Vive l'Anarchie - Semaine 50, 2025

Sommaire

Comptoir Distro Lettre d'Haokah #7

Publié le 2025-12-15 08:42:51

Les Lettre d’Haokah c’est une distro en ligne, possible d’imprimer soi même ou de commander des livres, des brochures et soutenir leur travail par du prix coutant et de la diffusion.

La pluparts des PDFs des lettre #6 et #7 seront disponible dans la brochurotèque de la B.O.U.M ce jeudi.

C’est une façon de voir si certain trucs plaise à des gens qui en voudraient plus, puis il y aura un pot de soutien qui servira à leur commander des livres (soit plein de livres différents, soit des « Libération Totale » en masse pour en offrir et en distribuer ? ) Pourquoi pas ?


Voici certaines des dernières publications que nous envoyons volontiers
par courrier, et dont certaines sont télécharchables et imprimables sur
le blog (https://distrohaokah.noblogs.org).

PS : Si vous connaissez des personnes ou des lieux qui apprécieraient de
recevoir nos annonces de publications n’hésitez pas à nous informe.

Voici donc une liste synthétique (+ de détails sur https://distrohaokah.noblogs.org/lettre-dhaokah-7) :

***REVUES***

***LIVRES***

***AFFICHES***

***BROCHURES***

Libération totale. Perspectives révolutionnaires dans un monde mortifère

/ 212 pages / Prix libre / Octobre 2025 / contact : liberation-totale[AT]riseup.net

« Les excuses creuses que les défenseurs de l’existant nous serviront n’ont pas de limite. Mais il est temps d’en finir avec eux et de rompre résolument avec les certitudes de ce monde, qui n’offrent plus aujourd’hui que la certitude de l’extinction. Pour que la biodiversité survive au siècle, l’humanité doit oser remettre en cause l’économie elle-même. Une tâche souvent impensable quand on sait que l’économie a été la principale bénéficiaire de la pulsion religieuse, avide de nouvelles formes depuis la mort de Dieu – le retrait progressif du théisme en tant que force morale stabilisatrice. Pourtant, il n’y a aucune chance de rédemption ici. Il n’y a pas de vie après la mort où chercher le salut, ni d’autre planète où s’échapper. L’économie doit être détruite. Il faut la démolir complètement. Sinon, elle ne fera qu’arriver à destination, achevant sa course suicidaire vers le bord de la falaise, emportant chacun d’entre nous avec elle.  »

Libération Totale propose une perspective révolutionnaire holistique visant à démanteler toutes les formes de hiérarchie – une approche insurrectionnelle d’un genre nouveau fondée notamment sur l’écologie sociale, l’écologie profonde et l’antispécisme. Ce petit livre, publié au milieu d’un été chaud de rébellion, en 2019, répond à cette question ancestrale à laquelle tous les révolutionnaires sont confrontés, mais qui ne cesse de se poser avec une urgence sans précédent depuis l’année de sa publication : qu’est-ce qu’on va bien faire bordel ? !



La Freissinouse (Hautes-Alpes) : La bienvenue à Bardella

Publié le 2025-12-15 08:48:29

Le Dauphiné Libéré / jeudi 11 décembre 2025

Jeudi 11 décembre l’équipe du restaurant de La Freissinouse a constaté des dégradations sur l’établissement, quelques jours avant de recevoir le président du Rassemblement national.

« Mon mari a découvert les dégradations ce matin, il a regardé les caméras de vidéosurveillance et il a vu trois personnes cagoulées et habillées en noir », relate Léa Barigand, la cogérante du Flibustier. Jeudi 11 décembre au matin, l’équipe du restaurant de La Freissinouse a constaté que l’établissement a été tagué et peinturluré dans la nuit, comme l’indique BFM Dici.

Depuis que l’homme d’extrême droite est annoncé, « un groupe se ligue contre le restaurant », assure Léa Barigand. Qui estime : « Nous, on ne prend pas parti. On ne fait pas venir un homme politique ou le RN, on fait venir une maison d’édition. »
Car Jordan Bardella sera au Flibustier samedi 13 décembre 2025 pour dédicacer son dernier ouvrage publié chez Fayard, Ce que veulent les Français. Et ce que veut Le Flibustier avec cet invité c’est faire « un coup de com’ » : « Si Nicolas Sarkozy voulait venir dédicacer son dernier livre [aussi publié chez Fayard], on l’aurait fait venir », compare la cogérante. Qui n’est finalement pas si mécontente : « On n’a jamais autant été médiatisé que depuis que l’on a dit oui pour Jordan Bardella. » Pour samedi, Léa Barigand annonce qu’il y aura « une grosse sécurité » : « Ce ne sera pas le jour pour venir dégrader le restaurant. » [mais les autres jours, si ; NdAtt.].

Note d’Attaque : et sinon, pour les artistes d’ici et d’ailleurs, le 20 décembre Bardella sera à Caen (à l’hôtel Mercure, au 1, rue de Courtonne) et le 21 décembre à Chevillon-sur-Huillard, près de Montargis (dans la Salle polyvalente, rue du stade).

Point info - solidarité avec T.

Publié le 2025-12-15 08:51:53

Point info le 19 décembre à 19h au boom



Dans le contexte d’une attaque incendiaire contre trois véhicules de flics à côté du comico d’Ixelles, début novembre 2025, la police a arrêté une personne. Dans la foulée, il a été mis en préventive. Dans l’attente d’un procès, il est actuellement incarcéré à la prison de Haren, cette maxi-prison de 1.035 places, qui a été l’objet de nombreuses luttes à Bruxelles et ailleurs.

Ce moment a pour but de partager quelques infos sur la situation du compagnon arrêté, mais aussi d’élargir la discussion aux luttes contre l’autorité et l’enfermement et au soutien des personnes incarcérées.

Il est toujours important de parler de la répression, et des différentes façons dont elle peut nous toucher dans cette ville-prison.
Ensemble, nous pouvons nous renforcer, parler de nos peurs mais aussi... de nos envies pour subvertir ce monde !

Alors, si la solidarité est la continuation des luttes, pourquoi pas parler de la conflictualité sociale à Bruxelles (et ailleurs), de nos possibilités d’intervention, des mille et une raisons pour lutter contre la domination et ses défenseur.e.s.

Solidarité avec T.
Liberté pour toutes et tous !



Communiqué de prisonnier.e.s anarchistes de l’Association Libre des Feux Autonomes incarcéré.e.s en Indonésie

Publié le 2025-12-15T17:28:50+01:00

Traduit depuis Warzone Distro, le 13 décembre 2025.

Communiqué de prisonnier.e.s anarchistes de la FAAF (Free Association of Autonomous Fires / Association Libre des Feux Autonomes) incarcéré.e.s en Indonésie

Allumer le feu dans l’obscurité

Les anarchistes en Indonésie font face à une énorme tempête. Plus d’une dizaine d’anarchistes ont été emprisonné.e.s et torturé.e.s, et l’État essaie de nous discipliner en instaurant la peur. Mais, pour nous, tout ça n’est rien ; car nous sommes nous-mêmes tempête, leur catastrophe incarnée. Il y a ici des compas de BlackBloc Zone, Palang Hitam Anarkis Indonesia, Contemplative, Katong Press, et d’autres collectifs.

Nos compas prennent la forme de tempêtes enveloppées de flammes. Certain.e.s d’entre nous considèrent ce moment comme un point culminant, mais ce n’est ni le commencement ni la fin. Nous rassemblons toutes les flammes autour de nous, les flammes que l’État a tenté d’éteindre.

Combien de fois devrons-nous le répéter ? « Nous pouvons vivre sans l’État ! » Nique la société ! La société est le plus précieux des outils de l’État pour préserver sa propre existence. Nous détestons la société de tout notre coeur.

Nous croyons que l’aube de la faim se lèvera tôt ou tard, et cela marquera le début de l’ère de la destruction de l’État.

Pour celles et ceux à l’extérieur : tenez-bon, rassemblez toutes les étincelles que vous pouvez. Et pour celles et ceux derrière les barreaux, ou qui se sentent emprisonné.e.s, vous n’êtes pas seul.e.s.

Luttez ! Luttez ! Nique gagner ou perdre ; l’important est que nos yeux continuent de briller dans chaque bataille.

