Vive l'Anarchie - Semaine 51, 2019

Sommaire

Attaque à la peinture et sabotage au siège de Tornos

Publié le 2019-12-23 12:52:07

Tornos ne fabriquera pas de machines-outils pour la dictature d’Erdogan aujourd’hui.

Les portes de l’usine Tornos à Moutiers ont été sabotées et les slogans « Pas de business avec l’Etat turc fasciste » a été sprayés sur le bâtiment. Une action qui visait à empêcher la production d’une commande de machines-outils livrées en Turquie pour fabriquer des roquettes.

Le message suivant à été affiché sur l’entrée principale de l’usine :



« Une commande urgente de machines-outils a été passée à la Tornos par la compagnie turque Roketsan. Elles servent à fabriquer des roquettes utilisées pas le dictateur Erdogan pour attaquer le Nord et l’Est de la Syrie (Rojava).
Depuis mi-octobre, l’Etat turc est entrain de commetre un massacre dans le Nord et l’Est de la Syrie. Après des semaines de bombardements, incluant de nombreuses attaques avec des armes chimiques, Erdogan a entrepris de coloniser la région.
Il s’agit d’une attaque contre le système d’autonomie mis en place par les différents peuples de la région. Ce système de démocratie participative dont les piliers sont la libération des femmes et l’écologie fait trembler les Etats capitalistes et impérialistes. Ceux-ci ont raison de trembler car ce système qui fonctionne sans patrons ni bureaucrates est une source d’inspiration pour le monde entier. Si, tout comme les usines du Rojava, la Tornos était une coopérative exploitée par les ouvrières et les ouvriers, ils et elles n’accepteraient jamais que leurs machines-outils deviennnent des machines de guerre !
Nous revendiquons cette action au nom de la brigade Zîn Kobanê, une commandante des Unités de Protection des Femmes (YPJ) tombée en protégeant son peuple contre les attaques de l’Etat turc au mois d’octobre. Zîn Kobanê était l’une des premières femmes à rejoindre la lutte contre Daech en 2013. Elle est devenue immortelle car son courage continue d’inspirer des miliers des personnes à travers le monde. Nous poursuivrons sa lutte en attaquant ceux qui profittent de la guerre et la destruction.

Du Jura au Rojava, vive l’autonomie des peuple et la solidarité entre les ouvrières et les ouvriers !
La guerre commence ici, arrêtons la ici !

#WomenDefendRojava
#Riseup4Rojava
#Fight4Rojava



Athènes (Grèce) : Revendication de l’incendie de l’arbre de Noël sur la Place Exarcheia

Publié le 2019-12-23 13:13:08

athens.indymedia.org / dimanche 22 décembre 2019

Jeudi 18 décembre 2019, vers 23h45, en tant que groupe d’anarchistes, nous avons brûlé l’arbre de Noël sur la place Exarchia, que le régime avait dressé le matin même.

Notre réponse au régime est très claire :
1- La résistance à Exarcheia (et ailleurs) ne finira jamais.
2- En tant que prolétaires et opprimé.e.s, nous ne célébrons pas ces festivités, parce qu’elles ne sont pas notre culture ; notre culture est la résistance et la lutte pour la révolution sociale et notre célébration est la révolution sociale, qui créera la liberté et l’égalité dans notre vie.
3- Le régime essaie de changer le visage, historiquement révolutionnaire, d’Exarcheia, mais il doit savoir que même en nous massacrant tou.te.s, il ne peut pas changer un quartier dont la culture est la lutte.

NOUS SOMMES ICI, NOUS NE PARTIRONS PAS D’ICI PARCE QUE C’EST NOTRE QUARTIER. CE SONT LES FLICS ET LES RICHES QUI DOIVENT PARTIR.
Solidarité avec le compagnon Dimitris Chatzivasileiadis.
Force à Kostas Sakka en grève de la faim.

Des gens d’Exarcheia

Saint-Quentin (Aisne) : Virée tags en ville

Publié le 2019-12-23 13:14:04

Le Courrier Picard / dimanche 22 décembre 2019

Le bâtiment de l’ancienne Banque de France, l’école de Metz, ou encore la permanence du député [Les Républicains; NdAtt.] Julien Dive, située rue du Gouvernement. Sans compter des murs ou autres panneaux de signalisation. Cette nuit, plusieurs propriétés ont été dégradées dans le centre-ville de Saint-Quentin et le quartier Remicourt, et ont été la cible de tags. Un acte désolant et gratuit qui a eu le don de mettre en colère le maire de la ville Frédérique Macarez.

« Au regard des inscriptions faites sur les lieux, je constate la bêtise et encore une fois le caractère nauséabond des extrêmes  », exprime-t-elle dans un communiqué. Des mots et des phrases écrites en rouge ou noir, ainsi que la lettre A entourée d’un cercle symbole de l’anarchisme ont été recensées. Certaines inscriptions telles « Facho » sur la fenêtre de la permanence des parlementaires, ou « mort au capital » inscrit sur le mur d’entrée de l’ancienne banque de France laissent à penser à des agissements venant de la mouvance d’extrême-gauche. Des plaintes ont été déposées.

Chili : Quelques brefs récits de la révolte (29 novembre – 6 décembre)

Publié le 2019-12-23 16:12:07

AMWEnglish / jeudi 19 décembre 2019

29 novembre
42e journée de révolte sociale

VIVENT LES ENNEMI.E.S IRRÉDUCTIBLES DU POUVOIR !

« Nous sommes face à un ennemi puissant et implacable, qui ne respecte rien ni personne. Il ne respecte pas la vie des êtres humains, il ne respecte pas nos héros. » Cette phrase est répétée à maintes reprises par le Président de la République, cette fois-ci à l’occasion d’une remise de diplômes des policiers.

La PEUR est l’une des armes les plus puissantes du pouvoir, elle continue donc à favoriser un climat de paranoïa, afin démobiliser et diviser les opprimé.e.s.

L’État a redoublé d’efforts pour approuver sa « loi anti-encagoulés ». Piñera décrit les anarchistes, les Barras Bravas (des supporters organisés des équipes de football) et les trafiquants de drogue forment comme trident coordonné qui a déchaîné la violence.

La stratégie des médias est d’exagérer la couverture des pillages de petits magasins. La presse capitaliste lance une puissante charge émotionnelle pour délégitimer la Révolte sociale.

Il y a une complicité évidente (par action ou par omission) entre la police, les propriétaires de maisons et les trafiquants de drogue, des individus sans aucune éthique, qui ne s’intéressent pas aux personnes qui sont lésées par leurs actions.

Sans aucun doute, la propriété privée fait partie de ce que nous voulons détruire, mais aujourd’hui nos objectifs sont pleins de symbolisme stratégique. Si l’attaque d’un commerce quelconque nécessite une explication, cela signifie qu’elle n’est pas assez symbolique.

Une solution provisoire serait des « comités d’autodéfense », mais notre inexpérience et notre inefficacité dans ces pratiques permettent aux « gilets jaunes » [groupements spontanées de citoyens qui, en portant le fameux gilets, s’auto-organisent pour défendre commerces et propriétés des assauts des révolté.e.s, les encapuchadxos, « encagoulé.e.s » ; NdAtt.] de commencer à s’armer, avec une affinité fasciste indéniable. Que la milice retourne dans la rue ! Voilà ce qu’ils répètent les amoureux du système néolibéral, bien que les thunes aient toujours brillé par leur absence, dans leurs poches.

La malheureuse réalité est que le capitalisme est tellement intériorisé dans un pourcentage d’opprimé.e.s et d’exploité.e.s, que la marchandise et les lieux où l’on s’en approvisionne sont plus importants que la vie d’autrui. Le travail, l’argent et la consommation sont un bien supérieur à plus d’une centaine de personnes qui ont eu leurs yeux crevés.

Mais une autre partie de la population a déjà réalisé le plan de l’État et elle le dénonce chaque fois qu’elle en a l’occasion.

Personnellement, je ne me souviens pas combien de fois j’ai pleuré en regardant des vidéos d’enfants qui sont visés par des tirs ou sont sans yeux. Je ne me souviens pas d’un jour sans la sensation angoissante de savoir qu’à chaque moment, au Chili, quelqu’un.e souffre de brutalité policière ou qu’à l’intérieur d’un commissariat on torture et on viole.

Le septième vendredi de la Révolte, après deux jours de faible activité, la « Plaza de la Dignidad » [comme a été renommée Plaza Italia, dans le centre de Santiago ; NdAtt.] a été rémplie à nouveau et le spectacle féministe « Un violeur sur ton chemin » a été représenté en masse dans le Ground zero. Elle s’est étendue au niveau national, mondial et est devenue virale. A tel point qu’elle est parvenue à éclipser le discours gouvernemental de la peur. Une toile géante est déployée, appelant à la démission de Piñera et de la ministre Plá [Isabel Plá, Ministre de la Femme et de l’Egalité de genre, connue par exemple pour son dure opposition à l’avortement ; NdAtt.].

Des inconnus ont brûlé la statue de « Negro matapacos » [litt. « Noir tueur de flics », chien qui a pris part à plusieurs manifs émeutières, au début de la décennie 2010 ; NdAtt.], icône de la rébellion. Sur ses fondations, les gens en construisent une autre avec des fleurs.
Les affrontements entre flics et personnes cagoulées se poursuivent, à grand renfort de feux d’artifice.

A Concepción, la police utilise des grenades assourdissantes, qui désorientent à cause des éclairs de lumière qu’elles émettent lorsqu’elles explosent, tandis le bruit de l’explosion affecte temporairement l’ouïe. Au même endroit, la compétition mondiale de rallye est annelée.
La voiture du Ministre de la Santé est attaquée et doit être défendue par la police. La ministre Plá est également huée par les manifestant.e.s.

Une personne arrêtée à Viña del Mar [dans la banlieue de Valparaíso ; NdAtt.] pour avoir transporté et lancé des bombes Molotov fait l’objet d’une enquête pour possession de matériel explosif. Hier, il y a eu un rassemblement de solidarité avec les prisonnier.e.s de la guerre sociale, devant le Palais d’(in)justice ; les gendarmes ferment le lieu.

Nous sommes fatigué.e.s, mais on n’abandonne pas.
Que la propagande insurrectionnelle reste présente sur chaque barricade !
HISSEONS LE DRAPEAU RÉVOLUTIONNAIRE !

***

2 décembre
45e journée de révolte sociale

NOUS N’AVONS ENCORE RIEN ACCOMPLI… NOUS NE POUVONS PAS ABANDONNER !

L’utilisation du chômage comme arme exacerbe la campagne de terreur économique, il ne suffit plus d’instiller la peur de « Narcos, Anarcos et Barras Bravas » [trafiquants, anarchistes et hooligans ; NdAtt.]. Maintenant, ils dechâinent les fantômes de la récession économique et accusent logiquement la Révolte Sociale : « Si les protestations ne s’arrêtent pas, les investissements s’arrêteront » menace le Président de la Confédération de la Production et du Commerce.

L’Imacec [Indicador Mensual de Actividad Económica, index à la con de l’économie du Chili; NdAtt.] est tombé à -3,4% et les prévisions sont de 10% de chômage d’ici janvier 2020. Avec une promesse illusoire, le gouvernement annonce la création de 100000 emplois et avec une moquerie éhontée, le parlement a approuvé l’augmentation du salaire minimum de 288000 pesos à 301000, soit 13000 pesos de plus. Ce sont des miettes que le pouvoir propose, ils continuent à nous rire au nez…

La machinerie bien huilée de l’État fonctionne de manière accélérée et améliore encore sa répression. La Chambre des Députés a approuvé la « Loi Anti Barricades » et la « Loi Anti Pillages », qui sont en fait des lois contre les protestations, augmentant les peines de prison, frisant l’absurde. Tout le spectre politique a voté en faveur de ces lois, de l’UDI au Frente Amplio et au PC. Une gifle douloureuse pour celles/ceux qui appellent naïvement à utiliser les outils du pouvoir pour « changer le système de l’intérieur ». Croyez-vous toujours aux élections comme « forme de lutte » ?
Les États-Unis annoncent, sans aucun scrupule, un « aide » aux gouvernements latino-américains pour contrer des soulèvements populaires.
La police confirme l’achat d’autres véhicules blindés avec des lanceurs de gaz et d’eau. A Valparaiso, ils défilent avec leur hymne dans les hauts-parleurs, tandis que des policiers effectuent le salut nazi.
Les affrontements entre les cagoulé.e.s et les flics continuent. Les murs sont un musée à ciel ouvert de la Révolte sociale, les passant.e.s admirent le talent et l’originalité des affiches et des graffitis.
Chaque jour, des groupes d’étudiants continuent à encourager la fraude dans les guichets du métro…
Dans les quartiers, on continue à résister et les barricades ne cessent de brûler.
La nuit, il y a eu de durs affrontements dans la ville de Yungay ; il y a eu de nombreux.ses blessé.e.s et des attaques contre le poste de police.
A Copiapo, une personne a laissé un blindé avec canon à eau hors service et a saboté le bec.
Quatre voitures de police privées ont été vandalisées à Peñalolen
Nous continuons à vandaliser la conformité !

NOUS AVANÇONS, AVEC L’ORGANISATION « FORMELLE » ET INFORMELLE, VERS LA LIBERTÉ !
Nous n’abandonnons pas…

***

6 décembre
50e jour de la révolte sociale

LA FLAMME EST ALLUMÉE !
Qui l’aurait dit… Ça fait 50 jours !

Certains prédisaient que la Révolte Sociale était en train de mourir lentement. Mais le Gouvernement, en complicité avec le Parlement, a menacé « des douleurs de l’enfer » ceux/celles qui continuaient à protester. Cela a déclenché l’effet inverse et les gens sont retournés dans la rue.

Et les gens sont revenus avec la rage de celles/ceux qui savent que, dans ce combat, on ne peut pas faire confiance aux partis politiques et qu’on n’a que soi-même, et que l’on se joint à d’autres, cela crée un nous, un nous qu’aujourd’hui compte plus de cent mille personnes.

En ce septième vendredi de la Révolte sociale, la haine était dirigée contre le Frente Amplio (coalition de partis politiques de « gauche ») et son pathétique appel au pardon pour son vote anti-protestation. C’est pourquoi, hier soir, des militant.e.s ont attaqué le siège d’un des partis de leur coalition : « Revolución democrática ».

Un groupe d’habitant.e.s de La Legua (un quartier de Santiago) a offert des déjeuners, des coiffeurs font des coupes de cheveux et même, sur une chaise spéciale, ils offrent des massages aux manifestant.e.s. Ce qui est beau, c’est que tout cela est sans échange monétaire. La solidarité et l’entraide restent un des piliers de ces cinquante jours.
Dans d’autres parties de Ground zero, les affrontements entre les encagoulé.e.s et les flics sont violents…
Avec une fronde géante, des personnes encagoulées lancent des pierres aux flics. Des boucliers décorés entre autres avec des A cerclés, protègent celles/ceux qui résistent à l’assaut du bras armé du capital.
Sous le monument aux Carabineros, les hommes en uniforme s’étaient retirés derrière une tranchée de sacs de sable. Les encagoulé.e.s ont pris leur tranchée et se sont approprié le matériel pour en faire une à eux/elles.

Le liquide lancé par le canon à eau des blindés est dangereusement toxique, les manifestant.e.s mouillé.e.s se mettent nus, car leurs vêtements leur brûlent littéralement la peau. Les armes chimiques utilisées sont d’une puissance jamais vue auparavant. On dit que le gaz lacrymogène atteint au moins le septième étage des bâtiments proches du Ground zero.

