Vive l'Anarchie - Semaine 44, 2024

Sommaire

[Brochure] Au plus profond de la nuit, la lune est la plus claire

Publié le 2024-10-28 22:56:16

Plongée dans l’effervescence écologiste et le sabotage anti-industriel dans les contrées allemandes



Source : Takakia

Début mars 2024, en plein milieu de la nuit. Près de Berlin, à Grünheide, tout s’arrête au sein de la giga-usine de fabricant de voitures électriques Tesla, récemment implantée au détriment d’une forêt. Les milliers d’ouvriers et d’ingénieurs assistent impuissants à l’arrêt des chaînes de production. En cause ? Le sabotage incendiaire de l’alimentation électrique de l’usine, revendiqué aussitôt par un groupe Volcan, contre le greenwashing du capitalisme et le progrès industriel. Les autorités allemandes et Elon Musk dénoncent les « écoterroristes ». Mais cette action n’est que le dernier épisode d’une escalade offensive contre la société techno-industrielle dans les contrées allemandes.
Au fil des dernières années, du nord au sud et de l’ouest à l’est, le pays d’outre-Rhin a connu une résurgence des « mobilisations pour le climat », des occupations de forêts et de luttes contre des projets industriels tels que l’extraction de charbon, la construction de nouvelles autoroutes ou l’agrandissement de zones industrielles et de ports. Si une critique radicale de la société techno-industrielle surgit et grandit au sein de ces combats qui se heurtent à une répression toujours plus rude de la part de l’État, certaines mobilisations semblent aussi prêter la main au discours de la « transition verte » en appelant à l’exploitation des ressources renouvelables et aux solutions technologiques pour parer aux effondrements écologiques en cours. Mais malgré des tentatives de limiter la portée de l’éveil d’une conscience anti-industrielle et d’une pratique offensive conséquente, de nombreux sabotages ont visé les industries polluantes, les cimenteries, les projets énergétiques, les centres technologiques et les infrastructures énergétiques, logistiques et de télécommunication. Plongeon dans une effervescence inspirante et radicale en cette ère de planète en surchauffe, d’extinction massive et de fuite en avant technologique.

[Portugal] Plusieurs nuits d’émeutes après un meurtre policier (MàJ)

Publié le 2024-10-28 23:04:49

Compilé depuis des articles de presse.

Lundi 21 octobre, la police portugaise (la PSP, Polícia de Segurança Pública) a abattu un homme de 43 ans, originaire du Cap-Vert et habitant du quartier de Zambujal, à Amadora dans la banlieue de Lisbonne.
Comme à leur habitude, les flics ont tout fait pour justifier leur meurtre : en inventant un refus d’obtempérer, et en prétendant qu’il avait un couteau. Ils sont même allé jusqu’à entrer chez la victime sans mandat en agressant sa famille.
Vers 19h30, les habitants du quartier de Zambujal ont commencé à allumer des feux de poubelle, avant d’accueillir comme il se doit les policiers venus en nombre, à coup de feux d’artifice et de jets de pierre. Des barrages formés de poubelles et de voitures enflammées ont empêché tout la nuit les flics et les pompiers d’entrer dans le quartier.

22-23 octobre :

Dans la nuit de mardi à mercredi, l’émeute s’est propagée d’Amadora jusqu’à d’autres villes de la banlieue de Lisbonne (Oeiras, Loures, Cascais, Sintra et Seixal), ainsi que la capitale.
60 commissariats de la métropole ont rapporté des incidents. Une voiture de flics a été attaqué au cocktail molotov, et plusieurs autre ont été dégradées.
Deux policiers ont été blessés (n’ont pas réussi à esquiver les cailloux) et ont du être hospitalisé.
Au total, onze voitures et une moto ont été incendiés, tandis que quelques bus ont été détourné puis enflammés.
Une tentative d’incendie sur les pompes à essence d’une station service a aussi eu lieu.
Trois personnes ont été arrêtés et accusées d’incendie criminel.

23-24 octobre :

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les émeutes ont continué à partir de 23h. Un groupe d’une dizaine de personnes cagoulées a stoppé un bus, avant d’y mettre le feu. Deux hommes qui tentaient d’empêcher des feux de voiture se sont fait tabasser.
À l’issue de cette troisième nuit, deux bus et 7 voitures ont cramé dans la métropole de Lisbonne. Plusieurs feux de poubelle ont été rapporté dans une dizaine de villes, ainsi que quelques cocktails molotovs. Deux hommes ont été interpellé en possession de machettes et des cocktails molotovs.
Comme on pouvait s’y attendre, le conseil municipal socialiste d’Amadora a condamné fermement ses violences: « tolérance zéro pour ces groupes criminels ». Un élu local ose même le dire : « c’est presque du terrorisme » !

[Mis à jour le 27/10]

26-27 octobre :

Après une manifestation contre les violences policières dans l’après-midi et quelques nuits de calme, les émeutes ont repris en soirée à Barreiro, Cascais, Lisbon, Loures et Vila Franca de Xira (toutes des villes dans la banlieue de Lisbonne). 13 véhicules, 5 motos, 7 poubelles et un canapé ont été incendiés, bloquant différentes routes et endommageant des bâtiments. Au 27 octobre, il y aurait eu dans la semaine 100 incidents dans la ville de Lisbonne et 20 interpellations.

2011 : Nous sommes le 1 %

Publié le 2024-10-29 21:48:44

Nous vous avons vu. Nous vous avons entendu. Vous êtes désormais partout. Nous savons qui vous êtes. Vous êtes ces 99 % qui protestent contre les excès du capitalisme et les abus de l’État. Vous êtes les 99 % qui exigent des réformes électorales, des alternatives sociales, des subventions économiques et des mesures politiques. Vous êtes les 99 % angoissés de perdre votre futur, de n’être plus capables de vivre comme vous l’avez fait jusqu’à présent : un boulot, un revenu, un crédit pour la maison, une retraite. Vous laisser vivre, au minimum. Faire carrière, au maximum. Voilà ce que vous demandez. Vous ne voulez pas payer la « crise », vous voulez que tout redevienne comme avant. Que personne n’éteigne les écrans qui ont jour après jour asséché votre vie, la privant de tout sens et de toute émotion, la condamnant à la tristesse de la survie. Et tout cela, vous le demandez aux gouvernements et aux banques, afin que la démocratie soit : des gouvernants non plus intéressés au pouvoir mais au bien commun, des banquiers non plus intéressés au profit mais au bonheur des populations. Comme dans les contes, comme dans les films.

En attendant une fin heureuse qui tarde à venir, vous ne tolérez pas que certains ne partagent pas votre résignation hallucinante. De Madrid à Athènes, de Rome à Portland, vous êtes prêts à arrêter, dénoncer et bastonner ces enragés qui ne voient pas dans les institutions les garanties de la liberté mais les causes de la misère et de l’oppression. La vengeance, vous ne l’appréciez que dans les fictions au cinéma, mais une fois que le masque tombe, vous lui préférez la soumission. Face à une société aussi odieuse que putréfiée, vous vous battez pour une protestation civile, mesurée, éduquée. Une protestation qui reste toujours à votre hauteur : à genoux.

Maintenant, nous savons qui est ce 1% que vous haïssez tant. Avec vos cordons, avec vos services d’ordre, avec vos délations, vous avez fait comprendre à tous qui est votre véritable ennemi. Ce n’est certainement pas la classe dirigeante, à laquelle vous vous adressez avec respect. C’est nous. Nous qui n’avons pas d’État à défendre ni à améliorer. Nous qui n’avons pas de marché à protéger ni à exploiter. Nous qui ne voulons exercer ou subir aucune autorité. Nous pour qui la vie n’est pas une carte d’adhésion à tamponner ou un compte bancaire à sauvegarder. Nous pour qui la crise n’est pas née avec les récentes spéculations boursières, ou suite à l’incapacité de ceux qui siègent actuellement au Parlement, mais en subissant cet ordre social sous tous ses aspects. Nous pour qui tous les jours sont précaires dans ce monde que nous n’avons pas voulu, dans lequel nous ne nous sommes jamais reconnus, et qui nous étouffe.

Nous ne voulons rien avoir à faire avec votre 99 %. Avec votre revendication d’un capitalisme modéré et d’un État correct. Avec votre allure politique majestueuse qui réduit le pouvoir et le privilège aux dimensions d’une carte de crédit. Avec votre camping urbain de boyscouts nostalgiques. Avec votre identification d’un adversaire – l’origine de l’« injustice » – toujours plus évanescent, immatériel et éloigné de nos coups. Avec vos bras toujours plus accueillants pour les politiciens, les industriels et les chiens de garde, et toujours plus vigoureux contre les rebelles. Avec vos actions toujours plus faibles qui ne sont devenues qu’un tiède intervalle entre deux statu quo. Non, nous ne voulons pas de vos réformes, de votre collaborationisme, de votre travail aliénant, de vos revendications sinistres* qui, à force d’être réchauffées, ne sont bonnes qu’à faire vomir.

Nous connaissons les véritables causes des souffrances que nous subissons : la soif de pouvoir, le culte de l’argent, mais aussi l’obéissance qu’ils exigent et obtiennent. Ces causes se perpétuent dans la vie quotidienne des êtres humains par des actions, des gestes, des rapports qui s’entremêlent à l’intérieur d’une société où nous nous sentons partout étrangers. Et ces causes –qui doivent être refusées, désertées, démolies– ont trouvé leur place au sein de votre mouvement. Nous ne nous sommes jamais sentis à l’aise dans le 99 % de notre vie moderne, passée à faire la queue pour mendier des miettes, et malgré cela vous vous acharnez à défendre ces 99 % du problème. Nous chercherons nos possibilités ailleurs. A travers les espoirs, les rêves et les actions qui ont mérité votre condamnation.

Quant à vous, continuez donc votre traversée de l’océan de l’indignation universelle, hissez vos voiles en passant les cordes à des bureaucrates et des flics. Partagez l’espace et l’air avec la lie qui a rendu la vie sur cette planète si invivable. Allez droit devant vers de nouvelles terres, les bottes encore pleines de la merde d’hier. Nous ne monterons pas dans votre bateau, au pire nous en descendrons. Nous resterons sur les radeaux que vous méprisez tant, parce que trop petits et trop légers.

Mais faites attention. Un vaisseau qui vogue avec nos ennemis à bord est une occasion trop belle pour la laisser filer. Vous riez ? Vous ne nous craignez pas, parce que nous n’avons pas la force pour vous donner l’abordage ? Vous nous avez mal compris. Votre or ne nous intéresse pas, nous ne voulons pas nous en emparer. Nous voulons vous envoyer par le fond avec toute votre cargaison de mort. Pour y réussir, pas besoin d’une flotte majestueuse, il suffit d’un brûlot. Petit et léger.

* NdT : jeu de mot entre « sinistre » et « de gôche ».

[Traduit de l’italien de finimondo, 11 novembre 2011]

Rassemblement devant la prison des Baumettes samedi 9 novembre

Publié le 2024-10-29 21:51:08

Face à celles et ceux qui veulent toujours plus de répression,
Face à celles et ceux qui veulent toujours plus de prisons
et qui se plaignent de la surpopulation carcérale,

La seule solution c’est la liberté et la destruction de toutes les prisons !

Rendez-vous Samedi 9 novembre à 15h30 devant la prison des Baumettes



"Enfermer toujours plus et aussi pour les peines les plus courtes", voici le mantra du nouveau Ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau qui réussit l’exploit de faire passer Darmanin pour un modéré.
Mais c’est dans la droite ligne de ses prédecesseurs que celui-ci continue de prôner la construction de nouvelles prisons, solution ultime à la surpopulation carcérale, phénomène qui comptait en septembre près de 79000 détenu·e·s pour 62000 places.
Les défenseur·e·s de cette société de l’enfermement se saisissent volontiers des faits divers carcéraux pour nourrir leur rhétorique morbide. Aussi, la tragique mort d’un détenu des Baumettes égorgé par son codétenu il y a quelques semaines a tôt fait de se transformer en un argument de plus pour mettre fin à la surpopulation carcérale au moyen de toujours plus de cages.
C’est un fait, être enfermé·e à trois voire quatre dans des cellules prévues pour deux personnes est l’énième torture à ajouter à la liste quotidienne des horreurs que réserve la prison à ses pensionnaires : violences des matons, humiliations, enfermement, éloignement des proches... La liste est longue, et l’existence seule des barreaux et des murs des prisons suffit à se révolter contre leur existence.
Nous ne le répéterons jamais assez : chaque mort en prison est et sera toujours de la responsabilité des seuls enfermeurs !

Face à celles et ceux qui veulent toujours plus de répression,
Face à celles et ceux qui veulent toujours plus de prisons
et qui se plaignent de la surpopulation carcérale,

La seule solution c’est la liberté et la destruction de toutes les prisons !

Capitalisme vert : l’éolien industriel a le vent en poupe

Publié le 2024-10-29 21:51:46

Le vendredi 18 octobre 2024, trois ministres se sont déplacés à Fécamp en Seine-Maritime pour annoncer un nouveau projet de parc éolien en mer. L’Etat et les industriels espèrent implanter 200 nouvelles éoliennes, en plus des 71 déjà existantes dans ce parc maritime.

L’éolien industriel en plein essor

En Normandie, d’autres projets éoliens de la sorte sont déjà en cours, et rencontrent des oppositions.

Par exemple au large de Courseulles-sur-Mer (Calvados), où 64 éoliennes de 175 mètres de haut doivent bientôt être démarrées. A l’annonce du projet, des habitants et des pêcheurs, pour des raisons diverses, se sont mobilisé-es. Malgré tout, le chantier colossal a commencé. En décembre 2023, RTE a mis à disposition les installations de raccordement au réseau électrique. Des centaines de tonnes de câbles ont été installés sous l’eau pour acheminer l’électricité produite par les éoliennes vers la « chambre d’atterage » de Bernières-sur-Mer, qui assure la connexion avec les 24 kilomètres de câbles souterrains menant au poste électrique de Ranville. Éoliennes offshore du Calvados (un consortium regroupant EDF Renouvelables, WPD offshore et Enbridge) compte mettre en service les éoliennes en 2025.

A Dieppe, Le Trepport et Barfleur, des projets similaires sont à l’étude. Il y aurait aussi deux projets imaginés au large du Cotentin.

Sur terre aussi, les projets d’éolien industriel se multiplient, car le système capitaliste a besoin de toujours plus d’énergie (et donc d’électricité) pour croître indéfiniment. Sur les communes de Bellengreville et de Moult-Chicheboville, à l’est de Caen dans le Calvados, une enquête publique pour l’implantation de 10 nouvelles éoliennes de la société Vensolair est en cours, et le projet suscite des protestations. Certaines éoliennes menacent directement le marais Chicheboville-Bellengreville et des personnes vivant là craignent des nuisances (sanitaires, sonores et visuelles).

Un discours bien rôdé : la transition énergétique

Les industriels et gouvernants, protecteurs des intérêts capitalistes, ont pris acte du phénomène de dérèglement climatique provoqué par les activités humaines, notamment les activités industrielles alimentées aux énergies fossiles. A défaut de remettre en question le système industriel dans son ensemble, et les destructions massives et inévitables qu’il induit, l’accent a plutôt été mis sur le problème de la production de CO2. Cette orientation idéologique a permis l’apparition d’un discours réformiste visant à une modification progressive du système productif, une « transition » vers des énergies dites décarbonées. De la sorte, plus besoin de remettre en question le système économique dans son ensemble (car une réflexion conséquente amènerait à une remise en cause radicale du capitalisme), proposer des alternatives suffit.
Ce discours fait alors passer des sources d’électricité autres que le charbon ou le pétrole pour de véritables solutions écologiques. L’éolien et le solaire (voire même le nucléaire !) sont labellisés énergies vertes par excellence. Pourtant, ces énergies nécessitent également pour fonctionner le pillage néocolonial des ressources, l’exploitation de mines, une certaine organisation sociale du travail, la circulation mondialisée de marchandises, la destruction des espaces où les projets industriels sont implantés, l’imposition de modes de vie, le massacre d’êtres vivants, etc.

Par ailleurs, ces nouvelles industries énergétiques ne viennent absolument pas remplacer les anciennes, mais elles s’y additionnent. Chaque année, les records de production des industries pétrolières ou gazières sont battus, alors même que les industries énergétiques dites décarbonées sont en plein essor. Le discours sur la transition est un écran de fumée : il permet aux multinationales et aux Etats de poursuivent les rentables ravages qu’ils organisent tout en dégageant de nouveaux marchés, le tout justifié par une proposition politique qui fait croire à la prise en compte du problème écologique. Tout bénef !

Quelle lutte contre les projets éoliens ?

Le travail des lobbystes et autres politicien-nes fait son effet : l’éolien et le photovoltaïque sont souvent associés à des progrès écologiques. De nombreuses organisations « écologistes » défendent même cette théorie absurde et promeuvent l’implantation de projets industriels dévastateurs, parce qu’éoliens ou solaires. Cela a des conséquences directes dans les luttes contre les projets éoliens. La stratégie de promotion de cette « transition écologique » qui n’a d’écologique que le nom porte ses fruits, et crée de la confusion. Quand des réunions publiques ont lieu à Barfleur en 2021 à propos d’un projet d’éoliennes offshores, les porteurs du projet (à savoir l’Etat et des industriels en quête de nouveaux marchés) sont taxés d’écolos-bobos par les pêcheurs du coin. Dans d’autres régions, des collectifs de riverain-es opposé-es à des projets éoliens sont parfois rejoins ou encouragés par l’extrême-droite locale, qui axe son discours sur la défense du terroir et le rejet de l’écologisme (qui serait donc symbolisé par ces projets industriels…). Une brèche dans laquelle s’engouffrent bien volontiers les pro-nucléaires qui présentent alors « leur » énergie « décarbonnée » comme la meilleure alternative.

