Vive l'Anarchie - Semaine 45, 2023

Sommaire

Portland (USA) : La soirée d’Halloween…

Publié le 2023-11-06 15:45:05

Des bonbons ou un sort !

Rose City Counter-Info / samedi 4 novembre 2023

Dans la nuit d’Halloween, rempli.es d’esprit festif, nous avons mis nos plus beaux costumes et sommes allé.es de porte en porte pour ramasser des drapeaux américains, des bonbons, des caméras de sonnettes et autres caméras de sécurité.

Nous avons été déçu.es de trouver plus de caméras que de bonbons, mais nous nous sommes assuré.es de laisser plusieurs quartiers de Portland avec bien moins des deux.

Un petit pied-de-biche est l’outil le plus efficace pour enlever les caméras des sonnettes. La plupart n’ont pas de fils, mais certaines en ont et il faut les arracher ou les couper.

*****

La balade de la Nuit des espiègleries rapporte des caméras de sonnettes

Rose City Counter-Info / samedi 4 novembre 2023

Hier soir, après que les enfants sorti.es pour ramasser des bonbons soient rentré.es chez elles/eux, j’ai joué quelques tours à moi à quelques propriétaires de maison qui jouent les balances. Mes bonbons ? Six caméras de surveillance intégrées à des sonnettes !
Je propose un défi amical à tous les individus et les groupes : surpassez-moi et ensuite surpassez qui m’aura surpassé. 🙂
Voyons qui arrive à ramasser et détruire le plus de caméras.

Mort à la surveillance !

Une créature de la nuit espiègle

Leipzig (Allemagne) : Des collaborateurs de la police pris pour cible

Publié le 2023-11-06 15:50:03

de.indymedia.org / jeudi 2 novembre 2023

Des collaborateurs de la police pris pour cible dans l’est de Leipzig

Là où pour toi une porte s’ouvre, une autre se ferme. Dans la nuit du 1er au 2 novembre, des antifascistes ont attaqué le service de serrurerie « LSS Leipzig », dans le quartier Reudnitz, à Leipzig.

Cette entreprise, qui se situe sur le Täubchenweg, participe depuis longtemps aux perquisitions domiciliaires effectuées par le Soko Linx* de la LKA de Saxe et casse régulièrement des portes d’appartements de camarades. Elle apporte ainsi une contribution importante à l’intimidation et à la criminalisation des antifas de la part de la police et de la justice.

Maintenant, cette collaboration a été contestée avec des marteaux et de la peinture, pour que, à l’avenir, cette entreprise de serrurerie balaye devant sa propre porte. À cette occasion, ce ne sont pas seulement la façade et les fenêtres de l’entreprise qui ont été endommagées, mais aussi l’un de ses véhicules, dans lequel, s’il pouvait encore rouler, il y aurait beaucoup de courants d’air.

Si LSS Service continue à forcer les portes des antifas, cela ne s’arrêtera pas là. Ni vous ni les flics n’avez rien à chercher dans nos appartements !

Service de vitrerie autonome

 

* Note d’Attaque : service du Landeskriminalamt (la police judiciaire) du land Saxe, crée en 2019 et chargé des enquêtes sur ce que politiciens et journalistes appellent le « milieu extrémiste de gauche ».

Guyancourt (Yvelines) : « Ils construisent des golfs, nous voulons des forêts »

Publié le 2023-11-06 15:55:03

78 actu / samedi 4 novembre 2023

Le Golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines a fait l’objet de dégradations dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 novembre 2023.
Plusieurs militants écologistes se sont introduits sur le site, géographiquement situé à Guyancourt. « Ils ont dégradé la pelouse à coups de pioche. Ils ont aussi laissé des messages. Deux endroits sont plus particulièrement endommagés au niveau du green du trou numéro 8. » L’un des messages est le suivant : « Ils construisent des golfs, nous voulons des forêts. »

[…] Le coût est estimé à environ 2000 euros. […]
En septembre dernier, le site avait déjà été visé par des dégradations. Des trous avaient été faits et des pancartes installées avec des slogans écologistes.
En 2024, le Golf national doit accueillir les épreuves des Jeux olympiques.

 

Golf Planète / dimanche 5 novembre 2023

À moins d’un an des JO 2024, des militants écologistes ont de nouveau pris pour cible le parcours qui doit accueillir la compétition.

En septembre, plusieurs golfs de la région normande et un parcours situé au Mans avaient subi des dégradations d’activistes dénonçant l’accaparement des terres et l’utilisation de l’eau. Cette fois, c’est le fleuron de la Fédération française de golf (FFG) à St Quentin-en-Yvelines (78) qui a été visé par les vandales.
Dans la nuit de vendredi à samedi, le green du par 3 du trou numéro 8 aurait notamment été saccagé à coups de pioche. Comme l’an dernier lorsque des membres d’Extinction Rebellion avaient posté des photos de leur méfaits sur le green du 18 du parcours de l’Open de France, une plainte va être déposée. […]

Affiches / journal mural contre les JO !

Publié le 2023-11-06 16:00:05

Un trio d’affiches contre les JO et le monde qui va avec. À diffuser et à coller à volonté !



Retrouvez les 3 affiches sur fond rose : affiche 1, affiche 2, affiche 3.
Et sur fond blanc : affiche 1, affiche 2, affiche 3.

Non aux Jeux Olympiques, ni ici ni ailleurs !

À Paris, en Seine-St-Denis, à Marseille, et partout ailleurs, on aimerait que les JO tournent à la cata pour ses organisateurs et pour l’état. Que cette grande fête des nationalismes et du business sportif ne se passe pas tranquilou !

Qu’on en finisse avec cette mise en scène glauque du dépassement de soi pour un État, pour une médaille, pour un fucking record. Crève cette mise en valeur de la productivité des corps.

Que la rage sorte face à cet étalage de thunes et de movens, alors que c’est de plus en plus la galère pour s’en sortir. Et alors que, sous prétexte des JO, c’est des quartiers entiers qui se font bulldozeriser et vider de leurs habitant.e.s les plus pauvres.

Les JO sont un exemple parmi d’autres de méga divertissement qui voudraient nous faire gober que ce monde n’est pas si pourri. Mais ce n’est pas des athlètes qui courent en rond qui vont nous faire oublier que cette société est bâtie sur le contrôle, l’exploitation et la dévastation.

Alors au lieu de se réjouir des exploits sportifs de « nos » athlètes, on pourrait plutôt se demander comment mettre fin à cette mauvaise farce non ?

Et quitte à faire du sport, autant s’amuser en prime !

Les JO : une fête qui pue l’arnaque !

Plusieurs mois avant les Jeux Olympiques et paralympiques 2024 on voit déjà la propagande se mettre en route : nous sommes tous.tes appelé.e.s à nous réjouir que cette merde se passe par ici. La grande messe du nationalisme est lancée et c’est derrière le drapeau qu’on est censé.e.s trouver espoir et joie collective.

Nous, on ne voit pas du tout ça comme un événement exceptionnel mais plutôt comme un condensé de ce que le capitalisme a à nous offrir : de l’adrénaline derrière des écrans, de l’identification à des personnes qu’on ne connaît pas, de la joie collective forte, très rapide et très addictive au milieu d’un quotidien lisse, morne, ennuyeux à mourir (ou à rendre con).

Ça ne nous divertit pas de regarder des personnes poussées à bout dans leurs limites pour être compéttives, des corps cassés, doppés, normés, valides jusqu’à en avoir la gerbe.
Ça court, toujours plus vite, toujours plus fort. Mais ici le dépassement de soi n’est pas vu comme un moven. Pour se faire plaisir, pour s’émanciper, pour se défendre ou pour survivre. Non, le seul but, la performance. Un dévouement absurde pour trouver de la reconnaissance et de la thune (comme dans tout taff finalement).

Et à chaque événement sportif international la chanson se répète comme un mauvais tube : l’appel à la victoire du pays, le sentiment guerrier face au concurrent, le drapeau bleu-blanc-rouge
comme signe de ralliement. La flamme nationaliste doit être bien entretenue (nous on lui pisse dessus !). Que chacun.e se sente concerné.es par la victoire du pays. Sportifs, soldats, ouvriers, toustes derrière le drapeau !

Tout ça dans une période où c’est de plus en plus la galère pour vivre, où le capitalisme se fait clairement prédateur : exploitation au travail perte d’autonomies et de libertés, destruction de l’environnement, attaque de tout ce qui est non-productif, hors-norme, émancipateur.

Comme d’hab, le divertissement de masse sert à faire diversion, à dissoudre la colère qui pourrait
exploser contre l’État et les capitalistes. Donner une sensation de bouffée d’air pour pas suffoquer complètement dans ce monde pourri, pour nous faire accepter de continuer à le faire fonctionner.
Cette loi c’est les JO qui promettent du rêve, mais l’agenda des compétitions est déjà bien plein : coupes du monde, le tour de France, Roland Garros, festival de Cannes, Miss France, etc. Un rvthme infernal pour bien nous garder en haleine !

Mais ça ne marche pas toujours et au milieu de cette grisaille il arrive quand même que la rage
s’exprime très fort. Comme pendant les émeutes de juillet dernier.

Vive alors les troubles-fête en tout genre, celles et ceux qui cherchent à se réjouir de leur propre manière et désertent la place de spectateur.

Que des sabotages joyeux viennent crever l’écran de cette misère ! Vive les manifs, émeutes et bordels divers qui mettent à bas la paix sociale bourgeoise ! Qu’à toute échelle et de plein de manières différentes on puisse avoir la sensation d’être encore vivant en désobéissant et en attaquant la machine capitaliste.

JO et surveillance

Avec l’attention sur le pays que les jeux vont amener, l’État français va devoir prouver sa capacité à maintenir l’ordre dans les stades et dans les rues. Le budget rien que pour la sécurité des jeux est de 295 millions d’euros, ça en dit long sur le programme...

Les JO sont l’occasion pour le gouvernement pour tester et faire accepter de nouvelles formes de contrôle. Le côté exceptionnel de l’événement permet de justifier et ainsi rendre acceptable des mesures qui en temps « normal » ne le seraient pas, ou difficilement.

D’ici à l’été 2024 c’est encore plus de caméras qui vont être installées dans les rues pour l’occasion : + 1000 à Paris, + 500 à St Denis, + 330 à Marseille.

Ce déploiement va avec la mise en place de la vidéosurveillance automatisée (VSA) à titre expérimental pendant ces JO (et ce jusqu’en mars 2025). La VSA est une technologie qui utilise des algorithmes et des données biométriques pour détecter des comportements dits suspects sur les vidéos enregistrées. Ce qui permet de ne plus dépendre du « bon » travail des keufs qui regardent les caméras, mais de compter sur les logiciels pour faire le sale boulot d’analyser ces tas de données.

