Vive l'Anarchie - Semaine 45, 2019

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Nantes : Les désordres se répandent à plusieurs lycées – 8 novembre 2019 [Mise-à-jour, 10.11.2019]

Publié le 2019-11-11 12:39:04

Vendredi 8 novembre à Nantes, des jeunes de plusieurs lycées étaient de nouveau motivé.e.s à rompre avec la routine des cours et le formatage civique et républicain, au lendemain d’une chaude matinée devant le lycée Camus. Et le meilleur moyen a été de foutre le feu à leur lycée et à répandre le bordel aux alentours.


Mise-à-jour dimanche 10 novembre:
Claude d’Harcourt, le préfet de la Loire-Atlantique, a donné consigne à ses flics de « mettre en place dès à présent et sur les prochains jours des dispositifs de surveillance adaptés » autour des lycées.


Selon des élèves, ces actions s’inscrivent dans le cadre des protestations contre la réforme du Bac.

Les premiers désordres ont eu lieu vers 7h30 aux abords du lycée Gaspard Monge, dans le nord de Nantes.
« Selon la police, une quarantaine de personnes s’en sont prises à des poubelles qu’elles ont incendiées. Un véhicule a également été retourné et incendié devant l’entrée. Des vitres de salles ont été brisées ». Toujours selon les flics, un tramway a été la cible de caillassage, ce qui a eu comme effet de bloquer la circulation des transports en commun (notamment sur la ligne 2) jusqu’à 10h30.

Plus à l’ouest, vers 7h45, des poubelles ont été incendiées devant le lycée Carcouët, quartier du Breil. Mais le personnel de l’Education Nationale a pu éteindre ces feux.

Quelques minutes plus tard, le groupe s’est visiblement déplacé vers le sud et c’est devant le lycée Camus qu’on constate des feux de poubelles. L’entrée est dégradée. Le rectorat parle également de jets de cocktails Molotov. Un drapeau français a été arraché de la façade et joyeusement brûlé.

Une vingtaine de personnes s’est ensuite dirigée vers le lycée du Sacré Cœur non loin. Des poubelles y ont été incendiées ainsi que trois véhicules. Venus sécuriser l’intervention des pompiers, les policiers ont été pris pour cible par les émeutiers.

Des poubelles ont également été enflammées près des Bourdonnières.

Au total, 6 personnes ont été arrêtées par les flics. Tous l’ont été aux alentours du lycée Gaspard-Monge. Parmi eux, trois jeunes de 16 ans. « L’un d’entre eux est soupçonné d’avoir dégradé une voiture à l’aide d’un pavé, avec lequel il a brisé une vitre. L’autre, qui est élève au lycée, est suspecté d’avoir mis le feu à l’une des deux voitures incendiées près de l’établissement. Il aurait également jeté des projectiles sur les forces de l’ordre. Un troisième adolescent de 16 ans est soupçonné d’avoir également participé aux jets de projectiles. Un autre mineur, âgé lui de 17 ans, a été interpellé dans la rue du lycée pour « participation à un groupement en vue de la préparation de dégradations ou destructions ». Un autre jeune homme de 17 ans a été interpellé dans une rue à proximité du lycée Monge. Connus des services de polices, il est soupçonné d’avoir dégradé des biens en dissimulant son visage. Enfin, un adolescent a été interpellé avec sur lui un briquet chalumeau. » (France Bleu, 08.11.2019)

La façade du lycée-prison Albert Camus après cette deuxième matinée agitée

Devant le lycée du Sacré-Coeur

[Reformulé de divers articles de presse, 08.11.2019]

Uruguay : Le capitalisme est synonyme de crise / Le problème c’est le capital. De la militarisation et la guerre sociale

Publié le 2019-11-11 12:39:10

Le Capitalisme est synonyme de crise.

Le monde est en flammes. Ici ou en Chine, en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique. Nous subissons les restructurations d’un système infâme et dégradant, nous contraignant à survivre dans un nouvel esclavage justifié par un lien contractuel imposé dès la naissance. La majorité s’adapte à ses dépens ou se révolte, la minorité mène le carosse avec ses intérêts économiques.

Nous retombons dans les pièges de la domination lorsque nous faisons confiance aux programmes de tel ou tel parti politique en pensant qu’ils vont nous sauver et qu’un simple changement de marionnettes peut tout résoudre. Acheter des pommes ou des poires revient au même si les deux fruits sont pourris, cela ne résoud pas le problème de la putréfaction.

Les “crises” économiques et environnementales sont la conséquence la plus flagrante d’un mode de production et de développement extrêmement destructeur. La politique progressiste est en faillite et les tentatives de contrecarrer un système imposant par l’étatisme ont échoué, en débouchant sur des “dérives” telles que celles à l’oeuvre actuellement dans de nombreux exemples de processus dits “révolutionnaires”, qui se sont précisément soldés par la contre-révolution. Face à cela, ressurgit le fascisme le plus rance qui a astucieusement adapté ses discours pour mieux passer, mais en Espagne ce sont les mêmes adulateurs de Franco et ici les mêmes militaires que sous la dictature. Les puissant-e-s veulent garantir leur hégémonie, alors ils serrent les vis et attaquent férocement tout ce qui interrompt leur progrès, menaçant d’exterminer tout projet qui défend la liberté et l’autonomie et empirant au quotidien les conditions de vie des exploité-e-s.

Les gens sont encore dans les rues, le champ de bataille est toujours là. Leurs réponses sont très claires, contre les machines au service du pouvoir, contre la normalité quotidienne de l’exploitation. Récemment, un mouvement de protestation contre la hausse des transports a éclaté dans la région chilienne, les protagonistes se sont lancé-e-s dans la destruction de l’infrastructure du capital, signe que le ras-le-bol est bien dirigé contre l’ennemi.

Le pouvoir et ses médiateurs ont un avantage certain, mais ils ne gagneront jamais la bataille. Bien que la voix triomphante dans l’histoire soit la leur, nous avons le chant de guerre. Nous savons que nous avons une histoire qui garde sa continuité aujourd’hui. Les récits univoques ne nous plaisent pas, la vie est faite de lutte de forces et de conflit, et c’est en renforçant nos expressions pour la transformation sociale que nous nous réaffirmons comme individus libres.

[Traduction de l’espagnol de Periodico Anarquia reçue par mail, 19 octobre 2019]


Le problème c’est le capital. De la militarisation et la guerre sociale.

À quoi servent maintenant les militaire pour le président chilien ? À essayer d’étouffer les demandes et la lutte qui a pris forme suite à l’augmentation du prix des transports. À quoi servent les militaires pour le président équatorien ? À essayer d’étouffer les indigènes qui se sont organisé-e-s pour lutter contre la hausse de l’essence et donc du coût de la vie. À quoi servent en définitive tous les militaires, qu’ils soient vénézuéliens, argentins, uruguayens ou espagnols ? À la même chose. Servir l’ordre institué, l’ordre capitaliste et la destruction de nos vies. Ce sont en définitive les armes de ces classes toujours plus petites qui profitent en permanence des restructurations laissant des milliers de personnes sur le bord du chemin.

Droite, gauche, centre, tous. Les États, quel que soit leur gouvernement, n’ont cessé de se militariser davantage au cours des dernières années. Les rues se remplissent de différents appareils technologiques et de militaires, en bleu ou en vert, peu importe. Corps policier et militaire, ces catégories restent importantes mais sont toujours plus diffuses. Le capital se défend, les villes explosent, tôt ou tard la suffocation constante rencontre de la résistance.

Dans un premier temps, une lutte partielle, une lutte quelconque déchaîne la colère, ensuite nous nous rendons compte que cela ne suffit pas. En ce moment, après avoir décrété un couvre-feu, le président du Chili va apparemment annuler la hausse du prix du métro, mais la révolte ne s’arrête pas. Il sait très bien qu’il ne faut pas confondre le détonateur avec ce qui fait réellement que tout éclate.
Le problème, c’est le capitalisme, ne l’oublions pas. C’est pour cela même que nous ne nous concentrons pas sur le jeu pervers de choisir qui appliquera plus ou moins les ajustements exigés par le capital financier, qui sera plus modéré selon les domaines. Tous chercheront à prendre appui sur la récupération de la rage, si ce n’est sur la répression. Tous les partis sont prêts à mourir pour défendre le système sanglant qui nous dirige et leur promet d’être les maîtres. Et comme partout, nous continuerons à voir comment ils utilisent les différents corps armés de l’État contre les personnes qui cherchent à vivre mieux.

Certain-e-s dans leurs partis discutent de services militaires obligatoires, de gardes nationales et d’autres questions de “sécurité et de défense”, aucun parti ne propose de désarmer les bourreaux car ils espèrent les utiliser à leur propre convenance. Lors de la prochaine restructuration capitaliste, des prochains ajustements sur notre dos, nous serons à nouveau seul-e-s avec les autres exclu-e-s.

N’élevons pas davantage de corbeaux, ne leur rendons pas la tâche facile.
Nous voulons tout, ne négocions rien

R.M

[Traduction de l’espagnol de Periodico Anarquia reçue par mail, 20 octobre 2019]

Chili : la révolte continue de plus belle

Publié le 2019-11-11 12:40:24

Plus que des symboles. Vendredi 8 novembre à Santiago lors de la manifestation de 75 à 100 000 personnes, le bâtiment historique de l’Université privée Pedro de Valdivia nommé Casa Schneider et datant de 1924 a été saccagé puis incendié (cinq arrestations, dont un en préventive et 970 000 euros de dégâts) ; l’église de La Asuncion (datant elle de 1876) a pour sa part été saccagée, avec son mobilier (des bancs aux confessionaux) et ses fétiches statufiés qui ont alimenté les barricades enflammées ; l’ambassade d’Argentine a également été attaquée à Santiago non loin de là après que des manifestants aient réussi à franchir ses grilles, pénétrer dans son jardin et jeter des pierres dans ses vitres avant de repartir sans encombre. Ce même vendredi à travers tout le territoire jusqu’au soir, ce sont également les cabines du péage El Paico qui sont parties en fumée à Talagante ; le hall du ministère du logement et de l’urbanisme (Serviu) qui a subi le même sort à Orsono (mobilier, ordinateurs et archives détruits) ; le siège de la compagnie d’électricité CGE, un tribunal, une trésorerie et l’Université de Technologie (Inacap) qui ont été saccagés et/ou incendiés à Copiapó ; les locaux de la compagnie aérienne Latam, de la compagnie d’électricité Saesa, d’une agence bancaire Itaú qui ont été saccagés à Puerto Montt, sans parler de la Cour d’appel qui a perdu toutes ses vitres ou de l’institut linguistique Tromwell qui a été pillé. Il y a également eu sept attaques de commisariats et casernes, dont le bâtiment de la Dipolcar (les services de renseignement des carabiniers) du 54° commissariat à Huechuraba, le 10° comico à La Cisterna et le comico de Quillota (en plus de la trésorerie et de la préfecture régionale saccagée). Sur la quinzaine de pillages conséquents, on notera également les attaques destructrices contre la préfecture régionale à Coyahique, contre un tribunal et une Maison du Droit à Viña del Mar, contre un collège à Arica (une quinzaine de mineurs arrêtés), et contre les mairies de Puerto Varas et de Loncoche.

Zone mapuche. Lundi 4 novembre à Valvidia, près de 200 personnes ont déboulonné le buste du conquistador espagnol Pedro de Valdivia, puis l’ont pendu à un pont, tandis que le 2 novembre à Cañete ce sont ceux de Pedro de Valdivia et García Hurtado de Mendoza qui ont fini face contre terre lors d’une manifestation de 500 personnes ; et le 1er novembre à Arica, des inconnus ont réussi à fracasser en plusieurs morceaux la statue historique de Christophe Colomb, érigée en 1910 dans cette ville. Le 1er novembre à Labranza (Temuco), trois camions et une pelleteuse d’une entreprise de BTP sont partis en fumée, tandis que le 4 novembre à Contulmo ce sont trois camions d’entreprises d’exploitation forestière qui ont brûlé en pleine route, après que leurs chauffeurs aient dû descendre sous la menace d’armes à feu. Enfin, tandis que les banderoles de manifestants portent des slogans comme « No son 30 pesos. Son 500 años » (ce ne sont pas 30 pesos -prix initial de l’augmentation du métro à Santiago- mais 500 ans), plusieurs représentants de communautés mapuches ont accepté le processus de révision de la Constitution chilienne afin qu’elle leur fasse une place plus importante.

Concepción. Dans cette ville de 220 000 habitants qui est un des foyers de la révolte, le ministère des Biens nationaux et la préfecture régionale ont estimé le 7 novembre à 2000 mètres carrés la surface de rues dépavées, et les bâtiments de l’Etat gravement endommagés à une dizaine depuis fin octobre (des vitres brisées à ceux incendiés) pour un montant minimal de 120 000 euros, tandis que 1.365 personnes ont été arrêtées et accusées de pillages ou destructions. S’il est un objectif qui a été particulièrement attaqué au cours des manifestations quotidiennes, c’est bien la Caja de Compensación de Los Andes, une tour de bureaux de 15 étages qui héberge de nombreuses entreprises et institutions. En plus de ses nombreuses vitres brisées, son deuxième et troisième étages ont déjà été incendiés, et le 2 novembre, ce sont les derniers étages qui sont partis en fumée, en même temps que les bureaux du service électoral (Servicio Electoral de Chile, Servel). Parmi les autres attaques de la semaine, il y a eu le siège local du parti UDI au pouvoir des frères et soeurs (député et sénatrice) Van Rysselberghe qui a entièrement cramé lors d’une manifestation après avoir été saccagé le 7 novembre ; le pillage le même jour du grand magasin Kamadi avenue Los Carrera, par une cinquantaine de personnes en plein jour qui ont vidé le contenu de ses caisses comme de ses rayonnages ; la veille, le 6 novembre, au milieu de gros affrontements, ce sont une nouvelle fois deux pharmacies du centre qui ont été pillées (Ahumada et Cruz Verde) ; le 5 novembre, c’est une agence de la Banco Edwards qui a été saccagée, ainsi qu’un local Western Union et un magasin Claro. Certains jours il y a eu de 11 à 17 foyers simultanés d’affrontements en ville, débordant largement les carabiniers. Enfin, signalons que la banlieue de Concepción est également concernée, comme à Coronel, où le 8 novembre c’est le centre commercial (Mall) Paseo Montt qui a été pillé dans la nuit.

