de sortir, afin de préparer leur réinsertion.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, le détenu avait démonté sa fenêtre et sauté du premier étage, avant de disparaître, rapporte le syndicat FO-Pénitentiaire. Selon le journal Presse Océan, l’homme avait été condamné à quatre ans de prison pour des faits de « conduite sans permis » et d’ « escroquerie ». Il était libérable en septembre 2020.

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Prison de Reims : La sortie pédagogique a failli être définitive

L’Union / jeudi 25 octobre 2018

Un détenu de la maison d’arrêt de Reims s’est échappé d’une sortie pédagogique, ce jeudi 25 octobre midi, sur le territoire d’étude et d’expérimentation de Trois-Fontaines, près de Vitry-le-François. Il a pris la poudre d’escampette au déjeuner. D’importants moyens ont été mis en place pour le retrouver puisque la compagnie de gendarmerie de Vitry-le-François, la police de Saint-Dizier, un chien et un hélicoptère ont été déployés. L’homme a été retrouvé, jeudi soir, dans le Pays vitryat.

Saint-Jean-du-Bruel (Aveyron) : La seule église qu’illumine…

Publié le 2018-10-31 13:45:08

Centre Presse / mardi 30 octobre 2018

Dimanche après midi, vers 16 heures, un incendie a été constaté dans l’église paroissiale. Des panneaux de bois ont été brûlés dans l’une des premières chapelles. Alimenté par des cierges, le feu a dégagé une épaisse fumée. Lundi matin, l’église était fermée. La gendarmerie était sur place et procédait aux investigations, aidée par une équipe de la police scientifique de Rodez. Cet incendie n’a fait aucune victime et une enquête est en cours pour expliquer son origine. Hier après-midi, les autorités confirmaient la piste intentionnelle et se montraient confiantes sur la possibilité d’une résolution rapide.

 

Marsanne, France : Les effets secondaires du sabotage …

Publié le 2018-10-31 15:35:02

Extrait du Dauphiné Libéré du 30.10.2018 :

La société Res espérait une remise en route totale du parc éolien de Marsanne avant l’hiver (une période de fort vent et donc de plus importante productivité), suite à l’incendie qui avait visé deux éoliennes le 1er  juin dernier. Pour rappel, une des deux éoliennes avait été en grande partie détruite. Sa nacelle, les trois pales ainsi que le moyeu (hub), avaient été entièrement calcinés. La seconde n’avait été que partiellement endommagée. Un incendie qui avait été revendiqué par une plateforme libertaire, pour lequel l’enquête de gendarmerie est toujours en cours. Si tout a été nettoyé, l’exploitant attend toujours livraison de la nouvelle machine commandée en Espagne. Face à cet incident inédit, la difficulté pour la société Res était de retrouver une machine d’occasion compatible avec la tour restante. L’éolienne qui avait été le moins endommagée, devrait, elle, pouvoir redémarrer en novembre, espère l’exploitant.

Pologne : deux anarchistes arrêtés pour les protestations contre la CEE en 2015 (19/10/2018)

Publié le 2018-10-31 19:15:02

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Repris de https://anarhija.info/library/polonia-arrestati-due-anarchici-per-le-proteste-contro-eec-nel-2015-19-10-2018-it

Premiers flocons, premières dégradations?

Publié le 2018-11-01 07:49:02

« Nous avons constaté plusieurs séries de dégradations sur les équipements », note Valérie Garcin-Eyméoud, présidente du sydicat mixte des stations du Queyras et conseillère départementale. Une première série, il y a quinze jours (excréments humains, sabotage sur des perches). Puis une deuxième constatée ce mercredi. « Des goupilles ont été arrachées, poursuit-elle. Le reste, c’est de la bêtise humaine, mais là, les conséquences auraient pu être graves. » Selon un communiqué envoyé par le Département, il s’agit de “goupilles retenant les roues des enneigeurs mobiles et des timons. Au risque, lors d’un déplacement de l’équipement (l’enneigeur pèse 850 kg) qu’il ne perde ses roues et se retourne. La liste des événements concernant les nuisances envers la neige de culture commence à être longue sur le domaine de Molines/Saint-Véran. Des vannes, des supports d’enneigeurs, un ordinateur de commande et des coffrets électriques ont été détériorés”. Selon la conseillère départementale, le préjudice de la première série de dégradations a été estimé à environ 7 000 euros.

Repris du Daubé

Zad… zone à déminer ?

Publié le 2018-11-01 14:37:02

Agir ou subir…

La première revendiquée parfois comme asociale et anarchiste individualiste revient à se poser dans les espaces libérés en attente du chantier, sans trop chercher à nouer des liens, quitte à confronter ses valeurs avec le mode de vie des habitants locaux (chasseurs, éleveurs ou salariés, propriétaires ou locataires) quitte à dégager sous d’autres cieux si la pression devient intenable. La deuxième vise la durée en recherchant une autonomie relative ( habitat auto construit, nourriture à prix libre, etc) avec des collectifs comme Sème ta ZAD, Abracadabois, Curcuma – atelier de mécanique agriole… autour de dynamiques politiques communes (liens avec les habitants qui résistent, agriculteurs ou salariés de la métropole en lutte, populations des bourgs environnants,…) en créant une relation de confiance et de respect réciproques…

Une fois la lutte contre l’aéroport remportée, ces deux options ne pouvaient plus coexister, divergeant complètement dans leurs perspectives. La réouverture de la route des chicanes en fut le signal en mars. L’Etat et sa police ont d’ailleurs avalisé ces deux positions ; la plupart des lieux d’habitation qui ont accepté de dialoguer pour négocier le maintien des occupations n’ont pas été rasés. Ces lieux avaient aussi construit avant des liens élargis, bénéficiaient de solidarités extérieures. En étant simplement plus intégrés et moins en confrontation avec les villageois, leur destruction était simplement moins urgente et moins facile. La destruction des Cent noms le 9 avril ( lieu représentatif de certains projets à long terme ) l’a un peu illustré avec une mobilisation élargie les jours suivants.

Hors piste, CMDO, CHIPS, POMPS…

Les tensions fortes qui perdurent aujourd’hui sur la ZAD reposent aussi sur le rôle qu’un groupe a joué pendant plusieurs années. Secret ou informel au début dés 2012, il a choisi depuis bientôt un an de s’assumer comme tel et regroupe une quarantaine de personnes d’une dizaine de lieux, mais aussi à Nantes. Il s’est finalement appelé par auto-dérision CMDO ( Comité pour le Maintien Des Occupations, du nom d’un groupe créé en mai 68 par les situationnistes) et a notamment publié deux textes ( le 10-02 « ZAD will survive » et le 14-05 « Tank on est là ») lisibles sur le site de la ZAD. Si d’autres groupes se sont bien constitués en réponse à côté, POMPS (Pas Ouvert Mais Pas Secret), CHIPS, ils sont plus que discrets.

Face à l’inertie, la lenteur et une certaine incapacité collectives, le CMDO a fini par fonctionner comme une avant-garde auto proclamée, énergique, assurant la communication, l’écriture, une bonne partie des initiatives zadistes ; mais des actions brutales sont aussi attribuées à certains de ses membres à tort ou à raison, entraînant inévitablement réactions, rejet, défiance.

Un mode de fonctionnement ni efficace, ni démocratique

Les assemblées générales de la ZAD sont censées fonctionner au consensus, à l’unanimité. Mais ce mode de décision, théoriquement satisfaisant du point de vue du respect des individus, se révèle voué à l’impuissance puisqu’une seule personne parmi plusieurs centaines peut tout bloquer en s’opposant à une décision (exemple du fonctionnement de la FA). Un remarquable texte de Murray Bookshin – Anarchisme mode de vie contre anarchisme lutte de classes, un abîme infranchissable- (disponible en brochure téléchargeable sur le site de l’OCL) illustre l’impasse du fonctionnement de la ZAD, et se prononce pour un fonctionnement majorité-minorité évitant l’impuissance collective. L’élaboration de contre-propositions par les minorités et un cheminement collectif en dépassant les désaccords auraient pu éviter de tomber dans la pratique zadiste qui s’est finalement mise en place : des Ags cadrées par des ordres du jour précis, des propositions très travaillées et difficilement discutables, des conclusions préparées à l’avance et soutenues avec enthousiasme… Bien sûr ça a donné des assemblées très efficaces mais c’était clairement démotivant pour s’impliquer plus, et les Ags ont été progressivement désertées par de plus en plus d’occupant-e-s. Mais peut-être que la réalité de la ZAD, avec ses deux options de départ (voir plus haut) ne pouvait pas avoir une autre issue que celle qui s’est instaurée, compte tenu de l’absence, ou de l’échec, de dynamiques politiques plus globales en France (loi travail, grève des cheminots, mouvement scolarisés,….

En-dehors des AG, des commissions étaient ouvertes officiellement à toutes les bonnes volontés et mandatées pour rédiger les textes ; une personne de l’extérieur qui s’y hasardait avait rapidement l’impression de poser des mauvaises questions à des personnes s’étant déjà vues avant. Mais après tout, les zadistes sont tout le temps ensemble ?! Et puis la manie du secret contre les infiltrations policières, avec le refus de s’appeler autrement que Camille, incitait à ne pas poser de questions sous peine de devenir suspect…. Il faut sûrement voir dans ce côté opaque des relations avec l’extérieur, l’explication du désinvestissement total de la ZAD par le milieu politique nantais libertaire ou d’extrême gauche organisé, sinon pour certaines « grandes » occasions. Pourtant, l’affaire de Tarnac l’a démontré, ces cloisonnements n’empêchent pas l’infiltration de vrais indics. Elles gênent par contre fortement le débat politique du mouvement, renforçant la structuration de pouvoirs en l’absence de critiques.

Un autre trait, qui a renforcé ce côté secret et manipulateur, rebutant et démotivant pour des non-habitants en particulier, est l’investissement à long terme du non-groupe dit « appeliste », venu de la Maison de la Grève de Rennes pour les plus anciens. Cette avant-garde politique et élitiste, qui se veut invisible tout en construisant des bases d’appui comme à Tarnac ou à la ZAD, et qui publie régulièrement (l’insurrection qui vient, l’appel, à nos amis, etc ) a bien sûr intégré le groupe large téléguidant la ZAD. Aussi les désaccords et rejets pré-existants à l’égard des appelistes se sont reportés sur le groupe plus large.

A force d’être incontournable pour tout ce qui comptait dans la direction de la lutte, les initiatives – parfois trés bonnes -, la communication, avec toujours les mêmes individus mandatés, les mêmes tics de langage ampoulé, d’écriture emphatique , et les mêmes méthodes, la combine s’est éventée, le groupe « secret » ne l’était plus.

Un champs… de ruines

Il n’y a donc pas que les cabanes qui sont en ruine sur la ZAD. Comment refaire confiance à des personnes qui arrivent en réunion avec une tactique cachée pour imposer des choix, verrouillent des assemblées, transformées en simples chambres d’enregistrement, à moins d’arriver soi-même avec une motion déjà écrite, un projet déjà bien ficelé, un tract ou une affiche déjà tirée,..? Plus inquiétante encore est la contradiction que porte ce genre de pratique. Par souci d’efficacité, par recherche de gain de temps – il y a tellement de réunions sur la zad qui concernent tellement de sujets… – il est très rare de pouvoir creuser toutes les implications d’une décision.

Pourtant le collectif permet en théorie de mieux traduire des intérêts communs. Mais alors où est le projet politique d’un fonctionnement horizontal, sans spécialiste prenant en otage le débat, sans être « en guerre » avec son interlocuteur… On comprend mieux les nombreux départs de la ZAD, moins par manque de toit que par perte de…foi ?! Si l’urgence ne permet pas un fonctionnement démocratique satisfaisant, il est important que cela soit décidé le plus collectivement possible pour revenir dés que possible à un processus horizontal.

S’organiser, une nécessité, mais pas n’importe comment…

Si à posteriori, le fait de s’organiser pour éviter le naufrage du fonctionnement collectif en 2012 apparaît légitime et même nécessaire, les implications de la façon de procéder adoptée par le futur CMDO sont une impasse pour un projet politique révolutionnaire anti autoritaire. Le fait d’agir secrètement dans les assemblées générales, comme dans le maintien de l’ordre sur la ZAD pour arriver à ses fins, instaure un pouvoir séparé du collectif, une hiérarchisation interne au mouvement (ceux et celles qui savent, et les autres qui ignorent la vérité) qui mine les indispensables unité et cohésion du mouvement de lutte. Cette façon de procéder secrètement dans un processus collectif s’apparente plus à une avant-garde auto-proclamée qui a décidée comment il fallait agir pour le bien du collectif, quitte à s’imposer à la volonté du collectif si celui-ci s’oppose ou résiste. Historiquement les échecs de telles pratiques révolutionnaires, prônées par les groupes marxistes léninistes notamment, ne peuvent qu’inciter à les rejeter. Si un groupe intervient ouvertement en tant que groupe séparé dans une assemblée, avec proposition d’analyses et de pratiques, l’assemblée peut s’en emparer ou pas mais conserve sa liberté du choix final. Ca nécessite aussi qu’il n’y ait pas de rejet à priori des groupes organisés, ce qui est malheureusement dans certains milieux post-modernes une forte tendance. Mais il n’y a pas d’autre choix pour éviter d’en arriver à la situation actuelle et la crise de confiance sur la ZAD. Car d’autres difficultés se précisent.