Du côté du privé, les JOP vont permettre aux entreprises françaises spécialisées dans la répression de faire leur pub, utilisant les jeux comme une vitrine grandeur nature du « made in fRance » sécuritaire. Et ces jeux vont aussi offrir aux sociétés privées de sécurité une place de choix dans le maintien de l’ordre, dans un contexte où elles sont déjà de plus en plus intégrées au système policier. Elles vont avoir beaucoup plus d’effectifs et elles vont aussi gagner une plus grande marge de manœuvre dans ce qu’elles ont le droit de faire.

On imagine bien que ces mesures soi-disant exceptionnelles ne vont pas s’arrêter après les deux semaines de l’événement. Ça fait d’ailleurs partie de l’« Héritage » assumé par le comité d’orga des JO. Les crises ou moments exceptionnels permettent de faire avancer d’un cran la répression. Comme pendant la crise du Covid où certaines mesures de contrôle (notamment technologiques) légitimées par la pandémie se sont inscrites pour de bon à l’hôpital ou dans nos vies en général.

Virer la misère

Partout où ils ont lieux, les JOP participent à dégager les indésirables : les gens à la rue, les personnes exilé.e.s, les pauvres, les putes. Il faut faire place nette pour que les touristes bourgeois puissent profiter pleinement et en toute sécurité. À Paris et en Seine-St-Denis ce sont des expulsions de squats, de campements et de foyers de travailleur.euse.s. Ou encore un harcèlement policier quotidien pour virer celles et ceux qui font tâche dans le projet olympique. En envoyant notamment les exilé.e.s dans des centres temporaires (SAS) situés en-dehors de l’Ile-de-France.
Tout ça donc dans la continuité de politiques racistes, d’assassinats et violences policières et de chasse aux migrant.e.s.

Les jeux c’est aussi la gentrification à vitesse grand V de zones déjà dans le viseur. Les infrastructures qui vont être construites pour l’évènement visent, sur le long terme, à rendre le « territoire » plus attractif pour les entreprises et des populations plus riches. Les loyers augmentent et les quartiers ne sont plus accessibles pour les personnes qui habitaient là.

Et le BTP en profite pour s’en mettre plein les poches et exploiter sans limites les personnes précaires. Il y a de nombreux accidents sur les chantiers des JOP, dont des graves et avec une personne qui est décédée en juin 2023. Et tout ces chantiers participent gaiement au changement climatique et au grand ravage en cours des écosystèmes et espaces encore un peu vivants.

Alors crève les JO ! Ni ici ni ailleurs !

Des gâche-la-fête

[Montreuil] Nouveau squat d'organisation !

Publié le 2023-11-06 16:05:04

À Montreuil, le bâtiment collectif occupé depuis plusieurs jours et visibilisé hier lors d’une manif autonome tient. Il est sous menace d’expulsion au 86 rue de la fédération à Montreuil. Amène ce qui te fait plaisir à partager !
On propose aussi de se retrouver devant à 19h, pour une AG : il s’agira de discuter ensemble des suites à donner pour le bâtiment et organiser le soutien.
La manif aujourd’hui était chouette, continuons de tenir un rapport de force contre les expulsions et pour des lieux d’organisation politique autonomes !



Assemblée ouverte de « Kalimero » jeudi 9 novembre

Publié le 2023-11-06 16:10:06

Kaliméro est une caisse et une assemblée solidaire des prisonni-eres de la guerre sociale. En novembre, elle aura lieu le jeudi 9 à 19h, elle se tiendra à la bibliothèque anarchiste Libertad, 19 rue Burnouf, à Paris.



La prison est un des rouages de ce système basé sur l’exploitation et la domination que nous voulons raser au sol, c’est pourquoi nous envoyons des mandats à celles et ceux accusé·e·s d’actes de révolte dont on est solidaires.
Une caisse de solidarité a besoin de continuité. Nous n’avons ni sponsor, ni mécène, aussi avons-nous convenu d’un rendez-vous par mois pour collecter des sous pour alimenter la caisse. Ces rencontres sont également l’occasion d’échanger sur nos pratiques face à la répression, d’assurer le suivi des différentes histoires et de discuter des situations qui se présentent. Elle est également un moment de discussion autour des possibles moyens d’esquive, de résistance et d’auto-organisation offensive contre la machine judiciaire et carcérale.

Dans un souci de régularité, ces rencards ont été fixés le 2e jeudi de chaque mois à 19h. La prochaine réunion de Kaliméro aura lieu le 9 novembre à la bibliothèque anarchiste Libertad au 19 rue Burnouf, à Paris.

Pour envoyer de l’argent, pour demander des informations, ou pour être tenu·e·s au courant des prochains rendez-vous de la caisse et être inscrit·e·s sur la mailing-list de Kaliméro, écrivez à kalimeroparis(at)riseup.net

Windows Attacked at Walgreens – San Francisco, CA

Publié le 2023-11-06 16:15:03

October 29, 2023

Direct action against financial district Walgreens claimed by Deglaziers, Boosters & Vandals Union Local 1312. Images show progress in moving out financial district Walgreens. Come join the fun we are hiring!

The Deglaziers, Boosters & Vandals Union Local 1312 stands in solidarity with the city wide campaign against Walgreens and takes claim to activating the potential energy stored in the glass at this Walgreens.

We are now hiring for all positions at all Walgreens across the city.

AVENGE BANKO BROWN!

Found on Indy Bay

Gallons of rotten food left in LS3P elevator – Savannah, GA

Publié le 2023-11-06 16:20:02

LS3P is the architecture firm contracted by the Atlanta Police Foundation to design Cop City, with offices in Georgia, North Carolina, and South Carolina. On Wednesday September 6th, the day after Fulton County indicted 61 forest defenders on ridiculous racketeering charges, we took it upon ourselves to remind LS3P that the fact that they are profiting from the political repression of forest defenders will not be tolerated or forgotten.

We assembled during LS3P's business hours and walked straight into their Savannah office on Congress Street in broad daylight. We read them our indictment of their involvement in the Cop City project so there was no mistaking why we were there.

A few people in our crew staged a die-in while others read the letter.

Inspired by the actions of forest defenders who scattered rotten shrimp at an Atlanta Police Department recruitment event in Manhattan, we decided to pull our own shenanigans. As we left, we dumped many gallons of rotting food in the elevator, leaving it to LS3P to explain the stench as the elevator circulated the putrid smell to every floor of the building LS3P shares with other businesses.

This entire action took less than five minutes. LS3P employees threatened to call the police, but we never saw a cop in the process.

We dream of a world without political repression where we can change the systems we live in without risking the violence of the police and prisons. But as long as repression against strong movements is as inevitable as the decay of our food scraps, we will be here like the microorganisms that turn death into new life, using it to grow our power.

Found on Scenes from the Atlanta Forest

Fire destroys small Episcopal church – Parmelee, SD

Publié le 2023-11-06 16:25:02
October 28, 2023

The Holy Innocents Episcopal Church in Parmelee stood in some form since 1890 until being destroyed in a fire that reduced it to rubble on its foundation Saturday.

Parmelee is a small, census-designated place of approximately 600 people on the Rosebud Indian Reservation, about 30 minutes from the Nebraska state line. The Rosebud Episcopal Mission was established in 1875 and has 10 active congregations.

The Rev. Lauren Stanley, who serves as Canon to the Ordinary, told The Christian Post that they suspect the church's destruction was an act of arson because the church "had received threats previously from a person p—ed off and said they would burn the church down."

Citing the ongoing investigation, she said now involves the federal Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives, Stanley said she was not at liberty to disclose the reason why she believes the potential suspect had threatened her church.

Another reason they suspect arson is because that particular area of Parmelee "has a little gang of arsonists going around," Stanley said, adding that "they've burned houses, cars and hay bales" locally.

"Nobody knows how [the fire] started," she said. "What we do know is that our beautiful 133-year-old church is totally gone."

Stanley also noted that the church was vandalized and "desecrated" last December.

Found on Mainstream Media

Athènes (Grèce): attaque du bâtiment du rectorat de l’université polytechnique, en signe minimal de solidarité avec les squatteur.euses

Publié le 2023-11-06 16:30:04

Athènes (Grèce): attaque du bâtiment du rectorat de l’université polytechnique, en signe minimal de solidarité avec les squatteur.euses

Jeudi 12 octobre, nous avons mené une attaque contre le bâtiment du rectorat de l’université polytechnique nationale d’Athènes, en cassant la façade et une grande partie de l’intérieur, en signe minimal de solidarité avec les squatteur.euses.

L’État, incapable comme toujours de gérer les crises successives auxquelles il est confronté, est en train d’intensifier son action répressive, en prenant pour cible les espaces autogérés et les personnes qui luttent à l’intérieur et à l’extérieur de ceux-ci.

Au milieu d’une vague généralisée d’expulsions de squats, dans tout le pays (le squat Ano-Kato à Patíssia [Note d’Attaque: quartier du nord d’Athènes], Zizania, dans le quartier de la place Victoria [Note d’Attaque: toujours à Athènes], l’occupation Evangelismos, à Héraklion [Note d’Attaque: sur l’île de Crète], le lieu occupé autogéré à l’intérieur de l’université polytechnique), nous ne pouvons pas rester inactif.ves et regarder passivement la tentative de l’État d’éliminer les centres de la lutte.

Le rectorat de l’université polytechnique a été choisi parce qu’ils sont responsables de l’invasion policière du campus polytechnique de Zografou et des trois tentatives d’expulsion de l’espace autogéré qui s’y trouve, ainsi que de l’intimidation et de l’arrestation d’étudiant.es et de leurs soutiens.

Nous savons que université polytechnique n’est pas une exception, puisque la coopération directe entre les autorités du rectorat et les flics n’est pas quelque chose de nouveau, comme on l’a déjà vu à Héraklion, où l’université de Crète a donné le feu vert a l’expulsion et à la mise sous scellés de l’occupation Evangelismos, mais aussi dans d’autres cas par le passé (l’expulsion du squat Biologica [Note d’Attaque: à Thessalonique – le bâtiment appartient à l’université Aristote], des Vancouver Apartments [Note d’Attaque: à Athènes, propriété de la fac d’Economie ASOEE]…).

Flics et autorités du rectorat : gardez à l’esprit que les squats sont des foyers de résistance, que nous ne les laisserons pas sans défense et que vous nous trouverez constamment face à vous.

PS : cette action peut être prise par le nouveau recteur, qui a succédé à Budouvis, comme un message de bienvenue et une assurance que nous serons vigilant.es.

Solidarité avec les occupations et les squats.
Police, TV, rectorat, tous des bâtards qui travaillent ensemble.