Rentrée. Au retour des vacances de la Toussaint, et alors que la fin de l’année approche (les saisons sont inversées au Chili, et l’été arrive), le mouvement lycéen est en train de se mobiliser de façon spécifique pour arrêter les cours et refuser de donner l’impression d’un retour à la normale. Huit lycées de la région de Chiloé sont en grève, dont cinq occupés ; certains restés ouverts ont été attaqués à Puerto Montt ; le lycée commercial de Los Ángeles (région du Bío Bío) est occupé pour appuyer le mouvement de révolte ; lors de la tentative d’occupation du lycée n°7 Teresa Prats pour filles à Santiago mardi 5 novembre, les carabiniers sont entrés sur appel de la directrice et ont blessé deux élèves de 16 et 17 ans par balles ; et tous ont d’emblée été fermés par les autorités municipales à Antofagasta, Calama, Copiapó, los Andes, Valparaíso, Puente Alto, Renca, La Florida, Coronel et Punta Arenas.

Beaux quartiers. Mercredi 6 novembre, des messages postés sur les réseaux sociaux, appelaient cette fois à porter la révolte non plus Plaza Italia, mais directement dans les quartiers aisés de Santiago. Des centaines de personnes se sont ainsi donné rendez-vous aux abords du centre commercial Costanera Center, le plus grand de toute l’Amérique du Sud. Bloqués par les forces de l’ordre, les manifestants se sont alors éparpillés en divers endroits du quartier de Providencia vers celui de Las Condes, entrée du secteur financier et des zones les plus riches de la capitale. Une pharmacie Ahumada, un supermarché Líder Express, le siège de la caisse de retraite AFP Provida, un McDonald’s et deux agences bancaires ont notamment été pillés au milieu d’affrontements avec les flics (sans parler des vitrines brisées), tandis qu’un manifestant est parvenu à monter sur un canon à eau des carabiniers (Guanaco) puis à neutraliser son canon, ou que d’autres ont grimpé aux mâts pour détruire des caméras de vidéosurveillance. Au cours de cette importante émeute sauvage où les anarchistes n’ont pas été en reste, d’autres objectifs de choix ont été attaqués : le siège national du parti UDI situé à Providencia (avenida Suecia), dont les députés et sénateurs participent à la coalition de droite de Piñera a été saccagé à l’intérieur et son mobilier (meubles, ordinateurs) a servi de barricades à l’extérieur. Celui du parti RN (Renovación Nacional) de Piñera vite protégé a été caillassé, et le Mémorial Jaime Guzmán, situé non loin à Las Condes a été saccagé. Jaime Guzmán ne fut pas seulement le fondateur de l’UDI (Union démocrate indépendante) qu’il présida entre 1983 et 1989 sous la dictature, ce fut aussi un intellectuel qui a participé dès 1970 à la fondation du mouvement paramilitaire d’extrême droite Patria y Libertad, financé par la CIA, et a intégré le gouvernement de la junte militaire dès 1973, pour laquelle il rédigea la Constitution de 1980. Juste avant son assassinat par des révolutionnaires en 1991, il déclarait encore dans un grand journal « Je m’affirme pinochetiste, avec beaucoup d’honneur ». Trente ans plus tard, beaucoup n’ont rien oublié, et le portrait de ce fasciste érigé en martyr par ses fidèles gît désormais au milieu du verre brisé de son sinistre Mémorial. Des A cerclés et autres tags (Putchistes, Assassins, Ils le méritent,…) ont été laissés sur place lors de ces attaques ciblées. Face à toutes ces incursions chez les riches, la maire effrayée de Providencia n’a pu que lâcher un laconique « Nous vivons un niveau de violence et de destruction jamais vu auparavant dans le centre de la capitale », sans oublier qu’au cours de cette même nuit (du 6 au 7 novembre), ce sont également les bureaux de l’état civil et le McDonald’s à Providencia, ainsi que les locaux du resto pour bobos Fuente Chilena situés non loin qui sont tous partis en fumée.
Enfin, parmi les attaques incendiaires des jours précédents dans le Grand Santiago, on peut citer l’hypermarché Central Mayorista à San Bernardo le 5 novembre (entièrement détruit par un incendie et déjà pillé) ou le supermarché Santa Isabel à Conchalí le 6 novembre (précedemment pillé, et cette fois incendié). Le commandant des pompiers de la région de la capitale a chiffré le nombre d’incendies de locaux à 1600 depuis le début de la révolte (un chiffre quintuplé par rapport à la normale), dont une centaine de grande amplitude, y compris les stations de métro.

Institutions. En plus du saccage du siège national de l’UDI et du caillassage de celui du RN (tous deux au pouvoir) à Santiago le 6 novembre, d’autres locaux ont été détruits ces derniers jours : le 2 novembre à Cañete, la permanence du député UDI Iván Norambuena a été incendiée ; le 7 novembre à Concepción le siège local du parti UDI des frères et soeurs (député et sénatrice) Van Rysselberghe a entièrement cramé lors d’une manifestation après avoir été saccagé ; le 31 octobre à Castro (Chiloé) les bâtiments de la préfecture régionale (Gobernación) et de la mairie ont été saccagés ; le 31 octobre à Angol la maison du maire a été caillassée et perdu ses vitres ; le 1er novembre à Viña del Mar dans le quartier de Reñaca Alto, le domicile d’un sous-officier des carabiniers a été caillassé (pierres, oeufs, bouteilles) ; le 31 octobre, une des portes latérales de la cathédrale d’Iquique a été incendiée juste après minuit, et c’est la prompte intervention des pompiers qui a empêché d’importants dégâts. Pour illustrer la tension grandissante contre le parti du président Piñera, RN, alors que celui-ci devait tenir sa réunion politique nationale avec élus et dirigeants samedi 9 novembre dans son siège de Santiago, il vient de l’annuler sine die pour des raisons de sécurité. Concentrer autant de responsables du parti au pouvoir en un même lieu aurait en effet créé une belle occasion pour les enragés, et c’est donc un sommet de plus qui saute au Chili, après celui de l’APEC de novembre et la COP 25 de l’ONU sur le climat de décembre, sans parler côté football de l’annulation du match amical de la sélection chilienne contre la Bolivie le 15 novembre, ou de la finale de la Copa Libertadores, compétition de tous les clubs sud-américains, entre les finalistes argentin et brésilien River Plate et Flamengo, finalement délocalisée le 23 novembre au Pérou.

Terrorisme d’Etat. Jeudi 7 novembre, le président Sebastian Piñera a annoncé un paquet de lois sécuritaires durcissant les peines de prison : une « loi anti-pillages » (« vols commis en profitant de la foule« ), une autre visant les personnes avec le visage dissimulé (en tant que circonstance aggravante lors de troubles à l’ordre public), une autre contre celles qui dressent des barricades (« entrave à l’ordre public en empêchant la circulation« ), ainsi que la création d’une équipe judiciaire chargée de poursuivre les auteurs de troubles à l’ordre public, d’un statut spécial pour protéger les policiers, le renforcement des « moyens aériens » des carabiniers et de la PDI (drones), et la « modernisation » du système de renseignement. Ce même jour, il a également réuni le conseil supérieur créé sous Pinochet qui intervient lorsque la sécurité nationale du pays est en jeu, le Consejo de Seguridad Nacional (Cosena), dont les précédentes convocations exceptionnelles en 2005 et 2014 avaient concerné le litige frontalier avec le Pérou sur l’accès à la mer. Les décisions prises lors de ce Cosena (qui réuni le chef d’Etat, les présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale et de la Cour suprême avec les Commandants en chef des quatre corps militaires et des carabiniers) ont été tenues secrètes, mais nul doute qu’il s’agit d’amplifier un plan contre-insurrectionnel face à une révolte qui dure depuis trois semaines et ne cesse de s’approfondir. Le ministre de l’Intérieur Blumel a par exemple précisé à la sortie du Cosena que l’objectif des forces armées était désormais (après l’état d’urgence avec couvre-feu de la première semaine) de se concentrer sur son rôle de renseignements…

Terrorisme d’Etat – bis. Parmi les centaines de personnes incarcérées pour les incendies, saccages et pillages, le pouvoir en met régulièrement certains en avant. Il y a par exemple ce prof de maths embastillé dans une prison de Haute Sécurité et accusé de destruction de tourniquets et composteurs à la station de métro San Joaquín le 17 octobre ; mais aussi trois autres embastillés du Movimiento Juvenil Lautaro et accusés d’avoir monté le 30 avril des barricades enflammées sur une ligne de train à Pedro Aguirre Cerda (Santiago) ; ainsi qu’un mineur de 16 ans accusé de l’incendie de la station de métro Pedrero le 18 octobre (tandis que tout son groupe de supporters du club de Colo-Colo, la « Garra Blanca« , est également soupçonné d’y avoir participé) et d’un majeur de 33 ans accusé d’avoir incendié la station de métro La Granja le 18 octobre (tous deux sont en préventive depuis le 8 novembre) ; un jeune de 19 ans accusé d’un incendie de banque à Copiapó le 29 octobre ; ou un autre de celui de la mairie de Quilpué ce même jour. Tous ont été placés sous le statut de la Ley de Seguirdad Interior del Estado. Enfin, le 7 novembre au soir, le seul soldat (sur 10 000 engagés dans cette opération) qui avait refusé de participer à la répression lors de l’état d’urgence en refusant de prendre son fusil a été remis en liberté conditionnelle par la Cour Suprême sous la pression de la rue, et le 6 novembre deux hommes de 20 et 27 ans ont été enfermés en préventive, accusés de l’incendie d’un péage à San Fernando (Colchagua) la veille ; le 8 novembre une femme de 26 ans a été arrêtée à Puerto Montt pour tentative d’incendie de la cathédrale (elle passera dimanche 10 devant un juge), et un jeune de 19 ans accusé de l’incendie de l’Université Pedro Valvidia à Santiago le 8 novembre.

Terrorisme d’Etat – ter. Le 8 novembre, l’ophtalmologue et vice-président du Colegio Médico Patricio Meza a lancé une alerte sanitaire nationale pour dénoncer le terrible « record mondial » d’yeux crevés par les flics. Il a précisé que du 19 octobre au 7 novembre, l’unité spécialisée en traumatismes occulaires de l’Hospital Salvador de Santiago a comptabilisé 149 cas graves provoqués par des balles en caoutchouc/en plomb et des grenades explosives lacrymogènes, plus 42 dans les autres hôpitaux et cliniques, soit au moins 190 en tout : « Nous ne savons plus quoi faire d’un point de vue sanitaire. On sait à présent que la moyenne est de 10 nouveaux patients qui présentent de sévères dommages aux yeux chaque jour, et on continue à utiliser ce qui provoque ces dégâts. Cela dépasse tous les indicateurs au niveau mondial, dans toute l’histoire. Nous tenons au Chili plus de lésions occulaires qu’en Israël, en Palestine, à Hong Kong, en France, etc. » Le dernier touché est un jeune étudiant de 21 ans, qui a perdu l’usage de ses deux yeux vendredi 8 novembre plaza Italia à Santiago vers 18h après avoir été visé en plein visage par les balles des carabiniers, et dont l’opération d’urgence menée cette nuit dans la Clínica Santa María tente désespérément de sauver une vision partielle à l’un des deux. Selon les dernier chiffres de l’INDH sortis le 8 novembre, et qui sont le minimum officiel, il y a eu depuis le 17 octobre près de 5.500 arrêtés, 1.915 blessés hospitalisés (dont 42 par « balles réelles », et un millier par balles en caoutchouc ou en plomb), tandis que cet Instituto Nacional de Derechos Humanos qui sert de façade garantiste à l’Etat chilien suit les plaintes de 171 cas pour tortures et 52 pour violences sexuelles de la part des flics. On laissera à chacun.e le soin d’imaginer par combien multiplier ces chiffres pour avoir une idée de la réalité…

Poulet grillé. Le 6 novembre à Renca, un quartier populaire du nord de Santiago, le 7°commissariat a été attaqué avec pierres et molotovs par un petit groupe, envoyant cinq flics à l’hôpital. Lundi 4 novembre, alors qu’un cortège tentait de s’approcher du palais présidentiel de La Moneda, les carabiniers ont utilisé lacrymos et canon à eau contre la foule. C’est alors que des molotovs sont parvenu à enflammer un petit groupe de ces derniers, envoyant deux d’entre eux à l’hôpital pour un moment (brûlures au 3e degré).

Jusqu’au-boutisme. Interrogé mardi 5 novembre par la BBC, le chef de l’État, silencieux depuis plusieurs jours, a balayé l’éventualité d’une démission  : « J’irai jusqu’à la fin de mon mandat. J’ai été élu démocratiquement, bla bla bla  », et dans une seconde donnée à Meganoticias, il a précisé ne pas vouloir lâcher les miettes supplémentaires réclamées par les réformistes (non au salaire minimum à 500 000 pesos, non aux 40 heures de la durée de travail hebdomadaire, non au transport gratuit pour les étudiants et les retraités, non à l’abrogation des péages routiers (TAG)). Le président actuel du Chili, Sebastian Piñera, âgé de 69 ans, est l’un des hommes les plus riches du pays, après avoir fait fortune pendant la dictature. Sa fortune est estimée à 2,7 milliards de dollars selon Forbes (qui le classait 589e homme le plus riche du monde en 2013), dans un pays où le salaire minimum est de 301.000 pesos (375 euros). Dans un rapport publié en 2018, l’ONU estimait que les 10 % les plus riches du Chili y détenaient plus des deux tiers de la richesse nationale.

Politicailleries. A côté des cabildos abiertos (forums et assemblées ouvertes de quartier) déjà évoqués ici où toute la gauche citoyenne organise des ateliers de réécriture d’une nouvelle Loi Suprême, l’Asociación Chilena de Municipalidades (AChM) présidée par le maire RN de Puente Alto va organiser les 7 et 8 décembre prochains un référendum dans 330 communes portant sur ce même sujet. Ayant finalement capté la main tendue par la gauche pour tenter de trouver une diversion à la révolte, Piñera a de la même façon annoncé être prêt à réviser la Constitution et qu’un projet de loi à ce sujet est en cours de rédaction urgente. Maintenant que le Grand Débat à la Macron de Piñera a été torpillé par les forums d’en bas comme par les référendums à venir des municipalités, la course de vitesse entre les politiciens de tous bords pour tenter de ramener une révolte autonome vers les institutions s’accélère.

