Vive l'Anarchie - Semaine 49, 2019

Sommaire

Solidarité avec les inculpés GJ de Bessan et Narbonne

Publié le 2019-12-09 02:24:07

Entre le 1er et le 19 décembre, les péages de Narbonne et de Bessan ont été incendiés plusieurs fois dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes. Le procès de 32 gilets jaunes inculpés débute lundi.
Rassemblement devant le tribunal de Narbonne lundi 9 décembre à partir de 8h.



Solidarité avec les inculpés de Bessan et Narbonne

La coordination des Défenses Collectives du Languedoc appelle à un rassemblement le lundi 9 décembre à partir de 8h devant le tribunal de Narbonne et à organiser des événements de soutien aux inculpés de Bessan et de Narbonne partout en France et ailleurs.

Entre le 1er et le 19 décembre, les péages de Narbonne et de Bessan ont été incendiés plusieurs fois dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes. Les instructions liées à ces affaires sont en cours de clôtures et les procès vont bientôt débutés pour des dizaines d’inculpés. Les frais de justice, d’avocats, les mandats aux détenus demandent énormément d’argent. Nous appelons donc à la plus grande solidarité financière et militante possible.

Le mouvement des Gilets Jaunes a fait réapparaître sur le devant de la scène la lutte de classes avec des pratiques autonomes, sans chef ni représentant, provoquant une situation quasi insurrectionnelle en décembre 2018. Dans ce mouvement, les pratiques ont été diverses et il n’y a pas eu de séparation entre celles-ci.

Il y a plus d’un an, nous nous sommes levés pour le pouvoir d’achat et contre la dégradation de nos conditions de vie. Quelles que soient la forme donnée aux actions, nous avons eu raison de le faire, comme nos camarades gilets Jaunes de Narbonne et de Bessan ont eu le courage et la rage de le faire.

Pour nous, peu importe de savoir quelle est la main qui a allumé la mèche, ces actions sont celles d’un mouvement social collectif.

Nous n’abandonnerons personne dans les sales pattes de la justice.
Rassemblement lundi 9 décembre 8h tribunal de Narbonne
Permanence et rassemblement pour toute la durée du procès
Appel à organiser des rassemblements dans chaque ville devant les tribunaux en solidarité.

La coordination appelle aussi tous les groupes GJ, tous les groupes antirépression, toutes les personnes solidaires à organiser des événements pour récolter de l’argent pour les inculpés, à mener des actions pour dénoncer la répression policière, judiciaire, médiatique contre le mouvement.

Si vous êtes intéressez, contactez nous sur ce mail : defcolgj@riseup.net.

La Coordination AntiRépression Languedoc
FB : Coordination Antirépression Languedoc
Site : Défense Collective GJ Cévennes Garrigues

Saint-Jean-de-Soudain (Isère) : Un abattoir incendié

Publié le 2019-12-09 12:47:04

Lyon Capitale / dimanche 8 décembre 2019

Un incendie survenu dans la nuit de dimanche à lundi a ravagé une partie de l’abattoir Charveyron, situé dans le Nord-Isère. L’incendie serait criminel.

Selon Le Dauphiné Libéré, un incendie à éclaté dans la nuit de samedi à dimanche dans la commune de Saint-Jean-de-Soudain dans le Nord-Isère près de La Tour du Pin. D’après les premiers éléments de l’enquête, l’incendie serait de source criminelle. Le système de vidéosurveillance du site a filmé deux individus s’introduisant dans les locaux. Hormis des dégâts matériels, aucun blessé n’est à déplorer.
« Le feu a pris dans l’isolation et s’est propagé à la toiture qui a été endommagée sur plus de 400 m². La partie désaffectée de 150 m² a été entièrement détruite« , précise le Dauphiné Libéré. […]

Week-end de grèves et manifs

Publié le 2019-12-09 12:48:05

Nantes : Les chaises volent, le business de Noël est mis à mal, celui de la CGT aussi

20 Minutes / dimanche 8 décembre 2019

La seconde manifestation de la semaine contre le projet de réforme des retraites a été le théâtre de violences samedi après-midi en centre-ville de Nantes. Près de 3.000 personnes (2.800 selon la préfecture) ont défilé à l’appel de plusieurs syndicats et associations. Mais près de 500 casseurs généralement masqués et vêtus de noir ont occupé les avant-postes du mouvement et des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre avant même le départ de la marche. […]


Les tensions ont duré une bonne partie de l’après-midi, certaines rues se trouvant parfois submergées de gaz lacrymogène. Au moins trois vitrines ont été brisées, de même que du mobilier urbain et des éléments de chantier. Une pelleteuse a été incendiée cours des 50-Otages. Des parasols et chaises de commerçants ont également été dérobés pour être lancés sur les policiers, notamment rue de la Paix. Les dégâts auraient pu être plus importants si de nombreux commerces n’avaient pas pris la peine de protéger leurs vitrines par des palissades en bois.
Ces violences se déroulaient alors que le centre-ville accueillait beaucoup de visiteurs en raison des animations de Noël. Le marché de Noël équitable, installé au pied du Carré Feydeau, a dû fermer, ses portes. La place du Bouffay et son manège ont été évacués. Dans les allées du marché de Noël des places Royale et Commerce, l’inquiétude était également palpable. Dégoûtée, la CGT a même préféré interrompre la manifestation officielle vers 16 h.
Au final, deux manifestants ont été interpellés, précise la préfecture, qui ajoute que trois policiers auraient été blessés. Sur Twitter, le collectif Nantes Révoltée évoque aussi « beaucoup de blessés » chez les manifestants. […]

Jeudi matin, plus de 20.000 personnes avaient manifesté dans les rues de Nantes contre le projet de réforme des retraites. Des affrontements avaient eu lieu avec les forces de l’ordre pendant plusieurs heures à l’issue de la manifestation.

Selon FranceInfo,  » Trois policiers ont été blessés ce samedi 7 décembre lors de la manifestation contre la réforme des retraites et la précarité, et cinq personnes ont été interpellées, indique la préfecture de Loire-Atlantique.
Selon la préfecture, un CRS a été blessé par un projectile à la pommette et a du être transporté à l’hôpital. Deux policiers ont été légèrement blessés lors de la manifestation. »

Les images sont toutes de Nantes

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Grenoble : La manif tombe sur le stand de LREM

Le Dauphiné Libéré / samedi 7 décembre 2019

De 400 à 500 manifestants, dont la CGT cheminot, Sud Rail, Solidaires, l’UNEF et les gilets jaunes, étaient sur le parvis de la gare samedi 7 décembre, pour protester contre la réforme des retraites. La suite de l’après-midi a donné lieu à une manifestation non autorisée par la préfecture, où des dégradations ont été commises devant le local de campagne d’Alain Carignon, mais surtout sur le stand d’Emilie Chalas (LREM). Cette dernière a porté plainte dans la soirée, une personne a été interpellée et placée en garde à vue.

Selon le Huffington Post  » Certains des manifestants, qui avaient déjà hué la permanence peu avant d’Alain Carignon, également candidat pour les municipales de 2020, s’en sont pris à l’installation de la députée. Bâches arrachées et tract éparpillés, il a fallu replier. »

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Tour d’horizon

extraits du Monde / samedi 7 décembre 2019

Des milliers de personnes ont de nouveau manifesté contre la réforme des retraites et dans le cadre des « gilets jaunes » samedi 7 décembre. Si la plupart des manifestations se sont déroulées dans le calme des heurts parfois violents ont marqué ce premier samedi de mobilisation après celle massive du jeudi 5 décembre qui a réuni au moins 800 000 personnes. Tour d’horizon de la journée d’action en France. […]

Ambiance tendue aussi à Lyon, où 500 personnes ont défilé selon la police, lors d’une manifestation au tracé erratique, marquée par des jets de projectiles contre les forces de l’ordre, entraînant des tirs de lacrymogène. Vers 18 heures, la dispersion était en cours et une poignée de manifestants ont été interpellés.

A Toulouse, une manifestation a réuni plusieurs centaines de personnes, « gilets jaunes », anticapitalistes ou encore anti-réforme des retraites. A plusieurs reprises, les forces de l’ordre ont fait usage de lacrymogènes, notamment dans la grande artère commerçante et piétonne, provoquant quelques mouvements de panique. […]

A Bordeaux, une manifestation « contre la précarité et le chômage » a aussi rassemblé, 1 100 personnes dont 250 « gilets jaunes », selon la préfecture de Gironde. Ils étaient également 1 200 personnes à Caen, 800 au Havre, 600 à Rouen et 400 à Lorient.

Seize personnes ont été placées en garde à vue samedi après la découverte de produits chimiques et de clous susceptibles d’être utilisés pour commettre des violences lors de la manifestation. Une enquête pour association de malfaiteurs en vue de commettre des dégradations et violences sur des représentants de la force publique a été ouverte, a indiqué à l’AFP une source policière appartenant à la DDSP (Direction départementale de la sécurité publique), confirmant des informations de Sud-Ouest.
L’opération, effectuée sur la base d’un renseignement par des policiers de la DDSP et de la Brigade de recherche et d’intervention, a eu lieu à la mi-journée, peu avant le début de la manifestation.
Des produits chimiques, notamment de l’acide, d’autres liquides et des bouchons percés de clous en fer, ainsi que d’autres objets pouvant être lancés sur les forces de l’ordre dans le cadre d’une manifestation, ont été saisis dans cet appartement du Bouscat, commune limitrophe de Bordeaux, qui avait été loué pour le week-end. Les personnes placées en garde à vue sont des hommes et des femmes âgés de 25 à 45 ans, originaires de plusieurs départements dont la Gironde. […]

Le Thor (Vaucluse) : Odeur de rôti à la cantine scolaire

Publié le 2019-12-09 12:48:10

France Bleu / dimanche 8 décembre 2019

L’école primaire « Les Jardins » au Thor restera fermée lundi et mardi. C’est la conséquence de l’incendie -sans doute d’origine criminelle- qui a entièrement détruit le réfectoire du groupe scolaire.

Le réfectoire de l’école primaire « Les Jardins » au Thor a été entièrement dévasté par un incendie dans la nuit de samedi à dimanche. Le feu s’est déclaré vers 4 heures du matin. Selon les premières constatations, il serait parti du local à poubelles situé à proximité et se serait très vite étendu à la toiture du bâtiment, 80 m2 entièrement détruits. L’origine criminelle semble privilégiée par les enquêteurs.
L’école maternelle et élémentaire restera fermée lundi et mardi pour permettre les opérations de nettoyage et de mise en sécurité. Un accueil des enfants sera cependant assuré pour les familles n’ayant pas d’autres solutions. La réouverture de l’école interviendra jeudi matin. Les travaux pourront ensuite débuter. Ils devraient durer plusieurs mois et coûter près de 400.000 euros selon le maire. […]

M. le Maire et M.me la 1ère adjointe

Mise à jour

La Provence / mardi 10 décembre 2019

L’incendie volontaire a démarré dans le local à poubelles avant de gagner la toiture de l’école des Jardins. […]

Beau comme un maire à la mine dépitée

Compte-rendu des procès du samedi 7 décembre suite à la manif du jeudi 5

Publié le 2019-12-09 13:16:06

Samedi 7 décembre, de 14h à 23h30, au moins une dizaine de comparutions immédiates ont eu lieu au tribunal correctionnel de Paris, porte de Clichy, suite à la manifestation du jeudi 5 (sans compter les comparutions qui n’avaient rien à voir avec la manif). Voici un récit un peu décousu de ce qui s’y est dit...



1 - Dans une première chambre :

A / Un homme d’une trentaine d’années est inculpé pour outrage, rébellion et violences à agents de police. Il refuse la comparution immédiate. Le procureur et son avocate (commise d’office) demandent sa libération sous contrôle judiciaire en attendant la tenue du procès. Verdict : renvoi en janvier 2020, avec contrôle judiciaire une fois par semaine à Yerres (91), et interdiction de paraître à Paris avant le procès.

B / Un homme de 20-30 ans est inculpé pour outrage et rébellion. Il refuse la comparution immédiate. Verdict : contrôle judicaire une fois par semaine à Bourges (18) jusqu’au procès en janvier 2020.

C / Un homme de 30 ans est inculpé pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, dissimulation du visage et violences à agents (par jets de projectiles). Il accepte la comparution immédiate.
Arrêté place de la Nation, le seul élément « concret » contre lui est le témoignage d’un policier.
Il nie les faits, n’a pas donné le code d’accès à son téléphone (ce que la juge lui reproche, bien qu’il ne soit pas inculpé pour ça), les visionages des caméras de vidéosurveillance n’ont rien donné...
Il déclare vivre dans l’Essonne (91), être intérimaire, gagner 1200 à 1300 € par mois. Il dit être un Gilet jaune et avoir été interpellé par la police pour la première fois. À son casier judiciaire, une seule condamnation, en 2013, une amende de 300 € pour vol.
Le procureur insiste sur « sa tenue vestimentaire de manifestant » qui évoque « ceux qui viennent pour en découdre ». Il exige une condamnation de 3 mois avec sursis et (ou ?) 120 heures de TIG (travaux d’intérêt général). L’avocat (commis d’office) met en avant l’absence d’éléments probants et demande la relaxe pour son client. Verdict : relaxe !

D / Un homme de 34 ans, vivant dans les Yvelines (78), est inculpé pour violences à agent. Il accepte la comparution immédiate.
Interpellé boulevard de Charonne, il est accusé d’avoir frappé un motard de la BRAV et de s’être enfui juste après. Il nie les faits et déclare que c’est le motard qui lui est rentré dedans. Il a donné son code de téléphone (dans lequel rien de particulier n’a été trouvé). Les visionnages de vidéosurveillance n’ont rien donné.
Il déclare être auto-entrepreneur dans le bâtiment et gagner plus ou moins 2000 € par mois. Son côté propriétaire fils de bonne famille fera de l’effet puisque même le procureur demandera sa relaxe... Son casier judiciaire signale plusieurs condamnations routières.
Le proc’ déclare qu’il pense que l’accusé dit la vérité et demande sa relaxe, ce qui facilité évidemment le travail de l’avocat (commis d’office), qui signale à nouveau que le seul élément qui pèse contre lui est la déclaration d’un policier, qu’il n’y a rien de probant. Il demande la relaxe. Verdict : relaxe.

E / Un homme de 32 ans est inculpé pour groupement en vue de commettre des violences/destructions et violences à agents (par jets de projectiles). Il accepte la comparution immédiate.
Interpellé vers 20h sur le cours de Vincennes, il a été placé en garde-à-vue au commissariat du XXe arrondissement sous l’emprise d’alcool, et surtout, avec l’humérus cassé !
A priori, là aussi, seule la déclaration d’un flic pèse contre lui, les visionnages de vidéosurveillance n’ont rien donné, mais l’accusé a reconnu avoir lancé une bouteille en direction de la police (et sa compagne, interrogée par la police, semble l’avoir à moitié chargé en reconnaissant l’avoir vu faire un « geste bizarre » sans pouvoir affirmer qu’il ait jeté quelque chose... merci pour le soutien, ça fait plaisir !). L’accusé en fait des caisses à force de vouloir paraître respectable : « nous décidâmes de quitter le secteur (...) j’ai effectivement effectué un lancer de bouteille vers la police (...) effectivement un geste un peu stupide de ma part (...) je regrette ». Il évoque son énervement dû aux charges de police mais ne parle qu’à peine de son bras cassé lors de son arrestation !?! On finit pourtant par comprendre que 3-4 flics se sont jetés sur lui et qu’il s’est brisé l’humérus en chutant.
Casier judiciaire vide, il dit être intermittent du spectacle et gagner entre 1500 et 2000 € par mois.
Lorsque la juge lui demande à la fin s’il a quelque chose à ajouter, le mec craque complètement alors qu’on ne lui a rien demandé : « je n’ai jamais été un manifestant anarchiste, un black bloc, je suis juste un manifestant lambda, je ne cherche pas la violence ». Tu veux dire quoi par là, gros ? Condamnez les autres, mais pas moi SVP ?! En voilà un qui a perdu une bonne occasion de fermer sa gueule...
Devant le roi des fayots, le procureur aurait bien demandé la relaxe une nouvelle fois, mais comme l’accusé a avoué avoir lancé une bouteille (il a fait tout ce qu’il fallait pas : reconnaître les faits, tout en essayant de charger les autres par des sous-entendus foireux), le proc’ se voit obligé de demander trois mois de prison avec sursis.
L’avocate (commise d’office) est un peu confuse, « a priori c’est pas un délinquant d’habitude », et puis il a eu 45 jours d’ITT (interruption temporaire de travail) à cause de ses blessures infligées par la police... L’avocate dit que son client reconnaît avoir eu « un geste idiot, imbécile (...) trois mois de sursis c’est trop pour un primo-délinquant ». Alors l’avocate demande moins, sans préciser. Verdict : relaxé pour le « groupement en vue de... », il est condamné à un mois de sursis pour les violences à agent.

2 - Dans une autre chambre (avec d’autres juges et proc’) :

F / Une femme et un homme sont inculpé·e·s ensemble de détention et transport de mortier et de pétards. J’ai juste assisté au rendu du verdict : relaxe pour le mortier, 5 mois de sursis pour les pétards.

G / Un homme d’environ 40 ans est accusé de violences à agent. Pour cause de contradictions entre les dépositions des flics et en l’absence de preuves suffisantes, verdict : relaxe !

H / Le prochain procès concerne un homme d’environ 25-30 ans qui a fait le buzz via cette vidéo dans laquelle on le voit se défendre et riposter à la suite de coups de matraque assénés par derrière par un flic de la BRAV. Ça se passe vers le boulevard Magenta / place de la République, le mec n’hésite pas à affronter seul les flics qui sont pourtant cinq ou six. Ces derniers finiront malheureusement par le maîtriser et l’arrêter.
Il est inculpé de participation à un groupement en vue de commettre des violences, de dissimulation du visage, de rébellion et de violences à agents. Il accepte la comparution immédiate.
Il dit être père au foyer, son casier judiciaire est vierge.
L’avocat des flics (toujours le même, un métier réservé aux pires crevures, non ?) représente les « parties civiles », c’est-à-dire trois policiers qui chouinent parce que l’accusé ne s’est pas laissé tabasser tranquillement (on est là, et c’est presque toujours comme ça, des fois c’est même pire puisqu’il est également assez fréquent que les flics portent plainte pour violence/rébellion contre les personnes qu’ils ont tabassées, pour justifier les éventuelles blessures infligées). L’avocat des flics prétend que l’un d’entre eux a été diagnostiqué d’un jour d’ITT, pour des douleurs aux cervicales. Il demande 500 € d’amende, 300 € pour « réparation » et 380 € pour chaque flic au titre de je ne sais plus quel article de loi.
Le procureur relève le visage dissmulé, les lunettes de piscine, le masque de protection et joue l’éternelle division entre bon·ne·s et mauvais·es manifestant·e·s : « on est loin de la manifestation des gens qui viennent soutenir le régime de retraite ». Mais qu’est-ce qu’il en sait, lui, il y était, à la manif ? Chacun·e sa manière de manifester ! Le proc’ demande 6 mois de prison ferme avec mandat de dépôt.
L’avocat du prévenu insiste sur le fait que c’est un flic qui a frappé en premier, essaye de dresser un portrait favorable de son client en disant qu’il est « Gilet jaune, pas black bloc » (alors qu’à part les juges depuis leur tour d’ivoire, tout le monde sait que cette différenciation est factice) et qu’il n’a aucun antécédant judiciaire, tout en concédant « qu’il y aura forcément une condamnation ». Il demande 2 à 3 mois de sursis, « comme d’habitude dans de pareils cas » (hum), et la relaxe pour la dissimulation du visage et la participation à un groupement. Il demande aussi « d’éviter le mandat de dépôt (...) pour préserver la cellule familiale ».
Quand la juge demande au prévenu s’il a quelque chose à ajouter, celui-ci déclare qu’il « regrette tout ce qui s’est passé ».
Verdict : relaxe pour la participation à un groupement et dissimulation du visage, 6 mois de prison avec sursis pour les violences et la rébellion. Avec en plus, à payer par le condamné, 300 € pour un flic, 200 € pour chacun des deux autres flics, et 130 € supplémentaires pour chacun des trois flics, au titre de je ne sais plus quoi (tous ces trucs qui servent aux flics à se faire de l’argent de poche pour se payer de la picole).

