Vive l'Anarchie - Semaine 47, 2023

Sommaire

Les bouffons constitutionnels et les mouchards électroniques

Publié le 2023-11-20 10:05:03

Il y a quelques jours, entre l’adoption définitive de la loi dite « Plein emploi » (avec ses 15 heures d’activité hebdomadaire obligatoire pour les bénéficiaires du RSA) et celle en cours d’examen contre les immigrés et les demandeurs d’asile *, les progressistes en toge et en cravate ont fini par trouver un petit motif de satisfaction. Ouf, enfin une victoire des libertés formelles sur la raison d’Etat, enfin de quoi continuer à défendre coûte que coûte les institutions de la domination, qui après tout comportent aussi quelques garde-fous bien méritoires contre l’injustice.

C’est en effet jeudi 16 novembre que le Conseil constitutionnel a rendu sa décision à propos de la fameuse « loi Justice » du 11 octobre dernier, en décidant notamment d’invalider l’article 6 qui permettait l’activation à distance judiciaire de tout appareil électronique à l’insu de son possesseur, afin de procéder à des sonorisations et des captations d’images par les flics. Ce qui nous donne d’un côté un président du Conseil national des barreaux de France se disant «particulièrement satisfait », et d’un autre la déception du syndicat policier Alliance, qui attendait impatiemment de pouvoir mettre en œuvre « cette disposition de bon sens et primordiale pour lutter contre la moyenne délinquance comme contre le haut du spectre de la criminalité». Voilà pour le spectacle démocrate.

Sauf que comme souvent, les choses ne sont pas si simples dans un monde où le campisme en tout genre semble avoir pris le dessus sur toute capacité de réflexion autonome. Le chef des avocats est content, le chef des flics fachos est dégoûté, et tout le monde peut donc aller se recoucher, ou bien ?
Tout d’abord, on peut remarquer que nombre d’autres mesures ont a contrario été validées et ainsi gravées dans le marbre par le conseil constitutionnel, comme l’extension des possibilités de perquisition de nuit (21h-6h) dans le cadre de la flagrance, l’introduction de la visio en garde-à-vue (y compris sans consentement de l’intéressé.e) pour consulter un médecin ou avoir accès à un interprète, l’incarcération provisoire pour un mis en examen qui vient d’être arrêté même si c’est à l’inverse un placement en résidence surveillée couplé à un bracelet électronique qui a été décidé par le juge… et ce le temps infini de l’étude de faisabilité technique, et plus généralement un budget du ministère de la Justice qui passe de 9,3 à 11 milliards d’euros avec embauche conséquente de 10.000 bourreaux supplémentaires sur cinq ans (matons, juges et compagnie), ainsi que l’augmentation de la construction de nouvelles prisons (portant le programme « 15 000 places » à 3000 de plus d’ici 2027).

Venons-en ensuite aux paragraphes invalidés de cet article 6, qui autorisaient donc les flics (dans le cadre d’une instruction sous l’égide d’un juge mais aussi d’une simple enquête préliminaire sous l’égide du procureur), à activer à distance tout appareil électronique à l’insu de son possesseur, afin d’en capter sons et images. Était ainsi concerné tout objet numérique disposant d’un micro et/ou d’une caméra, allant des baby phone, assistants vocaux, GPS de voiture, casque de musique, jouet ou montre connectée, jusqu’aux smartphones, tablettes et autres ordinateurs. Un progrès notable pour les enquêteurs, qui devait venir compléter la parfois besogneuse pose physique de micros et de caméras dans les domiciles ou étendre les banales écoutes téléphoniques, et ceci dans le cadre d’affaires catégorisées comme « relevant de la délinquance ou de la criminalité organisées ». Sans oublier que puisqu’il paraît qu’on est jamais aussi bien servi que par soi-même, députés et sénateurs avaient même prévu quelques exceptions de bon aloi, comme le fait de ne pas pouvoir procéder de la sorte sur… les membres du Parlement, les magistrats, les avocats, les journalistes, les huissiers, les notaires et les médecins !

Quant au fond, le motif de l’inconstitutionnalité de cette mesure législative a été qu’elle ratissait un peu trop large au vu de son caractère intrusif, c’est-à-dire qu’elle ne se contentait pas uniquement de viser les seuls ennemis de l’Intérieur et autre « haut du spectre de la criminalité » en même temps que leurs proches. En gros, le gouvernement a été un peu trop gourmand sur ce coup-là. Sous la plume obscène des gardiens du Droit suprême, cela donne alors le raisonnement suivant : « en permettant de recourir à cette activation à distance non seulement pour les infractions les plus graves mais aussi pour l’ensemble des infractions relevant de la délinquance ou de la criminalité organisées, le législateur a permis qu’il soit porté au droit au respect de la vie privée une atteinte qui ne peut être regardée comme proportionnée au but poursuivi », notamment « dans la mesure où elle permet l’enregistrement, dans tout lieu où l’appareil connecté détenu par une personne privée peut se trouver, y compris des lieux d’habitation, de paroles et d’images concernant aussi bien les personnes visées par les investigations que des tiers. »

Cependant, si cette captation d’images et de sons à distance sur tout appareil muni de tels capteurs vient d’être invalidée le 16 novembre, rappelons que c’est uniquement dans le cadre des enquêtes judiciaires, auxquelles la « loi Justice » entendait offrir plus de possibilités d’investigation et de flicage. Car ce que les démocrates béats et occasionnellement outrés font ici mine d’oublier, c’est que ce même déclenchement à distance des caméras et micros de baby phone, visiophone et autres laisses électroniques est non seulement déjà autorisé, mais aussi pratiqué hors cadre judiciaire et au quotidien par « les services de renseignement », comme l’avait ironiquement seriné le ministre de la Justice lors des débats parlementaires, ajoutant en outre que même dans le cadre judiciaire, il ne s’agissait au fond que d’une modernisation de la « vieille technique » de micros ou de caméras posés chez des suspects, qui pour sa part n’était plus contestée depuis longtemps.

Mais ce n’est pas tout, puisque les neuf bouffons constitutionnels ont en réalité décidé de trancher la poire en deux, en validant à l’inverse un autre paragraphe de ce fameux article 6 de la « loi Justice » : celui qui permet non pas sonorisation et captation d’image à partir de n’importe quel appareil électronique connecté, mais cette fois « la géolocalisation à distance et en temps réel » à partir de ces mêmes appareils plus anodins, pourvu qu’un individu soit soupçonné dans une enquête préliminaire ou une instruction d’une infraction « punie d’au moins 5 ans d’emprisonnement ». Car dans ce cas, bien entendu, « les dispositions contestées, en tant qu’elles autorisent l’activation à distance d’appareils électroniques aux seules fins de géolocalisation, ne méconnaissent pas le droit au respect de la vie privée. »

Au final, et malgré le petit air de victoire claironné par les citoyennistes du haut de leurs pantoufles, la donne réelle reste la suivante : les services de renseignement utilisent déjà comme ils le veulent/le peuvent la géolocalisation, la sonorisation et la captation d’images à distance à partir de tout appareil électronique connecté, tandis que procureurs et juges pourront aussi emprunter cette même voie en matière de géolocalisation en temps réel (sans plus se contenter des seuls téléphones mobiles), dans le cadre d’une partie de leurs enquêtes judiciaires.

On savait déjà que les téléphones étaient des mouchards permanents (de soi mais aussi des autres qui se trouvent à portée de micro ou de caméra). Qu’on se le tienne donc désormais pour dit à propos de n’importe quels autres « appareils électroniques » domestiques ou ludiques munis de tels capteurs (ou de GPS), même éteints, puisque la question concerne ici justement leur activation non consentie à distance par les flics et leurs prestataires.

A bon entendeurs…

Quelques ennemis du meilleur des mondes
19 novembre 2023

* Note : après son adoption au Sénat le 14 novembre et avant examen en décembre à l’Assemblée nationale, le projet de loi « Asile et immigration » comporte notamment les mesures suivantes : fin de l’automaticité de la naturalisation par le droit du sol ; durcissement du regroupement familial et de l’accès aux titres de séjour ; suppression de l’aide médicale d’Etat (AME) au profit d’une aide médicale d’urgence (AMU) ; suppression de certaines prestations sociales (comme les APL) aux étrangers présents en France depuis moins de cinq ans ; rétablissement du délit de séjour irrégulier ; augmentation des moyens de placement en rétention des demandeurs d’asile ; retrait du titre de séjour en cas de non-respect des « principes de la République » ; exclusion des personnes sans titre de séjour du droit à l’hébergement d’urgence, …

Massa (Italie) : Appel à une présence solidaire

Publié le 2023-11-20 10:10:04

La Nemesi / jeudi 16 novembre 2023

Appel à une présence solidaire avec les anarchistes sous enquête pour la manifestation du 10 septembre 2022 à Marina di Carrara et pour la publication de Bezmotivny (Massa, 23 novembre 2023)

Le 10 septembre 2022, dans les rues de Marina di Carrara, a eu lieu une manifestation en solidarité avec les révolutionnaires emprisonnés, en particulier avec l’anarchiste Alfredo Cospito, qui avait été transféré dans le régime pénitentiaire 41-bis au mois de mai de la même année. Le 20 octobre suivant, le compagnon a commencé une grève de la faim contre le 41-bis et la peine de perpétuité avec période de sûreté illimitée, grève terminée le 19 avril à la suite d’un verdict de la cour constitutionnelle sur la normative qui règle la peine de réclusion à perpétuité.