Sans foi ni loi. Au Chili, la révolte semble bien partie pour durer vers une quatrième semaine de suite, toujours autonome et sans leaders ni partis capables de l’encadrer ou de la contrôler. Elle se caractérise toujours par de gros affrontements ponctués de réappropriations et d’attaques destructrices dans la rue, même si quelques débuts d’occupations de lycées commencent à poindre. Dans ce combat, les compagnonnes et les compagnons anarchistes ne sont pas en reste, si bien que même Piñera a commencé officiellement à les nommer dans une grande interview (El Pais, 9/11), bien que cela ait certainement dû lui arracher la langue : « A cette vague de violence participent des groupes très organisés que nous ne connaissions pas auparavant au Chili, à laquelle s’ajoutent la délinquance traditionnelle, les trafiquants de drogue, les anarchistes et beaucoup d’autres. Ils ont démontré leur volonté de tout détruire sans respecter rien ni personne. Ils ont brûlé et détruit la moitié des stations de notre système de transport sous-terrain, vandalisé plus de 2800 bus, incendié des centaines de supermarchés, d’établissements commerciaux, de petits commerces. Sans pitié, sans aucun égard pour rien. Nous allons identifier ces groupes, nous allons les traduire en justice et ils vont répondre de leurs crimes. » Ce qu’un cerveau aussi étroit que celui d’un autoritaire à la tête d’un Etat qui voit le monde à son image ne peut évidemment pas comprendre, c’est que l’ampleur de la révolte au Chili n’est pas liée à tel ou tel groupe, mais à quelque chose de bien plus profond : la soif de liberté. Une liberté partagée qui ne pourra que passer sur le cadavre de la domination -des églises aux partis, de l’économie à la politique en passant par le patriarcat- pour s’affranchir des chaînes de l’existant. Une liberté contagieuse qui ne peut avancer qu’en détruisant tout ce qui fait la misère de nos vies, à travers un négatif d’où pourra surgir quelque chose de complètement différent. Et certes, sans pitié et sans égard pour l’ordre actuel qui nous écrase.

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Précédents aperçus :
Chili, révolte incendiaire et état d’urgence, 19 octobre
Chili, étendre le feu plutôt que le couvrir, 21 octobre
Chili : 3e nuit d’émeutes sous couvre-feu, 22 octobre
Chili : détruire ou réformer l’existant, 23 octobre
Chili : la grève n’éteint pas les feux de la révolte, 24 octobre
Chili : contre tout retour à la normale, 25 octobre
Chili : rien n’est fini !, 27 octobre
Chili : contre tout pouvoir, 29 octobre
Chili : l’oasis sent encore le brûlé, 1er novembre

Toutes les balles seront rendues – NON A LA COP25

Publié le 2019-11-11 12:48:05

À partir du 2 décembre, les maîtres du monde viennent à Madrid. Quelques-uns des pires assassins de cette planète, des responsables majeurs de sa dévastation. Ils viennent remplir leurs bouches et leurs agendas des prochains plans de “lutte contre le changement climatique”. Tandis que le capitalisme mondial reste intact et que le gros des émissions de CO2 provient de la production industrielle, tandis que leurs organismes continuent à ravager forêts et montagnes pour en extraire les ressources naturelles.

Et comme si cela ne suffisait pas, en même temps, le Chili est en flammes et les rues y sont encore couvertes des douilles de l’armement des forces de sécurité. Mais Piñera ne pouvait voir son agenda politique perturbé par la révolte, il ne pouvait pas admettre de voir son mandat remis en question par le projecteur médiatique face à une telle explosion sociale. Et grâce à l’amabilité du gouvernement d’Espagne, il pourra maintenant poursuivre ses plans ni vu ni connu.

Cependant, au Chili la normalité ne peut plus être maintenue, et nous ne voulons pas non plus qu’elle le soit ici. Nous n’allons pas permettre aux dirigeant-e-s du monde entier de se réunir pour élaborer la destruction sous l’apparence du [développement] durable et du respect, comme si tout marchait tout à fait nomalement. Comme s’ils n’étaient pas en train de tout détruire depuis tout ce temps, comme s’ils n’avaient pas des milliers de cadavres sur le dos. Nous n’allons pas leur accorder une telle légitimité. Aussi, parce que nous savons que la meilleure manière de se solidariser avec les rebelles, c’est d’étendre la révolte. Comme à Hambourg, nous voulons que ce sommet se transforme en enfer pour eux.
C’est pourquoi nous encourageons les ennemi-e-s de ce système à se retrouver à Madrid, aux dates auxquelles les maîtres du monde se donnent rendez-vous dans cette ville. Restez attentives aux prochains appels et informations. Des espaces seront mis à disposition pour accueillir les personnes venant d’ailleurs.
D’autre part, nous doutons du fait que les politiques concoctées dans des parlements et des bureaux mettent un terme au saccage ou freinent la course vers un abîme toujours plus inévitable. Mais nous faisons confiance à la capacité d’agir de chacun-e, individuellement ou en groupes. C’est pourquoi nous voulons lancer un appel à l’action décentralisée pour désigner les responsables de la destruction environnementale. Les politicien-ne-s n’agiront pas contre les intérêts du capitalisme, mais nous si. Contre le changement climatique; action directe.

Guerre à celles et ceux qui détruisent la terre.

[Traduction de l’espagnol de indymedia barcelona reçue par mail, 10 novembre 2019]

La Paz, Bolivie : Contre la crise sociale locale et protestation solidaire au consulat chilien

Publié le 2019-11-11 15:38:06

En solidarité avec les personnes réprimées et assassinées par l’État terroriste du Chili, nous nous sommes rassemblé-e-s de notre propre initiative pour protester contre la hausse des prix des transports et par rejet des politiques de Piñera impliquant une crise de la pauvreté tant économique qu’environnementale, par le contrôle de la société et la répression qui utilise ses bras opérationnels militaires-policiers. Nous exprimons donc notre accolade solidaire aux compas qui sont en train de lutter dans les rues, non pas pour un meilleur gouvernement, mais pour la destruction de toute forme de Pouvoir qui représente les privilèges des couches sociales dominantes. Nous nous solidarisons avec celles et ceux qui luttent pour la Libération Animale au sein des protestations, rejetant l’utilisation par les flics de chevaux pour réprimer et assassiner et le meurtre des chien-ne-s errant-e-s par les militaires qui démontrent leur servilité inconditionnelle à leur patron appelé État.

Face à une immense crise sociale dans différents territoires, nous restons en alerte face à ce qui peut se passer sur le territoire contrôlé par l’État plurinational de Bolivie. Le 20 octobre dernier ont eu lieu des élections présidentielles où par le biais d’un épisode frauduleux Evo Morales prétend s’éterniser au Pouvoir pour mettre en oeuvre la prochaine étape de son plan de “Processus de Changement”, et ainsi nous amener à une dictature par la validation des élections dans un État similaire à celui du Venezuela, imliquant pauvreté, migration et une forte répression. En tant qu’anarchistes, nous ne rentrons pas dans le cadre de ces protestations visant à prendre le Pouvoir, nous ne sommes d’accord ni avec l’opposition qui représente le retour de la droite, ni avec la gauche qui gouverne actuellement et prétend garder le siège présidentiel. Le conflit est permanent, l’attaque contre le système implique de la constance dans la guerre sociale, nous n’avons pas besoin que quiconque nous gouverne dans cette lutte, nous ne nous incluons pas non plus dans le cadre des groupes “anarchistes” plateformistes qui ne font que renforcer le maintien du Pouvoir et s’identifient avec la démocratie.

Ces derniers jours se sont affrontés des camps qui défendent leur vote, l’un d’eux réclame qu’Evo s’éternise au Pouvoir, ces dernières années ils se sont astucieusement emparés des mouvements sociaux – sans vouloir victimiser celles et ceux qui se laissent soumettre par ces organisations instituées–, en utilisant des groupes de choc, économiquement privilégiés, quoique d’apparente origine paysanne et modeste. Ces derniers constituent la nouvelle bourgeoisie qui ne veut pas perdre son statut, nous faisons référence aux “Pochos Rojos” (une faction paysanne de l’altiplano de La Paz), aux cocaleros du Chapare (Cochabamba) et aux Yungas (La Paz), à la COB (Centrale Ouvrière Bolivienne), aux “Bartolinas” (groupe de femmes indígènes de la région de l’altiplano), à la Fédération de Paysans, à la CONAMAQ proche du gouvernement (Conseil National des Ayllus et Marcas du Qollasuyo), à la CONALCAM (Coordination Nationale pour le Changement), à la CSUTCB (Confédération Syndicale Unique de Travailleurs paysans de Bolivie), à la CIDOB du gouvernement (Confédération Indígène Orientale). Menaçant entre autres de licencier des fonctionnaires publics des ministères, ces organisationss utilisent des mécanismes de désinformation, des amendes et des vetos pour obliger la majorité à sortir pour défendre Evo. Elles bénéficient de la protection de la police, des militaires, des pouvoirs exécutif et judiciaire, avec la complicité des médias de masse, elles sont cooptées par le Pouvoir dans son ensemble. Elles s’affrontent à l’autre camp de la droite, adeptes de Carlos D. Mesa, le candidat de l’opposition (il a gouverné aux côtés de Gonzalo Sánchez de Lozada, a été obligé de s’enfuir de Bolivie à cause de la dite Guerre du Gaz en 2003, avant de se faire lyncher pour les morts provoquées par la répression en octobre de cette année-là), la confrontation de ces groupes n’a donc rien à voir avec la lutte pour la Libération Totale.

Une urne n’apportera pas de solution à nos vies, la démocratie est utilisée par le Capital pour valider l’exploitation et l’accaparement de nos vies. Il ne nous reste qu’à détruire toute forme de domination et d’autorité pour construire notre propre monde.

[Traduction de Contramadriz reçue par mail, 01.11.2019]

Athènes, Grèce : Trois arrestations et un compagnon recherché lors d’une opération anti-terroriste – 9 novembre 2019

Publié le 2019-11-12 00:30:07

Vendredi 9 novembre 2019, une opération anti-terroriste a conduit à deux arrestations, sous accusation de « vols et de participation à une organisation terroriste ». Dans le même temps, les autorités recherchent un autre compagnon, tandis qu’elles ont arrêté une compagnonne proche pour des accusations moins graves.

Liberté pour les trois compagnon.ne.s accusé.e.s

Force au compagnon recherché pour la même affaire


Message du compagnon anarchiste Vangelis Stathopoulos depuis le siège central de l’antiterrorisme GADA

Je me retrouve une fois de plus au GADA accusé d’actes qui ne me concernent pas et en fait c’est parce que je n’ai jamais cessé de lutter contre l’État et le pouvoir. Les scénarios élaborés par l’antiterrorisme ne me tracasse pas. Je continuerais de lutter avec détermination, que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur des prisons.

Vangelis Stathopoulos – Cachot du GADA

[Traduit de Act for Freedom Now, 11.11.2019]

Cagliari (Sardaigne), Italie : Affiche en solidarité avec les inculpé.e.s de l’opération ‘Lince’ – Octobre 2019

Publié le 2019-11-12 00:34:06

Pas de base militaire

Mercredi 18 septembre 2019, le bureau du parquet de Cagliari a clos l’enquête sur le cycle de lutte antimilitariste entre 2014 et 2017, accusant 45 personnes.

Cinq d’entre elles sont accusées du 270bis, « association subversive à des fins terroristes », tandis que les autres sont accusées d’avoir pris part à des moments de lutte collective, tels que des manifestations à proximité des polygones militaires ou dans la ville, ou d’avoir enfreint la foglio di via [une mesure répressive qui empêche une personne d’entrer dans une municipalité ou une province en particulier].

L’État italien présente en ce moment le projet de loi en tentant de faire payer à certaines personnes qui, ces dernières années, se sont battues pour bloquer les exercices militaires et mettre des bâtons dans les roues des soldats qui occupent nos terres.

Cette attaque vise toutes celles qui osent se lever contre l’occupation militaire de la Sardaigne, toutes celles qui ne veulent pas rester sans défense devant les uniformes qui, à quelques pas de nous, préparent des guerres ou fabriquent des armes.

Cinq personnes sont accusées de « terrorisme » et de diriger les luttes de ces dernières années. Il n’y a rien de plus faux.

Quiconque a participé à ces moments le sait bien, aucun chef et un seul objectif : arrêter les exercices militaires. Ces accusations ne vont ni stopper notre colère, ni apaiser notre détermination, nous savons que nous avons raison et cela nous suffit.

Nous allons retourner à ces filets, nous continuerons à vous faire obstacle.

Des inculpé.e.s et des solidaires.
Cagliari, octobre 2019

[Traduit de insuscettibile di ravvedimento, 11.11.2019]

 

Vernon (Eure) : Une petite solution à la fausse solution des voitures électriques

Publié le 2019-11-13 12:08:08

extrait du Démocrate Vernonnais / mardi 12 novembre 2019

[…] il n’y a pas qu’à Leclerc que les bornes de recharge électrique sont souvent en panne. Régulièrement, les bornes en ville le sont aussi. Un phénomène que déplorent les dirigeants de l’entreprise de maintenance SGA Mobility, qui assure la gestion de 130 bornes dans l’Eure dont 11 bornes installées depuis 2016 dans l’agglomération de Vernon.
Agnès Gaillard, responsable de la comptabilité, explique : « On est encore intervenu la semaine dernière à Vernon suite à du vandalisme. Cela arrive régulièrement dans le secteur. Il y a des individus anti-voitures électriques qui dégradent les bornes et laissent des autocollants militants dessus ».

De nombreuses trappes de branchement ont dû être changées, aux frais du Syndicat de l’énergie, pour résorber les problèmes récurrents de vandalisme.
La dernière réparation en date remonte au 13 octobre, sur la borne située cours du Marché aux Chevaux à Vernon, près du cinéma. […]

Trente (Italie) : Des nouvelles de l’opération Renata

Publié le 2019-11-13 12:09:06

Round Robin / mardi 12 novembre 2019

L’audience du procès pour l’opération Renata (pour laquelle sont inculpés Stecco, Sasha, Giulio, Poza, Agnese, Nico et Rupert), qui devait avoir lieu le 26 novembre, a été reportée au 5 décembre. C’est probable que la sentence soit rendue ce jour même. On invite donc les compagnonnes et les compagnons à être présents en solidarité à l’intérieur et à l’extérieur du tribunal, jeudi 5 décembre à 9h30.
Ce soir là, rendez-vous à 18h pour un rassemblement devant la fac’ de Sociologie, 26 via Verdi, à Trente.