La porosité (réelle ou supposée) des luttes contre les projets éoliens avec des tendances anti-écologistes rend parfois frileux-ses à rejoindre ces luttes les anti-capitalistes convaincu-es. Il est pourtant décisif de s’y intéresser. D’abord parce qu’il y a un impérarif à contrer le discours dominant de la soi-disant transition écologique et à lutter contre tout projet industriel conduisant à une augmentation de la production d’énergie. Aussi parce que dans un contexte de renforcement des idées et des groupes d’extrême-droite, laisser des espaces de lutte aux fachos et laisser proliférer une écologie fascisante serait une erreur évidente. Ensuite parce que ces projets sont d’un intérêt stratégique majeur pour les grands groupes industriels comme EDF ou Total, qui veulent verdir leur image et agrandir toujours plus leur emprise sur le monde. Et pour tout un tas d’autres raisons.

Il y a un certain nombre de mobilisations et d’actions contre des projets éoliens, sur des bases anti-capitalistes : des mobilisations en forêt de Lanouée, contre le parc éolien de Saint-Brieuc, des sabotages en France, en Allemagne plus récemment, ou encore en Grèce. La répression s’abat parfois, comme en Haute-Vienne. Partout des projets éoliens émergent, et bien souvent, des réactions hostiles les accompagnent. De manière plus générale, ces luttes peuvent s’inscrire dans une critique globale. Celle d’un système capitaliste-industriel dont la stabilité repose en grande partie sur ses infrastructures énergétiques et sa capacité à produire et à distribuer de l’électricité.

Pour aller plus loin sur la question de l’éolien industriel :
- Leur écologie est un désastre, déconnectons-là !, 2021
- Plaidoyer contre les éoliennes industrielles, 2019
- Communiqué du Vent d’Autan depuis l’Amassada en exil, 2019
- Le vent nous porte sur le système… ou comment être anti-nucléaire sans devenir pro-éolien, 2009

[Article trouvé sur Trognon, 15 octobre 2024]

Toulouse (Haute-Garonne) : feu aux camions du collabo de l’A69

Publié le 2024-10-29 21:53:36

Camions carbonisés, explosions, tags anti A69 : ce que l’on sait du violent incendie à Toulouse
ActuToulouse/Ouest France/La Dépêche, 21 octobre 2024

Plusieurs explosions ont déchiré la nuit et tiré du lit de nombreux Toulousains réveillés en sursaut. Lundi 21 octobre 2024, vers 4 heures du matin, un violent incendie s’est déclaré dans l’enceinte de l’entreprise Spie Batignolles, située quartier Gramont, à Toulouse. Lorsque les sapeurs-pompiers du SDIS 31 (Service départemental d’incendie et de secours de la Haute-Garonne) sont intervenus sur place, sept camions étaient la proie des flammes. Un huitième a été sauvé de justesse. Les explosions perçues par les riverains n’étaient autres que les pneus des poids lourds soumis à des températures trop extrêmes pour qu’ils y résistent.

Spécialisée dans les travaux de construction, l’entreprise Spie Batignolles intervient notamment sur les deux gros chantiers du moment en région toulousaine : celui de la ligne C du métro de Toulouse ; mais également sur celui de l’autoroute A69, qui doit relier Toulouse à Castres. Un chantier qui fait l’objet de vives contestations depuis de longs mois, de la part de militants écologiques.

L’enquête ouverte par les services de police s’oriente vers la piste criminelle, et le parquet de Toulouse a ouvert une enquête pour « dégradation volontaire de biens privés par moyen dangereux ». Le montant des dégâts a été évalué à 2 millions d’euros. Ce qui revêt les contours d’un acte de vandalisme est corroboré par une vidéo montrant des intrus pénétrer sur le site par l’arrière, en franchissant un grillage situé côté de la rivière Hers. Les images des caméras de vidéo-surveillance sont en cours d’analyse par les enquêteurs du Groupe d’appui judiciaire (GAJ). « Elles ont révélé la présence dans l’enceinte de l’entreprise de deux individus vêtus de noir et cagoulés », témoigne une source policière, aperçus pénétrant sur le site de l’entreprise de TP vers 3h20 du matin, avant de repartir quelques minutes plus tard, alors que l’incendie commençait à se propager.

Les enquêteurs ont également noté « des départs de feu multiples ». Au vu des carcasses encore sur le parking, les incendies auraient été allumés au niveau des cabines, l’arrière des véhicules ayant été moins impacté par les flammes. Les pyromanes auraient vraisemblablement utilisé un liquide d’allumage.

Selon notre journaliste sur place, l’entreprise Spie Batignolles a fait l’objet par le passé de tags d’opposants à l’A69. En février 2024, un « Non A69 Assassins » avait été tracé sur un panneau à l’entrée de la société. Effacé dans la foulée. D’autres tags maculent ce matin d’énormes blocs de béton alignés devant chez Spie Batignolles – « Assassins Non A69 On a dit non » – sans que l’on sache s’ils sont récents ou non. Un employé croisé aux abords du site affirme qu’ils sont anciens.

A69 : Sabotages et dégradations se multiplient

Selon un décompte établi par La Dépêche du Midi, au moins 13 véhicules auraient été incendiés – 11 sur le chantier – en marge du projet de l’autoroute A69 principalement dans le département du Tarn. Selon le concessionnaire NGE – Atosca, 327 faits de dégradations (jets de pierres, tags, incendies) ont été recensés entre le 26 septembre 2022 et le 30 septembre 2024. 171 faits ont donné lieu à des dépôts de plaintes. Le sabotage le plus marquant, dernièrement, est l’incendie d’un coffrage destiné à couler la pile d’un pont à Saïx (Tarn) fin août.

Chantiers de la ligne C du métro et A69 visés

Ce n’est pas le premier incendie suspect qui touche les gros chantiers toulousains ces derniers mois. En juin 2023, une main malintentionnée avait mis le feu à deux grues sur la chantier du métro, quartier du Raisin.

Deux départs de feu distincts revendiqués sur un site anarchiste. « Une pensée solidaire aux zadistes qui ne se découragent pas, et continuent à occuper et saboter le chantier de l’A69 », était-il écrit. La DTPJ avait hérité de l’enquête, toujours en cours. En mai 2024, c’est une foreuse de la société NGE qui a pris feu en pleine nuit sur le chantier de la future station des Sept-Deniers. Un acte revendiqué par le même groupe.

Quatre engins de chantier détruits en pleine nuit

Début octobre, la justice avait décrété l’évacuation définitive de la ZAD de Verfeil et des derniers « écureuils » perchés dans ses arbres pour en éviter leur tronçonnage dans le cadre du chantier de l’A69. Un dossier qui génère passion débordante et jusqu’au-boutisme.

En avril 2024, quatre engins de chantiers de l’entreprise Atosca, qui intervenaient eux aussi sur l’A69, étaient incendiés sur la commune de Saïx, dans le Lauragais. Des individus encagoulés avaient neutralisé les agents de sécurité avant qu’une quarantaine de comparses ne mettent le feu.

A., 27 ans, mort au CRA du Mesnil-Amelot, victime de l’enfermement et de la maltraitance médicale

Publié le 2024-10-29 21:54:06
A., un retenu de 27 ans, est mort dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 octobre, au CRA 3 du Mesnil-Amelot. Cette personne avait des problèmes de santé et devait être emmenée à l’hôpital depuis une semaine, ce que les flics ont refusé de faire « faute d’escorte ».

Il s’est réveillé dans la nuit parce qu’il se sentait mal. Il crachait du sang. Il a prévenu son co-retenu qu’il ne parvenait plus à respirer. Les retenus ont appelé les flics pour qu’on lui porte secours : ils ont pressé le bouton d’urgence, tapé sur les grilles et crié. Malgré ça, les flics ont mis au moins 30 minutes avant de réagir.
Les retenus ont commencé un massage cardiaque à tour de rôle. Les flics, eux, ne voulaient pas ou ne savaient pas le faire. Lorsque les pompiers sont arrivés, il était trop tard. La personne était décédée. Un retenu raconte : « les flics sont venus ramasser le mec comme si c’était un pigeon mort, pour eux c’est normal. »

 

Le vendredi au matin, des retenus du CRA 3 sont parvenus à informer une sénatrice EELV en visite au CRA du décès de leur co-retenu, mais la plupart des journalistes qui accompagnaient l’élue n’ont même pas jugé utile de mentionner la mort de A. dans leurs papiers. Dans un des rares articles de presse qui l’évoque, les flics se sont en revanche immédiatement dédouanés de la responsabilité du décès, à travers la voix de leur syndicat de fachos Alliance. Quant à la sénatrice EELV, elle s’est même permis de souligner « le dévouement de l’équipe médicale« .

Ce décès intervient alors que plusieurs personnes ont évité la mort de peu pendant la même semaine au CRA 3. Dans les jours qui précédaient, deux retenus avaient tenté de mettre fin à leurs jours. L’un d’entre eux avait été sauvé in extremis par ses co-retenus. Le second a été placé en isolement dès son retour de l’hôpital. Dans la presse, le directeur du CRA 3 Fabrice Ancelot a qualifié ces tentatives de suicide de « simulacres », ne cachant pas, par ailleurs, qu’il maintenait à l’isolement depuis plusieurs jours un retenu ayant ingéré des lames. 

Avoir du sang sur les mains ne semble pas effrayer ce professionnel de l’enfermement et de la torture, faut dire que lui et ses collègues ont d
û en voir d’autres. Parce que oui, priver des gens de leur liberté, les couper de leurs proches, les exposer aux violences physiques et verbales des keufs du bas de l’échelle, les rendre témoins des expulsions et parfois des morts de leurs camarades, c’est de la torture.

Un autre prisonnier, diabétique, n’ayant pas reçu son insuline le soir (l’infirmerie avait fermé plus tôt que prévu et les flics ont refusé de rappeler le médecin) a fait un malaise dans la nuit et a finalement été emmené aux urgences. 

Le droit de vie ou de mort sur les enfermés n’est pas le privilège des flics, le médical s’en régale aussi. Pendant qu’ils se congratulent à l’extérieur de faire de la « médecine de la précarité » avec un semblant de vernis humaniste, à l’intérieur du CRA les médecins savent bien que personne ne viendra leur reprocher les mauvais traitements qu’ils infligent et l’absence de considération qu’ils ont pour les vies des prisonnièr
·es.
La même semaine
et après qu’un retenu ait exprimé ses souffrances, le médecin du CRA de Vincennes disait aux journalistes : « J’ai un dicton : ce sont tous des menteurs jusqu’à preuve du contraire. »

En réaction à ces évènements, une grève de la faim a débuté le vendredi
18 octobre. Le soir, les retenus du CRA 3 ont refusé de rentrer dans les bâtiments dans lesquels ils sont enfermés la nuit, sans accès aux secours. Leur revendication était claire : l‘enfermement dans les blocs pour la nuit, sans accès à la cour ou circulation entre les bâtiments est en partie responsable de la mort de A. et pourrait en causer d’autres. Les prisonniers veulent pouvoir accéder à la cour et ne pas être maintenus à distance des flics qui ne se déplaceront que si l’agitation les dérange trop. 
Les retenus sont restés dans la cour plusieurs heures, jusqu’à ce que des renforts de keufs en tenue anti-émeute se pointent, avec leurs matraques, leurs gazeuses et leurs chiens.
Les keufs du syndicat Alliance, encore eux, en ont profité pour poster sur les réseaux une vidéo du mouvement de révolte des retenus pour dire « ouin ouin on manque de moyens« , bien sûr sans parler du décès de A.
Malgré cela, les retenus du CRA 3 ont continué de s’opposer à la fermeture des cours extérieures les soirs suivants, parfois encouragés et soutenus par des feu d’artifices venant de l’extérieur. 
Suite à quoi un retenu a été arrêté un matin : il était accusé d’avoir brisé une vitre ce soir-là et aurait été identifié sur les images de vidéosurveillance. Il a finalement été expulsé le 20 octobre.
L’enquête qui aurait été ouverte concernant la mort de A., a été confiée à… un OPJ du CRA.
En 2023 au moins 5 personnes sont mortes en centre de rétention. 
Le 26 mai, au CRA de Vincennes, M. avait été retrouvé mort dans sa cellule, après avoir été tabassé par les flics et laissé sans soins plusieurs jours durant. Le 2 juillet, un retenu du CRA de Marseille est mort suite à un incendie. Le 21 août, S., retenu au CRA de Vincennes, est mort à l’hôpital suite à une tentative de suicide. Le 8 octobre, un retenu de Lyon est lui aussi décédé à l’hôpital suite à une tentative de suicide. En novembre, un autre retenu de Lyon s’est donné la mort. 

Sans le témoignage de leurs co-retenus sur les circonstances de leur mort, nous n’en saurions rien. Combien d’autres sont morts dans le silence ?
Force aux prisonnièr·es en lutte sans qui seule la version des flics traverserait les murs.
Que crève la machine à enfermer et à tuer.

À tou
s ceux qui la pilotent et la font fonctionner,vous avez du sang sur les mains.

Anti-militarist paper-banners pasted in dozens of copies in various areas of the centre and the western districts of Athens and Piraeus (Greece)

Publié le 2024-10-29 22:03:29

As part of the call for “international days of action against militarism and nationalism” between 1 and 10 October 2024, by the balkan anarchist solidarity network gathered in Pristina during the 16th Balkan Anarchist Bookfair (5-7 July 2024).]

via: COLLECTIVE OF TOTAL OBJECTION OF ARMY

[In greece, israel, russia, ukraine

Fire to conscription centers and military courts

Solidarity to army objectors and deserters]

[war is made with the enthusiasm of those who want it…

…and with the desperation of those who deny it

No soldier ever and anywhere

Communes and revolts in every neighborhood]

[They create a desert and they call it peace

Total army refusal upon war and peace of the dominants]

[In greece, turkey, albania and everywhere

Sabotage to war plans and to the war industry]

[In the balkans, the middle east, the eastern europe and everywhere

No nation unites us – No border divides us]

[Migrants are the damned of the earth

In Fortress-Europe we are all foreigners]

[In palestine, ukraine and the red sea

the greek state actively participates in wars

In evros, the aegean sea, pylos and military camps

the greek army murders migrants and refugees]

[The military armaments and the war preparation of the greek state

are (also) targeting its subjects

Total army refusal upon war and peace of the dominants]

[Solidarity to every oppresed, resisting, displaced in palestine

Solidarity to army refusers and anyone resisting within israel]

[In the balkans, the middle east, the eastern europe and everywhere

Let’s tear down the walls of nationalism, of racism, of patriarchy, of war]

Vertou (Loire-Atlantique) : Rassemblement contre les fascistes

Publié le 2024-10-29 22:45:57

extraits de Ouest-France / samedi 26 octobre 2024

Plusieurs organisations de gauche appelaient à une mobilisation dans cette commune de la métropole nantaise, à 15 h ce samedi 26 octobre, pour protester contre une réunion du Rassemblement national en présence de Sébastien Chenu, l’un des cadres du parti.
Près de 150 manifestants se sont rassemblés, ce samedi 26 octobre, à partir de 15 h, sur la place du Beau-Verger à Vertou. Ils protestent contre la tenue d’une réunion de militants du Rassemblement national, à laquelle est conviée Sébastien Chenu, l’un des cadres du parti. Le point de rendez-vous de la manifestation était donné sur la place Saint-Martin, à quelques mètres de là, mais celle-ci a été quadrillée par les nombreux gendarmes et les CRS venus éviter un affrontement entre les manifestants antifascistes et les membres du RN. […]

Le bâtiment municipal (l’espace des Régniers) devant accueillir la réunion du RN, à 18 h, a été recouvert de peinture et de tags hostiles au RN dans la nuit du 24 au 25 octobre.

Vers 16 h, c’est ce même bâtiment que les manifestants ont tenté d’atteindre en forçant les barrages de CRS. En vain. S’en est suivi un moment de tension entre forces de l’ordre et opposants qui ont jeté des projectiles vers les policiers. Des gaz lacrymogènes ont été tirés par ces derniers.
Toujours selon la préfecture, ce sont essentiellement des militants d’ultragauche organisés en black bloc (visages masqués, tenues noires, banderoles signées BB, …) qui s’opposent à la venue de l’élu RN à Vertou. Plusieurs interpellations ont déjà eu lieu et la situation devrait durer.

Le maire de Vertou, Rodolphe Amailland, a pris un arrêté d’interdiction des rassemblements non déclarés dans sa commune, ce samedi, entre 14 h et minuit. Mais la municipalité n’a pas souhaité communiquer sur cette mesure ni diffuser l’arrêté. C’est la préfecture qui l’annonce, en complétant cette interdiction de manifester par plusieurs mesures de sécurité (interdiction de transport d’objets pouvant servir d’armes, de mortiers d’artifice et de carburant). […]
Ce samedi matin, la préfecture de Loire-Atlantique a par ailleurs pris un arrêté autorisant l’usage d’un hélicoptère de la gendarmerie avec une caméra embarquée pour sécuriser le déplacement de Sébastien Chenu. L’engin survole actuellement Vertou, une partie du centre-ville est rendue inaccessible par la présence de nombreux gendarmes.

Selon le même journal, édition du lendemain « Samedi 26 octobre, dix personnes ont été interpellées à Vertou, près de Nantes, lors d’une manifestation contre la tenue d’une réunion du Rassemblement national. Huit d’entre elles sont sorties libres et sans poursuites de la gendarmerie. Deux sont toujours en garde à vue, dans l’optique d’un probable défèrement ce lundi ».

