Vive l'Anarchie - Semaine 47, 2019

Sommaire

Centre pénitentiaire de Nantes : Il saute par la fenêtre du QPA et s’envole

Publié le 2019-11-26 14:04:17

Ouest-France / lundi 25 novembre 2019

Ce lundi 25 novembre 2019, aux alentours de 14 h 30, un détenu s’est évadé du quartier pour peines aménagées (QPA), à Nantes, selon le syndicat pénitentiaire Force Ouvrière.

Ce détenu est âgé de 35 ans. Libérable en septembre 2020, il était revenu dimanche soir de permission avec 17 grammes de stupéfiants. Sentant sa réintégration à la maison d’arrêt approcher, ce détenu « a préféré s’échapper », précise le syndicat.
« Il a donc dégondé sa fenêtre et sauté du premier étage avant d’escalader le grillage d’enceinte à l’arrière des bâtiments, raconte FO. Malgré une grande réactivité de l’ensemble des personnels et un déclenchement quasi instantané de l’alarme, ce délinquant est parvenu à s’échapper et à l’heure actuelle les forces de l’ordre le recherchent, aidées d’un hélicoptère pour survoler les bois ».
Le syndicat craint que ce type d’événement devienne « plus fréquent » en lien avec la volonté du gouvernement de développer ces établissements à sécurité allégée. « Pour rappel, la dernière évasion remontait à octobre de l’année dernière », précise FO pénitentiaire. Une autre avait déjà eu lieu en mars 2018.  […]

Allô, diocèse de nantes, c’est pour une coupure d’électricité !

Publié le 2019-11-26 14:04:19

Tout cela avec la « bienveillante » participation d’enedis encore une fois!
Pour rappel, c’est bien le Diocèse qui fait preuve de mauvaise foi (!) puisque les occupant.e.s ont dès leur arrivé sollicité la signature d’un bail précaire, pour que l’occupation soit plus profitable à tous.tes !

N’hésitez pas aller voir la page de la Maison du peuple de Nantes pour connaître leurs besoins !

Pourtant, le Diocèse de Nantes se dit proche des pauvres ! Il consacre même une journée à cela, et c’est bientôt ! 

https://diocese44.fr/agenda/journee-de-formation-une-eglise-pauvre-avec-les-pauvres/

Merci à vous tous.tes !

Larissa (Grèce) : Rassemblement devant la prison, en solidarité avec Vangelis Stathopoulos

Publié le 2019-11-26 14:05:08

Act for freedom now! / mardi 26 novembre 2019

Aujourd’hui [dimanche 24 novembre, NdAtt.], à midi, une vingtaine de compas de Larissa et de Thessalonique sont venu.e.s devant la prison de Larissa, où Vangelis Stathopoulos a récemment été transféré. Pendant que les flics rattrapaient leur retard de sommeil et malgré la pluie, nous sommes resté.e.s quelque temps devant les ailes arrières, en criant des slogans solidaires et en envoyant de la force à ceux qui sont derrière les murs.

Personne n’est seule face à l’État et ses chiens.
Tant qu’existera la haine, il y aura vie ; feu à toutes les prison.
Jusqu’à la liberté !

Chili : contre la paix sociale

Publié le 2019-11-26 17:03:13

Infrastructures critiques.

A Collipulli mercredi 20 novembre, une manifestation contre le projet de barrage hydro-électrique Agua Viva sur le fleuve Río Renaico se termine par des affrontements avec les carabineros, et le saccage des bureaux de la compagnie d’électricité Frontel (groupe Aesa, Sociedad Austral de Electricidad). A Tocopilla le 21 novembre vers 21h, une centaine d’émeutiers attaquent la centrale thermique d’Engie après avoir démonté son grillage, saccageant des installations et incendiant une salle de réunion ainsi que deux véhicules sans réussir à ce qu’il touche la partie critique de cette infrastructure.
Dimanche 24 novembre, Piñera en visite à l’école des sous-officiers des carabiniers a annoncé qu’entre le retour de récents retraités et la sortie anticipée de jeunes recrues des écoles de formation, ce sont 4.354 carabineros supplémentaires qui vont renforcer dès décembre les effectifs actuels. De plus, la Présidence va envoyer ce mardi un projet de loi urgent au Congrès afin de permettre à l’armée de ressortir des casernes sans avoir besoin de décréter l’état d’urgence, en protection de plusieurs types d' »infrastructures critiques«  (centres de fourniture d’électricité, de gas et d’eau, structures de communication et d’internet, commissariats de police et peut-être centres de transport comme les métros ou les aéroports), ceci permettant en outre d’affecter dans la rue les carabineros détachés à cette surveillance. Enfin, Piñera a précisé lors de cette visite que le Chili a demandé l’assistance internationale de spécialistes policiers en provenance d’Espagne, d’Angleterre et de France, « pour enrichir la stratégie et le processus opérationnel afin d’améliorer les mécanismes de contrôle de l’ordre public« , par le biais de leur coopération au sein de la Banque Interaméricaine de développement (BID).
Ce qui est frappant dans ce miroir inversé tendu par le pouvoir, c’est qu’il pointe la course de vitesse engagée contre les révolté.e.s : d’une part tenter de reprendre le contrôle de la rue quantitativement avec beaucoup plus de carabineros (plus 10% d’augmentation des effectifs avec ces mesures) et qualitativement en expérimentant de nouvelles tactiques issues des services contre-insurrectionnels européens, d’autre part en souhaitant protéger à tout prix (avec l’armée donc) des structures cruciales dont l’économie chilienne est dépendante, l’énergie, les télécommunications et les transports. Des infrastructures jusqu’à présent peu touchées par les incontrôlés dans cette révolte qui se concentre plus sur les commerces et les bâtiments d’Etat (sauf le métro de la capitale, mais qui refonctionne à présent aux 2/3, et quelques antennes de téléphonie mobile), et qui si elles venaient à être atteintes pourraient peut-être provoquer un basculement vers une possibilité insurrectionnelle. Au Chili, l’économie ce sont bien sûr au nord les mines de cuivre, au centre le port de Valparaiso ainsi que le vin ou les avocats, et au sud l’agro-industrie forestière ou les élevages industriels de saumon, mais c’est également tout un ensemble d’industries intermédiaires. Lundi 25 novembre, à force d’incendies depuis plus d’un mois, l’un d’eux est presque passé pour un banal fait divers. C’est pourtant rien moins qu’un énorme complexe chimique de fabrication d’huiles industrielles qui a pris feu à Lampa vers 2h30 du matin au nord-ouest de Santiago, dans la zone industrielle de Valle Grande (qui compte près de 800 entreprises). Dix énormes cuves d’acétylène (30 000 litres) ont pris feu, dont l’une a explosé, et 1700 barrils d’huile ont aussi été incendiés, détruisant au passage deux entreprises de transport adjacentes. Près de 200 pompiers ont travaillé pendant dix heures d’affilée, les écoles alentours de Lampa et de Colina ont été fermées, et les causes demeurent bien entendu inconnues pour l’instant. Faire cesser de nuire ce genre de Seveso sur pied comme toute autre zone industrielle ou commerciale peut passer par des inondations ou des incendies, au Chili comme ailleurs, mais aussi justement par des sabotages des flux d’énergie et de télécommunication dont elles ont tant besoin. Ces flux que le pouvoir entend très rapidement faire surveiller par l’armée, pour ne pas que la situation devienne totalement incontrôlable et risquer de perdre beaucoup plus que ce qui a été touché jusqu’à présent par cette révolte.

Attaques diffuses.

Jeudi 21 novembre, à Antofagasta au milieu d’affrontements, pillage de six magasins (dont Abcdin, une pharmacie Salcobrand, la boutique locale d’articles Sportiva), sans compter celui jeudi soir du supermarché Jumbo au nord de la ville. Pendant près de quatorze d’heures d’affilée (de 13h jusqu’à 3h du matin), le commissariat de la zone nord a également été attaqué par une foule de 700 personnes avec pierres (alimentées par le travail de marteaux et burin aux alentours), molotovs, armes à feu artisanales : 26 flics blessés, 10 véhicules garés à l’intérieur (trois de patrouille et sept personnels) détruits et leurs bâtiments sévèrement endommagés. A Los Andes (Valparaiso), pillage du bâtiment de la Mutual de Seguridad (mutuelle du BTP) et incendie après pillage du magasin d’accessoires automobile AutoPlanet. A Talagante, la mairie est entièrement saccagée. A Quilicura (Santiago), le centre commercial Arauco (mall), dénoncé comme centre de torture est attaqué par 300 personnes puis une partie pillée et incendiée (7 boutiques et leur structure), et à San Bernardo c’est un bus du Transantigao qui part en fumée. A Coquimbo, une annexe de l’hôpital San Pablo est pillée puis incendiée, notamment ses bureaux administratifs de financement et fournitures, ainsi que les services de soins dentaires et d’infectiologie, pour en dérober les médicaments spécialisés. A Arica, incendie d’une station service Petrobras. A Valparaiso, incendie du concessionnaire automobile Hernández Motores avec des pneus, et pillage d’une armurerie contenant des articles de chasse (sans les armes à feu, retirées par précaution par le proprio). A Coronel, suite à de nouveaux pillages dans le centre commercial Mall Paseo Arauco, ce sont désormais 27 boutiques qui ont été « vandalisées » en tout, plus 12 nouvelles jeudi soir, cette fois dans le centre commercial Paseo Montt. A Iquique, saccage de la mairie, et ravages/pillages d’une agence de la Banco Santander, de la caisse de retraite AFP Provida, d’une agence de complémentaire santé (Isapre) Cruz Blanca. A Puerto Montt, pillages des supermarchés Santa Isabel et Líder, à Quilpué d’un supermarché Santa Isabel, et saccage des bureaux du ministère du logement (Serviu) à San Antonio. A Rancagua, une succursale de la Banco Estado est incendiée, et de nombreux commerces perdent leurs vitres (dont la préfecture régionale, une banque Santander et une station service Shell).

Selon le ministère de l’Intérieur qui a qualifié la journée de jeudi de « la plus violente depuis l’accord pour la paix » (du 15 novembre entre dix partis de gauche et de droite), il y a eu 104 carabineros blessés et 54 zones de pillages à Tarapacá, Antofagasta, Coquimbo, Valparaíso, les région de Biobío de la capitale, ainsi que des attaques (vitres brisées ou saccages) contre les préfectures de San Antonio et Osorno, les bureaux du procureur de Chillán. Enfin, il y a eu 21 attaques de commissariats de police (généralement pierres et molotovs), dont à Iquique, Pozo Almonte, Tocopilla, Antofagasta (2), Chañaral, San Antonio, San Felipe, et dans la région de Santiago à Peñalolén, Pudahuel, Cerro Navia, Malloco, Puente Alto (2), San Miguel, Huechuraba, Padre Hurtado (2), Talagante, et Quilicura.

Vendredi 22 novembre, incendies à quatre reprises qui ravagent la partie en travaux du centre culturel Gabriela Mistral (GAM) à Santiago (plus des pillages d’outils et le saccage de tableaux électriques du chantier) ; saccage de la préfecture régionale de Coyhaique dont le mobilier sert aux barricades ; incendie de la Chambre de Commerce et des bureaux du centre d’affaires (Sercotec) à Talca, dont le mobilier est incendié dans la rue ; incendie de l’usine de saucisses Satorres à La Cisterna ; pillage d’un supermarché Santa Isabel à Temuco (22 arrestations) ; pillages à Maipú (Santiago) d’une agence Banco Estado, d’un supermarché Santa Isabel et d’un magasin de téléphonie mobile WOM. Signalons aussi ce maginifique « saisir l’occasion« , puisqu’à Maipú peu avant minuit, alors que des affrontements se produisaient aux alentours comme très souvent depuis quatre semaines, un groupe d’inconnus a littéralement dévalisé une agence de la Banco Estado, en utilisant un chalumeau oxy-acétylène pour percer son coffre fort : 16.000 dollars en espèce, 3.800 euros et 150 millions de pesos chiliens (soit 190 000 dollars), plus deux fusils des vigiles privés ont été dérobés. Pillage d’une station-service Petrobras à Puente Alto (Santiago) et d’un magasin de chaussures Bata parmi une dizaine de pillages à Concepción. A Iquique, pillages d’une station service Petrobras, d’un supermarché Jumbo, saccage dune boutique de téléphonie Entel, d’une pharmacie Cruz Verde et d’un McDonalds. En tout, sept nouveaux commissariats ont été attaqués à Santiago et dans les villes de La calera (centre), Bulnes et Los Ángeles (sud).

Samedi 23 novembre. Incendie d’un bus du transantiago à Pudahuel (Santiago) ; à l’aube en zone mapuche, trois engins forestiers de l’entreprise Forestal Mininco partent en fumée à Trovolhue (Carahue) ; incendie nocturne à l’intérieur d’une Banco de Chile et d’un magasin de chaussures à Talca, et pillage d’une agence de crédit Copeuch ; incendie d’un atelier mécanique avec les véhicules en réparation à l’intérieur à Puerto Montt ; incendie de l’ancienne caserne de carabiniers à Curanilahue ; pillages d’une pharmacie Cruz Verde à Santiago, d’un commerce Telepizza à Villa Alemana (Valparaíso). Attaques de comicos à Huechuraba, Pudahuel et Padre Hurtado (grand Santiago) et de la préfecture à El Loa (Antofagasta).

Dimanche 24 novembre. A San Ramón (Santiago), incendie nocturne du bâtiment administratif de la compagnie d’életricité Enel, plusieurs fois pillé depuis le 18 octobre ; à Puente Alto, incendie nocturne de l’hypermarché Acuenta ; à Punta Arenas, l’entrée du siège du député (de gauche) Gabriel Boric se mange un molotov ; à La Granja, jets de molotovs contre le collège Malaquías Concha ; à Cachapoal, destruction des vitres de la préfecture régionale, et des comissariats attaqués à Huechuraba, Padre Hurtado, Peñalolén et Pudahuel (où un carabinier a été blessé par une balle qui a traversé son visage pour se loger dans la zone paravertébrale. Elle y était toujours, 24h plus tard).

Répression.

Pour donner un exemple des enquêtes qui se poursuivent chaque jour par des incarcérations liées aux enquêtes : un homme de 26 ans est incarcéré pour un des sept incendies de l’immeuble de bureaux Caja Los Andes à Concepción, celui du 25 octobre qui a consummé trois étages (notamment sur la base de vantardises sur Whatsapp et de caméras internes de vidéosurveillance) ; trois étudiants sont incarcérés pour l’incendie de deux cabines du péage de Teno (région du Maule) du 28 octobre. Des cas d’attaques contre les émeutiers se produisent également régulièrement, citons-en deux connus : à Reñaca (Viña del Mar) le 10 novembre, l’universitaire libertarien nord-américain John Cobin bloqué dans sa camionnette a refusé le « el que baila pasa » en vigueur depuis le début du mouvement (« celui qui danse peut passer« ) et tiré avec son fusil dans la foule vêtu du gilet-jaune des citoyens-flics chiliens, blessant une personne à la jambe (Cobin est depuis en préventive) ; à Antogasta le 21 novembre, un commerçant a foncé à toute allure avec sa voiture dans la foule de manifestants, faisant 9 blessés (il est en préventive). Enfin, autre nouveauté répressive, lundi 25 novembre la municipalité de Concepción vient d’annoncer l’embauche de 50 gardes privés pour « assurer la sécurité des commerces« .

Des chiffres.