À toutes et à tous : diffusez le rhizome !

Mort à l’État !

Longue vie à l’Anarchie !

Salutations chaleureuses des prisonnier.e.s anarchistes d’Indonésie, 2025.

Périgneux (Loire) : sabotage de l’exploiteur de forêts

Publié le 2025-12-16 09:02:48

Un engin vandalisé deux fois en un mois : qui en veut
à la coopérative forestière Coforet ?
Le Progrès, 13 décembre 2025 (extrait)

La scène découverte un matin de décembre par les équipes forestières a un goût amer de déjà-vu. Au milieu des bois, sur une parcelle privée de la commune de Périgneux, l’abatteuse est de nouveau à l’arrêt, inerte.

Des flexibles hydrauliques ont été sectionnés et plusieurs pièces stratégiques dégradées. Pour la coopérative Coforet, propriétaire de l’engin, la coupe est pleine. « Ce n’est pas un simple acte de délinquance, mais bien une volonté délibérée » d’empêcher le travail des forestiers.

Le cauchemar a commencé un mois plus tôt. Le 17 novembre 2025, un premier acte de vandalisme d’une rare violence avait déjà frappé cette même machine. Le bilan dressé à l’époque témoigne d’une rage destructrice : entre 20 et 25 tuyaux sectionnés, le réseau électrique de la grue coupé, le système de graissage arraché et un vérin endommagé.

Plus humiliant encore pour le chauffeur de l’engin, les auteurs s’étaient acharnés sur son espace de travail : vitres brisées, tags, serrure perforée et de la mousse expansive projetée à l’intérieur de la cabine. « On avait tout mis sur pause le temps de réparer la machine. Elle a été immobilisée une semaine en novembre », confie un responsable de Coforet.

Après avoir changé de secteur géographique le temps des réparations, l’entreprise était revenue terminer ce chantier inachevé. À peine de retour, les vandales ont frappé de nouveau.

Des saboteurs qui connaissent la mécanique

Ce qui inquiète le plus la coopérative, c’est le profil des auteurs. Il ne s’agit visiblement pas de promeneurs égarés ou de jeunes désœuvrés. « C’est dommage, mais on se dit que c’est préparé. Les personnes qui ont fait ça s’y connaissent, elles savent où couper pour immobiliser l’engin », analyse l’entreprise.

Le coût de cet acharnement commence à peser lourd. Pour ce second acte, pourtant moins spectaculaire que le premier, la facture directe s’élève déjà à 3 000 euros. C’est sans compter les coûts indirects : l’immobilisation de la machine, les salariés à l’arrêt et le retard pris sur les chantiers. « Notre chauffeur ne devrait jamais commencer sa journée avec la crainte de retrouver son outil de travail vandalisé », déplore la direction dans un communiqué.

Cantine de solidarité aux prisonnier-es anarchistes en Indonésie le 19/12 à la Kunda !

Publié le 2025-12-16 09:07:37

Le vendredi 19 décembre 2025, on organise une cantine vegan en solidarité avec les prisonnier-es anarchistes en Indonésie, poursuivi-es dans le cadre de l’affaire « Etoile du Chaos » depuis la révolte d’août dernier. Rendez-vous le 19 à 18h à la Kunda, 46 rue jules lagaisse à Vitry-sur-Seine !



Cette année, plusieurs mouvements sociaux hyper offensifs ont eu lieu en Indonésie. Ici en fRance, ça nous a fait plaisir de voir autant d’attaques contre les keufs et d’incendies revendiqués par des anarchistes. C’est pour ça qu’on propose une discussion autour de plusieurs textes sur le récent soulèvement et l’affaire répressive dite de « l’Étoile du Chaos », ainsi qu’une cantine vegan. L’idée c’est aussi d’apporter de la solidarité aux compas dans les taules indonésiennes, que ce soit en diffusant des informations sur leur affaire, en leur écrivant des lettres, ou en essayant de récolter un peu d’argent à leur envoyer. Rendez-vous le vendredi 19 décembre à 18h à la Kunda !

Quelques éléments de contexte sur la révolte en Indonésie

Ce qui n’était d’abord qu’un mouvement étudiant début 2025 s’est rapidement transformé en une vague de contestation nationale traversant tout l’archipel indonésien, ralliant travailleureuses, syndicats, collectifs féministes, organisations paysannes et une large partie de la population urbaine et rurale.

Une première étincelle a été la révision de la loi encadrant les forces armées indonésiennes (TNI). Adoptée en mars 2025, elle élargit le nombre de postes civils pouvant être occupés par des officiers militaires, permettant à l’armée de s’immiscer plus profondément dans l’appareil administratif. Beaucoup y ont vu un retour en arrière, rappelant la période où les militaires détenaient un pouvoir politique direct sous le régime de Suharto.

À cette colère s’est ajoutée une indignation face aux privilèges des élites politiques. La révélation de nouvelles indemnités de logement accordées aux député-es, dans un contexte où de nombreuses familles peinent à faire face à la hausse des prix, a alimenté le sentiment d’injustice. Dans plusieurs provinces, des projets d’augmentation des taxes foncières et immobilières ont mis le feu aux poudres, notamment là où les autorités locales entendaient imposer des hausses de plusieurs centaines de pourcent. Sous la pression des manifestations, certaines de ces mesures ont dû être retirées.

Suite au meurtre policier d’Affan Kurniawan le 28 août (et aux 3 autres meurtres policiers dans les jours suivants), renversé par un blindé de police qui a foncé dans une foule de manifestant-es, les révoltes se sont intensifiées dans tout le pays. Pendant plusieurs jours, des comico et des voitures de keufs, des bâtiments du gouvernement national et des gouvernements locaux, des domiciles et permanences de députés, des stations de métro et de bus, des commerces ont flambé et été pillés. Des manifestant-es ont attaqué le parlement national et des parlements locaux, affrontant les flics là-bas et devant des comicos à coups de pierres et de molotovs.

Quelques éléments de contexte sur la répression suite aux révoltes

Des milliers de personnes ont été arrêtées. L’État indonésien a désigné les anarchistes comme les cerveaux derrière toutes les émeutes et actions de la révolte, pointant des liens financiers avec les réseaux anarchistes internationaux, lançant une grande chasse aux anarchistes (notamment individualistes, nihilistes et insurrectionnalistes) et une intensification de la répression des groupe et idées anti-autoritaires. L’État tente de lier toustes les anarchistes arrêté-es en les désignant sous le nom d’un mouvement « Étoile du Chaos » (en référence à la tendance anarchiste nihiliste, que les flics essaient d’homogéneiser sous un seul groupe, ayant ses « leaders »), usant des lois anti-terroristes pour arrêter et enfermer plus d’une cinquantaine de compas, notamment 44 anarchistes à Bandung (pour des accusations variées) et 16 autres à Jakarta (pour des accusations d’attaques au molotov).

Les accusations contre les compas vont de la participation à des actions directes (attaques au cocktail molotov, incendies, émeutes, destruction de biens, attaques contre des flics…) à la provocation aux crimes et délits (notamment en ligne, l’État indonésien s’attaquant à plusieurs sites ou comptes de contre-information anarchiste), d’autres étant accusé-es d’être des « leaders » de cette organisation montée de toutes pièces. Les compas, enfermé-es depuis maintenant quasiment 3 mois, n’ont pas pu avoir accès à des avocats, sont à l’isolement et beaucoup d’entre elleux ont été torturé-es et tabassé-es, notamment pour obtenir des aveux.

Quelques un-es des inculpé-es ont pu faire sortir des lettres, signée de l’Association Libre des Feux Autonomes et prisonnier-es individualistes, que l’on peut lire en français ici pour la première ou ici pour la seconde.

Brest (Finistère) : l’État se venge contre les incendiaires du PS

Publié le 2025-12-16 09:16:45

Deux personnes condamnées à de la prison ferme pour avoir incendié le local du Parti socialiste à Carhaix
Le Télégramme, 15 décembre 2025 (extrait)

Un homme de 40 ans et une femme de 31 ans avaient été jugés en octobre pour avoir détérioré et incendié le local du Parti socialiste (PS) de Carhaix neuf mois plus tôt. Ils ont été condamnés, ce lundi 15 décembre 2025, par le tribunal de Brest. À cette condamnation commune s’en ajoutent deux autres, pour des faits parallèles.