La manifestation de Marina di Carrara a été l’une des nombreuses initiatives en solidarité avec le compagnon qui ont été réalisées avant le début de la grève de la faim. Sur le parcours de la manifestation, il y avait une table de presse proposant de la propagande électorale de la Lega, qui est terminé, justement, les pieds en l’air. Sur une filiale de la banque Unicredit des environs, sont apparus des tags (« Alfredo hors du 41-bis » et « guerre à la guerre »). À tout cela ont fait suite les pleurnichements des membres de la Lega, parti connu pour être responsable des massacres dans la Méditerranée, ainsi que des politiques bellicistes et anti-prolétaires qui ont caractérisé ces dernières années.

Sept compagnons et compagnonnes anarchistes sont sous enquête pour cette manifestation. Le procureur avait demandé des mesures de contrôle judiciaire pour certains d’entre eux : des arrestations domiciliaires et des obligations de pointage au poste de police. Sur la base de cette requête, le juge d’instruction avait imposé trois mesures de contrôle judiciaire (des obligations de pointer tous les jours au poste de police) pour une compagnonne et deux compagnons. Le 9 mars, il y a eu les notifications de l’enquête et les perquisitions pour les trios, accusés de « vol avec violence » à cause du renversement de la table de presse de la Lega. Les autres accusations sont « dégradation par tags », pour certains, et « avoir empêché ou perturbé une réunion de nature électorale » pour tout le monde). Cinq membres de la Lega se sont constitués partie civile.

L’audience préliminaire contre les sept compagnons sous enquête a été fixée pour le 23 novembre. Parmi eux, il y a Luigi, qui se trouve actuellement aux arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions, ainsi qu’une compagnonne qui a l’interdiction de quitter sa commune de résidence (avec l’interdiction de sortir de chez elle la nuit et l’obligation de pointer chez le flics) à cause de l’opération Scripta Scelera, du 8 août, contre le bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny. Nous invitons à une présence solidaire avec les compagnons et les compagnonnes inculpés pour la publication de Bezmotivny et pour la manifestation de Marina di Carrara.

Rendez-vous le 23 novembre devant le tribunal de Massa, piazza De Gasperi, à 10h30.

 

*****

Mise à jour du 27 novembre

Des nouvelles du procès de Massa pour ce qui s’est passé le 10 septembre 2022

La Nemesi / samedi 25 novembre 2023

L’audience préliminaire du 23 novembre, pour la procédure dans laquelle sont inculpés sept compagnons et compagnonnes – dont trois actuellement obligés de pointer chez les flics à cause de cette enquête – accusés de vol avec violence (pour le renversement d’une table de presse de la Lega), de dégradation par tag (d’une filiale de la banque Unicredit) et d’avoir empêché une réunion de propagande électorale, à la suite de la manifestation du 10 septembre 2022, à Marina di Carrara, en solidarité avec les révolutionnaires emprisonnés et en particulier avec Alfredo Cospito, au régime 41-bis depuis le mois de mai 2022, s’est soldée par un renvoi.

Devant le tribunal de Massa s’est tenue une présence solidaire. La prochaine audience aura lieu le 18 avril à 12h30. Le juge a autorisé la présence de Luigi, qui se trouve aux arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions à cause de l’opération Scripta Scelera contre Bezmotivny et qui est inculpé aussi dans cette procédure.

Solidaires avec tous les compagnons et les compagnonnes prisonniers de l’État.
Toujours pour l’anarchie.

Briefcam un logiciel de reconnaissance faciale utilisé dans l'agglomération lyonnaise ?

Publié le 2023-11-20 18:00:05

Retour sur l’utilisation et le fonctionnement du logiciel Briefcam par différents services de police francais et certaines villes de la région, à partir d’une enquête réalisée par Disclose.ngo



Le média d’investigation Disclose, vient de sortir une enquête sur l’utilisation, par différents services de la police française, d’un logiciel de vidéosurveillance algorithmique.

La vidéosurveillance algorithmique recoupe un vaste panel de fonctionnalités, comme la "reconnaissance de gestes suspects" mais aussi la possibilité de suivre une voiture grâce à sa plaque d’immatriculation, de suivre une personne en direct via la couleur de ses habits, ou encore de faire de la reconnaissance faciale. Ce logiciel est un logiciel de traitement des images qui peut aussi être utilisé a posteriori. Ce n’est pas un ensemble de caméras intelligentes, mais un dispositif annexe s’intégrant dans un système de vidéosurveillance.

La surveillance algorithmique a été autorisée (à l’exclusion de la reconnaissance faciale) à titre expérimental par la loi JO 2024. Or la police s’est déjà affranchie de ce cadre pour utiliser en toute illégalité ce type de traitement de données. On peut aller voir à ce sujet le travail minutieux de la Quadrature sur le sujet.

Le logiciel en question est plutôt une suite de logiciels (comme la suite Adobe), l’un permet de « visionner 1 h de vidéo en 1 minute », un autre peut « faire des recherches par attributs » (taille, couleur ou vitesse), un autre est un logiciel de reconnaissance faciale permettant « de détecter, de suivre, d’extraire, de classer, de cataloguer » des invididus, bref un outil facilitant grandement les tâches des flics.

Mais c’est encore l’entreprise produisant cette suite de logiciels, Briefcam, dont le leitmotiv est « Transformer la vidéosurveillance en intelligence active  » qui en parle le mieux dans ce manuel d’utilisation :

PDF - 4.7 Mo
Manuel d’utilisation de briefcam en français

Ou encore cette vidéo de présentation en anglais.

Cette suite de logiciels est utilisée par plusieurs services de police depuis 2015 et apparemment par celui de la Direction Départementale de la sécurité publique du Rhône depuis 2017. Et même si on ne tombe pas des nues connaissant l’habituelle capacité des forces de police à outrepasser le droit en toute impunité, le média d’investigation Disclose souligne que dès les premiers achats, le logiciel est utilisé en dehors de tout cadre légal, en ne respectant pas la réglementation française, avec la complicité active de la hiérarchie policière et ministérielle.

Disclose révèle aussi que la police utiliserait régulièrement la reconnaissance faciale au delà de leur autorisation légale. En effet, la police ne pourrait (en-tout-cas légalement) utiliser la reconnaissance faciale que dans deux cas :

Dans l’article, Disclose rapporte que plusieurs villes utiliseraient ce logiciel. En recoupant ces données avec celles disponibles sur le site de technopolice [2] nous apprenons que dans la région cela concerne les villes de Vienne (38), Roanne (42), Aix-les-Bains (73), Moirans (38) ou encore Gex (01).

Dans la métropole, c’est Vaulx-en-Velin qui est susceptible d’utiliser la suite de logiciels proposée par BriefCam. On se demande un peu à quoi sert un logiciel de ce type pour des équipes de policiers municipaux, n’ayant pour l’instant pas de pouvoir judiciaire. À quoi sert donc pour des municipalités d’investir dans des logiciels de ce type, si ce n’est pour accroître le flicage généralisé de leurs populations ?

Sur le site de la mairie, on apprend que le projet est de connecter les caméras de vidéosurveillance de Vaulx au CSU (Centre de supervision urbaine) de Lyon, ainsi qu’à l’hotel de police de Lyon « qui pourra visionner en temps réel les images ». [3]. Qu’en est-il de BriefCam Et de pratiquer la reconnaissance faciale à tour de bras ?

On peut d’ores et déjà se poser la question : quelles garanties avons-nous que la mairie de Vaulx-en-Velin et sa police municipale ne se servent pas déjà de la reconnaissance faciale sur ses habitant.es ? Qu’elles sont les modalités d’utilisation de Briefcam par la mairie de Vaulx ? Le centre de supervision de Lyon y aura-t-il accès ? Qui contrôle ces usages ? Tant de question dont nous n’avons malheureusment pas les réponses...

Pour la Direction Département de la Sécurité Publique du Rhône, la licence d’utilisation a été prolongée avant l’été, pour une durée qui nous est pour l’instant inconnue. Il semble plus que probable que ce logiciel est utilisé de manière régulière par les services de police du Rhône et de la métropole. Il ne serait pas étonnant que les services de police l’aient utilisé pour retrouver ou suivre des personnes lors des différentes manifs depuis 2015.



Notes

[1Pour en savoir plus sur les différents fichiers et les quelques moyens d’en sortir, vous pouvez consulter la brochure

Grèce : Pola Roupa est sortie de prison

Publié le 2023-11-21 05:30:04

La Nemesi / lundi 20 novembre 2023

17 novembre 2023 – les 50 ans de la révolte de Polytechnique et ma libération

Après sept ans consécutifs de prison (depuis mon arrestation, le 5 janvier 2017), huit ans et six mois si on compte aussi la période de détention préventive (depuis mon arrestation du 10 avril 2010) et treize ans et six mois au total, une peine que j’ai purgé pour ma participation à Lutte Révolutionnaire [Επαναστατικού Αγώνα, Epanastatikòs Agónas, EA], je suis sortie de prison. La signification symbolique de cette journée a été forte, puisque le 17 novembre de cette année marque le cinquantième anniversaire de la révolte de l’Université polytechnique d’Athènes, en 1973 [contre la dictature des militaires, qui avaient pris le pouvoir avec un coup d’État en 1967 ; NdAtt.]. En ce jour, tout le monde se souvient des morts de Polytechnique, mais aussi de tous ceux qui sont tombés dans la lutte pour la liberté.

