Vive l'Anarchie - Semaine 50, 2023

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Val-de-Reuil (Eure) : « détruire l’outil industriel » | (MàJ)

Publié le 2023-12-11 21:55:04

Dans l’Eure, le site industriel Lafarge a été attaqué à Val-de-Reuil
Ouest France/Paris Normandie/France3, 10 décembre 2023

Plusieurs sites industriels du groupe Lafarge ont été occupés et tagués par des groupes écologistes dans toute la France à l’occasion d’une « journée d’action contre Lafarge et le monde du béton ».  Ce dimanche 10 décembre 2023 à 12h30, le site Lafarge situé à Val-de-Reuil dans l’Eure, n’a pas fait exception, annonce la préfecture du département sur X (anciennement Twitter) : « Le site Lafarge vient d’être l’objet d’une violente attaque de militants écologistes destinée à détruire l’outil industriel ».

Sur place, les militants ont dégradé les installations de manière « extrêmement importante » selon le sous-préfet de Bernay, Philippe Fournier-Montgieux, sur place. Des produits ont été introduits dans les silos à béton pour empêcher le site de fonctionner. Le montant des dégâts pourrait s’élever à plusieurs centaines de milliers d’euros. Au total, 18 salariés sont au chômage technique. Le site ne sera pas en mesure de reprendre une activité normale ce lundi 11 décembre.

L’attaque a duré une dizaine ou douzaine de minutes. « Le gardien a été séquestré dans son local de gardiennage avec la porte bloquée. » Avant d’être séquestré, le gardien a eu le temps de prévenir la police, qui est arrivée rapidement sur les lieux. Les deux patrouilles de Louviers et Val-de-Reuil ont mis en fuite les individus. « Les policiers ont été légèrement bousculés, détaille le procureur. C’est manifestement une action d’activistes écologiques, sans dire à quel groupe ils appartiennent. On surveille les réseaux sociaux, si quelque chose est mis en ligne. »

Une cinquantaine de policiers ainsi que l’exploitant étaient toujours sur place cet après-midi, rejoints, vers 18h, par une brigade de la SDAT (Sous-direction anti-terroriste). L’ensemble des militants ayant pris la fuite, aucune interpellation n’a pu avoir lieu, mais l’analyse des bandes vidéo pourrait aider à les identifier.

Une enquête de flagrance
pour dégradation en réunion, séquestration avec libération volontaire avant le septième jour et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique sans ITT a été ouverte. Le parquet d’Évreux a été saisi avec la police judiciaire (PJ) de Rouen et la sous-direction antiterroriste (SDAT).


Y a que la vérité qui compte…

On connaissait déjà la pratique activiste qui consiste à minimiser à froid les actes ou leur portée devant les tribunaux afin de tenter d’amadouer les juges ou de gagner la sympathie du public solidaire (qu’il ne faudrait tout de même pas trop effrayer). Et voici qu’est arrivée sa version chaude, effectuée de façon préventive, puisque c’est l’antiterrorisme qui a été co-saisi de ces faits :  dans un communiqué sorti après cette action diurne, Les pics mars et les tritons crêtés de la forêt de Bord ont ainsi tenu à répondre aux autorités, en expliquant à la face du monde que trois fois rien, ou si peu, ne s’était passé ce dimanche-là. Et que somme toute, la communication préfectorale sur l’ampleur des dégâts ne visait qu’à « diaboliser les militants » et leur chahut bon enfant… En voici un extrait, puisqu’il paraît que y a que la vérité qui compte :

Sur place des inscriptions ont fleuri pour rappeler à toutes et tous la vérité sur l’entreprise, les conséquences de l’exploitation qu’elle perpétue sur le territoire français et au delà. De multiples banderoles ont été déployées, on pouvait lire sur le site Moins de ciment, Plus de vivant et de paysans.

Si quelques petits désarmements facétieux on bien eu lieu sur le site, on est assurément loin des centaines de milliers d’euros de dégâts annoncés dans la presse. Mais il semblerait que l’antiterrorisme se recycle comme inspecteur, ou voiture balais, de quelques bris de vitre, de quelques locaux administratifs chahutés, de quelques jets de mousse expansive bien ajustés dans des conduits et tuyaux bien choisis, et d’un ravalement de façade tout en couleur.

Évidemment, malgré les calomnies d’autorités qui n’ont plus que le mensonge pour garder la face, personne n’a été « séquestré » durant cette action de 10 minutes montre en main qui ne visait pas des individus, mais une filière industrielle écocidaire, et nous ne sommes pas sans savoir que les gardiens et vigiles ont reçu l’ordre de ne pas intervenir lors des actions de ces journées contre le béton. Les policiers soi-disant bousculés, ont quant à eux tiré des grenades lacrymogènes à bout portant sur des militant.es qui déjà se retiraient du site.

(…) Derrière le petit numéro médiatique du préfet et du directeur du site pour diaboliser les militants, le site sera sans doute bientôt de nouveau en fonctionnement. Mais ce n’est que le début. Le béton, ne passera pas, ni en Normandie, ni ailleurs. Les forces sont là. Cette journée en appelle d’autres. Nous continuerons à leur mettre des bâtons dans les routes.

Les pics mars et les tritons crêtés de la forêt de Bord

(Trouvé ici :
https://journeescontrelebeton.noblogs.org/mobilisations-passees-en-cours-10-12/val-de-reuil-normandie/)

En bonus, le reportage effectué par un des journalistes embarqués, avec interview de participants :
https://reporterre.net/Mort-au-ciment-gloire-au-vivant-une-cimenterie-envahie-pres-de-Rouen

Une journée contre Lafarge et le monde du béton

Publié le 2023-12-12 08:40:06

Mise à jour du 11 décembre, le communiqué suite à l’action de Val-de-Reuil :

La forêt de Bord se soulève !

Communiqué suite l’envahissement prompt de la centrale à béton de Val de Reuil dans l’Eure

Journées contre Lafarge et le monde du béton / dimanche 10 décembre 2023

Le 10 décembre aux alentours de midi nous avons été plus 100 personnes à émerger de la forêt de Bord, menacée d’être ensevelie sous le béton par le projet d’autoroute A133-134, pour nous introduire sur le site du bétonneur Lafarge situé à Val de Reuil afin de dénoncer les activités de la multinationale et l’artificialisation des terres agricoles et forestières qui disparaissent face à l’avancée du béton.

Sur place des inscriptions ont fleuri pour rappeler à toutes et tous la vérité sur l’entreprise, les conséquences de l’exploitation qu’elle perpétue sur le territoire français et au delà. De multiples banderoles ont été déployées, on pouvait lire sur le site Moins de ciment, Plus de vivant et de paysans.
Si quelques petits désarmements facétieux on bien eu lieu sur le site, on est assurément loin des centaines de milliers d’euros de dégâts annoncés dans la presse. Mais il semblerait que l’antiterrorisme se recycle comme inspecteur, ou voiture balais, de quelques bris de vitre, de quelques locaux administratifs chahutés, de quelques jets de mousse expansive bien ajustés dans des conduits et tuyaux bien choisis, et d’un ravalement de façade tout en couleur.
Évidemment, malgré les calomnies d’autorités qui n’ont plus que le mensonge pour garder la face, personne n’a été « séquestré » durant cette action de 10 minutes montre en main qui ne visait pas des individus, mais une filière industrielle écocidaire, et nous ne sommes pas sans savoir que les gardiens et vigiles ont reçu l’ordre de ne pas intervenir lors des actions de ces journées contre le béton. Les policiers soi-disant bousculés, ont quant à eux tiré des grenades lacrymogènes à bout portant sur des militant.es qui déjà se retiraient du site.
Nous démontrons ainsi notre commune détermination à bloquer, désarmer les multinationales prédatrices, les filières industrielles destructrices qui pilotent le bétonnage des terres par la mega- machine métropolitaine. « Nous revendiquons l’arrêt » définitif « de » l’artificialisation des terres agricoles, des zones humides, des forets. Pas seulement aux abords de la foret de Bord contre l’A133-134. Pas seulement à Briouze contre la D924. Pas seulement en Normandie. Partout ou des collectifs d’habitants se lèvent pour lutter pied à pied sur le terrain contre des projets d’aménagement structurants, pour stopper le ravage « du vivant ». Toutes ces actions disséminées partout sur le territoire préfigurent une remise en cause globale de modèles de production mortifères dont il nous faut précipiter la sortie. Les alternatives en matière de bâtir sont là.
Derrière le petit numéro médiatique du préfet et du directeur du site pour diaboliser les militants, le site sera sans doute bientôt de nouveau en fonctionnement. Mais ce n’est que le début. Le béton, ne passera pas, ni en Normandie, ni ailleurs. Les forces sont là. Cette journée en appelle d’autres. Nous continuerons à leur mettre des bâtons dans les routes.

Les pics mars et les tritons crêtés de la forêt de Bord

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Le Monde / dimanche 10 décembre 2023

À Val-de-Reuil

« Laisse béton », « Dindons de Lafarge »… Des manifestants ont décoré, dimanche 10 décembre, de grandes banderoles une unité de production de béton située à Paris en bord de Seine, pour dénoncer l’impact climatique et sociétal de ce secteur, au terme d’un week-end d’actions similaires organisées dans le pays.
Sous le regard de policiers déployés à distance, environ cent cinquante personnes de tous âges, le visage parfois couvert d’un masque de dindon, se sont réunies dans une ambiance bon enfant devant le site du groupe mexicain Cemex, dans le 13e arrondissement, à deux pas de la bibliothèque François-Mitterrand.

« Nous nous réapproprions les lieux occupés par les bétonneurs afin d’ouvrir un espace de parole aux luttes locales qui se battent contre l’accaparement des terres et la bétonisation des projets pharaoniques du Grand Paris ou des JO 2024 », ont expliqué les organisateurs (Les Soulèvements de la Terre, Extinction Rebellion, Youth for Climate…), dénonçant aussi « les nombreuses dérogations » à l’objectif « zéro artificialisation nette » (ZAN) inscrit dans la loi Climat et résilience. Etaient notamment présents des opposants aux projets de double voie rapide dans les Yvelines ou de ligne du Grand Paris Express sur les terres agricoles de Saclay et de Gonesse.

Au même moment, au Teil, en Ardèche, la préfecture a compté cent cinquante manifestants environ, et une portion de la RD86 avait été interdite à la circulation, les organisateurs prévoyant une « course de lenteur ». Dans l’Allier, où une quarantaine de personnes se sont retrouvées, comme dans le Puy-de-Dôme, les préfectures avaient pris des arrêtés d’interdiction de manifester aux abords des établissements du groupe Lafarge.

L’accès au site de Val-de-Reuil (Eure) a, lui, été forcé dimanche en milieu de journée par une centaine de personnes « cagoulées et masquées », selon le sous-préfet de Bernay, Philippe Fournier-Montgieux, ajoutant que le gardien avait été « séquestré » dans une pièce jusqu’à l’intervention de la police une dizaine de minutes plus tard. Les manifestants ont été dispersés à l’aide de gaz lacrymogènes, a dit le sous-préfet, qui a précisé qu’une enquête était ouverte et que « la centrale pourra redémarrer normalement lundi ».