Le rassemblement lors du début du procès, le 18 octobre dernier. « S’ils sont « innocents » ils ont toute notre solidarité, s’ils sont « coupables » encore plus. Liberté pour Agnese, Giulio, Nico, Poza, Sasha, Stecco »

Alsting (Moselle) : Encore des miradors de chasse qui tombent

Publié le 2019-11-13 15:07:04

Le Républicain Lorrain / mardi 12 novembre 2019

À maintes reprises les miradors de chasse installés dans la forêt communale ont été vandalisés à Alsting. « Or les miradors sont des éléments essentiels, notamment pour des questions de sécurité », estiment les chasseurs. Ces structures en hauteur apportent en effet une sécurité renforcée, tant pour les chasseurs que pour les usagers de l’espace
forestier. [mais pas pour les animaux… NdAtt.]

« Elles obligent à tirer vers le bas : la balle va alors se loger dans le sol. Ces tirs fichants évitent les ricochets et les risques d’accidents », argumentent les chasseurs.
Les affûts surélevés sont financés et installés par les chasseurs eux-mêmes. Chaque mirador représente un coût allant de 800 à 1 000 €. Le maire, Jean-Claude Hehn s’insurge : « Il s’agit d’un délit ! Faudra-t-il également mettre des caméras sur ces installations en pleine nature ? Dorénavant, ces actes seront suivis de plaintes à la gendarmerie. » […]

Milan (Italie) : Attaque de voitures de l’entreprise MM

Publié le 2019-11-13 15:08:20

Round Robin / mardi 12 novembre 2019

La nuit du 6 novembre, on a incendié cinq voitures de l’entreprise MM [société, appartenant à la Mairie de Milan, qui gère la distribution de l’eau dans la ville et, depuis 2014, son parc HLM; NdAtt.], en Via Forze Armate à Milan, parce que MM fait partie des responsables des expulsions locatives.
Cette action est en solidarité avec toutes les personnes arrêtées et inculpées après l’expulsion de l’Asilo à Turin.
En solidarité avec les personnes frappées par la répression dans le quartier de la Barona, à Milan*.
En solidarité avec tous les prisonniers.

*****

* Note d’Attaque, 13/11 : selon les compas d’Insuscettibile di ravvedimento, c’est une réference au fait que, le 30 octobre, des membres du Comitato Autonomo Abitanti Barona, un collectif de lutte pour le logement, ont reçu des interdicitons de territoire de Milan.

Toutes les images sont tirées des journaux locaux

Saint-Raphaël (Var) : La permanence des fachos défoncée avant son inauguration – 10 novembre 2019

Publié le 2019-11-13 16:18:10

La permanence de Christopher Pecoul, candidat RN aux municipales de mars 2020 qui sera inaugurée le 19 novembre, a été visée par des jets d’œufs et de pierres. On apprend que malheureusement, une femme a été arrêtée pour cette attaque.

[Repris de Var Matin, 10 novembre 2019]

Lyon : Ravalement de façade chez les identitaires – 12 novembre 2019

Publié le 2019-11-13 19:17:04

Ravalement de facade chez les identitaires.



Lundi soir, avec des copaines on a eu une terrible insomnie. En plus de ça, orange nous a coupé internet pour les dernières factures impayées. Bref c’était l’ennui total. C’est alors que Martine nous a rappelé qu’il y avait deux extincteurs remplis d’encre de chine qui trainaient dans la buanderie.
- « Génial » : ce sont écrié-e-s Patrick et Chantal presque simultanément.
Nous nous sommes alors dirigé-e-s vers « la traboule » et « l’agogé » (Bar et salle de box de géneration identitaire) et on a repeint toute leur triste facade.
Ensuite Patrick nous a proposé de casser leur serrure. On a tout-e-s trouvé que c’était une excellent idée. On a beaucoup ri.
Et on a enfin pu s’endormir comme des bébés.
voila bonne journée

Salut les zids !

Publié le 2019-11-14 09:47:03

Ravalement de facade chez les identitaires.



Lundi soir, avec des copaines on a eu une terrible insomnie. En plus de ça, orange nous a coupé internet pour les dernières factures impayées. Bref c’était l’ennui total. C’est alors que Martine nous a rappelé qu’il y avait deux extincteurs remplis d’encre de chine qui trainaient dans la buanderie.
- « Génial » : ce sont écrié-e-s Patrick et Chantal presque simultanément.
Nous nous sommes alors dirigé-e-s vers « la traboule » et « l’agogé » ( Bar et salle de box de géneration identitaire ) et on a repeint toute leur triste facade.
Ensuite Patrick nous a proposé de casser leur serrure. On a tout-e-s trouvé que c’était une excellent idée. On a beaucoup ri.
Et on a enfin pu s’endormir comme des bébés.
voila bonne journée

Turin (Italie) : Amma, Uzzo et Patrick sortent de prison et sont assignés à résidence

Publié le 2019-11-14 09:49:04

Insuscettibile di ravvedimento / mercredi 13 novembre 2019

Udine, 25/09/2019 – « Turin 9/2/2019 – rien n’est fini – Liberté pour Patrick, Federico et Ammanuel »

Le 12 novembre, Amma, Uzzo e Patrick sont sortis de la prison des Vallette pour aller en assignation à résidence, sans restrictions [cela signifie qu’ils ne peuvent pas sortir de la maison où ils sont assignés, mais peuvent avoir des contacts – visites, appels, mails, lettres – avec qui ils veulment; NdAtt.].
Ils avaient été arrêtés les 20 septembre, lors d’une opération répressive qui a mené à des mesures privatives de la liberté (en plus de leurs arrestations, il y a eu une dizaine de personnes qui ont reçu une « interdiction de territoire » de la ville de Turin) et à des perquisitions, suite aux enquêtes du Parquet  de Turin pour la manifestation conflictuelle du 9 février dernier, en réponse à l’expulsion de l’Asilo Occupato et à l’opération « Scintilla » (du 7 février), suite à la quelle Silvia reste en assignation à résidence avec toutes les restrictions). Le 20 septembre, les flics avaient entouré le squat Casa Brancaleone (à Milan), pour arrêter un compagnon, et menacé aussi d’expulser le squat (ce qui au final n’a pas eu lieu).

On se rappellera que le 8 septembre, Amma, de retour à la prison depuis le tribunal, a été menacé et tabassé par les matons, avec des lourdes conséquences physiques : la perforation de son tympan.

On se rappellera aussi ce qui s’est passé le 9 février : une manifestation en réponse à l’opération répressive « Scintilla » a traversé les rues de Turin, en essayant aussi de se rapprocher de l’Asilo (complètement entouré par police et Carabinieri et préalablement dévasté par les forces de l’ordre et par les ouvriers envoyés le condamner), pour s’en prendre ensuite aux flics, ainsi qu’à la ville qui, jour après jour, est le cadre de de l’existence des opprimés. Pendant la manif des personnes ont été arrêtées et envoyées à la prison des Vallette, puis libérées après quelques jours d’enfermement.

Les compas arrêtés et inculpés le 20 septembre sont accusés de « coups et blessures aggravés », « résistance à agent de police » et « dégradations » et « dégradations par tag ».

Une membre de l'Anarchist Black Cross en prison

Publié le 2019-11-14 12:46:37

Membre de la section francilienne de l’Anarchist Black Cross, Thunfisch (Tuna) a été arrêtée à l’aéroport de Berlin-Schönefeld le 10 novembre puis placée en détention provisoire. Le collectif allemand de solidarité a publié un premier communiqué. Nous publions également un communiqué que nous mettrons régulièrement à jour. Feu aux prisons !



10 novembre, 8h du matin. Notre compa vient de prendre place dans un avion quand trois keufs fédéraux se présentent à elle pour lui signifier son arrestation. Motif invoqué : un mandat d’arrêt pour incendie criminel. Contrainte à quitter l’appareil, Thunfisch est arrêtée sur le tarmac puis présentée à un magistrat. Elle apprend que ce mandat a été prononcé en janvier 2019, suite à une enquête menée à Münster en 2016. Le magistrat confirme le mandat d’arrêt et Thunfisch est emmenée à la prison pour femmes de Luckau-Duben. Elle sera certainement transférée le 13 novembre en Rhénanie du Nord-Westphalie (Land de Münster). Nous ne connaissons pas encore la prison de destination. Le dossier n’a pas été communiqué à la défense, ce qui laisse d’importantes questions sans réponse, comme la date du procès. En Allemagne, la détention provisoire couvre souvent une période de 3-4 mois avant procès. Une première demande de libération a été déposée, la réponse sera communiquée dans un délai d’environ deux semaines.

Pour notre compa, l’histoire semble se répéter : en novembre 2016, Thunfisch est placée en détention provisoire pour sa participation à une manifestation de solidarité avec le squat berlinois Rigaer 94. Elle passera trois mois à la maison d’arrêt pour femmes de Berlin-Lichtenberg. La Rigaer 94 est un important squat régulièrement visé par l’état allemand. En 2016, le squat subit une violente répression policière devant aboutir à sa fermeture judiciaire. En réponse, des centaines d’actions de solidarité sont menées. Début juillet 2016 à Berlin, plus de 5 000 personnes manifestent leur soutien. Cette mobilisation dans une grande diversité des tactiques a permis au squat berlinois de sortir victorieux de cet épisode répressif (plus d’information dans cet article publié sur crimethinc.com). Une victoire intolérable pour l’état allemand, qui trois ans après s’en prend à notre compa Thunfisch.

Pour exprimer notre solidarité, un premier enjeu est la diffusion la plus large possible de communiqués sur sa situation. Aussi, les photos de solidarité (avec banderoles, etc.) sont très appréciées. Nous organiserons plusieurs événements de soutien, et nous vous dirons rapidement comment lui écrire.

On vous donne au plus vite des nouvelles.

Thunfisch apprecie toutes les formes de solidarité !

Liberté pour tou·te·s les prisonnier·ère·s !

Kiev (Ukraine) : Deux antennes relais de Lifecell/Turkcell détruites. Solidarité avec la lutte au Kurdistan

Publié le 2019-11-14 12:48:11

Anarchist Fighter / mercredi 13 novembre 2019

Anarchist Fighter a reçu la nouvelle d’une action de solidarité radicale, depuis la région de Kiev. Voici la revendication des compas :
« En octobre 2019, l’État turc a envahi le nord de la Syrie. La cible de leur agression était la Fédération démocratique du Rojava-Syrie du Nord. A cause des puissants, le sang est versé à nouveau et des gens pacifiques souffrent et meurent. L’objectif du président turc Erdogan est de détruire l’autonomie révolutionnaire des Kurdes syriens. Les révolutionnaires du Kurdistan construisent une société d’autogestion populaire, sans État. Et Rojava est devenu un exemple et un modèle pour les Kurdes de Turquie. Voilà pourquoi le « sultan turc » a déclenché une guerre.

Dans la nuit du 11 novembre, nous avons détruit deux antennes relai du réseau de téléphonie mobile de la société Lifecell, dans les villages de Zahaltsy et Piskivka, dans la région de Kiev. Lifecell appartient entièrement au géant turc Turkcell, le plus grand fournisseur de téléphonie mobile de Turquie. En tant qu’entreprise grande contribuable, Turkcell apparaît comme un financeur indirect de l’agression menée par le régime d’Erdogan. Il existe également des liens bien connus entre cette entreprise et le Parti de la justice et du développement [AKP, le parti islamo-conservateur d’Erdogan, au pouvoir en Turquie depuis 2002; NdAtt.], qui constitue la base du système actuel dans le pays. Ce sont les raisons pour lesquelles nous considérons les propriétés de Lifecell comme une cible légitime de sabotage.

Nous sommes solidaires des révolutionnaires et du peuple du Kurdistan. Ils/elles luttent contre l’occupation et l’oppression – pour la liberté et la justice sociale. Nous appelons tou.te.s celles/ceux qui se soucient de la situation là bas à participer à la résistance, selon leurs capacités.

Liberté pour les peuples – mort aux Empires ! »

Cellule de solidarité révolutionnaire

Minsk (Biélorussie) : Deux anarchistes arrêtés pour une attaque à la prison

Publié le 2019-11-15 13:26:05

Anarchist Black Cross Belarus / mercredi 6 novembre 2019

Dans la nuit du 19 au 20 octobre, des inconnu.e.s ont lancé un cocktail Molotov sur le terrain d’une prison. La même nuit, deux anarchistes, Nikita Emelyanov et Ivan Komar, ont été interpellés dans la rue pour cette attaque. Dans le sac à dos de Nikita la police a trouvé des vêtements contenant des traces de mélange de cocktail Molotov, ainsi qu’une caméra GoPro. Plusieurs jours plus tard, tous les deux ont été inculpés de dégradations et vandalisme, chefs d’inculpations dont les peines peuvent aller de 3 à 10 ans de prison.

Lors du premier interrogatoire, Ivan Komarov a collaboré avec la police et donné toutes les informations sur l’attaque, déclarant qu’elle avait été faite en solidarité avec un autre anarchiste. La responsabilité est mise sur le dos de Nikita. Pendant ce temps, Nikita n’a rien déclaré sur cette attaque.

Pour l’instant, ils sont tous les deux en état d’arrestation, dans l’attente du procès. Les accusations sont fondées principalement sur le témoignage d’Ivan Komar. Compte tenu la collaboration de ce dernier, l’Anarchist Black Cross de Biélorussie a décidé de ne soutenir que Nikita Emelyanov, dans cette affaire. […]

NdAtt. : les compas d’Anarchy Today (N.B. : article lu avec gogole traduction, à prendre donc avec des pincettes) nous informent que les deux seraient accusés aussi d’avoir trashé à la peinture rouge le tribunal de Minsk.

Pour écrire à Nikita :
Емельянов Никита Владимирович
СИЗО-1, индекс 220030
Володарского 2,
Минск – BIÉLORUSSIE

(Emelyanov Nikita Vladimirovitch
SIZO-1, index 220030
Volodarsky 2
MINSK – Biélorussie)

Grenoble : L’histoire du PS ? Mieux comme ça.

Publié le 2019-11-15 13:27:07

FranceInfo / mardi 12 novembre 2019

Le Parti socialiste de l’Isère a perdu une partie de ses archives. Les documents ont brûlé dans l’incendie d’un garage, un acte « probablement volontaire » selon la direction du parti. L’incendie s’est produit dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 novembre dernier mais la direction du PS de l’Isère ne s’en est rendu compte qu’une semaine plus tard, ce mardi 12 novembre. « Nous avons été prévenus par la co-propriété » explique une permanente du parti. C’est le garage où étaient stockés les archives du PS qui a été la proie des flammes. Les pompiers se sont rendus sur place et l’incendie ne s’est pas propagé aux autres bâtiments.

