Vive l'Anarchie - Semaine 46, 2023

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Paris : les évadés crèvent le plafond du centre de rétention de Vincennes

Publié le 2023-11-13 08:35:03

Paris : Huit hommes s’échappent du centre de rétention administrative de Vincennes
Un site policier, 11 novembre 2023

L’alarme d’un des bâtiments du centre a retenti peu après 2 heures du matin, alertant les policiers qui se sont rapidement rendus sur place. Ils ont interpellé deux hommes qui tentaient de s’enfuir par le toit. Les fonctionnaires ont alors découvert qu’un trou avait été fait dans le plafond d’une chambre, avec l’aide du barreau d’une fenêtre qui avait été décroché, permettant cette fuite.

Un comptage ultérieur des personnes actuellement retenues a ensuite permis aux policiers de constater que huit hommes étaient parvenus à s’enfuir avant leur arrivée. Les recherches dans le secteur n’ont pas permis de les retrouver. La situation était alors tendue parmi les personnes retenues et des renforts de police ont été nécessaires pour ramener le calme.

Les deux hommes qui ont été interpellés dans leur fuite ont été placés en garde à vue. Une enquête a été ouverte pour des faits de « soustraction à une mesure d’éloignement avec dégradations volontaires de bien public ».

A propos des projets d’extraction de lithium dans l’Hexagone

Publié le 2023-11-13 08:40:06

Avec le boom des batteries électriques, le nouvel âge d’or

des mines en France
Le Parisien, 2 novembre 2023

Solidement maintenus à la verticale, le tube en acier et son foret laissent échapper un raclement métallique et continu venu des entrailles de la terre. « On descend jusqu’à 250-300 mètres de profondeur, explique Patrick Fullenwarth, géologue en charge de la campagne de sondages souterrains. On en retire ces carottes de granit pour les analyser très précisément, tous les 10 cm, et valider la concentration de lithium dans le gisement. » Tout autour de nous, le décor est à couper le souffle. La carrière à ciel ouvert de Beauvoir, au cœur du Bourbonnais, sur la commune d’Échassières (Allier), aligne à 360 degrés ses rampes d’extractions en escaliers blancs, façonnés depuis plus d’un siècle. Au loin, des excavatrices chargent les bennes de gros camions avec des blocs de pierre de bonnes tailles.

Ici on extrait depuis le XIXe siècle des millions de tonnes de kaolin, une roche d’une blancheur remarquable qui permet de fabriquer de la vaisselle en porcelaine, notamment celle de Limoges, célèbre dans le monde entier. Le site de Beauvoir s’offre un second souffle minier. La colline de la Bosse, désormais largement étêtée, sera bientôt transpercée de l’intérieur pour en extraire un filon totalement inexploité jusqu’à aujourd’hui mais promis à un avenir radieux : le lithium.

40 % des besoins hexagonaux sous le sol

Ce métal rare est en effet l’un des plus recherchés du moment, car indispensable dans la fabrication des batteries pour véhicules électriques. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime ainsi que, d’ici à 2040, la demande sera 40 fois supérieure à celle d’aujourd’hui pour le lithium, 20 fois pour le nickel et 7 fois pour le manganèse.

Lors de la présentation de la planification écologique de son gouvernement fin septembre, Emmanuel Macron l’a asséné : pas question de se priver de cette richesse si elle existe bel et bien sous nos pieds. Et le chef de l’État de commander dans la foulée un « grand inventaire des ressources minières » avec, pour le cas du lithium, l’ambition de fournir en matière première les trois futures usines de batteries en projet dans les Hauts-de-France et s’émanciper d’une dépendance à 100 % d’importations de Chine, du Chili ou d’Australie.

À Échassières, le groupe Imerys se frotte évidemment les mains. Les sondages rendent petit à petit un verdict positif et, « selon nos estimations, la ressource souterraine du site permettrait d’extraire jusqu’à 34 000 tonnes de lithium par an sur les 25 prochaines années », se félicite Christopher Heymann, directeur des Kaolins de Beauvoir (propriété d’Imerys). Ce qui ferait de la mine auvergnate la plus productive d’Europe et satisferait environ 40 % des besoins hexagonaux, avec la fabrication de 700 000 batteries automobiles.

Echassières (Allier) : appel à la manifestation du Parti communiste du 13 décembre 1980 (déjà !), pour l’ouverture de la mine de lithium

Inquiétudes autour de la gestion de l’eau

Trouver le lithium, qui se cache dans les petites taches brillantes de la pierre de granit, les micas, n’est pas difficile. L’extraire est une autre affaire. Un kilo de roche extraite, broyée et traitée, à partir des galeries creusées à l’horizontale jusqu’à 400 m de profondeur, produit en effet seulement 9 petits grammes de ce métal alcalin. Malgré la débauche d’énergie qui découle de ce processus industriel lourd, Imerys promet, à travers les dépliants à disposition de la population locale, une mine à l’impact environnemental limité : une exploitation en souterrain avec des engins électriques dont certains téléguidés, un pipeline pour le transport de la roche broyée plutôt que des camions, et des besoins en eau de l’ampleur « d’environ un millième du débit moyen d’une rivière comme la Sioule », qui coule non loin de là.

Les opposants au projet n’y croient pas une seconde. Et c’est cette gestion de l’eau qui les inquiète particulièrement. « Ils annoncent vouloir remblayer les galeries une fois le lithium extrait avec des millions de tonnes de déchets de roches mais aussi du béton, grogne Benoît, adhérent de l’association Stop Mines 03, lancée en novembre dernier lors de l’annonce du lancement du projet. Même s’ils nous assurent qu’il n’y aura pas d’infiltration, le granit peut toujours présenter des failles, il n’est pas complètement étanche et un effet de percolation est toujours possible. On le sait car l’eau est déjà contaminée à l’arsenic, à cause de la carrière. »


Les promoteurs vantent les emplois créés

Une préoccupation partagée par Laëtitia, adhérente de l’association « Préservons la forêt des Colettes », du nom du magnifique massif qui s’étend sur 2 000 ha, sur lequel est installée la future mine et l’actuelle carrière. « L’eau est l’enjeu principal, avec cette colline de la Bosse, culminant à 700 m, qui agit comme un château d’eau pour alimenter quelque 1 000 sources différentes arrosant la région », explique la jeune femme.

Pour Xavier, lui aussi adhérent de l’association, la consommation d’eau pour l’usine de transformation de la roche en lithium promet également d’être trop importante. « À l’heure de l’urgence climatique, d’une sécheresse historique, est-ce que ce projet qui engage notre avenir sur les vingt-cinq prochaines années est bien raisonnable ? »

L’un des arguments chocs des promoteurs du projet, soutenus par une majorité d’élus locaux, est la promesse de retombées économiques : « 300 à 350 emplois directs sur le site d’Échassières et 200 à 250 sur celui où sera installée l’usine de conversion du minerai », assure Vincent Gouley, directeur de la communication et du développement durable d’Imerys. Il en faudra plus, et davantage de réunions publiques d’information, pour convaincre les riverains.

Dans les rues d’Échassières, l’heure est plutôt aux interrogations à l’évocation de la mine de lithium. « Nous ne sommes pas assez informés de ce qui se passe, estime Annick, et quand on ne sait pas, on doute… » Jean-François, jeune retraité croisé devant la boulangerie du village, affiche-lui une opposition claire et franche. « Les promesses d’emplois, on sait ce que ça vaut et je n’y crois pas trop. Je me suis installé ici pour la nature. Si c’est pour ressentir les tirs de dynamites en souterrain tous les quatre matins, non merci… »



Echassières, 373 habitants, capitale européenne du lithium

L’écho (Belgique), 10 novembre 2023 – extraits

La route serpente dans la forêt, entrecoupée çà et là de bocages. Nous sommes en Auvergne, dans l’Allier . Au carrefour avec la départementale D998, à quelques encablures du petit village d’Echassières, 373 habitants, se trouve l’entrée du site d’Imerys. Le groupe actif dans les spécialités minérales pour l’industrie, qui a le holding GBL pour actionnaire majoritaire, a repris en 2005 la dernière carrière de kaolin active dans la région. Une argile blanche très fine, utilisée dans la porcelaine, et qui assure un emploi à une petite trentaine de personnes.

«Nous exploitons actuellement la couche supérieure du granite de Beauvoir, qui avec l’infiltration des eaux de pluie, s’est kaolinisée« , explique Christopher Heymann, directeur du site. « Et les explorations que nous avons menées depuis 2015 ont confirmé, en dessous de cette couche kaolinisée, de fortes teneurs en lithium. » La présence de ce lithium était connue depuis la fin des années 70 , mais n’avait alors débouché sur aucun projet concret d’extraction, malgré le combat mené par le député communiste de l’Allier André Lajoinie pour la mise sur pied d’une « filière française » de ce métal.

Mais aujourd’hui, Imerys veut faire d’Echassières une des capitales européennes du lithium. Le 24 octobre 2022, le groupe français a annoncé en grande pompe son intention d’ y produire 34.000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an à partir de 2028, durant 25 ans au moins . Il deviendrait ainsi un acteur mondial dans le domaine, d’autant qu’il a aussi signé un partenariat stratégique avec British Lithium pour accélérer le développement du plus grand gisement du Royaume-Uni.

Pour l’heure, le lithium vient principalement d’Australie et des salars chiliens et argentins . Et la Chine, qui raffine notamment le lithium australien, domine de manière écrasante la filière. En Europe, le Portugal en produit déjà, mais en quantités très restreintes, à destination de la céramique et de la verrerie uniquement. « L’Europe veut construire une filière autour du véhicule électrique, et il ne peut pas y avoir d’indépendance industrielle sans extraction« , plaide Eric Legrand, responsable de la communication sur le projet d’Echassières chez Imerys.

Le nom de ce projet? EMILI, pour Exploitation de mica lithinifère par Imerys. « EMILI est l’ un des plus importants projets de lithium en Europe . Il permettra à terme d’équiper 700.000 véhicules électriques par an« , affirme Guillaume Delacroix, senior vice-président chez Imerys. Jadar, le méga-projet de Rio Tinto en Serbie, ayant été officiellement enterré par le gouvernement serbe suite à l’opposition massive des citoyens, EMILI figure en effet désormais sur le podium des projets européens les plus ambitieux, aux côtés de celui de Vulcan Energy Resources qui teste l’exploitation du lithium contenu dans les eaux chaudes souterraines de la vallée du Rhin ou du projet de mine à ciel ouvert de la société britannique Savannah dans la région de Barroso, au Portugal . Et il a le soutien du gouvernement français, qui y voit un moyen d’augmenter la souveraineté industrielle du pays et de l’Europe.

Imerys annonce, à Echassières, une concentration moyenne de 0,9% en oxyde de lithium. Un lithium qui est présent sous forme de lépidolite, une forme de mica, disséminé dans la roche, entre les quartz et les feldspaths. Le récupérer va nécessiter l’extraction de très importantes quantités de granite. « 34.000 tonnes d’hydroxyde de lithium, c’est l’équivalent de 21.211 tonnes d’oxyde de lithium. Avec un minerai à 0,9%, cela veut dire extraire pas loin de 2,4 millions de tonnes [de roches] par an . Mais c’est ce qu’on extrait en une semaine dans une grande mine de cuivre« , situe Eric Pirard, professeur en ressources minérales à l’ULiège.

Sur trois sites différents

Début 2024, Imerys devrait choisir l’implantation du site de chargement et de l’usine de conversion. Car EMILI, ce n’est pas seulement l’extraction à Echassières. Une fois la roche concassée, les micas seront mis en suspension dans l’eau, et transportés par des canalisations d’une quinzaine de centimètres de diamètre jusqu’à une gare ferroviaire. Là, ce concentré sera pressé, pour en retirer l’eau, qui sera renvoyée vers le site d’extraction. Les micas, eux, seront chargés dans des trains, vers une usine de conversion.

Dans le petit village de Saint-Bonnet-de-Rochefort , qui accueille une des gares pressenties comme lieu de chargement, située à 16 kilomètres d’Echassières par la route, les banderoles  » Non au chargement de lithium  » fleurissent à tous les coins de rue. Une pétition a recueilli plus de 3.300 signatures, et le conseil municipal a voté une motion contre cette implantation, jugée trop proche des habitations et susceptible de créer trop de nuisances.

Les pouvoirs publics se battent , par contre, pour accueillir l’usine qui va assurer la conversion du mica lithinifère en hydroxyde de lithium . Parmi les candidats: la ville de Montluçon, située à une quarantaine de kilomètres par la départementale D988, et desservie par la voie ferrée. « Nous avons été contactés par l’Agence régionale de développement, bien avant l’annonce du projet. Nous avons une zone en friche qui répond aux critères, notamment en termes d’approvisionnement en gaz et en électricité« , explique son maire Frédéric Laporte. « Ce qui nous intéresse, au-delà du nombre d’emplois (Imerys annonce 200 à 250 emplois directs pour cette usine, NDLR), c’est leur technicité, qui va attirer une population nouvelle et devrait permettre à notre Institut Universitaire de Technologie de développer une nouvelle formation bac+3. De quoi changer l’image passéiste de notre bassin sidérurgique. »

Comme il n’existe encore aucune exploitation de mica lithinifère à échelle industrielle, il prévoit la construction et le lancement d’un site pilote dans les prochains mois, pour tester à grande échelle les procédés déjà mis au point en laboratoire, un investissement d’une centaine de millions d’euros. « Ces micas sont des minéraux qui ne se cassent pas facilement« , observe le professeur Eric Pirard. « Classiquement, on doit combiner traitement à très haute température, défluoration et attaque sulfurique ou à la chaux. »

Et une inconnue majeure est l’identité du partenaire qui accompagnera Imerys dans cet investissement, estimé à 1 milliard d’euros . Car avec 4,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 720 millions d’ebitda en 2022, Imerys ne veut pas se lancer à l’eau seul. Il pourra, peut-être, tabler sur des soutiens publics, la France ayant annoncé un fonds d’investissement de 2 milliards d’euros pour faciliter l’accès aux métaux critiques. Mais il devrait surtout pouvoir compter sur l’appétit des constructeurs automobiles français pour ce minerai si précieux.

La fin des moteurs thermiques décidée par l’Union européenne pour 2035 va entraîner une explosion de la demande pour les batteries. En 2025 déjà, la Commission européenne estime que la chaîne de valeur de la batterie en Europe devrait peser 250 milliards d’euros.


