Vive l'Anarchie - Semaine 46, 2018

Sommaire

Berlin, Allemagne : Marteaux vs Google – 1er novembre 2018

Publié le 2018-11-13 08:14:07

Jeudi 1er novembre 2018, nous avons frappé de rage avec nos marteaux une grande porte d’entrée du bureau Google de la Tucholskystraße, actuellement en chantier.

Même s’il n’y aura pas de Google-Campus à Kreuzberg pour le moment, Google reste un moteur de nos vies aliénées et un instrument des autoritaires. Attaquer Google, le contrôle et la domination, que ce soit avec des textes, de la solidarité, des attaques de hackers ou aux marteaux, est nécessaire pour des inspirations autodéterminées.

L’essence réside dans la décision libératrice de passer soi-même à l’action.

[Traduit de l’allemand d’indymedia, 08.11.2018]

Marseille, France : Quatrième semaine de lutte à La Plaine

Publié le 2018-11-13 08:14:08

Quatrième semaine de travaux sur la Plaine

Jeudi 1er novembre, le soir de la manif’, du sabotage sur les liens entre les blocs est opéré à l’intérieur du mur d’enceinte.

Vendredi soir, tandis que des concerts sauvages se tiennent dehors, au pied du mur, des gens s’agitent à l’intérieur afin de préparer l’action qui va suivre. Deux parties du mur sont tirés à la corde et finissent par tomber par terre, ouvrant ainsi un passage vers l’intérieur. (les parties de mur pesant plus de 2,5t chacune). Des gens passent un bout de soirée dedans. Après l’arrivée de la flicaille, un réservoir de projectiles est mis à disposition du quartier (un container à verre est éventré par des flammes).

Samedi matin, les deux morceaux de mur sont redressés par des ouvriers.
Le soir, une nouvelle équipe s’active à l’intérieur afin de préparer l’action du lendemain soir.

Dimanche soir, quelques centaines de personnes assistent, joyeux, à l’effondrement de cinq parties du mur. Plus tard, de petits accrochages avec la bleusaille s’en seraient
suivis.

Lundi, les blocs sont remis ou remplacés et les travaux reprennent.

Mardi, le portail d’accès au chantier est installé, facilitant ainsi les entrées et sorties pour le chantier, mais aussi l’installation de quatre maîtres chien, notamment la nuit, à l’intérieur de l’enceinte, complexifiant par la même occasion l’action directe clandestine
nocturne.

Mercredi, un deuxième portail est installé.

Jeudi, des arbres commencent à être déracinés afin d’être replantés dans un autre quartier. Désormais, seule une riposte massive et offensive du quartier sera en état de nuire ou de faire interrompre le chantier. Mais ce n’est pas parti pour.

Et le drame survenu en ce début de semaine à la rue d’Aubagne, dans le quartier d’à côté, à Noailles, concentre les regards, les énergies et les solidarités. À l’heure où j’écris trois immeubles se sont effondrés, six corps ont été retrouvés, des dizaines de personnes ont été évacués pour un temps indéfini, mais le bilan devrait s’alourdir.

Je pense que cet événement ne va pas arranger les volontés citoyennistes de beaucoup de personnes. On entend partout des points de vue étatistes sur cette histoire. Des parallèles sont allègrement, et justement, faits avec le chantier de la Plaine. Mais c’est à chaque fois pour entendre des regrets à propos des instances marseillaises de l’Etat qui n’auraient pas les bonnes priorités (alors que du point de vue du capital et de son protecteur, l’Etat, se sont tout à fait les bonnes ; elles ne peuvent être autre) et qu’il suffirait de les inverser pour que ça aille mieux.

A suivre…

CSH

[Reçu par mail]

D'Athènes à Briançon, solidarité sans frontières

Publié le 2018-11-13 08:14:10

Traduction du communiqué de camarades anarchistes suite à leur action à Athènes.



Sept camarades luttant contre le terrorisme des frontières et l’Etat sécuritaire ont été arrêté.es en France pour avoir aidé des migrant.es à faire leur vie où ielles le voulaient. Ielles font face à de sévères chefs d’inculpation et risquent des peines de prison, comme c’est le cas pour toustes celleux qui se font arrêter en combattant l’imposture des nations.

Prenant part à un appel à la solidarité internationale, nous - une initiative anarchiste à Athènes - répondons en attaquant l’institut français, une institution diplomatique dépendant de l’ambassade et donc de l’Etat français. Le but des instituts français est de légitimer l’héritage de la colonisation française et de perpétuer son identité nationaliste. La France érige des frontières mortelles et persécute celleux qui les détruisent. Face à la répression par l’Etat français, toute institution qui normalise son existence devient une cible légitime dans notre lutte.

En tant qu’institution culturelle, l’institut français propage l’agenda nationaliste de l’Etat-nation français. Nous ne tolérons aucun Etat-nation ou aucune institution les représentant. Nous ne tolérons pas la forteresse européenne et les frontières qui empêchent la liberté de cirulation de chacun.e. Dans la lutte contre la criminalisation de la solidarité, nous encourageons toustes les militant.es à s’organiser et à participer à la lutte quels que soient les moyens dont ielles disposent.

Dimanche soir nous avons attaqué l’institut avec de la peinture, des pierres et des slogans. Après quoi 30 policiers sont venus sur place et ont arreté des personnes au hasard. L’Etat grec tout comme l’Etat français ciblent indistinctement celleux qui se trouvaient sur le lieu de leur sécurité mensongère : la sécurité du terrorisme policier.

No nations, no borders ! Fight law and order !

Article original sur athens.indymedia.org.

Appel à la solidarité avec les anarchistes russes

Publié le 2018-11-13 08:14:12

325 / vendredi 9 novembre 2018

Les services spéciaux russes sont en train de préparer la destruction du mouvement anarchiste. Leur excuses sont les attaques explosives des jeunes anarchistes.

« Never forget our fallen comrades! » Melbourne, Australia.

L’anarchiste Mikhail Zhlobitsky, de 17 ans, s’est fait exploser dans un local du FSB dans la ville d’Arkhangelsk, le matin du 31 octobre. Avant l’explosion, il a posté des messages sur le réseau social Vkontakte et sur le chat de la messagerie Telegram Rechi Buntovshchika (Paroles de rebelles – t.me/rebeltalk). Dans ces messages, plusieurs minutes avant l’explosion, il annonçait l’action qu’il allait mener et en disait les motivations – propagande par le fait et vengeance pour la torture et la répression de la part du FSB contre des anarchistes.

Le complice supposé de Mikhail, qui a 14 ans, a été arrêté par les service spéciaux à Moscou le 2 novembre. Ils accusent Kirill Kuzminkine de préparer une attaque à la bombe contre une manifestation néo-nazi. Kirill nie ces accusations. Les flics disent avoir trouvé chez Kirill les composants nécessaires à la préparation d’explosifs. Le père de Kirill déclare que ce sont des composants pour la fabrication de pétards et les service spéciaux sont en train d’essayer de présenter l’ado comme un terroriste.

Au même moment, à travers tout le pays, police et services spéciaux interrogent anarchistes, socialistes, antifascistes et même libertariens. Les abonnés à Narodnaya Samooborona (Autodéfense populaire), la plus grande base de donnée anarchiste russe, et de Rechi Buntovshchika (Paroles de rebelles), le chat anarchiste sur Telegram, où les messages de Mikhail Zhlobitsky sur l’attaque imminente ont été postés, sont contrôlés en masse. Par exemple, à Krasnodar, environ cent personnes ont été convoquées par la police. Elles ont été interrogées sur leur attitude vis-à-vis de l’anarchisme, de Narodnaya Samooborona et de l’action de Zhlobitsky. Il semblerait que police et services spéciaux veuillent contrôler tou.te.s les abonné.e.s de Narodnaya Samooborona – 26000 personnes.

À la suite de l’opération des forces de sécurité, sont déjà apparues des nouvelles enquêtes contre des anarchistes. Le 4 novembre, l’anarchiste Vyacheslav Lukichev a été emprisonné à Kaliningrad ; il est connu dans le milieu anarchiste pour ses activité animalistes et antifascistes. Vyacheslav est accusé d’apologie publique de terrorisme pour avoir publié le message de Mikhail Zhlobitsky sur le canal anarchiste Prometeus de Telegram (t.me/class_war). Malgré le fait que ce message ait été publié par de nombreux média du pays, Vyacheslav se trouve maintenant à risquer sept ans de prison. C’est évident qu’une telle « justice » sélective est due aux opinions anarchistes de Vyacheslav et la haine des forces spéciales envers les anarchistes et Prometheus. Le FSB a essayé d’accuser la compagne de Vyacheslav de ce délit, après quoi il s’est auto-accusé pour la sauver. Nous avons toutes les raison de croire que ces détentions sont seulement le début d’une nouvelle grosse vague de répression contre les anarchistes russes.

Apparemment, le FSB va utiliser cette situation pour réprimer le mouvement anarchiste et Narodnaya Samooborona, qui est le plus grand mouvement anarchiste en Russie au jour d’aujourd’hui. Il promeut l’anarchisme sur les réseaux sociaux, créant la plus grande base de donnée anarchiste du pays, et se bat contre les mafieux et les patrons sans scrupules. Dans les deux dernières années, Narodnaya Samooborona a organisé une série de campagnes qui ont été suivies dans des dizaines de villes russes. Après la campagne sur l’affaire « Réseau » [la répression contre des anarchistes de Penza et Saint Petersbourg; NdAtt.], organisée par Narodnaya Samooborona en février et mars de cette année, les services spéciaux ont entamé la répression contre ce mouvement. En février, plusieurs anarchistes ont été arrêtés à Tcheliabinsk, car suspectés d’avoir posé la banderole « le FSB est le seul terroriste ». Les anarchistes ont été enfermé.e.s par les forces spéciales du FSB et torturé.e.s pour qu’ils/elles avouent avoir mené cette action. Le FSB a aussi essayé de les faire passer pour la cellule locale de Narodnaya Samooborona, afin de présenter ce mouvement comme une organisation extrémiste, ce qui, selon la loi russe, permettrait de créer une nouvelle grosse affaire répressive contre des anarchistes.

De plus, il y a eu de la répression à Moscou à la veille des élections présidentielles. En février, plusieurs anarchistes ont été arrêté.e.s et accusé.e.s de s’en être pris aux bureaux d’Edinaya Rossiya (Russie Unie), le parti au pouvoir. En mars, à la veille des élections, les forces spéciales et la police politique ont mené une opération contre les anarchistes de Moscou, avec une série de perquisitions de maisons d’anarchistes. Un de ces anarchistes, Svyatoslav Rechkalov, que le police suspectait d’être l’administrateur du média anarchiste Narodnaya Samooborona, a été torturé avec des électrochocs. Pendant qu’il était torturé, on lui demandait d’avouer être le « chef des anarchistes », l’organisateur de Narodnaya Samooborona et de toutes les campagnes anarchistes menées récemment dans le pays. Pendant les tortures dans les locaux de la police politique, ça lui a été clairement dit que la raison de cette répression à l’encontre des anarchistes était leur activité grandissante et leurs actions dans les villes russes.

Ceux-ci sont loin d’être les seuls exemples de répression visant des anarchistes cette année. Plus tôt, le FSB a monté une affaire pénale à Penza et Saint Petersbourg, torturant des anarchistes de ces villes et les accusant d’avoir crée une organisation terroriste, le « Réseau ». En février-mars de cette année, il y a eu une descente de police contre les anarchistes de Crimée. Pendant ces opérations aussi, des activistes ont été torturés. Un d’eux, Evgeny Karakashev, est toujours en taule, accusé de terrorisme. Un autre anarchiste de Crimée, Alexander Kolchenko, a choppé une condamnation à dix ans de prison pour une action définie comme criminelle, faite avec le réalisateur Oleg Sentsov.

En plus, l’autre jour une autre affaire pénale a été intentée contre le vétéran du mouvement anarchiste Ilya Romanov. Ilya a commencé son activité anarchiste à l’époque de l’URSS et a écopé de plusieurs condamnations de prison. A l’heure actuelle il est en prison pour une affaire de terrorisme, fabriquée par le FSB, à cause de l’explosion d’un pétard. Romanov critique la gestion de la colonie pénale où il se trouve, du coup une nouvelle affaire pénale a été montée contre lui. L’administration de la colonie pénale a crée un compte Facebook à son nom et y a publié une vidéo avec un appel à rejoindre Daesh. Cela a suffit pour qu’Ilya Romanov reçoive une nouvelle condamnation. Il y a aussi des nouvelles du début d’une affaire contre cinq anarchistes à Chelyabinsk, pour des tags contre la réforme des retraites.

A Irkoustk, les procès continuent contre Dmitry Litvin, accusé d’« offense aux sentiments des croyants » pour avoir publié une photo sur les réseaux sociaux dans laquelle il fait le doigt d’honneur sur le fond d’une église. L’année dernière il y a eu des descentes de police contre des anarchistes d’Irkoutsk pour avoir posté cette photo. Les appartements des anarchistes ont été ravagés par les forces spéciales.

Évidemment, à cause de toute cette répression et de cette terreur étatique, la nouvelle génération d’anarchistes sera consciente du fait qu’il n’y a pas de différence entre la lutte armée et les protestations légales – dans tous les cas tu sera considéré comme un terroriste et torturé.

Cela pousse les jeunes anarchistes vers les bombes. Malheureusement le mouvement anarchiste russe est extrêmement fragmenté et a plein de conflits, et on ne se soutient pas les uns les autres en cas de répression. De nombreux mouvements anarchistes se sont déjà dépêchés de condamner les jeunes poseurs de bombe et les désavouer, disant qu’ils n’ont aucun lien avec l’anarchisme. Auparavant, même la répression contre de nombreux autres anarchistes était ignorée. Malgré l’augmentation des affaires pénales et la persécution des anarchistes, les information à ce propos sont ignorées à cause de conflits personnels et des considération conjecturales.

Nous faisons appel à la solidarité avec tou.te.s les anarchistes russes qui subissent la répression – à Penza, Saint Petersbourg, Moscou, Chelyabinsk, Kaliningrad, Irkoutsk et en en Crimée. La Russie est en train de devenir une dictature terroriste et cela pousse déjà les jeunes anarchistes vers les bombes.

Notre contact : media_ns [at] riseup.net

*****

Note d’Attaque : il faut pas oublier non plus que dans l’affaire « Réseau » y il a eu certains des accusés qui, torturés, ont balancé, acceptant ainsi de charger ceux qui fermaient leur gueule.

*****

Le site anarchiste en langue russe Anarchy2day nous informe que la répression n’a pas arrêté les attaques contre le pouvoir en Russie :
– le 7 novembre, à Taganrog, dans la région de Rostov, il y a eu une tentative d’incendie du local du parti au gouvernement, « Russie unie »;
– le 10 novembre a Saint Petersbourg, un cocktail Molotov a été lancé contre l’entrée du siège local de la télévision NTV – il a rebondi causant des petits dégâts à une voiture garée à proximité ;
– le même jour, à Moscou, lors d’un rassemblement devant des bureaux de l’Administration pénitentiaire, le feu a été buté à une de leurs portes.

[N.B. : traduction avec gogole – à prendre donc avec réserve ]

Taganrog, le local de « Russie Unie »

Moscou, une porte des bureaux de l’Administration Pénitentiaire

 

Italie : Mise à jour sur la grève de la faim de Paska et appel à solidarité (10/11/2018)

Publié le 2018-11-13 08:14:15

Paska nous a fait savoir qu’il a été transféré à l’isolement et qu’il y restera pour 15 jours, en régime fermé, il ne dispose que d’une demi-heure de promenade. Le reste du temps, il le passe seul dans la cellule, pour les déplacements il a toujours une escorte de 2-3 gardes et les parloirs se font séparément, avec la porte ouverte et les gardes sur la porte. Il avait des signes évidents de passage à tabac juste avant l’audience du 8/11, qu’il a essayé de déclarer devant le tribunal, mais le juge qui a péremptoirement ordonné qu’il soit mis dehors par les gardes. Il a essayé de signaler les coups (il a reçu de violents coups à la tête et au dos) mais le médecin n’a absolument rien rapporté. Il a donc l’intention de demander l’interdiction de rencontrer des médecins et des infirmières.

En dépit de cela, Paska tient bon et continue de se battre, la tête haute.
Nous relançons l’invitation à un rassemblement la prison de La Spezia le 18/11 à 18 heures.
PASKA LIBRE ET EN FORME.

Repris de roundrobin.info


Paska est en grève de la faim depuis le lundi 5 novembre. Cela fait longtemps qu’il a choisi de ne pas baisser la tête face à la violence de la prison. Voilà pourquoi le 8, avant d’être transféré à Florence, pour l’audience de l’Opération Panico, il a été tabassé.

Dimanche 19 Novembre nous serons à La Spezia, la prison où il est enfermé.

En solidarité avec lui, avec les autres prisonniers, et contre la prison et ceux qui en profitent.

Que la fleur de l’action éclose

Que les racines fissurent les murs et les barreaux

Liberté pour Giava, Ghespe et Paska. Liberté pour toutes et tous

Feu à ce monde de prisons  

roundrobin.info/2018/11/italie-paska-est-en-greve-de-la-faim

Affaire de la caserne Jourdan

Publié le 2018-11-13 08:14:15

Dans la nuit du 18 septembre 2017, un incendie de véhicules de la gendarmerie a été revendiqué par un collectif mystérieux et ravageur : la R.A.G.E. Le communiqué de cette action est disponible ici, il proclamait :

Dans la nuit du 18 septembre 2017, nous, ex-gendarmes de l’escadron de gendarmerie mobile 41/2 avons décidé collectivement d’incendier, trois fourgons de GM et deux bus de gendarmerie stationnés dans l’enceinte de la Caserne Jourdan à Limoges.
Par ce geste, nous quittons définitivement la gendarmerie.

