Vive l'Anarchie - Semaine 45, 2018

Sommaire

À la Plaine, les murs tombent, les murs parlent...

Publié le 2018-11-05 13:55:06

Un nouveau "coup de mistral", dimanche 4 novembre au soir, a fait vaciller le "mur du mépris" installé par la mairie de Marseille. En attendant qu’il tombe définitivement, les habitant.e.s du quartier y expriment peines et colères. Retour en photos !



Ce dimanche, à la nuit tombée, 5 pans du mur se sont écrasés au sol (côté rue Thiers de la place) suite à une bourrasque de rage populaire. Il n’a fallu que quelques minutes pour faire tomber ces blocs de béton de 3 tonnes chacuns. Le phénomène s’était déjà produit 2 jours auparavant, vendredi soir, et 2 blocs étaient tombés (côté rue Horace Bertin cette fois-là). Et à prendre la température du quartier, ulcéré par le chantier de la Soléam et les agissements de Gérard Chenoz, il semblerait que de nouveaux avis de tempête soient annoncés pour les jours et les semaines à venir...

Gaudin, Chenoz et la préfecture n’ont pas pris la mesure de l’affront qu’ils ont fait au quartier. Personne ne voulait de leur rénovation. Il n’y a eu aucune concertation. CRS et tronçonneuses se sont violemment mis à l’action, mais ça n’a pas suffit à mater le refus du projet des habitant.e.s et usager.e.s de la Plaine, bien au contraire. La mairie et la préfecture se sont donc lancées dans la construction d’un mur de 1000 tonnes de béton pour sécuriser le chantier, et tenter, enfin, de commencer les travaux de "valorisation" de la place. Mais c’était sans compter que leur mur tombe en lambeaux nuit après nuit. Et que la détermination d’un nombre croissant de personnes opposées au chantier s’aiguise jour après jour. Comme d’ailleurs la défiance d’habitant.e.s d’autres quartiers de la ville à l’encontre de la politique d’aménagement des édiles.

Maintenant que la Soléam sait que son mur ne tiendra pas, qu’elle option va-t-elle retenir ? Barbelés et miradors ? On verra ! Mais le chantier ne se fera pas ! C’est ce que tout le monde, ou presque, dit à la Plaine. C’est ce qu’on peut lire sur les blocs de mur qui tiennent encore : envolées contre la mairie, Gaudin et Chenoz, allusions à Berlin, etc.

Photos glanées sur internet.

Berlin, novembre 1989 :

La Plaine, "coup de mistral", dimanche 4 novembre au soir :

La Plaine, vendredi 2 au soir :

Colères sur mur :

10 novembre : premier « bal des malfaiteurs » en soutien à Bure

Publié le 2018-11-05 13:55:08

Suite au récent appel à organiser partout des « bals des malfaiteurs », les soutiens franciliens de la lutte antinucléaire de Bure vous invitent samedi 10 novembre à 17h à un rassemblement festif, Place de la Réunion dans le 20e. Vin chaud et chansons seront au rendez-vous. Apportez des gâteaux à partager, des instruments de musique, des banderoles !
Et pour continuer la soirée, retrouvons-nous pour faire la fête à partir de 20h, en musique, à l’Echarde (19 rue Garibaldi, Montreuil). Les sous récoltés seront reversés à l’anti-répression de Bure pour financer les frais de justice. On vous attend !



Retrouvez l’appel national ici

Il était une fois...

En la lointaine Lutèce aussi, les affaires des forêts meusiennes avaient fait grand bruit...
« Quoi ! disait-on de Nantuerre à Monstrueil et de Sainct-Dionys au Mont-Rouge, est-ce être malfaiteurs que de s’assembler pour éviter que d’un bois l’on fasse une décharge pestilentielle ? Et regarderons-nous sans mot dire nos camarades passer entre les mains inquisitrices de l’Atomique Royaume ? Rassemblons-nous, que diable ! ». Et d’autres de surenchérir : « Je suis venue plus souvent qu’à mon tour en la lointaine Lorraine pour leur prêter main forte, pour un un jour ou une semaine : si c’est malfaire, eh bien j’en suis ! ». D’autres encore : « je n’y suis guère allé, mais j’ai lu les nouvelles et mon cœur a battu chaque fois : j’en suis ! ».
Tous et toutes se passaient le mot à l’oreille : le 10 novembre aurait lieu un grand bal. Il en venait de partout, certaines un peu sorcières, d’autres un peu brigands, qui la fleur au fusil et qui l’épée au flanc… On interpellait les passants. La foule grandissait.

Quand les verres furent pleins, un serment fut prêter de n’être pas les prochains sur la liste des zêlés magistrats de l’ordre. On but avec plus ou moins de raison et l’on dansa fort tard au lieu-dit l’Echarde. C’est alors qu’au plus noir de la nuit, un inconnu qui portait un masque de chouette s’avança la lyre à la main et entonna sa chanson, sur l’air de la Canaille qui réjouissait tant les oreilles orphelines de la Commune :

A qui aide des inconnus
A traverser une montagne
On promet d’être prévenus,
Inculpés, jugés, mis au bagne
 :
10 ans pour être solidaire,
A Briançon, oui mes amis !
Si c’est malfaire…
eh bien j’en suis !

Qui s’en va par-delà le Rhin
Dire à tous les rois de ce monde
Que leur Empire ne vaut rien
Quand la misère nous inonde,
On le capture, on le transfère
Dans une geôle en Germanie

Si c’est malfaire…
eh bien j’en suis !

Celles et ceux qui en Lorraine
Ont brisé un mur en béton
Tordu cette grille vilaine,
Voudrait-on les mettre en prison ?
Ils ont bien fait d’être en colère
Car l’atome, on le sait, détruit :
Si c’est malfaire…
eh bien j’en suis !

On leur a dit : « ne parle pas
A ceux qui étaient tes amis ;
Nous écouterons où tu vas,
ce que tu fais, ce que tu dis »
Pourtant être libre sur terre,
N’est-ce pas là le paradis ?
Si c’est malfaire…
eh bien j’en suis !

Et nous quand nous partons joyeux
A Bure, à la ZAD, à Roybon,
ou à Saint-Victor-et-Melvieu,
à la Plaine ou à Briançon,
Même si l’on jette une pierre,
Nous traitera-t-on de bandits ?
Si c’est malfaire…
eh bien j’en suis !

Villeurbanne (Rhône) : Très mobiles…

Publié le 2018-11-05 21:53:05

Le Progrès / dimanche 4 novembre 2018

Dans la nuit de samedi à dimanche, la soirée a été agitée du côté de Villeurbanne. A intervalles plus ou moins réguliers, plusieurs feux ont été signalés aux pompiers en différents points de la ville, entre 22h30 et 3 heures ce matin. Des détonations ont également été entendues par des riverains.

Quatre véhicules ont été incendiés entre 1h30 et 2h30 rue des Jardins, rue de Verdun, rue du Canal et rue de Château Gaillard. Un ou plus vraisemblablement plusieurs individus, très mobiles, ont aussi incendié du mobilier urbain et des poubelles. Une vingtaine de soldats du feu se sont employés à circonscrire les flammes.

Joué-les-Tours (Indre-et-Loire) : Les nuits incendiaires de voitures se succèdent et empêchent le maire de dormir

Publié le 2018-11-05 21:54:02

Le Nouvelle République / Lundi 5 novembre 2018

Les voitures ont continué à brûler au cours du week-end. Depuis Halloween, vingt-six véhicules ont été incendiés dans ce quartier de Joué-lès-Tours.
Ce n’est pas une vingtaine de gamins qui vont faire la loi. La population n’a pas à être prise en otage, la République doit être respectée, ici comme ailleurs. Depuis trois jours, Frédéric Augis dort peu. Le maire de Joué-lès-Tours explique être sur le terrain toutes les nuits, avec les pompiers, la police nationale et municipale ainsi qu’avec un médiateur.
C’est que depuis la nuit de Halloween, les choses ne sont pas arrangées. On se souvient que huit véhicules avaient alors été incendiés, du matériel urbain détruit, une voiture de police caillassée.