I / Un homme de 23 ans, vivant à Clamart (92), est inculpé pour groupement en vue de destruction et manif violente et pour port d’armes (masque à gaz et gants coqués). Il accepte la comparution immédiate.
Interpellé à vélo proche du boulevard Magenta, du côté de Barbès, avant la manif.
Le prévenu est assez confus, dans un premier temps il nie être en chemin pour la manif, puis il dit que peut-être qu’il aurait fini par y aller, il ne sait pas trop. Il est célibataire et étudiant, commence une thèse sur la comptabilité et l’environnement financée par les supermarchés Carrefour (!?), son casier judiciaire est vierge.
Le proc’ fait remarquer qu’avec un masque à gaz on a le visage dissimulé (houlala !), il demande 3 mois de prison ferme avec mandat de dépôt et des amendes (!).
Selon l’avocat du prévenu, celui-ci n’avait « aucune volonté d’en découdre », il a été interpellé à Barbès, loin de la manif. L’avocat demande la relaxe pour le « groupement », une dispense de peine pour le port d’arme, et en cas de condamnation de ne pas l’inscrire au bulletin 2 du casier judiciaire (celui qui apparaît quand on cherche du taf, notamment dans la fonction publique).
En dernière déclaration, le prévenu en rajoute une couche sur l’importance de sa thèse, lui qui veut devenir professeur d’université et qui a « été stupide d’avoir ça » sur lui... Verdict : relaxe !

J / Un homme de 31 ans, vivant à Massy (91), est inculpé pour port d’armes (deux couteaux). Il accepte la comparution immédiate.
Interpellé vers Barbès avant la manif, il est trouvé en possession de deux couteaux et de 0,54g de shit. Dans son casier, quelques condamnations pour conduite sous l’emprise d’alcool et une procédure en cours pour « filouterie » (haha). Célibataire, intérimaire hébergé chez sa tante, il gagne entre 1600 et 2000 €.
Selon le proc’, il n’allait pas à la manif (ce que le prévenu affirmait également), il réclame toutefois 750€ d’amende. L’avocat (tout naze) demande simplement de réduire l’amende « à 300 € s’il vous plaît ». Verdict : deux mois de prison avec sursis et 500 € d’amende !

K / Deux femmes de 27 ans et un homme de 38 ans, déclarant vivre du RSA ou du chômage en Seine-Saint-Denis (93), sont inculpé·e·s de violences à agents et refus de signalétique (empreintes, photos...) pour les trois, outrage et rébellion pour l’une des deux femmes (« vous êtes des porcs, bâtards de flics, suicidez-vous »). Plusieurs flics ont porté plainte, ouin ouin, pourtant y a aucune ITT à signaler. Les trois prévenu·e·s refusent la comparution immédiate.
Le casier judiciaire des trois est évoqué : usage illicite de stupéfiants pour l’une, condamnation pour vol et amendes pour refus ADN pour l’homme inculpé, du sursis pour identité imaginaire, vol et refus de signalétique pour l’autre. Ça discute pour savoir si les prévenu·e·s seront relâché·e·s ou incarcéré·e·s en attendant le procès, les juges s’agacent du fait qu’aucun·e des prévenu·e·s n’a daigné répondre à l’enquête de personnalité et ne semblent pas vraiment vouloir « discuter » avec elles.
Le procureur panique pour le renvoi du procès, selon lui les prévenu·e·s sont là aussi pour groupement en vue de commettre des violences/dégradations (j’ai pas compris d’où il sortait ça, subitement), et le fait qu’iels refusent de se soumettre aux relevés signalétiques montre que « ces gens-là refusent la société, refusent la Justice (...) et participent à un mouvement insurrectionnel ». Pour ces raisons, pour le « risque de réitération » et parce qu’il considère les garanties de représentation insuffisantes, le proc’ demande le placement en détention pour les trois jusqu’à la date du procès.
L’avocate, qui est la même pour les trois, fait une longue et solide plaidoirie (on voit aussi à ça la différence entre un commis d’office et une avocate dédiée...), axée sur plusieurs facteurs que je ne pourrai pas énumérer ici, mais par exemple elle a parlé du mandat de dépôt préventif comme d’une « hérésie juridique », elle a insisté sur les garanties de représentation qui selon elles étaient sérieuses et largement suffisantes pour une libération sous contrôle judiciaire, sur des vices de procédure notamment sur le déroulement des gardes à vue (GAV), et a terminé sur une demande de « supplément judiciaire » concernant justement la GAV d’une des prévenues, avec « exploitation vidéo de la GAV entre 18h et 19h », certainement dans le but de contre-attaquer dans le cadre de ce procès.
Bizarrement, après la plaidoirie de l’avocate, le proc’ a repris la parole (j’avais jamais vu ça, normalement la dernière parole est à la défense !) et critiqué une partie du contenu de la plaidoirie de l’avocate, qui elle n’a pas souhaité en rajouter une couche pour finir.
Verdict : les trois prévenu·e·s sont relâché·e·s sous contrôle judiciaire (auprès d’une association avec convocations occasionnelles !?), avec un procès à venir le 21 octobre 2020 ! Les juges disent lancer une nouvelle commission rogatoire pour en savoir plus sur ce qui s’est passé lors d’une des GAV dans le comico du Ve arrondissement de Paris.

L / Deux hommes, un Belge et un Allemand, tous deux âgés de 32 ans et résidant en Allemagne, sont inculpés pour groupement en vue de violences/destructions, port d’arme (marteau) et possession/transport de produits incendiaires ou explosifs (deux engins pyrotechniques, vraisemblablement des fumigènes). Celui de nationalité belge est aussi inculpé pour refus de donner son mot de passe de chiffrage d’ordinateur, pour port de masque à gaz, possession et usage de cannabis (3,65g). Les deux acceptent la comparution immédiate.
Dans des conditions non expliquées, on apprend que ce qui leur est reproché fait suite à la perquisition et saisie de matériel dans une chambre d’hôtel... Le prévenu belge est affable et souriant, c’est ultra gênant, on dirait que la juge et lui sont content·e·s de faire connaissance. Ça dure des plombes, les deux prévenus donnent plein de détails sur leur vie financière et professionnelle en Allemagne, ils font des films, écrivent des textes, sont plus ou moins journalistes, blablabla, #osef. Ils ont répondu à tout sauf à « pourquoi vous êtes à Paris en ce moment ? ». pas louche du tout... La compagne d’un des deux a été contactée au téléphone par les flics et a elle aussi donné plein d’infos sur la vie de son mec, tout en refusant de répondre à pourquoi il se trouve à Paris en ce moment. Pas louche du tout non plus. Bref. On finit par capter par la bouche d’une des juges que des expertises manquent, en l’occurrence pour s’assurer que les fumigènes sont bien des fumigènes, et non des fusées de détresse P1 comme le pense le proc’. Les juges pensent renvoyer le procès à plus tard, sauf que les prevenus ont accepté la compa’, l’avocat bafouille et semble saoulé (on en a tou·te·s marre tkt, le travail c’est de la merde, et la Justice c’est de la merde puissance 10), il rappelle en boucle que ses clients veulent être jugés maintenant mais que bon bah ok il manque une expertise mais c’est pas grave si ? non ? si ? non ? Ça continue de discuter là-dessus, et les juges finissent par suspendre l’audience pour décider entre elles du renvoi ou non du procès.
À leur retour, les juges annoncent que le procès sera reporté, et qu’il faut maintenant prendre une décision sur les conditions du renvoi.
Le proc’ dit que si les prévenus n’ont aucune condamnation en France, la police allemande a envoyé des infos selon lesquelles les deux sont connus pour faire partie de l’extrême gauche allemande et pour « agression », sans aucune autre précision... Le proc’ ajoute qu’il y a « risque de réitération » puisqu’ils ont « fait des centaines de kilomètres pour rejoindre le black bloc » (on sait pas d’où il sort le black bloc soudainement), et que, comme ils n’ont aucune garantie de réprésentation en France, il faut les incarcérer jusqu’au procès.
L’avocat appuie sur le fait que ça devait être une comparution immédiate et qu’il est donc inconcevable que ça puisse se transformer en détention préventive en attendant la tenue du procès. Il signale que leur casier est vierge en France et qu’on n’en sait pas plus sur ce qui leur est reproché en Allemagne, que leurs garanties de représentation sont sérieuses (travail, université, adresse, blabla), et que s’il le faut ils peuvent verser une caution ! C’est pas tout le monde qui peut proposer ça...
Verdict : renvoi au 17 janvier 2020, sous contrôle judiciaire, avec interdiction de paraître à Paris d’ici au procès (sauf pour voir leur avocat). D’ici là, l’expertise des engins pyrotechniques devra être effectuée, ainsi qu’une demande de casier judiciaire européen.

C’est terminé, il est presque minuit.
Juges, procureurs, huissiers, greffiers, flics et vigiles... y a du beau monde dans un tribunal pour passer des journées de merde à « ne faire que son travail », un sale taf de maintien de l’ordre qui est tout sauf « innocent » ou « neutre ».

Ce jour-là, la plupart des inculpé·e·s étaient seul·e·s, sans proches sur place pour les soutenir.
La solidarité est dans la lutte avant tout, mais aussi dans des moments comme ça, dans les tribunaux. Ne laissons pas nos potes de lutte seul·e·s face à la Justice, même quand ces potes sont des inconnu·e·s, des anonymes. On est ensemble dans la rue pendant les manifs, essayons de l’être aussi le reste du temps.

Pour finir, un petit conseil de lecture pour celles et ceux qui voudraient avoir quelques infos sur quoi faire et ne pas faire en garde à vue :

MANUEL DE SURVIE EN GARDE À VUE

Leipzig (Allemagne) : Incendie au Centre fédéral des impôts et des finances de Saxe

Publié le 2019-12-09 15:46:05

Barrikade / dimanche 7 décembre 2019

Incendie Centre fédéral des impôts et des finances de Saxe. Personne ne pourra pacifier notre lutte. Salutations solidaires aux compas qui luttent à Exarcheia.

Le Centre fédéral des impôts et des finances de Saxe (LSF) est chargé de l’administration financière de l’État fédéral de Saxe et fournit les bases juridiques des mesures coercitives et de l’exécution des décisions judiciaires, comme les expulsions forcées ou les confiscations pour dettesimpayées. Étant sous le contrôle de l’État fédéral allemand, ce service met en œuvre l’agenda politique du libre marché. Le LSF applique la politique financière nationale, qui privilégie les entreprises et désavantage les personnes. Cette politique est guidée par l’idéologie du « Budget base zero ». La doctrine néolibérale de l’économie provoque le contrôle du capital sur toutes les sphères sociales. Par la privatisation et la réduction des impôts des grandes entreprises, toute tentative à visée sociale est complètement enterrée sous la logique du profit.

Sous la direction de l’État allemand, le diktat économique (Spardiktat), qui nous prend de mire ici, est appliqué dans toute l’Europe, ainsi que dans le monde entier. La privatisation du secteur public grec, jusqu’à sa destruction complète, ainsi que le fait de laisser les biens du peuple grec à la merci d’investisseurs privés, est la faute à l’Allemagne. En conséquence de ces mesures, un chômage endémique a suivi, de nombreuses personnes ont perdu leurs moyens d’existence, certaines se sont suicidées, beaucoup sont mortes dans la rue parce qu’elles n’avaient plus de maison ou ne pouvaient pas se permettre les soins médicaux ou les médicaments nécessaires.

Depuis l’occupation fasciste lors de la Seconde guerre mondiale, la politique allemande chauvine en Europe a continué sans rupture significative. Depuis lors, l’État allemand n’a jamais payé les réparations pour ses cruautés. Grâce au soutien des puissances impérialistes, l’État allemand a été remis sur pied et s’est à nouveau imposé comme une puissance économique mondiale. Inutile de dire que cela allait de pair avec le pillage des ressources dans le monde entier et avec l’exploitation de la main-d’œuvre bon marché à l’étranger. La création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, précurseur de l’UE actuelle, visait à renforcer la suprématie économique de la nation allemande en Europe et marquait un grand pas en avant vers la continuation de la domination allemande en Europe. Aujourd’hui, la politique d’austérité aux dépenses d’autres économies nationales est menée en coopération avec le FMI et la Banque centrale européenne. Le cœur de la bête bat. Les armes allemandes tuent partout dans le monde, les forces de sécurité allemandes forment d’autres unités spéciales aux procédures d’enquête et aux méthodes contre-insurrectionnels, des entreprises allemandes asservissent et assassinent des travailleur.euse.s dans le monde entier.

Exarcheia a toujours été un lieu de résistance contre les rapports de domination qui gardent en vie l’iniquité. Son existence nous donne l’espoir que d’une praxis révolutionnaire puisse émaner la construction d’un quartier rebelle, militant et solidaire. Son histoire est marquée par des luttes anarchistes, anti-autoritaires et communistes, qu’il s’agisse de la lutte contre l’occupation allemande pendant la Seconde guerre mondiale, contre la dictature militaire fasciste qui a suivi peu de temps après (1967-1974), contre les gouvernements des traîtres libéraux de gauche, comme le PASOK (à l’époque) ou Syriza (de nos jours), ou maintenant contre la droite conservatrice de Néa Demokratía. Hier, le 6 décembre, c’était le jour anniversaire du meurtre d’Alexis, lâchement abattu par un flic dans les rues d’Exarcheia. Son assassinat a mis le feu à la rage de milliers de personnes, provoquant des émeutes massives et une insurrection contre le système néolibéral et l’État grec. En conséquence, les gens ont constitué à Exarcheia un espace sans flics, rempli de tentatives de réaliser les idées solidaires de cohabitation et de lutte commune. Si vieille qu’elle soit l’histoire rebelle d’Exarcheia, d’autant les sont sont les attaques de l’État et des pouvoirs fascistes contre la résistance dans ce quartier.
Dans l’ère révolue de son gouvernement, Syriza a essayé une stratégie chirurgicale pour contrôler Exarcheia. En expulsant certains des squats rebelles de ce secteur, ils ont au même temps ouvert les portes au processus de gentrification, ils ont endurci les lois et déporté et incarcéré des réfugiés. Au contraire, Néa Demokratía suit une voie plus offensive, en répandant la peur par une politique répressive dure. Depuis les élections de l’été 2019, la liste de ses opérations contre des individus et des collectifs en lutte est déjà longue. Précédée par la libération du flic assassin qui a tiré sur Alexis, en passant par l’abolition de l’asile universitaire, jusqu’au rétablissement des sbires des forces Delta [les flics anti-émeute à moto ; NdAtt.], l’embauche de 1500 nouveaux keufs, l’ordre d’expulsion de presque tous les squats d’Exarcheia, le siège d’Exarcheia, fait par la police « anti-terroriste », la police anti-émeute et les unités en civile, ainsi que la toute récente opération « anti-terroriste » contre des compas anarchistes.

L’attaque étatique et capitaliste contre Exarcheia montre quelques similitudes avec le processus auquel est actuellement confronté le quartier de Connewitz, à Leipzig. Toutes les structures rebelles sont censées être démolies, de façon que les investisseurs aient les mains libres pour s’étaler. Cette décomposition sociale faite par le biais du marché immobilier, par laquelle les habitant.e.s d’un quartier sont remplacé.e.s par des personnes qui paient plus, devrait se faire en silence. L’État y voit sa chance de pacifier un quartier rebelle et les fascistes en uniforme se lèchent les doigts, en pensant à l’opportunité d’avoir les mains libres pour combattre ces « cafards indisciplinés ».

Depuis quelques semaines, les flics assiègent le quartier de Connewitz et la brigade d’enquête contre « l’extrémisme de gauche » a été rebaptisée et encore renforcée. Mais pour ce qui nous concerne, cela ne nous inquiété pas : nous serons toujours capables de trouver des trous dans leur plan, pour frapper au bon endroit. Parfois, pendant que les flics assiègent nos quartiers, nous essayons d’agir comme nos compas d’Athènes, en frappant à des endroits différents et imprévisibles, pour rappeler aux flics que nous pouvons agir, bouger et frapper là où nous voulons, sans être touché.e.s par leurs tentatives de nous faire peur.

Comme action solidaire, nous avons incendié Centre fédéral des impôts et des finances de Saxe (LSF) ; en faisant cela, nous avons pris soin d’éviter que des vies humaines ne soient mises en danger.

Nous envoyons des signaux de fumée de force et d’amour pour la liberté à nos compas qui luttent pour défendre Exarcheia. Salutations à tous les individus et collectifs qui se battent ! Notre combat doit continuer, que ce soit à Exarcheia, à Connewitz, dans les quartiers nord de Berlin ou ailleurs !

Nous espérons que ces signaux de fumée parviendront aussi aux compas récemment pris.es pour cible dans les opérations terroristes de l’État, à Athènes, en particulier les deux compagnons emprisonnés et le compagnon en cavale ! Aussi aux compas arrêtée.e.s juste hier, pour être descendu.e.s dans la rue le 6 décembre, afin de manifester leur colère suite au meurtre d’Alexis, il y a onze ans.

Liberté pour tou.te.s les prisonnier.e.s !
Vive l’Anarchie !

Prison de Grasse : La tentative d’évasion a été une question de sang froid

Publié le 2019-12-09 15:47:13

Nice-Matin / samedi 7 décembre 2019

La ruse a presque fonctionné ! Ce samedi, à l’issue d’un parloir avec les familles, un détenu a réussi à s’infiltrer parmi les visiteurs, empruntant leur trajet jusqu’à la sortie de la maison d’arrêt de Grasse.

L’homme a ainsi passé plusieurs points de sécurité, parvenant même à franchir, selon nos informations, la dernière porte. Les gardiens se sont, [mal]heureusement, rapidement aperçus de la supercherie
Le détenu, démasqué alors qu’il se trouvait déjà sur la route, aurait tenté de fuir en courant, avant d’être rattrapé et remis en cellule. […]

Sabotons les trottinettes et vélos en libre service

Publié le 2019-12-09 15:50:11

Parce qu’elles polluent
« Contrairement à leur image de mode de déplacement « doux » et « vert », les trottinettes électriques sont une catastrophe écologique. En raison de leur production très énergivore, de leur faible durée de vie, et de la nécessité de les transporter tous les soirs pour les recharger, elles émettent en moyenne 202g de CO2 [1] par passager et par km parcouru.
Leurs batteries au lithium sont produites dans des conditions destructrices pour la nature et les êtres humains [3], et ne sont pas forcément recyclées.