Dans la nuit du 21 au 22 janvier 2025, un incendie avait été déclenché devant la porte du local du PS. Des pneus et des palettes, placés devant la porte et aspergés d’essence, avaient embrasé la porte. « PS Social Traître » avait aussi été taguée sur la façade.

Lors de l’audience du 13 octobre 2025, les deux prévenus, présentés comme « des militants rattachés à un mouvement antifasciste », avaient reconnu les faits. Ils avaient expliqué avoir agi sur « un coup de colère » après la motion de censure contre le gouvernement Bayrou que n’avait pas voté le PS à l’Assemblée nationale. « On voulait faire passer un message », avait précisé la femme de 31 ans mise en cause.

Viennent ensuite les autres faits. Pour lui, il était notamment question d’entrave à la circulation à Plounéour-Ménez, le 10 septembre 2025, lors de la journée « Bloquons tout ». Pour elle, des actes de dégradations antérieurs à ceux de Carhaix ont été évoqués. Le 9 novembre 2024, ses empreintes avaient été relevées sur du ruban adhésif laissé sur un radar mobile automatique incendié et tagué. Lors d’une perquisition à son domicile, 15 g de cannabis avaient aussi été trouvés et feront l’objet d’une poursuite supplémentaire.

Ce lundi, les deux prévenus ont été condamnés pour l’ensemble des faits – même si certains ont fait l’objet de relaxes ou de requalifications. Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur. L’homme est condamné à 18 mois de prison, dont 9 avec sursis, ainsi que 500 € d’amende. La femme est condamnée à 18 mois de prison, dont 9 avec sursis pour les faits de dégradation du local du PS, auxquels s’ajoutent, pour l’incendie du radar automatique 31 000 € et 500 € d’amende, ainsi que 9 mois de prison avec sursis – peine qui sera confondue avec la précédente. Par ailleurs, les deux prévenus ne peuvent plus entrer en contact, porter ou détenir une arme ou encore travailler dans la fonction publique pour cinq ans.

Espagne et Italie : Des nouvelles de la répression italienne contre Gabriel Pombo da Silva

Publié le 2025-12-16 10:38:53

Contra Info / jeudi 4 décembre 2025

Nous rappelons qu’en juillet 2022 s’est terminé, pour notre compagnon Gabriel Pombo da Silva (parmi d’autres compas), le procès italien suite à l’opération répressive « Scripta Manent » [ici, un résumé de cette affaire ; NdAtt.]. Deux ans pour « provocation aux crimes et délits ».

En décembre 2023, le tribunal de Turin a notifié à Gabriel cette condamnation définitive. Pour cette raison, l’avocate italienne a demandé, en janvier 2024, l’application de mesures alternatives à la privation de la liberté ; une demande qui justifiait une « enquête socio-/familiale/professionnelle » par une assistante sociale du Tribunal d’application des peines de Turin. Le rapport relatif à cette enquête, remis au juge d’application des peines en juin 2025, a mis l’accent sur « l’absence d’autocritique de ses propres valeurs » de Gabriel, laissant clairement voire toute l’intention de vengeance des autorités italiennes.

À ce point, il a été signalé au Tribunal d’application des peines de Turin que l’État espagnol avait reconnu, il y a deux ans déjà, que Gabriel avait purgé deux ans et huit mois de peine de trop. L’avocate italienne a donc demandé la « fongibilité de la peine », c’est-à-dire la reconnaissance par l’Italie de ce surplus de peine purgée (selon le droit européen, tous les pays membres de l’Union européenne ont l’obligation de la reconnaître). Le 12 novembre dernier, il y a eu enfin la dernière audience du tribunal de Turin, qui, il y a quelques jours, a rendu par écrit sa réponse, sa motivation et la conclusion. L’Italie ne reconnaît pas à Gabriel la « fongibilité de la peine », elle ne lui accorde aucune mesure alternative à la prison, à cause de « l’absence d’autocritique de ses propres valeurs », et ordonne la mise à exécution de la peine.

Pour l’instant, Gabriel ne serait arrêté que sur le territoire italien, mais le tribunal de Turin peut émettre un mandat d’arrêt européen, s’il le souhaite, car une peine comprise entre deux et quatre ans donne ce droit au juge, à sa discrétion. Bref : notre compagnon Gabriel pourrait être arrêté à tout moment… dans une semaine ou dans deux ans. Dans le cas d’un mandat d’arrêt [européen], l’État espagnol ne devrait pas arrêter Gabriel, car il reconnaît lui-même que le compagnon a purgé une condamnation excessive… mais il serait naïf de se fier à cette théorie, sachant bien qu’en pratique elle peut ne pas s’appliquer à un anarchiste.

Mort à l’État !
Vive l’Anarchie !

Mexico (Mexique) : C’est l’État

Publié le 2025-12-16 14:56:38

La Zarzamora / mercredi 10 décembre 2025

C’est l’État : le compagnon anarchopunk Jorge Esquivel, « El Yorch », est décédé

Mardi dernier, le 9 décembre, à 11h30, Yorch, un compagnon anarchopunk, qui était dans un état grave depuis plusieurs jours, après avoir été privé, en prison, des soins médicaux nécessaires, est décédé. Yorch, qui est mort aux mains de l’État carcéral mexicain [voir ici ;  NdAtt.], sera enterré au cimetière San Nicolás Tolentino, av. San Lorenzo, dans le quartier San Juan de Iztapalapa.

Yorch était maintenu sous respiration artificielle, à la suite d’une lésion neurologique provoquée par le manque, en prison, des soins médicaux appropriés, compte tenu de la gravité de son état de santé. Les problèmes remontent à 2019, quand Yorch a souffert d’une appendicite qui n’a pas été traitée à temps ; à partir de là, a commencé une détérioration progressive de son corps, qui est augmentée avec son emprisonnement et l’obstruction constante des matons et du système judiciaire, qui ont empêché son accès aux soins de santé.

Ses ami.es ont annoncé la triste nouvelle ainsi : « Aujourd’hui, à 11h30, notre cher compagnon et frère Yorch a livré sa dernière bataille, pour quitter son corps fatigué et détérioré. Nous vous tiendrons informé.es pour que, le moment venu, vous puissiez nous accompagner, pour nous étreindre et dire adieu à notre frère. Pour le moment, IL N’Y A BESOIN DE RIEN (ni argent, ni rien), tout est couvert et nous nous organisons pour les questions logistiques, il ne manque plus que la partie administrative, pour qu’ils nous le remettent et ensuite, OUI, nous aurons besoin de votre présence aimante, de toute sa grande famille choisie, qui a été une partie si important de sa vie ».

Dans le média libre et autonome Noticias de Abajo, on a déploré la mort de Yorch et dénoncé l’État comme responsable : « C’est l’État qui a enlevé la vie à Yorch, le même État qui, par un montage, avec la complicité des autorités de l’UNAM [Université nationale autonome du Mexique] et des gouvernements de la Ville d Mexico, l’a emprisonné. Le même État qui, avec ses prisons et son système carcéral et judiciaire, arrache la vie aux prisonnier.es politiques. Il a été assassiné par la négligence de l’État, il a été séquestré pendant plusieurs années par un mauvais gouvernement, sur la base de mensonges. Il a été persécuté et harcelé par les autorités universitaires. Et après l’avoir accusé à deux reprises pour la même affaire, après avoir inventé des faux motifs pour l’arrêter, ils l’ont maltraité, car on lui a refusé les soins médicaux dont il avait besoin, pendant cette séquestration de la part de État mexicain.

Il a quelques jours, nous avons publié sur La Zarzamora un article sur la gravité de l’état de santé du jeune anarchopunk Jorge Esquivel « El Yorch » et en vérité il est dur de donner certaines informations. Il est terrible de constater que la vie de nos compas en prison est constamment en danger, que tout problème de santé peut s’aggraver sans aucune possibilité de le soigner, à l’intérieur de la prison. Nous savons que l’État, censé garantir la vie des détenu.es, essaye en réalité de nous isoler et de nous éliminer. On ne peut plus tolérer les morts en prison.

