Convocamos a un acto politico el 1 de Diciembre, para la liberacion inmediata de nuestrxs presxs. En estos ultimos seis años, desde el regreso del PRI al Poder muchxs de nuestrxs compañerxs fueron reprimidxs. Esta represión tuvo varias formas: muerte, exilio, desaparición, levantones, tortura, encarcelamiento, golpizas y amenazas.
A seis años de distancia de los disturbios del 1 de Diciembre de 2012, en el marco de la toma de posesión de Peña Nieto, y tras la desmovilización general que ha propiciado el triunfo en las urnas de Lopez Obrador, creemos necesario, para reorganizarnxs y mostrar que sin importar la corriente ideologica del partido en el poder lxs anarquistas luchamos contra toda autoridad; convocar a lxs compañerxs este 1 de Diciembre en las afueras del Reclusorio Sur, (area de juzgados) a las 10:00 para realizar una concentración para la liberación de los presxs de esta guerra social. No nos importan sus iniciativas de amnistia, y no les rogamos un indulto.
¡Liberación inmediata!
¡Fuego a las carceles!
¡Presxs LIBERTAD!
Desde el territorio gobernado por el estado mexicano. (A)
Je suis bien contente de participer à ce mouvement, pas à demi mots, pas le cul entre deux chaises, vraiment, sans peur de ce qu’il deviendra, parce que j’y vois du joli depuis hier!
Pas parce que ça fait du bien d’être dans la rue et de gueuler et de croiser des copains, parce que ce mouvement contient des tas de choses que j’aime!
Quoi qu’il advienne il y aura déjà eu tout ça, et il est déjà trop tard pour oser encore dire que c’est un truc de fafs égoïstes et nombrilistes…
Parce qu’il est citoyen, spontané, parce que les gens s’organisent, et aussi parce qu’on discute avec des gens sans avoir le filtre de leur étiquette syndicale, oui ça crée des moments de suspicion, des deux cotés, et puis finalement on se retrouve à parler avec tout le monde, avec des gens qu’on ne croise pas forcément dans nos machins d’extrême gauche anarco trucs de la revolucion caliente aie aie aie, et oui ça fait aussi du bien!!
Ca fait du bien de croiser la pensée de l’autre, même si c’est un chasseur sans doute un peu raciste et visiblement très alcoolique, et de parler en vrai, pas en se renvoyant juste des tweet et des dislike à longueur de temps…
Et comme je suis portée sur l’alcool aussi ça nous fait déjà un point commun!
Finalement en deux jours je n’ai pas parlé du prix de l’essence, je crois qu’en vrai on est très nombreux à être parfaitement conscient de tout le reste…
Par contre j’ai parlé des rivières, des vieux, des handicapés, des fins de mois, des abeilles, et ouais…
Je suis bien contente d’avoir choisi encore la voie de la rue, avec mes idées et mes envies, plutôt que de rester dans mon canapé en me disant « oui mais en fait nan il y aura peut être un facho dans la rue alors bon…. » tous les prétextes sont bons hein….
De là où j’étais pas de fafs, une pov marseillaise égosillée, pi l’internationale, alors bon….
Pi merde, c’est beau tout ça, les gens sont dehors, en ont marre, ils s’expriment, ils foutent le bordel, ils se tiennent chaud, ils partagent, ils échangent, je ne serai définitivement pas du coté des bien pensants égotiques et méprisants qui cherchent à discréditer le mouvement et qui surtout ne font jamais rien d’autre que cliquer et applaudir depuis leur ti confort bourgeois « oh ouiiiiii c’est bien ça, ça bouge, si j’avais pas eu poney… ».
Il en sortira peut être rien, peut être tant, mais ça aura eu le mérite d’exister!
Quand à ceux qui nous crachent à la gueule parce qu’ils doivent attendre 15min pour passer un rond point, bah demandez vous un petit peu ce que vous faites vous pour essayer de changer les choses, vous réaliserez sans doute que vous n’êtes pas parfaits non plus!!
Chacun i fait bien tout comme il veut, mais en tout cas, les chers copinous d’la street, je vous aime, et c’est du grand beau chaud de partager ces moments avec vous, ces sensations qu’on ne trouve pas ailleurs, et de se peler les miches et les couilles et les bouts du nez en riant!
Les habitants disposent de diverses preuves de domiciliation, ce qui devrait imposer une procédure avant toute expulsion. Ielles veulent voir le maire Bessac et que leur soit accordé un bail précaire.
Il y a des risques importants d’expulsion. Merci à qui peut de venir lundi et mardi matin avant 6h pour soutenir les occupants.
En effet, le collectif « les humains d’abord », installé au 18 rue de l’ermitage, à Montreuil-sous-bois depuis le 14 novembre 2018, a été menacé par une représentante de la mairie d’être expulsé « manu militari » s’il ne quittait pas les lieux expressément.
Pourtant, un contrôle de la police nationale a permis de constater notre présence sur place depuis plus de 48h. Nous rappelons que nous détenons des preuves certifiées par un huissier de justice et par des témoignages de voisins indiquant que nous occupons officiellement ce logement depuis le 14 novembre 2018 et que cette maison est inoccupée depuis trop longtemps.
La mairie préfère encaisser l’argent de la vente plutôt que de loger ses habitant.e.s. Au vu de ses dernières interventions en faveur des mal-logés nous demandons que cette politique soit appliquée à tou.te.s.
Nous, habitant.e.s de Montreuil, remarquons que la soif des plus-values immobilières du Grand Paris est sans limite. Et n’acceptons pas que la ville soit ainsi livrée aux promoteurs immobiliers sans aucune considération pour tou.te.s les mal logé.e.s.
Nous demandons le plus rapidement possible une rencontre avec Mr Patrice Bessac, maire de Montreuil. Nous exigeons un bail précaire le temps que tou.te.s les occupant.e.s puissent trouver des solutions de logement.
Les deux jeunes qui ont mis le feu à une voiture Bluely, en libre service, ce mardi après-midi, place Tolozan, dasn le 1er arrondissement, ont été confondus par la vidéosurveillance. Pas de court-circuit mais un acte de malveillance. Ce mardi, une voiture Bluely, le service de location de véhicules électriques en libre service à Lyon, était détruite par les flammes, à la station de la place Tolozan, à quelques mètres du commissariat du 1er arrondissement.
Les bandes de vidéosurveillance ont montré que deux jeunes gens étaient sortis du véhicule juste avant son embrasement, indique Le Progrès, qui rapporte l’information. Habitant du quartier et connu des policiers, l’un d’eux, âgé de 16 ans a expliqué s’être abrité dans le véhicule pour écouter de la musique avec un ami. Ce dernier, un Roumain habitant Rilleux-la-Pape a mis le feu en enflammant un mouchoir. Il a reconnu les faits ce vendredi et doit être présenté au parquet, ce samedi. Le préjudice s’élèverait à 50.000 euros.
Toul (Meurthe-et-Moselle) : Écoles et équipements publiques prennent cher
L’Est Républicain / vendredi 16 novembre 2018
Plusieurs vitres des portes d’entrée du Lycée Majorelle ont été brisées dans la nuit de mercredi à jeudi. Par des jets de grosses pierres, et pour la seconde fois en moins d’une semaine. Pour le proviseur Jean Lopes, des faits de vandalisme qui seraient le fruit « d’individus extérieurs et non d’élèves du lycée, car le climat est très serein au sein de l’établissement ». D’autres faits de vandalisme similaires ont eu lieu à Toul depuis le début du mois. Des voitures stationnées devant des institutions publiques ont été vandalisées. Et des vitres d’autres établissements scolaires ont été brisées plusieurs fois, entre autres celles des écoles élémentaires Pierre et Marie Curie sise quartier de la Croix-de-la-Metz ou l’école Maurice Humbert avenue des Leuques. Selon une autre source, « il se pourrait qu’il s’agisse d’un groupe qui n’ait pour seul but l’agression et la dégradation des services publics dans leur ensemble ».
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Segré (Maine-et-Loire) : Voiture en feu et dégradations
Haut-Anjou / vendredi 16 novembre 2018
La nuit a été agitée à Segré (Segré-en-Anjou-bleu)… Des dégradations ont eu lieu tôt dans la matinée, vendredi 16 novembre, dans le quartier de la gare. Les pompiers et gendarmes de Segré-en-Anjou-bleu sont intervenus vers 4 h 30 avenue du Général-d’Andigné alors qu’une voiture, un Renault Scénic, y a été incendiée. Les vitres de trois véhicules dans l’avenue du Général-d’Andigné, rue Lamartine et rue de la Liberté ont également été brisées. La nouvelle boucherie Aux Plaisirs Carnés, installée rue Lamartine depuis quelques semaines, a également été touchée. L’une de ses portes a été dégradée.
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Fronton (Haute-Garonne) : L’augmentation du prix de l’essence n’arrête pas les incendiaires
La Dépêche / dimanche 18 novembre 2018
Plutôt habituée à un quotidien paisible, la ville de Fronton a été en proie à une délinquance urbaine qui n’est pas passée inaperçue. Dans la nuit de samedi 17 à dimanche 18 novembre 2018, pas moins de trois voitures ont été incendiées sur la place du foirail. Des poubelles ont également été brûlées, tout comme à Castelnau-d’Estrétefonds, ou encore à Bouloc, où trois voitures avaient déjà brûlé mercredi soir. Les sapeurs pompiers sont rapidement intervenus dans les trois cas. A Fronton, cela n’a pas empêché les véhicules d’être totalement détruits. L’origine exacte de ces actes est encore inconnue. Une enquête a été confiée à la gendarmerie.
Hugo Cavagnac, le maire, a immédiatement été informé des faits. « Il est évident que nous condamnons ces actes, le contraire serait surprenant ! En revanche, l’important est maintenant de savoir de qui ils proviennent avant de tirer des conclusions hâtives », déclare-t-il avant de poursuivre, « nous mesurons très bien que nous n’échappons pas, nous non plus, à une hausse des faits de délinquance sur le secteur. C’est pourquoi nous avons pris ces derniers temps plusieurs mesures : augmentation du nombre de policiers municipaux, mise en place de la participation citoyenne encadrée par la gendarmerie, développement de la surveillance vidéo dans les lieux publics. On ne peut pas dire que la municipalité ne fait rien… » […]
La boucherie Vanbaelinghem est située derrière l’église Saint-Éloi, dans le centre de Dunkerque. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le commerce a été la cible d’une attaque attribuée aux végans. Un pavé a visiblement été jeté dans la vitrine, brisant celle-ci, et une inscription « Stop au spécisme » (le spécisme désigne la supériorité de l’homme sur l’animal) a été retrouvée sur l’établissement.
Les commerçants ont porté plainte pour dégradations. Pour le moment, le ou les auteurs des faits n’ont pas été identifiés. La vitrine a déjà été réparée. […]
On en était arrivé.e.s à la conviction que la « Mafia » eco-extrémiste/nihiliste de droite n’aurait pas pu devenir plus ridicule, quand on a reçu, de la part des compas de nostate.net le mail reproduit ci-dessous. Il s’agit d’une menace à travers le provider de leur domaine internet, de la part du boss nord-américain, l’ « indomptable » « théoricien eco-extrémiste » Arturo Vasquez (Abe Cabrera), éditeur du journal eco-fasciste Atassa, d’appeler le FBI. Après que tou.te.s ces autres camarades « indomptables » à lui l’aient envoyé balader, la seule chose qui lui reste à faire est menacer d’appeler la police.
Cette menace que l’éco-extrémiste fait n’est rien d’autre qu’un cadeau pour nous et nous montre qu’est ce qu’est vraiment le pape Atassa. Une misérable balance fantaisiste qui pense pouvoir se moquer des gens et faire des menaces sans qu’il n’y ait de conséquences, se déplaçant dans des espaces virtuels et des blogs pour encourager le terrorisme indiscriminé et l’autoritarisme des Individualistas tendiendo hacia lo salvaje [Individualistes tendant vers le sauvage, NdAtt.], tout en attaquant l’anarchie. Une puce catholique collée au milieu anarchiste et l’attitude polémique de lancer des menaces de mort à l’encontre de compas, en mélangeant des idées anarchistes avec d’autres, irrationnelles et religieuses.
Vasquez, délateur et lâche sans valeur, ne pense peut-être pas que le FBI et des dizaines d’autres institutions policières ne surveillent déjà pas notre site ? Cette « mafia » ne sait déjà que si notre petite organisation peut savoir exactement où il vit, avec qu’il est en lien, où il travaille et où il passe son temps, alors le FBI peut savoir exactement qui et qu’est-ce qu’il est ? Vasquez a toujours été un idiot utile dans les mains de l’État, tout comme l’ensemble de la tendance « éco-extrémiste ».
La contre-information est quelque chose de continu, une pratique perpétuelle dirigée vers nos finalités anarchistes, nihilistes et anti-autoritaires. Cela ne nous importe absolument pas d’apprendre que notre site soit fermé, il reviendra sous une forme ou une autre. Tout continuera.
Solidarité avec les compas qui combattent contre la merde autoritaire et misanthropique.
Le mail :
<Chers Monsieur ou Madame : Mon nom est Arturo Vasquez et je vis aux États-Unis. j’ai été la cible d’une campagne de harcèlement fondée sur une erreur quant à l’identité de la part d’un site que vous hébergez, c’est à dire https://325.nostate.net.
