Vive l'Anarchie - Semaine 48, 2019

Sommaire

Le jour, tu grèves, la nuit, tu sabotes

Publié le 2019-12-02 10:25:04

Une grève très suivie et reconductible a débuté le jeudi 5 décembre 2019. La grève, c’est le nerf de la guerre. Mais la grève, c’est aussi le grignotement de nos salaires déjà pas bien gros. Comme complément de lutte qui ne vide pas nos frigos, on peut saboter la nuit. On en parle ici dans un sens étendu dans lequel on inclue autant les actes solitaires discrets (ceux recensés par exemple sur attaque.noblogs.org) que ceux se déroulant lors des manifestations de nuit : une pratique qu’on aimerait justement voir revenir.



Voilà comment Wikipedia définit le sabotage.

Le sabotage est l’action de détériorer, mettre hors d’usage volontairement et le plus souvent clandestinement, du matériel, des machines, des installations militaires ou civiles, ou de désorganiser et de compromettre le succès d’un projet, d’une entreprise.

Les réformes successives nous plongent toujours un peu plus dans la précarité. Cette restructuration incessante du capitalisme, c’est le projet qu’on combat.

Le jeudi 5 décembre 2019, comme lors des autres gros rendez-vous qui suivront, on ne s’éternisera pas sur la place d’arrivée de la manifestation (Nation cette fois). Les affrontements pierres et bouteilles de verre contre LBD40 à visée laser et grenades GLI-F4 au TNT ne nous mettent pas - et c’est le moins qu’on puisse dire - dans une situation avantageuse. Et puis, on l’a vraiment mauvaise avec encore ce nouvel éborgement, celui de Manuel, sur la Place d’Italie, à l’occasion de l’anniversaire des Gilets Jaunes, le 16 novembre dernier. Par contre paralyser le centre de Paris et y foutre un bordel monstrueux nous réjouit un peu plus et nous parait un peu moins risqué.

Le truc c’est que la plupart des actes de sabotage se font discrètement dans une certaine forme de solitude. Qui a entendu parler de la bagnole de l’Est Républicain qu’ont cramée Gilles&John pour leur « anniversaire » histoire de signifier à ce torchon collabo que tant qu’il balancerait les photos des manifestants aux flics, le journal constituerait une de nos cibles. Des sabotages comme ça, il y en a à la pelle et c’est toujours intéressant de lire les communiqués sur attaque.noblogs.org.

Tout le monde ne se sent cependant pas capable de poser des allume-feux sous la bagnole d’un média collabo. Alors on va parler d’un truc ici un peu plus inclusif et qui nous manque en ce moment : les manifs de nuit. Dans la suite, on donne deux exemples qui nous ont particulièrement marqué.

Le 31 Mars est un bug dans la Métropole-Matrice

31 Mars 2006 : barroud d’honneur du mouvement victorieux contre le CPE

David Dufresne, dans son Quand la France s’embrase, sur les émeutes de banlieues et le mouvement contre le CPE, mentionne cette manifestation qui a lieu pile le jour où Chirac annonce le maintien uniquement formel du CPE (le contrat en lui-même ne sera pas utilisé) :

Le Parti Imaginaire dans la préface de Maintenant, il faut des armes, édition La Fabrique, la résume comme suit :

Le 31 mars dernier, une manifestation sauvage de 4000 têtes dure plus de huit heures, de l’intervention du président de la gâteuse République – il vient d’annoncer au journal télévisé le maintien du CPE – à quatre heures du matin. Elle veut aller sur l’Élysée, oblique à la Concorde sur l’Assemblée nationale, qu’elle échoue à investir par manque de matériel, d’armement, même chose pour le Sénat. Au fil de la marche, la détermination croît. Une scansion martiale la porte : « Paris, debout, réveille-toi ! » C’est un ordre. Sur le boulevard de Sébastopol puis de Magenta, les vitrines des banques et des agences de travail intérimaire commencent à tomber une après l’autre, méthodiquement. Des prostituées de Pigalle saluent d’une fenêtre. La foule monte en courant sur le Sacré-Cœur au cri de « Vive la Commune ! » La porte de la crypte ne cède pas ; dommage, on aurait pu l’incendier. En redescendant, dans une petite rue, au troisième étage, une dame en nuisette est accoudée à son balcon, elle a mis à tue-tête Les Mauvais Jours finiront. La permanence de l’infect Pierre Lellouche va bientôt être saccagée. Il est trois heures du matin. Le passé ne passe pas. L’incendie de Paris sera le digne achèvement de l’œuvre de destruction du baron Haussmann.

31 Mars 2016 : Nuit Debout, 40 Mars 2016 : Apéro chez Valls

Presqu’un peu magiquement, Nuit Debout commence exactement 10 ans après. Durant les premiers jours, c’est manif sauvage au programme chaque nuit. C’est lors de la 9e, le 40 mars 2016, qu’a lieu l’ « Apéro chez Valls ». Un souvenir mémorable pour beaucoup d’entre nous.

Pour plus de détails sur cette nuit particulière et les sabotages qui se sont déroulés, on pourra consulter ce compte-rendu :

ou le montage vidéo qu’avait fait Street Politics :

La grève et les blocages sont le nerf de la guerre. Mais le sabotage, c’est the cherry on top.

Rendez-vous le jeudi 5 décembre et au delà !

Gênes (Italie) : Une voiture incendiée

Publié le 2019-12-02 10:26:16

reçu par mail / vendredi 29 novembre 2019

Ils font la guerre à qui, les soldats dans les rues de Gênes  ?

On ne peut pas comprendre la guerre sans la vivre avec ses propres sens. Sans voir des corps mutilés, sans respirer l’odeur âcre du sang et du soufre des projectiles, sans entendre le vacarme des bombes qui éventrent des immeubles ou des tôles qui se tortillent ; c’est quelque chose que la plupart d’entre nous, occidentaux nés après la deuxième guerre mondiale, n’avons vu qu’à la télé.
On n’a aucune idée de ce qui signifie avoir la guerre chez soi.

A Gênes, dans le très central quartier de Castelletto [quartier résidentiel situé sur les collines juste derrière la vieille ville ; NdAtt.], ce vendredi 29 novembre en début d’après-midi, tandis que le Black Friday fait rage, nous avons pris la peine de mettre le feu à une voiture.
Elle appartenait au consulat de Turquie.

Le bruit des explosions des pneus, la puanteur du plastique qui brûle, les flammes, la fumée ; voilà ce que les habitants de ce riche quartier ont vécu pendant quelques minutes, une fraction ridicule de ce qui signifie avoir la guerre chez soi, sans les images atroces des corps déchiquetés.
Des guerres que tous les États, en particuliers les plus « développés », mènent avec une constance rigoureuse contre les populations vivant sur leurs territoires ainsi que ceux des autres.

Les guerres, dans le monde, sont très nombreuses, mais souvent les projecteurs des médias dominants se focalisent sur certaines régions, pour en oublier d’autres, ce qui fait que les spectateurs les plus sensibles à la thématique du pacifisme et de la solidarité crient et font appel à la rue :
les projecteurs se focalisent sur les palestiniens ?
Tout le monde dans la rue pour les palestiniens.
Les projecteurs se focalisent sur les kurdes ?
Tout le monde dans la rue pour les kurdes.
Les projecteurs se focalisent sur les indigènes d’Amazonie ?
Tout le monde dans la rue pour les indigènes d’Amazonie.
Ces populations, et de nombreuses autres qui ne jouissent pas de leur « moment de gloire » télévisé, subissent jour après jour la violence des États qui veulent les soumettre.

La guerre est le seul moyen qu’un État possède pour affirmer et imposer son existence, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières.
Cela arrive parce que la guerre est l’oxygène du capitalisme. Sans guerres, le capitalisme mourrait.
Les États, avec leurs armées, doivent occuper et déstabiliser des territoires afin de pouvoir en piller les ressources, ils doivent terroriser des populations, pour pouvoir les exploiter au bénéfice de leurs intérêts.

Il faut dire que parfois on peut trouver des accords en evitant de verser du sang, le sien, celui du ministre de l’Intérieur d’il y a quelques années, Minniti, qui a arrosé d’argent des tribus libyennes pour qu’ils empêchent, coûté que coûte, que des migrants sortent de Libye.
C’est dans les journaux de ces semaines que le gouvernement italien, en 2017, a reçu à Rome un bourreau et trafiquant d’êtres humains déjà bien connu, dont le nom de bataille est Bija, de la tribu libyenne Awlad Bu Hmeira.
Aujourd’hui, il est le chef des garde-cotes du port de Zawhia, zone stratégique pour le commerce du pétrole et pour le départ des migrants, un port que la tribu de Bija a conquit en 2011.

Ce texte est une analyse très superficielle, pour dire que les gouvernement, de toute couleur, avec leurs escadrons de la mort, sont prêts aux pires infamies et sont toujours en guerre, depuis les rues de leurs villes jusqu’aux conflits avec d’autres États, pas seulement quand certains territoires font la Une parce qu’ils sont bombardés : cela arrive aussi quand la télé est éteinte ou qu’on est en train de boire au café (« la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force », pourrait on penser).

Dans cette revendication de l’action que nous avons mené, on voulait laisser un peu d’espace aussi à une critique, toujours utile.
Une affiche récemment parue à Gênes, dont le titre est « Saisir les occasions » et signée « antimilitaristes Génois.e.s » résume la sinistre importance de la logistique du port de Gênes dans les guerres et mentionne un sommet de l’OTAN qui n’a pas pu avoir lieu dans cette ville, ainsi que les mobilisations des dockers, cette été, pour bloquer les cargaisons militaires à destination des armées qui font la guerre au Yemen.
Il y a un passage qui dit : « La logistique de la guerre est faite de nombreux mécanismes, que l’on peur trouver, dénoncer, interrompre, bloquer, endommager ; à partir des compagnies navales spécialisées dans le trafic d’armes jusqu’aux partenaires locaux d’une conférence de l’OTAN, à partir des moyens qui passent par ici, jusqu’aux centres de recherche et aux laboratoires où l’on étudie et où l’on construit les moyens pour faire la guerre ».
Comment ne pas être d’accord ?
Tout ce qui sert à la guerre doit être détruit, mais il ne faut pas oublier qu’il y a des personnes qui construisent concrètement et qui assemblent tout cela, pour le vendre ensuite à ceux qui l’utilisent.
« Frappe là où ça fait le plus mal » a écrit quelqu’un.
La guerre n’est pas un fantasme, elle est fabriquée par des hommes et des femmes en chair et os.
Il est bien temps que tombe le tabou de la violence à l’encontre de ceux qui fabriquent la mort et, dans une affiche longue comme « Saisir les occasions », laisser de côté cet aspect n’est pas intellectuellement honnête.
Il s’agit surtout d’un petit jeu politique qui a pollué aussi une partie du milieu anarchiste italien (c’est la lutte NoTav qui, dans les temps récents, a engendré cette tactique politique) et qui s’adresse aux masses, pour leur dire que les méchants ce sont les autres, qui utilisent la violence, tandis que de ce côté-ci il y a les gentils qui se défendent comme ils le peuvent.
Mais, si la base minimale est « guerre à la guerre », cela va sans dire que si on veut effectivement arrêter la guerre il faut prendre en compte la possibilité de la violence contre des objets et des personnes, et il faut le courage de le dire dans des affiches et des revendications.

C’est à nous, les anarchistes, d’en finir avec ceux qui un jour ont décidé que certains pouvaient soumettre les autres, par la force et l’arrogance.
Nous devons être en permanence une épine dans le pieds de l’oppresseur, c’est nous qui devons dicter les temps de l’attaque et non pas le faire seulement quand par-ci par-la dans le monde tombent les tonnerres de la répression.
Avec persévérance et par l’organisation de petit groupes informels, l’épine peut devenir un poignard qui enfonce sa lame jusqu’au but.
Solidarité à tous ces prisonniers anarchistes qui, dans le monde entier, font face à la prison la tête haute, sans reconnaître procureurs et juges comme des interlocuteurs.

Mort à l’oppresseur !
Vive l’anarchie !

Cellule anarchiste Lorenzo Orsetti*

 

* NdAtt. : anarchiste italien, volontaire dans les YPG, mort au combat le 18 mars 2019.

Images tirées d’Inscuscettibile di ravvedimento

Rome (Italie) : Feu de signalisation rouge… comme le feu

Publié le 2019-12-02 13:25:04

Round Robin / dimanche 1er décembre 2019

Ces dernières semaines, on a assisté à l’éclatement de désordres dans diffèrentes parties du monde. Irak, Liban, Egypte, Equateur, Sirye, Chili, Colombie. Dans ces pays et ailleurs, les flammes de la révolte semblent bien loin de s’éteindre et elles obligent donc les gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles, comme le déploiement de l’armée dans les rues. Le pouvoir avait largement prévu des tels scénarios (comment ne pas penser au rapport de l’OTAN  » Urban operation 2020  » ?). Et nous ? Comment nous posons-nous face à cela, en tant que citoyens de l’Occident, riches de nos privilèges ? De quelle sorte pouvons nous intervenir en essayant à être incisifs et à donner quelques signes ?

Nous sommes d’accord avec ces compagnons grecs qui ont proposé de réaliser des actions conflictuelles, comme manière de montrer leur solidarité envers les personnes qui luttens, Nous pensons nécessaire d’essayer d’arreter le déroulement normal du quotidien, porter des coups au système, en le mettant en crise, dans le but de tout bloquer. Nous répondons à l’appel venant du Chili pour les journées de propagation du chaos.

C’est pour cela que, une nuit de début novembre, on a marché sur les rails du train et, quelques dizaines de mètres avant la gare Tiburtina, à Rome, on a incendié le système de signalisation qui regle le passage des trains. Ces trains qui transportent des marchandises, dont des armes. Ces jours-là se déroulait un massacre de populaiton civile au Kurdistan. Pensons au fait que, par le passé, ce fut les  cheminots eux-mêmes qui bloquaient et sabotaient le transport d’armes.

Solidarité avec ceux/celles qui luttent, resistent, se révoltent.
Solidarité avec les prisonnie.e.s anarchistes des opértions Scripta Manent, Panico, Renata Prometeo, avec Juan, Manu, Amma, Patrick, Uzzo.
Pour l’Internationale Noire !

Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) : Un coup de peinture qui rend DAB et horodateurs inutilisables – 23 novembre 2019

Publié le 2019-12-03 02:30:15

Dans la nuit de vendredi 22 à samedi 23 novembre 2019, plusieurs distributeurs bancaires, horodateurs et des agences bancaires et immobilières… situés dans le quartier de Paramé à Saint-Malo, ont été pris pour cible à la bombe de peinture noire. Au total, 16 agences et appareils ont été ciblés.

« À l’image de ce distributeur automatique de billets (cf photo) dont le clavier et une partie de l’écran ont été noircis, les appareils ainsi peinturlurés étaient inutilisables. Les vitrines de commerces ont également été taguées. »

Au final, ce sont 5 agences bancaires, 2 agences immobilières, 1 agence d’assurances, 2 commerces, 1 feu tricolore et 5 horodateurs qui ont été visés.

 

[Repris de Le Pays Maloin, 25.11.2019]

Haute-Loire : Vague de sabotage contre les stations-service – 2 décembre 2019

Publié le 2019-12-03 05:29:06

Dans la nuit de dimanche 1er au lundi 2 décembre 2019, une dizaine de stations-service et de grandes surfaces ont été la cible de sabotage dans différentes villes de Haute-Loire, mais aussi à St-Agrève en Ardèche : à chaque fois, c’est le tuyau gasoil qui a été lacéré.

« Depuis ce lundi matin, il n’est plus possible de faire son plein à Yssingeaux, Retournac, Monistrol-sur-Loire, Saint-Julien-Chapteuil, Le Chambon-sur-Lignon, Tence ou encore Chadrac. Toutes les stations-service de ces communes ont été vandalisées au cours de la nuit de dimanche à lundi. Carrefour Contact de Saint-Agrève (Ardèche) a également reçu la visite du vandale.

Les faits se sont produits au milieu de la nuit. A Yssingeaux, par exemple, il était 0 h 40. A Retournac, il était minuit. Sur les caméras de surveillance, on aperçoit un individu arriver à pied, casquette et capuche sur la tête et s’attaquer aux flexibles des pistes.
A chaque fois, seul le tuyau gasoil est percé ou lacéré. Cette mauvaise plaisanterie a été peu goûtée par quelques automobilistes et routiers qui ont été aspergés de gasoil au moment d’actionner le pistolet pour remplir leur réservoir.
Les stations-service ont été fermées et les gendarmes ont débuté l’enquête. S’agit-il de l’oeuvre d’une seule personne ? Ou s’agit-il d’une équipe qui s’est répartie le territoire ? » (
LaCommère43, 02.12.2019)

« La gendarmerie du Puy-en-Velay indique : « On arrive à une trentaine de pompes touchées. Cela concerne Saint-Julien-Chapteuil, Le Chambon-sur-Lignon, Yssingeaux, Retournac, Monistrol-sur-Loire et même Saint-Agrève en Ardèche ».
Marcel Barthélémy, propriétaire d’un garage à Saint-Julien-Chapteuil explique : « On s’en est aperçu ce matin. Les clients qui se sont servis ont pris une douche de gazole. Un trou sous le pistolet a été percé. Je vais déposer une plainte cet après-midi ». Il affirme n’avoir aucune idée sur la raison de cet acte de vandalisme et évoque « peut-être un lien avec la journée de grève du 5 décembre ».
(France3)

Carrefour Contact de St-Agrève (Ardèche)

Lille : Casser les portes sur les quais pour mettre le métro à l’arrêt

Publié le 2019-12-03 10:10:10

Lilleactu / lundi 2 décembre 2019

Le trafic a été interrompu pendant plus de 30 minutes samedi 30 novembre 2019 sur la ligne 2 du métro. En cause, des dégradations dans plusieurs stations de la métropole de Lille.
Ces dégradations ont causé d’importantes perturbations de trafic. Samedi 30 novembre 2019, la circulation sur la ligne 2 du métro a été interrompue pendant 35 minutes. Une interruption liée à des dégradations commises dans plusieurs stations situées entre Tourcoing et Lomme, dans la métropole de Lille (Nord).