La veille, dans le Tarn, des personnes ont défilé contre l’autoroute A69, certaines entrant sur le chantier d’une centrale d’enrobés bitumineux qui composeront le revêtement de ce projet.

Des manifestations ont aussi eu lieu devant une centrale à béton du groupe Lafarge (Holcim) à Saint-Barthélémy-d’Anjou (Maine-et-Loire), ou encore à Sainte-Cécile (Saône-et-Loire) contre un projet d’extension d’une carrière, dont l’exploitant est une filiale de Vinci Construction.

La production de ciment et de béton représente 8 % des émissions de CO2 mondiales, plus que le transport aérien et le transport maritime réunis, admettent les professionnels. […]

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Val-de-Reuil (Eure) : Des dégâts pour « plusieurs centaines de milliers d’euros »

FranceInfo / dimanche 10 décembre 2023

Les faits se sont produits ce dimanche 10 décembre à 12h30. Le site eurois du cimentier Lafarge a été violemment attaqué par une centaine de militants écologistes cagoulés qui ont ensuite séquestré le gardien et occupé les lieux à l’occasion d’une « journée d’action contre Lafarge et le monde du béton ».
La police nationale est rapidement intervenue pour les disperser au moyen de gaz lacrymogène. Alors que l’exploitant du site a déposé plainte, le préfet de l’Eure, Simon Babre, a déclaré « condamner fermement ces agissements ».

Sur place, les militants ont dégradé les installations de manière « extrêmement importante » selon le sous-préfet de Bernay, Philippe Fournier-Montgieux, sur place.
Des produits ont été introduits dans les silos à béton et des tags liés aux revendications des Soulèvements de la Terre ont été observés sur le site (« Stop Béton »).

Le montant des dégâts pourrait s’élever à plusieurs centaines de milliers d’euros. Au total, 18 salariés sont au chômage technique. Le site ne sera pas en mesure de reprendre une activité normale ce lundi 11 décembre.

Une cinquantaine de policiers ainsi que l’exploitant étaient toujours sur place cet après-midi, rejoints, vers 18h, par une brigade de la SDAT (Sous-direction anti-terroriste).
L’ensemble des militants ayant pris la fuite, aucune interpellation n’a pu avoir lieu, mais l’analyse des bandes vidéo pourrait aider à les identifier. […]







Marin-Epagnier (Suisse) : Plage et sabotage contre Lafarge-Holcim

Publié le 2023-12-12 08:45:03

Mission « Dans les réservoirs : LA PLAGE »
Renversé (Suisse romande), 11 décembre 2023
(avec le post scriptum du communiqué original)

Dans le cadre des Journées d’Actions internationales contre le béton initiées par les Soulèvements de la Terre, nous avons décidé de viser le leader régional qui se trouve à l’origine de très nombreuses constructions bétonneuses : E. Bühler & Fils à Marin-Epagnier (Neuchâtel, Suisse). Leur immense gravière pilotée par Lafarge-Holcim, exploite et prépare le composant principal du béton : le granulat. En paralysant leurs outils qui alimentent le premier maillon de la chaîne de l’artificialisation, nous espérons engendrer des répercussions sur tout le reste du processus.

Pour cette occasion, et en vue de la situation, il nous est paru davantage pertinent de privilégier une action directe de désarmement, discrète, ciblée, plutôt qu’une action symbolique inoffensive. Nous avons donc effectué un petit service nocturne aux nombreuses machines qui se trouvaient sur le site : notamment en leurs offrant un peu d’abrasif fin dans leurs réservoirs d’huile et de carburant. Nous avons aussi utilisé des pompes à graisse customisée avec 1/4 d’abrasif afin de donner un petit coup de pouce à différents points de graissage critiques. Cette petite escapade a été réalisée quelques jours avant les Journées d’Action afin de laisser les substances s’épanouir un maximum dans les blocs moteurs et les articulations de ces gros monstres. Nous avons été rempli de joie d’avoir pu réaliser ce geste défensif en sachant que ces machines sont les armes des saccageurs avec lesquelles ils attaquent tous les jours la possibilité même de vie sur terre. Il est temps, pour les militant.exs qui se sentent prêt.exs, de s’organiser afin de commencer à rendre les coups. Tout engin et infrastructure qui transforme d’une manière ou d’une autre des écosystèmes naturels en produits morts mérite d’être mis hors d’état de nuire. Que l’obscurité deviennent notre complice dans nos luttes futures !

Etampes (Essonne) : sabotage nocturne du trafic de marchandises (humaines)

Publié le 2023-12-12 08:50:05

Essonne : trois rames du RER C vandalisées
BFM, 11 décembre 2023 (extrait)

Trois rames du RER C ont été vandalisées en Essonne dans la nuit du mercredi 6 décembre dernier. Des vitres de rames ont notamment été brisées et un tableau de bord incendié.

« Transilien Voyageurs condamne cet acte de vandalisme et a porté plainte », a indiqué la société, qui précise qu’une « enquête de police est en cours ».

Les dégradations ont engendré une perturbation du trafic le jeudi matin sur la ligne du RER C, en raison de « l’indisponibilité des trains », a précisé la SNCF.

Carapatage#60 – Dynamique actuelle de la répression des étranger.e.s en France (06/12/2023)

Publié le 2023-12-12 10:20:02

La repression des etranger.e.s EN FRANCE

Lien de téléchargement

Lien vers le podcast

Alors qu’approche une énième loi visant à réprimer les étranger.e.s, notamment en facilitant leur expulsion, nous nous proposons de faire une rapide mise à jour des moyens mis en place pour pour réprimer les personnes sans papiers.

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Ressources

Discussion sur les critiques de la technique : d'où elles viennent ? qu'est ce qu'on en fait ?

Publié le 2023-12-12 22:40:04

Mardi 19 décembre à 18h
au nouveau lieu 1 impasse Lapujade



On avait envie de créer un espace pour parler sur les critiques de la technique, la technologie, la science voire de la civilisation. Quelle est leur histoire ? Sur quoi elles s’appuient ? Quels en sont différents courants ? Qu’est-ce qui est à prendre ou à laisser dans nos luttes anti-autoritaires ?
On est pas des expert-e-s et on ne pense pas qu’on puisse trouver la réponse en une soirée. On veut partager nos ressources, nos connaissances, nos réflexions.

On se rends compte que cette proposition arrive en même temps que la diffusion d’une brochure sur les liens entre le mouvement anti-industriel actuel et l’extrême-droite. On a pas prévu de l’utiliser comme trame mais on pourra échanger dessus. Et par exemple essayer de comprendre qu’est-ce qui permet cette porosité.

D’autres textes sont bienvenus ! la discut peut être l’occasion de se partager des brochures, des articles, même des livres, en physiques ou avec des clefs USB.

Pour cette discussion, on veut poser un cadre anti-autoritaire, féministe, inscrit dans une écologie politique décoloniale. On ne veut pas voir apparaître des propos transphobes, racistes, ou relevant d’une autre oppression, ni remettre en question ce cadre au cours de la discussion.

A propos du lieu : C’est un squat qui n’a a priori pas de procédure mais qui est ouvert depuis un bon mois. C’est bien de le savoir : les risques d’expulsions ne sont pas à zéro, même si cela semble peu probable.

Les journées contre Lafarge et le monde du béton continuent de plus belle

Publié le 2023-12-12 22:45:04

[sauf indication diffèrente, tous ces communiqués sont issus du site des Journées d’action contre Lafarge et le monde du béton]

Les Hérissons en Boule revendique le désarmement de la centrale ciment de Corseul (Côtes-d’Armor)

Nous revendiquons l’action de désarmement de la centrale a ciment de Corseul (22) ce vendredi 8 décembre 2023.

Nous, Hérissons, nous sommes introduits dans la centrale et avons grignoté quelques câbles, et signalé notre passage à l’aide de peinture.

Cet acte est avant tout un acte d’autodéfense contre un ennemi commun, Lafarge-Holcim.

Pour nous protéger, pour stopper ce monstre qui tue nos sols et détruit nos habitats,
Pour protéger nos côtes, leur sable et leurs fonds ravagés pour nourrir le monstre.
Pour préserver l’eau, qu’il engloutit dans des quantités toujours plus folles, polluant celle qu’il ne boit pas.
Pour vous protéger, vous, êtres vivants Humains, de sa puissance destructrice et de ses mauvaises alliances.

Nous nous partageons le même monde, celui que Lafarge et ses confrères tendent à détruire, pour leur profits égoïstes. Nous nous devons de protéger ce monde, ensemble.

C’est notre devoir.

Amicalement,

Les Hérissons en Boule
Nous sommes la Nature qui se défend

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Le collectif des lutinxs « écoterroristes » de Noël a visité la carrière Lafarge de Sillans (Isère)

Le collectif des lutinxs « écoterroristes » de Noël a voulu faire un cadeau anticapitaliste à Lafarge-Holcim pour ses « bonnes actions » en faveur de l’environnement et des droits humains.
Avec l’achat de la carrière de Sillans en Isère et de 24 centrales à béton en Rhône-Alpes, l’entreprise Lafarge-Holcim a prétendu être « résolument engagée dans la transition bas carbone du secteur de la construction et l’économie circulaire » (1) pour la citer. Nous nous devons de la remercier comme il se doit pour son greenwashing, activité où elle excelle et surpasse ses concurrentes cimentières.
Pour cela, dans la nuit du 8 au 9 décembre, les lutinxs ont pénétrés dans l’enceinte de la carrière de Sillans et des usines de fabrication de granulats, ont apportés quelques sucreries dans les machines de la carrière et se sont amusés sur les tapis convoyeurs de gravats. Iels sont partis en laissant quelques messages de bons vœux dans la carrière et sur le pont de la voie rapide adjacente « Lafarge, Less Béton », « No Macadam »…

(1) https://www.lafarge.fr/lafargeholcim-france-fait-lacquisition-de-24-centrales-a-beton-et-dune-carriere-du-groupe-cemex

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Revendication d’une action de désarmement contre Lafarge – Holcim sur leur site d’ E. Bühler & Fils à Marin-Epagnier (Suisse)

En Suisse, le Gang des Tongs a gripé les machines de chantier de l’entreprise E. Bühler, pilotée par Lafarge.

Mission «Dans les réservoirs: LA PLAGE»

Dans le cadre des Journées d’Actions internationales contre le béton initiées par les Soulèvements de la Terre, nous avons décidé de viser le leader régional qui se trouve à l’origine de très nombreuses constructions bétonneuses : E. Bühler & Fils à Marin-Epagnier (Neuchâtel, Suisse). Leur immense gravière pilotée par Lafarge-Holcim, exploite et prépare le composant principal du béton: le granulat. En paralysant leurs outils qui alimentent le premier maillon de la chaîne de l’artificialisation, nous espérons engendrer des répercussions sur tout le reste du processus.