« C’est très triste, c’est une partie de notre histoire qui disparaît » réagit la responsable du parti. Documents de campagne, documents administratifs, photos, ce sont toutes les archives de la Fédération iséroise du PS depuis les années 80 qui sont parties en fumée.
Pas encore d’informations sur les causes du sinistre mais l’incendie est « probablement volontaire » estime le PS. Le garage est en effet le seul à avoir été incendié ce soir-là. […]

Chili : Pour la propagation totale du chaos

Publié le 2019-11-15 13:29:07

reçu par mail / lundi 28 octobre 2019

Depuis le territoire dominé par l’État du $hili :
UN APPEL À LA SOLIDARITÉ ANARCHISTE INTERNATIONALE AVEC L’INSURRECTION. RÉVOLTE ET ACTION DIRECTE CONTRE LA NOUVELLE OFFENSIVE DE L’ÉTAT MILITAIRE, ASSASSIN DU CHILI

Vendredi 18 octobre, nous avons été témoin.e.s et partie prenante de la façon dont, par l’action directe et le sabotage des diverses normes du capitalisme moderne, les canons de la normalité ont été dépassés par l’action insurrectionnelle ; une normalité imposée depuis des siècles dans ce territoire et consolidée par une dictature civile et militaire qui a mis en œuvre le modèle néolibéral particulièrement brutal. La révolte s’est étendue dans toute la région de la capitale, avec des actions de sabotage des stations du métro de Santiago, du bâtiment de l’ENEL (une multinationale italienne, « distributrice » d’énergie électrique), du réseau des bus (Transantiago), des chaînes de banques, cafétérias et fast-food, concessionnaires automobiles, supermarchés et pharmacies ; tous les symboles du capital ont été attaqués.

Des milliers de groupes et d’individus, sans chefs ni dirigeants, ont pris la ville, lors d’ une bataille acharnée contre les éternel.le.s protecteur.euse.s de la propriété privée et de la paix sociale des puissant.e.s. Leur « raz-le-bol » et leur mécontentement ont contribué à la longue journée de protestation et de rébellion, qui s’est terminée avec le président de droite, le fasciste Sebastián Piñera, déclarant un état d’urgence et mettant à la tête des soldats assassins l’ignoble  général Javier Iturriaga. Le cours des jours suivants n’a pas été différent, les actions de sabotage ont continué, accompagnées d’expropriations de masse dans de grands centres commerciaux, de l’attaque de bâtiments gouvernementaux, ainsi que d’affrontements incessants contre la police ; il s’agit de prétextes parfaitement utilisables pour imposer un couvre-feu sur presque tout le territoire et donner ainsi toute liberté et légitimité aux actions de la police et des forces militaires, qui ou cours de l’histoire, ont tué et torturé au nom du pouvoir.

Nous reconnaissons que ce qui se passe en ce moment est surprenant et imprévisible, mais nous savons aussi que cela vient d’un chemin de résistance et de lutte subversive contre l’ordre dominant, et qu’il a évolué et a acquis un caractère différent au fil des ans. Dans ce long chemin, les idées et pratiques anarchistes de ces dernières décennies ont constitué un élément important, dans la confrontation multiforme contre le pouvoir. Nous savons que les actions incessantes de sabotage et les attaques contre les structures de ce système dévastateur et meurtrier ont contribué à l’identification des objectifs et des symboles du capital lors des actions directes qui se sont déroulées dans les rues. Les affrontements avec les forces de l’ordre font partie de la vie quotidienne depuis une vingtaine d’années. D’une part dans la lutte de rue, lorsqu’à un moment donné, un groupe d’individus érige des barricades et va à la recherche de la confrontation avec les forces de police, ce qui se passait de façon récurrente, il y a plusieurs années, devant les universités, tandis que ces dernières années ce sont les lycéens de banlieue qui en sont les protagonistes. D’autre part, des attaques plus planifiées et l’envoi d’engins explosifs aux représentant.e.s de la loi et celles/ceux qui l’appliquent pour préserver l’ordre bourgeois, ont entraîné une augmentation des attaques dirigées contre les éternels ennemis et persécuteur.trice.s de la liberté. L’action autonome et anti-autoritaire devient implacable, face à la nouvelle vague de répression étatique qui cherche à identifier les « chefs » responsables de toutes ces actions, qu’il pensent planifiée de façon centralisée, tandis qu’elles ne sont qu’une conséquence de la prolifération du chaos déclenché par la récupération du sens de nos vies.

La criminalisation des actes de violence est une tactique que le pouvoir a toujours utilisée pour tenter d’étouffer la rage et d’éliminer sa dangerosité. Ces derniers jours, nous avons assisté à une augmentation des tentative étatiques pour dissuader et isoler celles/ceux qui osent et agissent en violation de l’ordre actuel. Cela à travers des déclarations répétées venant des différentes autorités et le soutien, quotidien et constant, des moyens de communication bourgeois, hégémoniques, dans l’intention de contrôler les rebelles et de ramener le calme en octroyant des clopinettes.

Tout au long de cette semaine, les différentes autorités gouvernementales, de l’ignoble ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique Andrés Chadwick Piñera (cousin germain du président), le sous-secrétaire de l’Intérieur Gabriel Ubilla Mackenney et d’autres autorités gouvernementales et militaires ont dénoncé et accusé les différents secteurs du milieu anarchiste de plusieurs actions directes qui ont eu lieu depuis que le mécontentement subversif s’est propagé dans les rues. Nous connaissons la persécution politique qu’il y a toujours eu contre ceux/celles qui prennent position contre tout type d’autorité et nous connaissons les conséquences de nos idées et de nos pratiques. Cela ne nous paraît pas un hasard que le Procureur régional de Santiago, Héctor Barros, déjà en charge de l’enquête sur l’envoi de colis explosifs au 54e commissariat des Carabineros (dans la commune de Huechuraba) et contre Rodrigo Hinzpeter, ancien Ministre de l’intérieur, dans son bureau de l’entreprise Quiñenco (à Las Condes), dirige également une enquête sur les incendies dans le métro de Santiago. Tout cela dans l’intention de les attribuer à une organisation « dirigée » par des groupes et des individus anarchistes.

Aujourd’hui plus que jamais, nous restons fermes et inflexibles face au pouvoir, assumant les conséquences de notre position de toujours contre toute forme d’autorité, en propageant le chaos et l’appel à la guerre sociale. Un appel à faire en sorte que l’agitation et l’action directe débordent la scène des médias et les fausses frontières imposées par l’État et le capital.

Un appel à une solidarité active, complice et multiforme avec l’insurrection en cours dans le territoire qu’ils appellent Chili !
Guerre sociale-antisociale contre l’État et le capital !
Contre toute autorité et pour la libération totale… faisons en sorte que vive l’anarchie !

Flers (Orne) : Beau comme une mairie-château qui brûle – 9 novembre 2019

Publié le 2019-11-15 22:07:08

Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 novembre 2019, la mairie de Flers (Orne) a pris feu.
Vers 4h20, les flammes, parties des salles abritant les services administratifs de la ville, ainsi que ceux de la police municipale et de l’accueil du public, ont ravagé plus de 400 mètres carré du bâtiment. Il ne reste plus grand chose de ce château aménagé en mairie, une partie du toit s’étant effondrée. Le peu de chose qui n’a pas brûlé a été noirci par la fumée.

Yves Goasdoué, le maire de Flers, évalue la facture entre 3 et 5 millions d’euros pour la remise en état.

On apprend le 14.11.2019 que l’incendie ne serait pas d’origine accidentelle mais bien volontaire, selon les flics. « L’endroit d’où est parti l’incendie ne serait pas compatible avec la version d’un feu accidentel. »

71 pompiers sont intervenus pour éteindre les flammes et éviter qu’elles n’embrasent d’autres partie de ce « monument historique ».

« Au rez-de-chaussée, où se situent l’accueil, le service état-civil ou encore la police municipale, une partie des étages supérieurs s’est effondrée, laissant apparaître le ciel. Le sol est inondé.
Au premier étage, les bureaux situés au-dessus de l’accueil n’existent plus. Dans l’aile droite, au-dessus de la salle d’honneur de la mairie, qui a été épargnée, les couloirs sont noircis. Une épaisse couche de suie recouvre tous les bureaux et le matériel. Au dernier niveau, les éléments de la charpente qui se sont écroulés ont emporté une grosse partie de l’étage. Dans l’aile droite, les dégâts sont également considérables. […] La mairie de Flers sera sécurisée dans la journée. Des plaques de bois vont être installées sur toutes les ouvertures et le site sera entouré de barrières. Le parc du château reste fermé au public. » (L’Orne Combattante, 10.11.2019)

Les bureaux au premier étage de la mairie de Flers après l’incendie

L’accueil du public au rez-de-chaussée

Les services au rez-de-chaussée, de l’autre côté de l’accueil du public.

effondrement des étages supérieurs

Salle du rez-de-chaussée

Les dégâts vus des jardins côté centre-ville

Une partie de la toiture effondrée

Une autre aile du dernier étage

Vue du côté des Etangs

Au premier étage de la mairie, dans l’aile droite, côté château, tout est noirci par la fumée

L’état des bureaux au-dessus de l’accueil

idem

 

 

Chili : danser avec les flammes

Publié le 2019-11-15 22:07:08

Infrastructures. Beaucoup de routes ont été coupées par des barricades, parfois même à l’aide d’immenses panneaux de signalisation abattus comme à Antofagasta, mais c’est également une antenne-relais de téléphone mobile de Movistar Chile qui a été incendiée à Caldera vers 6h30 du matin dans la zone Cerro Panagra, laissant 15 000 personnes sans téléphone portable jusqu’à l’aéroport, vu que cette antenne dirigeait le signal de quatre autres plus petites ; ce n’est d’ailleurs pas la première qui est attaquée depuis le début de la révolte le 18 octobre, puisque celle de la compagnie Entel à Teno (région de Maule) avait été incendiée le 26 octobre, tout comme celles de Entel et Claro à Arica le 20 octobre, et que dans le quartier de Pudahuel (Santiago) le 9 novembre, c’est un central téléphonique situé à Laguna Sur qui avait été incendié à 1h30 du matin, coupant internet et téléphone mobile ; pendant ce temps à Calama, tout au nord près du désert et d’Antofagasta, c’est la tour principale du projet Cerro Dominador, soit la plus grande centrale solaire du Chili et d’Amérique du Sud en cours de construction qui a pris feu vers 20h, les pompiers mettant près de six heures à éteindre l’incendie, et son propriétaire EIG Energy Global Partners déclarant ignorer si les causes du sinistre sont volontaires ou pas, en cette journée du 12 novembre qui fut une des plus chaleureuses de la révolte.

Géographie. Parmi les grandes villes touchées, on peut citer Concepción, où le gigantesque bâtiment de la préfecture régionale a été incendié par les manifestants, ainsi que le ministère des Biens nationaux et le Bureau de l’Immigration situé à côté, détruisant 20 000 documents administratifs dans ces trois entités, dont 6000 titres de propriété (un homme de 61 ans incarcéré en préventive, accusé d’avoir initié le feu). Leur mobilier, des centaines de documents et des portraits de Piñera ont aussi servi à alimenter les barricades enflammées. ; Talca, où la permanence du sénateur Coloma de l’UDI est partie en fumée, tout comme le mobilier de l’église María Auxiliadora et plusieurs banques saccagées un peu plus loin ; Punta Arenas où une agence de la caisse de retraite AFP Habitat est partie en fumée, pendant que six barricades bloquaient la zone et que les pompiers ont été caillassés pour retarder leur travail. Des pharmacies et le supermarché Unimarc ont aussi été pillés, tandis que de nombreux locaux (Movistar, le bâtiment de l’état civil, Bata) ont perdu leurs vitres ; Rancagua, où une agence de la caisse de retraite AFP Plan Vital a été incendiée, et les bureaux du centre d’affaires de la Sercotec saccagés, ainsi qu’une agence de la Banco de Chile ; Copiapó, où les bureaux de l’état civil ont été incendiés et son mobilier a servi de combustible aux barricades, tandis que le ministère de l’éducation a été attaqué et plusieurs de ses véhicules incendiés, sans compter le pillage d’un hypermarché Líder ; Arica, où l’hypermarché Líder a été incendié ; Antofagasta, où les pompiers ont dû combattre jusqu’à 6 incendies en même temps, dont la Cooperativa de Carabineros, une pharmacie Cruz Verde, la mairie, trois banques (Banco BCI, Banco Ripley et Banco Estado), le Centre pédagogique du groupement national des crèches (Junji), le centre des impôts (SII), les bureaux de l’état civil, avec plus de vingt locaux et magasins pillés ou détruits (certains bâtiments du centre, datant de 1913, ne sont plus que des décombres) ou encore 62 feux rouges démolis pour servir de béliers ou de barricades, laissant tout le centre ville dévasté ; Santiago, où au milieu d’affrontements, c’est l’église de la Vraie Croix (Iglesia de la Veracruz), datant de 1857, qui a entièrement été ravagée par un incendie dans le quartier Lastarria. Selon son gestionnaire, elle avait déjà attaquée 17 fois lors de ces trois semaines de révolte, pour la saccager ou l’incendier. De plus, l’ambassade d’Argentine a été prise pour cible pour la seconde fois, provoquant l’évacuation d’urgence de l’ambassadeur et de sa famille après l’enfoncement de son portail renforcé. Dans la commune de La Granja, au sud de Santiago, c’est aussi une succursale de la Banco Estado qui est entièrement partie en fumée. ; Osorno, où au milieu de lourds affrontements, les bureaux de la compagnie aérienne Latam ont été saccagés, et ceux de la banque coopérative Copeuch incendiés, provoquant celui d’une tour de 15 étages (dite Kauak) qui a du être évacuée ; Melipilla, où le péage de Pomaire a été incendié, tout comme les chambres de froid de l’hypermarché ACuenta avec des palettes, le siège du parti RN (de Piñera), une agence bancaire BCI, les locaux d’un office notarial (Conservador de Bienes Raices) et de la préfecture régionale ; Llay Llay (Valparaíso), où le péage Las Vegas a été consumé pour la seconde fois ; Valdivia, où les sièges de trois partis politiques de gauche et de droite (PS, Démocratie Chrétienne et RN) ont été saccagés, ainsi que l’église Saint-François d’Assises. A chaque fois leur mobilier a aussi servi à alimenter le feu des barricades, des portraits de l’ex-présidente du Chili Bachelet aux bancs religieux ; enfin, il y a aussi eu des attaques de commissariats de police à Vallenar et Renca, mais aussi de casernes comme à Santo Domingo (Valparaiso), où des inconnus ont pénétré dans l’Ecole d’ingénieurs militaires (Escuela de Ingenieros de Tejas Verdes) pour y incendier un camion (un militaire blessé), et à Copiapó le lendemain où une foule a tenté de prendre d’assaut l’entrée de la caserne (trois militaires blessés, un assaillant blessé par balles).