Les citoyens se débinent

Le mouvement d’opposition à l’aéroport était d’abord un mouvement paysan. Avec la relance du projet début 2000, les citoyennistes de l’ACIPA ( Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport) se sont rajoutés. Enfin à partir de 2009 un mouvement squatt a mis sa touche finale, bordélique et transgressive, quotidienniste et éruptive, au pudding d’opposition formé d’une cinquantaine de groupes. Ce mille-feuille inédit ancré sur un territoire, contradictoire en soi ( avec sa population nomade ou agricultrice) et indigeste pour les méthodes classiques de contrôle, a fait reculer l’Etat et les porteurs de projet. A méditer face aux échecs actuels des luttes sociales.

Les contradictions internes se soldent ainsi depuis février 2018 avec les départs et les rejets violents, les ruptures et anathèmes. La composante paysanne, ses problématiques et ses enjeux, revient au premier plan avec la question des terres, accumulées par les institutions. L’ACIPA s’est auto-dissoute au début de l’été, estimant son but citoyen atteint. Cette décision révèle surtout au grand jour deux positions internes qui se lisent dans les votes, 12 contre 10, du bureau de l’association. Les pro-dissolution comptent jeter la clé, les fichiers d’adhérent-e-s et le reste, après avoir fermé la porte derrière eux-elles. Pour le dernier porte-parole, le mot d’ordre Contre l’aéroport et son monde n’est plus d’actualité. Au moment où les zadistes tentent de structurer leur maintien sur zone, avec des projets agricoles, culturels ou artisanaux, face aux agriculteurs de la FNSEA et aux forestiers du département qui veulent accaparer toutes ces terres « disponibles », la dissolution de l’ACIPA – au nom du mot d’ordre minimal Pas de ça chez moi exaucé par l’état – est un beau lâchage des habitant-e-s de la ZAD qui tentaient de maintenir des relations de respect mutuel avec les populations environnantes.

C. B.

Mise au point sur les classes sociales

Publié le 2018-11-01 14:39:02

Mise au point sur les classes sociales

L’analyse historique dite marxiste, consistant à montrer l’émergence d’une classe bourgeoise – possédant les moyens de production – et d’une classe ouvrière – dépossédée de ses moyens d’existence et ne disposant que sa force de travail à vendre pour survivre – a été importante pour comprendre l’évolution du monde à partir de la première révolution industrielle. Elle a permis de mettre en lumière des rapports sociaux dits capitalistes, dans lesquels les ouvrier·e·s dépossédé·e·s (ou prolétaires) sont non seulement exploité·e·s – dans le sens que la « plus-value » créée par leur travail (conjugué au capital, c’est-à-dire principalement aux machines, et aux « ressources naturelles » comme l’énergie) est accaparée par les propriétaires des moyens de production (les capitalistes) – mais aussi aliéné·e·s, dans le sens que les moyens et les finalités de leur existence leur échappent.

Mais les choses ne sont pas aussi simples. Un paradoxe peut être relevé : ces deux classes sont à la fois antagoniques – elles ne cessent de s’affronter dans une « lutte des classes » pour gagner les richesses issues de la production, voire pour la maîtrise de la production elle-même – à la fois elles partagent un intérêt commun à travers la dépendance à l’économie industrielle, pour que le monde s’industrialise et que cette économie croisse. D’où une vision « prolétarienne » du progrès, qui explique que la majorité des marxistes et des syndicats des secteurs industriels ont été favorables au « développement des forces productives » et au « déchaînement des forces de la nature » mis en œuvre par les scientifiques et les ingénieurs, et que les régimes socialistes ont œuvré à l’industrialisation des campagnes et à l’expropriation des paysan·ne·s considéré·e·s comme des propriétaires privés et des réfractaires au progrès social.

D’autre part, même après la chute de l’économie féodale, les rapports capitalistes ne sont ni la seule forme d’exploitation fondamentale, ni la seule déterminante sur l’évolution historique : les rapports de genre sont tout aussi centraux à travers l’assimilation du travail reproductif gratuit (cf S. Federici, Caliban et la sorcière). De plus, le capitalisme n’a jamais pu fonctionner sans qu’une large partie de l’humanité soit déshumanisée par le racisme et dénuée de salaire et de contrat de travail dans le cadre de divers rapports esclavagistes et coloniaux. Si on ajoute le « travail » ou les « ressources » extorqués sans renouvellement à ce qui est considéré comme la « nature », on voit que le capitalisme fonctionne sur la base d’une combinaison de travail salarié, de travail gratuit et de pillage.

Et le fait d’être dominé·e dans un certain rapport social n’empêche pas un·e individu·e (ou un groupe) d’être dominant·e dans un autre. Les dominations sont souvent liées les unes aux autres et se renforcent. Or la vision marxiste a eu tendance à devenir une vision exclusive, ne considérant que la domination de classe et l’exploitation capitaliste, négligeant les autres rapports de domination et d’exploitation, notamment à l’intérieur d’une classe sociale qui évidemment n’est jamais homogène dans la réalité. Cette tendance est même allée jusqu’à considérer qu’il n’y avait que deux classes sociales incluant toute l’humanité, au profit d’une construction identitaire prolétarienne réductrice.

Où mettre dès lors les paysan·ne·s ou les communautés indigènes en tant que parties prenantes dans les changements historiques ? Celles-ci peuvent avoir participé à l’émergence des rapports capitalistes, comme les paysans aisés d’Europe qui ont bénéficié des enclosures, ou agir comme force de résistance et de subversion comme les zapatistes au Chiapas d’aujourd’hui. Les enclosures sont le mouvement de privatisation des terres communes qui exproprie les paysans pauvres depuis trois siècles. Sur les terres communes, un individu ne peut pas valoriser personnellement un investissement, par exemple améliorer ses terres avec des engrais verts lorsque les paysans pauvres y font pâturer leur bétail. Pour nourrir davantage de gens, il faut soit une organisation communautaire solidaire, soit la privatisation des terres. Si l’Europe a opté pour la seconde option pour nourrir la révolution industrielle (en prolétaires et en nourriture), ce n’est pas seulement à cause de la montée en puissance des marchands, c’est aussi en s’appuyant sur les inégalités au sein des sociétés paysannes.

Aussi, la situation s’est complexifiée par rapport au XIXème siècle, avec l’émergence de larges secteurs des populations des pays industrialisés qui sont à la fois exploiteur·euse·s et exploité·e·s : salarié·e·s qui possèdent leur maison et exploitent une femme de ménage, fonctionnaires dont la caisse de pension investit sur les marchés financiers, petits patrons sous-traitants pour des gros acteurs du marché, agriculteur·trice·s endetté·e·s exploitant du personnel tout en étant exploité·e·s par les banques et la grande distribution… Ce qui a pu être considéré comme « classe moyenne » avec ses petits capitaux tend à servir de relais à l’exploitation, souvent au détriment des immigré·e·s les plus récent·e·s.

Ça n’empêche que cette société, avec sa stratification complexe, reste une société de classes dont la plupart des marchandises sont produites dans des usines qui appartiennent à des capitalistes qui n’y travaillent pas, et où travaillent des prolétaires qui ne possèdent rien. Le credo anarchiste « pour une société sans classes et sans État » n’a pas perdu son objet.

Ça n’empêche pas non plus que la moitié des humains travaillent toujours dans les champs, manuellement pour la plupart, à l’écart du capitalisme mais succombant à ses assauts par millions chaque année. Le processus d’accaparement de terres, d’enclosures et de prolétarisation est toujours en cours.

Les classes sociales restent pour certain·e·s d’entre nous un outil d’analyse et de lutte. Quand une lutte est menée par des dominé·e·s, armé·e·s ou pas d’une « conscience de classe », contre l’oppression qu’illes subissent, ça fait sens d’un point de vue anarchiste, sans qu’on doive idéaliser tout ce qui s’y joue ni perdre de vue la perspective globale de l’abolition de toute domination. Cette perspective doit être portée, envers et contre tous les écueils de l’achat de la paix sociale, de la collaboration de classe, de la division, de la médiation et de la récupération.

Rhizome n°5

Tract : Quand la police attaque

Publié le 2018-11-01 14:39:04
Nov 012018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La police est dans notre chemin. Elle est dans notre chemin vers la suite de la manifestation : vers le prochain coin de rue, vers les vitrines de banque du centre-ville, le poste de police et les bureaux du gouvernement. Elle est aussi dans notre chemin vers autre chose : vers un monde sans patrons, ni flics, ni prisons, comme le dit le bon vieux slogan. Mais avant d’être dans notre chemin, elle est d’abord et avant tout… la police, c’est-à-dire une institution basée sur la colonisation, le racisme et le monopole étatique de la violence. Nous n’aurons d’autre choix que de l’affronter comme adversaire dans chacune de nos luttes.

Bien que la manifestation ne soit pas le seul moment où l’on fait face aux flics, elle constitue un contexte incontournable. Dans la manifestation, la police met tout à sa disposition afin de semer la peur parmi les contestataires du pouvoir, afin de contrôler nos actions, de nous blesser et de nous arrêter. En somme, elle se déploie en force dans l’objectif de nous dissuader de poursuivre la lutte et de faire réellement bouger les choses.

Il faut qu’on se donne collectivement les moyens de se défendre. Selon nous, quelques anarchistes montréalais, il s’agit de propager des connaissances et des pratiques de confrontation et de soin, ainsi que de faire un effort pour que les groupes et individus, participant de différentes manières à la manifestation, collaborent les un.es avec les autres. En nous basant sur quelques manifestations récentes à Montréal, voyons un petit aperçu de quelques tactiques qui peuvent être utilisées de manière cohérente contre les flics. Il y a de la place pour tout le monde !

  • Feux d’artifice!
  • Équipe de la bannière renforcée : Une bannière renforcée a de multiples usages : elle porte un message, elle offre un endroit où se dissimuler (ex.: pour se changer), elle protège au moins les bras des personnes qui la tiennent, grâce aux morceaux de bois et de plastiques ajoutés à l’arrière. Les personnes qui tiennent la bannière sont dans une position vulnérable, puisqu’ils et elles se retrouvent souvent sur la ligne de front. Il est donc important de porter des casques et des protège-dents. De plus, chacun.e d’eux et elles est jumelé.e, pour sa protection, avec une autre personne, celle-là plus mobile, qui se tient juste derrière, avec un drapeau pouvant servir de bâton.
  • Distribution de masques : Porter un masque ne permet pas seulement de protéger sa propre identité : plus il y a de personnes masquées, plus cette tactique devient efficace pour l’ensemble des gens. Si toute la foule est masquée, la police éprouve beaucoup plus de difficultés à déterminer qui a lancé la roche. Même si on ne prévoit pas enfreindre la loi, porter un masque est une excellente façon de démontrer de la solidarité avec ceux et celles qui prendront ce risque.
  • Graffeurs.ses
  • Médics
  • Collecteur.ses de projectiles : Il y a plusieurs façon de supporter indirectemment la confrontation avec la police ! Que ce soit d’amasser des piles de briques ou de roches près de l’affrontement, ou bien d’encourager les gens à demeurer groupés et à ne pas s’éloigner lorsque la manif devient chaotique.
  • Équipe anti-médias : Peu importe les intentions des journalistes, les photos ou les vidéos captés lors de manifs peuvent être utilisés comme éléments de preuve afin de condamner nos ami.es. Il est donc essentiel que les caméras soient repoussées des manifs mouvementées.
  • Équipe de l’arrière de la manif : Si une manif bouge trop vite, elle peut abandonner des gens qui ne peuvent pas se déplacer aussi rapidement. Une équipe à l’arrière de la manif peut communiquer avec des gens à avant, pour essayer de trouver une vitesse qui permet à tout le monde de rester ensemble aussi longtemps que souhaité. De plus, les flics n’entrent pas dans la manif uniquement par l’avant ou par les côtés : une équipe de l’arrière aurait le potentiel d’améliorer la sécurité de toute la manif.
  • Barricade fonctionnelle : Une barricade entrave les mouvements de la police, tout en nous procurant un élément de protection derrière lequel se cacher durant l’affrontement.