Anarchistes

[Publié le 28 octobre 2023 sur Attaque. Traduit de l’anglais depuis Act for Freedom Now!, 27 octobre 2023.]

Assemblée pour la Palestine - internationalistes uni.e.s

Publié le 2023-11-06 16:35:06

Ce qui est en train de se passer en Palestine n’est pas un épisode de plus dans un conflit « complexe ». C’est un génocide en direct après 75 ans de colonisation. Nous refusons de continuer passivement à débattre de comment condamner les horreurs. Nous refusons de laisser les haines antisémites et islamophobes se nourir de la situation. Nous refusons de rester spectateur.ice.s.



Tusson (Charente) : le sabotage de méga-bassines continue (1) -MàJ

Publié le 2023-11-07 14:15:17


Tusson : une plainte déposée après la dégradation d’une bassine
au cours du week-end

Charente Libre, 25 octobre 2023

C’est un nouvel épisode dans la guerre de l’eau… La préfecture de la Charente rapporte que les bâches d’une réserve de substitution ont été lacérées ce week-end à Tusson. Une plainte a été déposée par l’association syndicale autorisée (ASA) de l’Aume-Couture, gestionnaire de cette réserve. La bassine visée a une contenance de 290 000 mètres cubes. Elle alimentait six exploitations et avait été mise en service en 2011, après le rejet d’un recours devant le tribunal administratif de Poitiers.
Rappelons qu’en mars dernier, une bassine avait également été dégradée par des lacérations. Cela s’était produit aux Gours.

Selon nos informations, les dégâts sont importants sur cette réserve. La bâche a en effet été découpée sur une quarantaine de mètres de long de haut en bas ce qui suggère la présence de plusieurs individus. Guillaume Chamouleau, président d’Aquanide, l’association des irrigants de Poitou-Charentes, précise qu’avec les pluies actuelles, la période de remplissage des réserves pourrait débuter d’ici dix jours. Ce qui s’avère compromis pour celle qui a été dégradée à Tusson.

De son côté, Agnès Baudrillart, la présidente de Bassines Non Merci Aume Couture condamne ce genre d’actions. « Nous sommes contre les destructions de bassines! BNM n’a rien à voir là-dedans. Notre objectif était de ne pas avoir de bassines en plus mais nous n’avons jamais voulu détruire celles existantes. Nous avons eu gain de cause au tribunal puisque la construction de neuf bassines supplémentaires dans l’Aume Couture a été annulée… Mais celle-ci (à Tusson) n’a jamais été illégale alors pourquoi aller l’abîmer? Je suis choquée« .


Bassines : les coups de couteau de trop
Charente Libre, 6 novembre 2023 (extrait)

La Charente est en alerte crues, tant il a plu ces derniers jours, mais, à Tusson, ce n’est pas du ciel qu’est tombée la goutte d’eau de trop : la réserve de substitution détruite il y a deux semaines suscite l’indignation chez une large part du monde agricole.

« Ça nous dévaste, fulmine Christian Daniau, président de la Chambre d’agriculture. On perd une énergie folle qui pourrait être mise au service du développement de nos territoires. » Agnès Baudrillart, présidente de Bassines Non Merci Aume Couture, s’inquiète, elle aussi : « Nous sommes contre le principe des bassines mais nous respectons le fait que certaines existent déjà. Notre lutte porte sur la non-construction de nouvelles réserves. C’est un accident qui tombe mal alors que nous gagnons sur le terrain judiciaire », insiste-t-elle.

L’association syndicale autorisée de l’Aume-Couture, gestionnaire de la réserve, a fait appel à deux entreprises spécialisées pour établir diagnostic et devis. « Les techniciens nous conseillent le remplacement intégral, mais il est possible de réparer. Pour le moment, le coût estimé des dégâts est autour de 500.000 euros ». Des travaux qui, dans le meilleur des cas, ne rendront la réserve de nouveau opérationnelle qu’à l’été prochain.

La réserve de Tusson était en service depuis 2011. C’est la deuxième dégradation en un an en Charente après celle des Gours en mars, vandalisée alors qu’elle était pleine. « C’est la partie haute qui avait été touchée et les réparations avaient pu se faire sans trop de difficulté, rappelle Guillaume Chamouleau. Or, pour celle-ci, à Tusson, la bâche a été lacérée à différents endroits sur toute sa hauteur. C’est beaucoup plus considérable ».

Saint-Bonnet-les-Oules (Loire) : Toujours rien ?! A propos …

Publié le 2023-11-08 06:55:03

[Communiqué paru sur Indymedia Lille le 7 novembre 2023, suite au sabotage d’un poste de transformation de lignes à très haute tension survenu la nuit du 31 au 1er novembre, dont nous avions reproduit ici l’écho paru dans la presse.]


Toujours rien ?!
A propos d’un sabotage de transformateur.

Début novembre, quelques jours après l’attaque, nous apprenions par la presse qu’un des deux bâtiments techniques du site, d’une surface de 400 m2, avait été sérieusement endommagé.Le journal rassurait son lectorat en s’empressant d’ajouter que l’incendie n’avait occasionné aucune panne sur le réseau. Ces allégations nous laissent perplexes. Nous connaissons de longue date la propension des médias à la désinformation. Occultations et falsifications des faits s’égrènent au gré des diktats commerciaux, policiers et politiques. Ces temps-ci, taire ou minimiser la portée des sabotage sur les infrastructures électriques sont en vogue. Nous ne pouvons hélas contredire factuellement leurs versions et rétablir la vérité sur les conséquences de ces actes parcequ’ils nous échappent.

Cette nuit là nous avons placé des dispositifs incendiaires sur les faisceaux de câbles aux pieds des bâtiments techniques, sur une ligne plongeant sous terre et sur un pîlone situé à l’extérieur de l’enceinte dont les câbles passaient de l’aérien au souterrain.

Nous esperions suspendre provisoirement et simultanément les activités industrielles de production de plastique de l’entreprise SNF, les flux aériens de l’aéroport de saint Etienne ainsi que des usines alentours enlaidissant encore cette ignoble plaine.

Pour la prolifération de l’action directe.

Amour et Anarchie

Ton téléphone est un mouchard. L’exemple du mouvement des gilets-jaunes

Publié le 2023-11-08 07:00:03

[Note : la reproduction des deux articles de presse de gôche ci-dessous constitue un complément contre-informatif à l’analyse du rapport annuel de la Commission nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement (CNCTR), qui avait été publiée ici sous le titre Le chiffre du jour : 89 502 mesures d’espionnage préventif.]


En pleine crise des « gilets jaunes », jamais une surveillance aussi massive n’avait été déployée
Le Monde, 10 octobre 2023

Dans « Le Côté obscur de la force », qui paraît chez Flammarion mercredi 11 octobre, le journaliste Vincent Nouzille propose une enquête fouillée sur ce qu’il appelle les « dérives du ministère de l’intérieur et de sa police ». « Le Monde » publie en avant-première des extraits concernant le mouvement social qu’a connu la France en 2018

C’est un secret d’Etat jusque-là bien préservé que nous dévoilons ici : en pleine crise des « gilets jaunes », les services de renseignement français ont mis sur écoute et géolocalisé des milliers de manifestants. Jamais une surveillance aussi massive n’avait été déployée. Jamais autant d’individus en même temps n’avaient été concernés. Jamais de tels moyens techniques n’avaient été combinés pour savoir où des citoyens allaient se rendre, et tenter d’interpeller en amont ceux qui étaient suspectés, à tort ou à raison, de s’apprêter à commettre des violences.

Selon les témoignages de plusieurs responsables de la police et du renseignement, si le cadre légal a été formellement respecté, certaines de ces surveillances ont été décidées et avalisées sur la base de critères flous et dans la précipitation. « C’était la panique au sommet du pouvoir et dans les services, explique une source au ministère de l’intérieur. Le mouvement des “gilets jaunes” se transformait chaque samedi en insurrection. Il fallait sauver la République. Nous avons donc ratissé large (1). »

Au lendemain de la journée du 1er décembre 2018, où la violence est montée d’un cran, notamment à Paris avec le saccage de l’Arc de triomphe et au Puy-en-Velay avec l’incendie de la préfecture, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, et son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez, décident de changer de stratégie. Ils exigent que le dispositif de sécurité soit plus mobile et demandent davantage d’interpellations en amont. Ils souhaitent surtout une surveillance ciblée de toute personne présumée violente. (…)

Les services de renseignement ont déjà dans leurs radars des individus classés à l’ultra­gauche et à l’ultradroite, beaucoup étant « fichés S » (pour « sûreté d’Etat »). En revanche, la plupart des « gilets jaunes » sont inconnus. Dans les premiers temps, les services peinent à repérer des « leaders » d’un mouvement aussi éruptif que peu organisé. (…) Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, s’inquiète des activistes provinciaux que ses équipes ne connaissent pas et qui risquent de « monter » à Paris pour y semer des troubles chaque samedi.

Face aux risques de désordre qui se propagent, les « gilets jaunes » étant insaisissables et se déplaçant sans arrêt, la donne change. « Nous allons maintenant travailler sur cette nouvelle population », glisse, de manière elliptique, Laurent Nuñez à propos des « gilets jaunes », lors d’une audition au Sénat le 4 décembre. Durant la seule journée du 8 décembre 2018, 724 personnes sont placées en garde à vue dans toute la France, souvent avant même qu’elles ne commencent à manifester. Les samedi 15 et 22 décembre, le même dispositif se reproduit. Les différents services ont commencé leur surveillance de certains manifestants considérés comme potentiellement dangereux. Et cela avec l’aval des plus hautes instances, qui ont donné leur feu vert à l’emploi massif des « techniques de renseignement », les « TR » dans le jargon des initiés. (…)

L’emploi des techniques de renseignement ne peut être justifié que pour la défense nationale, la protection des intérêts majeurs du pays, la lutte contre l’espionnage économique et scientifique, la prévention du terrorisme, du crime organisé et de la prolifération d’armes de destruction massive. Mais elles sont aussi autorisées pour la prévention des « atteintes à la forme républicaine des institutions », de la « reconstitution de groupements dissous » ou des « violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ». C’est principalement ce dernier motif – appelé « 5-C » par les spécialistes, et déjà employé lors de l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes au printemps 2018 – qui va être utilisé à grande échelle lors de la crise des « gilets jaunes ».