Ces actes de vandalisme ont été réitérés au cours des nuits qui ont suivi. De jeudi à vendredi, toujours à la Rabière, quatre véhicules ont été incendiés, dont un près d’une école. Par précaution, Fil bleu avait suspendu en fin d’après-midi la desserte des quartiers sud de la ville.
Rebelote au cours de la nuit de vendredi à samedi avec neuf autres véhicules détruits auxquels il faut ajouter quatre feux de poubelle et encore deux départs de feu se communiquant à cinq voitures au cours de la nuit de samedi à dimanche.
« On joue au chat et la souris avec ces délinquants. Hier soir (NDLR : samedi soir) tout avait pourtant l’air calme.» Frédéric Augis affirme que des plaintes seront systématiquement déposées pour chaque voiture brûlée et rappelle que les parents des jeunes déjà identifiés (ils sont âgés de 12 à 15 ans) seront convoqués la semaine prochaine à la mairie.
Des événements qui ont suscité des réactions diverses. Sans surprise, le Rassemblement national parle de guérilla urbaine et de «voyoucratie». « Avant d’être un territoire perdu de la République, la Rabière est un quartier d’une commune française et il doit être considéré et traité comme tel. »
Dans un communiqué, les élus jocondiens membres du groupe d’opposition La Ville au cœur, « condamnent avec la plus grande fermeté les actes de violence et de destruction de biens publics et privés qui ont eu lieu à Joué-lès-Tours. »
Ils estiment que la fête de Halloween n’a pas à servir d’alibi : « Au-delà de cette soirée, cela fait plusieurs semaines que les incendies de véhicules se multiplient dans notre ville. Cela doit tous nous interpeller. »
Et d’en appeler au calme et à la responsabilité de chacun pour que la raison se fasse entendre et que la loi soit respectée.
En dépit de ces événements, l’ambiance semblait cependant assez sereine, hier matin, sur le marché de Joué-lès-Tours. Les conversations portaient sur des sujets moins anxiogènes et les commerçants interrogés affirmaient que « les gens ne parlent pas de ça quand ils font leurs courses ». Hormis un Jocondien venu acheter ses œufs, victime à deux reprises « d’incendie de voitures déjà anciennes et donc mal indemnisé par les assurances. »

Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) : Le couvre-feu pour mineurs n’empêche pas les bagnoles de cramer

Publié le 2018-11-05 21:54:04

Montceau-News / Lundi 5 novembre 2018

Les 7 véhicules détruits par les flammes étaient stationnés sur un parking, impasse Louis Jouvet. Ils l’ont été aux alentours de 3 h 30 ce matin, et ce feu a mobilisé 13 sapeurs pompiers, commandés par l’adjudant chef Thomas. Des secours qui sont intervenus avec deux véhicules incendie ! De nouveaux faits graves qui ont amenés Mme Marie-Claude Jarrot, maire, Gérard Gronfier, maire-adjoint à la tranquillité publique et Marie-Noëlle Laforest, Maire-adjointe, à se rendre sur les lieux ainsi que des fonctionnaires du commissariat de police..

A l’issue d’une réunion tenue au commissariat de police, réunion à laquelle participaient les quatre maires du bassin, il a été décidé d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs. Un arrêté sera pris d’ici cet après-midi en ce sens. arrêté que nous mettrons en ligne à réception ! Autre information, une compagnie de CRS de Tours sera opérationnelle dès ce soir ! Cette décision  selon nos informations prendra effet dès ce soir dimanche à partir de 22 heures jusqu à 6 heures du matin et cette « disposition » sera en vigueur du 4 au 18 novembre prochain. Pour ce qui est des quartiers « retenus », il s’agit de Bellevue, le Plessis, la Sablière et le Bois du Verne.

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Les flics à la traîne…

Le JSL / Dimanche 4 novembre 2018

Dans la nuit de samedi à dimanche , la brigade anti-criminalité de Chalon a été appelée en renfort à Montceau-les-Mines suite aux incendies à répétition perpétrés sur la ville. Les policiers chalonnais ont repéré vers 4 heures du matin une voiture volée avec des jeunes à l’intérieur qu’ils ont tenté d’intercepter mais les jeunes n’ont pas obtempéré au barrage routier. L’un des policiers a eu le bras coincé dans la fenêtre du véhicule qui l’a traîné sur quelques mètres. Pour le défendre, l’un de ses collègues a tenté d’immobiliser la voiture avec un tir de sommation. Finalement, les jeunes ont réussi à prendre la fuite.

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France 3 Bourgogne / Dimanche 4 novembre 2018

Quelques heures après cet événement [incendie de la concession automobile BMW, cf ci-dessous], de nouveaux véhicules ont été brûlés. Les pompiers ont été appelés dans la nuit de samedi à dimanche vers 3h30 du matin. Cette fois, ce sont six voitures qui ont été incendiées, ont-ils déclaré à France 3 Bourgogne. Le feu s’est déclaré au milieu de la nuit sur un parking public, situé impasse Louis Jouvet. Une quinzaine de soldats du feu ont été dépêchés sur place.
Marie-Claude Jarrot, la maire LR de Montceau-les-Mines, était aussi sur les lieux. Interrogée sur les nombreux incendies recensés dans la commune depuis des mois, elle a expliqué qu’ils étaient dus à « un certain nombre de jeunes, de très jeunes entre 14 et 15 ans qui ont été arrêtés et mis en centre éducatif fermé ».  

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Le concessionnaire BMW, collabo des flics, incendié !

France 3 Bourgogne / Dimanche 4 novembre 2018

Plusieurs incendies de poubelles ont été signalés ces dernières nuits, mais cette fois, c’est le garage Vacher qui a été détruit par les flammes dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 novembre 2018.
Tout a débuté par un rodéo entre la police et les occupants d’une BMW. Les occupants de l’auto, qui cherchaient à fuir les forces de l’ordre, ont perdu le contrôle de leur véhicule qui a percuté un mur. Les contrevenants ont alors abandonné leur véhicule et le garage Vacher a été appelé vers 2 heures du matin pour remorquer l’auto. […]

L’affaire ne s’est pas arrêtée là, puisqu’un peu plus tard, vers 3 heures du matin, deux personnes, le visage recouvert d’une cagoule, sont arrivées au garage et ont mis le feu à la voiture qui avait été remorquée. Les flammes ont rapidement gagné les véhicules qui se trouvaient à côté, raconte le propriétaire du garage BMW. Résultat : 13 véhicules ont été brûlés dans l’enceinte de l’entreprise.
Le propriétaire de la concession auto avait déjà été victime d’un scénario similaire en 2011.

La Spezia : Provocations des gardes contre Paska

Publié le 2018-11-07 01:35:03

MAJ. Paska en grève de la faim :

Paska en réponse aux conditions détentive et aux provocations des gardes a commencé une grève de la faim lundi 5 novembre.

Le 18 novembre aura lieu un rassemblement devant la prison de La Spezia.

Le procès concernant la dénommée « opération Panico » à Florence, pour laquelle trois de nos compagnons sont détenus (et beaucoup d’autres poursuivi.es) continue et est arrivé à sa troisième audience.
Les jours qui ont immédiatement précédé la première audience, Paska, détenu à la prison de Teramo, est transféré à la prison de La spezia : pendant le transfert, les gardes « égarent » ses effets personnels et lui refusent toute information sur sa destination et la durée du séjour dans la nouvelle prison.
La prison de La Spezia est une prison punitive à tous égards connue pour sa dureté particulière (bien qu’il n’existe pas un type de prison « non punitive »), où le règlement intérieur est plus restrictif que les autres, et où nous connaissons encore la fameuse et tristement célèbre squadretta: une poignée matons choisis ad hoc pour frapper les prisonniers.
Les représailles contre Paska commencent dès le premier transfert dans la salle d’audience quand son escorte de geôliers le jette dans le véhicule blindé le blessant aux mains et au sternum tandis que les courriers lui arrivent peu à peu et en retard.
Paska a demandé au DAP [Département de l’Administration Pénitentiare, ndt], à être changé de prison, sa demande a été rejeté.
Le DAP compétent pour la Ligurie, le Piémont et la Vallée d’Aoste est celui qui à un siège basé à Turin.
Entendons-nous bien : il n’y avait pas besoin de ces vexations ultérieures contre notre compagnon (contre tout autre compagnon.ne détenu.e) pour nous activer en solidarité, mais puisqu’il en a fait la demande très explicite il nous semble urgent et important pour nous de soutenir ces demandes, chacun.e comment et où le suggèrent le mieux nos propres tensions.
De son côté, Paska poursuit son attitude conflictuelle contre le système carcéral, tous les jours, en s’y confrontant directement.
NOUS VOULONS SOUTENIR LES REVENDICATIONS DE PASKA ET APPELER A LA SOLIDARITÉ ACTIVE DANS SES FORMES MULTIPLES.
Nous voulons également soutenir et être complices de Giova et Ghespe, eux  enfermés depuis quelques tempsdans la prison de Sollicciano.

Les trois compagnons seront présents dans la salle d’audience du tribunal de Florence le 8 Novembre : une opportunité pour qui veut les accueillir, leur donner de la force par sa présence, ainsi que pour nous confronter.

En parlant de prison, nous ne pouvons pas oublier qu’ il y a quelques jours (le 2/11) dans les prisons chiliennes le camarade Kevin Garrido a été assassiné.
Chaque mort en prison est un meurtre d’état, mort à l’état et feu à ses prisons.

Pour l’anarchie.

Vengeance!

Des anarchistes

Repris de roundrobin.info

Montreuil, France : Inauguration de l’Épinoche, l’infokiosque du squat de l’Écharde

Publié le 2018-11-07 01:36:04

Lundi 12 novembre 2018, l’Épinoche, infokiosque du squat de l’Écharde, ouvre ses rayons à toutes et tous : des dizaines de brochures et de livres sur des sujets liés à la critique sociale ainsi qu’aux idées et pratiques révolutionnaires et anti-autoritaires. Le tout est disponible à prix libre, c’est-à-dire qu’on donne ce qu’on veut, ce qu’on peut.