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Halloween : Des bonnes habitudes qui s’installent [MAJ 5/11]

Publié le 2018-11-01 14:40:05

A Poitiers

Le Parisien / jeudi 1er novembre 2018

La soirée de Halloween a été agitée. Dans toute la France, les services de polices et de secours ont constaté plusieurs incendies et ont été la cible de jets de projectiles dans la nuit de mercredi à jeudi.
Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait demandé mercredi aux préfets « une mobilisation renforcée », après la diffusion sur les réseaux sociaux de messages appelant à une « purge » des policiers durant cette soirée.
Jeudi matin, le ministre a annoncé qu’une « centaine de personnes » a été interpellée grâce à la mobilisation anticipée de « 15 000 membres des forces de l’ordre et de sécurité ». Pour l’heure, les incidents que nous avons recensés ci-dessous ont débouché sur 116 interpellations.
En 2016 et 2017, déjà, la nuit de Halloween avait été marquée par des incidents. Selon le ministre, les faits sont moins graves que ceux de l’an dernier.

Une bouteille d’acide contre des policiers en Essonne. Vers 19 heures, une épicerie de la ville de Montgeron a été pillée par trois jeunes masqués. En poursuivant les malfaiteurs, les policiers ont été visés par une bouteille d’acide mais n’ont pas été touchés. Deux agents ont été légèrement intoxiqués par les émanations du produit. Dans le même temps, à Vigneux-sur-Seine, d’autres policiers ont été visés par des jets de pierre. Il n’y a pas eu de blessés. Un fourgon de police a été aspergé d’essence dans la ville de Corbeil-Essonnes.

36 personnes en garde à vue dans le Val-de-Marne. Une des personnes interpellées, un homme de 18 ans, a avoué avoir répondu à l’appel à la « purge » lancé sur les réseaux sociaux. Il a lancé des projectiles sur une voiture de police à Créteil. Au total, 24 poubelles ainsi que 12 véhicules ont été incendiés dans le département.

Des tramways coupés et 50 interpellations en Seine-Saint-Denis. Les lignes de tramway T5 (Saint-Denis-Garges-les-Gonesse) et T8 (Epinay-Les Beatus) ont été coupées dès 20h30 pour la première, dès minuit pour la seconde, conséquence des violences dans la ville de Saint-Denis. Une dizaine de feux de voitures et une quinzaine de feux de poubelles ont été constatés. Les policiers ont aussi procédé à l’interpellation d’une cinquantaine de personnes, dont trois mineurs.

Bagnolet

L’appel à la « purge » également suivi dans les Yvelines. Sur les vingt interpellations réalisées par la police, huit semblent liées au fameux appel transmis via les réseaux sociaux. Plusieurs jeunes portaient en effet un masque « Anonymous » et se promenaient armés dans les villes de Maurepas, Saint-Germain-en Laye, Sartrouville, Vélizy-Villacoublay, ou encore aux Mureaux. Certains d’entre eux sont mineurs. Au total, environ 75 faits de violences urbaines ont été enregistrés dans le département, dont quinze incendies de véhicules et 22 jets de projectiles. A la gare de Viroflay Rive Gauche, une petite bombe artisanale a causé une explosion.

Des heurts dans la région de Lyon. Sept personnes ont été interpellées dans la soirée de mercredi à Lyon, après des « bousculades » et des jets de projectiles sur la vitrine d’un fleuriste près de la place Bellecour. Des feux de poubelles ont aussi été déclenchés dans l’agglomération lyonnaise, à Grigny, Givors et à Villefranche-sur-Saône. Les pompiers du Rhône ont déclaré avoir effectué 24 interventions, essentiellement pour des feux de poubelles ou de voitures.

Lyon

A Rennes aussi, des feux de poubelles. Les forces de l’ordre ont été mobilisées pour 29 feux de poubelle dans le quartier du Blosne, à la dalle Kennedy de Villejean et dans la commune de Saint-Jacques-de-la-Lande, relate Ouest-France. Quinze voitures ont été incendiées. Un adolescent âgé de 15 ans a été blessé par un tir de lanceur de balle. Il aurait été blessé alors qu’il caillassait les policiers.

Rennes

Des voitures incendiées à Nantes. Selon la préfecture de Loire-Atlantique, citée par France Bleu Loire Océan, trois voitures ont été brûlées dans le quartier Port-Boyer. Huit poubelles ont été incendiées dans le quartier des Dervallières et du Breil. Trois mineurs ont été interpellés à la suite de ces violences.

Des arrêts de bus dégradés à Metz. Dans le quartier Metz-Borny, trois arrêts de bus ont été dégradés. Un bus a été visé par des projectiles, notamment des œufs. Des feux de poubelles ont aussi été déclenchés dans les communes de Yutz, Thionville et Farébersviller, relate France Bleu Lorraine Nord.

A Toulouse, 17 feux de poubelles et 10 feux de voitures. En Haute-Garonne, une « légère augmentation des interventions » a été constatée par rapport à la nuit de Halloween de 2017. Des communes de l’agglomération toulousaine (Muret, Saint-Lys, Léguevin, Saint-Jory, Saint-Jean, Aussonne), ont aussi été touchées, affirme le site actu Toulouse.

Cinq voitures brûlées à Poitiers. Le quartier de Bel-Air a connu des violences cette nuit. Cinq voitures ont été brûlées, dont quatre appartenant au Centre communal d’action sociale (CCAS). Le maire de la ville, Alain Claeys, a déjà exprimé sa « colère » à la suite de ces évènements, raconte La Nouvelle République.

Poitiers

NdAtt. : selon la Nouvelle République d’aujourd’hui, « Dans la rue Rolland-Garros, à quelques centaines de mètres, trois Citroën C1 du CCAS de Poitiers ont été détruites par des incendies provoqués au niveau du moteur. L’intervention rapide des pompiers a évité une propagation plus importante au reste des véhicules présents sur le parking mais deux véhicules ont été endommagés par la chaleur : une autre Citroën C1 du CCAS et une Renault 19 appartenant à un particulier. »

Les voitures du CCAS à Poitiers

Incendies et jets de projectiles en Isère. Plus de 70 feux de poubelles et de voitures ont été déclarés près des quartiers de la Villeneuve et du Mistral à Grenoble, ainsi que dans les communes d’Echirolles, du Pont-de-Claix et de Vienne, selon la station locale Radio Isa. Les services de secours ont également subi des tirs de projectiles.

Feux et heurts avec la police à La Réunion. A Saint-André, Sainte-Suzanne, Saint-Denis, Le Port ou encore Saint-Pierre, la nuit a aussi été longue pour les secours réunionnais, relate Réunion 1re. Un policier a été blessé à la hanche durant des affrontements à Saint-André. Dans le quartier du Chaudron à Saint-Denis, plus de cinquante policiers ont été mobilisés pour gérer des incendies, sous une pluie de projectiles.

Le Chaudron (La Réunion)

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Ça bouge aussi en Indre-et-Loire

France Bleu / jeudi 1er novembre 2018

Les soirées d’Halloween vont-elles connaître les mêmes dérives que celles de la St-Sylvestre ? Après les appels à la violence contre les forces de l’ordre relayés sur les réseaux sociaux, la nuit a été particulièrement chaude sur Joué-les-Tours. Avec à la clé bon nombre de violences urbaines quartier de la Rabière.
Toute la soirée et une bonne partie de la nuit, de 19h  jusqu’à 2h du matin, plusieurs groupes d’habitants du quartier n’ont cessé de chercher à en découdre avec les policiers. Au total, huit voitures ont été brûlées, du mobilier urbain saccagé comme des abri-bus dégradés ou des poubelles incendiées. Et à chaque intervention des forces de l’ordre, les policiers ont été caillassés. Pas de blessés à déplorer. Une personne a été interpellée. Elle est actuellement en garde à vue.

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Loire : Ici aussi, des voitures en feu

France Bleu / jeudi 1er novembre 2018

Les pompiers de la Loire ont été sollicités à plusieurs reprises lors de la soirée d’Halloween. Plusieurs véhicules ont été incendiés dans cette nuit de mercredi à jeudi dans la vallée du Gier, notamment à Rive-de-Gier, mais aussi à Montbrison dans le quartier de Beauregard et à Andrézieux-Bouthéon dans le quartie de La Chapelle. Des poubelles ont également brûlé. […]

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Onet-le-Château (Aveyron) : Flics et élus pris pour cible

Le Parisien / jeudi 1er novembre 2018

La nuit d’Halloween n’a pas été chaude qu’en Essonne où des policiers ont notamment été victimes de ce qui pourrait être un jet de bouteille d’acide dans la commune de Montgeron. Selon nos informations, à Onet-le-Château dans l’Aveyron, le directeur adjoint départemental de la sécurité publique, un élu, un officier de police et le chef de la police municipale ont aussi été la cible d’une attaque. Vers 19h30 mercredi soir, une bouteille a été lancée depuis un pont sur ce petit groupe qui sortait d’une réunion en mairie. Les fonctionnaires et élus ont été très légèrement blessés par l’explosion du récipient en plastique. Une enquête en flagrance a été ouverte par le parquet de Rodez sans que l’on se sache s’il existe un lien pour l’instant avec la fête d’Halloween ou un climat de tension local. Le parquet n’était pas en mesure de confirmer jeudi la nature du produit. Des analyses ont été diligentées.

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Un résumé

France Bleu / jeudi 1er novembre 2018

[…] Au total, 30 feux de voitures et 70 feux de poubelles ont été relevés à Paris et dans les départements de sa petite couronne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, dans la nuit de mercredi à jeudi.
Ces chiffres sont les mêmes que l’an dernier, selon les pompiers, qui estiment qu’il n’y a pas eu « d’effet nuit d’Halloween ». À titre de comparaison, 300 véhicules ont été brûlés pendant la nuit du 31 décembre 2017 au 1er janvier 2018.
À Lyon aussi la nuit a été agitée en centre-ville, principalement dans le quartier de la place Bellecour. Des petits groupes ont mis le feu à des poubelles, brisé des vitrines, provoqué des mouvements de foules et jeté des projectiles sur les forces de l’ordre qui essayaient d’intervenir. 12 personnes ont été interpellées dont au moins 10 mineurs.
Des incidents ont également été signalés à Metz, Toulouse, Rive-de-Gier, Rennes, Grenoble, près de Tours ou encore Vienne et Poitiers, avec à chaque fois des feux de poubelle ou de voitures.
En tout, dans le pays, selon un bilan encore provisoire du ministère de l’Intérieur, 116 personnes ont été interpellées et 82 placées en garde à vue.
Pourtant, à en croire le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, cette nuit d’Halloween 2018 a eu « moins de gravité » que celle de l’an passé, « parce qu’on a anticipé » en déployant des renforts sur le territoire, soit 15.000 forces de l’ordre au total, dit-il ce jeudi matin.
Le ministre qui insiste pour dire qu’il y a eu « bien moins de dégâts matériels » qu’une nuit de Nouvel An, et rappelle que Halloween « doit rester une fête » tout en dénonçant « l’appel à la purge » qui a été lancé cette année sur les réseaux sociaux, mais « la purge, ça n’est pas une blague ». Christophe Castaner dit avoir porté plainte.

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Halloween comme le 14 Juillet et la Saint Sylvestre ?

Le Parisien / jeudi 1er novembre 2018

Montgeron (Essonne), Lyon (Rhône), Toulouse (Haute-Garonne), mais aussi Poitiers (Vienne) ou La Réunion… Les incidents se sont multipliés dans la nuit de mercredi à jeudi à l’occasion de la soirée d’Halloween. Depuis trois ou quatre ans, cette soirée festive, importée des pays anglo-saxons, connaît des débordements délicats à gérer pour les forces de police et de gendarmerie.
Cet événement nécessite maintenant des moyens supplémentaires, au même titre que la nuit de la Saint-Sylvestre et la soirée du 14 juillet. La direction générale de la police ne communique pas sur les effectifs engagés, mais le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait demandé une « mobilisation renforcée » de la part des préfets.
« Il faut nous adapter en terme d’effectifs et de stratégie, explique une source policière. Contrairement à ce qui se passe lors de la fête de la musique par exemple, il n’y a pas de lieux de rassemblement préétablis. Nous devons anticiper les déplacements de petits groupes très mobiles. »
Autre différence notable avec les tensions des 14 juillet et 31 décembre : les horaires. Pour Halloween, la plupart des incidents recensés l’ont été en début de soirée, vers 20 heures. Ils semblent impliquer des jeunes adolescents : la jeune fille arrêtée à Montgeron après un jet d’acide sur les policiers n’a que 13 ans. Elle se trouve en garde à vue.
En revanche, les appels à « la purge » sur les réseaux sociaux, c’est-à-dire au harcèlement systématique des forces de l’ordre, ne paraissent pas avoir eu d’incidence. Le jeune Isérois de 19 ans, à l’origine du premier message devenu viral, sera jugé le 28 novembre pour « provocation, non suivie d’effet, au crime ou délit », après son appel à la « purge » le mercredi 31 octobre, soir d’Halloween. Il évoque de son côté « une énorme blague ».
En 2016, selon un bilan national (hors Paris) effectué par la police, et évoqué par notre journal une centaine de voitures sont parties en fumée et des équipages de secours, qu’il s’agisse de policiers ou de pompiers, ont été prises pour cible. Au total, près de 130 faits de ce type ont été recensés. En 2015, la Toussaint avait connu un pic de violences avec 210 faits enregistrés et un nombre de voitures brûlées légèrement supérieur (106) selon le décompte du ministère de l’Intérieur.