Grains de sable dans la machine

Pour cette occasion, et en vue de la situation, il nous est paru d’avantage pertinent de privilégier une action directe de désarmement, discrète, ciblée, plutôt qu’une action symbolique inoffensive. Nous avons donc effectué un petit service nocturne aux nombreuses machines qui se trouvaient sur le site : notamment en leurs offrant un peu d’abrasif fin dans leurs réservoirs d’huile et de carburant. Nous avons aussi utilisé des pompes à graisse customisée avec 1/4 d’abrasif afin de donner un petit coup de pouce à différents points de graissage critiques. Cette petite escapade a été réalisée quelques jours avant les Journées d’Action afin de laisser les substances s’épanouir un maximum dans les blocs moteurs et les articulations de ces gros monstres. Nous avons été rempli de joie d’avoir pu réaliser ce geste défensif en sachant que ces machines sont les armes des saccageurs avec lesquelles ils attaquent tous les jours la possibilité même de vie sur terre. Il est temps, pour les militant.exs qui se sentent prêt.exs, de s’organiser afin de commencer à rendre les coups. Tout engin et infrastructure qui transforme d’une manière ou d’une autre des écosystèmes naturels en produits morts mérite d’être mis hors d’état de nuire.

Que l’obscurité deviennent notre complice dans nos luttes futures!

Lafarge en Suisse

Et sinon, concernant la «petite» entreprise «familiale» E. Bühler & Fils, nous avons appris qu’elle s’était beaucoup développé en plus d’un siècle et demi. Si bien qu’elle occupe désormais une grande place en Suisse Romande: une place assez importante pour avoir donnée envie au géant Lafarge-Holcim de les racheter. Le business du coin consiste à vider le lac de Neuchâtel de son sable et gravât pour ensuite artificialiser les terres avec des constructions et des routes de merde. Pour rappel: Lafarge-Holcim reste l’entreprise la plus polluante du pays. On ne compte plus les scandales que ces criminels climatique
traînent derrière leur sales pattes. On pense notamment au financement de Daech et aux diverses affaires de pollution des eaux, ainsi que de troubles à la santé publique. Leurs business nous tue et nos dirigeants
les laissent continuer en toute impunité. Lafarge-Holcim est, en ce moment même, en train de raser la forêt de la colline du Mormont (1312 Eclépens, Suisse) pour agrandir sa carrière. Holcim(-tière) nous dégoûte !

Par ce geste, nous aimerions afficher notre soutien à tous les camarades en Suisse, en France, en Grèce, et ailleurs dans le monde, qui résistent face aux criminels climatiques. Et bien sûr, on envoie de la douceur à
toutes les victimes de la répression judiciaire concernant l’action de Bouc-Bel-Air, à Jérémy et à touxtes les autres qui subissent la violence judiciaire et physique des états complices.

Par le Gang des Tongs

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Bouguenais (Loire-Atlantique) : Rectification sur un panneau d’une usine de Lafarge

En vidéo, relais d’une petite visite nocturne et détournement chez Lafarge à Bouguenais (44).

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Genève (Suisse) : Action contre Lafarge-Holcim

extrait de Renversé / lundi 11 décembre 2023

Voici le communiqué d’une action qui s’est déroulée à Genève dans le cadre des journées internationales d’actions contre Lafarge Holcim et le monde du béton, appelées par les Soulèvements de la Terre. […]

Holcim est l’entreprise suisse la plus polluante. Elle fait des ravages partout dans le monde. L’opposition à Holcim est devenue un symbole de la lutte écologique tant cette entreprise détruit la planète et le vivant. Rappelons que Lafarge Holcim est aussi un symbole de la complaisance des gouvernements face aux abus du droit du travail. Il est nécessaire d’attaquer Lafarge Holcim partout où on le peut, à commencer par la Suisse.

En Suisse, déjà en 2020, la ZAD de la Colline donnait plus de visibilité à l’opposition au bétonneur-dévastateur Holcim. En 2023, l’opposition à Holcim s’est unie à Genève pour soutenir Jérémy*, emprisonné trois mois parce que soupçonné d’avoir bouté le feu à deux voitures de service d’Holcim…

Ce 10 décembre, pour continuer à dénoncer le géant meurtrier Holcim, on était une petite cinquantaine. On a recouvert le site de Vernier de slogans et on a déployé des banderoles pour rappeler qu’Holcim et le capitalisme tuent.

[…]

Mise à jour du 15 décembre : ici la vidéo.

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La vague d’actions contre Lafarge et le monde du béton est bien lancée !

extraits d’Expansive / dimanche 10 décembre 2023

Depuis deux jours, la campagne d’action contre Lafarge et le monde du béton, appelée par plus de 200 organisations et luttes locales, bat son plein. De Toulouse à Bruxelles, de Corseul à Marseille, en passant par Saint Barthélémy d’Anjou ou Héricourt de nombreuses actions visent ces entreprises dont les profits tiennent à la perpétuation du ravage environnemental.

[…] Au Forez, à Strasbourg, Belfort, au Teil, à Paris ou en Anjou, ce sont des foules de tout âge qui se rassemblent face aux grilles, des banderoles accrochées aux silos ou un mur en terre-paille construit devant une centrale à béton. À Lyon, pendant la fête des lumières, un « Lafarge + Daesh = coeur » a, entre autre, illuminé les ponts. Samedi, la lutte contre l’A69 a réussi à mobiliser quasi 2000 personnes, à s’introduire sur le site d’une future usine à bitume qui sera utilisée pour le chantier de l’autoroute et à le désarmer !

Ailleurs, des luttes locales se sont emparées de cette campagne d’action : à Doulon (Nantes) une charpente a été amenée par des tracteurs sur des terres maraîchères menacées d’artificialisation, tandis qu’en Nouvelle-Aquitaine, les manifestant.es se sont rendu.es sur une carrière liée au projet de LGV. A Val de Reuil dans l’Eure ce dimanche, deux cent personnes se sont introduites par surprise sur une centrale à béton Lafarge et l’ont mise à l’arrêt avant une opération de dispersion policière. Les manifestant.es ont trouvé refuge dans la forêt de Bord, actuellement menacée par un projet de contournement autoroutier. Pendant ce temps, des dizaines d’autres, avec des masques d’animaux ont ravalé la façade d’un site Lafarge en plein Paris et l’ont occupé pour un goûter d’anniversaire au 1 an du désarmement de la cimenterie de Bouc Bel Air, un des 50 sites les plus polluants du pays.

Parfois, comme en Bretagne, à Saint Egrève, à Bouguenais, en Suisse…les centrales à béton ont été visitées de nuit, repeintes et désarmées par des hérissons en boules, des lutins éco-terroristes, un commando pom-pote ou un gang des tongues à l’aide de mousse expansive, de petits outils de circonstances ou de sable dans les réservoirs. On peut citer le communiqué de Corseul (22) : « Nous, Hérissons, nous sommes introduits dans la centrale et avons grignoté quelques câbles,(…). Cet acte est avant tout un acte d’autodéfense contre un ennemi commun, Lafarge-Holcim. »

Vous avez là un rapide premier aperçu de ce qu’il s’est passé ce week-end et qui continue les jours prochains. […] Des compte-rendus détaillés et photos de l’ensemble des actions sont disponibles sur le site https://journeescontrelebeton.noblogs.org. […]

Un an après que des personnes se sont introduites de manière retentissante sur la cimenterie marseillaise, puis que Lafarge et la police anti-terroriste ont cherché à étouffer l’opposition en acte au monde du béton, le combat s’est de toute évidence démultiplié. Lors de ces mobilisations, de nombreux messages de soutien ont d’ailleurs été adressés aux personnes mises en cause par les enquêteurs. Face à l’artificialisation galopante des terres et à l’impact critique de ces industries dans le réchauffement climatique, cibler les sites du béton et du bitume a pris ce week-end l’allure d’une épreuve sportive hexagonale salutaire. Il paraît même que l’on parle de l’inscrire aux prochains Jeux Olympiques.

Face à l’association de malfaiteurs que constituent Lafarge et le gouvernement, les arrêter ne relève pas du terrorisme, mais d’un acte de résistance qui se propage. Comme les occupant.es des usines Lafarge du Port de Gennevilliers y avaient appelé en juin 2021 : « Lafarge et ses complices n’entendent rien à la colère des générations qu’ils laissent sans avenir dans un monde ravagé par leurs méfaits. Leurs silos et malaxeuses sont des armes qui nous tuent. Ils ne cesseront pas sans qu’on les y force. Nous allons donc continuer à démanteler ces infrastructures du désastre nous‑mêmes. Nous appelons toutes celles et ceux qui se soulèvent pour la terre à occuper, bloquer et désarmer le béton. »

L’appel à agir court jusqu’à mardi. Nous vous invitons à rejoindre les actions autour de chez vous.

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Mise à jour du 12 décembre :

« LA COP33 » revendique des actions contre 4 sites Lafarge autour de Bordeaux

La Grappe / lundi 11 décembre 2023

Bonjour,

Nous sommes L’Association Contre l’Ouverture des Portails en Gironde (LA COP33).

Jeudi soir, nous avons repeint et saboté les portails d’entrée de 4 sites Lafarge autour de Bordeaux.

Nous répondons à l’appel des Soulèvements de La Terre à des journées d’actions contre Lafarge et le monde du béton, et comme dans toutes les métropoles, la région bordelaise n’est pas épargnée par ses ravages…

Depuis maintenant des décennies, le béton sert à modeler l’environnement urbain pour répondre aux délires de contrôle du pouvoir : fluidifier les flux, aseptiser les villes, gouverner les corps et discipliner les esprits… Ces délires s’incarnent depuis des décennies dans des gRaNds pr0jeTs d’aménagements et d’infrastructures tous plus gourmands en béton, les uns que les autres. À Bordeaux, nous avons connu la destruction de quartiers entiers comme à Bègles ou à Belcier pour pouvoir y reconstruire de nouveaux éCo-quArtiers à la sauce sécuritaire, le chouchou de la région étant ce fameux projet Euratlantique, qui veut mettre Bordeaux sur la carte des grandes métropoles d’Europe attractives et branchées pour les âmes les plus grises de notre époque. Dans la même veine, ces dernières années, s’est vu ressortir des cartons le projet de LGV Bordeaux-Toulouse-Dax porté par les idéologues du dynamisme et de la grande vitesse qui promet de lacérer de larges pans du territoire du sud-ouest à grands coups de rails et comme toujours dans ces projets, de béton, évidemment.

Ainsi, nous nous sentions très concerné.es par cet appel, d’autant plus qu’il ciblait précisément l’ennemi numéro 1 : Lafarge. L’entreprise responsable de la majorité de la production de béton dans le monde et donc du ravage du vivant qu’elle engendre. L’entreprise qui finançait Daesh tout en fricotant avec les services de renseignement et qui traitait en terroristes celles et ceux qui avaient eu l’audace de s’attaquer un tant soit peu conséquemment à elle en décembre dernier. L’entreprise qui, comme toutes celles de son espèce, laisse crever au travail des ouvrier.es surexploité.es, comme ce chauffeur-livreur mort ensevelit par des gravats la semaine dernière à Port-la-Nouvelle.