L’État et son appareil militaire, un peu vexé par ces actes a lancé avec force une instruction de six mois en se focalisant sur des profils au détriment des preuves. Il s’en suit une vague de perquisitions et de répression qui conduit notamment une personne de Limoges en détention provisoire. A ce jour, et depuis plus de 7 mois, cette personne est toujours détenue à la Maison d’Arrêt de Limoges.

C’est dans ce climat de traque aux associations de malfaiteurs, à Bure par exemple, et à la bande organisée qu’a lieu cette histoire où vous ne serez pas le héros mais le gibier. La chasse est ouverte.



Limoges : chronologie d’une farce judiciaire

Épisode 1 : « Pour faire plaisir aux gendarmes, une juge transgresse sa propre loi » sur le prélèvement d’ADN sans consentement

Le 8 novembre 2017, l’enquête sur l’incendie de véhicules de gendarmerie commis à la caserne Jourdan à Limoges le 19 septembre 2017 piétine. Cela fait plus d’un mois que le groupe de surveillance de la section d’appui judiciaire de Bordeaux filoche un suspect à la vie désespéramment calme et normale.

Le suspect, nous l’appellerons S.

Les seuls torts de S. sont d’habiter un peu trop près de la caserne, d’avoir été Toulousain et d’être fiché au TAJ (traitement des antécédents judiciaires).

Par ailleurs, les surveillances des espions bordelais nous apprennent que :

De quoi faire de la concurrence à Martine et déprimer une juge d’instruction en mal d’indice à charge.

Mais ce qui rend S. si suspect aux yeux de la gendarmerie, c’est qu’il a toujours refusé de donner son ADN. Il a même été condamné à plusieurs reprises pour cela.

Le refus systématique de fichage systématique c’est mauvais pour les affaires judiciaires …

Bref, ce 8 novembre 2017, un gendarme enquêteur demande à une juge d’instruction l’autorisation de prélever de l’ADN sur le vélo de S..

La juge d’instruction dans un élan d’illégalisme donnera immédiatement l’autorisation à ses gendarmes de ne pas respecter sa propre loi (article 706-56, I al. 5 du CPP).

En effet, le seul cas prévu par le code de procédure pénale pour prélever l’ADN d’un individu sans consentement concerne les personnes condamnées pour un crime ce qui n’est pas le cas de S..

Pourtant, le 15 novembre 2017, en son absence et sans son consentement, les gendarmes prélèveront illégalement de l’ADN sur les poignées de son vélo garé dans la rue.

Un an plus tard, le 15 novembre 2018 à 8 h 30, une requête en nullité contre ce prélèvement ADN et l’interpellation de S. qu’il justifie sera jugé à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Limoges.

S.ne sera pas là. Vous si.

S.est en détention provisoire à la maison d’arrêt de Limoges depuis plus de sept mois à cause de tout cela.

Rassemblement le 15 novembre 2018 à 8 heures place d’Aine, devant la cour d’appel de Limoges

Liberté pour toutes et tous !

Pour une journée de résistance simultanée sans frontière le 10 décembre 2018

Publié le 2018-11-13 08:14:17

Un appel sans frontières vient d’être lancé par des compagnons de luttes de plusieurs régions du monde : Grèce, Mexique, Espagne, France, Argentine, Algérie, Italie, Belgique, Canada, Allemagne…



Contre le durcissement du capitalisme et de la société autoritaire

Partout dans le monde, au prétexte de la dette des États, le pouvoir ne cesse d’accroître les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres et de détruire la planète.

Partout dans le monde, ce recul de nos droits et ce saccage de la vie s’accompagnent d’une amplification de la surveillance et de la répression contre toutes celles et ceux qui s’y opposent.

Partout dans le monde, le pouvoir tente de diviser pour mieux régner en détournant la colère sur le dos des migrant·es qu’il fait passer pour les principaux responsables du malheur des opprimé·es.

Partout dans le monde, le fascisme ne cesse de monter, stade ultime du capitalisme, paroxysme de la société autoritaire, prêt à éliminer ses opposant·es et toutes celles et ceux qui lui déplaisent.

Partout dans le monde, le pouvoir se prétend légitime au prétexte, d’une part, de lois qu’il écrit lui-même pour conserver et renforcer sa position, et, d’autre part, d’élections périodiques qui n’ont rien de démocratiques puisqu’elles sont le produit de la fabrique de l’opinion par les médias de masse qui appartiennent à la classe dominante.

Partout dans le monde, le pouvoir usurpe sa position et nous vole nos vies.

À la différence des classes opprimées du XIXe siècle, au temps où elles commencèrent à s’organiser au niveau international et à se révolter, nous sommes aujourd’hui face à deux problèmes nouveaux qui s’ajoutent aux précédents : la course contre la montre technologique face à un pouvoir qui ne cesse de se renforcer grâce à de nouveaux moyens de surveillance et de répression, ce qui rappelle les œuvres prophétiques de Orwell et de Huxley, et la course contre la montre écologique face à un capitalisme qui, en plus de nous exploiter, arrive maintenant à un stade où la destruction de la Terre sera bientôt irréversible.

Nous ne pouvons donc plus attendre. Nous ne pouvons plus nous contenter de lutter chacun·e de notre côté, chacun·e à l’intérieur de nos frontières, chacun·e dans le cadre de nos luttes spécifiques sur toutes sortes de sujets, chacun·e avec nos différentes façons de penser et d’agir.

Il devient urgent de faire converger nos résistances, un jour par mois, à compter du 10 décembre 2018 et, par la suite, tous les 10 de chaque mois, en même temps, partout dans le monde, parallèlement à nos luttes locales quotidiennes.

Nous proposons un jour par mois d’actions simultanées contre le durcissement du capitalisme et de la société autoritaire. Un jour par mois pour rappeler partout que cette lutte est globale. Un jour par mois pour évoquer l’urgence de nous mobiliser partout et d’en finir avec le pouvoir et l’exploitation. Un jour par mois pour entrer dans un compte à rebours, reprendre confiance en nous, devenir plus nombreuses et nombreux, et préparer ensemble la fin de la société autoritaire et du capitalisme.

Le 10 de chaque mois est le premier jour à deux chiffres, comme un changement d’ère, d’époque, de maturité. Car nous devons sortir de la préhistoire politique et économique de l’humanité avant qu’il ne soit trop tard.

Parmi nous, pas de chef, pas de responsable, pas de direction syndicale, pas de bureau d’un parti, pas d’homme ou de femme providentielle, pas d’avant-garde éclairée : nous proposons uniquement et simplement un jour de convergence globale par mois, mais nous ne voulons en rien diriger ni coordonner quoi que ce soit. Juste donner une impulsion de départ, avec ce texte et les actes qui vont s’ensuivre.

Nous ne proposons pas non plus une marche à suivre, une façon de faire, un cadre précis à nos actes ce jour-là : à chacun·e de lutter comme iel l’entend là où iel se trouve et de cibler ce qui lui semble important. Descendre dans la rue un même jour, partout dans le monde, est déjà quelque chose d’important, ne serait-ce que pour parler et préparer la suite en occupant des places, des terres, des usines, et plus, beaucoup plus, si certain·es le souhaitent.

À chacun·e d’imaginer sa façon de résister ce jour-là et de la faire savoir, éventuellement avec des photos ou des vidéos, à travers nos médias libres et autogérés partout dans le monde, comme les indymedia, par exemple.

À chacun·e de traduire dans d’autres langues ce message et de le propager, sur Internet et jusque sur les murs des villes, pour que chaque 10 du mois, nous soyons toujours plus nombreux.ses et plus déterminé·es.

Personne ne nous libérera que nous-mêmes : c’est à nous de prendre au plus tôt nos vies en mains.

Le pouvoir n’est pas à conquérir, il est à détruire.

Des anarchistes, libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes et anti-autoritaires de plusieurs régions du monde (Grèce, Mexique, Espagne, France, Argentine, Algérie, Italie, Belgique, Canada, Allemagne…)

Marche contre les centres de rétention le 23 novembre

Publié le 2018-11-13 08:14:20

Les CRA sont des prisons, ils doivent fermer ! La marche partira du Ministère de l’intérieur, direction de l’immigration dans le 20e arrondissement (18 rue des Pyrénées 75020 / Métro Porte de Vincennes) vers le Centre de Rétention de Vincennes où un parloir sauvage se fera avec des détenu.e.s du CRA de Vincennes et du Mesnil-Amelot



Alors que les serments d’hospitalité se multiplient dans les théâtres et les musées, des serments qui n’engagent que celles et ceux qui y croient, l’État français rafle, enferme et expulse celles et ceux que certain.e.s se promettent d’accueillir « dans la dignité ».

L’État français rafle à Grande-Synthe ce 30 septembre 2018 et ce sont des dizaines de personnes emprisonnées dans le Centres de Rétention du Mesnil-Amelot, 30 à celui de Lille et 25 à celui de Coquelles.

L’état français rafle aux guichets des préfectures du Val-de-Marne, du Val-d’Oise, de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne, et ce sont les Centres de rétention du Mesnil-Amelot, de Plaisir, de Palaiseau et de Paris Vincennes qui deviennent la pierre angulaire d’une gestion carcérale dudit problème migratoire.

L’État français, dans la continuité coloniale et dans la logique d’une politique post-coloniale, irrégularise pour pouvoir enfermer et déporter toutes celles et ceux qui n’ont commis d’autres délits que de naître dans le mauvais pays et d’être présent.e.s ici.

Rafle-Rétention-Déportation est le mécanisme central de la violence d’État et du racisme qui touche particulièrement les migrant.e.s.

En janvier 2019 la durée maximale légale de la rétention des personnes arbitrairement décrétées « illégales » en vu d’être expulsées, sera de 90 jours. 90 jours enfermé.e.s, entravé.e.s, souvent humilié.e.s ou tabassé.e.s, 90 jours privé.e.s de liberté et soumis.e.s à l’arbitraire des gardien.ne.s, de la préfecture et des juges aux ordres. 90 jours à attendre d’être violemment embarqué.e.s à l’arrière d’un vol régulier, menotté.e.s, casqué.e.s, et parfois drogué.e.s.

A celles et ceux qui aujourd’hui s’agitent pour améliorer les conditions de rétention, en y programmant des ateliers pédagogiques ou en jetant dans la cour des ballons de foot, nous répondons : « ce sont les Centres de Rétention qu’il faut faire fermer ».

A celles et ceux qui déclarent « l’hospitalité » comme horizon politique, nous répondons : « c’est le CESEDA, Code des étrangers, du séjour des étrangers et de la demande d’asile, qu’il faut abolir »

Enfermé.e.s parce que racisé.e.s, enfermé.e.s parce que pauvres, soumis.e au régime de déportation autant qu’à l’arbitraire de la violence policière à l’ombre des murs du CRA. Telle est la condition des étrangères et étrangers illégalisé.e.s en France métropolitaine et surtout dans lesdits Territoires d’Outre Mer.

Il n’y a pas de CRA à visage humain. Ce n’est pas seulement le coup de matraque qui fait la violence d’État. C’est aussi le mur et ses barbelés. C’est l’avion et son escorte policière. C’est le tribunal et son juge raciste. Ce sont les traducteurs.ices qui refusent de traduire et accusent celui ou celle qui comparaît de mentir. Ce sont les médecins qui humilient et ne prescrivent que des calmants pour taire la colère.

La marche partira du Ministère de l’intérieur, direction de l’immigration dans le 20e arrondissement et une fois arrivée aux portes du Centre de Rétention de Vincennes, un parloir sauvage se fera avec des détenu.e.s de Vincennes mais aussi du CRA du Mesnil-Amelot parce qu’il n’y a pas de nous sans eux ni elles.

Event FB en français :
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Event FB en arabe :
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Event FB en dari :
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Les collectifs de sans papier, la Csp75, la Csp20ème et Le Collectif
La Chapelle Debout !
Contact : Collectif La Chapelle Debout
Mail : collectif.lachapelle.debout@gmail.com
Fb : https://www.facebook.com/CollectifLaChapelleDebout

Florence (Italie), Opération Panico : Compte-rendu de l’audience du 8 novembre

Publié le 2018-11-13 10:46:02

Cracher dans la Soupe / mardi 13 novembre 2018

Le jeudi 8 novembre a eu lieu la troisième audience de l’Opération Panico. Le déroulement, nous ne le savons pas et nous ne nous en soucions pas trop au fond. Les faits parlent d’eux-mêmes.

Dans la salle, étaient présent Giova, Ghespe et Paska, quelques inculpés et un public de camarades. Dès le début de l’audience, Paska a demandé à prendre la parole, par l’intermédiaire de son avocat, de lire une déclaration. Il est arrivé dans la salle de classe avec les signes du passage à tabac à la prison de La Spezia le matin même, avant le transfert à Florence. Il a commencé à lire sa déclaration, qui commençait par raconter le passage à tabac par les matons, mais le juge a immédiatement ordonné que le micro soit éteint, expliquant que ce qu’il disait n’était pas pertinent pour le procès, que ce n’était pas le siège compétent pour signaler ces faits et la merde similaire. Paska, cependant, continua à lire, élevant la voix, mais fut tirée par les gardes infâmes qui tentèrent de lui arracher les papiers et de le conduire dans le sous-sol du tribunal. Les camarades présents et les accusés se levèrent pour protester bruyamment. En réponse, le juge expulsa l’audience de la salle d’audience. À ce moment-là, les accusés sont également sortis pour être présent avec les autres, alors que l’avocat de Paska a demandé à ce qu’il soit réadmis dans la salle d’audience, même dans la cage si nécessaire, et a rappelé que son client faisait une grève de la faim depuis plusieurs jours protester contre les conditions de détention et demander son transfert dans une autre prison. De toute évidence, le juge s’en moquait bien et il ordonna que Paska reste enfermé dans les cellules souterraines. Les accusés sont revenus dans la salle d’audience pour lire une brève déclaration, affirmant que le juge était également complice des mauvais traitements infligés à Paska en prison, réaffirmant la solidarité avec les trois compagnons incarcérés et le souhait de ne pas continuer à assister à l’audience. Le juge a essayé de interrompre presque immédiatement en parlant en même temps que le camarade qui lisait la déclaration, suite à quoi les accusés ont quitté le tribunal de façon permanente. Nous savons que peu après, Giova et Ghespe ont également demandé à être emmenés, ce qui a peut-être incité le juge à repenser, car il avait fait appeler Paska pour lui demander s’il souhaitait retourner dans la salle d’audience. Le compagnon acquiesça, ainsi que Giova et Ghespe. Les autres camarades inculpeés, en revanche, sont restés en dehors du tribunal, où certains ont improvisé une bref rassemblement près de la porte d’entrée, puis se sont réunis avec les autres, attendant de saluer leurs camarades à la fin de l’audience. Mais cela n’a pas été possible, car à la fin du procès, les trois hommes ont été chargés dans des fourgonnettes mobiles qui ont tracé un bout de route dans la mauvaise direction pour ne pas passer devant les camarades, mais vous savez, il n’y a pas de limite à la misère humaine des matons .

La journée s’est terminée par un tour dans le quartier de Sant’Ambrogio et un banquet sur une place du même quartier.

Exprimer une solidarité active avec Giova, Paska et Ghespe est en ce moment de plus en plus urgent, rappelez-vous que Paska est en grève de la faim depuis le 5 novembre et c’est à nous de lui faire sentir notre soutien et notre complicité.

Dimanche 18 octobre, à partir de 15h00, nous serons devant la prison de La Spezia,

En forme et furieux!

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La Spezia : Provocations des gardes contre Paska

Cracher dans la Soupe / mardi 6 novembre 2018

MAJ. Paska en grève de la faim :

Paska en réponse aux conditions détentive et aux provocations des gardes a commencé une grève de la faim lundi 5 novembre.

Le 18 novembre aura lieu un rassemblement devant la prison de La Spezia.

Le procès concernant la dénommée « opération Panico » à Florence, pour laquelle trois de nos compagnons sont détenus (et beaucoup d’autres poursuivi.es) continue et est arrivé à sa troisième audience.
Les jours qui ont immédiatement précédé la première audience, Paska, détenu à la prison de Teramo, est transféré à la prison de La spezia : pendant le transfert, les gardes « égarent » ses effets personnels et lui refusent toute information sur sa destination et la durée du séjour dans la nouvelle prison.
La prison de La Spezia est une prison punitive à tous égards connue pour sa dureté particulière (bien qu’il n’existe pas un type de prison « non punitive »), où le règlement intérieur est plus restrictif que les autres, et où nous connaissons encore la fameuse et tristement célèbre squadretta: une poignée matons choisis ad hoc pour frapper les prisonniers.
Les représailles contre Paska commencent dès le premier transfert dans la salle d’audience quand son escorte de geôliers le jette dans le véhicule blindé le blessant aux mains et au sternum tandis que les courriers lui arrivent peu à peu et en retard.
Paska a demandé au DAP [Département de l’Administration Pénitentiare, ndt], à être changé de prison, sa demande a été rejeté.
Le DAP compétent pour la Ligurie, le Piémont et la Vallée d’Aoste est celui qui à un siège basé à Turin.
Entendons-nous bien : il n’y avait pas besoin de ces vexations ultérieures contre notre compagnon (contre tout autre compagnon.ne détenu.e) pour nous activer en solidarité, mais puisqu’il en a fait la demande très explicite il nous semble urgent et important pour nous de soutenir ces demandes, chacun.e comment et où le suggèrent le mieux nos propres tensions.
De son côté, Paska poursuit son attitude conflictuelle contre le système carcéral, tous les jours, en s’y confrontant directement.
NOUS VOULONS SOUTENIR LES REVENDICATIONS DE PASKA ET APPELER A LA SOLIDARITÉ ACTIVE DANS SES FORMES MULTIPLES.
Nous voulons également soutenir et être complices de Giova et Ghespe, eux  enfermés depuis quelques tempsdans la prison de Sollicciano.