On remarque une plus grande présence de la propagande acrate, plusieurs banderoles et drapeaux anarchistes. Sur les murs se détachent des affiches du Groupe de Propagande Révolutionnaire (GPR) et un graffiti à la mémoire d’Alexandros Grigoropoulos.

Dans le centre commercial Costanera, l’autre lieu emblématique des manifestations de Santiago, des centaines de personnes parviennent à entrer et à défiler à l’intérieur du centre commercial. A l’extérieur, des manifestations sont réprimées par la police. De nombreuses barricades brûlent sur l’Avenida Providencia, une des rues les plus importantes de Santiago, aux coins avec P. De Valdivia, Los Leones et Miguel Claro. A ce dernier carrefour, un réactionnaire a menacé les manifestant.e.s avec un couteau et a ensuite donné des coups de pied à ceux/celles qui avaient installé une barricade. La contre-attaque a été brutale, il a été battu et laissé inconscient, la police l’a gardé jusqu’à ce qu’une ambulance emmène ce citoyen amoureux de la loi.

La nuit, il y a eu des attaques contre les postes de police de Estación Central et de La Granja. Dans cette dernière il y a eu des policiers blessés. En réponse, des chars tirent sur les quartiers populaires. Oui, les chars !

A Concepción, des agents en civil du PDI s’infiltrent dans les manifestations et arrêtent celles/ceux qui, cagoulé.e.s, lancent des bombes incendiaires. Dans la même ville, la police a battu un violoniste connu et a cassé son instrument. A La Serena, des fascistes ont attaqué la tombe de Romario Veloz, tué par les milices pendant le couvre-feu.

Les douloureuses chiffres officielles font état, à ce jour, d’au moins 11 000 personnes blessées, 352 ayant des lésions oculaires, de 41 meurtres, 121 personnes disparues, 600 torturées, 12 violées et d’une centaine d’abus sexuels. Nous savons que, malheureusement, le nombre est beaucoup plus élevé. Le nombre de personnes détenues et poursuivies ne peut être précisé, mais le nombre de personnes en détention préventive se situe autour de 1900. Que tant de souffrances ne soient pas vaines, que le mot vengeance devienne réalité.

À Macul, on vandalise et on crève les pneus de trois voitures privées de flics.
Un appel est lancé à frauder le métro, dans toutes les stations, le lundi 10.

Nous avons des objectifs clairs et nos actions visent à briser leur système oppressif, nos sourires veulent leur effondrement.
Pour la fraternité dans la guerre et la création d’une communauté de lutte !
LA RÉVOLTE EST VIVE… VIVE LA RÉVOLTE !

Honneur à Alexandros Grigoropoulos : cela est aussi pour toi.

[bas-rhin] la solitude du coureur de fond

Publié le 2019-12-23 17:26:09

Régis H. a 33 ans et vit à Sélestat, une petite bourgade du Bas-Rhin comme les autres, avec ses maisons trop kitsch à colombage, ses nids de cigogne et son folklore désuet. C’est un amateur de course à pied de bon niveau qui a régulièrement les honneurs de la presse régionale pour ses performances en Alsace et dans les Vosges sur le 5 et le 10km. Totalement inconnu des services de police au point de passser pour un « monsieur tout le monde », il connaît surtout parfaitement tous les petits sentiers viticoles enchanteurs de sa région, qu’il parcourt jusqu’à dix fois par semaine pour s’entraîner la veille des courses amateurs qu’il affectionne.

Mais quand on aime à ce point la course à pied dans la nature, n’y a-t-il pas de quoi être énervé par toutes les voitures ? Envahissant tout espace, traînant dans leur sillage des coulées de bitume jusque dans les coins les plus reculés, encrassant les poumons bien ouverts des citadins et racourcissant le souffle des promeneurs, ne représentent-elles pas sans conteste le signe éclatant d’une civilisation de la mort pour qui courir est la vie ? D’ailleurs, quand on aime la course à pied aussi passionnément, pourquoi la pratiquer seulement de jour, et pas aussi lorsque la lune embrasse les étoiles ? Le ciel n’y est-il pas plus souriant, le silence enveloppant plus léger, les jeux d’ombres changeants plus délicats… et les voitures au repos ? Et puis merde, pourquoi un amoureux de course en solitaire ne pourrait-il pas faire sien ce troublant sentiment relaté par un obscur anarchiste -lui aussi amateur de longues balades champêtres-, sans même l’avoir jamais lu ? : « Je hais infiniment parce que j’aime sans réserve »…

Dans la nuit de lundi à mardi 12 novembre 2019, les douze véhicules du concessionnaire Renault sont partis en fumée vers 0h50 dans la petite ville de Barr. Régis H. a été arrêté le lendemain par les gendarmes-enquêteurs de la cellule d’investigation VL-67. Il a été mis en examen le soir même par un juge d’instruction pour « destructions et dégradations par incendie » et « dégradations graves » concernant rien moins que… 900 véhicules cramés (des voitures et des dizaines de cars) lors de 120 départs de feu entre 2013 et 2019. Les dégâts se montent à au moins 8,5 millions d’euros. Il a reconnu une partie des faits et est depuis incarcéré à la maison d’arrêt de Colmar. Si on se sait pas comment les gendarmes ont réussi à remonter sa trace à part les « similitudes dans son mode opératoire » -ils sont généralement très chiches en informations dans ce genre de cas-, son avocat a évoqué des « maltraitances familiales graves » subies par Régis H. dans son enfance, lui donnant envie de se venger contre une partie de ce monde.

Pour notre part, qui ne sommes que de simples lecteurs de la presse régionale et aussi de grands enthousiastes de la détermination et de l’endurance, peu importe que ce soit cet amateur du 10 kilomètres ou un autre qui ait mené à bien ces dépollutions nocturnes. Car en matière de maltraitance familiale de masse, le fait d’envoyer des mômes subir les bagnes scolaires pour qu’ils y sacrifient toute leur jeunesse n’est pas l’une des moindres… et on ne peut que partager l’éclair de joie fugace qui a pu briller dans les yeux de certains en apprenant qu’il n’y aurait pas école ce matin parce que la voiture de papa ou le car de ramassage scolaire avait brûlé dans la nuit.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/barr-feu-onze-voitures-devant-garage-renault-1748053.html
https://www.europe1.fr/faits-divers/amateur-de-courses-a-pied-et-de-voitures-brulees-3931439
https://www.ledauphine.com/france-monde/2019/11/16/900-vehicules-brules-le-suspect-etait-un-athlete-insoupconnable
https://www.lalsace.fr/bas-rhin/2019/11/20/pour-regis-haegele-il-fallait-que-ca-s-arrete

 

Saint-Eloy-les-Mines (Puy-de-Dôme) : Massacre… à la crèche de Noël

Publié le 2019-12-25 11:02:04

France3 / mercredi 18 décembre 2019

[…] La crèche communale et les décorations de Noël de la commune de Saint-Eloy-les-Mines (Puy-de-Dôme) ont été vandalisées, dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 décembre. Ces actes de vandalisme se sont déroulés place Charles-de-Gaulle, près de la halle du marché.

Plusieurs santons de taille humaine, dont ceux représentant Marie, Joseph et des Rois mages, ont été détruits. Des têtes ont été arrachées ainsi que des bras. Des habits ont été détériorés. L’ange de l’enfant Jésus, censé arrivé le 25 décembre au matin, a été piétiné. Au niveau de la mairie, des guirlandes de Noël ont été abîmées, d’autres ont été dérobées.

Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) : Pas de Macronie (ni de PCF !)

Publié le 2019-12-25 11:03:03

Le Journal de Saint-Denis / lundi 16 décembre 2019

« Aïdara dégage de là. Pas de Macronie à Saint-Denis. » [ni de PCF ! NdAtt.] Le message taggé sur la façade du local de la tête de liste Changeons Saint-Denis rue de la Boulangerie, sans être insultant est pour le moins inélégant. Les faits se sont déroulés dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 décembre.

Alexandre Aïdara qui a porté plainte n’a pas souhaité s’apesantir sur le sujet et préfère retenir sa réunion de samedi avec experts et militants sur le thème de l’écologie et de l’urbanisme : […]

Athènes (Grèce) : Revendication de quatre attaques incendiaires

Publié le 2019-12-25 11:03:08

AMWEnglish / lundi 23 décembre 2019

Chez le journaleaux…

Nos vies sont submergées par les ultimatums et les diktats de leur État, de leur capital et de leur culture.

Au turbin, nous devons vendre notre force de travail pour survivre, les ultimatums des patrons sont la voix de la croissance à tout prix du capitalisme. La voix de l’expansionnisme néolibéral, la voix des objectifs meurtriers du patronat, qui estropie nos corps avec des horaires toujours plus intensifs, l’abolition du repos du dimanche, le travail non assuré, des mesures de sécurité inadéquates, des licenciements et le chantage.

Dans nos écoles, les diktats de l’État et du capital sont les voix de la discipline, dans la barbarie de notre temps, le récit trompeur de l’histoire de la soumission aux puissants, les voix du nationalisme et de l’intolérance, l’effacement de la mémoire de tout moment de guerre sociale. Leur but est de créer une nouvelle génération d’esclaves discipliné.e.s, toujours impatient.e.s d’entrer dans les rangs de la production capitaliste, sans conscience de leur rôle. Sans la moindre trace de connaissance de fond de l’histoire des luttes et des soulèvements contre les États et leurs pouvoirs. Acceptant leur coexistence pacifique avec les responsables de la pauvreté et des guerres. Reconnaissant que la lutte est inutile et que le capitalisme est le vainqueur de l’histoire.

Dans les quartiers où nous vivons et luttons, qu’ils s’appellent Exarcheia ou pas, l’État pose des ultimatums aux squats. Leurs ultimatums parlent la langue du totalitarisme moderne, de la répression policière, de la propagande étatique organisée et coordonnée à travers les médias, de leur normalité, pleine de violence pour quiconque ne s’y adapte pas.

Leurs ultimatums sont l’autre facette du terrorisme d’État. Ce sont les matraques qui brisent les têtes des passant.e.s à Exarcheia, les images de réfugiés entourés de flics, dans les bus vers l’enfer des camps de concentration, les propos sexistes et les menaces de violence sexuelle à l’encontre de toute personne que les flics n’aiment pas, les dizaines de descentes dans des squats ; c’est l’occupation militaire de tout un quartier par les brutes de la police ; ce sont les enlèvements de compas de leurs maisons ; c’est la campagne anti-terroriste menée par l’État, comme élément indispensable à l’application de la loi et de l’ordre.

Ceux-ci, et bien d’autres encore, sont des exemples qui illustrent une stratégie politique cruciale pour l’État. Mener une guerre totale contre le mouvement anarchiste, dans le but de l’exterminer avant que le mécontentement social ne s’exprime dans la rue. Les dirigeants savent que le mouvement anarchiste a le potentiel d’agir comme détonateur dans les luttes sociales. Ils voient les flammes de l’insurrection se propager aux quatre coins du monde. Les inégalités sociales et de classe, qui sont le moteur fondamental du capitalisme, deviennent un nœud coulant à sa gorge. Il est maintenant largement admis que nous vivons dans une époque critique. Ceux qui se trouvent dans les centres du pouvoir politique et économique le savent bien. Cela fait partie de leurs discussions, lors de leurs rencontres dans les sommets et organisations internationales. A différents niveaux, politiciens, économistes et analystes cherchent constamment des moyens pour stabiliser un système politique et économique enlisé dans une crise toujours croissante.

C’est pourquoi l’attaque contre le mouvement anarchiste doit être considérée comme une bataille pour notre survie politique, comme une lutte acharnée pour assurer notre existence. Comme une guerre de libération avec une perspective révolutionnaire.

En concevant des stratégies et des tactiques ayant pour dénominateur central l’organisation et la lutte sur tous les champs de bataille, sociaux et politiques.

En comprenant l’histoire du mouvement auquel nous appartenons, les batailles qu’il a menées au fil des années, le sang versé par des dizaines de militant.e.s, dans la lutte pour la libération individuelle et collective. En comprenant que nous sommes résolument déterminé.e.s à ne pas être ceux/celles qui charrient la défaite, la résignation, le compromis, mais celles/ceux qui lèveront les bannières de la résistance et de la rébellion, les bannières de la guerre sociale violente dans la métropole.

Les ultimatums sont de retour…

Nous aussi célébrons le retour à la normale. Nous vivons maintenant dans un pays normal et nous mettons maintenant en place nos mécanismes comme il se doit. Nous remercions chaleureusement le ministre de la Protection du citoyen, Michális Chryssohoïdis, pour sa contribution à l’élargissement de notre lutte. La vérité est que ses déclarations sont plus incendiaires que nos feux. Mis à part le ridicule, comme le fait que notre guerrier est un opportuniste éhonté qui a commencé comme sa carrière politique en « socialiste » [au PASOK, le parti socialiste grec ; NdAtt.] et a fini ministre et symbole de l’État répressif de droite, tout discours et toute action contre nous va à notre grand avantage.

Comme première réponse à l’ultimatum de Chryssohoïdis, nous revendiquons les attaques incendiaires suivantes :

– sur le littoral d’Alimos [banlieue sud d’Athènes ; NdAtt.], en mettant le feu à un dépôt de yachts de luxe, nous avons symboliquement attaqué les divertissements huppés de l’élite économique. Pendant l’attaque, toutes les précautions ont été prises pour que personne ne soit en danger. Avec cette action, nous avons voulu exprimer notre rage à l’encontre de ceux qui vivent et s’amusent dans leur microcosme en profitant de ceux/celles qui sont exclu.e.s du luxe dont ils jouissent. Ils ignorent le fardeau disproportionné qu’ils infligent au monde naturel, tout comme ils ne font pas cas de l’oppression causée par le système de classe qui les favorise. Leur bouche est tachée de sang et mérite d’être perdue dans les flammes de l’insurrection.

– contre un véhicule d’une entreprise de sécurité privée à Peristeri [grosse ville de la banlieue ouest d’Athènes ; NdAtt.], puisque les vigiles anticipent la police privée du futur néo-libéral.

– contre le café-pâtisserie de Nikos Romanos, politicien de Néa Dimokratía : les cadres et les députés de Néa Dimokratía doivent savoir que la violence qu’ils infligent avec leurs politiques sera rendue.

– contre le domicile de Theodos Panos, chargé de la chronique policière chez Newsit [site internet d’information grec ; NdAtt.] : ceux qui constituent la voix de la répression et élaborent la propagande de l’État sont exposés et leurs domiciles sont connus.

Solidarité avec les prisonnier.e.s politiques
Solidarité avec les groupes et les structures de combat qui sont victimes d’attaques répressives
Solidarité avec l’anarchiste Kostas Sakkas, en grève de la faim.

L’anarchie vivra

Des groupes dispersés de hors-la-loi

Chambéry : Visite nocturne au PCF

Publié le 2019-12-25 14:02:05

France3 / lundi 23 décembre 2019

Dans la nuit de samedi à dimanche, les locaux du Parti communiste à Chambéry, situés avenue Alsace-Lorraine, ont été la cible de dégradations. La porte en verre a été fracturée en quatre endroits, probablement par des jets de pierres. Les serrures des portes ont été engluées. […]

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le PCF de Savoie est victime d’un acte de vandalisme. Cet été, les serrures du local avaient déjà été engluées. « Je n’avais pas porté plainte en pensant que c’était juste un acte isolé« , témoigne Billy Margueron. Ce lundi matin, il a cette fois-ci décidé de porter plainte. […]

Chili : Contre l’oubli et le repentir, Sebastián Oversluij présent !

Publié le 2019-12-25 18:13:05

reçu par mail / mardi 24 décembre 2019

Cela fait six ans que notre compagnon anarchiste a été assassiné par un vigile, le 11 décembre 2013, lors de la tentative d’expropriation d’une banque.