Selon les pompiers de Concepción, ils ont dû effectuer près de 117 sorties pour des incendies depuis le 18 octobre, tandis que les services municipaux de la ville ont déclaré avoir retiré 700 tonnes de décombres suite aux attaques depuis cette date. Le 23 novembre, le parquet national a également fournit ses comptes : 17.434 personnes poursuivies pour des délits de désordre, violence et pillage, soit une augmentation de 72% par rapport à 2018. Sur ce nombre, 1.431 personnes sont incarcérées en préventive et 15.481 sous contrôle judiciaire (interdictions de sortir du territoire, de paraître dans des lieux, etc). Une enquête annuelle de Medbelle sortie ce dimanche et portant sur 50 pays a comparé le prix de 13 médicaments usuels (de la Ventoline pour l’asthme au Lantus pour le diabète en passant par le Prozac ou le Xanax). Concernant le Chili, où la population est non seulement pauvre mais en plus mal couverte (et sans même compter le coût des transports ou les différences de revenus), elle a conclut que ces médicaments y sont vendus 32% plus chers que la moyenne mondiale (avec des pointes à +400% pour certains d’entre eux, alors que dans d’autres pays comme par exemple la Thaïlande, le Kenya ou la Malaisie ils sont environ 90% moins chers que la moyenne mondiale). Vendredi 22 novembre, sont également sortis des bilans du côté du ministère de l’Intérieur, qui a chiffré à 4.100 le nombre de pillages depuis le début de la révolte (dont 45% dans le grand Santiago), le nombre de manifestations à 1.073, et celui de ses commissariats attaqués à 154.
Côté sondages, le président Piñera a désormais atteint la côte de popularité la plus basse depuis qu’ils existent (12%), tandis que 67% des sondés souhaitent toujours que la mobilisation continue. Et enfin, dernier chiffre : une grande partie des 110 000 jeunes nés en 2001 (donc âgés de 18 ans) et tirés au sort pour compléter les engagés volontaires ont fait de gigantesques queues toute la semaine au cri de de « ¡No queremos ser milicos! » devant les centres de recrutement de l’armée, dans l’espoir d’être exemptés du service militaire. Cette année, les militaires ont tiré au sort près de 95% des non-volontaires de cette classe d’âge pour compléter leurs effectifs, vu que le nombre de recrues volontaires annuel a chuté de 30 000 en 2006 à 13 000 en 2018 (et 8 900 en octobre), sans compter les 56 000 insoumis comptabilisés en 2015, qui ne s’étaient même pas présentés depuis plusieurs années à la caserne pour tenter d’être exemptés (en arguant être chargé de famille, faire des études, avoir une incapacité physique, etc.). Beaucoup trop d’insoumis en tout cas pour être tous poursuivis, si bien qu’en juin 2019 le parquet national a tout simplement décidé de clôre 21.500 dossiers de plaintes à ce titre. Gageons que cette année le nombre de réfractaires et d’insoumis au service militaire sera un peu plus nombreux que d’habitude, puisqu’il a suffi à tout un chacun d’ouvrir les yeux pendant la semaine de l’état d’urgence où ils ont géré l’ordre public fin octobre pour se rendre compte de la fonction réelle de ces assassins, tortionnaires et violeurs en uniforme : faire régner le terrorisme d’Etat contre la population civile, y compris à l’intérieur des frontières…

Politicailleries.

Ce lundi se réuniront les partis d’opposition et du gouvernement dans le cadre de la commission technique qui travaille sur le processus constituant (composée de 7 représentants de chaque bord) : les débats portent sur l’abaissement du droit de vote à 16 ans, la parité, la représentation des « peuples originaires » (vers un quota de 10% de délégués à la convention constitutionnelle) et le vote obligatoire, celui des chiliens établis à l’étranger, le nombre de sièges et l’intégration institutionnelle au processus des partis indépendants, des cabildos et des assemblées de quartier. De plus, la commission des lois constitutionnelle de la chambre des députés vient d’approuver à l’unanimité des partis la proposition de baisse de 50% du salaire des parlementaires et de toutes les autorités (juges, préfets, etc.), qui devra par la suite être approuvée aux 3/5e par les députés. En face, le parti communiste et quatre autres satellites qui ont refusé l' »accord pour la paix sociale et la nouvelle constitution » du 15 novembre, vient de proposer son alternative dimanche 24 novembre. Nommée « Acuerdo Soberano » (accord souverain), son idée est de proposer une troisième possibilité lors du référendum d’avril 2020, à savoir une future Assemblée constituante souveraine où les représentants d’assemblées de quartier et les « dirigeants sociaux et syndicaux » pourront êtte candidats. Si le charme des bureaucraties staliniennes est de ne pas changer en tentant de promouvoir leurs propres « dirigeants« , le parti communiste chilien s’inscrit clairement dans le même cadre que tous ses concurrents, à savoir tenter de sauver les meubles et de faire avancer son propre agenda politique sur le dos d’une révolte autonome sans leaders ni partis. Dans le même genre, on peut souligner le sale travail des ONG et associations de quartier, qui montent un peu partout des ateliers et sessions citoyennes pour former la population à s’approprier et réviser la Constitution, ou encore cette brochette de huit bouffons « experts de la société civile » qui constituent le Conseil d’Observateurs qui va superviser la consultation internet nommée « El Chile que queremos » (le Chili que nous voulons) lancée le 23 novembre par le Ministère du développement social. On notera enfin que l’ex-ministre des Affaires Etrangères puis de l’Intérieur des gouvernements Bachelet et désormais sénateur PS, José Miguel Insulza, a comme d’autres politiciens ces derniers jours été pris à partie dans la rue aux cris de « traitre« . Il avait déclaré au début du mouvement « Je suis partisan de réprimer avec énergie la tentative de sauter par-dessus les tourniquets pour ne pas payer« , ce qui lui a valu à Arica ce week-end d’être recouvert de peinture, insulté et chassé de la rue.

Syndicailleries.

Une nouvelle journée de grève générale est prévue mardi 26 novembre, à l’appel du bloc syndical de la « Mesa de Unidad Social« , approuvée par les syndicats de la santé, de l’éducation, des ports et transports. Convoqués vendredi par le ministère de l’Intérieur pour dialoguer avec la Présidence, plusieurs dirigeants syndicaux ont d’ores et déjà accepté l’invitation, puisque négocier pour cogérer l’existant est leur fonction. Comme leurs collègues des partis politiques de gôche l’avaient fait avant eux pour pouvoir enfin s’asseoir à la table des négociations, ils ont d’abord dû rallier le mot d’ordre du pouvoir, inscrit jusque sur le site officiel de la police chilienne (PDI) : « Nous lançons un appel à la paix sociale. Parce que nous aimons le Chili, nous arrêtons la violence« .
Esmeralda Contreras, présidente à Iquique du syndicat CUT, a par exemple déclaré ceci dans une interview au journal La Estrella du 23 novembre : « en tant que Mesa de Unidad Social, nous faisons des manifestations en plein jour, à visage découvert, où participent les travailleurs, et ceci depuis le début. En tant que Mesa, et je le dis de façon responsable, nous n’avons participé à aucun type de pillage ou de vandalisme ou autres qui ont détruit la ville, qu’en tant qu’habitants d’Iquique nous aimons« . Son collègue Patricio Llerena, responsable du syndicat de fonctionnaires ANEF, a rajouté : « ceux qui détruisent ne sont et n’ont jamais fait partie de nos manifestations« . Du côté des autres syndicats, comme la CAT (Central Autónoma de Trabajadores, équivalent de la CFDT), la CTCH (Central de Trabajadores de Chile, une scission de la CUT fondée en 2018 par son ancien président) et l’UNT (Union Nacional de Trabajadores de Chile, équivalent de la CFTC), heureux hasard du calendrier, ils ont signé le lundi 25 novembre une déclaration conjointe avec des représentants patronaux disant explicitement ceci : « Face à la persistance et à la gravité des actions violentes menées par des groupes délinquants et antidémocratiques, les centrales syndicales du secteur privé, les associations patronales des PME et les patrons qui composent le Foro Trabajadores-Empleadores [Forum travailleurs-patrons] en appellent au gouvernement, à l’opposition, au pouvoir législatif, aux policiers, aux procureurs et aux juges pour prendre urgemment toutes les mesures nécessaires qui permettent d’éradiquer la violence et la délinquance, de garantir l’ordre public et la sécurité… Nous nous joignons avec conviction et un sentiment d’urgence à l’Accord pour la paix, la démocratie et contre la violence. »
Tous ces discours ont été très bien enregistrés, puisque le Président de la chambre des députés Iván Flores (de la démocratie-chrétienne, DC) a proposé ce même lundi d’associer les syndicats au pacte d’unité nationale des partis contre la révolte en ouvrant des négociations avec eux, exposant que « nous devons séparer le juste mouvement social des actes de terreur liés au vandalisme. La question est que tant que nous ne donnons pas de réponses aux demandes sociales, nous ne pourrons attaquer les faits de violence, c’est-à-dire les isoler avec clarté et sans ambiguités ». Un point qui a également fait sortir de son silence le syndicat des patrons regroupant les industries du pays (SOFOFA), toujours ce même jour, pour appuyer l’ « accord pour la paix » des partis et proposer de le compléter par un « accord contre la violence« , soit « contre la délinquance, contre le vandalisme et contre la violence organisée« . Parlait-il là de la violence organisée du plus froid des monstres froids et du terrorisme d’Etat ? Pas du tout, puisque le syndicat des patrons précise plus loin dans son communiqué signé par une quarantaine de ses membres, secteur par secteur, qu’il appuie « le renforcement des capacités des forces de l’ordre et de sécurité, comme les possibilités de collaboration des forces armées dans la surveillance des infrastructures critiques du pays« .

Au final, quand une révolte généralisée commence à durer et à ouvrir des espaces de rupture, quand elle commence à faire vaciller l’ordre en place, on voit avec la situation brûlante au Chili comment la main droite et la main gauche de l’Etat peuvent soudain passer outre leurs menues différences, comment les représentants des exploiteurs et des exploités trouvent très vite un terrain d’entente. Tout, oui tout trouve alors grâce à leurs yeux, même des appels à une sanglante répression à peine voilée de façon orwelienne sous le mot « paix ». Tout, pourvu que les chaînes de la misère et de l’oppression garanties par le joug de l’Etat continuent de nous asservir. Tout, pourvu que la guerre sociale ne prenne pas le dessus sur la paix des marchés et des casernes. Comme le disait un vieil anarchiste, les partis politiques et les syndicats ne sont pas des traitres, ils font simplement leur travail au service de la domination, qui n’est jamais si précieux que lorsque celle-ci se trouve en difficulté… c’est à nous de faire le nôtre pour précipiter sa chute.

Reste également une question de poids. Combien de temps une révolte autonome de cette ampleur peut-elle durer sans procéder à de nouveaux approfondissements destructifs ? De quels espaces doit-elle s’emparer face à une hausse annoncée de la répression et à ces tentatives d’isolement ? Peut-elle rebondir une fois de plus et trouver des souffles nouveaux et inédits, y compris à l’aide de contributions extérieures qui viendraient l’appuyer ou l’alimenter ? En ce sens, l’explosion sociale qui secoue la Colombie voisine depuis trois jours est une nouvelle réjouissante. N’est-ce pas d’ailleurs à chacun.e, ici aussi, d’y mettre du sien ? Et ce ne sont pas les cibles qui manquent, par exemple celles qui remplissent déjà les vastes chronologies de la révolte au Chili, ou d’autres encore qui pourraient peut-être amplifier ou nourrir son imaginaire dans un dialogue passionnant, enflammé et solidaire…

 

Précédents aperçus :

Chili : révolte incendiaire et état d’urgence, 19 octobre
Chili : étendre le feu plutôt que le couvrir, 21 octobre
Chili : 3e nuit d’émeutes sous couvre-feu, 22 octobre
Chili : détruire ou réformer l’existant, 23 octobre
Chili : la grève n’éteint pas les feux de la révolte, 24 octobre
Chili : contre tout retour à la normale, 25 octobre
Chili : rien n’est fini !, 27 octobre
Chili : contre tout pouvoir, 29 octobre
Chili : l’oasis sent encore le brûlé, 1er novembre
Chili : la révolte continue de plus belle, 10 novembre
Chili : danser avec les flammes, 15 novembre
Chili : un mois de révolte sans leaders ni partis, 21 novembre

Toulouse et agglomération creilloise (Oise) : La bataille pour les retraites commence au lycée

Publié le 2019-11-26 17:03:16

France Bleu / lundi 25 novembre 2019

Pourquoi un tel grabuge devant le lycée Raymond-Naves, ce lundi 25 novembre ? Environ 150 personnes mobilisées, pour la plupart scolarisées dans l’établissement, peu avant 8h. Au moins une poubelle et un container incendiés. Pompiers et policiers obligés d’intervenir. De nombreux tirs de projectiles vers les forces de l’ordre, un policer légèrement blessé à la main, et sept jeunes de 14 à 18 ans interpellés.

Le blocus annoncé n’a pas vraiment eu lieu et les élèves ont pu aller en cours, et le calme est revenu devant l’établissement en début d’après-midi.
Des appels à se mobiliser devant le lycée ce lundi matin tournaient sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours. Pour Zoé, élève de seconde à Raymond Naves, c’est un avertissement avant le mouvement de grève nationale du 5 décembre. […]

*****

Bassin creillois (Oise) : Les jeunes déters

Le Courrier Picard / lundi 25 novembre 2019

Le mot d’ordre était de bloquer les lycées de toute l’agglomération creilloise. Sur les réseaux sociaux, « une minorité d’individus », selon une source policière, appelait à se rassembler dès 7 heures, ce lundi 25 novembre.

À Nogent-sur-Oise, la police municipale avait mis un dispositif en place très tôt aux abords du lycée Marie-Curie. À 150 mètres de là, une poubelle a été brûlée et une voiture de la police municipale caillassée. Selon les forces de l’ordre, une vingtaine de jeunes étaient munis de bâtons et portaient des cagoules. […]

Vers 9 h 30, les fauteurs de trouble ont pris le bus en direction de Creil et Montataire afin de rejoindre les mouvements sur ces deux communes. Une cinquantaine d’individus devant le lycée André-Malraux de Montataire ont cassé un abribus, caillassé une voiture de police et brûlé le véhicule d’un particulier. Les malfaiteurs ont été dispersés par la police nationale. Quatre d’entre eux ont été interpellés et placés en garde à vue.

Avant la grève du 5 décembre, débarrassons-nous des trottinettes !

Publié le 2019-11-27 09:52:08

En vue de la grève du 5 décembre, qui va sûrement paralyser les centres-villes, il serait bon de se débarrasser des moyens d’uber-transport qui occupent les espaces publics et qui exploitent les travailleur·euse·s. Une petite touche de peinture suffit pour lutter contre les trottinettes électriques et leur monde !



Avant la grève, appel du collectif En marche à pied au sabotage des trottinettes !

Le 5 décembre, une grève massive va avoir lieu dans toute la France. À Paris, le secteur des transports va être particulièrement mobilisé et les métros, bus, RER et trains seront totalement arrêtés.

Dans le même temps, les nouvelles startups du transport urbain (Lime, Uber et compagnie) utilisent la grève dans les transports pour promouvoir massivement leurs produits comme une alternative à l’arrêt des transports publics.

Alors que les trottinettes électriques et autres vélos en libre-service sont présentés comme des outils qui révolutionnent les transports vers une pseudo « mobilité douce » et « partagée », nous savons en réalité qu’ils participent non seulement de la logique extractiviste du capitalisme, de la privatisation des espaces publics, mais aussi de l’exploitation la plus sauvage de travailleurs et de travailleuses ubérisé·e·s.

Face à ce constat, nous appelons à des sabotages massifs des trottinettes et vélos en libre-service avant la grève du 5 décembre.

L’action est simple, discrète et peut se faire de manière massive :

Un petit sabotage ordinaire qui ne prend que quelques minutes de votre quotidien sur le chemin vers le métro ou chez un·e ami·e peut ainsi contribuer au blocage du 5 décembre tout en luttant contre l’ubérisation de nos vies et de nos villes.