UNE SAISON DE FEU : révoltes et protestations dans les centres de détention italiens – Partie 1

Publié le 2024-10-30 08:01:32

2024/09/05 assembleanocprtorino

« Sans trop tourner autour du pot, ce que nous vous demandons, c’est de nous aider, de rendre ces murs transparents, en montrant au peuple les crimes commis par un État qui, hypocrite, exige le respect des lois qu’il viole systématiquement tout en restant impuni.

Nous aimerions que tout le monde comprenne qu’il n’y a rien de rééducatif dans la prison. Nous voudrions que la narration habituelle de la prison garantissant la sécurité des citoyens soit dépassée. C’est faux.

La prison est criminelle, criminosa et criminogène. »

Des Détenus Libres de Regina Coeli

 

Les mois d’été – plus que les précédents de l’année écoulée – ont été marqués par un cycle de protestations et de révoltes qui ont secoué les centres de détention italiens du nord au sud. La dernière en date, la révolte dans la prison pour mineurs Beccaria de Milan, qui par son intensité brise tous les canaux d’information, fait suite à des manifestations et révoltes qui, entre juillet et août, ont été presque quotidiennes, parfois tout aussi percutantes et médiatisées – comme celles survenues à Turin entre la prison Lorusso Cutugno et la prison pour mineurs Ferrante Aporti – parfois totalement silencieuses. Notre souhait est de tenter, par une chronologie, de compiler les différentes luttes et révoltes de cette saison de feu dans les taules du Bel Paese. Une chronologie qui ne sera probablement pas exhaustive en raison des limites des sources et de la quantité de révoltes, mais que nous avons décidé de tracer pour donner de la voix aux revendications et aux pratiques par lesquelles les détenus se soulèvent contre la prison, les CPR (centres de rétention administrative, les CRA italiens) et contre les institutions qui les remplissent et les administrent. Ce texte est un point de départ pour entamer une réflexion autour de l’enfermement, et de la façon dont les discours publics et politiques le structurent, et quel rôle on peut jouer ici, « dehors », parmi celles et ceux qui, sans aucune prétention réformatrice, n’aspirent qu’à contempler les décombres de ces murs.

Les luttes des personnes incarcérées, les évasions, le désir de liberté nous réchauffent le cœur et le remplissent de courage. L’insurrection contagieuse qui se propage d’une prison à un CPR et vice versa, réussit aussi à contaminer le « dehors » et ne peut que nous interroger sur les possibilités à notre disposition pour soutenir ces luttes et imaginer des formes de solidarité réactives, efficaces et intelligibles. D’une part, il y a celles et ceux qui tirent de ces luttes des pistes de réflexion pour analyser l’existant et imaginer des formes d’actions, d’autre part, il y a l’intervention de l’État et de ses ramifications qui ne se fait pas attendre – dans toute sa capillarité – pour limiter les espaces de liberté et étouffer les possibilités de contester une réalité de plus en plus mortifère et répressive.

Les déclarations du gouvernement sur la situation carcérale tentent en effet de contourner et de manipuler les évidentes tensions dans les taules, les revendications des détenus, leur genèse et leur portée effective. Les articles, commentaires et critiques abordent superficiellement la question en se contentant de faire écho aux revendications du Gouvernement ou des syndicats de police, monopolisant et filtrant les informations qui arrivent des prisons. En parallèle, les séries de lois, décrets, circulaires et procès, élaborent des normes, donnent des directives et montent des accusations pour entraver et écraser tout souffle de rébellion à l’intérieur et à l’extérieur des lieux d’enfermement.

Pour celles et ceux qui tentent d’observer ce que représente la prison dans cette société et d’écouter le cri de celles et ceux qui la vivent sur leur propre peau, les détenu·es qui se rebellent, frappent sur les barreaux qui les emprisonnent, détruisent les systèmes de vidéosurveillance et les infirmeries, attaquent les gardiens, font grève, utilisent le feu, montent sur les toits ou tentent de s’évader, le font parce que la vie quotidienne en détention est inacceptable, ni soutenable. « La prison est criminelle, criminosa et criminogène. » Les morts dans les prisons et les CPR ne peuvent passer dans le silence : des morts d’État, qui ne doivent pas être étouffées ou déformées et dont la responsabilité ne doit pas être cachée. La responsabilité d’un pays qui décide de confiner dans les prisons les marginaux, les inadaptés, les surnuméraires, d’une société qui exploite, appauvrit et écarte de manière cannibale.

On ne peut que constater que ce qui s’est passé cet été et continue de se produire dans les centres de détention pénaux et administratifs en Italie a une intensité et une dimension inédite, qui ne s’était pas observée depuis plusieurs années, mais qui ne doivent néanmoins pas surprendre. La violence exercée par le pouvoir sur les personnes incarcérées est en effet composée d’éléments enracinés, structurels et structurants sans lesquels il ne serait pas possible de parler d’enfermement. Les cages, les barreaux, les matons et les clés ne sont que quelques-uns de ces éléments, les plus visibles et connus. Cependant, il serait absurde de se limiter à ces derniers pour cerner la totalité des instruments dont disposent les appareils répressifs et vers lesquels sont tournées les colères des détenus.

L’architecture de la prison est imaginée pour être une zone grise éloignée du regard de la société. Elle se conforme à une sorte de hiérarchie optique selon laquelle, ce qui se passe à l’intérieur – les passages à tabac, la négligence, les abus, les représailles – est connu de celles et ceux qui y vivent, mais ignoré, opaque ou déformé à l’extérieur.

D’ici, une première forme d’isolement, celle de l’invisibilité aux yeux du monde, qui permet aux institutions pénitentiaires de commettre toutes sortes d’abus envers ceux qui vivent une restriction de leur liberté. Ce n’est pas un hasard si, dans l’une des lettres des détenus libres de Regina Coeli, ce qu’ils écrivent haut et fort, c’est qu’ils veulent rendre les murs de la prison transparents, briser l’isolement.

Cet isolement, pour ainsi dire, structurel, s’affine et se distingue en devenant un outil disciplinaire à plusieurs niveaux : de l’isolement punitif qui suit les protestations ou révoltes, afin d’annihiler l’individu et briser les liens internes à la prison et parfois aussi ceux externes – lorsqu’il prend la forme du transfert punitif dans un autre établissement ou centre de détention éloigné – jusqu’au 41bis : forme extrême d’afflictivité et de torture du système carcéral italien.

Si l’isolement, sous ses différentes formes, est une des conditions de possibilité de l’architecture pénitentiaire, son contraire spéculaire est la surpopulation : condition historiquement intrinsèque aux prisons italiennes – abordée par phases alternées, mais toujours dans une optique d’urgence – capable d’exacerber les problèmes de la vie en détention et la brutalité de la prison. Malgré Messieurs Nordio et Tajani, avec des titres de journaux faisant écho, qui parlent de la surpopulation comme d’une non-réalité ou, plus modérément – si l’on peut dire ainsi – comme d’un facteur indépendant des suicides, qui se produisent à un rythme d’un tous les trois jours, et des protestations qui ont enflammé cet été et bien d’autres, les luttes et la colère des personnes incarcérées nous disent tout autre chose.

 

 

**Chronologie des révoltes et des protestations**

**JUILLET :**

2 Juillet, CPR de Pian del Lago, Caltanissetta, révolte avec incendie et jets de pierres contre la détention et les déportations.

5 Juillet, CPR de Ponte Galeria, Rome, une révolte éclate dans 4 zones du centre après une tentative de suicide d’un détenu, jets de gaz lacrymogène et passages à tabac après l’intervention de la police et des carabiniers. Plusieurs blessés parmi les détenus.

7 Juillet, prison de Sollicciano à Florence, suite à la mort d’un détenu, une protestation enflammée éclate dans 2 sections de la prison, contre les conditions dégradantes, la surpopulation, le manque de services minimaux.

8 Juillet, prison pour mineurs Beccaria, Milan, révolte avec incendie qui se propage depuis la deuxième aile de la prison, les détenus sont évacués dans une autre section.

10 Juillet, CPR de Gradisca d’Isonzo, une colonne de fumée s’élève de la zone bleue, dédiée principalement à la détention des personnes susceptibles d’être rapidement expulsées, principalement originaires de Tunisie.

11 Juillet, prison du Coroneo, Trieste, 260 détenus dans une prison avec une capacité maximale de 150. Révolte avec incendie, cause de graves dégâts à la structure. Affrontements avec la police et révolte réprimée par la police anti-émeute avec jets de gaz lacrymogènes dans les sections et passages à tabac.

13 Juillet, CPR de Gradisca d’Isonzo, protestation et grève de la faim dans l’attente des prochaines expulsions.

17 Juillet, CPR de Turin, incendie dans une section du centre, manifestants et policiers interviennent.

20 Juillet, prison de Busto Arsizio, les détenus montent sur le toit en signe de protestation après des jours de grève de la faim, contre les conditions de détention.

23 Juillet, CPR de Macomer, incendie qui touche deux sections du centre, protestation contre la détention et les déportations.

25 Juillet, prison de Sollicciano, Florence, protestation des détenus à la suite d’une intervention policière répressive après un incendie.

26 Juillet, CPR de Turin, révolte, grève de la faim et incendies à la suite de tentatives de suicide et de la mort de deux détenus.

AOÛT

2 août :

Prison pour mineurs Ferrante Aporti, Turin : Les détenus prennent le contrôle de la prison. Ils saisissent une radio de la police, mettent le feu et détruisent les cellules, le bureau de la direction, la salle de contrôle de la vidéosurveillance, et tentent une évasion de masse, finalement déjouée.

Prison Lorusso Cutugno, Turin : Après des semaines de tensions, une révolte éclate la nuit. Dans le bloc B, 400 détenus prennent le contrôle du bloc en utilisant le feu.

5 août, CPR de Palazzo San Gervasio, Potenza : À la suite de la mort d’Osama, battu et victime de négligence médicale, la colère explose parmi une centaine de détenus. Plusieurs modules sont endommagés et des incendies éclatent dans les zones.

6 août, prison de Baldenich, Belluno : Révolte avec destruction des systèmes de vidéosurveillance, des douches, des fenêtres et des interphones. Les dommages sont estimés à des milliers d’euros.

7 août :

Prison de Campobasso : Certains détenus parviennent à monter sur le toit à la suite de tensions.

CPR de Bari : Après l’annonce de la mort d’Osama dans le CPR de Palazzo San Gervasio, trois détenus montent sur le toit. Deux d’entre eux tombent, l’un est transporté à l’hôpital avec des fractures multiples probables, l’autre est placé à l’isolement pour un test positif au COVID.

10 août, prison de Siano, Catanzaro : Une violente révolte éclate dans deux sections, des affrontements avec les gardiens ont lieu, et les détenus s’emparent des clés.

11 août, CPR de Gradisca d’Isonzo : Deux détenus parviennent à s’évader du centre.

15 Août :

Grève nationale à laquelle participent plusieurs détenus dans les prisons italiennes.

À la prison Lorusso e Cutugno, à Turin, les détenues de la section féminine, en solidarité avec la grève nationale, commencent une grève du chariot (refus de recevoir de la nourriture). Dans les sections masculines, la tension commence à monter dans l’après-midi. Plusieurs détenus du bloc B refusent de rentrer dans leur cellule ; certains mettent le feu à un matelas, et une tentative d’évasion est faite. Pendant ce temps, la révolte s’étend au bloc C, où les détenus se barricadent, refusant de rentrer dans leur cellule, jetant de l’huile par terre pour ralentir l’intervention des forces de répression. Le système de vidéosurveillance, le mobilier et le système d’éclairage sont détruits, et des incendies éclatent pendant la nuit.

À la prison de Pescara, un incendie éclate dans une cellule qui devient totalement inutilisable, avec des affrontements contre les gardiens.

16 Août :

IPM de Casal del Marmo, à Rome, beaucoup de mobilier de la prison pour mineurs est détruit, des affrontements avec les gardiens se poursuivent jusqu’à 21 heures. Le soir, les détenus refusent de prendre leur traitement psychotrope, jetant des fruits aux médecins et infirmiers, et refusent également de rentrer dans leurs cellules.

17 Août :

À la prison de Bari, une trentaine de détenus refusent de rentrer dans leurs cellules, s’emparent des clés et ouvrent la cellule d’un autre détenu. Une bagarre éclate avec certains gardiens et une infirmière est prise en otage. À la suite de cette protestation, les détenus concernés ont été transférés.

À la prison de Regina Coeli, à Rome, deux jours de révolte commencent, impliquant initialement 200 détenus de la troisième section. Les vitres sont brisées, les serrures des cellules sont endommagées, le couloir est inondé, et un incendie éclate dans la section. Le lendemain, l’émeute continue avec encore plus d’intensité, d’autres incendies se déclarent.

À la prison de Siano, à Catanzaro, un détenu monte sur le toit en signe de protestation.

À la prison d’Imperia, un incendie éclate dans une cellule.

19 Août :

À la prison Lorusso e Cutugno, à Turin, les membres du conseil disciplinaire, chargés d’infliger des sanctions disciplinaires à deux détenus du bloc A, vivent « 5 minutes de peur » : le mobilier du bureau (ordinateurs, tables, bibliothèque, ventilateur – car les gardiens bénéficient de la climatisation) est détruit. Les membres du conseil se barricadent dans la salle pendant que les détenus sont sédatés.

À la prison de Castrovillari, une violente révolte éclate, deux sections sont évacuées. C’est la deuxième révolte du mois, la première ayant eu lieu à une date inconnue.

À la prison de la Dozza, à Bologne, des affrontements éclatent avec certains agents.

À l’IPM du Pratello, à Bologne, une forte battiture (taper sur les barreaux) se poursuit pendant plusieurs heures.

À l’IPM Beccaria, à Milan, dans la nuit du 19 au 20 août, après que les soins médicaux ont été refusés à un détenu, un matelas est incendié. Après des affrontements avec des agents, certains détenus s’emparent des clés et une tentative d’évasion de masse a lieu. À la suite des protestations, certains détenus sont transférés, notamment au Pratello.

20 Août :

À l’IPM du Pratello, à Bologne, un détenu – avec quelques sympathisants – s’oppose fermement à un nouveau transfert qu’il subit en moins d’une journée. Un affrontement éclate avec des gardiens, et une pièce de la prison pour mineurs est endommagée.

22 Août :

Un détenu évadé de la prison de Bollate, à Milan, le 22 juin, est retrouvé, mais il réussit encore à s’échapper et reste introuvable.

23 Août :

À la prison d’Argillà, à Reggio de Calabre, des affrontements éclatent avec la police pénitentiaire, et les détenus se barricadent dans une section, causant d’importants dégâts à la structure.

À la prison de Marassi, à Gênes, le rez-de-chaussée et le premier étage de la sixième section de la prison sont barricadés. Pendant les affrontements, de l’huile bouillante est renversée, ralentissant l’intervention des gardiens. Le feu se propage, et plusieurs cellules, ainsi que le système d’éclairage, sont détruits.

25 Août :

Au CPR de Ponte Galeria, une colonne de fumée s’élève de la section masculine.

À l’IPM Beccaria, à Milan, aux alentours de cette période (la date exacte est inconnue), un détenu s’évade sans revenir des activités menées hors de la prison. Le 28 août, il est retrouvé en Ligurie et à nouveau arrêté.

À la prison de Bergame, un détenu monte sur le toit pendant que des matelas prennent feu dans les sections.

À la prison de Palerme, Pagliarelli, pour s’opposer aux fouilles, 50 détenus mènent une protestation de minuit à environ 3 heures du matin, tapant sur les barreaux, jetant de l’eau et du savon, et mettant le feu à des draps et des papiers.

26 Août :

À la prison de Palerme, Pagliarelli, de 13 h 30 jusqu’à toute la nuit et jusqu’au matin du 27 août, trois détenus montent sur le toit de la prison pour demander leur transfert.

À la prison de Porto Azzurro, sur l’île d’Elbe, un détenu proteste contre la décision du juge de surveillance de l’exclure de la libération anticipée en raison de plusieurs rapports disciplinaires. Il monte sur le toit/s’accroche à une grille à 20 mètres de hauteur vers 14 h 30 et y reste toute la nuit.

27 Août :

À la prison de la Dozza, à Bologne, le système de vidéosurveillance est endommagé et, à la suite du transfert forcé d’un détenu à l’infirmerie (probablement en vue d’une sédation forcée), les sanitaires de la pièce sont détruits.

À la prison de Bollate, à Milan, un détenu écrit une lettre et lance sept jours de protestation nationale, demandant une visite conjointe du ministre, du président de la Cour constitutionnelle et du garant des détenus. La protestation inclut une battiture de 30 minutes de 12 h à 12 h 30, un refus de sortir des cellules, une grève du chariot, une grève des achats personnels, et un refus de prendre des médicaments non prescrits.

À la prison d’Ivrea, un détenu tente de s’évader.

À la prison Pietro Cerulli, à Trapani, un détenu proteste en montant sur le toit de l’aile Tirreno pour demander son transfert.

À la prison de Sabbione, à Terni, un détenu refuse de rentrer dans sa cellule.

28 Août :

À la prison du Cerialdo, à Cuneo, un détenu monte sur le toit en signe de protestation, demandant son transfert.

30 Août :

À la prison de Regina Coeli, à Rome, une forte protestation éclate dans la première section, causant des dégâts au deuxième étage, des caméras de surveillance arrachées, des plafonds suspendus détruits, des bonbonnes de gaz explosées, des poubelles et des morceaux de fer lancés, ainsi que des extincteurs vidés.