Comme vous pouvez le voir, ma photo, une photo de ma femme et mon adresse ont été publiés sur ce site, tout comme des menaces de mort. En raison de la nature des menaces, je ne crois pas que l’administrateur du site dépubliera des articles. Informez-moi, s’il vous plaît, quant au fait que vous pensez que ces contenus sont acceptables par rapport à vos actuelles choix d’hébergement de sites, faute de quoi, nous serons obligés de poursuivre par les voies légales ainsi que d’en informer le FBI. Le fait qu’ils aient posté mon adresse et nos photos n’est pas acceptable. Je vous prie de trouver mes contacts ci-dessous. J’attend votre réponse.
Dans la nuit de dimanche à lundi 19 novembre à Frameries, une banque Belfius située rue Joseph Dufranea été attaquée aux alentours de 3h du matin: un ou des individus ont foutu le feu à l’agence, causant de gros dégâts.
Comme souvent quand il s’agit de bâtiment du capital ou de l’Etat, les pompiers sont très vite intervenus pour maîtriser les flammes : « les machines de Self-Service Banking (distributeurs automatiques) ont été touchées », d’après un employé de l’agence. De plus, un mur et un tapis sont complètement brûlés et les caméras n’ont pour l’instant pas permis d’identifier les auteurs de l’incendie.
[Reformulé de la presse wallone, lundi 19 novembre 2018]
La semaine au lycée Jacob-Holtzer de Firminy a commencé sur les chapeaux de roue. Par un blocage imprévisible et sauvage, sans revendication apparente. « Ne demandons rien, bloquons tout » pourraît être ici une variante au célèbre slogan « ne demandons rien prenons tout ». Perturber la normalité du travail et la domestication de l’école suffit en tant que tel pour s’insurger à tout moment, sans calendrier ni mots d’ordre des profs et des syndicats lycéens réformistes.
Lundi 19 novembre vers 10h, un groupe de jeunes érigent des barricades devant l’entrée du lycée, très vit rejoint par d’autres enragés. Des poubelles crament et la porte principale du lycée est fermée pour éviter une propagation à l’intérieur de l’établissement. À midi, plus d’une centaine de jeunes se regroupent et se mettent à attaquer les policiers. Des véhicules garés dans la rue sont endommagés, des projectiles lancés contre les forces de l’ordre qui ont riposté très rapidement. Du linge de l’hôpital a même été dérobé sur des étendages et brûlé. Les agents équipés de gilets pare-balles et de boucliers ont bloqué l’accès au lycée ainsi que les rues voisines jusqu’en milieu d’après-midi. Les personnels de l’établissement craignent que cette explosion de rage impromptue contamine d’autres personnes et se reproduise le lendemain.
Depuis samedi 17 novembre, la contestation contre la « vie chère » prend des tournures intéressantes à certains endroits, comme sur l’île de la Réunion. Des blocages d’axes routiers, de dépôts pétroliers et de zones commerciales se succèdent. Dans la ville du Port, l’entrée de la SRPP, la Société Réunionnaise de Produits Pétroliers, a été bloquée lundi par une cinquantaine de personnes, paralysant le « poumon économique » de l’île. De nombreux vols pour Paris ont dû être annulés durant le week-end. Mais pas seulement, puisqu’on apprend que la routine culturelle, scolaire et étudiante est également perturbée: « Conséquences des blocages et des débordements, de nombreuses mairies ont préféré fermer les écoles. A Saint-André et à Bras-Panon, les grilles des écoles sont restées closes. Du côté de Saint-Louis, Saint-Benoît, Saint-Paul, Saint-Leu, La Possession et Saint-Denis, les administrations ont demandé aux parents de venir récupérer les enfants plus tôt afin de fermer les établissements. L’université de La Réunion avait annoncé dès samedi le report des examens prévus ce 19 novembre à une date ultérieure. De nombreux magasins ont gardé les rideaux baissés et des évènements ont été annulés ».
A la nuit tombée, la colère noire prend l’ascendant sur le gilet jaune. Pillages et saccages de magasins s’enchaînent, tout comme les attaques contre les biens des riches et de l’Etat.
Dans la nuit de lundi à mardi, la multinationale de fast food MacDonalds au Port s’est fait caillasser en début de soirée. Mais plus tard dans la soirée, des individus cagoulés y sont retournés pour terminer le travail. Après avoir retourné et détruit le mobilier à l’intérieur, ils sont repartis en foutant le feu. Des pillages ont eu lieu plus tôt dans la journée, visant notamment un magasin de sport de la ville de Saint-Pierre; des manifs sauvages se sont déroulées à Saint-Denis, où de nombreuses voitures ont été incendiées. Le supermarché Score dans le quartier Vauban et une pharmacie ont entre autres été pillés et saccagés. Des jeunes se sont ensuite regroupés près du magasin Simply Market à La Providence. Un attroupement s’est formé, des poubelles ont été incendiées pour empêcher toute circulation. Puis les jeunes ont attaqué les rideaux de fer du Simply Market avant de pénétrer à l’intérieur et de vider les rayons de bouffe et de boissons. A Saint-André, des enragés ont attaqué la mairie annexe de Cambuston et l’ont incendiée. Des feux nocturnes ont eu lieu à Saint-Gilles-les-Bains, tandis qu’à Saint-Paul, un bâtiment SFR et un magasin Orange ont été pris pour cible.
La nuit précédente, entre samedi et dimanche, quatre gendarmes ont été blessés à Saint-Paul. A Saint-Benoît, un magasin est parti en fumée et nombreux autres ont été pillés et saccagés, tandis qu’au Port, un concessionnaire automobile Peugeot a été pris pour cible: près de 70 30 véhicules ont été réduits en cendres dans l’incendie.
Dans la nuit de samedi à dimanche, première nuit d’émeutes, des voitures et des poubelles ont été brûlées, des vitrines de commerces détruites et des affrontements avec la flicaille ont fait rage à coups de galets jusque tard dans la nuit.
Le patronat et l’Etat commencent à s’affoler sur la tournure que prend le mouvement social parti des « Gilets jaunes », notamment en raison de la multiplication des blocages de centres névralgiques de l’économie, tels que les dépôts pétroliers, les centres commerciaux, les centres de distribution alimentaire de grandes surfaces…, mais aussi et sutout de l’implication de centaines de jeunes insurgés, qui ont la dalle et la soif d’en découdre avec la domination. Un fossé les sépare d’une bonne partie de ce mouvement « citoyen », qui recherche le dialogue avec les autorités et souhaite une meilleure intégration au système. D’ailleurs, certains d’entre eux ont été invités par le préfet ce mardi.
La répression monte d’un cran. Ce mardi 20 novembre, la Préfecture de la Réunion a annoncé des renforts de gendarmes mobiles venant de Mayotte pour rétablir l’ordre. Un hélico des gendarmes tourne sans interruption depuis le début des émeutes et un couvre-feu de 21h à 6hvient d’être instauré dans 12 communes de l’île (Saint-Denis; Le Port; Saint-Pierre; Saint-Joseph; Saint-Leu; Saint-Louis; Saint-Paul; La Possession; Sainte-Marie; Sainte-Suzanne; Saint-Benoît, Sainte-Anne; Le Tampon; La Plaine-des-Cafres) et sera en vigueur jusqu’au vendredi 23 novembre (et au-delà si nécessaire).
Mardi matin, un Saint-Marien de 23 ans a été condamné à 2 ans de prison ferme. Il a été coupable du pillage du magasin Promocash de Sainte-Marie. Les faits remontent à dimanche soir. Il a expliqué à la barre qu‘il a volé parce qu’il avait faim.
Le conglomérat stérile des individualités dans les luttes déjà obsolètes et le discours pacifiste pour lequel ont opté avec cohérence divers groupes de gauche nous dégoûtent et nous obligent à nous réaffirmer dans notre position contre cette méga-machine, en essayant toujours de laisser des mots et de lancer l’offensive, et ceci est destiné à celles et ceux qui soutiennent et défendent la situation actuelle. Nous continuerons à penser que l’existant a une plus grande influence sur les dommages causés à la nature et tout ceci fait partie d’un ensemble qui fait que son existence même nuit au bien-être de la nature, c’est la raison pour laquelle le 2 novembre à minuit, nous avons placé un engin explosif (chargé d’éclats d’obus pour causer davantage de dégâts) devant le concessionnaire General Motors situé avenue Ignacio Zaragoza, faisant partie d’une coordination d’attaques dans divers parties du pays, afin de démontrer que la menace est toujours latente.
Dans la nuit du 14 au 15 novembre à Toul (Meurthe-et-Moselle), plusieurs vitres des portes d’entrée du Lycée Majorelle ont été brisées avec des pavés. Il s’agit de la deuxième attaque contre ce lycée en moins d’une semaine.
Outre l’attaque de ce lycée, on apprend également que « d’autres faits de vandalisme similaires ont eu lieu à Toul depuis le début du mois. Des voitures stationnées devant des institutions publiques ont été vandalisées.
Et des vitres d’autres établissements scolaires ont été brisées plusieurs fois, entre autres celles des écoles élémentaires Pierre et Marie Curie sise quartier de la Croix-de-la-Metz ou l’école Maurice Humbert avenue des Leuques.
Selon une autre source, « il se pourrait qu’il s’agisse d’un groupe qui n’ait pour seul but l’agression et la dégradation des services publics dans leur ensemble ».
On pourrait traiter bien sûr plus longuement de ce que draine la question de la mobilité et la manière dont elle est vécue au quotidien, mais aussi comment elle s’inscrit depuis un certain temps comme une “liberté ” et même un mode de vie. Mais ce qui nous nous questionne c’est que certaines gouttes de diesel soient à l’origine du “débordement” de cette cuve sociale car c’est un certain type de rapport à l’engagement tel qu’il peut être pensé et “organisé” dans les sphères dites “politiques” ou “militantes”qui est finalement interrogé. Ainsi les tentatives de mobilisations sur la Loi Travail, l’attaque sur le régime des retraites qui s’annonce, ou la privatisation des transports publics ne semblent pas avoir eu la force symbolique de cette augmentation de taxe. Face à cette “auto-organisation” (pour la spontanéité on ne sait quand elle commence) médiatisée par les réseaux sociaux et relayée complaisamment par les médias la première question qui s’impose nécessairement relève de la forme prise par ce ras-le bol. On précise rapidement ici que cette “autonomie” (hors syndicats et partis) n’est pas plus un principe politique que le dirigisme. Ce qui manifestement déstabilise les plus fétichistes jusqu’aux léninistes comme les plus opportunistes-suivistes de l’anti-léninisme. N’oublions jamais que forme et fond sont liés et que l’oublier c’est faire des acteurs des luttes dans la plupart des cas des marionnettes. Ce qu’ils ne sont certainement pas. La réussite qualitative des gilets jaunes de par les nombreux lieux de rendez-vous s’inspire quoi qu’on en dise d’un certain type de blocage de flux. Les blocages des ronds-points, des autoroutes ou des accès aux zones commerciales font étrangement écho aux places urbaines occupées par les NuitsdeBoutistes et aux échecs de ces derniers quant à la tentative de paralysie des grandes gares, et même de la fameuse “économie”. Ce qui est flagrant, c’est que les gilets jaunes ont bloqué des lieux quotidiens et de transits qui sont finalement les leurs, ceux qu’ils empruntent tous les jours et plus précisément là où ils seraient eux-mêmes “emmerdés”. Déterritorialiser où déplacer les “emmerdes” peut être vu comme une manière d’éviter un certain type de confrontation où ils pourraient être plus concrètement question du “pouvoir d’achat” plutôt que demander la baisse ou le gel des taxes par un appel régulateur à l’État. C’est peut-être cela qu’il faudra questionner et analyser. Qui demande ? Et à qui et quoi ? Pourquoi évite-t-on la lutte directe avec les patrons ? Que nous disent ces luttes sur les moments de la conflictualité sur le lieu de travail ? Sur ce qui est possible ou plus dans le cœur historique de la reproduction du capital ? Augmenter les salaires ou baisser les taxes ? La problématique n’est bien sûr pas la même. Certains gilets jaunes en se rendant devant l’Élysée pour être “entendus” et “écoutés” ceci non sans une déconcertante facilité et tout en laissant d’ailleurs intactes les devantures du spectacle marchand nous incitent à penser qu’ils seront bientôt considérés comme de potentiels décroissants. Ceci même si la “lutte” contre les “taxes” devait être « victorieuse » car ce que l’État « donne » d’une main il le reprendra de fois plus d’une autre avec l’aide des patrons. Le choix des terrains et la demande d’audience ou de reconnaissance des revendications en disent long sur ce qui se déploie, plus précisément sur cet appel direct à l’État et aux références constantes à la nation par le chant patriotique que l’on a pu voir entonner jusqu’au leader de la France Insoumise devant l’assemblée. On serait tenté de conclure un peu facilement que le jaune va mal au teint du mouvement ouvrier et chaque fois qu’il a la jaunisse [1] cela se termine toujours par la “réalisation de la renaissance nationale” et “par la réconciliation des classes”. Note
[1] Christophe Maillard, Un syndicalisme impossible ? L’aventure oubliée des Jaunes, Vendémiaire, 2016
Suite à l’appel pour une marche nationale lancé par #Noustoutes, y compris en Ille-et-Vilaine, concernant la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes il nous a semblé nécessaire de proposer un appel différent de ceux proposés jusqu’ici, ce pour plusieurs raisons :
-> Le choix du terme « marche » proposé par #Noustoutes est contradictoire avec la nécessité de faire de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes une journée politique, en plaçant l’événement dans une espèce de bulle apolitique sous le prétexte de vouloir réunir « toutes les femmes », comme si elles étaient universellement victimes des mêmes systèmes de domination.