Les trois compagnons seront présents dans la salle d’audience du tribunal de Florence le 8 Novembre : une opportunité pour qui veut les accueillir, leur donner de la force par sa présence, ainsi que pour nous confronter.

En parlant de prison, nous ne pouvons pas oublier qu’ il y a quelques jours (le 2/11) dans les prisons chiliennes le camarade Kevin Garrido a été assassiné.
Chaque mort en prison est un meurtre d’état, mort à l’état et feu à ses prisons.

Pour l’anarchie.
Vengeance!

Des anarchistes

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Italie : Mise à jour sur la grève de la faim de Paska et appel à la solidarité

Cracher dans la Soupe / lundi 12 novembre 2018

Paska nous a fait savoir qu’il a été transféré à l’isolement et qu’il y restera pour 15 jours, en régime fermé, il ne dispose que d’une demi-heure de promenade. Le reste du temps, il le passe seul dans la cellule, pour les déplacements il a toujours une escorte de 2-3 gardes et les parloirs se font séparément, avec la porte ouverte et les gardes sur la porte. Il avait des signes évidents de passage à tabac juste avant l’audience du 8/11, qu’il a essayé de déclarer devant le tribunal, mais le juge qui a péremptoirement ordonné qu’il soit mis dehors par les gardes. Il a essayé de signaler les coups (il a reçu de violents coups à la tête et au dos) mais le médecin n’a absolument rien rapporté. Il a donc l’intention de demander l’interdiction de rencontrer des médecins et des infirmières.

En dépit de cela, Paska tient bon et continue de se battre, la tête haute.
Nous relançons l’invitation à un rassemblement la prison de La Spezia le 18/11 à 18 heures.
PASKA LIBRE ET EN FORME.


Paska est en grève de la faim depuis le lundi 5 novembre. Cela fait longtemps qu’il a choisi de ne pas baisser la tête face à la violence de la prison. Voilà pourquoi le 8, avant d’être transféré à Florence, pour l’audience de l’Opération Panico, il a été tabassé.

Dimanche 19 Novembre nous serons à La Spezia, la prison où il est enfermé.

En solidarité avec lui, avec les autres prisonniers, et contre la prison et ceux qui en profitent.
Que la fleur de l’action éclose
Que les racines fissurent les murs et les barreaux
Liberté pour Giava, Ghespe et Paska. Liberté pour toutes et tous
Feu à ce monde de prisons

Florence, Opération Panico : Compte-rendu de l’audience du 08/11/2018

Publié le 2018-11-13 11:04:02

Le jeudi 8 novembre a eu lieu la troisième audience de l’opération Panico. Le déroulement, nous ne le savons pas et nous ne nous en soucions pas trop au fond. Les faits parlent d’eux-mêmes.

Dans la salle, étaient présent Giova, Ghespe et Paska, quelques inculpés et un public de camarades. Dès le début de l’audience, Paska a demandé à  la parole, par l’intermédiaire de son avocat, pour lire une déclaration. Il est arrivé dans la salle avec les signes des coups qu’il avait pris à la prison de La Spezia le matin même, avant le transfert à Florence. Il a commencé à lire sa déclaration, qui commençait par raconter le passage à tabac par les matons, mais le juge a immédiatement ordonné que le micro soit éteint, expliquant que ce qu’il disait n’était pas pertinent pour le procès, que ce n’était pas le siège compétent pour signaler ces faits et de la merde dans le genre. Paska, a malgré tout continué à lire, élevant la voix, mais a été tiré par les gardes infâmes qui ont tenté de lui arracher les feuilles des mains et de le conduire dans le sous-sol du tribunal. Les compagnons présents et les accusés se levèrent pour protester bruyamment. En réponse, le juge expulsa la salle d’audience. À ce moment-là, les inculpés sont également sortis pour être présent avec les autres, alors que l’avocat de Paska a demandé à ce qu’il soit réadmis dans la salle d’audience, même dans la cage si nécessaire, et a rappelé que son client faisait une grève de la faim depuis plusieurs jours protester contre les conditions de détention et demander son transfert dans une autre prison. De toute évidence, le juge s’en moquait bien et il ordonna que Paska reste enfermé dans les cellules souterraines. Les accusés sont revenus dans la salle d’audience pour lire une brève déclaration, affirmant que le juge était également complice des mauvais traitements infligés à Paska en prison, réaffirmant la solidarité avec les trois compagnons incarcérés et le souhait de ne pas continuer à assister à l’audience. Le juge a essayé de interrompre presque immédiatement en parlant en même temps que le camarade qui lisait la déclaration, suite à quoi les accusés ont quitté le tribunal de façon permanente. Nous savons que peu après, Giova et Ghespe ont également demandé à être emmenés, ce qui a peut-être incité le juge à repenser, car il avait fait appeler Paska pour lui demander s’il souhaitait retourner dans la salle d’audience. Le compagnon acquiesça, ainsi que Giova et Ghespe. Les autres camarades inculpés, en revanche, sont restés en dehors du tribunal, où certains ont improvisé une bref rassemblement près de la porte d’entrée, puis se sont réunis avec les autres, attendant de saluer leurs camarades à la fin de l’audience. Mais cela n’a pas été possible, car à la fin du procès, les trois hommes ont été chargés dans des fourgonnettes mobiles qui ont tracé un bout de route dans la mauvaise direction pour ne pas passer devant les camarades, mais vous savez, il n’y a pas de limite à la misère humaine des matons .

La journée s’est terminée par un tour dans le quartier de Sant’Ambrogio et un banquet sur une place du même quartier.

Exprimer une solidarité active avec Giova, Paska et Ghespe est en ce moment de plus en plus urgent, rappelez-vous que Paska est en grève de la faim depuis le 5 novembre et c’est à nous de lui faire sentir notre soutien et notre complicité.

Dimanche 18 octobre, à partir de 15h00, nous serons devant la prison de La Spezia,

en forme et furieux!

Repris de : panicoanarchico.noblogs.org

 

MAJ. Paska a arrêté la grève de la faim le 24/11. Les mises à jour suivront bientôt.

Chambéry, Rodez et Ploemel : Ni leur guerre, ni leur paix [MAJ 20/11]

Publié le 2018-11-13 11:06:04

Chambéry : Les gerbes en morceaux et les drapeaux volatilisés

Le Dauphiné / mardi 13 novembre 2018

Les gerbes déposées pour les cérémonies du 11-Novembre ont été détruites entre le dimanche 11 et le lundi 12 novembre, au monument aux morts du Clos Savoiroux, à Chambéry. C’est ce qu’ont constaté dans ce parc près du centre les services techniques de la Ville ce lundi matin. Déjà, dimanche matin, en préparant le site pour la commémoration du centenaire de l’Armistice, ils avaient eu la désagréable surprise de découvrir le vol de quatre drapeaux tricolores installés au sommet des mâts.


Rodez : Morts pour la France, morts pour rien

France3 / dimanche 11 novembre 2018

Le monument aux morts de Rodez, situé avenue Victor-Hugo, a été vandalisé, il y a une quinzaine de jours. Une des deux vitres qui protègent les noms des victimes gravés dans le marbre a reçu un grand coup : le verre est étoilé et les noms des soldats de la Grande Guerre sont désormais illisibles.
A la veille de l’inauguration du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, cet acte de vandalisme est lourd de sens. A l’heure actuelle, aucune information ne permet d’en comprendre la motivation exacte. Une plainte va être déposée. Et la vitre rapidement remplacée.

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Ploemel (Morbihan) : Ni nation ni religion

Le Télégramme / dimanche 11 novembre 2018

Grosse colère du maire de Ploemel, Jean-Luc Le Tallec, ce dimanche 11 novembre, vers 16 h, lorsqu’il a constaté les dégradations et le « saccage » autour du monument aux Morts de la commune. Averti par un passant que les drapeaux et le gerbe posés quelques heures auparavant, lors de la cérémonie du 11-Novembre, avaient été arrachés et jetés sur le parvis, et les pots de fleurs autour également dégradés, il s’y est immédiatement rendu sur place et a averti la gendarmerie.
Des gendarmes des brigades d’Etel et de Port-Louis sont venus faire les constats. Le maire a été rejoint par des représentants des Anciens combattants, ainsi que ceux de la paroisse qui ont aussi constaté que de l’argent et des cierges dans l’église avaient été volés. Tous étaient choqués et partageaient un sentiment de colère et d’incompréhension.
Pour le maire, ces actes sont « inimaginables, impensables ». Il portera plainte et ne laissera pas tomber cette affaire, « par respect pour la population et surtout les enfants », qui étaient si nombreux à la cérémonie le matin. Les anciens combattants trouvent ces actes « blessants ». Tout le monde est particulièrement navré à l’égard des enfants et les élèves des écoles ploemeloises, qui [qu’il faut dresser à être les bons citoyens et, qui sait ?, les bons soldat de demain, non? NdAtt. ]avaient préparé leur participation à cette cérémonie et sont venus en nombre, avec leurs enseignants.
La compagnie de gendarmerie de Lorient a fait savoir, en soirée, que plusieurs personnes avaient été contrôlées mais qu’aucune interpellation n’avait eu lieu. Des témoignages recueillis évoquent la présence de deux jeunes filles, qui se seraient intéressées un peu plus tôt au tronc de l’église, avant d’être dirigées vers la sortie par le diacre. Ces deux jeunes filles auraient également été aperçues non loin du monument aux Morts. La gendarmerie les recherche pour les interroger.

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Mise-à-jour du 20 novembre : A Azay-le-Brûlé (Deux-Sèvres), les gerbes du monument au morts dégradées

La Nouvelle République / samedi 17 novembre 2018

Dans la commune d’Azay-le-Brûlé, le 11 Novembre dernier s’accompagnait de tout un symbole : on y a inauguré le monument aux morts de la commune, cent ans après la signature de l’armistice marquant la fin de la Grande Guerre. Car jusqu’alors, seule une plaque installée dans l’entrée de la mairie honorait les morts pour la France.
Cinq jours après, dans la nuit de jeudi à vendredi, les gerbes déposées ce jour-là ont été vandalisées. Le monument lui-même n’a pas été touché. « Ces faits sont totalement inacceptables et ne sont le fait que de quelques individus, explique le maire de la commune, Jean-Luc Drapeau. Je suis le premier à être très en colère et à tenter de faire cesser au plus vite de tels actes. Il y a lieu de retrouver ces personnes et d’agir en conséquence et avec sévérité. »
S’il y a eu par le passé quelques actes d’incivilité, tags et autres, « l’affaire se terminait par un bon sermon qu’on faisait aux auteurs rapidement identifiés », reconnaît Jean-Luc Drapeau.
Cette fois, le premier magistrat a décidé de ne pas laisser passer et une plainte a été déposée, « car la symbolique est très forte. Pas question de délation, mais j’en appelle à la vigilance citoyenne dans l’intérêt même des auteurs afin qu’ils prennent une bonne fois conscience de la portée de leurs actes, poursuit Jean-Luc Drapeau. Évitons les réactions ou propos trop impulsifs. L’intérêt est d’être efficace et de ne pas céder au populisme ou aux raccourcis faciles. »

100 balles ou la taule, brèves de justice

Publié le 2018-11-13 11:15:05

Vendredi 2 novembre. Un après-midi banal à la 23.1, ou comment les comparutions immédiates reflètent la justice...
On est là, une vingtaine. Deux copines se sont faites arrêter pour un vol à go sport, histoire de vivre sans se contenter des 400 balles octroyées par l’État.



Dans le box, des pauvres, étrangers pour la plupart. Vols et deals seront le lot de cet après midi, avec une conduite sans permis pour couronner le non-sens. En face, un procureur qui a pleinement endossé sa fonction, et une juge condescendante, moralisatrice et hypocrite comme le veut la tradition, laissant croire que ses décisions ne sont pas déjà prises, jouent leur rôle à la perfection.

La juge, tout au long de l’après-midi fantasmera un réseau associatif qui prendrait en charge tous les sans papiers en leur offrant un toit et à manger. Cela provoquera espoirs et culpabilisation pour ceux qui n’y auraient pas eu recours...

D’abord le crack

Le premier, assisté d’un interprète, qui comme toujours ne traduit pas tout, est sans-papier et à la rue, se disant gabonais, en France depuis moins d’un mois, arrêté à Stalingrad, avec 4,6g de crack dans la bouche. Lorsque les flics l’étranglent, forcément il se débat, la juge se moque en disant genre « on vous serre le cou et vos bras et jambes bougent tous seuls ?? ». Il sera donc inculpé pour rébellion. Le second, encore assisté d’une interprète, encore sans-pap’ et encore à la rue, s’est fait toper gare de l’est. Les caméras l’ont suivi, errant, puis discutant avec d’autres galériens. Les policiers l’interpellent, persuadés d’une transaction, alors qu’il ne s’agissait que de tickets restos. L’inculpé dit qu’il est consommateur et revend seulement occasionnellement (3 fois depuis un mois) une partie de sa conso pour avoir de l’argent tout de suite. il dit que pour vivre il fait la manche et vend parfois des tours Eiffel. La juge, qui n’a sans doute jamais eu faim, persuadée de juger un « trafiquant » insiste sur son incompréhension qu’on revende, sans bénéfice, un peu de sa conso perso. Bref, Les 0.6g de crack et 80 balles en menue monnaie dans les poches l’emmèneront jusque-là.

Le proc’ fait un grand discours sur le fléau du crack dans le quartier de Stalingrad et l’impunité des dealers, qui n’ont peur ni de la justice ni des flics qui seraient laxistes. Il s’embourbe dans de la sociologie de comptoir sur comment le trafic a migré des périphéries jusqu’à des zones plus fréquentées et même pourvues de cinémas !

Le premier, primo-condamné, prend 6 mois de sursis et une interdiction du territoire français (ITF) de 3 ans, quand le proc’ demandait 1 an ferme et une ITF de 5 ans. Le second, en récidive, partira au trou pour 6 mois, alors que le proc’ réclamait — encore — un an ferme et qu’il a déjà une ITF définitive.

Une réquisition du procureur de la République permettant aux flics de contrôler les personnes sans prétexte aucun visant des quartiers spécifiques de Paris, quelques procès verbaux dits « d’ambiance » et c’est le crack qui est jugé, pas les galériens que le tribunal a devant lui. Pas besoin de voir la vente, un échange hors des yeux des caméras et la possession de drogues parfois en quantité infime suffit à faire de n’importe qui un vendeur. Ce que, malheureusement, les deux ont admis en garde à vue. Le proc’ a expliqué que s’ils voulaient sortir plus tôt de prison, ils pouvaient demander à être expulsés. Dans tous les cas, ils seront sous le coup d’une interdiction du territoire français. La « double peine » a encore de beaux jours devant elle...

Ensuite le cannabis.

Rue des petites écuries, dans le 10e. Une réquisition du proc’ autorise — là encore — des contrôles car ce serait un point de deal. Un homme, jamaïcain, portant des dreadlocks, se fait par conséquent contrôler. Il remet aux policiers un sachet contenant 9 pochons d’herbe (90€), qu’il dit avoir trouvé sur place. L’exploitation du téléphone permettrait de trouver un potentiel acheteur, qui, une fois convoqué par les flics, dira tout ce qu’ils désirent entendre pour l’inculper. Le prévenu, — toujours — assisté d’un interprète, — toujours — sans pap’ et — toujours — à la rue, nie la vente, mais admet fumer beaucoup. Il est en récidive. Le proc’ demandera — toujours — un an, il partira pour 8 mois.

Un square dans le 20e. Les flics sont en planque dans le cadre d’une enquête préliminaire. Mme la juge explique que la surveillance fait suite à des plaintes de riverains subissant des incivilités dans le quartier. Elle plante le décor, à ce moment-là c’est la justice au service des citoyens ! Deux jours durant, ils vont observer le — jeune — prévenu, ramasser des pochons sous un arbre et les revendre. Lors de l’interpellation, 18 grammes de résine seront saisis (80€) et deux billets de 10€. Rien dans le téléphone ni dans la perquiz’ ne permet de démontrer qu’il trafique régulièrement. Il dit vendre une partie de sa consommation personnelle. La juge fait remarquer que la famille n’a pas répondu au téléphone lors de l’enquête sociale. Ce à quoi il répond que sa famille est là dans la salle. La juge n’aura pas un regard ni une question pour eux jusqu’à la fin de l’audience. Visiblement, sa remarque ne servait qu’à montrer l’isolement du jeune homme. En récidive, avec un casier mineur et majeur trop rempli, pour ne pas changer, le proc’ requiert 1 an, il sera envoyé entre quatre murs pour 6 mois.