A partir de ce jour-là, on a commencé à écrire en son souvenir, ce qui a permis que la vie du compagnon continue dans l’action anarchiste, en rappelant les différents outils que le compagnon a utilisé comme arme contre le pouvoir, avec sa participation à des projets musicaux, des bibliothèques, en dessinant et avec sa contribution à l’action directe.

Aujourd’hui, nous savons que ses actions et sa mémoire sont justifiées au-delà des cercles étroits qu’il a fréquenté au fil des années, un signe positif qui s’oppose à tout oubli et repentir.
Le compagnon Pelao Angry nous manque. Peut-être qu’il serait avec nous au milieu de la révolte actuelle, en combattant de milles façons disparates les intérêts du pouvoir. Ce que nous savons, c’est que, dans le monde entier, son nom résonne sur les barricades, dans les livres et les initiatives les plus différentes de l’action anarchiste.

Six ans après sa mort en action, notre choix reste celui de nourrir la mémoire, sur le sentier de guerre contre toute autorité.

CONTRE L’OUBLI ET LE REPENTIR
SEBASTIAN « ANGRY » OVERSLUIJ PRÉSENT !

Chili, décembre 2019

Saint-Quentin (Aisne) : Floraison de tags contre le capital et l’autorité – 22 décembre 2019

Publié le 2019-12-25 18:13:07

Dans la nuit de samedi 21 au dimanche 22 décembre, plusieurs propriétés bien choisies ont été taguées dans le centre-ville de Saint-Quentin et le quartier Remicourt: le bâtiment de l’ancienne Banque de France, la permanence du député Julien Dive et de la sénatrice Pascal Gruny, tou.te.s deux élu.e.s LR, ou encore les grilles de l’école de Metz, où un petit rappel anti-citoyen a été posé. Sans compter des murs ou autres panneaux de signalisation.

Des tags en rouge et noir, accompagnés du symbole anarchiste (A cerclé), ont été inscrits sur les locaux des politicard.e.s du coin, ainsi que sur une villa de bourgeois, l’ancienne Banque de France ou d’une école.

Sur la façade de l’ancienne Banque de France

« Fuck les bourgeois-es » sur la villa

 

[Repris de la presse locale, 22.12.2019]

Parution : Fragments de révoltes / Nature et anarchie

Publié le 2019-12-25 18:14:03

Deux ouvrages ont été publiés et sont diffusés par le local Apache : un recueil de textes issus d’un cycle de causeries autour de l’anarchisme que nous avons organisé entre 2017 et 2019 (Fragments de révolte) et un bouquin sur la question des ravages industriels et de la nature dans le mouvement anarchiste, aussi pour défaire notamment les faux critiques à la mode aujourd’hui : écologisme, municipalisme libertaire, alternativisme, collapsologie… (Nature et Anarchie).

Ces ouvrages sont disponibles au local Apache, 35 boulevard Poincaré 14000 CAEN et dans différentes distro et librairies. Nous pouvons aussi les envoyer par colis, en privilégiant les envois en plusieurs exemplaires pour limiter les frais de port. Il suffit de nous contacter: localapache@riseup.net

Distro : prix libre (prix de revient = 2,50 euros) / Librairie : 4 euros (+ frais de port)

Fragments de révolte (250p.)

Cycle de discussions sur l’anarchisme

C’est au 19ème siècle que l’anarchisme comme revendication s’im­pose. Ce terme abrite une multitude de courants ayant néanmoins comme dénominateurs communs : le refus de l’État, du capitalisme, de toutes les religions et de toutes les formes de domination et d’exploita­tion. Via l’internationalisme, l’anarchisme s’est diffusé aux 4 coins du monde. Nous savons que beaucoup de questions du présent ne sont pas neuves. Aussi, une (re)découverte du passé peut permettre de redonner des bases dans un contexte où la connaissance de l’histoire séditieuse est en net recul.
Nous portons donc à la discussion ouverte un certain nombre de thématiques présen­tées par diver-s-es compagnon-n-e-s. Ce recueil réunit certaines de ces introductions.
La discussion sous forme de causeries chères à Albert Libertad se veut la plus égalitaire possible, étant entendue que nous ne sommes ni ex­perts ou expertes, ni spécialistes, ni universitaires et grand bien nous en fasse.

– Quelques précisions 3
– Prologue 5
– Les Enragé·e·s dans la Révolution française 9
– Bakounine et la position antipolitique 17
– Autour de l’insurrection de 1905 dans l’Empire russe 33
– Critique du travail et du salariat via le processus révolutionnaire des années trente en Espagne 65
– Les Mujeres Libres 159
– 68 fût une belle aventure 167
– Notes d’une intervention sur mai 68 181
– Les trimards. La précarité en mai 68 189
– L’État Islamique et la prise de Rakka 203
– Autour de la révolution syrienne 217
– Annexe : Les causeries populaires 235
– Chronologie des causeries 241
– Suggestions de lecture 243


Nature et anarchie (176 p.)

L’été dernier a été chaud. Encore plus que les précédents. L’expérience ordinaire rappelle tous les jours la dégradation générale des possibilités de vie sur terre, depuis la température estivale d’une journée d’automne aux vagues d’indésirables qui tentent tant bien que mal de franchir des frontières toujours plus militarisées. Ce ne sont que des prémices. Dans quelques dizaines d’années, le sol, l’eau et l’air seront encore plus empoisonnés, une partie des terres immergées, et les ours polaires et autres rhinocéros ne seront que des souvenirs.
Et sans ruptures avec l’ordre existant, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes n’est qu’un village inoffensif d’agriculteurs et d’agricultrices de gauche et les mines d’or pulluleront en Guyane, comme celle en projet de 800 hectares à 125km de Saint-Laurent-du-Maroni. Qu’on se rassure, quelques hectares mis sous cloche permettront à quelques touristes fortunés de venir se ressourcer dans des forêts gardées, étatisées, judiciarisées, séparées des liens possibles avec une vie humaine authentique. Et il y aura toujours quelques écolos pragmatiques pour aller occuper quelques strapontins au pouvoir. D’autres imaginent encore et toujours changer le monde en négociant avec le pouvoir ou en transformant très graduellement la société de l’intérieur, notamment sous les formes du municipalisme libertaire. Un maire n’est certes pas un ministre, mais c’est bel et bien une extension du même Etat. Toutes ces logiques réhabilitent les projets associatifs et alternatifs, avec tout ce qu’ils portent de soumission à l’existant et d’idéologie pacificatrice. De l’association utilisée dans les bilans municipaux contre quelques subsides pécuniaires aux rencontres avec les autorités pour durer plutôt que de faire vivre ses idées, y compris au risque de la défaite, en passant par le squat artistique qui refile ses clés à l’adjoint au maire en charge de la culture, ces projets et cette idéologie servent surtout le pouvoir en place1. Malgré quelques connivences partielles et momentanées possibles, l’anarchiste un peu sérieux ne peut ni s’en satisfaire, ni rester les bras ballants.
L’alternative dans le système ne sera jamais la rupture avec le système. L’anarchisme a d’autres propositions. Le présent document entend par ses ballades dans les textes et luttes plus anciens ou plus actuels contribuer à les rendre un peu plus visibles.
D’autres encore préparent à l’inverse à l’acceptation de l’effondrement sans révolte. Tous et toutes responsables, personne ne mérite de s’en tirer. Au passage, ces collapsologues viennent contribuer docilement à la pacification au bénéfice des dirigeants et dirigeantes. Il faut dire que la liberté n’est pas leur question. Dire que l’anarchisme est dès son origine une pensée « écolo »
relèverait de l’anachronisme. En revanche, il est dès le départ un assaut contre le développement capitaliste et industriel, avec tous ses désastres. C’est justement pour cela qu’il n’est pas écologiste, et contribue au contraire à éviter le piège d’une pensée réformiste et instrumentale. Il fournit des armes aussi bien contre la gestion salement industrielle du capital, ou celle plus novatrice qui se colle l’étiquette « verte » ou « durable ». Il n’est par ailleurs jamais question de la nature séparée des êtres humains y vivant, comme dans l’environnementalisme, et pas plus d’une nature sacralisée, comme chez les confusionnistes Gaïa ou chez certains et certaines primitivistes. La question de la nature n’est pas dissociable des milles manières dont les gens l’habitent. L’anarchisme ne cherche pas à sauver la planète sans se soucier des oppressions diverses que subissent les personnes, sans aspirer en même temps à une vie plus libre et plus égalitaire, fondée sur l’entraide et la subversion des rapports de domination.

I. Des liens originels
Bakounine et sa philosophie de la nature, p.8
Elisée Reclus : l’être libre dans des milieux de vie préservés, p.21
Le retour à la vie naturelle des anarchistes naturiens, p.29
La vie simple et heureuse selon William Morris, p.36

II. Des impasses conjoncturelles ?
Déjacque et le postulat de l’abondance, p.49
Kropotkine et l’ambivalence du communisme anarchiste, p.54
L’industrialisation et la taylorisation par les ‘’anarchistes’’ de gouvernement, p.63

III. L’anarchie contre la société des ravages industriels et technologiques
Des premières critiques de la science, p.77
Shmuel Marcus contre les machines, p.85
Les anarchistes contre le nucléaire, p.88  
L’écologie sociale et vaguement libertaire de Bookchin, p.93
Miguel Amoros et l’anarchisme anti-industriel, p.109
Anarchisme, antispécisme, primitivisme, p.115
Un autre monde de merde est possible, les écologistes le construisent, p.125
Les impasses de l’alternativisme, p.132
Se défaire des chaînes énergétiques et technologiques, p.139

En guise de conclusion
Annexes : Détruire ce qui nous détruit

[Reçu par mail]

Barcelone, Espagne : Sabotage d’une agence immobilière de Sants – 20 décembre 2019

Publié le 2019-12-25 18:14:05

Dans la matinée de vendredi dernier, la Casa Agency de la rue de Sants est apparue avec un tag où l’on pouvait lire « La spéculation tue » et avec la marque de coups de marteau sur plusieurs de ses vitres.

Mort à la spéculation et vive l’anarchie !
Détruire ce qui tue !

 

[Traduit du catalan d’indymedia barcelona, 21.12.2019]

Cysoing (Nord) : Saboter les nerfs optiques de la domination – 23 décembre 2019

Publié le 2019-12-25 21:12:07

Dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23 décembre, une armoire de raccordement de fibre optique Axione a été visée par un acte de sabotage dans l’agglomération lilloise, plus préciséement à Cysoing. Internet a été coupé à près d’un millier de foyers pendant deux jours.

« Près d’un millier de foyers se sont réveillés sans réseau internet ce lundi matin dans les communes de la Pévèle autour de Cysoing (Bourghelles, Bachy, notamment) et à Cysoing même. C’est le résultat d’un acte de vandalisme commis sur une armoire technique Axione regroupant une bonne partie des connexions servant à « arroser » le secteur en internet à haut débit. Les équipes sont sur place, mais les dégâts sont importants, et les prévisions de rétablissement du service sont actuellement d’un retour à la norme pour 80 % des foyers d’ici mardi soir. »

(Source en accès payant: LaVoixduNord, 23.12.2019)

Berlin, Allemagne : Quelques attaques en solidarité avec les espaces autonomes menacés d’expulsion – 20 et 21 décembre 2019

Publié le 2019-12-25 21:13:07

[Ci-dessous, traduction de deux communiqués de revendication d’attaques contre des profiteurs des expulsions et de la spéculation immobilière.]

Berlin : Vitres brisées chez des profiteurs des expulsions

Vitres brisées à l’agence immobilière Next Estate GmbH
Dans la nuit du 19 au 20.12, nous nous sommes chargé de briser les vitres et de repeindre l’agence immobilière Next Estate GmbH dans la Kollwitzstraße, dans le quartier de Prenzlauer Berg, en solidarité avec tous les projets menacés d’expulsion.
Next Estate GmbH est « spécialée dans la vente d’appartements en copropriété de propriétaires privés et de promoteurs », ainsi que « dans la vente d’objets commerciaux tels que des immeubles et des locaux commerciaux, des bureaux, des hôtels etc. »

« Notre accueillant bureau se trouve au rez-de-chaussée, juste sur la place Kollwitz. Grâce à de nombreux passages, nous suivons au plus près l’actualité du marché de l’immobilier berlinois ». Nous avons accepté l’invitation. Chaque expulsion a son prix !

Contre les profiteurs de l’éviction de population, avec des saluts solidaires à la Meute, Syndikat, Liebig 34 et tous les autres projets menacés d’expulsion!

[Traduit de l’allemand de indymedia, 21.12.2019]


Berlin : Double kick contre des Sénateurs du SPD

La nuit dernière [entre le 20 et le 21 décembre], trois permanences électorales de la SPD berlinoise ont été démolies. D’une part, chez le sénateur de l’Intérieur Andreas Geisel dans la Dönhoffstraße (quartier de Karlshorst), d’autre part chez le sénateur des finances Matthias Kollatz dans la Schützenstraße (quartier de Steglitz), avec en plus un bureau de la SPD dans la Naugarder Straße (quartier de Prenzlauer Berg). Notre action est dirigée contre l’expulsion d’espaces autonomes à Berlin. En donnant cette leçon aux responsables politiques, nous voulons rappeler à la ville que nous n’acceptons pas les attaques contre nos structures. Si cela devait en arriver aux expulsions, nous réduirons en miettes tous les locaux SPD de cette ville. Nous n’agissons qu’en FLINT et en groupes de référence mélangés. 

Andreas Geisel est sénateur de l’Intérieur depuis 2016. Il officiait auparavant au cabinet de conseil économique PricewaterhouseCoopers, puis dans la politique locale du quartier de Lichtenberg (délégation du logement urbain, service municipal de l’environnement, aussi en tant que maire d’arrondissement), et deux années durant, il a été sénateur pour le développement urbain. Il s’est tiré sans encombre de l’affaire de pots-de-vin au parti de l’investisseur immobilier Klaus Groth (50.000 euros pour que Geisel rende possible le bétonnage du Mauerpark pour Groth). Juste au moment de l’attaque contre la Breitscheidplatz, il a repris le poste de sénateur de l’Intérieur. Sous sa direction, la police berlinoise s’est encore plus militarisée. Il a embauché des centaines de nouveaux flics, les dotant d’armements tels que des chars pour les guerres civiles, et souhaite légaliser les assassinats policiers en autorisant des « tirs mortels en cas d’agression ». La nouvelle qualité de l’État policier se fait sentir en premier lieu pour celles et ceux déjà repoussé-e-s à la marge (par exemple les personnes sans abri, migrantes, ou considérées comme telles). Pas un jour ne passe sans qu’Andreas ne défende sa bande de tabasseur-euse-s et d’assassin-e-s professionel-le-s, ne relativise leurs actes en les légitimant par l’Etat de Droit. Chaque infraction à la règlementation de l’appareil sécuritaire est minimisée. Même les éclaircissements sur les actes du réseau comprenant des flics et des nazis sont bloqués par Geisel (par exemple la commisssion d’enquête de Neukölln). À l’inverse, il utilise n’importe quelle occasion pour discréditer les espaces libres, les associant à une « violence de fait », et pour criminaliser les mouvements d’opposition. Geisel poursuit ce qu’a commencé Henkel (CDU). Lui aussi se cassera les dents dans son projet de faire de Berlin un endroit propre mais hostile à la vie. Le nombre croissant d’actions offensives montre que le développement de l’architecture sécuritaire ne peut pas imposer la paix sociale.