Depuis le sud d’Abya Yala, nous envoyons de la force et de l’amour à ses compas, ainsi que toute notre haine et notre mépris aux matons et à l’État, responsable de toute mort en prison.

Méga zonz'ondes de fin d'année

Publié le 2025-12-17 18:02:55

4h de radio pour les personnes enfermées et leur proches, des messages, des appels, des dédicaces !



Cette année comme les deux dernières années, l’émission de radio Zonz’ondes, en association avec La petite cuillère, revient pour un méga Zonz’ondes de fin d’année..
Ce sera le mercredi 24 décembre en direct de 20h à minuit. Ce sera diffusé à Valence sur radiomega 99.2, mais aussi à Saint-Étienne sur radiodio 89.5, à Lyon sur radio canut 102.2, à Marseille sur radio galère 88.4, à Toulouse sur Canal sud 92.2, à Nantes et Saint-Nazaire sur prun’ fm 92 fm, à Paris sur radio libertaire 89.4, à Rennes sur canal B ‘radio curieuse’ 94 fm, et sur internet (il y aura peut être ailleurs, mais ça reste à confirmer)

Zonz’ondes c’est une émission pour les personnes enfermées et leurs proches (habituellement tous les 2ème mercredi du mois, 20/21h sur radioMega Valence).
Une émission pour envoyer des dédicaces, des musiques, des pensées...

La petite cuillère c’est une émission de solidarité avec les détenu-es et leurs proches et de critique de la taule, des violences pénitentiaires et policières, au travers de temoignages des premier.es concerné.es. C’est tous les 1er et 3e jeudis du mois de 20h à 21h sur radio canut 102.2 fm et en streaming sur radiocanut.org.

Cette année, notre proposition du méga Zonzonde de fin d’année du 24 décembre 2025 est : 4h d’antenne radio de 20h à minuit, pour briser l’isolement le temps de quelques heures, pour s’apporter de la force, écouter du bon son, rire et se sentir bien ensemble... 4h de direct pour laisser des messages, écrire, faire des vocaux, courriers, appeler en direct pour que, via les ondes, les liens entre extérieur et intérieur continuent et puissent naître.

Voilà toutes les infos pour nous contacter :

  • par courrier : Zonz’ondes, radio mega
                  40 rue BOUFFIER
                  26000 valence
  • par téléphone sur le tél de Zonz’ondes : 07 44 17 84 13 via SMS, whatsapp, telegram, signal, répondeur les jours d’avant, possibilité d’appeler en direct le jour même.

  On nous entendra depuis :

  • Centre pénitentiaire de Valence sur radio méga 99.2
  • Centre pénitentiaire de la Talaudière sur radiodio 89.5 (Saint-Etienne)
  • Dans une partie de la maison d’arret de Corbas, le centre pénitentiaire de Saint Quentin Fallavier, depuis l’EPM de meyzieux, le Vinatier, le centre de semi-liberté et les CRA Lyon saint exupery sur radio canut 102.2 (Lyon)
  • Maison d’arrêt de Varces, centre de semi-liberté de Saint Bruno et hôpital psychiatrique de Saint Egreve sur radio campus 90.8 (Grenoble)
  • Centre pénitentiare de Seysses, centre de détention de Muret, EPM de Lavaur, CRA de Cornebarrieu sur Canal sud 92.2 (Toulouse)
  • Centre de détention de Nantes, EPM d’Orvault, MA de Nantes sur Prun’ 92.0 (Nantes et Saint Nazaire)
  • Centre pénitentiare de Rennes-Vezin, CP pour femmes, et au CRA de Saint-Jacques-de-la-Lande sur Canal B 94.0 (Rennes)
  • Maison d’arrêt de Versailles et de Villepinte, à la santé, dans les prisons de Fleury-Merogis, Bois-d’Arcy, Fresnes, Nanterre, Osny-Pontoise, et dans la centrale de Poissy sur Radio Libertaire 89.4 (Paris)
  • Centre Pénitenciaire des Baumettes à Marseille, EPM de la Valentine, centrale d’Arles – en partie -, MA de Luynes, CD de Tarascon sur radio galère 88.4 (Marseille)

Athens, Greece: Claim of Responsibility for the attack on the Israeli-owned airbnb “The Solon House” in Exarcheia.

Publié le 2025-12-18 12:39:01
More than 2 years have passed and the massacre of the Palestinian people by the murderous state of Israel continues. The continuous attacks on the Gaza Strip have left behind hundreds of thousands of dead and living dead people in constant hunger and complete poverty. All of this is nothing more than the timeless policy of the Israeli state for the complete annihilation of Palestine. We are constantly being spectators in the same play, as for 77 years, either through violent settlements in the Palestinian territories or through armed interventions, it has been trying to crush all resistance and annihilate the Palestinian people.
All of the above is made possible by the assistance and legitimisation offered to Israel by the West. The vast geopolitical and economic interests of the wider region make Israel a political ally of Western states and local capital. Let us not forget that after the alleged expropriation, the Gaza Strip has become a huge fillet for the appetites of various construction and investment giants. At the same time, military operations in the Gaza Strip and the tactics of settlement continue. Now Greece, in addition to being an excellent ally of Israel on a military and geopolitical economic level (joint military exercises, granting permission to the IDF to operate in Greek waters, an investment paradise for Israeli capital), has also become a place of recreation for the murderous IDF soldiers.
So on 6/11 we took our turn, targeting one of the dozens of Israeli-owned Airbnb buildings in the greater Exarchia area. “The Solon House” on Solonos Street was vandalised and painted over in an act of solidarity with the struggling Palestinian people. Let this be yet another message to the genocidal Israelis that they are unwanted and wanted and that they will find no “Promised Land” for investment and relaxation among us.
PS This action is also a tribute to comrade Kyriakos Xymitiris, who fell fighting for a society free from the tyrants of this world.
Anarchists

via: Athensindymedia

Translated by Act for freedom now!

Responsibility claim about the attack on the residence of the IDF sergeant at Gyzi area in Athens by Solidarians to Palestinian resistance (Greece)

Publié le 2025-12-18 12:49:01

“If I fall, do not fall with me, but hold the flag that never falls
and make my blood a bridge for a generation to cross that will
be born from our ashes stronger. Be a thorn in their side,
a flood that knows no retreat, and do not rest until the
world recognizes that you are the rightful owners of this land, not
just numbers in the news.” – Yahya “Abu Ibrahim” Sinwar

On October 16, the day martyr Yahya Sinwar joined the
pantheon of heroes of global resistance, we chose to gather at the
doorstep of colonist soldier-murderer David Hadar, sergeant in the
IDF’s Golani Brigade, who lives in the Gyzi area, on Ragavi street.

Our action is a minimal gesture of humility and solidarity
with the guerilla Palestinian people who, especially in the last
two years, have taken up arms and are harshly punishing the Zionist
murderer-conqueror.

Let those who expropriate the land of the Palestinians, who uproot
them from their homes and seize their houses, know that their own
homes are not safe on our land. The nights will come when the forces of the class-populist movement will once again find
themselves outside the numerous residences of the Zionists on our soil and will once again demand accountability for their crimes.

We salute the martyrs of the Resistance

We salute the freed Palestinian prisoners

We shake hands with the Palestinian armed resistance organizations as a whole

Free Palestine from the river to the sea

Death to Zionism

Zionists not welcome

Death to the IDF

Solidarians to Palestinian resistance

video of the action : temp.mp4


via: athensindymedia

Translated by Act for freedom now!

[Royaume-Uni] Un détenu s’évade grâce à un simple courriel envoyé à la prison : « Le personnel s’est laissé berner »

Publié le 2025-12-18 12:59:03

Volé dans la presse

Un email adressé à la prison de Chelmsford (Royaume-Uni) a suffi à convaincre le personnel de libérer un détenu de 36 ans incarcéré pour fraude. Le courriel était un faux, mais les surveillants s’en sont aperçus un peu tard… Le détenu s’était « évadé » de la prison… avec la bénédiction des surveillants.  Des complices avaient adressé un courriel à la prison pour annoncer sa libération. Les faits remontaient à l’année 2023, un tribunal vient de statuer sur cette affaire.