Encore des histoires de dépendance. Les deux ont déjà été condamnés pour des faits similaires, ont fait l’objet de suivi par la justice ou la [PJJ|protection judiciaire de la jeunesse], et de l’aveu même des juges et du proc’, ça ne sert à rien. Donc, on inflige les deux, la prison et le suivi, histoire de bien continuer à broyer ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas survivre par des moyens légaux. Ça justifiera la peine suivante, encore plus de mois enfermés, encore plus de rendez vous chez le [CPIP|conseiller probatoire d’insertion pénitentiaire], le psy, l’addictologue. Les clichés vont bon train, et si l’accusé met du temps à répondre, ce n’est surtout pas à cause de la juge qui n’attend pas la fin de la traduction par l’interprète, mais bien que les jamaïcains qui écoutent du reggae sont lents du ciboulot, par exemple. Si l’accusé s’est remis à dealer quelques mois après sa sortie de prison, c’est parce que, contrairement aux honnêtes juges, proc’, greffiers, et policiers présents dans la salle, il est oisif et préfère « l’argent facile » à se lever à 9 heures (sic !) pour aller travailler...

Les vols.

Deux jeunes se disant libyen et syrien, — de nouveau — sans-pap’, — de nouveau — assistés d’un interprète, — de nouveau — à la rue sont vus par les policiers regarder avec intérêt les terrasses de restaurants dans le dixième arrondissement. Ils dérobent une sacoche, sans que le client ne s’en rende compte, puis ils vont se poser sur un banc pour l’ouvrir et regarder ce qu’il y a dedans. les flics les arrêtent alors. L’un d’entre eux est accusé de rébellion : un flic a essayé de l’empêcher de s’échapper, il aurait essayé de l’esquiver puis aurait foncé sur lui les mains en avant pour le faire tomber. En fait, ils sont tombés tous les deux, il s’est d’ailleurs fait mal au genou en tombant. Il assure qu’il n’avait pas compris qu’il s’agissait de policiers alors que les flics disent s’être annoncés. La juge assène « vous ne parlez pas français mais vous connaissez quand même le mot »police« non ?! ». Le flic tombé (« de tout son poids sur son coude », le pauvre !) a eu 2 jours d’ITT et demande 600 euros.

Cette fois-ci le proc’ ne va pas demander d’ITF, probablement que c’est trop indécent au regard des destinations ; à moins que ce ne soit pas réalisable et Mr le procureur a le souci des décisions judiciaires et administratives exécutées...

Pour se défendre, ils expliquent n’avoir jamais été même interpellés par la police et qu’ils avaient faim ce jour là, et se justifient d’avoir tenté d’être mineurs pour éviter d’être expulsé. Le proc’ demande 3 et 5 mois ferme (une peine plus lourde pour celui qui a aussi rébellion). Ils prennent 3 et 5 mois avec sursis.

Deux copines ont été déférées pour 100 balles de fringues volées à go sport. Ce sont les seules de la journée à demander un délai pour préparer leur défense. L’une a d’abord déclaré un nom aux flics qu’elle voudra corriger par la suite, et l’autre a refusé de décliner son identité. En garde-à-vue elles ont refusé les empreintes et l’ADN, chefs d’inculpations qui se rajoutent au classique vol en réunion. Elles ont aussi refusé l’enquête de personnalité et l’argumentent, expliquant qu’elles préfèrent que la juge fasse sa sale besogne en se penchant sur les faits uniquement et pas sur l’origine et la situation sociale. La juge leur répondra qu’elles n’ont rien compris, qu’on ne juge pas les gens en fonction de s’ils sont riches ou pauvres mais qu’on individualise les peines en fonction de leur situation, à aucun moment elle ne parlera de juger sur les faits ! Devant la juge, attestations d’hébergement (pièce d’identité de l’hébergeur, facture ou bail, lettre manuscrite), attestations RSA et photocopie de leur pièces d’identité sont fournies. Au vu des casiers et de leur discours, ce ne sera pas suffisant, et la juge renverra l’audience au 14 décembre, soit le délai maximum, 6 semaines, en envoyant les copines en détention provisoire d’ici-là.

Cette fois-ci, ce sont des histoires de survie « simples », sans « préjudice » ni pour go sport, ni pour les personnes bien loties en terrasse. Pourtant, on entendra pour la première fois le procureur avoir de la compassion... pour la « victime », il se met naturellement à sa place, attablé avec des amis au restaurant, loin loin loin de lui l’idée de se mettre à la place de ces deux gars qui disent qu’ils avaient faim ce jour là. La Justice ici, ne se cache même pas pour montrer que sous couvert d’impartialité, d’objectivité, de « bien commun », elle se venge, punit, pour faire peur à celleux qui refusent de se résigner à crever la dalle quand certains bouffent au resto. Si les deux jeunes, car « primo-délinquants », s’en sortent avec un sursis simple, les copines sont punies de ne pas avoir voulu collaborer avec la justice, et de le lui avoir dit en face : « Si vous nous envoyez en prison, admettez que c’est une mesure punitive et pas une mesure préventive. Vous savez qui on est, vous avez nos casiers, il existe des garanties. On va pas partir en cavale aux Bahamas pour 100 balles à GO sport ». Après la décision, la salle comme les copines crient ce qu’on pense de la juge, du proc, et de la justice. Tout le monde se fait sortir, et les copines se font brutalement bousculer par les flics.

La répression n’arrêtera pas nos rébellions Crève la justice et la prison, Liberté pour toutes et tous !

Comté de Paulding (Géorgie), Etats-Unis : Sabotage de chantier d’une nouvelle prison – 4 novembre 2018

Publié le 2018-11-14 00:17:02

En 2016, les électeurs du comté de Paulding ont approuvé la construction d’un nouveau centre de détention et d’application de la loi pour adultes de 77 millions de dollars. Turner Construction (une filiale de la société allemande Hochtief) gère ce projet et sous-traite le travail à des entreprises locales. Les travaux de construction sont bien avancés. 

Au petit matin du 4 novembre, nous sommes entrés sur le site de construction et mis hors d’usage deux tractopelles, un appareil de forage et une pelleteuse. Les clés de toutes les machines se trouvaient sur le contact, nous avons donc débarrassé la société de celles-ci. Nous nous sommes ensuite déplacés dans les bureaux locaux du projet, où nous avons réussi à débrancher le courant du chantier de construction et à mettre hors service deux chariots et une fourgonnette de la société. Au moment de cette publication, 4 jours plus tard, un chargeur frontal et l’appareil de forage étaient toujours hors d’usage. Le travail a été reporté de plusieurs heures le lundi suivant l’action.

Aucun repos tant que tout le monde n’est pas libre.
Feu aux prisons.

[Traduit de l’anglais de 325 par Cracher dans la soupe]

Rome, Italie : Sabotage d’antenne relais téléphonique en solidarité avec Paska, Ghespe et Giova – Septembre 2018

Publié le 2018-11-14 00:17:04

Un après-midi de septembre, nous nous sommes mobilisés pour incendier une antenne-relai de téléphone. Nous avions dans nos yeux et dans nos coeurs de la rage pour la mort d’une personne dans la forêt de Hambach lors de la résistance à l’expulsion policière. Les infrastructures de télécommunications sont aujourd’hui un des points stratégiques du domaine de la technologie moderne, qui fonctionnent pour le développement d’autres dispositifs et structures technologiques, qui font également partie d’un réseau complexe dans lequel tous ces éléments sont dépendants les uns des autres. L’essence autoritaire du système s’exprime clairement dans cette interdépendance technologique. Malgré la tendance actuelle à créer des systèmes de plus en plus autonomes, il est toujours possible de frapper un élément en mettant l’ensemble du réseau hors-service par un effet boule de neige.

Par cette action, nous voulons lancer un appel à frapper les réseaux de télécommunications en tant qu’acte de solidarité avec les prisonniers anarchistes Paska, Ghespe et Giova qui sont toujours en prison. 

Nous étions au courant de la collaboration des entreprises qui fournissent des services téléphoniques aux enquêteurs de la police, ce qui fut essentiel pour incarcérer nos compagnons, ainsi que pour le contrôle constant de l’individu. 

Il est temps de leur faire payer ! Nous invitons tous les groupes d’action et individus à intensifier les attaques sur ces infrastructures. Il n’est pas nécessaire de s’exprimer davantage sur l’urgence de l’attaque, d’autres se sont déjà exprimés avec suffisamment de clarté dans le passé. 

Avec ce feu, nous souhaitons saluer les incendiaires français, dont les actions et le dialogue établi à travers elles ont été une source d’inspiration pour nous.

IL N’Y A PAS DE JUSTICE, SEULEMENT DE LA VENGEANCE POUR NOS COMPAGNONS ASSASSINÉS!

FEU ET FLAMMES POUR SE SOUVENIR DE STEFFEN, AINSI QUE DE KEVIN GARRIDO [1], ASSASSINÉ EN PRISON DANS L’ETAT CHILIEN !

SOLIDARITÉ AVEC PASKA, GHESPE ET GIOVA !

SOLIDARITÉ AVEC TOUS LES PRISONNIERS ANARCHISTES !

MORT À L’ETAT ET À SES LARBINS !

Publié le 07.11.2018 sur roundrobin.info

[Traduit de l’anglais de 325]


[1] Note d’Instinto Salvaje : dans la revendication qui suit, il est fait mention de ce qui s’est passé à Santiago du Chili avec l’affaire de Kevin Garrido, assassiné le 2 novembre à la prison de Santiago 1. Nous rappelons que cet individu n’était pas anti-autoritaire, dès lors qu’il a écrit en prison des communiqués dans lesquels il se dit en affinité avec des groupes autoritaires appelés éco-extrémistes. Nous publions cette action parce qu’il s’agit d’un geste de solidarité avec les anarchistes italiens incarcérés que nous ne voulons pas taire, mais pour clarifier les informations fournies par des moyens de contre-information irresponsables qui eux-mêmes ne se positionnent pas dans cette guerre sociale. 

C’est jaune, c’est moche et ça peut vous pourrir la vie…

Publié le 2018-11-15 07:15:07

« On bloque tout » ? On rit jaune…

Si le terme de « blocage » semble clair pour quiconque a une fois dans sa vie participé de près ou de loin à un mouvement social, dans le cas présent il revêt un aspect pour le moins singulier, notamment en raison de sa date de mise en application : le samedi. Que peut-on espérer concrètement d’un blocage un jour de fermeture de la plupart des entreprises ? Voilà la question qu’on peut se poser en premier lieu. Contre qui espère-t-on imposer un rapport de force si l’on décide d’être le moins nuisible possible pour les patrons ? D’autant plus que l’on voit fleurir parmi les consignes de certains évènements des messages du type « laisser passer ceux qui travaillent », etc.
Ces modalités d’action n’ont rien d’inédit : elles sont courantes chez les groupements politiques droitiers, les syndicats corporatistes, les petits commerçants défendant la liberté d’exploiter… Dupont-Aignan a plusieurs fois lancé des actions de « blocage » auprès de stations de péage autoroutiers, même chose pour les Bonnets rouges. À chaque fois fut posé en règle de base le respect de la « liberté de travailler » justifiant la date et permettant de créer la distinction à faire avec les mouvements sociaux ; à chaque fois ces actions furent qualifiées d’un prétendu « spontanéisme populaire des gens des périphéries », qui trouveraient par ce biais les moyens de « se faire entendre ». Le « blocage » des gilets jaunes n’en est pas un : il n’a pas pour objectif de perturber l’économie, de mettre en difficulté le patronat, ni de libérer du temps pour s’organiser, mais uniquement de rendre visible une « colère » censée être « apolitique ».

Le mouvement des gilets jaunes tiendrait également sa spécificité d’une forme d’organisation éclatée « jamais vue ». Il se structurerait informellement autour de Facebook, sans chef identifiable. On tient là le nœud du problème, puisqu’à vouloir prendre pour vérité le miroir déformant d’Internet, on passe à côté des éléments les plus importants d’analyse. Tout d’abord, il est faux de considérer que ce mouvement est un tant soit peu horizontal ou sans chef, c’est un effet de complète dispersion des mots d’ordres qui procure cette impression. Même Libération nous le rappelle : « Dans ces mouvements grassroots venus d’Internet, le chef, c’est l’admin de la page Facebook. Rien de plus. » [1] Et tant pis pour les espaces de discussion politiques ou stratégiques, place aux nouvelles formes d’organisation 2.0 !

En ce qui concerne les gilets jaunes rennais, par exemple, leur espace d’organisation hors Facebook a consisté en tout et pour tout en deux réunions pendant lesquelles les organisateurs de l’événement ont donnés leurs ordres à une petite trentaine de personnes, présentant de longues consignes de sécurité et montrant manifestement que tout était déjà préparé avant la réunion, qui ne servait qu’à galvaniser les troupes (« Vous pouvez applaudir ! »). Pour le fond politique, ils se sont contenté de répéter vaguement le plus petit dénominateur commun entre les membres de leur public, « Marre des taxes ! », et d’insister au final sur le caractère apolitique de la démarche : « C’est un mouvement citoyen » et autres « Si on voit des banderoles, on les arrache ! ». Pour les modes de mobilisation horizontaux et révolutionnaires, on repassera…

 

La « France périphérique » s’en va-t-en guerre

La construction d’un rapport de force contre l’État, via la revendication antifiscale, pour une question de baisse des prix de l’essence n’est pas anodine. Il trouve son sens dans un regroupement populaire formé par la poursuite d’intérêts communs ? Mais ceux-ci s’appuient sur une structuration sociale opposant le « peuple de France » (qui regroupe pêle-mêle entrepreneurs, cadres, commerçants, ouvriers, retraités et employés, en bon ordre interclassiste, et sans distinction de positions politiques bien sûr, on est pas là pour ça) aux élites urbaines coupées des problématiques populaires. En effet le « peuple » conceptuel pointe invariablement son nez quand le rapport de classe passe en arrière-plan.

Le flou qui en résulte s’exprime aussi notamment dans des référence historiques aux contours douteux, évoquant « le monarque contre la plèbe », les révoltes paysannes sous l’ancien Régime et ainsi de suite. Se sentir obligé d’aller chercher des références datées de plusieurs siècles pour expliquer la source d’un conflit de 2018 laisse songeur. Sans même s’en rendre compte, la plupart des dernières analyses du « mouvement des gilets jaunes », posent comme acquise l’existence d’un « peuple des périphéries » (groupement de bon sens autour d’un « ras le bol de Macron », et du rejet du mouvement social) qui s’oppose aux « bobos des villes » et aux décideurs.

C’est exactement le schéma de société théorisé et défendu par l’extrême droite, notamment parce qu’il porte en lui la refonte des questions de classes autour de concepts presque exclusivement territoriaux. Ainsi, le monde fonctionnerait autour des salauds « bobos », habitants des villes, ennemis jurés de l’essence, en rupture décadente avec le « passé » du bon peuple de France. Pour sauvegarder ce schéma de société, une barrière morale est érigée autour de la figure du « pauvre de campagne », qui a la vie dure non pas a cause de son patron qui ne le paye pas suffisamment pour qu’il puisse se rendre sur son lieu de travail, mais à cause des taxes, et d’un ennemi aux contours flous, aux allures complotistes.

La barrière morale se dresse alors spontanément face à quiconque mettrait en doute le bien fondé de ce genre de définition du « peuple », lui opposant par exemple la société de classes. Critiquer les gilets jaunes relèverait du mépris des « gens de la ville ». Critiquer des gens qui déclarent que « les mouvements sociaux ne servent à rien » serait du mépris. Le texte publié par Nantes Révoltée [2] à propos de cet événement du 17 Novembre affuble les grèves récentes de l’adjectif « inutile ». Ceux-là même qui participent activement au mouvement social oublient donc ce qui cimente son organisation : la prise de décision et l’action collective pour défendre nos intérêts de classe.

 

Bonnets rouges et gilets jaunes : l’extrême droite reprend des couleurs

La question brûle toutes les lèvres : y a-t-il des membres d’extrême droite dans les gilets jaunes ? Si oui, prouvez-le avec des noms et des CV ! À l’heure des Le Pen en tête des intentions de vote, des Bolsonaro, Trump, Salvini… il paraît bien dérisoire de chercher à satisfaire ce genre de demande de justifications pour qualifier un phénomène qui en fait porte en lui-même la structure d’un mouvement d’extrême droite. Face à un tel évènement, on se doit d’analyser les rouages idéologiques du discours et des modes d’action, les formes collectives à l’œuvre si elles existent, et d’éviter les logiques de traques individuelles, qui ne permettent pas à elles seules d’expliquer les succès de l’extrême droite. D’autant plus que les justifications, lorsqu’elles sont fournies (ce qui dans le cas présent est chose facile), sont systématiquement rediscutées : tant qu’on ne trouvera pas Adolf Hitler administrateur de l’évènement parisien du 17 novembre, on ne pourra probablement rien « prouver ».

La seule analyse intéressante à produire concerne la nature du mouvement, et les effets qui se produiront à l’intérieur même de sa réalisation politique. Et la principale menace que porte le mouvement des gilets jaunes est bien ici : il a toutes les caractéristiques du terreau idéal qui va permettre à l’extrême droite de se structurer. Ce fut le cas lors de la Manif Pour Tous, mais aussi lors du mouvement des Bonnets rouges.