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Moselle : Les lampadaires tombent

France Bleu / jeudi 1er novembre 2018

La soirée d’Halloween a dégénéré en Moselle mercredi soir. Des arrêts de bus ont été dégradés dans le quartier de Metz Borny. A Uckange, ce sont des lampadaires qui ont été sectionnés. Sept mineurs ont été interpellés. Ils sont âgés de 14 à 17 ans. […]
Trois arrêts de bus dégradés, un bus touché par des projectiles (notamment des œufs, selon la compagnie de bus) : la soirée a été quelque peu agitée dans le quartier Metz Borny, en ce mercredi soir d’Halloween. Sur une vidéo diffusée sur le réseau social Twitter, on peut voir une dizaines d’individus s’approcher d’un arrêt de bus, qui serait l’arrêt Provence. Une vitre est alors brisée. Un projectile est également lancé sur un bus, le conducteur décide de continuer sa route sans s’arrêter. Une façade de maison a été dégradée. Après avoir pris connaissance de ces violences, la police de Metz a été déployée dans de nombreuses zones du quartier Borny.
Autre scène surréaliste filmé apparemment dans un quartier populaire d’Uckange. On voit une personne, visage dissimulé en train de couper un lampadaire à la tronçonneuse ou a la disqueuse.
Un hélicoptère de la gendarmerie a été appelé cette nuit en renfort pour ramener le calme.
Par ailleurs à Marly, Yutz, Thionville et Farébersviller, il y a eu plusieurs feux de poubelles, et au moins une voiture brûlée. La façade d’un restaurant a été dégradée à Woippy.

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Un récit plus détaillé de la nuit dans l’Essonne

Le Parisien / jeudi 1er novembre 2018

Une trentaine de personnes placées en garde à vue, un peu partout dans le département. C’est le bilan de la nuit de violences que vient de connaître l’Essonne. Mais attention, tempèrent police et justice : il convient de distinguer les actes relevant de la délinquance classique de ceux directement liés à l’appel à la « purge » – soit au déclenchement d’incendies et au ciblage spécifique des forces de l’ordre – émis en début de semaine sur les réseaux sociaux.
Un premier signalement a été effectué à 18h30, à Sainte-Geneviève-des-Bois, où une dizaine d’individus encagoulés déambulaient. « Nous en avons eu plusieurs du même type tout au long de la soirée, mais il ne faut pas oublier que c’était Halloween, et que beaucoup de gens costumés circulaient sur la voie publique, rappelle une source policière. Il n’y a pas forcément eu d’exactions. »
Quelques minutes plus tard, une quinzaine de personnes pénètrent pourtant au sein du magasin Intersport d’Etampes, s’y livrent à des actes de pillages, et frappent le directeur et deux employés, dont un vigile. Une seule personne a été interpellée : un mineur, originaire d’un département voisin, mais placé dans une famille d’accueil de l’Essonne.
Aux alentours de 19 heures, c’est à Montgeron, dans le quartier de la Forêt, qu’une vingtaine d’individus masqués dégradent et pillent une supérette, avant de prendre la fuite. Les policiers qui les poursuivent sont alors pris à partie par deux jeunes filles, qui leur jettent une bouteille d’acide. L’une d’entre elles, âgée de 13 ans, a été arrêtée. Impossible, en l’état actuel des faits, de dire si c’est bien elle qui a lancé le projectile. […]
Bus caillassé à coups de boules de pétanque à Draveil, feux de véhicules et tirs de mortiers à Etampes, Corbeil-Essonnes et aux Ulis, les exactions se succèdent ainsi toute la soirée. Jusqu’à 1h20 du matin, dans le quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes, un véhicule de police est arrosé d’essence par un petit groupe, qui le vise ensuite à l’aide d’un mortier mais le manque.
Au final, « aucun policier n’a été blessé au cours de cette nuit », se réjouit Jean-François Papineau, directeur départemental de la sécurité publique de l’Essonne, qui parle d’« une activité soutenue », mais assure que « le terrain était tenu ».
Une vision qui tranche avec celle du syndicat de policiers Alliance. « Des effectifs avaient été prévus en nombre à Corbeil, en vue de la purge, et tout s’y est relativement bien passé. Mais partout ailleurs, les renforts sont arrivés au compte-gouttes, et ça a été chaud, commente l’un de ses représentants. A Etampes, il n’y a pas eu de renforts du tout, et c’est là que la nuit a été la plus longue. »

Etampes

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Dans les Yvelines

Le Parisien / jeudi 1er novembre 2018

La nuit de Halloween a été émaillée de nombreux incidents mettant aux prises jeunes et forces de l’ordre aux quatre coins du département. Ces dernières se sont montrées particulièrement vigilantes après l’appel à « la purge » dans les rangs de la police lancé sur les réseaux sociaux par un homme de 19 ans originaire de l’Isère. Si ce dernier a évoqué une « énorme plaisanterie » pour sa défense, son message en a visiblement inspiré quelques-uns.
Dans la soirée, puis dans la nuit, de mercredi à jeudi, sur les vingt interpellations auxquelles a procédé la police, huit ont semblé présenter, selon elle, un lien avec cet appel.
Un lien effectué grâce au port de masques spécifiques constaté par les policiers. Cela a été le cas à Maurepas, où deux jeunes ont été arrêtés en possession également d’une batte de base-ball et d’un club de golf. C’est une autre batte qui a été retrouvée lors de la fouille d’individus armés à Saint-Germain-en-Laye. Là aussi, des masques de type « hackers Anonymous » portés par les jeunes avaient attiré l’attention des policiers.
Même chose à Sartrouville où des porteurs de masque ont été contrôlés, se baladant l’un avec un couteau à longue lame, l’autre avec un poing américain. À Vélizy-Villacoublay, trois mineurs, l’un de 13 ans et les deux autres de 14 ans, ont été interpellés alors qu’ils exhibaient un couteau. Ils ont expliqué l’avoir acheté pour « se défendre face à l’appel à la purge. » Aux Mureaux, un enfant de 12 ans, habillé d’un ciré jaune et masqué, a été pris alors qu’il venait de mettre le feu à une poubelle en compagnie de quatre autres jeunes. Il a été remis à ses parents.
En tout, la police a dû faire face à 75 faits de violences urbaines dans le département. Parmi celles-ci, quinze incendies de véhicules ont été constatés et les forces de l’ordre ont essuyé vingt-deux jets de projectiles divers. À Guyancourt, un fonctionnaire a été légèrement blessé alors que sa patrouille intervenait sur un feu de voiture, boulevard du Château. Le policier a reçu des cannettes qui l’ont touché au bras gauche et au genou gauche. Enfin, à la gare de Viroflay Rive Gauche, une explosion due à une petite bombe artisanale fabriquée avec une bouteille en plastique a mobilisé les policiers qui recherchent désormais les deux individus cagoulés ayant pris la fuite avant leur arrivée sur place.

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Mise à jour du 5 novembre

Montgeron (Essonne) : La fillette qui aurait jeté une bouteille d’acide sur les keufs mise en examen

Le Parisien / vendredi 2 novembre 2018

Une jeune fille de moins 13 ans soupçonnée d’avoir lancé une bouteille d’acide sur un policier à Montgeron (Essonne) durant la soirée d’Halloween a été mise examen par un juge des enfants d’Evry.

La collégienne, qui a été remise à ses parents, fait l’objet d’une « liberté surveillée préjudicielle » étant donné son très jeune âge. Autrement dit, la jeune fille va être suivie par des éducateurs durant la durée des investigations et pourra ensuite faire l’objet de sanctions éducatives. Des analyses sur la bouteille sont en cours.

Les deux autres mineures qui l’accompagnaient cette nuit-là ont écopé, elles, d’un simple rappel à la loi. Le policier avait été légèrement blessé à la main. L’intrusion d’une vingtaine de personnes dans un centre commercial avait provoqué l’intervention des forces de l’ordre. Plusieurs objets dont des feux d’artifice avaient été volés et une vitrine brisée.

« La taule c'est la pression, nourrit l'instinct de révolution »

Publié le 2018-11-01 14:40:07

Quelques perspectives anti-carcérales après la rupture de la convention Genepi-DAP.



La taule c’est la pression, nourrit l’instinct de révolution
Donc nique sa mère la réinsertion
Lunatic - « La lettre »

Le Genepi se débarrasse de l’administration pénitentiaire

Dans un article du Monde paru ce lundi 29 octobre, nous avons appris que le Genepi, une des rares associations intervenant en prison en France auprès de détenu.e.s, vient de se faire retirer sa convention de partenariat avec la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP), ainsi que l’enveloppe de 50 000€ / an qui accompagnait la convention. Cette convention permettait aux étudiant.e.s militant au Genepi d’intervenir en prison et d’y assurer des ateliers socio-culturels et de l’accompagnement scolaire et universitaire.

La décision prise par la DAP, en accord avec Nicole Belloubet, a été celle de punir le Genepi en représailles de sa communication et des actions, tel qu’une action "L’État enferme, la prison assassine", ou des communiqués de soutien aux révoltes de prisonniers comme à Seysses après la mort de Jawad, ainsi qu’à la Maison d’arrêt de Poitiers-Vivonne, et l’organisation d’événements politiquement marqués telles que les conférences sur "Féminisme et anti-carcéralisme" et "Antiracisme et anti-carcéralisme". Que le Genepi passe pour une association "extrémiste", voilà déjà un signe du fascisme qui vient... Car en effet, si le Genepi s’est fait punir, c’est précisément, comme l’analyse L’Envolée, car il a décidé de ne plus jouer son rôle d’humaniste charitable qui lui avait été assigné au moment de sa création par Lionel Stoleru, sous le gouvernement de Giscard-d’Estaing. L’Envolée, dans un article paru dans leur numéro 49 de juin 2018, intitulé "Il y a des circonstances où le silence est de plomb !", dénonçant notamment le silence de l’OIP, écrivait : "On a vu des membres du Genepi prendre une position claire, allant jusqu’à déclarer publiquement que "la prison tue, la prison assassine"... pourtant eux aussi reçoivent des subventions de l’État mais ils ont préféré dénoncer l’inacceptable, plutôt que de lécher la main qui les nourrit."

L’administration pénitentiaire se radicalise

Car même si "l’inacceptable" est un concept indissociable de la prison et de l’enfermement, il faut concevoir que les conditions carcérales en France sont de pire en pire. Il existe une radicalisation en prison depuis plusieurs années, et c’est bien celle de l’Administration pénitentiaire (AP). Alors que la France vient de battre son propre record historique en terme du nombre de détenu.e.s en dépassant la barre des 70 000 personnes, et que la surpopulation carcérale se fait endémique (tout en augmentant), l’AP et le ministère de la Justice s’embarquent dans la même dérive sécuritaire que l’ensemble des forces répressives de l’État. Suite au mouvement de matons de janvier 2018, ceux-ci ont été entendus sur toute une panoplie de revendications sécuritaires, et notamment sur la création de 2 000 cellules en "quartiers étanches" pour isoler les détenu.e.s radicalisé.e.s. Ces quartiers étanches nous rappellent notamment les Quartiers de haute sécurité (QHS) qui avaient été fermés en 1982 pour leur caractère particulièrement déshumanisant. Cette dérive sécuritaire actuelle se traduit dans les faits par des conditions d’incarcération toujours plus violentes, et où la politique de l’État n’est même plus celle de faire croire à des prisons dorées ou humanistes, avec cette comparaison hasardeuse et médiatiquement relayée qu’est la "prison Club Med". Aujourd’hui, la stratégie de l’État est celle de toujours plus dégrader et de tuer ses indésirables. Face à cette radicalisation, le Genepi a fait le choix de durcir le ton. De son côté, la DAP a choisi la répression.