Ne pouvant manquer une si belle occasion de s’en prendre à ce qui nous tue, nous avons décidé de passer à l’action pour mettre un petit coup d’arrêt aux livraisons de béton dans les chantiers de la région. Pour empêcher les camions-toupies plein de leur substance immonde de sortir des sites de production, nous avons bloqué par tous les moyens possibles les portails des sites de Cabanac, Blanquefort, Villenave d’Ornon et Libourne : bétonnage de chaînes (retour à l’envoyeur) accrochées au portail, soudure à froid entre les gonds, mousse expansive dans les mécanismes, colle dans toutes les serrures et évidemment re-décoration de l’entrée du site. Le lendemain matin, les livraisons ont dû prendre un peu de retard…

Nous sommes ravi.es de voir qu’en Gironde (à Lormont, Saint-Michel-de-Rieufret, Porchéres, Montpouillan) et partout en France, Lafarge et ses potes prennent cher et nous espérons que cela continuera les prochains jours, et même les prochains mois !

La prochaine fois, on ne s’arrêtera pas au portail !

Force aux inculpé.es de Bouc-Bel-Air et à toustes celles et ceux qui se soulèvent !

LA COP 33

 

*****

Mise à jour du 14 décembre

[JOURNEES BETON] DESARMEMENT – CIMENTERIE D’OVERIJSE

Stuut / mardi 12 décembre 2023

À PROPOS DE L’INTRUSION CHEZ HOLCIM OVERIJSE

Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 décembre 2023, nous avons pénétré l’enceinte de la cimenterie d’Overijse, comme un premier assaut contre des coupables de la destruction du vivant. Nous avons ciblé matériellement les infrastructures du site et les moyens de transport des matériaux, ainsi que laissé une variété de messages créatifs. Nous n’avons même pas eu à rentrer par effraction. Les destructeurs sont tellement en sécurité qu’ils laissent leurs portes ouvertes. C’était un tour de chauffe. Nous appelons aux actions d’occupation, de blocage et de désarmement partout où les ordures participent activement à la destruction de ce qu’il reste à sauver.

Lafarge-Holcim est le premier bétonneur au monde. En plus de sa condamnation pour financement à Daesh dans le but de maintenir leurs exploitations en Syrie et son inculpation pour crimes contre l’humanité, le groupe adore se vanter de ses engagements écolo. Jusqu’à récemment, on pouvait lire sur une banderole accrochée sur le site d’Overijse « Building progress for people and the planet ». Son greenwashing va même plus loin : la filiale belge du groupe s’est récemment associée à Total pour plancher sur un grand plan de transition énergétique, en développant la première cimenterie « zéro-carbone » grâce à l’hydrogène, nouveau leurre de l’écologie.

Nous ne sommes pas dupes. Les terres continuent d’être avalées, bitumées par ces monstres écocidaires. Holcim achète des terres, y détruit la biodiversité pour y construire de nouvelles carrières d’extractions, comme à Dinant. Holcim s’associe à Fluxys pour son projet abominable de gazéoduc de transport de CO2 sous la mer du nord. Holcim se targue de participer à de grands projets inutiles comme la construction de parkings géants pour un Casino à Middelkerke.

Nous ne voulons plus que les dernières terres existantes deviennent empire du béton. Nous ne voulons pas que nos villes continuent à en être les capitales.

Pour toutes ces raisons et plus encore, face aux entreprises capitalistes qui ravagent nos environnements, nous avons considéré qu’il était temps de passer à l’action. De cibler matériellement les coupables. Leur faire comprendre que s’ils considèrent ne pas être en guerre nous y sommes quand même.

Nous appelons chaque groupe politique organisé, chaque groupe d’ami.e.s non organisé à se réunir comme nous l’avons fait, et agir comme nous l’avons fait, comme d’autres le feront.

SOUTIEN À NOS CAMARADES INCULPES POUR L’AFFAIRE DE LA CIMENTERIE LAFARGE À BOUC-BEL-AIR IL Y A UN AN.

Il y a une vidéo de cette action, à voir sur Stuut ou sur Peertube.

 

[auf Deutsch]

[16/12, 15h] discussion autour de la révolte dans la prison de Vaughn aux USA en 2017

Publié le 2023-12-12 22:55:03

Le 2 février 2017 des prisonniers se sont emparés d’un des bâtiments de la prison dans laquelle ils se trouvaient dans le Delaware aux États-Unis laissant un maton sur le carreau. Malgré la répression qui a suivi cette mutinerie la plupart des inculpés sont restés solidaires les uns des autres et ont ainsi déjoué les accusations de l’État en obtenant que seuls deux inculpés ayant déjà des peines de perpétuités soient condamnés pour la révolte et le meurtre du maton. Une brochure (qui sera disponible dans l’infokiosque de la bibliothèque) compile des traductions de lettres que certains des inculpés ont écrit pendant et après les procès. Elles témoignent des questionnements, des analyses, des perspectives et de la détermination qui traversent ces individus que la révolte a rassemblé.

Après une présentation des circonstances qui ont précédé la mutinerie, de son organisation, de son déroulé et de ses conséquences pour ceux qui y ont participé, on pourrait discuter de la pertinence pour des anarchistes de se solidariser de telle révoltes et de comment on imagine le faire.

Bibliothèque Anarchiste Libertad
19 rue burnouf
75019 Paris
M° Belleville ou Colonel Fabien

Pado expulsé ! Appel à rassemblement le 13/12 à 18 h place de l'Europe

Publié le 2023-12-13 10:35:06

L’expulsion du Pado a commencé mercredi à 6h30.
Rendez-vous mercredi 13 décembre à 18H, Place de l’Europe à Briançon.



Le Pado est un squat d’habitation et de passage situé à la frontière franco-italienne, à Briançon (34A avenue de la République). Ce squat a ouvert début août dans l’objectif d’y accueillir les personnes souhaitant rester plus longtemps sur Briançon que ce que permettent les associations locales. Pendant l’automne il était le seul lieu d’accueil pour les personnes venant de passer la frontière à pied. Depuis le refuge des terrasses (espace tenu par l’association le refuge solidaire) à rouvert et le Pado est maintenant la maison de nombreuses personnes, un espace de vie et d’activité où pleins de parcours se croisent.

Normalement protégés jusqu’en mars par la trêve hivernale nous avons appris ce matin [11 décembre] la décision de la mairie de Briançon de nous apposer un arrêté de péril imminent, annulant donc le délais donné par la justice et nous laissant 36H pour quitter les lieux !
Les justifications de cet arrêté sont pour la plupart absurdes, accusant le manque d’hygiène et le risque d’incendie dû aux installations électriques. Ces 2 problèmes étant causés par la mairie elle même qui s’acharne depuis des mois à couper l’eau et l’électricité du bâtiment.

Nous appelons à un rassemblement à 18 h place de l’Europe !

Honte au maire de Briançon Arnauld Murgiat et sa politique raciste.

[Affiche] : Halte aux massacres !

Publié le 2023-12-13 13:44:00
Affiche vue sur les murs de Paris (France) et de Bruxelles (Belgique), novembre 2023, A2. Cliquer sur l’image pour ouvrir et imprimer le PDF

[Reçu par mail, 9 décembre 2023]

Une fois encore, la guerre embrase la région Palestine – Israël. Une vague d’attaques coordonnées menée par le Hamas a déchaîné une opération militaire à grande échelle de l’armée israélienne. À l’assassinat de sang-froid et à la prise d’otages répondent le bombardement de villes entières, la famine et la déportation de millions de personnes.

Le Hamas et Israël. Deux régimes aux mains tâchées de sang, c’est
indéniable. Deux pouvoirs militaires qui frappent dans le tas de manière indiscriminée. Deux autorités qui emploient la terreur pour tenter de conquérir ou préserver le pouvoir – un peu comme tous les États qui, y compris ici, n’hésitent pas à enfermer et écraser les rebelles à leurs lois.

Car cela ne fait que peu de différence, au fond, s’ils commettent leurs massacres à l’arme blanche ou en appuyant sur un bouton, si leurs soldats portent un uniforme noir ou vert, si leurs boucheries sont légales ou illégales. Ils se mettent tous au même niveau à partir du moment où ils ôtent à l’individu la possibilité de vivre comme il
l’entend.

Voilà pourquoi nous refusons la sommation de «choisir un camp». Nous n’avons aucune envie de choisir entre un quelconque aspirant État avec ses soldats égorgeurs et un quelconque État colonial avec ses militaires assassins, c’est-à-dire entre plusieurs formes d’esclavage.

Une fois encore, les idéologies utilisées par le pouvoir, à savoir les
nationalismes et les religions, sont les piliers de cette logique
meurtrière. Alors que les frontières divisent artificiellement le genre
humain en groupes ennemis, les nationalismes mènent à l’unité forcée au sein de chaque groupe humain sous un assemblage de mythes et de fausses utopies fabriquées de toutes pièces. Le concept de «peuple» lui-même n’est rien d’autre que le produit d’un imaginaire, dont les conséquences sont la mentalité de troupeau, le culte des guides, l’esprit de martyre, les fosses communes et les génocides. Comme en témoigne la longue liste de carnages qu’accompagne l’histoire des États.

Simone Weil faisait justement remarquer que «la guerre constitue avant tout un fait de politique intérieure – et le plus atroce de tous». Quoi de mieux que la militarisation, en effet, pour écraser toute divergence et imposer l’adhésion unanime derrière le drapeau de la patrie ?

Dans ce monde, dans cet ordre social où une poignée d’individus décident de la vie de tous les autres qui obéissent, il va sans dire que la guerre n’est jamais qu’un des modes d’intervention des dominants pour régler les conflits qui les opposent et, de façon générale, accroître le pouvoir qu’ils font peser sur leurs administrés.

Une fois encore, ceux qui décident des guerres ne sont pas ceux qui en meurent. Sous les missiles qui tombent aujourd’hui en Palestine et en Ukraine, les civils bombardés sont utilisés par les gouvernements et les politiciens comme des pions d’un Risk inexorable. Ainsi, l’offensive du Hamas intervient à un moment où l’Arabie Saoudite – régime honni par l’Iran – était en négociation avec Israël pour établir des relations officielles. De même qu’en Ukraine se joue la stratégie expansionniste de l’OTAN, c’est-à-dire une rivalité plus large entre blocs de pays pour le contrôle de marchés et de zones d’influence.

Par conséquent, nous rejetons l’idée selon laquelle le Hamas serait
engagé dans une «lutte de libération». Quoi qu’il puisse être difficile
de le penser pour ses défenseurs, les épouvantables massacres qu’il
dirige appartiennent en réalité à la praxis de n’importe quelle armée,
formée à tuer et à être décimée sans scrupule pour le plus grand profit d’une minorité de privilégiés. – Tout le contraire, en somme, de la lutte d’individus libres pouvant s’auto-organiser sans dirigeants ni dirigés.