Il est important d’opérer ici un bref rappel de l’affaire des Bonnets rouges, tant les similitudes avec les gilets jaunes sautent aux yeux. Les Bonnets rouges apparurent en 2013, dans un contexte de luttes sociales au sein de plusieurs industries emblématiques de la région. Dès le début, le mouvement semblait échapper au schéma classique et regroupait des patrons locaux, des salariés, certaines branches d’agriculteurs et de routiers. Les mots d’ordre et attentes étaient on ne peut plus disparates, allant de l’assouplissement du droit du travail à l’abattement des portiques écotaxe, en passant par diverses revendications issues du nationalisme bretonnant. Toute l’affaire tenait alors d’elle-même grâce à la composition théorique d’une « nature bretonne » des individus. La faiblesse de la chose prête à sourire, quand on pense que la plupart des arguments qui se sont posés sur le sujet avaient trait à des attributs vestimentaires folkloriques ou des labels régionalistes sur des boites de pâté. Qu’importe, ce fut ce qui permis aux ouvriers d’aller main dans la main avec leur patrons assister à l’abattage de portiques à « taxe écolo ». Le « peuple breton » avait trouvé sa définition : rien à faire avec le mouvement social, c’est une question de vêtements et de bouffe.

Déjà à l’époque, une partie des participants habituels des mouvements sociaux, affamés de victoires et de court-termisme, dans une telle période de disette, se posèrent en soutiens inconditionnels des Bonnets rouges, y voyant là aussi un soulèvement populaire duquel jaillirai peut-être la lumière révolutionnaire. Au bout du compte, les Bonnets rouges stoppèrent leur activités une fois que les revendications patronales furent acceptées (entre autres choses, l’abandon de l’écotaxe et des règles spécifiques à contour régional d’application de la législation du droit du travail). Les procès qui eurent lieu mirent en lumière une extrême droite régénérée, capable de s’organiser sur le terrain avec les patrons et les agriculteurs pour démonter les portails, capable d’attaquer des squats [3]… Bref, une extrême droite infiniment plus organisée et conséquente que celle qui perdure au travers de pitoyables fêtes privées moyenâgeuses d’hommage aux collabos nationalistes bretons. Les traits communs aux deux « mouvements » sont d’ailleurs si édifiants qu’en Bretagne on retrouve affichée au sein des gilets jaunes naissants la revendication de sa filiation formelle avec les Bonnets rouges. Mieux encore, on retrouve des Bonnets rouges « têtes de gondole » aux commandes des gilets jaunes.

Cet épisode aurait du servir de leçon, et ouvrir le débat sur les différentes natures des mouvements politiques, mettre par exemple en lumière les raisons qui font que lorsqu’on lutte contre le patronat, on ne se retrouve pas avec des bandes de nazis autogénérées par le mouvement en tant que tel. Ce ne fut manifestement pas le cas, et on le paye aujourd’hui en constatant l’incapacité de certains d’anticiper les effets politiques qui vont être produits par les gilets jaunes.

Les périodes d’intenses bouillonnements politiques sont les meilleurs terrains d’élaboration pour les groupes politiques actifs. Les manifs fournissent les cadres d’organisation, permettant la rencontre des individus, leurs rapprochement autour de projets concrets communs, la libération de temps et le poids numérique, toutes ces choses qui existent si peu dans les périodes hors-mouvement. On le sait bien, puisque c’est aussi à tout ça que servent les grèves par exemple. Donc, plutôt que chercher à prouver la « récupération » d’un mouvement naissant par des pontes et/ou épouvantails d’extrême droite, préparons-nous à voir se rejouer l’accomplissement logique d’un pseudo-mouvement, qui par sa nature, va être formateur pour l’extrême droite, ce qui est le pire scénario qu’on puisse envisager.

 

La politique de la défaite : adieu lutte des classes, bonjour « peuple en colère »

Tout de même un minimum conscients de mettre le doigt dans un engrenage douteux, des commentateurs tels que Nantes Révoltée mettent judicieusement en garde contre la tentation d’endosser un gilet jaune « sans esprit critique », quand d’autres comme Rouen dans la rue concèdent prudemment que ce « mouvement » est « confus ». Quel degré de cécité volontaire est nécessaire pour être si complaisant envers un mouvement dans lequel on identifie clairement la marque de l’extrême droite ? Il n’y a là aucune naïveté : les divers articles sur le sujet ne manquent pas de dresser la comparaison avec des mobilisations effectivement assez similaires ; les Bonnets rouges, bien sûr, mais aussi le « Jour de colère » ou encore le mouvement Poujade dans les années 50, en somme des épisodes lors desquels l’extrême droite s’est trouvée particulièrement forte et mobilisatrice. La question saute aux yeux : mais qu’irions-nous faire dans cette galère ?

À en croire les articles en question, il se passerait pourtant quelque chose d’intéressant, quelque chose qui serait plus prometteur que les grèves « inutiles » des mouvements sociaux des dernières années. Dans un retournement assez stupéfiant, on en vient même à prétendre que ces gilets jaunes ont déjà presque accompli davantage que le camp du mouvement social depuis 10 ans, alors que rappelons-le, cet événement n’a pas encore eu lieu, et ne peut assurément pas prétendre à la dénomination de « mouvement ».

On touche là le nœud du problème : un opportunisme à peine dissimulé, motivé par la défaite, qui serait prêt à se ranger derrière les mots d’ordre les plus flous et les mobilisations les plus réactionnaires, pourvu que ça bouge, qu’il se passe quelque chose. Quitte, pour cela, à mettre en concurrence les « gilets jaunes » apolitiques, interclassistes et antigrève d’un côté, et de l’autre les syndicats qui ont encore la prétention minimale de se battre face au patronat, et affirmer que les premiers sont en passe de gagner là où les seconds ont échoué. Gagner quoi, pour qui ? Comme on l’a rappelé, le mouvement Bonnets rouges, en plus de structurer l’extrême droite bretonne, a abouti sur la satisfaction des revendications patronales ; encore une grande victoire pour le prolétariat…
C’est cette focalisation sur l’échec du mouvement social qui conduit tant de monde à trouver un quelconque intérêt dans un faux blocage économique, appelé par des chefs auto-désignés, aux côtés de patrons et d’entrepreneurs. Historiquement, l’extrême droite a souvent existé sur un mode concurrentiel au camp révolutionnaire bien qu’elle se présente souvent (d’autant plus lorsque la période n’est pas à son avantage) sous le masque de l’apolitisme : il s’agit d’une option politique qui peut être prise par des prolétaires à la place de la lutte des classes, lorsqu’ils estiment que celle-ci a échoué ou ne présente plus d’intérêt.

C’est donc dans les moments de défaite de notre camp que l’extrême droite fait son beurre, agrégeant des « colères » structurées dans une lecture populiste, qui aurait la prétention de nous allier au patronat honnête contre les « élites corrompues ». Dans un tel contexte, même si l’action et le rôle des syndicats est évidemment critiquable et dépassable, s’attaquer aux modes d’action habituels des mouvements sociaux, les taxer d’inutilité et regarder avec bienveillance la naissance d’un mouvement qui a pour ambition de jeter aux oubliettes la lutte des classes, ce n’est décidément pas se placer du côté des prolétaires ni adopter une perspective révolutionnaire ou émancipatrice.

 

Défense Collective
defensecollective.noblogs.org

 

[1]: https://www.liberation.fr/debats/2018/11/09/gilets-jaunes-arretons-avec-la-theorie-du-complot-de-l-extreme-droite_1691002

[2]: https://nantes.indymedia.org/articles/43450

[3]: Entre fin avril et mai 2015, une campagne anti-squat est menée conjointement par des journalistes de Ouest-France et des militants d’extrême-droite locaux et nationaux, construisant de toute pièce le scénario d’une petite vieille simple et honnête expulsée de son logement par des « gauchistes marginaux ». Cette campagne, dont des rassemblements de fascistes devant la maison occupée, et le battage médiatique qui en a résulté, est venu alimenter un projet de loi visant les squats et les occupations en général, dont une partie de l’esprit du texte se retrouve dans l’actuelle loi ELAN. Une recherche rapide sur internet autour de cette « affaire Maryvonne » permet d’en savoir plus, on pourra notamment se reporter au dossier du Collectif Antifasciste Rennais sorti à l’époque: http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2015/05/dossier-laffaire-maryvonne-thamin-quand-les-fascistes-sen-prennent-aux-squatters/

Bordeaux : Les cathos resteront débout

Publié le 2018-11-15 09:23:03

extrait de Sud-Ouest / lundi 12 novembre 2018

« Suite à des actes de vandalisme, l’abbatiale est fermée temporairement en dehors des offices », peut-on lire depuis quelques jours sur la porte de l’église Sainte-Croix, située dans le quartier éponyme, dans le centre-ville de Bordeaux.
Mercredi 7 novembre, en pleine journée, du mobilier de cet édifice religieux a été dégradé. « Les faits ont été découverts vers 17 heures. Une quarantaine de chaises ont été cassées et quelques tables et présentoirs renversés. Mais aucun objet sacré n’a été profané », explique le père Bruno Tantini, curé des paroisses du secteur pastoral du port qui regroupe Sainte-Croix, Saint-Michel et Saint-Pierre.

Île d’Yeu (Vendée) : La tombe de Pétain vandalisée

Publié le 2018-11-15 09:23:05

Le Parisien / Lundi 12 novembre 2018

La tombe du maréchal Pétain a de nouveau été vandalisée, durant la nuit du 10 au 11 novembre à l’île d’Yeu (Vendée). Le matin du 11 novembre, vers 7 heures, les gendarmes interviennent après qu’un rôdeur a été aperçu dans le cimetière. Les militaires n’ont vu personne mais ils ont constaté que la tombe, du vainqueur de la bataille de Verdun lors de la Première Guerre mondiale et le chef du régime de Vichy durant l’occupation allemande de la Seconde Guerre mondiale, avait été une nouvelle fois vandalisée.
« Les mots pour mon père étaient inscrits à la peinture noire sur la tombe et la croix de bois était brisée », précise une source proche de l’affaire. La brigade de gendarmerie de l’île d’Yeu diligente l’enquête avec l’appui de la section de recherches d’Angers.

La sépulture du maréchal Pétain avait déjà été dégradée en juillet 2017 et en 2007. Le maréchal Pétain était revenu sur le devant de la scène politique après une polémique qui avait éclaté la semaine dernière sur des propos d’Emmanuel Macron. « Le maréchal Pétain a été, pendant la Première Guerre mondiale, un grand soldat », avait déclaré le président de la République, le 7 novembre, tout en rappelant que « la vie politique comme l’humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu’on voudrait croire… On peut avoir été un grand soldat à la Première Guerre mondiale et avoir conduit à des choix funestes durant la Seconde ».

Capvern (Hautes-Pyrénées) : Le centre de formation des assassins dégradé

Publié le 2018-11-15 09:23:05

La Dépêche / mardi 13 novembre 2018

Dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 novembre, le centre de formation du permis de chasser à Capvern dans les Hautes-Pyrénées a été vandalisé déplore la fédération départementale des chasseurs. Le local, qui accueille les candidats, a partiellement été démonté et détruit. « Il n’est plus, aujourd’hui, apte aux examens, regrette la fédération. Pas de tag, pas de signature. » Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie de Lannemezan qui s’est déplacée sur les lieux.
«Les dégâts sont relativement limités, mais c’est l’acte qui est condamnable», appuie le président des chasseurs Jean-Marc Delcasso. Il s’agit en effet du seul centre pour le permis de chasse sur le département. «C’est un local capital pour la formation des jeunes, explique le président de la fédération qui compte entre 300 et 400 candidats au permis chaque année. Cela fait planer des incertitudes sur les prochaines sessions de formation. On veut savoir qui a fait ça, mais surtout pourquoi.» […]

Madrid : Distributeurs sabotés en solidarité avec les compagnons incarcérés

Publié le 2018-11-15 12:27:02

Résultat de recherche d'images pour "vitre brisée"

Dans la nuit du 11 au 12 novembre, 20 distributeurs automatiques de billets ont été sabotés au marteau dans le nord de Madrid. Que l’action anarchiste soit multipliée par chaque coup donné par l’Etat. Cette solidarité est plus que des mots.

Salutations aux personnes touchées par la répression du 29 octobre dernier pour d’autres attaques contre des institutions bancaires. Force et affection pour notre compagnonne Lisa, détenue par l’État allemand pour braquage de banque à Aix-la-Chapelle.

Pour l’anarchie.

Repris de : anarhija.info

Madrid : Sur l’arrestation des deux compagnons anarchistes le 29 octobre dernier

Lyon : Attaque incendiaire contre le poste de police municipale

Publié le 2018-11-16 09:38:02

reçu par mail / jeudi 15 novembre 2018

Par une lune incendiaire, cette nuit du 11 novembre.
Quand d’autres honorent des morts vaines, quand d’autres paisiblement se prélassent dans le sommeil et leurs fausses certitudes, quand la plupart se renferme dans l’impuissance et la crainte, nous autres allumons des mèches. Quelques molotov ont atterri par mégarde sur le poste de la tête d’or. Que la municipale s’arme et héberge le repos des militaires, il faut qu’elle sache qu’à trop noircir nos vies, ses murs d’enceinte en perdront leur éclat.

Pensée et courage aux six copains lyonnais dans leur combat judiciaire!

signé du Commando salamèche

[in english][in italiano][По Rусский]

Manif de masse(s). Bal masqué contre le Mur de la Plaine.

Publié le 2018-11-16 09:59:04

Appel aux masses contre le Mur de la Honte et le chantier de la Plaine.
Déambulation festive offensive et masquée au départ de la sinistre Mairie de Marseille, Vieux Port, samedi 24 novembre, 16h.



On en rêvait, le quartier l’a fait, la Soleam l’a tué

Déjà plus d’un mois. Plus d’un mois que les camions de la Soleam, protégés par des lignes de CRS, ont débarqué sur la plus grande place de Marseille, la Plaine. Plus d’un mois, le 11 octobre dernier, que Gérard Chenoz (adjoint au maire et président de la Soleam) et ses amis bétonneurs tentent d’en finir avec la contestation d’un quartier, opposé à leur projet dit « de requalification ». Sans concertation, ce projet indigne, démesuré et ne répondant en rien aux priorités des habitant-e-s maintes fois exprimées, n’a jamais eu d’autre objectif que d’accélérer la gentrification du quartier... C’est-à-dire effacer les plus pauvres et laisser place aux populations aisées en faisant exploser le prix du mètre carré, remplacer ses commerces à bas prix par de grandes enseignes, et son marché populaire par des étals à touristes. Une véritable « montée en gamme » pour anéantir le « vivant ».

Gentrification partout ! Soleam Dégage !

La mairie a tablé sur la lassitude des uns et la résignation des autres... une stratégie d’abandon de la place et de l’usure des habitants. Elle a tant vanté les charmes du quartier exotique auprès des investisseurs et des touristes friqués, que dans les maquettes des promoteurs, les quadras branchés du Marseille connecté et apaisé annonçaient déjà le monde radieux. Et puis, plus rien. La contestation a révélé dans toute son horreur le visage municipal : brutal, violent, autoritaire et méprisant.

Plus d’un mois donc. De matraquages, d’arrestations, de procès, d’intimidations, et une volonté unique : faire table rase. Créer la sidération par la violence, avec ses rangées de CRS mobilisés à chaque journée d’opération. Empêcher tout retour en arrière par la coupe mortifère de 40 des 115 arbres de la place, la destruction des grilles et des espaces de vie, les blocs de béton et la fermeture complète des accès à la place. Sans aucune information pour les des habitant-e-s et commerçant-e-s.

Depuis un mois, pourtant, l’arrogance de l’élite politique marseillaise bute sur le quartier, son inventivité. La colère s’est ancrée : les palissades ont volé, d’autres ont brûlé, le mistral s’est mis à déplacé les blocs de béton, entre-temps recouverts de messages et de peintures aux couleurs du quartier. La créativité a repris ses droits : libéré de ses grillages, le cœur de la place s’est converti en espace de discussion et d’assemblée permanente, avec toujours plus de nouveaux venus, comme lors de la grande manifestation populaire du samedi 20 octobre. Réunissant plusieurs milliers de personnes, elle s’est conclue par la construction du Gourbi n°8, structure offerte par la Zad de Notre Dame des Landes, et détruite sous haute protection policière quelques jours plus tard.

D’anciens kiosques à sandwiches ont été réouverts, un terrain de foot aménagé, des jardinières construites. Des équipes de ménage auto-organisées, elles, sillonnaient la place, redonnant à la place son atmosphère populaire, vivante, festive, entremêlée. Là où ils ont détruit, le quartier a reconstruit. Ne sachant plus que faire, les camions et outils de chantier ont même plié bagage un temps.

Le Mur de la Honte

C’en était trop pour les bétonneurs et leurs élus : lors d’une conférence de presse où le mensonge concurrençait le mépris, réduisant les opposants à des ados en mal d’aventure amoureuse, l’infâme Gérard Chenoz annonçait l’édification d’un gigantesque mur pour « sécuriser » le chantier.

Son chantier. Un demi-million d’euros ou presque, 2,50 mètres de haut et mille tonnes de béton. Un vrai mur de Berlin et presque un aveu de défaite devant l’impossibilité à poursuivre les travaux sans ce mur de la honte.

Le mistral a bien continué de souffler depuis. Des pans entiers du mur sont tombés et les actions continuent de ralentir un chantier, de plus en plus inutile et coûteux.

Mais la vie, les allées et venues, les discussions sont désormais impossibles autour du Mur. Et le quartier va mourir à petit feu. Les arbres sont à nouveau arrachés mais ils ne produisent plus qu’un bruit de massacre à la tronçonneuse. Invisible.