Rendez-vous de 17h à 20h, pour découvrir les brochures et livres à disposition, dans une ambiance tranquille, avec thé, goûter, friperie gratuite et espace de lecture.

Nous profiterons de cette première ouverture publique pour mettre en place un groupe de lecture régulier avec pour commencer le livre La morale anarchiste de Pierre Kropotkine. Venez nombreux.ses, et si vous êtes intéressé.e.s par le groupe de lecture mais que vous ne pouvez pas venir, envoyez-nous un mail à lecharde@@@riseup.net.

Désormais, l’infokiosque est ouvert chaque lundi, de 17h à 20h.

L’Écharde
19 rue Garibaldi
93100 Montreuil
(Métro Robespierre)

[Publié sur indymedia nantes, mardi 6 novembre 2018]

Montréal, Québec : Soirée sauvage à l’UQAM – 1er novembre 2018

Publié le 2018-11-07 01:37:04

Une soirée réunissant plusieurs dizaines de personnes s’est tenue à l’UQAM de Montréal jeudi 1er novembre 2018. L’ambiance est très vite devenue festive, avec floraison de tags et destructions de caméras de surveillance.

« Les policiers ont été appelés hier vers 21 h 50 pour un conflit ou une sorte d’émeute. À l’arrivée des policiers, tout le monde avait quitté les lieux. L’événement fait l’objet d’une enquête et il n’y a pas encore de suspects identifiés », a indiqué au Journal de Montréal Andrée-Anne Picard, porte-parole de la police de Montréal.

En tout, six caméras ont été détruites pendant le saccage. L’UQAM évalue que « 70 personnes ont participé aux actes de vandalisme ».

Parmi les tags apparus dans les couloirs du deuxième étage du pavillon Hubert-Aquin, ainsi que dans certains locaux et dans des fenêtres, plusieurs prenaient pour cible les médias et la firme Garda, qui s’occupe de la sécurité à l’UQAM: « Faites l’émeute, pas la grève », « Ni patrie, ni État, ni Québec, ni Canada », «Déprécier le coût de mon UQAM», «L’université c’est le début de la fin» ou encore des symboles anarchistes.

 

[Reformulé de la presse canadienne]

 

Nadir n’entend plus

Publié le 2018-11-07 02:03:03

Salut,

Ce texte afin de vous faire partager mon inquiétude envers ce qui ressemble à une drôle de « radicalisation » des personnes du site zadnadir.
Je trouve très inquiétant le repli sur soi que l’on observe actuellement, avec un rejet systématique d’autres points de vue que celui de ces personnes, repli rendu visible par la censure assumée qui s’opère actuellement sur le site, avec, cerise sur le gâteau, cette récente dissociation publique d’avec indymédia (zadnadir a décidé de couper le flux rss d’indy…). Cela ressemble bien à une lente, mais déterminée, glissade vers un inconnu qui peut faire penser à des moments de l’Histoire assez gerbant, où la prise du pouvoir justifiait toutes les saloperies.

La peur de perdre la possibilité de rester vivre sur zone a entrainé des façons d’agir très discutables (donc à discuter, même après coups). Puis la peur de devoir y faire face  entraine aujourd’hui ce repli sur soi, qui lui est loin d’être annodin et n’a pas fini de faire des dégâts… Jusqu’où est ce que ça va continuer ???

Si les personnes de Radio Klaxon ressentent les mêmes inquiétudes que moi, je comprends tout à fait leur volonté de ne pas laisser cette arme médiatique qu’est leur équipement entre des mains pas forcément bienveillantes au final (je les remercie d’ailleurs pour ça et pour leur courage, ça ne doit pas être facile pour elles).
Méfions nous de toutes les censures, elles ne sont jamais anodines et très rarement justifiables (ça cache toujours quelque chose d’inavouable et ça emmène toujours vers le totalitarisme) ! Et donc, préservons les outils médiatiques de Klaxon de tout risque de finir entre des mains malveillantes (même recouvertes de gants de soie ou de velours imprimé de jolies petites fleurs, dont les mouvements hypnotisant et les caresses tenteraient de nous faire croire au monde des Bisounours…).

Tentons de redresser la barre si ce n’est pas déjà trop tard… Une saloperie en entraine une autre et au final, il ne restera plus que ça: un gros tas de caca! C’est trop con non?

Aller les gen.te.s réveillez vous !

Pont-de-Claix (Isère) : Adieu au poste de police municipale (MAJ du 16/01/2019)

Publié le 2018-11-07 02:04:03

France Info / mardi 6 novembre 2018

Un incendie d’origine criminelle a détruit dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 novembre 2018 le siège de la Police municipale de Pont-de-Claix près de Grenoble. 100 m2 de locaux situés au RDC de l’ancien collège des Iles de Mars sont partis en fumée.
Il était environ 1h30 du matin ce mardi lorsqu’un incendie s’est déclaré au siège de la Police municipale de Pont-de-Claix près de Grenoble en Isère. Ces locaux d’une surface de 100 m2 situés au RDC de l’ancien collège des îles de Mars ont été entièrement ravagés par les flammes. […] Une enquête a été ouverte par la gendarmerie et confiée à la Section de recherche de Grenoble.
Des techniciens de l’identification criminelle ont procédé ce matin à des investigations sur place. La piste criminelle ne fait pas de doute. Des traces d’effraction ont été relevées.

[…] Pendant la nuit d’Halloween, déjà, 11 véhicules avaient été incendiés à Pont-de-Claix.
Dans les prochains jours, les patrouilles de gendarmerie vont être renforcées sur le secteur.

[Čeština][По Rусский]

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M. le Maire n’est pas content, mais alors, vraiment pas content (et il appelle à la rescousse les gendarmes – si, si, ceux qui ont perdu leur gendarmerie il y a 14 mois… dans un incendie !)

France Bleu / mardi 6 novembre 2018

« Intolérable« , « inacceptable« . Le maire de Pont-de-Claix (Isère), également président la métropole grenobloise, dénonce avec fermeté l’incendie qui s’est déclaré dans les locaux de la police municipale de sa commune dans la nuit du 5 au 6 novembre. Le feu a pris vers 1 heures 30 du matin, dans le quartier des Iles-de-Mars, dans un ancien collège occupé en partie par la police municipale. Il n’y a pas eu de blessés mais de gros dégâts : la totalité des 100 mètres carré des locaux de la police ont été détruits.

Les gendarmes ont constaté sur place l’effraction d’une vitre et la présence de fortes odeurs d’hydrocarbures. Ce sinistre d’origine criminelle fait bondir Christophe Ferrari. « C’est la police municipale, l’institution de sécurité publique, qui était visée », d’après lui. Les 7 agents de police qui travaillaient ici sont « choqués, mais mobilisés » pour poursuivre leur mission.

Le maire a d’ores et déjà obtenu des renforts de gendarmerie « pour les prochaines semaines, nuit et jour », sans précisément savoir combien de fonctionnaires supplémentaires seront affectés dans la commune, « mais il y aura du bleu à Pont-de-Claix ».

« Il n’y a pas et il n’y aura pas de zone de non droit à Pont-de-Claix », a prévenu le maire qui s’inquiète de la multiplication des violences depuis une semaine. 11 voitures ont été incendiées dans la nuit d’Halloween, « c’est presque le double de ce que l’on constate sur une année » avec 7 voitures brûlées en moyenne.

« Le même jour, un certain nombre de condamnations avait été prononcées pour des faits qui se sont passés sur des échelles de temps différentes (…), ceci pourrait être de nature à imaginer des formes de représailles ou de réactions », raconte Christophe Ferrari, « la puissance publique ne laissera pas une bande d’individus mettre en danger la tranquillité des habitants ». […]

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Mise à jour du 16 janvier : Deux personnes interpellées

France Info / vendredi 15 février 2019

L’enquête sur l’incendie des bureaux de la police municipale de Pont-de-Claix, près de Grenoble, vient de franchir une nouvelle étape. Deux suspects, âgés de 22 et 25 ans, nés dans la métropole grenobloise ont été identifiés. Jeudi 14 février, les deux individus ont été mis en examen par le juge d’instruction en charge du dossier pour destruction volontaire de biens par incendie en raison de la qualité de dépositaire de l’autorité publique de la personne propriétaire du bien. Ils sont placés sous contrôle judiciaire.

Dans la nuit du 5 au 6 novembre 2018, un incendie criminel avait détruit le bâtiment de la Police municipale de Pont-de-Claix près de Grenoble. Les 100 m2 de locaux étaient partis en fumée. L’enquête a été menée par la brigade de gendarmerie de Grenoble.

La peine encourue est de 20 ans de réclusion criminelle.