Si la fin de la convention Genepi-DAP signifie une chose, c’est qu’on est bien dans une ère réactionnaire, où la radicalisation de l’AP jumelée au développement du tout-sécuritaire nous mène vers une politique carcérale intensive. Effectivement, le Plan Prison annoncé par le gouvernement Macron, qui passera devant l’Assemblée nationale dans les prochains mois, prévoit 15 000 places en plus sur les deux prochains quinquennats, soit un agrandissement de 25% du parc carcéral. Il prévoit aussi un certain nombre de réformes pénales, dont le passage de 2 ans à 1 an pour la limite en dessous de laquelle une peine de prison ferme peut être aménagée par un JAP (Juge d’Application des Peines). Enfin, il prévoit l’extension des peines dites « alternatives » complémentairement à la construction de nouvelles places de prison, ce qui veut dire que le code pénal punira toujours plus, et pour des délits de plus en plus « banals ». On voit ainsi se monter une « Agence nationale du TIG (travail d’intérêt général) », pilotée par des start-uppeurs macronistes qui visent le travail gratuit et pénalement encouragé. L’augmentation des recours aux TIG, aux bracelets électroniques et aux contrôles judiciaires, au-delà d’émaner d’une logique budgétaire de la répression (car ces recours coûtent moins cher que l’enfermement), participeront à aggraver la répression des populations cibles du système judiciaire, c’est-à-dire les personnes précaires et racisées.

Replacer la lutte anti-carcérale au centre de nos luttes

La fin de cette convention ne signifie pas la fin du Genepi, mais compromet grandement la possibilité pour ses militant.e.s d’intervenir en prison. Alors qu’on peut questionner (et justement) la pertinence politique pour une association qui se dit critique de la prison d’intervenir en détention et en partenariat avec l’AP, on ne peut nier que c’est en entrant en prison que de nombreu.x.ses militant.e.s du Genepi ont adopté un discours de plus en plus critique envers l’AP, envers le système carcéral dans son ensemble et envers le discours incohérent de la réinsertion. Si le Genepi a durci son discours, c’est qu’il a, au contact des taules, constaté la violence du système carcéral et a décidé progressivement de ne plus se taire. Et dans un contexte où les prisons et l’enfermement restent encore aux périphéries de nos luttes, le Genepi est une des rares associations qui permettent à des personnes peu formées sur les questions carcérales de développer un discours critique.
En cette ère réactionnaire, l’enjeu de cette rupture de partenariat va au-delà du maintien ou non de cette convention DAP-Genepi, et même du maintien ou non du Genepi en tant que structure. Nous sommes persuadé.e.s que nous n’avons pas besoin d’une quelconque convention avec l’AP ou de son argent pour dénoncer ce qu’il se passe en prison. Nous sommes persuadé.e.s qu’il est possible de continuer à lutter contre les prisons même sans pouvoir y entrer. Nous sommes persuadé.e.s qu’il est nécessaire de continuer à former des militant.e.s et de sensibiliser largement sur les questions carcérales.

Il est déplorable que les seuls moments où la presse et les partis dits « de gauche » se mobilisent autour des questions carcérales soit à travers le soutien d’une association étudiante. Cela en dit beaucoup de l’abandon de la question carcérale dans les luttes sociales. Ce texte est donc un appel à tou.te.s les militant.e.s de la gauche radicale, aux syndicats de travailleurs et travailleuses ; aux étudiant.e.s en lutte ; à tous les secteurs en lutte : comme le dit Hafed Benotman, taulard et abolitionniste, « la taule est un terrain de lutte sociale » comme les autres. Concrètement, lutter contre la taule, c’est ne pas attendre qu’un.e syndicaliste, un.e autonome ou un.e anarchiste soit poursuivi pour dénoncer l’enfermement ; c’est apporter notre soutien inconditionnel à toutes les personnes détenues en relayant et amplifiant les combats menés à l’intérieur, en exprimant notre solidarité par des lettres, colis, de la thune pour celles et ceux qui le peuvent ; c’est cibler les entreprises qui collaborent avec la DAP et construisent des prisons ; c’est assurer une présence auprès des exilé.e.s lors des rafles et des déportations ; c’est exprimer haut et fort que l’enfermement ne sera jamais une solution pour lutter contre le patriarcat ; et que nous ne serons jamais libres tant que les prisons existeront. Lutter contre la taule, c’est aussi une manière de la démystifier, et ainsi ne plus en avoir une peur panique. La concevoir comme un lieu certes spécifique, mais traversé lui aussi de différents rapports sociaux de force : donc comme un autre terrain des luttes sociales.

Contre les CRA, contre les taules, contre tous les enfermements et en solidarité avec les prisonnier.e.s ; nous nous devons de prendre acte de cette radicalisation de la DAP. De prendre acte des mort.e.s derrière les barreaux. Des humiliations quotidiennes, de la violence des matons et même des « gentils » matons. De prendre acte de la guerre sociale que la prison alimente. Les prisonnier.e.s, tou.te.s les prisonnier.e.s, y luttent tous les jours dans des degrés différents. Iels sont réprimé.e.s et enfermé.e.s car prolétaires ; car racisé.e.s ; car trans ; car iels ont refusé de rester à la place que le racisme d’État et le capitalisme leur avaient réservée dans le système de production. Du dehors, nous nous devons d’afficher notre solidarité avec ces prisonnier.e.s ; avec tous ces prisonniers politiques, sans distinction « politique » ou « de droit commun ». En temps de guerre sociale, tou.te.s les prisonnier.e.s sont des prisonniers de guerre ; tou.te.s les prisonnier.e.s sont politiques.

Liberté pour tou.te.s ! Crève la taule ! Car si les prisons brûlent, nous y verrons plus clair. Et que les Centres de Rétention deviennent des cendres de rétention.

Des militant.e.s anti-carcéraux

Arkhangelsk (Russie) : Le compagnon Mikhail Zhlobitsky meurt lors d’une attaque

Publié le 2018-11-01 16:53:02

Round Robin / mercredi 31 octobre 2018

Le 31 octobre, à 8h52, il y a eu une explosion à la direction régionale du FSB [les services secrets russes; NdAtt.] d’Arkhangelsk. L’anarchiste Mikhail Zhlobitsky est mort et trois agents du FSB ont été blessés.
Quelques minutes avant l’explosion, le compagnon avait envoyé ce message via un canal de contre-information russe :

« Compagnons, il y aura bientôt une attaque contre le bâtiment du FSB d’Arkhangelsk, dont j’assume la responsabilité. Les motivations sont claires. En réponse au FSB qui réprime, construit des machinations judiciaires et torture les gens, j’ai décidé de le frapper. Très probablement je mourrai dans l’explosion, puisque je vais déclencher la bombe manuellement.
Du coup, je vous demande de diffuser les informations sur cette attaque, qui l’a mené et ses raisons.
Voilà tout. Je vous souhaite de tendre, avec fermeté et sans compromis, vers notre objectif.
Lumineux est le futur du communisme anarchiste! »

Mikhail Zhlobitsky

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NdAtt. : Il s’agit du premier cas d’attaque explosif anarchiste contre le FSB depuis 19 ans. La dernière avait été menée en 1999 contre la réception du siège du FSB à Moscou par l’organisation Nouvelle Alternative Révolutionnaire.
Sur la répression en cours en Russie contre des anarchistes, voir ici

Des mauvais moments pour les bleus (jusqu’au 30 octobre 2018)

Publié le 2018-11-01 16:54:04

Lisses (Essonne) : Les flics se font caillasser

France Bleu / dimanche 21 octobre 2018

Des policiers pris à partie dans ce qui ressemble à un guet-apens. La scène s’est déroulée ce samedi après-midi à Lisses près de Corbeil dans l’Essonne. Des policiers ont reçu des jets de projectiles. Une voiture a été caillassée et une bouteille de verre a blessé un agent. Plusieurs dizaines de jeunes s’en sont pris aux forces de l’ordre dans le quartier.
La gendarmerie est intervenue en renfort. Sa porte parole en Essonne indique être intervenue conjointement avec la police « vers 16 heures 30 » ce samedi, pour « des échauffourées provoquées par une cinquantaine de jeunes » qui « n’ont pas hésité à lancer des projectiles » pour certains. Selon les informations de France Bleu Paris, au moins un jeune a été interpellé. L’opération était terminée à 18h30.

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Corbeil-Essonnes (Essonne) : La bagnole des keufs est amochée

Le Parisien / lundi 22 octobre 2018

Samedi, vers 21 heures, dans le quartier de La Nacelle à Corbeil-Essonnes, une voiture de police a été prise pour cible par une vingtaine de personnes, pour la plupart cagoulées. Les faits se sont déroulés rue du petit pont. Alors que la patrouille circulait à faible allure, un groupe s’est dirigé vers le véhicule en jetant de nombreuses pierres et projectiles. Deux vitres ont été brisées sous les impacts. La carrosserie a aussi subi des dommages. Face à la violence de l’attaque les forces de l’ordre ont été contraintes de reculer. Les assaillants ont continué à avancer et à poursuivre la voiture.
Des renforts ont permis d’interpeller deux jeunes formellement reconnus par les policiers victimes du caillassage. Ils ont été placés en garde à vue. L’un d’eux comparaissait ce lundi au tribunal, il a été relaxé, au bénéfice du doute.
« La reconquête va être dure et longue avec des individus déterminés à en découdre systématiquement avec les forces de l’ordre », note le syndicat de police Alliance, en référence aux trente effectifs déployés dans le cadre du plan gouvernemental de la police de sécurité du quotidien. Une semaine après l’annonce de Gérard Collomb, alors ministre de l’Intérieur, la mairie annexe des Tarterêts avait d’ailleurs été victime d’un incendie criminel.

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Corbeil-Essonnes (Essonne) : Et merde, cette fois c’est le flics qui montent un traquenard et interpellent des gens

Le Parisien / jeudi 25 octobre 2018

Déjà victime d’un guet-apens ce week-end dans le quartier de La Nacelle à Corbeil-Essonnes, les policiers du commissariat local ont décidé d’effectuer une fouille discrète des parties communes de la cité ce mercredi. Ils ont remarqué un chariot rempli de pierres et de pavés, dissimulé dans un recoin. Les enquêteurs ont mis en place un dispositif de surveillance autour du périmètre.
Vers 20 h 30, au passage d’une patrouille de police dans la cité, une bande qui patientait se dirige vers la voiture et commence à la caillasser. Surgissent alors les fonctionnaires en planque, qui arrêtent quatre jeunes qui participaient à ces violences urbaines.
Alors que les agents conduisaient les suspects vers leurs véhicules, un deuxième groupe de jeunes arrive pour en découdre et tenter de libérer les interpellés. Un policier est blessé au nez lors de l’affrontement. Trois autres jeunes sont menottés pour cette émeute et rébellion. Les sept suspects étaient encore en garde à vue ce jeudi soir.

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Corbeil-Essonnes (Essonne) : La haine contre les bleus ne s’arrête pas

extrait du Parisien / dimanche 28 octobre 2018

[…] Ce dimanche soir, le quartier de La Nacelle à Corbeil-Essonnes s’est enflammé. Victimes d’un guet-apens, les fonctionnaires ont été caillassés. Des véhicules de police ont été détériorés et trois voitures du quartier ont brûlé. […]

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Vigneux-sur-Seine (Essonne) : Les bleus ne sont pas le bienvenus lors du tournage d’un clip

extrait du Parisien / dimanche 28 octobre 2018

C’est à se demander si l’arrivée de la police n’était pas dans le scénario. Ces derniers jours, les forces de l’ordre sont intervenues à trois reprises pour des « attroupements » causés par le tournage de clip de rap. La première intervention s’est mal passée vendredi dans le quartier de la Croix-Blanche à Vigneux-sur-Seine, les policiers ont été caillassés, deux d’entre eux ont été blessés une voiture sérigraphiée a été endommagée. Trois personnes ont été interpellées. […]

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Kourou (Guyane) : Quand les bleus se pointent à l’anniversaire…

FranceInfo / mardi 30 octobre 2018

Dimanche après-midi dans le quartier de l’Anse, un anniversaire est fêté sur le trottoir mais voilà, au passage d’une patrouille de gendarmes, un individu lance une bouteille sur le véhicule.
Quelques minutes plus tard, les forces de l’ordre reviennent sur les lieux pour interpeller le fautif. Les gendarmes ont toutes les peines du monde à faire entrer l’individu dans leur véhicule. Une femme s’en prend alors aux hommes de loi en les invectivant. Une scène qui provoque une nouvelle pluie de projectiles. Résultat : un certain désordre.
Dans la confusion, l’individu menotté en profite pour prendre la fuite. Les gendarmes ne le poursuivent pas et s’engouffrent dans leurs véhicules. De retour quelques minutes plus tard, cette fois, plus nombreux, ils regagneront leur caserne sans avoir appréhendé le lanceur de bouteille.
Selon les témoins, celui-ci réapparaîtra dans le quartier exhibant ses menottes.
La gendarmerie contactée, n’a pas encore souhaité communiquer sur cette affaire. On ne sait pour l’heure si l’homme a été interpellé.
Ce n’est pas la première fois que des incidents de cette nature se produisent dans le quartier de l’Anse à Kourou. Un épisode de plus dans l’histoire de ce quartier populaire.