Peu après 22 h 30 samedi soir, les policiers du SISTC (Services interdépartementaux de sécurisation des transports en commun) ont été avisés par le PC sécurité d’Ilévia que des portes palières du métro ont été dégradées. Ces dernières ont subi les assauts de trois individus en fuite vers le quartier Bois Blancs, à Lille.
Au total, les policiers ont constaté des dégradations sur 12 vitres : 3 sur le quai de la station de métro CH Dron à Tourcoing, 3 à Saint Philibert et 6 à Maison des Enfants, à Lomme.
Dans le même temps, un équipage de la Bac a aperçu les trois individus non loin de la station Saint Philibert et procédé à leurs interpellations.

Blocages des lycées : pourquoi attendre le 5 décembre ?

Publié le 2019-12-03 10:11:06

Toulouse : Barricades, feu et affrontements avec les keufs

La Dépêche du Midi / lundi 2 décembre 2019

Après les lycées Raymond Naves et Stéphane Hessel, ce sont, ce lundi matin, entre 8h30 et 9h30, près d’une centaine de lycéens qui ont organisé un blocus devant le lycée Bellevue. Si les principales revendications marquent un refus de la réforme du lycée, du baccalauréat 2021, et à la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup, plusieurs incendies volontaires ont endommagé des poubelles.

Une demi-heure après le début du blocus, les forces de l’ordre ont été dépêchées sur place où des échauffourées ont eu lieu avec des lycéens, de même que des courses-poursuites autour du périmètre du lycée toulousain. […]

*****

Montpelleir : Et la rage, elle est floue ?

Le Midi Libre / lundi 2 décembre 2019

L’accès au lycée Mendès-France était bloqué depuis Odysseum en raison d’une intervention de police et des pompiers sur le pont conduisant au Lycée Mendès-France.
Vers 8 h quelques lycéens ont mené une action avec des revendications pour le moins floues. Poubelles et détritus ont été incendiés, bloquant le pont et l’accès à l’établissement. Les policiers sont intervenus. Les forces de l’ordre auraient été caillassées et ont ainsi dispersé les lycéens  au moyen de gaz lacrymogènes. Le pont était encore inaccessible en milieu de matinée.
Selon nos informations, un mineur de 15 ans aurait été interpellé pour jet de projectile.

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Nîmes : Les lycéen.ne.s en ébullition

France Bleu / lundi 2 décembre 2019

C’était une véritable ébullition devant le Lycée Albert Camus à Nîmes. Lundi 2 décembre, avant 10 heures, les policiers sont alertés : un container est en feu sur la chaussée, et perturbe la circulation sur la rue de Verdun, qui traverse le quartier Cadereau. Manifestement, plusieurs dizaines de lycéens bloquent leur établissement. Trois jeunes garçons, nés en 2003, ont été interpellés, et placés en garde à vue pour l’incendie de la poubelle. Une quatrième personne (une jeune fille cette fois-ci, née en 2002) est arrêtée après avoir jeté des projectiles sur plusieurs policiers, et proféré des outrages lors de son interpellation.

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Tours : L’alarme incendie est toujours une bonne idée, par exemple quand c’est difficile de bloquer…

France Bleu / lundi 2 décembre 2019

Pas mal d’agitation ce lundi matin au lycée Grandmont à Tours. Les élèves ont été évacués, suite au déclenchement de l’alarme incendie. Selon la direction de l’établissement, il s’agissait d’une fausse alerte, sans doute causé par un élève qui a déclenché l’alarme de manière intempestive. Après vérification des locaux, les élèves ont pu retourner en classe au bout de quelques dizaines de minutes

Le petit manuel anti-pub montpelliérain

Publié le 2019-12-03 10:13:06

Guide pratique pour ouvrir les panneaux publicitaires dans la rue. Version pour Montpellier 2019, vraisemblablement adaptable un peu partout...

Sommaire :

- I – Les panneaux et leurs emplacements
A – Arrêts de bus et de tram
B – Petites sucettes
C – Grandes sucettes
D – Panneaux numériques
- II – Les serrures et les clés
A – Clé biton
B – Clé de 6 percée
C – Clé créneaux
D – Clé trois points
E – Clé de 5 percée
- III – Ouverture
A – Avant d’ouvrir
B – Une fois ouvert
C – Disjoncter les panneaux sans les ouvrir

Rennes : Récit de la manif nocture féministe du samedi 23 novembre 2019

Publié le 2019-12-03 17:20:06

Samedi 23 Novembre a eu lieu un rassemblement féministe nocturne à 20h au départ de la place Sainte Anne. Nous étions une centaine de personnes et nous avons pris la rue, fort.e.s et déterminé.e.s.

Les flics nous interdisant de sortir du centre-ville, et c’était tant mieux, nous y sommes restées et y avons manifesté. Aucune charge n’a été faite contre le cortège, ils sont restés loin de nous. Les féministes sont-elles si effrayantes ? Nous ne sauront jamais, alors tout nous était permis, nous avons pu laisser libre court à notre créativité, sans être perturbées. Et la manif s’est terminée sans arrestation ni contrôle.
Sous la banderole « Féministes, VNR et Révolutionnaires », de nombreuses actions différentes les unes des autres ont été possibles sans qu’il y ait de dissociation dans le cortège et sans service d’ordre.
La manif, était voulue de nuit pour occuper les rues du centre, à l’heure où le système patriarcal nous dit d’avoir peur et de ne pas y traîner. Nous avons appelé à cette manif en alternative au cortège proposé par « Nous toutes 35 » le jour même à 14h. Nous pensons que cette journée est trop récupérée et instrumentalisée par des féministes institutionnelles qui reproduisent des schémas de domination. Ce rassemblement était ouvert à toutes les personnes concernées ou alliées à la lutte féministe souhaitant lutter contre le patriarcat et le sexisme.

Nous défendons un féminisme qui ne se veut pas victimaire mais au contraire fort, offensif, radical, anticapitaliste. Il se veut émancipateur et en opposition avec les institutions patriarcales,dont nous n’attendons rien et qui ne sont pas des interlocuteurs possibles, tels que le système judiciaire, la prison, l’État, la police, etc…
Nous sommes plus soudées et determinées que nous ne l’avons jamais été. Les manifestations de nuit nous semblent impératives pour affirmer nos luttes. Nous pensons qu’un 23 novembre seul ne suffit pas, continuer à s’organiser et à manifester en dehors du calendrier féministe institutionnel, comportant seulement 2 dates par an, est nécessaire pour construire un rapport de force.
Cette manif nous semble être une réussite, elle montre qu’il est à la fois possible de faire une manif féministe de nuit, et de manifester librement dans le centre-ville de Rennes. Le collectif est notre arme pour s’organiser, prenons la rue toutes et tous, ne soyons pas isol.é.s. Ensemble nous sommes plus fortes contre le patriarcat et le sexisme qui nous oppresse chaque jour. Pour que plus personne n’ait le pouvoir de dicter nos vies, nos choix, et parce que le féminisme n’est pas à situer en dehors des luttes sociales, rejoignez-nous pour de prochaines actions ou manifs sur Rennes.

[Publié sur indymedia nantes, 3 décembre 2019]

Des distributeurs de billets mis hors service dans le métro de Montréal

Publié le 2019-12-03 17:21:03
Déc 032019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Depuis quelques jours, l’appel de grève internationale contre les tarifs de transport a encouragé quelques actions de sabotage. Les distributeurs de billets de quelques stations de métro ont été mis hors service en bloquant leurs lecteurs de carte débit/crédit et les fentes à monnaie.

La STM continue d’augmenter les tarifs de transport et de déployer des « inspecteurs » wannabe-flic pour harceler et tabasser des gens pour $3.50. Présentement, la STM cherche même à donner à ses inspecteurs plus de pouvoirs pour arrêter et détenir les gens et avoir accès aux fichiers de la police. Tout effort pour maintenir et étendre le contrôle du mouvement des gens se doit d’être opposé. Heureusement, on ne manque pas d’inspiration d’ailleurs dans le monde, et surtout de la révolte au Chili.

Ces actions étaient des expérimentations pour trouver des manières simples, efficaces et relativement discrètes de saboter la collection de tarifs. Pour l’instant, la méthode la plus efficace semble être de mettre de la colle sur les deux côtés de cartes cadeaux non activés et de les insérer complètement dans les lecteurs de carte débit/crédit, et ensuite de mettre de la colle dans la fente à monnaie après l’avoir fait ouvrir comme si on voulait payer un tarif en argent comptant. Nous espérons que cette technique pourra être reproduite largement en parallèle avec d’autres moyens pour mettre hors service les divers dispositifs de la STM.

Live free, ride free.

Récit de la manif nocture féministe du samedi 23 novembre 2019 à rennes.

Publié le 2019-12-04 11:05:04

Samedi 23 Novembre a eu lieu un rassemblement féministe nocturne à 20h au départ de la place Sainte Anne. Nous étions une centaine de personnes et nous avons pris la rue, fort.e.s et déterminé.e.s. Les flics nous interdisant de sortir du centre-ville, et c’était tant mieux, nous y sommes restées et y avons manifesté. Aucune charge n’a été faite contre le cortège, ils sont restés loin de nous. Les féministes sont-elles si effrayantes ? Nous ne sauront jamais, alors tout nous était permis, nous avons pu laisser libre court à notre créativité, sans être perturbées. Et la manif s’est terminée sans arrestation ni contrôle.

Sous la banderole « Féministes, VNR et Révolutionnaires », de nombreuses actions différentes les unes des autres ont été possibles sans qu’il y ait de dissociation dans le cortège et sans service d’ordre.

La manif, était voulue de nuit pour occuper les rues du centre, à l’heure où le système patriarcal nous dit d’avoir peur et de ne pas y traîner. Nous avons appelé à cette manif en alternative au cortège proposé par « Nous toutes 35 » le jour même à 14h. Nous pensons que cette journée est trop récupérée et instrumentalisée par des féministes institutionnelles qui reproduisent des schémas de domination. Ce rassemblement était ouvert à toutes les personnes concernées ou alliées à la lutte féministe souhaitant lutter contre le patriarcat et le sexisme. 
Nous défendons un féminisme qui ne se veut pas victimaire mais au contraire fort, offensif, radical, anticapitaliste. Il se veut émancipateur et en opposition avec les institutions patriarcales,dont nous n’attendons rien et qui ne sont pas des interlocuteurs possibles, tels que le système judiciaire, la prison, l’État, la police, etc…

Nous sommes plus soudées et determinées que nous ne l’avons jamais été. Les manifestations de nuit nous semblent impératives pour affirmer nos luttes. Nous pensons qu’un 23 novembre seul ne suffit pas, continuer à s’organiser et à manifester en dehors du calendrier féministe institutionnel, comportant seulement 2 dates par an, est nécessaire pour construire un rapport de force.

Cette manif nous semble être une réussite, elle montre qu’il est à la fois possible de faire une manif féministe de nuit, et de manifester librement dans le centre-ville de Rennes. Le collectif est notre arme pour s’organiser, prenons la rue toutes et tous, ne soyons pas isol.é.s. Ensemble nous sommes plus fortes contre le patriarcat et le sexisme qui nous oppresse chaque jour. Pour que plus personne n’ait le pouvoir de dicter nos vies, nos choix, et parce que le féminisme n’est pas à situer en dehors des luttes sociales, rejoignez-nous pour de prochaines actions ou manifs sur Rennes.

Argentan (Orne) : Deux petits câbles coupés signifient (peut-être) dix jours sans internet

Publié le 2019-12-04 11:05:14

Le Journal de l’Orne / mardi 3 décembre 2019

Deux armoires de raccordement à la fibre optique Orange ont été vandalisées samedi 30 novembre 2019 rue du Paty et rue du Maréchal-Foch à Argentan, privant les habitants de réseau.

Une coupure dans le réseau de fibre optique Orange pénalise une trentaine de clients de l’opérateur, depuis samedi 30 novembre 2019. La marque de télécommunications estime qu’Internet sera rétabli dès demain, mercredi 4 décembre.
Ce sont les clients eux-mêmes qui ont alerté Orange : samedi dernier, Internet a été coupé aux alentours de 22 h 30. « Une trentaine d’habitants sont concernés », précise Cédric Laruelle, opérateur d’infrastructure en charge de la construction, de la maintenance et de l’exploitation du réseau chez Orne métropole, qui a pu obtenir des informations auprès de l’opérateur commercial.
La raison ? Des dégradations : Deux armoires de raccordement de la fibre optique, situées rue du Paty et avenue du Maréchal-Foch, ont été vandalisées dans la soirée.
Une équipe d’intervention est venue diagnostiquer le problème, poursuit Cédric Laruelle. Des câbles ont été coupés et vont nécessiter une soudure, détaille Sandrine Levallois, du service communication Orange Normandie. Le processus de dépannage est bien enclenché. La remise en route est prévue pour ce mercredi.
Pourtant, ce n’est pas ce qu’indiquait l’opérateur sur son service client quand une habitante du quartier Saint-Michel s’est renseignée. « Samedi soir, il était indiqué que l’incident serait clos dimanche 1er décembre. Dimanche, c’était reporté à mercredi 4 décembre. Et aujourd’hui, il est écrit que ce ne sera pas avant lundi 9 ! » tempête-t-elle.

Philadelphie (USA) : Des nouvelles d’actions anarchistes

Publié le 2019-12-04 11:05:14

Des queers technophobes sabotent des voitures de GoPuffes

325 / dimanche 1er décembre 2019

Dans un clin d’œil de complicité aux récentes [voire ci-dessous. NdAtt.] attaques de la part de queers, nous avons crevé tous les pneus de trois véhicules de la compagnie GoPuff, à l’aide d’un poinçon.
GoPuff* consolide une dépendance globale à la technologie, en élargissant la numérisation de la vie quotidienne, en nous isolant les uns des autres et de notre environnement.

– Encore un.e queer dans la nuit


*GoPuff est un service Internet de livraison pour les détaillant.e.s. En 2018, des chercheurs de la Northeastern University ont découvert que l’application mobile GoPuff enregistre secrètement les échanges des utilisateur.trice.s, ce qui impliquait des informations personnelles, et les transmettait comme vidéo à un site web affilié à la société d’analyse Appsee. Wikipedia

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Black Friday

Philly Anti-Capitalist / samedi 30 novembre 2019

En solidarité avec les travailleurs d’Amazon en grève en Europe ce Black Friday, une petite équipe d’anarchistes a crevé une vingtaine de pneus de vélo Indiego, saboté 10 DAB, taguée un Macy’s [chaîne de magasins de fringues ; NdAtt.] et plusieurs autres magasins, la peinture murale de Rizzo [maire de Phildelphie de 19712 à 1980, il avait précédemment été flic ; NdAtt.], et saboté une pelle mécanique utilisée dans un projet de rénovation.

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Compte-rendu d’une nuit pluvieuse remplie d’amusement et d’amitié

Philly Anti-Capitalist / lundi 25 novembre 2019

Hier nuit, nous nous sommes beaucoup amusé.e.s à répondre à l’appel « Smash Black Friday ». En utilisant les techniques apprises en lisant d’autres communiqués sur ce blog, nous avons saboté 3 DAB dans le sud de Philadelphie, en utilisant de la superglue et des cartes en plastique qui sont arrivées dans des courriers indésirables. Nous avons également frappé la peinture murale de Frank Rizzo sur le Italian market, en tagguant « FTP [fuck the police ; NdAtt.] (A) ». On a accroché une banderole sur une façade en fer près de la station de la 30ème rue, qui dit « Le capitalisme freine l’empathie », et crevé les pneus de 5 vélos en libre service Indiego. Sérieusement, il n’y a rien comme l’idée d’attaquer directement le capital pendant la plus grande semaine de shopping de l’année. On s’est tellement amusé.e.s et j’espère que vous qui lisez le fassiez aussi. Soyez créatif.ve.s, soyez turbulent.e.s et protégez-vous les uns les autres. Fuck le capitalisme, aimez vos ami.e.s. Grand amour pour tou.te.s celles/ceux qui ont déjà trashé la peinture murale de Rizzo, et pour tou.te.s ceux/celles qui le feront à l’avenir.

Signé-
Des gouines déviantes en solidarité avec vous tous, racailles, pendant la semaine du BloodFriday

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Le repaire des Produboys trashé

Philly Anti-Capitalist / vendredi 22 novembre 2019

Nous voudrions revendiquer l’attaque de la Millcreek Tavern, effectuée aux premières heures du Jour du souvenir Trans. La fenêtre a été brisée parce que que les Proudboys [une fraternité, ou un « club pour hommes », destinée aux hommes qui veulent « défendre les valeurs de l’Occident » et qui « refusent de s’excuser d’avoir créé le monde moderne », selon les circonvolutions linguistiques de Wikipedia – en français on appelle ça des f…; NdAtt.] de Philadelphie ont été autorisés à installer une table avec de la littérature à l’intérieur de la brasserie. C’est un message clair à tous ceux qui ont été attentifs : « C’est ce que vous obtenez quand vous permettez à des fascistes de se rassembler ouvertement dans des quartiers où vivent et travaillent de personnes bien ». J’ai cassé la vitre, et si tu lis ça, tu devrais le faire aussi. Elles coûtent 1 500 dollars chacune. Cette action a été intentionnellement menée à l’occasion du Jour du souvenir Trans, avec amour et à la mémoire et d’une transsexuelle antifasciste dont le corps a été retrouvé dans une cour de l’école, plus tôt cette année. Elle était géniale et on l’aimait. Elle vit dans chaque vitrine fasciste/capitaliste brisée, dans chaque drapeau américain volé et brûlé et dans chaque fille qui file sa dernière dose d’ecstasy à quelqu’un.e qui en a plus besoin.