En décembre 2018, les requêtes de « TR » affluent brutalement (…). Même si les données publiées dans les rapports annuels de la CNCTR [Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement] sont imparfaites, elles donnent un aperçu de cette montée. Les demandes motivées par la « prévention des violences collectives » passent de 6 % de l’ensemble des requêtes en 2017 à 14 % en 2019, ce qui représente une augmentation de 133 % et un cumul de plus de 20 000 demandes en trois ans (2) ! Dans le détail, le compteur des « géoloc », déjà en forte croissance les années précédentes, s’affole, passant de 3 751 demandes en 2017 à 5 191 en 2018, puis à 7 601 en 2019, soit un doublement en deux ans et la plus forte progression des techniques de renseignement. Quant aux écoutes, elles se multiplient aussi sur la même période, passant de 8 758 en 2017 à 12 574 en 2019, soit une croissance de 43 % en deux ans. Globalement, cette surveillance a concerné au moins 2 000 personnes entre fin 2018 et fin 2019. (…)

La pression est telle que le centre d’écoute, basé aux Invalides, doit faire appel à des renforts d’effectifs pour les week-ends. De plus, le nombre de lignes téléphoniques écoutées simultanément a rapidement atteint le maximum autorisé  (3) , ce qui a conduit Matignon à rehausser ce contingent en juin 2019 pour atteindre 3 800 lignes, dont 3 050 réservées au ministère de l’intérieur. Les « grandes oreilles » sont employées à grande échelle.

Au siège de la CNCTR, un bâtiment sécurisé caché au fond d’un jardin de la rue de Babylone, dans le 7e arrondissement, la tension est maximale chaque fin de semaine à partir de décembre 2018. (…) « C’était l’enfer. Tous les services voulaient un feu vert dans la soirée de vendredi. La Commission n’avait pas forcément le temps de vérifier les motivations indiquées dans les centaines de demandes », précise un de ses membres, qui n’a pas eu son mot à dire sur ces décisions.

(…) Beaucoup de manifestants ciblés sont ainsi repérés en direct, dans leurs déplacements en voiture, en train, jusqu’à Paris, ou vers d’autres grandes métropoles où se déroulaient des rassemblements importants. Ignorant qu’ils sont géolocalisés grâce à leur téléphone, certains sont interpellés sur les routes, aux péages, dans les gares ou près des lieux de leur résidence. Seize personnes, présentées par la police comme des « black blocs » ou des « ultrajaunes », seront arrêtées à 12 h 30 le samedi 7 décembre 2019, dans une maison louée avenue du Général-Leclerc, au Bouscat, près de Bordeaux, et les locaux perquisitionnés.

Leur localisation a été rendue possible, affirmeront les enquêteurs, grâce à la découverte faite dans la nuit de tags anti-police peints dans le quartier et sur la foi d’« investigations d’environnement » effectuées le matin même. Mais les détails de ces « investigations d’environnement » ne seront pas versés en procédure, car, selon l’officier de police judiciaire chargé de l’enquête, elles « provenaient d’informations classifiées ». Ce qui correspond à des renseignements de surveillance émanant des services.

La géolocalisation permet également de suivre le parcours des « cibles » durant les manifestations. Les trajets sont visualisés en direct sur des écrans. (…) Chaque cible est alors colorée selon son appartenance présumée : rouge pour des cibles de l’ultragauche, bleu pour l’ultradroite. (…)

D’autres « gilets jaunes » font l’objet d’un traçage en direct hors des manifestations habituelles du samedi. Le dimanche 14 juillet 2019, juste avant le défilé traditionnel des armées sur les Champs-Elysées, les services reçoivent des alertes sur la présence de « gilets jaunes » dans les parages, alors que le périmètre a été interdit à toute manifestation sur ordre du préfet de police. Plus grave : ils soupçonnent une attaque contre le président de la République, Emmanuel Macron. Au vu du risque de « trouble grave à l’ordre public », des surveillances téléphoniques sont aussitôt autorisées, pour quelques jours, sur plusieurs cibles, avant d’être levées faute de menaces avérées. Coïncidence ? Ce jour-là, parmi les près de 200 personnes interpellées dans Paris en marge du défilé, trois leaders connus des « gilets jaunes », Eric Drouet, Maxime Nicolle et Jérôme Rodrigues, sont arrêtés dès le matin aux alentours des Champs-Elysées et placés en garde à vue, avant d’être relâchés dans l’après-midi, une fois les procédures lancées ou classées sans suite. Les techniques de surveillance sont également utilisées de manière intensive pour repérer les manifestants contre le sommet du G7 qui se tient à Biarritz du 24 au 26 août 2019. (…)

La fin du mouvement des « gilets jaunes » en 2020, suivie de la longue crise sanitaire, n’a pas stoppé cette surveillance ciblée. Au contraire. Selon les données de la CNCTR, chargée de filtrer les requêtes des services, les demandes d’écoutes et de poses de balises pour tous types de motifs sont restées stables à un niveau élevé depuis 2020. Celles portant sur des intrusions dans des lieux privés ont fortement augmenté, tout comme celles sur la captation de données informatiques. Quant aux demandes de géolocalisation en temps réel, très prisées lors des manifestations, elles ont continué leur irrésistible ascension, de 7 601 en 2019, jusqu’à 10 901 en 2022, un nouveau record.

Notes de bas de page :
1. Entretiens avec l’auteur. La plupart des sources de ce prologue ont requis l’anonymat, vu le caractère sensible des informations livrées ici. Les dates des entretiens ne sont pas précisées.
2. Nombre des requêtes de TR motivées par les motifs de prévention des violences collectives : 4 226 en 2017 (soit 6 % du total des 70 432 demandes) ; 6 596 en 2018 (soit 9 % des 73 298 demandes) ; 10 296 en 2019 (soit 14 % du total des 73 543 demandes). Source : rapports annuels de la CNCTR.
3. Le contingent d’écoutes était de 3 040 depuis 2017, déjà passé à 3 600 en juin 2018.


Surveillance des citoyens : “On peut se demander si la DGSI
n’est pas trop puissante”

Télérama, 11 octobre 2023

Dans son ouvrage “Le Côté obscur de la force”, le journaliste Vincent Nouzille interroge les méthodes d’espionnage employées par les services de renseignement français.  Et pointe du doigt leur manque de contrôle.

Votre enquête s’ouvre sur l’épisode des Gilets jaunes, qui a fait entrer la France dans un nouveau paradigme de la surveillance. Que s’est-il passé ?

Quand elle éclate fin 2018, cette crise surprend le gouvernement. Même si certains services avaient alerté d’une activité sur les réseaux sociaux dès l’été, le pouvoir est pris de court. Les trois premières manifestations, à partir du 17 novembre, se passent très mal au niveau du maintien de l’ordre, elles sont ponctuées d’incidents graves — on pense notamment au saccage de l’arc de Triomphe —, qui sont perçus comme une menace directe contre l’Elysée.
De retour d’un voyage officiel en Argentine, Emmanuel Macron dit « [qu’il] ne veut plus voir ça » . Christophe Castaner, alors ministre de l’Intérieur, convoque ses chefs de service et acte un changement de paradigme, à la fois sur le maintien de l’ordre (plus d’effectifs), sur le volet judiciaire (davantage d’interpellations) mais aussi, de manière secrète sur la surveillance. Jusque-là, chaque service — renseignement territorial, DGSI, préfecture de police, gendarmerie — gère ses affaires. Ils connaissent bien l’extrême gauche et l’extrême droite, pas du tout les Gilets jaunes. Dès lors, la consigne est donnée d’identifier les leaders, mouvants, et de les serrer de près. Il y a d’abord quelques réticences, notamment au sein du renseignement territorial, qui ne veut pas revenir dans le champ de la surveillance politique, abandonnée en 2008 au moment de la disparition des Renseignements généraux (RG). Castaner me confie qu’il est obligé de taper du poing sur la table mi-décembre, et dès la fin du mois, on note une très nette augmentation des demandes.

Comment une telle espionnite a-t-elle pu être mise en œuvre ?

La loi renseignement de juillet 2015 est venue donner de nouveaux outils et un cadre légal aux services pour employer toute la palette des techniques de renseignement : écoutes, accès à des données de connexion, intrusion, pose de balises, géolocalisation en temps réel. Ces « TR », comme on les appelle dans le jargon, visent d’abord le terrorisme, mais après les manifestations contre la loi travail en 2016 ou la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, l’emploi de ces techniques a été de plus en plus fréquent.
Les écoutes traditionnelles, ou interceptions de sécurité, augmentent très fortement en 2018 et les autres ont, quant à elles, littéralement explosé. Situé sous les Invalides, le Groupement interministériel de contrôle pouvait par exemple voir sur des écrans la position des téléphones suivis, visualisés avec des points de couleur en fonction de leur appartenance politique présumée. Imaginez : on est passé de 1 040 demandes de géolocalisation en 2015 à 7 600 en 2019, pour atteindre les 11 000 aujourd’hui.

Un de vos interlocuteurs au ministère de l’Intérieur vous dit que les services ont pris goût à ces nouveaux moyens très intrusifs, et qu’ils « ne peuvent plus s’en passer » . Faut-il craindre qu’ils soient utilisés contre d’autres cibles, les mouvements écologistes par exemple ?

Ce qui est le plus inquiétant, c’est l’extension du déploiement d’outils de surveillance dans le cadre de procédures administratives, sans contrôle d’un juge judiciaire. Certes, la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), l’autorité indépendante chargée de valider les demandes des services [présidée par l’ancien secrétaire général du gouvernement Serge Lasvignes, ndlr], a un peu resserré les boulons, et s’est même émue du risque de surveillance des activités militantes dans son dernier rapport d’activité . Mais elle n’a bloqué que 300 demandes pour 10 000 validations – 3 % de refus, ça reste marginal.
Il faut aussi relever une évolution importante : cette année, les critères de surveillance ont été modifiés par la CNCTR. Désormais, cette possible surveillance ne vise plus seulement les individus soupçonnés de violences contre les personnes, mais également qui pourraient menacer des biens, c’est-à-dire pouvant conduire à des dégradations importantes ou à des sabotages. Cela fait suite à la première manifestation contre les méga-bassines à Sainte-Soline fin octobre 2022, puis à l’intrusion dans la cimenterie Lafarge de Bouc-Bel-Air en décembre. Les services de renseignement, qui ont beaucoup poussé pour cette modification de doctrine, tout comme le cabinet du ministre, sont ravis que la Commission ait accédé à leurs demandes. Ça change beaucoup de choses : selon mes informations, au moment de l’action d’ Extinction Rébellion et d’Attac à l’aéroport du Bourget en septembre dernier, la commission avait refusé d’accéder aux demandes des services, et la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) avait dû se contenter de filatures et de planques. Ces règles ont changé : c’est désormais possible.

Est-ce qu’il y a une faillite du contrôle ?