Dans mon esprit, cette journée est marquée par le souvenir de notre compagnon Lambros Foundas, mort au combat en tant que membre de Lutte Révolutionnaire. Mais dans mes pensées il y a aussi le compagnon Nikos Maziotis, qui, malgré le fait qu’il ait purgé 11 ans de prison ferme et 14 ans de détention « mixte » – une période très longue, pour une condamnation à 20 ans – se voit refuser sa libération par les magistrats de Lamia. Il est désormais clair qu’un régime d’exception unique en son genre a été imposé à Nikos Maziotis, car aucun prisonnier ou prisonnière qui était dans une situation semblable à la sienne (avec des accusations fondées sur l’article 187A du code pénal [« actes de terrorisme » ; NdAtt.]) et avec des condamnations semblables (c’est-à-dire sans avoir été condamné à la réclusion à perpétuité) n’est jamais resté en prison si longtemps. Ce régime d’exception, fondé sur des critères et des motivations politiques qui de facto annulent le régime de libération conditionnelle – qui est, selon la loi, obligatoire et non pas « volontaire », puisqu’il n’est pas laissé à l’appréciation du juge de service – doit finir. En plus de la violation évidente de la loi, ce régime spécifique d’exception à l’égard d’un prisonnier politique rappelle ceux mis en place par la junte militaire.

Après tant d’années passées en prison, il serait faux de dire que je ne pense pas aux plusieurs dizaines de détenues avec qui j’ai vécu. En ce qui concerne les publications qui – je pense par erreur – ont « découvert » que j’ai été libérée car mère d’un enfant mineur, je dois dire que, en plus du fait que j’ai déjà purgé le nombre d’années requis pour accéder à la libration conditionnelle, aucun article du code pénal ne prévoit la libération conditionnelle d’une détenue parce qu’elle a un enfant mineur. Seulement l’article 105 du code pénal de 2019, une mesure qui n’est pas appliquée souvent, prévoit la détention domiciliaire pour les mères d’enfants de moins de 8 ans.

Étant donné que j’ai vécu pendant des années avec ces femmes, je sais que la plupart d’entre elles a un rôle central dans les soins apportés à des enfants mineurs, des personnes âgées, malades, en situation d’handicap et que leur détention prolongée a un impact terrible sur la vie de ceux qui sont restés seuls, sans leur aide. Le manque, dans le code pénal, d’une disposition sur la libération conditionnelle des mères ayant des enfants mineurs et des femmes qui s’occupent des catégories de personnes que je viens de citer démontre que les législateurs ne tiennent pas en considération la position centrale des femmes et de leurs soins dans la vie sociale. Il s’agit d’un manque qui, souvent, coûte des vies humaines.

Pola Roupa

Indymedia Lille

Publié le 2023-11-21 05:35:04

Une micro participation à l’appel d’une semaine d’action internationale contre toute les guerres du 17 au 25 novembre 2023. Le siège d’Apside, situe 21 bvd de la Marquette (toulouse), a reçu de l’huile de vidange et des tags sur sa façade, son interphone et sa belle entrée. « Apside profiteur de guerre » « (A) ».

Ce geste n’est rien face a l’immensité de la guerre, mais un petit rappel que cette dégueulasserie se décide et se prépare aussi dans de nombreux lieux a cote de chez nous.

Apside fait partie des multiples acteurs de toute cette merde. Une entreprise specialisee dans l’expertise autour des hautes technologies et qui se vante de ses projets meurtriers. Tout cela sous un vernis écologique et d’inclusion.

Quelques extraits tires de leur site internet :

« Nos experts Cybersécurité, Cloud, Data & IA vous accompagneront dans la création de valeur (sécurisation, stockage et exploitation de vos données). Usine du futur, usine connectée, usine 4.0,… la transformation numérique impacte les industries et ouvre de nouvelles opportunités pour produire plus rapidement, au meilleur coût et avec une agilité plus importante. »

« Projets d’innovation réalisés :

En 2020, Naval Group réfléchit à l’avenir du logiciel « SMSType ». Le logiciel est embarqué à bord de bâtiments militaires (tels que des frégates et des sous-marins) et permet de superviser le fonctionnement des bâtiments.

L’Albatros est un projet d’avion de surveillance et d’intervention maritime conçu autour du Falcon 200MRA de Dassault Aviation. Ce nouveau bâtiment sera déployé entre 2025 et 2030 sur le territoire français pour des missions de surveillance, de reconnaissance, de recherche et de sauvetage. Parmi les nombreuses hautes technologies embarquées, nos Apsidiens sont actuellement mobilisés auprès de notre client Naval Group pour la réalisation de la console de surveillance et de contrôle de la situation tactique.

Apside est un partenaire de confiance d’Airbus Helicopters depuis de nombreuses années déjà.

ArianeGroup, coentreprise détenue à parts égales par Airbus et Safran, est en charge du développement et de l’intégration des lanceurs d’Arianespace (Ariane 5 et 6) et du missile M51, missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) français. »

Autres lieux ou ils sont implantes :

7 Route de Galice, 13100 Aix-en-Provence

23 quai de Paludate – 33800 Bordeaux

10 rue Hubertine Auclert 29200 BREST

17 rue de Sarliève, 63800 Cournon d’Auvergne

10 Avenue Maréchal Foch, 21000 Dijon

39 boulevard Demorieux R+4 sud Bat epsilon 72100 Le Mans

11 parvis de Rotterdam, tour LillEurope 16e étage, 59000 Lille

77 Bd Marius Vivier Merle, 69003 Lyon

450 rue Baden Powell, 34000 Montpellier

1 Rue Haute Casserie, 44000 Nantes

400 avenue Roumanille, 06906 Sophia Antipolis

17 avenue des Martyrs de la Résistance 79000 Niort

+Munich, Bruxelles, Montréal, Casablanca, Aveiro et Genève


Saint-Quentin-Fallavier (Isère) : bis repetita contre les véhicules de la pénitentiaire !

Publié le 2023-11-21 12:20:02

Isère. Un fourgon cellulaire réduit en cendres
Le Dauphiné, 21 novembre 2023

Deuxième incendie en l’espace d’une semaine, au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier. Peu après 5 heures, ce mardi, un agent découvre, en rejoignant son poste, qu’un fourgon cellulaire pouvant transporter trois détenus, a été détruit par les flammes, sur le parking, ceint d’un grillage, du Prej, pôle de rattachement des extractions judiciaires, jouxtant le centre pénitentiaire. Aussitôt alertés, les sapeurs-pompiers et les gendarmes sont intervenus. Alors que les flammes ont également légèrement endommagé un second véhicule, une enquête a été ouverte. Le visionnage des images de la vidéoprotection permet de préciser que la mise à feu a été réalisée un peu plus tôt dans la nuit.

Une enquête a été diligentée par le parquet de Vienne après le premier incendie qui, il y a une semaine très exactement, avait détruit 5 véhicules pénitentiaires. Dont 4 Renault Kangoo servant à véhiculer les agents. Ce premier incendie s’était déroulé sur le parking du personnel de la prison, jouxtant celui où s’est déroulé le second incendie. Les investigations sont en cours. Les enquêteurs s’interrogent sur un éventuel lien ou pas entre ces 2 incendies criminels.

Affiche contre la guerre et l'industrie de l'armement

Publié le 2023-11-21 13:15:04

Bienvenue a Toulouse : Sa Garonne, ses violettes... ses usines de mort



Là-bas les bombes, la mort, la faim et l’exil et ici la flambée des prix, les relents nationalistes et la glorification de la démocratie. Les mêmes Etats qui prônent la paix sont aussi ceux qui assoient leur pouvoir et leur richesse en faisant la guerre aux quatre coins du monde.
Au bras de fer des nations, le résultat est toujours donné d’avance : les exploités de part et d’autre de chaque frontière voient leur existence piétinée pendant que les capitalistes maximisent leur profit.
A Toulouse, l’industrie de l’armement génère une grande partie de la richesse de la ville et participe grandement à sa compétitivité. On parle de centaine d’entreprises, centres de formation et de recherche. Avec nos mascottes locales que sont Airbus, Thalès, et Safran (ex AZF).

CREVONS LA GUERRE LÀ OÙ ELLE SE PRÉPARE !
REFUSONS DE SERVIR L’INDUSTRIE MILITAIRE !
SABOTONS LEUR PROPAGANDE !

Format pdf :

PDF - 12.3 Mo

Dadonville/Pithiviers (Loiret) : sabotages en série des connections internet

Publié le 2023-11-21 23:25:05

Internet : deux armoires vandalisées à Dadonville et à Pithiviers
La République du Centre, 21 novembre 2023

Vers une heure du matin, dans la nuit de lundi à mardi (21 novembre), une armoire de télécommunication au carrefour de la Groue, à Dadonville, a été incendiée. Trois quarts d’heure plus tard, un feu s’est déclaré sur une autre armoire, dans le quartier Saint-Aignan de Pithiviers cette fois. Une troisième armoire se préparait à l’être au niveau du rond-point en direction d’Etampes, à Pithiviers, vers 3 heures du matin.