Montpellier : Arrestation et détention provisoire pour l’incendie d’une voiture de flics de la mairie – 21 novembre 2019

Publié le 2019-11-27 10:07:06

Un homme, proche du mouvement des « gilets jaunes », a été interpellé ce jeudi 21 novembre au petit matin, à son domicile, à Montpellier (Hérault).

Il est soupçonné d’avoir mis le feu à une voiture de la police municipale dans la rue Saint-Guilhem le 7 septembre, lors d’une manifestation des « gilets jaunes ».
« Le véhicule était parti en fumée, et les flammes s’étaient propagées à la façade d’une très ancienne boutique de la ville. Les faits avaient été filmés par les caméras de vidéosurveillance de la commune.

Au domicile du suspect, les enquêteurs ont retrouvé un masque, des lunettes et un casque qui paraissent correspondre à ceux que portait l’incendiaire au moment des faits, poursuit le représentant du parquet. Ce quadragénaire sera jugé en janvier. En attendant, l’homme a été placé en détention provisoire. »

[Repris de la presse, 26.11.2019]

« Ferme ta porte t’as la pookie dans l’sas. Allo, allo, allo… »

Publié le 2019-11-27 10:07:06

Récit de GAV ou quand tu te fais extraire de ta cellule par une « pote de pote ».



Depuis quand les keufs sont nos amis ? Depuis quand s’acoquine t-on avec l’ennemi ?
Mais je vais cesser de suite de parler au « on », car il est évident que ce « on » ne vaut rien. Dans mon « on », il n’y a pas de place pour cela. Il est clair. Évident, qu’on ne parle pas à la police. Qu’elle soit de gauche, de droite, babos, en reconversion en naturopathie ou que sais-je encore. On ne parle pas à la police. Et on ne devient encore moins amiE avec elle. Mes amiEs ne copinent pas avec la flicaille, je ne copine pas avec la flicaille et tu ne devrais pas copiner avec la flicaille. Je pourrais continuer à le conjuguer ad lib. Faut-il encore repréciser, en 2019 pourquoi les flics ne peuvent pas être nos alliés ? J’ai très peu envie de réexpliquer des basiques. Comme dirait l’autre c’est pourtant : simple. Basique.

En apprenant les mathématiques, j’ai appris que les ennemis de mes ennemis sont aussi mes ennemis. Simple. Basique. Encore une fois. Alors ne t’étonne pas si j’te claque la porte au nez. Ne viens pas m’expliquer comment t’as pu tomber sous le charme d’une condé. Une condé, reste une condé. La meilleure des condés restera une sale raclure de condé. Elle aura beau traiter aussi bien qu’elle le souhaite les personnes qu’elle arrête, elle continuera à les arrêter. Aussi gentiment ouvrira t-elle la porte de nos cellules, elle continuera à nous la fermer sur la gueule. Elle pourra sourire, parler sans hurler, ne pas frapper, ne pas tuer, elle restera une sale keuf. Une keuf reste une keuf. Garante du bon déroulement des choses. Elle traquera les malfrats, les voyous, les galériens, les pauvres. Tous les pauvres. De façon générale. Elle mettra en geôle la misère. Sans réfléchir. Parce que la police ne réfléchit pas. La police applique. Bêtement. La police applique bêtement les règles dictée par l’état. La police tue et assassine pour maintenir l’ordre. Elle nous humilie, nous insulte. Nous fouille. Nous contrôle. Nous rabaisse, nous tabasse… pour nous faire entrer dans le rang. Pour nous y maintenir. La police n’est que le chien de garde de l’état. La police ne peut pas être notre alliée. La police traque, la police rafle. La police est raciste, sexiste, transphobe, putophobe, grossophobe, homophobe, islamophobe. Faire partie de la police c’est devenir une machine. C’est renoncer à penser. C’est faire partie de cette machine qui broie les gens. C’est accepter sans broncher, et souvent avec fierté. Sans jamais remettre en question, les ordres donnés. La police tu choisis d’y entrer. Par choix. Par patriotisme. Ou par quelconque illusion absurde. Par conviction. Pas par nécessité. C’est pas comme aller taffer à l’usine. C’est pas comme aller au turbin pour se payer un bout de pain, parce que y’a rien d’autre à faire. C’est un jour, se dire qu’en s’engageant tu vas changer le monde. Et y croire. En maintenant l’ordre établi par les riches et les puissants. Par les blancs pour la plupart homme cis. La police ne fait qu’exécuter sciemment.

En réalité je ne sais pas ce que c’est que d’être keuf. Je ne connais pas cette envie de vouloir servir et protéger mon pays, ma patrie. Avec force et honneur. Parce que je conchie le patriotisme dégueulasse. Je conchie ce racisme nauséabond. Je conchie ce classisme puant. Je vomis les uniformes et le bleu des gyrophares me donnent des céphalés.
Je ne peux que voir et constater ce que la police fait. Le rôle qu’elle joue. Les morts. Les mutilés. Les enfermés. Les privés de liberté. Je ne peux que constater les barreaux, l’odeur de pisse, les insultes, les coups. Il n’y a pas de bon flic. Il n’y a pas de bon flic comme il n’y a pas de justice. Il n’y a que des sales larbins de l’état.

Alors comment une keuf pourrait devenir mon amie ? Comment pourrais-je un jour me retrouver à sa table, à partager des bribes de ma vie avec un ennemi ? Je sais qui sont mes ennemis, et je fais tout pour m’en tenir éloignée. Simple. Basique.

Il s’agit d’une histoire de GAV qui aurait pu être ordinaire. Simple. Basique. Menottes trop serrées, quelques bons gros hématomes, des insultes sexistes en pagaille… rien de bien surprenant. Jusqu’ici tout va bien. Dans le meilleur des mondes. La police fait son métier. Comme il faut. En « utilisant la force adaptée ». A trois sur une personne. Simple. Basique.
Ouais, il s’agit d’une histoire de GAV qui a commencé comme une GAV normale. Dans une cellule crasseuse, qui pu la pisse, la merde et la sueur. La base. A trois sur un matelas. Normal. Et puis au bout d’une vingtaine d’heures, y’a une flic en vilci qui arrive et nous (ma comparse de galère et moi) fait sortir de notre geôle. Sans rien dire. Dès qu’il n’y a plus de caméra et de bleus en présence, elle nous dit pour nous « rassurer » visiblement… qu’elle est pote avec L. une meuf qu’on est censé connaître. Et là y a l’embrouille. Autant dire que cela ne me rassure pas du tout. Déjà je ne connaît pas cette L. en question. Et en plus je suis bien étonnée qu’une personne que je suis censée connaître soit amie avec une flic. Cette personne en question fréquente le milieu féministe marseillais et militant de façon plus large et copine avec UNE flic. Une ou dix … même combat mais a priori c’est important de le souligner. Donc, je suis dans le sas du comico avec ma codétenue, et cette keuf qui se dit être une alliée. Cette dernière nous invite à boire un café. Autant dire que j’ai l’impression d’être dans un mauvais film. Je suis pas sereine. Mais j’y vais. Je veux pas faire d’esclandre. Et puis je suis fatiguée, j’ai mal partout parce que les crs n’y sont pas allés de main morte pour m’arrêter, j’ai peu dormi et j’ai une bonne gueule de bois et puis surtout je sais pas quoi faire d’autre. Merveilleux. Bref. Me voilà en train de boire un café avec une keuf. Elle nous demande direct ce qu’on a fait. Histoire de nous mettre à l’aise, hein. « Rien madame le commissaire ». Ahah. Comme si j’allais plus parler autour d’un café. Enfin… j’ai parlé et c’est bien ça le problème. Et c’est ce qui me mange le cerveau à l’heure actuelle. J’ai rien dit de bien embêtant mais j’ai parlé à cette condé. J’ai accepté son café, rien que pour voir la couleur du ciel. Elle nous a parlé d’elle. Pour nous mettre à l’aise encore sûrement. Ça fait 15 ans qu’elle est dans la police. 15 ans… mais « bientôt » elle arrête. Par « bientôt » elle entend 4 ou 5 ans. On pourra rediscuter de ce relatif « bientôt » ... Car bientôt c’est trop tard. Elle arrête bientôt pour se reconvertir professionnellement. Elle veut être naturopathe. C’te blague. J’ai envie de rire, je te jure. Parce que ça à l’air important, elle insiste. Comme si la naturopathie lui donnait un air de gentille, de petite mignonne. Comme si ça pouvait la purifier. Mais chérie, t’es flic. Enfin… j’ai bu ce café, que j’ai regretté d’avoir bu. Elle a fait semblant devant ses collègues de nous montrer des vidéos. Très drôle aussi comme détail. Elle a prétexté devoir nous montrer des vidéos pour qu’on identifie des gens (pour qu’elle puisse nous faire sortir de nos cellules). Genre comme si j’allais à un quelconque moment participer à ça. Limite j’aurais préféré qu’elle me convie à une séance de poucaverie pour de vrai, j’aurais pu refuser plus catégoriquement. Mais bon, bien sûr vu qu’elle est sympa, c’était juste pour leurrer ses collègues. Elle a pris de gros risques quand même. Peucherette. Et pendant tout ce temps, elle communiquait avec son amie. L., la pookie. Par sms, tranquilou bilou. Cette situation est complètement incongrue, complètement déconcertante. Je me suis retrouvée malgré moi à copiner avec une flic. Purée. Je m’en suis voulu. Je m’en veux. J’aurais du refuser. J’aurais du rester en cellule. Mais j’ai pas tellement eu le choix non plus. J’aurais dû ne surtout pas boire ce café, qui n’a fait qu’alimenter ma parano. A juste titre. Pourquoi m’a t-on imposée cette situation ? Pourquoi m’a t-on forcée à subir cette situation ? CertainE me diront que j’aurais pu résister, rester en cellule, ne pas accepter ce café. Je sais. J’aurais pu. Et voilà ce à quoi ce café m’a permis finalement. C’était ni une bouffée d’air, ni un moyen de m’extraire de ma cellule, mais plutôt de m’enfermer dans ma parano. C’était juste rajouter des éléments oppressants à une situation de répression. Parce que c’est des méthodes de flics bien connues. Le bon flic. Qui te parle gentiment, qui te paye une clope, un café et qui te nique bien après. Je le sais. Elle n’a pas arrêté de nous dire qu’elle prenait de gros risques à faire ça… mais qu’est-ce que j’en ai à foutre, sérieusement ?! J’étais bien mieux dans ma cellule en paix avec moi-même et avec mes choix. J’aurais préféré ne pas avoir à dealer ce truc en plus. Cimer ! Comme quoi avoir une amie flic n’est pas une bonne idée.

Donc pour résumer, j’me suis retrouvée en GAV après m’être fait’défoncer par des CRS complètement déchaînés. J’me suis faite interpeller pour une soit disant dégradation de grillage à l’aide d’un marqueur. Faudra quand même qu’on m’explique comment on dégrade un grillage avec un marqueur… mais bon, soit. Les vigiles qui devaient porter plainte ne sont jamais venus et ce chef d’inculpation est donc tombé. Mais je suis accusée « d’avoir à Marseille résisté avec violence » à Jérôme et Guilhem. Et d’avoir « commis un outrage par paroles, gestes ou menaces de nature à porter atteinte à la dignité ou au respect » de Jéjé et de Guigui en les insultant je cite de « fils de putes, enculés de flics ». Évidement. Mais j’vais pas m’attarder sur le fait qu’évidement je n’ai pas insulter les flics « de fils de putes ni d’enculés », hein. Ça semblera limpide aux yeux d’un certain nombre de personnes. Faudrait, messieurs les agents, songer à mieux se renseigner sur le milieu féministe ! Et surtout au grand damne de toutes la flicailles j’ai refusé de donner mes empreintes et mon adn. Et ça, vraiment ils n’aiment pas du tout, du tout.
Donc GAV de merde pendant laquelle on m’impose le fait de devoir tenir un secret. Je ne dois pas parler de cette flic, qui vient nous voir sous un faux prétexte, pour soit disant nous donner des infos, pour soit disant nous aider. Ce qui n’est évidement pas vrai. Je ne peux pas en parler. Heureusement que je suis avec ma codétenue, quand même. Ça égaille toute cette pagaille. Mais comme si la situation de la GAV n’était pas assez lourde. Entre les coups, la douleur, et la menace de nous envoyer aux Baumettes… fallait encore qu’on se coltine une pote de pote qui pensait bien faire. Mais si tu pensais bien faire, chérie, t’aurais pas commencé à copiner avec une condé. Simple. Basique. Non ? Ni à en faire état publiquement, ce qui nous contraint actuellement à nous préoccuper collectivement de cette situation. Car les personnes doivent savoir cela avant de s’organiser. Et choisir si elles souhaitent accorder ou non leur confiance à une pote de keuf. Le consentement. La base.

Pour résumer. Il n’y a pas de place dans nos espaces pour les keufs. Il n’y a pas de place dans nos espaces pour les amiEs des keufs. Il n’y a pas de place dans nos espaces pour les amiEs, des amiEs des keufs. Aussi intransigeant que cela puisse être. Je suis et je resterai intransigeante. Peut-être que je manque d’empathie. Peut-être que je suis trop radicale. Trop puriste. Trop ceci trop cela. Mais je sais de qui je ne veux pas m’entourer et je resterai ferme là-dessus. Car il n’y a, et n’y aura jamais de bon flic.
Pas de place pour les poucaves et « advienne que pourave ».

Dresde, Allemagne : Incendie d’une voiture de constructeur de prisons – 22 novembre 2019

Publié le 2019-11-27 10:08:05

À Dresde, tôt ce vendredi 22 novembre, des inconnus ont mis le feu à une camionnette de l’entreprise de bâtiment Hentschke. À cause des flammes et de l’essence répandu, trois autres véhicules ont été endommagés. Selon les premières estimations et un porte-parole de la police, les dégâts s’élèveraient à environ 50.000 euros.

Le service de défense contre le terrorisme et l’extrémisme (PTAZ) de la police criminelle du Land de Saxe est en charge de l’enquête. Les investigations vont dans différentes directions, des motivations politiques n’étant pas exclues. La manière dont le feu a été mis n’est pas encore claire. Des témoins sont recherchés.

Dernièrement, des véhicules de l’entreprise en bâtiment avaient brûlé à Bautzen. Et sur le chantier de la maxi-prison prévue à Zwickau, des véhicules de l’entreprise „Hentschke Bau GmbH“ avaient été incendiés au mois d’août. À Rodewisch, un engin de chantier d’une entreprise travaillant en collaboration avec l’entreprise de Bautzen avait aussi brûlé. Le PTAZ enquête également sur ces incendies volontaire.

[Traduit de la presse allemande via chronik]

Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) : Sur l’incendie des antennes-relais du lieu-dit « Mont des Spels » – 25 novembre 2019 [Mise-à-jour, 27.11.2019]

Publié le 2019-11-27 10:08:14

Dans la nuit de dimanche à lundi 25 novembre à Manosque, un incendie a fortement endommagé la structure des antennes-relais, situé au lieu-dit « Mont des Spels ». Les flammes ont détruit le local technique d’EDF et les câbles qui l’alimentent. 

Peu avant 6h, les pompiers sont intervenus Chemin du Relais pour éteindre les flammes qui s’échappaient d’un local électrique alimentant des antennes de TNT, téléphonie mobile (SFR, Orange) et radios (RTL, RMC, Alpes 1, Star…).
Contrairement à ce qu’a annoncé le journal LaProvence ce lundi 25.11, cet incendie a eu des répercussions bien réelles pour une partie de la population, qui a notamment été privée de télévision par la TNT, de radio et de portables. Et les dégâts sont bien visibles, comme on peut le voir sur les photos.