Des Millions pour une place et un Mur. Pas une thune pour les habitants de Noailles

La honte résonne d’autant plus amèrement devant la colère provoquée par l’effondrement des immeubles de Noailles, les morts, les bâtiments détruits, les centaines d’évacué.e.s, de déplacé.e.s, et le mépris de la mairie comme les jeux qui s’accélèrent en haut-lieu pour en finir avec cet autre quartier historique de Marseille.

Le mur de la Plaine et les morts de Noailles, si différents, forment les deux facettes d’une même logique vorace et mortifère, menées par les mêmes rapaces.

Façonner un centre-ville aseptisé, franchisé et nettoyé de ses pauvres, de ses immigrés, en édifiant des murs et en laissant les autres s’effrondrer. Et tuer. L’effondrement n’a rien d’une négligence : résultats d’une stratégie de pourrissement cynique et mûrement réfléchie, les morts de Noailles sont déjà ouvertement utilisés, au pied des décombres, pour "dégager tout le secteur" comme l’a dit lui-même le maire Jean-Claude Gaudin. Vouées à leur seul profit, à leurs villes contre nos vies, et à leurs murs contre nos quartiers, ces logiques ont assez duré. Plus que jamais, à la plaine, ce chantier, c’est non.

Le mur de la Plaine doit tomber.

Le mur de la Plaine tombera.



PS :

Appel aux masses pour un bal masqué contre le Mur
Samedi 24 novembre 16h.
Hôtel de ville (ou mairie renversée)

Buenos Aires (Argentine) : Une compagnonne blessée lors d’une attaque à la bombe, plusieurs arrestations

Publié le 2018-11-16 19:02:03

Attaque.noblogs.org

reçu par mail / jeudi 15 novembre 2018

Le mercredi 14 novembre, à Buenos Aires, quasi simultanément, deux endroits ont été attaqués à la bombe. La première attaque, au cimetière de la Recoleta, n’a malheureusement pas marché, la bombe explosant dans les mains d’une des deux personnes qui la menait. Elle visait la tombe de Ramón Falcón, chef de police qui fut responsable de la mort de 11 manifestants le 1°mai 1909, et qui fut pour cette raison assassiné plusieurs mois après par l’anarchiste Simón Radowitzky. La compagnonne qui a mené l’attaque est dans un état grave à l’hôpital et le compagnon qui l’accompagnait a été arrêté.

Quelques heures après, une bombe a été jetée contre la maison du juge fédéral Claudio Bonadi. Le compagnon qui menait l’attaque a rapidement été arrêté lui aussi.

Dans la nuit du mercredi à jeudi, ce sont 10 personnes qui ont été arrêtées dans un squat de Buenos Aires.

Pour rappel, le G20 à Buenos Aires commence dans seulement 2 semaines.

[résumé à partir de la presse argentine, sitôt que plus d’informations publiés par des compagnon-ne-s argentins sortira nous le diffuserons]

*****

NdAtt. : d’autres infos (en espagnol) sur Instinto Salvaje (ici pour l’attaque au cimetière et ici pour celle contre la maison du juge)

Belfort, France : Sabotage de caméra mobile – 16 novembre 2018

Publié le 2018-11-16 23:51:03

Dans la nuit du 15 au 16 novembre à Belfort, une caméra mobile de vidéosurveillance a été mise hors-service, àl’aide de deux gros conteneurs à déchets.

« Avant d’être incendiés, les deux conteneurs ont été déplacés sous un poteau d’éclairage public. Celui-ci supporte depuis quelques semaines une caméra mobile de vidéosurveillance », à deux pas du city stade Dardel entre le 20 et le 22 avenue des Frères Lumières. « Si le feu n’a pas touché la caméra, il a réussi à détériorer l’alimentation électrique du poteau d’éclairage ».

« Il y a environ une semaine, un incendie a détruit des déchets et un cyclomoteur qui avaient été regroupés au pied du poteau. Cet équipement avait déjà été vandalisé de la même manière en mai 2016 et mars 2017. »

Rouen, France : La société de transports VTNI attaquée à domicile – 7 novembre 2018

Publié le 2018-11-16 23:52:02

Dans la nuit du 6 au 7 novembre à Rouen, la société Voyages et Transport de Normandie (VTNI) a reçu de la visite sur le parking où sont garés ses véhicules, dans le secteur de la place Carnot, rive gauche de la ville. Au total, les vitres de treize bus et de deux voitures ont été brisées.

[Reformulé de la presse, 08.11.2018]

Haute-Garonne, France : Evasion du CRA de Cornebarrieu – 8 novembre 2018

Publié le 2018-11-16 23:52:03

Dans la soirée de jeudi 8 novembre, un migrant de nationalité marocaine est parvenu à s’enfuir du centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu, près de Toulouse.

Tel un félin, il aurait réussi à se faufiler entre les grilles d’un portail pour prendre la fuite alors qu’il se trouvait dans la cour d’entrée de l’établissement géré par la police aux frontières. De gros moyens ont été déployés par la préfecture pour le retrouver, en mobilisant notamment les gendarmes de la compagnie du Mirail. En vain.

On lui souhaite une bonne cavale. Feux à toutes les prisons !

Calais, France : Cibler sa rage contre ce monde – 12/13 novembre 2018

Publié le 2018-11-16 23:53:05

Les soirées des 12 et 13 novembre à Calais, un individu a vandalisé quatre distributeurs automatiques de billets en centre-ville.

Pour y parvenir, il s’est armé d’un poteau, propriété de la municipalité, qu’il a réussi à desceller. Quatre distributeurs, ceux du Crédit agricole rue Royale et boulevard La-Fayette, celui du CIC boulevard Jacquard et celui du Crédit Mutuel rue Royale, ont été fracassés.

Voci ce que rapporte la Voix du Nord:

« Un jeune migrant, sans profession et sans domicile fixe, aurait décidé de s’attaquer à plusieurs distributeurs de billets dans l’intention de voler de l’argent. »

Il était jugé ce mercredi 14.11 dans le cadre d’une comparution immédiate. L’audience a été renvoyée au 9 janvier. Le prévenu est reparti libre du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer.

[Repris de la presse, 14.11.2018]

Prison de Séquedin : Deux soirées de feux d’artifices

Publié le 2018-11-17 08:50:07

reformulé du site particulièrement pro-flicaille Actu17 / vendredi 16 novembre 2018

Depuis deux soirs, des feux d’artifices égaient un tantinet la vue de ceux et celles qui sont enfermés dans la taule de Séquedin.

Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) : Il faudrait un bateau… aussitôt dit, aussitôt fait

Publié le 2018-11-17 08:50:08

Le Parisien / mardi 13 novembre 2018

Douze migrants ont réussi à rejoindre les côtes anglaises, où ils ont été interpellés, en traversant la Manche sur un bateau de pêche volé dans le port de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) lundi soir. Il s’agit d’un « mode opératoire inédit » selon la préfecture maritime. Les autorités françaises qui surveillent la côte ont alerté leurs homologues anglais en voyant un bateau de pêche emprunter une route « bizarre » lundi entre 21h30 et minuit, par mer calme, précise la porte-parole de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord Ingrid Parrot.

Le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Gris-Nez a appelé le propriétaire, qui s’est rendu compte que son navire, long d’une dizaine de mètres, avait été volé dans le port de Boulogne-sur-Mer. Selon une source proche des secours, il s’agit d’un trémailleur long d’une douzaine de mètres.
En Angleterre, la Border Force a alors interpellé à terre les migrants aux environs de 1 heure du matin, selon la préfecture maritime qui ignorait le lieu exact de leur arrivée en Grande-Bretagne. Environ 30 kilomètres séparent le cap Gris-Nez des côtes anglaises.
« On est sur un mode opératoire inédit, jusqu’à présent il s’agissait d’embarcations de fortune », rapporte Ingrid Parrot, soulignant « l’action au long cours de coopération avec les autorités anglaises » de lutte contre l’immigration clandestine.

Selon la préfecture maritime, il y a eu 23 secours portés à des migrants en mer en 2016, 12 en 2017. En 2018, il y a déjà eu 23 opérations, comprenant à la fois des secours et des interpellations au moment où les migrants s’apprêtaient à partir.

 

[in english]

Madrid (Espagne) : Distributeurs sabotés en solidarité avec les compagnons incarcérés

Publié le 2018-11-17 08:51:02

Cracher dans la soupe / jeudi 15 novembre 2018

Dans la nuit du 11 au 12 novembre, 20 distributeurs automatiques de billets ont été sabotés au marteau dans le nord de Madrid. Que l’action anarchiste soit multipliée par chaque coup donné par l’Etat. Cette solidarité est plus que des mots.
Salutations aux personnes touchées par la répression du 29 octobre dernier pour d’autres attaques contre des institutions bancaires. Force et affection pour notre compagnonne Lisa, détenue par l’État allemand pour braquage de banque à Aix-la-Chapelle.

Pour l’anarchie.

Repris de : anarhija.info

Boyaval (Pas-de-Calais) : Stop spécisme, stop à la chasse

Publié le 2018-11-17 08:51:05

La Voix du Nord / jeudi 15 novembre 2018

Des actes de vandalisme ont touché plusieurs installations sur le territoire de la commune, comme un mirador d’observation ou une corbeautière, qui peuvent servir aux chasseurs et dont certaines sont aussi utiles au monde agricole. Un mirador d’observation de quatre mètres complètement détruit, ses quatre pieds sciés à la base. D’autres dégâts ont été causés à une corbeautière et à des pièges à renards, qui ont été cisaillés… Les faits se sont déroulés la semaine dernière, quasi essentiellement sur le territoire de la commune, en quatre endroits différents. La cible, ce sont les chasseurs, visiblement. En atteste une inscription laissée sur place : «  Stop spécisme  », [… article payant]

[in english]

Des mauvais moments pour les bleus (mi-novembre 2018)

Publié le 2018-11-17 08:52:04

Etampes (Essonne) : Les flics se prennent pavés, briques et mortiers dans la gueule

Le Parisien / dimanche 11 novembre 2018

Nuit de tension dans le quartier de Guinette à Etampes. Vers 20 h 30, un fourgon de la compagnie de sécurisation qui patrouillait a été la cible de projectiles. Un groupe d’une vingtaine de jeunes s’est approché du véhicule pour lui lancer une pluie de pavés et de briques. Des mortiers d’artifice ont aussi été tirés en direction de la camionnette. Aucun blessé n’est à déplorer. Des renforts ont été envoyés sur place pour le reste de la soirée. […]

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Corbeil-Essonnes (Essonne) : Cocktails Molotov et mortiers d’artifice

Actu17 / dimanche 4 novembre 2018

Nouveau guet-apens à Corbeil-Essonnes (Essonne). Les pompiers ont été appelés suite à plusieurs feux de poubelles avenue du Général de Gaulle dans la nuit de vendredi à samedi, vers 1 heure du matin. Pour intervenir, les soldats du feu ont fait appel à la police afin de pouvoir sécuriser leur intervention, étant donné les multiples guet-apens qui se sont produits ces dernières semaines dans la commune.
Trois véhicules de police se sont donc rendus sur place. Il n’aura fallu que quelques minutes pour que de nombreux individus s’en prennent aux secours. Selon nos informations, les agresseurs ont jeté de gros pavés sur les pompiers et les policiers, et ont également utilisé de gros feux d’artifice ainsi que deux cocktails Molotov pour attaquer les fonctionnaires.

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Brons (Rhône) :  Ici c’est pierres et mortiers

Le Progrès / lundi 5 novembre 2018

Un équipage de police a essuyé des jets de projectiles peu avant 19 heures, samedi, sur la commune de Bron, vers l’avenue Pierre-Brossolette.
Un groupe d’individus, qui ont pris soin de dissimuler leurs visages, ont jeté des pétards de type mortier et des cailloux sur les forces de l’ordre, sans faire de blessé.
La veille, un équipage de la CRS avait également été la cible de jets de pierres, aux environs de 21 heures, avenue Pierre-Brossolette, à Bron également. Deux individus avaient été interpellés.

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Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) : Avec le couvercle de la chasse d’eau

Le Parisien / jeudi 15 novembre 2018

Cinquante-deux points de suture à la tête après l’agression de la nuit, un visage devenu méconnaissable après les coups : cela situe la violence de l’agression subie dans la nuit par un gardien de la paix d’Enghien âgé de 27 ans. Peu avant 6 heures du matin, le suspect qui était en garde à vue lui a porté une série de coups violents en s’armant du couvercle de la chasse d’eau des toilettes. Âgé de 46 ans, habitant probablement Paris, en situation irrégulière en France, il fait l’objet d’une enquête criminelle ouverte pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique. Sa garde à vue se poursuivait ce jeudi soir.

Sa victime, le policier d’Enghien affecté à la brigae de police-secours, a été conduite au centre hospitalier d’Eaubonne dans la nuit après avoir été prise en charge par les secours qui lui ont prodigué les premiers soins sur place. Son pronostic vital n’était pas engagé lorsqu’il a été évacué à l’hôpital. Le médecin des UMJ lui a délivré 5 jours d’incapacité. Par ailleurs, 30 jours d’incapacité au titre du retentissement psychologique lui ont été également délivrés.

Il faut revenir quelques heures plus tôt pour comprendre le déroulement des faits. Vers 3 heures du matin, les policiers d’Enghien sont alertés pour une agression en cours. Un homme s’en prend à des machinistes RATP du Noctilien. Il serait armé d’une clé anglaise. Les fonctionnaires arrivent sur place, l’agresseur est à l’extérieur du bus, à califourchon au-dessus d’une victime qu’il frappe. Il est alors ceinturé et interpellé, sans incident. Il est ensuite conduit au commissariat d’Enghien où il est placé en garde à vue.

Cette garde à vue se déroule sans problème particulier. Le suspect est décrit comme étant calme. C’est dans ce contexte semble-t-il apaisé que le gardé à vue demande à aller aux toilettes, ce qui lui est accordé. Il est alors 5 h 45. Le policier l’accompagne, reste à la porte. C’est pendant ce laps de temps que le suspect s’empare du couvercle en céramique de la chasse d’eau, le détache. À l’ouverture de la porte, il porte un premier coup violent au visage de la victime, prise par surprise. D’autres coups suivront, le gardien de la paix tombe au sol. L’homme se prépare à lui porter un nouveau coup au niveau de la tête, arme son geste. L’intervention d’un collègue de la victime, alerté par les cris, est alors décisive : il ceinture l’auteur et le maîtrise.

L’homme a été entendu par les policiers de la sûreté départementale qui ont été saisis de l’enquête ouverte sur instruction du parquet, pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique. Une enquête qui s’ajoute à celle concernant l’agression des machinistes survenue plus tôt.

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Tourcoing (Nord) : Attentions le poulets, ça peut être dangereux de jouer aux gendarmes et aux voleurs

La VDN / lundi 5 novembre 2018

Une plaie saignante de six centimètres sur le crâne, sept points de suture lors de son passage au CH Dron et deux jours d’ITT, une fonctionnaire de police du commissariat de Tourcoing a été sérieusement touchée, dans la nuit de vendredi à samedi, en intervenant sur un cambriolage.

Vers 4 h 30, un équipage de police secours dépêché rue du Pont-de-Neuville tombe sur quatre individus en train de cambrioler une maison. L’intervention des forces de l’ordre permet de mettre fin à ce vol par effraction. C’est en tentant d’être maîtrisé que l’un des cambrioleurs va frapper une policière à la tête avant d’être arrêté. Un deuxième membre du quatuor a également pu être appréhendé tandis que deux autres ont réussi à prendre la fuite.

Les interpellés sont déjà connus des services de police de manière défavorable. L’un, mineur (17 ans) a été placé sous contrôle judiciaire et orienté vers un foyer. Le second, âgé de 18 ans, est celui qui est accusé d’avoir asséné le coup de pied de biche à la policière. À l’issue de la garde à vue réglementaire, il a été présenté à un juge. Placé sous contrôle judiciaire, il a été remis en liberté en attendant de passer au tribunal.

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Hyères (Var) : Quand le flics est seul chez lui…

Le Parisien / vendredi 2 novembre 2018

Il souhaitait empêcher un vol dans sa voiture. Un policier de la brigade anticriminalité (Bac) de Toulon a été agressé jeudi, vers 5 heures du matin, devant son domicile à Hyères (Var), raconte France Bleu Provence. […]
Alors qu’il fumait une cigarette, à la sortie de son service de nuit, que le fonctionnaire a entendu du bruit dans sa rue. Il a alors découvert que deux individus étaient en train de cambrioler son véhicule et est intervenu. « Il a alors fait connaître sa qualité de policier, ce que les mis en cause ne semblaient pas ignorer », a précisé le parquet de Toulon.
Une bagarre a opposé le policier aux deux hommes, qui ont ensuite pris la fuite. Mais ils ont oublié un élément capital sur les lieux : le téléphone portable et la carte d’identité de l’un d’entre eux.
Les deux hommes ont donc décidé de revenir sur les lieux avec des renforts. Ils étaient au final une dizaine, armés de barres de fer, menaçant l’homme qu’ils ont reconnu « comme flic » et souhaitant récupérer les objets égarés. Ils ont aussi menacé l’épouse de leur victime, arrivée entre-temps sur les lieux de l’agression.
Le policier a été roué de coups. « Malgré la violence de cette agression sauvage et ses blessures, le policier est arrivé à échapper à ses agresseurs après l’avoir menacé de mort et de toutes sortes de vengeances sur son épouse », détaille un communiqué du syndicat Unité SGP Police-FO [dont on admire la prose; NdAtt].
Blessé aux côtes, le quadragénaire a bénéficié de cinq jours d’Interruption Temporaire de Travail (ITT). « C’est maintenant régulièrement que nos collègues se font agresser et sont blessés y compris hors service, c’est insoutenable », a déploré Yves Lefebvre [sa gueule ci-contre; NdAtt], secrétaire général du syndicat, dans le même communiqué. []
Les deux personnes interpellées, dont un mineur identifié sur la base de documents perdus au cours de sa fuite, sont en garde à vue. Le parquet de Toulon a l’intention de requérir leur placement en détention.