Mercredi 13 novembre était le premier anniversaire de l’assassinat d’une balle dans la nuque du mapuche Camilo Catrillanca à Temucuicui par le tristement fameux Comando Jungla des carabiniers. Bien que son père ait tenu à rappeler le matin sur les ondes qu’il souhaitait des manifestations pacifiques, il y a eu des affrontements avec les carabiniers à Valparaiso (centre), Santiago et Temuco (sud). A Concepción sur la place centrale, la gigantesque statue du conquistador espagnol Pedro de Valdivia, nommé gouverneur du Chili en 1500, a été déboulonnée à l’aide de cordes tirées par une cinquantaine de personnes. Dans la commune de Mulchén, ce sont quatre camions et une grue de l’industrie forestière qui sont partis en fumée après avoir fait descendre les chauffeurs (une banderole avec les noms de plusieurs mapuche assassinés par les flics a été retrouvé à côté). A Ercilla, deux carabiniers ont été blessés par des balles qui ont traversé le blindage de leur véhicule, et sont à l’hôpital. A Concepcion, en plus des affrontements, un supermarché Preunic et la pharmacie Salcobrand ont été pillés, et le soir les bureaux régionaux de la PJJ (Servicio Nacional de Menores, Sename) ont été incendiés après avoir été vidés de leur mobilier pour les barricades. A San Bernardo, un sous-officier des carabiners a été touché de plusieurs balles lors des manifestations et a dû être hospitalisé d’urgence par hélicoptère. A Copiapó, c’est également le bâtiment qui abrite l’état civil et plusieurs antennes de ministères qui a été incendié. A Puerto Montt, ce sont la moitié des bancs de la cathédrale qui ont fini dans une grande barricade en flammes. En tout, pour la journée de mercredi, le ministère de l’Intérieur a comptabilisé 34 pillages, dont 10 dans la région du Grand santiago, 23 blocages de routes et 8 attaques de casernes, notamment à Renca, Padre Hurtado, Huechuraba et Lampa, évoquant également des « dégâts structurels » contre la préfecture régionale de Tocopilla.

Politicailleries. Face à ces deux nouvelles journées très enflammées, que voulez-vous que fît le président Piñera ? Tout d’abord, il a envoyé son fils avec sa famille se mettre à l’abri en Australie. Ensuite, il a annoncé renforcer les effectifs de carabiniers régulièrement débordés avec 1000 nouveaux partis en retraite récemment (ils sont déjà 48 000), puis il a changé quelques têtes (d’abord des ministres, et maintenant le chef des services chilens, l’Agencia Nacional de Inteligencia-ANI). Enfin, il a proposé un « grand accord national » en trois points mercredi soir, après que certains ministres aient écartés l’option du retour à l’état d’urgence : l’un « pour la paix et contre la violence » (soit un appel à l’unité nationale), l’autre « pour la justice » (soit un calendrier social avec les syndicats, bien qu’il se refuse pour l’instant à lâcher d’autres miettes) et le dernier pour lancer le chantier d’une nouvelle constitution. On vous passe les détails, mais en gros la droite (UDI et RN) voulaient un Congrès constituant (composé des députés et sénateurs en place), la gauche voulait une Assemblée constituante (avec des délégués élus parmi la population juste pour cela), et après deux journées de discussions entre tous les partis politiques (soit de l’UDI post-pinochetiste jusqu’au Frente Amplio, sauf le PC), ils ont trouvé vendredi 15 novembre au matin un compromis entre les deux pour une Convention constituante mixte (avec 50% de parlementeurs et 50% de délégués élus pour la rédiger). Cet « accord pour la paix et une nouvelle constitution » signé entre tous les partis comprend un référendum en avril 2020 où les électeurs trancheront entre réformer ou pas la Constitution, et si oui entre Convention constitutionnelle (délégués élus pour cela en octobre 2020) et Convention constitutionnelle mixte (la même + 50% de parlementaires en exercice), suivi d’un second référendum avec vote obligatoire plus tard pour la ratifier.

Et pendant que les politiciens de tous bords s’alarment et multiplient les réunions pour tenter de trouver comment dévier la rage vers les rails des institutions, le peso chilien ne cesse de dégringoler (il a atteint son plus bas niveau depuis 2002) malgré l’injection mercredi de 4 milliards de dollars par la banque centrale pour tenter de freiner sa chute, le ministre des Finances pleure sur 300 000 emplois perdus à cause de la révolte et sur les centaines de millions de dollars de dégâts (4500 millions de dollars, dont 380 millions pour le seul métro, 2 330 millions pour les infrastructures publiques et 2 250 millions pour les locaux non résidentiels, selon la Chambre chilienne de la Construction, CChC), des hackeurs ont mis en ligne le 10 novembre un annuaire interactif comprenant les données professionnelles et personnelles de plus de vingt-neuf mille carabineros (pacolog.com/maps/), les joueurs de l’équipe nationale de football ont refusé le 13 novembre de disputer le match en amical contre le Pérou en solidarité avec la révolte, les éboueurs du Grand Santiago sont en grève illimitée depuis trois jours et les poubelles s’accumulent dans les rues, la compagnie aérienne chilienne Latam chiffre à 82 000 le nombre de ses billets annulés et à 117 000 les demandes de changements de date (lui ayant coûté 30 millions de dollars de pertes du 18 octobre au 5 novembre), le puissant syndicat des patrons de l’industrie métallurgique (Asociación de Industrias Metalúrgicas y Metalmecánicas-Asimet) sort de son silence pour « condamner la violence, les pillages et l’anarchie qui sont un frein pour parvenir à des accords d’amélioration sociale et qui délégitimisent les justes revendications des chiliens« , les derniers chiffres de l’INDH sont de 2.365 blessés par les carabiniers, et qui ont dû être hospitalisés (dont 217 aux yeux crevés), et selon la Cour Suprême 26.126 manifestant.e.s/émeutier.e.s ont été arrêtés du 18 octobre au 11 novembre, dont 1.396 sont incarcérés en prison préventive ou comme condamnés, près de 68 tribunaux ont déjà été endommagés officiellement et 283 pharmacies pillées ou endommagées, … et les participant.e.s à la révolte autonome sans leaders ni partis continuent jour après jour dans la rue les pillages, les saccages et la destruction de pans de ce monde de misère et d’oppression. Y compris les moyens technologiques de télécommunication. Et nous, ici, n’existe-t-il pas de structures identiques à saluer chaleureusement ?

Précédents aperçus :
Chili, révolte incendiaire et état d’urgence, 19 octobre
Chili, étendre le feu plutôt que le couvrir, 21 octobre
Chili : 3e nuit d’émeutes sous couvre-feu, 22 octobre
Chili : détruire ou réformer l’existant, 23 octobre
Chili : la grève n’éteint pas les feux de la révolte, 24 octobre
Chili : contre tout retour à la normale, 25 octobre
Chili : rien n’est fini !, 27 octobre
Chili : contre tout pouvoir, 29 octobre
Chili : l’oasis sent encore le brûlé, 1er novembre
Chili : la révolte continue de plus belle, 10 novembre

Suite de l’opération scintilla de turin, les flics interviennent à paris

Publié le 2019-11-15 22:09:06

Jeudi 7 Novembre, à Paris, six flics de la BEDJ* (Brigade d’Exécution des Décisions de Justice) débarquent à 5h du matin avec un mandat d’arrêt européen au domicile d’un parent de C., personne recherchée dans le cadre de l’opération Scintilla à Turin, en Italie. Quelques heures plus tard, aux alentours de 10h, c’est au domicile d’un autre parent, en proche banlieue, qu’une seconde équipe de quatre flics déboule. Habillé.e.s en civil, les flics se divisent en deux équipes, l’une fouille les pièces de chaque domicile, pendant que l’autre interroge et menace chaque parent : intimidations « on la casse en deux minutes votre porte », menaces d’inculpation pour « avoir aidé une terroriste », les questions portent avant tout sur les liens et l’aide potentielle (financière, hébergement, contacts…) avec la personne recherchée. Les deux équipes repartent sans avoir trouvé de mains sur lesquelles refermer leurs menottes, ni aucune information à se mettre sous la dent car chaque parent affirme n’avoir pas de nouvelle de la personne. Les flics laissent tout de même un papier avec contact au cas où les proches voudraient jouer les balances. Ces deux interventions n’étaient pas des perquisitions, aucun objet n’a (a priori) été volé.

Une semaine plus tard, mercredi 13 novembre vers 14h, une petite trentaine de flics en civil débarque dans un squat à Romainville. Profitant de la sortie d’une habitante, ils lui prennent ses clefs et entrent à l’intérieur, ouvrent une première porte sans signaler qu’ils sont flics et défoncent une deuxième porte au bélier, disant rechercher une personne. Ils mettent dehors tou.te.s les habitant.e.s et fouillent leurs lits. Plusieurs personnes se mangent des coups pendant l’intervention. N’ayant rien trouvé (ils n’ont pas non plus pris de matériel ni semblé rechercher des infos), ils s’intéressent aux deux personnes assignées meufs présentes et embarquent l’une d’entre elles qui correspond selon eux au « profil » recherché. Bien qu’elle ait fourni sa carte d’identité, son permis, sa carte vitale et sa CB, ils l’emmènent au 36 (Police Judiciaire), à Porte de Clichy, et lui prennent ses empreintes pour procéder à une vérification d’identité. Deux heures plus tard, la copine sort après avoir appris que les flics recherchent une personne à la demande de l’Italie pour une « histoire d’extrême gauche ».

Depuis février dernier, C. est recherchée par la police italienne dans le cadre de l’opération Scintilla, au cours de laquelle, à Turin, six personnes avaient été arrêtées et incarcérées et l’Asilo occupato avait été expulsé. Cette enquête fait suite à la publication et à la diffusion de la brochure « I cieli bruciano » recensant les collabos de la machine à expulser italienne, cibles de nombreuses attaques au cours des dernières années. L’accusation principale est association de malfaiteurs, mais des appels successifs font tomber cette accusation et la plupart des inculpé.e.s sortent de prison dans les mois qui suivent. Silvia, en revanche, se trouve aux domiciliari (prison à la maison) depuis fin septembre, après huit mois entre prison de haute sécurité et isolement, et une grève de la faim d’un mois. Comme C., elle est accusée de transport et dépôt de matériel incendiaire sur la base de reconnaissance anthropométrique. C., elle, reste introuvable.

S’il est difficile d’établir un lien avec certitude, les premières interventions surviennent quelques jours après l’entrée à l’hôpital d’un parent proche de C. En effet, les flics ne cachent pas qu’ils sont au courant de l’hospitalisation et demandent si C. s’est rendue à l’hôpital. Comme d’hab, les keufs profitent de toute faille pour mener à bien leur sale boulot de larbins du système et de la justice. Plus de neuf mois après l’opération Scintilla, la police met un coup de pression à la famille et aux personnes qu’elle estime susceptibles d’être en contact avec C. Les raisons de cette accélération sont probablement multiples, on sait cependant qu’une des mesures du récent décret sécurité de Salvini, alors ministre de l’intérieur en Italie, prévoyait d’allouer plus de moyens à la recherche des personnes en cavale. L’arrestation peu de temps après de Vincenzo Vecchi au terme de sept années de cavale en est un exemple. Dans son cas, l’extradition vient d’être rejetée par la justice française et sa libération prononcée. Si nous nous réjouissons de cette nouvelle, il ne faut cependant pas oublier que la France n’avait pas hésité à remettre Natascia, inculpée dans l’opération Prometeo, à la justice italienne en mai dernier.

Ces invasions des keufs dans la vie des proches de C., dans un contexte d’hospitalisation, nous dégoûtent mais on n’est plus à une surprise près dans ce système qui broie des vies au jour le jour pour survivre. De Hong Kong au Chili, en passant par la France, l’Italie ou le Liban, on se réjouira toujours du bordel et du désordre, et même si la violence de la répression bat son plein, notre haine contre le système aussi !

Solidarité par delà les frontières, avec tou-te-s celles et ceux qui sont touché-e-s par la répression, en cavale sur les routes ou en prison, et que la répression n’arrêtera pas. Une pensée particulière à la copine ! Crève l’État, la taule et ses keufs! Vive la lutte, vive la liberté!

* La BEDJ est chargée de faire exécuter des décisions de justice, c’est à dire l’arrestation de personnes recherchées, mais aussi des contraintes pénales liées à diverses condamnations.

Pour plus d’infos :

Comme une étincelle en travers de la gorge : https://infokiosques.net/spip.php?article1642

À Turin : l’Asilo résiste ! https://nantes.indymedia.org/articles/44482 

La répression n’arrêtera pas nos luttes https://nantes.indymedia.org/articles/44558 –

Le plus beau des cadeaux https://nantes.indymedia.org/articles/44807 

Pinkwashing https://nantes.indymedia.org/articles/44626 –

Silvia et Anna https://paris-luttes.info/solidarite-avec-silvia-et-anna-en-12299?lang=fr

Grève de la faim dans les prisons https://nantes.indymedia.org/articles/45702 

Fin de la grève de la faim (Silvia, Anna, Natascia) https://nantes.indymedia.org/articles/45951

Graz, Autriche : Attaque incendiaire contre des véhicules d’Energie Steiermark – 9 novembre 2019

Publié le 2019-11-16 01:06:12

Rien n’est fini – Attaque incendiaire contre des véhicules de ‘Energie Steiermark’ à Graz

Le 9 novembre, 2 véhicules d’Energie Steiermark ont brûlé, d’autres véhicules ont été endommagés.
Le fournisseur énergétique Energie Steiermark est largement impliqué dans la construction de la centrale électrique sur la [rivière] Mur, qui a officiellement commencé à fonctionner il y a tout juste un mois.