Considérations sur les cages de la démocratie

Publié le 2018-11-07 02:04:05

Vetriolo, giornale anarchico, n° 2 / automne 2018

Il existe de nombreux lieux communs quant à la prison au sens large et, plus en particulier, quant aux différentes déclinaisons à travers lesquelles percevoir cette structure de coercition par antonomase et la façon de s’y opposer.
Dans le mouvement subversif, surgissent régulièrement des analyses et des propositions plus ou moins judicieuses sur la prison en général, sur les sections à Haute-surveillance avec leurs séparations entre détenus, sur les « luttes des prisonniers », sur la conflictualité présente, latente ou rêvée. C’est surtout cette dernière qui est répandue.
On est antiautoritaires à cause de sa raison, de son éthique et de son instinct et sur la base de ces puissants critères d’évaluation il est aisé de percevoir la distance entre certaines théories (et les généralisations confortables qui vont avec) et la réalité vécue.

Souvent l’enfermement ne fait que rendre plus évident, transparent, le mécanisme de la servitude volontaire : elle est la même pour tout individu, qu’il soit libre ou emprisonné.
On ne peut pas changer les rêves avec la vie, il est difficile de faire confusion entre une vision mythifiée de la prison comme école de lutte qui forme des consciences révolutionnaires, et la prison -hôpital de la réalité, un miroir d’une société-hôpital qui prive l’individu de tout choix existentiel, même minime, et voudrait instiller résignation, couardise et indifférence.
La dure rencontre, concrète, avec les placards de la dissidence et de l’altérité, prend la forme d’une adaptation collective : d’une usine de consommateurs libres à celle de leur contreparties en taule.
Dans les cages de la démocratie, la violence évidente est rare, mais féroce quand elle se manifeste ; au contraire est omniprésent l’énorme travail de classement, de médicalisation du malaise, d’infantilisation de l’individu, d’octroi des miettes démocratiques : une attribution sédative de petites portions de « vivable », dans un environnement qui est la non-vie par antonomase.
Toute proportion gardée, on passe sans sursaut du citoyen productif-consommateur au détenu-consommateur puis au paria total.
Du grand bazar de la réinsertion/ boutique équitable/ prison de Rebibbia, au restaurant dans la prison de Bollate ou dans celle des Vallettes, destiné à une clientèle externe (triée sur le volet) qui veut éprouver le frisson de l’enfermement le temps de sa pause-midi, ou encore en passant par toutes les déclinaisons (de « la restauration pour bobo » à l’artisanat typique des prisonniers) de la réinsertion/exploitation/travail en prison, on va aux trous sans aucun lien avec l’extérieur que sont les prisons en régime de 41bis [régime carcéral spécial, à très haute surveillance, crée par l’État dans les années 90 dans sa guerre contre les mafias et puis élargi au « terrorisme », c.a.d. aux groupes révolutionnaires ; NdAtt.], aux cages à poules que sont les Centres de détention pour migrants ou les sections « communes », surpeuplées, des prisons.
Un miroir des actuelles sociétés occidentales, où cages démocratiques et abattoirs pour êtres humains indésirables sont les seuls cadeaux offerts aux marginaux que ce système social n’a pas placé et/ou ne veut pas placer.

Quel qu’il soit l’enclos, indépendamment de la taille du maillage du filet et de l’acceptabilité des solutions offertes, ceux qui les offrent, dedans comme dehors, sont toujours les mêmes figures portées sur la récupération et sur l’exploitation économique : le pouvoir, laïque ou religieux, différentes associations avec leur cortège triste et multicolore d’éducateurs, opérateurs, volontaires ou autre.
En tant qu’anarchistes, on devrait affronter la question de la prison à partir d’une simple donnée empirique. On y finit dedans et on y résiste, avec son propre bagage pratique et théorique. A partir de là doit naître toute analyse ou hypothèse d’opposition et résistance au Moloch-prison.
Le fait de prendre pour des luttes celles qui n’en sont pas, ne veut pas dire que rien ne soit judicieux ou possible dans les prisons démocratiques. Au contraire, on remarque encore plus toute tentative de reprendre la liberté niée, dans la résistance consciente à l’assujettissement forcé et à la servitude volontaire que le « sain » et mortifère réalisme du possible oppose à l’impossible, à ce qui est déplacé.

Avec une pensée pour tous ces compagnons qui continuent à pratiquer l’impossible, à ceux qui ont sauté par-dessus le mur ou essayé de le faire.

Anna Beniamino
Rome, automne 2017

Mouvement du 17 novembre – que faire?

Publié le 2018-11-07 13:38:05

Quelles revendications ?

La revendication première paraît très limitée : la lutte contre l’augmentation du prix du carburant, qui atteint effectivement des sommets ces dernières semaines, à cause de l’augmentation des taxes. Au delà de l’hypocrisie d’un gouvernement qui prétend taxer l’essence pour raisons «écologiques » tout en faisant des cadeaux faramineux aux plus riches et au multinationales qui détruisent la planète, cette revendication pose une question bien réelle. Celle des formes de vies contemporaines. Celle des existences gâchées à passer des heures chaque jour au volant pour aller subir des jobs précaires et inutiles, toujours plus éloignés de nos lieux de vie. Les métropoles s’étendent, le béton dévore le paysage, et de plus en plus de personnes sont contraintes de se loger toujours plus loin, dans des zones péri-urbaines sans âmes, pour des raisons économiques. Les mêmes doivent rouler toujours plus longtemps pour aller rejoindre leurs lieux de travail. Cette France périphérique, éloignée des centre-villes, est celle des perdants de la mondialisation, des perdants de la métropole, des exclus de la gentrification. Celle qui ne peut pas aller au travail en vélo, en transports en commun, voire en taxi. Balayer cette réalité en traitant simplement les organisateurs du 17 novembre de « fachos » est un non-sens et une erreur politique.

Oui, l’appel au 17 novembre est insatisfaisant, mais il part du réel. Il part des conditions objectives d’existence déplorables subies par des millions de personnes. De la même manière, le mouvement contre la loi travail en 2016 était parti du réel, avec des recueils de témoignages en ligne contre la précarité, les humiliations des petits-chefs, les salaires de misère …

Une initiative d’extrême droite ?

En regardant les groupes facebook d’appel au 17 novembre, on ne peut que constater une grande confusion. Des appels à chanter la Marseillaise côtoient des appels à « refaire Mai 68 ». On y débat pour savoir s’il faut avoir le soutien des policiers, ou au contraire les attaquer. D’autres veulent « élargir les revendications » plutôt que se concentrer sur le prix de l’essence. Ces groupes ne sont pas d’extrême droite, mais il est incontestable que des militants d’extrême droite tentent de faire de l’entrisme sur ces réseaux. On y trouve aussi des syndicalistes, des militants de gauche, voire d’extrême-gauche. Mais pour l’immense majorité, il s’agit d’une France périphérique sans références précises, qui se revendique « apolitique ». A l’image de la situation du pays : instable et atomisé, mais en colère.

Sur le fond, les protestations contre les taxes rappellent effectivement des mouvements réactionnaires, comme celui de Pierre Poujade dans les années 1950, ou plus récemment le mouvement confus des Bonnets Rouges en Bretagne. D’autant plus qu’on trouve aussi bien des travailleurs précaires que des patrons d’entreprise dans ces différents appels : autant de mondes qui n’ont aucun intérêt commun, et qui se retrouvent ligués ensemble contre le prix de l’essence.

Mais si l’on remonte plus loin, les révoltes anti fiscales font aussi écho aux Jacqueries paysannes de l’Ancien Régime, qui ont mené à des situations insurrectionnelles contre les injustices. On a aussi vu ces dernières années en Espagne des refus collectifs de payer les loyers ou les taxes. Dans un climat où le président s’affiche comme un monarque aux goûts luxueux, et crache ouvertement sur la plèbe, ce refus de payer plus de taxes se comprend largement.

En bref, il est difficile de classer ces revendications sur l’échiquier politique traditionnel, même si, redisons le, elles ne sont pas suffisantes pour en faire un véritable mouvement social. Il s’agit pour l’instant d’un agrégat de colères.

« On bloque tout ». Un moyen d’action efficace ?

C’est là le plus important, et aussi le plus douloureux. Nous avons tous constaté l’inefficacité des seules manifestations. Nous savons tous qu’une victoire sociale passe par le blocage de l’économie. Alors que les mouvements sociaux appellent depuis des années à « tout bloquer » sans jamais y parvenir, ni à organiser sérieusement les blocages, le mouvement du 17 novembre lui, a l’air de vouloir se donner les moyens de paralyser les flux.

Les directions syndicales ont fait preuve de leur totale inefficacité alors que les attaques de Macron sont d’une violence sans précédent : tout au plus quelques manifestations minables, isolées, sans volonté d’engager le rapport de force. Les «cortèges de tête» non plus, ne sont pas parvenu à aller au delà des actions spectaculaires et des slogans radicaux. Pendant tout le printemps 2016, nous avons crié «on bloque tout» sans effet. Au printemps 2018, nous n’avons pas été capables de dépasser le calendrier syndical qui nous a mené à l’échec, malgré une multitude de luttes.

En s’organisant sur facebook, le mouvement du 17 novembre a imposé sa propre date, son propre calendrier, avec l’objectif affiché de tout bloquer. Ce mouvement que beaucoup insultent, ou traitent avec mépris, serait-il en passe de réussir ce que les révolutionnaires n’ont pas réussi à mettre en œuvre ? Nous aurons la réponse dans une dizaine de jour.