Matthias Kollatz est sénateur des finances depuis 2014. D’abord pour la coalition CDU/SPD, à présent pour la Rouge/Rouge/Verte. Il officiait auparavant à la banque d’investisssement Européenne et, de même que Geisel, au cabinet de conseil économique PricewaterhouseCoopers. Il est partisan du soutien public à la croissance économique en même temps que de la privatisation. Il y a peu, il a réussi à imposer, à quelques modifications près, son budget record de plus de 31 milliards pour 2020. La success story de Matthias est longue, mais l’opinion publique ne s’intéresse pas à ce qu’il y a derrière.
Un tiers des revenus des impôts vont aux fonctionnaires (flics, enseignant-e-s etc). Les investissements pour la construction de logements sociaux partent principalement dans le rachat à prix surestimés d’anciens appartements appartenant au Land à DeutscheWohnen et AdoProperties, faisant ainsi monter les rendements des actionnaires. D’ailleurs, la société de logement du Land, Berlinovo, en dette suite au scandale bancaire berlinois, génère à nouveau des bénéfices en n’offrant que des logements excessivement chers.
En tant que trésorier principal, Kollatz gère aussi l’ensemble des propriétés du Land et joue ce faisant au Roi du Château. Cela va de pair avec le fait que le Land de Berlin spécule sur les terrains à bâtir restants et sur les bâtiments vides. Le sénateur des finances empêche que des projets comme Potse&Drugstore par exemple continuent à exister, parce qu’il a d’autres plans pour les bâtiments, ou qu’il garde secrète la longue liste de potentiels produits de remplacement.

La manière dont le département des Finances et le département de l’Intérieur de Berlin apparaissent de fait comme décideurs, ont fait des deux sénateurs des cibles pour nous.

Nous restons toutes et tous ! Liebig34, Potse&Drugstore, Syndi, Meute…

[Traduit de l’allemand de indymedia, 21.12.2019]

Narbonne (Aude) : Procès de 31 « gilets jaunes » un an après le saccage incendiaire du péage d’autoroute Vinci – Du 9 au 20 décembre 2019

Publié le 2019-12-25 21:13:09

Pendant près de 12 jours (9-20 décembre), le tribunal de Narbonne a jugé 31 gilets jaunes pour le saccage incendiaire du péage-sud de la ville la nuit du 1er au 2 décembre 2018 commis par une foule de 200 personnes, lors duquel les locaux de la gendarmerie et ceux de la société Vinci avaient été incendiés et pillés (11 millions d’euros de dégâts). Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 7 janvier prochain à 14h.

Le parquet a évoqué des « scènes de chaos, de guérilla et d’apocalypse », demandant 27 peines de prison ferme, dont plusieurs aménageables, 11 mandats de dépôt et 2 maintiens en détention de deux des prévenus qui comparaissent incarcérés. La plus lourde des peines requises l’a été à l’encontre de Kevin, 29 ans : il encourt six ans de prison, dont un avec sursis, assorti d’un mandat de dépôt à l’audience. Le Parquet le considère en effet comme le conducteur de l’engin qui a servi à projeter un véhicule en flammes contre la barrière de péage.

Le détail des ordures :
Pour les gendarmes du peloton autoroutier, de l’Escadron départemental de sécurité routière et de la compagnie de Narbonne, Me Cauneille a réclamé 426 000 € de dommages et intérêts. Pour les gendarmes du Psig, au nombre de huit, Me Bellet a estimé à 12 000 € par agent le montant du préjudice moral. Et de demander 15 000 € pour les frais de justice. À quoi se sont ajoutés les 8 681 € de préjudice matériel sollicités par Aurélie Kassubeck (barreau de Perpignan) pour l’ex-commissaire de police, Anissa Jalade, dont la voiture a été incendiée. Et la centaine de milliers d’euros sollicités par Me Thil (barreau de Montpellier) pour l’agent judiciaire de l’État (propriétaire des éléments mobiliers du peloton d’autoroute). Enfin, la société Vinci Autoroutes, par la voix de Me Jeanne Mudry (barreau de Paris), a estimé à 10 M d’€ le coût de la destruction et de la reconstruction des bâtiments incendiés et des réparations du péage. Les cinq avocats des parties civiles se sont accordés pour revendiquer la condamnation solidaire des prévenus. Ce qui signifie que les 31 devront réparer les dommages.
(Source: LaDépêche, 19.12.2019)

Et d’autres ordures (et c’est qui les syndicats qui gèrent le Comité d’Entreprise de Vinci ?) :
Du côté des victimes, la liste des parties civiles s’est allongée depuis la semaine dernière. En plus des constitutions des gendarmes du peloton, de ceux du Psig de Narbonne, de la commissaire de police… on retrouve également celles de la société G10 (propriétaire des distributeurs de boissons) ; des salariés de Vinci et de leurs compagnes évacués de leurs domiciles dans la nuit ; du CE de Vinci (détenteur des jouets et chèques vacances volés ou perdus) ; ainsi que de particuliers. (Source: L’Indépendant, 09.12.2019)

Le réquisitoire de la proc  » contre l’ensauvagement des sociétés occidentales  » :
hxxps://www.ladepeche.fr/2019/12/18/marie-agnes-joly-pas-de-liberte-fondamentale-sans-ordre-public,8611725.php

Réseaux sociaux=flicage :
hxxps://www.ladepeche.fr/2019/12/21/les-reseaux-sociaux-a-la-barre,8619496.php

Pour le proc, le bornage ça marche toujours que dans un sens :
Le nœud du dossier ? Kévin était-il aux commandes du fameux manitou, cette nuit-là ? A-t-il, avec cet engin, lancé un véhicule en feu sur le péage, comme l’affirme le parquet ? « Non », répondent le prévenu et son conseil, Léa Chapelat. « Dans ce dossier, tout le monde, excepté le Ministère public, clame que c’est vers 2 h ou 3 h du matin que la scène s’est déroulée. Problème, à 1 h 15, son téléphone portable borne à son domicile. Il était dans son lit, non sur les lieux, au moment des faits.
Aucun élément factuel acquis ne permet de dire que c’est Kevin sur le manitou. On offre sa tête à l’opinion publique en disant : « regardez, on a trouvé qui était sur le manitou ! », argue Me Léa Chapelat (hxxps://www.ladepeche.fr/2019/12/20/emeutes-au-peage-sud-les-avocats-denoncent-une-instruction-baclee,8616426.php)

Banderole déployée devant le tribunal lors d’un rassemblement de soutien, que la préfecture avait interdit

La gendarmerie du péage en feu

La gendarmerie du péage-sud au lendemain de la nuit incendiaire du 2 décembre 2018.

 

 

Grasse (Alpes-Maritimes) : La vengeance est un plat qui se mange froid et dans l’obscurité – 23 décembre 2019

Publié le 2019-12-26 14:26:04

Dans la soirée du lundi 23 décembre 2019 à Grasse, des émeutes ont éclaté dans le quartier des Fleurs de Grasse (anciennement La Blaquière). Après avoir scié des mâts de caméras de surveillance à la disqueuse et brûlé des poubelles, entre 40 et 50 individus cagoulés s’en sont pris aux forces de l’ordre venues défendre leurs outils technologiques de contrôle et de surveillance. Jets de projectiles, de tirs de mortier et de pétard, mobilier urbain incendié : les émeutiers se sont ensuite spécifiquement attaqués à la BAC et les renforts départementaux de la police nationale.

Si l’on se penche un peu plus en détail sur ces « dégradations », on apprend que trois poteaux soutenant des caméras ont été abattus à la disqueuse et que l’éclairage public a été coupé (sabotage d’une armoire électrique?), affectant au total 14 des 16 caméras du secteur, mises hors-service momentanément. Par ailleurs, les émeutes ont duré trois heures, entre 22h et 1h du matin. Il n’y a pas eu d’interpellation.

Le parquet de Grasse a ouvert une enquête pour « participation à un attroupement armé, violences avec armes sur personnes dépositaires de l’autorité publique », destruction par incendie de biens d’utliité publique ».

Comme souvent, l’élément déclencheur de cette soirée de révolte a un lien direct avec les flics. C’est ce qu’affirme de nombreuses personnes habitantes du quartier sur les réseaux sociaux, qui mettent en cause une course-poursuite avec la police. Dans la nuit de vendredi à samedi, une voiture avec deux jeunes à bord a fini encastrée dans un arbre après avoir été prise en chasse par la BAC. Les deux jeunes à bord, originaires du quartier des Fleurs de Grasse, ont été grièvement blessés (le passager se trouve dans le coma à l’hôpital de Nice, son pronostic vital engagé).

D’ailleurs, un habitant du quartier de 19 ans, écarte au passage les raisons avancées par le maire LR de la ville et des flics, qui affirment que cette révolte serait liée à une affaire de drogues:
« C’est du n’importe quoi, cette histoire de livraison avant Noël. Comme les “gilets jaunes” s’en prennent aux radars, nous on s’en prend aux caméras : c’est une rage contre l’Etat, c’est tout. C’est pas un âge pour mourir, ou pour finir comme ça. »

[Repris de divers médias, 24.12.2019]

Athènes: bannière à Patissia, « Bas les pattes des squats et des sans-papiers! »

Publié le 2019-12-26 14:30:07

Athènes: bannière à Patissia, « Bas les pattes des squats et des sans-papiers! »

De Marousi à Koukaki et d’Exarcheia à Kipseli et Patissia, les graines d’un autre monde ont déjà été semées. Un monde contre la misère, l’exploitation, l’esclavage salarié, la propriété et l’égoïsme. Et ces graines poussent avec le sang au lieu de l’eau, et avec la violence au lieu du soleil. Plus le sang est versé, plus les graines sont nourries, et plus la violence est utilisée contre les corps des damnés, plus les fleurs de la résistance poussent. Chaque squat fermé, chaque chasse à l’homme et chaque battement contre nos corps, nous rend têtus et plus puissants.

Le 23 décembre, nous avons accroché une banderole sur les terrains de basket de Fitefti, dans le quartier de Kato Patissia, avec le slogan : « Bas les pattes des squats et des sans-papiers – Communautés antiautoritaires, solidaires et auto-organisées dans chaque quartier ».

Under_Stand!
Assemblée de la place Ameriki
under_stand [at] espiv [point] net


Des squats à Athènes: https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR/squated/squat
Des squats expulsés à Athènes: https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR/field_active/1/squated/evicted
Des groupes à Athènes: https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR
Des événements à Athènes: https://radar.squat.net/fr/events/city/Athens/country/GR

Des squats en Grèce: https://radar.squat.net/fr/groups/country/GR/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) en Grèce: https://radar.squat.net/fr/groups/country/GR
Des événements en Grèce: https://radar.squat.net/fr/events/country/GR


[Publié le 25 décembre 2019 sur Indymedia Athènes].

Chili : Un regard anarchiste sur le contexte de révolte et de répression (partie II) – 18 décembre 2019

Publié le 2019-12-26 17:25:11

Cela fait déjà plus d’un mois que nous avons diffusé la première partie de ce texte, partageant des informations et des réflexions anarchistes sur le contexte chilien depuis le début de la dite «explosion sociale», déclenchée le 18 octobre.

Le texte antérieur allait jusqu’à la veille de la grande manifestation dans le centre-ville [de Santiago], annoncée pour le vendredi 25 octobre.

Entre-temps, beaucoup de choses se sont passées qui pourraient être exposées de manière détaillée, cependant nous avons sélectionné certains éléments et réflexions qui nous semblent significatifs à diffuser, sachant que d’autres compagnon-ne-s ont aussi contribué à relever et à faire circuler les informations sur ce qui se passe sur ces terres en révolte.

Nous espérons que ces mots lancés en direction de nos compagnon-ne-s de toutes parts puissent à nouveau contribuer à propager une fois encore des expériences et des réflexions pouvant se répandre dans les langues les plus diverses et sous les latitudes où s’exprime l’anarchie :

1. L’ÉCHEC DE LA TENTATIVE DE PACIFIER LA RÉVOLTE

Avec plus d’un million et demi de personnes dans le centre de la ville de Santiago, la «marche la plus grande de lhistoire» auto-convoquée a rassemblé le vendredi 25 octobre toute la diversité des personnes en lutte. Avec une participation presque inexistante des partis politiques de gauche et sans aucune sorte de capacité de menace provenant des groupes fascistes, toutes les formes de manifestation se sont déployées jusque tard dans la nuit, malgré la restriction du couvre-feu, et en incluant une fois de plus d’intenses émeutes et affrontements avec la répression, dans le centre et les périphéries de Santiago et d’autres villes.

Tandis que la répression faisait son travail en propageant et en intensifiant ses formes de violence, le gouvernement et les médias ont tenté d’imposer l’idée que cette marche serait le point culminant d’un processus au cours duquel les gens avaient établi leurs revendications, et qu’il était maintenant enfin temps de «revenir à la paix». Cette nuit là, les chaînes de télévision ont conclu les transmissions conjointes commencées le 18 octobre et, après la campagne de blanchiment d’image des militaires, le gouvernement a retiré les troupes des rues dans les jours qui ont suivi. Puis, le samedi 26 et le dimanche 27 octobre, la fin du couvre-feu a été décrétée, à Santiago comme dans d’autres villes du pays.

Le pouvoir a joué toutes ses cartes sur un retour à la normalité pour le lundi 28 octobre, mais la réalité a démontré quelque chose de complètement différent et peut-être surprenant : des milliers de personnes sont ressorties dans les rues, en occupant le centre de la ville avec des concerts de casseroles, des banderoles, des interventions urbaines, des émeutes et des heurts contre la police, sous le slogan «il n’y aura pas de retour à la normali». Le pouvoir avait perdu une nouvelle partie contre le mécontentement, la protestation et le chaos généralisé, et une nouvelle phase de l’explosion a commencé à prendre forme à partir de ce moment.

2. CONTINUITÉ DES MANIFESTATIONS ET DES ÉMEUTES

Au fil des jours, les villes deviennent le cadre dans lequel le retour progressif «à la normali» du travail, du commerce et du système de transport coexiste et le dispute à la continuité des appels à manifester, des émeutes et des espaces d’auto-organisation dans des quartiers par le biais d’assemblées territoriales et autres espaces de rencontres et de participation politique.

Depuis le lundi 28 octobre, trois ou quatre journées de protestations massives et intenses commencent à se dérouler chaque semaine, principalement dans le centre de Santiago. Le palais gouvernemental a été d’abord fermé par la police, et des émeutes se sont déployées durant plusieurs jours dans ce périmètre délimité. Par la suite, face au siège répressif autour du palais du gouvernement, les protestations ont continué à s’auto-convoquer dans le secteur de Plaza Italia, lieu emblématique du centre-ville rebaptisé «Place de la Dignité» par les manifestant-e-s. Les affrontements avec la police, les barricades, les pillages et les attaques contre des locaux d’État et d’entreprises se sont aussi déplacés vers là-bas.

Dans d’autres régions du pays, les protestations se sont également poursuivies, avec la présence de tous types de manifestant-e-s commençant à exprimer de la gratitude et à remercier les encapuchonné-e-s de la dite «première ligne», l’idée s’installe que ceux et celles-ci sont prêt-e-s à risquer leur vie et leur intégrité pour permettre aux autres personnes de manifester. Cette idée s’est maintenue jusqu’à présent, parallèlelement à l’avancée de la répression, à la désapprobation croissante envers le gouvernement et au discrédit massif des médias.