Il y a un cadre légal et des outils de contrôle. Ces outils sont-ils à la hauteur ? Non. Bénéficient-ils de moyens humains et financiers suffisants ? Probablement pas. Le fait que la Commission avalise la quasi-totalité des demandes des services peut, au choix, être interprété comme une marque de confiance ou le signe qu’elle laisse tout passer. Les services ont tout pouvoir, jouissent d’un attirail technique impressionnant. Et si la CNCTR souligne — plutôt à raison — sa vigilance, elle avoue qu’elle n’a pas réellement accès à toutes les données collectées. Quand ses membres se rendent au siège de la DGSI à Levallois, ils ont trois heures pour examiner des téraoctets de données. Lors des débats autour de la dernière loi de programmation militaire, en juillet, la commission a tenté de négocier un accès direct et immédiat à ces données : au dernier moment, l’amendement a sauté en commission mixte paritaire. Il est pourtant urgent de renforcer les outils de contrôle, y compris au niveau du Parlement.

Est-ce à dire que la DGSI est trop puissante ?

On peut se poser la question. Elle est considérée comme un outil formidablement efficace pour lutter contre le terrorisme, ses moyens humains et techniques sont redoutables, mais ils peuvent être dévoyés. Il y a eu ces dernières années une surenchère technologique qui n’a pas été accompagnée par des contre-pouvoirs, et il existe donc un risque que le service se transforme en boîte noire. La France a quand même été à deux doigts d’acheter le logiciel espion Pegasus , finalement écarté par Emmanuel Macron pour des questions de souveraineté nationale. Ce mirage techno-sécuritaire, les services savent très bien l’agiter devant les responsables politiques en promettant des résultats.

Cette évolution est-elle également liée à l’organisation du ministère, sa bunkérisation ?

Chacune des grandes directions est très compartimentée et gère ses affaires comme elle l’entend. Ça a enkysté le ministère et facilité une gestion très autonome, d’autant plus que les ministres — hormis Darmanin qui vient de fêter ses trois ans au poste — ne durent pas. Sur la question des « subversions violentes », il y a bien eu une tentative de coopération, des réunions interservices pilotées par le renseignement territorial. C’est là que le mélange s’opère : puisqu’on a mis à la table des discussions les services en charge de l’antiterrorisme, ils plaquent leur grille de lecture. L’expression d’ « écoterrorisme » utilisée par Gérald Darmanin ne doit à ce titre rien au hasard. Mais le plus ahurissant, c’est d’entendre Didier Lallement, le préfet à poigne, symbole de l’ordre, critiquer ouvertement lors d’un entretien « un ministère de la sécurité d’État » dérivant vers un modèle autoritaire…

Athènes (Grèce) : Attaque incendiaire au domicile du député d’extrême droite Yannis Dimitrokalis

Publié le 2023-11-08 07:10:06

Abolition Media / dimanche 5 novembre 2023

Aux premières heures du 28 octobre, les Cellules d’action directe ont mené une attaque incendiaire au domicile du député de l’Attique orientale, membre des Spartiates [un parti politique d’extrême droite, fondé en 2017 ; note d’Abolition Media], Yannis Dimitrokalis, dans le secteur d’Ilizia.

Cette date n’a pas été choisie au hasard. L’époque de la résistance aux occupants nazis et à leurs collaborateurs locaux, les sacrifices, les souffrances, la lourde tâche et les luttes de milliers de combattant.es, pendant la période 1940-1949, est un héritage politique que nous défendons activement contre toute sorte de révisionnistes et de falsificateurs de l’histoire. Les ancêtres politiques de Dimitrokalis, de Kassidiáris [Ilías Kassidiáris, politicien d’extrême droite et l’un des anciens dirigeants d’Aube Dorée, encore politiquement actif malgré le fait qu’il soit en prison depuis 2021 ; NdAM.] et de son groupe sont ceux qui ont livré aux envahisseurs nazis allemands les milliers de communistes qui étaient emprisonné.es et qui demandaient en vain d’être relâché.es pour les combattre. Ils sont ceux qui ont mis une cagoule et sont devenus des informateurs. Ils sont ceux qui ont fait du marché noir et condamné à la faim et à la misère des centaines de milliers de personnes. Ils sont ceux qui sont devenus hitlériens et national-socialistes, qui ont juré allégeance au Troisième Reich et qui ont combattu du côté des Allemands et ensuite des impérialistes anglais. Que tous ces patriotes avides sachent donc que l’histoire se rappelle des ancêtres politiques de Kassidiáris et de ses adeptes : les complices de ceux qui, avec leurs bottes fascistes, ont marché sur les têtes des combattant.es qui ont donné leur sang pour leur pays.

Avec notre attaque, peu avant l’anniversaire de l’exécution de deux néonazis par le groupe « Forces révolutionnaires du peuple militant »*, à Néo Héraklion, nous voulons envoyer un message d’antifascisme militant, en prenant pour cible un membre de celui qui, à l’heure actuelle, est le plus important parti d’extrême droite en Grèce. Le 1er novembre est un moment de ralliement pour les fascistes, au niveau européen. Pour nous, le 1er novembre symbolise la dynamique politique de l’action armée, sa signification historique, sa nécessité intemporelle. Il symbolise le jour où la victimisation constante de la gauche et de certaines parties du milieu anarchiste a été brisée de manière assourdissante. N’oublions pas que des nombreuses forces politiques qui aujourd’hui s’empressent de participer aux rassemblements antifascistes étaient de ceux qui, face à la peur des fascistes et de la répression, condamnaient cette action et parlaient d’agents provocateurs et de réactionnaires.

Au fond, les Spartiates appartiennent à Ilías Kassidiáris, qui a réussi à rallier le plus grand partie de l’extrême droite grecque. En se vendant, de derrière les barreaux, avec une image anti-système, il a réussi à reconnaître une réalité objective. Dans les sociétés capitalistes dites occidentales, il y a une tendance de l’électorat à regarder avec intérêt aux évolutions de la droite du spectre politique. Dans toute l’Europe, l’ainsi-dite « alt-right en costard-cravate » est représentée par des partis puissant, qui profitent du glissement du courant populaire de droite vers le centre-droite, mais aussi de l’intégration politique de la gauche, dans une première phase, et ensuite du mouvement anarchiste, en tant qu’ailes « radicales » du camp libéral. Le recul, à travers toute l’Europe, de la plupart des secteurs les plus combatifs de la gauche radicale et de l’anarchisme a crée un vide politique que l’on retrouve également dans la « lutte dans la rue » et qui est exploité par le bloc fasciste, qui offre une présence dans les rues et une perspective anti-système, même si vague et confuse dans son essence. Mais des personnes dégoûtées par le système politique et des jeunes qui métabolisent leur besoin d’antagonisme en participant à des rassemblements fascistes se tournent vers celui-ci.

Kassidiáris a habilement anticipé toute cette situation et l’a exploitée au maximum. L’émergence des Spartiates en tant que plus grand parti de l’extrême droite grecque actuelle est un exemple typique de la réalité sociale et politique fluide des sociétés modernes. Un parti inconnu de tout le monde encore 20 jours avant le second tour des élections, en juin, a réussi a devenir ce qu’il est aujourd’hui, rien qu’avec le soutien, depuis sa prison, de Kassidiáris, l’avant-garde de l’extrême droite en Grèce.

Bien sûr, on a clairement vu de quelle façon toutes ces personnes, de Kassidiáris à Dimitrokalis, au dirigeant du parti, Stigkas, sont anti-système : dans la seule bataille qu’ils ont mené depuis leur apparition dans le paysage politique de ce pays – le combat sempiternel que mène toujours la racaille d’extrême droite, c’est-à-dire rien d’autre que le combat pour leurs propres intérêts et pour l’argent. Historiquement, ils ont prouvé que derrière chaque crime qu’ils commettent il y a toujours la poursuite du gain financier. Ils le recherchent comme une mouche cherche la merde. Cette fois, il y a eu une guerre interne à leur parti pour les financements parlementaires. Celui qui contrôlait le parti contrôlait l’argent. Ils nous ont fait rire, avec des accusations mutuelles d’être des mafieux, avec les accusations de Stigkas, qui disait avoir été menacé et s’être fait confisquer son parti, mais surtout avec le dernier (pour l’instant) acte de ce drame, leur entêtement dans la poursuite de leur objectif commun : ne pas perdre leurs financements.

Les rires et la sensation passagère d’être en train de regarder une comédie se sont effacés. Ces ordures obéissent, d’une manière ou d’une autre, à un personnage politique qui a une trajectoire à laquelle il faut mettre un frein. Le même frein qui a été mis le 1er novembre, à Néo Héraklion, avec l’exécution de Fountoulis et Kapelonis ; le même frein que, historiquement, le mouvement antifasciste militant a toujours mis, en envoyant des fascistes à l’hôpital, en mettant le feu à leurs véhicules et maisons et en les écrasant, en masse, dans les rues. Le cirque des Spartiates a été soutenu aux élections par plus de 240 000 voix et, même si leurs luttes intestines pour l’argent du gouvernement ont pu paraître ridicules, il reste la force la plus puissant de l’extrême droite, ainsi qu’un aimant pour encore plus de gens qui sont attirés par le camp fasciste.

Notre engin chez Dimitrokalis n’est qu’un premier message, pour célébrer l’anniversaire du 1er novembre. Rappelons à toutes ces ordures que les organisations révolutionnaires armées ont mis une pierre tombale sur les bataillons d’assaut du passé. Pour envoyer un message aux nôtres : seulement une lutte radicale peut nous faire redevenir une vraie menace, de façon à faire face à la menace fasciste grandissante, que ce soit sur le plan de la société ou dans la rue. Pour montrer clairement aux fascistes ce qui les attends, chaque fois qu’ils pensent pouvoir sortir, avec ou sans escorte européenne. Seuls les groupes militants du mouvement antifasciste les feront ramper, le 1er novembre et pendant longtemps encore, comme bon nombre de leurs « camarades de lutte » ont rampé quand ils ont fait en première personne l’expérience de l’impact de l’action antifasciste.

SOLIDARITÉ AVEC TOU.TES LES PRISONNIER.ES POLITIQUES ANTIFASCISTES, EN HONGRIE, EN ALLEMAGNE, EN BULGARIE ET AUX ÉTATS-UNIS.

QUE LA PEUR CHANGE DE CAMP.

SEULE LA LUTTE RADICALE MILITANTE ÉCRASERA LE FASCISME.

Cellules d’action directe

 

* Note d’Attaque : le 1er novembre 2013, deux personnes sont arrivées à moto devant le local du parti d’extrême droite Aube Dorée, à Néo Héraklion, dans l’agglomération d’Athènes, et ont tiré sur les néonazis qui se trouvaient devant la porte. Deux sont morts et un troisième a été grièvement blessé. Deux semaines plus tard, l’attaque a été revendiquée par le groupe « Forces révolutionnaires du peuple militant », comme forme de représailles pour le meurtre de Pavlos Fyssas, poignardé le 18 septembre précédent par un membre d’Aube Dorée.