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Rillieux-la-Pape (Rhône) : Les policiers se vengent pour l’émeute de février

Le Progrès / jeudi 25 octobre 2018

Ce jeudi, cinq jeunes Rilliards ont été mis en examen pour dégradations, menaces aggravées et violences et outrages sur agents. Les faits remontent au 4 février 2018. Vers 19 heures, à la suite d’une interpellation dans le quartier des Allagniers, un groupe de jeunes avait pris à partie un équipage de police. La situation avait alors rapidement viré à l’émeute: pendant près d’une heure, de violents affrontements avaient opposé les policiers à de petits groupes de jeunes.

Appel à projet - Investissez l’Atelier™

Publié le 2018-11-02 08:32:04

Vous en avez marre de ces squatteureuses qui se saisissents impunément du potentiel urbain de nôtre ville rôse ? Dans cette perspective, nos fines équipe de promoteurs ont récemment dénichée un bien immobilier fort prometteur dans le quartier de fontaine-lestang.



Cette petite friche, semi-industrielle, semi-résidentielle est située à quelque pas la ligne A (bientôt XXL pour convenir à l’attractivité inexorable de notre projet). Face à l’arride conccurence des shlags-pseudo-insurectionnalistes qui sévissent actuellement dans la métropole toulousaine, nous sommes fières d’avoir d’avoir su saisir à temps cette opportunité. Nos agentes ont inauguré jeudi 25 octobre cette charmante maison à grand coup de Dom erignon. De par sa surface et ses multiples espaces, l’Atelier™ se prête à la pluridisciplinarité et la diversité des offres.

Vous avez le sens de l’initiative et l’esprit collaboratif ? Vous désirez investir des friches urbaines, impulser de nouvelles dynamiques et valoriser le quartier fontaine-lestang ? Vos ambitions sont celles d’une jeune entrepreneuse et cet espace est fait pour vous. Venez donc avec vos projets et vos compétences investir l’afterwork-party du Thursday. 19H pour les coktails, 20h pour le formel. À titre non-exhaustif, voici un panel de propositions diverses et variées pour le challenge-Atelier™ : librairie vintage-ultra-gauchisante, friperie solidaire, bar-tabac-tapas, sparing-collaborativ-boxe, menuiserie party, revolarisation de bicyclette (et autres moyens de locomotion à faible empreinte carbone).

Afin de valoriser notre patrimoine nous auront besoin de toutes les compétences disponibles. De nombreux talents sont requis : architectes, charpentières, peintres, techniciens de surface, championnes du monde de tetris, cheffes étoilées et commis dynamiques. Une équipe de management et de booster bienveillants vous accueillera afin d’assurer l’efficacité du chantier, ce dimanche et ce lundi dès 11 heures sonnantes. Tout placement financier (évidemment défiscalisable) est bienvenu, mais si vous souhaitez effectuer un investissement matériel dans ce projet, nous aurions besoin de :

Au plaisir de vous croiser à l’Atelier !

Paris : la lutte contre la machine à expulser en appel

Publié le 2018-11-02 21:30:02

De 2006 à 2011, une lutte contre la machine à expulser a touché des centaines d’objectifs de manière variée, avec le feu comme avec le marteau ou l’acide, sans compter les balades sauvages et les discussions publiques, ou les idées (affiches, banderoles, tags, tracts) directement adressées à la rue au-delà de tout rapport virtuel. Une lutte sans sujet ni centre politique, qui proposait à chacun l’auto-organisation sans médiation et l’action directe diffuse à partir d’un angle particulier, la machine à expulser, une lutte au nom de la « liberté pour tous et toutes, avec ou sans papiers ».

Après des mois d’enquêtes menées par les petits soldats de la section anti-terroriste (SAT) de la brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres et deux vagues de perquisitions en février et juin 2010 dans une quinzaine de domiciles, deux vastes instructions judiciaires furent ouvertes. Elles ont fini sept années plus tard par des jugements qui se raccrochent aux branches, faute d’avoir pu mettre la main sur les anonymes qui avaient mené toutes ces attaques. La première a ainsi conduit à la condamnation en juin 2017 de trois personnes à 4 mois de prison avec sursis, pour des tags suite à une promenade nocturne (« dégradations en réunion »). La seconde a de son côté conduit à la condamnation le 22 juin 2018 de sept camarades et compagnon.ne.s pour un total de 9 mois de prison ferme et 5 mois avec sursis ou en jours-amende, sans compter quelques milliers d’euros distribués de ci de là (soit, en passant, des peines supérieures à celles demandées par le procureur). En cause ? Des visites inamicales rendues à l’agence Air France de Bastille et à la boutique SNCF de Belleville, qui durent rester porte close pendant plusieurs jours, ainsi qu’une pauvre vitrine d’un magasin Bouygues redécorée dans un même élan (saccages constituant des « dégradations ou détériorations du bien d’autrui commises en réunion »). Ces deux actions s’étaient déroulées le 17 mars 2010, quelques heures après la condamnation à des années de taule de dix sans-papiers accusés de l’incendie du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes.

A travers le verdict du 22 juin 2018, rendu ironiquement 10 ans jour pour jour après cette même révolte destructrice du CRA de Vincennes, c’est l’ensemble de la lutte contre la machine à trier, enfermer et expulser les indésirables, ponctuée ces années-là de vagues de sabotages, que le pouvoir a souhaité viser en guise d’avertissement contre toutes celles et ceux qui continuent aujourd’hui de lutter contre elle, de Calais à Paris ou de Ouistreham à Briançon. Notamment parce que l’attaque de ces mille et uns rouages reste une possibilité toujours actuelle, contre Air France, Bouygues et la SNCF, et contre beaucoup d’autres encore.
Mais si l’État n’a pas oublié de boucler sa petite vengeance, y compris de longues années après, c’est aussi pour une petite raison supplémentaire : frapper une manière de lutter et de s’auto-organiser de façon autonome au sein de la guerre sociale. Une manière sans partis, syndicats ou journaflics où on se met en jeu à la première personne pour agir directement contre tout ce qui nous opprime, des frontières à l’enfermement, du contrôle social aux guerres technologiques, de l’exploitation à la domination, une manière sans médiation pour en finir avec le vieux monde de l’autorité.

Pour ne donner que quelques exemples, alors que les fins limiers de l’anti-terrorisme ne sont jamais parvenus à identifier les joyeux saccageurs d’Air France et de la SNCF, le tribunal a fourgué 4 mois ferme à un camarade qui passait dans la rue pour avoir interrompu une balance qui filmait avec son téléphone portable, au prétexte que « le fait d’interdire le tournage de la scène de vandalisme commise par d’autres relève de la co-action ». Ou comment un tribunal rappelle à tous que le fait de filmer des actes illégaux relève du civisme élémentaire et participe à la délation – des actes à encourager -, tandis que l’empêcher relève d’un salutaire réflexe de solidarité – un acte à punir. Pour d’autres accusé.e.s, le fait « d’avoir des centres d’intérêts en rapport avec les mobiles des infractions commises », soit plus prosaïquement d’avoir à la maison des livres, des brochures et des affiches subversives, suffit à justifier pour les charognes en toge l’existence « d’indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’il/elle ait commis des dégradations en réunion, outre l’existence de raisons plausibles de soupçonner qu’il/elle avait commis une infraction ». Misère de la démocratie totalitaire qui justifie a posteriori à travers du papier saisi en perquisition des peines qui vont jusqu’à 2 mois de prison ferme en jours-amende pour les seuls refus d’ADN et de signalétique, en l’absence de toute autre accusation concernant un fait spécifique.
Les grosses ficelles ont donc été comme souvent de sortie ce 22 juin, ce qui n’est pas une surprise contre des accusé.e.s dont le profil ou le casier correspondent à leur non-collaboration depuis le début de cette affaire : celui d’individus rétifs à la loi. Rien de nouveau sous les fourches caudines de la justice, dont l’objectif est d’effrayer et de punir quiconque s’oppose ou fait obstacle à la marche radieuse de l’ordre social et de la paix des marchés. Qui plus est quand on refuse obstinément de se confesser aux flics, de s’auto-ficher dans leurs poulaillers ou de renier ses idées anti-autoritaires devant les tribunaux. Qui plus est quand on ne se reconnaît pas dans les catégories d’innocent et de coupable, mais qu’on défend l’idée d’une liberté en acte contre le pouvoir.

Les sept camarades et compagnon.ne.s ont fait appel du jugement du 22 juin 2018 prononcé par la 16e chambre du tribunal correctionnel composée, qu’on se le dise !, de Bruno Deblois (premier vice-président), Ankeara Kaly et Kévin Genest (juges assesseurs), assistés du procureur Damien Brunet. La Cour d’appel a posé une première audience relais le 2 novembre 2018, en vue de fixer la date de cette prochaine échéance judiciaire.
Sans attendre de connaître cette dernière, chacun peut d’ores et déjà exprimer sa solidarité de la manière qu’il trouvera la plus adéquate ! De la Méditerranée devenue un gigantesque cimetière marin à la mise en camps des migrants qui forcent les frontières terrestres, de la construction de dizaines de nouvelles prisons aux technologies de contrôle de la ville-carcérale et à l’extension des frontières intérieures, …saboter la machine à expulser et à enfermer est bien le moins que l’on puisse faire.

Liberté pour toutes et tous, avec ou sans papiers !

Des ennemis de toutes les frontières

Les quatre textes précédents concernant ce procès :

* Paris : Un 2e procès de la lutte contre la machine à expulser (10 juin 2017)
* Paris : la lutte contre la machine à expulser en procès (15 janvier 2018)
* Paris : report du procès de la lutte contre la machine à expulser (31 janvier 2018)
* Paris : le retour du procès de la lutte contre la machine à expulser (17 juin 2018)

 

Veille de référendum en Kanaky

Publié le 2018-11-02 21:30:06

Dans cette société fortement ségrégée (Billets 272, 11/2017), le soutien au projet indépendantiste épouse assez nettement la répartition coloniale : aux élections locales de 2014, les indépendantistes recueillaient plus de 70 % dans les régions peuplées à plus de 70 % de Kanak tandis que dans les autres, comme à Nouméa, ce vote tombait à moins de 50 ou même 25 % (Le Monde, 02/12/2017). Même si toutes les nuances de positionnements individuels cohabitent [1], la proportion de Kanak sur le corps électoral référendaire est déterminant.
Les listes de la discorde

Encore aujourd’hui, des incertitudes planent sur la composition de cette liste. Difficile de savoir si tous les Kanak oubliés dont le FLNKS demandait l’inscription automatique y figurent désormais, ni quelle proportion le peuple colonisé représentera le jour du vote. Des indépendantistes ont communiqué le chiffre de 92 000 Kanaks en âge de voter. Dans l’hypothèse où ils seraient tous inscrits et en capacité de voter, ils seraient donc majoritaires sur les 174154 électeurs que la liste compte actuellement. Mais le haussariat [2] a démenti cette évaluation et estime à 46 % la part des personnes relevant ou ayant relevé du droit coutumier, donc a priori, Kanak (La Dépêche de Nouvelle Calédonie, 01/10), ajoutant que les inscriptions étaient encore possible jusqu’au 4 novembre. Les irrégularités dénoncées par les indépendantistes ont par contre été maintenues (Billets 272).

La « consultation » ne semblait pas passionner les foules, au début du mois d’octobre si on en croit un envoyé spécial de Mediapart (05/10), qui décrivait des meeting peu suivis « en dehors des cercles coutumiers ». Les différents mouvements indépendantistes sont partagés : le Parti travailliste appelle à ne pas participer (cf. article Refus de participer) tandis que le FLNKS, dont la lutte a permis ce référendum, fait logiquement campagne pour le « oui ». Face à un récent sondage pronostiquant le refus de l’indépendance à 66 %, plusieurs représentants de la coalition indépendantiste affirment qu’une victoire est pourtant possible.