Dans leur journal télévisé du lundi 25 novembre, diffusé sur leur site internet, le média D’ici affirme notamment que « le feu a fortement endommagé le câblage et l’intérieur du local technique […] « D’ici TV » n’est pour le moment plus accessible via la TNT sur les secteurs de Manosque et de Forcalquier. Il en est de même pour les radios. Le sinistre prive également les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers et les services de secours de liaisons radio. […] Des travaux conséquents vont devoir être réalisés d’ici les prochaines semaines. »

En début d’année 2019, divers fournisseurs d’énergie de la région ont été visés par des incendies: parmi les structures visées, des antennes-relais, des câbles de fibre-optique…
Le 26 avril 2019, trois personnes ont été inculpées pour plusieurs attaques et placées en détention provisoire.

[Repris de divers médias locaux (Haute-Provence info et Alpes1, 25.11.2019]

Mulhouse (Haut-Rhin) : Vengeance contre les gendarmes, après un contrôle mortel d’un jeune à moto – 22 et 23 novembre 2019

Publié le 2019-11-27 10:09:10

Les onze casernes de gendarmerie de la compagnie de Mulhouse (Haut-Rhin) font depuis dimanche 24 novembre l’objet d’un dispositif renforcé de protection. Depuis vendredi après-midi et la mort d’un jeune homme de 18 ans à Lutterbach lors d’un contrôle de gendarmes, les bleus assassins craignent pour leur sécurité.

Dans la soirée de samedi 23 novembre, la caserne de gendarmerie de Mulhouse a subi une attaque. Une dizaine de personnes s’est rassemblée en face de l’enceinte du bâtiment. Il y a eu des tirs de mortiers d’artifice en direction des habitations des familles de gendarmes, des jets de pierre et des menaces de mort proférées. La police est intervenue mais sans parvenir à arrêter les individus qui avaient pris la fuite. L’enquête a été confiée aux gendarmes car il y a eu « atteinte à un terrain militaire ».

Vendredi 22 novembre, dans l’après-midi, deux gendarmes à pied ont tenté de contrôler le pilote d’une moto qui, selon les bleus, ne portait pas de plaque d’immatriculation. Le jeune de 18 ans, scolarisée au lycée Bugatti d’Illzach, en voulant les éviter, a percuté le trottoir, puis un lampadaire. Il est décédé peu après sur place, malgré l’intervention des secours. Une autopsie doit avoir lieu et l’enquête a été confiée à cette même institution d’assassins, c’est-à-dire à la gendarmerie de Soultz.

Les gendarmes présents au moment de « l’accident » accompagnaient les contrôleurs du tramway, aux prises avec un voyageur sans billet. (fr3)

Le soir-même, vendredi, quelques feux de poubelles avaient été allumés dans la périphérie de Mulhouse : à Pfastatt mais aussi à Lutterbach, dans la même rue où mort le jeune motard.

« Un impact contre une des vitres de la compagnie de gendarmerie de Mulhouse »

[Repris de FranceBleu]

Grenoble et ZAD de Roybon : Perquisitions et (peut-être) interpellations (MAJ 27/11)

Publié le 2019-11-27 13:06:06

France3 / mardi 26 novembre 2019

Six interventions de police ont été menées ce mardi 26 novembre 2019, vers 6h00 du matin, dans des squats de la ville de Grenoble et à la ZAD de Roybon en Isère. Les forces de l’ordre ont agi sur commission rogatoire de juges d’instruction de Grenoble. Ces perquisitions ont pour but de mener diverses investigations.

Dans un communiqué datant du début de l’après-midi, le procureur de Grenoble, Eric Vaillant a confirmé ces interventions, en précisant que les policiers et gendarmes, qui sont intervenus, l’ont fait dans le cadre « d’enquêtes sur des incendies et dégradations commis en bandes organisées dans l’agglomération grenobloise en 2017, 2018 et 2019« .
A Grenoble et Fontaine quatre squats et une colocation ont été perquisitionnés. Selon l’AFP, un membre des gilets jaune aurait confirmé que « dans un squat d’activités gratuites, du matériel aurait été saisi ».
A la Zone à Défendre (ZAD) de Roybon, située dans la forêt des Chambarans, les résidents qui occupent le site depuis 5 ans, ont signalé sur leur site et par tweet un « débarquement à 7H00 du matin en vue d’une perquisition du site« .
Il s’agirait donc de perquisitions liées aux incendies revendiqués par la mouvance anarcho-libertaire qui sévit depuis plusieurs années dans l’agglomération de Grenoble.

10 incendies ou dégradations revendiqués depuis 2017

– Janvier 2017 : dégradations au siège des Républicains. [c’était en mars 2017, pas en janvier ; NdAtt.]
– Avril 2017 : 185 composteurs-valideurs de stations de tramways de la Semitag (transports publics) mis hors d’usage
– Mai 2017 : incendie de véhicules du centre communal d’action social d’Enedis à Grenoble.
– Septembre 2017 : incendie à la gendarmerie de Grenoble.
– Octobre 2017 : incendie à la caserne de gendarmerie de Meylan.
– Novembre 2017 : incendie du centre de culture scientifique « la Casemate » à Grenoble.
– Octobre 2018 : incendie des entrepôts de la société Eiffage de Grenoble.
– Janvier 2019 : un local et un émetteur de TDF vandalisés.
– Janvier 2019 : incendie des locaux de France-Bleu Isère.
– Septembre 2019 : incendie de la mairie de Grenoble.

*****

ZAD de Roybon : Opération de police sur la ZAD !!

zadroybon / mardi 26 novembre 2019

Ce matin à 7h, débarquement des gendarmes et du PSIG, avec le traditionnel hélico et tout le tintouin, par la barricade Nord et la Marquiz pour une opération qui ne ressemble pas à une expulsion, vu qu’ils ne demandent à personne de partir… Il semblerait qu’ils soient plutôt là pour une perquisition, et qu’ils arrêtent des gens.
Tenez-vous au courant, on essaiera de mettre plus d’infos bientôt, hésitez pas à venir sur place soutenir les gen.tes!

*****

Selon le Dauphiné Libéré, « L’opération menée dans l’agglomération grenobloise a mobilisé 350 policiers et gendarmes. Outre les policiers de la direction départementale de la sécurité public, ceux de la police judiciaire, et de la police aux frontières sont intervenus. Tout comme des CRS et des gendarmes mobiles. […] cinq squats situées rues d’Alembert, des Alliés, Marbeuf et Jules-Vallès à Grenoble et rue des Buissonnées à Fontaine ont été perquisitionnés. Dans le même temps, un important dispositif a également été mis en place pour interpeller, à Roybon, les occupants de la ZAD (Zone à défendre) des Chambaran. »

*****

Mise à jour du 28 novembre

commentaire sur Indymedia Nantes / mercredi 27 novembre 2019 à 17h59

Autour de 10 personnes raflées qui seraient en CRA (à confirmer)
Saisie de tout moyen de communication : PC, Téléphone.
Prise d’ADN de tout le monde, sur des objets personnels/mains si refus de la part des personnes
Photographie de tout le monde, et de tout les lieux.

Rennes : Manif vénère contre le patriarcat et le capitalisme – 23 novembre 2019

Publié le 2019-11-27 13:07:06

Comme partout en France ce samedi 23 novembre, des manifestations « NousToutes » se sont tenues dans plusieurs villes pour protester contre les féminicides et violences sexistes/machistes. Si la plupart des révolutionnaires savaient que ces marches déposées seraient pacifistes, certain.e.s d’entre elles/eux y sont allé.e.s avec leur propre proposition: à Rennes, des tracts ont été distribués au sein de cette marche pacifiste, appelant à un autre rendez-vous, « anti-patriarcal, anticapitaliste et révolutionnaire » plus tard dans la soirée.

Rendez-vous était donc donné 20h place Saint-Anne. Etant donné que le rassemblement avait été interdit par la préfecture, le tract prodiguait également des « conseils juridiques » en cas d’interpellation par la police, ainsi que les noms de trois avocats à contacter. La manif s’est élancée une demi-heure plus tard, entouré d’un lourd dispositif de CRS.

Bien que le cortège ait du rebrousser chemin en raison des nombreux barrages policiers, la manif même sans affrontement a été quelque peu offensive: une banque de la Société Générale s’est fait péter ses vitres à coups de marteau dans la rue Le Bastard, tandis que de nombreux tags ont été posés sur divers bâtiments et commerces, comme sur ceux autour des places Sainte-Anne et Hoche. N’a pas été épargné non plus le Couvent des Jacobins, déjà redécoré par le passé…

Le bar « L’été Indien », situé rue Sainte-Melaine, a aussi fait les frais de la manif: une de ses vitres a volé en éclat après des jets de projectiles et des tags inscrits sur sa façade. De cette visite, le patron du commerce, Claude Panon, en avait une petite idée, lui qui, il n’y a pas si longtemps, avait sciemment loué l’étage de son bar à des fachos. Pour les commerçants, on le sait, l’argent a rarement d’odeur.  Le tenncier a fait un petit récit de cette fameuse réunion de fascistes qu’il a pu rendre possible:
« Le soir de leur réunion, nous avons vu arriver des policiers pour nous prévenir que des militants d’extrême gauche cherchaient à en découdre avec ceux d’extrême droite. J’ai donc dit à tout le monde de finir son verre et de partir. »

« Deux jours plus tard, des militants qui se déclaraient d’extrême gauche sont venus nous prendre à partie en nous taxant de fascistes. Je me suis expliqué avec eux en leur racontant que nous sommes apolitiques et ils étaient repartis calmement. Et là ils sont revenus avec les mêmes insultes. Je suis très surpris, déçu et en colère. J’ai donc décidé de porter plainte. Nous sommes un lieu prévu pour que les gens s’amusent ! Le plus fou c’est que désormais nous demandons aux associations si elles ont des activités politiques ou non avant de leur louer notre salle. »

La façade du collabo des fascistes:

[Reformulé de la presse locale, 24.11.2019]

Göttingen, Allemagne : Résistance effective contre l’office des expulsions – 25 novembre 2019

Publié le 2019-11-27 13:08:07

[Dans la nuit de dimanche à lundi à Göttingen, un incendie volontaire a détruit un bâtiment administratif qui abritait l’office des étrangers et le Pôle Emploi. Selon la police, le feu serait parti de la cage d’escaliers vers 3h du matin. On ne connaît pas le montant des dégâts mais ce qui est sûr, c’est que l’accueil de l’administration a été fermé toute la journée. Cette attaque a été revendiquée à travers un texte publié sur indymedia (reproduit ci-dessous). Mi-juin déjà, l’office des étrangers de Göttingen avait été attaqué par le feu: des pneus de vélos avaient été entassés devant l’entrée puis incendié]

Résistance efficace contre l’office des expulsions

Comuniqué de revendication de l’incendie de l’office des étrangers à Göttingen

Il ne s’agit pas ici de liberté d’opinion !
L’ancien ministre de l’Intérieur et de l’Extérieur, Thomas de Maizière, revient à Göttingen.
Il aimerait présenter ici son livre „Gouverner“.
Nous avons pris cela comme une occasion d’attaquer une partie du système qui méprise la dignité humaine et qu’il représente en personne.
Des personnes meurent! Tous les jours!
Que ce soit dans la Méditérannée à cause d’un sauvetage en mer inexistant ou entravé, aux frontières de l’Europe forteresse ou par des armes allemandes, livrées depuis longtemps, au vu et au su du gouvernement fédéral, non seulement à la Turquie fasciste, mais aussi aux milices djihadistes et même à l’État Islamique. Il est parfaitement exact de dire la politique des politicien-ne-s comme Thomas de Maizière est une politique assassine!“.

Et lorsque des personnes en fuite parviennent tout de même en Allemagne, elles tombent ici sur un système construit sur l’oppression, la répression et le harcèlement. Le but : expulser le plus grand nombre de personnes le plus vite possible.

Ici à Göttingen, l’office des Étrangers engage des expulsions et lance des commandos de police à l’assaut de domiciles, de nuit et sans prévenir, tire des personnes de leur sommeil, de leur vie, de leur sécurité, pour les déporter vers la misère, l’oppression ou la mort.

Des personnes qui fuient les armes allemandes sont en même temps criminalisées ici. De Maizière porte la responsabilité des interdictions d’associations et de symboles kurdes, ainsi que de plateformes de médias de gauche. Voilà pour le sujet liberté d’opinion.

Cela doit cesser!
Nous ne voulons pas regarder plus longtemps la pratique d’expulsion raciste et meurtière de la RFA sans rien faire et appelons tout le monde à continuer également à s’opposer à ce système inhumain, par tous les moyens nécessaires.

L’Office des Étrangers et ses collaborateurs/trices font partie de ce système et portent aussi la responsabilité personnelle de leurs actes. Arrêtez de traiter des personnes de manière raciste et irrespectueuse. Sinon cela aura des conséquences! Quittez plutôt votre boulot!

Vu la souffrance et la mort de milliers de personnes qui ont à subir le régime d’expulsion et de refoulement, nous disons clairement : nous parlons sérieusement!

Nous ferons ce qui est nécessaire pour agir efficacement contre ce crime quotidien! Même si cela demande toute notre mise en jeu et notre courage. C’est le seul moyen!

Feu et flammes à tous les offices d’expulsion!

Liberté de circulation pour toutes et tous !!

L’accueil est fermé aujourd’hui! »

 

[Via Chronik]

Grasse (Alpes-Maritimes) : Incarcéré en préventive pour l’attaque de la permanence du maire – 27 novembre 2019

Publié le 2019-11-27 16:18:08

On apprend par un article de NiceMatin de ce mercredi 27 novembre, qu’un homme de 29 ans a été interpellé et incarcéré pour l’attaque de la permanence du maire de Grasse à coups de masse en août dernier. « S’il nie un acte délibéré, il pourrait avoir agi pour se venger d’une demande de logement social non aboutie. Il passera en procès le 23 décembre prochain.

À Grasse, le 25 août dernier la permanence de conseiller départemental du maire Jérôme Viaud, située place aux Aires en plein centre-ville, avait été saccagée. Plusieurs vitres avaient été brisées à coups de masse. Un homme vêtu d’un sweat à capuche avait été aperçu à proximité des lieux au moment des faits ».

 »

 

Besançon : Surprise pour la patrouille de la police municipale – 26 novembre 2019

Publié le 2019-11-27 19:17:12

Ce mardi 26 novembre vers 15 h, une voiture de la police municipale a été vandalisée alors qu’elle était stationnée rue de Dijon, au cœur du quartier de Planoise. Une grosse pierre a été jetée sur le véhicule de patrouille, brisant la vitre latérale côté passager. Personne n’a été interpellé. La piste de la haine envers la police est fortement envisagée.

« L’équipage patrouillait à pied dans le secteur des Epoisses, quand un appel venait d’être passé au commissariat, pour signaler des (faux) coups de feu place Cassin, plus loin dans le quartier. Un leurre dans doute destiné à détourner l’attention des forces de l’ordre et des opérateurs du centre de supervision urbaine, chargés de scruter les caméras de vidéosurveillance. »

Cette attaque est attribué à deux jeunes circulant cagoulés en scooter, selon les premiers éléments de l’enquête.

[Repris des journaflics locaux, 26.11.2019]

De Strasbourg à l’Essonne : Blocages des lycées

Publié le 2019-11-28 00:36:07

Strasbourg : Ni de politique, ni de syndicats, mais… des pétards !