-> Notre lutte s’inscrit dans une mobilisation plus globale contre les systèmes de domination et d’oppression qui interagissent avec le patriarcat. Nous nous revendiquons anti-capitalistes et intersectionnels.les, c’est-à-dire anti-racistes, anti-islamophobes, anti-classistes, anti-putophobes. Par opposition, une démarche d’union de « toutes les femmes » nous semble essentialisante : elle gomme les rapports de domination présents partout dans la société et érige en norme un certain modèle de femme aux dépens des plus dominées.
-> Dans la même logique, nous refusons de faire comme si l’ensemble des féministes pouvaient être représenté.e.s par un groupe unique portant une parole unique. Au delà du fait que la parole de Nous Toutes soit vide de revendications politiques, son mot d’ordre est de manifester sous une banderole unique, interdisant l’expression des divers groupes politiques qui pourraient être amenés à participer à un tel événement. C’est pourquoi nous ne suivrons pas les revendications imposées par Nous Toutes et refusons que les revendications d’autres groupes féministes soient étouffées par un tel positionnement.
-> La visibilisation des violences faites aux femmes est une entreprise nécessaire, mais l’accompagner d’une demande de réaction des institutions l’est, à notre sens, beaucoup moins : il n’est pas question pour nous de donner de nouveau le pouvoir sur nos corps à des extérieurs – ici à l’Etat, la police et la justice – qui savent très bien eux-mêmes comment mettre en place des violences à notre encontre.
-> Par ailleurs, se contenter de décrire les femmes comme victimes de violence (ce qui est fait dans les différents appels produits jusqu’à maintenant) ne nous semble pas propice à la constitution d’un réel rapport de force politique : les femmes peuvent être autre chose que des victimes avant tout. A l’inverse du féminisme institutionnel, nous considérons que les féministes doivent être des forces de proposition et d’action. Il paraît important de préciser que si la date du 25 novembre est éminemment symbolique concernant la question de la lutte contre les violences faites aux femmes*, notre lutte ne saurait se limiter à une date unique. Nous voulons que ces questions soient abordées de manière plus fréquentes et avec autant d’écho que lors d’une seule et unique journée annuelle. En ce sens, nous revendiquons une auto-organisation locale: dans nos lieux d’études, de travail, de lutte et de vie, pour nous défendre collectivement.
Nous appelons à rejoindre le cortège que nous allons former dans la manifestation au départ de la place de la République à 11h, le 24 novembre.
-> Ce cortège est ouvert à toute personne se retrouvant dans la nécessité d’une construction politique autour des violences faites aux femmes, en sachant qu’il ne sera en son sein pas question de phénomènes de dissociation à l’encontre des divers moyens d’action politique qui pourraient être utilisés. Si en effet il peut être pertinent de discuter des actions réalisées, il nous paraît cependant nécessaire de rappeler que tenter de s’interposer à la réalisation d’une action dans le cadre d’une manifestation, ou encore dénoncer publiquement les événements, peut être dangereux pour les auteur.rice.s de ces actions, du fait de la présence de flics et d’enquêtes possible à la suite de la manifestation. Nous appelons au contraire au soutien des différentes actions anti-sexistes menées lors de la manifestation et à participer aux actions futures qui seront organisées par nos collectifs.
CAAS X CANIF
*La date du 25 novembre a été choisie comme date internationale de lutte contre les violences faite aux femmes en référence aux sœurs Patria, Minerva et María Teresa Mirabal, opposantes politiques à Rafael Trujilo en République Dominicaine. Elles ont toutes trois été torturées, puis assassinées le 25 novembre 1960.
Après la journée du 17 novembre, et le récit sur le vif de la mobilisation dijonnaise, nous nous posions des questions sur la manière dont cette journée a résonné ailleurs.
Une petite revue de presse s’imposait, aiguillé·es par l’épineuse question du moment :
Mais qui sont donc les gilets jaunes ?
En passant en revue les différents articles qu’on trouve sur internet en ce moment, on découvre que tout le monde dit la même chose : on est carrément paumés !
En regardant les groupes facebook d’appel au 17 novembre, on ne peut que constater une grande confusion. Des appels à chanter la Marseillaise côtoient des appels à « refaire Mai 68 ». On y débat pour savoir s’il faut avoir le soutien des policiers, ou au contraire les attaquer. D’autres veulent « élargir les revendications » plutôt que se concentrer sur le prix de l’essence. Ces groupes ne sont pas d’extrême-droite, mais il est incontestable que des militants d’extrême-droite tentent de faire de l’entrisme sur ces réseaux. On y trouve aussi des syndicalistes, des militants de gauche, voire d’extrême-gauche. Mais pour l’immense majorité, il s’agit d’une France périphérique sans références précises, qui se revendique « apolitique ». À l’image de la situation du pays : instable et atomisé, mais en colère.
Tentant vaguement d’écrire un papier sur la manif j’essaie d’identifier des références communes, de mettre les gens dans des cases. Il veut quoi ce Raymond, soit-disant un ex-CFDT ? Il est anti-flics ? C’est un zadiste ? Et cette jeune qui prend la parole et nous raconte mai 68 tel qu’elle l’a entendu dans la bouche de son Papi : « Les gens ont fait une grosse manif en plein Paris où il y a eu des morts et après plus personne n’est allé travailler. » C’est qui ? Un sous-marin trotskyste ? « Souvenez-vous de 1789 » met en garde un participant. « Regardez la révolution en Arménie ils ont commencé 200 ils ont fini ils étaient des millions. », avance un autre. C’est le bordel, chacun y va de sa référence historique et mon radar politique bugue totalement.
Désarçonné·es, tout le monde y va de sa comparaison : bonnet rouge, je suis charlie, nuit debout, poujadisme, jacquerie paysanne,...
Certain·es cherchent à comprendre a priori si ce mouvement a un « intérêt », s’il est de gauche ou de droite, s’il est manipulé ou sincèrement spontané... et les analyses vont bon train.
Il y a d’un côté celles et ceux qui déterminent l’intérêt du mouvement suivant son potentiel idéologique : même si on admet qu’il est toujours utile de se révolter contre la pauvreté, s’en prendre aux taxes seraient globalement « de droite », surtout s’il s’agit de contrer des mesures écologiques.
Le discours anti-taxes sert avant tout les intérêts de la droite, et les syndicats patronaux du transport routier très impliqués dans l’organisation n’ont pas pour but d’obtenir autre chose que des ristournes ou subventions.
Ces critiques, solidifiées par le fait que différents groupes d’extrême-droite ont rejoint l’appel à mobilisation, nous mettent en garde : un mouvement qui ignore l’analyse de classe devient bêtement populiste, et ne peut servir que la droite.
La seule analyse intéressante à produire concerne la nature du mouvement, et les effets qui se produiront à l’intérieur même de sa réalisation politique. Et la principale menace que porte le mouvement des gilets jaunes est bien ici : il a toutes les caractéristiques du terreau idéal qui va permettre à l’extrême-droite de se structurer. Ce fut le cas lors de la Manif Pour Tous, mais aussi lors du mouvement des Bonnets rouges.
Les périodes d’intenses bouillonnements politiques sont les meilleurs terrains d’élaboration pour les groupes politiques actifs. Les manifs fournissent les cadres d’organisation, permettant la rencontre des individus, leurs rapprochement autour de projets concrets communs, la libération de temps et le poids numérique, toutes ces choses qui existent si peu dans les périodes hors-mouvement. On le sait bien, puisque c’est aussi à tout ça que servent les grèves par exemple. Donc, plutôt que chercher à prouver la « récupération » d’un mouvement naissant par des pontes et/ou épouvantails d’extrême-droite, préparons-nous à voir se rejouer l’accomplissement logique d’un pseudo-mouvement, qui par sa nature, va être formateur pour l’extrême-droite, ce qui est le pire scénario qu’on puisse envisager.
Il est de bonne guerre de prendre les choses par un autre bout et de s’attaquer non plus (seulement) à la gestion gouvernementale du salariat mais à celle de la consommation, qui en est l’autre versant en fait, via les taxes sur les dépenses (type TVA). Certes tout ce qui bouge n’est pas rouge, mais tout ce qui conteste une mesure fiscale ayant une incidence directe sur le mal nommé pouvoir d’achat n’est pas en son essence même réactionnaire ou crypto-fasciste.
À l’inverse, il y a celles et ceux qui ont tenté l’approche expérimentale, rendant compte des quelques contacts qu’ils et elles avaient eu in real life en traînant dans des réunions préparatoires. Ils nous rassurent : les gilets jaunes ne sont pas peuplés uniquement de fachos.
Compte rendu fait par un copain de Là qu’on vive à une réunion de préparation du 17 Novembre Il y avait environ 200 personnes dans un troquet de Commercy bourré à craquer (la Paix).
D’emblée, une des 3 personnes annonce que ce n’est pas limité aux seules hausses des taxes sur l’essence. Que le mouvement est plus large, que c’est contre la pauvreté organisée, les petites retraites, les suppressions de postes dans la fonction publique etc. Il dénonce les cadeaux fiscaux et sociaux faits aux grosses boites, l’évasion fiscale, l’hypocrisie des politiques au service des riches etc etc etc.
Pas le moindre FN en vue, ou en tout cas, s’il y en avait , ils ont fermé leur gueule.
De nombreux témoignages attestent pourtant qu’ils sont bien quelque part dans le cortège le jour J...
Slogan braillé en ce moment dans les rues de Tarbes par les gilets jaunes :
Ce gilet jaune ne cache-t-il pas autre chose que des manteaux ? « J’ai vu qu’il y avait une autre page pour le 17 novembre à Toulouse, avec beaucoup de gars du FN dessus. J’espère qu’ils n’étaient pas aussi sur notre page. Moi c’est pas trop ma came », commente Martin. Silence. « Mais si ça se trouve je suis en train de parler à deux gars du FN ! » se marre[-t-il], brisant subtilement la glace. Je le rassure, laconiquement par un : « Non, t’inquiètes ! »
Et on se sent un peu con...
Et ouais, en fait, ça parait plutôt logique que les gilets jaunes, eux non plus, ne sachent pas trop « ce qu’ils sont », et se demandent bien aux côtés de qui ils et elles vont manifester...
Il n’y a pas que les médias, les syndicalistes et les révolutionnaires qui se questionnent. Quand un mouvement naît sur les réseaux sociaux, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il ne dit pas grand chose de ce qui fera vraiment la chaleur du moment.
On peut parier sur le fait que personne ne souhaite manifester à côté de quelqu’un dont les idées politiques lui font horreur, et que la question « Mais qui sera là demain ? » n’a pas dû seulement traverser les esprits des plus révolutionnaires...
En témoigne le grand bordel décrit par Rapport de force :
Pendant que Roger notre filloniste, tout de même contrôleur des impôts, nous suggère plutôt une opération escargot, l’assemblée y va de ses suggestions d’actions concrètes : « on ne consomme rien », « on démonte les barrières des péages », « on bloque le périph », « surtout on ne casse rien ! », « tout le monde reste chez soi », « on commence le 16 », « on fait quoi après le 17 ? ».
Apolitique, jusqu’à ce qu’on s’engueule
Il y a un engouement fort autour de l’idée que ce mouvement serait « apolitique ». Bien sûr, on peut toujours se méfier, puisque c’est l’apanage de ceux qui refusent de lutter que de se dire « apolitiques ». Mais il faut surtout entendre, assez simplement, l’envie de se désolidariser d’emblée de toute récupération politique. Il ne faut pas oublier que pour la plupart des gens, le mot « politique » renvoie très simplement à la classe politicienne.
Il serait absurde de penser que lorsqu’une personne décide de rejoindre un rassemblement appelé sur facebook, elle ne s’y rend pas avec tout ce qui la caractérise : son aversion ou son goût pour le drapeau tricolore, les bons ou les mauvais souvenirs que lui rappelle la Marseillaise, sa peur ou son envie de se confronter à la police, etc. Le fait que tout ça ne constitue pas toujours une position politique déterminée et connue ne doit pas nous laisser penser que chaque gilet jaune n’aurait pas - lui aussi, elle aussi - de solides convictions.
Il n’y a donc pas d’un côté des fachos qui « récupèrent », et de l’autre un peuple hébété et manipulé. Pas plus qu’il ne semble y avoir un « mouvement de droite ».
Il y a des foules hétérogènes, que rien ne rassemble sinon le mot d’ordre le plus simple du monde : on en a marre de payer.
Cette hétérogénéité ne doit pas nous faire peur. Elle donne justement lieu au politique.
Que chacun·e cherche à tirer le mouvement vers ce qui l’anime le plus, c’est le propre de tous les mouvements politiques. Tout comme on s’étripe à chaque manifestation pour savoir si vraiment « tout le monde déteste la police » ou pas.