Que faire ?

Si notre seule réaction face aux dizaines de milliers de personnes qui s’organisent pour bloquer effectivement l’économie, se cantonne à les traiter de fascistes, alors nous avons déjà perdu. Rejoindre sans regard critique cet agrégat de colères n’est pas non plus la solution. Si ces colères confuses n’émergent ni dans les manif classiques, ni dans les cortèges de tête, posons nous les bonnes questions. Les centrales syndicales font échouer toutes les luttes depuis 10 ans, les mouvements radicaux se font isoler par la répression, la propagande, et les logiques d’entre-soi puristes. Comment dépasser ces contradictions ? En organisant des blocages parallèles ? En ciblant des multinationales comme Total ? En allant soutenir ces blocage tout en affichant des revendications anticapitalistes ? La question reste ouverte.

Tolbiac contre les frontières ! Rencontres et manifestations !

Publié le 2018-11-07 15:16:10

Appel du collectif des sans papiers de Paris 1 à l’organisation de rencontres le 20 novembre et d’une manifestation le 23 novembre contre la politique antimigratoire et les centres de rétention.



Nous, étudiant-e-s sans papiers, résident-e-s des foyers immigré-e-s, migrant-e-s et soutiens sommes organisée-e-s en collectif sur Paris 1. Nous sommes confronté-e-s tous les jours au racisme d’état et patronal, contre lequel nous voulons lutter collectivement. Les galère d’inscription à la fac, de logement, notre exploitation au travail, les arrestations à répétition, les placements en centre de rétention administrative (CRA : prison pour étranger.e.s), et les déportations… bref autant de raisons de lutter ensemble !
Récemment un copain en train de s’inscrire a la fac, (M) a passé 44 jours en CRA et a été déporté de force tôt le matin : attaché et bâillonné comme beaucoup d’autres copain.e.s.
Son cas n’est pas isolé et l’etat essaye d’invisibiliser la machine à déporter qu’il a mis en place ces dernières années. Nous voulons lutter contre et visibiliser ce système raciste qui permet aux préfectures de déporter à n’importe quel moment des copain.e.s au seul titre qu’ils sont sans-papiers.
La France comme les autres pays occidentaux continue de coloniser et de piller une grande partie du monde.Sous couvert du maintient de la paix et la garantie de la sécurité, partout des lois de plus en plus répressives s’attaquent à notre liberté.
Le CESP1 est un collectif qui existe depuis plus de 6 mois sur Paris 1, il a pour objectif de lutter contre toutes les galères qu’on peut vivre parce qu’on est sans-papiers, de lutter contre les frontières que l’état veut mettre en place. Si tu veux t’organiser / nous contacter hésite pas à venir tous les mardi a 18h pendant les cours de français pour nous rencontrer (ou par mail/fb/ pendant les événements qu’on organise..) !

Le Mardi 20 novembre, nous proposons à 17h30 de nous rencontrer autour d’un film et d’une discussion. Ceci dans l’objectif d’agir tou.te.s ensemble dans la lutte et résistance contre les futures déportations. ! ORGANISONS NOUS !

Le 23 novembre a 14h, RDV a Porte de Vincennes (rue des pyrenées) devant l’annexe du ministère pour une manifestation contre le centre de rétention de Vincennes !

Rencontre Mardi 20 novembre, à 17h30 au 90 rue de Tolbiac contre les centres de retention !
A bas les Frontières !

[Montceau-les-Mines] Incendies, couvre-feu, et tir policier

Publié le 2018-11-08 00:33:05

Dans la nuit de samedi à dimanche, un policier de la brigade anticriminalité de Chalon-sur-Saône a tiré sur une voiture qui refusait de se soumettre à un contrôle routier. Le Bien Public rapporte qu’un des agents aurait eu le bras coincé dans la fenêtre du véhicule en tentant de l’intercepter pour un contrôle. Son collègue aurait alors tiré sur la voiture pour tenter de l’immobiliser. Le véhicule et « les jeunes » qui s’y trouvaient ont réussit à prendre la fuite.
Une enquête a été ouverte pour déterminer s’il s’agit d’un tir de sommation ou d’un cas de légitime défense, les deux seules situations où les policiers sont autorisés à faire usage de leurs armes. Cependant, bien que la description des évènements ne corresponde ni à de la légitime défense - le fonctionnaire n’étant pas menacé -, ni à un tir de sommation - le véhicule étant directement visé -, il y a bien peu à attendre de cette enquête menée par les policiers de la brigade de sûreté urbaine de Montceau et parquet de Chalon contre leurs collègues ou leurs propres hommes.

Couvre-feu

Ce nouveau dérapage d’un membre des forces de l’ordre intervient dans un contexte pour le moins tendu. Depuis plusieurs jours, la ville de Montceau-les-Mines est en état de siège : suite à une série d’incendies, la brigade antricriminalité de Chalon-sur-Saône, ainsi qu’une demi compagnie de CRS ont été envoyées en renfort, et un couvre-feu de 22h à 6h pour les mineurs de moins de 17 ans a été mis en place ce dimanche dans quatre quartiers de la ville par la maire Marie-Claude Jarrot (LR).

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L’arrêté municipal et le périmètre du couvre-feu

Cette série d’incendies de véhicules, que la plupart des médias ramènent à de la violence sans cause, dans un contexte de psychose suite aux appel à la « purge » pendant la nuit d’Halloween [1] remonte au moins au début du mois de février. Par ailleurs, le nombre d’incendies a surtout augmenté depuis le début du mois d’octobre, marqué à Montceau par un évènement qui a provoqué l’émoi d’une partie des habitants de la ville. Dans la nuit du 6 au 7 octobre, une bagarre éclate entre Jamal un habitant de Montceau, et le mari de son ex-femme. Jamal est retrouvé mort, probablement des suites d’une tentative d’étranglement. L’homme qui a frappé Jamal est interpellé, placé sous contrôle judiciaire, et remis en liberté après 10h de garde-à-vue, ce qui provoque la colère des proches de Jamal.
Sans rentrer dans un débat sur l’institution judiciaire, cette décision ne pouvait qu’entrainer un fort sentiment d’injustice, que les proches du défunt ont exprimé le lundi suivant en se rassemblant devant le commissariat.

« C’est une justice à deux vitesses », « Les autres vous les gardez 96h, hein ! », « Pour un chien il a prit deux ans de prison », peut-on entendre sur cette vidéo du rassemblement devant le commissariat.

La nuit suivante, le centre social « Le trait d’Union » était incendié, et recouvert de tag réclamant « Justice pour Jamal ».

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Emballement

Pour revenir à ces derniers jours, retraçons le fil des évènements. Pendant les nuits de mercredi à jeudi et de jeudi à vendredi, plusieurs feux de poubelles sont constatés dans le bassin minier (Montceau-les-Mines, Saint-Vallier, Blanzy et Sanvignes), mais c’est durant la nuit de vendredi à samedi que les évènements prennent une autre tournure. Vers deux heures du matin, les occupants d’une BMW tentent d’échapper à un contrôle de police. Comme relaté par France 3 Bourgogne, une course-poursuite s’engage, mais les occupants de la BMW perdent le contrôle de leur véhicule qui heurte un mur, et qu’ils abandonnent sur place. Un garagiste est donc appelé pour remorquer le véhicule accidenté. Une heure plus tard, les caméras de surveillance du garage surprennent deux personnes cagoulées qui s’introduisent dans les locaux de l’entreprise pour incendier le véhicule remorqué plus tôt dans la nuit. L’incendie se propage alors rapidement aux autres véhicules. Bilan : 13 véhicules détruits par les flammes. Plus tard dans la nuit, d’autres véhicules sont incendiés, pour un total d’une "petite vingtaine" selon le garagiste interviewé par France 3. Le lendemain, dans la nuit de samedi à dimanche un nouveau départ de feu, sur un parking public situé impasse Louis Jouvet, entraine l’incendie de 6 autres véhicules. C’est cette même nuit qu’un membre de la BAC a tiré sur un véhicule en fuite. Le couvre-feu et l’appel de renforts de CRS a lieu le lendemain.

En s’en tenant aux faits on constate donc que ce qui est décrit comme une flambée de violence aveugle est en partie nourrit par un sentiment d’injustice commun à beaucoup de quartiers populaires et de populations racisées [2]. Par ailleurs, sans nier les conséquences de ces incendies sur des propriétaires qui ne roulent certainement pas tous sur l’or, les évènements sont montés en épingle. Le nombre de départ de feux est bien plus faible que le nombre de véhicule incendié, deux départ de feux ayant provoqué l’incendie de 19 véhicules à eux seuls. Pour ce qui est de l’incendie du garage, il n’avait probablement pour objet que d’empêcher l’identification des propriétaires du véhicule. Reste que, à quelques mois des éléctions municipales, la maire républicaine en profite pour montrer les muscles, celles et ceux qui en patissent sont là encore les habitants des quartiers populaires.
Dans un tel contexte d’exception le sentiment de toute puissance et d’impunité des forces de police est galvanisé, avec les conséquences qu’on connait : ce week end, un drame a été évité de justesse. Le tir de cet agent de la BAC, s’inscrit aussi dans un contexte national de « hausse significative de l’usage de l’arme à feu » par les policiers. En octobre dernier, Le Monde rapportait ainsi que dans une note interne, l’IGPN [3], pourtant réputée pour son laxisme et son manque de zèle, constatait une augmentation nette de l’usage de armes à feu par les policiers (65% de plus pendant le premier semestre 2017 que pendant la même période de 2016). Plus précisément, près de la moitié de ces tirs ont été effectués... sur des véhicules en mouvement, comme ce fut le cas ce week-end à Montceau.