31 Août :

À l’IPM Beccaria, à Milan, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, une révolte éclate impliquant tous les détenus de la prison pour mineurs. Des incendies éclatent dans les cellules, et lors de l’évacuation, les détenus parviennent à atteindre la loge. Une tentative d’évasion de masse a lieu : certains nouent des draps, et quatre personnes s’évadent (retrouvées la même nuit). Huit détenus sont blessés.

SEPTEMBRE

2 Septembre :

À l’IPM Fornelli, à Bari, un cycle de plusieurs jours de révolte commence, avec une forte tension et des incendies dans les sections.

À la prison de Frosinone, après la mort d’un détenu, une révolte éclate dans la nuit du 2 au 3 septembre, avec des vitres brisées et des inondations.

À la prison Lorusso e Cutugno, à Turin, dans le bloc B, en particulier dans les première, deuxième, troisième et quatrième sections, les détenus refusent de rentrer dans leurs cellules et parviennent à atteindre la rotonde, demandant à parler au directeur.

À la prison de Biella, des détenus parviennent à sortir dans les sections et y restent pendant plusieurs heures.

3 Septembre :

À la prison d’Ivrea, de fortes protestations éclatent au premier et au troisième étage de l’aile d’isolement : une cabine téléphonique, des néons sont détruits, et des affrontements ont lieu avec les agents, avec des battitures. Simultanément, au premier et au troisième étage droit, une forte battiture commence, des coussins sont brûlés, plusieurs meubles détruits, et des affrontements éclatent avec les agents. La révolte se poursuit jusqu’à 2 h 30 du matin.

Berlin (Allemagne) : attaque contre l’entreprise d’armement ThyssenKrupp

Publié le 2024-10-30 08:02:16

ThyssenKrupp s’enrichit sur la guerre et le génocide
Traduit de l’allemand de de.indymedia, 7 octobre 2024

Beaucoup sont en colère. En colère contre le génocide à Gaza. Contre les bombes qui tombent sur des civil-e-s, des écoles et des hôpitaux. Contre le réarmement militaire au niveau mondial. Contre le sang versé et les déplacements forcés de millions de personnes. Contre la propagande en faveur d’une « capacité guerrière » et d’une Allemagne « en état de se défendre ». Contre les livraisons d’armes et les profits de l’industrie d’armement et contre le projet de rétablissement d’un service militaire obligatoire. Contre l’assassinat automatisé à travers des attaques de drones dirigées par l’IA.

Beaucoup trop de colère.
Cette rage s’est déchaînée hier.
Contre l’entreprise d’armement ThyssenKrupp.
Hier, trois poids-lourds ont été incendiés sur le site industriel de ThyssenPlastics à Berlin et le feu a été mis à un entrepôt.

Pourquoi ThyssenKrupp ?

Par le biais de sa filiale ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), Thysenkrupp encaisse des sommes se chiffrant à plusieurs milliards avec la construction de navires de guerre de toutes sortes. Parmi eux, des sous-marins, des corvettes et des frégates produits à Hambourg, Kiel et Emden. « Thyssen Krupp Marine Systems (TKMS) » est le seul fournisseur de sous-marins en Allemagne.

Depuis 1993, TKMS produit des sous-marins de classe Dolphin pour Israël. Les sous-marins sont équipés de missiles de croisière à capacité nucléaire. Pour pouvoir lancer à la verticale des missiles de croisières ou des fusées balistiques, TKMS a développé ce qu’on appelle un VLS (Vertical Launching System) dont sont équipés les sous-marins israéliens de classe Dolphin. Leur zone d’opération principale est la Méditerranée orientale. Les sous-marins « Dolphin » construits par TKMS y constituent la capacité de frappe nucléaire secondaire d’Israël en cas d’attaque.

En 2022, TKMS et Israël ont signé un nouveau contrat pour la fabrication de sous-marins de classe Dakar. Outre la livraison de trois sous-marins, le contrat, d’un montant d’environ 3 milliards d’euros, prévoit aussi l’installation d’un simulateur en Israël, un soutien logistique et la livraison de pièces de rechange. ThyssenKrupp investit à cet effet 250 millions d’euros dans son chantier naval. Cela implique notamment la mise en place d’un nouvel atelier de construction navale et d’une unité de production de piles à combustibles. L’Etat allemand prend en charge 540 millions d’euros des coûts et a en outre investi plus de 850 millions d’euros dans des entreprises israéliennes, notamment dans le secteur militaire, dans le cadre d’une coopération industrielle. Des accusations de corruption ont été portés contre Netanyahou dans le cadre de ce contrat de trois milliards, car le cousin et conseiller juridique privé de Netanyahou, David Schimron, représentait également le mandataire israélien de Thyssen-Krupp Marine Systems.

En mai 2023, les entreprises Israel Aerospace Industries (IAI) et Atlas Elektronik, une filiale de Thyssenkrupp Marine Systems, ont officiellement lancé leur dernier déploiement de missions anti-sous-marins. Atlas est spécialisée dans le développement de systèmes de sonars en eau profonde basés sur l’IA. Atlas Elektronik est un fournisseur dans le développement et la production de systèmes intégrés de sonars pour sous-marins, chasseurs de mines et navires de guerre comme les Torpedos. C’est aussi à 100% une filiale de ThyssenKrupp AG. Israel Aerospace Industries est pionnière dans le domaine des systèmes sans pilote dans le secteur aérien, terrestre et maritime. Le premier drone sous-marin sans pilote au monde « Blue Whale » a été développé par IAI pour les forces de défense israéliennes et, au cours des dernières décennies, IAI est devenu un pionnier des systèmes robotiques terrestres et des navires sans pilote.

Le génocide à Gaza montre la réalité des technologies militaires basée sur l’IA : des dizaines de milliers de civils et d’enfants morts, blessés, traumatisés et mutilés. ThyssenKrupp tire profit de ce génocide ainsi que d’autres guerres.

« Une fois de plus nous insistons sur la nécessité urgente d’organiser des campagnes contre l’industrie des armes, les profiteurs de guerre de toutes sortes, y compris ceux qui approvisionnent la machine militaire en nourriture, en énergie et en autres ressources. Nous ne devons pas oublier la résistance contre tout appareil national et militaire et toutes les coalitions militaires multinationales. Il faut continuer à nous lutter contre tous les états-nation et toutes les conglomérats et unions supranationales politiques et économiques, qui réclament nos vies , nos sociétés, les ressources naturelles et les territoires sur lesquels nous vivons; contra la mobilisation militaire et leur industrie qui se nourrit de la richesse que nous produisons, contre les dirigeants qui prétendent gouverner en notre nom alors qu’ils ne protègent qu le capital et qu’ils dirigent les classes; et contre tout ce qui permet à la guerre de prospérer. Nous reconnaissons ici le besoin d’être présent-e-s et actifs/ves dans un espace de discussion public et dans des espaces du mouvement anarchiste et anti-autoritaire en particulier.
Par-dessus les murs du nationalisme et de la guerre !
Aucune frontière ne nous divise, aucune nation ne nous unit !
Stop aux génocides à Gaza et partout !
Solidarité avec tous les déserteurs ! »
(Appel des Balkans pour des journées internationales d’action contre le militarisme et le nationalisme (du 1er au 10 octobre 2024)

[Guadeloupe] Profiter du black-out de la CGT pour se faire un peu d’argent…

Publié le 2024-10-30 08:03:51

Compilé à partir d’articles de presse.

Suite à une première série de barrages enflammés et de pillages en Guadeloupe à la fin du mois de septembre, de nouveaux barrages et pillages ont eu lieu en cette semaine de fin octobre, culminant notamment autour d’un black-out causé par des grévistes de la centrale d’EDF.

Sans électricité, tout est gratuit…Banque la Bred ravagée par l'attaque au tractopelle, on remarque notamment l'absence de distributeur automatique.

Dans la nuit du vendredi 25 octobre au samedi 26 octobre, des individus ont profité du black-out touchant toute l’île pour se servir dans différents commerces.

A Pointe-à-Pitre, un groupe a ainsi utilisé un tractopelle pour détruire le rideau métallique de trois bijouteries et s’y introduire, ainsi que pour attaquer une agence de la Bred et en arracher le distributeur de billets, ou attaquer et piller un supermarché ou encore un magasin de téléphonie.

Des barrages enflammés ont aussi été installés « pour faciliter la casse ». « C’est la même méthode de créer des lieux d’attraction des forces de l’ordre quand on agit ailleurs », analyse le maire de la ville. Ce qui semble avoir fonctionné, puisqu’au moins 3 salves de tir ont été dirigés contre les flics du RAID et de la brigade de sûreté territoriale. Les pompiers ont été sollicités pour éteindre 27 feux de poubelle et 6 véhicules enflammés. Les pillages auraient duré pendant deux heures, touchant 11 commerces entre Pointe-à-Pitre et Les Abymes.

Aux alentours de 4 heures du matin, à Sainte-Rose, un autre barrage enflammé a été érigé à La Ramée, bloquant temporairement l’accès à la zone près du lycée de la commune. Comme un écho aux incidents du 21 octobre, cette action a paralysé la circulation avant que les forces de l’ordre ne restaurent le calme au petit matin.

A Baie-Mahault, un collège a été pillé, vandalisé puis incendié, ravageant une grande partie de l’établissement dont le bâtiment administratif et le bureau du principal. L’école maternelle a aussi été pillée, saccageant entièrement le bureau de la directrice, ainsi que la crèche d’en face. Un entrepôt d’un magasin automobile a aussi été incendié dans la zone de Jarry en fin de journée, sans plus d’indications sur l’origine de l’incendie.

Quatre personnes ont été interpellées, dont une pour le pillage d’une bijouterie et deux personnes mineures. Un couvre-feu a été instauré dans 10 communes de Guadeloupe dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27, puis de nouveau dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28.

Cela n’a pas empêché des barrages d’être érigés dans plusieurs communes touchées par le couvre-feu dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27, et notamment à Pointe-à-Pitre et aux Abysses où trois personnes ont été interpellées. Une dizaine de barrages enflammés avait été constatée dans ce secteur entre 20h et 3h.

Sur la route nationale du Gosier, à l’est de Pointe-à-Pitre, un barrage a été élaboré à partir de pneus et de cailloux. Trois barricades ont également été installées au Moule, à l’est de la Guadeloupe, où les forces de l’ordre et les pompiers, venus pour un incendie de pneus, ont été la cible de projectiles. Divers incendies ont été signalés au Lamentin, tandis qu’à Baie-Mahault, une boutique de bijoux, parfums et sacs a été attaquée à la disqueuse.

Le lundi 28 octobre, une personne a été condamnée à 18 mois de prison dont six mois avec sursis pour le pillage d’un magasin de téléphonie à Pointe-à-Pitre, avec « obligation de rembourser les parties civiles, obligation de travailler, » et placé « sous bracelet électronique car la maison d’arrêt de Basse-Terre est à 245 % de surpopulation carcérale« .

Black-out suite à la grève à EDF

Peu après 8h30, ce vendredi 25 octobre, l’arrêt des 12 moteurs de la centrale Jarry d’EDF PEI, qui fournit la quasi-totalité de l’électricité sur le territoire de près de 380 000 habitants a provoqué un incident électrique généralisé.

Une conséquence probable de la grève qui oppose depuis le 15 septembre les salariés affiliés à la FE-CGTG (Fédération de l’Energie de la Confédération Générale du Travail de Guadeloupe) et la direction de l’entreprise, concernant l’application d’un protocole d’accord signé suite à une grève en 2023 à propos du mode de calcul des congés payés.

Suite à la rupture des négociations et des menaces de licenciement d’un gréviste par la direction d’EDF PEI, des grévistes ont pénétré dans la salle des commandes et provoqué l’arrêt d’urgence de l’ensemble des moteurs, coupant l’électricité de toute la Guadeloupe. Le préfet a ensuite réquisitionné des salariés pour redémarrer la centrale et relancer l’électricité, qui ne sera complètement rétabli que dans la journée du dimanche 27.

Déjà des barrages en début de semaine

C’est peu avant le lever du jour, vers 4h30, dans la nuit du dimanche 20 octobre au lundi 21 octobre qu’un barrage en feu a été dressé à La Ramée, à Sainte-Rose, non loin du lycée qui accueille, chaque jour, des centaines d’élèves. La circulation a été interrompue au moins dans un sens.

Dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 octobre, c’est le pont de Rivière des Pères à Basse-Terre qui a été bloqué dans les deux sens par un barrage enflammé, rendant la circulation impossible jusqu’à au moins 7 heures du matin. Quatre nouveaux barrages ont été érigés dans la même zone le lendemain, dans la nuit du 22 au 23, dont l’un bloquant une rue dans les deux sens avec un groupe d’individus restant sur le barrage. Les rues ne seront dégagés que vers 7 heures du matin.

Les tentatives de blocage en Guadeloupe se poursuivent.  Dans la nuit de mercredi 23 à jeudi 24 octobre, des barrages enflammés ont été érigés à Sainte-Rose et à Pointe-à-Pitre.

Après deux jours marqués par des barrages à Basse-Terre, c’est du côté de Sainte-Rose qu’un barrage à la Ramée à Sainte-Rose a été signalé. Il se situerait non loin du lycée Sony Rupaire à l’entrée de la déchetterie. La circulation était impossible dès 4h ce matin, forçant de nombreux automobilistes à faire demi-tour. À 5h20, les forces de l’ordre étaient sur place au niveau du rond-point.

De nombreux barrages enflammés ont aussi été montés dans la ville de Pointe-à-Pitre, notamment au boulevard Légitimus, au boulevard de Chanzy et du côté de Mortenol. Des coups de feu auraient été tirés et les forces de l’ordre étaient mobilisées durant toute cette nuit.

Cantoche Autonome a L'Impasse

Publié le 2024-10-31 20:45:05

À partir du mercredi 13 novembre, a partir de 18h, on lance une cantoche autonome tous les 2ième et 4ième mercredis du mois (pour l’instant) à L’Impasse !



Guadeloupe : saisir l’occasion du black-out…

Publié le 2024-10-31 20:56:30

Vendredi 25 octobre dans la colonie française de Guadeloupe, peu après 8h30 du matin, des salariés-grévistes d’EDF en conflit depuis un mois avec leur direction ont envahi la salle des commandes de la centrale thermique de la Pointe Jarry, et mis à l’arrêt ses 12 moteurs*. Vu que cette centrale fournit la quasi-totalité de l’électricité sur cet archipel de 380 000 habitants, cela a provoqué « un incident électrique généralisé »soit un black-out qui a duré 39 heures et 28 minutes, jusqu’au 26 octobre au soir et le rétablissement total de l’électricité dans l’île.

Suite à l’arrêt impromptu de la centrale, les autorités ont envoyé une demie-heure plus tard des gendarmes pour reprendre le contrôle de la salle de commande, puis ont réquisitionné par arrêté préfectoral les salariés nécessaires au rétablissement du bon fonctionnement de la centrale thermique, ce qui a pris plusieurs jours. Du côté de la rue, vu que la coupure était partie pour durer, le préfet a également décrété un couvre-feu (19h-6h) pour la nuit du 25 au 26 dans toute la Guadeloupe, puis dans 11 communes les deux nuits suivantes (22h-5h) : aux Abymes, Baie-Mahault, Basse-Terre, Gosier, Lamentin, Le Moule, Morne-à-l’Eau, Pointe-à-Pitre, Petit-Canal, Sainte-Anne et Sainte-Rose… histoire que personne ne saisisse l’occasion du black-out pour effectuer quelques transferts de propriété ou destructions ciblées. Soit officiellement « pour limiter la circulation des personnes qui pourraient bénéficier d’un manque de lumière pour porter atteinte aux biens… ».

Ce qui s’est bien entendu tout de même produit  ! Alors, en avant pour un petit tour d’horizon non exhaustif de ce qui s’est passé en Guadeloupe quand alarmes, caméras, lampadaires, néons et antennes de téléphonie mobile ont été soudainement privées de jus…

Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), nuit du 25 au 26 octobre : à l’assaut des bijouteries…

Pillages de commerces et tractopelle

En quelques heures à peine
cette nuit du 25 au 26 octobre, onze commerces ont été pillés dans la soirée sur la zone de Pointe-à-Pitre et des Abymes. Et pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit notamment d’un supermarché, d’une banque et de trois bijouteries.

Qui plus est, une tractopelle a été utilisée notamment contre les bijouteries pour faire céder leur rideau de fer, mais aussi contre un distributeur de billets de la Bred, qui a été littéralement arraché de la façade du bâtiment grâce aux mains habiles du conducteur masqué de l’engin..

Pointe-à-Pitre (Gaudeloupe), nuit du 25 au 26 octobre : le distributeur de billets de la Bred n’a pas apprécié le black-out…

Barrages enflammés et ripostes

Des barrages enflammés ont aussi été érigés à Pointe-à-Pitre, Les Abymes, Baie-Mahault, Le Lamentin, Le Moule, Morne-à-L’Eau et Sainte-Anne, afin de briser le monopole étatique du contrôle du territoire, mais aussi de « faciliter la casse », selon Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre : « C’est la même méthode de créer des lieux d’attraction des forces de l’ordre quand on agit ailleurs ». Et lorsque ces dernières tentent d’intervenir, les émeutiers ont aussi de quoi les recevoir, selon le bilan officiel de la préfecture de Guadeloupe, qui précise par exemple qu’entre 2h45 et 3h du matin dans la zone de Pointe-à-Pitre, les forces de police ont essuyé trois salves de tirs à balles réelles contre la brigade de sûreté territoriale et contre le RAID.

Au total, les pompiers ont été sollicités pour éteindre 27 barrages à base de feux de poubelle et 6 véhicules en flammes.