Aux affrontements guerriers entre États nous voulons opposer notre antimilitarisme : une révolte qui ne repose sur aucune union nationale que ce soit, mais qui au contraire la fissure par l’insubordination, la fraternisation des exploités, l’attaque contre les souteneurs de guerre, le défaitisme révolutionnaire. Dans la tragédie actuelle, nous continuons à proclamer qu’«il n’y a qu’une seule guerre de libération : celle qui, dans tous les pays, est menée par les opprimés contre les oppresseurs, les sans-patrie contre leurs propres États».

des anarchistes

Joyeux 13.12 !

Publié le 2023-12-13 18:53:29

Pour fêter dignement ce 13 décembre (13.12) 2023, nous vous partageons un petit trombinoscope de flics en civil genevois.



Attention la liste n’est pas exhaustive, il faut donc rester sur nos gardes.

A partager, imprimer et afficher dans tous les lieux militants.

La police nous flique, fliquons la !

Des gens qui n’aiment pas la police.



Quand Pôle emploi se fait de l'argent sur le dos d'un détenu...

Publié le 2023-12-13 19:10:06

Eddy a touché les allocations du chômage alors qu’il était détenu. L’État l’accuse d’escroquerie, et il a été condamné à 18 mois fermes, en plus de rembourser les sommes perçues. Pourtant, cet argent, il y a droit ; il s’agit de ses cotisations. L’argument contre lui, c’est qu’on ne peut pas chercher de travail en prison. C’est faux, puisque c’est ce qui est demandé pour un aménagement de peine… Il a tenté de trouver un accord avec Pôle Emploi, mais ils ont fait la sourde oreille, jusqu’à le traîner au tribunal. Il n’a pas pu être présent pour le jugement, et a fait appel de cette condamnation. Le procureur a décidé de l’incarcérer en attendant...
Il nous explique plus en détails sa situation, et parle aussi de la prison.



Eddy a touché les allocations du chômage alors qu’il était détenu. L’État l’accuse d’escroquerie, et il a été condamné à 18 mois fermes, en plus de rembourser les sommes perçues. Pourtant, cet argent, il y a droit ; il s’agit de ses cotisations. L’argument contre lui, c’est qu’on ne peut pas chercher de travail en prison. C’est faux, puisque c’est ce qui est demandé pour un aménagement de peine… Il a tenté de trouver un accord avec Pôle Emploi, mais ils ont fait la sourde oreille, jusqu’à le traîner au tribunal. Il n’a pas pu être présent pour le jugement, et a fait appel de cette condamnation. Le procureur a décidé de l’incarcérer en attendant...
Il nous explique plus en détails sa situation, et parle aussi de la prison.

Matinée de soutien aux inculpé.es du 8/12

Publié le 2023-12-13 19:15:05

Appel à une matinée de soutien le 22 décembre à partir de 9h, jour du rendu (délibéré), devant le TGI, Porte de Clichy, à Paris, en solidarité avec les inculpé.es du 8 décembre et contre la mascarade de la justice antiterro.



Le vendredi 22 décembre se tiendra le rendu du procès des inculpé.es du 8 décembre. Après 4 semaines de procès en octobre, très éprouvantes pour les inculpé.es, les juges rendront leur délibéré. Nous rappelons que les réquisitoires du Parquet National Anti-Terroriste vont de 2 à 5 ans de prison avec sursis et 6 ans ferme avec mandat de dépôt pour l’un des prévenu.

Mobilisons-nous pour leur apporter notre soutien !

Nous invitons toustes celleux qui le peuvent à nous rejoindre dès 9h devant le TGI, Porte de Clichy, à Paris. Toutes formes d’expression de soutien sont bienvenues : prise de parole, chorales révolutionnaires, banderoles, tract, son...

Ne nous laissons pas anti-terroriser !
solidarité avec les inculpé·es du 8 décembre !

Anarchist comrade Alfredo M. Bonanno has died on 6th December at the age of 86

Publié le 2023-12-13 20:00:03

You will always be alive with us through our action and our lives. “ACTION REPLACES TEARS”

Alfredo Maria Bonanno, born in 1937 in Catania, Sicily, is one of the most prolific contemporary anarchists, responsible for Anarchismo editions and other publishing ventures. In 1977 he was sentenced to 18 months in prison for his book La Gioia Armata (Armed Joy). This book had been published at a historical moment when the Italian revolutionary movement was openly going on the offensive, while similar conditions existed in other European countries (Germany, Spain, England, Greece, Chile and more) and the question of violence was on the daily agenda. His contribution lies in a celebration of the pervasive class violence that liberates and satisfies the individual, but at the same time he sounds the alarm about the emergence of the armed party, which reduces the class conflict to a militaristic dimension, imposing the mediation of a small minority of armed men on the complexity of tens of thousands of people struggling by all means against the current reorganization of Capital, which at that moment seemed weak.

In the spirit of the book, all authentic liberating and destructive action comes from a logic of satisfaction in the struggle, not a self-sacrificing duty in accordance with the dictates of a micro-bureaucracy. The Italian Supreme Court ordered the destruction of the copies of the book that were in circulation, and sent a circular to public libraries to dispose of any copies they might have had.

Several librarians objected to this Nazi-inspired tactic. Its circulation was generally banned, and copies were confiscated from the homes of anarchist militants in the context of police raids on houses.

Shortly afterwards, the author was accused of being an “instigator” of the Azione Rivoluzionaria, an armed organisation of 1976-79, which operated on the basis of “affinity groups” throughout central Italy, mainly against newspapers and party offices, and similar “manipulative mechanisms of consensus-building”. In 1979 the organisation was practically dismantled with the arrest of 86 people and the arrest of Salvatore Cinieri and Gianfranco Faina. The first went on to die in prison in a scuffle with criminal inmates when he defended a prisoner suspected of submitting an escape plan, while the second was released to die of lung cancer after being diagnosed with a tumour while in custody.

With the retreat of the movement, the author’s interest turned to the critique of traditional trade union and organisational structures, as well as to the new metropolitan uprisings that have been re-emerging in the West steadily since the 1980s, without the guidance of any party, without open demands, etc.

The rapid changes in social and economic conditions as capitalism pivoted to its post-industrial phase, were not greeted by Alfredo Bonanno and his comrades as any cause whatsoever for alarm, retreat or disillusion. The fixed armed and political structures and the proletariat they wanted to command have all but disappeared; common language and culture between those excluded and those included within the technological administration of society have been irreversibly eroded; rebellion which no longer expresses itself intelligibly in class consciousness or the leveraging of better conditions becomes synonymous with ‘irrational violence’. But in publications which Alfredo Bonanno contributed to in this period like ProvocAzione and Canenero, there is the persistently audacious question: whether these developments, which devastated the revolutionary movements in Europe, might really contain more than a little ‘good news’ for those who really desire anarchy and subversion?

This ‘good news’ is to be found in the preponderance of attack: the social war which – with greater or lesser intensity – has survived the collapse of political ‘lightning conductors’. The subversive crackle of sabotage, mini-riots, daily refusal and individual expropriation. These form, not a historical force, and even less some kind of ‘party of disorder’ but are instead merely tiny self-organised rebellions which serve to widen and concretise the distance between power and its enemies, undermining what has become the core objective of contemporary production: consensus and social peace.

The plan of power, with many different variations, is by necessity today to take the ‘sting’ out of exclusion by the flattening of life, tracking and managing unpredictability out of existence. Without language, the power of thought, the means to interpret reality, what is lost is the possibility to distinguish things. So even if I am barred in an absolute way from the ‘goods’ and ‘freedoms’ of this society I might not see or feel this distance for what it is – something sharp and violent – but as something indefinable, debilitating and perhaps a source of desperate longing for an illusion which will ‘humanise’ the distance (racism, nationalism, etc).

Without words to describe ‘revolution’, ‘class-enemies’, ‘solidarity’ which in the past had a common social foundation and meaning even to the exploiters they were hurled at, the morass of empty symbols and images which has replaced all this hyper-produces either frantic participation in the topics and fads of the moment or, for those really excluded, a perspective which consists mainly of rotting away in the shadows.

The refusals and attacks which respond to this condition have almost been dispossessed of the ability to speak at all and so clearly cannot make up a coherent revolutionary alliance. But because the human creature’s imagination, passion, intelligence and pride hasn’t been totally annihilated yet, it carries on trying to express itself even when all the avenues for doing so have been blocked.

The attack can make and flesh out this distance, making it clearer, sharper, perceivable. Distance between the existent order and the pent up energy of those pushed up against it with no way out is, today, exclusively evidenced and compounded by refusal and attack (all else, all participation, political speech, engagement, having been emptied of content, are accordingly part of the process of dispossession). What destructive reactions create, therefore, are more or less irresolvable tensions in the distance between this world and its undesirables who through a fusion of necessity and will, refuse its invitation to expire without a fuss.

This, Alfredo Bonanno cautions us, is ultimately the new ‘class’ terrain in which anarchists must struggle within (if indeed they still want to struggle at all): a bustling, unweildly jungle of capacities, perceptions, dreams, wills and desires which have made an enemy of power, or else have just been expelled from its process, and so have nowhere to go but towards the destruction of the existent.  Anarchists are not outside of this looking in. We are also there, somewhere in the explosive mixture, if for no other reason than that our idea has no place whatsoever in this world of mercantile barter, precarious adjustment and chattering opinion.

So the question Alfredo Bonanno rolls up into bottles and casts into the sea, to float stationary in the doldrums or be tossed into the storms of the 21st century is the following: what methods and what perspectives can anarchists avail themselves with to pull down hard on these tensions, including our own, which are being opened up by attack, to the point that they snap?

What is impossible is the quantitive, strategic cohesion of the mass armed-and-political structures of yesterday, but it is not just organising under those auspices, or allying with the corpses of those entities which is to be completely rejected. It is an entire way of perceiving, their entire conception of force which is based on number, defensive organisation, management of the present, all kinds of delegation, political realism, guerilla militancy – in a word – in the banalising mythology of the rapport de force.

These concepts and perspectives must be replaced by those of a vital game of subversion without intermediaries, a game played between those whose individual struggle out of the domestication of the present is the only reliable guidance in what to look for and how to look for it. This game is played out far from spotlights, spectacle and all their grandiose illusions which have tragically polluted the insurgent dreams of the past, but perhaps, for all that, it is a game far closer to insurrectional possibility.

Alfredo Bonanno and his comrades put forward a kind of flying machine with two wings designed to both fan, and soar on, these new winds of subversion.

The first ‘wing’ is small diffuse actions ‘pulverised throughout the territory’. This is conceived as a new direction for the anarchist movement – away, generally, from attraction to hostile symbols and towards the sometimes-undefended periphery where the great flows of data, energy and commodities hold together the rancid social relations in post-industrial society.

The second ‘wing’ is sometimes referred to as ‘intermediary struggle’, meaning a struggle against a project of power with a precise destructive conclusion – having recourse therefore, to the cultivation and coordination of self-managed groups of attack from amongst all those who are affected by the object of the struggle (something qualitatively different from anarchist comrades developing their projectuality with the entire social field to play with).