Il y a eu des protestations contre cette construction et cette mise en service. Il y a eu des pétitions. Il y a eu des manifestations. Il y a eu des camps de protestation et des cabanes dans les arbres pour empêcher le déboisement sur le site prévu pour la centrale. Il y a eu des blocages des excavatrices lorsque malgré tout le chantier a commencé.
Il y eu des procédures judiciaires contre des activistes.

Les exploitants du projet ont tenté par tous les moyens d’obtenir une approbation démocratique. Les exploitants du projet ont investi beaucoup d’argent en annonces dans les journaux, dans de prétendus « bureaux de dialogue » et d’autres merdes.
Malgré cela, il y a eu des manifs, des protestations et des actions directes contre l’abattage des arbres et contre la construction de la centrale.

Les médias traditionnels ont alors essayé d’invisibiliser toutes les protestations.
On a essayé de cacher autant que possible des attaques à la peinture contre leur bureau citoyen, contre une filiale d’Energie Steiermark etc., ainsi que l’incendie contre une énorme grue.
Presque rien n’est sorti publiquement sur l’argent de la corruption du parti au pouvoir (ÖVP) [1] à la compagnie énergétique (Energie Steiermark) pour la construction de la centrale.

Même si la centrale électrique a été mise en service il y a juste un mois, le 9 octobre, rien n’est fini.
Le porte-parôle d’Energie Steiermark surpris a dit aux journaux « le site est clôturé et fermé à clef ».[en anglais dans le texte]
Nous n’oublions pas. Toutes celles et ceux qui détruisent nos mondes ne doivent pas se sentir en sécurité – ils sont attaquables, aussi hauts que soient leurs grillages ou aussi infranchissables leurs serrures puissent-elles paraître – nous pouvons attaquer à tout moment et partout !

Ils veulent faire disparaître nos mondes – voilà notre manière de nous défendre !

Nos pensées sont avec les compagnon-ne-s qui, aux quatre coins du globe, veulent aussi faire la peau aux rapports oppressifs.

[Traduit de l’allemand de indymedia, 14. November 2019]

NdT:
[1] « Parti populaire d’Autriche »rebaptisé « Nouveau Parti Populaire »  depuis 2017, est un parti  chrétien et conservateur.

Treillières (Loire-Atlantique) : Régler ses comptes avec le patron sans médiation – 8 novembre 2019

Publié le 2019-11-16 01:06:12

Ce vendredi 8 novembre 2019, un patron était attendu devant chez lui par un de ceux qu’il exploite chaque jour. Et

« Vendredi 8 novembre à Treillières (Loire-Atlantique). Un homme cagoulé attendait le chef d’entreprise à la sortie de son domicile. Il a tiré à deux reprises, sans le toucher. Salarié de la société, le suspect, âgé de 40 ans, a été interpellé à Bouguenais le jour même. L’enquête devra déterminer s’il s’agit d’une intimidation ou d’une tentative d’assassinat. » (Ouest-France, 14.11.2019 – Article payant)

 

Base militaire, checkpoints et prison secrète : un rapport pointe la « militarisation » des infrastructures de Total au Yémen

Publié le 2019-11-17 15:11:05

Un rapport publié le 7 novembre par l’Observatoire des armements et SumOfUs, en collaboration avec les Amis de la Terre, retrace la militarisation des activités de Total au Yémen depuis les années 1980. Des sources ouvertes et témoignages recueillis font état de la configuration de Balhaf, le site de liquéfaction gazière opéré par Total, comme base militaire (depuis 2009) et prison secrète (en 2017 et 2018). Le rapport interroge aussi le rôle du gouvernement français, acteur de la militarisation du site, et a garanti le projet gazier de la multinationale.



Malgré la mobilisation des ONG et le travail des médias, le gouvernement continue à livrer des armes à la Coalition arabe engagée au Yémen. Après l’échec de la résolution Nadot, les groupes parlementaires s’abstiennent de jouer leur droit de tirage pour lancer une Commission d’enquête. L’Observatoire des armements et SumOfUs, ONG internationale qui agit comme un contre-pouvoir citoyen des multinationales, ont donc cherché à savoir si la présence de Total au Yémen pouvait en partie expliquer ce blocage politique. En collaboration avec les Amis de la Terre sur la partie financements et impacts climatiques, ils ont mené un travail d’investigation pour retracer la mainmise de Total sur les ressources en hydrocarbures du Yémen, soutenue par les gouvernements français successifs.

Le rapport montre l’imbrication entre la stratégie militaire de l’État français et la politique énergétique de Total au Yémen depuis les années 1980 et plus récemment sur l’Est Africain (Kenya, Ethiopie, Mozambique…). Les positionnements de la société, qui se cristallisent sur des zones en conflit, sont toujours appuyés par la mise en place d’une infrastructure militarisée (site gazier aux allures de base militaire, checkpoints…) et la politique militaire de l’État français (formation des forces spéciales et gardes-côtes yéménites, intervention de sociétés militaires privées, investissement par la marine du golfe d’Aden et de l’océan Indien…). Selon les auteurs du rapport, cette « militarisation » ira jusqu’à l’hébergement d’une milice (à partir de 2016) et d’une prison secrète (à partir de 2017).

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Flers (Orne) : L’incendie de la mairie ? Volontaire ! Même si le Proc’ est réticent à l’admettre

Publié le 2019-11-17 15:12:20

Ouest-France / jeudi 14 novembre 2019

Selon des sources policières, le feu qui a brûlé une partie de la mairie de Flers, au petit matin du 9 novembre, ne serait pas d’origine accidentelle mais bien criminelle. L’endroit d’où est parti l’incendie ne serait pas compatible avec la version d’un feu accidentel. Selon ces mêmes sources policières, une relation peut être faite entre cet incendie et le départ de feu enregistré dans le gymnase du Hariel, le matin du mardi 12 novembre, et dont l’origine est probablement criminelle.

Le procureur de la République d’Argentan, Hugues de Phily, a réagi en se montrant  moins catégorique .  C’est possiblement criminel comme cela peut ne pas l’être aussi », a-t-il tempéré. L’enquête n’a pour le moment permis aucune interpellation. Pour rappel, l’incendie a pris dans la partie centrale de la longère, là où se concentraient la plupart des services administratifs et l’accueil au public de la mairie de Flers et de Flers Agglo. […]

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même torchon, des extrais de l’édition de samedi 9 novembre

[…] L’hôtel de ville de Flers, en proie aux flammes depuis 4 h 30, dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 novembre, a été en partie détruit. La partie centrale du bâtiment, qui abrite les services au public (service électoral, état civil, passeport et carte d’identité…), a été réduite en cendres.
Le vieux bâtiment qui abritait autrefois des écuries a vu la moitié de sa surface partir en flammes. Selon les pompiers sur place, 430 m² ont été touchés par les flammes, sur les 900 m² que compte cette longère, située à côté du château de Flers. Le feu qui a pris au rez-de-chaussée s’est très rapidement répandu au premier étage et aux combles de la mairie, dont les bâtiments « avaient été rénovés en 2000 et 2001 et la toiture refaite récemment » […]
Les soldats du feu ont contenu l’incendie dans la partie centrale de l’hôtel de ville, évitant qu’ils ne se propagent aux deux ailes du bâtiment. Les flammes ont été maîtrisées avant qu’elles n’atteignent le bureau du maire de Flers, Yves Goasdoué. Cependant, l’incendie a ravagé les services administratifs et d’accueil du public. Les serveurs informatiques ont par ailleurs été détruits mais le premier édile tient à rassurer les administrés grâce « aux serveurs de secours existants ». Dans la matinée, les pompiers n’avaient toujours pas pu accéder à la salle du registre civil mais vont désormais « tenter de récupérer les coffres d’état civil » […]


Rennes : Le mandat d’arrêt européen annulé, Vincenzo sort de prison

Publié le 2019-11-17 15:13:06

Le Télégramme / vendredi 15 novembre 2019

A Milan

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a constaté, ce vendredi matin, « les irrégularités » dans le mandat d’arrêt européen émis à Gênes le 6 juillet 2019 à l’encontre de Vincenzo Vecchi. Elle demande la remise en liberté du militant anti-capitaliste italien. Il devrait sortir de prison ce jour.
Sur le parvis du Parlement de Bretagne, à Rennes, où siège la cour d’appel, des cris de joie se sont propagés parmi la centaine de membres du comité de soutien réunis pour attendre la décision.
Tout sourire, les trois avocats de Vincenzo Vecchi sont venus expliquer à ses amis la décision de la cour. « C’est exceptionnel », a indiqué Me Catherine Glon. « L’annulation d’un mandat d’arrêt européen est rarissime. La cour nous a suivis, alors que nous avions noté une dizaine d’irrégularités dans le mandat italien. Nous allons maintenant voir avec M. Vecchi la suite qu’il va donner à cette décision. Il souhaite rester en France, un pays qui lui est très cher ».
Le ressortissant italien, arrêté au mois d’août à Malansac (56), où il résidait depuis de nombreuses années, faisait en fait l’objet de deux mandats d’arrêt. La cour a déclaré le premier mandat, émis par la cour d’appel de Milan, « sans objet », la procédure étant « éteinte » et les quatre ans de prison ayant été entièrement exécutés.
Le second, émis par la cour d’appel de Gênes, concernait des faits commis le 20 juillet 2001, lors des manifestations anti-G7. Le quadragénaire avait été condamné à 11 ans et demi de prison lors d’un procès auquel il n’était pas présent. Il aurait empêché un journaliste indépendant de prendre des photos lors de la manifestation en lui arrachant son appareil photo.

Berlin (Allemagne) : Sur l’attaque explosive/incendiaire (ratée ?) contre le tribunal de Tegeler Weg

Publié le 2019-11-17 15:15:04

de.indymedia.org / vendredi 15 novembre 2019

Dans l’intention de causer des dégâts qui auraient rendu impossible le procès d’aujourd’hui contre le squat Liebig34* et sans vouloir mettre en danger des personnes, nous avons déposé un mélange dilué de chlorate de potassium dans une salle du tribunal du district de Berlin, situé dans le Tegeler Weg. Dans l’endroit choisi il n’y a personne avant 5 heures du matin, du coup l’explosion n’aurait causé des dégradations qu’à du mobilier et à un mur, le feu aurait ensuite causé des dommages supplémentaires.

Comme détonateurs, nous avons utilisé du permanganate de potassium et de la glycérine, qui n’a probablement pas encore réagi, puisque jusqu’à présent (à 8h15) rien ne s’est passé, là bas. Nous nous sommes probablement trompé.e.s dans le calcule de la vitesse d’écoulement de la glycérine dans le tuyau ou bien le froid le ralentit plus que prévu.

Puisque nous n’avons pas l’intention de blesser le public venu au tribunal, nous donnons par la présente aux autorités la possibilité de retirer à temps notre engin, à fin d’en éviter un déclenchement retardé. Nous avons envoyé cet avertissement aussi à d’autres endroits.

Même si cette forme d’action fera certainement l’objet de critiques, nous considérons appropriée une poursuite constante de l’offensive contre la répression. Les incendies qui, ces dernières années, ont parfois été allumés, de l’extérieur, contre des tribunaux, n’ont pas pu aller au-delà du symbolique, ni saper la précision juridique de la volonté destructrice de l’État ; par le droit pénal, le droit d’asile, le droit civil, le droit du travail et le droit locatif, la perversion démocratique se déploie dans tous les coins de la vie quotidienne. Il vaut la peine de mettre hors service pour une journée une institution comme le tribunal de Tegeler Weg.

Si, au dernier moment, notre engin détruit la pièce où nous l’avons posée, l’indignation médiatique et la bave des politiciens ne nous toucheront pas, car les spéculateurs réduisent régulièrement en cendre maisons et cabanes. L’incendie du passage du Liebig34, il y a quelques années, ne s’est certainement pas déclenché tout seul.

A une distance de 10 mètres de notre engin, il n’y a plus de danger dû à l’explosion et le feu ne se propage pas rapidement.

 

Les volcans n’entrent pas en éruption seulement dans les puits à câbles !

 

* Note d’Attaque : le 15 novembre s’est tenue une audience suite à la demande du proprio de faire expulser le squat anarcha-queer-feministe Liebig34. Le 2 novembre, une double manif’ en défense des espace occupées avait sillonné la capitale allemande, pour terminer avec des affrontements avec les keufs.

Des mauvais moments pour les bleus (mi-novembre 2019)

Publié le 2019-11-17 15:30:08

Serions-nous en train d’aller vers un monde un peu meilleur ?

Le Monde / jeudi 7 novembre 2019

Le nombre de policiers et gendarmes blessés en mission a augmenté de 15 % en 2018 pour atteindre un niveau sans précédent depuis 2012, selon une étude publiée jeudi 7 novembre. Vingt-cinq agents sont par ailleurs morts dans l’exercice de leurs fonctions.
L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), qui se base sur les données recensées par les services du ministère de l’intérieur, décompte 10 790 agents blessés « en mission » en 2018. Cette hausse concerne tant la police (+ 16 %) que la gendarmerie (+ 13 %).

Les blessures et décès « en mission » correspondent aux faits survenus lorsqu’un membre des forces de l’ordre participe à une opération de maintien de l’ordre, de sécurité publique, d’investigation, de renseignement ou encore de prise en charge de personnes privées de liberté.
Ils sont à distinguer des faits survenus « en service » qui correspondent à des évènements intervenus par exemple durant les heures de permanence ou d’astreinte ou lors du trajet domicile-travail, mais en dehors d’une mission de police stricto sensu. Au sein des forces de l’ordre, le nombre total des blessés « en mission » et « en service » s’élève à 20 306 en 2018.
« L’étude confirme l’augmentation tendancielle des blessures “en mission” pour les deux forces », commente Christophe Soullez, chef de l’ONDRP : « Les derniers mois de l’année 2018 ont été marqués par des manifestations “gilets jaunes” mais ils poursuivent une hausse visible les mois et les années précédents. »
S’agissant des blessés « en mission », il s’agit de « la plus forte hausse annuelle enregistrée et le niveau le plus élevé » depuis 2009 pour les fonctionnaires de la direction générale de la police nationale (DGPN) et de la préfecture de police de Paris (PP), relève l’ONDRP.
L’Observatoire rapporte que dans 11 % des cas, les blessures ont été occasionnées à l’aide d’une arme : 666 policiers ont été blessés par arme en mission contre 418 en 2017, soit une hausse de 60 %, un niveau également inédit depuis 2009. Pour la gendarmerie, 48 % des militaires blessés lors d’opérations de police font suite à une agression. La proportion de ce type de blessés grimpe de 20 % par rapport à 2017.
« La gendarmerie connait une hausse importante dans une zone de compétences, le rural et le périurbain, que l’on pouvait penser plus calme », observe M. Soullez. Selon le décompte de l’ONDRP, le nombre d’agents tués en 2018 a également augmenté. Vingt-cinq fonctionnaires et militaires ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions, soit dix de plus qu’en 2017.
Quatre policiers et neuf gendarmes sont décédés au cours d’une « mission de police ». Si le chiffre est stable pour la police, il est, en revanche, en forte hausse pour la gendarmerie, qui n’avait enregistré aucun décès en 2017 lors de ce type de mission. Quatre militaires ont été victimes d’accident de la circulation en mission, un gendarme est décédé à la suite d’« un accident de sport » et trois autres « ont perdu la vie en environnement de soutien », expose l’ONDRP. Sept policiers et cinq gendarmes sont décédés « en service ».
En 2016, le ministère de l’Intérieur avait été endeuillé par la mort de 26 fonctionnaires et militaires.