Selon BFMTV du 3 novembre, « Deux adolescents de 16 et 17 ans ont été mis en examen et placés en détention ce samedi soir à la suite de l’agression jeudi matin d’un policier à Hyères, dans le Var. Ils sont accusés de violences volontaires aggravées, dégradations en réunion et menaces de mort. »

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Saint-Etienne : Ils reconnaissent le flic même avec son maillot de foot

France Info / lundi 5 novembre 2018

Un policier a subi une très violente agression, samedi 3 novembre, avec 21 jours d’arrêt de travail, à Saint-Etienne dans la Loire, lors d’un match de football entre l’ASPTT-Villars et AB-TerreNoire, alors qu’il était hors-service.

Selon plusieurs sources, un policier de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) s’est fait violemment agressé alors qu’il était hors service samedi 3 novembre à Saint-Etienne.
Les faits se sont déroulés à l’issue d’un match de football, au stade de l’Etivallière à deux pas du stade Geoffroy-Guicahrd. Plusieurs individus l’auraient bien reconnu comme policier, avant de le prendre à partie. Selon nos informations, un témoin, qui préfère rester anonyme, et qui était présent pendant l’altercation, confirme la thèse selon laquelle le policier a bien été reconnu comme tel par ses agresseurs. A l’issue du match, plusieurs individus se sont acharnés sur lui, et sur lui seul, après l’avoir reconnu. […]

Souffrant de multiples fractures, au nez et à l’arcade sourcilière, ainsi que d’un enfoncement de l’orbite d’un oeil, le policier de la Brigade anti-criminalité (Bac) de Saint-Etienne âgé d’une trentaine d’années s’est vu accorder une interruption de travail de 21 jours, a indiqué le commissaire de permanence à la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP). Selon lui, « sa qualité de policier n’était pas en cause« .
Le policier a été transporté dans un établissement hospitalier de la ville et devrait être opéré lundi 5 novembre. « Trois personnes sont recherchées et en cours d’identification« , a ajouté le commissaire.

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Millau (Aveyron) : Il ne se rend pas

Midi-Libre / vendredi 2 novembre 2018

La police de Millau a mis la main sur un sacré “client”, dans la nuit de mardi à mercredi. À l’occasion d’un contrôle routier au niveau du giratoire des Bergers (ou de Saint-Germain), un véhicule a refusé de s’arrêter, avant de prendre la fuite. Il a alors forcé le barrage de police constitué dans le quartier des Aumières, percutant au passage un véhicule des forces de l’ordre. Ces dernières l’ont finalement immobilisé quelques minutes plus tard, dans la côte menant à La Cavalerie, en sortant de Millau.

À son bord, un jeune Millavois de 24 ans « très bien connu » des services de police. Voyant qu’il était bloqué entre deux véhicules des forces de l’ordre, il s’est débattu face aux policiers et aux agents de la brigade anticriminalité. Ces échanges de coups ont provoqué une fracture de l’auriculaire de la main gauche chez un fonctionnaire (28 jours d’ITT), ainsi que des plaies à trois doigts de la main droite pour un second policier (5 jours d’ITT). Avant que l’individu soit finalement immobilisé grâce à un coup de taser.

L’histoire ne s’arrête pas là. Une fois placé en garde à vue au commissariat, l’homme a violenté deux nouveaux policiers. En blessant l’un au mollet gauche (3 jours d’ITT) et l’autre à la main gauche (5 jours d’ITT). Dépourvu du permis de conduire, il se trouve qu’il transportait dans son véhicule 100 g de coke et 300 € en espèces.

Un ensemble d’infractions qui lui vaudront d’être poursuivi pour plusieurs chefs devant le tribunal correctionnel de Rodez : refus d’obtempérer, mise en danger de la vie d’autrui, défaut de permis de conduire et rébellion pour la course-poursuite avec la police ; mais également détention de stupéfiants et violence envers des personnes dépositaires de l’autorité publique.

Présenté au procureur jeudi soir puis écroué, il est passé en comparution immédiate vendredi devant le tribunal correctionnel de Rodez, mais a demandé un délai pour assurer sa défense. Il comparaîtra de nouveau à la fin du mois, mais reste emprisonné d’ici-là.

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Toulon (Var) : Le meilleur ami de l’homme déteste lui aussi les flics

Var Matin / jeudi 8 novembre 2018

Un policier a été mordu à une jambe par un chien de défense lors d’une opération judiciaire dans la cité du Guynemer ce mercredi matin à Toulon. L’American staffordshire s’est jeté sur le fonctionnaire alors que celui-ci progressait dans un appartement visé par une enquête de la sûreté départementale. L’animal, qui a planté ses crocs au niveau du tibia de la victime sans lâcher prise, a été abattu. Le policier, membre de la section d’intervention, a été transporté par les secours à l’hôpital Sainte-Anne, à Toulon.
Il a pu regagner son domicile en milieu de journée, après avoir reçu des soins (une dizaine de points de suture). Selon un bilan provisoire, une ITT de 21 jours a été délivrée par un médecin. Selon les premiers éléments, le chien (dont la détention est soumise à réglementation) a réagi spontanément, et non sur ordre de son maître.
Selon le syndicat Alliance Police nationale, qui souhaite « un prompt rétablissement » au policier blessé, c’est le deuxième fonctionnaire mordu par un chien en moins d’un mois à Toulon.

Paris : Voiture diplomatique en feu

Publié le 2018-11-17 08:53:02

reçu par mail / vendredi 16 novembre 2018

Dimanche 11 les plus grands massacreurs d’aujourd’hui ont commémoré la première boucherie mondiale (et ils ont préparé celles du futur).

Nous continuons à porter le vieux slogan des anarchistes de ce temps-là : contre leur guerre, contre leur paix, pour la révolution sociale.

La nuit de lundi 12 à mardi 13, dans cette capitale militarisée et sous vidéosurveillance, on a incendié une voiture d’un corps diplomatique quelconque au carrefour de la rue Spontini et de l’avenue Foch et aussi la grosse Porsche de bourgeois garée à côté (oui c’est possible de porter la guerre chez les riches et les puissants !).

Pour le compagnon Mikhail Zhlobitsky : nous voulons penser à lui comme ça, pas avec des mots mais avec les flammes. Solidarité aux anarchistes russes qui répondent à la répression avec l’action directe.
Solidarité aussi aux anarchistes qui font face à la justice en Grèce (CCF) en Italie (opération Scripta manent et Panico) et partout ailleurs.
Une pensée pour Krème et pour S., emprisonné à Limoges.

Pour l’anarchie !

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Un k-way noir chez les gilets jaunes, l'histoire d'un vilain petit canard.

Publié le 2018-11-17 09:58:05

Ce 17 novembre aura lieu une manifestation de grande ampleur contre l’augmentation des taxes sur le carburant. Certains parlent déjà du prochain mai 68 voire juillet 1789, je n’ai pas trouvé de référence à la commune de Paris mais tout de même, je ne raterais pas un tel évènement et voici pourquoi...



Ce 17 novembre aura lieu une manifestation nationale contre l’augmentation des taxes sur l’essence.
La première fois que j’ai entendu parler de ce rassemblement, ma première réaction a été similaire à celle de notre camarade qui ne s’y rendra pas mais par la suite, certaines lectures m’ont fait changer d’avis.
Ce matin, la lecture de cet article m’a donné envie de vous partager ma réflexion.

Première question à toujours se poser : la cause est elle juste ?
Oui, le racket des prolétaires qui, pour beaucoup en dehors des grandes villes, dépendent de leur voiture pour travailler et de facto se nourrir est une injustice à combattre.
Dès que nous aurons apporté une solution durable à l’exclusion sociale, au sexisme, au racisme, à l’homophobie, au traitement des sans-papiers, à l’impérialisme, à l’esclavage, aux violences policières, au mal-logement, à la corruption de la magistrature, à la corruption des aux politiciens, à la maltraitance animale, aux sectes et que nous aurons mis un terme avec succès aux guerres, à la faim dans le monde et à la lutte des classes ; alors le prix de l’essence sera la première de mes préoccupations, parce que c’est une cause juste.
Le principal argument qui y est opposé est l’argument écologique du gouvernement, mais la majeure partie de la population ne conduit pas tant par confort que par obligation, ceux qui ne limitent pas leurs déplacements véhiculés pour des motifs écologiques le font déjà pour des raisons économiques et il est à parier que l’impact de cette mesure sur la consommation d’essence sera minime. Quand au diesel, remplir les casses et faire tourner l’industrie pour remplacer des véhicules en état de marche n’est pas la meilleure manière de sauver la planète, ajoutons que cette mesure entrave l’accès aux alternatives, déjà illégales, puisque rouler à l’huile ne sera plus seulement repérable à l’odeur mais au seul modèle du véhicule.

Est-ce une manœuvre de l’extrême droite ?
Il semblerait que non et s’il s’avère que oui, ils n’ont rien assumé, ce qui justifie de s’y rendre, rejoindre un appel lancé par l’extrême droite laisse entendre que nous les soutenons, rejoindre un évènement instrumentalisé, en revanche, prouve juste que ces coquins sont malhonnêtes et nous ont manipulé ce qui justifie sur place de se révolter haut et fort. Cependant l’extrême-droite sera là pour surfer sur cette vague c’est certain.
S’ils viennent faire de la récupération insidieuse, la présence d’un militant de gauche suffisamment expérimenté pour affronter leur rhétorique en argumentant de manière calme et raisonnée ne pourra que leur compliquer la tâche.
S’ils sont nombreux et organisés pour une récupération bien sale, la presse sera présente et un rassemblement citoyen dont la moitié des participants scandent à l’unisson « on est chez nous » sans autre opposition qu’une poignée de délégués syndicaux identifiables et désemparés montrera sur tout les écrans de l’église cathodique que leurs idées sont bien acceptées par « les vrais gens ». En revanche, si leur manœuvre déclenche des hostilités avec l’autre moitié du rassemblement ça montrera que la population ne les soutient pas.
Un rassemblement pareil pourrait très vite dégénérer si un simple citoyen ne comprenant pas ce qu’il se passe se mettait à poser un peu trop fort les questions qui fâchent, d’autant que les participants à ces rassemblements dépolitisés sont souvent très vulnérables au hooliganisme intellectuel.
On pourrait avancer que ce type de mouvement réactionnaire n’est pas un terrain propice aux discours révolutionnaires, et c’est un argument pertinent, mais à défaut de pouvoir convaincre certains individus, nous pouvons toujours empêcher l’extrême-droite de le faire.

Oui, mais à quoi ça sert ?
Ce rassemblement ? A rien du tout. S’y rendre ? A communiquer avec ce public qui, d’ordinaire, n’entend pas nos cris de révolte. Non pas via le prisme des médias, mais directement à leur contact.
Comme je l’évoquais en description, certains messages sur les réseaux sociaux parlent déjà de faire la révolution et renverser le grand capital, face à de telles promesses je ne doute pas une seule seconde de croiser quelques guerilleros fraichement pubères prêt à tout risquer pour la cause, même une heure de colle.
La suite vous la connaissez aussi bien que moi, les flics vont se mettre en ligne, matraques et boucliers en mains, ces révolutionnaires zavattistes vont se sentir acculés et paniquer, commenceront à agresser verbalement les pandores en se tenant à portée de matraque et à ce moment là, grâce à leurs formidables talents de diplomates et de pédagogues, les gardiens de la paix sauront trouver les mots justes afin de les rassurer et d’apaiser les tensions. C’est leur métier après tout.
Si, à la surprise générale, les choses ne se déroulent pas comme ça et que les matraques commencent à pleuvoir, alors il y aura probablement un grand philosophe pour livrer son analyse sociologique afin de défendre ces pauvres policiers qui n’ont rien fait pour mériter ça, sans manquer de faire référence aux zadistes, cette secte qui vole les terres des paysans pour partouzer et se droguer ainsi qu’aux black blocs, ces dangereux terroristes dont les dirigeants organisent l’infiltration des manifs afin de briser des flics et insulter les vitrines.
Ce moment là sera comparable aux récupérations insidieuses, ce sera le moment ou il faudra porter un contre-discours et engager un débat posé et constructif, non pas à destination de votre interlocuteur qui vous écoutera sans rien entendre, mais à tout les autres, suffisamment ouverts d’esprit pour tirer les conclusions de cet affrontement gagné d’avance d’idéaux et d’idées basses.
Le véritable impact de parler militantisme à ce public dépolitisé, en situation sur le terrain, c’est qu’ils ne seront pas nombreux à être affectés mais, dans un peu plus d’un mois, ils fêteront noël en famille. Comme chaque année leur tonton Gégé après le 4e gramme commencera à débiter son sempiternel discours sur la menace islamo-gauchiasse devant le silence gêné du reste de la famille. Mais cette année, comme cadeau, il recevra la réponse de son neveu à gilet jaune, qui racontera ce que lui a vu de ses yeux et entendu de ses oreilles lors de la révolution manquée de peu du 17 novembre. Tonton Gégé oubliera, comme tout les matins, mais le reste de la famille s’en souviendra et y réfléchira, car le témoignage du vécu d’un proche aura plus de poids que des articles de presse, contradictoires d’une ligne éditoriale à une autre.

Ne vaut il pas mieux concentrer ses efforts sur des causes plus importantes ?
Oui. C’est le point qui me perturbe le plus. On se croisera tout de même samedi, je serais à Vitry histoire de faire un peu de volume dans le cortège et affirmer mon soutien sur les photos qui circuleront par la suite, puis je vous fausserai compagnie lorsque commenceront les discours et que des militants éprouvés à cette cause déballeront des informations intéressantes et des arguments solides à d’autres militants qui savent déjà tout ça tandis que les journalistes seront déjà rentrés au bureau pour s’autocongratuler en se félicitant d’avoir fait un bon travail.
Et si vous avez bien suivi le point précédent, alors vous savez à quoi je joue avec cette dernière phrase. La technique de débattre avec un dogmatique fonctionne aussi en prêchant des convertis.

En conclusion :
Voila pourquoi je manifesterai avec les gilets jaunes, pas pour les taxes sur l’essence mais pour la propagande. Dans le bon sens du terme. Il faut occuper tous les terrains, surtout ceux où les gens ne sont pas armés pour appréhender un discours politique un peu retors.
Une légende raconte qu’il existe des ordinateurs sans clavier ni souris et que dessus un homme de centre-gauche prénommé Jean-Luc prétend nous représenter sans que personne ne le contredise. Partout ou se tient un discours politique, tenons nous présents et prêts à y répondre.

Sur le 17 novembre – les révolutionnaires ne font pas la révolution

Publié le 2018-11-17 12:16:07

On a beau savoir que les voitures polluent, qu’elles sont des objets de consommation détestables, force est de constater que celles et ceux qui pâtissent de l’augmentation du coût de l’essence sont aussi celles et ceux qui sont contraint.es d’utiliser leur véhicule pour vivre quotidiennement, faire leurs courses, se rendre à un boulot mal payé et souvent précaire à la merci d’une hiérarchie. Vouloir une essence moins chère, c’est très concrètement vouloir accéder à des conditions de vie un tout petit moins insupportable, éviter les fins de mois difficiles, « mettre un peu de beurre dans les épinards ». Les riches, bobos ou autres touristes qui fréquentent les centres-villes musées peuvent se permettre de tenir un discours « écologiste » qui, tant que le capitalisme existera, ne sera rien d’autre qu’une hypocrisie de plus. Relégués à la périphérie des villes, dans les banlieues dortoirs et les zones rurales, les plus pauvres n’ont pas ce luxe. L’amplification de la gentrification au cours de ses trente dernières années y est pour quelque chose. 

On a beau voir à quel point les réseaux sociaux et la technologie amoindrissent la qualité de nos relations sociales, force est de constater qu’ils peuvent participer à la rencontre réelle de millions de personnes. Comme ça a pu par exemple être le cas en Tunisie, Egypte, Syrie ou ailleurs lors des révoltes de 2011. Peut-être sans eux ces rencontres se seraient aussi produites mais quel intérêt de refaire l’histoire ?

Toujours est-il que c’est une colère accumulée qui pousse des individus à vouloir participer à un blocage de la circulation des véhicules, des marchandises, des personnes sans laquelle l’exploitation capitaliste (des êtres sensibles, animaux non-humains ou humains, de la terre, mers ou forêts…) ne pourrait fonctionner. De ces moments potentiels de rupture avec la normalité (la galère et l’ennui), d’échanges et de dialogues pourrait émerger une remise en question beaucoup plus large du monde qui produit les voitures, les réseaux sociaux, le travail, la pauvreté, l’école, la police, les prisons, la vivisection, les frontières…

Certes, cette proposition est pour l’instant confuse, certes il y a fort à parier que des portes paroles autoproclamés émergent (favorisés par les médias : à la recherche de leaders à interviewer et l’Etat : à la recherche de représentants respectables avec qui discuter, pour encadrer puis gérer la contestation), certes cette initiative pourrait rester cantonnée à des demandes réformistes minimales (baisse du prix de l’essence, retrait d’une taxe), certes le risque est grand que des formations d’extrême-droite viennent y faire leur commerce comme ont déjà commencé à le faire les charognards que sont Mélenchon, Le Pen, Wauquiez ou Dupont-Aignan mais on ne peut nier une réelle volonté d’agir communément loin de toutes formes d’organisations (syndicats, partis ou comités même invisibles).