3. DISPOSITIFS DE RÉPRESSION MASSIVE ET SÉLECTIVE

Avec le retrait des militaires des rues, la police en uniforme et en civil a été la force répressive en charge d’attaquer la révolte en cours. Certaines des méthodes et des instruments utilisés pour la répression massive et sélective ont été les suivants :

– Tirs directs de LBD et de grenades lacrymogènes contre le corps des manifestant-e-s, se concentrant sur la zone de la tête et des yeux, et faisant un grand nombre de blessé-e-s, avec différents degrés de dommages faciaux, crâniens et occulaires, y compris des pertes totales des yeux et de la vue. Jusqu’à maintenant, on a comptabilisé plus de 20 manifestant-e-s mort-e-s et plus de 200 personnes avec de graves blessures occulaires, dont le cas particulièrement significatif de l’étudiant Gustavo Gatica, qui a perdu complètement la vue suite à une attaque policière contre ses yeux.
– Intoxication et brûlures dues aux agents chimiques présents dans les gaz lacrymogènes et dans le liquide des canons à eau.
– Matraquages et coups de toute sorte contre des adultes et des mineur-e-s, en plus d’agressions contre des personnes et des animaux vivant dans la rue.
– Arrestations avec des agressions physiques et psychologiques contre tout type de manifestant-e-s, y compris des agressions sexuelles de diverses sortes, principalement contre des femmes et des personnes de genres non binaires.
– Simulations d’exécutions par balles contre des personnes arrêtées.
– Utilisation de drones, de véhícules et d’agents en civil pour fouiller, suivre et arrêter les personnes identifiées comme responsables d’émeutes.
– Agressions et arrestations de personnes n’étant pas en train de participer activement aux manifestations, y compris de volontaires accomplissant des tâches autonomes et solidaires de premiers secours pour aider celles et ceux qui protestent. On peut citer comme exemple de ce qui précède le cas d’Abel Acuña, manifestant qui, le vendredi 15 novembre, a perdu la vie sur la place de la Dignité du fait de ne pas avoir pu être correctement pris en charge, suite à l’attaque directe de la répression contre l’équipe de premiers secours qui tentait de le réanimer. Il y aussi le cas de Fabiola Campillai, qui a perdu ses deux yeux et est restée avec une fracture crânienne à cause de l’impact d’une grenade lacrymogène qu’au cours d’émeutes la police lui a lancée en plein visage, alors qu’elle se rendait à son travail.
– Acquisition et utilisation de nouveaux instruments répressifs, ainsi que dépenses de millions pour l’achat de nouveaux véhícules de police, de gaz hautement toxiques pouvant causer des vomissements et la perte de contrôle du sphincter, de LBD qui tirent du verre pilé, de grenades incapacitantes et d’instruments à impact sonore unidirectionnel, à même de produire des étourdissements et un traumatisme acoustique temporel ou permanent chez les personnes frappées par un choc sonore capable de faire éclater l’appareil auditif humain.
– On a relevé des cas de répression sélective contre des manifestant-e-s, des dirigeant-e-s d’organisations sociales, étudiantes et de droits humains, sous la forme de menaces de mort, d’arrestations dans des lieux publics et résidentiels, en plus d’agressions, de traitements dégradants et d’interrogatoires avec des menaces et des tortures de toute sorte. À propos de cette situation, on peut mentionner l’existence de témoignages et d’enregistrements audiovisuels qui, le jeudi 21 novembre, ont dénoncé l’utilisation d’un centre commercial pillé comme lieu secret de détention et de tortures dans la commune de Quilicura, où la police gardait des personnes arrêtées qui ont été frappées, obligées à exalter la figure des policiers, avant d’être remises en liberté au milieu de la nuit, et complètement nues.

Il est aussi question d’un jeune étudiant de la ville d’Antofagasta qui, le 06 novembre, a signalé avoir été intercepté la nuit précédente par une camionnette rouge avec des policiers en civil à son bord, qui ont tenté de l’embarquer pour contrôler son identité. Face au refus du jeune de se laisser arrêter, ils lui ont appliqué une décharge électrique sur le torse, pour ensuite l’emmener dans des locaux clandestins, où il a pu voir d’autres personnes arrêtées et frappées, tandis qu’on le torturait en lui insérant des aiguilles sous les ongles et en exigeant qu’il livre des informations sur des personnes et des organisations présentes lors de la manifestation.

Pour perpétuer et couvrir ces actes répressifs, la police, le gouvernement et la presse ont continué à défendre et à soutenir inconditionnellement les agissements des flics. En parfaite coordination, les autorités policières, les membres du gouvernement, les journalistes et d’autres personnages médiatiques au service du pouvoir, se sont chargés de soutenir la thèse selon laquelle les polices seraient dépassées par les activités délictuelles des vandales, tout en censurant l’information et les images de la répression. La stratégie du pouvoir a aussi consisté à remettre en cause et à nier la véracité des rapports élaborés par divers organismes non gouvernementaux qui pointent l’existence de méthodes systématiques de répression portant atteinte à l’intégrité des personnes, et visant à traumatiser le corps qui proteste. En ne reconnaissant pas ces rapports, le pouvoir protège les agents de la répression et leur assure une promesse d’impunité.

4. INITIATIVES INSTITUTIONNELLES : RÉFORMISME ET RÉPRESSION POUR REVENIR À LA NORMALI

La nuit du jeudi 14 novembre, des représentant-e-s de presque tous les partis politiques présents au Congrès se sont réuni-e-s au parlement pour discuter d’une issue institutionnelle à la demande d’une nouvelle constitution, tentant ainsi de désamorcer la révolte par une sortie réformiste. À une heure avancée du matin, il a été communiqué qu’un accord avait été trouvé sur l’organisation d’un référendum national pour le mois d’avril 2020, pour décider par le vote de l’élaboration ou non d’une nouvelle constitution politique, et en finir avec celle toujours en vigueur depuis la dictature de Pinochet. Si l’option d’une nouvelle constitution l’emporte, un autre référendum serait organisé pour décider de ses modalités.

Une possibilité serait ce qu’ils ont appelé une «Convention Mixte Constituante», composée de membres du Parlement ainsi que de délégués spéciaux, élu-e-s pour participer au procesus d’élaboration d’une nouvelle constitution. L’autre option serait ce qu’ils ont choisi de qualifier de «Convention Nationale Constituante», à laquelle ne participeraient pas de membres du Parlement, mais uniquement des délégué-e-s élu-e-s par suffrage pour rédiger un nouveau document constitutionnel. Cette seconde option serait la plus proche de la revendication d’assemblée constituante portée par un secteur important de personnes mobilisées, qui considèrent la constitution actuelle comme un problème structurel à résoudre.

En parallèle, l’État, la presse et des analystes politiques affidés au pouvoir, ont assuré la continuité du discours sur l’ennemi intérieur, braquant le projecteur médiatique sur la figure des pillard-e-s, et avançant l’idée que ce seraient des délinquants liés au trafic de drogues et à l’anarchisme. Ainsi, on tente une fois de plus de criminaliser la protestation et d’établir un consensus avec la population qui défend la protestation mais condamne les pillages, sous prétexte qu’ils «alimentent une image négative du mouvement», stratégie qui cherche – et dans une certaine mesure parvient – à générer au moins un point de division qui profite au pouvoir.

Le 28 novembre, quelques jours après l’accord parlementaire sur le référendum constitutionnel, le Parlement approuve aussi le fait de donner une suite législative aux projets présentés par le président Sebastián Piñera, correspondant à des lois anti-émeutes, anti-capuches, anti-pillages et anti-barricades, visant à punir plus durement les expressions radicales de la protestation et à propager la peur chez celles et ceux qui manifestent dans la rue. À cela vient s’ajouter un autre projet destiné à pouvoir mettre les militaires dans la rue sans nécessité de décréter l’«état d’urgence», avec le prétexte d’assurer la garde des «infrastructures stratégiques», lesquelles en pratique, selon le gouvernement et les défenseurs de la proposition, correspondraient par exemple à des stations de métro, des centrales électriques et des bâtiments gouvernementaux.

Ces tendances répressives ont été rejointes par des groupes de personnes opposées aux manifestations et qui, depuis des semaines, s’organisent dans différentes villes pour protéger des locaux commerciaux, nettoyer les rues, et aussi attaquer les manifestant-e-s, en groupe ou individuellement, comme cela s’est produit le 10 novembre dans la ville de Viña del Mar, où un fanatique néolibéral de droite d’origine étatsunienne a tiré contre un groupe de personnes participant à la protestation. Parmi ces personnes qui collaborent avec le pouvoir, on compte des fascistes convaincus jusqu’à des citoyens de «classe moyenne» et des bourgeois de tout poil avec un discours de «paix», ils sont généralement protégés par la police.

Ce qui est certain, c’est que depuis le 18 octobre, on a déjà comptabilisé plus de 35.000 personnes arrêtées dans le contexte des protestations, 2.537 d’entre elles ont été placées en prison préventive, accusées de vandalisme et d’incendie contre des stations de métro, d’attaques avec des cocktails molotov pendant des émeutes, entre autres charges. Une coordination de solidarité avec ces prisonnier-e-s est en train de se mettre en place, les revendiquant comme prisonnier-e-s politiques de la révolte.

5. NOUVEAUX ÉLÉMENTS POUR LE COMBAT DE RUE

Depuis le 18 octobre et jusqu’à présent, on compte 107 attaques contre des casernes de police par des manifestant-e-s. À cela s’ajoute l’impact des interventions de rue réalisées par des milliers de femmes, dans les manifestations et devant des bâtiments gouvernementaux ou de police, pour dénoncer la violence politique et sexuelle de l’État et de sa répression.

Au fil des semaines, des appels commencent à être lancés à Santiago pour déplacer les protestations du centre de la ville vers les secteurs aisés du dit «quartier haut», situé à l’ouest de la Place de la Dignité. Cela y donne lieu à des émeutes, des pillages et des attaques contre des sièges de partis politiques de droite, des locaux commerciaux et des bureaux d’entreprises, en plus de heurts contre la police et les citoyens défenseurs de la paix des puissants.

Un autre élément important a été la réponse face à la répression. D’une part, les agissements répressifs ont rendu récurrent et indispensable l’usage massif de masques pour se protéger des gaz lacrymogènes et de lunettes de protection face aux tirs en continu de la police visant les yeux des manifestant-e-s. L’utilisation de boucliers pour se protéger des balles en plomb et en caoutchouc, ainsi que des grenades lacrymogènes, a été une autre innovation nécessaire pour donner la possibilité d’agir à celles et ceux qui luttent en première ligne en s’affrontant aux agents de la répression, ceux-ci étant à leur tour harcelés en permanence par les rayons laser de manifestant-e-s qui les éblouissent à distance, entravant leurs agissements et facilitant l’identification des esquadrons anti-émeutes en pleine obscurité. Au milieu de tout cela, des groupes de premiers secours médicaux portent assistance aux manifestant-e-s blessé-e-s, tandis que d’autres individualités solidaires aident les personnes affectées par les gaz toxiques et approvisionnent en nourriture les encapuchonné-e-s de la première ligne. Des conseils anti-répression tournent aussi par le bouche à oreille et massivement sur les réseaux sociaux, moyen de communication qui a servi à la police pour identifier des manifestant-e-s, mais qui a aussi joué un rôle important dans la viralisation d’informations sur les agissements répressifs et sur les appels à des protestations massives et des activités territoriales.

6. RIEN N’EST FINI

À partir de la joie révolutionnaire de partíciper au devenir chaotique sur un territoire en soulèvement, nous envoyons des signaux de combat, en ces moments où le soutien mutuel, le prendre soin autonome, l’agitation et l’action sont les instruments qui aident à propager l’anarchie ici et maintenant.

Nous savons que l’histoire démontre que les scénarios de révolte et d’intensification du conflit contre l’ordre en vigueur sont généralement plus ou moins cycliques dans leurs avancées et leurs reculs, mais nous savons aussi que ces soulèvements sont possibles, nécessaires, et que leur force réside dans la participation directe et généralisée d’individu-e-s qui rompent en idée et en action avec l’ordre établi.

C’est pourquoi nous rejetons l’idéalisation romantique de la révolte, tout comme nous contestons avec force toute position posant comme une vérité indiscutable la thèse selon laquelle la propagation chaotique des émeutes aurait avant tout été un plan orquestré par le pouvoir.

Ce qui en revanche est certain, c’est que malgré tous leurs efforts, le pouvoir et sa répression n’ont pu arrêter ni la subversion des consciences, des lieux communs collectifs, ni l’utilisation de la rue comme espace de combat et de conflit contre le régime d’oppression.

Sur ces terres se vit un quotidien de forte mobilisation, accompagnée d’éléments qui génèrent des tensions et des émotions de toute sorte, de la fatigue, l’épuisement, la rage et la peur, à la joie, au compagnonnage, au courage et aux envies de continuer à lutter toujours plus et mieux, avec nos affinités et celles et ceux avec qui nous interagissons dans la multiformité de la révolte.

S’il est quelque chose dont nous ne doutons pas, c’est que cette faille qui s’est ouverte dans le régime néolibéral chilien a donné lieu à un contexte qui combine de multiples éléments du passé, du présent post-moderne, et du futur de la guerre historique entre celles et ceux qui ont le pouvoir et celles et ceux qui se rebellent contre l’oppression.

À ce jour, ce genre de scénarios de révolte ont été, et sont encore, expérimentés par des compagnon-ne-s aux quatre coins du monde. Leurs expériences vécues et leurs apprentissages alimenteront sûrement nos réflexions, tout comme chaque geste de solidarité matérialisé en mot et en action avive déjà notre esprit.

PARCE QUE L’ICI ET LE MAINTENANT SONT LE MEILLEUR SCÉNARIO POUR LANARCHIE ET LA LIBERTÉ

CONTINUONS À LUTTER POUR COMBATTRE ET ÉCRASER PARTOUT LE CAPITALISME ET TOUTE FORME DAUTORI

Chili, 18 décembre 2019

[Traduction de l’espagnol de La Rebellion de las Palabras reçue par mail]

Grenoble: l’EPFL spécialiste des expulsions pour le compte des mairies !

Publié le 2019-12-27 16:13:04

Grenoble: l’EPFL spécialiste des expulsions pour le compte des mairies !

Le 4 novembre 2019, on s’est installé.es dans une maison vide, au 131 bis avenue Léon Blum à Grenoble. Cette maison appartient à l’EPFL*, dont la présidente C. Garnier, est élue à la mairie de Grenoble (Rassemblement citoyen, de la gauche et des écologistes) et à la métropole, 5ème vice-présidente à l’Habitat, au Logement et à la Politique foncière. L’EPFL est propriétaire des logements vides que les communes de l’agglomération lui cèdent en attendant d’avoir des projets à mener sur ces logements. C’est donc sûrement le plus gros propriétaire de logements vides de l’agglomération.

Le 7 novembre on s’est fait expulser par la police sur la demande de l’EPFL et en leur présence.

On a entendu pas mal de chose durant cette expulsion mais surtout beaucoup de conneries… Du genre, « c’est une violation de domicile », ou « y’a pas de délais qui protègent les squatteurs, on peut expulser comme on veut ». Bon, sauf que c’est à un tribunal compétent de statuer sur une expulsion, pas à la préfecture, ni aux propriétaires. Alors ce coup-ci, la police, après avoir défoncé à coups de masse une porte-fenêtre, son volet et son panneau de bois qui le protégeait nous a accusé de « dégradation de bien d’autrui ». Voilà la petite manoeuvre pour nous expulser : inventer un délit de dégradation comme prétexte à nous embarquer au comico !

Encore une fois, les flics, la préfecture et le procureur s’arrangent pour pouvoir expulser un lieu en outrepassant leurs propres lois. Les petits arrangements de dernières minutes, les jeux et les bidouilles qui leur permettent d’outrepasser le droit au logement, les flics les connaissent et en abusent : il faut opérer en urgence, coûte que coûte, en dehors des procédures légales. Procédures légales qui ne garantissent pas beaucoup plus la pérennité d’un squat, on s’entend !