Mine de lithium dans l’Allier, les habitants en colère
Reporterre, 4 décembre 2022

« Croyez-moi, je suis en colère de vous voir débarquer chez nous », peste un habitant. Recouverts d’une vieille tapisserie jaunâtre, les quatre murs de la petite salle des fêtes de Coutansouze n’avaient pas connu pareille querelle depuis belle lurette. Il y a un mois, l’annonce en grande pompe du projet d’ouverture de la toute première mine de lithium française a laissé bouche bée jusqu’au moindre habitant de cette paisible bourgade de l’Allier. Que fallait-il penser de ce « projet Emili », tombé sans crier gare et soutenu à bras le corps par Emmanuel Macron en personne ?

Pour éclairer les premiers concernés, une délégation du géant minier Imerys a donné rendez-vous aux riverains auvergnats lors d’une réunion publique le 29 novembre. Et force est de constater que la stupéfaction initiale s’est transformée en grogne générale. À la tombée de la nuit, revêtue d’une laine violette, Daniela Liebetegger, la directrice développement durable d’Imesys, a ouvert le bal sous une nuée de regards courroucés. « Excusez mon léger accent, je suis née en Autriche. On ne choisit pas ses origines, mais je vous garantis que mon cœur bat pour les Bleus », a-t-elle dit en référence à la Coupe du monde au Qatar. L’opération de séduction, aussi périlleuse soit-elle, a pu enfin débuter.

Avec un investissement estimé à 1 milliard d’euros pour la phase de construction, la multinationale Imerys entend extraire chaque année quelque 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium. Et ce, à partir de 2027 et pendant un quart de siècle. Cette précieuse poudre blanche servirait à équiper les batteries de 700 000 véhicules électriques par an. Une aubaine pour l’Hexagone et l’Europe, actuellement à la merci du monopole chinois. « Rassurez-vous, a poursuivi Daniela Liebetegger, rien n’est inscrit dans le marbre. Ce projet, on souhaite le construire main dans la main avec vous, en totale transparence. »

Les 42 sites sous surveillance du Ministère de l’Intérieur (carte sortie par le JDD, 2 avril 2023)

Des questions restées sans réponse

D’entrée de jeu, la délégation d’Imerys a tenu à désamorcer le centre névralgique des tensions : le devenir de la forêt domaniale des Colettes. Classée site Natura 2000 et zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique, elle abrite l’une des plus belles hêtraies naturelles d’Europe. Des crapauds sonneurs à ventre jaune, des busards Saint-Martin, des rosalies des Alpes et autres taxons y évoluent paisiblement depuis des décennies. Or, dans le permis exclusif de recherche, octroyé par l’État en 2015, la zone de 12,17 km² venait empiéter sur ce précieux écosystème. Ce débat est désormais clos : « Les Colettes ne seront pas du tout concernées. Jamais ! »

Dans cette bataille argumentaire, la meilleure carte du jeu d’Imerys reste le choix d’une mine souterraine, et non à ciel ouvert. « Cela va réduire, voire supprimer totalement, les impacts sur l’environnement », a promis Fabrice Frébourg, chef de projet environnement. Pour éviter un interminable ballet de camions aux alentours du site, le mica extrait du gisement sera également acheminé vers un entrepôt de chargement via des conduites souterraines. De là, il grimpera sur les rails en direction de l’usine de conversion pour être transformé en poudre de lithium. « Notre projet s’inscrit dans la durabilité, a affirmé sa voisine. La préservation de la biodiversité et des sols est notre priorité. »

À croire l’entreprise, tout a été pensé pour façonner une mine propre. Pourtant, au moment de tendre le micro aux habitants, l’assurance jusqu’ici affichée a laissé place à des visages décomposés, ensevelis par une avalanche de questions habilement rédigées. «Où allez-vous implanter ces usines?»«Il faut en moyenne 200 millions de litres d’eau pour fabriquer 1 tonne de lithium… Où allez-vous la prendre à l’heure des sécheresses répétées?»«Pouvez-vous nous garantir qu’il n’y aura aucun impact sur les nappes phréatiques?»«Combien de trains circuleront chaque jour?»«Et les déchets, qu’en sera-t-il de ces roches inoffensives sous terre que vous allez réveiller?» Chacune de ces interrogations a buté sur une même et unique réponse : «Nous ne pouvons pas encore vous le dire, nous reviendrons vers vous.»

« Je suis persuadé que vous mentez »

Venus exhiber un projet potentiellement écocidaire, les représentants du géant minier ne sont même pas parvenus à décrire le procédé d’extraction envisagé. « On analyse en ce moment des échantillons de micas en laboratoire, pour déterminer quelle technique serait la plus judicieuse, s’est contenté de dire Dominique Duhamet, responsable de l’opération. On teste des recettes et on vous en dira plus l’année prochaine. »

Si l’on s’en fie aux mines de lithium existantes, ces « recettes » se sont révélées très énergivores et demandent bien souvent de grandes quantités d’eau et de produits chimiques. Lesquels ? Suspens. « Comment se peut-il qu’une si grande multinationale soit si peu préparée ? Je suis persuadé que vous mentez, a explosé un habitant, tenant dans sa main une feuille sur laquelle étaient gribouillées quelques notes. Des milliards d’euros sont en jeu et vous nous faites croire que rien n’est ficelé ? »

Dans une ultime tentative de persuasion, Fabrice Frébourg a assuré qu’Imerys utilisera une flotte de véhicules électriques pour se déplacer dans la mine. « On développera aussi des projets annexes pour faire de la compensation carbone », a ajouté Daniela Liebetegger. Sa voix a été aussitôt recouverte par les railleries d’une partie du public. Seul l’argument du millier de futurs emplois créés a séduit quelques personnes, parmi lesquelles Denis James, le maire de Coutansouze : « Il y a des pour, des contre, des extrêmes. Moi, je suis plutôt pour. Les mines font partie de l’histoire de notre territoire. »

« C’est de ma maison dont il est question. Tous les matins, je me lève avec la boule au ventre. J’ai peur », a confié Alesk, à la sortie de la salle. Elle vit à moins de 500 mètres de la carrière de kaolin [2], exploitée également par Imerys. Le lithium devrait être extrait à proximité, sans qu’Imerys ait précisé où. « En 2007 et en 2014, Imerys a déversé ses eaux usées dans des rivières d’Amazonie, au Brésil. Ces pollutions ont contraint des populations locales à fuir. Ça a été une catastrophe écologique et sociale », a-t-elle lancé, impuissante. « Comment peuvent-ils affirmer qu’ici la mine sera plus propre qu’à l’étranger ? Les multinationales minières sont toutes occidentales, a précisé son voisin. Soit elles ne savent pas extraire le lithium sans détruire l’environnement, soit elles n’ont pas de cœur et sont prêtes à sacrifier des vies humaines pour leur juteux business quand c’est à l’autre bout du monde. »

Pour l’heure, le permis de recherche actuel ne permet pas à l’entreprise d’extraire de roches. L’année prochaine, la Commission nationale du débat public (CNDP) sera saisie pour définir les règles du débat. « On va s’organiser, s’informer et lutter, a prévenu une femme, appuyée sur sa canne. Ce n’est que le début ! »


En Alsace, lithium et géothermie

En plus des mines de lithium issu de roche (Australie, plateau tibétain en Chine, Portugal), de lacs salés (Bolivie, Chili, Argentine) voire de déserts (Etats-Unis) ou tourbières (Finlande), il existe une autre manière de produire ce métal si recherché : la géothermie. En Europe, une dizaine de projets ont déjà été annoncés dans la vallée du Rhin. En effet, du lithium a été découvert dans les saumures (dans l’eau salée) du sous-sol de la région.

L’« écosystème » de l’or blanc en Alsace
DNA, 17 février 2023

■ Le local de l’étape : Électricité de Strasbourg.
À son actif, deux centrales de géothermie profonde à Soultz-sous-Forêts et Rittershoffen, la première extraction européenne, voire mondiale de lithium géothermique avec son partenaire Eramet en 2020, dans le cadre du projet EuGeLi . ÉS a obtenu un permis exclusif de recherche au sud de Wissembourg et projette de construire d’ici 2026 trois centrales supplémentaires : Soultz-sous-Forêts 2, Rittershoffen 2 et Wissembourg. Son forage à Illkirch-Graffenstaden a été gelé par la préfecture du Bas-Rhin.

■ Son partenaire Eramet , le géant minier français qui exploite du lithium en Argentine , a développé une technologie permettant de capter le lithium à l’aide d’un solide actif, une sorte de résine avec laquelle elle équipera les centrales d’ÉS. Elle le raffinera avec les mêmes procédés qu’en Argentine.
■ La start-up germano-australienne Vulcan Energy, qui a acheté en 2018 les centrales d’Insheim et de Landau (partiellement) en Allemagne, s’apprête à construire deux démonstrateurs d’extraction de lithium à Landau et vise une production industrielle d’ici 2025. En Allemagne, elle détient 12 permis de recherche qui couvrent 1 400 km² et en Alsace, elle attend un autre permis pour prospecter à l’est de Haguenau.

■ Filiale du groupe Arverne créé en 2017, Lithium de France détient un permis de recherche sur 171 km² autour de Betschdorf, et envisage la construction d’une première centrale d’ici 2025.

■ La start-up Géolith s’est installée à Haguenau pour produire des filtres à lithium à base d’un sorbant acidifié fabriqué par l’usine thannoise de Tronox . Il s’agirait de l’un des procédés les plus avancés au monde, qui sera très prochainement installé sur un démonstrateur en Cornouailles anglaise. Géolith a bénéficié d’un soutien financier de la région Grand Est, notamment.

■ Filiale du groupe australien Infinity, Viridian a obtenu 100 millions d’euros de l’État pour la construction d’une raffinerie de lithium à Lauterbourg d’ici fin 2025. Ses équipes, qui seraient les plus avancées au monde, purifient le lithium avec à l’aide d’une ingénierie hydrométallurgique inexistante à ce jour en Europe. Avec l’université de Strasbourg, Viridian a également lancé un programme d’étude pour le recyclage des batteries au lithium.

■ La société Fonroche est en liquidation, après l’échec de ses forages à Vendenheim. Elle avait obtenu un permis de recherche dans l’ensemble de l’eurométropole. Arverne Group , maison-mère de Lithium de France, vient de reprendre ce site.

Gand (Belgique) : Le site qui a accueilli la conférence du Vlaams Belang vandalisé

Publié le 2023-11-13 20:55:06

extrait de Stuut.info / dimanche 12 novembre 2023

Dans la nuit du 9 au 10 novembre le site de ICC à gent, qui accueillera la conférence de membres du parti fasciste Vlaams Belang ce dimanche 12 novembre, a été vandalisé par des militant.es anarchistes. Le bâtiment a été repeint de peinture noire et les militant.es y ont entre autres inscrit « Kill Fascist » et « Smash Vlaams Belang ». […]

Bloomington (USA) : Actions aux épices saisonnières pour citrouilles

Publié le 2023-11-13 21:00:03

Actions aux épices saisonnières pour citrouilles – Les centres de recrutement de l’Armée de l’air et de la Garde nationale vandalisés

Unravel / dimanche 12 novembre 2023

Nous avons fait de la casse et percé des pneus au centre de recrutement de l’Armée de l’air.
Nous avons cassé des vitres au centre de recrutement de la Garde nationale.
Nous avons coupé une banderole publicitaire de la Garde nationale et à sa place nous avons écrit « Démilitariser, désindustrialiser, décoloniser ».
Nous avons tagué un supermarché Target et un restaurant de la chaîne Chick-fil-A avec des slogans contre la Cop City.

Solidarité avec le peuple palestinien, qui résiste face à la colonisation et au génocide ; pour toujours contre cette machine de guerre que sont les États-Unis. Aux côtés des rebelles d’Atlanta et de ceux/celles qui combattent la colonisation ici, dans le ventre de la bête.
Détruire des trucs de merde est amusant.

Montreuil (Seine-Saint-Denis) : Quand les flics expulsent, certain.e.s se réjouissent…

Publié le 2023-11-13 21:05:06

reçu par mail / lundi 13 novembre 2023

Ce mardi 7 novembre 2023*, un gros dispositif policier vient expulser des personnes occupant un bâtiment vide au 86 rue de la fédération à Montreuil, dont le but était de créer un espace d’auto-organisation autonome et anti-autoritaire. A coup de bélier, les flics défoncent les portes, et envoient les personnes en garde-à-vue. Dans la foulée, un vigile est placé pour protéger l’immeuble vide. Evénement triste mais banal dans ce monde où certains sont multipropriétaires et exigent des loyers de ceux qui n’ont rien. Caché.e.s derrière les fenêtres de leurs beaux appartements, certain.e.s habitant.e.s se réjouissent de l’opération : leur mobilisation a payé, le squat est expulsé !
Depuis plusieurs jours déjà, sur un groupe Whatsapp d’une 50aine de membres, iels faisaient des pieds et des mains pour que le squat se fasse xpulser au plus vite. Parmi ces raclures, certain.e.s épiaient et photographiaient les squatteur.euse.s, d’autres s’organisaient pour aller déposer des mains courantes au comico, faisaient jouer leurs contacts haut placés à la mairie de Vincennes ou ailleurs, ou encore essayaient de ramener à leur cause des associations du quartier comme celle des parents d’élèves de l’école d’à coté.

Quelle ambiance nauséabonde dans ce groupe, et quelle énergie déployée pour préserver la tranquillité de leur petit pré carré en gardant les indésirables loin de leur regard…
Bien sûr, on ne confond pas ces manges-merdes, prêtes à appeler le 17 pour que des gens se fassent déloger et envoyer en GAV, avec tous les habitant.e.s du quartier. D’ailleurs on remercie tou.te.s les voisin.e.s avec qui on a pu sympathiser pendant cette semaine d’occupation et qui nous ont montré du soutien à différents moments !

A bas la propriété, vive le squat !

 

QUIZZ : Quel genre de voisin.e es-tu ? Voisin.e bienveillant.e ou poukave paniquée ?

1. Quand des voisin.e.s s’installent près de chez toi,
A. tu passes leur souhaiter la bienvenue.
B. tu vérifies qu’iels sont propriétaires ou à la limite, qu’iels payent bien leur loyer, sinon tu appelles la police.