Pointe-à-Pitre (Gaudeloupe), nuit du 25 au 26 octobre : restes d’un barrage au petit matin…

Destructions de bagnes scolaires

Dans la commune de Baie-Mahault, la première nuit du black-out s’est plus traduite par des attaques et saccages d’établissements scolaires que de commerces. En plus des écoles Cora Mayeko, Merosier Narbal et Edinval qui ont été visitées par les émeutiers pour leur exprimer tout le bien qu’ils en pensent, c’est en particulier le collège de Gourdeliane qui a fait les frais du black-out.Après un saccage en règle, de hautes flammes ont ensuite ravagé une grande partie du bâtiment administratif du collège, dont le bureau du principal qui est parti en fumée. L’école maternelle a aussi été pillée, saccageant entièrement le bureau de la directrice, ainsi que la crèche d’en face. La deuxième nuit du black-out, une boutique de bijoux, parfums et sacs a aussi été attaquée à la disqueuse dans cette commune.

Baie-Mahault (Gaudeloupe), nuit du 25 au 26 octobre : le collège de Gourdeliane cramé pendant le black-out…

Du côté de la répression, on notera notamment une première condamnation lundi 28 octobre d’une personne à 18 mois de prison dont six mois avec sursis, pour le pillage d’un magasin de téléphonie à Pointe-à-Pitre, avec « obligation de rembourser les parties civiles, obligation de travailler » et le placement « sous bracelet électronique, car la maison d’arrêt de Basse-Terre est à 245 % de surpopulation carcérale ». De plus, concernant l’origine volontaire du black-out lui-même, la direction d’EDF Guadeloupe a déposé une plainte contre plusieurs salariés pour « mise en danger d’autrui, sabotage et destruction de biens d’utilité publique ». L’enquête est confiée à la Section de recherches (S.R.) de Pointe-à-Pitre.

Concernant les pillages de bijouteries, supermarchés et banque, ainsi que les incendies d’écoles, plusieurs enquêtes ont également été ouvertes… avec ce paradoxe qu’alors que le black-out avait rendu les caméras de vidéosurveillance urbaine aveugles, une partie des protagonistes et leurs proches a tout de même tenu à fournir gratos des images des pillages aux enquêteurs sur les réseaux sociaux…

* La Guadeloupe, archipel situé au milieu des Caraïbes, est une zone non interconnectée, ce qui signifie qu’elle doit produire elle-même son électricité pour satisfaire la demande sur le territoire. Sa production électrique dépend ainsi à près de 70% de l’énergie thermique: du fioul pour EDF et des granulés de bois pour la société Albioma, qui fonctionnait encore au charbon jusqu’en juillet. L’arrêt des moteurs de centrale de production d’électricité par les grévistes a entraîné un déséquilibre entre l’offre et la demande électrique, contraignant le gestionnaire du réseau, EDF Archipel, à couper toute l’île pour éviter que les équipements ne soient irrémédiablement endommagés.

[Synthèse de la presse locale, 25-28 octobre 2024]

Prison de Garth (UK) : « Rien de surprenant » – une lettre du prisonnier anarchiste Toby Shone

Publié le 2024-10-31 20:57:58

Anarchist Black Cross Brighton / jeudi 17 octobre 2024

Certaines choses ne nous surprennent pas et je trouve bien sûr que le recours aux options judiciaires est dégoûtant, mais efficace. L’anarchisme est illégal ou ce n’est pas de l’anarchisme, comme nous le rappelle notre cher compagnon Gustavo Rodriguez. Néanmoins, au cours des derniers mois, mes avocats ont pu obtenir un rapport de renseignement de sécurité (Security Intelligence Report – SIR), produit par les bureaucrates anti-terroristes de la prison. Cette divulgation a eu lieu dans le cadre d’une demande de libération conditionnelle, qui de toute façon a été rejetée. Le secrétaire d’État s’est opposé à ma libération et a fait une requête de non-divulgation [de ce document], pour des raisons de « sécurité nationale », afin de m’empêcher de voir les « preuves » utilisées à mon encontre ou d’y répondre. Le tribunal des libertés n’a pas donné son accord et m’a permis d’avoir accès à huit maigres pages de rapports de renseignement. Celles-ci couvrent la période de septembre 2023 à janvier 2024 et donnent un aperçu incomplet de la surveillance et de la censure de ma correspondance et des livres qui me sont envoyés, de la collecte d’informations sur les personnes avec lesquelles je suis en contact et des renseignements reçus au sujet du rassemblement solidaire, avec des feux d’artifice, à la prison de Bristol, l’année dernière, quand j’y étais détenu.

Le rapport a révélé la collecte de tous les noms, adresses et détails personnels de toutes les personnes qui communiquent avec moi. Par exemple, il est indiqué qu’un compagnon écrit qu’il travaille comme facteur, qu’un autre compagnon « a une fille en prison », etc. Parmi ces informations, ils répertorient aussi toutes les connexions personnelles et tous les détails relatifs aux affiliations à des groupes ou tendances. Une analyse géographique a été réalisée à l’aide de Google Maps pour visualiser leurs positions géographiques. Le cinéma Star and Shadow, à Newcastle upon Tyne, est désigné comme un « point de rencontre potentiel » et le centre social BASE, Bristol, est décrit comme « un possible squat ou commune, largement recouvert de tags ».

Le niveau de renseignement et d’analyse affiché est donc faible et grossier, mais on peut s’attendre à ce que les données soient transmis aux services de sécurité et à l’État policier.

Le régime de sécurité auquel je suis soumis est dirigé de l’extérieur de la prison, par un comité* composé de hauts responsables de la police, de la Counter Terror Unit, de la National Security Division et de l’administration gouvernementale, ainsi que de psychologues du service médico-légale.

Nous savons que l’État a peur et prend des mesures répressives, mais il est rare que nous voyions des preuves de son mode de fonctionnement, c’est pourquoi je donne ce compte-rendu comme réponse.

Je n’ai rien à justifier.

Dans cette situation, je savais déjà parfaitement, avant sa divulgation, en quoi consistait la « preuve » secrète : le fait que je maintiens mes idées et mes contacts avec le milieu anarchiste et avec le mouvement social. Le fait que je continue à écrire « et à essayer de recevoir » des lettres et que l’on m’envoie des livres et des publications au contenu critique.

Je n’aurai pas une seule phrase d’excuses pour cela.

J’envoie mes salutations à Alfredo, Anna, Juan et à tou.tes les prisonnier.es et le compas persécuté.es en Italie.

À Francisco, Mónica et tou.tes les compas emprisonné.es au Chili.

Aux compas emprisonné.es et à ceux/celles qui luttent en Grèce.

Force à Daniela Klette, en Allemagne.

De même, à tou.tes les compas détenu.es, partout, ainsi qu’aux groupes d’action : je vous envoie une accolade et ma complicité.

Une accolade chaleureuse à Claudio, qui est libre, désormais.

Pour l’application d’une théorie pratique.
Pour une internationale noire.

Toby Shone
13 octobre 2024
HMP Garth
Nord-Ouest [de l’Angleterre]

 

* MAPPA [Multi-Agency Public Protection Arrangement] : arrangement de protection publique multi-agences.

 

*****

Répercussions suite à la publication de « Rien de surprenant »

Anarchist Black Cross Brighton / mardi 22 octobre 2024

En raison de l’envoi, de la part de Toby Shone, du texte « Rien de surprenant » à l’ABC Brighton, dans la matinée du 21 octobre il a reçu la visite du duo composé par Ian Turner et Mick McCormack, du service de prévention antiterroriste. Il a reçu trois sanctions administratives et est maintenant sous le régime Basic du IEP [Incentives and Earned Privileges], ce qui signifie pas de télévision et seulement cinq livres à dépenser par semaine. Les sanctions étaient pour : avoir écrit une lettre ouverte à Joe Black, de l’ABC Brighton, le 13 octobre (« Rien de surprenant » a été dicté par téléphone) ; plusieurs appels téléphoniques à une amie, au cours desquels elle l’a mis en haut-parleur pour qu’il puisse parler aussi à d’autres personnes présentes dans la pièce et pour avoir parlé irrespectueusement du personnel, y compris de sa conseillère de probation, Clare Ashton, au cours d’une conversation avec un autre contact, en septembre. Les deux personnes avec qui il a parlé ont été retirées de sa liste de contacts téléphoniques.

NB : Toby doit être libéré le 13 novembre 2024, après avoir purgé la totalité de sa peine. Celui-ci n’est que le plus récent (et, espérons-le, le dernier) acte vindicatif des « bureaucrates anti-terroristes » de la prison de Garth, dans la tentative de le punir pendant les derniers jours où il se trouve [incarcéré] « selon le bon plaisir de Sa Majesté ».

Le chiffre du jour : 65 millions

Publié le 2024-10-31 21:03:30
Francois (Martinique) 17 octobre 2024 : supermarché Carrefour Market après pillage

A la Martinique, les émeutes et les pillages font au moins « 65 millions d’euros » de dégâts pour les entreprises
Le Monde, 18 octobre 2024 (extrait)

Supermarchés, entrepôts, concessionnaires automobiles et loueurs de véhicules, magasins d’électronique, établissements de restauration… La liste des entreprises martiniquaises dévalisées et incendiées durant ces nuits d’émeute est longue et variée. « Nous avons recensé 115 entreprises, pour une perte totale estimée – pour les stocks et les bâtiments – entre 65 et 75 millions d’euros », résume Philippe Jock, le président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de la Martinique. Dans celles-ci, jusqu’à 950 salariés pourraient être concernés par des mesures de chômage partiel, selon les estimations de la CCI, et « plus de 300 emplois sont menacés ; certains seront perdus », poursuit M. Jock. Une mauvaise nouvelle pour cette île de 350 000 habitants, où 11 % de la population était au chômage en 2023, selon des données publiées par l’Insee, en juin.

Outre ces pertes directes, nombre d’entreprises ont souffert des importantes difficultés de circulation causées par les barrages routiers érigés par les émeutiers ou par les opérations escargot à répétition, organisées par des syndicats en soutien au mouvement contre la vie chère. Les fermetures d’écoles, le couvre-feu – en vigueur jusqu’au 21 octobre – sont autant de raisons qui incitent les Martiniquais à rester chez eux.

Martinique, 16 septembre : dès le début du mouvement contre la vie chère, pillage de containers sur le port

« Les commerçants de Fort-de-France évoquent des baisses de chiffre d’affaires comprises entre 50 % et 70 % », rapporte le président de la chambre de commerce, qui s’inquiète déjà des « importantes annulations en matière de tourisme de séjour » et des baisses de fréquentation, alors que la saison touristique est sur le point de débuter. L’association Zilea, qui regroupe des professionnels du tourisme, a déclaré ne pas souhaiter communiquer, pour l’heure, à ce sujet. Pour les collectivités aussi, l’ardoise est élevée. « Rien que pour le mobilier urbain, on évalue [la facture] à plusieurs centaines de milliers d’euros », expliquait Didier Laguerre (Parti progressiste martiniquais), le maire de Fort-de-France, à l’issue de la première vague d’émeutes, fin septembre.

[Brochures] : deux nouvelles publications de Delenda Est

Publié le 2024-10-31 21:07:49

[reçu par mail, 25 octobre 2024]

Salut !

Deux nouvelles brochures Delenda Est :

Hors-jeu international et jeu internationaliste de Santiago Panare
Détruire l’Etat, jouer avec les complicités – ou l’inverse. Notes en
vrac sur l’exigence anarchiste d’une harpie de l’anti-monde (avec
quelques modifs apportés suite à un retour après qu’elle ait été vite
fait diffusée)

Comme d’hab, les brochures ne sont pas sur internet, pour en recevoir : delendaest[arobase]riseup.net

Berlin (Allemagne) : un profiteur de guerre et auxiliaire de police sous le feu

Publié le 2024-10-31 21:15:35

Feu à T-Systems : profiteur de guerre, auxiliaire des flics, dévastateur de l’environnement
Traduit de l’allemand de de.indymedia, 26 octobre 2024

Nous nous sommes réjouis des différentes initiatives qui ont apporté une réponse pratique à l’appel du Salon du livre anarchiste des Balkans (Balkan Anarchist Bookfair) à des journées d’actions contre le militarisme et le nationalisme, et nous voulons continuer sur cette lancée avec notre attaque contre T-Systems. C’est pourquoi, dans la nuit du 22 au 23 octobre, avec de l’essence et des pneus, nous avons mis le feu à l’arrière de son siège berlinois, situé Pascalstraße dans le quartier de Charlottenburg.

« La guerre est une partie intrinsèque du système capitaliste. Qu’elle soit de faible intensité ou pleine et entière, elle sert d’outil important pour l’expansion du capitalisme en ouvrant de nouvelles sources d’exploitation, telles que la terre, la mer, les minéraux, tous·te·s les êtres vivant·e·s ; ou la production et la vente d’armes comme capital. Nous ne tombons pas dans le piège de considérer qu’un conflit est binaire entre États-nations, bien que nous acceptions ses nuances et ses contextes de la façon dont ils se produisent : nous le voyons comme une guerre du capital contre la société. » (BAB, août 2024)

Guerre et dévastation environnementale :
les deux faces d’une même médaille

L’expansion du capitalisme au niveau mondial et la destruction de la Terre sont le résultat de siècles de terreur, de guerre et d’exploitation. Depuis au moins le siècle dernier, le monde qui s’est construit sur ces bases se dirige les yeux fermés vers une catastrophe d’une dimension encore inconnue. Outre les graves atteintes à l’environnement dues à l’extractivisme sans limites et les souffrances incommensurables causées par le sang versé pour la domination, le pouvoir et le profit, la guerre et l’armée font partie des principaux responsables de cette catastrophe, avec plus de 5% des émissions de CO2 dans le monde. Même en temps de soi-disant paix.

La croissance économique, condition sine qua non de la pérennité de ce système, et les prétentions hégémoniques qui en découlent pour les nations concurrentes en matière d’accès à la terre, aux matières premières et aux travailleur.euses réduit.es en esclavage conduisent inévitablement à des conflits. Le fait que certaines ressources s’épuiseront bientôt suite au pillage de la planète au cours des époques antérieures ne fait qu’alimenter ces conflits.
La lutte pour les matières premières et les technologies nécessaires à la transformation « verte » de l’économie et les confrontations militaires actuelles annoncent déjà une nouvelle escalade des crises et des guerres mondiales. Cela s’accompagne d’une course aux armements entre les États et les blocs de pouvoir, ainsi que d’une militarisation massive de la société. Le changement d’époque amorcé par le gouvernement fédéral allemand ne marque pas seulement un changement de discours en faveur d’une frénésie guerrière générale au nom de soi-disant « valeurs démocratiques », mais se manifeste déjà de manière tragique par des livraisons d’armes au front ukrainien, et par la complicité inconditionnelle de l’Allemagne dans la guerre génocidaire menée par Israël contre la population palestinienne à Gaza et au-delà.
Que certain.es profitent de telles évolutions et que la guerre soit un business très lucratif fait partie de la réalité perverse de la routine capitaliste. Dans ce contexte, les entreprises informatiques et technologiques jouent un rôle toujours plus décisif dans la manière de mener la guerre, comme nous le montre de manière brutale l’utilisation par l’armée israélienne de programmes d’assassinats basés sur l’Intelligence Artificielle. L’une de ces entreprises informatiques est T-Systems.

Armée, police, industrie de l’armement, ou mafia pétrolière :
T-Systems les fournit toutes

T-Systems et sa filiale Rola Security Solutions font partie du groupe
Deutsche Telekom [l’équivalent d’Orange dans l’hexagone] et proposent des solutions informatiques à plus de 400 gros clients et à différentes administrations de la défense et de la sécurité. En font partie des services nationaux et internationaux de l’armée, des renseignements, de la sûreté d’État et de la police, ainsi que des entreprises d’armement comme Airbus et MAN SE, divers constructeurs automobiles comme VW et Daimler, ou des groupes pétroliers comme BP et Shell. Dans ce contexte, Telekom semble si soucieuse de soigner une image propre d’entreprise civile, que cet incendie contre sa branche militaire et de sécurité de sa filiale T-Systems est systématiquement passé sous silence par les médias.

La division de T-Systems Information Services GmbH (IFS) que nous avons attaquée fournit non seulement un paquet complet pour le travail de police numérique et des solutions informatiques pour l’industrie, mais aussi des offres étendues pour l’utilisation militaire. Il ne s’agit pas là seulement de faire fonctionner les ordinateurs de l’armée fédérale comme sur des roulettes, mais T-Systems est également en première ligne, au sens propre du terme, en développant, exploitant et entretenant des logiciels pour les systèmes de commandement et d’armement de la marine allemande. Ainsi, avec son réseau de sociétés, Telekom est un soutien important de l’infrastructure militaire et, au besoin, impliquée directement dans des actions de guerre.
L’entreprise achetée par T-Systems en 2014, Rola Securitys Solutions, est également d’une grande importance. La boite d’informatique fournit à la police, à l’armée fédérale et aux services secrets des logiciels pour les recherches et pour les mesures opérationnelles. Qu’il s’agisse d’empreintes digitales, de données GPS, de nom de suspect.es, de pièces à conviction, d’ADN ou d’écoutes téléphoniques, la plupart des services de sécurité allemands sont des clients de Rola et alimentent leur logiciel entre autres avec de telles données d’enquêtes et de surveillance afin de détecter des traces et des liens invisibles pour un œil humain. L’entreprise exploite également un système d’information militaire, de renseignement et de police des frontières pour l’élaboration d’images stratégiques et opérationnelles de la situation. L’entreprise est ainsi un rouage du système de la politique d’asile raciste et du régime frontalier assassin de la Forteresse Europe. Ces activités répugnantes procurent à Rola Securitys, qui offre ses services plus ou moins sans concurrence à l’État, un bénéfice annuel de plus de 8 millions d’euros.