Ces dernières années à Grenoble, cette pratique de la préfecture est de plus en plus courante, rendant toujours plus difficile les ouvertures de squats et laissant de très nombreux logements vides sur l’agglomération. L’EPFL est d’ailleurs spécialiste dans ces petites magouilles avec la préfecture pour éviter à tout prix que ses logements ne soient squattés !

Dans le cas de cette maison, aucun autre projet que la démolition n’est prévu.

Ensuite, la boite de sécurité SAGS a été payé pour qu’un vigile surveille 24h/24h que cette maison reste bien vide.

Eh oui, mieux vaut payer des milliers d’euros pour surveiller et barricader ses maisons vides plutôt que prendre le risque de se les faire squatter ! Ainsi, des dizaines de maisons de l’EPFL sont surveillées par la boite de sécurité SAGS, avec des rondes de vigiles régulièrent, mises sous alarme, barricadées par des portes anti-squat et autres dispositifs de sécurité ultra chers !

En bonne gestionnaire de la misère, la mairie participe au harcèlement quotidien des gens qui vivent en squat et en campement et se donne bonne figure en se pavanant en manif’ et en distribuant au compte-goutte des hébergements au fonctionnement plus que critiquable (contrôle social, interdiction de visites, problèmes de salubrité, attente pour des conventionnements qui ne viennent jamais, places qui restent vides…)

Elle n’hésite pas non plus à proposer des conventionnements à certain·e·s et à en expulser d’autres, voire à faire des procès dans le dos (rue Jay). Car quelle aubaine pour la mairie de Grenoble que d’avoir quelques squats choisis permettant d’entretenir sa vitrine sociale et culturelle de « ville solidaire, humaine et pour tous » ! En revanche, les indésirables restent indésirables, on ne va tout de même pas les laisser s’installer !

Toujours les mêmes qui, sous couvert de social, co-construction, développement, concertation et autres mots issus de leur novlangue, expulsent les plus pauvres, s’attaquent aux classes et aux quartiers populaires pour laisser place à l’éco-ville aseptisée et bourgeoise de demain avec l’aimable soutien de leurs chiens de garde policiers.

Mais ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que tant que nous continuerons de vivre dans ce monde de merde, ce rouleau compresseur capitaliste, raciste, impérialiste et patriarcal, nous continuerons à nous dresser sur son chemin, à lutter et à être solidaires de celles et ceux qui en subissent la répression.

Et tant qu’on vivra dans une ville faite pour accueillir tous les éco-ingénieurs et les skieurs bourgeois du monde, nous continuerons de squatter parce c’est une nécessité mais aussi un plaisir !

* Établissements Publics Fonciers Locaux


Des squats à Grenoble https://radar.squat.net/fr/groups/city/grenoble/squated/squat
Des groupes à Grenoble https://radar.squat.net/fr/groups/city/grenoble
Des événements à Grenoble https://radar.squat.net/fr/events/city/Grenoble


Semaine anti-carcérale à Bure

Publié le 2019-12-27 17:33:08

Du 2 au 8 mars 2020, il y aura une semaine anti-carcérale à côté de Bure, sur le terrain de l’ancienne gare de Luméville. Le programme n’est pas encore terminé et reste à constuire, les propositions sont bienvenues !



Une semaine anti-carcérale aura lieu près de Bure, sur le terrain de l’ancienne gare de Luméville, du 2 au 8 mars 2020. L’idée est de prendre le temps de se rencontrer, entre personnes et groupes de différents pays, lors de temps formels et informels de discussions, d’ateliers, de projections de films…

Un premier brouillon de programme a été imaginé, il évoluera et se précisera dans les semaines à venir. Les thématiques, susceptibles d’évoluer (n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des suggestions), seraient les suivantes :

  • Répression et anti-répression
  • (No)Borders
  • Questions de genre, LGBTQ+, prisons pour femmes
  • La cavale + discussions hors thématiques
  • Société carcérale (discussions autour de visions anarchistes de la justice, la loi, le crime, la punition)

On a aussi envie de prévoir des temps de lecture de correspondances avec des personnes en prison et des ateliers d’écriture aux détenu.e.s. Chacun-e est bienvenu-e à proposer un atelier et vous pouvez nous contacter pour l’annoncer ou si vous avez des besoins spécifiques, qu’ils soient personnels ou techniques.

On a envie de porter une attention particulière à la traduction lors de la semaine. On aimerait assurer des traductions lors des discussions, au moins en français et anglais, et si possible en allemand, polonais et italien.

Une cantine vegan, à prix libre et participative, sera organisée du lundi midi au dimanche soir. Pour dormir, il y aura des places dans des dortoirs et des caravanes, et la possibilité de dormir en tente ou en camion sur le terrain (il y a de la place !).

Le terrain accueillant la semaine anti-carcérale est relativement plat mais pas très accessible aux personnes en béquilles/fauteuils. Si vous avez des besoins particuliers à ce niveau là, vous pouvez nous contacter.

Par ailleurs, le terrain n’est pas raccordé aux réseaux d’eau et d’électricité. Il y a des panneaux solaires – notamment pour l’éclairage et les projections de film – mais l’électricité disponible sera limitée.

La zone autour de Bure est assez surveillée, et les patrouilles de gendarmes sont très fréquentes. Les contrôles routiers s’intensifient souvent lors des évènements annoncés publiquement. Avant de venir, vous pouvez consulter le brief légal en contexte burien (également disponible en anglais, allemand et italien).

N’hésitez pas à partager cet événement avec d’autres personnes qui pourraient être interessées. Vous pouvez aussi envoyer des lettres à des prisonnier-es pour les inviter à contribuer par lettres.

On se voit en mars !

Anarchist Bure Cross
anarchistburecross.noblogs.org
aburecross@riseup.net
bureburebure.info

La Motte-de-Galaure (Drôme) : Une suggestion pour les potentiel.le.s saboteur.euse.s d’éoliennes

Publié le 2019-12-27 18:30:05

FranceBleu / mardi 24 décembre 209

La Compagnie nationale du Rhône (CNR) porte plainte une nouvelle fois après des dégradations sur son parc éolien à la Motte-de-Galaure. Deux éoliennes ont été visitées durant le mois de décembre. Entre vendredi et lundi dernier, deux portes d’éoliennes ont été forcées, mais peu de chose ont été volées : des caméras de surveillance et une mallette qui permet de téléphoner au sein du parc.

Un butin évalué à quelques centaines d’euros.
La gendarmerie et la compagnie nationale du Rhône ont du mal à comprendre quelles sont les motivations de ces vols et dégradations. En tous cas, ces mystérieux voleurs ont fait en sorte qu’on n’ait pas d’images d’eux et que la communication au sein du parc soit gênée.
Les deux éoliennes fonctionnent encore et un gardiennage a été mis en place. La CNR commence à se méfier puisqu’une deuxième intrusion a eu lieu plus tôt dans le mois avec le même mode opératoire et un vol d’équipement sans valeur.

Cysoing (Nord) : Un armoire de fibre vandalisé, c’est un millier de maisons sans internet

Publié le 2019-12-27 18:31:04

La Voix du Nord / lundi 23 décembre 2019

Un acte de vandalisme commis dans la nuit de dimanche à lundi à Cysoing provoque d’importantes perturbations sur le réseau fibre dans plusieurs communes de la Pévèle.

Près d’un millier de foyers se sont réveillés sans réseau internet ce lundi matin dans les communes de la Pévèle autour de Cysoing (Bourghelles, Bachy, notamment) et à Cysoing même. C’est le résultat d’un acte de vandalisme commis sur une armoire technique Axione regroupant une bonne partie des connexions servant à « arroser » le secteur en internet à haut débit. Les équipes sont sur place, mais les dégâts sont importants, et les prévisions de rétablissement du service sont actuellement d’un retour à la norme pour 80 % des foyers d’ici mardi soir.

Athènes (Grèce) : Villa Kouvelou réoccupée

Publié le 2019-12-27 18:32:05

Squat!net / lundi 23 décembre 2019

Aujourd’hui 22 décembre, la Villa Kouvelou a été resquattée avec beaucoup de monde. Nous sommes parti-e-s organisé-e-s, nous avons décidé de faire une manifestation dans les rues et au centre commercial de Marousi. Après la manifestation, les flics de l’OPKE et les flics anti-émeutes du MAT ont attaqué sans raison. Ils ont lancé des gaz lacrymogènes sur les gens qui faisaient leurs courses au centre commercial. La plupart des gens sont partis tous ensemble mais il n’y a pas d’image ni de photo de ce moment.

[…]
L’incendie que nous avons déclenché ne s’arrêtera jamais
La Villa Kouvelou reste squattée


A propos du flic en civil

La machine de propagande du gouvernement prétend que les anarchistes ont battu une personne âgée pendant les émeutes. La police elle-même a commencé à lancer des gaz lacrymogènes sans raison dans le centre commercial.
L’homme de 45 ans est un flic en civil qui tient son téléphone dans une main et la radio dans l’autre. Il essayait de prendre des photos des gens. Les camarades le pourchassaient et il a couru comme un lapin vers les flics anti-émeutes pour se protéger.


Le 23 décembre, les flics anti-émeutes n’ont pas réussi à expulser à nouveau la Villa Kouvelou. Le même jour, il y a eu une manifestation à Koukaki avec 400 personnes. Le poste de police a été repeint sans réaction de la part de la police. La manifestation s’est terminée sans problème.

Saint-Brès (Gard) : Saccage à l’école

Publié le 2019-12-27 18:57:04

France Bleu / vendredi 27 décembre 2019

C’est un voisin, intrigué par le bruit, qui a donné l’alerte. Une fois sur place vers 2 heures du matin, les gendarmes sont tombés sur trois mineurs en train de se livrer au saccage de l’école maternelle de Saint-Brès et surtout du centre de loisirs attenant. Durant la nuit de jeudi à vendredi, ils ont détruit un photocopieur, des imprimantes, des ordinateurs, vidé des extincteurs, défoncé des portes, endommagé l’alarme.

[…] Avant cela, ils ont volé du matériel, « des ordinateurs, une télévision, qu’ils ont déposé chez l’un des trois délinquants. » « Après, ils sont revenus saccager, massacrer les locaux du centre de loisirs » déplore le maire, Laurent Jaoul qui parle de vandalisme gratuit. Selon lui, les trois adolescents n’ont aucun contentieux avec du personnel ou avec des élus.
« Ils ont laissé ouverts des robinets et inondé une partie du centre. C’est un carnage. »
Âgés de 15 ans, ils ont été placés en garde à vue ce vendredi 27 décembre. Deux sont de la commune voisine de Baillargues, le troisième est de Saint-Brès. Ce dernier n’est pas connu comme délinquant notoire indique Laurent Jaoul. Les dégâts sont estimés  à 20.000 euros. Les agents municipaux ont passé la matinée de vendredi à remettre les locaux en état.

Italie – opération Renata : Stecco transféré

Publié le 2019-12-27 18:58:06

résumé depuis Insuscettibile di ravvedimento / vendredi 27 décembre 2019

Stecco, anarchiste arrêté le 19 février dans le cadre de l’opération Renata, a été transféré de la section AS2 (haute surveillance) de la prison de Ferrara à la taule de Modena. On se rappellera que le 5 décembre le tribunal avait émis les sentences contre les sept anarchistes inculpés : six ont été condamnés à des peines allantes d’1 an et 9 mois à 2 ans et 6 mois, un a été acquitté. Tout le monde est soumis à des peines « alternatives » sauf Stecco, en prison à cause d’une vieille condamnation qui est tombée.

Pour lui écrire :

Luca Dolce
Strada Sant’Anna, 370
41122 – Modena (Italie)

Fort-de-France (Martinique) : De la grève au sabotage des bus du réseau MOZAIK, jusqu’à l’arrêt de l’économie – 26 décembre 2019

Publié le 2019-12-27 19:44:05

Dans la nuit du 25 au 26 décembre, cinq bus du réseau MOZAIK sont partis en fumée à Fort de France.

Cinq bus du réseau Mozaik ont été volontairement incendiés vers 3 h 30 ce matin: trois devant l’hydrobase, l’un des terminaux du grand port maritime, et deux autres devant le parking d’un sous-traitant de Mozaik à Dillon. D’autres ont eu leur pare-brise vandalisé.

« A cela s’ajoute un bus qui bloque l’entrée du port maritime au niveau de la Pointe des Grives à Fort-de-France et un autre devant un autre accès de l’hydrobase. En conséquence, l’activité du grand port maritime est réduite à néant aujourd’hui. Pas d’import ni d’export de marchandises périssables ou pas. »

Ce jeudi, il n’y avait aucune rotation de carburant à la raffinerie la SARA (Société anonyme de la raffinerie des Antilles) ni aucune activité au grand port maritime de Martinique. La distribution d’eau potable est fragilisée.

Deux bus bloquent l’entrée de la raffinerie des Antilles. En temps normal, 70 rotations sont effectuées chaque jour. Ce jeudi, aucun camion n’a pu s’approvisionner.
De son côté ODYSSI (structure chargée d’appliquer sur les communes de Fort de France, Schoelcher, Lamentin et St Joseph, la politique de gestion de l’eau et de l’assainissement de l’eau en Martinique) informe ses abonnés dans un communiqué reçu ce 26 décembre 2019 que certaines perturbations sont à prévoir sur la distribution en eau potable du fait des difficultés d’approvisionnement en carburant.

Ces actes de sabotage s’inscrivent donc dans un contexte de lutte des chauffeurs de bus depuis une dizaine de jours contre Martinique Transport, « l’autorité de régulation des transports de l’île, [qui] a décidé de retirer la délégation de service public à la compagnie qui assure les transports dans Fort-de-France et des communes limitrophes depuis 2005 ».

Le pare-brise d’un bus Mozaik détruit quartier Bois Carré au Lamentin

Trois bus Mozaik brûlés ce matin devant le grand port Maritime

Bus calcinés à Dillon

Bus bloquant l’accès au port

[Repris de divers médias, 26 et 27.12.2019]

Contre Noël, fête chrétienne et commerciale

Publié le 2019-12-27 19:44:05

Arc-et-Senans (Doubs) : Gâcher leurs festivités – 25 décembre 2019

Le maire d’Arc-et-Senans, Jacques Maurice, a décidé de porter plainte à la gendarmerie après avoir découvert que des décorations de Noël de la commune avaient été vandalisées.
« 
Un bonhomme de pain d’épice, un père Noël ou encore un sapin en bois, érigés par les services communaux sur l’espace entre la mairie et la salle polyvalente, ont été mis à mal. Les vandales ont agi en pleine nuit de Noël, entre 4 et 5 heures du matin selon la mairie, qui dispose d’une caméra sur le site. Le maire a également constaté des traces de rodéo en voiture, qui ont abîmé les pelouses de la place et les terrains avoisinants. Selon la mairie, le préjudice pour la commune peut être évalué à environ 2500 euros. » (FranceBleu, 27.12.2019)

Nort-sur-Erdre (Loire-Atlantique) : une balade sur les toits du supermarché le soir du réveillon – 25 décembre 2019

Dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 décembre, une personne entièrement vêtue de noir a grimpé sur le toit de l’Intermarché. Elle a arraché les transformateurs et les fils électriques de l’enseigne, ainsi que les décorations de Noël dont certaines pendaient, hier matin, du toit devant la vitrine de l’entrée du magasin.
« Grâce aux caméras de vidéo surveillance, on peut suivre le trajet de cette personne. Cela s’est passé le 24 décembre, vers 23 h, déclare Xavier Petit, directeur de l’intermarché. Dans l’immédiat, tout a été mis en sécurité, des électriciens vont intervenir très rapidement pour tout remettre en état. La gendarmerie a été prévenue. » (Ouest-France, 27.12.2019)


Dijon (Côtes-d’Or) : la crèche de l’église Notre-Dame souillée trois fois en une semaine

Les différents actes blasphématoires ont eu lieu dans la nuit du 18 au 19 décembre, dans celle du 19 au 20 puis dans celle du 24 au 25. Selon le père Emmanuel Pic, curé de la paroisse, des sacs-poubelles et des ordures ont été éparpillées sur la représentation de la Nativité.