2. Tu préfères…
A. un squat dans ta rue.
B. des gens à la rue, mais loin de chez toi.

3. Un immeuble vide…
A. mérite d’être réinvesti pour y vivre et y faire des choses.
B. doit le rester : c’est un bon placement, et l’assurance d’une certaine tranquilité.

4. Si tu dois signer une pétition,
A. c’est pour empêcher une expulsion, voire abolir la propriété.
B. c’est pour mettre à la rue des voisin.e.s qui ne payent pas.

5. En cas de différent avec un.e voisin.e,
A. tu vas la.le voir, une solution est peut être envisageable.
B. tu appelles la police direct, et en cachette.

6. Quand les flics viennent expulser,
A. t’essaye de perturber l’opération et propose ton aide aux habitant.e.s.
B. tu te réjouis d’être aux premières loges, et propose le spectacle aux enfants de l’école.

Si tu as une majorité de réponses A :
Au plaisir de se revoir dans les parages !
Si tu fais partie des citoyen.ne.s zélé.e.s prêt.e.s à marcher sur les autres :
Gare à la revanche !

 

Raclures signataires de la pétition demandant l’expulsion des squatteur.euse.s, assumez-vous !

Camille POUSSET, Rocio CEBRIA TAMARIT, François NOIR DE CHAZOURNES, Marie DAVID, Timothée GIROD, Margaux COUPPEY, Pierre COUPPEY, Catherine MARTINOT, Augusta ROHAUT, Julien LEROUX, Dominika RUTKOWSKA, Lucas BUTHION, Lucas, HENRY, Marlene NEUTE, Louis NEUTE, Mélanie ALBRIEUX, Paul PERELMAN, Pauline PERELMAN, Frédéric DEVILLERS, Caroline MARCHAND, Chiara PEROZZI, Stefano VARALDO, Sarah BOUYSSOU, Charlotte MORVAN, Solène BOULBAIN, Marion PECHEUR, Valérie ISOLA, Dihya BELLIL, Olivier HOUIN Lauriane FONBONNE, Dorothée REIGNIER, Mathieu JUMELINE, Cécilia GREGORI, Gildas RUSSEIL, Guillaume COUTY, Tanguy DE LABROUHE, Olivier POUILLOT, François CUZIN, Alicia BAGAULT, Nicolas AUDREN, Marie AUDREN, Aurore TROUILLET, Eddie BOHBOT, Damien DURAND, Rudy DELOUYA, Sandra BUENO, Paule-Hélène GRENET, Bernard GRENET, Isabelle FETZER, Perrine LUNDI, Florent GACOIN, Marina JEULIN, Flore HENRY, Lorraine BEGARD, Emeric PLANET.

 

* Note d’Attaque : le squat, qui avait été visibilisé lors d’une manifestation, le 1er novembre, a été expulsé le 7 novembre, en application de la nouvelle « loi Kasbarian ». Cinq personnes, qui étaient à l’intérieur au moment de l’expulsion, passeront en procès le 15 mars 2024 ; sept autres, qui étaient à l’extérieur en soutien, ont été mises en garde-à-vue et relâchées sans suites.

Indymedia Lille

Publié le 2023-11-14 07:15:02

Ce mardi 7 novembre 2023, un gros dispositif policier vient expulser des personnes occupant un bâtiment vide au 86 rue de la fédération à Montreuil, dont le but était de créer un espace d’auto-organisation autonome et anti-autoritaire. A coup de bélier, les flics défoncent les portes, et envoient les personnes en garde-à-vue. Dans la foulée, un vigile est placé pour protéger l’immeuble vide. Evénement triste mais banal dans ce monde où certains
sont multipropriétaires et exigent des loyers de ceux qui n’ont rien. Caché.e.s derrière les fenêtres de leurs beaux appartements, certain.e.s habitant.e.s se réjouissent de l’opération : leur mobilisation a payé, le squat est expulsé !
Depuis plusieurs jours déjà, sur un groupe Whatsapp d’une 50aine de membres, iels faisaient des pieds et des mains pour
que le squat se fasse expulser au plus vite. Parmi ces raclures, certain.e.s épiaient et photographiaient les squatteur.euse.s, d’autres s’organisaient pour aller déposer des mains courantes au comico, faisaient jouer leurs contacts haut placés à la mairie de Vincennes ou ailleurs, ou encore essayaient de ramener à leur cause des associations du quartier comme celle des parents d’élèves de l’école d’à coté.
Quelle ambiance nauséabonde dans ce groupe, et quelle énergie déployée pour préserver la tranquillité de leur petit pré carré en gardant les indésirables loin de leur regard...
Bien sûr, on ne confond pas ces manges-merdes, prêtes à appeler le 17 pour que des gens se fassent déloger et envoyer en GAV, avec tous les habitant.e.s du quartier. D’ailleurs on remercie tou.te.s les voisin.e.s avec qui on a pu sympathiser pendant cette semaine d’occupation et qui nous ont montré du soutien à différents moments !

A bas la propriété, vive le squat !

QUIZZ : Quel genre de voisin.e es-tu ? Voisin.e bienveillant.e ou poukave paniquée ?

1. Quand des voisin.e.s s’installent près de chez toi,
A. tu passes leur souhaiter la bienvenue.
B. tu vérifies qu’iels sont propriétaires ou à la limite, qu’iels payent bien leur loyer, sinon tu appelles la police.

2. Tu préfères...
A. un squat dans ta rue.
B. des gens à la rue, mais loin de chez toi.

3. Un immeuble vide...
A. mérite d’être réinvesti pour y vivre et y faire des choses.
B. doit le rester : c’est un bon placement, et l’assurance d’une certaine tranquilité.

4. Si tu dois signer une pétition,
A. c’est pour empêcher une expulsion, voire abolir la propriété.
B. c’est pour mettre à la rue des voisin.e.s qui ne payent pas.

5. En cas de différent avec un.e voisin.e,
A. tu vas la.le voir, une solution est peut être envisageable.
B. tu appelles la police direct, et en cachette.

6. Quand les flics viennent expulser,
A. t’essaye de perturber l’opération et propose ton aide aux habitant.e.s.
B. tu te réjouis d’être aux premières loges, et propose le spectacle aux enfants de l’école.

Si tu as une majorité de réponses A : Au plaisir de se revoir dans les parages !
Si tu fais partie des citoyen.ne.s zélé.e.s prêt.e.s à marcher sur les autres : Gare à la revanche !

Raclures signataires de la pétition demandant l’expulsion des squatteur.euse.s, assumez-vous !
Camille POUSSET, Rocio CEBRIA TAMARIT, François NOIR DE CHAZOURNES, Marie DAVID, Timothée GIROD, Margaux COUPPEY, Pierre COUPPEY, Catherine MARTINOT, Augusta ROHAUT, Julien LEROUX, Dominika RUTKOWSKA, Lucas BUTHION, Lucas, HENRY, Marlene NEUTE, Louis NEUTE, Mélanie ALBRIEUX, Paul PERELMAN, Pauline PERELMAN, Frédéric DEVILLERS, Caroline MARCHAND, Chiara PEROZZI, Stefano VARALDO, Sarah BOUYSSOU, Charlotte MORVAN, Solène BOULBAIN, Marion PECHEUR, Valérie ISOLA, Dihya BELLIL, Olivier HOUIN, Lauriane FONBONNE, Dorothée REIGNIER, Mathieu JUMELINE, Cécilia GREGORI, Gildas RUSSEIL, Guillaume COUTY, Tanguy DE LABROUHE, Olivier POUILLOT, François CUZIN, Alicia BAGAULT, Nicolas AUDREN, Marie AUDREN, Aurore TROUILLET, Eddie BOHBOT, Damien DURAND, Rudy DELOUYA, Sandra BUENO, Paule-Hélène GRENET, Bernard GRENET, Isabelle FETZER, Perrine LUNDI, Florent GACOIN, Marina JEULIN, Flore HENRY, Lorraine BEGARD, Emeric PLANET.


Marseille (Bouches-du-Rhône) : saboter le train-train quotidien

Publié le 2023-11-15 08:35:03

Acte de vandalisme : trafic SNCF perturbé sur l’axe Marseille-Miramas dans les deux sens jusqu’au 15 novembre
La Provence/Var actu, 13 novembre 2023

Les usagers de la ligne SNCF entre Marseille et Martigues continueront à connaître des trajets compliqués jusqu’à ce mercredi 15 novembre. La compagnie de train annonce que des retards de 10 à 20mn entre l’Estaque et Vitrolles ainsi que des suppressions « restent à prévoir » et ce, dans les deux sens de circulation.

Le trafic sur cet axe connaît des complications depuis ce dimanche. En cause : un acte de vandalisme dans une guérite à Pas-des-Lanciers, abritant les installations de radio de la SNCF essentielles au bon fonctionnement de la signalisation ferroviaire.
L’incident a provoqué une panne de signalisation à Saint-Antoine, entraînant des retards significatifs et limitant la circulation des trains dans les deux sens sur ce tronçon stratégique. La ligne Aix-Marseille est également touchée, puisque des retards et suppressions de trains sont à prévoir tout au long de la journée.

Les équipes de la SNCF sont mobilisées pour réparer les dégâts causés par cet acte de vandalisme. Cependant, la complexité des réparations requises signifie que le trafic ne sera pas rétabli avant la fin de journée de mercredi.

Saint-Quentin-Fallavier (Isère) : les véhicules de l’administration pénitentiaire sur le grill

Publié le 2023-11-15 08:40:02

Cinq véhicules de l’administration pénitentiaire incendiés
à Saint-Quentin-Fallavier
France3, 14 novembre 2023

Peu après minuit ce mardi 14 novembre, cinq véhicules de l’administration pénitentiaire ont été calcinés devant le pôle de rattachement des extractions judiciaires (PREJ) de la prison de Saint-Quentin-Fallavier (Isère).

Selon les premières informations, la piste de l’acte volontaire est privilégiée. La procureure de Vienne, Audrey Quey, a indiqué qu’aucune interpellation n’avait eu lieu pour le moment. Elle ajoute qu’une enquête en co-saisine a été ouverte pour « dégradation de biens de l’autorité publique ». Elle a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Bourgoin-Jallieu et à la brigade de La Verpillière.

« Aux environs d’une heure ce matin, trois individus se sont introduits sur le parking interne du PREJ. Cinq véhicules sont calcinés malgré l’intervention des secours », a indiqué le syndicat UFAP UNSa Justice dans un communiqué. « C’est une atteinte à la justice, à l’autorité et à l’uniforme », regrette un délégué syndical UFAP UNSa. « Quelle qu’en soit la motivation, cet acte assurément criminel, remet en cause une fois de plus la sécurisation de ce lieu sensible. Un simple grillage sépare en effet le parking de la voie de circulation. Les véhicules sérigraphiés bien visibles sont exposés donc faciles à cibler », précise le syndicat.

En 2021 déjà, le véhicule d’un surveillant avait été incendié sur le parking réservé au personnel.

Entretien avec un·e anarchiste d’Israël – On ne peut pas se permettre de rester silencieux·ses

Publié le 2023-11-15 08:50:04

Entretien avec un·e anarchiste venant de Haïfa, en Israël, pour discuter du mouvement anarchiste moderne, de l’occupation israélienne de la Palestine, de la résistance contre cette occupation et de perspectives pour le futur.



We can’t afford to remain silent – interview with an Israeli anarchist (2023), par 161 crew (originellement en anglais, publié le 19 Octobre)

Entretien au format pdf, entretien au format brochure à imprimer

Salut ! Peut-être pourrais-tu commencer par rapidement te présenter ?

Bien sûr. Je suis un·e anarchiste d’Haïfa, en Palestine occupée. Je suis actif·ve depuis plus d’une décennie, principalement dans le mouvement anti-colonial et de solidarité avec les Palestinien·nes, le mouvement de libération animale et le mouvement écologiste.

Comment es-tu devenu·e anarchiste ?
En gros : le punk. Une réponse plus détaillée est évidemment un peu plus compliquée que ça. Lorsque l’on grandit comme colon sous un régime d’apartheid colonial, du « bon » côté du mur, que l’on est assigné·e juif·ve par l’État, on attend tout naturellement de nous que l’on ne se rebelle pas et que l’on devienne un gardien de prison comme les autres. On grandit entouré·e d’imagerie militariste, d’endoctrinement sioniste à l’école, et des événements historiques tels que l’holocauste ou la religion juive sont instrumentalisés pour servir le patriotisme et la propagande nationaliste. La version du judaïsme enseignée ici est que nous sommes le peuple élu, que cette terre nous appartient par décret divin, que Dieu est un agent immobilier qui peut être utilisé dans tout conflit foncier, et que tous·tes les autres sont destiné·es, au mieux, à être des citoyen·nes de seconde zone.

Il est très difficile d’expliquer à des camarades à l’étranger à quel point le sionisme est un projet collectif. Israël ne dispose pas d’une vraie société civile. Tout est acceptable, tant que c’est au sein de frontières prédéfinies et très limitées. On peut être de gauche, gay, freak, tout ce que l’on veut – nous sommes des libéraux éclairés et il y a de la place pour tout le monde – mais il faut être sioniste, faire son service militaire, être un·e citoyen·ne loyal·e et ne pas aller trop loin. Si possible, il faut aussi être blanc·he et riche en plus de tout cela. Le moindre pas en dehors du consensus national vous fait devenir un·e traître illégitime.

L’étroitesse d’esprit et de rébellion dans le cadre sioniste peut être observée, par exemple, dans le mouvement social de masse pour « sauver la démocratie israélienne » de ces derniers mois (actuellement suspendu à cause de la guerre), dirigé contre la réforme judiciaire. Même lorsque des centaines de milliers d’israélien·nes sortent dans la rue tous les week-ends contre ce qui est clairement une tentative de coup d’extrême-droite, iels font toujours tout leur possible pour ne pas mentionner l’apartheid et l’occupation de la Palestine, et iels se battraient pour sauver « la démocratie juive » ; c’est-à-dire un régime de supériorité ethnique pour elleux, le status quo. Les deux camps de ce mouvement caractérisent un conflit intérieur aux colons sur comment mieux gérer l’apartheid : de l’approche libérale contre l’approche fasciste.