Mais les hommes du PSIG, lors d’un contrôle, ont interpellé un homme et l’ont placé en garde à vue. Ces trois armoires avaient déjà été touchées par un incendie il y a quelques mois [en mai et juin, plus une quatrième]. Une enquête est en cours.

San Francisco (USA) : Un Walgreens saccagé en souvenir de Banko

Publié le 2023-11-21 23:30:02

Indybay / lundi 20 novembre 2023

En cette journée du souvenir trans, au beau milieu de la nuit, le Walgreens du quartier Ingleside a été saccagé, puisque nous nous souvenons du meurtre de Banko Brown de la part de Michael Earl-Wayne Anthony, un vigile de Walgreens, pour une poignée de friandises.

Banko Brown ne reviendra jamais, mais mettre Walgreens à la rue, c’est quelque chose que nous pouvons faire ensemble.
Vengeons Banko Brown !

Sète (Hérault) : « Nik le FN »

Publié le 2023-11-21 23:35:04

Midi-Libre / mardi 21 novembre 2023

La permanence parlementaire du député Rassemblement National Aurélien Lopez-Liguori a été vandalisée dans la nuit du 20 au 21 novembre. Le local de la rue Romain Rolland à Sète a été littéralement repeint de « slogans politiques menaçants et de symboles d’extrême-gauche », indique lui-même le député dans un communiqué.
« Nik le FN« , « ACAB« , « connard » ou encore « crève le faschisme (sic) », accompagnés de signes anarchistes ou anticapitalistes ont été tagués sur la porte vitrée, le mur et la grille métallique du local.

« Ces actes de vandalisme se sont déroulés quelques heures seulement après le « conseil municipal » clandestin organisé par l’extrême-gauche sétoise. […] », réagit l’élu qui devait se rendre ce mardi matin au commissariat de Sète.

Il nous a indiqué vouloir déposer plainte pour dégradation et tentative d’intrusion, ce dernier ayant remarqué la porte a été forcée à certains endroits. « Cela fait seize mois que je suis élu, confie Aurélien Lopez-Liguori, ma permanence n’a jamais été taguée, je n’ai jamais été menacé ni agressé.[…] ».

La cheffe de file du groupe d’opposition municipale de gauche Véronique Calueba, présente ce lundi 20 novembre au conseil municipal alternatif, a réagi dans l’après-midi aux propos du député RN. « Je condamne sans réserve la dégradation des locaux de la permanence du député Lopez Ligori. Je condamne tout autant les accusations gratuites de ce même député qui visent à lier ces actes malveillants et inadmissibles à la tenue d’un conseil municipal alternatif, moment démocratique d’éducation populaire et totalement à l’opposé de ces actes clandestins. Notre activité politique se fera toujours dans la légalité, le respect de la démocratie et surtout à visage découvert ».

Olympia Arby's Attacked – STOP COP CITY

Publié le 2023-11-21 23:45:05

On the wet, cold and windy night of Friday, November 10, a small crew of us attacked the west side Arby's with rocks and hammers smashing out multiple windows and tagging "STOP COP CITY".

We took this action as a part of the week of action in solidarity with Stop Cop City as Arby's is a subsidiary of Inspire Brands LLC whose CEO Paul Brown is on the board of directors the Atlanta Police Foundation. Also it was on the bingo card which is very cute!

This action was easy to plan and execute. We looked for a good spot to change, a good entry point, a good exit point and we moved quickly between the two. 15 seconds, smash and tag as much as we can then dip. Stay to dark areas on approach – don't worry about on the way out just run! Make sure your cardio is good especially if you're carrying equipment. Use the weather to your advantage, bad weather means less people are going to be out and about. Wind can provide noise cover – heavy rain can provide both noise and visual cover as well as give an excuse to use umbrellas which can lessen suspicion if you have to walk to a target in Party Clothes(TM).

A little bravery goes a long way, as does some rocks. Go forth and cause trouble, we're waiting for you.
(A)

Found on Puget Sound Anarchists

Carapatage#59 – Les luttes contre les constructions d’établissements pénitentiaires pour mineur-es (15/11/2023)

Publié le 2023-11-22 07:05:03

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Cette émission revient d’abord sur l’historique de l’enfermement des mineur-es avant de parler de la création des établissements pénitentiaires pour mineur-es avec la loi Perben 1 en 2002. On verra ce que sont les EPM par rapport à d’autres lieux d’enfermement comme les quartiers pour mineur-es dans les maisons d’arrêts pour majeur-es ou les centres éducatifs fermés (CEF) qui sont créés au même moment. L’émission revient ensuite sur les luttes qui ont existé à l’époque contre la construction des EPM comme l’occupation du chantier d’Orvault. On finit sur une chronique du livre Milot l’incorrigible.

Sommaire

Playlist

Ressources

[MàJ 22-11] Programme de novembre 2023

Publié le 2023-11-22 20:55:02

MàJ : Malheureusement la discussion du jeudi 23 novembre ne va pas pouvoir se tenir. On remet ça à bientot !

Samedi 11 novembre à 15h  : Causerie autour de la situation au  Proche Orient  et de ses répercussions

Depuis le 7  octobre, la situation au Proche-Orient entraîne des prises de position et provoque des répercussions bien au-delà dans le monde. Quelles réflexions et perspectives pouvons-nous développer d’un point de vue anti-autoritaire, contre tout Etat,, démocratique ou théocratique, contre tout nationalisme, toute religion et toute forme d’exploitation  ?

Entre autres suggestions de lectures, disponible à la bibliothèque:  L’appel constant du nationalisme et L’antisémitisme et le pogrom de Beyrouth de Fredy Perlman.

Discussion samedi 18 novembre à 15h : «Sabotons la guerre !»

À peine plus de 100 ans se sont écoulés depuis la Première Boucherie mondiale, et voilà que le monde semble de nouveau se diriger, lentement mais sûrement, vers un affrontement généralisé, tandis que les horreurs et les atrocités guerrières se suivent les unes derrière les autres. Si l’avenir est heureusement incertain et imprévisible, force est de constater cependant que de nombreux phénomènes participent à placer le monde sur cette pente fatale  : des logiques de guerres s’instaurent avec toujours plus de régularité et de naturel, les exhortations à «  choisir son camp  » sont toujours plus insistantes, l’économie de guerre est florissante, la recherche technico-scientifique et les usines de mort tournent à pleins régimes, la propagande de guerre a envahi nos quotidiens, le complexe militaro-intellectuel distille ses discours belliqueux de plateaux télé en tribunes journalistiques, la société se militarise au même rythme que le langage, de grandes puissances comme la Chine et les États-Unis annoncent presque ouvertement — au gré des provocations réciproques – leurs intentions à moyens termes de rentrer en conflit.

Cette discussion pourrait être l’occasion de commencer, entre autres, de partager réflexions et analyses, d’affiner notre compréhension des événements et de dissiper les écrans de fumées et les brouillards de confusion, d’évoquer les expériences anarchistes et internationalistes du passé, mais aussi de débattre de ce que pourrait être, à partir d’ici et maintenant, une perspective anarchiste contre la guerre, contre la paix et pour la révolution sociale.

Une sélection de livres, brochures et bulletins est d’ores et déjà disponible à la bibliothèque.

[Reportée] Discussion jeudi 23 novembre à 19h  : Contre toute justice  ?

Sans vouloir revenir ici sur le terme ambigu de «  justice sociale  » promue au siècle dernier, force est de constater qu’on assiste depuis quelque temps à de multiples tentatives contemporaines de ripoliner le concept même de «  justice  ». Du côté de l’État et de ses larbins universitaires comme de l’autre côté de la barricade, ce dernier est désormais mis à presque toutes les sauces  : justice réparatrice, justice non punitive, vérité et justice, justice transformatrice, justice pour x, justice restaurative, et ainsi de suite. Leur point commun est généralement de souhaiter instaurer des médiations variées entre les individus impliqués dans le conflit (quitte parfois à les déposséder de leur histoire et de leur ressenti), quand il ne s’agit pas plus ou moins explicitement de tenter de préserver avant tout l’entité collective d’un éclatement brutal (la société, la communauté, le groupe humain, le milieu). Pourtant, si on sort un peu des dichotomies artificielles comme le fait que la justice serait l’opposé de l’injustice, alors qu’elle en est l’organisation à travers des codifications et des normes (ou des contre-normes) qui ne peuvent qu’écraser toute singularité, on pourrait s’interroger sur le sens d’un monde libéré de toute justice comme de toute autorité. Et puisque la façon dont nous luttons ici et maintenant n’est pas sans lien avec le monde auquel nous aspirons, commencer à nous débarrasser de toute notion de justice terrestre pour la renvoyer dans les mêmes poubelles que celles de l’inexistante justice divine…

Jeudi 30 novembre à 18h  : Discussion autour du livre «  Tout feu, tout flamme. Entretiens sur la résistance armée avec des anciens des Cellules Révolutionnaires (RZ) Allemagne, 1973-1993 »

Ce sera l’occasion de réfléchir à comment l’action offensive peut dialoguer avec les conflits sociaux et les approfondir tout comme de questionner les bilans critiques qui sont creusés dans cet entretien. Sans fantasmer une époque révolue mais en se posant les questions de comment, ici et maintenant, ces expériences peuvent nourrir les luttes. Le livre, paru en juin dernier aux éditions Tumult, est disponible à la bibliothèque.