Signé-
Un transsexuel et une épave anxieuse, tous deux anarchistes

Paris : Le préfet prépare les gros moyens pour jeudi

Publié le 2019-12-04 11:06:05

Marianne / mardi 3 décembre 2019

[…] Comme avant chaque manifestation parisienne, il tient sur une grande carte de Paris colorée, avec les zones interdites, les couloirs de manifestation et la position de départ de chaque unité policière. Le plan de la journée du jeudi 5 décembre est sobrement intitulé « manifestation sociale ». Ce mardi, il prévoit sur le pavé parisien le déploiement de « cinquante-cinq forces » (CRS et gendarmes mobiles). Autant que le nombre d’unités déployées le 8 décembre 2018… Record égalé. Parmi ces unités lourdes, quatre seront déployées dès minuit sur le secteur des Champs-Elysées et sept auront pour mission le « bouclage de l’Élysée ». A leurs cotés, 16 unités de BRAV [les motards ; NdAtt.] (pour Brigades de répression de l’action violente), les équipes mobiles, sont mobilisées, ainsi que quarante-quatre équipes « d’agents verbalisateurs » qui auront pour but de remettre des amendes à ceux qui franchiront les zones interdites. Quatre camions de transport des personnes interpellés sont prévus, ainsi que huit monospaces, des unités en charge de signifier leurs droits dans un délai d’une heure aux manifestants arrêtés.

« Dans les journées « Gilets jaunes » de 2018, nous avons dû relâcher de nombreuses personnes, faute de pouvoir leur notifier leurs droits dans ce délai d’une heure », se souvient une source policière. Ce jeudi 5 décembre, la préfecture de police va déployer ses deux canons lanceurs d’eau, plus les quatre canons supplémentaires des CRS. Trois drones survoleront le ciel parisien. Mais surtout, innovation récente, la police parisienne prévoit d’implanter à certains endroits stratégiques, des « caméras tactiques ».

Selon nos informations, le 16 novembre dernier, la salle de commandement de la Préfecture s’est retrouvée en grande partie « aveugle » place d’Italie, de nombreuses caméras de vidéosurveillance de la place ne répondant plus. Vérifications faites, une armoire électrique centralisant l’alimentation des caméras fixes, aux abords de la place, a été sabotée en cours de manifestation. Hasard des dégradations ou action ciblée ? La préfecture soupçonne « un commando », manifestement bien renseigné, d’avoir spécialement visé cette armoire électrique dans le but de neutraliser les caméras. Ce jeudi 5 décembre, les nouvelles « caméras tactiques », pré-implantées en toute discrétion, devraient permettre à la salle de commandement de toujours surveiller certains points stratégiques, y compris si les caméras fixes sont dégradées ou privées d’alimentation électrique.

C’est dire si la préfecture se prépare au pire… « D’autant, confie un spécialiste parisien du maintien de l’ordre, que les blacks blocs, de manifestations en manifestations, s’aguerrissent. On sait qu’ils pré-positionnent désormais du matériel, des vêtements de protection, des masques ou des projectiles, dans des caches sur les itinéraires, de façon à déjouer les fouilles en amont de l’accès aux cortèges. » Autre « nouveauté » du 16 novembre dernier : l’apparition de « films plastiques », tendus en travers de certaines rues, dans le but de faire chuter des motards de la police, surpris par ces fils transparents. « Le 16, nous avons aussi constaté des dispersions de cônes métalliques et des clous destinés à crever les pneus des motos de la police », glisse une autre source en préfecture.

Il y aura donc ce jeudi, une mobilisation policière massive dans les rues de Paris. « Et encore, en fin de semaine dernière, une première estimation des moyens a fait chiffrer par la préfecture les besoins à soixante-cinq unités ! » confie une source au ministère de l’Intérieur. Compte tenu des effectifs policiers en France, et des demandes d’autres villes, la Préfecture parisienne a donc dû revoir sa copie à la baisse pour « faire » finalement avec cinquante-cinq unités lourdes. La France comptant au total cent-soixante « forces » (donc, compte tenu des congés et des repos, cent-vingt à cent-trente opérationnelles à l’instant T), la capitale absorbera à elle toute seule la moitié des forces de l’ordre françaises.

Ce 5 décembre, la Préfecture parisienne compte déployer son dispositif sous trois sous-commandements : l’un sera en charge de la surveillance de la « zone interdite » et les deux autres au suivi des cortèges syndicaux. Colorée en jaune sur la carte préparatoire, la zone interdite de ce jeudi couvre plusieurs périmètres distincts. Le principal va de la porte Maillot à la place de la Concorde sur l’axe des Champs-Elysées, englobant l’Élysée et intégrant la zone Haussmann des grands magasins. Un autre entoure le Trocadéro, le pont d’Iéna, la Tour Eiffel et le Champ-de-Mars. Une troisième zone couvre l’esplanade des Invalides et s’étend à l’Assemblée nationale et à Matignon. Ces périmètres seront interdits à toute manifestation, sous peine d’amende. Pour couvrir ce vaste secteur, la préfecture prévoit l’immobilisation de vingt-neuf unités de CRS ou de gendarmes mobiles, épaulées par six unités de BRAV. Le reste des forces disponibles, soit vingt-six unités lourdes et dix BRAV sont positionnées autour des deux axes de manifestation prévus, rive droite, avec convergence place de la République, et dispersion place de la Nation. « Un trajet de manifestation classique, sur un terrain que l’on connaît bien et surtout qui ne passe pas place d’Italie, une des pires places parisiennes en matière de maintien de l’ordre, avec un centre commercial d’un coté, un commissariat et une mairie de l’autre », confie un spécialiste, dépité par la journée du 16 novembre dernier.

Autre inquiétude parmi les experts du maintien de l’ordre, l’apparition probable ce jeudi de black blocs dans des cortèges « lambda ». « Ces derniers mois, on s’est habitué aux manifs de gilets jaunes avec des black blocs agglomérés, des cortèges où il n’y a quasiment plus de badauds, confie un policer. La nouvelle doctrine du maintien de l’ordre prévoyant d’interpeller et de réagir vite dès que des black blocs apparaissent, il va falloir faire preuve de discernement au milieu de manifestants pacifiques traditionnels », prévient cette source policière, un tantinet « inquiète » d’éventuels « mouvements de foule ». « Pour des manifestants novices, se retrouver au milieu d’interpellations de black blocs par des Brav, cela peut faire assez peur. La salle de commandement va devoir redoubler de calme et de sang froid », prévient cette source.

Aux commandes, le préfet Didier Lallement en personne, qui occupe désormais dans la salle de commandement l’ancien fauteuil du chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC). Dans l’axe central des caméras, un casque vissé aux oreilles à l’écoute des fréquences radios, le préfet de police, entouré de tout l’état-major de la DOPC, pilote désormais en personne les opérations. « Il ne règne plus à la salle le calme d’antan, quand un Pierre Mure, légendaire patron de la DOPC, donnait ses ordres à voix basse dans un silence de cathédrale », constate un ancien de la Préfecture. « Vous me les dispersez façon puzzle ! » n’hésite pas à ordonner sur les ondes radios le préfet Lallement, répétant une célèbre réplique des Tontons Flingueurs. Un commandement énergique qui, selon nos sources, fait le bonheur des uns et provoque des sueurs froides chez d’autres. « Lallement fait le job », disent les premiers. « Le maintien de l’ordre, ce n’est pas la guerre », alertent les seconds.

Sainte-Geneviève-en-Bray (Seine-Maritime) : Les nuisibles c’est vous. Tirons les chasseurs

Publié le 2019-12-04 14:04:13

chasse passion (!) / vendredi 29 novembre 2019

« Les nuisibles c’est vous. Tirons les chasseurs » se sont les mots retrouvés tagués sur les 9 miradors sur 17 détruits dans la commune de Sainte-Geneviève-en-Bray, en Seine-Maritime. Ils sont signés « Hunt TR », […]

Les activités de la cause animal ont donc encore frappé, ce coup-ci dans l’ouest de la France. Miradors sciés puis détruits au sol, la procédure est toujours la même. D’après les 1ers éléments de l’enquête les fait se seraient produits entre dimanche dernier et ce mardi.

Centre de rétention d’Hendaye : La belle tentative d’évasion échoue

Publié le 2019-12-04 14:04:13

Pays Basque / mardi 3 décembre 2019

Deux Algériens, deux Marocains et un Libyen ont été jugés lundi 2 décembre 2019 par le tribunal correctionnel de Bayonne. Les jeunes individus âgés de 19 à 26 ans se sont évadés des locaux du centre de rétention d’Hendaye, vendredi matin, en cassant une vitre blindée. Ils ont été rapidement interpellés.

Dans la matinée, alors que le groupe se trouvait dans une salle de télévision du centre de rétention d’Hendaye, ils ont projeté sur une vitre blindée un bloc de pierre préalablement arraché d’un dossier de banc en pierre situé dans la cour. Ils réussissent à prendre la fuite, mais très vite une opération policière française en association avec la police basque a permis leur interpellation.
Trois d’entre eux ont été arrêtés le long de la frontière près du fleuve Bidassoa, un autre à un arrêt de bus et le cinquième a été secouru dans l’eau alors qu’il tentait de rejoindre l’Espagne à la nage. Le procureur a réclamé entre 4 et 30 mois de prison ferme.
La justice a tranché et a condamné deux d’entre eux à un an de prison ferme et six mois pour les trois autres. Les cinq hommes ont également une interdiction du territoire Français durant 5 ans.
Ce n’est pas la première fois que des individus s’évadent de ce centre de rétention. En mai dernier de manière rocambolesque, 3 individus s’étaient évadés en fabricant une corde faite de draps noués, d’une longueur de près de 12 mètres !

Blocus de lycées à Paris, Lille, Bordeaux – 3 et 4 décembre 2019

Publié le 2019-12-05 00:33:07

Paris : une dizaine de lycées bloqués et manif sauvage mercredi 4 décembre 2019

Ce [mercredi] matin les lycéen.nes ont bloqué au moins une dizaine de lycées dans Paris (Lycée Boucher, Lycée Vox, Lycée Bergson…). La police est intervenue à plusieurs endroits comme aux lycées Colbert, Decour, Monet pour empêcher les blocages des établissements. Il y a eu des coups et l’usage de lacrymo notamment au lycée Colbert. Au moins deux GAV et une lycéenne qui s’est fait rouler sur le pied par une voiture de flics toujours à Colbert.
Le blocage semble bien tenir dans certains lycées parisiens comme Hélène Boucher et Maurice Ravel (20e, porte de Vincennes), ou encore Maximilien Vox (6e) tandis que dans d’autres la police est intervenue pour casser le blocage. Une vingtaine de keufs ont déboulé à Colbert (10e) pour le débloquer…

Après s’être retrouvé.e.s à 11h au forum des Halles,  les lycéen.ne.s sont parti.e.s en manif sauvage dans les rues de la capitale. (Source: Paris-Luttes)

Blocus au lycée Bergson à Paris

La veille, mardi 3 décembre 2019, des lycéen.ne.s de Villeneuve-d’Ascq (banlieue de Lille), « sans banderole ni de porte-parole », ont bloqué le lycée un quart d’heure avant le début des cours en se servant directement en matos sur les nombreux chantiers en cours à Pont-de-Bois. D’après LaVoixduNord, « Ils étaient une vingtaine au départ, cinq fois plus au bout de deux heures et demie de mobilisation. Les lycéens ont ensuite bloqué l’autre entrée à l’arrière du lycée. Si quelques élèves ont pu se faufiler, ils n’étaient guère nombreux à l’intérieur ».
A Lille, un blocage filtrant a été organisé devant les grilles du lycée international Montebello. Beaucoup parmi les jeunes présent.e.s venaient du lycée Faidherbe, notamment. « On est là contre la précarité étudiante, contre la réforme du bac et contre Parcoursup ».

A Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux, il y a eu une tentative de blocus. Des lycéen.ne.s ont « tenté de bloquer l’accès du lycée Daguin en utilisant notamment des chariots de supermarchés et des barrières de chantier.
Les élèves qui le souhaitaient ont pu rentrer jusqu’à 8h05, puis le blocage de la grille d’entrée s’est intensifié. A la demande de la direction de l’établissement, la police est intervenue et a fait dégager les élèves bloqueurs à 8h45, sans débordements.
Un container poubelle, auquel les élèves avaient mis le feu sur le parvis du lycée, a pu être éteint par les pompiers. L’accès du lycée a été rendu à 8h45. » (SudOuest, 03.12.2019)

Ce même mardi 3 décembre à Toulouse, un lycéen a été interpellé à l’aube pour le blocus incendiaire à Bellevue de lundi. C’est la troisième interpellation pour cette action.

Souffler sur les braises

Publié le 2019-12-06 15:43:04

Souffler sur les braises

« Dans les rues conquises, les gens se sentent heureux. On y danse, on y chante, on y partage des idées, des repas, des sourires. » Lettre d’un camarade chilien

Une nouvelle offensive des classes dirigeantes a lieu en ce moment même, tant au niveau des retraites que du chômage, après une énième vague de lois renforçant la répression. Cette réforme des retraites vise clairement à faire durer toujours plus l’exploitation qu’est le travail et à réduire les pensions. Quant à la réforme du chômage, elle vient renforcer le flicage des chômeuses et chômeurs et réduire la durée et le montant des allocations, visant à élargir toujours plus le réservoir de main d’œuvre servile. 

Auto-organisation de nos luttes

Si une énième intersyndicale se met en place, il ne faut pas être dupe de ce qu’elles cherchera à reproduire, consciemment ou non : le pouvoir des bureaucrates et aucun changement en profondeur – sous une version néanmoins un peu plus acceptable. La précédente lutte contre la réforme des retraites en 2010 en fut un exemple, où l’inter-syndicale organisait des simulacres de blocage économique négociés avec la Pref. Prévenus à l’avance par nos sympathiques bureaucrates syndicaux, les patrons faisaient évidemment partir les marchandises avant le blocage. Que le mouvement des gilets jaunes ait favorisé l’auto-organisation n’empêcha malheureusement pas à Caen certaines commissions de s’approprier les espaces de décision quitte à s’asseoir sur celles prises collectivement lors d’assemblée. Les contours dessinés par la démocratie directe ne suffisent pas à réduire de manière significative les prises de pouvoir de celles et ceux qui savent s’y adapter avec souplesse. Si l’union fait la force, l’unité paralyse. Nous sommes d’autant plus forts et fortes que nous sommes différent·es, imprévisibles et impossibles à ranger dans des cases. Nous appelons de notre coté à multiplier les espaces
d’auto-organisation, afin de rester maître·ses de nos initiatives et de nos objectifs, au plus près de nos réalités. Si leur prolifération est essentielle pour que s’exprime la diversité des aspiration de révoltes, il semble aussi important que puissent exister des espaces de coordination d’individu·es en lutte.

Multiplier les actions directes

Créer des caisse de grève pour mettre le plus de gens possible dans la rue, organiser de blocages économiques, multiplier les sabotages (par exemple les valves des camions-citernes étaient cassées pendant la précédente lutte contre une réforme des retraites pour contribuer à la pénurie d’essence), tenir la rue et détruire ce qui nous détruit… comme cela s’est déjà fait début janvier 2019 et comme peuvent nous l’inspirer les révoltes qui essaiment dans la monde, notamment au Chili. En quelques semaines, plus d’un tiers des supermarchés ont été pillés et incendiés ou saccagés, les stations de métro réservées à la bourgeoisie mises hors service, des bâtiments publics, des commissariats, des péages autoroutiers, des banques, des locaux de parti, etc. ont été attaqués. Même les antennes téléphoniques ont été prises pour cible afin de couper les communications du pouvoir. Quelques hackeurs bien inspirés ont diffusé les données personnelles des gendarmes locaux. La révolte chilienne a commencé à détruire des pans de leur monde d’exploitation et d’oppression, et rappelle que cette lutte est globale et peut se passer de leaders et de représentant-es.

Nous appelons ainsi à un Comité d’action sur le chômage et la précarité, vendredi 6 novembre à 18h à la Pétroleuse (163 cours Caffarelli, presqu’île de Caen, près des dépôts pétroliers)

Des révolté·es.

Lepzig (Allemagne) : Incendie au Tribunal administratif fédéral

Publié le 2019-12-06 15:43:08

de.indymedia.org / lundi 2 décembre 2019

Le 1er décembre, nous nous sommes amusé.e.s à incendier le Tribunal administratif fédéral de Leipzig, dans le sud-ouest du centre-ville [linksunten en allemand, litterallement “en bas à gauche”; NdAtt.]. De cette façon, nous voulons faire connaitre ce que nous pensons du procès qui aura lieu le 29 janvier 2020 contre Indymedia Linksunten : rien !

En août 2017, peu après le G20 de Hambourg, l’échafaudage ridicule de l’accusation d’ « association » a conduit à la fermeture du site web. Ça nous est complètement égal qu’il y ait ou pas une victoire démocratique de la liberté d’expression, après des journées de négociations. La répression, quelle qu’elle soit la forme qu’elle prend, ne freinera pas notre désir de disposer de nos propres moyens d’information indépendants.

Tant que le patriarcat, le capitalisme, le Services de Renseignements, etc. ne seront pas abolis, nous avons encore besoin des médias pour échanger des informations sans censure et pour établir des relations aussi critiques et solidaires que possible entre nous.