« La contrefaçon était assez grossière »
L’email avait été envoyé depuis une adresse qui reprenait celle du gouvernement britannique, à un détail près : elle se terminait par «. org » au lieu de «. gov ». « La contrefaçon était assez grossière [mais] le personnel de la prison de Chelmsford s’était laissé berner », a reconnu Jerry Hayes, le procureur.

La cavale du détenu avait toutefois tourné court. Caché dans son grenier, le trentenaire avait été retrouvé 43 heures après sa « libération ».

Convoqué devant le tribunal lundi 8 décembre 2025, il a refusé d’assister à son procès et n’a donc été informé qu’a posteriori de sa condamnation à trois ans et trois mois de prison ferme. Plusieurs complices, dont la femme du détenu, ont quant à eux été condamnés à de la prison avec sursis.

[France] Près d’une cinquantaine de détenus refusent de réintégrer leurs cellules pendant plus de 2 h à la prison de Rennes 

Publié le 2025-12-18 13:09:02

Volé dans la presse

Fait rare à la prison de Rennes-Vezin (Ille-et-Vilaine), ce jeudi 11 décembre 2025. Vers 15h30, plus d’une quarantaine de détenus de la maison d’arrêt 2 du centre pénitentiaire, ont refusé de rejoindre leurs cellules à l’issue du premier tour de leur promenade.

La justification principale de cette mobilisation ?  » Le fait qu’ils n’aient pas pu bénéficier de la promenade du matin en raison du plan brouillard, déclenché pour des raisons de sécurité évidentes « , précise le syndicat FO Justice. Ce dernier précise que certaines revendications évoquées  » étaient toutefois un peu plus cohérentes « , notamment leur dénonciation de la surpopulation carcérale. Les 49 détenus mobilisés se seraient ainsi insurgés  » du nombre grandissant de triplettes  » – c’est-à-dire trois personnes dans une même cellule -.

Des personnels des Équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS), une unité d’intervention spécialisée, ont été déployés sur place pour mettre fin à la mobilisation, qui s’est donc terminée peu avant 18 h.  Plusieurs détenus auraient  » été transférés dès ce jeudi soir dans des établissements plus adaptés à leurs profils « , indique le délégué du syndicat Ufap Unsa, Eric Toxé qui tient à pointer  » le manque chronique de personnels  » au sein de l’établissement pénitentiaire.

Ce vendredi 12 décembre au matin, les détenus de la maison d’arrêt 2 auraient tenté un nouveau blocage lors du départ sport, ajoute le syndicat FO Justice.  » Grâce aux agents du bâtiment et nos Équipes locales de sécurité pénitentiaire (ELSP), la situation a été rapidement maîtrisée, même si certains continuent de menacer de bloquer dans la journée « .

Craignant que ces événements se reproduisent, le bureau local FO estime que ces « actes de rébellion doivent entraîner des sanctions et des transferts s’imposent ! »

[Indonésie] Brève déclaration sur l’insurrection et la répression qui a suivi

Publié le 2025-12-18 13:19:09

Initialement publié sur dark nights et traduit par attaque

Brève déclaration sur l’insurrection en Indonésie et la répression qui a suivi

La déclaration suivante de Palang Hitam / Anarchist Black Cross Indonesia a été diffusée le lundi 9 décembre, entre 11h et 13h, sur Radio Blackout. Le nom de l’émission est Bello come una prigione che brucia (Beau comme une prison qui brûle), une émission diffusée depuis vingt ans, contre les prisons, la répression, la surveillance, la technologie militaire et l’IA. Radio Blackout est une radio autonome (en FM à Turin, Italie, et en streaming ailleurs) née en 1992 en tant que projet commun autogéré par des squats locaux, des centres sociaux et plusieurs collectifs et individus (antifascistes, anti-autoritaires, anticapitalistes, anti-beaucoup-de-choses, avec des camarades de différents courants de l’anarchisme et du communisme).

De août à début septembre 2025, l’Indonésie a été frappée par des manifestations et des émeutes déclenchées par la colère de la population contre les politiques gouvernementales, qui étaient considérées comme préjudiciables au peuple. Les principaux déclencheurs de ces manifestations ont été des augmentations drastiques du coût de la vie, y compris les prix des aliments et des frais de scolarité, ainsi que des licenciements massifs, qui ont touché de nombreux travailleur.euses. De plus, les augmentations des taxes foncières et immobilières, imposées par les gouvernements locaux à cause des coupes budgétaires du gouvernement central, ont encore aggravé la situation. La frustration de la population a atteint son paroxysme quand il y a eu des propositions d’augmenter les indemnités et les salaires des membres de la Chambre des représentants (DPR), chose qui semblait ignorer les souffrances du peuple.

Au début, la colère de la population s’est exprimée seulement sur les réseaux sociaux, avec des appels à dissoudre la Chambre des représentants. Cependant, la réponse de quelques membres de la Chambre des représentants, en particulier d’Ahmad Sahroni, qui a appelé les critiques « les personnes les plus bêtes du monde », n’a fait qu’aggraver la situation. Le 25 août, la colère a éclaté, sous la forme d’une manifestation massive devant la Chambre des représentants, qui s’est terminée dans le chaos, avec des affrontements entre manifestant.es et police.

À cette première manifestation ont participé des éléments différents de la société, comme des chauffeurs de moto-taxi à commander en ligne, des étudiant.es d’écoles professionnelles et des membres de la population générale, qui ne sont affilié.es à aucune organisation en particulier. Bien que les affiches qu’ils/elles ont fait aient été ridiculisées par certain.es activistes pro-démocratie, car mal conçues et donc susceptibles d’avoir été « faites par des agents du renseignement », les manifestations ont continué. Leurs demandes se concentraient sur l’élimination des indemnités pour les membres de la Chambre des représentants, considérées comme trop élevées, l’adoption du projet de Loi sur la saisie des biens et le rejet d’un certain nombre d’autres projets de loi controversés.

Les 26 et 27 août, les manifestations ont continué, malgré une baisse du nombre de participant.es. De nombreux étudiant.es ont commencé à organiser des débats publics, montrant que la question de la Chambre des représentants attirait l’attention de la population. Cependant, des émeutes ont de nouveau éclaté le 28 août, quand des manifestations de travailleur.euses, dans plusieurs grandes villes, ont réclamé une augmentation du salaire minimum, l’abolition du système de sous-traitance et des changements dans le Code du travail. À Jakarta, des manifestations de travailleur.euses devant le bâtiment de la Chambre des représentants et le Palais d’État sont finies en émeutes, qui se sont intensifiées après la mort d’un chauffeur de moto-taxi à commander en ligne, nommé Affan Kurniawan, percuté par un véhicule blindé de la police à Pejompongan, dans le centre de Jakarta. Cet incident a été filmé et la vidéo est devenue virale, suscitant encore plus d’indignation.

Depuis le matin du 29 août, des conducteurs de moto-taxi se sont rassemblés au quartier général de la brigade mobile de Kwitang, réclamant justice pour la mort d’Affan et tenant la police pour responsable des violences commises contre les manifestant.es. La foule s’est agrandie, y compris grâce à des étudiant.es, et la manifestation s’est déplacée vers les postes de police et les bâtiments gouvernementaux. Malgré des négociations, la foule était insatisfaite de leurs résultats et des émeutes ont éclaté à nouveau, provoquant l’arrêt des transports publics et la fermeture de plusieurs stations.

Les émeutes se sont propagées à plusieurs grandes villes en dehors de Jakarta. Il y avait 34 autres points chauds, en dehors de Jakarta, où des installations publiques, des postes de police et des bâtiments des conseils locaux ont été incendiés par la foule. Le 30 et 31 août, les tensions se sont intensifiées, après qu’il a été révélé que plusieurs membres de la Chambre des représentants, dont Ahmad Sahroni, étaient à l’étranger. Cette nouvelle a encore attisé la colère populaire, ce qui a conduit à l’assaut des maisons de Sahroni et de plusieurs autres membres de la Chambre des représentants, ainsi que de responsables gouvernementaux tels que la ministre des Finances, Sri Mulyani. Leurs maisons ont été pillées par une foule qui ne pouvait plus contenir sa colère.