Notes

[1Dans la semaine précédent Halloween, un appel à une « purge » le soir du 31 a été diffusé sur les réseaux sociaux et monté en épingle dans la plupart des médias nationaux

[2« Le mot »racisé« désigne les personnes (noires, arabes, rroms, asiatiques, musulmanes, etc.) renvoyées à une appartenance (réelle ou supposée) à un groupe ayant subi un processus à la fois social et mental d’altérisation sur la base de la race. » Autrement dit les personnes subissant le racisme.

[3la « police des polices »

La Clique des Amies de Bure vous donne rendez-vous à Lyon pour le « Bal des malfaiteuses » le 10 novembre

Publié le 2018-11-08 00:35:05

« Si malfaiteurs sont, alors certes le sommes aussi ! » Nous avons clamé que nous ne serions pas les prochain.es à subir la répression, à Bure comme ailleurs. Il est temps maintenant pour nous de reprendre la main et de nous retrouver. En fin de journée du 10 novembre, au cœur de l’automne d’une année cousue et décousue par l’infernal tandem macronien de la concertation et de la répression, nous proposons de faire émerger et rejoindre les premiers bals des malfaiteurs. Esquissons ensemble ce premier pas de danse, et gageons qu’il y en aura d’autres !



La Clique des Amies de Bure vous donne rendez-vous à Lyon le 10 novembre à L’amicale du futur !

Il y aura une cantine vegan pour festoyer, un gros infokiosque pour lire discuter se rencontrer, et évidemment le bar pour boire.

Ce samedi 10 novembre, nous voulons en faire un temps fort, partout en France et ailleurs, pour se ressaisir d’une longue séquence répressive qui dure depuis plusieurs mois à Bure et qui se cristallisera quelques jours après : le 13 novembre, avec le délibéré de l’ubuesque et scandaleux procès du 16 octobre qui sera rendu par le Tribunal de Bar-le-Duc ; et surtout, le 14 novembre, avec une audience décisive à la Cour de Cassation pour exiger la levée des contrôles judiciaires de 5 personnes mises en examen pour « l’association de malfaiteurs » à Bure.

Un « contrôle judiciaire » ce sont des mesures créées en 1970 dans le droit français, pour qu’un juge puisse mieux garder la main sur des personnes suspectées. À Bure depuis leur mise en examen ou sous statut de témoin assisté dans l’instruction pour « association de malfaiteurs » en juin 2018, dix personnes – ami-e-s, camarades de lutte, membres d’associations – sont bannies de différentes portions du territoire meusien ou haut-marnais, pour certain.e.s interdites de sortir de France et... tout bonnement interdit-e-s de se voir et se parler ! Pour plusieurs années, tant que durera l’instruction. Le motif avancé ? Éviter qu’elles puissent harmoniser leurs versions des faits reprochés. La justice s’arroge donc le pouvoir de ruiner une relation entière pour éviter une petite discussion suspecte. Elle tue des amitiés pour contrôler un procès.

Calculer chaque déplacement et chaque rencontre, mettre en place des « gardes alternées » absurdes à chaque réunion, raser les murs la boule au ventre pour éviter de croiser une personne qu’on aime et ne pas nourrir les fantasmes policiers de la « cellule Bure », s’isoler en croyant se protéger… Peut-on imaginer plus perverse prison à ciel ouvert ? Utilisés de manière presque systématique à Bure dans d’autres procès contre les opposant.es, ces contrôles judiciaires sont un scandale absolu et le silence qui les entoure pour l’instant ne le rend pas moins assourdissant !

A samedi,

La CAB.

À Bure, comme ailleurs, nous ne serons pas les prochain-e-s !

Ces deux textes émergent de la lutte à Bure et de l’offensive répressive qui la mine depuis un an et demi. Cette répression voudrai enfermer et résumer deux décennies de luttes dans une seule même association de malfaiteurs décrétée par le ministère de l’intérieur à l’été 2017. Parce que (...)

7 novembre 2018

Commentaires désobligeants (de 2018)

Publié le 2018-11-08 00:45:07

Commentaires désobligeants (de 2018)

coomentaires-2018

(Encore une fois glanés ici et là et placés pêle-mêle sur cette page afin que rien ne se perde.)

Aphoristique

Un poète m’a demandé si j’étais, moi aussi, poète. Je lui ai répondu que j’étais plutôt une aphoriste. «C’est un art qui se meurt…» a-t-il ajouté. Flattée, je l’ai remercié en lui disant que je ne peux pas m’attribuer tout le mérite.

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On se rassure comme on peut

Le futur m’inquiète beaucoup en ce moment, mais je me rassure en me disant qu’il en reste toujours un peu moins chaque jour.

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Capitalisme avancé (1/5)

Les griefs des opprimés sont diffusés dans un but lucratif par leurs oppresseurs.

*  *  *

Capitalisme avancé (2/5)

La monnaie devient crypto-monnaie et les crypto-fascistes redeviennent fascistes.

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Capitalisme avancé (3/5)

Les machines utilisent les humains en leur faisant utiliser des outils.

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Capitalisme avancé (4/5)

L’histoire, en se répétant, saute la tragédie et va directement à la farce.

*  *  *

Capitalisme avancé (5/5)

Toutes les solutions proposées ne représentent jamais plus que la formulation incorrecte de leur problème.

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Pics or it didn’t happen

Sur internet, personne ne sait que je ne suis qu’une stratégie discursive.

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Simulatrice

Je vous ai tous convaincues que j’étais atteinte du syndrome de l’imposteure, mais dans le fond, je faisais juste semblant.

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La chute (1/7)

Le monde pourrait devenir un endroit merveilleux si on faisait tous juste un petit effort en le quittant pour ne jamais revenir.

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Ça ne me botte pas du tout

Le prochain pubard qui me traite d’influenceuse, je le kick en plein dans la marque.

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Invisibilité

Je ne crois pas que c’est une coïncidence si les révolutionnaires, les journalistes et les flics se retrouvent constamment aux mêmes endroits. Chacun prend les deux autres pour des parasites et chacun a raison à moitié. En réalité, ils ont tous besoin les uns des autres.

Je pense qu’il faut aller où les révolutionnaires, les journalistes et les flics ne vont pas. Il faut lire ce qu’ils ne lisent pas, dire ce qu’ils ne disent pas, porter attention à ce qu’ils ne voient pas. Jusqu’à devenir rigoureusement invisibles.

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Optimisme (1/2)

Mon seul problème est la totalité. Autrement, ça va.

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Lettre de rupture

« Ce n’est pas toi, c’est ta critique impitoyable de tout ce qui existe. »

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Autoportrait de l’aphoriste dans son époque

«Décrivez votre œuvre en trois mots.»

Post-factuelle, proto-apocalyptique, pré-posthume.

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Gauche

C’est le propre de la gauche de se définir en opposition de ses ennemis : l’homme blanc, le kulak, le capitaliste, le fasciste. C’est aussi le propre de la gauche d’enfermer les opprimé.es dans les catégories  qu’elle s’est fait sa mission de les libérer.

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Contrat social (démocrate)

Il existe une entente tacite entre mes amis Facebook sociaux-démocrates et moi. Ils endurent mes statuts pessimistes, individualistes et nihilistes à l’année longue et je fais semblant de ne pas voir leur propagande électorale à la con tous les quatre ans.

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Désir et transgression

On ne peut désirer que sur la base de ce qu’on connaît. Ce qui fait que l’on se retrouve souvent avec des désirs qui servent davantage les intérêts des dispositifs du pouvoir que les nôtres.

Les désirs ne peuvent changer que si on change la vie qui les produit. On doit avoir expérimenté la liberté pour désirer la liberté – et ainsi devenir libre. Or, le temps et l’espace de l’ordre social étouffent toute expérimentation qui ne va pas dans le sens de l’accumulation du capital, a fortiori l’expérience de la liberté. On peut donc imaginer de nouvelles relations avec nos semblables, de nouvelles façons de vivre, qu’en transgressant les impératifs du temps et de l’espace sociaux.

Bref, je suis de plus en plus convaincue que transgresser pour transgresser, que détruire quelque chose de laid pour le seul plaisir de détruire quelque chose de laid est un geste salutaire – parce que ce geste désencombre l’imaginaire et permet de commencer enfin à désirer pour soi-même.