Avec la bien connue, répugnante, rigueur allemande, en mars 2018, les organes répressifs ont aussi complètement vidé la maison d’édition kurde Mesopotamien Verlag et la plus grande archive musicale kurde, à Neuss. Solidarité avec la lutte de libération kurde et la révolution au Rojava – Mort au fascisme !

Nous souhaitons beaucoup de force aux personnes touchées par le procès à Indymedia Linksunten, ainsi qu’a celles accusées suite au G20. Liberté pour Loïc et les trois de la Parkbank.

Athènes (Grèce) : Contre les attaques de l’État et du Capital, notre soulèvement deviendra leur cauchemar

Publié le 2019-12-06 15:43:09

athens.indymedia.org / lundi 2 décembre 2019

Contre les attaques de l’État et du Capital, notre soulèvement deviendra leur cauchemar : appel aux manifestations du 5 et 6 décembre.

Jeudi 5 décembre, expire le délai fixé par le Ministère de l’ordre public pour « expulser les squatteur.e .s » de leurs maisons [le 20 novembre, le ministre Michalis Chrysochoidis, dont la charge correspond à celle de ministre de l’Intérieur, a pondu un communiqué dans lequel il donnait 15 jours aux personnes qui occupent illégalement des bâtiments pour les abandonner ; NdAtt.]. Nous appelons tout le monde à protester ce jour-là contre la répression, ne reconnaissant aucune décision de l’État, ni l’ultimatum du Ministère de l’ordre public. Le vendredi 6 novembre, nous marcherons également en mémoire du soulèvement de 2008, provoqué par le meurtre d’Alexis Grigoropoulos.

Les expulsions des squats, le fait de terroriser par tous les moyens les compas, l’emprisonnement des migrant.e.s dans des camps de concentration, la criminalisation de notre présence dans la rue et les flics dans toutes les rues des quartiers ne visent pas seulement une partie spécifique de la société, comme l’État, ses relais et les médias tentent de nous en convaincre. Elles concernent chacun.e d’entre nous. C’est le début d’une nouvelle attaque contre nous tou.te.s : migrant.e.s, étudiant.e.s, travailleur.euse.s, chômeur.euse.s, mais aussi contre toute sorte d’ « illégaux.ales » aux yeux du pouvoir. Une attaque contre toute une classe d’opposant.e.s. C’est une tentative de nous isoler et d’essayer de nous détruire matériellement, politiquement et socialement.

Mais attaquer les anarchistes, les militant.e.s et les espaces qui abritent notre résistance collective ne peut, à long terme, qu’être une déception pour l’État, comme cela l’a été par le passé. Les idées et les consciences ne sont pas expulsées, elles ne tombent pas, elles ne peuvent pas être « condamnées » par des briques, comme des bâtiments. Face à l’oppression et à la dure répression, les mouvements contre-attaquent toujours, encore plus fort. Et c’est pourquoi ils nous trouveront toujours dans la rue, avec des manifestations quotidiennes, des occupations et des ré-occupation, des actions, des boycotts et toutes sortes d’attaques contre les patrons et les entreprises, l’État et ses sbires, les flics et leurs balances.

Contre les attaques de l’État et du Capital, notre soulèvement deviendra leur cauchemar.

-Jeudi 5/12 à 18h : manifestation à partir de Propilea, Panepistimio

-Vendredi 6/12 à 18h : participation à la manifestation annuelle en mémoire du soulèvement de 2008.
[…]

synsquat(AT)riseup(DOT)net
synsquat(AT)blackblogs(DOT)org

Publication : Critiques anti-autoritaires du syndicalisme

Publié le 2019-12-06 15:43:13

Voici une petite compilation de textes critiques du syndicalisme, à toute fin utile. Elle sera peut-être amenée à s’épaissir plus tard.


En 2010, contre une réforme des retraites, l’Intersyndicale de Caen organise des simulacres de blocage négociés en amont avec la Pref. Les marchandises sont déjà parties, les patrons étant déjà au courant. Les feux de palettes sont d’abord là pour la photo. Et quand les camions de transport sont bloqués, les bureaucrates syndicaux tentent de les faire partir dans la nuit, parfois empêchés par des syndicalistes de base. Une assemblée de lutte réunissant une centaine d’individus d’horizons différents tente de déborder ces blocages, se retrouvant parfois bien seuls face aux flics, mais contribuant davantage à durcir le mouvement que les manifs à 40.000. Parmi bien d’autres initiatives, des tubes passent de mains en mains pour faire péter les valves des camions citernes.

La critique du syndicalisme est une critique nécessaire pour toute personne qui souhaite s’opposer à l’ordre existant. C’est pourquoi il m’a paru bon de raviver ces dangereuses pensées à travers plusieurs textes de différentes époques, depuis le début du 20ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Le syndicat transforme l’imagination en certitudes, l’égalité en hiérarchie, la recherche de la qualité en priorisation de la quantité, la libre association en discipline de parti, la révolte sans concessions en stratégies des petits pas. Il n’y a pas de luttes réelles sans débordements des syndicats. Il n’y a pas de luttes révolutionnaires sans dépassement des syndicats – dont le rôle de maintien de l’ordre est connu depuis longtemps. Même un syndicat comme Solidaires, plus conflictuel et moins bureaucratique, reste un syndicalisme classique avec ses délégués syndicaux, ses accords avec le patronat et sa section au Ministère de l’Intérieur pour les personnes qui font tourner cette machine de la répression.

L’actualité nous offre un bon exemple d’une révolte sans leaders ni partis : des pans entiers de leur monde d’exploitation et d’oppression sont détruits au Chili en cette fin d’année 2019. Les syndicats, dépassés par les évènements, n’ont pas eu le choix de suivre, poussés par leurs bases. Mais les grèves générales d’un jour sont appelées pour pacifier la révolte et remettre le soulèvement dans un cadre plus acceptable. D’ailleurs, les bureaucrates syndicaux y font des appels répétés à ‘’la paix sociale’’ tout en négociant avec le gouvernement sur le dos d’une lutte autonome. Du classique que les feux de la révolte peuvent rendre inopérants, pourvus qu’ils s’étendent en multipliant les foyers d’auto-organisation, depuis le groupe affinitaire jusqu’aux assemblées de lutte. Si grève il doit y avoir, qu’elle soit insurrectionnelle et expropriatrice, et toujours sans dieux ni maîtres.

Décembre 2019

[Reçu par mail]

La prison tue, crève la taule !

Publié le 2019-12-06 15:43:18

[Des flics anti-émeute occupent tous les coins de rue autour de la prison, et une grosse quinzaine de fourgons de flics sont placés sur le boulevard Arago, le long du mur de la prison de la Santé le plus « accessible ».
Le rassemblement est donc annulé.
]

En moins d’un mois, deux prisonniers de la prison de la Santé sont morts des suites d’un feu de cellule. Nous appelons à un rassemblement en solidarité avec les prisonniers de la Santé aux abords de l’établissement : le 14 décembre, à 14h, place de l’Île-de-Sein.



Landerneau (Finistère) : Retour de flamme… pour la centrale téléphonique

Publié le 2019-12-06 15:44:05

Ouest-France / vendredi 6 décembre 2019

Bis repetita. Comme au mois de mars, la centrale téléphonique Orange a été détruite par un incendie. La première fois, les gendarmes et pompiers avaient été alertés à 3 h du matin. Ils ont été appelés la nuit dernière à 3 h 30.


De nouveau ce vendredi matin, un technicien d’investigation criminel de Quimper s’est rendu sur le lieu du sinistre pour effectuer les premiers relevés. Même si la gendarmerie n’écarte aucune piste, les circonstances de ce nouvel incendie laisse penser qu’il s’agit d’un acte volontaire.
Cet incident impact le réseau d’Orange entraînant une coupure du réseau fixe et l’arrêt des services de téléphonie et d’internet pour 627 lignes au nord de Landerneau, soit 80 % de particuliers et 20 % de professionnels (dont le centre de secours de Mescoat, le collège de Mescoat, le magasin Leclerc…).
Lors des dégradations de mars dernier, l’opérateur de téléphonie Orange avait déposé plainte à la gendarmerie de Landerneau. Le coût estimé des réparations s’élevait à 30 000 €. Et l’ensemble des lignes avaient pu être reconnectées que plusieurs jours après.

Lycées bloqués par-ci, par-là, manif sauvage à Paris

Publié le 2019-12-06 18:42:10

Paris : Lycées bloqués et manif sauvage

extraits de Paris-luttes.info / mercredi 4 décembre 2019

Un point sur la situation dans les lycées parisiens
Ce matin les lycéen.nes ont bloqué au moins une dizaine de lycées dans Paris (Lycée Boucher, Lycée Vox, Lycée Berson, Victor Hugo…). La police est intervenue à plusieurs endroits comme aux lycées Colbert, Decour, Monet pour empêcher les blocages des établissements. Il y a eu des coups et l’usage de lacrymo notamment au lycée Colbert. Au moins deux GAV et une lycéenne qui s’est fait rouler sur le pied par une voiture de flics toujours à Colbert. […]

600 lycéen.nes sont en manif sauvage contre la réforme des retraites rue de Rivoli.
Vers 11h50 la manif était déjà vers l’Assemblée au niveau du boulevard Saint-Michel.

La manif lycéenne a fait la jonction avec des étudiant.es de Paris 1 la Sorbonne. Rappelons que l’AG prévue à midi a été reportée à 13h devant la Sorbonne car, après le site de Tolbiac, le président de l’université l’a fait fermer . La manif a continué son chemin direction le Panthéon. Elle s’est petit à petit dispersée. Une centaine de personnes est devant Paris 3 qui… ferme les grilles.

Suite à une grosse manif sauvage sur le boulmich’ regroupant les étudiants de Paris 1 et les lycéen.nes enervé.es depuis Panthéon s’est finie par une nasse devant la fontaine Saint-Michel.

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Montbéliard (Doubs) : Barricade en feu – et pompiers tenus à distance

France Bleu / mercredi 4 décembre 2019

Une action spectaculaire d’un groupe d’une vingtaine de lycéens a eu lieu ce mercredi matin devant le lycée Cuvier à Montbéliard. Ils ont traîné deux conteneurs de poubelles et un vieux canapé devant l’entrée de l’établissement, avant d’y mettre le feu, peu après 8h.
Les pompiers sont rapidement intervenus mais les fauteurs de troubles, le visage dissimulé par des foulards, ont tenté de les tenir à distance. La police s’est interposée. Un premier incendiaire a été interpellé. Les jeunes se sont mis à jeter des pierres sur les policiers. Un deuxième jeune a été interpellé.
Le premier jeune interpellé est un garçon de 17 ans originaire de Nommay. Le deuxième est un garçon de 15 ans originaire d’Etupes. Tous les deux sont lycéens à Cuvier. Ils ont expliqué qu’il s’agissait d’une action de protestation contre la réforme du baccalauréat prévue pour durer trois jours.

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Sartrouville (Yvelines) : Le blocage échoue malgré toute la bonne volonté (et un peu de feu)

Le Parisien / mercredi 4 décembre 2019

[…] Selon la proviseure, « les cours se sont déroulés normalement durant la matinée ». Au plus fort de l’événement, on a pu compter près de 100 à 150 élèves devant le lycée « mais la plupart ne participaient pas à l’attroupement originel, estime un témoin. Ils observaient sans créer de heurts. »
Deux barricades de fortune, avec des poubelles, des matelas ou… un canapé, ont été érigées par les manifestants. L’une devant la grille du lycée, l’autre 100 mètres plus loin, au coin de la rue Evariste-Galois et de l’avenue de Tobrouk. Elles ont ensuite été enflammées.
Les pompiers ont éteint ces départs de feu sans difficulté et aucun blessé n’est à déplorer. Deux véhicules ont été endommagés dans la rue, l’un par des traces de feu, l’autre a eu la vitre arrière brisée. À 11 h 30, les débris des incendies avaient disparu.
Comme ce mercredi, le rectorat de Versailles compte assurer une présence de ses équipes d’accompagnement sur place ce jeudi, en prévision d’éventuels nouveaux événements. Ce devrait aussi être le cas pour certains établissements de Mantes-la-Jolie.

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Montpellier : Quand le proviseur se montre trop curieux…

Midi Libre / mercredi 4 décembre 2019

Ce mercredi matin, aux alentours de 8 h 30, des lycéens en colère ont allumé un feu de poubelles devant le lycée Jean-Jacques-Rousseau. Feu de poubelles qui a dégénéré puisque le directeur de cet établissement régional d’enseignement adapté situé avenue de la Colline à Montpellier a reçu un éclat provenant de cette poubelle enflammée qui est venu le blesser à l’œil.
Une blessure semble-t-il légère mais qui a toutefois nécessité son évacuation vers l’hôpital Gui-de-Chauliac par les sapeurs-pompiers. Quant à l’incendie, il a rapidement été éteint par les Selon nos informatrions, un mineur de 15 ans aurait été interpellé vers 8h30 pour dégradation volontaire par incendie.

Madrid (Espagne) : Attaque du local « espacio Madrid 29 »

Publié le 2019-12-06 18:42:10

ContraMadriz / lundi 2 décembre 2019

Dans la nuit du 13 novembre, on a mené une attaque avec de la peinture et le sabotage des serrures à l’encontre du local « espacio Madrid 29 », situé dans le quartier Embajadores [dans le centre ville ; NdAtt.], à l’occasion du séminaire d’écologie politique qui a lieu dans cet espace du 14 novembre au 20 février.

Ce lieu sert d’outil au mouvement municipaliste de Madrid qui, profitant du problème de la dévastation de l’environnement, utilise ce sujet de préoccupation pour le canaliser pacifiquement à travers des séminaires (évidemment payants), dans lesquels on donne une vision biaisée du problème, en donnant comme solution celle de miser sur les partis politiques (dans le cas spécifique, ce lieu est proche de Más Madrid [parti de la gauche citoyenniste, guidé par l’ex maire de Madrid (et ex juge) Manuela Carmena ; NdAtt.]), afin de prendre des initiatives qui peuvent réduire le problème environnemental.

Cela, évidemment, en « ignorant » complètement que nous sommes dans un système démocratique et capitaliste, dont le fonctionnement dépend de la complète exploitation du territoire et dont les gouverneurs, les entreprises, etc. tirent des bénéfices.
En tant qu’anarchistes, nous nous opposons à que l’on fasse du problème environnemental, provoqué par le système d’exploitation excessive, fondé sur la recherche d’un profit maximal, un outil de marketing politique qui tire partie du même problème qu’ils ont causé et dont la seule préoccupation est de chercher une nouvelle manière pour continuer à l’exploiter, malgré les dommages causés.

La seule solution pour sauver la planète est la destruction du système existant ; ni les groupes politiques de gauche, ni les progrès scientifiques, ni les réunions des groupes dirigeants (par exemple la COP25) ne peuvent la sauver ou rétablir ce qui a été abîmé ; il n’y a pas de forme durable de destruction du territoire.

MORT À L’ÉTAT ET VIVE L’ANARCHIE !
ON EN FAIT PAS DE BUSINESS AVEC LA DÉVASTATION !

Chabrillan (Drôme) : Sabotage incendiaire de la LGV – 5 décembre 2019

Publié le 2019-12-06 18:42:13

Avec le début des grèves dans les transports autour du mouvement social contre « la réforme des retraites », un premier sabotage s’est produit ce matin 5 décembre 2019 peu avant 6h du matin.

A Chabrillan (Drôme) près de Crest, plusieurs mètres de câbles électriques ont été incendiés,
après que les plaques en béton des rigoles ont été soulevées. C’est une alarme automatique qui a donné l’alerte que le signal était coupé, mais les techniciens sont bien entendu arrivés bien trop tard, le feu avait déjà rendu son office en rendant la ligne inutilisable. L’endroit où cet heureux sabotage s’est produit a impacté la ligne TGV Paris-Lyon-Marseille et Paris-Montpellier.

Les deux allers-retours Marseille-Paris, les seuls prévus en cette journée de grève, ont accumulé d’importants retards (au moins 45 minutes), vu que les TGV ont du être détournés sur les voies classiques. Les réparations vont prendre quelques jours sur cette ligne qui est donc coupée, et les rares TGV emprunter d’autres lignes au ralenti.

[Repris de la presse, 5 décembre 2019]

Manifs contre la réforme des retraites : une panoramique

Publié le 2019-12-06 18:42:17

Paris : Quelques affrontements et des caméras grillées

France Bleu / jeudi 5 décembre 2019

La manifestation, ce jeudi après-midi à Paris, point d’orgue de la première journée de grève contre la réforme des retraites . Selon la CGT, 250.000 personnes ont manifesté entre gare de l’Est et Nation, à l’appel d’organisations syndicales, [bref, les pompiers habituels, auxquels se sont joints aussi les vrais pompiers – si, si, ceux qui ont un statut de militaires et qui travaillent avec les flics, aux ordres de M. le Préfet de Police … NdAtt. ].
Six mille policiers ont été mobilisés pour éviter un maximum de violences. Des contrôles ont commencé tôt ce jeudi en particulier dans les gares. A 18 h,  60 personnes avaient été été placées en garde à vue. 87 personnes interpellées
Une remorque de chantier a été retournée et incendiée et plusieurs vitrines brisées non loin de la place de la République tandis que les forces de l’ordre essuyaient des jets de projectile et répliquaient par des tirs de lacrymogène a constaté un journaliste de l’AFP [d’autres médias font état de nasses et petits affrontements le long du boulevard Voltaire et, surtout, à l’arrivée Nation ; on remarquera aussi qu’au moins deux caméras, une du PVPP, une du service voirie de la préfet, on été incendiées ; une caméra  » mobile  » installée à une fenêtre du premier étage du bâtiment des Douanes, sur Répu, a été démolie par un.e grimpeur.euse bien inspiré.e ;  NdAtt.].