Parce qu’elles ne résolvent aucun problème de circulation
La trottinette électrique en libre-service permet-elle au moins de limiter les déplacements en voiture ou en scooter pour décongestionner les centre ville ? Même pas ! Les études à ce sujet montrent qu’elle remplace majoritairement les trajets effectués à pieds [4].

Parce qu’elles sont un acteur de la précarisation du travail
Les trottinettes électriques en libre service doivent être rechargées tous les soirs. Elles sont collectées en fin de soirée en camion, rechargée pendant la nuit et replacées au petit matin à l’endroit indiqué par l’application. Les petites mains travaillant la nuit, appelé.e.s « juicer » sont auto-entrepreneurs pour la plupart. Comme les livreurs à vélo, ce statut précaire leur donne très peu de garanties en matière de droit du travail et d’assurance. Pas d’arrêts maladie, pas de congés, les accidents du travail sont très mal couverts, avec un droit au chômage existant mais extrêmement restrictif.

Parce qu’ils ont déclaré la guerre sociale
En retirant les vélos et les trottinettes d’Anderlecht, Molenbeek, Koekelberg et du quartier de Laeken, ces sociétés ont divisé la ville entre les « bons » et les « mauvais » quartiers. Ce partage entérine une vision raciste et classiste avec pour seule focale le rendement. La mobilité écologique est le cadet de leur souci, seul leur profit compte.

Parce qu’ils cassent la grève générale en France
Les start-up de « la mobilité douce » jouent aux casseuses de grève. Alors que la mobilisation du 5 décembre 2019 s’annonce conséquente, les loueurs de trottinettes électriques qui se pâment d’être écologistes ont choisi leur camp. Ils ont signé un partenariat avec la direction de la RATP pour proposer des « alternatives aux transports en commun ». Ils profitent même de l’agitation sociale pour faire des offres promotionnelles.

Lime, le leader des trottinettes en libre-service prévoit un euro de réduction sur 25.000 trajets le 5 décembre puis 10 % de réduction pendant la suite du mouvement social. Dott et Uber offrent gratuitement les frais de déverrouillage deux fois par jour lors de la grève. Voi, l’opérateur suédois, offre 5 euros de crédit à tous les utilisateurs. Circ met en place un demi-tarif sur les courses en trottinettes. Cityscoot donne 45 minutes gratuites pour toute nouvelle inscription.

Parce que dans saboter il y a beauté
L’action est simple, discrète et peut se faire de manière massive :

[1] : Are e-scooters polluters ? The environmental impacts of shared dockless electric scooters https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/ab2da8
[3] The spiralling environnmental cost of our lithium battery addiction https://www.wired.co.uk/…/lithium-batteries-environment-imp…
[4] Usages et usagers des trottinettes électriques en free-floating en France – 6t-bureau de recherche, (2019) https://www.ademe.fr/usages-usagers-trottinettes-electrique…« 
[5] https://paris-luttes.info/avant-la-greve-du-5-decembre-12949?lang=fr et https://paris-luttes.info/sabotons-les-saboteur-se-s-12961?lang=fr

Destruction de sonnette-caméras de surveillance Amazon et Google

Publié le 2019-12-09 21:45:07
Déc 092019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Récemment, durant une promenade nocturne, nous avons retiré des sonnette-caméras de surveillance Google Nest et Amazon Ring de quelques rues résidentielles.

Ces produits, que l’on peut facilement localiser la nuit grâce à leurs petits ronds lumineux bleu ou vert, apparaissent de plus en plus à Montréal et ailleurs. La caméra peut stocker des enregistrements vidéos sur le Cloud jusqu’à 60 jours.

Il a été bien documenté qu’Amazon fait usage de Ring pour construire un réseau de surveillance privé qui collabore entièrement avec les services de police, sous prétexte de combattre les vols de colis.

Un aspect positif de ces sonette-caméras est que ça rend facile pour nous de lutter contre ces géants du techno-capitalisme directement dans nos quartiers. On peut les enlever facilement avec une petite barre à clou. Il est suggéré d’être avec un.e ami.e et/ou de prendre la précaution de porter des gants isolés pour l’électricité. Il y a un risque de choc à cause des fils chargés. Faites attention, tant qu’elle reste dans la portée du réseau wifi de la maison, la caméra fonctionne à batterie et peut continuer à enregistrer et à transmettre même si elle n’est plus connectée au mur. L’utilisateur peut même recevoir une notification sur son téléphone.

Fuck Amazon, Google et leur dystopie technologique envahissante.

Récupération politique suite aux perquisitions du 26 novembre

Publié le 2019-12-10 10:30:07

Mardi 26 Novembre 2019, les flics ont perquisitionné six lieux de vie ou d’activité à Grenoble et alentours, dont trois appartenant à la mairie de Grenoble, dans le cadre d’une enquête regroupant une vingtaine d’attaques atribuées à la « mouvance arnarcho-libertaire ». Comme d’habitude les keufs ont agi de manière raciste, sexiste, transphobe et validiste durant l’oprération.

Le jour même et le lendemain dans l’un des squats perquisitionnés et récement conventionné par la mairie, se sont présenté.es la première adjointe au maire, Élisa Martin, une fonctionnaire du CCAS, Agnes Jaquemose, et un élu, Emmanuel Carroz.
Ils sont soi-disant venus apporter de l’aide matérielle, morale et juridique, aux habitant.es de ce lieu jusqu’à proposer de porter plainte contre l’état pour perquisition abusives et transphobie.

Alors qu’elle veut se donner une image de défenseur des opprimé.es et une bonne conscience auprès de la communauté LGBTQIA+* à quelques mois des élections, la mairie continue d’expulser squats et campements et de mener sa chasse au pauvres et aux étrangèr.es. Elle se garde bien de mettre à disposition ses batiments vides, alors qu’elle parle de droit au logement tous les quatres matins.
Elle va jusqu’à proposer de prendre en charge les dossiers de personnes en situation irrègulière envoyées en CRA* suite à cette opération médiatico-policière tout en prenant part quotidiennement à la machine à expulser qu’est la france. Même si là elle va loin dans le foutage de gueule, on est habitué.es à l’hypocrisie de la mairie qui d’un côté tente de se donner dans les médias une image humaniste, voire presque militante et solidaire des personnes en galère, et en même temps joue le jeu répressif et selectif de l’état.

En allant soutenir un squat conventionné, elle cherche à créer la discorde entres les « bon.nes » et les « mauvais.es » squateurs et squateuses, entre squats conventionnés et squats non-conventionnés.

En plus du fait que nous n’accepterons pas que des politicien.nes parlent en notre nom, on notera l’ironie de la situation, car la mairie est elle-même plaignante dans cette affaire (des voitures du CCAS et la salle du conseil municipal ayant été incendiées).

Nous ne sommes pas dupes ! Nous ne nous laisserons ni diviser, ni manipuler, ni récupérer à leurs fins politiques.
Nous ne nous organiserons pas avec la mairie. Nous ne les aiderons pas à se laver les mains de toutes les crasses dont elle est responsable !

 

Stratégie du Be Water aux Halles - quelques points tactiques

Publié le 2019-12-10 12:55:06

Considérations tactiques sur le 7 décembre aux Halles.



Samedi, à 17h nous nous retrouvons dans le quartier des Halles pour un événement Be Water lancé à la dernière minute. Le but ? Se fondre dans la foule, bouger partout, profiter de la densité et de la fréquentation du quartier de Châtelet, regagner les beaux quartiers et notre liberté de mouvement. Les manifestations du samedi ont été plutôt très décevantes. Le cortège Gilets Jaunes ne dépasse pas les 1500 unités et va se perdre à la porte de Versailles, le cortège CGT chômage compte à peine 500 personnes, encadrés par autant voire plus d’unités de police. La préfecture empêche facilement la jonction entre les deux cortèges à Montparnasse.

Au crépuscule, direction les Halles. Une escouade de voltigeurs passe en ronronnant et une dizaine de fourgons de gendarmes se gare derrière la canopée. On se dit alors que ce n’est pas gagné ! Va-t-il se passer quelque chose ? Comme d’habitude en pareil cas, on se regarde en chiens de faïence, on repère des petits groupes de camarades qui, comme nous, se promènent et ne se font pas remarquer, en attendant… l’élément déclencheur !

Soudain, une grande rumeur se fait entendre dans les Halles.

« Travaille, consomme et ferme ta gueule ! ».

L’écho dans le forum des Halles est tel qu’on ne sait pas si la clameur vient de 50 ou 500 personnes. Les CRS et Gendarmes Mobiles se positionnent en masse, mais ils ne savent pas où donner de la tête. Il y a des centaines de consommateurs partout, et personne n’a mis son gilet jaune. On sent les flics nerveux et démunis. Certains passants rigolent et se joignent à la liesse, d’autres fuient en courant leur sac de courses à la main. Très vite, le forum des Halles est évacué et les magasins ferment leur porte.

C’est le moment que choisissent plusieurs groupes pour entamer des manifestations sauvages à travers le quartier. On part vers Beaubourg avant de rejoindre la rue des Archives au cri de « Ah ah anticapitalistes ! », « Tout le monde déteste la police ! » ou « Macron démission ! ». Lorsque le cortège aperçoit des fourgons de police à une intersection, il fait tranquillement demi-tour et repart vers les Halles. Une voiture de police isolée repart avec un peu de ketchup sur son pare-brise…

En général, notre passage a le don de vider une rue de ses consommateurs. Quelques poubelles partent à terre dans un fracas, quelques feux de cartons, quelques individus masqués ; il en faut peu pour effrayer le bourgeois ! Mais le flot de passants est tel que, quelques minutes après, le quartier a repris ses apparences habituelles consuméristes.

Je ne vais pas raconter ici toutes les sauvages qui ont eu lieu, il y en a eu beaucoup ! Elles avaient une durée de vie de 30 minutes en moyenne. Grands boulevards, le Marais, le BHV, Pont-Neuf, rue Montorgueil etc. Les sauvages réunissaient entre 50 et 200 personnes maximum. Il y en a eu à ma connaissance jusqu’à 3 simultanées. Nous étions donc en tout peut-être aux alentours de 500 personnes mobilisées. Un faible contingent finalement, pour un résultat très conséquent, un vrai impact économique et une grosse liberté de mouvement.

Mais surtout l’occasion pour le futur de formuler quelques observations stratégiques.

1) De l’absence des voltigeurs

Il semblerait que la préfecture, trop confiante, ait retiré les voltigeurs du dispositif aux alentours de 17h. Résultat : un retour aux bons vieux fourgons bien lents de CRS. Des unités lourdes et désorientées qui nous courent après dans des ruelles, nous avions la partie facile et largement le temps de leur échapper. L’excès de confiance policier s’est renouvelé aux alentours de 21h, avec leur choix de retirer la plupart des unités positionnées. Nous étions suffoqués d’avoir ainsi le champ libre. La suite ? de nouvelles sauvages plus offensives, et l’arrivée en panique rue de Rivoli de 35 fourgons aussi inutiles les uns que les autres sur les coups de 21h30.

Nous ne les prendrons pas par surprise deux fois. Je ne crois pas que le préfet Lallement se soit beaucoup amusé samedi soir. En bon psychopathe qu’il est, il a dû prendre notre farce de samedi soir comme une humiliation personnelle. Il faut donc s’attendre à un dispositif musclé : c’est-à-dire des BRAV-M mobiles et remontées mardi soir. L’urgence ? L’autodéfense. Provoquer la peur chez ces unités. Les poubelles renversées ne suffiront pas. Cellophane, clous etc. Ils ne doivent pas pouvoir foncer sur leur bécane en toute impunité. Leur « mobilité » doit se retourner contre eux.

2) Vive la dispersion

La clé n°1 de notre tactique a été la dispersion.
Il n’est pas utile de prendre des risques. Si vous êtes talonnés par des CRS, dispersez-vous ! Dispersez-vous intelligemment et vraiment (pas de groupe de 10), en vous éloignant suffisamment et en vous fondant dans la vie marchande. Car quand les CRS s’approchent, les unités civiles ne sont pas loin, et peuvent agir. Les interpellés de samedi ont souvent ainsi été pris par surprise.

3) Savoir se reformer

Mais se disperser, cela veut aussi dire se reformer. Le drame des manifestations sauvages, c’est quand elles ne peuvent avoir lieu qu’une seule fois.

Samedi dernier, il y eut au moins 3 rounds. La capacité à se disperser rapidement et se reformer aussitôt est la clé absolue du be water. Se retrouver est une chose, mais ne nous retrouvons pas toujours au même endroit ! On prend très vite des habitudes dans ces cas-là, et à force on en devient prévisible. Il est primordial que de petits groupes affinitaires s’organisent pour se retrouver dans des lieux sans cesse nouveaux et amorcer ainsi le mouvement pour relancer des manifestations sauvages. Les petits groupes, avant de se disperser, quand ils sentent l’étau policier se rapprocher, peuvent aussi se crier rapidement un mot d’ordre pour le rassemblement après dispersion.

Mardi soir, si la zone des Halles est vraiment bouclé, déplaçons notre centre de gravité ailleurs, ne serait-ce qu’à quelques centaines de mètres.

4) Le parcours des sauvages

Sur le parcours des sauvages, il semble que les rues très fréquentées avec beaucoup de commerces soient beaucoup plus sécurisantes que les ruelles sombres et désertées. Mais ça c’est une évidence !
Les rues piétonnes ou semi-piétonnes comme Montorgueil ont été notre force, car les files de camions de CRS ne peuvent pas y circuler. Autre remarques : les manifestations conduites sur les grands axes ont vite dû abdiquer (cf Grands Boulevards ou rue de Rivoli). S’il y a des sauvages en nombre plus conséquent et capables de dresser des barricades substantielles sur des boulevards comme Sébastopol, cet état de fait peut changer.

Sur l’organisation, les éclaireurs devant sont absolument nécessaires. Ils doivent sécuriser chaque intersection, et ne pas se contenter d’être 50 mètres en avance. Cependant, il semblerait que les éclaireurs aient souvent guidé « à l’aveugle » emmenant le cortège là où le champ était libre, mais sans objectif précis. Ce qui est dommage sachant la proximité de nombreux lieux symboliques. Pour la prochaine fois - cher éclaireur - la carte des lieux de pouvoir est ton amie. Quelques pistes :

Enfin les sauvages ont peut-être manqué d’un éclaireur à l’arrière, qui puissent informer de la présence policières sur les talons avant qu’il ne soit trop tard. Si vous ne savez pas quoi faire, dévouez-vous à ce rôle d’observateur en arrière.

5) Le nombre ne fait pas la force

Dernière remarque : en be water, le nombre ne fait pas la force. C’est la multiplicité qui fait la force. 200 semble être un nombre juste. Un tel contingent se disperse beaucoup plus vite. En outre, multiplier les cortèges permet de disperser les forces de police. Cela ne se voit jamais mais si nous sommes beaucoup plus nombreux, soyons aussi capables de nous diviser, pour multiplier les foyers d’agitation. Chaque manifestation sauvage protège les autres en détournant l’attention.

Avec tout ça en tête, rendez-vous mardi soir pour l’acte II !

Buenos Aires (Argentine) : Une voiture de la police de Buenos Aires incendiée

Publié le 2019-12-10 13:01:03

reçu par mail / lundi 9 décembre 2019

Buenos Aires. 26 novembre 2019, 1h15.
Une voiture de la police de la ville de Buenos Aires incendiée, au carrefour des rues Mariano Acha et Echevvia, dans le quartier de Villa Uruquiza [quartier résidentiel du nord de la capitale argentine; NdAtt.], devant la place Zapiola, à côté du commissariat 37.

Vengeance du chaos.

Nouvion (Somme) : Incendie au collège

Publié le 2019-12-10 13:02:06

Le Journal d’Abbeville / lundi 9 décembre 2019

Les pompiers sont intervenus au collège Jacques Prévert de Nouvion (au nord d’Abbeville – Somme) le vendredi 6 décembre en début de soirée pour un incendie qui s’est déclaré dans une salle de classe.
Les sapeurs pompiers de Nouvion, Rue, renforcés par leurs collègues d’Abbeville ont rapidement circonscrit le début d’incendie qui a touché une classe vers 18 h 30 le vendredi 6 décembre. Ils ont ensuite procédé à l’extraction des fumées.
Les premiers éléments de l’enquête semblent montrer que ce début d’incendie serait d’origine volontaire. […]

Une personne se serait introduite à l’intérieur de la classe après avoir forcé un volet et une fenêtre. Cette personne aurait mis le feu à un tas de papiers posés sur un bureau.
Fort heureusement les dégâts sont limités à cette classe dont les murs sont noircis, et il n’y a pas de victime à déplorer. […]

Blocages des lycées : ça continue (MAJ 11/12)

Publié le 2019-12-10 16:00:04

Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : Échauffourées entre lycéen.ne.s et flics

Le Parisien / lundi 8 décembre 2019

Ce lundi matin a été tendu devant les lycées d’Aulnay-sous-Bois. Des échauffourées ont éclaté entre plusieurs élèves de seconde et les forces de l’ordre, police municipale comprise. En fin de matinée, neuf jeunes ont été interpellés pour « dégradations de biens publics » et « participation à un attroupement en vue de trouble à l’ordre public ». Ils ont été placés en garde à vue.
Selon une source proche de l’affaire, les troubles ont démarré dès 7 h 30, avec le blocage de l’entrée du lycée Voillaume par « une dizaine de jeunes encapuchés ».
Au même moment, un container a été incendié aux abords du lycée Jean-Zay, situé à moins de deux kilomètres de là.

Avant neuf heures, une autre poubelle a été incendiée en plein milieu de l’avenue du Maréchal-Juin. « Sur place, les policiers municipaux ont essuyé plusieurs jets de projectiles, bouteilles et fumigènes », indique la même source, précisant qu’à cet instant, « un individu s’apprêtant à (les) caillasser a été interpellé ». Au même moment, selon les forces de l’ordre, une trentaine de jeunes se sont munis de projectiles « en attendant les policiers ».
Peu après 10 heures, un cocktail Molotov a été jeté sur une voiture stationnée sur le parking du lycée Jean-Zay. Dans la foulée, un abribus a été « dégradé » devant le lycée Voillaume, et son auteur interpellé « grâce à la vidéosurveillance », indique un policier.
Le retour au calme est intervenu juste avant midi. Selon nos informations, « aucun slogan ou pancarte » en référence au projet de réforme des retraites, à l’origine du vaste mouvement social en cours en France, n’a été aperçu parmi les lycéens auteurs des troubles. [il y en a vraiment besoin, avec tout ce qui se passe ? NdAtt.]

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Melun : Au lycée comme partout (enfin, presque), tout le monde déteste la police

La République de Seine-et-Marne / lundi 9 décembre 2019

Le blocus lycéen a dégénéré dans le quartier de Montaigu, à Melun. « Il y avait de très jeunes individus dans la foule et tout cela était un prétexte pour attirer les forces de l’ordre », estime une source policière.
Les heurts ont débuté dès la première heure avec des incendies de poubelles. Les pompiers ont été appelés [et il y en a qui disent que le pompiers sont du côté des grévistes… NdAtt.], ce lundi 9 décembre, aux abords du lycée Léonard-de-Vinci, à Melun. Les policiers qui étaient présents ont été ciblés par des projectiles : pavés, cailloux et morceaux de goudron. Il n’y a pas eu de blessé mais des voitures de particuliers ont été endommagées (vitres brisées). Par ailleurs, deux abribus ont été entièrement cassés. Une barricade de fortune a été érigée au niveau de la place des Trois Horloges mais les policiers sont rapidement intervenus.  Selon les premiers éléments, ils ont été pris à partie par un groupe de plusieurs dizaines d’individus, qui ont été repoussés vers la place du marché. […]
Peu avant dix heures, des patrouilles de sécurisation de la police (commissariat de Melun et Service d’ordre public et de soutien de Vaux-le-Pénil) étaient toujours déployées à Montaigu, mais aussi aux abords du quartier. De son côté Transdev a temporairement supprimé la desserte de l’arrêt Trois Horloges, le temps de l’intervention des forces de l’ordre. Selon Transdev, la circulation a toutefois repris peu après 10 heures.
Un suspect a été interpellé et placé en garde à vue.