« En arrivant ce 25 décembre, poursuit le père Pic, un des sacristains a vu une personne s’éloigner de la représentation. « Ce sont des cadeaux pour le petit Jésus », aurait lancé l’individu. Après chacune des dégradations, la Nativité a été nettoyée. De plus, le curé de Notre-Dame a, à chaque fois, déposé des pré-plaintes en ligne, qui doivent être enregistrées la semaine prochaine. » (LaCroix, 26.12.2019)


Saint-Eloy-les-Mines (Puy-de-Dôme) : les icônes de la crèche décapités – 18 décembre 2019

Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 décembre, la crèche et les décorations de Noël de la commune de Saint-Eloy-les-Mines, situées place Charles-de-Gaulle, près de la halle du marché, ont été vandalisées.
« Plusieurs santons de taille humaine, dont ceux représentant Marie, Joseph et des Rois mages, ont été détruits. Des têtes ont été arrachées ainsi que des bras. Des habits ont été détériorés. L’ange de l’enfant Jésus, censé arrivé le 25 décembre au matin, a été piétiné. Au niveau de la mairie, des guirlandes de Noël ont été abîmées, d’autres ont été dérobées.
C’est la première fois que la crèche de la ville est installée en extérieur, explique la maire Marie-Thérèse Sikora. Auparavant, elle était située dans la galerie marchande. » (france3, 18.12.2019)


Toulouse : L’imprévu contre les cathos tradi – 14 décembre 2019

Comme souvent le samedi après-midi, des manifestant.e.s étaient pourchassé.e.s dans les rues de Toulouse. Mais ce 14 décembre, le hasard a voulu qu’une partie du cortège arrive sur la place Saint-Georges, où se tenait une crèche de Noël vivante, organisée par l’association Vivre Noël autrement. Cette association, que le maire LR J-L. Moudenc présente comme « laïque », est directement issue de la branche traditionnaliste de l’église, comme l’a confirmé un article de IAATA.info, intitulé « Ni Dieu, Ni Dépêche, Ni Moudenc ».
Vers 16h, la cérémonie religieuse est interrompue par une cinquantaine de personnes sous les huées telles que « Stop aux fachos », des slogans anticapitalistes ou encore le classique « à bas l’Etat, les flics et les fachos! ».
« La représentation avait débuté, dans le calme, à 15 heures avec une crèche vivante « à l’ancienne » organisée par l’association Vivre Noël autrement, qui bénéficiait pour l’occasion du prêt de moutons d’une « ferme solidaire » de la région, destinée à réinsérer des personnes sans emploi. » (LaCroix, 15.12.2019)


Tessy-Bocage (Manche) : Le maire fait le shériff et se mange des coups – 10 décembre 2019

Ce mardi 10 décembre, aux environs de 20 heures, le maire de Tessy-Bocage (Manche), Michel Richard, participe à un repas organisé dans la salle des fêtes de la commune quand son adjointe aperçoit deux individus en train de saccager des décorations de noël installées dans la rue. « J’ai réagi comme tous les maires« , raconte l’intéressé qui sort immédiatement du bâtiment pour interpeller verbalement les deux vandales.
« Je me suis approché de l’un d’eux et le deuxième m’a sauté dessus par l’arrière et m’a plaqué au sol. Il m’a donné des coups de pied alors que j’étais immobile au sol et que je ne pouvais pas me défendre. »
Les individus ont ensuite pris la fuite. Très rapidement, son épouse vient lui porter secours. Le couple décide de suivre les deux jeunes hommes en voiture « pour voir où ils allaient« . Les deux individus ont finalement été interpellés par les forces de l’ordre. (France3, 11.12.2019)

 

Munich (Allemagne) : Les pneus d’une bagnole de WISAG crevés

Publié le 2019-12-27 21:31:06

de.indymedia.org / mercredi 25 décembre 2019

Alors qu’hier, mardi 24 décembre 2019, les rues de Munich étaient comme vides parce que tout le monde célébrait une de leurs absurdes fêtes religieuses, nous en avons profité pour crever les pneus d’une bagnole de WISAG, garée dans la rue.

WISAG fournit entre autres différents services de sécurité et gagne de l’argent en contrôlant les ticket des transports en commun, par exemple à Berlin. WISAG est également connue pour expulser des personnes sans-abri pour le compte d’investisseur.euse.s immobiliers, par exemple dans le Rummelsburger Bucht de Berlin (voir : https://chronik.blackblogs.org/?p=9490). WISAG profite également des déportations, en offrant ses services dans les aéroports.

Nous pensons à toutes les personnes opprimées par des entreprises comme WISAG, au nom de l’État ou de toute autre société ou investisseur.euse. Notre solidarité est pour elles.

Prison de Mont-de-Marsan (Landes) : Il essaye de se faire la belle

Publié le 2019-12-27 21:56:08

FranceInfo / jeudi 26 décembre 2019

Le détenu avait été transféré en novembre dernier. Lors de ces précédentes incarcérations, des cordes et du matériel destiné à se faire la belle avaient été retrouvés dans sa cellule. C’est pourquoi, il avait été placé à l’isolement dès son arrivée au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan et faisait l’objet d’une surveillance particulière.
A l’occasion d’un déplacement [à l’infirmerie, selon France Bleu ; NdAtt.], il s’est mis à courir explique le Parquet. Il a alors escaladé une petite plateforme puis a fracturé une vitre en plastique. Il a enfin gagné le toit.

Alertées, les équipes régionales d’intervention et de sécurité (les ÉRIS) avaient déjà pris la route depuis Bordeaux. Mais les surveillants pénitentiaires, armés, ont préféré ne pas les attendre. Ils ont parlementé avec l’individu et l’ont convaincu de se rendre. Ils l’ont ensuite menotté et c’est grâce à une nacelle qu’ils l’ont descendu du toit avant de le remettre en isolement. L’opération a pris fin vers 19 heures.

Le 31 octobre dernier, dans l’enceinte du centre pénitentiaire landais un détenu de 35 ans avait retenu un technicien de la Sodexo. Il avait menacé de l’égorger avec la lame en férraille d’une bouche d’aération qu’il avait réussi à démonter. Les gardiens avaient réussi à le maîtriser.

Le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a été mis en service en décembre 2008. Il compte 690 places pour hommes majeurs. Selon le site du ministère de la justice, il faisait partie du programme immobilier de 13 200 nouvelles places de prisons, dit « programme 13 200 », prévue par la loi du 9 septembre 2002  qui instaurait la création de quartiers réservés aux courtes peines ainsi que l’amélioration du fonctionnement des prisons.

Selon France Bleu, « Une quinzaine d’agents de la prison interviennent rapidement pour maîtriser l’individu, mais à distance. Selon un membre du personnel pénitentiaire, l’homme tient dans la main un objet qui pourrait lui servir d’arme et se montre menaçant. Les agents vont alors tenter de négocier avec lui pour qu’il redescende, mais en vain : le détenu ne veut rien savoir. Plusieurs gardes le menacent alors de faire usage de Flash-Ball (lanceurs de balles de défense). Le fugitif décide de se rendre aux agents qui le rejoignent sur le toit pour le menotter. L’intervention prend fin vers 19h, et le détenu est directement conduit en cellule, au sein du quartier disciplinaire. »

Italie – Opération Renata : Stecco transféré à la prison de Modène – Décembre 2019

Publié le 2019-12-27 22:43:11

On apprend que Stecco, anarchiste arrêté le 19 février 2019 dans le cadre de l’opération répressive « Renata » dans le Trentin, a été transféré de la section AS2 (Haute-Sécurité 2) de la prison de Ferrare à celle de Modène.

Le 5 décembre, le tribunal de Trente a prononcé une condamnation contre les 7 anarchistes arrêté.e.s pour l’opération « Renata »: six ont été condamné.e.s à des peines de prison allant de 2 ans et 6 mois à 1 an et 9 mois, tandis qu’un compagnon a été acquité de toutes poursuites. Les accusations « Association subversive à des fins terroristes » et « subversion de l’ordre démocratique » (4 accusé.e.s) ainsi que celle « d’attaque terroriste » (7 accusé.e.s) sont tombées; les compagnon.ne.s ont été reconnu.e.s coupables de « falsification de documents », « dommages » et « violation de la loi sur les armes ». Stecco, en raison d’une condamnation antérieure devenue définitive entre-temps, est le seul à être en prison. 

Son adresse pour lui écrire:

Luca Dolce
strada Sant’Anna 370
41122 Modena
Italia

 

[Traduit de l’italien de insuscettibile di ravvedimento, 27.12.2019]

Vannes : Il y en a pour (presque) tout le monde

Publié le 2019-12-28 13:21:05

extrait de Ouest-France / vendredi 27 décembre 2019

Les permanences de LREM et des Républicains à Vannes ont été taguées dans la nuit du jeudi 26 au vendredi 27 décembre 2019. Dans le premier cas, c’est la permanence Gwened Lab, de Patrick Le Mestre, candidat LREM aux municipales à Vannes qui a été la cible des vandales. « La façade et la vitrine ont été recouvertes dans la nuit d’inscriptions et de visuels injurieux » indique le candidat sur sa page Facebook.

[…] Rue Richemont, c’est la permanence du parti Les Républicains qui a été également visée. On y retrouve des inscriptions injurieuses inscrites avec les mêmes couleurs – rose et rouge – de peinture. […]

Gênes (Italie) : Solidarité avec Beppe

Publié le 2019-12-28 13:23:04

Inferno Urbano / mercredi 25 décembre 2019

Jeudi 17 décembre, les Carabinieri du ROS [Raggruppamento Operativo Speciale des Carabinieri, qui s’occupe de criminalité organisée et de terrorisme; NdAtt.] ont communiqué au compagnon Giuseppe Bruna qu’il fait l’objet d’un autre mandat d’arrestation. Il est déjà enfermé dans la prison de Pavie, suite à l’opération Prometeo, puisque accusé de l’envoi de colis piégés à deux juges de Turin, engagés dans la lutte anti-anarchiste, et au directeur de l’Administration pénitentiaire, engagé dans son activité de geôlier.

Dans l’affaire plus récente, il est accusé d’avoir placé un engin explosif près d’un distributeur de billets de la Poste, à Gênes, à une époque où la Poste était la cible de nombreuses attaques, partout en Italie, en raison de sa collaboration à l’expulsion des immigrées, avec sa compagnie aérienne Mistral Air.

Les deux affaires sont gérées par le Parquet de Turin, sur demande des services de l’antiterrorisme.

Le moment de la notification du mandat d’arrêt est important : juste après la libération d’un autre inculpé de l’opération Prometeo [Robert, libéré sans suites le 2 décembre ; NdAtt.], pour laquelle le enquêtes sont d’ailleurs toujours en cours. La modalité aussi est importante : il s’agit du bien connu recours à l’élément scientifique de l’ADN, qui, considéré auparavant comme un indice, est devenu dans la jurisprudence actuelle un élément de preuve qui assure la détention préventive dans l’attente du procès.

Les agents du ROS parlent d’« une partie du mouvement anarchiste qui, depuis un certain temps, porte des attitudes plus violentes et directes à l’encontre du système ».
Bien que l’on ne puisse que se réjouir de ce fait supposé, on reconnaît leur intention malveillante. La logique de la différentiation est sûrement une formule efficace pour les apparats d’État : si, d’un côté, il s’agit d’une simple histoire faite sur mesure pour un public dont le 70 % serait caractérisé par l’illettrisme, de l’autre cela permet de criminaliser des secteur réduits, mais sûrs. C’est à dire : on frappe dans le tas, mais si on cerne des personnes avec certaines caractéristiques de dangerosité et de radicalité, on pourra obtenir quelque chose.

Cette logique répressive arrive après des dizaines d’années de procès sans aucune preuve et avec des accusations inconsistantes, à la suite desquels la justice bourgeoise semble avoir changé d’attitude. La mise en œuvre et le recours à des lois de prévention d’origine fasciste (comme les mesures de surveillance spéciale, collées aussi dans le cas de petits délits, comme récemment à La Spezia à l’encontre de nombreux.ses compas) et l’utilisation de chefs d’inculpation lourds et dépourvus de réalité, comme « massacre ». Des pratiques qui sont au contraire mises en œuvre par l’État et ses services, comme nous le rappelle le récent anniversaire du massacre de la Piazza Fontana.

Mais c’est chose bien connue : l’État ne passe pas à procès et in n’y fait pas passer le Capital. Il écrase toute forme de rébellion à son ordre imposé. L’État n’oublie rien, pour ce qui concerne la répression, sa logique de vengeance ; une fois identifié l’ennemi (un ennemi déclaré, dans le cas des anarchistes), il essaye de la frapper avec tout moyen, sans trêve, comme l’histoire, même récente, nous le montre.
Du coup, si c’est utile, on fait mourir en mer les migrants, si c’est utile on les enferme dans des camps, si c’est utile on enferme, on torture, on assassine les subversifs.

Nous voulons renverser ce système de domination, ainsi que et toutes ses logiques. Nous nous approprions de toutes les pratiques de liberté qui ont agit, agissent et agirons dans la conflictualité contre l’État et le Capital.

Nous envoyons notre solidarité à Beppe, ainsi qu’à Robert et Natascia et tous les compagnons qui sont en ce moment emprisonnés dans les geôles de l’État.

Liberté pour Beppe !
Liberté pour tous et toutes !

 

NdAtt. : voici encore une fois les adresses pour écrire à Beppe et Natascia (depuis quelques jours, celle-ci n’est plus soumise à la censure de la poste !) :

Giuseppe Bruna
C. C. di Pavia
Via Vigentina, 85
27100 Pavia (Italie)

Natascia Savio
C. C. di Piacenza
Strada delle Novate, 65
29122 – Piacenza (Italie)

 

Penza (Russie) : Les requêtes du Parquet dans le procès pour l’affaire « Reseau »

Publié le 2019-12-28 13:24:05

Anarchists Worldwide / vendredi 27 décembre 2019

Devant l’ambassade russe à Sofia, Bulgarie, 15/3/2019 : « FSB – les plus grands terroristes ». Pour la même banderole, des compas sont sous procès à Tcheliabinsk

Selon un.e membre du comité de soutien qui était présent.e. dans la salle, le Procureur de la République a demandé au tribunal militaire du district de la Volga de condamner les cinq accusés de la partie concernant la ville de Penza de l’affaire « Réseau » à des peines de prison allant de six à dix-huit ans.

Le Parquet a demandé au tribunal d’infliger la peine la plus longue à Dmitri Pchelintsev : 18 ans dans une colonie pénitentiaire de sécurité maximale. Ils ont demandé au tribunal de condamner Ilya Shakursky à 16 ans, Andrei Chernov à 14 ans, Maxim Ivankin à 13 ans, Mikhail Kulkov à 10 ans, Vasily Kuksov à 9 ans et Arman Sagynbayev à 6 ans. Ils ont demandé que tous les accusés, à l’exception de Kouksok et de Sagynbaïev, soient envoyés dans des colonies pénales de sécurité maximale.

Le procureur a déclaré au tribunal que les récits des accusés, selon lesquels ils avaient été torturés afin qu’ils fassent des déclarations n’avaient pas été prouvés.