Évidemment, peu importe qui gagne, les populations non-juif·ves de cette terre – en premier lieu et avant-tout les palestinien·nes – ne peuvent qu’y perdre.
Dans ce contexte, la « gauche israélienne » n’en appelle à personne pour trouver une véritable solution juste dans la région. Pour moi, compte-tenue de la nature de la situation ici, les colons avec une bonne conscience qui cherchent à rejoindre la résistance anti-coloniale – qui est le seul mouvement révolutionnaire de la région et la priorité pour tout réel changement radical – ne peuvent pas le faire en tant qu’israélien·ne, depuis l’intérieur de la société israélienne, en poursuivant des réformes et des améliorations de celle-ci. Au contraire, nous devons renoncer à toute identité coloniale et développer des outils et ressources pour une trahison raciale concrète. Nous devons développer une politique anti-israélienne, nous retourner contre notre société, et rejoindre les opprimé·es et les colonisé·es, selon leurs modalités et sous leur direction. L’anarchisme me donne à la fois le langage et les outils pour imaginer cette politique. Il n’y a, pour moi, aucune « société anarchiste » à atteindre, car ce n’est pas un objectif final. Je vois plutôt l’anarchisme comme un mouvement de résistance, un arsenal d’outils pour que les opprimé·es du monde entier luttent contre la dystopie actuelle, et c’est cela qui m’y attire.

Tu faisais partie d’un projet appelé « Radical Haifa », mais tu nous as informé·es qu’il n’existe plus. Cela sonnait comme une initiative très intéressante. Peux-tu nous en dire plus à ce propos ?

Il n’y a pas grand-chose d’autre à en dire pour être honnête ! Nous avions un petit groupe d’ami·es organisé·es en collectif anarchiste, à Haïfa, il y a quelques années. Nous menions différentes activités telles qu’un projet d’aide mutuelle et de distribution de nourriture pendant les confinements du Covid, initier d’autres types d’organisation pour la communauté, et rejoindre les luttes locales de la ville. Le groupe n’est actuellement plus actif, bien qu’un nouveau collectif apparaîtra peut-être dans le futur proche. Depuis, Radical Haifa est devenu principalement un compte Twitter, partageant des actualités et analyses depuis la Palestine, d’une perspective pro-résistance et anti-autoritaire. Après que le réseau a été repris par des fascistes [NdT : Elon Musk], on a transféré le compte sur Mastodon/Kolektiva.

L’un des groupes anarchistes les plus connus de la région semble être Anarchistes Contre le Mur. Étais-tu impliqué·e ? Quel est ton avis sur ce groupe ?

Anarchistes Contre le Mur était, pour sûr, le groupe le plus actif et important chez les radicaux·les et anti-autoritaires israéliens dans les années 2000. Né en plein milieu de la seconde Intifada, par des activistes solidaires participant aux luttes locales dans des villages de Cisjordanie contre la construction du mur d’apartheid, sa principale importance vient du fait d’avoir cassé toutes les normes établies et moyens d’opérer de la gauche israélienne. Pour une fois, les personnes des deux côtés du mur se sont rencontré·es non pas comme ennemi·es, ni comme un spectacle vide de « coexistence », mais comme combattant·es de la même cause, comme camarades, comme co-conspirateur·ices et complices, sur un pied d’égalité. Des aspects de co-résistance et de lutte commune furent priorisés et, sous un régime comme celui-ci, le seul fait de rencontrer un·e palestinien·ne en tant qu’être humain et en tant qu’ami·e était assez pour être considéré comme radical et en-dehors du mode d’opération de la gauche institutionnelle.

À son apogée, le groupe pouvait amener des centaines d’israélien·nes en Cisjordanie, pour manifester directement avec des palestinien·nes et vivre une expérience directe de la résistance. De nombreuses actions directes ont aussi été menées, comme des dégâts matériels à la barrière et le sabotage d’équipements. À la fin, le groupe a lentement dépéri et n’existe plus aujourd’hui. J’étais personnellement impliqué·e vers la fin, étant un·e ado qui sortait de la scène anarcho-punk de Tel Aviv. Comme de nombreuses initiatives de solidarité radicales avec de bonnes intentions organisées par des personnes du côté privilégié d’une situation coloniale, le groupe n’était pas immunisé contre les relations de pouvoir et les comportements de hiérarchies dissimulées. Beaucoup de critiques ont été faites du groupe vers sa fin, et sur le rôle que les colons ont véritablement en rejoignant une résistance anti-coloniale. À un certain moment, nous avons aussi vu nos privilèges concrètement disparaître, et il est alors devenu impossible d’agir avec les mêmes anciennes méthodes. Des « investigateurs » de droite ont infiltré une manifestation avec des caméras cachées et diffusé les images à la télévision. Des camarades ont eu des problèmes judiciaires pour des actions directes, ce qui a finalement paralysé leur capacité à continuer à s’impliquer. D’autres ont été doxxé·es et attaqué·es par des fascistes. La situation politique a changé, et avec elle les moyens de lutte possibles. Je pense cependant que, dans l’ensemble, ce fut une expérience précieuse, avec beaucoup de leçons importantes pour tout·e camarade.

Existe-t-il encore quelque chose qui ressemble à un mouvement anarchiste en Israël ?

Si l’on considère que l’on vit à une époque où toute personne avec une connexion internet peut constituer une cellule anarchiste, on pourrait dire que oui ! En réalité, pas tant que ça, il n’y a pas vraiment de mouvement. Je dirais, au mieux, qu’il y a des individu·es éparpillé·es ici et là, quelques sous-cultures chez la jeunesse, quelques esthétiques, mais pas de structures, groupes, ou même de discussions véritablement organisées. En général, je dirais que la société israélienne est très à droite, classe ouvrière incluse, et que l’on apprend aux gens à vivre dans une crise d’angoisse constante et à voir l’État comme son parent protecteur, sans qui on est tous·tes condamné·es. Demander aux israélien·nes d’abandonner l’État revient à leur parler dans une langue étrangère. Je ne pense pas que ces idées ont une chance de se propager et de devenir populaires ici de sitôt, compte-tenu de ces conditions. Je pense, cependant, qu’il a une chance de devenir un phénomène aux marges de l’empire ; pas un mouvement israélien, mais un mouvement de déserteur·se et de traîtres de race, disposé·es à rejoindre la lutte pour libérer la région de l’impérialisme, du colonialisme et de la terreur étatique ; un mouvement minoritaire, qui pourrait poser les bases de quelque chose de différent. Mais nous verrons.

À un moment, je me rappelle qu’il semblait y avoir une petite mais active minorité de « refuzniks », des personnes qui refusaient de faire leur service militaire malgré les risques de prison et de répression. À quelle échelle cela avait lieu et comment étais-iels traité·es dans la société israélienne ?

Le mouvement objecteur de conscience existe à une petite échelle en Israël depuis plusieurs années. On ne peut pas vraiment dire qu’il se propage et qu’il a un grand impact mais, c’est néanmoins un phénomène très positif et ces adolescent·es sont très courageux·ses. Iels sont traité·es comme des traîtres par la société israélienne, et peuvent finir pour un moment en prison. Il y a quelques mois – on dirait des événements anciens maintenant, un groupe d’adolescent·es ont refusé de faire leur service militaire et il y a eu une longue campagne pour les soutenir. Iels ont été libéré·es après un moment. Mesarvot (qui signifie littéralement : refuser) est une organisation qui aide et accompagne les objecteur·ses politiques pour des revendications anti-occupation.

Bien sûr, il faut distinguer cela des autres mouvements de refus en Israël, certains avec des revendications sionistes. Il y a des organisations qui soutiennent les réservistes de l’armée dans leur décision de ne pas faire leur service militaire dans les territoires occupées de 1967, c’est-à-dire la Cisjordanie et la bande de Gaza. Pendant le mouvement social pour « la démocratie israélienne », des réservistes ont aussi refusé de faire leur service tant qu’il y avait une « menace à la démocratie ». Iels n’ont aucun problème avec l’occupation, l’apartheid et les massacres et crimes de guerre constants, mais iels ne peuvent accepter que leurs privilèges de classe moyenne soient menacés. Dans tous les cas, il est important de mentionner que maintenant que j’écris ces lignes, le génocide à Gaza est en cours, et que toute cette rhétorique a alors disparu. Désormais, tout le monde se rallie derrière l’armée.

Connais-tu des anarchistes ou anti-autoritaires palestinien·nes ?

L’universitaire palestinienne Dana El-Kurd, dans son livre Polarized and Demobilized – Legacies of Authoritarianism in Palestine, soutient que la lutte palestinienne n’est pas seulement anti-coloniale, mais aussi anti-autoritaire dans ses fondements. Lors de la première Intifada, les palestinien·nes avaient une société civile dynamique, organisant spontanément des comités locaux pour coordonner la lutte, et répondre aux besoins des communautés locales. Ce soulèvement était de nature démocratique, et fut menée contre la volonté de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). Même au sein de l’OLP, d’après Edward Said dans son livre La Question de Palestine, la structure était organisée de façon très démocratique avec des discussions internes et des critiques ouvertes, en contraste total avec les politiques du monde arabe – rempli de régimes réactionnaires, de dictateurs autoproclamés et de monarques hors-sol. Le mouvement de libération de la Palestine a toujours été le mouvement le plus démocratique et progressif de la région et a inspiré beaucoup d’autres mouvements et soulèvements anti-autoritaires, certains d’entre eux durant le Printemps Arabe, et beaucoup qui sont encore en cours. Beaucoup soutiennent que la défaite de la gauche palestinienne au Liban, la création de l’Autorité Palestinienne après les accords d’Oslo, et la montée de l’islam politique ont changé le tableau, mais je pense que beaucoup des caractéristiques originales sont toujours en place.

Une fois tout cela dit, je ne peux pas vraiment dire que les palestinien·nes ont déjà eu un mouvement anarchiste en soi. Les anarchistes palestinien·nes existent mais, comme pour les israélien·nes, ne sont pas vraiment organisé·es en un mouvement, et je ne peux pas vraiment dire que ce soit une idéologie populaire. Je crois par contre que même si le mot anarchisme n’est pas utilisé, les palestinien·nes tendent à s’organiser d’une façon anarchiste, sans l’appeler comme ça. Les nouveaux groupes de guérilla qui ont émergé en Cisjordanie ces dernières années, comme les Lion’s Den à Naplouse, la Brigade Jenin à Jenin ou le Bataillon Balata au camp de réfugié·es de Balata, s’organisent d’une façon non-hiérarchique et ont un principe non-sectaire, ouverts pour être rejoints par toutes les différentes factions. Ces groupes de jeunes sont complètement hors du contrôle de l’Autorité Palestinienne et des vieilles politiques des factions et des partis, et leur nature spontanée et imprévisible constitue un défi pour les autorités israéliennes. C’est aussi vrai pour les luttes populaires – les luttes dans les villages de Cisjordanie que nous avons rejointes avec Anarchistes Contre le Mur étaient organisées par des comités populaires locaux, se coordonnant entre eux et fonctionnant selon des principes démocratiques.

Ces derniers mois, nous avons assisté à des pogroms à grande échelle et une augmentation des attaques meurtrières par des colons, agissant apparemment en toute impunité, puis des attaques suicides visant des israélien·nes, etc. Il semble que c’était inévitable que tout cela allait finir en une grande tragédie tôt ou tard. Dirais-tu que c’était évident pour les gens en Israël ou pas tant que ça ? Est-ce que le manque de réaction vis-à-vis de la violence des colons était-elle délibérée de la part ·des autorités, afin de davantage expulser les populations palestiniennes, ou était-ce plutôt une sorte d’indifférence à leur égard ?

Compte-tenu de comment Israël est fondé sur le nettoyage ethnique depuis 1948, il est plus que raisonnable de supposer que c’est complètement délibéré. En Cisjordanie, on voit la distinction étroite entre « civil » et « militaire » s’estomper complètement dans le contexte de l’apartheid, pendant que les colons extrémistes et les soldats travaillent main dans la main, parfois en collaboration et parfois en ignorant les pogroms et en leur permettant d’avoir lieu. Souvent, les palestinien·nes qui se défendent sont celleux qui subissent la répression. Il faut cependant voir ce qui se passe en ce moment dans un contexte un peu différent. Il faut le voir dans le contexte de 16 ans de siège sur Gaza, commencé comme punition collective après que les palestinien·nes vivant dans les territoires occupées de 1967 aient démocratiquement élu le mauvais parti d’après Israël et les États-Unis, et aient choisi le Hamas. Après que le Fatah, le parti actuellement au pouvoir dans l’Autorité Palestinienne, a mené un coup pour rester au pouvoir après le soutien d’Israël et de l’Ouest, le Hamas a pris le contrôle de Gaza lors d’une guerre civil en 2007, après laquelle Israël a enfermé sa population de 2 millions de personnes et a fait de Gaza la plus grande prison à ciel ouvert du monde. Israël contrôle les frontières de Gaza, sa zone maritime et son espace aérien, dicte qui peut entrer ou sortir, approuve la réception des marchandises et contrôle totalement l’économie. En plus de cela, Israël a aussi bombardé Gaza quasi tous les ans, avec de nombreuses « opérations militaires » tuant des milliers de personnes. Gaza a été enfermé dans un état de catastrophe humanitaire depuis de longues années.

En fait, le gouvernement Hamas à Gaza a permis de garder l’endroit relativement stable, sous une certaine direction, et de ne pas dégénérer en un désastre complet. Par conséquent, il fut utile pour Israël, qui leur a permis de continuer à contrôler Gaza et à gérer sa population. Mais le problème avec le Hamas, c’est qu’ils ne sont pas obéissants et que, contrairement à l’Autorité Palestinienne en Cisjordanie, ils refusent d’être complètement domestiqués par Israël et gardent leur attachement à la lutte armée. Ce que le Hamas a fait le samedi 7 octobre, c’est de briser le ghetto, à la fois physiquement et symboliquement. Ils ont détruit les grilles qui entourent Gaza et (ré-)occupé des terres au sein d’Israël, et se sont aussi positionnés comme une force au-delà de leur rôle assigné comme gouvernement de Gaza. Ils se sont mis au premier plan du mouvement de libération palestinien, décolonisant directement des territoires. C’était en effet inévitable de beaucoup de façons, et le résultat direct des décisions d’Israël toutes ces dernières années.