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Tourcoing (Nord) : Et le flic a (un peu de) ce qu’il mérite

La Voix du Nord / lundi 9 décembre 2019

Des feux de poubelles, un ersatz de barricades et des projectiles lancés vers les forces de l’ordre. Ce lundi matin, le lycée Colbert, situé dans le centre-ville de Tourcoing, a fait l’objet d’une tentative de blocage de la part d’une cinquantaine d’individus. Aux alentours de 10 heures, un fonctionnaire de police a été légèrement blessé à la main après avoir été visé par une pierre. Selon nos informations, deux personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre venues en renfort. Elles sont suspectées d’avoir lancé divers objets (pierre ou barrière) vers les policiers. Elles ont été placées en garde à vue [article payant: NdAtt.]

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Lyon : Les flics tirent au flashball, mais les lycéen.ne. continuent

France 3 / lundi 9 décembre 2019

Ce lundi matin, 9 décembre, vers 7h, plusieurs dizaines de personnes ont débuté une opération de blocage du lysée Ampère-Saxe dans le 3e arrondissement de Lyon. Parmi les personnes présentes: des lycéens, des étudiants mais également des représentants de la CGT [comme si les lycen.ne.s avaient besoin d’eux ! NdAtt.]. On comptait environ une centaine de lycéens. Des poubelles ont été accumulées devant l’entrée de l’établissement en guise de barrage. Un blocage qui s’est déroulé dans le calme. Des professeurs étaient également sur place pour s’assurer que la situation ne dégénère pas [enfin, ils ont fait leur travail, quoi; NdAtt.]. Pendant ce temps, au lycée Ampère Bourse, en Presqu’île, un feu de poubelle devant l’établissement a nécessité l’intervention des pompiers [ils n’étaient pas en grève, ceux-la ? NdAtt.]. En fin de matinée, le calme est finalement revenu devant les deux sites…

Cette manifestation est organisée devant un lieu symbolique: c’est devant le lycée Ampère Saxe que vendredi 6 décembre, au petit matin, alors que plusieurs dizaines de lycéens bloquaient l’établissement un adolescent de 15 ans a été blessé au visage par un tir de lanceur de balle de défense (LBD).  L’adolescent a été blessé vendredi matin, vers 8h15, alors que la police intervenait au lycée Ampère-Saxe. Ce blocage de vendredi matin faisait suite à la mobilisation nationale du jeudi 5 décembre, contre la réforme des retraites. Ce lundi matin, la tension reste vive au lycée Ampère Saxe.

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Créteil (Val-de-Marne) : Étudier ? Mieux caillasser les flics !

Le Parisien / lundi 9 décembre 2019

[…] Alors que ce vendredi, déjà, un premier blocage avait perturbé la matinée au lycée Guillaume-Budé à Limeil-Brévannes, suivi d’interpellations, ce lundi, c’est à Créteil au lycée Gutenberg, que des jeunes ont bloqué l’entrée de l’établissement. Une première tentative à Edouard-Branly avait avorté.
La soixantaine de lycéens, parmi lesquels plusieurs jeunes extérieurs au lycée — certains cagoulés — a installé des poubelles devant l’entrée. Selon plusieurs témoins, certains sont allés chercher des extincteurs et les ont vidés sur les élèves ou sur la rue. « Un appareil a été posé sur la route, un bus n’a pas pu passer », raconte cet enseignant de sciences économiques et sociales, arrivé après 9 h 30.
Deux voitures de police se sont rendues sur place, arrosées de jets de pierres. Une autre voiture sérigraphiée serait arrivée sirène hurlante. C’est alors que selon ce témoin, un policier aurait sorti son LBD et aurait mis en joue les élèves alors que le véhicule passait. « On a entendu un tir derrière », assure le témoin. « C’était assez chaud », confirme cet adulte. Mais moins, selon cet autre enseignant qu’en 2018. […]

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Tonnerre (Yonne) : Le bahut pour les assemblées, par pour étudier

L’Yonne Républicaine / lundi 9 décembre 2019

[…] « C’est dans la continuité que nous arriverons à nous faire entendre. » Les élèves du lycée Chevalier d’Eon, à Tonnerre, sont à la pointe de la contestation.
Ce lundi 9 décembre 2019 au matin, ils sont restés mobilisés et ne sont pas rentrés en cours pour la troisième journée consécutive. Ce blocage était annoncé. Vendredi, ils avaient déjà décidé en assemblée générale qu’ils n’iraient pas en cours ce matin. Lundi, après un début de matinée un peu mouvementé puisqu’ils voulaient se réunir dans une salle du lycée pour une nouvelle assemblée générale et que les portes étaient fermés, les jeunes se sont repliés dans le gymnase, où ils ont tenu une nouvelle assemblée générale.
Une fois de plus ils ont décidé de reconduire leur mouvement à l’unanimité, demain, mardi. En parallèle ils appellent les autres lycées du département à leur emboîter le pas. Un tract a été rédigé et devrait être distribué devant les autres lycées au cours de la journée. Les revendications portent une nouvelle fois contre Parcoursup, la réforme du lycée, la loi dite École de confiance ainsi que la réforme des retraites.
« C’est nous qui allons dans l’avenir nous retrouver confronté à cette réforme», lançait un élève. Donc, notre mouvement est aujourd’hui légitime », insistait le jeune de terminale.

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Mise à jour de mercredi 11 décembre

Lille : Belle ambiance, mais les flics interpellent du monde

La VDN / lundi 9 décembre 2019

Plusieurs dizaines de lycéens ont organisé, dès 7 h 30, un barrage filtrant ce lundi matin à l’entrée du lycée Pasteur, boulevard Carnot. Le troisième en moins d’une semaine. Les rangs des lycéens ont peu à peu gonflé et la situation s’est tendue avec les policiers, arrivés dès 8 heures sur les lieux. Plusieurs se sont mis à jeter des œufs en direction des forces de l’ordre. Vers 9 heures, les policiers ont décidé de disperser les lycéens, qui étaient entre 200 et 300, à l’aide de gaz lacrymogènes, provoquant une pagaille dans le secteur. La circulation n’avait pas été coupée et la situation n’a pas été sans danger avec les nombreux automobilistes qui passent dans ce secteur pour entrer dans Lille, ni pour les lycéens qui traversaient la route. […]
Des élèves ont été interpellés, l’un d’eux en étant plaqué au sol, alors qu’il ne restait qu’une vingtaine de lycéens devant l’établissement. […]

Un groupe de près de 300 lycéens s’est dirigé vers 9 h 30 vers le lycée Fénelon, rue Alexandre-Leleux. D’autres ont rejoint le mouvement. Là aussi, la situation était assez tendue dans la rue Gambetta et aux abords de la place de la République. Des gaz lacrymogènes ont également été jetés dans la foule, devant l’établissement. Là aussi, plusieurs lycéens ont été interpellés.

Les manifestants, particulièrement énervés, ont rejoint via la rue de Béthune, la rue Pierre-Mauroy et la Grand-Place le lycée Pasteur, puis le lycée Valentine-Labbé, à La Madeleine, où des échauffourées avec les forces de l’ordre ont eu lieu. Près de 250 personnes sont restées jusqu’à midi.

Carcassonne : Il avait réussi à échapper aux condés (manque de bol, ils le choppent à nouveau)

Publié le 2019-12-12 13:05:05

La Dépêche / mercredi 11 décembre 2019

Interpellé avec sa compagne (*) lors de la manifestation du jeudi 5 décembre à Carcassonne avec les Gilets jaunes, Dylan VW., âgé de bientôt 24 ans, était parvenu à s’évader de sa garde à vue, en s’extirpant d’un véhicule de police avec violence. Évadé dans la nature, ce n’est que dimanche en fin d’après-midi que le jeune homme a été interpellé par les policiers de la brigade anticriminalité, alors qu’il se trouvait dans une maison squattée de Carcassonne.

Lundi, c’est dans ce contexte que Dylan est arrivé à la barre du tribunal correctionnel pour y être jugé en comparution immédiate. Comme la loi l’y autorise, il a sollicité un délai pour parfaire sa défense. Le dossier ne pouvant être abordé dans le fond, il s’est donc agi pour le tribunal de statuer sur le sort à réserver au mis en cause, dans l’attente de son jugement.

Sur ce point, le vice-procureur de Carcassonne a requis le placement en détention, «  car il n’a aucune garantie de représentation, pas d’adresse et pas d’emploi [lire : parce qu’il est pauvre; NdAtt.]. Il est de surplus en état de récidive légale. «  Pour la défense, Me Alexandra Vitrac a plaidé pour un placement sous contrôle judiciaire, au regard des faits qui ont été commis  » dans un contexte irrationnel, par crainte d’aller en prison. C’est une évasion dans un contexte d’impulsivité. Dimanche, lors de son interpellation, mon client n’a opposé aucune résistance…  » Au final, pas de quoi convaincre le tribunal qui a ordonné le placement en détention, et renvoyer le jugement de l’affaire au 9 janvier 2020.

(*) À l’issue de sa garde à vue, la compagne de Dylan a été placée en détention à Perpignan, car le parquet a ramené une peine d’un an à exécution.

Italie – opération Renata : Les condamnations en premier degré

Publié le 2019-12-12 13:06:10

Round Robin / mardi 10 décembre 2019

Jeudi 5 décembre [à Trente; NdAtt.] a eu lieu la deuxième audience du procès de premier degré pour l’opération Renata.
Après les réquisitoires des Procureurs et les plaidoiries des avocats défenseurs, vers 14h30 est arrivé la sentence : les accusation d’association subversive avec finalité de terrorisme et de subversion de l’ordre démocratique sont tombées, tout comme les aggravantes de terrorisme pour les personnes non accusées d’association. Il y a donc eu des condamnations pour des délits spécifiques (fabrication de faux documents, dégradations, violation de la loi sur la détention d’armes). Poza a été condamné à deux ans et six mois, Agnese et Stecco à deux ans, Rupert à un an et neuf mois, Sasha et Nico à un an et dix mois, Giulio a été acquitté et libéré le jour même.

Le 9 décembre, étant donné que le délit d’association est tombé, c’est le Parquet lui-même qui a demandé que l’assignation à résidence (« arrestation domiciliaires » – la prison chez soi) soir levée : tout le monde a eu l’obligation de résidence dans la commune là où il/elle était aux arrestation domiciliaires, avec obligation d’être à la maison de 22h à 6h30. Stecco, par contre, reste pour l’instant en prison, à cause d’une autre condamnation pour une autre affaire – en théorie, quand il aura purgé cette peine, il sera placé en obligation de résidence.

Bientôt, des plus amples réflexions à ce sujet.

Le terroriste c’est l’État.
Toutes libres, tous libres.

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NdAtt. – pour écrire à Stecco :

Luca Dolce
C. C. di Ferrara
Via Arginone, 327
44122 – Ferrara (Italie)

Weimar (Allemagne) : Remember, Remember, the 6th of December

Publié le 2019-12-12 13:06:10

de.indymedia.org / dimanche 8 décembre 2019

Dans une conspiration nocturne, nous avons participé aux attaques contre une banque et deux compagnies d’assurance, en ville. Nous nous sommes réuni.e.s et derrière nous restent les fissures qu’on vous a laissées. Des fissures dans les vitres des fenêtres, qui se graveront dans votre mémoire comme des cicatrices. Nous vous jetons de la terre dans les yeux. Nous sommes venu.e.s et nous réapparaîtrons. En tant que créatures de la nuit, nous ne cherchons pas le salut, maisc cherchons notre bonheur dans les attaques contre les banques, les flics et ce tout qui nous viendra à l’esprit !

Notre agressivité et notre rage étaient mues par une profonde hostilité contre l’État et les autorités capitalistes, ainsi que par un espoir une solidarité profond à l’encontre de nos compas en Grèce et dans le monde entier.

Remember, Remember, the 6th of December

Notre colère fait rage ces nuits-là. Onze ans après l’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos par le flic Epameinondas Korkoneas, nous n’avons toujours pas de paix. Et c’est pour ça qu’on ne vous en donne pas. Cette attaque veut exprimer la vitalité de notre chagrin et être un exutoire pour notre colère. Surtout après la libération anticipée de Korkoneas, cette année.

Pour un Décembre noir

En 2015 les compagnons Panagiotis Argriou (de la CCF) et Nikos Romanos ont appelé à un Décembre noir. Notre action veut partager leur colère. Notre colère entraîne leurs actions :

« Il y a des moments dans l’histoire quand le hasard des événements peut causer des dynamiques capables de paralyser presque entièrement l’espace et le temps de la société.

C’était un samedi soir, le 6 décembre 2008, quand le conflit entre deux mondes a trouvé son point culminant en quelques instants. D’un côté, jeune, enthousiaste, spontanée et impétueuse: la violence insurrectionnelle; de l’autre côté l’organisme institutionnel, officiel, de l’État qui,conformément à la loi, réclame le monopole de la violence à travers la répression.

Non, ce n’était pas un ado innocent et un flic parano qui se sont retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment, mais plutôt un jeune compagnon rebelle qui a attaqué une voiture de flics, dans un quartier où les affrontements avec les forces répressives étaient monnaie courante, et un flic qui patrouillait dans le même secteur et, à partir d’une perception personnelle de l’honneur et de la réputation de la police, a décidé d’affronter seul les fauteurs de troubles. C’était un conflit entre deux forces opposées: l’une l’Insurrection, l’autre le Pouvoir, avec les protagonistes majeurs de ce conflit représentant chacun son camp.

L’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos de la part du flic Epameinondas Korkoneas et les importantes émeutes qui s’en sont suivies ont provoqué un puissant électrochoc social, puisque l’image de la «paix sociale» a volé en éclats et l’existence de l’opposition entre ces deux mondes a été montrée de la façon la plus évidente, déclenchant des situations d’où le retour à la normale n’était pas facile, ou du moins des événements que personne pouvait prétendre de n’avoir pas aperçu, pas vu, pas entendu, pas pris en compte.

La révolte de 2008 a secoué une société qui, dans sa majorité, profitait encore de la béatitude consumériste et du culte du style de vie occidental, ignorant les conséquences insupportables de la crise économique qui devait arriver. Cela a causé de l’embarras, de la léthargie et de la paralysie de la perception, puisque la majorité du corps social était incapable de comprendre d’où avaient surgi ces si nombreux milliers d’émeutiers créant des troubles d’un tel niveau.

Au lendemain de la révolte, de nombreux intellectuels, analystes politiques, professeurs,sociologues, psychologues, criminologues et même artistes, chacun tirant parti de son prestige professionnel et de sa renommée, ont rejoint le débat public, pas seulement pour interpréter Décembre 2008, mais aussi pour le priver de sa signification, le calomniant et condamnant la violence en soi, peu importe d’où elle vienne; ils ont ainsi montré clairement quel est leur vrai rôle social.

Il y a encore beaucoup à dire à propos de Décembre 2008 et son legs insurrectionnel, tel qu’il s’est manifesté par les dizaines de groupes d’action directe qui ont proliféré d’un coup à travers le pays, créant un front de menace intérieure. Une période pendant laquelle l’action directe anarchiste a sapé la normalité sociale presque quotidiennement. Mais ce que nous voulons par-dessus tout c’est de nous souvenir…

Nous souvenir de ce qui a été Décembre 2008 et de comment l’anarchie, qui a eu un rôle majeur, a participé à l’apparition de situations dynamiques, qui ont eu de la résonance dans le mouvement anarchiste international.

Nous souvenir du moment quand l’anarchie a dépassé la peur des arrestations, de la captivité et de la répression violente et a dès lors acquis une terrible confiance en soi, avançant vers des actions et des gestes qui jusque-là paraissaient impossibles; une confiance en soi qui était visible dans le panel entier de l’action anarchiste multiforme, de la simple intervention publique à toutes les formes d’occupation et des pratiques spontanées d’affrontement à des actions offensives plus organisées.

Nous voulons nous souvenir de notre jeune compagnon, coupable de sa spontanéité, qu’il a payé de sa vie. Dans d’autres circonstances, on aurait pu être à sa place, puisque le même enthousiasme insurrectionnel nous imprègne depuis lors, et du reste CHACUN.E doit se souvenir de ses débuts, au lieu de les exorciser.

Nous voulons nous souvenir de la beauté de paralyser l’espace et le temps de la société avec des court-circuits sociaux plus ou moins grands.

Nous voulons nous souvenir de ce que l’anarchie peut devenir, quand elle le veut… »

L’attaque contre Exarcheia

Notre attaque visait à causer le plus de dégâts matériaux possibles. Nous vous envoyons un reçu de caisse pour l’attaque de cette année, particulièrement violente, contre le quartier athénien d’Exarcheia. Ce sont les flics du MAT et d’autres terroristes d’État qui ont envahi Exarcheia, et notre haine ne connaît pas de frontières. Donc vous devez payer aussi. La gentrification d’Exarcheia sera plus chère que vous ne le pensez ! Notre participation à la conspiration nocturne est une contribution à une plus forte connexion des luttes, pour les mener au-delà des frontières nationales et attaquer massivement les autorités.

Vous ne pourrez pas arrêter les attaques, partout dans le monde. Tant que nos pensées et nos rêves vivent, ils prennent racine dans nos cœurs. Notre désir de libération trouve sa façon de s’exprimer dans nos attaques !

En mémoire d’Alexandros Grigoropoulos !
En hostilité mortelle contre les flics et surtout contre le flic Epameinondas Korkoneas !

Solidarité avec Exarcheia !
Vive l’anarchie !

Madrid (Espagne) : Quelques attaques à l’occasion du sommet COP25

Publié le 2019-12-12 13:07:05

Sabotage d’institutions bancaires dans le cadre de la COP25

ContraMadriz / mercredi 11 décembre 2019

Le matin du 9 décembre, plusieurs distributeurs de billets de 24 succursales bancaires du secteur de Chamberí [quartier dans le centre-ville de Madrid ; NdAtt.] ont eu leurs écrans brisés. Nous supposons que ce fait a quelque chose à voir avec le sommet sur le climat de la COP25. La Terre est en train d’être assassinée. Ni les politiciens qui se réunissent pour des photos et des banquets, ni les compagnies d’énergie et autres grandes entreprises qui sponsorisent ce sommet pour tenter de blanchir leurs visages pleins d’hypocrisie, ni la manifestation massive de gens qui montrent leur mécontentement en espérant que cette forme d’expression va engendrer magiquement un changement, n’ont été une véritable initiative pour défendre la Terre.

Probablement, les guichets automatiques cassés ne se transformeront pas par magie en un changement non plus. Cependant, l’action directe de la part de chaque personne qui cherche vraiment à arrêter la dévastation, est la seule promesse en laquelle nous avons maintenant confiance. Arrêter la dévastation, c’est nécessairement arrêter le capitalisme. C’est pourquoi le sabotage est aujourd’hui un outil à la grande signification, qui indique des objectifs concrets, mais qui appelle aussi à l’extension de cette même pratique.