 

Télécharger le fly et faire tourner (PDF)

Royaume-Uni : La prison de Garth restreint illégalement le courrier de Toby

Publié le 2023-11-22 21:10:04

Dark Nights / mardi 21 novembre 2023

Toby Shone, actuellement détenu dans la prison de catégorie B de Garth, ne reçoit pas de courrier – même pas la correspondance judiciaire de ses avocats – et seulement les personnes sur la liste des contacts autorisés par la prison peuvent envoyer de l’argent pour approvisionner son compte pour cantiner.

Si vous avez l’intention de lui envoyer une lettre, on vous suggère de lui envoyer votre message par le site https://www.emailaprisoner.com/, dont il peut recevoir les messages. Si vous voulez lui envoyer de l’argent et vous ne figurez pas sur la liste de contacts autorisés, Toby suggère que vous l’envoyez à son comité de soutien (les coordonnées du compte sont indiquées en bas).

Toby demande que, si vous lui avez envoyé des lettres, des livres, etc. à l’adresse de la prison de Garth et vous n’avez pas reçu de réponse, vous contactiez l’ABC Brighton (brightonabc@riseup.net), de façon qu’on puisse vous ajouter sur la plainte que ses avocats sont en train de mettre ensemble pour contester les agissements de la prison.

Pour envoyer de l’argent :
titulaire du compte : The Bottled Wasp
Co-operative Bank
Sort code : 08-92-99
Acc. No. : 65601648
BIC : CPBKGB22
IBAN : GB 35 CPBK 0892996560164

Allemagne : Solidarité avec tou.tes les antifascistes incarcéré.es, recherché.es, en cavale et frappé.es par la répression

Publié le 2023-11-22 21:15:05

Kontrapolis / samedi 18 novembre 2023

Que s’est-il passé ?
Depuis 2019, le procureur général fédéral [compétent en matière de terrorisme ; NdAtt.] a ouvert une information judiciaire en vertu de l’article 129a du code pénal (association terroriste), contre un.e prévenu.e de Francfort-sur-le-Main. L’enquête porte sur une attaque contre la succursale de Leipzig de la Cour fédérale (Bundesgerichtshofs, BGH), dans la nuit de la Saint Silvestre, le 1er janvier 2019. Les résultats de l’enquête se font attendre

Les dépositions du traître Johannes Domhöver ont mené, en juin 2022, à plusieurs perquisitions domiciliaires et au fait que le cercle des inculpé.es dans cette procédure pour association terroriste s’est élargi à une personne de Berlin. En plus, les déclarations de Domhöver chargent l’inculpé.e berlinois.e aussi dans l’affaire Antifa Ost*, qui se fonde sur le chef d’inculpation défini par l’article 129 du code pénal (association de malfaiteurs). Nous nous sommes retrouvé.es en tant que comité de solidarité, pour soutenir la personne de Berlin inculpée dans la procédure pour association terroriste et accompagner politiquement la procédure, à l’avenir. Nous partageons cette tâche avec les comités de soutien des autres inculpé.es, de Francfort et de Leipzig [voir ici et ici], dans la procédure pour association terroriste. Nous les saluons chaleureusement, eux/elles et les inculpé.es !

Nous ne sommes pas les seul.es, malheureusement.
En mai de cette année, quatre antifascistes ont déjà été condamné.es à plusieurs années de prison dans le première procès Antifa Ost, au tribunal régional supérieur de Dresde ; des condamnations qui ont fait l’objet d’un appel. Pour la première fois, les autorités judiciaires ont utilisé avec succès l’article 129 du code pénal comme instrument juridique contre le mouvement antifasciste, car jusqu’ici les procédures contre des antifascistes fondées sur l’article 129 ont toujours été vaines. Les condamnations dans le procès Antifa Ost marquent un tournant. Il faut s’attendre à ce que, dans les prochaines années, l’État essaye de mettre en cause davantage d’antifascistes en vertu de l’article 129 du code pénal, association de malfaiteurs, et qu’il s’en prenne systématiquement à l’engagement antifasciste.

En sont un exemple les arrestations de plusieurs antifascistes par la police hongroise, à Budapest, en février 2023, à charge desquel.les les autorités judiciaires allemandes ont elles aussi ouvert une nouvelle enquête. Les interpellations ont eu lieu aux alentours du 11 février, lors de l’ainsi-dit « jour de l’honneur ». Depuis plus de six mois [neuf, maintenant ; NdAtt.], désormais, deux camarades, de Berlin et de Milan, sont en détention préventive à Budapest et il/elle risquent des longues peines de prison. D’autres camardes font l’objet d’un mandat d’arrêt en Hongrie et en Allemagne et la justice enquête sur d’autres camarades encore**. Entre-temps, les enquêtes de la police hongroise sont terminées.
Dans ce contexte, depuis février 2023, des nombreuses perquisitions domiciliaires ont eu lieu chez les inculpé.es et chez leurs proches. Les enquêtes menées par les autorités allemandes visent des jeunes à qui l’on reproche de faire partie d’un réseau qui aurait mené des actions militantes contre des nazis. Selon les enquêteurs, en ce moment ces camarades sont introuvables. Une partie de la presse mène une campagne de dénigrement et fantasme sur un « danger venant de la clandestinité » [voir ici]. En suivant les directives des LKA, du BKA et des VS***, la presse bourgeoise parle d’une cellule clandestine qui est en train de se radicaliser. Il nous semble évident que cela sert de justification pour leurs propres méthodes d’enquête. Enfin, ils ont lancé un avis de recherche publique à l’encontre d’un antifasciste, entre autre par le moyen de gros panneaux publicitaires, ce qui constitue une nouvelle dimension dans la répression contre le mouvement antifasciste [voir ici et ici].
Mais personne ne mentionne le fait que tou.tes les camarades qui sont sous enquête dans cette procédure risquent une extradition vers l’Hongrie. Et c’est là-bas qui auront lieu les détentions préventive, le procès et, dans le pire des cas, des peines de plusieurs années de prison.

Cependant, les autorités du Land de Saxe, avec le Soko LinX****, ne sont pas les seules à s’engager dans des mesures répressives de grande ampleur contre les antifascistes.
Deux camarades de Stuttgart purgent en ce moment des peines de plusieurs années de prison.
L’un.e des inculpé.e, désormais condamné.e, dans le procès pour la nuit d’émeutes de Stuttgart a décidé, selon sa propre déclaration, de se mettre au vert et de se soustraire à l’exécution de sa peine [voir ici].
À Nuremberg, le 11 octobre, il y a eu des perquisitions domiciliaires chez six antifascistes. Les flics enquêtent en vertu de l’article 129 du code pénal, à cause de tags qui « exaltent le mouvement antifasciste ».

On ne peut pas ignorer que l’engagement antifasciste est criminalisé peu importe la forme qu’il prend. À cela il faut opposer un engagement antifasciste et une solidarité conséquents. Nous envoyons de la force et des salutations résistantes à tou.tes les antifascistes incarcéré.es, recherché.es, en cavale et frappé.es par la répression. Que ce soit lors des perquisitions, en cavale, en exil ou derrière les barreaux, vous n’êtes pas seul.es !

Comité de soutien de l’inculpé.e berlinois.e
dans la procédure pour association de malfaiteurs/association terroriste

contact : soligruppe-berlin AT riseup.net

 

Notes d’Attaque :
* une affaire répressive par laquelle la justice du Land de Saxe (dans l’est du pays) accuse quatre antifas d’une série d’agressions contre des nazis, entre 2018 et 2020. Le procès en première instance s’est soldé en mai 2023 avec des peines allant de deux ans et demi à cinq ans et trois mois de prison.
** Le 21 novembre 2023, la police a arrêté un camarade italien, à Milan, suite à un mandat d’arrêt européen délivré par la justice hongroise, dans cette même procédure.
*** Respectivement les Landeskriminalämter (les services de police judiciaire de chaque Land), le Bundeskriminalamt (la police judiciaire fédérale) et les Verfassungsschutz (les différents services de renseignement, fédéral et de chaque Land).
**** Service du LKA de Saxe, crée en 2019 et chargé des enquêtes sur ce que politiciens, flics et journalistes appellent le « milieu extrémiste de gauche ».

Savannah (USA) : Un compte-rendu

Publié le 2023-11-24 08:10:04

Scenes from the Atlanta Forest / lundi 21 novembre 2023

Vêtu de nos petits costumes loufoques et de nos perruques, notre petit groupe est parti pour les réjouissances de la nuit d’Halloween. Dans l’esprit de la saison, nous nous sommes fait plaisir et nous avons joué des mauvais coups aux entreprises du coin qui ont passé des contrats avec la Cop City.