Et si le résultat n’est pas favorable, Daniel Goa, porte-parole du FLNKS, a réitéré la détermination du mouvement à obtenir l’indépendance et appelé tous les calédoniens à se positionner clairement : « À ceux qui sont encore indécis, nous leur offrons une terre, un droit de vote, un pays qui deviendra le leur. Que vont-ils nous répondre ? En ce qui nous concerne nous irons massivement voter pour dire que nous voulons ce nouveau pays. Et s’il le faut, nous le réaffirmerons deux autres fois. C’est notre tradition d’accueil millénaire qui s’exprime. Mais au bout de 3 fois, nous ne chercherons plus à nous ouvrir, nous irons négocier notre souveraineté pleine et entière directement avec l’État colonisateur. Cette fois-ci les invités d’aujourd’hui, conformément à leur choix qu’ils devront assumer, ne participerons plus à ces négociations car ils se rangeront derrière leur pays de choix. Que cela soit clair et qu’on ne vienne pas nous le reprocher. [3] »
Stratégie de tension

Ce discours a été relayé de manière tronquée par les médias locaux et la droite coloniale, laquelle cherche à envenimer le débat. Se plaçant sur le registre de la peur (cf. article Rudiments de campagne anti-indépendance), les partisans de la Calédonie française sont à la source de tensions. Ainsi, le 7 octobre, sur la commune de Ouégoa, siège d’affrontements meurtriers dans les années 80, des manifestants opposés à l’indépendance ont tenté d’empêcher la tenue d’un meeting du FLNKS. Symbole édifiant : sur les façades du Congrès de Nouvelle Calédonie, les couleurs Kanak ont été enlevées, là où elles sont habituellement affichées conjointement avec le drapeau français (La Dépêche de Nouvelle Calédonie, 16/10).

Reportage diffusé sur la chaîne Calédonia https://www.dailymotion.com/video/x6v0fgc

L’État français a prévu des mesures pour endiguer un éventuel embrasement le jour du vote, interdisant la vente et la consommation d’alcool autour des bureaux de vote, ainsi que le transport d’armes. Il a aussi dépêché des renforts de 300 gendarmes.
Au-delà du vote

En toile de fond de la campagne, les luttes rappellent que la situation sociale est néfaste pour le peuple premier. Ainsi, à Kouaoua, des jeunes Kanak perturbent depuis des mois les activités d’un site important de la SLN (Société Le Nickel), filiale d’Eramet, « pour protester contre l’exploitation de nouveaux gisements » et la pollution des terres engendrée par les mines. 11 incendies ont ciblé les installations depuis avril et l’accès a été bloqué. L’impact est réel puisque la société « perd un cinquième de son approvisionnement en minerai » (Nouvelle Calédonie la 1ère, 11/10). Par ailleurs, des mouvements ont bloqué plusieurs hôtels.

Si la question sociale ne se résume pas à celle de l’indépendance, le FLNKS considère que la pleine souveraineté est une condition nécessaire à toute amélioration. Pour Daniel Goa, « l’objectif politique de l’indépendance est avant tout de mettre fin au modèle de société et de ne pas replonger dans les vieux démons du colonialisme et de son économie de comptoirs. […] La fin du pillage c’est veiller à mieux répartir la richesse ». Il dénonce l’entente « non désintéressée » entre les multinationales et « les élus locaux ». En cas de maintient de la situation actuelle, « ils s’accapareront tout encore une fois. Rien ne restera pour nos générations futures et nous ne sommes pas nés pour regarder le train passer. Ces élus de la peur et du NON sont en train de nous vendre pour leur seul profit. […] Le lendemain du Oui l’enjeu sera de dénoncer les accords commerciaux conclus en notre défaveur durant la période coloniale (titres miniers, pactes fiscaux léonins, énergie solaire, télécommunications, contrats de travail, etc...) ». L’histoire françafricaine montre que de telles opportunités sont rares.

[1] Comme l’illustre le récent film de Mehdi Lallaoui, « Kanaky-Nouvelle-Calédonie. La métamorphose du Caillou », disponible sur Mediapart.

[2] L’équivalent de la préfecture en Nouvelle Calédonie.

[3] Discours d’ouverture du président du comité de direction de l’Union Calédonienne, 06/10.

A lire aussi sur le site de Survie : https://survie.org/billets-d-afrique/2018/281-octobre-2018/article/rudiments-de-campagne-anti-independance

Attaque explosive contre le fsb en russie : l’anarchiste mikhail zhlobitsky est mort

Publié le 2018-11-02 22:15:07

Compagnons, il y aura maintenant une attaque terroriste contre le bâtiment du FSB d’Arkhangelsk, dont j’assume la responsabilité. Les motivations sont claires pour vous. En réponse au FSB qui construit des montages et torture des gens, j’ai décidé d’aller de l’avant. Très probablement je mourrai dans l’explosion, puisque je vais déclencher la bombe manuellement. Du coup, je vous demande de diffuser les informations sur cette attaque terroriste : qui l’a mené et ses raisons.
Voilà tout. Je vous souhaite d’avancer avec fermeté et sans compris vers notre but. Je vous souhaite l’avenir du communisme anarchiste !

Mikhail Vasilievich Zhlobitsky
31 octobre 2018

Le 31 octobre, à 8h52, il y a eu une explosion à la direction régionale du FSB, les services secrets russes, d’Arkhangelsk. L’anarchiste Mikhail Zhlobitsky est entré dans le bâtiment et y a déclenché une bombe avant de franchir le détecteur de métaux. Le hall d’entrée a été dévastée par l’explosion, blessant trois agents du FSB. Mikhail Zhlobitsky est mort dans l’explosion. Quelques minutes avant l’explosion, le compagnon avait envoyé le message ci-dessus via un canal de contre-information russe.

 

Le jeu de rôle à l'assaut de l'enfer carcéral

Publié le 2018-11-03 13:38:05

Une manière parmi d’autre pour briser l’isolement de la taule.



Un article du Projet-Evasions [1]
Version allemande ici

La prison

Pointe de l’iceberg de la morale punitive et autoritaire des structures de pouvoir en place, l’univers carcéral englobe un large panel d’oppression. L’Etat enlève à la personne incarcérée sa liberté physique, son entourage, son pouvoir sur l’usage de son temps et la retire de son environnement social. La prison est toujours une mesure d’isolement, brisant des tissus sociaux, familiaux, affinitaires, amoureux, etc.

Depuis l’extérieur, il existe plusieurs moyens de se solidariser avec celles et ceux subissant l’enfermement :

Et c’est sur ce dernier point qu’entre en jeu le thème qui nous intéresse aujourd’hui : Le jeu de rôle épistolaire

Le jeu de rôle épistolaire

Il s’agit d’une forme de jeu de rôle écrit où les personnages joué.e.s s’échangent des lettres et où ce sont ces dernières qui font avancer le jeu. Lors de jeu épistolaire, on ne va pas seulement créer une fiction ensemble en s’envoyant des lettres, mais carrément jouer ensemble dans des dynamiques ludiques et créatives, la lettre en tant qu’objet faisant partie de l’histoire du jeu. La raison qui pousse les personnes que l’on joue à s’envoyer des lettres est toujours imbriquées dans le scénario en question.

Là ou les deux thématiques se rejoignent

Vous avez des potes en prison qui étaient vos camarades de jeux ? Pas de raison qu’ils/elles ne le reste pas.
Vous cherchez des camarades de jeux pour un jeu épistolaire ? Les groupes "anarchist black cross" tiennent à jour des listes de prisonniers et prisonnières de par le monde. Ces personnes ont été incarcérées pour des raisons politiques et vous pouvez librement leur demander s’ils/elles ont l’envie de vous rejoindre pour une partie de votre jeu épistolaire du moment. Ou alors adressez-vous au collectif anti-carcéral le plus proche qui pourra vous fournir une liste de contacts de votre région.

Le jeu a cette force puissante et émancipatrice de stimuler et libérer l’imaginaire, la fantaisie et la créativité - trois éléments fortement réprimés par l’isolement carcéral mais qui, étant entretenu, peuvent être un soutien psychologique immense. Alors jusqu’à ce que les prisons ne soient plus qu’un mauvais souvenir ou un tas de cendre, armons-nous d’un stylo, d’une feuille et d’une enveloppe, et surtout d’une créativité et d’une fantaisie émancipatrice et solidaire.

Une séléction de différents jeux épistolaires [3]

Sur la Route de Chrysopée.

Un jeu pour voyager à deux. Par Morgane Reynier. (Français)

Un maître alchimiste envoie son disciple découvrir le Monde tout Autour, vaste espace où le vent est devenu l’instrument du progrès et de l’évolution. Tous les deux habités par une quête extraordinaire, ils progresseront ensemble malgré la distance et les aléas du voyage, vers l’obtention de fabuleux savoirs et, pourquoi pas, jusqu’aux portes de la mythique Chrysopée, la ville de la connaissance. Ce jeu de rôle a pour ambition de permettre aux joueurs et joueuses de ré-enchanter leur quotidien. Selon les aspirations de chacun, le jeu se transformera en carnet de voyage à la fois réel et imaginaire.

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De profondis

(Français, Anglais, Polonais)

L’intention première de “De Profundis” est de revisiter l’oeuvre de Lovecraft, et en général celle des auteurs de fantastique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, et de restituer l’ambiance de ces histoires, mettant en scène des personnes dont le témoignage (par lettres, journaux intimes, mémoires) nous permet de voir, par leurs yeux, un monde où des éléments horrifiques prennent peu à peu le pas sur la réalité. “De Profundis” repose sur l’idée d’une correspondance régulière entre un groupe de personnes, qui se mettent en scène, et racontent leurs expériences personnelles, leurs pensées, leurs craintes, face à un imaginaire qu’ils superposent à leur vécu quotidien. Le/la joueur/joueuse aura à écrire ses lettres en se mettant dans la peau d’une personne vivant dans les années 20.

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Kalevala

jeu médieval-fantastique (allemand)

Kalevala est une variante épistolaire du jeu de stratégie “Armageddon”.
Les joueurs et joueuses assument le rôle d’un souverain sur un empire et doivent faire face aux défis stratégiques et diplomatiques d’un monde fantastique.
Voir une interview sur le jeu en allemand ici

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Quill*

un jeu de rôle épistolaire pour une personne joueuse - Crée en anglais par Scott
Malthouse, traduit vers le français par Khelren
()

Le contexte par défaut de Quill est un pays plus ou moins médiéval avec quelques éléments fantastiques. À travers Quill vous devriez trouver la liberté de raconter vos propres histoires par le biais de différents scénarios. Dans une partie typique de Quill, le but est d’impressionner le destinataire afin qu’il réponde favorablement à votre lettre. Vous accomplirez cela par un usage adroit du langage et l’excellence de votre présentation, lançant les dés pour déterminer si vous avez réussi ou non à utiliser les bons mots, les meilleures descriptions et la plus belle calligraphie. Une fois que vous avez terminé votre lettre – lettre que vous allez écrire vous-même pour de vrai – vous pourrez compter vos points et découvrir comment votre lettre à été reçue.
Il existe plusieurs extensions permettant de découvrir des lettres de contexte différent, allant de la lettre d’amour aux parchemins d’une colonie de nains en passant par l’ambiance lovecraftienne.

Version PDF français disponibleici :
Version anglaise ici



[1Evasions est une tentative informelle de tisser des liens entre des questions ludiques et des démarches subversives. C’est une recherche à alimenter une refléxion sur et autour du potentiel subversif et émancipateur dans le jeu – tout type de jeu confondus. Certaines initiatives seront relayées ici, d’autres resteront confinés à l’en dehors digital.
Evasions est une initiative provenant geographiquement de la région de Berne en Suisse et issue d’un environnement social anarchiste et féministe.

[2– Comme par exemple le concept de „justice transformative“. C’est est une approche émancipatrice de la violence qui vise à assurer la sécurité et la responsabilisation sans recourir à la punition et à la violence étatique ou structurelle, notamment la détention et la surveillance. La justice transformatrice vise à offrir aux personnes victimes de violence la sécurité immédiate et des processus de guérison et de réparation à long terme en persuadant les auteurs d’actes de violence d’assumer leurs responsabilités dans et à travers leur environnement sociaux. Voir https://www.transformativejustice.eu/ (allemand et Anglais)
– voir également le texte de Catherine Baker „pourquoi fauderait-il punir“.

Berlin, Allemagne : Communiqué de revendication de l’incendie d’une voiture de sécurité privée « Securitas » – 15 octobre 2018

Publié le 2018-11-03 23:17:04

Voiture de Securitas incendiée

Le mouvement anarchiste a affiné son image. Ce qui a également intensifié la répression à notre encontre au cours de ces dernières années. Depuis le G20 en Allemagne les services de sécurité ont augmenté leurs activités partout en Europe, car ils ont réalisé qu’ils ne nous contrôlaient pas et c’était évident qu’une réaction de leur part était indispensable. Les saccages à Hambourg, l’absence de compromis et la volonté manifeste de destruction de la part des encapuchonnés ont frappé la société, précisément là où c’était attendu. Un sentiment d’inquiétude a gagné la population allemande, où les gens se définissent par rapport à leur propriété et à leur complicité totale dans une société en guerre. Les bagnoles de luxe et les véhicules de patrouille de police devant leur porte qui deviennent des tas de plastique carbonisés – des choses superflues contre la guerre menée contre les pauvres, exclues et inadaptées.

Après la publication du texte « L’autisme des insurgés » dans la publication éco-anarchiste Fenrir #9 (juin 2018), nous avons ressenti le besoin de répondre.Et nous avons attaqué pendant un court moment l’illusion de la sécurité dans cette société à un endroit bien spécifique, afin de commencer à communiquer. Et à discuter.