Tijuana (Mexique) : Rencontre internationale des pratiques anarchistes et anti-autoritaires contre les frontières

Publié le 2023-11-08 07:15:05

ENINPAACF / s.d.

Depuis le territoire occupé par l’État mexicain, nous lançons un appel pour la première Rencontre internationale des pratiques anarchistes et anti-autoritaires contre les frontières, à Tijuana, Mexique, qui se tiendra les jours 25, 26 et 27 janvier 2024, avec pour seuls buts l’agitation, la solidarité, l’autogestion de la rage anarchiste et anti-autoritaire contre les frontières physiques, mentales et affectives. En conséquence de l’héritage noir anarchiste et contestataire, nous n’avons jamais attendu qu’une rupture puisse arriver de la masse des citoyens ou du spectacle politique des élections, nous ne sommes pas non plus dans l’attente de l’apparition d’un quelconque sujet révolutionnaire, qui viendrait réaliser une quelconque révolution ou conscientiser les maîtres et les laquais.

Conforment à cela, nous invitons et faisons appel à toutes les individualités et les collectifs, les projets éditoriaux, audiovisuels, de contre-information, anti-carcéraux et qui orientent leur travail quotidien sur le long du chemin épineux, anarchiste et anti-autoritaire, en attaquant et en blessant le pouvoir, pour qu’ils/elles nous envoient leurs propositions, qu’il s’agisse d’ateliers, de discussions, de présentations de livres, de tracts, de courts-métrages, de documentaires, de projets musicaux, théâtrales ou artistiques, qui se projettent à partir d’un rapport d’horizontalité, d’autogestions, en solidarité et de manière offensive contre le pouvoir et ses sbires.

Vous pouvez envoyer vos propositions à l’adresse :
encuentroanarquico@riseup.net
Au fur et à mesure que les activités seront confirmées, on mettra à jour la programmation.

*****

Collecte de fonds pour la première Rencontre internationale des pratiques anarchistes et anti-autoritaires contre les frontières, à Tijuana, Mexique

reçu par mail / mardi 7 novembre 2023

À la solidarité noire anarchiste : nous avons décidé d’ouvrir un appel à dons sur une plateforme internet, pour pouvoir collecter des fonds pour la première Rencontre internationale des pratiques anarchistes et anti-autoritaires contre les frontières, qui aura lieu le 25, 26 et 27 janvier 2024. L’argent collecté sera utilisé pour acheter un projecteur, des amplis, une imprimante et du matériel pour imprimer des affiches, ainsi que pour payer des dépenses liées à la réalisation de la rencontre. Nous vous serions très reconnaissant.es pour toute contribution à la réalisation de la rencontre.
https://www.firefund.net/fenipraancof2024
Solidarité anarchiste internationaliste dans l’offensive !

Pour plus d’informations ou pour toutes propositions :
encuentroanarquico@riseup.net
https://eninpaacf.noblogs.org/

Montreuil (93): expulsion du squat du 86 rue de la Fédération

Publié le 2023-11-09 07:20:03

Montreuil (93): expulsion du squat du 86 rue de la Fédération

Ce matin [mardi 7 novembre 2023], les flics aidés des pompiers ont procédé à l’expulsion du bâtiment occupé depuis six jours au 86 rue de la Fédération à Montreuil. Douze personnes ont été interpellées.

Ces derniers temps, les expulsions se succèdent. Ne les laissons pas faire sans réagir, rendez-vous [aujourd’hui, mardi 7 novembre] à 18h à l’entrée de la rue piétonne, à Croix-de-Chavaux !

Vivent les squats, crève la propriété !

Soleil noir n°6, bulletin apériodique anarchiste – octobre 2023

Publié le 2023-11-10 00:50:04

[Reçu par mail, 30 octobre 2023]

Cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf

Ci-joint le dernier numéro de Soleil Noir (n°6), bulletin anarchiste. Vous y trouverez un dossier fourni qui revient sur le mouvement des retraites, un autre sur la révolte suite à la mort de Nahel, et encore un autre sur les soulèvements de la terre. Enfin, une courte biographie du guérillero anarchiste Juan Busquets, un texte contre les JO, des nouvelles du fauteuil de Boris et des textes sur des sabotages de bornes électriques, sans oublier les fragments de révoltes et de la poésie, encore et toujours.

Nous invitons celles et ceux qui le souhaitent à photocopier et diffuser le bulletin. Des exemplaires papiers se trouvent d’ores et déjà en diffusion au local Apache (35 bvd Poincaré CAEN).

Vive l’anarchie !

Mont-de-Marsan (Landes) : gare aux flics en civil dans les tribunaux…

Publié le 2023-11-10 00:55:04

Mont-de-Marsan : sept gilets jaunes condamnés pour avoir tenté d’incendier l’Urssaf et la direction des impôts
France Bleu, 6 novembre 2023

Les faits remontent au 4 février 2019, avec à chaque fois le même mode opératoire : des pneus ont été incendiés à l’entrée des bâtiments de la direction départementale des finances publiques et de l’Urssaf. L’Urssaf avait d’ailleurs été particulièrement touchée, avec une porte d’entrée et un sas détruits, et des bureaux rendus inutilisables par la fumée, soit plusieurs centaines de milliers d’euros de dégâts [et plus précisément 390 000 euros de dégâts et quatre jours de fermeture].

Si les enquêteurs sont parvenus à remonter jusqu’à ces sept personnes, c’est notamment grâce à une conversation qu’ils ont surpris le lendemain des faits. En effet, le 5 février 2019, un autre sympathisant du mouvement des gilets jaunes est jugé par le tribunal de Mont-de-Marsan. Cet homme est accusé d’avoir participé à une action coup de poing qui a eu lieu un mois plus tôt devant la préfecture des Landes. Une manifestation non déclarée qui avait failli dégénérer.

Des gilets jaunes font donc le déplacement au tribunal pour soutenir cet homme. Ils s’installent dans le public, discutent. Ils finissent par parler de ce qu’ils ont fait la veille et de ces deux tentatives d’incendie, sans savoir que les personnes assises juste derrière eux sont en fait des policiers en civil, qui ne perdent pas une miette de la conversation. L’enquête fera ensuite le reste.

Parmi les sept prévenus, proches du mouvement des gilets jaunes et âgées de 24 à 50 ans, qui étaient jugées ce mardi 7 novembre par le tribunal de Mont-de-Marsan, deux ont déjà fait de la prison. Un huitième suspect, mineur au moment des faits, doit être jugé plus tard par le tribunal pour enfants.
Les deux personnes considérées comme les meneurs, un homme et une femme, sont condamnés à deux ans de prison, dont un an ferme. L’homme bénéficie d’un aménagement de peine sous bracelet électronique à domicile. Elle, absente au procès, ne présente pas les garanties nécessaires. Quatre autres écopent de 10 mois de prison avec sursis. Et le dernier, qui avait déjà un casier judiciaire, est condamné à six mois de prison fermes, aménagés sous un bracelet électronique.

Cinq d’entre eux doivent par ailleurs verser solidairement 87.000 euros à l’Urssaf, ce qui correspond à la somme qui n’a pas été prise en charge par l’assurance.


Téléphones prépayés, filature et cagoule
(extrait de Ouest France, 7 novembre)

Derrière ces incendies, des hommes et des femmes, âgés de 24 à 50 ans. Des gilets jaunes qui, cette nuit-là, basculent du mouvement pacifique dans une tout autre dimension. Des coups de fil sont passés à partir d’un téléphone prépayé pour trouver des forces vives. Une équipe est engagée pour surveiller les policiers montois et rendre compte de leur déplacement. Un appel est passé au commissariat pour les envoyer sur une fausse piste, à la gare, et avoir le champ libre.

Pendant ce temps, deux voitures partent faire le plein de pneus. Puis, direction l’Hôtel des impôts et l’Urssaf. Certains éteignent leur portable et chacun prend soin de dissimuler son visage avec son écharpe ou une cagoule. Pyramide de pneus aspergée d’essence, mise à feu, et tout le monde part. Rapide. Net.

Plus tard, les participants font une photo de repas dans la cabane des gilets jaunes. Sa publication sur les réseaux sociaux sert d’alibi. Évidemment, le téléphone prépayé qui fait le lien entre tous, cette nuit-là, est « malencontreusement perdu ».

Quatre avocats plaident une relaxe. Parmi eux, Me Anthony Sutter : « Dans ce dossier, en définitive, il n’y a pas de géolocalisation, pas d’ADN, uniquement des déclarations [soit des balances réciproques en garde-à-vue], dénonce-t-il. Chacun les utilise les uns contre les autres. Juridiquement, rien ne permet de savoir quand le juge d’instruction ou le ministère public estime que l’action de la dégradation commence. » Alors comment condamner ?

L’enquête

Peu d’indices. Pas de caméra de surveillance. Pas de témoin. Mais un facteur chance. Le lendemain de cette opération, se tient à Mont-de-Marsan le procès d’une tête pensante des gilets jaunes pour tentative d’intrusion dans la préfecture. Dans le public, des soutiens. Certains parlent de l’incendie de la veille. Ils ignorent que des policiers, dans l’assistance, ne loupent pas une miette de leurs confidences. « Très rapidement, cela entraîne l’ouverture d’une information judiciaire, détaille Olivier Janson, le procureur de la République. Cela permet de vérifier si ces rumeurs avaient un fond de vérité. » Les surveillances physiques et techniques sont mises en place. Sur les réseaux sociaux, une photo de la fine équipe intitulée « Repas en famille » permet de fixer les protagonistes. S’en suivent une série d’interpellations et de gardes à vue.

Leipzig (Allemagne) : le serrurier des flics à coups de marteau

Publié le 2023-11-10 01:00:03

Un collabo des flics attaqué à Leipzig-est
Traduit de l’allemand de de.indymedia, 2 novembre 2023

Là où une porte s’ouvre, une autre se ferme : Dans la nuit du 1er au 2 novembre, des antifascistEs ont attaqué le serrurier« LSS Leipzig » dans le quartier de Reudnitz (Leipzig).

Depuis longtemps, cette entreprise située sur la Täubchenweg participe régulièrement aux perquisitions du service Soko Linx [chargé du « milieu extrémiste de gauche »] de la police judiciaire de Saxe, en forçant régulièrement la porte des appartements de camaradEs. Elle apporte ainsi une contribution importante à l’intimidation et à la criminalisation des antifas par la police et la justice.