Bd. Magenta

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Lille :  » Heurts violents »

La Voix du Nord / jeudi 5 décembre 2019

Le cortège était dense à Lille, ce jeudi 5 décembre, jour de grève nationale. Plus de 15000 personnes ont défilé dans la manifestation régionale qui s’est élancée à 14 h 30 au départ de la Porte de Paris. Dans les rangs, les couleurs des syndicats, qui ont appelé à la grève en intersyndicale, et celles de Gilets jaunes, aussi. Sur près de deux kilomètres, le cortège a traversé le centre-ville. Avec un même message : le refus de la réforme des retraites.
Si les manifestants se sont mobilisés comme rarement à Lille, l’événement a connu des affrontements, eux aussi exceptionnels. Quelques minutes après le départ, un cortège d’environ mille personnes, mené par les pompiers [sic ! NdAtt.], a quitté le parcours au pas de course, direction l’hôtel du Département près de Lille Grand Palais. Les premiers affrontements ont eu lieu devant le Zénith. Un pompier a été interpellé pour violences.
Puis d’autres incidents, plus violents, ont suivi en fin de manifestation, entre la rue Solférino et la place de la République. Environ 500 personnes se sont massées devant les forces de l’ordre face au théâtre Sébastopol. Des briques, pavés, bouteilles en verre ont volé en grande quantité vers les policiers. Ces derniers ont répondu par de nombreuses charges au lacrymogène dans tout le quartier. Rue d’Inkermann, notamment, plusieurs barricades enflammées ont été élevées. […]
Au total, sur l’après-midi, une dizaine de manifestants ont été interpellés.

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Toulouse : Des echauffourées à la fin de la manif

actutoulouse / jeudi 5 décembre 2019

Selon le décompte des différents cortèges réalisés par les préfectures et services de police, jeudi 5 décembre 2019, Toulouse est la ville de province où l’on a dénombré le plus de manifestants contre la réforme des retraites portée par le gouvernement d’Édouard Phillippe.
Au moins 33 000 personnes ont défilé dans les rues de la Ville rose selon la police, et 100 000 selon les syndicats.
D’après les chiffres recueillis par les préfectures, les manifestants étaient 25 000 à Marseille, 20 000 à Lyon et Bordeaux, 19 000 à Nantes ou encore 13 000 à Lille.  […]
Une fois la manifestation – qui s’est déroulée dans le calme – arrivée au Monuments aux morts, dans le quartier François Verdier, des échauffourées ont éclaté entre des casseurs et les forces de l’ordre. Dans un premier bilan, la préfecture de la Haute-Garonne indique à 19h15 que 22 personnes ont été interpellées pour plusieurs motifs : participation à un attroupement, rébellion, dégradations de biens publics, jets de projectiles, dissimulation de visages.
Plusieurs incidents ont été recensés : feux de palettes et de poubelles, jets de projectiles envers les forces de l’ordre, tags, destruction de mobilier urbain et de deux vitrines de commerces, dégradation d’une caméra. Cinq personnes ont été légèrement blessées, dont trois parmi les forces de l’ordre, précise encore la préfecture.

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Rennes : Des personnes déterminées prennent les devants de la pacification syndicale

Ouest-France / jeudi 5 décembre 2019

La manifestation contre la réforme des retraites, ce jeudi, à Rennes, a rassemblé près de 15 000 personnes. Le cortège s’est rapidement scindé en deux. D’un côté, l’ultra-gauche s’est livrée à des débordements. De l’autre, les syndicats ont défilé dans le calme. […]
À 11 h 15, le cortège se met en marche. « Vers la grève générale, et au-delà… », peut-on lire sur un panneau tenu à bout de bras, en tête de cortège, là où des militants d’ultra-gauche ont pris leur place. Comme d’habitude, ils devancent les syndicats. Masqués et vêtus de noir, ils appellent à la révolution anticapitaliste. Les 300 militants d’ultra-gauche ont rapidement pris un itinéraire différent de celui déposé en préfecture.
Vers 12 h 30, alors qu’ils remontent le boulevard Liberté, ils cassent des vitrines, du mobilier urbain. Ils s’en prennent aussi à ce qu’ils désignent comme des symboles du capitalisme. Une Porsche, que son propriétaire a garée sur le passage du cortège, est taguée de peinture et attaquée au marteau.
Le défilé syndical s’achève vers 13 h. Mais la manif n’est pas terminée pour les ultras de gauche, qui se retrouvent face aux forces de l’ordre, rue du Maréchal-Joffre, après avoir brisé les vitrines d’un assureur et d’un hôtel haut de gamme. La rue est noyée dans un brouillard de gaz lacrymogènes.

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Nantes : Journée d’affrontements

FranceInfo / jeudi 5 décembre 2019

Selon nos journalistes sur place, 20 000 personnes ont participé ce jeudi matin à Nantes à la manifestation contre la réforme des retraites. […]
Quelques heurts ont eu lieu au niveau de la préfecture. Les forces de l’ordre ont alors fait usage de leurs lances à eau et lacrymos.
D’autres heurts ont éclaté dans le bas de la rue de Strasbourg vers 12h30. Du mobilier urbain et des commerces ont été la cible de casseurs.
Vers 13 heures, de retour vers le Miroir d’Eau, les manifestants ont commencé à quitter le cortège. D’autres, partis beaucoup plus tard en raison de la longueur du cortège, arrivaient alors, étonnés de voir les échauffourées entre les forces de l’ordre et des casseurs.
Les heurts se sont poursuivis dans l’après-midi dans le centre de Nantes. […]

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Lyon : Le métro automatique ferme à cause des affrontements

France Info / jeudi 5 décembre 2019

Lyon, la manifestation organisée contre la réforme des retraites devait partir à 10h30 de la Manufacture des Tabacs direction la place Jean Macé, dans le 7e arrondissement. Elle a démarré vers 11h.  Le cortège rassemblait à la mi-journée près de 21 000 personnes (source police).
Dans le secteur du cours Gambetta, des échauffourées ont eu lieu en marge de la manifestation et ont entraîné des perturbations, notamment concernant les lignes de métro B et D. La préfecture signalait que « des groupes d’individus violents » s’en sont pris aux forces de l’ordre de l’ordre. Elle a demandé sur les réseaux aux manifestants venus défiler de « s’éloigner de ces personnes ».
Les stations de métro « Guillotière » et « Saxe-Gambetta » ont été fermées à la mi-journée en raison de ces incidents. Les lignes de tramway T1 et T2 ont été coupées au niveau du pont de la Guillotière qui a été fermé à la circulation. Le tramway T1 a dû circuler sur deux tronçon, le terminus du T2 a été effectué au Centre Berthelot (et non Perrache). La ligne de métro automatisée a finalement été rouverte dans les deux sens vers 14h mais sans marquer l’arrêt « Guillotière ».

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Strasbourg : Ici aussi, des manifestants plus animés que la masse essayent de pénétrer sur le marché de Noël et caillassent les flics

L’Alsace / jeudi 5 décembre 2019

Un groupe d’individus violents et cherchant l’affrontement avec les forces de l’ordre ont visé les fonctionnaires avec divers projectiles : des pierres, des bouteilles…
Sur leur trajet, certains ont dégradé le bas du sapin rue de Zurich. Ils ont aussi tenté à plusieurs reprises de pénétrer sur le marché de Noël au niveau de la place du Corbeau et du pont Saint-guillaume. Ils ont été à chaque fois repoussés par les policiers et gendarmes.
D’autres incidents ont éclaté rue de Palerme. Les fauteurs de troubles ont remonté la rue vers le centre en jetant des poubelles et des branchages au milieu de la chaussée. Ils ont aussi forcé l’entrée du centre commercial Rivetoile dans lequel ils ont commis ds dégradations : une vitrine a été brisée et un vigile a été légèrement blessé.
Des heurts ont ensuite éclaté place d’Austerlitz. La police a appréhendé trois individus, placés en garde à vue pour respectivement outrages, dissimulation du visage et port d’arme en l’espèce un couteau.

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Toulouse : Un feu de palettes sur le periph’

actutoulouse / jeudi 5 décembre 2019

[…] Un feu de palettes vient d’être allumé, vers 8h30, jeudi 5 décembre 2019, au beau milieu des voies du périphérique Est de Toulouse, en chaussée extérieure. Les sapeurs-pompiers ne sont pas encore arrivés sur les lieux. Un énorme bouchon s’est formé en amont.  Cette opération coup de poing fait suite à une opération escargot, qui a démarré ce matin vers 6h45, du côté de la barrière de péage de Muret-nord et s’est engagée sur le périph’ en direction d’Empalot, du Palays, puis de Balma-Gramont.

Les pompiers, quand ils ne font pas grève, éteignent celle des autres

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Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) : Sans électricité ni ligne téléphonique, la mairie ferme

La Voix du Nord / jeudi 5 décembre 2019

Drôle de journée pour le personnel de la mairie de Boulogne. Ce jeudi à 9 h 30, l’hôtel de ville s’est retrouvé plongé dans le noir. Plus d’électricité, donc plus d’ordinateurs ni de chauffage. En milieu de matinée, ce sont les lignes téléphoniques et internet qui ont sauté. Difficile de travailler pour les équipes. «  Cet événement a perturbé l’accueil des usagers et le fonctionnement interne  », confirme le service communication. Au point que certains services ont dû fermer dès 16 h 30 au lieu de 18 h… [article payant; NdAtt.]

Passy (Haute-Savoie) : Une visite (énervée) à la mairie

Publié le 2019-12-06 18:43:11

Le Messager / vendredi 6 décembre 2019

Qui en veut à la mairie de Passy ? Une question que le maire de Passy, Patrick Kollibay, et le personnel de la Ville ont dû se poser le 6 décembre au matin en constatant les nombreux dégâts mineurs commis au cours de la nuit dans l’hôtel de ville.

En effet, dès leur arrivée à 5h30, les membres du personnel d’entretien de la mairie, ont vu les deux pots de fleurs verts, habituellement installés de part et d’autre de la porte d’entrée du bâtiment, avaient été renversés et jetés en contrebat des quatre marches menant à l’intérieur. Des plantes au sol jonchant dans leur propre terre. Un constat désolant au petit matin.
La police municipale et le maire sont aussitôt appelés et contrastent que le bâtiment a été visité. Le vandale est monté à l’étage, a saccagé la boîte aux lettres d’une association puis s’est empressé de pénétrer dans la salle de réunion pour y casser deux vitres avant de repartir. « C’est du vandalisme gratuit. Scandaleux de s’attaquer à la maison commune », confie le maire.
« Il n’y a pas, aux premiers regards, de traces d’effraction. La gendarmerie a été prévenue et va mener une enquête. Nous lui avons mis à disposition le film enregistré par une caméra de vidéosurveillance car nous y voyons une personne qui n’avait rien à faire devant la mairie en pleine nuit ». Un potentiel témoin (ou l’auteur des faits) qui a été identifié et sera auditionné par les forces de l’ordre.

[grève générale nantes] point antirep

Publié le 2019-12-07 12:13:09

Des interpellations préventives

Pour les 5 personnes interpellées avant la manif, le compte twitter @PoliceNat44 parle d’interpellations préventives. Il serait intéressant de savoir sur quelles bases légales elles reposent. Le terme préventif laisse supposer que les personnes ont été placées en garde à vue alors qu’elles n’avaient pas commis ou n’était pas soupçonnées d’avoir commis une infraction ce qui n’est a priori pas légal. Ces arrestations sont un moyen d’empêcher des personnes d’aller en manif. Elles viennent rejoindre d’autres pratiques visant à nous dissuader de descendre dans les rues : interdictions de manif pendant les contrôles judiciaires ou en complément de peine, assignation à résidence les jours de manifs, armement de la police, massification des violences policières, manifs interdites, etc.

Les suites judiciaires

Quatre personnes ont été relâchées sans suite. Elles étaient donc en garde à vue alors qu’aucun élément matériel ne permettait de dire qu’elles avaient commis une infraction.

Il n’y a pas eu de comparution immédiate mais 2 personnes ont été envoyées directement en taule. Soutien à elles !

Plusieurs personnes sont convoquées en composition pénale. Cela signifie que la justice leur reproche des faits qu’elle juge comme mineurs. D’autres personnes sont convoquées pour des procès en janvier 2020. Ça semble être un délai rapide au vu des délais constatés habituellement au tribunal.

Côté keufs

Concernant les flics qui ont menacé, insulté, tabassé, lancé des grenades, etc., iels n’ont fait l’objet d’aucune interpellation ni poursuite pour le moment. On peut dores et déjà parier qu’il n’y aura pas de poursuites même si des plaintes étaient déposées. On attend avec impatience de savoir combien d’entre eux recevront la médaille du mérite à la prochaine fournée.

On peut décerner une mention spéciale misogynie au groupe de CRS qui était à la croisée des trams et qui a plusieurs reprises ont ciblé des femmes et les ont tabassé parce qu’elle étaient des femmes et qu’elles ne se laissaient pas faire. Il s’agit du même groupe de CRS que celui qui était au blocage du Carrefour Beaulieu le 30/11. Si des personnes savent d’où ils viennent, n’hésitez pas à les afficher (penser à utiliser Tor Browser ou Tails si vous les affichez sur internet ). Message aux personnes d’Extinction Rébellion et du GIGNV, certain·e·s d’entre vous ont parlé avec ces flics lors du blocage : un acte de rébellion et de solidarité pourrait être de partager les infos concernant ce groupe de keuf.

Trois femmes ont notamment fait les frais de leur violence. L’une d’elle a été évacuée par les pompiers dans un état semi-conscient après s’être faite tabasser à coups de matraque alors qu’elle venait en aide à une autre femme qui se faisait violenter par les keufs. Ils s’en sont pris 3 fois à une autre, la poussant et la frappant. Ils l’ont notamment projeté au sol avant d’effectuer 2 charges violentes sur les autres manifestant·e·s et de gazer. Elle s’est alors retrouvée au sol, dans un endroit saturé par les gaz.

Des journalistes ont ausis été ciblés :  Une de Ouest France par un tir de LBD, l’autre France Bleu Loire-Océan par une grenade lacrymo. Message aux journalistes : c’est peut-être le moment d’arrêter d’être du côté des flics et du pouvoir, non ?

Il y a eu beaucoup d’autres blessés. Les keufs ont fait un usage massif de lacrymos, grenades de désencerclement et coups de matraques. Ils sont aussi pas mal allés au corps à corps pour virer des petits bouts de cortège : coups de boucliers, de matraque, coups de pieds et claques.

L’antirep, un enjeu collectif

Quand il y a des interpellation en manif, c’est important d’aller au commissariat pour : se rencontrer et partager les infos sur la répression, soutenir les personnes interpellées et leur proches. C’est un moment où l’entraide et l’autodéfense sont importante. Ça permet notamment qu’on ne soit pas isolé·e·s face à la répression. Ça permet aussi d’aider à organiser la défense de celles et ceux qui risquent de passer en comparution immédiate. Ces sortes de « permanences » devant le commissariat permettent aussi de recenser le nombre de sorties de faire le lien avec la Legal Team qui tient des permanences téléphonique notamment pendant et après les manifs. Ne pas oublier de donner le numéro de la Legal Team aux personnes qui sortent.

On peut aussi faire de l’antirep de plein de façons : crier les conseils antirep de base aux personnes qui se font arrêter, signaler les interpel à la legal, diffuser des tracts antirep pendant les manifs (attention à bien vérifier les infos diffusées), aller aux procés et aux comparutions immédiate, envoyer de l’agent à des caisses anti-repression, organiser des concerts de soutien pour récolter de l’argent…

Tu peux appeler la Légal  (06 75 30 95 45) :

– si tu es témoin d’une arrestation (avec description de la personne, heure et lieux d’interpellation. Attention : pas de noms, pas de trucs qui pourraient être reprochés à la personne)

– si une personne ne réapparaît pas après une manif. Donne sa description pour que la legal puisse te dire si elle correspond à une interpellation signalée

– quand des personnes sortent de garde à vue. Dans ce cas pense à dire à la légal quelles sont les suites (procés ou pas, pour quel motif, quand…)

– si tu passes en procès : ça te permet d’avoir un soutien juridique, de discuter de ta stratégie de défense, d’avoir des noms d’avocats qui sont formés à défendre des manifestant·e·s et qui ne pratiquent pas des tarifs exhorbitants et d’avoir du soutient financier si besoin. Ça permet aussi de se sentir moins isolé·e, de demander les contact des autres personnes arrêtées en même temps si on veut préparer une défense collective,…

– …

 

PS : Un petit big up à la personne rencontrée devant le comico et qui attendait ses potes avec qui elle s’était faite arrêter parce qu’ils étaient posés dans une voiture en bas de chez l’un d’eux. On n’oublie pas qu’en dehors des manifs et actions, les keufs sont aussi des grosses merdes.

Lyon : Manif reconductible, le local des Républicains repeint

Publié le 2019-12-07 21:43:07

extraits de Rue89 Lyon / vendredi 6 décembre 2019

La nouvelle manifestation lyonnaise s’est cette fois élancée depuis la place Jean Macé, point de chute de la mobilisation de la veille, pour rejoindre le square Delestraint, à proximité de la préfecture. […]
Le cortège se fige un instant dans Saxe, au numéro 48. Quelques tags plus tard, le local des Républicains a été repeint par un petit groupe. Les forces de l’ordre viennent se positionner devant le bâtiment, au son des huées des manifestant. […]

Et selon Rebellyon [d’où sont prises les deux jolies photos ci-dessous; NdAtt.],  » Aujourd’hui, 4500 personnes ont manifesté à Lyon !  »


Martinique : Quand on dit persévérance

Publié le 2019-12-07 21:43:11

RCI / vendredi 6 décembre 2019

Quelle peut être la motivation des vandales qui s’attaquent depuis hier au réseau électrique EDF ?[il y en a plein ! NdAtt.] En tout, vingt actes de malveillance en deux jours ont privés 1200 clients d’électricité. Les équipes s’échinent à réparer des dégâts plus ou moins graves quand le ou les malfaiteurs changent de cible. Pour l’heure les communes du Vauclin, Sainte-Luce, Rivière-Pilote et Fort-de-France sont concernées.