Solidarité avec les opprimé.es et les exploité.es de ce monde
Courage et force à tou/tes les réfugié.es et déserteur.es
Liberté et bonne chance aux prisonnier.es et à celleux qui sont en
cavale, et spécialement à Nanuk, emprisonné récemment à Berlin.

Attaquer le militarisme et le nationalisme – saboter les profiteurs de guerre !

Villeurbanne (Rhône) : le GIEC revendique l’incendie d’une pelleteuse

Publié le 2024-10-31 21:18:19

[La nuit du 27 au 28 octobre 2024, vers 2 h du matin dans la rue Poizat à Villeurbanne, une mini-pelleteuse est volontairement partie en fumée. Elle se trouvait sur un chantier d’extension du tramway T6, mené par l’entreprise NGE pour le compte de Sytral mobilités, l’autorité organisatrice des mobilités des territoires lyonnais. Cette attaque a été revendiquée par le « Gang d’Intervention des Ecureuil.les en Colère » (GIEC), dont nous relayons ci-dessous le communiqué envoyé à différents médias.
Pour rappel, ce sabotage fait suite à plusieurs autres menés depuis février 2024 contre des chantiers de l’entreprise NGE, notamment en Haute-Vienne par le Groupe Incendiaire d’Engins de Chantiers (Giec), en Gironde par le Groupe d’Intervention pour l’Extinction des Chantiers (Giec), dans le Lot-et-Garonne par le Groupe d’Idéalistes Enrayant le Capitalisme (Giec), dans le Tarn par les Gauchistes Ingénieur.es en Eviction de Catastrophes (Giec), dans le Tarn par le Gang d’insolent.es éclatant le capital (Giec), en Loire-Atlantique par le Générateur d’images et expériences combustibles (Giec), dans le Tarn par le Groupement d’Interdiction d’Ecocide Cosmique (Giec).]


Nature et camarades mutilé.es : engin de NGE brûlé

Nous, Gang d’Intervention des Ecureuil.les en Colère (GIEC) revendiquons l’incendie d’un engin de chantier qui s’est déroulé dans la nuit du 27 au 28 Octobre 2024 sur un site de NGE à Villeurbanne, dans la métropole de Lyon.

Cette action de désarmement d’un engin de chantier vise l’entreprise NGE, multinationale de construction, pour sa réalisation de multiples projets à la fois écocidaires et inutiles. En effet, NGE cumule entre autres les trois chantiers les plus destructeurs et obsolètes de France :
– la liaison Lyon-Turin, qui creuse les Alpes pour 145 km de tunnel et exproprie les agriculeur.ices de 1 500 hectares de terres arables ;
– la destruction 327 km de terres agricoles et forestières pour la Ligne Grande Vitesse reliant Bordeaux à Toulouse et Dax ;
– l’artificialisation de 52 km de nature entre Castres et Toulouse pour l’autoroute A69.

Aussi, pour parvenir à ses fins capitalistes, l’entreprise n’hésite pas à menacer et mutiler les opposant.es à ses projets : en témoigne la répression inhumaine qui s’est abattue sur la ZAD de l’A69 grâce à son alliance avec des forces de l’ordre démesurément violentes.

Par cette action de désarmement, nous témoignons de notre solidarité envers toutes les personnes qui se battent contre ces projets et faisons écho à l’appel d’une résistance qui essaime de partout en France.

NGE aura beau construire un projet de mobilité durable à Lyon, nous nous révoltons contre le fait que cette entreprise de mort les réalise, et que l’argent publique de la Métropole, par le biais de Sytral, serve à gonfler les dividendes de ses actionnaires véreux. Outre nos revendications de l’arrêt pure et simple de tous les projets de construction déconnectés des urgences climatique et sociale, nous exigeons donc que la Métropole de Lyon cesse toute collaboration avec NGE.

Nous visons NGE en tant qu’entité et ne visons en aucun cas les travailleur.euses, premier.es exposé.es à un travail difficile et trop souvent précaire : nous vous invitons au contraire à entrer en résistance si vous le pouvez et à ralentir les travaux par tous les moyens, allant de la rallonge de vos temps de pause, de votre syndicalisation, jusqu’au sabotage de vos outils de travail.

Le Gang d’Intervention des Ecureuil.les en Colère

Saint-Bonnet-près-Bort (Corrèze) : sabotage du mât de mesure du projet d’éoliennes

Publié le 2024-10-31 22:00:55

Mât de mesure du vent à terre à Saint-Bonnet-près-Bort :
la piste du sabotage privilégiée

La Montagne, 29 octobre 2024

Le mât de mesure du vent installé depuis février 2023 sur un terrain de la commune de Saint-Bonnet-près-Bort, dans le cadre d’un projet éolien, a été découvert au sol samedi matin. A-t-il été fragilisé par le vent ? Dès lundi, des voisins s’en étonnaient, indiquant que dans la nuit de vendredi à samedi, il n’y avait pas de vent sur la commune. Finalement, c’est la piste d’un sabotage de l’équipement de mesure de vent qui est privilégiée.

Une plainte a été déposée par Total énergies qui porte le projet éolien,  auprès de la gendarmerie de Bort-les-Orgues. La piste d’un sabotage est privilégiée et l’enquête a été confiée conjointement à la brigade de Bort-les-Orgues et à la brigade de recherches de Tulle.

Inolya encore ciblé suite aux expulsions de squats

Publié le 2024-10-31 22:02:17

Lu sur squat.net le 31 octobre.
Un véhicule sérigraphié d’Inolya a été dégradé dans la nuit de mercredi à jeudi suite à l’expulsion du squat du 15 rond-point de l’Orne.



Le mardi 29 octobre, la police a procédé à l’expulsion du squat du 15 rond-point de l’Orne, une barre d’immeuble propriété du bailleur Inolya, occupée depuis juin 2023 par une quarantaine de personnes exilées.
Le bailleur Inolya a déjà fait expulser plusieurs squats cette année en s’appuyant sur le durcissement des lois anti-squat et la complicité de la préfecture. Bien que le bailleur dispose de milliers de logements (et que certains sont vacants), il décide de mener une politique agressive envers les squats et ses habitant⸱e⸱s, à Caen comme à Lisieux.

Pour cette raison, ses locaux ont déjà été ciblés par des tags au mois de juillet dernier.

Depuis l’expulsion du 15 rond-point de l’Orne, les habitant⸱e⸱s expulsé⸱e⸱s et leurs soutiens se mobilisent, parce que cette expulsion, réalisée quelques jours seulement avant la trêve hivernale, met plusieurs familles à la rue. Le jour de l’expulsion (mardi), un centre commercial a été occupé. Le lendemain, les locaux d’Inolya sont envahis, puis la médiathèque municipale. Des actions à chaque fois réprimées par la police.
Mercredi, il y a eu aussi l’expulsion du squat du chemin de Rocques à Lisieux, ouvert au début du mois d’octobre pour héberger une quarantaine de personnes exilées. Encore une expulsion quelques jours avant la trêve, permise par la loi Kasbarian-Bergé et les ordres de la préfecture.

Tout ça fout la rage.

Pendant que des centaines de personnes sont contraintes de vivre dans la rue et la précarité, des administrations, des entreprises, des organismes d’État et des riches propriétaires possèdent, 5, 20, 100 lieux vides qui pourraient être utilisés TOUT DE SUITE.

Alors, dans la nuit de mercredi à jeudi, un véhicule utilitaire sérigraphié d’Inolya a été tagué « STOP EXPULSIONS » et ses vitres ont été pétées.

Solidarité avec toutes les personnes expulsées !
Solidarité avec les squatteurs et les squatteuses !
Solidarité avec celles et ceux qui subissent la répression !

(Mise-à-jour du 31 octobre : une ancienne maison de retraite de Cambremer serait maintenant squattée par une trentaine de personnes.)

Brissac (Hérault) : coup de chaud pour l’extractivisme

Publié le 2024-10-31 22:09:27

Près de Montpellier. Carrière de Brissac :
des tapis roulants métalliques détruits par le feu

Actu.fr, 24 octobre 2024 (extrait)

Alerte au feu ce jeudi 24 octobre 2024 à 6h45, dans la carrière de Brissac, dans le pays Gangeois, au nord de Montpellier : des tapis roulants métalliques appelés convoyeurs servant à transporter les minerais étaient entièrement embrasés, sur le site d’extraction de CMSE (Carrières & Matériaux Sud-Est) exploité par l’entreprise Colas, au lieu-dit Le Devois de la Vernède, sur la route de Notre-Dame-de-Londres.

Une quinzaine de convoyeurs sont détruits et une vingtaine endommagés, peut-être inexploitables désormais. Les bureaux, d’autres bâtiments mitoyens et la flotte du parc de véhicules de la société Colas sont épargnés. La quinzaine d’employés pourraient se retrouver au chômage technique, tandis que le préjudice provisoire est estimé à 6 millions d’euros. Des experts en détection de départ d’incendie, ainsi que les techniciens de la cellule d’identification criminelle du groupement de gendarmerie de l’Hérault sont sur les lieux.

La carrière de Brissac (Hérault) avant sa mise à l’arrêt forcée…

Feu de Brissac : la section de recherches enquête
Midi Libre, 27 octobre 2024

Ce sont les gendarmes de la section de recherches de Montpellier qui ont finalement été saisis de l’enquête concernant l’important incendie de la carrière de Brissac, exploitée par la CMSE, filiale du groupe Colas, survenu ce jeudi 24 octobre vers 7 heures du matin. Ce qui tend à prouver que la thèse criminelle est privilégiée dans cette affaire. Rappelons que, selon nos informations, plusieurs mises à feu ont été découvertes sur place. Une trentaine de convoyeurs ont été détruits pour un préjudice de plusieurs millions d’euros. Sans compter que l’exploitation est depuis à l’arrêt.

CMSE, qui signifie Carrières et Matériaux Sud-Est, est la société de matériaux du groupe Colas sur le quart Sud-Est de la France. Elle fabrique et commercialise des matériaux pour le bâtiment, les travaux publics et le génie civil (construction de logements, de routes et d’infrastructures de toutes natures). Avec ses 40 carrières réparties sur 18 départements, dont celle située sur le site isolé au sud de Brissac, CMSE assure la commercialisation de granulats livrés à une clientèle industrielle, d’entreprise ou sur les chantiers.

Drapeau rouge, cœur brun

Publié le 2024-11-01 08:45:48

Reçu par mail.

Retour sur la manifestation en soutien à Georges Abdallah, le 26 octobre devant la prison de Lannemezan.

tag "Vive l'émeute carcérale" avec un symbole anarchisteCette manifestation était comme à son habitude chapeautée par toute une pléthore de partis trotskistes, maoïstes, et autres sous-branches confuses du léninisme. On se propose ici de revenir sur ce drôle de spectacle.

Ces gauchistes, au mieux confus, au pire complètement idiots, qui vénèrent Georges Abdallah nous ont encore une fois fait la démonstration de leur piètre engagement révolutionnaire. Alors qu’ils font constamment l’éloge de la lutte armée dans leurs slogans, ils récusent tout usage de la violence – ou du moins prônent une marche pacificatrice et folklorique. Depuis au moins l’année dernière, des individu·e·s se servent de cet espace pour porter un discours anti-carcéral. Et ces individu·e·s, ne reconnaissant pas la légalité comme une forme de lutte fertile, décident à raison de faire valoir leur parole à travers des tags. On a alors pu les voir geindre au microphone dès les premiers instants de la manifestation pour condamner des pauvres tags (qui étaient d’ailleurs très jolis en vrai), puis suppléer bénévolement la police pour empêcher des manifestants de commettre d’autres « dégradations ». Les mots viennent à manquer pour qualifier ce lamentable spectable : c’est tout un argumentaire pacificateur qu’ils ont déroulé, à base de « Il faut que ça se passe bien« , de « on a déjà eu des problèmes l’année dernière« , et de « les slogans violents desservent notre cause« . D’autant qu’en plus de porter ce discours légaliste lamentable, iels n’ont pas pu s’empêcher de courir littéralement après ces « anarchoïdes » pour les arrêter et leur proférer leurs discours parternalistes et moralisateurs. Bizarre que des graffitis soient si problématiques pour des gens qui voient comme un héros ou un martyr un adepte de l’assassinat politique.

Même si le tag est loin d’être l’action la plus radicale qui existe, il est nécessaire de redécorer ces grands murs clairs et immaculés qui nous rappellent en permanence cette aberration que l’on appelle la « propriété privée ». Rapellons aussi qu’il en va de même avec les espaces dits « publics » qui ne sont que des représentations explicites de la domination de l’Etat. Aucun de ces espaces, qu’ils soient « privé » ou « public » ne mérite notre respect.

On retiendra aussi la mise en scène pathétique du service d’ordre, un manche à balai à la main (oui oui!), singeant une avant-garde révolutionnaire en délimitant le trajet de la manif pour éviter les sorties de parcours. On comprend mieux pourquoi il y a si peu de keufs lors de cette manif – pas besoin d’eux : les maos veillent au grain !

En tendant l’oreille, on remarque aussi avec stupeur la vacuité de leur position politique. Ces gens n’ont aucune « perspective révolutionnaire », aucun contenu théorique et encore moins d’action concrète : leur seule action politique notable est d’écrire des tracts interminables, toujours ponctués des mêmes mots-clés (prolétariat, impérialisme, révolutionnaire…) répétés ad nauseam. Tout ça avec pour seul objectif de recruter des membres, pour que celleux-ci en recrutent à leur tour. Le but commun de chacune de ces sectes reste bien l’autosubsistance. Elles cherchent à perpétuer leurs traditions et leur folklore « révolutionnaire » (chantons l’Internationale ! agitons un drapeau rouge !).

On notera aussi les habituelles sangsues maoïstes distribuant (ou vendant !) des dizaines de journaux médiocres et quasiment identiques. « Est-ce que vous avez entendu parler de La cause du peuple ? » Oui, malheureusement.

En fin de compte, la raison d’être de cette boue rougeâtre qui a inondé Lannemezan est purement promotionnelle : elle était là pour montrer qu’iels sont nombreux·euses, présent·e·s, déterminé·e·s…. Bref, chaque groupuscule veut montrer qu’il est plus attractif que les autres, parce qu’il a plus de drapeaux et une plus jolie banderole. On se rappelera avec effroi des Jeunesses Communistes qui, après leurs quelques photos de classe, se sont mises à chanter fièrement un affreux recueil de chansons communistes toutes plus kitsch les unes que les autres, tout ça pendant une bonne demie heure.

L’un des points communs de tous ces « partis de masse » reste leur discours consensuel et purement citoyenniste : il faut agir, par des moyens strictement légaux (tribunaux, marche, campagne de soutien…) pour demander (exiger, pour les plus radicaux) la libération d’un homme dont ils estiment l’incarcération illégitime. On peut les féliciter : ils réalisent l’exploit de faire preuve de moins de radicalité qu’Amnesty International. Ils n’ont finalement de « masse » que la lourdeur de leur discours dialecticiens bas de gamme.

Ce caractère molasson se ressent aussi dans les mots d’ordre de la « marche » : toutes les organisations, sans la moindre exception, se contentent de demander la libération de Georges Ibrahim Abdallah, arguant que son emprisonnement serait « illégal » ou « illégitime ». Comme si leur héros différait fondamentalement des autres prisonniers. Ils le placent ainsi sur un piédestal, et rejettent toute remise en cause globale du système carcéral. Quel naufrage que de se complaire dans un culte de l’innocence qui non seulement trahit l’engagement d’Abdallah mais cautionne la logique de l’état qui voudrait que les « coupables » méritent la prison. Il faudra peut-être rappeler à tous ces rigolos drapés de rouge que toustes les prisonnier·ère·s sont politiques et pas seulement leurs icônes. A les entendre, seule la libération d’Abdallah serait légitime car lui seul aurait défendu « une cause juste ». De cette façon, aucun de ces affreux doryphores ne semblent mesurer l’indécence de la situation : se retrouver devant une prison regroupant plus d’une centaine d’individu·e·s au milieu de slogans qui ne revendiquent la libération que d’un seul. A croire que l’incarcération des autres détenu·e·s serait légitime pour eux, ou du moins qu’iels ne méritent pas leur attention. On pourra à peine se contenter d’un mot pour les prisonniers Kanak et basques durant d’interminable prises de paroles qui ont déifiée Abdallah.

Cette position est abjecte, même pour ces bureaucrates qui nous ont habitué à leur médiocrité. Personne ne mérite d’être emprisonné. Toutes les peines sont indignes, et toutes les prisons méritent d’être détruites. Invoquer un statut de « prisonnier politique » pour son égérie revient à nier le caractère politique de tous les détenu·es. Le cas particulier de Georges Ibrahim Abdallah n’a aucune importance. Sa libération devrait autant nous préoccuper que celle de toutes les autres personnes incarcérées, que ce soit en prison, en CRA, en hopital psychiatrique, ou dans tous les autres lieux d’enfermement. L’évidence pour chacun·e d’entre nous devrait être de soutenir toutes celles et ceux qui s’opposent à l’état ou cherchent à lui nuire. Le système carcéral est l’apanage de l’Etat et des systèmes autoritaires quelles que soient leurs formes, et il est nécessaire de s’opposer à lui. Celleux qui remplissent ses geôles doivent être libéré·es et aucun·e·s ne méritent de finir dans ces cages. Oublier cet état de fait revient à promouvoir le statu quo – et justifier le contrôle de l’Etat.

Chacune des personnes incarcérées à Lannemezan s’est opposée, d’une façon ou d’une autre, à l’Etat. Et l’évidence pour chacun d’entre nous devrait être de soutenir tous ceux qui s’opposent à lui et qui cherchent à lui nuire.

