Vive l'Anarchie - Semaine 52, 2018

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Madrid, Espagne : Transfert de la compagnonne Lisa à la prison « Soto del Real », condamnée à 7 ans 1/2 de prison pour braquage de banque à Aachen – 21 décembre 2018

Publié le 2018-12-24 09:03:03

[Quelques infos sur le récent transfert de la compagnonne Lisa de la prison de Willich (région de Cologne, Allemagne) à celle de Madrid, « Soto del Real ». Le 7 juin 2017, elle a été condamnée à sept ans et demi de prison pour un braquage de banque à Aachen. Pour en savoir plus sur l’affaire, on peut aller consulter le site solidaritatrebel.noblogs.org. Depuis l’arrestation et l’incarcération de la compagnonne Lisa à Barcelone le 13 avril 2016 ont eu lieu diverses expressions de solidarité et de lutte avec la compagnonne et les autres inculpé.e.s dans cette affaire. Dans sa note, Contramadriz rappelle que deux anarchistes ont été arrêtés à Madrid en octobre [ce qui depuis n’a pas pour autant stopper les actions offensives contre ce monde de riches et d’argent, pour la plupart revendiquées en solidarité avec les deux compas: voir ici et ] à qui les autorités attribuent la responsabilité d’une attaque incendiaire contre un DAB qui avait été réalisée en solidarité avec Lisa.]

Hier, vendredi 21 décembre, la compagnonne a été transférée à Madrid, plus précisément à la prison de Soto del Real. On nous a fait savoir qu’il n’y avait à l’heure actuelle aucune restriction quant à l’entrée et à la sortie des lettres, nous encourageons donc les gens à lui écrire. Nous concluons la nouvelle en recopiant sa nouvelle adresse :

Lisa Dorfer,  Módulo 15

Centro Penitenciario Madrid V,

Carretera M609 km.3,5,

28791, Soto del Real,

Madrid, España

[Publié sur Contramadriz, 22.12.2018]

Communiqué d'une action : du sang et du pétrole pour Nestlé

Publié le 2018-12-24 09:05:12

La nuit de 21 décembre, plus longue de l’année, solstice d’hiver, l’entrée du siège international de Nestlé à Vevey en Suisse a repris ses couleurs véritables : celles du sang et du pétrole dont iels s’abreuvent.
Nous ne pouvions plus tolérer que ce bâtiment nous nargue impunément. Outre les nombreux scandales qui caractérisent son histoire, la plus grande entreprise agro-alimentaire du monde est un symbole de la mondialisation dérégulée, du tout pouvoir des multinationales, de la destruction de l’environnement et de l’accaparement des ressources.
Voilà les couleurs que devraient porter les murs à l’allure innocente du siège mondial de Nestlé. Voilà la souffrance sur laquelle est bâtie son opulence. Ceci pour nous rappeler de ne pas faire le jeu des exploiteur·euse·s. Boycottons Nestlé et toustes ses complices.



Omniprésente sur le marché de l’agro-alimentaire, Nestlé est responsable d’une industrie destructrice et meurtrière. Elle marchandise un droit fondamental qu’est l’accès à une alimentation saine, censée être protégée par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (HUMAIN). Rappelons que plus de 9 millions de personnes meurent chaque année de faim, quand plus de 815 millions souffrent de malnutrition. Nestlé en est coupable et complice. Elle est aussi responsable d’un modèle culturel destructeur par sa dépendance aux énergies fossiles, ses produits phytosanitaires écocides, et un travail du sol qui nous condamne à des sols infertiles d’ici peu.

Nestlé soigne son image de mécène de la culture et bienfaiteur de la région. Qu’on ne s’y méprenne pas : ce n’est qu’une façade répondant à une logique économique inique et dissimulant les crimes commis ailleurs. Les salaires et les impôts qui sont versés à notre région ont le goût amer de l’oppression et du pillage.

Face à une telle multinationale, inutile de compter sur la législation des Etats. La politique suisse et internationale ne défend que les intérêts d’un système basé sur la recherche de profits et de marchandisation de l’environnement. Le système néolibéral dicte ses règles. Ce sont celles des riches.