Cette collaboration a reçu une riposte à coups de marteau et de peinture, afin que cette entreprise de serrurerie puisse à l’avenir balayer devant sa propre porte. Ce ne sont pas seulement la façade et les fenêtres de son siège qui ont été endommagées, mais aussi l’un des véhicules de l’entreprise qui, s’il pouvait encore rouler, aurait beaucoup de courants d’air.

Cela ne s’arrêtera pas là, si Leipziger Schlüssel-Schloss-Service (LSS, service de clés et de serrures de Leipzig) continue à forcer les portes des antifascistEs. Ni vous ni les flics n’ont rien à faire dans nos appartements !

Service de vitriers autonome

Santiago (Chili) : Fin du procès et déclarations de Francisco Solar et Mónica Caballero

Publié le 2023-11-10 09:30:02

La Nemesi / mercredi 8 novembre 2023

Au cours de cette dernière semaine, il y a eu les  audiences finales du procès en première instance contre les compagnons anarchistes Mónica Caballero et Francisco Solar, arrêtés le 24 juillet 2020 et accusés (Francisco seulement) de l’envoi des colis piégés au 54ème commissariat des Carabineros et à Rodrigo Hinzpeter, ancien ministre de l’Intérieur et de la Défense ainsi que dirigeant du groupe Quiñenco (25 juillet 2019), et, tous les deux, de la double attaque explosive dans l’immeuble de l’agence immobilière Tánica (27 février 2020), situé dans le quartier bourgeois de Vitacura (dans la région métropolitaine de Santiago), dans le contexte de la révolte généralisée qui a embrasé le Chili à partir d’octobre 2019. L’action contre le 54ème commissariat et contre Hinzpeter a été revendiquée par Cómplices Sediciosos / Fracción por la Venganza (Complices séditieux / Fraction pour la Vengeance), celle du bâtiment Tánica par Afinidades Armadas en Revuelta (Affinités armées en révolte).

En décembre 2022, Francisco a revendiqué, seul, la responsabilité des deux actions, en réaffirmant leurs motivations, le choix des objectifs et leur signification révolutionnaire.
Le 10 août 2022, après une série de prolongations du délai des enquêtes, les audiences préliminaires sont terminées et le parquet a fait connaître ses requêtes de condamnations : 30 ans de prison pour Mónica et 129 ans pour Francisco (selon le système judiciaire de l’État chilien, le parquet exprime ses requêtes avant la phase des débats contradictoires, appelée juicio oral). Le 18 juillet dernier, après un renvoi, le procès a donc commencé, mais les compagnons ont été présents seulement lors des premières et des dernières audiences, assistant aux autres en visioconférence. Lors de l’audience du 18 juillet, le procureur a changé ses requêtes initiales, en déclarant que le parquet souhaiterait imposer une peine comprise entre 20 et 25 ans à Mónica et une de 150 ans à Francisco. Pendant l’audience du 19 juillet, Francisco a réaffirmé son assomption de responsabilité pour toutes les actions.
L’arrestation et les audiences contre les compagnons ont été constamment suivies par les médias chiliens, étant donné l’importance du procès, qui vise à donner un avertissement aux anarchistes et aux formes de guérilla qui se sont développées au sein de la société chilienne, notamment ces dernières années, à partir de la révolte généralisée de 2019-2020. Pour chaque audience du procès il a eu une mobilisation solidaire, avec des activités d’agitation et de propagande, des émissions sur des radios solidaires, des initiatives dans la rue et des débats, la publication d’un journal à numéro unique (Complicidad y sedición [ici en anglais ; NdAtt.]).
Nous reproduisons ci-dessous la nouvelle du verdict et les déclarations finales des compagnons, présents dans la salle pendant l’audience du 6 novembre (il s’agit de transcriptions : il n’y a pas de version écrite, du coup la ponctuation a été définie par le traducteur [en langue italienne, d’où nous traduisons à notre tour ; NdAtt.]).

 

Le verdict contre les compagnons anarchistes Mónica Caballero et Francisco Solar

Hier, le 7 novembre 2023, pendant qu’à l’extérieur se tenait un rassemblement solidaire, la cour – après quatre mois de procès – a émis le verdict contre les compagnons Mónica et Francisco.

Francisco a été déclaré coupable d’être l’auteur de :
– deux envois d’engins explosifs (au 54ème commissariat des Carabineros et à Hinzpeter) ;
– une tentative d’homicide, sur des Carabineros ;
– un délit de blessures graves, sur un agent des Carabineros ;
– un délit de blessures ;
– cinq délits de blessures légères ;
– une dégradation (54ème commissariat) ;
– une tentative d’homicide, sur Hinzpeter ;
– deux délits de collocation d’engin explosif (bâtiment Tánica).
Il a été acquitté de l’accusation d’usurpation d’identité.

Mónica a été condamnée en tant que complice pour deux délits de collocation d’engin explosif (bâtiment Tánica), tandis qu’elle a été acquittée de l’accusation de possession de marijuana.

Pour résumer, la cour a répondu favorablement à presque toutes les requêtes du parquet, sauf, dans le cas de Francisco, en ce qui concerne une des accusations pour tentative d’homicide (qui a été transformée en blessures) et pour l’accusation d’usurpation d’identité (pour laquelle il a été acquitté) ; dans le cas de la compagnonne Mónica, le tribunal a modifié sa position, d’« auteur » des faits à « complice » et a rejeté certaines circonstances aggravantes demandées par les enquêteurs.
La cour devrait émettre la sentence définitive, avec le nombre d’années de prison qui pèseront sur chacun des deux, le 7 décembre.

Nous saluons les cœurs noirs qui se chargent de la tâche de frapper les puissants.
Amour et anarchie pour Mónica et Francisco.

 

Déclaration de Francisco Solar Domínguez

Bonjour,
Les actions dont j’ai déjà assumé la responsabilité, que j’ai revendiqué politiquement et pour lesquelles je serai condamné font toutes partie d’une longue tradition historique, notamment anarchiste, qui se charge, en première personne et sans la nécessité d’intermédiaires, de rendre les coups des puissants et des répresseurs ; car si quelqu’un pensait que leurs politiques de terreur, fondées sur des impositions et des restrictions de toute sorte ainsi que sur des vagues répressives lors desquelles, souvent, ils piétinent même leur propre légalité (que si souvent ils disent défendre et respecter), seraient passées inaperçues et n’auraient pas suscité des réponses, il se trompait lourdement.
Nous sommes nombreux à savoir attendre le moment opportun pour agir, à concevoir la mémoire non pas comme un coffre où ranger des souvenirs à contempler et des plaintes, mais plutôt comme un moteur qui donne de l’impulsion à l’action vengeresse, partie de notre pratique politique permanente, qui se nourrit de notre histoire, avec nos succès et nos défaites.
Et c’est cet exercice de mémoire qui a nourri les actions individuelles que j’ai réalisé en 2019 et en 2020 ; des actions individuelles qui n’avaient besoin ni d’un consensus ni d’un accord collectif, mais qui ont été le résultat d’une analyse, d’une décision et d’une volonté personnelles ; des actions qui, pour d’autres, ont été partie de la guérilla urbaine anarchiste et l’ont indubitablement renforcée ; une guérilla qui ne disparaît pas, malgré les continuels coups répressifs, en démontrant par les faits la praticabilité et l’efficacité des relations informelles orientées vers l’action révolutionnaire. En démontrant, par ailleurs, que pour réaliser des actions incisives il n’y a pas besoin d’une grande structure organisationnelle.
En ce sens, il est important de faire remarquer que les grandes organisations rigides et stables deviennent rapidement leur propre finalité, c’est-à-dire qu’elles s’organisent seulement pour renforcer l’organisation elle-même, contrairement aux organisations informelles, qui fondent leur relations sur l’attaque, ce qui leur confère ce dynamisme qui prévient le raidissement et la comparution de logiques bureaucratiques.
Les actions, en plus d’être des coups contre des représentant ou des symboles du pouvoir et en plus de démontrer que ces attaques sont possibles, sont un moyen de diffusion d’idées et de messages, des messages de rébellion et de liberté qui seront reçus et mis en œuvre par quiconque le désire. Des messages qui ne constituent un véritable danger pour l’ordre imposé que s’ils sont liés à ces actions.
Et je parle d’ordre imposé – une imposition qui, soit dit en passant, constitue le fondement des États modernes – parce que dans cette société il n’existe pas de contrat social par lequel les individus auraient délégué leur liberté à l’État en échange de liberté et de sécurité, mais, au contraire, l’État se fonde sur la spoliation, au cours de l’histoire, des libertés des individus, en les soumettant et en leur imposant des limites dans des aspects de plus en plus nombreux de leurs vies, ce qui renforce et perpétue la domination étatique. L’État n’est plus seulement une institution, mais on le retrouve dans chacune de nos relations, ce qui rend encore plus complexe et étendue la domination étatique ; par conséquent, les actions contre l’État ne sont pas seulement justifiées, mais aussi absolument nécessaires. Et certes – comme monsieur le Procureur l’a dit lui aussi dans la réquisition finale – « qu’on leur donne la parole ! », mais une parole qui soit inséparable de l’action révolutionnaire, parce qu’une parole qui prétende construire des nouvelles relations, exemptes de toute autorité, doit nécessairement aller de pair avec l’action révolutionnaire.
On ne peut pas nier la croissance et la prolifération des groupes anarchistes, ces derniers temps, ce qui a comporté le fait que des discours et des pratiques anti-autoritaires sont présents dans la majorité des mobilisations et des révoltes actuelles. Si l’on voit l’anarchie comme une tension plutôt que comme un point d’arrivée et si on la conçoit comme une lutte permanente contre toute expression de l’autorité, plutôt que comme une société parfaite ou un paradis sur terre, comme beaucoup de monde suggère, l’on comprend que ces actions individuelles violentes sont une partie incontournable de ce parcours de libération. Je veux faire comprendre très clairement que, le long de ce parcours, des actions comme celles-ci ne sont pas les premières et ne seront pas les dernières, mais, comme je l’ai déjà dit, elles font partie d’un continuum historique qui ne disparaîtra pas ; malgré le fait qu’on nous condamne à des dizaines d’années de prison, et même s’ils nous tuaient, il y aurait toujours des individus et des groupes d’individus qui sont disposés à riposter à la brutalité de l’État et du capitalisme : cela est inévitable.
Pour finir, je veux saisir cette occasion pour envoyer une salutation complice aux prisonniers et prisonnières anarchistes et subversifs qui luttent dans les prisons de ce pays.
Vive l’anarchie !