Les images parvenues du sud d’Israël le jour de l’attaque du 7 octobre étaient évidemment très difficiles à gérer émotionnellement, il n’y a rien à célébrer à propos du massacre de nombreux civils, et d’après toutes les définitions et standards, cela constitue un crime de guerre. Les choses doivent cependant être vues dans leur contexte. Il n’y a aucun exemple dans l’histoire d’un mouvement de résistance et d’une libération pures et « propres », qui n’a pas tué de personnes innocentes. Que ce soit la résistance à l’apartheid en Afrique du Sud, à la colonisation britannique de l’Inde, la lutte contre l’esclavage en Amérique, ou la résistance à l’occupation nazie à travers l’Europe – dans toutes ces situations, des personnes innocentes sont mortes. Ce n’est pas pour justifier quoique ce soit, mais la demande de purisme seulement pour le mouvement de libération palestinienne est irréaliste. La plus grande responsabilité revient à l’occupant.

Il y aura probablement beaucoup de théories complotistes sur les attaques sanglantes du Hamas dans les mois à venir. D’après ton avis en tant que personne qui vit là-bas, penses-tu que ce soit possible que Netanyahu et les autres savaient à l’avance et ont décidé de ne pas agir, espérant que ce soit leur équivalent au 11 septembre, et que cela lui permettrait de rester au pouvoir ? Ou était-ce plutôt de l’arrogance et une sous-estimation de l’ennemi, ce qui a mené aux événements tragiques que l’on a tous·tes vus ?

Il n’y a évidemment aucun moyen de confirmer un tel complot. J’aimerais éviter d’avoir un esprit complotiste et en conclure qu’Israël est probablement pas aussi puissant qu’il ne se présente. Ce que nous savons pour l’instant, comme raconté dans les médias israéliens, est que Shin Bet, le service de renseignement d’Israël et équivalent du FBI, suspectait que quelque chose allait arriver la nuit précédente, mais rien d’une telle ampleur. Apparemment, le chef du Shin Bet et de l’IDF ont été informés dans la nuit que des milliers de combattant·es de Gaza s’approchaient de la frontière. Certaines unités spéciales ont été appelées dans la zone, mais il n’y avait aucune indication que c’était une grosse opération et une déclaration de guerre. Dans l’ensemble, il semblerait que ce soit un gros échec des renseignements.

Depuis l’extérieur, il semblerait que l’extrême droite israélienne ait enfin obtenu l’opportunité parfaite pour se débarrasser du « problème palestinien » une fois pour toutes. As-tu des prédictions de comment cela finira pour Gaza ? Il semblerait que nous regardons l’acte final d’une tragédie qui se déroule sous nos yeux, et que c’est pire que jamais.

Actuellement, c’est difficile de prédire quoique ce soit. Les événements se déroulent très rapidement et on reçoit une nouvelle dévastatrice l’une après l’autre. Pendant que j’écris ces lignes, environ 3000 personnes ont été assassinées à Gaza, et environ 1 million déplacées de force. Aucune nourriture, ni carburant, ni électricité ne peuvent entrer à l’intérieur. Les troupes israéliennes entourent la frontière avec Gaza, se préparant à une invasion terrestre. Gaza est un bain de sang. L’ampleur de la tragédie humaine est insoutenable. Une guerre d’annihilation génocidaire contre la population palestinienne a lieu à Gaza. L’objectif principal n’est toujours pas clair. Israël a déjà annoncé son intention de détruire le Hamas, pour probablement ne plus jamais le laisser mener ses opérations depuis Gaza, mais, à part ça, ce n’est actuellement pas clair si le but est aussi de ré-occuper Gaza et de l’annexer – comme suggéré par certains politiciens israéliens – ou de le remettre à l’Autorité Palestinienne, ou autre chose. Après qu’Israël ait appelé les palestinien·nes du nord de Gaza – on parle d’une population de plus d’un million de personnes – puis a bombardé celleux qui ont suivi cet ordre et se sont déplacé·es, des appels ont été faits à l’Égypte pour ouvrir sa frontière avec Gaza à celleux qui fuient, faisant peut-être allusion au plus grand plan de nettoyage ethnique dans l’histoire du sionisme, plus grand encore que la Nakba de 1948.

Y-a-t-il des gens en Israël qui dénoncent l’idée d’une punition collective de la population civile en répercussion des actions de groupes armés ? Nous avons lu la tribune signée par de multiples groupes pour la paix qui agissent en Israël et Palestine, appelant à la fin du bombardement indiscriminé de la population de Gaza. Y-a-t-il une quelconque chance que ça ait un effet, ou est-ce que tout le monde est dans une frénésie meurtrière ?

Pas actuellement. Au moment où j’écris ces lignes, il n’y a aucun mouvement anti-guerre en Israël. Quasi tout le monde n’en a qu’après la vengeance désormais. Les Israélien·nes se rassemblent derrière le soutien total à la guerre, et toute personne faisant entendre une voix dissidente se met en danger. C’est assez difficile d’expliquer la façon dont le fascisme gagne du terrain sous couvert de la guerre. Les étudiant·es arabes se font exclure d’universités et les travailleur·euses perdent leur travail. Les étudiant·es sont encouragé·es à dénoncer leurs camarades, et les universités envoient des mails indiquant que tout « soutien apporté au Hamas » (ce qui, dans le climat actuel, pourrait tout aussi bien être équivalent à appeler à la fin du carnage à Gaza) fera l’objet d’une tolérance zéro. Des lois sont passées pour punir d’une peine de prison toute atteinte au « moral de la nation » (ce qui, encore une fois, peut être interprétée de façon très large). Les palestinien·nes sont traqué·es à Jérusalem-Est, avec des flics qui entrent dans des magasins arabes, forcent les gens à déverrouiller leurs téléphones, et recherchent toute trace de soutien au Hamas. Des gangs d’extrême-droite ont encerclé la maison d’un journaliste ultra-orthodoxe haredim de gauche après l’avoir accusé de soutenir le Hamas, et ont jeté des pétards à l’intérieur de sa maison, ce qui a forcé la police à venir l’extraire de sa propre maison et de l’aider à s’échapper. De façon générale, les gens ont peur de parler. Il y a des manifestations des israélien·nes juif·ves pour mettre la pression au gouvernement afin qu’il libère les prisonnier·es et otages. Certaines de ces manifestations ont été attaquées par les flics et les fascistes à Jérusalem et Haïfa. Toute tentative actuelle de s’organiser ferait face à une répression immédiate.

Tu as mentionné précédemment qu’une nouvelle génération de la résistance palestinienne commençait à prendre de l’ampleur. Penses-tu qu’il y ait toujours un espoir pour les palestinien·nes d’avoir un mouvement de libération victorieux qui ne finirait pas par être contrôlé par des intégristes religieux ? Au vu de la dévastation sans précédent de Gaza et de l’ampleur de la tragédie humaine à laquelle on assiste, l’une des grandes inquiétudes est que les gens se tourneront davantage encore vers des groupes autoritaires tels que le Hamas ou le Jihad Islamique, etc. Qu’en penses-tu ?

C’est difficile à dire. Il est vrai que, de façon générale, la réaction a grandi chez les palestinien·nes et que, comme les israélien·nes, iels se sont aussi droitisé·es ces dernières années. Les groupes mentionnés précédemment n’ont pas d’idéologie propre et sont ouverts à ce que des membres de tous les factions les rejoignent, du Hamas au Jihad Islamique mais aussi au Front Populaire de Libération de la Palestine. Ce qui caractérise globalement la résistance palestinienne de nos jours, à la fois en Cisjordanie et à Gaza, c’est plutôt des fronts larges et unis. Les islamistes, les laïques, les marxistes et même des libéraux nationaux – comme certaines factions de la Fatah – luttent ensemble. Le FPLP et le FDLP ont aussi participé à l’attaque du samedi 7 octobre. Le mouvement de libération palestinien est très varié mais, en ce moment, les gens semblent mettre leur différence de côté pour combattre ensemble. En général, cela me rappelle les différentes discussions sur les anarchistes en Ukraine qui se battent aux côtés de fascistes contre une armée russe génocidaire. Nous ne savons pas ce qui va arriver à l’avenir, les événements pourraient probablement pousser des gens vers de nouveaux extrêmes, et accélérer certains processus inquiétants. Mais on verra bien.

L’ampleur de ce qui se passe semble être écrasante et il est très difficile de ressentir de l’espoir pour une quelconque évolution positive actuellement. Y-a-t-il quelque chose que les gens peuvent faire tout de suite pour influer sur la situation d’une quelconque manière ?

Toute personne vivant à l’étranger devrait rejoindre la résistance dans sa région. Il y a un large mouvement de solidarité international, et iels ont besoin de votre soutien plus que jamais. Rejoignez des communautés de réfugié·es palestinien·nes à l’étranger, tenez-vous à leurs côtés, soutenez leur mobilisation et prenez la parole. Cela pourrait être effrayant car, comme en Israël, d’autres gouvernement utilisent la couverture de la guerre pour propager le fascisme. De nombreux États ont dévoilé leurs tendances autoritaires ces dix derniers jours, et les gens ont subi la répression de diverses manières. L’Allemagne et la France ont interdit les manifestations en solidarité avec la Palestine, et les flics ont attaqué les personnes qui défiaient l’interdiction pour manifester. Beaucoup de politiciens et d’institutions en Israël et dans le monde occidental se rendent compte qu’une pression extérieure par un soutien populaire international peut actuellement avoir un impact important. C’est pourquoi ils redoublent d’efforts dans la répression et la propagande. C’est le minimum que les gens puissent faire, et que je leur demande : remplissez les rues. Rejoignez des initiatives palestiniennes comme BDS. Boycottez Israël. Témoignez. Éduquez-vous et les autres. Impliquez-vous. Nous vivons une période historique.

Merci beaucoup pour l’interview. As-tu un dernier mot ?

Comme je l’ai déjà dit précédemment, c’est le mouvement de devenir actif·ve et de prendre la parole. Nous sommes témoins de la plus grande tentative de nettoyage ethnique et de génocide dans l’histoire de cet État. On ne peut pas se permettre de rester silencieux·ses. Les enjeux sont considérables. Tenez-vous du côté de la justice. Des temps sombres et difficiles nous attendent. Continuez à lutter et bonne chance.

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Bouteldja : souviens-toi Ozar Hatorah

Publié le 2023-11-15 08:55:04

Communiqué de revendication du collage



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Quand l’antisémitisme s’invite dans une librairie de gauche toulousaine.

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Communiqué de revendication du collage

Si nous choisissons de publier cette revendication plus de deux semaines après le collage, c’est parce que la situation internationale n’a eu de cesse de nous occuper depuis.

Dissipons d’avance toute confusion au sujet de nos intentions : si nous condamnons le massacre pogromiste et les enlèvements du 7 octobre commis par le Hamas, et revendiquons la libération des otages, nous nous opposons aussi fermement aux crimes de guerre et aux bombardements de milliers de civils palestinien⋅nes commis depuis un mois à Gaza par l’Etat d’Israël, mais aussi par Tsahal et les colons en Cisjordanie qui attaquent et tuent des civils palestinien⋅nes en toute impunité. Toute notre solidarité va là-bas, à la fois aux victimes civiles et otages israélien⋅nes visé⋅es par le Hamas d’une part, et aux civil⋅es arabes d’Israël et de Palestine ciblé⋅es par la violence de l’Etat, des colons et fascistes israéliens. Notre solidarité va en outre à celles et ceux qui, ici ou là-bas, luttent pour une paix juste et durable, dans une perspective émancipatrice et internationaliste.

Ces positions tenues conjointement sont non seulement possibles, mais même impératives. On peut et on doit lutter contre l’antisémitisme, l’islamophobie et le racisme et dans un même geste soutenir la lutte pour les palestinien⋅nes dans une perspective d’émancipation sociale. Pour nous, c’est indissociable, et ça explique en partie les motivations de notre collage.

Venons en aux faits :

Dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 octobre 2023, nous avons collé sur la vitre de la librairie Terra Nova les lettres "SOUVIENS TOI OZAR HATORAH".

Nous avons décidé d’écrire ce communiqué pour rétablir plusieures choses :

Premièrement, il n’aura pas fallu attendre plus de 24h après notre collage pour que l’éternel S.A.V des antisémites de gauche (UJFP/Tsedek) accourent pour expliquer notre geste à notre place, et en quoi nous aurions eu tort. L’ironie de l’histoire veut que dans leur défense empressée d’Houria Bouteldja, ils aient immédiatement saisi à quoi faisait référence le collage. Aveux coupables ?

Il n’aura pas fallu attendre plus de 48h aussi pour que Houria Bouteldja et La Fabrique éditions communiquent à grand renfort d’exagérations larmoyantes sur les réseaux sur une "attaque de librairie" (à la colle et au papier ?), une "campagne sournoise" (quelques mails et appels pour dénoncer la présence de l’intéressée et ses thèses ?) et un collage "de nuit" (ouuuh).

On est pourtant assez loin des cassages de vitrines de librairies de gauche, tags et menaces qu’ont pu subir les camarades qui dénonçaient ces mêmes discours il y a encore quelques années. Là, étrangement, on a pu à l’époque entendre les mouches voler dans le silence des mêmes bourgeois intellectuels qui pleurent aujourd’hui leurs larmes de crocodiles pour un collage : "Ouin Ouin".

Il n’aura par ailleurs pas fallu attendre longtemps pour que tout ce beau monde accuse comme un seul homme les J.J.R en taisant le fait que nous sommes nombreux⋅ses et varié⋅es à nous être opposé⋅es à cette invitation et à la tenue de cette conférence. Voilà pourquoi aussi nous décidons de prendre la parole.

Or, ce collage n’a pas été fait par les J.J.R, mais par nous.

En effet, il y a un peu plus de 11 ans, en mars 2012, étaient perpétrées ici à Toulouse, les tueries de Mohamed Merah, notamment contre l’école juive Ozar HaTorah, principalement contre des enfants en bas âge (Miriam Monsonego, Arié et Gabriel Sandler, abbatus froidement, visés en tant qu’enfants) ainsi que le père de deux d’entres eux, le rabbin Jonathan Sandler, parce qu’iels étaient Juif·ves (cette explication a été donnée et revendiquée par le tueur lui-même au prétexte de "venger les enfants palestiniens").