Ni centrales syndicales ni professionnelles de la révolution, mais des individus (avec leurs désirs et rêves propres) qui partent d’un refus plus ou moins spontané des conditions de vies réelles qui leur sont faites, c’est-à-dire la pauvreté. Et s’il y a intérêt à participer à un tel moment, c’est précisément pour y combattre ceux et celles qui font partie du problème : les patrons (du secteur routier ou non), les cadres ou autres entrepreneurs (dans des mesures variables selon les contextes), les racistes qui préfèrent séparer les uns et les autres sur les bases d’idées aussi abstraites que la race ou la nation ou encore celles et ceux qui voudraient, au nom de tous, nous enfermer dans leur concept de « peuple » quand il n’y a que des êtres uniques.

Toujours prompt à insulter les « gens qui ne sont rien », les « fainéants », Macron (et ses politiques particulièrement violentes contre les pauvres : de la « loi travaille ! » aux privatisations progressives des services publics) semblait plus serein au printemps dernier lors du ritualisé (proto)mouvement social (complètement intégré au cadre démocratique). C’est ce qui lui a fait dire cette semaine : « Je me méfie toujours de ces mouvements où on mélange tout », c’est-à-dire de mouvements potentiellement incontrôlables. Son premier ministre a lui rappelé que les forces de l’ordre étaient prêtes à intervenir. Les médias, flics de la pensée, ont de leur côté, sous couvert de neutralité (c’est-à-dire pour dissuader tout mouvement spontané et potentiellement subversif), rappelé ce que « risquent les « gilets jaunes » en manifestant » (Le Figaro). L’Etat et ses défenseurs flippent. Et on ne peut que s’en amuser.

Pour se réjouir pleinement, nous pourrions piller entrepôts de marchandises, magasins, centres commerciaux, usines, bureaux… puis les cramer au même titre que les commissariats, chantiers, tribunaux, prisons, postes frontaliers, écoles, HP, pôles emploi, CAF, moyens de transport, canaux de transmission de l’énergie, sièges des chaines de télévision et de radio, rédactions des journaux, mairies, églises, préfectures, locaux de partis, publicités…

Et pour cela attaquer les flics qui tenteront de nous empêcher d’agir, de nous contrôler, frapper, arrêter, les juges qui voudront nous condamner, enfermer, les matons qui veilleront au maintien de notre emprisonnement, les vigiles qui nous empêcheront de disposer de ceux dont nous avons besoin pour vivre, les contrôleurs qui accepterons de limiter nos déplacements, les sexistes qui voudront nous inférioriser et disposer de nos corps, les chefs en toute sorte qui voudront décider à notre place.

Mais tous ces bouffon/nes (en uniformes ou pas) ne sont-ils pas aussi des individus ?

Si, et c’est précisément parce qu’ils le sont – et que la fonction sociale d’oppression particulière qu’ils occupent résulte de choix contingents – qu’ils sont haïssables. Par exemple, un policier opposé à l’Etat, en désaccord avec les ordres qu’il reçoit (ne devrions pas être en désaccord avec tous les ordres ? en conflit avec l’ordre même et toutes ses conceptions ?), s’il est un tant soit peu sincère fait le choix de démissionner. Tant qu’il existe une telle possibilité, aussi faible soit-elle par rapport aux possibilités existantes, elle est réalisable. Les flics, qu’ils le veuillent ou non, ne sont que les protecteurs (souvent consentants) de la société hiérarchique, essentiellement basée sur la propriété privée, dans laquelle nous sommes contraints de vivre. En bref, ils/elles défendent les riches et leurs possessions, tuent les pauvres.  

La moindre critique, même partielle, de la société telle qu’elle existe contient en elle la critique de la société toute entière, la violence vécue dans les corps de tous les rapports sociaux expérimentés. Et puisque on ne peut désirer que sur la base de ce que l’on connait, de l’imagination que nous possédons (elle-même construite par les environnements dans lesquels nous avons évolués et évoluons), nos désirs ne peuvent se transformer que lorsque se modifie le monde, la vie qui les ont créés. Pour vivre un tel changement, nous avons besoin de nous débarrasser des impératifs du temps (en grève lundi ?) et de nous approprier des espaces qui, comme des pierres jetées sur l’eau, forment des cercles toujours plus vastes, ouvrent des possibilités illimitées.

La première humiliation de la journée n’est-elle pas celle du réveil ?

L’école, l’usine, le bureau ne sont-ils pas des cages ?

Les raisons de se révolter ne sont-elles pas infinies ?

A moi, à toi, à nous, à vous, copines chômeuses à vie, copains au RSA, sorcières, délinquants, rêveuses, solitaires, racailles, caissières, nettoyeurs, fous, prisonnières, survivants, sans-papiers, fleurs du bitume, errants, putes, condamnées, papillons, déviants, galériens, ouvriers spécialisés, squatteuses, bandits, rebelles, libertines, sauvages, enfants, enragées, anarchistes, hirondelles, émerveillés, clandestins, louves, clochards, autonomes, incendiaires, émeutiers, voyous, éboueurs, saboteuses, mécréantes, paysannes, insoumis, libertaires, blasphémateurs, enculés, dauphins, briseuses de chaines, casseurs et toutes les autres qui voudraient se venger du sort que l’on nous a fait, qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? Pour réinventer nos relations avec les autres ? Pour fuir les rôles dans lesquels on s’emprisonne, les histoires toutes tracées qui sont censées écrire nos existences ?

Alors pour réchauffer cet automne, pour passer un hiver plein de passion, d’inconnu, de vie et qui sait quoi d’autre encore, faisons jouer des idées et des pratiques qui portent en elles des désirs de destruction de l’autorité sous toutes ses formes dans une tension perpétuelle vers le rien créateur. Pas moins que ça. Vite, partons à l’assaut du ciel.

Et pour tout cela, l’essence pourrait s’avérer utile…

 

Bellinzone, Suisse : Attaque contre la Croix-Rouge – Début novembre 2018

Publié le 2018-11-17 12:16:08

Selon les médias du Tessin, le siège de la Croix-Rouge situé via Franscini à Bellinzona a été attaqué lors de la première semaine de novembre. Toutes les vitres ont été brisées et le tag « Stop Bunker » laissé à peinture rouge sur l’une des fenêtres.

Nous rappelons que la Croix-Rouge gère divers centres d’hébergement pour personnes migrantes et demandeuses d’asile, dont le bunker de Camorino. 

[Repris de Aus dem Herzen der Festung, 11.11.2018]

Lettre de la plaine. A Jean-Claude, 16 Novembre 2018

Publié le 2018-11-17 12:18:04

Une lettre à Jean-Claude Gaudin, écrite le surlendemain de la manifestation de la colère.



16 novembre 2018

Cher Jean Claude.
Comment as-tu trouvé cette grande manifestation populaire de mercredi soir ? Un vrai succès n’est-ce pas ? On lui a trouvé un titre "ils ont peur parce qu’ils ont tort" ou "bonne nuit les trouillards". Lequel préfères-tu ? On aime bien les deux, ça va ensemble. Un titre qui va cartonner, Jean-Claude.

C’est dommage quand même de fermer l’hôtel de ville si tôt, on serait bien entré te faire un coucou. Tout le monde chantait pour toi Jean-Claude
"on est ensemble on est marseille
et la mairie, la soléam nous font de la peine"

Comme on sait que tu es sourd, on se dit que tu n’as peut-être pas entendu mais on clamait ton nom. Un très beau nom, Gaudin, qui se marie très bien à d’autres mots. Comme assassin. Ça sonne bien. La prochaine fois renseigne toi sur ce qui se passe en bas de ton bureau. Ça pourrait t’être utile.
Il se dit que d’autres manifestations de ce genre se préparent. En tout cas dans la presse on ne parle que de toi, ton nom est partout. Tu fais le tour du monde Jean-Claude. Tu sais il y a toujours des choses imprévues dans une vie, surtout dans une longue vie comme la tienne. La pluie par exemple. Ça arrive comme ça, un matin, sans qu’on l’ai vu venir. Tu avais sans doute fini par oublier le réel, oublier qu’à tout moment il pouvait faire irruption. On ne peut pas tout prévoir Jean-Claude, c’est comme ça. Aussi, on comprend que tu ne sois pas prêt mais ne t’en fais pas, nous on l’est, plus que jamais. Fin prêt pour le réel Jean-Claude. Tu vas enfin devenir cette grande star que tu as toujours voulu être. Quelle chance ! On sait que c’est difficile pour toi, vu ton âge, alors on te propose de commencer par un geste très simple, très petit, mais nécessaire : ranger ton bureau. Ça t’aidera peut-être à retrouver la mémoire, retomber sur tous ces papiers que tu as signé, tous ces rapports, ces bilans, ces petits mots. Avoir fait tant de choses en 23 ans et en avoir si peu gardé la mémoire ça doit pas être évident. On va t’aider à faire le bilan, sois tranquille.
Tu sais bien Jean-Claude que ça ne pouvait pas durer ce grand gavage. Tu aurais finis par tomber malade. Une crise de foie. En tout cas on pourra dire que tu as bien profité. Avec un appétit remarquable !
Pour ta nouvelle vie, toute la ville te prépare bien des cadeaux, Jean-Claude. La noël avant l’heure. On passera de la musique, on tirera un feu d’artifice et on t’apportera un peu de chocolat.
On sait que c’est difficile pour toi. Mais ne t’en fais pas, on te laissera le choix. Tu pourras quitter la ville en hélico, ou en bateau si tu préfères. C’est la ville parfaite pour une évasion Marseille. En attendant prépare toi. Range ton bureau

Au fait, on voulait te dire. On te veut vivant Jean-Claude.

[GJ Acte I] Chantage vert, colère noire, gilets jaunes

Publié le 2018-11-18 14:36:04

On était plusieurs amis à scruter le mouvement des gilets jaunes qui s’annoncait depuis un petit moment. Attentifs parce que, mine de rien, le mouvement est relativement spontané, et part d’une colère légitime : une nouvelle taxe qui vient toucher des populations déjà bien précarisées, notamment les campagnes et leurs laissé·es-pour-comptes. Sceptiques aussi, puisqu’évidemment les tentatives de récupération de la classe politique, et en particulier de l’extrême-droite (de Wauquiez à Le Pen) ne nous ont pas échappé. On est donc allé sur place pour voir ce qu’il en était vraiment.

L’évidence selon laquelle Macron est un nuisible semble largement partagée. En se dirigeant vers le lieu du rassemblement - à Dijon c’était le parking du Zénith, aux abords de la rocade - les premiers groupes de gilets jaunes apparaissent plusieurs centaines de mètres avant le point de rendez-vous. On s’y attendait et cela nous le confirme : la foule va être massive. Comme on espère toujours la voir dans les luttes sociales, mais aussi comme on a pu la voir dans les douteuses marches « Je suis Charlie ». On ne va pas s’avancer à annoncer des chiffres : cette manif était bien trop massive et foisonnante pour permettre un décompte. On se contentera de dire que la manif dépassait largement les 5000 à 6000 personnes, chiffres annoncés par la Préfecture.

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Un débordement manifeste

Pour ce qui est de la forme, la manif’ est globalement restée dans un cadre très « civique », mais elle n’en était pas moins une manif’ sauvage du début à la fin. Dès les premières minutes, la tête de la manif’ a refusé d’emprunter le parcours balisé par les organisateurs et la Préfecture, qui prévoyait d’emprunter la rocade, fermée à la circulation pour l’occasion. Après un petit accrochage avec les CRS présents, et quelques tirs de lacrymogène, le cortège est parti dans un joyeux bordel en direction du centre-ville. Les organisateurs de l’évènement facebook, interlocuteurs officiels de la Préfecture, se sont donc désolidarisés de la manif après un petit quart d’heure. Ils ont emprunté la rocade à quelques centaines, pendant que des milliers de personnes empruntaient l’avenue de Stalingrad. Le dispositif policier s’est donc fait déborder dès les premières minutes, et a donc du se contenter de transformer la préfecture en fort Chabrol, laissant le centre ville totalement ouvert.

En ville, le cortège - à ce stade il faudrait même parler des cortèges - est resté incontrôlé : en l’absence d’organisation on a eut les coudées franches, mais on a aussi parfois manqué d’objectifs communs. De toutes façons, il aurait certainement été compliqué de mettre tout le monde d’accord, vu le pot-pourri qu’était ce rassemblement. Il n’empêche qu’après s’être rendue quelques minutes devant la mairie, une partie est allée bloquer la gare, et même les voies de trains, pendant un bon quart d’heure. Dans le même temps un autre groupe rassemblé devant la mairie a forcé les grilles, fait reculer la police municipale qui a du gazer et faire appel à la BAC [1] pour les repousser. Quand on est partis vers 16h30, dans un moment de flottement, le gros du cortège semblait repartir vers la Toison d’Or, mais un groupe était apparement encore en train de bloquer les rails.
C’est ici qu’on met le point final à notre récit, mais beaucoup de gens étaient encore dans la rue au moment où on est partis, peut être le sont-ils encore quand on écrit ces lignes.

« Être au milieu du peuple comme un poisson dans l’eau » ?

Si on a été heureusement surpris par la tournure des évènements, c’était plutot sur le fond que nos craintes portaient : quels seraient les mots d’ordres ? est-ce que les fachos seraient à la parade ?
Sur ce point on est plus mitigés. On a vu des drapeaux tricolores, on a entendu plusieurs fois la Marseillaise, reprise à pleins poumons par le cortège, et des slogans assez minables qui tournaient souvent autour de la supposée vie sexuelle de Emmanuel et Brigitte Macron et Alexandre Benalla. C’est jamais très agréable de se retrouver entre un motard qui fait ronfler son engin et une foule qui beugle la Marseillaise et qui traite des gens d’enculés (même si c’est de Macron qu’il s’agit). On doit bien se rendre à l’évidence : pour beaucoup de gens, la Marseillaise reste un chant populaire, voir même un souvenir d’une histoire révolutionnaire... Ça pique un peu mais c’est comme ça !
Pour autant, on s’attendait à bien pire à ce niveau là. À part ces trucs graveleux, on a pas entendu de remarques sexistes ou racistes, ce qui n’était pas gagné d’avance. Les fachos organisés, qui devaient bien être dans les parages, se sont fait discrets. On n’en a pas reconnu, ni vu personne arborer de signe distinctif. Au contraire on a pu voir plusieurs pancartes qui nous parlaient, bien plus que « les contribuables en ont ras-le-bol ».

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Au niveau de la composition c’est difficile de s’avancer sur toute la sociologie du cortège, mais de là où on se trouvait il nous a quand même semblé qu’il y avait pas mal de diversité. On a vu réunis dans la même colère des gars des chantiers, des jeunes des cités, des retraitées, des punks à chiens, des étudiantes, des syndicalistes. On imagine quand même que beaucoup des gens réunis cet après-midi étaient les premièr·es perdant·es de cette hausse des taxes : les gens de la périphérie de Dijon qui doivent faire 10, 20 ou 30 bornes matin et soir.
Beaucoup de gens avaient aussi l’air de manifester pour la première fois, ce qui n’est certainement pas pour rien dans l’exaltation qui transparaissait parfois, loin de l’ambiance blasée de beaucoup de cortèges de militants convaincus (de leur impuissance ?).
Dans tout ça on a vu émerger des moments de complicité réjouissants. Quand le dispositif policier a été débordé d’entrée de jeu, quand tout l’avant de la manif a couru pour repousser la voiture de police qui se mettait en travers de la rue, quand les grilles de la mairie ont été forcées, ou toutes les fois où on a pu retrouver les complicités qu’on affectionne dans les manifs sauvages auxquelles on est habitués.

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Alors cette manif ?

On avait pas vécu de manif aussi foisonnante et débordante depuis bien longtemps. Avec un dispositif policier et des organisateurs débordés ou absents, la manif a vraiment pu sortir des sentiers battus.
Pour autant on va pas se voiler la face : le jeu politique commence maintenant, sur nos écrans, sans qu’on ait plus de prises dessus, au moins jusqu’à la prochaine mobilisation.
Beaucoup se rendent compte de l’indécence des puissants - qui à travers les industries et leurs lobbies sont les principaux pollueurs - à faire payer la note écologique aux gens d’en bas. Il y a fort à parier que le chantage à l’écologie va nous accompagner dans la séquence politique qui s’ouvre et il est important de savoir le démonter.
On rentre donc avec quelques questions en tête :

Quelle forme d’intervention collective pour ne pas laisser les fachos capitaliser sur cette colère populaire ?
Comment construire un rapport de force favorable qui allie justice sociale et préoccupations écologiques ?
Est-ce que finalement c’est pas un peu glamour et subversif le gilet jaune ?

Des gilets jaunes plutôt habitués au K-way noir


Notes

[1Brigade Anti-Criminalité. Pour en savoir davantage sur cette unité de police bien spécifique, lire La domination policière, de Mathieu Rigouste.