Cette nuit-là, le courant a été coupé autour du quartier général de la brigade mobile et les forces de police déployées pour contrôler les émeutes ont utilisé du gaz lacrymogène et des tirs d’armes à feu pour disperser la foule. Les forces armées et la police ont procédé à des rafles dans différents secteurs, pour réprimer les émeutier.es. Cette répression a continué les jours suivants, provoquant une montée de la tension dans toute l’Indonésie. Le gouvernement indonésien a qualifié les manifestant.es avec des accusations allant du terrorisme à la trahison. Au lieu de répondre aux demandes exprimées lors des manifestations, le gouvernement indonésien a réagi par une répression continue et un recul de la démocratie.

Ce soulèvement populaire a été essentiellement mené par des gens ordinaires, en particulier des lycéen.nes, des chômeur.euses et la communauté des conducteurs de moto-taxis à commander en ligne – des forces qui avaient été sous-estimées et considérées comme « non conscientes politiquement » par les activistes de la classe moyenne et par la plupart des gauchistes. Ces rebelles ne sont pas des gens qui agissent sur la base de leur lecture de livres marxistes ou anarchistes. Elles/ils sont dans les rues parce que les informations qui circulent sur les médias sociaux ont provoqué leur colère ; une colère qui est ensuite modérée par la classe moyenne, qui crie : « ne détruisez pas les installations publiques », « ne vous comportez pas en anarchistes », « ne cédez pas aux provocations » et au final, le 1er septembre, a fait une série interminable de requêtes, appelées « 17+8 », juste pour éteindre le feu et la colère (à aujourd’hui, les requêtes « 17+8 » n’ont pas été satisfaites). Il est vrai que la foule manque encore d’intelligence pratique. Mais, bien sûr, ce n’est pas de sa faute. Puisque ce sont les personnes qui ont toujours été sacrifiées par l’État et aussi par les élites de l’opposition, qui prétendent être des « révolutionnaires » – ils/elles ont grandi avec la conviction que la colère doit trouver un débouché.

Puis, quand les feux ont cessé de brûler partout, quand les dirigeants et les élites politiques se sont excusés en public, personne ne pouvait dire avec certitude comment tout cela avait commencé. Il y a eu beaucoup de regroupements, de discussions, de réseautage inter-idéologique, de campagnes politiques, etc., mais ce qui s’est passé en août 2025 a été un festival d’insurrection que personne n’aurait pu prévoir. Même quand les manifestations ont commencé, jusqu’à la mort d’Affan Kurniawan, qui a marqué le point culminant de la colère populaire, ces manifestations étaient encore considérées comme des « manifestations organisées » au profit de ceux qui sont au pouvoir, une idée qui, ironiquement, a été massivement portée par la plupart des activistes pro-démocratie issu.es de la classe moyenne, ainsi que par leurs partisan.es.

Maintenant, après les émeutes, la police a arrêté de nombreuses personnes, y compris des anarchistes égoïstes/nihilistes, mais la plupart d’entre eux/elles sont victimes d’arrestations injustifiées et n’ont même pas participé aux manifestations. Elles/ils sont accusé.es d’être les cerveaux, les provocateur.trices, les acteurs intellectuels et sont étiquetés comme les « groupes des étoiles du chaos ». Pendant ce temps, les membres du DPR tels qu’Ahmad Sahroni, qui ont suscité l’indignation populaire, restent en fonction et n’ont pas été destitués. Le DPR a récemment adopté une révision du Code de procédure pénale qui permet aux policiers d’arrêter des personnes sans preuves et de mettre secrètement des personnes sous écoute, les enregistrer et trafiquer leurs appareils numériques.

Palang Hitam / ABC Indonesia

Incendie d'un rouleau compresseur NGE

Publié le 2025-12-18 14:19:05

Il y a quelques nuits, sous un ciel d’étoiles filantes, un rouleau compresseur appartenant à Guintoli, filiale du groupe NGE, a été incendié sur un chantier près de Toulouse.

NGE et ses filiales sont engagées sur les travaux de l’A69 Toulouse-Castres, de la LGV Bordeaux-Toulouse, de la troisième ligne de métro à Toulouse, du tunnel TAV Lyon-Turin et sur une multitude de chantiers à travers le pays.

Ici ou ailleurs, NGE ne sera jamais tranquille.

Bisous.

Table ronde sur la dissociation dans les milieux politiques

Publié le 2025-12-19 11:39:06

Table ronde sur la dissociation dans les milieux politiques, le samedi 10 janvier à 14h à Mille Bâbords (61 rue Consolat, 13001 Marseille)



La dissociation est une attitude engendrée par la répression, qui prend des formes très diverses : communiqués, dénonciations, oppositions à des modalités d’action et d’intervention.

Dans la rue, elle s’opère dans la formation de services d’ordre, la reproduction de la catégorie des "mauvais·e·s manifestant·e·s", la marginalisation de personnes au sein d’un cortège ou lors d’une nasse, les laissant seules face à la répression policière.

Au tribunal, elle s’exerce notamment à travers l’élaboration de défenses basées sur des logiques de profil, de connivence avec la justice, de distinction entre bon·ne·s et mauvais·e·s manifestant·e·s.

Ces stratégies de défense s’appuient sur la reconnaissance des catégories de distinction produites par les institutions pour diviser et enrayer les mouvements sociaux. Ce faisant, la dissociation se révèle particulièrement efficace pour briser leur combativité.

À l’inverse, Cagnard défend la diffusion et la mise en œuvre de pratiques de défense de la rue au tribunal entre tous·tes. Celles-ci doivent assurer une solidarité effective dans les espaces de lutte et constituer en ce sens les fondements de mouvements sociaux ambitieux et combatifs.

Il est indispensable de s’opposer massivement aux logiques de dissociation où qu’elles se déploient.

Afin d’analyser les modalités de leur mise en oeuvre passée et actuelle, de comprendre leurs conséquences sur les luttes et leurs implications dans leur rapport aux institutions, Cagnard organise un temps de discussions et de débats ouvert à toutes et tous.

Cette table ronde sera articulée autour de plusieurs axes de réflexion :

  • Discuter de l’historique de la dissociation, à travers l’exemple des régimes juridiques français et italien ;
  • Analyser et comprendre comment la dissociation s’exerce dans nos espaces de lutte et d’organisation ;
  • Élaborer des pistes pour s’en prémunir, s’y opposer collectivement et mettre en œuvre des stratégies de défense qui nous permettent de faire face solidairement à la répression.

Rendez-vous à Mille Bâbords (61 Rue Consolat, 13001 Marseille) le samedi 10 janvier à 14h.

Venez nombreuses et nombreux !

Lille : « Vandalisme, insultes, intimidations » (encore)

Publié le 2025-12-20 08:13:58

Indymedia Lille / jeudi 18 décembre 2025

« Vandalisme, insultes, intimidations : la permanence de notre candidat à Lille a été violemment attaquée cette nuit.« 

— Une fois de plus*, la permanence LR s’est fait hagar ces grosses vicos.
Peinture rouge, petit message au fachos ; on a redécoré la permanence de Delemer.

1) Nous réaffirmons que le fascisme et ses représentants n’ont pas leur place à Lille. Lisandru Mariani, Louis Delemer, Arthur Pietrzak, Aubriot Giglotti, Malaury Picaud allez baiser vos mères.
LR flirt avec l’extrême droite et lèche les bottes de la macronie ; c’est la représentation la plus basse du fascisme en France.

2) Nous refusons vos politiques va-t-en guerre, de remilitarisation, vos lois anti-immigration et les coupes budgetaires de la santé au service de l’armée et de la police. Aucune défense de la militarisation d’une puissance coloniale et impériasliste (France) n’est justifiable. Les conflits entre pays impérialistes sont le fonctionnement normal de la compétition capitaliste.

3) Nous pensons que rien de libérateur ne sortira jamais de la démokratie libérale. Nous n’éviterons pas le fascisme par la démokratie car elle le porte déjà en son coeur. La représentation est la mort de l’individu comme agent politique.

4) Il est urgent que nous redevenions des acteurs politiques. Organisez-vous.