Ultimately both orientations have practically bled into and fed one another, especially in the anti-nuclear struggles in Italy in the ’80s (against the pylons and other tendrils that supplied nuclear plans and other elements of technological restructuring – and, for two years, an application of the ‘intermediary’ method against the cruise-missile base in Comiso). There, both these wings stimulated a deliberate, self-conscious and (also thanks especially to Alfredo Bonanno) well-documented flight.

Both methodologies, in different ways, are in a perspective of generalisation, of social contagion according to the logics and timetables of affinity between individuals and self-organised groups. Both are tools fashioned specifically to be of use to comrades concerned with precipitating, augmenting, intensifying insurrectional openings in the present.

Some of Alfredo Bonanno’s best-known works, which are available in English thanks to Jean Weir’s translation work, include The Anarchist Tension, Anarchism and the National Liberation Struggle, A Critique of Syndicalist Methods, For An Anti-authoritarian Insurrectionalist International (the latter a rather out-of-print pamphlet in Greek, published by Εκδόσεις Επαναστατική Αυτοοργάνωση), Let’s Destroy Work, Let’s Destroy the Economy, Palestine Mon Amour, Locked Up, From Riot to Insurrection, texts on Hegel, Stirner, trade unionism and workers’ autonomy, etc.

His well-known long-standing activity also made him a target of repressive institutions. On February 2, 1989, in the context of a Digos operation (roughly equivalent to the Greek cops EKAM), after a robbery of a prominent jewellery shop, with raids on squats and anarchist houses, he was arrested together with Giuseppe Stasi and the two were sentenced to 68 and 54 months in prison, respectively. Again on the night of June 19, 1997, in a “sweep” operation by the Italian security services against anarchist squats and hundreds of houses throughout the country, following the bombing of the Palazzo Marino in Milan, Bonanno was arrested along with hundreds of other anarchists.

On February 2, 2003, he would also be sentenced to 6 years in prison and a 2,000 euro fine for armed robbery, in the context of the “Marini Trial”, in which anarchist militants were convicted on the basis of the Italian Marini theorem,  according to which all anarchists in the country (squats, solidarity groups for prisoners, immigrants, etc.) are members of an “armed organisation with the aim of overthrowing the democratic constitution”. For this organisation, they even invented a (hitherto non-existent and ridiculous) name: ORAI – “Revolutionary Anarchist Insurrectionalist Organisation”. Bonanno’s reputation as a “theoretician” and convict author gave him the position of “ideological leader” of this non-existent organisation, according to the accusations. In the appeal
court, his sentence was reduced to 3.5 years.

In October 2009, Alfredo Bonanno was arrested near Trikala, after the arrest of anarchist Christos Stratigopoulos following an armed bank robbery. Christos Stratigopoulos also maintains anarchist publications (Sisyphos, Revolutionary Self-Organization), and had invited Alfredo Bonanno to Greece for a series of speeches on the occasion of his book “Domination and rebellion in post-industrial society” published by the “Eleftherian Institute of Social Studies of Ioannina”, which was run by Stratigopoulos, who, since his arrest, took full responsibility for the bank robbery, stating that he had resorted to this action for personal livelihood reasons, for the repayment of onerous bank loans. Christos Stratigopoulos had been arrested in 1994 with the anarchists Antonio Budini, Jean Weir, Carlo Tesseri, and Vaggelio Giuggia near Rovereto, Northern Italy, for robbing the local Agricultural Bank, and had been sentenced to prison sentences under the Marini theorem, in which a young girl was used to “identify” the four comrades. In the next phase of the theorem he “investigated” a photograph of Alfredo Bonanno (twenty years ago) in a sketch by the authorities, at the top of a pyramid with lines linking him to the arrested and other fighters. A repetition of such methods was evident in Greece, with the reports that would “leak” every few days about the possible participation of Alfredo Bonanno in another robbery in Argostoli, as part of a climate of physical extermination of “grandfather” Alfredo, who despite his 73 years and his poor health, did not abandon his “weapons”.

We consider it legitimate to use some of these weapons in the battle that is raging in Greece today, as Capital restructures itself, attempting an unprecedented devaluation of labour and reduction of living conditions, in a climate of national consensus among its ideological, trade union and political agents, thus exposing them to crisis.

We would be remiss if we did not mention that it was while in the cells of Greek democracy after his arrest near Trikala city , that Alfredo Bonanno, wrote in a calm ferocity the many pages that would become the book “L’ospite inatteso“, (“The Unexpected Guest”). It was here that he revealed in intense, piercing stanzas his recollections of combat decades prior in the land known as Palestine. A struggle against torturers, massacres administered by grey men with a clockwork routine.

The abyss of authority can abnegate responsibility and opens the way to butchers of the moral and material dimensions of the human, but perhaps only for so long. The necessity of cutting the executioners route through the infamous impunity of authority is a concept which runs right through the heart of Alfredo Bonanno’s more haunting contributions to the struggle for living freedom against this world of death.

Having said all this and the undeniable gaps they leave, there is also absolutely no doubt that Comrade Alfredo Bonanno left a part of his revolutionary heart in Greece and it is also no coincidence that his last wish, after his death, was to leave the ashes of his body in the sea of the Ionian Sea, of his Sicilian birthplace, Catania.

Anarchists comrades and anarchist project Act for freedom now!

Allemagne : petite contribution à propos de l’infrastructure (européenne) de guerre

Publié le 2023-12-14 04:30:03

Le réseau de transport trans-européen (TEN-V), la logistique et la disponibilité militaires au vu de l’exemple du corridor ScanMed et de ses projets partiels actuels
Traduit de l’allemand de Sozialer Zorn, 1er décembre 2023

Avant-propos des auteur-e-s

Nous nous trouvons au début d’un siècle de guerres entre des blocs de pouvoir transnationaux, entre des états nationaux existants ou émergents, des guerres contre des populations en fuite et réfractaires. Des guerres pour des ressources stratégiques, pour la nourriture et l’eau, des guerres pour des constellations de pouvoir géostratégiques et des revendications territoriale. Cependant, quels que puissent être les motifs des guerres actuelles et à venir, nous refusons résolument d’y rejoindre un camp quelconque, puisque toute guerre se dirige uniquement contre les exploité-e-s et les opprimé-e-s de ce monde et ne sert qu’aux puissant-e-s pour accroître leur richesse et leur domination sur la vie. Il ne peut pourtant pas s’en suivre que nous restions à regarder les bras croisés comment les dominant-e-s préparent le carnage, commettent des génocides et des massacres, sèment la dévastation et la misère sur les êtres humains et le vivant même. S’il est aussi clair que nous ne dirigerons jamais les armes les un-e-s contre les autres sur ordre des MAÎTRES, rien au monde ne nous empêchera pourtant de combattre avec nos propres armes ce qui rend simplement la guerre possible, la propagande nationaliste, le processus militaro-industriel du génocide en cours, ainsi que, et ça n’est pas la moindre des choses, l’infrastructure de guerre en tant que telle. Et c’est justement cette infrastructure de guerre, ou ce qu’on appelle aujourd’hui l’infrastructure moderne „à double usage“ d’exploitation „pacifique“ de l’humain et de la nature d’une part, et de destruction militaire de l’autre, que nous voulons avoir en ligne de mire dans cette contribution à partir de l’exemple du dit corridor ScanMed (corridor Scandinavie-Méditerranée), qui est l’un des principaux axes d’infrastructure de transport de l’Union européenne, avec quelques-uns de ses projets partiels actuellement en extension ou en modernisation.

Ce faisant, nous ne voulons pas montrer une fois de plus que la lutte contre la guerre comprend aussi la lutte contre l’exploitation et la destruction „pacifiques“, celles bien huilées, et donc contre le projet industriel et colonial, mais nous voulons plutôt apporter ici une petite contribution en mettant en évidence des cibles concrètes dans ce combat, et ainsi encourager chacun-e à élaborer ses propres analyses du complexe militaro-industriel, de ses matières premières et de sa logistique, en ayant rien de moins en tête que son sabotage efficace. En effet, une telle analyse nous manque d’autant plus cruellement que nous pensons que notre capacité à combattre la domination (et ses guerres) dépend inévitablement de notre connaissance de ses infrastructures, de notre compréhension de ses mécanismes de fonctionnement, ainsi, et de manière non négligeable, que du fait de posséder les compétences nécessaires et une certaine routine dans leur utilisation pour l’attaquer aux points faibles que nous aurons déterminés.

Le réseau de transport trans-européen (TEN-V)

Le réseau de transport trans-européen est un réseau de routes, de voies ferrées, de routes aériennes et maritimes prévu par l’Union Européenne pour permettre entre pays membres le transport rapide et sans obstacle de marchandises, de matières premières, en partie aussi de sources (d’énergie) et enfin, d’armement, d’approvisionnement et de troupes militaires par-delà les frontières de ses pays membres. Même si ça n’est souvent pas mentionné, c’est déterminant dans les documents stratégiques. Ce réseau consiste ainsi en un réseau principal, à nouveau étendu à l’ensemble du territoire de l’UE essentiellement à partir de neuf corridors principaux dits multimodaux. Ces corridors relient par exemple la zone de la mer du Nord à la zone méditerranéenne, la mer baltique à l’adriatique, les métropoles méditerranéennes sur l’axe est-ouest, ils passent le long du Rhin et du Danube ou de la côte atlantique. Ils sont multimodaux, ce qui signifie qu’ils sont composés au moins de voies routières et ferroviaires, et souvent en plus – ou du moins en partie – de voies navigables, qu’ils relient par voie terrestre des aéroports et des ports de haute mer, c’est-à-dire que si un type de transport venait à ne plus fonctionner ou à occasionner des retards, elle pourrait simplement et facilement être remplacée par un itinéraire parallèle circulant le long du même axe de transport. Cette redondance des itinéraires, cet aspect multimodal, ne relèvent pas du hasard et sont une condition nécessaire pour les axes de transport militaires servant au transport des troupes, de leur armement et de leur nourriture, tout comme l’adaptation à des charges par essieu de plus de 22,5 tonnes sur plus de 94% du trajet, cette possibilité d’utilisation militaire a été pensée dès le début par l’UE et ses pays membres.