20 Minutes / mercredi 27 novembre 2019

Tout a débuté ce mercredi matin, à 8 heures devant le lycée Couffignal, dans le quartier de la Meinau à Strasbourg Sur les réseaux sociaux, des lycéens s’étaient donné rendez-vous devant l’établissement. Un « appel à la violence » pour bloquer le lycée, précise la police qui avait intercepté le message. Ces derniers avaient donc prévu un dispositif en conséquence qui « a permis de limiter les dégâts », ajoute la source policière. Une centaine de personnes a toutefois répondu à l’appel sans qu’il ne soit certain qu’ils étaient tous du Lycée. « Il n’y avait aucune référence ni politique ni syndicale, semble-t-il. C’était un appel à un blocage » lancé par des jeunes qui n’étaient pas tous scolarisés dans l’établissement, a confirmé la rectrice de l’académie de Strasbourg, Sophie Béjean. Une plainte va être déposée par l’établissement.
Très vite en effet, des incidents ont éclaté. Au moins cinq véhicules à proximité ont été dégradés, dont l’un a été incendié. Les vitres de l’arrêt de tram « Lycée Couffignal » ont été brisées. La circulation des trams a été interrompue pendant cinquante-six minutes.
Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de pétards, sans être atteints. Trois mineurs âgés de 16 ans ont été interpellés et placés en garde à vue. A 10 heures, la circulation était jugée « sous contrôle » par la police nationale de Strasbourg et les derniers enquêteurs faisaient les dernières constatations vers 11 heures.
Les voitures endommagées se situent sur le parking jouxtant le lycée. Alors qu’une riveraine venait en milieu de matinée constater d’éventuels dégâts sur son véhicule, une dépanneuse tractait un petit véhicule à la vitre arrière brisée et les rétroviseurs cassés. En dessous, les enquêteurs ont retrouvé un pétard fixé à un aérosol grâce à de l’adhésif… […]

*****

Massy (Essonne) : Deux jours de blocage et d’affrontements avec les keufs

Le Parisien / mardi 26 novembre 2019

En ce début de semaine, la tension règne au lycée Vilgénis de Massy (Essonne). Une situation qui n’est pas sans rappeller les heurts qui avaient émaillé le mouvement lycéen contre Parcoursup en 2018 dans ce même établissement. Ce lundi, juste avant l’ouverture des grilles, trois poubelles remplies d’essence sont placées devant l’établissement. Vers 8 heures, des départs de feux se déclenchent autour du lycée Vilgénis, qui retrouve son calme dans l’heure.

Mais ce calme est de courte durée. A 10 heures, les policiers font face à une centaine de jeunes. Une partie d’entre eux vient du lycée voisin Fustel de Coulanges, avec qui les élèves de Vilgénis peuvent « s’allier ». Les policiers, qui essuient des jets de projectile, font alors usage de leurs lanceurs de balle de défense (LBD) et de grenades lacrymogènes. Sept mineurs sont interpellés.

Ce mardi matin, rebelote : alors qu’une partie des élèves sont en classe, une pause est décrétée à 10 heures. Mais les lycéens sont confinés en raison du déclenchement plus ou moins improvisé d’un nouveau blocus. « Des extincteurs ont été vidés et un abri de bus cassé », indique une lycéenne de Vilgénis. Sur certaines vidéos filmées par les élèves, on peut distinguer, comme la veille, des feux de poubelles épars. Plusieurs interpellations ont lieu à nouveau.

« Lundi, la police utilisait la dissuasion, mais mardi, il y a eu beaucoup plus de tirs de LBD », estime une lycéenne de Vilgénis, qui admet avoir vu des jets de projectiles de la part des bloqueurs. […]

Et le mercredi, fouilles et confinement…

Le Parisien / mercredi 28 novembre 2019

« À Vilgénis, c’est la guérilla! » Ce mercredi, devant le lycée Parc-de-Vilgénis de Massy, chacun y va de sa petite anecdote sur les échauffourées des blocus initiés par les lycéens, ce lundi et mardi. La veille, les policiers ont à nouveau fait usage de lanceurs de balle de défense (LBD) et de grenades lacrymogènes, en réplique à des jets de projectiles et des allumages de feux de poubelles autour du lycée. Six jeunes ont été mis en examen pour des violences.

« Certaines filles pleuraient parce qu’elles avaient été enfumées », explique un lycéen. « Un de mes potes a vu passer une balle de LBD juste au-dessus de sa tête », ajoute son ami. Ce climat de tension a incité les policiers à redoubler de vigilance ce mercredi. Dès 7h30, plusieurs véhicules de police stationnent autour du lycée, surveillé tout au long de la matinée. Les sacs des élèves sont minutieusement fouillés aux abords de Vilgénis. « Les policiers nous ont même pris des déodorants », s’insurge une lycéenne.
« Un confinement » peu habituel des élèves

Dans la matinée, des bruits évoquent l’appui de manifestants du lycée voisin de Fustel de Coulanges. Pour éviter que le blocus ne se déclenche à l’intercours de 10 heures, les élèves de Vilgénis ont été confinés dans leurs classes deux jours d’affilée. Rideaux tirés, afin de ne pas donner d’idées à ceux qui assisteraient à un blocus en formation depuis les fenêtres…

Une mesure peu habituelle, confirmée par un mail de la direction envoyé mardi aux parents. Il y est indiqué qu’un « confinement a été déclenché pour éviter une sortie des élèves pendant les échauffourées à l’extérieur de l’établissement. » […]

En attendant, le mouvement gagne le département. Vendredi, des remous ont agité les lycées Doisneau, à Corbeil, ou Einstein à Sainte-Geneviève-des-Bois. Mais aussi à Evry-Courcouronnes, l’autre point chaud avec Massy. Des heurts ont éclaté au lycée des Loges et à Georges-Brassens. Pour éviter la poursuite des blocus dans ce dernier, certains parents d’élèves de la FCPE 91 se rendent à l’ouverture des grilles depuis lundi. De quoi éteindre définitivement le feu ? [espérons que non ; NdAtt.]

*****

Massy et Evry-Courcouronnes (Essonne) : Six lycéen.ne.s passent devant la Justice

Le Parisien / mercredi 27 novembre 2019

Plusieurs débordements, en marge de manifestations de lycéens mécontents, se sont déroulés lundi et mardi, au lycée Vilgénis de Massy et dans un autre lycée d’Evry-Courcouronnes. Au total, sept jeunes avaient été interpellés lundi après les violences commises. « À Massy, deux jeunes hommes de 16 ans et une jeune fille de 15 ans ont été appréhendés en flagrant délit, indique le parquet d’Evry-Courcouronnes. Ils ont tous été déférés ce mardi pour destruction par moyen dangereux et participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. »
Inconnus de la justice, les trois adolescents ont reconnu les faits. Mis en examen par le juge des enfants, ils ont été soumis à une « mesure de réparation » avant leur jugement qui interviendra dans les prochaines semaines. Il s’agit d’un travail qu’ils devront exercer au sein des Restos du cœur ou du service des espaces verts de la mairie.

À Evry-Courcouronnes, quatre lycéens ont été interpellés lundi. Seuls trois sont finalement poursuivis pour transport de produits incendiaires et participation à un groupement armé en vue de commettre des violences ou des dégradations. « Ils n’ont pas mis le feu à la poubelle qu’ils poussaient, reprend le parquet. Sur cette dernière, ils avaient fixé de l’alcool à brûler et un déodorant. Un des trois a mimé un tir de fusil en direction des forces de l’ordre. Il a accompagné son geste d’un doigt d’honneur. Il fait l’objet d’une qualification supplémentaire, celle de menace de mort et d’outrages sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. »
Comme les jeunes de Massy, les trois adolescents d’Evry-Courcouronnes devront accomplir une mesure de réparation avant leur jugement par le tribunal pour enfants.

Kalamaria (Grèce) : Intervention au domicile du Procureur responsable des poursuites contre des anarchistes

Publié le 2019-11-28 03:35:07

Anarquia.info (traduction assez libre) / lundi 25 novembre 2019

Le vendredi 22 novembre, nous avons tenu une réunion informative au domicile du procureur Evangelos Michailos, à Kalamaria [dans l’agglomération de Thessalonique ; NdAtt.] à l’occasion de la dernière opération anti-terroriste contre les anarchistes Vangelis Stathopoulos et Dimitris Chatzivasileiadis, accusés de participation présumée à l’« Organisation d’autodéfense révolutionnaire ».

La phrase en gros dit « Ils sont les seuls terroristes »


La diffusion de la terreur et de la crainte au sein de la communauté des combattant.e.s continue. Cette fois-ci, c’est le tour du spectacle antiterroriste et de la prétendue opération de désarmement de l’ « Organisation d’autodéfense révolutionnaire », qui fait suite à un braquage dans un bureau de paris OPAP à Cholargos [dans la banlieue d’Athène s; NdAtt.], le 21 octobre 2019. Les 8 et 9 novembre, nous avons tou.te.s assisté à l’énième démonstration de répression et de représailles, avec l’enlèvement des dizaines de compas et des perquisitions de maisons pour les nécessités de l’enquête. Les informations diffusées parlent de terrorisme intérieur, d’explosions, de l’assassinat de policiers et de bien d’autres choses encore, afin de mousser les flics de l’antiterrorisme et de justifier les représailles de la police contre les militant.e.s. La volonté étatique d’en finir avec l’anarchie est synonyme de guerre. Et dans la guerre de l’État, tout est permis.

Jusqu’à présent, les informations font état de trois arrestations, d’un mandat d’arrêt toujours et de la découverte d’armes et de quelques communiqués présumés de l’organisation. Il reste toujours à prouver comment ces différentes parties ne se montent dans un seul et même puzzle. Les personnes arrêtées deviennent des membres, les foyers deviennent des centres de conspiration et les relations de solidarité sont criminalisées.

Parmi les personnes visées, il y a deux anarchistes qui ont à leur actif des années de présence dans les projets et les moments de lutte. Les anarchistes Vangelis Stathopoulos et Dimitris Chatzivasiliadis font l’objet de répression depuis des décennies. L’anarchiste Vangelis Stathopoulos a été arrêté le vendredi 8 novembre par les gros bras de l’antiterrorisme. À première vue, la police et les médias ont trouvé le profil parfait du terroriste, en arrêtent une vieille connaissance. Il est actuellement en détention à la prison de Larissa, et la police le charge de la moitié du Code pénal pour des actes qu’ils savent très bien qu’il n’a pas commis. Un exemple typique en est l’admission de fonctionnaires de l’antiterrorisme eux-mêmes qui, tout en affirmant que Vangelis était membre de l’organisation, disent qu’ils n’a pas pu être physiquement présents lors des attentats, car il était emprisonné pour le procès de Lutte révolutionnaire, qui se déroulait au même moment.

Quant à l’anarchiste Dimitris Chatzivasiliadis, c’est une histoire vieille et bien connue. Les autorités avaient récemment déclaré qu’une nouvelle condamnation l’attendait, après son expulsion du squat Gare ; lorsqu’il avait été arrêté, les policiers l’ont emmené dans un bâtiment abandonnée, prétextant qu’il y cachait des armes et de la drogue. Le compagnon, actuellement recherché, est une cible de choix pour la police. C’est pourquoi il est accusé d’être l’un des dirigeants de l’organisation et de bien plus encore. La même recette utilisée contre des dizaines de compas qui ont choisi la lutte illégale pour la liberté et qui sont pointé.e.s du doigt comme des monstres impitoyables prêt.e.s à tout et qui seraient derrière chaque acte de violence armée ; cela pour justifier une éventuelle arrestation sanglante (ou même une exécution, peut-être déjà prévue). La même technique a été appliquée lors des cavales des compas Gregory Tsironis, Mariou et Simos Seisidis, Kostas Sakka, Pola Roupa, Yiannis Michailides, Konstantina Athanasopoulis et maintenant Dimitris Syzidrios. Syzidi que l’antiterroriste accuse de tous les crimes.

En arrière, les délateurs ; en avant compas

En fait, l’antiterrorisme, dans ce cas comme dans tous les autres, n’a qu’un seul élément : l’action constante de combattant.e.s qui défient la répression et continuent par tous les moyens à s’opposer à l’exploitation et à l’oppression. Et c’est suffisant pour enterrer derrière des murs en béton pendant des décennies des personnes libres. Pour dénigrer leur personnalité et leurs valeurs dans les médias.

Mais nous savons que nous avons raison. C’est pour ça qu’on ne se plie pas, peu importe à quel point ils nous frappent. C’est pourquoi, chaque fois nous passons par les portes des théâtres de la justice, nous gardons la tête haute. C’est pourquoi nous ne collaborons pas avec les bourreaux de ce monde, mais nous leur tenons fermement tête. C’est pourquoi notre haine et notre colère pour l’injustice brûlent dans nos yeux. C’est cela qui les effraie, c’est à cause de cela qu’ils nous combattent, mais ils ne feront pas verser des larmes à des yeux qui ont l’habitude de regarder des incendies.

Liberté pour le compagnon emprisonné Vangelis Stathopoulos.
Solidarité avec l’anarchiste recherché Dimitris Chatzivasiliadis.
[…]

Retour sur l’opération de fichage et perquisition menée le 26 novembre 2019 à grenoble

Publié le 2019-11-28 10:46:07

Ce texte a pour but d’informer le plus précisément possible sur comment ont été menées les opérations, sur ce que les flics cherchaient, quelles questions ils posaient et les raisons de leur présence. Raisons détaillées dans la commission rogatoire qu’on a réussi à avoir et qui suit ce texte. Pour info, il était quasi impossible de la voir et les flics la récupéraient direct quand elle était montrée.

Les flics ont débarqué à 6h du matin dans 5 lieux d’habitation ou d’activités (4 squats et une colocation) ainsi que dans différents lieux de la zad de roybon. Le dispositif était assez impressionnant : 350 flics mobilisés rien que sur grenoble (PSIG, gendarmes mobiles, BAC, police nationale, police scientifique, PAF, CRS, PJ…). Deux services chapeautaient l’opération : la direction départementale de la sécurité publique de l’isère et la direction interrégionale de la police judiciaire de lyon.

Les flics étaient plutôt tendus à l’arrivée, toutes les portes ont été défoncées et bien que la plupart des personnes ont été confinées dans les espaces où elles ont été trouvées, la tension est un peu redescendue au cours de la perquis’. Enfin dans certains lieux, cerflex aux mains pour tou.te.s les habitan.te.s quand même…

Dans les lieux partagés avec des personnes en galère, non-françaises, avec ou sans-papiers, une distinction claire a été faite entre les « anarchistes » d’un côté et les « migrant.e.s » de l’autre.

Les flics étant venus pour une opération qui n’avait rien a voir en ont profité pour rafler quelques personnes sans-pap au passage. Cela en plus du traitement raciste et particulièrement humiliant pour les personnes noires présentes. Les personnes repérées comme sans-papiers ou comme n’ayant rien a voir avec « les anarchistes » ont été mises de côté, n’ont pas particulièrement subi d’interrogatoire, de fouille ni de saisie de leurs affaires. Il en ressort quand même deux OQTF pour des personnes laissées en liberté et 5 personnes mises en centre de rétention (à lyon et à nîmes).

Pour les autres, on retient trois axes principaux : identité, ADN, perquiz de matériel.

Contrôle d’identité avec un intérêt particulier pour la taille, le poids, la pointure et la silhouette. Ils posaient des questions sur les piercings et les tatouages, ont filmé et photographié tout le monde (de force, par surprise…). Les personnes qui ne présentaient pas leurs papiers allaient au poste pour vérification d’identité et sont toutes ressorties même celles qui ont refusé de donner leur identité jusqu’au bout (après quelques heures de gardav quand même!).

Pour ce qui est du fichage ADN, qui était une de leur principale préoccupation, ils l’ont prélevé de moultes manières. Dans le cas des personnes qui ont accepté de le donner, il été pris avec un coton tige dans la bouche. Pour une personne noire il a été pris de force dans la bouche. Sinon, ils ont pris ce qu’ils appellent de l’ADN pollué de trois manières différentes :

– en confisquant 3 objets par personnes qui pouvaient être des mégots, taies d’oreiller, bouteilles d’eau, chaussettes, culottes, brosse à dents, casquettes/bonnets, gants, tasses….

– en prélevant de l’ADN sur des objets  : carte d’identité, cartes bancaires, matériel informatique de manière quasi systématique (clavier, disque dur, écran, tour…). Les cartes d’identité ou bancaires ont été rendu a chaque fois sauf celles ne correspondant à personne de présent.e.