Guerre à ceux qui détruit la Terre.
Pour l’Anarchie.

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Attaque à une entreprise d’autopartage – contre la Smart city

ContraMadriz / mercredi 11 décembre 2019

Par une matinée de travail monotone, un quelque amoureux de la Smart city et de l’hypocrisie de l’énergie propre, le cerveau intoxiqué par les applications, a dû marcher longtemps avant de pouvoir trouver une voiture….
La nuit dernière, sous le couvert du brouillard, dix voitures en autopartage ont été attaquées, dans plusieurs secteur d’un quartier de Madrid.

Contre la technologie, contre l’État et le monde Smart-zombie !
Vive l’anarchie !
Quelques amis de Ludd

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Barricade incendiaire sur la A42

ContraMadriz / mercredi 11 décembre 2019

Route coupée avec des pneus en feu, dans la matinée de mardi 10 décembre, à la hauteur de la Plaza Elíptica dans la direction de sortie de Madrid [la A42 est l’autoroute Madrid-Toledo; NdAtt.]; à l’occasion du sommet de la COP 25.

N’importe quel jour est bon pour interrompre le flux normal des marchandises et des infrastructures du capital, mais cette action rentre dans le cadre de l’appel à lutter contre les dirigeants mondiaux et le capitalisme vert qui se réunissent à Madrid en ce moment. Leurs objectifs sont toujours les mêmes : approfondir les conditions d’exploitation et de domination qui dévastent la terre. Tout cela accompagné d’un important déploiement répressif. La répression exercée contre celles/ceux qui ne respectent pas les règles de la protestation démocratique et citoyenne ne nous surprend pas. Également, cela ne nous surprend pas de voir comment l’action directe, l’entraide et la solidarité constituent l’épine dorsale des luttes ici à Madrid, à Barcelone, en France, en Grèce, au Chili, à Hong Kong, en Iran… La révolte est inarrêtable, qu’elle soit celle de petits groupes et d’individus et/ou dans des contextes plus larges.

Face à la dévastation, face à l’exploitation :
Guerre à ceux qui détruisent la terre !
Guerre à l’État et au Capital !

Anarchistes

Kervignac (Morbihan) : L’émetteur radio n’émet plus, il fume (MAJ 1312)

Publié le 2019-12-12 16:05:06

France 3 / mercredi 11 décembre 2019

Plusieurs antennes de radios publiques et privées sont sans voix depuis dimanche dernier sur l’agglomération de Lorient, suite à un incendie criminel sur le réemetteur de Kervignac, dans le Morbihan. Propriétaire du site, TDF a porté plainte. Tout est mis en œuvre pour rétablir les ondes.

Dimanche, un incendie a endommagé l’émetteur de l’opérateur TDF de Kervignac ( Morbihan) qui couvre ce périmètre. Pascal Devillers, délégué régional Nord/Ouest de TDF a confirmé ce mercredi matin avoir porté plainte pour incendie criminel. La gendarmerie de Lorient est chargée de l’enquête. Des vérifications et des analyses scientifiques sont en cours. Pour le moment, le parquet ne communique pas.
TDF a tout de suite engagé des travaux pour un retour à la normal qui devrait être opérationnel au plus tôt ce soir et au plus tard en fin de semaine selon Pascal Devillers.

En ce qui concerne les opérateurs téléphoniques, TDF a réussi a rétablir mardi l’énergie pour ses clients Bouygues, Orange, SFR et Free.
Du côté des radios publiques, France info qui ne passe pas par l’émetteur lorientais, a été épargnée. France Inter et France Bleu Breizh Izel ont été rétablies de façon provisoire. Problèmes à résoudre encore pour France Culture, France Musique et le Mouv’ .
Du côté des radios privées, manquent à l’appel : Virgin Radio, RFM, RTL, RMC, Hit West, Oui.FM. et Europe1 a trouvé une solution annexe.

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Mise à jour du 1312

Ouest-France / jeudi 12 décembre 2019

[…] Situé dans un espace isolé près d’un bois à Kernours, « le pylône n’est que partiellement touché. Les boîtiers informatiques qui se trouvent au sol dans une armoire ont entièrement brûlé », précise TDF qui « s’excuse pour la gêne occasionnée ».
Sur ce site, un relais de téléphonie mobile pour la 4G d’Orange a également été touché. « Les techniciens désinstallent ce qui a été brûlé et réinstallent des équipements neufs dans un local neuf sur le même terrain », précise TDF.
L’enquête de la gendarmerie se poursuit. Les auteurs ont dû franchir des clôtures pour accéder au site. Selon le commandant de la compagnie de Lorient, cet acte criminel n’était pas accompagné de revendication.
Le 11 octobre, un autre pylône de radiodiffusion situé à Plougastel-Daoulas (29) avait également été détruit par un incendie volontaire.

 

Le Télégramme / vendredi 13 décembre 2019

[…] « L’incendie d’un des plus gros émetteurs de la région a provoqué d’importants dégâts, principalement les locaux techniques installés au sol du site. Cela a interrompu la radio des douze radios présentes sur le site », indique TDF, propriétaire de l’émetteur. Les trois opérateurs de téléphonie mobile hébergés ont aussi été impactés.

« Depuis, toutes nos équipes ont été mobilisées pour rétablir le service au plus vite », assure le propriétaire de 18 000 infrastructures de ce type, qui a porté plainte. Toute la semaine, des techniciens étaient sur place pour nettoyer les équipements incendiés et endommagés et installer le nouveau matériel.

Plusieurs stations comme France Inter et France Bleu ont été rétablies au milieu de la semaine, Europe 1 a trouvé une alternative sur un autre moyen de diffusion. Ce vendredi, l’ensemble des radios a été remis en service.

Foix : Double incendie au conseil départemental

Publié le 2019-12-13 15:38:08

La Dépêche / vendredi 13 décembre 2019

Les pompiers de l’Ariège sont intervenus à deux reprises cette nuit sur un site du conseil départemental, à Foix. Une voiture du laboratoire départemental d’analyse vétérinaire est partie en fumée à 2 heures du matin et deux bureaux du centre local de l’aide sociale ont été fortement endommagés vers 7h30. La piste criminelle est privilégiée par les enquêteurs.

[…] À 2 heures du matin, une première alerte est arrivée au centre départemental d’incendie et de secours appelé pour un feu de voiture. Un fourgon et six pompiers se rendent alors sur les lieux pour une intervention classique et rentrent à la caserne peu après, laissant le véhicule détruit derrière eux.

Mais à 7h30, lorsque le 18 est composé une deuxième fois par la personne chargée de l’accueil, des soupçons commencent à poindre. Le personnel est incommodé par une odeur de fumée, dans le bâtiment situé à quelques mètres de la voiture calcinée. Cette fois-ci, le SDIS envoie une petite vingtaine de pompiers sous les ordres du commandant Julien Jaddier, et une caméra thermique pour lever tous les doutes.

La police est sur place aussi, rejoint par le procureur de la République. Car très vite, la piste criminelle est privilégiée. Un deuxième départ d’incendie est identifié. Il y a beaucoup de fumée et le réseau informatique est déjà bien endommagé. Le bâtiment est sécurisé… et le maire catastrophé. […]

CRA : L’État enferme, ses collabos s’engraissent… À bas l’enfermement et son marché !

Publié le 2019-12-13 15:38:08

Depuis deux ans, l’État rénove des centres de rétention administrative (CRA = prisons pour étranger·ère·s sans-papiers) pour créer des centaines de nouvelles places en rétention.

Aujourd’hui, il s’apprête même à faire construire trois nouveaux centres ! Diverses entreprises se font de l’argent sur le dos des étranger·ère·s en bâtissant et entretenant ces prisons labellisées « humaines » grâce à la caution fournie par des associations humanitaires.



Contre l’enfermement et son marché, ciblons les boîtes collabos !

Construire plus de CRA pour enfermer plus

Depuis fin 2017 l’État a décidé d’augmenter ses moyens pour enfermer et expulser plus d’étranger·ère·s dans le cadre d’un plan prévoyant la création de 481 nouvelles places en CRA d’ici 2020. En parallèle la nouvelle loi Asile et immigration, entrée en vigueur en 2019, augmente la durée maximale de rétention de 45 à 90 jours : pour enfermer plus et plus longtemps, il fallait bien construire plus de CRA… Ainsi, deux centres qui étaient fermés ont rouvert après rénovation en 2018 : l’un à Hendaye, près de la frontière avec l’Espagne (30 places), l’autre à Geispolsheim, près de Strasbourg (34 places).

En 2019, la cadence s’est accélérée ! À Tourcoing un nouveau local de rétention administrative (4 places) a ouvert ses portes en juin dernier. En août des travaux de rénovation ont été terminés dans le CRA de Nîmes pour faire passer sa capacité de 66 à 120 places. À Coquelles, près de Calais, il est prévu de terminer des travaux d’extension du CRA d’ici la fin de l’année pour atteindre une capacité de 100 places au lieu de 79 actuellement. Mais ce n’est pas tout, désormais l’État compte mettre en service trois nouveaux CRA d’ici 2023, à Olivet près d’Orléans (90 places), Lyon (140 places) et Bordeaux (140 places venant remplacer les 20 places existantes auparavant).

Le ministère de l’Intérieur a déjà lancé des appels d’offres pour la construction des deux premiers. Au total, c’est donc une augmentation de 35% du nombre de places en cage qu’annonce fièrement Castaner. Par ailleurs, sur les 40 millions de dépenses prévues en 2019 pour l’entretien des CRA, l’État dit en avoir consacré 2 millions à « l’amélioration du cadre de vie », histoire de se donner une image de geôlier humaniste… Non seulement il n’existe pas de prison « humaine », mais en plus, on sait bien que l’État fait tout pour que les conditions de vie soient les pires possible dans ces taules qui, à leur construction, ne devaient servir à enfermer « que » quelques semaines (et pas 3 mois). La bouffe dégueulasse, des matelas et cellules immondes, l’absence totale d’activité [1] : tout ça fait partie intégrante du dispositif carcéral de l’État qui vise ici à punir et faire souffrir les étranger·ère·s qui n’ont pas le bon bout de papier.

Un business profitable : l’enfermement sert le capital

Enfermer les étranger·ère·s en CRA, c’est d’abord pour l’État un moyen
d’éloigner et de punir celles et ceux qu’il considère comme indésirables, ici les non-blanc·he·s et les pauvres. Mais c’est aussi un marché juteux pour de nombreuses entreprises et associations qui collaborent à ces politiques racistes pour se faire de la thune sur le dos des enfermé·e·s. Pour la construction du nouveau CRA d’Olivet, près d’Orléans, c’est près de 9,5 millions d’euros qu’empocheront les entreprises choisies par l’État pour la réalisation des travaux — dont les architectes participant au concours de qui construira la plus belle taule [2]. Ce business concerne la construction des centres, mais également leur conception et leur maintenance. D’ailleurs, concernant le nouveau CRA de Lyon, qui sera construit au niveau de l’aéroport Saint-Exupéry, toutes ces prestations seront réunies dans un même contrat pour une enveloppe totale estimée à 18,7 millions d’euros [3].

À l’échelle de tout le pays, ce sont plusieurs dizaines de boîtes
collabos qui profitent de ces marchés :

VITTE, NOVELEC, ART MANIAC, SPIES FACILITIES, BD Ingéniérie, Atalian, GTM multiservices (filiale de Vinci) ou encore GFC Construction (filiale de Bouyges) pour la construction ;
Pierre Louis Carlier (Coquelles), IAM architectes (Mayotte), CCD
Architecture (Marseille), APC Architectes (Toulouse) pour la conception ;
Engie Cofely pour la fourniture d’énergie ;
CENTURIONS pour la sécurité privée ;
MTO, Elior ou Onet pour le nettoyage…

Certaines boîtes font même des CRA et autres taules leur source
principale de profit, à l’image de GEPSA, filiale d’Engie, qui se
revendique « expert du Facility Management en sites sensibles ». D’autres, comme Elior, se spécialisent dans le racisme rentable à toutes les étapes de la chaine de production, notamment en exploitant des sans-papiers pour aller faire le ménage… dans les CRA !

Les centres de rétention, comme toutes les prisons, sont les produits
d’une véritable industrie carcérale qui veille à toujours grossir et se diversifier : la « crise migratoire » a ainsi fourni un nouveau marché
prometteur à ce capitalisme de taules. Sans surprise, ce dernier n’a pas de frontières : par exemple, la BNP Paribas finance le groupe GEO, numéro un des prisons pour migrant·e·s aux États-Unis [4], Sodexo vend des services de restauration dans des CRA en France, mais aussi d’autres services dans des prisons d’Espagne, des Pays-Bas, de Belgique et du Chili. Enfin, en bout de chaine, les expulsions des personnes retenu·e·s n’auraient pas lieu sans la collaboration de la quasi-totalité des compagnies aériennes, d’AirFrance à Qatar Airways ou Royal Air Maroc, avec toujours de belles sommes à la clé (à titre d’exemple, en 2014 TwinJet signait un contrat avec le ministère de l’Intérieur pour 1,5 million d’euros par an pendant 4 ans [5]).

Actions ciblant Onet et Vinci, Lyon 2018.

Les associations humanitaires, rouages de la machine

En dehors de ces entreprises, le fonctionnement des centres de rétention repose également sur des associations qui participent à leur gestion tout en servant de caution humanitaire. Le groupe SOS, Forum réfugiés, France terre d’asile, La Cimade, l’Ordre de Malte et solidarité Mayotte sont rémunérées par le ministère de l’Intérieur pour effectuer des prestations d’ » aides juridiques et sociales » dans les CRA. Bien souvent, ces associations aident, d’un côté, à pacifier les rapports entre retenu·e·s et flics et, de l’autre, à faire taire les mouvements de révolte à l’intérieur.

Parmi les exemples récents, on peut citer la Cimade au Mesnil-Amelot qui, en novembre, refuse de faire sortir le communiqué écrit par les retenu·e·s en grève de la faim [6], ou l’ASSFAM à Vincennes qui déclare à un retenu que s’il est déporté si vite, c’est à cause du témoignage qu’il a fait publier sur internet dans lequel il dénonce la mort de son co-retenu [7]. En plus, dans bien des cas, ces associations mettent des bâtons dans les roues des retenu·e·s plutôt que les aider, comme à Plaisir en septembre dernier lorsque France terre d’asile a refusé de délivrer les documents prouvant que les flics avaient interdit des parloirs, alors même que ces attestations auraient pu permettre la libération des retenu·e·s.

D’autre part, les flics des CRA sont bien épaulés par des médecins et des infirmier·ère·s qui distribuent anxiolytiques et antidépresseurs à gogo, notamment pour shooter les retenu·e·s avant leur vol et avant leurs audiences devant le juge des libertés et de la détention (JLD). D’ailleurs, les retenu·e·s le disent : à Vincennes en mars dernier, certains revendiquaient, en même temps que la grève de la faim, la grève de l’ASSFAM et de l’infirmerie, clairement identifiés comme des complices du système d’enfermement [8].

En acceptant de travailler dans les CRA, les associations et médecins légitiment et rendent acceptable ce qui s’y passe : puisque « l’exercice effectif des droits des retenu·e·s » est respecté, l’enfermement et l’expulsion ne sont plus un problème. L’État peut ainsi se targuer d’enfermer et expulser « humainement »…

Action contre La Poste, Juin 2019 Champigny.

De l’État aux entreprises, les acteurs de la machine à expulser
participent à bâtir ce monde d’exploitation et de domination qui a besoin de prisons et de frontières pour continuer d’exister. En même temps qu’elles construisent ou assurent la maintenance des CRA, ce sont les mêmes entreprises, toujours en étroite collaboration avec l’État, qui dévastent des régions entières pour y creuser des mines (Vinci, Bouygues), empoisonnent nos vies en fabriquant des réacteurs nucléaires (Engie), exploitent des pauvres en agents de « sécurité » pour fliquer tou·te·s les autres en permanence (Onet, Atalian), installent des caméras à tous les coins de rue pour mieux nous surveiller (SPIE), etc.

Elles sont partout autour de nous, souvent dans des espaces accessibles, où il est possible de leur rappeler qu’on ne les aime pas !

Article publié sur abaslescra.noblogs.org en PDF



Notes

[1Voir à ce propos l’ensemble des témoignages de prisonnier·ère·s publiés sur abaslescra.noblogs.org, par exemple : https://abaslescra.noblogs.org/des-lettres-de-prisonniers-enfermes-au-cra-de-vincennes-en-idf/

[2Cet été, des boîtes d’architectes ont répondu à l’appel d’offres pour la conception du centre.

[3L’appel d’offres lancé par le ministère de l’Intérieur en février 2019 comprend, dans un seul lot, la construction, l’aménagement,
l’exploitation, la maintenance et l’hôtellerie du nouveau CRA, faisant de ce dernier une taule en gestion déléguée.

[7le 8 novembre 2019, Mohammed, retenu à Vincennes, est mort des suites d’une overdose de médicaments, donnés par l’infirmerie. Voir le témoignage de son co-retenu : https://abaslescra.noblogs.org/au-cra-linfirmerie-cest-une-boucherie-un-autre-mort-a-vincennes-ni-oubli-ni-pardon/

Vidauban (Var) : Deux antennes-relais incendiées

Publié le 2019-12-13 15:39:08

Var Matin / jeudi 12 décembre 2019

Dans la nuit de mercredi à jeudi, un incendie criminel a endommagé deux antennes relais mobile à hauteur du chemin de l’Escarayol, sur la commune de Vidauban.
Situées à 150 m l’une de l’autre, elles appartiennent à SFR, mais sont également utilisées par Bouygues Telecom. De facto, les réseaux mobiles des deux opérateurs sont impactés, sur la commune de Vidauban, mais aussi sur celle des Arcs-sur-Argens.

« Nous estimons que près d’un millier de nos clients en téléphonie mobile sont impactés sur les deux communes, précisait ce jeudi, en fin d’après-midi Emmanuel Meuly, directeur des relations régionales et du patrimoine chez Bouygues Telecom. Pour l’heure, nous ne pouvons pas communiquer sur un délai de rétablissement. En lien avec SFR, il faut que nous nous assurions que la structure des pylônes n’ait pas été endommagée, avant d’envisager toute intervention. Des techniciens s’en assureront ce vendredi matin. Nous mettons tout en œuvre pour rétablir le service le plus rapidement possible. »
Du côté de SFR, Isabelle Simon, déléguée régionale pour la région Méditerranée, va dans le même sens. « Pour notre part, nous chiffrons le nombre de clients impactés à 1800. Nous avons mandaté une expertise pour mesurer l’ampleur des dégâts sur les antennes. Bouygues Telecom est chargé de la maintenance du service. Il faut voir si des travaux de réfection peuvent être réalisés. Dans tous les cas, le rétablissement des lignes peut prendre du temps. Si c’est le cas, il faudra alors trouver une solution alternative, comme par exemple l’installation d’une antenne mobile. » […]

Italie – opération Prometeo : Robert sort de taule

Publié le 2019-12-13 15:39:08

Round Robin / mercredi 4 décembre 2019

Robert [arrêté le 21 mai lors de l’opération répressive Prometeo ; NdAtt.] a été libéré le 2 décembre. Il n’est soumis a aucun type de contrôle judiciaire et il va bien.
Beppe et Nat, en revanche, restent en taule, à Pavie et Plaisance respectivement.