Immédiatement après cet acte abominable, et quoi qu’on en dise, la solidarité d’Houria Bouteldja est allée directement trouver la famille Merah, notamment sa mère, selon elle principale victime des évènements, visiblement. Dès avril 2012, en effet, elle nous a gratifié d’un des textes puants dont elle a le secret et qui fera l’objet d’une lecture en conférence toujours disponnible en ligne :"Mohamed Merah et moi", où elle écrivait notamment "Mohamed Merah, c’est moi" (sic), mais en même temps "ce n’est pas moi".

L’unique objet de ce texte, toujours en ligne, semblait être de justifier comment toute l’empathie devait aller d’abord vers les musulman·es qui subiront le racisme consécutif à cette tuerie, dans un acte pervers de retournement de situation, et comme si l’islamophobie avait attendu Merah. Aucun véritable mot d’empathie pour les victimes de la tuerie, contre l’antisémitisme fondamental qui s’y exprimait, en dehors d’un larmoyant et lapidaire laïus sur "les enfants" objectifiés comme support de cet argumentaire abject qui replaçait encore Israël au coeur de son argumentaire, rendu in fine encore une fois responsable par capilarité de ces meurtres inqualifiables.

Dans ce texte, à vomir, elle tentait de nous *rassurer* que "aucun Juif ne nait avec le sionisme dans le sang" (ce n’est donc pas congénital ? ouf !), mais nous expliquait comment "chacun sait" que "DES Juifs" peuvent toujours aller enfiler "l’uniforme israélien" impunément, contrairement à Mohamed Merah, donc (?). Comme si les autres ne pouvaient pas enfiler plusieurs autres uniformes "impunément", ailleurs, pour commettre "impunément" d’autres "exactions". C’est un privilège juif ça aussi, apparement. Surtout, donc, à travers cette bouillie et ses parallèles insensés, le rapport entre les victimes de Merah et l’Etat d’Israel est établi directement et sans équivoque par ces évocations.

Il faut lire ou relire ce texte pour comprendre que pour Bouteldja, Israël et Palestine sont une pierre angulaire pour comprendre le monde au travers de catégories sociales réfiées et homogénéisées ("Juifs", "Indigènes", etc) même si elle prétend régulièrement le contraire en préambule de chaque frasque comme d’autres disent "Je ne suis pas raciste mais...".

C’est *sa* grille de lecture du monde. C’est aussi en ça qu’elle est antisémite. Parce que cette vision du monde, qui fait peu de cas de la réalité et des vies humaines, se retrouve au final à partager l’obsession du tueur auquel elle s’associe "sociologiquement" pour s’en dissocier immédiatement après (?) comme une petition de principe.

Mais surtout, dans ce texte, l’autrice disserte complaisament sur la "conscience indigène" du monde suite à ce bain de sang en trivialisant les assassinats de ces enfants ramenés à d’autres victimes "trop souvent, des enfants [...] des innocents, à Gaza, à Kaboul...". L’argumentaire du tueur est en fait repris tel quel.

La focale de ce qui s’est passé est volontairement déplacée, s’est éloignée à tous les niveaux et le dicours se retrouve noyée dans un argumentaire "anti-impérialiste" abstrait qui passe par cette formule cinglante : "Celui qui confond oppresseur et opprimé est un barbare".

Mais qui étaient donc "les barbares" à Ozar HaTorah ? On ne le saura pas.

Et à cette époque néanmoins il faut relever que pour Bouteldja "les barbares" étaient "NOS ennemis", et Merah en était, comme pour s’absoudre d’un autre "mensonge sublime" qu’on vient de prononcer. On s’y interrogeait aussi, avec des accents complotistes de savoir si Merah était peut être un agent de la DCRI. Pourquoi pas du Mossad tant qu’on y est ? Des propos sur lesquels elle n’est en fait jamais revenue, et qu’elle "assume".

Depuis, chez cette même autrice, le "barbare" (contrairement au Juif, à moins qu’il se range derrière et se taise en dehors de moments choisis), est devenue une figure courtisable, un sujet politique bricolé sur les ruines fumantes du soralisme, comme le "beauf" fasciste, "pauvre victime des évenements" lui aussi.

"Il faut rendre à Soral ce qui est à Soral" écrit elle ainsi dans son dernier livre. Allons donc !

Il a, selon elle, "le mérite d’avoir su toucher simultanément les âmes de deux groupes aux intérêts contradictoires et d’avoir envisagé avant tout le monde une politique des beaufs et des barbares. Il est le premier à avoir vu. Le premier à avoir senti."

Comment expliquer la popularité de cette proposition d’alliance fondamentalement antisémite, parce que l’antisémitisme est son ciment idéologique ? Eh bien, nous explique t’elle, parce qu’il "rencontre l’adhésion puisque les Juifs sont perçus tant par les petits Blancs que par les indigènes comme des chouchous et des privilégiés".

Ont-ils tort de le penser ? Certainement pas : "La préférence (qu’on préférera appeler philosémitisme) dont la communauté juive est l’objet [...] est perçue comme une profonde injustice". (c’est toujours une histoire vraie, dans laquelle ses soutiens ne voient "pas en quoi c’est antisémite").

C’est écrit noir sur blanc, nous y sommes : le "privilège juif" qu’on préfère appeler "philosémitisme d’Etat".

Ce n’est pas une maladresse ou un "dérapage". Cette thèse antisémite du "philosémitisme d’Etat" (et pas juste "philosémitisme") explicitée ici comme une "préférence", un "privilège juif", est développée par la même autrice dans son précédent ouvrage, mais aussi dans d’autres textes du PIR.

C’est une théorie politique assumée. C’est au nom de cette théorie que l’autrice (qui ne tient pas toujours le même discours en fonction de ses interlocuteur·ices) explique dans un discours donné à Londres et intitulé "Fighting Philo-Semitism to Fight Islamophobia and Zionism" ("Combattre le Philo-Sémitisme pour combattre l’Islamophobie et le Sionisme") de façon beaucoup plus assumée comment il ne "s’agit pas de lutter contre l’antisémitisme", mais "contre le philosémitisme d’Etat" pour lutter contre l’islamophobie.

La formule magique est trouvée ! Vous voulez arrêtez de subir de l’antisémitisme ? Arrêtez d’en parler, et luttez contre autre chose, ça se réglera magiquement tout seul ! Ben voyons.

Partant de là, pour nous, la hiérarchisation raciste et antisémite des luttes est claire, et ses motivations on ne peut plus limpides à l’écoute de ses discours et à la lecture de ses textes.

Mann’donné, il n’y a pas pires aveugles que ceux ou celles qui refusent de voir.

Alors pourquoi reparler d’Ozar HaTorah ?

Parce qu’un fil conducteur traverse le discours d’Houria Bouteldja de la compassion pour l’auteur de cette tuerie et sa famille (et pour les autres, Toz ?), aux explications délirantes de son geste, en passant par la validation honteuse, même partielle, des thèses du plus célèbre théoricien néonazi de france, et maintenant la justification du massacre de civil⋅es (dont encore des enfants) par "antisionisme" en Israël/Palestine d’une "résistance palestinienne" applaudie et soutenue inconditionnellement à travers le Hamas depuis 2008 au moins (ce n’est pas inutile de le rappeler). Pourtant, force est de constater que le soutien à la lutte des palestinien·nes n’a pas besoin de cette bouillie raciste et antisémite, et de ses injonctions contradictoires et impossibles à tenir.

Enfin on peut parler aussi de celles des thèses de Bouteldja, du PIR et de leurs épigones reprises bouche en coeur par une partie de l’extrême-gauche française actuellement, selon laquelle tout doit être subordonné à la "lutte antisioniste", anti-coloniale ou anti-impérialiste (à la sauce campiste, dépeignant le monde en "bons et mauvais camps"), y compris les revendications progressistes,féministes et queers (y compris en Palestine), et on se retrouve ici dans des situations ubuesques où des organisations antiracistes féministes et/ou queers sont silenciées en partie par des blancs"décoloniaux" acquis aux thèses bouteldjistes (leurs principaux alliés, dont l’immense majorité sont des classes moyennes hautement "éduquées", et pas les fameux "beaufs" blancs tant fantasmés "qui votent RN").

Mais comment aurait il pu en être autrement avec des thèses et discours aussi intolérables et délirants ?

Bouteldja n’est pas seulement antisémite, c’est simplement une réactionnaire : le reste découle de ça. Et nous nous moquons que certain·e choisissent de jouer la caution féministe, queer, ou juive pour cette clique.

Le jour de notre collage, la librairie Terra Nova à Toulouse, librairie historiquement de gauche, a donc fait le choix d’inviter et maintenir cette personne pour présenter son livre, ceux qui l’éditent et ses dicours, et ce malgré le fait que plusieurs voix se soient levées et aient alerté contre le contenu inadmissible de ses textes et ses propos. Ils choisissent maintenant de défendre ces personnes et leurs thèses. Dont acte.

Nous avons voulu rappeler à ceux et celles qui font les autruches à quoi ces discours aboutissent. Comment en effet, ne pas avoir le lien entre le type de discours défendus au-dessus et l’explosion d’actes antisémites (parallèlement à d’autres actes racistes) depuis le 7 octobre ici, en France, et ailleurs dans le monde ?

Cette nuit là, nous avons choisi en guise de rappel de coller sur leur vitrine pour leur rappeler que nous ne tolérerons jamais, ni aujourd’hui ni demain, que ces discours empoisonnés, antiféministes, LGBTphobes et antisémites s’invitent dans notre camp (et ce peu importe le degrés de mauvaise foi et de vernis "de gauche" apposé sur la couverture).

On se passera donc de cet « amour révolutionnaire » là (entre « barbares » et "beaufs") qui, de toute façon, ne nous est pas destiné et se fait toujours contre nous.

Quelques féministes anti-autoritaires de l’Est Toulousain

Lecce (Italie) : un mouchard GPS sous la voiture d’un compagnon

Publié le 2023-11-16 07:20:04

Trouvaille
Traduit de l’italien de Disordine, 9 novembre 2023

L’Etat ne t’abandonne jamais.

Mardi 7 novembre à Lecce, nous avons découvert un mouchard GPS sous la voiture d’un compagnon. Le dispositif était alimenté avec des piles et placé sous la carrosserie du véhicule, à l’arrière, juste après le pare-choc, fixé avec de puissants aimants.

Des affiches et des banderoles contre les expulsions !

Publié le 2023-11-16 07:25:06

Compte-rendu (perso) d’un rassemblement sauvage vendredi 10/11 soir dans le quartier Bonnefoy



Le mot avait tourné pour 18h30. Malgré le froid, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées, pour exprimer notre colère, suite aux nombreuses expulsions qui ont eu lieu à la veille de la trêve hivernale. Ne pas laisser les expulsions sans réaction !

Des affiches ont été collées sur les aménagements temporaires au début de l’avenue de Lyon (et ailleurs dans le quartier). Plusieurs modèles a disposition : elles parlaient de la destruction du quartier Bonnefoy, de la fin de l’Euforie, ou encore affirmaient qu’on préfère être squatteur•se et mauvais•e payeur•se que spéculateur. Bien mieux que leurs images de la future gentrification du quartier, leurs slogans vides de green-washeurs et leurs personnages au design coloré pour faire oublier les vraies personnes qui se font expulser.

Des tracts ont été distribués. Et des banderoles ont été suspendues, entre les arbres ou aux grilles des chantiers : au moins 7, avec des messages tels que « Plus de logements gratuits, moins de loyers hors de prix », « Font chier les huissiers »… Ça a attiré quelques regards des passant•e•s.

Une petite manif a pris la rue du faubourg Bonnefoy en coupant la circulation jusqu’aux travaux du futur métro, derrière une banderole qui disait « Ouvrons des maisons, détruisons les prisons ». Avec des slogans contre la spéculation, la gentrification, contre la guinguette et le poinçonneur (1), contre les flics et les huissiers.

Restons déterminé•e•s à squatter la ville !

(1) Le Poinçonneur est un bar « branché » de Bonnefoy, dont le patron est le même que la guinguette éphémère a l’angle de la rue des Jumeaux / rue du Maroc.
Ces deux établissements participent a la « boboisation » du quartier en lui donnant un vernis social. En plus la guinguette est faite en collaboration avec la mairie sur un des terrains vagues du chantier annoncée dans les affiches avenue de Lyon. C’est donc bien un complice et un bénéficiaire du projet TESO.

Lawrenceville (USA) : Rendre les entrepreneurs effrayés à nouveau

Publié le 2023-11-16 07:35:02

Scenes from the Atlanta Forest / mercredi 15 novembre 2023

Dans la nuit du 13 novembre, nous avons mis le feu à 6 camions de l’entreprise de ciment Ernst Concrete, au 553 Seaboard Industrial Drive [à Lawrenceville, dans la banlieue nord-est d’Atlanta ; NdAtt.]. Ernst est en train de verser le ciment pour les fondations de la Cop City. Sur ce site, comme sur plein d’autres, il n’y a aucune surveillance.

Les camions toupie à déversement frontal ont des grands compartiments moteur à l’arrière, auxquels on peut accéder sans ouvrir de porte. Nous avons placé des engins incendiaires et du petit bois près du bloc moteur, du réservoir de gazole qui est derrière lui et des doubles pneus arrières. Nous incitons à d’autres expérimentations sur l’endroit où placer des engins incendiaires.

Il y avait une période où les entrepreneurs avaient peur d’accepter de travailler pour ce projet. Si nous pouvons rendre les coûts du contrat plus élevés que les bénéfices, ils le laisseront tomber.
Se faufiler à droite et à gauche la nuit est amusant et brûler des trucs de merde est cool.

Voici la liste complète des sites d’Ernst, issue du site ernstconcrete.com/locations
[on ne va pas les mettre ici, ils sont tous aux États-Unis ; NdAtt.]

6 Cop City Concrete Trucks Set on Fire in Lawrenceville, Georgia

Publié le 2023-11-16 07:40:02

Make Contractors Afraid Again

On the night of November 13th we set fire to 6 Ernst Concrete trucks at 553 Seaboard Industrial Drive. Ernst is pouring the foundation for Cop City. This site, like so many others, is completely unguarded.

Front-pouring cement mixing trucks have large rear engine compartments which can be accessed without opening any doors. We placed incendiary devices and kindling near the engine block, the fuel tank behind it, and the double rear tires. We encourage further experimentation with incendiary placement.

There was a time when contractors were afraid to take on this project. If we can make the cost of the contract greater than the profit, they will drop it. Sneaking around at night is fun and burning shit is cool.