– sur le corps sous couvert de palpation. Dans ce cas les flics mettaient sous scellés les gants utilisés pour la palpation après avoir pris bien soin de frotter les mains ou les cheveux des personnes.

Par la suite, après avoir bien fiché tout le monde, et là on parle d’une soixantaine de personnes entre grenoble et roybon, ils ont commencé les perquis’ à proprement parler. Téléphones portables, ordinateurs, disques durs, clé usb, mp3, tablettes ont été embarqués ainsi que les cahiers de réunions, papiers administratifs et différents types de document pour un lieu d’activités. Aussi les documents (lettres, journaux intimes) écrits dans une autre langue que le français. Ils ont passé en revue les brochures, affiches, livres, agendas, etc qu’ils ont mitraillés de photos. Ils ont eu l’air de s’intéresser à l’écriture manuscrite de certaines personnes, aux bidons de gasoil et aux bouteilles d’alcool à brûler. Et cherchaient à savoir si les gens avaient des lampes frontales !

Pour ce qui est des questions, peu voire pas de questions posées sur les « affaires » pour lesquelles ils étaient là mais quelques questions sur les personnes, les lieux, les réseaux dans le but de mieux cartographier les crews en présence et leurs supposées interconnections.

Sous les apparences méticuleuses et procédurières c’est important de signaler que les fouilles et les saisies étaient menées de manière inégale sans logique apparente. Quand dans certaines pièces tout était retourné et saisi dans d’autres ils n’étaient pas aussi zélés. Et il était donc possible de déjouer leur attention à des moments .

En comparaison avec les perquiz de janvier pour les mêmes affaires, ils avaient l’air d’avoir moins d’infos sur les personnes perquisitionnées et d’être un peu plus à l’arrache. A la différence aussi des commissions rogatoires de janvier qui étaient nominatives et ne permettaient les perquisitions que dans les chambres des personnes concernées, celle-la permet quand même de faire à peu près n’importe quoi n’importe où n’importe quand. Cette fois, les personnes emmerdées n’avaient pas de statut particulier (témoins, témoins assistés, mis en examen), elles l’étaient en tant qu’occupantes des lieux visés. Il n’y a eu donc aucun interrogatoire ou audition officielles.

L’opération perquiz/fichage a duré plus ou moins longtemps selon les lieux. De 6h à 9 – 10h pour certain.e.s, jusqu’à 13h pour d’autres.

Ce qu’on retient de cette journée de merde c’est que c’était essentiellement une opération de fichage généralisé d’un certain « milieu ». Et au passage, des rafles racistes, des perquiz, des insultes racistes, sexistes et transphobes. A ce stade, on a l’impression que n’avançant pas trop dans leur enquête, ils ratissent bien large en espérant que quelque chose en ressortira. C’était aussi l’occasion de faire un gros étalage de leurs moyens pour intimider, réprimer, faire peur et diviser. Ils ont l’impression de porter un gros coup à « un milieu » mais nous restons solidaires les un.e.s des autres et continuerons à lutter contre l’état et sa répression.

Solidarité avec les personnes enfermées aux CRA !

A bas la répression ! Et nique la police !

Scandale ! Vernissage policier à la veille d'une manifestation contre les violences policières

Publié le 2019-11-29 10:34:04

Retrouvons-nous à 18h devant les Archives Municipales pour inaugurer l’exposition "Les Marseillais et les forces de l’ordre" à notre manière.



Ce vendredi 29 novembre aux archives municipales sera inaugurée une exposition sur la police… On croirait presque à une blague.

On n’a pas besoin de les voir accrochés dans des cadres à un mur : la police s’expose en ville toute l’année, et l’année qui vient de s’écouler elle n’a que trop fait la une en mutilant des centaines de personnes.
Et l’inauguration en grande pompe de cette exposition la veille des hommages à Zineb Redouane tuée par la police d’une grenade dans la tête le 1er decembre 2018 alors qu’elle fermait les volets de son appartement pour se proteger des gaz lacrymogènes deversés par cette même police est un affront de trop.

Les violences policières sont systématiquement invisibilisées par l’IGPN, la justice et l’État. Pour toutes celles et ceux qui ont perdu un œil, une main, un pied ou la vie. Ne les laissons pas vernir en paix une version plate et policée (tiens !) de leur histoire.
Venez avec vos sifflets, casseroles, petards ou ce qui vous passe par la tête, à 18h devant les Archives Municipales.

Pour une casserolade contre toutes leurs casseroles !



PS :

1980 : "Attention les jeunes, je ne sais pas si c’est le froid, mais ce soir, j’ai la gâchette facile"
2010 : Le 12 décembre 2010 Mustapha Ziani est tué au flash ball dans sa chambre dans les quartiers nords
2013 : Selon lui Yassin serait mort ce soir là parce que les jeunes ont la « haine des flics »
2014 : En résumé, pour les policiers, le premier meurtre est gratuit...
2018 : Tabassé au fond d’une rue par deux flics le 20 février 2018

Oise, Aisne et Bas-Rhin : Encore des tentatives de blocage des lycées

Publié le 2019-11-30 12:10:07

Bassin crellois (Oise) : Bloquer le bahut, cibler les flics et les profs

Le Parisien / jeudi 28 novembre 2019

[…] Depuis lundi, et après des appels au blocus lancés sur les réseaux sociaux, des lycéens des trois établissements du territoire, [André-Malraux, à Montataire] avec Jules-Uhry à Creil et Marie-Curie à Nogent, se retrouvent dans les rues et vont parfois à l’affrontement avec les policiers.
Après une accalmie mercredi, pour cause de bac blanc, les échauffourées ont donc repris, principalement à Montataire. Vers 9 heures du matin, des voitures de professeurs ont été dégradées sur le parking. Arrivés sur place, les policiers de Creil ont été la cible de jets de pierres. « C’est à ce moment que les policiers ont riposté. Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi ils ne gardent pas ces jeunes sur le parking plutôt que de les laisser se disperser en ville après », poursuit cette voisine qui a vu depuis lundi une voiture et des poubelles partir en fumée.

Autour de 11 heures, les attroupements devant le lycée Malraux ont pris fin après l’interpellation de deux jeunes, soupçonnés d’avoir lancé des projectiles. Ils ont été placés en garde à vue et devront répondre de participation délictueuse à un attroupement armé malgré les sommations.
L’habituel jeu du chat et de la souris a ensuite eu lieu entre les lycéens et les forces de l’ordre. Plusieurs jeunes ont pris le bus pour rejoindre le lycée Jules-Uhry, à Creil, et relancer des actions. Ils y ont retrouvé les policiers, qui les attendaient [….]
Dans l’Oise, le « mouvement » reste relativement peu suivi. À Compiègne, une tentative de blocage a eu lieu ce jeudi matin au lycée Mireille-Grenet, vers 10h30. Une trentaine de jeunes, au total, des lycéens mais aussi des personnes « extérieures » à l’établissement, ont participé à cette action, vite stoppée par les policiers arrivés en nombre dans le quartier. Finalement, quatre personnes ont été interpellées, des jeunes majeurs et mineurs, pour outrages et rébellions.

*****

Schiltigheim (Bas-Rhin) : Encore une tentative de continuer les blocages

Dernières Nouvelles d’Alsace / jeudi 28 novembre 2019

Ce jeudi matin vers 8h30, une trentaine de jeunes gens, vêtus de noir et cagoulés se sont rassemblés devant le lycée-CFA Émile-Mathis à Schiltigheim. Après des jets de pétards, ils ont déplacé des barrières servant à protéger un chantier à hauteur de l’établissement scolaire. Ils les ont disposées au milieu de la rue du Marais afin d’entraver la circulation. Une vitre de l’arrêt de tram Le Marais a été brisée.  La CTS a momentanément interrompu la circulation des rames sur la ligne B entre les stations Le Marais et Rives de l’Aar.
La police est rapidement intervenue. Plusieurs contrôles ont été effectués. Un jeune homme a été interpellé. Vers 9h, les abords du lycée avaient retrouvé leur calme, selon notre reporter sur place.
Ces heurts interviennent au lendemain d’une manifestation devant autre lycée strasbourgeois. Mercredi matin, des jeunes manifestants s’étaient rassemblées devant le lycée Couffignal à Strasbourg. Des dégradations ont été commises au cours de ce rassemblement et trois jeunes manifestants ont été interpellés.

*****

Soissons (Aisne) : Feu de poubelles

L’Union / jeudi 28 novembre 2019

Ce jeudi matin dans le quartier de Presles, à Soissons, un ou plusieurs feux de poubelles se sont produits. À 11 heures, il n’y avait presque personne sur place et un agent de sécurité était présent devant le lycée Léonard-de-Vinci.
La situation s’est tendue lorsqu’un groupe de jeunes, visiblement énervé, a balancé une bouteille en verre sur une voiture de police qui s’approchait. Le véhicule a continué son chemin.
D’après un lycéen rencontré sur place, ils étaient plusieurs à vouloir faire un blocus devant l’établissement scolaire quand certains ont mis le feu à des poubelles, à proximité d’une voiture de police. Toujours selon ce lycéen, « ça devrait repartir vers midi du côté du lycée Gérard-de-Nerval ». […]

Vérone (Italie) : L’anarchiste Giuseppe Sciacca arrêté

Publié le 2019-11-30 12:10:09

Insuscettibile di ravvedimento / jeudi 28 novembre 2019

Le matin du 26 novembre, dans la province de Vérone, la DIGOS de Turin a arrêté le compagnon anarchiste Giuseppe Sciacca. Au même temps son habitation a été perquisitionnée. On ne sait pas, en ce moment, s’il y a eu d’autres perquisitions. Il est accusé de « fabrication, possession et transport d’explosif », pour l’envoi, en 2016, d’un colis piégé à Ladisa, l’entreprise qui, à l’époque, gérait la cantine du Centre de rétention administrative de Turin. Une attaque pour laquelle sont déjà inculpés, avec d’autres, les personnes arrêtées le 7 février dernier, lors de l’opération Scintilla; en effet, les flics de Turin, dans une note, définissent l’arrestation de Beppe comme une sorte d’extension de cette opération.

Voici l’adresse pour lui écrire :

Giuseppe Sciacca
Casa Circondariale Montorio
Via San Michele, 15
37141 – Verona (Italie)

Les blocus de lycées continuent ! Affrontements à Massy, Montataire, Soissons et Schiltigheim – 28 et 29 novembre 2019

Publié le 2019-11-30 12:10:09

Massy (Essonne) : 5ème jour de blocus d’affilée et d’affrontements avec la flicaille – 29 novembre novembre 2019

Depuis lundi 25, des centaines de jeunes se retrouvent dès 7h pour bloquer le lycée Vilgenis. La répression policière de mardi n’a pas étouffé la rage, puisque ce vendredi matin, les flics ont reçu une pluie de caillasses, des abribus ont été défoncés, du mobilier urbain et des poubelles foutus au milieu de la rue pour couper la circulation.

[D’après les réseaux sociaux, 29.11.2019]


Montataire (Oise) : Nouveaux affrontements avec les flics et cours annulés ce vendredi  – 28 novembre 2019

Ce vendredi 29 novembre, les cours ont été annulés au lycée André Malraux à Montataire, sur décision de l’académie et de la direction de l’établissement. « L’accueil des élèves est assuré, de même que la restauration scolaire », signale toutefois le rectorat. » (LeParisien, 29.11.2019)

« Trois autres (en plus des 2 mentionnés ci-dessous, ce qui ferait un total de 5 interpellations, NdSAD) ont été arrêtés à Montataire, soupçonnées d’avoir lancé des projectiles sur les policiers. Elles ont été placées en garde à vue et devront répondre de participation délictueuse à un attroupement armé malgré les sommations. Des lycéens font par ailleurs état d’une brève intrusion dans l’établissement. « Vers 9h40, ils ont pété le grillage et sont rentrés en force, assure un étudiant. Ils ont mis un peu le bazar avant d’être mis dehors. » (LeParisien, 29.11.2019)

Depuis lundi, et après des appels au blocus lancés sur les réseaux sociaux, des lycéens des trois établissements du territoire, ceux d’André-Malraux, à Montataire, de Jules-Uhry à Creil et Marie-Curie à Nogent, se retrouvent dans les rues et vont parfois à l’affrontement avec les policiers. Après une accalmie mercredi, pour cause de bac blanc, les échauffourées ont donc repris, principalement à Montataire. Vers 9 heures du matin, des voitures de professeurs ont été dégradées sur le parking. Arrivés sur place, les policiers de Creil ont été la cible de jets de pierres. « C’est à ce moment que les policiers ont riposté. […]
Autour de 11 heures, les attroupements devant le lycée Malraux ont pris fin après l’interpellation de deux jeunes, soupçonnés d’avoir lancé des projectiles. Ils ont été placés en garde à vue et devront répondre de participation délictueuse à un attroupement armé malgré les sommations.
L’habituel jeu du chat et de la souris a ensuite eu lieu entre les lycéens et les forces de l’ordre. Plusieurs jeunes ont pris le bus pour rejoindre le lycée Jules-Uhry, à Creil, et relancer des actions. Ils y ont retrouvé les policiers, qui les attendaient [….]
À Compiègne, une tentative de blocage a eu lieu ce jeudi matin au lycée Mireille-Grenet, vers 10h30. Une trentaine de jeunes, au total, des lycéens mais aussi des personnes « extérieures » à l’établissement, ont participé à cette action, vite stoppée par les policiers arrivés en nombre dans le quartier. Finalement, quatre personnes ont été interpellées, des jeunes majeurs et mineurs, pour outrages et rébellions ». (LeParisien, 28.11.2019)

Montataire, 28.11.2019


Soissons (Aisne) : Les flics se mangent des cailloux lors d’un blocus en solidarité avec une lycéenne éborgnée par les flics – 28 novembre 2019

« Ce jeudi matin dans le quartier de Presles, à Soissons, un ou plusieurs feux de poubelles se sont produits. À 11 heures, il n’y avait presque personne sur place et un agent de sécurité était présent devant le lycée Léonard-de-Vinci. La situation s’est tendue lorsqu’un groupe de jeunes, visiblement énervé, a balancé une bouteille en verre sur une voiture de police qui s’approchait. Le véhicule a continué son chemin.
D’après un lycéen rencontré sur place, ils étaient plusieurs à vouloir faire un blocus devant l’établissement scolaire quand certains ont mis le feu à des poubelles, à proximité d’une voiture de police. Toujours selon ce lycéen, « ça devrait repartir vers midi du côté du lycée Gérard-de-Nerval ». » (L’Union, 28.11.2019)

Sur les réseaux sociaux comme Snapchat, un appel au blocus pour ce jeudi et vendredi tourne parmi les lycéen-ne-s. Ils et elles entendent protester contre la répression policière qui a lieu en ce moment et montrer leur solidarité avec une lycéenne du nord de la France qui a été éborgnée par un tir de flashball lors d’une manifestation.


Schiltigheim (Bas-Rhin) : Du grabuge au lycée CFA Emile-Mathis – 28 novembre 2019

« Ce jeudi matin vers 8h30, une trentaine de jeunes gens, vêtus de noir et cagoulés se sont rassemblés devant le lycée-CFA Émile-Mathis à Schiltigheim. Après des jets de pétards, ils ont déplacé des barrières servant à protéger un chantier à hauteur de l’établissement scolaire. Ils les ont disposées au milieu de la rue du Marais afin d’entraver la circulation. Une vitre de l’arrêt de tram Le Marais a été brisée. La CTS a momentanément interrompu la circulation des rames sur la ligne B entre les stations Le Marais et Rives de l’Aar.
La police est rapidement intervenue. Plusieurs contrôles ont été effectués. Un jeune homme a été interpellé. Vers 9h, les abords du lycée avaient retrouvé leur calme, selon notre reporter sur place.
Ces heurts interviennent au lendemain d’une manifestation devant autre lycée strasbourgeois. Mercredi matin, des jeunes manifestants s’étaient rassemblées devant le lycée Couffignal à Strasbourg. Des dégradations ont été commises au cours de ce rassemblement et trois jeunes manifestants ont été interpellés. » (DNA, 28.11.2019)

Rennes : Les bars qui collaborent avec les fascistes ont des noms et des adresses – 27 et 29 novembre 2019

Publié le 2019-11-30 12:10:14

Il était environ 20h30 ce mercredi 27 novembre lorsque plusieurs dizaines d’individus cagoulés ont attaqué la terrasse du bar le Webb Ellis, sur la place des Lices, en plein centre de Rennes. La raison de cette attaque est simple: une réunion de jeunes fascistes ayant pour but de présenter leur journal, L’Etudiant Libre, se tenait au sous-sol. Un fasciste a été blessé lors de l’attaque.