Jour après jour, ce système économique renforce des inégalités déjà sanglantes. Il détruit les écosystèmes et exploite les populations. Sa seule issue est le désastre climatique. Quoi qu’en dise le PDG de Nestlé, l’eau n’est pas “un bien commercial comme un autre”. C’est une nécessité politique que de lutter contre l’emprise de ces affameur·euse·s qui prétendent nourrir le monde. Pas de répit pour les tueur·euse·s, pas de paix sans justice.

Chaos amoureux et solidarité libertaire,

SOLSTICE, Soviets Organisé·e·s pour des Luttes Subversives Totales et Incessantes Créatrices d’Emancipation



Sous surveillance (spéciale ou normale)

Publié le 2018-12-24 09:18:04

Nous sommes dans l’illusion quand nous croyons qu’aussi bien l’étranger, l’irrégulier, le pauvre et celui/celle qui a moins est l’ennemi de notre sécurité, nous sommes dans l’illusion quand nous croyons que riches et puissants qui nous ont tout pris puissent veiller sur les miettes qu’ils nous restent. Les récentes lois confirment et aggravent ce que nous savions déjà : l’Etat nous observe, car quand il n’a plus rien à offrir n’importe qui peut devenir dangereux. Il n’y a plus de temps si ce n’est d’ouvrir les yeux, il est temps, le cas échéant, de prendre position et de s’opposer à tout cela.

Qui le fait, qui l’a fait, se trouve toujours plus fréquemment face au risque de se voir infliger par l’Etat la mesure de la surveillance spéciale. En nous considérant comme socialement dangereux, un juge redressera notre vie, décidant des horaires auxquelles rester à la maison ou sortir, qui fréquenter, les lieux à éviter, nous obligeant à trouver un travail et un domicile fixe.

Antonio, notre compagnon, affronte aujourd’hui cette mesure pour son engagement dans la lutte contre le monde surveillé et c’est pourquoi ce même monde lui a réservé une place spéciale parmi les surveillés.

Antonio libre !

Notes du/de la traducteur-rice (Bien que je ne me reconnaisse dans aucune des catégories du genre : « masculin » ou « féminin », je fais ici le choix de les mettre en avant non pas par plaisir de reproduire leur binarité mais parce il n’existe pas de mot neutre du point de vue du genre : faire le choix d’écrire uniquement « traducteur » ou « traductrice » s’est également m’enfermer dans des cages que j’exècre ; que crève le genre…) :  

*acronyme de Diviento di Accedere alle manifestazioni SPOrtive (interdiction d’accéder aux manifestations sportives) ; en gros une mesure législative anti-hooligans

Traduction de Round Robin ; on peut trouver l’affiche en italien ici :

https://roundrobin.info/2018/12/sorveglianza-speciale-manifesto-in-solidarieta-ad-antonio/

NB : La particularité de cette mesure est qu’elle est préventive. Déjà appliquée depuis 4 mois à Antonio, elle pourrait durer 2 ans (selon le bon vouloir de la justice) et créer un précèdent judiciaire qui, cela va sans dire, pourrait bientôt toucher toutes celles et tous ceux qui font le choix (ou sont contraints) d’arpenter des sentiers inconnus (et/ou dangereux) quand la société dans son ensemble appelle à ne jamais s’écarter de sentiers battus et rebattus. Si cette mesure répressive a vocation à s’appliquer sur le territoire contrôlé par l’Etat italien, la domination, lorsqu’il s’agit de mieux étendre son pouvoir sur la vie de tout un chacun, n’a pas de frontières. Et ce à l’heure où l’Etat français a intégré les « mesures exceptionnelles » de l’Etat d’urgence dans le droit commun : assignations à un « périmètre géographique », perquisitions à des fins préventives, surveillance des communications etc. sur simple décision administrative (et non judicaire) ainsi qu’élargissement des contrôles dans les zones frontalières (avec un périmètre contrôlable englobant désormais près de 2/3 de la population française).

Qu’elles soient « curatives » ou « préventives », réelles ou alternatives, en or ou en acier, les cages ne sont belles que lorsqu’elles brûlent…