Peut-être qu’il s’agit d’une hétérogénéité plus vaste, plus compliquée. Pour pouvoir la regarder en face, il faut accepter l’idée que l’on puisse partager un lieu et un moment avec des gens qui votent peut-être pour le FN. Que cela ne va pas nous salir si nous arrivons à leur faire face.
Ce qui pourrait nous affaiblir, c’est de maintenir l’illusion populiste. Non, nous ne sommes pas « un peuple », nous ne sommes pas unis.
Oui il y a bien des racistes et des abrutis sur les blocages mais c’est à nous qu’il revient de mettre les points sur les i avec eux, pas aux éditorialistes bien au chaud sous les projecteurs de leurs plateaux télés. Leur petit avis sur tout, on s’en fout.
C’est à partir de là que la bataille éthique commence : il s’agira d’affirmer dans ces rassemblements qu’il est possible de penser une écologie populaire, de refuser de subir les taxes sans être un petit patron, de remettre en cause la voiture sans mépriser celles et ceux qu’elle ruine. Affirmer enfin que la solidarité face à la pauvreté ne connait aucune frontière.
Comment apporter tout cela à ce mouvement naissant, sans pour autant retomber sur les chemins balisés de nos militantismes ?
Plusieurs pistes sont esquissées ici et là :
Cibler des multinationales comme Total (comme le propose Nantes Révoltée)
Afficher des revendications et des messages qui tranchent clairement
Favoriser la rencontre avec la lutte des cheminots (comme proposé dans un article de Rebellyon
Il est urgent aujourd’hui de mener ces batailles sur des terrains inconfortables. Pas dans le secret de l’urne, pas dans des séminaires gauchistes, pas dans des repas entre ami·es, mais sur la place publique. Là où rien ne nous garantit par avance que nous serons écouté·es.
Abandonnons la place de commentateur et acceptons de nous mettre en jeu !
Si l’on veut en tout cas quitter le confort idéologique des structures politiques dans lesquels nous sommes généralement installés, il va falloir s’habituer à l’idée que mettre le nez dehors c’est toujours prendre le risque d’avoir de mauvaises fréquentations et parier sur l’idée que ça n’est malheureusement pas les leçons de morale antiraciste qui peuvent transformer les gens. Déserter le 17 novembre au motif de cette confusion (en écrasant tous ceux qui en sont sur cette suspicion discriminante de sympathie pour le FN) n’est en tout cas pas la solution.
Nous serons donc présents le 17 novembre aux côtés des gilets jaunes. « Pour voir », comme on dit au Poker. Pas de façon extérieure et passive mais pour voir comment les cartes en présence peuvent permettre de continuer à jouer, ou à défaut, de se coucher.
Ce vendredi 2 novembre 2018, au lendemain de l’incendie qui a ravagé le bâtiment A de l’Établissement de service et d’aide par le travail (ESAT) de l’Association du Cotentin d’aide et d’intégration sociale (ACAIS), la piste criminelle est clairement envisagée. La Brigade de surêté urbaine (BSU) a apposé plusieurs scellés sur le bâtiment de 1 600 m2, ravagé à 80 %. « Nature de l’infraction : incendie volontaire ». Contacté, le parquet de Cherbourg n’a pas souhaité réagir, « l’enquête étant en cours ».
Pour Luc Gruson, le directeur de l’association, l’origine du sinistre ne fait aucun doute. « J’ai des convictions profondes, pas de soupçons. Le ou les auteurs, comme en avril 2017, ont allumé le feu avec du papier, à l’arrière du bâtiment, en ouvrant les fenêtres. Il n’y a pas la volonté de tuer, puisque le bâtiment est vide. Là, c’était un 1er novembre. L’an dernier, c’était un samedi, quand il n’y avait personne non plus. C’est le même mode opératoire. »
Les 20 % du bâtiment épargnés seront détruits en raison de l’eau qui a arrosé l’incendie. « C’est un coup très rude. 75 personnes en situation de handicap vont être au chômage technique dans les jours à venir« , poursuit le directeur qui a tenu ce vendredi 2 novembre une cellule de crise. « On va mettre des mois à s’en remettre. J’estime les dégâts à un million d’euros environ. Notre marché de Noël était stocké dans ce local. Tout est parti en fumée. »
Selon La Presse de la Manche, « Ce bâtiment de 1600 m2 abrite les ateliers de l’Esat. 70 personnes y travaillent dans les domaines de la menuiserie, de la broderie, de repassage, de métallurgie, et plusieurs autres ateliers de sous-traitance. »
Aussitôt changé, aussitôt scié. Trois jours après son installation, ce jeudi, et après une première tentative d’abattage infructueuse vendredi, les dealers de l’un des plus importants points de vente de cannabis du Val-de-Marne ont scié, dans la nuit de vendredi à samedi, le mât, haut de 12 mètres surmonté d’une caméra, installé devant le stade Gabriel-Thibault.
« Il n’est pas prévu qu’il reste debout longtemps », nous avaient confié l’avant-veille plusieurs jeunes du quartier. Promesse tenue. Le béton coulé à l’intérieur du mât n’aura pas résisté longtemps à la meuleuse de ces “professionnels”.
Surmontée d’un dôme de caméras à haute définition, l’installation, plus haute que la précédente (12 mètres contre 8 mètres pour le premier mât abattu il y a moins d’un mois), devait permettre aux policiers de zoomer sur des visages situés à plus de 200 mètres mais aussi de surveiller son propre pied…
Le message envoyé par les trafiquants au maire (LR) de la ville, Franck Le Bohellec, est donc clair. La veille, l’élu présentait aux Villejuifois sa nouvelle police municipale et inaugurait en grande pompe les locaux du centre de supervision urbain, où toutes les images des caméras de la ville sont visionnées et enregistrées pendant trente jours. […]
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Mise à jour du 7 mars 2019 : Trois jeunes interpellés
Le Parisien / jeudi 7 mars 2019
En pleine attaque du mât de vidéosurveillance, il a ôté sa capuche l’espace d’un instant. C’était l’erreur à ne pas commettre. Voilà l’une des raisons qui ont permis aux policiers du Kremlin-Bicêtre de remonter sur les trois jeunes soupçonnés d’avoir commis cette dégradation spectaculaire en novembre dernier à Villejuif, juste devant le « four », le plus gros point de deal du département.
Mardi matin, trois mineurs de 15, 16 et 17 ans, domiciliés à Fresnes et au Kremlin-Bicêtre ont été interpellés. A l’issue de leur garde à vue, ils ont été déférés ce mercredi soir au tribunal de Créteil et présentés dans l’après-midi à un juge des enfants. Les enquêteurs leur reprochent d’avoir abattu le mât de vidéosurveillance, deux tentatives précédentes et la dégradation à deux reprises du lampadaire éclairant le point de deal.
Les trois mineurs, qui nient les faits, sont tous déjà connus de la police principalement pour des affaires de stupéfiants. Le plus âgé est même suspecté d’être un ancien lieutenant dont la fonction était de placer les dealers et collecter l’argent du « four ». Il y travaillait encore au moment des faits avant d’être écarté par ses supérieurs pour des erreurs. « Même s’il est clairement dans le business, c’est plutôt un gars correct », le considère un policier. C’est un tuyau qui a permis aux enquêteurs de l’identifier.
Les deux autres adolescents, déjà interpellés début octobre pour avoir cassé le lampadaire du « four » seraient des dealers. Le plus jeune, déjà très connu malgré 15 ans à peine, a été impliqué dans un braquage.
En analysant les téléphones des trois suspects, les policiers ont remarqué qu’ils bornaient près du mât de vidéosurveillance alors qu’ils n’étaient pas censés être au « travail ». Selon nos informations, les adolescents, qui assurent ne pas se connaître, ont notamment expliqué qu’ils avaient prêté leur téléphone au moment de l’attaque.
Depuis l’affaire du mât, qui n’a toujours pas été réinstallé, un bras de fer s’est engagé avec les forces de l’ordre. Les descentes se multiplient dans le quartier, donnant lieu, pour l’heure, à la saisie de plus de 200 kg de cannabis. Dans le camp d’en face, les quatre voitures de la police municipale de Villejuif avaient été incendiées.
La journée a été très tendue ce lundi à proximité du lycée Jacob-Holtzer de Firminy. Vers 10 heures, une poignée de lycéens a tenté de bloquer l’entrée principale du lycée, rue Jacob-Holtzer, en installant des barrières. Très rapidement, ils ont été rejoints par d’autres jeunes, très excités avant de commencer à brûler des poubelles. La porte principale du lycée a été fermée pour éviter une propagation à l’intérieur de l’établissement. À midi, plus d’une centaine de jeunes se sont regroupés et a commencé à en découdre avec les policiers. Des véhicules garés dans la rue ont été endommagés, des projectiles ont été lancés contre les forces de l’ordre qui ont riposté selon des témoins de la scène.
Du linge de l’hôpital a même été dérobé sur des étendages et brûlé. Les agents équipés de gilets pare-balles et de boucliers ont bloqué l’accès au lycée ainsi que les rues voisines jusqu’en milieu d’après-midi. Les personnels de l’établissement craignent que ce scénario se reproduise mardi.
Note d’Attaque : on apprend par différents journaux locaux (enfin, par les bribes qu’ils lâchent), qu’une série d’actions contre la chasse a été menée dans la nuit du 8 au 9 novembre en France, Belgique et Suisse.
La revendication, qu’à notre connaissance aucun média n’a publié entièrement (on trouve quelques passages dans les articles reproduits ci-dessous), parle de nombreuses destructions de tours et cabanes de chasse, de l’incendié d’un élevage (dont la presse n’a pas parlé) et de la libération de 31 animaux.
Elle appelle aussi multiplier les actions directes, petites et grandes.
A bon entendeur…
Dans les Hauts-de-France :
France3 / mardi 13 novembre 2018
Dans la nuit de jeudi 8 novembre dernier, des actions antispécistes ont été menées de manière coordonnées en Suisse, en Belgique et dans plusieurs régions de France. Les Hauts-de-France n’ont pas été épargnés.
[…] En France, les militants sont intervenus dans plusieurs régions dont les Hauts-de-France. Ils ont fait tomber 118 tours de chasse, saccagé 10 cabanes de chasse, détruit des dizaines de pièges, incendié un élévage et libéré 31 animaux
Si les lieux touchés dans le Nord-Pas-de-Calais n’ont pu être précisés, en Picardie, ces actes ont été commis sur la route allant de Formerie à Gaillefontaine dans l’Oise, à Ailly-sur-Somme et Roye dans la Somme.
12 activistes ne se connaissant pas avant l’opération ont participé à cette action directe.
Dans un communiqué, les antispécistes ont souhaité préciser que « cette action internationale coordonnée n’est pas qu’une action anti chasse, la chasse n’est qu’une des nombreuses briques soutenant le système spéciste, y concourant, le banalisant. Notre cible principale est bel et bien ce système dans son entier.«
Ils expliquent également que cette opération n’est pas « du vandalisme gratuit et des dégradations faciles (…) mais un geste militant et politique, proclamant notre solidarité avec tous les individus non humains victimes de la stupidité crasse, des traditions cruelles, des habitudes aveuglantes, des plaisirs morbides et sadiques, de la violence cultivée et valorisée.« […]
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Briey (Meurthe-et-Moselle) : Dégradations du matériel des chasseurs
Le Républicain Lorrain / lundi 12 novembre 2018
[…] Dans la nuit du 8 au 9 novembre, dans le cadre d’une action internationale qu’ils qualifient de coordonnée, des militants ont donc fait tomber des tours de chasse, détruit des pièges et saccagé des cabanes, y compris du côté de Briey, Avril et Trieux. « Ce n’est pas qu’une action anti-chasse. Notre cible est bel et bien ce système en entier. Nous réaffirmons notre détermination radicale et irrévocable à nous opposer, par tous les moyens possibles, aux logiques, habitudes et traditions mortifères qui font des autres animaux des choses. Notre espèce a créé et cultivé l’impuissance de toutes les autres pour faire de leurs vies des objets de jeux, de loisirs, de décoration, d’alimentation, d’outils à essais techniques et toxicologiques », explique le communiqué de presse. Qui va plus loin : « Là où beaucoup verront du vandalisme facile et des dégradations purement gratuites, nous revendiquons un geste politique proclamant notre solidarité avec tous les individus non humains victimes de la violence cultivée et valorisée. »
Patrick Massenet [sa tête ci-contre; NdAtt.], président de la Fédération de chasse de Meurthe-et-Moselle, n’était pas au courant de ces actes. « On va voir si les associations locales feront remonter les infos, et décideront de porter plainte. Ces gens-là (les antispécistes NDLR) ne respectent rien, ni la propriété, ni la pensée d’autrui. Ils sont tout à fait proches du totalitarisme. Il faudrait que l’État se penche dessus sérieusement. Où est la liberté dans tout ça ? Or la France est un pays de libertés. »
Le local des chasseurs visité
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Tarn : Les miradors tombent
La Dépêche / mardi 13 novembre 2018
Jean-Claude Pradier, président de la fédération départementale de chasse du Tarn, et David Eymard son directeur, recensaient hier «huit ou neuf postes de tir totalement détruits dans la forêt domaniale de la Grésigne. Il s’agit de planchers surélevés d’environ 1,5m de hauteur que les chasseurs utilisent pour sécuriser leurs tirs. Des actions signées sur place par l’inscription à la peinture «Stop spécisme». […]
Samedi 10 novembre, peu avant 10 h du matin, dans toutes les rédactions de la région, a circulé un communiqué de presse revendiquant qu’en «France, Belgique, Suisse, 177 activistes ont saccagé, détruit, incendié 118 miradors, 10 cabines, des dizaines de pièges, un élevage et libéré 31 animaux». Le tout assorti d’un montage photo de dégradations estampillées «Stop spécisme». Pour le président de la fédération départementale de chasse, aucun doute, ce sont bien les mêmes activistes qui ont agi ce week-end dans le Tarn. «Uneviolence comme celle-là est particulièrement étonnante. C’est une forme d’intolérance inacceptable» commentait hier Jean-Claude Pradier [ci-contre avec ses « trophées »; NdAtt.], en annonçant qu’il allait porter plainte auprès du procureur d’Albi dès qu’il aurait recensé l’ensemble des dégradations.