Quand on s’est réuni.es, nous avons rompu la glace avec quelques boissons, un tract pour Block Cop City collé au bon endroit et quelques tags dans une ruelle sombre. Ensuite, nous nous sommes dirigé.es vers notre première cible : LS3P, les architectes de la Cop City.

Après une jolie petite promenade, ne nous arrêtant que pour quelques autres collages d’affiches le long des rues animées et pour quelques rasades de notre jus d’Halloween, nous sommes arrivé.es. Les rues étaient truffées de personnes déguisées qui faisaient la tournée des bars et s’amusaient. En constatant la circulation intense, nous avons fait le tour du pâté de maisons, en attendant le juste équilibre entre une opportunité et une couverture. En saisissant l’occasion, nous nous sommes arrêté.es devant la porte, comme une petit groupe d’ami.es qui discutent du prochain bar où aller. Nous avons laissé notre message sur leur porte – il disait « ASSASSINS » – et nous nous sommes éloigné.es d’un pas nonchalant, en nous mélangeant à nouveau avec la foule, à travers rues et ruelles, étant bien loin avant qu’un passant puisse attirer l’attention sur l’œuvre d’art. Un autre petit verre, une autre ruelle, un autre collage, un autre tag, une autre balade et ainsi commence le deuxième chapitre.

Nous sommes arrivé.es à la banque Cadence, sur une rue plus déserte que la cible précédente. Une opportunité. Nous avons commencé en taguant en gros caractères le côté du bâtiment – « 1312 » et « Stop Cop City » – avant d’en faire le tour et d’aller au distributeur de billet pour conducteurs de voitures. En décidant de faire une expérience avec cette méthode de perturbation, nous avons laissé nos guetteur.euses regarder, au cas où des flics passaient, et nous nous sommes mis.es au travail. Une bonne dose de colle sur l’écran du DAB, on y a claqué dessus une affiche Block Cop City et puis encore une couche épaisse pour la recouvrir. Peu importe si la caméra du DAB filmait nos costumes. (Nous avons appris par la suite que le DAB a été hors service pour 24 bonnes heures). Nous avons décoré encore quelques rues et ruelles avec des affiches, de la peinture et des autocollants sur des panneaux de stop (en les transformant en « Stop Cop City »), quelques autocollants sur les écrans des parcmètres de la ville et finalement on s’est arrêté.es pour quelques clopes, encore du jus d’Halloween et pour penser à la suite.

Notre dernière cible, un grand immeuble de bureaux qui héberge une agence de l’assurance Nationwide. Nous avons examiné le tableau pour repérer des flics en patrouille ou un possible véhicule banalisé avec conducteur et passager à l’intérieur. En choisissant de rester le plus discret.es possible, nous nous sommes introduit.es dans le parking du personnel et nous nous sommes mis.es au travail. Avec de la peinture, nous avons laissé notre marque, qui explique les services que Nationwide rend à la Cop City, en informe leurs voisins et nous sert de proverbial « coup d’avertissement » : « Stop Cop City », « Rompez le contrat » – et nous nous sommes cassé.es.

Ainsi s’est terminée notre fête d’Halloween. Halloween ne reviendra que dans un an, mais il y a des fêtes en costume tout au long de l’année. Nous leur avons rappelé que nous sommes là et que nous savons où ils se trouvent. Restez à l’écoute.

Savannah

Retour sur les actions du TDOR 2023

Publié le 2023-11-24 08:15:04

En ce jour du 20 Novembre s’est déroulé le TDoR (trans day of remembrance). Il s’agit d’une journée de deuil et de recueillement permettant de visibiliser les personnes trans tuées par la transphobie. Tous les ans, partout dans le monde, des trans commémorent leurs mort-es.

Mais, dans la nuit du 20 au 21, certaines personnes ont estimé que le recueillement et les larmes n’étaient pas suffisants, que ces mort-es méritaient d’être honoré-es et vengé-es. De nombreux tags ont été réalisés dans différents coins de Rennes avec cet objectif en tête.



De nombreux tags appelaient à la riposte face aux transphobes (dont les terfs) et aux fascistes, en les critiquant violemment. Ces personnes sont directement responsables de la mort d’un très grand nombre de nos adelphes ! Qu’iels crèvent !

Mais les critiques ne se sont pas arrêtées qu’aux acteurices les plus évident-es. Iels ont aussi pointé du doigt les structures et institutions créant et maintenant les politiques transphobes, participant a la précarisation, a l’exclusion, a l’enfermement, a la marginalisation, etc... Et pouvant déboucher à la mort de personnes trans.

Un graph à propos de la "maison" des femmes (la prison des femmes à Rennes) s’attaque directement à la taule. Les personnes trans incarcéré.e.s sont isolées, maltraitées et humiliées par les gardien-nes (et parfois leurs co-détenues quand iels en ont). La taule est une institution venant enfermer des personnes trans qui souvent viennent uniquement se défendre de la violence qu’iels peuvent subir. Nik la taule et les maton-nes !

D’autres critiquaient le pinkwashing d’Israël, la manière dont cet Etat colonial venait bombarder et tuer des palestinien-nes queer et trans, tout en se présentant comme "progressiste" et "lgbt-friendly". Nik le colonialisme, le pinkwashing, l’homonationalisme et le transnationalisme !

Enfin, d’autres dénonçaient la violence des politiques migratoires, des frontières qui viennent assassiner de nombreux-ses personnes exilé-es, parmi elleux des personnes trans. Nik les frontières, les CRA. Nik Frontex.

En bref, soutien aux personnes trans en lutte pour leur survie. Nous pensons à toustes celleux mort-es cette année, les yeux pleins de larmes et de rage.

VENGEANCE POUR NOS ADELPHES TRANS ASSASSINE-ES !

Walnut Creek (USA) : Une filiale de la compagnie d’assurance Nationwide attaquée

Publié le 2023-11-24 08:20:02

Scenes from the Atlanta Forest / mercredi 22 novembre 2023

Une filiale de Nationwide attaquée dans l’est de le la région de la baie de San Francisco

Aux premières heures du mercredi 22 novembre, j’ai cassé toutes les sept fenêtres qui peuvent être atteintes, à l’assurance Pcf Insurance Services, dans la ville de Walnut Creek (en Californie). J’ai aussi tagué « Démasquons la Cop City » sur la façade de l’immeuble, pour qu’ils sachent pourquoi je suis venu. Pcf est une filiale de la compagnie d’assurance Nationwide, chose que j’ai appris sur le site de Nationwide eux-mêmes. Nationwide assure la Cop City et ils ont des milliers de locaux comme celui-ci à travers le pays, qui sont répertoriés aussi sur le site uncovercopcity.blackblogs.org. Sans une compagnie qui l’assure, la Cop City ne pourra pas être construite.

Casser des fenêtres est quelque chose de simple et d’exaltant. Vous souvenez-vous de cette vidéo où le directeur d’Atlas disait qu’ils allaient rompre le contrat parce que tellement de leurs fenêtres avaient été brisées ? Faisons de même avec Nationwide 🙂

Viva Tortuguita!
Viva Weelaunee!
Hasta la victoria siempre!

Nuit du démon contre les proprios

Publié le 2023-11-24 09:55:10
Nov 172023
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La nuit du démon est traditionnellement un moment de malice et d’activité subversive, saisissant de peur l’ordre des choses et leurs protecteur·ices. Cette nuit là, durant la fin de semaine précédant Halloween, nous avons pris la forme de créatures maléfiques et avons décidé de hanter le manoir du haut Westmount appartenant au patron de l’immobilier Stephen Shiller. Stephen représente la moitié de la compagnie Shiller Lavy et son fils Brandon Shiller dirige Hillpark Capital. Ces firmes sont responsables de la rénoviction et de l’augmentation abusive des loyers pour de nombreux·ses locataires à Montréal ces dernières années, mettant à la rue des centaines de personnes.

L’action était simple, n’importe quel petit fourbe pourrait le faire : nous avons inséré un boyau d’arrosage laissé dehors dans la fente à courrier de la porte avant puis allumé l’eau, avant de disparaître dans la nuit.

Nous invoquons d’autres dans la lutte contre le projet de loi 31 à joindre les incantations des paroles anti-proprios à des rituels nocturnes d’actions contre elleux.

Bien que nous ayons visé Stephen Shiller pour être un proprio particulièrement horrifiant, nous reconnaissons que l’autorité doit être lavée à grande eau partout où elle apparaît.

Des goules anarchistes

Barcelone: el Kubo et la Ruïna ne mourront pas

Publié le 2023-11-24 20:30:06

Barcelone: el Kubo et la Ruïna ne mourront pas

Nous ferons de notre maison un champ de bataille, el Kubo et la Ruïna ne tomberont pas. Rendez-vous le 30 novembre à 5 heures 30 du matin, place Uri Caballero, métro Vallcarca à Barcelone. Si el Kubo et la Ruïna tombent, le quartier prendra feu. OKUPA Y RESISTE!