Tous les inculpés sont accusés de participation à une « association terroriste », punie par l’article 205.4.4 du Code pénal russe. Pchelinsky et Shakursky sont accusés d’avoir organisé une « association terroriste », ce qui est réprimé en vertu de l’article 205.4. De plus, certains des inculpés sont accusés de possession illégale d’armes à feu (article 222.1), de possession illégale d’explosifs (article 222.1.1), de tentative d’incendie ou d’attaque à la bombe avec des intentions malveillantes (article 167.2 et article 30.3) ainsi que de tentative de trafic à grande échelle de drogues (article 228.1.4.g et article 30.3).

La procédure pénale contre l’ « association terroriste » Réseau a été lancée en octobre 2017. Selon le FSB [les services secrets russes; NdAtt.], onze jeunes de Penza et de Saint Petersbourg ont organisé le groupe Réseau et prévoyaient de renverser le gouvernement. Les inculpés de cette affaire ont déclaré que le FSB les a soumis à des pressions psychologiques, les a torturés avec des chocs électriques, les a tabassés et a mis des armes chez eux. Certains des accusés se sont rétractés sur les aveux qu’ils avaient faits dans les jours qui ont suivi leur arrestation. […]

Thessalonique (Grèce) : L’État et le capital sont les seuls terroristes. Attaque incendiaire contre un DAB

Publié le 2019-12-29 19:38:04

Anarquía.info / vendredi 27 décembre 2019

Le totalitarisme a de nombreuses facettes. Le renversement de la résistance et la berceuse télévisée qui ont prévalu pendant le gouvernement de Syriza, avec son visage bienveillant, bien qu’ils aient ouvert la voie au renversement complet du régime néolibéral, ne peuvent pas effacer cette seule voix de dissension. Leur monde pourri. Chaque jour, l’État et ses acolytes font un grand effort pour créer un climat de terrorisme, par des astuces de communication et des nouvelles remises en question de tout terrain de bataille libéré, ainsi que des militant.e.s qui les défendent. Mais ils n’ont rien compris.

A mesure que l’on voit le dégoût propagé par les médias, les menaces des ultimatums, la violence injustifiée des prétoriens sadiques dans les secteurs d’Exarcheia, Koukaki, Maroussi et ailleurs, la misère des réfugié.e.s. Nous nous rencontrons, nous nous organisons, nous nous renforçons et nous répondons de diverses manières, sur le chemin de la lutte. Les jours de soulèvement du 17 novembre et le 6 décembre n’ont peut-être pas été des jours de forte confrontation avec la police, mais ils sont révélateurs du pouvoir et de la masse qu’on avait, dans de nombreuses villes du pays, et du message qu’on a transmis, à propos du terrorisme d’État. Dépasser nos limites, résister à l’attaque de l’État et du capital, se rendre compte de la nécessité d’organiser et de créer des projets plus larges, qui touchent vraiment les lignes ennemies.

A cause de tout ça, au petit matin de vendredi 20 décembre, nous avons mené une attaque incendiaire conte un distributeur automatique de billets de la Banque Nationale situé au 11, rue Léontos Sofou, dans le centre de Thessalonique.

Avec ce geste, pour notre part nous prédisons que peu importe comment le Premier ministre attaque les manifestations, cible et torture les combattant.e.s, nous ferons tout ce que nous pouvons pour transformer la nuit en jour. Nous garderons le cap pour la bataille finale…

Attaquons l’appareil d’État et l’élite économique.
Tout nous appartient, parce que tout est volé.
Solidarité avec les squats.
Force au compagnon Kostas Sakkas, en grève de la faim depuis le 16 décembre
Que toutes ses demandes soient immédiatement satisfaites.
Pour l’anarchie.

Anarchistes

Kiev (Ukraine) : Des anarchistes incendient une antenne-relais

Publié le 2019-12-29 19:39:10

a2day / samedi 28 décembre 2019

Les sites internet anarchistes nous informent du fait que, ces derniers mois, à Donetsk et dans la région de Kiev, des stations de base (appelées aussi antenne-relais) de téléphonie mobile ont été attaquées à quatre reprises. Derrière ces attaques il y a essentiellement des anarchistes.

La première attaque a été l’explosion contre une antenne-relais de l’opérateur Phoenix. Ensuite, il a été relatée que deux antennes de Lifecell ont été incendiées. Le 10 décembre 2019, on a fait état de l’incendie criminel de l’antenne-relais de Vodafone Ukraine.

Lors de l’attaque des antennes-relais de Lifecell, des anarchistes ont par exemple déclaré que la raison principale de leur attaque était la solidarité avec la Fédération démocratique de Syrie du Nord et de l’Est (Rojava), la lutte du peuple kurde pour la libération de l’occupation turque.

En souhaitant donner de l’intensité à ces attaques, nous, une cellule de la Fédération Anarchiste Informelle, avons incendié une autre antenne-relais, à Kiev. Contrairement aux attaques mentionnées plus haut, nos motivations et notre point de vue sur les cibles attaquées sont différents. Nous suggérons d’aborder le sujet des antennes-relais sous un angle plus large.

Les opérateurs de téléphonie mobile veulent attirer le plus grand nombre d’abonné.e.s possible. C’est un fait. En Ukraine, il y a trois opérateurs principaux : Kyivstar, Vodafone Ukraine et Lifecell. Ces sociétés font tout pour placer leurs antennes partout, pour obtenir plus d’argent et plus de contrôle. Elles ne se soucient guère de ce que nous en pensons. Mais la chose la plus importante est que ces opérateurs coopèrent complètement avec la police, en lui donnant accès à toutes les données des abonné.e.s. Chaque opérateur de téléphonie mobile reçoit chaque année plus de 20 000 réquisitions judiciaires, pour un accès temporaire à des informations ou des documents.

Nous voulons attirer l’attention de ces personnes confiantes qui acceptent aveuglément toutes les découvertes et les innovations technologiques encouragées par les autorités publiques et les entreprises. Nous savons depuis longtemps que l’État, sous couvert de l’amélioration technologique, pose des pièges supplémentaires pour avoir un accès facile à nos informations personnelles et pour une surveillance ininterrompue. Il y a plusieurs façons de les éviter et nous, anarchistes, on les utilise dans notre vie quotidienne. Cependant, les autorités publiques et les entreprises progressent dans leurs efforts pour contrôler chaque pas que nous faisons par le biais des télécommunications et continuent de renforcer le système de contrôle numérique. Ceux qui essaient de nous contrôler ont plus de pouvoir, mais grâce à des connaissances et à un système de sécurité adéquat, à plusieurs niveaux, nous pouvons rester anonymes. Même si, avec ces sabotages, nous ne détruisons pas leurs plans, nous espérons attirer l’attention sur cette question et susciter un débat public.

Il est important de souligner ces observations, faites par le passé par nos compas :

– L’infrastructure des télécommunications est aujourd’hui l’un des piliers de la domination technologique moderne, puisque elle fournit le réseau nécessaire à d’autres dispositifs et structures technologiques, qui font également partie d’un réseau complexe, dans lequel chaque élément dépend de l’autre. La nature autoritaire du système est clairement exprimée par cette interdépendance technologique.
– Les téléphones mobiles sont intégrés dans le réseau dense de contrôle qui nous enveloppe de tous côtés. Ce n’est plus un secret que le téléphone est non seulement un moyen pratique de communication d’urgence, mais aussi une grande opportunité pour les agences de renseignement afin de surveiller leurs propriétaires. Les téléphones continuent d’être les témoins silencieux de nos activités et les ennemis d’une culture de la sécurité.
– Au jour d’aujourd’hui, les enquêtes policières sont principalement basées sur des enregistrements vidéo et des écoutes téléphoniques, qui peuvent être montés et modifiés à volonté. La répression et le contrôle augmentent avec chaque développement technologique, ce qui constitue à son tour une activité rentable pour les entreprises qui coopèrent avec les gouvernements. Cette tendance n’est pas politique, mais de nature structurelle, car le système se développe par lui-même et, grâce au prétexte de la sécurité, justifie tout.
– Un téléphone, surtout un smartphone, est un excellent outil pour obtenir une carte de vos déplacements. La technologie moderne permet de suivre votre position à quelques dizaines de mètres près.
– Grâce au dispositif S.O.R.M. (« système pour activité d’enquête opératoire » [infrastructure technologique installée par le FSB, les services russes, chez tous les opérateurs de téléphonie et d’internet, lui permettant un accès direct et immédiat aux télécommunications dans la pays et dans les pays voisins; NdAtt.]), via les téléphones portables, c’est facile et rapide pour la police de calculer votre position, d’écouter vos appels et d’établir la liste de vos coups de fil.
– Un téléphone peut être mis sur écoute. Chaque opérateur dispose d’un équipement d’enregistrement des connexions et des appels, qui stocke les données pendant une longue période – jusqu’à plusieurs années. Les conversations sont enregistrées pendant une courte période et sont rapidement copiées pour un examen détaillé.

L’infrastructure des télécommunications sert en premier lieu les intérêts des autorités et du capital, qui la développent et l’adaptent avant tout à leurs exigences. Les avantages prévus pour notre pauvre quotidien n’ont que peu d’importance. Il s’agit de pouvoir, d’argent et de contrôle sur nous. Ce n’est donc pas un hasard si les médias mentionnent le fait que les opérateurs de téléphonie mobile sont des contribuables importants et que l’État est intéressé à les protéger et à enquêter sur les attaques. Nous nous fichons de l’indignation des médias et de la rage vue à la télé. Nous, anarchistes, serons toujours intéressé.e.s par la continuation des attaques contre le pouvoir et le capital, parce que nous nous en tenons à l’idée d’une vie complètement différente et nous voulons détruire ce monde de domination et de contrôle. Nous déclarons fermement : là où il y a le pouvoir, là où il y a le désir de profit et de contrôle, notre feu brûlera toujours !

P.S. :
Nous faions rentrer cette action dans le projet de la Fédération Anarchiste Informelle (FAI) et comme contribution au Décembre Noir, une campagne internationale de solidarité anarchiste. Nous, les membres de la cellule qui signe cette action, voulons déclarer que celle-ci pourrait être notre dernière revendication sous l’acronyme FAI. Par cette décision, nous suspendons notre contribution à la FAI, que nous avons apporté pendant 3 ans depuis le territoire de la soi-disant Ukraine.

Nous étions fier.e.s d’utiliser le cadre et les outils de la FAI pendant cette période, et même avant nous avons suivi le développement du projet de l’extérieur, avec une attention et un respect particuliers. Dans les moments difficiles, nous avons étudié des attaques destructrices dans le but de les mettre en œuvre, nous avons lu des communiqués combatifs et inspirants d’anarchistes du monde entier, ce qui a permis de développer et de renforcer notre théorie. Les individus et les groupes de compas qui ont agi sous cet acronyme ont chaque fois rappelé au mouvement anarchiste du monde entier que l’anarchisme ne peut être que combatif et illégal. Nous avons beaucoup appris en participant à ce projet. Les pratiques d’attaque, la propagande par l’action et les principes de l’organisation informelle qui viennent de la FAI, nous les avons adoptés et maintenant ils resteront avec nous jusqu’à la victoire de la révolution sociale.

Rien n’est fini, tout continue !
L’odeur de la poudre noire, l’anarchie noire, les explosions, les coups de feu, le sabotage […] !
Solidarité immuable avec les ennemi.e.s de l’État emprisonné.e.s !
Vive l’anarchie !

Cellule « Misha Zhlobitsky » de la FAI
Décembre 2019

10 personnes convoquées au tribunal le 14 janvier dans suite à la lutte contre maxi-prison

Publié le 2019-12-29 19:40:20

Alors que la lutte contre la maxi-prison bat son plein (lol). 10 Personnes sont convoquées le 14 Janvier en chambre du conseil au tribunal de Bruxelles. il s’agit de plusieurs faits remontant à la période de l’occupation du terrain. Plus d’infos à venir

En lutte contre les CRA : Nouvelle brochure sur les luttes au sein des Centres de Rétention

Publié le 2019-12-29 19:41:12

En lutte contre les CRA - Voix et combats de l’interieur, solidarités à l’extérieur pour entraver la machine à expulser
Mars - Novembre 2019



Une chose est certaine : neuf mois de luttes contres les centres de retention ne peuvent pas rentrer dans une brochure. Même si on se limite aux CRA en Ile-de-France, plein de trucs se passent sans qu’on en soit au courant ; même si on essaye de relayer au maximum la parole de l’intérieur et de construire de la solidarité à l’extérieur, on n’est jamais assez nombreux-ses, on n’arrive pas à voir tout un tas de formes de résistance, de rébellion et d’organisation de prisonniers-ères…

Malgré tout ça, revenir sur ces mois de mobilisations, de révoltes et de solidarité permet de mieux comprendre le fonctionnement de la machine à expulser, montre que les prisons pour sans-papiers sont loin d’être des espaces pacifiés, indique quelques pistes à suivre pour celleux qui veulent – ou doivent – lutter contre les CRA.
La parole et les luttes des prisonniers-ères le rappellent sans cesse : ces lieux d’enfermement doivent disparaitre.
À bas les CRA !

En février 2019, dans la foulée de grèves de la faim et de révoltes dans des prisons pour sans-papier (CRA) en Ile-de-France et ailleurs, une première brochure sur trois mois de luttes (décembre-février) était sortie pour continuer à les relayer plus largement.

Depuis les mouvements collectifs ont continué : grève de la faim, incendies de cellules ou de bâtiments, communiqués, manifestations à l’intérieur des centres, montée sur les toits, des prisonnier·e·s qui se mettent en lien entre différentes prisons.

Cette brochure est faite dans la même optique que la première : non pas pour faire le récit d’une histoire qui n’est pas encore terminée, mais pour faire circuler la parole de celleux qui luttent à l’intérieur et relayer leurs revendications, pour renforcer la solidarité à l’extérieur, pour inventer d’autres moyens qui puissent entraver la machine à expulser.

Les personnes qui n’ont pas les bons papiers sont toujours raflées, emprisonnées et déportées, et la violence quotidienne des keufs et des tribunaux ne s’arrête pas. Les révoltes dans les CRA non plus ! Et à l’extérieur des gens continuent à s’organiser contre ces prisons et pour soutenir les prisonnièr·es, à Paris comme ailleurs.

Lueurs nocturnes

Publié le 2019-12-29 19:42:05

Elles se sont éclipsées au moment où la nuit commençait à s’éclairer.

Nombreuses sont les raisons, et les manières, de s’attaquer à la mairie… et au reste

chacun, chacune appréciera.

Liberté!

 

Prison de Korydallos (Grèce) : Le compagnon Kostas Sakkas a terminé sa grève de la faim

Publié le 2019-12-29 22:38:06

Anarquía.info / jeudi 26 décembre 2019

Le 16 décembre, le compagnon Kostas Sakkas avait entamé une grève de la faim pour exiger la fin du régime d’exemption qui lui avait été imposé dès son arrestation. Contre ce traitement, le compagnon Kostas Sakkas a choisi la voie de la lutte et a gagné. Aujourd’hui, 23 décembre, a été approuvé son “transfert”* de la prison de Nigríta vers la prison de Korydallos.

[…]
PAS D’ISOLEMENT POUR LES COMBATTANT.E.S EMPRISONNÉ.E.S !
BAS LES MAINS DE NOS PRISONNIER.E.S !

Assemblée en solidarité avec le prisonnier anarchiste en grève de la faim Kostas Sakkas

 

* Note d’Attaque : au fait, le compagnon se trouve à la taule de Korydallos depuis juin, mais de façon “informelle”, puisque officiellement il serait toujours à Nigrita. On a cru comprendre que maintenant, après sa grève de la faim, il va être officiellement enregistré à Korydallos et pourra donc “bénéficier” des activités, comme tous les autres prisonniers.