[…] Déjà en septembre, en début de période de chasse, la fédération départementale de chasse avait eu à déplorer «le sabotage de toute une ligne de postes surélevés à Penne, avec des pieds sciés et replacés comme si de rien n’était». Des actions non revendiquées mais particulièrement dangereuse, pour les chasseurs et pour tous les utilisateurs de la nature, dans la mesure où sur ces planchers surélevés, les chasseurs sont en position de tir donc fusil chargé. Ces faits avaient fait l’objet d’une première série de plaintes auprès du procureur de la République à Albi.
Pour l’heure la gendarmerie n’a été informée que d’un fait survenu pendant le week-end, sur la commune de Larroque, où les pieds d’un mirador ont été coupés et tagués.
«Cette action organisée de façon simultanée entre plusieurs pays et régions contre les objets de la chasse n’est qu’un début, une simple entrée en matière. Pour que le spécisme cesse, nous appelons toutes celles et ceux qui partagent ces idées à entrer dans la lutte et à multiplier les actions directes, petites et grandes. Du simple bris de vitrines aux abattoirs incendiés, tous ces gestes sont politiques» revendiquent les auteurs du communiqué.
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D’autres actions ont été menées en ces jours-ci dans le Pas-de-Calais et le Rhône.
« Dans la nuit du jeudi 8 novembre 2018 au vendredi 9 novembre, en Belgique, en Suisse, et un peu partout en France, des tours de chasse sont tombées, des pièges ont été détruits, des cabanes saccagées. Pour la première fois, des activistes antispécistes ne se connaissant majoritairement pas et ne s’étant jamais rencontré·e·s ont agi de concert pour attaquer des outils servant le système spéciste. Mais ne vous y trompez pas, cette action internationale coordonnée n’est pas qu’une action anti chasse, la chasse n’est qu’une des nombreuses briques soutenant le système spéciste, y concourant, le banalisant. Notre cible principale est bel et bien ce système dans son entier.
Par cette action d’ampleur, nous vous annonçons notre détermination radicale et irrévocable à nous opposer, par tous les moyens possibles, à vos logiques, habitudes et traditions mortifères qui font des autres animaux vos choses.
Notre espèce a créé et cultivé l’impuissance de toutes les autres pour faire de leurs vies des objets de jeux, de loisirs, de décoration, d’alimentation, d’outils à essais techniques et toxicologiques. Nous révoquons cet humanisme de guerre, cruel, injuste, macabre, immoral et indécent. Nous soutenons les membres des autres espèces dans leur lutte de libération et leur résistance rendue quasi impossible par notre espèce et ses structures oppressives.
Là où beaucoup verront du vandalisme facile et des dégradations purement gratuites, nous
revendiquons un geste militant et politique servant à rendre visible et tangible l’opposition et le refus. Un geste militant et politique, proclamant notre solidarité avec tous les individus non humains victimes de la stupidité crasse, des traditions cruelles, des habitudes aveuglantes, des plaisirs morbides et sadiques, de la violence cultivée et valorisée.
Parce que tout meurtre, quel qu’il soit, devrait être condamné et interdit ; parce que le plaisir pris à tuer devrait toujours être combattu et soigné ; parce que tout individu, humain ou non humain, devrait voir son intérêt à vivre reconnu, protégé et garanti : aucun geste d’opposition ne sera jamais inutile, aucun refus ne sera puéril, aucun sabotage fait aux structures oppressives ne sera jamais simple vandalisme.
Cette action organisée de façon simultanée entre plusieurs pays et régions contre les objets de la chasse n’est qu’un début, une simple entrée en matière.
Pour que le spécisme cesse, nous appelons toutes celles et tous ceux partageant ces idées à entrer dans la lutte et à multiplier les actions directes, petites et grandes. Du simple bris de vitrines aux abattoirs incendiés, tous ces gestes sont politiques.
Nous sommes nombreux et nombreuses, de plus en plus ; nous nous organisons, de mieux en
mieux ; nous ne faiblissons pas, au contraire ; nous sommes radicales et radicaux, oui, car
radicalement opposé·e·s à l’exploitation, aux meurtres et à l’appropriation des êtres sentients,
radicalement opposé·e·s à la pensée extrémiste ayant pour nom spécisme. »
Ce mardi, vers 8h30, une fouille de cellules est programmé au quartier d’isolement du centre pénitentiaire de Valence.
Une suspicion de détention de téléphone portable motive cette fouille.
Plusieurs surveillants procèdent à la fouille de cellules après avoir placé le détenu dans une salle d’attente.
Mais l’homme trouvant le temps trop long commence à dégrader la salle et s’en prends au lavabo présent dans la pièce.
La pièce et le couloir se trouvent sous les eaux.
Une intervention sera déclenchée afin de placer le détenu au quartier disciplinaire. Mais l’homme ne se laisse pas faire. Il tente de mettre des coups aux surveillants, cherchant même à les mordre.
L’un des agents sera blessé à la main, un autre recevra en guise de mécontentement un crachat en plein visage.
Un surveillant sera conduit aux urgences de l’hôpital pour y recevoir des soins et en ressortira avec une entorse au niveau de la main et une suspicion de fracture accompagnée de 7 jours d’arrêt de travail.
Ces derniers temps, il y a eu la publication de plusieurs écrits avec lesquels des compagnon.ne.s venant de différentes milieux anarchistes et antiautoritaires invitent à la discussion sur certains sujets – d’actualité ou pas – concernant les stratégies mises en place par la répression : de l’élargissement de l’emploi de la visioconférence lors des procès pénales et la soi-disant « preuve par l’ADN », jusqu’à la désagréable éventualité (qui n’est pas une nouveauté, mais elle a sauté aux yeux lors du procès Scripta Manent [1]) de la convocation de compagnon.ne.s, en tant que personnes informées sur les faits lors des enquêtes ou comme témoins lors des audiences d’un procès.
Refusant de raisonner « dans l’urgence » et d’être étonnée à chaque fois, je ne crois pas que ce problème se règle à posteriori avec des guides légales, mais plutôt avec une attitude de réflexion « préventive », c’est à dire en essayant de diffuser et approfondir encore les bases éthiques de la solidarité, ainsi que la communication et la contre-information de contenus antiautoritaires théoriques et pratiques, et la réflexion sur les avancées de la technologie répressive [2].
Avant toute forme de lutte contre l’autorité, il devrait y avoir la conscience de la répression, cependant on ne peut pas déterminer sa lutte à partir du fait de contrer les coups de la répression. La répression est là, elle était et sera là, et on y fait face tous les jours, comme tous les jours on fait face aux aspects plus prosaïques de cela, cependant on ne peut pas transformer une conséquence, un corollaire de notre combat, dans la lutte elle-même.
J’aimerais par contre comprendre comment ça se fait qu’on en est arrivés à lire, en 2018, une guide destinée aux milieux antiautoritaires (qui sont donc déjà avertis de certains sujets) ce type de conseils : « il faut éviter de se prêter à être utilisé par le Parquet contre des personnes sous enquête ou inculpées » [3].
Je comprend l’effort des compagnons qui l’ont édité, mais… on est en train de rappeler à des compagnons et des compagnonnes, avec bienséance et exquise courtoisie, qu’il ne faut pas témoigner contre des compagnons et des compagnonnes ?
Quand ont-ils oublié cela ? Pourquoi cela a été oublié ?
Peut-être parce que, ces dernières années, dans tout cet emballement visant à gagner du consensus, on en a perdu le sens ? Il doit y avoir eu un moment où on a perdu de vue les principes de base de l’action et de la pensée des réfractaires à ce système, qu’il faut toujours combattre, où qu’il soit.
Pourtant, le concept de non-collaboration avec le pouvoir n’est pas à proprement parler une petite idée marginalisée : ça devrait être fondamental pour tout le monde.
Tout comme, en tant qu’anarchistes, on refuse, entre autres, de collaborer lors d’un interrogatoire si on se fait interpeller.
Est-ce qu’on continue à cultiver la conscience et l’opposition à l’iniquité ou bien on cherche des espaces d’action politique en calculant la portion d’ailes qu’on est disposés à se brûler ? Un calcul que chacun de nous fait, nous sommes des êtres humains plein d’imperfections et de peurs, mais c’est ridicule d’essayer d’y donner une justification théorique/légale.
Surtout parce que le travail sur ses propres limites et sur le désir de les dépasser est un processus de croissance individuelle et de confrontation au sein de sa propre communauté-mileu-situation de conflit, qu’on ne peut pas codifier, à part de façon éthique.
Je m’explique : parmi les anarchistes et les antiautoritaires, si on pense que cela puisse encore avoir un sens, il faudrait discuter à nouveau des causes avant les conséquences. Revenir à considérer le sens trop léger qu’on a donné aux critères d’action, qui ont porté à se donner l’horizon – bas – de la recherche de niches d’action politique et de « luttes possibles ».
Une fois cela compris, on pourra réfléchir de façon utile et concrète aux effets, sur les cas particuliers et sur la meilleure manière de lutter, faute de quoi la discussion restera focalisée sur des arguments qui sont portés par la répression elle-même, c’est à dire la crainte de sanctions pénales et administratives [4].
Il faut être conscients que c’est facile pour la répression de s’appuyer sur les divisions du mouvement (je continue toutefois à considérer que c’est sain et utile qu’elles existent – même si heureusement elles n’existent jamais selon les schémas rigides qui appartiennent au pouvoir), sur les peurs et les incapacités de comprendre ou utiliser les mots et leurs contenus qui en dérivent : le poids de plusieurs années de mauvaises habitudes généralisées dans la contre-information et les publications du mouvement (censure et autocensure, discours partiels, incapacité de garder un regard ouvert et critique à 360°) ont permis, ces derniers années, trop d’années, aux Parquets et aux enquêteurs de se jeter sur quelques sites web, journaux, blogs.
L’incapacité à pratiquer la solidarité envers la lutte contre l’autorité dans ses multiples expressions (et par conséquent envers tous les prisonniers) fait qu’on arrive à l’absurdité actuelle de demander à chaque prisonnier s’il veut de la solidarité ou non, au lieu de la pratiquer tout simplement.
Je me sens de faire une autre remarque à propos de la tentative de créer une mobilisation collective (je crois quand même limitée au mouvement) de lutte contre le prélèvement d’échantillons d’ADN [une pratique répressive encore nouvelle et relativement peu diffuse en Italie ; NdAtt.] ou contre les procès par visioconférence. Au vu de comment je les ai vécues dans ma chair, celles-ci ne sont pas des luttes praticables sur le plan de la désobéissance civile, de la résistance passive (même si on voulait les affronter de cette façon) : elles sont le miroir de la transformation technologique de la société, du néo-positivisme scientifique prédominant, et, tout comme d’autres aspects de ces changements de la société actuelle, peuvent – et doivent – créer de la répulsion et de la réponse, mais il ne faut pas donner à ces réactions individuelles basiques le poids et le rôle d’une « lutte ».
C’est à dire que je peux refuser de donner mes papiers aux flics, de leur donner mes empreintes digitales ou de faire la photo signalétique (quand je suis en taule ou lors d’une simple GAV), je peux refuser le prélèvement de l’ADN ou tout autre examen lors de la visite médical à l’entrée en taule, mais celles-ci sont des simples et bonnes réactions individuelles contre la violation de ma sphère physique, contre l’imposition de l’autorité sur mon corps. Cependant, elles ne peuvent pas être interprétées comme une lutte contre l’évolution technologique du contrôle qui, s’il est nécessaire à des fins répressifs, est quand même imposées (de façon sournoise ou par la force).
Il y a un autre cas : le procès en visioconférence. Dans ce cas, la loi elle-même donne le droit de refuser (c’est à dire, refuser d’ « être présent » en vidéo et rester tranquillou dans sa cellule) ; mener une protestation active est assez compliqué et de toute façon ça se focaliserait sur l’appel aux droits de la défense qui sont niés, en plus de se plaindre de l’éloignement de ses compas, ce qui peut bien être le cas même si on est physiquement présent dans la salle du tribunal. Cela dépend toujours à leur bon vouloir (cages éloignées du « public », inculpés enfermés dans des cages différentes, etc.).
Le procès par visioconférence se situe dans la modernisation technologique de l’ensemble du système pénitentiaire, qui va toujours plus dans la direction du contrôle à distance et de l’automatisation, comme le reste de la société, d’ailleurs.
Cela ne veut pas dire qu’aucune réponse ne soit possible, mais je crois qu’il faut choisir, puisque nos forces ne sont pas illimitées, les priorités qu’on veut se donner – et leur sens.