Organisation Sombre
En pleine ascension

 

* Note d’Attaque : voir par exemple ici

Liberté pour Gino, liberté pour les inculpé⋅es de Budapest

Publié le 2025-12-20 08:34:08

Marseille Indos Autonomes / jeudi 18 décembre 2025

Mardi, Gino a été de nouveau arrêté par la Sous Direction de l’anti terrorisme et ça malgré sa libération sans condition du mandat d’arrêt européen émis contre lui [voir ici ; NdAtt.]. Jeudi matin, un juge statuera sur le sort de notre camarade. Il risque d’être extradé vers l’Allemagne voir pire vers la Hongrie* où notre camarade Maja est toujours enfermé.e et torturé.e.

L’acharnement des justices européennes sur les antifascistes de Budapest marque leur soutien au régime d’extrême droite d’Orban, et dessine ce qui ressemble de plus en plus à une internationale néo-fasciste, qui qualifie toute résistance de terroriste. Non, s’opposer à des néo-nazis n’est pas un crime. Nous renouvelons ici notre soutien inconditionnel aux personnes luttant contre les fascistes et les États racistes.

Partout luttons pour la liberté de Gino, Maja et de tou.tes les inculpé.es de Budapest !

Non aux extraditions de Zaid et Gino !

Résistance antifasciste !
Libérez Gino !
Libérez les tous⋅tes !

Mise à jour : le procès a été reporté à dans deux semaines, il est incarcéré à la prison de Fresnes.

[…]

 

* Note d’Attaque : si l’État français le livre à l’Allemagne et, ensuite, celle-ci à l’Hongrie. En fait il y a treize mois il avait été arrêté sous demande de la Hongrie, cette fois-ci sur demande de l’Allemagne, où des procédure pénales ont également été ouvertes pour les attaques contre les néonazis de février 2023 à Budapest (et où un procès commencera bientôt).

Visite de l'ALA aux Folies Bergères la nuit du 11 décembre

Publié le 2025-12-20 08:44:07

Dans la lancée des actions autonomes menées contre la Nuit du Bien Commun, des lutins antifascistes ont rendu visite aux Folies Bergères la nuit du 11 décembre. Cette salle, appartenant au vieux racelard Bolloré, a récemment accueilli Stérin le Vilain, pour un gala finançant le fascisme. Hors de question pour nos joyeux lutins de laisser cette salle de sale fascistes immaculée ! Parmi la nouvelle déco « Pétain à Vichy, Stérin aux folies », avec un supplément oeuf pourri !

En continuant leur balade, les lutins sont tombéEs sur la Maison du Bien Commun, déguisée en maison Duroc. Celle-ci prétend accueillir des associations apolitiques et aconfessionnelles, alors même qu’elles sont réactionnaires et bien souvent racistes.

Cette année, faites comme les lutins : ne soyez pas sages ! Il reste tellement de lieux à repeindre, avec rage ...

Soutien aux camarades, arrêtéEs lors de la nuit du bien commun,

et à tousTEs les autres !

Action Lutine Antifasciste

PS : Comment devenir unE lutinE en 5 étapes

1. Repérez un lieu de fachos grâce aux super plans qui traînent déjà sur Internet

2. Baladez-vous dans le quartier pour voir où sont les éléments qui peuvent vous observer, et repérez le lieu optimal pour enfiler son costume de lutin

3. Équipez-vous d’outils décoratifs et apprenez le chemin par coeur

4. Renseignez-vous sur les risques, au cas où votre soirée soit perturbée

5. Ne prenez pas vos téléphones pour profiter du moment,

et ça y est, vous pouvez partir vous amusez !

À Besançon, une modeste contribution à la lutte contre l'A69

Publié le 2025-12-20 08:54:25

Je me promenais à Besançon, Place Marulaz, et j’ai vu des décorations sur le matériel de l’entreprise NGE chargée des travaux un peu partout dans la ville.



En faisant quelques recherches sur le net, j’ai vu qu’il y a quelques jours, un rouleau compresseur appartenant à Guintoli, filiale du groupe NGE, a été incendié sur un chantier près de Toulouse. Voilà ce qui est dit de cette entreprise surle site indymedia de Nantes :

"NGE et ses filiales sont engagées sur les travaux de l’A69 Toulouse-Castres, de la LGV Bordeaux-Toulouse, de la troisième ligne de métro à Toulouse, du tunnel TAV Lyon-Turin et sur une multitude de chantiers à travers le pays.

Leurs engins détruisent, leurs juristes exproprient, leurs vigiles menacent, leurs barbouzes agressent, tout ça avec la complicité de l’État et de sa police."

À Besançon, la mairie écolo confie ses travaux publics à une entreprise écocidaire et veut artificialiser les terres marâichères des Vaîtes. Les quelques tags place Marulaz (la place des anarchistes !) sont une modeste contribution à la lutte contre l’A69 et la bétonisation, ici ou ailleurs !

Alors bisous à celles et ceux qui laissent jamais NGE tranquille !

Niort : « Tout le monde déteste l’enfermement »

Publié le 2025-12-20 09:04:03

La Nouvelle République / mardi 16 décembre 2025

Les habitués de la rue de Navailles, non loin du centre hospitalier de Niort, les ont forcément remarqués. Une série de tags a été découverte, lundi 15 décembre 2025, sur les murs à l’extérieur de l’unité psychiatrique de l’hôpital. Des inscriptions revendicatives en apparence, avec des phrases telles que « Abolition de la psychiatrie », « Mieux vaut mort que sous médicaments » ou encore « Tout le monde déteste l’enfermement ».

Le centre hospitalier de Niort a été informé par ces dégradations, survenues le 12 et le 14 décembre, à chaque fois le soir. L’établissement de santé a annoncé déposer plainte contre X tandis qu’un nettoyage doit être réalisé ce mardi 16 décembre. Ce n’est pas la première fois que l’établissement est visé. En septembre 2023, de nombreux tags avaient été découverts sur le sol de l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi). Sa directrice avait alors déposé plainte. […]

Les navires câbliers : des bateaux essentiels pour le réseau internet

Publié le 2025-12-20 15:26:44

Une petite étude personnelle sur les navires câbliers, Orange Marine ou encore Alcatel Submarine Networks.



Il y a peu de temps, j’ai regardé un documentaire d’ARTE qui s’appelle « Internet, un géant très vulnérable ». Le documentaire adopte une approche assez peu critique et le questionnement latent est surtout de savoir comment rendre les réseaux internet plus résilients. Mais ça donne au moins à voir l’intérieur de plusieurs infrastructures stratégiques comme des data centers. On y parle aussi beaucoup des câbles de fibre optique sous-marins, une infrastructure primordiale pour le fonctionnement d’internet et l’échange d’informations à travers le monde.

Les câbles sous-marins, un enjeu stratégique

Ces câbles sous-marins sont souvent décrits comme un point faible du réseau. Ils sont placés au fond des mers par des navires câbliers, et peuvent subir les tempêtes (être déplacés par les courants, remonter à la surface), des accidents de pêche (les filets des chalutiers peuvent les endommager) ou d’authentiques sabotages (par exemple, des navires de la flotte secrète russe laisseraient volontairement traîner leur ancre pour sectionner les câbles « ennemis »). Ils remontent vers les côtes dans des postes d’atterrage qui les relient au réseau terrestre électrique ou fibre.

Le documentaire montre l’importance du travail permanent d’entretien du réseau de ces câbles, permis par la flotte mondiale de navires câbliers. Ces grands bateaux sont dotés d’équipements spéciaux pour installer et réparer les câbles sous-marins. Sans eux, le réseau est rapidement défectueux. Alors j’ai eu envie de faire quelques recherches sur cette flotte industrielle stratégique, et, comme je vis en France et parle/écrit en français, sur la flotte française de navires câbliers.

La flotte de navires câbliers

J’ai d’abord été surpris de découvrir qu’il n’existe « que » une centaine de navires de ce type dans le monde ! La France se trouve en bonne position dans le classement des pays détenteurs de navires, comme les États-Unis, la Russie, le Japon et le Royaume-Uni. Autant dire qu’ils ont beaucoup de boulot, au vu de l’extension vitesse grand V des réseaux de la domination numérique. Et ça veut aussi dire que quelques navires en moins égal un réseau fragilisé et une extension de celui-ci ralentie.