13 actes de vandalisme sur des installations électriques EDF du sud de la Martinique hier, jeudi 5 décembre 2019 et 7 aujourd’hui vendredi 6 dont deux à Fort-de-France. Les dégradations ont débuté sur le réseau basse tension avant de monter crescendo vers le réseau haute tension. Les équipes d’EDF réagissent rapidement pour réparer les dégâts mais en parallèle les malfaiteurs s’attaquent à un autre poste.
Depuis hier près de 1200 foyers en tout ont été privés d’électricité au Vauclin, à Sainte-Luce, Rivière-Pilote et Fort-de-France. Depuis plus de 24 heures, les équipes de dépannage d’EDF se déplacent pour réparer les dégâts induits volontairement par le ou les malfaiteurs. Les équipes d’EDF sont à pied d’œuvre afin de limiter la gêne occasionnée mais la multiplication et la difficulté de certaines interventions leur rendent la tâche difficile.
Une plainte contre X a été déposée par EDF. Vous êtes invités à communiquer aux forces de l’ordre toute information qui permettrait de mettre un terme à ces agissements dont la motivation reste inconnue.

Athènes (Grèce) : Attaque contre une entreprise de systèmes de surveillance

Publié le 2019-12-07 21:43:15

Mpalothia / vendredi 6 décembre 2019

Pendant que les ordures en uniformes occupaient pour une autre nuit Exarcheia et le centre d’Athènes, afin réaliser les rêves de M. Chryssohoïdis [Ministre de la Protection du citoyen ; NdAtt.] d’une ville morte et sûre, nos chemins mènent à une cible facile.

La vision de George Orwell dans « 1984 » est déjà une réalité. L’internet des objets commande télévisions, frigos et autres appareils électroniques dans nos misons, afin de recueillir nos données, de surveiller nos habitudes, de transformer la vie humaine en algorithme numérique. Ils l’appellent Smart City, nous l’appelons une société totalitaire.

Une entreprise qui vend les appareils de la Smat city et aussi son idéologie, c’est la société de sécurité « Alphacom ». Alphacom ne fournit ps que cela, mais aussi la technologie de vidéosurveillance et d’autres équipements pour les riches et pour les autorités, afin de protéger leurs intérêts. Enfin, Alphacom vend et installe les produits de Tyco. Tyco est une entreprise multinationale qui produit des technologies de surveillance pour les prisons du monde entier et pour d’autres forces de sécurité [pour d’autres attaques contre Tyco, et leurs raisons, voir par exemple ici ou ici ; NdAtt.].
Au petit matin du 2 décembre, nous avons brûlé la camionnette d’Alphacom, devant leur magasin à Kaisariani [ville de la banlieue est d’Athènes  ; NdAtt.].

Ce feu a été allumé pour le prisonnier anarchiste Dino Giagtzoglou, qui a écrit une lettre à la Rencontre Internationale contre les Technosciences en Italie (juillet 2019)*, où il mentionne de nombreuses raisons de lutter contre cette partie du système de pouvoir capitaliste. Nous félicitons les recherches récentes sur sur les acteurs de ce secteur.**

Ce feu a également été allumé pour Loïc, toujours en prison à Hambourg.

Enfin, cette attaque a été faite par solidarité et sympathie avec celles/ceux qui ont été persécuté.e.s dans l’affaire d’Autodéfense Révolutionnaire, ainsi qu’avec ceux/celles qui ont été persécutés pour leurs bonnes intentions, leurs liens parenté ou amitié. Notre force et notre solidarité sont plus fortes que la politique et les opérations répressives.

Force aux compas Michailidis, Athanassopoulou, Chatzivasileiadis, qui sont en cavale.

Anarchistes

* https://anarchistsworldwide.noblogs.org/post/2019/09/17/greece-italy-contribution-to-the-international-meeting-against-the-techno-sciences-by-anarchist-prisoner-dino-giagtzoglou/
** https://325.nostate.net/2019/11/14/new-research-focus-the-surveillance-industry/ [en français par exemple ici ; NdAtt.]

Insécurité nationale : Visites à domicile de la GRC à Montréal

Publié le 2019-12-07 21:44:04
Déc 072019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Problèmes en vue pour l’État canadien, dans ses QG de police et ses coulisses technocratiques, en ce qui concerne son régime colonial et raciste de frontières et de prisons. Avec leur réseau de postes frontaliers, de patrouilles, de technologies de surveillance, de centres de détention, de tribunaux, de soi-disant alternatives à la détention et d’escouades d’expulsion, les dirigeants de ce pays comptent bien consolider l’autorité nécessaire pour déterminer qui peut vivre ou non sur le territoire qu’ils gouvernent frauduleusement, décider de qui peut trouver un logement, envoyer ses enfants à l’école, accéder aux soins médicaux et vivre au quotidien sans crainte. Ils sont soutenus dans ce projet par les médias de masse toujours prêts à faire un drame des passages de frontières irréguliers, en renforçant des mythes qui présentent le Canada comme un pays amical et accueillant, dissimulant une réalité meurtrière et cruelle – et bien sûr aussi par l’extrême droite, qui a pour tâche essentielle de canaliser la colère des pauvres et des travailleur.se.s vers leurs semblables, victimes tout comme eux du système économique mondial à l’origine de leur sentiment d’impuissance.

Pourtant, ce réseau de domination est loin d’être impénétrable. La frontière terrestre du Canada avec les États-Unis est trop vaste pour être complètement contrôlée ; les points de passage clandestins abondent. De même, il n’est pas impossible de dépasser la durée de validité d’un visa et de se tenir à l’écart des activités de l’ASFC. Partout au pays, les migrant.e.s organisent des réseaux de solidarité pour que personne n’ait à faire face aux défis sérieux que sont l’accès aux services sans statut et le fait d’être confronté, seul, à un système d’immigration raciste.

Cette année, une liste des noms des agents de l’ASFC a été publiée, encourageant les gens à les tenir responsables de leurs effets destructeurs sur nos communautés et nos camarades. Et au cours des deux dernières années, en réponse aux efforts du gouvernement pour construire de nouvelles prisons pour migrant.e.s, les entrepreneurs de la région de Montréal ayant accepté de travailler à la construction de celle qui doit ouvrir ses portes à Laval en 2021 ont fait face à des manifestations et à une série d’attaques, à commencer par le déversement de criquets dans la firme d’architecture Lemay au printemps 2018. En juillet dernier, la BMW d’un vice-président de Lemay a été incendiée à l’extérieur de son domicile. Dans la nuit du 26 octobre, l’entrepreneur général de la prison, Tisseur, semble avoir perdu un camion en raison d’un incendie criminel ciblé. Plus récemment, ce mois-ci, les véhicules stationnés au siège social du sous-traitant DPL se sont fait crever les pneus.

De telles actions ont un impact à la fois matériel et psychologique ; comme l’a dit le président de la société d’excavation Loiselle aux médias après le vandalisme de son siège social : « Je ne veux pas de trouble avec ces gens-là ». Si ces attaques se poursuivent et se propagent, l’État pourrait rapidement avoir du mal à maintenir et à étendre l’application des frontières, l’immigration et la citoyenneté.

Il n’est pas surprenant que les services de police, dont quatre au moins dans la région de Montréal se retrouvent dans leur juridiction territoriale (SPVM, SPL (Laval), SPAL (Longueuil) et SQ) avec des événements non résolus liés à la prison des migrant.e.s, unissent leurs forces pour partager leurs ressources et coordonner une enquête plus intensive. D’ailleurs, un article paru dans La Presse en juillet dernier a révélé qu’une telle action était en cours de préparation.

Dans la semaine du 28 octobre, on a pu voir les premiers signes évidents de cette escalade des ressources répressives : un petit nombre de militant.e.s de longue date ont en effet reçu des visites à domicile et des appels téléphoniques d’agents de la GRC sur l’île de Montréal. Les agents font partie d’une EISN (Équipe intégrée de la sécurité nationale), une unité qui a coordonné la sécurité de sommets comme le G7 et enquêté sur d’autres cas de ce qu’ils appellent de « l’extrémisme violent ». Chaque EISN est composée d’agents de la GRC, d’agents du SCRS et de membres des services de police locaux, ainsi que de membres de l’ASFC et de Citoyenneté et Immigration Canada [source: Wikipedia].

Les agents qui ont effectué ces visites en octobre n’avaient pas de mandat, et ils ont dit qu’ils voulaient discuter du militantisme pour la justice migrante ainsi que des mouvements anti-gentrification, en relation avec des actes criminels en cours d’enquêtes. Les personnes visitées n’ont pas laissé entrer les flics et ne leur ont pas parlé.

Nous considérons qu’il est important de partager ces événements publiquement afin que nos camarades puissent prendre des précautions appropriées, reconnaître les méthodes utilisées et éviter la diffusion de fausses informations. Quiconque est contacté par la GRC, d’autres services de police ou le SCRS d’une façon semblable ou dans le cadre de cette enquête est fortement encouragé à en informer ses camarades dès que possible.

Dans le cadre d’enquêtes antérieures, l’EISN de Montréal a eu recours à différentes tactiques : écoutes téléphoniques, filatures de suspects, entrées dans des maisons et des bureaux à l’insu des suspects, ainsi qu’à des infiltrations et des informateurs payés. Même en combinant ces méthodes à d’autres depuis plusieurs années, l’EISN a été incapable de porter des accusations dans le passé. Collectivement, notre pouvoir face à ce type d’enquête est clair : on n’insistera jamais assez sur la valeur du silence et de la non-coopération absolue avec la police. Il n’y a rien à gagner à laisser entrer des agents chez vous ou à leur dire quoi que ce soit. Sans mandat valide, la police n’a pas le droit d’entrer dans votre domicile ou votre bureau (voir « Surprise ! On a des droits ?! » du COBP). Communiquez avec un avocat de confiance si vous n’êtes pas certain de vos droits dans une situation donnée.

De plus, nous bénéficions d’une réflexion continue sur nos pratiques en matière de sécurité. Efforçons-nous de bâtir une culture aussi sécuritaire que possible pour nous et nos camarades qui nous permette aussi de combattre avec conviction et d’accroître notre capacité. Cette réflexion récemment publiée sur la culture de la sécurité [elle sera bientôt disponible en français ; NdMtlCi.] a beaucoup à offrir à la fois comme introduction au sujet et comme incitation à réévaluer et à affiner nos pratiques.

En mettant en lumière d’autres luttes auxquelles les anarchistes ont contribué, notamment l’anti-gentrification, et en brandissant le spectre du « terrorisme », même s’il ne s’agit que de simples enquêtes sur des incendies criminels et des vitres brisées, la GRC montre qu’elle ne cherche pas seulement à résoudre des crimes précis, mais bien qu’elle veut perturber la capacité de nos mouvements à contester les fondations racistes et colonialistes de l’État canadien et les impératifs capitalistes qui le gouvernent partout. Avec ou sans poursuites judiciaires, ils veulent criminaliser les idées qui les menacent. Ils veulent que nous ayons peur de prendre les risques nécessaires pour construire quelque chose de différent. Ils veulent briser la solidarité entre celles et ceux qui parlent publiquement et celles et ceux qui agissent clandestinement, afin que l’organisation publique se limite aux canaux de protestation approuvés, et que les interventions anonymes soient dénoncées et isolées. Il est important de noter qu’ils nous montrent également que nos mouvements menacent effectivement leur capacité à remplir leurs fonctions, ce qui prouve bien que ce n’est pas le moment de se retirer.

Nous savons que la simple menace de la répression peut être efficace pour perturber les mouvements. Bien que les informations sur cette enquête et les tactiques de l’EISN soient préoccupantes, nous ne voyons aucune raison d’être paranoïaque ni de paniquer. C’est simple : si les policiers ont des questions, cela montre qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent et qu’ils manquent d’informations. La lutte se poursuit, et c’est grâce à la participation continue et croissante d’une grande variété de groupes et d’individus dédiés à assurer leur sécurité mutuelle, à partager informations et ressources, et à refuser que l’État sème la division entre nous que nous serons toutes et tous les plus redoutables opposant.e.s à la police et au régime frontalier.

Lorsqu’on est pris pour cible par les forces de répression, il peut être tentant de faire appel à des discours enracinés dans la légalité, de dénoncer les soi-disant excès de l’État ou de réclamer la protection des « libertés civiles ». Mais nos mouvements seront plus forts à long terme en admettant que, si nous voulons voir leur monde de confinement et de contrôle disparaître dans les flammes, il est inévitable qu’ils tenteront de nous arrêter par tous les moyens à leur disposition. Une fois libéré.e.s du mythe de l’opinion publique, il deviendra clair que nous n’avons rien à gagner de nous faire passer pour des victimes. Il s’agira simplement de pratiquer une solidarité inébranlable et de priver l’État du pouvoir qu’il recherche.

 

Appel à la solidarité

En cas de raids ou d’arrestations en lien avec l’enquête de l’EISN/GRC, nous appelons à une offensive de solidarité à Montréal et ailleurs, contre les infrastructures frontalières, ou toutes autres cibles pertinentes dans votre région. ?

Athènes (Grèce) : De la théorie a la pratique, le premier pas d’une réponse…

Publié le 2019-12-08 00:42:08

athens.indymedia.org / mercredi 5 décembre 2019

Tout l’appareil étatique du gouvernement Mitsotakis, ses forces répressives en tête, s’oppose à tout ce qui défie les normes qu’il veut imposer. La doctrine « ordre et loi » et la rhétorique de la tolérance zéro servent de voile et de distraction pour couvrir ses innombrables inconsistances. Il gave ses électeurs d’une rhétorique basée sur les concepts de nation, de sécurité, de légitimité et de développement tout en se servant de modèles polarisateurs et de paradigmes de temps révolus. Le but est clair : tenter d’éradiquer les structures de luttes et de détruire le mouvement révolutionnaire qui tiennent tête à ses plans de développement et toute prétendue gentrification urbaine. Dans le même temps, il s’efforce de systématiquement déplacer les populations qui ne « rentrent pas dans le moule » des besoins croissants du capital et des patrons des centres métropolitains. S’efforcer de créer un environnement idéal à la consommation pour une population autant passive que facilement contrôlable au service des intérêts privés est l’une de leur priorité. D’un côté, AirBnB, les zones de divertissement, les vitrines de magasins et les hôtels donnent nos quartiers en spectacle et ne profitent qu’à un petit nombre. Pendant que d’un autre coté, les caméras, les drones et tout autre type d’imposition cèdent le contrôle de chaque espace (public et privé) à l’État policier au nom du contrôle des consommateurs, de la surveillance et du commerce.

En synergie avec ce qui a été précédemment mentionné, l’ultimatum de Chryssochidis demande avec cynisme que nous évacuions les espaces de luttes d’ici le 5 décembre. Cet ultimatum vient couronner une période de répression intense, d’évacuation de structures de lutte et de solidarité, et l’attaque constante contre les lieux d’autogestion et de fermentation de discours politique. Contre cette opération de communication suprême – ayant pour but de répendre la peur au sein de groupes sociaux spécifiques et de les priver de besoins sociaux basique – nous répondons par la lutte. Notre retrait volontaire de la lutte n’est pas une option. Nous sommes hermétiques au climat de terreur qu’ils mettent en place. Nous sommes prêt – une fois de plus – à dresser des barricades et tenir tête aux atteintes actuelles contre le modèle d’État-Léviathan. Ce que l’État ne comprend pas est que nous existons au-delà de notre connexion historique avec Exarcheia et de notre survie en squat à travers la Grèce. Nous n’avons pas besoin d’espace physique pour que notre collectivisation et notre autogestion s’épanouissent. Les entités collectives ne disparaîtront pas même si elles n’ont plus de toit au dessus de leurs têtes.

Nous avons ouvert et cadenacé [en anglais c’est « claimed », qu’on pourrait plutôt traduire comme « revendiquer, annoncer », NdAtt.] les bâtiments suivants:

3 à Gizi
2 à Ilissia
6 à Exarcheia
1 à Victoria
1 à Agios Panteleimonas
2 à Kipselli

…Parce que c’est si simple…

A première cible est de déconstruire la rhétorique étatique qui diabolise les espaces avec un potentiel d’autogestion occupés ainsi que leur utilisation. En réponse à l’appel panhellénique de passer à l’acte le 5 décembre, nous avons libéré 15 batiments (comme le nombre d’heures avant que votre destin s’accomplisse) dans les zones citées au dessus et avons accroché des banderoles sur lesquelles on peut lire « La propriété est du vol ». Nous avons réservé ces espaces pour qu’ils servent de réservoir d’options pour de futurs usages. Ceci est simplement un premier appel à la résistance et à la solidarité pour des camarades qui souhaitent créer des occupations et des centres de luttes. Tout cela pour que des sans-abri.e.s puissent répondre à leurs besoins sociaux, pour que les migrant.e.s qui s’opposent à être incarcérer dans des camp, et pour tous les opprimé.e.s. Nous voulons partager le concept d’appropriation des espaces vides comme moyen de survivre au travers de la lutte, en dehors de toute logique capitalistique stérile.