On pourrait dire que je suis environnementaliste: je lutte pour dépolluer l’environnement mental.

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Déstructuration

Lorsque confrontée à une structure sociale, j’ai l’habitude de réfléchir en tout premier lieu à la façon dont elle détermine mes pensées, mes choix et mes comportements avant même de commencer à discuter de ce qui devrait être fait à son sujet.

Ce faisant, j’en arrive presque toujours à la conclusion qu’elle devrait être abolie – dans mon propre intérêt.

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Niqab la police

Pour empêcher les femmes qui portent un voile de devenir policières, je propose qu’on abolisse la police. Ce sera bien fait pour elles (et pour nous, par le fait même).

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Lundi matin, sept heures (1/5)

Pourquoi est-ce toujours le lundi que l’envie me prend de lire Marx ?

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Phobie sociale

« Je serai au Salon du livre », said no Anne Archet, ever.

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La chute (2/7)

Pour quelqu’un comme moi qui adore les crépuscules, c’est l’époque idéale pour être civilisée.

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L’objet de la machine (1/2)

Toute la technologie que j’utilise (ou qui m’utilise) quotidiennement semble n’exister que pour me convaincre que je ne suis pas une esclave.

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L’objet de la machine (2/2)

Dès que mon regard est dévié de l’écran, il tombe sur un indice que la façon de vivre qui m’a été imposée est en fin de parcours – qu’elle périclite et se désagrège lentement. La technologie me garde dans un monde qui disparaît pendant que le sol se dérobe sous nos pieds.

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Twits

Je viens de me rendre compte que Twitter a éliminé tous mes faux followers. Je trouve ça dommage par contre que tous mes faux leaders restent encore solidement en place.

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Optimisme (2/2)

Le dernier optimiste que je connaissais vient d’être retrouvé mort noyé dans un verre d’eau à moitié plein.

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Reality check

Soyons honnêtes : si ça ne passe pas complètement inaperçu, ce n’est probablement pas la vérité.

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Farce tragique

Tant qu’à nous imposer une dystopie, ils auraient pu au moins en choisir une qu’on puisse prendre minimalement au sérieux.

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La source de votre aveuglement

L’amour n’est pas la cause de vos pires décisions, mais plutôt l’affection que vous avez envers elles.

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La tyrannie du prudhomme

Mon désir de respectabilité est soufflé à mes oreilles par le flic dans ma tête. J’agis rarement dans mon propre intérêt en l’écoutant.

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La fin des utopies

Si vous me cherchez, je serai dans la rue en train d’enlever les pavés. Je compte bien me mettre la tête dans le sable et appeler ça la plage.

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La chute (3/7)

Si le monde pouvait juste s’arrêter, peut-être que la vie pourrait continuer.

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Sens des priorités

En ce qui me concerne, j’ai décidé de prendre du recul par rapport à la politique pour commencer à désespérer de l’esthétique.

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Tératologie dans la chambre à coucher (1/4)

Les enfants qui ont peur du monstre sous leur lit se mettent à voter pour lui quand ils deviennent grands.

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Tératologie dans la chambre à coucher (2/4)

Le monstre sous votre lit a le regret de vous informer que vos rêves peuvent devenir réalité.

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Tératologie dans la chambre à coucher (3/4)

Le monstre sous votre lit vous fait dire de vous en trouver un autre safe space parce que c’est le sien à lui tout seul.

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Tératologie dans la chambre à coucher (4/4)

Si vous empêchez le monstre de sortir de sous votre lit, les centristes diront que le vrai monstre, c’est vous.

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Une constante de l’histoire

Ne vous en faites pas, il y aura assez de déceptions pour tout le monde.

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La bourgeoise de dévergonde

Dimanche ! Il n’y a pas de meilleur moment pour être bourgeoise.

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La démocratie ne fait pas le bonheur

Ne vous en faites pas, personne n’est vraiment heureux après une élection. Ou pendant. Ou avant.

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La chute (4/7)

Maintenant n’est pas trop tard. Trop tard, c’était il y a des années.

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La chute (5/7)

Malaise dans la civilisation. Plaisir dans la sauvagerie.

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La chute (6/7)

Le temps de sauver la civilisation est passé ; celui de penser à ce que l’on fera après sa chute est arrivé. Tâchons d’éviter que les Maîtres nous refassent le même coup qu’ils nous ont fait depuis des millénaires : changer tout afin de ne rien changer et maintenir notre servitude en l’assoyant sur de nouvelles bases.

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Fausse conscience

Pour vous convaincre que tout va bien et ainsi diminuer vos symptômes dépressifs, je vous recommande chaudement la fausse conscience. C’est un peu comme les fake news, mais en plus classe et sans toute la lecture assommante.

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Terreur de nos aïeux

Le Canada : des politiques qui ne mènent nulle part et des pipelines qui mènent partout.

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Motivation

Est-ce que l’humour cynique et désespéré est d’une quelconque aide? Non.

Est-ce que je vais continuer quand même? Oui.

Pourquoi ? Meh.

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Lundi matin, sept heures (2/5)

Oui, dieu est mort. Oui, la réalité objective n’existe plus. Lundi, par contre, a survécu.

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Lundi matin, sept heures (3/5)

Bonne nouvelle: lundi ne vous a pas tué. Mauvaise nouvelle: il sera de retour la semaine prochaine. Plus fort.

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Lundi matin, sept heures (4/5)

J’ai dit que c’était la faute au lundi. Lundi a dit que c’était la faute au capitalisme. Le capitalisme a dit que c’était la faute au marché. Le marché a dit que c’était la faute à l’État. L’État dit que c’était ma faute.

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La muse ménopausée

Chaque fois que je termine un je suis toujours envahie par le sentiment étrange et doux-amer que c’est maintenant terminé, que je n’aurai dorénavant plus rien à dire, que c’est définitif et qu’il ne me reste plus qu’à tout envoyer valser et partir pour Aden comme Rimbaud. Curieusement, ça fait mon affaire, je me sens soulagée, en paix… jusqu’à ce que ce besoin impétueux d’écrire me revienne quelques heures plus tard, presque comme une malédiction… et le cycle de la torture repart de plus belle.

Je me demande s’il existe un équivalent de la ménopause pour l’écriture et si oui, à quel âge je peux espérer être délivrée de ce supplice.

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Avis aux poètes (1/2)

N’écrivez jamais sur les réseaux sociaux si vous êtes saoule, solitaire, déprimée ou en train de marcher. Par contre, si vous marchez saoule, solitaire  et déprimée, j’ai cru comprendre que la poésie a besoin de vous.

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Retour à la normale

Novembre : le moment où les statuts Facebook deviennent plus courts, plus sombres et plus froids.

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Tératologie festive

Vous n’avez pas besoin de vous déguiser à l’Halloween: le vrai monstre est en dedans de vous ; ceux et celles qui vous aiment le reconnaitront tout de suite.

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Patio, ergo sum

Finalement, la réalité est une virtualité comme les autres – avec la douleur en prime.

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Thérapie par la liste

Ma «to do list» pour aujourd’hui :
1. Ne pas paniquer.
2. Ne pas paniquer
3. Ne pas paniquer.
S’il reste du temps: paniquer.

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La chute (7/7)

La civilisation est en train de prendre fin et la comédie sinistre à laquelle nous assistons en ce moment en est le spectacle de la mi-temps.

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Conseil aux jeunes autrices

Soyez patientes. Quand vous atteindrez la quarantaine, la critique vous fera toujours aussi mal — peut-être même plus, pour être honnête ; vous serez toutefois beaucoup plus habiles pour maintenir l’apparence que vous vous en querissez totalement.

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Avis aux poètes (2/2)

Avertissez les poètes que l’automne n’est plus la saison de la mélancolie, mais celle de l’anxiété généralisée.

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Toute la politique en deux phrases (1/2)

Je reste convaincue que la plupart des gens sont bons, raisonnables et tolérants. Le seul problème, c’est que la majorité des gens n’est pas comme la plupart des gens.

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Ratage et imposture

Je suis une artiste ratée qui arrive même à échouer son syndrome de l’imposteure.

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Il est où le bonheur, il est où ?

Vous parlez de bonheur, moi je préfère appeler cela le trouble de déficit de l’anxiété.

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Toute la politique en deux phrases (1/2)

Plus on en sait au sujet de la politique, moins on veut en savoir. Moins on en sait au sujet de l’idéologie, plus on veut en croire.

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Lundi matin, sept heures (5/5)

Croyez-moi, lundi est le moindre de vos soucis.

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Catégories :Crise de larmes

Avatar de Inconnu

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

Sainte-Livrade, France : L’hôtel-restaurant de luxe n’était qu’un projet – 4 novembre 2018

Publié le 2018-11-08 00:51:04

Dans la nuit du 3 au 4 novembre, un incendie a ravagé l’hôtel-restaurant quatre étoiles « Le Domaine de Bugatel » à Sainte-Livrade, ville située près de Villeneuve-sur-Lot, au nord d’Agen. 1300 mètres carrés de bâtiment ont été réduits en cendres, notamment dans la partie restaurant.