Selon wikipedia, ces bateaux sont disposés à rester en mer entre 30 et 45 jours, emportant un équipage de 60 à 120 personnes. Ils possèdent des caractéristiques techniques particulières du fait de leur tâche spécifique (transport et pose de câble), comme un ballastage important en eau de mer. On peut lire la page wikipedia « Câblier » et la section caractéristiques pour plus de précisions à ce sujet.

En France, deux entreprises se partagent essentiellement le gâteau des navires câbliers : Orange Marine et Alcatel Submarine Networks (ASN).

Alcatel Submarine Network est l’un des trois leaders mondiaux du secteur. L’État français a acquis 80 % du capital d’ASN en 2024 à Nokia, qui détient toujours le reste de l’entreprise. La flotte d’ASN compte 7 navires câbliers : les bateaux Île de Bréhat, Île de Batz, Île de Sein, Île d’Aix et Île d’Yeu sont destinés à la pose des câbles sous-marins. Les navires Île d’Ouessant et Île de Molène sont eux destinés à l’entretien des câbles. L’armateur de la flotte est « Louis-Dreyfus Armateurs ». L’usine historique de la société se trouve à Calais (950 quai de la Loire), où sont fabriqués et embarqués les câbles. Un autre site industriel est à Dunkerque (2405 route du Pertuis du Môle 2). Aux Ulis dans l’Essonne (1 avenue du Canada), la société possède un datacenter important et son siège social. Il y a aussi un site au 21 quai Gallieni à Suresnes, là où se trouve également le siège social de l’armateur. Enfin, il existe un site de production à Greenwich (Angleterre) et un à Trondheim (Norvège).

Louis-Dreyfus armateur s’occupe aussi de la flotte de câbliers du malaisien Optic Marine Service (OMS Group). C’est un armateur historique français, qui s’occupe par exemple de la gestion du port de Cherbourg, et s’est spécialisé dans le transport maritime industriel (éolien offshore, aéronautique, pose de câbles). En France, le groupe a des infrastructures à Suresnes, Dunkerque, Blagnac, et La Ciotat.

Orange Marine dispose d’une flotte de 8 bateaux : le N/C Léon Thévenin, le N/C René Descartes, le N/C Raymond Croze, le N/C Antonio Meucci, le N/C Teliri, le N/C Pierre de Fermat (basé à Brest à la BMA (Base Marine Atlantique)), l’Urbano Monti et le Sophie Germain, basé à la Seyne-sur-Mer. En effet, Orange Marine compte deux bases navales en France (à Brest et à la Seyne-sur-Mer près de Toulon), et une en Italie à Catane. Le siège social se situe au 21 rue Jasmin à Paris. A Fuveau, près d’Aix-en-Provence, dans la ZAC Saint-Charles, Orange Marine dispose d’installations industrielles pour la conception et la production de ses engins sous-marins, des robots des profondeurs servant à entretenir ou installer des câbles. Le site internet d’Orange Marine décrit chacune de ses méga-machines, ainsi que les navires et les bases navales du groupe.

Une fois ces recherches faites, je me suis amusé à suivre certains navires en utilisant myshiptracking.com ou marinetraffic.com. Pour connaître les chantiers sur lesquels travaillent les équipages des bateaux, étudier leurs routes, leurs ports de mouillage, etc. Une étude très instructive et révélatrice de la matérialité de toute cette économie du cloud et de la donnée !

Une liste plus ou moins à jour de tous les navires câbliers est disponible sur la page wikipedia « Liste des navires câbliers en service dans le monde ».

On fait quoi d’ça ?

Pour moi, ces navires contribuent activement à la destruction de la planète et à la colonisation capitaliste de tous les territoires. Leur rôle est essentiel dans la mise au pas du monde par une société de surveillance et d’auto-contrôle fondée sur les technologiques numériques et de l’information. Mais comment les mettre à l’arrêt ?

Un gros bateau, c’est quand même pas simple à arrêter… et pourtant, il y a toujours un chemin. Des actes de piraterie éclairés montrent que les bateaux ne sont pas hors d’atteinte. Au Pérou, en 2023, deux navires pétroliers ont été attaqués par des membres de l’association indigène pour le développement et la préservation du Bajo Puinahua. A bord de pirogues, ils ont envoyé cocktails molotovs et lances vers l’équipage ! La même année près d’Arcachon, une vingtaine de bateaux de plaisance, plus petits, sont partis en fumée directement dans le port. C’est aussi arrivé à Fréjus en 2020, à Marseille à plusieurs reprises, dans le Lot ou encore à Saint-Nazaire et à Saint-Cyprien. Même qu’à Évian en 2014, c’est le bateau des gendarmes qui a pris feu ! Et puis, quand il est difficile de s’attaquer directement au bateau, il y a toujours l’infrastructure portuaire : fin décembre 2024 à Amsterdam, des anarchistes ont endommagés deux grues en brisant les consoles d’ordinateurs et les manettes. Avec l’électrification progressive des ports, on imagine aussi que ces derniers deviendront plus vulnérables aux coupures de courant. Et puis bien entendu, les bateaux ont des équipages, un commandement, et des armateurs. Les sociétés auxquelles ils appartiennent ont des locaux, des organigrammes, des lieux de production. La créativité n’a pas de limite.

Ma petite étude sur les navires câbliers s’arrête là. Libre à toi de la continuer, d’utiliser ce texte comme bon te semble et de le modifier à ta guise ! 

Quand la faim justifie les moyens : vol de 3000$ de nourriture redistribuée à la communauté

Publié le 2025-12-21 09:29:47
Déc 202025
 

Des Soulèvements du Fleuve

Rediffusion d’un communiqué du groupe Robin des ruelles

Lundi le 15 décembre en fin de soirée, le groupe les Robins des Ruelles a dévalisé l’épicerie Metro Beaulieu sur la rue Laurier. Quatre pères Noël, accompagnés d’une ribambelle de lutins, ont volé pour environ 3000 $ de denrées alimentaires à l’épicerie Metro du Plateau – quartier gentrifié – avant de redistribuer l’intégralité de leur butin à la communauté, à l’image d’une grande guignolée.

Une partie des victuailles ont été déposées à la Place Valois dans Hochelaga-Maisonneuve au pied d’un sapin érigé pour l’occasion, tandis que le reste a été disséminé dans les nombreux frigos communautaires de Montréal.

On travaille de plus en plus, juste pour être en mesure de s’acheter de quoi manger dans des chaînes de supermarchés qui profitent du prétexte de l’inflation pour réaliser des profits « records ». Les loyers, la nourriture, les prix de toutes les nécessités sont artificiellement gonflés par les grands propriétaires capitalistes. Il n’y a pas d’autre manière de le dire : une poignée d’entreprises tient nos besoins vitaux en otage. Elle continue d’étouffer la population, pour leur siphonner le plus d’argent possible, simplement parce qu’elle le peut. Pour nous, c’est ça qui est du vol et ce sont eux les bandits.

D’année en année, l’étau de l’Économie nous écrase de plus en plus : un peu plus d’un-e Québécois-e sur trois vit déjà une forme d’insécurité alimentaire. Le travail nous affame bien plus qu’il nous nourrit. Si certain-e-s sont encore capable de vivre, iels ne tarderont pas à bientôt être dans la marge, pour ne pas dire dans la marde! Ce n’est pas un hasard si le prix du panier d’épicerie pour une famille de quatre a bondi de plus de 30% dans les dernières années : c’est le fonctionnement normal et logique de l’Économie. Faut qu’on crève pour qu’ils s’enrichissent.

Les vols commis pour combler nos besoins essentiels sont des gestes politiques et de résistance. Voyez donc notre action comme un appel à s’organiser ensemble contre la mafia de l’alimentaire et celle de l’agro-industrie. Tous les moyens sont bons pour exprimer notre refus de ce système, car n’oubliez pas : la faim justifie les moyens!

Dénonçons les profits sur l’alimentation ! Entamons à toutes les échelles la résistance contre la logique économique capitaliste! Partageons nos revendications : l’expropriation des chaînes d’épiceries et des profiteurs logistiques, le démantèlement de ce système alimentaire basé sur l’exploitation, et la reprise en main de nos moyens de subsistance !