L’attaque n’a duré que quelques minutes, juste le temps de balancer les chaises et les tables de la terrasse, puis d’asperger les personnes présentes de substances. Un fasciste aurait reçu de l’amoniaque dans les yeux (cf ci-dessous). Certaines sources parlent d’un transfert à l’hôpital, d’autres une prise en charge des pompiers dans le bar. 

Ce mensuel qui se présente comme « politique et culturel », est « partenaire de la convention de la droite » lancée par Marion Maréchal-Le Pen. Il existe depuis le printemps 2019 sur Rennes.

Le fasciste a les yeux qui piquent…

Et ce vendredi 29 novembre, lors de la manif « pour le climat », le bar « L’Eté Indien » a de nouveau reçu de la visite. Le patron de ce bar s’est illustré il y a peu en acceptant une réunion de fascistes dans ses locaux.

Strasbourg (et ailleurs) : Vendredi noir pour les boutiquiers

Publié le 2019-11-30 12:10:18

France Bleu / vendredi 29 novembre 2019

Une quarantaine de commerçants strasbourgeois ont eu une mauvaise surprise, ce 29 novembre au matin, à l’heure d’ouverture de leur boutique. Impossible d’ouvrir leur porte d’entrée : de la colle introduite dans la serrure les a empêchés d’y insérer leur clé. Des dégradations qui coïncident avec le « Black Friday », opération de soldes exceptionnelles importée des Etats-Unis.

[…] Les boutiques concernées se trouvent dans le centre-ville de Strasbourg : rue des Juifs, rue des Grandes-Arcades, rue Gutenberg … « Il n’y a pas que les grandes enseignes, les petits commerçants ont aussi été touchés », ajoute Pierre Bardet.

et 20 Minutes ajoute que « Selon une source policière, des faits similaires se seraient produits dans le secteur de Lyon et aux Galeries Lafayette à Paris ce vendredi. »

Allemagne : Une lettre de Thunfisch

Publié le 2019-11-30 12:11:03

Freethunfisch / mercredi 27 novembre 2019

Vous trouverez ici une déclaration, écrite le 2ème jour de son emprisonnement [depuis, elle a été libérée ; NdAtt.], qui n’a malheureusement pas pu être envoyée, à cause du confinement complet que l’on subit lors des transfert d’une en prison à l’autre […]

12 novembre 2019, Brandenburg-an-der-Havel

Salut, mes chéri.e.s,
Tout d’abord merci et bravo de lire cette lettre ! Prendre le temps de prêter attention aux mots des prisonnier.e.s est vraiment important et cool. Ça me fait du bien d’imaginer que de l’autre côté des barreaux, vous lirez cette lettre, dans votre vie normale.

Eh bien, maintenant je suis de retour en prison et de retour aux transferts d’une prison à l’autre – de façon cynique, ça se passe exactement sur la même route qu’il y a bientôt 3 ans, mais dans l’autre sens (de Berlin à Bielefeld, pas de Bielefeld à Berlin). Je profite de l’occasion pour confirmer mes impressions sur les prisons de Luckau-Duben (Brandebourg), Brandenburg-an-der-Havel (Brandebourg), Halle (Saxe), Hanovre (Basse-Saxe), Hildesheim (Basse-Saxe) et Bielefeld-Brackwede (Rhénanie-Westphalie) et pour mettre en place mes projets, longs de de trois ans, de notation des prison : je les publierai dès que possible, elles pourront vous servir ou même vous amuser.

En fait, au vu des circonstances, je m’en sors plutôt bien, aussi parce que ce n’est plus la première fois, et parce que je me suis occupée de la prison de façon intensive et offensive depuis la première fois. Cela aide vraiment beaucoup, je ne peux que vous le recommander ! Ce qui est bien aussi, c’est que cette fois-ci, je n’ai pas été arrêtée et ramenée dans la rue presque en pyjama, mais que les flics sont venus me chercher dans l’avion peu avant le départ, donc ma valise était prête.

Quelques réflexions. Il y a quelques jours, j’ai lu un article dans In der Tat (une revue anarchiste), qui s’appelle « Im Freiluftgefägnis » (In der Tat, numéro 5, automne 2019, « Im Freiluftgeffängnis » [« Dans la prison à ciel ouvert » ; NdAtt.]). Il disait plus ou moins qu’il n’y a pas de différence concrète entre les deux côtés des barreaux, puisque les personnes dehors ne sont pas libres non plus et elles sont limitées dans leurs déplacements (par exemple par les frontières) et contrôlées (à l’aide de la technologie). J’en ai parlé avec des ami.e.s et j’ai émis la critique que la prison n’est pas seulement une question de « liberté », mais plutôt d’être livré.e à la merci d’autrui. En prison, on est constamment dans les mains de l’État, complètement à sa merci, presque sans défense. D’abord, en prison, on est enfermé.e. dans une cellule et certaines personnes peuvent entrer et faire de nous ce qu’elles veulent. A l’extérieur, on a presque toujours au moins la possibilité de s’enfuir, que l’on essayé ou pas, que l’on fasse ou pas.
Mais hier, dans l’avion, je n’avais pas cette possibilité. Pas non plus à l’aéroport de Schönefeld : des sas partout, des portes fermées, des contrôles. En fait, j’étais là aussi complètement à la merci des autorités, comme dans une cellule de prison. Et ce qui est pire et qui m’énerve en ce moment, bien plus que l’arrestation elle-même, c’est que je me suis livrée de mon plein gré et sans méfiance, j’étais même heureuse. Je n’avais même pas vu venir cette arrestation. A part la blessure à l’ego, puisque j’espérais ne pas être si naïve et aussi pas si prête à me laisser aveugler par de petits plaisirs (dans ce cas, partir en vacances en avion), une question fait rage en moi : combien de fois est-ce que je me livre moi-même de cette manière, dans la vie quotidienne ? Combien de fois est-ce que je passe par des sas et des portes en fer sans même m’en rendre compte ? A ce propos, je ne suis pas encore prête, je sais seulement que je ne retournerai probablement jamais à l’aéroport – et pas seulement à cause du traumatisme, mais plutôt à cause de l’endroit où je me trouve maintenant, quand je pense à combien j’ai payée cette escapade.

Écrivez-moi volontiers vos pensées à ce sujet ! J’écris un peu tous les jours – peut-être sur le comportement des matons et du syndrome de Stockholm : en tout cas j’aurais besoin de quelques conseils et analyses ! En ce sens, prenez bien soin de vous et de vos, de nos prisonnier.e.s : bonne chance aussi aux 3 de la Parkbank, à Lisa, à Loïc, et aux centaines de prisonnier.e.s de la protestation des Gilets Jaunes : aucune prison n’est éternelle et bientôt nous danserons ensemble sur la tombe de l’existant ! Aussi, gardez vos oreilles attentives <3

Et comme bande-annonce pour ma deuxième lettre (à propos des transferts), qui viendra, voici les meilleures citations de matons de la semaine !

 

Halle :
Thunfisch : Je vois que mon droit de contacter mon avocate est violé.
Matonne : Mais pas du tout, vous pouvez lui écrire à tout moment.
Thunfisch : Ok, alors j’aurais besoin de timbres.
Matonne : Impossible.
Thunfisch : Oui, je ne peux pas lui écrire du tout !!!
Matonne : Non, mais elle peut le faire.

Luckau-Dubben, à propos du test de l’urine « obligatoire » :
Thunfisch : Je trouve cette mesure indigne.
Matonne : Tout le monde doit le faire.
Thunfisch : Oui, alors c’est indigne pour tout le monde.
Matonne : …
Thunfisch : Vous ne trouvez pas ?
Matonne : Non, je trouve ça normal.

 

NdAtt. et, en allemand, ses notations des taules allemandes (on touche du bois, quand-même) :

Aix-les-Bains (Savoie) : Plusieurs feux, flics et pompiers accueillis au feu d’artifice – 30 novembre 2019

Publié le 2019-11-30 13:56:08

Dans la nuit du 29 au 30 novembre, plusieurs feux ont été allumés dans le quartier de Lafin à Aix-les-Bains. Peu après minuit, un engin de travaux publics (une pelleteuse) et plusieurs voitures ont été incendiés. Il y a également eu des feux de poubelles.

Lorsque les pompiers et les forces de l’ordre sont arrivés sur place, ils ont essuyé des jets de feux d’artifice.

[Repris de France3Auvergne-Rhône-Alpes, 30.11.2019]

Turin, Italie : Cinq banques attaquées en solidarité avec les compagnon.ne.s visé.e.s par l’opération Renata – 27 novembre 2019

Publié le 2019-11-30 13:57:05

Cinq banques endommagées en solidarité avec les compagnon.ne.s du Trentin visé.e.s par l’opération Renata. Turin, 27 novembre 2019. (source: roundrobin)

D’après la presse locale, cinq agences bancaires du quartier de Vanchiglietta ont eu leurs vitres brisées à l’aide d’un marteau. Les agences vandalisées sont celles d’Intesa Sanpolo (corso Belgio95), de la ‘Banca Nazionale del Lavoro’ (Corso Belgio 97) qui est une filiale de la BNP Paribas, de la ‘Banca Sella’ (Corso Belgio 107), de la ‘Banca del Piemonte’ (Corso Brianza 12) et celle d’Unicredit (Corso Chieti 1). Une enquête de police est en cours, mais il n’y a aucune trace du ou des vandale(s).

Grèce: solidarité contre les expulsions de squats et les violences policières

Publié le 2019-11-30 14:58:06

Grèce: solidarité contre les expulsions de squats et les violences policières

Le 5 décembre, le gouvernement grec a posé un ultimatum aux squatt.eur.euse.s : s’iels ne partent pas, iels devront faire face à une répression violente.

Le parti de droite Nouvelle Démocratie, au pouvoir depuis juillet 2019, affiche son caractère autoritaire en s’attaquant à la gauche radicale et à l’ultra-gauche ainsi qu’aux personnes sans-papiers et aux réfugié.e.s.

L’asile universitaire (l’interdiction pour les forces de l’ordre d’entrer dans un campus), résultat d’une lutte ayant marqué la fin de la dictature des colonels, a été supprimé. Ce fut l’une des premières décisions du nouveau gouvernement. Le 17 novembre 1973, des chars de l’armée avaient en effet tué 23 étudiant.e.s qui protestaient contre le régime dictatorial. Depuis lors, aucun gouvernement n’avait osé l’abroger. Quelques jours avant la marche commémorant ces évènements, la police anti-émeute (MAT) s’est attaquée à la faculté d’économie en blessant de nombreux/ses étudiant.e.s. Le 18 novembre, les MAT ont attaqués les avocat.e.s et copain.e.s venues en soutien au tribunal pour les personnes arrêtées lors de cette marche.

Depuis le mois d’août, le quartier d’Exarcheia au centre d’Athènes, ses occupations et lieux autogérés (cafés, bars, …) sont évacués par la force et cibles d’opérations policières violentes. Lors des évacuations, des réfugié.e.s sont embarqué.e.s de force pour être amené.e.s dans des centres de rétention déjà surpeuplés. La police anti-émeute, postée à toutes les intersections stratégiques du quartier, insulte et frappe des passant.e.s au hasard, lance des propos sexistes aux femmes, … ils l’ont affirmé haut et fort « ici c’est la junte ». Les attaques sont si nombreuses qu’il serait difficile de tout retranscrire en quelques lignes…

Le premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, se vante de la forte répression qu’il instaure avec le soutien de son neveu, Kostas Bakoyannis, maire d’Athènes. Prenant Exarcheia comme symbole, elle s’étend en réalité à tout le territoire. Des appareils de surveillance (GPS) ont été découverts sous de nombreux véhicules de militant.e.s et activistes. Les arrestations arbitraires se multiplient. Les droits de communiquer avec un proche et/ou un avocat ne sont pas respectés…

Le gouvernement a renforcé les effectifs policiers, 1500 voltigeurs ont été embauchés alors que des coupes budgétaires sont effectués dans tous les services publics (santé, éducation, retraites, …). L’armée qui gérait déjà les centres de rétention, a désormais la possibilité de contrôler les personnes sur l’ensemble du territoire.

Protégés par le gouvernement, les flics se lâchent !

Le 6 décembre 2008, Alexis Grigoropoulos, 16 ans, est tué à Exarcheia par une balle tirée par le policier Epaminonda Korkonea, libéré le 31 juillet dernier après 11 ans de détention (il était condamné à perpétuité). Une grande manifestation a lieu tous les ans en mémoire d’Alexis. Elle s’annonce particulièrement tendue cette année puisque le gouvernement vient de poser un ultimatum à l’ensemble des squats du pays. Michális Chryssohoïdis, ministre de la protection du citoyen, annonçait en effet le 20 novembre dernier :

« Ceux qui ont occupé illégalement des bâtiments, publics ou privés, sont invités à les évacuer. S’ils sont demandeurs d’asile ou ressortissants de pays tiers, ils devraient être informés qu’ils seront transférés dans des centre d’accueil (NB : comprenez de rétention). (…) Si les bâtiments sont privés, les occupants actuels doivent entrer en contact avec les propriétaires et convenir des conditions du bail. La date limite pour l’évacuation est de 15 jours après la publication du présent communiqué de presse. »

Les squats et toutes les formes de résistance à l’autoritarisme en Grèce ont besoin de soutien !
Contre la propagande des médias bourgeois : la diffusion !
Contre l’autoritarisme, la répression et les violences : des actions solidaires !


Des squats à Athènes: https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR/squated/squat
Des squats expulsés à Athènes: https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR/field_active/1/squated/evicted
Des groupes à Athènes: https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR
Des événements à Athènes: https://radar.squat.net/fr/events/city/Athens/country/GR

Des squats en Grèce: https://radar.squat.net/fr/groups/country/GR/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) en Grèce: https://radar.squat.net/fr/groups/country/GR
Des événements en Grèce: https://radar.squat.net/fr/events/country/GR


[Publié le 30 novembre 2019 sur IAATA].

Paris : Camionnette de la mairie incendiée

Publié le 2019-11-30 15:09:09

reçu par mail / jeudi 28 novembre 2019

 » L’essentiel de la solidarité, c’est la poursuite et le durcissement de l’offensive anarchiste…
La solidarité transmet le message concret que tout continue  » *

La révolte sociale au Chili nous fait espérer et nous donne de la force. Mais rêver devant un écran ne suffit pas, voire participe au spectacle de ce monde.
On a entendu les appels à la solidarité qui viennent des anarchistes du Chili et on a donc décidé de faire quelque chose, même un petit truc, contre ce monde qui nous exploite et nous prive de liberté.
En l’espèce, contre la mairie de Paris, que Hidalgo veut doter d’une police municipale (il y a déjà la Sécurité de la ville, bien présente dans les rues pour harcelé les plus pauvres).
La nuit du 25 au 26 novembre, on a mis le feu à une camionnette de la mairie, rue Duc (18ème).

Solidarité avec les personnes qui luttent pour une vie libre, au Chili et ailleurs.