Par le biais de cette action nous déclarons que notre combat continue et refuse tout type d’ultimatum. Nous voulons être clair sur le fait que nous soutiendrons les squats et les espaces de lutte ainsi tout ce qu’ils représentent. À suivre…

– TOUT EST À NOUS, RIEN N’EST À EUX, TOUT CE QU’ILS ONT ILS L’ONT VOLÉ, SQUATTONS LES VILLAS ET LES ENDROITS ABANDONNÉS

Vendredi 6 décembre : des nombreux lycées bloquées à travers l’Hexagone (MAJ 10/12)

Publié le 2019-12-08 00:42:14

Grenoble : Sept lycées bloqués, quelques heurts

France Info / vendredi 6 décembre 2019

Avec 12.500 personnes dans la rue, la manifestation du 5 décembre a été très suivie à Grenoble. Mais la mobilisation ne s’est pas entièrement tarie dans la cité dauphinosie. En effet, les lycées Les Eaux Claires, Vaucanson, Pablo Neruda, Louise Michel, Stendhal, Marie Curie et Argouges sont bloqués depuis ce matin par environ 500 élèves, selon les chiffres des syndicats.
Les bloquages [sic ! NdAtt.] ont en fait débuté jeudi 5 décembre au matin, vers 6h30, mais, en raison de la grève des transports en commun et des enseignants, très peu d’élèves étaient présents. […]

Quelques dizaines d’élèves sont rassemblés devant le lycée Les Eaux Claires depuis ce matin. Certains élèves, qui tentaient d’entrer dans l’établissement, auraient été pris à partie par des bloqueurs, selon le témoignage de parents.
Devant le lycée Vaucanson, la situation est plus tendue. Des heurts entre la police et environ 200 jeunes – tous ne sont pas scolarisés dans ce lycée, certains viendraient du quartier Mistral, selon les habitants – ont éclaté.
Des poubelles ont été incendiées vers 9h par quelques individus, rue Anatole France. Des projectiles ont été jetés sur les forces de l’ordre, venues sécuriser l’intervention des sapeurs-pompiers qui éteignaient les feux. Les policiers ont tiré une grenade lacrymogène pour disperser le groupe.
D’autres incidents ont éclaté en Isère, notamment à Pont-de-Chéruy, au lycée Pléiade, et à Vienne, au lycée Galilée.

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A Nantes

France Bleu / vendredi 6 décembre 2019

Des lycéens ont décidé de poursuivre à leur manière la journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Vendredi matin à Nantes, 200 élèves se sont rassemblés devant les grilles du lycée des Bourdonnières où un feu a été allumé. Policiers et pompiers étaient présents sur place. L’établissement n’a été que brièvement bloqué, aux alentours de 11 heures, il y avait encore une trentaine de jeunes à l’extérieur mais les cours étaient dispensés normalement.
Devant le lycée Jean Perrin à Rezé, 180 jeunes se sont rassemblés, des perturbations ont eu lieu également devant le lycée Livet à Nantes, les blocages, là-aussi, ont été brefs.  A la mi-journée, un groupe d’élèves a entassé des barrières et des containers devant le lycée Clémenceau en empêchant l’accès à l’établissement.

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A Nîmes

Midi-Libre / vendredi 6 décembre 2019

Ce vendredi 6 décembre en matinée, le lycée Daudet de Nîmes, situé boulevard Victor-Hugo, a été le théâtre de blocages et de tensions entre les lycéens et forces de police. Ce jeudi 5 décembre, déjà, le lycée avait fait l’objet d’un blocage, organisé par l’UNL, dans le cadre de la journée d’action contre la réforme des retraites.
Ce vendredi 6 décembre au matin, la tension est donc montée d’un cran avec plus d’une centaine de jeunes, la grande majorité venue du lycée Albert-Camus, qui se sont confrontés aux policiers. Des pétards ont été jetés par les manifestants et une poubelle a été incendiée sur la route. Des jeunes qui venaient d’autres établissements scolaires ont donc occupé le boulevard Victor-Hugo, bloquant la circulation. La situation est rentrée dans l’ordre en fin de matinée avec la dispersion des manifestants.

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A Montpellier

Midi-Libre / vendredi 6 décembre 2019

Tôt, ce vendredi matin, des lycéens de Jules-Guesde ont allumé des brasiers devant leur établissement, avenue de Lodève. Des poubelles ont également été incendiées un peu plus haut sur l’avenue. A Clemenceau, le lycée était bloqué. A Mermoz, 30 à 40 enseignants étaient en grève.

Tout comme l’ensemble scolaire Clemenceau, l’entrée du lycée Jules-Guesde a été bloquée ce vendredi matin. Un peu avant 8 heures, des lycéens ont installé des poubelles devant l’entrée principale. Le portail était fermé, seuls les internes étaient dans l’établissement. Des poubelles ont été incendiées tout près de la ligne de tramway (ligne 3), interrompant le trafic. Des agents de la régie de transport, la Tam, étaient postés près des voies pour prévenir tout débordement et veiller à la sécurité. Six fourgons de police étaient stationnés dans l’avenue de Lodève.
Vers 8 h 45, des policiers en tenue anti-émeute sont intervenus pour déloger les lycéens postés devant l’entrée et déblayer le passage. En quelques secondes, la vingtaine de policiers avait repris le contrôle du perron, obligeant les lycéens à se replier sur les marches en contrebas. Au moins deux jeunes ont été interpellés, dont l’un a été relâché peu après.
Si vers 9 h, la situation s’était apaisée, mais la tension a repris quelques minutes plus tard, après que les policiers aient levé leur « siège ». De nouvelles poubelles ont été incendiées devant l’établissement et sur les voies du tramway, obligeant les pompiers à intervenir [on nous a tellement bassiné avec la  » grève des pompiers « … voilà ; NdAtt.]. Des témoignages ont évoqué le jet d’aérosols dans les flammées pour provoquer des explosions. […]

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Lille : Un lycée et Sciences Po bloqués

La Voix du Nord / vendredi 6 décembre 2019

Les étudiants de l’Institut d’études politiques de Lille (IEP), situé rue Auguste-Angellier, avaient repris le blocage du bâtiment dès 6 heures ce vendredi matin. Comme au lycée Pasteur. Mais l’intervention de la police, dans ces deux établissements, a mis fin aux blocages.
Les poubelles qui bloquaient depuis jeudi matin l’entrée de l’Institut d’études politiques (IEP) de Lille n’avaient pas bougé. Pas plus, pourrait-on croire, que les étudiants qui les avaient installées. Dès 6 heures ce vendredi matin, ils ont repris le blocage de l’établissement commencé jeudi. «  Personne n’a pensé à retirer les poubelles  », [article payant; NdAtt.]

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Oise : La préfecture ferme 17 lycées sur 35, après un jeudi mouvementé

Le Parisien / vendredi 6 décembre 2019

Près de 1 000 lycéens réunis dans les rues de Beauvais, une centaine devant le lycée Condorcet à Méru et sensiblement le même nombre entre Saint-Maximin et Creil… Visiblement, la mobilisation nationale a fait tache d’huile dans le département, où de nombreux manifestants ont défilé, ce jeudi, aux cris de « Macron démission! ». Le mouvement pourrait se poursuivre ce vendredi.
Face à l’ampleur de la mobilisation, la préfecture a décidé de fermer 17 des 35 lycées publics du département, ce vendredi. « Il s’agit d’éviter la mise en danger des jeunes mais aussi du public, précise Jacky Crépin, le directeur académique. Les élèves ont été prévenus, mais si certains se présentent, ils seront accueillis ».
Par ailleurs, les animations prévues ce samedi à Beauvais, notamment celles liées au Téléthon, ont été annulées. Les services de l’Etat ont également pris un arrêté « réglementant la vente et l’utilisation de certains produits dans le département » jusqu’à dimanche.
Des décisions prises à la suite des incidents survenus en marge des manifestations, qui ont conduit à l’interpellation de 14 personnes. Dont deux à Beauvais, où un brigadier a été pris à partie et blessé à la main. Les policiers ont fait usage de bombes lacrymogènes, avant de subir des jets de bouteilles.
La manifestation, qui s’est achevée vers midi, a provoqué une agitation inhabituelle en centre-ville. Le centre commercial du Jeu de Paume a par exemple été fermé « pour éviter les pillages », d’après une source policière. La porte d’un kebab a été brisée. « Je n’ai rien vu venir », explique, dépité, son gérant, qui chiffre le préjudice à près de 2000 €.
A Méru, les gendarmes ont dû repousser des élèves du lycée Lavoisier qui tentaient de pénétrer à Condorcet. Suite à l’interpellation d’un jeune armé d’un poing américain, ils ont dû faire usage de gaz lacrymogène. Trois autres interpellations ont eu lieu un peu plus tard dans la matinée.
Du côté de Creil, la situation s’est tendue en fin de matinée et s’est soldée par six interpellations. A noter que six voitures ont été prises pour cible, leurs vitres cassées, rue Aristide-Briand et rue de Verdun. La majeure partie des élèves et des enseignants sont restés confinés dans le lycée jusque 13 heures. Les cours de l’après-midi ont été annulés. A Saint-Maximin, une centaine de jeunes étaient rassemblés, sans incident grave, quelques feux mis à part.
Plus tard, dans la journée, la contestation a gagné le Clermontois, avec des jeunes du lycée de Breuil-le-Vert venus devant le lycée Cassini de Clermont, dont les élèves ont été confinés. Un important dispositif de gendarmerie a été mis en place pour contenir la manifestation. […]

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A Caen on bloque les lycées pour partir en manif (sauvage)

Ouest-France / vendredi 6 décembre 2019

Les accès aux lycées Malherbe, De Gaulle, Dumont-d’Urville et le CLE à Hérouville-Saint-Clair, ont été bloqués ce vendredi 6 décembre 2019. Répondant à l’appel du MNL (Mouvement national des lycées), des élèves ont souhaité poursuivre l’action liée à la grève majoritaire contre le projet de réforme des retraites. « C’est le message d’une jeunesse désenchantée », résume un représentant de ce syndicat lycéen.
Si le blocage de Dumont-d’Urville a été levé en milieu de matinée, il se poursuit dans les trois autres établissements d’où des cortèges d’élèves, auxquels se sont parfois joints des enseignants, ont pris la direction de la place du Théâtre, d’où est partie la manifestation de ce vendredi, à 11 h 30. []

un autre article du même torchon, sur le souffle de vie que les lycéenne.s ont porté dans la manif syndicale

[] À 12 h 30, le cortège se scindait en deux au niveau de l’hôtel de ville. La majorité des syndicats poursuivant par le boulevard Bertrand, en direction de la préfecture du Calvados, tandis que les lycéens, soutenus par Solidaires, partaient vers l’hypercentre de Caen.
12 h 45, rue de Bras. Le cortège des lycéens a fait face à un cordon de policiers, leur interdisant l’accès au centre commercial Paul-Doumer. Ce même centre commercial avait été le lieu de heurts il y a tout juste une semaine, vendredi 29 novembre 2019. 350 lycéens et étudiants, qui manifestaient pour la défense du climat, avaient organisé son blocus. Pour protester contre la société de consommation de masse, en ce jour de Black Friday. L’intervention de la police pour débloquer le centre avait été musclée !
Peu avant 13 h, gros moments de tensions devant l’Hôtel du Département, rue Saint-Laurent. Les accès à la préfecture toute proche étaient sécurisés par la police. Les jeunes manifestants sont alors venus au contact des forces de l’ordre. Ces dernières ont fait usage de gaz lacrymogène. Un manifestant a été interpellé, a constaté notre reporter sur place.
Peu après, nouveau face-à-face tendu rue Saint-Pierre. « Reprenez le parcours officiel par le boulevard Bertrand », ordonnait un officier de police aux jeunes en colère, qui reculaient sous la menace d’une charge des forces de l’ordre.
Lycéens et syndicalistes de Solidaires ont décidé de rebrousser chemin. Et de reprendre le cours normal de la manifestation. Vers 13 h 20 ils arrivaient place du Théâtre, lieu de dispersion du défilé.

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A Limeil-Brévannes (Val-de-Marne)

actu val de marne / vendredi 6 décembre 2019

Ce vendredi matin, un blocus s’est mis en place à l’entrée du lycée Guillaume-Budé, à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne).
Si certains élèves ont pu rentrer au sein de l’établissement, la situation a dégénéré et la direction de l’établissement a invité les parents à garder leurs enfants dans la matinée. Dans un message adressé aux parents d’élèves, la proviseure de l’établissement précisait en effet :
 » La situation reste dangereuse: certains sont masqués (extérieurs à l’établissement ou élèves de Budé), jets de pierre… » La police a été appelée et a bloqué l’accès à la voie Georges-Pompidou. Les bus ont été détournés le temps de l’intervention des forces de l’ordre.
L’intervention des policiers a permis un retour à la normale aux environs de 10 heures.

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A Tonnere (Yonne) les lycéen.e.s marquent leurs distances par rapport aux revendications syndicales

L’Yonne Républicaine / vendredi 6 décembre 2019

Réunis en assemblée générale en début de matinée ce vendredi 6 décembre 2019, les 128 lycées du Chevalier d’Éon présents à cette réunion, à Tonnerre, ont décidé de maintenir leur mouvement de grève. Ils ont voté à une très grande majorité, 124 voix sur 128 pour continuer le blocage et poursuivre leur mouvement lundi 9 décembre matin. « Nous soutenons le mouvement contre la réforme des retraites, mais ce n’est pas notre principale revendication » indiquait un élève.
« Nous protestons contre Parcoursup et la réforme du bac et du lycée » notait le jeune de terminal. « L’environnement et la défense de la planéte est aussi une de nos préoccupations » lançait une de ses camarades. []

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A Poitiers

La Nouvelle République / vendredi 6 décembre 2019

Plusieurs dizaines de lycéens filtrent les entrées au lycée du Bois-d’Amour à Poitiers vendredi 6 décembre 2019. Ils s’associent à la grève contre la réforme des retraites et se mobilisent contre celle du lycée.

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Mise à jour du 10 décembre :
A Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)

Le Parisien / vendredi 7 décembre 2019

10 h 30, ce vendredi, sur la route de Mitry, à Aulnay-sous-Bois, le camion rouge des pompiers de la caserne toute proche fait demi-tour. Plusieurs pierres viennent de voler en sa direction [heureusement il y a des personnes qui ont bien compris de quel côté sont les pompiers, grévistes ou pas; NdAtt. ]. Une dizaine de policiers casqués surgissent, flash-ball en main, et avancent pas à pas vers un groupe de jeunes gens énervés, rassemblés devant le lycée Voillaume. Les projectiles fusent, grenades lacrymogènes d’un côté, pierres de l’autre. Les agents municipaux du service médiation, qui maintenaient le calme jusqu’ici, se mettent en retrait. […]
A quelques mètres de là, le restaurant Crêp’Way a des planches en guise de façade vitrée. La veille, des jeunes s’en sont pris à l’établissement, ravageant tout sur leur passage. […]
Un peu plus tôt, c’est le parvis du lycée Jean-Zay, à moins de deux kilomètres de là, qui a été le théâtre d’échauffourées. Tôt, un camion frigorifique empli de seaux d’olives marinées a été incendié, ainsi que des pneus empilés sur la chaussée. Déjà, la veille, des affrontements entre quelques jeunes et des policiers avaient éclaté. «  […]

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A Marseille

La Provence / jeudi 5 décembre 2019

Certains lycéens ont décidé de faire grève en bloquant leur établissement. C’est le cas à Thiers où des poubelles ont été installées pour empêcher les élèves d’entrer dans l’établissement. « La thématique générale de la journée est la retraite mais pour nous ça va plus loin. On a toujours la réforme du lycée en travers et on est inquiets quant aux inégalités et aux injustices sociales qui nous attendent », résume Guillaume en seconde perché sur sa barricade improvisée. […] Des profs se sont mobilisés pour surveiller que le blocus se passe dans des conditions « calmes » et « sans violence ». [qu’ils dégagent ; NdAtt.] Le blocus devrait se poursuivre une partie de la matinée.

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A Paris et à Montpellier les fachos jouent les supplétifs de la police

LCI / jeudi 5 décembre 2019

Paris :

Alors que des lycéens voulaient rejoindre le mouvement de contestation contre la réforme des retraites ce jeudi 5 décembre, des militants de l’Action française (AF), groupuscule royaliste et nationaliste, se sont rendus devant le lycée Montaigne afin de le « débloquer ». Mais il s’agirait en fait uniquement d’une « tentative » avortée d’empêcher les cours, selon l’établissement parisien.

Sur Twitter, ce groupe d’extrême droite se vante d’avoir « débloqué » le lycée du 6e arrondissement parisien. « Le droit de grève dont certains élèves et étudiants s’enorgueillissent se mérite », écrivent-ils pour justifier leur action, estimant qu’étudier n’est pas « un métier » et que dès lors des élèves ne peuvent pas jouir de ce droit.

Contacté par LCI, l’établissement indique cependant que, si des élèves ont bien placé des poubelles peu avant 7 heure devant les portes, aucun cours n’a été perturbé, l’établissement étant « ouvert normalement ». Et d’ajouter que le personnel n’est jamais intervenu pour déloger des individus. Du côté de l’UNL, un syndicat lycéen, les faits vont d’ailleurs dans ce sens-là. Une élève de l’établissement nous explique ainsi qu’il n’y a pas réellement eu d’évacuation forcée, la « quinzaine » de personnes présente s’étant dispersée après avoir « eu peur ». « Ils sont partis en voyant arriver des gens avec des barres de fer. » Sur les images de l’Action française, les militants casqués et aux visages dissimulés semblent effectivement ne pas rencontrer beaucoup de résistance.

Un militant de l’AF confie effectivement que dès leur arrivée, les personnes qui avaient « mis les poubelles » ont quitté les lieux. Mais il justifie tout de même cette action. « Ces militants, qui étudient à Montaigne, sont tout le temps embêtés. » Alors qu’ils savaient dès la veille que des « militants d’extrême gauche » voulaient empêcher les cours, les royalistes étaient donc « préparés ». Et d’avertir qu’ils sont prêts à réitérer. « Ce sera comme ça demain et toute la semaine si besoin.  […]

Montpellier : 

Midi-Libre / jeudi 5 décembre 2019

Une dizaine d’étudiants des facs de Lettres et de Sciences se sont rassemblés, dès 6 h 45 du matin, ce jeudi 5 décembre, pour manifester et bloquer l’entrée au campus Paul-Valéry, à l’initiative du Scum (Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier). Agressés par un autre groupe à proximité de l’université, deux d’entre eux auraient été légèrement blessés.