NdAtt. : les adresses pour leur écrire

Natascia Savio
C. C. di Piacenza
Strada delle Novate, 65
29122 – Piacenza (Italie)

Giuseppe Bruna
C. C. di Pavia
Via Vigentina, 85
27100 Pavia (Italie)

Rennes : Voilà pour les courroies de l’exploitation salariale (retraites ou pas)

Publié le 2019-12-13 18:37:06

Ouest-France / mardi 10 décembre 2019

Dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 décembre, les locaux de l’Union départementale Force ouvrière ont été la cible de vandales. Dans le centre-ville de Rennes, rue d’Échange, près de la place Sainte-Anne, la porte d’entrée a été endommagée, le vitrage a été cassé.

« De tels faits s’étaient déjà produits en 2016, lorsque nous manifestions contre la loi Travail. Cette fois, c’est en pleine mobilisation contre la réforme des retraites », déplore Fabrice Lerestif, secrétaire départemental de Force ouvrière en Ille-et-Vilaine, qui n’hésite pas à parler d’« acte d’intimidation ».[…] Faisant allusion aux dégâts provoqués par certains militants en marge des cortèges, il ajoute : « La détermination ne se mesure pas au nombre de vitrines brisées. Ça, c’est du folklore, ça peut même servir le gouvernement. » [voilà, pas surprenant donc que ce soit leur porte qui est cassé, après ; NdAtt.]

Les lycéen.ne.s debrayent avant, pendant et après les journées de grève (10/12)

Publié le 2019-12-13 18:37:10

Lille : « Le travail on en grève » – manif lycéenne et heurts avec les bleus

La Voix du Nord / mardi 10 décembre 2019

Les lycéens et étudiants se sont mobilisés ce mardi matin. Ils étaient entre 800 et 1 000 dans les rues de Lille, contre la précarité étudiante, la réforme du bac, mais aussi contre celle des retraites. Des incidents ont éclaté avec les forces de l’ordre, parfois sur les voies de circulation au milieu des automobilistes.

8 h 30, premiers incidents devant le lycée Pasteur Comme lundi, la journée commence par des blocages de lycées. À Montebello, d’abord, où des grandes grilles sont installées par les manifestants, vite retirées par les policiers. Ces derniers libèrent l’entrée vers 8 h, et interdisent tout affichage. […]
Au même moment, environ 400 jeunes sont rassemblés devant le lycée Pasteur, dont l’entrée est bloquée, comme lundi. La tension monte. Après quelques jets de projectiles, les forces de l’ordre chargent par une série de tirs de grenades lacrymogènes. Les adolescents se dispersent, pour mieux se regrouper boulevard Carnot et rue des Cannoniers, où des poubelles sont brûlées. Nouvelles salves de lacrymogène. Les lycéens fuient. À La Madeleine, le grand boulevard est fermé. À Lille-centre, les véhicules circulent dans la cohue.

9 h 30, en route vers (l’inaccessible) lycée Fénelon. Dispersés, mais pas vaincus, les lycéens reforment un cortège et partent au pas de course vers le lycée Fénelon. Certains sont très remontés contre la police  : « Ça va trop vite, dit l’un d’eux. Dès qu’on veut bloquer ou manifester, on est tout de suite gazés, sans qu’il soit possible de discuter. On veut nous faire partir, nous empêcher de défiler. Ça va avoir l’effet inverse : on va être de plus en plus nombreux et de moins en moins gentils. »
Le cortège réduit à 150 lycéens traverse République, mais l’accès à Fénelon est verrouillé par les policiers. Ados et forces de l’ordre jouent au chat et à la souris entre Wazemmes et la place des Halles. Jusqu’à un nouvel échange projectiles – gaz, rue Solférino. Deux personnes sont interpellées.

10 h, tous à l’IEP ! Place de la République, les rangs grossissent : Pasteur, Montebello, Fénelon, Valentine-Labbée et différents quartiers Lillois. Et des étudiants, aussi. Au total, entre 800 et 1 000 personnes prennent la direction de l’Institut d’études politiques (IEP), bloqué depuis 6 h 15. Comme la faculté de droit et de sciences politiques, d’ailleurs, où les examens prévus ce mardi ont été annulés.
Devant l’IEP, une poubelle est incendiée. Alors que la plupart des lycéens manifestent dans le calme, la police intervient. Et gaze. […]

10h30, retour devant Pasteur Un premier groupe venant de l’IEP retourne au lycée Pasteur. La situation se tend à nouveau. Une cinquantaine de lycéens bloquent la route, s’assoient sur les voitures. Des pierres volent. Le ton monte, aussi, avec des automobilistes. Une voiture repart, un adolescent sur le capot. Une autre fonce et roule sur un extincteur vidé, abandonné sur la chaussée.
Le reste du cortège arrive, en même temps que la police. Les tirs de lacrymogènes reprennent. Les lycéens courent au milieu des véhicules en circulation, boulevard Carnot. La plupart des automobilistes s’arrêtent mais d’autres foncent dans le tas. On frôle plusieurs fois l’accident. […]

Les policiers ont repoussé vers 11 h 30 les manifestants dans le parc Matisse. Près de 300 lycéens ont alors pris la direction du lycée Valentine-Labbé, avant d’être repoussés, à nouveau, par des jets de gaz lacrymogènes, vers Lille.

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Décines-Charpieu (Rhône) : Les trams circulent encore ? Non, ils sont bloqués parles echauffourées

actuLyon / mardi 10 décembre 2019

Mardi 10 décembre, des débordements en marge d’un blocage de lycée à Décines-Charpieu (Rhône), près de Lyon ont perturbé les trafics du T3, du Rhônexpress et de six lignes de bus.

[…] En raison de débordements en marge d’un blocage de lycée, la police a demandé à TCL d’arrêter le trafic vers 9h30. Les forces de l’ordre sont actuellement en train d’intervenir à proximité de la station Décines Esplanade. La police a confirmé que l’opération de police concerne un blocage du lycée par des élèves.
En plus du tramway et des bus, le réseau du Rhônexpress est, lui aussi, perturbé. Un service de substitution est mis en place et des agents doivent informer les voyageurs dans les stations. […]

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Nantes : Blocages et feux de poubelles

Ouest-France / mardi 10 décembre 2019

Plusieurs actions de blocages ont lieu ce mardi 10 décembre au matin, notamment dans les lycées nantais. La ligne 4 du busway était également déviée, en raison d’une intervention de police pour un feu de poubelles sur les voies.
[…] Si le mot d’ordre général est d’exiger le retrait de la réforme des retraites, d’autres facteurs ont pesé dans la mobilisation des lycéens. Notamment la précarité qui touche les étudiants, citant l’exemple d’Anas. K, l’étudiant lyonnais qui s’était immolé par le feu.
Augustin, 16 ans, présent devant le lycée ce matin, explique d’ailleurs travailler sur les marchés « tous les week-ends, dès 5 h du matin, pour aider sa mère ». Un autre, Nils, pointe également la réforme du Bac, « qui alourdit les emplois du temps » ou le fait qu’un tiers des classes n’avait pas de prof principal au début de l’année ». Un autre veut quant à lui défendre les free partys et évoque la mort de Steve Caniço dans la Loire cet été.
Tous doivent ensuite rejoindre l’assemblée générale des cheminots, à 10 h à la gare.
Du côté du lycée de Les Bourdonnières, au sud de Nantes, les lycéens bloquaient partiellement l’entrée de l’établissement. Des poubelles ont même été incendiées sur les voies de la ligne 4 du busway, obligeant les forces de l’ordre à intervenir. Un temps déviée, la circulation a pu reprendre normalement. De nouveaux containers ont été incendiés plus tard dans la matinée, alors que les lycéens défilaient dans le quartier.

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Bouaye (Loire-Atlantique) : Les profs reprennent le travail, mais les lycéen.ne.s non !

Ouest-France / mardi 10 décembre 2019

Ce mardi 10 décembre, dès 7 h 30, un groupe de lycéens du lycée Alcide-d’Orbigny, à Bouaye, au sud de Nantes, a rassemblé les poubelles du voisinage devant le lycée et transporté des ganivelles de la Ville, stockées près du complexe sportif René-Gautier, tout proche, pour bloquer l’accès de l’établissement scolaire.
Environ 200 lycéens sur 1 100 ont pu entrer pour suivre les cours. L’un des leaders du mouvement explique « exprimer le ras-le-bol sur tout » . En pensant à son futur, il s’insurge « contre les frais d’inscription qui augmentent. On étudie, on va bientôt rentrer dans la vie active, on sera imposé sur tout. Le système favorise la précarité étudiante. Nous sommes aussi opposés à Parcours SUP qui créé des inégalités entre les lycées de ville et de campagne, comme ici, à Bouaye. »
À 10 h, ils n’étaient plus qu’un petit groupe devant l’entrée. La plupart des lycéens sont rentrés chez eux ou ont appelé leurs parents quand il n’y avait pas de transport. Les lycéens ont prévu de reconduire le blocage jeudi 12 décembre.
Du côté des professeurs, seuls quelques-uns étaient grévistes ce mardi contre 80 % jeudi 5 décembre.

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Paris : On ne sera plus jamais sages

CNews / mardi 10 décembre 2019

S’inscrivant dans le mouvement social en cours, alors qu’une manifestation est prévue cet après-midi à Paris, plusieurs lycées de la capitale étaient bloqués ce mardi 10 décembre au matin, notamment en vue de dénoncer la réforme des retraites et la précarité étudiante.
«La précarité tue», «contre la précarité, pour la solidarité» ou encore «la retraite nous tuera à coups de poing», pouvait-on lire ce mardi matin sur des pancartes érigées devant le lycée Hélène Boucher, dans le 20e, où des poubelles et des barricades ont été installées pour bloquer l’entrée de cet établissement situé cours de Vincennes.
Un blocage moins impressionnant mais visible quand même était également en cours devant le lycée Colbert, situé rue du Château-Landon, dans le 10e, selon le syndicat lycéen FIDL, ou encore devant le lycée Turgot, situé rue de Turbigo, dans le 3e.
Et à ceux qui se demanderaient pour quelles raisons les lycéens bloquent leurs établissements et s’associent à ce mouvement de grève national, ils se disent «contre la réforme des retraites»et «contre la réforme du baccalauréat et la sélection sur Parcoursup». […]

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Anger : On n’oublie pas les personnes aux mains des flics

Ouest-France / mardi 10 décembre 2019

Une nouvelle journée de grève a lieu ce mardi 10 décembre partout en France contre la réforme des retraites dont le contenu détaillé doit être présenté mercredi. La situation s’est tendue à Angers après l’interpellation de trois lycéens. Le cortège angevin de 3 500 manifestants s’est rassemblé devant le commissariat puis la préfecture pour réclamer leur libération. À Cholet, on a compté 350 personnes. Elles étaient au nombre de 500 à Saumur.

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Grenoble

France Info / mardi 10 décembre 2019

D’après les organisations syndicales lycéennes et étudiantes, 5 lycées seraient bloqués ce matin à Grenoble depuis 6h : les Eaux Claires, Mounier, Argouges, Louise Michel et le lycée de la Mure. Dans le centre ville, le lycée Stendhal ferait l’objet d’un simple tractage.
Un incident s’est produit ce matin vers 8H devant le lycée des Eaux-Claires, quand un homme armé d’une machette a tenté de couper les rubalises mises en place par les lycéens pour récupérer les poubelles de l’établissement. L’homme agité, a insulté et menacé les élèves. L’un d’eux s’est interposé et a pris un coup de poing. L’arrivée du proviseur a permis le retour au calme et le départ de l’agresseur [machette… proviseur… quelle occasion ratée !  NdAtt.].
Sur le campus l’Arsh (art et sciences humaines), Sciences Po et le Bâtiment des Sciences de l’Homme et des Mathématiques sont également bloqués.

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Le Mans

Ouest-France / mardi 10 décembre 2019

Une vingtaine d’élèves ont bloqué, ce mardi 10 décembre 2019, dans la matinée, les accès du lycée Bellevue au Mans. Un incident est survenu : une surveillante a roulé sur le pied d’une lycéenne. [article payant ; NdAtt.]

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Halluin (Nord)

La Voix du Nord / mardi 10 décembre 2019

Quatre manifestants ont été arrêtés ce mardi matin lors de troubles à l’ordre public survenus en marge d’une tentative de blocage du lycée professionnel Saint-Exupéry. Il n’y a pas eu de blessés. [article payant ; NdAtt.]

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Avallon (Yonne)

L’Yonne républicaine / mardi 10 décembre 2019

Ils bloquent partiellement l’entrée du lycée des Chaumes à Avallon depuis 7 h 30 ; mais aux environs de 11 heures, les lycéens n’étaient plus qu’une quarantaine. Et pour cause, parmi eux, ce sont principalement des élèves de terminale qui se sont mobilisés. « On s’est renseignés sur notre droit de faire grève et les conséquences », assure Lucrèce, 17 ans.
« On débat depuis plusieurs semaines, on a fait une liste de revendications », retrace Noémie. Ces revendications justement, concernent plus la récente réforme du bac que celle des retraites qui mobilise beaucoup actuellement : nouveaux programmes, suppressions de postes et regroupement des options, système parcoursup, cadence des cours… « les retraites n’arrivent qu’en dernier dans leurs revendications » […]

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Dans la Vienne

extrait de Centre Presse / mardi 10 décembre 2019

Certains l’attendent comme un point de bascule. Une entrée des professeurs et lycéens dans la mobilisation contre la réforme des retraites pourrait être décisive. Hier matin dans la Vienne, plusieurs établissements ont vu leurs entrées bloquées quelques instants puis filtrées par des barrages mis en place par les élèves. Parallèlement, les déclarations de grève des professeurs se multiplient. Ils viendront gonfler les rangs du cortège poitevin cet après-midi. […]

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Marseille – la manif (non-)syndicale

Castres (Tarn) : Grave pour la démocratie, mais bien pour la liberté

Publié le 2019-12-13 18:38:09

La Dépêche / jeudi 12 décembre 2019

Dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 décembre, le local du Parti Socialiste de Castres (Tarn) a été vandalisé. La vitrine a été brisée et la plaque du parti qui se trouvait sur la porte d’entrée a été arrachée.
Le Parti Socialiste a déposé plainte ce mardi 10 décembre. « On a découvert ça lundi soir… Ça n’était jamais arrivé, c’est scandaleux. C’est un acte aussi stupide que lâche. C’est très grave pour la démocratie, quel que soit le parti politique d’ailleurs », a expliqué Martine Daste-Moron, secrétaire de la section du Parti Socialiste de Castres […]

Monticello (Haute-Corse) : Un engin de chantier part en fumée

Publié le 2019-12-14 11:33:05

Corse Net Infos / jeudi 12 décembre 2019

Les incendies d’engins de chantiers se multiplient en Balagne. Ce jeudi c’est à Monticellu, vers 3h40 qu’un tracto pelle s’est embrasé. Malgré l’intervention des pompiers de L’Ile-Rousse l’engin a été totalement détruit par les flammes.

Privas : Fumer tue ? Mais parfois libère

Publié le 2019-12-14 11:33:07

Le Parisien / vendredi 13 décembre 2019

[…] Il a abusé de la confiance qu’on lui avait donnée. Un jeune détenu de la maison d’arrêt de Privas (Ardèche) a profité d’une sortie culturelle pour se faire la belle.

L’homme de 19 ans participait à une sortie avec deux autres détenus dans une salle d’exposition de la ville. Deux agents des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) les accompagnaient, nous informe la direction de l’administration pénitentiaire.
Durant l’atelier, dirigé par une animatrice en arts plastiques, le jeune homme est allé fumer une cigarette avec un autre détenu. Il n’est jamais revenu. Le procureur de la République et le commissariat ont été avisés. Un avis de recherche a été lancé.
Vols et conduite sans permis

Le jeune adulte purgeait une peine de deux ans de prison pour des vols et une conduite sans permis. Il n’avait jamais tenté de s’évader auparavant et ne faisait donc pas l’objet d’une surveillance particulière.
En juillet dernier, le personnel de la maison d’arrêt de Privas, un établissement dont la construction remonte au début du XIXème, avait découvert un tunnel creusé dans la cellule de trois détenus. Le trou de 50 centimètres qui donnait vers la cour de promenade de la prison avait été dissimulé derrière un poster.

Colmar : Saut en hauteur… vers la liberté

Publié le 2019-12-14 11:34:12

France Bleu / jeudi 12 décembre 2019

Un homme s’est évadé de la cour d’appel de Colmar jeudi. Il venait d’être placé en détention par les juges quand il a sauté par la fenêtre.

Un homme de 32 ans s’est évadé jeudi de la cour d’appel de Colmar. À l’issue d’une audience à huis clos et sans policier, il a bondi au-dessus du bureau et sauté entre les deux magistrats qui venaient de la place en détention et sauté par la fenêtre.
L’homme comparaissait libre devant la chambre de l’instruction, il n’était pas considéré comme dangereux, précise le procureur général, Eric Lallement. Après avoir sauté par la fenêtre, l’homme a atterri sur le capot d’une voiture située deux mètres plus bas, avant de fuir. A 18h, jeudi, il est toujours recherché par la police

Les blocages des lycées vont crescendo (12-13 décembre)

Publié le 2019-12-14 11:44:04

Lille : Toujours dans la rue

La VDN / jeudi 12 décembre 2019

Quelque 200 manifestants ont traversé la ville pour se rendre vers le lycée Pasteur ce jeudi matin, un peu après 8h. Au fils de la matinée, ils ont manifesté devant Pasteur, Faidherbe, Gaston-Berger, Fénelon, Montebello. À Roubaix, c’est devant le lycée Van-Der-Meersch que des lycéens opposés à la réforme des retraites sont rassemblés.
10h40. Des manifestants sont toujours signalés devant le lycée Jean-Perrin à Lambersart  :
10h15. Le lycée Jean-Perrin à Lambersart est lui aussi bloqué par des manifestants. Des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre.
Deux jeunes ont été interpellés par les forces de l’ordre à La Madeleine. Interrogé par notre journaliste sur place, la police évoque « des jets de projectiles, jets de mortiers ».

Depuis 9h30, des lycéens manifestent devant le lycée Faidherbe. Des manifestants se trouvent également devant le lycée Gaston-Berger. La police aussi.
À 9h40, la circulation est rétablie sur le Grand Boulevard.
À 8h30, la voie latérale de circulation qui passe devant l’établissement a été fermée à la circulation par les forces de l’ordre. Ils sont 300 lycéens devant le lycée. Puis ils ont décidé d’aller investir le Grand Boulevard. La situation est dangereuse avec une circulation qui se poursuit et des tensions avec les automobilistes.
La circulation a été fermée sur le boulevard Carnot un peu avant 9h. Les manifestants quittent les voies de circulation pour se rendre de nouveau devant leur établissement.

Avant cela, la situation s’est tendue vers 7h30, aux abords du lycéen Fénelon, où des poubelles ont été incendiées. Un cocktail molotov a été lancé sur le personnel de l’établissement, a priori par des manifestants extérieurs au lycée.
Par ailleurs, des poubelles sont incendiées avec des pétards devant le lycée Montebello, où quelque 300 lycéens forment une chaîne humaine pour bloquer l’entrée.
Des jeunes sont placés de part et d’autre du boulevard. Ils comptent rester sur place jusqu’en milieu de matinée et rejoindre ensuite le centre-ville pour une manifestation inter-lycées. Les manifestants montent au front contre la réforme du bac, l’urgence climatique et la réforme des retraites.