Le corridor ScanMed

Le corridor ScanMed, c’est-à-dire le corridor de transport qui relie les pays scandinaves à la Méditerranée, est le plus long corridor principal du réseau trans-européen et, partant de Oslo et d’ Helsinki, il passe par Rostock – Berlin – Leipzig / Hambourg – Brême – Hanovre, Nuremberg – Munich – Innsbruck (col du Brenner) – Vérone – Bologne – Florence – Rome – Naples– Palerme, pour aller jusqu’à Malte. Il croise ainsi le corridor mer du nord-mer baltique à Brême, Hanovre, Berlin et Hambourg, le corridor Méditerrané à Vérone, et le corridor Rhin-Danube à Munich et Regensbourg. De plus il relie entre autres les ports de Hambourg, Göteburg, Brême, Rostock, les aéroports de Munich, Berlin, Leipzig, Hambourg aux voies de transport terrestres. Près de 1100 trains de marchandises quittent le port de Hambourg chaque semaine le long du corridor ScanMed vers l’intérieur du pays. Inversement, ce corridor relie la plupart des grands ou moyens ports méditerranéens d’Italie surtout avec l’Allemagne en passant par le col du Brenner. Il permet là d’économiser plusieurs jours dans le transport de marchandises en provenance ou à destination du dit Extrême-Orient, lorsque celles-ci peuvent être acheminées par voie terrestre au lieu d’emprunter la voie maritime en passant par le port de Hambourg. Grâce à la stratégie du « double-usage » dans le domaine des infrastructures, ce qui est valable pour des biens à destination „civile“ vaut aussi pour les biens et les troupes militaires. Ainsi le corridor ScanMed ne relie pas seulement les bases navales de l’armée allemande en mer du nord avec les ports méditerranéens d’Italie, il permet aussi d’équilibrer les transports de troupes et les déplacements de matériel par le biais de certains des axes Est-Ouest. Nous nous rappelons par exemple bien que les équipements militaires états-uniens, qui dans le cadre de l’exercice de l’OTAN „Defender 2020“ atterrissaient dans des ports comme celui de Palerme ou de Bremerhaven, empruntaient précisément ces routes pour rejoindre les différentes bases américaines principalement en Allemagne, d’où ils auraient ensuite dû partir en direction de la Pologne si l’exercice n’avait pas été interrompu. D’un point de vue militaire, il est aussi pratiquement impossible de renoncer au corridor ScanMed eu égard à l’industrie allemande de l’armement et de son approvisionnement en matières premières et en produits semi-finis, en „temps de paix“ comme en temps de guerre. L’industrie de l’armement justement en place dans la région métropolitaine Munich/Ingolstadt/Augsbourg, tout comme le triangle bavarois Burghausen/Burgkirchen/Trostberg/Waldkraiburg relevant de l’armement et également important pour l’approvisionnement pétrolier du Sud de l’Allemagne gèrent leur logistique principalement et „forcément“ (puisque pratiquement sans alternative) le long de ce corridor.

Goulots d’étranglement actuels et projets d’extension pour y remédier

Les deux principaux goulots d’étranglement du corridor ScanMed se trouvent actuellement dans le col du Brenner et dans le détroit de Fehman et concernent particulièrement le transport ferroviaire. Dans le détroit de Fehman des véhicules automobiles et des trains circulent sur ce qu’on appelle la „Vogelfluglinie“, la connexion la plus directe entre les métropoles Copenhague et Hambourg, soit un trajet d’environ 19 kilomètres entre l’île allemande Fehmarn et l’île danoise Lolland, qui s’effectuait jusqu’à présent en ferry. Le tunnel de Fehmarn, devant accueillir des routes et un chemin de fer avec 4 voies de circulation, ainsi qu’une voie d’urgence et une de maintenance, doit être construit d’ici 2029, ce tronçon doit être prochainement modernisé et ainsi éliminer le goulot d’étranglement dû au service de ferry. Dans la foulée, le pont de Fehmarnsund,qui assure la liaison entre la terre ferme allemande et Fehmarn doit être remplacé par un autre tunnel sous la mer, le tunnel de Fehmarnsund, prévu pour la même date, pour pouvoir accueillir un volume de trafic en augmentation, et en particulier les trains de marchandises de 835 mètres qui devront y circuler.

Le deuxième principal goulot d’étranglement du corridor ScanMed se trouve dans les Alpes, plus précisément dans le col du Brenner. Sur l’une des plus importantes routes d’Europe qui traverse les Alpes, le trafic ferroviaire et surtout le transport de marchandises sur rail représentent un tel défi à cause des fortes pentes sur la ligne que le transport de marchandises par camion est souvent plus économique. Le tunnel de base du Brenner censé être terminé d’ici 2032 doit changer cela. Afin de pouvoir également garantir une liaison stable, aussi bien au Nord (Autriche et Allemagne) qu’au Sud (Italie), de nouvelles voies d’accès supplémentaires sont construites ou étendues, pour permettre des capacités de plusieurs centaines de trains par jour.

A côté de cela, il y a de nombreux goulots d’étranglement plus petits qui ne remplissent pas les exigences de l’UE sur les lignes directrices des corridors principaux et n’ont pas le degré de modernisation correspondant sur des portions du corridor ScanMed, dont certaines doivent par exemple être choisies à l’intérieur de la RFA. Dans la circulation ferroviaire, il manque encore le tronçon de la voie d’accès du Nord du tunnel de base du Brenner, qui doit être construite entre Grafing et Rosenheim, tout comme des voies de contournement entre Hanovre et Hambourg programmées dans le cadre du Alpha E + Brême Optimisé, ainsi que l’extension des voies locales existantes. Le tronçon entre Hof et Regensburg, qui fait partie du corridor Est du rail, doit encore être électrifié. Un nouvelle ligne Munich-Ingolstadt avec connexion à l’aéroport de Munich est également prévue au cahier des charges du corridor ScanMed à réaliser d’ici 2030. De nombreuses gares de transbordement de marchandises ne remplissent pour l’instant pas non plus les standards exigés, en particulier pour des trains de marchandises mesurant plus de 740 mètres, c’est par exemple le cas de Munich, Nuremberg, Hanovre, Rostock, Lübeck, Großbeeren, Schkopau, ainsi que de celle de Hambourg-Billwerder.

Conditions pour une utilisabilité militaire du Corridor

Pour que les axes de transport mis en place pour des objectifs principalement civils puissent effectivement être utilisés militairement dans le sens d’une stratégie de „double usage“, quelques conditions doivent être remplies, qui sont par exemple définies dans le Plan d’action européen „on military mobility“. Les charges d’essieu de 22,5 tonnes en font par exemple partie, tout comme la multimodalité des corridors, et donc la possibilité de pouvoir passer de la route au rail ou aux voies navigables, et inversement, plus ou moins à tout moment, si une des infrastructures fonctionnant en parallèle venait à être gravement endommagée. A côté des voies de transport de toutes sortes, ce sont surtout des gares et des ports de transbordement qui serviront à faire passer les marchandises de la route au rail et inversement, ou du bateau à la route/au rail. Dans le cadre du projet infrastructure de l’UE Rail-Road Terminals, ces gares de transbordement se trouvent le long du corridor ScanMed dans le sens Sud-Nord à l’intérieur de la RFA à Munich, Nuremberg, Hanovre, Berlin, Brême, Bremerhaven, Hambourg, Lübeck et Rostock.

En outre, pour que les corridors de transport puissent être utilisés militairement, un approvisionnement en carburant suffisant tout du long est essentiel. En effet, le transport de troupes et de matériel de guerre engloutit une énorme quantité d’énergie et celle-ci ne se trouve pas comme par magie. L’approvisionnement du transport civil nécessite déjà d’innombrables stations de ravitaillement pour les véhicules légers, les poids-lourds, les trains, les avions et les bateaux, qui reçoivent le carburant nécessaire quotidiennement grâce à une logistique sophistiquée de pipelines, de trains de marchandises et de camions citernes. En gros, le carburant produit dans les raffineries (où le pétrole brut nécessaire arrive la plupart du temps par Pipeline, voir ci-dessous) arrive par des pipelines, des pétroliers et des trains-citernes dans les dépôts de stockage, à partir desquels il est amené également par train-citerne ou en camions jusqu’aux différents postes d’essence, ainsi qu’à des dépôts de stockage plus petits et plus éloignés. Quelques-uns des dépôts de stockage d’importance stratégique particulière pour l’armée sont alimentés en Allemagne et partout en Europe par le réseau de pipelines de l’OTAN, aujourd’hui aussi exploité par des opérateurs civils, mais assurant en cas de besoin l’utilisation militaire prioritaire. En Allemagne, il y a en tout 12 sites de raffinage de carburant en activité, qui se trouvent à Burghausen, Brunsbüttel, Gelsenkirchen, Hambourg-Habourg, Hemmingstedt (Heide), Ingolstadt, Karlsruhe, Cologne, Leuna, Lingen (Ems), Schwedt (Oder) et Neustadt sur le Danube / Vohburg sur le Danube. Ils sont alimentés par quatre systèmes centraux de pipelines, l’oléoduc Nord-Ouest qui, avec l’oléoduc d’Allemagne du Nord par le port pétrolier de Wilhelmshaven, alimente en pétrole brut les raffineries à Lingen, Cologne, Gelsenkirchen et Hambourg-Harbourg, le pipeline Sud-européen qui, partant du port de Marseille, fournit la raffinerie à Karlsruhe et y est par ailleurs raccordé à l’oléoduc Transalpin (TAL), celui-ci pompant à nouveau du pétrole du port de Trieste pour l’acheminer à Burghausen, Ingolstadt, Karlsruhe et Neustadt/Vohburg sur le Danube, de même qu’un pipeline allant de Rostock à Schwedt et de là vers Lingen, particulièrement utilisé depuis le boycott du pétrole russe qui arrivait auparavant aussi à Schwedt par l’oléoduc nommé Freundschaft et qui arrive donc à ses limites en capacité, doit être modernisé et agrandi pour un budget de 400 millions d’euros. A partir des raffineries le carburant emprunte un chemin la plupart du temps opaque et sans cesse renouvelé de manière logistique par les pipelines, les trains-citernes et les camions jusqu’aux dépôts de stockage correspondants ou directement jusqu’aux différentes postes d’essence.

C’est cependant le Central European Pipeline System (CEPS) de l’OTAN qui est destiné en priorité au ravitaillement militaire en carburant, en étant relié à des sites militaires à Lauchheim-Röttingen (Aalen), Altenrath, Mainhausen (Aschaffenburg), Bellheim, Niederstedem (Bitburg), Boxberg, Bramsche, Wonsheim (Fürfeld), Hademstorf (Hodenhagen), Hohn-Bollbrüg, Untergrupppenbach-Obergruppenbach (Heilbronn), Huttenheim, Kork (Kehl), Weichering (Neuburg sur le Danube), Littel (Oldenburg), Pfungstadt, Bodelshausen, Würselen et Walshausen (Zweibrücken), ainsi qu’à des Einrichtungen civiles à Ginsheim-Gustavsburg, Honau, Krailing (Unterpfaffenhofen), Oberhausen (Neuburg sur le Danube) et Speyer, et comprend au total plus de 24 dépôts de stockage rien qu’en RFA avec une capacité évaluée pour chaque dépôt entre 20.000 et 100.000 mètres-cube. Comme points d’entrée pour le ravitaillement en carburant en RFA il y a les raffineries à Wesseling (Cologne), Lingen (Emsland), ainsi que le dépôt de stockage Gustavsburg à la situation stratégique favorable, sur un nœud ferroviaire et sur le Rhin, et disposant même d’un port propre. De plus, de nombreux autres dépôts de stockage avec raccordement au CEPS disposent de liaison ferroviaire et peuvent ainsi être réaménagés en points d’alimentation, et enfin il y a encore les ports de mer du nord et de Méditerranée ainsi que les nombreux dépôts de stockage en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en France, avec les raffineries qui y sont reliées, pour remédier à d’éventuelles pénuries en carburant. C’est aussi cruellement nécessaire, car le besoin en carburant d’une armée en mouvement est pour ainsi dire incommensurable. Un char Panzer par exemple consomme au moins 150 litres de diesel par heure de fonctionnement (les gros chars de combat vont jusqu’à 600 litres!), un avion de combat consomme vite de 5000 à 10.000 litres de kérosène par heure de fonctionnement. Les jours se comptent sur les doigts d’une main jusqu’à ce que les réserves en carburant dans les dépôts militaires soient à sec. Dans le cas de l’axe ScanMed, on remarque naturellement que la route entre l’espace Munich-Ingolstadt et Brême/Hanovre passe relativement loin du réseau de pipelines CEPS essentiel au niveau militaire pour l’Allemagne et que sur ce trajet soit des couloirs d’accès correspondants sur route ou sur rail devraient être utilisés, soit il faudrait aussi avoir davantage recours à l’approvisionnement civil en carburant aussi pour des usages militaires dans cette zone. D’ailleurs, les sociétés d’exploitation du CEPS sur le sol de RFA sont la société d’exploitation du réseau de transport(FBG), alors que les wagons-citernes nécessaires pour le transport ferroviaire ont été délégués à la VTG. Une partie des dépôts de stockage est en outre actuellement gérée par TanQuid.