Anna
Rome, juillet 2018
Notes :
1. Au début du procès Scripta Manent ont été appelés parmi les témoins de l’accusation pas moins de 4 rédacteurs ou ex-rédacteurs de Radio Blackout [radio militante de Turin ; NdAtt.], l’administrateur d’un site de contre-information, le directeur de l’hebdomadaire anarchiste Umanità Nova [organe officiel de la Fédération Anarchiste Italienne ; NdAtt.] et une compagnonne âgée, déjà inculpée dans le procès Shadow, en plus de la tentative de convoquer 4 compas déjà condamné.e.s lors d’autres procès.
2. A ne regarder que le dossier du procès Scripta Manent, les prélèvements [en cachette, NdAtt.] d’ADN lors des perquisitions sont attestés depuis 2009 ; depuis 2015, il y a des comparaisons avec les bases de données des différents laboratoires des forces de police.
3. « Giuro di dire la verità »…, qualche spunto su come afforontare l’ennesima tattica per dividere e reprimere : la testimonianza in aula, 2018.
4. Dans plus d’un procès, on ne parle que d’aspects légaux, dans le cas d’une tentative de blocage routier, de l’occupation d’un squat, on ne parle que de sanctions administratives (qui, entre autres, ont récemment été une stratégie gagnante dans de nombreuses occasions).
Une bonne nuit en cellule pour trois antipubs pacifistes ce dimanche 11 novembre, 100 ans après l’armistice de 14-18.
Ce 11 novembre au soir, des militants anti-publicitaires décident de se réapproprier gentiment l’espace public en posant quelques affiches contre la guerre. Un sujet toujours d’actualité, la France accueillant le même jour une brochette de chefs d’état dans une mascarade fort peu pacifiste.
Des affiches artisanales et caricaturales sur le thème des ventes d’armes, du refus de la guerre ou des derniers faits d’armes de notre cher président, viennent avantageusement remplacer les publicités, Boulevard du Montparnasse.
Cette malheureuse affiche a été saisie avant son heure de gloire...
Il est un peu plus de minuit, et une voiture de police déboule en trombe à nos côtés : « Hop vous là, par ici, pas la peine de s’enfuir », trois moustachus nous demandent nos papiers, saisissent deux affiches sur le point d’être posées et appellent des renforts.
Vérification d’identité sur place et longue attente. Dans ce genre de cas où des affiches publicitaires sont remplacées sans dégradation, il est fréquent que le propriétaire du mobilier urbain rechigne à porter plainte, craignant une mauvaise publicité (et il s’y connaît). Les activistes sont souvent rapidement relâchés… mais pas cette fois. Plus la peine d’espérer attraper le dernier métro.
Le petit chef des moustachus reluque quelques affiches trônant fièrement dans les abribus alentours. Et les décrit à l’officier de police judiciaire à l’autre bout du sans-fil en cette heure tardive.
Ce ne sera pas l’ouverture des panneaux ou le changement des affiches qui justifiera notre interpellation, mais une seule affiche : une caricature de Macron, pour laquelle on nous reprochera un « outrage » au chef de l’état ! Plus exactement "outrage par écrit en réunion à personne dépositaire de l’autorité publique", en l’occurrence le président.
Tout ça pour un jeu de mots : "Macron Pétain câble" : Macron pète un câble, faisant référence à sa gaffe récente concernant l’ex-maréchal, qu’il avait qualifié de « grand soldat pendant la 1re guerre mondiale », auquel il « était légitime de rendre hommage » comme aux autres « maréchaux qui ont conduit l’armée à la victoire ». De quoi faire se retourner dans leur tombe les fusillés pour l’exemple de 14-18, comme les déportés de 39-45.
L’objet du crime
Les voitures de police foncent dans les rues de Paris, en grillant tous les feux de circulation, pour nous déposer au commissariat du 5e. Ambiance particulière avec les policiers déçus de ne pas pouvoir prendre leur pause réglementaire et qui nous notifient assez rapidement notre garde à vue. Au milieu de la nuit, le procureur roupille tranquillement et la police peut décider des placements en garde à vue à sa convenance, notamment pour punir les militants sans s’encombrer des lourdeurs fastidieuses de la Justice. Une fois en garde à vue, aucun policier ne peut nous libérer, il faut attendre que le procureur reprenne du service pour décider de notre sort. Et là, pas la peine d’en appeler à la jurisprudence Sarkozy pour rentrer passer la nuit à la maison.
On nous demande si on choisit de faire appel à un avocat. Seulement, ça obligerait à attendre le matin pour être auditionnés, et retarderait notre éventuelle libération. Convaincus du ridicule de la situation, merci, on décline l’offre.
On vide nos poches, on nous prend tous nos objets personnels, nos ceintures et lacets, on nous fait nous déshabiller pour une fouille au corps, et on nous oublie dans une cellule. Celle-ci fait 3 mètres sur 4, quelques matelas sommaires sur le sol et deux caméras au plafond pour garder un œil sur nous. Derrière les vitres, dans le couloir, une lumière qui ne s’éteint jamais.
Par chance, nous restons tous les trois ensemble. Une bonne chose pour garder un semblant de moral, et surtout pour tromper l’ennui. Dans la cellule se trouve déjà un quatrième larron fort peu loquace : il a été placé là pour détention de stupéfiants, trouvés dans le réservoir de sa voiture ; sans doute une idée contre l’augmentation des carburants… Il en avait pour 20€, comme quoi les flics ne sont pas plus débordés le jour que la nuit.
Difficile de dormir dans cette cellule, sur ces paillasses, sur ce sol de béton… Et quelques heures plus tard, la lourde clé tourne dans la serrure invisible de l’intérieur. Nous sommes extraits ensemble pour être interrogés. Il est près de 4 heures du matin.
Les questions se suivent et se ressemblent. Elles ont été minutieusement préparées. Mais elles portent principalement sur les affiches posées aux alentours de notre interpellation, photos à l’appui. Avez-vous posé cette affiche ? Que signifie-t-elle pour vous ? Mais aussi : que pensez-vous du président ? Voulez-vous lui nuire ?
On nous fait bien comprendre que « l’outrage » au chef de l’état, ça ne rigole pas. Quelle que soit sa cote de popularité. On nous dit que notre cas pourrait même monter haut, très haut, jusqu’au président lui-même, surtout en ces moments troubles où des individus d’extrême-droite ont été arrêtés et accusés de préparation d’attentat contre sa majesté.
Encore un peu et ils nous collaient deux outrages !
N’empêche, on n’oublie pas de faire mentionner au PV le caractère excessif et disproportionné de cette interpellation. Car quelle rigolade ! On nous accuse d’outrage, pour une caricature et un jeu de mots ? A-t-on oublié les grandes manifestations de 2015, où on nous priait d’être « tous Charlie », où 4 millions de personnes descendaient dans les rues pour la liberté d’expression et le droit à la caricature ?
Bref, retour à la case prison, dans notre cellule où on ne peut toujours pas fermer l’œil.
Les heures passent. Puis nous sommes à nouveau appelés, un par un cette fois. Nous allons pouvoir grossir les fichiers : il est 7h30 et nous ressemblons sans doute à des zombies mais on nous photographie de face, de trois-quarts et de profil, et on nous prend tant bien que mal les empreintes de tous les doigts, un par un, ensemble, et la paume de la main au cas où ça puisse servir, sait-on jamais. Pas de prise d’ADN, encore heureux. Si en plus on ne s’était pas laissés faire, ça leur aurait donné le délit qu’ils n’arrivaient pas à nous coller…
Nouvelle attente en cellule. Pas de café ni croissants, juste un petit beurre et un mauvais jus d’orange glissés par une trappe. Va-t-on devoir attendre toute la journée que le système répressif choisisse de visionner les caméras de surveillance de la ville pour justifier notre mise en cause ? Ou bien le procureur va-t-il enfin mettre fin à cette mascarade ?
Notre compagnon de cellule est emmené pour un nouvel interrogatoire. Il revient en nous disant qu’en haut, on a parlé de nous libérer. Pas trop tôt. Peu avant 11h, l’OPJ du jour nous signifie froidement notre fin de GAV et nous met dehors, non sans nous avoir signifié la confiscation et la destruction de certains de nos effets. 18 marqueurs, une quinzaine de clés, qui traînaient par inadvertance dans nos sacs et un rouleau de pansement suspect. Nous sommes relâchés sans poursuites a priori, mais le procureur a 6 mois pour changer d’avis (et on rigolerait bien, avec un procès pour blague pacifiste).
Retour à la « vraie vie » où on peut chercher à comprendre ce qu’il nous est arrivés.
Il faut savoir que pour placer quelqu’un en garde à vue, il faut qu’on lui reproche un crime ou délit passible de prison. Dans notre cas, les policiers ont longuement cherché un motif adapté.
Et ils ont accouché d’un "outrage par écrit en réunion à personne dépositaire de l’autorité publique". Mais manque de chance, dans le code pénal, un « outrage », ça ne peut être que des paroles ou écrits « non rendus publics » ! Par exemple, quelqu’un qui insulte un flic, c’est un outrage. Mais dans notre cas, où on nous reproche des affiches posées dans un lieu public, c’est tout ce qu’il y a de plus public (je dirais même plus, publicitaire)…
On aurait pu, à la limite, nous reprocher des injures publiques. Mais dans notre cas, un jeu de mots pareil n’aurait pas été punissable de prison, donc pas de garde à vue possible. Reste alors le délit d’ « offense au chef de l’état » ! Mais pas de chance, il n’existe plus depuis 2013, après que le « Casse toi pauv’ con » ait été puni de 30 € avec sursis puis que la cour européenne des droits de l’homme condamne la France pour atteinte à la liberté d’expression. L’OPJ doit-il retourner d’urgence à la fac ou a-t-il sciemment tourné la loi pour nous dissuader de recommencer ?
Une seule solution pour résoudre cette énigme, qu’en pensez-vous : réinventer le « crime de lèse-majesté » !
Un vieux débat est en train d’émerger dans la petite cour de récréation intellectuelle qui s’ébroue tous les lundis matins dans le magazine culturel. Non pas que faire d’un Eric Hazan qui entre un bouquin de Lénine et un autre de Mao nous prie de cesser de vilipender la police afin de maximiser les chances d’une fraternisation avec elle. Non, on ne rompt pas pour si peu avec la main qui nous publie. Au mieux on se pince le nez et on se bande les yeux.
En fait, voici les termes de ce passionnant débat qui n’est pas si étranger aux deux maîtres cités plus haut : « La question qu’on doit se poser, à nouveau, est celle de la création d’un parti révolutionnaire. Le Parti intransigeant, incompossible, qui relie les forces de nos affections… Je nomme la multiplication de ces gestes de destitution de la totalité avec l’oxymore « Parti de la multiplicité ». On pourrait aussi l’appeler, à nouveau, le parti des communistes. » (Josep Rafanell i Orra, lundimatin, 25 mai 2018). Ce à quoi un autre idiot utile du parti trop visible vient de répondre : « Pourquoi un Parti ? Et un Parti des communistes (par exemple) ? C’est avec beaucoup d’attrait, et non d’un scepticisme critique, que je relance la question (en espérant l’avoir bien entendue), à laquelle il est sans doute trop tôt pour répondre. Mais peut-être en vue d’une échéance prochaine de rencontre qui afficherait : « Tout le monde aspire au communisme »… ? » (Patrick Condé, lundimatin, 12 novembre 2018)
Fini de tourner autour du pot de la composition tactique et destituante avec le pouvoir sous des labels disparates : appelistes et appelés, CMDO, entreprises de restauration collective ou Comité invisible : Parti des communistes, voilà un pot-pourri à la hauteur de l’ambition de ses petits-chefs politiques. Opportuniste comme de l’entrisme trotskyste. Contondante comme un service d’ordre maoïste. Hégémonique comme un appareil stalinien. Et intégratrice comme de la rhétorique négriste.
Les jeux de mots usés entre prendre parti et le Parti, entre les communes, les communs et le communisme autoritaire retrouvent enfin leur débouché naturel.
Ce mercredi, l’île est bloquée: commerces, écoles, collèges et lycées, administrations et transports publics sont à l’arrêt. Des dizaines de blocage continuent à paralyser l’économie. Le climat insurrectionnel sur l’île a poussé la Chambre du Commerce et de l’Industrie a demandé à l’Etat pour que le département soit reconnu « en état de catastrophe économique ».
Mercredi, une trentaine de barrage était toujours en place. Et même si les flics sont intervenus dans la matinée pour débloquer l’accès au SRPP, l’unique dépôt pétrolier de l’île, lede nombreuses stations-service ne sont plus approvisionnées, d’autres rationnées.A la mi-journée, des centaines de personnes s’affrontaient à la police et des magasins étaient pillés au Port. De son côté, et ce afin de calmer la situation, le pouvoir local a annoncé le gel des taxes sur les carburants pour les trois prochaines années. Peu de chance que les insurgés, jeunes ou moins jeunes, se contentent de quelques miettes accordées par l’Etat, alors même que c’est une révolte contre la misère qui est en train de gagner l’île.