 

Note d’Attaque : voir par exemple « Appel international à une semaine en solidarité avec la révolte au Chili »

 

[in italiano][in english][en español][По Rусский]

Rennes : Des invité.e.s surprise à la soirée des fachos

Publié le 2019-11-30 15:09:09

20 Minutes / jeudi 28 novembre 2019

Il était environ 20h30 mercredi soir quand plusieurs dizaines d’individus cagoulés ont attaqué la terrasse du bar le Webb Ellis, sur la place des Lices, à Rennes. Cette opération d’intimidation visait une réunion du journal L’Etudiant Libre, comme l’a révélé Ouest-France. Ce magazine « politique et culturel », se présente comme un « partenaire de la convention de la droite », lancée par Marion Maréchal-Le Pen. Un jeune homme a été blessé dans l’attaque.

Les faits n’ont duré que quelques minutes, le temps pour des militants cagoulés et vêtus de noir de balancer les chaises et les tables de la terrasse, puis d’asperger les personnes présentes de substances. D’après nos informations, un homme aurait reçu un produit liquide dans les yeux, vraisemblablement de l’ammoniaque. Il a été pris en charge par les pompiers et transporté au CHU Pontchaillou. « Il en est sorti dans la soirée », explique Paul Guerry, porte-parole du journal L’Etudiant Libre.

Et selon Ouest-France, les fachos c’était « un groupe de personnes réunies ce soir-là, animateurs ou sympathisants d’un journal étudiant intitulé L’étudiant libre. Une publication mensuelle diffusée à Rennes depuis le printemps 2019 « de droite, conservatrice, c’est vrai, mais pas d’extrême droite », affirme l’un des responsables de cette revue, âgé d’une vingtaine d’années. Étudiant à Rennes comme tous les participants à cette soirée.
« C’était notre première rencontre, mais pas une soirée de débat, plutôt un moment de convivialité. Nous avions privatisé une salle en sous-sol du bar. Nous étions une vingtaine », poursuit l’étudiant. L’un des participants a reçu un liquide à forte odeur d’ammoniac sur le visage. Il a été soigné sur place par les pompiers. »

Publication : Numéro spécial d’Avis de tempêtes sur la révolte en cours au Chili

Publié le 2019-11-30 15:09:13

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°23bis (28 novembre 2019) vient de sortir.

« L’ampleur de la révolte au Chili n’est pas liée à tel ou tel serrage de vis, à tel ou tel groupe, mais à quelque chose de bien plus profond : la soif de liberté. Une liberté partagée qui ne pourra que passer sur le cadavre de la domination — des églises aux partis, de l’économie à la politique en passant par le patriarcat — pour s’affranchir des chaînes de l’existant. Une liberté contagieuse qui ne peut avancer qu’en détruisant tout ce qui fait la misère de nos vies, à travers un négatif d’où pourra surgir quelque chose de complètement différent. Et certes, sans pitié et sans égard pour l’ordre actuel qui nous écrase. »

Tous les anciens numéros sur le blog : avisdetempetes.noblogs.org

[Reçu par mail]

Attention au nouveau jouet des bleus (et à comment on utilise son portable)

Publié le 2019-11-30 15:09:17

Libération / jeudi 28 novembre 2019

[…] «500 commissariats» français devraient être équipés d’ici 2024 «d’un système capable d’aspirer et de traiter toutes les données d’un téléphone portable», en «moins de dix minutes». L’information vient tout droit d’un reportage de Reporterre au salon professionnel Milipol de Paris, dédié chaque année à la «sécurité intérieure des Etats» et dont l’édition 2019 avait lieu du 19 au 22 novembre.
Plus précisément, les éléments sur l’extraction de données des portables viennent de Clémence Mermet, cheffe du pôle central d’analyse des traces technologiques de la police nationale. «Actuellement, les téléphones saisis doivent être envoyés dans un centre spécialisé de la police technique et scientifique, qui ne sont que 35 et sont souvent embouteillés. Avec ce kiosque qui sera installé dans les commissariats de premier niveau, il suffira de brancher le téléphone et toutes les données seront extraites pendant la garde à vue : SMS, photos géolocalisées… Autant d’informations qui peuvent être utiles pour conduire l’interrogatoire, vantait-elle dans les colonnes du média écolo. Ce kiosque est en cours de déploiement dans le nord de la France. L’an prochain, cent nouvelles machines seront installées en Ile-de-France et dans le Sud. En tout, cinq cents machines doivent être installées d’ici 2024, pour un coût de quatre millions d’euros. Nous l’avons déjà testé lors du G7, pour traiter les téléphones des personnes gardées à vue, et les retours ont été très positifs.»

A quoi ça ressemble ce « kiosk »

La commissaire fait référence à Kiosk, un ordinateur spécialement conçu par l’entreprise israélienne Cellebrite pour faire tourner sa solution d’extraction de données, UFED InField. Celle-ci permet d’aspirer les données d’un appareil, même lorsqu’on ne dispose pas du mot de passe ou du schéma de déverrouillage, explique sur son site Cellebrite : «Le personnel autorisé peut extraire directement les mots de passe, désactiver ou contourner le verrouillage mis en place par l’utilisateur, et décoder les données de plus de 1 500 applis mobiles en quelques minutes.» Ces derniers mois, l’entreprise se targuait même d’être l’une des rares capables de déverrouiller les derniers modèles d’iPhone.
L’avis d’attribution du marché public remporté par Cellebrite, en juin, permet à la fois de confirmer l’information, et d’apprendre qu’en plus de la police, «les systèmes d’extraction et d’analyse de données téléphoniques» de l’entreprise sont également déployés «pour les besoins de la gendarmerie nationale, la douane et la direction de la coopération de sécurité et de défense». Contactée par CheckNews, la police nationale indique que seuls 35 appareils sont d’ores et déjà en leur possession et qu’ils seront déployés «en 2020» après la phase de test en cours. «Il n’y a aucune modification des règles actuelles qui permettent d’extraire des données, tient à préciser le service de communication de la police. Cela se fait toujours dans le cadre judiciaire, sous l’autorité du procureur de la République. Avant, on devait envoyer les appareils au labo, demain les enquêteurs pourront le faire directement dans le commissariat. C’est plus rapide, plus efficace et il y a une traçabilité des recherches puisque à chaque fois qu’un enquêteur s’en sert, la machine enregistre les requêtes.»

Considérée comme un acteur de pointe dans le domaine de la sécurité informatique, Cellebrite a toutefois été victime d’un piratage d’ampleur : un hacker a récolté une grande quantité de données confidentielles sur ses serveurs. Selon le site américain Motherboard, qui a eu accès à ces données, elles comprenaient des «fichiers de preuve récoltés sur des téléphones portables». Surtout, les données suggèrent que l’entreprise israélienne a vendu ses produits à des pays régulièrement pointés du doigt pour des manquements en termes de droits de l’homme, comme la Turquie, la Russie ou les Emirats Arabes unis. […]

 

NdAtt. : on pourra lire ici un texte intéressant pour utiliser de manière un peu réfléchie un smartphone (le même discours est valable, en gros, pour un ordi). Sachant bien entendu que la meilleure utilisation possible d’un portable est celle de projectile à jeter sur les flics – mais les slogans idéologiques ne suffisent pas à nous protéger de la répression ;-) 

Mise à jour du 3 décembre 

Les flics ont maintenant une machine pour aspirer l’ensemble des données de votre mobile

Paris-Luttes.info / samedi 30 novembre 2019

Suite à un reportage de Reporterre et un article de Checknews, on a maintenant la confirmation que les commissariats d’Île-de-France vont s’équiper d’une centaine de nouvelles machines capables d’aspirer l’ensemble des données de n’importe quel smartphone : SMS, photos, localisations, données issues des applications…

Exemple de données récoltées. Suite à un hack de la société Cellebrite en 2016

Ce nouveau système que les flics français nomment le « Kiosque » est un ordinateur commercialisé par une société israélienne Cellebrite basé sur logiciel du nom UFED InField. Il suffit aux flics de brancher votre téléphone à cette machine afin qu’ils puissent en moins de 10 minutes accéder à l’ensemble de son contenu sans avoir votre mot de passe, ou données biométriques.

Malgré que le chiffrement des téléphones Android et iOS est maintenant par défaut, ils sont capables d’outrepasser cette sécurité (« Bypass du bootloader via souvent une faille au sein du processeur graphique » pour les intimes).

Dans les dernières mises à jour du logiciel UFED, Cellebrite indique qu’ils sont capables de craquer plus de 25 000 « device profiles » (qu’on peut traduire rapidement par téléphones) et 10 000 applications (de différentes versions). Dans la liste, on peut y voir des applications de messageries chiffrées comme Telegram, Signal Messenger, Whatsapp (on prendra cela avec des pincettes, car on ne sait pas quelles données sont extraites).

Cellebrite, société créée en 2009, a vendu plus 35 000 systèmes UFED, 100 millions de chiffre d’affaires, effectif de 400 personnes avec des bureaux en Israël, aux États-Unis, au Brésil, en Allemagne, à Singapour et au Royaume-Uni.

Dans sa communication, Cellebrite nous fait une petite démonstration scénarisée de comment des flics peuvent s’introduire dans votre téléphone et rechercher l’ensemble de vos communications, déplacements…

Les flics français disent l’avoir déjà expérimenté lors du dernier G7 et ont trouvé ça « très positif ». Ils comptent installer 500 systèmes pour 2024 dans toute la France.

 

Région de Buenos Aires (Argentine) : Attaques incendiaires en solidarité avec la révolte au Chili

Publié le 2019-11-30 15:09:28

Contra Info / jeudi 28 novembre 2019

Depuis le territoire dominé par l’État argentin, région de Buenos Aires, nous revendiquons le placement de deux engins incendiaires, en solidarité avec la révolte au Chili.

L’un chez le supermarché Vea, sur la rue numéro 13, dans la ville de La Plata [à une cinquantaine de km au sud de la ville de Buenos Aires ; NdAtt.] et l’autre à Llavallol, dans l’arrondissement de Lomas de Zamora [une vingtaine de km à sud de la capitale ; NdAtt.], dans le complexe qui abrite Easy et Jumbo [Easy est une chaîne de magasins de produits de bricolage, jardinage etc., Jumbo une chaîne d’hypermarchés, Vea une chaîne de supermarchés branchés ; les trois appartiennent à la holding chilienne Cencosud ; NdAtt.], au carrefour entre les rue Frias et Antartida argentina.

Tous ces supermarchés appartiennent à des capitaux chiliens, qu ont les mains pleines de sang.

QUE LA RÉVOLTE SE RÉPANDE !
LIBERTÉ POUR TOU.TE .S !
DÉTRUIS CE QUI TE DÉTRUIT !

Athènes (Grèce) : Une banque attaquée

Publié le 2019-11-30 15:10:10

Act for freedom now ! / vendredi 29 novembre 2019

Le parti Néa Dimokratía, dans le sillage de la politique social-démocrate de SYRIZA, a fait le pari de désigner un ennemi intérieur, de façon à procéder sans heurts à des ajustements dans la gestion du capital intérieur, qui passent ainsi inaperçus et sans réaction. Par conséquent, le sujet d’Exarcheia, « faire face à l’anarchie dans les quartiers et les universités », l’imposition de la doctrine de « loi et ordre » est devenu une priorité de la droite, qui investit dans les caractéristiques les plus cannibales et conservatrices de la population locale et élabore une stratégie pour dissimuler la dégradation toujours croissante des conditions de travail. Une stratégie visant à rendre invisibles les mort.e.s, les torturé.e.s et les exclu.e.s aux frontières, en mer, sur les lieux de travail, dans les rues des villes, dans les centres de détention et les prisons. Une stratégie qui détourne l’attention du public vers les conflits des anti-autoritaires avec les flics et les attaques contre les symboles, les structures et les personnes au pouvoir, les décrivant comme la forme la plus importante et structurée de violence, et donc comme la menace la plus importante pour les citoyen.ne.s moyen.ne.s.

Les mots utilisées par le récit autoritaire dominant ne sont pas le fruit du hasard : elle décrivent les squats (tanières illégales), les centres sociaux dans les universités (planques), les personnes qui se battent dans la rue avec les flics (vandales), les personnes que la violence du capitalisme a fait partir de leur pays pour tenter de trouver un sort meilleur (immigrants illégaux), les guérilleros armé.e.s et les expropriateur.ice.s radicaux.ales (terroristes, brigand.e.s et assassin.e.s). Et le fait de relier toutes ces expressions à l’abstraction « Exarcheia ». Nous n’entrerons pas dans l’histoire d’Exarcheia, les luttes, les relations, les racines qui se sont développées là bas. Tout cela a été analysé avec beaucoup plus de délicatesse et de rigueur. Nous voulons seulement dire que, dans l’abstraction « Exarcheia », la figure de l’ennemi intérieur, le sujet qui doit être écrasé, détruit, emprisonné, exilé, exclu de la normalité de la démocratie bourgeoise, prend une forme et une substance spécifiques. Il devient le sujet qui doit confirmer fermement et sans ambiguïté qui est qui détient le pouvoir souverain, qui définit les bases sur lesquelles se construisent les relations entre les personnes, mais aussi avec leur environnement, les ressources, les biens qu’ils produisent, le temps et l’espace.

Après tout, Exarcheia est l’espace urbain et le point anthropologiquement défini qui souligne ce que le capitalisme moderne craint, ce que les États occidentaux modernes craignent. Des lieux d’auto-organisation, d’expropriation des ressources, d’espace et de temps, de propagande anarchiste et de diffusion de théories anti-autoritaires vers une base sociale, d’action directe et d’attaques en mode guérilla, dans le territoire métropolitain ; la conscience que nous sommes deux mondes parallèles en cours de collision, la conclusion que le capitalisme n’est pas la fin de l’histoire : voilà ce dont ils ont peur. Et c’est ce qu’ils veulent étouffer. Exarcheia est le symbole visible et incarné de ce qu’ils veulent étouffer. C’est la raison de toute la répression acharnée contre les structures, les moyens et les sujets de la lutte anti-autoritaire.

Nous avons vu ce déchaînement répressif exploser sur les corps des personnes arrêtées le 17 novembre 2019 et de celles rassemblées en solidarité devant le tribunal, le lendemain; se répandre sur les trottoirs et dans les rues d’Exarcheia avec le sang des gens harcelées par les ordures en uniforme, qui s’affichent sur les chaînes TV dans une atmosphère de « victoire pour la démocratie » et de « balayage des anarchistes ». Face à ce déchaînement avalisé par l’État, nous pensons que nos réponses doivent être avisées, en tenant compte de toujours plus de facteurs, afin d’être aussi dangereux.ses et efficaces que possible, dans nos actions. Pour compléter la mosaïque de la présence anarchiste dans la rue ce jour-là et suivant la logique de frapper là où ils ne nous attendent pas et de concentrer leurs forces dans un point, en début de soirée, le 17 novembre, nous avons cassé les vitres et le distributeur automatique de la banque Eurobank, dans la rue Mihalakopoulou à Ambelokipoi [quartier du nord-est d’Athènes ; NdAtt.]. Nous voulions leur rappeler qu’ils ne peuvent pas toujours avoir des yeux et des oreilles partout et que, lorsque nous décidons le lieu et le moment du conflit, il s’avère que leur quadrillage de la métropole, leur structure répressive, leur renommée et leur statut politique sont fragiles et vulnérables.

Cette action était un signe de solidarité et de complicité avec les rebelles du Chili. C’était aussi un cri de solidarité et de force à nos compas en cavale, inculpé.e.s et incarcéré.e.s.

PS. Dimitris Armakolas [compagnon mort suite à sa chute et à un électrochoc reçu pendant qu’il grimpaient pour accrocher une banderole en solidarité avec un anarchiste emprisonné, à Athènes, le 10 novembre 2018 ; NdAtt.].est toujours présent dans la mémoire révolutionnaire.

Des ami.e.s de la violence asymétrique