A l’avenir, les pipelines d’hydrogène à construire et les infrastructures qui se développent autour de l’hydrogène, vecteur énergétique en vogue, principalement imposées avec tant d’insistance par le parti de guerre vert, vont devenir toujours plus importants pour le ravitaillement en carburant de l’armée. Ainsi ils alimenteront probablement d’abord les raffineries qui continuent à fournir des carburants, mais à plus long terme il y aura certainement aussi des changements de carburant vers des moteurs fonctionnant à l’hydrogène. Du moins le réseau central d’hydrogène planifié prévoit d’englober toutes les régions se trouvant le long du corridor ScanMed.

1975 : Quand l’éco-sabotage faisait jaser

Publié le 2023-12-14 08:20:03
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Voici une enquête menée par la revue Ecologie sur l’éco-sabotage, réalisée en septembre 1975. L’enquête aborde les différentes réponses exprimées par différentes organisations anti-nucléaires, suite à l’attentat du 3 mai à Fessenheim ; et après l’attentat de Framatome le 6 juin 1975.

Des communiqués en réponse de la part des Amis de la Terre/Paris, le Mouvement Ecologique, le PSU, la CFDT d’Alsace, la Fédération Anarchiste,… pêle-mêle : l’occasion d’étaler toute une panoplie de positionnements divers entre dissociation et solidarité (ou faux-semblant).

Une lecture, qui malgré les années, semble toujours d’actualité !

(Trouvé sur Bure Bure Bure, 21 mars 2023)


Note
* le sigle C.S.F.R., présent dans cette enquête,  est l’acronyme du Comité de Sauvegarde de Fessenheim et de la Plaine du Rhin, groupe alsacien local créé en janvier 1970 pour s’opposer au projet de construction de deux réacteurs nucléaires à Fessenheim.
* le « Mouvement Ecologique » (1974-1978), est un des ancêtres du parti des Verts, créé suite à la candidature de René Dumont à la présidentielle de 1974.

Anarchist Prisoner Eric King Released to Halfway House After Ten Years

Publié le 2023-12-14 08:25:05

Following nearly ten years of incarceration and numerous attempts by the State to frame, murder, and break him – anarchist prisoner Eric King has now been released and is headed to a half-way house “for several weeks,” reports supporters.

Imprisoned for taking direct action in solidarity with the Ferguson uprising, Eric King survived everything from COVID, to attacks by neo-Nazi prisoners, and years of abuse from guards. In a statement from 2016, King stated:

I stand by my actions. After seeing what happened in Ferguson, so close down the road, I was disgusted by the lack of mobilization in my city. Three hours away people were fighting for their lives and we weren’t even taking to the streets. We were doing nothing. My act was a very personal display of my anger and rage toward the state as well as an act of solidarity to everyone in Ferguson. We never know our own strength until we are tested and even with my ridiculous sentence I feel at least proud to have been able to stand strong and refuse to cooperate with the state.

In 2022, Eric King was victorious in court against a frame-up attempt by guards, after they attacked him in a supply closet and attempted to slap him with an additional 20 years in prison.

Currently there is a fundraiser set-up for Eric to help him with his post release. Eric is also one of the co-editors of the new book, Rattling the Cages: Oral Histories of North American Political Prisoners, published by AK Press, sales of which benefits the Anarchist Black Cross warchest program and Eric King’s family.

Eric’s bravery and courage in the face of years of torture and abuse is a testament of our collective ability to resist and weather the horrors of state repression. For future updates, be sure to check out the Support Eric King page, here.

Source: Anarchist News

Munich (Allemagne) : une nuit dominicale agitée

Publié le 2023-12-14 08:30:06

Lundi dernier, les zélés porte-voix de la préfecture de Bavière ont été un peu déboussolés dans leurs comptes-rendus de l’actualité dominicale. Alors que le premier week-end de décembre avait été marqué par des chutes de neige bloquant temporairement le trafic ferroviaire et aérien de Munich, le suivant a en effet connu des pics de chaleur aussi soudains qu’inhabituels. En cause, des incendies tout sauf fortuits qui sont venus s’inviter aux prémices de l’hiver, mettant ainsi hors d’état de nuire plusieurs structures de la domination.

Sans image, sans un mot, et en trois endroits différents : dans la forêt de Forstenrieder au sud-ouest de la ville, dans la forêt de Perlach située plus au sud, mais aussi en plein centre de Munich, sous un pont qui enjambe le fleuve Isar. Dans les deux premiers cas un peu plus champêtres, comme le dit un grand quotidien régional, « ce serait une énorme coïncidence que deux machines forestières lourdes, volumineuses et coûteuses, mais très éloignées l’une de l’autre, prennent feu en même temps en raison de défauts techniques ». A chaque fois,  c’est une abatteuse, cette machine à 500 000 euros pièce servant à couper, ébrancher et débiter les arbres en un rien de temps, qui est partie en fumée sous les étoiles.

Quant à la troisième attaque, survenue vers 3h30 du matin avec des flammes endiablées jaillissant d’un puits de câbles, elle a touché un nœud de fibres optiques contenant près de 20 000 connexions. Ce dernier se trouvait sur un chantier à côté d’une passerelle piétonnière aménagée le temps de rénover le très central pont Ludwigsbrücke de Munich. L’incendie a notamment interrompu le réseau régional du fournisseur NGN Fiber Network, en coupant l’ensemble des services municipaux de bourgs parfois distants de 30 kilomètres, comme Holzkirchen (15 000 habitants).

Les investigations concernant ces trois incendies de la nuit de dimanche à lundi 11 décembre, ont été confiées à un groupe d’enquêteurs spécialisés (nommé EG « Raute »), créé il y a quelques semaines par la préfecture de police de Munich pour enquêter sur des cas similaires. Du côté du parquet, c’est lOffice central bavarois de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme (ZET) qui a été chargé du suivi de l’affaire, puisque ces nouvelles attaques « peuvent être attribués à la série d’incendies criminels contre des infrastructures et des engins de construction dans l’agglomération de Munich et en Haute-Bavière, qui occupent les enquêteurs depuis des mois. Les dégâts se chiffrent en millions et les auteurs sont soupçonnés d’appartenir au spectre de l’extrême gauche. »

[Synthèse des médias régionaux allemands (Süddeutsche Zeitung, Merkur & BR24), 11-12 décembre 2023]

États-Unis : L’anarchiste Eric King est sorti de prison

Publié le 2023-12-14 21:50:03

It’s Going Down / mardi 12 décembre 2023

Le prisonnier anarchiste Eric King a été libéré après dix ans de prison et envoyé dans un centre d’accueil et de transition pour ex-détenus

Après presque dix ans d’incarcération et des nombreuses tentatives de la part de l’État de le piéger, le tuer et le briser, le prisonnier anarchiste Eric King a été libéré et il va aller dans un centre d’accueil et de transition pour ex-détenus, « pendant plusieurs mois », déclarent ses soutiens.

Emprisonné pour avoir mené une action directe en solidarité avec le soulèvement de Ferguson [il a été condamné pour avoir jeté deux cocktails Molotov dans le bureau d’un fonctionnaire du gouvernement, à Kansas City ; NdAtt.], Eric King a survécu à tout, du Covid aux attaques de prisonniers néonazis, à des années d’abus de la part des matons. Dans une déclaration de 2016, King disait :
« Je ne renie pas mes actions. Après avoir vu ce qui se passait à Ferguson, si près, j’ai été dégoûté par le manque de mobilisation dans ma ville. À trois heures de route de là, des gens luttaient pour leurs vies et nous ne descendions même pas dans la rue. On ne faisait rien. Mon geste a été une manifestation très personnelle de ma colère et de ma rage contre l’État, ainsi qu’un acte de solidarité avec toutes les personnes de Ferguson. Jamais nous ne connaissons notre force, avant d’avoir été mis à l’épreuve et, même avec ma condamnation ridicule, au moins je suis fier d’avoir été capable de rester fort et de refuser de coopérer avec l’État. »

En 2022, Eric King a gagné un procès contre une tentative de coup monté de la part des matons, après qu’ils l’ont agressé dans une pièce qui sert de réserve et qu’ils ont essayé de lui coller 20 ans de prisons en plus.

En ce moment, il y a une collecte de fond pour Eric, pour l’aider après sa libération. Eric est aussi l’un des auteur.es du nouveau livre Rattling the Cages: Oral Histories of North American Political Prisoners [Ébranler les cages : histoire orale de prisonnier.es politiques nord-américain.es], publié par AK Press, dont les bénéfices de vente vont au fond financier de l’Anarchist Black Cross et à la famille d’Eric King.

La bravoure et le courage d’Eric face à des années de torture et d’abus sont un témoignage de notre capacité collective de résister et de survivre aux horreurs de la répression étatique.
Pour des nouvelles à venir, consultez le site web Support Eric King, ici.

Estación Central (Chili) : Attaque incendiaire d’un bus de la RED, 10 ans après la mort de Sebastián Oversluij

Publié le 2023-12-15 18:35:07

Informativo Anarquista / vendredi 15 décembre 2023

Lundi 11 décembre, au croisement de l’avenida 5 de Abril et de l’avenida Luis Infante Cerda [dans le quartier populaire de Villa Francia, connu pour sa tradition de luttes ; NdAtt.], un bus de la RED [Red Metropolitana de Movilidad, les transports en commun de le région de Santiago ; NdAtt.] a été incendié, après une initiative pour commémorer les des dix ans du meurtre du compagnon Sebastián Oversluij, tué pendant la tentative d’expropriation d’une banque Banco Estado, par un vigile, qui avait une formation militaire.

Indymedia Lille

Publié le 2023-12-15 20:10:05

Tract contre le syndicat étudiant d’extrême-droite l’UNI fait par des étudiant·e·s de Lille. A propager dans toutes les universités !