« On avait rendez-vous à 6 h 45 devant Le Ranch (bar-restaurant, NDLR). Un groupe de 7/8 personnes, des hommes cagoulés et avec des matraques, est arrivé face à nous et nous a dit de dégager, raconte Aurélien, étudiant de la fac de sciences. Ces hommes ont commencé à nous donner des coups de pied, à nous pousser. Ils voulaient nous intimider et casser notre rassemblement. On s’est alors décalés devant une entrée de Paul-Valéry. À un moment, on les a vus arriver par-derrière et on s’est mis à courir jusqu’à l’intersection. Un étudiant s’est pris un coup de matraque à la tête. »  « Ils nous ont traité de « s…..de gauche », et nous ont menacé de sortir les couteaux, partagent d’autres étudiants.  […]

 

Gênes (Italie) : Leonardo/Finmeccanica génocidaire !

Publié le 2019-12-08 00:42:18

Round Robin / jeudi 5 décembre 2019

Voici un tract que nous allons differ à la manifestation qui se tiendra à Gênes le 7 décembre, dans le cadre d’une campagne de boycottage de Leonardo/Finmeccanica, lancée par un réseau antagoniste antimilitariste.
Nous serons là parce que nous pensons nécessaire de rappeler l’attaque portée par Alfredo et Nicola contre Ansaldo Nucleare et Finmeccanica, à cause de son apport incontournable à la lutte contre le nucléaire et l’industrie des armements.
Nous serons donc au rendez-vous proposé par la réseau antimilitariste, samedi 7 décembre, à 15h30, Piazza Baracca à Sestri Ponente, Gênes.

Anarchistes génois

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Leonardo/Finmeccanica génocidaire !

« On est en train de sacrifier chaque aspect de notre liberté individuelle, ainsi que de la possibilité de vivre une vie réellement digne d’être vécue, sur l’autel du progrès technologique ».
Nicola Gai

« L’anarchie, quand elle ne devient pas action, rejette la vie et devient idéologie, de la merde ou peu plus, dans le meilleur des cas un loisir impuissant pour des hommes et des femmes frustrés ».
Alfredo Cospito

Ce n’est certainement pas nouveau que l’industrie des armements est un des exemples d’« excellence » de l’économie italienne ; il s’agit d’un des peux nombreux secteurs qui ne connaissent pas de crises, un secteur d’investissement qui produit des bénéfices tellement grands qu’il est considéré comme incontournable pour l’économie du pays par tout gouvernement, peu importe sa couleur politique, n’en déplaise à tous ceux qui, par exemple, se réjouissent de la condamnation hypocrite de l’agression turque contre les habitants et les rebelles du Rojava et du blocus formel de l’exportation d’armes produites en Italie vers la Turquie, annoncé par le gouvernement actuel.
Et si c’est vrai que « la guerre commence ici », c’est à dire là où les armes sont produites, cela est encore plus vrai dans le cas spécifique, parce que précisément ici, à Gênes, il y a un des sièges de Leonardo (ex Finmeccanica), une entreprise contrôlée par l’État, leader mondiale dans la recherche et la production de systèmes technologiques innovants pour l’industrie des armements et du contrôle social : hélicoptères, avions de combat, drones, radars, systèmes d’attaque, systèmes de conduite de tir, véhicules militaires terrestres et marins, munitions, systèmes pour la guerre électronique et le contrôle à distance, systèmes de protection des côtes et des frontières, systèmes électroniques de contrôle social, à utiliser dans des villes, des ports et des aéroports, et bien plus ; leur catalogue est très large.

Pour « garantir les principes de la démocratie dans la société numérique » (comme il le dit le slogan qui présente l’entreprise), Leonardo produit des armes de destruction massives, responsables de la mort d’hommes et de femmes, chaque jour, aux frontières de la Forteresse Europe et dans différents recoins de la planète ; tant pour faire quelques exemples : du Rojava à la Syrie, de la Libye au Yémen.
De plus, cette société gère et contrôle des nombreuses autres entreprises liées à la production d’armements, comme Agusta Westland, Selex Es, Oto Melara et autres.
Jusqu’en 2017, le groupe Leonardo-Finmeccanica contrôlait Ansaldo Energia, société, dont le siège est à Gênes, qui produit des structures pour des centrales électriques thermique et, surtout, nucléaires, à travers sa division Ansaldo Nucleare ; une autre entreprise qui produit mort, désolation et dévastation de la nature, présentés comme un progrès technologique nécessaire et incontournable pour plus de progrès industriel, cela sans arrêt.

A cause de tout ça, le 7 mai 2012, précisément ici, à Gênes, deux anarchistes ont décidé de montrer dans la pratique leur refus de ce système techno-industriel, en faisant face à Roberto Adinolfi, PDG d’Ansaldo Nucleare, en bas de chez lui, et en lui rendant, par un coup de pistolet dans une jambe, un aperçu des effets mortifères que les projets de l’entreprise qu’il dirigeait disséminent partout dans le monde.
A cause de cela, le 14 septembre 2012, Alfredo Cospito et Nicola Gai ont été arrêtés ; le 30 octobre, lors de la première audience de leur procès, les deux compagnons anarchistes ont revendiqué leur responsabilité dans l’attaque contre Ansaldo Nucleare et, donc, contre Finmeccanica, ainsi que leur appartenance à la Cellule Olga de la FAI/FRI ; Alfredo a été condamné à 10 ans et 8 mois de prison et Nicola à 9 ans et 4 mois, pour attentat avec finalité de terrorisme, avec une peine de sûreté (qui leur empêche de bénéficier des peines alternatives : assignation à résidence, semi-liberté, etc., à cause justement de l’accusation de terrorisme).
Ils sont toujours enfermées dans la section Haute Sécurité de la prison de Ferrara. Depuis, ils n’ont jamais arrêté de faire entendre leurs voix, en participant, depuis la prison, au débat anarchiste sur la lutte radicale contre la répression étatique, la solidarité à l’intérieur et à l’extérieur des prisons, les façons de s’opposer à la domination sur les individus et sur la terre, ainsi que la réappropriation de la possibilité d’une vie libre de l’autorité. Dans sa déclaration au tribunal, Alfredo disait : « Il y a des nombreuses façons de s’opposer concrètement au nucléaire (et pas qu’au nucléaire, ajoutons-nous) : blocages des trains qui transportent les déchets, sabotages des pylônes qui transportent de l’électricité produite par le nucléaire. J’ai pensé de frapper le plus grand responsable, en Italie, de ce carnage : Roberto Adinolfi, PDG d’Ansaldo Nucleare ».
Et, plus loin : « Le moment du grand refus est arrivé : un refus fait d’une pluralité de résistances, chacune desquelles est un cas à part : certaines sont possibles, nécessaires, improbables, d’autres spontanées, sauvages, solitaires, concertées, explosives ou violentes. La notre a été solitaire et violente ».

A notre avis, toute lutte qui, à juste titre, s’oppose à la production de mort et destruction, par laquelle ces entreprises monstrueuses accumulent leurs bénéfices, ne peut pas se passer de la solidarité, et pas que formelle, envers ceux qui ont essayé d’enrayer les rouages de ce système techno-industriel : il ne va pas tomber tout seul, il ne va pas s’effondrer tout seul. Seulement l’action d’hommes et de femmes déterminés, généreux dans l’action, fermes dans le refus de l’esclavage face à l’autorité et de tout compromis avec le système lui-même, pourra fêler cette logique dominante fondée sur le profit et l’ordre technologique.

Liberté pour Alfredo et Nicola

Anarchistes

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Note d’Attaque : pour écrire aux deux compagnons :

Alfredo Cospito
Nicola Gai

C. C. di Ferrara
Via Arginone, 327
44122 – Ferrara (Italie)

Hambourg (Allemagne) : Les cœurs brûlants ne peuvent pas être enfermés

Publié le 2019-12-08 23:20:04

Act for freedom now ! / samedi 7 décembre 2019

Les cœurs brûlants ne peuvent pas être enfermés.
Liberté pour les trois de la Parkbank !
Liberté pour tou.te.s les prisonnier.e.s.

Dans la nuit du 8 juillet 2019, trois de nos compas ont été arrêté.e.s tandis qu’ils/elle étaient assis.e.s sur un banc dans un parc [à Hambourg ; NdAtt.]. La même nuit, plusieurs maisons ont été perquisitionnées. Les gens ont été sorties de leurs lits avec des armes. L’accusation portée contre les trois est de préparer une grave attaque incendiaire. Deux compagnons sont toujours en détention préventive, dans l’attente du procès. Une est sous contrôle judiciaire, dans l’attente du procès.

Depuis le début de cette affaire, la presse et les flics ont fait le lien entre l’accusation portée contre les trois et le sommet du G20 (qui a eu lieu à Hambourg en juillet 2017). Il s’agit d’une construction étatique. Pourtant, en même temps, leur arrestation et leur détention doivent être placées dans le contexte de la situation et de l’ambiance spécifiques qui ont surgi dans la ville après les événements de juillet 2019. La police et les politiciens ont soigneusement construit une frénésie médiatique et une contre-attaque diversifiée, pour se venger de leur défaite dans la rue, en juillet 2017.

Si nous luttes et nos mobilisations sont efficaces, il y aura toujours une réaction de la part de l’État.

Il est important de se rappeler que le besoin de vengeance de l’État est là, son but est de rechercher et de détruire tout mouvement antagoniste, d’enquêter sur les réseaux militants et de criminaliser les idées de libération.

Faisons preuve de solidarité et ne laissons pas seul.e.s les inculpé.e.s.
Anarchie. Libération.
Pour la révolution sociale.

parkbanksolidarity.blackblogs.org

Les syndicats c'est de la merde et on le sait Papala pala papala (répétez deux fois) puis reprenez !

Publié le 2019-12-08 23:25:07

A l’heure ou à Toulouse les syndicats se sont (encore) barrés à la première lacrymo venue ce Jeudi 5 Décembre, ou les drapeaux ont rapidement été rembalé dès la première sommation ce samedi 7 Décembre, et ou la CGT à Nantes invite « ses camarades qui le veulent à quitter la manif : ça devient n’importe quoi et c’est trop dangereux », ce texte, repris et modifié d’une brochure parue récemment sur indy nantes, rappel quelques généralités, toujours bonnes à entendre, sur le rôle et la fonction des syndicats (que l’on va malheureusement être amené à recroiser ces prochains temps !).



La critique du syndicalisme est une critique nécessaire pour toute personne qui souhaite s’opposer à l’ordre existant.

Ainsi l’utilité du syndicalisme se limite à poser des préavis de grève pour protéger autant que possible les grévistes. Il est peut-être compréhensible que des insoumis et insoumises isolé-es se protègent dans leur boîte en adhérant, mais une lutte syndicale est systématiquement une lutte de cogestion de la misère et de l’exploitation, et non de conflit ouvert avec les racines de l’ordre existant.

On peut comprendre les résistances pour aménager son poste de travail et avoir moins mal au dos ou pour atténuer les pressions de l’évaluation et de la course à la performance. Il n’empêche que la meilleure façon d’en finir avec ça, c’est d’en finir avec l’exploitation. Mais le syndicalisme a tendance à rapetisser l’état d’esprit pour ne plus que se préoccuper de ce qui est là. C’est pourtant un tout autre monde que nous portons dans nos cœurs.

Le syndicat transforme l’imagination en certitudes, l’égalité en hiérarchie, la recherche de la qualité en priorisation de la quantité, la libre association en discipline de parti, la révolte sans concessions en stratégies des petits pas. Il n’y a pas de luttes réelles sans débordements des syndicats, dont le rôle de maintien de l’ordre est connu depuis longtemps.

Les anecdotes de l’encadrement syndical des luttes sont légions, depuis les négociations sur le dos d’individu-es en lutte jusqu’aux prises de bec parfois physiques avec les services d’ordre syndicaux ou la claque derrière la tête par un nervi syndicaliste quand tu proposes de déborder le cadre de l’Intersyndicale.

On peux aussi parler du service d’ordre de la CGT expulsant des sans-papiers de la Bourse du travail à Paris il y a quelques années, des militants et militantes CGT soutenant la nucléarisation du monde, des syndiqué-es de l’armement défendant leur industrie de mort … Les exemples sont légions. Il y a pourtant toujours des radicales et radicaux prônant un jour l’autonomie, l’autre jour l’alliance avec les syndicats, comme si ces anecdotes étaient des erreurs de parcours et non l’expression de la fonction sociale des syndicats.

Qu’il y ait une distinction à faire entre syndicalistes de base et bureaucrates syndicaux s’entend. Il y a bien des complicités qui peuvent se nouer avec des syndicalistes dans des luttes. C’est justement parce que tout mouvement transcende les identités et les appartenances, bouleverse ce que nous sommes, efface les cadres existants. L’individu-e avec qui je combats, épaule contre épaule, n’est justement plus un ou une syndicaliste . La joie de la révolte collective n’a rien à voir avec les tractations de la composition, celle où l’on joue des rôles en vue de créer un front le plus large possible avec les organisations de la gauche politique, syndicale et associative.

Même un syndicat comme Solidaires, plus conflictuel et moins bureaucratique, reste un syndicalisme classique avec ses délégués syndicaux, ses accords avec le patronat et sa section au Ministère de l’Intérieur pour les personnes qui font tourner cette machine de la répression. ‘’La police n’est pas au service d’un gouvernement, mais de l’intérêt général’’, paraît-il. Donc il faudrait maintenir une police qui s’assurerait que tous et toutes respections les lois républicaines.
Comme si Police et Justice n’étaient pas structurellement des appareils de domination entre les mains de l’Etat et du Capital. Pendant ce temps ça continue en fermant les yeux et en se bouchant le nez à s’offusquer des violences policières et de l’impunité des flics ? On est toujours ‘’Solidaires’’ ?
Ce syndicat fait partie des 5 ou 6 grandes organisations qui s’attablent régulièrement avec les dirigeants et dirigeantes, négociant la longueur de la chaîne. Il représente en fait le plus souvent l’aile gauche du syndicalisme classique.

Ce n’est ni du syndicalisme révolutionnaire, ni de l’anarchosyndicalisme, malgré leurs références répétées à l’antifascisme, l’anticapitalisme, la transformation sociale, etc. Deux formes qui avaient de toute façon des limites. Qu’on se souvienne a minima de ces anarchistes de gouvernement issus de la CNT anarchosyndicaliste entrant au gouvernement en 1936 en Espagne, favorisant l’antifascisme républicain au détriment de la révolution sociale. La contestation de la base n’a pas su empêcher des figures du mouvement de participer à ’assèchement de la conflictualité et des bouleversements en cours. C’est bien qu’une bureaucratie a réussi à s’imposer dans une organisation dont le pivot devait être le refus de la hiérarchie.

Le syndicalisme révolutionnaire, de son côté, a transformé le syndicat d’un moyen de lutte parmi d’autres à une fin en soi, en charge de porter le monde de demain. Comme si l’individu-e n’était qu’un travailleur ou une travailleuse, comme si cette morale du travail n’était pas justement un obstacle. Comme s’il n’y aurait plus qu’à autogérer les infrastructures telles qu’elles existent et que le mode de production industriel n’était pas aussi le problème. Il n’y a en fait pas grand-chose à sauvegarder du monde que bourgeois, bourgeoises, technocrates et leurs complices nous laisseront en héritage, mais
beaucoup à tout simplement détruire.

Il faut bien faire de la place pour imaginer un monde nouveau !

Même cette vieille marotte de la grève générale n’est pertinente que dans la libre disposition du temps qu’elle permet à des tas de gens. C’est parce que des individu-es s’associent pour exproprier celles et ceux qui possèdent et pour détruire des pans entiers de leur monde d’oppression et de ravages industriels qu’un changement réel peut advenir. La grève comme mot d’ordre, certes, mais aussi le sabotage, l’expropriation, et bien d’autres choses !

La grève n’est qu’une suspension du temps, un début propice à briser la normalité et retrouver la joie de la destruction et de la création auto-organisées. La cloche qui sonne le début de la récré.

la révolte des gilets jaunes et autres rebelles a à sa manière relégué les syndics à ce qu’ils sont depuis des années : des vieux bergers qui usent surtout nos godasses et notre détermination, appelant à quelques journées de grève éparpillées avec son lot de slogans fatigués et de chapelets de merguez jusqu’à indigestion. Malgré toutes ses contradictions, parfois nauséabondes, cette agitation ‘’jaune’’ qui n’en finit plus s’est appuyée sur un joyeux refus des porte-paroles et des chef-fes.

L’actualité nous offre un bon exemple d’une révolte sans leaders ni partis : des pans entiers de leur monde d’exploitation et d’oppression sont détruits au Chili en cette fin d’année 2019. Les syndicats, dépassés par les évènements, n’ont pas eu le choix de suivre, poussés par leurs bases. Mais les grèves générales d’un jour sont appelées pour pacifier la révolte et remettre le soulèvement dans un cadre plus acceptable. D’ailleurs, les bureaucrates syndicaux y font des appels répétés à ‘’la paix sociale’’ tout en négociant avec le gouvernement sur le dos d’une lutte autonome. Du classique que les feux de la
révolte peuvent rendre inopérants, pourvus qu’ils s’étendent en multipliant les foyers d’auto-organisation, depuis le groupe affinitaire jusqu’aux assemblées de lutte.

Si grève il doit y avoir, qu’elle soit insurrectionnelle et expropriatrice, et toujours sans dieux ni maîtres.