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Nogent-sur-Oise (Oise) : Guet-apens pour les bleus

Actu17 / vendredi 15 novembre 2019

Soirée de violences à Nogent-sur-Oise. Tout a commencé par un appel 17 peu avant 20h30, indiquant un feu de poubelle dans le quartier des Rochers. Un équipage de police-secours s’est immédiatement rendu sur place afin de constater ce qu’il se passait exactement.
Mais une fois sur les lieux, les policiers ont été attaqués par une vingtaine d’individus encagoulés et encapuchonnés qui avaient visiblement tout préparé. Les fonctionnaires ont reçu de nombreux projectiles, des pierres mais également un cocktail Molotov selon une source policière. Pris dans un guet-apens, les forces de l’ordre ont demandé du renfort. Deux vitres de leur voiture ont été brisées.
Quelques minutes plus tard, le groupe d’agresseurs s’est déplacé jusqu’à la rue Faidherbe où ils ont bloqué la circulation, en incendiant de nombreuses poubelles ainsi que des arbustes. Les sapeurs-pompiers sont intervenus après que la police a sécurisé la zone. […]

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Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) : Quand le flic est tout seul, il se fait détrousser et gazer

Actu.fr / mercredi 13 novembre 2019

L’info remonte à la soirée du mercredi 6 novembre 2019 mais elle est révélée ce mercredi 13 novembre par le site Actu 17. Un adjoint de sécurité âgé de 21 ans, actuellement en poste dans l’Essonne, rentrait chez lui à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) vers 20 heures, à la fin de son service, quand il a été victime d’une agression.
Ses deux agresseurs l’attendaient en étant dissimulés dans le hall d’escalier de son immeuble. Ils l’ont d’abord interpellé avant de le menacer et de le bousculer pour le fouiller. Dans son portefeuille, les deux agresseurs se sont emparés de la carte bancaire de la victime ainsi que de sa carte de police. Ils l’ont ensuite forcé à se rendre à un distributeur bancaire pour retirer 500€. Les deux agresseurs ont fini par rouer de coups le fonctionnaire, l’aspergeant de gaz lacrymogène au moment de prendre la fuite. A l’hôpital, le fonctionnaire s’est vu prescrire une ITT de sept jours. Selon le site Actu 17, une personne aurait été interpellée depuis la commission des faits.

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La Baule (Loire-Atlantique) : Dès qu’il s’agit d’rosser les cognes, tout le monde se réconcilie

France3 / jeudi 7 novembre 2019

L’un des policiers s’était évanoui sous l’effet des coups. Dans la nuit de samedi à dimanche, 3 fonctionnaires de la BAC ont été pris à partie lors d’une rixe impliquant une trentaine de personnes qu’ils essayaient de séparer dans un bar de nuit de La Baule.
Deux des participants à la bagarre se sont mis à rouer les agents de coups de poing et coups de pied. Un des policiers s’est vu attribuer 8 jours d’interruption temporaire de travail, les deux autres agents ont eu 2 jours d’ITT, et tous ont porté plainte.
Le soir-même, une personne était interpellée avec l’usage du taser, avant d’être placée en dégrisement au vu de son alcoolisation. Après exploitation de la vidéo surveillance, cette dernière a été mise hors de cause dans l’agression des 3 policiers.
En revanche, les renseignements recueillis sur le terrain et sur internet ont permis d’identifier formellement deux suspects, âgés de 24 ans et 26 ans, qui se sont présentés spontanément au commissariat dans les jours suivants. Tous deux ont reconnu avoir participé à la bagarre, l’un des deux expliquant cependant qu’il n’avait pas remarqué qu’il frappait des policiers. Jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Saint Nazaire, l’un des agresseurs a été condamné à 6 mois de prison, l’autre à deux mois, sans mandat de dépôt.

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Qu’on dise pas qu’à Marseille on conduit mal : c’était fait exprès !

France Bleu / dimanche 29 septembre 2019

Ce dimanche matin, rue Paradis (8e arrondissement) à Marseille, des policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) interviennent pour interpeller deux hommes qui tentent d’embarquer une moto dans leur véhicule, vers 6 heures du matin.
Deux voitures de la BAC s’interposent des deux côtés de la rue, les hommes en fuite se retrouvent coincés. Ils forcent le passage et percutent violemment une des voitures de police. Trois fonctionnaires sont légèrement blessés, ils ont été transportés aux urgences de la Timone. […]

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Guilherand-Granges (Ardèche) : Quand on dit voleur de voitures…

Le Dauphiné Libéré / dimanche 10 novembre 2019

L’affaire débute dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 novembre. Quand les policiers de Guilherand-Granges surprennent vers minuit, sur le parking de la clinique Pasteur, trois personnes en train de tenter voler un véhicule.
Lors des interpellations, l’un des suspects va parvenir à prendre la fuite au volant de la voiture de police. L’alerte est donnée. Un dispositif est mis en place. Moins de 30 minutes plus tard, le véhicule sérigraphié sera retrouvé par les policiers de la Bac de Valence, à Saint-Péray. Et avant 1h30 du matin, le suspect sera interpellé par les services de nuit du commissariat valentinois. Un ordinateur et un boîtier d’encodage permettant de pirater les systèmes des constructeurs et de démarrer le véhicule, sont par ailleurs découverts. […]
Suite aux interpellations, un mineur a été déféré, ce dimanche 10 novembre, au parquet de Privas. Il a été placé en détention provisoire. Une seconde personne a été laissée libre.
Enfin, ce dimanche après-midi, le troisième suspect, un jeune homme de 21 ans a été déféré au parquet de Valence qui a ouvert une information judiciaire pour vols de véhicules.

Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis ) : Les yeux de la police apprennent à se déplacer

Publié le 2019-11-17 15:31:04

Le Parisien / vendredi 8 novembre 2019

L’arsenal sécuritaire s’étoffe à Aulnay-sous-Bois. En plus des 284 caméras de vidéosurveillance « classiques » disséminées à travers cette commune de 85 000 habitants, la municipalité vient d’acheter une « caméra nomade », récemment installée dans un quartier… qu’elle tient à garder secret. Ce dispositif d’enregistrement vidéo mobile cible des phénomènes ponctuels – et mouvants – de délinquance.

« On vise un certain type de faits qui nous sont signalés par des habitants : des vols de pièces automobiles, qui augmentent de manière importante, des dépôts sauvages d’ordures, ou des vols de véhicules. La plupart du temps, ils ont lieu de manière répétée à des endroits précis, souvent peu passants : c’est ici que nous installons la caméra nomade, qui permettra d’identifier les délinquants, et d’avoir un effet dissuasif », détaille Séverine Maroun, première adjointe au maire (LR) chargée de la sécurité.
Quand la problématique se déplace, « la caméra suit », ajoute l’élue. Cette caméra s’installe en trente minutes, sur un mât ou un mur, et la conservation des images fonctionne sous le même régime légal que la vidéosurveillance classique : elles sont détruites au bout de 21 jours.
En fonction des résultats de ce test, d’autres caméras nomades, dont le prix à l’unité s’élève à 19 000 €, pourraient être achetées. « Elles ne remplaceront pas les fixes, prévient Séverine Maroun. Celles-ci sont essentielles pour l’élucidation des affaires ! »
De quoi enrichir le panel de dispositif sécuritaire à Aulnay-sous-Bois, la ville dirigée depuis 2014 par l’ancien policier Bruno Beschizza. Ainsi, d’ici fin décembre, le nombre de caméras doit être porté à 350. Par ailleurs, 80 agents constituent l’effectif de la police municipale, la plus importante d’Île-de-France, qui fonctionne 24 heures/24.
« Les résultats sont là », estime Séverine Maroun, qui brandit de récents chiffres issus des statistiques de la police nationale, notamment une baisse de 21 % entre 2018 et 2019 de vols avec violences.
D’ailleurs, Benjamin Giami, élu LREM et candidat aux municipales, assure qu’on « ne peut être que favorable » à l’installation de cette caméra nomade. « Mais cette débauche d’investissements ne doit pas masquer la réalité, ajoute-t-il. L’insécurité perdure ! »
Et de brandir, à son tour, des chiffres, issus d’un classement publié par le Figaro, dans lequel Aulnay figure en sixième position des villes françaises les plus violentes. Un tableau qui établit un « taux de violence » pour 1 000 habitants selon le nombre de vols avec violence et de coups et blessures volontaires. […]
En Ile-de-France, quelques villes ont déjà investi dans des caméras nomades. Avec des résultats variables.
Ainsi, à Yerres (Essonne), deux ont été posées, il y a deux ans, aux abords de lieux privilégiés pour les dépôts sauvages. Quelques semaines après leur installation, « une vingtaine de contraventions ont été dressées » et « les dépôts ont largement baissé », assure la ville. Une troisième caméra pourrait d’ailleurs être achetée.
A Villepinte en revanche, la municipalité – qui a acheté deux caméras nomades en 2017 – dit avoir « le sentiment » que ces dépôts sauvages baissent… mais sans pouvoir l’étayer, faute de chiffre. On pointe aussi l’absence de « suites » judiciaires si des personnes sont prises en train de commettre un délit sous l’œil de ces caméras.
Ailleurs, Argenteuil (Val-d’Oise) et Brétigny-sur-Orge (91) ont annoncé qu’elles s’équiperaient prochainement de ces caméras nomades.

Lille : Procès pour le attaques antispécistes – silence face à la justice

Publié le 2019-11-17 18:14:10

20 Minutes / jeudi 17 novembre 2019

L’Esquermoise – 15 mai 2018

Ils ont gardé le silence durant tout le procès. Trois militants antispécistes et pour la cause animale devaient comparaître, ce jeudi, devant le tribunal correctionnel pour dégradations de commerces de bouche en avril 2017 et en mai et juin 2018. Des inscriptions « stop au spécisme » avaient notamment été taguées sur les façades et des pavés avaient été jetés sur les vitrines.
Parmi la vingtaine d’enseignes lilloises touchées par ces opérations nocturnes, seulement trois ont porté plainte : la boucherie L’Esquermoise, la poissonnerie Le Petit Mousse et le restaurant Canard Street.

« On espérait connaître les motivations de ces dégradations. On ne saura rien » [les tags « Stop spécisme » ne sont pas assez clairs ? Faut en écrire d’autres ? NdAtt.], regrettait le président du syndicat départemental de la boucherie, Laurent Rigaud [sa sale gueuel ci-contre; NdAtt.], à l’issue d’une audience qui a duré beaucoup moins longtemps que prévu. Ce dernier s’était constitué partie civile pour les commerçants dans ce dossier.
Le débat a été vite écourté car les deux mis en cause, présents lors de l’audience, D. M. et J.-F. G., avaient décidé de garder le silence devant le juge. Ils n’ont voulu répondre à aucune question. Quant à F. S., le troisième prévenu, il ne s’est pas présenté. Ne restait à leurs avocats qu’à réclamer la relaxe pour défauts de preuve. La décision du tribunal sera rendue le 21 novembre.
Dans cette affaire, ce sont tout d’abord des traces ADN sur des pavés retrouvés sur les lieux de vandalisme qui ont permis d’identifier deux des suspects. « La défense conteste la manière dont les scellés ont été confectionnés », précise Me Damien Legrand, avocat de la partie civile, mais selon lui, la culpabilité des trois militants ne fait guère de doute.
« En avril 2017, deux d’entre eux, portant des masques de museaux de vache, avaient été contrôlés par des policiers devant une boucherie souillée de liquide rouge. Ils ont revendiqué avoir aspergé la façade en guise de protestation et faire partie d’un comité de lutte contre l’abattage massif des animaux », explique l’avocat.
Par ailleurs, les enquêteurs ont retrouvé un communiqué diffusé sur un blog d’activistes vegan et intitulé « Boucheries lilloise : soldes à sang pour sang ». Le message considérait que « les boucheries [étaient] le dernier maillon de la filière de la mort ».
« Depuis la vague d’arrestation et les premières condamnations, plus aucune dégradation n’est à déplorer, mais on craint que ça recommence », glisse Me Damien Legrand. Le préjudice matériel des commerçants est estimé à environ 30.000 euros.

Munich (Allemagne) : Solidarité avec la révolte sociale au Chili !

Publié le 2019-11-17 18:29:06

de.indymedia.org / samedi 16 novembre 2019

Au Chili, des dizaines de milliers de personnes se révoltent depuis des semaines contre la normalité dominante. Des postes de police, des églises, des banques, des centres commerciaux, des autobus, des stations de métro et des universités brûlent. La vie quotidienne normale est paralysée et le pouvoir étatique et capitaliste est attaqué.
Comment pouvons nous exprimer, ici, notre solidarité et notre proximité avec les révoltes qui se passent là-bas ?

Il y a plusieurs possibilités…. A Munich, par exemple, ces dernières nuits, plusieurs automates distributeurs de tickets ont été incendiés et brûlés, dans différentes stations. En plus, le consulat du Chili a été défiguré avec de la peinture et le tag « Feu à tous les États ! (A) » a été posé à côté. Une église toute proche a été repeinte, elle aussi, et le tag « Pas de Dieu, Pas d’État, Pas de Patriarcat » y a été posé.

Ça serait beau que de telles propositions trouvent ici aussi une prolifération sauvage et que d’autres possibilités de solidarité soient mises en pratique.