Cette manifestation rituelle en soutien à Georges Ibrahim Abdallah a été, comme les années précedentes traversée d’idéologies creuses et accoucha, encore une fois, d’une manifestation toute aussi creuse. Des milliers de personnes défilant sans aucune conflictualité, sans avoir jamais pour ambition de nuire à l’état. Sans rien chercher d’autre qu’une autopromotion. Le maoïsme et ses ersatz – toutes les autres idéologies moribondes découlant du léninisme – sont des cadavres ambulants, persuadés d’être radicaux.

Il est alors nécessaire d’utiliser cet espace comme moyen d’expression de notre lutte contre l’Etat. Continuons de parasiter leur parade folklorique et d’infiltrer leurs cortèges. Continuons de repeindre Lannemezan de nos cris de révolte. Malgré vos keufs et vos menaces, nous refusons de rester silencieux·euses et nous continuerons de lutter contre toutes les formes d’enfermement.

Vive les émeutes carcérales et les évasions.

On ne sort pas de sa cage sans buter le geôlier.

– la CAGE (Coordination Anticarcérale Grave Enervée)

tags "Vive l'émeute carcérale" avec un symbole anarchiste

Caen: expulsion du 15 rond-point de l’Orne et à Lisieux, ouverture à Cambremer

Publié le 2024-11-01 08:50:32

Caen: expulsion du 15 rond-point de l’Orne et à Lisieux, ouverture à Cambremer

Texte reçu par mail « anonyme » le 31 octobre 2024:

Geste de colère contre le bailleur social Inolya.

Le mardi 29 octobre, la police a procédé à l’expulsion du squat du 15 rond-point de l’Orne, une barre d’immeuble propriété du bailleur Inolya, occupée depuis juin 2023 par une quarantaine de personnes exilées.
Le bailleur Inolya a déjà fait expulser plusieurs squats cette année en s’appuyant sur le durcissement des lois anti-squat et la complicité de la préfecture. Bien que le bailleur dispose de milliers de logements (et que certains sont vacants), il décide de mener une politique agressive envers les squats et ses habitant⸱e⸱s, à Caen comme à Lisieux.
Pour cette raison, ses locaux ont déjà été ciblés par des tags au mois de juillet dernier.
Depuis l’expulsion du 15 rond-point de l’Orne, les habitant⸱e⸱s expulsé⸱e⸱s et leurs soutiens se mobilisent, parce que cette expulsion, réalisée quelques jours seulement avant la trêve hivernale, met plusieurs familles à la rue. Le jour de l’expulsion (mardi), un centre commercial a été occupé. Le lendemain, les locaux d’Inolya sont envahis, puis la médiathèque municipale. Des actions à chaque fois réprimées par la police.
Mercredi, il y a eu aussi l’expulsion d’un squat (ndlr: Chemin de Rocques) à Lisieux, ouvert au début du mois d’octobre pour héberger une quarantaine de personnes exilées. Encore une expulsion quelques jours avant la trêve, permise par la loi Kasbarian-Bergé et les ordres de la préfecture.

Tout ça fout la rage.

Pendant que des centaines de personnes sont contraintes de vivre dans la rue et la précarité, des administrations, des entreprises, des organismes d’État et des riches propriétaires possèdent, 5, 20, 100 lieux vides qui pourraient être utilisés TOUT DE SUITE.
Alors, dans la nuit de mercredi à jeudi, un véhicule utilitaire sérigraphié d’Inolya a été tagué « STOP EXPULSIONS » et ses vitres ont été pétées.

Solidarité avec toutes les personnes expulsées !
Solidarité avec les squatteurs et les squatteuses !
Solidarité avec celles et ceux qui subissent la répression !

Mise-à-jour de Squat.Net du 31 octobre: une ancienne maison de retraite de Cambremer serait maintenant squattée par une trentaine de personnes.


Appel de l’AG de lutte contre les expulsions, publié sur https://squ.at/r/apnl
31 octobre à 17h au rond-point de l’Orne, nouveau rassemblement suite à l’expulsion du squat

Après les rives de l’Orne hier soir, nous avons décidé d’occuper les locaux d’Inolya (bailleur social propriétaire du squat 15 rond point de l’orne) toujours pour obtenir le relogement des personnes expulsées hier. Les flics nous ont dégagé au bout de 30-40min pendant qu’en parallèle des personnes rencontraient une délégation de Caen la mer qui n’a débouché sur aucune solution…
Nous avons donc décidé de continuer en allant occuper la médiathèque Alexis de Tocqueville, où les flics sont venus une nouvelle fois nous déloger au bout de 20-30min.
À la suite de ses actions, nous avons décidé de poursuivre la lutte en appelant à un nouveau RASSEMBLEMENT JEUDI 31/10 À 17H au 15 rond point de l’orne à Caen.

Un logement pour toustes !!!

Assemblée Générale de Lutte contre toutes les expulsions
ag-contre-expulsions [at] riseup [point] net
https://radar.squat.net/fr/caen/ag-de-lutte-contre-les-expulsions
https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/


Groupes liés aux sans-papiers sur Caen et alentours https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen/city/caen/topic/sans-papiers
Des squats à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen/squated/squat
Des squats expulsés à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen/field_active/1/squated/evicted
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen
Des événements à Caen https://radar.squat.net/fr/events/city/Caen


Rencontres antimilitaristes [MAJ]

Publié le 2024-11-01 23:27:10

La guerre ne s’arrête jamais, la paix étatique et capitaliste n’en est jamais une pour tout le monde, la séparation entre « l’ennemi extérieur » et « l’ennemi intérieur » n’est qu’une question de choix de tactique, la « sécurité » n’est que la face « civile » du contrôle social. C’est le monde dans lequel nous vivons déjà et qui nous insupporte.



La guerre ne s’arrête jamais, la paix étatique et capitaliste n’en est jamais une pour tout le monde, la séparation entre « l’ennemi extérieur » et « l’ennemi intérieur » n’est qu’une question de choix de tactique, la « sécurité » n’est que la face « civile » du contrôle social. C’est le monde dans lequel nous vivons déjà et qui nous insupporte.

Recension sur la révolte en cours en Martinique

Publié le 2024-11-02 07:44:52

Martinique : Des barrages routiers contre la vie chère, publié sur Attaque, sur les émeutes du 12 au 20 septembre.

Martinique : Des barrages routiers contre la vie chère

Martinique : Les émeutes contre la vie chère continuent, publié sur Attaque, sur les émeutes du 8 au 12 octobre.

Martinique : Les émeutes contre la vie chère continuent

Martinique : la mobilisation contre la vie chère s’étend, publié sur Rapports de Force le 24/09.

« Le combat contre la vie chère voué à l’impasse ? », publié sur France-Antilles le 03/10.

Martinique : de la révolte contre la vie chère à la lutte contre l’ordre colonial, publié sur Ricochets le 12/10.

Révoltes en Martinique: contre la vie chère héritée du colonialisme français, publié sur Bruxelles Dévie le 23/10.

Révoltes en Martinique: contre la vie chère héritée du colonialisme français


Le chiffre du jour : 65 millions, publié sur Sans nom le 18/10.

Le chiffre du jour : 65 millions


Antilles : Anatomie d’une crise, publié sur lundi matin, le 29/10.


Les émeutes au jour le jour, tiré d’articles de presse :

Dans la nuit du Mardi 29 octobre au Mercredi…
En raison des blocages et des violences urbaines qui perdurent en marge des mobilisations contre la vie chère en Martinique, le Sapphire Princess n’accostera pas à la Pointe-Simon à Fort-de-France ce mardi 29 octobre. Le navire qui accueille 2988 passagers a été détourné vers la Guadeloupe. Une vingtaine d’escales sont prévues au mois de novembre. C’est un coup dur pour le secteur du tourisme en Martinique. En raison des diverses mobilisations contre la vie chère, la saison des croisières est désormais menacée.
Pas de nouveaux barrages, pas d’incendie volontaire, pas d’affrontement avec les forces de l’ordre. Dans son bilan de la nuit du 29 octobre, la préfecture de Martinique ne mentionne aucun de ces incidents qui étaient pourtant devevnus le quotidien de l’île depuis la deuxième semaine du mois d’octobre.

Dans la nuit du Lundi 28 octobre…

Des interventions des gendarmes ont été signalées à plusieurs reprises durant le nuit pour assurer la levée de nouveaux barrages. C’est le cas notamment à Bellefontaine où plusieurs véhicules ont été enflammées dans la ligne droite du bourg. La présence des carcasses calcinées perturbe la circulation mais il est possible de traverser la commune avec prudence.  Des restes de barrages perturbent néanmoins la circulation sur la RN2.
À Fond Lahayé, pompiers et gendarmes sont intervenus au petit matin pour éteindre des feux de véhicules et d’objets. Les forces de l’ordre ont été prises à partie et ont reçu des jets de pierre et des cocktails molotov. Des encombrants ont à nouveau été installés sur la chaussée et des incendies ont été rallumés. La circulation est très perturbée dans le quartier avec des temps de traversée compris entre 30 et 45 minutes, parfois plus, en fonction du trafic.
Au niveau de Chapelle à Saint-Joseph, on roule au ralenti mais il est possible de franchir le pont. À Pelletier, un barrage a été installé au niveau de la boutique. En venant de Morne Pitault, une véhicule calciné complique l’accès au rond point de la Brasserie Lorraine mais le passage est possible. L’intervention de la police a par ailleurs permis de rouvrir les voies de circulation à Sainte-Thérèse. Pour le moment, les BHNS du TCSP peuvent circuler entre le Lamentin et le centre-ville de Fort-de-France. Au total, ce sont 7 véhicules qui ont été incendiés dans la nuit sur le territoire selon les services de l’Etat.
Quatre mineurs ont été interpellés dans la nuit alors qu’ils installaient un barrage à Fort-de-France.

Dans la nuit du Dimanche 27 octobre…

Alors que le week-end a été plutôt calme sur le secteur nord-Caraïbe, d’autres axes routiers, comme à Sainte-Thérèse et au François, ont été barrés ce week-end, avec des voitures incendiées et des arbres coupés bloquant les voies.

Trois personnes défavorablement connues des services de police, parmi lesquelles certaines étaient armées ont été interpellées au François, où les délinquants présents ont fait usage de cocktails Molotov à l’encontre des gendarmes. Plusieurs réserves de cocktail-Molotov et de projectiles ont été retrouvées sur ce barrage. Cette nuit aussi, à l’occasion d’un contrôle routier et d’un refus d’obtempérer, plusieurs centaines de munitions ont été saisies à bord d’un véhicule.

Ce matin au François, un véritable petit campement s’était installé au rond-point La Marcienne. Table, chaises, sonos et de quoi se restaurer sur place depuis vendredi. Mais à part le blocage du giratoire, des individus se sont introduits dans des commerces de la ville. Ils ont cassé le mur à l’arrière de la station Esso de la plaine en direction du Lamentin. John Pécome, le gérant de la station-service : « Nous avons un préjudice qui concerne essentiellement des cartouches de cigarettes, pratiquement l’intégralité, ainsi que quelques bouteilles d’alcool et du vol de numéraire, puisque nous avons perdu de l’argent, précisément le fonds de caisse de la station qui nous sert à fonctionner chaque jour. Je n’ai pas totalement chiffré, mais je pense que nous ne sommes pas très loin de 10 000 €. » D’autres magasins et services ont été cambriolés, comme ce spécialiste de la réparation et accessoire en smartphones, tablettes et consoles, et également le PMU de la rue Couturier.

Un peu après 9h30, plusieurs points de blocage, total ou partiel, demeurent à cette heure, à Saint-Joseph, Petit-Bourge, au Lorrain, aux ronds-points de Brasserie Lorraine (en venant de Morne Pitault), de Mahaut (direction Robert), de canal Alaric (Fort-de-France), aux ponts de Soudon et de Sarrault (Lamentin). À Fond Lahaye (Schoelcher), un nouveau barrage a été érigé ce matin. Des jeunes cagoulés font la circulation alternée.


Dans la nuit du Samedi 26 octobre…

Depuis hier (samedi 26 octobre), il est impossible de rejoindre la commune du François depuis Ducos par la RN6. Différents barrages ont été érigés aux alentours du rond-point la Martienne, à l’entrée du bourg. Au niveau du giratoire, plusieurs barrages ont été mis en place aux différentes entrées et sorties du rond-point. Lors de la présence du journaliste de Martinique la 1ère, ces entraves étaient filtrantes. Un groupe de manifestants est présent sur place. Des barrages, « en soutien à la mobilisation contre la vie chère » selon les présents, qui ont des répercussions sur l’activité économique de certains professionnels de la zone. Selon nos informations, des barrages sont également en place ce dimanche 27 octobre 2024 sur l’avenue Maurice Bishop, non loin du quartier Canal Alaric à Fort-de-France.


Dans la nuit du Vendredi 25 octobre…

La police a été débordée par le cortège hier à la marche contre la vie chère au Lamentin. Les manifestants ont forcé le passage pour converger vers la zone industrielle suite à l’appel à la grève et à la mobilisation lancé la veille. 18 policiers blessés par des jets de pierre et des affrontements au contact.
Deux barrages ont érigés durant la nuit sur la RN6. Au François, juste avant la station Esso, ce sont des palmiers qui ont été installés sur la chaussée. Au Vauclin, au rond point de Chateau Paille, des carcasses de voitures empêchent la circulation. C’est aussi le cas sur l’avenue Maurice Bishop à Sainte-Thérèse. Des véhicules ont été incendiés sur l’axe routier. Les automobilistes doivent slalomer entre les carcasses pour circuler.

Dans la nuit du Jeudi 24 octobre…

Le réseau routier présente quelques points noirs au petit matin (du vendredi). Sur la RN2, un barrage a été signalé au niveau du bourg du Carbet. Le passage à Case-Pilote se fait par l’intérieur du bourg, la route nationale étant barrée. Selon des automobilistes, il était possible de passer avec beaucoup de prudence à Fond Lahayé où un barrage enflammé est disposé mais permet néanmoins un maigre passage. Sur la Trace (RN3), il faut faire preuve de beaucoup de prudence. Des arbres ont été coupés dans la nuit pour entraver la circulation mais un passage a été aménagé. Sur cette route sinueuse où la visibilité est parfois délicate, il faut donc redoubler de vigilance. À Saint-Jospeh, au niveau du pont de Rivière-Blanche, le passage est impossible. Un barrage est érigé. Les automobilistes doivent donc éviter ce secteur. Au rond point du stade de Dillon, ce qui ressemble à de l’alimentation pour bétail a été déversé à l’entrée de la voie qui mène vers Volga. À Ducos, des automobilistes signale un barrage sur la route de Rivière La Manche.


Dans la nuit du Mercredi 23 octobre…

Depuis 7h ce matin, un groupe d’une trentaine de manifestants entrave les accès aux enseignes Intersport, Mr Bricolage ou encore du magasin Pli Bel Price à Petit Manoir au Lamentin. Avec des palettes, ils empêchent la circulation vers ces enseignes, qui ont toutes baissé rideaux.
Alors que la tension était palpable tout au long de la journée à Fond Lahaye, des heurts ont éclaté dans la soirée entre les forces de l’ordre et les manifestants, plongeant le quartier, d’habitude paisible, dans une atmosphère de guerre.  Les forces de l’ordre ont pu dégager les voies dans la nuit. Par ailleurs, de nouveaux barrages ont été placé dans la matinée dans le hameau appartenant à Schoelcher.  Un magasin de lunettes Général d’Optique aurait été pillé dans la nuit, ainsi que 4 autres commerces vandalisés et pillés et 2 stations-service à Schoelcher et Case Pilote. Des dispositifs de barrages, néanmoins moins conséquents, ont été mis en place dans d’autres communes durant la nuit comme à Case Pilote, à Gondeau Saint-Joseph (au pont de la Rivière Blanche, juste avant Chapelle) et au pont Soudon, au Lamentin. Les pompiers ont notamment dû intervenir à Ozanam à Schoelcher pour des feux de barrages et ont déploré un feu de VHU à Fort-de-France. Un barrage sur la rocade crée des embouteillages monstres depuis Carère au Lamentin, avec des automobilistes qui entravent les voies.

Dans la nuit du Mardi 22 octobre…
Les pompiers et les gendarmes ont essuyé à trois reprises des tirs en rafales répétés d’armes automatiques à Schœlcher. Depuis ce (mercredi) matin très tôt, la situation est particulièrement tendue à Fond Lahaye. Autre fait marquant, un automobiliste s’est fait braquer son véhicule qui a été incendié sur la voie du rond-point du Casino. Les pompiers ont ensuite été empêchés d’y accéder. Pas moins de 7 barricades généralement enflammées, ont été érigées à Schœlcher, Sainte-Luce, Case-Pilote et à Fort-de-France. De quoi nécessiter l’intervention des forces de l’ordre pour permettre aux secours d’intervenir afin de limiter les dégâts et les risques de propagation, et rétablir la circulation. À noter également que de nombreux « délinquants » ont lancé des cocktails Molotov et des projectiles sur les policiers et les gendarmes. Des blocages demeurent à Fort-de-France où des véhicules ont été renversés sur la chaussée du côté de Volga Plage, et qu’un feu a été allumé tôt ce mercredi matin à proximité du pont Soudon. À Fond Lahaye (Schoelcher), en plus des obstacles divers, un jeune présent, visage cagoulé, a creusé des trous dans la RN2 et installé une véritable herse, pour empêcher aux véhicules de passer. Le bourg de Case-Pilote est également toujours bloqué ce mercredi. En début d’après-midi, les forces de l’ordre n’étaient pas présentes dans les deux communes.  