[6 novembre 2023]

 

Déclaration de Mónica Caballero Sepúlveda

Je vais essayer d’être assez rapide, étant donné que j’avais décidé de ne pas prendre la parole en cette occasion ; je considère cependant qu’il est nécessaire de clarifier une série de questions assez spécifiques, par rapport à certaines affirmations, notamment du Procureur.
Du coup j’ai décidé de faire une déclaration finale dans ce procès, qui vise à être une punition exemplaire, parce que je ne peux pas laisser passer l’opportunité de défendre et de clarifier une série d’aspects qui ont affaire aux idées et aux pratiques que j’ai défendu et adopté dans la pratique au cours des derniers 20 ans de ma vie.
Monsieur le Procureur a demandé à mon coïnculpé si je suis anarchiste. Oui, bien sûr je suis anarchiste, mais qu’est-ce que cela signifie ? En disant anarchisme, je fais référence à un ensemble d’idées et de pratiques qui, encadrées par des principes qui sont par exemple l’entraide, la solidarité, l’autogestion, construisent des idées et des pratiques s’inscrivant dans la destruction et dans la construction ; qu’est-ce que je veux dire par cela ? La construction de ce qui est…
Quand je fais référence à l’anarchisme, j’entends cet ensemble d’idées et de pratiques qui, sur la base de principes comme l’entraide, la solidarité et l’autogestion, construisent les conditions pour que tous et toutes se développent de manière intégrale ; néanmoins ces conditions visent en même temps la destruction de toute forme de domination. Qu’est-ce que j’entends par « toute forme de domination » ? Ces formes de domination qui sont par exemple l’actuel système d’oppression économique, c’est-à-dire le capitalisme, et aussi l’hégémonie du pouvoir politique, c’est-à-dire l’État actuel.
Au sein de ces pratiques, nous, les anarchistes, avons un large choix, comme disait correctement le Procureur. Parmi les pratiques anarchistes il y a la violence, mais elle n’est pas l’apanage uniquement de l’anarchisme et en même temps l’anarchisme n’envisage pas la violence comme sa seule expression pratique ; et oui, il y a des compagnons qui ont placé des engins ou qui ont envoyé de engins explosifs, mais j’insiste : cette pratique de violence politique n’appartient pas seulement à l’anarchisme et l’anarchisme ne fait pas que exercer de la violence politique.
Par rapport à tout cela, je dois nécessairement poser une question et, en même temps, y répondre : qu’est-ce qui caractérise la pratique anarchiste ? Les pratiques anarchistes, violentes ou pas, s’inscrivent nécessairement dans les idées anti-autoritaires et en tirent leur inspiration. On ne peut pas séparer l’idée de la pratique anti-autoritaire anarchiste, et même plus largement révolutionnaire, sans prendre en compte la complémentarité entre idée et pratique. C’est-à-dire que les pratiques anarchistes ne tiennent pas debout sans la colonne vertébrale des idées. En clarifiant cette importante question sur le rapport entre idée et pratique, je peux dire avec certitude catégorique qu’une pratique anarchiste, violente ou pas, ne sera jamais utilisée de manière indiscriminée.
Le Procureur, dans une de ses répliques, pardon, dans sa réquisition, a mentionné un concept très important et ancien chez nous, les anarchistes : il a parlé de la propagande par le fait. La perspective du Procureur sur la propagande par le fait, ou ce qu’il a essayé d’expliquer par rapport à ce concept, est une manière très myope de la concevoir, essentiellement parce qu’il a essayé de la situer dans le contexte historique où celle-ci a vecu son apogée. Si je me rappelle bien, entre la fin du XIX siècle et le début du XX, pendant un congrès à Londres, un groupe d’anarchistes de différents endroits du monde a assumé comme pratique la propagande par le fait et a concrétisé cette propagande par le fait par des assassinats, des engins explosifs et une longue liste d’autres épisodes. Mais la propagande par le fait est bien plus que cela. Ce que je suis en train de faire, ce que mon coïnculpé est en train de faire en ce procès, par nos mots, c’est de la propagande par le fait ; tel est le point : tout cela va bien plus loin que la simple utilisation de la violence, dans ce cas précis d’engins explosifs.
Je dois aussi souligner que, dans ce procès comme dans tous les autres procédures pénales où j’ai été inculpée ou dont j’ai été spectatrice, contre des compagnons et des compagnonnes au Chili ou dans d’autres endroits du monde, on a toujours assimilé notre vision politique à des faits délictueux, et il me semble curieux, pour ne pas dire plus, de nier cet aspect de l’enquête ; dans le cas contraire quel aurait été le sens de la saisie de dizaines ou peut-être de centaines de livres, de centaines ou de milliers de tracts, d’affiches, de brochures et ainsi de suite ? Je ne comprend pas que cela puisse avoir un autre objectif que l’étude de notre conception du monde ou de notre façon d’entendre la politique ou l’affrontement avec la domination et je ne comprend pas pourquoi on nie cet aspect.
Comme je le disais, je suis anarchiste, donc ennemie de toute forme de domination, soumission ou oppression réalisée par le biais de toute structure de pouvoir ; du coup l’État, dans toutes ses formes et représentations, est illégitime. En partant de l’idée que celui-ci, l’État, s’est crée et consolidé à partir de l’idée du bien commun, ou du moins du bien de la grande majorité, ce qui est assez loin de la vérité, je vis dans un monde où un groupe privilégié existe au prix de la misère de la grande majorité. Construire des formes antagonistes aux relations de pouvoir est nécessaire pour l’existence d’un développement intégral de tous les habitants de ce monde, humains et animaux.
Pour finir, je peux dire à toutes les personnes présentes que j’attends assez tranquillement le verdict de ce procès, parce que je sais que les idées d’émancipation auxquelles j’ai dédié une grosse partie de ma vie me transcendent.
Dernière chose : aux personnes présentes et à mes compagnons et compagnonnes qui sont ici, tout comme à ceux qui entendront ou liront mes mots par la suite, je peux dire que jusqu’à mon dernier souffle j’affirmerai toujours : mort à l’État et vive l’anarchie !

[6 novembre 2023]

Montreuil (93): GAV et procès à suivre après l’expulsion du squat du 86 rue de la Fédération

Publié le 2023-11-10 09:35:05

Montreuil (93): GAV et procès à suivre après l’expulsion du squat du 86 rue de la Fédération

7 personnes qui étaient en soutien à l’extérieur sont sorties le 7 novembre sans suite. 4 personnes de l’interieur sont sorties le 8 novembre avec une convocation le 15 mars 2024 pour refus de signalétique, identité imaginaire et « introduction et maintien dans un local à usage d’habitation ou à usage commercial », en application de la nouvelle loi Kasbarian.

La cinquième personne a été déferrée à Bobigny et est sortie convoquée au même procès avec un contrôle judiciaire d’interdiction du 86 rue de la Fédération et de voir les autres qui étaient à l’intérieur.

Le tract ci-dessous a été diffé lors de la manif, qui a été en direction du commissariat puis est passée dans la rue de la Fédération dire ce qu’on pensait des voisins poukaves !

Crève la propriété !
On reviendra hanter vos villas !

Chili : Barricades et affrontements devant des établissements scolaires

Publié le 2023-11-10 21:35:08

Sortie incendiaire du Liceo Manuel Barros Borgoño, à quatre ans de la révolte

Informativo Anarquista / mercredi 8 novembre 2023

Lundi 23 octobre, des lycéen.nes cagoulé.es ont dressé des barricades, et ont mené des affrontements à coup de cocktails Molotov, contre la présence des Carabineros (COP [l’anti-émeute ; NdAtt.]), à quatre ans de la révolte et en solidarité avec les lycéen.nes détenu.es ces derniers temps suite à des épisodes de lutte dans les rues.

(Photographies de Estoico)

*****

Sortie incendiaire de l’Internado Barros Arana

Informativo Anarquista / dimanche 5 novembre 2023

Mardi 24 octobre, des lycéen.nes cagoulé.es ont accroché des banderoles, lancé des tracts, dressé des barricades et ont mené des affrontements à coup de cocktails Molotov, contre la présence des Carabineros (COP), à quatre ans de la révolte et en solidarité avec le compagnon Kuyen, qui a été arrêté et placé en détention préventive il y a peu de temps, lors d’une sortie incendiaire du Liceo de Aplicación.

Sur les banderoles et les tracts, on pouvait lire : « Solidarité avec notre compagnon Kuyen, emprisonné par l’État Chilien. Avec plus de rage que de peine, nous exigeons la liberté de notre compagnon Kuyen et agissons en ce sens », « Kuyen dehors », « Quatre ans après, organisés, nous poursuivons la lutte » et « Contre l’État et le capital, défendons la vie des abus des entreprises ».

Voici quelques photos :

« Si hier … nous, demain et toujours, continuerons à rester débout, en attaquant et en luttant – liberté pour les prisonnier.es politiques »


*****

Sortie incendiaire de l’Universidad Academia de Humanismo Cristiano, en solidarité avec les prisonnier.es anarchistes

Informativo Anarquista / mercredi 8 novembre 2023

Jeudi 26 octobre, on a accroché des banderoles, distribué des tracts et on a dressé de barricades et mené des affrontements à coup de cocktails Molotov, contre la présence des Carabineros (COP), à quatre ans de la révolte et spécialement en solidarité avec Ayekan et les compas de l’« affaire Susaron », qui sont en détention préventive dans l’attente du procès.

« Il ne faut pas que les morts soient tombés en vain »

« Solidarité active avec les prisonnier.es anarchistes – journée de solidarité avec Ayekan et ceux/celles de l’affaire Susaron »

(Photographies de Frente Fotográfico)

La lutte contre la nouvelle prison a Entraigues continue !

Publié le 2023-11-10 21:40:03

Alors que l’état met en route la construction de 15 000 places de prisons supplémentaires, nous continuons d’affirmer qu’il faut se débarrasser de toutes les taules, outils dangereux de soumission et d’apprentissage de l’humiliation !



A Entraigues sur la Sorgues, comme dans des dizaines de villes en France, l’Etat a décidé de construire un nouvel établissement pénitentiaire (400 places), pour un total de 15000 places de prisons supplémentaires. Nous l’avons déjà dit, lors des consultations publiques ou de manifestations :
la prison, nous n’en voulons pas ni ici, ni ailleurs ! Pour réfléchir ensemble à nos moyens d’actions et à notre dynamique pour la vie tant la vie des écosystèmes (une vingtaine d’hectares de terres agricoles sacrifiées), que celle des humains (ceux qui vont être enfermés et celles et ceux qui vont subir la taule de dehors), nous vous donnons RDV le lundi 27 novembre à midi, sur place à la ZAC du Plan.

Après un pique-nique, nous ferons une Assemblée Générale pour mettre en place les activités de l’après-midi et des mois à venir. Vous êtes invité.e.s à venir avec de quoi partager un repas, des pancartes, des vieux draps, de la peinture, de la ficelle ou juste vous et toute votre énergie.

Ni béton ni maton : nibetonnimaton@riseup.net