Mercredi, des échauffourées entre lycéens et policiers ont eu lieu à Pasteur (Lille) et Valentine-Labbé (La Madeleine). Lesquels ont conduit à un total de huit interpellations. Une camionnette a été incendiée au parc Matisse. […]

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Lambersart (Nord) : Caillages de flics, sabotages de caméras

France Info / jeudi 12 décembre 2019

La température est montée ce jeudi matin à Lambersart autour du lycée Jean-Perrin. Des élèves ont tenté de bloquer l’établissement avant 8h notamment avec un feu de pneu. Aucune revendication claire n’a été énoncée. Pas de prise de parole non plus, selon des témoins.
Les manifestants se sont ensuite regroupés dans les rues situées aux alentours. Les CRS ont été appelés sur place par le proviseur. Des pierres et des bouteilles ont été jetées en direction de la police. Cela a abouti à des tirs de lacrymogène avenue de la République.
Les lycéens, environ 200, se sont ensuite de nouveau déplacés. Un camion venu livrer une cantine a été pris d’assaut. Des lycéens, dont certains ne sont pas scolarisés à Jean-Perrin, ont volé des légumes, des oranges et des oeufs pour les jeter en direction de l’établissement. […]

Selon des témoins, un manifestant s’en est également pris à une caméra de videosurveillance de la ville. La mairie confirme qu' »une ou deux caméras ont été endommagées ». Des voitures ont été bloquées et des poubelles ont pris feu.

Vers 11h15, le calme est revenu sur place. Au moins un lycéen a été interpellé. A la suite de ces incidents, le lycée sera fermé vendredi et samedi matin. Les cours ne reprendront que lundi.
D’autres lycées de la métropole lilloise ont aussi connu des blocages ce jeudi matin, notamment à La Madeleine et à Lille. Au lycée Fénelon, les perturbations ont amené à l’annulation des cours. Le bac blanc de la semaine prochaine a également été reporté.

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Marseille : Ça bloque avec le feu, mais les flics interpellent deux personnes

La Provence / jeudi 12 décembre 2019

Selon nos informations, deux élèves du lycée Antonin Artaud (13e), dont un serait mineur, ont été arrêtés il y a une heure environ par les équipages du commissariat Nord. Ils venaient de mettre le feu à des containers pour tenter de bloquer l’entrée de l’établissement. La police est toujours sur les lieux afin de les sécuriser.

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Dans la Vienne

La Nouvelle République / jeudi 12 décembre 2019

Plusieurs dizaines d’élèves du Lycée pilote innovant international du Futuroscope (LP2I) bloquent leur établissement jeudi 12 décembre 2019, pour la 4e fois consécutive depuis la semaine dernière. « Nous continuons la lutte contre la réforme des retraites.  Nous nous battons aussi contre la précarité étudiante, contre la réforme du BAC qui provoque des inégalités entre lycées urbains et ruraux. Nous nous battons aussi pour la sauvegarde de nos dotations horaires dans le cadre des activités complémentaires de formation. Le LP2I est un lycée spécifique et nous tenons à ce qu’il le reste », a expliqué Lisa (terminale ES) qui regrette, comme beaucoup de ses camarades rencontrés sur place « que le gouvernement ne prenne pas non plus conscience de l’urgence écologique. » […]
A Nelson-Mandela, pas de blocages à 9h30 mais un piquet de grève de 7h à 9h tenu par une vingtaine de personnes, enseignants et élèves. La grève est reconduite par une partie du personnel mais des cours ont malgré tout lieu.
Pas de grève ni de blocage ce matin au lycée du Bois-d’Amour à Poitiers. Une assemblée générale est programmée à 12h45 pour décider des actions à mener la semaine prochaine.[…]
Un homme a été interpellé devant le lycée Victor-Hugo, à 10 h, suspecté d’avoir jeté un projectile sur les forces de police présentes sur les lieux. Il ne s’agirait pas d’un élève du lycée. Il a été conduit menotté au commissariat. Le blocus de l’établissement du centre-ville est en cours depuis 7 h 40. Jusqu’à cette interpellation, l’ambiance était bon enfant, les policiers présents ayant demandé aux élèves de se positionner sur les trottoirs afin de laisser la circulation libre.

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Lyon : Trois jeunes passent au tribunal

Lyoncapitale / jeudi 12 décembre 2019

Trois jeunes âgés de 16 et 17 ans, non connus par les services de police, ont été arrêtés ce mardi 10 décembre dans la matinée. Ils sont soupçonnés d’avoir incendié plusieurs poubelles devant les lycées Jacques-Brel et Marcel-Sembat à Vénissieux. Le premier a été interpellé en flagrant délit tandis que les deux autres ont été identifiés grâce aux caméras de surveillance et interpellés mercredi dans la matinée. Ils vont être présentés au parquet des mineurs ce jeudi en vue d’une mise en examen pour “incendie de biens publics en réunion et incendie de biens publics”.

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Lagny-sur-Marne (Val-de-Marne) : Vive l’action en petits groupes ! (mais gare à la poisse…)

Le Parisien / jeudi 12 décembre 2019

[…] Jeudi matin, un élève du lycée Van Dongen à Lagny-sur-Marne a été interpellé par les effectifs du commissariat de Lagny. Il venait de taguer la façade de son établissement de deux slogans anti-police et d’un troisième contre le président de la République Emmanuel Macron.
« ACAB » pour « All cops are bastards », « Macron NTM [bon, on aurait pu se passer des insultes sexistes à l’encontre de Brigitte… NdAtt.] tes réformes » et enfin « Fuck le 17 » ont été inscrits sur la façade brunâtre du lycée à la peinture rouge.
Ces derniers jours, des effectifs de police passent régulièrement à proximité du lycée pour prévenir tout débordement en cas de tentative de blocage de l’établissement. Ce jeudi, c’est à 6 h 15 qu’une patrouille a remarqué trois jeunes à proximité de Van Dongen et qui ont pris la fuite en les apercevant. Les dégradations auraient débuté vers 5 h 30.
L’un d’eux a été rattrapé et interpellé. Un quatrième jeune présent sur les lieux a aussi été arrêté avant d’être mis hors de cause. Sur le premier, les policiers ont retrouvé un survêtement de rechange, un fumigène et des lunettes de protection cachées dans un sac à dos. Surtout, il avait les mains tachées de peinture rouge…
Placé en garde à vue, cet habitant de Saint-Thibault-des-Vignes est ressorti dans la journée avec une convocation par officier de police judiciaire (COPJ) assortie d’une mise en examen pour détention d’arme prohibée et dégradation de bien public.

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Toulouse

La Dépêche / jeudi 12 décembre 2019

Des poubelles et des barrières sur les différents points d’entrée et de sortie du lycée Saint-Sernin de Toulouse : ce jeudi, plusieurs élèves et professeurs ont décidé de bloquer l’établissement. « L’opération de blocage a débuté à 6h45, décrit Victor, élève en classe de Première. Nous avons récupéré du mobilier urbain pour boucher les accès. »
Devant les portes de la bâtisse, environ 300 personnes, venues manifester, entre autres contre le projet de réforme des retraites. […]

Niveau blocus, si certains professeurs et élèves sont parvenus à se glisser tôt ce matin dans les travées du lycée, en milieu de matinée, les voies d’accès restaient condamnées. Aucun élève et aucun professeur ne pouvaient accéder à l’établissement. Exception faite des élèves qui partaient en sortie scolaire ce jeudi.

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Beaugency (Loiret)

extrait de La République du Centre / jeudi 12 décembre 2019

Ce jeudi 12 décembre en début de matinée, une centaine de lycéens ont tenté de bloquer l’entrée du lycée François-Villon de Beaugency. L’arrivée des forces de l’ordre les en a empêchés. La situation s’est résolue sans heurt. […]

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Val-de-Marne : Huit lycées bloqués et six interpellations

Le Parisien / vendredi 13 décembre 2019

Ce vendredi, huit établissements étaient bloqués avec parfois des dégradations comme à Thiais. Un phénomène qui augmente à l’approche des vacances.

A Fresnes, 13 12 2019

[…] Ce vendredi, ce sont neuf lycées qui étaient bloqués, dans ce contexte de grève et manifestation contre la réforme des retraites. « On assiste à une montée en puissance entre jeudi et vendredi », constate avec vigilance le préfet du Val-de-Marne, Raymond Le Deun.
On y retrouve des établissements déjà mobilisés, ces derniers jours, comme à Créteil, Fresnes, Fontenay ou à Maisons-Alfort, Thiais mais aussi les lycées de Nogent, Ivry, Le Perreux.

Selon le rectorat, des violences ont été relevées aux abords du lycée Delacroix à Maisons-Alfort avec des feux de poubelles, comme à Fresnes. Là, l’incendie a « légèrement noirci le mur d’enceinte ». […]

Au lycée Apollinaire à Thiais, ce sont des vitres qui ont été cassées, par des jets de projectiles. Mais le rectorat juge le phénomène « assez réduit », sur des secteurs habituels.

[…] Au cours des blocages de ce vendredi, six jeunes gens ont été interpellés, soit trois de moins que jeudi.

Depuis le début du mouvement dans les lycées, le 3 décembre, les policiers ont procédé à 31 interpellations, principalement pour jets de projectiles. Notamment à deux reprises à Fontenay-sous-Bois près du lycée Pablo-Picasso. Sinon, des incidents ont également éclaté à Créteil, Limeil, Thiais, Nogent, Maisons-Alfort et Cachan. Aucun blessé ne serait à déplorer ni du côté des manifestants, ni du côté de la police.

« Des consignes ont été données depuis la préfecture pour que nous restions à distance, explique un policier. En clair, on ne répond pas aux provocations et on intervient uniquement quand ça chauffe bien. » « Le plus souvent, les éléments perturbateurs n’ont rien à voir avec l’établissement scolaire où il y a blocage », a remarqué un autre fonctionnaire. […]

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Hérouville-Saint-Clair (Calvados) : Ras-le-bol général

Le Bonhomme Libre / vendredi 13 décembre 2019

Ce vendredi 13 décembre 2019, une cinquantaine de lycéens du Collège lycée expérimental (CLE) d’Hérouville Saint-Clair, près de Caen, bloque l’accès à l’établissement pour la cinquième fois en une semaine.
Sur l’entrée de l’établissement, le mot « blocus » a remplacé le mot « fraternité » : c’est un synonyme aujourd’hui, sourient les manifestants.
Après une première action vendredi 6 décembre, au lendemain de la grève générale sur la réforme des retraites, les lycéens bloquent de nouveau l’entrée de leur lycée depuis ce mardi 10 décembre. L’accès au collège est toutefois possible pour les collégiens. […]

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Jouy-le-Moutier (Val-d’Oise) : Poubelle en feu (et les pompiers ne seront jamais des alliés !)

La Gazette du Val d’Oise / vendredi 13 décembre 2019

À une semaine des vacances scolaires, un incident a éclaté ce vendredi 13 décembre 2019, devant le lycée polyvalent de l’Hautil, à Jouy-le-Moutier (Val-d’Oise).
Vers 8h20, alors que les élèves allaient attaquer leur journée de cours, une poubelle a pris feu sur le parvis de l’établissement de la rue Gabriel-Fauré. Celle-ci aurait été incendiée par des lycéens.
Si les pompiers sont rapidement venus à bout des flammes à l’aide d’une lance, ils ont été pris à partie par des individus qui leur ont lancé des bouteilles dessus au cours de leur intervention. […]

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Auch : La guerre des poubelles

La Dépêche / vendredi 13 décembre 2019

Devant le lycée Le Garros à Auch, ce sont une cinquantaine de jeunes qui bloquaient l’entrée. « C’était la guerre des poubelles entre l’administration et les élèves mais le nombre de personnes nous a aidés à bloquer le lycée. C’est possible qu’on continue de bloquer l’entrée les jours à venir. On a envie de préparer un gros coup pour mardi » indique Charlotte Bossy, secrétaire nationale de l’UNL.

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Les fascistes toujours au secours de l’ordre

extrait de 20 Minutes / vendredi 13 décembre 2019

[…] Ce jeudi, un groupe d’une quinzaine de militants d’extrême droite, se réclamant de l’Action française, s’en est pris violemment à des étudiants et à des militants syndicaux. Cagoulés pour la plupart, ils avaient pour objectif de lever par la force le blocus du bâtiment Le Patio, à l’université de Strasbourg. Une action que n’a pas tardé à revendiquer le responsable d’Action française Strasbourg par le biais d’un communiqué de presse. […]

Athènes (Grèce) : Revendication de l’attaque contre un concessionnaire Citroën

Publié le 2019-12-14 11:44:07

325 / jeudi 12 décembre 2019

Vous, qui nous avez dépouillé.e.s de tout, qui nous avez placé.e.s sous le contrôle pénible d’une surveillance systématique et de voyous en uniforme, vous serez ceux qui mentiront en parlant de pardon. Vous nous traînez hors des toits et nous expulsez des maisons, des rues et des places, vous jugez, vous commandez, vous enfermez. Vous tirez et vous gagnez. Et nous ne l’accepterons pas.

Quand la ville scintille à cause des flammes qui dansent, pas seulement à cause vos maudites lumières emprisonnées, dans vos yeux grandit la peur.

Car ce soir, ce sont vos collaborateurs, votre infrastructure, ces maudites voitures que vous utilisez pour nous pourchasser, mais ça pourrait être votre tour à n’importe quel moment.

Dans la soirée du 6 décembre, neuf engins incendiaires ont été placés sous autant de voitures, dans un concessionnaire Citroën à Athènes, à cause du fait que cette entreprise est l’un des nombreux fournisseurs du matériel que la police grecque utilise pour chasser et arrêter.

Votre réseau sera menacé, vos alliés seront incendiés, vos souffrances seront assurées.

Ne jamais pardonner.
Vers la destruction totale de la police et de ses collaborateurs, qui ont les mains couvertes de sang.

Foix : Un petit capitaliste est un capitaliste

Publié le 2019-12-14 14:32:08

La Gazette ariégeoise / jeudi 12 décembre 2019

Ce jeudi matin on prévenait Pascal Surre, propriétaire de la librairie éponyme, rue Delcassé à Foix, que la vitrine du magasin avait été taguée.

L’acronyme « Acab » et le mot « Capitaliste » s’y étalaient en jaune fluo et la photo publiée sur le compte Facebook de la librairie a provoqué une marée de réactions toutes aussi indignées les unes que les autres ainsi que de soutiens. Alors que les librairies indépendantes se heurtent aux géants du numérique en animant les centres ville et qu’elles sont encore le temple de la circulation de la pensée et des idées, les clients et « amis » de la librairie ont mis en avant la « bêtise, l’ignorance » et le caractère « honteux et scandaleux » de ces actes. Ce soir, tout a été enlevé à l’huile de coude, et reste le souvenir d’une mauvaise journée.

A quelques mètres de là, ce même jour au matin, les employés de la chambre de commerce et d’industrie de l’Ariège, découvraient eux aussi des tags sur la façade de l’organisme consulaire.

Athènes (Grèce) : Attaques coordonnés contre 30 cibles étatiques et capitalistes, le jour anniversaire de l’insurrection de 2008

Publié le 2019-12-14 14:43:05

AMWEnglish / lundi 9 décembre 2019

« Si vous avez les capacités, paraissez incapable, si vous passez à l’action, paraissez inactif, si vous êtes proches, paraissez lointain, si vous êtes lointain, paraissez proche.
Si vos ennemis ont l’avantage, faites leur des promesses. S’ils sont désordonnés, capturez-les. S’ils sont nombreux, protégez-vous d’eux. S’ils sont forts, évitez-les. S’ils sont en colère, perturbez-les. S’ils sont prudents, rendez-les téméraires. S’ils sont inattentifs, piégez-les. S’ils sont unis, divisez-les.
Attaquez là où vos ennemis ne sont pas préparés. Allez là où ils ne vous attendent pas.
 »

-Sun Tzu

Onze ans depuis la nuit qui a marque toute une génération, quand chacun.e a du choisir son camp, dans une ville endormie; onze ans depuis le jour quand nous avons pensé que tout était possible, quand la RAGE allait de pair avec la CONSCIENCE…

Onze ans plus tard, nous gardons fermement le fil rouge du soulèvement et sa flamme ne s’éteint pas. Cela veut pas dire qu’elle n’est effacée, malgré le poids des politiques anti-insurrectionnelles qui ont été imposées par la force de l’État, au cours des premières années qui ont suivi le soulèvement de décembre. Elle n’a pas disparu dans la misère et la dépravation sociale des années de « crise ». Elle n’a même pas été oubliée pendant les années où la « carotte » essayait d’intégrer et de dompter plus efficacement encore que le fouet répressif.

La flamme de l’insurrection reste allumée dans les nouvelles conditions de lutte qui nous attendent. Des conditions de défense des structures menacées. Des conditions de contre-attaque contre l’agression du régime contre notre classe. Une contre-attaque qui doit être structurée dans chaque lieu de travail, dans chaque quartier.

La « bataille d’Exarcheia » n’est rien de plus qu’un symbole, et pour le pouvoir et pour celles/ceux qui luttent. D’un côté, les maîtres à penser attaquent avec leur rhétorique « contre le non-droit » : briser la résistance sociale, répandre la peur et l’asservissement. De l’autre côté, notre « Exarcheia » est le foyer de la résistance dans le domaine social.

Voilà ce que Décembre nous a appris. Que l’insurrection tire son l’oxygène de son existence. Et nous savons qu’elle sera jugée à l’aune des batailles qui seront livrées, des batailles qui viendront.

La « balle » sera rejetée en arrière, faisant de la ville entière une « Exarcheia ». Résistance diffuse. Frapper leur « toute-puissance » là où (et quand) ils l’attendent le moins. Que la peur change de camp !

Nous n’avons pas encore dit notre mot.
Et cette nuit était celle d’Alexis !

Dans la nuit du 6 décembre 2019, nous avons attaqué 30 cibles étatiques et capitalistes dans 13 quartiers différents de notre ville :

-Eurobank et Sklavenitis Bank, rue Panormou, quartier d’Ampelokipoi
-Banque du Pirée, rue de Corfou, à Kypseli
-Eurobank Bank, rue Durres, à Sepolia
– Distributeur de billets National et My Market, rue G. Papandreou, à Zografou
-Banque Nationale et AB Vassilopoulos, avenue de la Paix, à Pefki
-2 DABs de la Banque du Pirée, avenue Pentelis, à Vrilissia
-Banque du Pirée, Hondos Centrer, Berska, ainsi que Maneti et Boss, rue Agios Ioannis, à Agia Paraskevi
-Club des officiers à la retraite, à Cholargos
-EYDAP, AB Vassilopoulos, Sklavenitis, OPAP et Goodys, avenue Thebes, à Ilion
-Kotsovolos, avenue Vouliagmenis, à Ilioupoli
-Banque Nationale, rue Agios Dimitrios, à Brahami
-LIDL et JYSK, rue Iasonidou, ) Elliniko
-Banque du Pirée, Marks n’Spencer, Sklavenitis, 2 sociétés de sécurité et un véhicule de sécurité, avenue Vouliagmeni, à Glyfada

Compas

Hambourg (Allemagne) – affaire de la Parkbank : Le procès commencera en janvier

Publié le 2019-12-14 14:43:07

Parkbanksolidarity / vendredi 13 décembre 2019

Le procès commencera le 8 janvier 2020, à 13 heures.