Dans la nuit de mardi à mercredi, première nuit sous couvre-feu, saccages, pillages et affrontements ont fait rage, notamment au Chaudron: le magasin Score a été pris d’assaut. Si les flics sont parvenus à éviter qu’il soit entièrement pillé (mais pas endommagé), ils n’ont rien pu faire pour sauver les réserves à l’arrière du magasin, puisque les conteneurs ont été pillés. D’autres commerces auraient été vandalisés, notamment en bas de la Rivière. Entre 9 et 16 flics auraient été blessés lors des émeutes au Chaudron, d’après la presse: un flic a réussi (quel joli coup!) à faire exploser une de ses armes de guerre dans un fourgon, le blessant lui et ses collègues. « Une grenade a explosé accidentellement dans un véhicule de police. Un policier du GIPN a alors eu la main droite arrachée. Grièvement blessé, il a été transporté à l’hôpital de Bellepierre ».
Un important incendie a eu lieu au niveau du rond point du Sacré-Coeur au Port, près du centre commercial Jumbo. Le feu a pris vers 19h dans un chapiteau rempli de jouet de Noël, situé à l’extrémité du parking, du côté de la 4 voies, et à une cinquantaine de mètres des nouveaux magasins du Cap Sacré Coeur. Les panneaux photovoltaïques de la toiture du parking et deux grues ont brûlé.
Au Port toujours, un journaflic de Réunion La 1ère a été agressé et son matériel volé.
D’heure en heure, des renforts anti-émeutes affluent à la Réunion pour tenter de mater la révolte qui ne faiblit pas. Des gendarmes mobiles en provenance de Strasbourg devraient arriver à La Réunion ce mercredi.
Dimanche, c’est la concession Peugeot du Port qui a perdu 70 véhicules dans un incendie provoqué par des jets de cocktails molotov, pour un préjudice dépassant le million d’euros.
Lundi, les maires de Saint-Benoît et Saint-Louis ont reçu de la visite à leurs domiciles respectifs, qui ont été retournés et saccagés par des insurgés.
« Un des pilleurs du PromoCash de Sainte-Marie a été condamné, ce mardi, à deux ans de prison ferme en comparution immédiate. Deux jeunes inconnus de la justice et qui avaient des brûlés des poubelles ont eux écopé de cinq mois ferme. Une quinzaine de convocations devant le juge des enfants ont été délivrées ».
De leurs côtés, les artistes de l’île tentent de jouer les pompiers de service: « Dans une vidéo publiée sur les réseaux et partagés des milliers de fois, [ils] diffusent un message de paix [sociale]. Mickaël Pouvin, Nicole Dambreville, Maroni Bazin, Elodie Ayé, Vanille M’Doihoma ou encore Maya Kamaty réagissent à la crise sociale qui secoue La Réunion ».
Ce qui nous intéresse en voyant cette explosion sociale sur l’île, ce n’est bien sûr pas le mouvement des Gilets jaunes, avec leurs portes-paroles ou chefs auto-proclamés, qui sont sur le point de rédiger une liste de revendications spécifiques à LEUR mouvement, de rechercher le dialogue avec les autorités tout en se dissociant des actes de révolte contre la propriété des riches et de l’Etat, ainsi que les expropriations de marchandises. Nous y voyons plutôt la possibilité d’étendre le conflit dans une perspective insurrectionnelle, en intervenant directement dans cette guerre sociale selon nos propres modalités et temporalités. Il ne s’agit pas selon nous de converger pour autant avec les gilets jaunes sur leurs piquets de blocage et leurs barrages, mais de contribuer au désordre en cours, en cessant de critiquer et de rester spectateur des événements.
Le journal de La Meuse nous apprend le 12 novembre dernier que depuis quelques jours, les nouveaux panneaux publicitaires de JC-Decaux, équipés d’écrans LCD, ont fait leur apparition dans les rues de Liège. Sur les trente installés un peu partout dans la ville, deux d’entre eux ont été détruits en quelques heures. Peut-être le début d’une longue série, qui sait..?
Ces nouveaux écrans de l’abrutissement de masse pullulent en priorité dans les villes où la multinationale JC-Decaux est sous contrat avec les municipalités pour l’affichage publicitaire.
Lundi 19 novembre à Calais, un individu, porté par sa seule rage, n’a pas voulu attendre le milieu de la nuit pour passer à l’attaque contre ce monde mortifère, en attaquant une agence bancaire HSBC, située rue Paul-Bert, à deux pas du rond-point de l’hôtel de ville.
En début de soirée, les trois vitrines de l’agence ont volé en éclats et le DAB, fracassé lui aussi, est désormais hors-service.
Un témoin ayant assisté à l’attaque raconte: « J’ai vu un homme porter des coups. Il semblait très déterminé. Malgré la circulation, on a entendu du vacarme. Puis l’homme est parti en courant. »
Malheureusement, le révolté a été retrouvé et arrêté après avoir perdu des gouttes de sang devant la banque.
Le 15 novembre 2018, une dizaine de personne se sont réunies en soutien à S., incarcéré depuis sept mois à Limoges. Le tract de l’appel a été distribué devant la Cour d’Appel de Limoges aux passants.
C’est donc une dizaine de personne qui se sont rassemblées en soutien à S. et contre cet appareil judiciaire qui s’acharne à enfermer et réprimer. Des tracts on pu être distribué aux passants pour les informer de la situation et de ce qui se passait à ce moment-là à la cour d’appel de Limoges.
Aujourd’hui, ce n’était pas le procès sur les faits à proprement parlé [1] mais un appel [2]des avocats de S. concernant « une requête en nullité contre ce prélèvement ADN et l’interpellation de S » :
... ce 8 novembre 2017, un gendarme enquêteur demande à une juge d’instruction l’autorisation de prélever de l’ADN sur le vélo de S..
La juge d’instruction dans un élan d’illégalisme donnera immédiatement l’autorisation à ses gendarmes de ne pas respecter sa propre loi (article 706-56, I al. 5 du CPP).
En effet, le seul cas prévu par le code de procédure pénale pour prélever l’ADN d’un individu sans consentement concerne les personnes condamnées pour un crime ce qui n’est pas le cas de S.
Pourtant, le 15 novembre 2017, en son absence et sans son consentement, les gendarmes prélèveront illégalement de l’ADN sur les poignées de son vélo garé dans la rue. [3]
Depuis samedi, le mouvement des gilets jaunes ne cesse de soulever une quantité de questionnements qu’il est bien difficile de démêler et qui rendent compliquée la manière de s’y rapporter.
Au cinquième jour d’une mobilisation d’une forme totalement nouvelle (largement commentée, je n’y reviendrai pas) et qui a fait la démonstration de sa capacité d’organisation matérielle, l’heure n’est plus à se demander s’il faut ou non s’intéresser à ce qui se passe sur les blocages mais plutôt comment s’y rapporter, quel rôle y a-t-il à y jouer ? Force est de constater que dans cette situation, nous n’évoluons pas sur notre terrain de jeu habituel et c’est précisément ce qui fait de ce mouvement quelque chose de déroutant. Les lignes de clivage usuelles que nous rencontrons dans les mouvements syndicaux n’ont plus cours dans cet ensemble protéiforme, prétendument apolitique et soudé par la colère, dont les moyens d’expression sont parfois totalement opposés et contradictoires.
Attention à ne pas remplacer le mépris de classe par un fantasme de classe.
Dans ce contexte d’inconnue, il est important de ne pas se laisser aller à une défiance trop facile vis-à-vis d’une partie de la population que nous connaissons finalement peu, et certaines craintes entendues avant ou au début du mouvement sont déjà caduques. Le qualificatif de poujadiste tombe aussi vite qu’il a refleuri (voir à ce sujet l’article éclairant de dijoncter.info), l’extrême droite n’est pas aux manettes des opérations, et la beauferie n’est pas en soi un motif d’inimitié politique.
A l’inverse, à invoquer le mépris de classe, attention à ne pas le transformer en fantasme de classe. Nous ressentons tous une forme d’excitation à voir se réaliser spontanément des blocages massifs que nous appelons depuis des années, et à voir se déployer une certaine ingéniosité logistique. Si nous pouvons ressentir une proximité avec « ce que font les gilets jaunes », il n’en demeure pas moins que certaines facettes du mouvement nous restent en travers de la gorge et que leur répétition en différentes occasions et différents endroits ne peuvent pas nous voiler la face : oui les affects racistes ou homophobes sont bien présents au sein du mouvement (à différentes échelles selon les points de blocage) et ils ne peuvent pas être réduits à des sentiments isolés exprimés par quelques abrutis vite réduits au silence par leurs camarades de lutte.
Le mouvement a certes prouvé que les affects racistes et homophobes n’étaient pas le moteur de sa colère mais il ne s’est pas non plus franchement saisi de la question.
Nous ne pouvons pas nous contenter d’opposer aux accusations de racisme que des gens se sont interposés pour empêcher telle ou telle agression. Avant-hier au rond-point des vaches, un automobiliste d’origine maghrébine a été menacé par un gilet jaune armé d’un taser. Oui, d’autres sont intervenus pour empêcher l’agression mais ça n’en fait pas une preuve que la question du racisme est posée au sein du mouvement, d’autant que la scène s’est déroulée sous un flot d’insultes tenus par d’autres bloqueurs. On peut très bien ne pas vouloir lyncher des descendants d’immigrés et tenir un discours raciste.
Pour le moment, à travers des revendications assez floues, le mouvement des gilets jaunes tient à l’écart plusieurs sujets qui sont pourtant brûlants et qui mettent directement en cause la politique de Macron. Il semble globalement partagé au sein des gilets jaunes que ce qui est chouette dans ce qui se joue en ce moment, c’est de lutter sans se soucier de savoir qui est avec qui et de se sentir solidaire au-delà des clivages sociaux. Le tout soutenu par un ras-le-bol de voir ses conditions d’existence se détériorer (qui par la hausse du prix du gasoil, qui par la hausse de la CSG…).
À nous de faire rentrer dans leur quotidien des questionnements qui n’y prennent pas de place.
Évidemment chacun vient avec le caillou qu’il a dans sa chaussure et c’est là que fait surface la figure de celui qui a successivement été qualifié de beauf, OPMI [1] ou encore France périphérique selon qui parle de lui. Bien sûr, il arrive avec ce qui pèse sur son quotidien et on ne peut pas attendre de personnes qui se mobilisent pour la première fois de porter un éventail large de revendications et un discours politique radical. À nous de faire rentrer dans leur quotidien des questionnements qui n’y prennent pas de place (par hostilité pour certains, par pure méconnaissance pour d’autres) et qui pourraient continuer d’être laissés à l’écart.
La question des personnes exilées ne fait surface que très timidement à travers quelques pancartes dans les blocages. Pourtant, même quelqu’un qui ne souhaite pas sortir de son « apolitisme » ne peut nier qu’elles sont tout autant que les autres concernées par le processus de paupérisation générale. Si on peut se sentir solidaire des retraités touchés par la fonte de leur retraite mais pas des personnes privées de tout moyen de subsistance alors il y a problème.
De la même façon, un rassemblement de gilets jaunes est en train de s’organiser à Paris le même jour que la mobilisation #noustoutes contre les violences faites aux femmes. N’y aurait-il pas là l’occasion de faire apparaître la question des agressions sexistes ou homophobes au sein du mouvement ?
Au fond, nous ferions fausse route à vouloir essayer de comprendre qui sont les gilets jaunes. Par contre, nous pouvons faire en sorte que des sujets tels que ceux-là fassent irruption sur les blocages pour forcer le mouvement à tenir une position (ou plus probablement à scinder ses différentes positions) et par la même occasion nous permettre de juger des réactions qu’ils provoqueront et de décider par la suite s’il faut déserter ou continuer et avec qui.
L’essentiel n’est pas tant de séparer les gilets jaunes entre racistes et non-racistes, entre homophobes et non-homophobes mais d’identifier ce que ces pensées peuvent avoir ou non de structurant dans la pensée politique des individus et du mouvement.
La mobilisation semble s’inscrire dans la durée, et d’une manière ou d’une autre, les choses vont finir par se décanter, des lignes par se dessiner. Prenons une part active à ce processus, voire provoquons-le, pour éclaircir la brume politique dans laquelle s’animent les gilets jaunes.
Un incendie a touché neuf véhicules, jeudi matin, à 0 h 45, sur le parking de la gare SNCF de Guingamp. « Il y a eu un grand boom. Les flammes montaient très haut », témoigne un riverain, réveillé comme tout le voisinage et qui a assisté aux opérations des pompiers depuis sa fenêtre. Ce jeudi matin, vers 9 h 30, les militaires chargés de l’enquête étaient toujours sur les lieux, accompagnés d’un technicien en investigation criminel. « Ce n’est pas accidentel », commente simplement le chef d’escadron Renard, commandant de la compagnie de gendarmerie de Guingamp.
Le feu s’est en effet déclaré en deux endroits distincts, distants d’une dizaine de mètres. D’un côté, quatre voitures ont été complètement calcinées et une cinquième très sérieusement abîmée. De l’autre, ce sont trois véhicules ont été entièrement carbonisés et un quatrième très légèrement touché. […]
*****
L’Écho de l’Argoat / jeudi 22 novembre 2018
10 voitures touchées au total. Dont la moitié entièrement calcinées. Un triste spectacle, ce jeudi matin sur le parking de la gare, à Guingamp.
Les pompiers ont été appelés, dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 novembre, pour intervenir sur des feux de voitures, sur le parking de la gare de Guingamp.