Déclaration faite en février 2023, devant la menace d’expulsion de La Ruïna et el Kubo:

Nos squats sont des tranchées.
C’est fait, le 23 mars, ils vont essayer de nous expulser. En 2016, un immeuble de bureaux a été squatté pour la première fois dans le quartier de Sant Gervasi et nous l’avons appelé El Kubo. Le Kubo a été la maison et le lieu de passage de plus d’une centaine de personnes au cours de ses plus de 6 ans d’existence. Cela a été la maison et la tranchée de nombreuses personnes. C’est une oasis de résistance dans le quartier bourgeois de Barcelone depuis de nombreuses années et cela n’a pas été facile. Squatter et résister définit très bien l’histoire du Kubo. Pendant toutes ces années, nous avons dû faire face à deux expulsions et au siège constant de groupes d’extrême droite, de la presse capitaliste et des partis politiques. Et malgré les hostilités, nous avons réoccupé cette maison et résisté pendant tout ce temps.

Le Kubo a été le satellite et le point fondamental de la naissance et de la résistance de ce qui est aujourd’hui le CSO La Ruïna en 2019. Cet espace a été abandonné par le SAREB pendant plus de 15 ans. La Ruïna accueille également de nombreuses personnes depuis quatre ans et un espace qui a essayé de la manière la plus cohérente possible de résister à la gentrification et à la spéculation dans notre ville, dans le quartier où le revenu par habitant est le plus élevé de Barcelone.

L’histoire de La Ruïna ne peut être comprise sans El Kubo et vice versa. Et c’est pourquoi il est si difficile pour nous de séparer les deux maisons, car pendant de nombreuses années, nous avons travaillé comme des familles qui se nourrissent les unes des autres dans la lutte pour la défense du squat et de l’action directe, en particulier, dans un quartier qui, comme nous l’avons déjà dit, n’a pas cessé d’attaquer depuis notre arrivée.

Nous croyions toujours que nous devons avoir une présence et squatter des espaces où nous ne sommes pas désiré·e·s. Là où vivent les hommes d’affaires, les politiciens. Là où se trouvent les ambassades, la richesse, où il y a une confrontation et où nous avons un impact remarquable. Les deux propriétés appartiennent à la SAREB, qui compte actuellement environ 57 000 propriétés vides réparties dans tout l’État, que nous pointons directement du doigt et leur disons que nous n’allons pas partir, que nous allons défendre nos squats et nos centres sociaux comme s’il s’agissait d’une tranchée, car nous sommes certain·e·s qu’ils valent la peine de se battre.

Notre squat, en plus d’être devenu une maison, a accueilli des luttes associatives, des luttes internationales, des ateliers DIY. C’est un squat où nous pouvons remettre en question les problèmes structurels de notre société et nous organiser pour les combattre. Nous avons organisé des concerts, des soupes populaires, nous avons créé de la culture, du théâtre, de la poésie, des conférences, des débats et surtout nous avons créé des liens de solidarité et de résistance.

Nous croyons au squat, non seulement comme un outil d’action directe contre l’État et la précarité à laquelle il nous soumet, mais aussi comme un moyen de mettre en pratique l’horizontalité, la solidarité, le soutien mutuel et un moyen de grandir ensemble avec nos camarades et voisins en marge de l’assujettissement de l’État.

Les problèmes structurels sont évidents, des gens sans maison et des maisons sans personne et face à cette injustice sans scrupules, nous allons continuer à squatter. Face à toute tentative de mettre fin à notre mouvement par des campagnes de diffamation dans les médias de masse ou par des lois telles que le LeCrim, nous continuerons à nous squatter et à mieux nous organiser. Parce que nous avons de moins en moins à perdre et de plus en plus envie de vivre une vie vivable, en communauté, en suivant les principes de non-agression, en revendiquant l’autogestion, l’autodéfense et la lutte contre cet avenir gris qui nous attend dans les villes.

Nous croyons et nous croirons en ce que nous faisons, et nous continuerons à squatter malgré les lois qui sont dirigées contre nous, tout comme nous l’avons fait avec les précédentes, et tout comme cela a été fait chaque fois qu’il y avait une propriété privée à squatter.

Parce que nos maisons et nos centres sociaux sont bien plus que quatre murs. Ce sont des espaces où nous pouvons essayer de créer de nouvelles alternatives, de nouveaux modes de vie en dehors de l’État, où nous pouvons nous développer en tant que personnes et c’est pourquoi nous devons les défendre à tout prix.

Nous savons qu’ils ne vont pas s’arrêter, ils vont venir nous chercher. Mais à partir des ruines de certains immeubles, dans le cœur bourgeois de Barcelone, nous avons construit des espaces où nous pouvions penser que nous pouvions lutter contre ce réseau de destruction et d’apathie qu’est le capital et les projets des villes européennes. Mortes, grises, invivables et déshumanisées jusqu’à la nausée.

Vous ne connaissez pas la douleur, la frustration et la haine que cette expulsion génère en nous. À l’intérieur de chacun·e de nous, nos poitrines battent de fureur lorsque nous voyons à quelle vitesse vous allez détruire des années de sueur, de beaux moments, de travail acharné et de résistance lorsque nous voyons l’avenir qui nous attend. La rage qui nous envahit grandira à chaque coup de bélier que nos portes recevront et nous seront plus fort·e·s à chaque coup de matraque que nous recevrons.

Le jour où le BRIMO arrivera à La Ruïna ou au Kubo, vous nous trouverez devant vous.

Nous appelons tous les squats, les collectifs, les individu·e·s de Barcelone et de ses environs à nous aider à défendre le Kubo et la Ruïna, tout comme nous exhortons à la défense de tous les espaces libérés de l’État avec tout ce que nous avons à notre disposition afin qu’il soit toujours possible de construire ensemble, de s’organiser et de continuer à rêver d’une vie qui ne soit pas celle qu’ils veulent nous imposer.

La résistance anarchiste dans le quartier bourgeois de Barcelone.

CSO La Ruïna
Carrer de Sant Joan de La Salle 4, Barcelone
https://squ.at/r/7yo0

El Kubo
Carrer de Sant Joan de La Salle 6, Barcelone
https://squ.at/r/9szo


Des squats à Barcelone https://radar.squat.net/fr/groups/city/barcelona/country/XC/squated/squat
Des squats en Catalogne https://radar.squat.net/fr/groups/country/XC/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) en Catalogne https://radar.squat.net/fr/groups/country/XC
Des événements en Catalogne https://radar.squat.net/fr/events/country/XC


Pour un boycott actif de Carrefour

Publié le 2023-11-24 20:35:07

Dans la nuit du 23 novembre à Toulouse, les vitres de deux Carrefour, avenue de l’URSS et avenue jean Rieux, ont été frappé à coup de marteaux. Et les tags de Free Gaza ont été inscrit sur leurs murs.



Dans la nuit du 23 novembre à Toulouse, les vitres de deux Carrefour, avenue de l’URSS et avenue jean Rieux, ont été frappé à coup de marteaux. Et les tags de Free Gaza ont été inscrit sur leurs murs.
Cela fait un mois et demi que les massacres d’une population prise en otage entre deux armées de gouvernements d’extrême-droite, ne cessent pas malgré une mobilisation internationale.
Nous ne pouvons pas compter sur la bonne volonté des gouvernements pour arrêter ce carnage. Résister aux oppressions de ce système meurtrier ne peut se passer d’un travail manuel de longue haleine. C’est pourquoi par ces actions nous répondons à l’appel à boycotter les entreprises impliquées dans la colonisation en Palestine.
Carrefour est un acteur majeur de la guerre en cours. Qu’elle soit d occupation en Palestine ou sociale partout dans le monde, Carrefour a déclaré la guerre aux opprimées, du coup au tour des opprimées de lui répondre.

Carrefour est aussi partenaire des jeux olympiques 2024 en France, vaste opération de destruction et de contrôle social. Les qualifications pour les épreuves de lancer de marteaux ont commencé !

Permanence du RN de Sète shlaguée !

Publié le 2023-11-24 20:40:06

Le 20 novembre dans la nuit, des malfrat.e.s d’un coup se sont lâché.e.s sur une vitrine d’un député RN élu à Sète un peu trop propre a leur goût...



Malfrat.es de soirée, bonsoir !

Pas qu’on croit que ce genre d’expression a une quelconque portée politique. Mais on crache pas sur un défouloir de circonstances. En plus la soirée était bonne alors pourquoi se priver ? On a entrepris de shlaguer la façade du député RN, Aurélien Lopez Liguori. Le rassemblement national dont le gouvernement s’échine à ripoliner la façade ces derniers temps. 

Nous tenions à dire que nous n’avons rien à voir avec le conseil municipal "clandestin" (c’est le député de la permanence peinturlurée qui dit ça), qui a injustement été accusé à notre place, de gai.e.s luron.nes sensibles à l’amusement qui dérange, surtout quand ceux qui sont dérangés sont des grosses merde comme le RN !