… Je ne sais pas quoi penser de la vision de la Praxis anarchiste développée par notre ami Alfredo Cospito, pratique devenue plus dangereuse, parce qu’elle continue à être expérimentée. Je ne peux, à vrai dire, que parler de moi-même, sur le fait que je suis devenu plus dangereux et je fais ce qu’il faut pour que le pouvoir se méprenne sur mon véritable potentiel. La disposition, y compris en étant seul.e, de la prise en charge totale de notre destin…

Mais oui, nous espérons que le pouvoir nous perçoit comme un danger, car c’est bien ce que nous prétendons être. Pourtant, il est difficile de comprendre ce qui se passe dans les têtes et les cœurs des anarchistes de praxis. Et nous aussi, nous tournons en rond.

Bien sûr, nous continuons comme beaucoup d’autres compas à travers le monde, à réaliser un nombre incalculable de petites et grandes actions en appréciant en même temps les textes enflammés lorsque les flammes ne menacent pas d’étouffer la théorie. Par ailleurs, nous prenons part à l’organisation informelle.

Notre influence n’est pas grande et même si nous ne parlons pas le même dialecte que toi, Alfredo, nous pensons la même chose. Mais n’oublions pas que les mots ne sont qu’un écran bidimensionnel pour nos pensées enfouies. Nous convenons sur le fait que toute pratique anarchiste comporte des risques. L’organisation informelle ouverte qui cherche à établir des liens avec la société édulcore l’anarchie et nous conduit à la médiation politique. Nous aussi, nous connaissons les assemblées, au sujet desquelles nous ne nous exprimons que très peu. L’organisation informelle en tant « qu’instrument de guerre » comporte le danger du sectarisme vis-à-vis du reste du monde, tout en étant déconnecté des ruptures et conflits locaux incapables d’en faire partie.

Nous choisirons l’anonymat total à un moment venu, sans faire de communiqués, puisque les pierres et les flammes ont déjà parlé d’elles-mêmes et sont intervenues dans le conflit actuel. À un autre moment, nous choisirons de communiquer avec d’autres cellules pour avancer dans la discussion et développer nos liens dans l’attaque permanente avec d’autres individus haineux. Et à un autre moment encore, nous nous bougerons de manière visible, en tentant de communiquer nos idées et nos expériences et en intervenant ouvertement dans le conflit local. Nero, l’anarchiste incarcéré à Berlin, a aussi écrit sur comment vivre cette contradiction.

Oui, il n’y a aucune « pureté » en ce qui concerne les pratiques anarchistes mais peut-être que c’est une erreur de ne pas séparer clairement les diverses stratégies. D’un côté, nous voulons tellement voir cramer pour de bon les villes et pour ce faire nous associer à ce corps social repoussant, de l’autre nous continuons à vouloir l’unique méthode sans compromis, celle de la FAI/FRI, en tant que dangereux subversifs du pays pour détruire sans interruption ce corps si repoussant.

Ce n’est pas difficile et nous voulons briser l’autisme par notre action de mis à feu réussie d’un véhicule de patrouille de Securitas dans le quartier berlinois de Wedding, dans la nuit du 15 octobre 2018, pour laquelle nous assumons la responsabilité. Nous nous référons directement à l’incendie de deux voitures de l’entreprise « Securitas » dans la nuit du 30 avril au 1er mai à Thoune (Suisse), ainsi qu’à la lutte des anarchistes contre l’extension de la prison de Bässlergut à Bâle. Les raisons pour lesquelles Securitas doit être attaquée sont exposées en détail dans une revendication venant de Suisse, de sorte que nous n’avons rien à rajouter là-dessus.

De plus, les descriptions détaillées qui peuvent être fournies à l’ennemi dans les communiqués de revendication nous semblent souvent quasi-inutiles pour accélérer la propagation de la résistance. Au contraire, il nous manque les idées des compagnon-ne-s qui jouent avec des allumettes, sur la façon dont l’étincelle de l’attaque peut aussi illuminer notre quotidien et nos relations sociales.

Nos villes doivent être des zones d’hostilité pour de tels acteurs, tel que la société « Securitas » qui garde les CRA à Berlin, sécurise les prisons en Suisse et allonge le bras étatique de la domination et du contrôle à divers endroits de ce monde. Par notre attaque, nous établissons le lien entre nos luttes disséminées et proposons de continuer à faire des entreprises de sécurité et autres multinationales les cibles de nos attaques, de sorte que l’attaque symbolique finisse par causer de vrais dégâts matériels.

Symbolique, parce que c’est en cela notre propre manière de se révolter contre cette résignation et de provoquer véritablement des petites pertes matérielles, bien que cela disparaisse dans les méandres du capitalisme. Mais revenons à nos moutons. La plupart du temps il nous reste comme choix soit la participation à un conflit soit notre absence. Mais lorsque nous réussissons à faire échouer des projets des dominant.e.s, parce que nos attaques causent plus de pertes que de bénéfice aux entreprises qui s’y impliquent, le signe de l’ampleur des dégâts peut être la première étape d’une phase perturbée. C’est là la tâche de la militance de type commando à laquelle nous nous remettons par contrainte de la réalité de notre position minoritaire, que ce soit signé FAI, anonyme ou par un groupe tel que Rouvikonas. La signature est secondaire.

En même temps, l’attaque visible des encapuchonné.e.s contre les installations du pouvoir et des flics doit se poursuivre – lors des manifestations, des émeutes dans les quartiers. Ici, nous restons uni.e.s dans les rues, à attaquer les flics et autres fascistes, à piller, à saccager les rues commerçantes, à ériger des barricades. Ça joue un rôle ici, de savoir si nous faisons tout ça avec des anarchistes, avec des camarades du DHKPC [1] ou avec d’autres potes délinquant.e.s ? D’un côté oui, mais nous devons vérifier avec qui nous agissons dans les rues et pouvons régler les contradictions. La théorie anarchiste n’a pas besoin de se démarquer en permanence vis-à-vis des autres tendances tant qu’elle peut se réaliser dans la pratique. Dans les métropoles occidentales et dans certaines régions rurales, il n’y a absolument aucun foyer de désordre, et ça ne se développera ni par des revendications d’attaques des anarchistes, ni par des appels à l’insurrection de la part des Appelistes.

En ce sens, nos moyens de communication, nos blogs et journaux, sont en réalité une expression d’autisme. Nous existons pour nous-mêmes et ignorons d’autres fronts auxquels le système mène des guerres. Des individualités s’impliquent dans une multitude de conflits différents, mais tant que ça reste limité à certains domaines, à savoir l’antifascisme, l’écologie, etc, ça n’a aucun sens de rechercher des contacts avec la société ou prêcher le militantisme en mode commando, puisque dans ce cas aucun des deux ne poursuit un projet insurrectionnel.

L’État garde sous la main les sociétés de sécurité privée afin de disposer de son propre personnel pour chasser les gens à sa guise. Notre objectif doit être de les éliminer de la vie quotidienne, des transports en commun dans lesquels ils contrôlent les tickets, des magasins où ils gardent des marchandises mortifères. Et des taules, où ils font régner la mort avec les matons.

Solidarité avec les personnes ciblées par l’opération « Scripta Manent » et « Panico », ainsi que tou.te.s celles et ceux qui doivent faire face à la vengeance étatique à travers sa justice pour une manif sauvage en 2016 à Bâle ! Nos cœurs insurgés sont à vos côtés.

Pour l’anarchie !

FAI/FRI Cellule „Amad Ahmad“

[Traduit de l’allemand de Chronik, 15.10.2018]

NdT :

[1] « Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple » est une organisation para-militaire de type marxiste-léniniste, fondée en 1994 en Turquie. Elle est toujours active.

Besançon, France : Incendie de bagnoles des « institutions de la ville » troisième épisode [MAJ 04.11]

Publié le 2018-11-03 23:19:04

« Quatre véhicules représentatifs des institutions de la ville ont été visés à Besançon par un ou plusieurs individus, dans la nuit de jeudi à vendredi, en plein centre-ville. Trois ont été incendiés. Un se trouvait rue de la Mouillère, un autre rue d’Alsace et le dernier vers le pont de Bregille. Un quatrième véhicule a été dégradé rue du Tunnel, son pare-brise fracassé à coup de pierre. Un homme a été surpris par une résidente du quartier, qui est parvenue à le faire fuir avant qu’il ne mette le feu à la voiture. »

Mise-à-jour, 04.11.2018: Dans l’édition papier du 03.11.2018, les journaleux en disent davantage sur ces mystérieuses « institutions de la ville » ciblées. C’est une fois de plus l’Est Républicain qui a été attaqué : une de ses voitures est partie en fumée rue de la Mouillère, tandis qu’une autre s’est fait briser son pare-brise avec des pierres rue du Tunnel. Rue d’Alsace, c’est une voiture Citiz, réseau de voitures en libre-service, qui est partie en fumée. Enfin, la voiture garée au pont de Bregille appartenait au « Conservatoire ».

La « 208 professionnelle » de la rue de la Mouillère…

 

Une lettre, avec ou sans destinataire

Publié le 2018-11-04 10:28:02

Quand on envahissait les rues pour détruire tout ce qui nous oppresse.
Ah il est loin, ce temps là, quand tu étais libre, mon amis, et qu’ensemble en première ligne, et le sourire aux lèvres, et le sourire aux lèvres.
Et cette joie, ah il est loin, ce temps là.
Tu croupie en cellule et je gerbe toujours la meute de citoyen, ici dehors, mais sans toi, et sans le sourire.
Aujourd’hui, rien n’a changé tu sais, sinon en pire.Quelques clampins aux idées abjectes, et une masse de débiles qui les suivent.
Quelques compagnons(nes), pas nombreux-ses, mais déterminées, qui ne croient plus en la révolution.Une fuite en avant, somme toute très nihiliste, mais cohérente, et digne.
Il fait froid, il fait gris, ça pu le bruit des bottes, et on traîne nos savates dans la nuit noire.
La nuit, qui fût notre alliée, a retourné sa veste, elle profite aujourd’hui au PIRe, les conspirationnistes ont remplacé les anarchistes qui conspirent.
Les actions directes? À part les belles actions très nihiliste de quelques insurgées aux idées claires.Et des attaques de boucheries, revendiqué par des groupes vegan qui n’ont que l’antispécisme comme grille de lecture des systèmes de domination.
Les actions directes? Celle des faf oui, elles sont pléthores, l’antisémitisme est devenu une norme, un mot de ralliement, de l’extrème gauche à l’extrème droite.J’ai entendu des trucs dégueulasse, mon pote, venant de la bouche de « camarades » qui étaient à nos côté.
L’ambiance, ici dehors, elle est pas belle à voir.Vivement que tu sortes.Toi qui savait nous faire sourire, toi qui savait nous faire aimer, toi, qui savait nous faire espérer.
Moi, j’ai déserté. Comme j’avais constamment la flicaille au cul, ma fuite en avant, je l’ai faite dans le sexe.Mais on s’en branle, c’est le cas de le dire !
Et le milieu, comment il va? Faut pas me demander. Les rares endroits où je suis retourné, tout le monde s’était barré.
Le milieu, de mon point de vue très personnel, aujourd’hui, il se résume à des véners complètement décentralisés qui ont gardé leur rage intacte, et qui attaquent encore et toujours.Finalement, la seule chose que l’on aura tous réussi, c’est de foutre en l’air l’hégémonie parisienne, c’est déjà ça…
Pour les attaques, pour les actes, pour l’insurrection, je n’y crois plus, je m’en tape, mais je kiffe quand ça brûle ! Un nihiliste.

Montélimar (Drôme) : Comment prolonger les vacances

Publié le 2018-11-04 23:38:08

La Tribune/ samedi 3 novembre 2018

[…] Vers 3h30 du matin, trois individus selon les premiers éléments de l’enquête sont parvenus à s’introduire dans l’enceinte de l’établissement. Sur place, ceux-ci ont fracturé de nombreuses vitres et ont incendié une salle dédiée au SIN (Système d’Information et Numérique).

Les pompiers ont pu maîtriser rapidement l’incendie avant que celui-ci ne se propage à d’autres salles, mais les dégâts ne permettront pas à l’établissement de rouvrir lundi. La reprise des cours devrait intervenir mardi au mieux. Du personnel qui s’est spontanément proposé avertira les familles durant le week-end et celles-ci seront également alertées via le logiciel de l’établissement, Pronote. Le conseiller régional Mounir Aarab, membre également du conseil d’administration du lycée, est venue constater les dégâts samedi midi en condamnant fermement les faits : « C’est intolérable et incompréhensible. C’est du vandalisme gratuit. J’espère que la police identifiera rapidement les auteurs et que la justice sera rendue ».