Un habitant de la rue Saint-Julien, dans le prolongement de la rue Paul Bizos, a été réveillé vers 1h30. Il habite juste en face :
« Les opérations ont duré jusqu’à trois heures du matin environ. Tout le monde était réveillé dans le quartier, il y avait de la lumière à toutes les fenêtres. C’était impressionnant. On a entendu un boom, une explosion et des flammes qui montaient haut, à plus de deux mètres. »
Difficile pour ce riverain, comme pour tous les observateurs de la scène, de croire à une origine accidentelle. Car plusieurs éléments laissent spontanément penser que l‘incendie est d’origine criminelle. A commencer par la présence de deux foyers différents. Il y a bien une dizaine de mètres entre les deux ensembles de véhicules incendies. Et entre ces deux ensembles, plusieurs voitures qui sont intactes.
La zone a été immédiatement « gelée » une fois l’incendie éteint. Les gendarmes de l’identification criminelle étaient sur place ce matin pour procéder aux premières constatations et tenter de prélever de précieux indices sur les lieux de l’incendie, pour mener leur enquête. […]
Des incidents et des dégradations ont encore été à déplorer ce jeudi dans la ville et en différents points. Les services de police de Perpignan ont procédé à 13 interpellations ce jeudi sur la manifestation des lycéens, initiée lundi dans le sillage du mouvement des Gilets jaunes [comme si les lycéens n’étaient pas capables de se bouger de leur propre volonté, comme s’ils ne l’avaient pas déjà fait à des nombreuses réprises partout en France, ces deux dernières années… NdAtt.], qui a serpenté à travers la ville toute la journée jeudi jusqu’à 16 heures, semant la pagaille en différents sites.
Parmi les individus placés en garde à vue pour jets de pierres notamment, mais aussi incendies de poubelles et arbres, dégradations de véhicules et autres actes de vandalisme sur des abribus, un collégien et des lycéens pour la grande majorité mineurs, issus d’établissements perpignanais, de Prades et de Rivesaltes. Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles divers, cailloux, oeufs… mais également à deux ou trois reprises des tirs de mortiers d’artifice donnant lieu à des répliques par grenade lacrymognène.
De leur côté, les services de gendarmerie sont intervenus aux abords des lycées de Canet, Argelès-sur-Mer et Prades où un cocktail molotov a été jeté depuis l’extérieur dans la cour. Une enquête ets en cours.
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France 3 / mercredi 21 novembre 2018
Des heurts entre lycéens et CRS ont à nouveau eu lieu ce mercredi matin à Perpignan. Des lycéens de Pablo Picasso ont vandalisé des poubelles et du mobilier urbain. Ils ont été dispersés par la police. Déjà, mardi, 16 mineurs ont été arrêtés et 5 mis en examen pour violences.
Ce mercredi matin, une confrontation a eu lieu entre des élèves du lycée Pablo Picasso à Perpignan et les CRS, avec des jets de projectiles. Des poubelles ont notamment été dégradées devant l’établissement. Mais les choses sont assez rapidement rentrées dans l’ordre, les lycéens sont retournés en cours.
Des dégradations ont aussi eu lieu ce matin au lycée Arago à Perpignan. Une tentative de blocage a avorté au lycée Bourquin d’Argelès-sur-Mer. Mardi déjà, 16 lycéens ont été interpellés après une manifestation qui a perturbé la circulation en ville une partie de la journée.
Des interpellations pour violences et outrages à la suite de jets de projectiles, de feux de poubelles et de dégradations de véhicules. Certains jeunes ont profité de cette action pour monter sur des véhicules ou encore casser des rétroviseurs.
5 lycéens mineurs ont été mis en examen mardi soir pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique » et un majeur a été renvoyé devant le tribunal après des manifestations « spontanées » qui ont débuté lundi à Perpignan et à Canet-en-Roussillon.
La nuit du 11 au 12 novembre, dans les environs de Villeparisis, nous avons incendié une antenne-relais Orange/SNCF.
Alors que ce jour, l’armistice était fêté cérémonieusement, nous avons voulu apporter une contribution à la seule guerre qui vaille: celle contre la domination.
Aux côtés de ceux qui luttent contre la paix sociale
Un.e ami.e qui habite avenue de la Vaîte a remarqué jeudi une grosse trace noire sur le bitume, précisément à l’endroit même où un utilitaire de la mairie était garé la veille au soir.
Un.e autre pote, qui a l’habitude de passer du côté du quartier Battant/Marulaz, est carrément tombé.e nez à nez avec une voiture entièrement calcinée devant le CCAS, au bout de la rue de Vignier. Là encore, il s’agissait de la seule voiture de l’organisme qui était garée toujours au même endroit.
En remontant en direction de la place Siffert et de la rue de Dole, un dépanneur remorquant une voiture légèrement brûlé sur un côté est passé peu après. La personne ignore par contre s’il y en avait d’autres.
Entre le 23 novembre et le 7 décembre, nous lançons un appel à l’organisation d’actions autonomes pour arrêter la construction de la nouvelle prison pour migrant.e.s à Laval.
Sous prétexte d’améliorer les conditions de détention des migrant.e.s, l’ASFC (Agence des services frontaliers du Canada) a reçu un énorme budget gouvernemental pour développer des « alternatives » à la détention and pour construire deux nouvelles prisons pour migrant.e.s. Alors que l’état décrit son projet avec des mots comme « plus humain » et « alternatives », nous savons que tout cela est simplement une expansion de la prison et des systèmes frontaliers. Les soi-disant « alternatives » et les nouvelles prisons visent le même objectif : accroître la capacité de contrôle frontalier et de surveillance de l’immigration de l’ASFC, d’emprisonner et de déporter des migrant.e.s et d’arracher des personnes à leurs familles et à leurs communautés. L’une de ces prisons sera construite à Laval sur le terrain appartenant au Service correctionnel du Canada et remplacera apparemment le centre de détention pour migrant.e.s existant. Deux firmes d’architecture ont été engagées pour réaliser ce projet : Lemay (à St-Henri, Montréal) et Groupe A (à Québec). Les travaux ont déjà commencé sur le site de la future prison.
Nous savons que les frontières sont des zones de conflits. La montée globale de mouvements d’extrême droite fasciste ouvre la voie à une violence et une répression intense à l’égard des migrant.e.s. En ce moment, une caravane de migrant.e.s qui compte entre 5 000 et 7 000 personnes est en train de faire son chemin à travers les Amériques. Des personnes faisant face à des conditions désastreuses n’ont eu d’autre choix que de quitter leur maison pour affronter l’incertitude d’ailleurs. Ce mouvement de gens a suscité l’imaginaire réactionnaire des nationalistes blancs et de l’extrême droite. Trump a déployé des troupes à la frontière entre les États-Unis et le Mexique et a promis d’utiliser la force militaire si un.e seul.e migrant.e jette ne serait-ce qu’une roche au personnel militaire. Pendant ce temps, le Canada continue à emprisonner des migrant.e.s indéfiniment, tout en prétendant construire des centres de détention plus « humains ». Beaucoup sont mort.e.s dans les prisons canadiennes pour migrant.e.s et le Canada prévoit augmenter son taux de déportations de 25% à 30%.
La nouvelle prison pour migrant.e.s ne peut être dissociée du rôle des pénitenciers canadiens dans l’emprisonnement des peuples autochtones résistant à la colonisation depuis des siècles. La nouvelle prison pour migrant.e.s ne peut être dissociée des premières prisons qui enfermaient les personnes noir.e.s résistant à l’esclavage, et de celles qui continuent de les emprisonner à des taux élevés aujourd’hui. Nous pensons à toutes les personnes qui sont mort.e.s en prison et qui continuent de mourir et à toutes les personnes qui résistent aux prisons du monde entier. Inspiré.e.s par les gens qui traversent les frontières dans la caravane de migrant.e.s, par la grève de la faim menée par des migrant.e.s à Lindsey en Ontario pour résister au Cadre national en matière de détention liée à l’immigration (CNDI), par les émeutes des prisonnier.e.s contre les conditions horribles au Centre correctionnel de Baffin, par la récente grève des prisonnier.e.s de 2018 et par la solidarité que cela a suscité à travers le continent, nous lançons un appel à l’organisation d’actions autonomes, du 23 novembre au 7 décembre, pour arrêter la construction de cette prison pour migrant.e.s.
Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.
Depuis plusieurs semaines, un appel circulait sur différents sites (Paris-Luttes, Démosphère) et via Facebook à manifester le vendredi 23 novembrendevant le centre de rétention de Vincennes, la prison spéciale pour les étrangers et étrangères décrété·e·s en situation irrégulière. Il était indiqué, je cite : «La marche partira du ministère de l’Intérieur, direction de l’immigration dans le 20e arrondissement et une fois arrivée aux portes du Centre de Rétention de Vincennes, un parloir sauvage se fera avec des détenu·e·s de Vincennes mais aussi du CRA du Mesnil-Amelot parce qu’il n’y a pas de nous sans eux ni elles.»
Quittant mon travail à 17h30, je suis directement allée devant le centre de rétention, point d’arrivée, annoncé de la manifestation. Sur place j’ai retrouvé une autre personne, un camarade s’étant comme moi rendu directement sur place. Sur place justement aucun signe d’activité inhabituelle des flics: les rondes de routines des flics à chien, le balai des voitures entrant et sortant, emmenant de nouveaux prisonniers à l’intérieur ou vers les aéroports pour être monté de force dans un avion ou pour je ne sais où.
Au bout d’un petit moment dans le froid, l’un de nous décida de joindre une amie qu’il pensait être à la manifestation. Quelle ne fut pas notre stupeur d’apprendre alors que lors d’une AG qui s’était tenue quelques jours auparavant à l’initiative de La Chapelle debout, l’objectif de la manif avait été changé et qu’il avait été décidé d’occuper le musée de l’immigration! L’objectif de manifester devant le centre de rétention avait apparemment été laissé publiquement pour faire figure de leurre pour les pandores. Manque de «chance» (enfin d’intelligence devrais-je dire), le nouvel objectif ayant été discuté et annoncé publiquement, personne n’a évidemment pu entrer dans le musée de l’immigration et bien sur aucun renfort de police n’avait été placé devant la prison, l’État étant parfaitement au courant que cet objectif annoncé ne serait même pas approché.
Plusieurs questions se posent face à cela :
– la pertinence d’aller occuper le musée de l’immigration dans une lutte qui affirme que les centres de rétentions doivent fermer
– l’irresponsabilité de gens qui n’hésitent pas à donner des rendez-vous publics sachant qu’ils ne seront pas honorés (on imagine qu’au moins une ou deux personnes auraient pu aller sur place pour informer les égaré.e.s dont j’ai fait partie).
Mais aussi et surtout la question de savoir comment on peut instrumentaliser la question de l’enfermement des personnes dites sans papiers pour mener une action symbolique devant un endroit qui ne représente rien pour la majorité de celles et ceux qui risquent de se retrouver enfermé·e·s dans un centre de rétention? En effet, comment peut-on imaginer que c’est en occupant des lieux culturels que l’on construira un rapport de force menant à la destruction (par voie légale ou par une autre voie) de ces prisons? Comment envisager que cette lutte se mène sans considérer les premiers et premières concerné·e·s, les personnes enfermé·e·s donc, comme des acteurs et actrices à part entière des luttes et pas seulement comme des victimes?
En 2007-2008 une lutte importante s’est déroulée dans les centres de rétention, lutte qui a été illuminée par la destruction totale ou partielle de plusieurs centres par les enfermé·e·s eux/elles-mêmes. Lors de cette période des liens très forts existaient entre l’intérieur et l’extérieur et très régulièrement des manifestations se déroulaient devant les centres. Les flics essayaient par tous les moyens d’empêcher les manifestant·e·s d’approcher des prisons et de mener des notamment des parloirs sauvages car ils savaient que cela attisait la révolte à l’intérieur. (Cette lutte a été racontée dansun livre en libre accèssur internet).
En janvier la rétention va passer à 90 jours, trois mois d’enfermement donc pour le fait d’être décrété·e et maintenu·e en situation dite «irrégulière» par l’État français, et des lois de plus en plus répressives se mettent en place pour empêcher la libre circulation et installation des personnes décrétées indésirables parce que nées trop pauvres ou nées dans un pays où un·e voyageur·euse dont les ressortissant·e·s ne constituent pas des cibles pour les agences touristiques. Il va donc falloir se poser collectivement des questions sur ce qu’on peut faire ou pas pour éviter que les «Il n’y a pas de nous sans eux ni elles» et «Les CRA sont des prisons, ils doivent fermer! (citations des appels à manifester du 23 novembre par La Chapelle debout) ne soient pas juste des mots d’ordre politiciens pour des personnes pour lesquelles la question de la liberté de circulation et d’installation et des centres de rétention sont un moyen d’exister politiquement.
Une pour la liberté totale de circulation et d’installation.
Dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 novembre à Saint-Quentin-Fallavier (Isère), un incendie volontaire a visé le parc de véhicules d’un site de La Poste, rue de Savoie.
L’incendie s’est déclaré peu avant 2 heures du matin sur ce site équipé de caméras de surveillance. Les flammes ont entièrement détruit trois véhicules de La Poste. Six autres voitures de l’entreprise ont été endommagées. Une enquête de gendarmerie a été ouverte, confiée à la brigade de La Verpillière.