  • On déteste le RN car c’est la vitrine médiatique du fascisme en france. Il vise à contrôler nos corps et nos vies pour les renfoncer dans les normes sociales de la bourgeoisie, du patriarcat et du colonialisme, dont on a la volonté de s’émanciper. Le RN partage la politique libérale du gouvernement, alors ce dernier fabrique des lois d’extrême droite, ce qui n’aide pas à sortir de la confusion. Mais le RN reste un parti fasciste et son arrivée au pouvoir ne fera qu’exploser les violences et la répression. Il hésitera moins à éliminer ses opposants politiques et les ennemis intérieurs qu’il aura désigné. Comme le dit si bien Aurélien Lopez ; "l’extrême gauche mais pas seulement". La remise en place de la peine de mort, inciter d’autant plus les flics à tuer, comme ça arrive déjà trop souvent, sont, entre autres, les outils de ce genre de parti quand il arrive au pouvoir. Le contexte international et européen - avec toutes ces extrêmes droites qui arrivent au pouvoir - devrait pousser tout un chacun à se rendre compte que ça pourrait bientôt être notre tour…

On se permet de repréciser ça, parce que ce conseil municipal alternatif se permet de shamer notre rigolade, et nous retourner le qualificatif de "clandestin" que le connard du RN avait d’abord utilisé contre eux... c’est navrant de débilité. Votre compétition avec des fascistes à qui sera le plus légal ou autorisé ne vous fera que passer pour des guignols. Le RN ne devrait jamais se sentir tranquille où qu’il soit, et pour lui faire sentir, il faut commencer par ne pas reprendre les éléments de langage qu’il utilise contre ses ennemis.

https://www.midilibre.fr/2023/11/21/creve-le-fascisme-la-permanence-du-depute-setois-rn-aurelien-lopez-liguori-vandalisee-11593478.php



PS :

Sur ce, on vous laisse, parce que finalement le communiqué a été plus long à écrire que nos actes de "vandalisme" (non mais on rêve... la prochaine fois on viendra vandaliser comme vous dites vous allez voir la différence) 

Quand l'école envoie en prison ... Au sujet d'une attaque de lycée au mortier d'artifice et de ses suites

Publié le 2023-11-25 11:40:04

Tract au sujet d’un jeune lycéen envoyé en détention provisoire, et d’un autre sous contrôle judiciaire, suspectés d’avoir attaqué leur lycée à coups de mortier d’artifices en guise de vengeance contre un conseil de discipline !



Quand l’école envoie en prison...

Vendredi 10 novembre, 7h30 du matin. Le lycée La Martinière Monplaisir de Lyon ouvre ses portes. Une nouvelle journée banale d’un lycée peut commencer : une journée de dur labeur pour les élèves, de punitions, de mesures vexatoires et d’humiliations continues pour les récalcitrants qui ne voudraient pas rentrer dans le moule promu par l’école de la République et son tri sélectif des futurs travailleurs.
C’était sans compter, justement, sur un groupe de récalcitrants, venus sonner la rentrée en classe à coups répétés de mortiers d’artifices, et tenir un joli feu de poubelles et de trottinettes à l’entrée du lycée. Dans un mail transmis aux parents d’élèves, le dirlo de l’établissement affirme même avoir été personnellement visé.
Cette belle attaque contre une des nombreuses casernes de l’Éducation Nationale serait une réponse, une vengeance, à la tenue la semaine prochaine d’un conseil de discipline dont un des supposés participants ferait l’objet (ou une tentative de bloquer l’établissement).

Depuis, l’élève concerné par le conseil de discipline, ainsi qu’un autre lycéen ont été interpellés puis mis en examen pour, entre autres, violences aggravées et dégradations par moyen dangereux. Sur ces deux élèves du lycée en question, le premier, 16 ans, a été placé en détention provisoire, alors que l’autre, mineur également, est placé sous contrôle judiciaire. Ils ont pu être identifiés par une des nombreuses caméras qui bourgeonnent depuis des années autour et à l’intérieur même des lycées.

L’État et les politicards de tous bords, que nous savons attachés à l’École dite « de l’égalité des chances », vantée comme moyen équitable d’ascension sociale et productrice de citoyens éclairés et vertueux, ont réagi unanimement : “c’est l’école républicaine toute entière qu’on attaque”, “c’est donc bien l’autorité de l’école, pour laquelle je me bats, qui est ici défiée” ont déclaré Attal et consorts, en plus de demander bien sûr une réponse judiciaire ferme et l’augmentation des patrouilles de flics aux abords des lycées. Vendredi 17 novembre, nombre de professeurs de l’établissement étaient en grève ! Pour réclamer la libération de l’élève et l’abandon de cette procédure dégueulasse ? Non, les profs, ces éternels bons élèves, choisissent de se sentir aussi visés et demandent de meilleurs moyens pour “élever [leurs] élèves et pour donner au plus grand nombre le goût de l’étude” et “enrayer les épisodes de violence”, et apportent leur soutien au proviseur apparemment ciblé dans cette attaque” (Communiqué des personnels de l’établissement réunis en intersyndicale du 10 novembre 2023).

L’an dernier, craignant l’explosivité et la détermination dont ont su faire preuve par bien des fois les mouvements lycéens, les rectorats en collaboration avec les directions des lycées et des collèges avaient essayé d’organiser la répression : à Paris et ailleurs, des conseils de discipline s’étaient tenus pour punir, ou du moins décourager puisqu’ils ont souvent échoué à obtenir des sanctions pour ce motif, ceux qui étaient suspectés d’avoir participé à répétition à l’organisation et à la tenue de “blocus” dans ces établissements. Quelques semaines après, les émeutes qui ont ravagé le pays pendant plusieurs jours ont pris pour cibles les écoles, collèges et lycées, au grand dam des parlementaires de tous bords qui défendent cet outil si pratique pour pacifier et faire rentrer dans le rang les plus jeunes. Dernièrement, après les récents tragiques événements d’Arras, mais également avec en filigrane le mouvement et les émeutes de l’an dernier, c’est l’angoisse et le tout-sécuritaire qui a primé dans les établissements, tous les élèves étant considérés comme de potentiels assaillants : fouille des sacs, contrôle des entrées, et même dans certains lycées, interdictions des gels hydroalcooliques ! Or il est évident pour quiconque s’intéresse à la subversion et à l’émancipation que l’attentat d’Arras n’a rien à voir avec les mortiers de Lyon, tant dans les moyens que dans les fins.
Il est difficile de ne pas voir dans la réponse judiciaire et politique aux événements du lycée La Martinière Monplaisir, une traduction en acte de la réponse radicalement répressive de l’État face aux émeutes de l’été dernier et son obsession pour la “rééducation” des jeunes qui n’auraient pas intégrés les valeurs de la République.

Dans les conseils de discipline ce sont les mêmes rouages que ceux de cette saloperie de justice qui s’expriment, mais cette fois-ci dans un processus interne à l’Éducation Nationale.
On est officiellement accusé de certains méfaits, on a aussi le droit à être assisté et représenté (par un avocat éventuellement, mais aussi par n’importe quel adulte) dans une séance censée être contradictoire (avec l’hypocrisie supplémentaire que l’institution scolaire y est juge et partie, comme dans toutes les justices internes), on a le droit de s’expliquer, les parents, sur qui l’école compte beaucoup pour tenir les gamins, sont aussi convoqués... et enfin, après délibération, un verdict est rendu par le jury avec des peines mimant la justice classique (TIG, sursis, etc.). Les discussions portent aussi bien sûr sur la personnalité de l’élève, son comportement en général, ses résultats, son implication dans la vie de l’établissement - justice individualisée oblige !

Le conseil de discipline, c’est aussi le paroxysme de ce que l’école fait de mieux en termes d’adaptation forcée à l’existant et ce qui représente son but principal aujourd’hui : le dressage des élèves. À l’école, on apprend surtout l’obéissance aux profs et aux personnels d’éducation, on intègre le respect du règlement, la loi intérieure aux établissements, on étrenne une forme quelque peu adoucie de la privation de liberté avec la présence obligatoire, les heures de colles et les punitions absurdes. On apprend aussi la normalisation, le conformisme à ce que la société veut de nous. On nous enseigne à être de bons citoyens qui votent, qui respectent la sacro-sainte démocratie qui s’immisce dans les élections de délégués, qui ferment leurs gueules et s’écrasent face à la hiérarchie. On assimile en douceur ou au forceps notre position dans le système capitaliste, renforcé par le tri des élèves en cours de route à coups d’orientation forcée et classes spécialisées : toi tu as un profil scolaire, tu es bon pour être manager, toi en revanche tu seras sûrement caissier et toi tu es simplement inemployable !
L’École, c’est la caserne, et c’est déjà l’entreprise !

Il est clair que l’École ne veut pas voir de contestations prendre nid dans ses officines. Il y a tout intérêt pour nous, qui voulons détruire l’État, sa police, sa justice, et ses écoles bonnes à trier les élèves et casser leurs rêves, de voir naître et grandir partout, et au sein même de l’École, une subversion radicale et offensive contre celle-ci.

Pour ne pas les laisser seuls face à la justice, qui ne cherche qu’à nous isoler pour nous faire abandonner nos espoirs, il est nécessaire de pouvoir apporter un soutien collectif effectif aux réprimés, qui peut prendre plusieurs formes (défense, mandats, rassemblements, ...).

Pour partager des informations, organiser la solidarité, contactez l’adresse mail : abaslarentree(at)proton.me

CONTRE LE DRESSAGE, CONTRE LA JUSTICE, AU TRIBUNAL OU EN CONSEIL DE DISCIPLINE ! LIBERTÉ POUR LES ASSAILLANTS DU LYCÉE LA MARTINIERE MONPLAISIR !