Below is the full list of Ernst sites sourced from ernstconcrete.com/locations

North Atlanta

Ball Ground Plant
960 Old Nelson Rd
Ball Ground, GA 30107

Dawsonville Plant
378 W Hightower Dr
Dawsonville, GA 30534

Kennesaw Plant
1475 Lockhart Dr
Kennesaw, GA 30144

Lithia Springs Plant
7699 North County Line Rd
Lithia Springs GA 30122

East/South Atlanta
College Park Plant
502 Lees Mill Rd
College Park, GA 30349

Jefferson Plant
220 New Salem Church Rd
Jefferson, GA 30549

Lawrenceville Plant
Emerald Eagle Transport
540 Seaboard Industrial Dr
Lawrenceville, GA 30045

Lithonia Plant
7535 Rock Mountain Rd
Lithonia, GA 30058

Monroe Plant
2006 Leroy Anderson Dr
Monroe, GA 30655

 

Indiana

Portland Plant
1125 W. Water St
Portland, IN 47371

Richmond Plant
5390 Indiana 121
Richmond, IN 47374

Winchester Plant
1031 Old Highway 27
Winchester, IN 47394

 

Northern Kentucky

Hebron Plant
1593 Youell Rd
Hebron, KY 41048

Walton Plant
291 Stephenson Mill Rd
Walton, KY 41094

 

Louisville

Crestwood Plant
5800 Haunz Lane
Louisville, KY 40241

Downtown Louisville Plant
4121 Algonquin Pkwy
Louisville, KY 40211

Sellersburg Plant
4710 Utica Sellersburg Rd
Sellersburg, IN, 47172

Shepherdsville Plant
3260 N Preston Hwy
Shepherdsville, KY 40165

 

Lima

Bluffton Plant
390 Quarry Rd
Bluffton, OH 45817

Lima Plant
377 S. Central Ave
Lima, OH 45804

Wapakoneta Plant
12201 Wapa Freyburg Rd
Wapakoneta, OH 45895

 

Dayton/Springfield

Bellbrook (Sugarcreek) Plant
Ernst Concrete Building Supplies
2181 Ferry Rd
Bellbrook, OH 45305

Fairborn Plant
5325 Medway Rd
Fairborn, OH 45324

Germantown Plant
9411 Sugar St
Germantown, OH 45327

Springfield Plant
1020 Mitchell Blvd
Springfield, OH 45503

Troy Plant
805 S. Union St
Troy, OH 45373

West Carrollton Plant
4710 Soldiers Home W Carrollton Rd
Miamisburg, OH 45449

 

Greater Cincinnati
Batavia Plant
4212 Curliss Rd
Batavia, OH, 45103

Camp Dennison Plant
8151 Glendale Milford Rd
Camp Dennison, OH 45111

8th Street Plant
1450 W. 8th St
Cincinnati, OH 45203

Fairfield Plant
107 River Circle
Fairfield, OH 45014

Harrison Plant
7340 Dry Fork
Harrison, OH 45030

Lebanon Plant
4250 Columbia Rd
Lebanon, OH 45036

Lockland Plant
607 Shepherd Lane
Lockland, OH 45215

Middletown Plant 81
2504 S. Main St
Middletown, OH 45044

Middletown Plant 408
4714 Oxford State Rd
Middletown, OH 45044

 

Greater Columbus

Delaware Plant
450 Curtis St
Delaware, OH 43015

Stimmel Road Plant
711 A Stimmel Rd
Columbus, OH 43223

Truro Station Plant
4252 Truro Station Svc Rd
Columbus, OH 43232

Wilson Road Plant
569 N. Wilson Rd
Columbus, OH 43204

Chillicothe

Chillicothe Plant
689 Marietta Rd
Chillicothe, OH 45601

Circleville Plant
8648 US Highway 23N
Circleville, OH 43113

Piketon Plant
4245 US Highway 23
Piketon, OH 45661

 

Washington Court House Plant
1865 Old US Highway 23
Washington Court House, OH 43160

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Source: Scenes from the Atlanta Forest

A69 : soutenez l'entreprise qui coupe des arbres !

Publié le 2023-11-17 09:55:18

Comme vous le savez peut-être, pour construire une autoroute, on doit couper des arbres. Ils ne tombent pas tout seul, depuis des décennies qu’ils plongent leurs racines embêtantes dans une terre hostile pleine de trucs vivants et grouillants. Fort heureusement, des entreprises spécialisées s’en occupent, et le monde va mieux.



Félicitez l’entreprise qui accompli courageusement sa mission en abattant des platanes centenaires, et bien d’autres !

On peut les contacter ici :

28 Rue Roger Hennequin
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Munich (Allemagne) : nouvelle attaque contre un chantier de la ville

Publié le 2023-11-17 10:00:03

Vendredi 10 novembre vers 4h du matin, les pompiers de la ville de Munich sont arrivés un peu tard dans la Johanneskirchen Straße. Là, une pelleteuse et un camion-benne, situés sur le chantier du tramway mené par l’entreprise des transports publics municipaux MVG (Münchner Verkehrsgesellschaft) étaient en train de se calciner.

Les deux engins de chantier ont été détruits, avec des flammes provoquant des dégâts estimés à 300 000 euros. Le fait qu’ils étaient séparés de plusieurs mètres, faisant supposer aux enquêteurs l’existence de plusieurs foyers d’incendie, a conduit la police criminelle de Munich et les services de la Protection de l’État (Staatsschutz) à s’emparer des investigations.

Alors que la presse locale bavaroise sonne comme à son habitude l’alarme (à base de « Y a-t-il un diablotin incendiaire à Munich ? », ce qui se dit joliment Feuerteufel), elle en  a profité pour rappeler que « des inconnus s’attaquent aux installations géothermiques, aux engins de chantier et aux ponts », en nous gratifiant d’une petite chronologie courant sur les quatre dernières années, que nous reproduisons ci-dessous.


Ville de Munich et alentours. Liste non exhaustive de sabotages (généralement anonymes) contre des infrastructures de communication, d’énergie et de transport recensés par la presse bavaroise à l’occasion de celui du chantier du tramway (novembre 2023) :

[Synthèse de la presse allemande (Abendzeitung, Bild & Süddeutsche Zeitung), 10-14 novembre 2023]

Hambourg (Allemagne) : l’État ne lâche pas l’affaire contre la compagnonne du Banc Public

Publié le 2023-11-17 10:05:02

[La procédure en cassation (nommé « révision » en allemand) du procès dit du Banc Public contre trois anarchistes de Hambourg, a connu un nouveau rebondissement. En juin 2022, la Cour fédérale de justice (BGH) avait confirmé la condamnation de novembre 2020 à 22 et 19 mois de prison ferme contre les deux compagnons, supérieure à leur détention préventive, les conduisant à purger ce reliquat carcéral du printemps à l’été dernier. Quant à la compagnonne, sa peine de 20 mois de taule avait été suspendue en début d’année. Mais c’était sans compter sur la soif de représailles du procureur général…]


Libération conditionnelle annulée contre la compagnonne anarchiste dans le procès dit du Banc Public
Traduit de l’allemand de de.indymedia, 16 novembre 2023

Après que la peine de prison contre la compagnonne dans le procès dit du Banc Public ait été suspendue au début de cette année, le procureur général Schakau, dans sa soif de représailles, n’a bien sûr pas pu lâcher l’affaire et a de nouveau fait appel. Cette procédure en cassation (« révision ») a maintenant été acceptée par la Cour fédérale de justice lors d’une audience. Cela signifie que dans un avenir encore inconnu, il y aura un nouveau procès devant le tribunal de grande instance de Hambourg, au cours duquel il sera décidé une nouvelle fois si la peine de 20 mois de prison prononcée à son encontre est assortie d’un sursis ou non.

Après que les deux autres compagnons aient entièrement purgé leur peine de prison au cours de l’été, nous devons continuer à attendre un jugement définitif pour la compagnonne.

Nous affrontons cette période d’attente épuisante ensemble et continuerons à faire ce chemin solidairement !

Force et rage !
Liberté et bonheur !

Strasbourg (Alsace) : l’État continue de se venger contre les émeutiers

Publié le 2023-11-17 10:10:03

Emeutes: quatre ans ferme pour avoir incendié une mairie
de quartier à Strasbourg

AFP, 16 novembre 2023

Un jeune homme de 19 ans a été condamné jeudi à quatre ans de prison ferme pour des dégradations commises à Strasbourg lors des émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, dont l’incendie d’une mairie de quartier.

Interpellé mardi [14 novembre] au terme d’une enquête qui a permis de l’identifier sur des images de vidéosurveillance et des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, ce jeune homme sans casier judiciaire a été jugé en comparution immédiate après sa garde à vue. Le tribunal de Strasbourg l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement dont un an assorti d’un sursis probatoire durant trois ans avec obligation de travail et obligation d’indemniser les parties civiles.

Le 29 juin, le jeune homme avait formé des barricades, tiré sur les forces de l’ordre avec des mortiers et, en compagnie d’autres personnes, était entré par effraction dans la mairie de quartier Neuhof-Meinau. Il avait mis le feu à de l’essence déversée par un autre émeutier, puis avait volé un drapeau de la France. Les dégâts sont estimés à 800.000 euros, a souligné l’avocat de la mairie et de l’Eurométropole de Strasbourg, Me Gauthier Bautz.

« Je n’ai pas d’explications », a déclaré le prévenu au président du tribunal, Marc Picard, avant d’évoquer un « effet de groupe ».

Il était jugé au côté d’un homme sans domicile fixe de 43 ans, père de six enfants, qui comparaissait pour avoir, le même soir, mis le feu à des poubelles et encouragé des mineurs à faire de même. Ce quadragénaire, dont le casier judiciaire présente 31 mentions, notamment pour des faits de vol, de violence et une condamnation pour trafic de stupéfiants, a été condamné à trois ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt. « Je ne regrette pas », a-t-il déclaré lors de l’audience.

Le tribunal a été plus sévère que les réquisitions [du procureur] de quatre ans d’emprisonnement dont un avec sursis probatoire pour le mineur et 30 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt pour le majeur. Le procureur Alexandre Chevrier a déclaré que la mort de Nahel n’était qu’un « prétexte pour casser » et estimé que l’incendie de la mairie de quartier, « un lieu au service de la population » constituait le « comble de l’absurdité », « révélateur d’une bêtise insondable et d’une absence de limites ».

L’avocat des deux hommes Me Christophe Cervantes avait souligné que ses clients reconnaissaient les faits et avait mis en garde contre la tentation de leur faire « porter une responsabilité très lourde » pour leurs rôles dans des émeutes auxquelles ont participé des « dizaines voire des centaines de personnes ». Ils ont dix jours pour faire appel.

Italie : Des perquisitions à Bologne, en Lombardie et dans le Trentin

Publié le 2023-11-17 22:35:02

La Nemesi / jeudi 16 novembre 2023

Ce matin, le 16 novembre, le ROS [Raggruppamento Operativo Speciale, « Groupe opérationnel spécial » des Carabinieri, qui s’occupe de criminalité organisée et de terrorisme ; NdAtt.] (les groupes de Bologna, Milan, Brescia et Florence) a mené des perquisitions au Spazio di documentazione anarchica « Il Tribolo » et dans les habitations de 19 compas, à Bologne, en Lombardie et dans le Trentin.

Ces perquisitions s’insèrent dans le cadre de l’enquête pour 270 bis [« association avec finalité de terrorisme ou de subversion de l’ordre démocratique » ; NdAtt.], dont l’ouverture avait été notifiée à six compas en juin 2023 et pour laquelle, pendant l’été, le RIS [la « police scientifique » des Carabinieri ; NdAtt.] a effectué une série d’expertises sur différents éléments retrouvés sur les lieux des infractions.

En plus du 270 bis (pour 11 des personnes perquisitionnées), certain.es compas sont accusé.es d’une série d’infractions spécifiques : l’attaque contre des antennes-relais, la tentative de dégradation contre des camions de l’entreprise MARR, un barrage routier effectué en dégradant des bennes à ordures, l’interruption d’une messe et l’occupation d’une grue dans le centre-ville de Bologne.

Toutes ces infractions rentrent dans le cadre de la lutte contre le 41-bis et en solidarité avec le compagnon Alfredo Cospito.
Selon ce qu’on a pu comprendre pour l’instant, le procureur aurait demandé le prélèvement d’échantillons d’ADN sur toutes les personnes sous enquête.

Nous réaffirmons notre solidarité avec Alfredo et tou.tes les prisonnier.es !

Kalinov Most. Publicación Anarquista Internacional #10. Noviembre 2023.

Publié le 2023-11-18 11:40:02

Ya esta en las calles:
Kalinov Most. Publicación Anarquista Internacional #10/Noviembre 2023.

La décima entrega de la revista Kalinov Most sale a la luz mientras uno de los compañeros encargados de la redacción, Francisco Solar, se encuentra finalizando el juicio junto con Mónica Caballero. Estos días el poder descargará toda su furia contra quienes han decidido rebelarse.

… Los muros y las alambradas nunca han sido obstáculos suficientes para seguir construyendo caminos de negación a este mundo.

En este número podrás encontrar:
-Editorial
-Reflexiones de una lucha
-El individuo contra el Estado
-Entre el crimen organizado y el Estado. Límites, reflexiones y
superaciones antiestatales.
APORTES EXTERNOS
– Bolivia. No es una cara «social» del anarquismo, son los falsos críticos. Ecos de un golpe represivo
– Francia. El corte es posible. Silencio! Las antenas se están quemando
– Italia. Asfixiando al movimiento anárquico. Sobre la operación represiva contra el periódico Bezmotivny.

Este y otros números los puedes encontrar en:
Chile (Editorial Memoria Negra), Argentina (Expandiendo La Revuelta), Uruguay (Criaturas Fantásticas), Colombia (Taller Incendia) y México (Konspiración Iconoclasta)

www.kalinovmost.wordpress.com/
kalinovmost@riseup.net

Brême (Allemagne) : attaque contre le salon « Space Tech Europe »

Publié le 2023-11-18 13:10:05

Traduit de l’allemand de de.indymedia, 15 novembre 2023

Attaque contre l’expo Space Tech Europe – le plus grand salon d’Europe et la plus importante conférence sur la technologie aérospatiale et les prestations dans ce domaine.