Les travaux étaient sur le point de s’achever. Le site était flambant neuf. L’hôtel haut-de-gamme devait proposer des chambres de charme en bordure du Lot, ainsi qu’un restaurant gastronomique, un espace de balnéothérapie, une cave à vin, une rhumerie…et même des promenades en gabarre.

Les enquêteurs ont retrouvé des traces suspectes dans les décombres. Ils privilégient pour l’instant un acte malveillant. Ils attendent de recevoir, mercredi 7 novembre, un chien spécialement dressé à la recherche des causes des départs de feu pour trouver de nouveaux indices.

Du rêve des bourges et du tourisme local…

Au cauchemar:

[Reformulé de la presse]

Madrid, Espagne : Sur l’arrestation des deux compagnons anarchistes le 29 octobre dernier

Publié le 2018-11-08 00:53:04

Lundi 29 octobre dernier, la Brigade d’Information s’est rendu chez deux compagnons anarchistes de Madrid pour les arrêter. Ils sont accusés du délit de « dommages par incendie d’un distributeur automatique de billets de l’enseigne Bankia » dans le quartier de « Vallekas » [1] durant la semaine d’action pour la compagnonne Lisa, alors incarcérée depuis un an par l’Etat allemand, condamnée à 7 ans de prison pour avoir braqué une banque.

Ce n’est ni la première, ni la dernière fois tout signe d’action directe anarchiste. L’Etat perfectionne sa machine répressive depuis un certain temps, comme en témoignent la prolifération des caméras de surveillance (comme dans le cas présent), les prélèvements ADN et la coordination avec d’autres services de police à l’échelle européenne (comme dans le cas de Lisa ou des représailles du G20 à Hambourg, qui a connu son dernier épisode dans l’Etat espagnol le 19 octobre dernier avec des perquisitions chez deux compagnons anarchistes à Palencia et à Madrid). Ces arrestations, de par la manière dont elles se sont déroulées, impliquent un réel changement en matière de stratégie répressive, loin de la médiatisation spectaculaire des dernières opérations de police contre les milieux anarchistes (Pandora, Piñata, Pandora II, Ice). Le but recherché reste cependant le même: chercher à intimider et à créer la peur, aboutissant à la paralysie de la lutte.

Face à cette stratégie, en tant qu’anarchistes, nous devons rester fort.e.s et poursuivre la lutte sans mettre de côté ces outils qui font de l’anarchisme un mouvement dangereux pour l’Etat, ansi que pour toutes les formes et outils de la domination. Si l’Etat réprime pour s’être fait attaquer, il doit alors être frappé plus fort, l’objectif étant de continuer la lutte et de faire en sorte que la solidarité s’étende partout sur le territoire. Si hier une banque a brûlé, demain il en brûlera cent.

Peu importe « l’innocence » ou la « culpabilité » des compagnons, car ce sont des catégories du système judiciaire que nous ne reconnaissons pas en tant qu’anarchistes.

Solidarité avec Lisa, les personnes persécutées du G20 et de « Scripta Manent », ainsi que tou.te.s les  compagnon.ne.s du monde entier séquestré.e.s par l’Etat.

Dans notre mémoire révolutionnaire vivent Santiago Maldonado et le compagnon Mikhail Zhlobitsky, décédé le 31 octobre dernier lors d’une attaque à la bombe contre le FSB (héritier du KGB).

VOUS NE PARVIENDREZ JAMAIS A FREINER NOS DESIRS DE LIBERTE !

LIBERTE POUR LISA

FEU AUX BANQUES

MORT A L’ETAT ET VIVE L’ANARCHIE !

[Traduit de l’espagnol de Contramadriz, 06.11.2018]


NdT:

[1] Il s’agit sans doute de l’attaque incendiaire du 11 avril 2018 dans le quartier Vallekas: l’incendie du DAB avait été revendiqué quelques heures plus tard à travers un communiqué.

Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) : Barbecue hors saison au concessionnaire BMW moto

Publié le 2018-11-08 00:54:04

Le Parisien / mercredi 7 novembre 2018

Le préjudice pourrait s’élever à plusieurs millions d’euros. Le bâtiment du concessionnaire « BMW Motorade », au 30, rue de Paris à Noisy-le-Sec, a été ravagé par un incendie criminel, ce mercredi. Trois personnes ont été interpellées et sont entendues au commissariat local, chargé de l’enquête.
Vers 4h20, au moins deux individus, filmés par les caméras de vidéosurveillance, sont passés par l’arrière du bâtiment. Ils ont aspergé d’essence les motos situées à l’extérieur avant de lancer des chiffons enflammés. Le feu s’est alors propagé à l’intérieur du magasin, vide de tout occupant. Onze camions et 80 sapeurs-pompiers sont intervenus vers 5 heures. Deux pompiers ont été légèrement blessés pendant l’intervention, qui s’est terminée vers 7h15.

Au total, une soixantaine de motos sont parties en fumée. Sans compter le mobilier, les outils de l’atelier ou encore le matériel informatique. L’intérieur est dévasté et le « showroom Mini », mitoyen, inondé. « Des expertises sont en cours, mais le préjudice devrait se chiffrer à plusieurs millions d’euros, confie Cyrille Frantz directeur général délégué du groupe Bymycar. Nous sommes dans l’incompréhension et avons un vrai sentiment d’injustice. D’autant que c’est une concession qui marche très bien. » […]

[По Rусский]

Le showroom Mini

Andorre : Avant les premiers flocons, déjà les premières dégradations ?

Publié le 2018-11-09 00:08:04

20 minutes / mercredi 7 novembre 2018

C’est une banale opération de maintenance, lundi, qui a permis de mettre à jour le méfait. Trois câbles de remontées mécaniques, deux télésièges et un téléski, ont été retrouvés sectionnés dans la station de Pal-Arinsal, qui fait partie du domaine skiable de Vallnord, en Andorre.

Une conférence de presse a été convoquée mardi. Elle a réuni les principaux médias de la petite principauté pyrénéenne, où le tourisme, en particulier les sports d’hiver, représente une activité économique majeure. D’où le retentissement donné à l’affaire, qualifiée de « sabotage » par Josep Marticella, le directeur de la société EMAP qui exploite la station de Pal-Arinsal.
« C’est un fait qui ne s’est jamais produit dans le pays », a-t-il souligné, selon le quotidien El Periòdic d’Andorra. Cependant, la date d’ouverture de la saison n’est pas remise en cause, assure le dirigeant. Les skieurs pourront dévaler les pistes de Vallnord dès le 1er décembre, le même jour que Grandvalira, l’autre grand domaine skiable andorran, très prisé des Espagnols et des Français.

Le montant des dégâts n’est pas encore connu. « Il est très prématuré de parler de chiffres, mais il serait beaucoup plus coûteux de ne pas pouvoir ouvrir à la date prévue », affirme Josef Marticella. Une enquête de police a été ouverte pour retrouver le ou les auteur(s) de ces actes mystérieux. Les dispositifs de sécurité (contrôle et caméras) devraient être renforcés cette saison dans la station visée.

NdAtt. : selon France Bleu,  » les saboteurs ont joué les équilibristes. Ils auraient escaladé les pylônes pour couper les câbles à l’aide d’une disqueuse.  »

Josep Martincella, directeur de Pal Arinsal. Derrière lui, et plus intéressantes, les photos des câbles coupés

Kouaoua (Nouvelle-Calédonie) : Jeunes VS autorités coutumières… et la serpentine du centre minier brûle !

Publié le 2018-11-09 00:09:02

France Infos / jeudi 8 novembre 2018

C’est vers 17 heures, ce mercredi, que la serpentine utilisée par la SLN à Kouaoua, pour acheminer son minerai de la montagne à la mer, a encore été brûlée. L’incendie intervient alors que l’accès aux sites miniers a été de nouveau bloqué le vendredi 2 novembre, à l’avant-veille du référendum.
Quelques jours plus tôt, le mercredi 24 octobre, un accord provisoire était pourtant trouvé entre les différentes parties prenantes de cette délicate affaire. Il a permis aux employés de la SLN de retrouver le centre minier à partir du jeudi 25, après dix semaine de fermeture. Mais la conclusion définitive de cet accord était suspendue à d’ultimes échanges entre le collectif de jeunes habitants à l’origine du blocage et les autorités coutumières. Or, ils ne se seraient pas bien passés.

Fin octobre, la maison-mère Eramet a annoncé ses résultats du troisième trimestre 2018. Le préjudice subi par la SLN à Kouaoua et à Tiébaghi, site bloqué quelques jours, s’élèvait alors à 1,8 milliard CFP [ce qui fait quelques 15 millions d’euros; NdAtt.]. Rappelons également que le minerai extrait à Kouaoua, d’une composition bien spécifique, représente pour l’usine de Doniambo 40 % de la production.

Note d’Attaque : selon Les Nouvelles Calédoniennes, « Ce coup-ci, une centaine de mètres de cette installation de 11 kilomètres ont été brulés dans le secteur de la vallée. »