Dans la nuit du Lundi 21 octobre…
Malgré le couvre-feu, la nuit dernière (du 21 au 22) a de nouveau été agitée. Plusieurs barrages ont été érigés notamment à Case-Pilote. Un feu de déchet a été déclenché devant le lotissement Maniba ce matin encore. Durant la nuit, sécurisés par les policiers ou les gendarmes, les pompiers sont également intervenus pour des feux de voiture ou de détritus à Fort-de-France (notamment aux Terres-Sainville, vidéos réseaux sociaux ci-dessous), mais aussi à Saint-Joseph, au Marin, au Lorrain ou encore à Rivière-Salée. Au François, le rond-point de la Martienne a été bloqué cette nuit et des arbres ont été coupés pour entraver la circulation. Un barrage a également été signalé à Pelletier au Lamentin. Ce matin, la préfecture indique que « quelques dizaines d’individus » ont mis le feu à des véhicules sur les routes. Les forces de sécurité ont interpellé trois d’entre eux. 

Dans la nuit du Dimanche 20 octobre…
Ce lundi matin (21 octobre), un barrage en feu empêchait la circulation depuis 5h dans les deux sens sur la RN2 au niveau de Fond Lahaye à Schoelcher. Une situation qui a provoqué de nombreux embouteillages. Vers 6h30, les forces de l’ordre sont intervenues afin de libérer les accès.
Au quartier des Terres-Sainville, l’avenue principale, Jean Jaurès, est complètement impraticable. Plusieurs barrages incendiés constitués de VHU et de poubelles empêchent l’accès. Même constat au niveau du cimetière, non loin du parc culturel. Au rond-point de Voix de Ville, un barrage constitué de palette de bois est en place. Il n’y a pas de feu. Les automobilistes tentent de contourner les entraves en passant sur le trottoir.
À Fort-de-France, depuis hier soir, des barricades installées à l’entrée du port, au niveau de la cimenterie non loin du quartier Volga, sont toujours en place. Des encombrants placés à l’entrée de la zone industrielle de la Lézarde au Lamentin perturbaient l’entrée dans cette zone tôt ce matin. Un barrage a été installé au quartier Lourdes à Ducos. Il s’agirait d’une initiative des riverains. Selon nos informations, une tentative au rond-point de Cocotte à Ducos a vite été arrêtée. Un blocage filtrant est en place au giratoire des Trois-Îlets. De nombreux embouteillages ont été observés sur place. Plusieurs points de blocage ont également été signalés à Choisy et Chapelle à Saint-Joseph ou encore à Séguinaux au Lorrain.
« Depuis 3h du matin, une centaine d’individus cagoulés, se prétendant aux avants-postes d’un « mouvement citoyen », ont tenté de « bloquer la Martinique ». Ils ont été rejoints vers 6h par 200 individus, eux aussi cagoulés, sur plusieurs endroits du territoire. D’après la préfecture, ces « blocages » ont été immédiatement levés par la force publique qui « a de nouveau essuyé des jets de projectiles et déplore un blessé ».

Dans la nuit du Mercredi 16 octobre…
À notre connaissance, pas grand-chose à à signaler. Un départ de feu a eu lieu près d’un parc de bus de Martinique Transport, sur le centre mais les pompiers n’ont pas eu à intervenir. Au niveau de la RN2, au Carbet, des palettes et quelques pneus ont été incendiés mais il n’y avait personne autour, à l’arrivée des gendarmes.  

Dans la nuit du Mardi 15 octobre…
C’est à Ducos que les dégâts ont été les plus importants. Le parc automobile de Sodiva situé aux abords du Triple 8 à Ducos a été la cible d’un incendie volontaire. Un site qui a déjà été attaqué ces dernières nuits. Ici, le bilan est très lourd : 70 véhicules utilitaires et de particuliers ont été totalement ou partiellement calcinés. Une dizaine de voitures ont été vandalisées.
« Malheureusement, ce n’est pas la première tentative. La première, c’était le 10. On a été victime d’une quarantaine de voitures incendiées sur ce parc. Sur ce même parc de Ducos, on a eu, le lendemain, une dizaine de véhicules concernés. Et puis cette nuit, de nouveau, un certain nombre de véhicules ont été impactés. Au total, cela fait plus de 74 véhicules détruits sur ce parc et sans compter d’autres véhicules pour lesquels il y a eu des retombées qui vont devoir être expertisés. Cela fait de gros dégâts sur ce parc. Je voudrais également noter que c’est vraiment des choses de planifié, de préparé. On relève sur ce parc des traces de vitres cassées en préparatif pour incendier d’autres parties du parc. »
Puis vers 21h45, c’est dans un garage au Lamentin que 3 voitures ont pris feu. Un départ de feu dans un hangar de fruits et légumes a été rapidement circonscrit également à Ducos, indique également la préfecture, ce mercredi matin. 

Dans la nuit du Lundi 14 octobre…
Les pompiers ont été sollicités pour quelques interventions très localisées à Schœlcher, au Robert, ou encore à Sainte-Marie. Notamment en raison de feu de voitures et de détritus. Ce mardi matin, quelques barrages sont en place, à Case-Pilote, à Sainte-Marie, à Pelletier au Lamentin et aussi à Séguineau au Lorrain et aux Trois-Îlets.
Le pont de Rivière Blanche à Chapelle a été débloqué lundi, à la suite d’une intervention de la gendarmerie. Ici, dans ce quartier de Saint-Joseph, les jeunes et quelques habitants de la cité toute proche avaient érigé un blocage total, pendant plusieurs jours.

Dans la nuit du Dimanche 13/10…
Ce lundi matin, des barrages sont recensés à Basse-Pointe, au Lorrain, au Morne-Rouge, mais aussi à Saint-Joseph.

Dans la nuit du Samedi 12/10…
Les pompiers ont aussi été de nouveau sollicités, principalement sur le secteur de Fort-de-France pour des feux de palettes. Des interventions qui ont été effectuées sous bonne escorte policière. Le climat reste donc tendu. Plusieurs zones de blocages restent d’actualité. Notamment à Rivière-Salée, aux Trois-Îlets, ou encore au Vauclin. Du côté des commerces, plusieurs enseignes annoncent leur fermeture en raison des pillages.

Parloir sauvage au CRA 1 de St-exupery

Publié le 2024-11-02 07:50:16
L’ENS de Lyon est par­te­naire de plu­sieurs uni­ver­si­tés israé­lien­nes com­pli­ces du géno­ci­de : Urgence Palestine Lyon, l’asso­cia­tion NIDAL et plu­sieurs syn­di­cats et col­lec­tifs étudiants de l’ENS lan­cent une action en jus­tice.

Sabotage of Ottawa factory producing parts for Israel’s F-35 warplanes

Publié le 2024-11-02 10:16:03

Anonymous Submission to North Shore Counter-Info

Earlier this week a group of people sabotaged Gastops’ factory in Ottawa, the only place in the world where engine sensors are produced for Lockheed’s F-35 combat jets — including the ones dropping 2,000 pound bombs on Gaza. We cut the wiring inside all of the heat pumps on the Gastops roof, locked them out with official Ministry of Health and Safety lock-out tags, shut off the gas, broke the handles for their systems, and cut the lines to their backup communication system on the way out.

The following letter and photos were left on site:

It’s worth noting that we disabled their heat pumps as it begins to get cold here in Ottawa and as displaced people in Gaza and Lebanon plead with us to help them secure shelter, blankets, clothing, as they freeze in displacement camps. Earlier this month an Ottawa neighbour lost her uncle while he returned to his home in Gaza attempting to bring back blankets for the children so they would not freeze to death. He was murdered by air strike while doing so, likely by an F-35 that Gastops supplies parts to.

People growing tired of politicians continuing to support the slaughter of civilians in Palestine and Lebanon will continue to escalate actions seeking peace and an end to these war crimes.

30 octobre – nuit du diable

Publié le 2024-11-02 15:11:28
Nov 012024
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

30 octobre – Une petite équipe a fait irruption dans la nuit trop chaude pour rappeler la longue tradition du méfait, de la rébellion, de la peur, des réjouissances et du rituel souvent associés à cette période transitoire de l’année. Les bars de pry étaient coincés dans les fissures de ce paysage d’enfer pourri que nous appelons « ville » , les trous dans les murs métalliques soudés sont devenus de nouvelles opportunités d’exploration bien au-delà des yeux des caméras de sécurité, des toits brûlés ont été faits pour regarder les nuages ​​si rien d’autre, et un bâtiment magnifiquement abandonné actuellement converti en condos (coin de Sainte-Catherine et Leclaire) a reçu une nouvelle couche de peinture. Nous le faisons pour le sentiment de joie dans la criminalité, pour aider notre corps à se souvenir de ce que signifie se sentir autonome. Si nous pratiquons suffisamment, peut-être que ces nuits extatiques imprimeront nos actions sur notre corps, afin qu’elles puissent faire partie de notre vie quotidienne.

Un nouveau squat à Caen suite à la mobilisation contre les expulsions

Publié le 2024-11-03 16:23:19

Ce samedi 2 novembre, l’occupation de l’ancien bâtiment de La Chiffo à Caen a été rendue publique. Des habitant-es expulsé-es du 15 rond-point de l’Orne, leurs soutiens et l’AG de lutte contre toutes les expulsions occupent ce nouveau squat depuis jeudi.



Message de l’AG de lutte contre toutes les expulsions (samedi 2 novembre) :

"La Préfecture s’obstine à laisser les gens à la rue alors on occupe les bâtiments vides !!!
Les personnes expulsées du squat du 15 rond-point de l’orne et des personnes solidaires officialisent aujourd’hui un nouveau squat situé 3-7 route de Trouville à Caen. Venez nous soutenir dès maintenant et partagez largement svp"


Sur place, une cinquantaine de personnes a élu domicile. Dans l’après-midi, la police passe constater l’occupation, puis repart.

Il y a besoin de soutien, d’une présence solidaire et de matériel :
- matelas, duvets, couvertures, oreillers, draps...
- jerrican d’eau, bouteilles
- nourrtiure
- meubles
- ...
- et puis bricolage, chantiers, rangement, ménage, etc.

L’ouveture de ce nouveau squat fait suite à la mobilisation débutée après l’expulsion mardi du squat du 15 rond-point de l’orne. Cette semaine se sont successivement déroulées l’occupation du centre commercial des rives de l’orne, des locaux d’Inolya, de la bibliothèque municipale et d’un acceuil de jour. Deux manifs sauvages dans le centre-ville ont aussi eu lieu avec la diffusion de tracts, sans oublier quelques mésaventures pour le bailleur social Inolya.

Le Placard Brûle : programme de novembre

Publié le 2024-11-03 16:24:57

Voilà le programme de novembre (et même un petit aperçu de début décembre) ! Le placard Brûle c’est un espace de discussion ainsi qu’un infokiosk et une bibliothèque, en lutte contre toutes les dominations.

Toutes les discussions ont lieu au squat de l’impasse, 1 impase lapujade à Toulouse.



Lundi 11 novembre à 15h : Préparations mortelles

Dans la continuité des diverses discussions au Placard Brûle autour de la mort, on propose de discuter et d’élaborer un guide mortel. On commencera d’abord par échanger nos vécus de deuil, cérémonies, gestions post décès d’un.e proche et toutes les galères que ça pose. Comment préparer sa mort ? Pas tellement dans un sens de trouver des moyens de mourir, mais plutôt dans l’idée de se préparer à ça comme on se prépare à l’éventualité de la prison ou à nos crises psy. On essayera de lister les questions qu’on aimerait voir dans un guide. Guide pour que nos proches n’aient pas milles questions à trancher quand on meurt, pour leur permettre de se concentrer sur leurs deuils plus sereinement. On essaiera aussi de trouver quelques éléments fiables du cadre légal, pour le respecter ou le détourner.
Ce moment pouvant être remuant, on t’invite à ramener des trucs réconfortants. On fera des pauses. On partagera du goûter, ramène ce qui te fait envie.

Lundi 18 novembre à 19h30 : Projection et discussion "Queer Fire"

Projection "The gentleman bank robber" et lecture/discussion sur la George Jackson Brigade. La George Jackson Brigade (GJB) a été active à Seattle de 1975 à 1978, et a contribué à des luttes et grèves diverses à travers des écrits, des attaques d’entreprises et d’institutions, et des braquages de banques.
Le docu (en VOSTFR) est un portrait de rita bo brown, une butch de la classe ouvrière états-unienne, féministe, anarcho-communiste, anti-autoritaire, anti-capitaliste et membre de la GJB, ayant été emprisonnée en 1971, puis de 1977 à 1989.
Après la projection, on pourra discuter ensemble à partir de lectures de passages de la brochure "Queer fire", qui compile différents récits de luttes menées par les membres de la brigade.

Lundi 25 novembre à 15h : Comment faire de la solidarité sans faire de la charité ?

Face aux horreurs de ce monde qui nous touchent différemment, comment mettre en place des solidarités en cohérence avec nos idées ? Comment ne pas rentrer dans un schéma « sauveur-se/sauvé-e » ? Quand on veut détruire l’État et qu’on pense qu’il participe à créer beaucoup de problèmes, est-ce qu’on a envie de lui demander de les résoudre : en nous donnant de l’argent, un logement etc. ? Et comment on fait quand on ne veut pas non plus arranger l’État en se substituant à lui à travers du travail associatif ou social ? Comment on parle des dynamiques qui se créent entre personnes qui donnent/reçoivent du soutien ? Quand il y a une situation d’urgence comment on fait pour quand même pouvoir poser/écouter des limites ? Comment éviter que toutes ces questions, peurs et contradictions nous enferment dans l’immobilisme ? Cette fois-ci, parmi toutes les formes de solidarité possibles, on va parler de solidarité avec des personnes en galère, mais pas de celle avec des personnes en prison par exemple (ce qui est d’ailleurs souvent plus valorisé dans des milieux anarchistes !)
Si t’as des textes sur ce sujet hésite pas à ramener :)

Lundi 2 décembre à 15h : Défaire le validisme

Suite à la première discussion du 21/10, on a eu envie de remettre ce sujet sur la table. Cette fois-ci, l’idée est de partager nos colères entre personnes qui sont affectées dans le quotidien par des problèmes de santé ou de handicap. Mais aussi de penser des outils qui permettraient d’améliorer la situation, si tant est qu’on ait envie de rester dans ces milieux qui nous considèrent toujours comme autre. Comment certains imaginaires véhiculés dans ces espaces renforcent ou ignorent les réalités des personnes handies et avec quelles conséquences ? A quoi ressemble un anarchisme handi et comment on pense des alternatives au modèle dominant ?
On mettra en place un système de retranscription au vidéoproj, des masques ffp2 seront dispo, les mesures des portes et des marches sont en fin de ce programme. Ce sera chauffé, mais n’hésite pas à ramener de quoi être confortable (y a plusieurs prises, une bouilloire, etc). Écris-nous si tu as des questions ou qu’on peut s’assurer que tu puisses venir. On fera des pauses et si tu peux ramener du gouter à partager, c’est top.

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Le Placard Brûle sous sa forme actuelle existe depuis 2021, mais a été créé en 2009. C’est une bibli/brochurothèque en lutte contre toutes les dominations. C’est aussi, et surtout, un espace de discussion où l’idée est de tâtonner et d’affûter ensemble nos réflexions contre cette société de merde pour mieux aiguiser nos couteaux. De base, les moments que nous proposons sont en mixité, mais, selon les sujets abordés ou les besoins des personnes présentes, une ou des mixités choisies peuvent être mises en place. Jusqu’à juin 2022, les discussions étaient en mixité choisie sans mec cis hétéros et nous avons écrit un texte pour expliquer ce changement (le texte est trouvable sur internet si tu cherches : « A propos de la mixité au Placard Brûle »).

Souvent, nous nous reposons sur des textes, des docus sonores ou visuels pour aborder des thématiques. Cela ne veut pas dire que nous sommes entièrement d’accord avec leur contenu. Nous estimons qu’ils apportent des éléments intéressants et que leur critique peut être pertinente.
Mais, nous pouvons nous tromper, alors n’hésitez pas à vous faire votre propre avis, on se fera un plaisir d’en discuter.

Nous avons choisi les lundis pour nos évènements réguliers et chaque début de mois nous en diffusons le programme. C’est souvent en fin de journée, pile à l’heure où les fringales arrivent, amener à manger à partager est une bonne idée. Si tu veux être ajouté.e sur la liste mail (on envoie le programme tous les mois) ou si t’as des questions, des trucs à nous dire, ou si tu veux proposer une discussion, tu peux nous écrire sur placardbrule(at)riseup.net

Par rapport à l’accessibilité en fauteuil roulant : les évènements du PB auront lieu au rez de chaussée. Mais, pour accéder à la porte d’entrée il faut monter un trottoir rabaissé et les portes ne sont pas larges : 97 cm pour l’entrée principale et la salle d’accueil, 66cm pour la salle de discussion, 76cm pour les WC avec une marche de 4cm. N’hésite pas à nous écrire si t’as besoin de plus d’infos.

Nous sommes installé.e.s à « L’impasse », qui se remplit chaque mois d’activités. Beaucoup d’évènements sont publiés sur iaata.info, les permanences se font les jeudis à 17h et les réunions d’organisation les mêmes jours à 18h. Pour en savoir plus, le texte de présentation du lieu est trouvable sur internet « Après l’expulsion d’Euforie c’est l’Impasse »

* « L’impasse » est un squat actuellement sans procédure. Une venue des flics pendant les discussions devient de moins en moins probable mais c’est une éventualité. Si t’as des questions, n’hésite pas à nous écrire.