Space Tech Expo Europe

Le salon Space Tech Europe se déroule du 14 au 16 novembre 2023 pour la sixième fois dans les halls d’expositions de la ville de Brême. C’est la plus importante et la plus grande exposition et conférence sur les technologies et les services spatiaux d’Europe. Là se concrétisent les facettes de l’industrie aérospatiale sur la base des débats de fond et des entreprises impliquées. But affiché : Business, Networking et présentation des nouveaux développements. Dans les halls 4 à 6 du salon il est entre autre question de production et de services spatiaux, de composants et d’ingénierie des systèmes pour les engins spatiaux ainsi que de lanceurs spatiaux et de programmes de satellites. Plus de 650 exposants venus de plus d’une quarantaine d’états sont présents. Une partie significative de ces exposants opère sous le mot clé Military. A côté des cinq plus grands employeurs de l’espace Ariane, Orbitale Hochtechnologie Systeme (OHB), Airbus Defense and Space, du centre allemand d’aérospatiale (DLR) et du centre pour technologie spatiale appliquée et de microgravité (ZARM), DSI Aerospace, Polaris engins spatiaux, Shieldex et Ferchau viennent de Brême, et la muncipilaité ainsi que son université (Humans on Mars) sont aussi représentées. Parallèlement au salon et au même endroit a aussi lieu une conférence où sont débattus des détails techniques, politiques et stratégiques.

Attaque par derrière

Nous avons saisi l’occasion de ce salon pour réaliser une action offensive d’un mouvement anticapitaliste et antimilitariste pour le climat en fin d’après-midi du 14 novembre. Alors qu’à l’intérieur des participant-e-s se retrouvaient pour le Networking, nous nous sommes donné rendez-vous pour exprimer notre hostilité. Nous avons bloqué la rue derrière le parc des expositions avec des barricades de pneus en feu et nous avons lancé des bouteilles de peinture et des feux d’artifices contre les façades vitrées des halls. Ça a grave claqué. L’objectif était d’interrompre leurs échanges confortables par une intervention offensive. Les représentant-e-s de l’industrie de l’armement devaient être confronté-e-s aux conséquences de leurs affaires.

Brême bastion de l’armement

Ce n’est pas un hasard si la Space Tech Expo a lieu à Brême. Brême est un bastion de l’armement. Aucune autre ville en Allemagne ne connaît une telle densité d’armement. Les entreprises d’armement de Brême fournissent principalement avec des satellites et des drones, avec de l’électronique pour la marine et l’armée, par la construction de navires et d’avions de guerre, une contribution considérable au développement de la capacité d’intervention de l’armée allemande dans le monde entier et à la diffusion d’armes de guerre et d’armements aux quatre coins du globe. La ville profite de crises et de guerres et les armes exportées d’ici favorisent des conflits dans le monde entier.

Cinq entreprises d’armement de rang national, parfois européen, voire international, se trouvent à Brême : Atlas Elektronik, EADS Airbus, Rheinmetall Defence Electronics, la Friedrich Lürssen Werft et OHB. Malgré les critiques et les attaques antimilitaristes contre OHB, cette entreprise élabore de grands projets afin de rendre l’axe Brême/Bremerhaven plus attractif pour l’industrie high-Tech de l’armement. Le consortium German Offshore Spaceport Alliance auquel appartient OHB a été créé récemment. Le but insensé : un centre spatial flottant en mer du Nord. Au cours des prochaines années, des milliers de petits satellites seront envoyés dans l’espace à des fins commerciales. Les premières missions sont déjà planifiées pour avril 2024. Avec cette initiative, le consortium vise à faire du site de Brême un hub international pour l’aéronautique à usage commercial. Mais jusqu’où s’élèveront les coûts écologiques si des milliers de litres de carburant pour fusées sont brûlés en permanence sur un espace aussi fragile que l’est déjà la mer du nord?

Guerre, Haute Technologie et fantasmes virils de toute puissance

La technologie satellitaire est vendue comme un instrument de recherche pour constater les catastrophes et les changements environnementaux. Des agences spatiales telles que la NASA ou l’ESA se présentent comme des institutions de recherche scientifique. En fait, dès ses débuts et jusqu’à aujourd’hui, l’aérospatiale est dominée par le secteur militaire. Les satellites de communication et d’imagerie constituent une infrastructure importante pour surveiller d’autres États ou sa propre population, ils servent au verrouillage de l’Europe forteresse, à la reconnaissance de l’ennemi pendant la guerre ou ses préparatifs. Ils sont une composante indispensable de la communication militaire et des processus industriels. L’industrie aéronautique est l’un des acteurs centraux de l’industrie de l’armement ! La guerre, la haute technologie et les fantasmes virils de toute puissance ont une longue tradition patriarcale. Dans l’espace, diverses formes de structures de pouvoir oppressives s’enchevêtrent dangereusement. De la virilité militaire aux symptômes égocentriques du turbo-capitalisme, en passant par la misogynie et les modèles de pensée coloniaux, les problèmes de notre monde se relient et s’étendent à de nouvelles sphères. La personnification de cette évolution sous la forme d’un Elon Musk n’est pas un hasard mais l’expression logique de ce domaine du capitalisme.

Climat

Au moins depuis 2022 il est clair pour l’opinion publique mondiale que si cela continue sur cette lancée, d’ici 2100 la terre ne se réchauffera pas d’un 1,5 degré Celsius mais de 2,5 – 3, et que de nombreux points de bascule seront bientôt atteints. Cela aura pour conséquence un effondrement chaotique des systèmes climatiques et écologiques, la dévastation de territoires entiers, des situations météorologiques extrêmes, des hausses du niveau des mers, l’extinction d’espèces, des famines et des fuites de centaines de millions de personnes. Les technologies telles que la technologie satellitaire sont vantées comme une solution à la catastrophe climatique. Pourtant, comme d’habitude autre chose se cache derrière cette idéologie. Des entrepreneurs dynamiques vendent leurs start-ups comme des machines à sauver la planète et, de peur d’arriver trop tard pour la colonisation capitaliste de l’espace, des politicien-ne-s du monde entier financent leurs plans mégalomaniaques. Nous devons agir maintenant pour limiter les conséquences du changement climatique !

Au lieu de catapulter le capitalisme sur une nouvelle orbite, il faudrait, non, nous devons tout mettre en œuvre pour le saboter! Pour cela il fait aussi démasquer les idéologies qui nous vendent la destruction de la terre comme moteur du progrès humaniste. L’expo Space Tech Europe est un élément de cette stratégie de propagande. Empêchons-la! Par tous les moyens!

Switch-OFF! The system of destruction

Quelques anti-militaristes écologistes

Athènes (Grèce) : Attaque incendiaire contre la maison du juge Elias Kanellopoulos

Publié le 2023-11-18 20:15:05

Abolition Media / vendredi 17 novembre 2023

« Nous sommes limités par milles peurs : la peur d’être enterrés vivants dans quelque taule, la peur de mourir pendant une action, la peur de rester seuls, sans le consensus des gens ou mis de côté par nos compagnon.nes elles/eux-mêmes. Vaincre ces peurs nous rendrait plus lucides. Des nombreuses « luttes » sont bâties sur ces peurs, sont le produit de ces peurs. La peur nous empoisonne, les compromis sont ses fruits empoisonnés. Puis, c’est le tour des jolis mots, des jolies théories, les jolis stratégies à long terme, de colorer en rose toute cette merde, nous poussant à la prudence, au « réalisme » politique. Mais malheureusement, même peinte en rose, la merde reste de la merde. »
Alfredo Cospito
[extrait de « Qui est là est là et qui n’est pas là n’est pas là » ; NdAtt.]

Les Cellules d’action directe revendiquent la pleine responsabilité de l’attaque incendiaire contre la maison du juge Elias Kanellopoulos, dans le secteur de Cholargós [dans la banlieue nord-est d’Athènes ; NdAtt.]. Notre attaque est une action en solidarité avec les mobilisations des prisonnier.es dans les taules de ce pays. Elle est aussi la poursuite de la stratégie de cibler personnellement ceux qui sont impliqués dans le renforcement constant de la répression pénale et dans la gestion répressive des prisons. De l’architecte du nouveau code pénal, Lambros Margaritis, à la cheffe de l’organe d’inspection et de contrôle des prisons, Spyridoula Presvia, et maintenant à Elias Kanellopoulos, magistrat détaché auprès du ministère de la Justice, qui était l’un des proches collaborateurs de l’ancien ministre de la Justice Kostas Tsiaras, à l’époque de l’élaboration et de l’adoption du nouveau code pénal.

Notre message est clair. Les Cellules d’action directe n’oublient pas les personnes qui sont derrière les barreaux, les familles qui souffrent et qui sont tourmentées par les méthodes des juges, les policiers et les matons qui ont l’impression d’être intouchables. Nous n’oublions pas les prisonnier.es politiques qui sont en train de payer le prix de leur choix de rejoindre le combat révolutionnaire. Les explosions devant les maisons de ceux qui, d’une manière ou d’une autre, choisissant de faire des vies des prisonnier.es une réalité cauchemardesque, livrent directement chez eux, même si seulement à un niveau symbolique, la réalité combative de la menace anarchiste permanente.

Comme nous l’avons déjà déclaré à la suite de l’attaque contre le domicile de Lambros Margaritis : « Nous n’avons pas fini avec cette question. Pour nous, toute atteinte aux droits des prisonnier.es, qui ont été gagnés par des luttes douloureuses, est quelque chose à prendre très au sérieux et à cet égard nous essayeront le plus fermement possible de garder cette question en haut des priorités des formations militantes qui agissent au sein du mouvement de lutte. Nous les appelons à devenir un bouclier de protection des droits des prisonnier.es politiques et à cibler directement ceux qui sont directement responsables de ce code pénal anachronique, qui nous ramène en arrière de plusieurs décennies. »

Depuis des mois, maintenant, des centaines de détenu.es se mobilisent dans des dizaines de prisons du pays, avec une série de demandes contre le nouveau code pénal et pénitentiaire, ainsi que contre les récentes annonces de nouvelles révisions de l’ancien code, promulgué par le gouvernement précédent. Les changements des lois ont porté à une privation de liberté pour des périodes encore plus longues, à la séparation de ses proches et à la perte des déjà rares permissions, à l’extension du régime spécial à des catégories plus larges de prisonnier.es, alors que l’État introduit une exigence de soumission et de repentance de plus en plus sévère devant les inquisiteurs des courts de justice. Le durcissement de la législation pénale et du code pénitentiaire a des objectifs précis. La satisfaction des partisans de la doctrine « loi et ordre », qui alimentent en voix Néa Dimokratía [le parti au pouvoir en Grèce; NdAtt.]. L’asservissement croissant des prisonnier.es, que ce soit en tant que collaborateur.trices de la police ou en tant que victimes des circuits para-judiciaires des grands avocats, qui sont sur la même ligne que le gouvernement de Néa Dimokratía et qui, en échange des honoraires correspondants, gardent dans leurs mains les clefs de la libération, en exploitant des fenêtres légales sur lesquelles est inscrit leur prix.

Dans une situation où l’individualisme, la résignation et la logique de la reddition gagnent du terrain, il y a des exemples de lutte qui, avec leur dignité assourdissante, perturbent la légalité de la soumission (souvent accompagnés par des protestations solidaires, à l’extérieur des prisons). Les dures grèves de la faim et de la soif des prisonniers politiques Dimitris Koufondinas, Giannis Michaelides, Thanos Hatziangelou, des onze combattant.es turc.ques du Front populaire, d’Alfredo Cospito, les dizaines de grèves de la faim en solidarité avec eux/elles et une série de mouvements de résistance des prisonnier.es, pendant cette période, montrent que, même dans des conditions très difficiles, les batailles qui dressent des barricades de résistance ne sont pas gâchées, mais nécessaires et impératives.

Nous considérons qu’il est de notre devoir de prendre position, par une solidarité concrète, dans la guerre qui fait rage sur le front des prisons. Cibler les architectes de la législation qui démantèle les droits, déjà limités, des prisonnier.es. Le cartel de juges qui extorque de l’argent à la racaille qui se trouve au sommet de la pyramide sociale, tandis que les travailleur.euses appauvri.es et les ennemi.es déclaré.es du système souffrent dans ses mains. Les gardiens, les gradés et tous les sbires du régime pénitentiaire, qui restent les larbins et les intermédiaires du ministre de service et qui essayent d’intimider les prisonnier.es et de briser leur moral.

La peur que Kanellopoulos a ressenti quand il a sauté hors de son lit, au bruit de l’explosion, et quand il a vu le feu depuis son balcon. C’est un petit prix, un retour de bâton dans la bataille psychologique dans laquelle il joue un rôle actif, en tant que rouage de la bureaucratie étatique qui étouffe des gens au nom de la loi. Nous le disons pour être clair.es. Le fait que la peur passe dans leur camp est une condition nécessaire, si on veut parler d’une lutte aujourd’hui. Fini les mots creux, finie la misère, fini le flou académique et les faux contenus. Il y a une distinction claire et absolue qui dissipe la confusion qui existe autour de nous. Quiconque décide de risquer sa liberté au nom de la liberté est notre allié.e. Quiconque parle beaucoup sans rien dire mérite au mieux notre indifférence.

Solidarité avec les inculpé.es de l’affaire « compagnons/compagnonnes » : Kostas Dimalexis, D.S. et R.Z.

Solidarité et complicité avec Francisco Solar et Mónica Caballero. Solidarité avec tou.tes les prisonnier.es politiques qui luttent pour la subversion, partout dans le monde.

Honneur pour toujours aux communistes révolutionnaires du Front populaire Harika Kızılkaya, Burak Agarmış, Özkan Güzel et Erdoğan Çakır* :
Parce que la passion pour une nouvelle façon de vivre ne peut pas être réprimée. Si elle est écrasée mille fois, elle renaîtra des flammes, mille et une fois.

Vaincre la peur que le système instille par le biais de la répression pour nous rendre inactif.ves.
Construire, par des actions, une menace permanente.

Cellules d’action directe

 

* Note d’Attaque : les quatre membres du Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C, une organisation communiste turque), dont deux ont participé à une longue grève de la faim dans les prisons grecques, ont été tué.es le 31 octobre dernier par les gardes de frontière turques, alors qu’ils/elle essayaient de rentrer clandestinement en Turquie.