Nous vous informons que le procès contre les 3 compas d’Hambourg va bientôt avoir lieu. Depuis leur arrestation, la nuit du 8 juillet 2019, deux d’entre eux sont toujours en détention.
Le procès commencera le 8 janvier 2020 à 13 heures, au tribunal régional d’Hambourg (on ne sait pas encore dans quelle salle). Venez au début de la séance et montrez votre solidarité avec les compas !

Venez à la taule d’Holstenglacis pour le réveillon du Nouvel An, afin de commencer la nouvelle année avec les prisonnier.e.s !
De plus, il y aura un rassemblement devant le tribunal régional, le premier jour du procès, le 8 janvier, à partir de 12h !

Restez attentif.ve.s et attendez d’autres nouvelles !
Liberté pour les trois de la Parkbank !

Vidauban (Var) : Sabotage incendiaire de deux antennes-relais SFR et Bouygues – 12 décembre 2019 [Mise-à-jour, 13.12]

Publié le 2019-12-14 22:50:13

Dans la nuit de mercredi 11 à jeudi 12 décembre, deux antennes relais ont été incendiées. « Les boîtiers informatiques qui se trouvent au sol dans une armoire ont entièrement brûlé », précise TDF. Ces deux antennes, qui se situent à hauteur du chemin de l’Escarayol, à 150 m l’une de l’autre, dans un espace isolé près d’un bois à Kernours, appartiennent à SFR mais sont également utilisées par Bouygues Telecom. De facto, les réseaux mobiles des deux opérateurs sont impactés, sur la commune de Vidauban, mais aussi sur celle des Arcs-sur-Argens. Plus de 3000 clients du secteur seraient privés de réseaux mobiles. D’après les enquêteurs, le feu a été mis au pied des pylônes et comme on le voit sur les photos, celui-ci a rongé une bonne partie des câbles. A en croire les journaleux de VarMatin (13.12.2019), les perturbations dureront jusqu’au mercredi suivant (soit une bonne semaine après).

Ces sabotages s’inscrivent dans une série d’attaques contre les antennes de télécommunication depuis plus d’un an, et récemment, on peut rappeler l’incendie le 11 octobre d’une antenne à Plougastel-Daoulas dans le Finistère ; de celle de Kervignac dans le Morbihan ou encore celles à Manosque, dans les Hautes-Alpes, dans la nuit du 24 au 25 novembre, peu avant 6h du matin. On peut se douter des raisons pour lesquelles le pouvoir et ses flics taisent le fait que cet incendie soit volontaire ou non, surtout dans une région où plusieurs personnes ont été arrêtées pour des incendies similaires l’an dernier, en plein mouvement des « gilets jaunes ». 

[Repris de Var Matin, 12.12.2019]

Berlin (Allemagne) : La guerre commence ici – Attaque d’une entreprise d’armement

Publié le 2019-12-15 12:17:13

de.indymedia.org / mercredi 5 décembre 2019

Dans la nuit de dimanche [1er décembre; NdAtt.] à lundi, nous sommes entré.e.s sur le terrain de Thyssen Krupp à Berlin Tempelhof et avons incendié trois camions.

Thyssen Krupp est une entreprise active principalement dans la production d’acier. Avec sa filiale « Thyssen Krupp Marine Systems », cette société est également présente, à grande échelle, dans l’industrie des armements. Avec la construction de navires de guerre, l’entreprise gagne plusieurs milliards d’euros par an. Les navires et les sous-marins sont exportés dans le monde entier, l’un des plus gros clients étant l’armée turque.

Depuis de nombreuses années, Allemagne et Turquie sont des partenaires dans le commerce des armements. Les exportations vers la Turquie sont plus élevées qu’elles ne l’ont été depuis au moins une décennie ; un tiers de toutes les livraisons d’armes allemandes est destiné à la Turquie. L’arrêt des exportations d’armes, imposé en octobre par le gouvernement fédéral, ne sert pas à grand chose. Toutes les exportations déjà approuvées peuvent avoir lieu et du coup l’armée turque est encore fournie en armes jusqu’à la fin de l’année.

Nous nous réjouissons de l’augmentation des actions antimilitaristes, depuis que l’État turc fait la guerre au Rojava avec des armes allemandes. Mais on peut aussi voir qu’avec le déclin du suivi médiatique de la guerre au Rojava, diminue également le nombre d’actions liées à ce sujet.

D’une part, nous voudrions ajouter que depuis des années l’Allemagne fait la guerre aussi dans d’autres régions et que l’industrie d’armement allemande soutient des régimes autoritaires dans le monde entier. Le prétendu arrêt des exportations d’armes allemandes n’est pour nous qu’un écran de fumée de plus, qui ne nous intéresse pas. Dans la guerre au Yémen, par exemple, toutes les parties en conflit continuent d’être approvisionnées en armes, malgré les souffrances de la population, qui durent depuis des années. L’Arabie saoudite, envers laquelle un prétendu arrêt de la vente d’armes est déjà en place, reçoit également des armes de la part de l’industrie allemande. Les interdictions de vente d’armement sont ignorées ou simplement contournées, en construisant ici « seulement » des pièces détachées qui sont ensuite envoyées à des partenaires européens pour compléter l’assemblage de systèmes d’armes complexes.

D’autre part, l’État turc et d’autres États-nations décident quand il y aura la prochaine escalade, quand la prochaine guerre, quand un nettoyage ethnique, quand il semble opportun de mettre en scène des élections et quand la couverture médiatique doit se focaliser sur la guerre en Syrie et au Rojava. Une perspective antimilitariste radicale ne devrait donc pas dépendre de ces décisions. Sinon, nous restons dans une position de réaction et nous nous réduisons à la défense des conditions existantes. Le militarisme, le capitalisme, le patriarcat et le racisme sont des conditions qui doivent être attaquées à tout moment.

Nous devons prendre en main le désarmement, ce que nous détruisons ici ne peut pas faire de mal ailleurs. Les fabricants et les fournisseurs d’armes ne doivent pas se bercer dans la sécurité. Il y a plusieurs façons de les attaquer. Nous approuvons toute une variété d’actions. Qu’il s’agisse du sabotage direct, de blocages d’entreprises d’armement, comme ont eu lieu ces derniers mois, ou du travail de contre-information et de publication, comme le fait depuis quelque temps déjà la campagne « Désarmer Rheinmetall ».

Nous adressons nos salutations solidaires aux trois de la Parkbank, dont le procès commencera très probablement cette année, ainsi qu’à Loïc, qui est en détention à Hambourg depuis plus d’un an déjà.

Feu et flammes pour les prisons et les fabricants d’armes.

Désarmement fait soi-même

Le retour des Bandes noires – La force et la rage féminine font irruption sur la scène insurrectionnelle

Publié le 2019-12-15 12:19:05

Anarquia.info / vendredi 6 décembre 2019

« Instruits de l’expérience du passé, ce n’est plus à de simples croix et autres morceaux de pierre que nous voulons nous attaquer cette fois ci. Nous comprenons que ces emblèmes d’une religion morte, ne sont plus d’un grand danger pour nous; écrasons cette infâme bourgeoisie qui nous exploite et leur sert d’appui, et la vieille société corrompue qui nous opprime, attaquée dans ses bases, tombera d’elle-même, entraînant avec elle la pourriture cléricale. »
La Bande Noire, 1884

LA POURSUITE DE LA GUERRE ANARCHISTE CONTRE TOUTE REPRÉSENTATION DU POUVOIR.

Je salue avec joie la destruction, non seulement d’édifices du pouvoir économique ou politique, mais aussi l’extension de cette force aux édifices religieux de la région chilienne.

Bien que des vagues de sectes religieuses aux nuances différentes aient gagné du terrain après les multiples échecs de la prédominance catholique, nous devons nous en prendre à toute représentation du pouvoir, qu’elle soit religieuse, économique ou politique, et redonner vie à notre vieille devise « Ni Dieu, ni maître ! »

Il est temps d’abandonner l’identité avec le gauchisme en général et ses différentes phases idéologiques, puisque, depuis le début, ces relations ont permis de nombreux chevauchements, c’est-à-dire qu’elles n’ont été qu’un lourd fardeau qui nous a coûté très cher, à nous anarchistes ; le débat éternel sur la réponse à la question : « révolution ou réformisme ? » doit être résolu avec la destruction totale du Système de Domination ; le temps passé ne nous a pas donné raison, car les deux modèles ont été utilisés pour oppression.

La frontière générationnelle à l’origine des divergences dans les pratiques anarchistes doit également être surmontée. Tandis que les jeunes sont prêts à agir, une fois adultes on est ils sont assimilé.e.s au Système de Domination, en tant que pères et mères de famille, garant.e.s d’un certain confort et d’une certaine modération.

Et la fracture entre les genres semble se combler à une vitesse incroyable. Ce sont les femmes qui, en ce moment, se montrent et nous donner l’exemple de la lutte insurrectionnelle. Au Mexique, elles ne sont pas en reste : aujourd’hui plus que jamais, elles se joignent à la lutte anarchique, pas seulement avec la force montrée lors des dernières manifestations, mais aussi avec les actions appelées par les compagnonnes du Commando Feminista Informal de Acción Antiautoritaria et des Feminas Brujas e Insurrectas.

POUR L’ACTUALISATION DES BANDES NOIRES AU SIÈCLE ACTUEL

« Aujourd’hui, le fanatisme !
Demain, l’État !
Après-demain, la propriété ! »
La Bande Noire, 1882

Nous devons contaminer la planète entière avec des rébellions comme celle qui se produit aujourd’hui dans l’État chilien ou les manifestations de femmes anarchistes insurrectionnelles au Mexique, en devenant des sujets séditieux, dans des groupes d’affinité comme les vieilles Bandes Noires, qui ont coupé en lambeaux le poids gauchiste, se réunissaient dans les forêts, avec la complicité de la nuit et en imitant des cris d’animaux sauvages pour effrayer les puissants :

« Feu aux bureaux des notaires, des scribes, etc., afin de détruire les titres de propriété individuels qu’ils détiennent !
Feu aux bureaux des agents de change, des banquiers, etc., pour détruire les rentes, les actions, les obligations, les billets de banque et toute la valeur qu’ils représentent !
Feu les livres de cadastres et d’hypothèques, qui servent à définir la propriété individuelle !
Feu les bureaux de l’État, qui enregistrent les différentes valeurs qui nous lui devons !
Feu aux livres de la dette publique !
Feu aux mairies et aux archives qui contiennent les documents de l’état civil, afin de bannir la personnalité même de l’individu !
Feu, en bref, à tout ce qui pourrait aider la reconstitution de la propriété individuelle !
Pour détruire les murs et les limites qui séparent la propriété !
La destruction doit être le salut et le signe des anarchistes dans la révolution qui se prépare ! »

Le « possibilisme » est resté dans le passé. Nous n’avons pas de formule magique pour propager l’insurrection, seulement la certitude de partir de zéro avec la nature comme alliée. Depuis la résolution du Congrès de Londres de 1881, ont été menées des actions illégales : la seule voie qui, depuis lors, mène à la libération totale.

POUR L’INTERNATIONAL NOIRE !

Nihil
Depuis les déchets et le béton écocide
Décembre 2019

Bristol (UK) : Sabotages à la prison pour mineurs

Publié le 2019-12-15 12:19:06

325 / jeudi 12 décembre 2019

Nous somme de retour ! Nous sommes retourné.e.s voir l’”Unité sécurisée” (lire prison pour mineurs) de Vinney Green, dans la banlieue de Bristol. Nous avons saboté et immobilisé quatre voitures appartenant à des matons. Vinney Green a déjà été attaqué en juin.

Vingt-quatre jeunes (âgés de 10 à 18 ans) sont incarcéré.e.s à Vinney Green. C’est l’une des 15 unités sécurisées d’Angleterre et elle est en cours d’agrandissement. Il y a eu 144 agressions l’an dernier. La prison a été publiquement critiquée, entre d’autres raisons, pour son « fort recours à la contrainte » (mais ne nous méprenez pas, il n’existe pas de « bonne » prison, et il n’est jamais acceptable d’utiliser la contrainte)…

Souvenez-vous des jeunes, ce Noël. Souvenez-vous d’Alexis Grigoropoulos, qui a été abattu par la police, en Grèce, à 15 ans.

En ce temps où beaucoup se tournent vers les urnes… [le 12 décembre se sont tenue les élection législatives au Royaume Uni, gagnées par le Parti conservateur du Premier ministre Boris Johnson ; NdAtt.] nous sommes descendus dans la rue. Une farce juvénile, pour ceux/celles qui sont en taule… Leurs caméras et leurs clôtures ne nous découragent pas… et notre rage ne sera jamais redite au silence par leur propagande électorale et leur rhétorique. Boris Johnson promet des peines plus sévères. Nous promettons plus d’actions…

A la prochaine fois.
Feu aux prisons !

Cellule Décembre
Vandales éco-anarchistes – FAI/IRF

Berlin (Allemagne) : Attaque contre Telekom et Nissan

Publié le 2019-12-15 15:18:06

de.indymedia.org / vendredi 13 décembre 2019

De Berlin à la Grèce et au monde entier – Feu et flammes contre l’État, le capital et les patrons !

Au petit matin du 13 décembre, nous avons mis le feu à cinq voitures d’entreprise et à une antenne-relais, dans les locaux de Deutsche Telekom en Hannemannstraße à Berlin-Britz, ainsi qu’à deux voitures garées devant la concession Nissan de la Gärtnerstraße à Berlin-Alt-Hohenschönhausen.

Nos attaques visent deux entreprises qui sont globalement impliquées dans la sécurisation du pouvoir, activité avec laquelle elles s’enrichissent, y compris en Grèce, où le gouvernement actuel menace d’expulser tous les squats et centres sociaux occupés et où celles/ceux qui ne se laissent pas mettre dans la moule de la norme néolibérale sont sujet.e.s à des attaques massives de la part l’État :

– Deutsche Telekom, la plus grande entreprise européenne de télécommunications, qui, profitant de la crise, a racheté des parts de l’ancienne entreprise publique Hellenic Telecommunications Organization S.A. (en grec : OTE A.E.) et en est maintenant actionnaire à 45%. Avec sa filiale T-Systems, Deutsche Telekom est le leader mondial des services aux autorités de sécurité, à l’industrie et au secteur énergétique.

– Nissan, en tant qu’entreprise qui fournit les autorités répressives grecques. En juin 2019, lors d’une cérémonie officielle devant leur école à Amygdaleza, au nord d’Athènes, ont été remise aux policiers quatre Nissan Qashqai Diesel 4×4 et deux Nissan Navara, destinées à l’Unité d’Investigation Criminelle (Δ.Ε.Ε.Ε. Διεύθυνση Εγκληματολογικών Εγκληματολογικών Ερευνών – division médico-légale), ainsi qu’une Nissan NV400 pour les unités anti-émeutes (M.A.T. – Μονάδες Τάξης Τάξης – Monades Apokastasis Taxis).

Nous avons choisi ce moment parce que c’était en décembre 2008 que l’assassinat d’Alexis par le flic Korkoneas à Exarcheia, Athènes, a déclenché une révolte sociale qui s’est accompagnée d’une multitude d’attaques internationales contre les symboles de l’État et du capital et leurs fonctionnaires assassins.

Onze ans plus tard, les conditions de vie ne se sont pas améliorées, ni ici ni là-bas. Au contraire, la guerre sociale s’intensifie dans le monde entier. L’écart entre les riches et les pauvres continue de se creuser. La marche triomphante du néolibéralisme produit une masse de personnes exclues qui se voient refuser la possibilité de participer à la société. Expulsées et parquées en marge de la métropole ou dans des bidonvilles, ces personnes sont considérées comme des ennemis à surveiller et opprimer. Les murs et les clôtures, les services de sécurité privés, les caméras intelligentes et les unités de police lourdement armées sont l’expression la plus claire d’un territoire de plus en plus militarisé où, sous le couvert de la sécurité, on mène la guerre aux pauvres.

Les nouvelles technologies et l’accès numérique à notre vie qui y est associé permettent des nouvelles techniques de gouvernement, plus subtiles. Les milliers de données qui sont produites chaque jour ont pour but de rendre toute action calculable et contrôlable. Avec la « prévision policière », le flic clairvoyant, a été créé un outil qui trie les gens selon des stéréotypes, en créant ainsi les criminel.le.s de l’avenir. Ces technologies sont intégrées dans la restructuration des villes, qui deviennent des « Villes intelligentes », dont la mise en œuvre par des entreprises telles que Deutsche Telekom, qui travaille constamment sur des projets d’infrastructure 5G ou des systèmes de trafic intelligents, des lampadaires intelligents, la gestion des déchets et bien plus. Toutefois, il ne s’agit pas du tout de permettre une vie meilleure pour tout le monde, mais de permettre l’idée totalitaire d’un contrôle complète de la ville et de sa population, à travers des solutions pratiques.

L’attaque technologique est si réussie parce que les humains sont en fait des êtres collectifs. Une partie de l’agenda néolibéral a été et est la destruction de cette collectivité même, afin de pouvoir l’assembler à nouveau, par le biais de la domination numérique, en fonction du marché. Poussé.e.s par la peur d’être exclu.e.s, voire déclaré.e.s illégaux.les, ainsi que par les joies supposées que la Réalité virtuelle a à nous offrir, nous tissons nous-mêmes le réseau qui nous entoure. L’état d’isolement dans les villes ou le mépris à l’encontre des communautés rurales conduit beaucoup de gens dans les bras de la communauté nationale construite et de partis comme l’AfD [Alternative für Deutschland, parti néofasciste allemand ; NdAtt.] reçoivent donc un afflux de partisan.e.s. Le fait de combattre la montée du fascisme en intégrant les idées de solidarité et de collectivité dans les luttes sociales, est donc certainement une tâche pour les temps à venir.

Comme c’est le cas dans d’autres pays en ce moment, en Grèce l’ancien gouvernement de gauche a préparé le terrain pour la nouvelle montée d’un régime conservateur, de droite. La phase passée du gouvernement de Syriza aurait dû démontrer clairement à celles/ceux qui en doutaient que tout participant.e au pouvoir doit répondre à des conditions de contraintes capitalistes et qu’aucun projet émancipateur ne peut tenir sur des fondements parlementaires démocratiques. Nommer ces contradictions, rejeter toute domination de la part d’autrui, ne pas faire de compromis et ne pas reconnaître l’autorité d’un système hostile font partie de l’idée anarchiste.

Nous nous sentons proches de rebelles du monde entier, qui se trouvent actuellement dans de nombreux endroits différents de la planète, en particulier là où le partenariat entre l’État et la société n’est pas développé dans les moindres détails, là où on laisse les étincelles de résistance se transformer en un incendie généralisé de soulèvement social. Pendant qu’à Athènes, les structures auto-organisées et révolutionnaires sont défendues et que l’État et le capital sont attaqués, nous menons ici la même lutte, dans laquelle nous visons les profiteurs de la domination capitaliste. Nous le faisons avec la conscience que les infrastructures et la circulation des marchandises en sont des composantes fondamentaux. Nous envoyons nos salutations enflammées en particulier à ceux qui luttent contre le régime de Néa Dimokratía en Grèce, tout comme à ceux/celles qui, dans le monde entier, se révoltent contre l’autorité et que, à cause de cela, sont en prison ou doivent fuir.

Anarchistes